Printemps 2010

Printemps 2010
Printemps 2010
Février 2010
synagri.com
Optimiser
les intrants
Pour les cultures, nous devons
acheter les intrants avant de
connaître le prix auquel la culture
sera vendue ou valorisée par des
animaux. Dans un contexte marqué désormais par la volatilité, le
bon sens recommande de viser
l’optimisation des intrants. Ainsi dans le pire des
cas, si les cours sont bas, on préserve la marge.
Optimiser les intrants ne veut pas dire minimiser
les intrants. Au contraire, c’est une démarche
basée sur des choix techniques à faire en partant
des références à notre disposition.
Cap AGRO est une revue qui permet d’optimiser
les intrants en Bretagne, car elle présente les
dernières références connues et confirmées par
des essais en stations expérimentales et en
réseaux et par les références bretonnes de nos
partenaires.
La Bretagne compte 800 000 ha d’herbe,
450 000 ha de céréales à paille et 430 000 ha de
maïs. Ce sont les principales cultures de
Bretagne qui concernent pratiquement tous les
agriculteurs bretons.
Comme pour les éditions précédentes, ARVALIS
Institut du Végétal a apporté sa contribution.
Bonne lecture.
Nous avons inséré deux dossiers dans ce
numéro, l'un sur un sujet d'actualité, les algues
vertes et l'autre sur le salon agritechnica 2009
pour l'innovation.
Pierre DANIEL
Président du pôle régional Agronomie Productions Végétales
des Chambres d’agriculture de Bretagne.
Partenaires associés du Pôle agro :
Arvalis Institut du végétal,
Bretagne Contrôle Laitier
Vie du pôle
Brèves . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4/5
Le phosphore observé à la loupe à Kerguéhennec . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6/7
Connaître la puissance réellement utilisée du tracteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8/9
Actualités
Ecophyto Bretagne, la profession agricole s'engage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Conditionnalité PAC : quelles nouvelles règles en 2010 ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Économie
Marché du maïs :
un bilan à l'équilibre, des prix qui restent élevés et stables
........................
12
Agro Bio
Maîtriser les adventices :
quelles solutions proposer comme alternatives aux herbicides . . . . . . . . . . . 13/14/15
La conduite du maïs en bio . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27/28/29
Céréales
Une pression maladies faible à moyenne selon les secteurs en 2009 . . . . . . . 16/17
Protection fongicide 2010 : nos préconisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18/19
Maïs
Désherbage du maïs en post-levée :
les traitements précoces sont toujours payants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20/21
Désherbage du maïs 2010 :
deux passages nécessaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22/23
Désherbage du maïs :
combiner le mécanique et le chimique, une technique efficace . . . . . . . . . . . . . . . . 24/25
Ravageurs du semis du maïs : éviter le traitement systématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Protéagineux
Allonger les rotations avec des protéagineux de printemps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30/31
Protéagineux de printemps : itinéraires techniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32/33
Betteraves
Betteraves fourragères : des rendements réguliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34/35
Herbe
Prairies : désherbage précoce à l'implantation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
Dossier algues vertes
Dossier Agritechnica 2009
.................
..............................
37/44
47/50
Responsable de la publication : Louis Jestin - Conception : Louis Le Roux
Rédacteurs : Pôle Agro PV : Alain Cottais, Didier Debroize, Bertrand Decoopman, Michel Falchier, Jean Luc Giteau, Annie Guillermou, Daniel Hanocq, Pierre
Havard, Louis Jestin, Louis Le Roux, Claire Marceau, Sylvie Tico ; CA 22 : Jean Paul Hamon, Manuel Lacocquerie, Olivier Manceau ; CA 29 : Benoit Nézet ;
CA 35 : Patrick Edeline ; CRAB : Elisabeth Congy, Julie Rio ; INRA : Patrick Durand Chantal Gascuel, Laurent Ruiz ; Arvalis Institut du Végétal : Antoine
Bray, Eric Masson
Photo : Chambres d'agriculture de Bretagne.
Mise en page : TerrA ; Impression : Corlet roto - 53 Ambrière les Vallées.
Prix : gratuit pour les agriculteurs bretons
Contact : Stéphanie vétal Tel 02 98 52 49 11, [email protected]
Financement : Chambres d’agriculture de Bretagne, Conseil Régional de Bretagne, Etat, Europe
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
4
Vie du pôle
Vie du pôle
Orientations des travaux
du pôle Agro PV
LES PUBLICATIONS 2009
DU PÔLE AGRONOMIE
PRODUCTIONS VÉGÉTALES
Cap agro Printemps - Automne 2009
L’édition « Printemps 2009 » est parue en fin janvier 2009 et
celle « d’automne 2009 » est parue en début octobre 2009.
Elles ont été diffusées à 28 000 agriculteurs bretons par
deux canaux, en supplément de TERRA dans trois départements (22,35,56) et aux adhérents des comités de développement dans le Finistère. Les revues présentent les
dernières références connues et confirmées par nos
essais en stations expérimentales et en réseaux et par les
références bretonnes de nos partenaires.
Le programme du pôle est arrêté, chaque année, par
le comité professionnel du pôle (composé de 9 élus
chambres d’agriculture des 4 départements bretons)
en prenant en compte trois données :
• les besoins des agriculteurs exprimés dans les commissions locales, départementales et régionales
• les orientations des Chambres d’agriculture de
Bretagne précisées dans un séminaire régional
• les objectifs définis dans le contrat d’objectifs signé
entre les Chambres d’agriculture de Bretagne et le
Conseil Régional.
Le schéma ci-dessous donne un aperçu des orientations de nos travaux pour l’année 2009.
Travail
6%
Compétitivité
Environnement
31%
37%
Cap Agro variétés céréales 2009/2010
Bretagne
Cette publication est le fruit de la collaboration entre ARVALIS Institut du Végétal et le pôle Agronomie Productions
Végétales des Chambres d’agriculture de Bretagne sur les
variétés de céréales. Elle a été diffusée avec le TERRA du
18 septembre 2009.
Cap agro variétés maïs 2 010 Bretagne
Cette publication est le fruit de la collaboration entre ARVALIS
Institut du Végétal et le pôle Agronomie Productions Végétales
des Chambres d’agriculture de Bretagne sur les variétés de
maïs. Elle a été diffusée avec le TERRA du 18 décembre 2009.
Fiche technique
Synthèse
des orientations
des travaux
du pôle
Valorisation
produits
Energie
12%
14%
2 900 micro-parcelles
d’essai
"2 900 micro-parcelles"
« Du bon usage du glyphosate »
Cette fiche technique a été réalisée en collaboration avec
ARVALIS et Coop de France Ouest. Elle a pour objectif de
donner aux agriculteurs le mode d’emploi du glyphosate
dans une optique d’un usage raisonné dans le respect de la
réglementation, évitant en particulier les excès et l’utilisation systématique.
Dossier « glyphosate »
Ce dossier complémentaire à la fiche technique (cf ci-dessus)
apporte des précisions sur différents aspects : le mode d’action
du glyphosate, les marges de progrès dans son utilisation, l’évolution positive de la qualité des eaux bretonnes. De plus quatre responsables professionnels apportent leurs témoignages
sur l’utilisation des phytos sur leurs exploitations.
Pour se procurer ces documents,
s'adresser à votre antenne locale Chambre d'agriculture.
4
2900 micro parcelles
pour être représentatif de la Bretagne.
160 parcelles d’essai, 2900 micro-parcelles , tels sont les
indicateurs 2009 de l’activité « recherche appliquée » du
pôle agro PV. Il est à noter en plus que ce dispositif est
réparti sur les quatre départements bretons de manière
à coller le plus possible aux conditions pédo-climatiques de chaque zone de notre région. C’est à partir des
références acquises au travers de ce dispositif que nous
élaborons les messages contenus dans nos publications. Nous tenons à remercier les agriculteurs qui mettent disposition des parcelles pour réaliser les essais.
Contact : Louis Jestin - 02 98 52 49 12
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
L’opération
« Agir sur le prix de revient »
thème de l’année 2010
LES PUBLICATIONS 2009
DU PÔLE AGRONOMIE
PRODUCTIONS VÉGÉTALES
Le guide pratique « Les techniques
culturales sans labour en Bretagne »
Les charges de mécanisation impactent fortement
le prix de revient des cultures.
Les Chambres d’agriculture de Bretagne lancent une
nouvelle opération régionale intitulée « Agir sur le prix
de revient ». Cette opération va se dérouler tout au
long de l’année 2010. Elle comprendra deux volets :
des témoignages d’agriculteurs qui paraîtront chaque
semaine, dans la presse agricole, des fermes ouvertes au
printemps et à l’automne. Une concertation entre les
pôles des Chambres d’agriculture et les centres comptables a permis de définir des indicateurs technico-économiques partagés. Le pôle agronomie Productions
végétales intervient sur deux aspects : le coût des intrants
cultures et les charges de mécanisation
Contact : Jean Yves Porhiel
[email protected] :
bilan de la 1ère année
Mes [email protected] est ouvert sur le portail AGRANET depuis
début 2009. C’est un logiciel des gestion des cultures
accessible par web. Il permet de gérer ses cultures et
de satisfaire à toutes les obligations réglementaires :
plan de fumure, cahier de fertilisation , registre phytosanitaire…. En fin d’année 2009, on compte près de 350
abonnés pour la Bretagne. Les abonnés sont particulièrement satisfaits du service rendu : on gagne sur plusieurs tableaux à la fois : la sécurité (les données sont
stockées sur un serveur) , en mobilité (on peut enregistrer à partir de n’importe quel micro-ordinateur et même
par PDA), en conformité (les mises à jour du logiciel
sont permanentes, sans contrainte pour l’abonné), en
efficacité (les fonctionnalités permettent un enregistrement rapide).
Pour ceux qui veulent en savoir plus, contacter un
conseiller de la Chambre d'agriculture ou du Contrôle
laitier de votre département.
Contact:
Louis Jestin - 02 98 52 49 12
Ce guide pratique a été réalisé pour l’opération « sol et
vie ». Il a été diffusé lors du forum agrofutur 2009 le 27 janvier 2009 à Pontivy et lors des fermes ouvertes au printemps
et à l’automne. Ce guide présente l’éventail des techniques
du travail du sol, du labour au semis direct. Il explicite chaque
technique. Il donne les conditions pour réussir le « sans
labour ».
Un dossier « sans labour »
Ce dossier est paru dans le TERRA du 31 janvier 2009. Il présente des interviews des principaux intervenants du forum
agrofutur du 27 janvier. De ce fait, il passe en revue les différents aspects à prendre en compte pour le travail du sol :
l’agronomie, l’environnement, le temps de travail, la qualité
des produits, l’économie…
Un DVD « Sol et Vie,
le travail du sol en question »
Ce DVD regroupe tous les documents que le pôle a réalisés
pour l’opération « sol et vie », à savoir quatre films, le document du forum agrofutur du 27 janvier 2009, le guide pratique « les techniques culturales sans labour ». Ce DVD est destiné prioritairement aux conseillers et aux enseignants. Il permet une utilisation à la carte : par thématique, on a accès facilement à différents supports : film, diaporama, guide pratique …
Un dossier « couverts végétaux »
Ce dossier est paru dans le TERRA du 3 juillet 2009. Il présente une trentaine d’espèces, avec leurs principales caractéristiques techniques. L’implantation des couverts végétaux
amène de nombreux avantages au niveau agronomie, environnement, biodiversité et production de fourrage. De plus le
4e programme d’action directive nitrate impose la généralisation des couverts pendant l’hiver en Bretagne.
Un dossier « colza »
Ce dossier est paru dans le TERRA du 10 juillet 2009.
Il présente les références 2009 adaptées à la Bretagne
pour le colza. Il a été réalisé en collaboration avec le
CETIOM. Il passe en revue les variétés, l’implantation
et les opérations à réaliser en automne.
Deux fiches techniques « énergie »
L’une traite du miscanthus, l’autre de la valorisation énergétique du bocage breton. Ces fiches présentent de façon synthétique (4 pages) les références sur ces thèmes. Celles-ci proviennent principalement d’opérations conduites en Bretagne, dans
lesquelles le pôle est impliqué.
Pour se procurer ces documents,
s'adresser à votre antenne locale Chambre d'agriculture.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
5
Vie du pôle
Kerguéhennec
BIGNAN (56)
L
e phosphore est un fertilisant des
cultures qui a la particularité d’être
fortement fixé par les particules du
sol. Il est peu lessivable. L’étude menée à
Kerguéhennec réalisée dans le cadre d’un
projet national avec plusieurs partenaires,
a pour objectif de mesurer les transferts
de phosphore sous l’effet de la pluviométrie.. Les phénomènes observés seront ainsi
surtout liés au ruissellement, mais compte
tenu des faibles quantités recherchées, les
flux issus des systèmes de drainage ne sont
pas négligeables.
Sur le site de Lanchébo, on mesure de 100
à 200 g de P/ha/an dans les eaux de drainage (230 à 460 g P2O5 / an) et de 500 à
700 g de P/ha/an perdus par ruissellement
(1 150 à 1 610 g P2O5 / an).
Une fertilisation
phosphatée apportée
en surface peut
tripler les pertes
par ruissellement
Lorsqu’ un épisode de ruissellement intervient après un apport récent (8 à 10 j) de
fertilisant phosphaté non enfouis, les pertes par ruissellement peuvent être doublées ou triplées.
Nos observations ont porté sur des épandages de lisier de porc (effet particulièrement net) et de fumier de volaille, mais
Arvalis a rapporté des résultats similaires
avec un engrais minéral en surface sur des
céréales.
6
Depuis l’automne 2006, un dispositif expérimental
de 2 500 m2 est en place sur la station pour
traquer le moindre gramme de phosphore qui
quitte les parcelles sous l’effet de la pluviométrie.
Un « simulateur » de pluie, permet en outre
de décortiquer le phénomène de ruissellement
à sa naissance, à l’échelle du m2.
Ordre de grandeur
des flux de phosphore
mesurés en g P/ha/an
(Kerguéhennec Lanchébo - 2006 à 2009)
P Total
48 ha de cultures
conventionnelles
- maïs, céréales, colza, pois, jachère
- légumes d’industrie
- cultures nouvelles : lin, chanvre…
6 ha en agro-biologie
- maïs, céréales, colza, pois...
Essais
- Fertilisation phospho-potassique
- Techniques Sans Labour (T. S. L.)
en conventionnel et en agrobio
- Transferts de produits phytos
- Itinéraires techniques
- Cultures énergétiques.
Contact :
Alain COTTAIS, 02 97 60 44 16
Le phosphore observé à la loupe à Kerguéhennec
P
biologiquement
disponible
Station Expérimentale
Agronomie Productions
Végétales
Vie du pôle
Sans fertilisation
récente
Apport récent
de fertilisant
non enfouie
Sans fertilisation
récente
Apport récent
de fertilisant
non enfouie
Drainage
(avec
présence
de drains)
Ruissellement
Flux cumulé de P total
pour 15 mm de ruissellement (mg P/m2)
Total
100
à 200 g
500
à 700 g
600
à 900 g
A priori pas
d'impact
mesurable
500
à + de
2000 g
600
à + de
2200 g
100
à 200 g
10
à 15 g
110
à 215 g
A priori pas
d'impact
mesurable
30
à 700 g
130
à 900 g
Une simple incorporation en surface ne
suffit pas à supprimer l’impact d’ un apport
récent, mais l’enfouissement par un labour
sera efficace.
Par contre, les fuites par drainage ne semblent pas être influencées par un apport
Cependant, ce flux de phosphore bio-disponible ne représente que quelques % du
flux de phosphore total qui lui semble indépendant de la teneur en P du sol.
récent. Cf tableau ci-dessus.
On note que lorsque un ruissellement survient peu de temps après un apport
récent, la quantité globale de phosphore
« bio-disponible » qui rejoint le milieu
aquatique peut atteindre de l’ordre de
Phosphore et eutrophisation : quelques repères
• Le phosphore est l’élément nutritif qui limite la croissance biologique dans
tous les milieux naturels. De très faibles fuites peuvent donc avoir des conséquences sur les équilibres biologiques même si aucune toxicité directe n’existe.
A titre de comparaison, si on peut se donner un repère de 50 mg/l de nitrates (11 mg/l de N nitrique), on estime qu’un plan d’eau peut manifester des
phénomènes d’eutrophisation à partir de 50 ug/l de Phosphore (115 ug/l de
P2O5) biologiquement disponible.
• 1 ha produit en moyenne 3 700 m3 d’eau en Bretagne et cela représenterait
donc185 g de P/ha (425 g P2O5). Les fuites maxi représentent 0,5 % de la dose
moyenne de fertilisation annuelle : environ 90 kg P2O5 / ha (dont 1/4 d’engrais), et 0,005 % du stock moyen de phosphore total / ha (env. 9 500 kg
P2O5 / ha).
• Toutes les formes de phosphore ne se valent pas en matière d’eutrophisation :
On distingue le P particulaire (lié aux particules de terre) et le P « bio-disponible » qui est parfois appelé aussi « soluble ».
C’est surtout le P « biodisponible » qui a un impact.
Le P issu des eaux résiduaires (stations d’épuration) est presque totalement
« biodisponible », de même que le P provenant d’un réseau de drainage
alors que le P issu du ruissellement est essentiellement particulaire.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Teneur en phosphore Olsen
(mg P205 / kg terre)
900 g P / ha / an ce qui est le double de
ce qui est suffisant pour présenter un risque d’eutrophisation pour un milieu aquatique stagnant.
La teneur
en Phosphore
des sols n’est pas
le facteur principal
de risque de fuites
par ruissellement
Sept sols, de teneur en phosphore très différentiée, ont été prélevés afin de reconstituer un lit de semence dans le bac du
simulateur de pluie sur lequel il a été simulé
une pluie d’une intensité de 35 mm / heure
et d’une durée de 90 minutes (photo).
L’objectif était d’évaluer l’impact de la
teneur du sol sur les fuites potentielles de
phosphore par ruissellement et non pas
l’ordre de grandeur de ces fuites dans des
conditions artificialisées.
Les graphiques suivants nous montrent
que le flux de phosphore bio-disponible
est multiplié par 4 quand la teneur du sol
en P Olsen est multipliée par 6.
Flux cumulé de P biodisponible
pour 15 mm de ruissellement (mg P/m2)
R2 = 0,8912
En effet, les caractéristiques de stabilité
structurale sont prépondérantes dans les
phénomènes de ruissellement et il s’avère
qu’on observe une assez bonne relation
entre la stabilité structurale de nos échantillons et leur teneur en Phosphore, ce qui
a entraîné au cours de notre expérimentation un moindre ruissellement pour une
même pluie et une moindre érosion pour
un même ruissellement (la quantité de
terre entraînée par un même ruissellement est divisée par 3 quand la teneur
en P est multipliée par 6) pour les terres
les plus riches en Phosphore.
Il est difficile de trouver une explication
définitive à ces observations, mais il est
possible que, les enrichissements en P
ayant été principalement obtenus par des
apports de matières organiques, il s’ensuive une meilleure activité biologique
qui génère une plus grande stabilité structurale.
Par ailleurs, les simulations de pluie on
pu confirmer l’impact fort d’un apport
récent de fertilisant phosphaté puisque
l’incorporation de 6 t/ha de fumier de
volaille dans le lit de semence juste avant
la simulation multiplie par plus de deux le
flux de phosphore bio-disponible au cours
du ruissellement qui suit.
Teneur en phosphore Olsen
(mg P205 / kg terre)
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Daniel Hanocq
Pôle Agro PV
7
Vie du pôle
Vie du pôle
Connaître la puissance réellement utilisée du tracteur
Les Cormiers
St Aubin des
Cormiers (35)
Station Expérimentale
Agro-machinisme
Bancs d’essai d'épandage
- Epandage de fumiers
- Epandage de lisiers
Essais énergie
- TTCR
- Consommation de fuel
Essais-terrain "matériel"
- Techniques alternatives
de désherbage
- Diverses adaptations
sur matériel existant
Réalisation de prototypes
Contact : Pierre HAVARD– 02 99 39 72 91
N
ous vous proposons un calcul
rapide afin de déterminer si
vous valorisez bien la puissance disponible sur votre exploitation.
Le critère permettant de définir l’emploi de
la puissance est le taux de charge (TC).
Méthode de calcul
du taux de charge
Etape 1
Reporter la puissance commerciale en
chevaux de chacun de vos tracteurs dans
la première ligne du tableau 1 ci après :
exemple 100 ch. Reporter le nombre
d’heures annuel effectué dans la seconde
ligne : exemple 450 h. En multipliant la
puissance par le nombre d’heures et par
0,20 litre/ch/h, vous obtiendrez en dernière ligne la consommation théorique
maximale que vous devriez obtenir si le
tracteur travaillait en permanence à pleine
Les charges de mécanisation représentent entre 35
et 70 euros par 1000 litres de lait, dont 40% pour
les seuls tracteurs. La question de l’utilisation de
ces tracteurs se pose. Quelle part de leur puissance
réelle utilise-t-on vraiment ?
