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n°63
MARS 2015
LE MAGAZINE D’INFORMATION SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE EN LORRAINE
OBJECTIF :
FORMATION EN LORRAINE
Formation
Éducateurs sportifs
et animateurs socioculturels
P8-15 | dossier
L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
Effet de mode ou modèle d’avenir ?
Territoire
Garantie Jeunes
Métiers
Le Contrôle non destructif
Lorraine
GIP
© Paola Canti - Fotolia
à lire aussi dans ce numéro…
PARCOURS métiers
édito
# par Emmanuel Journot
Directeur du GIP Lorraine
Parcours Métiers
L’économie
circulaire
représente
un formidable
outil « antidélocalisation »
« Rien ne se perd, rien ne se crée,
tout se transforme ». On se souvient
tous de cette citation de Lavoisier
que nos professeurs de sciences
physiques nous ont inculquée au collège. Phrase apprise parmi d’autres
et qui n’a sans doute pas changé le
cours de nos vies. Pas sûr qu’il en
soit de même à l’avenir tant cette
maxime paraît adaptée au développement croissant du recyclage et de
l’économie circulaire. Celle-ci vise la
diminution drastique du gaspillage
des ressources.
Nouveau leitmotiv d’une époque de
rareté qui se profile. « Car l’humanité
vit au-dessus de ses moyens. Il faudrait 1,5 planète Terre pour assumer
aujourd’hui les besoins d’une population toujours croissante et 2 planètes
Terre seront nécessaires bien avant
2050 si rien ne change», selon l’ONG
américaine Global Footprint Network
(GFN).
sources et l’environnement mais
aussi sur l’emploi. En renforçant
l’ancrage des entreprises dans
le territoire, l’économie circulaire
représente un formidable outil
« anti-délocalisation »1. On mesure
donc l’enjeu de ces nouvelles filières
pour le développement économique
des territoires régionaux, même s’il
est difficile à ce jour de se prononcer sur l’ampleur réelle des transformations qu’apportera cette nouvelle
philosophie. En Lorraine, des initiatives sont déjà prises. Le dossier
présenté dans ce numéro, consacré
à l’économie circulaire, vous en présente plusieurs exemples.
1
ARDY Pascal. L’économie circulaire contre
H
la raréfaction des ressources. In L’industrie,
notre avenir, sous la direction de Pierre Veltz
et Thierry Weil. Eyrolles. La Fabrique de l’industrie. 2015. p. 98
Face à ce constat, l’économie circulaire prend une place de plus en plus
importante dans les débats et les
réponses apportés aux problèmes
économiques et environnementaux.
Le projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte en
apporte un exemple avec un chapitre
entier consacré à cette question
(Titre IV : Lutter contre le gaspillage
et promouvoir l’économie circulaire).
Les effets de cette nouvelle
approche sont attendus sur les res-
::: bulletin d’abonnement
«Objectif Formation en Lorraine» disponible gratuitement sur abonnement
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COUPON À RETOURNER À
GIP LORRAINE PARCOURS
MÉTIERS
10, rue Mazagran
54000 NANCY
E-mail : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Renseignements complémentaires : LorPM / 03 83 54 13 00 / Christine ETIENNE / christine.etienne@lorpm.eu
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
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FORMATION
EN LORRAINE
n°63
sommaire
ont collaboré à ce numéro :
Juliette Balland, Pascal Bauger, Vincent
Bellais, Irina Canton, Véronique Genet,
Marianne Grosjean, Hafida Hadra, Florence
Jeandel, Murielle Jeanto, Fabienne Jimenez,
Laurent Laguerre, Laurence Maréchal, Vanessa Mazoyer, Caroline Noiré, Raphaëlle Pienne,
Sandrine Pugliese, Arielle Phillipe, Ousmane
Sow, Aline Wagner, Claire Wagner, Alice
Wypyszynski
P2 | Édito
Directeur de publication : Emmanuel JOURNOT
Rédactrice en chef : Christine ETIENNE
Objectif Formation en Lorraine est une
publication éditée par le GIP Lorraine
Parcours Métiers
Siège social : Lycée Schuman - 4, rue Monseigneur Pelt - BP 45138 - 57074 METZ CEDEX 03
Tél. : 03 87 68 10 10 | Fax : 03 87 68 10 11
Réalisation technique par le GIP LorPM :
Estelle MARKOVIC et Marie-Christine SINDT
N° de dépôt légal :
2e trimestre 1994 | ISSN 1254 - 8502
Trimestriel | Impression : Berger Levrault
P24 | Territoire
P4 | En bref
Un défi relevé... la Garantie
Jeunes
P7 | LorPM & Vous
P26 | Lorfolio
Professionnels de la relation
Emploi-Formation, à vos agendas !
Un atout pour les formations compétences clés
P16 | Formation
P27 | Métiers
- 43es olympiades des métiers
- Pensez apprentissage
- Éducateurs sportifs et animateurs - Le contrôle non destructif, vous
connaissez ?
socioculturels : des professions
- Norske Skog Golbey :
dynamiques en Lorraine
une entreprise sociétalement
engagée
P21 | Droit
- Grâce au CPF, la VAE acquiert une
P31 | Ressources LorPM
nouvelle dimension !
- C
hômage : reprendre un emploi et
recharger ses droits
- F
ormation : de nouvelles obligations pour les entreprises
Formation
P8-15 dossier
L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE | Effet de mode ou modèle d’avenir ?
P18
éducateurs sportifs et
animateurs socioculturels :
Des professions dynamiques en
Lorraine
© Noa THOMAS
© moodboard
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
3
4
6
en bref
ani jeunesif
Bilan positenaires
pour les pcaiarutx
so
@ Yuri Arcurs
Sanitaire et social
Un CFA en Lorraine
Depuis son lancement en 2011, l’Accord
national interprofessionnel (ANI) a permis à plus de 80 000 jeunes de bénéficier
d’un programme d’accompagnement
renforcé.
En Lorraine, ce sont 800 jeunes concernés. À ce jour, 500 sont toujours dans le
dispositif et 80 % des sortants sont en
situation d’emploi ou de formation.
Depuis le 1er septembre 2014, la Région Lorraine a confié au GIP Formation
Tout au Long de la Vie la gestion d’un nouveau CFA dans le secteur Sanitaire
et Social.
Un bilan positif pour les partenaires
sociaux qui ont confié la mise en oeuvre
de cet ANI aux Missions Locales.
Son activité est organisée sous le contrôle du Service académique de l’inspection
de l’apprentissage (SAIA) du Rectorat de Nancy-Metz. Il s’agit d’un CFA « hors mur ».
En d’autres termes, il s’appuie sur des centres de formation agréés par la Direction
régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) et de l’Agence
régionale de santé (ARS), pour mettre en œuvre la formation théorique et technique des
apprentis. Ainsi, trois diplômes sont proposés :
- le CAP Petite Enfance (au lycée La Tournelle de Pont-St-Vincent),
- le Diplôme d’État d’auxiliaire puéricultrice - DEAP (au Lycée Alain Fournier de Metz
qui héberge l’Institut de formation d’auxiliaire de puériculture - IFAP),
- la préparation au Diplôme d’État d’aide-soignant - DEAS (appuyé par l’Institut de formation d’aide-soignant - IFAS). D’une durée de 18 mois, l’accompagnement s’adresse à des jeunes sortis du
système scolaire sans qualification ou
diplôme. Son objectif : leur permettre
d’accèder à un premier emploi en CDI ou
CDD de plus de 6 mois.
Début 2015, les effectifs sont portés à 35 apprentis, âgés de 16 à 26 ans,
issus de filières initiales sanitaires et sociales. Ces jeunes ont le statut de salariés, en contrat d’apprentissage auprès d’employeurs publics et privés lorrains.
À noter que selon leurs parcours, les apprentis peuvent bénéficier de dispenses
réglementaires, permettant de réduire la durée de formation. Pour satisfaire, les
besoins émergeants, la capacité d’accueil du CFA augmentera d’ici fin 2015.
PLUS D’INFOS
www.pole-sanitairesocial-lorraine.fr (cf. renseignements pratiques, dossier d’inscription)
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
4
Concrêtement, il est composé de 3
phases :
- un diagnostic et une définition du projet
professionnel,
- une identification du plan d’action et
d’accompagnement intensif comprenant des mises en situation professionnelle auprès de partenaires ou d’entreprises,
- et un suivi dans l’emploi.
en bref
L’ALTERNANCE recrute dans le
supérieur
Pour informer sur les diplômes accessibles en alternance dans le supérieur,
l’Université de Lorraine, en partenariat
avec la Région Lorraine et AMILOR, organise l’évènement « Alternance dans le
supérieur en Lorraine » via 2 forums en
2015 :
> Metz | 25 mars | IUT Metz (Ile du Saulcy)
> Nancy | 1er avril | CG 54
(face à la piscine Nancy thermal)
Seront présents :
- Des entreprises et CFA qui recrutent.
- Des espaces conseils : rédaction de CV ;
Dress-Code ; convaincre en 3 minutes
(atelier video) ; comment prospecter,
relancer une entreprise ? ; utiliser un
portefeuille de compétences : Lorfolio.
- Et aussi : la présentation des formations
accessibles en alternance à l’Université
de Lorraine ; le Service d’Orientation et
d’Insertion Professionnelle ; l’Association des Missions Locales de Lorraine ;
le Service d’Accompagnement aux
Contrats d’Apprentissage pour travailleurs handicapés.
PLUS D’INFOS
découverte
en
entreprise
La loi du 05/03/2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la
démocratie sociale a permis les Périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP).
Toute personne accompagnée dans une
démarche d’insertion sociale ou professionnelle, peut ainsi bénéficier, au cours
d’un parcours d’insertion, d’une mise en
situation dans l’entreprise pendant 1 mois
maximum. Elle permet de se confronter
à des situations réelles de travail pour
découvrir un métier ou un secteur d’activité, confirmer un projet professionnel ou
initier une démarche de recrutement.
Le bénéficiaire doit se trouver dans
une démarche d’accompagnement
social (tout demandeur d’emploi, jeune
en demande d’insertion suivi par une
mission locale…) ou de réorientation professionnelle (salarié relevant
d’une structure d’insertion par l’activité
économique, salarié en contrat aidé,
engagé dans une démarche active de
recherche d’emploi et inscrit à Pôle emploi…).
La PMSMP est prescrite par les structures qui accompagnent les bénéficiaires
(Pôle emploi, Missions Locales, Cap
emploi…). Elle fait ensuite l’objet d’une
convention conclue a minima entre le
bénéficiaire, la structure d’accueil et la
structure d’accompagnement.
PLUS D’INFOS
www.legifrance.gouv.fr
Décret n° 2014-1360 du 13 novembre 2014
www.univ-lorraine.fr/alternance
TPE/PME :
une licence pour la création et la reprise d’entreprise
L’Université des Métiers et de l’Artisanat regroupe et coordonne l’ensemble des
formations et dispositifs proposés par les
Chambres de Métiers et de l’Artisanat de
Lorraine et leurs CFA, du niveau VI (Dispositif d’Initiation aux Métiers en Alternance)
au niveau II (Licence professionnelle).
C’est dans ce cadre que la Licence Professionnelle Entreprenariat et Management des Petites et Moyennes Organisations a été créée en 2014 en partenariat
avec l’Université de Lorraine.
Elle permet de répondre à des besoins en
formation relatifs à la création et reprise
d’entreprise.
Celle-ci se déroule par la voie de l’apprentissage. Cette Licence est ouverte
aux titulaires d’un diplôme Bac+2 ou de
toute autre formation de même niveau
ayant un projet de création d’entreprise
ou de reprise d’entreprise ou de développement d’activité au sein d’une entreprise
existante.
Elle vise à acquérir des savoir-faire et
techniques nécessaires pour la gestion
d’une entreprise (plan de financement,
études de marché, droit commercial,
fiscal et social, marketing, ressources
humaines).
PLUS D’INFOS
CRMA LORRAINE
contact@crmalorraine.fr
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
5
en bref
Quoi de neuf sur la toile ?
• Un portail dédié au CPF
www.moncompteformation.gouv.fr
Ce portail, ouvert depuis le 21/11/2014 s’adresse aux personnes salariées et/ou
en recherche d’emploi. Elles peuvent y inscrire leurs heures DIF non utilisées au
31/12/2014 et s’en servir depuis le 05/01/2015 dans le cadre du Compte personnel
de formation (CPF). Dès mars 2016, le CPF sera alimenté en heures au titre de
l’activité salariée 2015.
• Décrochage scolaire
http://masecondechance.onisep.fr/#accueil
L’Onisep a lancé un nouveau site pour aider les jeunes sortis du système scolaire sans diplôme «Ma seconde chance». Il est constitué d’un système de géolocalisation permettant de trouver à proximité de son lieu d’habitation les lieux
d’orientation, les formations, les établissements adaptés, les nouveaux parcours
(micro-lycée, école de la 2e chance), les lycées pro et CFA et les établissements
de la filière générale.
• Le Conseil en évolution professionnelle (CEP)
Uniformation et Unifaf viennent chacun de lancer un site dédié au Conseil en Évolution Professionnelle. Objectif : accompagner les salariés de leurs champs d’activités respectifs qui souhaitent entamer une démarche de CEP.
Uniformation, l’Opca de l’économie sociale, http://moncep.uniformation.fr/
Unifaf, l’Opca de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non
lucratif, http://mon-cep.unifaf.fr/
• Pour les professionnels des Missions Locales
www.peps-missionslocales.info/
Économie verte : état des lieux des
travaux emploi-formation réalisés dans le
réseau des CARIF-OREF
Depuis 2013, un groupe de travail constitué
de plusieurs CARIF-OREF, dont le GIP LorPM,
travaille sur le thème de l’économie verte.
Celle-ci représente l’une des principales
mutations économiques en cours aujourd’hui.
Riches de leurs expertises sur la relation emploi-formation, l’insertion des jeunes
ou encore l’églité femme-homme, les
CARIF-OREF ont chacun investi ce thème
sous des angles divers pour répondre aux
besoins des décideurs politiques et économiques de leur région.
L’Union nationale des missions locales (UNML) et l’Institut Bertrand Schwartz
proposent une plateforme d’échanges, de capitalisation et de valorisation des
pratiques des professionnels des missions locales. L’espace de valorisation
est organisé autour de 3 thématiques : l’innovation sociale, la participation des
jeunes, la collaboration entre les missions locales et le secteur économique. L’objectif du groupe de travail est de mutualiser l’ensemble de ces approches, afin de
rendre visible l’étendue des connaissances
produites et de construire une lecture partagée de ce qu’est l’économie verte.
• Une vitrine consacrée aux relations franco-allemandes
www.allemagne.lorraine.eu
Courant 2014, le groupe de travail a
réalisé un recensement de l’ensemble des
travaux emploi-formation portant sur le
thème.
Le Conseil Régional vient de lancer un site internet en faveur des Lorrains dans le
domaine de la relation franco-allemande. En téléchargement, la brochure « Mon
stage en Sarre » pour encourager la mobilité des jeunes dès leurs premiers stages
en entreprise !
2014/2020 : une nouvelle
programmation pour le
Fonds Social Européen
(FSE)
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
6
CONSULTER LE DOCUMENT DE SYNTHÈSE
www.lorpm.eu
(rubrique : Nos publications)
Dans un contexte de crise engendrant des déséquilibres du marché du travail
avec des conséquences sociales, le FSE vise l’accès et le retour à l’emploi.
Anticiper et gérer les mutations économiques tout en mobilisant les entreprises : le FSE
prépare l’avenir.
La gestion du Programme Opérationnel national pour le compte de la Lorraine repose
sur trois axes :
- Accompagner vers l’emploi, soutenir les mobilités et développer l’entrepreneuriat - 8 M €.
- Anticiper les mutations et sécuriser les parcours professionnels - 13 M €.
- Lutter contre la pauvreté et promouvoir l’inclusion - 47 M €.
7
LorPM & vous
professionnels de la relation
emploi-formation, à vos agendas !
19 actions d’information et d’animation sont proposées par le GIP LorPM jusqu’en juin 2015.
Entrée en vigueur au 1er janvier de
cette année, la réforme de la formation professionnelle issue de la loi du
5 mars 2014 se traduit notamment
par la mise en œuvre du Conseil en
évolution professionnelle (CEP) et du
Compte personnel de formation (CPF),
ainsi que par la décentralisation de la
formation et de l’orientation professionnelle. La Région va ainsi animer,
organiser et coordonner l’intervention
des acteurs du futur Service public
régional de l’orientation (SPRO).
Compte tenu des évolutions de l’environnement et des dispositifs, le défi
est d’outiller les acteurs lorrains de la
relation orientation-emploi-formation,
pour qu’ils soient à même d’offrir un
service adapté au profil de chaque
actif (demandeur d’emploi, salarié...).
C’est pourquoi, le GIP Lorraine Parcours Métiers (LorPM) leur propose
un catalogue d’actions d’information
et d’animation élaboré à partir des
priorités définies par le Conseil Régional de Lorraine et la Direccte. LorPM
souhaite que ce programme contribue
à répondre à leurs besoins nouveaux
d’élargissement des compétences.
aux acteurs du Service public d’orientation ; et aux professionnels de la formation.
Ces actions d’information et d’animation portent sur les champs d’expertise
de LorPM et s’articulent autour des 5
thématiques suivantes : « Juridique »,
« Territoires », « Illettrisme », « VAE »,
« Lorfolio » et « Outils LorPM ».
Les actions proposées visent à
permettre d’actualiser et d’enrichir
ses connaissances, de s’approprier
outils et méthodes, d’échanger sur
ses pratiques professionnelles, ainsi
que de rencontrer des professionnels
de métiers ou réseaux différents.
Publics visés et objectifs
De façon à favoriser le mixage des
publics et une culture partagée, le
catalogue s’adresse en particulier aux
professionnels de l’Accueil - information - orientation (AIO), de l’emploi, de
l’insertion et de l’accompagnement ;
Par Marianne Grosjean
PLUS D’INFOS
Catalogue et inscription gratuite sur
www.lorpm.eu (zoom)
Contact : 03 83 98 98 73 / 06 89 64 83 38
ou marianne.grosjean@lorpm.eu.
5 nouvelles actions
• Les trajectoires professionnelles sur le territoire lorrain.
• Des outils pédagogiques pour développer les compétences clés et transversales.
• L’offre de certification des ministères accessible par la VAE.
• La CNCP, le RNCP et des référentiels d’activités.
• L’utilisation de Lorfolio dans le cadre de la VAE.
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
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15
dossier
l’économie circulaire
Effet de mode ou modèle d’avenir ?
Réintégrer les déchets dans le circuit de production pour limiter le
gaspillage, c’est aujourd’hui une tendance en plein développement.
Quelle place tient-elle en Lorraine ? Enquête sur l’économie circulaire en région mais aussi dans les territoires...
un nouveau
modèle économique
© Noa THOMAS
Une bouteille d’eau en plastique transformée en couette toute douce ? À
priori c’est dur à croire. Et pourtant ! C’est le pari qu’a relevé avec succés la société Dodo à Saint-Avold (Moselle). À partir des rebuts de production des bouteilles d’eau de Vittel préalablement transformés en paillettes,
elle fabrique ainsi couettes et oreillers. Elle n’est pas la seule : en Europe
aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises se mettent à récupérer des
déchets pour nourrir leurs chaînes de production. Le concept ? L’économie
circulaire, soit un système économique d’échanges et de production qui, à
tous les stades du cycle de vie des produits, vise à augmenter l’efficacité
de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement.
Son objectif ? Rompre avec la logique linéaire qui prévaut aujourd’hui et qui
consiste à extraire, fabriquer, consommer et jeter.
L’expression « économie circulaire » apparaît pour la première fois en 1990
dans l’ouvrage de deux économistes anglais, D. W. Pearce et K. R. Turner,
consacré à l’économie des ressources naturelles et de l’environnement
(Economics of Natural, Ressources and the Environnement). S’inspirant
des principes de fonctionnement des écosystèmes naturels où rien ne se
perd, rien ne se crée, tout se transforme, l’économie circulaire s’appuie sur
des concepts innovants qui font néanmoins référence à des questionnements économiques anciens. Étroitement liés à l’histoire du développement
durable, ils visent tous à découpler la dynamique de croissance économique
de la consommation des ressources.
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
8
dossier
L’économie circulaire
« Un modèle économique : un mode de
vie, une philosophie ! »
Complémentaire, le concept de « cradle to cradle » ou C2C issu des
travaux du chimiste allemand M. Braungart et de l’architecte américain
W. Mc Donough à la fin des années 1980, a également contribué au
développement de la notion d’économie en boucle. Ce concept développe l’idée qu’un produit fabriqué doit pouvoir, une fois recyclé, produire à nouveau le même produit, seul un ajout d’énergie renouvelable
intervenant dans le cycle.
Aussi, face à l’épuisement de nos ressources, l’économie circulaire
propose de produire autrement, en intégrant une exigence écologique
de la conception au recyclage. Ce modèle, qui privilégie les sources
d’énergie renouvelables et bannit le recours aux produits chimiques et
toxiques, s’appuie sur un maillon essentiel : le zéro déchet.
« Quand le
déchet devient
matière
première »
LE RECYCLAGE : UN ENJEU STRATéGIQUE
Dans ce contexte contraint d’accès aux ressources, le développement du recyclage permet de sécuriser un approvisionnement de
celles-ci. Car si l’accès à la majorité de ces ressources diminue, le
volume des déchets, lui, augmente de manière constante. Et les analyses statistiques montrent que la quantité de déchets évolue avec le
niveau de vie des populations. Même si des efforts importants ont été
faits pour réduire leur production, le volume total n’a pas cessé d’augmenter.
Aussi, le recyclage connait une croissance exponentielle depuis 1990.
Plusieurs facteurs y concourent. D’une part, la production de déchets
s’accroit en aval de l’écosystème économique et les dispositifs mis en
place, au fil des années, en développent la capacité de collecte et de
tri. D’autre part, les innovations technologiques, ainsi que la rareté des
ressources, rendent de plus en plus rentable le recyclage des matières.
Enfin, ce secteur d’activité a été fortement accompagné cette dernière
décennie par les politiques européennes et nationales.
Les déchets sont essentiellement valorisés via deux principaux procédés : soit ils sont transformés en électricité ou en chaleur via l’incinération, le stockage ou la méthanisation, soit ils sont « convertis » en
matières premières de recyclage, notamment pour les métaux ferreux
et non ferreux, les plastiques, le bois, les déchets d’équipements électriques et électroniques, le papier, etc.
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
9
dossier
PHOTO Légende
Les déchets d’équipements électriques et
électroniques sont valorisables, © Photogen
De plus, l’activité liée au recyclage est créatrice d’emplois ; depuis 1999,
les effectifs de l’industrie du recyclage ont progressé de 20 %. Selon la
Fédération des entreprises du recyclage (Federec), le secteur employait
26 000 personnes en 2013 en France. C’est surtout l’augmentation de
la production des matières premières recyclées qui a conduit les filières
à recruter. Selon une étude de l’UE, le recyclage de 10 000 tonnes de
déchets induirait ainsi jusqu’à 250 emplois, contre 20 à 40 pour un traitement par incinération et seulement 10 pour une mise en décharge.
L’éCONOMIE CIRCULAIRE : AU-DELÀ DU RECYCLAGE
Cette dynamique de valorisation de nos déchets ne suffit pas, à elle
seule, à découpler la croissance et la consommation de matières. Tout
d’abord, parce qu’on ne peut pas recycler à l’infini et que la qualité des
matières se détériore au fil des traitements. Ensuite parce que les flux
entrants et sortants de l’économie n’ont pas le même poids.
Ce sont ces limites, en amont et en bout de chaîne, qui ont conduit
certains économistes à appeler à la refonte du modèle économique en
place. Pour eux, la crise de l’environnement ne peut pas être résolue à
elle seule par l’innovation technique et l’attribution d’un juste prix aux
biens environnementaux.
Cette crise est le symptôme d’un seuil franchi, d’une nouvelle époque de
rareté qui oblige à repenser l’organisation et le fonctionnement linéaire de
notre modèle économique.
Cela suppose de faire de chacun de nos déchets une ressource, mais
aussi d’économiser la matière dans les processus de production et
de consommation. Pour arriver à cet objectif, quatre grands principes
doivent être appliqués :
1. les entreprises doivent poser des régles d’éco-conception pour tous
leurs produits, ce qui inclut la prise en compte de l’impact environnemental du produit tout le long de son cycle de vie ;
2. l’économie circulaire requiert une organisation d’acteurs tout au
long de ce cycle de vie ;
3. pour diminuer la quantité de produits en stock dans l’économie, les
modèles de consommation doivent évoluer et passer d’une logique
d’acheteur à une logique d’utilisateur. Ainsi dans ce modèle de l’économie de la fonctionnalité, les consommateurs achètent de la mobilité plutôt qu’un véhicule, un confort climatique plutôt que du gaz ou
de l’électricité ;
4. l’économie circulaire se pense également à l’échelle des territoires
en mettant en place des synergies permettant de réduire les intermédiaires, de faire des économies d’échelle et de diminuer le transport induit dans les processus de production.
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
10
Les
déchets
en quelques
chiffres
La production mondiale de déchets était
estimée à 12 milliards de tonnes, en
2008, ce qui équivaut à 20 % du volume
de ressources extrait la même année.
Un tiers de ces déchets était produit
par les pays de l’OCDE. En France, en
2010, sur les 355 millions de tonnes de
déchets produits, 91 %* ont été générés
par les activités économiques. Comme
dans la plupart des pays de l’OCDE, les
déchets de la construction et de la démolition représentent de loin la plus
importante part de ce volume. Sur les
325 millions de tonnes de déchets d’activités économiques, en 2010, 73,3 % provenaient de ce secteur, juste devant le
tertiaire (7,2 %) et l’industrie (6,3 %).
*
Commissariat Général au Développement Durable, « 355 millions de
tonnes de déchets produits en France
en 2010 », Chiffres & Statistiques,
n° 385, janvier 2013
91 %
des déchets produits
sont générés
par les activités
économiques
dossier
« Faire de chacun de nos déchets une ressource »
INFOGRAPHIE
7 axes pour un cycle vertueux : la nouvelle vie d’un pneu
L’économie circulaire
prend en compte à la fois
la production et l’offre
de biens et services, la
demande et le comportement des consommateurs et la gestion des
déchets. Elle repose ainsi
sur 7 composantes
majeures.
PHOTO Légende
ADEME & VOUS, extrait
de la revue N°59 Octobre
2012 « C’est le moment
d’agir »
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
11
dossier
© Sergey Nivens
Région, clé de voûte de
l’économie circulaire
La feuille de route pour la transition
écologique rédigée lors de la conférence environnementale de septembre 2012 fait des régions la clé
de voûte du développement de l’économie circulaire. Régionalisée, voire
territorialisée, elle recherche tout
d’abord à valoriser les ressources
locales des territoires ; elle vise
ensuite à promouvoir une coopération
entre l’ensemble des acteurs locaux
(élus, entreprises, citoyens, distributeurs d’énergie…) pour dégager des
bénéfices qui profiteront aux collectivités et à leurs habitants. Comme le
rappelle Frédéric Marion1, Président
de la commission Développement
durable du Conseil économique,
social et environnemental de Lorraine
(CESEL), « travailler avec des matériaux
recyclés, gaspiller moins de ressources,
tout ça c’est écologiquement vertueux
dans la mesure où c’est réinjecté dans
le système. Augmenter par exemple la
réutilisation, la réparation, le recyclage
et la réduction, aussi, de consommation de matière, c’est de l’activité en
interne au niveau d’un territoire. Et dans
ce cas-là, la région est la bonne échelle
pour gérer ce fonctionnement et les flux
de matières ».
Dans ce contexte, le CESEL s’est
saisi de la question de l’économie
circulaire.
En effet, considérant que le développement en Lorraine de l’économie verte doit générer croissance
et emplois, le CESEL a dans un premier temps élaboré un rapport sur
les formations et le développement
durable ; son objectif : formuler des
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
12
préconisations afin de favoriser au
mieux l’adaptation des formations
au développement durable en Lorraine. Une seconde phase de cette
analyse devrait porter sur l’économie circulaire et les circuits courts
en 2016. Principal enjeu : comment
anticiper, conforter, innover pour que
la Lorraine se saisisse des opportunités de développement de l’économie circulaire ? Pour Frédéric Marion,
« le Conseil Régional s’implique dans
cette réflexion afin de soutenir le
développement économique de ses
territoires. Par ailleurs, l’économie
sociale et solidaire, génère également
de l’emploi local, en donnant naissance
à des entreprises d’insertion. C’est
le développement de filières comme
la collecte de textiles qui permet la
fabrication d’isolants très performants,
de très bonne qualité. Concernant les
métiers, l’économie circulaire engendrera-t-elle de nouvelles professions et par
là même suscitera-t-elle de nouveaux
besoins en formation ? À ce jour, et au
regard de l’avancée de nos travaux,
seule certitude, l’économie circulaire
impactera principalement des métiers
traditionnels qui seront exercés avec une
autre philosophie ».
1
rchitecte DPLG, membre du CESEL
A
et président de LQE (Lorraine qualité
environnement).
PLUS D’INFOS
Retrouvez le rapport du CESEL sur
www.ceselorraine.eu, rubrique
«Ressources»
AGRICULTURE,
éCONOMIE
CIRCULAIRE ET
CIRCUITS COURTS
L’agriculture est un secteur d’activité qui
s’inscrit naturellement et historiquement
dans le cadre d’une économie circulaire
qui recycle au travers de ses pratiques,
les sous-produits, les effluents, qui
développe des productions qui mobilisent et fixent naturellement les éléments fertilisants (légumineuses).
Au-delà des modes de production, les
modes de commercialisation évoluent
également et en particulier les circuits
courts qui réduisent les intermédiaires,
les transports, les emballages… et
développent la consommation locale.
Le développement de ces circuits courts
prend différentes formes : la vente
directe, les marchés de plein vent, les
paniers, les Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP),
la contractualisation avec des grandes
et moyennes surfaces de proximité.
Les ouvertures récentes en Lorraine
des premiers « drive fermiers » illustrent
cette dynamique qui contribue au rapprochement du consommateur et du
producteur, qui recrée du lien dans les
territoires et qui s’oppose à la culture
jetable.
dossier
« 58 bouteilles pour une couette »
© Dodo
DODO ET VITTEL :
un partenariat éco-responsable
À travers une collaboration aux ambitions écologiques, Dodo et Vittel ont
conçu une gamme de couettes et oreillers en plastique recyclé. Découverte !
Leader européen des couettes
et des oreillers, l’entreprise Dodo
installée à Saint-Avold (Moselle)
depuis 1937, n’a de cesse d’innover et d’orienter ses produits vers
toujours plus de confort et de bienêtre tout en respectant la planète.
Son service Recherche & Développement a ainsi réussi à mettre au
point un composant de substitution
révolutionnaire : une fibre creuse
siliconée issue du recyclage des
bouteilles d’eau minérale en plastique qui présente les mêmes
propriétés techniques qu’une
fibre classique, « même bien plus
belle que les fibres vierges issues du
pétrole » rappelle Christian Erbetta,
le Directeur Informatique & Qualité de Dodo. Ingénieur de formation
et depuis 23 ans dans l’entreprise,
avec son équipe, il a piloté toute la
réflexion et le travail sur la qualité
de la fibre qui permet aujourd’hui
de « fabriquer une couette de qualité
avec un haut niveau de performance
technique : cette fibre présente un fort
pouvoir gonflant qui donne une couette
la plus épaisse possible avec le minimum de garnissage à l’intérieur ; mais
aussi, elle procure un volume durable
dans le temps tout en garantissant un
très haut degré d’isolation thermique ».
Utilisant à peu près 60 millions de
bouteilles d’eau par an, Dodo a signé,
il y a un peu plus d’un an, un partenariat avec Vittel (Vosges), une
autre entreprise lorraine également
très impliquée dans une démarche
écoresponsable et citoyenne.
fabriquer un oreiller de 60x60 cm et
58 pour une couette de 220x240 cm.
Comme le rappelle le communiqué
de presse, « la bouteille n’est plus un
déchet, c’est une matière première, un
maillon de l’économie circulaire ». D’autant qu’en fin de vie, les couettes
et les oreillers Dodo peuvent être
recyclés en éléments d’isolation pour
l’habitat ou d’insonorisation pour l’automobile, prolongeant ainsi la boucle
de l’économie circulaire.
Le partenariat Dodo – Vittel a contribué au recrutement d’un nouveau
collaborateur au sein du Service
Qualité Dodo. Sa mission a été
de garantir toute la traçabilité, de
la bouteille d’eau Vittel jusqu’au
produit fini EAU’DODO. Son rôle
a également été de suivre les performances des fibres de garnissage
obtenues à partir des bouteilles Vittel
lors des productions des couettes ou
oreillers EAU’DODO.
Comme le rappelle Christian Erbetta :
Ainsi, Dodo récupère désormais
une partie des rebuts de fabrication
de Vittel qu’un recycleur intermédiaire transforme en paillettes puis
en fibres polyester, utilisées ensuite
pour la fabrication de couettes et
d’oreillers labellisés Eau’Dodo. Il faut
ainsi 17 bouteilles d’1,5 litre pour
« la R&D reste un des éléments clés
pour le développement des entreprises.
Des succès comme ce partenariat
avec Vittel nous en inspirent d’autres
qui nous permettront, je l’espère, de
créer de nouveaux emplois dans notre
groupe, tant au niveau des bureaux
d’études qu’en production ».
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
13
dossier
PAYS TERRE DE LORRAINE :
L’enjeu d’un territoire
La décision du groupe Michelin de fermer
le site Kléber de Toul en 2008, a conduit les
acteurs du territoire à travailler collectivement à l’émergence d’une nouvelle dynamique autour du recyclage et plus largement
autour de l’économie circulaire.
Cette démarche territoriale vise à
articuler des enjeux de développement
économique, de formation et d’insertion. Elle s’est traduite notamment par
diverses actions.
RECONVERSION DU SITE KLÉBER
Dés 2010, la communauté de communes du Toulois a souhaité entreprendre une requalification du site
Kléber. Un des axes de la reconversion
de ce site s’appuie sur l’implantation
d’activités « vertes » autour du recyclage et de la valorisation de la matière.
En octobre 2014, l’entreprise d’insertion
Envie 2E Lorraine2 s’est implantée sur le
site (cf. plate-forme de 10 000 m²). Une
trentaine de salariés (caristes, chauffeurs poids lourds, agents de traçabilité…) ont été embauchés en CDD de
2 ans afin de donner une deuxième vie
à des machines à laver, télés, frigos et
divers appareils électriques.
Par ailleurs, une unité de tri textile « Le
Relais » a emménagé également en
2014 dans un nouveau bâtiment de
4 300 m² à Allain (54). 3 500 tonnes
de textile mais aussi chaussures et
accessoires y sont triés. 25 personnes
en insertion ont été recrutées pour faire
fonctionner ce centre de tri. Parmi les
55 % d’affaires réemployables en l’état,
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
14
une partie prend le chemin des boutiques de fripes du Relais baptisées
« Ding Fring ». Financés par la communauté de communes de Colombey et du
Sud Toulois, ces nouveaux locaux sont
dotés de tout l’équipement nécessaire
pour collecter et trier les textiles usagés, recueillis via les 230 conteneurs
installés dans le département.
Enfin une prospection, en cours sur le
territoire permet d’espérer de nouvelles
installations exogènes dans le domaine
de l’économie circulaire.
UNE DéMARCHE D’éCOLOgIE
INDUSTRIELLE ET TERRITORIALE
La démarche d’écologie industrielle
consiste à mettre en œuvre sur le territoire des synergies entre acteurs économiques (Industrie, TPE PME, association,
entreprise / chantier d’insertion, base
militaire, grande distribution, communauté de communes).
Ainsi, elle favorise les circuits courts et
tend le plus possible vers un bouclage
des flux matière et énergie sur le territoire. Elle améliore également la performance (économique, environnementale
et sociale) de chaque acteur participant.
Enfin, elle développe l’image et l’attractivité du territoire.
MIEUX
CONNAITRE LE
PAYS TERRE DE
LORRAINE
Carte d’identité*
- superficie : 1 200 km² au sud ouest du
département 54
- Population : 100 517 habitants
- 2 pôles urbains : Toul (22 445 hab.) et
Neuves-Maisons (7 258 hab.)
