Mise en page 1 - Parc naturel régional du Verdon

Mise en page 1 - Parc naturel régional du Verdon
Les 46 communes du Parc naturel régional du verdon
Fiches techniques et pratiques
1. Matériaux
2. Maçonnerie
3. Planchers, voûtes & escaliers
4. Charpente & couverture
5. Façades & décor
6. Baies
7. Devantures commerciales & Enseignes
8. Clôtures . Ouvrages divers
9. Réhabilitation
10. Extension
11. Construction neuve
12. Démarches administratives
Mode d’emploi d’une fiche
OBSERVER
CONNAITRE
Apprendre à distinguer les caractéristiques du
bâti ancien, une étape préalable à toute action de
restauration.
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
Faire un état des lieux des désordres permet de
mieux préparer l’intervention.
Maison du Parc naturel régional du Verdon
Domaine de Valx - 04360 Moustiers-Sainte-Marie
Tél 04 92 74 68 00 - www.parcduverdon.fr
DANGER
Repérer les interventions techniques ou les
matériaux inappropriés par rapport aux
constructions traditionnelles.
Document réalisé par
Architecture
et arts de bâtir
traditionnels
CONSEILS
ENERGETIQUES
Harmoniser les préoccupations environnementales actuelles aux contraintes d’une maison
ancienne.
Textes
René Guérin, Dominique Imburgia et Patrice Morot-Sir
Photos
René Guérin
Graphisme et dessins
Martine Lambert
Avec la participation financière de
du
I. Un héritage temoin de l’évolution
des modes d’occupation du territoire
1
Préhistoire et antiquité
Le Moyen Âge
De la Renaissance à la fin de l’Ancien Régime
De la Révolution française à la fin du XXe siècle
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3
II. Habitat organisé suivant les ressources
de la nature et les contraintes du relief
5
Les cités et villages perchés
Les villages en terrasse ou sur terrain plat
Les extensions urbaines
Les hameaux
Des espaces à vocation spécifique aux abords
des agglomérations
Les fermes isolées
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III.Du bâti vernaculaire
à l’architecture savante
La ferme en versant de massif
La ferme de plaine
La maison paysanne
La maison d’habitation
L’immeuble d’habitation
Les annexes agricoles
Les ouvrages hydrauliques
Les édifices de production et de service
Les édifices de culte
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Matériaux
Maçonnerie
Planchers,
voûtes
& escaliers
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
Comme partout ailleurs, les constructeurs du Verdon ont employé des matériaux locaux comme la pierre sous toutes
ses formes, avant la généralisation des composants industriels au début du XXe siècle. Mais plus que partout ailleurs, les
constructeurs du Verdon ont eu recours à des techniques simples, en raison de la faiblesse de leurs moyens dans cette région
alors peu développée économiquement et d’un approvisionnement en matériaux difficile, le recours aux ressources locales
étant alors la règle.
utilisée pour son effet décoratif, notamment en façade de la
maison épiscopale de Mgr Jean Soanen. Une ancienne carrière
située à Saint-Julien-du-Verdon a fourni la pierre utilisée
notamment pour les bancs de ce village, mais aussi pour
l’enrochement de la digue de Saint-André-les-Alpes.
La pierre calcaire froide
Ce calcaire formé à l’ère secondaire (jurassique et crétacé) est
présent dans de nombreux massifs. Extrêmement dur, il est
généralement de teinte blanche ou grise homogène ; ce calcaire
est quelquefois veiné de parties oxydées de teinte rose, comme
à Ginasservis. La pierre froide équarrie ou taillée est rarement
utilisée pour l’édification de monuments (église de
Ginasservis), et plus fréquemment en soubassement en grand
appareil de belles demeures, ou pour la réalisation de bordures
de trottoirs ou de caniveaux. La pierre froide brute est
couramment utilisée en maçonnerie de moellons*, sous forme
de dalles brutes ou taillées pour le revêtement des sols, ainsi
qu’en empierrement ou en caladage.
Démarches
administratives
Construction
neuve
Extensions
Réhabilitation
Clôtures
Ouvrages
divers
Devantures
commerciales
& enseignes
Baies
&
Façades
décors
&
Charpente
couverture
La pierre
Les pierres utilisées en maçonnerie sont le reflet de la
géologie du territoire. Extraite localement, la pierre
généralement utilisée est le calcaire, le grès ou le tuf. Galets
et roches cristallines font aussi partie des ressources locales.
Le calcaire marbrier
Une petite carrière de marbre rose a été exploitée au Clos
Saint-André à Aups jusqu’au début du XXe siècle. Cette pierre
froide a été utilisée en dallage, ainsi que pour les caniveaux
qui caractérisent les trottoirs d’Aups.
Le tuf
Le tuf correspond à des concrétions formées par un
phénomène de précipitation à l’air lors la sortie des eaux
chargées en calcaire. Cette roche, qui comporte de
nombreuses anfractuosités, présente des teintes variées
selon les différentes sources d’eau, allant du jaune pâle à
l’ocre doré. Non gélif, durcissant à l’air et facile à travailler
par sa faible densité, le tuf est utilisé en pierre de taille en
moyen appareil pour les encadrements de portes ou le
soubassement de belles demeures, tout particulièrement à
proximité des sources où il se forme. Ainsi, le tuf a
notamment été utilisé à Brans ainsi qu’à Taloire (Castellane)
pour le cul-de-four de la chapelle Saint-Etienne, mais aussi à
Saint-André-les-Alpes, à Trigance ou à Moustiers-SainteMarie, pour l’édification du clocher de l’église.
Soubassement et encadrement de porte en
pierre calcaire froide taillée (La Garde)
Les calcaires de Castellane et de ses environs
La pierre de Cheiron à Castellane est un calcaire dur gris, parfois
veiné de calcite blanche : elle a été utilisée pour l’édification de
l’église Saint-Victor au Moyen Âge, mais aussi pour la
construction à travers la ville d’encadrements de portes, de
seuils, de dallages ou de bordures de trottoir. Une roche oxydée
de teinte rouge, provenant de l’arrière du Roc, a été largement
Encadrement de porte en tuf (Régusse)
Les moellons* de calcaire
Qu’elles soient extraites des masses rocheuses, à partir de
bancs repérés pour leur qualité, fournies par épierrage des
champs, ou tout simplement extraites par excavation lors
de la construction du bâtiment, les pierres brutes ont, de
tous temps, été disponibles en abondance sur l’ensemble
du territoire du Verdon. Plus ou moins durs ou, plus ou
moins oxydés, leur teinte allant du gris à l’ocre beige, les
moellons* de calcaire bruts sont omniprésents en
maçonnerie. Selon la taille des moellons*, ceux-ci sont
utilisés en chaînage ou en boutisse pour les plus grands, en
parement pour ceux de taille moyenne, et en blocage pour
les plus petits. À partir du XVIIIe siècle, l’usage de la poudre
a grandement facilité l’éclatement des blocs, permettant de
disposer de moellons* équarris.
Pierre calcaire veinée plus ou moins oxydée
(Saint-Martin-de-Brômes)
Les galets
Le poudingue à galets est très abondant, tant sur le plateau
de Valensole, que dans la vallée de la Durance. Le lit du Verdon
est aussi abondant en galets ayant servi à la construction,
comme à Saint-André-les-Alpes où la pierre calcaire est
absente. Le galet, souvent associé à des moellons* de calcaire
en maçonnerie, présente l’inconvénient de sa petite taille, de
sa dureté et de sa forme arrondie qui rend son accroche
difficile dans le mortier. Ainsi, les murs de galets comportent
une grande quantité de mortier riche en liant.
Les liants
Selon la disponibilité à proximité de calcaire pur ou de gypse,
les mortiers étaient liés à la chaux ou au plâtre, les fours à
chaux ou à plâtre étant extrêmement nombreux quand des
bois permettaient de fournir suffisamment de combustible.
La chaux
Déjà utilisée en Mésopotamie il y a plus de 8000 ans, la chaux
est le liant principal du bâti ancien. Produite par la cuisson
de calcaire, on en distingue deux grandes catégories : la
chaux aérienne et la chaux hydraulique naturelle.
La chaux aérienne est produite par calcination à 900°C d’un
calcaire relativement pur (CaCO3). On obtient alors une
chaux vive (CaO).
L’étape suivante est l’extinction, elle consiste en l’ajout d’eau
afin « d’éteindre la chaux » afin d’obtenir un matériau
exploitable pour la réalisation de mortier.
Avec un excès d’eau, on obtiendra une chaux en pâte. En
contrôlant l’apport d’eau, on obtient une poudre : la fleur de
chaux (Ca(OH)2). Elle est ensuite, lors du gâchage du
mortier, mélangée à du sable et de l’eau.
L’opération de « prise » du mortier se déroule au contact de
l’air : la chaux fixe le gaz carbonique de l’air pour se
transformer à nouveau en calcaire.
Attention : cette opération se fait en présence d’eau, celle du
gâchage, mais aussi celle produite par réaction chimique ;
on ne peut réaliser un tel mortier par une chaleur excessive
ou un vent sec car l’évaporation de l’eau entraînerait la
dessiccation du mortier. On parle de carbonatation ; ces
réactions successives forment ainsi le cycle de la chaux.
Le cycle de la chaux
La couche sédimentaire de poudingue à galets
La chaux hydraulique naturelle est produite par calcination
d’un calcaire contenant de la silice ou de l’alumine, à haute
température (800°C – 1500°C).
Ces derniers vont réagir avec la chaux. En présence d’eau, ce
composé va former un hydrate insoluble. On parle alors de
prise hydraulique du mortier.
Les normes réservent le sigle de CL (Calcic Lime) pour les
chaux aériennes, et de NHL (Natural Hydraulic Lime) pour
les chaux hydrauliques naturelles.
Le choix de l’une ou l’autre de ces chaux dépend du support,
des conditions d’application et de la finition souhaitée. Si
autrefois les maçons subissaient les approvisionnements
locaux, aujourd’hui le choix est possible.
Moins poreuse que la chaux aérienne, la chaux hydraulique
naturelle présente des caractéristiques mécaniques
supérieures et déroute moins les maçons qui ne l’auraient
jamais utilisée.
Le plâtre
À défaut de chaux ou de ressource combustible suffisante,
on utilisait en maçonnerie du plâtre, sa fabrication étant
obtenue à plus basse température : ainsi, la raréfaction du
bois entre le XVIIe et le milieu du XIXe siècle a contribué à en
généraliser l’usage, bien que ce matériau soit plus sensible à
l’humidité.
Le gypse, après cuisson entre 120°C et 160°C, forme du plâtre.
Tandis que le plâtre gros, blanc, rose ou gris, ou même noir
comme à Saint-Julien-du-Verdon, est utilisé en maçonnerie, le
plâtre fin est utilisé en simple revêtement intérieur pour son
caractère ignifuge, ou en gypserie décorative pour sa facilité à
moulurer des formes.
Le plâtre est aussi utilisé en feuillure de baie, pour la pose des
menuiseries. Le territoire du Verdon comporte de nombreux
gisements de gypse, comme l’indique la toponymie à travers
les nombreux lieux-dits dénommés « Les gipières ».
Feuillure de fenestron en mortier de plâtre fortement cuit de teinte
rose (Peyroules)
Le ciment
L’invention du ciment au XIXe siècle, l’industrialisation
et le développement des transports ont favorisé son
utilisation massive.
Au début du XXe siècle, le ciment est apprécié pour ces
qualités de prise rapide et de très grande résistance.
Sur les chantiers, le ciment, image de la modernité, supplante
les chaux blanches, images d’un passé révolu.
Il faudra un demi-siècle pour commencer à comprendre que
sa grande dureté et son manque de porosité en rendent
néfaste son utilisation pour l’entretien et les ravalements du
bâti ancien.
L’argile
Cette terre, présente dans toute la région, a contribué à faire
de la céramique un artisanat et une industrie très actifs en
Provence.
Comme en témoigne la toponymie, riche de noms de lieuxdits tels que « La Tuilière », les gisements d’argile de qualité
étaient nombreux ; avant le développement des tuileries et
des fabriques de carreaux, à partir du XVIIIe siècle, des tuiliers
ambulants assuraient la cuisson des tuiles sur place, ce
matériau fragile étant difficile à transporter.
Les carreaux de terre cuite
À l’origine, ces carreaux (mallons), destinés à assurer
l’étanchéité en sous-face de toiture ou à revêtir les planchers,
étaient principalement de forme carrée ou rectangulaire, et non
vernissés.
Des mallons de forme carrée ont aussi été utilisés pour la
protection des pigeonniers contre les rongeurs : afin que leurs
pattes ne puissent adhérer à la paroi du mur, ces carreaux
étaient vernissés.
À partir du XIXe siècle, s’est généralisé l’emploi des tomettes
hexagonales, produites industriellement dans les régions
d’Aups et de Salernes.
Carreaux d’argile cuite vernissée en encadrement d’un ancien
pigeonnier (Castellane)
Les tuiles rondes
Les tuiles rondes, apparues au XIIe siècle et généralisées au
XVIIe siècle, sont identiques, qu’elles soient utilisées en
courant (canal) ou en couvert : seul leur sens de pose est
inversé. Traditionnellement, l’argile en pâte plus ou moins
marneuse, malaxée, était moulée dans une forme
trapézoïdale, puis arrondie sur un rondin de bois de forme
tronconique qui explique la différence de courbure entre le
petit et le grand galbe.
Le malaxage insuffisant d’une argile plus ou moins oxydée,
ainsi que sa cuisson irrégulière, expliquent l’aspect nuancé
des tuiles anciennes dont les teintes vont du jaune paille au
rouge en passant par de nombreuses gammes de beiges et
de roses.
Des vestiges de tuileries artisanales sont encore visibles
notamment à Comps-sur-Artuby et à Quinson.
Les tuiles plates mécaniques
À partir de la fin du XIXe siècle, on assiste à la généralisation
de l’usage de la tuile plate mécanique, tant en construction
neuve que dans le cas du remplacement de tuiles rondes
défectueuses. La plupart de ces tuiles sont produites dans le
bassin de Séon ou dans la vallée de l’Huveaune à Marseille,
ainsi qu’aux Milles à Aix-en-Provence.
Tuiles plates mécaniques (cabanon à Riez)
Tuiles rondes de teinte rosée dominante en pan de toiture et en
faîtage (Ginasservis)
Le bois
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, lorsque l’exode rural a débuté autour du Verdon, comme dans toute la Haute-Provence, le bois
d’œuvre s’était raréfié en raison du défrichement intensif des forêts pour le développement des cultures sur brûlis et des
pâturages ainsi que la fabrication du charbon de bois. Si le noyer était utilisé pour les plus belles menuiseries, le chêne, le
peuplier, ou à défaut le pin, ont été utilisés plus couramment, tant en charpente qu’en menuiserie. Avant de disparaître, le
mélèze était très recherché pour les charpentes dans la région de Castellane. La scierie hydraulique du Mont Brouis à La Martre
a fourni, de 1890 à 1903, du bois d’œuvre en abondance.
Matériaux
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
Comme partout ailleurs, les constructeurs du Verdon ont employé des matériaux locaux comme la pierre sous toutes ses
formes, avant la généralisation des composants industriels au début du XXe siècle. Mais plus que partout ailleurs, les constructeurs
du Verdon ont eu recours à des techniques simples, en raison de la faiblesse de leurs moyens dans cette région alors peu
développée, d’un approvisionnement en matériaux difficile. Si la maçonnerie de pierre est par nature isolante, plusieurs solutions
sont possibles pour améliorer cette isolation, la difficulté dans la conception de cette amélioration sera de ne pas perdre les qualités
intrinsèques du bâti ancien et notamment son inertie thermique.
Les fondations
Sur les reliefs, les constructions se sont généralement
établies directement sur des affleurements rocheux,
garantissant ainsi leur stabilité. Dans les vallées et les plaines
alluviales, les fondations sont généralement construites en
empilement de moellons* de calcaire sur une largeur
supérieure à celle des murs ; elles sont enterrées à une
profondeur située souvent entre 0,50 m et 1,00 m.
Injection de résine
expansive ou de coulis
minéraux de micro-fines
Tassements différentiels
Les fondations peuvent être soumises à des
tassements différentiels dus aux descentes de charge
irrégulières des maçonneries en élévation, ou à une
résistance du sol hétérogène, notamment en raison de
l’affleurement de la nappe phréatique. Le renforcement des
fondations peut être assuré soit par leur élargissement en
sous-œuvre en coulant du béton, soit par la mise en œuvre
de micro-pieux si le niveau du sol résistant est trop profond,
soit par l’injection d’un coulis de micro-fines de liants
minéraux ou de résine expansive. La mise en œuvre de ces
techniques ne peut se faire que par le recours à des
spécialistes et après un diagnostic précis.
Remontées capillaires
Les remontées capillaires sont banales en partie inférieure des
murs des constructions provoquées par la porosité de la pierre
calcaire, l’affleurement de la nappe phréatique. La présence
éventuelle de sels dont la cristallisation désagrège la surface
des matériaux les rend particulièrement visibles. Afin de
protéger les maçonneries, il convient d’enduire régulièrement
les murs d’un mortier ou d’une peinture à la chaux. Plusieurs
méthodes permettent de limiter ou d’arrêter les remontées
capillaires dans les maçonneries ; avant de choisir le procédé
de traitement, il convient de procéder à une analyse détaillée
de la situation du bâtiment et de ses matériaux.
1
2
3
Extensions
Réhabilitation
Clôtures
Ouvrages
divers
Devantures
commerciales
& enseignes
Baies
&
Façades
décors
&
Charpente
couverture
Planchers,
voûtes
& escaliers
Maçonnerie
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
1. Mur en maçonnerie de pierre
2. Zone détériorée
3. Croûte noire
1
Consolidation
par micro-pieux
2
Démarches
administratives
Construction
neuve
3
1. Barriere étanche
2. Evaporation de l’eau
3. Drain en pvc
1
Réalisation
d’un radier intérieur
2
1. Barres en acier doux
2. Tuyau perforé en acier doux
Drainage et ventilation périphérique
Ce procédé traditionnel consiste à creuser une tranchée
périphérique à la base des murs pour favoriser l’écoulement
des eaux à l’écart de la construction ; cette tranchée est remplie
de pierres concassées et de gravier en surface, qui permettent
l’assèchement des murs par évaporation naturelle.
Barrière étanche
Ce procédé consiste à introduire horizontalement dans
l’épaisseur du mur une barrière étanche, supprimant les pores
par lesquels s’effectuent les remontées capillaires. Cette
barrière étanche peut être constituée soit d’un liquide
étanchéifiant (mortier de ciment avec hydrofuge, ou mortier de
résine ou d’asphalte coulé), soit d’un film de matériau
imperméable (plomb, cuivre, membrane bituminée, résine…).
