PICC

PICC
Association Belge des Infirmier(ère)s en Hygiène Hospitalière
BelgischeVereniging vanVerpleegkundigen in Ziekenhuihygiëne
2
6
11
Surveillances des complications liées aux cathéters centraux veineux périphériques
(PICC) chez les adultes dans
les services de soins non
intensifs.
Implémentation d’un « care
bundle » d’insertion des cathéters veineux périphériques
dans un service d’urgences
du CHU de Liège.
Etude de point-prévalence sur
l'usage d'antibiotiques et les
infections nosocomiales.
14
Compte-rendu d'un livre : Karl
Drlica & David S. Perlin “Antibiotic Resistance – Understanding and responding to an
emerging crisis” (Pearson Education Inc), 2011.
15
16
17
19
20
Nous avons lu pour vous.
Site Web.
Agenda scientifique.
Instructions aux auteurs.
Comité de Rédaction.
Abonnements.
Avec le soutien du SPF Santé
Publique, Sécurité de la Chaîne
alimentaire et Environnement,
Eurostation Bloc II – 1er étage
(1D01D)
Place Victor Horta, 40/10
1060 Bruxelles
e d ito r ial
NosO Info
somm air e
Belgian Infection Control Society
asbl/vzw
Trimestriel :
VOL. XVI n° 3
3ème trimestre 2012
Bureau de dépôt :
Belgique - België
Bruxelles - Brussel X
P.P. 1/3542
Editeur Responsable :
A. Simon
UCL - Hygiène Hospitalière
Av. Mounier - Tour Franklin -2 sud
B - 1200 - BRUXELLES
Les infections liées aux cathéters intra-veineux sont des infections évitables.
Si l’une d’elle survient, nous n’avons aucune excuse !
Qu’ils soient centraux, périphériques ou centraux insérés en périphérie, les
cathéters sont à l’origine de complications diverses dont des infections aux
conséquences parfois graves. Deux expériences belges très différentes vous
sont proposées dans ce numéro.
La Haute Autorité de Santé en France, à l'instar de l’OMS avec la «Check list»
pour la sécurité du patient au quartier opératoire, a développé une «Check list»
pour la pose d'un cathéter veineux central (CVC) ou autre dispositif vasculaire.
Tout comme pour la «Check list : Safe Surgery», elle comporte trois volets :
Avant, pendant, et après la mise en place.
Cette «Check list» ne se focalise pas uniquement sur la prévention des infections mais aussi sur d'autres domaines importants pour la sécurité du patient
comme la gestion des risques en général et surtout l'identito-vigilance
Le placement d'un dispositif vasculaire est loin d'être un geste anodin.
Avant la mise en place du dispositif, il faut non seulement vérifier l'identité
du patient mais aussi l’informer. Il faut voir si d'éventuels risques comme
celui hémorragique, celui d'allergie ou de contre-indications anatomiques
… ont été envisagés.
Le choix du matériel et du site d'insertion ont aussi une influence sur la durée
du cathéter et sur le risque infectieux. Il est important que ceci soit évalué au
préalable. La date de péremption et l’intégrité de l’emballage sont des points
d’attention importants.
Le monitoring de la procédure locale en vigueur ainsi que l'échographie de
repérage parfaitement réalisé.
Pendant la mise en place, il faut s’assurer de la préparation correcte de la
peau au niveau du site d’insertion et des conditions d’asepsie chirurgicale.
Différentes vérifications mécaniques et fonctionnelles doivent être enregistrées ainsi que la qualité de la fixation et du pansement
Après la mise en place, différentes méthodes d’imagerie permettent de vérifier si le cathéter est bien en place et s’il n’y a pas de complication. La
présence d’un compte-rendu pour la traçabilité de l’acte invasif reprenant
différentes informations pouvant être intéressantes en cas de complications
doit être enregistrée. Chez les patients en ambulatoires porteurs d’un dispositif vasculaire, il est important de vérifier s’ils ont bien reçu le document
informatif qui va garantir la bonne utilisation du dispositif
Cette «check list» est un outil de gestion de la qualité à priori et n’est absolument pas redondant avec la mesure de l’observance du care bundle pour
la prévention des septicémies liées au cathéter. Il serait plutôt indispensable
pour en garantir la bonne observance.
Vous trouverez cet outil sur le site :
http://nosobase.chu-lyon.fr/recommandations/has/2011_checklistCVCDV_HAS.pdf
ainsi que son son mode d’emploi sur le site :
http://nosobase.chu-yon.fr/recommandations/has/2011_checklistCVCDV_HAS_modeemploi.pdf
Anne Simon
noso-info,
vol.XVI
n°3,
2012
article original
Surveillances des complications liées aux cathéters centraux
veineux périphériques (PICC) chez les adultes dans les services de soins non intensifs
F Van Laer, E Goovaerts, H Jansens
Equipe d'hygiène hospitalière, UZA.
Introduction
« PICC » est l'acronyme anglais utilisé pour « Cathéter central veineux périphérique » (« Peripheral Inserted Central Catheter »). Il s'agit d'un cathéter central
inséré dans une veine périphérique du bras, qui permet d'avoir un accès intraveineux de longue durée
sécuritaire. Le cathéter peut rester en place jusqu’à
1 an et plus.
Le cathéter est inséré de préférence dans le bras, pour
le confort du patient. Les sites d’insertion les plus fréquents sont la veine basilique, brachiale ou exceptionnellement céphalique.
Ce type de cathéter est utilisé lorsqu’un accès vasculaire de plus 10 jours est nécessaire.
Les indications les plus fréquentes sont les suivantes:
administration de liquide, d'APT (apport parentéral
total), mesurage des MCV (masse centrale veineuse),
administration de médicaments, de produits de
contraste, ponctions veineuses multiples… Cette dernière indication fait toutefois l'objet de discussion à
cause d'un risque potentiellement accru d'hémolyse
des échantillons sanguins (1).
Au bloc opératoire de l'UZA, les anesthésistes insèrent chez les adultes (sous contrôle échographique)
des PICC, depuis novembre 2010.
La pose de ces PICC effectuée en appliquant des
mesures de précaution maximales (bonnet, masque,
tablier stérile...) et en désinfectant de manière circulaire le bras du patient en deux temps, à l'aide d'iode
polyvidone à 5% dans de l'éthanol à 70%.
Une étude prospective pour le suivi des complications liées à ces PICC a été réalisée de novembre
2010 à novembre2011.
2
Méthodologie
Tous les patients adultes (≥ 14 ans) chez qui un PICC a
été placé entre le 02/11/2010 et le 02/11/2011 inclus
ont été suivis de manière prospective. La période de
surveillance a pris fin le 01/12/2011.
Les données relatives aux patients ont été obtenues
soit via le bloc opératoire soit via les services dans le
dossier médical et/ou infirmier.
Les résultats des éventuelles hémocultures et cultures
des extrémités de cathéters ont été analysés pour tous
les patients. En cas d'hémoculture positive, il a été
vérifié s'il s'agissait d'une infection sanguine primaire
ou secondaire.
La définition CDC(2) a été utilisée pour déterminer
s'il s'agissait de bactériémie associée à une voie
centrale (ISAVC) et d'infection sanguine associée à
un cathéter. Les résultats des cultures des sites d'implantation du cathéter n'ont dès lors pas été pris en
compte.
Pour déterminer l'incidence en fonction de la durée
d'implantation du cathéter, seules les premières
CLABSIs (Catheter Associated Bloodstream Infection)
chez des patients ayant développé plusieurs CLABSIs
pour un seul PICC ont été prises en compte et la date
d'apparition d'une CLABSI a été prise comme date de
fin pour déterminer la durée d'implantation (3).
Résultats
Caractéristiques démographiques et propriétés du
cathéter
Au total, 128 PICC ont été insérés chez 119 patients.
Un patient a été exclu faute de données de suivi (il
avait quitté l'établissement hospitalier le jour même
du placement du cathéter).
Les caractéristiques démographiques et les propriétés
du cathéter sont indiquées dans le tableau 1.
noso-info,
Tableau 1. Caractéristiques démographiques et propriétés du
cathéter de 118 patients avec 127 PICC’s
Valeur
Age au moment de l’insertion d’un PICC
Moyen
médian
IIQ
61
66
52-74
Genre (nombre, %)
Homme
Femme
74 (62.7)
44 (37.3)
Durée d’implantation du PICC observée en jours
moyenne
43
médiane
22
IIQ
11-56
Discipline médicale (nombre, %)
Oncologie
7
Hématologie
46
Orthopédie
15
10
Pneumologie
10
Chirurgie abdominale
1
Cardiologie
Transplantation hépatique, chirurgie endocri- 10
nienne
1
Gastro-entérologie et hépatologie
2
Pédiatrie
13
Diabétologie
9
Chirurgie cardiaque
3
Néphrologie
Indication clinique (nombre, %)
Antibiotiques
APT
Chimiothérapie
Accès intraveineux
61
28
25
13
2012
Nombre (%) isolats
(n=11)
Escherichia coli
4 (36.4)
Streptocoque viridans
2 (18.2)
Candida parapsilosis
2 (18.2)
Micrococcus species
1 (9.1)
Klebsiella pneumoniae
1 (9.1)
Staphylococcus epidermidis
1 (9.1)
au moins deux hémocultures positives conformément à la
définition CDC (2)
(5.5)
(36,2)
(11.8)
(7.9)
(7.9)
(0.8)
(7.9)
(0.8)
(1.6)
(10.2)
7.1)
(2.4)
(48.0)
(22.0
(19.7
(10.2)
Nombre de PICC par patient pendant la période
de surveillance
110
7
1
1
2
3
N°3,
Tableau 2. Microorganismes isolés dans des
hémocultures (9 patients; 11 épisodes)
Pathogène
Variables
vol.XVI
positif à plus de 103 UFC de microorganismes
(du genre Corynebacterium), mais aucune hémoculture ne s'est avérée positive chez ce patient.