Ecofuel : une étude sur les tracteurs
L’étude écofuel est une étude régionale, menée par le pôle agro PV des
Chambres d’agriculture dont l’ objectif est d’enregistrer toutes les données
de consommation, de temps et de puissance développées par tous les tracteurs de l’exploitation agricole. Dans le dispositif, le fonctionnement de tous
les tracteurs de plusieurs exploitations est décortiqué seconde par seconde ; on
connaît ainsi : la consommation, le régime moteur, la vitesse d’avancement, l’outil utilisé et même la parcelle et la culture dans laquelle l’outil travaille (localisation GPS). Les exploitations suivies sont pour le moment des exploitations
laitières. D’autres types d’exploitations seront étudiés progressivement (exploitations porcines, légumières, semis direct…),
charge ou pleine puissance : exemple :
100 x 450 x 0,20 = 9 000 litres/an.
Etape 2
Relever dans votre comptabilité la
consommation réelle de carburant
annuelle moyenne. Exemple : 2 900 litres.
Etape 3
Diviser la consommation réelle par la
somme des consommations théoriques
et multiplier par 100. Vous obtenez le
taux de charge (TC) moyen de vos tracteurs. Exemple : TC = 2 900/9 000 x100
= 32 %.
Etape 4
Situez-vous dans le tableau 2 pour connaître vos marges de progrès.
Attention. Un taux de charge de 100 %
est impossible. Il y a toujours une part de
temps en manœuvre et au ralenti. Il est
Tableau 1 : Calcul de la consommation théorique
maximale des tracteurs
Tracteur
exemple
Puissance en cv
8
Tracteur 1
Tracteur 2
Tracteur 3
Tableau 2 : Repère
sur le taux de charge
Taux de charge Commentaire
> 60%
Puissance
bien valorisée
Entre 30
et 60%
Gains possibles
< 30%
Situations à éviter
cohérent et nécessaire d’avoir une réserve
de puissance pour être à même de réaliser les travaux. Par ailleurs les usages
multiples du tracteur mêlent des périodes à forte valorisation de puissance et
d’autres moins favorables. L’objectif est
bien de limiter la puissance en excès.
Le tracteur de 100 ch de l’exemple calculé fait partie du dispositif expérimental Ecofuel et son activité est enregistrée
en permanence. Les données nous indiquent que son taux de charge, n’est supérieur à 60 % (puissance utilisée supérieure à 60 ch) que pendant 17 % de son
temps d’utilisation (figure 1).
ment la puissance réellement utilisée d’un
tracteur au travail. Le moteur d’un tracteur
ne développe que la puissance qui lui est
demandée. Attelé à un petit outil, il développe peu de puissance et sa consommation en l/h est limitée. Avec un gros outil
il peut avoir besoin de toute la puissance
disponible. Dans ce cas, sa consommation est maximale. Il y a un lien entre la
puissance utilisée, le régime moteur et la
consommation de carburant. Il est possible de mesurer la consommation et le
régime du moteur, desquels on déduit la
puissance.
Dans le cadre du projet Ecofuel, la reconstitution de la puissance réellement utilisée
passe par plusieurs étapes : Première
étape : la cartographie. Elle a pour objectif d’établir le lien entre puissance, le
régime et la consommation pour un tracteur donné. La méthode consiste pour un
régime moteur choisi à appliquer une
charge (un couple) à la prise de force.
Pour ce point de fonctionnement, la
consommation horaire est relevée.
L’opération est répétée pour les différents
régimes et les différents niveaux de charge
(faibles, intermédiaires, élevés). Plus de
100 points de fonctionnement sont mesurés et reportés sur le graphe de cartogra-
Réalisation des points de cartographie d’un tracteur de l’étude écofuel
à la Station des Cormiers. Noter la « boite noire » indiquée par la flèche jaune.
phie pour couvrir toute la plage de travail du moteur (figure 2).
Pour les tracteurs des exploitations suivies dans le cadre d’Ecofuel, le régime
moteur et la consommation de carburant
sont enregistrés en permanence. Il est
donc possible, grâce à l’informatique de
recalculer la puissance réellement utilisée à chaque instant en passant par la
cartographie expliquée précédemment.
Exemple : Si le régime mesuré est
1 900 t/min et la consommation de
Figure 1 Distribution du temps
d’utilisation en fonction du taux de charge
15 l/h, le tracteur 107 kW (145 ch), de
la figure 4 délivre à cet instant une puissance de 35,4 kW (48 ch). C’est peu mais
très fréquent. Un tracteur de forte puissance qui consomme peu est par conséquent nécessairement sous utilisé ou trop
puissant par rapport au travail qui lui est
confié.
Pierre HAVARD, Didier DEBROIZE
Station des Cormiers
Figure 2 Cartographie
des consommations en fonction
du régime et de la puissance
100
Utilisation annuelle
en heures
450
Consommation
à pleine charge en l/ch/h
0,20
Consommation théorique
tracteur maxi en litre
9000
0,20
0,20
0,20
Reconstitution
expérimentale
de la puissance
S’il est possible de mesurer facilement la
puissance maximale à la prise de force
au banc comme le pratique l’association
AILE, il n’est pas possible de mesurer aisé-
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
9
Actualités
Ecophyto Bretagne
La profession agricole s’engage
Conditionnalité PAC
Les nouvelles règles en 2010
Le programme « Ecophyto 2018 », volet phyto du Grenelle de
l’environnement, va se mettre en place. En Bretagne, la profession agricole
a opté pour une attitude pro-active en se concertant lors d’un séminaire
sur ce sujet.
Mi-janvier 2010, le Ministère de l’agriculture a produit une note synthétisant
les nouveautés en matière de conditionnalité pour 2010. Cet article ne
reprend que les éléments à incidence agronomique, dans les domaines
réglementaires et les compléments BCAE connus à la date de parution.
Demain la réussite de la protection des cultures se fera avec moins de produits
phytosanitaires. Il faudra actionner d'autres leviers.
L
es Chambres d’agriculture de
Bretagne, Coop de France Ouest,
Négoce Ouest et ARVALIS Institut
du Végétal ont été les chevilles ouvrières du
séminaire « Ecophyto Bretagne, la profession agricole s’engage » qui s’est tenu les
18 et 19 novembre 2009. Ce séminaire a
été un succès sur plusieurs points :
Une bonne
participation
25 organisations professionnelles agricoles ont participé à ce séminaire : les 5
Chambres d’agriculture de Bretagne, Coop
de France, Négoce Ouest,ARVALIS, l’INRA,
le CRODIP, le CERAFEL, l’UOPLI, l’UNILET,
Bretagne Plants, la FEREDEC, la MSA, IBB,
la FRCUMA, la FRGEDA, BCL35, BCLO et
la Chambre Régionale d’agriculture des
Pays de Loire.A quelques exceptions près,
pratiquement toutes les organisations invitées étaient présentes. On a compté 40
participants, soit 95 % des invités, principalement les responsables professionnels,
car il s’agissait avant tout de définir les
orientations sur le sujet.
Des échanges riches
à plusieurs niveaux
La DRAAF a présenté en début de séminaire le plan écophyto 2018 et le projet
de sa déclinaison en Bretagne. Un premier
échange s’est instauré sur le dispositif à
10
Économie
mettre en place en Bretagne, en tenant
compte des avancées déjà obtenues dans
notre région sur cette thématique.
L’essentiel du séminaire s’est déroulé en
interne « profession agricole ». Les échanges ont porté sur les enjeux de la protection
des cultures avec moins de phyto, le choix
d'indicateurs pertinents adaptés à notre
région et un projet-cadre d'actions comprenant plusieurs volets : la recherche, le développement, la formation et la communi-
cation. Le bilan réalisé en fin de séminaire
a fait ressortir l’intérêt d’une telle démarche et la satisfaction sur le déroulé et la
qualité des échanges.
C
2010, lancement
« d’Ecophyto
Bretagne »
Documents
de fertilisation
Ce séminaire a enclenché une dynamique
positive de la Profession Agricole bretonne
sur ce thème. Les OPA présentes se sont
engagées à se concerter sur ce projet, dès
2010 lors de la négociation avec l’administration pour la mise en place du dispositif
« Ecophyto » en Bretagne et aussi sur le
plus long terme pour la mise en œuvre
d’un « projet cadre ».
Louis JESTIN, pôle agro PV
Olivier MANCEAU, CA 22
Réussir la protection des cultures :
une nécessité pour produire
Le défi majeur restera la réussite de la protection des cultures, une nécessité pour
produire. Il s’agira de réussir l’adaptation des méthodes de protection des cultures.
Actuellement, on compte beaucoup sur le levier « chimie » et peu sur les autres leviers
« la génétique (choix des espèces et des variétés) », « le machinisme », « la biologie »,
« l’agronomie ».
A partir de 2018, le poids de la chimie sera réduit au profit des autres leviers.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
es nouvelles règles, applicables dès
cette année complètent les anciennes. Elle donneront lieu à des
contrôles renforcés.
Dès qu’il y aura plus de 20 données manquantes, il y aura 3 % de pénalités, et sans
possibilité de correction. La conditionnalité renforce le formalisme administratif du
cahier de fertilisation et du Plan
Prévisionnel de Fumure.
MAE : contrôles en +
Des compléments de contrôle sont prévus
pour les agriculteurs qui contractent des
mesures agri-environnementales (MAE).
Cela s’applique aussi bien aux mesures
« systèmes » (type bio ou SFEI) qu’aux
mesures territoriales (MAE ferti ou phyto ou
Natura 2000) et bien sûr à la nouvelle
MAE rotationnelle.
En fertilisation, ces contrôles supplémentaires porteront sur l’enregistrement des
apports de phosphore ainsi que la réalisation d’un bilan global pour l’azote.
Pour les produits phytos sont ajoutés : la
vérification de la participation aux collectes des déchets (bidons vides et produits
non utilisables PPNU), le contrôle du pulvérisateur, l’achat auprès d’un distributeur
agréé des produits les plus dangereux et
enfin l’engagement dans le certificat applicateur (Certiphyto). Dans combien d’années ces éléments seront-ils généralisés ?
Bandes enherbées
pour tous
En cohérence avec la nouvelle directive
nitrates, la présence de bandes enherbées
(5 m minimum) sera contrôlée le long de
tous les cours d’eau. C’est la fin de
l’exemption « petit producteur » et du
minimum de 3 % de la SCOP.
Prairies :
nouvelles règles
Les prairies de référence sont celles
déclarées en 2009.
Les prairies naturelles et les prairies temporaires de plus de 5 ans peuvent être retournées à condition d’être ré-implantées à
surface équivalente, dans une marge de
5 % pour tenir compte des contraintes
parcellaires. Des transferts de prairies permanentes vers des bandes enherbées vont
donc pouvoir se faire. Mais évidemment
cela ne concerne pas les prairies humides
de bas-fond qui ne peuvent pas être retournées depuis plus de 10 ans dans le cadre
de la directive nitrates.
Les prairies temporaires de moins de 5 ans
sont aussi concernées : elles doivent être
maintenues au moins à 50 % des surfaces
de 2009.
Des dérogations sont prévues pour les jeunes agriculteurs en fonction de leur projet. Elles sont également possibles en cas
de changement de système de culture, en
cas de cessation laitière ACAL et dans les
situations d’agriculteurs en difficultés.
Eléments
topographiques
à déclarer
C’est un point majeur d’évolution des
BCAE dans la prise en compte de la biodiversité structurelle des exploitations. Sont
concernés les éléments pérennes du paysage sur les parcelles ou jouxtant les parcelles, dont l’agriculteur à la maîtrise. Une
liste de particularités topographiques est
établie au niveau national avec une règle
de valeur d’équivalence (voir tableau). Par
exemple, l’équivalent d’1 ha d’éléments
topographiques est obtenu avec 50 ares
de bandes enherbées ou 100 m de haies.
Un seuil minimum est fixé au niveau national, il doit être de 1 % de la SAU en 2010,
3 % en 2011 et 5 % en 2012. Si cette
valeur peut être une contrainte en Beauce,
elle n’en est pas une pour notre région,
où cours d’eau et bocage déterminent des
équivalences bien supérieures. Des inconnues subsistent plutôt à ce jour sur les
modalités de déclaration, sachant que la
précision des photos aériennes rend leur
usage incontournable. A noter enfin que
les exploitants avec moins de 15 ha de
SAU ne sont pas concernés par cette BCAE.
Patrick EDELINE
Réseau environnement CRAB
Sylvie TICO - Pôle Agro PV
Les principales particularités
topographiques avec leur
surface équivalente en SET
(liste non exhaustive)
• 1 ha de prairies permanentes, landes
parcours situées en zone Natura 2000
= 2 ha de SET
• 1 ha de bandes enherbées pérennes
en bord de cours d’eau ou hors bords
de cours d’eau en bandes de 5 mètres
= 2 ha SET
• 1 ha de jachères mellifères = 2 ha de
SET
• 1 ha de jachères fixes (hors gel industriels) en bandes de 10 à 20 m de large
= 1 ha de SET
• 1 ha de jachères faune sauvage (y
compris jachère fleurie) = 1 ha de SET
• 1 mètre linéaire de Haies = 100 m2 de
SET
• 1 mètre linéaire d’alignement d’arbres = 10 m2 de SET
• Arbres isolés : 1 arbre = 50 m2 de SET
• Lisières de bois, bosquets : 1 mètre =
100 m2 de SET
• Bordures de champs = couverts spontané ou implanté de 1 à 5 m entre
2 parcelles, 1 chemin et une parcelle
ou entre 1 parcelle et une lisière de
bois : 1 ha = 1 ha de SET
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
11
Actualités
A la découverte de la bio
Marché du maïs
Maîtriser les adventices
Un bilan à l’équilibre,
des prix en repli
Quelles solutions proposer comme
alternatives aux herbicides ?
Jusqu’à la fin de la récolte, les conditions climatiques auront inquiété les
acteurs du marché. La récolte globalement satisfaisante à l’échelle mondiale
et française ne participera pas à soutenir plus fortement les prix, le maïs
étant tout de même la céréale la mieux placée.
En s’appuyant sur l’expérience des producteurs biologiques,
l’objectif est de transmettre au plus grand nombre
les techniques alternatives aux herbicides ayant fait preuve d’efficacité.
Le désherbage en culture sera demain insuffisant pour limiter
le salissement d’une parcelle. Raisonner sa rotation et soigner l’interculture
deviennent indispensables.
D’
après le dernier rapport du
CIC (paru le 21/01/2010) les
prévisions de production de
maïs s’élèveraient à 791 Mt pour une
consommation de 803 Mt confirmant les
estimations de l’USDA qui ont créé la surprise avec le réajustement à la hausse de
la production américaine à 334 Mt et donc
des stocks, et ce malgré les problèmes climatiques rencontrés au moment des récoltes. Le bilan mondial des céréales est très
lourd, sauf pour le maïs pour lequel il est
plus proche de l'équilibre.
Selon le COCERAL (données de décembre 2009), la récolte de maïs européenne
serait de 56,3 Mt soit en baisse de 7 %
par rapport à l’an dernier.
Selon les bilans prévisionnels de
FranceAgriMer du 13 janvier, la production française de maïs est évaluée à 15 Mt
(estimation inférieure à celle
d’Arvalis/AGPM de 15,6 Mt). Les inquiétudes de la fin de cycle ne se sont pas concrétisées puisque la récolte française est finalement satisfaisante en quantité (93,5 q/ha
en moyenne nationale) et en qualité
d'après Arvalis.
Les tonnages collectés de plus de 13 Mt ne
contribueront donc pas à l’alourdissement
du stock de report de 2 Mt en raison des
bonnes perspectives de ventes sur l’Union
Européenne, dopées par la demande de
l’Espagne et des pays du Nord communautaire, et cela en l’absence momentanée de l’offre ukrainienne. Néanmoins, la
demande en maïs ne sera pas soutenue
par l’industrie de l’alimentation animale
qui enregistre une baisse des fabrications
et donc des incorporations de céréales
(-12 % en maïs sur les dix premiers mois
de 2009, d’après Coop de France
Nutrition Animale). Du fait d'un prix très
attractif, les fabricants d’aliments ont pré12
S’
Une tendance haussière des prix du maïs depuis le début de la campagne
qui ne devrait pas durer.
féré incorporer de l’orge, au détriment
même du blé.
Sur les 122 500 ha de maïs grain, la
Bretagne enregistre un potentiel moyen
de 92 q/ha et une production de 1,127 Mt
selon les estimations d’Arvalis.
La collecte bretonne enregistrée au
31/12/2009 est de 756 000 tonnes selon
FranceAgriMer.
Un marché
qui risque d’être
peu dynamique
d’ici le printemps
Comme pour les autres céréales, le marché
du maïs est maintenant devenu peu dynamique, le prix du maïs européen suivant
en priorité l’effet à la baisse des cours du
blé et de l’orge européens et, depuis le
rapport USDA, la baisse des cours américains. Avec le regain d’intérêt des fonds
d’investissement pour les marchés des
matières premières agricoles (pour assurer leurs actifs), les cours à terme ont trouvé
un certain soutien jusqu’à aujourd’hui.
Cela devrait également continuer à apporter de la volatilité. Portés par la tendance
haussière mondiale depuis la mi-septembre, les prix du maïs sur Euronext sont
supérieurs à ceux du blé depuis la fin octobre. Le maïs résiste actuellement mieux à
la spirale baissière, soutenu par la demande
des amidonniers mais reste moins compétitif que le blé fourrager (132 €/t contre
123 €/t rendu Bretagne, 00/01/10 provisoire).
Ainsi, plusieurs éléments plaident pour
des prix baissiers. Il faudra attendre les
résultats de la récolte argentine pour
conforter cette hypothèse. Plutôt une
bonne nouvelle pour les éleveurs bretons.
Julie RIO - CRA Bretagne
Service Veille,
Etudes et Prospective
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
inscrivant dans les engagements
du Grenelle de l’environnement,
le plan Ecophyto 2018 vise à
une réduction progressive de 50 % des
usages de pesticides dans un délai de 10
ans. Cet objectif répond autant à des
préoccupations de santé humaine (agriculteurs et consommateurs) qu'à des
considérations de préservation de l'environnement et des ressources.
Le modèle agricole, mis en place dans les
années 60 où la chimie prenait une place
prépondérante dans les systèmes de cultures, est révolu. Les agriculteurs doivent
aujourd’hui s’orienter vers des pratiques
économes en produits phytosanitaires, ce
qui suppose de renforcer diverses approches parmi lesquelles la génétique, le
machinsime et l’agronomie.
Combiner l’ensemble des techniques proposées n’est pas nécessaire cependant,
c’est un gage de réussite renforcé, comparé à la mise en œuvre d’une seule technique prise indépendamment…
Caler la rotation,
la base du système
Pour limiter le développement de la flore
adventice, la modification des successions
culturales est une possibilité. Elle passe
par deux voies :
- l’alternance des périodes de semis,
et donc des cultures, permet d’éviter la
sélection et multiplication d’espèces
annuelles à germination déterminée
(automnales, printanières, estivales,…),
- l’introduction de cultures « étouffantes » ou l’allongement des rotations permet d’empêcher la levée ou le
développement des adventices. C’est le
cas de cultures annuelles comme le Blé
noir, le Chanvre, les mélanges mais aussi de
cultures pluriannuelles comme la luzerne
ou la prairie (gestion des vivaces par la
fauche). Cette voie doit être compatible
avec les débouchés des dites cultures.
Privilégier le
préventif au curratif
Durant la période d’interculture, plusieurs
stratégies sont envisageables :
- empêcher la levée, ce qui passe par
l’implantation d’un couvert à croissance
rapide, même dans le cas d’interculture
courte (2 mois).
- pratiquer le déstockage par les faux
semis. En cas de forte infestation d’adventices la campagne culturale passée, les
faux-semis permettent de faire germer les
semences produites et limitent leur nuisibilité (concurrence) pour les cultures
suivantes. 95 % des levées ont lieu dans les
5 premiers centimètres du sol. Par conséquent, rien ne sert de descendre plus profond, avec le risque de faire remonter d’autres graines issues d’une production plus
ancienne. Il faut rechercher une structure
suffisamment fine, chose qui peut être
obtenue avec du matériel à dents, à disques,… Attention néanmoins en cas de
vivaces, les disques peuvent les multiplier.
La première intervention est souvent réalisée sitôt la récolte et les suivantes deux
à trois semaines plus tard.
Expérience d’un réseau
de 22 producteurs biologiques bretons
Ce réseau est constitué d’agriculteurs convertis en AB depuis plus de 7 ans (en
majorité), répartis sur l’ensemble de la région, ayant des systèmes (bovins,
porcs, volailles, légumes, spécialisés cultures,…) et des tailles d’exploitations
variables (SAU, main d’œuvre).
