Editorial de la SWL N° 9

Editorial de la SWL N° 9
les
espaces
espaces
des Des
espaces
vivre
à vivre
à vivre
TABLE DES MATIERES
A l a i n R osenoer
EDITORIAL ................................................................................................................................... 4
ZOOM SUR ...
Informe-toit pour trouver un logement convenable à prix correct !........................................
Deuxième édition réussie du Forum des CCLP !...................................................................
Mixité sociale et revitalisation au cœur de Tournai................................................................
Rencontre avec le Service d’Accompagnement Social des Locataires......................................
La réforme locative 2008, l’essentiel…..................................................................................
8
10
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REPORTAGE
Chronique du logement social en Wallonie............................................................................ 22
ENTREVUES
Didier Van Der Haar, Directeur de la Coordination technique, SWL..................................... 34
COUP D’OEIL SUR LES REALISATIONS DE NOS SOCIETES
Des logements sociaux dans les bureaux de l’ancienne société de logements de Lessines.......... 42
Le Foyer Cinacien reconvertit un ancien bâtiment industriel en appartements........................ 42
9 nouveaux logements au Foyer Jambois................................................................................. 43
L’ISSH lève le voile sur 13 nouveaux logements sociaux !........................................................ 43
5 nouveaux logements à Spontin pour la Dinantaise............................................................... 44
24 appartements supplémentaires pour Logivesdre à Stembert................................................ 44
19 nouveaux logements sociaux et moyens à Tournai.............................................................. 44
Le Foyer Malmédien redonne vie à l’ancien presbytère de Wanne........................................... 45
16 logements «Seniors» à Herstal............................................................................................. 45
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BLOC-NOTES
Meuse Condroz Logement obtient le prix de l’entreprise citoyenne 2007 dans le cadre de l’opération CAP48.................................................................................................. 46
Inauguration officielle du Centre européen du logement....................................................... 46
Journée Portes ouvertes à « Versant Est »............................................................................... 47
Journée d’information à la Maison des Hommes le 14 septembre 2007.................................. 48
Ligne verte pour les usagers de Meuse Condroz Logement..................................................... 49
100 millions d’euros pour la rénovation du logement social en Wallonie................................ 50
Un nouveau contrat de gestion pour la Societe Wallonne du Logement................................. 52
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3
EDITORIAL
4
par A l a i n R o s e n o e r
L’année 2008 a commencé sur les chapeaux de roues pour les sociétés de logement et la
SWL, tant l’ampleur des réformes et des enjeux se fait sentir pleinement ces dernières
semaines…
La réforme locative emporte la palme : elle bouscule nos habitudes et récolte auprès de certains, enthousiasme
et auprès d’autres, inquiétudes. Nous devons montrer notre capacité d’adaptation avec force et rapidité, et
ce même s’il y a des difficultés et que les moyens humains sont limités.
La mutation du secteur est en cours et je me réjouis particulièrement de la qualité du travail accompli en
si peu de temps par le secteur du logement public.
Pour la SWL, l’organisation des formations que nous devions élaborer (art. 152 quater du CWL) à
l’attention des administrateurs des 70 SLSP représentait un fameux défi... Comment en effet concilier les
différentes attentes des 1.500 administrateurs, à expériences et diplômes variés, et l’obligation qui nous
était faite de les sensibiliser à l’essentiel des matières plutôt qu’aux détails ?
Au cours de pas moins de 9 soirées, nous avons abordé l’ensemble des points d’amélioration de la gestion
des SLSP en termes de bonne gouvernance. Ils avaient été mis en lumière lors du scanning général effectué
en 2006. Merci aux orateurs et aux modérateurs qui nous ont fait profiter de leur précieux temps !
Quoiqu’il en soit, profondément engagée dans une démarche d’amélioration continue (ce qui lui a valu
la certification ISO 9001 l’année dernière), la SWL se soucie de la satisfaction des SLSP. Dès lors, il sera
procédé à une évaluation de la qualité des premières séances de formation. Les résultats de cette évaluation
serviront de base à la préparation des phases suivantes.
Editori
Nous venons de publier deux nouvelles brochures : le nouveau guide locatif à destination des locataires et
candidats-locataires et le guide pratique sur les élections de juin 2008 des nouveaux Comités consultatif des
locataires et des propriétaires (CCLP). Leur objectif est de garantir les droits et devoirs de nos utilisateurs,
en toute transparence.
Editori
La circulaire relative à l’habitat durable est pour moi de première importance. Il nous faut intégrer les
éléments de qualité environnementale dès les premières esquisses d’implantation d’un projet et les conserver
comme fil rouge jusqu’à la remise des clés aux locataires.
Je voudrais également évoquer la tenue d’un colloque organisé il y a peu et qui portait sur la sécurité
contre le feu dans le logement social. Il s’agissait d’une séance de clôture, fruit du travail de plusieurs
spécialistes dans le domaine. Pour rappel, l’élément tragique « déclencheur » de toute cette réflexion était
Ed
5
le dramatique incendie de l’immeuble « les Mésanges » de l’ex-SORELOBO à Mons, survenu il y a cinq
ans.
La SWL a précisé son « plan d’action sécurité incendie », articulé en quatre axes :
1.mieux former et informer les SLSP à propos de la sécurité dans les bâtiments, et leur fournir une
documentation à jour ;
2.un CD-ROM à destination des auteurs de projets, outil pratique, véritable condensé de l’ensemble
des recommandations requises et validées par les meilleurs spécialistes ;
3.un cahier de charges-types d’exécution « CCT SWL », à destination des SLSP, et tenant compte de
paramètres de sécurité essentiels liés à la performance et à la qualité du matériel.
4.proposer des stratégies à mener afin de mobiliser le tissu local et ainsi sensibiliser les occupants à
cette question vitale qu’est la sécurité de leur lieu de vie. Ces actions ne doivent toutefois pas nous faire oublier que les enjeux essentiels sont financiers. Aussi,
je ne peux que constater l’augmentation incessante de la part du budget « logement » auprès des
ménages les plus pauvres et, en parallèle, la diminution de leur pouvoir d’achat.
rial
L’équation est simple à poser, mais difficile à résoudre : 17,5 % de la population wallonne vit en
dessous du seuil de pauvreté et ne peut avoir accès à un logement décent sur le marché privé, tandis
que le loyer moyen perçu dans le logement social est inférieur à deux cent euros, ce qui, pour les
bailleurs sociaux, couvre à peine l’entretien du patrimoine existant.
rial
Les défis ne manquent pas, le travail non plus. Les enjeux sont connus et la tâche s’apparente à une
véritable course contre la montre. Conservons notre idéalisme pour œuvrer avec enthousiasme et
conviction à l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens !
Editorial
ZOOM SUR :
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I n f o r m e - t o i t p o u r t r o u ve r u n l o g e m e n t
c o n ve n a b l e à p r i x c o r re c t !
Informe-toit pour trouver un logement convenable à prix correct !
Les citoyens le savent sans doute : le droit à un logement décent est un droit fondamental
garanti et inscrit dans l’article 23 de la Constitution belge. C’est bien, mais trouver un
logement convenable à un prix « décent » est encore mieux !
En effet, la hausse des prix de l’immobilier résidentiel en Belgique s’accélère d’année en année et la hauteur
des prix pratiqués rend difficile l’acquisition ou la location d’un logement par un ménage « moyen »
et, a fortiori, par un ménage issu des couches précarisées de la population. Cette hausse des prix est
d’autant plus problématique qu’elle est beaucoup plus forte que celle du pouvoir d’achat des citoyens.
Partant de ce constat, la Fédération des Centres Régionaux pour l’Intégration des personnes étrangères
ou d’origines étrangère en Région Wallonne (FéCRI), a décidé de créer un DVD « mode d’emploi du
logement ». Ce support a été présenté le 10 octobre à Namur comme un « outil de sensibilisation et
d’animation autour des problèmes auxquels est confronté un nombre croissant de citoyens dans leurs
démarches de location, d’acquisition ou de rénovation d’un logement ». L’accent fut notamment mis sur
toutes les formes de discriminations raciales, sexuelles (homophobie) ou financières (CPAS, chômeurs).
Le public-cible de ce DVD est composé, prioritairement, des associations en contact avec le public le
plus vulnérable sur le marché du logement, des maisons d’accueil, des organismes d’aide aux réfugiés et
demandeurs d’asile, des structures d’alphabétisation et de formation et de toute autre organisation ou
personne amenée à organiser des débats et animations sur la problématique du logement.
Zoom s
Ce DVD, s’accompagne :
•
•
•
d’un dossier pédagogique composé de 21 fiches ;
ZoomZos
d’un quiz qui permettra à l’animateur de tester les connaissances de son public ;
d’un guide pratique de la SWL « La location d’un logement de service public en Région Wallonne »
et d’une brochure du Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme (CECLR)
intitulée « La discrimination au logement : comment réagir ? ».
9
L’équipe de Wallonie Logement a testé
ce DVD pour vous…
Sur l’écran d’accueil d’abord, vous pouvez choisir
quatre possibilités selon que vous vous placez en
tant que :
1. candidat-locataire
2. locataire
3. candidat-propriétaire
4. propriétaire
A chaque fois, le programme pose les bonnes
questions et donne les réponses à toute personne
qui vit une des 4 situations présentées plus haut.
Comme par exemple pour le candidat-locataire :
Que chercher ? Où chercher ? Les situations de
discriminations, le contrat de bail, les mises en
gardes… Le tout est agrémenté de scénarios et
de témoignages filmés (vidéos avec possibilité
d’arrêts sur image) et de panneaux d’information.
L’animateur pourra ainsi aborder l’un des 21 sujetsclefs comme, les charges locatives, les logements
sociaux, les assurances, les ADEL, les primes de la
Région Wallonne, le prêt « jeunes »…
sur...
Les petites séquences vidéos réalisées avec la
participation des publics fréquentant les Centres
Régionaux d’Intégration (CRI) sont parfois
dures, notamment lorsque l’accent est mis sur la
discrimination. Une fiche entière (n° 8) lui est
d’ailleurs consacrée. Dans la rubrique « candidatlocataire », cette séquence est à épingler. On y
découvre une personne téléphonant pour un
logement vacant paru dans la presse. Après les
questions classiques (le logement est-il toujours
disponible ? le loyer est bien de… ?), le propriétaire
s’assure que la personne travaille et s’apprête à lui
fixer un rendez-vous. Lorsqu’il demande son nom
(« c’est Youssef … »), un blanc… puis le propriétaire
répond que « sa femme lui fait signe qu’il y a déjà des
personnes intéressées » et que ce ne sera pas possible.
D’après le CECLR, ces discriminations, raciales ou
autres, se règlent toutefois souvent à l’amiable. Tous
les propriétaires n’étant pas racistes, homophobes
ou de mauvaise volonté.
En conclusion, le DVD « Informe-toit » est un
très bon outil pédagogique pour les animateurs
et formateurs sociaux mais convient également à
toute personne qui veut en savoir un peu plus sur le
contexte entourant les relations bailleurs-locataires
et la recherche efficace d’un logement.
Le DVD est disponible en ligne à
l’adresse www.informe-toit.be
Pour en savoir plus :
Fécri
Rue de Gembloux 500/23 5002 Saint-Servais (NAMUR)
sur...
Zoom sur...
Tél : 081/73 22 40
Fax : 081/ 73 60 01
Site internet : www.fecri.be
ZOOM SUR :
10
D e u x i è m e é d i t i o n ré u s s i e d u Fo r u m d e s C C L P !
Deuxième édition réussie du Forum des CCLP !
Le 3 novembre dernier, la deuxième édition du forum des Comités Consultatifs des
Locataires et Propriétaires (CCLP) s’est tenue à Seneffe. Si la première édition s’était clôturée
sous le sceau de l’espoir, celui de voir le rôle des locataires conforté au sein des sociétés de
logements de service public, cette deuxième édition est résolument marquée par l’optimisme
et la réjouissance et par l’accomplissement d’un réel effort commun pour que plus encore,
locataires et SLSP travaillent en parfaite intelligence.
Après l’accueil des participants, Marie-Claire BRANCART,
Présidente
de
l’Association
Wallonne
des
CCLP
(AWCCLP), a introduit le forum par une brève allocution,
rappelant les différents objectifs et enjeux de cette journée.
Elle a insisté sur la complémentarité qui doit prévaloir dans la
relation SLSP/CCLP, soulignant l’avancée opérée par la présence
d’un représentant des locataires au sein du Conseil d’administration
de chaque SLSP.
Intermédiaires de proximité entre locataires et SLSP, les CCLP
ont un rôle pédagogique indubitable à l’égard des locataires. Mais ils sont aussi le relais indispensable de
leurs préoccupations, de leurs interrogations et revendications. A cet égard, Marie-Claire BRANCART a
expliqué que les divergences d’opinion ne peuvent être saines que si elles naissent de l’objectivité et de la
volonté de toujours améliorer le système.
En clôturant son intervention, elle a remercié les participants ainsi que les différents intervenants du jour :
les représentants du Ministre du Logement André ANTOINE, le représentant de la SWL, ceux de la
DGATLP ainsi que Nicolas BERNARD, Professeur aux Facultés universitaires Saint-Louis de Bruxelles.
Le deuxième orateur, Nicolas BERNARD, a présenté « Les enjeux de la participation des habitants dans
le logement social et ailleurs ». Il a souligné d’emblée les paradoxes de la participation des habitants
aux activités de telle ou telle instance et notamment constaté que leur implication dans l’amélioration
des règles en vigueur dans un domaine particulier rencontre étonnamment peu d’enthousiasme tout en
suscitant encore de fortes résistances de la part des pouvoirs publics.
Zoom
Zoom
Il ajouta que l’évolution de la participation des habitants transite par une série de filtres qui redéfinissent
un peu plus à chaque passage leur implication. Ainsi, il préconise de leur part une approche globale des
problèmes, veillant à des pratiques positives alors que la tentation de ressasser des constats de manques est
légitime mais stérile.
Il conclut que même si l’implication des habitants n’a pas toujours été idéale au sein de multiples instances
participatives, il s’agit plus d’instaurer des dynamiques nouvelles insufflant des changements de mentalité
que de vouloir la mise en place à tout prix d’un processus de concertation.
om
m
11
Le dernier orateur de la matinée, Patrick ALLAER
relate son expérience de quatre années à la
présidence du Conseil Consultatif des Locataires
de l’Habitation Moderne de Woluwe-SaintLambert. Il orienta son intervention sur les notions
d’ « éthique » et de « déontologie » insistant
sur la subjectivité de ces deux principes perçus
différemment par l’administrateur, selon qu’il
représente les intérêts de la société de logements
ou ceux des locataires. Ainsi, si les représentants
des locataires ont un devoir d’information, les
autres administrateurs ont eux plutôt un devoir de
discrétion. En quatre années de fonctionnement, il
se réjouit de constater de la part des administrateurs
représentant le pouvoir politique une plus grande
confiance, une collaboration fructueuse, une
crédibilité grandissante à l’égard des représentants
du CoCoLo-HmW avec, pour conséquence, des
changements importants dans les mentalités.
La suite de la journée fut consacrée à
la réflexion en ateliers, sur la base des
exposés du matin.
Pierre-Marie DUFRANNE, Conseiller à la
cellule « logement » du Cabinet du Ministre
ANTOINE et premier intervenant de l’aprèsmidi, en a introduit les deux thèmes : « Le rôle
éthique et déontologique de l’administrateur,
sa collaboration avec le CCLP » ainsi que « Les
élections 2008 : évolution des mentalités pour
une meilleure optimalisation de missions des
CCLP ». Le premier atelier, consacré au rôle
de l’Administrateur représentant les locataires,
fut abordé en cinq points : sa désignation et la
sensibilisation des locataires aux élections 2008 ;
sa compétence ; la durée de son mandat ; son
rôle ainsi que ses droits et devoirs (identiques
à ceux des autres administrateurs) et enfin, sa
formation. Il est ressorti du deuxième atelier,
consacré aux élections 2008, la nécessité de doter
les CCLP de moyens financiers supplémentaires
afin de leur permettre d’accomplir leur travail
sans obérer leurs revenus, souvent faibles. D’autre part, tout le monde s’est accordé à dire
que les premières élections en 2008 au sein
des CCLP marqueront certainement un grand
tournant dans l’histoire de ceux-ci. En guise de
conclusion aux travaux de ce forum des Comités
Consultatifs des Locataires et des Propriétaires,
Didier CHAPELLE, représentant la SWL a
souligné les aspects positifs et perceptibles qu’il
a pu observer entre la première édition du forum
des CCLP un an auparavant et celle du 3 novembre
dernier, soulignant l’évolution des mentalités,
l’évolution du concept de « participation » et
l’amélioration permanente des connaissances en
matière de logement des membres impliqués dans les
CCLP. Plus que jamais, le locataire est au centre des
réformes et il constate que s’il s’agit d’un processus
irréversible, il faut s’en féliciter, c’est là la preuve
tangible d’une évolution des mentalités.
12
ZOOM SUR :
Mixité sociale et revitalisation au cœur de Tournai
Mixité sociale et revitalisation
au cœur de Tournai
C’est le 30 septembre 2007 que l’ambition
d’un important renouveau pour la ville
de Tournai a vu son aboutissement par
le dépôt d’un portefeuille de projets
réunissant divers partenaires comme la
Ville de Tournai, la Province du Hainaut,
l’Intercommunale IDETA, le Logis
Tournaisien et la Fabrique d’Eglise. La
ferme intention était de décrocher une
part non négligeable des cofinancements
européens du programme « Objectif
Convergence ». Les partenaires du projet
ont donc poussé la porte du FEDER (Fonds
Européen de Développement Régional)
et de la Région wallonne qui devraient
intervenir respectivement à hauteur de
40% et de 50% du budget global requis,
estimé à 107 millions d’euros. L’essentiel
des investissements serait réalisé à l’horizon
2010.
En jeu, la « Revitalisation intégrée du cœur de ville
de Tournai », une des priorités de redéploiement
économique du territoire, annoncée comme le
grand chantier du XXIème siècle. On entend
par « cœur de ville de Tournai » : le périmètre
de protection de la cathédrale, fixé par l’Unesco,
étendu jusqu’aux Quais de l’Escaut. Concrètement,
ce portefeuille se décline au gré de 14 projets
centrés autour de la Cathédrale Notre-Dame de
Tournai, joyau d’art roman et gothique dont la
valeur patrimoniale est reconnue mondialement.
Plusieurs pans de la vie tournaisienne figurent
au cœur de ces projets comme la revitalisation
et la restauration urbaine, le développement
culturel, le tourisme, l’attractivité commerciale,
la croissance économique, le logement, l’emploi
et le développement durable. Le budget global
du portefeuille de 107 millions d’euros, est à la
hauteur de la ferme volonté de toute une région
de transformer en profondeur tout un quartier.
L’enveloppe globale de l’ « Objectif Convergence »
est de 1,5 milliard d’euros pour l’ensemble de la
province du Hainaut.
13
Présentation globale du portefeuille de
projets
Plutôt que de détailler les 14 projets, voici les 7 grands
pôles d’intervention pour lesquels ils ont été pensés.
A épingler : un des projets consiste au lancement
d’un concours international d’architecture, dont
l’objectif est de définir une cohérence d’ensemble
à tous les aménagements qui seront réalisés
dans le cadre de ce portefeuille. La participation
à ce concours sera clôturée d’ici juin 2008.
Une attention particulière sera réservée à
l’environnement urbain : réduction de la
consommation d’énergie, aménagements d’espace
verts, mobilité,…
Restauration de la cathédrale
Sur la base du schéma directeur de restauration
de la cathédrale, initié par la Région wallonne
en 2005, la programmation a été finalisée sur le
principe de la réhabilitation de la partie romane
et du transept (toitures, intérieur et extérieur) en
vue de les valoriser.La programmation des coûts
relève également d’un phasage tenant compte
non seulement de la restauration mais également
de l’attractivité et de la pédagogie amenées à être
développées autour de la notion de chantier vivant
(mise en tourisme progressive de la Cathédrale en
fonction de l’évolution du chantier de restauration,
voir point « valorisation touristique »).
Logement
Il s’agit ici de la réaffectation d’ensembles
urbains de qualité, actuellement inoccupés, en
immobilier résidentiel accessible (14 immeubles,
64 logements). Dans ce cadre, les subsides sont
sollicités pour les aménagements accessoires
(accès, audits énergétiques, sécurité), le logement
n’étant pas subventionné en tant que tel par le
FEDER. Si le projet aboutit et après accord de la
tutelle, le Logis Tournaisien conclura alors avec les
propriétaires des conventions de maîtrise d’ouvrage
en vue de mener ces opérations de réhabilitation.
Il passera alors une convention de gestion pour
la location de 64 logements sociaux et moyens
rénovés pour son compte. La reconquête des
immeubles vides devrait atténuer le phénomène de
mitage et réduire la consommation d’énergie par
le recours à des audits énergétiques préalables aux
aménagements. La philosophie du projet s’inspire
de l’AGW du 30/11/2006 voulant privilégier les
partenariats public-privé qui favorisent « la mixité
sociale, l’hébergement pour partie de ménages à
revenus précaires et la création d’ensembles de
logements intergénérationnels ». Les propriétaires
seront associés au cofinancement du solde non
subsidié des projets, le « Logis » assumant les frais
de gestion urbanistique et administrative de ceuxci. Ce programme devrait être finalisé au plus tard
pour 2015.
Valorisation touristique
Il s’agit ici notamment de permettre la tenue, dans
la cathédrale, d’un chantier vivant en fonction
de l’évolution des travaux : accès aux charpentes
par ascenseur, passerelle touristique, fenêtre
d’interprétation des fouilles, signalétique, etc.
Parallèlement, des acquisitions immobilières et des
aménagements seront consentis en vue de parfaire
la présentation du Trésor. Parmi plusieurs projets,
notons la création d’une structure d’accueil et
de services touristiques « haute technologie »,
l’équipement d’un dépose-minute groupe (bus) à
l’entrée du piétonnier de la Croix du Centre. Enfin,
des nouveaux circuits thématiques de découverte
du quartier seront mis sur pied soutenus par un
aménagement du périmètre de la Cathédrale, une
requalification du centre piétonnier en liaison avec
l’arrêt d’autocars, la valorisation touristique des
14
ZOOM SUR :
Mixité sociale et revitalisation au cœur de Tournai
quais et la mise en lumière des espaces et mobilier
urbain.
revitalisation urbaine de l’îlot Palace dans le cadre
d’un partenariat public-privé.
Aménagements urbains (façades,
voiries, immeubles)
Objectifs visés par le portefeuille de
projets
Par le biais d’aménagements de voiries adaptés, il
est prévu de favoriser les modes de déplacements
doux dans le quartier. Les façades des immeubles
classés du quartier (en dehors de la Cathédrale
et du Beffroi), vestiges du quartier historique,
pourront bénéficier d’un traitement particulier.
Afin de permettre l’embellissement des
perspectives urbaines, il est également prévu de
valoriser quelque 200 façades non classées, situées
dans le champ de vue de la Cathédrale, dont celles
du piétonnier.
Le portefeuille des 14 projets est destiné à apporter
des solutions durables sur le plan économique,
social et environnemental dans le cœur de ville.
Déploiement culturel
C’est ainsi que la région, et plus particulièrement
la province du Hainaut, combleront le fossé
économique qui les sépare encore de la moyenne
européenne.
Création et diffusion culturelles innovantes seront
stimulées dans le quartier via l’aménagement
d’une résidence d’artistes (max. 200 m²) dans
un bâtiment de l’Académie à horaire réduit, en
partenariat avec cette dernière.
Etudes marketing/commerce
Ce volet comprend la réalisation de différentes
études: programmation touristique, plan marketing
opérationnel et de communication. Il prévoit
également la structuration du produit touristique,
sa promotion, notamment via les technologies de
l’information et de la communication (web, MP3,
traces GPS, M-Tourisme).
Investissements privés
Sont envisagés, la création d’un hôtel 4 étoiles sur
le pôle des anciens prêtres et des archives, et la
Ces projets s’inscrivent dans une démarche
« économique » au sens large : favoriser le
redéploiement
touristique,
commercial,
immobilier, susciter l’activité culturelle, les
initiatives de formation/insertion professionnelle,
tels sont les objectifs poursuivis par les partenaires
du dossier.
Ainsi, la dynamique créée autour du quartier
cathédrale encourage les partenaires privés à
investir dans ce périmètre : quelque 30 millions
d’euros sont d’ores et déjà escomptés en provenance
de groupes privés qui réaménageront l’îlot Palace
(immobilier) et le pôle des anciens prêtres. De
plus, les estimations actuelles laissent espérer la
création de quelque 450 emplois. Au final, et cette
dimension rejaillira sur l’économie de la Wallonie
picarde dans son intégralité, le projet pourrait
« booster » la fréquentation touristique de quelque
89% !
15
Vous avez dit Convergence ?
L’objectif Convergence est financé notamment dans le cadre de la programmation des fonds structurels
2007-2013 pour la province du Hainaut. Cet objectif succède à l’Objectif 1 (1994-1999) et au Phasing
out de l’Objectif 1 (2000-2006) qui ont permis au Hainaut de combler son « retard de développement »,
grâce à de considérables investissements publics (Europe, Région wallonne, Communauté française).
Pour cette nouvelle période, une enveloppe d’1,5 milliard d’euros (cofinancement de 40% FEDER, 50%
Région wallonne et 10% opérateurs locaux) est en jeu : les dépenses devront avoir été engagées du 1er
juillet 2007 au 30 juin 2015.
Lancé le 22 mai 2007, le premier appel à projets s’est clôturé ce 30 septembre : les projets devaient y être déposés sous forme de portefeuilles cohérents, regroupés selon le thème ou la proximité géographique. Une TaskForce constituée d’experts indépendants sélectionnés par le Gouvernement wallon est chargée d’évaluer
les différents portefeuilles déposés au début de l’année 2008. Le Gouvernement wallon fera alors ses choix.
Plus d’info sur le web
Dispositions générales FEDER – FSE – Fonds de cohésion 2007-2013 :
http://europa.eu/scadplus/leg/fr/lvb/g24231.htm
Intercommunale IDETA : www.ideta.be
A la lecture de ces quelques lignes, nous constatons que ce projet de revitalisation est ambitieux, non
seulement par rapport aux moyens financiers et humains qu’il requiert, mais également par rapport aux
différents domaines qu’il veut transformer, embellir et faire coexister. Souhaitons à ce projet, et plus
particulièrement à celui du Logis Tournaisien, d’aboutir et de donner envie à une multitude de personnes
différentes de vivre en harmonie dans ce cœur historique de la ville de Tournai.
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ZOOM SUR :
Rencontre avec le Service d’Accompagnement Social des Locataires
Rencontre avec le Service
d’Accompagnement Social des
Locataires Sociaux (SASLS) :
un échange de bonnes pratiques
entre Bruxelles et la Wallonie !
Le 20 septembre dernier, la SWL accueillait
l’ASBL
SASLS
et ses travailleurs
sociaux pour une
journée unissant
harmonieusement présentation, débat et
visites sur le thème de l’accompagnement
social.
ASBL de la Région bruxelloise, le SASLS est né
en juin 2001 suite à la nécessité de développer
l’accompagnement social individuel des locataires
des logements sociaux de la Région et de dégager
des moyens financiers supplémentaires à cet
usage. En effet, en 1999, seules 18 SISP (Société
Immobilière de Service Public) sur les 33 que
compte Bruxelles, étaient dotées de services
sociaux internes. Aujourd’hui, l’ASBL compte 45
travailleurs sociaux. Détachés dans 30 SISP, ils
collaborent avec les 26 assistants sociaux déjà en
place au sein de 18 d’entre elles.