On n'a dès lors pas pu documenter de septicémie
associée à un cathéter.
Une CLABSI s'est développée en moyenne 48,4
jours (médiane à 41 jours) après l'insertion
(tableau 3, figure 1 et figure 2)
Tableau 3. Incidence des CLABSIs en fonction
de la durée d’implantation de PICC
Durée en
jours
Nbre
%CLABSI
Nombre
de jourscathéters
Incidence
CLABSI par
1000 jourscathéters
de PICC
Par 100
PICC
<20
60
5,0
596
5,03
≥20, <40
30
6,7
847
2,36
≥40, <60
11
0
560
0
≥60, <80
8
25,0
527
3,79
≥80, <100
4
0
352
0
≥100
14
14,3
2246
0,89
Figure 1
IIQ = intervalle interquartile
Incidence CLABSI par 100 cathéters
Incidence CLABSI par 100 cathéters en fonction de la durée du séjour
Complications
a) Infectieuses
Sur 9 patients (9/118), un total de 11 CLABSI ont
été observées sur 5516 jours-cathéters (incidence:
1,99/1000 jours de cathéter). Deux patients ont
présenté 2 épisodes de CLABSI. Les microorganismes décelés dans les hémocultures sont repris
dans le tableau 2.
Les extrémités du cathéter ont fait l'objet d'une
culture chez 23/118 patients. Seule la culture
d'une extrémité de cathéter a présenté un résultat
Nombre de jours après insertion
n = nombre de PICC
3
noso-info,
vol.XVI
n°3,
2012
Le tableau 5 indique l'incidence des complications,
ventilée par discipline médicale.
Figure 2
Incidence CLABSI par 1000 jours-cathéters
Incidence de CLABSI par 1000 jours-cathéters en fonction de la durée de séjour
Tableau 5. Incidence des complications, ventilée
par discipline médicale
Discipline médicale
CLABSI
n
Incid./1000
jc
Oncologie
Nombre de jours après insertion
n = nombre de PICC
Tableau 4. Complications non infectieuses sur 42 PICC
Nombre
(%)
(n=50)
Complications mineures
Prélèvement difficile ou impossible
de sang via le PICC
n
Incid./1000
jc
4
74,1
Hématologie
7
2,33
14
4,7
Orthopédie
1
2,5
6
14,8
Pneumologie
1
2,2
Chirurgie abdominale
3
24,6
4
25,8
Cardiologie
b) Non infectieuses
Des complications non infectieuses se sont produites pour 42 cathéters (32,8%). La nature des
complications est indiquée dans le tableau 4. Parfois, plus d'une complication s'est produite par
cathéter.
Variables
Complications
non infectieuses
9 (7.1)
Problèmes de perfusion
Une lumière obstruée
7 (5.5)
Bouchon temporaire
4 (3.1)
Passage difficile
2 (1.6)
Hématome sans complication ultérieure
5 (3.9)
Douleur au niveau du site d’insertion
3 (2.4)
Gonflement du bras sans complication
ultérieure
2 (1.6)
Transpl. hépatique,
chirurgie endocr.
Gastro-entérologie
et hépatologie
2
46,5
1
23,3
1
2,7
6
16,0
Chirurgie cardiaque
1
4,4
Néphrologie
1
23,8
Pédiatrie
Diabétologie
Discussion
La complication majeure la plus fréquente chez les
patients porteurs d’un PICC est la survenue d’une
CLABSI.
Le terme CLABSI est défini par les CDC National
Healthcare Safety Network (NHSN). Il s'agit donc
d'une infection sanguine primaire chez des patients
dont le placement du PICC précède de moins de 48h
le développement de l'infection sanguine et qui ne
peut être associée à un autre foyer d'infection.
On n'a pas pu documenter d'infection sanguine associée à un cathéter (ISAC). ISAC est une définition clinique qui exige des analyses spécifiques de laboratoire (culture quantitative d'extrémités de cathéter).
Des problèmes pratiques se posent souvent parce que
le cathéter n'est pas toujours retiré, pour le bien clinique du patient (4).
Complications majeures
4
Retrait accidentel
6 (4.7)
Dislocation
5 (3.9)
Obstruction définitive
3 (2.4)
Thrombose autour du cathéter, embolies
2 (1.6)
Rougeur/gonflement avec retrait du PICC
2 (1.6)
L'incidence de 1,99 CLABSI/1000 jours-cathéters
correspond aux incidences relatées par la littérature
pour ce type de cathéter. Dans une revue de Maki
et al (2006) où 15 études ont été analysées (entre
janvier 1966 et juillet 2005), l'incidence moyenne
d'infections sanguines pour les PICC était de 1,1 par
1000 jours-cathéters; une distinction a toutefois été
noso-info,
faite entre les patients entrants et sortants. Pour les
patients entrants, l'incidence était de 2,1/1000 jourscathéters (5).
Ajenjo et al (2011) indiquent une incidence de 2,79
BSI/1000 jours- cathéters chez les patients qui ne
sont pas en soins intensifs (6).
Il ressort des données de divers chercheurs que le
risque d'une CLABSI n'est pas constant, mais que
l'incidence suit une augmentation non linéaire en
fonction du temps (7). Nos résultats coïncident avec
ces constats si on les exprime en pourcentage de
CLABSI par 100 cathéters, comme on peut le voir
dans la figure 1.
Par contre, si on exprime l'incidence par 1000 jourscathéters, il semble qu'elle soit plus faible pour les
cathéters d'une durée de 40 jours ou plus (figure
2). De même Smith et al. (2008) n'ont pas constaté
d'augmentation d'infections sanguines BSI lorsque la
durée de maintien du cathéter était prolongée (8). Il
convient toutefois de noter que les études indiquées
portaient sur des PICCS sur des nouveaux-nés et
qu'une "analyse aléatoire" était à chaque fois réalisée.
La complication non infectieuse la plus grave
(tableau 4) qui se soit produite fut le retrait accidentel
du cathéter et sa dislocation (d'où repositionnement).
Les deux complications peuvent être mises en relation avec le manque d'expérience liée à la manipulation de ce cathéter durant les premiers mois.
Quatre des six retraits accidentels de cathéters se sont
produits durant la première moitié de la période de
surveillance. Cette complication a pu être réduite en
plaçant le cathéter plus profondément, limitant ainsi
la partie externe du cathéter. En outre, toute l'attention fut accordée à une fixation adéquate du cathéter
dans les services.
L'incidence des retraits accidentels de 1,1 par 1000
jours-cathéters correspond précisément à celle qui a
été mise au jour par Janssens et al (2009) (9).
Parmi les complications mineures (tableau 4), nousretrouvons surtout les problèmes de ponctions
veineuses (n=9) et de perfusion (n=13) avec des
incidences respectivement de 1,6 et 2,4 par 1000
jours-cathéters, ce qui est clairement inférieur à ce
que rapporte l'étude de Janssens et al (respectivement
35,0 et 11,2 par 1000 jours-cathéters). Toute comparaison reste toutefois difficile vu que l'approche des
problèmes de perfusion n'a pas été décrite par les
auteurs. Ainsi, à l'UZA, en présence de réseau d'obstruction du cathéter, de l'urokinase a été administrée
via le cathéter.
L'incidence relativement basse d'infections sanguines
en hématologie (tableau 5) indique également que
vol.XVI
N°3,
2012
la fermeture du cathéter avec un lock d'héparine est
une méthode sure, permettant aux patients de rentrer
chez eux entre deux traitements sans devoir retirer
le cathéter. Cela augmente également le confort du
patient. De cette manière, le cathéter a pu rester en
place plus de 100 jours chez 14 patients en hématologie; chez un patient, le cathéter avait déjà 333 jours
à la fin de la surveillance.
Cette étude a ses limites, car à ce jour aucune surveillance de cette nature n'a été réalisée à l'UZA pour
d'autres cathéters veineux centraux. Par conséquent,
nous ne pouvons nous prononcer sur le fait qu'un
PICC implique plus ou moins de risques de complications comparativement, par exemple, aux cathéters
sous-claviers ou jugulaires. Les incidences des complications observées pour les PICC à l'UZA ne sont en
tout cas pas supérieures à celles qui sont publiées.
