L`INTÉRIM

L`INTÉRIM
le magazine
Professionnels de l’intérim, services et métiers de l’emploi — n° 19 - 2e trimestre 2011
CET : les agences d’emploi ne sont pas entendues // p. 13
1er colloque du Fastt sur l’innovation sociale // p. 17
REGARDS CROISÉS
SUR
L’INTÉRIM
le magazine
P r ofession nels de l’i nt ér i m, ser v ices et mét ier s de l’emploi – n° 19 - 2e trimestre 2011
Apprentissage, groupements d’employeurs
et contribution économique territoriale
Enfin la CET (contribution économique territoriale). Nous avions demandé que son augmentation
soit plus étalée dans le temps (10 ans au lieu de 5 ans) afin d’organiser une croissance plus
raisonnable de l’augmentation de cet impôt. De même, nous souhaitions que la valeur ajoutée
imposable soit plafonnée à 70 % du chiffre d’affaires pour les PME dont la valeur ajoutée est
composée de plus de 80 % de frais de personnel.
Les parlementaires, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative, n’ont pas retenu
ces deux aménagements en raison de l’opposition du Gouvernement.
‘‘queNousles considérons
groupements
‘‘
Apprentissage tout d’abord. La proposition de loi Cherpion qui vient d’être adoptée prévoit la
possibilité pour les agences d’emploi de proposer des contrats d’apprentissage aux intérimaires. Nous pourrons donc enfin utiliser notre taxe apprentissage pour développer la formation
de nos salariés intérimaires.
Cette proposition de loi prévoit aussi des assouplissements de l’activité des groupements
d’employeurs sous réserve que les partenaires sociaux n’aient pas conclu d’accord collectif
interprofessionnel national.
Nous considérons que les groupements d’employeurs peuvent concurrencer directement les
agences d’emploi : quand une structure administrative fonctionnant comme une agence d’emploi intervient pour organiser la mise à disposition de salariés en CDD auprès de membres du
groupement. Il s’agit d’une véritable concurrence déloyale. Nous avons sensibilisé les partenaires
sociaux et leur avons demandé de conserver la logique de partage de personnel entre PME, qui
est à l’origine des groupements d’employeurs et de refuser celle de mise à disposition.
F. Vielcanet
La fin de la session parlementaire aura été marquée par trois dossiers importants pour notre
profession.
d’employeurs
peuvent concurrencer
directement les agences
d’emploi.
Nous n’avons pas été entendus mais le PRISME n’a pas dit son dernier mot et notre action
continue !
Arnaud de la Tour, Président du PRISME
Sommaire
p. 4-5 // Dépêches
p. 14-17 //
❘ Nouvel outil de sensibilisation
à la sécurité
❘ Rencontres Universités Entreprises 2011
p. 6-9 // Dossier
Regards croisés sur l’intérim
p. 10-13 // Point de vue
❘ Jean-Claude Mailly,
secrétaire général de Force Ouvrière
❘ CET : les agences d’emploi,
toujours pas entendues
Passerelle
❘ Comment le marché du travail peut-il s’adapter
aux changements économiques mondiaux ?
❘ ESMAE – Une nouvelle formation
pour les responsables d’agence
❘ Premier colloque du Fastt
p. 19 // En région
❘ Pôle position
❘ Conventions régionales Languedoc-Roussillon
– PACA PRISME – Pôle emploi
p. 21 // Repères
p. 22 // Vient de paraître
Dépêches
Nouvel outil de sensibilisation à la sécurité
Le PRISME et les partenaires sociaux de la branche
travaillent, au sein de la commission paritaire nationale
santé et sécurité au travail (CPNSST), à l’élaboration d’un
outil de sensibilisation à la sécurité à destination des
intérimaires délégués dans le secteur du bâtiment.
La CNAMTS a été associée aux travaux de la CPNSST.
Il s’agit d’un outil multimédia, dont la conception a été
confiée à une société spécialisée dans la réalisation de
supports pédagogiques, notamment dans les domaines
de la sécurité et de la santé. Il comportera des séquences
vidéo, des illustrations en 3 D, des images de synthèse
ainsi qu’une voix off qui explique les situations sur lesquelles les intérimaires doivent être sensibilisés.
Utilisable sur ordinateur, il présentera les principaux
risques auxquels peuvent être exposés les salariés du
bâtiment (chutes de hauteur, circulation des engins, port
des équipements de protection individuelle...), et les
moyens de les prévenir. À l’issue de la sensibilisation, les
intérimaires devront passer un test de connaissances,
le tout sur une durée maximum de 30 minutes afin de
toucher le plus grand nombre.
Cet outil multimédia sera diffusé à l’ensemble des agences
d’emploi dans le courant du 1er trimestre 2012.
LE BAROMÈTRE PRISME EMPLOI
COMMUNIQUE SES PREMIERS RÉSULTATS
Depuis le 28 avril 2011, le PRISME propose une information exclusive relative à l’emploi
intérimaire : le Baromètre PRISME Emploi. En lien étroit avec ses adhérents, en s’appuyant sur
un tiers de confiance indépendant, le PRISME a développé son propre système de traitement
de données. Analysées sur la base d’un panel représentant plus de 80 % de l’emploi
intérimaire, les données traitées permettent de connaître les tendances mensuelles
de l’emploi intérimaire (comparées au même mois de l’année précédente). Publié le 28
de chaque mois, le Baromètre PRISME Emploi décrit les évolutions en % des effectifs
intérimaires observés au cours du mois précédent selon les qualifications, les grands
secteurs d’activité, les régions et les départements.
En tant qu’indicateur avancé, l’intérim constitue un enjeu économique important :
l’analyse de ses tendances permet en effet d’anticiper la situation de l’emploi.
+18,4 %
DChiffre clé - mai 2011 :
des effectifs intérimaires.
Congrès mondial CIETT
Les 19 et 20 mai 2011, le congrès
annuel de la Confédération
internationale des agences d’emploi
privées (CIETT) s’est déroulé à
Rotterdam. De nombreux experts
et 500 représentants d’agences
d’emploi étaient présents.
L’avenir du marché du travail
européen, les défis et les solutions
ont été au centre des débats
tout au long de ces deux jours.
04
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
05
Élections au Conseil d’administration du PRISME
Le 16 juin 2011, à l’occasion de l’Assemblée générale du PRISME, un tiers du
Conseil d’administration a été renouvelé :
Ont été élus :
Bruno de l’Espinay (Artus France)
Alexandre Tamagnaud (Fed Finance)
Dominique Villepreux (Interim N 3)
Denis Bialek (LFP)
Olivier Gelis (Robert Half International France)
Frédéric Noyer (Selpro-Plus RH – groupe Ergalis)
À l’issue de l’Assemblée générale, le Conseil d’administration a reconduit
pour la troisième année consécutive Arnaud de la Tour au poste de président.
Philippe Gobinet et Gilles Lafon, respectivement vice-président-trésorier et
vice-président, ont également été réélus.
Forum du PRISME
Le 23 novembre 2011, le Forum du PRISME aura lieu de 9 heures
à 16 h 30 à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris.
Il portera sur le thème : « L’agence d’emploi, acteur clé du marché
du travail ».
