Mémo du module 3

Mémo du module 3
Recherche de fonds et Information
Module II du Prix vaudois Diaspora et Développement
Mercredi 17 juin 2015, de 17:45 à 21:00
Synthèse du module
Associations présentes : Haïdra, AMES, Ayni-Suisse, ACIS, ASNV, Colombia Vive, VERS, Espace Mozaïk,
GZAH, Amis de Tembereng, Norlha, Terre des hommes, les Amis du Congo.
Programme détaillé
1. Introduction
2. Trois exemples de pratiques de recherche de fonds pour la coopération au développement, puis débat
• Le crowdfunding, quelles opportunités pour des projets de coopération (S. Chaubaroux, Norlha)?
• Notre culture, une vitrine et une activité génératrice de revenus pour nos projets (V. Muambi, Amis du Congo)
• Quelques exemples de mobilisations dans la rue pour la sensibilisation, la visibilité ou la recherche de fonds (A.
Gonzales, Terre des hommes).
3. Comment parler de son action ?
Travail individuel par association, puis restitution en plénière et recommandations
4. Expériences des associations vaudoises de migrants dans la recherche de fonds
5. Quelques principes de recherche de fonds et conclusion
Bonnes pratiques et exemples de règles éthiques, de protection des données
6. Evaluation de l’atelier
1. Introduction
Après l’énoncé du déroulement de la soirée, Emmanuelle Robert, secrétaire générale de la
FEDEVACO rappelle que ce module n’a pas pour objectif de fournir des recettes toutes faites
et des listes d’adresse en matière de recherche de fonds. En charge de la recherche de fonds
auprès des partenaires institutionnels tels notamment les communes et le canton, E. Robert
explique que la FEDEVACO et ses associations membres ont acquis une large expérience de
comment convaincre des interlocuteurs parfois peu intéressés par la coopération au
développement à financer des projets au Sud, comment leur montrer que c’est
important de participer à cet effort de soutien. E. Robert souligne l’importance du travail
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d’information et de communication sur la qualité du projet et du travail de l’association pour
convaincre les donateurs. La valorisation de son image et de son identité est un préalable à la
recherche de fonds, avec quelques règles éthiques et de la créativité.
C’est ce type d’expériences qui sont partagées lors de ce module autour des questions :
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•
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Comment veut-on communiquer sur soi-même ?
Comment entre-t-on en relation avec les autres (fêtes culturelles, dans la rue, repas
soutien, stands de marché, etc…)?
Comment va-t-on faire passer notre message ?
Comment les autres perçoivent-ils notre message ?
2. Trois exemples de pratiques de recherche de fonds pour la coopération au
développement
Le crowdfunding, quelles opportunités pour des projets de coopération (S. Chaubaroux, Norlha)?
En 1 minute : Norlha est une ONG lausannoise fondée en 2005 qui agit comme un pont de solidarité entre
les Alpes et l’Himalaya. Norlha soutient depuis 10 ans les populations les plus défavorisées des régions
d’altitudes au Népal, au Bhoutan et en Chine (région tibétaine). Notre ONG mène des projets de
développement durable dans le domaine de l’agriculture et de l’environnement, en donnant une attention
particulière aux femmes. Nous souhaitons améliorer à long-terme les conditions de vie dans ces régions
rurales afin de garantir une souveraineté alimentaire et un meilleur avenir aux plus démunis.
Sophie Chaubaroux spécifie qu’elle n’est pas une spécialiste du crowdfunding, mais va témoigner
de ce qu’on peut apprendre de leurs deux échecs et de leur réussite en crowdfunding pour
contribuer au financement d’un de leur projet. S. Chaubaroux rappelle que le crowdfunding (ou
financement participatif en français) est un mode de financement sans l'aide des acteurs
traditionnels du financement, donc sans intermédiaire. Des plates-formes de financement
participatif en sont la vitrine internet pour « faire campagne ».
à Le choix de la plateforme est le premier enjeu. Il faut bien regarder les conditions spécifiques
et se poser les bonnes questions (taper le nom de la plateforme dans des forums peut s’avérer
utile):
- est ce que la plateforme est adaptée pour les projets de ccopération au développement
- est ce le projet est adapté au crowdfunding ?
- combien de fonds à lever via ce moyen (quelle contribution au coût total du projet) ? et en
combien de temps ?
Norlha a eu deux premières expériences douloureuses sur des plateformes européenens et
américaines pourtant largement connues. C’était l’équipe de recherche de fonds qui avait mis en
place cette stratégie, pour le même projet, à peu près en même temps. Le cadeau pour les
contributeurs était une recette himalayenne. Il y a eu plusieurs erreurs : l’équipe de RF ne
comptait que sur les membres des plateformes ; les conditions d’attribution des fonds levés que
si on atteint la totalité du montant visé.
à Les leçons tirées et l’expérience positive de 2014 : c’est cette fois l’équipe de communication
qui a relancé une tentative, en choisissant une plateforme locale suisse (qui attribue les fonds
mobilisés même si le plafonds n’est pas atteint) et qui a lié cette campagne de financement
autour d’une événement d’une marraine de Norlha, une alpiniste. Les contributeurs achetaient
des mètres d’altitude de l’alpiniste et ce lien humain de proximité a été essentiel. L’équipe
comm de Norlha n’a pas fait que mettre en ligne le projet, mais l’a fait vivre sur les réseaux
sociaux. L’alpiniste a aussi mobilisé son réseau, ce qui a garanti l’élargissement du petit cercle
de Norlha qu’il sollicite déjà régulièrement.
> Crowdunite propose une analyse des différentes plateformes
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> voir la présentation de Norlha
Notre culture, une vitrine et une activité génératrice de revenus pour nos projets (V. Muambi, Amis
du Congo)
En 1 minute : Les Amis du Congo (AMCO) a la mission d’appuyer les enfants défavorisés du Congo. Nous
sommes une association de ressortissants du Congo installés à Berne et nous associons les enfants d’ici à
créer des liens directs avec les enfants de la-bas et les soutenir avec des actions concrètes comme du
matériel pour la rentrée des classes, leur soutien à développer des petites activités génératrices de revenus.
Valérie Muambi, fondatrice de AMCO, explique ses tous débuts lorsqu’elle se heurtait à des portes closes en
cherchant des fonds pour soutenir les enfants de son pays d’origine. Très vite, elle a constaté qu’il fallait
d’abord donner avant de recevoir. Sa force étant sa cuisine -qui reflète sa culture, V. Muambi a
commencé à tisser son réseau autour de ses enfants en proposant des beignets lors de manifestations
scolaires. Forte de son succès dans sa communauté et de la confiance gagnée dans son réseau, en
distribuant juste des cartes de visite et flyer de son association, elle a développé peu à peu une vraie activité
génératrice de revenus avec le catering en investissant ses bénéfices à 50% dans les projets au Congo et à
50% dans l’activité de catering, dorénavant aussi pour des entreprises, festivals et fêtes culturelles. Le
catering permet d’être en contact avec beaucoup de monde et de renforcer son réseau. AMCO a reçu un
don anonyme de 10'000.AMCO a renforcé son groupe pour mieux structurer son action au Congo, avec la prise en charge complète
de 50 enfants et développer la formation professionnelle. Mais le lien humain reste au centre, avec un
parrainage et correspondance entre les enfants à Berne et au Congo.
> voir la présentation de AMCO
Quelques exemples de mobilisations dans la rue pour la sensibilisation, la visibilité ou la recherche
de fonds (A. Gonzales, Terre des hommes)
Terre des hommes est une grosse ONG aujourd’hui mais il y a 50 ans est partie d’une petite
association comme vous…
-
Le dilemme dans la recherche de fonds (RF) est l’éloignement entre le coeur (lisez la proximité
avec les bénéficiaires) et la disponibilité de l’argent (dans les pays du Nord). Entre ces deux pôles,
il est important de définir quelles sont les possibles contributions des acteurs à chaque échelon
pour soutenir le projet et pour se mobiliser pour la RF.
Les différents échelons :
bénéficiaires
cercle restreint famille et amis au pays
communauté
gouvernement national
gouvernement suisse et org internat
solidarité internationale (citoyens suisses)
Le potentiel de mobilisation de ressources financières provenant de la solidarité internationale est
important, mais pour parvenir à les capter, la façon de comment on se présente est essentielle. Il
faut définir ce qu’on veut financer EXACTEMENT (besoins du terrain), la solution précise proposée
au problème précis, et également qui résout le problème et avec quel budget précis. On touche à
la confiance, la transparence et aux compétences locales. Il s’agit de la transparence sur
l’utilisation des fonds, sur les résultats (preuve de qualité), sur l’éthique (d’où provient l’argent) et
sur la communication.
Il faut aussi dépasser le cercle interne (repas de soutien) pour se tourner vers l’extérieurà Oser la
rue : vendre le projet = le public doit le comprendre. Faire campagne vers le grand public repose
sur des groupes bénévoles que l’on soutient et forme, qui sont notre baromètre : s’ils ne
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comprennent pas ce qu’on fait, alors la population ne va pas soutenir. Les groupes de bénévoles
sont nos ambassadeurs, ce sont eux qui ont le contact direct avec la population et font la
sensibilisation. Mais il est important de définir un seul objectif par action des bénévoles : on ne
peut pas faire ET de la recherche des fonds ET de la sensibilisation ET de la visibilité…. Par
exemple, Tdh fait de la collecte de fonds avec son action annuelle bien connue de vente d’orange ;
de la sensibilisation lors de la journée des Droits de l’enfant, de la visibilité au Paléo festival (jeu
pour les jeunes sur la justice juvénile).
La communication est essentielle lors de campagne dans la rue : chiffrer ce que le contributeur
soutien avec 3.- (un repas pour un enfant), 10.- (fournitures scolaires), 20.- (des consultations
médicales), etc… ces chiffres doivent être réels et transparents. La tendance à vouloir tout dire,
tout expliquer d’un projet est une erreur. Dans la rue, on a moins de 30 secondes pour
convaincre quelqu’un de s’arrêter, il faut dire l’essentiel !!
> voir la présentation de Tdh
Questions et débat sur les témoignages :
ACIS demande si le partenariat avec l’état colombien est un avantage ou désavantage pour la
recherche de fonds ? A Gonzales répond que c’est plutôt un gage de solidité du projet donc de
confiance pour toucher ensuite des fonds de la solidarité internationale en Suisse. Les rapports
avec les gouvernements locaux sont utiles. Norlha ajoute que l’approbation par l’état dans le pays
d’intervention est obligatoire au Népal, et AMCO que la légalisation de l’association des
bénéficiaires est nécessaire.
3. Comment parler de son action ?
Travail individuel par association, puis restitution en plénière et recommandations. La consigne
était de préparer en 10 minutes une affiche avec un slogan ou un message clé qui doit refléter
l’identité de l’association, la spécificité du projet et inspirer la confiance (avoir envie de soutenir
l’action). Chaque association a UNE minute pour présenter et convaincre les camarades.
> Voir les affiches présentées
Recommandations à l’issue des présentations :
« Beaucoup de richesse présentée (les drapeaux des deux pays des migrants accolés démontrent
de la richesse d’où vous venez et d’où vous avez tissé vos racines et réseaux de solidarité). Cette
force, les ONG suisses ne l’ont pas ! ». « La porte ouverte est une image très forte, bravo ! ». « Le
slogan qui part des interlocuteurs (vous avez été à l’école, pourquoi pas eux ?) est très fort aussi,
bravo ! ». « Les présentations ont aussi montré votre sincérité, que vous êtes porteurs de valeurs
que vous défendez ! »
Ø être plus clair pourquoi on demande des fonds, ce qu’on veut financer (message plus clair,
soutien projet pu soutien association)
Ø être plus concret et spécifique ce qu’on veut financer (on doit pouvoir visualiser « ce qu’on
peut mettre dans une brouette »)
Ø n’oubliez pas de dire l’essentiel (difficile lorsqu’on est tellement impliqué –qu’on l’oublie)
Ø Les dessins et logo à figurer en grand sont importants, on en est fier, c’est l’identité du
message.
Ø On ne peut pas viser tout le monde, pas besoin de se justifier.
Ø Pour capter l’attention, il faut être percutant (qques secondes)
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4. Expériences des associations vaudoises de migrants dans la recherche de
fonds
expériences positives
difficultés
personne
essai à mobiliser des fonds privés (Novartis
pour un appui à des médicaments) mais a
essuyé un refus
Stand lors de manifestations, bien choisir (jour
de la femme, fête culturelle, etc….)
Crowdfunding : n’a pas atteint le 100% visé
avec la plateforme we make it, alors que le
critère était tout ou rien.
Repas de soutien
Echecs de stand de vente lors de
manifestations, principalement en raison de la
météo et de l’affluence aléatoire
importance du lien directe: 1
soutenue = 1 donateur (INADES)
Crowdfunding : avec la plateforme
Giving (construction forage)
Global
Crowdfunding : Laps de temps
mobiliser une certaine somme
court
pour
Réseaux personnels – migrants ambassadeurs
de leur pays
Courriel aux fondations humanitaires : aucun
succès
Chaque adhérant à l’association trouve deux
donateurs et on organise un apéro avec les
donateur à fidélisation des donateurs,
davantage de dons ponctuels lors des apéro
party, stabilisation des dons
Dossiers à Loterie romande, Coop, Migros :
aucun succès
Sponsoring par les communes et par le biais
d’un prélèvement sur la taxe de séjour
Choix au sein de l’association de migrants du
(des) projet(s) prioritaire(s) à financer
Collaboration avec d’autres acteurs du milieu
culturel (ex nuit des musées avec MUDAC)
Difficulté à susciter l’intérêt et la curiosité des
gens dans la rue
Vente de produits de solidarité (valeurs et
symbolique du produit pour parler d’une culture,
d’une population menacée)
Difficulté à avoir une stratégie claire par année
Co-financement
de
symposium
organisations suisses et colombiennes
entre
Organisation de jeux pour les enfants avec
récolte de dons
5. Quelques principes de recherche de fonds
Deux exemples de règles éthiques et de protection des données sont distribuées :
-
Les principes éthiques de swissfundraising
La protection des données en recherche de fonds de la Déclaration de Berne
Quelques recommandations sont complétées par E. Robert :
-
-
le matériel de communication est un préalable dans la recherche de fonds. Eviter les
discours trop techniques, trop victimes pour un message positif sur ce que vous savez
faire
une action = un message
le suivi des donateurs est très important à notre échelle (remercier, communiquer sur
les résultats- communiquer aussi sur les problèmes). La confiance doit être cultivée
5
-
Ancrage dans sa région est un plus
Utiliser son carnet d’adresse qui est un trésor (sera approfondi dans le module 5 sur le
réseautage le 26 septembre)
Des liens sont proposés pour approfondir le sujet (voir présentation)
Quelques références pour aller plus loin :
-
Le guide pratique de la recherche de fonds
Crowdfunding, mode d’emploi
We make it
100days
kisskissbank
comparaison des plateformes : crowdsunite.com
formation de Bénévolat vaud
formation de Ethika
> Voir présentation
6. Evaluation de l’atelier
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Notes : AGG, juillet 2015
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