Consommation, économie et environnement - 9

Consommation, économie et environnement - 9
Consommation, économie et environnement
En cette période de récession, le gouvernement presse les gens à consommer pour sortir le pays
du marasme financier. Notre ministre canadien de l’environnement, Jim Prentice, a récemment
déclaré « nous n’aggraverons pas une économie chancelante au nom du progrès écologique ».
Pourtant ces deux aspects sont deux des trois ingrédients intimement liés au principe du
développement durable (le troisième étant l’aspect social).
Principalement, axé sur la consommation, notre système économique a une faille et il est en crise.
Regardons d’un peu plus près comment fonctionne notre économie de consommation :
Exploitation des ressources
D’abord, nous exploitons des ressources naturelles pour produire des biens. Au cours des trente
dernières années, le tiers des ressources de la planète a été consommé. Déjà 80 % des forêts de la
planète ont disparues; en Amazonie seulement, nous perdons 2000 arbres à la minute. Avec
seulement 5 % de la population mondiale, les Américains consomment 30% des ressources de la
planète. Si tout le monde consommait à ce rythme, il nous faudrait de 3 à 5 planètes. Le
problème, c’est que nous n’en avons qu’une seule.
Production de biens
Nous transformons les ressources naturelles dans des usines en utilisant de l’énergie et des
produits chimiques. Plus de 100 000 produits chimiques de synthèse sont ainsi utilisés. Certains
de ces produits aboutissent dans les biens de consommation alors que d’autres sont rejetés, sous
une forme ou une autre, dans l’environnement. En 2007, 6,5 millions de tonnes de rejets polluants
ont été déclarés au Canada, dont 68 % ont été rejetés directement dans l’atmosphère, l’eau ou le
sol. Autre point : la consommation favorise la compétition du marché et la mondialisation et il y a
lieu de se questionner sur les conditions de travail offertes par certaines entreprises.
Distribution de biens
Les biens sont ensuite vendus aux consommateurs le plus rapidement possible et au plus bas prix
possible. Mais payons-nous vraiment le juste prix? Comment peut-on acheter un lecteur de DVD
pour seulement 29.99 $ si l’on considère l’extraction des matières premières, la transformation,
l’assemblage, le transport et la distribution ainsi que les salaires et les profits tout au long de la
chaîne? Alors qui paye pour le coût réel des biens que nous consommons?
La consommation
La clé pour faire fonctionner tout ce système est la consommation. Alors on a trouvé des moyens
très efficaces pour que nous consommions d’avantage. D’abord, on conçoit des produits « prêt à
jeter » et dont la durée de vie est de plus en plus courte.
L’autre façon pour nous inciter à consommer est la mode et le look des choses. Par la publicité,
on nous fait accroire que pour être plus heureux, il faut acheter le téléviseur HD dernier cri, une
voiture de l’année, etc. On use de beaucoup d’imagination pour nous vendre des produits dont
nous n’avons pas réellement besoin.
Aujourd’hui, nous avons plus de biens mais nous disposons de moins de temps pour faire les
choses qui rendent vraiment heureux : la famille, les loisirs, etc. Avec cette manie de
consommation, nous sommes de plus en plus endettés, de plus en plus stressés et notre santé en
est affectée.
Et puis après!
Seulement 1 % des produits que nous achetons sont encore utilisés après 6 mois. Alors où vont
tous ces produits? À la poubelle… et au recyclage bien sûr. Toutefois, les matières que nous
mettons à la récupération ne sont pas complètement recyclées car les produits n’ont pas été
conçus pour ça. Comment recycler efficacement une boîte de jus composée de papier, de
plastique et de métal? Mais bon, c’est tout de même mieux que l’enfouissement.
Utiliser la crise pour réfléchir
Le problème avec le système économique actuel, c’est qu’il s’agit d’un système linéaire qui
considère que les ressources sont illimitées. Cette crise économique fait mal, mais pourra-t-elle
faire prendre conscience des failles de notre système? Peut-être devrait-on prendre exemple sur la
nature, où tout est cyclique. Chose certaine, pour trouver une solution durable, il faut considérer
la situation dans sont ensemble, de l’exploitation des ressources naturelles à la gestion des
déchets en tenant compte non seulement de l’économie, mais également de l’aspect social et
environnemental.
Pourquoi ne pas utiliser cette crise pour ré-inventer l’économie? Pouvons-nous vraiment nous
permettre d’aggraver la qualité de notre environnement au nom de l’économie?
Information tirée de : Story of stuff : www.storyofstuff.com
Conférence disponible : Déchets et qualité de vie!? Réflexion, humour et mode d’emploi.
www.moniqueclement.ca
Par Monique Clément, B.Sc. DGE
9 février 2009
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