• Pour les céréales, les agriculteurs réalisent en général deux interventions
mécaniques au stade plein tallage de la culture (mars). A ce stade, le passage génère peu de pertes. Pour les semis les plus précoces, un passage est
parfois réalisé au stade 2 feuilles (décembre), selon le salissement. Les
céréales qui suivent une prairie font souvent l’objet d’une impasse. La herse
étrille reste le matériel le plus utilisé. Son réglage et la vitesse d’avancement
seront fonction du stade de développement de la culture et des adventices.
• Pour le maïs, 3 passages sont réalisés en moyenne. La difficulté se situe sur
le rang. Jusqu’à 4 feuilles, la couverture est très faible et le maïs très sensible aux interventions. Un passage post-semis pré-levé, à l’aveugle, permet
de détruire les adventices déjà germées au stade filament blanc, et garantit la plupart du temps une avance en végétation en faveur du maïs. Les
interventions suivantes pourront s’effectuer avec une bineuse et progressivement par buttage.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
13
A la découverte de la bio
Plusieurs passages de faux semis permettent de réduire la population de mauvaises herbes.
- labourer. Le but est d’empêcher la levée
et d’altérer le stock semencier d’adventices dont l’aptitude à la germination diminue très fortement en un an, en profondeur (graminées annuelles, composées).
Par contre, cette opération remet en sur-
face des adventices précédemment
enfouies. Pour cette raison, le labour peut
être couplé avec un faux semis (post
labour, pré semis), notamment pour les
cultures de printemps comme le maïs. Le
faux semis est plus difficile à mettre en
Développement du Ray Grass, selon la date de semis des céréales (Arvalis, 2004)
40
35
Abondance
Ray Grass / m2
e
22 octobr
Semis du
Diminution
de 60 %
30
25
20
15
Semis du
10
bre
14 novem
5
0
Gestion du Chénopode, selon le mode de semis du maïs (Leblanc, 1996)
œuvre pour les céréales en Bretagne,
compte-tenu des risques de précipitations.
Le labour permet également d’enfouir les
résidus du précédent qui peuvent gêner
lors des interventions de désherbage
mécanique en cultures.
- retarder la date de semis. Pour les
céréales, un semis décalé de trois semaines permet de réduire les levées d’adventices à germination automnale, comme
le montre l’étude menée par Arvalis sur
Ray Grass. Pour le maïs, semer en sol
réchauffé est la priorité pour permettre
un démarrage rapide de la culture. Couplé
à un faux semis, le décalage de la date
de semis permet de réduire de 65 % la
densité de chénopodes (Leblanc, 1996).
La variété peut également être choisie en
considérant sa vigueur au départ et son
potentiel de couverture du sol (port et
surface foliaire).
A la découverte de la bio
battant, mieux vaut privilégier la houe
rotative à la herse étrille. Dans les parcelles où les successions ne permettent
pas de maîtriser la flore adventice et, où
les impasses en végétation sont exclues,
piloter la culture avec des écartements
plus larges permettra d’intervenir avec
une bineuse. A l’INRA de Mirecourt, station récemment convertie en AB, une des
rotations à l’étude visant l’autonomie alimentaire et en paille se compose de 3
années d’une association luzerne/dactyle,
suivies de 5 années de céréales et protéagineux d’hiver et de printemps. Dans ce
type de successions, seules les céréales
en fin de rotation sont conduites à des
écartements de 30/35 cm, les premières
étant si besoin hersées. Pour ne pas doubler la densité de semis, toutes les sorties du semoir sont conservées mais décalées et regroupées deux à deux.
Néanmoins, pour ceux qui choisissent la
conversion ou la substitution du chimique par le mécanique, la densité de semis
de certaines cultures comme le maïs devra
être majorée de manière à compenser les
pertes consécutives aux interventions en
culture.
Jusqu’à il y a peu de temps, de par les
solutions chimiques « peu limitantes »
en conventionnel, les stratégies étaient
parfois trop sécurisantes. Il serait utopique
de croire qu’avec moins de produits phytosanitaires on puisse obtenir les mêmes
résultats. En matière de seuils d’interventions, les références doivent être revues et
complétées. L’objectif « 0 adventice » n’a
jamais été un but à atteindre, si ce n’est
le jour du semis, et n’a pas véritablement
de sens, économiquement, pour les interventions suivantes. L’enjeu est surtout de
ne pas se laisser déborder, grâce à une
approche globale…
Jean-Luc Giteau
Pôle Agro PV
Passage de houe rotative dans le maïs.
Il faut intervenir du stade filament à deux feuilles des mauvaises herbes.
Systèmes de cultures et risques de salissement (sans herbicide)
Rotation
Longue,
diversifiée :
Ex : prairies,
cultures
hiver et printemps
Préparation
semis
Interventions
en culture
Risques
Labour
Impasse impossible
Faible
Non labour
Herse, houe, bineuse
avec faux-semis
(si besoin)
Labour
Herse, houe, bineuse
avec faux-semis
(au choix)
Faible
à
modéré
Cf. graphiques ci-contre.
1000
Abondance
Chénopodes / m2
Intervenir en culture,
la solution
de rattrapage
800
600
Labour + semis conventionnel
Labour + faux-semis + semis décalé
400
200
0
Semis fin avril
14
Semis du 15-20 mai
L’efficacité des interventions en végétation dépend de l’état du sol, du stade de
la culture et de celui des adventices. Le
choix du matériel doit être raisonné en
fonction de la structure du sol : s’il est
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Courte,
spécialisée
Ex : maïs, blé
Non labour
avec faux-semis
ou couvert permanent
Privilégier écartements
larges (pour biner) ou
s'orienter vers
un couvert permanent
ou sous-couvert
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Modéré
à
élevé
15
Céréales
Céréales
Une pression "maladies" faible à moyenne selon les secteurs en 2009
Les résultats 2009 montrent l’importance de tenir compte du risque maladie
lié à son secteur pédoclimatique et de choisir ses variétés en conséquence.
Les essais sur les résistances aux produits fongicides confirment également
la nécessité d’alterner les matières actives dans les programmes
afin de conserver l’efficacité des produits.
L’
année 2009 se caractérise par
des précipitations moyennes de
la montaison à la floraison des
céréales entrainant une pression maladie
faible à moyenne selon les zones climatiques. Des attaques de rouille jaune sont
observées très précocement (dès le stade
épi 1 cm) sur certaines parcelles et ont justifié des interventions précoces.
Pour la troisième année consécutive, les
essais ont été réalisés en collaboration
avec Arvalis et effectués en réseau sur les
4 départements bretons.
Deux thèmes principaux ont été étudiés
en 2009. Le premier est l’étude de l’effet
de la dose de produit sur les rendements.
Le second concerne le positionnement
des produits et la comparaison de stratégies à un ou deux passages. Pour chaque thème étudié, les programmes fongicides sont comparés à deux témoins ; un
témoin sans fongicide et un témoin avec
une protection totale* afin d’évaluer la
pression maladies et le potentiel de rendement de l’année.
Ces essais sont réalisés sur deux types de
conduite : une conduite dite « convention-
Sur chacune des parcelles d’essai, deux
variétés sont comparées, une variété sensible septoriose et une variété peu sensible
septoriose.
En 2009, sur variétés sensibles à la septoriose, la pression maladie est de 30 quintaux bruts. Les rendements augmentent
avec la dose de fongicides appliquée puis
marquent un palier dès 60-80 €/ha d’investissement (cf. graphique ci-dessous).
Les rendements nets moyens atteints pour
cet investissement sont proches des 75 qx.
Les rendements nets sont calculés en
tenant compte du coût des programmes
et de celui des passages effectués.
Sur les variétés peu sensibles aux septo-
Fongicides blé 2009 - Rendements nets (q/ha)
en fonction de l'investissement (Prix du blé 11€/q)
q/ha
La rouille jaune a été très présente
en 2009 sur les variétés sensibles.
rioses, la pression maladies est plus importante en raison d’une forte attaque de
rouille jaune et atteint les 38 quintaux
bruts. Les rendements nets augmentent
avec la dose de produits, jusqu’à atteindre un palier à partir d’un investissement
de 65 €/ha. (cf. graphique ci-dessous).Audelà, les gains de rendement ne permettent
pas de rentabiliser les investissements en
fongicides réalisés.
Dans le contexte 2009 de forte pression
rouille jaune, des variétés peu sensibles à
la septoriose, parmi les variétés les plus
cultivées en Bretagne, ont montré une forte
sensibilité à cette maladie.
Les investissements en fongicides optimaux sont 20 € moins élevés que les
années précédentes, en raison de la pression maladie plus faible et de la forte baisse
du prix du blé pour la campagne 2009.
Les programmes fongicides sont donc à
raisonner en fonction de deux facteurs : la
pression maladies et le contexte de prix
du blé.
Septoriose : la maladie principale du blé.
16
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Fongicides blé 2009 - Rendements nets (q/ha)
selon le programme (Prix du blé 11€/q)
Tableau 1 Des pertes de rendement variables
Pression
maladies
nelle » et une conduite dite « bas niveau
d’intrants » (densité de semis réduite de 25
à 30 % ; fertilisation réduite : suppression
de l’apport tallage et dose d’azote diminuée de 30 à 40 unités).
Baisse de 20 €/ha
des investissements
fongicides
Les enjeux de la protection fongicides sont
également liés aux caractéristiques de la
variété (cf tableau 1 ci-dessous) :
Variété
sensibles
Variétés
tolérantes
Faible
30 q
20 q
Forte
45-50 q
35-40 q
Le tableau 2 présenté ci-dessous a été réalisé à partir des résultats d’essais réalisés
depuis plusieurs années par le pôle agronomie des Chambres d’agriculture Bretagne.
Il permet de raisonner son programme d’investissements fongicides en fonction d’une
nuisibilité estimée des maladies foliaires
et d’un contexte de prix du blé.
Ces éléments restant difficiles à appréhender dans le contexte actuel, il est conseillé
d’implanter plusieurs variétés sur son
exploitation, choisies en tenant compte de
leur tolérance aux maladies et du risque
maladie lié à sa parcelle. Un programme
d’investissement proche de 60-80 € /ha,
à moduler en fonction du contexte climatique de l’année, semble être un bon compromis pour minimiser les risques.
est sans effet du fait notamment des conditions chaudes de juin qui ont bloqué tout
développement. Le traitement fusariose
n’est pas rentabilisé dans la plupart des
cas (exception faite de la zone nord
Finistère, plus arrosée à la floraison) et les
teneurs en DON restent à la limite de la
détection, quelles que soient les variétés, les
zones et les traitements.
Bonne performance
du passage unique
Le positionnement des traitements a peu
d’incidence sur les rendements cette année
(cf graphique ci-dessus). Cela peut s’expliquer en partie par l’arrivée tardive de la
septoriose qui n’a fait son apparition
qu’après le stade dernière feuille pointante, dans la plupart des départements.
Les stratégies à un seul passage sont comparées à celles à deux passages. Elles donnent de bons résultats sur la conduite dite
Fusariose de l'épi :
une faible pression en 2009.
à bas niveau d’intrants (ITK3) mais restent
légèrement inférieures aux stratégies à
deux passages en conduite ITK2, quelque
soit la variété (cf graphique ci-dessus).
Le troisième passage contre la fusariose
Tableau 2 Investissement fongicide en fonction du prix du blé
et de la nuisibilité des maladies attendue.
Nuisibilité Prix Blé
11 €/q
15 €/q
20 €/q
• 20 q
50 €
65 €
80 €
• 25 q
65 €
75-80 €
95 €
• 35 q
85 €
100 €
120 €
100-110 €
110-120 €
130-140 €
• 45-50 q
D’une manière générale, concernant la
fusariose, il faut impérativement réduire
ce risque dès l’implantation en suivant certaines recommandations comme allonger
les rotations, broyer finement et enfouir
les résidus de cultures et enfin choisir des
variétés tolérantes à la fusariose.
Les traitements peuvent apporter un plus
mais leur efficacité reste limitée notamment en cas de forte pression maladie.
Dans le cas d’un traitement fusariose, préférer des produits efficaces à la fois sur la
septoriose et la fusariose, afin de mieux
rentabiliser ce dernier traitement.
Claire Marceau
Pôle agro PV
* La protection totale est un programme à
trois traitements avec en T1 au stade 2
noeuds : Opus 0.8 + Pyros 0,7 l, en T2 au
stade gonflement : Fandango S 2 l et en T3
à la floraison : Sunorg Pro 1 l.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
17
Céréales
Céréales
Protection fongicide 2010 : nos préconisations
Construire son programme a priori en adaptant les produits, les doses et le
nombre de passages à son contexte pédoclimatique et aux risques liés à sa
parcelle. Cette stratégie devra être ensuite affinée en fonction des conditions
climatiques de l’année, en prenant soin d’observer régulièrement ses
parcelles dès le début de la montaison.
A
vec un contexte de prix en baisse
pour cette fin de campagne, l’évolution des cours des céréales reste
très incertaine pour la campagne 2010. Le
contexte réglementaire de plus en plus
restrictif et l’apparition de résistance des
maladies aux produits fongicides nous
incitent à mettre en œuvre tous les leviers
permettant de mieux protéger nos
cultures.
Le risque maladies doit se gérer dès
l’implantation en veillant à :
- allonger les rotations,
- adapter le choix des variétés aux risques
liés à son contexte pédoclimatique,
- gérer les résidus de culture précédente
(broyage fin et incorporation pour limiter le risque mycotoxines),
- éviter les semis trop denses,
- éviter de trop fertiliser.
Exemples de stratégies sur blé
Cas général : quelques exemples de programmes à 2 passages, en situation à faible risque fusariose (dose en l ou kg/ha)
2 nœuds (T1)
Prix €/ha
Epiaison (T2)
MENARA 0.3 à 0.5 + BRAVO 1
OPUS 0.4 à 0.6 + PYROS 0.7 (*)
BELL 0.5 à 0.7 + PYROS 0.7 (*)
MADISON PACK 0.4 à 0.5 + 0.15
FANDANGO S 1 à 1.5 (**)
JOAO 0.3 + PYROS 0.7 (***)
MENARA 0.3 à 0.5 + BRAVO 1
JOAO 0.3 à 0.4 (*)
OPUS 0.4 à 0.6 + PYROS 0.7
BELL 0.5 à 0.6 + PYROS 0.7
BELL 0.5 + PYROS 0.7 + COMET 0.2 (**)
OSIRIS WIN 1 à 1.2
60
à
100 €
Dernière feuille étalée (T2)
Floraison (T3) (délai avant récolte)
Prix €/ha
MENARA 0.3 + BRAVO 1
OPUS 0.3 à 0.4 + PYROS 0.7 (*)
MADISON PACK 0.3 + 0.1
FANDANGO S 0.8
JOAO 0.3 + PYROS 0.6 (***)
CARAMBA STAR 0.8 (42J)
JOAO 0.4 (35J)
80
SUNORG PRO 0.8 (42J)
à
110 €
OPUS 0.4 + PYROS 0.7
BELL 0.4 + PYROS 0.7
BELL 0.4 + PYROS 0.7 + COMET 0.2 (**)
Prix €/ha
OPUS 0.8 + PYROS 0.7
BELL 0.8 + PYROS 0.7
MADISON PACK 0.6 + 0.15
FANDANGO S 1.5
JOAO 0.4 + PYROS 0.7
BELL 0.6 + PYROS 0.7 + COMET 0.2
Septoriose.
18
45
à
50 €
Ramulariose.
Grillures.
Stratégies à 1 seul passage (dose en l ou kg/ha),
non exhaustifs : variétés peu sensibles
Dernière feuille
FANDANGO S 1
MADISON Pack. 0.4 + 0.1
OPERA 0.3 + JOAO 0.3
ACANTO 0.3 + BRAVO PREMIUM 2
BELL 0.8 + COMET 0.2
Prix €/ha
40 €
Helminthosporiose.
BELL 0.3 à 0.5 + UNIX 0.2
1-2 noeuds (T1)
Dernière feuille étalée
Privilégier des produits efficaces sur rhynchosporiose et oïdium au premier passage et des produits apportant un plus
sur grillures ou ramulariose en deuxième
passage.
1 noeud (T1)
Stratégie à trois passages : vise une protection de fin de cycle avec la prise en compte de la fusariose
(dose en litre ou kg/ha)
Stratégie à un seul passage : variété rustique et
zone de végétation à cycle court, faible pression de
maladies (dose en litre ou kg/ha)
Le cycle végétatif de l’orge s’accélère de
la montaison à la maturité. La protection
fongicide est moins déterminante sur cette
culture que sur blé et peut se limiter à un
seul passage, si la pression de maladies
est faible jusqu’à la sortie de la dernière
feuille.
Stratégie à 2 passages (dose en l ou kg/ha), non exhaustifs
Fourchette de doses à moduler en fonction de la variété, de la zone climatique et du contexte de l’année
(*) : Apporte une activité sur piétin si appliqué avant 2 noeuds
(**): À privilégier en cas de forte pression rouille brune
(***) : Une seule application par campagne maxi
MENARA 0.3 + BRAVO 1
JOAO 0.3 à 0.5 (*)
Exemples de stratégies sur orge
Limiter les résistances :
alterner les matières actives
La résistance de la septoriose aux strobilurines est généralisée
depuis 2007. Pour les triazoles, elle progresse encore cette année,
même si les efficacités de nos programmes restent bonnes globalement. Afin de préserver durablement l’efficacité des produits
et particulièrement du prothioconazole, il est souhaitable de ne
l’utiliser qu’une seule fois sur la même parcelle sur blé, comme sur
orge, et de diversifier les substances actives.
Produits contenant du prothioconazole : JOAO (dans MADISON
pack et INPUT pack), FANDANGO S, BANGUY DE, JANTIL…
De même, une seule application de prochloraze (PYROS…) ou
de boscalid (BELL) par campagne pour préserver leur efficacité. Alterner les produits et les matières actives, privilégier les
associations de produits à l’utilisation de produits solo pour
une meilleure efficacité et notamment en utilisant des produits multi sites comme le chlorothalonil.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
JOAO 0.4
INPUT PACK 0.3 + 0.3
JOAO 0.2 à 0.3 + UNIX 0.2
Sortie des barbes (T2)
Prix €/ha
FANDANGO S 0.6 à 0.8
JOAO 0.3 + OPERA 0.2
JOAO 0.4
MADISON P 0.3 + 0.1
50 à 70 €
ACANTO 0.2 + BRAVO PREMIUM 1
BELL 0.3 à 0.5 + COMET 0.2
Exemples de stratégies sur triticale
Sur triticale, un traitement unique positionné au stade dernière feuille est souvent suffisant.
Seule une forte pression de rouille ou d’oïdium peut justifier un traitement précoce à
faible dose. Le triticale est assez sensible à
la fusariose et aux mycotoxines en situation
à risque. Comme pour le blé, gérer le risque
dès l’implantation en évitant les précé-
dents maïs grain, en procédant à un
broyage fin des résidus et en choisissant
des variétés moins sensibles. Les traitements spécifiques fusariose permettent
une amélioration de près de 25 % de la
teneur en mycotoxine des grains.Attention
aux récoltes tardives et aux conditions de
fin de cycle qui peuvent dégrader fortement la qualité sanitaire des grains.
Stratégies à un seul passage, non exhaustifs
Dernière feuille
OGAM 3D 0.75 à 1
OPUS 0.7 à 1
OPUS TEAM 1.2 à 1.5
JOAO 0.3
Prix €/ha
30 à 50 €
Rouille brune sur triticale.
Claire Marceau - Pôle Agro PV
Eric Masson - Arvalis
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
19
Maïs
Maïs
Désherbage du maïs en post-levée:
les traitements précoces sont toujours payants
Dans un contexte difficile et une certaine remise en cause de la protection
phytosanitaire des cultures, il devient essentiel d’optimiser toutes les
applications réalisées. En désherbage, la date d’intervention et le stade des
adventices sont vraiment déterminants sur la propreté finale de la culture.
D
ès les premiers stades de croissance, le maïs souffre de la
concurrence des mauvaises herbes. Le désherbage a pour objectif premier d’éliminer rapidement cette nuisibilité et de maintenir un état de propreté
satisfaisant jusqu’au recouvrement des
inter-rangs par la culture de maïs. Les
adventices pouvant lever au delà de ce
stade ne présentent plus de gêne pour le
maïs. Pour le vérifier nous avons réalisé
cette année trois essais. Leur objectif était
de comparer la pertinence des dates
d’intervention dans les programmes de
Désherbage maïs 2009 - Protocole 1
Dates d'application variables et doses fixes
Code essai
semis
+ 21 jours
21 - 35
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
21 - 42
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
21 - 49
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
semis
+ 28 jours
semis
+ 35 jours
semis
+ 42 jours
semis
+ 49 jours
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
Réussir
le premier passage
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
28 - 42
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
28 - 49
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
désherbage en post levée.
Les produits utilisés pour ces essais sont
des produits largement connus pour leurs
spectres d’efficacité : les applications ont
été réalisées à un pas de temps d’environ une semaine, sans modifier la dose
appliquée afin de pouvoir comparer l’effet date sur le résultat final du programme
de désherbage.
Les notations d’efficacité sont réalisées
selon la grille Arvalis – AGPM, notation
réalisée sur une échelle de 0 à 10, sachant
qu’une note de 7 ou plus correspond à
un traitement satisfaisant qui ne justifierait pas de rattrapage supplémentaire.
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
Lors du premier traitement à 21 jours
après le semis, le maïs est au stade 3 feuilles et les mauvaises herbes au stade cotylédons à 2 feuilles. Les résultats sont suffisamment parlants et démontrent clairement que le fait d’attendre permet aux
mauvaises herbes de s’endurcir vis à vis
du traitement. La double application de
Désherbage maïs 2009 : résultats protocole 1
Dates d'application variables et doses fixes
post levée à 21 jours puis 35 jours (code
21 – 35) présente la meilleure efficacité
dans les trois essais. L’efficacité des traitements se dégrade sensiblement quand
on retarde la deuxième application (traitements 21– 42 et 21– 49).
Cf. tableau et graphique page 20.
Cette dégradation est encore plus flagrante dans les deux dernières modalités pour lesquelles le premier passage est
repoussé à 28 jours après le semis : le
maïs est alors au stade 4-5 feuilles et les
adventices commencent à être développées. Ceci démontre clairement l’importance du positionnement du premier traitement.
Augmenter la dose
quand les adventices
sont développées
Sur ces mêmes essais nous avons également voulu tester l’effet d’une augmentation de dose de produit, quand la date
d’application du traitement n’est pas optimale, c’est à dire un peu trop tardive. Les
doses de Callisto et de Milagro sont donc
utilisées à 0,7 l / ha au lieu de 0,5 précédemment soit dans le premier traitement
(codification +28 - 42) soit dans le
deuxième traitement (codification 28 42+). Cf. tableau et graphique ci-contre.
Que ce soit après un traitement à 21jours
ou sur des applications plus tardives à
28 jours, l’augmentation de dose de produit permet d’améliorer sensiblement
l’efficacité finale du programme de
désherbage, pour les applications les plus
tardives. En particulier à Poullaouen cela
permet de passer d’un traitement largement insatisfaisant (note 5) à une efficacité de 8 qui est très correcte. Cependant
ceci a un coût puisque la dose est augmentée de près de 30 %.
Intervenir
précocement
Renouée persicaire et chénopodes.
20
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Sans vouloir remettre en cause la nécessité de bien utiliser les produits foliaires
Désherbage maïs 2009 - Protocole 2
Dates d'application et doses variables
Code essai
semis
+ 21 jours
semis
+ 28 jours
semis
+ 35 jours
semis
+ 42 jours
21 - 42
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
21 - 42 +
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
CALLISTO 0,7
MILAGRO 0,7
28 - 42
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
28 - 42 +
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
CALLISTO 0,7
MILAGRO 0,7
+ 28 - 42
CALLISTO 0,7
MILAGRO 0,7
CALLISTO 0,5
MILAGRO 0,5
semis
+ 49 jours
Désherbage maïs 2009 : résultats protocole 2
Dates d'application et doses variables
dans de bonnes conditions météorologiques (température, hygrométrie, vent,
pluie), cette série d’essais permet de bien
démontrer que le premier critère à prendre en compte est la dynamique de levée
des adventices et de leur stade au
moment de l’application du désherbant.
La post levée en double traitement présente de très bons résultats lors d’applications précoces, mais les résultats
peuvent se détériorer fortement dès lors
que la première application est trop tardive ou que le délai entre les deux applications est trop long.
Après un traitement de prélevée, le raisonnement est globalement le même, à
savoir que le rattrapage devra se faire
précocement (3 à 4 semaines en fonction de la dynamique de levée des
adventices). Cependant la baisse d’efficacité du programme se dégrade moins
rapidement dans le temps quand les
deuxièmes applications sont retardées :
ces programmes présentent donc un peu
plus de souplesse.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Michel Falchier
Pôle Agro PV
21
Maïs
Maïs
Désherbage du maïs 2010 : 2 passages nécessaires
Si on craint la présence de graminées estivales ou (et) des véroniques
un traitement de prélevée garantit un premier nettoyage si l'humidité du sol
est suffisante. Dans tous les autres cas, la post-levée permet un désherbage
à vue et des réductions de doses.
L’
application de prélevée aux
doses préconisées va permettre
un certain « ménage » sur les
dicots en regroupant et retardant les relevées. Elle est à privilégier e présence de
graminées estivales et de véroniques.
Une souplesse d’application est ainsi donnée au deuxième passage, dont le produit sera adapté à la flore restante.
Cf tableau 1 ci-dessous.
le désherbage des principales dicotylédones du maïs.
2. En présence de graminée, MILAGRO
ou PAMPA ou EQUIP… sont indispensables, notamment sur pâturin annuel, ray
grass, sétaires, panic dichotome. En l’absence de graminées, leur usage pourrait
paraître moins essentiel. Cependant ils
apportent un plus significatif sur amarantes ou crucifères, et par effet de synergie,
permettent de baisser la dose du premier
produit.
3. Un troisième produit peut être associé
à ce couple de base :
- soit un bromoxynil (CADELI,
EMBLEM…) si on souhaite renforcer l’efficacité du programme sur des renouées
particulièrement.
La post levée :
un désherbage à vue
Les stratégies de post levée doivent impérativement associer deux grandes familles
de désherbants :
1. Le CALLISTO ou le MIKADO constituent
la base principale sur laquelle s’appuie
- soit une hormone (BANVEL 4S, STARANE 200, KART…) si on recherche une
efficacité particulière sur des vivaces telles que le liseron.
On gardera la dose basse si on rajoute un
troisième produit et si on est en bonnes
conditions (hygrométrie, stade des mauvaises herbes, pulvérisateur en bon état…)
Cf tableau 2 ci-dessous.
Deuxième passage
de post-levée :
une intervention
plus ciblée
Après 8-9 feuilles du maïs, les relevées
ne peuvent plus concurrencer le maïs. Le
premier passage, réalisé sur jeunes adven-
Tableau 1 - Désherbage du maïs : exemples de stratégies (pré-levée + post-levée)
1er passage Prélevée (1)
IFT
2e passage Post levée
IFT
Camix 3 l
0.8
Callisto 0,3 à 0,5 l
0.2 à 0.33
Diplôme 1 kg
1
Boréal 0,85 kg
1
Mikado 0,3 à 0,75 l
0.2 à 0.5
Isard 1 l + Prowl 2 l
1.38
Auxo 0.5 à 0,75 l
0.3 à 0.5
Isard 0,8 l + Lagon 0,8 l
1.37
Mikado 0,3 l + Emblem… 0,75 à 1 kg
0.45à 0.64
Isard (Spectrum) 1,4 l
1
Pensez à additionner les deux passages pour le calcul de l’IFT
(1) En traitement de prélevée, forte baisse d’efficacité sur sol sec ou trop motteux. Attention également dans les parcelles à taux de matière organique élevé.
Tableau 2 - Désherbage du maïs : exemples de stratégies (tout en post-levée)
1er et 2e passage Post levée (2)
Mikado 0,5 à 0,7 l + Milagro 0,5 l
Callisto 0,5 l + Milagro 0,5 l
Mikado 0,5 à 0,7 l + Equip 1 l
Mikado 0,3 l + Equip 0,6 l + Cadeli 0,5 l
Mikado 0,3 l + Equip 0,6 l + Peak 6 g
Mikado 0,3 l + Equip 0,6 l + Banvel 0,2 l (3)
Callisto 0,3 l + Milagro 0,3 l + Peak 6 g
Callisto 0,3 l + Milagro 0,3 l + Banvel 4S 0,2 l (3)
IFT pour 1 passage
0.66 à 0.83
0.66
0.71 à 0.88
0.76
0.72
0.76
0.7
0.73
Pensez à cumuler les deux passages pour le calcul de l’IFT
(2) En post levée, préférer les traitements sur mauvaises herbes jeunes (2-4 feuilles) avec hygrométrie > 60%
22
(3) Avant 6 feuilles du maïs.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Construction d'un programme de post-levée
CALLISTO 0,5
ou MIKADO 0,5
+
MILLAGRO 0,5
ou EQUIP 1
ou
Bromoxynil
CALLISTO 0,3
ou MIKADO 0,3
+
MILAGRO 0,3
ou EQUIP 0,6
(Renouée, Mercuriale)
+
CADELI, EMBLEM, SAXO, PEAK...
ou hormones (Liseron)
BANVEL 4S, STARANE 200,
CADENCE, CAMBIO, ...
tices, permet une bonne maîtrise de l’ensemble de la flore. En raison des relevées
possibles avant le stade 6 feuilles du maïs,
un deuxième passage ciblé ou un binage
vient en complément. On utilise les
mêmes produits que précédemment, en
choisissant plus particulièrement le ou les
produits les plus adaptés à la flore la plus
présente.
Michel Falchier
Pôle Agro - PV
Antoine Bray
Arvalis
Le liseron des haies, une vivace en forte recrudescence.
Quelques nouveautés en matière de désherbage
Après le grand ménage du catalogue phyto des années
passées, on voit apparaître quelques nouveautés cette
année
deux années successives sur la même parcelle, il est
également interdit d’utiliser un ISARD ou SPECTRUM
l’année suivante.
PEAK
Sorti en 2009 suite à l’arrêt de commercialisation de
l’ECLAT, il reprend le prosulfuron en solo (pas de bromoxynil comme dans l’ECLAT). C’est avant tout un produit d’association de post-levée permettant de renforcer le concept MIKA + MILA sur les points faibles tels
que les renouées ou les mercuriales quand elles sont
jeunes.
AUXO / HYDRIS
Une nouvelle molécule dans la famille des tricétones :
la tembotrione.
Ce produit est un concurrent des CALLITO et MIKADO
déjà bien connus, à la différence qu’il est formulé avec
du bromoxynil (EMBLEM).
Sur le plan technique AUXO 0.75 litre = MIKADO 0.5 +
bromoxynil liquide 0.5. on peut l’associer avec du MILAGRO mais surtout pas avec EQUIP ou CUBIX
PEAK PLUS / CASPER
Associant du prosulfuron et du dicamba, il apporte un
spectre liseron supplémentaire par rapport au PEAK. A
utiliser également en association mais plutôt sur le
deuxième passage de désherbage.
DAKOTA P
Il s’agit en fait d’une association de dmtap (ISARD) et
de pendiméthaline (PROWL) déjà formulé. Homologué
à la dose de 4 litres /hectare, il et souvent court sur les
renouées et les mercuriales. Il ne peut pas être appliqué
ATIC AQUA
Autre formulation de la pendiméthaline. Il contient
455 grammes /litre au lieu de 400 grammes pour la
vieille référence qui est le PROWL 400.
NISHIM PREMIUM 6OD / MILAGRO EXTRA 6OD /
PAMPA PREMIUM 6OD
Ils contiennent tous du nicosulfuron, mais à 60 grammes par litre au lieu de 40 grammes pour le MILAGRO
ou PAMPA ou NEMO ou RITMIC.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
23
Maïs
Maïs
Désherbage du maïs
Combiner le mécanique et le chimique : une technique efficace
Sur maïs, l’association du désherbage mécanique et chimique est une bonne
alternative aux stratégies "tout chimique". La bineuse, utilisée dans
de bonnes conditions, donne de très bons résultats et permet de réduire
la quantité de produits appliqués.
Houe rotative
et herse étrille :
un usage limité
D’autres outils de désherbage en plein,
comme la houe rotative ou la herse étrille
peuvent également être utilisés avant la
levée du maïs.
L
es conclusions du Grenelle de l'environnement et la mise en application du plan Ecophyto 2018 visant
à réduire de 50 % l'usage des produits
phytosanitaires vont inciter à combiner
toutes les techniques permettant de limiter
le recours aux herbicides.
Pour l’essentiel, ces méthodes alternatives en culture font appel au désherbage
mécanique.
De nombreuses pistes sont envisageables
parmi lesquelles la bineuse, la désherbineuse, la houe rotative ou encore la herse
étrille. Les agriculteurs qui ont souscrit à
des Mesures Agro-Environnementales
(MAE) dont l'objectif est de réduire de
40 % l'Indice de Fréquence de Traitement
(IFT) herbicides en contrepartie d'aides
financières font appel à ces techniques.
Une technique
éprouvée mais
des règles à respecter
La technique du binage utilisée en complément d’un désherbage chimique en
plein va permettre de diminuer la quantité de produits utilisés et d’améliorer la
structure du sol en surface.
La houe est un très bon outil de décroutage du sol.
Elle n'est efficace que sur des adventices en germination ou au stade cotylédons.
Le binage, une solution de désherbage complémentaire au chimique qui a fait ses preuves.
Le désherbage chimique est réalisé en
plein, en pré ou en post levée, suivi d’un
passage de bineuse au stade 8-10 feuilles du maïs, juste avant que les feuilles ne
recouvrent l’inter-rang.
Il faut intervenir sur adventices jeunes
durant la période de sensibilité – levée à 8
feuilles – de façon à ce que la culture ait
toujours une avance sur les adventices. Le
binage doit être renouvelé s’il y a des relevées durant la période de sensibilité à la
culture jusqu’à la fermeture du couvert par
le maïs.
Pour le binage, il est nécessaire d'interve-
Impact sur l'IFT herbicide de différentes techniques de désherbage
nir sur sol ressuyé mais pas trop sec, avant
une période sèche annoncée de 1 ou 2
jours. Egalement, utiliser une bineuse dont
la largeur est identique à celle du semoir.
Notons que la tendance au resalissement
tardif sur le rang est réelle, d’où l’importance d’intervenir tant que la culture est
non couvrante mais l’expérience montre
que le désherbage mécanique est très
dépendant des jours disponibles.
est réalisé après 8 feuilles du maïs. En fonction des relevées de mauvaises herbes sur
le rang, une pulvérisation sera aussi effectuée. En l’absence de traitement chimique
au deuxième passage, il sera nécessaire
de réaliser un buttage afin de recouvrir de
terre les adventices présentes sur le rang.
Lorsque le binage et la pulvérisation sont
associés, le passage doit se faire en bonnes
conditions de pulvérisation (hygrométrie,
température,…), ce qui limite l’utilisation
de l’outil et rend plus délicate sa mise en
oeuvre. Egalement, l’utilisation de la dés-
herbineuse nécessite plus d’entretien que
pour une bineuse classique. En effet lors
du deuxième passage il n’est pas rare que
les buses de pulvérisation se bouchent
suite à un dépôt de terre. Il est donc fortement recommandé de bien vérifier le
réglage et la qualité de la pulvérisation
avant de commencer le traitement. Il faut
également régler de façon précise le positionnement et l’orientation des buses afin
d’obtenir une bonne qualité de pulvérisation et une bonne répartition du produit
sur le rang. Son coût également est souvent
plus élevé qu’une bineuse classique.
Cependant la houe est un très bon outil
de décroutage du sol, lorsqu’un orage avec
de fortes pluies aura créé une croûte de
battance empêchant le maïs de lever.
Malgré son coût élevé, la houe sera préconisée dans cette situation sur une culture
de maïs en conventionnel.
Annie Guillermou
Claire Marceau
Pôle Agro PV
Antoine Bray
Arvalis
Le désherbinage :
une conduite
plus délicate
Tableau de comparaison des différents outils
Critère
Herse étrille
6m
Herse étrille
9m
Houe rotative
6m
Bineuse
4 rangs
Bineuse
6 rangs
Pour réduire la quantité d’herbicides, il est
également possible d’effectuer un désherbage mixte à l’aide d’une désherbineuse.
Dans les situations où son emploi est possible et le désherbage réussi, elle permet de
réduire de 2/3 la quantité d’herbicides utilisés.
Vitesse d’avancement
8 à 12 km/h
(sur céréales)
8 à 12 km/h
(sur céréales)
12 à 20 km/h
6
(si pulvé) à 15
6
(si pulvé) à 15
A partir de
70 ch
A partir de
90 ch
80 – 100 ch
70 – 90 ch
80 – 100 ch
3 à 4 ha/heure
5 à 7 ha/heure
4 à 6 ha/heure
2 ha/heure
3 ha/heure
Investissement (valeur à neuf)
5 000 €
7 000 €
11 000 €
5 000 €
11 000 €
si autoguidée
Coût d’utilisation indicatif *
(pour 100 ha/an)
12 €/ha
15 €/ha
23 €/ha
15 €/ha
21 €/ha
Consommation de carburant
(indicatif)
2 l/ha
2 l/ha
3 l/ha
2,5 l/ha
2,5 l/ha
La désherbineuse est une bineuse équipée de buses de pulvérisation qui vont traiter les adventices sur le rang de maïs lors
du premier passage de la bineuse (stade
3 feuilles du maïs). Un deuxième passage
24
Ces outils ne sont efficaces que sur des
adventices en germination ou au stade
cotylédons, ils permettent de retarder le
passage chimique en plein ou le désherbinage et ainsi supprimer le passage au
stade 8-10 feuilles du maïs. Dans le cas
de très fortes infestations, la pression des
adventices sera trop forte pour permettre
un bon résultat.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Besoin en puissance
Débit de chantier
* (hors traction et hors MO)
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
25
Maïs
Agro bio
Ravageurs du semis de maïs
Éviter le traitement systématique
La protection insecticide ne doit pas être systématisée. Le risque de taupin
est accru après un retournement de prairies de longue durée. Les attaques de
mouches du semis (géomyza et oscinies) sont surtout constatées dans le cas de maïs
peu poussants et sont généralement localisées dans les rangs de bordure.
Les taupins
Les taupins les plus souvent observés dans
notre région ont une vie larvaire de 4 ans.
Les dégâts de taupins sont essentiellement
e
e
liés à la remontée des larves de 3 et 4
année soit par destruction de la graine ou
par perforation du collet de la plantule. Ils
sont généralement localisés dans la parcelle. La perte est bien proportionnelle à
la surface touchée.
Le risque est particulièrement important
pour les parcelles en rotation avec des prairies de longue durée, après retournement
de jachères de même que dans les terres
légères ou exposées au sud. Dans les
autres situations le risque est plus faible
Larve de taupin.
mais il n’est jamais nul. Des coups de
bêche au travers de la parcelle, avant l’implantation, permettent de vérifier le niveau
d’infestation (au minimum 20 « trous »
sur 30 cm).
Lorsque la présence de taupins est avérée, des passages répétés d’outils permettent de remonter en surface les larves et les
exposer aux prédateurs.
Les mouches du semis
Les dégâts de mouches du semis (géomyza et oscinies) sont plus anecdotiques.
Ils sont surtout observés lors d’années à
printemps froids avec des degrés très différents selon le secteur géographique,
l’orientation et l’historique de la parcelle,
la date de semis, la vigueur des variétés…
Lorsque les conditions climatiques sont
peu poussantes de la levée jusqu’au stade
3 feuilles du maïs, les semis les plus exposés sont ceux réalisés tôt avec des variétés
peu vigoureuses. Les parcelles ou zones
de la parcelle abritées du vent, sont souvent plus attaquées car les mouches s’y
arrêtent pour pondre, c’est pourquoi les
tours du champ sont généralement plus
Les protections chimiques autorisées pour les semis 2010
Un certain nombre de restrictions et de précautions encadrent leur utilisation :
CRUISER 350
FORCE 1,5 G
BELEM 0,8 MG
Mode d’application
Traitement de semence
Microgranulé
Microgranulé
Homologations
Taupin, oscinie,
pucerons, cicadelles
Taupin
Taupin
Dose autorisée
Maxi 110 000 graines / ha
Maxi 12,2 kg/ha
Maxi 12 kg/ha
Adaptations
du semoir
Utiliser obligatoirement,
un "déflecteur à la sortie de
la tuyère du semoir" pour
limiter les émissions
de poussières
Installation de
diffuseurs
spécifiques
Installation de
diffuseurs
"queue de carpe"
à l’embouchure
des tuyaux
de distribution
Autres restrictions
- Semis avant le 15 mai
- Dangereux pour les abeilles :
ne pas introduire de plantes
attractives dans la rotation
Limité à
une application
tous les 3 ans sur
la même parcelle
Coût indicatif
65 à 70 €/ha
70 à 75 €/ha
26
45 à 50 €/ha
L'impasse de protection est
préconisée dans les cas suivants
- l’absence d’attaques de taupins dans
le passé
- secteur favorable au maïs
- parcelles se réchauffant bien, peu
touchées habituellement (mouches)
- variétés vigoureuses au départ
- semis pas trop précoces
- semis en conditions favorables (terre
réchauffée, éventuellement semis
retardé…)
- acceptation de quelques pertes une
année de temps en temps.
touchés que le milieu. A l’exception de
quelques situations à fort risque (surtout
semis précoces dans des conditions peu
poussantes), la protection du semis contre
les attaques de mouches peut ne concerner que les tours de champ.
Dans les situations à risque il est essentiel
de choisir des variétés ayant une bonne
vigueur au départ.
