Livre " Réhabiliter les maisons ordinaires de l`époque industrielle "

Livre " Réhabiliter les maisons ordinaires de l`époque industrielle "
cahier
de recommandations
RÉHABILITER
LES MAISONS
ordinaireS
d e l’ é p o q u E
industrielle
d r a c n o r d - pa s - d e - c a l a i s
INTRODUCTION
Le bâti ordinaire, spécifique à l’époque industrielle, est présent partout sur le territoire régional du
Nord-Pas-de-Calais, dans presque chaque commune, et sous des formes variées.
Il s’agit d’un patrimoine modeste et fragile, dont la valeur est souvent méconnue, parfois ignorée par
ses habitants. Ce patrimoine est aujourd’hui menacé par des pratiques de restauration inadéquates,
malheureusement encouragées par des réglementations thermiques de plus en plus exigeantes.
L’objectif principal de cet ouvrage est de contribuer à une meilleure conservation du bâti ordinaire en
Nord-Pas-de-Calais. En premier lieu, il vise à sensibiliser les municipalités, les propriétaires bailleurs, les
particuliers et les professionnels du bâtiment. Il s’agit de les aider à établir un diagnostic en vue de mener
des travaux d’entretien et de restauration de qualité. Il s’agit aussi de recommander les solutions techniques
les mieux adaptées à la conservation et les plus conformes à la réglementation thermique actuelle.
Ce guide traite tout particulièrement des éléments du bâti ordinaire les plus touchés par les
transformations courantes : les façades, les toitures, les menuiseries.
Ce patrimoine est une composante majeure de l’habitat du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Son
inscription le 30 juin 2012 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO montre l’actualité de cet
ouvrage et l’importance de préserver ce bâti si caractéristique.
Véronique Chatenay-Dolto
Directrice régionale des Affaires culturelles
Ce cahier de recommandations est le résultat d’une étude sur la conservation du bâti ordinaire
en brique de l’époque industrielle en Nord-Pas-de-Calais, dans le respect de la mise en œuvre
des matériaux et en conformité avec la réglementation thermique actuelle.
Cette étude a été menée par les architectes du patrimoine Jennifer Didelon et Éric Barriol et le
bureau d’études thermique BET Agathe, dans le cadre du groupe de travail sur les matériaux.
Sous la coordination des Services territoriaux de l’Architecture et du Patrimoine du Nord et du
Pas-de-Calais et la Direction régionale des Affaires culturelles du Nord-Pas-de-Calais, avec la
collaboration du « Groupe Matériaux ».
Avec la participation du ministère de la Culture et de la Communication, CAUE du Pas-de-Calais,
CAUE du Nord, Dreal, Mission Bassin Minier, PNR Scarpe-Escaut, PNR des Caps et Marais
d’Opale, Ademe, CAPEB, Campagnes Vivantes, Soginorpa et SIA.
Septembre 2012
RESTAURER LA FAÇADE
RESTAURER LA TOITURE
8 Glossaire de la façade
32 Glossaire de la toiture
10 contexte et caractéristiques
34 contexte et caractéristiques
RESTAURER UNE MENUISERIE
50 Glossaire des menuiseries
52 contexte et caractéristiques
AMÉLIORER LA THERMIQUE
70 Glossaire thermique 72 RéGLEMENTATIONS THERMIQUES
Rôle de la façade dans le paysage urbain
Rôle de la toiture dans le paysage urbain
Rôle des menuiseries dans la façade
Objectifs de la réglementation thermique
Composition des façades et des pignons
Composition et formes de la toiture
Ordonnancement et dimensions des baies
RT « élément par élément »
Matériaux courants en façade
Matériaux de couverture
Éléments de menuiserie
Diagnostic Performance énergétique (DPE)
Décors
Éléments particuliers
16 diagnostic de la façade
40 diagnostic DE LA TOITURE
Résistances thermiques à atteindre
56 diagnostic des menuiseries
Altération du bois
75 DIAGNOSTIC DE L’EXISTANT
Pollution atmosphérique, salissures
Problèmes d’étanchéité
Désordres causés par l’humidité
Consommations et déperditions
Problèmes d’humidité
Recouvrements et salissures
Défaut d’entretien
Défauts de ventilation
Travaux inadaptés, mauvaises pratiques
Mauvaises pratiques
Problèmes d’étanchéité à l’air
Problèmes d’humidité
Menuiseries inadaptées
Équipements insuffisants et consommateurs
20 Recommandations
42 Recommandations
Faire un ravalement
Entretenir la couverture
Nettoyer une façade
Rénover intégralement
Entretenir et réparer la fenêtre
Isoler les parois
Rejointoyer
Éclairer les combles Améliorer l’étanchéité et l’isolation
Tableau comparatif des isolants recommandés
Appliquer une finition
Intégrer les panneaux solaires
Remplacer une menuiserie
Traiter l’étanchéité à l’air
Occulter la baie
Maîtriser la ventilation
Remplacer des briques
58 Recommandations
79 Recommandations
Modifier les baies
Ajouter un volume
CAS PRATIQUES
92 Cas d’habitations en bande
97 Cas de maisons groupées
102 Cas d’une maison jumelée
108 ADRESSES UTILES
R E S TA U R E R L A FA ç A D E
GLOSSAIRE DE LA FAÇADE
GLOSSAIRE DE LA FAÇADE
APPAREILLAGE
épi de faîtage
faîtage
fer d’ancrage
rive
souche
toiture
lucarne
fenêtre sur pignon
modénature
corniche
chaînage d’angle
linteau
imposte
menuiserie
porte d’entrée
baie
volet (battant)
appui de fenêtre
garde-corps
seuil
soubassement
Façade d’une maison Pinson à Raismes
Manière de disposer les briques
ou pierres qui composent une
maçonnerie (par exemple,
alternée en rang de boutisses et
panneresses).
AUVENT
Petite toiture en surplomb, en général
à un seul pan, établie en saillie sur un
mur, souvent au-dessus d’une porte,
d’une fenêtre, d’une boutique.
AVANT-CORPS
Toute partie de bâtiment qui forme
saillie sur une façade.
ordinaire de l’époque industrielle en
Nord-Pas-de-Calais, on trouve en
corniches un rang de briques posées
en biais, à façon d’engrenage.
comble
Bandeau
rez-de-chaussée
étage
Bande horizontale saillante,
disposée au droit des planchers
pour marquer visuellement
la division des étages.
CALEPIN, CALEPINAGE
avant-corps
travée
Dessin en élévation, en coupe et en
plan d’un appareillage de pierres
ou de briques, en vue de la taille
et de la pose de chaque élément.
Maison du type 25 M, Compagnie des mines de Béthune
Local annexe de la maison (aussi
appelé carin) souvent utilisé
comme buanderie, atelier, wc,
clapier, poulailler ou stockage.
Couronnement horizontal en
surplomb, en brique ou en pierre
moulurée, pour protéger la façade
des eaux pluviales. Sur le bâti
8 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
Mur extérieur qui porte les pannes,
et dont les contours épousent
la forme des pentes de ce comble,
par opposition aux murs gouttereaux
situés sous les égouts des pans
de toitures.
Faux colombage
Décor apparaissant à la fin du
XIXe siècle, imitant un colombage,
réalisé généralement en ciment
peint, ornant souvent la partie
haute des façades.
SOUBASSEMENT
Partie inférieure d’un mur, traitée
en maçonnerie plus épaisse
et plus dure pour conforter l’assise
du bâtiment et empêcher
les remontées capillaires.
Fer d’ancrage
Forte tige métallique placée
entre deux murs, ou entre mur
et charpente, pour empêcher
l’écartement l’un de l’autre. Les
têtes, visibles en façade, sont des
éléments de décor.
SOUCHE
Linteau
Soupirail
Élément qui ferme le haut d’une
baie et soutient la maçonnerie
située au-dessus de l’ouverture.
Les linteaux en brique sont
souvent cintrés (arc de décharge),
les linteaux en métal ou béton
permettent des baies plus larges.
Baie en abat-jour percée dans le
soubassement pour éclairer et aérer
les locaux en sous-sol.
LUCARNE
CORNICHE
Ensemble des moulures et des éléments
de décor qui ornent une façade.
PIGNON
Dépendance
Baie
Toute ouverture pratiquée dans un
mur, ayant pour objet le passage
(porte) ou l’éclairage et ventilation
des locaux (fenêtre, lucarne,
soupirail).
MODÉNATURE
Ouvrage construit sur un toit
permettant d’éclairer le comble,
s’élevant en général à l’aplomb des
murs gouttereaux ou sur un versant
de toit.
La souche de cheminée est un
ouvrage de maçonnerie élevé en
émergence au-dessus d’un comble
ou d’une toiture-terrasse pour abriter
le ou les conduits de cheminée.
TOITURE
Ensemble des éléments qui
composent le couvrement et
la couverture d’un bâtiment,
comprenant à la fois les matériaux
de couverture et leur support.
TRAVÉE
Disposition d’ouvertures en élévation
suivant un même axe vertical.
restaurer la façade CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
9
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
RÔLE DE LA façade dans le paysage urbain
Qu’elle soit décorée ou non, chaque façade
d’une maison appartenant au bâti ordinaire est
toujours à mettre en rapport avec l’ensemble
urbain dont elle fait partie : la « cité », c’està-dire la série de maisons identiques (ou
similaires), assemblées en longues bandes
(fractionnées ou non) ou regroupées en
pavillons. Cohérence architecturale et
continuité urbaine sont à préserver en tout
point, notamment à l’occasion de travaux de
rénovation des façades. La répétitivité, souvent
déconsidérée, caractérise l’ensemble bâti, la
rue, le quartier, et leur confère leur identité.
composition des façades et pignons
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
sur des soubassements et sont couronnés par
des corniches. La division des étages est parfois
marquée par des bandeaux, légèrement en
saillie. Les pignons situés aux extrémités des
habitations en bande (coron) sont, en général,
aveugles et dépourvus de tout décors. Lorsque
le coron est fractionné en groupes de maisons,
toujours en série, les pignons s’ouvrent
progressivement, et lorsqu’apparaît la forme en
pavillon, ils deviennent de véritables façades.
Dans quelques cités pavillonnaires, ils prennent
même le rôle de façades principales : richement
décorés et visibles de loin, ils expriment le
savoir-faire des maçons. Les percements, y
compris les lucarnes, sont organisés en travées
régulières, parfois symétriquement par rapport
à un axe de composition, celui de la porte
d’entrée par exemple.
LES ÉLÉVATIONS eT LES PERCEMENTS
Les élévations des maisons d’ouvriers
de l’époque industrielle sont généralement
composées d’une manière simple et régulière.
Elles sont rythmées par les travées verticales
et les bandeaux horizontaux. Les pleins (les
murs) prédominent sur les vides (les baies). Les
habitations les plus anciennes sont pourvues
d’un rez-de-chaussée et d’un comble. À partir
du XIXe siècle, on ajoute un étage ou deux, mais
rarement plus. Les murs de façades reposent
Habitation rurale d’ouvrier : répétition irrégulière des baies
LA TRADITION DU VOLUME AJOUTÉ
LA BRIQUE
La construction d’annexes (clapier, abris,
buanderie…) existe dès l’apparition des
premiers corons. Ces éléments, aussi appelés
« carins », s’intègrent dans la conception
des logements, pour une production
en série. Il existe plusieurs typologies
(annexe indépendante, annexe adossée au
logement…), mais toujours avec un volume
plus bas que l’habitation. Aujourd’hui, on
continue d’ajouter des pièces (salle d’eau,
cuisine, garage…) afin d’améliorer le confort.
L’adjonction de nouveaux volumes est délicate
et mérite d’être soigneusement étudiée pour ne
pas nuire à la construction d’origine.
matériaux courants EN façade
Les murs de façade sont maçonnés pour
la plupart en brique, rarement en pierre,
parfois en parpaing de schiste, et reposent
généralement sur des soubassements souvent
en brique, parfois en pierre (meulière ou
grès). La maçonnerie, souvent pourvue de
décor, est généralement conçue pour être
apparente. Elle est parfois badigeonnée, mais
rarement enduite. En Nord-Pas-de-Calais, la
brique a remplacé le torchis comme matériau
dominant depuis le XVIIIe siècle.
La brique est à base d’argile cuite et sa forme
est obtenue par moulage ou étirage. Les briques
anciennes, appelées aussi « moulées main », se
prennent à une seule main. Leurs dimensions,
teinte et cuisson sont différentes d’une manufacture
à l’autre, ce qui entraîne des problèmes lorsqu’il faut
les remplacer. Les teintes varient en fonction de la
couleur de l’argile utilisé (rouge, rose, brun…). Les
briques silico-calcaires de couleur jaune ou grise
sont souvent utilisées pour le décor.
LE mORTIER DE JOINT
Les joints ont toujours fait l’objet de traitements
particuliers. Ils garantissent l’étanchéité de la façade
et toute restauration se doit de la garantir à nouveau.
Un rejointoiement mal fait ou fait avec des matériaux
inadaptés (ciment, silicones…) peut dégrader la
paroi et causer des problèmes d’humidité.
LE JOINT DE FINITION
Les mortiers de jointoiement sont réalisés à la
chaux, mélangée à du sable local de différentes
natures. Le joint de finition s’applique sur la
maçonnerie déjà constituée, et non pas en même
temps que le mortier de pose. Pour harmoniser
une maçonnerie, les joints de finition sont
parfois teintés dans la masse ou badigeonnés
(dits dagués). Pour teinter le joint dans la masse,
on ajoute des briques concassées au mortier.
Habitat en bande de 1788, dit « coron » : répétition régulière
et symétrie axiale des baies, pignon aveugle
Dessin d’une cité pavillonnaire à Lens (fonds CHML)
Coron fractionné de 1911 : RDC + 1 étage, répétition
régulière et symétrie axiale des baies, ouvertures en pignon
10 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
Les façades en brique apparente prédominent dans le
paysage urbain
Joints dagués, dits « hollandais » : le trait du blanc est plus fin
restaurer la façade CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
11
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
Joints tirés au fer : le trait du fer est bien visible
Fer à joint avec lequel on trace des joints
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
Pour souligner l’appareil de maçonnerie, les
joints sont généralement creux (tirés au fer ou
à la baleine), rarement en saillie. Appliqué sur
un mortier frais, le fer permet de lisser le joint
pour le rendre plus étanche. Les joints dagués,
dits hollandais ne sont pas teintés dans la masse.
Ils sont tirés à l’aide d’une baleine, outil plus
fin que le fer, après avoir appliqué une légère
couche de badigeon (ou lavis) de teinte rouge/
rosée, afin de faire ressortir le joint blanc.
Cette pratique permet une visualisation de
l’ensemble de la façade avec un appareillage de
briques homogènes, alors qu’elles ne sont pas
forcément toutes bien calibrées au départ.
L’appareillage de la brique
Appareillage à lit de panneresses et lit de boutisses
superposéés (dit « type français » ou « croisé »)
Appareillage à panneresses et boutisses alternées, en lits
superposés (dit « flamand »)
Les briques sont posées à joints croisés
de façon à assurer la cohésion du mur.
La boutisse est la brique de liaison qui se
pose perpendiculairement à la longueur
du mur. La panneresse est disposée dans la
longueur du mur. L’alternance de boutisses et
panneresses peut varier et donner au mur son
caractère. L’appareillage de brique nécessite
un calepinage ; la pose des briques est alors
étudiée pour qu’à chaque rang on puisse poser
un nombre entier de briques, évitant ainsi les
découpes et les chutes. Les appareillages les
plus courants en Nord-Pas-de-Calais sont
à panneresses et boutisses alternées, en lits
superposés dits flamands ou kruisverband, ou
en losange quand les panneresses sont décalées
un rang sur deux. Le principe kruisverband
assure une meilleure cohérence générale de
la maçonnerie et permet la réalisation aisée
d’un décor losangé. Dans l’épaisseur du
mur, boutisses et panneresses sont alternées.
En règle générale, les murs porteurs ont au
moins une épaisseur de 22 cm (deux briques
alternées) ou de 33,5 cm (trois briques
alternées).
LA PIERRE
Lorsqu’on trouve de la pierre dure, elle est
a priori extraite dans les carrières locales. Les
soubassements sont habituellement maçonnés
en grès, en pierre meulière ou en silex. Ces
matériaux sont plus durs et moins poreux
que le calcaire ou la brique, et isolent ainsi la
construction de l’humidité contenue dans
le sol. L’entretien de ces soubassements est
important pour garantir une bonne étanchéité
du mur et pour assurer la stabilité et la durabilité
de la construction. Parfois, les soubassements
sont recouverts d’une peinture étanche,
souvent à base de bitume ou de goudron.
Soubassement en pierre meulière, jointoyée façon opus
incertum, avec joints rubanés
LE PARPAING DE SCHISTE
Parmi les bâtiments de la reconstruction,
on trouve parfois des maisons en parpaing de
schiste, matériau constitué essentiellement
de caillasse extraite des terrils. Résidu de
l’exploitation minière, il est moins coûteux que
la brique. Les blocs de schiste, de teinte grise,
sont en général enduits ou peints, rarement
laissés apparents. Les constructions en parpaing
de schiste apparaissent au début du XXe siècle et
sont souvent décorées d’un faux colombage en
ciment. Aujourd’hui les parpaings de schiste ne
sont plus fabriqués.
Pavillon construit en parpaing de schiste, cité Foch,
à Hénin-Beaumont
L’ENDUIT
Souvent employés comme décoration en
façade, les enduits à la chaux dominent jusqu’au
début du XXe siècle. La chaux est ensuite
progressivement remplacée par le ciment
qui apparaît à la fin du XIXe siècle autour
des premières cimenteries (à Boulogne-surMer notamment). Dans le bâti ordinaire, les
façades enduites dès l’origine au ciment restent
néanmoins très rares. On les trouve en particulier
dans les cités ouvrières construites entre les deux
guerres mondiales.
Décor en ciment d’origine
Appareillage dit « anglais » ou « hollandais »
12 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
restaurer la façade CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
13
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
DÉCORS
Lors des travaux de restauration d’un bâtiment,
et plus précisément en cas de ravalement
des façades, les décors prennent une place
primordiale. Les éléments de décor, aussi
modestes soient-ils, enrichissent les maisons
d’ouvriers et renforcent la qualité architecturale
de l’ensemble. Un détail bûché ou un décor
gommé est une perte souvent irrémédiable, car
coûteuse à restituer. Chaque transformation
devient synonyme d’appauvrissement de
la maison. Plus le vocabulaire architectural
est simple, plus les éléments de décor et
l’ornementation deviennent précieux et
méritent d’être sauvegardés.
LES DÉCORS EN BRIQUE
Les maisons d’ouvriers les plus modestes
reçoivent un minimum de décor : des baies
couvertes de linteaux cintrés, des bandeaux, des
corniches à dents d’engrenage ou des parties
en saillie. Les fers d’ancrage et les souches de
cheminée font partie des éléments décoratifs.
À partir de la fin du XIXe siècle, les briqueteries
produisent des décors préfabriqués et des
briques de teintes différentes : briques silicocalcaires, briques vernissées ou émaillées. C’est le
témoignage de la créativité des maîtres d’œuvre et
des entreprises, pour attirer les meilleurs ouvriers.
Maçonnerie avec des briques vernissées, panneresses
et boutisses alternées, dites flamand ou appareillage losangé
Décor peint à la chaux
Assemblage de briques en relief, pour des corniches ou des
frises
Linteaux et frises en brique vernissée
Le décor en forme de cœur : on le trouve souvent en milieu
rural sur des appareillages flamands
Décor sur l’enduit en ciment à la tyrolienne
LES DÉCORS EN CIMENT
Avec l’ajout d’éléments en ciment ou en béton
naît une nouvelle variété de décors : linteaux,
encadrements de baies, faux colombage…
Les motifs de faux colombage apparaissent avec
les premières cités pavillonnaires des années
1920 et la mode de l’architecture régionaliste. Sur
un enduit ciment, le décor est en relief, et souvent
rehaussé de peinture. Le ciment a ici une place
prépondérante, qu’il convient de préserver.
LES DÉCORS PEINTS
Le rouge des briques et des tuiles donne la
tonalité dominante du bâti ordinaire. Mais la
décoration des maisons révèle parfois une riche
polychromie ; briques et menuiseries peintes
sont autant de touches de couleurs vives. Dans
les constructions les plus modestes, on utilise
un badigeon pour imiter les encadrements de
baies ou les soubassements. Les décors peints
et les badigeons à la chaux sont très fragiles et
méritent une attention particulière lors d’un
ravalement.
14 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
restaurer la façade CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
15
DIAGNOSTIC DE LA FAÇADE
DIAGNOSTIC DE LA FAÇADE
Toute intervention sur la façade nécessite un
diagnostic préalable. Il est important de localiser
précisément les briques et les joints en mauvais état
pour comprendre la cause de leur détérioration.
Le diagnostic déterminera l’ampleur des travaux
(ravalement complet, partiel…). Dans tous les
cas, il convient de traiter avant tout la cause des
désordres (infiltrations, remontées capillaires…).
Un ravalement mal fait, avec des matériaux et
des techniques inadaptés, peut aggraver les
dommages. Dans le cas de dommages importants,
de problèmes structurels, il est recommandé de
faire appel à des professionnels.
Les problèmes les plus fréquents
Salissures sur la barbotine en ciment d’origine
Une grande partie des dommages rencontrés
sont dus à l’usure naturelle des matériaux ou à la
pollution atmosphérique. Le problème le plus
récurrent est l’humidité qui provient les eaux de
pluie ou de celles venant du sol (les remontées
capillaires). L’étanchéité des murs ne dépend pas
seulement de la porosité des briques, mais aussi
de leur capacité à évacuer rapidement l’eau vers
l’extérieur à travers les joints.
Pollution atmosphérique, salissures
Façade en brique noircie par la pollution atmosphérique
Il s’agit des traces laissées par un élément étranger,
par le développement de micro-organismes,
les rejaillissements d’eau sale ou boueuse sur
les soubassements, le dépôt de poussières
atmosphériques, etc. Ces particules se déposent
sur les façades sous l’action du vent et de l’humidité.
La première manifestation visible de ce type de
pollution est la trace noirâtre. Les façades en brique
sont d’autant plus sensibles aux salissures que leur
relief est important. Elles se délavent sous l’action
de la pluie et forment alors des coulures. Ce type de
dégradation est d’abord un problème esthétique
qui peut souvent se résoudre avec un simple
nettoyage avec, par exemple, de l’eau mélangée
à du vinaigre. Il faut noter que certains produits
16 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
lessivants (solutions acides trop concentrées)
peuvent endommager les surfaces vitrées, les
décors fragiles (les briques vernissées ou les décors
peints à la chaux), et dégrader les mortiers .