C’est dans le cadre de la formation continue de ces
travailleurs sociaux, que l’ASBL SASLS organise,
depuis 2006, des déplacements extra-muros dont
l’objectif est l’observation et le partage de bonnes
pratiques afin d’évoluer et s’adapter sans cesse aux
réalités de terrain. Cette année, leur choix s’est porté
sur la Société Wallonne du Logement. Ils étaient
désireux, d’une part, de s’informer sur notre régime
locatif et sur nos politiques d’accompagnement
social et d’autre part, de visiter quelques sociétés
de logement social impliquées dans ce domaine.
En matinée, l’entièreté du groupe a assisté à
un exposé original et interactif de Jean-Michel
Vanneste (Direction de l’Assistance aux Sociétés de
la SWL) sur la réglementation locative wallonne,
sensiblement différente des mesures en vigueur à
Bruxelles. La matinée, riche en échanges et débats,
a ainsi préparé nos hôtes aux visites prévues dans
l’après-midi. Le groupe initial fut ensuite divisé
en trois sous-groupes partis à la rencontre des
acteurs sociaux du Logis Chatelettain (Châtelet),
du Logis Social (Grivegnée) et de B.H. Logements
(Boussu).
Le Logis Châtelettain à Chatelinau
C’est la Présidente du Logis Châtelettain, MarieFrance Toussaint, qui présenta la société de
manière générale aux participants. Le « Logis »,
qui dispose de près de 2.300 logements abritant
Chronique du logement social en Wallonie
4.600 locataires, résulte de la fusion en avril 2005
de trois SLSP de l’entité de Châtelet1. Dès la
création de la SLSP, l’accent fut mis sur la volonté
d’instaurer une mixité sociale et de multiplier
les projets typiquement sociaux, comme assurer
des permanences et des activités sociales. Il y a,
par exemple, à l’heure actuelle cette volonté de
moderniser une salle communautaire et de la
mettre à la disposition des locataires (sport, cours
de danse, goûters de retraités…) moyennant une
contrepartie financière.
d’animations socioculturelles ou encore pour la
création d’un espace d’Education Permanente sur
les quartiers, et tout cela dans une perspective de
partenariats accrus.
L’après-midi se clôtura sur une note enfantine par
la visite du Centre Coordonné de l’Enfance situé
au cœur des habitations sociales et avec lequel
Le Logis Châtelettain a noué un partenariat.
Ce partenariat est important, non seulement en
ce qui concerne l’encadrement des enfants mais
aussi pour toute autre activité de redynamisation
des quartiers.On l’a constaté au cours de cet
après-midi, le « Logis » a bien pris conscience
que chaque élément influence l’état général de la
structure. En plus de la rentabilité financière que
peut apporter l’action d’un service social au sein
d’une SLSP, la qualité de vie dans les quartiers
est aussi une donnée importante influençant la
bonne santé d’une société. Un Service Social doit
être une structure de gestion préventive et curative
des problèmes sociaux. Il s’agit donc d’une
véritable insertion par le logement que le « Logis
Châtelettain » cherche à atteindre par le biais de
ses diverses actions.
Laurence Di Nunzio, responsable du service social,
a ensuite expliqué aux invités les différents secteurs
d’intervention de son département, à savoir :
•
•
•
•
la gestion amiable des arriérés de
loyer
l’accompagnement social dans le
cadre des travaux du PEI
la guidance psychosociale
l’encadrement des candidatslocataires
Un autre secteur d’intervention mis en lumière par
Laurence Di Nunzio est la recherche de subsides
pour des projets d’aménagement et d’amélioration
des quartiers de logements sociaux, des projets
Le Logis Social à Grivegnée
A son arrivée à Grivegnée, le sous-groupe, composé
de 27 participants, fut accueilli par Jean-Pierre Digneffe, Directeur-gérant et Catherine Fourneaux,
gestionnaire du service « Communication et relations avec les locataires ».
Jean-Pierre Digneffe a présenté « Le Logis Social »
avec conviction et enthousiasme. Créée en 1921,
cette société dispose de près de 3.200 logements
occupés par +/- 5.900 personnes. Il présenta, en
alternance avec Catherine Fourneaux, les différents
services et, plus particulièrement, les services
« Contentieux » et « Communication et relations
avec les locataires ».
Visite du Centre Coordonné de l’Enfance avec lequel le Logis
Châtelettain a noué un partenariat.
1
Bouffioulx, Châtelet et Châtelineau
17
18
Ce dernier comprend :
•
un service social (orientation
collective et individuelle)
•
un service inspection (vérification du
respect des biens loués et convivialité
des quartiers)
•
une équipe de nettoyage
•
une cellule propretéenvironnement-sécurité (maintenir
un environnement sain, agréable et
sécurisant)
•
des concierges.
Le service « Communication » gère notamment
les conflits de voisinage et la procédure d’action
à suivre dans ce cas fut détaillée aux participants :
le dossier est traité uniquement suite à une
plainte écrite portant soit sur un non respect du
Règlement d’Ordre Intérieur, soit sur un non
respect du contrat de bail ou une dégradation du
patrimoine.
Le service « Contentieux » gère quant à lui la
délicate problématique des retards de loyers en
suivant une procédure claire et transparente afin
d’éviter autant que possible une expulsion.
L’accompagnement social dans le cadre du PEI
fut également abordé aussi bien dans les cas de
déconstructions que de rénovations.
Cette fructueuse après-midi se termina par la
visite du « LogisBus ». Cet outil se veut un espace
d’échanges et d’informations au sein des quartiers
pour favoriser les contacts « sur le terrain » entre
les locataires et le « Logis Social ».
B.H. Logements à Boussu
Accueilli dans les locaux de B.H. Logements
par Pierre Estievenart, Directeur-Gérant,
le sous-groupe composé d’une vingtaine de
personnes a assisté à une présentation globale
du fonctionnement journalier de la SLSP. Le
Directeur-Gérant a mis l’accent sur l’écoute
des (candidats) locataires et la résolution à
l’amiable des conflits ou plaintes. A noter que cet
accompagnement social est mis en oeuvre par une
équipe qui ne compte pas de travailleurs sociaux.
Ont également été évoquées les mesures prises
à l’occasion du Programme Exceptionnel
d’Investissements. Dans le cadre de ses « opérations
tiroirs » la SLSP a rencontré individuellement
chaque locataire concerné afin d’organiser au
mieux, avec lui, son déménagement.
Concernant la médiation de dettes, la SLSP
est partenaire de l’ASBL FEES, un centre de
médiation de dettes agréé par la Région wallonne.
Le groupe a été reçu par la petite équipe de
cette ASBL composée d’un administrateur, une
assistante sociale et une juriste qui lui ont présenté
brièvement l’historique, la philosophie et le
fonctionnement du centre.
De son propre aveu, cette journée à la fois
instructive et agréable pour tous a véritablement
rencontré les objectifs et les attentes de la SASLS,
qui a d’ores et déjà invité la SWL à se rendre à
Bruxelles en 2008.
ZOOM SUR :
La réforme locative 2008, l’essentiel…
La réforme locative 2008,
l’essentiel…
En 2004, dans sa déclaration de politique
régionale, le Gouvernement wallon
avait inscrit trois objectifs en matière de
logements sociaux :
•
La centralisation des procédures d’inscription,
et ce dans un souci de simplification
administrative ;
•
le principe du bail à durée déterminée avec
réévaluation de la situation des locataires ;
•
l’amélioration des critères d’attribution
des logements ainsi que les procédures
d’attribution afin de rendre plus objective et
plus impartiale l’attribution des logements.
Depuis le 1er janvier de cette année, un nouvel
arrêté précise les réformes engagées par le
Gouvernement wallon.
Ainsi, il distingue deux nouveaux types de régime
locatif, outre le logement social et le logement
moyen : le logement à loyer d’équilibre permettant
aux sociétés de logements publics (SLSP) de
réserver une petite partie de leur parc locatif à
de la location traditionnelle, en dehors de tout
critère de revenus ; et le logement social loué à des
étudiants, avec des baux ramenés à une année, ce
qui répond à une réalité sociale.
En outre, ce décret introduit formellement le
principe de la candidature unique, sous format
informatique. Un dispositif qui simplifie les
démarches du candidat locataire, qui supprime
les « doublons » et qui permet, par exemple, de
mieux préciser le nombre de candidats locataires
en attente d’un logement.
Il responsabilise le candidat locataire qui peut
plus difficilement qu’avant refuser un logement
lorsqu’il lui en est proposé un. Des dérogations
sont bien entendu toujours possibles, pour autant
qu’elles soient dûment motivées et accordées
par un Conseil d’administration ou un Comité
d’attribution. De même qu’un locataire ne restera
plus à durée indéterminée dans son logement. Un
bail de neuf ans détermine la durée d’occupation
du logement, permettant de réévaluer à chaque
échéance la situation familiale du locataire.
Ce décret ajoute au système de points des
catégories de personnes comme les femmes
victimes de violences conjugales. Il valorise
davantage d’autres catégories déjà reprises comme
la personne handicapée ou celui qui a une
personne handicapée à sa charge, au sens du Code
des impôts sur les revenus, passant de 2 points
avant réforme à 4 aujourd’hui.
Des règles précisent désormais les droits et devoirs
des SLSP ainsi que ceux des locataires lors de
l’inscription, avec notamment des délais pour
instruire le dossier. L’information est devenue gage
de transparence et d’éthique envers le candidat
locataire. Les comités d’attribution sont désormais composés
de membres non-élus, comprenant notamment
des représentants des locataires. Ils doivent afficher
toute décision d’attribution, rendant caduque
toutes tentatives d’attribution partisane.
Les droits de recours pour les candidats locataires
ou les locataires sont également précisés,
19
ZOOM SUR :
20
La réforme locative 2008, l’essentiel…
professionnalisant cette démarche. Une Chambre de recours a été créée au sein de la SWL et elle traitera
toute non satisfaction par rapport à une réponse apportée par la SLSP. Désormais, c’est une charte qui
rappelle aux locataires comme au bailleur, leurs droits et devoirs.
Le décret prend désormais en considération le nouveau phénomène sociologique qu’est celui de la
multiplicité grandissante des familles recomposées, nécessitant l’introduction d’un nouveau critère
en matière de logement, celui du logement dit proportionné, tenant ainsi compte des modalités
d’hébergement chez l’un ou l’autre des membres du ménage, pour autant que cette disposition soit actée
dans un jugement.
Plus généralement, ce décret simplifie et clarifie le parcours du candidat locataire, tout comme il rend plus
transparente la relation qui existe entre le locataire ou le candidat locataire et la SLSP.
Des commissaires sous autorité directe de la SWL
En novembre dernier, le parlement wallon a adopté une modification du Code wallon du Logement
relative au statut du « commissaire ». Placés sous l’autorité directe de la SWL, ces commissaires sont
désignés par le Gouvernement wallon. Au nombre de 15, ils se répartissent les 70 SLSP qui officient sur
le territoire wallon.
Leurs missions sont de veiller au respect des procédures et des actes posés par les SLSP, tout comme au
respect des procédures et des conditions d’attribution de logements. Ils vérifient les engagements et les
dépenses des sociétés.
Précisément, un commissaire ne pourra pas exercer sa tutelle plus de cinq ans sur la même SLSP. Il est
associé aux conseils d’administration et ne pourra aucunement exercer une fonction d’administrateur,
d’administrateur-gérant ou de mandataire, statut incompatible avec sa fonction.
Afin que sa désignation soit validée, chaque commissaire signera un Code d’Ethique et de déontologie, un
engagement plus que symbolique.
Enfin, le commissaire devra rendre des comptes régulièrement tant à la SWL qu’au Gouvernement.
Ce nouveau cadre permet certainement de combler un hiatus entre la SWL et les SLSP. Il devient le
lien, la courroie de transmission entre la SWL et les SLSP. Il est à la fois soutien et garant de la légalité
des actes que doivent poser tous les jours les sociétés de logement public, confrontées à la complexité des
contraintes que sont, par exemple, les procédures de marchés publics, ou de toute autre législation qui
s’impose à elles.
19
21
REPORTAGE
22
Chronique du logement social en Wallonie
Chronique du logement social
Pour contrer la détresse sociale, pour répondre à près
de 50.000 demandes de logement public et diminuer le
délai d’attente actuel (6 ans), le Gouvernement wallon
déploie toute une série de mesures. Ces mesures sont
destinées à accroître, de manière significative, le nombre
de logements sociaux. Il s’agit notamment des stratégies
et programmes d’actions communaux, du déploiement
de nouveaux financements via le partenariat publicprivé et de l’intégration de programmes de logements
sociaux aux activités de revitalisation urbaine, éligibles
aux fonds structurels européens. Au travers de ces
mesures, c’est toute une évolution de société qui se
traduit. Arrivée à son terme dans ce quatrième et dernier
volet, la chronique continue de donner la parole aux
acteurs du secteur, jouant de la magie des rencontres au
travers de deux interviews riches d’enseignement ! L’une
est caractérisée par un engagement dans la défense des
plus démunis, l’autre, par une réflexion, qui contribue
à l’élaboration des politiques du logement. À 50 ans,
Denis UVIER n’échangerait pour rien au monde sa verve
réaliste, que toute une vie dédiée aux SDF n’a pas réussi
à pâlir. A la barre du Parlement, à l’accueil de nuit, dans
les dortoirs publics, Denis Uvier s’est fait l’avocat du
SDF. On le trouve là où sévit le « sans-abrisme ».
23
19
WL : Vous êtes une référence dans le milieu
de l’action sociale ainsi qu’à tous les échelons
politiques. Comment en êtes-vous venu à ce
métier d’éducateur de rue? D’où vous est venue
cette passion d’aider les autres, en particulier,
ceux qui se retrouvent à la rue ? Y’a-t-il une
expérience de vie à l’origine de votre passion ?
