Verlaine - PROF - FR

Verlaine - PROF - FR
EXPOsition
Bam mons
17.10.2015 > 24.01.2016
verlaine,
cellule 252
turbulences poétiques
dossier pédagogique - professeurs
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
2
1
E. Verhaeren, Verlaine, Ed Dynamo, 1950, p5.
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
3
AVANT
PROPOS
Il y a ainsi des hommes qui tombent et dont la chute devient
la seule histoire que l’Histoire retient. Il y a ainsi des héros dont
l’Histoire ne conserve que l’ombre. Verlaine est tombé. Verlaine
est oublié. Alcoolique, bisexuel, mari et père malheureux, pauvre,
voici ce que l’on sait. Mais comme dans toutes les grandes
histoires, c’est dans les lueurs crépusculaires que les plus inattendues étoiles se débusquent. Le plus grand poète de la littérature
française avec Victor Hugo et Stéphane Mallarmé était un génie
du vers, révolutionnaire, qui « nous dépasse tous de toute la hauteur de sa simplicité et de sa primitivité1 » selon le poète flamand
Emile Verhaeren, et surtout un homme fragile se faisant front,
se faisant face.
Parce qu’il effectua deux années de prison à Mons (1873 - 1875)
pour avoir, un soir d’ivresse, tiré sur Rimbaud, Verlaine a fait de
ce « château » le refuge de son écriture, de sa métamorphose,
et de ses questions. Peu de villes ont été témoins d’une révolution
littéraire et intime aussi singulièrement. Peu de villes peuvent ainsi
raconter la vraie version d’une grande histoire. Verlaine est un poète
sans concession, plus libre que tous ceux qui le critiquèrent
avec aisance. Sans factice, il renaît et retombe sans cesser jamais
de tenter simplement d’être sincèrement vivant.
Voici ainsi l’autre récit de Paul Verlaine, modèle de générations
d’artistes, et superbement contemporain.
Karelle Menine, cheffe de projet littérature Mons 2015
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
4
LÉGENDE
*
Mots définis dans le lexique.
Documents visibles dans l’exposition
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
5
Table
des matières
Introduction : objectifs et mode d’emploi ..................................................................... 7
Repères chronologiques et littéraires ............................................................................ 8
L’exposition « Verlaine, cellule 252 » ............................................................................... 12
Pistes pédagogiques et exploitation des fiches élèves ....................................... 14
Accroches ...........................................................................................................................
— Le film « Rimbaud Verlaine, Eclipse totale » ............................................
— Brainstorming : la poésie, c’est quoi ?.........................................................
— Survivances : les sanglots longs… .............................................................
— Poésie d’aujourd’hui : le slam.........................................................................
— Écrivain en classe...............................................................................................
Activité 1 : Mais où est le poète ? ..............................................................................
Activité 2 : L’Affaire de Bruxelles ................................................................................
Activité 3 : Verlaine et Rimbaud .................................................................................
Activité 4 : Qui est Verlaine ? .......................................................................................
Activité 5 : Verlaine et la modernité ..........................................................................
Activité 6 : Art poétique .................................................................................................
Activité 7 : Les poètes maudits, de Verlaine à Amy Winehouse ?.................
Activité 8 : Figures de style et concours ! ...............................................................
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Préparer sa visite à l’exposition : en pratique ........................................................... 30
Références web et bibliographie ..................................................................................... 31
Ressources de la Médiathèque ........................................................................................ 32
Lexique .......................................................................................................................................... 33
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
6
Paul Verlaine, dessin de Gabriel Randon de Saint-Amand
(dit Jehan Rictus), 1895, Bibliothèque royale de Belgique.
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
7
INTRODUCTION
Ce dossier pédagogique s’adresse aux enseignants et aux élèves
du secondaire supérieur. Il est destiné à vous fournir des pistes
pour aborder Verlaine en classe et préparer la visite de l’exposition
« Verlaine, cellule 252. Turbulences poétiques » présentée au BAM à
Mons du 17 octobre 2015 au 24 janvier 2016.
Il se compose de fiches d’activités pour les élèves, d’un dossier
enseignant (avec une présentation de l’exposition, des repères
chronologiques sur Verlaine, les réponses aux questions du dossier élèves, des pistes d’accroches et d’exploitation de celui-ci
et des compléments d’informations) et d’un fichier ressources
et lexique. Ces outils permettent d’aborder différentes thématiques
développées dans l’exposition. Ils proposent aussi des pistes pour
envisager plus largement la notion de poésie et inviter les élèves
à quelques exercices créatifs. Ce travail peut être prolongé via
deux concours qui seront lancés autour de l’exposition (voir à la fin
de ce dossier).
Le dossier élèves peut être utilisé tel quel en suivant le fil conducteur proposé mais chaque activité peut aussi être envisagée
indépendamment des autres, vous permettant d’adapter l’exploitation selon les sujets qui vous intéressent plus particulièrement.
Notez que plusieurs des questions du dossier font appel à une
certaine subjectivité. Les réponses proposées dans ces cas
de figure sont donc plutôt des pistes, elles ne se veulent pas
catégoriques.
Les termes suivis d’une « * » renvoient aux ressources et au lexique,
seront
proposés séparément. Les documents indiqués d’un
visibles dans l’exposition.
Ce dossier a été écrit et réalisé par le service éducatif de la Bibliothèque royale
de Belgique et la Fondation Mons 2015.
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
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REPÈRES
CHRONOLOGIQUES
ET LITTÉRAIRES
1844-1869 : TOUT COMMENCE
BIEN ENTRE VERLAINE
ET LA BELGIQUE
Né à Metz, Verlaine viendra souvent passer ses
vacances chez sa tante paternelle, à Paliseul,
dans les Ardennes. Le jeune Paul est un adolescent fragile mais déterminé. Il est exagérément
choyé par sa mère, Elisa, qui pardonne tout à ce fils
unique adoré, longtemps attendu et espéré, après
trois fausses couches. En 1851, la famille Verlaine
s’installe à Paris. Le jeune homme est déjà épris
de poésie. En 1858, il envoie un poème en alexandrins à Victor Hugo. En 1865, année de la mort
de son père Nicolas Verlaine, capitaine, il publie
son premier article de critique littéraire, consacré
à Baudelaire.
Très jeune, il laisse apparaître une personnalité
ambivalente, oscillant entre tendresse et accès
de colère et de violence.
1866 : parution des Poèmes saturniens,
à compte d’auteur (accueil mitigé).
1869 : parution des Fêtes galantes.
1869-1873 : « NOUS AVONS
DES AMOURS DE TIGRES »
En 1869, Paul rencontre Mathilde Mauté, dite de
Fleurville. Il tombe éperdument amoureux de cette
jeune fille ravissante, douce, « bien sous tous rapports ». Le poète, qui connait déjà ses penchants
pour la vie débridée des cercles parisiens et l’alcoolisme, se mue en amoureux idyllique et obtient
l’accord de la famille et de la jeune fille.
Pour elle, il écrit les poèmes de La Bonne Chanson.
Mais très vite, l’entente du couple se fissure.
En septembre 1871, Mathilde est enceinte et
Arthur Rimbaud entre dans leur vie. Les deux
poètes sortent souvent, s’enivrent, vivent la bohème
parisienne. Les disputes conjugales sont de plus
en plus fréquentes. Dans un accès de violence,
Verlaine battra sa femme, qui porte son enfant.
Mathilde le quitte une première fois. Il éloigne
Rimbaud, le couple se reforme. Nouvelle séparation, cette fois, c’est lui qui part, avec Rimbaud,
en Belgique. Mathilde vient le chercher à Bruxelles.
Il la suit mais dans le train qui les ramène, il a
caché Arthur. À la frontière, les deux poètes s’enfuient. Mathilde et Verlaine ne se reverront plus.
Les fugueurs rejoignent Londres. Ils fréquentent
les cafés-concerts et les proscrits de la Commune.
Entre étreintes et disputes, ils s’échangent encre et
porte-plume et composent quelques-uns de leurs
meilleurs poèmes, se nourrissant l’un de l’autre.
1870 : parution de La Bonne Chanson
(mis en vente en 1872 seulement, à cause
de la guerre).
1872 : parution de C’est l’extase langoureuse
sous le titre Romances sans paroles.
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
1873-1875 : L’AFFAIRE
DE BRUXELLES ET LA PRISON
Le 3 juillet 1873, sur une énième raillerie de Rimbaud, Verlaine quitte Londres. « Cette vie violente
et toute de scènes sans motif que ta fantaisie
ne pouvait m’aller foutre plus », écrit-il en mer
à son amant quitté. Verlaine descend à Bruxelles.
Sa mère le rejoint. Nature faible et indécise, il ne
parvient pas à choisir. Il implore Mathilde de revenir
mais ne veut pas laisser partir Arthur, qui l’a rejoint.