Références
1. Center for Phlebotomy Education, Inc. The Art of
Hemolysis. NeedleKnowHow, 2009.
http://www.phlebotomy.com/NeedleKnowHow/NKH_
Art_of_Hmlysis.pdf
2. Horan TC, Andrus M, Dudeck MA. CDC/NHSN surveillance definition of health care-associated infection
and criteria for specific types of infections in the acute
care setting. Am J Infect Control 2008; 36:309–332.
3. Sengupta A, Lehmann C, Diener-West M, et al. Catheter duration and risk of CLA-BSI in neonates with
PICC’s. Pediatrics, 2010;125;648-653. DOI: 10.1542/
peds.2009-2559.
4. O'Grady NP, Alexander M, Burns LA, et al. Guidelines
for the Prevention of Intravascular Catheter-Related
Infections, 2011 http://www.cdc.gov/hicpac/pdf/guidelines/bsi-guidelines-2011.pdf
5. Maki DG, Kluger DM, Crnich CJ. The risk of bloodstream
infection in adults with different intravascular devices: a
systematic review of 200 published prospective studies.
Mayo Clinic Proceedings, 2006;81(9):1159-1171.
6. Ajenjo MC, Morley JC, Russo AJ, et al. Peripherally inserted central venous catheter-associated
bloodstream infections in hospitalized adult patients.
Infection Control and Hospital Epidemiology, 2011;
32(2):125-130.
7. Milstone AM, Sengupta A. Do prolonged peripherally
inserted central venous catheter dwell times increase
the risk of bloodstream infection? Infect Control Hosp
Epidemiol, 2010;31(11):1184-1187.
8. Smith PB, Benjamin DK, otten CM, et al. Is an
increased dwell time of a peripherally inserted catheter associated with an increased risk of bloodstream
infection in infants? Infect Control Hosp Epidemiol,
2008;29(8):749-753.
9. Janssens C, Delmote E, Goossens GA, et al. het gebruik
van perifeer ingebrachte centraalveneuze katheters
(PICC) voor langdurige antibioticatherapie bij personen
met infecties: een prospectieve, descriptieve pilootstudie.
Tijdschrift voor Geneeskunde, 2009;65 (7): 306-313.
5
noso-info,
vol.XVI
n°3,
2012
Implémentation d’un « care bundle » d’insertion des cathéters veineux périphériques dans un service d’urgences du
CHU de Liège
G. Christiaens1 ; J. Alfageme-Gonzalez2 ; C. Barbier2 ; S. Giannotti2 ; L. Hauzeur3; J. Mutsers2
1 Médecin coordinateur de l’hygiène hospitalière, Direction Médicale, CHU de Liège
2 Infirmiers en hygiène hospitalière, CHU de Liège
3 Infirmière graduée, Soins Intensifs Médicaux, CHU de Liège
Introduction
•
L’utilisation de dispositifs intra-vasculaires comme les
cathéters veineux périphériques (CVP) concerne un
nombre croissant de patients dans les institutions de
soins et ce quel que soit le type de séjour.
Les CVP sont responsables de phlébites et sepsis sur
infection du site d’insertion. Les CVP constituent la
troisième cause de bactériémies sur matériel étranger.
Le risque initial est lié à la pose, responsable de la
contamination dite extra-luminale, alors que l’utilisation prolongée des cathéters induit une contamination intra-luminale.
Les facteurs de risque d’infection associée aux CVP
de courte durée étant principalement liés à la densité
de la flore locale, la préparation du site d’insertion est
essentielle avant la pose du CVP.
La mise en place d’un matériel étranger tel un CVP
étant un acte fréquent et souvent banalisé, il peut
constituer un risque infectieux réel pour le patient1
et ce d’autant plus lorsque le CVP est placé dans un
service d’urgences2 . En effet, bon nombre des caractéristiques des soins d'urgence tel que le nombre de
patient illimité en demande, l’état de santé critique,
l’imprévisibilité de l’afflux des patients… créent un
environnement de travail difficile, qui se distingue
des autres disciplines médicales, par l’augmentation
du risque d'erreurs et de dommages.
Il ressort de la littérature que l’implémentation de
«care bundles» en tant que programme de prévention
peut permettre de diminuer le risque infectieux de
38% à 61%. 3,4,5,6,7
Les points clefs de la prévention des infections liées
à la pose d’un CVP8 selon le modèle «care bundle»
sont les suivants :
2.Respect de l’hygiène des mains avant la procédure:
• sur mains propres : friction avec une solu-
tion hydro-alcoolique,
• sur mains souillées : lavage des mains avec un savon neutre suivi d’une friction avec une solution hydro-alcoolique.
1.L’indication de pose est justifiée :
• le traitement prévu est estimé à moins de 6 jours,
• la voie IV est indispensable,
6
des prélèvements répétés sont planifiés.
3.Préparation cutanée du site d’insertion du CVP :
•
application d’un antiseptique alcoolique.
4.Insertion du CVP :
•
absence de déstérilisation : la zone désin-
fectée n’est pas touchée avec les doigts,
•
pas plus de 4 ponctions par le même opéra-
teur.
5.Pansement :
•
le site d’insertion du CVP est couvert avec un pansement stérile semi-perméable trans-
parent permettant l’inspection du point de ponction,
•
en cas de saignement ou d’exsudation, une compresse stérile avec le pansement adhésif stérile peut être utilisée.
Matériel et méthode
Contexte de l’étude
Le CHU de Liège est un hôpital de 925 lits répartis
sur 3 sites (Sart-Tilman, N.D. des Bruyères et OurtheAmblève) dont 2 ont un service d’urgences (Sart-Tilman et N.D. des Bruyères). En 2010, un projet institutionnel de sensibilisation à la culture qualité-sécurité
a été mis en place et une des priorités de ce projet
était l’amélioration du respect des procédures institutionnelles de placement et de surveillance des cathéters au sein de l’institution. C’est dans le cadre de
noso-info,
ce projet que vient s’intégrer cette étude sur l’implémentation du «care bundle» de placement des CVP
au service des urgences de N.D. des Bruyères. Le
choix de cette procédure (placement des CVP) s’est
imposé au vu de la courte durée de vie des CVP aux
urgences, ce qui favorise principalement le développement d’un biofilm extraluminal lors de l’insertion9.
Population étudiée
Les infirmiers et les stagiaires infirmiers qui posent
des CVP aux patients admis aux urgences de N.D.
des Bruyères.
Outil: Check-list («care-bundle»)
Traduit littéralement de l’anglais par «faisceau de
soins», un «care bundle» est un ensemble restreint
d’interventions simples - généralement de trois à cinq
- qui, lorsqu'elles sont regroupées et mises en œuvre
de manière collective, ont un impact plus important
que si elles étaient effectuées individuellement10.
Il s’agit donc d’une « check-list » courte et précise qui
est établie sur base de recommandations et qui en
fonction d’un lieu, d’une technique, et d’un type de
professionnel, améliore les résultats.
Les « care bundles » existent aussi bien dans les
milieux hospitaliers (pour les cathéters, pour les
pneumonies acquises sous ventilateur…) mais également en milieu extra-hospitalier comme dans le
monde de l’industrie ou de l’aéro-spatial11 .
Le « care bundle » utilisé dans cette étude comprend
les 5 points suivants :
1.L’indication de pose du CVP est justifiée,
2.L’hygiène des mains avant l’insertion est respectée,
3.La désinfection du site d’insertion est réalisée à
l’hibitane alcool ou à l’isobétadine alcool,
4.Le CVP est inséré sans « déstérilisation »,
5.Le pansement est propre, hermétique, transparent,
semi-perméable et stérile.
Déroulement de l’étude
Il s’agit du travail d’observation effectué dans le service des urgences par une infirmière d’une autre
unité de soins qui s’est déroulé en 3 phases :
• Pré-mesure (état des lieux) (27/9-27/11/2010),
• Information (sensibilisation du personnel des
urgences de N.D. des Bruyères aux résultats de
l’état des lieux) (janvier 2011).
• Post-mesure (période d’observation post-sensibilisation dont l’objectif était d’évaluer l’efficacité de
l’implémentation du «care bundle» d’insertion du
CVP) (20/2-11/4/2011).
vol.XVI
N°3,
2012
Analyse des données12
Les données ont été analysées à l’aide du logiciel statistica 7.0.
L’analyse comparative, entre les pourcentages obtenus lors de la pré-mesure et ceux de la post-mesure,
est réalisée à l’aide du test de chi carré table 2x2.
Résultats
1. Pré-mesure
Durant 2 mois, 33 infirmiers ont été observés parmi
une équipe de 47 agents ce qui correspond à 70%
du staff infirmier des urgences de N.D. des Bruyères.
Un total de 157 insertions de CVP a été observé et
cela chez 121 patients différents. Ce qui équivaut à
une moyenne de 1,30 cathéter par patient.
Parmi ces 157 CVP, 122 ont été insérés dans une
veine périphérique tandis que 35 étaient des tentatives d’insertion ayant échoué suite à l’apparition
d’un hématome, ou par l’absence de reflux, etc. On
peut remarquer qu’un patient est porteur de deux
cathéters.