DU : Je suis un ancien SDF. Je me suis retrouvé
SDF à la suite d’une séparation après avoir été
marié, j’avais un enfant. Donc, j’ai connu cette
fracture sociale. J’ai fait six ans de vagabondage
Denis Uvier travaille pour « Solidarités
Nouvelles » et lutte pour la défense des SansAbri.
à peu près. C’était la tourmente. Il y avait la
frustration de ce gamin qui venait de tout perdre.
Mais j’ai toujours travaillé, dans les fermes, dans
les manèges, …parce qu’il fallait que je trouve à
bouffer. Une fois que je sentais que les gens avaient
de l’estime pour moi, je fuyais.
WL : Un deuil difficile en somme ?
DU : Un deuil difficile, mais quand j’ai commencé
à me remettre, la question s’est posée : comment
est-ce qu’on s’en sort ? J’ai fini par accepter les
choses. Accepter ne veut pas dire guérir. Non,
parce que le deuil dont tu parlais, c’est bien ce
qui touche une grande partie des sans-abri. Pas
seulement à cause de la mort, il y a aussi les
séparations et des tas de trucs dans la vie. Après ces
fameux 6 ans, je suis revenu à Charleroi, où je me
terrais, à gauche, à droite. J’ai dû reprendre la vie de
chômeur : 12.000 balles par mois, 6.000 de loyer.
Quel espoir avoir quand on est entamé comme
ça, déstructuré, à part être dans un milieu qui est
encore plus déstructuré ? Personne ne s’intéressait
à moi, tout compte fait, je n’existais pas. C’est très
grave parce que si on laisse les précaires dans le
milieu précaire, quel espoir leur donne-t-on de
pouvoir évoluer, d’apprendre, ou de vouloir autre
chose ? Il y a un rôle de la société qui est perdu
à ce niveau-là. Pendant encore des années, j’ai
végété comme cela, et puis tout d’un coup, j’ai eu
une prise de conscience : « Comment, pourquoi,
j’étais au chômage dans la file ? » Je faisais comme
tout le monde, je baissais la tête, on nous traitait
de fainéant, je culpabilisais. Un délégué trouvait
que j’avais l’air de pouvoir me « démerder ». J’ai
donc été délégué syndical et je me suis intéressé
REPORTAGE
24
Chronique du logement social en Wallonie
aux autres en me disant : « bon dieu, il y a des
choses à faire ! »
monde entier. C’est plus facile d’en vouloir aux
autres que de faire son examen de conscience.
Beaucoup d’Italiens qui ne savaient ni lire ni écrire
me disaient de passer à la maison pour les papiers,
et j’aidais les familles. C’était amusant, je devenais
quelqu’un d’important, et les gens me saluaient
dans la rue. Petit à petit, j’ai retrouvé ce besoin
d’exister, de m’identifier, de ravoir un droit à la vie.
Et j’ai commencé à m’investir là-dedans, sûrement
grâce à des intermédiaires, des tas de gens, qui
m’ont tendu les bras, comme Paul Trigalet, il y
a 14 ans. J’étais devenu un délégué syndical de
référence, parce que les gens savaient que j’irais
crier là où il faut. Et là, tout doucement, j’ai
voulu apprendre. Durant toutes ces années, j’étais
encore dans les problèmes, mais en m’occupant
des gens, je m’occupais de moi. J’avais besoin de
reconnaissance, parce que pour moi, je n’existais
plus, j’avais tout perdu. Mon deuil a duré très
longtemps.
J’ai travaillé à Cockerill comme pontier mais là
aussi, révolte. On oublie que l’être humain a dur
quand il sort d’un long chômage…
WL : Une révolte et aussi, de la colère ?
DU : Oui, j’ai suivi des formations d’éducateur
mais pas jusqu’au bout, parce que j’en voulais au
A gauche, Paul Trigalet, Vice-président de
Solidarités Nouvelles.
Menuisier, garnisseur automobile, magasinier
cariste, fondeur, « embidonneur », pontier. Là
je n’ai plus su continuer le travail. Je n’avais pas
repris la mentalité de l’usine. Je fais des maraudes
quasiment tous les soirs. Au moins, 3 ou 4 fois
par semaine, je suis en maraude en dehors de mon
boulot, parfois jusque minuit. On fait des tournées
dans les parcs, avec le « 32 12 12 »1, ou seul, dans
les rues, je vais au centre d’accueil à « Ulysse »2
voir les gens, pour voir s’ils vont être tous logés,
pour voir s’il n’y a pas besoin de couvertures, etc.
C’est ma vie.
Repor
Repor
WL: En maraude ?
DU : Maraude vient des taximen. Pour moi, ça
veut dire « aller à la recherche de ». Et moi, je fais
ça depuis 14 ans, depuis que je travaille avec Paul
Trigalet.
Après toutes ces aventures, je suis monté dans la
hiérarchie du syndicat. Je devenais la référence
des gens, mais je ne leur répondais jamais sans
confronter ma réponse. J’allais au syndicat, j’avais
des personnes ressources et je ne répondais aux
gens que lorsque j’avais une réponse fiable. Ca
aussi, c’était ma réputation. Encore maintenant
on dit, « il suffit d’aller demander à Denis, il a
réponse à tout ». Non, je n’ai pas réponse à tout,
mais quand je veux répondre à une question, je
fais toute la recherche nécessaire, parce que je dis
qu’on n’a pas le droit de jouer avec ces réponseslà. Si on donne une réponse sans contrôler si la
personne a bien compris. On peut faire pis que
Le 071/32 12 12 est le n° d’appel des urgences sociales du CPAS de
Charleroi
1
2
«Ulysse»: abri de nuit à Charleroi
19
25
mieux. En militant, je redevenais quelqu’un. Un
jour, j’ai reçu un message de Paul Trigalet parce
que le groupe d’Action « Droit au Logement »
cherchait un gars, un professionnel, pour faire
de la réinsertion. Ce groupe avait besoin d’un
permanent. Puisque j’avais été délégué syndical,
j’avais le profil type.
WL : Vous alliez faire quoi ?
DU : Permanent. Il fallait préparer les réunions
du groupe d’Action « Droit au logement » qui se
lançait à l’époque, il y a 14 ans. Il y avait des grandes
réunions avec quelques 50, 60 jusque 100 personnes.
Faire parler les gens, c’était la méthode Trigalet.
C’est comme ça que j’ai commencé à « Solidarités
Nouvelles » qui s’appelait alors l’ « Interrégionale
Wallonne des Habitants de Cités », « IWHC ». On
a eu des accords d’accompagnement de familles
expulsées puisqu’on lançait la problématique des
expulsions avec le Fonds du logement des Familles
Nombreuses. Il y avait un accord pour gérer des
logements le long de la ligne de métro avant qu’ils
ne soient démolis. Cela permettait à des familles
expulsées de se réinsérer.
ortage
ortage
Petit à petit, comme je rencontrais des SDF, ils
sont venus aussi à nos réunions revendiquer des
droits. Là, ça devenait ma tasse de thé parce que,
SDF, je sais ce que c’est.
Je faisais partie aussi du Syndicat des Locataires
qui tenait également des permanences logement.
Au début je n’y connaissais rien, j’ai dû tout
apprendre.
WL : Une expérience de vie, Solidarités
Nouvelles, … Vous êtes sensible à la détresse
des gens, et donc c’est là que vous allez agir.
DU : C’est là que je vais agir et amener tout
doucement le milieu des SDF à venir aussi à ces
réunions. Je vais plus m’identifier avec des SDF,
parce que c’est aussi ma vie.
C’est pour ça que je disais tantôt : est-ce qu’on
sort vraiment de là ?
Je vais finir par amener jusqu’à 65 SDF à
Solidarités Nouvelles. Mes collègues n’étaient pas
toujours rassurés.
WL : Quelle action retiendriez-vous plus
particulièrement ?
DU : Si je devais parler d’une action, ce serait
d’une action personnelle, d’un travail sur moimême, qui m’a amené tout le reste. Il y a aussi ce
côté de l’humanisation que P. Trigalet m’a appris.
Il m’a donné beaucoup, c’est un maître pour moi.
Moi je croyais qu’il n’y avait que l’Abbé Pierre,
mais non. Il y a aussi P. Trigalet, et Guy Gilbert
qui est un pote à moi.
C’est difficile de dire quelle action retenir plus
qu’une autre. Ce que je fais chaque année avec
des SDF : j’ai appris à construire des maisons
de « terre-paille » en Auvergne, à rouler avec de
l’huile de friterie recyclée, à faire rouler un tracteur
à l’eau, à utiliser le nucléaire à bon escient, grâce
aux connaissances d’un copain qui travaillait dans
le nucléaire et qui s’est reconverti en paysan, dans
les Cévennes… Quand tu parles d’une action, il y
en a trop pour n’en retenir qu’une. C’est en allant
voir des gens dans des difficultés plus grandes
que les nôtres, que j’ai pu ouvrir les yeux sur un
tas de trucs. Il y a des gens qui, parce qu’ils sont
complètement livrés à eux-mêmes, ouvrent leur
esprit à ce qui est essentiel à l’existence, et non à
ce qui est superficiel.
Pour le logement, la Région Wallonne donne
REPORTAGE
26
Chronique du logement social en Wallonie
des primes, mais il faut encore pouvoir avancer
l’argent. Je trouve qu’il faudrait offrir les panneaux
solaires aux petites familles. Lorsque les primes
ont été octroyées pour les frigos de classe de basse
énergie, plein de gens me demandaient encore des
vieux frigos à défaut de mieux. Je l’ai dit lorsque
je suis allé au Gouvernement. Il faudrait changer
les mentalités. Je n’y suis pas allé pour dire que
tout le monde il est beau et que le monde est
merveilleux.
WL : Que faudrait-il pour résoudre les
problèmes de logement ?
DU : Je n’ai pas la réponse à cette question. Je suis
un simple travailleur.
WL : Même si on mettait un logement à la
disposition de chacun, est-ce pour autant qu’il
n’y aurait plus de SDF ?
DU : Non, ça c’est de l’utopie. Il faudrait un
vrai accompagnement des gens parce qu’ils sont
trop déstructurés. Par contre, il est vrai qu’on
a des logements à l’abandon. On a crû que la
loi apporterait des solutions, mais, malgré les
réquisitions douces, je ne suis pas sûr que ce sont
les gens qui en ont le plus besoin qui occupent les
logements réquisitionnés.
WL : Peut-on mettre sur un même pied les
problèmes de logement et les problèmes
d’emploi ?
DU : Tout est à mettre sur le même pied, c’est
vital. Mais il y a une nuance. Le chômeur qui a
encore un logement est un précarisé privilégié, en
quelque sorte. L’utopie qui consiste à dire que l’on
va tout régler, il faut arrêter ça. Celui qui n’a plus
de logement, il n’a plus de dignité, il est quoi ?
Celui qui a un logement, il a encore l’espoir de
faire des choses, il rentre chez lui, c’est la nuance.
Il est encore dans la dignité.
WL : Si vous aviez une demande à faire aux
pouvoirs publics, tous confondus, quelle serait
la plus urgente ?
DU : De un, interdire l’exclusion, et de deux,
arrêter de se rejeter la balle entre pouvoirs des
différents niveaux. J’ai été invité au Cabinet du
Ministre Antoine, lorsqu’il y a eu l’opération des
tentes le long de la Sambre. Je savais très bien que
la réponse à ce problème-là ne dépendait pas de
lui et donc, je lui ai dit que je connaissais d’avance
sa réponse, et que les sans-abri, ce n’est pas de son
domaine. C’est celui d’un ou d’une autre collègue
Ministre. Qu’on arrête de jouer au chat et à la
souris. C’est ce qu’on fait dans cette société. On
fait la chasse aux SDF sans s’occuper de tout le
reste. Qu’on arrête d’exclure du chômage, de créer
les situations précaires dans lesquelles se retrouvent
tant de personnes.
Qu’on arrête de faire de l’exclusion. Le logement,
il est clair que c’est la priorité d’une vie
aujourd’hui. Dans notre système, on continue à
faire des cases auxquelles les gens n’appartiennent
pas. Le centre d’accueil, le SDF n’a pas toujours
envie d’y dormir étant donné les conditions. La
belle expérience de Nanterre a montré ce que ça
donnait les grands dortoirs, et quelque part, ils
existent encore aujourd’hui. Chez nous, on fait
plus attention, mais il n’empêche qu’il n’y a pas
assez d’hébergement. Ce n’est pas en mettant plus
de lits que l’on va solutionner le problème. C’est
en ayant plus d’accès au logement, en baissant
les prix du logement. Les permis de location, par
exemple, c’était pour lutter contre les taudis. Le
syndicat des locataires se battait pour ça. Mais
l’effet pervers, c’est que les propriétaires ont fait
Reportage
R
27
19
deux pièces avec une seule, et en ont profité pour
augmenter leurs loyers. A chaque fois qu’on se
bat, on fait de l’exclusion en plus. Qu’on arrête
l’exclusion. S’il n’y a pas assez de logements, une
pièce peut suffire. Moi, j’ai des sans-abri qui
n’ont pas besoin d’un 100 m2. Avec une pièce,
c’est suffisant, et qu’on lui fasse payer un loyer
comparatif. Si c’est 75 € pour une pièce, ce n’est
pas plus. Plus tard, le locataire pourrait avoir
envie de plus grand, mais en attendant, il serait
peut-être déjà content avec une pièce. Ce n’est pas
la grandeur qui est importante, c’est d’avoir un
endroit où pouvoir se loger.
WL : Que voudriez-vous ajouter comme
conclusion ?
DU : Il est interdit d’interdire la charité et la
solidarité. Ca, c’est pour mes copains mancheurs.
