Lire l`article. - Faculté Européenne de Sophrologie

Lire l`article. - Faculté Européenne de Sophrologie
Bei re
TR
E Fas dsd A NE
|
=
i
|
'
Ze
phe
i
fo
E de
E
a
Bt
Kar
La sophrologie a
jusqu’à maintenant
peu investi le champ
psychiatrique.
Cependant, nos
malades psychiatriques
ont encore plus besoin
que les autres de
dynamiser leur
conscience dans vne
voie positive, pour
redonner un sens à
leur vie mutilée par
les dépressions, les
angoisses, les délires,
voire les hallucina:
fions.
Les sophronisations de
base, les sophro-accep-
tations progressives,
les relaxations dyna-
ALE RR PE Be nl A E A Ea o
ER ES НОНО вон Оо
SOPHROLOGIE ET
Docteur Jean-Claude VERVISCH
Professeur à la Faculté Européenne de Sophrologie
miques, les états de i
conscience modifiés en |
isolation sensorielle
vont les aider a réviser
leur mode de fonction-
nement, leur vécu, en
leur ouvrant un pont
d'espoir sur l'avenir.
Les techniques sophro=
niques vutilisées sont
diverses surtout
recouvrantes, parfois
découvrantes fouf en
ayant conscience que
gérer un transfert psy-
pee x jo = STITT, rE HE rp
TER ain ha Fa sl Tapa PEA A aT
a EA Eo i
CH a a a i
SUITE PAGE 14
La sophrologie est une science jeune (30
ans) par rapport a la psychiatrie (200 ans).
C'est Un neuro-psychiatre espagnol, le Pr
Caycedo qui l’a inventée.
Mais bizarrement, elle a jusqu'à main-
tenant peu investi le champ psychia-
trique, préférant I'obstétrique, l'art den-
taire, la lutte contre les éffets néfastes
du stress... en
Cependant, nos malades psychiatriques
ont encore plus besoin que les autres de
dynamiser leur conscience dans un sens
positif, pour redonner un sens a leur vie
mutilée par les dépressions, les angoisses,
les délires, voire les hallucinations.
Nous avons a notre disposition de nom-
breuses techniques sophroniques qui nous
permettent, dans l'alliance, d'accompa-
gner nos malades vers un mieux-être, une
meilleure gestion de leur monde intérieur
destructuré et destructeur.
Les sophronisations de base, les sophro-
acceptations progressives, les relaxations
dynamiques, les états de conscience modi-
fiés en isolation sensorielle vont les aider
à réviser leur mode de fonctionnement,
leur vécu, en leur ouvrant un pont d'espoir
sur l'avenir.
C'est seulement lorsque quelque chose
est devenu problématique, que nous com-
mençons à poser les questions. Le désac-
cord nous tire de notre somnolence et
nous oblige à considérer notre propre
point de vue par opposition à une autre
personne qui ne le partage pas.
Spontanément, nous sommes intolérants
vis-à-vis de structures fondamentales,
d'expériences différentes des nôtres.
Nous semblons avoir besoin de partager
une conception commune de l'existence
humaine, de donner avec les autres un
même sens au monde, de préserver un
consensus.
UN CHANGEMENT
RADICAL
_ u cours de ces trente dernières
années, un changement radical de
point de vue s'est produit en psychiatrie.
|| a entraîné la remise en question d'une
vieille hypothèse : les maladies psychia-
triques. On parle de physiologie psychia-
trique, de pathologie psychiatrique, on
recherche des signes et des symptômes,
on formule un diagnostic, un pronostic,
on prescrit un traitement. Mais une révo-
lution est actuellement en cours dans le
domaine psychiatrique et hors de lui, en
ce qui concerne la santé mentale. Le point
de vue clinique est en train de céder du
terrain à un point de vue bio-dynamique,
existentiel et social.
Depuis Descartes, nous essayons d'avan-
cer dans une démarche objectivante que
la médecine psychiatrique a essayé de
s'approprier, mais passé le stade incon-
tournable de la démarche du diagnostic,
| faut revenir à la rencontre avec le malade.
ll y a insuffisance de la démarche objec-
tivante et nécessité d'une démarche de
la rencontre. En sophrologie, nous avons
besoin à la fois de la démarche expéri-
mentale mais également de la démarche
phénoménologique. Cela signitie concrè-
tement que nous avons besoin de la noso-
graphie psychiatrique et de la métapsy-
chologie psychanalitique, tout en sachant
que la nosographie a au moins I’honné-
teté d'étre sémiologique, tandis que la
métapsychologie, si elle ne s'appuie par
sur tout un travail personnel, sur une per-
laboration, n'est qu'un simple placage.
Héros de I'iconographie républicaine, Pinel
est représenté, dans deux tableaux célebres,
accomplissant un geste de légende, celui
de “briser les chaínes des aliénés”. D'après
le récit traditionnel, Pinel se rend devant
les représentants de la Commune de Paris
afin de solliciter l'autorisation “d'élargir
les insensés”.
|| s'agit de faire la démonstration que la
Révolution, celle des droits de l'Homme,
a non seulement libéré les peuples de
leurs tyrans mais qu'elle a permis aux alié-
nés de retrouver leur dignité humaine,
d'accéder à la liberté et d'être soignés.
Cent ans plus tard, Freud invente l'incons-
cient, qui a été d'un apport fondamen-
tal pour les soins en psychiatrie. Mais ce
concept est trop global. Et ces derniers
temps, Il a été perverti par ses utilisateurs.
Cependant, l'inconscient freudien, grâce
à sa dimension révolutionnaire, féconde
et pragmatique a permis de domestiquer
un pan entier de l'irrationnel. Mais il est
réducteur, n‘englobant que certains aspect
de la réalité. Comme tout concept, il bas-
cule peu à peu des avantages initiaux aux
inconvénients de la routine. L'inconscient
séculaire est un concept fatigué qui cède
la place aux acquis plus récents, qui abor-
dent la même réalité mais avec de nou-
veaux moyens.
En effet, les soins psychiatriques récents
se sont enrichis de méthodes provoquant
des modifications au niveau des états de
conscience. La notion d'état de conscience
est l'une de ces percées qui enrichit ce
qui s'est acquis avec l'inconscient. La réa-
lité est fonction de l'état de conscience
qui la perçoit.
Les avancées scientifiques dans des
domaines aussi divers que la génétique,
la neurochimie, la psycho-pharmacologie,
la neuro-physiologie ont permis, notam-
ment dans les dépressions et la schizo-
phrénie une évolution de l'état de conscience
des malades dans un sens positif.
Cette démarche médicale classique repose
sur la méthode expérimentale énoncée
PSYCHIATRIE
par Claude Bernard. Le principe de cette
méthode étant d'observer et de décom-
poser la complexité du vivant en éléments
simples et d'observer ce qui se passe, elle
nécessite ensuite de faire une synthèse.
Mais François Jacob lui-même dit, dans
la logique du vivant : “la biologie a perdu
aujourd'hui nombre de ses illusions, elle
ne cherche plus la vérité, elle construit la
sienne”.
D'autres discours thérapeutiques validants
ont maintenant perdu aujourd'hui nombre
de ses illusions, elle ne cherche plus la
vérité, elle construit la sienne.
D'autres discours thérapeutiques validants
sont maintenant possibles. En sophrolo-
gie, le patient vit son corps autrement. Il
prend conscience de la sensation subjec-
tive de son corps. Il fait advenir un corps
qualitatif, non plus un corps objet, mais
un corps vécu subjectivement. Ainsi, à
chaque instant “T” qu'un patient X par
exemple schizophrène, vit devant nous,
nous est donné un nouveau patient schi-
zophrène. Se construit ainsi une infinité
de patients schizophrènes. Ce maniement
particulier du temps nous donne un cer-
tain recul, un nouveau regard qui nous
permet d'appréhender ce patient mul-
tiple en une forme unique.
D'autre part, en nous intéressant plus pré-
cisément à ce patient, nous pouvons entrer
par exemple dans le vécu d'une halluci-
nation, nous construisons alors un espace
transpersonnel, nous faisons phénomène
avec cet espace, Caycedo parle de région
phronique.
Ce type de travail thérapeutique est donc
difficile. Puisque pour s'ouvrir à un nou-
veau regard, nous devons déconstruire à
partir d’un certain savoir-faire, d'un mode
d'exercice professionnel dans lequel nous
sommes compétents, grâce auquel nous
maîtrisons les données actuelles de la
SOPHROLOGY
"AND PSYCHIATRY
Until now, the psychia-
tric field has been very
| little invested by
sophrology. Yet, our
patients suffering from
psychiatric disorders
| may need, even more
than others, to revita-
lize their consciousness
in a positive manner,
so that it should bring
a new meaning fo lives
mutilated by depres-
: sion, anguish, delirivm
and even hallucina-
tions.
Basic sophronisations,
gradual sophro-
acceptance, dynamic
relaxation and states
of consciousness
altered by sensorial
insulation will help
them reconsider the
way they act and the
way they perceive
| their former actual
experience by
providing them whith
"brighter prospects for
their future.
The sophronic devices
that are being used are
5 CONTINUED ON PAGE 15
chofigue n’est pas |
facile et nécessite |
une grande expérience |
du soin de ce fype
de patients.
Il est nécessaire
d'adapter les tech- |
niques sophroniques au
diapason énergétique
du corps du patient
psychotique par accep-
tation des sensations
ef des perceptions qu'il
vit sur le moment.
SOPHROLOGIE
ET PSYCHIATRIE
science, et conjointement vivre la pré-
sence juste. Nous faisons donc travailler
nos patients sur des mouvements bio-
dynamiques. Nous leur donnons la pos-
sibilité de percevoir des ambiances diverses
au niveau des différentes fonctions du
corps. Ce que nous sentons advenir ici,
c'est l'expérience existentielle d'un corps
énergétique.
La ou je suis, cela doit advenir.
LES
LAC
UALIFICATIFS DE
SOPHRONIQUE
n certain nombre de qualificatifs
peuvent étre appliqués a l'acte
sophronique en psychiatrie :
e C'est un acte de sentir plus que de com-
préhension ;
* || est qualitatif plus que quantitatif ;
e c'est un acte de contact plus que de
médiation ;
e la communication est directe :
l'engagement émotionnel est sincère ;
* || existe une interaction subjective avec
le patient ;
e l'intervention est proposée, globale,
empathique et empirique ;
e l'effet de présence juste est essentiel.
Je voudrais commencer par prendre
l'exemple de la dépression qui s'accom-
pagne toujours d'une altération de la
faculté d'anticiper. Le futur devient impos-
sible, l'information présente est mal éti-
quetée : douleurs morales, dévalorisation,
absence de plaisir, marquent chacune des
expériences du déprimé. La distorsion
affecte également l'accès au stock mné-
sique, en rendant le passé source de souf-
france. Les souvenirs qui émergent sont
désagréables ou le deviennent. Le malade
se trouve incapable de se projeter dans
son avenir, de prévoir, d'entreprendre,
d'anticiper un plaisir ou une satisfaction.
Ce désordre de la programmation se pré-
sente même parfois sous l'aspect de
troubles cognitifs, le pont sur l'avenir se
trouve progressivement muré et les fan-
tasmes suicidaires apparaissent avec risque
de passage à l'acte.
Le traitement anti-dépresseur, voire tran-
quillisant est bien sûr dans la plupart des
cas indispensable. Mais l'alliance sophro-
nique avec le patient dépressif ouvre un
champ thérapeutique nouveau, où les
phénomènes bio-dynamiques vont per-
mettre une réactivation du phénomène
d'anticipation; le mur dépressif va se
démanteler et le patient pourra porter sur
son avenir un regard de plus en plus assuré.
Les techniques sophroniques utilisées avec
ces patients dépressifs sont dans un pre-
mier temps essentiellement recouvrantes,
c'est-à-dire : sophro-acceptation pro-
gressive, sophronisation de base, relaxa-
tion dynamique du 1er et du 2ème degré.
Ensuite, quant le mouvement de la vie est
de nouveau présent, et que la vivance est
activée, si l'on bute sur des nœuds au
niveau de la personnalité, et si le patient
le demande, il est bien sûr possible d’uti-
liser les techniques découvrantes voire
analytiques, tout en sachant que l'on
s'ouvre aux phénomènes transférentiels
qu'il faudra bien sûr gérer au mieux de
l'économie bio-dynamique du patient.
Ces techniques peuvent être appliquées
en individuel mais également en groupe,
le phénomène social du groupe étant en
général tout à fait positif et réassurant
pour le déprimé.
SI nous prenons maintenant "exemple de
la schizophrénie qui est une pathologie
complexe, dont les mécanismes ne sont
pas à ce jour élucidés, la diversité des
symptômes, l'hétérogénéité de l'évolu-
tion du pronostic ainsi que les incertitudes
quant a son étiologie expliquent en dépit
des nouvelles générations de neurolep-
tiques, les échecs thérapeutiques de la
plupart des formes de cette maladie. Une
classification moderne suivant les symp-
tômes distingue des schizophrénies posi-
tives et des schizophrénies négatives.
Ainsi sont classés dans les symptômes posi-
tifs les hallucinations, le délire ; par contre,
sont symptômes négatifs, le ralentisse-
ment psycho-moteur et la tendance dépres-
sive ; la plupart du temps, les symptômes
positifs et négatifs sont imbriqués.
Si l'on se place au niveau du vécu, le schi-
zophrene vit un drame existentiel, il est
immergé dans son espace et son temps
intérieurs, il est rempli de terreurs, de
spectres, de démons qu'il n’affronte mal-
heureusement pas toujours victorieuse-
ment. Nous sommes en présence d'un
processus énergétique dysharmonieux.
L'angoisse de dépersonnalisation qui ren-
voie a l'implication pulsionnelle primaire
est essentielle : elle prend la forme d'angoisse
de persécution, d'angoisse hypocondriaque,
d'angoisse de destruction, avec une infla-
tion du moi toujours présente accompa-
gnée de tentations mégalomaniaques. |l
a basculé dans une faille imaginaire où le
désir est dissocié de sa possibilité de réa-
lisation. Ainsi, les bruits extérieurs devien-
nent réponses à un vécu actuel du corps,
le monde entier entre en conversation
avec eux, et le rapport à l’autre devient
dangereux. Ils ne s'y retrouvent plus, ils
ne comprennent plus, ils se retirent en
eux-mêmes. Ils établissent avec eux-même
un code de langage délirant pour nous,
mais pour eux, ce code tente de donner
un sens à ce qu'ils vivent.
Leur être tente de se structurer autour de
l'incroyance dans leurs propres sensations
avec compensation par un surinvestisse-
ment dans leurs perceptions devenues
lourdes de significations.
LACCOMPAGNEMENT
‘accompagnement sophronique
sert d'accompagnement bio-dyna-
mique initiatique à cet exilé de la scène,
à cet étranger, à cet homme d'ailleurs qui
nous fait signe du fond du vide où il
sombre, un vide peuplé de présences
inquiétantes.
Les techniques sophroniques utilisées sont
diverses surtout recouvrantes, parfois
découvrantes tout en ayant conscience
que gérer un transfert psychotique n'est
pas facile et nécessite une grande expé-
rience du soin de ce type de patients. En
effet, il est nécessaire d'adapter les tech-
niques sophroniques au diapason éner-
gétique du corps du patient psychotique
par acceptation des sensations et des per-
ceptions qu'il vit sur le moment. Comme
le dit Caycedo, le cavalier qui veut maî-
triser un cheval au galop ne se met pas
devant lui pour le stopper, sinon il se fait
renverser et court un risque mortel. || fait
comme les indiens qui courent à côté,
sautent sur l'animal, le taquinent, lui font
sentir qu'ils sont là, présents sur son dos
et peu à peu, dans le mouvement bio-
dynamique, maîtrisent sa course.
Quiconque fait une thérapie de psycho-
tique sait qu'il est probablement inadé-
quat d'envisager ce que le terme de gué-
rison désigne communément. Cependant,
le chemin sophronique croisant le che-
min du psychotique, une rencontre dans
"alliance peut alors s'épanouir qui per-
met l'activation des capacités paralysées
du schizophrène en dysharmonie éner-
gétique, la rencontre sophronique cor-
pra pa pate pe m
of various types. Most
are of the covering sort
but others sometimes
favour the uncovering
one, bearing in mind
thai handling properly
a psychotic transfe-
rence is nof easy and
requires a great deal
of experience from
those who are in
charge of this type of
patient. The sophronic
devices need then be
adapted according to
the energy-flow of the
patient”s body by
accepting all the
sensations and
perceptions he may
be living through at
that very moment.
FE EE ee TR
SOPHROLOGIE
ET PSYCHIATRIE
rige la trajectoire défectueuse pour resti-
tuer un meilleur fonctionnement bio-dyna-
mique et un meilleur épanouissement de
son être avec diminution de l'angoisse,
et récupération de l'expression des capa-
- cités étouffées par le processus schizo-
phrénique.
Le grand nombre des techniques sophro-
niques fait réfléchir sur le sens de leur
existence. Si elles sont multiples, ce n’est
pas par hasard, et ce n'est pas toujours
au nom de la science ou d'une théorisa-
tion stricte. Le plus remarquable, c'est
que pour chaque patient, on peut dire
qu'il y a une technique.
Le thérapeute mobilise des mouvements
bio-dynamiques chez le patient pour que
le processus de changement s'amorce.
Tout se situe à ce niveau, il est vrai que
l'histoire de ces thérapies est faite de suc-
cès et d'échecs obligeant les pionniers à
modifier les techniques. Chaque théra-
peute affine sa technique, pour la rendre
plus rigoureuse en se basant sur une théo-
risation. Cependant, pour que ces tech-
niques entraînent un processus de chan-
gement, il faut non seulement qu'elles
soient rigoureuses et que leur méthodo-
logie soit cohérente, mais qu'elles soient
capables de créer une alliance empha-
tique dans le couple thérapeutique.
