Quartier durable Pistes pour l`action locale

Quartier durable Pistes pour l`action locale
Quartier durable
Pistes pour l’action locale
Laurence Lambert, Etopia
Avec la collaboration de Christina Dewart, chercheuse-associée à Etopia
Etude n°1 -D écem bre 2006
1
0
AVANT-PROPOS
4
1
INTRODUCTION
5
2
LE DEVELOPPEMENT DURABLE, COMME PRINCIPE DIRECTEUR DU QUARTIER DURABLE7
3
4
5
6
2.1
PRINCIPES GÉNÉRAUX DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
7
2.2
LE DEVELOPPEMENT DURABLE A L’ECHELLE LOCALE
8
2.3
LE DÉVELOPPEMENT DURABLE À L’ÉCHELLE DU QUARTIER
8
LES ENJEUX DU PROJET DE QUARTIER DURABLE
10
3.1
LA REDUCTION DE L’EMPREINTE ECOLOGIQUE ET LA RENCONTRE DES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX 10
3.2
LA RÉDUCTION DES INÉGALITÉS SOCIALES ET ENVIRONNEMENTALES
3.3
LA PARTICIPATION CITOYENNE COMME MOTEUR DE LA PROGRAMMATION D’UN QUARTIER DURABLE 13
3.4
LA CONSTRUCTION DURABLE ET LE PARI ÉCONOMIQUE
VILLES DURABLES DANS LE CONTEXTE DU DEVELOPPEMENT DURABLE
12
14
15
4.1
QUARTIER DURABLE ET VILLE DURABLE
15
4.2
VILLES DURABLES : REPÈRES HISTORIQUES À L’ÉCHELLE EUROPÉENNE
15
4.3
L’IMPLICATION DES VILLES WALLONNES ET BRUXELLOISES
16
QUARTIERS DURABLES, PROJETS PILOTES ET METHODOLOGIES
18
5.1
DES QUARTIERS DURABLES EXISTENT DÉJÀ EN EUROPE
18
5.2
DE NOUVEAUX PROJETS VOIENT LE JOUR EN EUROPE
20
5.3
MÉTHODOLOGIES POUR DES PROJETS DE QUARTIERS DURABLES EN EUROPE : BACK OU FOR CASTING ? 22
PROGRAMMER UN QUARTIER DURABLE CHEZ NOUS
23
6.1
EN AMONT DES SOLUTIONS TECHNIQUES … INDUIRE UN CHANGEMENT DES MENTALITÉS
23
6.2
PRINCIPES DE BASE
23
6.3
L’ÉCHELLE DU QUARTIER : DÉLIMITATION THÉORIQUE ET ADMINISTRATIVE DU QUARTIER
25
6.3.1
Sentiment d’appartenance et cohésion du quartier
25
6.3.2
Délimitation administrative à l’échelle du quartier : quelques outils
25
6.4
LES OUTILS ET LA DYNAMIQUE DES COMMUNES BRUXELLOISES ET WALLONNES
26
6.5
QUELQUES REPÈRES INCONTOURNABLES DANS L’OBJECTIF DE DÉVELOPPEMENT DURABLE
29
6.5.1
La ville compacte
29
6.5.2
L’éco-construction et l’éco-rénovation
30
6.5.2.1
Généralités
30
6.5.2.2
Quelques références européennes
31
6.5.3
Enjeux énergétiques et planification urbaine
34
6.5.4
Gestion de l’eau
35
2
6.5.5
Mobilité
35
6.5.6
Intégrer la végétation en milieu urbain : élément structurant, biodiversité,
36
6.5.7
Urbanisme et approche bioclimatique
37
6.5.8
Urbanisme, architecture et esthétique
37
6.6
LES LEVIERS TECHNIQUES ET FINANCIERS
39
6.7
RENDRE LE PROJET CRÉDIBLE AUPRÈS DES PROFESSIONNELS (MAÎTRES D’OUVRAGES, ARCHITECTES,
BUREAUX D’ÉTUDES, ENTREPRENEURS, …)
41
7
DE L’AMENAGEMENT DE L’ESPACE PUBLIC TRADITIONNEL AU QUARTIER DURABLE :
L’EXEMPLE DE FRIBOURG-EN-BRISGAU
43
7.1
"SOLAR REGION FREIBURG"
43
7.1.1
Origine de la dynamique
43
7.1.2
Leviers de mise en place de la "Solar Region Freiburg"
43
7.2
7.1.2.1
La formation aux techniques solaires
43
7.1.2.2
Recherche et développement
43
7.1.2.3
« Solar-Fabrik AG »
44
7.1.2.4
Installations solaires en co-propriété citoyenne
44
7.1.2.5
Source de financement
45
7.1.2.6
Promotion du concept "Solar Region Freiburg"
45
FRIBOURG, CAPITALE DE LA MOBILITE
45
7.2.1
Le bâtiment « Mobile »
45
7.2.2
Incitants tarifaires
45
7.2.3
Exemples
46
7.3
LE QUARTIER VAUBAN
46
7.3.1
Historique
46
7.3.2
Options urbanistiques
46
7.3.3
Mobilité
47
7.3.4
Efficacité énergétique
48
7.3.5
Participation citoyenne
48
7.4
LE QUARTIER RIESELFELD
49
7.4.1
Origine
49
7.4.2
Options urbanistiques
50
7.4.3
Mobilité
50
7.4.4
Phasage et vie sociale
50
8
CONCLUSIONS
9
ANNEXES
9.1
ANNEXE 1 : QUELQUES RÉFÉRENCES MÉTHOLODOLOGIQUES (DONT LES 35 CRITÈRES POUR LA
CONSTRUCTION ET LA RÉHABILITATION D’UN QUARTIER DES ECO-MAIRES 0
51
0
3
9.2
ANNEXE 2 : LES 14 CIBLES DE LA DÉMARCHE HQE
0
9.3
BIBLIOGRAPHIE
0
9.4
REMERCIEMENTS
3
9.5
COORDONNEES
3
4
0
Av a n t - p ro p o s
Depuis que l’homme est devenu «urbain», nombreuses sont les tentatives/tentations
d’imaginer, de concevoir, de bâtir la ville idéale.
Il y a 2.500 ans, la cité idéale de la République de Platon était définie comme celle où les
philosophes gouvernent, les guerriers défendent et les artisans travaillent.
Au début du 16ème siècle, Thomas More élabore avec l’île d’Utopie le premier modèle de
société communiste avec la propriété collective des moyens de production et l’abolition de
la monnaie.
Charles Fourier, en 1832, imaginera le «Phalanstère» destiné à abriter 1.800 à 2.000
sociétaires et où chacun «œuvre suivant ses affinités».
Toutes ces tentatives cherchaient essentiellement une harmonie entre les habitants, une
bonne gouvernance et une répartition des activités (on dirait aujourd’hui une division du
travail). Elles présentaient la faiblesse d’avoir été élaborées ex nihilo, en chambre, et
d’idéaliser l’humain dans ses désirs, ses comportements, ses facultés. Malgré plusieurs
expériences concrètes, il ne reste guère de traces aujourd’hui de l’idée du Phalanstère.
Notre démarche actuelle répond à d’autres motivations, certes, mais les préoccupations de
bonne gouvernance, d’harmonie entre les personnes (nous l’appellerons convivialité), de
diversité des activités constituent un héritage assumé de ces pensées et démarches
historiques.
Le point de départ contemporain est néanmoins tout autre. Il procède avant tout de la prise
de conscience récente de l’inconscience qui a présidé depuis deux siècles au développement
des villes avec son côté tentaculaire et gaspilleur d’espaces de plus en plus précieux, sa
boulimie d’énergie, son peu d’attention à la qualité de vie des habitants. Constat et
conviction se rejoignent dans une phrase lapidaire : «On ne peut pas continuer comme ça».
L’exurbanisation et le dogme du zonage qui gaspillent les espaces, le temps et imposent
une mobilité essentiellement automobile et non désirée, les centres villes qui se vident le
soir et s’insécurisent, les quartiers anciens qui se dégradent et concentrent une population
paupérisée, l’immense consommation d’énergie de bâtiments mal conçus, la juxtaposition
de populations qui se côtoient sans se connaître vraiment, autant d’éléments qui nous
amènent à remettre en question les conceptions urbaines classiques. Il ne s’agit plus de se
limiter au couple «mobilité-repli sur le logement» mais de réhabiliter l’art d’habiter dans la
ville (plutôt qu’en ville), de faire émerger un nouvel urbanisme pour un nouveau désir
d’urbanité.
Si les villes «archiborescentes» imaginées pour les siècles prochains par Luc Schuiten nous
font rêver, il s’agit d’abord, plus modestement sans doute, d’agir localement en intégrant
dans une conception globale les différentes approches comme les chartes
environnementales, les travaux d’écologie urbaine, les économies d’énergie et les énergies
propres, avec le souci de diversité culturelle, une volonté d’intégration sociale et d’activités
économiques locales.
Ces projets que nous appelons «quartiers durables» se multiplient actuellement en Europe et,
une fois de plus, nous craignons que nos régions ne soient à la traine.
Repenser la ville est pourtant plus nécessaire encore dans un pays aussi densément peuplé
que le nôtre. Repenser la ville avec ses habitants pour la faire aimer. Penser la ville du 21ème
siècle, une ville durable, conviviale et belle. C’est un défi qui doit devenir un projet, une
nécessité qui se transforme en désir.
José DARAS, président d’Etopia
5
1
Int ro d u c t io n
Plus que jamais, la question de la consommation des ressources naturelles, et
particulièrement de l’énergie fossile, dans nos pays industrialisés est d’actualité, avec
les conséquences que l’on connaît tant sur le plan environnemental (épuisement des
ressources, pollutions diverses dont le rejet de gaz à effets de serre, …) que sur le plan
économique (augmentation du coût du pétrole, augmentation des factures « énergie »
des ménages…) ou social (inégalités face à l’accès aux ressources comme l’énergie,
l’eau…).
La Belgique s’est engagée à réduire de 7,5% ses émissions de gaz à effet de serre,
principalement le CO2, d’ici 2008-2012 par rapport à 1990. Or, on sait que
l’aménagement du territoire et l’urbanisation contribuent largement à la consommation
d’énergie. Par exemple, les choix posés par rapport à l’affectation des sols
conditionnent – pour de nombreuses années ! – les options de mobilité individuelle.
Quand on sait que les villes pèsent très lourdement sur l’empreinte écologique,
repenser la ville de demain, sa mobilité, ses choix énergétiques… est urgent !
A l’échelle du quartier, les communes qui affichent une volonté forte en faveur du
développement durable, peuvent mettre en œuvre des politiques qui favorisent la
réduction de l’empreinte écologique. Le quartier durable s’inscrit dans cette logique.
Si on veut crédibiliser le concept du quartier durable, trois défis majeurs doivent être
relevés :
•
tenir compte, au niveau local d’enjeux globaux comme l’effet de serre ;
•
lier étroitement la question sociale à l’écologie ;
•
promouvoir la participation des citoyens aux choix fondamentaux du quartier
durable.
De façon conceptuelle, l’aménagement d’un quartier durable se base sur des opérations
liées d’une part :
•
aux opportunités d’échanges et la mixité1 des fonctions (habitat, loisirs,
éducation, services publics, …) ;
•
aux rapports de la ville/du quartier à la part des ressources qu’elle/qu’il
consomme et des déchets qu’elle/qu’il produit ;
•
à l’organisation de la mobilité à l’intérieur du quartier mais également vers la
ville et les autres agglomérations ;
•
au lien social, la vie dans le quartier ;
et d’autre part aux principes du développement durable.
La vision durable à l’échelle du quartier ou de la ville n’obéit pas à des règles strictes
ou principes urbanistiques précis ; ce sont essentiellement les principes et objectifs du
développement durable depuis la programmation du projet jusqu’à son
fonctionnement qui font qu’un quartier peut être qualifié de durable.
Tous les moyens et outils existants à l’échelle communale ou supra-communale
(principalement Région et Etat fédéral), qu’ils soient territoriaux, financiers,
1
Toutle contraire de ce que l’on appelle le zonage quivise à com partim enter un territoire en
zones affectées chacune à une seule fonction (ex : les cités de logem ent social, les zones de
bureaux,les centres com m erciaux,… ).
6
participatifs… doivent être utilisés pour la mise en oeuvre du projet de quartier
durable.
L’objectif de cette publication est d’offrir aux élus locaux et à leur administration
ainsi qu’à toute personne susceptible d’être concernée par l’action locale (les citoyens,
les éco-conseillers, les associations, les écoles, les PME, …) des balises et des pistes
d’actions pour initier la réflexion sur le quartier durable, et donc de le programmer
dans l’action politique. Dans ce sens, cette brochure se veut plus politique que
technique.
Nous développons les axes indispensables pour que le projet de quartier durable ait
des chances d’aboutir :
•
il doit faire l’objet d’une intention politique ferme et déclarée par les élus
locaux ;
•
le projet est porté par une équipe dynamique au sein de la commune, porteuse
du projet (fonctionnaire chargé de l’urbanisme, éco-conseillers, conseiller en
mobilité, personne responsable de la gestion énergétique, …) ;
•
une mobilisation des habitants ou futurs habitants autour du projet est
indispensable pour que le quartier durable soit le fruit d’une participation et
non celui de la contrainte ;
•
la commune s’entoure de l’expertise et des compétences (architectes,
urbanistes, bureaux d’études, entrepreneurs…) qui sont indispensables à ce
projet novateur.
Nous évoquons quelques expériences intéressantes afin de nous inspirer des quartiers
durables qui existent déjà en Europe. Tous les modèles ne sont pas directement
transposables d’un quartier à l’autre. Cependant, les principes directeurs comme
l’affectation rationnelle du sol, l’efficacité énergétique, la mixité des fonctions, la mixité
sociale, l’éco-mobilité, la participation citoyenne… peuvent servir de référence. Un
voyage à Fribourg-en-Breisgau (Allemagne) nous a convaincus. Nous consacrons un
chapitre entier à une description des projets qui y sont développés, notamment le
désormais célère quartier Vauban, connu pour sa qualité de vie, ses maisons passives,
ses capteurs solaires, ses rues piétonnes et toute la dynamique participative qui a
contribué à l’essor du quartier.
7
2
2.1
Le développement durable co mme principe directeur du
quartier durable
Principes généraux du développement durable
Le Rapport Brundtland (1987) définit le développement durable comme « celui qui
assure la satisfaction des besoins essentiels des membres des générations actuelles, et tout
particulièrement des plus démunis d’entre eux, tout en sauvegardant la capacité des générations
futures à satisfaire leurs propres besoins ».
Le développement durable constitue une véritable nécessité pour un développement
humain tenant compte des dimensions économiques (améliorer l’efficacité économique),
sociales (améliorer l’équité sociale et lutter contre l’exclusion et la pauvreté) et
environnementales (maintenir l’intégrité de l’environnement). A ces trois dimensions se
greffe la dimension démocratique (participation citoyenne).
Concrètement, cela signifie que les prises de décision doivent intégrer les 3 objectifs :
•
l’efficacité économique : replacer le développement d’activités au service des
besoins humains, en privilégiant la création d’emplois et le respect de
l’environnement. Cela signifie notamment une utilisation efficace des
ressources naturelles, financières et humaines ; une efficacité économique non
seulement pour l’investisseur, mais également pour la collectivité toute entière
(réflexion sur les coûts globaux, les externalités sociales et
environnementales…) ;
•
l’équité sociale : en donnant à tous, et prioritairement aux plus démunis, l’accès
aux biens et services répondant à leurs besoins (revenu, logement, soins de
santé, éducation…) et en réduisant les inégalités sociales ;
•
la protection de l’environnement : par l’utilisation minimale des ressources
naturelles et par la lutte contre les pollutions.
A ces dimensions du développement, se superposent une série de principes
indissociables de la mise en œuvre du développement durable, notamment :
•
le principe de solidarité dans le temps intégrant une vision à long terme (c’est-à-dire
une prise en considération des générations futures et de la nécessité de
préserver les ressources naturelles) et dans l’espace (prise en considération de
l’impératif de partager équitablement les richesses entre tous les habitants de
la planète et une prise en considération de la contribution de l’action locale sur
les enjeux mondiaux comme par exemple sur la lutte contre l’effet de serre) ;
•
le principe de précaution (reconnaissance des incertitudes scientifiques ; ceci
implique que la décision tienne compte des éventuelles conséquences qu’elle
peut générer et que la réversibilité des actes soit assurée ; ce principe vise à
prévenir la dégradation de l’environnement et la pression sur les ressources
naturelles de la planète) ;
•
le principe de participation (participation de tous les acteurs de la société civile
au processus de décision ; prise en considération des compétences et intérêts
de tous les acteurs dans un processus de décision intégrée et durable) ;
•
le principe des responsabilités communes mais différenciées (tous les Etats du monde
reconnaissent leur responsabilité mais les pays développés doivent ici prendre
l’initiative en raison de leurs modes de production et de consommation peu
durables et des moyens dont ils disposent ; identification des responsabilités
de chacun des acteurs).
8
2.2
Le développement durable à l’échelle locale
Contrairement à la Déclaration de Rio qui édicte des principes très généraux, l’Agenda
21 (ou Action 21) constitue un véritable programme d’actions, mode d’emploi du
développement durable pour le 21ème siècle. Bien plus qu’une déclaration de principe,
l’Agenda 21 marque une volonté d’activer un développement durable mondial par des
réalisations concrètes.
L’Agenda 21 n’a pas de caractère contraignant pour les Etats mais, par la signature du
texte officiel, les Gouvernements des pays signataires sont invités à adopter une
stratégie pour s’engager dans la voie du développement durable. Au niveau de la
Belgique, les engagements pris au niveau international à Rio ont donné naissance à la
Loi du 5 mai 1997 relative à la coordination de la politique fédérale de développement durable.
Le chapitre 28 de l’Agenda 21 invite les collectivités locales à s’engager dans un
développement durable de son territoire et de ses activités.
Plusieurs raisons peuvent conduire les collectivités (villes, Région, …) à inscrire leurs
politiques dans une telle logique de développement durable :
• une urbanisation croissante ayant des incidences sur l'environnement ;
• une demande sociale pour un meilleur cadre de vie ;
• des liens indéniables existant entre choix environnementaux et impacts
économiques (ou entre choix économiques et impacts environnementaux) ;
• une pression réglementaire et une action publique diversifiée et complexe,
nécessitant une vision globale et transversale des impacts de toute activité.
L’Agenda 21 local est un outil participatif intéressant et dynamique : tous les acteurs
(élus, citoyens, réseaux associatifs, acteurs économiques, …) disposent d’un moyen
pour contribuer à dessiner l’avenir de leur commune, ville ou quartier (territoire global
ou intégré). En effet, l’Agenda 21 est l’occasion de dessiner un projet en concertation
avec la population et l’ensemble des acteurs du territoire. Il donne une vision du
territoire à moyen et longs termes, se décline en plans d’actions pointant des priorités.
Les actions sont régulièrement évaluées et réactualisées pour prendre en compte
l’évolution des réalités.
En savoir plus :
Lambert L. Agenda 21 local : un engagement communal sur la voie du développement durable.
Etopia, Namur, juin 2005, 72 pages (disponible sur www.etopia.be)
Lambert L. Engager les communes wallonnes sur la voie du développement durable. Revue
Etopia n°1, décembre 2005, p. 69-82
2.3
Le développement durable à l’échelle du quartier
L’échelle du quartier prend tout son sens dans des opérations de conception, de
rénovation ou de revitalisation. En effet, le quartier se définit comme un centre et se vit
comme un pôle, une attractivité, un nœud dans un réseau (par exemple, la ville,
l’agglomération).
Les quartiers sont des espaces de vie au quotidien (logement, fréquentation d’espaces
publics, …) qu’ils soient investis ou désinvestis. Ils se vivent de l’usage et de la
participation citoyenne, à l’opposé du territoire qui, lui, ne se vit pas puisqu’il est
9
imposé. Le territoire se définit plutôt par des limites, des frontières qui lui sont
imposées.
C’est la différence entre l’espace vécu (quartier) et l’espace politique ou représenté (ex :
à l’échelle régionale ou communale).
Les quartiers durables s’inscrivent dans la logique du développement durable local et
peuvent s’intégrer dans un agenda 21 local. Tout comme l’Agenda 21 local, un quartier
durable n’est pas une fin en soi. Il est sans cesse en évolution pour tendre vers plus de
durabilité environnementale, plus d’équité sociale et plus d’efficience économique.
10
3
3.1
Les enjeux du projet de quartier durable
La réduction de l’empreinte écologique et la rencontre des enjeux environnementaux
L’empreinte écologique est un indicateur qui mesure la surface biologiquement
productive (hectares globaux) dont une personne ou une population (pays, ville) a
besoin pour maintenir son mode de consommation ou son style de vie (nourriture et
fibres consommées ; biens et services consommés, déchets provenant de la
consommation d’énergie, infrastructure).
L’empreinte écologique donne des indications sur l’écart entre l’utilisation actuelle de
l’environnement et les ressources2 que la Terre, considérée comme système de
production biologique, est en mesure de produire.
L’empreinte écologique prend en compte l’utilisation directe de l’espace pour les
besoins liés à la production agricole, à l’élevage, à la production forestière et à la
production d’infrastructures. Elle prend également en compte une utilisation
indirecte : la consommation énergétique est convertie en superficie (ha) correspondant
à la surface boisée nécessaire pour absorber les émissions de CO2 correspondant à cette
consommation.
Un quart de la superficie de la Terre est actuellement biologiquement productive
(forêts, eau douce, côtes, pâturages…), compte tenu de la faible accessibilité de
certaines zones peu ou pas productives (calottes glaciaires, déserts, grands fonds
d’océans…).
En conséquence, la population mondiale actuelle doit se partager 11,3 milliards d’ha
(1,8 ha global/personne) pour les besoins de l’espèce humaine. A l’échelle du globe,
l’empreinte écologique moyenne est de 2,2 ha par personne (ce qui signifie 21 % de
plus que ce qui est réellement disponible !).
L’empreinte écologique moyenne par habitant en Belgique est de 5,6 ha globaux, soit
3,1 fois l’espace disponible par habitant. Elle se répartit comme suit :
•
± 1/5 pour la nourriture ;
•
± 1/4 pour le logement. Plus de 85% de l'empreinte logement provient de la
consommation d'énergie de la maison : chauffage, éclairage, appareils
électriques…
•
± 1/5 ha pour la mobilité ;
•
± 1/3 ha pour les biens et services attribués à la collectivité (déchets, soins de
santé…) qui ne sont pas imputables à un individu pris de façon isolée.
Repenser l’aménagement du territoire, en l’occurrence la vie urbaine aura donc un effet
sur la vie d’une région, voir d’un pays tout entier. Vu que les modes de vie individuels
ainsi que les politiques publiques contribuent à peser sur l’empreinte écologique d’un
quartier, d’une ville, d’un pays, il est important d’entamer une mobilisation collective
et individuelle en faveur d’un développement durable planétaire.
Les données recueillies pour le calcul de l’empreinte écologique indiquent les points
où porter les efforts et permettent de suivre et d'ajuster ces efforts en fonction des
opportunités et des contextes de chaque collectivité. Le logement et la mobilité, qui
pèsent lourdement sur l’empreinte écologique, doivent faire l’objet de politiques
publiques fortes si l’on veut inverser la croissance actuelle de l’empreinte écologique.
Les quartiers durables constituent un des éléments de ces politiques. Ils sont conçus de
2
quiconstituentce que l’on appelle « la biocapacité ».
11
manière à minimiser leur impact sur l’environnement, visant une autonomie
énergétique et une réduction de leur empreinte écologique.
En savoir plus :
WWF International. Rapport Planète vivante 2006. WWF, Suisse, 40 pages.
Egalement sur www.etopia.be (dossier Environnement)
Calculez votre empreinte écologique :
sur le site de WWF : www.wwf.be
(pages : www.wwf.be/eco-footprint/fr/ecological-footprint/index.htm et
www.footprint.wwf.be)
sur le site de Bruxelles-Environnement : www.ibgebim.be
sur le site : www.empreinte-ecologique.com
Le baromètre environnemental : un outil intéressant pour les communes
WWF-Belgique développe l’utilisation de l'outil « Empreinte écologique » dans sept
communes pilotes en Flandre, dans un programme intitulé « Milieubarometer »
(baromètre environnemental), leur permettant de réaliser leur propre évaluation
environnementale. Ce programme sera prochainement élargi à l'ensemble des
communes flamandes. WWF-Belgique souhaite étendre ce projet aux communes de la
Région de Bruxelles-Capitale et de la Région wallonne en leur offrant la possibilité
d’utiliser l’empreinte comme outil de gestion, de communication et de planification.
En savoir plus :
www.ecolife.be/milieubarometer et www.wwf.be (personne de contact :
[email protected])
La programmation d’un quartier durable ne se limite pas à la réduction de l’empreinte
écologique. D’autres paramètres environnementaux et écologiques plus larges sont à la
base de la réflexion sur les quartiers durables :
•
la préservation ou l’amélioration de la biodiversité ;
•
la gestion des eaux pluviales (pour prévenir la rareté mais également pour
limiter le risque d’inondation) ;
•
la limitation de la consommation en eau et la prévention de sa pollution, sa
collecte et l’épuration des eaux usées ;
•
la limitation de l’imperméabilisation des sols ;
•
la limitation des nuisances sonores ;
•
la gestion des déplacements ;
•
…
De surcroît, l’approche économique de l’exploitation des espaces libres (publics ou
privés) est marquée de l’ensemble de ces paramètres écologiques.
12
En savoir plus :
ADEME et ANRU. Rénovation urbaine et développement durable : enjeux environnementaux.
ADEME et ANRU, nd, 6 pages.
Sur le site de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) :
www.ademe.fr (rubrique « Action régionale » pour les coordonnées des
représentations régionales) et site de l’ANRU (Agence nationale pour la Rénovation
urbaine) : www.renovation.urbaine.fr
3.2
La réduction des inégalités sociales et environnementales
La ville et ses quartiers sont les témoins frappants de l’existence d’un lien entre les
inégalités sociales et les inégalités écologiques3. Tantôt des quartiers riches, aux
maisons confortables, aux espaces publics agréables et verts, peu bruyants… Tantôt
des quartiers pauvres aux maisons insalubres, aux poubelles éventrées dans les rues,
au mobilier urbain dégradé. C’est ainsi que se côtoient – mais ne se fréquentent pas !les quartiers d’une même ville.
Dans les quartiers les plus pauvres, la vulnérabilité sociale ne se réduit pas à la
pauvreté économique ou à la précarité. Mais les personnes précarisées (bas revenus,
chômeurs, allocataires sociaux, ...) se concentrent souvent dans des quartiers délaissés,
privés d’un cadre de vie sain et agréable, avec des services et espaces publics de
moindre qualité…
Par ailleurs, on voit apparaître des problèmes de santé physique ou mentale qui
s’aggravent là où les inégalités écologiques se manifestent dans la rue (exposition aux
nuisances sonores, aux émissions polluantes comme les particules fines des voitures…)
et dans les logements (problèmes de santé liés à l’insalubrité du logement : espace
exigu, humidité, polluants…).
La dynamique du quartier durable ne peut ignorer la réalité de l’existence des
inégalités sociales et environnementales. La conception d’un quartier durable se basant
uniquement sur une dynamique environnementale au sens large (quartier durable =
vitrine écologique) ne fera qu’accentuer les inégalités environnementales et sociales.
Pour répondre à cette situation préoccupante, une politique publique de
développement durable ne peut nier les inégalités écologiques ; elle ne peut opposer
« environnement » et « cohésion sociale ». Ce que l’on appelle « durabilité sociale »
suppose une mutation qui d’une part, améliore les conditions d’accès à un
environnement de qualité (cadre de vie, espaces verts, infrastructures publiques…) de
tous les groupes de la population, et d’autre part, assure le tissage d’un lien social
durable.
Elle doit intégrer dans les objectifs d’aménagements urbains :
3
•
la réaffectation de moyens pour des quartiers défavorisés ;
•
l’assainissement des logements : le logement durable doit tenir compte de la
composante « santé » des habitants qui l’occupent mais également de l’impact
des matériaux sur l’environnement ;
•
l’amélioration de la qualité de l’environnement immédiat (qualité de l’air, lutte
contre les nuisances sonores…) ;
V oirle com pte rendu des études présentées au colloque « Environnem entetinégalités sociales » organisé
parl’IG EA T le 10 novem bre 2005 (com pte rendu disponible surw w w .alterbusinnessnew s.be)
13
•
la conception durable des infrastructures et espaces publics (utilité, intégration
dans le projet global, matériaux de qualité, appropriation de l’espace public…)
;
•
l’amélioration des services publics ;
•
la création d’emplois de proximité misant notamment sur les ressources
environnementales et humaines locales ;
•
la (re)création d’une solidarité intergénérationnelle ;
•
la considération pour l’authenticité et la diversité culturelle.
En savoir plus :
Observatoire du logement durable : http://observatoiredulogementdurable.be
AlterEchos « Dossier sur le logement durable », n° spécial à l’occasion de Batibouw
2004, 21 pages. Sur www.alter.be
3.3
La participation citoyenne comme moteur de la programmation d’un quartier durable
Si l’on appréhende le quartier dans toute sa complexité, on peut aisément imaginer
qu’il fonctionne comme un système - un écosystème même dans la mesure où il
constitue le modèle d’un système viable - intégrant différentes dimensions du territoire
urbain, constamment en interaction :
•
la dimension fonctionnelle : habitat, loisirs, éducation, emplois ;
•
la dimension du lieu : le bâti, le cadre architectural, l’historique du site… ;
•
la dimension de la communauté : composée d’individus qui interagissent entre
eux, de manière positive ou négative. Les individus ont eux-mêmes des centres
d’intérêt divers et appartiennent à différentes communautés d’intérêts
(culturels, politiques, professionnels, religieux…).
Le développement durable à l’échelle du quartier peut se définir comme l’équilibre des
relations entre le système - l’écosystème - et son environnement humain et naturel.
Dans ce contexte systémique, la participation des habitants - qui vivent ce système ou
dans ce système - à la gestion de leur quartier est un principe fondamental du
développement durable.
La dimension participative remet dès lors en cause le rapport de force entre le
politique et la vision et les habitants autour de leur avenir et du devenir de leur espace
de vie.
Les citoyens deviennent collectivement acteurs de la destinée de leur propre quartier :
1.
en élaborant la stratégie et le plan d’action à l’échelle du quartier basé
notamment sur l’identification des besoins et des attentes ;
2.
en participant à la mise en œuvre du plan d’action ;
3.
en participant à l’évaluation des actions mises en œuvre, notamment par
l’élaboration d’indicateurs propres au quartier.
La formation des habitants - qui peuvent devenir eux-mêmes experts de leur quartier-,
c’est la philosophe du projet Ville en Santé de l’asbl « Bruxelles Ville-Région en Santé »
qui s’intègre au réseau des Villes en santé (Healthy Cities) de l'Organisation Mondiale
14
de la Santé (OMS). L'objectif central du travail de “Bruxelles Ville-Région en Santé” est
de contribuer à l'amélioration de la santé de la population bruxelloise par la
participation de tous ses habitants, d'en augmenter la qualité et de stimuler la
collaboration intersectorielle. Sur cette base de travail, les habitants peuvent
s’approprier une expertise et des compétences sur une thématique bien précise. A titre
d’exemple, dans le cadre d’un appel à projets de l’asbl, les habitants de Laeken sont
devenus des spécialistes des questions de pollution des sols, grâce à la réflexion menée
autour de l’aménagement de terrains pour un espace de jeux et un potager.
Bruxelles Ville-Région en Santé : www.observabru.be
De nombreux exemples européens montrent que l’on ne peut concevoir des quartiers
durables par la contrainte. Le consensus politique et la démarche participative lors de
l’élaboration du projet sont indispensables pour la réussite d’un quartier durable.
Le quartier durable, bien plus qu’une question de définition, c’est aussi le quartier où
les habitants bougent, prennent des initiatives… Par exemple, un quartier où un jardin
commun est aménagé et géré par ses habitants est intéressant. On peut alors imaginer
que l’initiative débouche sur d’autres prises de conscience collective et sur la nécessité
de changer de comportement ou de mode de consommation.
Les contrats de quartiers ont également amené des stratégies qui participent de la
durabilité recherchée.
3.4
La construction durable et le pari économique
Selon une étude qui porte sur la Région de Bruxelles-Capitale4, le potentiel
d’amélioration environnementale et énergétique du bâti est énorme et générateur de
triples dividendes : économique, sociaux et environnementaux/santé publique. Investir
massivement dans la construction/rénovation durable, c’est agir en faveur du
redéploiement économique et de la création d’emplois à Bruxelles. Ceci vaut
évidemment pour d’autres villes, d’autres régions mais s’avère tout à fait réaliste en
Belgique.
L’objectif du Contrat pour l’Economie et l’Emploi (C2E)5 est de lancer une nouvelle
dynamique de redéploiement socio-économique pour Bruxelles. Le C2E précise que le
secteur de la construction durable est stratégique, tout comme ceux de la petite
enfance, des soins de santé, de l’aide aux personnes.
De même, le C2E énonce que les exigences en terme de développement durable
constituent elles-mêmes un potentiel de développement économique par le biais de la
construction d’entreprises, de la recherche et de la création de nouveaux métiers et
emplois. C’est particulièrement vrai dans les secteurs de la performance énergétique,
de l’éco-construction et dans celui du recyclage.
Région Bruxelles-Capitale. Contrat pour l’économie et l’emploi Bruxelles 2005-2010.
RBC, mars 2005, 111 pages
4 Emploi et construction durable en région bruxelloise ou comment avancer vers une économie
verte ? Hugues Latteur, Etopia, Namur, 26 août 2005, 6 p.
5
disponible sur www.contrat-economie-emploi.be
15
4
4.1
Villes durables dans le cont ext e du développement durable
Quartier durable et ville durable
Le quartier durable s’inscrit dans la ville durable qui fait partie d’un territoire durable.
Cela implique de nouveaux rapports entre la ville et les zones rurales, cela signifie
aussi qu’il faut pensez un métabolisme urbain circulaire. Le développement durable à
l’échelle territoriale a des spécificités suivant chaque niveau : îlot, quartier, ville,
territoire… A l’échelle de la ville durable, une réflexion plus globale porte notamment
sur les grandes infrastructures à créer pour sa viabilité dans l’après-pétrole :
4.2
•
la mise en œuvre d’une centrale de cogénération ;
•
la valorisation des déchets organiques ;
•
la mise en œuvre d’une usine de recyclage des déchets de construction ;
•
une plateforme intermodale « écomobile » ;
•
des garages pour les trams, métros, bus…
•
un centre de distribution urbaine (raccordé au réseau « écomobile ») ;
•
…
Villes durables : repères historiques à l’échelle européenne
- 1991 : Création d’un groupe d'experts par la Commission européenne pour donner
suite à la publication du Livre vert sur l'environnement urbain.
- 1993 : Le groupe d’experts entame le projet « Villes durables » qui vise à :
•
encourager une réflexion approfondie sur la durabilité dans les territoires
urbains européens ;
•
susciter un vaste échange d'expériences ;
•
faire connaître les meilleures pratiques en matière de durabilité à l'échelon
local et à longue échéance ;
•
formuler des recommandations destinées à orienter la politique de l'Union
européenne, des États membres, des régions et des collectivités locales comme
le préconise la résolution du Conseil de 1991.
- 1994 : Publication du rapport « Villes européennes durables ».
- 27 mai 1994 : Charte d’Aalborg « Charte des villes européennes pour la durabilité »6.
- 1998 : Adoption de la communication « Cadre d’action pour un développement urbain
durable dans l’Union européenne » (COM (1998) 605 final).
- 11 février 2000 : Appel de Hanovre lancé par les maires européens à l’aube du 21ème
siècle. L’article C8 du texte vise à mettre en place un ensemble d'indicateurs communs
européens à usage libre afin de fournir un instrument de comparaison pour étudier, à
travers l'Europe, l’avancée du développement durable
- 2004 et 2006 : Vers une stratégie thématique pour l’environnement urbain. À l'aide d'une
stratégie européenne pour l'environnement urbain, la Commission souhaite renforcer
6
w w w .sustainable-cities.org
16
la contribution de la politique environnementale au développement durable des zones
urbaines, notamment en orientant les mesures à développer autour de quatre axes : la
gestion des villes, les transports, la construction et l'urbanisme (COM (2004) 60 –JOCE
98 du 23 avril 2004 et COM (2005) 718.
Au niveau européen, la Campagne des Villes durables européennes, lancée à l’occasion
de la conférence internationale d’Aalborg en 1994, regroupe les signataires de la Charte
d’Aalborg. Cette campagne a été lancée pour encourager et aider les villes qui
s’engagent en faveur du développement durable.
En savoir plus :
Site de la Commission européenne – Environnement - Villes durables
http://ec.europa.eu/environment/urban/exsum-fr.htm
« … A noter également que les projets les plus avancés son ceux des villes inscrites
dans des réseaux et programmes français ou européens et qui ont envoyé leurs élus et
leur techniciens lécher les quartiers vitrines de nos voisins. »
In Environnement Magazine, Recherche quartier modèle. 1er juillet 2006, p. 1-2
4.3
L’implication des villes wallonnes et bruxelloises
La Région de Bruxelles-Capitale a signé la Charte d’Aalborg en 1995. En 2003, est née,
au sein de l’Institut Bruxellois pour la Gestion de l’Environnement (IBGE7), une Cellule
d’Action Ville durable (CAVID). Elle a reçu pour mission de concrétiser, sur le terrain
bruxellois, le concept de développement durable. Son action est axée sur trois volets :
le soutien aux actions locales, la sensibilisation de la population et la formulation de
recommandations aux Autorités politiques. L’Association des Villes et des Communes
de la Région de Bruxelles-Capitale (AVCB8) a mis sur pied, avec le soutien de la Région
bruxelloise et la collaboration de la CAVID, un Forum pour le développement durable
dans les Communes bruxelloises visant à les aider dans la démarche Agenda 21 local.
