Layout 6 - L`Union sociale pour l`habitat

Layout 6 - L`Union sociale pour l`habitat
LE DOSSIER
Maîtriser
l’énergie
en Hlm
HABITAT
EN CHIFFRES
Inégalités
en hausse
REVUE TRIMESTRIELLE ÉDITÉE PAR L’UNION SOCIALE POUR L’HABITAT - MARS 2011 - N° 61
Habitat et Société N° 61
DOSSIER
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Abécédaire
Maîtriser l’énergie
en Hlm
L
a France s’est engagée à réduire par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Or, le secteur
du bâtiment représente 42 % de la consommation
énergétique française et émet 123 millions de tonnes
de CO2 par an, soit un quart des rejets. La réglementation thermique (RT) 2012 doit contribuer à économiser entre 13 et 35 millions de tonnes de C02 à horizon
2020.
Dans ce contexte, le Mouvement Hlm constitue un levier
considérable avec onze millions d’habitants, un patrimoine
de 4,3 millions de résidences principales et une production
annuelle de près de 100 000 nouveaux logements locatifs ou
en accession. Dès 2003, il s’est préoccupé de développement
durable qui était le thème de son Congrès. La consommation énergétique est certes inférieure de 30 % en habitat social que dans le reste du secteur résidentiel, mais avec des
disparités importantes.
Face au double enjeu que représentent le développement
durable et les charges locatives, les organismes Hlm se mobilisent. Ils s’efforcent d’améliorer la performance énergétique des bâtiments tant en construction neuve, en devançant les exigences de la nouvelle réglementation thermique,
que dans l’habitat existant à travers le programme d’amélioration des 800 000 logements les moins performants. Recourant à des solutions techniques ancestrales ou innovantes, voire expérimentales, ils s’appuient sur les énergies
renouvelables, des pompes à chaleur au solaire thermique,
pour proposer un habitat durable et limiter la consommation d’énergie en matière de chauffage, de loin le poste le
plus gourmand, de production d’eau chaude sanitaire et
d’éclairage. Enfin, ils s’efforcent d’encourager les comportements écologiques des locataires. ■
DOSSIER RÉALISÉ PAR PASCALE BARET,
AVEC LA PARTICIPATION DE NICOLE RUDLOFF ET FRÉDÉRIQUE XELOT.
Habitat et Société N° 61
Agenda 21 T Architecture bioclimatique T Bâtiment basse consommation T Bilan Carbone T Certificats d’économie d’énergie T Certifications, labels et autres appellations T Chantiers verts T Éco-citoyen T
Éco-construction T Éco-quartier T Énergie positive T Équipements
économes et vertueux T Expérimentations T Géothermie T Maison
passive T Performance énergétique T Rénovation énergétique T Solaire
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DOSSIER
DOSSIER
Économiser l’énergie,
préserver l’environnement
S
uite aux chocs pétroliers, le panel énergétique du
parc Hlm a sensiblement évolué pour assurer confort
et maîtrise des charges aux locataires. Ainsi, près de
60 % du parc Hlm est alimenté en gaz naturel, 20 %
est raccordé à des réseaux de chaleur, 10 % est électrique ;
le solde comportant du fuel, du bois… et d’autres énergies
renouvelables (Enr).
Par ailleurs, la réhabilitation du patrimoine existant, depuis 1977, a toujours inscrit de façon implicite, une contribution aux économies d’énergie dans les travaux prescrits.
Cette typologie énergétique se traduit par une émission
moyenne de 1,9 T de CO2 par logement, variant de 10 à
50 kg/m2 SHAB.
À partir de l’Observatoire Hlm des charges, on dispose
d’une vision économique des enjeux énergétiques. Ainsi
lorsque la production de chauffage et d’eau chaude est collective, la dépense est d’environ 50 € par mois pour un logement moyen de 60 m2.
Au-delà des préoccupations énergétiques, une politique
volontariste a également été menée pour intégrer les autres
Habitat et Société N° 61
Une contribution déjà efficace du
logement social aux travaux
d’économie d’énergie…
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• Alors qu’il loge 16 % de la population… son parc contribue pour 11 % aux émissions de CO2 produites par le secteur résidentiel.
• La consommation énergétique moyenne du parc Hlm
en énergie primaire est de 170 kWh/m²/an… pour
240 kWh/m²/an dans l’ensemble du parc résidentiel en
France.
... élargie à d’autres dimensions
de la qualité environnementale
• La consommation d’eau moyenne y est de 100 l/jour/habitant pour 150 litres au niveau national.
• La collecte sélective est en place dans 65 % du patrimoine Hlm pour moins de 50 % pour l’ensemble du parc
résidentiel.
• 97 % de la production est réalisée en groupé dans des
conditions d’optimisation de la constructibilité.
dimensions de la qualité environnementale dans l’activité de
maître d’ouvrage et de gestionnaire immobilier : maîtrise
des consommations d’eau, chantiers propres et collecte sélective des déchets ménagers, utilisation de matériaux écologiques et sains, maîtrise de l’étalement urbain ; sans oublier
la sensibilisation des collaborateurs des organismes et des
habitants au développement durable et le recrutement, le cas
échéant, de profils spécifiques.
Enjeux pour le secteur Hlm
Traduction des lois Grenelle dans le logement social
Le Grenelle de l’environnement fixe comme objectif, d’ici à
2020, de réduire d’au moins 20 % les émissions de gaz à effet de serre, et de 38 % la consommation d’énergie du parc
existant ; de porter la part des énergies renouvelables à au
moins 23 % de la consommation d’énergie finale. Ces objectifs se traduisent dans le logement social notamment par :
• la rénovation énergétique de 800 000 logements les plus
consommateurs ;
• la généralisation des bâtiments BBC dès 2013 et par anticipation pour le programme de rénovation urbaine ;
• une incitation au développement des énergies renouvelables, des éco-quartiers.
Enjeu social
La crise économique et financière a accentué le besoin de
produire une offre abondante de logements performants à
faible loyer et notamment de logements neufs très sociaux.
Mais, en raison de la pérennité des situations de précarité,
c’est aussi sur l’ensemble du parc que le Mouvement Hlm
doit intégrer l’objectif de rendre la quittance accessible au
plus grand nombre en veillant au risque de précarité énergétique.
Les investissements à réaliser sont massifs et doivent se
traduire par des résultats tangibles tant sur les consommations que sur les dépenses. L’attention est donc plus forte
pour introduire dans les process des éléments de garantie
portant sur la qualité dès la conception et sur la réalisation
parmi lesquels la certification.
La qualité technique n’est pourtant pas suffisante. Il importe que ces avancées attendues s’effectuent en maintenant
les qualités architecturales et urbaines. En effet, certaines cibles de clientèle ne trouvent plus dans l’offre résidentielle urbaine une réponse satisfaisante à leurs attentes. Ces mé-
Enjeux techniques et patrimoniaux
Les premiers retours sur expériences d’opérations BBC, de
réhabilitations thermiquement performantes, voire d’aménagement durable sont riches d’enseignements. Ils soulignent les changements à opérer pour passer d’opérations
exemplaires à une généralisation des niveaux de performances attendus, les réflexions à mener en matière d’échelle
pertinente de la performance énergétique et de cohérence
des actions envisagées dans le domaine des bâtiments, des
transports, des services de proximité en tenant compte des
usages des locataires.
Une prise de conscience s’est fait jour sur la nécessité de
retrouver les moyens de gérer l’évolution de la ville dans une
perspective de développement durable. Cela touche les aspects environnementaux (éco quartiers) mais aussi la prise
en compte en amont des facteurs déterminants du processus de valorisation par la cohésion et la diversité sociale
ainsi que par l’accès aux services. La conception et la per-
formance sont alors à réfléchir à plusieurs échelles en tentant de concilier la densité et la mobilité.
Pour la production neuve, désormais tous les dossiers visent a minima le niveau BBC et d’ores et déjà, des projets sont
engagés à des niveaux plus élevés. Les principes reposent sur
une recherche de localisation optimale, une orientation favorable chaque fois que possible, des niveaux d’isolation très
élevés et un large recours à des matériaux locaux et sains. La
qualité de la réalisation fait l’objet d’une plus grande attention (tolérances, définition des points de détail, modalités de
gestion des approvisionnements et du chantier).
Concernant le parc existant, pour répondre aux objectifs
du Grenelle, les organismes Hlm ont initié des stratégies
énergétiques et/ou la réactualisation de leur plan stratégique de patrimoine (PSP) avec la prise en compte des préoccupations énergétiques, mais également le vieillissement
de la population, l’accessibilité du cadre bâti, l’intégration de
demandes complémentaires de la part des collectivités territoriales en matière de qualité environnementale. Toutefois,
les performances attendues dans un contexte économique et
financier de plus en plus contraint interpellent le niveau et
le mode d’intervention et notamment la possibilité d’intervenir en plusieurs étapes sans compromettre les gains futurs
d’économie d’énergie.
Les enjeux énergétiques et les modalités financières mises
en place formatent les réponses et on assiste à une mise en
œuvre des améliorations thermiques plutôt standardisée
avec des travaux adaptés aux sites occupés. La prise en
compte des autres objectifs de valorisation patrimoniale,
Habitat et Société N° 61
nages sont tentés par l’exode urbain avec des conséquences
néfastes pour l’intérêt général et en termes de désadaptation
de l’offre Hlm existante, d’une part, et de la perte de mixité
sociale de certains quartiers, d’autre part.
La conception du neuf et la requalification de l’existant
doivent accorder une large part à l’attractivité des logements en tenant compte des attentes génériques nouvelles
(intimité, urbanité, écologie avec notamment l’enjeu des
prolongements du logement) et spécifiques des différentes
cibles de clientèle.
27
DOSSIER
urbaine et d’usage est un enjeu d’avenir dominant tant pour
les solutions que pour les montages.
Habitat et Société N° 61
Nouveaux enjeux énergétiques sur le neuf et l’existant
De nouveaux cadres de références nationaux et locaux en matière de sources d’approvisionnement énergétique sont en train
de se mettre en place. Ils invitent les acteurs à les décliner dans
leurs politiques, à privilégier des installations décentralisées
comme les réseaux de chaleur ou à recourir à des énergies renouvelables locales. Pour autant, la réduction significative des
besoins à l’échelle des bâtiments puis des quartiers pose plusieurs questions. La première porte sur le choix de systèmes
de production, de distribution et d’émission de la chaleur pertinents sur le plan technico-économique. La seconde sur la mise
au point d’un nouveau modèle technique, économique et juridique adapté aux usages de demain.
Parmi les premières réalisations réceptionnées, certaines
ont recours à des techniques fiables et robustes, d’autres
font appel à de l’innovation (systèmes constructifs, équipements expérimentaux), interrogeant la gestion de l’innovation (prise de risque, suivi, actions correctrices…) et la capitalisation pour faciliter les arbitrages ultérieurs.
L’enjeu de l’exploitation et de l’entretien des installations
ne doit pas être oublié. Bien au contraire, maillon central de
la performance énergétique et élément incontournable de la
garantie de performance attendue des habitants, les contrats
d’exploitation et d’entretien se doivent d’être revisités dans
leurs objectifs et le rôle des prestataires.
Enfin, la recherche de la performance énergétique ne doit
pas occulter les interrogations grandissantes en matière de
confort d’été, d’impact des travaux énergétiques sur le
confort acoustique et d’impact du comportement des habitants sur les consommations constatées.
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Difficile équation économique et financière
Alors que l’approche globale des réhabilitations et constructions neuves rend difficile de quantifier les surcoûts induits
par l’amélioration des performances énergétiques, les montages financiers se complexifient. La mobilisation des nouvelles ressources (CEE, dégrèvement de TFPB) se traduit par
La rénovation énergétique
D’ores et déjà, près de 85 000 logements sont engagés
dans des réhabilitations avec un volet énergétique ambitieux. Le montant moyen des travaux est de 28 k€ TTC/logement.
Qu’en est-il pour la production
nouvelle ?
Plus de 63 000 logements sociaux font l’objet d’une demande de label BBC Effinergie ; 3 200 ont d’ores et déjà été
certifiés. Les premières opérations viennent d’être livrées.
la mise en place de démarches structurées au sein des organismes Hlm. Pour autant, les niveaux de prix et les montages
actuels laissent présager une impossibilité d’atteindre les objectifs fixés à conditions équivalentes.
Enjeux sur l’usage
Si l’on veut que la performance se traduise par de moindres
charges, l’habitant doit contribuer au résultat par un usage
raisonnable. Dans le secteur Hlm marqué par une occupation modeste, il importe d’orienter les choix vers un équipement adapté à un usage simple et efficace (robinetterie
économe, par exemple) et des moyens de pilotage, de
conduite et de suivi à un coût maîtrisé. En effet, plus les performances attendues sont élevées (en vue d’une dépense
contrôlée notamment dans l’environnement d’ouverture des
marchés), plus il faut soit donner à l’utilisateur les moyens
de contrôler les conséquences de son comportement, soit
compenser ses erreurs éventuelles.
Évolutions nécessaires
Des changements à opérer sur le plan organisationnel et
des ressources humaines
L’atteinte des performances énergétiques et environnementales pose de manière prégnante la question des compétences nécessaires (internes ou externes), d’une nouvelle
organisation du process de maîtrise d’ouvrage. Les vérifications in situ (étanchéité à l’air, acoustique) traduisent des objectifs de résultat. Mais en matière énergétique, cela reste
une simple conformité à une convention de calcul. L’obligation de résultat suggéré par le Grenelle est encore difficile à
mettre en œuvre et à atteindre, interrogeant de fait les méthodes de suivi et d’indicateurs associés.
Des attentes sur l’offre
Même si les objectifs sont connus, les cadres de références
sont en cours de finalisation. Leur atteinte passera inévitablement par une évolution de l’offre de matériaux, d’équipements, de solutions énergétiques adaptés aux besoins,
aux usages (intermittence par exemple) ainsi que par la
structuration des filières. Des changements dans la chaîne
d’acteurs seront également à opérer selon des schémas à affiner (AMO, responsabilisation des acteurs dans les lots,
conception réalisation) ou en faisant appel à des modèles innovants qui restent à valider (CPE, PPP).
Dans le prolongement de la recherche de performance, la
prise en compte de l’énergie grise et plus généralement des
externalités sont les enjeux de demain. Ils amèneront à
structurer les procédures d’achat au-delà des simples respects des règles imposées aux acteurs publics, mais devront
s’appuyer sur une information encadrée. ■
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DOSSIER
a
Agenda 21
Habitat et Société N° 61
Issus de la conférence de Rio de 1992,
les agendas 21 sont des programmes
d’action pour le XXIe siècle servant de
guide à la mise en œuvre du développement durable au niveau global ou local. Aux
côtés des collectivités, les organismes Hlm prennent eux aussi des engagements pour mener une démarche cohérente de développement durable, formalisée par l’adoption
d’un Agenda 21 ou de chartes environnementales à destination
des locataires, des élus, de leurs salariés et des prestataires et entreprises avec lesquels ils travaillent. C’est une feuille de route pour
la politique de développement durable des bailleurs.
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Une charte
environnementale
comme guide vert
Élaborée avec les 180 salariés de l’Esh,
la charte environnementale adoptée en
janvier 2010 par Le Val de Loire est
structurée en six axes déclinés en 50
actions, à mettre en œuvre dans les
trois prochaines années. Exemples.
• Une entreprise éco-citoyenne à travers la formation des salariés, le bilan du
rejet de CO2 du parc auto, la réduction
du papier, le bilan carbone du siège…
• Des bâtiments performants, avec l’engagement de faire baisser globalement
de 10 % la consommation du parc d’ici
2011 par un plan énergétique du patrimoine favorisant les énergies renouvelables, un diagnostic général des
consommations, mais aussi la
construction BBC (opération « La
Reux» à St Barthélemy d’Anjou primée
par l’Ademe et la Région Pays de la
Loire), l’installation d’une chaufferie
bois en collectif sur l’éco-quartier Les
Capucins à Angers, d’une chaudière
éco-générateur.
• Des déchets valorisés.
• La ressource en eau préservée par
des équipements hydro-économes installés dans 78 % des logements, l’arrosage automatique, la communication
des moyennes de charges dans le cadre
d’une convention signée avec l’agence
de l’eau Loire-Bretagne.
• Des logements sains grâce à une ventilation, au rythme de 400 logements
par an.
• Des espaces verts durables par une
gestion raisonnée, l’emploi de matériaux biodégradables, la plantation de
300 arbres sur cinq ans, des partena-
riats avec les locataires. Par exemple,
l’Esh expérimente, avec Plante & Cité
(filiale de Vegepolys), l’utilisation de
plantes locales et leur densité sur le
site de Copernic à Angers. ■
Agir pour un développement durable: une volonté
Signé en septembre 2010, l’agenda 21
formalise en 29 engagements concrets,
les engagements d’Habitat 29 en faveur du développement durable. Un
concept qui illustre les valeurs de solidarité que revendique Habitat 29.
Deuxième plan d’actions
Partenord persiste et signe avec son
deuxième plan d’actions Agenda 21
« Engagés vers un futur partagé » qui
affiche 36 objectifs pour la période
2010-2011 et touche tous les pans de
son activité en faveur du développement social et humain et de la préservation de l’environnement. Cet engagement repose sur trois volets :
• s’engager durablement tant au niveau
de la construction que de la gestion et
de l’aménagement. Avec en toile de
fond la volonté de réduire au maximum l’empreinte énergétique ainsi que
la facture énergétique tout en développant le confort, l’esthétique au bénéfice
de l’habitant par la recherche de solutions architecturales et techniques garantissant une réduction maximale des
consommations énergétiques et des
émissions polluantes et anticipent la
réglementation ;
• agir ensemble pour renforcer l’accès
au logement des personnes défavorisées et lutter contre les exclusions en
renforçant les partenariats et la
concertation avec les habitants ;
• être exemplaire en se positionnant
comme une entreprise éco-responsable en impliquant l’ensemble du
personnel dans la démarche afin d’infléchir le comportement de chacun
en s’appuyant sur les ambassadeurs
A21. ■
Équité sociale
et gouvernance
Depuis 1995, l’Opac 38 (OPH de
l’Isère) met en œuvre une politique
énergétique et environnementale afin
de parer au risque majeur de dérapage des énergies fossiles. Il s’agit de
sortir autant que faire se peut les populations qu’il loge du marché des
énergies sujet à fluctuations, afin
d’éviter une rupture du lien social par
l’économique.
En 2002, le développement durable
est inscrit comme axe stratégique de
développement et l’Opac se dote d’un
Agenda 21. Depuis 2008, le développement durable et la lutte contre les
pauvretés sont portés au rang des
deux valeurs de l’organisme.