- 2 bourgs-centres : Colombey-les-Belles
et Vézelise
-
5 communautés de communes qui
totalisent 156 communes
Données économie circulaire**
- 55 établissements
-
750 salariés en 2012 soit 4,3 % des
salariés du territoire
- 64 recrutements sur le bassin de Toul
en 2012
* Source : INSEE
** Sources Pôles emploi issues de la
production « Recyclage – Économie
circulaire de la MEEF en octobre
2014 »
750
salariés
de l’économie
circulaire en 2012
Engagée en 2012, cette démarche
bénéficie du soutien de nombreux
acteurs3 du territoire.
Actuellement, la société Envie 2E les
fédère pour mettre en place concrètement les synergies d’écologie industrielle
identifiées autour de 7 filières : bois,
matériaux de déconstruction, carton, chaleurs fatales4, appareils
respiratoires, déchetteries et plastiques.
dossier
un mode
de vie
d’avenir
SE FORMER à L’éCONOMIE CIRCULAIRE
Depuis 5 ans, l’Université de Lorraine
propose à des demandeurs d’emploi
une formation qualifiante : spécialisation économie circulaire.
En toile de fond : la revitalisation du site
Kléber avec l’idée de créer un véritable
écosystème grâce au développement
d’un campus des technologies vertes.
C’est pourquoi en 2010, une plateforme de compétences et d’innovation dédiée aux technologies du
recyclage a vu le jour grâce à des acteurs industriels, universitaires et
institutionnels : ECOREVIA5. Son
objectif : promouvoir le recyclage et
développer les écotechnologies liées.
Parallèlement, Federec, la Maison de
l’entreprise, de l’emploi et de la formation du territoire Terre de Lorraine
et l’Université de Lorraine ont travaillé
conjointement autour des thématiques
formation/emploi afin de répondre aux
besoins de compétences des entreprises en matière de recyclage industriel.
Ainsi, l’Université de Lorraine a mis
en œuvre avec le soutien financier de
la Région Lorraine une formation pratique et théorique abordant un spectre
plus large que le recyclage : l’économie
circulaire6. Ouverte uniquement aux
demandeurs d’emploi, cette formation a pour objet de leur apporter des
compétences supplémentaires (cf.
éco-conception) à leur formation initiale
scientifique et/ou technique.
Côté bilan, les 3 premières années,
plus de 60 % des stagiaires ont trouvé rapidement un travail dans le
domaine du recyclage (pneu, métaux,
plastiques...), des économies d’énergie, de la production d’énergie renouvelable, du traitement de l’eau, dans des
bureaux d’étude...
Depuis 2014, le placement des stagiaires en entreprise est plus difficile :
« nous ressentons pleinement les conséquences de la crise économique. » précise
Laurent Chrusciel responsable pédagogique de la formation.
La transformation de cette formation
en licence pro vient d’être habilitée par
le ministère. Celle-ci s’adressera à la
fois aux étudiants en formation initiale
et aux stagiaires de la formation continue. L’objectif à terme pour l’Université
de Lorraine et Federec est de créer un
lieu d’excellence sur le territoire Nancy/
Toul dédié aux nouvelles techniques
de recyclage grâce à la mise en place
d’une véritable filière de formation du
CAP à l’ingénieur. Par ailleurs, Federec
a développé 9 Certificats de qualification professionnelle (CQP) pour professionnaliser les salariés et les nouveaux
entrants7. Ces CQP sont en cours de
réécriture et d’agrégation pour n’en
faire que 2 à l’horizon 2015.
nvie 2E Lorraine, entreprise d’insertion
E
positionnée sur la filière de traitement des
déchets électriques et électroniques ainsi que
sur le recyclage de matelas.
3
CAPEMM, ADEME, Conseil Régional, Conseil
Général 54, Pays Terres de Lorraine, communauté de communes du Toulois, ADSN, CCI 54
et association Parole d’Entreprises.
4
Chaleurs dérivées d’un site de production non
récupérées.
5
Ecorevia est portée par ses six membres fondateurs : le Capemm, la CRCI de Lorraine, le
Federec, l’Université de Lorraine, le Laboratoire de recherche et de contrôle pour le caoutchouc et les plastiques, ainsi que la Side (Société d’industrialisation et de développement
économique) - Michelin.
6
Autres projets au sein de l’Université de Lorraine traitant de l’économie circulaire à l’ICN de
Nancy et à l’École européenne d’ingénieurs en
génie des matériaux (EEIGM).
7
7 métiers d’opérateurs (trieur conducteurs
avec une spécialité matériau) 1 CQP opérateur
multi-matériaux et 1 CQP dépollueur, monteur,
trieur pour les VHU.
2
Tendre vers une économie circulaire apparaît aujourd’hui comme
un enjeu et une opportunité pour la
Lorraine.
Pour autant, ce modèle porteur
d’un développement économique
combinant une moindre consommation des ressources et la valorisation des déchets affecte-t-il
les contenus des emplois et des
formations ?
À la lumière des témoignages
récoltés dans le cadre de ce dossier, l’intensité et l’étendue des
mutations en lien avec l’économie
circulaire apparaissent limitées,
marginales. Plus que d’une rupture
majeure, il faudrait davantage parler d’adaptation progressive : l’apparition de nouveaux métiers est
rare, il s’agit plutôt d’évolutions et
de combinaisons de savoirs et de
savoir-faire existants. Les métiers
restent traditionnels mais seraient
exercés avec une autre vision,
avec une nouvelle philosophie.
De la même manière, si les évolutions concernant la réglementation
semblent représenter un véritable
levier de changement nécessitant
des formations pour se mettre à
niveau, il semble que nous assistions davantage à un phénomène
de « bulle », réponse à un verdissement des aspirations de la société.
Ainsi, la portée du tournant souvent
évoqué reste à apprécier à diverses
échelles temporelles, spatiales et
sectorielles.
Par Pascal Bauger et Christine Etienne
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
15
16
20
formation
pensez apprentissage
Relancer la mobilisation collective en faveur de l’apprentissage pour former 500 000
apprentis d’ici à 2017, tel est l’objectif du gouvernement. L’enjeu ? Réussir l’insertion
professionnelle de toute la jeunesse. Application en Lorraine.
Le contrat d’apprentissage est un
contrat de travail conclu entre un
employeur et un salarié, qui permet
à une personne de suivre une formation en vue d’acquérir une qualification
professionnelle, sanctionnée par un
diplôme de l’enseignement professionnel ou technologique, un titre d’ingénieur ou un titre répertorié au Répertoire
national des certifications professionnelles (RNCP).
60 % des apprentis trouvent un emploi
en CDI à l’issue de leur formation, un
taux d’emploi plus élevé que celui des jeunes
ayant suivi une formation ‘classique’, selon
la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance1. La thèse
selon laquelle « l’apprentissage constitue
un outil privilégié d’insertion dans l’emploi
des jeunes » est prouvée par l’étude réalisée en 2013 par le Céreq.
EN RéGION LORRAINE
Depuis plus de 10 ans, la Direccte2, le
Conseil régional de Lorraine, le Rectorat de l’Académie de Nancy-Metz et
la Draaf3, conscients des avantages
qu’apporte l’apprentissage, sont soucieux d’accompagner les jeunes lorrains
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
16
dans leur parcours professionnel et de
contribuer à leur réussite, en leur offrant
des outils efficaces pour faciliter leur
insertion professionnelle.
Même si la Lorraine a mieux résisté à la baisse du nombre d’apprentis
que le reste du territoire national, ces
partenaires souhaitent franchir une
nouvelle étape pour relancer la dynamique de l’apprentissage. Ils veulent
replacer la formation professionnelle
initiale par apprentissage au cœur
de la responsabilité sociale et sociétale de l’entreprise, et concrétiser
aussi les synergies potentielles avec
le développement économique et le
déploiement des territoires.
Assurément, ils s’appuient sur la
réforme de l’apprentissage, sur les éléments de la loi du 5 mars 2014, sur la
feuille de route de la conférence sociale
des 11 et 12 juillet 2014, ainsi que sur la
journée de la mobilisation pour l’apprentissage du 19 septembre dernier, mais
ne s’en contentent pas.
Ces quatre partenaires décident de
construire avec l’ensemble des acteurs
PHOTO Légende
Compagnon du devoir
Jarville - Village 2014
de l’apprentissage, un projet régional
pour relancer une nouvelle dynamique
en Lorraine.
Pour ce faire, il a été confié à Jean-Joseph
Kuperholc, spécialiste national de l’apprentissage, d’organiser une consultation
régionale auprès des principaux acteurs
de l’apprentissage fin 2014 en vue de proposer un livre.
Ce livre blanc, finalisé en février 2015,
est la synthèse des analyses des
acteurs consultés. Il définit des axes de
réflexions et préfigure des pistes de
travail qui seront proposées, et le cas
échéant, serviront de base pour établir
une stratégie de relance de l’apprentissage en Lorraine. Ce « Livre blanc » n’est
que le début d’un processus. Il servira de
base de travail aux membres de la commission apprentissage / alternance du
Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles
(CREFOP)4.
Néanmoins, il est primordial que chaque
acteur se mobilise pour contribuer à
relancer la dynamique de l’apprentissage en Lorraine.
formation
f ocus sur la Taxe d’apprentissage
L’année 2014 a été marquée par une
importante réforme de l’apprentissage,
dont son financement5. On retient notamment la fusion de la taxe d’apprentissage
et de la contribution au développement
de l’apprentissage, l’affectation de la
contribution supplémentaire à l’apprentissage au financement des centres de
formations d’apprentis et des sections
d’apprentissage ou encore la création
de la fraction régionale pour l’apprentissage.
Cette réforme permet ainsi de flécher
plus de taxe d’apprentissage pour le
développement de l’apprentissage tout
en garantissant la liberté d’affectation
des entreprises. Par ailleurs, le produit
de cette taxe est réparti en 3 :
INFOGRAPHIE
51 %
pour la fraction Régionale qui
est affectée aux régions pour le
développement de l’apprentissage6 ;
pour la fraction Quota qui
est destinée à financer les
centres de formation d’apprentis, les sections d’apprentissage, les écoles d’entreprise et les
centres de formation professionnelle
relevant du secteur des banques et des
assurances7 ;
26 %
NB : si l’entreprise n’a pas d’apprenti, elle
peut affecter ce quota au(x) CFA de son choix.
23 %
pour la fraction Barème ou
« Hors Quota ». Ces dépenses
libératoires ne peuvent être
versées qu’à des formations initiales
professionnelles et technologiques dispensées hors du cadre de l’apprentissage
ainsi qu’à des services et à certaines
structures, lesquelles sont répertoriées
dans la liste des formations habilitées à
percevoir le Barème. Celui-ci se ventile
en deux catégories correspondant à des
niveaux de formations8 :
- Catégorie A : 65 % pour des niveaux V, IV
et III (diplômes ou titres allant du CAPBEP au Bac+2).
-
Catégorie B : 35 % pour des
niveaux II et I (diplômes ou titres
supérieurs à Bac+2).
NB : les employeurs dont le montant brut
de la taxe d’apprentissage n’excède pas
415 € sont dispensés du respect de la
répartition au sein de ce barème.
Répartition de la taxe d’apprentissage
inistère de l’Éducation Nationale, mars
M
2014.
2
Direction régionale des entreprises, de
la concurrence, de la consommation, du
travail et de l’emploi.
3
Direction régionale de l’alimentation, de
l’agriculture et de la forêt.
4
Le rôle du CREFOP est d’établir une
meilleure articulation entre les besoins
d’un territoire et l’offre disponible, par
la réunion des instances chargées de
piloter les politiques de l’Emploi, mais
aussi celles de l’Orientation et de la
Formation Professionnelle. (À lire Objectif
Formation en Lorraine n°61 – CREFOP :
rôle et fonctionnement).
5
Loi n° 2013-1279 du 29 décembre 2013
« de finances rectificative pour 2013 », loi
n° 2014-288 du 5 mars 2014 « relative à
la formation professionnelle, à l’emploi et
à la démocratie sociale », loi n° 2014-891
du 8 août 2014 « de finances rectificative
pour 2014 ».
6
Article L6241-2 l du code du travail.
7
Selon certaines modalités : art L6241-4
du code du travail.
8
Les articles L6241-9 et L6241-10 du
code du travail énoncent ces différents
bénéficiaires.
1
GRAPH Légende
Développement de l’apprentissage.
