Revue de presse - Théâtre Vidy Lausanne

Revue de presse - Théâtre Vidy Lausanne
Lundi 26 mai 2014 | Postcode 1 JA 1000 LAUSANNE 1 | No 121-22 | Fr. 3.20 (TVA 2,5% incluse) | France € 2.45
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LE FN EN TÊTE
DES ÉLECTIONS
EUROPÉENNES
EN FRANCE
LA JOURNÉE
LAUSANNOISE
DU VÉLO A RÉUNI
2600 ADEPTES
Monde, page 7
Sports, page 14
275
OFFRES
24Express
Julianne Moore a été
sacrée meilleure
actrice au Festival de
Cannes pour son rôle
de starlette assoiffée
de reconnaissance
dans Maps To The Stars
AP
Pages 26-27
Brélaz n’a pas réussi à bouter
les dealers hors de Lausanne
Près de deux ans après la promesse faite par le syndic, le trafic de drogue sévit toujours
Un tourniquet antidealers a été inauguré
jeudi dernier au bas de la colline de RiantMont, à Lausanne. Cette mesure inédite
est la réponse de la Municipalité à une
pétition lancée il y a deux ans par les
riverains excédés par le trafic de drogue.
A l’époque, cette même requête avait suscité une déclaration fracassante de Daniel
Brélaz: «Les dealers auront disparu des
rues lausannoises d’ici à 2013, au plus
tard 2014.» Ces propos s’étaient soldés,
dans un premier temps, par la défection
de Marc Vuilleumier à la tête de la Police,
au profit du socialiste Grégoire Junod. Les
dealers, eux, sont restés en place. Paroles
en l’air? «C’était surtout une déclaration
Point fort, pages 2 et 3
Interview du chef des opérations
du corps de police de Lausanne
Reportage à Chauderon, où le
deal est intense, surtout en soirée
Théâtre Matthias Langhoff fait escale à Vidy
de principe, se défend le syndic. Il fallait
montrer une intention forte. Lausanne
est une ville très attractive, il faut faire
attention à ne pas paraître comme le ventre mou du système par rapport à
d’autres villes romandes.» Le syndic l’admet: les effets du plan d’action de la Municipalité contre les dealers «restent encore
limités». Les lenteurs de la Confédération
et du Canton l’auraient empêché de tenir
sa parole. Grégoire Junod, qui avait la
délicate mission de mettre en œuvre les
déclarations du syndic, tempère: «En matière de sécurité publique, il est important d’être déterminé sur les objectifs,
mais modeste sur les résultats.»
Smartphone
Campagnes contre
les conducteurs
imprudents
Ukraine
Le «roi du chocolat»
élu au premier tour
de la présidentielle
L’utilisation des nouvelles technologies
au volant est source de nombreux accidents. Etat des lieux avant différentes
opérations de sensibilisation. Page 5
Le milliardaire Petro Porochenko, qui a
obtenu hier plus de 55% des voix, a promis de poursuivre sur la voie d’une intégration européenne. Page 8
Terre sainte
Le pape invite
Palestiniens et
Israéliens au Vatican
Transports
Des enfants de 6 ans
obligés de poireauter
au bord de la route
Le Saint-Père a lancé son invitation à venir
prier pour la paix au terme de son office
religieux célébré hier à Bethléem. Le pape
s’est ensuite rendu à Jérusalem. Page 8
Le transfert entre les collèges et les Unités
d’accueil pour écoliers souffre d’un flou
d’organisation entre les Communes vaudoises et le Canton. Page 17
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Le metteur en scène allemand Matthias Langhoff, 73 ans, était de passage la semaine dernière au Théâtre de Vidy,
qu’il dirigea de 1989 à 1991. Il y reviendra cet hiver pour créer sa pièce Cinéma Apollo. PHILIPPE MAEDER Lire en page 27
L’éditorial 4 Décès 10-11 Courrier 25 Jeux 29 Cinéma, Agenda 30 Météo 31
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24 heures | Lundi 26 mai 2014
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Culture&Société
Culture Société
Gastro Ciné Conso
Sortir Les gens
«Il n’y a rien de pire que le public de Paris.
