LA PÉDICULOSE

LA PÉDICULOSE
LA PÉDICULOSE
Protocole d’intervention
Une nouvelle approche en santé
publique pour le contrôle de la
pédiculose de tête dans les écoles
et dans les services de garde à
l’enfance
JUILLET 2000
Direction générale
de la santé publique
LA PÉDICULOSE
Protocole d’intervention
JUILLET 2000
Édition produite par :
La Direction des communications du ministère de la Santé et des Services sociaux
Des frais d’administration sont exigés pour obtenir d’autres exemplaires de ce document.
Ces frais vous seront facturés à la livraison :
5,00 $ pour le premier exemplaire et 1,00 $ pour chaque exemplaire additionnel.
Faites parvenir votre commande par télécopieur : (418) 644-4574
par courriel :
communications @msss.gouv.qc.ca
ou par la poste : Ministère de la Santé et des Services sociaux
Direction des communications
1075, chemin Sainte-Foy, 16e étage
Québec (Québec)
G1S 2M1
Le présent document est peut être consulté à la section documentation du site Web du ministère de la Santé
et des Services sociaux dont l’adresse est : www.msss.gouv.qc.ca
Le genre masculin utilisé dans ce document désigne aussi bien les femmes que les hommes
Dépôt légal
Bibliothèque nationale du Québec, 2000
Bibliothèque nationale du Canada, 2000
ISBN 2-550-36405-8
© Gouvernement du Québec
Toute reproduction totale ou partielle de ce document est autorisée, à condition d’en mentionner la source.
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
AVANT-PROPOS
Après la publication de la première édition du guide Pédiculose (poux de tête) dans les écoles et
dans les services de garde à l’enfance en mai 1997, des intervenants du réseau de la santé
publique (particulièrement des CLSC) ont fait des commentaires et des suggestions afin
d’améliorer l’application des recommandations. Ainsi, un addenda et une nouvelle proposition
concernant les éclosions persistantes ont vu le jour en 1998 et en 1999, respectivement. La
nouvelle proposition a donné lieu à une consultation à l’échelle de la province et à une révision
intégrale du guide. La présente édition est le résultat de ces démarches.
La pédiculose de tête (infestation causée par les poux de tête) est l’exemple typique d’un problème
de santé publique qui nécessite la collaboration de tous les secteurs en cause pour arriver à une
solution. Le présent document s’adresse principalement aux professionnels de la santé des CLSC,
des services Info-Santé et des directions régionales de santé publique. Cependant, d’autres
intervenants intéressés par le problème (pharmaciens, médecins de famille, pédiatres, personnel
éducateur) pourront aussi trouver le document utile pour comprendre la démarche proposée.
Nous présentons ici, dans une perspective de santé publique, des lignes de conduite pour la
prévention et le contrôle de la pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à
l’enfance. Il s’agit d’un guide d’intervention et non d’une liste de règles strictes à suivre de façon
uniforme dans toutes les régions du Québec. Nous avons privilégié cette fois-ci une approche
graduelle avec des actions de plus en plus complexes en rapport avec la nature et l’évolution du
problème (nouvelle éclosion versus éclosion persistante). L’approche est conforme aux
recommandations de santé publique existantes et elle laisse aux intervenants intéressés le soin
d’appliquer les mesures proposées selon les ressources disponibles et le degré de collaboration
des divers partenaires (familles, écoles, garderies, établissements et organismes de santé).
Nous avons intégré au texte des opinions d’experts et des suggestions faites par des professionnels
de plusieurs régions du Québec. Nous avons aussi ajouté des éléments intéressants pour le
développement d’outils de sensibilisation et d’intervention. Cependant, il va de soi que le
document devra être complété à l’échelon régional par des outils adaptés aux divers lieux
d’intervention.
III
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
RECHERCHE ET RÉDACTION
Le présent document est conforme aux recommandations faites par le Comité de prévention des
infections dans les Centres de la Petite Enfance du Québec, organisme consultatif de la Direction
de la protection de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux et du
ministère de la Famille et de l’Enfance du Québec.
Le document a été préparé par Julio Soto, M.D., Ph. D. et Stéphane Roy, M.D. pour le Comité de
concertation en maladies infectieuses du Conseil des directeurs régionaux de santé publique.
Dr Julio Soto
Direction de la santé publique, Régie régionale de la santé et des
services sociaux de Montréal-Centre
Dr Stéphane Roy
Direction de la santé publique, Régie régionale de la santé et des
services sociaux de la Montérégie
Les personnes ou organisations suivantes ont collaboré soit à la première, soit à la deuxième
édition, et leurs commentaires ou suggestions ont été transmis par :
Dre Marie-Claude Bernard
Direction de la santé publique de Mauricie et Centre-du-Québec
Dre Michèle Bier
Direction de la santé publique de Montréal-Centre
Mme Clémence Brunette
et infirmières scolaires
CLSC-CHSLD de Rosemont
Dre Suzanne Charbonneau
Direction de la santé publique de Laval
Mme Jocelyne Daigneault
et infirmières scolaires
Direction de la santé publique du Saguenay Lac-Saint-Jean
Mme Marielle Demers
CLSC de Longueuil-Est
Dre Doris Deshaies
Direction de la santé publique de Montréal-Centre
Mme Thérèse Dionne
CLSC Saint-Louis-du-Parc
Dre Hélène Dupont
Direction de la santé publique de l'Outaouais
Mme Liette Duval
et infirmières scolaires
CLSC du Plateau Mont-Royal
Équipe d'infirmières scolaires au primaire CLSC Hochelaga-Maisonneuve
et au secondaire
V
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
Dr Michel Frigon
et équipe en maladies infectieuses
Direction de la santé publique de Québec
Dr Fernand Guillemette
Direction de la santé publique de Mauricie et Centre-du-Québec
Dre Thérèsa Gyorkos
Service d'épidémiologie de l'Hôpital général de Montréal
Mme Paulette Harvey
Direction de la santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean
Mme Louise Hétu
et infirmières scolaires
CLSC Villeray
Dr Klaus Jochem
Direction de la santé publique de Montréal-Centre
Mme Jocelyne Kirouac
CLSC de Rivière-des-Prairies
Mme Aline Lachance
Direction de la santé publique de la Montérégie
Mme Ginette Lagarde
Direction de la santé publique de la Montérégie
Mme Josée Lalonde et infirmières
scolaires
CLSC-CHSLD de Pointe-aux-Trembles
Mme Linda Langlais
et équipe en santé scolaire
CLSC de Mercier-Est-Anjou
Mme Colette Laniel
CLSC du Vieux LaChine
Dre Claire Lemieux
Direction de la santé publique de la Chaudière-Appalaches
Dr François Levac
Direction de la santé publique de la Montérégie
Dr Guy Lonergan
Direction de la santé publique de Montréal-Centre
Dre Suzanne Ménard
et table de concertation avec les CLSC
Direction de la santé publique de l'Estrie
Dr Alain Millette
Direction de la santé publique de l'Outaouais
Mme Viola Miville
Direction de la santé publique de Montréal-Centre
Mme Mireille Ostiguy
CLSC Notre-Dame-de-Grâce
Dre Renée Paré
Direction de la santé publique de Montréal-Centre
Dr Pierre A. Pilon
Direction de la santé publique de Montréal-Centre
Mme Marie Racine
CLSC deVerdun/Saint-Paul
Mme Angèle Rousseau
Direction de la santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue
VI
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
Dre Dominique Tremblay
Direction de la santé publique de la Montérégie
Dre Michèle Tremblay
Direction de la santé publique de Montréal-Centre
Mme Huguette Turmaine
et infirmières scolaires
CLSC Pierrefonds
Mme Carole Toupin
CLSC Normand-Bethune
Mme Danièle Vachon
Direction de la santé publique de Lanaudière
VII
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier de leur contribution toutes les personnes qui ont pris connaissance du
document et qui l’ont enrichi de leurs commentaires et de leurs suggestions.
Des remerciements particuliers sont aussi transmis à Mme Denise Larivière pour le traitement de
texte et la mise en pages finale du présent document.
IX
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
TABLE DES MATIÈRES
1. LA PÉDICULOSE DE TÊTE (INFESTATION CAUSÉE PAR LES POUX
DE TÊTE).................................................................................................................................. 1
2. BIOLOGIE DE L’AGENT CAUSAL..................................................................................... 2
3. ASPECTS ÉPIDÉMIOLOGIQUE ET CLINIQUE DE L’INFESTATION ....................... 3
4. TRAITEMENT ET CONTRÔLE DE L’INFESTATION ..........................................................4
4.1 LES PÉDICULICIDES ............................................................................................................. 4
4.2 AUTRES MESURES DE CONTRÔLE ......................................................................................... 5
4.2.1 Sensibilisation au problème et partage des responsabilités ...................................... 5
4.2.2 Peigne fin.................................................................................................................. 6
4.2.3 Politique « sans lentes »............................................................................................ 7
4.2.4 Traitement des objets personnels et contrôle de l'environnement ............................ 8
4.2.5 Traitements « alternatifs » ........................................................................................ 8
5. DÉFINITIONS........................................................................................................................ 10
5.1 SUJET (CAS INFESTÉ) ......................................................................................................... 10
5.2 CONTACTS ......................................................................................................................... 10
6. MÉTHODES DE CONTRÔLE ............................................................................................. 11
6.1 MESURES DE PRÉVENTION PRIMAIRE ................................................................................. 11
6.2 MESURES DE PRÉVENTION SECONDAIRE ............................................................................ 12
6.2.1 Identification des contacts ...................................................................................... 12
6.2.2 Information aux parents, au personnel enseignant et aux éducateurs..................... 12
6.2.3 Recherche de cas infestés parmi les contacts.......................................................... 12
6.2.4 Traitement du sujet et des contacts infestés............................................................ 13
6.2.5 Recherche des signes d’infestation active chez les sujets traités............................ 14
6.2.6 Retrait des personnes encore infestées ................................................................... 14
6.2.7 Mesures complémentaires ...................................................................................... 15
6.2.8 Mesures déconseillées ............................................................................................ 16
6.3 MESURES DE PRÉVENTION TERTIAIRE ............................................................................... 16
XI
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
ANNEXE 1 – CAUSES D’ÉCHEC AU TRAITEMENT ET AU CONTRÔLE DE LA
PÉDICULOSE DE TÊTE..................................................................................... 23
ANNEXE 2 – MESURES DE PRÉVENTION CONTRE LES POUX DE TÊTE DANS UNE
ÉCOLE OU UN SERVICE DE GARDE À L'ENFANCE................................... 24
ANNEXE 3 – LISTE DE PRODUITS PÉDICULICIDES HOMOLOGUÉS AU CANADA ET
MODES D'UTILISATION SUGGÉRÉS PAR LES DIRECTIONS
RÉGIONALES DE LA SANTÉ PUBLIQUE ...................................................... 27
ANNEXE 4 – EXAMEN DES TÊTES ........................................................................................ 28
ANNEXE 5 – COMMENT ENLEVER LES LENTES ............................................................... 29
ANNEXE 6 – MYTHES ET RÉALITÉ AU SUJET DES POUX DE TÊTE .............................. 30
RÉFÉRENCES ............................................................................................................................... 33
XII
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
1. LA PÉDICULOSE DE TÊTE (Infestation causée par les poux de
tête)
Il existe trois espèces de poux qui infestent l’être humain : le Pediculus humanus capitis (pou de
tête), le pediculus humanus corporis (pou du corps) et le Phthirus pubis (pou du pubis ou
« morpion »). Tous les trois sont des insectes anoploures (sans ailes) qui ont besoin de l’être
humain pour se nourrir et se développer. Nous ne traiterons ici que des poux de tête.
Depuis les années 70, on observe mondialement une recrudescence importante de l’infestation par
le P. humanus capitis. Au Canada, seulement trois études Ewasechko 1981, Mathias et Wallace
1989, et Chunge et al. 1991b ont rapporté une prévalence de l’infestation dans les écoles (10,4, 12
et 5,7 % respectivement). Il est à noter que le taux élevé observé par Mathias et Wallace dans une
école de la Colombie-Britannique a été réduit à 1 % après la mise en place d’un programme de
contrôle avec la participation de parents bénévoles. Si, au Québec, la prévalence dans les écoles
primaires était de la même ampleur (5,7 %) que celle trouvée par Chunge et ses collaborateurs à
Hamilton, en Ontario, cela représenterait un taux d’infestation d’environ 20 000 écoliers au
primaire par année.
Malgré que l’infestation soit relativement bénigne et que les parasites responsables ne propagent
pas d’autres maladies, plusieurs facteurs font de la pédiculose de tête un problème de santé
publique important : facilité de transmission dans des milieux à forte concentration d’individus,
émoi social provoqué par la présence des poux, ressources déployées pour en contrôler la
propagation, coûts générés par le traitement de l’affection et risques inhérents associés à
l’utilisation des pédiculicides.
1
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
2. BIOLOGIE DE L’AGENT CAUSAL
Le parasite adulte est à peine visible à l’œil nu (taille entre 2 et 4 mm, figure 1). Le cycle de vie se
déroule entre 20 et 30 jours au total. Après une période de maturation d’environ 2 semaines, le pou
(femelle) fécondé pond environ 6 à 8 œufs (lentes) par jour. Les lentes, petits corps ovales,
grisâtres et brillants, se collent aux cheveux de l’hôte, à proximité de la racine de 1 à 6 mm du cuir
chevelu. Elles prendront entre 4 et 10 jours avant d’éclore. Après l’éclosion, les jeunes poux
doivent se nourrir de sang humain dans les 24 heures. C'est pourquoi ils peuvent difficilement
survivre plus longtemps en dehors du corps humain.
La survie du parasite dépend de l'âge de celui-ci et des conditions de l’environnement. Le cuir
chevelu de l’être humain offre des conditions idéales de survie (présence importante de vaisseaux
sanguins, température située entre 28 et 33 o C et humidité relative entre 70 et 90 %).
FIGURE 1
Pou de tête adulte
Lente viable
2
Taille réelle
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
3. ASPECTS
ÉPIDÉMIOLOGIQUE
ET
CLINIQUE
DE
L’INFESTATION
L’être humain est le seul réservoir de ce parasite. Les poux de tête se transmettent facilement par
contact direct avec un hôte infesté (de tête à tête). La contagiosité persiste jusqu’à la destruction
des parasites et des lentes. Le risque de transmission par des effets personnels de l’hôte infesté
(brosses à cheveux, peignes, chapeaux, taies d’oreillers, etc.) est minime (Chunge et al. 1991a).
La période moyenne d’incubation est d’environ dix jours. Une fois installés chez le nouvel hôte,
les poux et les lentes se trouvent particulièrement derrière les oreilles et à l’occiput, mais parfois
aussi dans les sourcils ou la barbe. Les poux se fixent à l’épiderme avec leurs dents y introduisent
leur appareil piqueur-suceur et injectent de la salive contenant des anticoagulants pour faciliter la
sortie du sang. La salive de l’insecte est responsable d’une réaction de défense chez l’hôte qui peut
s’accompagner de prurit et de lésions de grattage (excoriations). Chez certaines personnes ou dans
des cas d’infestation chronique, les symptômes ne sont pas toujours présents.
La viabilité d’une lente (figure 1) est déterminée par :
¾ sa localisation (entre 1 et 6 mm du cuir chevelu) ;
¾ la présence intacte de l'opercule (couvercle) situé à son extrémité libre ;
¾ la couleur blanc-jaunâtre luisante, translucide et la forme bombée de la coque (une lente vide
est plus blanche, desséchée et située à plus de 1 cm de la base du cheveu).
3
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
4. TRAITEMENT ET CONTRÔLE DE L’INFESTATION
4.1 LES PÉDICULICIDES
Le traitement des cas infestés avec l'aide d'un pédiculicide demeure la meilleure mesure de
contrôle des poux de tête dans une école ou dans une garderie. Il faut utiliser un produit
homologué au Canada en suivant les indications de santé publique qui figurent à l’annexe 3. Les
recommandations de la monographie qui accompagne divers produits se fondent souvent sur une
approche clinique individuelle. Par ailleurs, les directives d'un même produit peuvent différer
selon le pays où il est homologué.
Au Québec, présentement, le premier choix pour le traitement de la pédiculose de tête est la
perméthrine. Le second choix est l’association pyréthrine et butoxyde de pipéronyle. Enfin, si ces
traitements se révèlent inefficaces en raison d’une possible résistance, le troisième produit
homologué (contenant acide acétique, camphre, citronnelle, éther sulfate sodique de lauryle)
pourrait être utilisé.
Parmi les nouvelles thérapies pédiculicides, on a déjà rapporté des résultats intéressants avec
l'administration orale d'un antibiotique (co-trimoxazole) ou d'un antiparasitaire utilisé pour le
contrôle de la filiarose (ivermectin). Des insecticides utilisés pour le contrôle des mouches et des
moustiques (composés organophosphorés ou carbamates) ont également démontré un pouvoir
pédiculicide. Cependant, leurs effets secondaires, leur toxicité et le développement d’une
résistance constituent encore des obstacles à surmonter.
La résistance des poux aux insecticides a été rapportée pour pratiquement tous les insecticides
utilisés. Même si les tests pour évaluer la résistance ne sont pas uniformisés, il semblerait que le
phénomène de résistance soit en augmentation. Les insectes utiliseraient deux types de
mécanismes : ils se débarrassent rapidement de l'insecticide (détoxication accélérée) grâce à la
production de certaines enzymes ou ils altèrent le site d'union de l'insecticide. Au Québec, on
rapporte souvent des échecs au traitement avec la perméthrine. Cependant, il s’agit des
observations empiriques, des études devraient être faites pour les vérifier. Toutefois, il est aussi
important de se rappeler que la plupart des experts attribuent la majorité des échecs à des facteurs
autres que la résistance (voir les causes d’échec à l’annexe 1).
4
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
En 1991, le malathion (composé organophosphoré) a été retiré du marché nord américain. Au
début, ce produit était le meilleur ovicide sur le marché. Par la suite, son efficacité est devenue
variable selon l'excipient ou le véhicule utilisé. Dernièrement, la malathion a été réintroduit aux
États-Unis, il est possible que le Canada l’homologue aussi à nouveau.
Le lindane (composé organochloré) n’est plus un produit recommandé comme premier choix en
raison des échecs observés et de son importante toxicité pour la femme enceinte ou celle qui allaite
ainsi que pour les très jeunes enfants. De plus, aux États-Unis, des études faites en 1994 sur des
animaux ont démontré que le lindane était un carcinogène potentiel. Au Canada, le KwelladaMD
fabriqué à base de lindane (ne pas confondre avec le Kwellada-PMD qui contient de la perméthrine)
a été retiré du marché en 1999.
En ce qui concerne l’utilisation des pédiculicides, l'approche de santé publique proposée dans le
présent guide tient compte de la facilité de transmission de l'infestation dans les écoles et dans les
services de garde à l'enfance, de la biologie du parasite, de la possibilité de survie des lentes après
une première application d'un pédiculicide, de la toxicité potentielle de ces produits ainsi que des
limites des autres mesures de contrôle.
4.2 AUTRES MESURES DE CONTRÔLE
Même si l'efficacité des mesures proposées ci-dessous n'a pas toujours pu être clairement
démontrée, il en existe plusieurs qui font partie (ou devraient faire partie) des pratiques courantes
sur le terrain. D’autres en sont encore au stade expérimental ou anecdotique. Nous ferons quelques
commentaires sur celles qui sont souvent évoquées.
4.2.1
Sensibilisation au problème et partage des responsabilités
La nature de l'infestation (nuisance) favorise de fausses croyances et des appréhensions qui
génèrent souvent une crise dans le milieu où elle est présente, la gestion d'une éclosion devient
alors difficile. La surcharge de travail des infirmières scolaires, le manque de ressources dans les
écoles ainsi que les barrières culturelles et économiques rendent la situation plus complexe.
Devant cela, la sensibilisation des parents, des enfants et des intervenants à ce type de problème
fait partie des mesures de contrôle rentables.
5
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
Le contrôle de la pédiculose de tête dans un milieu donné requiert les éléments d'intervention
suivants : une attitude rationnelle et pratique par rapport à l'infestation, une surveillance (examen
de la tête), une recherche des contacts et un traitement des personnes infestées. Dans quelques cas,
des principes de gestion de crise devront aussi être appliqués (objectifs réalistes, présence sur le
terrain, communication, flexibilité, stratégies de rechange, soutien des établissements visés).
Il est particulièrement important de mettre au point une politique pour le contrôle des poux de tête
basée sur une concertation régionale et un partage des responsabilités entre tous les secteurs en
cause (familles, services de garde, écoles, commissions scolaires, centres locaux des services
communautaires et directions régionales de santé publique).
Préciser « qui fait quoi » dans les éclosions de poux de tête ne fait pas partie des objectifs du
présent guide. Le rôle légal des organismes et des établissements du réseau de la santé a déjà été
défini. Il revient aux personnes responsables d'arriver à des ententes locales et régionales afin de se
partager la responsabilité pour arriver à contrôler la situation. Par ailleurs, à la lumière des
commentaires reçus, il semble que les pratiques à l'échelle provinciale diffèrent selon la région, les
ressources existantes et l'expérience vécue.
4.2.2
Peigne fin
Il existe sur le marché différents types de peignes fins en plastique (plus faciles à trouver et moins
chers) ou en métal et certains pédiculicides sont même vendus accompagnés d'un peigne fin. Aux
États-Unis, on trouve sur « Internet » un peigne fin électronique (ARR Health Technologies Inc.
1999, O’Brien 1998). Selon le fabricant, ce type de peigne serait approprié pour des examens de
tête dans le milieu scolaire.
Le but visé consiste à enlever les lentes et les poux ou à les détruire par l'action mécanique du
peigne sur les cheveux et le cuir chevelu. Pourtant, la majorité des études qui ont évalué l'efficacité
de cet objet ont conclu que le nombre de parasites dans les groupes où le peigne fin était utilisé
soit avait augmenté, soit était resté pratiquement le même (Burgess 1995). L'expérience semble
montrer que les lentes viables, en raison de leur localisation, sont plus difficiles à enlever que les
autres. Celles qui sont plus visibles et plus faciles à enlever sont probablement des lentes mortes à
la suite du traitement ou des lentes vides après l'éclosion de parasites.
6
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
Malgré ces résultats, nous croyons que l'utilité du peigne fin peut dépasser sa capacité d'enlever les
parasites. En effet, cet objet pourrait être utilisé comme instrument de sensibilisation auprès des
parents afin qu’ils adoptent une attitude préventive en examinant régulièrement les cheveux de
leurs enfants. Par ailleurs, le fait d'enlever les lentes visibles pourrait aider à contrôler le
phénomène d'appréhension provoqué par la présence des poux dans un milieu donné.
4.2.3
Politique « sans lentes »
Le but de la mesure ici décrite vise à arrêter la transmission des poux par l'exclusion des enfants
infestés et à donner aux parents l'occasion d'appliquer le traitement. Elle a été (elle est encore dans
certains milieux) la mesure préférée des écoles et des intervenants de première ligne. Toutefois,
plusieurs études et évaluations faites par des experts mettent en doute son efficacité dans le
contrôle des éclosions. Par ailleurs, des situations dramatiques ont été rapportées où, à cause de la
présence de lentes, des parents ont été accusés de négligence et où des enfants ont été victimes de
ségrégation tout en perdant plusieurs jours d'école.
Aux États-Unis, le laboratoire d'entomologie de l'école de santé publique de Harvard offre un
service d'identification des lentes et de vérification de leur viabilité. Après avoir examiné des
centaines de spécimens jugés infectieux par les intervenants, on a trouvé que plus de 75 % étaient
des artefacts ou des lentes non viables. Présentement, à l’échelon national et international,
plusieurs comités d'experts déconseillent, en raison du manque de soutien scientifique,
l'application sans discernement d'une politique « sans lentes ».
Dans un contexte où les libertés et les droits des individus sont des valeurs de société, la pratique
de la santé publique doit s'adapter à ces changements et recommander des mesures coercitives
seulement lorsqu'elles sont strictement nécessaires. Ainsi, les poux de tête étant une nuisance
plutôt qu’une maladie, le retrait de leur milieu des personnes infestées devra être appliqué avec
discernement à des situations particulières que nous verrons plus loin. En aucun cas, l'exclusion ne
devra mettre en péril l’année scolaire d’un élève. Des efforts supplémentaires de la part des
intervenants seront probablement nécessaires pour trouver une solution individualisée pour
certaines personnes infestées tout en respectant leur dignité et leurs droits fondamentaux.
Nous pouvons conclure qu’une bonne formation à la reconnaissance d’une infestation active
diminuerait les risques d’erreur et éviterait aux enfants de recevoir des traitements inutiles. Il faut
7
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
se rappeler que si une lente est visible à l'œil nu, la chance qu'elle soit déjà morte ou vide est plus
grande.
4.2.4
Traitement des objets personnels et contrôle de l'environnement
Selon plusieurs auteurs et experts, le risque de transmission par des vecteurs passifs (des objets et
des surfaces qui ont été en contact avec une personne infestée) est minime et limité par la durée de
survie du parasite en dehors du corps humain. Le contact de tête à tête demeure le plus important
mode de transmission des poux dans une école ou dans un service de garde à l'enfance (Chunge,
1991).
Malgré la croyance populaire, les poux de tête ont des moyens pour rester « collés » à leur hôte et
il n'est pas dans leur intérêt de quitter un environnement idéal pour un objet ou une surface
n’offrant pas les mêmes conditions pour leur développement. En effet, les seules situations dans
lesquelles on a observé des poux quitter la tête d'un hôte ont été à la mort de l'hôte ou en présence
de fièvre élevée (Maunder 1983).
Si les mesures de contrôle proposées plus loin dans le guide sont respectées, le traitement ou le
nettoyage des objets faisant partie de l’environnement de la personne infestée ne sera
probablement pas nécessaire. Toutefois, dans certaines situations favorisant l'évolution du
problème (promiscuité extrême, éclosions persistantes, appréhension importante dans le milieu,
cas particuliers), on peut ajouter au traitement des personnes infestées des mesures
complémentaires susceptibles de tuer les insectes qui pourraient accidentellement se trouver sur
leurs objets personnels (peignes, brosses à cheveux, chapeaux, casquettes, taies d'oreillers).
En ce qui concerne les meubles, les sièges d'autobus, les tapis, les appareils de gymnase, etc., nous
partageons l'avis des experts, qui estiment qu’il faut dissuader les personnes responsables de
procéder à la fumigation de ces objets avec un insecticide en raison de la toxicité élevée de ces
produits pour les humains ainsi que pour les animaux.
4.2.5
Traitements « alternatifs »
Plusieurs recettes maison et même des préparations commerciales faites de mélanges d'huiles
essentielles, de sels et d’autres substances « naturelles » ont été présentées comme étant des
traitements écologiques et exempts de toxicité. Parmi ces « remèdes miracles » on trouve des
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Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
blanchissants, des teintures à cheveux ou des agents lubrifiants susceptibles de suffoquer les poux,
tels que l'huile d'olive, l’huile minérale ou le gel à cheveux.
Cependant, l'efficacité de ces traitements n'est pas étayée par des études contrôlées et publiées
dans des revues scientifiques. Même la prétendue absence de toxicité a été mise en doute, car
plusieurs formules contiennent des substances qui ne devraient pas être utilisées sur la peau ou qui
ne sont pas homologuées pour usage médical, sans compter que les substances huileuses peuvent
aussi être à l'origine d'accidents (glissades) ou d'irritations si l’on utilise un détergent puissant pour
les enlever des cheveux.
L'utilisation de la chaleur provenant d'un séchoir à cheveux a été rapportée comme étant un moyen
efficace pour détruire les poux et les lentes sur les cheveux de la personne infestée. Cependant, la
durée du traitement, la température et la distance entre le séchoir et le cuir chevelu ne sont pas
précisées. Cette méthode est fortement déconseillée, car elle peut provoquer des brûlures au cuir
chevelu, particulièrement chez les enfants.
La coupe des cheveux compte parmi les autres mesures mentionnées. Il est vrai qu'une tête
pratiquement sans cheveux ne favorise pas la présence et la transmission des poux de tête.
Cependant, cette mesure est actuellement considérée comme désuète, dévalorisante et peu
esthétique. Avec les pédiculicides existants et le suivi rigoureux des mesures de contrôle
recommandées, il ne sera probablement plus nécessaire de couper les cheveux avant ou après
l'application du traitement.
Des produits répulsifs à base d’essences naturelles ou de vitamines ont aussi été présentés comme
ayant une certaine efficacité préventive contre les poux. Toutefois, nous avons peu d’information
scientifique sur leur prétendue efficacité et même sur leur toxicité potentielle, surtout pour les
produits en aérosol.
En raison du manque d’information sur le plan scientifique quant à leur efficacité et aux
dangers potentiels qu'ils présentent, tous ces traitements dits « alternatifs » ne sont pas
recommandés par les directions régionales de la santé publique du Québec.
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Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
5. DÉFINITIONS
5.1
SUJET (CAS INFESTÉ)
Toute personne qui a des poux de tête vivants et des lentes viables dans les cheveux est considérée
comme un cas infesté.
Il est raisonnable et justifié de considérer comme un cas infesté toute personne qui n'a jamais fait
de traitement, mais qui a des lentes viables, même en l’absence de poux vivants.
5.2
CONTACTS
Toute personne ayant eu un contact direct de tête à tête avec une personne infestée est considérée
comme un contact.
Aux fins d'intervention, sont considérés comme des contacts :
¾ tous les membres de la maisonnée ;
¾ tous les élèves de la classe du sujet dans une école primaire ou secondaire et le personnel
enseignant, selon la nature du contact ;
¾ tous les enfants et le personnel d'un service de garde à l'enfance.
10
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
6. MÉTHODES DE CONTRÔLE
6.1
MESURES DE PRÉVENTION PRIMAIRE
Les mesures de prévention primaire s'appliquent en l’absence de cas signalés. Au début de la
propagation de l'infestation dans un milieu, elles visent à réduire l'apparition de nouveaux
cas (incidence).
Ces mesures pourraient être prises peu avant ou au début de l’année scolaire à l’intérieur d'une
campagne annuelle de sensibilisation au problème des poux de tête. Les mesures de prévention
primaire sont les suivantes :
¾ Sensibilisation des enfants au mode de transmission des poux de tête, aux symptômes
qu'ils provoquent ainsi qu'aux mesures générales de traitement et de contrôle. Les
messages utilisés devront être adaptés à l'âge des enfants.
¾ Sensibilisation et éducation des parents et du personnel enseignant à la détection précoce
des poux de tête et des lentes ainsi qu’à l'application rigoureuse des mesures de contrôle.
Cela pourrait être fait au moyen de brochures, de dépliants, de peignes fins ou de tout
autre matériel d’information ou de sensibilisation. À la maison, les parents devraient
chercher les poux de tête ou les lentes au moment du lavage régulier des cheveux de leurs
enfants. À l’école ou dans le service de garde, le personnel devra avoir une attitude
vigilante et être prêts, à intervenir s’il y a lieu.
¾ Soutien aux intervenants de première ligne au moyen d'une campagne médiatique annuelle
organisée par des groupes ou organisations tels que la Direction de la protection de la
santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux, l'Institut national de santé
publique et les directions régionales de santé publique. D'autres organisations ou
associations publiques et privées (incluant celles des pharmaciens) pourraient participer à
la campagne et la soutenir. Les messages de sensibilisation et de prévention pourraient
être diffusés par différents médias provinciaux, régionaux (presse, radio, télévision) ou
locaux (journaux de quartier).
11
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
¾ Préparation d'une politique régionale de contrôle des éclosions de poux de tête dans les
écoles et les services de garde. Cette politique aurait pour but de définir les principes
d'intervention et de déterminer de façon concertée le partage des responsabilités entre
toutes les personnes et les secteurs en cause.
6.2
MESURES DE PRÉVENTION SECONDAIRE
Les mesures de prévention secondaire s'appliquent en présence de cas signalés dans un
milieu. Elles visent à contrôler la propagation des poux de tête afin de réduire le nombre
total de nouveaux cas et de cas anciens (prévalence).
Ainsi, à la suite du premier signalement d'un ou de plusieurs cas de poux de tête dans une école
ou dans un service de garde à l'enfance, une intervention est faite et les mesures de contrôle
énumérées ci-dessous sont appliquées :
•
identification des contacts ;
•
information aux parents, au personnel enseignant et aux éducateurs ;
•
recherche de cas infestés parmi les contacts ;
•
traitement du sujet et des contacts infestés ;
•
recherche des signes d’infestation active chez les cas traités ;
•
retrait des personnes encore infestées ;
•
mesures complémentaires ;
•
mesures déconseillées.
6.2.1
Identification des contacts
Se référer aux définitions fournies plus haut.
6.2.2
Information aux parents, au personnel enseignant et aux éducateurs
Fournir aux parents, au personnel enseignants et aux éducateurs des renseignements sur la
situation présente dans le milieu ainsi que sur les caractéristiques cliniques de l'infestation, le
mode de transmission, l’examen de la tête, le traitement et les mesures de prévention et de
contrôle. Cela sera fait au moyen d'une lettre explicative accompagnée d'un dépliant s'il y a lieu.
6.2.3
Recherche de cas infestés parmi les contacts
12
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
Faire examiner la tête des enfants par les parents. Afin d'assurer le maximum d'efficacité, les
parents devront être informés, formés et outillés pour réaliser l'examen (voir la description du
procédé à l’annexe 4). Si nécessaire, l’examen de la tête peut être fait à l'école ou à la garderie.
Dans ce cas, il est recommandé que les personnes responsables (les parents, pour les élèves âgés
de moins de 14 ans) soient averties avant d’exécuter cette intervention.
6.2.4
Traitement du sujet et des contacts infestés
¾ Traiter seulement les personnes infestées. Le traitement prophylactique est
déconseillé.
¾ Utiliser de préférence la perméthrine. Par rapport aux autres pédiculicides, ce produit
est moins toxique et très efficace (forte activité insecticide et ovicidaire).
L’association de pyréthrines et de butoxyde de pipéronyle peut être aussi un bon
choix.
¾ Pour les produits recommandés ci-dessus, le traitement consiste en deux applications,
la deuxième étant faite de sept à dix jours après la première, même en l'absence de
signes d'infestation active (poux vivants et lentes viables). Afin de faciliter le suivi, le
traitement simultané des personnes infestées doit être envisagé.
¾ Les produits à base de perméthrine aident à décoller les lentes à la suite du lavage et
du rinçage des cheveux. Cependant, afin de ne pas diminuer l'effet résiduel (plus
d’une semaine selon les fabricants) de ce type de produit, il faut utiliser un
shampooing ordinaire sans conditionneur ou « crème-rince ».
¾ Si des poux vivants sont observés de 24 à 48 heures après la première application d’un
produit pédiculicide, il est recommandé de reprendre le traitement aussitôt en utilisant
un autre produit de composition différente. Le nouveau produit pédiculicide sera
appliqué une deuxième fois de 7 à 10 jours plus tard.
¾ Si les sourcils sont atteints, appliquer de la gelée de pétrole, par exemple de la
VaselineMD (d’un coût plus abordable) ou du Lacri-lubeMD, en couche épaisse au
moins deux fois par jour (trois ou quatre fois) chez les jeunes enfants qui pourraient
enlever ce produit en se frottant les yeux) pendant une semaine. Par la suite, les lentes
mortes peuvent être enlevées à l'aide d'une pince à sourcils.
13
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
¾ Les produits contre la pédiculose (à l’exception du SH-206MD) prescrits par le
médecin sont admissibles à un remboursement selon les modalités du régime
d’assurance des personnes visées. Par ailleurs, pour les enfants (moins de 18 ans)
couverts par le régime provincial d’assurance médicaments, étant donné qu'il n'existe
pas de prime d'assurance, ces médicaments sont gratuits. Certains établissements
pourraient organiser des ententes avec leurs médecins afin de faciliter l'accès à
certains médicaments pour les personnes de milieu socioéconomique défavorisé.
¾ Les produits pédiculicides doivent être gardés hors de la portée des enfants.
6.2.5
Recherche des signes d’infestation active chez les sujets traités
¾ Examen de tête.
6.2.6
Retrait des personnes encore infestées
¾ On doit retirer temporairement la personne infestée de l’école ou du service de garde
jusqu’à la première application du traitement recommandé. Si le produit a été utilisé
selon les indications prescrites, il réduit considérablement le potentiel de transmission
en éliminant les poux vivants.
¾ On peut permettre le retour d'une personne qui a des lentes à la suite de l’application
d’un traitement recommandé contre les poux. La présence de lentes ne constitue pas
nécessairement un risque de transmission, car celles-ci sont probablement déjà mortes
ou vides ou trop jeunes pour être contagieuses. Par ailleurs, l'effet résiduel et la
deuxième application du produit suffiront pour détruire les jeunes parasites dans les
jours qui suivent.
¾ Si une personne présente des signes d'infestation active (poux vivants et lentes
viables) après la date prévue de la deuxième application, cette personne devra être
retirée de l’école ou du service de garde et adressée à un professionnel de la santé qui
déterminera le moment propice au retour à l'école ou au service de garde. La
recommandation d'enlever les lentes (voir la description du procédé à l’annexe 5)
après le traitement pourrait être faite à cette personne. Dans ce cas, il est possible que
le traitement ait été mal appliqué, qu’il n’ait pas été appliqué du tout ou qu’il existe
une résistance au traitement (situation moins fréquente).
14
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
6.2.7
Mesures complémentaires
¾ Dans certaines situations particulières (promiscuité élevée, appréhension importante
dans le milieu) ou pour un cas individuel (par exemple, une personne présentant des
signes d'infestation active après la date prévue pour la deuxième application du
pédiculicide), on pourra appliquer des mesures complémentaires.
¾ Enlever les lentes restantes après l'application du pédiculicide à l’aide d’un peigne fin
(voir la description du procédé à l’annexe 5). En période de traitement, on
recommande d’être vigilant et de passer le peigne fin chaque jour. Il est possible que
chez les plus jeunes enfants, en raison de la texture fine de leurs cheveux, le peigne fin
en plastique soit moins efficace. Dans ce cas, il faudrait utiliser une autre méthode
(par exemple, utiliser un peigne fin en acier inoxydable ou les doigts, moyen ancien
qui est encore préconisé par certains intervenants). L’application d’une serviette
humide sur le cuir chevelu pendant trente à soixante minutes facilite le retrait des
lentes.
¾ Désinfecter les effets personnels (peignes, brosses à cheveux, chapeaux, casquettes,
etc.) régulièrement utilisés par les personnes infestées. Pour les nettoyer, on doit
laisser tremper ces articles dans une des solutions suivantes :
•
un shampooing contre les poux (non dilué) pendant cinq à dix minutes ;
•
de l’eau chaude (environ 65 C ou 150 F) pendant cinq à dix minutes.
L’utilisation de la sécheuse à température élevée pendant vingt minutes, le nettoyage à sec
et l’entreposage pendant dix jours (en raison du délai maximal d'éclosion d'une lente) dans
un sac de plastique sont également efficaces.
15
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
6.2.8
Mesures déconseillées
¾ L’utilisation de vinaigre ou de conditionneurs pour aider à décoller les lentes est
déconseillée, car l’acide présente dans ces produits peut aussi enlever les restes du
pédiculicide (particulièrement la perméthrine) et ainsi nuire à son action résiduelle.
¾ Bien que la désinfection des effets personnels avec du LysolMD à 2 % soit aussi
efficace, nous déconseillons ce produit, car les présentations qui se trouvent sur le
marché domestique canadien n'indiquent pas la concentration qui serait efficace.
¾ La vaporisation de la maison, des meubles ou des autres objets de l’environnement
avec un insecticide est fortement déconseillée. Cette mesure est inefficace pour le
contrôle de la pédiculose et elle peut représenter un risque important pour la santé des
personnes et des animaux exposés de cette façon à un produit potentiellement toxique.
6.3
MESURES DE PRÉVENTION TERTIAIRE
Les mesures de prévention tertiaire s'appliquent en présence d'une éclosion persistante. Elles
visent à mettre fin au caractère chronique de l'infestation dans certains milieux, et à réduire
ainsi les rechutes.
Malgré l'application des mesures de prévention secondaire, des facteurs particuliers au milieu en
cause (par exemple, les barrières à l’application des mesures de contrôle) ou aux poux (par
exemple, la résistance aux pédiculicides) pourraient faire qu’une éclosion persiste dans un milieu.
C’est pour ce type de situations que des mesures de prévention tertiaires ont été mises au point. Il
s'agit d'une approche intégrale qui inclut des mesures de prévention primaire et secondaire
(incluant les mesures considérées comme complémentaires). Appliquées avec rigueur, ces mesures
devraient permettre le contrôle d’une éclosion persistante de poux de tête.
Il est très important de reconnaître les situations (éclosion persistante) où ces mesures pourraient
être appliquées, car elles exigent des ressources supplémentaires non négligeables et constituent la
dernière ligne de défense contre les poux. Il faut éviter d'utiliser ces mesures extrêmes pour des
situations courantes où, selon l'expérience, les mesures de prévention secondaire décrites ci-dessus
seraient suffisantes.
16
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
On parlera d’éclosion persistante si, dix jours après la date de la deuxième application d’un
pédiculicide, on observe encore une infestation active (poux vivants et lentes viables) chez
plusieurs personnes (deux et plus) de la même classe ou du même groupe, mais provenant de
familles différentes.
Les mesures de prévention tertiaire s’appliquent à toutes les personnes de la classe ou du groupe
en cause (si plusieurs classes ou groupes ont été touchés, ces mesures pourraient s’étendre à toute
l’école prématernelle, maternelle, primaire ou à tout l’établissement de garde à l’enfance).
Les mesures de prévention tertiaire sont présentées ci-dessous selon l’ordre dans lequel elles
doivent être appliquées.
1. Informer les parents, les membres du personnel enseignant et les éducateurs de l’état de la
situation et des nouvelles mesures de contrôle à appliquer (s’assurer qu’il n’y a pas de
barrières à la communication).
2. Organiser des séances de formation pour assurer l’identification des poux et des lentes viables.
Elles seront adressées aux personnes chargées de faire l’examen des têtes (par exemple, les
intervenants, les parents, le personnel enseignant ou les éducateurs). Il est souhaitable que
cette activité soit réalisée en étroite collaboration avec les parties en cause (école, service de
garde, familles et CLSC). Les directions régionales de la santé publique demeurent une
ressource de soutien de deuxième ligne pour les CLSC, à qui elles peuvent également fournir
les conseils. D'autres partenaires pourraient s’ajouter au besoin.
3. Examiner la tête (voir la procédure dans la section annexe) des personnes visées par les
mesures de prévention tertiaire à l’école ou dans le service de garde afin de confirmer le
diagnostic d’infestation active. Cette action pourrait faciliter l'identification des cas
probablement infestés ou réinfestés.
4. Retirer de l’école ou du service de garde les personnes ayant des poux ou des lentes viables
jusqu’à la première application d’un traitement pédiculicide. Il faut préalablement aviser les
parents des enfants visés par cette mesure. La deuxième application du traitement devra se
17
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
faire de sept à dix jours plus tard. Pour les personnes ayant déjà reçu un traitement (soit deux
applications), il est préférable de choisir un pédiculicide différent.
Pour réintégrer l’école ou le service de garde, les personnes retirées du milieu pour traitement
devront avoir été débarrassées des lentes restantes avec un peigne fin (voir la description du
procédé à l’annexe 5). Si nécessaire, cette activité peut être réalisée à l’école ou au service de
garde. L’utilisation du vinaigre est toujours déconseillée.
5. Demander le nettoyage des effets personnels (peignes, brosses à cheveux, chapeaux,
casquettes, etc.) régulièrement utilisés par les personnes infestées. Utiliser un des procédés
décrits au point 6.2.6.
S’assurer que tous les membres de la maisonnée des personnes infestées seront examinés et
recommander un traitement aux personnes infestées.
S'assurer qu’il n‘y pas de barrière, économiques ou autres, qui pourraient empêcher
l’application du traitement pédiculicide. S’il y a lieu, trouver des solutions aux cas
problématiques.
6. Au retour à l'école ou au service de garde, les enfants retirés doivent être examinés par une
personne formée au diagnostic de l'infestation active (infirmière, membre du personnel, parent
bénévole, etc.).
Si, trois semaines après la fin du traitement du dernier cas, on n’observe plus d’infestation
active dans les groupes et les classes en cause, il est probable que l’éclosion soit sous contrôle.
Dans le cas contraire, il faut vérifier si les mesures recommandées ont été suivies par toutes
les personnes visées et corriger les faiblesses notées s’il y a lieu.
18
ANNEXES
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
ANNEXE 1 – CAUSES D’ÉCHEC AU TRAITEMENT ET AU CONTRÔLE DE LA PÉDICULOSE DE TÊTE
Depuis l’adoption de la mesure consistant en une deuxième application de pédiculicide et
l’abolition de la politique « sans lentes » pour les interventions de prévention secondaire, on
pourrait s’attendre à ce que des enfants adéquatement traités et guéris présentent des lentes
facilement visibles, car les lentes non viables se trouvent éloignées de la racine du cuir chevelu. La
difficulté à distinguer une lente viable d’une lente non viable et l’appréhension que provoque
l’infestation dans les milieux scolaires ou dans les services de garde à l'enfance peuvent laisser
croire, à tort, que l’éclosion n’est pas sous contrôle. Le potentiel néfaste de cette situation peut se
manifester sur le plan médical (risque de surtraitement) et sur le plan social (crise).
Parmi les causes d'échec au traitement de la pédiculose et au contrôle des poux de tête, on peut
mentionner :
•
un mauvais diagnostic ;
•
une mauvaise recherche de cas infestés auprès des contacts ;
•
le coût et l’inaccessibilité du traitement ;
•
le non-respect du traitement (mode d’emploi non suivi, deuxième application non faite,
etc.) ;
•
les facteurs sociaux (promiscuité, monoparentalité, déménagement, barrière linguistique,
analphabétisme) ;
•
le faible pouvoir ovicide ou le manque d’effet résiduel du produit utilisé ;
•
l’utilisation d’acide acétique (vinaigre) ou de conditionneur après utilisation de
perméthrine ;
•
un nouveau contact (après le traitement) avec une personne infestée ;
•
une absence de politique de contrôle des poux écrite et entérinée par toutes les parties en
cause ;
•
un manque de collaboration des personnes et des organisations intéressées ;
•
la non-disponibilité de ressources pour la prévention et le contrôle ;
•
l’émoi social ou la situation de crise causés par la présence des poux ;
•
la résistance des poux au pédiculicide.
Il faut porter une attention particulière aux cas de récidive afin de déterminer les causes probables
du problème et d'apporter les correctifs appropriés.
23
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
ANNEXE 2 – MESURES DE PRÉVENTION CONTRE LES POUX DE TÊTE DANS UNE ÉCOLE OU UN
SERVICE DE GARDE À L'ENFANCE
Prévention primaire
EN L’ABSENCE DE CAS SIGNALÉS
Peu avant ou au début de l’année
scolaire
Ð
SENSIBILISATION DES ENFANTS
Messages d’information adaptés à
l’âge des enfants
Ð
SENSIBILISATION ET ÉDUCATION DES PARENTS, DU
PERSONNEL ENSEIGNANT ET DES ÉDUCATEURS
La détection précoce des poux
de tête et l’application des mesures
de contrôle appropriées
Ð
SOUTIEN AUX INTERVENANTS DE PREMIÈRE LIGNE
Campagne médiatique annuelle
Partage des responsabilités entre
Ð
PRÉPARATION D’UNE POLITIQUE RÉGIONALE DE
toutes les personnes et les secteurs
CONTRÔLE DES ÉCLOSIONS DE POUX DE TÊTE
en cause
24
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
Prévention secondaire
CAS DE POUX DE TÊTE
Personne porteuse de poux de tête
vivants et de lentes viables
Membres de la maisonnée, élèves
de la classe, enfants et personnel
d’un service de garde
Examen de la tête
1er choix : perméthrine.
2e choix : pyréthrines et butoxyde
de pipéronyle
Pas d’exclusion
7-10 jours après la 1re application
(infection active ou non)
Examen de tête
Enlever les lentes
Examen de tête
Avec l’accord du professionnel
Ð
IDENTIFICATION DES CONTACTS
Ð
NOTIFICATION AUX PARENTS
ET AUX MEMBRES DU PERSONNEL
Ð
RECHERCHE DE CAS INFESTÉS
Ð
TRAITEMENT DE CAS INFESTÉS
Ð
re
1 application
Ð
2e application
Ð
RECHERCHE DE SIGNES D’INFESTATION ACTIVE
Ð
Présence de signes
d’infestation active
Ð
Absence de signes
d’infestation active
Ð
Fin des mesures
RETRAIT DU MILIEU POUR
TRAITEMENT
Ð
ÉVALUATION PAR UN
PROFESSIONNEL DE LA SANTÉ
Ð
RETOUR DANS LE MILIEU
25
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
Prévention tertiaire
ÉCLOSION PERSISTANTE
Infestation ACTIVE chez
plusieurs personnes de la même
classe (ou groupe), mais
provenant de familles
différentes 10 jours après la date
de la 2e application d'un
pédiculicide.
Attention aux obstacles à la
communication
Partage des responsabilités
Examen de la tête
Traitement (2 applications)
Utilisation du peigne fin
Vérification à la maisonnée
Attention aux barrières
Ð
INFORMER LES PARENTS, LES MEMBRES DU PERSONNEL
ENSEIGNANT ET LES ÉDUCATEURS DE LA SITUATION
Ð
ORGANISER DES SÉANCES DE FORMATION POUR LA
RECONNAISSANCE D'UNE INFESTATION ACTIVE
Ð
RECHERCHE DE CAS INFESTÉS OU RÉINFESTÉS DANS LE
MILIEU (SCOLAIRE, DE GARDE ET FAMILIAL)
Ð
RETRAIT DES PERSONNES INFESTÉES DU MILIEU
SCOLAIRE JUSQU'À LA PREMIÈRE APPLICATION DU
TRAITEMENT ET APRÈS AVOIR ENLEVÉ LES LENTES
économiques ou autres
Ð
NETTOYAGE DES EFFETS PERSONNELS UTILISÉS PAR
LES PERSONNES INFESTÉES
Shampooing pédiculicide, eau
chaude, nettoyage à sec,
entreposage dans un sac de
plastique
Ð
RÉADMISSION APRÈS ÉVALUATION PAR LA PERSONNE
DÉSIGNÉE
26
Examen de la tête
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
ANNEXE 3 – LISTE DE PRODUITS PÉDICULICIDES HOMOLOGUÉS AU CANADA ET MODES
D'UTILISATION SUGGÉRÉS PAR LES DIRECTIONS RÉGIONALES DE LA SANTÉ
PUBLIQUE
PRODUIT
PARTICULARITÉS
MC
PERMÉTHRINE (Kwellada-P
Nix
MD
1 % ou
1 %)
Après shampooing
MODE D'UTILISATION
Traitement recommandé pour les
•
enfants de 2 ans ou plus. Fort pouvoir
insecticide et ovicide, effet résiduel
d'environ 10 jours après le traitement.
Peu toxique, réactions dermiques
bénignes. Efficacité : ≥ 95 %.
•
NOTE : prudence chez les personnes
allergiques aux chrysanthèmes.
L’utilisation du produit chez les
•
femmes enceintes ou qui allaitent doit
se faire sous prescription médicale.
•
PYRÉTHRINES ET BUTOXYDE DE
PIPÉRONYLE
(R et CMD)
Shampooing revitalisant
ACIDE ACÉTIQUE, CAMPHRE,
CITRONELLE, ÉTHERSULFATE SODIQUE
DE LAURYLE
(SH-206MD)
Alternative au traitement de premier
choix. Sans restriction pour les
femmes enceintes ou qui allaitent et
les enfants de moins de 2 ans.
Pouvoir insecticide, moins ovicide
que la perméthrine. Dermatite de
contact et atteinte cornéenne
possibles. Efficacité : < 95 %.
•
•
•
•
NOTE : prudence chez les personnes
allergiques aux chrysanthèmes et à
l’herbe à poux.
Pouvoir insecticide et ovicide (selon •
des études non publiées). Réactions
dermiques bénignes (3-4 %).
Apparition possible d'une résistance.
Shampooing
NOTE : déconseillé chez les enfants
âgés de moins de 30 mois.
•
•
•
Laver les cheveux à l'aide d'un
shampooing ordinaire, rincer à
l'eau et bien assécher (ne pas
appliquer de produit revitalisant
ou démêlant) ;
appliquer une quantité suffisante
d'après-shampooing pour saturer
les cheveux et le cuir chevelu
(environ 25 à 50 ml) ;
laisser reposer 10 minutes, puis
rincer à l'eau ;
RÉPÉTER 7 À 10 JOURS PLUS
TARD.
Appliquer le shampooing
revitalisant sur les cheveux secs
en quantité suffisante pour bien
tremper les cheveux ;
laisser reposer 10 minutes ;
ajouter de l'eau en petite quantité
jusqu'à la formation de mousse et
rincer à fond ;
RÉPÉTER 7 À 10 JOURS PLUS
TARD.
Mouiller les cheveux, appliquer
environ 10 ml de shampooing,
faire mousser, frotter
vigoureusement pendant
2 minutes ;
laisser reposer 10 minutes;
rincer abondamment à l'eau
tiède ;
RÉPÉTER 48 HEURES PLUS
TARD et au besoin 7 à 10 jours
après la première application.
NOTE : Bien que ces produits soient disponibles sur le marché pour environ 10 $ par traitement, leur coût pourrait être
remboursé par les assurances médicaments si le médecin en fait la prescription et selon le régime d’assurance.
De plus, le malathion (PriodermMD) et le lindane (KwelladaMD ) ne sont plus disponibles au Québec. D’autres
produits à base de lindane (HexitMD, PMS LindaneMD ) semblent toujours disponibles, mais leur utilisation est
de plus en plus déconseillée. Le produit à base de bioalléthrine et de butoxyde de pipéronyle (ParaMD) n’est
présentement plus en vente au Québec.
27
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
ANNEXE 4 – EXAMEN DES TÊTES
L'examen des cheveux des enfants doit idéalement être fait par les parents une fois par semaine,
surtout pendant les périodes critiques, soit à l'automne ou à l'hiver. S'il y a présence de poux dans
l'entourage, un examen quotidien peut être nécessaire. Les experts recommandent d’effectuer
l’examen des cheveux à main nue.
•
•
•
•
Pour trouver les lentes, les cheveux sont séparés en sections verticales très étroites avec un
peigne fin ;
sous un bon éclairage, les cheveux ainsi séparés sont étalés et examinés de la racine
jusqu'à la pointe ;
une attention particulière est portée à la nuque et à la région derrière les oreilles ;
le lavage des mains après chaque examen est de rigueur. Si des gants sont utilisés, ils
devront être changés après chaque examen.
Les pellicules, les cellules épithéliales et les gouttelettes de fixatif capillaire sont parfois prises
pour des lentes. Une loupe peut faciliter la tâche et permettre une meilleure identification de
celles-ci.
28
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
ANNEXE 5 – COMMENT ENLEVER LES LENTES
•
L’application d’une serviette humide sur le cuir chevelu pendant trente à soixante minutes
facilite le retrait des lentes.
•
Pour enlever les lentes, les cheveux sont séparés en sections verticales très étroites avec un
peigne fin. Les cheveux ainsi séparés sont peignés aussi près du cuir chevelu que possible
jusqu'à la pointe.
•
Pour détacher les lentes et les faire tomber, il faut parfois utiliser les ongles ou une pince à
sourcils.
•
Entre chaque coup de peigne, il faut enlever les poux ou les lentes en trempant le peigne
fin dans l'eau chaude.
Les lentes sont fermement collées et ne peuvent être enlevées qu'avec un peigne fin, les ongles ou
une pince à sourcil. Si les particules observées s'enlèvent facilement, il ne s'agit probablement pas
de lentes. Toute la surface de la tête doit être peignée et une deuxième inspection permettra de
vérifier s'il reste des lentes.
Note :
Des séances de formation destinées à tous les parents pour leur permettre d’identifier les poux de tête et les
lentes et pour leur apprendre comment enlever les lentes pourraient être offertes s’il y a des éclosions
persistantes. Une bande vidéo (Tête-à-tête avec les poux) réalisée par le Département de santé et
d’épidémiologie de l’Université de la Colombie-Britannique est disponible sans frais (1 800 250-8866).
29
Pédiculose de tête dans les écoles et dans les services de garde à l’enfance
ANNEXE 6 – MYTHES ET RÉALITÉ AU SUJET DES POUX DE TÊTE
1.
2.
3.
4.
5.
6.
Mythes
Une infestation par des poux de tête
signifie que l’enfant et la famille infestés
sont malpropres.
Les poux de tête peuvent survivre des
semaines dans les vêtements, les chapeaux,
les brosses à cheveux et les draps.
Les poux de tête sont porteurs de
nombreuses maladies graves et l’infestation
comporte des risques médicaux sérieux.
Les poux de tête, les poux du corps et les
poux du pubis (morpions) sont tous les
mêmes, mais on les trouve à des endroits
distincts.
Toutes les infestations par des poux de tête
sont accompagnées de symptômes.
Aucun risque n’est lié à l’usage fréquent de
traitements contre les poux de tête.
7. Les traitements contre les poux de tête
tuent à la fois les lentes et les poux.
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8. Un seul traitement à l’aide d’un bon
8.
shampooing ou d’un « après-shampooing »
contre les poux de tête suffit.
9. Les proches et les compagnons de classe
9.
doivent être traités sans vérification de la
présence de poux.
10. L’arrosage de la maison et des meubles à
l’aide d’un vaporisateur contre les poux de
tête réduit le risque de leur réapparition.
10.
11. Les politiques scolaires « sans lentes »
réduisent les flambées de poux de tête.
11.
Réalité
Les poux de tête peuvent infester n’importe
qui, quelle que soit sa classe sociale ou son
hygiène personnelle.
Les poux de tête survivent rarement plus de
24 heures après avoir quitté une tête
humaine.
Les poux de tête ne sont porteurs d’aucune
maladie humaine et ne causent aucune
maladie grave.
Les poux de tête, les poux du corps et les
poux du pubis se distinguent entre eux par
leur aspect et par la partie du corps où ils
se tiennent.
Beaucoup de personnes ne présentent
aucun symptôme.
Un usage incorrect ou l’ingestion
accidentelle du traitement peut se révéler
dangereux. Il faut toujours respecter le
mode d’emploi. Les produits recommandés
sont toxiques s’ils sont avalés ou utilisés de
façon excessive.
Les poux sont très sensibles au traitement,
mais les lentes sont plus susceptibles d’y
survivre.
Dans les écoles et les services de garde, un
second traitement de sept à dix jours après
le premier est maintenant recommandé.
Les membres de la maison, les élèves de la
classe, les enfants et le personnel des
garderies doivent être examinés avec soin
et traités seulement s’ils sont infestés.
Aucune donnée ne démontre que la
vaporisation du milieu contribue au
contrôle des poux de tête et la pulvérisation
peut se révéler dommageable à la famille et
aux animaux en raison des effets
secondaires produits par les insecticides.
Aucune donnée ne prouve que les
politiques scolaires « sans lentes »
contribuent au contrôle des poux de tête.
L’information donnée ci-dessus provient d’un document publié par la Société canadienne de pédiatrie (1996, p. 249).
Cette information a été légèrement modifiée et nous avons retenu la perspective de santé publique.
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