En ce qui concerne le type de personnel ayant inséré
les cathéters, 127 cathéters ont été placés par des
infirmiers de l’unité et 30 par des infirmiers réalisant
leur 4ème année de spécialisation SIAMU.
• Observance globale au «care bundle»
Le taux d’observance globale à l’ensemble des
items du « care bundle » était de 20% (32/157). Par
observance globale, il faut comprendre le nombre
de cas où les 5 items du « care bundle » de placement du cathéter ont été conjointement respectés
(à savoir, les cathéters justifiés, insérés après une
hygiène des mains et une désinfection cutanée
avec un antiseptique à base d’alcool, insérés sans
déstérilisation et dont le pansement est stérile, hermétique, transparent, semi-perméable).
• Observance à chaque item du «care bundle»
• Justification du placement de cathéter.
Cette partie de l’étude a été réalisée rétrospectivement par la consultation des dossiers médicaux et
infirmiers.
Selon la Société Française d’Hygiène Hospitalière
(SFHH)13 , les critères de placement justifié d’un
CVP sont les suivants : administration de traitement intra-veineux indispensable et réalisation de
prélèvements veineux répétés.
Un troisième critère a été ajouté dans notre étude:
la réalisation d’un examen avec injection de produit de contraste.
7
noso-info,
vol.XVI
n°3,
2012
En pré-mesure, la pose du CVP était justifiée dans
60% des cas (73/121).
Un fait intéressant à relever est la destination
du patient : en effet, 83.3% des patients dans le
groupe dont le CVP était non justifié sont retournés au domicile tandis que 58.9% des patients
dans le groupe dont le CVP était justifié ont été
hospitalisés.
• Hygiène des mains avant l’insertion
L’observance était de 48%.
Si l’on compare les pratiques infirmières de l’unité
à celles des infirmiers stagiaires 4ème SIAMU, on
constate que 53,5% des infirmiers respectent l’hygiène des mains avant l’insertion contre seulement
23.3% pour les stagiaires 4ème SIAMU.
• Désinfection cutanée
Cet item a été respecté dans 95% des cas.
• Non « déstérilisation » du point de ponction
Cet item a été respecté dans 68% des cas. Dans les
32% de déstérilisation il s’agissait généralement
de la pose d’un doigt sur le point de ponction du
cathéter.
Si l’on compare à nouveau la pratique infirmière
à celle des stagiaires, on constate que 70% des
insertions de cathéters par les stagiaires de 4ème
SIAMU sont déstérilisées contre 23.6% pour les
infirmiers de l’unité.
• Pansement (stérile, semi-perméable, transparent,
hermétique)
Le pansement était conforme dans 79% des cas.
Tableau I : taux d’observance pour chaque item du
«care bundle» en pré-mesure
Items du care bundle
Taux d’observance
Justification du CVP
60%
Hygiène des mains avant l’insertion
48%
Désinfection du site d’insertion
95%
Non-déstérilisation du point de
ponction
68%
Pansement
79%
2.Séances d’information
Quatre séances d’information ont été organisées. Un
total de 44 infirmiers sur les 47 (94%) constituant
l’équipe des urgences de N.D. des Bruyères a assisté
à la présentation.
Le contenu de l’information était constitué de différents messages :
8
• Définition et sensibilisation de l’équipe au concept
des « care bundles » tout en les contextualisant
dans la philosophie institutionnelle sécurité-qualité,
• Présentation des résultats de la pré-mesure,
• Présentation de la check-list qui reprend de
manière synthétique les mesures à prendre lors de
l’insertion des CVP.
3.Résultats de la post-mesure
Durant la post-mesure, 30 infirmiers ont été observés ce qui correspond à 62.5% du staff infirmier des
urgences de N.D. des Bruyères.
Le même nombre d’insertions qu’en pré-mesure a été
observé soit 157 insertions de CVP chez 127 patients
différents. Cela équivaut à une moyenne de 1,23
cathéter par patient.
Parmi ces 157 CVP, 128 ont été insérés dans une
veine périphérique tandis que 29 étaient des tentatives d’insertion ayant échoué suite à l’apparition
d’un hématome, ou par l’absence de reflux….
En ce qui concerne le type de personnel ayant inséré
les cathéters, 152 cathéters ont été placés par des
infirmier(e)s et 5 par des infirmier(e)s réalisant leur
4ème année de spécialisation SIAMU.
• Observance globale au «care bundle»
Sur les 157 cathéters observés, 74 respectaient les
5 items du « care bundle », soit une observance
globale de 47%.
• Observance à chaque item du «care bundle»
• Justification du placement de cathéter
Pour 61% des patients (78/127) chez qui un CVP
a été placé, celui-ci était justifié. Cela signifie que
39% des patients (49 /127) ont eu un cathéter sans
qu’il n’y ait de traitement IV, ni de prélèvement
répétés, ni d’examen avec injection de produit de
contraste.
Concernant la destination du patient, il s’agit,
comme en pré-mesure, d’une variable intéressante
puisque 71.4% des patients dans le groupe dont le
CVP était non justifié sont retournés au domicile
tandis que 60.3% des patients dans le groupe dont
le CVP était justifié ont été hospitalisés.
On remarquera que, sans tenir compte de l’item
justification, le taux d’observance globale au care
bundle augmente en post-mesure de 28% ce qui
équivaut à 75% (118 cathéters).
• Hygiène des mains avant l’insertion
L’observance à l’hygiène des mains était de 84%.
En post-mesure, seuls 5 stagiaires 4ème SIAMU
ont pu être observés ce qui rend impossible toute
comparaison d’une part avec les résultats de la
noso-info,
pré-mesure et d’autre part avec les infirmiers des
urgences.
• Désinfection cutanée
Cet item a été respecté dans 100% des cas.
• Non « déstérilisation » du point de ponction
Cet item du care bundle a été respecté dans 90%
des cas.
• Pansement (stérile, semi-perméable, transparent,
hermétique)
Le pansement était conforme dans 95% des cas.
Tableau II : taux d’observance pour chaque item du
« care bundle » en post-mesure
(Tableau récapitulatif de la post-mesure)
Items du care bundle
Taux d’observance
Justification du CVP
61 %
Hygiène des mains avant l’insertion
84%
Désinfection du site d’insertion
100%
Non-déstérilisation du point de
ponction
90%
Pansement
95%
4. Comparaison des résultats entre la pré et la postmesure
Les items qui ont vu leur observance augmenter de
manière statistiquement significative en post-mesure
sont (cf. graphique 1) :
• L’hygiène des mains avant l’insertion qui a augmenté de 36% pour atteindre 84% en post-mesure,
vol.XVI
N°3,
2012
• La désinfection cutanée a atteint en post-mesure
100% (soit +5%),
• La non-déstérilisation du point de ponction qui a
augmenté de 22% (90% en post-mesure),
• La réalisation du pansement : plus 16% en postmesure (où 95% des pansements réalisés respectaient le protocole institutionnel).
Seule la justification de la pose du CVP n’a augmenté que de 1% en post-mesure (non significatif).
Discussion
En menant cette étude, nous avons pu montrer une
amélioration :
• du respect du protocole institutionnel pour le placement des CVP (référentiel) par l’implémentation
d’une check-list de type «care bundle»,
• de la qualité du cathétérisme veineux périphérique par la sensibilisation du personnel aux résultats propres à leur unité en pré-mesure.
L’impact de l’information du personnel s’est traduit
par une augmentation franche du taux d’observance
globale au « care bundle » de placement des CVP
puisque ce taux est passé de 20 à 47%.
Il reste évidemment du chemin à parcourir pour
atteindre les 100% mais
• d’une part, les données observées durant ces
quatre mois semblent démontrer que, par une
Graphique1 : Comparaison des différents items du care bundle (pré-mesure versus post-mesure)
Avant
Après
9
noso-info,
vol.XVI
n°3,
2012
sensibilisation du personnel et par la réalisation
d’audits, il est possible d’obtenir une augmentation significative du taux d’observance (+27%),
• d’autre part, on retrouve dans la littérature des
expériences similaires dont celle de Boyd et al14
qui ont montré que de multiples interventions
telles que la réalisation d’audits et de feedbacks
hebdomadaires, ont permis d’augmenter l’observance au « care bundle » de 1.11% par semaine.
Grâce à cette mesure leur taux d’observance est
passé de 54 à 82%,
La sensibilisation du personnel a donc été un point
clef de l’amélioration des résultats. Ce constat
rejoint les conclusions de l’’étude de Couzigou
et Al.15 qui obtenait une amélioration des pratiques liées au CVP par l’implémentation d’un programme éducatif ainsi que par la réalisation de
réunions de rétro-information auprès du personnel
d’un hôpital universitaire parisien.