Problèmes d’humidité
LES Remontées capillaires
Le sol contient toujours une certaine quantité
d’eau qui monte dans la maçonnerie et s’évapore
de façon naturelle par les pores du parement
et des joints. Cette quantité d’eau est fonction
de l’épaisseur du mur, de la qualité de la brique
et du mortier, de leur pouvoir de capillarité. La
quantité d’eau qui s’évapore est déterminée par la
composition de la surface du mur, nue ou enduite,
par la présence ou l’absence de chauffage, par la
possibilité d’évaporation par l’intérieur, et enfin
par l’orientation du mur (effets du vent). Trop
d’humidité peut entraîner la destruction des
joints. Il est important de veiller à l’état des joints
et d’effectuer un rejointoiement si nécessaire. Il
est vivement déconseillé d’essayer de résoudre
les problèmes d’humidité en imperméabilisant le
parement extérieur, que ce soit avec une peinture
étanche, un enduit ciment, un goudron, du silicone,
etc. En effet, en bouchant les pores du mur, on
empêche l’eau de s’évaporer et elle remonte par
capillarité en partie haute du parement extérieur,
ou pénètre et dégrade le parement intérieur.
Joints vidés au pied du mur, par effet de remontées capillaires
Maçonnerie saturée par l’humidité, couverte de mousses
L’effet du gel engendre des microfissures
Les effets de la pluie, infiltrations d’eau
La pluie, accompagnée de vent, peut déposer
sur une façade plusieurs litres d’eau par mètre
carré. Dans le cas d’une saturation sur toute
l’épaisseur, le parement intérieur devient humide.
Si le bâtiment est habité et bien chauffé, les
effets de cette humidité seront réduits, sinon des
dégradations pourront apparaître. L’entretien des
joints et de la couverture ainsi que le nettoyage
régulier des évacuations d’eau pluviale s’imposent
pour éviter toute infiltration.
Fracture provoquée par des mouvements de sol
restaurer la façade CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
17
DIAGNOSTIC DE LA FAÇADE
Les dégâts par le gel
La capacité de la brique à absorber l’eau
rapidement pose un problème lorsqu’un
épisode de gel fait suite à de fortes pluies.
Le gel transforme, dans les pores de la
brique, l’eau en glace, ce qui entraîne un
gonflement de volume de l’ordre de 10 %. Ce
gonflement engendre des microfissures, et
à terme la désagrégation totale de la brique.
Les dégradations provoquées par le gel se
produisent généralement à la base des murs,
lesquels sont confrontés à l’action de la pluie,
au rejaillissement des eaux de toiture ou à
l’humidité remontant du sol. Il convient dans
ce cas de remplacer les briques dégradées.
Le mortier peut se dégrader lui aussi sous
l’effet du gel, en particulier si le dosage de
liant (chaux ou ciment) est insuffisant ou si la
granulométrie du sable est trop fine. Dans ce
cas, il suffit de procéder à un rejointoiement.
DIAGNOSTIC DE LA FAÇADE
LES Efflorescences et exsudations
On parle ici de la formation d’un
dépôt cristallin blanchâtre à la surface des
maçonneries récentes. De façon générale, les
efflorescences traduisent une migration de
sels, qui sont entraînés par l’humidité vers la
surface des murs où ils cristallisent lorsque l’eau
s’évapore. En revanche, si des taches blanches
apparaissent sur une maçonnerie ancienne, il
s’agit généralement d’exsudations, c’est-à-dire
de composés calcaires devenus insolubles par
carbonatation, et qui adhèrent aux briques
comme un mortier. Pour éliminer ces taches, il
faut utiliser des solutions acides, par exemple
du vinaigre, que l’on passe à l’aide d’une brosse
dure. Les acides n’attaquent pas la brique, mais
peuvent dégrader le mortier.
LE Salpêtre
Désagrégation des briques
Le salpêtre est un composé chimique qui se
forme à partir de matière organique décomposée. Il
se développe sous forme d’efflorescences (cristaux
blancs), souvent à la base des vieux murs humides
et mal ventilés. On rencontre souvent le salpêtre sur
des bâtiments ayant longtemps abrité des animaux
ou proches d’une fosse d’aisance. Contrairement à
une opinion répandue, le salpêtre ne dégrade pas les
maçonneries. Cependant, l’association du salpêtre
au ciment entraîne des dégâts plus lourds dans les
maçonneries. Si un mur de briques présente des
taches de salpêtre, il convient d’éliminer la source et
de nettoyer le mur à l’eau chaude.
Efflorescences dues aux remontées capillaires non traitées
Le salpêtre se développe sous forme d’efflorescences
18 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
Travaux inadaptés, mauvaises pratiques
La dégradation des mortiers
La stabilité d’une maçonnerie ancienne
peut être mise en péril par une dégradation du
mortier qui constitue les joints. C’est souvent
le cas avec les mortiers, qui sont attaqués par les
pluies acides ou lors d’un ravalement inadapté.
Quel que soit le matériau, la stabilité des joints
peut être testée à l’aide d’un outil pointu. Si
les joints s’enlèvent facilement, il convient de
procéder à un rejointoiement. Pour gagner du
temps, les joints sont le plus souvent creusés à
la disqueuse ou au marteau pneumatique, ce qui
a pour effet de dégrader les arêtes des briques et
d’élargir le joint. Là où prévalait anciennement
la couleur de la brique, on trouve désormais
souvent une maçonnerie de joints qui présente une
sorte de grillage de joints deux ou trois fois plus
larges que les joints d’origine.
LES Ravalements inadaptés
Les revêtements extérieurs, comme les
enduits, plaquettes de fausses briques, les pierres
reconstituées, le carrelage, etc., sont souvent des
cache-misère. Ils transforment considérablement
l’aspect d’origine des façades, en masquant les
décors, les modénatures et le relief d’origine.
Cacher les parties dégradées de la maçonnerie
derrière un revêtement étanche, sans traiter les
causes, aggrave les problèmes. La brique continue
à se dégrader derrière le revêtement neuf. L’eau
dans le mur tente de sortir à l’intérieur et abîme
les revêtements, les enduits et la peinture.
LES Méthodes inadaptées de nettoyage
Le sablage à sec ou le nettoyage avec une
pression trop forte détruisent et rendent
poreuse la surface des briques. Cette technique
est malheureusement trop souvent conseillée
par les entreprises comme étant la plus efficace.
On retrouve rapidement une couleur vive, mais
la patine revient plus vite qu’avant traitement.
Le risque d’une détérioration par le gel et d’un
recouvrement biologique augmente. Dans
la plupart des cas, un simple lavage avec une
brosse douce est suffisant pour retrouver la
teinte d’origine.
< Lors du remplacement des joints à la chaux par des
joints en ciment, matériau trop étanche, l’humidité reste
emprisonnée à l’intérieur de la maçonnerie et contribue
à la désagrégation des briques
Les dégradations se poursuivent au-dessus du soubassement
rejointoyé au ciment.
À droite, le joint trop clair nuit à la lisibilité du décor
restaurer la façade CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
19
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
Faire un ravalement
BONNES PRATIQUES
Il faut savoir que toute opération qui modifie
l’aspect extérieur d’une construction nécessite
de déposer en mairie un dossier de déclaration
préalable.
Un ravalement réussi, cité Soult à Fresnes-sur-Escaut
Avant et après le ravalement
Le décor peint a disparu lors du ravalement inadapté
de la façade
Un ravalement inadapté détruit la cohérence de l’ensemble
des maisons en bande…
comme celle des maisons jumelées
Derrière les plaquettes de fausse brique, la maçonnerie
a continué à se dégrader
> Faire au préalable un diagnostic pour
identifier les éventuels désordres structurels.
> Traiter la cause des désordres avant
Si le bâtiment est situé à moins de 500 mètres
d’un monument historique ou en secteur protégé,
le projet reçoit l’accord préalable par l’architecte
des Bâtiments de France du département.
d’entreprendre les travaux de ravalement.
Pour une bonne réussite du ravalement, il convient
de faire appel à des professionnels qualifiés. Un
ravalement est une opération coûteuse pour un
propriétaire. Un ravalement complet de la façade
n’est pas toujours nécessaire, il suffit souvent de
restaurer la seule partie dégradée.
> Ne rejointoyer que les parties nécessaires.
Une autre solution, à moindre coût, est le
badigeon sur l’ensemble de la façade, à condition
que les éléments de décor ne soient pas masqués
et que le badigeon ne soit pas étanche. Dans
certain cas de parements brique malmenés
(peinture ancienne adhérente, ciment…), une
peinture minérale à base de silicate peut être une
solution. Toute intervention sur un mur nécessite
un examen préalable. Pour les murs de briques,
il faut bien examiner l’état des briques et des
joints avant de commencer un ravalement. Il est
important de localiser précisément les briques
et les joints en mauvais état. Cela permet de
comprendre la cause de leur détérioration.
> Préserver autant que possible l’unité
Dans le cas de dommages importants, de problèmes structurels, il est recommandé de faire
appel à des professionnels spécialisés et qualifiés
pour faire établir plusieurs devis détaillant les
prestations et les matériaux utilisés.
> Choisir les prestations adaptées en fonction
du diagnostic.
> Respecter l’architecture d’origine du bâti.
> Protéger les éléments de décor et restituer
les parties endommagées.
d’ensemble du bâti.
Rappel : pour toute intervention en façade, déposer
une demande d’autorisation préalable en mairie
À ÉVITER
> Utiliser tout revêtement qui empêche la
maçonnerie de respirer (enduit, ciment, etc.).
> Masquer, endommager les éléments de décor.
> Utiliser des matériaux de substitution et des
cache-misère (plaquettes de fausses briques,
de fausses pierres, bardage imitation bois, etc.).
> Différencier sa façade des maisons
environnantes.
20 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
restaurer la façade CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
21
RECOMMANDATIONS
Nettoyer une façade
Une façade en brique nécessite en général
peu d’entretien. Autonettoyante, elle vieillit
souvent de façon homogène sans perdre son
aspect. Le nettoyage doux à l’eau à intervalles
réguliers augmente la durée de vie. Un nettoyage
mécanique ou chimique n’est nécessaire que
lorsqu’une maçonnerie est particulièrement
encrassée. Il existe divers produits et techniques
de nettoyage : la projection d’eau, le microgommage, l’hydro-gommage, le nettoyage
chimique, le décapage, etc. Avant de choisir,
il faut prendre en considération l’efficacité de
la méthode, mais aussi les risques et réactions
préjudiciables qu’elle peut présenter. Il faut
consacrer une attention particulière au
traitement des joints et éléments de décor lors
du choix de la technique de nettoyage. Il est
recommandé de procéder à des essais sur une
petite surface du mur afin d’évaluer l’efficacité
de la méthode, repérer les effets indésirables
et noter l’apparence de la brique et du mortier
après nettoyage. Il est parfois nécessaire
d’expérimenter plusieurs méthodes avant de
trouver la plus adaptée, en raison des divers
types de saletés qui se forment sur la maçonnerie
et des propriétés des briques et du mortier. Les
méthodes qui figurent ci-dessous sont efficaces
pour le nettoyage de la plupart des saletés et
taches.
C’est la technique la plus simple et la plus
économique. Il s’agit d’un nettoyage par
projection d’eau claire sous faible pression (2 bars
maximum) et d’un brossage en finition avec une
brosse de chiendent ou nylon. Cette technique
est la plus douce et n’affecte pas l’épiderme de la
brique. Elle est recommandée pour nettoyer les
parements peu sales, les briques silico-calcaires,
les briques vernissées et les décors peints.
La projection d’eau
RECOMMANDATIONS
Le micro- ou hydro-gommage
Cette technique permet d’éliminer les salissures
épaisses. On obtient de bons résultats en projetant,
avec un mouvement circulaire, un mélange composé de poudre ultrafine et d’eau, à l’aide d’une
buse réglée à basse pression (2 bars maximum). Le
mélange de poudre ultrafine peut être constitué de
calcite, de verre broyé, de rafle de maïs, de noyaux
de fruits concassés… Il faut éviter la silice (alumine,
quartz) qui est trop dure et risque de créer des microfissures et affaiblissent la résistance de la brique. Pour
préserver les briques et les joints, la dureté devra être
inférieure à celle du parement traité. La distance du
support et la puissance de la buse doivent être appréciées en fonction de la dureté du support. Cette technique est déconseillée sur les briques silico-calcaires
et les briques vernissées.
Le nettoyage chimique
Il consiste à recouvrir la façade, au moyen d’une
brosse, d’un pulvérisateur ou d’un produit chimique
(détergent non-ionique ou savon) qui dissout la
saleté. Il convient de bien protéger des zones fragiles.
Préalablement, il est indispensable d’effectuer des essais pour définir la bonne concentration et éviter les
dommages causés par un produit trop acide ou mal
dosé. Après le délai d’application, le produit doit être
enlevé avec de l’eau chaude sous pression. Le rinçage
final est important ; les résidus de produit (solvants)
peuvent provoquer des taches sur la brique. Un dessalement sous forme de gel appliqué par compresses
est parfois nécessaire si le mur contient trop de sel ou
de salpêtre. Ce type de nettoyage nécessite l’application d’un hydrofuge laissant respirer la façade.
Le décapage
La peinture qui recouvre une maçonnerie en
brique peut être enlevée en appliquant un décapant
non abrasif. Il ramollit et décolle la peinture qui peut
ensuite être grattée et retirée au jet d’eau. La plupart
des décapants contiennent des matières toxiques, il
est préférable d’utiliser des décapants écologiques
biodégradables. Tout produit chimique doit être
rincé soigneusement à l’eau claire.
BONNES PRATIQUES
> Examiner précisément l’état des briques et des
joints avant toute intervention.
> Faire des essais préalables avant de choisir
la bonne technique ou le bon dosage.
> Rejointoyer avec un mortier de même composition,
de même couleur et de mêmes caractéristiques
après nettoyage, si nécessaire.
> Protéger les éléments de décor et restituer
les parties endommagées.
> Utiliser les brosses de chiendent ou nylon.
> Utiliser des produits biodégradables.
> Bien rincer la maçonnerie à l’eau claire pour
enlever tout produit chimique.
Rappel : pour toute intervention en façade, déposer
une demande d’autorisation préalable en mairie
Façades nettoyées de la cité Wallers-Arenberg
Le nettoyage par sablage à sec a complètement altéré
l’épiderme de la brique
À ÉVITER
> Le sablage à sec à haute pression qui
entraîne la dégradation des briques.
> Le nettoyage à la vapeur qui entraîne
la dégradation des mortiers.
> L’hydro-gommage avec une pression
trop forte.
> L’utilisation de brosses métalliques.
> L’utilisation de disques diamantés.
> L’utilisation de produits trop acides.
Façades restaurées, coron à Lens
22 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
La buse trop proche de la maçonnerie et la pression trop forte
provoquent un risque d’altération de la brique et des joints
restaurer la façade CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
23
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
Rejointoyer
La vérification de la bonne tenue des
joints doit être faite régulièrement et la
restauration doit tenir compte de la qualité
des joints d’origine, souvent réalisés à la
chaux mélangée à du sable et de la terre
locale. Les joints garantissent l’étanchéité
de la façade, et toute restauration se doit de
la garantir à nouveau. La réfection intégrale
des joints n’est pas toujours systèmatique.
Les reprises ponctuelles peuvent se
révéler aussi efficaces et moins onéreuses.
Un rejointoiement mal fait ou avec des
matériaux inadaptés (ciment, silicones,
etc.) peut endommager le parement.
La chaux
Sous la dénomination « chaux naturelle »,
on trouve deux types de chaux : la chaux
aérienne, dite CL 90, et la chaux hydraulique,
dite NHL. La chaux aérienne, trop calcique,
est déconseillée dans les régions où il gèle. Il
est préférable de ne pas utiliser les produits
prêts à l’emploi, comme le NHL 3,5-Z, qui
contiennent pour la plupart des adjuvants
hydrauliques, lesquels sont trop étanches et ne
laissent pas respirer le joint. Attention : la chaux
est corrosive. Il faut prendre des précautions
lors de sa manipulation : lunettes, masque et
gants de rigueur !
Le mortier se prépare avec un volume
de chaux naturelle pure (liant) de type
NHL 3,5 ou NHL 2,5, et trois à quatre
volumes de sable lavé, auquel on ajoute de
l’oxyde ou de la chamotte, ou de la terre
naturelle. Pour la couleur, des pigments
naturels, ocre ou terre de Sienne, peuvent
être ajoutés. Des essais préalables sont
vivement conseillés pour obtenir la teinte
souhaitée.
Le sable
Il faut veiller au choix de la taille et de
la répartition des grains du sable (0,2 mm
– 0,4 mm. Un sable trop fin donnera un
mortier peu durable. Un bon mortier doit
avoir presque la même résistance que la
maçonnerie en brique. La consistance du
mortier doit être telle qu’il doit bien s’étaler,
sans être trop fluide.
Il est important de bien humidifier le support
avant l’application du mortier. Pour assurer
une bonne liaison, il doit bien remplir tous les
espaces entre les briques.
BONNES PRATIQUES
> Examiner l’état des joints avant toute
intervention, les reprises ponctuelles sont parfois
suffisantes.
> Gratter manuellement des joints jusqu’au
mortier sain (3 cm de profondeur).
> Utiliser un mortier de chaux, dont la teinte est
en harmonie avec la brique.
> Veiller à ce que les nouveaux joints soient de
la même couleur et de la même épaisseur que
LES Joints de finition
Il est conseillé d’appliquer la finition du
joint d’origine. En le tirant au fer à joint,
on souligne les horizontales, et on assure
un léger retrait du mortier par rapport à la
brique. Les joints hollandais sont dagués
à l’aide d’une baleine après avoir reçu une
légère couche de badigeon (ou de lavis), de
teinte rouge/rosée, afin de faire ressortir le
joint blanc. L’ensemble de la façade apparaît
ainsi plus homogène.
les anciens.
> Tirer les joints horizontaux au fer et veiller
à ne pas les élargir.
Rappel : pour toute intervention en façade, déposer
une demande d’autorisation préalable en mairie
Mortier de joint en ciment, trop clair et trop étanche
À ÉVITER
> La reprise systématique de tous les joints,
qu’ils soient défectueux ou en bon état.
> Le dégarnissage des joints à la disqueuse.
> Le dégarnissage des joints qui épaufre la
brique et augmente la largeur du joint.
> Les joints neufs, trop blancs et trop épais, qui
donnent un aspect de « maçonnerie de joints ».
Les joints sont trop clairs et trop épais, les briques ne sont pas
nettoyées
Maçonnerie de joints trop épais
24 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
La couleur du joint est plus adaptée pour unifier l’ensemble
de la maçonnerie
> Les produits prêts à l’emploi, trop étanches.
> Les joints saillants ou creux.
restaurer la façade CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
25
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
Appliquer une finition
Avant d’intervenir, il convient de nettoyer le
support de toute couche épaisse de crasse ou
mousse à l’aide d’une brosse ou de produits
anti mousse. Il faut effectuer les éventuelles
réparations (joints abîmés, infiltrations d’eau,
fissures, etc.) et laisser sécher la façade quelques
jours avant l’application d’une finition. Le
support à traiter doit être parfaitement sec,
propre et non farineux. L’application doit se faire
dans de bonnes conditions climatiques.
BONNES PRATIQUES
> Consulter un professionnel pour établir un
diagnostic et se faire conseiller sur les produits
les mieux adaptés.
> Nettoyer et réparer les joints avant
l’application d’une finition.
Badigeon blanc à la chaux sur l’ensemble de la façade
Badigeon blanc en partie basse
> Choisir une teinte en harmonie avec la couleur
LE Badigeon à la chaux
La chaux protège la maçonnerie tout en la
laissant respirer. Lorsqu’une façade a été reprise
avec des briques dépareillées, on peut unifier
l’ensemble en appliquant un badigeon à la chaux,
teinté avec un pigment naturel. Le badigeon à la
chaux est peu coûteux. Il peut être appliqué par un
non professionnel.
Mode d’emploi badigeon : dans un volume de
chaux calcique (en poudre ou pâte), on ajoute
quatre à huit volumes d’eau et 25 à 30 % de
pigment pour la teinte. Le volume de pigment
utilisé détermine la valeur plus ou moins soutenue
du badigeon. La transparence du badigeon est
fonction du volume d’eau ajouté.
La chaux nécessite l’usage de pigments résistants
en milieu alcalin. Les badigeons à la chaux
s’appliquent à la brosse, par plusieurs couches
croisées, d’un angle du mur à un autre, sans
interruption.
LA Peinture
L’application d’une peinture est une solution
simple, mais plus coûteuse que le badigeon. La
qualité de la peinture est déterminante.
Les peintures à l’huile, alkydes (à base de
solvant), sont fortement déconseillées sur des
murs extérieurs car elles empêchent les échanges
hygrothermiques. Une peinture trop étanche
(latex ou laque) peut entraîner l’accumulation
d’eau par condensation juste derrière la couche
de peinture, ce qui peut provoquer des dégâts en
cas de gel. Un décapage de peinture est délicat
et coûteux. En revanche, les peintures minérales
(à base d’eau) sont faciles à appliquer, elles sont
inodores et sèchent rapidement. Les outils se
nettoient à l’eau. Il est recommandé de choisir une
peinture avec un aspect mat.
de la brique d’origine.
> Préserver l’unité de l’ensemble bâti, ne pas traiter
individuellement chaque façade de la maison.
> Protéger les éléments de décor et restituer
les parties endommagées.
> La façade et en général la construction ne
doivent pas se différencier de leurs voisines.
Le badigeon à la chaux protège et laisse respirer
la maçonnerie
L’Hydrofugation
Il est possible de retarder l’encrassement d’une
façade en l’imprégnant d’un hydrofuge. Les
produits hydrofuges récents sont imperméables à
l’eau, mais perméables à la vapeur et permettent
les échanges hygrothermiques à travers la
maçonnerie. Le mur est protégé pendant environ
dix ans de la pluie et continue à respirer. Il est
important de prendre des précautions lors du
dosage des hydrofuges : ils peuvent empêcher les
échanges hygrothermiques mal dosé.
Mode d’emploi de l’hydrofuge : un hydrofuge ne
s’applique ni sur des peintures ni sur un mortier
frais. Le produit s’applique à l’aide d’une brosse à
poil long ou d’un pulvérisateur, de façon uniforme
jusqu’à saturation du support.