Le 10 juillet, sous l’emprise de la boisson et du
désespoir, il lui tire dessus. Arrêté, Verlaine sera
condamné à deux ans de prison. C’est la peine
maximale. Le juge a été sévère. Surtout quand on
sait que Rimbaud a affirmé dans une déposition
ultérieure qu’il n’y avait pas d’intention meurtrière
de la part de Verlaine. L’observation des documents
du dossier montre que deux éléments ont joué en
la défaveur du poète : les soupçons d’homosexualité qui pèsent sur lui (le juge demandera même
un examen médical pour confirmer ce « soupçon »)
et son aspect d’épave alcoolique. Notons que son
implication dans les événements de la Commune
de Paris en 1871 semble également avoir plaidé
contre lui.
Verlaine est incarcéré quelques mois à Bruxelles
puis transféré à Mons. Il a perdu Mathilde, qui
obtient la séparation, et Rimbaud. Il écrit beaucoup :
des lettres et des poèmes. Il travaille à l’édition des
Romances sans paroles, reprenant des poèmes
rédigés lors de ses aventures avec Rimbaud.
Les nouveaux poèmes qu’il compose, il les destine
à un recueil intitulé Cellulairement, qui ne verra
jamais le jour. Les textes seront publiés plus tard,
avec d’autres, dans Sagesse, Jadis et Naguère
et Parallèlement. Seul dans sa cellule, il vit une
révélation religieuse et se tourne vers la foi.
Octobre 1873 : Rimbaud fait imprimer Une saison en enfer à Bruxelles. Il en laisse la majorité
des exemplaires dans les caves de l’éditeur.
Ceux-ci seront retrouvés par hasard en 1901
par Léon Losseau, propriétaire d’une maison
célèbre de la rue de Nimy à Mons.
1874 : parution des Romances sans paroles ;
en avril, rédaction de l’Art poétique.
9
1875-1891 : L’OMBRE DE RIMBAUD
Après sa sortie de prison, en 1875, Verlaine
rejoint Rimbaud à Stuttgart. Ils passent trois jours
ensemble. Verlaine, récemment converti et animé
d’une grande ferveur religieuse, veut transmettre
ses résolutions à son ami. Celui-ci s’en moque.
Rimbaud remet à Verlaine le manuscrit des Illuminations. Ils ne se reverront plus. Le 12 décembre
de la même année, Verlaine reçoit sa dernière
lettre de Rimbaud.
À partir de ce moment, dans sa correspondance
avec deux autres de leurs amis, Germain Nouveau et Ernest Delahaye, il va se plaire à imaginer
les aventures d’Arthur, parti sous d’autres cieux.
À grand renfort de dessins, les trois hommes
évoquent « l’absent » avec humour et nostalgie.
Si aujourd’hui, Verlaine est moins célèbre que
Rimbaud et peut nous sembler « dans l’ombre »
de celui-ci, il est intéressant de noter que c’est
lui qui permit à l’œuvre de son ami d’accéder à la
postérité. En effet, Rimbaud, parti courir l’aventure
à l’étranger, ne se souciait plus de la diffusion de
son travail poétique. C’est Verlaine qui transmettra
le manuscrit des Illuminations à un éditeur. Et c’est
Verlaine encore qui, à travers ses écrits, permettra
à Rimbaud d’accéder à la place qu’il occupe
au Panthéon de la poésie. Ainsi, en 1883, il lui
consacre une étude accompagnée de poèmes
dans ses Poètes maudits et en 1888, il lui consacre
un article dans Les Hommes d’aujourd’hui.
En 1886, sa mère décède. L’année précédente,
Verlaine avait été condamné à 5 mois de prison
pour coups et menaces de mort à son encontre.
1881 : parution de Sagesse.
1882 : publication de l’Art poétique dans la
revue Paris-moderne.
1883 : publication des Poètes Maudits
consacrés à Corbières, Rimbaud et Mallarmé
dans Lutèce.
1884 : publication des Poètes Maudits en plaquettes chez Vanier, qui devient l’éditeur attitré
de Verlaine ; publication de Jadis et Naguère
1885 : premiers articles littéraires dans
Les Hommes d’aujourd’hui.
1886 : publication des Mémoires d’un veuf.
1889 : publication de Parallèlement et
deuxième édition de Sagesse.
1890 : publication de Dédicaces et publication
clandestine à Bruxelles du volume érotique
Femmes.
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
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Paul Verlaine au Café François Ier, photographie de Paul Cardon
(dit Marsan, dit Dornac), faisant partie de la série « Nos contemporains chez eux », Paris, 1892.
Chancellerie des Universités de Paris - Bibliothèque littéraire
Jacques Doucet, Paris.
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
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1891- 1896 : GRANDEUR
ET DÉCADENCE
C’est à la fin de sa vie que le caractère contrasté
voire paradoxal du personnage est le plus criant.
Poète reconnu, admiré, élu Prince des Poètes en
1894, il est aussi un homme visiblement amoindri
par l’alcool, multipliant les séjours à l’hôpital et
toujours en proie à de brusques accès de violence.
Son ami Lepelletier écrira : « À jeun, Verlaine était
le plus doux, le plus aimable des compagnons,
et je suppose des maris ; intoxiqué d’absinthe, de
bitter curaçao, de genièvre et de grogs américains,
il devenait, pour ses meilleurs camarades, désagréable, agressif, violent, bref insupportable ».
Pour sa série intitulée « Nos contemporains chez
eux », c’est dans un café que le photographe Paul
Cardon choisira de le représenter.
Notons que Verlaine n’était pas seulement poète.
Il a également écrit des essais autobiographiques
(Mes Hôpitaux, Mes prisons) ainsi que des textes
sur les poètes de son temps, contribuant à la
notoriété de certains d’entre eux, Arthur Rimbaud
et Stéphane Mallarmé entre autres.
1891 : publication de Bonheur, de Mes
Hôpitaux et de Chansons pour elle
1892 : publication de Liturgies intimes
dans une revue catholique
1893 : publication de Mes Prisons, d’Élégies,
de Odes en son Honneur et de Quinze jours
en Hollande
1894 : parution de Dans les limbes
et d’Epigrammes ; deuxième édition
de Dédicaces
1895 : parution de Confessions
1896 : publication posthume d’Invectives
« Il ne sera jamais possible
de parler du Vers sans en venir
à Verlaine »
Stéphane Mallarmé
On a dit de Verlaine qu’il est « le plus classique
des Modernes, le plus moderne des classiques ».
Par ses infractions aux règles de la rime, son usage
très personnel de la rythmique, sa volonté d’introduire « la musique avant toute chose », le choix de
ses mots, simples et évocateurs, Verlaine a affirmé
un style bien à lui. Il a aussi ouvert des portes
où les poètes des générations suivantes se sont
engouffrés. Les symbolistes en ont fait leur chef
de file. Mais il s’est toujours défendu d’une quelconque appartenance à une école.
Dans une de ses lettres de prison à Lepelletier,
il annonce son programme poétique, mêlant
volonté d’expérimentation et critique des modèles
littéraires : « Je ne veux plus que l’effort se fasse
sentir […] Je suis las des ‘crottes’, des vers chiés
comme en pleurant, autant que des tartines à la
Lamartine (qui, cependant a des choses inouïes
de beauté)… Bref, je réfléchis très sérieusement
à une réforme… ».
À la fin de sa vie, invité par des cercles littéraires,
en Belgique notamment, il est considéré comme
un des plus grands poètes de son temps.
Si aujourd’hui, sa figure a peut-être pali, beaucoup
de ses vers restent ancrés dans la mémoire populaire. Chantés par Ferré, Trenet, Gainsbourg, cité
par Radio Londres pour annoncer le Débarquement
de Normandie, les mots de Verlaine fredonnent
encore à nos oreilles contemporaines des mélodies
douces amères et gardent des choses à nous dire.
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
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L’EXPOSITION :
VERLAINE,
CELLULE 252,
TURBULENCES
POÉTIQUES
Épilogue
La fin de vie du poète
Introduction
Verlaine, Cellule 252 - Turbulences poétiques
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
1893 - Le retour en Belgique
Les conférences
13
1875 - 1891 - L’ombre de Rimbaud
1873 - 1875 - Verlaine en prison
1869 - 1873 - « Nous avons des amours de tigres »
1873 - L’Affaire de Bruxelles
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
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PISTES
PÉDAGOGIQUES
ET EXPLOITATION
DES FICHES ÉLÈVES
ACCROCHES
Quelques pistes pour amorcer la découverte de
Verlaine de façon attractive pour les élèves. Notons
que certaines des activités présentées plus loin
peuvent aussi servir d’accroche, en particulier la
1re (p. 18) et la dernière (p. 29). Ces propositions
peuvent également être utilisées en aboutissement
du parcours.
LE FILM RIMBAUD / VERLAINE :
La bande-annonce est disponible en ligne*. Il est
possible de louer le film entier à la médiathèque
à Mons ou ailleurs sur commande.
Le film retrace de façon relativement fidèle la
relation entre les deux poètes. Voir le film en entier
peut permettre de faire le pendant avec les documents d’époque présentant Verlaine et la relation
entre les deux hommes. Le film évoque relativement peu l’œuvre poétique des deux hommes, se
concentrant plutôt sur leur relation.
Questions sur la bande-annonce :
www.youtube.com/watch?v=usceW-s99H8
1
Qu’est-ce qui unit les deux hommes ?