LES EOI E
SOPHRONIQUES,
PROCESSUS
DE CHANGEMENT
n parle souvent de la relation
> médecin/malade, mais quand
elle se déroule à travers une technique, il
faut que le thérapeute soit à l'aise avec
sa technique et que celle-ci convienne
également à la personnalité du patient.
La première condition est réalisée grâce
à la formation du thérapeute, qui moule
en quelque sorte sa personnalité à sa pra-
tique ou vice versa. En plus de sa tech-
nique qui colle bien à la personnalité du
thérapeute, il est nécessaire qu'elle s'ajuste
à celle du patient.
Ainsi, les techniques sophroniques nous
permettent de favoriser les processus de
changement en s'appuyant sur les modi-
fications d'état de conscience dans le
cadre du lâcher prise. Le processus thé-
rapeutique mobilise ainsi les forces de
l'être, souvent soumises à des blocages
massifs. Et il y aura toujours de nouvelles
techniques car l'alliance est un processus
ouvert, en mouvement. Elle crée un champ
thérapeutique où les mouvements de
recentrement, de prolongement, per-
mettent la survenue de moments cathar-
tiques.
LA CATHARSIS
a catharsis est processus de chan-
gement en sophrologie. Elle est
libération et béance, dans la brèche de
cette ouverture, grâce au cadre signifiant
et structurant de la thérapie, la révision
de l'être se formule, s'ordonne et s'épa-
nouit. Cette libération est l'effet même
de la méthode sophronique, elle ne se
laisse pas empêcher sans faire régner une
directivité qui en soi n'a rien de sophro-
nique.
La catharsis s'effectue en dehors de tout
self-contrôle, lâcher prise, se déroulant
malgré soi mais dans le même temps, le
même mouvement, c'est un appareil de
contrôle avec mise en ordre du vécu. C'est
la victoire de la vérité intime.
D'aucuns prétendent que la prise de
conscience doit se faire dans un deuxieme
temps par rapport au moment cathar-
tique. Si elle se fait même à ce moment,
il y aurait risque d'intellectualisation. Grâce
à l'ouverture transpersonnelle, prise de
conscience et moment cathartique sont
simultanés, cela permet une meilleure
intégration des phénomènes thérapeu-
tiques dans le cadre d'une présence juste.
Il y a alors émergence sur l'avenir. C'est
la notion de créativité qui nous facilite
cette compréhension. Le moment cathar-
tique est un moment de créativité qui
s'engouffre dans l'avenir de par cette créa-
tivité même.
Si nous prenons l'exemple de la relaxa-
tion dynamique, l'attention concentrative
sur le corps est créative (les sensations qui
en émergent sont neuves et originales).
Elles stimulent l'attention qu'on leur porte,
il en est de même des phénomènes de
compréhension qui viennent s'associer
au vécu émotionnel. En faisant de ces
vécus des moments pleins, ils contribuent
à créer une attitude dynamique, atten-
tive, ouverte sur l'extérieur qui permet
d'entrer positivement dans l'avenir, de le
laisser venir plus précisément. Il ne s'agit
donc pas de donner un mode d'emploi,
mais de créer l'attitude la plus apte à
l'affronter. Celui qui vit le présent créati-
vement possède des aptitudes à vivre
chaque moment de l'avenir au mieux.
Ainsi, il ny a de garantie pour l'avenir que
dans un vécu créatif du présent et pour
voir l'avenir il faut fixer le présent.
Cependant, pour obtenir un effet réso-
lutif, il faut répéter les séances sophro-
niques, on touche là la dimension du trai-
ning. En effet, il est nécessaire de prendre
en compte la cuirasse caractérielle de
Reich : les tensions qui se placent préfé-
rentiellement sur les anneaux musculaires
(yeux, bouche, ceinture scapulo-humé-
rale, diaphragme, bassin, périnée).
Dans une approche globale, non spéci-
fique, nous pouvons atteindre autant les
tensions musculairés, les tensions des
organes internes, les spasticités digestives,
sexuelles, respiratoires, les nœuds de toutes
sortes. L'attaque de ces niveaux de contrac-
tures et spasticités se fait de façon glo-
bale grâce à l'émotion et à son expres-
sion.
Ainsi s harmonisent le penser, le sentir,
l’agir. Une réalisation est alors possible.
Elle débouche pleinement sur le plaisir.
Alors nous devons donner un statut épis-
témologique à nos pratiques sophroniques
pour qu'elles aient droit de cité dans
l'espace thérapeutique, elles sortiront ainsi
des limbes de l'occultisme, elles devien-
dront un lieu où la médecine est possible,
c'est-à-dire tout simplement un lieu où
la vie peut renaître. o
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertising