L`EXPLOITATION CORRE FRÈRES - Bois et forêts des tropiques

L`EXPLOITATION CORRE FRÈRES - Bois et forêts des tropiques
 L’EXPLOITATION CORRE FRERES
A AGBOVILLE (Cote d'Ivoire)
par P. ALLOUARD
Conservaleur des Faux el Foréls,
М. В, В. В. — Monsieur ALLQUARD, Chef de la Division des Exploitalions du Centre Technique
Forestier Tropical, a effectué en septembre 1954 un noyage en Cote d' Iuoire,
L'idée directrice de ce voyage était de visiter les plus caractéristiques parmi les exploitations forestières
de ce pays ef d'y recuetilir des informations sur les engins ou les méthodes employés, en vue de faire profiter
ensuite l'ensemble de la Profession de l’expérience acquise par chacun de ses membres. La confrontation des
conditions de travail des diverses entreprises et des techniques qu’elles emploient est, en effet, un des meil-
leurs facteurs de progres et d'amélioration des prix de revient de l'exploitation forestière,
Nous publions ici la partie du compte-rendu de ce voyage relative à la visite de Exploitation Corre
Frères, fort intéressante par les engins nouveaux qui y ont été mis au point.
L'engin le plus original, « la grue à béquilles » a déjà été décrite dans notre n° 28. Mais en raison de
l'intérêt qu’il présente, notts pensons que nos Lecieurs seront heureux de le trouver ci-après, présenté avec
plus de détails.
THE ‘‘ CORRE FRERES '’ FOREST EXPLOITATION IN THE IVORY COAST
SUMMARY
This concern is of particular interest because equipment machines and work methods which fave been tuned up und developed
on the spot are so efficient that other logging firms montd find if profituble fo use ;
The triped crane which is easily shifted from one point to another and enables to carry out preloading on trucks
without the help of a powerful engine. This crane may also, thanks to its tripod hauls by itself the logs on the loading area.
The portal cranes used for loading railway trucks are quick working and of small cost.
A heavy piece of iron dragged by a wheel tractor on the road nel levels the ground in a fairly efficient way and at lowcost,
LA EXPLOTAGION FORESTAL ‘‘ CORRE FRERES "" EN LA COSTA DE MARFIL
RESUMEN
Esta empresa presenta un interes particular ya que Hno encuenta alli, magiinas, équipos y metodos de trabaje efficientes y
poro costosas que han sido ajustadas en el sitio mismo, y que muehas otras explotaciones debrian ulilizar.
Lu Grua tripodal es una maquina que se mueve facilmente y que permite de efectuar el precargamento de los camiones sin
el ayudo de un motor poderosa,
Los cabrestantes de portal utilizados para cargar los pagones de ferrocarril trabajan rapidamente 1 son de hbafocosto,
Un pedazo de hierro, bastunte pesado y tirado sobre los caminos por un fractor de ruedas realiza un trabaja de nivrlacion
muy ufil con gastos minimos,
Revue Bois et Forêts des Tropiques, n° 40, Mars-Avril 1955 17
DESCRIPTION GÉNÉRALE DE L'EXPLOITATION
En Côte d’Ivoire, les Frères Corre dirigent, en
même temps que leur exploitation forestière, une
plantation d’environ 150 ha, qui comprend prin-
cipalement des bananiers et des caféiers. А l’ex-
ploitalion forestière sont adjointes, une petite
scierie et une fabrique de paille de bois qui utilise
les déchets de samba.
T’entreprise possède actuellement 23 chanliers,
donl $ dans la région de Rubino (près d’Agbo-
ville), 5 sur VAgnéby et 10 dans la région d’Aboisso.
En 1954, exploitation a été concenirée sur les
chantiers de la région de Rubino. Comme dans
la plupart des exploitations de la Côte d'Ivoire,
l’activité s'exerce sur deux groupés de chantiers
fournissant des essences différenles. Le plus im-
portanl par sa production comprend surtout du
Samba, ainsi que d’autres bois en pelite quantité
(Iroko, Tiama, Acajou, Makoré). L'autre contient
notamment des bois rouges, Lels que du Sipo, de
l’Acajou blanc (Khaya antholéca) et du Tiama.
On n’y trouve ni Makoré, ni Niangon, ni Acajou.
De ce premier chantier, on a tiré jusqu'ici, sur
3,500 ha. environ 3,000 arbres, à raison de 7 m* par
arbre, ce qui correspond à 25.000 m?, soit 10 m°
à l’ha, chiffre que l’on peut considérer en Côte
d'Ivoire, comme intéressant, dans la mesure où
l’on admet que le Samba esl une essence inté-
ressante.
Le deuxième chantier esl moins riche si l’on
considère le nombre de bois commerciaux qu'il
contienl, mais comme le cubage porte sur des
essencés meilleures que le Samba, il est finale-
ment plus intéressant.
On s'efforce de maintenir constamment en
activilé deux chantiers portant des foréls de
types différents, afin d'étre en mesure d'appro-
visionner le marché en essences les plus deman-
dées.
Les bois sonl envoyés à Abidjan par le che-
min de fer, soit une distance de 100 km, Le trans-
port revient à 600 Fr CFA. par mêtre cube, ce
qui est indiscutablement une assez lourde charge,
surlout pour des essences de valeur relativement
faible comme le Samba.
L’exploilation a produit 9.000 m* en 1952 et
11.600 m* en 1953. En 1954, sur le chantier de Sam-
ba, on a sorti jusqu’à 1.000 m° par mois jusqu’en
fin avril, et ensuite 500 m* par mois. Pour 1954,
le chiffre de bois sorti à ce jour est de 7.000 m?
environ.
Depuis 1952, l'exploitation a surtoul vendu
du Samba.
Des dispositions ont été prises pour qu’il s’é-
coule au maximum 10 jours entre le moment de
l'abattage ct l’embarquement des grumes. Pra-
tiquement, ce délai esl presque toujours de 8/9
jours.
Les billes qualité « scicrie », sont envoyées à la
scierie d’Agboville, qui peut absorber entre 150
et 250 m* de grumes par mois.
La fabrique de paille de bois consomme par
jour, lorsqu'elle Lravaille à plein, cnviron 3 tonnes
de bois coupé en longueur de 50 cm.
Enfin, l’exploitation produit par mois, environ
100 Lonnes de bois de chauffe, qui est livré à la
gare de Rubino.
IDÉES GÉNÉRALES DE M. CORRE EY DE M, LEBRETON
SUR L'EXPLOITATION FORESTIERE
On estime qu'il y a lieu de motoriser une exploi-
{ation au maximum, mais avec un matériel qui
corresponde aux possibilités d'entretien et de
réparation sur place de la main-d’œuvre africaine,
tout au moins pour le travail en forêt, el non pas
pour lcs révisions de moteurs et les grosses répa-
rations. On n’estime pas nécessaire de se préoc-
cuper outre mesure de laspeel extérieur du maté-
riel; de toute façon, avec la main-d'œuvre dont
on dispose et les conditions de travail en forêt,
il perd rapidement l’aspect extérieur du « neuf ».
On s'efforce d'éviter de faire « de la mécanique
pour la mécanique »; on se limite à un matériel
simple, rustique el « forestier ».
Quand on ne trouve pas sur le marché, un
matériel avant ces caracléristiques, ou bien s'il
est trop coûteux, on eslime préférable de le fabri-
(quer par ses propres moyens. On essaie d'aboutir
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à un matériel très rustique, facile à réparer en
forêt, par les moyens du bord, et en utilisant
beaucoup de pieces de bois.
Les Frères Corre, qui se sont toujours fait un
point d'honneur d'utiliser le maximum de matériel
francais, en emploient une proportion rarement
atteinte dans la pluparl des exploitations fores-
tières.
On s’efforce d’avoir recours à des chefs d'équipe
et à des spécialistes africains, afin que le cheÏ de
chantier et le mécanicien européen n’aient qu’à
superviser des travaux qui, en principe, doivent
pouvoir être faits sans leur présence permanente.
Afin de réaliser quelques petits bénéfices sup-
plémentaires, on fire parti de certains déchets
de bois sur pare, dans des industries annexes
(scierie, fabrique dc fibres de bois, fourniture de
bois de chauffe au chemin de fer), et des fourches
sont débitées dans des aca-
jous, toutes les fois qu’on
peut le faire,
L'entreprise essaye de
s'adapter à l’activité du
marché des bois. La pro-
duction est plus ou moins
poussée suivant que la
demande est plus ou moins
forte, Cette souplesse est
un des avantages que pos-
sede une entreprise fami-
liale sur une grosse société,
dont la gestion est forcé-
ment plus lourde,
Pendant les périodes de
moindre activité commer-
ciale, on utilise les moyens
du chantier à des travaux
tels que routes, prospec-
tions, entretiens, etc. tra-
vaux qu’il y a toujours
intérêt à effectuer à l’avan-
ce. Lorsque ces périodes
sont un peu longues, l’entre-
prise augmente ses recettes
par la vente de billes d’Iroko
abattues en période pros-
pére et gardées en réserve
car ce sont des billes faciles
a vendre méme en période
de crise et qui peuvent se
conserver longtemps (1 à
2 ans) en forêt.
La mise en pratique de
toutes ces idées permet à
l'exploitation Corre d'avoir
un excellent rendement par rapport à l'effectif
du personnel européen et du personnel africain
employés. En outre, l’esprit inventif qui règne dans
Grue à
Photo Allouard,
béquilles pour le churgement des grumes.
l'entreprise, a permis la mise au point d'engins,
de méthodes dé travail, qui constituent dc réels
progrès dont profilera toute la profession,
PERSONNEL EUROPÉEN
M. Pierre Corre dirige l’entreprise alternative-
ment avec son frére Francois Corre, l'un d’eux
étant normalement en France, par periodes de 2 a
3 mois, pour s’occuper de Ia clienlèle et des com-
mandes de pièces de rechange.
L'activité des deux frères s’exerce également
sur l’exploitation forestière et sur les autres bran-
ches de l’entreprise.
Pratiquement, Vexploilation ne compte que 4 ou
5 européens, y compris le direcleur.
PERSONNEL AFRICAIN
Ce personnel comprend au total 120 à 125 hom-
mes, dont 2 commis, 1 mécanicien, 3 chauffeurs,
2 apprentis chauffeurs, 5 conducteurs de trac-
teurs Latil et d’engins de chargement, ainsi que
à manœuvres et apprentis à l’atelier.
Le deuxième chantier, actuellement arrêté,
comprenait environ 50 hommes.
Les chaufleurs de camions travaillent à la tâche,
suivant le nombre de voyages effectués par jour.
Lorsque ce nombre esl diminué, pour une raison
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Photo Allouard.
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Detail de support de le qrue. Noler lu double poutre en 1 avec manchons
en bois sur laquelle les montants de la grue piennent s'appuyer.
indépendante de leur volonié (par exemple si les
pluies. réduisent la cadence des voyages), ils sont
pavés suivant un fixe qui correspond a la moyenne
de ce qu’ils gagnent pendant les journées de trans-
porl normal,
MATERIEL
Chacun des chanticrs comprend :
— 1 Caterpillar D7,
— 1 « grue automobile » de chargement
(grue à béquilles),
—- 1 Latil ou 1 Laffly (ancien engin des
surplus francais, qui denne toute satisfaction),
— 2 scies Atkins électriques,
-— 3 scies Disston,
— à la gare de Rubino : Z treuils de
chargement des wagons, actionnés par des
moleurs de récupéralion,
— l'exploitation possède un Caterpillar
D7 en réserve ou en réparation, ainsi qu’une
grue en réserve.
Un des Caterpillar a été acheté d'occasion ;
un autre, qui date de 48, vient d'être réparé
et remis à neuf ; le troisième plus récent se
Lrouve dans un état moyen.
L'cntreprise a acheté récemment deux
scies Rexo à commande électrique, avec
groupe électrogène Renault monté sur une
remorque.
Un pick-up International et un pick-up
Chevrolet servent à la fois à l'exploitation
et aux transports divers.
Le chantier de Rubino emploie en perma-
nence deux camions Cilroën avec semi
remorque grumière, et un camion Interna-
tional L 190 porteur.
En outre, il existe, en réserve ou en répa-
ration, 4 camions Citroën.
Le chantier de Rubino utilise par ailleurs un
camion citerne International KB 5. La région est,
en effet, dépourvue d'eau et il faut aller chercher
celle-ci assez loin.
Un camion-benne Citroën serl pour l'entretien
des routes, des chantiers, pour les transports
divers, ct à l’ensemble des affaires Corre.
Les liaisons avec le chantier actuellement ar-
rêté étaient assurées par un International KB 5
qui servait en même temps au chef de chantier
lui-même.
PROSPECTIONS
Dans le chantier de Samba, il n’y a pas besoin
de vérilable prospection, car le samba cest lrés
abondant. On l’'exploite donc progressivement ;
on étudic simplement les lignes de créles pour le
[racé des routes. Cetle prospection esl faite par
le chef de chantier, lorsqu'il va reconnaître la
forél en avant du front d'exploitation. Si Гоп
adople une telle ligne de conduite, c'est parce que
М. Lebreton a une pratique de la forêt que Гоп
ne trouve que rarement chez un chef de chantier.
En ce qui concerne les Troko, Tiama, Framiré,
quí existent en pelites quanlités en mélange avec
le Samba, on les exploite au fur et à mesure qu’on
les trouve.
Par contre, dans l’autre chantier, celui d'Agncby,
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on découpe la forêt en carrés de 500 m. x 1 km,
dans le but d’avoir des indications pour les
tracés de routes. Si on ne compte pas les arbres,
on en fait cependant une estimation qui est rendue
plus commode par le quadrillage réalisé.
Dans un autre chantier qui a été terminé récem-
ment, on a fait faire la prospection par des Afri-
cains, à la tâche, en divisant la forêt en carrés de
500 m. x 300 m., carrés qui ont l'avantage d’être
plus détaillés, donc plus commodes à contrôler.
L'équipe de comptage est de 7 hommes ; ils
opèrent dans le sens de la plus grande longueur
du rectangle. Chaque fois qu'un homme voit un
arbre exploitable, il le signale celui qui est
: son Voisin et
à
à sa droite, celui-ci le répète à
ainsi de suîle jusqu’au dernier de la ligne,
Fa méme temns, on fait passer un morceau
d'écoree de Tarbre reconnu et on plante un
piquel sur la ligne, Lorsque l’on a lerminé
la parcelle, on compte les piquels. Le chef
de chantier va alors sur placc el reconn ait les
arbres marqués ainsi que le relief.
Des lignes kilométriques sont ensuile ou-
vertes avec beaucoup de soin. On procède
à ce que l’on appelle un « balayage », c'est-
à-dire à une ouverture très proprement faite,
sur 2 m. de large, qui doit pouvoir être re-
trouvée pendant au moins 18 mois, Les lignes
de parcelles sont moins soigndées, mais cepen-
dant ouvertes de façon à pouvoir être re-
trouvées pendanl la même période, Simullané-
ment, le chef de chanlier marque sur un
croquis les indications relatives aux cours
d’eau et aux pentes,
M. LERRETON considère qu’il scrait rentable
de pouvoir dresser le personnel africain à
exécuter des quadrillages méthodiques, tels
que ceux fails par le Service Forestier, et
à normaliser les méthodes dc travail pour
les divers exploitants.
l’hoto Allouard.
Il serait, en outre, très intéressé par le
développement de l'emploi des photos d'avion,
notamment des photos au 1/20.000,
Vue plus detaillée dea mode de fixalion da pied de la grue el vue des cales
en bois placées sous la traverse pour absorber la réxelion de la charge sontevée,
ABATTAGE
Tous les arbres sont abattus dans leurs con-
treforts. Celte méthode permet de diminuer consi-
dérablement les fentes dans les arbres abattus.
Si les fentes se produisent, elles se situent dans les
contreforts et ont peu de chances de se retrouver
dans les billes commerciales. On débarde ensuile
le tronc entier, y compris le contrefort, et on tron-
conne au parc.
Outre la diminution des risques de fenles, cetle
façon dé procéder permet de tirer le meilleur
rendement de l'arbre abattu. On constate égale-
ment que les arrachements, lorsqu'il v en a, se
manifestent dans les contreforts et non dans le
bois commercial.
L'expérience monlre que, en définitive, celà ne
demande pas beaucoup plus de travail que d'abat-
tre au-dessus des contreforts, el que les abatleurs
s’y metient assez bien. La plupart des abatteurs
sont des Mossi qui, à leur arrivée dans le pays,
n’ont pas l'habitude de faire des abatlages. II
est donc relativement facile de leur faire adopter -
une méthode. l'après M. Lebneton, il est plus
facile de travailler dans les contreforls que sur un
échafaudase.
L'abaltage dans les contreforts permet, en
outre, dans une cerlaine mesure, de diriger plus
facilement la chute de l'arbre.
Lorsqu'un nouveau contingent de main d'œuvre
non entraînée pour l'abatlage arrivé, on l’ulilise
d'abord pour abattre du bois de feu, dans le bul
de dégager le couverl sur 10 m. de part et d'autre
des chaussées, afin qu'elles веселей! plus rapide-
ment. Ces travaux constiluenLl pour la ntain d'œu-
vre une excellente préparation au travail de Tabat-
tage du bois d'œuvre.
L'affulage des haches pour Pabatlage est fait
par chaque manœuvre. On estime que ce
travail est mieux [ail par chaque usager que si
l'on effectue à l'avance Daffalage de lous les
outils.
TRONCONNAGE
Le tronçonnage est normalement fait à la scie
électrique Atkins.
L'équipe de tronçonnage est composée de
4 hommes.
Les surbilles de Samba sonl découpées en lon-
gueurs de 50 em. en vue d'être ulilisées dans la
fabrication de [a fibre de bois destinée à l'embal-
lage des banancs.
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On vient d’acheter récemment 2 scies Rexo à
commande électrique actionnée par un groupe
électrogène Renault. Cette dernière marque a
été choisie parce que l’on possède déjà un groupe
électrogène identique pour un poste de soudure
électrique, M. CORRE préfère d’ailleurs employer
un matériel français. On a tenu compte aussi de
ce que le courant demandé par la scie Нехо,
comme toutes les scies de fabricalion européenne,
d'ailleurs, est du courant normal, et non du courant
à 150 périodes comme dans la scie Atkins. On
peut utiliser à cel effet un groupe électrogène
ordinaire, ou inversement utiliser pour l'usage
général le groupe électrogène qui actionne la scie.
DÉBARDAGE
L'exploitation dispose de 3 tracteurs D7, dont un
a été acheté d'occasion, les deux autres ayant
déjà cinq ans. Ce matériel, qui a été refail comple-
tement, est cependant en bon état.
Le débardage se fait Loujours avec arche. On
tire les arbres entiers. Le terrain étant peu acci-
denté, le travail de débardage est relativement
facile et l’on travaille peu au treuil.
On tire en moyenne 10 4 12 T. par voyage. Au
dela de ce tonnage, on estime que l’on perd du
temps et que l’on fatigue le matériel.
En ce qui concerne le rendemenl annuel, on
débarde approximativement 10,000 m? avec un
D7 el un autre travaillanl à mi-temps.
On estime qu’un D7 peut tirer 50 à 55 m* par
jour, s’il esl bien conduit. Le personnel employé
se compose d'un chauffeur et de deux apprentis.
I1 faut compter que les arrêts dûs aux pannes
ct aux réparalions représentent un à deux mois
par an.
Le tracé des pistes de débardage est étudié, en
ce qui concerne les pentes, par un spécialiste
africain.
Au bout de 1.200 heures, on démonte les che-
nilles et on retourne les axes, ce qui leur permét
de durer encore 500 h. Il esl impossible de les
uliliser davantage car, aprés ce retournement,
lors du remontage des tuiles, il est difficile de
resserrer les boulons qui les fixent, ce qui en rend
le montage imparfait,
TRANSPORTS
Un International L 190 a été rachelé récemment ;
il csl ulilisé en porteur, el donne toute satisfac-
tion. On lui fait supporler des charges de 8 a
12 tonnes, |
La majorilé des camions travaillant sur lex-
ploitation sont des camions Citroën, équipés pour
le travail forestier par la Maison SINPAR, Gel
équipemenl a consisté à raccourcir les châssis,
ct à installer un réducteur derrière la Бойе de
vitesses.
Deux des camions Citroën sont utilisés au
transport des grumes, ct un au transport de gra-
villon pour l'entretien des routes.
Les camions Citroën en service depuis 3 ans
peuvenl, avec lear remorque, porter 5 à 6 tonnes.
La distance jusgu'á la gare de Rubino est de
17 km; les transporls de bois d'ceuvre y sonl
cficctués a raison de 4 A 5 voyages par jour en
saison sèche. Dans ces conditions, il suflil de deux
camions pour évacuer la totalité des bois exploi-
tés. Ces transports sont facililés par le fail que la
route esL presque constamment en bon état, el
qu'elle comporle peu de pentes. Les camions
peuvent ainsi rouler à peu près partout en 4° vi-
fesse.
Les routes principales étant bien dessouchées
et bien nivelées, les pneus ne fatiguent que Llres
peu.
Les International K5 datent de 1948 ; sur 4 ache-
22
tés à celle époque, il en reste deux en fonction-
nement. Les châssis des deux autres sont utilisés
comme (reuils pour une grue et pour le charge-
ment des billes, à la gare de Rubino (voir plus
loin).
Les camions sont réparés régulièrement avec
beaucoup de soin, Tous les dimanche, on procède
au graissage et au resserrage des boulons ; ils sont
également vérifiés lorsque les pluies obligent à
resireindre le nombre de voyages. Les remorques
employées ont été [aites sur place, et sont cons-
tituées par de vieux châssis de camions.
L'aménagement pour recevoir les billes de bois,
tant sur les remorques qué sur les camions, est
fail sur place, d’une [açon très rustique,et en uti-
lisant principalement du bois :
— le tube de fixation de la remorque du ca-
mion est remplacé par une perche de bois. On
estime que cette solution, outre son faible prix
de revienl, a pour avantage qu’en cas d'accident,
la barre de bois casse, ce qui évite au camion de se
retourner. D'autre part, lorsqu'il se produit le
moindre incident, rien n’est plus facile au chauf-
feur lui-même que de remplacer cette barre de
bois, évitant les longues réparations qu’impose-
rait une barre métallique.
— les billes sont fixées au camion et à la re-
morque par des chaînes avec tendeurs a vis,
lesquels sont d'anciens tendeurs de wagon de
chemin de fer, achelés à la ferraille.
CHARGEMENT DES CAMIONS
Ce chargement est effectué par un engin origi-
nal, construit par l’exploitation elle-même, qui
constitue certainement une innovalion intéres-
sante. 11 nous paraît très utile que tous ceux qui
s'occupent d’exploitation foreslière en soient in-
formés. D'autant plus que M. Corre, dans l'intérêt
de la Profession, a accepté que son idée soit mise
dans le domaine public et n’a pas voulu la faire
breveter.
Cet engin, auquel nous donnerons le nom de
« grue à béquilles » réunit à la fois les avantages
de la grue portée sur camion et de la chèvre avce
palan pour chargement immédiat, telle qu'elle
existe dans beaucoup d’exploitations de la Côte
d’Ivoire. Mais ici, la chèvre a l’avanlage d’être
motorisée et de pouvoir être utilisée non seule-
ment comme engin de levage, mais aussi pour
haler les billes.
L'engin, Lel qu’il existe chez M. Corre, est cons-
titué par un vieux camion, sur le châssis duquel
on a monté un treuil actionné par le moteur. Le
treuil est commandé par le moteur du camion,
par l'intermédiaire d’une 2° boîle de vilesses,
actionnée par la prise de force de la boîte de vi-
tesses normale. Cette deuxième boîte de vitesses
fait tourner un arbre, qui commande le treuil par
une chaîne.
La présence de la deuxième boîle de vilesses
permet de faire varier à volonté la démultiplica-
tion du treuil, suivant le chargement. Le crochet,
qui porle le chargement est porté par un mouftage
à deux brins. On peut ainsi soulever de lourdes
charges avec une puissance réduite.
La grue est formée par deux poutrelles métal-
liques assemblées en À, au sommet duquel sont
articulées deux béquilles en bois, qui lorsque la
grue est en position de marche, peuvent être rabat-
tues contre les montanls de la grue
et reposer sur une barre transversale.
L’engin marche comme une grue
automobile classique.
Lorsque l’on veut mettre l'engin
en position de travail, il suffit d'é-
carler les pieds des béquilles de
leur appui, et de les poser au dela
du chargement à soulever. On réalise
ainsi, avec les 2 béquilles et la flèche
de la grue, l’équivalent d'une chèvre
à 3 pieds.
L’engin
suivante :
fonctionne de la facon
La grue à béquilles employée pour la
halage des billes : une bille esftirée entre
les béguilles. Noter le mouflage du câble
en avant du crochet.
Photo Allouard.
Les billes, en nombre correspondant à la charge
dun camion, sonl d'abord groupées à terre les
unes à côté des autres, au moyen d'un tracteur,
qui ici est normalement un Latil. La grue va se
placer ensuite devant ce chargement. Elle com-
mence, s’il y a lieu, par le préparer tel qu'il doit
être mis en place sur le train grumier, c'est-à-
dire qu’elle place certaines billes les unes au des-
sus des autres, si c’esL nécessaire.
Au moyen d'une élingue passée sous le charge-
ment, elle soulève celui-ci à l'avance, à la hauteur
du camion. Il suffil alors, lorsque celui-ci arrive,
de laisser redescendre le chargement sur le plateau
du camion et sur la remorque, ce qui assure un
chargement immédial.
Le chargement est ainsi effectué d'une façon
extrêmement rapide. L’engin, Lel que nous l'avons
vu, peul soulever jusqu’à 16 tonnes. Torsqu'il
est servi par un Lracteur (ici un Latil) effectuant
le groupage des billes, lopération complete, y
compris la préparation du chargement, ne demande
pas plas de 10 a 15 minutes. Dans la pratique,
on peut ainsi assurer trés facilement 15 charge-
ments par jour et même plus.
D’autre part, engin peut être utilisé pour
préparer lui-même ses chargements, sans le se-
cours d’un tracteur annexe. Il lui suffit alors de
se mettre en position face aux billes à tirer, ct
de haler celles-ci un peu à la façon d'un Latil
lravaillanl avec son treuil à hbêche. On cffectue
ainsi les sroupages de billes comme avec Ie Lalil,
et engin se place ensuite en travers des billes à
charger, en procédant comme nous l'avons indiqué
ci-dessus.
J'ai assisté à plusieurs de ces opéralions, no-
tamment au chargement d’une bille с Тата
=
de 7 m. 80 4 8 т. de long et 1 m. 34 de diamètre
=
€
pas
Ei
a
E
#8
HE
nu
- fa
$:
Phoio Alouard.
Ur chargement de 5 billes est déposé sur un camion Infernaliona! L, 190 à 3 essieux.
moyen, soit 11 m° et d'un poids de 9,5 tonnes,
J'ai égalemenl assisté au chargement, sur le
camion International L 190, de 5 billes de plus
petiles dimensions, totalisant 12 a 13 lohnes.
J’al pu constater que ces opérations pouvaient
se faire sans difficulté, y compris le regroupement
de billes avec l’engin lui-même.
Il y a lieu de noler que cet engin peut être uti-
lisé à’de nombreux autres emplois, tels que manu-
tenlion’ des Dilles sur parc, relevage de camions
accidentés ou de billes isolées sur une route, manu-
Lention de lourdes charges ete...
La grue à béquilles que j'ai vu fonctionner est
montée sur le châssis d'un vieux camion Renault
15 CV. modèle 1935 ; elle esl en service depuis
6 ans sans incidents.
L'équipe chargée du maniement de cel engin
comprend trois hommes le chauffeur el ceux
aides. En général, le chauffeur et l'apprenti du
24
camion participent également à la mise cn place
du chargement.
L'exploitation possède deux autres grues de
ce type, dont l'une est utilisée sur le second chan-
tier, et l’autre à la scierie (pour la manutention des
billes). L'une de ces grues fonctionne depuis 4 ans
el l'autre depuis 2 ans.
On peut donc considérer qu’il s'agit d'un engin
dont le mode d'emploi el la mise au point sont
parfaitement réalisés depuis plusieurs années,
Cette misc au point a d'ailleurs demandé d'assez
nombreux látonnements. Parmi les difficultés
surmontées, on peut citer les suivantes :
— lorsque l'engin se mel en position de levage,
il est nécessaire, pour éviter que les ressorts et
l’essieu supportent l'effort de levage, de placer
des cales sous l'extrémité du châssis, à la hauteur
de l'articulation de la grue. C’est en effel cette
partie qui supporte les efforts maxima. On utilise
comme cales de simples billols en bois places
verticalement. l’our les transporter pendant les
déplacements, on les pose sur le châssis.
— Il est nécessaire de mettre deux cales en bois
devant les rouces-arrière du camion, car la réaction
du treuil tend à le repousser vers l'avant.
— ll à été nécessaire de renforcer le châssis,
qui élail ici celui d’un camion très léger. Ce ren-
forcement a été réalisé très simplement, en bois.
— H faut bien entendu, placer à l'arrière du
châssis deux barres transversales, permettant,
lorsque l'engin est en position de circulation, de
reposer les béquilles.
— Tl est nécessaire que la liaison des béquilles
avec le sommet de la flèche de la grue soit réalisée
par une jonction assez souple pour permellre aux
béquilles de tourner dc part et d'autre de la grue,
au moment de la mise en posilion.
Parmi les améliorations possibles à la grue à
béquiiles actuellement en service, M. Lebreton
verrait un avantage à pouvoir désolidariser du
tambour central du treuil, les tambours qui se
trouvent sur les côtés de celui-ci, (ces tambours
sont ici ceux d'un {reuil Fruehauf, qui a ¿té achelé
d'occasion). Celá permettrait, en bloguanl avec
во — -——— — == --—_—
un cliquet (comme sur le treuil du Latil) le treuil
central et en le débravant, de faire fonctionner
séparément les tambours laléraux, notamment
y enrouler avec un Lour mort un Able annexe,
afin d'effectuer plus rapidement qu'à là main,
des efforts accessoires lels que ceux qui sonl né-
cessaires pour oblenir de pelits déplacements
de la charge, pour la mettre exactement en place
sur le camion.
D'aulre part, il serail utile que les cales en bois
placées sous l'articulation’ de la flèche de la grue
puissent être remplacées par des cales métalliques
avec pied réglable par crémaillères.
Enfin, il y aurail peul-être intérèl à munir de
plaques métalliques les pieds des béquitics elles-
mêmes, ce qui leur évilerail de s’enfoncer lorsque
le (terrain esl méuble.
Si la grue à béquilles doit être en grande partie
employée à haler des billes sur un pare, 11 y aura
avanlage à la munir d'un moteur plus puissant
que le 15 HP qui se Lrouve en service chez M. Corre.
Le halage sera ainsi beaucoup plus rapide el on
pourra sans doute éviler d’avoir besoin d'une
deuxième boîte de vilesses pour commander le
treuil.
CHARGEMENT DES WAGONS
Il s’agit de charger, aussi rapidement que pos-
sible, les wagons arrivant pour transporter les
bois jusqu’à Abidjan, de façon à leur faire subir le
minimum de lemps de stationnement.
A cel effel, l’entreprise Corre a installé deux
engins de chargement, conslitués chacun par un
très solide portique équipé d'un treuil à moteur.
Les portiques sont des poteaux de 70 em de
diamètre fichés en terre à 4 m. de profondeur el
surmontés d’une grosse barre hori-
zontale du même diamètre. Les
moteurs sont de vieux châssis de
camions ; l’un esl un vieux châssis
Renault 15 HP de 1935, l’autre est
un International K 7 qui avait
été accidenté.
Sur le châssis est fixé un treuil;
sur le K 7 celui-ci est commandé
direclemenl par chaîne prenant sa
force sur larbre de transmission,
et sur le Renault (moteur beaucoup
moins puissant) il est commandé
par l'intermédiaire d’une deuxième
Défail du mode de commande du treuil
par chaîne prenant directement sur arbre
d'un ancien camion.
Photo Allouard,
boîte de vitesses comme sur la grue à béquilles.
Le câble allant à la bille à haler passe par une
poulie orientable accrochée à la barre horizon-
tale du portique. Une poulie de renvoi fixée au
pied d'un des montants du porlique permet de
diminuer la réaction sur celui-ci, qui ainsi travaille
surtoul à la compression.
Chaque treuil esl amarré Lrès solidement à un
poteau de 70 em de diamètre.
Ene. Поле
E IP REO
Le portique a environ 10 m de haut, ce qui
permet de haler des billes situées dans un rayon
d'au moins 50 mètres.
Pour charger une bille, on commence par l’ap-
procher du wagon, en la halant. On amène ainsi
la tête de cette bille sur le wagon lui-même, puis
en la prenant par l’autre bout, on arrive à la pla-
cer sans difficulté sur le wagon.
Lorsqu'il s'agit de billes particulièrement gros-
ses, les deux treuils peuvent travailler ensemble,
ou les billes peuvenl être roulées au lieu d’être
halées.
L'équipe de travail comprend normalement
9 hommes par portique, machiniste compris.
Ces deux engins marchent depuis 6 ans, sans
moteurs.
Lorsque des efforts supplémentaires, dans un
sens ou dans l'autre, sont nécessaires pour mettre
la bille à sa place exacte ou pour la retourner,
il est très facile d’y arriver par des rappels de
câble prenant sur le châssis du wagon.
Le treuil peut également être utilisé pour haler
les wagons.
J'ai constaté que l’ensemble de ces deux por-
tiques pouvait facilement charger au delà de 200 m8
par jour. On a même atteint 300 mê.
Tracteur Latil
Celui qui est employé pour les billes sur le pare
est muni d’un démarreur à incrtie, Il a été fourni
par : AIR ÉQUIPEMENT (Ets BARRAT) 19, rue
de Lourmel PARIS 15",
Le démarreur permet la suppression des accus
sur le Latil. Il est aisément mis en marche par
l’aide-chauffeur, aidé éventuellement par le chauf-
feur lui-même.
Tracteur Laffly
Il s'agit d’un châssis qui est celui d’un ancien
véhicule tous-terrains (châssis d’auto-mitrailleuse)
acheté aux surplus de guerre français, après 1940.
Cet engin, qui n’est plus fabriqué, a été acquis à
un prix intéressant ; il est pourvu d’un treuil
analogue à celui du Latil.
ROUTES
La route que j'ai parcourue est en très bon
état, pour une route qui est utilisée en saison des
pluies pour les transports de bois. Il est vrai qu’elle
traverse une région assez sablonneuse, et rela-
tivement peu accidentée.
Elle supporte un transport de 1.000 à 1.200 mê
par mois en saison sèche et d’environ 500 à 700 m°
en saison des pluies.
1° Tracé
Quoique la région soit peu accidentée, le tracé
de la route a cependant élé étudié en ce qui con-
cerne les pentes. Sauf en une courle section où
l’on atteint 8 ©, ce tracé ne comporte pas de pentes
dépassant 594. Aussi les camions peuvent sortir
avec des charges utiles assez élevées, ct s’usent
peu, car ils marchent presque constamment en
4° vitesse.
M. LEBRETON n'utilise pas de clysimélre pour
étudier ses tracés, mais il a constaté que cet instru-
ment très simple pourrait lui rendre de grands
services.
2¢ Ouverture de la route
La construction proprement dite des routes
est effectuée comme suit : on ne procède pas au
préalable à un débroussaillement et à un abat-
tage des arbres A dessoucher. Le Caterpillar D 7
effectue, directement, lui-méme, Youverture de
la route et son dessouchage, Cette opération ne
présente pas de dangers, car le chauffeur du D 7,
26
qui effectue ces travaux, est très habile. Il est
à noter, d’autre part, que l’on cherche, tout au
moins pour les routes secondaires, à obtenir des
tracés comportant le minimum de gros arbres.
Le cas est différent pour une route principale,
mais on s’efforce dans la mesure du possible,
d'arriver au même résultat.
Le dessouchage est fait sur une largeur de 7
à 8 mêtres pour les routes principales, et de 6
a 7 metres pour les routes secondaires. Le D 7
passe une première fois pour faire le débroussail-
lement et l'essentiel du dessouchage, puis une deu-
xième fois pour achever le dessouchage (enlè-
vement des petites racines reslées dans le sol,
des herbes etc), enfin il repasse à nouveau deux
à trois fois pour bien décaper la terre végétale.
Il effectue un nivellement longitudinal en passant
une fois dans chaque sens, avec le bulldgzer légè-
rement levé et en plaçant la lame en position
dangledozer, Il termine en marche arrière, en
laissant reposer la lame du bulldozer, qui agit un
peu à la façon d’un rouleau, et il exécute de cette
façon deux passages : un à droite et un à gauche.
Le chauffeur chargé d’effectuer ces travaux
de routes, est particulièrement habile: par Ia
seule aclion du Caterpillar, il laisse une chaussée
qui est déjà bien nivelée ct ne comporte pas les
bosses que l’on voit quelquefois après l’ouverlure
d'une route, et qui subsistent souvent par la suite.
[1 semble que ce résultat soit dû principale-
ment aux passages multiples du bulldozer, aux
deux passages avec la lame placée en angledozer,
Photo Allouard.
Emploi d’un treuil el dun portique pour charger les tougors.
mais surtout au fail que le conducteur travaille
en maintenant, à chaque instant, la lame du bull
dozer à la hauteur voulue pour obtenir une chaus-
sée régulière.
Donner aux chauffeurs ce doigté dans le manie-
ment du bulldozer justific de séricux efforts dans
la formation du personnel, car c’esl un gros fac-
teur d'économie dans la construction des routes,
On estime qué, pour les travaux de ce genre,
un D 7 fait 200 à 250 mêtres de chaussée Lerminée
par jour.
Pour effecluer des remblais de 75 cm à 1 m,,
le D 7 peut faire jusqu’à 100 m. par jour, ce chiffre
constituant toutefois un maximum.
En plus du travail que nous venons de définir,
on procède à l’abatlage de la végétation, sur
5 à 10 mètres de part et d'autre de la chaussée.
Ce lravail se fail sous forme de coupes de bois de
feu, qui servent en même temps au dressage des
abatteurs.
30 Mise en forme et entretien
M. Lebreton considère, comme moi-même,
qu’une forme nettement bombée est une des con-
ditions de bonne durabilité d’une chaussée. Il
estime qu'il serait intéressant que son exploita-
Lion, comme beaucoup d'autres en Côte d'Ivoire,
dispose d’un grader pour obtenir cetle forme et
s'il y a lieu, pour enlever les ornières, lei, un gra-
der léger, ou même un grader remorqué serait
suffisant, par suite de l'excellent nivellement
déjà réalisé au bulldozer.
in atlendanl l'acquisition de ce grader, oh
utilise sur Pexploitalion un procédé (très simple,
qui, vu le faible effort qu’il demande, donne d'esx-
cellents résultals. T1 consiste tout simplement à
faire remorquer par un Lalil une lourde plaque
de fer d'un centimètre d’épaisseur, pesant environ
100 kg (il s’agit en réalité d’une ferraille prove-
nant de la démolition locomotive) de 4 m, de long
et 60 em. de large, sur le bord de laquelle se trouve
fixée une cornière de 10 em. de côlé dont un côté
est vertical. Cette pièce de fer qui est remorquée
par un Latil, esl maintenue dans une position
oblique par rapporl à l’axe de la route. La cor-
nière enlame le sol, racle les bosses, el poussé
dans les trous la terre ainsi enlevée, travaillant
ainsi comme une lame d'angledozer.
Photo Allouard.
Ufilisation, comme grader, d'une fourde pièce de fer placée obliquement derrière Ie Latil el remorquée par celui-ci,
L'expérience montre que ce procédé trés simple
permet d'obtenir en 4 à 5 passages du Lalil, un
bon nivellemenl el Penlévemenl des bosses. Bien
entendu, il ne permet pas d'obtenir un bombe-
menl de la chaussée, mais le résultat obtenu est
déjà une sérieuse amélioration réalisée sans maté-
riel spécialisé, On pourrait d'ailleurs envisager
d'obtenir une chaussée bombée en utilisant une
pièce métallique courbe au lieu d’une pièce
plate.
Dans d'autres cas, lorsqu'il s'agil de chaussées
sérieusement détériorées, la remise en état se
fait au bulldozer. 11 va sans dire que c’est là une
remise en état qui esl assez coûlcuse, en raison
du prix élevé du kilomètre de Caterpillar. C’est
en celà que l'emploi d’un motorgrader procure-
rait une économie.
4” Débroussaillement
M. Lebreton a fait réaliser un système tres
pralique pour accomplir mécaniquement cette
28
opération. Il est basé sur la constatation qu’à
partir d’une certaine vitesse, toute pièce de fer
portée par-un véhicule fauche la végétation sur
son passage. On se contenle donc de fixer à l’ar-
rière d’un camion une forte pièce de fer ressem-
blant à un couteau, et débordant largement sur
le côté, Lorsque le camion avance à une certaine
vitesse le couteau coupe de lui-même Loute la
végélation à sa portée.
J'avais d'ailleurs moi-même autrefois étudié,
avant la guerre, en Indochine, la mise au point
d'un procédé de ce genre. La lame étail portée par
un axe vertical, el elle était éclipsable contre les
obstacles, el ramenéc en position par un ressort,
М. Lebreton a obtenu de bons résullals avec ce
procédé, mais il la provisoirement abandonné
parce qu'il a failli causer des accidents lorsqu'un
africain se (rouvant sur le côté de la route, ne
s’étail pas rangé suffisamment à l’intérieur de la
forél. Il envisage d'étudier un moyen d’éviter ce
risque, et il nous tiendra au couranl.
CABLES
M. Lebreton estime qu’il est difficile de donner
des précisions sur la durée de service des câbles
de débardage, parce que celle-ci varie suivant le
genre de travail qu'on leur demande. Dans les
conditions où il travaille (terrain peu accidenté,
qui demande peu de travail au treuil) et grâce
aux soins qu’il leur donne, les câbles américaïns
durent couramment 4 à 5 mois. Il considère que,
de toute façon, un bon entretien des câbles
est susceptible d'augmenter sensiblement leur
duréc.
Etant donné que ce qui use le plus un câble
de débardage, est son frottement contre lui-même
sur le tambour du treuil, c'est son bon graissage
qui produira les résultats les plus efficaces, D''a-
près M. Lebreton, il ne faut toutefois pas comp-
ter pratiquement, en forêt, pratiquer ce grais-
sage en trempant le câble dans un bac d'huile.
I1 pense qu’il est presque aussi efficace de se con-
tenter d'un simple badigeonnage à l'huile de
vidange, suivi, pour finir, d'une aspersion du
câble enroulé sur le treuil, On récupère l'huile en
excédent en mettant un récipient sous le treuil.
Par ce procédé, le treuil, cn fonctionnant, réalise
lui-même l’incorporation de l'huile dans le câble.
Il estime que ce graissatre arrive à doubler la durée
des câbles.
Actuellement M. Lebreton n'utilise pas de cho-
kers, parce que sur ceux qu'il a cssayés antérieu-
rement, la soudure de la boule terminale sur le
câble n'avait pas résisté. H est vrai qu'il n’effce-
tuait pas ses soudures au zinc, comme cela esl
prescrit par les notices sur les câbles. M. Lebreton
considère néanmoins que l'emploi des chokers
est très utile, el il envisage de les réuliliser dès
qu’il aura constaté l'efficacilé de la soudure au
zine.
En ce qui concerne les épissures, en lanl que
breton et ayant vécu parmi les marins, il trouve
qu’elles ne sont pas particulièrement difficiles à
faire. 11 rappelle que, dans la marine, il y a des
spécialistes (les « boscos ») pour ce travail. Il y a
quelque temps, il faisait confectionner des épis-
sures à des prix très intéressants par certains
marins cn service a Abidjan; il avait même, à
cette époque, fail dresser par ces « boscos » un
africain qui s’étail très bien adapié à la labrica-
Lion des élingues. Malheureusement, comme cela
arrive souvenl, cel africain es rentré dans son
pays et Fon n'a pas eu le Lemps d'en dresser un
autre.
Le résultat esl que maintenant, pour les rac-
cords de câbles, on se borne, faute de mieux, à
faire des nœuds, ce qui est incontestablement
une (rès mauvaise solulion d’après M. Lebreton
lui-même.
М, Lebreton signale aussi que lorsque Fon
utilise pour la première fois une épissure, il ne
faut pas oublier de la resserrer d’abord, en tirant
au treuil de façon progressive, Elle est ainsi beau-
coup plus solide que si l’on s'en servait imme-
diatement avec des efforls normaux.
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