Trois tables rondes rythmeront la journée :
• accompagner la mutation des bassins d’emploi - l’agence d’emploi,
accompagnateur des évolutions territoriales
• valoriser l’attractivité des territoires - l’agence d’emploi,
partenaire de la croissance des entreprises
• préparer les évolutions de nos métiers - vers un CDI intérim
à la française ?
Salon RUE
Les 25 et 26 mai 2011, la quatrième
édition des Rencontres UniversitésEntreprises (RUE) s’est déroulée à
Paris, au CNIT La Défense.
Plus de 6 000 visiteurs étaient
présents à ce salon, rendez-vous
de l’enseignement supérieur et de
la recherche et des entreprises.
Le PRISME, présent sur un stand, a
organisé, le 26 mai, un atelier sur
le thème : « Universités-agences
d’emploi, quels partenariats mettre
en place. » :
Michel-Henri Gensbittel, chargé de
mission à l’insertion professionnelle (Université Paris Sorbonne),
Sébastien Hampar tzoumian,
directeur général adjoint (Page
Personnel), Nicolas Lepercq, directeur de l’Institut des métiers et des
compétences (groupe Randstad), et
François Roux, délégué général du
PRISME, ont débattu des différents
types de partenariats qui pourraient
être élaborés entre les agences
d’emploi et les universités.
Des participants, représentants
d’universités, ont pu questionner
les agences d’emploi et faire état,
par ailleurs, de leurs besoins.
Passeport pour l’intérim
Nouvelle édition
à disposition
des intérimaires
La nouvelle édition du Passeport pour l’intérim vient d’être éditée. Véritable
mode d’emploi de l’intérim, ce document regroupe toutes les informations
relatives aux missions et au statut de l’intérimaire ainsi que l’ensemble
des prestations qui lui sont accessibles. Relation avec l’agence d’emploi,
déroulement de la mission, rémunération, protection sociale, formation,
action sociale, autant d’informations utiles et détaillées qui offrent une vision claire et précise de l’intérim
pour les intérimaires.
DCe document est disponible auprès du PRISME et téléchargeable sur www.prisme.eu.
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
DOSSIER
Regards croisés sur l’intérim
Quelle perception en France
Réalisée sous la direction de l’Observatoire des Métiers et de l’Emploi en mars 2011,
l’étude « Regards croisés sur l’intérim » permet d’identifier les représentations associées
à l’intérim à travers l’expérience et le vécu des salariés intérimaires un an après
leur passage en intérim.
A
vant d’effectuer leur première mission d’intérim, 57 % des 1 004 salariés
intérimaires interrogés étaient sans
emploi contre 63 % lors de l’étude de
2010. Ce résultat s’explique par les effets récents
de reprise économique initiée début 2010. 23 %
d’entre eux étaient étudiants à ce moment-là et
l’on observe que l’âge moyen des intérimaires
demeure relativement stable (24 ans) comparé
aux études précédentes. Ce sont très majoritairement les jeunes de moins de 25 ans (69 %) qui ont
recours à ce type d’emploi qui fait alors office de
véritable tremplin en début de carrière et constitue
un moyen pertinent de se former et d’acquérir de
l’expérience professionnelle.
Pourquoi devenir intérimaire ?
L’intérim est perçu avant tout comme un moyen
d’intégrer le marché de l’emploi. Ainsi, 60 % des
salariés intérimaires interrogés (en progression de
10 points comparés à 2010), se sont tournés vers
l’intérim pour accéder rapidement à un emploi et
40 % (+ 3 points) parce qu’ils ne trouvaient pas de
CDI. Vient ensuite une volonté de se former qui reste
assez stable : pour 24 % (- 4 points) l’entrée dans
l’intérim permet une première expérience et pour
20 % (- 5 points) de diversifier leurs expériences
avant de se fixer. Ils sont enfin 22 % à avoir choisi
l’intérim en l’identifiant comme une passerelle
vers un emploi permanent dans l’entreprise où ils
effectueraient leur mission.
Un an après, quel contrat ?
En mars 2010, l’ensemble des personnes interrogées
avait effectué au moins une mission d’intérim. Un an
plus tard, en mars 2011, 16 % d’entre elles sont en
CDI (+ 4 points) et 13 % en CDD (+ 5 points). On note
ici une nette progression depuis l’étude de 2010 qui
s’explique par l’amélioration du marché du travail en
France. Un an après leur passage en intérim, plus
des deux tiers des interviewés sont en emploi. Les
moins de 30 ans accèdent davantage au CDI que les
autres tranches d’âge, tout comme les cadres, les
employés et les professions intermédiaires.
La part des demandeurs d’emploi régresse quant
à elle de 6 points, passant de 25 % en mars 2010 à
Quelle est la raison principale qui vous à amener à travailler en intérim ?
06
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
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et en Europe
Quelle situation un an après l’entrée en intérim ?
19 % en mars 2011. La part des intérimaires ayant
travaillé plus de 9 mois sur l’année reste stable à
39 % par rapport aux études précédentes et s’accompagne, pour 29 % d’entre eux, d’un sentiment
de net raccourcissement des délais entre les
missions.
Par ailleurs, 27 % des intérimaires ont bénéficié
d’une formation, soit une hausse de 7 points par
rapport à 2010. Les agences d’emploi confortent
ainsi leur rôle sur le marché du travail, en favorisant
le retour ou l’accès à l’emploi par la formation et la
qualification des publics les plus éloignés.
L’intérim, vu par les intérimaires
L’intérim apparaît pour les intérimaires comme une
période de transition bénéfique vers un emploi
durable, comme un moment choisi et réfléchi dans
un parcours professionnel et de moins en moins
comme un choix par défaut (3 % en 2011 contre
15 % en 2010). En effet, ils sont 55 % cette année
à estimer que l’intérim est une solution qui leur
« convient en attendant de trouver un travail qui
correspond à leurs attentes ».
En matière d’opinion, on note une forte satisfaction générale quant à l’intérêt du travail (93 % sont
Par rapport à votre expérience du travail en intérim, êtes-vous très satisfait,
plutôt satisfait, plutôt insatisfait ou très insatisfait en ce qui concerne…
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
DOSSIER
satisfaits, dont un sur trois très satisfaits), le délai
entre les missions (81 % de satisfaits) et le niveau de
rémunération jugé satisfaisant par 79 % d’entre eux.
Ils sont d’ailleurs 39 % à estimer que les missions
évoluent vers un meilleur niveau de rémunération
(soit +13 points par rapport à 2010). Des scores
en progression qu’explique assez largement un
contexte économique plus favorable.
Enfin, ils sont 67 % à déclarer avoir l’intention de
continuer à travailler en intérim, notamment les
seniors (73 %) et les cadres (74 %) qui sont les
premiers à déclarer que l’intérim fera à nouveau
partie de leur parcours professionnel.
Regards croisés sur l’intérim
De façon stable depuis une dizaine d’années, 91 %
des intérimaires interrogés ont une bonne opinion de
l’intérim. Ce regard positif sur l’intérim est partagé
de façon homogène par l’ensemble des catégories
de publics interviewé.
Regards des intérimaires
L’intérim est perçu par les intérimaires comme un
outil de construction et de sécurisation des parcours
professionnels. Dans leur grande majorité, les intérimaires considèrent l’intérim comme bénéfique
en termes de formation et d’accès à l’emploi. 91 %
estiment que l’intérim leur a permis d’acquérir une
expérience professionnelle (+3 points par rapport
à 2010) et 87 % de se former (+4 points). Plus de
quatre cinquième des intérimaires voient l’intérim
comme un moyen utile pour trouver un emploi ou
apprendre différents métiers. À noter que l’intérim
est de plus en plus envisagé comme une solution
durable par les intérimaires, une vision qui a pro-
gressivement évolué au cours de ces cinq dernières
années.
Alors qu’à leur entrée en intérim, près de la moitié
des salariés intérimaires considérait l’acquisition
d’une ou plusieurs expériences professionnelles
comme la raison principale de leur recours à l’intérim, il est intéressant de constater que 84 % d’entre
eux déclarent en 2011 que l’intérim leur a permis
de développer leur expérience professionnelle.
Autrement dit, ces résultats accréditent le rôle
formateur et générateur d’expérience de l’intérim.
Si l’intérim bénéficie d’une image très favorable
auprès des différents publics interrogés, l’étude
démontre que le taux de recommandation des missions d’intérim est lui aussi très élevé. Ainsi 94 %
des intérimaires recommanderaient à un proche
d’effectuer des missions d’intérim.
Regards des cibles complémentaires
Les salariés du privé et du public, les demandeurs
d’emploi et les étudiants portent eux aussi un
regard majoritairement positif sur l’intérim. À titre
d’exemple, 78 % des salariés du public en ont une
bonne opinion, soit 9 points de plus que l’année
précédente.
D’une manière générale, toutes les catégories
de publics interrogées considèrent les agences
d’emploi comme un moyen efficace pour trouver
un CDD ou un CDI aux demandeurs d’emploi. C’est
le cas de 72 % des salariés du public, de 67 % des
salariés du privé, de 68 % des demandeurs d’emploi
et de 65 % des étudiants. Ces publics estiment à
90 % en moyenne que l’intérim est un moyen utile
pour acquérir une expérience professionnelle, et
à plus de 80 % pour trouver un emploi. Ces très
Selon vous, un passage dans l’intérim est-il,
très utile, assez utile, peu utile ou pas du tout utile pour…
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PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
Si vous étiez en situation de recherche d’emploi, seriez-vous prêts
à vous faire accompagner par une agence d’emploi pour retrouver un emploi ?
bons résultats offrent un éclairage intéressant sur la
capacité de l’agence d’emploi à demeurer un acteur
important de l’emploi aux yeux des Français.
De la même façon, l’intérim est majoritairement perçu
comme utile pour se former ou apprendre différents
métiers. Leur perception des apports de l’intérim reste
assez homogène quel que soit leur profil. Ils estiment
très majoritairement que l’intérim est un bon moyen
pour acquérir de l’expérience et développer sa capacité
d’adaptation (plus de 90 %), ou sa connaissance du
monde des entreprises (autour de 85 %). Plus de 80 %
des autres publics interrogés recommanderaient à
un proche d’effectuer des missions d’intérim. Les
salariés du public et les demandeurs d’emploi (88 %)
se montreraient particulièrement enclins à conseiller
l’intérim à leurs proches.
Perception de l’intérim en Europe
Cette année, l’étude apporte un éclairage européen
sur l’intérim au Royaume-Uni, au Danemark et en
Espagne. Concernant la perception de l’intérim, les
Français en ont une relativement meilleure image
que leurs voisins : 71 % contre un peu plus de 52 %
en moyenne pour les Anglais, les Espagnols et les
Danois. Des différences qui s’expliquent par des
taux de recours et une résistance à la crise très
variable selon les pays étudiés.
Les agences d’emploi apparaissent pour les quatre
populations interrogées comme légitimes dans la
recherche d’emploi en CDI ou CDD : ainsi, plus des
deux tiers des salariés français et anglais et plus
de la moitié des salariés espagnols et danois considèrent qu’elles remplissent efficacement ce rôle.
Autre fait saillant de l’étude, l’intérim est identifié
par les salariés des quatre pays comme une forme
d’emploi utile et efficace.
De façon générale, les salariés espagnols, anglais,
danois interrogés accordent tous de nombreux
bénéfices à l’intérim. Les Anglais sont 86 % à
estimer utile le passage en intérim pour trouver
un emploi, 87 % pour acquérir une expérience professionnelle et 80 % pour se former. 84 % d’entre
eux jugent que l’intérim permet l’apprentissage de
différents métiers. A contrario, durement impactés
par la crise et largement moins concernés par cette
forme d’emploi, les salariés espagnols partagent
dans une moindre mesure les bénéfices perçus
de l’intérim. Les Danois, qui ont une expérience
très différente de l’intérim et une vision globale
plus optimiste de la situation de l’emploi dans leur
pays que leurs voisins, envisagent les bénéfices de
l’intérim d’une façon nettement plus positive.
Enfin, l’étude apporte un éclairage intéressant sur
les variations de perception des apports de l’intérim
selon les pays observés. Les Français se distinguent
en affirmant à hauteur de 91 % qu’un passage en
intérim permet le développement de l’expérience
professionnelle, contre 84 % pour les Danois, 78 %
pour les Anglais et 74 % pour les Espagnols.
De la même façon, nos voisins européens estiment
à seulement 61 % en moyenne que l’intérim permet
de développer sa connaissance du monde des entreprises, quand les Français sont 88 % à le penser,
soit 27 points de plus.
Enfin, l’acquisition de nouvelles compétences dans
son métier est un apport unanimement reconnu
par les Français, les Anglais et les Danois (80 % en
moyenne), tandis que seuls deux tiers partagent
cette opinion chez les Espagnols (soit un différentiel
de 14 points).
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
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Point de vue
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière
Les jeunes et l’emploi
Au cours de la première réunion du Cercle Idées Initiatives Emplois,
qui regroupe des parlementaires et des représentants d’agences d’emploi,
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, est intervenu sur l’emploi
des jeunes.
DR
I
Jean-Claude
Mailly,
secrétaire
général
de FO.
l ne faut pas surdimensionner le
chômage des jeunes. D’après les chiffres
d’Eurostat, la France se positionne dans
la moyenne européenne, selon la méthode de
calcul. Bien sûr, ce n’est pas satisfaisant. Les
accords signés jusqu’à présent ne mettent pas
en place de véritables contraintes adressées
aux entreprises. Cela étant, il y a un an, Force
Ouvrière a saisi à la fois le Gouvernement par
une lettre au secrétaire d’Emploi et le patronat
dans l’espoir d’avancer sur la question de l’emploi
des jeunes. Certains sujets relèvent spécifiquement
de la responsabilité de l’État et des parlementaires
puis d’autres reposent sur les négociations entre
les interlocuteurs sociaux. Bien sûr, il existe des
passerelles. Les interlocuteurs sociaux ont leur rôle
à jouer sur le sujet.
De nouvelles négociations
avec le patronat
10
Nous venons d’entamer des négociations avec le
patronat. S’agissant des jeunes déscolarisés, le
plus facile a été de décider du fléchage spécifique
de fonds paritaires d’aides. Nous travaillons avec
l’Apec, selon un système de conventions. Pour
les jeunes cherchant du travail après un arrêt des
études, nous travaillons en partenariat avec Pôle
emploi. 80 millions d’euros vont être potentiellement
récoltés. Voici pour le premier volet, signé par quatre
syndicats sur cinq.
Concernant les jeunes désocialisés, notre syndicat
a mené une expérience au sein d’une enseigne de
prêt à porter. L’accord prévu il y a quatre ans avec
la direction a permis l’intégration de cent jeunes
en situation de désocialisation. Nous en sommes
à la quatrième session de formation. Après une
sélection, quatre-vingts jeunes ont vu leur contrat
se transformer en un CDI à temps plein. Certains
sont même devenus des cadres. Ils sont soumis
à une formation de trois semaines en site fermé
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
suivie de quinze jours de formation à la vente. Cet
exemple montre que l’on peut réussir sans l’aide
étatique. Il faut étendre ce type d’expérience où
l’entreprise finance l’opération. Il existait cependant
une deuxième préoccupation, partagée par les
syndicats comme par les organisations patronales.
Aujourd’hui, l’État ne manque jamais de se servir
dans les réserves d’un organisme paritaire. On ne
peut le laisser faire. Par conséquent, on sollicite
massivement le fonds de sécurisation des parcours
professionnels, l’UNEDIC ou encore l’Apec. Je ne
prétends pas régler l’intégralité de la problématique
de l’emploi des jeunes, mais ces initiatives pratiques
sont indispensables.
Le logement social des jeunes
Le second volet des négociations concerne
le logement social des jeunes. Force Ouvrière
est également signataire. Nous tentons d’aider
les jeunes salariés ou à la recherche d’emploi,
inscrits à Pôle emploi, à trouver un logement.
Les négociations restantes sont plus délicates,
puisqu’il s’agit de financements nouveaux. On
assiste à un blocage du patronat.
Par ailleurs, Force Ouvrière a rappelé lors de
ces négociations que de nombreux jeunes
étaient confrontés à des difficultés matérielles et
financières les empêchant d’entrer dans la vie active
et d’y être stables. Face à ces difficultés, Force
Ouvrière propose de mettre en place un dispositif
de soutien financier (Allocation jeunes salariés)
destinée à compenser les freins matériels liés à la
prise d’emploi qu’il s’agisse des problématiques
de mobilité, d’achat de tenue vestimentaire et
même pour certains de restauration les premières
semaines d’activité ou de garde d’enfants.
Développer les tutorats
Nous voulons également développer les tutorats,
en les rendant obligatoires dans les entreprises.
11
En outre, la question des stages n’est toujours pas
réglée. Du côté des pouvoirs publics, malgré des
initiatives notables, l’épisode de la prime donne
l’image d’une « course à l’échalote ». Syndicats
comme patronat s’étaient mis d’accord à son propos.
Nous avons simplement demandé le respect de la
loi Larcher de 2007 sur la consultation nécessaire
des interlocuteurs sociaux pour tous les domaines
qui relèvent du travail avant la décision. Le président
de la commission des affaires sociales nous a laissé
un délai de quatre semaines avant de parvenir à une
décision. Les intérêts de chacun sont très différents
dans cette affaire. La priorité revient à la négociation
sur la CRP et le CTP. Nous n’entendons pas négocier
les questions d’apprentissage, qui reposent sur la
responsabilité des pouvoirs publics.
Outre l’accompagnement du jeune dans son premier
emploi, en partie via le tutorat, il y a lieu pour
Force Ouvrière de structurer et d’institutionnaliser
un véritable mécanisme de transmission des
savoirs entre les générations de salariés. Pour
répondre à cette préoccupation, FO a mis en
avant sa revendication d’Allocation de Solidarité
Intergénérationnelle (ASI) qui permet de coupler
l’embauche d’un jeune et une mission de tuteur
par un salarié expérimenté via une incitation à la
fonction tutorale pour le senior qui prendrait la forme
d’une cessation progressive d’activité avec maintien
intégral de la rémunération.
La problématique des stages hors cursus
Le vrai problème se situe au niveau des stages,
qui constituent une urgence absolue et doivent
être interdits. Je ne parle pas des stages pendant
le cursus scolaire et universitaire. À la fin de ses
études, un jeune veut naturellement trouver un
travail. Or, bien souvent, la porte d’accès la plus
facile à l’entreprise reste le stage. L’entreprise
demande au jeune de se réinscrire dans une école
ou une université pour obtenir une convention de
stage. Payé 400 euros par mois, le jeune attend
avec impatience que son stage soit transformé en
CDD ou en CDI. Cela marche de temps en temps.
Certaines entreprises fonctionnent en partie grâce
aux stagiaires, tous secteurs confondus. Du coup,
beaucoup de jeunes cumulent les stages. Le décret
adopté récemment, n’a pas changé les choses. Il faut
aussi savoir que les stages hors cursus perturbent
les conditions de la concurrence sur le marché de
l’emploi. Les stagiaires sont plus attractifs. Un
comité était censé reprendre ce dossier afin de le
moraliser. L’individualisation dans les entreprises
est allée trop loin. L’exacerbation des conflits peut
provenir en partie de ces stages hors cursus.
Les contrats aidés
Il y a une corrélation entre le cycle des élections
politiques et le cycle des contrats aidés. Nous ne
sommes pas particulièrement demandeurs de ce
type de contrats. Par contre, nous ne pouvons
contester leur existence, lorsqu’ils sont effectués
convenablement. Toutes mesures générales
décidées par le Gouvernement ou le Parlement,
concernant les contrats aidés ou des exonérations
de cotisations fiscales entraîneront des débats.
Avant tout, des évaluations précises doivent être
réalisées. Il faut réévaluer la nature des contrats.
Nous ne connaîtrons jamais le chiffre précis de
l’effet des 35 heures sur l’emploi. Il y a trois ans, le
rapport de la Cour des comptes sur les exonérations
de cotisations patronales expliquait qu’un retour à
1,3 au lieu d’1,6 permettrait de réaliser sept milliards
d’euros d’économie. Il faut ouvrir le débat. Chacun
doit assumer ses responsabilités.
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Passerelle
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Contribution économique territoriale
Les agences d’emploi,
toujours pas entendues
L
a contribution économique territoriale (CET)
est le nouvel impôt qui remplace depuis
2010 la taxe professionnelle. Elle regroupe
à la fois la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée
des entreprises) et la CFE (cotisation foncière des
entreprises).
De lourdes conséquences pour les PME
Intégrant la valeur ajoutée des entreprises et donc
les salaires chargés dans sa base de calcul, la CET
pénalise fortement les PME de notre profession qui
étaient imposées selon d’autres modalités. Or, les
intérimaires étant les salariés des agences d’emploi,
elles possèdent de ce fait une forte masse salariale,
ce qui a pour conséquence une augmentation considérable de la CET pour les PME.
Les PME du travail temporaire enregistrent en effet
en moyenne une multiplication de l’impôt par sept.
Le plafonnement – obtenu par le PRISME – de la
valeur ajoutée à 80 % du chiffre d’affaires pour
les entreprises de moins de 7,6 millions d’euros
de chiffre d’affaires et le lissage de la hausse sur
cinq ans n’ont qu’un effet très limité sur l’impact
de cette réforme.
Nous avons en effet obtenu la mise en place de ce
calendrier d’application progressive sur cinq ans :
la CET a été limitée dans sa croissance à + 10 %
en 2010 et augmentera pendant quatre ans afin de
s’appliquer au taux plein en 2015.
Le législateur a par ailleurs prévu que les entreprises
qui appartiennent à un même groupe se voient appliquer pour le calcul de la CET le taux du groupe, et
non celui de l’entreprise. Ce qui induit un taux plus
important et complique encore la situation.
Le PRISME dénonce les effets
de cette réforme
C’est la raison pour laquelle à l’occasion de l’Amicale
Parlementaire des PME qui a eu lieu le 18 mai à
l’Assemblée nationale, le président du PRISME,
Arnaud de la Tour a dénoncé devant les parlementaires présents les effets confiscatoires de cette
réforme pour nos PME et son effet négatif pour
l’emploi. Le président de la CGPME, Jean-François
Roubaud a de son côté demandé expressément aux
parlementaires de tenir compte de la situation des
PME du travail temporaire.
Il a par ailleurs été rappelé à cette occasion que
la fiscalité locale pénalise « les entreprises patrimoniales » et qu’il existait de ce fait un risque de
disparition de cette catégorie d’entreprises qui joue
un rôle important pour l’emploi et la stabilité des
territoires.
Le PRISME a œuvré pour que certains effets négatifs
de la réforme de la taxe professionnelle sur l’emploi
soient limités. Dans le cadre de l’examen du projet
de loi de finances rectificative, nous avons demandé
que l’augmentation de la CET soit plus étalée dans
le temps. Un lissage sur dix ans permettrait ainsi
pour nos PME perdantes, en rallongeant la période
de transition, d’organiser une croissance plus raisonnable de l’augmentation de cet impôt. De même,
nous souhaitions que la valeur ajoutée imposable
soit plafonnée à 70 % du chiffre d’affaires pour les
PME dont la valeur ajoutée est composée de plus
de 80 % de frais de personnel.
Les parlementaires n’ont pas retenu ces deux aménagements bien qu’un amendement allant dans ce
sens ait été déposé mais non adopté en raison de
l’opposition du Gouvernement.
Nous ne comprenons pas ce blocage. Les députés
et sénateurs que nous avons rencontrés ont déclaré
souhaiter trouver une solution législative au problème
important de la CVAE pour les agences d’emploi.
Ils estiment en effet que des entreprises fortement
pénalisées par la réforme de la taxe professionnelle
doivent pouvoir bénéficier d’un allongement dans
le temps de la durée de l’écrêtement transitoire.
Or, nous n’avons pas été entendus… l’action du
PRISME continue.
F. Vielcanet
La réforme de la taxe professionnelle qui pénalise fortement les agences
d’emploi est un sujet de première importance pour le PRISME.
Son délégué général, François Roux fait le point sur les actions entreprises.
François
Roux,
délégué
général
du PRISME.
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
Passerelle
Comment le marché du travail
peut-il s’adapter aux changements
économiques mondiaux ?
À l’occasion de l’assemblée générale du PRISME le 16 juin dernier,
Nicolas Bouzou, économiste, directeur fondateur du cabinet d’analyse
économique et de conseil Asterès, membre du Conseil d’analyse
de la société auprès du Premier ministre et auteur du livre
« Le chagrin des classes moyennes », revient sur le lien entre les évolutions
économiques contemporaines et les mutations du marché du travail.
◗ On entend souvent de la part des économistes
DR
que nous sommes au début d’un grand
changement économique. Pourquoi est-ce
plus le cas aujourd’hui qu’hier ?
Nicolas Bouzou : Lorsque l’on regarde l’histoire éco-
Nicolas
Bouzou
nomique depuis 10 000 avant J.-C., on observe deux
changements majeurs : l’invention de l’agriculture et celle de
la machine à vapeur, lors de
la première révolution industrielle, fin XVIIIe-début XIXe siècle.
De plus, cette époque marque
la naissance de la croissance
économique contemporaine,
avec l’arrivée de phénomènes
pratiques comme la montée de
l’espérance de vie.
Or, les changements que
l’on connaît aujourd’hui sont
encore plus importants que
ces derniers. Ils ont déjà des
conséquences sur les organisations, les entreprises, les États, les institutions… et vont continuer
à en avoir, car nous ne sommes qu’au début du
processus. Typiquement, une institution comme
le marché du travail va beaucoup changer, qu’on
le veuille ou non.
◗ Quels sont ces changements majeurs ?
Nicolas Bouzou : Aujourd’hui, vous avez trois grands
14
changements qui structurent les mutations de l’économie mondiale.
Le premier est ce qu’on appelle couramment la mondialisation. Ce n’est pas un phénomène nouveau, il
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
existe depuis le XVIe siècle, mais était surtout l’affaire
des pays riches. Ce qui est récent, c’est l’étendue
de ce phénomène aux pays pauvres.
Aujourd’hui, les pays émergents comme la Chine,
l’Inde, le Brésil, les pays de Maghreb, certains
pays d’Afrique Subsaharienne et d’Amérique du
Sud, représentent 45 % de l’économie mondiale et
connaissent les phénomènes de croissance les plus
importants. Et cette dynamique va se prolonger sur
le moyen et le long termes. Or, cela ne se traduit, en
réalité, que depuis peu dans les organisations. Le
fonctionnement du FMI en est une bonne illustration. Encore aujourd’hui, nous plaçons à la tête du
FMI une personne occidentale. Nous n’avons pas
voulu d’une candidature issue des pays émergents.
Ce qui est une erreur. Parce qu’en ne les intégrant
pas dans les institutions internationales, on rend
plus difficile les négociations avec eux.
Cette montée des pays émergents génère une
classe moyenne mondiale très importante. Un
milliard de personnes sont entrées dans l’économie de marché, dont 400 millions appartenant à
la classe moyenne mondiale. Or, ces 400 millions
sont, d’une part, des consommateurs et d’autre
part, des concurrents. Ce qui a un impact concret
sur le marché du travail et entraîne des destructions
créatrices, c’est-à-dire la disparition, dans un même
pays, de certaines activités peu qualifiées, et la
création d’autres, plus qualifiées.
Le deuxième changement majeur est l’accélération
des innovations technologiques, à un rythme que
nous n’avons jamais connu auparavant. Jusqu’à
présent, il y a eu trois grands moments d’innovations technologiques : le premier avec l’invention de
l’agriculture, le deuxième avec celle de l’imprimerie,
et enfin le troisième dans le secteur des nouvelles
technologies de l’information et de la communication. Or, ce dernier moment s’apparente à une
véritable révolution industrielle. Ce qui n’est pas le
cas de n’importe quelle innovation, mais de ce que
les économistes britanniques appellent les general
purpose technologies, soit des technologies dont
on ne sait pas encore à quoi elles vont servir et qui
ont des implications économiques au-delà de leur
secteur d’origine. Par exemple Internet, lors de sa
création dans les années 1970.
Le dernier changement est le vieillissement de
la population et la crise des finances publiques.
Ainsi, pour le dire autrement, les États et leurs
systèmes de santé, sont devenus trop coûteux.
Le vieillissement de la population n’est évidemment
pas le seul facteur expliquant la crise des finances
publiques. Il y en a d’autres et chaque pays présente
une situation différente. Par exemple, en France, la
dépense publique est, si l’on se réfère à la taille de
son économie, la plus importante des pays riches,
et sa sécurité sociale représente 45 % de la dépense
publique.
◗ Quelles conséquences ont ces changements
sur le marché du travail ?
Nicolas Bouzou : Le cas de la France est particulier
car le pays présente structurellement un taux de
chômage élevé et des destructions créatrices. Dans
un tel contexte, les politiques publiques doivent
tourner autour de trois thèmes : le coût du travail,
une réforme du marché du travail et la formation.
Évidemment, tout ne résume pas à une question
de coût du travail. Le différentiel sur ce point entre
la France et la Chine est de 1 à 30. Par ailleurs, la
productivité en France est plus importante qu’en
Chine. Même si nous corrigeons le coût du travail
par ces différentiels de productivité, on obtient un
coût unitaire du travail qui conserve encore un ratio
de 1 à 12. Et nous n’allons pas diviser les salaires
par 12.
Une deuxième réflexion doit être menée sur la
structure du marché du travail et la nature des
contrats de travail. L’OCDE a fait apparaître, dans
ses différentes études, que la France dispose d’un
droit du travail extrêmement rigide. Néanmoins, la
flexibilité existe. Elle revient sous forme de contrats
à durée déterminée. Or, on assiste à une dualité
du marché du travail avec, d’un côté, des salariés
embauchés assez rapidement dans des contrats
du type CDI, qui sont protégés et qui perdent peu
leur emploi ; de l’autre côté, des salariés qui sont
précarisés dès le départ et qui vont aller de CDD
D. Merckaert
15
en CDD. L’intérim, à mon avis, n’entre pas dans ce
cadre. Il s’agit d’un contrat particulier dont l’idée est
de dire « on a des surcroîts temporaires d’activité
et c’est ce qui justifie le recours à l’ intérim ». Ce
type de raisonnement est tout à fait sain et il faut
le conserver. En revanche, il faut mettre fin à cette
dualité entre CDD et CDI, avec la mise en place d’un
contrat de travail unique et flexible.
La dernière réflexion, et l’une des plus importantes,
concerne la formation. Or, ces dernières années,
nous n’avons sans doute pas fait tout ce que nous
aurions dû faire dans ce domaine. Alors que la
formation continue est absolument nécessaire, et
ce d’autant plus dans un contexte de très fortes
concurrences. Des évaluations ont été faites sur
l’impact économique en France de la formation. Les
conclusions ont plutôt été négatives, qu’il s’agisse de
l’enseignement primaire ou secondaire. Concernant
l’université et la recherche, les choses s’améliorent
grâce à la loi sur l’autonomie des universités. En
outre, on sait que la formation continue coûte globalement cher et qu’elle ne profite pas suffisamment à
ceux qui en ont le plus besoin. Le fond du problème
sur cette question est la déspécialisation. Dans
notre contexte économique, l’avantage compétitif
d’un salarié est moins d’être ultra-spécialisé dans
un domaine que de savoir lire, écrire, avoir l’esprit
de synthèse et parler à peu près clairement une
langue étrangère.
Voilà les pistes de réflexion qui me paraissent de
nature à améliorer le fonctionnement du marché
du travail.
Assemblée
générale
du PRISME.
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
Passerelle
ESMAE
Une nouvelle formation dédiée
aux responsables d’agence
L’
ESMAE, École supérieure des métiers des
agences d’emploi, est l’école qui forme
spécifiquement aux différents métiers
des salariés permanents des agences d’emploi.
Le contenu et le rythme des formations, toutes
dispensées en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, sont issus des demandes formulées
par la profession. Ainsi, après les formations dédiées
aux assistantes d’agences, aux recruteurs et aux
commerciaux, le PRISME a souhaité mettre en place
en collaboration avec l’ESMAE un nouveau dispositif
destiné aux futurs responsables d’agence.
Cible et pré-requis
Cette formation s’adresse aux salariés permanents
en poste, bénéficiant d’au moins cinq années
d’expérience, principalement commerciale, avec
une opportunité d’évolution vers la fonction de responsable d’agence dans les six mois. Il peut aussi
s’agir de personnes nouvellement recrutées sur
des fonctions commerciales, ayant une expérience
en dehors du travail temporaire, dans la vente de
prestations de services. Cette nouvelle formation
sera mise en place pour le début de l’année 2012,
d’abord à titre expérimental par l’établissement de
Saint-Germain-en-Laye, pilote pour cette formation.
Cependant, durant la première année, la formation
est ouverte aux collaborateurs de la France entière
et sera reprise par les établissements de Lyon et
d’Angers. Cette formation doit permettre à des collaborateurs en poste sur des fonctions commerciales
ou de recruteurs polyvalents d’acquérir les compétences manquantes leur permettant d’évoluer
vers des fonctions de responsables d’agence. Les
apprenants valideront un diplôme à l’issue de cette
formation.
16
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
Contenu et organisation
Le dispositif de formation s’étendra sur trente-trois
journées au total portant sur l’ingénierie d’affaires,
la stratégie de développement d’une nouvelle activité et le management. S’adressant à des salariés
permanents, la formation aura lieu en période de
professionnalisation, c’est-à-dire sur leur temps de
travail et sera prise en charge par un OPCA. Les
trente-trois journées seront réparties sur douze
mois maximum, à raison d’une à deux journées
par mois selon la saisonnalité de l’activité des participants. Il s’agit ici d’une formation diplômante. En
effet, au terme du cursus et après une soutenance
orale devant un jury sur différents sujets relatifs à
la formation, une certification – diplôme bac + 5
– sera délivrée aux participants : titre de manager
en ingénierie d’affaires.
Inscriptions à partir de septembre 2011
Différentes actions de communication (informations
sur le site internet de l’école, mailing…) sont mises
en place pour informer les salariés permanents des
agences d’emploi de l’opportunité de ce nouveau
dispositif. Les collaborateurs intéressés devront se
manifester à partir de septembre pour participer à
la formation de janvier 2012. À noter : quinze inscriptions sont nécessaires au lancement de cette
première session.
Inscription et renseignements :
ESMAE de Saint-Germain-en-Laye
www.esmae.fr
Contact : Valérie Grignon, tél : 01 39 10 78 14
vgrignon@versailles.cci.fr
Passerelle
17
Premier colloque du Fastt
sur l’innovation sociale
Le 1er juin dernier, le Fastt a organisé un colloque à destination des élus
et des pouvoirs publics autour du thème : « L’innovation sociale pour sécuriser
les parcours de vie ». Une matinée au cours de laquelle le Fastt a pu témoigner
de son action et partager ses retours d’expérience. L’occasion aussi d’identifier
de nouvelles voies de progrès et de gagner en efficacité collective.
L
es individus sont confrontés aujourd’hui
à des parcours de vie moins linéaires
qu’hier : parcours d’insertion sociale et
professionnelle plus heurtés, transitions plus
compliquées. Confronté, avant les autres, à ces
difficultés, le Fastt a de fait constitué une sorte de
« laboratoire » pour l’invention de nouveaux modes
d’intervention afin de sécuriser autant que possible
les parcours des intérimaires. Pour partager son
expérience de l’innovation sociale et croiser les
regards avec les élus, les collectivités territoriales,
les acteurs de l’emploi et ses partenaires, le Fastt
a donc organisé ce colloque auquel deux cents
personnes ont participé.
Lors des deux tables rondes organisées sur les
thèmes du logement et de la mobilité, le Fastt, le
Conseil régional d’Aquitaine, le Conseil général de
Meurthe-et-Moselle, Pôle emploi, l’ANSA, Pro-BTP,
le Conseil national des missions locales, Habitat
François Pinte, président du Fastt
et développement et l’UESL ont eu l’occasion
d’analyser les conditions du succès de l’innovation
au travers d’exemples concrets.
Une opération de sensibilisation
auprès des élus
Faire connaître ses actions, valoriser sa fonction
de « laboratoire », croiser les regards, le colloque
est aussi l’occasion pour le Fastt de sensibiliser
les élus sur les spécifi cités de la branche du
travail temporaire et sur les besoins des salariés
intérimaires. Il s’agit, sur le plan législatif, de favoriser
la prise en compte des spécificités liées au statut
de l’intérimaire dans les initiatives parlementaires,
réglementaires ou administratives.
Une communication en marche
Au-delà de cette rencontre, le Fastt poursuit sous
différentes formes ses actions en direction des
pouvoirs publics : opérations de relations presse,
plaquette d’information réalisée en collaboration
avec Réunica et le FAF.TT sur le statut de l’intérimaire
et les différents avantages développés par la
profession, panorama complet de ses activités.
La synthèse des travaux du colloque sera diffusée,
notamment aux élus, dans le courant du mois de
septembre.
Daniel Lascols, directeur du Fastt
DR
« L’articulation entre les interventions
de tous les acteurs de l’accompagnement
est un enjeu de progrès.
Les énergies déployées
par les branches professionnelles,
par les collectivités territoriales
et par l’État, doivent se combiner
intelligemment pour faciliter
et sécuriser les parcours de vie,
et les parcours professionnels. »
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
DR
DR
« Ce colloque s’est déroulé au cœur même de l’Assemblée
nationale. C’est le signe d’une reconnaissance
institutionnelle de l’action de la branche du travail
temporaire. Nous l’avons organisé pour témoigner
de notre capacité d’innovation mais aussi pour attirer
l’attention des élus sur la nécessité
de ne pas fragiliser notre dynamique
par trop de complexité réglementaire,
de lourdeurs administratives
ou de contraintes financières.
Il en va de notre capacité à agir,
à continuer d’innover. »
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Formation continue
En région
19
Nord-Pas-de-Calais
Pôle Position – Partenariat régional
L
e 9 mai 2011, à Lille, la Direccte, le Conseil
régional, l’AFPA, le PRISME, le FAF.TT et Pôle
emploi ont dressé le bilan de Pôle Position.
Créé en mai 2009 pour répondre aux conséquences
de la crise économique dans le secteur automobile
en région Nord-Pas-de-Calais, Pôle Position est
un dispositif d’appui au reclassement et au
développement des compétences des salariés en
fin de mission d’intérim ou de CDD. Ce partenariat
régional innovant avait pour objectif d’aider ces
personnes à retrouver un emploi durable dans
la filière automobile ou dans un autre secteur
d’activité ou d’accéder à une formation qualifiante
de reconversion.
41 310 demandeurs d’emploi ont adhéré à la
démarche et ont bénéficié d’un accompagnement
personnalisé dynamique alternant des phases
d’orientation, de formation et d’emploi.
4 92,5 % des 375 actions de perfectionnement et
des formations qualifiantes dispensées visaient
une reconversion complète ou une orientation vers
une filière proche.
4 69,5 % des personnes accompagnées pendant
un an ont accédé à un emploi de plus de six
mois ou une formation. Il est incontestable qu’un
accompagnement d’un an favorise d’excellents taux
de retour à l’emploi. En incluant les personnes n’ayant
pas bénéficié d’un accompagnement aussi long,
Pôle Position a néanmoins permis 66 % de retours
à l’emploi ou entrées en formation qualifiante.
4225 ont abandonné en cours de route (pas de
nouvelles, déménagement, maternité, maladie…).
4509 demandeurs d’emploi ont accédé à un emploi
pendant six mois ou plus.
4253 demandeurs d’emploi ont accédé à une
formation qualifiante.
Languedoc-Roussillon – PACA
L
e 30 novembre 2010, Pôle emploi et le PRISME
ont signé un accord-cadre national et une charte
d’engagements réciproques. Cette signature traduit
la volonté de développer une coopération commune
et complémentaire afin de mieux satisfaire les
besoins des entreprises et accélérer le retour à
l’emploi des demandeurs d’emploi, en particulier
ceux les plus menacés d’exclusion. Dans cet
objectif, deux déclinaisons régionales de cette
convention ont été signées entre Pôle emploi et
le PRISME en Languedoc-Roussillon le 8 avril – en
présence de Jean-Yves Deleuze, délégué régional
du PRISME et Gérard Mutelet, directeur régional
de Pôle emploi – et en PACA le 29 avril avec Fabrice
Greffet, président régional du PRISME et Catherine
d’Hervé, directrice régionale de Pôle emploi. Ces
conventions répondent aux objectifs suivants :
4Fiabiliser et réussir les recrutements en renforçant
le partenariat entre le PRISME et Pôle emploi en
faveur des demandeurs d’emploi dans chacune des
régions concernées grâce à la collaboration d’un
réseau dense au cœur des bassins d’emploi.
4Favoriser l’insertion professionnelle et la
construction de parcours qualifiants, en particulier
pour les publics fragilisés,
les plus exposés au
risque de chômage de
longue durée, comme
les jeunes, les seniors, les
personnes handicapées et
les demandeurs d’emploi
licenciés économiques.
4Échanger, expérimenter
et partager les informations
aux niveaux régional et local.
Le PRISME et Pôle emploi
veulent ainsi poursuivre
une collaboration pérenne
et active. Ces échanges
réguliers d’informations
pourront permettre de
conclure des conventions
spécifiques visant à mettre
en place certaines expérimentations, afin de faciliter
le retour à l’emploi des demandeurs.
DR
Premières déclinaisons régionales du nouvel
accord-cadre national PRISME - Pôle emploi
Catherine
d’Hervé et
Fabrice Greffet
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
Repères
21
Activité intérim
En 2010, (en comparaison avec l’année 2009), l’industrie enregistre une hausse
de 31,4 %. En moyenne, la part des intérimaires du secteur
industriel par rapport à l’ensemble des salariés industriels
atteint 6,7 % contre 5,0 % en 2009.
Les dix secteurs dans lesquels l’emploi
intérimaire progresse le plus sont
industriels. Parmi ceux-ci, les cinq
premiers, avec une croissance comprise
entre 46,6 % et 57,8 %, sont liés à l’industrie
automobile.
À noter par ailleurs qu’en 2010, les progressions les
plus dynamiques ont été observées dans des secteurs
où le recours à l’intérim y est moins développé tels que
l’hôtellerie-restauration, la finance et l’assurance, ainsi
que les activités scientifiques et techniques.
Au premier semestre 2011 (par rapport au 1er semestre
2010), l’emploi intérimaire enregistre une croissance
de 14,4 %. Toutes les régions profitent de cette
croissance et particulièrement les régions de l’Est :
Franche-Comté (+32,3%) et Alsace (+25,7%) en raison
du dynamisme industriel qui se confirme dans ces régions.
Les régions avec une orientation sectorielle plus marquée par le tertiaire,
qui en 2009 avaient moins souffert de la crise, enregistrent des croissances plus
modestes.
Activité recrutement
De façon complémentaire avec l’intérim, l’activité
recrutement des agences d’emploi est repartie
à la hausse en 2010. Sur l’ensemble de l’année,
37 500 recrutements, en croissance de 28 % ont été
réalisés par l’intermédiaire des agences d’emploi.
Les recrutements profitent majoritairement à des
catégories de population qui, jusqu’à présent, ne
bénéficiaient pas de services de recrutement auprès
d’opérateurs privés. En 2010, les recrutements ont
bénéficié à 54 % d’employés, 18 % de techniciens
et agents de maîtrise et 12 % d’ouvriers, illustrant
la consolidation d’un nouveau type de service
d’intermédiation sur le marché de l’emploi. 16 % des
recrutements concernent des cadres.
En termes de représentativité, les ouvriers voient leur
part relative s’amenuiser depuis 2007, passant de 32 %
des recrutements à 12 % en 2010.
Source : Crédoc
Répartition des candidats recrutés selon leur qualification
Source : I+C
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
Vient de paraître
La psychanalyse expliquée aux managers
Non, le manager n’est pas un psy.
Mais il a tout intérêt à savoir exercer
son « sens clinique » : pour mieux
comprendre les comportements
de ses collaborateurs, mieux gérer
les problèmes de communication,
les conflits de personnes, les cas
de harcèlement… À travers une
galerie de portraits, l’auteur nous
révèle le fonctionnement des cinq
structures psychiques de base de
la psychanalyse. Managers, DRH,
consultants, coachs, psychologues
et médecins du travail y trouveront
de quoi enrichir leur vision de l’entreprise et du management.
La psychanalyse expliquée
aux managers, de Roland
Brunner, Éditions Eyrolles,
février 2011, 178 pages,
15 euros.
Regards de femmes DRH
sur un monde en mutation
Pourquoi compte-t-on si peu
de femmes au plus haut niveau
de poste dans les ressources
humaines ?
À l’heure où l’on vote une loi pour
établir la parité entre hommes et
femmes dans les conseils d’administration, il est frappant de noter
que celles qui atteignent ce niveau
restent méconnues, peu médiatisées. Ces femmes représentent
pourtant un formidable moteur de
transformation des organisations et
d’évolution des modes de management. Elles portent également un
regard singulier, et souvent éclairé,
sur le monde qui les entoure.
Dans ce livre, les auteurs ont
choisi de donner la parole à une
quinzaine de femmes leaders, DRH
de grands groupes, personnalités
reconnues et influentes qui font ici
entendre leur vision « au féminin »
d’un monde subissant des mutations fondamentales tant sur le plan
économique, politique, que social
ou technologique.
Regards de femmes DRH
sur un monde en mutation,
de Edgard Added, Carine
Dartiguepeyrou, Wilfrid Raffard,
Éditions Pearson Éducation,
mai 2011, 256 pages, 24 euros.
Santé et bien-vivre au travail
Rationalisation à l’extrême,
financiarisation et utilisation forcenée des nouvelles technologies
de l’information font trop souvent
oublier qu’au cœur des entreprises
se trouvent les êtres humains…
Dans cet ouvrage, les auteurs
offrent un panorama sur le cadre
des notions de santé et de bienvivre au travail, tant du point de
vue légal et réglementaire, que de
celui de la gestion des ressources
humaines. Elles transmettent les
informations de base nécessaires
à la compréhension du sujet puis
22
Les nouveaux outils
de l’évaluation
des compétences
présentent les principaux outils
et méthodes ainsi que quelques
pistes de démarches proactives
ou exemples d’entreprises, afin de
sensibiliser le lecteur et de l’aider
à devenir acteur de son entreprise,
dans son entreprise, et dans ses
comportements individuels et ses
relations.
Santé et bien-vivre au travail,
de Laurence Breton-Kueny
et Roseline Desgroux,
Éditions Afnor, mars 2011,
184 pages, 20 euros.
L’évaluation des compétences
est devenue un axe stratégique de
la gestion des ressources humaines
et du management. C’est également
un moyen extrêmement efficace
pour faire le point sur ses propres
performances.
Ce livre s’articule en deux
parties : la première met à votre
disposition une série d’outils simples et efficaces qui permettent
de découvrir votre personnalité,
vos atouts, votre potentiel de
progression grâce à de nombreux
tests et grilles d’auto-évaluation. La
deuxième, quant à elle, vous livre
les solutions pour :
– construire des référentiels
métiers,
– mettre en place et réussir
des entretiens professionnels,
– fournir des modèles
de référentiels,
– évaluer les ressources
humaines,
– tirer les évaluations nécessaires
de ces référentiels.
Véritable guide pour l’action, ce
livre permettra aux professionnels
des ressources humaines, aux
consultants, aux formateurs et
même tout simplement, à toute
personne désireuse de se connaître, de faire le tour des nouveaux
outils à sa disposition.
Les nouveaux outils de
l’évaluation des compétences,
de Alain Labruffe, Éditions Afnor,
mai 2011, 318 pages, 25 euros.
PRISME le magazine est une publication des professionnels de l’intérim, services et métiers de l’emploi ◗ PRISME 56, rue Laffitte
- 75320 Paris CEDEX 09. Tél. : 01 55 07 85 85 ◗ Directeur de la publication Arnaud de la Tour ◗ Directeur de la rédaction François
Roux ◗ Rédacteur en chef Isabelle Mazza ◗ Comité de rédaction Dominique Delcourt, Isabelle Lamalle, Cédric Leva, Agnès Vauquier ◗
Conception-rédaction-réalisation Stratis Presse - 16 bis, avenue Parmentier - 75011 Paris. Tél. : 01 55 25 54 54 ◗ Responsable éditoriale
Béatrice Grumler ◗ Rédaction Béatrice Grumler, Fanny Mercieca ◗ Maquette Hélène Doukhan ◗ Impression EDISET ◗ Chef de publicité
Carmen Figaret ◗ Éditions SOGESTT 56, rue Laffitte - 75009 Paris. Tél. : 01 55 07 85 91 ◗ Dépôt légal 2e trimestre 2011 - ISSN 1779-2770
PRISME le magazine — n° 19 // 2e trimestre 2011
Comment résoudre la question
de l’équilibre des sexes dans
l’entreprise ? De quelle manière
l’entreprise peut-elle se développer grâce aux femmes ? Dans ce
manuel pratique, l’auteur décrit ce
management d’un nouveau genre,
et explique très concrètement comment construire une stratégie de
croissance basée sur l’équilibre – le
« bilinguisme » – femmes/hommes.
Elle propose une méthodologie de
mise en pratique simple, en quatre
étapes :
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* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

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