Lors de la pré-mesure, le résultat le plus interpellant était la faible observance à l’hygiène des mains
avant la mise de gants. Lors de la rétro-information
des résultats, l’accent a été mis sur ce point et sur
la nécessité d’améliorer ce taux tout en maintenant le pourcentage de port de gants qui était de
92% (prévention des AES). Encore une fois, nous
pouvons affirmer que le message a été intégré
puisque en post-mesure l’observance à l’hygiène
des mains a augmenté de 36% alors que le respect
du port de gants n’a diminué que de 5%.
L’item « justification de l’indication de pose d’un
CVP » est le seul item du care bundle à être resté
stable en pré et en post-mesure (+1%). Les raisons
de cette non amélioration sont probablement multiples :
• ce point a posé problème au staff infirmier car il
s’agit ici d’une décision médico-infirmière or les
médecins n’étaient pas présents lors des séances
d’informations. Le médecin responsable des
urgences avait cependant été informé des résultats
de la pré-mesure et de la discussion concernant
les motifs d’insertion par l’équipe d’hygiène hospitalière lors d’une autre réunion.
• l’organisation du service des urgences aurait dû
être repensée et modifiée afin de ne plus placer
quasi systématiquement des CVP d’emblée. Or
ceci nécessite une réflexion multi-disciplinaire et
un certain temps pour modifier les pratiques. La
post-mesure n’ayant duré que 2 mois, il est évidemment fort difficile d’obtenir en aussi peu de
temps une remise en question sur la pose des
cathéters dans un service où le risque de dégradation de l’état du patient peut être présent à tout
moment.
10
Conclusion
La sensibilisation du personnel par la rétro-information de leurs résultats d’observance au protocole de
placement des CVP a augmenté de manière significative l’observance au protocole institutionnel. En
effet, le programme d’information a engendré une
augmentation de l’observance globale au «carebundle» de 27% pour atteindre 47% en post-mesure.
Il s’agit là cependant d’un effet à court terme, puisque
nous avons évalué l’impact de la formation directement après les séances d’information. Une piste de
réflexion pour permettre la pérennisation du projet et
l’amélioration continue du respect du «care bundle»
pourrait être l’implication des référents en hygiène
hospitalière de chaque service dans les audits.
Il nous reste beaucoup de travail à accomplir mais la
priorité de tous les soignants est avant tout de garantir
la qualité des soins et la sécurité des patients.
Bibliographie
1. SARI, Prevention of Intravascular Catheter-related
Infection in Ireland, HPSC, février 2010
2. Croskerry P., Cosby K., Schenkel S., Wears R.,
Patient safety in emergency medicine, ed. Lippincott Williams & Wilkins, 2009, USA.
3. Apisarnthanarak A, Pinitchai U, Thongphubeth K,
Yuekyen C, Warren D.K,Zack J. E, Warachan B,
Fraser V, Effectiveness of an Educational Program
to Reduce Ventilator-Associated Pneumonia in a
Tertiary Care Center in Thailand: A 4-Year Study,
Clinical Infectious Diseases 2007; 45:704–11.
4 Yoko Furuya E., Dick A., Perencevich E., Pogorzelsk
M.,Goldmann D.,Stone P., Central Line Bundle
Implementation in US Intensive Care Units and
Impact on Bloodstream Infections, January 2011,
Volume 6, Issue 1, e15452.
5 Pronovost P., Needham D, Berenholtz S., et al.
An intervention to decrease catheter related
bloodstream infections in the ICU. New Engl J Med
2006; 355: 2725-2732.
6. Babcock HM, Zack JE, Garrison T, Trovillion E,
Jones M, Fraser VJ, Kollef MH, An educational
intervention to reduce ventilator-associated pneumonia in an integrated health system: a comparison of effects, 2004 Jun;125(6):2224-31.
7. Resar R, Pronovost P, Haraden C, Simmonds T,
Rainey T, Nolan T, Using a bundle approach to
improve ventilator care processes and reduce
ventilator-associated pneumonia, Jt Comm J Qual
Patient Saf. 2005 May; 31(5):243-8.
8. CDC. Guidelines for the Prevention of Intravascular Catheter-Related Infections, 2011
9. Surveiller et prévenir les infections associées aux soins,
volume XVIII- N°4- SFHH-HAS, septembre 2010
noso-info,
10. Health Protection Surveillance Centre, Peripheral
Vascular Catheter Care Bundle, http://www.hpsc.
ie/hpsc/index.html
11. Van Laer F., Care bundes. Le concept, NOSO-info,
vol. XIX N°3, 2010.
12. Albert A. ; Biostatistique, Cours destiné aux élèves
de 1er master en Science de la Santé Publique,
Coédition du CEFAL et de l’ULG, année 20092010.
13. Surveiller et prévenir les infections associées aux
soins, volume XVIII- N°4- SFHH-HAS, septembre
vol.XVI
N°3,
2012
2010
14. Boyd S, Aggarwal I, Daveyc P, Logan M, Nathwani
D, Peripheral intravenous catheters: the road to
quality improvement and safer patient care, Journal of Hospital Infection, 2011; 77: 37-41.
15. Couzigou C., Lamory J., Salmon-Ceron D., Figard
J., Vidal-Trecan G.M., Short peripheral venous
cathéters : effect of evidence-based guidelines on
insertion, maintenance and outcomes in a university hospital. Journal of Hospital Infection (2005)
59, 197-204.
Nouvelles de l’Institut de Santé Publique (isp - WIV)
Etude de point-prévalence sur l'usage d'antibiotiques et les
infections nosocomiales
D'octobre à décembre 2011, 54 hôpitaux belges spécialisés en maladies aiguës (51%) ont participé à
une étude de point-prévalence sur l'usage d'antibiotiques et les infections nosocomiales. Il en est ressorti que 28,7% des patients se sont vus administrer un antibiotique. Ce pourcentage est relativement
stable comparé à celui de l'étude précédente. Une infection nosocomiale était présente chez 7,2% des
patients, ce qui est dans le même ordre de grandeur que pour l'étude précédente.
M Goossens, E Van Gastel, H Goossens, K Magerman, M Costers, P Demol, B Catry.
En 2008, le centre européen pour la prévention et
le contrôle des maladies (ECDC) donnait un aperçu
des études de prévalence des infections hospitalières
menées au niveau régional et national en Europe. Il
en ressortait clairement qu'il existait de grandes différences méthodologiques. Il est donc impossible de
comparer ou de regrouper des données au niveau de
l'UE.
Initiative
C'est pourquoi la Belgique s'inscrit parmi les initiateurs du projet européen « Etude de point-prévalence
sur les infections nosocomiales et l'usage d'antibiotiques » (PPS). Le PPS permet à l'ensemble des hôpitaux européens spécialisés dans les maladies aiguës
de récolter et d'analyser de manière standardisée des
données relatives à la survenance d'infections nosocomiales (Healthcare Associated Infections, HAI) et
à l'usage d'antibiotiques (AU). La phase pilote de ce
PPS s'est tenue en 2010. Les résultats ont été présentés le 17 novembre 2010 à la journée européenne
d'information sur les antibiotiques durant la prési-
dence belge de l'Europe.
Avantages du PPS
Des surveillances continues existent également au
sein du WIV-ISP d'une part pour l'HAI et d'autre part
l'AU dans les hôpitaux (voir site internet www.nsih.
be). Ces surveillances semblent suffisantes à première
vue. Toutefois, le PPS présente plusieurs avantages
importants. Tout d'abord, le PPS regroupe les données d'HAI pour tout l'hôpital. En outre, tous les
types d'HAI sont inclus, ce qui n'est pas le cas dans
les autres surveillances, et les chiffres PPS sont comparables entre pays de l'UE.
Enfin, seul le PPS permet de récolter simultanément
les données relatives aux HAI, AB et caractéristiques
du patient pour chaque patient. Ce qui donne une
information supplémentaire importante. En particulier, cela permet de corriger le case-mix avec le taux
d'infection standardisé ("Standardised Infection Ratio”,
SIR). Les hôpitaux peuvent ainsi être comparés aussi
objectivement que possible. Le protocole complet est
disponible sur le site internet www.nsih.be.
11
noso-info,
vol.XVI
n°3,
2012
Répéter le PPS
Il sera plus simple d'interpréter l'évaluation des effets
des interventions (locales) entre deux PPS pour les
interventions où on est en droit d'attendre une grande
amélioration. Par exemple, l'introduction d'usage
antimicrobien de stop-orders ou le contrôle d'une
épidémie d'infections nosocomiales spécifiques. Si
le PPS est répété plusieurs fois, on peut également
évaluer des interventions à effets moins importants.
Au niveau européen, il a été convenu que tous les
états membres allaient réaliser un premier PPS national avant l'été 2012 et que chaque pays allait organiser un PPS au moins une fois tous les cinq ans. En
Belgique, ce fut le cas une première fois entre octobre
et décembre 2011. La Belgique compte ainsi parmi
les premiers pays à avoir mis le PPS en pratique.
Feedback
Le rapport belge est sorti durant l'été 2012. Les hôpitaux participants avaient déjà reçu leur rapport de
feedback en février 2012. En juin 2012, une réunion
a encore suivi entre le WIV-ISP et tous les hôpitaux
participants, à l'occasion de laquelle ces derniers
ont pu indiquer quelles analyses supplémentaires
étaient nécessaires. S'en est suivi un dernier feedback
adapté.