26 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
Rappel : pour toute intervention en façade, déposer
une demande d’autorisation préalable en mairie
À ÉVITER
> Les produits imperméabilisants.
Le décor peint est masqué par une peinture acrylique.
La teinte est trop claire et trop brillante
> Les produits qui donnent un aspect trop brillant.
> Les dosages inappropriés.
> La pose d’un mortier à base de ciment sur
des supports anciens.
> Les peintures synthétiques (latex, laques), trop
étanches et polluantes.
restaurer la façade CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
27
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
Remplacer des briques
Le remplacement des briques est un travail
très délicat mais nécessaire lorsque la brique
détériorée n’assure plus la stabilité de la
maçonnerie (briques cassées ou pulvérulentes).
Pour obtenir un bon résultat, il est important
d’utiliser des briques de mêmes dimensions et de
même teinte que celles d’origine.
Il est conseillé d’utiliser des briques de récupération
et d’éviter des briques standard.
Modifier les baies
BONNES PRATIQUES
> Faire d’abord un diagnostic pour localiser
les éventuels désordres structurels et en identifier
les causes.
> Traiter la cause des dégradations avant
le remplacement des briques.
> Utiliser des briques de même taille, de même
texture et de même couleur que les anciennes.
> Se renseigner auprès de fournisseurs
disposant des matériaux adaptés (briques de
récupération ou artisanales).
> Opérer après le dégarnissage des joints
et la dépose des briques endommagées.
Rappel : pour toute intervention en façade, déposer
une demande d’autorisation préalable en mairie
Réparation avec des briques industrielles rejointoyées au
ciment, sur une façade en briques moulées à la main et
rejointoyées à la chaux
La modification des baies est délicate et mérite
d’être étudiée soigneusement.
Dans le cas d’une fenêtre transformée en porte, il est
conseillé de garder la même largeur que la fenêtre
d’origine, ainsi que la forme du linteau.
Dans le cas d’une porte transformée en fenêtre, la
trace de la porte peut être préservée par la réalisation
d’une allège légèrement en retrait par rapport au mur
existant. Cette allège doit être réalisée avec le même
matériau (forme, aspect, finition, joint) que le reste
de la façade.
Dans le cas d’une baie murée : la trace de l’ouverture
peut être préservée si le nouveau mur est placé
légèrement en retrait par rapport au mur existant.
L’encadrement et le linteau sont à préserver autant
que possible.
Dans le cas d’une création de baie : il est recommandé
de s’inspirer d’une baie voisine sur la même façade
(mêmes proportions, alignée sur linteau et allège),
ou de marquer une rupture franche avec l’existant.
Tout est affaire de proportions, de matériaux, de la
simplicité du percement. En général, les baies sont
organisées en travées régulières.
BONNES PRATIQUES
> Dessiner l’état projeté de la façade, veiller
au bon emplacement du nouveau percement.
> Préserver la composition d’origine de la
façade, ne pas modifier le rythme d’origine
des ouvertures et des travées.
> Préserver la forme du linteau.
> Veiller à la simplicité générale de la
composition de la façade.
> Préserver la différenciation entre la façade
principale, les pignons et la façade arrière.
> Pour des menuiseries neuves, veiller
à l’aspect et à la finition du matériau,
la forme, la composition et le profil des
menuiseries.
Rappel : pour toute intervention en façade, déposer
une demande d’autorisation préalable en mairie
À ÉVITER
> L’utilisation de briques standard, qui n’ont
ni la même taille, ni la même couleur que les
À ÉVITER
briques d’origine.
> La réduction d’une baie pour insérer une
> Les briques « léopard » (teintes mélangées,
menuiserie standard.
du jaune au brun violet).
Suppression d’une croupe, rehaussement du pignon avec
des briques neuves inadaptées
> Les plaquettes en fausses briques.
28 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
Baies réduites pour recevoir des menuiseries standard
restaurer la façade CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
29
RECOMMANDATIONS
Ajouter un volume
BONNES PRATIQUES
> Demander conseil à un architecte ou des
services appropriés (Stap, CAUE…).
> Utiliser des matériaux authentiques (brique
pleine, bois, verre, métal…).
> Ajouter un volume de dimension modeste par
rapport au volume principal.
> Marquer une légère séparation entre l’existant
et la construction neuve.
Rappel : pour toute intervention en façade,
déposer une demande d’autorisation préalable ou
le cas échéant un permis de construire en mairie
À ÉVITER
> Les matériaux de substitution (carreaux de
Le volume autorisé de l’annexe dépend
de la taille de la parcelle et du coefficient
d’occupation des sols (COS).
Toute addition doit se faire dans le respect
de l’architecture existante, sans bouleverser
la composition et le volume d’origine, sans
transformer la perception que l’on a depuis
l’espace public. Les espaces verts (potagers et
jardins) font partie de l’ensemble architectural
et méritent d’être préservés.
Dans le cas d’une extension, il est recommandé
de s’inspirer directement de l’architecture
existante (mêmes matériaux en façade et
couverture, mêmes dimensions de baies,
etc.), ou alors de marquer une rupture franche
entre la nouvelle construction et l’ancienne.
Dans ce cas, tout est affaire de proportions, de
matériaux et de simplicité de la construction
neuve. Les matériaux de substitution sont à
éviter (plaquettes de fausses briques, carrelage,
bardage PVC…). Il vaut mieux opter pour une
solution simple qui s’harmonise avec l’existant.
Il est recommandé de demander conseil auprès
de l’architecte des Bâtiments de France ou du
Conseil de l’architecture, de l’urbanisme et de
l’environnement.
fausses briques ou de fausses pierres, bardage
d’imitation de bois, etc.) collés sur du parpaing.
> L’utilisation de styles architecturaux étrangers
à la région.
> Construire une annexe avec un volume trop
important qui perturbe la lecture du bâtiment
existant.
> S’adosser directement à l’existant.
Wessel-Arenberg : les anciens carins conservés et restaurés
entre les pavillons de la cité
30 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la façade
R E S TA U R E R L A t o i tur E
GLOSSAIRE DE LA TOITURE
GLOSSAIRE DE LA TOITURE
CORNICHE
LUCARNE
TOITURE
Couronnement allongé, formé
de moulures en surplomb les unes
des autres, qui protège la façade.
La corniche est habituellement
horizontale.
Baie aménagée dans un toit
permettant d’éclairer ou d’accéder
au comble. Elle s’élève en général
à l’aplomb des murs gouttereaux
ou en retrait, sur le versant de toit.
Il existe une grande variété de
lucarnes : à fronton, à croupe, etc.
Ensemble des éléments qui
composent le couvrement et
la couverture d’un bâtiment,
comprenant à la fois les
matériaux de couverture
proprement dits (tuiles, zinc,
ardoises…) et leurs supports
(chevrons, lattes, liteaux,
panneaux de sous-toiture).
Par déformation, la notion de
toiture comprend parfois aussi
le volume des combles,
leur charpente, les lucarnes,
les verrières…
COUVERTURE
épi de faîtage
faîtage
rive
fer d’ancrage
rive
souche
joue
lucarne
corniche
Ensemble des ouvrages et matériaux
de revêtement qui assurent le couvert
d’un édifice.
COYAU
Pièce de bois rapportée sur la base
d’un chevron pour le prolonger et
adoucir la pente du versant.
CROUPE
ARÊTIER
CHARPENTE DE TOIT
CHEVRON
Dans une charpente, pièce oblique
qui constitue l’angle saillant d’un
toit. En couverture, l’arêtier désigne
l’élément qui couvre deux versants
de toit formant un angle saillant.
Ossature indéformable constituée
par un assemblage de pièces
de bois, portant les matériaux
de couverture. L’arêtier, l’arbalétrier,
les chevrons, l’entrait, la faîtière,
le poinçon, les pannes, les sablières…
font partie des éléments de la
charpente en bois.
Dans une charpente, pièce oblique
supportant la couverture par
l’intermédiaire de lattes ou de voliges.
BRISIS
Pan inférieur d’un toit mansardé,
caractérisé par une pente très forte.
COMBLE
Partie supérieure d’un bâtiment
comprise entre le dessus
du couvrement du dernier étage
et la charpente.
CHÉNEAU
CACHE-MOINEAUX
Pièce de calfeutrement en bois
ou en métal, disposée sous l’avancée
d’un toit afin d’obturer les vides
existants entre la sous-couverture
et le nu de la façade.
Petit canal, situé à la base
des combles, souvent en toit
à brisis, établi en général sur
la corniche. Habillé de planches
en bois moulurées et peintes
ou recouvertes de zinc.
32 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la toiture
COMBLE MANSARDÉ
Comble dont chaque versant est
formé de deux pans, le terrasson
et le brisis, dont les pentes
sont différentes, ce qui permet
d’aménager un étage supplémentaire
dans le volume du comble.
Pan de toiture rampant à l’extrémité
d’un comble. La croupe peut être
triangulaire ou trapézoïdale. Elle est
délimitée par deux arêtiers et l’égout.
ÉPI DE FAÎTAGE
Élément décoratif en zinc ou terre
cuite qui orne les extrémités du
faîtage d’un toit.
FAÎTAGE
Ligne de jonction supérieure de
deux pans de toiture, couverte
de tuiles faîtières ou de zinc. En
charpente, la panne faîtière relie les
angles supérieurs des fermes.
PANNE COURANTE
Située entre la panne sablière
et la panne faîtière, la panne courante
est une pièce de charpente posée
horizontalement sur les fermes.
Elle supporte les chevrons.
RIVE
TUILE
Extrémité latérale d’un pan de toiture,
recouvrant le rampant d’un pignon.
Matériau de couverture, fait
par moulage ou par pressage, et
traditionnellement manufacturé
en terre cuite. Il existe plusieurs
types de tuile (tuiles flamandes,
panne du nord…).
SOLIN
Bande de mortier exécutée
en pied de souche de cheminée,
assurant l’étanchéité de la
jonction avec le toit.
VERSANT
Pan incliné d’un toit.
SOUCHE
Ouvrage de maçonnerie émergeant
du toit, contenant un ou plusieurs
conduits de cheminée.
TABATIÈRE OU CHÂSSIS DE TOIT
Fenêtre pour toits en pente,
à cadre léger en tôle galvanisée
dont l’ouvrant est à projection.
JOUÉE
Face latérale d’une lucarne, enduite
ou revêtue d’un matériau de
couverture.
TERRASSON
Pan supérieur d’un toit mansardé,
caractérisé par une pente très faible.
restaurer la toiture CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
33
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
RÔLE DE LA TOITURE DANS LE PAYSAGE URBAIN
Les toitures rouges dominent le paysage du Nord-Pas-de-Calais
Dans les cités-jardins du XIXe siècle, le volume de la toiture
prend une place prédominante
Depuis le XVIIIe siècle, la tuile de terre cuite
(panne flamande, puis panne du nord) se
généralise sur le territoire régional et remplace
petit à petit le chaume qui couvrait jusqu’alors
la quasi-totalité du bâti ordinaire. Bénéficiant
au XIXe siècle d’une production de plus en plus
industrialisée et du transport par chemin de fer,
la tuile devient l’unique matériau de couverture
employé pour les cités industrielles et minières.
Ainsi, en deux siècles, le paysage bâti change
de couleur ; des tons beiges de la paille ou du
torchis, il passe aux dominantes ocre-rouge,
tonalités communes à la tuile et à la brique.
La toiture est un élément important dans la
composition d’une façade. Par sa forme, son
matériau et sa couleur, elle s’inscrit de manière
prédominante dans le paysage du Nord-Pas-deCalais. Son volume est parfois très varié, avec
des différences de gabarit ou de hauteur ; il est
parfois très répétitif et régulier, comme dans les
cités ouvrières.
COMPOSITION et formes DE LA TOITURE
La toiture la plus simple est constituée de deux
versants ; la rive suit l’inclinaison du pignon et
l’égout s’aligne sur la façade.
Avec la naissance du style pittoresque, à la fin
du XIXe siècle, apparaît une grande variété de
formes, de pentes et de détails au niveau de la
toiture (cache-moineaux, panne dépassante…).
Les débords de toiture sur le pourtour de la maison se généralisent. La volumétrie des toitures
augmente, on varie avec des croupes, des demicroupes et différents types de lucarnes.
Annexe de maison à un versant
Le comble est parfois mansardé, la toiture est alors
composée d’un terrasson et d’un brisis.
Les toitures-terrasses apparaissent au XXe siècle
sur des bâtiments annexes.
Maison de pêcheur avec un toit à deux versants
D’autres éléments importants des toitures
animent le paysage du bâti ordinaire : les lucarnes
et les souches de cheminée. Les lucarnes signalent
les combles habités. Plus ou moins ornées, elles
agrémentent considérablement les façades et
toitures.
Toitures rythmées par des pignons dépassants
Les souches de cheminée participent à la mémoire des lieux. Elles rappellent symboliquement
l’omniprésence du charbon, source de richesse de
toute la région.
De nouveaux équipements sont venus s’ajouter
depuis la fin du XXe siècle : fenêtres de toit, panneaux
solaires ou photovoltaïques, paraboles, des éléments
sans rapport avec l’architecture du bâti ordinaire, qui
peuvent la plupart du temps défigurer une toiture et
donc la construction dans son ensemble.
34 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la toiture
Toiture à deux pentes se croisant
Toiture à longs pans brisés, quartier de Sessevalle à Somain
Toits de formes variées avec de grandes lucarnes passantes,
cité du Soleil à Auxi-le-Château
Toiture à croupette et longs pans
restaurer la toiture CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
35
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
MATÉRIAUX DE COUVERTURE
La tuile flamande
Toitures couvertes de tuiles flamandes anciennes à double
courbure, en forme de S aplati, devenues rares
Tuiles flamandes, gravure extraite du cours de Blondel
D’origine flamande, cette tuile est très répandue
en Nord-Pas-de-Calais jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Elle est le fruit d’une combinaison entre la tuile
plate et la tuile romaine, en forme de S. On ajoute
au recouvrement horizontal, d’un rang sur l’autre,
un recouvrement latéral. Les tuiles sont alignées
et non croisées dans le sens de la pente. La tuile
flamande admet des pentes très variées, ce qui
permet de passer en douceur de la forte pente du
pan principal à la faible pente du coyau. Gauchère
ou droitière, elle est choisie en fonction du vent
dominant sur le versant à couvrir. La durée de vie
de cette couverture est d’un siècle, sous réserve
d’un entretien régulier. Sa forme irrégulière et
sa couleur rouge-orange donnent aux toits des
qualités architecturales indéniables. En faîtage, la
tuile à coup de pouce a progressivement disparu
au XIXe siècle, remplacée par la tuile demi-ronde,
posée à bain de mortier, avec crêtes et embarrures,
souvent surmontée d’un ou deux rangs de briques
surcuites, posées à plat, hourdis au mortier.
La panne du nord
Couverture en pannes du Nord, plus aplaties en bout
La panne du Nord, ou tuile picarde, est issue
d’une évolution de la tuile flamande. Le profil
en S, aplati en bout, est complété à la fin du XIXe
siècle par un emboîtement latéral et en tête. Elle
deviendra la panne la plus répandue en Nord-Pasde-Calais. Les pannes sont alignées dans le sens
de la pente ; elles étaient autrefois rejointoyées au
mortier, elles sont maintenant à emboîtementsou
posées à tenon. Une couverture en panne du
Nord régulièrement entretenue et vérifiée peut
durer une centaine d’années.
les cités ouvrières et minières construites entre
les deux guerres. Dans plusieurs cités ouvrières,
apparaît au XXe siècle la tuile à bourrelet. En faîtage,
on trouve des tuiles demi-rondes.
ÉLÉMENTS PARTICULIERS
Les lucarnes
Les ouvertures dans les toitures sont traditionnellement réalisées sous la forme de lucarnes, qui avaient pour fonction la ventilation
et l’éclairement des combles, parfois aménagés
en logement. Dans les maisons les plus modestes, à rez-de-chaussée et combles, la lucarne,
parfois pendante, est souvent l’unique élément
décoratif de façade. La structure est, selon les
cas, charpentée ou maçonnée. La lucarne maçonnée, dite lucarne-pignon, plus lourde, est en
général implantée au-dessus du mur gouttereau,
alors que la lucarne charpentée est implantée
indifféremment au droit du mur ou sur le versant de toiture, mais toujours axée sur la travée.
Avec l’apparition du style pittoresque au XIXe
siècle, la lucarne prend davantage d’importance
dans le décor de la façade. Elle varie en forme et
en volume. Les toitures des lucarnes sont le plus
fréquemment à deux versants – les lucarnes sont
alors dites en bâtière –, ou à trois versants – elles
sont alors dites à croupe ou demi-croupe. La couverture des lucarnes est souvent réalisée dans le
même matériau que celle du toit.
Lucarne à croupe, dite capucine
Lucarnes rampantes, souvent sur les très longs pans
Les lucarnes à fronton rythment les maisons en bande
Lucarnes à deux pans, dites jacobines, pendantes
Lucarne-pignon, souvent sur des toits brisés
La tuile mécanique
Tuiles à bourrelet, apparues au XXe siècle
Apparue à la fin du XIXe siècle, la tuile à
emboîtement, dite tuile mécanique, reprend la forme
de la panne du Nord ; la tuile dite monopole en est
l’exemple le plus connu. Elle fut très utilisée dans
36 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la toiture
restaurer la toiture CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
37
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
Les souches de cheminée
Les souches de cheminée marquent la limite
entre les maisons mitoyennes et rythment
avantageusement la monotonie des séries
de maisons ouvrières construites en bandes
continues. Elles sont un élément important
du décor de l’habitation et constituent un
témoin de la recherche de confort dans
l’habitation domestique.
La souche est la partie extérieure du conduit,
destinée à évacuer les gaz et fumées de la
cheminée vers l’extérieur. Elle est située dans
la plupart des cas près du faîtage, adossée ou
incluse au mur mitoyen ou au pignon.
Les souches sont généralement maçonnées
en brique appareillée, avec quelques rangs en
saillie pour éloigner les eaux de ruissellement.
Elles sont coiffées d’éléments en poterie
(mitrons ou tuiles demi-rondes) pour
améliorer le tirage et réduire les infiltrations
d’eau de pluie.
De moins en moins utilisées, les souches de
cheminées sont malheureusement souvent
mal entretenues, voire supprimées lors
d’une réhabilitation lourde ou d’une simple
réfection de toiture.
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
La rive
Avec les toitures débordantes, les demicroupes et les façades-pignons, l’extrémité
latérale du pan de toiture, la rive, devient un
élément décoratif. Les tuiles spécifiques, dites
tuiles de rive, situées au droit du faîtage, donnent
lieu à un décor particulier.
Le cache-moineaux ou débord de toiture Le cache-moineaux est l’ensemble de
lattes ou de lambris disposée sous la rive
de la couverture ou entre les chevrons
d’une avancée de toit. Ce dispositif en bois
peint sert à empêcher les oiseaux et les
rongeurs de s’introduire sous la couverture.
Malheureusement, le bois est ici trop souvent
remplacé par le PVC.
Les souches élancées rythment avantageusement la monotonie
des séries de maisons ouvrières
La souche de cheminée appareillée comme élément
de décor
Les girouettes et les épis font partie du décor de la toiture
Débord de toiture avec cache-moineaux et consoles
Éléments décoratifs typiques des constructions du XIXe siècle,
pannes du Nord vernissées et crête ornementée.
Exemple de tuiles de rive décorées et tuiles vernissées
La couverture de panne débordante,
la console et le corbeau
Support en bois peint, en général encastré
dans la maçonnerie, formant saillie sur le
parement pour porter la toiture dépassante ou
l’auvent.
L’épi de faîtage et faîtage (crête)
Les extrémités supérieures du poinçon ou
du faîtage sont parfois ornementées par des
sculptures en métal ou en céramique. On les
trouve sur des maisons de contremaître ou plus
rarement sur des pavillons de style pittoresque.
Ce sont les éléments les plus fragiles de la
toiture, tendant à disparaître et difficiles à
reconstituer.
épi de faîtage
rive
panne intermédiaire
solin
cache-moineaux
38 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la toiture
restaurer la toiture CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
39
DIAGNOSTIC DE LA TOITURE
L’entretien régulier de la toiture et de la charpente
est primordial pour protéger le bâtiment des
intempéries. En cas de désordres, il est vivement
conseillé de procéder à un état des lieux le plus
exhaustif possible de la couverture et de la
charpente. Dans tous les cas, l’entretien régulier
reste moins onéreux qu’une réfection intégrale
de la toiture.
PROBLÈMES D’ÉTANCHÉITÉ
La couverture doit garantir une étanchéité à l’eau
pour protéger la charpente et la maçonnerie. La
première manifestation de désordres affectant la
couverture est l’apparition d’infiltrations d’eau à
l’intérieur du bâtiment.
DIAGNOSTIC DE LA TOITURE
RECOUVREMENTS ET SALISSURES
LES Recouvrements biologiques
Les mousses et lichens recouvrant les couvertures en tuile retiennent l’eau qui peut progressivement imprégner la terre cuite et la fragiliser par
l’alternance gel/dégel. Ces recouvrements biologiques favorisent également le glissement des
tuiles. Comme sur les maçonneries, la pollution atmosphérique peut être la cause des traces noirâtres
sur les tuiles. Ce type de dégradation est d’abord un
problème esthétique.
LA Décoloration des tuiles en béton
Sous l’effet des rayonnements ultraviolets du
soleil, les tuiles en béton peuvent perdre leur
coloration superficielle sans que leurs qualités
intrinsèques ne soient altérées.
LES Tuiles cassées ou manquantes
Le vent ou le gel peuvent être à l’origine de
désordres mineurs, comme des tuiles cassées ou
déplacées, mais qui peuvent entraîner de graves
dommages, notamment le délitement progressif
des tuiles. Les infiltrations d’eau peuvent ensuite
provoquer le pourrissement des bois de charpente, donc des problèmes structurels.
MAUVAISES PRATIQUES
Les désordres d’une ancienne couverture
peuvent être simplement dus à l’usure
naturelle des ouvrages, mais dans le cas d’une
couverture de quelques dizaines d’années, ils
peuvent être causés par une mauvaise qualité
des matériaux de couverture utilisés ou par
une mise en œuvre non conforme aux règles
de l’art.
LES Défauts de conception, de mise en œuvre
Une pente trop faible de la toiture, inadaptée
au type de tuile ou au climat, peut entraîner des
stagnations d’eau et des infiltrations sous l’effet
du vent.