Des impasses possibles
Le risque n’étant jamais nul, le coût des
dégâts éventuels devra être confronté au
coût de la protection et ce, sur plusieurs
années. Les dégâts observés par le pourcentage de plantes touchées sont toujours
plus spectaculaires que la perte de rendement réelle car il y a des compensations
par les plants sains. Un manque de plants
de 10 à 15 % ne se traduit pas par une
baisse de rendement significative.Au-delà,
les pertes existent mais elles sont moins
que proportionnelles.
Un surcoût de 50 € représente la valeur de
700 kg de MS/ha, soit 5 % du rendement.
Dans ce cas, on peut tolérer, sans perte
financière, une chute de rendement de
5 % sur toute la surface tous les ans, ou de
20 % sur la moitié de la surface tous les
deux ans. C'est peu probable !
Conduite du maïs en bio
La réussite du maïs en agro biologie dépend de différents facteurs parmi
lesquels la météo (somme de températures), la réserve en eau du sol et
la maîtrise des bio agresseurs (adventices et ravageurs).
R
éussir la culture du maïs dans les
exploitations bio requiert d’être
vigilant à toutes les étapes de son
implantation à la récolte. Parcourons ces
différentes phases.
Intérêt du maïs dans les exploitations bio
Ses points forts
- Aliment énergétique
- Productivité intéressante
- Double usage : grain ou ensilage
- Peu sensible aux maladies
- Bonne valorisation de l’azote issu de la minéralisation du sol
Après prairies
ou céréales d’hiver,
dans la rotation
Le maïs s’implante souvent après une prairie temporaire ou une céréale associée à un
couvert hivernal. Une destruction précoce
du couvert en place (2 mois avant le semis)
permet d’amorcer sa décomposition pour
une meilleure disponibilité des éléments
minéraux par le maïs, de préserver la ressource en eau les années les plus sèches et
de limiter les attaques de taupins. Il est
recommandé d’éviter les précédents crucifères et les cultures de printemps qui favorisent la même flore adventice (chénopodes, amarantes, morelles…).
Préparation du sol
et semis : attendre des
conditions favorables
La préparation du sol est identique au système conventionnel. L’objectif est d’obte-
Ses limites
- Mise en place coûteuse
- Sensibilité aux déficits hydriques
- Sensibilité aux ravageurs et/ou corvidés
- Récolte tardive, pour couverture hivernale
- Déficit azoté de l’ensilage (correcteur azoté coûteux)
nir une structure fine laissant quelques
mottes au sein du lit de semences. Un
labour est généralement effectué pour
enfouir les résidus. Des passages répétés
d’outils à dents de type vibroculteur ou
canadien peuvent ensuite être réalisés,
comme faux semis.
• Date de semis
Le semis doit être réalisé sur sol réchauffé
pour des levées homogènes et rapides.
Selon les zones climatiques, le type de sol
et la météo, il correspond dans la plupart
des cas à la première quinzaine de mai en
Bretagne.
• Densité, écartement et profondeur
de semis
La densité de semis est parfois majorée
de 10 % sur la base des semis conventionnels pour compenser les pertes liées
au désherbage mécanique en culture, soit
100 à 110 000 grains/m2.
Les écartements et la profondeur de semis
sont les mêmes qu’en conventionnel soit
respectivement 75 cm et 3 à 4 cm.
• Matériel
Les largeurs du semoir et de la bineuse
doivent être identiques (mêmes nombres
de rangs).
• Variétés
Le choix de la variété repose sur les critères suivants :
- la précocité : trouver un compromis entre
potentiel de rendement et possibilités de
Itinéraire du maïs et périodes de désherbage
Janvier
Février
Mars
Destruction
du couvert,
apport de MO
Désherbage
Avril
Mai
Labour
Semis
Faux
semis
Herse
étrille
Houe
rotative
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Récolte
ensilage
Novembre
Décembre
Récolte
grain
Binage
Michel Falchier
Pôle Agro PV
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
27
Agro bio
Rendements fourrage et grain de différentes variétés
de maïs (Le Haut Corlay et Quéven - 2009)
25.0
t MS/ha
20.0
15.0
10.0
5.0
Le Haut Corlay
os
Sp
hy
nx
x
i
Sa
lm
Ro
iss
Ma
s2
3.B
kti
6H
DI
La
27
Quéven
vent provenir en priorité d’exploitations
biologiques.
Le maïs est moyennement exigeant en
phosphore et en potasse. La teneur du sol
et les apports de déjections (fumiers, lisiers
ou fientes) réalisés dans l’année ou par le
passé suffisent dans la plupart des situations pour couvrir les besoins en P2O5 et
K2O.
Le pH est à surveiller. La norme se situe
entre 6 et 6,5.Trop bas, il ne permet pas à
la plante d’assimiler correctement les éléments du sol.
q/ha (H = 15%)
Ro
iss
i
Sa
lm
os
Sp
hy
nx
x
.B
s2
3
Ma
kti
6H
DI
La
27
LG
3
Bu
rli
Co
xx
im
o
Fr
ied
rix
x
He
nd
rix
x
As
ter
i
Bo
rd
ur
e
eli
Am
A2
or
Désherbage : plusieurs
interventions
en mécanique
77
120.0
100.0
80.0
60.0
40.0
20.0
0.0
LG
3
Bu
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Co
xx
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Fr
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x
He
nd
rix
x
As
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i
Bo
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or
eli
A2
Am
77
0.0
Agro bio
récolte. Dans la région, les indices oscillent entre 220 et 310.
- la vigueur au départ est une caractéristique variétale très importante. Elle permet
de se prémunir des attaques de ravageurs
et de mieux maîtriser les adventices.
- la valorisation : grain ou fourrage
- la productivité et la résistance aux maladies (helminthosporiose surtout).
Fertilisation :
uniquement
organique
Rendements fourrage et grain de différentes variétés de maïs (Le Haut Corlay et
Quéven, 2009)
Un dossier spécial variétés présente de
manière plus exhaustive les caractéristiques des principales variétés de maïs (Terra
N° 199 du 18 décembre 2009).
Compte-tenu de la gamme importante des
variétés de maïs certifiées en agriculture
Aucune fertilisation n’est nécessaire derrière prairie de plus de trois ans. Pour les
autres précédents, les quantités sont à raisonner en fonction du passé de chaque
parcelle.
Le maïs est une plante qui valorise bien
l’azote organique dès lors que l’eau n’est
pas limitante. Sa période de végétation
coïncide avec celle de la minéralisation du
sol. Les matières organiques utilisées doi-
biologique en France (base de semences
biologiques par espèce : www.semencesbiologiques.org), aucune dérogation n’est
accordée pour cette espèce.
Cf schéma "Itinéraire du maïs" page 33.
La lutte contre les adventices est déterminante dans la conduite du maïs. Les passages réalisés avant le semis vont permettre d’épuiser une partie du stock semencier.
Diverses stratégies complémentaires sont
possibles en culture, le mieux étant de les
associer :
- 3 à 5 jours après le semis, "à l’aveugle",
avec une herse étrille ou une houe rotative. Cette intervention présente peu de
risque pour le maïs (pas encore levé) et
permet d’établir un écart de développement en faveur de la culture.
- stade 2 à 4 feuilles du maïs en privilégiant la houe rotative. Sinon, ajuster la
vitesse d’avancement et le réglage de la
herse étrille pour ne pas déraciner et ne
pas recouvrir la culture.
- stade 4 à 6 feuilles, le maïs peut être
biné. La vitesse d’avancement et/ou l’utilisation de caches permettra de protéger les
plants.
• Pyrale : l’utilisation de trichogrammes
(parasitoïde de l’ordre des Hyménoptères)
est efficace.
• Taupin et limaces : La lutte doit être
préventive en évitant l’accumulation de
matières organiques insuffisamment
décomposées avant le semis et les sols
creux. Il est nécessaire de multiplier les
interventions pour casser le couvert (et son
système racinaire) avant le labour et rappuyer l’horizon de surface.
Houe rotative.
- du stade 7 feuilles jusqu’à la couverture
de l’inter-rang, le binage s’accompagne
d’un buttage (cache plant relevé).
Néanmoins, cette intervention ne permet
pas à elle seule de maîtriser le salissement
sur le rang, d’où l’importance de l’une ou
l’autre des deux premières interventions
en post-semis.
Pour obtenir une bonne efficacité, les interventions de désherbage mécanique doivent être réalisées en condition sèche et
sur adventices jeunes (stade cotylédon à
2 feuilles vraies).
Lutte en préventif
contre les maladies
et ravageurs
• Helminthosporiose et Charbon des
inflorescence : choisir des variétés tolérantes, en particulier dans les secteurs ou
ces maladies sont déclarées.
• Corvidés (Choucas des tours et
Corneille noire) : selon les secteurs géographiques et l’environnement des parcelles, les dégâts de corvidés peuvent être
importants en AB du semis au stade 5 feuilles du maïs. Différents dispositifs d’effarouchement (visuels, sonores…) ont été testés pour les corvidés. Rares sont ceux qui
offrent une bonne efficacité dans le temps
(phénomènes d’accoutumance). La meilleure protection est obtenue grâce à une
association de dispositifs déplacés tous les
2 jours. NB : le choucas des tours est une
espèce protégée et sa régulation fait l’objet de dérogations.
Pour les dégâts de gibiers (sangliers…),
prendre contact avec la fédération de
chasse départementale.
Récolte et utilisation :
gros écarts
de rendement
En ensilage (de 30 à 35 % de MS) ou en
grain, les débouchés sont multiples que
Charges de mécanisation en bio
ATTENTION aux comparaisons avec les résultats
conventionnels, les charges de mécanisation
sont plus importantes en bio qu’en conventionnel du fait de l’utilisation de plusieurs
outils (herse étrille, houe rotative et bineuse).
Le temps de travail lié à la conduite du maïs est
également supérieur, avec des interventions
plus nombreuses pour la préparation du sol
(faux semis) et le désherbage mécanique. Il
est estimé à 8,4 h/ha d’après une enquête réalisée dans 17 exploitations en 2006 (dossier
disponible auprès de la Chambre régionale
(Anne Audoin).
Prix de vente/q
25
1 625
260 à 300
0 (avec déjection) - 120 (hors déjection)
Désherbage mécanique
200 (4 interventions : herse, houe, 2 passages de bineuse)
Autres traitements
0
Travaux par tiers
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Jean-Luc Giteau et Benoît Nezet
Pôle Agronomie PV
Manuel Lacocquerie
CA 22
65
Fertilisation
28
Pour en savoir plus, contacter les conseillers
bio de votre département. Des fiches techniques sont également disponibles pour
d’autres cultures en AB : blé, triticale, féverole, pois, mélanges céréaliers, luzerne, sarrasin…
Rendement grain (q/ha)
Semences
Herse étrille
Pour tous compléments d’informations
concernant les valeurs alimentaires, contactez le pôle Herbivores au 02 96 79 21 63.
Approche économique et temps de travail
Produit/ha
Bineuse.
ce soit pour les ruminants ou les monogastriques. Les rendements sont très variables entre zones pédoclimatiques et selon
les années (somme de températures et
pluviométrie). Ils oscillent généralement
entre 35 et 90 q/ha en grain et entre 8 et
16 t MS/ha en ensilage.
Cf. tableau ci-dessous.
190
Charges/ha
650 - 810
Marge/ha (hors aides, taxes)
815 - 975
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
29
Protéagineux
Protéagineux
Allonger les rotations avec des protéagineux de printemps
Utilisés principalement dans l’alimentation animale pour leur richesse
en protéines, les protéagineux présentent aussi de nombreux intérêts
agronomiques. Excellents précédents des céréales, ils permettent en effet de
couper le cycle des maladies et des mauvaises herbes et restituent de l'azote.
Des économies de charges sont donc possibles sur toute la rotation.
D
epuis près de 20 ans, les surfaces de protéagineux ne cessent
de diminuer en Bretagne, passant de plus de 45 000 ha en 1991 à environ 3 000 ha seulement en 2009. Le même
constat est fait au niveau national.
Face à cette situation, un plan d’aide à la
production de protéagineux a été mis en
place pour la campagne 2010.
Les montants indicatifs seraient de
150 €/ha en 2010, de 125 €/ha en 2011
et de 100 €/ha en 2012 et réévalués en
fonction des surfaces implantées chaque
année.
Quel protéagineux
pour quel système
d’exploitation ?
Le choix d’implanter une culture de pro-
téagineux doit se faire en fonction de plusieurs critères :
- système d’exploitation,
- débouché (vente à un organisme collecteur ou autoconsommation)
- caractéristiques pédoclimatiques de la
parcelle.
Cf tableau ci-dessous.
Du lupin
pour les ruminants
Au-delà de leurs intérêts agronomiques
et environnementaux, l’intérêt des protéagineux reste également fortement lié au
contexte de prix des matières premières
et notamment du soja. Le contexte actuel,
avec la mise en place d’un plan de relance
des protéagineux est plus favorable aux
protéagineux que par le passé.
Avantages
• Les protéagineux en système
ruminants
Dans ces systèmes d’exploitation, les protéagineux pourront être cultivés sur les
parcelles les plus éloignées, souvent en
rotation maïs-blé en substitution d’une
céréale. Dans les systèmes d’alimentation
à base de maïs, les protéagineux participeront à l’équilibre de la ration.
Pour les vaches laitières : c’est le lupin
qui s’avère être le plus intéressant en raison de sa plus grande richesse en matières
azotées (34 %). Il pourrait être utilisé seul
pour corriger les rations à base de maïs.
La valeur azotée du pois est peu différente
de celle d’une céréale (21 % de MAT). La
Inconvénients
Protéagineux
Protéagineux
- Ce sont de bonnes têtes de rotation, bon précédent
céréales et colza, gain de rendement pour le blé qui
suit, économie d’azote, rompt le cycle des parasites,
- Ils améliorent la structure du sol,
- Ils sont faciles à stocker et à conserver,
- Ils sont plus riches en protéines qu’une céréale ou un
maïs et permettent de réduire la dépendance en protéines de l’exploitation.
- Ils nécessitent des sols bien drainés (sensibles à l’excès d’eau)
- Ils présentent des rendements variables
- La fertilisation azotée est interdite sur ces cultures
(épandage notamment interdit)
Pois
- Il a bon potentiel de rendement en rotation longue
Féverole
- Elle est résistante à l’aphanomycès (maladie) et peut
donc se substituer au pois en sols contaminés ,
- Elle est facile à récolter grâce à une bonne tenue de
tige. Sa récolte a lieu après celle des céréales
30
Du pois ou
de la féverole pour
les monogastriques
Pois
Féverole de printemps : bon compromis
pour la production de protéagineux.
féverole avec 27 % de MAT est intermédiaire entre le lupin et le pois. Féverole et
pois ne peuvent pas non plus être utilisés
seuls.
Pour l’engraissement des bovins : le
lupin reste le plus intéressant et pourrait
remplacer en totalité le tourteau de soja. Le
pois et la féverole peuvent également être
utilisés mais prendre soin de les broyer
grossièrement afin d’éviter tout risque
d’acidose
• Les protéagineux en système
porcs
Les rotations les plus courantes sont les
rotations maïs-blé. Les protéagineux pourront s’insérer entre deux blés, permettant
ainsi de rallonger et de diversifier les successions de cultures.
Pour les fabricants d’aliment à la
ferme : l'utilisation de protéagineux implique d’en produire des quantités relativement importantes et de disposer de cellules de stockage supplémentaires.
Le pois, riche en lysine et en énergie est
très bien adapté à l’alimentation des porcs.
Attention toutefois à respecter certaines
limites d’incorporation, comme pour les
autres protéagineux.
En raison de leur complémentarité sur le
plan nutritionnel, l’association de pois et de
tourteau de colza peut être substituée au
soja dans les rations de porc charcutier.
La féverole peut également être utilisée
en broyant finement les graines. En revanche, le lupin est déconseillé pour l’alimentation des porcs. En effet, il est suspecté
d’être à l’origine de la formation de gaz
dans l’intestin entrainant des contre-performances.
Pour les autres producteurs de
porcs : les surfaces cultivées peuvent être
plus réduites, puisqu’ils sont destinés à
être livrés à la coopérative et n’entrent pas
dans l’élaboration des rations. Avant de
choisir sa culture, vérifier auprès de l’organisme collecteur la possibilité de pratiquer l’échange protéagineux-aliment.
Prendre en compte également la diminution des surfaces épandables et l’éventuel
surcoût lié au traitement de quantités de
lisier supplémentaires.
Le tableau ci-dessous nous donne les
valeurs alimentaires des protéagineux comparés au tourteau de soja.
Claire Marceau
Pôle Agro PV
La luzerne :
une culture à redécouvrir
La luzerne est également éligible à
l’aide aux protéagineux. Sa production moyenne est de 12 à 15 t de MS
/ha/an en 3 à 4 coupes. C’est la plante
qui produit le plus de protéines à
l’ha (autour de 2 t/ha), loin devant
le soja ou le pois avec une teneur en
protéines moyenne de 160 g/kg MS.
Elle peut donc rééquilibrer des
rations riches en énergie.
Dates de semis : fin août à mi septembre, possible également en mars
Fauche : dès l’apparition des bourgeons, 4 à 5 coupes par an d’avril à
octobre, 45-50 jours entre chaque
coupe
Apport de déjections possible à la
différence des autres légumineuses
- Son implantation est délicate : attention aux semis
sans labour,
- Il est sensible à l’Aphanomycès, à proscrire dans les
sols contaminés,
- Les récoltes sont parfois difficiles en cas de verse et
lors de conditions pluvieuses.
Protéagineux : composition et valeurs alimentaires (par rapport au produit brut)
Féverole
Composition (%)
Lupin
- Le semis reste délicat : semoir adapté à grosse graine
et capable d’enterrer à 7 cm mini)
- Pas de possibilité de désherbage en post-levée contre
les dicotylédones
PORCS
- Il tolère les sols acides (jusqu’à PH 5,5) et les parcelles caillouteuses,
- Il tolère mieux que le pois et la féverole le manque
d’eau l’été (zones séchantes)
- Il est facile à récolter grâce à une tige rigide jusqu’à
maturité
- Il est particulièrement riche en MAT (valeur protéique
plus proche de celle du soja que du pois : 37 % de
MAT).
Lupin
- Il est plus exigent en températures (zone Nord Ouest
Bretagne exclue)
- Il existe peu d’herbicides homologués
- Il est très sensible à l’anthracnose (maladie transmise
par les semences)
- Le prix des semences est élevé et il n’existe pas de
marché (collecte).
VOLAILLES
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
RUMINANTS
Matière sèche
Protéines
Amidon
Cellulose
EN (kcal/kg)
CUD protéines (%)
EMAn aliment granulé/coq (kcal/kg)
CUDa protéines (%)
UFL
UFV
PDIN
PDIE
Tourteau
de soja 48
88
45.3
6
1 940
87
2280
92
1.06
1.05
331
229
Pois
86
20.7
44.6
2350
84
2670
85
1.04
1.05
130
83
Féverole
Lupin
Fleurs colorées
Blanches (Fevita)
86
25.4
38.3
7.9
2170
81
2510
80
1.04
1.04
162
97
86
26.8
37.3
7.5
2220
81
2680
90
* retenir 140 comme valeur d’usage
Blanc
Bleu
88.5
90
34
31
0
0
11.4
15
2170 1 940
84
84
2290 2000
1.18
1.18
213
106*
1.13
1.12
199
124
Sources INRA AFZ 2002
Le lupin est le protéagineux le plus riche en matière azotées, même s’il reste inférieur au tourteau de soja
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
31
Protéagineux
Protéagineux
Itinéraires techniques
POIS de PRINTEMPS
FEVEROLE de PRINTEMPS
Place dans la rotation
Semis
Date
Densité
Préparation du sol
Variétés conseillées
(liste non exhaustive)
- De bonnes têtes d’assolement pour les céréales
- Eviter les précédents prairies
1er février au 15 mars – semer tôt en zones séchantes
1er février au 10 mars - Un semis précoce favorise l’enracinement
2
70 à 80 grains/m et 3-4 cm de profondeur. 4-5 cm si pigeons…
35-45 grains/m2 et 5-7 cm de profondeur
Lit de semences ni trop fin ni trop grossier, bien nivelé Sol bien ressuyé
Hardy (précocité + tenue de tige)
Lumina (rendement, peu précoce)
Starter (tenue de tige +rendement)
Produits de Prélevée stricte (dose homologuée) :
- Nirvana S (4.5l/ha)
Produits de Post levée stricte (dose homologuée) :
- Basagran SG (1.4kg/ha)
Produits de pré ou de post levée (dose homologuée) :
- Centium 36 CS (0.25l/ha)
- Challenge 600 (4.5l/ha)
- Prowl 400 (3l/ha)
Désherbage
Exemples de stratégies :
- Pré levée seule (100% dose)
- Prélevée (3/4 dose) + post levée (1/2 dose)
- Post levée 2 passages (1/2 dose)
Pas de solutions anti dicots en post levée !