Financement des centres de formations
d’apprentis... du secteur des banques
assurances.
Versement des formations initiales
professionnelles et technologiques hors
apprentissage.
23 %
51 %
26 %
PLUS D’INFOS
•
•
•
Établissements habilités à recevoir la taxe d’apprentissage en 2015 :
www.lorraine.pref.gouv.fr/index.php?headingid=223
Le moteur de recherche de l’apprentissage en Lorraine : www.saril.lorraine.eu
Pour consulter le livre blanc : www.lorpm.eu, rubrique «Actualité»
Par Laurence Maréchal | Direccte Lorraine
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
17
formation
éducateurs sportifs et
animateurs socioculturels :
© Mike Watson
© moodboard
Des professions dynamiques en Lorraine
Pour mieux connaitre les caractéristiques et les évolutions de ces professions, une étude originale vient
de paraitre. Produite par le GIP Lorraine Parcours Métiers, en partenariat avec la Direction régionale de la
jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS), elle permet un zoom sur ces professions.
Depuis quelques années, les métiers
d’éducateurs sportifs et d’animateurs
socioculturels bénéficient d’une meilleure visibilité au sein de la population1.
La proximité de leurs interventions et la
dimension éducative de leurs missions
expliquent en partie ce phénomène.
Pour autant, certains stéréotypes ont la
vie dure et la réalité de ces professions
n’est pas encore totalement appréhendée par le grand public. Bon nombre de
nos concitoyens ignorent par exemple
qu’elles s’exercent dans de multiples
secteurs, permettent d’envisager des
carrières longues et plutôt stables et
exigent des diplômes professionnels
ayant peu à voir avec les très connus
BAFA et BAFD2.
UN SECTEUR EN BONNE SANTé
Avec 7 200 actifs en emploi en Lorraine, la
population des animateurs et éducateurs
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
18
sportifs reste modeste, ne représentant
que 1 % de l’emploi en Lorraine. Pour
autant, depuis 1999, elle a augmenté de
plus d’un tiers, phénomène à souligner
au regard de la moindre augmentation
de l’ensemble des actifs lorrains en
emploi sur la même période (+7 %).
« 7 200 actifs
en emploi en
Lorraine »
Cette évolution positive reflète la
dynamique de développement de ces
métiers et peut vraisemblablement
s’expliquer par l’augmentation de la
demande individuelle de loisirs et de
bien-être, mais également la satisfaction des besoins de la population, en
matière d’aménagement du temps
de l’enfant ou de prise en charge des
personnes les plus vulnérables (personnes âgées, publics en difficultés…).
Aujourd’hui, ces métiers s’exercent dans
des contextes variés : associations socioculturelles, crèches et haltes-garderies,
associations sportives, établissements
d’enseignement des disciplines sportives et gérance d’installations sportives,
secteur « sanitaire et social », collectivités locales… Par ailleurs, de nouvelles
exigences en termes de conditions de
pratiques et de normes d’encadrement
ont pu également favoriser l’essor de
ces professions, notamment pour renforcer la sécurité des personnes.
Ces enjeux de développement ne pouvant pas reposer sur le seul bénévolat
et le salariat occasionnel ou saisonnier,
l’accroissement du volume d’emploi
s’est accompagné d’une expansion de
formation
l’emploi durable (en CDI ou comme
fonctionnaire), particulièrement marquée pour les professionnels de l’animation (47 % étaient concernés en
1999 contre 59 % en 2011), tout en restant très en deçà de ce que l’on observe
pour l’ensemble des actifs en emploi
(86 %). La précarité de leurs conditions
d’emploi tend ainsi à se réduire, signe d’un
mouvement de consolidation en cours.
Pour les éducateurs sportifs, le nombre
d’emploi à durée indéterminée est en
légère baisse mais reste honorable
(64 %). Ce repli est en partie lié au développement de l’entreprenariat individuel
dans certaines disciplines sportives
(métiers de la forme, montagne, sport
automobile…).
UNE PARITÉ à CONSTRUIRE
Ces professions sont différenciées
selon le sexe : les femmes prédominent dans les métiers de l’animation
(7 sur 10) alors que les hommes sont
majoritaires dans les métiers du sport
(6 sur 10), et ce quel que soit le secteur
employeur.
Les conditions d’emploi et les stéréotypes liés au genre expliquent cette
partition dans les professions. Dans
le champ de l’animation, les emplois
proposés sont plutôt à temps partiel,
de courte durée, exercés dans un
cadre salarié, avec peu d’exigence
de diplôme et les activités mobilisent
des qualités relationnelles et d’attention (ou de soin). Dans le champ du
sport, les emplois sont plus souvent
à temps complet, les travailleurs
indépendants sont relativement nombreux, un diplôme est requis dès lors
que la personne est rémunérée et
les activités sportives mobilisent des
compétences en matière de performance et de technicité.
DES PROFESSIONNELS JEUNES ET
DES TRAJECTOIRES LONGUES
L’analyse démographique des professionnels du sport et de l’animation fait
ressortir la jeunesse des actifs. Ainsi
1/3 d’entre eux ont moins de 30 ans
contre 19 % de l’ensemble des lorrains
exerçant un emploi. Cette situation
s’explique notamment par la nature
et les caractéristiques des activités
encadrées, qui exigent dynamisme
et bonnes capacités physiques. De
plus, elles s’exercent dans des cadres
horaires atypiques et/ou fragmentés plus facilement acceptables pour
un public jeune, débutant dans la vie
active et généralement encore peu
soumis aux contraintes familiales.
Pour autant, ces professions n’échappent pas au phénomène de vieillissement de la population active. Dans
l’animation, en 1999, on comptait 3,7
jeunes de moins de 30 ans pour 1 ainé
de 50 ans et plus contre un ratio de 1,9
pour 1 aujourd’hui. Dans le sport, sur la
même période, ce rapport est passé de
3,4 pour 1 à 2,2 pour 13.
Cette évolution invite à démontrer
que ces métiers offrent la possibilité
d’envisager une carrière longue et ne
sont plus « réservés » aux jeunes.
Ce constat s’accompagne nécessairement d’une interrogation sur la capacité des employeurs à organiser les carrières professionnelles et à maintenir la
qualité des emplois à mesure qu’elles
se déroulent, afin de limiter l’usure professionnelle et les accidents du travail,
d’ailleurs repérés par certaines statistiques de l’Assurance Maladie relatives
aux activités sportives.
LA QUALIFICATION, UN ENJEU
MAJEUR
Dans le sport, un diplôme est exigé
pour exercer le métier d’éducateur
contre rémunération. Dans l’animation, la situation est plus contrastée :
selon les contextes, les exigences
en termes de qualification varient et,
malgré l’existence d’une filière de
diplômes d’État « jeunesse et sports »,
certains postes sont encore occupés
par des personnes non qualifiées ou
titulaires de BAFA et BAFD, diplômes
bien connus de l’animation volontaire
et obtenus à l’issue de dispositifs de
formation courts et moins onéreux que
ceux menant aux diplômes professionnels.
Pour autant, les diplômes professionnels garantissent non seulement une
élévation du niveau des compétences
nécessaires au regard de la plus grande
complexité du métier, mais ils constituent également de véritables leviers
pour l’insertion professionnelle.
Selon la dernière enquête d’insertion
réalisée par la DRJSCS de Lorraine,
plus de 80 % des diplômés BPJEPS4
(diplôme de niveau IV délivré par le
ministère de la jeunesse et des sports)
occupent un emploi au sortir de leur
formation ou dans les mois qui suivent,
très majoritairement en relation directe
ou étroite avec leur formation.
Par Florence Jeandel | Drjscs Lorraine
Le rapport d’étude LorPM « État des lieux
des professionnels du sport et de l’animation en Lorraine » est disponible sur
www.lorpm.eu, rubrique « Nos publications ».
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
19
formation
pour aller plus loin
2014, la VAE « décolle » dans les
domaines du sport et de l’animation en Lorraine
La Validation des acquis de l’expérience (VAE), permet
à toutes personnes engagées dans la vie active de faire
valider son expérience pour obtenir un diplôme ou titre,
sans nécessairement avoir suivi une formation. Focus sur
2 secteurs.
Le champ sportif
La DRJSCS Lorraine note une légère augmentation des
demandes de VAE sur les certifications du domaine sportif pour l’année 2014, soit 42 dossiers déposés contre
34 en 2013. Cette augmentation se situe surtout sur les
diplômes d’État traduisant un souhait d’élévation de qualification. De plus, certaines ligues, comités et conseillers
techniques sportifs font la promotion de la VAE lors de
leurs assemblées générales. Ainsi, on constate une croissance significative de la demande de VAE pour des sports
comme le karaté ou les activités pugilistiques.
Les spécialités traditionnelles comme « activités pour
tous », « activités gymniques de la forme et de la force »,
« activités aquatiques de la natation » et « activités
équestres » apportent des effectifs VAE toujours conséquents, car elles correspondent à des postes exigeant du
personnel qualifié (cf. réglementation). Aussi, le candidat
type à une VAE du champ sportif est plutôt un homme de
35 à 45 ans, habitant une zone urbaine de la Moselle ou
de la Meurthe-et-Moselle, souhaitant certifier une activité
plutôt associative.
Le secteur de l’animation
Les demandes de VAE ont presque doublé depuis 2013
(39 dossiers déposés contre 64 en 2014), et plus particulièrement pour le BPJEPS « loisirs tous publics » et le
DEJEPS5 spécialité « animation socio-éducative ou culturelle mention développement de projets territoriaux et
réseaux ». Ces certifications sont souvent visées par
les salariés des collectivités territoriales. Celles-ci
recherchent du personnel qualifié pour encadrer les
enfants depuis la réforme des rythmes scolaires et son
impact sur les temps périscolaires. Aussi, elles semblent
faire le choix de professionnaliser leur personnel, plutôt
que d’embaucher de nouveaux agents.
Contrairement au diplôme du champ sportif, les candidats à la VAE des diplômes d’animateurs socio-éducatifs
ou culturels cherchent à faire valider leurs compétences
acquises au cours de leurs activités professionnelles et
dans le cadre de leur projet professionnel. Ce sont majoritairement des femmes et un tiers des candidats a plus
de 44 ans.
éthodologie de l’enquête : Initiée par la DRJSCS et le Conseil Régional
M
de Lorraine, l’étude confiée au GIP LorPM mobilise les principales
sources statistiques existantes permettant de mieux cerner les
problématiques inhérentes aux professions du sport et de l’animation.
La démarche a été suivie et validée à chaque étape par un groupe
de travail composé de représentants du mouvement olympique, des
fédérations d’éducation populaire, des branches professionnelles et
des OPCA.
2
BAFA : Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur ; BAFD : Brevet
d’aptitude aux fonctions de directeur.
3
La mise en place du dispositif nouveaux services-emplois jeunes entre
1997 et 2002 a contribué à cette forte représentation de la jeunesse
en 1999.
4
Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du
sport.
5
Diplôme d’état de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport.
1
PLUS D’INFOS
© Xavier Schwebel
Pour connaître les diplômes professionnels relevant du Sport et de
l’Animation de la DRJSCS accessibles par VAE :
www.lorraine.drjscs.gouv.fr (rubrique : emploi/formation)
Par Aline Wagner
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
20
21
23
droit
© Image&son - S. Villain
GRÂCE AU CPF, la VAE
acquiert une nouvelle dimension !
La validation des acquis de l’expérience (VAE) peine à atteindre les objectifs attendus depuis sa création
en 2002. L’arrivée du Compte personnel de formation (CPF) pourrait changer la donne.
Selon la nouvelle loi sur la réforme de
la formation professionnelle du 5 mars
2014 en vigueur depuis le 1er janvier
2015, le CPF est ouvert à tout actif de
16 ans jusqu’à la retraite.
Répertoire nationale des certifications
professionnelles (RNCP).
Remplaçant le Droit individuel à la formation (DIF)1, il s’adresse aux salariés
du secteur privé, demandeurs d’emploi,
et jeunes sortis sans qualification du
système scolaire. Il les suivra tout au
long de leur vie active et leur permettra
d’évoluer professionnellement.
En général, la durée de l’accompagnement varie de 10 à 24 h selon les
propositions des certificateurs ou organismes accompagnateurs. Il comprend
un module de base composé d’une aide
à la description des activités de l’expérience, à la formalisation du dossier de
validation, une préparation à l’entretien
avec le jury, et selon les cas une mise
en situation professionnelle.
Le CPF, crédit de 150 h, est utilisé
obligatoirement pour des formations
inscrites sur des listes définies par les
partenaires sociaux au niveau national,
ou régional, et dans le cas de l’accompagnement VAE.
L’accompagnement
peut
alterner
phases collectives et individuelles ; il
propose des entretiens avec un accompagnateur spécialiste du domaine de la
certification, ou de l’entretien de description d’activités.
Systématiquement éligible au CPF, l’accompagnement VAE est réalisable sur
le temps de travail sans que l’employeur
puisse le refuser, mais uniquement
reporter les dates de réalisation. Dans
tous les cas, il faut que les certifications visées par VAE soient inscrites au
Et depuis la loi du 5 mars, il débute
dès que le dossier de validation a été
déclaré recevable (le candidat a choisi
la certification qui correspond bien à
son expérience), et se poursuit en cas
de validation partielle, jusqu’à l’obtention de la totalité de la certification.
Dans le cas de VAE partielle, le candidat peut aussi mobiliser son CPF, et
suivre des formations modulaires afin
d’obtenir l’intégralité de la certification. La VAE devient ainsi un dispositif
incontournable de la sécurisation des
parcours professionnels, et un outil RH
prépondérant.
Suite au CPF et à l’obligation des employeurs de former les salariés dans le
cadre des entretiens professionnels mis
en place tous les deux ans, la VAE apparait comme un outil gagnant-gagnant
pour le salarié et l’employeur.
De plus, la VAE dispose d’un intérêt économique indéniable, car elle représente un
coût plus faible qu’une formation continue,
et elle s’inscrit sur des durées moindres
en fonction des niveaux des certifications
visées et de l’implication personnelle de
l’individu.
Par Aline Wagner
1
Le DIF a été mis en place en 2004.
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
21
droit
CHÔMAGE : reprendre un emploi
et recharger ses droits
pour le rechargement des droits :
après le 31 mai 2016, son indemnisation va désormais pouvoir se poursuivre pendant encore deux mois et
sera calculée en fonction du salaire
perçu pendant son CDD de 2015.
L’indemnisation d’Hervé se terminera effectivement le 31 juillet 2016.
Ce dispositif permet donc aux
demandeurs d’emploi indemnisés
d’allonger leur durée d’indemnisation
tout en gardant des liens avec le
milieu du travail.
© nyul
Cependant, des difficultés sont
apparues suite à l’application du
principe de la reprise systématique
des droits non épuisés.
En touchant une indemnisation chômage, a-t-on vraiment intérêt à
reprendre une activité ?
L’actuelle convention d’assurance
chômage répond par l’affirmative
en mettant en place le mécanisme
des droits rechargeables destiné à
encourager la reprise d’un emploi.
Ainsi, lorsqu’un salarié perd son emploi, il retrouve ses anciens droits à
indemnisation, s’il lui en restait, qu’il
doit épuiser avant d’obtenir ses nouveaux droits.
Prenons un exemple : Depuis le
1er décembre 2014, Hervé est au
chômage et ses droits à l’assurance
chômage sont prévus jusqu’au 1er
mars 2016. Il vient de signer un CDD
de 2 mois à temps plein du 1er mars
au 30 avril 2015 avec un salaire équiMAG 63 Objectif Formation Mars 2015
22
valant à son salaire antérieur, alors
qu’il lui reste encore un an d’indemnisation. Pendant cette période de
travail, ses droits à indemnisation
vont être suspendus et reportés.
Au terme du contrat, Pôle emploi
reprendra l’indemnisation d’Hervé
sur la base du montant de l’allocation perçue avant son CDD, jusqu’à
épuisement des douze mois d’indemnisation auxquels il avait droit,
soit jusqu’au 31 mai 2016.
De plus, son compte va également
être rechargé à la fin de ses droits
puisqu’il a travaillé au moins 150
heures, condition minimale posée
Certains allocataires, dans des situations particulières (succession d’un
emploi à temps plein après un long
contrat à temps partiel, évolution professionnelle avec une progression salariale importante), ont vu une diminution brutale de leurs ressources.
C’est le cas de Sabine dont le montant d’allocation s’établit aujourd’hui
en référence à des droits non épuisés résultant d’un ancien CDD à mitemps effectué durant ses études
en 2012, et non en fonction de son
dernier contrat de travail, rompu en
janvier 2015, qui était à temps plein
avec une rémunération de cadre.
La différence de montant est flagrante et la pénalise financièrement de façon très importante. Ce
dysfonctionnement a été repéré :
syndicats et patronat prévoient de
se réunir en mars afin de corriger les
effets indésirables des droits rechargeables.
Par Murielle Jeanto
FORMATION : de nouvelles
obligations pour les entreprises
© Coloures-pic
droit
Instauration d’une contribution unique et création d’un
entretien professionnel bisannuel : la loi du 5 mars 2014
modifie les obligations des entreprises, afin que celles-ci
s’impliquent davantage dans la formation de leurs salariés.
« D’une obligation de payer à une
obligation de former » : pour les
entreprises, la réforme de la formation initie une toute nouvelle logique.
Elle supprime en effet quasiment le
« 0,9 % », ce minimum que les entreprises d’au moins 10 salariés devaient
consacrer au plan de formation. Elle
simplifie également leurs obligations,
avec la création d’une « contribution
unique » à verser à un seul Organisme
paritaire collecteur agréé (Opca) à partir de 2016.
De plus, le taux global de contribution à la formation est abaissé à 1%
de la Masse salariale brute (MSB)
pour les entreprises à partir de 10
salariés (le seuil de 20 salariés disparait). Pour celles de taille inférieure, il
demeure inchangé (0,55 %). À noter
cependant : des accords de branches
peuvent prévoir le versement d’une
contribution conventionnelle allant
au-delà de ce minimum légal.
Si les entreprises de plus de 10 salariés dépensaient, en moyenne, déjà
plus que leur obligation légale (2,7 %
de la MSB en 2012 ), la loi fait le pari
que les employeurs investiront davantage dans la formation pour en faire
un axe stratégique de développement.
D’autant que l’obligation de former
les salariés afin de les adapter et de
maintenir leurs compétences est par
ailleurs renforcée, avec la création
d’un entretien professionnel, obligatoire pour toutes les entreprises.
Organisé tous les deux ans (soit avant
mars 2016 pour les premiers entretiens), il doit être un moment de dialogue permettant au salarié d’aborder
ses perspectives d’évolution professionnelle avec son employeur.
L’OPCA,
un interlocuteur privilégié
Pour les entreprises, 2015
constitue une année de transition pour la mise en œuvre de
leurs nouvelles obligations.
Durant cette période, elles
peuvent s’appuyer sur leur
OPCA, interlocuteur privilégié, pour trouver informations,
conseils et accompagnement.
Tous les 6 ans, cet entretien devra
aussi être l’occasion de faire un état
des lieux récapitulatif du parcours du
salarié et des mesures dont il a bénéficié : formation, certification, progression salariale ou professionnelle.
En cas de non-respect de ces nouvelles règles, les entreprises de 50
salariés et plus encouront une sanction financière.
Par Raphaëlle Pienne
Évolution du taux minimum légal de contribution à la formation des entreprises
Moins de
10 salariés
De 10
à 19 salariés
De 20 salariés
et plus
Ancien taux de contribution
0,55%
1,05%
1,6%
Nouveau taux de contribution
0,55%
1%
1%
Taux
Catégories d’entreprises
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
23
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25
territoire
© William Perugini - Fotolia
UN DÉFI RELEVÉ...
la Garantie Jeunes
Depuis octobre 2013, les Vosges et dix autres territoires en France sont pilotes pour expérimenter la
Garantie Jeunes (GJ) mise en œuvre par les Mission locales (ML), interlocutrices privilégiées des jeunes
en insertion. Mise en pratique à la ML de Remiremont.
« La DGEFP1 a organisé à Épinal une formation des conseillers GJ des Vosges en
novembre 2013, à laquelle mon collègue et
moi avons participé. Des outils nous ont
été présentés puis nous avons créé notre
propre contenu. Le dispositif a été mis en
place de façon singulière dans chaque
ML vosgienne. », explique Séverine
Masson, conseillère GJ à propos du
démarrage du dispositif.
Ainsi le premier groupe a débuté le 25
novembre 2013. Les personnes sont
des NEETs : ni en emploi ni en études
ni en formation âgées de 18 à 25 ans
et en précarité sociale, financière et
familiale.
Au départ, les jeunes en logement
autonome ou en foyer, et en précarité financière ont été privilégiés. Leur
niveau de formation n’est pas pris en
compte. L’experience des conseillers
permet aujourd’hui de mieux repérer ceux qui ont besoin de la GJ. Les
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
24
plus rapidement grâce à la dynamique du
groupe. Différentes activités sont proposées, parfois avec des intervenants extérieurs et l’appui d’un(e) parrain (marraine).
Le contenu est adapté en fonction des
besoins des jeunes car ils sont au centre
de leur accompagnement. Un stage
de 1 à 2 semaines est obligatoire pour
chacun. Ils le recherchent par euxmêmes, et nous veillons à ce qu’il soit
suffisamment porteur pour le jeune. »,
précise Séverine.
autres mesures viennent en amont
pour tester le jeune sur sa motivation
et sa capacité à suivre le dispositif.
Concrètement, une nouvelle organisation a été mise en place au sein de
la ML : « L’accompagnement, qui dure un
an, est intensif. Il débute par 6 semaines
d’atelier collectifs. Les jeunes définissent
leurs règles de vie par le biais d’une
charte de vie qu’ils s’engagent à respecter. Le collectif est un atout qui mobilise les jeunes, ils avancent beaucoup
1
élégation générale à l’emploi et à la formaD
tion professionnelle
Le cadre du dispositif
La Garantie Jeunes constitue la réponse
française à la Garantie pour la jeunesse
européenne.
Ce dispositif expérimental a été déployé
à partir d’octobre 2013 par le décret
n° 2013-880 ; il est planifié jusque fin 2015,
par vagues successives.
À terme, toutes les régions auront au
moins un territoire dans la démarche qui
vise 50 000 jeunes, avant de généraliser
la mesure à l’ensemble de la France.
L’ambition est d’amener les jeunes en
situation de grande précarité vers l’autonomie. Le dispositif repose sur un engagement réciproque contractualisé entre
la ML et le jeune pour une durée d’un an
qui peut être prolongé dans certains cas
de 6 mois.
territoire
incitateur car un cumul des revenus est
possible jusqu’à 80 % du SMIC mensuel
brut. Toutefois, 10 jeunes ont quitté le
dispositif rapidement pour non-respect
des engagements pris. »
David peut maintenant se projeter :
« Depuis août 2014, j’ai mon propre
logement et j’ai pu préparer mon permis
car ce qui me plairait d’envisager plus
tard c’est d’être chauffeur-livreur. Quand
je l’aurai, je revendrai mon scoot’ et je
pourrai m’acheter une voiture. Si j’avais
eu le permis plus tôt, j’aurais pu trouver
un emploi beaucoup plus facilement. »
La GJ s’appuie sur un partenariat structuré territorialement autour des ML pour
repérer les jeunes (DDCS*, PJJ**,
Conseils Généraux, centres d’hébergement, associations de lutte contre l’exclusion). Une commission d’attribution
statue sur les admissions et les parcours.
* Direction départementale de la cohésion
sociale
**Protection judicaire de la jeunesse
Ainsi, David, 23 ans, entré en GJ en
avril 2014, fait un retour de cette première phase :
« La Mission locale nous a proposé différentes activités pour mettre à plat notre
situation vis-à-vis de l’administration mais
aussi apprendre à gérer notre budget,
veiller à notre santé... Tout pour nous permettre de régler chaque problème et devenir autonomes. Ensuite, nous avons fait
un stage dans un métier complètement différent de ce que nous avions préparé avec
notre formation scolaire. »
Cette mesure constitue un « beau
défi » pour les jeunes et les accompagnants, Séverine est convaincue
de sa pertinence : « Le deuxième atout
du dispositif est l’allocation. C’est vraiment un accélérateur d’accompagnement
formidable d’autant que le calcul est très
Élodie, 21 ans, titulaire d’un BEP
Hôtellerie restauration et entrée
dans la GJ en janvier fait part également de ses projets : « Mon but
est de chercher du travail dans le
domaine de l’agriculture au sens large,
du maraîchage à l’élevage, en voyageant
et en découvrant ces métiers. Maintenant que la partie collective est achevée,
je vais pouvoir chercher à fond et bouger
car je peux mettre de l’essence dans mon
camion. »
En effet, après le collectif, l’accompagnement bascule en individuel au
rythme des rencontres régulières
du jeune avec son conseiller GJ.
Les emplois du temps sont mis en
place, les objectifs planifiés et les
démarches suivies ensemble.
Au terme de la première année d’expérimentation, les objectifs envisagés pour les Vosges ont été dépassés avec 541 entrées, soit 6,5 % des
PLUS D’INFOS
•
•
•
entrées nationales. Les parcours des
129 jeunes GJ des Vosges qui ont fini
leur année sont très riches : 183 situations d’emploi et 8 d’alternance, des
entrées en formation, certaines en
« Compétences clés », d’autres qualifiantes souvent à l‘AFPA, mais aussi
de nombreux stages en entreprise
ou de bénévolat (238), des services
civiques et même de l’auto-entrepreneuriat. Ce bilan est en comparaison
plus positif que celui de l’ensemble
des territoires pilotes. Pour rendre
la mesure plus efficace encore, les
acteurs locaux vont développer
les partenariats avec le secteur
intérimaire (déclinaison de l’accord
de coopération État-Prism’emploiUNML), les branches professionnelles du textile et de l’industrie, la
Fondation Agir contre l’Exclusion…)
et poursuivre la professionnalisation
des conseillers.
À partir d’avril 2015, l’expérimentation
en Lorraine sera étendue à la Meurthe-et-Moselle, la directrice de la ML
des Pays de Briey, Christine Mailfert,
se prépare à cette nouvelle responsabilité : « Il nous faudra articuler la GJ avec
les autres dispositifs. Les ressources des
jeunes sont le critère essentiel mais la
volonté de s’engager dans un parcours
intensif est indispensable. Si le jeune
n’est pas prêt, il sera orienté vers
un dispositif plus adéquat. Pour une
individualisation maximale de l’accompagnement nous ouvrons les partenariats à
tous les acteurs potentiels pour être plus
réactifs. C’est la multiplication d’expériences d’entreprises et de vie qui va permettre au jeune de s’adapter, d’évoluer
vers l’autonomie. L’image de la GJ qui me
vient est celle d’un mur d’escalade pour
atteindre un objectif qui paraît difficile :
du moment qu’on a des prises, on va y arriver quand même. »
Par Fabienne Jimenez et Hafida Hadra |
Raymond David, Direccte Lorraine |
Véronique Genet , Amilor
Retrouvez l’intégralité des témoignages de Séverine Masson, David, Elodie, Christine Mailfert
sur : www.lorpm.eu, Nos publications
www.Peps-missionslocales.info : le témoignage de la Mission locale de Saint-Dié, échanges
et valorisation des pratiques des Missions Locales...
www.emploi.gouv.fr/dispositif/garantie-jeunes
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
25
26
lorfolio
LORFOLIO : un atout pour
les formations Compétences Clés
PHOTO Légende
Organismes présents : AFD | Alaji | Cagip | GRETA
Lorraine Est, Ouest, Centre et Nord | LorPM
Dans le cadre d’une action de formation proposée et animée par le GIP Lorraine Parcours Métiers,
9 formateurs intervenant sur le champ de l’illettrisme et les formations Compétences Clés ont découvert
et utilisé Lorfolio en lien avec leurs pratiques professionnelles. Témoignages.
Lorfolio, portefeuille numérique, est
un outil de valorisation des compétences pour les repérer, les détailler,
les organiser et les perfectionner. Il
collecte toutes les formes de preuves
pour démontrer ce que l’utilisateur
est capable de faire en situation professionnelle.
Quant aux formations Compétences
Clés, elles permettent aux personnes vulnérables sur le marché
de l’emploi d’acquérir les connaissances, les capacités et les attitudes nécessaires pour poursuivre une
démarche de formation et sécuriser
l’accès ou le maintien dans l’emploi.
Ainsi, l’intérêt d’utiliser Lorfolio dans
la démarche d’apprentissage mise
en œuvre sur les formations compétences clés, permettrait à la fois
aux bénéficiaires de valoriser et de
formaliser leurs compétences.
Pour preuve, à partir d’une mise en
situation concrète, les formateurs ont
utilisé les 5 services qui composent
Lorfolio : Parcours | Compétences |
Projet | Emploi | Ressources.
À la fin des 2 journées d’appropriation
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
26
de l’outil, ils nous font partager leur
expérience.
« Parler de soi, évoquer son parcours
ou même en garder la trace constitue une gageure certaine pour chacun
d’entre nous » déclare Nelly. Pour
l’accompagnant, il s’agit surtout de
donner les moyens aux personnes
de s’exprimer sur leur parcours.
« Il faut laisser la personne parler
librement de ce qu’elle a fait, de ce qu’elle
sait faire… » propose Nicole.
« Prendre conscience de ses compétences, amène à faire un travail de
réflexion sur soi et à mettre en évidence des capacités parfois ignorées
jusqu’alors » confirme Nelly.
De plus, « Lorfolio facilite la construction
du projet professionnel parce qu’il permet
de comparer les attentes et réalités du ou
des métiers ciblés par les personnes. C’est
une réelle plus value » ajoute un formateur. En effet, toute l’information relative à un métier (définition, formation,
perspectives d’emploi) est centralisée
en un même lieu. Par ailleurs, la configuration du site invite le navigateur à
multiplier les CV selon les objectifs
poursuivis : construire son projet,
optimiser son évolution professionnelle, rechercher un emploi…
Enfin, « Pour ne pas perdre les éléments de son parcours, le service
Ressources capitalise tous les documents1 » déclare Aziz. Cette mémoire
du parcours s’inscrit dans une démarche valorisante qui permet d’attester
des compétences que l’on acquiert
tout au long de sa vie.
Ainsi, Lorfolio est un atout pour
un public en situation d’illettrisme.
« Certes, certaines adaptations sont à
prévoir, comme avoir plus de repères
couleurs, insérer des icônes ou encore avoir accès à une partie des
consignes écrites de manière audio »
témoignent les participants.
PLUS D’INFOS
www.lorfolio.fr
Par Hafida Hadra et Alice Wypyszynski
1
ertificats, habilitations professionnelles,
C
photos, recommandations d’un tiers qui
reposent sur des faits en lien avec l’expérience personnelle et professionnelle.
27
30
métiers
43
es
Olympiades
des métiers
PHOTO Légende
Les médaillés ont été reçus au Conseil
Régional de Lorraine et félicités pour
leurs résultats (de gauche à droite :
Vivien, Emma, Olivier, Anthony et Fabien).
© Pascal Bodez
Deux Lorrains, médaillés d’or, s’envoleront pour Sao Paulo (Brésil) du 10 au 16 août prochains pour
défendre les couleurs de la France aux épreuves internationales de la WorldSkills Compétitions !
Ce concours de savoir-faire professionnels, organisé tous les deux ans
constitue la seule compétition des
métiers mondialement reconnue.
Palmarès 2015 pour la Lorraine
Médaillés OR, Emma Lagier : Art
Floral et Vivien Husson : DAO/Dessin
Industriel.
Médaillés ARGENT, Olivier Daanen
et Fabien Daanen : Mécatronique ;
Romain Groult : Maçonnerie.
édaillés BRONZE, Alexandre
M
Schoettel : Coiffure et Anthony
Chatelain : Menuiserie.
2 nominations espoirs* :
Clément Wagner, Ébénisterie.
Anthony Chatelain, Menuiserie.
* candidats en âge de se représenter aux
44es olympiades – Région Aquitaine et
qui intégreront l’équipe de France en tant
que « partenaires d’entrainement ».
Plus de 50 métiers sont représentés allant du Végétal aux Nouvelles
Technologies, en passant par l’Industrie, l’Automobile, l’Alimentation, les
Services, la Maintenance ou encore
les métiers du Bâtiment & Travaux
Publics. Cette manifestation concourt
à la promotion de l’apprentissage et
de l’alternance. Une occasion unique
pour des jeunes de moins de 23 ans
(apprentis, lycéens, étudiants, compagnons du devoir ou encore jeunes
salariés) de mesurer leurs compétences à l’international et de donner
une image juste, vivante et dynamique des métiers d’aujourd’hui.
Avant de désigner le meilleur représentant international de chaque corps
de métier, deux étapes de sélection
sont indispensables.
En France, la manifestation, portée
par l’association Worldskills France et
les Conseils Régionaux, se compose
de sélections régionales et nationales.
Organisées dans toutes les régions
par les Conseils Régionaux et en partenariat avec les organismes professionnels, consulaires, établissements
d’enseignement et de formation professionnelle, les sélections régionales
désignent le meilleur candidat de
chaque région pour chaque métier.
En Lorraine, les dernières sélections
qui se sont déroulées entre mars et
mai 2014 ont réuni près de 230 candidats dans 33 métiers en compétition.
Ainsi, ce sont 36 lauréats qui ont été
sélectionnés pour intégrer l’équipe
lorraine des métiers qui s’est rendue
aux sélections nationales à Strasbourg en janvier dernier. Sept d’entre
eux se sont brillamment distingués en
se classant parmi les meilleurs dont
Emma et Vivien qui défendront les
couleurs de la France lors de l’épreuve
mondiale au Brésil (voir encadré).
Au-delà de la passion du métier et du
challenge de la compétition, c’est aussi
une aventure humaine inoubliable
qui atteste d’une jeunesse qualifiée,
motivée mais surtout convaincue du
choix de son parcours de formation et
de son insertion dans la vie active.
Par Caroline Noiré | Région Lorraine
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
27
métiers
PHOTO Légende
Yoann, apprenti en licence pro, utilise
un banc de magnétoscopie.
Le Contrôle Non
Destructif,
Vous connaissez ?
L’expression semble barbare. En faisant un parallèle avec la médecine, on cerne davantage le sujet.
En effet, un professionnel du contrôle non destructif vérifie la bonne santé des produits fabriqués. Focus
sur une activité industrielle méconnue.
« Le Contrôle non destructif dit CND, c’est
voir ce qu’il n’est pas possible de voir »
résume Jessy, apprenti en licence
professionnelle dans le domaine. Pour
faire simple, le CND a pour objectif de
déterminer la conformité de pièces,
de structures ou de matériaux, sans
les dégrader et à différents stades de
leur cycle de vie.
Aussi, il fait appel à des méthodes
spécifiques aux matériaux analysés, à leur environnement et aux
anomalies recherchées. Certaines
méthodes permettent d’analyser
en surface, d’autres en profondeur.
On distingue notamment : le visuel
(la plus ancienne méthode), le ressuage, les courants de Foucault,
les ultrasons (cf. échographie), la
radiographie ou encore la tomographie (cf. scanner)1... Le CND s’inscrit
donc dans une démarche de garantie
de la qualité des produits.
Des débouchés assurés
En faisant un parallèle avec le secteur
de l’imagerie médicale, il existe trois
principaux types de métiers en CND
correspondant chacun à un niveau
de certification mis en place par la
COFREND (voir encadré).
Ainsi, le technicien, de niveau 1,
réalise des contrôles et répond aux
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
28
directives qui lui sont transmises.
C’est l’équivalent du manipulateur
radio. Puis, le responsable de niveau
2, effectue et surveille les essais,
interprète les résultats, rédige les instructions écrites et les rapports d’essais. C’est l’équivalent du médecin
interne radiologue. Quant au niveau 3,
c’est l’expert de la profession qui met
au point les nouveaux protocoles. Il
assume la responsabilité d’un laboratoire d’essais, établit, choisit et adapte
techniques et procédures d’essais.
C’est le chef de clinique en médecine,
capable d’encadrer des internes et
d’effectuer une activité de recherche.
L’approbation et la signature de ces
trois investigateurs lors du contrôle
d’une pièce sont gage de valeur et de
qualité.
Qu’est-ce-que la COFREND ?
Créée en 1967, la Confédération Française pour les Essais Non Destructifs
est l’organisme de référence dans le
domaine des Contrôles Non Destructifs en France. Parmi ses différentes
missions, elle délivre la certification
pour les personnels effectuant des CND.