Éléments de réponse : La poésie et la volonté
d’y exceller et de la réinventer.
2
À partir de cet extrait, que pouvez-vous
dire sur chacun des deux hommes ?
Éléments de réponse :
Rimbaud : jeune ; ambitieux ; un peu fou ; provocateur ; voit cette relation comme un moment passager pour alimenter sa « recherche »
Verlaine : plus âgé ; marié ; plus timide ; fasciné par
Rimbaud ; torturé, hésitant ; violent
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
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BRAINSTORMING : LA POÉSIE, C’EST QUOI ?
Un simple brainstorming partant de cette question :
« qu’est-ce que la poésie ? ». À partir des réponses,
on note des mots-clés au tableau (en précisant si
nécessaire : quels sont les mots qui vous viennent
à l’esprit quand je parle de poésie ? Que voyezvous ? Quelles actions cela implique-t-il ? etc.). Mots
possibles : texte écrit, rimes, poète, amour, beauté,
ennuyeux, vers, Victor Hugo, romantisme, plume,
feuille, livres… Chacun des termes proposés peut
être défini subjectivement par l’élève puis précisé
par l’enseignant.
L’enseignant peut aussi aborder l’activité utilisant
des exemples en ajoutant dans le corpus des
documents qui ne sont pas de l’ordre de la poésie,
pour avoir un pendant « négatif » afin d’aider les
élèves à situer leur définition.
Dans un second temps, la réflexion peut être
enrichie à partir du corpus d’inspiration du
concours « 10vers tissez-vous »* (https://10verstissezvous.wordpress.com). L’enseignant sélectionne
un corpus varié parmi les textes proposés et la
classe envisage ce qui y correspond à sa conception de la poésie et ce qui n’y correspond pas.
Ou ce qui y correspond mais qui n’avait pas été
évoqué lors du brainstorming.
Victor Hugo dans Cromwell, 1827
Les différents éléments de « définition » de la
poésie pouvant émerger de ce travail :
1 Un travail sur les mots, l’écrit, mais qui
n’empêche pas l’image (en illustration, en calligramme, voire en lettres…) ;
2 Elle dit souvent une chose pour en évoquer une autre, elle travaille par symboles, images,
associations d’idées ;
3 Elle implique généralement des rimes,
des vers de longueur égale, un travail sur le rythme
mais elle peut aussi être en prose ou avec des
rimes variables ;
4 Les thèmes évoqués sont très divers,
parfois il n’est même pas possible de comprendre
précisément de quoi on parle… ;
5 Il y a une recherche esthétique (mais qui
n’est pas toujours atteinte par l’harmonie, parfois
elle apparait dans des choses disharmonieuses ou
choquantes) ;
6 Elle permet à celui qui la crée d’exprimer
quelque chose.
La poésie est une notion complexe qui peut
prendre des formes très diverses. Ces formes
vont varier fortement à travers le temps.
Quelques citations pour clôturer cette séquence :
« L’idée, trempée dans le vers, prend soudain
quelque chose de plus incisif et de plus éclatant.
C’est le fer qui devient acier. »
« La poésie, c’est le plus joli surnom qu’on donne
à la vie »
Jacques Prévert
« La poésie est à la vie ce qu’est le feu au bois.
Elle en émane et le transforme »
Pierre Reverdy
« La poésie immortalise tout ce qu’il y a de meilleur
et de plus beau dans le monde. »
Shelley
« Qu’est-ce que la poésie ? Une pensée dans
une image. »
Goethe
« La poésie est une salve contre l’habitude. »
Henri Pichette
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
16
SURVIVANCES
Écoutez d’abord l’extrait de « Les Français
parlent aux Français »*
www.youtube.com/watch?v=9fZ2Vmzp7Ic
ou un extrait de film sur la deuxième Guerre
mondiale où apparait cet extrait.
Les élèves connaissent-ils ces vers ?
On écoute ensuite « Je suis venu te dire que
je m’en vais »*
www.youtube.com/watch?v=6RAJdafk1Y8)
de Serge Gainsbourg en demandant aux élèves
s’ils connaissent cette chanson.
Les deux extraits sont inspirés du même poème
de Paul Verlaine.
APPORT DU PROFESSEUR Durant la seconde Guerre mondiale, radio-Londres
était écoutée par les Français en zone occupée par
les Allemands. Des messages y étaient diffusés
dans « les Français parlent aux Français » qui servaient notamment aux résistants pour savoir quand
ils pouvaient lancer telle ou telle action, messages
codés pour que les Allemands ne puissent pas les
déchiffrer.
Au printemps 44, les résistants savent que le
premier vers du poème de Verlaine annonce l’approche du débarquement et que lorsqu’il sera suivi
du second, il aura lieu le lendemain.
Le 2 juin, la radio grésille « Les sanglots longs
des violons de l’automne », le 3 pareil. Et le 5 juin,
à 22h, la même phrase est suivie de « blessent
mon cœur d’une langueur monotone ». La libération
du pays commence.
Cette séquence apparait dans de nombreux films
de guerre. Si le choix de ces vers de Verlaine pour
annoncer le débarquement montre la survivance
de son œuvre, son association au débarquement
de Normandie les ancrera définitivement dans la
mémoire collective. Même si peu de gens les associent encore à leur auteur.
Chanson d’automne
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure ;
Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
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POÉSIE D’AUJOURD’HUI
Ecoutez et / ou regardez le clip*
www.youtube.com/watch?v=KxzUCFwx52A
de Midi 20 de Grand Corps Malade.
1
S’agit-il d’une chanson ?
Le texte est-il chanté ?
Éléments de réponse : Le texte est parlé et accompagné de musique.
2
Que raconte cette chanson ?
Éléments de réponse : C’est l’histoire de celui
qui chante.
3 Comment l’auteur fait-il pour raconter
cette histoire de façon originale et prenante pour
le public ? Est-ce que ça marche ?
Éléments de réponse : Il établit un parallèle entre
le temps d’une vie et la durée d’une journée.
Il représente la vie à l’échelle d’une journée.
APPORT DU PROFESSEUR
L’artiste est Grand Corps Malade, un slameur.
Le slam est né dans les années 80 de l’idée d’un
poète américain qui voulait rendre les lectures
de poèmes moins élitistes et moins ennuyeuses.
C’est une poésie d’aujourd’hui, une poésie urbaine.
« C’est un cri de poésie qui se partage dans les
bars, dans la rue, dans la vie » dit le slameur Capitaine Alexandre. Cet art oratoire utilise les mots, la
voix et le corps pour faire vivre le texte. On nomme
également « slams » les moments pendant lesquels
cet art est pratiqué.
ACTIVITÉ
Voici quelques exemples de textes. Seul ou en
groupe, les élèves en choisissent un et le disent en
utilisant leur visage, leurs bras, leurs jambes, etc.
pour exprimer leur message et leurs émotions.
Les autres (Abd al Malik)
Moi, moi quand j’étais petit, j’avais mal
C’était l’état de mon esprit, je suis né malade
Sur l’échelle de Richter de la misère,
Malade ça vaut bien 6
Extrait de l’album Gibraltar © Editions AT Musiques
Chagrin des anges (Souleymane Diamanka)
Dans la rue il plane comme un vent de menace,
climat malsain
Et j’écris sur la haine pour trouver son vaccin
Car chacun regarde le problème comme si
ce n’était pas le sien
La société fait des gosses et ne leur donne pas
le sein
Extrait de l’album L’hiver Peul © Souleymane Diamanka
Slam (Capitaine Alexandre)
Une promenade dans le parc de la vie
Un moment sur le fil
Une rencontre qui touche
Au cœur, au corps, à l’âme…
Une philosophie
Un murmure
Une parole bohême
Un poème cri
Extrait du recueil « Le chant des possibles »
© On A Slamé Sur La Lune/La Plume de l’Ange
ÉCRIVAIN EN CLASSE,
AVEC LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE
www.promotiondeslettres.cfwb.be/index.
php?id=1373
La Communauté française offre aux écoles la
possibilité de faire venir un auteur en classe pour
qu’il parle de son travail*. Elle prend en charge
les honoraires et les frais de déplacement. Seule
condition : les élèves doivent lire au préalable une
œuvre de l’auteur invité.
Les enseignants intéressés peuvent contacter,
pour le secondaire, Monsieur Christian Libens*
et pour le fondamental, Madame Cécile Jacquet*.
Ils peuvent vous conseiller sur le choix des auteurs
en fonction de votre projet pédagogique.
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
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VOIR PAGE 4 DU DOSSIER ÉLÈVES
« Mais où est
le poète ? »
Les élèves ne savent rien sur le contexte d’écriture
de ces textes. On peut les faire travailler sur un ou
plusieurs des poèmes. L’objectif : découvrir l’endroit
où le poète se trouve et dont il parle. On identifie
au passage les émotions que nous procurent les
poèmes et quelques-uns des éléments utilisés
par le poète pour suggérer des images, créer une
atmosphère et susciter des émotions.
Selon le travail déjà effectué avec les élèves sur
la poésie, on peut également identifier les rimes,
les pieds, etc. dans les différents textes.