Le rapport européen est attendu pour 2013, après que
tous les pays aient effectué une première fois un PPS.
Résultats
De par son travail avec un Tiers de confiance (Third
Trusted Party, TTP), le WIV-ISP ne dispose que de
résultats anonymes. Ce qu'on remarque de prime
abord, c'est que les hôpitaux belges jouent à nouveau un rôle de précurseurs en Europe : avec d'une
part le nombre le plus élevé d'hôpitaux dans la phase
pilote (sept) et d'autre part une participation élevée
durant le PPS 2011 (51%), il est une fois de plus évident que la Belgique fait fonction d'exemple.
Antibiotiques et HAI
Par rapport à l'usage d'antibiotique, nous avons
constaté que 28,7% des patients s'étaient vu administrer un antimicrobien, ce qui est relativement stable
par rapport au PPS AB précédent et comparable au
reste de l'Europe. 11,6% de tous les AB ont été utilisés en guise de prophylaxie pour la chirurgie (voir
figure 1). Cela peut paraitre beaucoup à première
vue, mais si on regarde plus loin, il semble que 7,9%
de cette prophylaxie pour chirurgie concernent une
dose unique ou couvrent maximum une journée.
C'est un très bon score au sein de l'Europe. Deux
tiers des AB sont administrés par voie parentérale, le
reste par voie orale. Une amélioration serait possible
en essayant activement de limiter l'usage parentéral
autant que possible.
Parmi les patients, 7,2% ont une HAI. Ce pourcentage
est le plus élevé au service des soins intensifs (22,2%) et
le plus bas en gynécologie (1,0%). La pneumonie est en
moyenne l'HAI la plus fréquente (voir tableau 2).
Figure 1: Indications d'usage d'antimicrobien dans les hôpitaux (PPS Belgique 2011)
12
noso-info,
vol.XVI
N°3,
Tableau 2 : Intérêt relatif des différentes HAI (PPS
Belgique 2011)
• uniquement données sanguines et échantillons
CSV
Type d'HAI
% rel.
• description de l'antibiogramme et du type de
germe pour chaque échantillon
Pneumonie
Autre infection des voies
respiratoires inférieures
Infections des voies urinaires
Infections du site opératoire
Infections sanguines
Gastro-intestinales
Infections systémiques
Toute autre catégorie
20%
Total
100%
6%
18%
16%
13%
8%
7%
<4%
Essai par échantillonnage
Lors de l'interprétation des résultats au niveau local,
les hôpitaux doivent tenir compte des intervalles de
confiance. Ceux-ci sont influencés par le nombre de
patients et la fréquence de l'évènement. Les évènements relativement rares connaissent des intervalles
plus grands. AB présentera dès lors des intervalles de
confiance plus réduits que HAI, dont les intervalles
de confiance sont plus grands au niveau hospitalier.
Même si tous les patients de l'hôpital sont inclus dans
l'enquête, il convient de garder à l'esprit que l'enquête ne constitue qu'un échantillonnage de tous les
jours possibles dans cette période.
Enfin, l'ISP profite de l'occasion pour remercier chaleureusement les nombreux hôpitaux participants
pour leur engagement et leur contribution.
L'Institut Scientifique de Santé Publique (WIV-ISP)
s'est occupé de l'organisation pratique, en coordination avec le groupe de travail fédéral PPS, alors que
le Belgian Antibiotic Policy Coordination Committee
(BAPCOC) s'est chargé du financement.
2012
• germes faisant l'objet du suivi :
S. aureus
S. pneumoniae
E. faecium
E. faecalis
E. coli
K. pneumoniae
P. aeruginosa
Du fait du haut degré de standardisation, les applications du réseau EARS-Net sont nombreuses. Ainsi,
pour la PPS 2012, les données EARS-Net sont utilisées, par exemple, pour la validation des données
PPS de résistance.
Il est possible de participer une fois par an en procédant à l'extraction du LIS (fichier Excel) ou en remplissant un formulaire papier pour chaque échantillon.
Une query standardisée est disponible pour GLIMS
et Info-Partner, mais il est évidemment possible de
créer également sa propre query. Vous trouverez à la
page suivante l'explication sur les champs où l'extraction doit être placée, ainsi que les données de la
query GLIMS existante : http://www.nsih.be/ears-net/
EARSS-extraction.html
Les derniers rapports sont disponibles en téléchargement sur : http://www.nsih.be/ears-net/index.html
Si vous ne participez pas encore, vous pouvez obtenir davantage d'informations sur :
[email protected]
Chaque hôpital participant augmente la validité des
résultats.
EARS-Net : validation des données PPS
Tous les hôpitaux belges peuvent participer au réseau
de surveillance européen de l'antibiorésistance
(EARS-Net).
Il s'agit d'une surveillance des résistances présentant
les caractéristiques suivantes :
13
noso-info,
vol.XVI
n°3,
2012
Compte-rendu d'un livre : Karl Drlica & David S. Perlin “Antibiotic Resistance – Understanding and responding to an
emerging crisis” (Pearson Education Inc), 2011.
B Catry
Service Infections associées aux soins & antibiorésistance, Institut Scientifique de Santé Publique (ISP)
Le livre, dont on peut résumer le titre par « Antibiotic Resistance » a vu le jour sous la plume experte
de chercheurs qui font autorité dans le domaine
et s'adresse à un large public portant intérêt aux
matières médicales. Il traite de la résistance aux antimicrobiens. L'accent est mis sur les antibiotiques, en
particulier les fluoroquinolones. Karl Drlica surtout a
accordé beaucoup d'attention à cette classe d'antibiotiques dans de nombreuses études.
La comparaison entre bactéries, mycobactéries et
virus constitue sans équivoque une plus-value.
Le style est courtois accessible et les lecteurs non
issus du monde médical bénéficient également des
anecdotes et des explications placées entre parenthèses ou en marge.
Ces anecdotes sont bien étayées et peuvent faire
office de source d'inspiration pour des présentations
dans le domaine, ce qui rend la lecture agréable et
enrichissante. A titre d'exemples, les détails intéressants au sujet de la création de la FDA (Food & Drug
Administration) américaine et les commentaires au
sujet des différences en termes de processus décisionnel entre la CLSI (Clinical and Laboratory Standards Institute) et l'EUCAST (European Committee on
Antimicrobial Susceptibility Testing).
Le livre se compose de 12 chapitres visant à appuyer
une hypothèse fondamentale des auteurs : une durée
d’antibiothérapie plus courte à doses plus élevées
peut minimiser la sélection de résistance tout en
garantissant l'effet clinique. La logique sous-jacente
(concentration prévenant les mutations) a bien été
étayée, même s'il manque quelques études cliniques
pionnières majeures qui ont alimenté son modèle
théorique dans les années 90 (travail de Peter Lees,
UK). Des études de ce type ont mené notamment à
l'acceptation internationale des paramètres pharmacocinétiques/pharmacodynamiques pour optimiser
14
les régimes de dosage dans les dossiers d'enregistrement d'antibiotiques.
Dommage que la théorie et les expériences ne se
limitent qu'à la transmission verticale de la résistance
(mutations qui se répandent par colonies satellites).
La transmission horizontale des gènes de la résistance (HGT) semble en effet être bien plus importante
pour le moment dans la pratique clinique (ex. bêtalactamases à spectre étendu, BLSE, entérobactéries à
Gram-négatif productrices de carbapénémase, CPE).
Les auteurs ont même indiqué - ce qui est surprenant
selon l'expérience du soussigné - que la HGT est un
phénomène rare (p. 156).
L'utilisation d'antibiotiques dans les hôpitaux est à
nouveau citée à juste titre comme facteur extrêmement important pour la sélection et la propagation
de bactéries résistantes. D’autres facteurs tels que
la pratique de l'hygiène des mains, la voie d'administration d'antibiotiques, les nouvelles techniques
microbiologiques sont présentées de manière trop
sommaire comme possibilités importantes d'intervention. Pareil pour la résistance via l'assainissement
des eaux usées des hôpitaux, par exemple. L'aspect
zoonotique est abordé mais pas vraiment approfondi
(ex. entérocoques résistants à la vancomycine, VRE,
au chapitre 8). L'intérêt des antibiotiques en médecine vétérinaire pour le bien-être animal et les raisons
historiques liées à l'économie agricole n'ont pas été
traités.
En résumé, les causes de la résistance aux antibiotiques sont bien expliquées, en fonction des mesures
préventives visant à éviter la résistance de novo par
sélection de mutations, alors que la propagation à
l'aide d'éléments mobiles et l'empêchement de la
HGT ne bénéficient que de relativement peu d'attention. En bref, le livre explique comment il faut utiliser
prudemment ces produits pour lesquels il n'existe pas
ou peu de résistance, afin de minimiser la résistance.
noso-info,
vol.XVI
N°3,
2012
Nous avons lu pour vous
S. J. Smith ; V. Young ; C. Robertson ; S. J. Dancer
Where do hands go ? An audit of sequential hand-touch events on a hospital ward.
