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M
APPE
ONDE
3/1993
SRI LANKA: MODÈLE D’ÎLE
Michel NEYROUD
RÉSUMÉ Cinq chorèmes rendent compte de
l’essentiel de l’organisation spatiale de Sri
Lanka. Ils permettent de discerner le jeu
simultané de deux logiques aboutissant à un
modèle spatial théorique.
ABSTRACT Spatial organisation in Sri
Lanka can be summed up by five choremes
which bring into play two different logics
resulting in a theoretical spatial model.
RESUMEN Cinco coremas explican lo esencial de la organización del espacio esrilanqués. Permiten discernir el juego simultáneo de dos lógicas que conducen a un
modelo espacial teórico.
• CHORÈME • MODÈLE GRAPHIQUE • ORGANISATION DE L’ESPACE • SRI LANKA
• CHOREME • GRAPHICAL MODEL • SPATIAL ORGANISATION • SRI LANKA
• COREMA • MODELO GRÁFICO • ORGANIZACIÓN ESPACIAL • SRI LANKA
Une forme simple, des structures
complexes
N
JAFFNA
0
50
100
km
8° N
KANDY
COLOMBO
GALLE
80° E
1. L’espace sri-lankais
M. Neyroud
Haut-pays
L’espace sri-lankais, bien que piriforme, peut être réduit, sans risque, à un
cercle (fig. 1). Trois villes, Colombo,
Jaffna et Kandy, servent de repères. Sur
cette surface isotrope, cinq clés ou chorèmes révèlent la complexité et la spécificité de cette île d’Asie du Sud.
• Un couple de territoires et une interface
Les champs ethno-culturels de Sri Lanka
ne sauraient se résumer à l’opposition
trop réductrice entre Cingalais bouddhistes «majoritaires» (74%) et Tamouls
hindouistes «minoritaires». Le modèle
(fig. 2) révèle l’existence d’un noyau
ethno-démographique tamoul centré sur
Jaffna au nord, échappant à l’influence
dominante. L’attraction de ce pôle structurant s’est davantage diffusée vers le
sud-est que vers le nord-ouest (gradient
au flux de la colonisation tamoule d’origine dravidienne). Ainsi s’est constitué,
sur les côtes nord-ouest et est, aux
confins de deux aires culturelles, un
croissant de nombreuses communautés
1
Cingalais
A B
Tamouls (A) du Tamilnad - (B) du Sri Lanka
Interface ethnique
Inde non dravidienne
Centre étatique
Complexe de minorité-majorité (fonction du rapport
démographique suggéré par la proportionnalité des surfaces)
2. Les champs ethno-culturels
Mappemonde 3/93
• Gradients autour d’un pôle pluviométrique
Résultat de mécanismes complexes, la
répartition des pluies individualise un
quadrant sud-ouest humide, arrosé selon
un rythme équatorial, qui inclut également le versant ouest du haut-pays.
Dans le reste de l’île, il s’ensuit une dégradation climatique (climat tropical
décalé à forte irrégularité), maximale sur
les côtes nord-ouest et sud-est avec une
très longue saison sèche (fig. 3).
3. Le climat
Zone humide
Zone sèche
Centre
Cité hydraulique
Capitale hydraulique
abandonnée
Réservoir
4. La déprise-attraction et le modèle centrepériphérie
endogames principalement tamoulophones: Tamouls historiquement et socialement distincts des Tamouls du nord,
Cingalais et Maures musulmans s'y partagent l'espace entre deux systèmes de
domination. Enfin, la proximité de
l’Union indienne vient interférer avec
ces situations locales complexes dans un
subtil jeu de miroirs qui amène à relativiser, à plusieurs échelles, le concept de
minorité-majorité.
M. Neyroud
• Effets de déprise-attraction et modèle
centre-périphérie
Ce modèle de mouvement (fig. 4 a) souligne l’abandon progressif des capitales
hydrauliques de la «zone sèche», Rajarta
au centre-nord et Ruhuna au sud, pour
des raisons encore discutées (Meyer,
1989 et 1990), et la reconstitution de
centres de pouvoir locaux dans la «zone
humide», les royaumes de Kotte et de
Kandy. Le Centre-Nord devient à la fois
un espace répulsif pour cause de malaria
endémique et un no man’s land entre les
deux communautés principales (1).