Plus du tiers des actions de l’Agenda
21 sont terminées à ce jour et la moitié en cours. L’enjeu porte sur leur
évaluation en vue d’une amélioration,
conformément à la certification ISO
9001 obtenue en 2008 par l’organisme.
L’office dispose ainsi de son Bilan carbone® et conduit chaque année un
groupe d’évaluation participative.
Convaincu qu’il est nécessaire d’imbriquer démocratie représentative et
démocratie participative, l’Opac 38
approfondit aujourd’hui l’Agenda 21
dans son thème 2 "Gérer ensemble"
et son thème 3 "Inscrire les comportements dans les logiques collectives".
Il s’agit de concevoir une nouvelle
gouvernance partagée impliquant
l’ensemble des parties prenantes par
une coproduction de la décision (et le
partage du savoir). Cela se traduit par
des groupes participatifs associant locataires et partenaires institutionnels,
l’établissement de budgets participatifs et de comités de gestion sur les
travaux environnementaux… ■
Habitat et Société N° 61
Il concrétise plus d’un an de travail, de
dialogue avec les locataires, les élus,
les fournisseurs et les salariés…
Organisé autour de trois domaines, les
logements, les habitants, les acteurs, il
est décliné en dix axes de travail. Deux
sont consacrés aux logements, cinq
aux habitants et trois à la gouvernance. Chacun est décliné en enjeux,
objectifs, actions déjà mises en œuvre
et calendrier de mise en place.
Pour ce qui concerne la construction
neuve ou le parc existant, priorité est
donnée à l’économie d’énergie, à la la
maîtrise des charges, la qualité environnementale et à l’optimisation foncière.
Le partenariat avec les habitants, objet de cinq axes de travail, privilégie
l’information et l’écoute, la sensibilisation aux bonnes pratiques, la transparence, le soutien aux initiatives
favorisant la convivialité, l’accompagnement des locataires avec des réponses spécifiques pour les personnes
âgées, handicapées, jeunes, démunies.
Habitat 29 garantit une qualité de service d’ailleurs certifiée ISO 9001.
Le troisième domaine concerne la gouvernance avec les partenaires, la collectivité de rattachement et les fournisseurs. Un des volets est consacré
aux salariés dont l’implication au service de l’éco-responsabilité est recherchée. Repenser les pratiques professionnelles pour limiter les émissions
de CO2, privilégier l’achat de produits
durables, intégrer la maîtrise des coûts
de fonctionnement dans les critères de
l’intéressement sont autant d’actions
destinées à y contribuer. ■
31
DOSSIER
a
Architecture bioclimatique
Elle assure la plus grande partie du confort thermique de manière passive en utilisant les ressources de l’environnement. Elle consiste donc à
optimiser et valoriser les apports solaires dans le meilleur compromis :
orientation des pièces de séjour, surfaces vitrées, inertie thermique et espaces tampons. Son intérêt est d’autant plus grand que les besoins énergétiques sont réduits. Par extension, tous les éléments qui concourent à ce
confort de manière passive relèvent de cette architecture bioclimatique :
• les dispositions prévues pour assurer le confort d’été : protections solaires mobiles, végétalisation, puits provençal ou free-cooling ;
• les dispositions pour assurer la qualité d’air : matériaux hygro-absorbants, ventilation naturelle
ou hybride ;
• l’optimisation de l’éclairage naturel des circulations et des pièces de service.
À Annecy-le-Vieux (74)
Habitat et Société N° 61
Pour ce programme de 59 logements
locatifs (50 PLUS et 9 PLAI), HauteSavoie Habitat a construit son cahier
des charges autour de cinq thèmes que
sont les cinq « ateliers » du référentiel
QEB, un dispositif régional visant à
promouvoir la qualité environnementale dans les opérations immobilières
32
sociales. L’obtention de cette « certification » dépend, entre autres, du niveau de performance de la construction et du respect de plusieurs normes
et critères relatifs au chantier, au bâti et
à l’information du public. L’opération
de 3 858 000 € arrive à une performance énergétique de 54 kWh/m2/an,
soit environ 320 € de chauffage. Une
facture divisée par trois par rapport à
un logement classique. Les principes
de la qualité environnementale des bâtiments (QFB) :
• Intégration du bâtiment dans le
site. Les espaces verts sont préservés
pour former un espace tampon autour
de la résidence avec de nombreux arbres et arbustes plantés ; il y a aussi un
59 logements
locatifs avec vue
panoramique sur
l’agglomération
d’Annecy
(Haute-Savoie
Habitat).
Arch. : Richard
Plottier.
bassin de rétention des eaux pluviales
et une toiture végétalisée.
• Choix des matériaux. Du bois provenant du Massif Central (Pin Douglas) a été utilisé pour la construction
des terrasses, balcons et toitures et
menuiseries intérieures.
• Maîtrise des flux. L’isolation est très
performante : isolation extérieure renforcée de 12 cm de polystyrène graphité et isolation intérieure au nord ;
aucun pont thermique pour une étanchéité maximale de la structure. Equipements : double vitrage à lames
d’argon, ventilation hygroréglable
(type B), chauffage à haut rendement
de gaz à condensation, panneaux solaires (ECS), équipements sanitaires
hydro-économes.
• Maîtrise des conforts. La fraîcheur
des logements est assurée par l’orientation nord/sud, par la présence de
larges balcons (brise-soleil), par la toiture végétalisée et par l’inertie thermique liée à l’isolation extérieure. Le
confort visuel par un éclairage naturel
optimal et aucun vis-à-vis.
• Réduction des nuisances et des
pollutions. Un local de 18,5 m2 est
destiné au tri sélectif des déchets ; un
chantier propre, selon la charte de
« chantier à faibles nuisances » signée
par toutes les entreprises. ■
Avec ses autres équipements
(VMC hygroréglable de type B,
micro-chaudière collective de
40 m2 de panneaux solaires complétés par du gaz), ce programme
d’un coût de 16660000 € sera labellisé Habitat & Environnement
et certifié BBC Effinergie. Il devra réduire l’empreinte écologique à hauteur de 14 tonnes
équivalent CO2 par an et par bâtiment. ■
À Tourcoing (59)
Dans le cadre de ses opérations de
rénovation urbaine sur la métropole lilloise, Vilogia va livrer
153 logements BBC sur le site
d’une ancienne friche à Tourcoing: cinq bâtiments soit 130 logements locatifs et un immeuble
de 23 logements en accession.
L’architecture bioclimatique suit
finement la course du soleil : la
taille et l’emplacement des baies
vitrées, avec double vitrage à faible émissivité à l’argon, ont été
calculés de façon à faire bénéficier
les habitants d’un maximum de
luminosité tout au long de l’année,
sans être gênés par les variations
de températures. Une isolation
thermique optimale et des besoins en chauffage limités sont garantis par les façades habillées de
résille en bois au nord et de peinture de couleur claire au sud
pour réfléchir la lumière et par
une couche de 120 millimètres
d’isolant, contre 80 millimètres
dans les projets classiques.
Le projet prend place dans un cadre verdoyant, où la nature est
omniprésente depuis les terrasses
au rez-de-chaussée. Aucun logement n’aura une vue principale
sur les stationnements grâce à
une organisation en contre-allée
évitant les véhicules en cœur
d’îlot réservé aux jeux des enfants.
Habitat et Société N° 61
Ci-contre et ci-dessous : les Jardins
de Belencontre, 153 logements en
cours de construction à Tourcoing,
dans le cadre du PRU (Vilogia).
Arch. : Nicolas Favet.
33
DOSSIER
b
Bâtiment basse
consommation (BBC)
Alors qu’aucun plafond n’avait été défini jusque-là, la réglementation
thermique (RT 2012) élaborée pour lutter contre l’émission des gaz à effet de serre, rend le niveau BBC obligatoire à partir du 1er juillet 2011 pour
les immeubles tertiaires, les bâtiments publics et en zone Anru, et à compter
du 1er janvier 2013 pour les habitations neuves. La réglementation fixe des exigences nouvelles
en termes bioclimatiques (B Bio), de consommation et de confort d’été.
Mais le BBC tend déjà à devenir la règle dans les organismes, désormais nombreux à devancer
l’obligation du Grenelle de l’environnement, à travers des programmes parfaitement insérés dans
leur site, n’induisant ni architecture, ni technologie particulière. C’est la conception par une enveloppe étanche et les matériaux utilisés qui limitent la consommation énergétique de ces bâtiments, dont le principal atout est de diminuer très fortement les besoins de chauffage.
Mais les solutions techniques ne tiendront leurs promesses qu’en étant parfaitement mises en œuvre et utilisées à bon escient par les locataires qu’il est nécessaire d’informer et de sensibiliser aux
nouvelles pratiques ainsi qu’aux enjeux économiques et environnementaux. De telles opérations
ont un surcoût évalué entre 10 et 15% en moyenne, mais ce sont souvent de véritables laboratoires
de l’habitat du futur réunissant des équipes pluridisciplinaires autour des organismes dès l’esquisse
de l’avant-projet. Le savoir-faire évolue très vite et les surcoûts sont de mieux en mieux maîtrisés.
Habitat et Société N° 61
BBC Effinergie, mode d’emploi
34
L’obtention du label repose sur deux obligations:
• Une consommation maximale en énergie primaire de 50 kWhE/m² SHON/an modulable de 40 à
65 kWh/m2/an selon les zones climatiques, l’altitude, l’usage, la surface et le type de chauffage. Les
consommations prises en compte dans le calcul concernent le chauffage, l’eau chaude sanitaire
(ECS), le refroidissement, la ventilation, l’éclairage et les auxiliaires. La surface prise en compte est
la surface hors œuvre nette (SHON).
• Une étanchéité à l’air < 0,6 m3/h/m2 mesurée par le test dit de la porte soufflante.
Aucune obligation n’est fixée quant aux solutions constructives. Un certain nombre de recommandations permet d’atteindre ce niveau d’exigence : conception compacte, chauffage solaire passif,
confort d’été, limitation des ponts thermiques, étanchéité élevée aux fuites d’air, ventilation optimisée,
réduction du coût de production d’ECS, système de chauffage de qualité, isolation et vitrages performants.
Dans le secteur résidentiel, le label est attribué par Cerqual et Promotelec.
À Couéron (44)
À Grenoble (38)
À l’entrée Ouest de l’éco-quartier De Bonne qui
est d’ores et déjà une référence pour sa qualité
d’aménagement et la diversité des usages, Actis
(OPH de la région grenobloise) a inauguré au
mois de janvier 2011 son premier bâtiment BBC,
le Partisan, composé de 32 logements familiaux
répartis en trois volumes de 5, 7 et 9 niveaux.
Le parti-pris architectural privilégie la recherche de performance énergétique : le bâtiment a été conçu de manière compacte et doté
de grands cadres vitrés de couleur dynamisant
sa structure. Les grands logements sont agencés
autour d’un « jardin d’hiver », source de lumière
et de chaleur.
Pour réduire les charges des locataires et garantir à ces derniers un confort en hiver comme
en été, l’immeuble est isolé thermiquement par
l’extérieur et les menuiseries extérieures sont
équipées d’un double-vitrage peu émissif à lame
d’argon. Tous les logements disposent de double, voire triple orientation. Avec des capteurs
solaires pour le préchauffage de l’eau chaude sanitaire (à hauteur de 32 % des besoins) et le
chauffage urbain, l’opération se place au niveau
BBC Effinergie, certifié par Qualitel et Habitat
&Environnement, pour un coût de construction de 4 800 000 €. ■
Les Gélinottes,
17 logements
individuels en mur
parpaing avec
isolation extérieure et
intérieure (Atlantique
Habitations).
Arch. : Michel Pacteau.
▼
Sur ce programme de 17 pavillons de ville
construit par Atlantique Habitations dans une
nouvelle zone d’habitation proche du centreville, le point singulier réside dans le choix
d’une isolation extérieure et intérieure avec une
structure béton pour les parois et planchers.
Les parois extérieures sont constituées de
bardage bois, laine de verre, d’aggloméré ; le
plancher haut de substrat végétal, bac acier,
laine minérale. La porte est en bois, les menuiseries en PVC argon, avec volets roulants. Les
ponts thermiques ont été traités par une isolation extérieure sur 50 cm de profondeur en
terre-plein, l’isolation du plancher intermédiaire et le retour d’isolation sur acrotère en
toiture.
La ventilation est individuelle type Hygro A
d’une puissance de 22 W Thc. Une chaudière
murale gaz naturel à condensation assure la
production du chauffage et d’ECS micro accumulée. L’eau chaude provient également de capteurs solaires. Une ventilation naturelle, l’inertie de la structure maçonnée et les planchers
béton apportent le confort d’été.
Coût : 2 430 745 € ; opération labellisée BBC
Effinergie et certifiée Habitat et Environnement. ■
Habitat et Société N° 61
32 logements
partisans du
développement
durable (Actis).
Arch. : Beranger
Gerbier.
35
DOSSIER
À Villepinte (93)
Habitat et Société N° 61
À Bayonne (64)
36
En accession sociale à la propriété, les résidences Baï Ona et
Baï Una, livrées en janvier 2011
par la coopérative Le COL à
Bayonne, ont été conçues pour
répondre à la norme BBC sans
faire appel aux énergies renouvelables.
De larges ouvertures sur la façade sud permettent de profiter des apports solaires en hiver, tout en étant protégé l’été
par des balcons et un débord de
toit. Les façades Est et Ouest
sont opaques pour éviter toute
surchauffe, la façade nord est
peu ouverte.
Pour construire ces maisons
mitoyennes en bande (dix et cinq
maisons) implantées à deux-cent
mètres de distance, la coopérative a choisi un système
constructif industrialisé en filière
sèche bois (Egoin), qui permet
d’obtenir un coût de construction de 1 250 €/m2/SHAB, une
rapidité d’exécution et un chantier propre.
Les modules préfabriqués murs,
planchers et toit sont livrés
complets. Ce procédé favorise
les productions de bois local en
▲
15 maisons en
accession sociale
à la propriété
(coopérative Le
COL).
Arch. : Patrick
Arotcharen et
Philippe Bach.
Des débords de
toit ont été
prévus dans cette
opération située
au nord-ouest de
Bayonne.
pin maritime des Landes et mélèze des Pyrénées, ainsi que les
matériaux recyclables intégrant
des matériaux à changement de
phase. Lesquels utilisent la
baisse des températures durant
la nuit pour diffuser de l’air frais
extérieur dans la maison. Les
autres options techniques sont
une VMC simple flux hygro B
et une chaudière gaz à condensation (ECS thermique pour
deux maisons). L’opération affiche une consommation de
38,18 kWhep/m2/an. ■
Les treize maisons modulaires à
ossature bois qu’a livrées Efidis
(groupe SNI) en décembre dernier s’inscrivent dans le cadre de
la reconstitution de l’offre du
projet de rénovation urbaine de
Villepinte. La construction de la
résidence Gauguin avait pour
objectifs de changer l’image du
quartier Fontaine Mallet et de
diversifier l’habitat, notamment
en insérant de l’individuel. C’est
chose faite avec ces maisons
BBC Effinergie conçues à partir
de matériaux écologiques et recyclables, selon le procédé
MUSE qui est le fruit d’une collaboration entre la société BH,
filiale du groupe Bénéteau et le
groupe SNI, filiale de la Caisse
des dépôts. Au final, ces maisons
industrialisées (type 4 et 5
pièces) ont des performances
énergétiques de 20 % supérieures à la réglementation actuelle. Et les 40 logements de
l’opération lauréate de l’appel à
projets BBC de la Région Ile-deFrance sont d’ores et déjà en
construction à Montreuil (93). ■
13 maisons modulaires (Efidis).
Cabinet BLM et F. Pelegrin,
conception MUSE
▼
À Massais (79)
Habitat Nord Deux-Sèvres s’investit dans une
politique de développement durable avec pour
objectif de concilier sa mission sociale et l’habitat durable. Le programme de construction
lancé par l’organisme à la demande de la commune de Massais, a été retenu comme opération
exemplaire dans le cadre de l’appel à projet « Effinergie BBC » de la Région Poitou-Charentes.
L’opération comprend six logements en ossature bois (trois T3 de plain-pied et trois T4 avec
étage) construits à l’aide de matériaux « revalorisables » pour la protection de l’environnement. Pour exploiter au mieux
les énergies renouvelables, toutes les
grandes ouvertures sont orientées
au sud avec brise-soleil pour éviter
la surchauffe, des panneaux solaires fournissent l’énergie pour
l’eau chaude sanitaire. Le mode
de chauffage est un poêle à granulés bois situé en position centrale du logement, adossé à un muret de briques en terre crue, ce qui
permet de chauffer l’ensemble des
pièces : la dépense annuelle se situe entre 200 et 300 €. Coût de l’opération :
760 000 €. ■
▲
« Les Claudis », six logements à ossature
bois (Habitat Nord Deux-Sèvres).
Arch. : Sandrine Chesse (Cabinet R & C).
Les Epinettes, 28 logements collectifs
(Habitat 25). Arch. : A.A.U. Lhomme &
Nectoux, Architectes D.P.L.G. &
M. Gies, architecte B.D.A.
▼
Plutôt que de recourir à tout le
panel des systèmes techniques
possibles, l’approche d’Habitat
25 a été fondée sur les principes
élémentaires existants qui permettent de satisfaire l’essentiel
des objectifs recherchés dans le
cadre d’un bâtiment BBC. De
ce fait, aucun équipement spécifique n’a été retenu pour le
projet. Les logements possèdent
de larges baies vitrées sur les
pièces de vie, le séjour est protégé par une casquette. Le bâtiment compact a été habillé par
une isolation extérieure, type
PS15E de 20 cm. Les menuiseries extérieures en PVC double
vitrage peu émissif sont toutes
équipées de volets roulants. Les
zones de déperditions au niveau
des balcons sont traitées par le
biais de rupteurs thermiques.
C’est tout au long de la conception du projet que sont étudiées
les solutions ; par exemple, des
rubans adhésifs spécifiquement
conçus pour l’étanchéité à l’air
entre menuiseries et maçonnerie (caoutchouc butyle).
Une chaufferie collective de
deux chaudières gaz à condensation est aménagée au rez-dechaussée de l’immeuble. La
ventilation est assurée par une
VMC simple flux hygro B à
moteur microwatt. Depuis la
validation de l’esquisse, l’évolution du projet a permis de
modifier l’aspect de la toiture
de manière à optimiser le positionnement des 30 m2 de capteurs solaires thermiques tubulaires modulaires. L’ensemble
des choix permet d’obtenir une
consommation énergétique de
66 kwhep/an/m2 SHON; en données corrigées, 70 kwhep/an/m2
SHON du fait de l’altitude du
terrain (810 m) et de la zone climatique (H1c). ■
Habitat et Société N° 61
À Pontarlier (25)
37
DOSSIER
Habitat et Société N° 61
À Vitry-sur-Seine (94)
38
Efficacité énergétique ne rimant
pas forcément avec compacité,
l’immeuble Le Candide dans le
quartier Balzac à Vitry-surSeine, affiche un parti architectural fort, en rupture avec un
contexte urbain contraint et difficile.
