Cathy PIRA (

Cathy PIRA (
Cathy PIRA (Cathy.Pira@atilf.fr)
"Récit d’expérience d’interdisciplinarité dans le cadre du monitorat de Sciences du langage"
A l’heure actuelle, les réflexions et discours sur l’interdisciplinarité sont nombreux et méritent encore
d’être approfondis mais ils ne proposent que très peu souvent, semble-t-il, un mode d’emploi pour
pratiquer l’interdisciplinarité. Cette communication aura pour objectif de réfléchir en ce sens, dans la
mesure où elle se présentera comme un récit d’expérience d’interdisciplinarité dans le cadre du
monitorat de Sciences du langage et plus particulièrement d’une option intitulée « Langage et
description des langues ». Nous partirons du postulat de G. Gozzer (1982) qui affirme qu’il n’y a pas
de disciplines qui soient complètement autonomes ou complètement isolées. Par ailleurs, nous
pensons, tout comme J. Duchastel et D. Laberge (1999), que « le chercheur est appelé à interagir avec
d’autres disciplines dans un double mouvement de délimitation (mise en objet propre à sa discipline)
et de médiation (co-construction interdisciplinaire). » Ainsi donc, l’on ne saisit réellement un champ
disciplinaire que lorsqu’on se place d’un point de vue interdisciplinaire. Nous pensons également que
se développe, ici, l’idée que la comparaison est une opération qui peut se révéler instructive. Ainsi,
pour étudier les spécificités des langues naturelles (objectif principal de ce cours), est-il utile de
comparer les langues naturelles aux autres systèmes de signes. En effet, la linguistique est définie
(selon l’idée de Saussure notamment) comme un sous-ensemble de la sémiologie, science qui étudie
les éléments tels que les signaux, les indices, les icônes et autres signes linguistiques et non
linguistiques. Adopter un tel point de vue c’est également se placer dans une perspective
interdisciplinaire, à un autre niveau, cette fois-ci, dans la mesure où l’on adopte un paradigme -le
structuralisme- commun à d’autres disciplines. Le structuralisme est, en effet, concerné par le langage
en tant que systèmes de signes.
Nous retracerons, dans cette communication, le chemin parcouru par les étudiants qui ont d’abord
décrit leurs intuitions concernant la langue et le langage à partir d’un questionnaire qui a donné lieu à
de nombreuses réflexions. Les étudiants ont été amenés, par la suite, à pointer du doigt les
caractéristiques spécifiques des langues naturelles en les comparant au langage des animaux et
notamment à celui des abeilles, à partir des expériences de K. Von Frisch, zoologue autrichien qui a
déchiffré la signification de la danse des abeilles. En vue de confirmer ou infirmer leurs intuitions,
nous avons ensuite travaillé à partir d’un texte d’E. Benveniste (1966), qui reprend les travaux du
zoologue. Toutefois, ce point de vue sémiologique sur les langues naturelles ne suffisait pas à cerner la
problématique dans son intégralité. Adopter un point de vue interdisciplinaire c’est aussi admettre que
les conclusions d’E. Benveniste sont aujourd’hui quelques peu dépassées (les progrès en zoologie,
notamment, le prouvent). Par ailleurs, se placer dans cette optique interdisciplinaire c’est également
admettre que la théorie mécaniste du langage des animaux, acceptée par de nombreux linguistes,
puissent choquer certains étudiants Il faut, en effet, préciser que cette option s’adresse à un public de
« non-spécialistes », issu de divers DEUG. Il a alors fallu adopter un point de vue plus philosophique,
en vue d’apporter un éclairage nouveau sur les interrogations rencontrées. Il n’était pas question
d’apporter des réponses toutes faites mais bien d’amener les étudiants vers un débat d’idées, que nous
nous proposerons de retracer.
Dans un autre temps de ce cours, nous avons travaillé sur les spécificités des langages de
programmation (en les comparant aux langues naturelles). Le concept même de langues naturelles
trouve son origine dans une démarche interdisciplinaire dans la mesure où l’on parle de langues
naturelles pour les distinguer des langages artificiels que sont les systèmes formels des logiciens et des
mathématiciens, et les langages de programmation des informaticiens. Dans le but d’élaborer des
séances de travail productives, nous avons pris contact avec un informaticien ; et cette communication
aura également pour objectif non seulement de retracer ce dialogue entre disciplines mais aussi de
décrire la mise en commun de savoirs.
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