Aujourd’hui, trois Communes se sont lancées dans l’élaboration de l’Agenda 21 local :
Anderlecht, Etterbeek et Bruxelles-Ville. Elles sont toutes les trois signataires de la
Charte d’Aalborg.
En Région wallonne, peu de communes se sont engagées dans la dynamique
internationale pour les villes durables. Citons Ottignies/Louvain-La-Neuve qui a
adhéré à la Charte d’Aalborg en mai 2003 tout en s’engageant concrètement dans la
réalisation d’un Agenda 21 local (appelé Plan communal de Développement durable).
Citons également le projet Sus-Cit (Sustainable Cities), qui a démarré au début de
l’année 2005. Il s’agit d’un projet de coopération transrégionale Villes durables cofinancé par la Commission européenne (dans le cadre du programme Interreg IIIB).
Les villes partenaires impliquées dans le projet Sus-Cit sont :
- pour la Wallonie : Ottignies, Mouscron, Tournai et La Louvière
7
8
IBG E,devenu Bruxelles Environnem entw w w .ibgebim .be
w w w .avcb.be/
17
- pour la France : Roubaix, Lille, Valenciennes ;
- pour l’Allemagne : Aix-La-Chapelle.
Cette initiative permet la mise sur pied de réalisations pilotes innovatrices de
développement durable dans des Villes partenaires en Wallonie, en France et en
Allemagne. Les réalisations pilotes visent notamment à promouvoir l’efficacité
énergétique et l’utilisation d’énergies renouvelables dans les bâtiments publics et
autres espaces publics. Elles ont également pour objectifs d’encourager le
développement d’activités économiques liées à l’éco-construction et de déterminer les
outils pratiques pour les politiques d’urbanisme durable. Le projet vise également à
promouvoir la mise en œuvre d’un Agenda 21 local dans ces Villes, à créer un réseau
d’échange, de diffusion de bonnes pratiques et de compétences en la matière et à
encourager une culture de développement durable urbain.
En Région wallonne, la Direction générale de l’Aménagement du Territoire, du
Logement et du Patrimoine (DGATLP) assure la gestion du projet, la coordination
revenant à l’Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW). Sont également
associés à ce projet, pour la Wallonie, le Centre d’Innovation wallon pour la
Construction (CIWACO), le Cluster éco-construction et la Société wallonne du
Logement (SWL).
En savoir plus sur le projet Sus-Cit :
Union des Villes et Communes de Wallonie : www.uvcw.be
Sustainable Cities : www.sustainable-cities.org
18
5
5.1
Q u a rt i ers d u ra b l es, p ro jet s p i l o t es et mét h o d o l o g i es
Des quartiers durables existent déjà en Europe
Il est intéressant, et même indispensable, de se pencher sur les expériences existantes
pour aborder la programmation d’un quartier durable chez nous. Et ce, sans perdre de
vue que la programmation d’un quartier durable ne répond pas à une méthodologie
ou une normalisation stricte. L’histoire de chaque quartier durable lui est propre, avec
des phases plus ou moins longues (depuis la programmation jusqu’au vécu quotidien
pas ses propres habitants), des résultats plus ou moins importants en termes
environnemental social et du niveau de participation.
L’Europe du nord apporte quelques exemples de quartiers durables9 : le quartier
Vauban à Fribourg-en-Breisgau (Allemagne), Bedzed (Beddington-Royaume-Uni),
Malmö (Suède), Vesterbro – (Copenhagen-Danemark), Kronsberg (HanovreAllemagne), Hammarby Sjöstad (Stockholm-Suède), ou encore le quartier EvaLanxmeer10 en Hollande.
Autre exemple proche de chez nous : Breda, aux Pays-Bas, est une ville de 170 000
habitants11. La durabilité du développement de la ville se retrouve dans le caractère
simultané d’une vision de l’aménagement territorial, d’une vision sociale et d’une
vision sur la gestion de l’ensemble de la ville et de ses différents éléments.
Les expériences européennes relatives aux quartiers durables concernent en majorité
de nouveaux quartiers et elles se sont concentrées au nord de l’Europe où habitants,
élus et professionnels sont sensibilisés, depuis de nombreuses années, au
développement durable. Deux éléments semblent communs à toute expérience de
quartier durable :
1) une forte volonté politique par rapport au devenir des territoires engagée dans la
voie du développement durable ;
2) une dynamique participative accompagnant le projet depuis sa programmation.
Bedzed : le premier éco-village est né
En 2000, un village écologique, surnommé Bedzed (Beddington Zero Energy
Developpement ou Développement sans recours à l’Energie fossile) voit le jour dans la
banlieue sud de Londres à Sutton. En 1986, la ville de Sutton affiche déjà son
engagement en faveur du développement durable en publiant sa Déclaration
environnementale, point de départ de la mise en œuvre d’un Agenda 21 local. Cet
9
A REN E Ile-de-France. Q uartiers durables-G uide d’expériences européennes. A REN E-IM BE, avril
2005,146 p.
10
w w w .eva-lanxm eer.nl/
11
D ossierTraits urbains.Breda,une am bition durable.Traits urbains,n°8 août-septem bre 2006,p.12-23.
Intervention de Thoolen H .,chefde projeturbain à la ville de Breda.La m ise en œ uvre de la ville durable,
Breda (Pays-Bas) in D e Becdelièvre F.,D uverne K .D u rêve écologique etculturelà la réalisation de la
ville durable.A ctes du Colloque européen Réseau U rban 2.Lille 29 et30 m ai2006,29 p.
.
19
engagement a privilégié un cadre favorable pour l’aménagement d’un quartier
durable.
Bedzed comprend 82 logements et 2 500 m2 de bureaux et commerces, un espace
communautaire, une salle de spectacles, des espaces publics et privés, un centre
médico-social, un complexe sportif, une crèche, un café et un restaurant.
En créant Bedzed, l’architecte, Bill Dunster, souhaite apporter la preuve que l’on peut
mettre en pratique le développement durable à l’échelle du quartier. L’objectif des
concepteurs est de créer un quartier qui réduit de moitié son empreinte écologique en
comparaison à des modes de vie et des usages de bâtiments similaires. A cette fin, une
évaluation de la surface totale requise pour produire les ressources utilisées pour les
besoins énergétiques et les infrastructures est réalisée. Une analyse du cycle de vie des
matériaux est calculée, permettant d’évaluer leur impact environnemental depuis leur
conception jusqu’à leur fin de vie.
Le premier principe durable appliqué à Bedzed est celui du recours au maximum aux
ressources locales, à la réutilisation et au recyclage (transports limités, développement
économique local renforcé et identité culturelle préservée). Ainsi, 90 % des matériaux
proviennent de moins de 50 km à la ronde (bois certifiés) et sont souvent recyclés
(anciens rails de chemin de fer...).
Les logements sont conçus dans l’objectif de maximaliser l’efficience énergétique et
d’assurer une qualité et un confort de vie : isolation renforcée, ensoleillement
maximum, terrasses et jardinet, système de ventilation avec récupération de la chaleur.
Le projet fait appel aux énergies renouvelables (valorisation de la biomasse pour la
cogénération, panneaux solaires photovoltaïques situés sur les façades des immeubles)
et à l’optimisation des ressources naturelles (récupération des eaux de pluie…). Les
déplacements sont réduits puisque l’économie locale (avec emplois sur place) est
soutenue.
Comparativement à des habitations classiques, à Bedzed, le chauffage est réduit de
90%, la consommation énergétique de 70 % et le volume des déchets de 75 %.
Les objectifs sociaux du projet sont atteints en logeant des familles à faibles revenus
dans la moitié des logements de Bedzed. Les habitations ont été vendues à un prix
égalant ceux du marché traditionnel, le surcoût de certaines installations étant
comblées par les revenus fournis par les activités de commerces et de bureaux
développés dans Bedzed.
En savoir plus :
site de Bedzed : www.bedzed.org.uk
site de l’architecte de Bill Dunster, architecte de Bedzed : www.zedactory.com
site de Bioregional, organisation environnementale indépendante accompagnant le
projet www.bioregional.com
20
5.2
De nouveaux projets voient le jour en Europe12
En Suisse, après une mise en concours effectuée par l’Office fédéral de l’Energie
(OFEN) et l’Office fédéral du Développement territorial (ARE), quatre quartiers situés
dans quatre régions différentes et présentant chacun des chances et des risques
spécifiques (à Bâle, Lausanne, Lucerne, Zurich), ont été sélectionnés en 2004 pour y
développer des projets de quartiers durables.
En Suisse, une nouvelle conception de nos ressources pour un développement durable :
la société à 2.000 watts13
La vision de la société à 2.000 watts prévoit un abaissement continu de la
consommation d’énergie à 2.000 watts. Ce but doit être atteint le plus rapidement
possible. Le postulat posé est que d’ici l’année 2050, la part des énergies fossiles peut
être réduite de moitié en passant de 3.000 watts actuellement à 1.500 watts par
personne.
La vision est réalisable, selon les chercheurs des Ecoles polytechniques fédérales (EPF)
et d’autres instituts qui évaluent le potentiel d’efficacité et de substitution largement
inexploités pour l’ensemble du parc d’infrastructures de la Suisse, en tenant compte du
rythme de renouvellement. La condition préalable pour atteindre l’objectif est l’efficacité
énergétique et l’efficacité des matériaux.
La région pilote de Bâle, où se développe un partenariat public-privé entre l’économie
privée, la science et les autorités, constitue un laboratoire pratique du développement
durable. Il regroupe de nombreuses technologies novatrices pour les véhicules et les
bâtiments. Parmi ses projets de développement durable, on relève aussi bien des
périmètres urbains, dont l’affectation est modifiée et densifiée en fonction des aspects
de la durabilité, que des bâtiments isolés caractéristiques de la société à 2000 watts.
En savoir plus :
Lütolf T. La société à 2000 watts. Etopia, Namur, 2 novembre 2006, 11 p.
Humm O., Lütolf T., Wiener D. Vivre plus légèrement. Une nouvelle conception de nos
ressources pour un développement durable : la société à 2.000 watts. Novatlantis, avec le
soutien de l’office fédéral de l’énergie (OFEN) et de la Société suisse des ingénieurs et
architectes (SIA), mars 2005, 15 p.
En France, des projets de quartier durables voient le jour, et les plus avancés sont ceux
de Grenoble, Lyon, Nantes, Rennes (ZAC14 de la Corrouze), Chalon-Sur-Saône
(nouveau quartier Saint-Jean-des-Jardins). Lille a annoncé en mars 2006, la création
d’un quartier durable en 2007. Angers, qui a été une des premières villes de France à
s’inscrire dans une démarche d’Agenda 21 local, a commencé à travailler sur le sujet à
l’aide de la méthode HQE2R (voir annexe 1).
12
En France, le site w w w .ecoattitude.org (rubrique H abiter autrem ent – quartiers durables) répertorie
quelques expériences intéressantes de projets de quartiers durables.
13
En 1960, la Suisse était une société à 2.000 w atts,si l’on considère que la m oyenne m ondiale de la
consom m ation hum aine par individu.Ce chiffre correspond à une puissance continue de 2.000 w atts.En
Suisse, la consom m ation actuelle est deux fois et dem i plus élevée, c’est-à-die de 5.000 w atts par
personne.
14
Zones d’A m énagem entconcerté publiques
21
Dans son projet Nantes Demain 2005-2010, la ville mise sur la biodiversité et la
construction de quartiers durables sur 400 ha de friches industrielles et maraîchères.
A Paris, le projet EcoZac15, premier quartier respectueux de l’environnement (Place
Rungis Paris XXXIème) voit le jour.
Quelques projets ont émergé au sud de l’Europe, comme le quartier du Forum à
Barcelone ou encore la Torre Verde de Lisbonne.
En Région de Bruxelles-Capitale, sur le site Josaphat à Schaerbeek, un nouveau
quartier durable verra le jour prochainement.
En Région wallonne, on peut citer le projet ELEA de cité bioclimatique à Mouscron.
Les premiers pas d’un quartier durable à Schaerbeek-Evere
« Le site de l’ancienne gare marchandises « Josaphat » est une des plus stratégiques réserves
foncières bruxelloises. Ce vaste terrain s’étend entre le boulevard Léopold III à l’est et à l’avenue
Gilisquet à l’ouest ; il se situe pour 75 % sur le territoire de Schaerbeek et pour 25 % sur celui
d’Evere. Ces 25 hectares, occupés partiellement par un zoning industriel et traversés par des
voies de chemin de fer, appartenaient jusqu’en 2005 à la SNCB et ont été rachetés depuis par la
Région bruxelloise.
La friche à l’ouest des voies est classée depuis 2001 comme Zone d’Intérêt régional (ZIR). A ce
titre, le Gouvernement régional qui a fixé le programme général pour le futur de la zone. Ce
programme prescrit une densité de construction relativement élevée avec au maximum 25 % de
bureaux et minimum 40 % de logements. A charge pour les deux communes de concrétiser ce
programme sous la forme de Plans particuliers d’Affectation du Sol (PPAS). L’état des lieux est
achevé ; l’élaboration des propositions est en cours ; les plans seront finalisés en 2007. Il
reviendra à la Région de décider à quels opérateurs elle confiera les constructions et pour quels
types de logements.
Fait rare, les deux communes collaborent étroitement pour élaborer ces PPAS. Elles ont désigné
un même bureau d’étude ; elles ont organisé ensemble trois réunions publiques d’information et,
sous la houlette de leurs deux bourgmestres et des deux échevines de l’urbanisme, elles ont fixé
leurs priorités pour ce quartier : plus de logements en portant à 50 % la proportion minimale de
ceux-ci ; mutation progressive de la zone industrielle vers un pôle d’excellence en technologies
de la communication ; bonne intégration du nouveau quartier parmi les quartiers
environnants ; information et concertation des riverains.
Mais surtout, les autorités communales veulent faire du futur quartier Josaphat un quartier
modèle en matière de développement urbain durable, un « éco-quartier » à l’instar d’expériences
en cours dans d’autres grandes villes européennes. Concrètement, l’implantation des bâtiments
permettra de maximaliser les apports d’énergie solaire ; les eaux de pluies ne seront pas rejetées
dans les égouts mais réutilisées ou renvoyées dans le sol ; les constructions devront répondre à
des normes strictes de consommation d’énergies et de matériaux ; un soin sera apporté aux
espaces verts afin de permettre la meilleure qualité de vie possible. L’usage de la voiture
individuelle sera limité au sein du quartier et tout sera mis en œuvre pour inciter les nouveaux
habitants à recourir aux autres moyens de transports, notamment grâce à la création d’une
nouvelle gare RER. Ces mesures entraîneront un surcoût de 7 % du prix de la construction
mais permettront d’économiser jusqu’à 72 % d’énergie primaire, ce qui rentabilisera très
rapidement l’effort initial et contribuera à sauvegarder notre environnement. »
Bruno Nys, chef de cabinet de l’Echevine de l’Environnement (2000-2006)
15
EcoZac faitréférence aux Zones d’A m énagem entconcerté publiques
22
En savoir plus :
Eckmanns A., Zimmermann M. (OFEN), Bosshart F. (ARE), Steiner V . (OFL).
Développement durable du quartier. Quatre quartiers pilotes. OFCL, 2004, 24 pages.
Projets urbains de Nantes www.projets-urbains.nantes.fr
EcoZac à Paris : www.ecoz.ouvaton.org/
Ecoattitude : www.ecoattitude.org
Projet ELEA – Cité bioclimatique à Mouscron : http://www.lanaturemamaison.be
5.3
Méthodologies pour des projets de quartiers durables en Europe : « back » ou « for
casting » ?
Il existe de nombreuses méthodologies pour la programmation-conception de projets
de quartiers durables élaborées en Europe. Elles se répartissent en deux grandes
catégories :
•
Les méthodologies dites de « for casting », comme la HQE2R, reposant
souvent sur des bases très théorisées, et visant une obligation de moyens : elles
définissent des méthodes à respecter et non des objectifs à atteindre. Elles sont
particulièrement utilisée en France. Il n’est pas étonnant de voir que de
nombreux projets de recherche aient vu le jour dans ce pays, compte tenu du
contexte réglementaire existant relatif à l’aménagement durable du territoire,
impliquant différentes échelles territoriales (Région ou Département, Pays,
Agglomération ou Communautés de communes, ville, quartier) et des mesures
renforçant la démocratie locale et la participation16. Sur cette base, de
nombreux outils méthodologiques ont vu le jour pour la conception et/ou
l’évaluation d’un projet d’aménagement durable d’un quartier.
•
Les méthodologies dites de « back casting » reposant sur une obligation de
résultats. Fréquente dans les pays anglo-saxons, elles fixent d’abord des
objectifs à atteindre puis définissent les étapes à franchir et enfin les méthodes
pour y parvenir. Cette obligation de résultats ou de performances se traduit
par des définitions de standards de qualité (par exemple au niveau
environnemental : « indice E » qui raisonne en terme d’énergie primaire) ou
des cibles précises (Zéro émission comme c’est le cas à Bedzed…).
Ces méthodes peuvent être utiles à certaines étapes de la programmation-conception
d’un quartier durable, notamment dans :
16
•
la définition d’objectifs de développement durable à l’échelle du quartier ;
•
la définition des priorités de ceux-ci par l’ensemble des acteurs ;
•
la fixation d’un calendrier pour la mise en œuvre des priorités ;
N otam m ent:
Loi n°99-533 du 25 juin 1999 d’orientation pour l’am énagem ent et le développem ent durable du
territoire (LO AD D T),dite LoiV oynet.
Loin°2000-1208 du 13 décem bre 2000 relative à la solidarité etau renouvellem enturbain.
Loin°99-586 du 12 juillet1999 relative à la sim plification de la coopération intercom m unale.
23
•
la définition et l’utilisation d’indicateurs de suivi17.
Il est clair que les méthodes de « for casting » ne rendent pas compte à elles-seules de
la réalité, sur le terrain, de la création d’un quartier durable.
On visera donc prioritairement une obligation de résultats (« back casting ») plutôt que
de moyens. Quelques références méthodologiques pour la programmationplanification-conception d’un quartier durable sont citées en annexe 1.
6
6.1
P ro g rammer un quart ier durable c hez no us
En amont des solutions techniques… induire un changement des mentalités
Toute approche sur la durabilité d’un quartier intègre, dans un premier temps, un
objectif de changement des mentalités et de comportements de consommation, et
ensuite, des objectifs et solutions techniques (en matière d’énergie, de mobilité, des
déchets et plus globalement de technologies plus respectueuses de l’environnement).