L’immeuble de Vitry Habitat
est composé de deux entités de
5 et 6 étages, avec un hall entre
les deux. Les 29 logements bénéficient d’une double ou triple
exposition, d’un balcon ou d’une
terrasse plantée. Les séjours situés en angle sont parfois prolongés par des loggias. Au
sixième étage, on accède à une
serre commune qui donne sur
un jardin partagé puis, plus haut,
à un jardin potager. Les habitants seront invités à exploiter
au mieux les ressources naturelles qui feront partie de leur
quotidien. La générosité des espaces extérieurs, les locaux et
espaces partagés comme la
serre, les terrasses et les balcons,
la double orientation des appartements offriront une grande
qualité de vie.
Les performances de cette
opération BBC Effinergie sont
des émissions GES limitées à
▲
Architecture et
efficacité pour
29 logements bas
carbone,
émettant peu de
gaz à effet de
serre (OPH de
Vitry-sur-Seine).
Arch. : B. Rollet.
Butte Dufour, 36
logements BBC et
THPE (OPH de la
Com. d’agglo.
de La Rochelle)
Smart
Architectures
▼
2,16 kg CO2/m2/SHON/an et une
consommation énergétique de
51,52 kWhep/m2/SHON/an pour
un prix de revient hors foncier et
VRD de 1896 €/m2.
Les solutions proposées sont l’utilisation de la brique, du bois, du
métal et des végétaux pour leurs
performances thermiques hygrométriques et acoustiques; la
récupération des «eaux grises»,
de pluie, de ruissellement; des essences végétales locales, le chauffage par une pompe à chaleur
dans la nappe phréatique, des lucioles photovoltaïques sur les balcons, des panneaux photovoltaïques sur la serre et en toiture,
l’isolation par l’extérieur, des systèmes de comptage des consommations et d’affichage dans le
hall et une ventilation basée sur le
concept de l’effet «Venturi» et assistée par soufflage d’air. ■
À La Rochelle (17)
Les habitations sont très économes en énergie et le quartier
invente un nouveau cadre de vie
dans ce projet architectural résolument tourné vers le développement durable, livré par l’OPH
de la communauté d’agglomération de La Rochelle à proximité du centre-ville et du port
par la piste cyclable.
Bénéficiant des labels BBC pour
le bâtiment collectif de 24 logements et Très Haute Performance Energétique (THPE)
pour les 12 logements individuels
triplex de type «maisons de ville
accolées », ces nouveaux logements sont notamment équipés
de capteurs solaires pour produire l’eau chaude collective et
la dépense « chauffage » sera
jusqu’à trois fois moins élevée
que dans un logement construit
de manière traditionnelle. Le
nouveau quartier de la Butte Dufour montre une architecture
contemporaine. Les volumes,
l’espace et la lumière ont été privilégiés dans les logements dotés de grandes baies vitrées et de
larges terrasses. Avec l’utilisation
de matériaux naturels, les espaces verts et la végétalisation
des bâtiments offrent un air et
un environnement plus agréable
et plus sain, à l’intérieur comme
à l’extérieur des logements. ■
Parmi une production de plus de
400 logements BBC l’an dernier,
Halpades a livré à Epagny 12 logements (10 PLUS et 2 PLAI) labellisés Qualitel Effinergie BBC
2005 et Minergie et répondant
aux cibles du Référentiel régional QEB. Grâce à l’éco-conception du bâtiment (résidence
compacte, balcons désolidarisés…) et à différents équipements (chaudière collective au
gaz à condensation, 30 m2 de
panneaux solaires, ventilation
mécanique double flux pour préchauffer l’air entrant, isolation
par l’extérieur de 16 cm…), l’opération atteint des performances
énergétiques, thermiques et environnementales exceptionnelles (certification énergétique
inférieure à 42 KWh/m2/an).
Les balcons, désolidarisés du
bâtiment et orientés plein sud,
permettent un apport solaire en
hiver et constituent un véritable
brise-soleil en été, évitant la surchauffe des logements, conciliant ainsi confort et économie
de charges. La façade sud est
largement vitrée avec des baies
à trois vantaux de très grande
qualité thermique, permettant
le chauffage des logements par
ensoleillement naturel. Un livret d’accueil a été remis aux locataires lors de la sensibilisation effectuée par les équipes
d’Halpades. ■
▲
12 logements
Minergie
à Épagny,
(Halpades).
Architecte :
Edmond
Deturche.
À Quettrevillesur-Sienne (50)
Le hameau de
Ketvilla (SA Hlm
CoutancesGranville). Arch. :
Lamare-Fournier.
▼
Certifiées BBC Effinergie et Habitat & Environnement, les quatre maisons locatives qu’a livrées en 2009 la SA Hlm
Coutances-Granville (dont une
partie du capital est détenue par
la société coopérative Logimanche) sont en ossature bois,
combinant une très haute isolation thermique, une très
bonne étanchéité à l’air et des
panneaux solaires photovoltaïques. Le chauffage est assuré
par un poêle à bois et l’eau
chaude sanitaire produite à
l’aide d’un ballon thermodynamique. Autres atouts : bardage
extérieur et volets coulissants
en mélèze ne nécessitant aucun
entretien ; toiture en ardoise sur
l’habitation principale, végétalisée en partie annexe sur les garages ; récupérateur d’eau de
3 000 litres avec pompe à main,
destiné à l’arrosage du jardin et
au lavage des voitures. ■
Habitat et Société N° 61
À Épagny (74)
39
DOSSIER
b
Bilan carbone
Un bilan carbone est une démarche dont s’acquittent les entreprises qui
souhaitent connaître leurs émissions de gaz à effet de serre (EGES). C’est
une photographie à un instant T qui permet de positionner une entreprise
sur ses émissions par rapport à la nature de son activité et, à un autre moment, de témoigner de l’ensemble des efforts consentis qui auront permis d’économiser un certain volume de gaz à effet de serre. Le bilan carbone s’appuie sur un
référentiel élaboré par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) issu du protocole de Kyoto qui s’est tenu en 1997. La France a signé ce protocole et s’est fixé un objectif visant
à stabiliser ses EGES entre 1990 et 2012 et à les diviser par quatre entre 1990 et 2050 (Facteur 4).
Habitat et Société N° 61
Des changements qui s’opèrent
40
Début 2010, Patrimoine SA Languedocienne décidait de
faire établir un bilan de ses émissions carbone, dont elle a
confié la mission au bureau d’études ECIC. Les résultats
sont connus depuis janvier 2011.
Sur l’ensemble de son activité, Patrimoine SA Languedocienne émet 8 990 tonnes équivalent carbone (TeqC) soit en
comparaison la combustion de 11 millions de litres de pétrole : 5 263 TeqC au niveau du parc existant avec une prédominance des émissions dues au chauffage, 3 419 TeqC
pour les chantiers, 302 TeqC pour l’entreprise.
Parallèlement à cette évaluation, des premiers changements ont été opérés dans l’entreprise dès 2010 et les pistes
préconisées par le BET ECIC adoptées.
Au niveau du parc immobilier, d’importants travaux de rénovation sont réalisés pour amener les bâtiments classés EF et G à une classe énergétique minimum C. Des opérations
d’amélioration thermique du bâti ont été menées dans trois
résidences en 2010 et la conversion de plusieurs chaufferies
à la biomasse (chauffage au bois) est actuellement en cours
d’étude. Pour 2011, 200 logements seront rénovés dont une
rénovation exemplaire soutenue par le FEDER. Une diminution de 30 % des émissions est attendue sur ce poste d’ici
2020.
Par ailleurs, depuis la rentrée scolaire 2010, la société
conduit un partenariat avec l’Association MediaTerre à travers la mobilisation de seize volontaires d’Unicités. Cette
sensibilisation sera étendue à l’ensemble des locataires avec
une campagne d’information, des flyers et des insertions au
niveau du site internet sur les éco-gestes.
Au niveau des chantiers, il a été décidé d’anticiper la réglementation et de privilégier des constructions intelligentes, respectueuses de leur environnement notamment
en terme de performance énergétique : Très haute performance énergétique ou BBC.
Aujourd’hui, l’Esh étudie les meilleures techniques pour
améliorer la qualité de l’air et supprimer les composants organiques volatils (COV). 60 % de la production à venir sera
BBC avec 25 % de construction bois. L’objectif est de réduire
d’au moins 30 % l’impact carbone d’un chantier.
Au niveau de la société : sur un total de 302 TeqC, 79 %
sont dus aux déplacements des salariés. Des pistes d’amélioration existent telles que le covoiturage et les transports
en commun, la visioconférence, l’allongement de la durée de
vie du parc informatique de trois à cinq ans… Avec 30 %
d’économies attendues. Plus globalement, l’ensemble du
personnel est actuellement sensibilisé et formé à l’éco citoyenneté. Patrimoine SA Languedocienne prévoit une réduction de plus de 20 % de ses émissions de gaz à effet de
serre d’ici 2020 soit une économie de 2 471 TeqC. ■
Limiter les émissions
Engagé dans une démarche de développement durable avec
son projet d’entreprise « Unis Vers », Sarthe Habitat a réalisé un bilan carbone de ses activités. Une photographie
des émissions de GES a été prise au premier semestre 2009,
par le bureau de contrôle Socotec, habilité par l’Ademe. Le
bilan carbone a été appliqué à toutes les activités de service
(consommations liées aux bâtiments utilisés par les salariés,
les transports des salariés, des clients, des fournisseurs,
l’activité des salariés, les déchets) et aux activités immobilières dans trois chantiers dont les gaz à effet de serre sont
générés par des tiers (entreprises du bâtiment, architectes,
bureaux d’étude…) : construction de 12 logements individuels H&E (certification Habitat et Environnement) à Cérans-Foulletourte, réhabilitation de 77 logements collec-
aux Fiches déclaratives environnementales et sanitaires
(FDES) comme critère de choix lors de la consultation des
entreprises. Le prochain bilan sera effectué début 2012 afin
de mesurer quel aura été l’impact des actions conduites
durant trois ans. ■
Repères
La tonne équivalent CO2 (teqCO2) est l’unité de mesure
la plus souvent employée pour les émissions de gaz
à effet de serre. Pour point de comparaison, 1 tonne
équivalent carbone c’est (à peu près…) :
• 1 an de chauffage au gaz pour un trois pièces à
Paris ;
• ou 1 aller-retour Paris/New York en avion ;
• ou 1,8 tonnes de papier ;
• ou 14 000 km de Twingo en ville ;
• ou 8 500 km de 4 × 4 en ville.
Habitat et Société N° 61
tifs à La Flèche, démolition d’un immeuble de 23 logements
à Montfort-le-Gesnois.
Ce premier bilan carbone pointe la construction neuve
comme étant fortement émettrice de GES : 654 tonnes équivalent CO2, soit 55 tonnes par logement, pour la construction, dues à 91 % aux matériaux utilisés ; 546 tonnes éq.
CO2, soit 7 tonnes par logement pour la réhabilitation, dus
à 77 % aux matériaux utilisés. Et 65 tonnes TeqCO2, soit 3
tonnes par logement pour la démolition, dus à 76 % au fret
pour l’évacuation des déchets pendant la phase de démolition. La valorisation des déchets sur place (concassage) et
leur réemploi à d’autres usages (remblaiement) favorisent
ces faibles émissions ; enfin, un total de 645 TeqCO2, soit
2 tonnes par salarié et par an pour les activités tertiaires du
siège et des agences : 50 % de ces émissions sont dues aux
déplacements des personnes et 31 % aux immobilisations
(bâtiment, véhicules, matériel informatique).
Sont envisagées d’une part, la réduction des moyens d’impression, la dématérialisation de documents et l’évolution
du parc automobile, et d’autre part, de recourir notamment
41
DOSSIER
b
Bois énergie
Le Grenelle de l’environnement a défini un objectif ambitieux d’augmentation de 20 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) de la contribution des énergies renouvelables au bouquet énergétique français à
l’horizon 2020. Les filières les plus proches de la compétitivité sont privilégiées et notamment la biomasse pour la production de chaleur, avec un objectif de 7,2 Mtep supplémentaires.
Le bois est une ressource énergétique qui se renouvelle environ un million de fois plus vite que les
énergies fossiles comme le charbon ou le pétrole. En France, l’utilisation du bois énergie participe
à l’entretien de la forêt. C’est l’une des énergies les moins émettrices de CO2 même si la combustion de bois libère des polluants. Une norme « NF bois de chauffage » a été instaurée.
Le bois énergie est une des filières les plus prometteuses en matière de production de chaleur. Alors
que les équipements installés en milieu collectif et industriel sont très contrôlés et affichent aujourd’hui de bons niveaux de performance, le secteur résidentiel nécessite une attention particulière en raison de la vétusté des équipements et de la mauvaise qualité du combustible utilisé. Le
développement du chauffage au bois domestique doit donc s’effectuer dans des conditions de haute
qualité environnementale. Les impacts des chaufferies bois en secteur industriel et collectif sont
beaucoup plus limités que ceux du secteur domestique, avec des émissions atmosphériques à l’unité
d’énergie restituée plus réduites.
Habitat et Société N° 61
Le charbon remplacé par du bois
42
Depuis 2009, les huit bâtiments et le foyer du
quartier de l’Arboux à Grand-Combe (Gard)
sont chauffés au bois et au biogaz, soit 290 logements. L’ancienne chaufferie au charbon
quart gras qui alimentait le réseau de chaleur
enterré a été remplacée par une chaufferie biomasse bois/gaz.
L’installation comporte une chaudière biomasse
bois à plaquettes d’une puissance de 1 200 kW
fonctionnant à plein régime pendant les cinq
mois les plus froids de l’année et une chaudière
gaz d’une puissance de 1 850 kW, intervenant en
relève et en secours pour pallier les fortes variations de température hivernales, en zone climatique 3. L’investissement a été réduit par la
réutilisation partielle des structures de la chaufferie existante. Les anciens silos à charbon ont
été agrandis pour pouvoir y stocker dix jours de
consommation de plaquettes de bois. La res-
La chaufferie
fonctionne avec
du bois issu de la
filière du pays des
Cévennes (OPH de
Grand-Combe).
source provient
de la filière bois
locale du pays des
Cévennes : ce sont
des essences mélangées qui sont
achetées directement par l’exploitant à un consortium réunissant
des scieries et société de récupération de bois à Alès. L’OPH de
Grand-Combe achetant, lui, des kilos calories
à l’exploitant.
Après deux saisons de fonctionnement, la
chaufferie bois permet de couvrir plus de 80 %
des besoins de chauffage, d’éviter le rejet de
1 453 tonnes de CO2 et de parvenir à une baisse
de 15 % des charges de chauffage, soit une facture de 572 € pour les résidents. ■
Les bois valorisés
proviendront de
moins de 60 km
de distance de
la chaufferie (OPH
de Cannes).
Le bois dont on fait
du feu
Après deux ans d’études et un
appel d’offres européen formalisé par un dialogue compétitif,
une installation biomasse a été
choisie pour alimenter en
chauffage et eau chaude sanitaire les 900 logements (500
propriété de l’OPH de la ville et
400 privés) du Val de Ranguin à
Cannes ainsi qu’une école situés
dans le quartier de La Bocca.
Une chaufferie bois de 2,1 MW
couvrira 70 % des besoins annuels de chaleur avec, en relais,
deux chaudières gaz de 4,1 MW
pour le complément de chaleur,
la production de l’eau chaude
en été. Un potentiel de raccordement de logements supplémentaires ou bâtiments publics
(collège…) est prévu. La réalisation, la gestion des installations
ainsi que la modernisation du
réseau de chaleur sont confiées
à Dalkia.
Avec une consommation de
3 000 tonnes par an, l’installation choisie par l’OPH de
Cannes valorisera des bois collectés sous différentes formes à
moins de 60 kilomètres du site.
53 % de cette biomasse provient
de plaquettes forestières extraites des branches, cimes, bois
inutilisable pour l’ébénisterie et
la charpente, complétées par
des bois d’élagage recueillis par
la Ville de Cannes ainsi que du
bois de recyclage.
Le montant des travaux s’élève à
1 762 600 € financés par Dalkia
dont 804 000 € de subventions
allouées par l’Ademe via le
Fonds chaleur. Le recours au
bois énergie permettra au réseau de bénéficier d’une TVA
réduite à 5,5 %. Outre une réduction des charges de l’ordre
de 5 %, la nouvelle installation
permettra de diminuer les émissions de gaz de 2 000 tonnes
équivalent CO2/an. ■
La nouvelle
chaufferie devrait
générer
une économie
de 200 €/an
par logement
(Mésolia Habitat).
▼
Depuis maintenant un peu plus
d’un an, 70 % de la production
du chauffage et de l’eau chaude
sanitaire des 340 logements collectifs de la résidence Edmond
Rostand, au Haillan (33) sont assurés par une chaufferie bois
qui fonctionne uniquement
pendant la période de chauffe.
L’ancienne chaufferie gaz garantit l’appoint les jours de
grand froid et l’eau chaude hors
saison de chauffe.
Alimenté par des plaquettes forestières provenant principalement de la tempête Klaus et des
déchets des forêts des Landes,
Gironde et Dordogne, ou par des
plaquettes issues du broyage de
palettes non traitées, cet équipement, conformément aux prévisions, a généré une économie de
200 € TTC par an et par logement pour un investissement de
600 000 € ainsi qu’une réduction de 500 tonnes par an des
émissions de gaz à effet de serre.
Ce choix soutient également
l’économie forestière locale. Le
projet a été financé à 60 % par
des subventions du Conseil régional d’Aquitaine, le Conseil général de la Gironde et de
l’Ademe. Le reste est en partie financé par le partage des économies d’énergie contractualisé
dans le cadre d’un accord collectif entre les locataires et le bailleur, Mésolia Habitat. ■
Habitat et Société N° 61
Une chaufferie bois
collective
43
DOSSIER
C
Certificats d’économie
d’énergie (CEE)
Habitat et Société N° 61
Avec la publication, fin décembre 2010 des textes reconduisant le dispositif des CEE pour une seconde période allant du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2013, conformément à la loi Grenelle II, le dispositif entre dans une
phase d’accélération avec un objectif de 345 TWh (térawattheure) cumac (unité propre au dispositif) en trois ans, soit une multiplication par plus de six des ambitions de la première
période 2006-2009. Les objectifs ont été dépassés avec 65,2 TWh d’économie d’énergie. Cette
deuxième période voit par ailleurs un élargissement du dispositif aux carburants automobiles. Il
contribue aussi à la lutte contre la précarité énergétique en obligeant les fournisseurs d’énergie à
réaliser une part de leurs obligations en faveur de la réduction de la consommation énergétique des
ménages les plus défavorisés.
Pour mémoire, la loi de Programmation et d’orientation de la politique énergétique (dite loi POPE)
du 13 juillet 2005, transposant en droit français des directives européennes, impose de réduire de
2% l’an d’ici 2015 l’intensité énergétique finale (rapport entre la consommation d’énergie et la croissance économique), puis de 2,5% d’ici à 2030. À cet effet, elle a instauré plusieurs outils d’incitation,
dont les CEE. Ce dispositif oblige les vendeurs d’énergie opérant dans le secteur résidentiel et tertiaire,
principalement EDF et GDF Suez sur la première période, dénommés «Obligés», à économiser l’équivalent de 54000 gigawatt heure d’énergie finale entre juin 2006 et juin 2009. À défaut de quoi, ils doivent s’acquitter d’une pénalité libératoire de 20000 € par GwH non économisé ou se porter acquéreurs auprès d’acteurs «éligibles» au rang desquels figurent les organismes Hlm.
44
« Emmy », l’efficacité
énergétique
Aux termes d’une convention signée
en 2009 entre le Groupe 3F et EDF,
Immobilière 3F et ses neuf filiales régionales se sont engagées à céder à
l’opérateur énergétique leurs droits
aux CEE, correspondant à 660 gigawattheures cumac. Des CEE générés
par les travaux de rénovation réalisés
sur son patrimoine existant et l’élévation du niveau d’exigence thermique
de ses constructions neuves sur la période comprise entre le 1er juillet 2006
et le 30 avril 2009. Le produit de la
cession de ces CEE a représenté 3 %
des montants investis dans les écono-
mies d’énergie. Depuis, dans l’attente
des règles du jeu qui couvriront une
nouvelle période triennale – qui ont
été publiées en décembre 2010 – le
Groupe a engrangé 350 gigawatt
heures sur 2010, dont 290 sur l’Ile-deFrance, qui seront négociés ultérieurement selon le cours du Giga et permettront de dégager de
nouvelles ressources financières réinvesties dans
des travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique. L’ensemble des certificats sont enregistrés
dans le registre national
des CEE, « Emmy ». ■
Rénovation d’une chaufferie
avec passage à la
condensation (I3F).
Certifications, labels
et autres appellations
• HPE 2005, Haute performance
énergétique, consommation inférieure
de 10 % à la consommation de référence (CRef 2005) ;
• THPE 2005, Très haute performance énergétique, consommation inférieure de 20 % à la consommation de
référence ;
• HPE EnR 2005. Plus de 50 % de la
consommation de chauffage est assurée par un générateur utilisant la biomasse ou un réseau de chaleur ;
• THPE EnR 2005. Consommation inférieure de 30 % à la consommation de
référence. La production d’eau chaude
sanitaire, le chauffage ou la production
d’électricité doivent être fournis par
des énergies renouvelables.
• BBC 2005, Bâtiment basse consommation. Ce label correspond aux principales exigences de la RT 2012. Il a
été mis au point par l’association Effi-
nergie. Il est délivré par Cerqual et
Promotelec.
Mais il existe aussi des labels issus
d’autres pays :
• Passivhaus, le label allemand correspondant à un logement passif
consommant 15 kWh/m2/an de chauffage et 120 kWh/m2/an d’énergie primaire pour le chauffage, eau chaude
sanitaire, ventilation et climatisation.
• Minergie, le label suisse correspondant à une consommation de
38 kWh/m2/an, ou selon les sources
42 kWh/an/m2 en neuf et 80 kWh/
m2/an en rénovation, d’énergie primaire
pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire,
la ventilation et la climatisation.
Et des certifications de qualité environnementale des bâtiments :
• la démarche HQE, Haute qualité
environnementale est une démarche
de management de projet qui vise une
réduction des impacts environnementaux des bâtiments tout en répondant
aux exigences de santé et de santé des
occupants. Elle repose sur 14 cibles.
• NF maison individuelle-démarche
HQE délivrée par Cequami.
• NF logement-démarche HQE délivrée par Cerqual à un promoteur pour
l’ensemble de ses productions en neuf.
• Habitat et environnement, délivrée
par Cerqual. Elle prend en compte
l’environnement intérieur et extérieur
du logement ainsi que la vie de ses occupants et se décline en « patrimoine
habitat et environnement » pour les
opérations de réhabilitation.
• Label Performance délivré par Promotelec.
• NF bâtiment tertiaire-démarche
HQE pour les bâtiments tertiaires, délivré par Certivea. ■
Habitat et Société N° 61
Avec l’augmentation des exigences réglementaires en matière d’efficacité énergétique et de performance environnementale, les appellations, labels et certifications se sont multipliés. Comment
identifier ces différents termes qui permettent d’attester la qualité, les performances ou le processus
de réalisation des bâtiments pour atteindre les objectifs du Grenelle Environnement. Ils portent soit
sur les qualifications d’entreprises, les métiers (Qualibat, Qualifelec, Certibat), soit sur les process
(Iso), soit sur les bâtiments ou les produits.
De manière succincte, la qualification s’obtient dans le cadre d’une procédure encadrée par un référentiel de qualification. Elle est délivrée par un organisme indépendant faisant l’objet d’une accréditation. La certification s’obtient dans les mêmes conditions qu’une qualification. Mais en plus
de l’examen d’un dossier, un audit in situ est réalisé. Un label réglementaire est délivré dans le cadre d’une certification du bâtiment par des organismes accrédités par le Comité français d’accréditation (COFRAC) et ayant passé une convention avec le ministère. L’appellation correspond à un
engagement moral d’une entreprise sur la maîtrise d’une technique à l’issue d’une formation. Elle
est le plus souvent attribuée par un fournisseur de service, un industriel ou un syndicat professionnel. C’est notamment le cas « des Pros de la performance énergétique » et des « Eco artisans ».
Le point sur les appellations en neuf.
45
DOSSIER
C
Chantiers verts
Les chantiers verts ont pour but principal de diminuer les nuisances environnementales engendrées par les différentes activités liées au chantier de construction ou de réhabilitation, et de mettre en évidence des solutions tant techniques qu’organisationnelles pour y répondre. Il s’agit à la
fois d’anticiper la gestion des déchets, les nuisances acoustiques, les problèmes de circulation et de stationnement des engins, de prévenir la pollution des
eaux et des sols mais aussi de limiter les troubles occasionnés aux riverains ou aux habitants en
cas de travaux en site occupé (les salissures, le bruit…) sans oublier les nuisances perçues par le personnel des chantiers (niveaux de bruit, nocivité des produits). Cela mobilise les entreprises de
construction mais aussi les collectivités territoriales avec notamment l’élaboration de plans départementaux de gestion des déchets. Cette politique est reprise par les maîtres d’ouvrage sur l’ensemble des cycles de la construction (conception, réalisation, fin de vie).
Habitat et Société N° 61
Halte aux produits
polluants
46
En 2007, le Groupe Arcade a
créé et déposé sa marque « Les
trois soleils® » afin de garantir à
ses clients la bonne prise en
compte environnementale des
produits de construction sur
l’ensemble du cycle de vie de
l’opération, chacun des soleils
correspondant à une étape de
vie du produit.
La marque devient une référence sur l’ensemble des chantiers du groupe, aux industriels,
aux fournisseurs et aux entrepreneurs qui les approvisionnent et les réalisent. Celle-ci
participe à l’objectif de chantiers dits « à faible nuisance » et
à l’élaboration du bilan carbone
des programmes. Cet engagement permet de mesurer l’impact et la performance des produits sur trois étapes :
• le produit (matières premières
polluantes, toxiques…),
• l’emballage (en matière recyclée/recyclable, optimiser),
• la fin de vie du produit (dé-
Le tri des déchets
de chantier est
essentiel pour la
maîtrise des coûts
d’élimination.
montage, filière de recyclage).
Aujourd’hui 450 produits sont
répertoriés et 150 industriels se
sont engagés dans cette démarche. En 2012, l’ensemble de
ces fiches intégreront l’impact
carbone afin de faciliter et de
sécuriser l’évaluation CO2 des
opérations. ■
Démolition propre
Dans le cadre du PRU du quartier Europe de Saint-Quentin
dans l’Aisne, La Maison du CIL
(Groupe Procilia) a démoli deux
tours de 77 logements chacune
pesant 6 340 tonnes, construites
en 1975. Avant la phase de désamiantage, un premier curage
des tours a été réalisé pour évacuer les encombrants restants,
l’électroménager… et déshabiller
les structures (boiseries intérieures, isolations, revêtements
de sol, cloisons en plâtre, etc.)
afin de recycler ces matériaux
dits « inertes » ; ensuite, un
deuxième pour le retrait des
menuiseries extérieures. Puis le
grignotage a eu lieu.
Tous les déchets ont été triés et
une partie d’entre eux concassés
pour remblayer les excavations,
soit 90 % de déchets recyclés. En
fin de chantier, environ 5 500
tonnes ont été enlevées soit
quelque 220 camions. Ensuite le
secteur a été engazonné.
Tous les consommables du chantier (eau, gaz, électricité) ont
été comptabilisés pour calculer
le bilan carbone de cette démolition soit 58 835,33 kg de CO2. Le
chantier a duré sept mois pour
les deux résidences.
Coût de la démolition : environ
900 000 euros. ■
Bien
que
sensible au
thème
de
l’environnement et aux enjeux pour la planète,
le grand public reste aujourd’hui encore mal informé sur le développement durable. Il est donc nécessaire,
pour les organismes Hlm, de mener
des actions pour inciter les habitants
à adopter des éco-gestes pouvant
avoir un impact certain sur leurs factures d’eau et d’énergie.
Au-delà de ces gestes simples concernant tous les citoyens soucieux d’écologie et d’économie, les bâtiments
aux normes BBC ou plus qui deviennent le standard de la construction
imposent des pratiques auxquelles
les locataires ne sont pas habitués :
bon usage des fenêtres, réglage des
installations de chauffage, murs
extérieurs à ne pas percer, équipements utilisés à bon escient… Des
guides accompagnent donc la livraison des programmes neufs.
Développement durable et accompagnement social se mêlent dans les
initiatives diverses qui sont prises
pour sensibiliser les locataires aux
économies d’énergie et les amener à
changer leurs comportements.
J’éco-gère
Contribuer à sensibiliser les ménages aux économies d’énergie et d’eau, c’est le but des rencontres informatives de type Tuperware, au plus
près des gens, proposées par l’Esh Ciliopée Habitat. Ce sont les contacts noués par l’association
Ciliopée Hermitage qui ont permis d’aller audevant des locataires mais aussi de ménages dans
des centres sociaux ou suivis par les centres médico-sociaux ou les CCAS et de publics jeunes.
Les réunions « j’éco-gère » se déroulent en deux
temps ; un niveau d’information générale avec
prise de parole et échanges sur les bonnes pratiques donnant aux participants des points de repère en matière de consommation moyenne ; un
niveau approfondi sur les thématiques du chauffage, de l’eau et de l’électricité. De nombreux
partenaires du groupe Ciliopée ont participé aux
réunions, qu’il s’agisse des élus, des services sociaux, des centres sociaux, des personnels des
EPCI, des services de la Préfecture. L’opération
a bénéficié de fonds du FEDER.
Au fil du temps, l’action n’a cessé d’évoluer, grâce
aux liens privilégiés entre l’Esh, l’association et
le Pact Habitat et Développement 47, coanimateur des réunions. Le contenu des rencontres
s’est affiné et la pédagogie enrichie, des supports
ont été créés comme le journal j’éco-gère. De
nouveaux partenariats ont été noués, notamment avec GDF-SUEZ, et la démarche a pu être
reproduite l’an dernier. Une action spécifique de
sensibilisation a été menée dans trois collèges du
département de Lot-et-Garonne. ■
Des réunions
informatives, de
type Tuperware,
pour s’autogérer
en s’informant
sur les modalités
d’utilisation des
équipements des
logements et les
astuces pour
dépenser moins.
Près de 300
participants sous
l’égide de
Ciliopée.
Habitat et Société N° 61
e
Éco-citoyen
47
DOSSIER
Habitat et Société N° 61
A comme Appartement
pédagogique
48
Le groupe Opievoy (OPH interdépartemental
de l’Essonne, du Val-d’Oise, des Yvelines) a
lancé le concept des appartements pédagogiques en 2008, à Saint-Ouen-l’Aumône. Dans
un appartement vacant, le bailleur associé à des
partenaires tant institutionnels qu’associatifs,
organise des animations pour aider les locataires à mieux vivre dans leurs logements. Ces
projets mobilisent, autour du bailleur, collectivités territoriales, associations locales ou nationales, amicales de locataires, fournisseurs
d’énergies (eau, gaz, électricité…).
Tous les sujets sont balayés, de la gestion du
budget aux économies d’énergie en passant par
la prévention des accidents domestiques ou encore le tri sélectif. Ces appartements sont de véritables lieux de ressources et d’information
pour les locataires.
Faisant partie intégrante de la démarche de développement durable et solidaire menée par le
groupe Opievoy, ils permettent non seulement
de faire des économies d’énergie et donc de préserver les ressources de la planète, mais sont
également l’occasion de renforcer des liens entre le bailleur et ses locataires et entre les locataires eux-mêmes, favorisant ainsi le mieux-vivre ensemble. Depuis cette première
expérience déjà ancienne, la démarche a essaimé sur d’autres sites. ■
Guide des bonnes pratiques
En lieu et place de l’ancienne gare de triage de
marchandises de Pouilly-en-Auxois, Orvitis a
construit six petits bâtiments homologués basse
consommation. Des cubes rouges et bois abritant
vingt logements, du type 2 au type 5, certifiés
Effinergie®, construits selon des techniques qui
▲
L’appartement
pédagogique,
au carrefour de
l’économique
et du social
(Opievoy).
réduisent les besoins en énergie primaire: orientation des pièces en fonction des apports solaires, matériaux adaptés à l’isolation et l’étanchéité, VMC double flux, chauffage par pompes
à chaleur air/eau et eau chaude en priorité par
panneaux solaires, écran végétal au nord.
Mais pour être efficaces, l’utilisation et la maintenance d’un logement basse consommation
obéissent à quelques règles, résumées dans le
guide des bonnes pratiques qui a été distribué au
moment de la remise des clés, en janvier 2011.
Ventilation, chauffage,
eau, électricité…, des informations pratiques,
des consignes permettent une utilisation optimale du logement et une
maîtrise de ses consommations. Exemples : fermer les volets la nuit et
les ouvrir le jour, nettoyer régulièrement les
bouches d’aération ou
encore aérer dix minutes par jour. De plus, les
agents de proximité seront présents régulièrement pendant les premiers mois de vie dans ces
appartements flambant neufs pour accompagner
les nouveaux arrivants. ■
Un guide de l’éco-locataire
Le 20 janvier
dernier, remise
des clés et du guide
aux locataires
entrant dans un
habitat nouvelle
génération (LMH).
Après le guide de l’écosalarié, LMH (Lille Métropole Habitat) a publié le guide de
l’éco-locataire, répondant à l’un des engagements pris lors du Forum des locataires. Ce
document explique les
petits gestes – pas si
anodins à l’échelle de
33 000 logements – qui contribuent à la préservation de la planète : économiser l’eau au quotidien, diminuer sa consommation électrique, utiliser intelligemment les appareils ménagers,
trier les déchets, emprunter les transports en
commun, acheter malin…
Depuis 2001, l’OPH a organisé quatre grands
Forums des locataires, démarche de dialogue et
d’action avec les habitants, avant d’opter pour le
principe de réunions publiques décentralisées
par agence et antenne, au cours desquelles sont
présentés aux locataires le plan d’actions « Vers
notre Agenda 21 » ainsi que la Gestion Relation
Locataires, outil informatique de suivi de la demande locative et technique en agence.
En juin dernier, les locataires ont été accueillis
au sein d’un village itinérant de 300 m2 comprenant entre autres un appartement de 80 m2
dédié à la « sensibilisation au développement
durable ». ■
Une action sur le
thème de la
prévention des
déchets menée fin
2010, à Bordeaux
(Aquitanis).
Agissons mieux, jetons moins
Les MédiaTerre :
sensibilisation aux éco-gestes
Les MédiaTerre
en action
▼
Programme phare de l’association Unis-Cité,
Les MédiaTerre sont des jeunes en Service civique qui amènent l’écologie dans les quartiers
d’habitat social.
Par des visites à domicile, des sorties pédagogiques collectives, l’organisation d’ateliers pratiques en binôme pendant six mois, ils proposent à des familles aux revenus modestes,
d’adopter sur la durée des gestes simples autour
de quatre familles d’éco-gestes : l’eau, l’énergie,
les déchets et la consommation responsable,
qui leur permettent de maîtriser leurs factures
et leur empreinte écologique.
En cette année 2 du projet, les MédiaTerre se
développent sur l’ensemble du territoire français, passant de 8 territoires pilotes à 25 territoires en 2010/2011.
Sur ces 25 territoires, 41 organismes Hlm sont
partenaires du projet pour un total de plus de
340 jeunes volontaires.
Plusieurs d’entre eux sont bien engagés dans la
démarche à Angers, Bordeaux, Lens, Lille,
Nantes et Valenciennes.
En parallèle, afin de répondre aux besoins des
organismes Hlm, une nouvelle famille d’écogestes sur la ventilation et la qualité de l’air intérieur est en préparation ainsi qu’une méthodologie d’accompagnement systématique pour
toutes les familles qui intègrent un nouveau logement ou un logement rénové. ■
Habitat et Société N° 61
Trier ses déchets, c’est bien, les réduire, c’est encore mieux. Aux Aubiers, les habitants l’ont fait
cet hiver dans le cadre de l’opération « Agissons mieux, jetons moins », initiée par Aquitanis (OPH de la communauté urbaine de Bordeaux). Alors que la collecte sélective a été mise
en place récemment sur le patrimoine, une
équipe d’Unis-Cité revêtue de T-Shirts orange
a accompagné les familles volontaires (une douzaine) à raison d’une rencontre par semaine,
pendant deux mois.
En novembre, la mission était de peser ce que
chacun jetait sans changer ses habitudes, soit
227 kg tout compris. Le mois suivant, les habitants ont appris, non sans mal parfois, à limiter
les emballages, à s’y tenir, à choisir des piles rechargeables, des sacs réutilisables et même à
fabriquer leurs propres produits ménagers à
base de vinaigre blanc et de bicarbonate de
soude. C’est le début d’une prise de conscience
pour les familles qui ont effectivement réduit la
quantité de déchets produits. L’initiative a débouché sur une rencontre à la maison éco-citoyenne. Les résultats sont là : les poubelles ont
maigri de plusieurs kilos… ■
49
DOSSIER
e
Éco-construction
C’est la prise en compte de l’impact du bâtiment, des matériaux et des
équipements sur l’environnement pendant toute leur durée de vie et notamment le plus en amont possible.