Antidicots de Prélevée (dose homologuée) :
- Centium 36 CS (0.25l/ha)
- Challenge 600 (4.5l/ha)
- Prowl 400 (3/ha)
- Nirvana S (4.5l/ha)
Anti graminées de Post levée
- Ambition ou Agil (1.2l/ha)
- Targa D+ (1.250l/ha)
- Etamine (3l/ha)
Exemples de stratégie :
- 1 pré-levée puis si présence de graminées
1 rattrapage antigraminés
Energy (tardive)
Amiga (précoce)
Ludic (intermédiaire)
Lustral (1/2 tardif)
Protection
contre les maladies
Protection
contre les ravageurs
Produits possibles (dose homologuée)
- Anthracnose : Banko 500 (3l), Amistar (0.8l) ou Maori/Walabi (2l)
- Botrytis : Walabi (2l) ou Scala (1.5l)
- Rouille : Horizon EW (0.8l) ou Caramba Star (0.8l)
Exemples de stratégies :
- T1 boutons floraux : Anti anthracnose (70-100% dose)
- T2 : T1+15j produit anti botrytis
- Sitones : surveiller dès la levée
Produits possibles (dose homologuée) :
Ducat 0.3l, Karaté Xpress 0.125kg, Decis Expert 0.063l
- Pucerons verts : surveiller à partir de la floraison, les plus préjudiciables
Produits possibles (dose homologuée) :
Karate K 1.25l, Pirimor G 0.75kg
Date
Matériel
Rendement
Anti dicotylédones :
- Post semis prélevée : Centium 36 CS (0.25l/ha)
- Pré et post levée : Cent 7 (0.8l/ha)
Anti graminées en rattrapage :
en Post levée :
- Ambition ou Agil (1.2l/ha)
Exemples de stratégie :
- 1 pré-levée puis si présence de graminées
1 rattrapage antigraminés
Anthracnose : Wakil XL 0.1kg/q
Fonte des semis : Vitavax 200FF 0.250l/q
Mouche du semis : enfouir les résidus
+ traitement de semence PYRISTAR 0.3l/q
Anthracnose, fonte des semis :
Wakil XL 0.2kg/q (pois); 0.1kg/q (féverole)
ou Vitavax 200FF 0.25l/q
Traitement
de semences
32
Volailles : teneurs en vicine-convicine faible
- Lady :productive
- Betty : productive, sensible casse de tiges, sensible rouille,
variété récente
Porcs : variétés à fleurs blanches
- Mistral : teneur en protéines peu sensible verse
et la rouille
Ruminants : toutes les variétés possibles
- Espresso : résistant verse, sensible rouille,
- Maya : productive, sensible casse tige, sensible rouille,
- Memphis : bonne tenue de tige, peu sensible rouille,
variété récente
15 février au 15 mars
45-50grains /m2 et 3-4 cm de profondeur
Aucun apport d’azote : (légumineuses : capacité à fixer l’azote atmosphérique)
Cultures moyennement exigeantes en P et K - Tenir compte des teneurs du sol
En cas d’apport : 40 à 60 u P2O5 et 80 à 100 en K2O
Fertilisation :
En cas d'apport :
Récolte
LUPIN de PRINTEMPS
Produits possibles (dose homologuée.)
- Rouille : Horizon EW (0.8l) ouCaramba Star (0.8l),
- Anthracnose : Banko 500 (2l) Amistar (0.8l),
- Botrytis : Caramba Star (0.8l)
Exemples de stratégies :
- T1 début floraison : Anti anthracnose (70-80% dose)
- T2 : T1+15j produit anti rouille (80-100%)
- Sitones :
surveiller dès la levée
Produits possibles (dose homologuée) :
Ducat 0.3l, Karaté Xpress 0.125kg, Decis Expert 0.063l
- Pucerons Noirs : surveiller avant et pendant la floraison
Produits possibles (dose homologuée) : Karate K 1.25l,
- Bruches : surveiller dès stade jeunes gousses 2 cm si T° > 20°C
Produits possibles (dose homologuée) : Talstar 0.1l
Produits possibles (dose homologuée.)
- Anthracnose : Amistar (0.8l/ha)
Traiter dès l’apparition des 1ers foyers
- Rouille : Caramba star (0.8l/ha) ou Horizon EW (1l).
Traiter dès l’apparition des 1ères pustules
Exemples de stratégies :
- T1 début floraison : Anti anthracnose (70-80% dose)
- T2 : T1+15j produit anti rouille (80%)
- Mouche du semis : voir traitements de semences
Fin juillet début août, grains à 15-16% d’humidité, norme 14 %
Fin août, grains à 15-16 % d’humidité
Août-septembre selon les variétés, graines à 14-15 % d’humidité
Moissonneuse batteuse + doigts releveurs (en cas de verse)
Coupe allongée (type colza), contre batteur maïs + grille à trous ronds
Moissonneuse batteuse classique
55-60 q/ha (lié climat + profondeur sol)
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
45 à 55 q/ha (lié pluviométrie + profondeur sol)
25 à 35 q/ha
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
33
Betteraves
Betteraves
Betteraves fourragères : des rendements réguliers
La betterave fourragère donne des résultats supérieurs et plus réguliers que
le maïs (de 2 à 5 tonnes de matière sèche), qu’il fasse chaud et sec ou froid
et humide. Appétant et riche en énergie, ce fourrage retrouve un intérêt
depuis le découplage des aides PAC.
Fertilisation :
des besoins élevés
La betterave valorise très bien les fumiers
et les lisiers car son cycle de végétation
est plus long que le maïs. Néanmoins, les
besoins importants en NPK nécessitent
parfois un apport complémentaire.
Semis :
le plus tôt possible
Le binage complète avantageusement le désherbage chimique des betteraves .
E
n 2009, les semis ont été réalisés
fin avril en conditions sèches. Si la
levée a été échelonnée avec les
semences enrobées, elle n’en est pas moins
restée homogène.
Globalement, le désherbage a été bien
maîtrisé sauf en agrobiologie car les conditions pluvieuses de juin ont perturbé les
désherbages mécaniques. Sur le traitement
chimique, quelques parcelles ont été brûlées par les applications compte tenu de la
forte amplitude thermique de mi-mai.
Enfin, la betterave n’a pas souffert de l’excès d’eau (centre Bretagne : 450 mm d’eau
en mai-juin-juillet avec 20 j/mois à plus
de + 1 mm de pluie) et du manque de
température.Au contraire, elle a fait beaucoup de feuilles. D’autre part, les mois de
septembre et octobre, très ensoleillés, lui
ont permis de s’enrichir en sucre et en
matière sèche.
Cependant, fin septembre, quelques attaques de rouille brune, cercosporiose et
ramulariose ont été observées, nécessitant
l’application de fongicide (attention : il est
préférable de choisir des variétés peu sensibles à ces maladies).
Rendements 2009 :
très bon cru
Les rendements en betterave fourragère
sont supérieurs au maïs de 2 à 5 t de
34
MS/ha, les années sèches comme 2003 à
2006. En effet, contrairement au maïs, la
betterave n’accuse pas le manque d’eau,
elle est capable de se rattraper après une
sécheresse et de faire du rendement.
Les rendements réguliers tous les ans et
le nouveau système de DPU redonnent un
gain d’intérêt à cette culture.
Travail du sol : un lit
de semence à soigner
Comme toutes les plantes à racines, la betterave fourragère est très exigeante en
matière de préparation du sol. En zone
sucrière, quelques agriculteurs ont commencé à semer de la betterave sans labour
(TSL) mais avec un travail plus profond.
Comme la graine est petite et que le semis
se fait en place, il est très important de
préparer finement le sol en surface afin
que la germination et la levée se fassent
aisément. Il est nécessaire que le sol soit
meuble. Lors des printemps secs, la levée
peut être irrégulière car il faut beaucoup
d’eau pour que la betterave puisse percer
son enrobage. Dans ces conditions, il est
conseillé de rouler les parcelles. Enfin, pour
que la racine puisse bien se développer, il
est nécessaire que le sol soit travaillé en
profondeur.
Si la température du sol atteint 7 à 10 °C
et que celui-ci est suffisamment bien ressuyé, il est temps de prendre le semoir. En
effet, des essais bretons ont montré
qu’après le 15 avril, chaque semaine de
retard se traduit par une perte de 1 tonne
de MS.
Il faut rechercher une profondeur de semis
homogène de 2 à 3 cm. Les meilleurs rendements s’obtiennent avec des peuplements de 80 000 à 90 000 racines soit
100 000 à 120 000 graines à l’ha.
Les semis sont faits avec des semis monograine à 45-50 cm voire 60 cm. Ils peuvent également être faits avec des semis à
maïs mais le rendement est pénalisé car
le peuplement atteint reste faible (60 000
betteraves/ha).
Variétés :
choisir selon le type
de distribution
Betteraves fourragères : variétés conseillées
Teneur en matières sèches
Niveau
%
Variétés conseillées
Variétés possibles
Très riche
en MS
+ 16 %
JAUNA, TINTIN,
STARMON
AMARILLO,
SOLAR, TRESTEL
Riche
en MS
14
à 15 %
COLOSSE, MERVEILLE
SPLENDIDE
AMIGO, ALPES, BOLERO
BOLERO, VERMON, TROYA
Moyennement
riche en MS
13 à
14 %
JAMON, KYROS,
JARY, VITAMO
BARBARA, KETCH,
LACTIMO, PETRA
Faiblement
riche en MS
- 13 %
MONRO, BLAZE,
PERAMONO
PERAMONO
A l’inverse, les betteraves faiblement riches
en MS peuvent être distribuées entières,
voire pâturées.
quer deux traitements à 8 -10 jours d’intervalle. Elle est coûteuse et manque parfois
de sélectivité (dose à l’hectare).
Désherbage :
déterminant
dans la réussite
de la culture
La technique à doses réduites : elle
nécessite une surveillance du champ tous
les 2 jours dès la levée des premières
adventices en parcourant la parcelle, une
bonne connaissance de la flore au stade
plantule et une bonne connaissance du
mode d’action des différents herbicides.
Le traitement s’applique dès la levée des
adventices sans tenir compte du stade de
la betterave. Souvent 3 à 4 applications
sont nécessaires à 6/10 jours d’intervalle.
Le traitement se réalise avec un maximum
de 200 litres d’eau à l’ha et une pression
de 2 bars. Le traitement de base pour une
flore habituelle à base de morelles, pâturins, matricaires, renouées, chénopodes. Le
binage reste également une solution très
appréciable sur des betteraves plus développées pour parfaire le désherbage et
aérer les sols compactés.
Un traitement de post-semis prélevée peut
être pratiqué avec le GOLTIX (2 kg/ha)
dans le cas de parcelles très sales à dominantes de matricaires, de colza, de morelles et d’ombellifères ou avec la PYRAMINE DF (2 kg/ha) dans le cas de dominantes de sanve et de mercuriale.
Dans ce cas, un rattrapage en post-levée
sur une base de BETANAL + TRAMAT +
huile est toujours nécessaire.
En postlevée,
deux possibilités existent :
Cf encadrés ci-contre.
La technique à doses classiques pour les
exploitations avec peu de surface de betterave. Cette technique consiste à appli-
Techniques de désherbage
à doses classiques :
prévoir 2 passages
Techniques de désherbage
à doses réduites :
prévoir 3-4 passages
Mélanges types à choisir en fonction de la flore présente
Jean Philippe Turlin
Pôle Agro PV
Il y en a pour tous les goûts mais il faut
les commander. Les variétés sont classées
selon leur pourcentage de matière sèche.
Cf tableau page 35.
Le choix du type de variété dépend surtout de l’élevage pratiqué et de la distribution (racine entière ou coupée). Les betteraves très riches en MS, plutôt de type
sucrier, sont souvent plus dures et nécessitent d’être coupées.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
35
Herbe
Prairies : désherbage
précoce à l’implantation
La présence de mauvaises herbes dans les jeunes prairies peut parfois
compromettre leur implantation. Lorsqu'il est nécessaire,
le désherbage doit être réalisé précocement.
L
es jeunes prairies sont souvent
envahies par des mauvaises herbes au développement très rapide.
Elles peuvent parfois compromettre l’implantation de la prairie par une forte
concurrence vis à vis de l’occupation de
l’espace, de l’eau et des éléments nutritifs. Les effets négatifs sur la production
se traduisent par une diminution du
potentiel de rendement et de la qualité
fourragère, un risque accru de toxicité
avec quelques espèces telles que la mercuriale et une augmentation des refus.
Le choix de l’herbicide se raisonne en
fonction de la composition de la prairie et
des adventices à détruire. Mais pour être
efficace, l’action de l’herbicide doit être
associé à une bonne conduite de la prairie. Les principales adventices à détruire
sont des dicotylédones : mouron des
oiseaux, capselle, matricaire pour les
semis de printemps et les dicots du maïs
(morelles, chénopodes, renouées…) pour
les semis de fin d’été.
Dans le cas
de graminées pures
Les produits anti-dicotylédones utilisés
sur céréales sont, pour la plupart, utilisables aux mêmes doses. Ils seront choisis en fonction de leur spectre d’activité,
de l’époque de traitement et du stade
de la graminée. Des produits tels que le
FIRST ou l’EXCEL D+ présentent des
spectres assez complets. Si les conditions
de traitement sont favorables (mauvaises herbes au stade plantule, température douce supérieure à 10 °C et hygrométrie supérieure à 60 %) on utilisera la
dose de base présentée dans le tableau.
En présence de rumex de germination
on peut utiliser sur ray-grass du MIKADO
à la dose de 0,5 l/ha.
Cf tableau ci-dessous.
En présence de trèfle blanc il faut attendre le stade 2-3 feuilles vraies de la légumineuse pour appliquer le désherbant,
mais le nombre de spécialités commerciales autorisées à la fois sur ray-grass et
trèfle est très limité. Le BASAMAIS
répond bien à cette double homologation, mais son spectre d’efficacité limité
ne permet pas de répondre à toutes les
situations. L’utilisation de MIKADO à 0,5 l
est tolérée pour désherber précocement
le mélange Ray-grass + trèfle blanc particulièrement en présence de rumex de
germination. Au delà du stade 3 feuilles
vraies de trèfle sa sélectivité est suffisante pour ne pas prendre de risques
pour la jeune prairie.
Michel Falchier
Pôle AgroPV
Ray grass
Brome
Dactyle
Fétuque
Fléole
0.5
X
X
X
X
FIRST
0.7 à 1
X
X
X
X
EXEL D+
1 à 1.5
X
1 à 1.5
1 à 1.5
X
FOXPRO D+
1 à 1.5
X
1 à 1.5
1 à 1.5
X
OKAY
1 à 1.3
1 à 1.3
1 à 1.3
1 à 1.3
1 à 1.3
MEXTRA
1 à 1.3
1 à 1.3
1 à 1.3
1 à 1.3
1 à 1.3
MIKADO
Présente en grand nombre, la mercuriale peut présenter
des risques de toxicité pour les animaux
36
Les marées vertes ne cessent de mobiliser
l'attention de tous. Les agriculteurs, préoccupés
par ce phénomène, ont su se mobiliser et
formuler des propositions d'action ambitieuses
pour ce qui les concerne (en souhaitant que les
autres acteurs en fassent de même). Cela ne
présage pas sur les décisions qui seront prises
par l'Etat. Nous vous invitons à en prendre
connaissance dans les pages qui suivent mais
aussi de découvrir le point de vue de l'INRA.
Le cas particulier
des ray-grass
+ trèfle blanc
Quelques exemples de produits utilisables
sur graminées pures au stade 3 feuilles
Doses de produits
utilisables en l/ha
Dossier algues vertes
X : usage non autorisé
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Face aux phénomènes des algues vertes,
les agriculteurs formulent des propositions pour ce qui les concerne.
Ce dossier a été réalisé par :
Chambres d'agriculture
de Bretagne
Jean-Paul Hamon,
Elisabeth Congy, Louis Jestin,
Louis Le Roux, Daniel Hanocq
et Bertrand Decoopman.
INRA Agro campus
ouest Rennes
Marées vertes :
les causes du phénomène
Patrick Durand, Laurent Ruiz
et Chantal Gascuel.
L’
Surface couvertes par les ulves mesurées lors
des 3 inventaires de surveillance de la saison 2007
eutrophisation littorale à base
d’ulves est connue depuis longtemps et dans de nombreuses
régions de par le monde. Son apparition
nécessite la combinaison de plusieurs
paramètres : une configuration adaptée
des sites (baies aux eaux claires et peu
profondes, autorisant une bonne pénétration de la lumière et un relatif réchauffement de l’eau), des apports suffisants en
nutriments, notamment en N et en P.
Réduire les fuites
d'azote
En raison de la présence pour de très nombreuses décennies de sédiments largement enrichis en phosphore issu des rejets
des activités en amont de ces sites, les
scientifiques considèrent que les flux
d’azote (NO3 et NH4 de toutes origines)
deviennent le facteur de maîtrise pour tenter de contrôler le phénomène (l’ulve ne
pouvant capter l’N de l’air). L’origine multifactorielle du phénomène conduit aussi
à se poser la question de l’impact d’autres paramètres tels que le réchauffement
des eaux, l’évolution des usages du littoral, les conséquences de certaines pollutions sur les populations de prédateurs,…
La prolifération
hivernale
Récemment, les scientifiques ont par
exemple mis en évidence l’impact des
quantités de biomasse présentes avant
l’hiver sur l’ampleur de la marée de l’année suivante, pouvant conduire à de nouvelles stratégies de ramassage. Les
connaissances se sont étoffées mais beaucoup reste encore à apprendre.
Quoiqu’il en soit, la réduction des flux
d’azote est la piste aujourd’hui retenue
pour tenter de maîtriser l’ampleur du phénomène.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
37
Dossier algues vertes
Dossier algues vertes
20 ans d’engagement
pour l’environnement
La profession agricole
mobilisée et volontariste
L'environnement, fait désormais partie du métier de paysan.
Rappel des acquis de la profession agricole bretonne sur ce défi.
La venue en Bretagne l’été dernier sur la plage de St Michel en Grèves de
plusieurs membres du gouvernement a donné un nouveau retentissement à
la question des algues vertes. Cette problématique a dépassé la seule sphère
environnementale de par son extrême médiatisation et en raison des
accidents liés aux conséquences et à la gestion des échouages.
Un dispositif
réglementaire
important
L'impact environnemental des pratiques
agricoles est très encadré. Les principales
réglementations sont les suivantes :
• La conditionnalité PAC.
• Les prescriptions générales et mesures
pour préserver l'environnement : règlement sanitaire départemental (RSD) pour
les petits ateliers, réglementation nationale « installations classées pour la protection de l’environnement ».
• La Directive Nitrates.
• Le programme de résorption des excédents d’azote.
• L'usage des produits phytosanitaires,
Grenelle et EcoPhyto 2018.
Il faut noter que les programmes d’actions
réglementaires menés jusqu'à ce jour ont
été calibrés sur des objectifs d’amélioration de la qualité des eaux brutes en vue de
la production d’eau potable, soit un taux de
nitrates inférieur à 50 mg/litre.
Un dispositif
complémentaire basé
sur le volontariat
• Les MAE
Les mesures agro environnementales
(MAE) sont des actions contractuelles
volontaires, proposées dans des territoires
à enjeux environnementaux identifiés.
Avec un fort taux d'engagement, les budgets alloués sont d'ores et déjà consommés.
Une forte évolution
des pratiques
de fertilisation
Résultats issus de l’évaluation du 3e programme Directive Nitrates (Source MIRE
Bretagne).
- Achats d’engrais minéraux en forte baisse
de 20 % pour l’azote entre 1998 et 2007
et de 35 % pour le phosphore entre 2003
et 2007.
- Production d’azote organique brut en
baisse de 7,5 % entre 2000 et 2006,
avec la diminution des cheptels et les
gains de productivité.
- Excédent azoté divisé par trois : l'excédent azoté issu des grands comptes de
l’agriculture (source DRAAF Bretagne)
est passé de 87 kg N/ha en 1997 à 30 kg
en 2006.
- Résorption atteinte à plus de 85 %.
- Plus de 25 000 ha de bandes enherbées.
- Tous les sols couverts en hiver.
- Un matériel d’épandage amélioré.
Une nette
amélioration
de la qualité de l’eau
Depuis une dizaine d’années, la Bretagne
est la région où l’on a enregistré la plus
forte baisse de taux de nitrates soit près
de 20 %.
Dans son rapport de 2008, le BRGM montre qu'après une augmentation des
concentrations dans les eaux souterraines
sur la période 1975 - 1993, la tendance
se renverse et celles-ci diminuent sur la
période 1995 - 2007.
Evolution de la teneur en nitrate des eaux superficielles en Bretagne
• Le programme de maîtrise des
pollutions d'origine agricole
(PMPOA)
La mise aux normes des bâtiments d'élevages, en adaptant les capacités de stockage
des effluents permet de réaliser les épandages aux meilleures dates et d’optimiser
la valorisation de ces engrais organiques en
remplacement des engrais minéraux.
• Les actions bassins versants
Ces opérations sur 47 BV ont permis une
réelle avancée dans les pratiques agricoles,
basée sur la valorisation des expériences
réussies. Les répercussions de ces actions
se sont étendues bien au-delà des bassins
versants.