Les murs en pierre de taille sont assez rares dans le territoire
du Verdon : ils sont présents sur certains édifices
monumentaux, tels que l’église de Moustiers-Sainte-Marie
partiellement en tuf, ou l’église Saint-Victor de Castellane, en
calcaire dur. En outre, quelques hôtels et maisons,
notamment à Aups, Castellane ou Riez, présentent un
soubassement en grand appareil de tuf ou de calcaire dur,
tandis que les murs d’étage sont constitués de moellons*. La
pierre de taille est utilisée pour sa meilleure résistance à la
compression. Dans le cas de maisons mitoyennes, les
façades traitées en grand appareil sont généralement
associées à des murs en maçonnerie hourdée.
Le ciment, un liant artificiel à éviter dans les
maçonneries anciennes
Les structures du bâti ancien, souples et déformables, sont
incompatibles avec les mortiers de liants artificiels (ciments et
chaux hydrauliques artificielles HL) qui sont durs, cassants et
insuffisamment poreux. Ces mortiers artificiels, imperméables
à la vapeur d’eau, empêchent l’évaporation de l’humidité naturelle contenue dans les murs, provoquant ainsi des remontées
capillaires et un décollement des enduits. Afin de favoriser
l’équilibre hygrothermique des maisons anciennes, on utilisera
essentiellement de la chaux hydraulique naturelle (NHL) ou
aérienne (CL), pour les mortiers de pose comme pour les joints.
3
4
Les murs
À l’exception des maisons à encorbellement, présentes tout
particulièrement à Moustiers-Sainte-Marie, les constructions
ont généralement une structure en maçonnerie : cette
structure correspond aux murs maîtres, extérieurs ou
intérieurs (murs de refend), qui supportent les charges.
5
6
1
2
1. Maçonnerie de galets et chaîne d’angle* harpée, formée de
blocs équarris de pierre dure (Montagnac-Montpezat)
2. Maçonnerie à joints en retrait de parement, formée de moellons*
de pierre dure calés à l’aide de petites pierres et de tessons de
terre cuite (Peyroules)
3. Ecorché sur une maçonnerie de moellon*
4. Maçonnerie de moellons* irréguliers hourdés* au mortier de
sable coloré et chaîne d’angle harpée, formée de blocs
équarris de pierre dure (Saint-Julien-le-Montagnier)
5. Maçonnerie de moellons* enduite au mortier de sable coloré et
chaîne d’angle* formée de blocs de différentes pierres taillées, de
dureté et de porosité variables (Saint-Julien-le-Montagnier)
6. Enduit jeté et recoupé à pierres vues, ayant
partiellement disparu en surface (Castellane)
Les maçonneries de moellons* de calcaire ou de galets sont
montées au mortier de chaux ou de plâtre. Ces pierres brutes
ou grossièrement équarries de dimensions variées sont
parfois combinées entre elles ou avec des galets, formant des
maçonneries hétérogènes. Les parements extérieur et
intérieur du mur sont dressés de façon à ce que ceux-ci
présentent une bonne planéité et que le mur ait une épaisseur
homogène : pour ce faire, les moellons* de parement
présentent une face plane. Entre les parements, le
remplissage du mur (blocage) se fait avec du tout-venant.
La fissure est cousue
par des aciers.
Ces aciers doivent
être suffisamment
longs ; ils sont en
partie scellés dans
les parois avec un
mortier sans retrait,
et pour les parties en
superficie, enrobés
de béton (coupe et
vue de dessus)
Pour une résistance et une cohésion suffisantes, les murs des
constructions rurales modestes sont souvent de grande
épaisseur, afin de compenser la faible quantité de liant
incorporé dans le mortier des joints, la chaux ou le plâtre
étant relativement coûteux (mortier maigre). L’épaisseur des
murs peut dépasser 100 cm à la base, et a rarement moins
de 40 cm en partie supérieure.
La pierre sèche
La maçonnerie de pierre sèche, constituée de pierres brutes
empilées sans mortier, a de tout temps été utilisée par les
paysans.
Compression et traction
Les pathologies physiques des murs sont
nombreuses : les résistances à la compression et à la traction
sont variables selon la nature des moellons* ou des blocs de
pierre de taille. La compression peut serrer, comprimer jusqu’à
l’écrasement de la pierre, comme la traction qui peut aussi
rompre la pierre d’une maçonnerie. Cependant, les efforts
doivent être observés et analysés au niveau des assemblages
des éléments, à l’échelle de l’ensemble du bâtiment.
Fissuration
Les fissures dues aux charges, aux poussées et aux
efforts de traction, sont particulièrement sensibles quand les
maçonneries sont de faible épaisseur. La solution technique
pour remédier aux fissurations doit être déterminée après
diagnostic d’un professionnel du bâti ancien. Selon les cas, le
démontage et la reconstruction partielle du mur, la couture de
la fissure, l’injection d’un coulis ou d’un mortier, le
rejointoiement, la réalisation de chaînages, la pose de tirants
ou la technique du plancher connecté sont autant de techniques
de consolidation adaptées aux différentes conditions.
Suivant la
localisation de la
fissure, la
configuration des
aciers diffère.
1. En partie courante
(coupe et vue en
plan)
1
2
3
2. En angle
(vue de dessus et vue
de face)
3. En intersection de
murs (vue de dessus)
L’Isolation des maçonneries anciennes
Pourquoi isoler ?
• pour limiter les déperditions thermiques du bâti
• pour diminuer sa consommation énergétique et être moins dépendant des fluctuations du prix de l’énergie,
• pour améliorer le confort, hiver comme été,
• pour améliorer le confort acoustique,
• pour diminuer la pollution et lutter ainsi contre le changement climatique,
• pour améliorer la valeur de son bien.
Il est possible d’intervenir sur trois types de déperditions : surfaciques (au travers des parois opaques ou vitrées), liées aux
ponts thermiques, et enfin au renouvellement de l’air (ventilation naturelle ou mécanique, conduits...).
Isolation des murs : par l’intérieur ou l’extérieur ?
La question n’est pas simple à trancher : si l’isolation par l’intérieur est à privilégier dans un souci de conservation de l’aspect
extérieur de la maison, il faut prendre en compte le fait que cette isolation diminue l’inertie thermique et le confort d’été. Mal
mise en œuvre, elle peut supprimer l’inertie due à la masse des murs (pourtant utile au confort d’été) et causer de graves
désordres hygrométriques.
L’isolation par l’extérieur est plus performante car elle permet de traiter efficacement les ponts thermiques, mais avec
l’inconvénient de dénaturer potentiellement l’aspect de la façade.
Quels matériaux ?
En intérieur :
Il faut à tout prix faire appel à des matériaux respirants et donc perméables à la vapeur d’eau, qui pourront être associés à un
enduit intérieur également respirant (ex. chaux et chanvre). On évitera les isolants conventionnels (laine minérale), qui,
appliqués sur des maçonneries de pierre à forte inertie thermique, diminuent la performance d’inertie des bâtiments anciens,
garante d’une relative fraîcheur en été. Autre atout, les matériaux respirants sont souvent plus sains et favorisent ainsi une
meilleure qualité de l’air en intérieur.
En extérieur :
Par l’isolation extérieure continue du bâtiment, le « mur manteau »présente l’avantage de supprimer les ponts thermiques au
droit des planchers et des murs de refend, qui représentent 5 % des déperditions thermiques et génèrent une condensation
superficielle. En outre, l’augmentation de la masse des murs extérieurs par l’isolation améliore leur capacité à emmagasiner
la chaleur de la journée pour la restituer en différé (déphasage), améliorant ainsi confort thermique d’hiver et d’été. Toutefois,
sur le bâti ancien dont l’aspect extérieur ne doit pas être dénaturé, l’isolation extérieure des murs ne peut être mise en œuvre
qu’à condition que ces derniers comportent peu d’ouvertures, et aucun décor de façade en relief (bandeaux, cordons,
encadrements, chaînages…).
Toit
30%
Renouvellement
d’air
20%
Murs
25%
Ponts
thermiques
5%
Sols
7%
Portes
et fenêtres
13%
Déperditions thermiques moyennes d’une maison non isolée
Matériaux
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
Démarches
administratives
Construction
neuve
Extensions
Réhabilitation
Clôtures
Ouvrages
divers
Devantures
commerciales
& enseignes
Baies
Façades
& décors
Charpente
& couverture
Planchers,
voûtes
& escaliers
Maçonnerie
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
Les planchers
Les planchers constituent la structure horizontale du bâti.
Cette structure est généralement constituée de simples
planchers de bois, pannes supportant des solives, revêtues
d’une chape de mortier de plâtre, et souvent, de mallons ou
de tomettes de terre cuite. Quelques demeures et hôtels
prestigieux comportent des planchers à la française.
Quelquefois, le rez-de-chaussée (quand un sous-sol existe)
ou le premier étage reposent sur une ou plusieurs salles
voûtées en berceau abritant cave, bergerie, écurie ou remise.
À l’origine, le sol était revêtu de dalles de pierre, d’une calade,
ou était simplement traité en terre battue.
Le bois est le matériau principal des planchers : chêne, peuplier,
pin et mélèze sont les essences les plus couramment utilisées.
Les planchers sont constitués de matériaux de
franchissement (les poutres), de liaison (les planches), de
remplissage (la chape) et de finition (le revêtement de sol).
Dans le territoire du Verdon, les constructions les plus
importantes comportant des pièces de grandes dimensions
(largeur souvent supérieure à 5 m), mais aussi certaines
maisons villageoises, sont dotées de planchers à la française,
tandis que les plus modestes comprennent de simples
planchers à chevrons. À l’exception des planchers à la
française, les plafonds sont généralement enduits de plâtre,
protégeant ainsi le bois du risque d’incendie.
Les planchers, et notamment les planchers hauts et bas des
habitations ont un rôle important à tenir dans la qualité
thermique de l’habitation et leur traitement en matière d’isolation
est primordial pour une bonne performance thermique. Les
planchers sont aussi des « frontières » entre pièces à usages
différents ou entre propriétés différentes et le traitement de leur
qualité acoustique doit être aussi pris en compte.
Les planchers à la française
Ils sont constitués de poutres de section rectangulaire,
espacées de 1,50 m à 2,00 m et pouvant atteindre 8 m de
portée, sur lesquelles reposent des solives de section elles
aussi rectangulaire, recouvertes de voliges servant de
coffrage perdu. Lorsqu’elle existe, leur finition consiste en un
revêtement de dalles de pierre, de carreaux de terre cuite
(mallons) ou de tomettes, scellés sur une chape de mortier
maigre de plâtre ou de chaux. La grosse section des poutres,
la qualité du bois de chêne ou de mélèze, le large espacement
des poutres et des solives, caractérisent les plus beaux
planchers à la française, tout comme la présence d’éléments
décoratifs tels que les gypseries de la fin du XVe siècle de la
rue du Mazeau à Castellane, les entrevous, ou les moulures
d’accompagnement apparues au XVIIIe siècle.
Les planchers à chevrons
Les planchers à chevrons (quartons) sont des planchers plus
rudimentaires, réalisés avec des poutres de section circulaire
ou rectangulaire, de portée limitée à 6 m, qui supportent des
pièces de bois simple, de section en quart de cercle, scellés
à leurs extrémités et coulés dans un mortier de chaux ou de
plâtre et chaux, sur un coffrage qui est ensuite démonté.
Sous-face de plancher à chevrons scellés dans un mortier de chaux
ou de plâtre
4
3
2
1. Chevrons
2. Poutre maîtresse
3. Ravoirage mortier de chaux
4. Carreaux de terre cuite
1
Pathologie des appuis de plancher
Différents désordres peuvent apparaître au niveau des
appuis : fentes du bois dues au vieillissement des poutres,
fléchissement des poutres dues aux surcharges, aux efforts de
cisaillement et de rotation. La destruction des poutres par des
éléments organiques (champignons, insectes…) se développant en milieu insuffisamment ventilé est aussi courante.
Si une seule poutre est dégradée à son extrémité, la pose,
après étaiement, d’un corbeau en pierre et le regarnissage de
l’extrémité de la poutre au mortier de chaux permet de former
un nouvel appui. Si la poutre dégradée est de section
rectangulaire, son extrémité peut être confortée par deux
plaques d’acier plat horizontales, boulonnées de part et
d’autre ; l’extrémité peut aussi être remplacée par une pièce
de bois attachée par des plaques d’acier plat boulonnées. En
cas de dégradation généralisée des appuis, une poutre
parallèle au mur d’appui peut supporter les poutres de bois
en remplacement de celui-ci.
1
1. Pourriture de la
poutre en bois
2. Etaiement de la
couverture
1. Nettoyage du bois
pourri avec un
couteau à bois
2. Dégagement
autour du bois
existant via des connecteurs métalliques. Le choix de la
solution devra se faire avec l’avis d’un ingénieur spécialiste
du bâti ancien et sa réalisation devra être confiée à un maçon
expérimenté dans ce type de travaux.
Les inconvénients du plancher en béton armé
La mise en œuvre d’un plancher formé de hourdis et
de poutrelles de béton armé n’est pas toujours recommandée
en remplacement d’un plancher de bois. À la différence de
ce matériau, le béton armé présente une rigidité peu
compatible avec la souplesse des maçonneries traditionnelles
et des structures de bois, qui encaissent plus facilement les
mouvements et les déformations des ouvrages. En outre, un
plancher de béton armé en rez-de-chaussée, étanche à la
vapeur d’eau, va favoriser les remontées capillaires dans les
murs. Toutefois, en cas d’exigence spécifique, surcharge
particulière ou de contrainte réglementaire par exemple, le
plancher en béton armé demeure une solution envisageable.
Plusieurs solutions sont alors possibles, du plancher de type
« poutrelles/hourdis » au plancher réalisé à base de bac acier
collaborant. Chaque solution possède ses propres qualités
et inconvénients, et seule l’étude précise permettra de décider
de la meilleure solution.
2
1
2
1
2
1. Mortier de chaux
2. Corbeau en pierre
Pathologie structurelle des planchers
Les désordres structurels des planchers, souvent
dus au fléchissement ou à la désagrégation des poutres, sont
faciles à détecter : défaut de planéité, fissuration du
revêtement de sol, ou fissuration des plinthes témoignant
d’un mouvement du plancher.
Après dépose du revêtement de sol, plusieurs solutions de
confortement sont possibles : de la mise en œuvre d’une dalle
mince (5 cm environ d’épaisseur) de béton à la réalisation de
dalle de compression connectée aux poutres du plancher
Les planchers connectés
Le plancher bois est sensible au vieillissement : poids
propre, l’usage, l’humidité, autant de causes de
vieillissement.
Les bois des poutres peuvent aussi attaqués par des insectes,
pourris, fendus ou cassés, fragilisant ainsi l’ensemble du
plancher.
Quand les planchers en bois sont dégradés ou quand leur
résistance n’est plus adaptée à l’usage que l’on en fait de
nos jours, les solutions « traditionnelles » consistent souvent
à changer les poutres ou à en ajouter de diverses manières :
poutres de bois ou de fer, pose en parallèle à l’existant ou par
moisage.
Les techniques contemporaines avec l’utilisation des fibres
de carbone, verre et résine époxy ne sont pas forcément
adaptées pour des raisons de coût, difficultés de mise en
œuvre et de protection contre l’incendie. Ces solutions, si
elles résolvent le problème des résistances du plancher,
n’apportent aucun autre avantage comme le renforcement de
la stabilité de l’ensemble du bâtiment. L’intervention de plus,
est visible et inesthétique
A contrario, après avoir démonté la dalle de terre et chaux
des planchers et changé les poutres de bois hors d’usage,
connecter une dalle de béton armé, mince, aux poutres en
place et aux murs périphériques renforce la solidité des
planchers, répondant aux exigences actuelles en résistance
- on atteint couramment 400 kg/m2 - et en planimétrie.
Un autre avantage non négligeable, réside dans la création
d’un chaînage renforçant la structure du bâtiment à chaque
niveau d’étage où ce type de travaux est réalisé, sans
intervention sur les murs extérieurs. Cette méthode est la
seule permettant la conservation des sous faces des plafonds
anciens en l’état, ce qui est un avantage esthétique
intéressant.
Enfin, le béton frais de la dalle mince peut être stuqué ou
surfacé façon « béton ciré ».
1
1.a
1.b
1.c
3.a
3.b
3.a Un plancher connecté est relié aux murs qui le bordent par des
aciers scellés dans les quatre murs.
3.b Ces aciers sont à leur tour liaisonnés à deux filants. Un
véritable chaînage est ainsi créé.
Dans tous les cas, les interventions sur plancher doivent être
calculées (sections d’acier, nombre de connecteurs, espacement des
connecteurs…)
Les voûtes
1.
Les poutres supportant les planchers sont souvent endommagées
en leur appui. Pour remédier à cette pathologie, plusieurs
procédés peuvent être employés :
1.a remplacer la poutre par une nouvelle poutre,
1.b renforcer la partie endommagée par deux moises profils
métalliques, de chaque côté de la poutre, assemblées avec tiges
filetées, rondelles et écrous,
1.c renforcer la partie endommagée par deux moises bois.
Il est important dans tous les cas de calfeutrer au béton la zone
d’appui.
À l’origine, les maisons comportaient des caves, des
bergeries ou des étables enterrées ou semi-enterrées,
séparées des autres niveaux par des voûtes.
La face inférieure de la voûte, qui constitue l’intrados, est
constituée d’un appareillage de moellons* équarris montés au
mortier de chaux ou de plâtre, ou, dans certains édifices
prestigieux ou religieux, de pierre taillée. Le volume compris
entre l’extrados en pierre et le plancher supérieur est garni d’un
remplissage de maçonnerie (fourrure) maçonnerie de blocage
constituée de tout venant et de terre ou de mortier maigre.
2
2.a
2.b
2.c
2.
Renforcer un plancher peut être l’occasion d’augmenter la
section des poutres :
- 2.a / 2.b, des connecteurs sont scellés dans les poutres,
- 2.c, et sont liés aux chaînages acier.
Nouvelles poutres et dalle béton armé d’un treillis soudé seront
coulées en même temps.
Gypserie finement moulurée en revêtement de l’intrados d’un arc
Affaissement et fissuration
Comme pour la reprise des planchers bois, l’avis d’un
ingénieur expert dans le confortement du bâti ancien sera requis.
Les voûtes transmettent aux murs latéraux des poussées
latérales et verticales et il convient de respecter ce mode de
fonctionnement structurel. Le mode opératoire d’intervention
et la nature de la réparation en tiendront donc parfaitement
compte. Après avoir supprimé la surcharge constatée ou
consolidé les fondations des murs, il convient d’étayer la
voûte par la mise en place d’un coffrage cintré, puis de
décharger la voute. La pose d’un tirant métallique horizontal
au niveau de la poussée latérale maximale aux murs est une
solution de consolidation intéressante pour supprimer les
effets de la poussée horizontale sur les murs.
1
1. Charges
supplémentaires
2. Affaissement
de la clé de voûte
3. Déformations
dues aux charges
1. Etaiement de la
voûte
2. Mortier de chaux
hydraulique
3. Tirant métallique
4. Plaque métallique
5. Placage en pierre
2
bourgeoises, les carreaux de ciment imprimés selon des
motifs à volutes et rinceaux dans un premier temps, puis
selon des motifs géométriques dans le style Art déco.
