La classe exploration dans une classe de fin d`études

La classe exploration dans une classe de fin d`études
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L'EDUCATEUR
core, le nombre peu élevé de nos élèves est un
facteur précieux de réussite .
Je m'excuse d'être aussi bavard, mais je pense que ·c'est en vous exposant nos idées que
E. DELAUNAY,
nous pourrons aller de l'avant.
vm;i:-rs-h:-S'.C, par Creu'.ly (Calvados).
L'un de mes élèves qui, dès qu'on lui parlait,
P .S. - Veillon termine E•n affirmant que
se cachait sous son banc et refusait de répondre
l'enfant. a !' « intuition imnée du nombr-e <>t
le moindre mot, est fier de •es textes c;u'iJ ; ..
de l'opération ». Nous n 'avons pas compris.
lustre .. . ce sont des idées bien paU\'Tes, cer!es,
mais avec la confiance nous enrich iron-;
le vocabulaire et la forme .
est autant de ' gagné et nous en sommes
heure ux tous les 'deux .
Je suis, avec E. Costa, parmi les animateurs
Titulaire d'une classe de perfectionnement . de l'Institut départemental de !'Ecole Moderne
où nous voyons chaque jour davantage venir nos
depuis quelques années et persuadé depuis longcollègues . pour examiner les résultats obtenus ,
temps que !.'introduction de l'imprimerie à
se renseigner ou assister à nos démonstrations
1' école dans nos classes était non seulement possible mais souhaitable, j'ai pu, enfin, comman- . qui, jusqu'ici, ont eu du succès.
D'ailleurs, le nombre d'imprimeurs nous pader {et recevoir), ectte année, mon matériel.
raît être en net progrès 'dans notrè coin et nous
Etant donné la diversité des niveaux , deux
avons déjà à répondre à p .i:s mal de demandes
polices me paraissent indispensables : j'ai un
d'explication, soit de ceux qui désirent . comcorps 10 et vous commande ci-joint un corp• 20
mander, soit de ceux qui ont reçu une impr iou 24.
merie.
Je voudrais seulement voir mettre . un term·e
L'exemple vaut et le caractère essentiellement
à tous les propos qui s'échangent autou r J ' un e
pratique que nous donnons à nos réunions et
réponse de notre collègue Guilmain, à " Fondémonstrations (av.ec les enfants) font beaucoup
ta! » de Colombes.
plus pour nos idées que' les plus beaux discours .
Je vous dirai sèulement qu'à la session du
TEISSIER , in stituteur cl. de perfect. des
C.A .E.A. 1939 figurait comme épreuve écrite :
Chartreux Longchamp, 132, rue AbbAe
« Le journal scolaire», et que ' M. Guilmain
!'Epée, Marseille.
faisait partie de la Commission d'·examen.
tie de l'enseignement dei Veillon et précisém<tnt la partie qui nom, parais;ait critiquable.
Dans les classes
de perfectionnement
Connaissant parfaitement les anormaux et J.es
déficiences motrices liées aux déficiences intellectuelles dont sont atteints nos élèves, il a pu
craindre que l'indiscutable valeur éducative de
l'imprimerie ne puisse compenser le « manque
à gagner » en orthographe ... Mais je crois pouvoir vous rassurer : ceux de J11es élèves qui corn~
posent les textes de notre journal. « voient »
les fautes et je n'ai dû en éliminer qu'un se.:i!
qui commettait régulièrement les fautes prévues
par M. Guilmain. Je pense d'ailleurs pouvoir
le rattraper avec un corps plus grand (le 10
étant trop petit pour cela) .
L'enseignement étant depuis toujours individualisé dans nos classes, fi nous est plus facile
qu'à d'autres de paUier à ces déficiences.
J'ai vu le n° 5 du journal Grandir, de De Calbiac, cl. de perfect. de Marmande (L.-et-G.),
qui me paraît avoir «mis dans l•e bain J> l'ensemble de ses élèves.
Plus timoré ou plus prudent, j'ai préféré, par
des essais préalabl es et un apprentissage peutêtre plus technique , préparer la parution et la
diffusion de notre journal La Rascasse . qui, pour
la forme, sinon pour le fond, est plus soigné et
j'en ai félic~té mes imprimeurs qui ont compris
la nécessité d'une bonne présentation .
Nous avons commencé l'impression du no 2
avec linos ... j'en ai très peu ! ... et j'espère que ,
là encore, nous forons du bon travail, grâce à
un court mais nécessaire apprentissage, Là .en0
/
c·
La classe exploration
dans une classe de fin d'études
THÈME : LE DEFONÇAGE
Préparation de la classe. -
Vendredi matin ,
avant 9 heures, les ·enfants v iennent m'avertir :
- Monsieur, la locomobï'le ·est à Font-Servas ;
M. Puijolas fait défoncer une terre.
- Nous irons. Préparez. vos manteaux (il fait
très froid).
Je note sur une feuille le travail des équipes
(trois équipes). Çe travail me demande 5 minutes.
Ma fiche :
A. - Enquête sur la locomobile, poids , puissance, vitesse, consommation : charbon, huile,
eau ; le·s câbles, dessin ; observations diverses.
B . - Enquête de la défonceuse, poids, longueur du soc, description du matériel ; les câbles ; lino de la défonceuse.
C . - Le travail des ouvriers, profondeur, largeur du sillon, vitesse du travail·, mesure du
terrain (chaîne d'arpenteur), dessin .
Chaque équipe relève rapidement son questionnaire qui est un canevas souple . Chacun
peut !'adapter à son gré .
Dix minutes.
A 9 h. 10, nous partons .
Au retour de la classe, mise au net de l'enquête. Discussion.
•
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L'EDUCATEUR
Exploitation :
.
Calcul. - Recherche d'énoncés. Nous tuons
d e ux f ic h es de calcul pour J.e fichier (jointes)·
Une ét ud e de Font-Servas au cadastre.
Français. - La rédaction du compte .rendu
donne ra lieu à un exercice ·de mise au ~oint en
commun. (Texte de notre joiunal scolaire) . Leçon d e vocabulaire, orthographe.
,
Enq u êtes. - Nous obtenons une enq~e,te sur
les la bours q u i va rejoindre notre precedente
étud e su r la vigne.
U ne en quête sur les chevaux.
Sciences. - Nous sommes amenés naturellemen t à voir les façons culturales.
Ainsi tenant l'ceil sur le déroulement d'un
pro gra~me que . sanctionnera le C.E.P., nous
tâchons de dévier vers notre école ce « torrent
de vie " qui, seul, le régénérera.
LA LOCOMOBILE ET LA DEFONCEUSE
La locomobile pèse 17 tonnes. Elle développe
une force routière de 20 chevaux et une fore(!
au câble de 200 chevaux. Sur route, elle parcourt 6 km. à l'heure.
Elle consomme 600 kg. de charbon par jour,
30 hl. d'eau et 4 litres d'huile.
La pression est de 12 kg, par cm. Le volant
fait 250 tours à la minute.
La défonceuse est une énorme charrue pesant
950 kg. Elle est soutenue par deux roues de
taille inégale. La grande a 1 m. 50 de diamètre
la petite, 0 m . 65.
Le soc mesure 1 in. 6 de longueur. Elle peut
creuser de 0 m. 65 à 0 m. 80 de profondeur.
Elle est reliée à la locomobile par deux câbles
· s'enroul~t sur une énorme bobine.
Le plus gros mesure 16 mm. de diamètre 'et
345 m. de longueur. C'est le câble tracteur. L'a.utre a 10 mm. de diamètre et 690 m. de long,
c ·est un tendeur fixé en terre et à la locomobile.
.
La défonceuse peut faire 1/2 ha. par jour. E!J.e
est dirigée par un hoinme et la locomobile
aussi.
.
Pour ass urer le nettoyage du terrain (racines,
pie rres), une équipe de 5 à 6 . hommes est nécessa ne.
V ézinet (Gard).
***
FICHIER AUTO - CORRECTIF
ADDITIONS - SOUSTRACTIONS
FICHES CORRECTION. - Lorsqu'un test a
été accompli ,' l'enfant peut trouver sous l n résultat un nombre en petits chiffres. Ce nombre
est le numéro d'une fiche destinée à corriger
une défaillance particulière. Ce nombre renvoie
donc à une fiche spécialisée de la série « Correction " . Les fiches de cette série sont marquées : à gauche, d'un C : C 1. C 2._ etc . ., Le
mode d'emploi en est indiqué sur les fiches vertes du début, sur J.a fiche 01 première ligne et
02, en bas , sous le titre « Correction >>.
QUELQUES REFLEXIONS
sur la pratique des enquêtes
géographiques dans le milieu
local avec des élèves de 12 à
14 ans et dans les classes de
Cours complémentaire ·
Je titns pour une erreur d'entrepri2ndre
d'lembléE1 la rédaction d'tm.s· monographie
communale. Un tel travail E :~t déjà complex•e.
Il faut, pour le mmer à bien, avoir engrangé
d E' nombreux matériaux, une ~'éri·E"use culture
géographique pour le ma~tr.e, uni8 a~:sez
grande hapitude du travail par équipes ~t
des EfilquêtEs pour 1:: & élèves. On peut toujour l'entteprendnE1 dans une classe active ;
mais cette monographie doit n'être qu 'un
catalogue de noms dE' rues ou de li:eux-d'it.s,
du nombr.e des bouch8rs, épict2rs, cafés, restaurants, dH; têtes de bétail et des chE'vaux
recEin sés dan:s la commune. Où ·Œt l'intérêt
de tout cela .Pour ;:es écoWs correspondantes
et même pour les élève.s qui font le travail?
Est-ce là géographie ? Qu e~ est le profit oour
les élèves ? QueU1e e&t la valeur éducative
-d'un tel t ravail?
Plutôt que d'arriver à ce· résultat : une
insipidE1 monographie-catalogu:-, je propose
d'y renoncer : Le suj.Et est trop vaste pour "
être embrassé dans .s on ensemble par des
novicEI~. Mai& · quand, pmdant 10 ou 15 ans,
les c:assEis sucoessives auront travaillé à d.e:s
1e,nquête.s concernant des points précis, quand
cle nombreux matériaux auront ainsi été
réunis par la collaboration d e'..> générations
successives d'élèv.::s, qua nd de ·nombr: ux
points de détail auront été creusés, alors le
maître, enrichi par un contact intime avec
Le pays, s~s. habitan ts, se s générations d'E·nfant , pourra eintrE.p r,endre de guider sies élèves dans la ·rédaction d'un travail de synthèse. Alors ce travail pourra être fructueux ,
mais pa,9 avant.
On commencera donc - ,et Ton continuera
longtEmp:; - par l'étude l!'éparée de:s principaux asp E'Cts camctéristiqu:s du milieu local. On re,streindra chaquè enquête à un
sujet précis. On divisera - clE'st la bonne
méthods· - la difficulté en autant de parties
qu 'il sera nécEs~aire pour bien comprencù:e.
Plus le· sujet cho]si :sera limité, plus il sera
po;orsibLe d'approfondir. Et les sujets ne man.queront pas. Tout milku local, si familier
qu'il mit, est digne d 'être· étudié géographiquement. La géographie ce n 'est pas dans
l::& pay,~ lointai·ns seulement, comme l'ens s-ignemE'n t traditionnel le laisse croire à nos
enfants; mais c'est au~1si sous nos yeux, tou t
près de nous, mêlé à notr,e· vi,e . journa!ièrf.
Les. :sols, 1'e ruisseau ou la Tivière, les temps,
le.=. plantes. le,i; animaux, t'GJLtes les manifes1
'
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