38
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
U
ne mission interministérielle a
été désignée afin d’établir des
propositions (non connues lors
de la rédaction de ce dossier) dans trois
directions :
- la sécurisation des sites impactés,
- le ramassage en mer,
- les mesures préventives afin de limiter le
phénomène par une réduction des
apports de nutriments à la mer.
Expérimentation
sur deux zones
Deux zones (la Lieue de Grèves dans le
secteur de Lannion et la baie de St Brieuc)
ont été retenues afin d’y conduire l’expérimentation de mesures préventives et
curatives (ramassage). Les projets des
deux territoires-tests sont détaillés dans
les pages suivantes.
Chaque territoire, avec ses spécificités et
son histoire, a été amené à proposer ses
propres actions.
En effet, la Profession a choisi d’être
offensive sur ce dossier, soucieuse entre
autre de ne pas revivre le traumatisme
des BV contentieux mais aussi consciente
de ses responsabilités et de la nécessité de
redonner de la sérénité dans ce débat en
espérant éviter la surmédiatisation de ces
derniers mois.
Pour avancer, les agriculteurs réunis en
comité professionnel (CPA) et avec l’appui
de la Chambre d’agriculture, se sont
donné quelques principes préalables :
- travailler sans tabou,
- avoir des objectifs ambitieux mais
réalistes,
- revendiquer une prise en compte de tou-
La gestion des assolements, de l'interculture et des fertilisants au coeur de la réflexion.
tes les sources de nutriments (agricoles
ou non),
- adapter les mesures à chaque territoire,
dans le cadre d’une vraie expérimentation, privilégiant des actions de développement et évitant toute généralisation,
- obtenir, en fonction des besoins, les
adaptations réglementaires nécessaires
à la réalisation des objectifs ainsi que
l’accompagnement financier indispensable,
- travailler dans la durée et partager les
projets avec tous les acteurs (agricoles
ou non),
- enfin, accompagner ces mesures préventives d’une stratégie de ramassage
des algues rénovées et basée sur une
collecte en mer (principalement dans le
rideau) préventive et curative.
Une approche
nouvelle
Une approche nouvelle de la problématique environnementale se dessine, en étant
plus globale, se rapprochant d’une notion
de croissance verte, n’hésitant pas à une
remise en cause de schémas du passé.
Cette conception globale qui intègre des
objectifs multiples (autonomie énergétique et protéique, réduction des intrants,
projet territorial, transparence et résultat)
est exigeante mais elle réclame en parallèle
un véritable accompagnement financier,
technique et réglementaire, sans lesquels
rien ne sera vraiment possible. L’agronomie,
l’approche globale et la cohérence des systèmes ont été replacées au coeur des
réflexions. Gageons que cette ambition
sera entendue.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
39
Dossier algues vertes
Dossier algues vertes
La Lieue de Grèves :
un projet de territoire herbager
Le bassin versant de la Lieue de Grèves se situe en amont de la baie de
Saint Michel en Grèves. C’est un territoire relativement restreint, réunissant,
sur les 8 000 ha de SAU, 170 exploitations très majoritairement orientées
vers des productions bovines.
A
vec ses 8 000 ha, la surface agricole occupe 59 % du territoire du
bassin versant Les 41 % restants
sont constitués par les habitations (13
000 habitants), les routes, les zones
industrielles…La zone agricole est
relativement homogène sur le plan
pédo climatique. Elle bénéficie d’une
pluviométrie élevée et soumise à
une lame drainante importante (300
à 400 mm/an), susceptible de créer
un risque de lessivage élevé en
période d’inter culture. Elle peut
générer des flux de l’ordre de 30 à 40
N/ha/an avec des concentrations relativement faibles dans les cours d’eau
(maxi à 30 à 35 mgNO3/l). Les scientifiques évoquent des objectifs à atteindre de
l’ordre de 10 à 15 mg/l pour cette zone.
Ce secteur est par ailleurs engagé depuis
de nombreuses années dans une démarche bassin versant avec des actions collectives et individuelles (plus de 80 % des
agriculteurs se sont ainsi engagés dans
diverses actions : contrats d’objectifs,
MAE…). Un certain nombre d’indicateurs
montre une évolution favorable telle que
la baisse des fertilisations organiques et
minérales.
Le BV de
la Lieue de Grèves
• 170 exploitations, dont 92 %
bovines (77 % laitières)
• 8 000 ha de SAU
• SAU moyenne de 71 ha
• Chargement moyen de 1,5 UGB/ha
SFP
• Parcellaire morcelé : 46 % SAU à
plus d’ 1 km du siège
• Un territoire plus herbager que la
moyenne départementale
• 85 % agriculteurs en engagement
individuel
• Pression azotée diminuée de 25 %
en 10 ans (en moyenne 160 N
tot/ha, dont 40 minéral)
40
La forte réduction de la part de
SAU en cultures annuelles
Jachère 4%
contribuera à la limitation
Maïs
4%
du risque de fuite
20%
d’azote.
Pour faciliter l’adhésion du plus grand
%
1
nombre à cette
Lieue
e
rav
Bette
Céréales
3% ambition et éviter
de Grèves :
Colza
toute fragilisation
23%
part des
économique des
différentes
exploitations en
place, un chiffrage
cultures
précis des moyens
financiers indispensables a été réalisé :
des investissements en
Prairies
aménagements nécessaires
au développement du
45%
pâturage (parcours, clôtures, barrières, contention…), du matériel individuel ou collectif, nécessaires à l’exploiLe CPA a fait le choix de poursuivre et tation, la récolte, le stockage, voire le
renforcer les actions engagées dans le séchage, d’herbe. Pa railleurs, une
BV en partenariat avec la collectivité. Un réflexion est en cours pour développer
rapprochement avec la recherche appli- une filière de fourrages déshydratés afin,
quée (INRA, Chambre d’agriculture) s’est là aussi, de valoriser plus de surfaces en
opéré et a permis de déboucher sur un cultures pérennes.
programme à plusieurs volets :
Au-delà des investissements, le projet
propose d’accompagner les coûts de fonc Un volet recherche avec modélisation tionnement via la mobilisation forte des
dans une dizaine de fermes-pilote d’évo- MAE existantes (SFEI ou BIO).
lutions de systèmes permettant d’atteindre les pertes en nitrates les plus faibles Un appui
possibles. Ce travail devrait aboutir sous
3-4 ans et produire une proposition de individualisé
nouveau contrat agro environnemental. Enfin, un tel projet d’expérimentation
nécessite que chaque agriculteur puisse
Un volet opérationnel expérimental, bénéficier d’un appui technique indiviafin de répondre à l’attente de mise en dualisé afin que chacun mesure toutes
œuvre d’actions. Les spécificités locales les incidences de cette réorientation de
(production bovine quasi exclusive, cul- système fourrager et s’engage sereinetures céréalières aléatoires…) ont conduit ment dans cette évolution. Une réflexion
les agriculteurs à afficher une ambition sur la réorganisation foncière et parcellaire
d’expérimenter une forte évolution vers sera conduite par ailleurs afin de faciliter
des systèmes fourragers très herbagers. l’accès au pâturage.
Baie de St Brieuc :
un projet de territoire
agro-énergétique, transparent
Territoire beaucoup plus vaste que celui de Lannion, il réunit 5 opérations BV
plus ou moins récentes dont 3 sont en contentieux « eaux brutes ». Un projet
de SAGE est en cours d’élaboration, avec une stratégie déjà votée.
Autre
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
L
a Baie de St Brieuc rassemble sur
ses 65 000 ha de SAU, 1 900
exploitations où toutes les productions animales et céréalières sont présentes. En azote brut, 42 % est d’origine
bovine, 42 % porcine et le reste avicole.
Et après résorption, la pression d’N organique est en moyenne de l’ordre de
120 kg/ha de SAU (auxquels il faut rajouter environ 50 N min/ha).
Les excédents structurels initiaux y ont
donc quasiment disparu grâce aux efforts
de résorption des éleveurs.
Ce territoire caractérisé par la multiplicité
de ses productions (et le poids de l’agroalimentaire) l’est aussi par la diversité de
ses conditions pédo-climatiques (pluvio
de 700 à 1 200 mm, bassins schisteux et
granitiques…) ainsi que par la variabilité
de la teneur en nitrates de ses différents
Une plus grande autonomie fourragère
et une optimisation de la gestion des terres agricoles.
cours d’eau ou des flux spécifiques.
Afin d’élaborer ses propositions, une quarantaine d’agriculteurs issus des CPA, réunis sous l’égide de la Chambre d’agriculture, a fait appel à des apports scientifi-
Baie de St Brieuc : évolution de l'assolement
Actuel
Projet
Le projet vise à réduire la part de maïs et de céréales d'hiver
au profit de cultures pérennes (herbe...)
ques (CEVA, INRA…) et se sont concertés
avec les organisations professionnelles
et économiques.
Maintien du
potentiel économique
Trois axes d’action ont été définis et chiffrés avec au préalable une analyse du
contexte :
une stratégie du SAGE basée principalement sur l’optimisation agronomique
et une évolution des systèmes de cultures,
le maintien des productions animales
existantes afin de préserver le potentiel
économique,
la nécessité, comme pour Lannion, de
limiter au maximum le risque de perte
d’azote en hiver et donc d’optimiser à la
fois la période d’interculture et de réduire
les reliquats d’azote dans les sols avant
lessivage,
enfin, chercher à valoriser au mieux
l’N d’origine animale ou végétale disponible sur le territoire (considérant la
résorption des excédents comme aboutit), en limitant certains intrants (engrais
chimique et soja) avec un objectif d’une
plus grande autonomie.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
41
Dossier algues vertes
Dossier algues vertes
cadrement des pratiques, il est proposé
d’expérimenter une déclaration individuelle annuelle des flux d’azote
(engrais, déjections, composts, digestat,…)
au niveau à la fois des fournisseurs et des
utilisateurs.
La méthanisation a besoin de matières organiques fraîches pour son fonctionnement, mélanges de
couvert, herbe..
Un projet
de territoire
agro-énergétique
Deux pistes d’action majeures sont envisagées : agir sur l’assolement global
(cf. illustration ci-dessous) du territoire
en diversifiant la sole céréalière et développer des cultures pérennes en convertissant une partie des cultures annuelles.
Les CPF, cultures pérennes de fauche (graminées, luzerne...), auraient, selon le
potentiel et la fonctionnalité environnementale des parcelles, deux vocations
possibles : production de protéine végétale en substitution aux compléments
azotés issus du soja protéique ou de
matière végétale à vocation énergétique.
Un objectif de 5 000 ha est avancé sous
condition d’un accompagnement financier au démarrage avec une MAE à inventer et estimée à environ 200 à
250 €/ha/an.
environ 1 600 tonnes d’N/an, soit 20 à
25 N ha/an à l’échelle du bassin.
Ce schéma permettrait d’atteindre plusieurs objectifs combinés : plus grande
autonomie, moindre risque de lessivage
par le développement d’une couverture
pérenne, structuration d’une nouvelle gestion locale des éléments fertilisants (« banques locales à digestat »), extraction de
phosphore excédentaire, production électricité verte avec des revenus associés et
possibilité de valorisation de la chaleur
pour le séchage de différents produits
(fourrages, co-produits organiques,…),
réduction de gaz à effet de serre, valorisation d’une partie des algues.
Pour être opérationnel et crédible ce dispositif nécessite une adaptation réglementaire qui pourrait se traduire par une transparence sur les flux d’azote.
Une logique
de transparence
Afin de sortir de la suspicion permanente
et s’inscrire dans un nouveau schéma d’en-
Un schéma de
méthanisation
Afin de valoriser au mieux les unités fertilisantes de différentes origines (porcs,
bovins, volailles…) produites sur le territoire, la proposition consiste à mettre en
œuvre un schéma de méthanisation en
multisites. Un objectif de 25 unités en
régime déclaration est envisagé, en les
répartissant sur l’ensemble du territoire
afin de permettre la transformation des
effluents en un digestat utilisable en substitution aux engrais car l’N n’ayant pas été
détruit. Ce digestat présente l’intérêt d’être
hygiénisé, désodorisé et facilement maîtrisable car minéralisé.
Ces déclarations, conditionnées à une nouvelle logique des contrôles, nécessitent certaines adaptations réglementaires (adaptations ICPE, prise en compte N réel,…)
et devraient conduire à repositionner le
PPF dans sa fonction première d’outil technique et moins d’outil réglementaire et
administratif.
Pratiques agricoles, teneurs en nitrates
des rivières bretonnes et marées vertes :
quelles relations, quelles solutions ?
Une logique
de résultat
Conscient de la nécessité de réduire les
reliquats azotés avant l’hiver et faisant le
constat de l’efficacité limitée du dispositif
de contrôle actuel, il est proposé d’expérimenter un dispositif de suivi de reliquat
d’azote potentiellement lessivable à l’instar du dispositif wallon.
Basé sur un réseau de fermes et de parcelles de référence, intégrant une marge de
tolérance permettant la prise en comte
des variations interparcellaires, ce dispositif est apparu comme permettant de sortir des a priori sur les bons ou mauvais
systèmes, seule leur bonne gestion
importe.
L’autre intérêt de la méthode est de s’inscrire dans une démarche de progrès, laissant aux agriculteurs deux années pour
corriger le tir avant d’éventuelles sanctions.
Méthanisation : une autre gestion des éléments fertilisants
Globalement les économies d’engrais et
de soja sur la zone pourraient se chiffrer à
42
Le point de vue de l’INRA
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Maintenir les productions en faisant évoluer les systèmes de production.
Les causes
des marées vertes
Les marées vertes sont dues à la conjonction de facteurs climatiques (température,
ensoleillements printaniers et estivaux),
de caractéristiques du littoral (profondeur,
courants résiduels, transparence…) et
d’un apport excessif de nutriments d'origine terrestre (N et P). Des phénomènes
d’eutrophisation, comme les blooms
algaux dans les retenues et les estuaires,
mettent en cause et l’azote et le phosphore. Dans le cas des marées vertes de
Bretagne, selon l'analyse de l'IFREMER et
du CEVA, la réduction des apports d’azote
est le seul levier possible du fait l’importance du stock de phosphore dans les
sédiments. Malgré des incertitudes, on
considère que le niveau de concentration
à atteindre en entrée de baie est de l’ordre
de 10 mg/l de nitrate. La réduction massive
des flux d'azote, très majoritairement d'origine agricole, apparaît donc comme la
seule solution préventive envisageable.
Au-delà des polémiques stériles sur la
question des responsabilités, l’enjeu
majeur est de trouver des solutions efficaces, faisables et acceptables par tous.
Pratiques agricoles
et teneurs en nitrates :
la situation moyenne
de la Bretagne
Il faut éviter tout amalgame : le passé et
le présent, le local et le régional, le régional et le global. La problématique historique d’une trop forte densité animale,
d'où un déséquilibre structurel du bilan
d'azote, n’est pas, loin s'en faut, résolue
à l'échelle régionale. Nous estimons l’excédent régional à 70 000 tonnes d’azote,
soit 45 kg/ha, à rapprocher du flux moyen
annuel sortant des bassins de Bretagne de
75 000 tonnes, avec des pointes à
140 000 tonnes en année humide, par
exemple en 2000-2001.
Les bassins à « algues vertes » couvrent
une grande diversité de situations.
Certains bassins sont très excédentaires,
d’autres non. Ces estimations du bilan
d’azote par bassin versant restent incertaines : il n’y a pas de déclaration comptable relative à l'utilisation des engrais
minéraux ; les chiffres de résorption sont
peu vérifiables. Prendre les moyens d’établir des bilans d’azote fiables à l’échelle de
la parcelle, de l’exploitation agricole et
du bassin versant est incontournable pour
les agriculteurs autant que pour les gestionnaires de l’eau. Cependant, nos travaux de modélisation montrent qu'un
bassin versant à forte dominante agricole
qui respecte la réglementation, produit
des eaux entre 30 et 60 mg/l de nitrate,
selon les milieux, les climats et les systèmes agricoles. Autrement dit, la réglementation reste tout juste acceptable pour
un objectif d’eau potable, et très au deçà
de ce qu'il faudrait pour limiter la prolifération des algues vertes. Il faudra donc
nécessairement aller plus loin dans ces
bassins versants : tendre vers l’équilibre de
la fertilisation est également incontournable. (Voir graphique page 44).
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
43
AGRITECHNICA 2009
Dossier algues vertes
Scénario d'évolution de la teneur en nitrate des rivières
qu'une solution simple existe déjà, ou
qu’interdire les élevages hors-sol résoudrait le problème ! Il est vrai que de profonds changements de systèmes techniques, de représentation sociale, de prise
en compte de l’environnement sont
nécessaires. Mais quand on considère les
mutations opérées par l’agriculture au
siècle dernier, singulièrement en Bretagne,
l’optimisme est permis. Ces mutations
doivent s’engager rapidement, car on sait
qu’un nouvel équilibre hydrologique, biogéochimique, écologique… et humain,
et donc la disparition des marées vertes,
mettra du temps à s’installer.
Année
Le cas
des bassins versants
de la Lieue de Grèves
Sur les bassins versants de la Lieue de
Grèves, où un cheval est mort cet été, il
n'y a que deux élevages hors sol et la quasi
totalité des exploitations pratiquent de
l'élevage bovin moyennement intensif : les
concentrations en nitrate des rivières y sont
de 28 mg/l en moyenne. Nos modélisations suggèrent que même les "meilleures" mesures agro-environnementales dont
on dispose dans l'arsenal réglementaire
ne permettraient pas de descendre à moins
de 15 mg/l. Même dans le cas d'un bilan
azoté théoriquement équilibré, il n'est pas
garanti d'avoir des eaux de rivière inférieures à 15 mg/l. En effet, de nombreuses
rotations culturales induisent une minéralisation nette de la matière organique du
sol en automne/hiver qui est peu absorbée par les couverts. Les rendements sont
inférieurs à l’optimum . Ils ne sont pas bien
pris en compte dans les bilans. Ainsi, des
bassins versants avec un bilan azoté "équilibré", donc un cheptel dont les déjections
ne sont pas en excès par rapport aux
besoins des cultures, peuvent perdre suffisamment de nitrates pour permettre le
développement des algues vertes.
Alors, arrêter
l'agriculture ?
Dans le cadre du projet recherche Acassya
(http://www.inra.fr/acassya/) que nous
menons sur ce bassin versant, nous cherchons, en partenariat avec les acteurs
locaux, en particulier les agriculteurs, à
concevoir des systèmes de cultures qui
ne perdent pas plus d'azote qu'une forêt,
à renforcer le rôle des éléments du paysage (zones humides, linéaires boisés), à
optimiser l’utilisation du foncier agricole,
tout en préservant des systèmes de production agricole viables. Il n'est donc pas
vrai que le simple respect des lois suffit,
Plus généralement…
Une agriculture raisonnablement productive sans pertes d'azote (ni dans l'eau, ni
dans l'air) est à inventer, et c'est d'ailleurs
un défi planétaire : le cycle d'azote global
a été profondément perturbé par le développement de l'agriculture moderne, et les
conséquences de ces déséquilibres sur le
climat, la biodiversité, la santé humaine et
celle des écosystèmes sont graves, multiples
et se sont installées pour longtemps. Cette
question mobilise une importante communauté de chercheurs dans le monde
(voir http://www.initrogen.org/ ou
http://www.nine-esf.org/node/204) : les
réponses ne sont pas simples.
Patrick DURAND
(NitroEurope Project)
Laurent RUIZ et Chantal GASCUEL
(ANR Acassya)
UMR Sol / Agro et hydrosystème
Spatialisation, INRA,
Agrocampus Ouest, Rennes
CAP Bretagne
Depuis près de 20 ans, les agriculteurs bretons ont investi
plus d’un milliard d’euros en faveur de l’environnement.
Au-delà du cadre réglementaire, ils sont nombreux à s’être
engagés dans des dispositifs complémentaires sur la base
du volontariat, pour continuer à produire tout en préservant
la qualité de l’eau. Pourtant, ils sont mis au banc des accusés dans le dossier des algues vertes.
Conscients de l’enjeu important que représente ce problème des algues vertes, les agriculteurs bretons ont décidé
de se fédérer autour d’un projet commun d'actions ambitieuses adaptées à chaque territoire.
Dans l’intérêt d’une Bretagne agricole, forte de sa capacité
à produire, l’ensemble des instances, Chambres d’agriculture,
44
syndicats, coopératives, organisations professionnelles,
représentant 170 000 emplois générés par l’agriculture et
l’agroalimentaire en Bretagne, s’unissent autour d’un même
projet : produire durablement dans le respect de l’environnement.
Le Comité Agriculture Positive (CAP) Bretagne, créé en
novembre 2009, a pour objectif de communiquer pour valoriser les initiatives prises par les agriculteurs bretons dans le
domaine de l'environnement et plus particulièrement vis
à vis des algues vertes.
Yves-Marie Beaudet
Président CAP Bretagne
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
Visite du plus grand salon mondial
AGRITECHNICA 2009
Vitrine mondiale, le salon agritechnica est le lieu de présentation de toutes
les grandes innovations technologiques en matière de machines agricoles.