En interdisant aux mancheurs d’être là, on interdit
aux bonnes consciences de partager leur charité
et leur solidarité. Personnellement, j’invite les
Ministres à venir avec moi dans les squats, pour se
rendre compte de ce qu’est la vraie misère. Je les
invite aussi à manger les mêmes colis alimentaires
qu’on distribue aux gens, pour se rendre compte
de ce que c’est que de manger des boîtes de pâtes
tous les jours.
Reportage
WL : Et pour terminer, une note positive sur les
pouvoirs publics ?
DU : Par respect pour eux, la note positive sera
toujours que je pense, que par rapport à tout
ce qu’on revendique, ils essaient. Ils essaient
franchement, ou ils mettent en place des choses
qui, heureusement, font avancer d’autres choses.
Mais ça avance trop lentement par rapport à ce qui
se passe réellement dans la vie de tous les jours.
Reportage
« PROPOS RECUEILLIS LE 26 OCTOBRE 2007 »
REPORTAGE
28
Chronique du logement social en Wallonie
Nicolas Bernard est
Professeur aux Facultés Universitaires
Saint-Louis. Engagé
dans l’associatif, il
est, notamment,
Administrateur au
« Rassemblement
Bruxellois pour le
Droit à l’Habitat ».
Nicolas BERNARD, de par son expertise, est
écouté par les professionnels du logement.
Sa démarche intellectuelle façonnée
d’empirisme, couplée à une licence en
philosophie et un doctorat en droit, le rend
parfois atypique auprès de ses pairs, de par
sa pensée innovante et engagée. Extraits.
WL : Voulez-vous vous présenter et expliquer
comment vous en êtes venu à vous spécialiser
dans le logement. Pourquoi cette compétence
plutôt qu’une autre ?
NB : Pour moi, il s’agit d’un thème à l’intersection
du droit et de la philosophie qui sont mes deux
formations.
Il y a un fort ancrage philosophique, et d’ailleurs
beaucoup de philosophes ont abordé ce thème
(Lévinas, Heidegger), parce que le logement est
le lieu de l’intime par excellence, le lieu où l’on
développe ses projets. Sur le plan juridique se
posent également toute une série de questions, en
termes de construction ou de mise à disposition
de logements, de bail, de statut des locataires et
des propriétaires… De plus, je suis fort intéressé
par les politiques sociales : le droit de la pauvreté,
l’attention aux plus faibles. Le logement permet
de satisfaire cette envie-là, de travailler pour
combler les inégalités dans l’accès aux richesses.
En 1995, j’ai commencé à travailler à l’Université
de Namur. Très vite, ma première étude a porté sur
les agences immobilières sociales. Cette matière
du logement, en définitive, me permet de voir le
quotidien des gens, le concret, beaucoup plus que
d’autres matières, et me permet de plonger dans
leur univers particulier, dans leur sphère intime.
C’est quelque chose qui me touche beaucoup. Le
logement peut avoir des répercussions très fortes
sur la vie de famille, sur la vie socioéconomique,
sur l’emploi. L’une des raisons en est que le
Reportage
19
29
logement est au cœur des disciplines. C’est une
problématique multidimensionnelle. Il y a des
liens avec l’emploi, avec la culture, avec la santé.
Voilà donc quelques-unes des raisons principales
de mon intérêt pour le logement. Sur le plan
associatif, j’ai été Président du Rassemblement
Bruxellois pour le Droit à l’Habitat pendant
longtemps, et je suis toujours membre du Conseil
d’Administration. Je vois ainsi, un peu plus, ce qui
se passe sur le terrain.
WL : Votre démarche intellectuelle s’en trouve
plus complète ?
NB : Vous faites bien de le dire car c’est un
axe majeur de ma réflexion : le théorique sans
l’empirique reste très pauvre. A l’unif, nous
menons parfois des réflexions « en chambre »
qui, je l’admets bien volontiers, manquent de
pertinence pratique. Ce qui fait que l’on se trouve
souvent dans un autre ordre de logique, un autre
ordre de pensée que les personnes qui vivent la
précarité. C’est fâcheux si l’on ne répond pas
à leurs préoccupations mais en plus, on risque
d’aggraver leur situation en croyant bien faire. L’un
des moteurs de ma pensée est la théorie de l’effet
pervers. Une mauvaise connaissance du terrain
aboutit à ce que les mesures censées résorber la
pauvreté peuvent accentuer celle-ci en raison
d’une mauvaise appréhension des spécificités
locales. Il est capital, pour moi, surtout en tant
que juriste, d’aller voir tout cela de plus près.
C’est la raison pour laquelle je me suis engagé
dans l’associatif au Rassemblement Bruxellois
pour le Droit à l’habitat, essentiellement. De
manière plus générale, j’essaie de suivre les débats
et développements de l’actualité, tout cela me
passionne, je m’implique. J’ai été chercheur pour la
« Commission Interministérielle du Logement »,
chargé du rapport sur les commissions paritaires
locatives, par exemple, et sur l’habitat solidaire.
Il s’agit de deux rapports pour le Gouvernement
Fédéral. J’aime travailler pour les autorités
publiques en lien avec des questions d’actualité.
J’ai été contacté déjà par des parlementaires de
tous les partis, pour les aider dans leur réflexion.
Voilà pour l’aspect « engagement ». Mettre les
mains dans le cambouis, je trouve ça passionnant.
Tenter de nouvelles formules, c’est intéressant.
Ce n’est pas si évident, car à l’Unif, on a parfois
tendance à considérer que le savoir ne peut pas
trop se mélanger avec des éléments contingents,
qu’il doit rester pur. Théorie que je récuse. Le
savoir doit se frotter au réel. Mon engagement
n’est pas toujours bien perçu à l’Unif, mais les
gens avertis savent faire la distinction. Je dois en
tout cas être soutenu quelque part par mon Unif
puisqu’on m’a nommé Professeur. Ce qui montre
que ma démarche est appréciée, même si elle
est jugée singulière. A l’instant, je reviens d’une
réunion d’un Comité de Rédaction d’une revue
associative. Je crois que l’associatif a une parole
pertinente, mais pas toujours structurée. J’essaie
de les aider à formuler des revendications, et aussi,
à supprimer certaines d’entre elles qui, à mon
sens, me semblent tout à fait farfelues, et donc à
mettre un peu de rigueur.Mais, oserais-je dire, ils
m’apportent beaucoup plus que moi je ne leur
apporte. A Namur, j’ai eu l’occasion de travailler
avec des sans-abri, en cheville avec l’association
« Lutte, Solidarité Travail », « LST », ce qui a
forgé ma prise de conscience de l’importance de
l’empirique.
REPORTAGE
30
Chronique du logement social en Wallonie
WL : Toutes ces bonnes volontés déployées
dans le secteur ne sont-elles pas éparpillées tous
azimuts ? Ne manque-t-il pas une ligne de force
pour canaliser les énergies ? Vous avancez des
notions comme le fait de s’approprier son lieu
de vie, la notion même de logement comme vous
le définissez : un lieu d’« unification ». Quel
concept mettriez-vous en avant pour donner
de la cohérence à tout cela et faire avancer la
réflexion sur le logement ?
NB : Un des concepts les plus importants selon
moi, c’est la « maîtrise ». C’est le fait pour les
occupants d’un logement de pérenniser leur
implantation dans leur lieu de vie. Que signifie
« maîtriser » ? On constate qu’il y a plein
d’actions et de mesures, mais qui ne parviennent
pas toujours à stabiliser l’occupant dans son lieu
de vie. Je vous donne des exemples. Souvent, les
« sans-abri » passent d’un centre d’hébergement à
l’autre, sans parvenir à se fixer, à se construire. Ils
font du « saute-mouton ». Lorsqu’ils ne préfèrent
pas rester à la rue. Les règlements d’ordre intérieur
de ces centres sont tellement draconiens que les
sans-abri n’y restent que le temps strictement
nécessaire. Par exemple, les chiens sont interdits.
Voilà un premier exemple du défaut de stabilité.
Le deuxième exemple porte sur la propriété
privée. Il y a une grande aspiration à la propriété
pour laquelle existent des incitants fiscaux, des
aides, etc. Or qu’est-ce que l’on constate ? La crise
américaine en est un parfait exemple, les gens,
une fois propriétaires, ont du mal à assumer ce
statut de propriétaire jusqu’au bout. Souvent, ils
se mettent la corde au cou. Ils s’endettent très
fort. Au premier souci, ils doivent revendre leur
habitation dans des conditions défavorables. Ils
y perdent. Là aussi, nous avons un exemple de
« démaîtrise ». Un troisième exemple, pris dans le
parc privé : à Bruxelles, un locataire sur cinq part
de son logement après à peine un an. Ce chiffre
m’interpelle. C’est le signe d’un défaut de stabilité.
Dans le logement social, il y a beaucoup plus de
stabilité, mais elle n’est pas toujours synonyme
d’épanouissement. En moyenne, un logement
sur douze se libère au terme de douze mois. Si le
premier volet de la stabilité est lié à la durée, le
second volet en est le pouvoir de gestion. En effet,
les gens ont besoin de configurer le logement à
leur image, d’imprimer leur marque. Ils peuvent
difficilement s’approprier le logement dans une
architecture répétitive, dans une promiscuité
imposée, en raison de règlements qui interdisent
les aménagements intérieurs, etc. Le manque
d’identification à son lieu de vie peut poser
problème. Un autre exemple est celui de l’habitat
en camping permanent. La situation y est précaire.
Le camping peut être fermé de manière plus ou
moins abrupte, sur décision des autorités ou du
propriétaire. Les gens croient avoir trouvé une
solution de refuge, de repli, mais ils ne doivent
leur maintien qu’au bon vouloir des autorités, à
leur tolérance.
Ces différentes personnes reçoivent des aides,
mais ne parviennent pas à asseoir leur situation de
logement. Cela me frappe beaucoup.
WL : Malgré les aides de l’ « après camping » ?
NB : Oui, malgré les aides à la propriété ou
malgré la fourniture d’un logement public. Cela
m’interpelle que l’action publique ne rencontre
qu’imparfaitement ce besoin de maîtrise : à la fois
stabilité dans le temps et pouvoir de gestion. Je
crois qu’il faudrait renforcer ce concept de maîtrise.
Une fois que l’on maîtrise son logement, on peut
se l’approprier, y trouver son bien-être pour, in
31
19
fine, initier un processus de revalidation sociale
et reprendre pied dans la société. Pour renforcer
la maîtrise, il faudrait, exemple pris parmi tant
d’autres, privilégier le bail à rénovation. Le
locataire rénove lui-même le bien en échange
notamment de l’assurance de pouvoir rester dans
les lieux sur le long terme.
WL : Très peu le font.
NB : Oui, je le sais, ce qui me questionne
vraiment. En termes de maîtrise, cet outil n’est
pas suffisamment utilisé. Il faudrait donner des
incitants plus importants tant au bailleur qu’au
preneur, ou laisser émerger des modes alternatifs
d’habitat comme l’habitat collectif. De plus en
plus de gens souhaitent en effet habiter ensemble,
pour rompre la solitude, pour diluer les frais de
logement ou autres. Malheureusement, cette
aspiration n’est pas rencontrée par les pouvoirs
publics. Au contraire, des allocataires sociaux qui
décident d’habiter ensemble risquent de perdre
leur taux d’isolé. La cohabitation d’un immeuble
impliquerait de le saucissonner alors que les règles
urbanistiques l’interdisent. Il y des obstacles
juridiques à l’habitat groupé qui requièrent au contraire un peu de souplesse. Je crois qu’il faut
appeler le législateur à la modestie et au courage.
A la modestie, parce qu’il ne faut pas toujours
tout réinventer. Beaucoup de solutions existent
déjà dans la société civile avec des ASBL très
performantes. Peut-être faut-il écouter un peu
plus ce qui se fait à la base plutôt que de vouloir
imposer des règles par le haut. Les Agences
Immobilières Sociales ont été, non pas créées par
les autorités, mais reconnues par elles. Cellesci existaient depuis longtemps, bien avant leur
subsidiation par les pouvoirs publics. Tout en
l’invitant à l’humilité, il faut aussi exhorter le
législateur à faire preuve de courage politique
et à passer à l’action. Pour l’habitat collectif, par
exemple, il faudrait changer le système actuel des
taux d’allocations sociales, et assouplir quelque
peu les règles urbanistiques, ce qui est tout de
même loin d’être anodin ! Au-delà de l’habitat
collectif, c’est tout le logement alternatif qu’il
faut réhabiliter. L’habitat permanent en camping
est une forme alternative d’habitat qui ne répond
pas aux schémas préconstruits mais qui peut
rencontrer certaines aspirations à un moment
donné. Il ne faudrait pas les casser par principe.
Il faut être attentif à ces formes alternatives
de logement qui recréent du lien social – c’est
précieux – et ne pas les récuser immédiatement
parce qu’elles ne rentrent pas « pile » dans une
catégorie. Il ne s’agit pas seulement de l’habitat
permanent. Il peut s’agir de l’autoconstruction,
qui permet également la maîtrise de son logement.
Les gens son très fiers s’ils peuvent construire euxmêmes. Toutes ces idées sont, pour moi, aussi
stimulantes que fécondes.
Et pour rendre la maîtrise du lieu de vie à
son occupant, il faudrait également veiller à
immuniser le logement par rapport au marché
privé. Je m’explique : le secteur du logement privé
est tout à fait exempt de régulation en ce qu’il n’y
a pas de contrôle des loyers. Dans une certaine
mesure, il faudrait affranchir le logement privé
de la loi du marché sinon, l’occupant fragile ne
parviendra jamais à se l’approprier pleinement.
Sans contrôle des loyers, par exemple, les ménages
défavorisés continueront à affecter jusqu’à 50 ou
60 % de leur budget au logement. Ils vont devoir
faire des économies sur d’autres postes comme la
santé. Les pouvoirs publics doivent se dire que le
logement est un secteur un peu à part.
REPORTAGE
32
Chronique du logement social en Wallonie
WL : Aurait-on sous-estimé la place du
logement dans la société ?