Quels sens sont mis en action ?
— La vue (ciel, toit, bleu, arbre, voit), ouïe (cloche,
tinte, chante, rumeur) ;
— La vue et l’ouïe par l’absence (je ne vois plus
rien, Silence, silence !), le toucher par une sensation
de froid (sommeil, caveau, dormez espoir et envie) ;
— La vue (noire, gris, clair de lune, nuage, rayons
bleus), l’ouïe (trotte, cloche) ;
ÉLÉMENTS DE RÉPONSES AUX QUESTIONS
— La vue (fleurit, fou de clarté, etc.), l’ouïe (bruit
sec, pas un mot,…), le toucher (il fait si chaud)
Quelle est l’impression générale qui se dégage
du poème ? Associez-y une couleur.
Dessinez les éléments évoqués dans le poème
en situant le poète par rapport à eux.
L’impression est subjective. L’idée est que les
élèves soient amenés à mettre des mots sur l’émotion ressentie, en dépassant le « j’aime/je n’aime
pas ».
La couleur peut les aider à préciser leur ressenti.
Elle permet aussi, pour certains poèmes, d’identifier
des variations dans l’atmosphère. Colorer le texte
réellement augmentera l’intériorisation du texte, les
amènera à le relire éventuellement. La visualisation
des couleurs par la suite peut les aider à identifier
l’univers de la prison (beaucoup de noir, de gris,
le bleu du ciel, la clarté sur les murs…)
Cet exercice permet de préciser les éléments
du poème tout en abordant le texte d’une autre
façon. Il permet aussi de visualiser les « postures »
différentes que prend le poète, se situant, avec
son lecteur, à des lieux de vision différents.
À quel moment de la journée se situe-t-on ?
—
—
—
—
La
La
Le
La
journée
nuit
soir-nuit-matin
journée
— Le poète se trouve sous un toit sous un arbre.
Il voit le ciel au-dessus. Voit-il la cloche et l’oiseau ?
Non, il les entend… (la deuxième strophe insiste
sur ce qu’on voit ou non ; importance de la ponctuation)
— Peu d’éléments. Il y a autour de lui,
une vue bouchée, des murs sombres. On peut
également introduire un mouvement extérieur
qui le balance.
— On pourrait presque en faire une version bd en
plusieurs cases. La souris apparait au début et à la
fin, en mouvement (mais peut-être à chaque case
est-elle présente ?). Difficile de situer le poète. Il
semble voir tout d’en haut.
— Une cour, des hommes en cercle qui tournent le
long d’un mur, genoux flageolants et pipe au bec.
Le poète tourne-t-il aussi ? Au début,
il semble que non (il emploie la 2e et la
3e personne) mais à la fin, il s’avère que oui
(1re personne : « j’en suis », « promenons-nous »).
Il les rejoint en quelque sorte, ses « frères ».
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
19
Où se trouve celui qui écrit ? Quels indices vous
permettent de le savoir ?
Il est en prison. Le découvrir est plus complexe
avec certains poèmes mais l’ensemble permet de
le savoir. Notons que l’endroit de la prison où il se
trouve varie.
— Il est dans sa cellule de prison.
Les éléments qu’ils voient donnent un indice.
Il y a un « extérieur » qui lui échappe, où est la vie.
La dernière strophe exprime le regret et le chagrin,
qui peut aussi nous amener à deviner qu’il s’agit
d’un prisonnier.
— Il est dans un lieu sombre et bouché, balancé par
un mouvement qui lui échappe.
Par rapport au poème précédent, où le poète était
inscrit dans son environnement, les yeux ouverts,
ici, il semble avoir les yeux fermés et on se situe
plutôt dans sa tête, on explore ses « états d’âme »
de l’intérieur.
— Ici, le terme prisonnier nous donne
une information claire sur le lieu où on se situe.
Mais il est difficile de situer le poète par rapport
à ce lieu. Est-il dans une cellule, dans les couloirs,
suit-il la souris ?
— « Cachot », « voleurs » sont des indices. On se
trouve dans ce cas-ci dans la cour de la prison.
RÉFÉRENCES DES DOCUMENTS
Les textes ne sont volontairement pas référencés
dans ce cas-ci, on pourra par la suite y ajouter les
recueils de provenance et dates d’édition. Cela permettra aussi d’évoquer le temps qui s’écoule entre
l’écriture d’un texte et sa publication, faisant que
la vie de l’auteur est parfois toute autre quand son
texte est découvert par le grand public. On peut
faire remarquer aux élèves qu’il en va de même
avec les chansons qu’ils écoutent.
— Le ciel est, par-dessus le toit…
Composé en septembre 1873 et paru
dans Sagesse.
Une lecture et une analyse sont proposées dans
les ressources.
— Impression fausse. Dame souris trotte :
annoté par Verlaine « Brux., 11 juillet 73, entrée en
prison ». Paru dans Parallèlement.
Une mise en musique et une exploitation pour les
primaires sont proposées dans les ressources.
— Berceuse. Un grand sommeil noir :
composé en août 1873, paru dans Sagesse.
— Autre. La cour se fleurit de souci :
annoté « Bruxelles. Juillet 1873. préau des prévenus ». Paru dans Parallèlement.
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
20
VERLAINE,
CELLULE 252
ELÉMENTS DE RÉPONSES AUX QUESTIONS
RÉFÉRENCES DES DOCUMENTS
C’est le poème La cour se fleurit de souci qu’on
peut mettre en lien avec cette image.
Ronde des prisonniers : Convicts exercising
in Pentonville prison, gravure de Bennetto extraite
de l’ouvrage de John Binny et Henry Mayhew,
The criminal prisons of London and scenes
of prison life, London, Griffin, 1862.
Informations complémentaires : Verlaine, un
témoin des réformes pénitentiaires en Belgique.
Edouard Ducpétiaux est inspecteur général des
prisons et des établissements de bienfaisance de
1830 à 1861. Philanthrope convaincu, il parvient à
remanier complètement le système pénitentiaire
belge pour en faire un instrument de punition,
certes, mais qui amène aussi à l’amendement
moral des condamnés. Pour cela, il va remplacer
l’emprisonnement en commun par celui en cellule
et spécialiser les prisons en fonction de l’âge, du
sexe et des antécédents des détenus.
C’est dans une prison conforme à ces nouvelles
idées que Verlaine est incarcéré. Dans le cas du
poète, on peut affirmer que l’« amendement moral »
s’est produit, du moins temporairement et selon les
conceptions de l’époque, puisqu’il se tourne vers
une foi ardente et décide de renoncer aux excès
de sa vie passée. Verlaine écrira des années plus
tard : « les barreaux, Verlaine les assume. Ce furent
les galons et les chevrons d’un poète errant, d’un
philosophe honnête quand même, à travers toutes
tentatives et en dépit d’un tempérament infernal ».
Un exemple de poème composé en prison et témoignant de la foi ardente que Verlaine disait avoir
atteinte en prison : O mon Dieu, vous m’avez blessé
d’amour (lien voir ressources).
Les 4 illustrations représentant la prison de SaintGilles viennent de CASSIERS, Henri, La prison de
Saint-Gilles en 1887, gravure provenant du journal
The Graphic, 1887, avec image de Madeleine
Delbecq (Musée de la police intégrée de Bruxelles).
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
21
VOIR PAGE 8 DU DOSSIER ÉLÈVES
L’AFFAIRE
DE BRUXELLES
À partir de documents tirés du « dossier Rimbaud
Verlaine », les élèves tentent d’établir les faits qui
ont conduit à l’arrestation et l’emprisonnement de
Verlaine.
ELÉMENTS DE RÉPONSES AUX QUESTIONS
En plus de Verlaine, trois autres personnes sont
évoquées dans cette affaire. Voici leurs portraits.
Quelles sont leurs relations avec Verlaine ?
— Arthur Rimbaud, 17 ans, son ami (rien n’indique
explicitement ici qu’ils soient amants)
— Elisa Dehée, 64 ans (au moment des faits, pas
sur le portrait), sa mère
— Mathilde Mauté, 20 ans, sa femme
Quelles sont les villes évoquées ?
— Londres
— Paris
— Bruxelles
Grâce aux documents de la page précédente,
retracez les faits (lieux et actions des personnages).
3 juillet 1873 : Verlaine quitte Rimbaud et Londres
(Nb : le témoignage de Rimbaud est incorrect sur
cette information)
8 juillet (2 jours avant le 10) : Rimbaud rejoint Verlaine à Bruxelles
10 juillet :
— Matinée : Verlaine achète un pistolet aux galeries
St Hubert
— Vers midi : ils vont manger à la Maison des brasseurs, Grand-Place
— Vers 14h : ils rentrent à l’hôtel, Verlaine ferme la
porte et tire sur Rimbaud, qui est blessé au poignet
gauche. La mère de Verlaine le soigne puis ils vont
à l’hôpital Saint-Jean. Ils reviennent ensuite à l’hôtel
— Vers 19h : Rimbaud part, Verlaine et sa mère
l’accompagnent. Sur la route, Verlaine met la main
dans sa poche. Rimbaud prend peur et va se
réfugier près d’un agent à qui il raconte l’affaire.
Verlaine est arrêté.
Le juge condamnera Verlaine à 2 ans de prison.
Trouvez-vous la peine douce, juste ou sévère par
rapport à son délit ?
Il n’y a pas vraiment de « bonne » réponse puisqu’on
fait appel à la subjectivité des élèves. On peut
comparer éventuellement avec les peines actuelles.
Toujours est-il qu’il s’agit de la peine maximale possible pour ce délit. Le juge ayant la possibilité de
donner moins et ne l’ayant pas fait, on peut estimer
qu’il a été sévère. Les deux points suivants donnent
des pistes pour comprendre pourquoi le juge a
décidé de traiter Verlaine sévèrement.
APPORT DU PROFESSEUR
Voir biographie p.8
RÉFÉRENCES DES DOCUMENTS
Les deux textes sont tirés du « Dossier Rimbaud-Verlaine », conservé à la Bibliothèque royale
de Belgique (Ms. II 6.368)
Les portraits : Alcide Allevy, Portrait de Verlaine,
1883 (Vulaines-sur-Seine, Musée départemental
Stéphane Mallarmé, Inv. 994.5.1) ; Etienne Carjat,
Photographie de Rimbaud jeune (Charleville-Mézières, Médiathèque Voyelles – Musée Arthur Rimbaud, Musée 0008) ; Photographie d’Elisa Dehée
(Charleville-Mézières, Médiathèque Voyelles –
Musée Arthur Rimbaud, AR 536-82) ; A. Liebert,
Photographie de Mathilde Mauté, vers 1870 (Rolle,
Edouard-Henri Fischer).
Les photographies de Bruxelles proviennent de la
collection de cartes postales du Fonds Belfius, Académie royale de Belgique, Région de Bruxelles-Capitale.
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
22
VOIR PAGE 12 DU DOSSIER ÉLÈVES
VERLAINE
ET RIMBAUD
Cette partie a pour but de développer la relation
entre Verlaine et Rimbaud. On comprend d’abord
que le soupçon de relation homosexuelle entre les
deux hommes a été un argument déterminant dans
la condamnation de Verlaine. On découvre ensuite
qu’au-delà de la relation affective, le lien entre les
deux hommes a été fondamental pour leur travail
poétique et la diffusion de celui-ci. On peut noter
également que ce lien alimente encore aujourd’hui
leur légende dans l’imaginaire collectif.
ELÉMENTS DE RÉPONSES AUX QUESTIONS
LE BON DISCIPLE
Quelle est votre première impression à la lecture
de ce poème ?
Soulignez dans le texte tous les termes
en lien avec l’univers religieux (champ lexical
de la religion) ? Pourriez-vous les diviser en
deux catégories ?
Disciple, élu, Ange, Paradis, benoit, martyr
Damné, « Ange dur », maligne.
Que décrit ce poème ?
Le ressenti d’une relation sexuelle.
Avez-vous maintenant une hypothèse sur la raison qui a poussé le juge à être particulièrement
sévère avec Verlaine ?
Le soupçon d’une relation homosexuelle entre les
deux hommes. En tout cas, c’est ce que le juge ‘t
Serstevens va en tirer. On peut bien sûr en faire
une lecture plus poétique…
PORTRAIT : ARTHUR RIMBAUD
AVEC L’OMBRE DE VERLAINE
C’est l’ombre de Verlaine qui est projetée sur le
mur. Le titre exact du document n’est pas indiqué
dans le dossier élèves, l’objectif étant que ceux-ci
découvrent eux-mêmes l’ombre et induisent le titre.
La seconde question fait appel à la subjectivité
des élèves pour émettre une hypothèse. On peut
ensuite compléter leurs propositions en se basant
sur le point consacré à « L’ombre de Rimbaud »
dans la partie biographie (p.8)
APPORT DU PROFESSEUR
L’opposition entre les éléments liés au Paradis et à
l’Enfer, au « bien » et au « mal » est présente dès le
départ (ou en conclusion si on inverse le sens de
lecture du poème) : « Je suis élu, je suis damné ».
À cet égard, le titre est ambigu… De qui le poète
est-il « le bon disciple ? ». Dans cette opposition, on
peut voir toute l’ambigüité entre l’envolée vers la
jouissance, presque mysticisée et la condamnation
religieuse et morale de la sodomie dans la société
du XIXe siècle. On peut voir aussi l’opposition
entre l’ascension du « je m’envole » et l’horizontalité
des corps qui ne peuvent se retenir et s’avèrent
esclaves de leurs pulsions (« je rampe »). « L’emphase avec laquelle l’instance s’offre et s’ouvre,
littéralement et visuellement à l’autre, ‘Or me
voici, voici tout moi’, aboutit à une injonction sans
équivoque : ‘Monte sur mes reins et trépigne’ […].
Entre ‘bourre’ et ‘trépigne’, la violence du coït, c’est
aussi de battre et de corriger le partenaire. Et cette
violence mue le crapaud en faucon puis en cygne,
dont la voix meurt en pure jouissance » (analyse
d’Arnaud Bernadet).
À la fin du XIXe siècle en Belgique, l’homosexualité, même si elle n’est pas punie par la loi, est
assimilée à des « comportements inappropriés »
et considérée comme une maladie mentale. Les
homosexuels sont perçus comme « perdus d’esprit » et on considère comme indispensable de les
soumettre à un traitement relevant de la clinique.
Pour « avérer » l’homosexualité qu’il soupçonne, le
juge ‘t Serstevens ordonne un examen médical
de Verlaine. Les notes prises dans le rapport de
cet examen et les autres documents du dossier
montrent que, pour le juge, c’est bien plus les
mœurs de Verlaine qui le condamnent que son
coup de revolver.
Si ce poème n’est peut-être pas évident à aborder
avec une classe en raison du sujet dont il traite, il a
le mérite de mettre l’accent sur le caractère parfois
très cru des échanges entre les deux hommes. Il
permet aussi de mettre en lumière un pan parfois
passé sous silence de la poésie qui peut pourtant être parlant pour des adolescents : la poésie
érotique. Cet aspect permet de battre en brèche
l’image abstraite, éthérée, lisse, désincarnée que
les élèves pourraient avoir de la poésie et du travail
des mots.
RÉFÉRENCES DES DOCUMENTS
Frédéric-Auguste Cazals, Arthur Rimbaud avec
l’ombre de Paul Verlaine. Dessin au verso d’une
lettre adressée à Catulle Mendès. Légende Croquis
d’après documents, 1889. (Charleville-Mézières,
Médiathèque Voyelles – Musée Arthur Rimbaud,
AR 280-53.
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
23
VOIR PAGE 14 DU DOSSIER ÉLÈVES
Qui est
Verlaine ?
ELÉMENTS DE RÉPONSES AUX QUESTIONS
ANALYSE DE L’IMAGE ET DE L’ARTICLE
Voici les éléments qui apparaissent dans l’image
et les liens que l’on peut établir avec des éléments
du texte. Les réponses proposées ici sont des
pistes mais l’interprétation est possible dans ce
genre d’exercice.
Visage sombre, inquiet, torturé
(en tout cas apparemment pas serein ni heureux…) :
Echos dans le texte : « Pauvre Lélian », « légende
assez triste », « nerveux », « tourmentes de misère »,
« angoisse de la faim, du froid, aux infirmités »…
Diable ou apparence d’homme avec un corps
de diable
Échos dans le texte : « contraste », « aspirations
charnelles, robustes et violentes », « un des pires
débauchés de son époque», « effroyables tourmentes », « vigueur bestiale »…
« Décadence » écrit sur sa queue
Définition : « acheminement vers la ruine ; état de
ce qui dépérit, périclite ».
Échos dans le texte : « effroyables tourmentes de
misère », « infirmités que ces deux fléaux combinés
avec l’alcool lui valurent dès la trentaine », « se
perdait ainsi, les coudes sur une table… chimère
libertine ».
Complément : on a associé à Verlaine une « école »,
dite « décadente », ce dont il se défendait, n’aimant
pas l’association à une école, quelle qu’elle soit.
La Lyre et les livres
Complément : la lyre est un symbole de la poésie.
Remarquez que celle-ci est en pierre, comme si
c’était un mur. Et ses cordes ressemblent à des
barreaux… Référence aux années de prison ?
Échos dans le texte : « poète », « mémoire des beaux
vers que les lettrés n’oublieront jamais » et les nombreuses allusions à sa poésie.
Le cœur transpercé par la flèche
Échos dans le texte : « Pauvre Lélian »… Peu d’écho
de cet aspect dans le texte mais les élèves peuvent
en retrouver dans ce qu’ils ont découvert aux pages
précédentes (relations malheureuses avec Mathilde
et Rimbaud, ainsi que la « perte » de son fils).
« anarkh » sur son front
Complément : serait en lien avec un élément de
Notre-Dame de Paris de Victor Hugo. Sur le mur
de la cathédrale est gravé ce mot, signifiant fatalité,
qui va susciter de nombreuses réflexions dans le
roman. Le mot sur le front de Verlaine fait donc à
la fois allusion à ses liens avec Victor Hugo, qu’il
admirait beaucoup et qu’il connaissait personnellement, et le « marque du sceau du destin », en fait
une victime de la fatalité.
L’article apporte-t-il d’autres informations sur
Verlaine que l’image ?
De nombreux éléments sont développés. Un élément absent dans l’image est la ferveur religieuse
de Verlaine, développée dans l’article. Notons que
cette ferveur revendiquée par Verlaine fut toute
relative. Très vite après sa sortie de prison, il retombera dans les excès de sa vie d’avant.
L’article évoque un contraste. Lequel ?
Entre son œuvre (poèmes tout en nuances, en
ultra-délicatesses, « charmant poète… Antiquité
grecque ») et sa vie (« aspirations charnelles
robustes et violentes », « un des pires débauchés »,
« se perdait les coudes sur la table… chimère
libertine »)
Notez en quatre points l’essentiel de ce que vous
avez découvert sur Verlaine.
La formulation est libre mais les éléments
essentiels sont de l’ordre de :
— C’est un grand poète
— Il a un aspect ambivalent, il y a un contraste
entre son œuvre poétique, douce, délicate, et sa vie
de misère et de débauche
— Il a eu une vie difficile, pleine de malheurs :
« Pauvre Lélian », misère, maladie, cœur brisé…
— Il était très croyant
APPORT DU PROFESSEUR
Voir biographie p.8
À TOI DE JOUER
L’anagramme.
RÉFÉRENCES DES DOCUMENTS
Illustration d’Emile Cohl dans Les hommes d’aujourd’hui, Paul Verlaine (Bruxelles, KBR, Imprimés,
II 87742, n°244).
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
24
VOIR PAGE 16 DU DOSSIER ÉLÈVES
Verlaine et
la Modernité
ELÉMENTS DE RÉPONSES AUX QUESTIONS
Pourquoi ne sera-t-il jamais possible de « parler
du Vers sans en venir à Verlaine » ?
On peut trouver des réponses dans le texte de
Verhaeren : parce qu’il a eu une influence sur la
façon de faire de la poésie, influence durable. Il
a « modifié et révolutionné la forme prosodique
de son temps » et il a « rendu l’école moderne
possible ».
Comment Verlaine a-t-il, d’après Emile Verhaeren, « modifié et révolutionné la forme prosodique de son temps » ?
— Il a « détruit le prestige de la rime et lui a enlevé
son rôle de reine du vers » ;
— Il a introduit la « musique verbale » et le rythme.
APPORT DU PROFESSEUR
Les règles de la Rime
Ce point est évidemment intéressant à mettre en
lien avec les courants poétiques précédents s’ils
ont été étudiés en classe. Si ce n’est pas le cas,
voici quelques suggestions pour évoquer rapidement les infractions à la « Rime ».
La « Rime » correspond à l’ensemble des règles
qu’il fallait suivre pour en arriver à un résultat
« beau » selon les canons en vigueur en poésie.
Par exemple, l’alexandrin était le vers « roi » : douze
pieds, séparés en 2 parties égales, les hémistiches.
Verlaine n’en a cure, il rythme autrement. Il déplace
les coupes, joue sur synérèses* et diérèses*, abuse
de l’enjambement… Il utilise aussi des vers de 14
pieds, etc.
Le vers était classiquement pair, il se permet l’impair. La rime riche était recommandée (minimum
trois phonèmes en commun, comme dans cheval
et rival), la rime pauvre méprisée (seulement une
voyelle en commun, comme dans ami et parti) :
Verlaine se permet de remplacer parfois la rime
par l’assonance (Voici que la nuit vraie arrive/
cependant jamais fatigué / d’être inattentif et
naïf / François-les-bas-bleus s’en égaie).
Il était aussi considéré comme obligatoire d’alterner rime féminine (terminée par un « e » non
prononcé, comme dans « finie ») et masculine (les
autres sons).Verlaine ne se prive pas d’enfreindre
cette règle également. Voici un exemple, tiré de
Romances sans paroles (poème ne contenant que
des rimes féminines) :
Dans l’interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.
Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune
On croirait voir vivre
Et mourir la lune
POUR EN SAVOIR PLUS :
LES CONFÉRENCES EN BELGIQUE
En 1893, Verlaine entreprend un parcours de conférences en Belgique. Avant le départ, il s’inquiète :
lors de son dernier séjour dans le pays, il a tâté des
murs de la prison. Et il a justement fait paraître ici
un recueil (très) libertin quelques années plus tôt.
Ne risque-t-il plus rien ? Ses hôtes le rassurent,
et de fait, le poète ne sera nullement inquiété.
Au contraire, il est très attendu. Il parle à Bruxelles,
Charleroi, Anvers, Liège, Gand, accueilli par Jules
Destrée, Max Elskamp, Edmond Picard, Henry Van
de Velde, Maurice Maeterlinck…
Notons que Verlaine arrive en Belgique en plein
affrontement entre deux « courants » littéraires,
représentés chacun par une revue. L’Art moderne,
d’Edmond Picard et Octave Maus (porte-drapeaux
de l’art social, s’ouvrant au symbolisme et défenseurs de l’Art nouveau) d’une part et la Jeune
Belgique, revue d’avant-garde revendiquant l’art
pour l’art et regroupant notamment les voix de
Georges Rodenbach, Jules Destrée ou Maurice
Maeterlinck. Les frontières ne sont bien sûr pas
étanches entre les deux et ces courants sont évolutifs. Verhaeren, par exemple, passera du second
au premier. Les paroles du poète, ses opinions
sur la rime, sont donc guettées par les tenants
de chacune des factions. Ces affrontements,
Verlaine ne s’en soucie guère.
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
À TOI DE JOUER La modernité
Nous proposons de faire émerger ici les représentations des élèves par rapport à la notion de
« modernité ». Cela permettra ensuite de nuancer
à travers le cas de Verlaine et d’autres poètes mais
aussi éventuellement d’introduire une digression
sur la modernité dans d’autres arts (voir dans les
ressources un dossier établissant un lien entre
Verlaine et les impressionnistes).
APPORT DU PROFESSEUR La modernité
Les spécialistes ont associé le terme Modernité
à une orientation prise par la littérature (et les
autres arts) à partir de la deuxième moitié du
XIXe siècle. Ses caractéristiques1 ?
25
On peut établir un parallèle avec l’impressionnisme
en peinture (un exemple est proposé dans les
ressources).
On retrouve quelques-unes de ces caractéristiques chez Verlaine. La nouvelle ambition de
l’artiste apparaît dans sa glorification des « poètes
maudits », les formes nouvelles et la violation des
règles traditionnelles sont évoquées dans les textes
ci-dessus et les exemples qui suivent. L’évocation
de sujets nouveaux est cependant moins présente
chez lui.
RÉFÉRENCES DES DOCUMENTS
Image : Ernest Delahaye, Fragment d’une lettre
à Paul Verlaine, avec dessin (Verlaine fait sauter
en éclats la statue de Marianne, sous les yeux de
Delahaye), 1881 (Paris, Doucet, inv. 7203/226)
— Une nouvelle ambition de l’artiste d’abord, qui
veut ajouter au monde et pas seulement le reproduire : il veut exprimer sa vision personnelle, son
originalité. (On pourra ici faire le lien avec la figure
du poète maudit, qui revendique tellement son
individualité qu’il est incompris.)
— Il aime traiter de sujets nouveaux en lien avec
le monde qui l’entoure, le concret, l’actuel. À la fin
du XIXe siècle, ces sujets sont la ville, l’industrie
naissante, la machine, la vitesse, etc. Il peut aussi
s’agir de sujets jusque là délaissés par l’art, comme
la mode.
— Pour le faire, il va chercher à utiliser des formes
d’expression nouvelles adaptées à l’esprit du
temps : fragments, collages, montages, déformations…
— Finalement, il va utiliser le langage autrement,
en violant ses règles traditionnelles et en en explorant les possibilités et les limites.
1
D’après LEGROS, G., STREEL, I.
et MONBALLIN, M., Les grands
courants de la littérature française,
Louvain-la-Neuve, 2003, p.25
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
26
VOIR PAGE 18 DU DOSSIER ÉLÈVES
ART
POÉTIQUE
À partir de l’Art poétique, cette partie amène les
élèves à rentrer dans le travail concret du poète.
Pour aborder ce poème autrement que par l’écrit,
on peut en écouter la version chantée par Léo
Ferré (voir ressources).
www.youtube.com/watch?v=kjCMuguPixU
ELÉMENTS DE RÉPONSES AUX QUESTIONS
Qu’utilise Verlaine pour introduire de la
« musique » dans sa poésie ?
À TOI DE JOUER
L’objectif est d’amener les élèves à chercher des
associations qui ne soient pas évidentes, des associations qui soient opposées et des associations
qui créent cette « chanson grise ».
Les élèves commencent par chercher des associations évidentes, ensuite ils cherchent des adjectifs
opposés (ils créent des oxymores) et finalement,
ils cherchent d’autres associations introduisant la
nuance.
L’impair (un nombre impair de pieds dans le vers).
Quelques exemples d’évidences (pléonasmes,
redondances) :
Pour joindre « l’indécis au précis », il donne des
exemples dans la 3e strophe. Comment procède-t-il ?
Feu : flamboyant, la chaleur du, brulant…
Cri : strident, sonore…
Rire : joyeux, gai…
Il associe des noms et des adjectifs dont le
mélange introduit une sorte de « tension ». Leur
association introduit de la nuance, enrichit l’image
en la rendant à la fois plus précise et plus complexe : « des beaux yeux derrière des voiles », « le
grand jour tremblant de midi », « un ciel d’automne
attiédi », « bleu fouillis >< claires étoiles »…
Quelques exemples d’oxymore (ou oxymoron, figure
qui consiste à allier deux mots de sens contradictoire pour leur donner plus de force expressive, par
exemple « une douce violence », « hâte-toi lentement ») :
POUR ALLER PLUS LOIN
Nous avons choisi dans les fiches élèves une
approche du poème ne nécessitant pas de prérequis sur les courants poétiques précédents. Si vous
souhaitez les intégrer dans l’analyse, il est possible
de poser la question suivante :
Feu : glacé, noir…
Cri : muet, doux
Rire : désespéré, triste
Quelques exemples de « nuances » :
Feu : doux, tiède…
Cri : contenu, soyeux, moite…
Rire : gras, d’acier…
Que refuse Verlaine ?
APPORT DU PROFESSEUR
— La Pointe assassine, l’esprit cruel et le rire impur :
il vise la poésie satirique
— L’éloquence
— La Rime : le refus s’adresse ici au Parnasse dont
il refuse le travail de précision et les fioritures dans
la rime. Il ne la refuse pas mais la veut « assagie »,
elle n’est pas prioritaire.
Toutes ces associations créent un effet sur le
lecteur, effet qui peut être utilisé par le poète pour
évoquer des ressentis ou des phénomènes complexes en créant une image qu’il y associe…
Par exemple : « Et leur sang rouge ruisselle » (Aragon), « C’est un fouillis de vieilles vieilleries » (Rimbaud), « les soleils noirs de la mélancolie » (Gérard
de Nerval), « je suis venu, calme orphelin, riche de
mes seuls yeux tranquilles » (Verlaine), « bruit doux
de la pluie » (Verlaine).
Une analyse détaillée du poème est disponible
dans la partie ressources.
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
DE LA MUSIQUE AVEC LES MOTS
Quelle est la technique que Verlaine utilise ici ?
Il répète les sons (« f » dans le 1er, « è » et « an »,
entre autres, dans le second). Il s’agit d’une figure
de style appelée assonance (répétition de voyelles)
ou allitération (répétition de consonnes).
À TOI DE JOUER
Les élèves sont invités par eux-mêmes à inventer
quelques assonances et en faire une phrase.
Ils peuvent ensuite mettre en pratique le travail
sur les associations et/ou celui sur les sons en
inversant le travail et en partant d’une idée qu’ils
veulent exprimer pour laquelle ils cherchent des
mots adéquats, enrichis par les techniques qu’ils
ont découvertes. Le personnage qui s’exprime dans
ce « statut » peut avoir leur nom « anagramme » de
l’activité précédente…
POUR ALLER PLUS LOIN L’ARIETTE III (Il pleure dans mon cœur) permet
également de travailler la musicalité des mots (avec
assonances et allitérations mais également via les
rimes intérieures qu’utilise Verlaine pour créer un
rythme propre à son texte). Une analyse détaillée
est disponible en ligne*.
http://verlaineexplique.free.fr/romances/ilpleure.html
27
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
28
VOIR PAGE 20 DU DOSSIER ÉLÈVES
Les Poètes
maudits,
de Verlaine
à Amy
Winehouse
L’image de Rimbaud est très souvent associée
à des artistes contemporains. Et plus largement,
celle du « poète maudit ». Cet être écorché, en
marge, rebelle et qui a tendance à s’autodétruire
est devenu une image courante pour nous, au point
de devenir une sorte d’ « argument marketing »
parfois, jouant sur le stéréotype, au risque de dénaturer l’essence même du concept. Une rock star
détruisant sa chambre d’hôtel peut-elle vraiment
se revendiquer d’une âme de poète maudit pour
la seule raison qu’elle était sous l’emprise de la
drogue ? La question reste ouverte…
ELÉMENTS DE RÉPONSES AUX QUESTIONS Reconnaissez-vous le chanteur ?
Il s’agit de Pete Doherty, chanteur notamment des
groupes The Libertines et Babyshambles. Salué
pour son talent et son écriture poétique revendiquée, il est surtout connu pour ses problèmes de
drogues (qui lui vaudront des arrestations et de
la prison), ses frasques et sa relation avec le top
modèle Kate Moss.
Comparez les deux personnages. Leur trouvez-vous des points communs ?
Si vous disposez d’une connexion internet facile,
l’exercice mériterait d’être fait en réalisant une
recherche Google images sur Pete Doherty et sur
Rimbaud…
Le visage enfantin, le style vestimentaire, le chapeau ainsi que la cigarette/la pipe apparaissent
directement. On peut également souligner une
morphologie proche.
L’article présente Pete Doherty comme un « poète
maudit ». Quelles caractéristiques associe-t-il à
ce concept ?
Le « côté obscur du rock ‘n roll », les frasques, la
drogue et les arrestations
APPORT DU PROFESSEUR
Si des éléments de la biographie de Verlaine et
Rimbaud ont déjà été abordés, on peut facilement
établir un parallèle avec cet article. Sinon, le film
Eclipse totale peut fournir les éléments de parallélisme également.
Si cette partie est abordée en début de parcours,
on peut plutôt se baser sur le texte résumant le
concept de poètes maudits et faire émerger chez
les élèves les représentations qu’ils y associent.
On abordera ensuite l’étude de Verlaine comme
une sorte de « précurseur » de cette image du
poète/artiste.
Voici quelques artistes dont l’image correspond en
tout ou en partie à celle du « poète maudit ». Si vous
disposez d’un écran et d’une connexion, montrer
aux élèves des photos de ces artistes via Google
images permet d’identifier clairement des éléments
de « l’imaginaire » mis en œuvre :
Amy Winehouse (nb : chez Verlaine aussi, il y avait
une femme dans la liste des poètes maudits) ;
Jim Morrison ; Bob Dylan (trailer du film I’m not
there, voir ressources), Basquiat (artilcle « Basquiat,
le nouveau Rimbaud », voir ressources) , Serge
Gainsbourg, Léo Ferré, Patti Smith, Britney Spears
(analyse voir ressources).
POUR ALLER PLUS LOIN
Voici l’avant-propos de Verlaine dans les Poètes
maudits :
« C’est Poètes absolus qu’il fallait dire pour rester
dans le calme, mais outre que le calme n’est guère
de mise en ces temps-ci, notre titre a cela pour lui
qu’il répond juste à notre haine […] pour le vulgaire
des lecteurs d’élite – une rude phalange qui nous
la rend bien.
Absolus par l’imagination, absolus dans l’expression, absolus comme les Reys-Netos des meilleurs
siècles.
Mais maudits !
Jugez-en. »
Les poètes évoqués comme maudits par Verlaine
sont Corbière, Rimbaud, Mallarmé, Marceline
Desbordes-Valmore, Villiers de L’isle-Adam. La
tradition y a ajouté par la suite Baudelaire, Nerval et
Lautréamont.
RÉFÉRENCES DES DOCUMENTS
Paul Verlaine, Rimbaud fumant la pipe, 1872
(Charleville-Mézières, Médiathèque Voyelles –
Musée Arthur Rimbaud, AR 994 2/1)
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
29
VOIR PAGE 23 DU DOSSIER ÉLÈVES
Figures
de style et
concours
ELÉMENTS DE RÉPONSES AUX QUESTIONS
Oxymore : n°1 (cri doux)
Assonances* et allitérations* : n°7 (« pl » qui
rappellent la pluie ; « eu »), n°2 (« ou » et « s »)
Comparaison : n°7 (il pleure comme il pleut),
n°5 (pareil à la feuille morte)
Métaphore : n°2 (un frisson d’eau sur de la
mousse) ; n°6 (l’omnibus et l’ouragan) ;
n°3 (ciel de cuivre)
Anaphore : n°1 (Cela) ; n°4 (Toujours)
Personnification : n°1 (l’herbe expire) ;
n°2 (la chanson qui pleure) ; n°3 (vivre et mourir
la lune) ; n°6 (l’omnibus mal assis)
La poésie, c’est aujourd’hui aussi :
En invitant les élèves à identifier les figures de style
dans les chansons qu’ils connaissent, l’objectif
qu’ils comprennent que l’art poétique est toujours
bien actuel et proche d’eux.
Quelques exemples au cas où ils ne trouveraient
pas tout de suite :
Comparaison : Jacques a dit (Christophe Willem) :
« dans la gorge une boule, comme une pierre qui
roule »
Métaphore : Pas là (Vianney) : « Je suis une
cruche », etc.
Assonances et allitérations : Mistral gagnant
(Renaud) : Car-en-sac et Minto, caramel à un franc
/ carambars d’antan et les cocos bohères ou Le
chant des sirènes (Fréro Delavega) « Combien de
farces, combien de frasques / Combien de traces,
combien de masques » (« f », « s », « ras », « ask »)
Anaphore : Alors on danse (Stromae) : « qui dit… »
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Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
30
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VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
Webographie /
bibliographie
BARJON, Louis, De Baudelaire à Mauriac, l’inquiétude contemporaine, Paris, 1962.
BERNADET, Arnaud, Poétique de Verlaine. « En sourdine, à ma manière », Paris, Classiques Garnier, 2014
(Etudes romantiques et dix-neuvièmistes, 44).
BERTRAND, Jean-Pierre et DURAND, Pascal, Les poètes de la modernité. De Baudelaire à Apollinaire,
Paris, Seuil, 2006.
BOUSMANNE, Bernard, Reviens, Reviens, cher ami. Rimbaud-Verlaine, l’Affaire de Bruxelles, Bruxelles,
2006.
BOUSMANNE, Bernard, Verlaine en Belgique, cellule 252. Turbulences poétiques, Bruxelles,
Editions Mardaga, 2015.
BERTRAND, Jean-Pierre et DURAND, Pascal, Les poètes de la modernité. De Baudelaire à Apollinaire,
Paris, 2006.
LEGROS, Georges, STREEL, Isabelle et MONBALLIN, Michèle, Les grands courants de la littérature
française, Averbode, 2003
Vive la poésie. Cahier d’activités, Minus Éditions, 2012.
VANNIER, Gilles, Paul Verlaine ou l’enfance de l’art, Seyssel, 1993.
www.maulpoix.net/critique.html#Poésie moderne
31
Mons 2015
DOSSIER PÉDAGOGIQUE
32
ressources
de La
Médiathèque
LA MUSIQUE CLASSIQUE
Verlaine - poètes maudits dans la poésie Française
EA4934
http://pointculture.be/album/verlaine-poetes-maudits-dans-la-poesie-francaise_398460
Verlaine songbook (Voices Vol.2)
Songs by Debussy and others
ED4161
http://pointculture.be/album/claude-debussy-verlaine-songbook-voices-vol-2_390024
Verlaine / John Greaves
NG6889 et XG757K
http://pointculture.be/album/john-greaves-verlaine_307272/
Verlaine 2 - divine ignorante : John Greaves
NG6890
http://pointculture.be/album/john-greaves-verlaine2-divine-ignorante_316835
http://www.dailymotion.com/video/x2pesxa
LA LITTÉRATURE SONORE
Verlaine et ses musiciens
GC2566
http://pointculture.be/album/verlaine-et-ses-musiciens_373090
L’aube à l’envers et autres poèmes
HB8796
http://pointculture.be/album/paul-verlaine-l-aube-al-envers-et-autres-poemes_307102
Verlaine ou la musique des mots
FA4875
http://pointculture.be/album/verlaine-ou-la-musique-des-mots_384133
Poèmes / Paul Verlaine
HB8792
http://pointculture.be/album/paul-verlaine-poemes_2057
Green : Visages de Verlaine
GC3312
http://pointculture.be/album/green-visages-de-verlaine_403729
Féminin pluriel (radio archives) / Paul Verlaine.
HD9242
http://pointculture.be/album/paul-verlaine-feminin-pluriel-radio-archives_152132
Green : Mélodies françaises sur des poèmes
de Verlaine - Philippe Jarouskky.
GC4536
http://pointculture.be/album/GC4536
Henri Guillemin raconte Paul Verlaine
et Arthur Rimbaud
https://www.youtube.com/watch?v=R4iceOnjavY
LA CHANSON FRANÇAISE
Poètes et chansons : Paul Verlaine
NX7426
http://pointculture.be/album/divers-interpretespoetes-et-chansons-paul-verlaine_239417
Les poètes, vol 3 : Verlaine-Rimbaud / Léo Ferré
NF2854
http://pointculture.be/album/leo-ferre-les-poetesvol-3-verlaine-rimbaud_4265
Maudits soient-ils ! (Ferré-Rimbaud-Verlaine) /
Léo ferré.
NF3077
http://pointculture.be/album/leo-ferre-mauditssoient-ils-ferre-rimbaud-verlaine_252476
Sur « France culture » dans l’émission
« ça rime à quoi du 14/07/2013 : « cellulairement »
de Paul Verlaine par Pierre Brunel.
http://www.franceculture.fr/emission-ca-rime-aquoi-cellulairement-de-paul-verlaine-par-pierre-brunel-2013-07-14
Sur Europe1: Verlaine emprisonné dans l’émission
« au cœur de l’histoire » du 22.08.2013
http://www.europe1.fr/mediacenter/emissions/
au-coeur-de-l-histoire/sons/l-integrale-verlaine-emprisonne-1616553
Anthologie poétique pour les enfants
LF0047
http://pointculture.be/album/divers-auteurs-anthologie-poetique-pour-les-enfants_286826
VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
Lexique
33
Martyr : personne qui meurt, souffre pour une
cause (chrétienne au départ).
Méprise : erreur.
Meule : cylindre plat et massif servant à broyer,
à moudre.
Absinthe : liqueur alcoolique toxique,
de couleur verte.
Allitération : répétition des consonnes dans
une suite de mots rapprochés.
Anagramme : mot obtenu par transposition
des lettres d’un autre mot (ex. : Marie – aimer)
Assonance : répétition du même son, spécialement
de la voyelle accentuée à la fin de chaque vers.
Azur : couleur d’un beau bleu clair ;
par extension : le ciel.
Benoit : bon et doux.
Caveau : tombeau.
Charnel : qui relève de la nature animale,
de la chair, qui a trait aux choses du corps.
Chimère : vaine imagination, illusion, mirage.
Contrister : causer de la tristesse, attrister.
Damné : condamné aux peines de l’enfer.
Diérèses : prononciation dissociant en deux
syllabes un groupe vocalique.
Effroi : grande frayeur, souvent mêlée d’horreur
Eloquence : Don de la parole, capacité de bien
s’exprimer.
Eparse : se dit de choses qui se trouvent çà et là,
sont dispersées, éparpillées.
Essence : fond de l’être, nature intime des choses.
Frasques : écarts de conduite.
Guinguette : café populaire où l’on consomme
et où l’on danse, le plus souvent en plein air
dans la verdure.
Glose : annotation entre les lignes ou en marge
d’un texte pour expliquer un mot difficile, éclaircir
un passage obscur.
Lassitude : abattement mêlé d’ennui, de dégoût,
de découragement.
Lettrés : qui a des lettres, de la culture, du savoir.
Libertine : qui s’adonne sans retenue aux plaisirs
charnels, avec un certain raffinement.
Maligne : qui a de la malignité, qui se plait à faire
du mal (sens premier).
Méthadone : dérivé synthétique de la morphine,
utilisé comme produit de substitution à l’héroïne
dans certaines cures de désintoxication.
Mysticisme : ensemble des croyances et pratiques
se donnant pour objet une union intime
de l’homme et du principe de l’être (divinité).
Parce, Domine : ces mots latins signifient « Sauvemoi, Seigneur » ou « Epargne-moi, Seigneur ».
Paria : personne mise au ban d’une société,
d’un groupe ; exclu.
Pérorer : discourir, parler d’une manière
prétentieuse, avec emphase.
Philistin : Verlaine l’emploie ici probablement dans
le sens péjoratif de personne inculte ou bornée, fermée aux choses de l’art, de la littérature, de l’esprit.
Pointe : allusion ironique, parole blessante
(moquerie, raillerie).
Prosodique : relatif à la prosodie : caractères quantitatifs (durée) et mélodiques des sons lorsqu’ils
interviennent dans la poésie ; règles concernant
ces caractères.
Rédemption : action, fait de racheter quelqu’un,
de se racheter.
Rehab : abréviation en anglais du mot rehabilitation.
Le plus souvent employé pour faire référence
à drug rehabilitation, centre de désintoxication.
Rime : disposition de sons identiques à la finale
de mots placés à la fin de deux unités rythmiques
(vers) ; en tant que nom propre, représente
l’ensemble des règles de la versification.
Rumeur : dans ce cas : bruit confus de voix,
bruit assourdi de nombreux sons.
Samson et Dalila: personnage biblique portant sa
force dans ses cheveux, Samson fut séduit puis
trahi par Dalila, qui lui rasa la tête avant de le livrer
à ses ennemis.
Soluble : qui peut se dissoudre (dans un liquide).
Synérèses : prononciation groupant en une seule
syllabe deux voyelles contigües d’un seul mot, la
première devenant une semi-voyelle (ex. : violon).
Veule : qui n’a aucune énergie, aucune volonté ;
faible.
Vicié : qui a un vice, impur, corrompu ; qui a perdu
sa valeur.
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DOSSIER PÉDAGOGIQUE
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VERLAINE, CELLULE 252 - TURBULENCES POÉTIQUES
35
FONDATION MONS 2015
106 Rue de Nimy
7000 Mons (Belgique)
www.mons2015.eu
Éditeur responsable : Yves Vasseur
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