C’est affreux, tout est gouverné par la mode»
Cinéma
Cannes
prime enfin
Ceylan
Théâtre
Le metteur en scène allemand
Matthias Langhoff présentera cet
hiver la pièce Cinéma Apollo à
Vidy. De passage pour un débat,
l’ancien directeur du théâtre
s’est prêté au jeu de l’interview
Il n’est resté directeur du Théâtre de Vidy
que deux ans (de 1989 à 1991), mais Matthias Langhoff, metteur en scène européen de première force, a laissé sa marque sur l’institution lausannoise, lui imprimant ses visions indélébiles et provocatrices, mais aussi l’utopie d’accueillir
en ses murs le plus grand nombre. Avant
de présenter cet hiver la création de sa
pièce Cinéma Apollo, inspirée du Mépris
de Moravia, l’Allemand de 73 ans revenait
au bord du lac pour un débat sur le thème
«Hériter». Monsieur Langhoff, à Lausanne, nous sommes vos héritiers.
Avec le Prix du jury à Jean-Luc Godard
et le Grand Prix du jury à Le Meraviglie,
la Suisse rayonne aussi sur la Croisette
Bernard Chappuis avec les agences
L
e jury de la présidente Jane
Campion a décerné la Palme
d’or du 67e Festival de Cannes
à Nuri Bilge Ceylan, 55 ans,
pour Sommeil d’hiver (Kiş
UyKusu). «Un grand film
d’auteur, brillant et ambitieux», selon Le
Journal du Dimanche. «La palme dort»,
ironisent en revanche les détracteurs, très
minoritaires, de cette consécration. Et
pour cause, Ceylan a également remporté
le Prix FIPRESCI de la critique internationale. Il était écrit, tout comme pour Ken
Loach, Theo Angelopoulos ou Terrence
Malick, que le grand cinéaste turc obtienne un jour cette récompense. Uzak
(Grand Prix du jury en 2003), Les trois
singes (Prix de la mise en scène en 2008),
Il était une fois en Anatolie (Grand Prix du
jury en 2011) ont balisé cette marche
triomphante. Et, déjà en 2003, Uzak
aurait tout autant mérité cette Palme
qu’Elephant de Gus van Sant.
Adapté de trois nouvelles de Tchekhov, Sommeil d’hiver met en scène un
comédien à la retraite. Il tient un petit
hôtel en Anatolie avec sa jeune épouse,
dont il se distance, et sa sœur récemment
divorcée. L’hiver venu, l’hôtel devient
leur refuge puis le théâtre de leurs déchirements…
Ceylan a dédié sa Palme à «la jeunesse
turque, à celles et ceux qui ont perdu la
vie pendant l’année qui s’est écoulée». Un
peu plus tard, il s’est expliqué sur la longueur du film (3 h 16): «Quand j’ai écrit le
script, je l’ai fait comme si j’écrivais un
roman. Je me suis rendu compte après
coup qu’il était trop long. Le film initial
durait quatre heures et demie (…). Quand
je fais un film, j’essaye toujours de travailler sur le côté sombre de mon âme.
Après Il était une fois en Anatolie, je me
suis senti prêt à raconter cette histoire.»
L’indécision des pronostiqueurs du samedi matin (aucune Palme ne se déta-
chait, au contraire de l’année précédente
pour La vie d’Adèle) s’est répercutée en
écho lors de la conférence de presse
d’après-palmarès. La présidente Jane
Campion a ainsi regretté de n’avoir «pas
assez de prix à distribuer». Puis a précisé
le mode d’emploi de son jury: vote à bulletins secrets, avec une majorité à cinq voix
pour chaque prix.
Pourquoi être resté si peu de temps
à Vidy?
Difficile à dire. J’y étais très bien, mais
c’est mon caractère de ne pas rester trop
longtemps dans un même lieu. Après,
cela a bien continué avec René Gonzalez.
Comme dans tous les théâtres, il y a eu
des hauts et des bas, mais Lausanne a
maintenant un bon théâtre et même un
théâtre important.
«Je trouve bien que
Cannes, où Godard a été
souvent en compétition,
reconnaisse son génie
absolu»
Frédéric Maire,
directeur de la Cinémathèque suisse
C’est ainsi que l’Italienne Alice Rohrwacher, 33 ans, a remporté le Grand Prix
du jury pour Le Meraviglie (Les merveilles):
«J’avais déjà été surprise d’être sélectionnée, peut-on lire sur le site du festival.