NB : En tout cas, on aurait trop vite dit que le
marché privé allait tout arranger de lui-même. Or,
ce n’est pas le cas. La « main invisible » du marché,
on le voit, ne va pas tout régler. En Belgique, il
y a très peu de logements sociaux. Il en faudrait
beaucoup plus. Il n’y a par ailleurs ni contrôle
des loyers, ni allocations-loyers. Ce qui montre, à
mon sens, que les autorités se sont trop vite dit en
Belgique : « hors la propriété, point de salut ». Les
pouvoirs publics ont aidé la propriété, pensant
que, pour le reste, le marché se débrouillerait
bien. Ce qui est une erreur car tout le monde n’a
pas l’envie ou les moyens d’être propriétaire. Il
y a un parti pris en faveur de la propriété qui,
s’il peut se comprendre évidemment (la propriété
n’est-elle pas le premier vecteur d’émancipation
sociale ?), me pose question par son caractère
massif et exclusif.
WL : C’est un phénomène de culture ?
NB : Oui, dans certains pays, il n’y a que très peu
de propriété. En Suisse, la propriété ne représente
que 31% des habitants par exemple. Le statut de
la location présente des avantages en termes de
rapidité, de mobilité : pas d’enchaînement à un
lieu, possibilité de consacrer ses énergies à autre
chose que l’entretien d’un bien, etc.Il y a donc ici,
un pli culturel assez fort.
WL : Beaucoup de distance et de recul dans
vos propos ?
NB : C’est peut-être l’un des privilèges d’un
universitaire que de pouvoir prendre du recul,
et ce n’est pas du tout un luxe que de se poser
ces questions. Si on ne le fait pas, on aurait beau
mettre un logement à la disposition de chacun
qu’on ne résoudrait pas la crise du logement.
La crise du logement, ce n’est pas seulement une
question de briques, de nombre d’abris. C’est
d’abord la question de l’épanouissement dans son
logement. Grâce au logement, on devient acteur
dans la société.
Ce n’est pas en mettant les gens dans des petits
cubes, dans des petites cases, dans des endroits
trop chers ou insalubres qu’on en fera des acteurs
de notre société de demain. Le toit ne suffit pas
à prémunir contre la crise du logement. Pour
schématiser, il ne suffit pas d’avoir une masse de
logements sociaux en plus s’ils ne parviennent
pas à induire cet effet d’appropriation ou
d’identification. Le malaise restera, il refluera
indéfiniment. C’est une question de philosophie
générale avec laquelle il faut (re)penser l’action
publique.
WL : Que souhaiteriez-vous dire aux pouvoirs
publics ?
NB : Première chose que je dirais aux pouvoirs
publics et aux propriétaires : arrêtons d’opposer
les locataires aux propriétaires. Ils sont dans un
rapport de dépendance mutuelle, trouvons dès lors
des solutions mutuellement avantageuses. Dans
des matières comme l’encadrement des loyers ou
les allocations de loyer. Il est possible d’aider les
locataires sans pénaliser les propriétaires ou les
pouvoirs publics. A propos de l’encadrement des
loyers, les pires catastrophes sont régulièrement
annoncées par certains : l’encadrement des loyers
raserait ainsi plus de maisons que la guerre ! Alors
qu’en se mettant tous autour de la table sans
préjugés, et si le pouvoir politique accepte de
bousculer un peu ce sacro-saint tabou qu’est la
propriété, des solutions se dégageront au bénéfice
réciproque des parties. Sortons, pour une fois,
des ornières doctrinaires s’il vous plaît ! Comme
universitaire pragmatique, je cherche des solutions
19
33
raisonnées et raisonnables. Et il en existe ! C’est la
volonté politique qui, trop souvent, fait défaut.
La deuxième chose que je voudrais dire c’est que
l’habitat évolue, parce que les gens eux-mêmes
évoluent. La société se modifie et la structure
de l’habitat devrait bouger en conséquence.
L’éclatement des ménages et la montée en puissance
des ménages monoparentaux correspondent à une
demande en logements, en raison de l’émergence
parallèle de la garde alternée des enfants. Voilà un
critère qui peut faire évoluer l’offre.
Autre exemple : l’intergénérationnel. La
cohabitation entre personnes âgées et jeunes
travailleurs avec enfants, leur permet de se rendre
mutuellement service. De quelle manière faire
correspondre l’offre à cette demande ? La réponse
demanderait de réviser nos schémas mentaux,
d’envisager que de nouveaux types d’habitats
puissent émerger en marge des structures
existantes. Tout cela demanderait de pouvoir se
déprendre des stéréotypes de la maison familiale
classique.
Enfin, je voudrais ajouter une troisième et
dernière chose, qui vient se greffer à la première.
Il faut arrêter de donner de faux espoirs. Il
faut cesser de « jouer » avec une matière aussi
sensible que le logement, arrêter de propager
des illusions au sein de la population précarisée
qui, justement, a besoin, pour s’en sortir, d’avoir
des échéances rapprochées, des réalisations
tangibles, des engagements clairs. Les personnes
défavorisées n’ont pas toujours le capital et toute
l’information nécessaires pour décrypter tous
ces effets d’annonces émanant des autorités. Ils
les prennent pour argent comptant. Lorsqu’ils
se rendent compte que deux ans plus tard, les
logements neufs promis ne sont toujours pas
sortis de terre, la rancœur est très forte. Il y a
une responsabilité toute particulière de ne pas
dissimuler la vérité aux personnes dans la précarité
et de ne pas les « entortiller » avec des explications
techniques. Comme citoyen, ils ont droit à cette
clarté. Là, le crois qu’il y a un engagement moral
très fort à prendre.
PROPOS RECUEiLLIS LE 22/10/2007 ENTREVUE
34
DIDIER VAN DER HAAR
Le savoir-faire québécois au service du
logement public wallon !
Pour rappel, voici un peu plus de deux ans qu’une
entente de collaboration en matière de logement a
été conclue entre la Société d’Habitation du Québec
(SHQ) et la Société Wallonne du Logement.
Le voyage, en novembre dernier, de notre
collaborateur Didier VAN DER HAAR, Directeur
de la Coordination Technique, au pays de Jacques
Cartier, avait pour but de mieux connaître les
techniques pratiquées au Québec en matière
de conception, d’entretien et de rénovation de
logements publics, avec un intérêt tout particulier
sur les techniques utilisées par nos amis québécois
en matière d’économie d’énergie.
35
19
ENTREVUE
36
DIDIER VAN DER HAAR
WL: Didier, qu’est-ce qui t’a frappé à ton arrivée sur le sol
canadien ?
DVDH: En me promenant à Québec, j’ai constaté le
nombre important de constructions en bois. Il est vrai que
le bois est un atout économique important pour un pays
où les forêts ne manquent pas ! Ces constructions sont
généralement d’une hauteur qui ne dépasse pas 3,5 niveaux. On le voit, les normes -incendie influent de toute évidence sur la
typologie de l’habitat. On m’a d’ailleurs expliqué que des villages
entiers du grand nord, construits en bois étaient complètement
conçus en usine à Québec ou ailleurs au Canada, transportés et
déposés sur des plots à même le sol, un sol qui ne dégèle jamais.
WL: Tu es parti là-bas 19 jours ! Un programme chargé ?
DVDH: En effet, une quarantaine de visites et de rencontres,
riches en information, des idées très intéressantes dont nous
pourrions nous inspirer pour améliorer notre secteur.
WL: Tu m’as dit avoir été interloqué par l’impossibilité
d’ouvrir une fenêtre dans ta chambre d’hôtel ? Plus qu’anecdotique, quel enseignement en retires-tu ?
DVDH : C’est en effet interpellant, mais ça s’explique ! Les variations de température sont telles que la plupart des
immeubles au Québec excluent la possibilité d’ouvrir les fenêtres
pour refroidir ou simplement aérer une pièce. Les bâtiments
sont donc conçus avec un système de ventilation. Quant
au chauffage, il fonctionne par l’électricité. Tout ça n’est pas
étonnant puisque l’électricité est quatre fois moins chère qu’en
Europe. Il faut dire que les Canadiens ont beaucoup d’eau ;
ils ont ainsi beaucoup développé les centrales hydroélectriques.
Autre constatation : l’énergie nucléaire est pratiquement absente
de l’économie québécoise. Alors que le territoire québécois est
pratiquement cent fois plus grand que la Région Wallonne, il
n’y a qu’une seule centrale nucléaire ! D’autre part, le Québec
profite d’un bon taux d’ensoleillement pour exploiter l’utilisation
de l’énergie solaire, privilégiant l’installation de panneaux solaires
ou de panneaux photovoltaïques.
37
19
WL: En quelques mots, peux-tu nous dresser le profil de la
Société d’Habitation du Québec ?
DVDH: D’abord comprendre le contexte : 7,5 millions d’habitants
vivent sur un territoire d’environ 1,7 million de km2. Environ
82% de la population est concentrée dans des agglomérations
urbaines. La moitié de la population vit sur moins de 1 % du
territoire, soit environ trois millions de ménages, dont 42 % sont
locataires (1,2 million).La plupart des logements locatifs sont
la propriété du secteur privé. Créée voici 40 ans, la SHQ, c’est
93 400 logements sociaux dont 65 000 logements publics (HLM et
Inuits) ; 8 160 logements coopératifs et sans but lucratif (incluant
1 926 logements pour autochtones hors réserves); et 20 240
logements privés ou communautaires bénéficiant d’un supplément
au loyer. Les dépenses en habitation représentent 14,7 milliards
d’euros en 2006, soit 7,3 % du PIB québécois. Sur l’ensemble du
parc locatif, les maisons seules représentent 45 % ; les édifices de
4 étages ou moins, 50 % ; les édifices de 5 étages ou plus, 5 %. Il
est à noter que les maisons à ossature bois représentent 95 % des
constructions.
WL: Peut-on trouver des points communs entre la Société
Wallonne du Logement et la SHQ ?
DVDH: Au départ, on s’attend à un organisme similaire à la
SWL, mais en y regardant de plus près, la SHQ gère toutes les
matières liées à l’habitat, qu’il soit privé ou public. Et sa structure
organisationnelle en découle. Il faut savoir que la SHQ ne construit
plus depuis 1978, elle externalise la gestion de l’habitat vers ses
partenaires.
Compte tenu de l’étendue du territoire et de la répartition du parc
de logements, l’organisation de la SHQ exige une décentralisation
de certaines fonctions notamment pour l’assistance technique,
mais le pôle développement se situe à Québec proche du pouvoir
politique dans le quartier parlementaire. La Société d’Habitation
du Québec agit comme la principale conseillère du Gouvernement
du Québec en matière d’habitation et relève de la Ministre des
Affaires municipales et des Régions, Nathalie Normandeau. A la
fois sociale et économique, elle est régie par la Loi sur la Société
d’habitation du Québec. Elle est l’organisme gouvernemental
responsable de l’habitation sur le territoire québécois. Sa mission
est de faciliter l’accès au logement en fonction des ressources
ENTREVUE
38
DIDIER VAN DER HAAR
financières et de la diversité des besoins des
Québécoises et des Québécois. Elle élabore
et met en œuvre des politiques et des
programmes dans le domaine de l’habitation.
Elle est responsable du plus important
parc immobilier de logements sociaux sur
le territoire québécois. A l’image de notre
PEI1, la Société d’Habitation du Québec
administre également des programmes de
rénovation et d’adaptation du domicile. Elle
gère par exemple des programmes d’aide
au logement dans la région du Nunavik,
en plus de fournir l’expertise technique
nécessaire. Par son activité qui dépasse le
cadre social, elle contribue au rayonnement
de l’industrie de l’habitation par le transfert
des connaissances et de l’expertise québécoise
sur les innovations technologiques et les
nouveaux concepts de logement liés au
secteur. De concert avec ses partenaires, la
SHQ favorise l’exportation du savoir-faire
de l’industrie québécoise de l’habitation,
en l’aidant à améliorer sa compétitivité sur
les marchés et à s’adapter à leurs exigences.
En outre, elle offre un soutien technique
et financier pour le développement de
technologies de pointe, de nouveaux
concepts d’habitation, permettant que les
produits québécois soient exportés sur les
marchés étrangers. La Société organise des
missions commerciales internationales,
elle accueille des délégations étrangères et
participe aux activités de réseautage, de
formation et de promotion de l’industrie
de l’habitation. Le champ d’intervention
est donc bien plus vaste que celui de la
Société Wallonne du Logement, et en cela,
ma mission au Québec n’en était que plus
instructive. Car si la SHQ conçoit et finance
des programmes qui permettent d’offrir
aux ménages à faible revenu un logement
décent, si elle confie - comme en Région
wallonne -, la gestion de ces logements à des
sociétés de logements publics, elle pratique
d’autres politiques sociales intéressantes.
Elle privilégie par exemple le soutien
financier aux familles à faibles revenus. Ceux-là occupent un logement privé et sont
aidés financièrement par la SHQ. Il s’agit
des programmes de suppléments au loyer,
soit plus de 14.000 familles concernées au
Québec. Mais la formule varie, elle existe
sous forme « d’allocation-logement ».
139.000 ménages en bénéficient.
WL: Finalement, ces larges compétences
sont un attrait pour l’industrie de la
construction ? Les liens sont sans doute
différents de ce que nous connaissons en
Wallonie ?
DVDH : Des conseillers au développement
de l’industrie de la Société d’habitation
du Québec offrent une expertise pour
soutenir les entreprises dans l’établissement
des stratégies d’affaires compte tenu du
stade de développement des entreprises
et des caractéristiques des marchés
ciblés, pour favoriser les regroupements
d’entreprises, pour mettre sur pied des
activités de formation, d’information, de
positionnement, d’accompagnement et
de réseautage, ou encore pour soutenir le
développement de projets résidentiels à
l’étranger.
1
Programme Exceptionnel d’investissements
39
19
WL: Et en matière d’entretien du parc locatif social, comment
cela se passe-t-il là bas ?
DVDH: L’objectif de la SHQ est de privilégier la prévention
(avant l’appel du locataire) en vue de maintenir à niveau l’état du
parc. Une série de mesures sont appliquées afin d’optimaliser la
prévention.
La SHQ édite un guide d’entretien préventif à destination des
gestionnaires d’immeubles. Ce guide se compose des équipements
propres à un immeuble. Chaque équipement est associé à une fiche
inventaire et historique pour collecter le résultat des inspections
réalisées.
Ce résultat donne accès à la séquence détaillée des inspections à
réaliser sur place.
WL: Et en matière d’économie d’énergie, comment pratiquentils au Québec ?
DVDH: Comme je l’ai dit un peu plus tôt, les écarts de
température au Québec sont bien plus importants que chez nous. Les objectifs en matière d’économie d’énergie sont pourtant
semblables aux nôtres :
•
Réduire la consommation
•
Réduire les émissions de gaz à effet de serre
•
Sensibiliser les employés et les locataires
•
Amélioration des performances énergétiques
Mais les techniques sont néanmoins intéressantes. Je peux
vous citer par exemple :
les programmes de modernisation des chauffe-eaux et chaufferies
par le biais de contrat de gré à gré avec Gaz Métro, le chauffage
de l’eau par l’énergie solaire, la « roue thermique », c’est-à-dire la
récupération de l’air de la ventilation, la réalisation de récupérateur
de chaleur des eaux grises (eaux usées), la pose de panneaux
réflecteurs de chaleur derrière les radiateurs, le remplacement des
thermostats par des thermostats électroniques pour le contrôle des
De gauche à droite : C. Desbiens (SHQ),
D. Van der Haar (SWL), L. wDebeer (DGATLP)
et R. Madore (SHQ)
Logement social de Monréal Typologie liée à la
réglementation incendie, sur 3 niveaux et demi
avec escalier extérieur
Maison NOVOCLIMAT
ENTREVUE
40
DIDIER VAN DER HAAR
plinthes électriques, la rénovation de l’éclairage
dans les communs, l’amélioration de l’isolation
notamment du calfeutrage, l’isolation du toit,
l’isolation des murs hors terre, l’isolation des
murs sous terre, l’installation de panneaux
réflecteurs de chaleur, l’installation de
récupérateurs de chaleur des eaux de douche, la
mise en place d’un système de préchauffage de
l’air (Mur solaire), …
En ce qui concerne les recherches visant
l’amélioration des performances énergétiques
des bâtiments, je relève les études intéressantes
de l’Université de Montréal en la matière et
notamment la conception d’une habitation
entièrement chauffée grâce à l’énergie solaire.
Partant du postulat que les rayons solaires captés
sur une année par une maison canadienne type
contiennent plus d’énergie que requis pour
satisfaire ses besoins en énergie, il est possible de
réduire la consommation énergétique moyenne
annuelle d’un bâtiment à zéro en optimisant la
conception du bâtiment et en utilisant l’énergie
solaire pour produire l’électricité, l’éclairage, le
chauffage, et la climatisation.
WL: On le voit chez nous, la participation des
locataires dans la gestion de leur habitation
prend de plus en plus d’importance, qu’en
est-il au Québec ?
DVDH: En effet, la SQH accorde également
beaucoup d’importance à la participation des
locataires à la gestion de leur milieu de vie. Elle vise
principalement l’amélioration du mieux-être par la
mise en place de comités consultatifs des résidants.
Les objectifs de ces comités sont de permettre aux
locataires de participer à la gestion de leur milieu de
vie et de s’exprimer sur différents aspects affectant
leur qualité de vie, de favoriser la prise en charge
des locataires par eux-mêmes, de permettre aux
offices d’habitation d’avoir une meilleure vision des
problématiques sociocommunautaires et locatives
vécues par leurs locataires, de favoriser la transparence
des activités de gestion, ou encore de promouvoir la
participation des locataires aux activités à caractère
social et communautaire et favoriser la vie associative.
Cette participation est renforcée par la possibilité
pour un groupement d’intérêts communs de créer
des COOP (coopérative) ou d’OBNL (ASBL) en
vue de produire du logement. Ces initiateurs seront
généralement les futurs gestionnaires de l’immeuble.
Le montage de l’opération et la formation de
gestionnaire sont assurés par le GRT (groupe de
ressources techniques) ou/et par la SHQ.
41
19
COUP D’OEIL
42
sur les réalisations de nos sociétés
Des logements sociaux dans
les bureaux de l’ancienne
société de logements de
Lessines.
Le 26 septembre dernier, douze nouveaux logements sociaux ont été inaugurés dans les bâtiments des services administratifs de l’ancienne
société de logements publics « Le Plus Grand
Lessines » fusionnée avec « L’Habitat du Pays
Vert » en 2004, suite à l’opération de remembrement des sociétés de logements publics.
Outre du logement, une partie du bâtiment
est désormais affectée à de nouveaux bureaux
pour le Centre Public d’Action Sociale. Isabelle
PRIVE, Echevine du Logement, rappela le long
parcours de ce dossier qui a débuté en décembre
2001, dans le cadre du plan d’ancrage communal. Elle se réjouit donc de son aboutissement,
donnant quelques détails sur le financement,
une opération qui aura coûté 875.000 euros
dont plus de 70% ont été financés par la Région
wallonne.
Le Foyer Cinacien reconvertit
un ancien bâtiment industriel
en appartements
Le samedi 15 septembre 2007 se tenait la journée d’inauguration de quatre appartements à
une chambre appartenant au Foyer Cinacien.
C’est une ancienne imprimerie sur le site de
l’EPC (Economie Populaire de Ciney), qui a été
reconvertie pour la cause du logement social.
Pour l’anecdote, relevons que cet immeuble a
été tour à tour, la maison du chanoine Knoodt,
une conciergerie, une imprimerie, et ensuite le
siège de la Société de Logement de Service Public durant quelques années.
Particulièrement bien situés, près du centreville, ces logements rénovés, de petite taille,
conviendront tant aux couples qu’aux personnes seules.
Vu le nombre de chantiers en cours, le Foyer Cinacien n’a pas fini d’alimenter cette rubrique !
43
19
9 nouveaux logements au
Foyer Jambois
Le 7 décembre dernier, 9 logements au Foyer
Jambois ont été inaugurés. Il s’agit d’un immeuble de six logements sociaux (4 d’une chambre et 2 de deux chambres), rue de la Poudrière
et de trois logements de transit, avenue du Parc
d’Amée, tous situés à Jambes.
La construction de ces logements constitue la
première phase d’un ensemble réparti en trois
phases. La deuxième phase, constituée de six
maisons de type moyen est, en cours de réalisation. Quant à la dernière phase, elle constitue
le cadre d’un partenariat public/privé en cours
d’étude.
Ces nouvelles constructions s’articulent autour
d’un espace public qui va être aménagé, le principal objectif étant de sécuriser les lieux et de
rendre l’espace prioritaire au profit des piétons et
usagers faibles.
Il faut souligner que les deux appartements du
rez-de-chaussée ont été conçus pour permettre
leur occupation par des personnes à mobilité
réduite.
Le financement de cette opération a pu se
concrétiser grâce à la participation de la Société
Wallonne du Logement qui a consenti un prêt
d’un montant de près de 486.000 euros remboursable en trente ans ; le solde étant financé
par le Foyer Jambois à concurrence de quelque
123.000 euros.
Enfin, le Foyer Jambois vient d’augmenter son
parc de logements de transit de 75% soit trois
nouveaux logements venant s’additionner au
quatre existants.
Cette opération répond à un besoin de logements d’urgence et permettra de diversifier les
actions du Foyer Jambois à l’égard des familles
en situation d’urgence sociale.
L’ISSH lève le voile sur 13
nouveaux logements sociaux !
Le 26 septembre dernier, l’Immobilière Sociale
Entre Sambre et Haine de Binche (ISSH) avait
invité de nombreuses personnalités à la Maison
des Arts et du Patrimoine Social à Morlanwelz
à l’occasion de l’inauguration de 13 nouveaux
logements sociaux.
Cette initiative s’inscrit d’ailleurs parfaitement
dans le cadre de l’opération de revitalisation
urbaine que mène actuellement la commune,
permettant notamment la réhabilitation de l’ancienne école, tout en gardant au maximum son
caractère architectural singulier.
COUP D’OEIL
44
sur les réalisations de nos sociétés
Pour la Présidente de l’ISSH, Marie-Rose TREZEGNIES, ce fût l’occasion de faire le point sur
la nouvelle offre de logements sur le territoire
couvert par la société de logement, soit cinq logements à Bray, sept logements à Binche et quatre nouvelles maisons à Estinnes, et ce depuis
l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante. Avec
cette nouvelle offre de logements à Morlanwelz,
ce sont donc 29 nouveaux logements sociaux
qui viennent compléter le parc social actuel de
l’ISSH. Présent lors de cette inauguration, le Directeur Général de la SWL, Alain ROSENOER
s’est félicité de l’évolution de la qualité de l’offre
proposée par l’ISSH.
5 nouveaux logements à
Spontin pour la Dinantaise
Le 7 décembre dernier, la Dinantaise inaugurait
cinq nouveaux logements à Spontin.
Cette opération s’est réalisée en collaboration
avec le Centre d’Action Sociale de la Commune d’Yvoir. Elle vient compléter le parc locatif
social qui compte désormais près de 570 logements sociaux couvrant les six communes associées : Onhaye, Dinant, Anhée, Yvoir, Hastière
et Mettet. L’originalité de l’opération résulte
de la rénovation et de la réhabilitation de l’ancienne maison communale de Spontin, « Les
Carioteux », en trois logements sociaux. Le financement de cette opération, abords compris,
s’élève à un peu plus d’un demi-million d’euros.
Au nom du nouveau conseil d’Administration,
Armand François s’est réjoui de voir que la Dinantaise est un véritable phare du logement social en milieu rural. Cette opération s’inscrit logiquement dans le développement en logements
sociaux que s’est assignée la Commune d’Yvoir,
privilégiant singulièrement les opérations de ré-
novation et de réhabilitation et d’insertion dans
les villages de la Commune.
24 appartements
supplémentaires pour
Logivesdre à Stembert
Ce vendredi 19 octobre, LOGIVESDRE inaugurait 24 nouveaux logements sociaux, Cité
Hennen à Stembert. Ces logements sont répartis
en quatre fois six appartements de deux chambres. Le montant de l’investissement s’élève à
plus d’1,5 millions d’euros. Pour rappel, Logivesdre dispose actuellement d’un parc de quelque 3.000 logements, alors que la société enregistre encore plus de 1.350 demandes. Ces 24
appartements supplémentaires viennent donc
très opportunément enrichir ce patrimoine.
19 nouveaux logements
sociaux et moyens à Tournai
Vendredi 19 octobre dernier, le Logis
Tournaisien recevait le Ministre-Président du
Gouvernement wallon, Rudy DEMOTTE, venu inaugurer 19 nouveaux logements sociaux.
D’un montant à peine inférieur à 1,5 millions
d’euros, cet investissement couvre une opération
de réhabilitation pour 13 appartements, la
construction de deux nouveaux logements moyens
ainsi que la rénovation de quatre logements
sociaux dont les locataires se sont vus remettre les
clés à cette occasion. Exemples réussis de projets
de réhabilitation de bâtiments autrefois voués à
d’autres affectations tel un ancien relais de poste,
l’objectif du Logis Tournaisien est d’intégrer du
logement social au sein d’un univers sociologique
composite, favorisant ainsi la mixité sociale.
45
Lors de son allocution, le Ministre-Président
releva le dynamisme de la SLSP, soulignant
notamment sa grande distinction obtenue dans
le cadre de l’audit de l’ensemble des SLSP confié
par la SWL à un bureau d’étude indépendant.
Le Foyer Malmédien redonne
vie à l’ancien presbytère de
Wanne.
Avec l’achèvement des travaux de l’ancien
presbytère de Wanne, le Foyer Malmédien
compte une rénovation de qualité de plus dans
son parc locatif. La bâtisse abrite désormais
trois appartements sociaux, inaugurés le 17
septembre 2007. Le Foyer malmédien a travaillé
en concertation avec la Commune pour offrir ces
trois logements supplémentaires à la population.
Il s’agit de logements fonctionnels situés dans un
cadre champêtre exceptionnel. Une isolation de
qualité, tant acoustique que thermique, caractérise
cette réalisation. En témoignent les interventions
au niveau des planchers et de la toiture. L’aspect
extérieur a été sauvegardé, de façon à respecter
le caractère architectural de l’édifice. De plus,
les travaux se sont déroulés dans les délais.
Un chantier exemplaire !
16 logements «Seniors» à
Herstal
Le 13 décembre dernier, la Société régionale du
Logement de Herstal et l’Intercommunale des
Personnes Agées de Liège et environs (IPAL) ont
inauguré seize logements de résidence-service,
ainsi qu’un pavillon communautaire. Construits
par la SRL Herstal et gérés par l’IPAL, ces
nouveaux logements permettront à des seniors
de disposer d’une réelle alternative aux maisons
de repos. Les locataires y bénéficieront d’un
hébergement individuel de qualité, à prix réduit,
avec la possibilité de bénéficier d’une série de
services « à la carte ».
Les différents intervenants n’ont pas manqué
de soulever l’intérêt de ce projet qui est une
réponse au vieillissement de la population et
une alternative intéressante à la maison de
repos. En effet, si les personnes de plus de 60
ans représentaient 16% de la population en
1950, elles devraient atteindre plus du double à
l’horizon 2050 !
Cette inauguration vient compléter ce parc
locatif social particulier, fondé sur la résidence
service et qui compte désormais 78 logements
opérationnels en Province de Liège ; un objectif
loin d’être atteint puisque la programmation
régionale en prévoit 1.092 en Province de Liège
BLOC-NOTES
46
Meuse Condroz Logement
obtient le prix de l’entreprise
citoyenne 2007 dans le cadre
de l’opération CAP48.
Inauguration officielle du
Centre européen du logement
En octobre 2001, huit appartements adaptés et
destinés aux personnes atteintes de la sclérose en
plaque ont été inaugurés près du Centre hospitalier
de Fraiture. Quatre autres appartements de ce
type sont prévus.
En effet, les malades résidant au Centre
Neurologique et de Réadaptation Fonctionnelle
de Fraiture en Condroz ne peuvent se déplacer
qu’en chaise roulante et se retrouvent dans une
situation d’inaccessibilité dans leur logement
« traditionnel », souvent peu adapté aux
personnes moins valides.
Cette réalisation de la Société
Meuse Condroz Logement a
été récompensée récemment
dans le cadre du prix de
l’entreprise citoyenne 2007
de CAP48.
Paul-Louis Marty et Michel Delebarre
C’est le 7 novembre 2007 qu’a eu lieu
l’inauguration officielle du Centre européen
pour le Logement, situé au 18 Square de Meeûs
à Ixelles, en présence de Messieurs Michel
DELEBARRE, Président du Comité des Régions
de l’Union européenne et Paul-Louis MARTY,
Président du CECODHAS (Comité européen
de coordination de l’habitat social).
Cette nouvelle initiative rassemblera le
CECODHAS – le Comité de Liaison européen
pour le Logement social – et les bureaux européens
des Fédérations nationales du logement sous un
même toit, afin de créer un centre d’expertise sur
la problématique du logement.
L’événement a coïncidé avec la publication de
deux nouveaux livres: La Revue du Logement
social, public et de Coopératives dans les 27 Etats
membres de l’UE (qui contient une analyse, des
47
descriptions et des données clés illustrant
la situation actuelle du logement social en
Europe) et Le Logement social dans l’UE:
quand l’intérêt communautaire épouse l’intérêt
général (qui présente l’impact qu’a de plus en
plus la législation de l’UE sur le secteur).
Dans le cadre de cette inauguration, la
SWL a également participé à l’exposition de
photographies « attrayantes, provocantes ou
emblématiques » illustrant les valeurs et activités
de notre Secteur.
L’Habitation Jemepienne
Journée Portes ouvertes à « Versant Est »
C’est dans le cadre de la « Journée Découverte Entreprises », le dimanche 7
octobre 2007, que la Société de Logement « Versant Est » ouvrait ses portes au
public. Une grande première pour le secteur ! L’occasion était ainsi donnée au
grand public de constater que la gestion dynamique d’un parc immobilier de
plus de 1.650 logements ne s’improvise pas. Compte-rendu…
Depuis le fléchage, l’exposition de matériel didactique et de maquettes, le
parcours « découverte », jusqu’au petit verre de bienvenue, tout était orchestré
de façon à découvrir toutes les facettes du logement social façon « Versant
Est ».
Les corps de métiers étaient représentés au grand complet et se tenaient à la disposition de l’usager ou du
simple curieux pour répondre à leurs questions sur la maintenance, la gestion administrative, la candidature
à un logement ou les projets en cours de construction ou de rénovation.
Sous le chapiteau, le public était invité à un parcours « découverte » dont la première étape conduisait à
l’imposant bâtiment technique.
Chauffage, plomberie, électricité, menuiserie, toiture, maçonnerie, plafonnage, carrelage et espaces verts :
toutes les réparations sont assurées par une équipe multidisciplinaire, organisée selon un système de feuilles
de route, qui montrent un emploi du temps particulièrement chargé, de demi-heure en demi-heure.
La coordination de la sécurité est également assurée en interne.
Les visiteurs pouvaient également s’adresser au personnel administratif et aux assistantes sociales, qui
ont eu à cœur d’expliquer les « coulisses » de divers dossiers tels les grandes rénovations du programme
exceptionnel d’investissements.
BLOC-NOTES
48
Une navette en bus emmenait également les
visiteurs sur le terrain pour se rendre compte
de l’évolution des chantiers en cours. La société
gère un parc locatif de qualité de pas moins
de 1.650 logements, a construit de près de
120 logements en moins de 10 ans, soit un
logement par mois, et rénové 1.200 logements
en 5 ans, soit 20 logements par mois, ce qui
représente un investissement immobilier de
près de 75.000 € par semaine. A l’issue de cette
journée, les participants ont pu mesurer le
professionnalisme de « Versant Est ».
Journée d’information à la
Maison des Hommes le 14
septembre 2007
Le 14 septembre 2007, la Maison des
Hommes organisait une journée d’information
à l’attention de son nouveau Conseil
d’Administration et de son Comité Consultatif
des Locataires et des Propriétaires. L’objectif de
cette journée était de présenter le patrimoine
de la Société, de localiser les logements sur le
territoire de la commune, mais aussi de donner
une idée de l’état d’avancement des projets de
construction.
Le programme était chargé et riche en visites
durant la première partie de la journée,
l’après-midi étant réservée aux architectes qui
présentaient le projet de reconstruction et de
requalification de l’ « Unité IV ». Le Conseil
d’Administration précédent avait entamé
divers programmes de rénovation et approuvé
des mesures d’accompagnement des locataires
pendant la durée des travaux. Ainsi, le nouveau
Conseil d’Administration aura notamment
pour mission de poursuivre et mener à terme
le PEI et le PRIMA (Programme de rénovation
lourde et d’isolation acoustique des logements
situés dans les zones d’exposition au bruit de
l’aéroport de Liège-Bierset). La fin de ces deux
programmes est prévue au plus tard début
2010. Au chapitre des dossiers importants,
nous retiendrons le partenariat du Plateau
des Trixhes : 180 logements moyens seront
construits en collaboration avec le secteur
privé et l’ensemble du Plateau sera requalifié.
A mentionner également, l’excellente brochure
de présentation réalisée pour l’occasion et qui reprend l’ensemble des chantiers menés par
« La maison des Hommes ». Le CCLP a prêté
mains fortes à la réalisation de cette brochure
en partageant son travail sur l’origine des noms
de rues et quartiers. En voici un extrait : « Rue
grand Pré : Avant 1952, il s’agissait d’un chemin
empierré, assez étroit, et très fréquenté, qui
traversait les prés. Il fut élargi à 5 m en 1910 ».
49
Ligne verte pour les usagers de
Meuse Condroz Logement
Bon nombre de locataires sont amenés
à téléphoner à la SLSP Meuse Condroz
Logement pour des problèmes divers :
techniques, sociaux, administratifs,
… Depuis la création d’un numéro
de téléphone gratuit, le 0800/25045,
le nombre d’appel est en croissance
et atteint aujourd’hui la dizaine par
jour. Cette heureuse initiative soulage
quelque peu le portefeuille des locataires
et facilite leur relation avec la société de
logement.
BLOC-NOTES
50
100 millions d’euros pour
la rénovation du logement
social en Wallonie.
Après une première libération de tranche de 150
millions d’euros consentie en 2004, le contrat
de financement d’une deuxième tranche de 100
millions d’euros (sur l’emprunt global de 250
millions) et les accords de cautionnement ont
été confirmés par le protocole signé au siège de
la SWL le 21 décembre 2007 par Messieurs
Philippe Maystadt, Président de la Banque
européenne d’investissement (BEI), André
Antoine, Vice-président du Gouvernement
wallon, Ministre du logement et Alain
Rosenoer, Directeur général de la SWL.
Pour rappel, cette deuxième tranche est affectée
au programme exceptionnel d’investissement
(PEI). Ce plan quinquennal 2004-2008 portant
sur plus de 36.000 logements sociaux localisés
dans les cinq provinces wallonnes et notamment
dans des zones de développement régional,
telles que le Hainaut et Liège, doit remettre en
état un tiers du parc immobilier géré par les
sociétés de logement. Outre la démolition et
reconstruction de quelque 1.750 logements,
les travaux consistent principalement en la
rénovation et la remise à niveau aux normes
de sécurité des habitats. Participant à une
meilleure qualité de l’environnement en milieu
urbain, certains projets annexes de rénovation
de quartiers – inclus dans le programme - seront
également financés par le prêt BEI.
Quelques chiffres sur l’avancement du
PEI…
La rénovation du parc locatif se poursuit
activement… Depuis le début de ce
programme, des marchés de travaux pour près
de 508 millions d’euros ont été approuvés par
la SWL, ce qui représente environ 63% du
programme PEI prévu sur la période 20042007. Depuis 2004, ce ne sont pas moins
de 13.550 maisons et 9.350 appartements
qui ont été rénovés ou sont en cours de
rénovation, soit 22.900 logements, pour un
total prévu de 34.600 logements à rénover.
De plus, 60 maisons et 1.100 appartements
ont été déconstruits ou sont en cours de
déconstruction, soit 1.160 logements, pour un
total prévu de 1.750 logements à déconstruire.
Cette déconstruction implique bien sûr le
relogement préalable de son locataire dans une
autre habitation mise à sa disposition. Tant en
rénovation qu’en déconstruction, les travaux
sont donc réalisés ou en cours d’achèvement
pour 2/3 des logements prévus.
En conclusion, les opérations restant à entamer
représentent 23 % du programme total à réaliser
pour fin 2008. Les médias ont relayé récemment
la grande satisfaction de la Confédération de
la Construction Wallonne (CCW) quant aux
résultats engrangés en 2006, secteurs privés et
publics confondus (+9% de rénovations ; plus
de 100.000 constructions d’ici 2015). Nous
pouvons en déduire, sans fausse modestie, que
le PEI a également contribué à ce beau résultat
wallon.
51
Un nouveau contrat de gestion pour la Societe Wallonne du
Logement
Le nouveau contrat de gestion1 de la SWL a été approuvé par le Gouvernement wallon le 19 juillet et
signé par les parties le 10 septembre 2007.
Le 10 septembre 2007, après plusieurs mois de négociations intenses, avait lieu à l’Hôtel de Ville de
Charleroi, la signature officielle du contrat de gestion de la SWL par le Gouvernement wallon représenté
par Monsieur André Antoine, Ministre en charge du logement et la SWL représentée par Messieurs André
De Herde, Président du Conseil d’administration, et Alain Rosenoer, Directeur général de la SWL.
L’ambiance était au beau fixe pour la signature de ce document de référence. En effet, le contrat de gestion
est avant tout un outil de gestion volontariste, partenarial et transparent. Volontariste parce qu’il fixe les
cibles à atteindre par la SWL et établit une série d’indicateurs de suivi de ses résultats. Partenarial dans
le sens où il se base sur une volonté de dialogue permanent entre le Ministre, le Gouvernement, la SWL
et les Sociétés de logement de service public (même si ces dernières ne font pas parties intégrantes du
contrat) et transparent puisqu’il clarifie l’organisation et la gestion de la SWL, notamment en prévoyant
la communication annuelle des résultats obtenus, et en garantissant que les moyens nécessaires pour
atteindre les objectifs seront alloués.
Globalement, on retrouvera dans le contrat les éléments indispensables à la réalisation de notre objectif
tels que les missions assignées à la SWL, les objectifs assignés aux parties, leurs engagements, les tâches
et activités devant être assumées par la SWL en vue de l’exécution de ses missions, les moyens mis à la
disposition de la SWL pour atteindre ses objectifs et les modalités de mise en œuvre, de suivi, de contrôle
et de révision du contrat de gestion.
Pour mémoire, le premier contrat de gestion de la SWL couvrait la période 1998-2002. Depuis 2002, aucun nouveau contrat de gestion n’avait été
négocié ni signé. En fait, et jusqu’à la signature du nouveau, l’ancien contrat devenu désuet continuait malgré tout de s’appliquer (en vertu de l’art.109,
§7 du ’Code wallon du Logement).
1
BLOC-NOTES
52
Le contrat implique, d’une part, un engagement du Gouvernement wallon à :
•
mettre à disposition de la SWL les moyens budgétaires nécessaires en fonctionnement et en
investissement pour faire face à ses missions ;
•
mettre à disposition les moyens humains nécessaires en qualité et en nombre suffisant ;
•
faciliter les missions de la SWL (en ce compris la réforme de la politique du logement et la simplification
administrative).
D’autre part, la SWL s’engage quant à elle à :
>>> mettre en œuvre la politique régionale du logement dans le cadre des moyens qui lui sont octroyés ;
>>> optimiser ses moyens de fonctionnement de manière à maximiser l’offre en matière de logement ; >>> se concentrer sur ses missions de base ;
>>> organiser efficacement les services répondant à la demande des usagers ;
>>> instaurer une dynamique de gestion orientée vers les résultats ;
>>> mettre à disposition du Gouvernement les données nécessaires à la connaissance du marché du logement ;
>>> développer toute initiative en matière de simplification administrative ;
>>> essayer d’atteindre l’équilibre financier sur la durée du contrat de gestion. Ces engagements de la SWL se déclinent selon 4 grands principes fondamentaux (ou missions
transversales) qui favorisent l’éthique et la bonne gouvernance, le développement d’une orientation
« usagers », le respect de l’égalité des usagers et la transparence dans son action.
Les missions ciblées de la SWL définies dans le contrat de gestion sont moins « organiques » que celles
reprises dans le Code wallon du logement. Il s’agit des missions de programmation, recherche et étude, de
financement et de suivi, d’assistance et de conseil, de régulation et de contrôle et d’opérateur.
Enfin, le contrat de gestion organise les relations de la SWL avec les SLSP. Il prévoit notamment la
contractualisation de la relation SWL-SLSP au travers de la conclusion de contrats d’objectifs ainsi que
le renforcement de la dynamique de consultation du secteur et du partage d’informations. Il insiste aussi
tout particulièrement sur l’importance d’une bonne communication entre la SWL et les locataires et sur
la mise en œuvre concrète de la réforme locative.
Ainsi, déterminant quant à nos objectifs et aux moyens de les atteindre, le contrat de gestion est une
bonne nouvelle pour la SWL car ses missions y sont circonscrites en fonction des besoins du secteur, en
constante évolution.
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