1. Tomettes de terre cuite
2. Ravoirage, mortier maigre
3. Enfustage
1
2
3
Entretien des sols revêtus de tomettes
Le nettoyage des traces et des tâches peut s’effectuer
à l’aide d’une solution d’acide chlorhydrique ou de cristaux
de soude. L’application d’huile de lin ou d’un hydrofuge mat
assure la protection superficielle des tomettes. Enfin, l’argile
des tomettes peut être régulièrement nourrie par une dilution
aqueuse de savon glycériné et de cire liquide.
3
Les escaliers
2
4
3
1
Les revêtements des sols
À l’origine, les sols en rez-de-chaussée des maisons modestes
et des dépendances agricoles étaient simplement constitués de
terre battue dans les plaines et les vallées, ou par la roche
creusée pour former un surface globalement plane. Les
planchers d’étage étaient revêtus d’une simple chape de mortier
de chaux ou de plâtre, dans laquelle étaient parfois incorporés
des cailloux ou des débris de terre cuite. Souvent, plutôt que
d’être remplacées, de nouvelles chapes de mortier ont été mises
en œuvre en se superposant aux chapes existantes, ces
empilements successifs atteignant parfois 40 cm d’épaisseur.
En rez-de-chaussée, les sols des habitations courantes étaient
parfois revêtus de lauzes calcaires, notamment autour de la
cheminée, ceux des demeures les plus riches étant couverts de
carreaux de terre cuite (mallons) et de dalles de pierre calcaire
taillée dans les entrées. Comme ceux des planchers d’étage, ces
revêtements de sols sont posés sur un lit de mortier de chaux
ou de plâtre. Les sols des combles, où l’usure due à la
fréquentation est minime, sont souvent constitués d’un simple
mortier de plâtre et chaux.
À partir du XIXe siècle, les tomettes de terre cuite se
généralisent. Ces tomettes sont posées au mortier maigre. Au
début du XXe siècle apparaissent, dans les maisons
Les constructions les plus anciennes ne possédaient pas
d’escalier intérieur, celles-ci étant adossées à la pente du terrain
permettant un accès direct à différents niveaux. Au Moyen Âge,
des encoches creusées dans la pierre ou des escaliers rentrants
analogues à ceux des restanques faisaient office d’escalier pour
desservir les pièces à fonction agricole telles que les caves à vin
ou les fenils. L’escalier à volée droite unique très vertical s’est
imposé dans les logis élémentaires, en raison de sa faible
surface au sol. L’escalier à vis en pierre de taille apparaît à la
Renaissance dans les demeures nobles. À partir du XVIIe siècle,
les cages d’escalier à un ou plusieurs noyaux pleins ou ajourés
et à volées droites ou tournantes, offrent des marches plus
larges et plus confortables. Les édifices nobles sont dotés
d’escaliers à marches en pierre sans noyau, à deux, trois ou
quatre volées droites séparées par des paliers, et dont les
rampes sont constituées de balustrades de bois et de plâtre
moulé, ou, à partir du XVIIIe siècle de fer forgé ; les cages
d’escalier les plus prestigieuses présentent des plafonds à décor
de gypserie, ou des voûtes d’arêtes à clés pendantes. À partir
du XVIIIe siècle, les rampes pleines disparaissent au profit de
rampes en fer forgé, puis en éléments moulés, avec main
courante de bois. Dans les immeubles courants, les escaliers
présentent des nez de marche en bois et un revêtement de
carreaux de terre cuite ou de tomettes.
Escalier intérieur tournant
à jour central, avec gardecorps en fer, nez de marches
en bois et revêtement en
carreaux de terre cuite
Matériaux
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
Maçonnerie
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
& couverture
Les charpentes
Si les constructions les plus simples sont munies d’une
toiture à pente unique, les toitures sont le plussouvent à deux
pentes symétriques. Les pentes vont de 27 % à 35 % pour
les toitures en tuiles rondes. Les charpentes sont
généralement simples : les systèmes empilés constitués de
pannes en pin, en peuplier ou plus rarement en chêne, sur
lesquels reposent des chevrons (quartons), sont les plus
courants. Généralement, les extrémités des pannes reposent
sur les murs pignons*. Quelques charpentes remarquables
sont constituées de fermes* assemblées reposant sur les
murs de façade.
&
Façades
décors
Charpente
Planchers,
voûtes
& escaliers
La toiture, composée de sa partie structurelle, la charpente, et de sa partie fonctionnelle, la couverture, constitue le«
chapeau » du bâti. L’espace ménagé entre la couverture et le plafond haut du dernier niveau « courant » constitue les combles.
Utilisé autrefois comme lieu de stockage, il est aujourd’hui bien souvent reconverti en surface d’habitation et pose alors le
problème de son isolation thermique : les déperditions via la partie haute du bâti représentant la majeure partie des fuites
thermiques.
Baies
Vocabulaire de charpente
Contre-fiche
Panne
faîtière
Chevron
Devantures
commerciales
& enseignes
Arbalétrier
Poinçon
Liteau ou
voligeage
Fiche
Construction
neuve
Extensions
Réhabilitation
Clôtures
Ouvrages
divers
Entrait
Démarches
administratives
Panne
Panne
sablière
en acier inoxydable boulonnés ; un traitement insecticide et
fongicide doit être ensuite appliqué en surface et en
profondeur de l’ensemble de la charpente.
La couverture de tuiles rondes
Héritée de la tuile romaine antique, la tuile ronde correspond
au matériau de couverture traditionnel le plus courant dans
le territoire du Verdon, comme dans toute la Provence. À
partir du XIXe , les tuiles façonnées artisanalement, de forme
galbée, ont été remplacées par des tuiles industrielles
moulées, de forme tronconique, puis pressées, de forme
cylindrique.
En Haute-Provence, les tuiles rondes ont une largeur moyenne
d’environ 16 cm (petit galbe) à 20 cm (grand galbe), une longueur moyenne de 50 cm, et une épaisseur moyenne de 15 mm.
Leur teinte dominante est beige, et plus rouge dans certains
secteurs du Var, nuancée par le gris verdâtre des lichens.
Les tuiles rondes sont soit scellées au mortier de chaux sur des
carreaux de terre cuite (malons*), reposant sur des chevrons,
soit posées directement sur des chevrons. Ces derniers, réalisés
à partir de rondins dont la section est coupée en quatre
(quartons), suivent une pente de toiture d’environ 15° à 19°.
Tuiles canal posées sur voliges
Pathologie des charpentes
Les altérations des charpentes sont analogues à
celles des planchers en bois : fentes du bois dues au
vieillissement des pièces, fléchissement des pièces dues aux
surcharges ou aux contraintes excessives du mistral
provoquant des efforts de cisaillement et de rotation,
destruction des pièces par des éléments organiques
(champignons, insectes…) se développant en milieu
insuffisamment ventilé.
Tuile de courant
Tuile de couvert
Volige
Tuiles canal posées sur liteaux
Tuile de couvert
Comme pour tous les éléments structurels, une intervention
sur une charpente ne peut être faite sans le conseil de
professionnels confirmés : ingénieurs et charpentiers. Une
charpente peut être réparée éléments par éléments ;, ainsi
après étaiement de la charpente, il convient de remplacer les
pièces détériorées en adoptant un mode d’assemblage
adapté en fonction de la nature des pièces (embrèvement,
mi-bois ou tenon et mortaise). : Ces assemblages peuvent
être consolidés par des agrafes, des sabots ou des anneaux
Tuile de courant
Tenon
Chevron
Tuiles canal posées sur chevrons triangulaires
Tuile de couvert
Tuile de courant
Chevron triangulaire
Panne
Réfection de toiture de tuiles rondes
La réfection d’une toiture en tuiles rondes doit
privilégier la récupération des tuiles anciennes en couche de
couvert, la couche de courant pouvant recevoir des tuiles
rondes neuves de teinte proche de celle des tuiles anciennes.
Si la toiture à refaire ne peut fournir suffisamment de tuiles
anciennes en bon état pour poser la couche de couvert, il
convient de poser en couvert des tuiles rondes neuves de
teinte nuancée proche de celle des tuiles anciennes, en
évitant les tuiles vieillies artificiellement, noircies sur tons
paille ou rouge trop contrastés. On doit aussi veiller, lors de
la pose, à panacher aléatoirement les tuiles neuves par
rapport aux tuiles anciennes.
Surcharge des tuiles rondes
Le poids des tuiles peut entraîner une altération de
la charpente provoquant parfois son fléchissement ou sa
rupture, avec pour conséquence une déformation de la
toiture et l’infiltration des eaux. Pour éviter ce désordre, il
faut surveiller régulièrement l’état de la charpente et de la
toiture, en vérifiant son étanchéité à l’occasion de fortes
pluies. Dans le cas d’une pose traditionnelle des tuiles sur
carreaux de terre cuite, la dépose de ces derniers et leur
remplacement par des plaques étanches peuvent être
envisagés pour alléger la charge de la couverture, notamment
si la sous- face de la couverture n’est pas apparente.
Infiltration des eaux
Souvent fêlées après quelques décennies (faible
résistance aux chocs, gélivité), les tuiles anciennes
n’assurent pas toujours l’étanchéité de la toiture. En outre,
un recouvrement de tuiles insuffisant peut provoquer des
infiltrations par remontée des eaux. De même, la
désagrégation du mortier de pose et l’accumulation de
poussière déposée par le vent peuvent générer la pousse
d’une végétation parasite, pouvant conduire à la fêlure des
tuiles, puis à des infiltrations d’eau. Une visite régulière de la
toiture pour remplacer les tuiles fêlées et un contrôle
d’étanchéité lors de fortes pluies s’imposent.
Les plaques de support de tuiles rondes
De nos jours, la réalisation de la couverture est bien
souvent assurée par des plaques de support des tuiles de
couverture. Qu’elles soient rigides en fibre-ciment assurant
l’étanchéité ou asphaltées flexibles, on doit veiller à ce que leur
profil ondulé ou nervuré soit compatible avec le galbe des tuiles,
et avec une pose « à deux tuiles », c’est-à-dire avec une couche
de tuiles de courant supportant une couche de tuiles de couvert.
La longueur des plaques, qui correspond au sens de la pente,
doit être compatible avec l’entraxe des pannes ou des liteaux
sur lesquelles sont fixées les plaques. Un rang de tuiles d’égout
en gargouille, en recouvrement partiel des plaques, doit être
posé en saillie au-dessus des rangs de génoise scellés dans la
maçonnerie. En rive de toiture, deux rangs scellés de tuiles de
couvert superposées assurent l’étanchéité, le bord longitudinal
des plaques étant situé en retrait.
Les plaques associées à un isolant thermique, et dont le profil
ondulé est compatible avec une pose « à deux tuiles » en
courant et en couvert, sont rares. Ces plaques sont fixées sur
des panneaux isolants et les pannes de support. Les
panneaux isolants, dont l’épaisseur se situe entre 10 cm et
16 cm environ, peuvent présenter des sous-faces de plafond
aux finitions variées (lambris de bois, plâtre, panneaux
acoustiques…).
Recouvrement plaque/tuile
(gargouille)
mini 150
50
maxi 3
Tuile en gargouille
Panne sablière
Orifice
de ventilation
Génoise
La couverture de tuiles plates
mécaniques
Ces tuiles sont dotées de talons fixés sur des liteaux qui
assurent leur bonne tenue sur les toits, y compris ceux à forte
pente. Les tuiles plates mécaniques se sont imposées,
notamment grâce à leur pose rapide et à leur étanchéité
performante. Leur mode d’assemblage leur laisse en outre
peu de prise au vent.
Surcharge des tuiles plates mécaniques
Les couvertures de tuiles plates mécaniques étant
lourdes, elles peuvent provoquer la rupture des charpentes
insuffisamment dimensionnées pour cette charge. La
couverture ne pouvant être allégée, un renforcement de la
charpente s’impose.
Pathologies organiques des tuiles plates mécaniques
Bien qu’étant moins poreuses que les tuiles rondes
artisanales, les tuiles plates mécaniques peuvent accrocher
divers éléments organiques (mousses, lichens, algues…)
pouvant gêner l’écoulement des eaux à travers les joints entre
les tuiles ou entre ces dernières et les rives. Après un
nettoyage par brossage à l’eau, il peut être utile d’appliquer
un hydrofuge (à base de silane ou de siloxane) sur les tuiles,
afin d’empêcher la fixation d’éléments organiques.
Les avant-toits
Les avant-toits, qui forment des débords de toiture, protègent
les façades de la pluie et du soleil ; leurs supports sont de
trois types dans le territoire du Verdon :
Les génoises
Apparues au milieu du XVIIIe siècle, les génoises comportent
généralement deux à trois rangs de tuiles garnies, selon la
hauteur de la façade à protéger, et quelquefois le rang social
du propriétaire. Offrant une continuité entre la maçonnerie du
mur et la couverture, les génoises assurent la meilleure
protection contre le vent et la pluie. Si les génoises sur murs
gouttereaux* sont extrêmement courantes, en HauteProvence existent aussi des génoises disposées en rive de
toiture suivant un tracé incliné, ainsi que des génoises se
prolongeant horizontalement en retour sur toute la périphérie
du bâtiment, soulignant ainsi la base des pignons à pans de
toiture symétriques.
Les corniches à l’italienne
En coffrage de lattis de bois enduit de plâtre, les corniches à
l’italienne sont plus particulièrement présentes en rive droite du
Verdon. La plupart des façades qui bordaient l’actuelle rue
Nationale de Castellane étaient jadis couronnées de corniches,
qui ont été progressivement remplacées par des génoises.
1
2
3
4
50 à 60
Les chevrons en débord
Sous voliges de bois, les chevrons à débord concernent tant les
murs gouttereaux* que les rives de toiture sur pignon, comme
à Allons, village sous influence montagnarde. Dans certains cas,
les chevrons ne sont pas apparents, ceux-ci étant fixés sur les
voliges qui forment ainsi la sous-face de l’avant-toit.
1. Sous-face de toiture constituée de pannes (poutres) supportant des
quartons (chevrons de bois équarri) entre lesquels sont posées les
tuiles rondes de courant (canal)
2. Ginasservis
3. Rang de tuiles d’égout sur génoise à trois rangs balancés en angle
droit (Régusse)
4. Génoise à deux rangs balancés suivant l’amorce d’un tracé
courbe, et rang de briques pleines en rive de toiture (Ginasservis)
5
6
5. Génoise à trois rangs formés de haut en bas d’un rang de briques
creuses, d’un rang de tuiles rondes alternées avec des carreaux
de terre cuite et d’un rang de briques creuses
(Saint-Julien-le-Montagnier)
6. Avant-toit formé de chevrons équarris (quartons) jointifs
(Le Bourguet)
L’isolation des combles
La toiture représente en moyenne 30 % des déperditions thermiques d’une habitation : c’est dire toute l’importance que revêt
l’isolation des combles. Cette partie de l’édifice est aussi particulièrement soumise à la surchauffe estivale. Face à la nécessité
de s’isoler du froid en hiver et de se protéger de la chaleur en été, il convient de choisir un matériau isolant répondant à cette
double exigence. Les matériaux isolants se caractérisent par différents critères :
• le coefficient de conductivité thermique λ (en W/m/°C) qui exprime sa faculté à conduire la chaleur : plus λ est petit, plus
le matériau est isolant (les matériaux isolants courants ont des λ compris entre 0,035 et 0,050) ;
• la résistance thermique R (en m2/°C/W) : pour une épaisseur donnée, plus R est grande, plus la paroi est isolante ;
• l’inertie thermique C, qui permet d’emmagasiner l’énergie captée par le matériau et de la restituer lentement pour un bon
confort d’été, est proportionnelle à la densité du matériau (en kg/m3), à son effusivité ef (en Kj/m2/seconde/°C) et inversement
proportionnelle à sa diffusivité d (en m2/heure) : l’inertie doit être suffisamment élevée pour accumuler les calories avant de
les restituer, suivant un décalage de 8 à 10 heures correspondant au déphasage jour-nuit.
Le confort dépend aussi du taux d’hygrométrie intérieure : la capacité d’un matériau à absorber l’humidité et à favoriser son
évaporation vers l’extérieur (perméance) est à considérer. Les principaux isolants ayant les meilleures performances et dont l’énergie
grise (quantité totale d’énergie nécessaire à la production et au transport du matériau) est limitée (13 à 90 KWh/m3) sont :
• le liège expansé (en vrac, en rouleau ou en panneau) : (λ = 0,032 à 0,045), bon isolant phonique ;
• l’ouate de cellulose (en panneau) : (λ = 0,035 à 0,040) ;
• la laine de chanvre (en rouleau) : (λ = 0,039 à 0,048), bon isolant phonique, bonne perméance ;
• les fibres de bois (en panneau) (λ = 0,042 à 0,070).
Les isolants suivants présentent quelques inconvénients :
• Les laines minérales ou animales ont une faible conductivité thermique (λ = 0,035 à 0,045), mais une inertie thermique
insuffisante ; en outre, le traitement antimites de la laine de mouton est toxique.
• Le polyuréthane (en panneau ou en mousse) (λ = 0,025 à 0,030) ou le polystyrène extrudé ou expansé (λ = 0,028 à 0,035)
ont une faible conductivité thermique, mais une faible inertie thermique ; en outre, ces isolants représentent une énergie grise
trop importante (450 à 1100 KWh/m3).
• Les isolants minéraux (perlite, vermiculite, verre cellulaire, argile expansée) ont une conductivité thermique trop importante
(λ = 0,045 à 0,108).
C’est souvent la mise en oeuvre de l’isolation qui est prépondérante dans la performance finale (homogénéité de la répartition,
respect de l’étanchéité...).
Combles non aménagés
Une fois l’étanchéité de la toiture vérifiée (film pare pluie), on pourra se contenter d’une isolation sur la dalle du plancher, plus
facile à mettre en œuvre. Si la dalle est formée de caissons on pourra combler ces derniers avec de l’isolant en panneau ou en
vrac (plus efficace pour combler les recoins). Si l’épaisseur est insuffisante on peut recréer des caissons qui une fois isolés
seront recouverts de simples panneaux de fibres de bois.
Combles aménagés
On allongera le temps de déphasage (environ 12 h) en augmentant l’épaisseur de l’isolant pour limiter les surchauffes. Il est
indispensable de faire appel à des matériaux ayant un déphasage* plus important, comme le liège, la laine de bois ou la ouate
de cellulose.
Attention aux sirènes des isolants minces réfléchissants ! Séduisants de par leur faible épaisseur et donc dégageant plus de
volume disponible pour l’aménagement des combles, ces isolants sont plutôt des compléments d’isolation. Ils supposent une
mise en oeuvre méticuleuse pour obtenir une étanchéité parfaite à l’air, mais de fait à la vapeur d’eau (matériau non respirant),
ce qui est contradictoire avec la perméabilité à la vapeur d’eau requise dans l’habitat ancien.