Il existe d’indéniables liens entre les quartiers durables et les valeurs de modes de vie
que l’on veut promouvoir : le bien-vivre ensemble, les valeurs de la solidarité,
l’engagement dans la gestion du quartier, la prise de responsabilité par rapport à des
enjeux collectifs… mais cela signifie que chacun doit les intégrer dans les
comportements quotidiens de consommation et dans les manières de vivre en
collectivité.
6.2
Principes de base
Un aménagement durable de quartier se conçoit par une prise en compte de l’ensemble
des impacts tant au niveau environnemental qu’aux niveaux économique et social,
aussi bien lors du déroulement du projet que dans sa phase d’exploitation. Cela
signifie que, dans une approche conceptuelle, il faut prendre en compte différents
paramètres comme :
•
la question de l’étalement urbain (ville compacte) et de la densité : la question de la
densité suppose une utilisation efficace de l’espace pour équilibrer les fonctions
liées au logement, à l’emploi, aux équipements et infrastructures collectifs, à la
mixité des fonctions, à la mobilité intermodale et douce (transports publics,
vélo, marche, …), … la limite de l’étalement urbain est également prioritaire,
compte tenu notamment de l’impact de la ville sur l’empreinte écologique, ce
qui signifie qu’il faut privilégier sa compacité ;
•
les flux : dans la logique du quartier durable, la question des flux d’éléments et
de matières (eau, énergie, matières premières, production de déchets…) doit
être évaluée dans la perspective de leur sauvegarde (préservation et
valorisation de la biodiversité) d’une économie à l’utilisation utilisation
rationnelle de l’énergie, récupération de l’eau de pluie…), d’une valorisation
efficace (utilisation des énergies renouvelables), d’économie en boucle
(valorisation de la biomasse issue de la collecte des déchets ménagers
Par exemple : Un moniteur local pour les villes et les communes en Wallonie ? Intervention lors
d’un séminaire Etopia sur les indicateurs locaux de développement durable, le 10 février 2006,
Jo Van Assche, Centrum voor Duurzame Ontwikkeling (CDO) – www.etopia.be
17
24
organiques) ou de recyclage. Peser moins lourdement sur les ressources
naturelles en intégrant le cycle de vie induit une réduction de l’empreinte
écologique ;
•
les questions sociales : si l’on considère le quartier comme un système vivant,
avec des interactions entre des individus qui interagissent entre eux et sont
intégrés à des logiques fonctionnelles (habitat, loisirs…), il faut concevoir le
quartier de manière à offrir des infrastructures et services accessibles à tous ;
•
les technologies innovantes : la (re)vitalisation d’un quartier en quartier durable
s’accompagne généralement de la mise en œuvre de technologiques
innovantes, par exemple dans le domaine des énergies renouvelables ou de
l’utilisation rationnelle de l’énergie, ce qui se traduit par la création d’emplois
dans des nouvelles filières économiques ;
•
l’architecture : il y a nécessité de mener une réflexion sur l’architecture
contemporaine, patrimoine de demain, dans le souci de qualité pour tous les
habitants, comme composante de l’identité du quartier durable ;
•
la participation : la réussite d’un quartier durable repose généralement sur une
dynamique participative forte, dont les acteurs s’impliquent depuis l’idée du
projet jusqu’à le vivre. Cette composante est indispensable pour que les
principes du développement durable soient compris, acceptés et fassent l’objet
d’une appropriation dans les pratiques quotidiennes de tous les habitants du
quartier.
Un élément indispensable : une détermination politique forte en faveur du quartier
durable
Le projet de quartier durable doit faire l’objet d’un engagement résolu au niveau des
autorités communales qui décide d’une affectation de ses propriétés publiques
foncières. Il est clair que dans la phase de lancement du processus, la conviction, la
motivation et le dynamisme avec lesquels le projet est porté, sont des éléments
déterminants de son aboutissement et de sa réussite.
Le Collège des bourgmestre et échevins doit faire connaître publiquement sa
détermination :
- à agir localement en faveur du développement durable ;
- à adhérer à la finalité du projet de réaliser un quartier durable ;
- à adhérer au principe de participation-consultation-concertation de la population et des
acteurs locaux ;
- à s’encadrer de toute l’expertise nécessaire à la réalisation du projet ;
- à mettre œuvre tous les moyens légaux, techniques et financiers nécessaires à la réalisation du
quartier durable.
Afin de crédibiliser la démarche, il est important que la décision de s’impliquer dans le
projet de quartier durable fasse l’objet d’une décision du Collège et du Conseil
communal. La décision de se lancer dans un projet ambitieux est alors rendue publique
(presse locale, dépliants, spot télévisé, affiches, réunions d’information, …) et, si la
communication est bien menée, elle peut être une source de motivation pour
l’ensemble des citoyens (habitants ou futurs habitants du quartier). Il est également
important que le Bourgmestre et les échevins motivent l’ensemble des élus à la
25
réalisation du projet ainsi qu’une équipe au sein de l’administration communale qui
suit le projet dans son cheminement administratif, technique et financier.
6.3
6.3.1
L’échelle du quartier : délimitation théorique et administrative du quartier
Sentiment d’appartenance et cohésion du quartier
La délimitation du quartier ne se limite pas aux confins de son territoire. Le
quartier, comme espace de vie, peut se définir par le fait que :
•
les habitants ont un esprit communautaire ou d’appartenance concrète à une
communauté ; c’est le sentiment d’appartenance qui peut guider la notion de
quartier ;
•
la cohésion physique est générée par un style architectural dominant et par
l’arrangement, l’agencement de l’espace public ;
•
une morphologie urbaine induit sa typologie et ses composantes naturelles ;
ou encore par :
•
des caractéristiques économiques ;
•
les origines et l’historique du quartier ;
•
les fonctions du quartier dans la ville.
Dans ce cas, l’identité d’un quartier se définit plus par le contexte social que par la
simple définition géographique basée sur des questions de topographie ou
d’occupation du sol.
De manière générale, les limites d’un quartier ne sont ni figées ni définitives. Dans un
processus d’urbanisation, les limites géographiques peuvent évoluer. Le quartier
évolue alors selon son organisation sociale (organisation intra-quartier) et de sa
relation avec l’ensemble de la ville ou des agglomérations.
Cependant, il peut arriver que les limites d’un quartier soient définies et imposées
dans un but administratif, par exemple dans le cadre des opérations de revitalisation.
6.3.2
Délimitation administrative à l’échelle du quartier : quelques outils
Rénovation/revitalisation urbaine
En Région wallonne, comme en Région de Bruxelles Capitale, les textes relatifs à la
notion de quartier concernent :
-
pour la Région wallonne : la rénovation urbaine et revitalisation
urbaine18 ;
-
pour la Région de Bruxelles-Capitale : la revitalisation des quartiers19.
Ce sont les contrats de quartier qui constituent un outil intéressant pour
développer une politique de quartier durable.
18
La revitalisation des centres urbains s'appuie surun décretdu 20 décem bre 1990 quisera suivid'un
arrêté d'application de l'Exécutifrégionalw allon du 6 septem bre 1991,etplus récem m entsurle décretdu
27 novem bre 1997 m odifiantle Code w allon de l'am énagem entdu territoire,de l'urbanism e etdu
patrim oine :http://m rw .w allonie.be/D G A T L P /D G A T L P /P ages/D A U /P ages/
P ouvP ubl/A ides.asp
19
O rdonnance du 7 octobre 1993 organique de la revitalisation des quartiers,m odifiée parles
ordonnances des 20 juillet2000 et27 juin 2002
26
Le Gouvernement bruxellois a chargé le Secrétariat régional au Développement urbain
(SRDU)20 de dresser un Atlas des quartiers composé de deux parties :
•
l’inventaire, cartographié, porte sur les réalisations physiques des politiques
de rénovation urbaine au sens large qui contribuent à l’amélioration du cadre
de vie, depuis une dizaine d'années dans le périmètre de l’Espace de
Développement renforcé du Logement et de la Rénovation (EDRLR).
•
le monitoring des quartiers est conçu comme un outil, régulièrement actualisé,
permettant de suivre et de comprendre l'évolution des quartiers bruxellois
sous leurs diverses facettes (démographie, social, santé, économie, logement,
immobilier, cadre de vie, accessibilité, etc.), en vue d'améliorer l'efficience des
politiques urbaines, via la définition d’un espace d'interventions publiques et
privées privilégiées.
Dans une logique similaire, en Région de Bruxelles-Capitale, l’Atlas des quartiers
en difficulté permet de situer, à l’échelle des secteurs statistiques, les quartiers les
plus précarisés sur différentes dimensions. Cette étude a bien sûr de nombreuses
limites mais permet néanmoins de cerner l’ampleur de la problématique.
En savoir plus sur l’Atlas des quartiers en difficulté :
http://www.politiquedesgrandesvilles.be/subsites/politiquesdesgrandesvilles/cont
ent.asp?ContentType=DO&Content=700271
Secteurs statistiques
Dans le cadre du système européen des statistiques urbaines, l’Institut national de
Statistiques (INS) élabore une division statistique des zones à l’échelle géographique
(les secteurs statistiques)21, permettant ainsi une cartographie et une analyse des
données en matière de logement, de mobilité ou de lieu de travail… Ces données sont
évidemment des sources d’informations importantes qui permettent de déterminer des
politiques publiques à l’échelle communale ou régionale (aménagement du territoire,
politiques sociales ou économiques, …).
Les délimitations des propriétés foncières
Le périmètre d’une propriété foncière publique ou privée peut être à l’origine de la
définition d’un quartier (exemples : Tour et Taxis à Bruxelles ; site Josaphat à
Schaerbeek-Evere).
6.4
Les outils et la dynamique des Communes bruxelloises et wallonnes
Sur son territoire, la commune peut avoir pour objectif de développer les réserves
foncières publiques et privées dans le respect du développement durable. Cela signifie
A rrêté du G ouvernem entde la Région de Bruxelles-Capitale du 3 février1994 portentexécution de
l'ordonnance du 7 octobre 1993 organique de la revitalisation des quartiers,m odifié parles arrêtés du
G RBC des 30 m ai1996,10 février2000 et20 septem bre 2001.
w w w .quartiers.irisnet.be/contenu/
20
w w w .piezow orks.be/srdu/index.php
21
Source :IN S w w w .statbel.fgov.be
27
que la partie destinée à être construite doit être conçue sous forme d’un quartier
intégrant les critères du développement durable : c’est le quartier durable.
L’objectif ultime pourrait être la Ville durable !
Il s’agit de développer des exemples concrets et réalistes sur le plan économique à
différentes échelles :
•
Quartiers durables: les réserves foncières constructibles constituent un bien
rare et précieux à l'échelle de la ville qu'il y a lieu de valoriser intelligemment
et en réponse aux défis de développement. Dans les années à venir, de
nombreuses réserves foncières vont être construites. Les communes sont les
acteurs de premier rang et disposent d'outils légaux (à Bruxelles : Plan
particulier d’Affectation du Sol, Règlement communal d’Urbanisme ; en
Région wallonne : Schéma de structure communal, Plan communal
d’Aménagement, Règlement communal d’Urbanisme), dans certains cas de la
propriété des terrains et d'un poids politique, pour influencer le
développement de ces réserves vers des démarches exemplaires types ou
quartiers durables. La démarche quartier durable associe valeurs d'exemple et
d'image au développement de la demande économique en matière d'écoconstruction.
•
La démarche de quartier durable pourra aussi être envisagée sur des quartiers
existants, par exemple dans le cadre des contrats de quartier. L’élargissement
du concept de quartier durable aux quartiers construits est tout à fait possible,
même si la marge de manœuvre peut être plus limitée sur certains aspects.
Dans ce cadre, il s’agit plutôt de réunir les occupants autour de divers objectifs
liés au mode de vie : utilisation rationnelle de l’énergie, tri et recyclage des
déchets, centrale d’achat de produits bio, rangs vélos, co-voiturage, contacts et
assistance intergénérationnelle… Concrètement cela implique de revoir les
lotissements en cours et non réalisés, d’inventorier les potentialités et de tenter
de les intégrer, même si elles ne sont pas contiguës, dans un projet global de
développement durable.
•
De nombreux projets existent également à l'échelle d'un îlot, d'un groupe
d'immeubles ou d'immeubles de très grande taille. A cette échelle, la commune
qui a des contacts privilégiés avec les investisseurs/développeurs créera une
synergie avec les mécanismes de soutiens techniques (facilitateurs) et
financiers (prime énergie) mis en place par la Région en vue de développer des
projets pilotes. L'objectif sera de démontrer la faisabilité technico-économique
de projets ambitieux et donc de guider les investisseurs vers des constructions
présentant un optimum économique (compte tenu des mécanismes de soutien
financier).
L’implication des futurs occupants (habitants, commerçants, entrepreneurs…) est
indispensable à la réussite de la démarche. Un Agenda 21 local est un outil qui permet
d’assurer cette démarche participative pour un projet communal qui nécessite une
implication de tous les acteurs (les élus locaux, les habitants ou futurs occupants, les
auteurs de projets…)
Au niveau de l’impulsion politique, une forme de transversalité s’impose pour
développer ce type de projet, elle implique au minimum :
•
l’Echevin des Propriétés communales ou de la Régie ;
•
l’Echevin de la Participation ;
•
l’Echevin de la Mobilité ;
28
•
L’Echevin de l’Energie ;
l’Echevin de l’Urbanisme, le tout sous la coordination de ce dernier.
Recommandations à l’attention des élus locaux qui portent le projet
De manière générale, il apparaît clairement que les actions à mener par les communes
pour réaliser un aménagement urbain durable seront facilités sous quelques conditions
préalables :
- afficher une volonté forte d’œuvrer en faveur du développement durable et de mettre
en place les outils qui permettent sa concrétisation (Agenda 21 local) ;
- insérer des principes clés du développement durable dans tous les outils d’urbanisme
(plans et règlements…) ;
- permettre aux élus locaux, aux services administratifs, aux habitants ou futurs
occupants…) de se rendre compte de ce qu’est réellement un quartier durable (visites à
l’étranger) ;
- organiser une communication adaptée en fonction des publics cibles sur le
développement durable, particulièrement les habitants qui seront les acteurs de la
réussite du projet global (comportements de consommation, habitudes liées à la
mobilité, tri des déchets…) ;
- mettre en place un système de suivi, d’évaluation des opérations (indicateurs de
développement durable).
Il existe de nombreux outils22 à activer à différents niveaux de pouvoir (principalement
régional et communal) pour la programmation d’un quartier durable, notamment :
•
les outils de la planification de l’affectation du sol (aménagement du territoire) : Plan
régional de Développement (Région de Bruxelles-Capitale), Schéma de
Développement de l’Espace régional (Région wallonne), Plan particulier
d’Affectation du Sol (communes de la RBC), Schéma de structure communal,
Plan communal d’Aménagement ;
•
les balises réglementaires à l’échelle régionale ou communale : Règlement régional de
l’Urbanisme (RBC) ou Code wallon pour l’Aménagement du Territoire de
l’Urbanisme et du Patrimoine (RW) ; Règlement communal d’urbanisme (RBC
et RW) ;
•
les balises administratives : possibilités d’encadrer autorisations administratives ;
rédaction de cahiers des charges concrets23 ; marchés publics durables24 ;
•
le pilotage opérationnel : Secrétariat régional au développement urbain (SRDU)
en RBC, Conférence permanente pour le Développement territorial (CPDT) ;
22
Tous ces outils ontdes portées différentes.La critique technique,opérationnelle ou politique de tous les
outils existants ne fait pas l’objet de cette brochure. N ous som m es, par ailleurs, conscients que cette
publication devra être s’accom pagner,à m oyen term e,d’une aide technique à la conception des quartiers
durables,im pliquantnotam m entl’activation des différents outils à l’échelle tem porelle (ligne du tem ps).
Cette possibilité faitactuellem entl’objetd’une réflexion chez Etopia etECO LO .
23
Partenariatpublic privé pourla construction d’un ensem ble d’éco-logem ents à V illers-le-Bouillet.
M ission com plète de conception,de financem ent,de construction de 15 d’éco-logem ents ainsique de
vente des habitations à des tiers.Pouvoiradjudicateur:< Com m une de V illers-le-Bouillet>.Cahier
spécialdes charges n°2006/1 -Appeld’offres général.
24
D ugailliez R. et M artens M . Stim uler les perform ances environnem entales et sociales des m archés
publics.Etopia,novem bre 2006,20 pages.
29
6.5
•
les dispositifs opérationnels : Contrats de quartier, …
•
les moyens financiers européens : URBAN, …
•
les réseaux d’échanges : réseaux sustainable cities …
•
les facilitateurs ;
•
les primes aux particuliers : primes énergie, primes à la rénovation...
Quelques repères incontournables dans l’objectif de développement durable
En savoir plus :
Liébard A. et de Herde A. Guide de l’architecture bioclimatique. Cours fondamental : Tome 6
Aménagement urbain et développement durable en Europe. Ed. Systèmes solaires, 3ème
trimestre 2004, 366 pages.
6.5.1
La ville compacte
Tout le monde s’accorde aujourd’hui pour dire que l’étalement urbain coûte cher à la
collectivité, notamment pour les coûts de construction et d’entretien des réseaux (gaz,
eau, électricité), pour les déplacements et le chauffage. Par ailleurs, il a des
conséquences environnementales notamment avec une occupation irréversible du sol
et une banalisation des paysages. Enfin, la périurbanisation est source d’inégalités
sociales puisque dans certains cas, ce sont les ménages à revenus les plus élevés qui
quittent la ville (et qui la réintègrent lorsque les quartiers ont fait l’objet d’une
rénovation et d’une vitalisation).
La notion de ville compacte implique :
•
la maîtrise de l’étalement urbain et des déplacements contraints à travers une
gestion économique et environnementale de l’espace urbain et une gestion de
la mobilité urbaine et des transports collectifs aux différentes échelles
(quartier, ville, agglomération…) ;
•
une urbanisation respectueuse de l’environnement : organisation de l’espace
bâti et de l’espace public, création de pistes cyclables et d’espaces pour piétons,
maintien ou création d’espaces verts…
•
une reconcentration et une mixité des fonctions incluant du logement, des
bureaux, des lieux d’éducation et de loisirs…
Il existe divers ouvrages scientifiques qui traitent, dans une approche quantitative, des
masses critiques au regard de la viabilité des équipements, services et commerces de
proximité, en ce compris les arrêts de transports en commun et préférences pour les
stations de correspondances.
En savoir plus :
Frey H. Designing the city : towards a more sustainable urban form. Spon Press, London,
1999, 160 p.
Thomas R. Sustainable urban design : an environmental approach. Spon Press, London,
2002, 224 p.
30
The Urban Design Compendium. English Partnerships and the Housing Corporation.
2000. (disponible sur: http://www.englishpartnerships.co.uk/urbandesign.htm)
6.5.2
6.5.2.1
L’éco-construction et l’éco-rénovation
Généralités
Les techniques d’éco-construction et d’éco-rénovation durables doivent traduire la
volonté d’inscrire l’habitat ainsi que les infrastructures publiques dans la logique du
développement durable. Cycle de vie et bilan carbone sont deux éléments
incontournables dans une démarche d’éco-construction ou d’éco-rénovation :
1) le cycle de vie d’un bâtiment. Il comprend plusieurs phases depuis l’extraction des
matières premières et la fabrication des éléments de construction jusqu’à sa
déconstruction ou démolition en fin de vie, et donc remise en état du site.
Au cours de son cycle de vie, c’est essentiellement au cours de son utilisation
fonctionnelle (exploitation, maintenance) que l’impact d’un bâtiment sera le plus
pénalisant pour l’environnement : consommation d’énergie pour le chauffage, pour
l’eau sanitaire et pour l’éclairage, consommation d’eau, production de déchets,
émissions de gaz à effet de serre émis par les systèmes de chauffage…
Alors que la construction impose à chacun de faire des choix, pour diverses raisons
(techniques, budget…), il est important d’évaluer globalement les effets de la
construction sur l’environnement, tenant compte de cette réalité !
Devant le choix de chaque matériau, se pose la question du coût, des avantages et
inconvénients en terme de placement, usage, maintenance, et éventuellement
élimination. Ceci relève de la technique. Il faut garder à l’esprit que ce qui importe, ce
n’est pas la méthode utilisée mais bien le résultat et donc la minimisation de l’impact
de la technique utilisée sur l’environnement.
Dans une démarche environnementale globale, les priorités devront être dégagées
suivant les objectifs recherchés (efficacité énergétique du bâtiment) dans les limites
des contraintes budgétaires et techniques.
2) le bilan carbone du bâtiment. En phase de construction, le bilan carbone est une
méthode d’évaluation de la quantité de CO2 stocké ou émis dans l’atmosphère pour
son édification. Les performances d’un bâtiment s’expriment en tonnes de CO2 émises
(valeurs positives) ou stockées (valeurs négatives). Le bilan carbone est une démarche
spécifique liée :
•
au choix du matériau ;
•
à son transport ;
•
à la technique de construction (gestion de la consommation énergétique
sur le chantier).
Dans le cas de la rénovation de bâtiments existants, les solutions techniques à apporter
sont souvent plus complexes car elles doivent tenir compte, notamment des opérations
31
de démolition (parfois dans le cadre d’un habitat dense où la vie du quartier continue),
de l’évacuation des déchets de démolition, des caractéristiques du bâti existant, …
6.5.2.2
Quelques références européennes
En France, dans le champ de la construction durable, la démarche HQE (Haute qualité
environnementale) est bien implantée. Elle a pour objectif de réduire l’impact des
opérations de construction ou de réhabilitation des bâtiments sur l’environnement tout
en assurant des conditions intérieures saines et confortables. La minimisation de
l’impact sur l’environnement passe donc par :
•
une intégration du bâti dans le cadre existant ;
•
un choix adapté des matériaux d’éco-construction ;
•
la prise en compte de la maintenance du bâtiment ;
•
son éventuellement démolition ;
•
la réduction des coûts d’usage des bâtiments (prioritairement les
économies d’énergie, réduction des consommations d’eau, gestion des
déchets d’activités…).
En choisissant des critères parmi une grille de 14 cibles, le maître d’œuvre diminue
l’impact lors de la construction et ensuite lors de la vie du bâtiment sur son
environnement. Cette méthode surtout utilisée en France pourrait permettre un bond
qualitatif des constructions à venir (annexe 2).
Globalement, la démarche HQE est extrêmement complexe sur le plan
méthodologique. Elle s’appuie essentiellement sur une normalisation en termes de
méthode et de moyens à mettre en œuvre (une démarche de « management de
projet »), avec à la clé un système de certification. Mais la méthode se montre assez
faible au niveau de l’objectivation et de la quantification de résultats. En effet, un
bâtiment peut être certifié HQE sans pour autant faire la démonstration convaincante
en termes de performances à atteindre, par exemple au niveau de l’efficacité
énergétique. Aussi la méthode fait-elle l’objet de vives critiques chez les professionnels
de l’éco-construction, chez certains architectes (la méthode n’aborde pas le volet
architectural de la construction), mais également sur le plan politique (obligation de
moyens et non de résultats).
La démarche HQE, qui, rappelons-le est une démarche privée, ne fait l’objet d’aucune
réglementation. En choisissant de se conformer à 2, 3 ou 4 cibles, un bâtiment peut être
labellisé HQE sans toutefois répondre à de véritables performances sur le plan
environnemental. Donc, certaines réalisations estampillées HQE sont peu
convaincantes au niveau du bilan énergétique.
Au niveau du Cabinet de la Ministre bruxelloise de l’Environnement et de l’Energie,
on mise plutôt sur la transposition de cibles pertinentes dans l’élaboration des
documents d’urbanisme, qui permettent d’obtenir de réels résultats sur les plans
environnemental et énergétique. Ce qui importe, ce sont prioritairement des
indicateurs objectifs définis en termes de performances à atteindre.
En Suisse, il existe plusieurs standards « Minergie » dont Minergie-P (passif) qui
constituent les références pour les habitations, permettant de réduire la consommation
énergétique. Le standard Minergie-P équivaut à 15 kWh/m2.an d’énergie finale en
chauffage seulement. Le standard équivalent à 42 kWh/m2.an comprend, en énergie
finale, toutes les consommations : chauffage, eau chaude sanitaire ainsi que toutes les
consommations électriques.
32
En Allemagne, le standard maison passive, est défini par le PassivHaus Institut de
Darmstadt (15 kWh/m2.an).
L’habitat basse énergie allemand (65 Kwh/m2.an) pourrait devenir, dans les prochaines
années, un standard à l’échelle européenne vu sa diffusion dans de nombreux pays.
L’intérêt principal consiste à ne plus avoir besoin d’une installation de chauffage ou de
climatisation conventionnelle.
Le cahier des performances environnementales
En Belgique, le bureau de consultance privé EcoRce25, a développé une méthode qui lui
est propre : le Cahier de performances environnementales26, inspirée de diverses méthodes
européennes qui ont des sensibilités différentes mais qui ont une approche
complémentaire (HQE, démarche d’efficacité environnementale allemande, et une
méthode autrichienne Total Quality (TQ-Gebäudebewertung27). Le Cahier de
performances environnementales est constitué d’une série d’indicateurs objectifs en
termes de performances à atteindre et d’outils. Les thèmes abordés dans le cahier des
performances environnementales sont :
•
la préservation des ressources (énergie, sol, eau, matière)
•
la diminution des charges pour l’homme et l’environnement
•
l’assurance du confort et de la santé pour les habitants
Un avantage de la méthode est qu’elle intègre un volet économique pris en compte dès le
début de l’étude sous la forme d’études de rentabilité et d’amortissement réalisées sur
base des propositions émanant des bureaux d’études et des bureaux d’architectes.
Bruxelles Environnement a publié un vade-mecum à l’attention des décideurs publics
concernant la guidance en éco-construction pour les bâtiments publics. Ce vademecum repose sur la méthode du Cahier des performances environnementales.
Cette méthode est utilisée dans le cadre du projet de cité bioclimatique à caractère
social et du pôle technologique en bioclimatique Elea à Mouscron.
« Construire avec l’énergie » en Région wallonne
Depuis janvier 2004, les architectes et les entreprises de construction ont l'opportunité
de souscrire volontairement à une charte d'efficience énergétique. En contrepartie, et
outre le soutien technique dont ils peuvent bénéficier auprès du Centre scientifique et
technique de la Construction (CSTC) et d'équipes universitaires, les professionnels
engagés sont repris sur une liste très largement diffusée auprès des candidats
bâtisseurs. De plus, les logements réalisés dans ce cadre bénéficieront d'une attestation
certifiant qu'ils sont conçus et réalisés pour être économes en énergie.
L'action « Construire avec l'énergie » s'articule autour de trois principes :
25
http://w w w .ecorce.be
26
Thielem ans B.Vade-m ecum à l’attention des décideurs publics.G uidances en éco-construction pour les
bâtim ents publics.IBG E,Bruxelles,19 avril2006,15 p.
w w w .ibgebim .be/francais/pdf/A ctualites/A ppelEcocons_V A D EM ECU M _FR.pdf
27
TotalQ uality (TQ -G ebäudebew ertung):w w w .argtq.atetw w w .isw b.at
33
1) offrir une guidance technique et un accompagnement aux architectes et
entrepreneurs intéressés ;
2) offrir des garanties de qualité énergétique aux maîtres de l'ouvrage, concrétisées en
fin de construction par une attestation ;
3) favoriser la rencontre de l'offre et de la demande en matière de logements
énergétiquement performants.
Grâce à une enveloppe bien isolée, à une ventilation correcte et à des équipements de
chauffage et d'eau chaude sanitaire performants, voire innovants, sans oublier la
gestion des apports solaires, un logement efficient au plan énergétique permet :
- d'assurer à ses occupants un confort thermique été comme hiver, ainsi qu'une bonne
qualité de l'air intérieur ;
- de réduire les coûts de consommation, donc de réaliser des économies d'énergie, et
ce, pour un surcoût limité à la construction ;
- d'être plus respectueux de l'environnement, dans la droite ligne des objectifs de
Kyoto et du développement durable.
En savoir plus :
Portail wallon de l’Energie : http://energie.wallonie.be
En savoir plus la construction durable :
Cluster éco-construction : www.ecoconstruction.be
Centre Construction durable asbl :
www.centrumduurzaambouwen.be/fr/concept/concept.html
Matériaux de construction naturels pour bâtir ou restaurer un habitat écologique :
www.eco-logis.com
Centre d’information sur la construction en bois : www.bois-habitat.be
Service Bioconstruction de Nature et Progrès : www.natpro.be/bioconstruction.htm
Guide des déchets de construction et de démolition sur le site de Bruxelles
Environnement : www.ibgebim.be
(page www.ibgebim.be/francais/contenu/content.asp?ref=808)
Cité bioclimatique à caractère social et pôle technologique en bioclimatique ELEA :
http://lanaturemamaison.be
Vlaams instituut voor bio-ecologish bouwen en wonen : www.vibe.be
Et bientôt disponible sur le site de Bruxelles Environnement (février 2007) : le Guide
pratique de la Construction et de la rénovation durable, à destination des architectes et
maîtres d’ouvrages www.ibgebim.be
et sur la démarche HQE :
Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Bâtiment et démarche HQE.
ADEME-Direction du Bâtiment et des Energies renouvelables, VALBONNE, avril 2004,
15 p.
Site internet de l’association HQE www.assohqe.org; et en Belgique :
www.ecohouse.be
34
un ouvrage de référence :
Liébard A. et de Herde A. Guide de l’architecture bioclimatique. Cours fondamental : Tome 4
Construire avec le développement durable. Ed. Systèmes solaires, 2ème trimestre 2002, 243 p.
au niveau de l’énergie :
Portail Energie de la Région wallonne http://energie.wallonie.be; plus particulièrement
l’opération « Construire avec l’énergie »
Site de Bruxelles Environnement : www.ibgebim.be Défi Energie en Région Bruxelles
Capitale www.defi-energie.be
Site de l’association des municipalités européennes pour une politique énergétique
locale durable : www.energie-cites.org
6.5.3
Enjeux énergétiques et planification urbaine
Une politique ambitieuse urbaine ou du quartier durable vise notamment la
planification énergétique, c’est-à-dire une utilisation rationnelle de l’énergie au niveau
des services publics et de l’habitat et le recours aux énergies renouvelables.
Suivant les potentialités existantes sur notre territoire, il s’agit prioritairement de :
•
la valorisation de l’énergie solaire thermique ou photovoltaïque (encore peu
développé chez nous) ;
•
du chauffage bois-énergie chez les particuliers et dans les collectivités ;
•
du potentiel éolien ;
•
de la valorisation de la biomasse (notamment la biométhanisation, en
l’occurrence dans le cadre d’une gestion saine des déchets ménagers
organiques et la cogénération).
Afin de favoriser la production et le recours aux énergies renouvelables, la Région
wallonne a mis en place une série d’outils et d’incitants financiers pour les particuliers
(audits énergétiques, fonds énergie, Soltherm, certificats verts), le secteur public et
assimilé (UREBA, fonds énergie, Soltherm, certificats verts…) ainsi que pour le secteur
privé (AMURE, fonds énergie, Soltherm, certificats verts…).
Elle a également mis en place une série de facilitateurs sectoriels (pour l’industrie, pour
le secteur tertiaire) pour chacune des filières de ressources d’énergies renouvelables
(cogénération, éolien, bois-énergie, biométhanisation, biocarburants, hydroélectricité).
La Région bruxelloise a également mis en place toute une série d’incitants techniques
et l’investissement à l’égard des particuliers, des entreprises et des collectivités.
En savoir plus :
Portail wallon de l’Energie http://energie.wallonie.be
Association pour la Promotion des Energies renouvelables www.apere.org
Valorisation de la Biomasse www.valbiom.be
Commission wallonne pour l’Energie www.cwape.be
Site de Bruxelles Environnement : www.ibgebim.be Défi Energie en Région Bruxelles
Capitale www.defi-energie.be
Site de l’association des municipalités européennes pour une politique énergétique
locale durable : www.energie-cites.org
35
6.5.4
Gestion de l’eau
Pour rencontrer les enjeux importants relatifs à la gestion de l’eau, tant d’un point de
vue environnemental que d’un point de vue financier (coût des raccordements et de la
maintenance), chaque projet, à l’échelle du bâtiment ou à l’échelle urbanistique, doit
faire l’objet d’une approche globale et durable au niveau de :
•
l’utilisation rationnelle de l’eau ;
•
l’approvisionnement en eau potable de qualité (ce qui implique donc une
limitation maximale des pollutions de la nappe phréatique et du réseau) ;
•
de la récupération séparée pour les eaux de pluies et de leur utilisation
(collecte, stockage, distribution) ;
•
l’assainissement des eaux usées (épuration et recyclage).
En savoir plus :
Site de Bruxelles Environnement : www.ibgebim.be : le Guide pratique de la
Construction et de la rénovation durable, à destination des architectes et maîtres
d’ouvrages (disponible en février 2007)
6.5.5
Mobilité
Une politique d’éco-mobilité dans les quartiers durables vise deux éléments :
1) l’amélioration de la qualité de l’air en ville par la diversification de l’offre de transports
économes et propres (voitures à moteur électriques ou hybrides…) ;
En savoir plus :
Lechat B. et Zoete T. Changeons d’air, chassons les particules. Etopia, juin 2006, 24 p.
2) un aménagement du quartier, de la ville est de ses infrastructures publiques qui permet de
diminuer le nombre et la distance des déplacements. Ceci implique notamment de nouveaux
partages de l’espace public, notamment en faveur d’une mobilité douce, le
développement de transports en communs, …
En Région wallonne, il existe divers plans élaborés en faveur de la mobilité destinés à
l’échelon communal : les Plans (inter)communaux de Mobilité (PCM ou PICM), les
Plans de Déplacements scolaires (PDS).
En Région de Bruxelles-Capitale, de nombreux leviers existent également : les PCM, le
Plan Iris, les Plans de déplacements d’Entreprise (PDE).
L’objectif de favoriser des quartiers sans voiture peut donner une image forte auprès de
la population car il implique nécessairement, d’une part, des changements de
comportement de tous les habitants ou personnes qui se rendent dans le quartier
concerné et d’autre part, la mise en œuvre de solutions techniques qui rendent
l’objectif possible.
De manière générale, et ceci vaut tant pour les quartiers existants que pour les
quartiers futurs, la ville des courtes distances (marche à pied et vélo ; 600 m et 6 km) ne
sera réellement effective qu’à partir du moment où le sentiment de sécurité prévaudra
clairement dans l’espace public, en particulier, la sécurité routière. Il est démontré
aujourd’hui que l’aménagement d’espaces partagés (absence de séparations entre la
36
voie carrossable et le trottoir - ni changement de niveau, ni bordure, ni potelet- et
absence de signalisation et de marquages routiers) en agglomération diminue
radicalement le nombre d’accidents. La vitesse n’y est plus possible, l’attention de tous
les usagers aux situations et le sentiment de responsabilité y sont accrues.
Site interne : www.shared-space.org
En savoir plus :
En Région wallonne
Portail wallon de la Mobilité : http://mobilite.wallonie.be
Réseau des conseillers en mobilité : http://cem.mobilite.wallonie.be
Société régionale wallonne des Transports (SRWT) sur le portail de la Région
wallonne : http://www.wallonie.be
Centre de documentation et de diffusion en mobilité :
http://documentation.mobilite.wallonie.be
En Région de Bruxelles-Capitale
Plan de Déplacements d’Entreprises : www.pde.irisnet.be
Se déplacer à vélo dans Bruxelles (Administration de l’Equipement et des
Déplacements de la Région de Bruxelles-Capitale) : www.velo.irisnet.be
Bruxelles Environnement – Mobilité à Bruxelles : www.ibgebim.be
STIB : www.stib.irisnet.be
Mais aussi De Lijn : www.delijn.be
6.5.6
Intégrer la végétation en milieu urbain : élément structurant, biodiversité,
Au cœur même du tissu urbain, la végétation diminue la pollution atmosphérique et
donc devient un indicateur en soi.
Elle permet le maintien de la biodiversité. Présente dans les bois, les parcs, les jardins,
les friches, les toitures et façades, la biodiversité urbaine offre un ensemble de niches
écologiques pour de nombreuses espèces animales et végétales.
Le quartier durable se structure autour de la biodiversité présente dans les structures
bâties (toits végétalisés, jardinets de façades, maisons-nichoirs, végétalisation du
mobilier urbain…) et dans le non bâti (maintien d’arbres remarquables, de haies,
alignements d’arbres, jardins sauvages, espaces publics verts…). La préoccupation liée
à la biodiversité peut être poussée très loin dans le concept de quartier durable par
l’utilisation dans la construction de matériaux et de produits favorisant la biodiversité.
En effet, plus l’environnement est riche et naturel, plus le nombre d’espèces est
important, d’où l’importance de préférer des matériaux naturels (bois labellisés) non
traités lors de la construction ou de la rénovation.
En savoir plus :
Godin M-C. et Lambert L. Un besoin vital de biodiversité. Inventaire des outils locaux.
Etopia, juin 2006, 56 pages.
37
Le coefficient de biotope par surface : le projet du centre-ville verte de Berlin
Le programme berlinois de sauvegarde des paysages et des espèces formule des
objectifs et des mesures essentielles pour un développement urbain de haute qualité
pour ce qui concerne l’écosystème, la préservation des biotopes et des espèces, l’aspect
esthétique du paysage et la fonction récréative.
