Des études in vitro sur des extraits de plantes type PNPP contre le

Des études in vitro sur des extraits de plantes type PNPP contre le
Fiche n° 56
IFV, vos références techniques
Novembre 2011
DES ETUDES IN VITRO SUR DES EXTRAITS DE PLANTES TYPE
PNPP CONTRE LE MILDIOU
Depuis 2010, l’IFV est partenaire d’un projet de recherche nommé « 4P » et réalise des essais d’efficacité de
PNPP contre le mildiou de la vigne. Cette année pour complémenter les expérimentations sur le terrain, de
nouveaux tests ont été réalisés au laboratoire sur des feuilles détachées avec de l’inoculum de P.viticola.
L’objectif est multiple : obtenir des données sur l’efficacité des PNPP testées ; déterminer leur mode
d’action ; définir les doses et mode d’emploi éventuels.
Les tests « in vitro »
Les tests in vitro sont réalisés en laboratoire à l’IFV. La méthode de culture et d’inoculation est adaptée de celle
définie par l’INRA. Le matériel végétal est composé de feuilles détachées provenant du vignoble (Merlot). L’inoculum
de P.viticola provient aussi du vignoble.
Les feuilles sont mises en survie, découpées en disques ou entières, dans des boîtes de Petri. 3 types de tests sont
réalisés :
 Test anti-germinatif : Il s’agit de vérifier l’action directe des PNPP
sur les sporocystes et les zoospores de P.viticola, On mélange des
doses de PNPP avec une solution de sporocystes avant de
l’inoculer sur des disques de feuilles.
 Test curatif : on évalue l’effet d’une pulvérisation de PNPP sur
une sporulation de P.viticola déjà en place sur la feuille, On
pulvérise des disques de feuilles présentant déjà une sporulation
de mildiou avec une solution de PNPP et on évalue l’effet sur cette
sporulation ainsi que les contaminations périphériques autour du
point de sporulation.
 Test préventif : on évalue l’impact d’une pulvérisation préalable
de la PNPP sur les feuilles avant l’inoculation de P.viticola. On
pulvérise des feuilles détachées avec une solution de PNPP puis
on inocule avec P.viticola, 12 heures plus tard (dépôt de 10 gouttes
d’inoculum par feuille).
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On utilise dans les tests un témoin alcool qui aura la
même concentration en éthanol que les extraits étudiés.
Rubrique : PNPP
Les résultats obtenus l’année précédente n’ont pas
confirmé l’intérêt des infusions à base de plantes sèches.
Des études de l’Université de Perpignan ont montré que
l’extraction avec de l’eau n’était pas la plus efficace pour
solubiliser des métabolites secondaires d’intérêt (type
polyphénols ou phytoalexines). Cette année, il a donc
été décidé de travailler avec des extraits hydroalcooliques, beaucoup plus chargés en constituants et
plus stables en conservation. Les plantes étudiées
restent les mêmes (armoise, écorce de saule et prêle) à
l’exception de la menthe poivrée, remplacée par
l’absinthe. Les doses d’utilisation s’échelonnent entre 0.5
et 1% du volume de bouillie finale.
-
Les plantes étudiées en 2011
Thème : Vigne et Terroirs
Le projet Protéger les Plantes par les Plantes est coordonné par l’ITAB. Le but de ce projet est de définir l’efficacité
et l’utilisation d’extraits de plantes type PNPP (préparations naturelles peu préoccupantes) contre certains
pathogènes de différentes cultures (arbo, maraichage, vigne) avec l’intervention de plusieurs structures (Université
de Perpignan, chambres d’agriculture, instituts…). Pour la viticulture, l’oïdium et le mildiou ont été choisis comme
maladies d’étude.
Sujet : Protection alternative au vignoble
Le projet 4P
Résultats
Test anti-germinatif
5 tests ont été réalisés pour évaluer l’effet
anti-germinatif des PNPP sur l’inoculum de
P.viticola. On note quelques jours après la
sporulation (fréquence de disques atteints et
intensité). L’essai 3 est assez représentatif
des résultats obtenus.
Les modalités TNT et TNT+alcool sont
atteintes fortement. Les modalités PNPP sont
peu touchées, au même niveau que la
référence cuivre (Kocide®). Si on augmente
les doses (armoise x2), on inhibe toute
germination
Test curatif
Pour ce test, on note que le témoin traité avec
de l’eau et celui traité avec de l’alcool
montrent une forte re-sporulation et une
contamination périphérique (entre 200 et
300%) alors que la référence cuivre montre
une très faible re-sporulation. Pour les PNPP,
on ne note pas de réelle efficacité sur la resporulation, mais on retrouve l’effet anti
germinatif de l’absinthe et de l’écorce de saule
avec des contaminations périphériques très
réduites
Test préventif
On présente ici la fréquence de gouttes
déposées qui ont sporulé. Le TNT est atteint à
100% et la référence Kocide® ne présente
aucune goutte sporulée. Pour les PNPP, les
résultats sont plutôt mitigés avec pour
l’absinthe, le saule et la prêle, des fréquences
plus faibles que le témoin mais des écarts
types très importants (différentes réponses
selon les feuilles inoculées).
Conclusion
Cette première année d’essais a permis de construire les protocoles de tests et la méthodologie pour maîtriser
l’inoculation de P.viticola. Les résultats montrent que les extraits hydro-alcooliques testés cette année ont une
efficacité anti-germinative avec la dose proposée (absinthe, saule et prêle) ou adaptée (augmentation des doses
pour armoise) dans la cuve pour les traitements au vignoble. Aucun d’entre eux n’a montré une réelle action curative.
Enfin, les résultats des tests préventifs sont mitigés et nécessitent d’autres répétitions pour pouvoir conclure.
L’année prochaine sera plus informative avec l’application des tests dès le début de la saison. Ils seront multipliés
pour fournir des courbes doses-réponses pour définir les meilleures doses d’utilisation et les limites de ces extraits.
Nicolas AVELINE - Elsie MOORE – nicolas.aveline@vignevin.com – 05 56 16 10 99 – IFV Pôle Bordeaux-Aquitaine
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