Ventilation des combles : elle est importante d’une part pour limiter la surchauffe, d’autre part pour éviter la condensation et
la détérioration prématurée de la charpente.
Matériaux
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
Maçonnerie
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
Charpente
couverture
Planchers,
voûtes
& escaliers
À l’exception des cabanes et des bergeries isolées, souvent bâties en pierre sèche, ainsi que de quelques maisons
parmi les plus élémentaires, les maçonneries traditionnelles du territoire du Verdon sont la plupart du temps recouvertes
par un mortier de chaux ou de plâtre. Cet enduit est lui-même souvent revêtu d’une peinture à la chaux, utilisée tant sur
les parois extérieures que sur les parois intérieures des murs. Outre leur rôle primordial de protection des maçonneries,
ces enduits permettent de mettre en valeur de nombreuses constructions par la coloration de leurs façades et de leur
modénature* : ils prennent alors un rôle décoratif. En plus de ces deux fonctions, les mortiers et les peintures à base de
chaux ont une fonction antiseptique particulièrement utilisée dans l’habitat rural.
Façades
& décors
&
Les enduits
Les enduits sont appliqués sur les maçonneries de moellons*
de calcaire montés à la chaux ou au plâtre. Ils s’amortissent
au nu du parement de maçonnerie et jamais en surépaisseur,
laissant, quand elle existe, la modénature* de façade
(bandeaux, cordons, encadrements, chaînages…) apparaître
en relief.
•
Devantures
commerciales
& enseignes
Baies
Amortissement de l’enduit sur les pierres de taille
Enduit dans le plan de la pierre
Extensions
Réhabilitation
Clôtures
Ouvrages
divers
Construction
neuve
Démarches
administratives
Encadrement de baie
Enduit en retrait
Enduit en surépaisseur
•
Chaîne d’angle
Enduit dans le plan de la pierre
Enduit en surépaisseur
Les mortiers de chaux naturelle
Les mortiers sont composés de chaux naturelle qui assure
un rôle de liant, ainsi que de sables locaux de granulométrie
variable. Les chaux grasses en pâte, utilisées jadis, sont
remplacées de nos jours par des liants naturels que sont les
chaux aériennes en poudre (CL, Calcic Lime et DL, Dolomitic
Lime) et les chaux hydrauliques naturelles pures (NHL,
Natural Hydraulic Lime).
Les différentes couches d’enduit de chaux
Les enduits sont réalisés en plusieurs couches
successives. La première, de 5 à 8 mm d’épaisseur, appelée
gobetis, assure l’accroche par un fort dosage en chaux qui
augmente l’adhérence (5 à 7 volumes de chaux pour 10
volumes de sable sec, soit de 300 à 450 kg par m3 de sable
sec). La deuxième couche, de 10 à 15 mm d’épaisseur,
appelée corps d’enduit ou dressage, assure une planéité
relative du mortier ; son dosage en chaux reste élevé pour
permettre d’appliquer une épaisseur importante, si
nécessaire (4 à 5 volumes de chaux pour 10 volumes de
sable sec, soit de 250 à 350 kg par m3 de sable sec). Les
deux premières couches peuvent être réalisées soit
successivement avec un mortier de chaux hydraulique (NHL),
soit en une seule passe de mortier de chaux aérienne (CL ou
DL) d’environ 10 mm d’épaisseur (6 volumes de chaux
aérienne pour 10 volumes de sable sec, soit 300 kg par m3
de sable sec). Enfin, la couche de finition, de 5 à 7 mm
d’épaisseur, est peu dosée en liant, pour éviter le faïençage,
les chaux ayant du retrait à la prise (3 à 4 volumes de chaux
pour 10 volumes de sable sec, soit de 150 à 250 kg par m3
de sable sec). Ce respect de la dégressivité des proportions
entre chaux et sable est primordial pour la bonne tenue dans
le temps de l’enduit.
Les mortiers de plâtre gros
En Haute-Provence, le plâtre utilisé traditionnellement pour la
maçonnerie des murs provient d’un gypse oxydé qui lui confère
sa teinte rosée. Ce plâtre était généralement grossièrement
broyé ou concassé à la masse, d’où son appellation « plâtre
gros ». À la différence de la chaux, le plâtre a une prise très
rapide. De nos jours, on restaure les façades enduites au plâtre
à l’aide d’un mortier de plâtre gros, de chaux aérienne (CL) et
de sable. Ce mélange à prise rapide donne plus de dureté au
mortier, qui reste toutefois perméable à la vapeur d’eau mais
sensible à l’eau sous forme liquide.
Les différentes couches d’enduit de plâtre
et de chaux
La préparation du mortier se fait à sec suivant le même dosage
pour toutes les couches : 20 volumes de plâtre gros et 6
volumes de chaux pour 10 volumes de sable sec, soit 2000 kg
de plâtre et 300 kg de chaux par m3 de sable sec). L’application
du mortier se fait par passes successives très rapprochées
dans le temps, pour constituer une seule couche de 3 à 8 cm
d’épaisseur, en fonction des irrégularités du support. La
première couche servant de gobetis d’accrochage peut
présenter un aspect plus fluide. Les couches suivantes de
dressage et de finition, réalisées avec un mélange ferme,
doivent être bien serrées au bouclier de bois. La couche de
finition doit être recoupée à la truelle Berthelet afin de
supprimer les raccords entre chaque gâchée.
La variété des finitions d’enduit
Des murs de fermes isolées aux façades richement décorées
de certains hôtels aristocratiques, le territoire du Verdon offre
une grande diversité de façades, tant dans leur architecture,
que dans le traitement de leur parement de finition. Cette
diversité est en relation avec le type de chaque construction
et les moyens disponibles pour sa finition, et en relation avec
le style et la technique propres à chaque époque et avec les
différentes influences culturelles régionales.
Les enduits jetés et recoupés
Les murs des maisons les plus rudimentaires et des bâtiments
agricoles annexes sont parfois simplement revêtus d’un enduit
au sable gros jeté à la truelle, puis recoupés au tranchant de la
truelle, pour assurer la protection des maçonneries avec le
minimum de mortier. Certaines têtes de moellons* apparaissent
progressivement avec le vieillissement de l’enduit, on parle alors
improprement d’enduit « à pierres vues ». Les décors de façade
(chaînes, bandeaux, encadrements et plinthes) sont
généralement absents des traitements de ce type.
Les enduits grenus : jetés au balai et tyroliennes
Ce revêtement de façade, très courant dans les régions de
montagne, correspond souvent aux maisons simples, mais
aussi à certains beaux hôtels et édifices monumentaux, en
raison de l’aspect décoratif de sa texture de surface grossière,
notamment par le traitement en faux appareil. La couche de
finition est projetée à l’aide d’un balai (genêt, cyprès, buis…)
trempé dans un mortier très souple que l’on frappe sur un bâton
ou réciproquement, formant un relief plus ou moins affirmé.
Durant la première moitié du XXe siècle, certaines façades
d’habitations ont été reprises par des enduits appliqués
mécaniquement à l’aide d’un appareil à projeter des
gouttelettes de mortier, la tyrolienne, selon une mode
répandue dans toute la France. Les grains de mortier sont
projetés en passes successives (perpendiculairement, puis à
45° par rapport au mur) sur un enduit taloché ou lissé à la
truelle, formant une texture de finition grenue. L’aspect de
finition varie selon le nombre de passes, la fluidité du mortier
et la granulométrie du sable. Les enduits à la tyrolienne sont
généralement teintés en masse à l’aide d’oxydes.
Les enduits lissés et talochés
Cette finition est mise en œuvre à l’aide d’un mortier de sable
fin (tamisé) sur la plupart des maisons et immeubles urbains
ou villageois, comme sur de nombreux édifices publics. La
surface du mortier est lissée avec le dos de la truelle. Cette
technique permet de faire sortir la laitance du mortier en surface
et d’obtenir une texture lisse. Les enduits lissés à la taloche de
bois en remplacement de la truelle sont apparus à la fin du XIXe
siècle. Après un temps variable selon l’humidité atmosphérique,
le mortier, légèrement ressuyé, est serré à la taloche par de
larges mouvements circulaires pour obtenir une surface plane,
la rugosité étant constituée par le grain du sable.
Les enduits grattés au ciment naturel
Sous influence de la région marseillaise où les premières
fabrications de ciment prompt sont apparues à la fin du XIXe
siècle, certaines maisons de l’ouest varois ont fait l’objet d’un
traitement de façade à joints gravés en assises horizontales,
et parfois, à décor en relief (bandeaux d’étage, chambranles,
plinthes) réalisés facilement à l’aide de ciment prompt.
1
1. Enduit jeté et recoupé à pierres vues
(La-Palud-sur-Verdon)
2. Enduit jeté au balai (Valensole)
3. Enduit à la tyrolienne au mortier à
gros grain teinté à l’oxyde métallique
(Allons)
2
3
Décollement de l’enduit (cloquage)
Quand la couche d’enduit sonne creux de façon
généralisée, c’est le signe qu’elle est détachée de son support
en maçonnerie.
Un sondage à l’aide d’un marteau permettra d’identifier les
zones à traiter. Les enduits cloqués seront alors piochés et
remplacés par un enduit neuf. Il faut nettoyer et humidifier le
support de maçonnerie avant l’application d’un nouveau mortier
de chaux, dont la surface, raccordée aux surfaces d’enduit
conservées, présentera une teinte et une texture identiques.
Faïençage
Le faïençage de l’enduit correspond à l’apparition de
nombreuses microfissures en toile d’araignée, qui favorisent
la pénétration de l’eau dans le mortier.
On peut corriger l’aspect faïencé de l’enduit en le couvrant d’un
badigeon, qui bouchera les fissures et empêchera l’eau de
pénétrer. Cette peinture à la chaux sera appliquée sur l’enduit
nettoyé et humidifié, en période tempérée, pour s’assurer que
sa prise et son séchage ne soient pas trop rapides.
Effritement
La désagrégation par effritement de l’enduit peut
avoir différentes origines, du sable trop fin au gel durant la
prise du mortier. La seule solution pour remédier à cette
situation consiste en une réfection totale de l’enduit.
Les peintures à la chaux
À sec ou à fresque
La couleur en façade est apportée par l’utilisation de la
peinture à la chaux, dans une double fonction : décoration et
protection de l’enduit. À l’exception des tyroliennes
généralement teintées en masse, ces peintures sont des
mélanges de chaux naturelle blanche et d’eau, ainsi que
d’adjuvants et de pigments éventuels. L’application de la
peinture se fait à la brosse par trois couches successives
croisées en terminant verticalement, facilitant ainsi
l’écoulement de l’eau de pluie. Sur un mortier frais de chaux
aérienne en phase de carbonatation, l’application d’une eau
forte de chaux aérienne « à fresque » offre une luminance
incomparable.
Du chaulage couvrant à la patine transparente
La variation du dosage de chaux permet d’obtenir
différents types de peintures, correspondant à l’usage et à
l’aspect de finition désiré :
•
Le chaulage des bergeries répond à un objectif
antiseptique (1 volume de chaux en poudre pour 1
volume d’eau).
•
Le badigeon est couramment utilisé sur maçonnerie
enduite ou en pierre de taille (1 volume de chaux en
poudre pour 2 à 3 volumes d’eau) ; cette technique
couvrante ne permet pas de coloration soutenue (seuil
de saturation des pigments de 15 % à 25 % du poids
de chaux).
•
L’eau forte ou détrempe à la chaux offre un aspect
aquarellé laissant transparaître le support de pierre de
taille ou enduit ; elle peut être appliquée « à fresque » (1
volume de chaux en poudre pour 4 à 6 volumes d’eau).
Cette technique couvrante permet une coloration soutenue (seuil de saturation des pigments de 35 % à 65 %
du poids de chaux).
•
La patine privilégie l’apparence de la texture du support
de pierre de taille ou enduit (1 volume de chaux en poudre
pour 10 à 20 volumes d’eau) ; cette technique couvrante
permet une coloration saturée (seuil de saturation des
pigments de 55 % à 95 % du poids de chaux).
La gypserie
Le plâtre fin de couleur blanche est utilisé en revêtement des
murs intérieurs, des plafonds, des voûtes ou des manteaux de
cheminée, mais aussi, parfois, en enduit extérieur lissé. La
réalisation des moulures linéaires et des corniches nécessite un
coup de main particulièrement habile des « gypiers ». L’art de
la gypserie était particulièrement développé en Provence, entre
le XVIe et le XVIIIe siècle : outre certains châteaux comme ceux de
Chasteuil et d’Eoulx à Castellane, quelques hôtels particuliers,
notamment à Riez et Castellane, possèdent dans les cages
d’escalier ou les appartements de somptueux décors moulés
ou sculptés tels que balustres, voûtes d’arête nervurées, clés
pendantes, rosaces, trumeaux... Les motifs ornementaux
correspondent souvent à des figurines, des mascarons, des
décors floraux ou des scènes de la nature... En façade, ces
hôtels particuliers sont quelquefois ornés d’une riche
modénature* en gypserie : cordons, pilastres, consoles...
Voutes
Décor de chaîne latérale
harpée enduite à la
tyrolienneà finition grenue
formant un fort contraste de
teinte et de texture
(Montagnac-Montpezat)
La coloration
La coloration des murs correspond à celle des peintures à la
chaux recouvrant les enduits. Le blanc est le plus commun ;
il est rarement intentionnel, mais résulte de l’application d’un
simple badigeon protecteur et antiseptique. Les pigments
naturels sont principalement les ocres jaunes et rouges, les
terres d’Ombre ou de Sienne naturelles ou calcinées, ainsi
que la glauconie verdâtre des environs de Castellane. Les
pigments artificiels sont apparus à la fin du XIXe siècle : ces
oxydes sont principalement l’oxyde de chrome, le sulfate de
cuivre (vert), l’oxyde de fer (jaune ou rouge) et le bleu
d’outremer (ou bleu de Guimet, du nom du chimiste qui
l’inventa). Ces différents pigments sont miscibles entre eux.
Les oxydes ont une couleur moins chaude que celle des ocres
ou des terres, mais permettent des teintes plus soutenues.
Le décor
En façade d’habitation urbaine ou villageoise, à défaut de
modénature* en pierre de taille, la peinture à la chaux est
souvent utilisée pour souligner une modénature* de mortier
en relief, ou simplement pour imiter à moindre frais cette
modénature* : dans ce cas, les bandeaux, cordons,
encadrements et chaînages apparaissent par contraste de ton
avec le parement de la façade. Parfois, les bandeaux
horizontaux supérieurs sont ornés de frises réalisées au
pochoir dont le motif fait souvent référence au lieu (feuillages,
vignes, fleurs...). À l’écart des villes et des villages, l’isolement
des hameaux et des fermes ainsi que la circulation réduite
des personnes n’ont pas incité les propriétaires à décorer
richement les façades de leur logis. À l’intérieur des
habitations, des plinthes de 40 à 80 cm de haut permettent
de limiter l’impact visuel des salissures qui se concentrent en
partie inférieure des murs et des cloisons. Comme pour les
enduits, le choix de la couleur de peinture doit se faire sur
échantillon préalablement séché.
1
Modénature
1. Bandeau sous génoise au décor naturaliste en frise peinte au
pochoir (Sillans-la-Cascade)
2. Bandeau sous génoise au décor en frise peinte au pochoir et
chaîne d’angle* à pointe de diamant peinte en trompe-l’œil
(Roumoules)
Des cadrans solaires d’une grande simplicité
Les cadrans solaires qui ornent les façades des maisons du
Verdon ont pendant longtemps été utiles à la vie quotidienne,
avant que l’horlogerie ne se répande. Ces cadrans peints à la
chaux ou gravés dans la pierre ou le mortier ne comportent
pas toujours une devise. À la différence des cadrans alpins
ou transalpins, leur décor se limite souvent au cadre ou à la
calligraphie.
2
Cadran solaire daté de 1903 (Valensole)
Matériaux
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
Maçonnerie
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
Démarches
administratives
Construction
neuve
Extensions
Réhabilitation
Clôtures
Ouvrages
divers
Devantures
commerciales
& enseignes
Baies
&
Façades
décors
&
Charpente
couverture
Planchers,
voûtes
& escaliers
LES BAIES
Les baies correspondent aux ouvertures des portes et des
fenêtres pratiquées dans les murs. Ces ouvertures participent à
l’harmonie des façades par le rythme des pleins et des vides. Dans
le bâti traditionnel, les baies de proportion à dominante verticale
reprennent en moyenne le cinquième de la surface des façades
principales. Leur participation à la qualité de l’architecture impose
que, lors de la mise en oeuvre de mesures d’isolation thermique,
ce caractère soit respecté : prise en compte de l’époque du
bâtiment et respect de la typologie des menuiseries.
Dans les constructions rurales modestes, les baies
rectangulaires sont constituées de deux piédroits de moellons*
de calcaire équarris supportant un linteau de bois de pin, de
chêne ou d’ormeau, parfois apparent en façade, dans le cas
notamment des bâtiments agricoles. Les fenêtres ne présentent
pas d’appui en saillie, les seuils de porte, formés d’une marche
ou d’une dalle de pierre dure, sont extrêmement simples. Les
embrasures sont traitées en mortier de chaux ou de plâtre lissé
sur toute l’épaisseur du mur.
Dans les maisons villageoises simples, les baies rectangulaires
présentent une certaine variété de techniques de couvrement :
linteau de bois, linteau monolithe, plate-bande horizontale, ou
arc cintré à voussoirs (ou claveaux*) de pierre ou de briques.
Les piédroits, bâtis en moellons* de calcaire équarris ou en
briques, comme le couvrement, sont enduits au mortier de
chaux ou de plâtre, à l’exception de la brique. Très souvent,
l’encadrement des portes et des fenêtres est traité par des
bandeaux de mortier en relief, de teinte claire imitant la pierre,
qui constituent la modénature* de façade. À défaut, les
encadrements de baies sont parfois simplement peints d’une
teinte claire contrastant avec l’enduit de façade. Quand ils
existent, les appuis de fenêtre sont couverts de carreaux de terre
cuite vernissée, ou sont quelquefois taillés dans la pierre calcaire
dure, apparaissant en saillie de l’encadrement.
Les encadrements de portes d’hôtels nobles et de demeures
bourgeoises édifiées entre le XVIe siècle et le XIXe siècle
témoignent du savoir-faire remarquable des tailleurs de
pierre. Qu’ils soient rectangulaires ou en arc, ces
encadrements de style classique ou néo-classique expriment,
par leur riche décor, le statut social élevé des propriétaires de
leurs immeubles : les piédroits sont traités en pilastres plats,
cannelés ou à bossage, surmontés de chapiteaux ioniques,
doriques ou corinthiens ; les linteaux et les arcs portent
souvent une date gravée correspondant à la date de
construction ou de rénovation de l’édifice.
Affaissement d’un couvrement en pierre
Ce phénomène est souvent du à la surcharge
qu’exercent les poutres encastrées dans les murs en
surplomb de la baie, ou à des tassements différentiels des
murs provoquant une désolidarisation du couvrement et des
piédroits. Après avoir remédié aux causes du désordre, il
convient d’étayer le couvrement, de rehausser le linteau ou
les voussoirs pour les remettre en place ; les pièces rompues
du linteau peuvent être reliées à l’aide d’une agrafe en acier
inoxydable, les voussoirs peuvent être scellés par injection
d’un coulis de chaux dans les joints.
1. Encadrement de porte
d’époque romane à claveaux*
formant plein-cintre*
(Saint-Julien-le-Montagnier)
2. Encadrement de fenêtre à
linteau de bois et feuillure en
mortier de plâtre rose
(La Martre)
2
1
LA MENUISERIE
Les portes d’entrée
Si l’ouverture des portes était à l’origine assurée par des
loquets en fer forgé, les poignées métalliques se sont
généralisées à partir du XIXe siècle.
Les portes simples à planches croisées
L’entrée des maisons modestes et des fermes est
généralement munie d’une porte pleine à vantail unique,
formé de planches doublées sans moulure, découpées plus
ou moins régulièrement. Ces planches jointées sont cloutées
perpendiculairement à d’autres planches jointées, et
généralement disposées horizontalement en face extérieure,
verticalement en face intérieure.
Les portes à baguettes moulurées
À partir de la Renaissance et jusqu’au début du XVIIIe siècle,
les plus belles demeures sont dotées de portes cintrées à un
vantail ou tiercées à deux vantaux (vantail semi-fixe sur un
tiers de la largeur). Ces portes à planches de noyer croisées
sont assemblées par de gros clous en pointe de diamant, et
ornées de baguettes moulurées.
Les portes à panneaux
Les hôtels nobles et maisons bourgeoises disposent souvent
de portes en noyer à panneaux moulurés extérieurs assemblés
sur un cours de planches verticales ou horizontales.
1
2
1. Porte à panneaux
(Régusse)
2. Porte à panneaux
(Soleilhas)
3. Porte extérieure
à moustiquaire
(Saint-Martin-de-Brômes)
4. Porte de bergerie
composée de deux vantaux
repliables et deux vantaux
fixes avec deux ouvrants en
hauteur (Demandolx)
3
4
l’éclairage naturel. Un loquet ou une targette en fer, voire en bois
dans les régions de montagne, permet la fermeture des vantaux.
Exposition aux intempéries
De nombreuses portes d’entrée, mal protégées des
intempéries et n’étant plus revêtues de peinture en partie
inférieure, sont soumises à dégradation, que l’on répare trop
souvent par la pose de planches en travers. Ces planches
accélèrent malencontreusement le processus de dégradation
en gardant l’humidité enfermée entre les deux épaisseurs de
bois. Ainsi, les portes peuvent être attaquées par un
champignon qui détruit le bois, qu’il convient impérativement
de remplacer par des greffes. Pour éviter la dégradation du
bois, il convient de revoir la pente du seuil de façon à assurer
l’évacuation des eaux vers l’extérieur, d’une part, et de
repeindre régulièrement la menuiserie, d’autre part.
Les fenêtres
Sur le territoire du Verdon, les fenêtres présentent
généralement un style correspondant à leur époque ; dans
certains cas toutefois, elles témoignent d’une adoption tardive
par rapport à la chronologie des styles.
À partir du XVIIIe siècle se généralisent les fenêtres à deux
vantaux; ces vantaux sont munis de petits bois horizontaux
et verticaux, délimitant des carreaux d’environ 20 cm de côté.
Ces fenêtres présentent des moulures, les petits bois sont à
coupe d’onglet. La plupart des fenêtres de cette époque sont
en résineux, à l’exception des plus nobles qui sont en noyer.
Au XIXe siècle, apparaissent les fenêtres rectangulaires ou en arc
segmentaire à grands carreaux. Ces menuiseries à deux vantaux
munis de petits bois horizontaux comportent des carreaux qui
occupent toute la largeur de chaque vantail ; ce dernier
comporte généralement trois ou quatre carreaux en hauteur.
Ces fenêtres présentent des moulures en quart de rond à coupe
d’onglet ; les menuiseries simples plus tardives offrent des
moulures arrêtées et des traverses sur les montants. La plupart
des fenêtres de cette époque sont en résineux.
Les portes à rainures
Les portes de la fin du XIXe siècle ont l’aspect d’un parquet à
languettes et rainures verticales. Une planche horizontale est
souvent ajoutée au pied de la porte, pour renforcer et protéger
cette dernière des éclaboussures de pluie. Ces portes sont
parfois aussi munies d’une imposte vitrée.
Les portes annexes
Les portes des granges, des remises ou des bergeries sont à
deux vantaux, ouvrant parfois vers l’extérieur pour gagner de la
place. Les portes de bergeries présentent un vantail comportant
deux parties s’ouvrant séparément : ainsi, on peut maintenir un
vantail et la partie inférieure de l’autre vantail fermés pour
empêcher la sortie des animaux, tout en maintenant la partie
supérieure du second vantail ouverte, pour l’aération et
1
2
7
3
4
5
9
6
8
Elément
de vocabulaire
1. Linteau
2. Clé
3. Claveau
4. Sommier
5. Piédroit
6. Appui
7. Chambranle
8. Allège
9. Contrevent
à lames verticales
Les volets extérieurs (contrevents)
Les volets extérieurs apparaissent seulement au XVIIIe siècle :
ils constituent un rempart contre l’agressivité de la chaleur
d’été et du vent d’hiver, ainsi que contre les pluies du sudest. Les volets sont reliés aux gonds scellés dans la
maçonnerie par des pentures en fer ; ils se ferment soit par
une espagnolette, soit par un crochet fixé dans un œillet scellé
dans le tableau de la baie. En position ouverte, les volets sont
fixés par le bas à l’aide d’arrêts en fer scellés dans le trumeau.
1
Les volets à planches verticales
Dans les constructions les plus rustiques, les volets sont
constitués d’un seul cours de planches assemblées
verticalement, et reliées par deux planches horizontales clouées.
2
Les volets à planches croisées
Ces volets, plus fréquents dans le Var, sont constitués d’un
assemblage de planches de 20 à 25 mm d’épaisseur à
languettes et rainures, ou à tenons apportés et chevillés pour
les plus anciens.
Les volets à cadre
Ces volets, plus fréquents dans les Alpes-de-Haute-Provence,
sont formés d’un assemblage de planches verticales sur
lesquelles sont cloués des montants et des larges traverses
constituant un cadre disposé côté intérieur, et parfois mouluré
pour l’esthétique. Ce cadre a aussi un rôle de calfeutrement,
nécessaire dans les régions aux hivers les plus rigoureux.
Les persiennes
Bien qu’elles soient apparues tardivement, les persiennes
sont caractéristiques des villes et villages du Verdon. En été,
les persiennes présentent l’avantage de permettre une
ventilation intérieure, tout en protégeant les pièces du
rayonnement solaire. Les persiennes sont constituées de
lames de bois horizontales inclinées vers le bas, côté
extérieur, et assemblées dans un cadre. Certains volets ne
sont disposés en persienne qu’en moitié inférieure, la moitié
supérieure, pleine, étant traitée en panneau.
1. Oculus* chanfreiné (Aups)
2.Volets à semi-persiennes à lames positionnées en saillie
(Soleilhas)
Exposition au soleil
Les rayons solaires sont particulièrement violents pour
les peintures des menuiseries. Au soleil, le bois se rétracte de
façon sensible, provoquant une rupture de la liaison
peinture/bois en quelques années. La peinture s’écaille, puis
tombe, le bois est mis à nu. Pour éviter la dégradation du bois,
il convient de repeindre régulièrement la menuiserie.
Vices de fabrication ou de pose
Ces défauts peuvent entraîner la dégradation de la
fenêtre. La pièce d’appui du dormant sur le seuil du tableau
de la fenêtre étant assise directement sur la pierre, elle retient
les eaux de pluie, ce qui provoque un pourrissement du bois,
voire des infiltrations d’eau dans la maison. Au-delà du
changement éventuel de la pièce d’appui altérée, il convient
d’assurer une bonne évacuation des eaux en retaillant l’appui
selon une forme de pente légère.
Pathologies de structure
Des changements dans la structure d’un bâtiment
posent souvent des problèmes de fermeture des
menuiseries. La seule solution est le rabotage des traverses
des fenêtres ou des portes. Le rabotage des pièces d’appui
et des jets d’eau de la traverse inférieure est à éviter, car celuici empêche l’écoulement des eaux de la fenêtre.
Les volets intérieurs
Fenêtre à petits bois et petits carreaux (Moustiers-Sainte-Marie)
Jusqu’au XVIIIe siècle, avant que les contrevents extérieurs ne se
généralisent, on posait des volets intérieurs aux fenêtres des
châteaux, hôtels nobles et demeures bourgeoises ; ces volets
assurent une bonne isolation thermique, mais ne protègent pas
contre l’effraction aussi bien que les contrevents.
L’isolation thermique des fenêtres
Les portes et fenêtres ne représentent que 13 % en moyenne des déperditions thermiques d’une habitation. C’est pourquoi,
quand l’habitation possède des menuiseries anciennes de caractère, telles que les fenêtres à carreaux du XVIIe ou du XVIIIe
siècle, il n’est pas opportun de changer ces menuiseries, au risque d’altérer irrémédiablement le caractère de l’édifice. Plusieurs
solutions techniques permettent une amélioration sensible des performances thermique de menuiseries existantes :
Le calfeutrage :
•
•
•
Au niveau des ouvrages fixes (ex. entre fenêtre et gros œuvre), divers matériaux sont utilisables en fonction notamment
des vides à combler ou des matériaux environnants : mastic vitrier, pâte à bois, plâtre (avec filasse végétale : lin, coco,
chanvre).
Au niveau des ouvrages mobiles : espaces entre parties ouvrantes et fixes des ouvrants (sur feuillures, pourtours des montants).
Bas de porte : le traditionnel boudin est peu efficace ! On préférera une plinthe fixée de type joint-brosse ou mieux une
plinthe automatique, équipée d’un mécanisme assurant une pression sur le sol lors de la fermeture.
Le survitrage
L’amélioration de la performance des vitrages passe par la présence d’une lame d’air emprisonnée entre deux feuilles de verres.
Consistant à ajouter un second vitrage sur les ouvrants d’une fenêtre existante, il nécessite une fenêtre en bon état (supportant
la surcharge). Plusieurs techniques sont envisageables :
• Survitrage amovible et survitrage ouvrant.
• Survitrage fixe.
La double fenêtre
Toujours dans le but de ne pas modifier l’aspect extérieur de la façade, on va ajouter une deuxième fenêtre en avant ou en
arrière de la fenêtre ancienne, avec simple ou double vitrage.
Volets intérieurs et rideaux
En optant pour des volets de bonne épaisseur et bien ajustés, on peut compenser de manière substantielle les déperditions
thermiques nocturnes des fenêtres anciennes au mince vitrage. En hiver, la présence de rideaux épais améliore la sensation
de confort en supprimant l’effet de paroi froide.
Pose d’une nouvelle fenêtre
Dans certains cas il est possible de remplacer une fenêtre existante sans prendre le risque de toucher à l’esthétique de la
façade (ex. fenêtres sans petits carreaux, cadres à angle droits).
On fera appel dans ce cas à des fenêtres ayant un vitrage à isolation renforcée (VIR) au gaz argon ou krypton, qui freine
l’évacuation de la chaleur en hiver et son entrée en été.
La performance thermique des ouvrants est définie par un coefficient de transfert thermique via diverses abrévations : Ug
(performance du vitrage) ; Uw (performance globale de la fenêtre).
Plus le coefficient U est faible, c’est-à-dire se rapprochant de 0, plus la fenêtre est isolante et performante. Ce coefficient et le
plus souvent d’autres critères (ex. acoustique, durabilité...) sont garantis par des certifications (ex. par le Centre scientifique
et technique du bâtiment, comme les certifications NF ou ACOTHERM) ou des labels (ex. CEKAL).
Pour mieux comprendre, comparaison de différents vitrages
Type de vitrage
Performance thermique
(Uw – en W/m2.K)
Simple vitrage (4 mm)
5,9
Double vitrage simple (4/6/4 mm)
Lame d’air de 6 mm
3,3
Double vitrage simple (4/16/4 mm)
Lame d’air de 16 mm
2,8
Double vitrage à faible
émissivité (4/12/4 mm)
Lame de gaz rare de 12 mm
1,8
Matériaux
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
Les devantures commerciales et les enseignes, outre leur fonction de signaler les commerces et de présenter la
boutique, participent à la qualité visuelle du centre ville. Elles rythment la rue, guident le chaland, le touriste, et contribuent à
l’atmosphère générale. Elles doivent être l’objet d’attention, entretenues régulièrement et leur remplacement doit prendre en
compte ces paramètres.
Les devantures et vitrines
commerciales
Les devantures commerciales en coffrage de bois, datées de
la fin du XIXe siècle ou du début du XXe siècle, doivent être
conservées : ces installations sont de précieux témoignages de
l’essor du commerce de détail et de sa prospérité passée, pour
les plus remarquables d’entre elles. La création ou la
modification de vitrines commerciales doit respecter des
proportions verticales, c’est-à-dire que leur hauteur doit être
supérieure à leur largeur. Ces vitrines doivent aussi respecter
les règles de position verticale et horizontale s’appliquant aux
ouvertures des façades ordonnancées. Quand la façade ne
présente pas d’ordonnancement particulier, les vitrines doivent
être distantes de plus de 60 cm des limites latérales de la
façade, la largeur totale de l’ensemble des portes et vitrines du
rez-de-chaussée ne doit pas excéder les deux tiers de la largeur
de la façade. Dans le cas d’une nouvelle installation
commerciale en rez-de-chaussée, une porte indépendante
permettant d’accéder aux étages doit être ménagée.
Vitrine trop large ne respectant pas la proportion verticale (à éviter)
0,60 m
Inférieur à 0,60 m
0,60 m
Non respect des règles (à éviter)
Composition respectant la façade
Démarches
administratives
Construction
neuve
Extensions
Réhabilitation
Clôtures
Ouvrages
divers
Devanture
commerciale
& enseignes
Baies
&
Façades
décors
&
Charpente
couverture
Planchers,
voûtes
& escaliers
Maçonnerie
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
0,60 m
Vitrine située à une distance suffisante de la limite latérale de la
façade
Suppression de la porte d’accès aux étages remplacée par une
vitrine (à éviter)
1
2
1. Boutique à deux étals de pierre au 31,
Grand’ Rue à Riez
2. Devanture intégrée dans un châssis de
bois avec porte et volets en bois
(Castellane)
3. Devanture intégrée dans un châssis de
bois formée d’une porte en feuillure à
quatre vantaux repliables (Valensole)
4. Devanture de bois disposée en retrait du
mur de façade, pouvant être fermée par
des vantaux de bois repliables (SaintAndré-les-Alpes)
3
4
5
6
7
8
5. Devanture à large bandeau en coffrage
de bois surmontant une fenêtre à deux
volets et une vitrine pouvant être fermée
par des vantaux repliables (Riez)
6. Devanture à bandeau et piédroits en
coffrage de bois avec vitrine à petits bois
pouvant être fermée par des vantaux
repliables (Riez)
7. Devanture à bandeau et piédroits en
coffrage de bois avec vitrine en position
fermée par six vantaux repliables, et
protection par un store-banne (Riez)
8. Devanture commerciale traitée en
soubassement d’immeuble à lignes de
refend (Gréoux-les-Bains)
Les enseignes
Les enseignes sont les facteurs clés d’identification des
commerces. Pour autant, l’expérience montre que trop
d’information nuit à l’information et constitue une atteinte
grave à la qualité des sites.
Dans les centres anciens des bourgs et des villages, les
enseignes participent à la mise en valeur du cadre bâti et de
son architecture. Sur le bâti traditionnel, une enseigne en
applique et une enseigne en drapeau ou en potence suffisent
généralement à l’identification d’un point de vente : souvent
modestes par leurs dimensions, ces enseignes, qui font
parfois l’objet d’une réelle originalité, sont cependant bien
visibles. Qu’il soit formé de lettres peintes, découpées ou
forgées, qu’il soit figuratif ou symbolique, le graphisme d’une
enseigne doit être le plus simple possible pour en faciliter la
lecture. La diversité de matériaux que sont l’acier,
l’aluminium, le fer, le bois, le plastique, le plexiglas ou la
peinture permet d’adapter chaque enseigne à tout type de
commerce et à son environnement.
Règles d’entretien
En vertu de l’article R 581-58 du code de
l’environnement, une enseigne doit être constituée par des
matériaux durables. L’enseigne doit être maintenue en bon
état de propreté, d’entretien et, le cas échéant, de
fonctionnement, par la personne exerçant l’activité qu’elle
signale. L’enseigne est supprimée par la personne qui exerçait
l’activité signalée et les lieux sont remis en état dans les trois
mois de la cessation de cette activité, sauf lorsque celle-ci
présente un intérêt historique, artistique ou pittoresque.
Enseignes lumineuses
En application de l’article R 581-59 du code de
l’environnement, les enseignes lumineuses ne peuvent
présenter une luminance excessive (candelas au m2), tout en
ayant une efficacité lumineuse minimale (lumens par watt). Les
enseignes clignotantes sont interdites, à l’exception des
enseignes de pharmacie ou de tout autre service d’urgence.
Les caissons lumineux frontaux sont déconseillés, sauf dans
le cas d’enseignes apposées en bandeau de devanture. Les
caissons lumineux non teintés (fond blanc) sont déconseillés ;
on doit privilégier les graphismes clairs sur fond sombre de
préférence aux graphismes sombres sur fond clair.
Enseignes frontales ou en applique
L’article R 581-60 du code de l’environnement stipule que les
enseignes apposées à plat sur un mur ou parallèlement à un
mur ne doivent pas en dépasser les limites, ni constituer par
rapport à ce mur une saillie de plus de 25 cm, ni le cas
échéant, dépasser les limites de l’égout du toit. Des enseignes
peuvent être installées sur un auvent ou une marquise si leur
hauteur ne dépasse pas 1 m, devant un balconnet ou une baie
si elles ne s’élèvent pas au-dessus du garde-corps ou de la
barre d’appui du balconnet ou de la baie, enfin, sur le gardecorps d’un balcon si elles ne dépassent pas les limites de ce
garde-corps et si elles ne constituent pas une saillie
dépassant 25 cm par rapport à ce dernier.
Les enseignes frontales traditionnelles sont disposées en
bandeau au-dessus de la vitrine ; elles peuvent figurer sur le
lambrequin d’un store, être collées ou peintes sur la vitrine, ou
encore être placées derrière celle-ci. Les enseignes frontales
situées en soubassement de vitrine ou à un niveau dépassant
celui des appuis des baies du premier étage sont déconseillées.
Enseignes en potence ou en drapeau
En vertu de l’article R 581-61 du code de l’environnement, les
enseignes perpendiculaires au mur qui les supporte ne doivent
pas dépasser la limite supérieure de ce mur. Ces enseignes en
potence ou en drapeau ne doivent pas constituer, par rapport
au mur, une saillie supérieure au dixième de la distance
séparant les deux alignements de la voie publique, sauf si des
règlements de voirie plus restrictifs en disposent autrement.
Dans tous les cas, cette saillie ne peut excéder 2 m. Ces
enseignes en potence ou en drapeau ne peuvent pas être
apposées devant une fenêtre ou un balcon.
Les enseignes en potence ou en drapeau sont de préférence
disposées à l’extrémité de la devanture ; il est déconseillé de
les fixer à un niveau dépassant celui des appuis des baies du
premier étage.
Enseignes sur toitures ou terrasses
L’article R 581-62 du code de l’environnement précise que
des enseignes peuvent être installées sur des toitures ou sur
des terrasses en tenant lieu sous certaines conditions.
Lorsque les activités qu’elles signalent sont exercées dans
moins de la moitié du bâtiment qui les supporte, leur
installation est régie par les prescriptions applicables aux
dispositifs publicitaires ; lorsque les activités qu’elles
signalent sont exercées dans plus de la moitié du bâtiment
qui les supporte, ces enseignes doivent être réalisées au
moyen de lettres ou de signes découpés dissimulant leur
fixation et sans panneaux de fond autres que ceux
nécessaires à la dissimulation des supports de base. Ces
panneaux ne peuvent pas dépasser 50 cm de hauteur : dans
ce cas, la hauteur des enseignes ne peut excéder 3 m lorsque
la hauteur de la façade qui les supporte est inférieure à 15 m,
ni 20 % de la hauteur de la façade, dans la limite de 6 m,
lorsque cette hauteur dépasse 15 m. La surface cumulée des
enseignes sur toiture d’un même établissement ne peut
excéder 60 m2, à l’exception de certains établissements ou
catégories d’établissements culturels.
Dimensions des enseignes en façade
En application de l’article R 581-63 du code de
l’environnement, les enseignes apposées sur la façade commerciale d’un établissement n’ayant pas de fonction culturelle
ne peuvent avoir une surface cumulée excédant 15 % de la
surface de cette façade (baies incluses). Toutefois, cette
surface peut être portée à 25 % lorsque la façade
commerciale de l’établissement est inférieure à 50 m2. Les
publicités apposées dans les baies commerciales ainsi que
les auvents et les marquises ne sont pas décomptés dans le
calcul de la surface d’enseigne autorisée.
Enseignes au sol
En vertu des articles R 581-64 et R 581-65 du code de
l’environnement, les enseignes de plus de 1 m2, scellées au
sol ou installées directement sur le sol, ne peuvent être
placées à moins de 10 m d’une baie d’un immeuble situé sur
un fonds voisin lorsqu’elles se trouvent en avant du plan du
mur contenant cette baie. Ces enseignes ne doivent pas être
implantées à une distance inférieure à la moitié de leur
hauteur au-dessus du niveau du sol d’une limite séparative
de propriété. Elles peuvent cependant être accolées dos à dos
si elles signalent des activités s’exerçant sur deux fonds
voisins et si elles sont de mêmes dimensions. Les enseignes
de plus de 1 m2 scellées au sol ou installées directement sur
le sol sont limitées en nombre à un dispositif placé le long de
chacune des voies ouvertes à la circulation publique bordant
l’immeuble où est exercée l’activité signalée.
En complément des textes réglementaires, le Parc naturel
régional du Verdon a produit un guide complet (dont sont
extraits certains des croquis présentés dans cette fiche). Ce
guide est disponible à l’adresse :
http://www.parcduverdon.fr/docs/1125-Charte_signaletique-guide_elus.pdf
4
1
2
5
1. Le parc préconise par exemple les
enseigne en lettre peintes
2. Cette enseigne est inutilement agressive
3. Une enseigne bien intégrée à la façade
4. Le gigantisme n’est pas un gage
d’efficacité, et il dénature les paysages !
5. Une enseigne scellée au sol sobre
et efficace
3
Matériaux
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
Les clôtures maçonnées ou grillagées sont déconseillées, car elles ont souvent un impact visuel plus fort que les
constructions qu’elles protègent. Qu’elles soient doublées ou non d’une haie vive, elles sont très souvent en rupture avec le
paysage naturel aux lignes courbes, de par leur tracé généralement rectiligne suivant les limites parcellaires. Pour éviter l’impact
négatif des clôtures, la plantation d’une haie buissonnière dense, constituée de buis ou d’essences touffues du bocage de
Haute-Provence (Aubépine monogyne, Prunellier, Cognassier, Eglantier, Pistachier térébinthe, Cornouiller sanguin, Sureau
noir, Sorbier domestique…), ou la pose d’une palissade de bois, sont vivement recommandées en remplacement d’un mur
ou d’un grillage. Les haies taillées, notamment de cyprès ou de thuyas, ainsi que le grillage plastifié sont à éviter. Pour plus
d’information, on se réfèrera au guide pratique « Mon jardin – un paysage » édité par le Parc naturel régional du Verdon.
&
Façades
décors
&
Charpente
couverture
Planchers,
voûtes
& escaliers
Maçonnerie
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
2
3
Clôture en barrière de bois à claire-voie
Haie libre offrant une diversité de végétaux
Haie libre au tracé ondulant s’inspirant du paysage naturel
Clôture en barrière de bois à planches découpées en pointe
Démarches
administratives
Construction
neuve
Extensions
Réhabilitation
Clôtures
Ouvrages
divers
Devantures
commerciales
& enseignes
Baies
1
1. Grille de clôture en ferronnerie
(Roumoules)
2. Muret de clôture fermant une
terrasse munie d’une tonnelle
plantée d’une vigne
(Allemagne-en-Provence)
3. Mur de clôture en pierre sèche
doublé d’une haie buissonnière
(Saint-Julien-le-Montagnier)
Clôture noyée dans une haie avec portail en grille de fer
Clôture en palissade de bois rythmée par des planches de hauteur
variable
Plantes tapissantes en couvrement d’un muret de pierre sèche
Clôture en planches de bois à claire-voie sur muret en maçonnerie
Végétation en plantation libre dépassant un mur en maçonnerie
Clôture en palissade de bois sur muret en maçonnerie
Haie arbustive libre dépassant un muret en maçonnerie
Portail en planches de bois à claire-voie
Grille en ferronnerie à piques au motif simple sur muret en
maçonnerie doublé d’une haie
Portail en planches de bois jointives
Portail à grille en ferronnerie au motif simple
Haie naturelle et plantes retombantes sur mur de pierre sèche
Portail à grille en ferronnerie rythmée par un motif contemporain
Matériaux
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
Les capteurs solaires
Si chacun est conscient de la nécessité de développer
l’énergie solaire photovoltaïque pour la production électrique,
ou l’énergie solaire thermique pour le chauffage et la
production d’eau chaude sanitaire, il ne faut pas pour autant
installer des capteurs dans n’importe quelle condition. En
toiture, seuls les capteurs plans et intégrés au toit pourront
être posés, les capteurs sous vide (chauffe-eau individuels)
ne pouvant être installés qu’au sol.
Dans les secteurs isolés, on évitera la pose de panneaux sur
les toitures des bastides et des fermes de caractère : les
ensembles agricoles comportent de nombreuses
dépendances moins en vue, dont certains pans de toiture,
exposés au sud, sont propices à ces installations. Les
capteurs devront couvrir intégralement, ou à défaut
partiellement, le pan de toiture, quelle que soit sa surface, sur
toute sa hauteur (du faîtage à l’égout) ou toute sa longueur
(d’une rive latérale à l’autre). Dans le cas d’installations sur
des bâtiments de taille modeste, on veillera à ce que les
capteurs couvrent l’intégralité d’un pan de toiture, ou à défaut,
l’intégralité d’un élément architectural spécifique (auvent,
marquise…).
Dans les villages et en ville, on veillera à limiter la pose de
capteurs aux seules toitures ayant un impact visuel réduit, et
à limiter la surface des panneaux par rapport à celle du pan
de toiture concerné. On privilégiera la pose de capteurs au
faîtage sur toute la longueur du pan de toiture (d’une rive
latérale à l’autre).
Les éoliennes
Au-delà de la performance énergétique, la réglementation
thermique impose un recours aux énergies renouvelables.
Aux côtés de l’énergie solaire, l’énergie éolienne, dont la
production est tributaire de la force du vent, peut constituer
une énergie d’appoint. Bien que leur impact dans le paysage
ne soit pas irréversible, l’installation de mini-éoliennes doit
être étudiée avec soin, afin de ne perturber ni la faune aviaire,
ni la perception du paysage environnant.
La bonne inclinaison : une confusion des genres favorisée par le contexte de rachat
En solaire thermique, la logique est toute autre : on ne vise pas une production maximale à l’année, mais la recherche d’une
adéquation entre la capacité instantanée de production et le besoin à satisfaire (eau chaude sanitaire et/ou chauffage).
Démarches
administratives
Construction
neuve
Extensions
Clôtures
Ouvrages
divers
Equiper notre habitat, en énergies renouvelables en parallèle d’une amélioration de l’isolation, constitue une solution durable
dans laquelle l’énergie solaire a toute sa place en Provence.
Réhabilitation
Devantures
commerciales
& enseignes
Baies
&
Façades
décors
&
Charpente
couverture
Planchers,
voûtes
& escaliers
Maçonnerie
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
Jusqu’à aujourd’hui, le soutien à la filière photovoltaïque, via le tarif de rachat de l’électricité produite, a conduit à favoriser
une production annuelle maximum. Celle-ci est atteinte à un optimum d’inclinaison des capteurs qui se situe autour de 35°.
De fait, pour satisfaire ces besoins, on privilégiera des inclinaisons
très importantes, de 45° minimum jusqu’à 90° (la verticale), de
manière à mieux capter les rayons du soleil en hiver et éviter la
surchauffe des capteurs l’été (un capteur solaire thermique peut
monter à + de 200° en stagnation).
Il faut aujourd’hui différencier ce qu’on peut faire en termes
d’intégration au bâti selon que l’on pose des panneaux photovoltaïques
ou thermiques.
Autant des panneaux photovoltaïques en toiture sont pertinents dans
une logique de revente seule, autant ce cas de figure ne convient pas
au solaire thermique.
Capteurs thermiques et ajustement à ses besoins
La pose en toiture dans nos régions n’est pas adaptée à une production optimale sur l’année (pentes des toits faible : 17 °).
* On privilégiera les poses en façade, en brise soleil, casquette permettant des inclinaisons plus favorables (45°).
* On évitera ainsi la surchauffe des capteurs (meilleure gestion de l’incidence des rayons du soleil estival, au bénéfice de leur
durée de vie).
Attention aux ombres portées !
La réalisation d’un diagramme solaire permet d’identifier le comportement des masques (arbres, monuments...) tout au long
de l’année et donc d’optimiser la production du capteur.
Intégration architecturale
Un compromis parfois difficile à trouver entre réglementation et réponse à ses besoins.
La pose en toiture est une solution parmi d’autres.
Bien que visant avant tout un objectif de production (eau chaude, chaleur ou électricité), les capteurs solaires, en étant la
plupart du temps intégrés au bâti, constituent des élément de la composition architecturale.
De fait, besoins en énergie, taille et technologie retenues des capteurs, auront des incidences sur la perception générale
architecturale du bâtiment.
Afin que l’intégration ne desserve pas les performances de l’installation, on peut essayer de procéder par étape :
1. Appréhender le bâtiment dans son environnement (paysage proche et plus lointain, sous divers angles), pour minimiser
l’impact visuel des différentes configurations qu’on pourra imaginer (s’aider au besoin de photos).
2. Adapter le capteur (forme, proportion, position) à l’aspect général du bâtiment : respect de la symétrie en alignant le capteur
sur des composantes du bâti (ouvertures, auvent, arches...) ;
3. Optimiser la fonction du capteur: celui-ci peut aussi constituer un élément à part entière du bâti : brise-soleil, garde-corps,
bardage, casquette...
4. Faire le bon choix technique, compte tenu de ses besoins à satisfaire, du point de vue énergétique (chaleur, électricité) ou
fonctionnel comme évoqué précédemment. Les fabricants proposent aujourd’hui des solutions diverses qui pourront s’adapter
à chaque usage.
Matériaux
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
Charpente
couverture
Planchers,
voûtes
& escaliers
Maçonnerie
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
Devantures
commerciales
& enseignes
Baies
&
Façades
décors
&
La multiplicité des choix techniques et esthétiques qui s’offre de nos jours risque de rompre l’harmonie du bâti traditionnel
qui s’est patiemment constitué dans la continuité au fil des siècles. Qu’il s’agisse d’intervenir sur un édifice existant ou de construire
dans un cadre bâti ancien, l’application de certaines règles s’impose. Bien entendu, il ne s’agit aucunement de se contraindre à
construire scrupuleusement comme autrefois ou à restaurer rigoureusement à l’identique, les techniques actuelles étant souvent
plus performantes, notre exigence en matière environnementale, de santé, de confort et d’économie d’usage étant légitimement
de plus en plus importante, nos modes de vie contemporains et futurs n’étant pas ceux de nos aïeux.
Réhabilitation
Clôtures
Ouvrages
divers
Extensions
Construction
neuve
Démarches
administratives
Si l’architecture vernaculaire n’obéit à aucune règle écrite, celle-ci s’inscrit en revanche dans le respect de nombreuses
règles implicites qui garantissent sa bonne intégration au lieu, et contribue à la qualité indéniable des paysages bâtis
traditionnels. Le paradoxe vient du fait que l’application de ces règles informelles ne répond pas à un souci esthétique, mais
aux nombreuses contraintes économiques et techniques auxquelles étaient confrontés les constructeurs d’autrefois. Ainsi,
par exemple, l’orientation des pièces de séjour au midi permettait de limiter le chauffage, alors que le bois était coûteux ; la
plantation d’une treille ou d’un arbre feuillu permettait de limiter les ardeurs du soleil estival ; l’utilisation de pierres et de
sables extraits à proximité, avec des moyens de transport limités, conférait un certain mimétisme au bâti vis-à-vis de son
environnement ; la largeur des ouvertures était limitée par la portée des linteaux de bois courants.
Les recommandations qui suivent s’inscrivent dans les objectifs de la charte 2008-2020 du Parc naturel régional du
Verdon : incluse dans l’axe A de la charte relatif à la transmission des patrimoines, la troisième orientation vise à préserver
l’identité des paysages, notamment bâtis. Ces recommandations sont complémentaires aux règles des cartes communales,
des plans locaux d’urbanisme (PLU) et des aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (AVAP). L’objectif premier
de ces prescriptions est d’amener les intervenants sur le bâti, qu’ils soient maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre ou entrepreneurs,
à mieux respecter le caractère du lieu, dans le souci du respect des autres, mais aussi dans la perspective de transmettre aux
générations futures ce remarquable patrimoine que représentent les constructions du territoire du Verdon. Le second objectif
de ces prescriptions vise à optimiser les projets de chacun, par une économie de ressources et de moyens qui caractérisent
la construction durable, en parfaite compatibilité avec la tradition dont nos modes de bâtir doivent s’inspirer. Bien entendu,
ces recommandations ne dispensent pas d’un recours à l’architecte souvent nécessaire : dans de nombreux cas, seule une
compétence professionnelle confirmée permet d’apporter une solution conciliant conception individuelle de projet et respect
du lieu, dans l’intérêt de chacun. En appui à ces recommandations, l’architecte conseil du Parc naturel régional du Verdon se
tient à disposition des porteurs de projet pour les accompagner dans leur démarche.
La couverture
La toiture est considérée comme la cinquième façade du
bâtiment : dans le territoire du Verdon où le relief souvent
accidenté offre de nombreuses perspectives sur les toitures,
la teinte et la forme des tuiles sont des composantes
majeures du paysage bâti traditionnel. Les constructions
anciennes, leurs extensions et leurs surélévations doivent être
couvertes de tuiles rondes de terre cuite posées sur deux
couches, même quand les tuiles rondes d’origine ont été
remplacées par d’autres matériaux.
Dans le cas d’une intervention sur une construction de la
seconde moitié du XIXe siècle ou du début du XXe siècle
couverte depuis l’origine de tuiles plates mécaniques à
emboîtement de teinte rouge (villas, édifices publics,
lavoirs…), il convient de conserver ces dernières. Des tuiles
plates de teinte et de format identiques doivent être utilisées
pour la couverture des toitures en extension et le
remplacement des tuiles fêlées.
Les ouvertures
Une des caractéristiques majeures du bâti ancien réside dans
sa verticalité dominante : les ensembles bâtis groupés
traditionnels sont marqués par le rythme vertical des limites
parcellaires, que soulignent les chaînes latérales des façades
ainsi que les descentes d’eaux pluviales ; en outre, le relief
accentué du territoire du Verdon a amené les bâtisseurs à
élever les constructions sur une faible emprise au sol, afin de
limiter les terrassements.
Cette verticalité se retrouve ainsi au niveau de la façade : les
fenêtres sont plus hautes que larges, selon des proportions
généralement situées entre 1,5 par 1 et 2 par 1. Cette
constante verticalité des fenêtres et des portes contribue à
l’harmonie des façades de presque tous les styles, quel que
soit leur environnement.
1,5
2
1
1
Avant le percement, la modification ou la création de fenêtres
et de portes-fenêtres, il convient d’observer les autres
ouvertures du bâtiment, ou des bâtiments voisins et de s’en
inspirer fortement.
Ces nouvelles ouvertures doivent respecter des proportions
verticales, excepté les baies d’attique* ou de combles ; la
largeur des portes-fenêtres à deux vantaux ne doit pas
excéder 1,50 m.
Ces ouvertures doivent aussi respecter une position verticale
et horizontale identique à celle des autres baies, dans le cas
où la façade est ordonnancée : les fenêtres sont superposées
selon un axe vertical, leurs linteaux, leurs arcs et leurs appuis
sont alignés horizontalement.
La forme des ouvertures créées ou modifiées doit être
identique à celle des autres baies situées au même niveau.
Fenêtre rectangulaire ne respectant pas la forme en arc segmentaire
des autres ouvertures (à éviter)
Les façades
À l’exception de quelques constructions élémentaires n’ayant
jamais été enduites (bergeries, granges, remises agricoles…),
tous les bâtiments doivent être enduits : le décroûtage des
façades est donc à éviter.
Au-delà de l’aspect esthétique, les enduits extérieurs ont un
rôle essentiel dans la construction : par leur épiderme, ils
protègent de la pluie et de l’érosion éolienne les maçonneries,
et plus particulièrement les joints ; par leur surface plane, ils
facilitent l’écoulement de la pluie, évitant la stagnation de l’eau
dans les anfractuosités de la maçonnerie ; par l’épaisseur du
mortier, ils contribuent à l’isolation thermique et acoustique
des bâtiments ; enfin, par le pH basique de la chaux, ces
enduits ont une fonction antiseptique.