Une modalité particulière de garantie de "qualités vertes" dans le centre-ville est
possible en appliquant le "coefficient de biotope par surface" (CBS). Celui-ci peut, à
Berlin, être fixé dans un schéma de paysage sous forme d´une ordonnance. Berlincentre est caractérisé par une forte densité d’éléments bâtis d’importantes nuisances
environnementales. Les surfaces à usage intensif sont souvent gravement limitées dans
leur fonction par :
- une forte imperméabilisation du sol ;
- une alimentation insuffisante des nappes phréatiques due à l’écoulement rapide des
précipitations dans les canalisations ;
- le manque d’humidité atmosphérique et l’excès de réchauffement ;
- un rétrécissement croissant de l’espace vital pour la faune et la flore faute d’espaces
verts suffisants.
Les villes modernes nécessitent des idées neuves pour compenser les déficits en espace
libre dans les zones à haute concentration urbaine et donc résorber les nuisances
environnementales. C’est dans cette optique qu’est utilisé le CBS.
Coefficient de biotope par surface mis en place par la ville de Berlin (site en français) :
www.stadtentwicklung.berlin.de/umwelt/landschaftsplanung/bff/index_fr.shtml
6.5.7
Urbanisme et approche bioclimatique
A l’échelle urbaine, tout comme à l’échelle de l’habitat, une approche bioclimatique fait
partie intégrante de la réflexion sur l’aménagement durable du territoire. Cette
approche bioclimatique dans la conception urbanistique est assez récente. Elle est
cependant intéressante si l’on considère que :
1) l’urbanisation a des effets sur le climat ;
2) le climat influence l’architecture (les rues resserrées préservant la chaleur en hiver et
créant de l’ombre dans les climats chauds).
En savoir plus :
Liébard A. et de Herde A. Guide de l’architecture bioclimatique. Cours fondamental : Tome 6
Aménagement urbain et développement durable en Europe. Ed. Systèmes solaires, 3ème
trimestre 2004, 366 pages (et plus particulièrement les fiches 355 à 362).
6.5.8
Urbanisme, architecture et esthétique
La recherche d’économie d’énergie, de récupération d’eau, de matériaux durables
implique presque de facto la mise en œuvre de nouvelles technologies ou l’adaptation
de techniques existantes voire la redécouverte de méthodes traditionnelles oubliées. La
38
plupart du temps, ces nouvelles techniques produisent une architecture étonnante
sortant des sentiers battus de la production architecturale classique qui constitue
l’essentiel de nos paysages urbanises.
Permettre la recherche et la création
La création architecturale se nourrit de ces évolutions techniques qui produisent
parfois des formes inédites, mettent en scène des matériaux originaux et donc une
esthétique révolutionnaire… qui fait rarement bon ménage avec les réglementations
urbanistiques existantes!
Il est aujourd’hui très difficile d’obtenir un permis de bâtir si on fait preuve d’audace
dans la forme, l’orientation et les matériaux des nouvelles constructions.
Il est encore plus délicat d’intervenir sur un bâtiment existant, en particulier en milieu
urbain. On se souvient de ce projet d’adaptation d’une toiture en pente traditionnelle
afin d’y inscrire un système de récupération de l’eau de pluie qui se heurta durement
au service régional bruxellois de l’urbanisme28.
Il semble, des lors, indispensable de relire les règlements régionaux et communaux
d’urbanisme et Plans particuliers d’aménagement en vue d’assouplir certaines
dispositions qui peuvent brider l’innovation écologique.
En outre, il est urgent de sensibiliser les administrations en charge de l’urbanisme et de
la protection du patrimoine par l’organisation d’expositions, de conférences, de visites,
etc.
Par ailleurs, une piste intéressante de soutien a la recherche pure consiste a dégager
des espaces de liberté où les aventuriers de l’architecture écologique peuvent tester en
grandeur nature la pertinence de leurs propositions.
Le site d’expérimentation architecturale de Cantercel (Herault)29 est un des exemples
les plus connus. Sur le plateau du Larzac, connu pour ses conditions climatiques
rigoureuses et changeantes selon la saison, des constructions écologiques de tout types
expérimentent la technologie de demain. Aide a la recherche et au développement,
création d’emplois qualifies dans une région en retard, respect de l’environnement
d’un site fragile, sensibilisation de la population et développement touristique (on
peut loger dans un appartement expérimental) : voila un projet local de
développement durable qui pourrait inspirer plus d’une commune en Wallonie.
L’architecture, c’est de la culture
Si l’architecture et l’urbanisme sont des sciences de la conception des espaces visant le
plus souvent à réaliser et agencer des bâtiments. Il s’agit également d’actes culturels
majeurs30.
Curieusement, l’architecture est une discipline artistique négligée voire ignorée alors
qu’en participant au façonnement des paysages, elle constitue finalement un art
beaucoup plus accessible au grand public que la peinture ou la danse par exemple.
Au cours du XXe siècle, de nombreux architectes et urbanistes se sont pose la question
de l’intégration progressive des questions environnementales au sens large :
cohabitation de l’homme et de la nature, intégration au site, réduction de la dispersion
des villes, recyclage,...
28
Maison des Cyclistes, rue de Londres a Ixelles par Claude Rener entrepreneur et Jean-Paul
Hermant architecte. Lire Imagine n° 48 mars-avril 2005.
29 www.cantercel.com
30 Qui a peur de l’architecture ? Le Livre Blanc de l’architecture contemporaine en CFWB.
39
Les pionniers (Le Corbusier, Frank Lloyd Wright, Louis Kahn…), souvent issus du
mouvement moderne, jadis qualifies d’excentriques ou de futuristes, sont aujourd’hui
considères comme des références en la matière31.
De nombreux architectes actuels reconnus au niveau mondial accordent a
l’environnement et au développement durable une grande attention : Herzog et de
Meuron (stade national de Pekin), Tadao Ando, Peter Zumthor, Peter Latz (l’architecte
paysagiste allemand de la future place Flagey) ont cree des immeubles ou des sites
remarquables en la matière. Sir Norman Foster (Swiss re tower a Londres, Chesa futura
a St Moritz) en a fait son combat personnel…
En Belgique, Lucien Kroll, Philippe Samyn (double peau rue Belliard) ou Art& Build
(station belge en Antarctique) s’y sont également essayes.
Nous avons besoin de sites et de bâtiments phares. Parce que l’événement crée le
discours et pousse a la réflexion tout en faisant des émules. Malheureusement cette
architecture écologique remarquable est encore trop rare en Belgique.
Les pouvoirs publics peuvent montrer l’exemple et favoriser la création architecturale
par l’organisation de concours internationaux pour tous les grands immeubles publics.
Avec un cahier des charges qui accorde une attention particulière a la construction
écologique et a la participation.
6.6
Les leviers techniques et financiers
Partenariat public/privé et Régie communale autonome
Tous les leviers techniques et financiers doivent être activés de la manière la plus
adéquate, de façon à :
•
rendre le projet crédible pour les investisseurs ;
•
peser moins lourdement sur les finances publiques ;
•
diminuer la facture des ménages tout en maintenant les avantages
environnementaux.
Le partenariat public/privé (ppp) permet à une institution publique de confier à une
entreprise privée une mission globale : (pré)-financement, conception, gestion des
ouvrages, gestion des infrastructures publiques et des services, dans le cadre fixé par
l’autorité publique (dans le cadre d’un cahier des charges adapté par exemple). Cette
forme de partenariat se développe dans divers domaines qui relèvent de la sphère
publique (rénovation urbaine, transports, santé publique, écoles, gestion de
l’environnement…), tout en bénéficiant de la créativité, de l’esprit d’innovation, des
compétences, de l’expertise et ressources d’un entrepreneur privé. Une évaluation de
la répartition du risque entre secteurs privé et public doit être réalisée en début de
processus afin d’équilibrer l’opération pour les différentes parties prenantes.
La création de Régies communales autonomes devrait permettre à la Commune de
disposer d'un outil de gestion et de développement d'infrastructures diverses
(logements, équipements...).
31
James Steele, Architecture écologique : une histoire critique, Actes Sud.
40
En savoir plus :
Site de la Commission européenne-Initiatives sur les ppp et le droit communautaire
des marchés publics et des concessions
http://ec.europa.eu/internal_market/publicprocurement/ppp_fr.htm
Vade-mecum : le partenariat public/privé au niveau communal
www.marchespublics.be/documents/doctrine/PPPDiane.pdf
Site de l’UVCW : www.uvcw.be (suivre le lien « cadre de vie »)
Breda (Pays-Bas) a misé sur le partenariat public/privé
La spécificité du partenariat public/privé aux Pays-Bas et singulièrement à Breda où les
pouvoirs publics se dotent d’équipes de talent, d’un projet urbain énoncé et porté dans
la durée et mènent une action publique visible sur l’espace urbain ainsi que les actions
foncières stratégiques. La ville recherche des développeurs en ayant posé le cadre de
leur action par des exigences sur les infrastructures, les déplacements, la maîtrise de
l’environnement, le programme, les délais et la qualité. Ce partenariat se conforme aux
futurs enjeux tel celui de la recomposition autour de la future gare tgv qui amène à un
changement d’échelle en termes d’investissements, de taille et de durée.
Breda, une ambition durable. Traits urbains, n°8 août-septembre 2006, p. 12-23.
Tiers investisseur
Le mécanisme du tiers investisseur est intéressant pour pré-financer des travaux
d’efficacité énergétique dans les infrastructures publiques.
Il s’agit d’une opportunité intéressante puisque ce tiers étudie, par bâtiment, les
investissements producteurs d’économies, calcule le temps de retour sur
investissement, effectue et suit les travaux et se paie sur les économies effectivement
réalisées au montant prévu. Les économies réalisées en fin d’opération sont en solde
nette pour le propriétaire des bâtiments.
Ce principe permet à la commune de ne pas débourser un centime et de ne pas devoir
réaliser et maîtriser les travaux, tout en bénéficiant des avantages qui y sont liés.
En savoir plus :
Site de la région wallonne, Energie plus, sur les principes du tiers investisseur, les
avantages et inconvénients, l’organisation pratique…
http://mrw.wallonie.be/energieplus/CDRom/financement/fintiersinvest.htm
Les primes
Dans le cadre de la politique énergétique, notamment de l’utilisation rationnelle de
l’énergie et des investissements en faveur des énergies renouvelables, la Région
wallonne ainsi que la Région Bruxelles-Capitale ont instauré une panoplie de primes à
destination des ménages, des collectivités et des entreprises.
En savoir plus :
Portail wallon de l’Energie http://energie.wallonie.be
41
Site de Bruxelles Environnement : www.ibgebim.be Défi Energie en Région Bruxelles
Capitale www.defi-energie.be
Activation des politiques de rénovation énergétique : une nécessité
Dans l’optique d’activer des politiques de rénovation énergétique ambitieuses, les
pouvoirs publics fédéraux et régionaux doivent mettre en œuvre toute une série
d’incitants financiers rendus rapidement efficaces, notamment pour permettre le
préfinancement des investissements requis32 : crédit à taux réduits, taux de TVA réduits
pour des rénovations dans le logement social, déductibilité fiscale des travaux réalisés à l’aide du
mécanisme de tiers investisseur…
Politiques de rénovation énergétique : l’exemple de l’Allemagne33
En 2005, le Gouvernement fédéral a prévu une somme d’1,5 milliards d’euros pour
encourager l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments. Le budget qui
est reconduit en 2006 peut paraître modeste à l’échelle d’un pays de 80 millions
d’habitants. Mais il sert à financer des crédits à taux très réduits pour le renforcement
de l’efficacité énergétique des bâtiments.
C’est la KFW (Kredietanstalt für Wiederaufbau) Förderbank (une banque publique
créée par les alliés après la seconde guerre mondiale pour financer la reconstruction
allemande et qui est contrôlée à raison de 80 % par le fédéral et de 20 % par les Länder
et qui constitue la dixième banque allemande en total bilantaire) qui est l’instrument
« technique » de cette politique. La loi-cadre créant la KFW a été changée pour y
introduire la protection de l’environnement comme une de ses missions de base.
Les données disponibles sur les crédits accordés par la banque KFW grâce aux subsides
de l’Etat fédéral allemand donnent une idée assez précise de l’ampleur du mouvement
d’amélioration de l’efficacité énergétique dans le secteur de la construction en
Allemagne. Depuis 1990, la KFW a octroyé des crédits pour encourager les
économies d'énergie pour un montant total de 34 milliards d'euros dans 2,2 millions
de logements34.
6.7
Rendre le projet crédible auprès des professionnels (maîtres d’ouvrages, architectes,
bureaux d’études, entrepreneurs, …)
La création d’un quartier durable ne sera rendue possible que si tous les acteurs
professionnels multidisciplinaires marquent un intérêt pour le projet dans son
ensemble. Il est clair que ces partenaires privés marqueront un intérêt, notamment
pour le retour financier attendu ; d’autres seront motivés par le caractère novateur de
A ce sujet, il est intéressant de se référer à l’Avis relatif à l’efficacité énergétique dans le secteur
du logement en Belgique, CCE 2005-1392 du Conseil central de l’Economie Bruxelles, 21
décembre 2005)
33 Voir Lechat B., Eco-construction en Allemagne : une galaxie en ébullition. 2005, 15 p (non publié).
Toutes les données ici présentées sont tirées des « Umwelt-Monitor » en l’occurrence des
rapports environnementaux sur les crédits octroyés par la KFW et qui peuvent être consultés sur
le site de la KFW à l’adresse suivante :
www.kfw.de/DE_Home/Service/OnlineBibl48/Volkswirts64/umweltmonitor_08_041.pdf
34 Chiffres transmis par Martin Mueller, service statistique de la KFW.
32
42
la démarche. Les pouvoirs publics ont donc tout intérêt à rendre crédible l’ensemble de
la démarche vis-à-vis du secteur privé. Cela signifie notamment :
•
une identification claire des interlocuteurs au niveau de l’autorité communale et
de l’administration : mise en place d’équipes de gestion de projets, avec des
compétences spécifiques (architecture, finances…) et d’outils (Agences de
l’Urbanisme, Maisons de l’Urbanisme…) ;
•
une définition des attentes par rapport à chaque acteur au sein de la maîtrise de
l’ouvrage (cahier des charges) ;
•
une recherche des financements crédibles avec identification du partage des
risques ;
•
une évaluation régulière de l’état d’avancement de l’œuvre par les équipes
composées des interlocuteurs publics et privés ;
•
une activation régulière des dynamiques participatives citoyennes suivant l’état
d’avancement du projet (information, consultation, concertation…), en
collaboration avec les professionnels impliqués suivant le stade d’avancement.
43
7
De l’ aménagement de l’ espace public t radit ionnel au quart ier
durable : l’ exemple de Fribourg-en-B risgau 35
7.1
"Solar Region Freiburg"
7.1.1
Origine de la dynamique
La ville de Fribourg-en-Brisgau (210.000 habitants) est reconnue "capitale écologique
de l'Allemagne" et fait figure de proue au niveau international en tant que centre de
compétences pour l'énergie solaire.
Tout a commencé par une vague de protestation contre le nucléaire, dans les années
60-70. Les vignerons de la région se sont opposés à un projet de construction de neuf
centrales nucléaires. Elles auraient entrainé d'importants brouillards et porté atteinte à
la production viticole. Ils furent soutenus de façon déterminante par les étudiants, au
nombre de 30.000 à Fribourg. La contestation du nucléaire se transforma positivement
en faveur d'un développement du solaire et des énergies alternatives.
A l'heure actuelle, 10.000 emplois sont liés directement aux activités
environnementales dans la région de Fribourg et 170.000 dans l'ensemble de
l'Allemagne. L'industrie allemande de fabrication de cellules solaires photovoltaïques
approvisionne 25% du marché mondial.
7.1.2
7.1.2.1
Leviers de mise en place de la "Solar Region Freiburg"
La formation aux techniques solaires
L'établissement d'enseignement professionnel Richard Fehrenbach dispense aux
chauffagistes, plombiers et électriciens des formations spécifiques à l'application des
techniques solaires et des énergies renouvelables (chaudières à granulés et plaquettes,
micro-cogénération). Ces formations s'adressent aussi bien aux jeunes en apprentissage
professionnel qu'aux artisans confirmés désireux d'élargir leur champ de compétences.
De façon très didactique, l'ensemble des techniques solaires de pointe sont visibles
dans une "tour" solaire érigée devant l'école.
Les techniciens ainsi formés sont le maillon indispensable à la pénétration des
nouvelles technologies dans la région. Ils assurent le contact direct avec le citoyen qui
s'interroge sur un nouveau système de chauffage, de climatisation, de production
d'eau chaude ou d'électricité et sur la durée du retour sur investissement. L'institut est
également actif à l'étranger : il a, par exemple, formé des électriciens au Grand-Duché
de Luxembourg.
Au delà de ces formations spécifiques, Fribourg table beaucoup sur la conscientisation
des jeunes. Ainsi, un quart des écoles de la ville gère aujourd'hui ses propres projets
solaires. Les énergies renouvelables deviennent alors source d'apprentissages
multiples.
7.1.2.2
Recherche et développement
Le "Solar Info Center" et l'Institut "Fraunhofer" assurent une recherche de pointe dans
les technologies solaires et liées aux énergies renouvelables. Techniques du bâtiment,
35
Com pte-rendu du V oyage d'étude organisé à Fribourg-en-Brisgau par l'institutd'Eco-conseil
(IEC) du 31 juillet au 2 août 2006 (IEC asbl, Bd de M erckem , 7 à 5000 Nam ur. www.ecoconseil.be) auquel ont participé Laurence Lam bert et Christina D ewart. Rédaction : Christina
D ewart
44
efficacité énergétique, cellules photovoltaïques, production d'électricité au départ
d'énergies renouvelables, technologie de l'hydrogène, mais aussi droit, modes de
financement, management, aide au développement de projets et post-formations : un
support complet est offert à l'investisseur potentiel.
Les recherches les plus récentes de l'Institut Franhofer portent sur la climatisation
solaire, mise en œuvre dans un laboratoire de l'Hôpital universitaire et dans la
Chambre de commerce et d'industrie.
Principale vitrine européenne dans le domaine de l'énergie solaire, le Salon "Intersolar"
a accueilli cette année à Fribourg 23.000 visiteurs en provenance du monde entier : 454
exposants provenant de 27 pays se partageaient les 26.000 m2 de stands. Un fantastique
tremplin économique pour une région résolument tournée vers le futur.
7.1.2.3
« Solar-Fabrik AG »
Le bâtiment de l'usine de fabrication de panneaux solaires photovoltaïques de Fribourg
se veut une vitrine commerciale de l'entreprise. La façade, tout en verre et panneaux
solaires (275 m2) dispose d'un système automatique d'ouverture des fenêtres dès que
la température atteint 25°. Le bâtiment compte aussi 3 puits canadiens qui
rafraîchissent l'air par circulation dans le sol. L'inclinaison des éléments de façade tient
compte de la course annuelle du soleil de façon à assurer l'ombrage en période estivale
et le stockage des calories solaires dans un mur en maçonnerie en hiver. Pas de
climatisation, l'appoint thermique est assuré par une centrale à l'huile végétale : "Solar
Fabrik AG" se veut une usine zéro émission de CO2.
Si en 1997, elle n'employait que 3 à 4 personnes, l'entreprise emploie aujourd'hui 200
salariés. En 2006, elle produira 400.000 panneaux photovoltaïques, soit l'équivalent de
40 MW. La technologie ayant beaucoup évolué, les panneaux sont maintenant garantis
pendant 20 ans.
7.1.2.4
Installations solaires en co-propriété citoyenne
De façon à permettre à chaque citoyen, même locataire, d'investir dans le solaire
photovoltaïque, de grandes installations auxquelles les habitants peuvent participer en
tant qu'actionnaires, ont vu le jour sur plusieurs sites. Celle du stade de football de
Fribourg est particulièrement remarquable par sa technique de marketing. En 1994,
peu de citoyens étaient informés sur les énergies renouvelables. Par contre, presque
tous s'intéressaient au football. L'idée germe alors d'installer des capteurs solaires
photovoltaïques sur l'immense toiture du stade, les performances énergétiques étant
affichées de façon très visible dans les lieux de passage des supporters.
Une première opération de vente permet de placer 1.000 m2 de capteurs, la prise de
part minimale correspondant à 5 m2. On touche là un public de convertis. En 1995,
l'équipe de football de Fribourg accède à la 1ère ligue et la demande en places dans le
stade excède l'offre. Obtiennent alors une place dans le stade, les supporters qui
achètent également un capteur solaire. Cette opération permet de placer 600 m2
supplémentaires. Quelques années plus tard, grâce à un prix très intéressant de reprise
du courant photovoltaïque sur le réseau en Allemagne, investir dans le solaire devient
non seulement "écologiquement souhaitable" mais aussi "économiquement
raisonnable".
Une troisième opération de vente permet alors de compléter l'installation qui compte
aujourd'hui 2500 m2. Seuls les supporters disposant d'une place dans le stade ont eu
cette fois la "chance" de pouvoir investir dans cette technique rentable. L'idée a fait
45
école auprès d'autres fédérations de football en Allemagne, dont les stades se couvrent
également de panneaux solaires.
Le stade de Fribourg complète sa performance énergétique par des capteurs solaires
thermiques pour l'eau des douches et l'installation de deux moteurs Stirling qui
fonctionnent grâce à la chaleur produite par du biogaz ou des céréales.
7.1.2.5
Source de financement
10 % des clients de la compagnie énergétique régionale "Badenova" ont fait le choix de
l'électricité verte. Les revenus correspondant à la différence entre le tarif d'électricité
standard et le tarif de l'électricité verte sont exclusivement réinvestis dans d'autres
installations de production d'énergie renouvelable à l'échelle régionale, générant ainsi
un effet multiplicateur ainsi qu'un bénéfice économique sur le terrain.
7.1.2.6
Promotion du concept "Solar Region Freiburg"
L'association "Freiburg Futour"36 s'attache tout particulièrement à faire connaître en
Allemagne et à l'étranger le modèle exemplaire en matière de développement durable
qu'est la région de Fribourg. Architectes, urbanistes ou sociologues assurent en
plusieurs langues des visites guidées très professionnelles et passionnantes.
7.2
7.2.1
Fribourg, capitale de la mobilité
Le bâtiment « Mobile »
Au centre de Fribourg, un nœud de communication fait intelligemment se croiser la
gare de chemin de fer, la principale ligne de tram et la centrale de mobilité "MOBILE"
qui abrite un centre de car-sharing (partage de voitures) et un parking conçu pour
accueillir 1000 vélos.
Au cours de ces 30 dernières années, la longueur du réseau de tram a doublé. Depuis
1982, l'importance de la voiture a diminué de près d'un quart, passant de 39% à 30%,
pour une moyenne en Allemagne de 50%. Les déplacements en transports en commun
sont passés de 11% à 18% et la pratique du vélo s'est largement développée en passant
de 15% à 28%.
La région de Fribourg dispose de 410 km de pistes cyclables. L'attitude des
automobilistes s'est adaptée à la présence de nombreux cyclistes. Dans les quartiers,
130 km de rues sont limitées à 30 km/h.
Le centre de car-sharing installé dans le sous-sol de MOBILE assure à ses membres
l'accès au système de partage de voitures dans toute l'Allemagne. Mais le bâtiment
circulaire de MOBILE permet avant tout l'accueil de 1.000 vélos, 7 jours sur 7, de 5h30
à 1h30. L'entreprise de réinsertion sociale qui le gère, loue, vend, répare et garde les
vélos. De petits casiers permettent de ranger casques et gants avant de se rendre au
travail.
7.2.2
Incitants tarifaires
Le parcage vélo à MOBILE coûte 0,60€ pour une période de 24h00, 7,50€ par mois et
75€ par an.
36
w w w .freiburg-futour.de
46
Pour les transports en commun, le "Ticket Regio" permet de se rendre partout dans la
région de Fribourg en empruntant indifféremment le bus, le tram ou le train. La "Regio
Umweltkarte" (carte régionale environnement) ouvre à son détenteur 3.000 km de
réseau. Son prix : 415€ l'année, 60€ par période de 6 mois pour les étudiants. Les
compagnies de transports en commun voient leur déficit diminuer d'année en année :
ils comptent aujourd'hui 70 millions d'usagers.
Les parkings pour les voitures sont très chers au centre de Friburg mais gratuits en
périphérie de la ville, à proximité immédiate des terminus de lignes de tram.
7.2.3
Exemples
L'université de Fribourg compte 8.000 salariés, mais ne dispose que de 1.800 places de
parking.
Le stade de football peut accueillir 25.000 personnes, mais ne compte qu'environ 150
places de parking VIP. L'achat d'une place au stade est automatiquement assortie à
celle d'un billet de tram. La société de transports en commun adapte sa capacité et ses
horaires à l'afflux de supporters.
7.3
7.3.1
Le quartier Vauban
Historique
En 1993, la ville de Fribourg, confrontée à une forte demande en logements, a la
possibilité de racheter à l'Etat fédéral allemand le site des casernes occupées jusque là
par l'armée française, soit 40 ha arborés situés à 2,5 km du centre ville (10 minutes à
vélo).
Quatre casernes seront maintenues et réhabilitées, l'urbanisation de l'espace résiduaire
faisant l'objet d'un projet d'aménagement largement concerté avec les habitants.
Aujourd'hui, Vauban accueille 6.000 habitants.
La maîtrise du foncier constitue sans aucun doute un des atouts de la réussite de
l’opération Vauban. La ville de Fribourg, comme propriétaire des terrains de
l’ancienne caserne Vauban, a pu garder la maîtrise des opérations de vente des terrains
(conventions sous seing privé), ce qui lui a permis de garder des relations directes avec
les futurs propriétaires occupants.
7.3.2
Options urbanistiques
L'axe principal de desserte du quartier s'articule autour de la ligne de tram à l'assise
enherbée qui relie Vauban au centre ville. La circulation automobile qui lui est
parallèle est limitée à 30 km/h. De part et d'autre de ces voiries, un espace de 6 mètres
est réservé aux piétons et aux cyclistes. C'est le long de cet axe que sont regroupés les
équipements de proximité : commerces, bureaux et services, avec quelques places de
parking.
L'implantation du bâti se greffe sur cet axe principal autour de voiries en forme de U,
qui excluent la circulation de transit mais permettent aux fournisseurs, camions de
collecte des déchets ou pompiers de desservir les habitations. La circulation
automobile y est limitée à 5 km/h, il n'y a pas d'espaces de parcage. La priorité est
donnée aux déplacements piétons et cyclistes. La rue redevient un espace de rencontre,
de jeu, de convivialité.
Architecture et gabarits
47
D'emblée, la maison individuelle 4 façades est exclue. L'habitat s'organise par
immeubles en bande de 3 à 4 étages ou par maisons mitoyennes. Lors de la vente des
terrains, la priorité est donnée aux groupements citoyens plutôt qu'aux promoteurs. Le
travail en direct avec un architecte, sans l'intermédiaire d'un promoteur, coûte moins
cher et permet de prendre en compte dès le départ les souhaits des futurs habitants.
A Vauban, les architectes doivent obligatoirement se faire seconder par des
sociologues, pédagogues, médiateurs… L'efficacité énergétique de l'habitat projeté et la
mixité sociale sont également des critères pris en compte lors de l'acquisition d'un
terrain.
Malgré cette approche collective du bâti, Vauban pétille de diversité architecturale et
de richesse des espaces publics. Chaque famille peut choisir le coloris de sa façade,
bardée de bois. Des escaliers extérieurs ajourés, abris à vélo, annexes diverses
rehaussées de végétation donnent au quartier une note résolument joyeuse et
imaginative.
Biodiversité
Un ruisseau forme la limite Sud du quartier, avec 25 mètres de part et d'autre réservés
à la nature. Les arbres remarquables du quartier ont été préservés. Dans les espaces
verts, les plaines de jeux et d'aventure, la nature conserve ses droits, la diversité des
matériaux et des aménagements laisse place à la découverte. Enfin, les jardins ne sont
pas clôturés et constituent des espaces semi-collectifs qui assurent maillage écologique
et lien social. L'implication des habitants dans la conception et la gestion de ces espaces
en garantit le respect et l'entretien.
7.3.3
Mobilité
Quartier sans voiture
Le quartier Vauban est équipé de deux grands garages collectifs situés en périphérie,
un troisième étant en projet. Chaque famille doit, soit acquérir une place de parcage
dans ces infrastructures si elle possède une voiture, soit prendre des parts équivalant à
un emplacement si elle n'en possède pas. De cette façon, en cas de vente du logement,
il y aura toujours un emplacement de parcage disponible par famille. Le prix d'achat
d'un emplacement effectif est nettement plus élevé que la prise de parts, ce qui a un
effet dissuasif. 50% des familles résidant à Vauban ne disposent pas d'un véhicule
particulier.
Tout est en effet mis en place pour favoriser d'autres types de mobilité : le vélo y est
roi, avec des aménagements spécifiques de voirie et des abris sécurisés, le tram relie
directement Vauban au centre ville et donne accès au réseau ferroviaire. Un système de
véhicule partagé permet à plusieurs familles d'en avoir une utilisation ponctuelle.
Equipements de proximité
L'aménagement du quartier a été conçu pour répondre largement aux besoins
quotidiens de ses habitants : écoles primaires et maternelles (30% de la population a
moins de 18 ans), fonctions sociales et culturelles, commerces et bureaux sont
implantés de façon à ne pas demander de déplacement de plus de 700 mètres, 300
mètres étant considéré comme la distance idéale.
En bordure du quartier, 4 ha sont affectés à l'implantation d'activités industrielles dont
2 ha réservés aux PME et artisans, créant ainsi de l'emploi de proximité. Les
commerces livrent gratuitement les courses à domicile.
48
7.3.4
Efficacité énergétique
D'emblée, Vauban s'est profilé comme un quartier à haute efficacité énergétique grâce
aux économies d'énergie et au recours aux énergies renouvelables.
a) L'habitat basse énergie
Tous les bâtiments construits à Vauban doivent répondre à une norme de
consommation énergétique maximale de 65 Kwh/m2.an, soit 6,5 litres de fuel par m2 et
par an. La norme nationale pour les constructions neuves en Allemagne est de 110
Kwh/m2.an et la majorité de l'habitat existant se situe entre 200 et 300 Kwh/m2.an.
Matériaux naturels, conception bioclimatique, toitures végétalisées… sont encouragés.
b) Les maisons passives
Le premier bâtiment collectif de type passif a vu le jour en 1999 à Vauban en
collaboration avec l'Institut solaire. Après 7 années d'expérience, le bilan est très
positif. La consommation énergétique d'un bâtiment passif ne dépasse pas 15
Kwh/m2/an, soit 1,5 litres de fuel par m2 et par an. La facture énergétique annuelle d'un
appartement de 90 m2 est de 141€ !
D'un point de vue technique, cela implique dans notre cas : parois extérieures à
ossature bois avec remplissage de laine de roche ou de verre de 35 cm ou bloc silicocalcaire avec 24 cm d'isolant, 40 cm d'isolant en toiture et 40 cm de polyuréthane au
sol, ventilation à double flux avec échange de chaleur entre l'air entrant et l'air sortant,
triple vitrage performant qui convertit la lumière en chaleur, le bâtiment étant orienté
de façon à bénéficier d'un ensoleillement optimal. Le tout implique un surcoût de 7%
du prix de la construction, amorti en 10 à 20 ans suivant l'évolution du prix de
l'énergie.
c) Les maisons à énergie positive
Elles produisent plus d'énergie qu'elles n'en consomment, compensant ainsi l'énergie
utilisée pour produire les matériaux de construction et les mettre en œuvre.
Emblématique, la maison "héliotrope" de l'architecte Rolf Disch pivote sur elle même
en fonction de la course du soleil. De grands vitrages très performants, des capteurs
solaires thermiques et photovoltaïques ainsi qu'une isolation poussée rendent l'exploit
énergétique possible.
Malgré un aspect architectural très avant-gardiste, la ville de Fribourg a choisi
d'octroyer le permis de bâtir. A l'heure actuelle, on peut concevoir des maisons à
énergie positive fixes et abordables financièrement.
d) Energies renouvelables
Ses 2500 m2 de capteurs solaires font de Vauban un des quartiers solaires les plus
significatifs d'Europe. Outre les toitures des logements, celles des garages collectifs
s'offrent généreusement au rayonnement solaire (Solar Garage). Une usine de
cogénération, alimentée à 80% par des copeaux de bois en provenance de la forêt noire
toute proche et à 20% par du gaz naturel, dessert en chaleur l'ensemble des logements
du quartier Vauban. Combinée aux toits photovoltaïques, elle permet de couvrir 65%
de la demande en électricité.
7.3.5
Participation citoyenne
a) Le Forum Vauban
Dès le démarrage de la planification du quartier, en 1995, la ville de Fribourg met en
place un outil original de participation citoyenne, le Forum Vauban, qui a compté
49
jusqu'à 250 membres, issus d'associations citoyennes motivées par le développement
durable de leur quartier.
Le Forum Vauban contribue entre autres à la mise en œuvre d'une architecture
écologique et énergétiquement performante, à la promotion d'associations de citoyens
qui prennent en charge eux-mêmes le processus de conception et de réalisation de leur
habitat et à la mise en œuvre d'une mobilité douce.
b) La SUSI (Selbstorganisierte Unabhängige SIedlungsinitiative)
Cette initiative de logement autogérée et indépendante répond aux besoins de
personnes à petits revenus qui souhaitent se loger à Vauban (étudiants, chômeurs,
parents isolés…). La SUSI gère en particulier les logements sociaux aménagés dans les
quatre anciens bâtiments de caserne réhabilités.
c) La GENOVA (GENOssenschaft VAuban)
Cette coopérative de construction, spécialisée dans la réalisation de logements
écologiques et économiques favorise les initiatives citoyennes autogérées plutôt que la
promotion immobilière.
La Genova est particulièrement attentive à la mixité sociale et de générations au sein
du quartier. Cependant, la classe socio-professionnelle la plus fréquente à Vauban est
celle des jeunes parents avec formation de niveau universitaire. A son actif également,
une série d'équipements collectifs : maison de quartier, salle polyvalente, buanderie et
four collectifs, aménagement d'espaces publics et semi-publics.
L’architecture urbaine du quartier Vauban présente des qualités suivantes :
- diversité dans l’unité : ceci est lié notamment au fait de la maîtrise foncière dont s’est
portée garante la ville de Fribourg ;
- la présence de la nature présentant des continuités naturelles au sein du quartier et de
la ville ;
- l’usage des toits : toits végétalisés, supports de panneaux solaires, terrasses, …
- présences des espaces intermédiaires (terrasses, balcons, coursives…) et rapports à
l’espace public.
Le modèle de Vauban est difficilement transposable dans nos régions dans la mesure
où il correspond à des modes de vie plus collectifs. Le fait que ces bâtiments soient
« tout en façade » (absence de distinction claire entre l’avant et l’arrière) s’inscrit dans
l’histoire de l’habitat collectif que nous n’avons pas connue.
7.4
Le quartier Rieselfeld
7.4.1
Origine
La demande en logements à Fribourg est très importante. C'est une ville où beaucoup
d'Allemands ont envie d'habiter à cause de son climat (la Toscane de l'Allemagne), de
sa proximité avec la Forêt-Noire, la France et la Suisse, et de sa réputation de "capitale
écologique de l'Allemagne".
Acheter un bâtiment à Fribourg est en quelque sorte une garantie d'efficacité
énergétique à l'heure où les frais de maintenance pèsent lourd face aux frais d'achat.
50
La pression foncière importante dans cette ville ceinturée par la Forêt-Noire, pousse la
municipalité à urbaniser un espace de 320 ha, qui servait jusqu'en 1985 de zone
d'épuration des eaux usées de la ville (Rieselfeld signifie champ d'infiltration).
Cependant, seuls 78 ha seront affectés à l'habitat, les 242 ha résiduaires devenant une
réserve naturelle, espace de détente pour les habitants du quartier.
7.4.2
Options urbanistiques
La maison unifamiliale est exclue au profit d'habitat en bande de 5 à 6 étages pour le
centre du quartier, 3 à 4 étages pour les zones en bordure de réserve. Le quartier
devrait ainsi, à terme, accueillir 12.000 habitants.
Le schéma d'urbanisation a fait l'objet d'un concours d'architecture et s'inspire de la
structure "organique" de la ville ancienne. Ici aussi, des groupements de citoyens
prennent en charge la conception et la construction de leur habitat, d'autres terrains
étant confiés à des promoteurs.
Rieselfeld propose des locations, des achats et des logements sociaux. Le prix moyen
du terrain à bâtir est de 325€ /m2 et celui de la surface bâtie de 2.500€ /m2. Les normes
énergétiques minimales sont les mêmes qu'à Vauban, soit 65 Kwh/m2.an.
7.4.3
Mobilité
La ville de Fribourg a veillé à prolonger la ligne de tram, situant ainsi Rieselfeld à 12
minutes du centre ville. Trois arrêts desservent le quartier. Un réseau de pistes
cyclables assure la mobilité au sein du quartier ainsi que le lien vers le centre. A
Rieselfeld, un espace de parcage est prévu pour chaque logement.
7.4.4
Phasage et vie sociale
Contrairement à Vauban, le quartier Rieselfeld est complètement neuf et va donc
rassembler un ensemble d'habitants qui n'ont pas encore de vécu commun. La
municipalité a décidé d'articuler le projet en quatre quartiers réalisés à raison d'un tous
les deux ans, de façon à permettre à la vie sociale de s'installer progressivement.
Pendant la réalisation de la première phase, les futurs habitants disposaient d'une
roulotte mobile qui servait de point de rencontre mais aussi de superette.
Actuellement, le KIOSK (Kontakt, Information, Organisation, Selbsthilfe, Kultur)
assure les fonctions de bibliothèque, médiathèque, salle de spectacle, point de
rencontre des jeunes, café et restaurant autogérés. Il est le point de rencontre social et
culturel du quartier. Des commerces et services divers s'installent progressivement
pour répondre aux besoins quotidiens de la population.
Rieselfeld comptera ainsi quatre écoles maternelles (une par quartier) et dispose déjà
d'une grande école primaire et d'un lycée fréquenté par 1.000 élèves.
En savoir plus :
ARENE Ile-de-France. Quartiers durables-Guide d’expériences européennes. ARENE-IMBE,
avril 2005, 146 pages.
Dresel T., Bertram K., Schickle M. Solar Region Freiburg. Service de l’Environnement de
la ville de Freiburg-im-Breisgau, 2005, 11 pages.
51
Prignot I. et Huart M. SolarStad : faut-il rebaptiser Freiburg ? Renouvelle n°4, 2ème
trimestre 2003, p 2-5.
Ruwet A. Dossier Fribourg-en-Brisgau. Ville solaire. Imagine 57, septembre-octobre 2006,
p.52- 59.
site de la communauté Vauban www.vauban.de
site du forum Vauban www.forum.vauban.de
plan interactif de Freiburg www.freiburg.de
8
C o nc lusio ns
Le quartier durable n’est plus une utopie ! On compte une dizaine de quartiers
durables en Europe, considérés aujourd’hui comme des références incontestables en
matière d’efficacité énergétique des bâtiments, d’utilisation des énergies renouvelables,
de mobilité douce ou de gestion environnementale au sens large (gestion des l’eau,
maintien de la biodiversité …). Certains quartiers comme Bedzed (Royaume-Uni)
démontrent clairement que ce concept permet de réduire l’empreinte écologique
(concept Zero emission) tout en diminuant les inégalités sociales et écologiques et en
créant de l’emploi local.
Dans le mouvement européen pour la durabilité des villes qui prend de l’ampleur,
l’idée de concevoir de nouveaux quartiers durables ou de rénover/réhabiliter des
quartiers existants fait son chemin. De la déclaration politique à la mise en œuvre
concrète, de nouveaux projets voient le jour dans quelques villes européennes.
En Région wallonne comme en Région de Bruxelles-Capitale, les outils réglementaires
et juridiques (en aménagement du territoire, en revitalisation urbaine, …) et leviers
(plans divers, systèmes de primes, facilitateurs,…) existent pour activer une politique
axée vers le quartier durable.
La dynamique dans laquelle s’inscrit la commune pour œuvrer en faveur du
développement durable (Agenda 21 local, adhésion à la Charte d’Aalborg, implication
dans les réseaux d’échanges européens pour les villes durables,…) est un facteur
favorisant la volonté politique de voir naître sur son territoire, un quartier durable.
C’est pourquoi, la contagion du concept de développement durable doit encore faire
son chemin dans les communes wallonnes et bruxelloises.
Au cours de cette publication, nous avons tenté d’ouvrir des portes pour que les élus
locaux ou régionaux programment, dans leur action politique, des objectifs de
développement durable à l’échelle territoriale, et dans ce cas, particulièrement à
l’échelle du quartier. Cette programmation appartient en effet à la sphère politique,
tandis que la conception et la planification du projet appartiennent aux professionnels
qui doivent conserver leur part d’autonomie et d’inventivité dans leur travail.
Dans ce sens, programmer un quartier durable consiste alors à :
•
définir les modes de « qualité de vie/qualités de ville" que l’on cherche à
mettre en oeuvre (une mobilité douce, la sécurisation de l'espace public, la
gestion économe des ressources, la santé…). A cet égard, les exemples réalisés
sont très importants pour donner corps à ces "qualités". L'examen des
exemples devrait alors permettre de lister ces "qualités de ville" recherchées ;
52
•
définir des cibles performantielles : il faut ensuite systématiquement lier ces
qualités de ville à des objectifs plus précis qui permettent d'y arriver (énergie,
éco-gestion de l'eau, concepts de boucles locales pour les matériaux, les
déchets, « altermobilité »…). Le choix de ces cibles est encore un travail
éminemment politique ; il implique un projet large pour le quartier, la
commune, la région... Mais il doit être concret (parler de % de rejets d'eau, de
kWh/m², de kg de CO2, etc.). La grille d'évaluation environnementale élaborée
par Bruxelles Environnement (Green Building Brussels) peut aider à
concrétiser des cibles qui doivent s'imposer à tout porteur de projet (privé ou
public).
•
identifier les moyens/outils juridiques qui permettent aux élus, d'en assurer
la réalisation dans tous les cas de figure (maîtrise foncière publique ou gestion
des acteurs privés, gros projets en neuf, petits projets en rénovation...). Très
pratiquement, il est important de savoir s'il suffit d'imposer une cible
(comment éviter les recours devant le tribunal) ou si quelques lignes dans un
cahier des charges sont suffisantes (l’administration peut-elle l’imposer dans
un cahier des charges ?)…. Il est également important d’identifier quels sont
les processus de contrôle et quelle est la base légale pour ces contrôles ?
•
enfin, identifier les techniques (constructives…) qui les rendent accessibles
(construction passive, perméabilisation des sols, voitures partagées,…). Il s'agit
ici d'information pure. Elle doit être mise en relation aux spécificités locales
(qualité des sols ou topographie, problèmes urgents...). Le retour d'expérience
de chaque technique est important, même si elles ne sont pas toutes mises en
oeuvre dans le même quartier. Il faut laisser aux concepteurs le choix des
méthodes pour autant que les cibles soient atteintes.
Pour accélérer les politiques d’un aménagement du territoire et d’un urbanisme
durable, il est évident que tous les niveaux de pouvoir, l’Etat fédéral en tête, doivent
accorder leurs violons pour mettre en œuvre un plan ambitieux pour l’efficacité
énergétique des bâtiments, basé notamment sur les mesures fiscales favorables, des
mécanismes permettant de pré-financer des opérations (tiers investisseur, partenariat
public privé…), des diminutions de taux de TVA pour des matériaux d’écoconstruction… A ce sujet, les communes doivent faire pression sur les niveaux de
pouvoir supérieurs, car seules, la voir vers le développement durable sera sans doute
plus longue…
Aujourd’hui, la question de la (re-)construction, de la revitalisation d’un quartier ne
peut se contenter de solutions purement techniques (des logements, des infrastructures
publiques, des voies d’accès…). Elle doit reposer sur les dynamiques sociales, les
usages, le développement économique, la qualité de vie, et doit conduire à réduire les
inégalités écologiques là où les inégalités sociales sont déjà bien présentes.
Bien plus que l’utilité d’un quartier pour lui-même qui fait de lui un usage purement
« mécanique », il faut penser sa revitalisation dans une approche « organique » ou
« dynamique » qui fait de lui qu’un quartier se construit avec ses habitants, se vit au
quotidien. Tout l’inverse d’un quartier où les habitants subissent les contraintes liées à
la mobilité (ou à l’immobilité), la hausse de la facture énergétique, un sentiment
d’insécurité...
9
9.1
Annexes
Annexe 1 : Quelques références méthodologiques
Le projet HQE2R (« Réhabilitation durable des bâtiments pour des quartiers durables »
ou « Sustainable Renovation of Buildings for Sustainable Neighbourhoods ») a pour
objectif d’élaborer des méthodes et outils opérationnels de renouvellement urbain à
destination des collectivités locales et de leurs partenaires afin de les aider à mettre en
œuvre le développement durable à l’échelle des bâtiments et des quartiers, c’est-à-dire
à améliorer la qualité de vie pour l’ensemble des habitants et usagers des quartiers.
HQE2R est un projet co-financé par la Commission européenne (5ème Programme cadre
de Recherche et développement/2001-2004). Il combine des aspects de recherche et de
démonstration et associe 10 centres de recherche publics et privés ainsi que 13
collectivités locales ou bailleurs sociaux dans 7 pays européens. Quatorze quartiers ont
été choisis par les partenaires locaux et l’ensemble des outils élaborés ont été testés et
validés sur ces quartiers.
La méthodologie est une approche projet transversale qui fournit un cadre de référence
utilisable par l’ensemble des collectivités locales en Europe. Elle se base sur :
•
•
•
•
la haute qualité environnementale HQE (démarche environnementale à
l’échelle d’un bâtiment (résidentiel ou non) ;
une urbanisation respectueuse de l’environnement ;
la maîtrise des coûts ;
la maîtrise de l’étalement urbain.
En savoir plus :
Charlot-Valdieu C. et Outrequin P. La démarche HQE2R de conduite de projet urbain
intégrant le développement durable. The European Commission. Community Research.
Energy, environment and Sustainable developpement, octobre 2004, 36 pages.
Charlot-Valdieu C. et Outrequin P. Intégration du développement durable dans les projets
d’aménagement et de renouvellement urbain. Actes de la conférence européenne des 2 et 3
février 2004. Editions La Calade, 2004, 207 pages.
Charlot-Valdieu C. et Outrequin P. Volume HQE2R n°2 : Les outils de la démarche HQE2R
de conduite de projet intégrant le développement durable. Sur www.suden.org.
Charlot-Valdieu C. et Outrequin P. Cahier HQE2R n°1, HQE2R : une démarche pour
intégrer le développement durable dans les projets d’aménagement et de renouvellement urbains
à l’échelle des bâtiments et des quartiers. Editions du CSTB, 2004.
Charlot-Valdieu C. et Outrequin P. Volume n°3 : Analyse de projets de quartier durable en
Europe. Editions la Calade, 2004, 190 pages.
…et de très nombreuses références relatives au projet HQE2R sur le site du Réseau
européen pour un Développement urbain durable SUDEN : www.suden.org
ou sur le site HQE2R “Sustainable Renovation of Buildings for Sustainable
Neighbourhoods” : http://hqe2r.cstb.fr
Il existe, en France, d’autres outils méthodologiques sont mis à disposition pour l’aide à la
décision, la programmation, l’évaluation d’un quartier durable qui peuvent découler de
méthodes pour la conduite de projets durables. Citons notamment :
1
•
la méthode ADEQUA37 qui a pour but l’élaboration d’une méthodologie d’aide à la
décision lors de la réalisation ou de la réhabilitation d’un quartier résidentiel ;
•
le Plan Environnement Collectivités locales (PECL) mis en place par l’Agence de
l’Environnement et la Maîtrise de l’Energie (ADEME)38 ;
•
l’Approche environnementale sur l’Urbanisme (AEU) élaboré par l’ADEME ;
•
les indicateurs R.E.S.P.E.C.T. (Référentiel de Suivi des Politiques Environnementales
des Collectivités Territoriales) mis en place par l’association RESPECT39
•
Méthode et outils d’évaluation en regard du développement durable- Communauté
urbaine de Dunkerque - Extra muros40 ;
•
Soutien technique et financier apporté à l’association par le Plan Urbanisme
Construction et Architecture41 (PUCA, Ministère de l’Equipement) à la Charte pour
un développement durable à l’échelle du quartier mise en place par l’association Ecomaires en France.
•
…la liste n’est pas exhaustive
Les éco-maires en France : une initiative d’élus locaux intéressante
Eco-maires est l’association des maires pour l’environnement et le développement
durable. Dans le cadre de leurs engagements, les élus engagent la collectivité à
respecter les critères définis pour la construction et la réhabilitation du quartier autour
de quatre thèmes (voir tableau ci-dessous Eco-maires : 35 critères définis pour la
construction et la réhabilitation du quartier autour de 4 thèmes) :
- urbanisme et aménagement ;
- qualité environnementale du tissu urbain ;
- développement social et économique ;
- gouvernance, pilotage et gestion du projet
www.ecomaires.org
Cherqui F. Méthodologie d’évaluation d’un projet d’aménagement durable d’un quartier. Thèse de
doctorat. Université de la Rochelle. Pôle Sciences et Technologie. Décembre 2005, 182 p. Thèse
disponible sur le site http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00012089
37
38
www.ademe.fr
39
www.respect.asso.fr
Combe H. (Extra Muros Consultants Coopérative de Conseil), Evaluation en terre de
développement durable, Carnet de bord. Dunkerque Grand Littoral-Communauté urbaine, nd, 113p.
40
41
http://rp.urbanisme.equipement.gouv.fr/puca/
Eco-maires : 35 critères définis pour la construction et la réhabilitation du quartier autour de 4 thèmes
Urbanisme et aménagement : assurer l’intégration et la cohérence du quartier avec le tissu urbain et les autres échelles du territoire
Les critères incontournables
Les critères recommandés
U-1 Atteindre la mixité urbaine et fonctionnelle en favorisant la qualité et la mixité de
l’offre de logement et en créant des lieux de vie collective et des lieux de rencontre
U-5 Optimiser les modes de consommation de l’espace : promouvoir une ville compacte et renouvelée
pour maîtriser l’étalement urbain
U-2 Créer des espaces publics et privés de qualité et assurer leur cohérence grâce à
des transitions maîtrisées (espaces privés, publics, intérieurs et extérieurs)
U-6 Prévoir l’adaptabilité et la réversibilité des aménagements
U-3 Assurer l’accessibilité de tous les usagers aux bâtiments et espaces extérieurs
U-7 Prévoir des aménagements favorisant la bonne gestion des questions de sécurité
U-4 Assurer la desserte externe en développant les modes de déplacement doux et en
commun
U-8 Mettre en valeur (conserver, gérer…) le patrimoine architectural, urbain et paysager et valoriser
l’existant autant que possible
Qualité environnementale du tissu urbain : inciter les constructeurs à viser la qualité environnementale pour l’ensemble des bâtiments
Les critères incontournables
Les critères recommandés
Q-1 Mettre en place une politique d’efficacité énergétique (économie
d’énergie) et développer l’utilisation des énergies renouvelables
Q-6 Développer des relations harmonieuses des bâtiments et des îlots avec leur environnemen
immédiat
Q-2 Prévoir une gestion intégrée des eaux (économies de consommation
d’eau potable, perméabilisation des surfaces, gestion et valorisation des eaux
pluviales, autoépuration, réseau séparatif eaux usées/eaux pluviales)
Q-7 Assurer une gestion climatique du quartier (forme du bâtiment, ventilation naturelle,
végétation, fontaines…)
Q-3 Prévoir une gestion intégrée des déchets d’activités, encombrants,
ordures ménagères, déchets recyclables (ex : collecte, apport volontaire,
réduction à la source)
Q-8 Assurer une qualité esthétique et paysagère
Q-4 Lutter contre les nuisances sonores (réduction à la source, isolation,
qualité des ambiances sonores, bonne gestion des activités sonores, …)
Q-9 Mettre en place une politique de végétalisation et d’entretien et favoriser la biodiversité
par les choix de conception et de gestion des espaces verts
Q-5 Anticiper les risques naturels et technologiques et réduire la
vulnérabilité
Q-10 Améliorer la qualité de l’air et assurer un contrôle olfactif
1
Q-11 Assurer une gestion différenciée des animaux en ville
Q-12 Organiser des chantiers à faibles nuisances
Q-13 Favoriser l’utilisation de matériaux à faible impact sur l’environnement
Développement social et économique : repérer et appuyer les ressources dynamiques et initiatives locales
Les critères incontournables
Les critères recommandés
D-1 Favoriser le lien social et culturel entre les habitants du quartier et le
reste de la ville (construction) et garantir un logement satisfaisant sur place à
toutes les personnes déplacées (réhabilitation)
D-5 Organiser la mixité et le lien social, culturel et intergénérationnel
D-2 Promouvoir la formation et l’information au cœur de la vie de quartier
D-6 Prévoir un programme de création d’équipements
D-3 Favoriser le maintien et la création d’activités : nouveaux services,
nouveaux métiers
D-7 Favoriser la gestion de proximité
D-4 Adopter une approche en coût global du projet et de ses composantes
(investissement, fonctionnement et impacts)
Gouvernance et pilotage : se doter d’une ambition commune et partagée pour le quartier
Les critères incontournables
Les critères recommandés
G-1 Mettre en place un pilotage spécifique via la création d’une structure
propre au projet, bénéficiant d’une certaine autonomie, de compétences
transversales et d’un budget propre
G-5 Reconnaître, valoriser et faire évoluer les métiers, les compétences et les dispositifs,
notamment par la formation et les échanges
G-2 Choisir et mettre en place des outils de gouvernance (participation,
transparence et communication)
G-6 Mettre en place un système de management adapté et le faire évoluer
G-3 Se situer dans une démarche de qualité : évaluer et adapter le projet à
chaque étape
G-7 Favoriser une meilleure coordination entre la collectivité et les organismes institutionnels
G-4 Mise en commun, promotion, capitalisation et partage d’expériences
9.2
Annexe 2 : Les 14 cibles de la démarche HQE
Eco-construction
1. Relations harmonieuses des bâtiments avec leur environnement immédiat
2. Choix intégré des procédés et produits de construction
3. Chantiers à faibles nuisances
Eco-gestion
4. Gestion de l’énergie
5. Gestion de l’eau
6. Gestion des déchets d’activité
7. Gestion de l’entretien et de la maintenance
Créer un environnement intérieur sain et confortable
Confort
8. Confort hygrothermique
9. Confort acoustique
10. Confort visuel
11. Confort olfactif
Santé
12. Qualité sanitaire des espaces
13. Qualité sanitaire de l’air
14. Qualité sanitaire de l’eau
9.3
Bibliographie
Tous les articles cités sont disponibles au centre de documentation d’Etopia
([email protected])
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WWF International. Rapport Planète vivante 2006. WWF, Suisse, 40 pages.
3
9.4
Remerciements
Un grand merci tout particulièrement à :
Christina Dewart, chercheuse-associée d’Etopia, Marie-Laurence Dubois et Angela
Camboni (Centre de documentation Etopia), José Daras (président d’Etopia), Benoit
Lechat (chercheur Etopia), Christophe Derenne (directeur Etopia), Hubert Bedoret
(conseiller politique Ecolo).
Ainsi qu’à Antoine Crahay, Sylvianne Friedlingstein et Grégoire Clerfayt, conseillers au
cabinet de la Ministre Evelyne Huytebroeck.
Et à Yaron Pesztat, Bernard Deprez, Barbara de Radiguès, Yves Rouyet, Pierre
Vanderstraeten, Geoffroy De Schutter, Bruno Nys, Myriam Hilgers et Bertrand Ippersiel
pour leurs remarques avisées.
9.5
Coordonnées
Etopia, centre d’animation et de recherche en écologie politique
Espace Kegeljan, 52 avenue de Marlagne à 5000 Namur
t.: 00 32 81 22 58 48
f.: 00 32 81 23 18 47
[email protected] etopia.be
www.etopia.be
Etopia asbl est une association d’éducation permanente reconnue et subventionnée par
la Communauté Française
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