Les tendances de la mécanisation du futur y sont clairement dessinées.
Une délégation du pôle Agro PV (professionnels et ingénieurs) s'est rendue au salon Agri Technica à HANOVRE
au mois de novembre 2009. L'objectif était de repérer
l'évolution du matériel concernant notamment la réduction
de l'utilisation des produits phytosanitaires qui nous est
demandée dans le plan écophyto 2018.
Nous avons été très surpris par le gigantisme des matériels : travail du sol, récolte, épandage fumier et lisier et pulvérisation. Par contre, pour le binage et le désherbage
L
a richesse de ce salon réside aussi
dans la diversité des cibles pour
lesquelles les constructeurs exposent. On sent nettement que les perspectives commerciales actuelles sont tournées
vers les grandes plaines de l’Europe de
l'Est et de l’Asie centrale. Les nombreux
matériels de semis direct de très grande
largeur côtoient des tracteurs dépassant
les 800 ch et des coupes de moissonneuses batteuses atteignant quasiment les 15
mètres de largeur. Difficile d'imaginer une
telle mécanisation dans les exploitations
bretonnes et de rivaliser sur la productivité par travailleur dans ces conditions.
alternatif nous avons peu trouvé de vraies innovations.
Ce salon est ouvertement tourné vers une agriculture avec
peu d'hommes qui intègre des techniques et du matériel
pour des interventions rapides, notamment au niveau du
travail du sol.
Pierre DANIEL
Président du pôle Agronomie Productions
Végétales des Chambres d’agriculture de Bretagne
sition autorise une simplification et une
plus grande efficience du désherbage
mécanique, grâce au binage croisé de la
culture (entre rangs et entre plants). Semer
100 000 pieds de maïs par hectare au
carré reviendrait à avoir un écartement
entre rangs et entre plants de 32 cm, ce
qui n’est plus un problème pour la récolte
du maïs ensilage et c’est « binable ». Au
titre des avantages probables, on peut
citer : un meilleur accès aux éléments nutritifs, une couverture du sol plus rapide. C’est
un atout environnemental.
fonction du stade de la culture, des mauvaises herbes (caméra) et de la résistance du
sol. Cette dernière est évaluée au moyen
d’une dent de mesure. Ce matériel n’est
pas disponible à la vente.
Réglages automatisés de la herse étrille.
Une innovation
pour le semis
Nous pensions trouver une plus grande
représentation des solutions techniques
innovantes consacrées aux techniques
alternatives de désherbage et destinées
aux grandes cultures. Notre premier objectif de visite n’a été que modérément satisfait. Néanmoins, de nombreuses machines et accessoires étaient présentés à l’intention des agriculteurs allemands.
Quelques innovations notables sont également à signaler :
- le système GEOseed présenté par le
groupe Kverneland
Ce nouveau système permet la plantation
ou le semis uniforme et à grande échelle de
la betterave ou du maïs avec des dispositions géométriques des graines (triangulaires, rectangulaires ou carré). Cette dispo-
Le semis en disposition géométrique.
Une diversité
d’équipements pour le
désherbage mécanique
- Une herse étrille avec réglage automatique de l’agressivité
Pour voir des évolutions plus prospectives
sur les matériels de désherbage alternatif,
il fallait se rendre sur les stands de la
recherche universitaire qui présentaient
notamment une herse étrille dont les réglages d’agressivité sont automatisées en
- Une sarcleuse guidée par capteurs
vidéo
Là aussi l’électronique vient au secours de
la précision avec des systèmes de guidage
mais aussi de repérage de la culture par
capteurs vidéo qui permettent, sur cette
machine, de venir sarcler entre les plants de
salades.
Sarclage sur l’inter rang et l’inter plant.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
45
AGRITECHNICA 2009
- Une herse étrille de 24 m
On n’arrête pas le gigantisme. Une herse
étrille de 24 m de largeur était présentée
sur le salon. Difficile de l’imaginer dans
notre parcellaire breton.
- Des équipements complémentaires
pour s’approcher du rang
La particularité des matériels de binage
portait notamment sur la variabilité des
équipements et accessoires en tout genre
avec une recherche de complément d’efficacité entre, par exemple, des dents de
herse étrille et des éléments de bineuse
rotative… dans un objectif de s’approcher
le plus près possible du rang, voir d’intervenir sur le rang, sans endommager le système racinaire de la plante.
AGRITECHNICA 2009
Des matériels
gigantesques
Des dizaines de socs et d’accessoires divers.
Un pulvérisateur traîné de 15 000 litres.
Une herse étrille de 24 mètres
- Une herse étrille rotative
La herse étrille « rotative » est une sorte de
houe rotative avec des dents de herse
étrille positionnées de façon inclinée par
rapport à l’avancement.
Un automoteur dédié avec désherbage à
brosses.
De très gros
pulvérisateurs
Complémentarité herse, houe rotative sur
bineuse.
Une herse étrille « rotative ».
- Des bineuses frontales
Des bineuses, essentiellement en version
poussée étaient présentées. Elles offrent
une meilleure vision de travail pour le
chauffeur.
L’une des nombreuses bineuses frontales.
46
Double rotor de binage, couplé à des
éléments « Kress » qui travaillent sur le
rang
Des éléments de binage pour sarclage en
inter rang étroit (25 cm)
Par contre ce salon consacre une importante surface d’exposition à la mécanisation des grandes plaines. La problématique de la réduction des traitements phytosanitaires n’est pas la préoccupation première de ces régions, au vu des matériels
présentés. L’exposition de pulvérisateurs
dont la taille était à la mesure de ce salon :
des largeurs de rampe au delà de 48 m,
des capacités de cuve pouvant atteindre
15 000 l. Leur taille nous a surpris.
- Plus de précision dans les dosages
En pulvérisation, l’informatique embarquée est mise à profit en incluant des fonctions visant à assurer le remplissage précis
de la cuve, à calculer précisément la quantité résiduelle de bouillie restant dans
l'équipement et l’ensemble de ses circuits
afin d’optimiser la dilution lors du rinçage.
Sur cet appareil, le terminal de commande
calcule les quantités d'eau et de matière
active juste nécessaires pour les réservoirs
spécifiques (même si ils ne sont pas encore
complètement vidés) Il comptabilise les
volumes morts. En effet, l’application logicielle, avec l'aide du GPS, peut déterminer
la zone restant à traiter de façon précise et
les quantités d'eau et de matière active.
Si ces quantités sont dosées exactement,
les quantités résiduelles peuvent être réduites au minimum.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
- Des rampes télescopiques
Également en lien avec le GPS, certaines
rampes sont télescopiques et permettent
de s’adapter à la forme de la parcelle. Elle
sont également capables de gérer les fourrières en triangle par une commande automatique des tronçons de rampes.
- Des rampes visibles en soirée
L’utilisation de la forte intensité lumineuse
des LED (diode électro-luminescente) permet de rendre la rampe, les tronçons et
les jets du pulvérisateur facilement visibles
en soirée et pendant les pulvérisations nocturnes.Ainsi, des buses bouchées ou fonctionnant mal, provoquant une mauvaise
répartition, peuvent être facilement identifiées dans la mesure où elles sont visibles. Elles peuvent être nettoyées ou échangées. De même, la culture est visible par
le conducteur, même au-delà de la largeur
de travail de l'équipement, Il peut réagir,
notamment à la présence d’obstacles
Éclairage des jets par LED.
- Un attelage facilité
Lemken a été récompensé pour un système destiné à améliorer l’attelage des
pulvérisateurs portés, opération toujours
délicate avec une place restreinte.
- Un très gros tracteur
Les puissances des tracteurs n’ont cessé
d’augmenter au fil du temps, sans trouver
de limite jusqu’à ce jour. Le problème néanmoins dans cette course au toujours plus
gros, réside dans la transmission de puissance des roues au sol pour la valoriser en
traction. Nous avons vu des tracteurs équipés de chenilles, moins souples cependant
dans l’utilisation et les déplacements sur
route et surtout beaucoup plus onéreux
en investissement et en fonctionnement. Il
est également possible de jumeler les
roues, solution qui n’est plus utilisable lorsque l’on a des déplacements a effectuer
sur route. La solution retenue par certains
constructeurs est d’augmenter le nombre
de trains de roues, 4 par exemple sur un
tracteur Deutz de 600 ch. Dans ce cas, le
tracteur peut en plus recevoir une cuve…et
être utilisé comme porteur.
Le tracteur de Deutz de 600ch.
Attelage ergonomique Lemken.
- Une transmission de TGV
pour un tracteur ?
Au chapitre des innovations commerciales, il est intéressant de présenter le premier
tracteur diesel électrique du marché
(Belarus). Diesel électrique veut dire que
la transmission est assurée par un ensemble alternateur/onduleur qui reproduit un
courant alternatif à fréquence réglable au
moteur électrique. Quels intérêts ? Pas de
fuites, pas d'usure, maintenance facilitée et
éventuellement compatibilité avec les futures piles à combustible. Le tracteur standard de 220 kW a une transmission dieselélectrique avec l'électronique de contrôle
modernes et les niveaux « objectif » pour
un bon rendement. La prise de force avant
est alimenté électriquement et sa vitesse de
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
47
AGRITECHNICA 2009
AGRITECHNICA 2009
Electronique
et informatique
se généralisent
- Des systèmes de guidage
plus performant que le GPS
Lors de ce salon une surface très importante était consacrée à l’électronique
embarquée sur les machines avec les systèmes de guidage et les boîtiers de commande.
Pour les systèmes de guidage, l’accent a
été mis plus particulièrement sur les balises
RTK, qui permettent de couvrir un rayon
d’action d’environ 15 km et d’apporter
une précision de 2 à 3 cm, plus précis que
le GPS, voir le DGPS. Des systèmes annexes,
par palpeur pour contourner un obstacle
par exemple étaient également exposés.
Le tracteur diesel électrique Belarus.
régime se trouve donc en grande partie
indépendante du moteur à combustion
interne. De la puissance électrique à haute
tension continue, peut être transmise à
Automoteur d’épandage de 19 m3,
fonctionne en « crabe » pour que les
chemins suivis par les roues avant et arrière
ne soient pas les mêmes. Ils se juxtaposent.
des utilisateurs externes par le réseau
interne du tracteur (jusqu'à 172 kW).
- Automoteurs en tout genre
Le terme d’automoteur est souvent associé aux matériels de récolte : ensileuse,
moissonneuse batteuse, pulvérisateur, désileuse pour la distribution des fourrages…
Lors du salon Agritecnica, avec l’évolution
des volumes et la recherche d’une augmentation du débit de chantier, l’automoteur était décliné dans de nombreuses versions : transport, épandage de fumier,
épandage de lisier par tuyau au champ,
épandage d’engrais liquide avec enfouissement, remorque autochargeuse de fourrage… et la liste n’est pas exhaustive.
Automoteur d’épandage de lisier par tuyau au champ.
48
- Les constructeurs allemands
mettent le paquet
De nombreux constructeurs Allemands,
se sont regroupés pour faire progresser
rapidement le nombre de matériels et la
sophistication des matériels fonctionnant
avec L’ISObus, y compris des concurrents
sur le marché. Cet effort a été entrepris
par les entreprises Amazone, Grimme,
Krone, Kuhn, Lemken et Rauch. Les
constructeurs ont ainsi développé des
structures de menus, des masques pour la
configuration et des graphismes identiques afin de permettre aux agriculteurs
une utilisation intuitive.
Les menus de navigation ont été développés pour les différents types de matériels comme le chargeur, les machines de
récolte des pommes de terre ou la charrue
par exemple, les épandeurs d'engrais…).
Pour mettre en œuvre le concept, les
entreprises ont réalisé conjointement un
terminal virtuel ISObus avec un design
ergonomique dernier cri.Au delà du matériel, un accent particulier a été mis sur les
interfaces homme-machine. Le concept
d'exploitation réalisé a été testé avec succès en intervertissant les applications des
différents fabricants. La proposition d’un
terminal virtuel commun autonome est
une étape sur la voie de la généralisation
progressive de l’ISObus, le parc tracteur
n’étant pas aujourd’hui suffisamment
pourvu.
Balise RTK plus système de guidage
par palpeur avec boîtier de commande
et écran de commande-contrôle.
- Des boîtiers de contrôle
plus performants
Les boîtiers de commande deviennent de
plus en plus performants. Ils sont capables
de gérer une dose, d’intégrer la forme de
parcelle pour couper les tronçons d’alimentation du pulvérisateur, de connaître
la vitesse de travail et la consommation
d’énergie. En résumé toutes les fonctions,
les décisions prisent par le chauffeur pour
commander tel ou tel organe de son tracteur ou de la machine attelée, peuvent être
automatisées en tenant compte de la position géographique de l’outil.
La valorisation des commandes développées avec la norme ISObus était l’un des
axes fort de communication de l’édition
2009 du salon.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
- Autopilotage simplifié
grâce à l’ISOBUS
L’intégration d'un système de pilotage
automatique sur la base du GPS requiert
C’est quoi l’ISObus ?
L’ISObus repose sur la norme internationale Iso 11 783. Cette norme définit
un système normalisé de transfert de données. C’est une codification informatique commune à toutes les applications agricoles. Les informations circulent sur un réseau Bus Can. Le Bus est le faisceau électrique normalisé constituant le réseau et le Can est le protocole d´échange des données. La majorité
des tracteurs achetés aujourd’hui en France est déjà pourvue d’un réseau
Bus Can permettant aux composants d’échanger des informations (moteur,
transmission, commandes, éléments de sécurité, éclairage dans certains cas).
C’est le réseau « privé » du tracteur. Un second réseau, le réseau ISObus est
destiné à échanger des données de contrôle commande et de mesure entre
le tracteur, le terminal virtuel (boîtier unique du tracteur capable de commander tous les outils estampillés ISObus), l’outil, voire les applications logicielles de gestion technique et économique (cartographie des rendements par
exemple…). Un connecteur normalisé à neuf broches permet de « brancher »
l’outil au tracteur.
Le Bus Can et l’ISObus
généralement des changements spécifiques couteux (distributeurs, tuyaux hydrauliques). Le système de pilotage est alors
conçu pour le tracteur désigné. Le pilotage automatique "Ultra guidance PSR
ISO" permet désormais un montage Plug
& Play du système de direction pour les
véhicules et les machines qui sont équipées d'une interface ISObus sans la néces-
L’autochargeuse commande l’avancement du tracteur en fonction de la taille de l’andain.
sité d'une adaptation hydraulique du
matériel. Les informations sont échangées
entre le système de pilotage et le tracteur
via ISObus. Le système de pilotage peut
ainsi être utilisé rapidement sur n'importe
quel tracteur disposant d’un terminal
ISObus existant.
- La machine donne des ordres
Pour la première fois, des machines de
série sont présentées avec un dispositif
permettant de donner des ordres au tracteur. Le boîtier informatique de l’autochargeuse Pottinger régule la vitesse
d’avancement du tracteur en continu, en
fonction de la taille mesurée de l’andain.
Ainsi, la tâche du conducteur est allégée
et la mécanique épargnée des trop fortes surcharges. Les ordres donnés par
l’autochargeuse au tracteur transitent par
l’ISObus.
De même, John Deere propose un round
baller capable de stopper le tracteur dès
lors que la balle est terminée ; le cycle se
déroule automatiquement, sans autre
intervention du chauffeur que la surveillance et la tenue du volant.
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
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AGRITECHNICA 2009
Davantage de sécurité
- Un nouveau système de direction
pour les tracteurs
Avec l’augmentation des vitesses autorisées (plus de 50 km/h dans certains pays
européens), il est apparu nécessaire
d’améliorer les conditions de sécurité sur
la route. En effet, la direction hydrostatique des tracteurs isole le conducteur de
toute sensation physique liées aux conditions de circulation. Il est aussi facile de
tourner le volant d’un demi tour à
40 km/h avec un ensemble de 40 tonnes
qu’en faisant une manœuvre d’attelage.
John Deere présente le Steer-by-Wire, système de direction qui intervient activement dans le circuit de pilotage via un
contrôleur dans un but de sécurité et de
confort de conduite. La dureté de rotation du volant est modulée et l’angle de
braquage limité en fonction de la situation
de conduite. Par ailleurs, le volant est à
"retour d’effort", comme sur les consoles
de jeu vidéo, afin de transmettre au
conducteur une information représentative de sa conduite réelle. L’agriculture a
une longueur d’avance puisque cette
innovation n’est encore qu’au stade de
projet sur les camions ou les voitures.
- Un freinage ABS
Sécurité toujours, le freinage ABS présenté par CNH n'est pas superflu au vu
des vitesses pratiquées et des charges
extrêmes véhiculées sur des voiries parfois
étroites et sinueuses. Mais remettons les
pendules à l'heure : l'ABS ne saura pas
compenser les freins sous dimensionnés et
non entretenus de la majorité des véhicules attelés actuellement en service.
- L’ensileuse « voit » les remorques
New Holland et Claas proposent des ensileuse dotées d’une " vision" de la remorque. La goulotte et la "casquette" de
l'ensileuse s'orientent toutes seules pour
"cracher" invariablement à l'intérieur de
la remorque, sans que le conducteur n'ait
à s'en préoccuper et ce, de jour comme de
nuit.
- Un meilleur respect des sols
Le télé-gonflage est maintenant proposé
en option usine par Fendt. Encore mieux,
un équipementier de télé-gonflage propose l'ajustement automatique de la pres3
L’écrasement du pneu est mesuré
en permanence par un capteur situé
à l’intérieur du pneu.
sion des pneus à partir de capteurs de
vitesse, de température et d'écrasement
des pneus.
- Travailler le sol
avec des ultra sons ?
L'idée du projet est d’appliquer des oscillations ultrasonores à la surface de
contact d'un outil de travail du sol à dents.
Cette vibration réduit le coefficient de
frottement macroscopique. Le but du projet est d'examiner la possibilité de réduire
les forces de friction du sol à l'aide d'ultrasons. Pour les essais, une dent de cultivateur est utilisée. Son montage spécial
lui permet de vibrer verticalement. Les
efforts de traction sont observés avec et
sans oscillations et avec différentes conditions de sol, de vitesse d’avancement et
de profondeurs de travail. Les forces sont
mesurées séparément selon les trois directions.
L’actionneur de la dent est du type piézo
électrique. Il produit les vibrations ultrasoniques. Il est alimenté en tension sinusoïdale par un générateur d'oscillation.
Les premiers résultats ont été obtenus
dans des tests préliminaires de laboratoire à une vitesse réduite de 50 mm/sec
(180 m/h). Dans cette situation l’effort a
été divisé par plus de trois.
- Le robot, attraction numéro 1 du
stand de la société Amazone
Le conflit entre la production de cultures
énergétiques d’une part et les cultures
alimentaires, d’autre part représentent
un défi mondial. Une expérimentation
scientifique, soutenue par le ministère
fédéral de l'éducation et la recherche en
Allemagne dans le cadre du cahier des
charges "Bioénergie 2021" tente de
concilier les deux options simultanément.
L'université de Hohenheim, l’Université
en sciences appliquées d'Osnabruck, le
semencier Hege, et la société Amazone
travaillent en étroite collaboration sur ce
projet interdisciplinaire. Les partenaires
s'attachent à concevoir des systèmes de
capteurs et des méthodes nouvelles de
cultures. Un véhicule robotisé en cours
de conception est l’attraction N° 1 du
stand Amazone. Il sera capable d'enregistrer la croissance de la biomasse végétale sans détruire les plantes. Cette innovation sera ensuite utilisée pendant le
projet de développement de culture de
plantes à double usage, capables de fournir énergie et nourriture. En adoptant
cette approche, les partenaires ont pour
objectif d'obtenir des résultats plus rapidement et plus efficacement que ce qu'ils
ont fait jusqu'à présent
Le robot, remarquable attraction
du stand Amazone.
Ce robot, apte grâce à l'analyse d'image,
à reconnaître l'environnement dans lequel
il évolue est capable de se mouvoir seul
pour réaliser le travail qui lui est confié.
Jusqu'à ce jour les robots des champs
intelligents n'étaient pas sortis des laboratoires de recherche ou des bureaux
d'étude des industriels. Nous avons posé
la question "quand verrons-nous de tels
robots remplacer le tracteur et le chauffeur?" Réponse dans 5 à 10 ans. Ce qui
peut être considéré comme du court
terme, de notre point de vue.
Pour conclure, la filière machinisme agricole allemande, conforte son leadership
grâce à une attitude proactive tournée
vers l'innovation technologique. Les liens
étroits entre la profession agricole, la
recherche des universités et les industriels
sont palpables et les résultats démonstratifs. Ils savent tout l'intérêt qu'ils retirent de leur collaboration où chacun joue
le jeu du gagnant/gagnant. Belle démonstration d’efficacité économique.
Pierre HAVARD
Alain COTTAIS
Pôle Agro PV
Pôle agronomie productions végétales des Chambres d’Agriculture de Bretagne - Cap Agro Printemps 2010
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