Il s’agit donc de réduire le recours aux ressources naturelles, les déchets
de chantier, d’usage, de fin de vie, l’énergie, l’eau, les émissions de CO2, les gaz
à effet de serre. Ce souci se traduit dans les choix techniques en s’appuyant notamment sur les fiches de déclarations environnementales et sanitaires (FDES). Pour répondre à
ces nouveaux enjeux environnementaux, l’offre s’est étoffée et se précise au fil du temps sur tous
les postes de la construction : système constructif, enveloppe, (éco) matériaux, ventilation, mode
de chauffage, électricité, eau chaude, voire énergies renouvelables.
Habitat et Société N° 61
Systèmes constructifs
50
Selon la destination, la taille de l’opération, les choix peuvent s’orienter
vers une enveloppe porteuse ou une
structure porteuse intérieure (poteaupoutre). En maison individuelle, les
choix s’orientent fréquemment vers la
première solution.
En collectif, filières sèche et humide
coexistent. Mais l’industrialisation
progresse : béton préfabriqué, plancher collaborant, structures mixtes. Le
système poteau-poutre, quel que soit
le matériau choisi, permet de travailler
indépendamment des fonctionnalités
de l’enveloppe.
Isolation
Partant du principe selon lequel l’énergie la moins chère est d’abord celle que
l’on ne consomme pas, il est nécessaire
de réduire au maximum les besoins de
chauffage, en veillant à la qualité d’iso-
lation thermique du bâtiment (murs,
toiture, combles, fenêtres…).
La priorité est de limiter les déperditions. Le travail de conception vise à
traiter tous les points sensibles susceptibles de comporter des infiltrations d’air (détails de l’interface entre
les menuiseries extérieures et les parois extérieures, préconisations pour
les passages de gaines, trappes, mise au
point de certains détails, prescription
de certains composants…).
Une isolation extérieure renforcée
permet de supprimer les ponts thermiques au niveau des planchers et refends et améliore l’inertie des façades.
Le choix des menuiseries a également
un impact sur la consommation
d’énergie, le confort visuel, le confort
d’été et l’acoustique.
taux et sanitaires des produits et matériaux de construction proposés.
L’AFNOR a publié une norme homologuée NF P01-010 « Qualité environnementale des produits de construction – Déclarations environnementales
et sanitaires des produits de construction ».
Eco-matériaux
Une bonne aération du bâtiment sert à
éviter que la construction ne se transforme en caisson étanche et à ce que
l’humidité ne s’accumule à l’intérieur,
en laissant transiter les flux par les
matériaux. Si la ventilation impose des
volumes de renouvellement d’air pour
des raisons sanitaires, elle représente
des enjeux technologiques et fonctionnels : renouveller l’air, éviter les
déperditions énergétiques et être un
vecteur de diffusion de chaleur. ■
Une construction écologique, c’est opter pour des matières non polluantes,
nécessitant une énergie grise restreinte. Des opérations privilégient le
principe de l’inertie d’un bâtiment à
travers la capacité de certains matériaux à emmagasiner de la chaleur et à
la restituer ensuite par rayonnement.
Les Fiches déclaratives environnementales et sanitaires permettent de
connaître les impacts environnemen-
Ventilation
Des logements bois
Produite à partir du papier de vieux journaux
moulu jusqu’à obtention de flocons, la ouate de
cellulose est très performante du point de vue thermique (R = 310 m2 K/W) et environnemental. Elle
est entièrement recyclable, sa fabrication ne requiert
que peu d’énergie
et d’eau et son
étanchéité à l’air
est supérieure aux
isolants classiques.
La pose par soufflage permet de
traiter tous les
ponts thermiques.
Jusqu’à ce qu’Habitat 76 le retienne pour isoler un
bâtiment datant de 1976 à Auffay, ce matériau servait plutôt pour isoler des combles ou toitures en
maison individuelle. Choisi par l’architecte, le Bureau 112, mis en œuvre par l’entreprise Cobeima associée à Adek’Ouate, il a nécessité l’obtention d’un
agrément technique expérimental. En plus des 120
mm d’isolant, le bâtiment a été recouvert de panneaux type composite imitation bois et de marbre
reconstitué et comprend en outre, des menuiseries
double vitrage et une sur isolation des terrasses. À
la clé, une réduction significative allant jusqu’à
40 % de leur consommation énergétique actuelle,
soit moins de 143 kWh EP/m2/an contre 288 kWh
avant travaux. ■
▲
À Auffay (37),
Le Clos Jacquet,
37 logements
requalifiés de la
classe E à la
classe C par
Habitat 76.
La ouate de
cellulose, un
matériau isolant
original et
performant
(Habitat 76).
100 % pin maritime pour deux maisons
à Taillan-Médoc. Technique de
construction mêlant des murs et
planchers en béton à des façades à
ossatures bois, pour les 39 logements
(Gironde Habitat).
Arch. : Dominique Gorse
▼
Habitat et Société N° 61
Une enveloppe en ouate
de cellulose
La résidence Du Bourdieu réalisée par l’OPH Gironde Habitat est composée de 39 logements réalisés selon une technique de construction mêlant
des murs et planchers en béton à des façades à ossature bois et de deux maisons conçues et
construites à 100 % en pin maritime, aux normes
BBC Effinergie.
Pour les deux maisons, il a été mis en œuvre des
techniques différentes : dans un logement, la recherche d’inertie par un plancher bois massif et
une ventilation double flux ; dans l’autre, le couplage de la VMC double flux à un puits canadien
pour compenser le manque d’inertie du plancher
sur lambourdes. Le revêtement extérieur des façades est en bardage ABOVE, procédé de fabrication permettant d’obtenir, à partir de collage de
bois vert, des lames de grandes dimensions
( jusqu’à 6 mètres de long) constituées de bois homogènes. Les différentes mesures de consommation, température, d’hygrométrie, depuis que les logements sont occupés en 2009, montrent que les
performances attendues, tant en hiver qu’en été,
sont au rendez-vous. ■
51
DOSSIER
Habitat et Société N° 61
e
52
Éco-quartier
Des logements pour
tous dans un cadre
de vie de qualité, tout
en limitant son empreinte écologique : audelà de cette définition succincte d’un éco-quartier, le Plan Ville durable
issu du Grenelle Environnement a lancé quatre
initiatives:
• L’appel à projets Ecoquartier auprès des collectivités qui a fait émerger 160 projets dont
une vingtaine primés autour des grandes orientations suivantes: gestion durable de l’eau; traitement optimum des déchets; biodiversité urbaine ; utilisation de modes de transports
« doux » (tramway, vélo…) ; production locale
d’énergies renouvelables ; formes urbaines
denses; recours à l’éco-construction; mixité sociale et fonctionnelle;
• La démarche Ecocité qui s’adresse aux grandes
agglomérations;
• L’appel à projets Transports collectifs en site
propre;
• Une conférence nationale sur le thème «Restaurer et valoriser la nature en ville».
Un deuxième appel à projets pour les éco-quartiers lancé en 2011 incite à tendre à une gouvernance participative impliquant les habitants
ou futurs habitants et à un pilotage de projet
exemplaire qui s’appuie notamment sur un portage politique fort ainsi que sur un montage financier et juridique fiable. Enfin, d’ici à 2012, le
secrétaire d’État au Logement, Benoist Apparu
veut créer un Label Ecoquartier.
À Dunkerque (59)
En 2005, après la reconquête des friches portuaires
née du projet Neptune, la
communauté urbaine se
lance dans un éco-quartier
faisant la jonction entre le
centre-ville et la façade balnéaire. Elle associe les cinq
opérateurs lauréats d’une
consultation : trois promoteurs privés (Nacart, Nexity
et le dunkerquois Beci) et
deux bailleurs sociaux
(Cottage social des Flandres et Maison Flamande).
Objectif : mixité des 1 000
logements construits en
quatre tranches, répartis en
20 % d’individuels, 40 %
d’intermédiaires et 40 % de
collectifs. 60 % relèvent du
marché libre et 40 % du
secteur social. L’architecte
urbaniste, Nicolas Michelin, articule son plan autour
d’un long mail s’achevant
sur un parc urbain à partir
duquel le gabarit des
constructions va croissant,
▲
Les immeubles collectifs à
gâbles signent l’identité du
quartier, revêtus d’aluminium,
d’acier laqué et de mélèze.
Un système de ventilation
assistée est prévu
au sommet des pignons
(Cottage social des Flandres
et Maison Flamande).
Arch. : Nicolas Michelin.
des maisons individuelles
jusqu’aux immeubles collectifs en bord de quai.
Ici, la place du piéton est
privilégiée pour rejoindre
en moins de dix minutes le
centre-ville : rues de 6 m de
large, sans trottoir et stationnement. Une seule
place de stationnement est
prévue par logement. Les
livraisons de la première
tranche sont conformes à la
RT 2005, celles de la
deuxième tranche seront
THPE ou BBC. ■
Énergie positive
C’est un bâtiment qui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme, utilisant pour cela obligatoirement des énergies renouvelables, photovoltaïque ou éolien, pour produire de l’électricité. Ici plus
qu’ailleurs, la performance énergétique ne sera assurée que si le soin apporté à la réalisation est
en parfaite adéquation avec la conception initiale de l’immeuble. Avec une forte inertie mais surtout une étanchéité sans faille, la facture est divisée par cinq ! Le chauffage ne représente plus que
8 % des dépenses contre près de la moitié aujourd’hui. Ce sera la règle à compter de 2020.
À Laval (53)
Les Jardins d’Hélios certifiés H&E
(Le Logis Familial Mayennais). Arch. : Ipso Facto.
▼
À Saint-Dié (88)
Énergie positive pour le programme « les Héliades » du
bailleur Le Toit Vosgien qui
comprend 30 logements à
énergie positive répartis en
deux immeubles R + 5 réalisés en structure bois massif
contrecollé selon un système
constructif simple et performant.
Principales caractéristiques :
isolation thermique extérieure, ventilation doubleflux, eau chaude solaire individualisée et chaudière
co-génération gaz, 1 000 m2
de panneaux photovoltaïques pour une puissance
de 130 kWc, la performance
du passif sur les besoins en
chauffage (-15 kWh/m2/an).
Deux circuits indépendants
▲
Les Héliades, 30 logements
à Saint-Dié (Le Toit Vosgien).
Arch. : François Lausecker.
ont été conçus pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire.
Avec cette nouvelle opération, Le Toit Vosgien
conserve une longueur
d’avance sur la future réglementation BEPOS (bâtiment
à énergie positive) qui s’appliquera en 2020. Au bout de
dix mois d’utilisation, le
concept de positivité est vérifié et réel, à savoir en
moyenne 33 kWh/m2/an
d’énergie primaire sur les cinq
postes, et des charges locatives très basses pour les occupants. ■
Habitat et Société N° 61
L’Esh Le Logis Familial Mayennais (groupe CIL) réalise
un quartier durable de 17 hectares de plus de 200 logements
dont 25 % sociaux : maisons individuelles, maisons de ville,
logements intermédiaires. L’une des priorités est l’objectif
zéro carbone qui se décline grâce à des pompes à chaleur
air/eau pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire ne rejetant pas de CO2 dans l’atmosphère. L’autre, la
préservation des ressources énergétiques par la gestion de
l’eau (noues et fossés végétalisés, système de récupération
d’eau individuel proposé aux acquéreurs pour l’arrosage du
jardin), une conception bioclimatique (l’inertie des murs en
béton cellulaire, une isolation thermique renforcée, des
toits producteurs d’électricité verte). La surface des capteurs étant dimensionnée pour que la production annuelle
d’électricité verte dépasse l’ensemble des consommations
électriques des logements. L’habitation passive devient un
bâtiment actif. La première tranche de 45 logements (33
maisons et deux petits bâtiments collectifs), en cours de livraison, comprend 35 % de logements locatifs sociaux et
45% en accession sociale à la propriété. Tous les logements
ont le label BBC-Effinergie et sont à énergie positive. ■
53
DOSSIER
e
Équipements économes
et vertueux
Habitat et Société N° 61
Alors que la consommation de chauffage diminue avec l’amélioration des
performances énergétiques des bâtiments BBC, la part de la production
d’eau chaude sanitaire et d’électricité prend du même coup une place prépondérante dans les charges.
La consommation d’eau moyenne est de 100 litres par jour et par habitant dans le logement social, contre 150 litres au plan national. Pour la limiter, les organismes généralisent la pose d’équipements performants, parfois simples et peu coûteux mais économes. Ils mettent en œuvre des
systèmes de pilotage et de suivi des consommations, avec des alertes
en cas de débits importants. L’individualisation des compteurs incite
d’ailleurs les consommateurs à mieux gérer leurs dépenses.
En matière d’électricité, il y a l’éclairage des parties communes pour
lequel des lampes fluo-compactes, voire des LED équipent désormais
des halls d’entrée, escaliers et abords d’immeuble. S’il faut privilégier
l’apport de lumière naturelle, de nouvelles solutions se développent
mais doivent encore prouver leur efficacité technico-économique.
Pour l’électricité à l’intérieur du logement, c’est une autre histoire
puisque sa consommation varie en fonction des équipements et de
leur usage. Mais, là aussi, il y a des économies à la clé. Zoom sur
quelques initiatives vertes.
Campagne de l’AROMIP
54
Un Ecolabel
pour l’entretien
Dans le cadre des engagements de qualité de service
dans le domaine de la propreté, Brest Métropole Habitat a fait le pari d’entretenir les parties communes
des immeubles à l’aide de
produits Ecolabel, le label
écologique européen attribué aux produits offrant une
biodégradabilité optimale
pour un faible impact sur
l’environnement et une effi-
cacité au moins comparable
à celle des leaders du marché européen.
À la suite d’une réflexion des
équipes de proximité quant
à la nocivité et l’agressivité
de certains produits, le bailleur a d’abord organisé des
séances d’information puis
des tests ont été effectués
par les gardiens en situation
réelle. La démarche a abouti
à la sélection d’une gamme
de produits d’entretien biologique « Ecolabel » compo-
sés d’ingrédients d’origine
végétale et d’huiles essentielles, avec des emballages
et recharges recyclables à
100 %. Des pratiques respectueuses de l’environnement
qui s’inscrivent dans le cadre d’une convention avec la
Communauté urbaine de
Brest. ■
Le label européen pour une
gamme écologique de
produits d’entretien.
Le Toit Angevin, en partenariat
avec Angers Loire Métropole, a
entrepris en 2009 l’installation
de composteurs collectifs pour
les déchets organiques sur une
vingtaine d’immeubles de son
patrimoine.
Un an après, le test mené à Trélazé auprès de seize ménages volontaires, de profils variés, montre que la moitié des familles
utilisent régulièrement le composteur et que 67% des déchets
des couples sans enfants sont
versés dans le composteur (ils
jettent 3,3 kg de déchets dans le
conteneur d’ordures contre 10 kg
il y a seulement quelques mois),
31% pour les familles avec un enfant en bas âge et 25% pour les
foyers ayant des animaux domestiques.
L’objectif du Grenelle de l’environnement étant de réduire les
quantités de déchets à incinérer
ou à enfouir de 35 %.
Le compostage collectif présente
plusieurs avantages.
Économique: moins de rotation
des camions collecteurs d’ordures, diminution de la consommation de sacs en plastique et du
coût de la collecte individuelle
des ordures ménagères… Social:
convivialité et rencontre entre locataires autour du composteur,
prise de conscience du cycle de
vie des aliments, renforcement
du lien social… Environnemental: participation au retour à la
terre des matières organiques,
respect du cycle biologique naturel, réduction des déchets à
traiter, moins d’incinération… ■
Les toitures
végétalisées
En plus d’être esthétiques les
toits végétalisés isolent du froid
et de la chaleur et permettent une
économie de chauffage et une climatisation naturelle. Ils prolongent la durée de vie des toitures,
réduisent les risques d’inondation
en absorbant une partie des eaux
de pluie, assainissent l’air, protègent du bruit, comme ici à Mulhouse Habitat. ■
▲
Terrasses
végétalisées de
l’éco-quartier
Wagner à
Mulhouse
(Mulhouse
Habitat) - Photo
C. Cieutat - USH
Installer un
composteur est
une démarche
éco-responsable
(Le Toit Angevin).
Un récupérateur d’eau
de pluie
En habitat individuel, un dispositif simple et efficace pour économiser une ressource rare et
précieuse, à l’échelle mondiale,
consiste à installer un récupérateur d’eau de pluie comme dans
l’opération locative de Calvados
Habitat à Honfleur où de tels
équipements ont été intégrés.
Une démarche éco-responsable
très visible pour le consommateur arrosant son jardin. ■
Habitat et Société N° 61
Les composteurs
collectifs, ça marche!
55
11 pavillons bois
avec récupérateur
d’eau de pluie,
à Honfleur
(Calvados
Habitat).
DOSSIER
Essai transformé
dans le Tarn
L’expérimentation menée en 2008 par
l’OPH Tarn Habitat, avec l’Agence régionale de protection de l’environnement (ARPE) sur 30 foyers de Graulhet, afin d’évaluer l’efficacité de
dispositifs hydro-économes s’est révélée concluante : économie moyenne
de 15 % d’eau, soit plus de 100 € par an
pour un logement de type 4 (pour
l’eau et le chauffage de l’eau).
En 2010, après la signature de l’accord
collectif avec les représentants des locataires, Tarn Habitat généralise ces
installations hydro-économes. Dans
un premier temps, 3 600 logements
avec cumulus électriques seront équipés. Les logements avec chaudière à
gaz n’étant pas concernés puisque les
contraintes de pression nécessaires au
fonctionnement de la chaudière ne
sont pas compatibles avec la pose de
ces équipements.
Habitat et Société N° 61
Une petite dépense pour
une grosse économie !
56
L’Opac du Rhône a testé des kits
d’économie d’eau l’année dernière
chez une quarantaine de ses locataires
à Vénissieux. Le principe, comme
l’installation, est ultra simple. Un filtre
qui s’emboîte sur les robinets des
éviers et des lavabos ainsi que sur les
pommeaux de douches réduit le débit
de l’eau. Pour une dépense de
quelques euros seulement, le bilan est
spectaculaire : une consommation en
baisse de 30 %. Pour les locataires,
c’est une facture d’eau minorée et
pour la planète, des ressources préservées.
L’Opac du Rhône a donc décidé de
lancer une opération à grande échelle.
L’installation des kits chez les locataires devrait être incluse dès le milieu
de cette année dans les contrats de robinetterie. Objectif pour le premier
bailleur social de région : équiper plus
de 25 000 logements, plus de la moitié
de son parc, d’ici la fin 2013. ■
Pilotage des énergies
en temps réel
Après une première expérimentation
permettant aux locataires et au gestionnaire de superviser en temps réel la
gestion des fluides dans les logements
qui s’est révélée un peu trop complexe
à l’usage et que les locataires utilisaient
peu, Moulins Habitat a revu sa copie.
Toujours dans le cadre d’un projet européen, eSESH (économie d’énergie
dans le logement social avec les TIC)
commencé en mars 2010 avec 10 sites
dans 6 pays, l’OPH s’est engagé sur un
nouveau projet plus lisible et plus intuitif,
Le compteur radar indique l’état de la
consommation. En rouge les surcoûts, en
vert les économies (Moulins Habitat).
portant sur 399 logements aux Chartreux. Le locataire recevra dès la fin de
l’année, ses infos sur sa consommation
de chauffage et d’eau sur sa télévision qui
sera reliée à internet par courant porteur
en ligne. L’organisme pourra détecter les
dérives de consommation et les fuites.
L’idée étant d’élaborer un «ADN» de
chaque immeuble. ■
Des kits en test
dans 1 000 logements
Logement Francilien expérimente un
nouveau dispositif pour aider les habitants à réduire leur consommation
d’eau et donc leurs charges sans rien
perdre de leur confort. Ainsi, un « Kit
consommation d’eau » est mis en place
dans les résidences où les régularisations de charges d’eau sont les plus
fortes, soit 1 000 logements au total. Le
kit comprend une douchette économe,
des régulateurs d’eau installés sur la
robinetterie, des équipements sanitaires pour limiter le débit et un dispositif pour les WC.
Chaque famille peut ainsi réduire de 20
à 30% sa consommation d’eau, et même
davantage si elle adopte en parallèle des
gestes économes. Enfin, un suivi personnalisé est réalisé avec chaque foyer
pour étudier l’évolution de sa consommation. Cette expérimentation est menée en association avec les représentants des locataires et la Confédération
syndicale des familles. ■
7 500 ampoules
distribuées aux locataires
Depuis début 2011 et à l’occasion de
ses 90 ans, l’OPH Logial a distribué à
l’ensemble de ses locataires, 7 000 ampoules à basse consommation ainsi
qu’un bon de réduction à valoir dans un
grand magasin de bricolage à Vitrysur-Seine. Une série de rendez-vous
avec les locataires est planifiée jusqu’au
mois de juin ainsi que des animations,
des moments festifs et des expositions
itinérantes en liaison avec les associations de quartier et les partenaires, afin
de sensibiliser aux économies d’éner-
gie. Une action qui s’inscrit dans la démarche Responsabilité sociale des entreprises de l’organisme. ■
Des lampes LED
et fluo-compactes
L’éclairage des parties communes des cités Thorez et Mermoz situées sur le patrimoine de l’OPH de Malakoff fait
appel à plusieurs technologies limitant
la consommation d’énergie: des luminaires pilotés par de la détection de présence intégrée (hyperfréquence) et des
lampes fluo-compactes 18 W. Une technologie permettant une gestion optimisée avec un éclairage qui n’est actif que
lorsque les lieux sont occupés, ce qui réduit les coûts d’énergie et de maintenance par rapport à des lampes incandescentes. Autres équipements: des hublots haute puissance à LEDS en test
d’une puissance de 75 W pour une
consommation de 18 W, servant à l’éclairage extérieur; des candélabres munis
de variateurs de puissance, plus faible en
dehors des heures de forte affluence
(23 h à 5 h) ainsi que des lampes à fluorescence puissance 150 W. Des blocs autonomes de secours à LEDS répondant
au label NF environnement, consommation 0,7 W, équipent plusieurs sites.
Dans les halls d’une cité et bientôt dans
l’entrée principale de l’autre, l’éclairage
s’effectue par des LEDS, luminaire en
bande rectangulaire encastré d’une
consommation de 9,5 W. éclairage de
171 lumen. ■
Habitat et Société N° 61
Les travaux planifiés sur un an doivent
commencer en février, après information des locataires. Dès que les fuites
détectées seront réparées, les techniciens de Tarn Habitat équiperont les
logements de mousseurs sur les robinets de la cuisine et de la salle de bains
et d’une douchette dans celle-ci.
Cette opération de 350 000 €, une première en région, est subventionnée par
le Conseil général du Tarn et le Conseil
régional de Midi-Pyrénées. Les économies sont garanties dès la première année d’installation : les locataires supporteront une charge provisoire
mensuelle sur deux ans de 1,30 € à
5,40 €/mois, selon le type de logement,
à compter de la fin des travaux prévue
pour 2011. Les bienfaits sont aussi pour
l’environnement : 45 000 m3 eau sur
l’ensemble des logements équipés,
2 millions de KWh liés au chauffage
de l’eau ; 123 tonnes de GES. ■
57
DOSSIER
e
Expérimentations
Habitat et Société N° 61
Dans une perspective d’économie d’énergie et de maîtrise des charges, des solutions diverses faisant le plus souvent appel
aux énergies renouvelables sont expérimentées à petite échelle par les organismes Hlm.
Avec plus ou moins de succès. Certaines ont un intérêt majeur en termes d’économies, d’autres se révèlent trop coûteuses eu égard aux sommes investies. Ces solutions présentent
d’ailleurs des intérêts variables en fonction de l’implantation géographique et de la configuration des bâtiments. Le développement durable n’étant qu’à ses prémisses, les opérations menées
s’apparentent parfois à de véritables laboratoires. Zoom sur cinq expériences en cours, de l’éolienne à la pile à combustible, en passant par l’éco-génération, la récupération des eaux usées
et la recherche.
58
Les chaudières volumineuses du début, positionnées au sol, ont été remplacées par des
chaudières murales de nouvelle génération
ayant un meilleur rendement qui sont testées
actuellement par GRDF.
Aussi faciles à utiliser qu’une chaudière classique au gaz, ces chaudières servent pour trois
usages : elles couvrent la totalité des besoins en
chauffage et en ECS et 50 à 80 % des besoins en
électricité sur l’année. En période hivernale où
la chaudière fonctionne à plein régime, les besoins électriques sont couverts à 100 % mais
l’été, le système tourne seulement pour la production d’ECS. Le système est totalement transparent pour l’usager. ■
Programme de recherche IFORE
▲
L’écogénération
permet d’absorber les
besoins énergétiques
du logement en
chauffage, en eau
chaude sanitaire et,
pour tout ou partie, en
électricité (France
Habitation).
Ecogénération
Les chaudières électrogènes ou « écogénérateurs» sont expérimentées par France Habitation
sur trois logements neufs de la résidence La Pépinière, à Epinay-sur-Seine. Le principe est simple: il s’agit d’une chaudière à condensation au gaz
naturel qui intègre une micro-cogénération, grâce
à un moteur Stirling couplé à un alternateur permettant de produire de l’électricité (1 kWh) pour
les usages domestiques du logement tels que
l’éclairage, la télévision, l’ordinateur…
Le projet européen IFORE (Innovation For Renewal), lancé en juillet 2010, associe deux bailleurs sociaux, l’un français, Pas-de-Calais Habitat, l’autre britannique, Amicus Horizon et les
universités d’Artois (Faculté de Sciences appliquées) et de Brighton, pour donner les clés d’une
modélisation en rénovation thermique, voire en
construction neuve, en s’intéressant à la technique autant qu’aux usages.
Rendre au locataire sa capacité d’acteur consommateur est l’une des priorités du projet. Les bailleurs ont constaté un échec dans l’utilisation de
La pile à combustible,
énergie de demain ?
Découverte en 1839 par Sir William Grove, la
pile à combustible (PAC) a été mise de côté, en
raison de son coût, jusqu’en 1960 lorsque la
NASA l’a utilisée à bord des capsules spatiales
pour son important rendement énergétique et
son faible volume. Depuis les années 90, elle suscite un intérêt accru du fait des progrès technologiques mais aussi de la prise de conscience des
réserves limitées en énergies fossiles, des incertitudes liées à l’approvisionnement, à l’augmentation des besoins et de l’intérêt d’une production d’électricité décentralisée. Des programmes
sont mis en place pour la tester dans des appli-
▲
Deux tiers de la
consommation
d’énergie du
bâtiment, ordinateurs
compris, doivent être
produits à partir
des énergies
renouvelables
(Paris Habitat).
cations quotidiennes dans le domaine des transports mais aussi dans l’habitat.
Ainsi, en 2006, une expérimentation a démarré
dans le quinzième arrondissement de Paris, sur
un groupe immobilier de 283 logements gérés
par Paris Habitat, dans le cadre du projet européen «Life» visant à étudier le comportement de
la pile sur une durée de 6 ans minimum afin de
démontrer la viabilité technique de cette technologie et d’engranger l’expérience nécessaire à
faire progresser la recherche de la PAC appliquée
au chauffage de logements. La PAC de 250 kW
électrique et 180 kW thermique, installée par
Dalkia (entreprise de services énergétiques), a
permis aux résidents de bénéficier d’une baisse
des charges de 15 % sur l’énergie et l’eau chaude.
Le dispositif électrochimique, alimenté dans le
cas présent par du gaz naturel, génère de l’électricité en combinant un combustible avec un
oxydant. Basée sur la technologie MCFC (carbonates fondus), la PAC de 28 tonnes de ce projet utilise l’hydrogène du gaz naturel et opère à
une température de 600° C. L’électricité produite est revendue à EDF dans le cadre d’un
contrat. Le procédé produit également de la chaleur et de l’eau chaude. À la différence d’une pile
conventionnelle, une PAC nécessite un apport
continu de combustible, mais n’implique aucune
combustion. Le processus qui ne rejette ni
oxydes de soufre ni particules est silencieux et
demande une maintenance limitée deux à trois
fois plus efficace qu’une combustion.
Pour rendre ces systèmes commercialisables, les
chercheurs devront améliorer les temps de mise
en route et d’arrêt des gaz auxiliaires et réduire
leurs coûts. ■
Habitat et Société N° 61
systèmes techniques pointus (double flux par
exemple) qui permettent certes de gagner des kilowattheures mais pas toujours une économie en
euros et qui peuvent être difficiles à gérer en
termes de maintenance à l’échelle d’un parc de
40 000 logements. Difficile de transformer le locataire en expert des pompes à chaleur, de ne pas
lui faire mettre de meuble devant un mur solaire s’il ne le sait pas… En cause également, de
nouveaux contrats d’abonnement, des thermostats et machines sophistiqués à ne pas toucher
sous peine de déréglage et de surconsommation.
Le but de l’expérimentation, menée à grande
échelle sur cent logements de chaque côté de la
Manche, – en France, à Outreau – est donc de définir la place de l’usager dans l’appropriation
technologique. Pour cela, les locataires feront
partie des groupes de travail. Ils sont associés aux
choix énergétiques à travers quatre phases: l’état
des lieux énergétique par un bilan thermique,
technique et d’usage comportemental, qui sera
achevé au mois de juin ; la conception pédagogique et technique, la réalisation opérationnelle
des travaux dans le logement et enfin, une évaluation au terme de deux années.
Dans ce projet, l’Atelier de Pas-de-Calais Habitat réunissant tous les experts des différentes
activités de l’organisme, assure le rôle d’interface entre les chercheurs d’une part, et les usagers accompagnés des équipes de gestion de
proximité, d’autre part. Universitaires, architectes, techniciens, sociologues, entreprises ISO
26 001 sont mis à contribution. Chacun apporte
son savoir-faire : les Français, l’innovation technologique dans les Enr, les Anglais, le partage
communautaire. ■
59
DOSSIER
Habitat et Société N° 61
Une éolienne sur le toit
60
C’est une première: une éolienne à axe vertical de
20 kWh de puissance a été mise en service sur le
toit terrasse du nouveau siège social de Drôme
Aménagement Habitat inauguré fin 2010 à Rovaltain. Cette éolienne de huit mètres de diamètre à vingt-trois mètres de hauteur produira environ 18 000 kWh/an, soit l’équivalant de la
consommation moyenne de dix familles. La spécificité d’une éolienne à axe vertical est d’être insensible à la direction du vent. Son fonctionnement
n’engendre aucune nuisance sonore, un capteur
tridimensionnel de vibration commande son ralentissement ou son arrêt en cas de vents violents.
Vitrine de l’éco-construction avec une sur-isolation, un éclairage naturel par des atriums, une
ventilation double-flux avec puits canadien et
boucle géothermique et 260 m2 de panneaux
photovoltaïques, le bâtiment HQE est occupé
par le bailleur social, un cabinet d’avocats, un
syndicat mixte de transports et une entreprise
spécialisée dans le développement durable. ■
Récupération de chaleur
Depuis un an, ICF La Sablière expérimente un
système de récupération de chaleur sur les eaux
usées d’un bâtiment de 70 logements datant de
1980, à Evry-Courcouronnes. Ce système se compose d’un récupérateur de chaleur sur les eaux
usées et d’une pompe à chaleur (PAC) eau/eau.
L’entrée des eaux usées est à une température de
29°, leur sortie à 8°.
Réservée aux systèmes collectifs de chauffage et
d’eau chaude sanitaire alimentée par le chauffage
urbain, cette installation trouve sa pertinence économique dans un bâtiment d’au moins 35 loge-
Station de traitement
éco-environnemental
« Biofluides »
pour récupérer
les eaux usées
(ICF La Sablière).
▼
ments. Elle a nécessité la création d’un local technique sur l’emprise de deux places de stationnement dans le parking couvert au sous-sol du bâtiment, une séparation entre les eaux vannes et
les eaux usées, le raccord partiel de 36 logements
et la mise en œuvre d’un récupérateur «ERS Biofluides » d’une puissance électrique de 6 kW.
Pour suivre les performances, l’instrumentation
comprend des compteurs d’énergie thermique
installés sur le condenseur et l’évaporateur de la
PAC, des compteurs d’énergie thermique et/ou
électrique sur l’appoint d’ECS, la PAC et les auxiliaires.
L’expérience donne de bons résultats et permet
une récupération de 1 600 kWh par an. Le gain
prévisionnel annuel est de 26 kWh/m2/an, soit
l’équivalent de 172 m2 de capteurs solaires. En
termes de coût, cela représente une économie de
65 € mensuels auxquels il faut soustraire 15 € de
maintenance du fabricant, soit au total 50 € de
charges en moins pour les locataires, pour un
investissement total de 100 000 € dont 62 000 €
de subventions, avec un temps de retour sur investissement de dix ans.
Depuis, le système a été mis en place dans un
nouveau bâtiment de 35 logements BBC livré en
décembre 2010 à Ermont où il est combiné au solaire thermique pour gagner en performance sur
le rendement thermodynamique. Le recours à la
mini cogénération permet de couvrir la totalité
des besoins en chauffage et en ECS à plus de 65 °.
Ce recours à des énergies renouvelables, très
prometteur en termes de performance énergétique, d’économies en toute saison, de recyclage
permanent et de réduction de CO2. ■
g
Géothermie
Le puits canadien, appelé
aussi puits provençal, est un
système géothermique dit de
surface fondé sur le principe
que la température du soussol est plus élevée que la
température ambiante en
hiver, et plus basse en été.
Raccordé à une VMC double
flux par des canalisations
étanches enterrées à un ou
deux mètres de profondeur, il
permet de récupérer les
calories gratuites du sol et
sert de climatisation
naturelle en apportant ce
qu’on appelle le confort
d’été, par un
rafraîchissement de l’air
intérieur.
Habitat et Société N° 61
Exploitant la chaleur du sous-sol à des fins énergétiques pour la production de chaleur, de froid et dans certains cas d’électricité, la géothermie utilise une énergie locale, renouvelable, propre, non polluante
et peu coûteuse. Elle semble promise à un bel avenir puisque le Grenelle
de l’Environnement a fixé un objectif de production de 2 Mtep supplémentaires de chaleur à partir de géothermie et de pompes à chaleur à l’horizon 2020,
soit une multiplication par six.
En France, les activités de géothermie se déclinent en quatre secteurs : la valorisation de ressources de basse et moyenne énergie pour la production de chaleur, essentiellement par le biais
de l’alimentation de réseaux de chaleur urbains (on ne conçoit plus de tels réseaux sans la moitié au moins d’Enr) ; les usages thermiques dans les bâtiments par l’utilisation des pompes à chaleur géothermiques ; la production d’électricité dans les départements d’Outre-mer ; la géothermie des roches profondes et fracturées.
La nature des ressources existantes a conduit à privilégier les usages thermiques de la géothermie. Les ressources de basse et moyenne énergie, qui se rencontrent à des profondeurs comprises
entre 600 et 3 000 mètres, exploitées principalement sont situées dans le bassin parisien et le bassin aquitain. Initialement sur les réseaux de chaleur urbains et les usages thermiques, l’application de la géothermie s’est élargie ces dernières années à ceux de la production d’électricité
et des pompes à chaleur sur capteurs enterrés.
61
DOSSIER
Géothermie profonde
Habitat et Société N° 61
Au pied des remparts de la ville de Langres,
avec vue sur le lac de la Liez, le programme
« les Roises » de 17 pavillons neufs d’Hamaris,
l’OPH de la Haute-Marne, concilie économies
d’énergie et préservation de l’environnement
grâce à l’utilisation de la « géothermie profonde
verticale » pour le chauffage et de chauffe-eau
solaire individuel pour la production d’eau
chaude sanitaire.
Dans le cadre d’une démarche HQE (Haute
Qualité Environnementale), une solution a été
mise en œuvre par l’organisme avec l’appui
technique d’EDF Recherche et Développement.
Pour le chauffage : la géothermie par forages
profond soit deux forages de 65 mètres par pavillon, un plancher chauffant au rez-dechaussée et des radiateurs basse température à
l’étage. Pour la production d’ECS : des panneaux
solaires de 5 m2 intégrés en toiture avec ballon
de 200 litres, et un appoint. La pompe à chaleur
est utilisée en priorité. S’ajoutent une isolation
renforcée avec traitement des ponts thermiques, l’installation de doubles vitrages à faible émissivité, une VMC hygroréglable de classe
B, basse consommation et des lampes basse
consommation.
On atteint la classe énergie B, soit des consommations inférieures de 20 % à la RT 2005, avec
une réduction des charges estimée à 100 € par
an et par logement pour l’eau et 400 € pour le
chauffage, par rapport à une installation classique de chauffage gaz à condensation. ■
62
Pour assurer la
production de
chauffage et d’ECS,
l’eau est puisée à
1725 mètres de
profondeur.
(Valophis).