Les ouvrages de couverture à surveiller en priorité
sont les noues, les faîtages, les solins en pied de
mur, les jouées de lucarne…
D’une manière générale, il convient de
conserver le plus possible l’aspect extérieur
d’origine du bâti ; toute suppression d’un
élément d’origine doit donc être évitée. Ainsi,
supprimer une lucarne pour la remplacer par
une ou plusieurs fenêtres de toit ou supprimer
une souche de cheminée pour faire un pan
continu de toiture, c’est enlever au bâti
ordinaire ce qui fait sa valeur, c’est l’appauvrir
et le banaliser.
Toute modification de toiture doit être
pensée non seulement en fonction des
besoins réels des habitants, mais aussi en
fonction des caractéristiques du bâtiment,
de la composition d’origine des volumes,
des façades et des similitudes avec les
constructions voisines qui ont créé la valeur
du paysage urbain.
MAUVAISE INTÉGRATION DES PANNEAUX SOLAIRES
Pour aller plus loin et faire un diagnostic précis,
il faut souvent monter sur le toit. Il s’agit d’une
opération risquée, qui nécessite l’intervention
d’un professionnel.
Les panneaux solaires ou photovoltaïques
sont souvent mal implantés sur les toitures
anciennes posés sans aucun souci d’intégration
architecturale et souvent sans autorisation.
Leur teinte bleue est en fort contraste avec le
rouge des couvertures en tuile.
Cette cheminée mérite un rejointoiement pour garantir sa
stabilité et son étanchéité
Les panneaux solaires sont souvent mal intégrés sur la toiture
LES Défauts d’évacuation des eaux pluviales
L’accumulation de feuilles, salissures et
détritus sur les couvertures et dans les gouttières
risque d’empêcher l’écoulement normal de l’eau
et de provoquer des infiltrations. De même, les
plantes grimpantes sont extrêmement néfastes
aux toitures ; elles ne doivent en aucun cas se
développer sur les couvertures, car elles risquent
de soulever les tuiles et de favoriser les moindres
infiltrations d’eau de pluie ou de neige.
Couverture mal entretenue : glissement de tuiles, recouvrements
biologiques…
LES Descellements de solins, rives, faîtage
Ces ouvrages assurent l’étanchéité de la
couverture aux endroits où celle-ci est traversée par
un conduit de cheminée ou se raccorde à un mur.
Toute fissure visible doit être traitée rapidement.
Tuiles noircies par la pollution atmosphérique, couvertes
de lichens
40 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la toiture
restaurer la toiture CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
41
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
ENTRETENIR LA COUVERTURE
Une inspection annuelle de la couverture
est recommandée avant la période de gel.
Au cours de cette opération, le couvreur
remplace les tuiles endommagées, enlève la
mousse, nettoie la couverture, les chéneaux
et les gouttières. Par ailleurs, il est nécessaire
de tailler les plantes grimpantes afin qu’elles
n’atteignent pas le toit ou les gouttières. En cas
de chute de neige poudreuse, il faut inspecter
les combles et éventuellement enlever la neige
qui s’y serait infiltrée, avant qu’elle ne fonde.
Pour empêcher de petits animaux de pénétrer
dans les combles, des peignes reprenant
la forme des tuiles peuvent être placés par
un couvreur sous le premier rang de tuiles.
Ces accessoires empêchent le passage des
animaux mais n’entravent pas la ventilation.
Les mousses et lichens doivent être systématiquement éradiqués par un nettoyage,
voire par l’application d’un biocide si les
recouvrements biologiques réapparaissent
de façon récurrente.
LE Remaniement de couverture
Le remaniement de la couverture consiste
à garder les tuiles en bon état et à alterner
avec des tuiles neuves de mêmes dimensions
et de même tonalité lorsque c’est possible ;
il convient en outre de vérifier les points les
plus sensibles – noues, faîtages –, de refaire
les solins au mortier de chaux, de remplacer
systématiquement les éléments défectueux.
BONNES PRATIQUES
> Préserver et restaurer la couverture d’origine.
> Inspecter et entretenir régulièrement
la charpente et la couverture.
> Remplacer les tuiles cassées.
> Enlever la mousse sur la couverture.
L’ENTRETIEN Des souches de cheminée
Les désordres les plus fréquemment
rencontrés sur les souches sont des briques
cassées ou manquantes, des joints vidés, des
solins et des couronnements fracturés et des
mitrons manquants. Ces désordres peuvent
provoquer des infiltrations d’eau.
Même si la souche n’est plus utilisée, il
convient de la préserver et de la restaurer.
Si la conservation de la souche n’est
techniquement pas possible, une nouvelle
souche devrait être rétablie, de mêmes
dimensions et de même finition que
l’ancienne.
BONNES PRATIQUES
> Avant travaux, demander conseil
à un maçon spécialisé en restauration
de bâtiments anciens.
> Préserver et restaurer la souche de
cheminée, lui redonner son aspect d’origine.
> Utiliser les anciens conduits pour y intégrer
de nouveaux systèmes de chauffage ou de
ventilation, de façon à limiter
les modifications en toiture.
> Nettoyer régulièrement les gouttières
> Reconstruire à l’identique la souche
et descentes d’eau pluviales.
disparue.
> Empêcher l’intrusion des animaux (pigeons,
> Conserver les dispositifs d’origine
rongeurs, etc.) dans la charpente.
d’évacuation d’eau pluviale.
Rappel : pour toute intervention en toiture, déposer
Rappel : pour toute intervention en toiture, déposer
une demande d’autorisation préalable en mairie
une demande d’autorisation préalable en mairie
Contrairement à sa jumelle, la souche de droite est mal
entretenue : les joints sont vidés ou repris en ciment
À ÉVITER
À ÉVITER
> Changer l’intégralité de la couverture
L’épi de faîtage et la crête faîtière, encore visibles à gauche,
ont disparu lors de la réfection de la couverture à droite
avant d’avoir étudié la possibilité d’un simple
> Supprimer les souches.
remaniement.
> Enduire de ciment les souches en brique ou
> Remplacer une couverture en pannes
les revêtir d’ardoise, de zinc ou de tout autre
flamandes par des tuiles mécaniques.
matériau.
> Les tuiles en ciment.
42 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la toiture
Suppression des souches de cheminée lors de la réfection
de la couverture
> Gouttières et descentes en PVC blanc.
restaurer la toiture CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
43
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
RÉNOVER INTÉGRALEMENT LA TOITURE
LA Réfection complète de la toiture
Une réfection complète consiste à changer
toutes les tuiles et les accessoires de couverture.
Pour tout changement de matériau de couverture, il est recommandé de se rapprocher du
matériau d’origine : panne flamande, panne du
nord, tuile mécanique, ardoise ou zinc. De même
pour les dispositifs d’évacuation d’eau, chéneaux
ou gouttières pendantes. À cette occasion, il est
recommandé de vérifier l’état de la charpente. Il
faut normalement s’assurer que la structure peut
porter le poids des nouvelles tuiles et que cellesci sont adaptées à la pente du toit. Si on change
l’aspect de la toiture, une autorisation de la mairie est nécessaire. La réfection de la couverture
peut être l’occasion de renforcer sa résistance au
vent par la pose de crochets qui empêchent les
tuiles de se soulever. Le scellement de certaines
tuiles est également envisageable.
LA POSE DE pannes flamandes
On compte autour de 20 à 22 unités/m2, avec
des panneaux compris entre 24 et 26 cm. La
pose se fait sur des liteaux, dont l’espacement,
variable selon la longueur de la tuile, est de
l’ordre de 25 cm. La panne est munie en sousface d’un talon ou d’un ergot, qui s’accrochent
derrière le liteau. Le recouvrement est de 5 à
6 cm. Latéralement, les tuiles se superposent
sur environ 2 cm. Cette disposition était
anciennement complétée par un mortier
afin de garantir une bonne étanchéité. Une
telle couverture ne durait que si les joints
latéraux en mortier étaient en bon état. Elles
demandaient un entretien fréquent. Pour
les travaux d’entretien, il est recommandé
d’utiliser des tuiles de remploi. Pour des
couvertures neuves, il convient de choisir une
tuile de même aspect que l’ancienne, du type
panne flamande produite de façon industrielle
par des entreprises spécialisées.
Éclairer les combles
Plusieurs solutions sont envisageables
pour éclairer les combles : les tuiles de verre,
les châssis tabatières, les lucarnes, les fenêtres
de toit, les verrières.
LA Pose de panneS du nord
Le support peut être de la volige non jointive
ou des liteaux. Sur volige, la panne du nord est
clouée ; sur liteaux, elle est fixée par un ergot
derrière le liteau. Toujours alignée dans le
sens de la pente, la panne du nord admet des
pentes de l’ordre de 45 ° à 55 °. Leur largeur
leur permet un débord allant jusqu’à 10 cm.
L’égout déborde le nu du mur de 30 cm. Le
faîtage est en tuiles scellées.
LES LUCARNES
Les lucarnes s’inscrivent verticalement
dans le toit, dont elles modifient la forme,
entraînant des travaux de charpente et de
couverture.
Couverture neuve en tuiles flamandes
La sous-face de la couverture doit toujours rester
ventilée.
Les points singuliers de la toiture (faîtage,
noues, arêtiers, rives, pénétrations…) sont
traités par des éléments façonnés en zinc ou en
plomb, ou par des tuiles dont les formes sont
spécialement adaptées.
LES CHÂSSIS DE TOIT
Les fenêtres de toit, placées dans la pente du
toit, créent peu de surcharge pour la charpente
et procurent un éclairement maximum.
LES VERRIÈRES
Pose de l’écran de sous-toiture, après l’isolation des rampants
LA POSE D’un écran de sous-toiture
À l’occasion de la réfection de la couverture, il est recommandé de poser un écran de
sous-toiture qui empêche les infiltrations de
neige poudreuse et de poussière. Les écrans
souples microperforés assurent l’étanchéité
aux eaux d’infiltration et leur évacuation
vers la gouttière. Perméables à la vapeur
d’eau, ils permettent d’évacuer l’humidité
intérieure en empêchant l’eau de se condenser dans l’isolant.
La réalisation d’une verrière peut nécessiter
de modifier la charpente. La création de ces
types d’ouvertures nécessite de faire appel à
un architecte afin d’étudier et de réaliser ce
type de projet.
LES BONNES PRATIQUES
> Préserver et restaurer les dispositifs
d’origine.
Le volume de cette surélévation est disproportionné
> Des lucarnes neuves, de dimensions
modestes par rapport aux fenêtres, axées sur
Maison de maraîcher avec de très longs pans
celles-ci.
L’ISOLATION DES COMBLES
Les plus importantes déperditions de
chaleur se font par la toiture. Il est donc utile
d’envisager l’isolation des combles pour
améliorer le confort de la maison.
44 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la toiture
> Des fenêtres de toit verticales, de petites
dimensions, en nombre restreint, non
saillantes par rapport à la couverture, axées
sur les fenêtres de façade.
Rappel : pour toute intervention en toiture, déposer
une demande d’autorisation préalable en mairie
La lucarne d’origine a été remplacée par une lucarne plus
large que haute. La cohérence de l’ensemble est rompue
restaurer la toiture CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
45
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
intégrer les panneaux solaires
Les panneaux solaires et les panneaux photovoltaïques utilisent dans les deux cas l’énergie
solaire. S’agissant d’abord d’une production
de l’électricité et non pas d’une amélioration
thermique, l’installation des panneaux photovoltaïques n’est pas recommandée sur des
bâtiments anciens.
l’AUTORISATION ADMINISTRATIVE
Dans le cadre des autorisations administratives préalables, ce sont souvent les
contraintes d’implantation qui engendrent
un avis défavorable des services instructeurs des permis de construire ou de déclarations préalables (mairie, architecte de
Bâtiments de France...).
BONNES PRATIQUES
> Implanter les capteurs de préférence sur
une toiture secondaire (annexe, garage, etc.),
ou invisible depuis le domaine public.
> Encastrer les panneaux dans la couverture.
les panneaux solaires thermiques
Ces panneaux convertissent l’énergie
solaire en chaleur grâce à un système de tubes
contenant un liquide caloporteur (transportant
l’énergie). Ce liquide est chauffé par les rayons
du soleil et passe ensuite dans un échangeur
de chaleur afin de chauffer un ballon d’eau en
guise de stockage.
l’intégration architecturale des panneaux
Les panneaux solaires thermiques peuvent
s’intégrer dans la toiture d’une maison
ancienne, sous réserve d’en étudier finement
l’impact architectural. Il convient de ne pas
affecter les couvertures anciennes, la toiture
étant considérée comme la cinquième façade,
c’est-à-dire une partie intégrante de l’ensemble
architectural.
Il sera souvent nécessaire de concéder
une perte de rendement pour parvenir
à une meilleure intégration. Il est donc
indispensable de consulter les services
instructeurs avant toute demande de
subvention.
> Regrouper les panneaux.
> Aligner le champ de capteurs avec
les ouvertures existant en façade.
Panneaux encastrés sur l’annexe
Ce sont les propriétaires de maisons
individuelles qui sont donc le plus souvent
amenés à s’interroger sur l’opportunité
de recourir à un système d’énergie solaire
d’appoint. Deux alternatives se présentent :
une implantation sur le bâtiment ou une
implantation sur le terrain.
À ÉVITER
> L’implantation sans respect de l’orientation
La pose sur les lucarnes ou les croupes est à éviter
> La dispersion des capteurs sur la toiture.
Ainsi est-il préférable d’installer ces panneaux
sur les éléments annexes et/ou rapportés :
cuisine, entrée, garage, etc., de préférence non
visibles de la voie publique.
Plusieurs types d’implantation sont
possibles pour les capteurs, mais ceux-ci
doivent être exposés plein sud et suivre une
inclinaison préférentielle.
et de la pente de la toiture.
> L’installation des capteurs en surépaisseur
sur la toiture.
> L’implantation près du faîtage et une pose
amplifiant l’effet de surépaisseur.
> L’implantation sur les toitures principales,
les lucarnes et les toitures à quatre pans.
L’implantation des panneaux sur le terrain est parfois
préférable
46 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaurer la toiture
Les panneaux sont posés en surépaisseur et couvrent la
quasi-totalité du versant
restaurer la toiture CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
47
RECOMMANDATIONS
R E S TA U R E R u n e m e n u i ser i e
GLOSSAIRE DES MENUISERIES
GLOSSAIRE DES MENUISERIES
ALLÈGE
IMPOSTE
OUVRANT (OU VANTAIL)
Mur d’appui ou soubassement d’une
fenêtre.
Partie supérieure fixe d’une porte
ou d’une fenêtre, indépendante
des parties mobiles.
Partie mobile du châssis de la fenêtre
qui porte le verre.
APPUI DE FENÊTRE
lucarne
fenêtre sur pignon
linteau
imposte
menuiserie
porte d’entrée
baie
volet (battant)
JET D’EAU
BAIE
LAMBREQUIN
Ouverture aménagée dans un mur
ou une charpente pour y placer une
porte, une fenêtre ou une lucarne.
CARREAU DE FENÊTRE
Plaque en bois ou en métal, souvent
ajourée, placée soit dans l’embrasure
d’une ouverture pour masquer
le rouleau d’un store, soit au bord
d’un toit, sous l’égout.
Nom courant donné aux vitres
de petites dimensions.
LARMIER
DORMANT
Châssis fixe scellé ou cloué auquel
sont attachés les ouvrants.
clef de voûte
tableau
Partie saillante transversale basse d’un
appui de fenêtre qui a pour fonction
d’éviter l’infiltration des eaux de pluie.
imposte
Élargissement de la maçonnerie
à l’intérieur autour de la fenêtre.
Pâte composée d’huile de lin malaxée
et de craie, servant à fixer les carreaux
ou boucher les petits défauts du bois.
traverse d’imposte
ouvrant
dormant
montant
FENÊTRE
MENUISERIE
Ouverture ou baie aménagée dans
un mur pour l’aération et l’éclairage
des locaux.
Art du travail du bois et de l’assemblage.
La menuiserie qui ferme la baie est la
membrane entre l’intérieur et l’extérieur
d’un bâtiment. Partie intégrante de la
composition et de l’ordonnance de la
façade, la menuiserie remplit à la fois
les fonctions d’éclairement, d’aération
et de protection.
ÉBRASEMENT OU EMBRASURE
petit bois
carreau
volet (battant)
GARDE-CORPS
appui de fenêtre
Petite pièce en bois à feuillure,
divisant l’ouvrant d’une baie,
traversant la vitre.
Bord relevé à l’arrière de l’appui
d’une baie, sur lequel repose la pièce
d’appui.
TABATIÈRE OU CHÂSSIS DE TOIT
Fenêtre pour toit en pente, à cadre
léger en tôle galvanisée dont l’ouvrant
est à projection.
TRAVÉE
Disposition d’ouvertures en élévation
suivant un même axe vertical.
MASTIC
linteau
encadrement
Traverse inférieure de l’ouvrant
destinée à rejeter les eaux de pluie
vers l’extérieur.
REJINGOT
appui de fenêtre
garde-corps
PETIT-BOIS
Surface horizontale inférieure à une
baie ne descendant pas jusqu’au sol.
Élément, assise ou tablette limitant
cette baie.
rejet d’eau
Ouvrage de protection à hauteur
d’appui, souvent sous forme d’une
barre horizontale scellée dans
la maçonnerie.
TRAVERSE D’IMPOSTE
Partie horizontale d’une menuiserie
assemblée entre des montants,
séparant la partie ouvrante
de l’imposte.
VOLET
Panneau mobile d’une fermeture
extérieure de baie. On distingue
les volets battants à panneaux
pleins ou à persiennes et les volets
brisés, composés de plusieurs
battants verticaux qui se replient
contre le tableau des baies.
MONTANT
Élément vertical d’une fenêtre ou
d’une porte assemblée.
50 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaureR une menuiserie
restaurer une menuiserie CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
51
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
rôle des menuiseries dans lA FAçADE
ordonnancement et dimensions des baies
Les menuiseries contribuent fortement à
l’expression architecturale d’un bâtiment, au
même titre que les autres éléments de décor. Les
portes, fenêtres, volets et garde-corps participent
à l’harmonie de l’ensemble de la façade. La
richesse et la qualité architecturales du bâti
ordinaire de l’époque industrielle tiennent en
grande partie au soin apporté aux menuiseries
qui animent les façades, et qui offrent un paysage
urbain d’une grande diversité.
L’appauvrissement des façades, que l’on
constate aujourd’hui, est fortement lié à la
disparition des menuiseries anciennes, qui
sont parmi les éléments les plus fragiles.
Pour des raisons d’entretien et de confort
thermique, elles sont systématiquement
remplacées par des menuiseries en PVC
(polychlorure de vinyle) ou aluminium, peu
coûteuses, mais de matériaux, de dimensions
et de couleurs inadaptés. Pour ne pas ruiner
l’harmonie d’un ensemble architectural, il
est important de préserver la cohérence – en
termes de dessin, de matériaux et de moulures
– entre les différentes menuiseries d’une
façade. Une porte ou fenêtre remplacée est
une perte souvent irrémédiable, car coûteuse
à restituer en l’état d’origine.
Une bonne connaissance des menuiseries
anciennes permet de mieux comprendre
l’importance du maintien en place de celles
qui peuvent encore être entretenues et
restaurées. Leur état le permet, la conservation
des menuiseries anciennes est à privilégier.
En revanche, lorsque cela n’est plus possible,
il convient de choisir des modèles adaptés à
l’architecture du bâtiment.
La dimension et le nombre des ouvertures
d’une habitation liée à l’industrie rurale
(maison de pêcheur, maraîcher, tisserand,
etc.) dépendent toujours de l’orientation des
façades. Les élévations exposées au nordouest sont dépourvues, ou comptent très peu,
d’ouvertures. Sur les toitures des combles
non aménagés, on ne trouve pas encore de
lucarnes. Les ouvertures en pignon sont rares,
sauf pour les maisons de tisserands ayant
pignon sur rue.
Les petites fenêtres carrées des combles en surcroît sont
axées sur les ouvertures du rez-de-chaussée. Cité Huret
à Saint-Étienne-au-Mont, construite en 1865
Les lucarnes sont axées sur les fenêtres du rez-de-chaussée.
Cité à Saint-Étienne-au-Mont, construite en 1877
Les constructeurs des cités ouvrières ne
prennent pas en compte l’exposition des
maisons. Les ouvertures dépendent plutôt de
l’organisation intérieure du logis : entrée et
salon sur rue, cuisine et salle d’eau sur jardin.
La façade principale comporte de grandes
fenêtres sur rue et la façade arrière n’est percée
que de quelques ouvertures de petite taille.
La division entre les vantaux est axée sur les
travées. Les traverses d’impostes s’alignent
souvent sur les frises décoratives de la
maçonnerie.
La dimension des baies donne des indications
sur l’organisation du logement : les plus larges
se trouvent en général au rez-de-chaussée et
éclairent le salon, celles des chambres à l’étage
sont plus étroites.
Les combles sont parfois aérés et éclairés
par des châssis de toit, ou par des lucarnes
lorsqu’ils sont aménagés.
Les ouvertures sont souvent plus hautes que
larges, avec un linteau légèrement cintré (arc
surbaissé). Les surfaces pleines dominent sur
les surfaces vitrées, une résultante de la logique
constructive de la brique.
À partir du début du XXe siècle, on construit
des linteaux en béton armé, ce qui permet
d’élargir les baies. Les ouvertures en pignon
apparaissent avec les cités pavillonnaires, à la
fin du XIXe siècle.
Les linteaux en ciment permettent une augmentation de la
surface vitrée. Cité du Tilleul à Maubeuge, construite en 1927
52 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaureR une menuiserie
Les élévations du bâti ordinaire sont composées d’une manière simple et régulière, rythmées par les travées verticales. Les lignes de
composition de façade sont reprises et soulignées par les divisions de la menuiserie.
Cette belle façade a conserver ses menuiseries d’origine.
L’imposte épouse parfaitement la forme du linteau courbé
restaurer une menuiserie CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
53
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
CONTEXTE et CARACTÉRISTIQUES
éléments de menuiserie
Les fenêtres
Les fenêtres sont traditionnellement en bois
peint, rarement verni. Elles sont pour la plupart
posées en tableau dans une feuillure. Lorsqu’il
y a deux vantaux, l’ouvrant est en général divisé
en grands carreaux par un ou deux petits bois
horizontaux, souvent surmontés d’une imposte
vitrée fixe. La traverse d’imposte, souvent
moulurée, est alignée avec celle de la porte.
L’ensemble de la menuiserie épouse la forme de
la baie, notamment la courbure du linteau, en arc
segmentaire. Les profils sont minces, excédant
rarement 7 cm pour les dormants et ouvrants
et 2 à 4 cm pour les petits bois, généralement
droits, non curvilignes. Les petites ouvertures,
rondes ou octogonales, que l’on trouve parfois
en combles sont dessinées avec soin et pourvues
de petits bois. Avec l’apparition des linteaux en
béton à la fin du XIXe siècle et l’élargissement
des dimensions des baies, les fenêtres sont
souvent divisées en trois parties verticales.
Les volets extérieurs
Les volets extérieurs font partie de l’ensemble
de la fenêtre. Ils sont pour la plupart en bois peints,
à traverses, sans écharpe. Faits « sur mesure », ils
reprennent parfaitement les proportions de la
baie, de la forme du linteau, courbé ou droit.
Les garde-corps
Rares sont les garde-corps dans les maisons
de l’époque industrielle. Pour des questions de
sécurité liées à la faible hauteur des allèges, on
ajoute, généralement à l’étage, une simple lisse
en bois ou métal. Parfois, on trouve des éléments
de décor en ciment mouluré.
Les portes
Les portes d’entrée sont la plupart du temps
en bois massif peint, rarement vernis. Elles sont
constituées d’un ouvrant plein – panneaux et
cadres assemblés – et d’une imposte vitrée qui
éclaire le couloir. En milieu rural ou dans les
premiers corons, comme par exemple à la cité
des Électriciens, on trouve encore des portes
fermières à deux battants superposés.
L’ouvrant à panneau plein
Menuiseries à petits carreaux
Fenêtre à deux vantaux et imposte vitrée
L’imposte épouse la courbure du linteau
Les divisions d’imposte reprennent
les divisions d’ouvrants
Porte fermière à deux battants superposés
Volets battants avec des jours en partie
haute
Les volets reprennent les proportions
de la baie
Fenêtre à trois vantaux et volets
pliants en bois
Les dimensions des portes varient usuellement
entre 70 et 100 cm en largeur et entre 180 et
230 cm en hauteur. Les linteaux et les traverses
d’imposte des portes et fenêtres sont alignés.
Parfois, les portes sont décorées en fer forgé ou
en fonte moulée, dont les rinceaux ou feuillages
témoignent du style à la mode à l’époque de la
construction.
Sur des baies larges avec un linteau en béton
et sur les maisons de l’époque de la Reconstruction, nous trouvons parfois des persiennes
métalliques peintes. Repliables de part et d’autre
le long des encadrements, elles sont mieux insérées que les caissons de volets roulants.
54 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaureR une menuiserie
restaurer une menuiserie CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
55
DIAGNOSTIC DES MENUISERIES
DIAGNOSTIC
Avant tous travaux, il convient de bien examiner l’état des menuiseries et des dispositifs
de fermeture. Souvent, un changement des
seules pièces dégradées est moins onéreux et
tout aussi efficace qu’un remplacement complet des menuiseries. Il convient dans tous les
cas de nettoyer et d’entretenir régulièrement
l’ensemble des menuiseries.
altération du bois
Le bois est un excellent isolant qui, bien entretenu, est d’une grande résistance. Il est sujet aux
agressions climatiques et biologiques, à l’usure
consécutive à une utilisation répétée et à des
déformations dues à des contraintes mécaniques.
Dans de bonnes conditions, il garde ses propriétés pendant plusieurs siècles, comme en témoignent de nombreuses charpentes et menuiseries de bâtiments anciens. L’état de conservation
du bois dépend de son espèce, de son exposition
aux intempéries et de son entretien régulier. Parmi
les espèces les plus durables, on trouve le mélèze,
le chêne, le châtaignier, etc. Les bois utilisés aujourd’hui sont en général traités, pour les protéger
contre les intempéries.
Pièce de bois altérée à changer
DIAGNOSTIC DES MENUISERIES
Désordres causés par l’humidité
La pourriture fibreuse ou molle est une
altération mécanique causée par des
champignons lignivores qui dégradent la
cellulose présente dans le bois. L’attaque d’une
menuiserie par les champignons se caractérise
par une perte de masse. Ils ne peuvent se
développer dans le bois que si la menuiserie
contient plus de 20 % d’humidité. Un bois sec
n’est jamais attaqué par les champignons.
Les éléments les plus souvent soumis à des
dégradations sont ceux exposés à l’eau de
pluie au niveau du jet d’eau ou de la traverse
basse des portes ou fenêtres. Ils sont faciles à
démonter, et il suffit souvent de changer les
pièces abîmées avant que l’eau ne pénètre à
l’intérieur.
Les fenêtres anciennes qui possèdent encore
un simple vitrage constituent souvent la
surface intérieure la plus froide de la pièce.
Dans les périodes hivernales, l’eau de
condensation peut apparaître sur le vitrage
et couler sur le mastic et les parcloses. La
dégradation, puis la disparition des mastics
entraînent des infiltrations d’eau et des
entrées d’air à l’intérieur des locaux.
Pièce de bois contaminée par les champignons
56 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaureR une menuiserie
MENUISERIES INADAPTÉES
défaut d’entretien
La plupart des désordres sont causés par
un défaut d’entretien, provoqué par la
disparition progressive de la peinture qui
protège normalement les menuiseries. Une
peinture écaillée sur les menuiseries est
aussi un désordre esthétique qui donne un
mauvais aspect à l’ensemble de la maison.
Repeindre ses fenêtres est un geste simple et
peu coûteux.
Problèmes d’étanchéité à l’air
Un défaut d’équerrage, des gonds mal
entretenus ou des crémones usées peuvent
à long terme déformer l’ensemble d’une
menuiserie en bois. Une fenêtre qui ne ferme
plus correctement et des joints ouverts entre
le bâti dormant et l’ouvrant provoquent
inévitablement des entrées d’air. Celles-ci
participent à la ventilation naturelle d’une
pièce, mais peuvent aussi créer des courants
d’air et diminuer le confort thermique et
acoustique à l’intérieur du logement. La
déperdition thermique d’un bâtiment par les
menuiseries représente 10 à 15 %.
Écaillage, puis disparition progressive de la peinture
sur les menuiseries
Malheureusement, de toutes les interventions
sur la maison, les travaux de menuiseries
sont souvent les moins soignés, en raison
de l’utilisation de produits standardisés en
PVC, aux dimensions inadaptées, aux profils
trop épais. C’est un matériau qui ne convient
particulièrement pas à la restauration du bâti
ancien. Il ne permet pas de reproduire les profils
d’origine. De plus, il est non recyclable et non
réparable.
Sa fabrication produit de nombreux déchets et
sa combustion – notamment en cas d’incendie –
dégage des vapeurs très toxiques. Le plus souvent
de couleur blanche, le PVC s’accommode mal
des couleurs traditionnelles et de la peinture, et,
contrairement à sa réputation, il demande un
nettoyage régulier.
Seules les menuiseries en bois permettent
d’obtenir des formes, des sections, des profils
de moulures et de jets d’eau tels qu’on en
trouve sur les menuiseries anciennes. De plus,
les menuiseries en bois offrent la possibilité de
nombreuses couleurs, contrairement au PVC
(blanc ou gris clair).
Menuiserie en PVC altérée, non réparable
restaurer une menuiserie CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
57
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
Entretenir et réparer la fenêtre
Le dessin d’une menuiserie est un élément
essentiel de la composition architecturale
d’une façade.
L’entretien régulier des menuiseries assure
leur mise en valeur et évite le coût, toujours
important, de leur remplacement.
La restauration des menuiseries anciennes
permet de conserver à l’identique l’aspect de
la façade extérieure, mais aussi de promouvoir
le savoir-faire des entreprises qualifiées.
Des opérations simples à réaliser soi-même,
comme la reprise du mastic ou de la peinture,
sont généralement peu coûteuses. Elles permettent de maintenir la conservation et la longévité
des menuiseries anciennes en bois :
LE NETTOYAGE DES ÉCOULEMENTS
Le nettoyage régulier des écoulements facilite une
meilleure évacuation des eaux de condensation
ou d’infiltration entre ouvrant et dormant.
LA LUBRIFICATION DES PIÈCES MÉTALLIQUES
La lubrification des pièces métalliques mobiles,
telles que la crémone, la serrure, les fiches
ou les paumelles, évite leur oxydation et, par
conséquent, la déformation de la fenêtre.
LA REPRISE DU MASTIC
Pour garantir une bonne étanchéité à l’air et
à l’eau des fenêtres, il convient de reprendre le
mastic lorsqu’il est fissuré ou lacunaire.
LE REMPLACEMENT DES ÉLÉMENTS DÉGRADÉS
La préparation : poncer et nettoyer avant l’application
de la peinture
Remplacement des éléments trop dégradés, souvent en
partie basse
Il peut arriver que les éléments en partie basse –
le jet d’eau, la traverse basse – se dégradent plus
vite que le reste à cause des rejaillissements d’eau
sur l’appui de la baie. Mieux vaut de faire appel à
des menuisiers qualifiés pour la fabrication et la
pose des bois moulurés.
Le renouvellement de la peinture
> Nettoyer régulièrement les parties soumises
à l’écoulement : rainures, jets d’eau, etc.
> Lubrifier les pièces métalliques : crémone,
serrure, fiches…
> Reprendre le mastic fissuré ou manquant.
> Ajuster les fermetures, rétablir le jeu des
ouvrants.
> Remplacer les parties trop dégradées.
> Renouveler la peinture en cas d’altération.
> Utiliser une peinture à base d’huile végétale.
Rappel : pour toute intervention en façade, déposer
une demande d’autorisation préalable en mairie
LE REnouvelleMENT DE LA PEINTURE
Lorsqu’on constate un début de dégradation
des peintures, il convient de les reprendre ; une
intervention précoce évite souvent une mise
à nu complète du support, un ponçage et une
nouvelle peinture.
Le renouvellement du mastic garantit l’étanchéité
BONNES PRATIQUES
Il est important que la menuiserie ne soit
pas couverte d’une peinture étanche, la
glycérophtalique, par exemple. Il existe un
large choix de peintures naturelles, à base
d’huile végétale, qui n’empêcheront pas le
bois de respirer.
À ÉVITER
> Le remplacement systématique de toutes les
fenêtres.
> Les interventions dans l’urgence.
> L’utilisation de peintures étanches,
glycérophtaliques.
58 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaureR une menuiserie
restaurer une menuiserie CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
59
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
le remplacement par un double vitrage
Améliorer l’étanchéité et l’isolation
Plutôt que de les remplacer complètement, il
existe différents moyens d’améliorer l’étanchéité
des fenêtres existantes.
le calfeutrement et la pose de joints
Pour lutter contre les déperditions thermique
et acoustique, on peut installer des joints
d’étanchéité autocollants, très faciles à poser, sur
le dormant ou l’ouvrant de la menuiserie.
Différentes solutions pour améliorer les performances
thermiques de la fenêtre
L’opération consiste à insérer un vitrage
plus performant, par exemple un double
vitrage mince, dans les feuillures existantes.
Cela permet d’améliorer les performances
thermique et acoustique, sans réduire la surface
éclairante. Cette solution peut apporter un
surpoids de plus de 30 %, ainsi convient-il de
vérifier la structure des menuiseries existantes
avant d’effectuer les travaux.
existantes.
> Renforcer la structure de l’ouvrant
si nécessaire.
> Veiller à ce que le dormant soit solide et
> Préférer un simple vitrage performant de
faible épaisseur.
> Faire appel à des menuisiers compétents,
la double fenêtre à l’intérieur
Des gestes simples pour améliorer l’étanchéité à l’air :
installation de joints d’étanchéité en périphérie de l’ouvrant,
et entre l’ouvrant et le dormant
Pour lutter contre les infiltrations entre le vitrage et
le bois, on peut effectuer la réfection des mastics –
en utilisant un mastic performant – et approfondir
les feuillures pour recevoir un vitrage plus épais.
le survitrage
Il s’agit de poser une vitre rapportée sur la
fenêtre existante à l’aide de profils spécifiques en
bois ou en métal. Cette solution est peu onéreuse
et réversible. Elle permet la conservation des
vitrages d’origine et augmente considérablement
les performances thermiques et acoustiques.
> Examiner précisément l’état des fenêtres
bien scellé.
Les performances thermiques des vitrages isolants ont beaucoup évolué. Il existe aujourd’hui
un large choix de simples ou doubles vitrages performants, avec de faibles épaisseurs.
Pour lutter contre les infiltrations entre le dormant
et la maçonnerie, il faut déposer la menuiserie et
réaliser un joint synthétique entre la maçonnerie
et le bois.
Pour lutter contre les infiltrations entre le
dormant et l’ouvrant, dues à l’absence de rigole
dans la pièce d’appui, on peut réaliser une rainure
dans l’ouvrant, qui reçoit alors un joint souple, ou
tracer une rigole dans la feuillure du jet d’eau : on
parle d’évacuation par trou de buée.
BONNES PRATIQUES
Cette solution consiste à installer un deuxième
châssis de fenêtre dans l’épaisseur du mur de
façade, tout en conservant la fenêtre ancienne. La
lame d’air entre deux fenêtres est prise en compte
dans le calcul de la performance thermique (la
résistance de la lame d’air est proportionnelle à
son épaisseur). On atteint une bonne valeur U de
2,3 W/m2.K (valeur max RT élément par élément
= 2,6 W/m2.K). En revanche, cette solution a
pour effet de reporter le point de rosée de la
paroi extérieure de la fenêtre vers l’intérieur. Une
isolation de l’ébrasement et du linteau est alors
recommandée.
qui agissent dans les règles de l’art.
À ÉVITER
> Poser un nouveau dormant sur un dormant
existant, type « rénovation ».
> Poser une double fenêtre par l’extérieur.
Survitrage fixe
Pour éviter un affaissement de la structure,
il convient dans certains cas de procéder au
renforcement des fenêtres. Il faut également
penser à les calfeutrer avec des joints pour
améliorer l’étanchéité à l’air.
Survitrage à double battant
60 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaureR une menuiserie
Double fenêtre posée à l’intérieur
Utilisation d’un simple vitrage performant
restaurer une menuiserie CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
61
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
Remplacer une menuiserie
Il existe de moins en moins d’artisans locaux
qui ont gardé un véritable savoir-faire en
matière de restauration des menuiseries.
Le remplacement des fenêtres est souvent
la première proposition faite par les
entreprises, mettant en avant les arguments
d’économie et de meilleure étanchéité. Mais
le remplacement des fenêtres anciennes
doit être seulement envisagé lorsque les
menuiseries sont trop dégradées et ne
présentent plus les qualités requises au
maintien des fenêtres, ou quand la pose de
double-fenêtre n’est pas envisageable.
BONNES PRATIQUES
> Préférer une menuiserie neuve en bois de
provenance européenne.
> Faire appel à des menuisiers compétents,
qui agissent dans les règles de l’art.
> Reprendre le même dessin que celui
d’origine, notamment en ce qui concerne
la répartition des petits bois.
> Utiliser les mêmes sections de bois.
Fenêtre et volets neufs en bois
> Poser la menuiserie en feuillure, en retrait du nu
le remplacement d’une fenêtre à l’identique
extérieur de la façade, de 15 à 18 cm environ.
La solution la plus fréquente est le
remplacement par des fenêtres neuves en
PVC, posées « en rénovation », c’est-à-dire
sans déposer le dormant, ce qui a pour effet
de diminuer considérablement la surface
d’éclairement. On constate le changement
de proportions des baies pour s’adapter
aux menuiseries de dimensions standard,
notamment lorsque les impostes sont cintrées.
Autant que possible, il convient de reproduire
les menuiseries traditionnelles : même matériau,
mêmes profils, mêmes sections des bois, même
répartition des petits bois, avec jet d’eau et
pièces d’appui en quart-de-rond. Si l’épaisseur
du verre (double ou triple vitrage) ne permet pas
les petits bois traversants, préférer les petits-bois
collés avec intercalaires.
À gauche : la suppression des petits bois modifie
considérablement le dessin d’origine de la façade
Rappel : pour tout remplacement de fenêtres,
déposer une demande d’autorisation préalable
en mairie
La fenêtre d’origine remplacée par une menuiserie standard :
profils en PVC trop épais, perte des moulurations, traverse
d’imposte plus basse…
À défaut des barres d’appui, le propriétaire de cette maison
a inversé les impostes vitrées au premier étage
À ÉVITER
> Le remplacement par des menuiseries en PVC.
> Le remplacement de type « rénovation » sur
l’ancien cadre.
> La suppression du dessin d’origine (imposte,
Il faut également respecter la forme et les
dimensions de la baie destinée à recevoir la
nouvelle menuiserie (linteau courbé, etc.).
petits bois, etc.).
> L’utilisation de faux petits bois entre deux vitres.
À droite : éviter les menuiseries en PVC avec des petits
bois collés à l’intérieur
62 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaureR une menuiserie
> La pose des fenêtres au nu extérieur de la façade.
À éviter : les modifications différentes sur des maisons
jumelées
restaurer une menuiserie CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
63
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
le remplacement d’une porte
Pour des raisons de sécurité et d’étanchéité, la plupart des portes anciennes ont
disparu et ont été remplacées par des portes
standardisées qui s’intègrent souvent difficilement. Pour conserver l’intérêt architectural
d’une façade, il est important de préserver la
cohérence d’ensemble des menuiseries, l’harmonie entre matériaux, formes et couleurs.
Substituer une porte neuve standardisée aux
portes anciennes traditionnelles entraîne la
banalisation de la façade, et ne contribue pas
à la mise en valeur de la maison.
À gauche, la porte d’origine en bois peint ; à droite, une porte neuve standard, différente de forme, matériau et couleur
Les anciennes portes d’entrée, à panneaux
et imposte vitrée, sont souvent en bon état,
à l’exception de la plinthe en partie basse. Il
est souvent plus simple et moins onéreux de
restaurer les anciennes portes en bois plein.
Il est possible d’améliorer leur étanchéité à
l’air en installant des joints entre l’ouvrant et
le dormant, et des profilés brosses au bas de
la porte.
Dans le cas de l’installation d’une nouvelle
porte sur une façade existante, celle-ci
doit être de préférence en bois peint et
son modèle doit être choisi en accord avec
les portes et menuiseries existantes. La
simplicité du dessin est toujours préférable
à une surcharge de décors. Il convient par
exemple d’éviter les impostes en demi-lunes,
les heurtoirs dorés, les panneaux moulurés
appliqués en console, etc.
BONNES PRATIQUES
> Dans la mesure du possible, conserver
et restaurer les portes anciennes.
> En cas de remplacement, choisir des portes
en bois peint.
> S’inspirer des portes d’origine, préférer
un dessin simple.
> Harmoniser la teinte des portes avec celle
des fenêtres et des volets.
Rappel : pour toute intervention en façade, déposer
une demande d’autorisation préalable en mairie
À ÉVITER
> Le remplacement par des portes
standardisées en PVC.
> Le remplacement par des portes de style
historicisant.
> La surcharge de décors.
> Les petits bois collés.
Porte vitrée, début XIXe siècle
Porte d’entrée, début
XXe siècle
Portes contemporaines en bois, avec impostes vitrées
64 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaureR une menuiserie
restaurer une menuiserie CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
65
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
Occulter la baie
Il convient de prendre en compte le dessin de la baie et de l’imposte et de masquer le caisson du volet roulant par un lambrequin
en bois découpé
On constate trop souvent le remplacement
systématique des volets existants par des volets
roulants en PVC, et cela sans que l’autorisation
en soit demandée. Les volets anciens en
bon état doivent être conservés et restaurés,
ils appartiennent à l’ensemble de la fenêtre.
Les volets roulants ne sont pas adaptés aux
constructions anciennes. Par leur couleur et leur
matérialité, comme par la dimension des caissons,
ils s’intègrent difficilement dans la façade, surtout
lorsque les linteaux sont courbés.
Si la restauration des volets existants n’est pas
possible, il convient de poser des volets en bois
identiques à ceux d’origine. Les nouveaux volets
en bois peint peuvent être pleins et à barres sans
écharpes, ou pleins percés de jours en partie
haute, parfois avec des persiennes. Le dessin de la
baie et de l’imposte doit être pris en compte.
BONNES PRATIQUES
> Conserver et remettre en état les volets anciens
en bois ou métalliques.
> Poser des volets en bois ou des rideaux
occultant à l’intérieur.
> Poser les volets roulants seulement sur une
façade arrière.
> Dissimuler le caisson de volets roulants par
un lambrequin traditionnel.
> Choisir la couleur en harmonie avec l’existant
et avec le voisinage.
Rappel : pour toute mise en place de volet en façade,
déposer une demande d’autorisation préalable en mairie
À éviter : un caisson sous
un linteau courbé en saillie par
rapport au nu du mur
Avec l’effet masquant des volets roulants, les façades perdent en profondeur. La couleur
blanche domine
Bonne solution : l’installation du caisson
derrière la maçonnerie
Les volets neufs, en bois peint, apportent une touche de couleur
Si toutefois, dans certains cas, comme par
exemple sur une façade arrière, la pose de volets
roulants est autorisée, ces derniers doivent
être d’une couleur appropriée et leurs caissons
ne doivent pas être visibles de l’extérieur. On
peut également poser des volets intérieurs
en bois fixés sur l’ouvrant de la fenêtre, dans
le cas où la pose de volets extérieurs n’est
pas envisageable. Ils sont moins coûteux et
réduisent considérablement les déperditions
thermiques par les fenêtres. Les volets roulants
en PVC ou en aluminium sont thermiquement
moins performants que les volets en bois. Les
caissons peuvent poser des problèmes de ponts
thermiques.
À ÉVITER
> La suppression des volets anciens et leur
remplacement par des volets roulants en PVC.
> La pose de volets roulants sur des portes
ou des petites fenêtres.
> La pose de volets roulants sous des linteaux
courbés.
> L’installation de caissons en saillie
par rapport au nu du mur.
66 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES restaureR une menuiserie
restaurer une menuiserie CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
67
a m é l i o rer la ther m i q ue
GLOSSAIRE THERMIQUE
GLOSSAIRE THERMIQUE
ACERMI
CHOC THERMIQUE
Association pour la certification
des matériaux isolants. L’acermi classe
les matériaux isolants en fonction de
six critères : R – résistance thermique,
I – incompressibilité, S – stabilité
dimensionnelle, O – comportement
à l’eau, L – limite des performances
mécaniques en traction,
E – comportement aux transferts
de vapeur d’eau.
Modification brutale et non
homogène de la température d’une
paroi, pouvant engendrer un point
de rosée – transformation de la
vapeur d’eau en gouttelettes d’eau –,
une variation dimensionnelle du
matériau, voire sa rupture.
BBC – BÂTIMENT À BASSE
CONSOMMATION
Un bâtiment à basse consommation
est un bâtiment dont la consommation énergétique est faible
comparativement à une habitation
standard. Le label « BBC 2005 »
est une norme officielle fixant une
exigence énergétique inférieure à
65 kWhep/m2.an pour la région du
Nord-Pas-de-Calais, en bâtiment
neuf. Pour la réhabilitation, il existe
depuis octobre 2009 le label
« BBC Rénovation », une norme
fixée à 104 kWhep/m2.an pour la
région du Nord-Pas-de-Calais.
CHALEUR SPÉCIFIQUE
La chaleur spécifique d’un matériau
indique la quantité de chaleur
(l’énergie) nécessaire pour élever
d’un degré centigrade une masse
de 1 kg de ce matériau. Plus la
chaleur spécifique d’un matériau
est élevée, plus celui-ci peut fournir
ou absorber de chaleur sans que sa
température varie.
un ordre d’idée, les matériaux
d’une maison moyenne construite
de manière conventionnelle
nécessitent de l’ordre de 700 000 à
1 000 000 de kWh. Cette énergie
grise représente environ cinquante
à cent ans de chauffage et d’eau
chaude : son impact est donc très
important.
DÉPERDITION
Flux de chaleur (mesurable en KW)
qui s’échappe de l’enveloppe d’un
bâtiment à travers ses parois, ainsi
que par le renouvellement d’air et
l’évacuation des gaz brûlés.
DIAGNOSTIC PERFORMANCE
ÉNERGÉTIQUE (DPE)
Le DPE est obligatoire depuis
novembre 2006 pour les ventes
de logements, et depuis juillet
2007 pour les mises en location
des logements. Il a pour but
d’informer le futur occupant sur
la quantité d’énergie consommée
pour le chauffage, l’eau chaude
sanitaire et la climatisation, ainsi
que sur la quantité de gaz à effet
de serre rejeté par le bâtiment.
Le DPE permet de dresser un
classement de A à G du bâtiment
dans ce domaine (l’étiquette est
semblable à celles en vigueur pour
les appareils ménagers).
ÉNERGIE GRISE
Énergie nécessaire pour fabriquer,
distribuer le produit, mais aussi
pour extraire les matières premières
et enfin pour éliminer ou recycler le
produit en fin de vie. Pour donner
70 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES AMÉLIOrer la THERMIQUE
ÉNERGIE FINALE (EF)
L’énergie finale est celle qui est
livrée aux bornes de l’utilisateur,
à l’entrée des bâtiments. Entre
l’énergie primaire et l’énergie
finale, on retrouve les différentes
transformations énergétiques
(production, transport, stockage,
pertes, etc.)
ÉNERGIE PRIMAIRE (EP)
L’énergie primaire peut être définie
comme celle que l’on trouve sur
terre, dans la nature, avant toute
transformation. L’expression en
énergie primaire est la manière la
plus scientifique de rendre compte
de la qualité des transformations
énergétiques.
GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT
Les lois Grenelle I et II déclinent
en programme les engagements
politiques du Grenelle de
l’Environnement, visant à prendre
des décisions à long terme en
matière d’environnement et
de développement durable,
avec l’objectif de diminuer
les émissions de gaz à effet de
serre. La loi Grenelle II de 2010
complète, applique et territorialise
la loi Grenelle I de 2005.
INERTIE
L’inertie thermique d’un
bâtiment est sa capacité à stocker
de la chaleur dans ses murs,
ses planchers, etc. Plus l’inertie
d’un bâtiment est forte, plus il se
refroidit lentement. Plus les murs
sont épais et les matériaux lourds
(béton, pierre, brique pleine,
terre crue, etc.), plus l’inertie
est grande. On distingue cinq
classes d’inertie : très lourde,
lourde, moyenne, légère et très
légère.
ISOLATION THERMIQUE
ÉTANCHÉITÉ À L’AIR
Disposer d’une bonne étanchéité à
l’air, c’est être capable de maîtriser
les flux d’air qui circulent à travers
les orifices volontaires (bouche
de ventilation et entrée d’air)
et limiter les flux incontrôlés,
qui peuvent être source de
pathologies, d’inconfort et de
déperditions d’énergie.
Le pouvoir isolant d’un matériau
est dû, avant tout, à la quantité
d’air qu’il renferme : plus il est
dense et dur, plus il est isolant.
L’air sec statique est en effet
un très mauvais conducteur et
constitue de ce fait un excellent
isolant. Si cet air est humide et/ou
en mouvement, il perd sa qualité
isolante. La résistance thermique
d’un matériau isolant est d’autant
plus élevée que son épaisseur est
grande et que son coefficient de
conductivité (lambda) est faible.
LAMBDA (Λ)
Le coefficient de conductivité
thermique λ (lambda) décrit
l’aptitude du matériau à conduire
ou non la chaleur. Il est élevé pour
les matériaux conducteurs et faible
pour les isolants.
Le meilleur matériau isolant est
l’air strictement immobile (λ
= 0,024). Un chiffre bas indique
une bonne isolation.
PERMÉABILITÉ
La valeur μ (mu) indique
l’épaisseur d’une couche d’air dont
la perméabilité à la diffusion est
équivalente à une couche d’un
mètre du matériau considéré.
Plus μ est grand, moins le matériau
est perméable.
POINT DE ROSÉE
Le point de rosée est la
température à laquelle l’humidité,
contenue sous forme de vapeur
d’eau dans l’air, commence à se
condenser en gouttelettes d’eau.
PONT THERMIQUE
Discontinuité dans l’isolation due
à la structure du bâtiment (about
de dalle, jonction de parois, etc.).
Zone de propagation du froid
ou du chaud dans une maison,
entraînant des déperditions
calorifiques.
RÉGLEMENTATION THERMIQUE (RT)
La RT recouvre l’ensemble
des textes de loi, décrets et
arrêtés d’application relatifs aux
caractéristiques thermiques et
à la performance énergétique
des bâtiments. Elle s’applique
depuis 2007, dans le cadre de la
rénovation des bâtiments existants,
notamment les logements.
RÉSISTANCE THERMIQUE
La résistance thermique, exprimée
en m2.K/W, s’obtient par le
rapport de l’épaisseur (en mètre)
sur la conductivité thermique λ
(lambda) du matériau considéré.
Pour choisir un produit isolant ou
d’isolation, on prendra en compte
sa résistance thermique R.
Plus R est important, plus le
produit est isolant.
VENTILATION
Apport d’air neuf (naturel ou
mécanique) de l’extérieur pour
renouveler l’air du logement et
extraire l’air vicié. La ventilation
naturelle ne nécessite aucun
dispositif mécanique pour
fonctionner. La circulation de l’air
est induite par le tirage thermique,
dû aux différences de températures
entre l’intérieur et l’extérieur, et les
pressions du vent sur l’enveloppe
du bâtiment, notamment au
débouché du conduit en toiture
(effet de cheminée).
AMÉLIOrer la THERMIQUE CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
71
RéGLEMENTATIONS THERMIQUES
objectifs de la Réglementation thermique (RT)
Les bâtiments existants et neufs contribuent,
en France, pour 43 % à l’énergie consommée
et pour 22 % aux rejets de gaz à effet de serre.
Pour réduire ces consommations, la réglementation thermique s’applique depuis le 1 er
novembre 2007 (RT 2005) aux logements
existants, dès lors qu’ils font l’objet de travaux d’amélioration. Cette nouvelle réglementation fixe ainsi des exigences minimales
sur les produits et équipements à mettre en
œuvre pour toute intervention concernant
l’isolation, le chauffage, la ventilation, etc.
Le principal objectif du Grenelle de l’environnement est de réduire la consommation moyenne des logements existants
à 210 kW hep/m 2/an pour 2012, et à
150 kW hep/m 2/an pour 2020. Les objectifs sous-jacents sont d’améliorer le confort
des occupants et de mieux maîtriser les
températures, tout en assurant la pérennité
du bâtiment. Dans le cas du bâti ordinaire
de l’époque industrielle, l’enjeu complé-
RéGLEMENTATIONS THERMIQUES
mentaire est d’ordre patrimonial et consiste
à conserver les qualités architecturales
du bâti, notamment l’aspect d’origine des
constructions, des matériaux et de la mise
en œuvre.
RT « éléments par élément »
À ce jour, la rénovation du bâti ordinaire
en brique est soumise à la réglementation
dite « élément par élément ». Cette réglementation s’applique aux bâtiments de
moins de 1 000 m 2. Elle n’impose pas
d’atteindre une performance globale, mais de
respecter un niveau de performance élément
par élément. Par ailleurs, elle ne s’applique
qu’en cas de travaux ou de modifications.
On peut demander une dérogation lorsque
le bâtiment se trouve en site classé, en zone
de protection du patrimoine architectural
urbain et paysager (ZPPAUP), en Aire
de mise en Valeur de l’architecture et du
patrimoine (Avap), ou dans un périmètre de
protection d’un monument historique.
Schéma d’application de la réglementation thermique lors de la rénovation de bâtiments
(source : www.rt-bâtiment.fr)
72 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES AMÉLIOrer la THERMIQUE
Diagnostic performance énergétique (DPE)
La réalisation d’un DPE est obligatoire
lors d’une vente, d’une location ou de la
construction d’une maison neuve. Un DPE
comprend des recommandations techniques
pour économiser l’énergie et se traduit à
deux niveaux : la consommation d’énergie et
l’émission de gaz à effet de serre.
Pour améliorer l’efficacité énergétique d’un
bâtiment, un diagnostic est nécessaire pour
connaître les déperditions du bâtiment et
choisir les solutions les plus appropriées. Il
doit prendre en compte la totalité des données
concernant le bâtiment : la structure, la nature
des matériaux qui la composent et leur combinaison, les sols et les planchers d’étages, les
ponts thermiques existants, la performance
des menuiseries, la dimension du bâti et les
surfaces vitrées, la nature de la couverture du
toit, l’étanchéité à l’air de l’enveloppe (entrées
d’air parasites liées à des fuites dans des maçonneries ou des menuiseries). Le diagnostic
doit également prendre en compte l’isolation
Sur l’étiquette du DPE figurent les consommations
énergétiques du logement diagnostiqué…
existante du bâti (mur, dalle, toiture), l’inertie du bâtiment, le renouvellement d’air lié à
la ventilation, les apports internes (éclairage,
équipements électriques) et la performance
des systèmes de chauffage. Il doit enfin tenir
compte du site, avec ses contraintes spécifiques : le climat local, l’orientation des façades, la configuration du logement (isolé, mitoyen, compact). Le confort thermique d’une
maison ancienne résulte de la prise en compte
de tous ces paramètres : la modification d’un
seul d’entre eux altère, ou au contraire améliore, la capacité de la maison à résister aux
fluctuations climatiques.
Les financements
Le crédit d’impôt est une disposition fiscale
permettant aux ménages de bénéficier d’une
réduction de leur impôt sur le revenu s’ils
réalisent des dépenses pour certains travaux
d’amélioration énergétique dans leur résidence
principale, à condition que les équipements
soient fournis et posés par la même entreprise.
Chaque contribuable, qu’il soit imposable ou
pas, peut bénéficier du crédit d’impôt.
ainsi que les émissions de gaz à effet de serre.
AMÉLIOrer la THERMIQUE CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
73
RéGLEMENTATIONS THERMIQUES
DIAGNOSTIC DE L’EXISTANT
résistances thermiques à atteindre
Les bâtiments anciens à façades en brique
sont généralement mal isolés. Les raisons des
consommations d’énergie élevées résident
principalement dans l’absence ou l’insuffisance d’isolation des combles (25-30 % des
déperditions énergétiques), de la dalle basse
(10-20 %) et des parois courantes (20-25 %),
ainsi que dans la vétusté des appareils techniques et du mode de chauffage. Ici, il faut
remarquer que les occupants, ou les bailleurs,
commencent souvent par changer les menuiseries, en dépit du fait que les déperditions qui
peuvent leur être imputées sont relativement
faibles (10-15 %). La résistance moyenne
d’un mur en brique de 34 cm, non isolé, est
d’environ 0,90 m2.K/W. La valeur minimale à
consommations et déperditions
atteindre, selon la RT « élément par élément »,
est de 2,30 m2.K/W. L’écart de 1,40 m2.K/W
met en avant la nécessité d’isoler les parois
dans ce type de construction.
Une meilleure isolation thermique permet à
la fois de réduire les consommations d’énergie
(chauffage et/ou climatisation) et d’accroître
le confort. L’isolation est également bénéfique
pour l’environnement, car en réduisant les
consommations, elle préserve les ressources
énergétiques et limite les émissions de gaz
à effet de serre. L’isolation thermique est
intéressante en termes de protection de
l’environnement, de confort et d’économies
financières.
La consommation énergétique des bâtiments
anciens à façades en brique est en général très
élevée.
Les dépenses de chauffage sont d’environ
460 kW hep/m 2/an (calcul de plusieurs
bâtiments selon la méthode dynamique),
alors que les logements construits selon la
RT 2005 consomment environ 100 kW h/
m²/an, et que les bâtiments à basse
consommation, dites BBC, consomment
moins de 50 kW h/m²/an en moyenne en
France, et moins de 65 kW h/m 2/an dans le
Nord-Pas-de-Calais.
Répartition moyenne des déperditions d’un logement
individuel français (source : Ademe)
défauts de ventilation
Dans les logements anciens, le renouvellement
de l’air se fait la plupart du temps par l’ouverture quotidienne des fenêtres et, dans une
moindre mesure, par les défauts d’étanchéité
de l’enveloppe, notamment au niveau des
menuiseries anciennes (cadres déformés,
joints inexistants...).
Les courants d’air sont source d’inconfort et
peuvent représenter jusqu’à 25 % des déperditions thermiques d’un bâtiment. Cependant,
ils contribuent largement à l’évacuation de la
vapeur d’eau. Les supprimer sans les compenser
par des mesures appropriées conduit à créer une
ambiance humide et malsaine.
Facteurs provoquant l’apparition des moisissures
Extrait de la RT « élément par élément » (source : arrêté du 3 mai 2007)
74 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES AMÉLIOrer la THERMIQUE
AMÉLIOrer la THERMIQUE CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
75
DIAGNOSTIC DE L’EXISTANT
DIAGNOSTIC DE L’EXISTANT
problèmes d’humidité
L’humidité est le principal facteur de déperdition de chaleur et de dégradation des murs
dans une maison, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le sol contient toujours une certaine
quantité d’eau qui monte dans la maçonnerie,
les remontées capillaires.
Les remontées capillaires
Dans le cas où le rejointoiement ou l’enduit
au ciment empêche l’eau de s’évaporer par
l’extérieur, il s’évapore par l’intérieur. Ce phénomène s’aggrave si l’eau pluviale n’est pas correctement évacuée et se déverse directement
dans le sol au pied de la maçonnerie.
L’eau qui ne peut pas s’évacuer par le sol, souvent bitumé, monte par capillarité dans la maçonnerie.
capillarité
Une autre cause d’humidité est la vapeur d’eau
générée par les occupants et qui se condense sur
les parois froides (murs non isolés ou simples
vitrages). Les pathologies couramment rencontrées, telles que les moisissures dans les salles de
bains ou les cuisines, témoignent d’une ventilation insuffisante.
évaporation
pare-vapeur
La condensation
pression de vapeur d’eau
isolant (laine minérale)
enduit ciment
Les ponts thermiques
La mise en place d’une isolation par l’intérieur
déplace le point rosé de la paroi froide et change
ainsi l’équilibre hygrométrique du bâti. Une
isolation discontinue créée un pont thermique.
Ceci peut provoquer de la condensation et engendrer de l’humidité. Il est donc important de
diminuer les ponts thermiques et d’utiliser un
frein-vapeur.
sol asphalté ou bétonné
film polyane
Fonctionnement hygrométrique d’un mur traditionnel isolé
en laine de verre : en hiver, l’eau s’accumule dans le mur
Fonctionnement hygrométrique d’un mur traditionnel non isolé
(schémas de Steen)
mur extérieur
isolant
+ matériaux
de parement
Phénomène de condensation de l’eau sur une vitre froide
Laine de roche altérée par des infiltrations d’eau en couverture
risque
de condensation
en hiver
fuite de
chaleur
Apparition des moisissures sur une paroi trop humide
Isolation en laine de verre altérée par l’humidité.
Les canalisations percent la couche isolante
76 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES AMÉLIOrer la THERMIQUE
isolant entre solives
Pont thermique d’un plancher
AMÉLIOrer la THERMIQUE CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
77
DIAGNOSTIC DE L’EXISTANT
recommandationS
équipements insuffisants et consommateurs
le Chauffage
Les maisons de l’époque industrielle sont
en partie encore chauffées au charbon ou au
fioul. Outre les inconvénients de stockage et
de pollution, ces types d’énergie ne permettent
pas d’obtenir des températures équivalentes
dans toutes les pièces (écarts de température en
fonction de la disposition des pièces par rapport
au poêle) et conduisent la plupart du temps à
l’ajout d’un chauffage électrique d’appoint.
Cette mauvaise maîtrise de la régulation/diffusion de la chaleur est source de surconsommation
énergétique et d’inconfort. Le chauffage électrique
ou à gaz, associé à une énergie renouvelable, est
une solution plus intéressantes. Cependant, les
conduits d’évacuation des gaz brûlés doivent être
ramonés et les appareils électriques doivent être
alimentés par une installation conforme.
Isoler les parois
l’Eau chaude sanitaire
Les besoins en eau chaude sanitaire ont
augmenté avec le confort des logements.
Ils dépendent non seulement de la qualité
des équipements sanitaires, du nombre
d’occupants, mais également de l’usage que
ceux-ci en font au quotidien.
Aujourd’hui, la production d’eau chaude
sanitaire est souvent assurée par un ballon
électrique, une solution économique mais très
consommatrice en énergie primaire.
Avec une modernisation du système de chauffage,
avec l’installation d’une chaudière à condensation, la consommation énergétique sera considérablement réduite. Si les conditions le permettent,
il est conseillé à mettre en œuvre une pompe à
chaleur, sans surdimensionner les installations.
Lorsque le mur d’une maçonnerie en briques
pleines ne fait que 22 ou 35 cm d’épaisseur, la
mise en place d’une isolation est recommandée.
Elle permet de réduire la consommation
énergétique et accroît le confort thermique en
supprimant l’effet de paroi froide en hiver.
l’isolation par l’extérieur
Pour préserver la qualité patrimoniale
des maisons, notamment des façades en
brique apparente avec reliefs, décors peints,
etc., l’isolation par l’extérieur est fortement
déconseillée. Bien adaptée aux constructions
neuves, elle ne constitue pas une solution
pour le type de bâti abordé dans ce cahier de
recommandations.
paroi froide :T = 16 °C
L’ISOLATION par l’intérieur
L’isolation par l’intérieur ne nuit pas à l’aspect
extérieur. Elle est intéressante d’un point de vue
économique et peut être mise en place progressivement, en fonction du budget disponible :
> commencer par isoler les combles avant les
parois verticales (la majeure partie des pertes de
chaleur se fait par le toit) ;
> mettre en place une régulation du système
de chauffage ou examiner les possibilités de
changement de mode de chauffage ;
> réduire les fuites d’air en perfectionnant l’étanchéité du bâtiment et améliorer les menuiseries,
tout en veillant à une ventilation suffisante ;
> vérifier le taux d’humidité des parois et prendre
les dispositions nécessaires contre les infiltrations
d’eau et les remontées capillaires.
paroi chaude :T = 18 °C
cheminée
produits de combustion
sensation
de froid
sensation
de confort
restitution de chaleur
au circuit de chauffage
vapeur d’eau
Fonctionnement d’une chaudière à condensation : la combustion du gaz naturel génère un
dégagement de chaleur et des produits de combustion rejetant de la vapeur d’eau. La condensation
de cette vapeur d’eau libère une quantité de chaleur supplémentaire. La chaudière récupère cette
chaleur et la restitue au circuit de chauffage, ce qui permet de réaliser des économies d’énergie
78 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES AMÉLIOrer la THERMIQUE
T° paroi
= 12°C
T° paroi
= 16°C
L’effet paroi froide : la température de confort dépend de la température de l’air
et de la température des parois
AMÉLIOrer la THERMIQUE CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
79
recommandations
recommandations
le choix de l’isolant le mieux adapté
les matériaux isolants
Avant de faire son choix, il faut prendre en
compte la conductivité thermique de l’isolant, dite
lambda, son prix, la difficulté de la mise en œuvre,
sa résistance à l’humidité… (voir le Tableau
comparatif des isolants). Un isolant bien adapté
pour un mur extérieur n’est pas forcément adapté
pour l’isolation des combles. Certains isolants
nécessitent la pose d’un frein-vapeur, pour éviter
toute dégradation des parois intérieures.
L’isolation d’une maison est la source
des principales pollutions que subissent ses
habitants. Il est conseillé d’utiliser des matériaux
compatibles avec les matériaux constitutifs des
maisons anciennes.
Dans une démarche de développement durable,
sont vivement déconseillés les matériaux
nocifs issus de l’industrie pétrochimique, tels
que les polystyrènes expansés ou extrudés,
les polyuréthanes, ou polyéthylènes. Sont
également à proscrire, les matériaux isolants qui
vont à l’encontre du besoin de respiration des
matériaux anciens, par exemple les revêtements
monocouches étanches, les mousses plastiques
expansives, etc. En cas d’incendie, ces matériaux
dégagent des gaz toxiques.
Les matériaux d’isolation écologique, à faible
énergie grise, possèdent des qualités isolantes
thermiques et acoustiques très performantes. Ils
régulent l’humidité et la chaleur des pièces pour
une atmosphère plus saine.
Bloc de béton cellulaire
En cas de remontées capillaires ou moisissures,
il est recommandé de choisir un isolant alcalin,
comme les plaques en béton cellulaire à base
de chaux ou silicate de calcium. Les isolants
incombustibles sont marqués A1 (norme
européenne).
BONNES PRATIQUES
> Calculer l’épaisseur d’isolant nécessaire pour
obtenir la performance idéale.
> Assainir les parois avant de les isoler.
> Choisir un isolant sain, perméable
à l’humidité, si nécessaire.
> Privilégier les éco-matériaux.
> Isoler d’abord les combles.
> Améliorer l’étanchéité à l’air.
> Examiner et améliorer le mode de chauffage.
> Calorifuger les canalisations d’eau.
Panneaux isolants en fibre de bois
Parmi les isolants naturels, on trouve des matériaux :
> d’origine végétale (liège, bois, cellulose, chanvre,
lin, paille, roseau),
> d’origine minérale (terre, verre, chaux ou plâtre
naturels et purs, béton cellulaire),
> d’origine animale (laine, feutre).
À ÉVITER
Rouleau de laine de mouton
> L’utilisation d’isolants issus de l’industrie
pétrochimique (polystyrènes, polyuréthanes,
etc.).
> L’utilisation d’isolants imperméables à la
Panneaux isolants de liège
vapeur d’eau.
> La pose d’un isolant sur une paroi humide.
> Le remplacement des fenêtres avant l’isolation
des murs.
Rouleau de métisse, produit en Nord-Pas-de-Calais
80 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES AMÉLIOrer la THERMIQUE
> Le recours à des entreprises non qualifiées.
AMÉLIOrer la THERMIQUE CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
81
recommandations
recommandations
tableau comparatif des isolants RECOMMANDÉS
82 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES AMÉLIOrer la THERMIQUE
AMÉLIOrer la THERMIQUE CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
83
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
l’isolation des planchers sur cave
l’isolation des combles
Il est recommandé de commencer
l’isolation thermique par la toiture. Les
déperditions y sont les plus élevées (30 %).
Une réduction importante des pertes
thermiques est facile à obtenir, que ce soit
pour des combles perdus (non aménagés)
ou des combles habitables.
Les matériaux les plus adaptés pour isoler
les rampants de toiture sont les isolants sous
forme de rouleaux ou de panneaux souples,
faciles à poser entre des bois de charpente
irréguliers. Ils peuvent être par exemple en
laine de mouton, à base de fibres de bois ou
de fibres textiles recyclées. L’isolant doit être
posé en deux couches croisées. Dans le cas
de combles perdus, on peut poser l’isolant
directement sur le plancher.
L’épaisseur minimale d’un isolant dépend
de sa conductivité thermique (lambda). La
résistance minimale pour les rampants de
toiture est de 4 m 2.K/W et de 4,5 m 2.K/W
en combles perdus.
BONNES PRATIQUES
> Choisir un isolant souple, facile à mettre
en œuvre.
> Veiller à atteindre l’épaisseur minimale pour
l’isolant, en deux couches croisées.
> Utiliser les isolants naturels (laine de mouton,
laine de bois…).
> Laisser les fermes apparentes, n’isoler
qu’entre les pannes.
> Veiller à l’étanchéité à l’air autour des sorties
Même s’ils constituent des espaces
tampons, les caves ou vides sanitaires sont
responsables de 10 à 15 % des déperditions
thermiques d’une maison, d’où l’intérêt de les
isoler.
Il est possible d’isoler le plancher par le
dessus, mais cela nécessite des travaux de
réfection et la surélévation du niveau du sol.
Isoler le plancher par le dessous est souvent
plus facile et plus économique. De plus, cela
permet de conserver l’inertie thermique de
la dalle, qui va stocker la chaleur pendant les
périodes de chauffage en hiver et conservera
la fraîcheur en été.
l’isolation des planchers sur terre-plein
Dans le cas des planchers sur terre-plein
ancien, l’une des seules techniques possibles
consiste à rapporter un isolant sous la dalle
flottante.
Dans ce cas précis, les isolants devront être
appropriés, notamment rigides.
Sur la chape isolante, on pose une chape en
béton léger de 10 cm d’épaisseur, par exemple
en granulés de chanvre ou de liège (liés à la
chaux), laquelle reçoit le revêtement de sol.
BONNES PRATIQUES
de ventilation, de chauffage, etc.
> Demander conseil à une entreprise qualifiée.
> Maintenir une ventilation en sous-face de la
couverture.
> Isoler par le dessous.
> Prévoir une passerelle sur l’isolant en combles
> Utiliser des isolants adaptés, insensibles à
perdus.
l’humidité.
> Préserver l’inertie du plancher.
> Procéder éventuellement à un drainage.
Mise en place d’une isolation en ouate de cellulose
en plancher ou comble perdu
> Attendre le séchage complet de la chape
isolante avant de poser le revêtement de sol.
À ÉVITER
> Masquer entièrement la charpente.
> Utiliser des isolants rigides.
> Utiliser des isolants imperméables
À ÉVITER
à la vapeur d’eau.
Pose d’un isolant en fibres de bois, en deux couches croisées
> Utiliser des isolants qui augmentent
les risques de propagation d’incendie.
84 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES AMÉLIOrer la THERMIQUE
Isolant d’un plancher acoustique avec des briques
de chanvre (photo Sauvageot)
> Poser un film étanche, de type polyane non
respirant, sous la dalle.
AMÉLIOrer la THERMIQUE CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
85
RECOMMANDATIONS
l’isolation des murs extérieurs
L’isolation des murs par l’intérieur est une
opération délicate : elle présente l’inconvénient de laisser des parties non isolées,
occasionnant des « ponts thermiques »
qui laissent échapper la chaleur. Ceux-ci se
situent généralement aux points de jonction
des différentes parties de la construction : nez
de planchers, linteaux au-dessus des ouvertures, appuis de fenêtres, etc. L’isolation doit
donc être bien conçue et mise en œuvre afin
de minimiser ces effets de ponts thermiques.
l’épaisseur minimale de l’isolant
L’épaisseur de l’isolant dépend de son
coefficient de conductivité thermique λ (lambda).
Pour obtenir l’épaisseur nécessaire, on multiplie
le lambda (voir le Tableau comparatif des isolants)
par la résistance minimale (R) à obtenir. Selon
la RT « élément par élément », la résistance
thermique (R) minimale pour les murs en
contact avec l’extérieur est de 2,3 m2.K/W. Par
exemple, avec un isolant en fibres de bois : 0,038
(λ) x 2,3 (R) = 0,087 m. L’épaisseur minimale est
donc d’environ 9 cm.
Une isolation supérieure à 12 cm apporte peu
d’économie d’énergie supplémentaire, en raison
des ponts thermiques restants (par les plafonds,
les fondations…). Elle entraîne par ailleurs un
risque de condensation dans le mur. En outre, il
est préférable de ne pas perdre trop de surface
habitable.
En cas de problèmes d’humidité en pied du mur,
il est conseillé de choisir l’isolant par rapport à sa
résistance à l’eau, même si la résistance thermique
est plus faible. Une laine de roche, par exemple,
perd de sa capacité isolante une fois humide.
RECOMMANDATIONS
La mise en œuvre
L’isolation des murs par l’intérieur consiste
généralement à recouvrir les parois avec un
matériau isolant, puis à installer un habillage
dont la fonction est de protéger l’isolant. On
distingue principalement : les cloisons de
doublage maçonnées recouvertes d’un enduit
plâtre, les panneaux composites collés sur la
maçonnerie ou les doublages sur ossature
métallique ou bois, solidaire de la structure
du bâtiment. Ces solutions ne sont pas interchangeables.
En isolant les murs par l’intérieur, il faut penser à déplacer tous les réseaux de tuyauterie
(chauffage, etc.) vers l’intérieur, par exemple
dans la plinthe, pour éviter les risques de gel et
une interruption de l’isolation. Les ponts phoniques peuvent être évités par une isolation
phonique supplémentaire.
Quand on ne peut pas éviter une interruption
de l’isolation et du frein-vapeur par une prise de
courant électrique, il faut soigneusement isoler
autour et derrière la prise, afin d’éviter la condensation d’eau.
l’isolation des murs d’un sous-sol
L’isolation des murs d’un sous-sol par l’intérieur peut entraîner des problèmes d’humidité.
Les infiltrations d’eau peuvent mener à une humidification de l’isolation. Il est souvent préférable
d’isoler les murs d’un sous-sol par l’extérieur.
BONNES PRATIQUES
> Choisir un isolant sain, perméable, résistant
à l’humidité.
> Poser un frein-vapeur entre l’isolant
l’inertie
L’isolation par l’intérieur réduit l’inertie des
murs extérieurs, ce qui est cependant sans effetnégatif sur le climat intérieur. La perte d’inertie
liée à l’isolation par l’intérieur peut être, lorsque
c’est possible, compensée par les refends et les
planchers. Les cloisons séparatives en Placoplâtre peuvent être remplacées par des cloisons
en brique pleine (excellent régulateur hygrométrique) ou par des cloisons en plaques de plâtre
solides, à l’intérieur desquelles on verse du sable
sec au lieu de l’isolant habituel. Dans ce cas,
il faut veiller à bien renforcer la structure de la
cloison.
Il existe cependant des isolants qui préservent
l’inertie mieux que d’autres, comme les doublages
maçonnés ou la fibre de bois (voir leTableau
comparatif des isolants).
et la plaque de plâtre.
> Isoler les abouts de poutres du plancher sur
une largeur de 30 à 50 cm pour minimiser
les ponts thermiques.
> Placer la tuyauterie en applique sur l’isolant.
> Veiller à l’étanchéité à l’air autour des prises
électriques.
> Veiller à l’étanchéité à l’air autour de tout
élément qui interrompt l’isolant.
> Assurer une circulation d’air derrière
un doublage.
À ÉVITER
> Poser un isolant contre un mur humide.
> L’interruption de l’isolant ou du frein-vapeur
par des tuyaux.
L’isolation en fibre de bois préserve l’inertie des parois
La pose du frein-vapeur nécessite une grande attention.
> Choisir un isolant sain, perméable, résistant
à l’humidité.
86 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES AMÉLIOrer la THERMIQUE
AMÉLIOrer la THERMIQUE CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
87
RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS
Traiter l’étanchéité à l’air
Assurer l’étanchéité à l’air consiste à limiter les
flux d’air incontrôlés, qui sont source de pathologies (condensations, moisissures), d’inconfort et
de déperdition d’énergie. La continuité de l’étanchéité à l’air doit être soigneusement étudiée dès
le stade de la conception, dans son ensemble, en
portant une attention particulière aux liaisons
entre les éléments, aux encadrements de baies et
aux pénétrations (conduits de cheminée, canalisations), au niveau des planchers, etc.
Maîtriser la ventilation
l’évacuation de la vapeur d’eau vers l’extérieur,
tout en empêchant les infiltrations d’air depuis
l’extérieur. Il ne faut pas le confondre avec le parevapeur, qui est imperméable et en général déconseillé ici.
Les systèmes que l’on trouve sur le marché sont
multiples, avec des capacités différentes. On
recommande les films d’origine minérale (papier
kraft, carton frein-vapeur) ou d’origine végétale
(liège, ruban adhésif en caoutchouc, etc.).
L’importance du frein-vapeur
Le frein-vapeur est un film de protection posé
sur la paroi intérieure de l’isolant, qui le protège de
la condensation issue de la vapeur d’eau dégagée
à l’intérieur du logement. Le frein-vapeur permet
BONNES PRATIQUES
> Étudier l’étanchéité à l’air dans son
ensemble, au moment de la conception
des travaux d’isolation.
> Veiller à une maîtrise d’œuvre soignée.
En cas de remplacement des fenêtres ou d’une
isolation intérieure, il est important de maintenir
une circulation d’air dans le logement.
Une ventilation mécanique contrôlée (VMC)
s’impose lorsqu’apparaissent des pathologies
telles que les moisissures.
La ventilation naturelle
La ventilation naturelle est basée sur les lois
physiques qui veulent que l’air chaud monte et
s’évacue par les ouvrants extérieurs ou les conduits
à tirage naturel. Elle ne nécessite aucune source
d’énergie et n’entraîne aucune nuisance sonore.
Une ventilation naturelle est une bonne
solution, pourvu que l’on s’adapte à une
ventilation constante, différente en hiver et
en été. Lorsque la température extérieure est
élevée, il est difficile d’abaisser la température
intérieure en ventilant. Il est recommandé
d’occulter les fenêtres dans la journée pour
éviter de laisser entrer l’air chaud à l’intérieur du
logement. La nuit, il est recommandé d’ouvrir
les fenêtres pour baisser la température.
BONNES PRATIQUES
> Préférer la ventilation naturelle.
> En cas d’installation d’une VMC, préférer
la VMC hygro B.
> Utiliser les souches de cheminée comme
sorties de ventilation.
> En hiver, ouvrir les fenêtres entre deux
et cinq minutes, plusieurs fois par jour.
> Ventiler surtout la salle d’eau et la cuisine.
> En été, occulter les fenêtres pendant
> Utiliser les adhésifs spécifiques.
la journée et les ouvrir la nuit.
> Consulter des entreprises qualifiées.
> Conserver les volets anciens.
> Veiller à une ventilation régulière
et suffisante.
Il est nécessaire d’utiliser des adhésifs adaptés
aux canalisations, sorties de ventilation, etc.
À ÉVITER
> Laisser les portes et fenêtres ouvertes
quand le chauffage est allumé.
À ÉVITER
> Installer les sorties de ventilation en façade
> Les infiltrations d’eau.
principale.
> L’interruption du frein-vapeur par
> Installer des VMC simple flux.
des canalisations, etc.
L’application d’un frein-vapeur est importante pour garantir
l’étanchéité à l’air
88 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES AMÉLIOrer la THERMIQUE
Principe de la ventilation naturelle
AMÉLIOrer la THERMIQUE CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
89
c as prat i q ues
CAS de l’habitat en bande
–
–
–
–
CAS de l’habitat en bande
exemple : cité des électriciens à bruay-la-buissière (62)
restauration économique
Description générale du logement
Travaux façade
Habitat en bande (construit en 1859), double épaisseur (dos à dos), mono-orienté vers l’ouest.
R + combles aménagés, cave voûtée.
Surface totale habitable : 76 m2, composés de 3 à 4 pièces.
Particularité : inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH), susceptible d’obtenir
des subventions.
Nettoyage
Projection d’eau claire sous faible pression (2 bars maximum),
brossage en finition avec une brosse de chiendent.
Maçonnerie
Conservation des briques défectueuses
Rejointoiement
Reprise ponctuelle des joints à la chaux
Finition-
Éléments constitutifs du bâtiment
Mur extérieur
Cloisons intérieures Plancher bas sur cave Plancher intermédiaire Menuiseries extérieures Couverture Décors Briques moulées main, épaisseur de 34 cm, non isolé
Enduit intérieur de type « crin de cheval », épaisseur 5 cm
Ossature bois, remplissage torchis, enduites
Carreaux en terre cuite sur cave voûtée en brique
Bois
Menuiseries en bois, simple vitrage, portes d’étable
Volets battants en bois
Tuiles flamandes, charpente en chêne, non isolée
Linteaux cintrés, encadrements en saillie, corniche en brique à façon d’engrenage, badigeon blanc sur soubassement et encadrements.
Diagnostic de l’état existant
–
–
–
–
–
Rajout d’appuis de fenêtres en ciment.
Soubassement enduit en ciment.
Tuiles d’origine remplacées par des tuiles mécaniques.
Menuiseries d’origine remplacées par des menuiseries bois en 1960.
Rajout de gouttières en zinc ou PVC.
Travaux toiture (couverture et souche)
Couverture
Remaniage de la couverture existante, remplacement des tuiles cassées
CharpenteRestauration ponctuelle
Évacuation d’eau
Reprises ponctuelles des gouttières et descentes
Souche de cheminée
Reprise ponctuelle des joints à la chaux, reprise du solin
Travaux menuiseries
Menuiserie
Vitrage
Finition
Conservation des menuiseries anciennes : nettoyage, ponçage, remplacement des bois dégradés, reprise des mastics extérieurs, pose des joints d’étanchéité
Conservation du simple vitrage, remplacement des carreaux cassés
Peinture acrylique microporeuse en 2-3 couches
déperditions thermiques
parois courantes
menuiseries
plancher haut
dalle basse
ponts thermiques
infiltrations
Vue générale, état actuel
92 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES CAS PRATIQUES
État projeté après restauration économique
CAS PRATIQUES CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
93
CAS de l’habitat en bande
CAS de l’habitat en bande
restauration courante
restauration ISMH
Travaux façade
La méthode ISMH vise à restituer l’état d’origine ; l’inscription à l’ISMH permet l’octroi d’une subvention.
Nettoyage
Maçonnerie
Rejointoiement
Finition
Nettoyage à l’eau claire et brosse de chiendent
Remplacement des briques défectueuses
Reprise ponctuelle des joints à la chaux
Badigeon à la chaux sur l’ensemble des maçonneries pour l’harmonisation, teinte en fonction de l’architecture et de la cité
Travaux toiture (couverture et souche)
Couverture
Réfection complète en pannes du nord à emboîtement ;
pose d’un écran de sous-toiture bitumé
CharpenteRestauration ponctuelle
Évacuation d’eau
Réfection des gouttières et descentes en zinc
Souche de cheminée
Reprise totale des joints à la chaux, changement des briques défectueuses ; réfection du solin
Travaux menuiseries
Menuiserie
Pose de menuiseries neuves en bois
Vitrage
Double vitrage ou simple vitrage performant
FinitionPré-peinte en atelier
Travaux façade
Nettoyage
Hydro-gommage (max. 2 bars)
Maçonnerie
Remplacement des briques défectueuses par des briques de mêmes teinte et dimension, restitution des appuis de fenêtre
Rejointoiement
Reprise totale des joints à la chaux, tiré au fer
TraitementAnti-mousse
Finition
Hydrofuge, restitution du badigeon à la chaux
Travaux toiture (couverture et souche)
Couverture
Réfection complète en tuiles flamandes neuves ; pose d’un écran de sous-toiture perméable ; suppression des réseaux
CharpenteRestauration intégrale
Évacuation d’eau
Réfection des gouttières et descentes en zinc
Souche de cheminée
Reprise totale des joints à la chaux ; changement des briques défectueuses ; réfection du solin ; hydrofuge
Travaux menuiseries
Menuiserie
Conservation des menuiseries anciennes + pose des doubles-
fenêtres intérieures
Vitrage
Conservation du simple vitrage à l’extérieur
Finition
Peinture minérale à partir de pigments naturels et d’huile de lin,
en 2-3 couches
État projeté après restauration courante
94 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES CAS PRATIQUES
État projeté après restauration ISMH
CAS PRATIQUES CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
95
CAS de l’habitat en bande
CAS DE MAISONS GROUPÉES
PROGRAMMES D’AMÉLIORATION ÉNERGÉTIQUE
La consommation énergétique du bâtiment non isolé est d’environ 460 kWhep/m2/an (calcul dynamique).
Pour la diminuer et améliorer le confort thermique, trois programmes sont établis en fonction du budget.
PROGRAMME ÉCONOMIQUE (€) Objectif : 230 kWhep/m 2 /an
Isolation en comble
240 mm de laine de verre ou laine de roche (R = 5 m2.K/W)
Isolation du plancher bas sur cave
100 mm de chaux-chanvre (R = 2,3 m2.K/W)
Menuiseries
Conservation de la menuiserie existante
Étanchéité à l’air
Renforcement (joints, calfeutrement, etc.)
Renouvellement d’airVentilation naturelle
Système de chauffage / ECS
Chaudière classique à haut rendement
PROGRAMME MOYEN (€€) Objectif : 160 kWhep/m 2 /an
Isolation en comble
Isolation du plancher bas sur cave
Isolation des parois courantes
Menuiseries
Étanchéité à l’air
Renouvellement d’air
Système de chauffage / ECS
240 mm de laine de mouton (R = 7,5 m2.K/W)
100 mm de chaux-chanvre (R = 2,3 m2.K/W)
100 mm de métisse + frein-vapeur (R = 2,3 m2.K/W)
Conservation de la menuiserie existante,
ajout d’une double fenêtre (U = 2,3 W/m2°K)
Renforcement (joints, calfeutrement, etc.)
Ventilation simple flux (hygro B)
Chaudière à gaz à condensation
PROGRAMME PERFORMANT (€€€) Objectif : 120 kWhep/m 2 /an
Isolation en comble
Isolation du plancher bas sur cave
Isolation des parois courantes
Menuiseries
Étanchéité à l’air
Renouvellement d’air
Système de chauffage
Système d’ECS
240 mm de laine de bois (R = 6 m2.K/W)
100 mm de liège expansé (R = 2,3 m2.K/W)
100 mm de laine de bois + frein-vapeur (R = 2,3 m2.K/W)
Remplacement de la menuiserie existante par une menuiserie bois double vitrage 4 /16 / 4 » ARGON « (U = 1.6 W/m2.K)
Renforcement (joints, calfeutrement, etc.)
Ventilation simple flux (hygro B)
Pompe à chaleur air/eau (COP = 3,2)
Chauffe-eau solaire thermique individuel (Cesi)
EXEMPLE : cité 9 à Lens (62)
Description générale du logement
– Maison ouvrière (construite en 1924), groupe de trois logements
– R + combles + cave, surface totale habitable : 85 m2, composés de quatre pièces
– Particularité : la cité jouxte le site culturel du futur Louvre à Lens
Éléments constitutifs du bâtiment
Mur extérieur
Briques pleines, épaisseur de 34 cm, non isolé
Joint dagué à la chaux, teinté rouge rose. Soubassement en pierre meulière
Cloisons intérieuresOssature bois
Plancher bas sur terre
Dalle en béton
Menuiseries extérieures
Fenêtres à deux vantaux et portes en bois peint, imposte vitrée
Linteaux droits en ciment. Volets à deux panneaux en bois peint
Couverture
Toiture à deux versants couverte de pannes du nord. Rives en saillie, chevrons apparents. Variante avec lucarnes en façade interrompant l’avant-toit
Décors
Architecture style pittoresque, faux pans de bois, peint sur les
quatre façades avec peinture à la chaux, teinté jaune ocre. Têtes d’ancrage ornées
Diagnostic de l’état existant
La maçonnerie est généralement en bon état (pas de problème structurel). On constate les désordres suivants :
– Présence d’humidité au niveau du soubassement. Un rejointoiement au ciment au pied du mur et une peinture
étanche n’ont pas résolu le problème : par capillarité, l’eau est remontée plus haut dans la maçonnerie
– Briques noircies, salissures sur l’ensemble de la maçonnerie, joints vidés
– Disparition du décor peint à la chaux, sur les parties non protégées par la toiture
– Manque d’homogénéité de la façade dû aux multiples reprises de joints
– Peinture glycéro (étanche) sur certaines maisons
déperditions thermiques
parois courantes
menuiseries
plancher haut
dalle basse
ponts thermiques
infiltrations
État actuel avant restauration
96 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES CAS PRATIQUES
CAS PRATIQUES CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
97
CAS DE MAISONS GROUPÉES
CAS DE MAISONS GROUPÉES
restauration économique
restauration COURANTE
Travaux façade
Travaux façade
Nettoyage
Projection d’eau claire sous faible pression (2 bars maximum)
Brossage en finition avec une brosse de chiendent
Décapage de toute la peinture étanche
Maçonnerie
Conservation des briques défectueuses
Rejointoiement Refouillement des joints en ciment, reprise ponctuelle des joints
à la chaux
Finition
Badigeon à la chaux (couleur brique), restauration du décor
à la chaux
Nettoyage
Micro ou hydro-gommage (2 bars maximum), à l’exception
du décor peint
Décapage de toute la peinture étanche
Maçonnerie
Conservation des briques défectueuses
Rejointoiement Reprise totale des joints à la chaux (teintée)
Finition
Restauration du décor avec badigeon à la chaux
(couleur d’origine)
Travaux toiture (couverture et souche)
Travaux toiture (couverture et souche)
Couverture
Nettoyage de la couverture existante, remplacement des tuiles cassées
Charpente
Peinture à la chaux sur des chevrons dépassants
Évacuation d’eau
Reprise ponctuelle des gouttières et descentes
Souche de cheminée
Reprise ponctuelle des joints à la chaux, reprise du solin
Travaux menuiseries
Couverture
Nettoyage de la couverture existante, remplacement des tuiles cassées
Charpente
Peinture à la chaux sur les chevrons dépassants
Évacuation d’eau
Réfection des gouttières et descentes en zinc
Souche de cheminée
Reprise totale des joints à la chaux ; changement des briques défectueuses ; réfection du solin
Travaux menuiseries
Menuiserie
Conservation des menuiseries anciennes : nettoyage, ponçage,
remplacement des bois dégradés, reprise des mastics extérieurs,
pose des joints d’étanchéité
Vitrage
Conservation du simple vitrage, remplacement des carreaux cassés
Finition
Peinture acrylique microporeuse en 2-3 couches
État projeté après restauration économique
98 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES CAS PRATIQUES
Menuiserie
Vitrage
Finition
Conservation des menuiseries anciennes + renforcement
du cadre ; restauration des volets
Pose d’un double vitrage dans la menuiserie conservée
Peinture acrylique microporeuse en 2-3 couches
État projeté après restauration courante
CAS PRATIQUES CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
99
CAS DE MAISONS GROUPÉES
CAS DE MAISONS GROUPÉES
restauration ISMH
PROGRAMMES D’AMÉLIORATION ÉNERGÉTIQUE
Travaux façade
La consommation énergétique du bâtiment non isolé est d’environ 460 kWhep/m2/an (calcul dynamique).
Pour la diminuer et améliorer le confort thermique, trois programmes sont établis en fonction du budget.
Nettoyage
Nettoyage chimique, brossage en finition avec une brosse de chiendent, rinçage. Décapage de toute peinture étanche
Maçonnerie
Changement des briques défectueuses
Rejointoiement
Reprise totale des joints à la chaux (teintée)
TraitementAnti-mousse
Finition
Restauration du décor avec badigeon à la chaux (couleur d’origine)
hydrofuge
PROGRAMME ÉCONOMIQUE (€) Objectif : 230 kWhep/m 2 /an
Isolation en comble
240 mm de laine de verre ou laine de roche (R = 5 m2.K/W)
Isolation du plancher bas sur cave
100 mm de chaux-chanvre (R = 2,3 m2.K/W)
Menuiseries
Conservation de la menuiserie existante
Étanchéité à l’air
Renforcement (joints, calfeutrement, etc.)
Renouvellement d’airVentilation naturelle
Système de chauffage / ECS
Chaudière classique à haut rendement
Travaux toiture (couverture et souche)
Couverture
Charpente
Évacuation d’eau
Souche de cheminée
Réfection complète en pannes du nord à emboîtement ;
pose d’un écran de sous-toiture perméable
Peinture à la chaux sur les chevrons dépassants
Réfection des gouttières et descentes en zinc
Reprise totale des joints à la chaux ; changement des briques défectueuses ; réfection du solin ; hydrofuge
Travaux menuiseries
Menuiserie
Suppression des menuiseries PVC, pose de menuiseries neuves en bois à l’identique (dessin d’origine), volets neufs en bois
Vitrage
Double vitrage ou simple vitrage performant
Finition
Peinture minérale à partir de pigment naturel et d’huile de lin,
en 2-3 couches
PROGRAMME MOYEN (€€) Objectif : 160 kWhep/m 2 /an
Isolation en comble
Isolation du plancher bas sur cave
Isolation des parois courantes
Menuiseries
Étanchéité à l’air
Renouvellement d’air
Système de chauffage / ECS
240 mm de laine de mouton (R=7,5 m2.K/W)
100 mm de chaux-chanvre (R=2.3 m2.K/W)
100 mm de métisse + frein-vapeur (R=2.3 m2.K/W)
Conservation de la menuiserie existante,
ajout d’une d’un double vitrage (U=2,3 W/m2°K)
Renforcement (joints, calfeutrement, etc.)
Ventilation simple flux (hygro B)
Chaudière à gaz à condensation
PROGRAMME PERFORMANT (€€€) Objectif : 120 kWhep/m 2 /an
Isolation en comble
Isolation du plancher bas sur cave
Isolation des parois courantes
Menuiseries
Étanchéité à l’air
Renouvellement d’air
Système de chauffage
Système d’ECS
240 mm de laine de bois (R = 6 m2.K/W)
100 mm de liège expansé (R = 2,3 m2.K/W)
100 mm de laine de bois + frein-vapeur (R = 2,3 m2.K/W)
Remplacement de la menuiserie existante par une menuiserie bois double vitrage 4 /16 / 4 « Argon » (U = 1,6 W/m2.K)
Renforcement (joints, calfeutrement, etc.)
Ventilation double flux
Pompe à chaleur air/eau (COP = 3,2)
Chauffe-eau solaire thermique individuel (Cesi)
État projeté après restauration ISMH
100 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES CAS PRATIQUES
CAS PRATIQUES CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
101
CAS D’une MAISON JUMELÉE
–
–
–
–
CAS D’une MAISON JUMELÉE
EXEMPLE : cité DECLERCQ À OIGNIES (62)
RESTAURATION ÉCONOMIQUE
Description générale du logement
Travaux façade
Maison jumelée (construite en 1933).
R + 1 + combles perdus
Surface totale habitable : 70 m2, composés de quatre pièces.
Particularité : la cité jouxte le site culturel de la fosse 9-9bis, classé monument historique.
Nettoyage
Maçonnerie
Rejointoiement
Finition
À l’eau claire et brosse de chiendent
Conservation des briques défectueuses
Reprise ponctuelle des joints à la chaux
Badigeon à la chaux sur briques
Éléments constitutifs du bâtiment
Mur extérieur Cloisons intérieures Plancher bas sur cave Plancher intermédiaire Menuiseries extérieures Couverture Décors Parement de briques pleines, 22 cm + 18 cm ossature en béton à l’intérieur
Ossature béton, plaques de plâtre
Carreaux en terre cuite sur cave voûtée en brique
Ciment
Fenêtres à deux vantaux en bois peint, impostes vitrées, divisées par petits bois verticaux. Portes en bois peint, imposte vitrée. Linteaux droits en ciment. Volets battants à écharpe en bois peint au rez-de-chaussée
Toiture à deux versants à très longs pans, couverte de pannes du nord
Variante avec demi-croupes. Souches
Faux pans de bois en ciment à l’étage, linteaux droits et encadrements de baies en ciment
Diagnostic de l’état existant
–
–
–
–
–
Travaux toiture (couverture et souche)
Couverture
Charpente
Évacuation d’eau
Souche de cheminée
Remaniage de la couverture existante, remplacement des tuiles cassées
Restauration ponctuelle, peinture à la chaux sur des chevrons dépassants
Reprises ponctuelles des gouttières et descentes
Reprise ponctuelle des joints à la chaux, reprise du solin
Travaux menuiseries
Menuiserie
Vitrage
Finition
Conservation des menuiseries anciennes : nettoyage, ponçage, remplacement des bois dégradés, reprise des mastics extérieurs, pose des joints d’étanchéité
Conservation des fenêtres existantes
Peinture acrylique microporeuse en 2-3 couches
La maçonnerie est en bon état (pas de problème structurel). On constate les désordres suivants :
Présence d’humidité au niveau du soubassement.
Barbotine lacunaire.
Traces noires sur décor en ciment.
Disparition du décor peint à la chaux sur les parties non protégées par la toiture.
Manque d’homogénéité dû aux divers revêtements de façade (peinture glycérol, plaquettes de fausse brique…)
déperditions thermiques
parois courantes
menuiseries
plancher haut
dalle basse
ponts thermiques
infiltrations
État actuel avant restauration
102 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES CAS PRATIQUES
État projeté après restauration économique
CAS PRATIQUES CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
103
CAS D’une MAISON JUMELÉE
CAS D’une MAISON JUMELÉE
RESTAURATION COURANTE
RESTAURATION ISMH
Travaux façade
Travaux façade
NettoyageNettoyage chimique, rinçage
Maçonnerie
Conservation des briques défectueuses
Rejointoiement Reprise ponctuelle des joints à la chaux
Finition
Réfection à neuf de la barbotine
Travaux toiture (couverture et souche)
Couverture
Réfection complète en pannes du nord à emboîtement Charpente
Restauration ponctuelle, peinture à la chaux sur les chevrons dépassants
Évacuation d’eau
Réfection des gouttières et descentes en zinc
Souche de cheminée
Reprise totale des joints à la chaux, changement des briques défectueuses ; réfection du solin ; hydrofuge
Nettoyage
Maçonnerie
Rejointoiement
Finition
Micro ou hydro-gommage (max. 2 bars)
Changement des briques défectueuses
Reprise totale des joints à la chaux
Hydrofuge, restitution du badigeon à la chaux
Travaux toiture (couverture et souche)
Couverture
Réfection complète en pannes du nord à emboîtement ;
pose d’un écran de sous-toiture perméable
Charpente
Restauration intégrale, peinture à la chaux sur les chevrons dépassants
Évacuation d’eau
Réfection des gouttières et descentes en cuivre
Souche de cheminée
Reconstruction des souches supprimées ou en mauvais état
Travaux menuiseries
Travaux menuiseries
Menuiserie
Conservation des menuiseries anciennes + renforcement du cadre
Restauration des volets d’origine
Vitrage
Conservation du simple vitrage à l’extérieur + pose d’un survitrage
FinitionPré-peinte en atelier
État projeté après restauration courante
104 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES CAS PRATIQUES
Menuiserie
Pose de menuiseries neuves en bois
Pose de volets battants neufs en bois
Vitrage
Double vitrage ou simple vitrage performant
Finition
Peinture minérale à partir de pigments naturels et d’huile de lin,
en 2-3 couches
État projeté après restauration ISMH
CAS PRATIQUES CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
105
CAS D’une MAISON JUMELÉE
PROGRAMMES D’AMÉLIORATION ÉNERGÉTIQUE
La consommation énergétique du bâtiment non isolé est d’environ 460 kWhep/m2/an (calcul dynamique).
Pour la diminuer et améliorer le confort thermique, trois programmes sont établis en fonction du budget.
PROGRAMME ÉCONOMIQUE (€) Objectif : 230 kWhep/m 2 /an
Isolation en comble
240 mm de laine de verre ou laine de roche (R = 5 m2.K/W)
Isolation du plancher bas sur cave
100 mm de chaux-chanvre (R = 2,3 m2.K/W)
Menuiseries
Conservation de la menuiserie existante
Étanchéité à l’air
Renforcement (joints, calfeutrement, etc.)
Renouvellement d’airVentilation naturelle
Système de chauffage / ECS
Chaudière classique à haut rendement
PROGRAMME MOYEN (€€) Objectif : 160 kWhep/m 2 /an
Isolation en comble
Isolation du plancher bas sur cave
Isolation des parois courantes
Menuiseries
Étanchéité à l’air
Renouvellement d’air
Système de chauffage / ECS
240 mm de laine de mouton (R = 7,5 m2.K/W)
100 mm de chaux-chanvre (R = 2,3 m2.K/W)
124 mm de silicate de calcium (R = 2,3 m2.K/W))
Conservation de la menuiserie existante, ajout d’un survitrage côté
intérieur (U = 2,3 W/m2°K)
Renforcement (joints, calfeutrement, etc.)
Ventilation simple flux (hygro B)
Chaudière à gaz à condensation
PROGRAMME PERFORMANT (€€€) Objectif : 120 kWhep/m 2 /an
Isolation en comble
Isolation du plancher bas sur cave
Isolation des parois courantes
Menuiseries
Étanchéité à l’air
Renouvellement d’air
Système de chauffage
Système d’ECS
240 mm de laine de bois (R = 6 m2.K/W)
100 mm de liège expansé (R = 2,3 m2.K/W)
100 mm de laine de bois + frein-vapeur (R = 2,3 m2.K/W)
Remplacement de la menuiserie existante par une menuiserie bois double vitrage 4 /16 / 4 « Argon » (U = 1,6 W/m2.K)
Renforcement (joints, calfeutrement, etc.)
Ventilation double flux
Pompe à chaleur air/eau (COP = 3,2)
Chauffe-eau solaire thermique individuel (Cesi)
106 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES CAS PRATIQUES
adresses ut i les
ADRESSES UTILES
ADRESSES UTILES
ADEME
CAUE 59
Fondation du patrimoine
PACT Pas de Calais (Siège)
Agence de l’environnement
Conseil d’Architecture, d’Urbanisme
Délégation du Nord
et de la maîtrise de l’énergie
et de l’Environnement du Nord
Centre tertiaire de l’Arsenal
20, rue du Prieuré
59500 Douai
Tél. 03 27 95 89 70
Fax 03 27 95 89 71
ademe.nord-pas-de-calais@ademe.fr
www2.ademe.fr
98, rue des Stations
59000 Lille
Tél. 03 20 57 67 67
Fax 03 20 30 93 40
www.caue-nord.com
40, rue Eugène-Jacquet
59708 Marcq-en-Barœul Cedex
Tél. 03 20 99 45 11
Fax 03 20 99 47 61
www.fondation-patrimoine.org
6, rue Jean Bodel
62000 Arras Tél. 03 21 51 23 55 Fax 03 21 51 79 44 contact@pact-pasdecalais.fr www.pact-habitat.org
Fondation du patrimoine
Parc naturel régional Scarpe-Escaut
CAUE 62
Délégation du Pas-de-Calais
Conseil d’architecture, d’urbanisme
Manoir du Huisbois - BP 22
62142 Colembert
Tél. 03 21 87 84 68
Fax 03 21 87 90 88
www.fondation-patrimoine.org
Maison du Parc
357, rue Notre-Dame d’Amour
59230 Saint-Amand-les-Eaux
Tél. 03 27 19 19 70
Fax 03 27 19 19 71
contact@pnr-scarpe-escaut.fr
www.pnr-scarpe-escaut.fr
ANAH
et de l’environnement du Pas-de-Calais
Délégation locale du Nord
43, rue d’Amiens
62018 Arras Cedex 09
Tél. 03 21 21 65 65
Fax 03 21 21 62 56
caue62@caue62.org
www.caue62.org
62, boulevard de Belfort - BP 289
59019 Lille Cedex Tél. 03 28 03 83 09 Fax 03 28 03 84 69
www.anah.fr
ANAH
CD2E
Délégation locale du Pas-de-Calais
Centre de développement d’éco-entreprises
Communauté urbaine d’Arras
3, rue Frédéric-Degeorge - BP 10345
62026 Arras cedex Tél. 03 21 21 88 98 Fax 03 21 21 96 96
www.anah.fr
Base du 11/19
62750 Loos-en-Gohelle
Tél. 03 21 13 06 80
Fax 03 21 13 06 81
www.cd2e.com
DRAC NPdC
Campagnes Vivantes
Direction régionale des affaires culturelles
Association de dialogue
du Nord-Pas-de-Calais
sur la gestion de l’espace rural
3, rue du Lombard
59041 Lille cedex
Tél. 03 20 06 87 58
Fax 03 28 36 62 21
www.nord.pref.gouv.fr
Cité de l’Agriculture
54-56, avenue Roger-Salengro - BP 90136
62054 Saint-Laurent-Blangy Cedex
Tél. 03 21 60 57 18
Fax 03 21 60 57 19
campagnes_vivantes@nordnet.fr
www.campagnes-vivantes.asso.fr
DREAL NPdC
Direction régionale de l’environnement,
de l’aménagement et du logement
CAPEB 59
du Nord-Pas-de-Calais
Chambres des Artisans et des Petites
44, rue de Tournai - BP 259
59019 Lille Cedex
Tél. 03 20 13 48 48
Fax 03 20 13 48 78
dreal-nord-pdc@developpement-durable.gouv.fr
www.nord-pas-de-calais.developpement-durable.gouv.fr
Entreprises du Bâtiment du Nord
112, rue Gustave-Dubled - BP 20016
59170 Croix Cedex
Tél. 03 20 99 70 84
Fax 03 20 99 70 82
contact@capeb-nord.fr
www.capeb-nord.fr
108 CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES ADRESSES UTILES
Habitat & développement
du Nord Pas-de-Calais
Parc naturel régional des Caps
3 rue Alexandre-Maniez
62750 Loos-en-Gohelle Tél. 03 21 37 38 36 Fax 03 21 37 43 71 agence.npdc@hdno.fr
et Marais d’Opale
Maison du Parc - BP 22
62142 Colembert
Tél. 03 21 87 90 90
Fax 03 21 87 90 87
info@parc-opale.fr
www.parc-opale.fr/
Maisons & Cités / SOGINORPA
Office HLM
167 rue Foulons
59500 Douai
Tél. 03 27 99 85 85
Fax 03 27 99 85 99
www.soginorpa.fr
SIA Habitat – Agence Lille
Façade de l’Esplanade
10, square Daubenton - 59000 Lille
Tél. 03 28 36 16 36
contact.lille@sia-habitat.com
Maisons Paysannes de France
STAP 59
Association nationale de sauvegarde
Service territorial de l’architecture
du patrimoine rural bâti et paysager
et du patrimoine du Nord
4, faubourg Saint-Germain
62134 Teneur
Tél. 03 21 04 85 87
pas-de-calais@maisons-paysannes.org
www.maisons-paysannes.org
3, rue du Lombard
59000 Lille
Tél. 03 28 36 78 70
Fax 03 28 36 78 84
STAP 62
Mission Bassin Minier Nord-Pas-de-Calais
Service territorial de l’architecture
Carreau de Fosse
9/9bis, rue du Tordoir - BP 16
62590 Oignies
Tél. 03 21 08 72 72
Fax 03 21 08 72 70
www.missionbassinminier.org
et du patrimoine du Pas-de-Calais
2, rue Albert 1er de Belgique
62000 Arras
Tél. 03 21 50 42 70
Fax 03 21 15 47 98
www.culture.gouv.fr/culture/sites-sdaps/sdap62
ADRESSES UTILES CAHIER DE RECOMMANDATIONS ARCHITECTURALES
109
Bibliographie
Cent Ans d’habitat social, une utopie réaliste, éd. Albin Michel, 1989
Les Maisons des mines, éd. Mardaga, 1995
L’Habitat minier en région Nord-Pas-de-Calais, éd. Mission bassin minier, 2008
Du coron à la cité, un siècle d’habitat minier dans le Nord-Pas-de-Calais, éd. Centre historique minier
de Lewarde, Lille, 1995
Bruay-la-Buissière, réhabilitation de la Cité n° 2 dite « Cité des électriciens », ag. Soginorpa, 2001
« Mémoire de l’habitat Nord-Pas-de-Calais », revue Urbanismes et architecture (ORHA), 1989
L’Architecture rurale française Nord-Pas-de-Calais, éd. La Manufacture, 1988
La Brique, fabrication et traditions constructives, éd. Eyrolles, 2004
Les Fenêtres, vue sur un patrimoine, éd. Infolio, 2008
Publication
Direction régionale des Affaires culturelles Nord-Pas-de-Calais
Direction
Service territorial de l’Architecture et du Patrimoine Pas-de-Calais (STAP 62)
Service territorial de l’Architecture et du Patrimoine Nord (STAP 59)
Coordination
Catherine Madoni, architecte des Bâtiments de France, chef du service, STAP 62
Colette Dréan, conseillère valorisation du patrimoine, DRAC Nord-Pas-de-Calais
Franck Tétart, ingénieur du patrimoine, STAP 62
Auteurs
Jennifer Didelon & Éric Barriol, architectes du patrimoine, Paris
La Rénovation écologique, éd. Terre vivante, 2010
La Maison paysanne, éd. Aubanel, 2005
Les Économies d’énergie dans l’habitat existant, éd. École des mines de Paris, 2007
L’Isolation bio de la maison ancienne, éd. Eyrolles, 2009
Guide des énergies vertes pour la maison, éd. Terre vivante, 206
Isolation naturelle des maisons paysannes, éd. Maisons paysannes de France, 2007
Humidité, éd. Maisons paysannes de France, 2008
Avec la participation du « Groupe Matériaux brique » : Raphaël Alessandri (Mission Bassin Minier),
Bet Agathe, Véronique Boulen-Baud (PNR Scarpe-Escaut), David Besengez (Conseil Régional NPdC),
Béatrice Boijard-Lafont (DREAL NPdC), Grégory Boulen (PNR Avesnois), Catherine Bourlet (STAP 59),
François Breton (STAP 62), Françoise Buissart (SIA), Éric Cassoret (Capeb 62), Jean-Marie Claustre
(DRAC NPdC), Pierre Cusenier (STAP 59), Marielle Dhainaut (Ademe), Philippe Druon (CAUE 62),
Étienne Dubois (STAP 59), Frédéric Évard (architecte), Marie-Christine Geib-Munier (Maisons paysannes
de France), Philippe Godeau (PNR Caps et Marais d’Opale), Jérôme Hadrzinski (Soginorpa), Romain
Hannedouche (DIREN NPdC), Sandrine Joubert (Campagnes Vivantes), Hélène Letombe (CAUE 62),
Marc Lévêque (Direction générale des patrimoines), Alain Lucas (Cd2E), Denis Magnol (DREAL NPdC),
Jacques Philippon (DRAC NPdC), Benoît Poncelet (CAUE 59), Christophe Rouvres (CAUE 59), Véronique
Stievenard (STAP 59), Marc Verdure (Conseil Général 59), Pierre Vidal (Fondation du patrimoine NPdC)
Conception graphique
Brigitte Mestrot, Paris
Relecture
Joëlle Bibas, Camille Didelon
Crédits photographiques
Barriol & Didelon architectes, DRAC NPdC, Internet, Mission Bassin Minier, PNR Scarpe-Escaut,
Sladjana Stankovic photographe, STAP 62
Impression
Imprimerie STIPA, Montreuil-sous-Bois
achevé d’imprimer en septembre 2012
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