La Cofrend recense environ 15 000
certifications en France.
La COFREND a également pour mission
la présence et la position de la France
sur le plan international des Essais Non
Destructifs.
Ces professionnels du CND exercent
dans l’ensemble des secteurs industriels : l’aéronautique, le nucléaire où
les contrôles sont systématiques mais
également dans l’automobile, la chaudronnerie, la fonderie.
En effet, le nucléaire et l’aéronautique, activités marquées par des
enjeux de sécurité élevés, nécessitent
une intervention accrue du CND (ex. :
assurer la pérennité d’infrastructures
vieillissantes d’EDF).
En termes de débouchés, tous les
indicateurs sont au vert. « Le marché
du CND a connu sur les cinq dernières
années un fort développement avec une
croissance de 16 % entre 2007 et 2012.
Tout indique que ce développement
devrait se poursuivre »2.
Par ailleurs, les besoins de recrutement des entreprises se situent pour
la grande majorité au niveau 2 du référentiel de la COFREND.
métiers
PHOTO Légende
Marc, apprenti en licence pro,
s’exerce au contrôle via une cabine
de tomographie
« La licence pro en alternance :
sésame pour l’emploi »
Depuis 2010, une licence professionnelle, mention Gestion de la Production Industrielle, Spécialité Procédés
Industriels en Contrôle Non Destructif, portée par l’Université de Lorraine,
est dispensée à l’IUT de Thionville/
Yutz3 en partenariat avec l’Institut de
Soudure. Cette licence, par voie classique, propose un parcours « chantier » avec des enseignements autour
des contrôles et vérifications d’ouvrages en entreprise.
À la rentrée 2014, 13 jeunes venus
d’horizons divers mais tous dotés
d’une formation industrielle (bac+2
ou 3) ont débuté à Nancy cette
licence pro par apprentissage au CFA
Henri Loritz dans un autre parcours
parallèle et complémentaire dédié
aux « process » sur les sites de production. Grâce au soutien financier
de la Région Lorraine, la partie théorique de cette formation est assurée
par l’École européenne d’ingénieurs
en génie des matériaux (EEIGM) et
la partie pratique par le CFA du lycée
Loritz. L’objectif étant de former des
apprentis au niveau 2 de certification
professionnelle de la COFREND.
Cette licence repose notamment sur
les partenariats avec des industriels
développés de longue date par ces
deux établissements. Ainsi, des professionnels de l’industrie participent à
hauteur de 25 % de la licence en tant
que formateur tant dans le domaine
technique que de l’encadrement.
L’intérêt de cette organisation est d’apporter aux jeunes à la fois un savoir-faire
et un savoir-être pour une meilleure
employabilité.
Autre atout, « le recrutement des jeunes
s’est fait de concert et dans un climat de
confiance avec les entreprises. L’idée
était de leur proposer des profils de jeunes
répondant parfaitement à leurs besoins de
professionnalisation » précise Michel
Perri, directeur délégué aux enseignements technologiques professionnels
du Lycée Loritz. Résultat à ce jour, 9
apprentis ont déjà une promesse
d’embauche à l’issue de la formation4.
Dernière étape à la rentrée 2015, la
licence pro de l’IUT Thionville/Yutz
sera également proposée par la voie
de l’apprentissage.
Pour mieux connaître ces méthodes :
www.cofrend.com.
2
Enquête Katalyse Mars 2014 : La filière
« Contrôle non destructif » : synthèse de
l’étude des besoins de professionnalisation.
3
Partenaire du Campus des Métiers et des
Qualifications Professionnelles « Energies,
Maintenance » porté par le lycée des métiers
La Briquerie de Thionville.
4
SAFRAN AERO COMPOSITE à Commercy
(55), Fives Nordon à Nancy (54), Fonderie de
Niederbronn (67), Fonderies et Ateliers Salin
à Dammarie-sur-Saulx (55), Lisi-Aerospace
à Chaumont (52), MANOIR AEROSPACE à
Bar sur Aube (10), FONDERIE DE LUXEUIL
(70), LA COMMANDE NUMERIQUE à Saint
Geosme (52), FERRY CAPITAIN à Saint
Dizier (52).
1
Des outils performants
En 2014, la Région Lorraine a investi
556 000 € pour mettre en place un plateau
technique de contrôle non destructif au
sein du Lycée Loritz de Nancy. Ce plateau
met à disposition les derniers outils de
pointe dans le domaine du CND : chaîne
de ressuage, banc de magnétoscopie,
postes courant de Foucault, équipements
ultra sons multiéléments et tofd, cabines
de radiographie et de tomographie.
Il couvre ainsi la grande majorité des
besoins des entreprises.
Dans une logique de mutualisation des
moyens et des équipements, le plateau
est également utilisé :
- par les entreprises qui souhaitent faire
des essais complémentaires et faire un
choix sur leurs équipements futurs ;
- pour la Mention Complémentaire Agent
en CND en un an par apprentissage,
unique en Lorraine, permettant d’acquérir le niveau de connaissances
requis par le niveau 1 de la certification
COFREND ;
- pour la formation de demandeurs d’emploi dans le cadre d’Actions territoriales d’insertion dans l’emploi (ATIE).
À ce jour, 2 actions ont été menées via le
Greta Lorraine Centre (Lycée Henri Loritz)
permettant à 17 personnes d’obtenir une
formation qualifiante répondant aux
besoins des entreprises.
Par Christine Etienne et Juliette Balland
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
29
métiers
Norske Skog Golbey :
Une entreprise sociétalement engagée
Pour la 5é fois en 2015 (depuis le lancement de l’opération), la papeterie Norske SKog Golbey propose
un évènement dans le cadre de la Semaine de l’Industrie 2015.
Démarrée en 1992, l’usine emploie 400
salariés et produit en moyenne 600 000
tonnes de papier journal par an à partir
de papiers récupérés et de déchets de
bois issus de l’exploitation durable des
forêts.
Centrée sur son cœur de métier, la
fabrication de papier journal, et dans
une conjoncture difficile, Norske Skog
maintient néanmoins fermement son
engagement d’ouverture, notamment
dans le domaine économique, avec
par exemple son engagement au sein
de la Green Valley. Pour l’entreprise,
l’objectif est de contribuer à la création de richesse et d’emplois sur le
territoire et à développer ainsi son
attractivité.
Dans la cadre de la Semaine de l’industrie et des JLPO (Journées lorraines
portes ouvertes initiées par la CCI
Lorraine), Norske Skog Golbey ouvre
ses portes au grand public à deux
reprises les 30 mars et 2 avril. Deux
groupes de 40 personnes pourront ainsi
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
30
découvrir le premier fabricant de papier
journal d’Europe de l’Ouest.
Cet événement n’est pas unique dans
la vie de Norske Skog Golbey puisque
chaque année l’entreprise ouvre ses
portes à 1 400 visiteurs, dont plus de
1 000 sont issus du monde de l’enseignement, du primaire au supérieur. Elle
accueille également en permanence
environ 25 apprentis, du Bac pro au
niveau Ingénieur, et a développé des
relations privilégiées avec le CFA papetier de Gérardmer.
Logique pour une entreprise qui a choisi de concentrer son implication sociale
sur la formation des jeunes et le soutien
à des publics dits « fragilisés » (demandeurs d’emploi, handicapés…), notamment en nouant des partenariats actifs
avec des structures territoriales ou associatives œuvrant dans ces domaines.
Pourquoi cet engagement, intégré dans
une démarche plus globale de « Responsabilité sociétale » à laquelle l’en-
semble des salariés sont associés ?
Essentiellement pour « créer des passerelles » et contribuer à mieux faire
connaître le monde de l’entreprise,
et plus particulièrement de l’industrie
papetière, qui souffre d’un déficit
d’image auprès du grand public, des
jeunes et de leurs familles.
Venez participer à la Semaine de
l’Industrie du 30 mars au 5 avril !
Jeunes et demandeurs d’emploi, découvrez l’industrie du 21e siècle et ses métiers
à travers de nombreuses manifestations
gratuites : journées portes ouvertes en
entreprises, forums des métiers, ateliers pédagogiques, jeux concours sur l’industrie,
conférences, débats...
161 évènements sont organisés en
Lorraine, inscrivez –vous :
www.entreprises.gouv.fr/semaine-industrie
Par Arielle Philippe | Direccte Lorraine
ressources
lorPM
Orphelin des mots
Il a grandi en Bretagne, dans une famille d’accueil. Enfant,
Gérard est incapable de retenir une leçon et d’apprendre
à lire. Tétanisé par la honte, il connaît, à l’école, l’humiliation du bonnet d’âne. Adulte, sa vie devient un parcours
du combattant : prendre un train, signer un formulaire, lire
un mode d’emploi, tout lui est impossible. À cet handicap
invisible s’ajoute la peur d’être démasqué comme illettré. Seules les chansons de Renaud, son idole, l’aident à
tenir bon. À 35 ans, ouvrier, Gérard l’avoue enfin à son patron : « Je ne sais pas lire ». Touché par la souffrance de
cet homme, le chef d’entreprise lui offre la possibilité de
prendre des cours. Plus qu’une libération, une renaissance.
Aujourd’hui, à 46 ans, Gérard continue son apprentissage
de la lecture et de l’écriture. Il dévore le dictionnaire,
affiche sur ses murs des tableaux de
conjugaison, écrit des poèmes pour sa
femme et ses enfants. Un bonheur et
une passion des mots qu’il nous fait
partager avec une joie contagieuse.
Gérard Louviot
XO Éditions l’Harmattan | 2014 (237 p)
Former sans ennuyer
« Savoir ne suffit pas, il faut savoir transmettre ». Faute de
suivre cet adage, bien des formateurs et des enseignants
se retrouvent face au «mur de l’ennui» et à ses conséquences directes : désintérêt et faible motivation des apprenants, faible efficacité du cours, mal-être dans leur métier.
On peut pourtant apprendre et transmettre un savoir avec
plaisir et efficacité. Ce guide s’appuie sur les fondements
du « mieux-apprendre », approche pédagogique ouverte
issue de l’Accelerative Learning, permettant de trouver
ou de retrouver le plaisir d’apprendre. Cette approche est
développée dans « Au bon plaisir d’apprendre » (InterEditions) du même auteur. Un outil général de conception de
vos formations, divisé en 7 sections principales. Des fiches
pratiques et des fiches techniques, pour
aller à l’essentiel. Illustré par Jilème,
avec 30 topogrammes.
La recherche d’emploi,
un travail à part entière
Comme pour de nombreuses situations de travail, cette
activité est complexe, difficile. Partant de témoignages
illustrant des situations du quotidien, les
auteurs présentent un éclairage nouveau sur le travail et ses situations en
commençant par l’amont, la recherche
d’emploi.
Philippe Eray, Béatrice Leconte
Préfaces d’Alain Coffineau et Michel Barabel
Éditions l’Harmattan | Décembre 2014
Être formateur, identifier des incontournables,
se professionnaliser
Cet ouvrage présente 7 parcours de professionnels de
la formation. Grâce à lui, les acteurs professionnels de la
formation sont invités à utiliser les clefs de lecture proposées pour identifier et écrire leur propre parcours, à s’engager par des pistes concrètes dans l’élaboration d’un
« portfolio » personnel et professionnel.
Par rapport aux exigences nouvelles nécessaires à l’exercice de la fonction d’éducateur, formulées sous forme de 10
commandements, ce livre permet de se positionner dans un
environnement de plus en plus évolutif et incertain. Dans ce
contexte complexe et mouvant, les références nombreuses
permettent de mettre en place une veille personnelle et
stratégique, condition nécessaire pour
être « proactifs », c’est-à-dire anticiper
les évolutions et essayer de les influencer dans le sens de ses projets et de ses
valeurs.
Bernard Liétard
Éditions Chronique sociale | Décembre 2014
Renseignements et contacts
Pôle Veille
Bruno Hourst
Éditions Eyrolles | 2014 (203p)
Laurent LAGUERRE | 03 87 68 11 23 | laurent.laguerre@lorpm.eu
Sandrine PUGLIESE | 03 87 68 10 21 | sandrine.pugliese@lorpm.eu
Claire WAGNER- LITZELMANN | 03 87 68 10 16 |
claire.wagner@lorpm.eu
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
31
MAG 63 Objectif Formation Mars 2015
32
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Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

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