Forage d’un puits en Ile-de-France
Géothermie
verticale avec des
forages à 65 mètres
de profondeur pour
les 17 pavillons
« les Roises »
(Hamaris).
▼
Dans le Val de Marne, plus 14 000 logements appartenant à Valophis Habitat sont raccordés à
des réseaux de chaleur alimentés par la géothermie. Et en 2007, à Orly, l’organisme a réalisé
le premier forage d’un puits depuis dix ans en
Ile-de-France.
Le puits géothermique est constitué de deux
forages associés, l’un destiné à la production
du fluide géothermal, l’autre à la réinjection de
l’intégralité du fluide dans l’aquifère d’origine.
L’eau est puisée à une profondeur de 1 725 m, là
où elle est naturellement très chaude. Ramenée
à la surface du sol à l’aide d’une pompe, elle est
alors envoyée par une canalisation étanche à la
centrale géothermique toute proche, dans laquelle a lieu la production de chaleur, au moyen
d’un échangeur de chaleur constitué d’une série de plaques en métal inoxydable (titane) assurant une grande surface d’échange. L’eau issue du sous-sol et l’eau alimentant les
installations de chauffage des immeubles circulent sans aucun contact direct entre elles.
Après avoir transmis sa chaleur, l’eau provenant du sous-sol est réinjectée en profondeur.
Pour éviter un recyclage thermique, les forages
sont inclinés dans des directions opposées, éloignant ainsi le point de production de celui de
réinjection. Le réseau de distribution enterré
sous la voirie permet d’acheminer l’eau réchauffée, après passage dans les échangeurs,
vers les immeubles où une sous-station raccordée au réseau assure la production de chauffage
et d’eau chaude sanitaire. ■
m
Maison passive
La maison passive est une maison à très faible consommation énergétique puisque dans la pratique elle est pratiquement autonome pour ses
besoins en chauffage. Elle se contente en effet des apports solaires, des
activités humaines, du fonctionnement des appareils ménagers, de l’éclairage et d’une bonne isolation. Est considérée comme maison passive un bâtiment dont les besoins de chauffage sont inférieurs à 15 kWh/m²/an, et un besoin de moins de 50 kWh/m²/an d’énergie primaire (les 15 kWh/m²/an du chauffage + l’énergie
nécessaire au chauffage de l’eau + l’électricité consommée par la ventilation + climatisation).
Dans ce bâtiment certifié par le
Passivhaus Institut, construit
par la Société Lorraine d’habitat, les charges de chauffage, eau
sanitaire et électricité ne devraient pas excéder 200 € par
an. Pourtant, ni le confort ni l’esthétique n’ont été sacrifiés au
profit des performances énergétiques. Le résultat est un bâtiment de quatre étages, avec le
maximum de matériaux naturels et une façade à clins de bois,
habillée de balcons rapportés.
Les huit logements collectifs
dont la typologie va du type 3 au
type 5 sont desservis par un escalier extérieur entièrement
désolidarisé du bâtiment.
Concrètement, le bâtiment dont
la structure est constituée de
pré-dalles et de pré-murs en béton et de façades bois, conjugue
une isolation renforcée, un triple vitrage et, pour chaque logement, un système de ventilation double flux, dit 3 en 1. Le
dispositif se compose d’une
pompe à chaleur de faible capacité (500 W), d’un ballon de 200
litres d’eau chaude, et d’un
échangeur double flux qui puise
l’air à l’extérieur avant d’être filtré et réchauffé par la seule activité humaine et le fonctionne-
ment des appareils ménagers,
l’éclairage et les rayons du soleil.
Une résistance électrique assure le complément en cas de
grand froid.
Pour les locataires, cela devrait
se traduire par un niveau de
charges très faible d’autant que
la consommation d’électricité
pour éclairer les communs, les
logements et les terrasses est
optimisée au moyen de détecteurs de présence, de leds et
d’ampoules fluo-compactes à
basse consommation. Le contrat
d’entretien de la VMC est de
88 € par logement.
En pied de
l’immeuble,
une haie de
bambous masque
les parkings et
le local à vélos
sécurisé
(Société Lorraine
d’habitat).
Le coût de construction s’élève
à 1 656 € HT/m2/SHAB contre
1 350 € habituellement. Ce programme a aussi donné lieu partenariat très étroit entre le maître d’ouvrage, le maître d’œuvre
et les entreprises, à une refonte
du cahier des charges (lots séparés confiés à des artisans, interdiction de sous-traitance, formations spécifiques, matériaux
naturels, solidarité des différents corps de métier sur le
chantier) et, bien évidemment, à
un accompagnement des habitants. ■
Habitat et Société N° 61
Certifiée Passivhaus
63
DOSSIER
Habitat et Société N° 61
Une opération
expérimentale
64
Les deux maisons construites
par la société coopérative Hlm
Habitat de l’Ill ont été certifiées
Minergie P en 2009. Dès le
départ, il s’agissait d’une opération expérimentale réalisée dans
le cadre d’un partenariat entre
Habitat de l’Ill, la société
Doréan, conceptrice de la structure bois, l’architecte et la
région Alsace.
Les garages désolidarisés de la
construction, le bloc cellier, les
entrées des maisons et le local
technique adossé à la construction, servent d’espace tampon
sur le côté nord. Exposées au
sud, les deux maisons d’une surface habitable de 90 m2, avec
partie jour en rez-de-chaussée
et partie nuit en étage, s’ouvrent
sur des jardins privatifs.
La structure repose sur une
dalle en béton de 20 cm comportant une isolation de 20 cm
et une chape de 10 cm d’épaisseur. Le système constructif
consiste en une ossature bois
constituée d’une poutre treillis
selon le concept Doréan : 37
centimètres de ouate de cellulose, panneaux de particule,
pare-vapeur à l’intérieur servant
d’écran d’étanchéité à l’air sur
toutes les parois froides. Au fur
et à mesure du chantier, les anomalies ont été corrigées.
La production de chauffage et le
complément d’eau chaude
fourni en base par les capteurs
Premières
maisons
labellisées
Minergie P à Ill
Kirch (Coopérative
Hlm Habitat de
l’Ill). Arch. :
Philippe Pimmel.
Dans une
construction passive, les systèmes
de récupération et
de diffusion de
l’énergie remplacent le chauffage
conventionnel.
«La Petite Chartreuse», six
logements à
La terrasse (38)
(Pluralis). Arch.:
Vincent Rigassi.
▼
solaires sont assurés par une
pompe à chaleur air/eau, assortie d’une VMC double flux, avec
un puits canadien. Label oblige,
tous les appareils électroménagers sont de classe A. La maison
n’est équipée d’aucun radiateur
hormis un sèche-serviettes dans
la salle de bains.
La consommation, toutes énergies confondues, a été établie à
28 kWh/m2/an, soit l’équivalent
du label allemand Passiv Haus.
Le coût de construction hors
VRD s’élève à 1 880 €HT
m2/hab. ■
Premiers logements
passifs
Livrée en 2008 par Pluralis sur
la commune de La Terrasse en
Isère, l’opération « La Petite
Chartreuse » a été la toute première opération labellisée Minergie P en France. Étudié pour
consommer moins de 30 kWh
par mètre carré et par an, sans
apport de chauffage classique,
ce type de construction obéit
aux principes d’une construction bioclimatique. Mais au lieu
de faire un bâtiment compact,
l’OPH a réalisé deux petits bâtiments collectifs en ossature bois
aux volumes rappelant ceux des
maisons environnantes. La clé
de leur performance réside dans
la sur-isolation de l’enveloppe
du bâtiment, avec un isolant de
20 cm entre les montants d’ossature et un isolant supplémentaire en fibre de bois, rendant le
logement étanche (absence de
murs froids et de courants d’air
mais matériaux perméables à la
diffusion de la vapeur). Aucune
fixation ne doit être faite sur les
murs extérieurs.
La régulation thermique, essentielle dans une telle construction, est assurée par un système
d’aération centralisée à récupération de chaleur (ventilation
double flux) à l’aide d’un puits à
saumure. Cet échangeur géothermique à eau glycolée fonctionnant en circuit-fermé dans
des tuyaux souples (et non à air
comme dans le puits canadien)
et pouvant facilement être déconnecté en mi-saison, effectue
le préchauffage de l’air en hiver,
une protection contre le gel et
un rafraîchissement en été. La
production d’ECS se fait par des
capteurs solaires thermiques et,
en appoint, par pompe à chaleur pour le maintien de la température de l’eau stockée dans le
ballon. Les fenêtres sont à triple
vitrage.
Le programme, d’un montant
de 1 230 251 €, bénéficie des labels Qualitel, Effinergie, Minergie (bâtiment de 2 logements)
et Minergie P (bâtiment de 4 logements). Les consommations
d’énergie se répartissent en
50 % d’électricité, 27 % d’ECS,
12 % de chauffage (contre 72 %
dans un logement classique),
8 % pour la ventilation et 2 %
pour l’éclairage. À la clé, une
économie réelle pour le locataire et une économie de
105 950 éq kg CO2, soit 190 tours
du monde. ■
L’adoption d’une nouvelle réglementation
thermique dite « RT
Grenelle Environnement
2012», publiée au Journal
officiel le 27 octobre 2010,
concrétise l’engagement du Grenelle Environnement de généraliser les «bâtiments basse
consommation» à compter de 2012. Elle s’applique à tous les permis de construire déposés à
partir du 28 octobre 2011 pour les bâtiments
neufs du secteur tertiaire, public et
les bâtiments construits en zone
Anru, et déposés à partir du 1er janvier 2013 pour tous les autres types
de bâtiments neufs.
Cette réglementation est avant tout
une réglementation d’objectifs qui
laisse une plus grande liberté de
conception aux maîtres d’œuvre et appréhende
la qualité intrinsèque de la conception du bâtiment. Elle comporte des exigences de résultats
relatifs à une performance globale et quelques
exigences de moyens très limités (équipements
d’énergie renouvelable, affichage des consommations…).
Les exigences de résultats sont de trois types:
• l’exigence d’efficacité énergétique minimale du
bâti qui définit une limitation simultanée du besoin en énergie pour les composantes liées à la
conception du bâti (chauffage, refroidissement
et éclairage). Elle valorise notamment le niveau
d’isolation, la mitoyenneté et la conception
bioclimatique.
• l’exigence de consommation conventionnelle
maximale d’énergie primaire (50 kWh/m2/an
d’énergie primaire, modulé selon la localisation
géographique) qui impose en plus de l’optimisation du bâti le recours à des équipements à
haut rendement;
• l’exigence du confort d’été dans les bâtiments
non climatisés.
Cette volonté d’introduire une «valeur verte» sur
le marché immobilier passe par l’affichage de la
performance énergétique des bâtiments, obligatoire depuis le 1er janvier 2011, dans
les annonces immobilières ou sur les
sites Internet professionnels de sorte
que la performance énergétique du
bien devienne un des éléments constitutifs du choix. Elle devrait également
amener les propriétaires à faire réaliser un diagnostic de performance
énergétique (DPE) par un professionnel certifié.
Ce DPE est obligatoire depuis le 1er novembre 2006
à l’occasion de la vente d’un logement en France
métropolitaine. Et depuis le 1er juillet 2007,
toute signature d’un contrat de location doit également s’accompagner d’un DPE. Les résultats de
ces diagnostics doivent être tenus à disposition,
par le vendeur ou le bailleur, de tout candidat acquéreur ou locataire. Un DPE doit désormais être
réalisé pour les bâtiments neufs dont le permis
de construire a été déposé après le 1er juillet 2007.
Les pouvoirs publics envisagent d’enrichir la
méthode d’élaboration des DPE et de renforcer
le nombre de données et de fiabiliser les compétences des diagnostiqueurs.
Habitat et Société N° 61
p
Performance énergétique
65
DOSSIER
Un parc étiqueté
En 2009, Habitats de Haute-Alsace a passé au
crible l’ensemble de ses 7 500 logements de 38
ans d’âge moyen, ce qui permet aujourd’hui à
chaque locataire de connaître la consommation
énergétique annuelle de son logement, grâce à
la fameuse étiquette multicolore emblème du
DPE. Les résultats de ce diagnostic de performance énergétique révèlent que 56 % des logements se situent en niveau D. Les 15 % des logements en dessous de ce niveau (13 % en E,
2 % en F et 1 % en G) feront l’objet d’un traitement prioritaire inscrit dans le plan stratégique
de l’office qui prévoit la rénovation thermique
d’un minimum de 250 logements sur les six
prochaines années. À cet effet, l’office a recruté
mi 2010 un ingénieur thermicien spécialement
chargé de la mise en œuvre des projets d’amélioration thermique et de la diffusion de la culture des économies d’énergie à l’ensemble des
services. ■
Habitat et Société N° 61
Le premier CPE dans
le logement social
66
L’Esh Logirep (filiale du groupe Polylogis) a
confié à Bouygues Bâtiment Ile-de-France et
ETDE le premier CPE pour le logement social.
Le groupement (Brézillon, filiale de Bouygues
Bâtiment Ile-de-France et de sa filiale Cogemex, Lair&Roynette architectes et CET ingénierie) est en charge de concevoir, réhabiliter,
agrandir et assurer pendant quatre ans la maintenance des équipements énergétiques de la résidence Saussaie à Vitry-sur-Seine. Un programme de 231 logements sociaux livrés en 1965
qui n’avait jamais fait l’objet de réhabilitation.
▲
Les principales caractéristiques du bâtiment et de ses équipements
thermiques, l’estimation de la consommation annuelle d’énergie et de son
coût et un classement de la consommation au m2 selon le principe de
l’étiquette énergie (échelle de A à G), la quantité de CO2 émise avec un
classement selon une « étiquette climat » et des recommandations pour
améliorer la performance énergétique du bâtiment figurent sur le DPE
Pour atteindre
l’objectif, il faudra
“rhabiller les façades
des quatre
bâtiments d’un épais
manteau thermique
en laine de roche
recouvert
d’un enduit ou
d’un bardage aux
couleurs aléatoires”
(Logirep).
▼
En amont de l’appel d’offres, Logirep a réalisé
un diagnostic thermique et une étude de faisabilité, avec identification des labels à atteindre
et des financements possibles.
Le groupement s’engage sur un volume d’économie d’énergie de 40 % et la division par quatre des émissions de CO2 par contrat, en s’impliquant très en amont dans la conception du
programme de travaux et en validant, par des
mesures après livraison, la réalité de la performance annoncée. Si les résultats sont inférieurs
à l’engagement, le groupement devra rembourser la différence qui sera reversée aux locataires. À l’inverse, si l’objectif est dépassé, le
gain supplémentaire sera partagé entre le groupement et le maître d’ouvrage.
Après la phase des études, début 2011, les travaux débuteront au second semestre 2011.
Le montant des travaux s’élève à 9 millions
d’euros (4 millions pour la rénovation énergétique et 5 millions pour la réhabilitation interne
des logements). La totalité est financée par des
éco-prêts bonifiés et la participation des locataires (1). ■
(1) Décret de 2009 sur le partage, entre le propriétaire et le locataire, des économies réalisées
par la baisse de consommation énergétique.
r
Rénovation énergétique
En raison d’une
consommation
moyenne d’énergie
primaire supérieure à
230 kWh/m²/an pour les
usages du chauffage, de l’eau
chaude et de l’électricité, la maîtrise des coûts
énergétiques s’avère une nécessité absolue dans
les cités Hlm les plus énergivores datant des
années cinquante à soixante-dix.
La rénovation thermique des logements les
moins performants du patrimoine locatif constitue par conséquent un chantier prioritaire des organismes Hlm. La mauvaise qualité thermique
des bâtiments et les équipements ou installations
obsolètes, associés à la faiblesse des ressources
des ménages, créent une précarité énergétique
pour des populations fragiles économiquement.
Ici, le rôle social se juxtapose à celui de maître
d’ouvrage. De plus, l’analyse du cycle de vie d’un
bâtiment peut être favorable à sa réhabilitation
plutôt qu’à une démolition-reconstruction.
Le programme d’amélioration thermique dans le
cadre du Grenelle de l’environnement vise à ramener 800 000 logements à un niveau de
consommation inférieur à 150 kWh/m²/an.
Un label BBC Effinergie Rénovation créé fixe
à 80 wWhep/m²/an la consommation d’énergie
maximale, avec une modulation en fonction des
régions, et l’obligation de faire des mesures de perméabilité à l’air validant les calculs.
Les organismes investissent aujourd’hui dans les
travaux thermiques sur des immeubles d’habitation anciens, souvent amortis depuis longtemps, montrant leur capacité à répondre au défi
environnemental et à la lutte contre le réchauffement climatique, tout en étant source de diminution des charges locatives. Des exemples à
suivre pour les futures réhabilitations du patrimoine locatif social.
Sur deux ensembles d’habitat social
où les locataires sont les plus modestes, Hérault Habitat, office départemental, lance des opérations de réhabilitation visant à faire passer les
immeubles des années soixante de la
classe E à la classe B : La Pergola, dix
bâtiments (481 logements) et La Mosson, neuf bâtiments (574 logements).
Financées à 40 % par un éco-prêt logement social et peut-être par une aide
du FEDER, les deux opérations font
l’objet d’un marché de conception-réalisation afin de favoriser une approche
globale, y compris dans le volet social,
et de raccourcir les délais. Les immeubles seront littéralement envelop-
1 000 logements rénovés BBC
à Montpellier (Hérault
Habitat). Classe E à B.
Habitat et Société N° 61
À Montpellier (34)
67
pés par l’extérieur : isolant type
mousse de polyuréthane de 100 millimètres d’épaisseur en toiture ; polystyrène extrudé de 100 millimètres en
façade ; laine minérale sur 120 millimètres dans les planchers accessibles ;
menuiseries double vitrage. Les éco-
nomies d’énergie se feront aussi dans
les logements, avec des chaudières individuelles à condensation. Les travaux devraient durer vingt mois. Coût
pour La pergola : 12,92 m€ ; La Mosson : 13 M€. ■
DOSSIER
Habitat et Société N° 61
À Agen (47)
68
Sur les six immeubles de la cité
Donnefort construite dans les
années soixante, quatre bâtiments, au total 60 logements,
ont été concernés par l’opération de réhabilitation (les deux
autres ayant été acquis et rénovés par ICF). La structure du
bâti était en bon état de conservation. Le programme de travaux a été élaboré par Agen Habitat avec les habitants, à
l’occasion de rencontres à domicile et d’une réunion publique. Il s’agissait d’obtenir un
coût résiduel « loyer + charges »
équivalent avant et après travaux.
Les travaux d’économie d’énergie ont consisté en l’isolation
thermique de l’immeuble par
l’extérieur avec habillage des façades type vêture et enduits, la
réfection et l’isolation des toitures, l’installation de chaudières à ventouse, à condensation et micro accumulation, de
nouveaux radiateurs et menuiseries PVC à double vitrage et
ventilation. En complément,
d’importants travaux de réfection et de mise aux normes ont
eu lieu à l’intérieur des logements. D’un coût de 1 855 045 €,
cette rénovation aboutit à la
▲
60 logements
réhabilités et
rénovés à Agen,
(Agen Habitat).
Classe A.
Rénovation de
1 000 logements
en basse
consommation
récompensée au
Festival Fimbacte
2010 par le Grand
Prix du cadre de
vie (Foyer
Rémois).
▼
classe énergétique A, soit une
consommation de 36,85 KWep/
m2/an et d’émission GES de
10 kg epCO2/m2/an. ■
À Reims (51)
Dans le cadre du PRU des quartiers Orgeval et Pays de France,
le Foyer Rémois a lancé l’an
dernier un projet de rénovation
basse consommation et de résidentialisation sur 1 000 logements, dans une procédure de
dialogue compétitif.
L’approche thermique a fait
l’objet d’une méthodologie classique sécurisée avec des audits
et études thermiques et des outils de simulation, selon le process d’analyse “Passiv Haus”,
consistant d’abord à déterminer le volume chauffé, dessiner
le projet, voir les risques en
thermique et en étanchéité, calculer les ponts thermiques et
éviter les points de rosée, puis
faire les plans d’exécution avant
le chantier, soigner les détails
d’exécution du projet et vérifier
les travaux par des tests d’infiltrométrie et une caméra thermique. Le Foyer Rémois s’est
adjoint l’assistance à maîtrise
d’ouvrage et le bureau de
contrôle de BASF. En matière
d’usage, l’attention a porté sur
les thermostats, le confort thermique d’été et l’accompagnement des habitants. L’agence
régionale de la construction et
de l’aménagement durables en
Champagne-Ardenne
(ARCAD/PQE) s’est associée au
projet pour la formation sur
site.
Résultat : à Orgeval (519 logements), 53 000 € investis par logement, pour une étiquette
thermique de 240 kWh à
103 kWh ; et la création d’un
jardin collectif en cœur d’îlot ; à
Pays de France (530 logements), 42 000 € investis par
logement, un marché de 22 M€,
pour une étiquette thermique
de 185 kWh à 85 kWh. ■
Les « Hirondelles » sont de retour. Avant l’été, l’Esh Touraine
Logement aura achevé la réhabilitation de ce bâtiment de
douze logements datant des années soixante-dix qu’elle a acquis auprès de la municipalité
de Joué-lès-Tours. L’objectif est
de faire passer le bâtiment
classé E sur l’échelle énergétique, en catégorie A ou B, grâce
aux menuiseries, fenêtres triple vitrage et VMC installées,
aux travaux en cours d’isolation
extérieure de la façade, mais
surtout à la désolidarisation des
balcons et l’isolation renforcée
de la toiture-terrasse.
Véritable bouclier thermique,
la sur-toiture en terrasse débordant la façade va supporter
les nouveaux balcons qui y seront suspendus, supprimant
ainsi les ponts thermiques ; elle
servira également de complément d’isolant à la toiture existante et de brise-soleil. La pro-
duction d’ECS sera assurée par
des ballons thermodynamiques
branchés sur la VMC.
Après travaux, la consommation maximale en énergie, divisée par trois, est fixée à 80
kWhep/m2/an. Si l’on ajoute la
production d’électricité fournie
par 250 m2 de panneaux photovoltaïques en toiture, on arrive
à 49 kWhep/m2/an, soit la
classe énergétique A. C’est le
premier projet financé par les
fonds européens du FEDER en
région Centre.
▲
Bouclier
thermique pour
le bâtiment de
12 logements
(Touraine
Logement).
Classe E à A
ou B.
À Auch (32)
Véritable « passoire énergétique », l’immeuble MendèsFrance acquis par l’OPH 32 auprès de la mairie devait être
rénové d’urgence, tout en étant
occupé par ses locataires : l’office a mené une démarche
d’amélioration
thermique
exemplaire en obtenant, l’an
dernier, le premier label BBC
Effinergie Rénovation (Basse
Label BBC
Effinergie
Rénovation, pour
cette opération
de 12 logements
sociaux en
“acquisitionrénovation”.
Classe A
(OPH 32).
Habitat et Société N° 61
À Joué-lès-Tours (37)
Consommation Energétique)
certifié par Promotelec en
France et dans le Gers.
Au programme : l’isolation par
l’extérieur renforcée composée
de 14 cm d’isolant recouverte
d’un enduit, l’isolation des planchers et des combles par insufflation de 34 cm de laine minérale, de nouvelles menuiseries
en aluminium et PVC avec double vitrage performant et volets
roulants, un système de chauffage basse température par des
chaudières à condensation et à
micro-accumulation, et des robinets thermostatiques sur les
radiateurs, une ventilation hygroréglable à faible consommation électrique.
Est attendue une diminution de
37 % des consommations
d’énergie, passant de 240 310 kWh/m2/an (selon les logements) à 52 kW/m2/an, avec des
économies estimées à environ
40 € mensuels pour les locataires. Les consommations seront suivies pendant trois ans.
L’OPH veut systématiser cette
démarche éco responsable sur
son patrimoine. La labellisation
lui a permis de bénéficier d’un
prêt spécifique à taux bonifié de
la Caisse des dépôts, dit Prêt
énergie performance (62 650 €),
en plus d’une aide conséquente
du Conseil général, sur un coût
total de 895 000 €. ■
69
DOSSIER
Habitat et Société N° 61
À Saint-Pierredes-Corps (37)
70
Apporter une haute qualité
d’usage autant qu’une haute
qualité environnementale dans
une économie maîtrisée étaient
les enjeux de la rénovation qu’a
menée Val Touraine Habitat
sur cinq tours des années
soixante-dix (435 logements),
dans le quartier Rabaterie abritant 40 % de la population de
Saint-Pierre-des-Corps. Ce projet lauréat du concours EDF Bas
Carbone 2010, catégorie Rénovation, tire parti des qualités intrinsèques d’exposition et de
compacité des tours, alliées aux
systèmes thermiques pour offrir une amélioration énergétique, spatiale et visuelle.
Afin de rendre attractives les
tours vieilles de quarante ans,
l’équipe d’Itar Architectures et
l’Esh sont intervenus à l’échelle
de l’urbain, du bâtiment et du
logement. Une requalification
urbaine a eu lieu par la création
d’un espace végétal central et la
réorganisation des parkings et
espaces verts. Les logements
ont été prolongés par des loggias et des balcons avec des
garde-corps en bois tressé ; les
paliers équipés de placards, locaux vélos et poussettes.
Principales solutions : l’approche bioclimatique, la préfabrication des éléments (béton
▲
Qualité d’usage et
environnementale
pour cette
opération de
réhabilitation et
résidentialisation
sur cinq tours en
site occupé (Val
Touraine Habitat).
Classe B.
Le Colimaçon.
Rénovation
énergétique d’ici
fin 2011 de
124 logements
locatifs (Logirem).
Arch.:
Berim/Ferta.
Classe E à B.
▼
Ductal au sol, acier galvanisé
pour la structure et lames de
bois en parement), l’isolation
par l’extérieur, la régulation du
chauffage par orientation, un
service de contrôle des consommations et d’information individuelle, la gestion des eaux
pluviales à ciel ouvert. La
consommation énergétique est
de 69,9 kWhep/m2/SHON/an,
les émissions GES de 2,56 kg
CO2/m2 SHON/an. Le prix de
revient au m2 hors foncier et
VRD : 330 €/m2. ■
À Martigues (13)
L’Esh Logirem (groupe GCE
Habitat) a terminé en fin d’année dernière la première
tranche de l’opération de réhabilitation énergétique et d’embellissement de 124 logements
locatifs sociaux datant des années 80 à Martigues.
Tous les bâtiments présentaient
des problèmes d’infiltrations
d’eau pluviale et d’isolation, de
condensation sur les parois
froides, de température d’eau
chaude sanitaire, de vieillissement des façades, ainsi qu’une
dégradation générale de l’étanchéité des toitures.
Les travaux ont concerné en
priorité le traitement thermique
de la résidence par la mise en
place d’un isolant extérieur de
12 cm d’épaisseur, mais aussi en
toiture, la réfection des étanchéités et le remplacement des
moteurs VMC et, en façade, la
reprise des balcons, appuis et
scellement, le traitement technique et architectural des renvois et des chutes d’eau pluviale
et la pose de plaques décoratives imputrescibles et résistantes aux chocs. En complément, une VMC hygroréglable B
a été installée dans les logements. Dans les communs, il y a
eu le remplacement de tous les
éclairages, la mise en place de
lampes basse consommation,
l’ajout de commandes par radar
ou d’horloges astronomiques.
Pour améliorer le cadre de vie,
l’intervention a porté sur la pose
de nouvelles portes palières, la
mise en peinture et le ravalement de l’ensemble des loggias,
le remplacement des gardecorps, des portes d’entrée, des
portes de garages et des grillages des jardins privatifs au
rez-de-chaussée, ainsi que la
peinture des cages d’escaliers et
des coursives.
Afin d’accompagner les locataires, un livret leur donne des
conseils pratiques sur les gestes
simples et économes de la vie
courante.
Pendant les travaux, un soin a
été apporté à la propreté du
chantier, la maîtrise du bruit et
au stockage des produits chimiques. Une opération qui
coûte 5 308 425 € à Logirem,
avec le soutien de la Ville de
Martigues, du Département, de
la Région, de l’Europe, de
l’Ademe et de la Caisse des Dépôts. Le montant des loyers
après travaux reste inchangé. ■
Première source d’énergie renouvelable, le rayonnement solaire est par
nature une énergie naturelle et inépuisable.
Les orientations énergétiques du Grenelle de l’environnement fixent un
objectif de production de chaleur renouvelable de 10 Mtep supplémentaires par an jusqu’en 2020. La contribution du solaire thermique devrait
s’élever à 0,9 Mtep, ce qui représente un objectif d’environ 15 à 20 millions de m2
installés cumulés en 2020 (contre 1 million de m2 en 2007). Le solaire thermique est une filière
en devenir dont le prix à la tonne équivalent pétrole substituée doit diminuer à travers l’amélioration de la performance énergétique des systèmes et la réduction du prix des capteurs.
Ces objectifs ambitieux vont engendrer un nouveau mode d’accompagnement, notamment financier, des projets solaires thermiques collectifs dans le cadre du fonds chaleur 14.
La France, qui dispose d’un bon gisement solaire, a choisi une politique de développement originale : considérer que le photovoltaïque est avant tout un élément du bâtiment, producteur
d’électricité. La participation du photovoltaïque au bilan énergétique national relève d’une
échéance dépassant 2020. Technologie du futur des plus prometteuses, il importe que la France
positionne son industrie dans le secteur.
Le développement des capacités de production d’électricité photovoltaïque se justifie
d’abord dans les départements d’Outre-Mer.
En raison du fort ensoleillement, des coûts
élevés de production d’électricité et de la présence d’une pointe de consommation électrique en phase avec l’ensoleillement, l’énergie
photovoltaïque y est très compétitive. Le
même potentiel est identifié dans la partie
méridionale de la France.
L’Ademe recommande de favoriser l’intégration du photovoltaïque au bâti, sans écarter
les centrales au sol pour atteindre une partie
des objectifs en termes de puissance installée.
L’agence recommande toutefois d’être attentif au maintien des sols cultivables, les centrales ne devant pas participer à l’artificialisation de ces sols.
Habitat et Société N° 61
s
Solaire
71
DOSSIER
Centrale photovoltaïque
Habitat et Société N° 61
Depuis cinq ans, une centrale solaire photovoltaïque alimente la résidence Anacaona de Bergevin, en Guadeloupe. Un projet mené par la SA
Hlm de Guadeloupe, Sikoa, qui évite le rejet de
2 500 tonnes de CO2 en vingt ans, soit l’équivalent de 1 200 voitures parcourant 15 000 km.
L’installation mise en place par BP Solar est de
150 kW crêtes et comporte 1 500 m2 de modules
photovoltaïques, situés sur cinq toits de la résidence. Elle produit environ 200 mégawatt
heures par an. Sikoa loue à BP Solar les toits durant quelques années. Une fois l’investissement
payé, la production énergétique sera utilisée
pour faire fonctionner les parties communes
des résidences aux alentours. L’île connaît une
croissance annuelle des consommations électriques liée à la multiplication du nombre des
climatiseurs et des appareils électroménagers
dans tous les foyers. ■
72
1 500 m2 de
panneaux solaires sur
cinq toits (Sikoa
Guadeloupe).
Plan soleil devrait permettre d’installer, d’ici
2014, 2 825 m2 de panneaux solaires, sur le patrimoine existant, pouvant couvrir jusqu’à 40 %
des besoins en eau chaude sanitaire des 3 037 logements concernés sur le département. Ces
panneaux solaires devant permettre de réduire
la facture d’eau chaude de 35 à 45 %, le CO2 rejeté de 435 tonnes par an pour une économie de
30 € en moyenne par logement et par an. L’investissement s’élève à 1,2 M€. Ainsi en 2014,
l’Ophis aura introduit 5 % d’énergies renouvelables dans sa consommation totale d’énergie.
Ces équipements se doublent d’un programme
de sensibilisation à l’attention des locataires
pour les amener à changer de comportement et
ainsi réduire leurs consommations d’eau et de
chauffage. ■
La série de tubes
de 1,60 m permet
d’obtenir
un meilleur
rendement
notamment
en hiver
(Dialoge).
Des tubes solaires
Un plan soleil
Grâce au soutien financier conjoint de l’Ademe,
du FEDER, du Conseil régional d’Auvergne, du
Conseil général du Puy-de-Dôme et des fonds
propres investis en complément de l’OPHIS, le
À horizon 2014,
31 résidences seront
équipées de
panneaux solaires.
Ici les 250 m2 de
panneaux installés
en 2008 aux Allées
fleuries à ClermontFerrand (OPHIS).
Conçue dans le cadre du renouvellement urbain de la ville du Havre, au cœur du nouveau
quartier des Docks, la Résidence de l’Océan,
avec ses 32 logements PLUS, est la première
opération BBC Effinergie de Haute Normandie. La production d’eau chaude sanitaire est assurée par 30 m2 de tubes solaires, installés sur la
toiture végétalisée, qui assure 30 % des besoins,
pour 30 000 € hors taxe et hors pose. Un choix
dicté à la fois par un souci d’esthétique et par un
souci de performances. En effet, à la différence
des panneaux plus classiquement utilisés en
France, les tubes n’ont pas besoin d’être inclinés
et par conséquent ont une meilleure intégration
visuelle puisqu’on ne les voit pas quand on regarde la façade. Sans compter qu’ils assurent un
meilleur rendement que les capteurs plans 25 %
de plus au m2 notamment en hiver et en cas de
temps couverts, aux dires de Dialoge. De plus,
l’entretien et la maintenance sont plus aisés
dans la mesure où chaque tube peut être changé
Précurseur du solaire
L’Opac de la Savoie a réalisé sa première opération solaire il y a tout juste 30 ans sur la commune de Fontcouverte, plus connue pour sa
station de La Toussure.
Aujourd’hui, le parc de capteurs solaires thermiques représente une surface de 2 115 m2 et alimente 1 439 logements pour la production d’eau
chaude. Une opération de 28 logements utilise
également une part de l’apport pour le chauffage. En 2009, la production d’énergie solaire a
été estimée à plus de 661 MWh évitant environ
193 tonnes de CO2.
L’Opac a aussi mis en service trois installations
de production d’électricité depuis 2009 à La
Ravoire (64 m2 de capteurs photovoltaïques)
et Aix-les-Bains (101 m2 sur une résidence locative BBC) sur des opérations neuves et à
Montmélian (146 m2) dans le cadre de la réhabilitation d’un immeuble d’une cinquantaine
d’années. ■
Photovoltaïque et réhabilitation
L’OPH Grand Lyon Habitat a développé, il y a
quelques années, un projet de photovoltaïque
de grande envergure (900 m2) sur onze immeubles du quartier de La Darnaise à Vénissieux. Cette opération était fortement subventionnée à l’époque. Aujourd’hui, le tarif de
rachat de l’électricité permet tout juste d’équilibrer les charges. L’office étudie d’autres opérations qui doivent bénéficier de façon directe
ou indirecte aux locataires : location de 1 000 m2
de toiture sur un des groupes de Lyon VIIIe ;
pose actuellement de panneaux sur un tour du
quartier Mermoz ; à l’étude, la pose de gardecorps périphériques en toiture-terrasse sur un
groupe à Lyon VIIIe.
Concernant le solaire thermique, l’office mène
un important programme sur les tours de Vénissieux (700 m2) pour la production d’eau
chaude en complément du réseau de chaleur.
D’autres programmes livrés récemment ou en
cours permettent de réduire les consommations
d’énergie de 35 à 40 % sur ce poste, la condition
étant d’avoir un suivi du fonctionnement des
installations et une maintenance de qualité pour
s’assurer qu’elles produisent bien ce qui est attendu. ■
Centrale photovoltaïque
à Montreuil
Depuis une dizaine d’années, l’Office montreuillois de l’habitat a installé sur un bâtiment de son patrimoine, une centrale photovoltaïque raccordée au réseau électrique d’une
puissance totale de 22 kWc (1) : soit 220 m2 de
panneaux posés sur une structure support en
aluminium.
L’initiative du projet revient à Greenpeace qui
avait lancé un appel à don auprès de ses adhérents pour le financement d’un toit solaire de
démonstration et proposé au Comité de liaison
des énergies renouvelables, locataire de l’office,
d’en être bénéficiaire. Idée retenue par la Ville
et mise en œuvre par l’office. La production annuelle d’électricité pourvoit à l’alimentation
électrique de la plate-forme bureautique des
locaux d’une pépinière d’associations environnementales et d’une part importante des parties
communes. ■
(1) Un kilowatt crête est la puissance nominale
obtenue à des conditions d’ensoleillement optimum correspondant à une irradiation au sol de
1 000 watts/m2 à 20 °C
De gauche à droite
Les Jardins d’Eden
à Aix Les Bains :
2010 - 72 m² de
capteurs thermiques
et 101 m² de
photovoltaïques
(Opac de la Savoie).
Photovoltaïque
sur les tours de la
Darnaise, Vénissieux
(Grand Lyon
Habitat).
Les Toits Bleus,
220 m2 de panneaux
photovoltaïques
(Montreuil Habitat).
Habitat et Société N° 61
indépendamment sans vidanger l’ensemble du
système. Seule ombre au tableau, le surcoût à
l’investissement, de l’ordre de 25 %, qui se récupère sur la durée de vie du produit, estimé à
15 ans. ■
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