L’existence d’un modèle centre-périphérie (fig. 4 b) qui a pu fonctionner jusqu’à
la crise du XIIe siècle (Gunawardena,
1971 et 1978) peut être évoquée. Autour
de la capitale, centre politique et cérémoniel, (Anuradhapura, puis Polonnaruwa), le noyau du royaume comprend
les espaces les plus peuplés et les mieux
irrigués à partir de grands ouvrages disposés en chapelet sur les fleuves pérennes. Une auréole périphérique est administrée par des potentats locaux disposant d’une moindre technologie et soumis à une plus grande insécurité.
• Effets de conquête-résistance
Parallèlement à la mise en place d’un
refuge dans le Centre-Sud montagneux,
correspondant à l’État kandyen, s’affirment à partir du XVIe siècle les impérialismes successifs et concurrents des
comptoirs portugais, puis hollandais.
Face à l’Inde convoitée, sur un carrefour
du Caminho da India, proches des plantations réputées des canneliers, émergent
— dans le cadre d’une économie de traite et dans le quadrant sud-ouest le mieux
placé, puisque regardant du côté de l’origine des envahisseurs —, deux têtes de
2
5. La conquête-résistance
pont: Galle et Colombo. Ce modèle induit une dissymétrie entre les façades:
l’occidentale, proche du subcontinent et
«au vent» de la conquête, opposée à
l’orientale, véritable côte aveugle (fig. 5).
• Dissymétrie espace bandé-espace
retourné
Dans le cadre d’une économie coloniale
et capitaliste, seul le quadrant sud-ouest
«utile» est valorisé en fonction des systèmes de production agricoles, sur les
pentes du haut-pays désormais conquis
par la colonisation britannique (1815).
Au premier cycle économique de la
cannelle, relayé en altitude par le cinchona (2) en 1870 et le café à partir de
1850-1880, succèdent des cultures commerciales (fig. 6) qui structurent encore
aujourd’hui l’organisation de l’espace
sri-lankais: «avenue du cocotier» sur le
littoral sud-ouest (A), hévéa des collines du moyen-pays (B), théiers des
pentes nébuleuses du haut-pays (C).
À ce modèle historique de conquête
s’ajoute, depuis l’Indépendance, une
dynamique cingalaise de réappropriation
de l’espace intérieur précolonial: ce
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A B
C
6. La mise en valeur agricole: le modèle
historique de la conquête
9. L’organisation spatiale
4
10
5
9
6
3
2
8. Les modèles auréolaire et gravitationnel
«apatrides» des plantations et exil des
pêcheurs de Jaffna vers le Tamilnad,
migrations de travail vers le Golfe, brain
drain vers l’Europe ou le Canada…
L’organisation théorique de l’espace
La composition des modèles élémentaires permet de discerner le jeu simultané de deux modèles (fig. 8).
7. La réappropriation de l’espace
«retournement» de l’espace (fig. 7), marqué par d’actifs fronts pionniers agricoles
vers la zone sèche, prend parfois l’allure
d’une véritable reconquista, colonisation
stratégique vers les confins du territoire
cingalais. À la tradition ancienne d’émigration vers l’Asie du Sud-Est, dont la
diaspora tamoule en Malaysia, se sont
ajoutées les migrations découlant des violences «communalistes» depuis les
années 1970: rapatriement des Tamouls
M. Neyroud
• Un modèle auréolaire
Il résulte de la combinaison des deux
modèles historiques précoloniaux (fig. 2
et 4). L’intérieur de l’espace insulaire
est simultanément et alternativement
centre et périphérie, s’opposant au pôle
ethno-démographique tamoul et au
croissant de mélange ethnique.
• Un modèle gravitationnel
Ce modèle se dispose par rapport aux trois
grandes sources de dissymétrie jouant
dans le même sens (fig. 3, 5, 6 et 7).
La déformation mutuelle de ces deux
modèles théoriques généraux donne
l’essentiel de l’organisation spatiale srilankaise (fig. 9): une division en «croissant» centrée sur le croissant sud-ouest,
3
7
1
8
10. Une logique théorique de conquête
qui s’apparente à un quadrant, de loin le
plus valorisé. Cette organisation a toutes
les chances de se retrouver, sous forme
latente, dans beaucoup de cartes de l’île
(Schwartzberg, 1978; Survey Department Sri Lanka, 1988; University of
Colombo, 1983).
Une logique théorique de conquête peut
être esquissée (fig. 10): à partir de la tête
de pont historiquement dédoublée en
Galle et Colombo (1 et 2 sur la figure),
relais ultramarin des impérialismes
européens, une pénétrante cherche à rallier le centre recteur de l’île, c’est-à-dire
Kandy (3 sur la figure), bastion-refuge
du nationalisme cingalais. Des projections sur les littoraux sont attendues
pour parachever la maîtrise de l’île,
d’abord vers la «côte extérieure», d’où
pourrait venir le danger (axe transceylanais). Le développement des infrastructures de transports, route et rail, permet
non seulement d’introduire l’économie
Mappemonde 3/93
11 a. INS. CEILAN quæ incolis Tenarisin dicitur, 1630
Référencée Ge.Af Pf "(58), cette carte, qui consiste en une feuille colorée de 34,2 x 49,8 cm, est reproduite ici en noir et blanc. La carte est orientée le nord à gauche.
Source: Bibliothèque Nationale, Cartes et plans, Paris. Cliché: Service photographique de la Bibliothèque Nationale.
agro-exportatrice des plantations dans le quadrant sud-ouest,
mais aussi de centrer la Crown Colony sur le noyau ethno-démographique le plus puissant. Le centre de gravité insulaire, jadis
introverti, est désormais intégré au système Monde et tributaire
de dynamiques exogènes. Dès lors, c’est la fin d’un équilibre,
d’une harmonie de l’ordre royal et cosmologique: l’extinction de
la fonction politique de Kandy marque la fin de ces royaumes
centraux et de ces cités agraires de l’intérieur, véritables axis
mundi (3) (Smith et Baker Reynolds, 1987). Colombo, désormais capitale coloniale, puis étatique, même si elle hérite d’une
cité royale tardive, à savoir celle de Kotte au XVe siècle, est une
fondation anticingalaise: après plus d’un millénaire et demi de
résistance à l’appel cosmopolite, le tropisme littoral a triomphé.
Une carte coloniale de 1630 illustre et valide, en partie, la
démarche de modélisation (fig. 11 a et b). Elle serait la copie
d’une carte publiée en 1606, extraite du quatrième Atlas du
Monde de Mercator-Hondius. L’ancienne Ceilão est perçue
comme un pentagone, dont les sommets, à part Colombo sur
la façade occidentale, sont les principaux comptoirs portugais.
À l’extrême sud, l’ancienne Galle a été curieusement oubliée.
M. Neyroud
Ces bases coloniales structurent la périphérie maritime d’une
première auréole d’établissements côtiers, et anticipent un premier maillage colonial du territoire par des lignes continues en
arrière du trait de côte. Non loin des plantations de canneliers
(canela) s’ouvre, à partir de Colombo, le principal itinéraire de
conquête à travers une deuxième auréole, qualifiée au nord de
«déserts forestiers» (matos desiertos), au centre et au sud de
«déserts montagneux» (serras, desertos intratables). En
amont, les deux forteresses (fortaleza) de Ceitabaca constituent
les défenses éloignées du centre colonial.
Idéalement et arbitrairement placé au centre géométrique de la
carte se situe le centre recteur de l’île, le royaume de Kandy
(Reino de Candea). Ce détournement cartographique suggère
l’ultime trauma d’une nation ultramarine qui ne maîtrise pas
«son» île. Un avant-poste militaire, d’allure bastionné et aux
dimensions exagérées, côtoie, dans cette marche, un monumental pilier de pierre (padrão?), peut-être le pendant symbolique de la montagne sacrée panceylanaise: le pic d’Adam.
Ces marqueurs territoriaux soulignent, sans aucun doute, la
vision prospective de la dernière étape coloniale.
4
Mappemonde 3/93
saire relais sur le grand axe d’allongement nord-sud entre
Kandy et Jaffna: c’est celui d’Anuradhapura (4); d’autre part,
un décentrement du centre virtuel de Kandy, enclavé dans son
bassin, porte du haut-pays, mais évité par la route ColomboTrincomalee. Enfin, le Sud théicole du haut-pays est compartimenté en un bloc soulevé et un bassin abrité à l’est (Uva), d’où
un dédoublement des commandements entre Nuwera Eliya,
ancienne station «au vent», et Badulla à l’est. L’arrivée au XIXe
siècle de travailleurs tamouls indiens, les «apatrides», ne fit que
compliquer la société multiethnique ceylanaise.
N
Première auréole
Périphérie - tampon
Deuxième grande contingence, la prééminence économique de
Colombo. Malgré un port naturel médiocre, Colombo attire
mieux les flux que Galle. Le massif de Sarabagamuwa et surtout le grand escarpement méridional du Southern Wall isolent
Galle du haut-pays théicole et fixent Ratnapura, relais de
Colombo, dans le couloir intermédiaire. La rocade historique
entre Galle et Colombo se renforce.
Comptoir portugais
Point d'entrée
Canneliers
Haut-pays
Centre plein (royaume de Kandy)
Les saillants significatifs de la péninsule de Jaffna et de l’île de
Manar, comme les rentrants fonctionnels du golfe de Koddiyar
abritant Trincomalee et de la baie de Batticaloa, n’altèrent en
rien le modèle théorique: ils sont «à leur place» dans le maillage littoral (fig. 10).
Pilier de pierre
Pic d’Adam
Forteresse
L’essentiel de l’organisation spatiale réelle est en place: une
organisation en croissants et un réseau de transports arborescent
à partir du centre polarisateur en sont les principales caractéristiques. Un modèle spatial spécifique peut être déduit (fig. 13).
Modélisation
+
+
Le modèle spécifique (fig. 13)
Il souligne l’existence de quatre sous-espaces marqués par une
intégration décroissante à partir du centre étatique.
11 b. Le premier maillage colonial
• Quadrant sud-ouest
C’est à partir de son centre polarisateur, Colombo, et de son
aéroport international que se sont développés les terrains
industriels (80% du potentiel) et portuaires (zone franche de
Katunayake), les emplois tertiaires et l’essentiel d’un tourisme
balnéaire, pourtant exposé à des conditions climatiques équatoriales. Cet espace surpeuplé, avec 86% de la population, et très
urbanisé, puisqu’il regroupe six des sept villes principales, est
doté d’une dense infrastructure de transport pour l’acheminement des cultures d’exportation.
Le morcellement
tectonique et climatique
du haut-pays
K
NE
U
S
• Croissant intérieur
Cette vaste région, au vide démographique relatif, est en voie
d’intégration grâce à d’actifs fronts pionniers, tels les aménagements de la Mahaveli Ganga. C’est aussi une réserve
d’espace, aux «extrémités» les plus sèches du croissant, celles
des parcs nationaux de Wilpatu et de Yala.
K - Bassin de Kandy
N E - Hautes surfaces de Nuwera Eliya
L'excentricité du haut-pays
U - Bassin d’Uva
S - Massif de Sabaragamuwa
12. Les contingences
• Marche
Ce croissant extérieur, marqué par l’hétérogénéité ethnique et
les fortes densités, est à la fois base de reconquête par la colonisation agricole cingalaise, défense éloignée du pôle étatique
(Trincomalee) et théâtre d’insécurité avec les maquis des
groupes séparatistes tamouls.
Les contingences (fig. 12)
L’essentiel de la déformation provient de l’allongement méridien de l’île, combiné à l’excentricité du haut-pays au centresud. Ces contingences naturelles induisent, d’une part un néces-
M. Neyroud
5
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(1) Le repli d’une partie de la population ceylanaise ancienne vers
Jaffna et la façade orientale peut être considéré comme accessoire.
(2) Arbre ou arbuste tropical, scientifiquement appelé cinchona, dont
on extrait, des écorces amères, la quinine et la cinchonine.
(3) Pour le clergé bouddhiste et la monarchie cingalaise, la question
cruciale de la continuité avec la tradition est respectée: la place de
l’arbre sacré de la bodhi, considéré comme axis mundi et centre
d’Anuradhapura, est prise par la Dalada, dent relique du Bouddha,
conservée à Kandy. «That whoever possessed the Dalada had the
right to rule the island» note A. WICKREMERATNE (1987) in:
SMITH et BAKER REYNOLDS (1987).