Fenêtre trop large ne respectant pas la proportion des autres
ouvertures (à éviter)
1,50 m
Fenêtre et porte-fenêtre aux proportions trop larges (à éviter)
Dans le cas d’une construction n’ayant jamais été enduite, le
parement des murs « à pierre vue » doit présenter des joints
garnis jusqu’au nu des faces dressées des pierres (joints
« beurrés » sans creux).
L’utilisation des enduits prêts à l’emploi et des peintures
industrielles, qu’elles soient minérales ou non, est à éviter.
Dans le cas d’un ravalement de façades existantes ou d’une
construction neuve, la finition enduite ou peinte doit correspondre au type de bâtiment et à l’environnement bâti proche.
À l’occasion du ravalement d’une façade décorée, la
modénature* en mortier ou en pierre de taille en relief
(encadrements de portes et de fenêtres, chaînes d’angle*,
bandeaux et cordons…) doit être conservée, le décor peint
doit être reproduit à l’identique.
Dans le cas d’une maçonnerie constituée de moellons
hourdés combinés avec une modénature en pierre de taille
(maçonnerie mixte), l’enduit de façade ne doit pas être trop
épais, le relief de la modénature* devant être conservé.
Fenêtre du rez-de-chaussée ne respectant pas l’axe verticale des
ouvertures ; fenêtre du 1er étage ne respectant pas la hauteur de
linteau des ouvertures voisines (à éviter)
Les éléments de structure en pierre simplement équarrie
(jambages et linteaux de portes et fenêtres, chaînes d’angle*)
doivent être enduits pour être protégés, mais aussi pour éviter
des lacunes d’enduit formant des creux inesthétiques en
parement de façade.
Si la façade existante ne présente pas de décor, un décor peint
de facture simple, constitué de chaînes verticales, d’un
bandeau horizontal sous toiture ou diagonal sous rive, d’une
plinthe et d’encadrements de baies peut être mis en œuvre.
On doit éviter les décors trop raffinés (soubassements à
lignes de refend ou à bossage, encadrements et chaînes
d’angle harpées en relief en trompe-l’œil, cadrans solaires
illustrés…) sur les façades de constructions modestes, ce
type de décor ne correspondant pas à la tradition provençale,
mais à une tradition alpine et transalpine.
1
2
3
4
5
1. Façade restaurée avec lignes de refend peintes
(joints horizontaux) aux étages (Gréoux-les-Bains)
2. A droite, façade restaurée au décor simple en rapport
avec le caractère du lieu (Trigance)
3. A gauche, ordonnancement perturbé par des modifications
disparates d’ouvertures, façade au décor classique
(rez-de-chaussée en soubassement à faux appareil en bossage,
chaînes verticales en faux appareil harpé) ; à droite,
ordonnancement intact, façade au décor simple (plinthe en
soubassement de ton sombre, chaînes et encadrements en
bandeaux peints) (La Palud-sur-Verdon)
4. Façade restaurée avec chaînes
latérales harpées peintes (Comps-sur-Artuby)
5. Traitement de façade avec chaînes latérales harpées
décoratives peintes (Castellane)
Se chauffer dans l’habitat ancien
Choisir un système adapté à ses besoins
Si une vieille installation de chauffage consomme beaucoup plus qu’une récente, le choix de la changer doit être guidé par
plusieurs critères : tenir compte de l’investissement mais aussi de son coût à l’usage (consommation d’énergie, entretien).
D’autres critères doivent être considérés tels, la durabilité (ex. soutien à la filière bois de préférence aux énergies fossiles), le
mode de vie, sans oublier ses exigences de confort. Au-delà d’économies importantes à la clé, ces décisions favorisent
également des rejets moindres de gaz à effet de serre et de polluants.
Ne pas chauffer la rue…
Dans le territoire du Verdon on se chauffe essentiellement à l’électricité (43 %), au bois (30 %) et au fioul (20 %). Le chauffage
électrique repose très majoritairement sur le principe de convection (voir ci-contre) et donc de chauffage de l’air. Compte tenu
des déperditions thermiques liées aux défauts d’étanchéité du bâti, l’air chaud chauffe la rue.
Dans le chauffage, il y a deux modes
principaux de transfert de chaleur : la
convection qui chauffe l'air (convecteurs),
et le rayonnement (ex. soleil, cheminée fermée), qui transmet directement sa chaleur
à notre corps, aux murs et aux objets.
Les radiateurs électriques de type
convecteurs procurent un confort thermique
faible (brassement d’air, sensation de froid
dès que l’on s’éloigne du radiateur). Nos
corps, émettant des rayonnements infrarouges, cèdent en permanence de la
chaleur à notre environnement (air, objets)
si celui-ci est plus froid, ce qui accentue la
sensation de froid.
chauffage traditionnel
chauffage idéal
Revoir l’isolation avant toute démarche...
C’est la première réflexion à mener ! Dans un logement ancien, isoler correctement va participer au confort lié au mode de chauffage
et à son économie. Des aides existent comme le crédit d’impôt isolation ou encore l’éco-prêt à taux zéro qui permettent de financer
ce type de travaux.
et profiter de l’inertie du bâti
L’avantage du bâti ancien réside dans son inertie, c’est-à-dire sa capacité à stocker des calories (ou des frigories) pour les
restituer doucement, propriété rendue possible notamment par la masse des éléments entrant dans la construction. Cependant
on tirera le bénéfice de cette propriété en chauffant par rayonnement, c’est-à-dire en chauffant les murs, planchers et objets
de la maison qui peuvent stocker cette chaleur et la restituer lentement, même après extinction du chauffage.
Quelques exemples de modes de chauffage par rayonnement principalement et leur rendement
Moyen de chauffage
et émetteurs possibles
Type de restitution
de la chaleur
Energie
Rendement moyen
CHAUFFAGE CENTRAL
Chaudière + radiateurs, planchers
chauffants
Fioul, gaz, électricité, bois,
Pompe à chaleur (PAC) : récupération
des calories dans le sol, l’eau ou l’air)
+ radiateurs à eau, ventilo-convecteurs
ou plancher chauffant
Electricité
Convection/rayonnement
Rayonnement (et convection forcée
si ventilo-convecteurs)
Bois bûche : 55 à 90 %
Granulés : 80 à 100 %
Jusqu’à 450 % *
NB : (rendement plus faible en hiver
pour les PAC réversibles)
CHAUFFAGE DECENTRALISE
Panneaux rayonnants,
à inertie ou accumulation
Electricité
Rayonnement
Environ 100 %
Cheminée à foyer ouvert
Bois
Rayonnement
(flammes seulement)
10 à 15 %
Cheminée à Foyer fermé ou à insert
Bois
Rayonnement
40 à 70 %
Cheminée à insert + réseau de
distribution d’air chaud
Bois
Rayonnement + convection forcée
40 à 70 %
Poêle à bûches de bois
Bois
Convection/rayonnement
40 à 80%
Poêle à bois à granulés
Bois
Convection/rayonnement
80% et plus
Poêle de masse (PDM)
Bois
Rayonnement
75 à 80 %
*Le rendement d’une PAC s’exprime en COP ( COefficient de Performance énergétique), c’est le rapport entre la quantité de chaleur produite par PAC et l’énergie
électrique consommée par le compresseur.
Matériaux
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
Charpente
couverture
Planchers,
voûtes
& escaliers
Maçonnerie
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
Le bâti traditionnel du territoire du Verdon présente une grande simplicité de forme : les constructions sont constituées
de corps de bâtiment ajoutés les uns aux autres au gré des nouveaux besoins sans créer de rupture, certainement par souci
d’économie de la construction, plus que par souci esthétique. Ainsi, toute intervention sur le bâti ancien doit s’inscrire dans
cette logique de continuité respectueuse des formes existantes.
Dans le cas d’une extension modérée, le nouveau corps de bâtiment doit être de plan rectangulaire, ou à défaut,
quadrangulaire, dans le cas où l’emprise au sol est contrainte par une limite règlementaire ou foncière. Ce nouveau corps doit
être adossé à la construction existante, c’est-à-dire ne pas dépasser la hauteur de son mur ; sa toiture peut, selon les cas, être
parallèle ou perpendiculaire à la toiture existante. En cas d’extension importante par rapport à l’existant, les volumes doivent
être organisés en cohérence dans le cadre d’un projet architectural.
&
La toiture
Clôtures
Ouvrages
divers
Devantures
commerciales
& enseignes
Baies
&
Façades
décors
L’harmonie du bâti traditionnel du territoire du Verdon est due
à l’assemblage de volumes d’une grande simplicité. Les
toitures bâties en extension doivent présenter une pente
d’inclinaison identique aux pans de toiture existants ; ces
nouvelles toitures doivent avoir une ou deux pentes.
Toiture de l’extension à pente différente de l’existante (à éviter)
Démarches
administratives
Construction
neuve
Extensions
Réhabilitation
Surélévation
Dans le cas d’une surélévation, la nouvelle toiture doit être de
forme identique à l’existante ; si la toiture existante présente
une pente unique versant exceptionnellement à l’arrière du
bâtiment, son sens peut être inversé de façon à ce que ce
versant soit dirigé vers la façade principale, qui correspond
souvent au côté de la rue.
Surélévation, intégration de chassis
Intégration de chassis
Si l’étage supérieur créé en surélévation comporte une
terrasse non close, celle-ci doit être couverte, formant loggia.
Les châssis vitrés en toiture sont à éviter : outre leur mauvaise
intégration au paysage et aux toitures traditionnelles, ils
provoquent une surchauffe des combles par rayonnement
solaire direct durant une grande partie de la journée, même si
la toiture est exposée au nord. Pour limiter la surchauffe, le
choix d’un vitrage à haute performance thermique et la pose
d’un rideau opaque isolant et réfléchissant sont vivement
Terrasse couverte formant loggia en étage supérieur
recommandés. Exceptionnellement, pour satisfaire un besoin
d’éclairage naturel des combles, la pose d’un châssis à vitrage
plat plus haut que large, de dimension inférieure ou égale à 60
cm x 40 cm (tabatière), peut être envisagée, en veillant à sa
parfaite étanchéité.
Les souches de cheminée doivent être de forme simple : les
souches maçonnées couronnées de tuiles inclinées scellées
en triangle sont préférables aux tuyaux en forme de H ou aux
souches équipées d’extracteurs, qui sont à éviter.
Chassis vitré de grande dimension en toiture (à éviter)
cm
60
40 cm
(a)
Chassis vitré de dimension raisonnable (tabatière)
Sud
Nord
(b)
(a) (b) Terrasse non couverte en étage supérieur (à éviter)
Phénomène de surchauffe dû au rayonnement solaire
estivale à travers un chassis vitré posé sur un pan de
toiture incliné vers le nord (à éviter)
Matériaux
OBSERVER
CONNAÎTRE
DIAGNOSTIQUER
INTERVENIR
DANGER
Planchers,
voûtes
& escaliers
Maçonnerie
CONSEILS
ÉNERGÉTIQUES
L’implantation d’une construction neuve doit privilégier un terrain plat ou à faible pente, afin de limiter les
terrassements, onéreux et difficiles à intégrer au paysage ; les gros terrassements provoquent l’érosion des sols et l’écoulement
trop rapide des eaux pluviales, cause d’inondation. En cas d’implantation sur un terrain à forte déclivité, la construction doit
être accrochée à la pente, avec différents niveaux de planchers intérieurs adaptés aux différents niveaux du sol naturel. Sur
terrain en pente, le tracé du chemin d’accès au garage ou au bâtiment depuis l’entrée doit se rapprocher des courbes de
niveau : une certaine sinuosité est préférable aux rampes rectilignes et aux grands talus, difficiles à intégrer au paysage.
Baies
&
Façades
décors
&
Charpente
couverture
Lors du choix d’implantation de la construction, on doit veiller à préserver, voire à restaurer le plus grand nombre
d’éléments qui caractérisent le site et témoignent de son occupation passée : végétation, cabanons, puits, enclos, restanques…
Démarches
administratives
Construction
neuve
Extensions
Réhabilitation
Clôtures
Ouvrages
divers
Devantures
commerciales
& enseignes
Logements neufs implantés en continuité morphologique
(Saint-Martin-de-Brômes)
L’implantation de la maison
individuelle et son accès
Si chaque implantation de construction doit être étudiée au
cas par cas selon de multiples critères, notamment en
fonction des règles communales d’urbanisme, des
caractéristiques paysagères du lieu et de l’environnement bâti
proche, les règles générales suivantes relatives à la
topographie, à l’orientation et à la desserte du terrain sont à
considérer.
Sur terrain plat ou à très faible pente
La construction présente un rez-de-chaussée proche
de celui du terrain naturel. La construction et son faîtage
s’étirent d’est en ouest de façon à disposer d’une façade
allongée exposée au sud, afin d’optimiser l’apport thermique
solaire dans les pièces de séjour.
Sauf en cas de règles communales d’urbanisme contraires,
la construction doit être de préférence implantée au plus près
de la limite nord du terrain pour dégager le plus d’espace
devant les pièces de séjour, sauf si celle-ci est bordée par
une voie à fort trafic, où un certain recul est conseillé pour
limiter les nuisances sonores de la circulation.
Dans tous les cas, le garage se situe de préférence à
l’extrémité du corps de bâtiment de l’habitation : celui-ci
s’ouvre directement face à l’accès, quelle que soit la position
de la voie de desserte par rapport au terrain.
Sur terrain en pente ensoleillée,
exposée au sud ou à l’ouest
Pour limiter les terrassements, la construction et son faîtage
s’étirent parallèlement aux courbes de niveau, c’est-à-dire
d’est en ouest si la pente est exposée au sud, ou du nord au
sud si la pente est exposée à l’ouest : on dispose ainsi d’une
façade allongée exposée au sud ou à l’ouest, afin d’optimiser
l’apport thermique solaire dans les pièces de séjour. Si la
pente n’est pas trop forte, il est peut être possible de disposer
d’un niveau de plancher bas unique : pour y parvenir, le
volume de déblai en arrière de la maison (côté nord ou côté
est) doit être équivalent au volume de remblai à l’avant (côté
sud ou côté ouest). Si la pente est plus forte, il est nécessaire
de prévoir un niveau de plancher bas plus élevé à l’arrière
qu’à l’avant de la maison ; dans ce cas où les niveaux de
plancher sont décalés, la maison est difficilement accessible
aux personnes à mobilité réduite.
Sauf en cas de règles communales d’urbanisme contraires,
la construction doit être de préférence implantée au plus près
de la limite supérieure du terrain pour dégager le plus
d’espace en contrebas des pièces de séjour, sauf si celle-ci
est bordée par une voie à fort trafic, où un certain recul est
conseillé pour limiter les nuisances sonores de la circulation.
Dans le cas où la voie de desserte, à peu près parallèle aux
courbes de niveau (perpendiculaire à la pente), borde le
terrain en partie supérieure ou en partie inférieure, l’accès au
garage suit un tracé sinueux en légère pente. Dans le cas où
la voie de desserte suit la pente, bordant latéralement le
terrain, l’accès au garage, perpendiculaire à la voie, est à peu
près plat et rectiligne, suivant les courbes de niveau. Dans
tous les cas, le garage, situé de préférence à l’extrémité du
corps de bâtiment de l’habitation, s’ouvre face à l’accès, dans
le sens des courbes de niveau (perpendiculaire à la pente).
Sur terrain en pente peu ensoleillée,
exposée au nord ou à l’est
Pour limiter les terrassements, la construction doit présenter
un niveau de rez-de-chaussée proche de celui du terrain
naturel : cela oblige à disposer des niveaux de plancher
décalés rendant la maison difficilement accessible aux
personnes à mobilité réduite. Dans ce cas, la maison est
formée de volumes décrochés en paliers successifs suivant
la pente naturelle du terrain, et dont les différents faîtages
suivent le sens de la pente. Pour se conformer à la
règlementation thermique exigeant un apport thermique
solaire minimum alors que le terrain est peu ensoleillé en
hiver, les pièces de séjour doivent être orientées au sud, si la
pente est exposée à l’est, ou à défaut être orientées à l’ouest,
si la pente est exposée au nord.
Sauf en cas de règles communales d’urbanisme contraires,
la construction doit être de préférence implantée au plus près
de la limite latérale nord (si la pente est exposée à l’est) ou
de la limite latérale est (si la pente est exposée au nord) du
terrain pour dégager le plus d’espace devant les pièces de
séjour, sauf si cette limite est bordée par une voie à fort trafic,
où un certain recul est conseillé pour limiter les nuisances
sonores de la circulation.
Dans le cas où la voie de desserte, à peu près parallèle aux
courbes de niveau (perpendiculaire à la pente), borde le
terrain en partie supérieure ou en partie inférieure, l’accès au
garage suit un tracé sinueux en légère pente. Dans le cas où
la voie de desserte suit la pente, bordant latéralement le
terrain, l’accès au garage, perpendiculaire à la voie, est à peu
près plat et rectiligne, suivant les courbes de niveau. Dans
tous les cas, le garage, situé de préférence à l’extrémité du
corps de bâtiment de l’habitation, s’ouvre face à l’accès, dans
le sens des courbes de niveau (perpendiculaire à la pente).
Une simplicité de forme,
pour limiter les déperditions
thermiques
En conformité avec la réglementation thermique, la
construction individuelle doit être compacte, avec une
emprise au sol réduite pour limiter les terrassements et des
planchers répartis sur deux à trois niveaux selon la
topographie du terrain : ainsi, la construction de plain-pied
est à éviter. Afin de limiter les échanges thermiques entre
intérieur et extérieur, on doit chercher à limiter la surface des
murs extérieurs : la volumétrie doit donc être simple, un
assemblage de deux à trois corps de bâtiment convenant à
une surface totale de plancher de 100 m2 à 250 m2.
La toiture
Afin d’éviter que les constructions neuves soient en rupture
avec l’environnement bâti traditionnel, leurs toitures doivent
présenter une simplicité de forme inspirée des toitures
anciennes.
L’ensemble des toitures d’une même construction doit avoir
une pente d’inclinaison identique, qu’il s’agisse de pans d’une
même toiture opposés par un faîtage, ou de la pente unique
d’un appentis adossé à un corps de bâtiment. Les toitures
doivent avoir une ou deux pentes. La toiture à trois pentes en
croupe ainsi que les noues ne correspondent pas à
l’architecture du Verdon.
La couverture
Les tuiles qui couvrent la cinquième façade [1]contribuent
fortement à la qualité d’aspect des constructions neuves, et
par delà, à leur faculté d’intégration à l’environnement
paysager. Sauf exception, la toiture doit être couverte de tuiles
rondes de terre cuite sur deux couches posées sur liteaux
(tuiles de courant à talon) ou sur plaques rigides ou flexibles
ondulées de grand galbe ou nervurées compatibles avec une
pose « à deux tuiles » (couches de tuiles de courant et de
couvert), ou à défaut, de tuiles de terre cuite à double galbe
et emboîtement à double recouvrement de taille moyenne (12
au m2). Les tuiles romanes à petit galbe et emboîtement sont
à éviter. La couleur des tuiles doit correspondre à celle des
toitures anciennes proches, qui présentent généralement une
teinte nuancée à dominante beige, ou plus rouge dans
certains secteurs du Var. La pose de tuiles vieillies
artificiellement, noircies sur tons paille ou rouge trop
contrastés, est à éviter.
Les ouvertures
L’harmonie d’une construction est en grande partie due au
rythme vertical des baies, qui accompagne la structure en
élévation des façades. Ainsi, les fenêtres et portes-fenêtres
doivent respecter des proportions verticales, excepté les baies
d’attique* ou de combles ; la largeur des portes-fenêtres à
deux vantaux ne doit pas excéder 1,50 m. Ces ouvertures
doivent aussi respecter une position verticale et horizontale
identique à celle des autres baies. Sauf exception, la forme
des ouvertures doit être identique sur l’ensemble de la
construction, afin d’en garantir l’harmonie et l’unité
architecturales.
Noue
Les menuiseries
Toiture avec noue ne correspondant pas à l’architecture du Verdon
(à éviter)
Croupe
Toiture à 3 pentes en croupe ne correspondant pas à l’architecture
du Verdon (à éviter)
Les menuiseries en bois sont préférées pour les constructions
individuelles de style régional, l’aluminium et le PVC étant en
rupture avec le caractère traditionnel propre à ce style. À
l’exception des fenestrons, les fenêtres et portes-fenêtres en
bois sont constituées de deux vantaux ouvrant à la française
et munis de petits bois sur les deux faces, que ces
menuiseries soient simples, à double ou à triple vitrage. Les
petits bois doivent être de faible section, afin de respecter les
proportions de dimensions traditionnelles entre les montants
et le vitrage.
Les façades
Les enduits de façade, préparés traditionnellement ou prêts à
l’emploi, ont une finition lissée ou talochée.
LA COULEUR
Les façades
La teinte des façades doit être proche de celle de la pierre et
des sables locaux, qui s’inscrit dans une gamme allant des
tons gris chauds aux tons beiges. Ces couleurs doivent
correspondre à la tonalité générale des ensembles bâtis
traditionnels environnants, remarquables pour leur harmonie
chromatique. Qu’il s’agisse d’un enduit ou d’une peinture, on
doit éviter les tons ocre jaune ou ocre rouge soutenus,
comme l’ensemble des tons soutenus, ainsi que les teintes
froides ou trop claires comme le blanc ou le blanc cassé, en
rupture avec l’environnement chromatique. Dans un
ensemble d’immeubles ou de maisons en alignement continu,
chaque façade doit avoir sa couleur propre, soulignant ainsi
la trame parcellaire, sans pour autant avoir un trop fort
contraste d’une façade à l’autre.
Les menuiseries
Les fenêtres et leurs accessoires doivent être peints d’un ton
clair (blanc cassé, crème, beige clair...), tandis que les volets
extérieurs peuvent être peints de tons chauds ou froids plus
soutenus (rouge bordeaux, vert bouteille, ocre beige, bleu
grisé, vert amande...). Les pentures et les gonds doivent être
peints de façon identique aux volets. Les peintures doivent
être couvrantes, mates et opaques ; les lasures et les vernis
sont à éviter sur les habitations, sauf pour certaines
constructions rustiques ou isolées. Les couleurs respectives
des fenêtres et des volets doivent être identiques sur
l’ensemble des façades d’un même bâtiment.
Fenêtres de teinte clair, volets bleus gris, une harmonie cohérente
Enduit de teinte trop soutenue (à proscrire)
Harmonie des teintes de menuiseries inversée (à proscrire)
Matériaux
Maçonnerie
Planchers,
voûtes
& escaliers
Afin de déterminer à quel régime d’autorisation les travaux sont
soumis, il est nécessaire de connaître les surfaces concernées.
La surface de plancher correspond à la totalité des
surfaces à la fois closes et couvertes de chaque niveau,
calculées à partir du nu intérieur des façades, et dont on
déduit les surfaces suivantes :
Façades
décors
&
surfaces correspondant à l’épaisseur des murs
entourant les embrasures des portes et fenêtres donnant
sur l’extérieur,
•
vides et trémies (ouvertures prévues) des escaliers et
ascenseurs,
•
construction d’un bâtiment dont la surface de plancher
ou l’emprise au sol est inférieure à 5 m2,
surfaces de plancher d’une hauteur sous plafond
inférieure ou égale à 1,80 m,
•
aménagement créant jusqu’à 10 m2 de surface de
plancher à partir d’une surface existante,
•
implantation dans un parc résidentiel de loisirs ou un
terrain de camping d’une habitation légère de loisirs de
surface inférieure ou égale à 35 m2,
•
construction d’une piscine dont le bassin est inférieur
ou égal à 10 m2, et dont la couverture éventuelle est
inférieure à 1,80 m de hauteur,
•
construction d’un mur de soutènement,
•
construction d’un mur de clôture de moins de 2 m de
hauteur hors site classé,
•
construction d’une clôture nécessaire à l’activité
agricole ou forestière,
•
construction d’un châssis ou d’une serre de moins de
1,80 m de hauteur,
•
construction d’une éolienne de hauteur totale inférieure à 12 m,
•
construction d’une structure verticale (pylône, statue…)
de hauteur inférieure ou égale à 12 m,
•
pose d’une antenne dont aucune dimension n’excède
4 m et dont la dimension maximale du réflecteur est
inférieure à 1 m, hors espace protégé ou secteur
réglementé par la commune,
•
construction de certains ouvrages divers (infrastructures,
mobilier urbain…).
Baies
Devantures
commerciales
& enseignes
•
•
Réhabilitation
Clôtures
Ouvrages
divers
•
Extensions
Démarches
administratives
Les différents régimes d’autorisation
Pour toute question d’urbanisme (règles de constructibilité, ou
d’extension ou de modification d’un bâtiment existant), il
convient de consulter le plus en amont possible le service de
l’urbanisme de la commune, ou bien la direction départementale
des territoires (DDT) des Alpes-de-Haute-Provence ou la
direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) du
Var, dans le cas où ces services de l’Etat assurent l’instruction
des demandes d’autorisation d’urbanisme.
Tous les travaux sont soumis à autorisation d’urbanisme, à
l’exception des travaux suivants :
•
•
Construction
neuve
toiture sans encorbellement ni poteaux de soutien ne sont
pas à considérer. Les terrasses de plain-pied ou celles ne
présentant pas de surélévation significative par rapport au
terrain ne sont pas comprises dans l’emprise au sol.
Surface de plancher et emprise au sol
&
Charpente
couverture
LES AUTORISATIONS
D’URBANISME
surfaces de plancher aménagées en vue du
stationnement des véhicules motorisés ou non, y compris
les rampes d’accès et les aires de manœuvres,
surfaces de plancher des combles non aménageables
pour l’habitation ou pour des activités à caractère
professionnel, artisanal, industriel ou commercial,
surfaces de plancher des locaux techniques nécessaires
au fonctionnement d’un groupe de bâtiments ou d’un
immeuble autre qu’une maison individuelle, y compris les
locaux de stockage des déchets,
•
surfaces de plancher des caves ou des celliers, annexes
à des logements, dès lors que ces locaux sont desservis
uniquement par une partie commune,
•
surface égale à 10 % des surfaces de plancher affectées
à l’habitation telles qu’elles résultent s’il y a lieu de
l’application des points mentionnés ci-dessus, dès lors
que les logements sont desservis par des parties
communes intérieures.
Les surfaces telles que les balcons, toitures-terrasses et
loggias ne sont pas prises en compte pour le calcul de la
surface de plancher.
L’emprise au sol correspond à la projection
verticale du volume de la construction, tous débords et
surplombs inclus. Les éléments de modénature*, tels que
les bandeaux, les corniches ou les simples débords de
Tous les travaux soumis à autorisation d’urbanisme nécessitent
une déclaration préalable, notamment pour toute modification
d’aspect extérieur d’une construction (ravalement de façade,
peinture des menuiseries, pose de panneaux solaires…), à
l’exception des travaux suivants, soumis à permis de
construire, pour lequel le recours à l’architecte est
obligatoire, sauf exceptions (voir ci-dessous) :
•
construction d’une surface de plancher ou d’emprise au
sol de plus de 20 m2, ou de plus de 40 m2 en zone urbaine
d’un plan communal d’urbanisme (PLU ou POS),
•
extension de plus de 20 m2 d’une construction, quand
la surface ou l’emprise au sol totale de la construction
après extension est supérieure à 170 m2,
•
modification du volume d’un bâtiment et percement ou
agrandissement d’une ouverture sur un mur extérieur,
•
changement de destination d’un bâtiment avec
modification de la structure porteuse ou de la façade,
•
construction d’une piscine dont la couverture est
supérieure à 1,80 m de hauteur,
•
construction d’un châssis ou d’une serre de plus de 4 m de
hauteur, ou de plus de 2000 m2 et plus de 1,80 m de hauteur,
•
construction d’une éolienne de hauteur totale supérieure
ou égale à 12 m.
En outre, les démolitions ou les travaux rendant inutilisable
tout ou partie d’une construction sont soumis à permis de
démolir quand cette construction est protégée par l’Etat ou
la commune, ou quand celle-ci est située dans un espace
protégé ou bien dans un secteur soumis à autorisation de
démolir arrêté par la commune.
Par ailleurs, les parkings de 10 à 49 places sont soumis à
déclaration préalable, ceux de 50 places ou plus sont
soumis à permis d’aménager. Les autres aménagements
publics (voirie, espaces verts…) sont soumis à permis
d’aménager en site classé, ou doivent faire l’objet d’une
demande d’autorisation soumise à l’avis de l’architecte des
bâtiments de France (ABF) dans les autres espaces protégés.
•
sites inscrits ou classés.
Les délais d’instruction
Toutes les demandes d’autorisation d’urbanisme doivent être
déposées en mairie.
•
Déclaration préalable : 1 mois ou 2 mois sur notification
au pétitionnaire dans le mois suivant le dépôt de la
déclaration, quand les travaux sont situés en espace
protégé : dans ce cas, ceux-ci sont soumis à l’avis de
l’architecte des bâtiments de France (ABF). L’absence de
réponse de l’administration dans le délai vaut décision
favorable (autorisation tacite).
•
Permis de construire : 2 mois (pour une maison
individuelle et/ou ses annexes) ou 3 mois (pour les autres
types de construction) ou plus (souvent de 3 à 6 mois)
sur notification au pétitionnaire dans le mois suivant le
dépôt de la demande, quand des services sont consultés,
ou quand les travaux sont situés en espace protégé : dans
ce dernier cas, ceux-ci sont soumis à l’avis de l’architecte
des bâtiments de France (ABF). Sauf en cas de
notification contraire de l’ABF, l’absence de réponse de
l’administration dans le délai vaut décision favorable
(autorisation tacite).
•
Permis d’aménager : 3 mois ou plus (souvent de 4 à 6
mois) sur notification au pétitionnaire dans le mois
suivant le dépôt de la demande, quand des services sont
consultés, ou quand les travaux sont situés en espace
protégé : dans ce dernier cas, ceux-ci sont soumis à l’avis
de l’architecte des bâtiments de France (ABF). Sauf en
cas de notification contraire de l’ABF, l’absence de
réponse de l’administration dans le délai vaut décision
favorable (autorisation tacite).
Durée de validité des autorisations
Les autorisations de travaux et les permis de construire sont
valables deux ans, prolongeables d’un an supplémentaire sur
demande au plus tard 22 mois après la date de l’autorisation,
à condition que les règles d’urbanisme demeurent
compatibles avec le projet. A l’expiration du délai,
l’autorisation est annulée si les travaux n’ont pas démarré.
Les espaces protégés
Il s’agit de certains secteurs protégés par l’Etat ou à l’initiative
des communes, au titre du code du patrimoine ou du code
de l’environnement :
•
aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine
(AVAP) remplaçant les zones de protection du patrimoine
architectural, urbain et paysager (ZPPAUP),
•
abords de monuments historiques inscrits à l’inventaire
supplémentaire ou classés (périmètres correspondant
généralement à un rayon de 500 m),
www.developpement-durable.gouv.fr
www.culture.gouv.fr
www.alpes-de-haute-provence.pref.gouv.fr
www.var.gouv.fr
L’ARCHITECTE,
UN PROFESSIONNEL
AU SERVICE DE LA QUALITÉ
DU PROJET
L’architecte concepteur du projet
Le recours à l’architecte est obligatoire pour tout projet
soumis à permis de construire : cet architecte, inscrit au
tableau de l’Ordre, doit être l’auteur du projet architectural et
non seulement signataire du dossier de demande de permis
de construire. Exceptionnellement, sont exemptés du recours
à l’architecte les personnes physiques (particuliers)
construisant pour elles-mêmes un bâtiment de surface de
plancher ou d’emprise au sol ne dépassant pas 170 m2, ainsi
que les exploitations agricoles à responsabilité limitée (EARL)
à associé unique construisant pour elles-mêmes soit un
bâtiment d’exploitation dont la surface de plancher ou
l’emprise au sol ne dépasse pas 800 m2, soit une serre de
production de moins de 2000 m2 et dont le pied droit à une
hauteur inférieure à 4 m. En outre, quel que soit le demandeur,
les permis de construire ne portant que sur des devantures
commerciales ou sur des aménagements intérieurs de
bâtiments existants non visibles de l’extérieur sont exemptés
de recours obligatoire à l’architecte.
Il y a tout intérêt à avoir recours à un architecte, même dans
les cas où celui-ci n’est pas obligatoire. Par sa capacité à
interpréter les règles d’urbanisme, à utiliser les nouvelles
technologies et à maîtriser les coûts de construction,
l’architecte permet d’optimiser chaque projet en adéquation
avec les besoins et les choix esthétiques du maître
d’ouvrage, tout en sachant répondre aux exigences toujours
plus complexes de performance environnementale. Par son
expertise, l’architecte est en outre habilité à produire les
attestations concernant le respect de la règlementation
thermique, tant en phase de conception lors du dépôt de la
demande de permis de construire, qu’en phase de réalisation
lors du dépôt de la déclaration d’achèvement des travaux.
www.architectes.org
Le conseil architectural,
un service public gratuit
L’architecte conseil du parc naturel régional du Verdon et les
architectes du conseil d’architecture, d’urbanisme et de
l’environnement (CAUE) du Var sont à la disposition gratuite
des maîtres d’ouvrage pour les assister dans leur démarche
d’établissement de projet, notamment en l’absence de recours
à un architecte maître d’œuvre (concepteur).
Les architectes du PNRV et du CAUE sont des professionnels
indépendants qui n’assurent pas de mission de maîtrise
d’œuvre (de conception de projet) ; à la demande des
communes qui délivrent les autorisations d’urbanisme, ceux-
ci peuvent donner un avis consultatif sur les projets dans le
cadre de l’instruction des demandes. Il est vivement
recommandé de les consulter au plus tôt : sur leur conseil, il
est en effet plus facile d’améliorer sensiblement une esquisse
sommaire qu’un projet détaillé trop avancé, dont la remise à
plat retarderait la démarche et pourrait s’avérer coûteuse pour
le maître d’ouvrage.
De même, l’architecte des bâtiments de France (ABF) du
service territorial de l’architecture et du patrimoine (STAP) du
département concerné peut être utilement concerné, si le
projet se situe en espace protégé, où l’avis de l’ABF est
obligatoirement requis dans le cadre de l’instruction des
demandes d’autorisation.
LES AIDES
À LA RÉHABILITATION
OU À LA RESTAURATION
DU BÂTI ANCIEN
L’Agence nationale de l’habitat (ANAH)
Des subventions de l’ANAH peuvent être obtenues pour les
travaux dépassant 1500 € HT (sauf pour les propriétaires
occupants aux ressources « très modestes ») réalisés par
des professionnels du bâtiment dans des constructions de
plus de 15 ans, et visant l’amélioration de l’habitat, ou la
réhabilitation de logements indignes ou très dégradés ; ces
subventions ne concernent donc pas les petits travaux
d’entretien ou la décoration, ainsi que les extensions de
constructions existantes dépassant 14 m2 (ou 20 m2 pour
les personnes handicapées), assimilables à de la
construction neuve.
Les travaux et les études éligibles aux subventions
correspondent aux catégories suivantes : travaux
préparatoires ; gros œuvre ; toiture, charpente, couverture ;
réseaux (eau, électricité, gaz) et équipements sanitaires ;
chauffage, production d’eau chaude (individuelle ou
collective), système de refroidissement ou climatisation ;
production d’énergie décentralisée ; ventilation ; menuiseries
extérieures ; ravalement, étanchéité et isolation extérieure ;
revêtements intérieurs, étanchéité, isolation thermique et
acoustique ; traitements spécifiques (saturnisme, amiante,
radon, xylophages) ; ascenseur / monte-personne ; sécurité
incendie ; aménagements intérieurs ; chemins extérieurs,
cours, passages, locaux communs ; extension de logement
et création de locaux annexes ; travaux d’entretien d’ouvrages
existants ; maitrise d’œuvre, diagnostics.
www.anah.fr
Le crédit d’impôt
développement durable
Il s’applique à certaines dépenses d’équipement améliorant la
qualité environnementale de logements utilisés comme résidence
principale et achevés depuis plus de deux ans.
L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)
Il permet d’emprunter jusqu’à 30 000 € pour le financement
des travaux d’amélioration énergétique du logement.
www.developpement-durable.gouv.fr
La Fondation du Patrimoine
La Fondation du Patrimoine peut octroyer un label et une
subvention pour la restauration d’édifices ayant au moins une
façade principale visible de la voie publique. Ces édifices
doivent être les plus caractéristiques du patrimoine rural, ou
du patrimoine urbain de proximité à condition qu’ils soient
non habitables, ou bien être situés dans une aire de mise en
valeur de l’architecture et du patrimoine (AVAP).
Le label est octroyé par l’architecte des bâtiments de France
(ABF) aux travaux de qualité préservant les caractéristiques
d’origine de l’édifice, et qui concernent le clos et le couvert,
ainsi que certains travaux intérieurs d’intérêt patrimonial dans
les édifices non habitables ouverts au public.
Si l’édifice appartient à une personne physique, à une société
translucide à caractère familial (SCI, SNC, GFR, GFA…) ou à
une copropriété, le label ouvre droit à une subvention de la
Fondation du Patrimoine de 1 % du montant des travaux,
ainsi qu’à une déduction de 50 % (ou de 100 % en cas de
subvention publique de 20 % minimum) du montant des
travaux des revenus imposables, au cas où l’édifice ne produit
pas de recettes, ou de 100 % (dans tous les cas) des revenus
fonciers, au cas où l’édifice est en location. Si le propriétaire
est non imposable ou redevable d’un impôt sur le revenu
inférieur à 1300 €, le label ouvre droit à une subvention de
la Fondation du Patrimoine (10 % à 15 % environ du montant
des travaux).
www.fondation-patrimoine.org
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