Mais là, d’avoir un prix… Sur scène, je
voulais remercier tout le monde, car beaucoup ont été piqués par des abeilles lors
du tournage du film.» C’est la première
fois qu’une coproduction suisse obtient
un tel succès à Cannes. Le Meraviglie est
coproduit par la Tessinoise Tizia Soudani
(Amka Films Productions), alors que l’actrice bernoise Sabine Timoteo tient l’un
des rôles de cette histoire d’apiculteurs où
l’aînée de quatre sœurs essaie de s’affranchir de l’autorité d’un père impulsif.
Au-delà du saupoudrage habituel sur
les prix dits secondaires, celui du jury
marque les esprits puisqu’il associe
Mommy, de Xavier Dolan, 25 ans, avec
Adieu au langage, de Jean-Luc Godard,
83 ans, pour la première fois récompensé
à Cannes. Directeur de la Cinémathèque
suisse, Frédéric Maire remarque que pour
Godard les prix importent peu. «Au-delà,
Quel souvenir vous revient de
l’époque où vous le dirigiez?
J’ai commencé pendant les vacances
d’été et il y avait déjà tous ces gens sur la
pelouse – pas des riches – qui faisaient des
grillades. Ma première action a été de leur
dire: «C’est un théâtre, mais si vous avez
besoin d’aller aux toilettes, nous en
avons, les portes sont ouvertes.» Je voulais faire un théâtre pour les gens et je
crois que ça continue un peu comme ça.
Palmé
Nuri Bilge Ceylan, 55 ans,
a décroché la récompense
suprême: une Palme d’or pour
Sommeil d’hiver. AFP
Le palmarès
Palme d’or Sommeil
d’hiver (KiŞ UyKusu),
de Nuri Bilge Ceylan.
C’est la deuxième
Palme pour le cinéma
turc après celle de
Yol, la permission,
d’Yilmaz Güney, en
1982.
Grand Prix du jury Le Meraviglie (Les
merveilles) d’Alice Rohrwacher. La
Toscane de 33 ans avait déjà laissé une
belle impression à la Quinzaine des
réalisateurs en 2011 avec Corpo celeste.
Prix de la mise en scène Bennett
Miller pour Foxcatcher. Après Truman
Capote (2005) et Le stratège (Moneyball,
2011), le New-Yorkais
s’inscrit dans la liste des
cinéastes à suivre
attentivement.
Prix d’interprétation
féminine Julianne
Moore pour Maps To
The Stars, de David
Cronenberg. Le film
étant à l’affiche tout comme Homesman
avec Hilary Swank et Deux jours, une nuit
avec Marion Cotillard, il est possible à
chacun de comparer les trois actrices
souvent données favorites. L’immense
carrière de Julianne Moore a peut-être
parlé pour elle.
Prix d’interprétation masculine
24 heures de BD, entre fatigue et satisfaction
BD-FIL
Le Festival de bande
dessinée de Lausanne,
en collaboration avec
Ceruleum, a organisé
la 1re édition lausannoise
des 24 heures de la BD
Samedi, 15 h. Au 3e étage de l’école
d’arts visuels Ceruleum, des dessinateurs errent dans les couloirs.
Certains ont les traits tirés, d’autres
réfléchissent au ralenti. Il reste
deux heures et demie de travail à
disposition. Quelques-uns sont
déjà rentrés chez eux pour prendre une douche ou tout simplement dormir… Tel est l’effet des
24 heures de la BD!
VC1
Contrôle qualité
Pas le temps de souffler
pour réaliser une BD en vingtquatre heures. AUDE HAENNI
Pour le comprendre, une explication s’impose. Inventées par
Scott McCloud en 2004, les
24 heures de la BD invitent professionnels, étudiants ou amateurs à
réaliser une bande dessinée complète, sur la base d’une contrainte,
et ce en vingt-quatre heures.
En marge de Flon Art, Lausanne accueillait sa première édition ce week-end, sous l’impulsion de Philippe Duvanel, directeur de BD-FIL. «Lewis Trondheim est l’invité d’honneur de BDFIL cette année et initiateur des
24 heures de la BD d’Angoulême;
l’occasion se présentait!» Lewis
Trondheim s’est prêté au jeu en
imaginant la contrainte: une
photo de chasseurs à intégrer.
L’information transmise vendredi à 17 h 30, une soixantaine de
participants se sont mis à
l’ouvrage, à domicile pour la plupart. Vingt dessinateurs ont pourtant décidé de réaliser leurs 24
planches dans les locaux de Ceruleum, où salle de travail, matelas et
repas étaient mis à disposition.
«On offre un contexte créatif, c’est
chouette! Et l’accompagnement
force à aller jusqu’au bout», note
Philippe Duvanel. Deux participants ont tout de même abandonné. Il faut dire que l’expérience
n’est pas simple. «On est comme
«jetlagué», raconte Micaela
Martins, étudiante à Ceruleum. Je
n’ai dormi que quinze minutes,
c’était intense. Mais je suis satisfaite d’avoir mené à bien le défi!»
Et la récompense dans tout ça?
«Normalement, il n’y en a pas.
Mais, ici, il y aura une sélection
des meilleurs projets, qui seront
exposés à BD-FIL», souligne JeanBaptiste Heinzer, directeur de Ceruleum. Aude Haenni
Timothy Spall pour
M. Turner, de Mike Leigh.
Agé de 57 ans, l’acteur
fétiche du cinéaste
anglais a pris des cours
de peinture durant deux
ans pour interpréter le
grand peintre,
aquarelliste et graveur
britannique (1775-1851).
Prix du scénario Leviathan, des Russes
Andrey Zvyagintsev et Oleg Negin.
Prix du jury Mommy, du cinéaste québécois Xavier Dolan, et Adieu au langage, du
cinéaste rollois Jean-Luc Godard.
Palme d’or du court-métrage Leidi, du
cinéaste colombien Simon Mesa Soto.
Repéré pour vous
Une voix américaine
Nick Tosches, écrivain
américain qui, dans son
ouvrage Country: les racines tordues du rock’n’roll,
entrevoit les rapports
contre-nature du blues et
de la country comme fondement du rock, n’avait
pas encore écouté le dernier album de Dawn Landes au
moment d’écrire son livre. Un peu
comme certains enregistrements
de Catpower, ce Bluebird – cinquième album de la native du Kentucky émigrée à Brooklyn – maintient ce trouble bienvenu. L’album
n’est pas rock, mais entrelace avec
sensualité ces deux sources origi-
nelles. Plutôt country
dans sa manière de balancer ses phrases de
cow-girl langoureuse,
Dawn Landes trouve
aussi le chemin d’un cabaret aux sièges en velours bleu. A tester au…
Bleu Lézard. Boris Senff
Bluebird
Dawn Landes
Irascible
Lausanne, Bleu Lézard
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Rens.: 021 321 38 30
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je trouve bien que Cannes, où il a été
souvent en compétition, reconnaisse son
génie absolu, totalement à part. Même si
une Palme d’or aurait été symboliquement plus forte, peu importe quel prix,
l’important, c’est un prix. Et je trouve bien
qu’il soit partagé entre Xavier Dolan et lui:
l’extrême jeunesse et la reconnaissance
du vieux sage.»
La France bredouille
Lors de la sortie des Amours imaginaires,
en 2010, nous avions fait remarquer à
Dolan que son énergie rappelait celle de
Godard à l’époque de la Nouvelle Vague.
Le Montréalais répliquait assez sèchement. «J’essaie de faire mes films à moi.
Un journaliste m’a décrit comme un
jeune homme prétentieux qui a trop vu
Deux ou trois choses que je sais d’elle (Godard, 1966). Or je ne connais pas ce film!
On me détermine des influences sans me
consulter. C’est très, très, très désagréable. Comme si, parce que j’ai 21 ans (en
2010), je ne pouvais avoir aucune idée
par moi-même.»
Ne cachant pas sa déception, Dolan
tentait de faire bonne figure après le
palmarès. «Je reconnais là le geste délibéré du jury de nous associer dans le
cinéma, Jean-Luc Godard et moi, à cause
de notre recherche de la liberté dans
deux époques différentes. Lui a tenté de
réinventer le cinéma dans une époque
qu’il a créée. J’aimerais aussi être lié à un
tel virage.» Au-delà, le Québécois et le
Rollois sont les seuls représentants francophones du palmarès. La France avec
Sils Maria, d’Olivier Assayas, Saint Laurent, de Bertrand Bonello, et The Sears,
de Michel Hazanavicius, tout comme la
Belgique avec Deux jours, une nuit, des
frères Dardenne, sont reparties bredouilles.
est gouverné par la mode. La presse vient
à la première, dit si c’est bien ou pas –
qu’ils viennent ou pas ne change rien à
leur appréciation – et le tour est joué.
C’est déprimant. Mais ce sont les grandes
capitales qui vous donnent les moyens –
les moyens de ne pas oublier la culture.
On est obligé de se vendre au pouvoir…
La chapelle Sixtine est une grande chose,
mais il a fallu travailler pour le pape et le
Vatican.
Les petits lieux sont stimulants?
Oui, et ils représentent les deux tiers de
mon activité, presque tous mes travaux
importants. La première fois que j’ai réalisé un Molière – même si j’ai un problème
littéraire avec la France, car ce n’est pas
ma langue – c’était Don Juan. Un gros
travail, les gens en ont dit du bien. Eh
bien, je l’ai créé à Cluj, en Roumanie.
Quelle est votre idée quand vous
faites monter des décors dignes
En dates
1941 Naissance le 9 mai à Zurich parce
que son père a fui Berlin et la guerre.
1946 Revient à Berlin, son père dirige le
Deutsches Theater.
1963 Premières mises en scène de
Brecht au Berliner Ensemble. Il débute sa
collaboration avec Manfred Karge.
1975 Crée à la Volksbühne La Bataille
de Heiner Müller, dramaturge et ami de
toute une vie.
1989 Prend la direction du Théâtre de
Vidy, après que la Comédie de Genève
(où il a créé Mademoiselle Julie) l’a refusé.
Abrège son contrat.
1992 Codirection du Berliner Ensemble,
qu’il quitte également prématurément.
2015 Revient à Vidy en janvier avec
Cinéma Apollo, adapté de Moravia.
C’est vous qui avez d’ailleurs
instauré le billet à 10 francs…
Oui, oui, la Ville a été très bien, même si
c’était le grand scandale. Tout le monde
disait que ça ne marcherait jamais et Mme
la syndique (ndlr: Yvette Jaggi) était la
seule à me soutenir. La vente des billets a
d’ailleurs très bien marché. Je suis très
content que le jeune homme que vous
étiez à l’époque soit venu au théâtre, car
cela n’existait pas avant. Avant, le spectateur qui était dedans n’était pas d’accord
de vous voir à côté de lui.
A la fin des années 1980, vous aviez
déjà un parcours prestigieux.
Pourquoi venir à Vidy, en province?
Vous vous trompez. Monter des spectacles à Paris, à Berlin, à Moscou relève
d’un problème économique. Le travail
pour le public, le travail théâtral intéressant, je l’ai plus fait dans des villes dites
«de province», où les gens sont plus
ouverts, plus curieux. Il n’y a rien de pire
que le public de Paris. C’est affreux, tout
d’une superproduction de cinéma?
C’est vrai. Mais si je fais toujours attention
de dire que nous n’avons pas le droit de
jeter l’argent par les fenêtres, nous sommes aussi responsables pour le public qui
a droit à beaucoup: des décors, des costumes, des peintures… Le théâtre représente une masse de gens qui ont des métiers merveilleux. Parfois, cela devient
cher, car on doit faire appel à des spécialistes. Ça coûte, que dis-je, «ça coûte»? Un
théâtre public a l’obligation de donner un
maximum de travail en temps de crise!
Vos origines sont liées à la guerre.
Quel en a été l’impact?
C’est clair. Pour moi, cela voulait surtout
dire le temps juste après la guerre. Je suis
rentré à Berlin à l’âge de 6 ans. A ce moment, nous voyions la guerre de manière
plus vraie que pendant la guerre. La
mort, les explosions, les tirs: c’est un feu
d’artifice brutal. Mais comprendre la
guerre, c’est voir ce qu’elle a fait du vécu
des êtres humains. Je continue de voir le
monde avec ces enjeux. L’Ukraine suscite
en moi une peur affreuse.
Vous représentez peu l’histoire du
XXe siècle pourtant. Les mythes ont
votre préférence?
Oui, quand on ne commence pas par le
mythe, c’est déjà trop tard! Je ne suis pas
brechtien car je ne suis pas un idéologue,
mais, comme lui, qui prenait Shakespeare pour parler de nous, je pense qu’il
faut raconter le mythe à nouveau. Comment va-t-on dans notre costume ancien?
Vous n’êtes donc pas brechtien?
Pas du tout. J’ai quelque chose de Strindberg. Tout est collage, même un personnage est un collage de mille choses qui ne
se fixent jamais. Pareil avec mon esprit
baroque: je ne m’intéresse pas au centre,
mais à la périphérie. Le centre est vide,
tout va autour. C’est aussi ma manière de
regarder le monde. Boris Senff
Matthias Langhoff, metteur en scène et ancien directeur du Théâtre de
Vidy, est revenu ce week-end dans l’institution qu’il a dirigée. PHILIPPE MAEDER
Diva de la guimauve, Mariah Carey culbute la tendance
En diagonale
Vente record pour Tintin
Pop
Un quart de siècle après
son entrée fracassante
au Billboard, la star gratte
le vernis. Moi, Mariah,
chanteuse insaisissable
est un bon album
Difficile à cerner, la diva de la pop
nord-américaine? Icône extralisse au bénéfice du grand capital
– «marraine» régulière pour la société Walt Disney –, entrepreneuse dénuée d’éthique – un concert en 2013 chez les dictateurs
angolais –, interprète chevronnée
du fantasme féminin un peu glamour, un peu vulgaire mais pas
trop, et suscitant les remarques
VC1
Contrôle qualité
masculines avec régularité, Mariah Carey campe tout de même
cette artiste hors pair, vocaliste
virtuose capable de notes parfaites, qui a ému les amateurs de
ballades bien moites durant les
années 1990 au moins. Pour finir
par lasser jusqu’à ses fans. Tandis
que les autres la trouvaient déjà
trop mainstream, et si conventionnelle..
Un nouvel album vient de paraître, intitulé Me. I am Mariah…
The Elusive Chanteuse. «Moi, Mariah, chanteuse insaisissabl..» On
le prend du bout des doigts. Pour
découvrir en lieu et place des vocalises ultrasophistiquées et des
fioritures archimaniérées dont se
délectait jusqu’à plus soif le r’n’b
de l’époque – surprise – une voix
coulée dans un rythme éminemment plus roublard, plus suave, et
autrement plus dur, plus sauvage
que la guimauve coutumière de la
dame. Ce quatorzième opus studio n’est certes pas une révolution
sonore, sinon le constat qu’une
musique grand public peut dépasser le cliché rassurant dès lors
qu’elle fait preuve d’un peu
d’audace. Et continuer de vendre
par la même occasion.
Un quart de siècle après son
entrée fracassante dans les premières place du Billboard – Vision
of Love, puis Emotions, plus tard
encore la reprise de I’ll Be There –
la star multiplatinée, surmaquillée, gratte sous le vernis.
Passée sur le label Def Jam, label majeur en matière de hip-hop
popu, pointu et bien foutu (The
Roots, Q-Tip, Kanye West), Mariah
Carey bénéficie d’une production
riche d’idées musicales. Le néo70’s You Don’t Know What To Do,
le langoureux You’re Mine, ranime
brièvement ses vocalises aériennes sur le rythme lubrifié de Supernatural.
Puis elle joue les divas disco
sur le mélancolique Meteorite.
L’orgue remplace le piano? Une
bonne nouvelle, laquelle tient
tout le charme de Faded. Le piano
revient pour une confession
acoustique à mi-voix? Camouflage
se fait l’écho lointain des sentiments contrariés. One More Try
enfin, ouvert au piano Fender
comme un gospel, avant de filer
sur un tapis de synthés que
n’auraient renié ni Annie Lennox
ni Sinead O’Connor, se mue en
complainte soul royale, soutenue
par une batterie raide comme un
bout de bois, tandis que s’ébroue
soliste et chorale.
Bouleversée, la manière Mariah Carey? Plus justement revenue aux basiques de la pop music.
Fabrice Gottraux
Me. I am
Mariah…
Mariah Carey
Sony Music
Bande dessinée Une planche
originale de Tintin signée par Hergé
a été vendue samedi aux enchères,
à Paris, 3,24 millions de francs, frais
inclus. Un record du monde pour une
œuvre de bande dessinée. Il s’agit
d’une double page, réalisée en 1937 à
l’encre de Chine par Hergé pour
constituer les pages de garde des
albums de Tintin publiés de 1937 à
1958. Elle présente Tintin et Milou dans
34 situations différentes. Ce montant
témoigne de l’engouement pour un
marché dont les prix ont décuplé en
dix ans. Autre record, la première
journée de la vente a dépassé les
6 millions de francs pour près de
500 lots, du jamais-vu. La vente était
entièrement consacrée au dessinateur
belge et à son petit reporter. ATS
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