(4) Cette fonction de relais est signalée, page 124, dans l’ouvrage de
Jules LECLERC, Un séjour dans l’île de Ceylan (1900, Paris,
Librairie Plon). «Après douze heures de voiture [omnibus postal
Matalé-Jaffna], sous un soleil d’enfer, on descend brisé au resthouse
que le gouvernement a établi à Anuradhapura».
Jaffna
Mannar
Trincomalee
Anuradhapura
Kandy
Négombo
Batticaloa
Colombo
Dehiwala
Ratnapura
Moratuwa
Badulla
Nuwera Eliya
Galle
Références bibliographiques
Quadrant sud-ouest
Croissant intérieur
BRUNET, R., 1987, La Carte, mode d’emploi, Paris, Fayard/Reclus,
270 p.
BRUNET, R., 1990, Mondes nouveaux. Le déchiffrement du Monde,
Paris, Hachette/Reclus/CIC, coll. Géographie Universelle, vol. I,
Livre 1, 552 p., 127 cartes, 119 photos (couleur).
GUNAWARDANA R. A. L. H., 1971, «Irrigation and hydraulic society in early medieval Ceylon», Past and present, n° 55, pp. 3-27.
GUNAWARDANA R. A. L. H., 1978, «Social function and political
power: a case study of state formation in irrigation society», Indian historical review, vol. IV, n° 2, pp. 250-273.
MEYER É., 1988, «La crise sri-lankaise: enjeux territoriaux et enjeux
symboliques», in: «Géopolitiques en Asie des moussons», Hérodote,
n° 49, pp. 52-59.
MEYER É., 1989, «Techniques d’irrigation et société hydraulique à
Ceylan à l’époque pré-coloniale», Cahiers du Centre de Recherches
Historiques, n° 4, pp. 59-69.
MEYER É., 1990, «Comment caractériser les royaumes sri-lankais
anciens? Remarque critique sur les concepts de féodalisme et de
société hydraulique», Purusartha, n° 13, pp.207-216.
MEYER É., 1990, «Representations of past and of space as ”obstacles to peace” in Sri Lanka», Lanka, n° 5, pp.297-320 (Obstacles
to Peace in Sri Lanka, séminaire organisé à Uppsala par P.
SCHALK, en octobre 1990).
SCHWARTZBERG J. (éd.), 1978, Historical Atlas of South Asia,
University of Minesota, Chicago, Londres.
SMITH B. et BAKER REYNOLDS H. (éds.), 1987, The City as a
Sacred Center. Essay on Six Asian Contexts, International studies in
Sociology and Social Anthropology, vol. XLVI, E. J. Brill.
Survey Department Sri Lanka, 1988, The National Atlas of Sri Lanka.
University of Colombo, 1983, Demographic Atlas of Sri Lanka,
Demographic Training and Research Unit.
Marche
Pôle tamoul
Haut-pays
Périmètres irrigués
Industrie
Tourisme balnéaire
Parcs naturels
Voies de communication
Villes
Nb. d’habitants
(en milliers)
- de 50
50 à 100
100 à 250
+ de 1000
13. Le modèle spécifique
• Péninsule de Jaffna
Le pôle ethno-démographique tamoul est marqué par une tendance à l’autonomie, d’abord par ses solidarités culturelles
avec l’avant-pays, et par suite d’une paupérisation croissante.
En effet, Jaffna est considérée, par un État en voie de désengagement, comme une périphérie «lointaine». Cette métropole
régionale, autour de laquelle gravitent des auréoles de petites
villes, paraît décentrée vers le sud, comme tournée vers la
marche, où se situent les bases de départ des Tigres tamouls
séparatistes. Elle semble en retrait, dans la position d’une ville
qui surveille, de loin et à l’abri, le détroit d’Elephant Pass.
L’auteur remercie Éric MEYER, (CNRS, UA 116, Centre d’Études de l’Inde
et de l’Asie du Sud-Est, EHESS, Paris), qui a bien voulu relire le manuscrit et
apporter ses critiques constructives.
M. Neyroud
M
6
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