Journal of Hospital Infection vol 80 ; nr 3 ; march 2012 pp 206-211
Les réservoirs de pathogènes peuvent se constituer à des
endroits inattendus dans une unité de soins représentant
un risque continu de transmission aux patients via des
mains non lavées (désinfectées). Le but de cette étude
est de suivre la dissémination des microorganismes entre
surfaces et patients et d'acquérir une meilleure compréhension des voies de transmission pendant les soins aux
patients. Nous avons audité, de façon secrète, les activités des mains durant 40 périodes de 30 minutes pendant
l'été et l'hiver en incluant l'hygiène des mains à l'entrée,
les contacts patients, les contacts avec l'équipement clinique, l'hygiène des mains à la sortie et les contacts avec
des sites hors de la chambre du patient. Au total, nous
avons recueilli 104 données : 77 personnel clinique (59
infirmières et 18 médecins) ; 21 personnel domestique,
1 pharmacien et 5 autres. La compliance à l'hygiène des
mains de l'équipe clinique avant et après entrée est de 25
% (38/154), avec une compliance plus grande pendant
20 périodes de l'été (47 % ; intervalle de confiance 95
% [CI] : 35,6-58,8) que pendant les 20 périodes hivernales( 7 % ; 95 % CI : 3,2-14,4 ; P<0,0001). Plus de la
moitié de l'équipe (58 % ; 45/77) ont touché le patient.
L'équipe avait plutôt tendance à se désinfecter les mains
avant contact avec le patient (Odds ratio (OR) : 3,44 ;
95 % CI 0,94-1,60 ; P=0,0059) et les sites proches du
patient (OR 6,76 ; 95 % CI 1,40-65,77 ; P=0,0067). Près
de la moitié (48 % ; 37/77) ont manipulé des documents
relatifs au patient et 25 % ont touché le lit. L'équipement
le plus touché dans la chambre est la perfusion intraveineuse (30 %) et le statif de tension artérielle (13 %) et,
hors la chambre,l'ordinateur (26 %), les chariots de dossiers (23 %) et le téléphone (21 %). L'hygiène des mains
est restée basse pendant l'observation à l'insu des participants ; comprendre les interactions les plus fréquentes
entre mains et surfaces pourraient désigner les cibles du
nettoyage.
A. Decoster ; B. Grandbastien ; M.-F. Demory ; V. Leclercq ; S. Alfandari for the Regional network 'Review of nosocomial infection-related mortality'
A prospective study of nosocomial-infection-related mortality assessed through mortality reviews in 14 hospitals in Northern France.
Journal of Hospital Infection vol 80 ; nr 4 ; april 2012 pp 210-215
Le but de l'étude est de déterminer le nombre de décès
associés à une infection nosocomiale (NI) survenant dans
les hôpitaux français et d'évaluer le rôle de la revue de
la mortalité hospitalière dans la prévention potentielle
des décès associés à NI. L'étude a examiné 13537 décès
consécutifs survenus dans 14 hôpitaux français en 2007
et 2008. Une commission d'experts incluant des médecins traitants et des infirmières ont déterminé la possibilité
que le décès soit attribué à NI,la possibilité de prévention de NI et du décès. Les dossiers médicaux des 2355
patients avec un score de McCabe de 0 ou 1 qui sont
décédés plus de 48 heures après leur admission ont été
revus. Dans ce groupe, 33 % avaient au moins une NI. La
mort a été attribuée à NI pour 182 patients et a été consi-
dérée comme potentiellement évitable dans 35 cas. Dans
ces derniers, 10 décès sont inattendus. Nous concluons
que si nous extrapolons de ces données au niveau national, 3500 décès (intervalle de confiance de 95 % [CI]
2605-4036) attribuables à NI surviennent annuellement
en France . Parmi ces derniers, environ 1300 NI (95 % CI
357-2196) et 800 décès (95 % CI 51-148) peuvent être
considérés comme évitables. Les commissions de revue
de la mortalité hospitalière peuvent aider à augmenter la
qualité des soins en identifiant les circonstances associées
à NI contribuant au décès et à cibler des mesures préventives spécifiques. De telles commissions hospitalières
devraient impliquer tout le personnel de soins.
DERNIERE MINUTE
Le Workshop on Injection Safety in Endocrinology
(WISE) publie un document visant à augmenter la sécurité au travail en visant spécifiquement l'élimination des
objets piquants et tranchants et en référence à la mise
en application de la Directive Européenne 2010/32/UE
du 10/05/2010. Indépendamment de l'objectif intéressant
visé par la directive, nous rappelons qu'en Belgique, l'autorité publique a déjà intégré les dispositions prévues au
départ de la législation visant la gestion des déchets. Ces
dispositions ont été répercutées auprès des hôpitaux par
deux recommandations particulières du Conseil Supérieur de la Santé (CSS).La première, recommandation CSS
N°8279 de décembre 2008 vise la gestion des déchets
15
noso-info,
vol.XVI
n°3,
2012
extra hospitaliers et la seconde, recommandation CSS
N°8429 vise la prévention des accidents exposant au
sang. Ces recommandations font référence à la législation
belge en vigueur.
Ceci peut être une occasion de vérifier dans son institution le circuit d'élimination des déchets et sa conformité
à la réglementation ainsi qu'un rappel certainement utile
pour le personnel des procédures à respecter et matériels
à utiliser.
Nous voulons cependant souligner, une fois de plus, que
la Belgique est pionnière en la matière.
Référence du document WISE :
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/
S1262363612709758.
SITEs WEB
Les adresses à ne pas oublier
• BAPCOC : http://health.fgov/antibiotics
• Congrès : http://nosobase.chu-lyon.fr/congres/congres.htm
• Congressen : http://www.wip.nl/congress.htm
• CDC/HICPAC : http://www.cdc.gov/ncidod/dhqp/index.html
• Belgian Infection Control Society - BICS : http://www.belgianinfectioncontrolsociety.be
• Journal of Hospital Infection (JHI) : http://www.harcourt-international.com/journals/jhin
• Nosobase : http://nosobase.chu-lyon.fr
• Noso-info : http:// www.noso-info.be.
• World health organization (OMS) : http://www.who.int/gpsc/en/
• Swiss Noso : http://www.chuv.ch/swiss-noso/f122cl.htm
• Infect Control and hospital Epidemiology (ICHE) : http://www.journals.uchicago.edu/ICHE/home.html
• “Tuesday seminars”, Section épidémiologie : http://www.wiv-isp.be/epidemio/epifr/agenda.htm
• Avis et recommandations du Conseil Supérieur de la Santé : http://www.health.fgov.be/CSS_HGR
• Ensemble des brochures CSS : http://health.fgov.be/CSS_HGR/brochures ; à la page d’accueil le lien
se situe dans la colonne de droite
• Plate-forme Fédérale d’Hygiène Hospitalière (HIC = Hospital Infection Control) accès aux différents sites des
plates-formes régionales : http://www.hicplatform.be
• Clean care is safer care : http://www.who.int/gpsc/en/index.html
• The Infection Prevention Working Party (WIP) (Nederland)
http://www.wip.nl/UK/contentbrowser/onderwerpsort.asp
• Association Belge des Infirmier(e)s en Hygiène Hospitalière : http://www.abhh.be
Nouveautés
Nosomail : Discussion privée (les inscriptions sont sélectionnées mais non modérées). Pour s’inscrire ou
annuler l’inscription, voyez un message comprenant votre adresse électronique, vos nom et prénom,
votre diplôme avec la date d’obtention, vos fonctions actuelles à l’adresse [email protected]
Après inscription, vous pouvez envoyer vos messages à [email protected]
NOUVELLE RUBRIQUE : IDEES OU EXPERIENCES A PARTAGER
Vos expériences nous intéressent, celles des uns profitent aux autres.
Noso-info peut faire le lien.
Racontez-nous vos épidémies : nombre de cas, quel processus a été mis en place,
résultats obtenus, coût
16
noso-info,
vol.XVI
N°3,
2012
agenda scientifique
Faites nous part des différentes manifestations que vous organisez !! (Formation, symposium)
2 OCTOBRE 2012
Journée du RHC Arlin Centre
Prévention du risque infectieux associés aux soins des plaies, escarres, stomies et aux pansements
Lieu : Joué-les-Tours, France
Renseignements : E. Morel-Desjardins. Tél : 02.47.47.82.89 - Fax : 02.47.47.82.91
Email : [email protected] Site web : http://www.rhc-arlin.com
4-5 OCTOBRE 2012
13ème Rencontre Internationale Francophone des Infirmiers et Infirmières en
Hygiène Hospitalière.
Lieu : Luxembourg, Grand Duché de Luxembourg
Renseignements : X. Demoisy. Tél : +352 26 98 92 200, Fax : +352 26 98 29 99
Email : [email protected] Site web : http://www.rehazenter.lu, programme
5 OCTOBRE 2012
S. Aureus Symposium
«Staphylococcus aureus : from basic science to clinical applications »
Lieu : UCL, Auditoire Maisin, 1200 Bruxelles
Renseignements : Tél : +32-2-764.73.78 - Site web : [email protected]
9-11 OCTOBRE 2012
22ème Euro-Pharmat. Journées nationales sur les dispositifs médicaux.
Lieu : Lille, France
Renseignements : Tél : 05 61 77 83 70, Fax : 05 61 77 83 64
Email : [email protected] Site web : http://www.euro-pharmat.com
19 OCTOBRE 2012
Colloque infections nosocomiales et orthopédie
Lieu : Paris, France
Renseignements : CLEF ( Centre de Liaison d’Etude et de Formation) Tél. : 01 41 48 54 49
Fax : 01 41 48 58 17. Email :[email protected] Site web : http://www.le-clef.fr
17- 21 OCTOBRE 2012
Infectious Diseases Society of America (IDSA)
Lieu : San Diego, California, USA
Renseignements : [email protected]
21 - 24 OCTOBRE 2012
29th Conference of the International Society for Quality in Health Care (ISQua)
Lieu : Genève, Suisse
Renseignements : Tél : +353 1 670 6750, Fax : +353 1 671 0395.
Email : [email protected] Site web : http://www.isqua.org
17
noso-info,
vol.XVI
n°3,
2012
17 NOVEMBRE 2012
Symposium de la “Belgian Infection Control Society” (BICS)
Lieu : Wolubilis, 1200 Bruxelles
Renseignements : Elise Brisart. Email : [email protected]
19 - 21 NOVEMBRE 2012
8th Hospital infection society (HIS)
Lieu : Liverpool, UK
Renseignements : Sue Hollinshead, Tél : +4402077130273 - Fax : +4402077130255
Site web : http://www.hisconference.org.uk/, Email : [email protected]
22 - 23 NOVEMBRE 2012
Réunion Interdisciplinaire de Chimiothérapie Anti-infectieuse (RICAI)
Lieu : La Défense, Parijs, Frankrijk
Renseignements : http://www.ricai.org
7-8 FEVRIER 2013
9ème Congrés National de la Société Française de Microbiologie.
Lieu : Lille, France
Renseignements : : http://www.sfm-microbiologie.org/pages/?page=801&type=actualites&id=239
25-28 JUIN 2013
International conference on prevention and infection control (ICPIC)
Lieu : Genève (Suisse).
29 - 31 juin 2013
24ème Congrès de la Société Française d'Hygiène Hospitalière (SFHH).
Lieu : Paris, France
Renseignements : site web : http://www.sf2h.net/congres-sf2h.html
18
noso-info,
vol.XVI
N°3,
2012
Instructions aux auteurs
Noso-info est la revue officielle de l’Association
Belge pour l’Hygiène Hospitalière (ABHH) et du
BICS (Belgian Infection Control Society). Cette
revue est publiée grâce au soutien du SPF Santé
Publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et
Environnement.
2. Noso-info publie des articles, revues, commentaires, informations, ayant trait à l’hygiène
hospitalière. Elle paraît trimestriellement en
français et en néerlandais. Elle a pour but l’information des infirmiers, médecins, pharmaciens
et autres praticiens hospitaliers dans le domaine.
Les publications peuvent être des contributions
originales ou avoir déjà été publiées ailleurs.
Dans ce dernier cas, l’auteur principal est tenu
de demander l’autorisation de publication à la
rédaction de Noso-info, ainsi qu’au journal de
publication initial.
3. Langue. Les publications seront soumises
en français ou en néerlandais, exceptionnellement en anglais. La revue peut se charger de la
traduction français <-> néerlandais. S’il désire
relire et vérifier la version traduite du manuscrit,
l’auteur principal est tenu de le signaler par écrit
à la rédaction.
4. Acceptation. Les articles sont soumis à l’appréciation du comité de rédaction de la revue.
Le comité de rédaction est souverain dans l’acceptation ou le refus d’un article. Il propose
éventuellement des modifications qui devraient
être apportées à l’article soumis. Dans le cas
où ces modifications sont mineures (orthographe...), la rédaction peut y remédier directement (arrangement par appel téléphonique à
l’auteur principal).
5. Format d’envoi. Les textes et tableaux seront
soumis par courrier électronique (document
Word) soit à l’adresse E-mail du secrétariat de
la rédaction :
[email protected]
6. La longueur des textes soumis n’est pas restreinte, mais il est préférable de ne pas dépasser 10
pages dactylographiées, double interligne (police
de caractère supérieure à 10cpi). La structure clas-
sique : «introduction, matériel et méthode, résultats, discussion, conclusion, bibliographie » sera
utilisée de préférence pour les études. Pour les
articles de revue, des titres de chapitre scinderont
clairement le texte.
7. Les tableaux seront insérés de préférence
dans le texte soumis. Ils sont mentionnés numériquement (chiffres romains). Les figures peuvent aussi être insérées dans le texte soumis par
E-mail.
8. Les références seront annotées dans le texte
par un chiffre entre crochets [ ], et seront numérotées selon l’ordre alphabétique du premier
auteur. Elles seront détaillées dans la bibliographie selon la description ci-après :
- Pour des périodiques : Nom et initiales de
tous les auteurs (si plus de 6 auteurs, mentionner les trois premiers, suivis de et al). Titre de
l’article. Revue (abréviations de l’Index Medicus). Année; volume: première page - dernière
page. Exemple: Kernodle DS, Kaiser AB. Antibiotic prophylaxis in surgery. Cur Opin Infect
Dis 1995; 8:275-279.
- Pour des livres : (suivant l’exemple) Altemeier
WA, Burke JF, Pruitt BA, Sandusky (eds). Manual
on control of infection in surgical patients, 2nd
ed. Philadelphia: JB Lipincott, 1984.
- Pour des chapitres de livre : (suivant l’exemple)
Trilla A, Mensa J. Perioperative antibiotic prophylaxis. In: Wenzel RP, ed. Prevention and
control of nosocomial infections, 2nd ed. Baltimore : Williams & Wilkins, 1993: 665-682.
9. Le genre et l’espèce des microorganismes
seront écrits en italique. Les noms de marque
(substances, médicaments et matériels) seront
évités dans le texte. On utilisera la dénomination générique des médicaments. La marque des
substances, médicaments et matériel peut être
détaillée en annotation en fin de texte.
10. Le contenu des publications n’engage que la
responsabilité de leurs auteurs.
19
Comité
de Rédaction
Comité de rédaction
B. Catry, K. Claeys, T. De Beer, A. Deschuymere,
S. Milas, C. Potvliege, A. Simon, A. Spettante,
E. Van Gastel, F. Van Laer, Y. Velghe, I. Wybo.
Membres d'honneur : M. Zumofen, J J. Haxhe
COORDINATION RÉDACTIONNELLE
A. Simon
SECRÉTARIAT DE RÉDACTION
Simon A.
UCL – Hygiène Hospitalière
Av. Mounier,
Tour Franklin, - 2 Sud
1200 Bruxelles
Tél : 02/764.67.33
Email : [email protected] ou
[email protected]
Noso-info publie des articles, correspondances
et revues ayant trait à l’hygiène hospitalière.
Ceux-ci sont sélectionnés par le comité de
rédaction et publiés en français et en néerlandais (traduction assurée par la revue). Le
contenu des publications n’engage que la responsabilité de leurs auteurs.
Pour tout renseignement concernant l’Institut de
Santé Publique (ISP)
Section épidémiologie
14 av. J. Wytsmans
1050 Bruxelles
http://www.wiv-isp.be/epidemio/epifr
Abonnements
et cotisations 2012
Pour tout renseignement concernant l’abonnement et le
paiement de NOSO-info, veuillez vous adresser au trésorier
de NOSO-info : Simon A.
UCL – Hygiène Hospitalière
Av. Mounier,
Tour Franklin, - 2 Sud
1200 Bruxelles
Tél : 02/764.67.33
Email : [email protected] ou
[email protected]
Inscription comme membre du BICS (sans journal) :
Infirmier(e)s 25 €
Médecins
50 €
Médecins en formation 25 €
via http://www.belgianinfectioncontrolsociety.be
Pour tout renseignement concernant l’inscription au BICS,
veuillez vous adresser au secrétaire BICS :
Dr. O. Denis
Hôpital Erasme, Route de Lennik, 808,
1070 Bruxelles.
Tél.: 02/555.6643-4541 - Fax : 02/555.85.44
Email : [email protected]
Pour tout renseignement concernant l’ABIHH
Groupe infirmier francophone
Mr. Ch. Barbier
Tél : 04/366.28.79
Fax : 04/366.24.40
Email : [email protected]
http://www.abhh.be
Pour tout renseignement concernant le NVKVV
Vlaamse Werkgroep Ziekenhuishygiëne
Mevr. K. Claeys, présidente
Mme G. De Mey, collaboratrice
Tél : 02/737.97.85
Fax : 02/734.84.60
Email : [email protected]
La revue est également disponible sur internet : http://www.noso-info.be
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertisement