Enseignement de Chimie Analytique appliquée au contrôle

Enseignement de Chimie Analytique appliquée au contrôle
Rapport de Mission d’enseignement
de Gino RONCO
Professeur à la Faculté de Pharmacie
et de Jean-Pierre PETIT
Ingénieur d’Etudes
de l’Université de Picardie Jules Verne
Cours et Travaux Pratiques de Chimie Analytique
appliqués au contrôle chimique des produits
pharmaceutiques
du 12 mai au 2 juin 2007
Faculté de pharmacie de Kaboul
Avec le soutien de l’Ambassade de France en Afghanistan
1
Objectifs
Notre mission s’inscrit dans le cadre de la collaboration entre la Faculté
de Pharmacie de Kaboul et la Faculté de Pharmacie de Lyon suites aux
demandes formulées par les universitaires afghans (Professeur Popal Recteur de
l’Université de Kaboul et le Professeur Baboury Doyen de la Faculté de
Pharmacie).
Cette collaboration a pour but :
- d’une part de redonner au pharmacien afghan la place qui lui revient, de
par sa compétence acquise à l’université, dans le système de santé de son
pays, à l’image de l’organisation mise en place dans la plupart des
nations;
- et d’autre part de donner à l’Afghanistan les moyens de mettre à la
disposition de sa population des médicaments répondant aux normes
internationales de qualité.
Plus précisément dans le domaine de la Chimie Analytique et du Contrôle
des médicaments il a été défini un programme se déroulant en cinq sessions,
validé par le doyen Baboury, afin de répondre aux objectifs de formation des
étudiants mais également des enseignants de la Faculté de Pharmacie de Kaboul.
Si cette formation concerne l’ensemble des étudiants, elle est également destinée
à donner des bases théoriques solides aux futurs cadres susceptibles d’intervenir
dans le domaine du contrôle chimique des produits pharmaceutiques et ce en
conformité avec les directives de l’O.M.S.
Les objectifs des premières sessions ont été atteints. Les années
précédentes l’enseignement a porté sur les notions théoriques des réactions en
solution (en milieux aqueux et non aqueux).
En 2004, Karen Gaudin a développé la protométrie puis j’ai moi-même
dispensé des cours sur les réactions de solubilisation et de précipitation, les
réactions d’oxydo-réduction, les réactions de complexation ainsi que des notions
sur les appareillages électriques permettant de suivre l’évolution des réactions en
solution.
En 2005, Henri Pinatel a mis en place, des Travaux Pratiques, en relation
avec les notions abordées l’année précédente. Il a donné également des cours sur
les méthodes de séparation non chromatographiques ainsi que des
enseignements magistraux et dirigés concernant la spectroscopie. Ensuite je suis
intervenu dans le domaine des séparations chromatographiques à la fois en cours
magistral et en enseignements dirigés (séminaires).
2
En 2006, Henri Pinatel est de nouveau intervenu dans le domaine de la
détermination à la fois qualitative et quantitative par méthodes spectroscopiques.
J’ai assuré des enseignements magistraux et dirigés de chromatographie. De
plus, avec Jean-Pierre Petit Ingénieur d’Etudes, nous avons mis en place des
Travaux Pratiques de Chimie impliquant ou non l’utilisation d’une détection
informatisée.
Pour cette mission, les objectifs ont été définis à Lyon au cours de la
réunion du 27 février 2007, ils visaient à la fois la consolidation des notions
abordées de l’an dernier et la mise en route de nouvelles manipulations. Nous
devions intervenir en Cours Magistraux, en Séminaires et dans les Travaux
Pratiques.
Etat des lieux
Les différentes missions intervenant dans le domaine de la Chimie
Analytique et du Contrôle des Médicaments sont accueillies par les membres du
Laboratoire de Chimie Thérapeutique. Cela est dû au fait qu’il n’existe pas de
département de Chimie Analytique au sein de la Faculté de Pharmacie de
KABOUL et que jusqu’à présent cette discipline était du ressort des professeurs
de la Faculté des Sciences. Cette situation aurait dû évoluer favorablement avec
le recrutement, à la rentrée 2006, d’un cadre en Chimie Analytique.
Malheureusement le décès du Professeur Faizi, qui était responsable du
département de Chimie Thérapeutique, a diminué considérablement le potentiel
de l’équipe pédagogique, même si cette année un enseignant de Chimie
Analytique, Saadeq Eqbal, vient d’être réintégré.
Actuellement le département est composé :
- de Némati, pharmacien, responsable du département ;
- de Saadeq Eqbal, scientifique, assistant 2ème degré,
- de Farida, pharmacien, assistante ;
- de Musa Shirzad, pharmacien, assistant 1er degré ;
- de Razaq, technicien.
Par rapport à l’an dernier, il n’y a pas eu de nouvelles acquisitions en
matériel et encore moins de réactifs chimiques disponibles.
Le bureau est toujours aussi exigu mais il est doté de deux ordinateurs et
l’Assistant Musa Shirzad est au fait des technologies informatiques. Des livres
de cours de chimie récents en français, en anglais, en russe sont disponibles dans
la petite bibliothèque de section, ainsi que quelques manuels iraniens.
3
Les laboratoires de travaux pratiques sont fonctionnels, eau sur paillasse,
réseau d’électricité sécurisé, hotte sommaire ou sophistiquée. Il n’y a toujours
pas d’équipement gaz. Cependant les très nombreuses coupures d’électricité (de
durées indéterminées) perturbent considérablement le déroulement des
manipulations.
Equipements disponibles dans les différents Laboratoires.
1) Laboratoire de Chimie Thérapeutique
- des armoires vitrées pour ranger les produits chimiques et le petit
matériel ;
- des étuves ;
- un appareil à point de fusion ultra sophistiqué ;
- un pHmètre voltmètre ;
- un spectromètre UV-visible ;
- une mini-centrifugeuse
- un dessiccateur ;
- un évaporateur rotatif type Büchi;
- des cuves pour chromatographie sur couche mince et un appareil pour
couler le gel de silice.
Des pompes à vide électriques, adaptées aux solvants organiques, sont
maintenant disponibles mais en nombre insuffisant si les étudiants effectuent
réellement les T.P. En Chimie, les seuls T.P. que nous avons vu mis en œuvre
étaient des démonstrations.
4
2) Laboratoire de Biochimie
- une HPLC équipée d’un four, d’un gradient de solvant, d’une colonne de
gel silice (phase normale)... ;
- un spectromètre infra-rouge à transformée de Fourier (IR/FT).
Ces équipements réceptionnés en 2005 ne sont toujours pas en service. Au cours
de cette mission nous pensions travailler sur l’HPLC, nous avions apporté des
colonnes et trouvé sur place des solvants. Mais, pour des raisons qui nous ont
échappé, nous n’avons jamais eu accès à cet équipement.
3) Laboratoire de Chimie Analytique
Ce Laboratoire, fruit de la coopération avec la région Rhône-Alpes et de
la Faculté de Pharmacie de Lyon, a été aménagé, il comprend entre autres :
- une hotte ;
- une centrifugeuse ;
- des bains marie ;
- des spectromètres UV-visible ….
Il semble qu’il ait très peu fonctionné depuis l’an dernier tout au moins en
ce qui concerne l’analyse, cette année encore l’essentiel des TP que nous avons
mis au point l’a été dans le Laboratoire de Chimie Thérapeutique.
Cette année, les cours se sont déroulés soit dans la salle des 3ème année
d’une contenance d’une centaine d’étudiants, soit dans la très grande salle
dévolue aux 4ème année. L’équipement n’a pas évolué il est sommaire, des
chaises très serrées les unes contre les autres, avec une toute petite planchette
pour prendre les notes (pas très adaptée) ; un petit tableau noir (il faut apporter
ses craies) ; à la Faculté les équipements type rétroprojecteur et vidéo-projecteur
sont maintenant disponibles mais ils doivent donc être amenés, la projection se
fait sur le mur sur une surface réduite à cause du manque de recul. Dans un délai
très rapproché ces salles devraient être entièrement dotées d’installations vidéoprojecteur et ordinateur.
5
La salle aménagée pour les cours de français est de loin la mieux équipée
mais elle sert peu, je l’ai utilisée durant cette mission pour les séminaires
destinés aux enseignants.
Il n’y a pas, semble-t-il, de petites salles permettant de travailler en
groupes restreints (pour les Enseignements Dirigés par exemple).
A la Faculté de Pharmacie de Kaboul l’étroitesse et l’inadaptation des
locaux sont d’ors et déjà un problème majeur et ce en raison : 1) de la réforme
mise en œuvre depuis trois ans, qui a fait passer le cursus de 4 à 5 années ; 2)
de l’augmentation des effectifs et de l’instauration de groupes de T.P. et d’E.D.
Pour l’année scolaire 2007, le nombre d’étudiants est de 362 ainsi
répartis :
-1ère année : 89 (63 garçons et 26 filles).
-2ème année : 65 (50 garçons et 15 filles).
-3ème année : 85 (63 garçons et 22 filles).
-4ème année : 123 (105 garçons et 18 filles).
Si l’on compare avec les chiffres de 2006, on constate qu’il y a une réelle
sélection notamment pour le passage en seconde année (au moins 15 échecs sur
80), malgré un recrutement très sélectif à l’entrée de l’Université.
L’effectif important en 4ème année est dû à l’afflux d’étudiants après la
chute du régime Taliban.
6
Actuellement le Laboratoire ne dispose d’aucun budget de fonctionnement
et cela serait le lot commun à tous, ses seules ressources provenant des
coopérations avec l’étranger. De plus un certain nombre de ces équipements est
sous utilisé par manque soit de réactif soit d’équipement annexe.
Il existe maintenant des appareils permettant d’effectuer des Travaux
Pratiques dignes de ce nom. Plusieurs obstacles de taille demeurent cependant
pour la mise en oeuvre et la pérennisation des T.P., ce sont les difficultés
d’approvisionnement en consommables et aussi le fait que les enseignants sont,
semble-il, incapables de faire fonctionner la plupart des appareils, car ils ont
peur de mal faire et par une méconnaissance des langues étrangères (mode
d’emploi en anglais et en japonais).
Ils nous ont demandé, cette fois encore, avec insistance de venir se former
en France. Nous leur avons répondu que nous transmettrons leur requête mais
que nous n’étions pas les décideurs. En tout cas Némati est volontaire, il semble
que sa demande soit en bonne voie, malheureusement il n’a aucune notion de
français, il a un peu voyagé (aux U.S.A. je crois) et il lit l’anglais. En tout cas il
s’est très intéressé comme les années précédentes aux divers cours que j’ai
dispensés et il a mené des recherches personnelles dans des livres en Dari (en
provenance d’Iran) et en anglais. Le nouvel assistant Musa semble prometteur,
lui non plus n’a pas étudié notre langue, mais il est jeune et possède de grandes
capacités d’adaptation. C’est lui qui s’est le plus investi pour la mise au point
des Travaux Pratiques.
Organisation générale du travail au cours de la mission
D’après les conclusions de la réunion de février 2007, la mission avait
pour objectifs d’une part d’assurer les cours magistraux portant sur les méthodes
séparatives et d’autre part de mettre en place une série de travaux pratiques.
L’enseignement magistral est dispensé, aux étudiants entre 8 et 13 heures.
Les cours, d’une durée d’une heure trente, se sont déroulés tous les jours à partir
de 8 heures, du lundi 14 mai au jeudi 31 mai, soit 21 heures d’Enseignement
Magistral pour les 3ème année et 5 heures de cours pour les 4ème année . Pour
faciliter la compréhension du cours et éviter la prise de notes fantaisistes, j’ai
fait distribuer sous forme de polycopiés (66 pages) toutes les planches projetées
pendant l’exposé (plan, équations chimiques, courbes…). Je tiens à souligner,
que les services de la Cellule Santé, même en l’absence de Chef de Mission, ont
été particulièrement efficaces puisque le poly a été à la disposition des étudiants
dès le deuxième jour (délai bien plus court que dans nos établissements).
7
La mise en place des Travaux Pratiques s’est effectuée le matin et en
début d’après-midi. Nous avons travaillé, avec les enseignants de Chimie
Afghans soit seul, soit en duo, un Assistant de Biochimie (envoyé par le
Professeur Saifi) a participé épisodiquement à ces séances.
Au cours de la préparation des TP des réunions de travail informelles se
tenaient avec les enseignants de Chimie disponibles, qui portaient
essentiellement :
- sur les questions soulevées par les TP en cours d’exécution;
- sur le contenu des TP devant être faits ultérieurement.
Cette année il n’y a pas eu à proprement parlé de discussion structurée
concernant les enseignement magistraux. J’ai même ressenti comme un
flottement, lors de la discussion préliminaire, dans le bureau du Doyen par
intérim, quant à la teneur des cours que je devais dispenser. J’avais pourtant
envoyé divers courriels détaillant les enseignements projetés (en accord avec les
conclusions de la réunion de Lyon de février), mais je n’ai jamais reçu de
réponse (problèmes de connexion Internet).
Némati et Eqbal l’Assistant de Chimie Analytique ont été présents à l’ensemble
de mes cours, les Assistants Musa et Farida se sont investis dans la mise en
place des TP réalisés par Jean-Pierre Petit.
J’avais proposé dès le premier jour de faire des séances, avec les
enseignants de Chimie ainsi qu’avec ceux des autres services, portant :
1) sur les méthodes récentes d’analyse en particulier l’électrophorèse
capillaire ;
2) sur les problèmes de quantification, sur la détermination des
paramètres chromatographiques et ce pour qu’ils puissent mettre en
place ultérieurement des séminaires (ED) pour les étudiants.
Lors de cette réunion tous ont semblé vivement intéressés et d’un commun
accord des dates ont été fixées pour la tenue de ces séances. La première a
rassemblé une dizaine d’enseignants (tous les chimistes, des biochimistes, des
toxicologues), la deuxième n’a été suivie que par les chimistes.
Avec les étudiants plusieurs séances d’Enseignements Dirigés ont été
dispensées, elles étaient intégrées dans le cours, ou à l’issue d’un chapitre, ou au
hasard d’une panne d’électricité. C’était soit un dialogue avec les étudiants
(questions-réponses), soit la correction d’exercices donnés les jours précédents.
8
Vers 15 heures, car après cette heure le Campus est déserté, nous allions
dans les bureaux de la Cellule Santé pour travailler avec l’interprète Hussein
Zada sur les points délicats des cours à venir (qu’il avait déjà eu en main) et la
dernière semaine sur la préparation de la conférence. En 2007, les conditions
étaient moins favorables que les années précédentes à cause de la fermeture de
la Ghest House Ali Abbad (confort, entourage humain et matériels à disposition
sur place) et des déplacements que cela a occasionnés.
Nous tenons à rendre un hommage particulier à Hussein Zada qui a,
comme les années précédentes, grandement contribué à rendre cette mission
agréable et qui nous a permis de faire passer aux étudiants des notions
théoriques assez ardues et de pouvoir communiquer avec les enseignants durant
les longues séances de préparation des Travaux Pratiques. Il s’est très largement
investi et ce malgré un accroissement important de ses tâches au sein de la
Cellule Santé.
Nous voulons également remercier les autres membres de la Cellule
Santé, le Docteur Latif, Hakim, Karim qui ont tout fait pour apporter des
solutions aux menus tracas quotidiens que nous avons rencontrés, sans oublier
les chauffeurs, Saief et Tamim, toujours ponctuels malgré les conditions de
circulation à Kaboul.
1) Cours Magistraux
Le programme d’enseignement magistral dispensé au cours de cette
mission figure dans l’annexe 1. Nous avons développé une étude approfondie de
l’ensemble des méthodes de séparation chromatographiques
Les types de séparation plus classiques n’ont été abordés que lors des
séances de questions-réponses, ce sera donc aux enseignants afghans d’inciter
les étudiants à rechercher ces méthodes dans leurs cours antérieurs de physique
et de chimie (programmes du secondaire).
2) Enseignements dirigés
Les séances d’Enseignements Dirigés ont répondu aux questions
soulevées par le cours de chromatographie :
- Notions de gradient
- Calculs des paramètres (coefficient de partage, facteur de capacité,
facteur de séparation, résolution, efficacité…)
- Dosages de produits par diverses méthodes chromatographiques.
Pendant les cours et les E.D., les étudiants étaient attentifs et ils ont pris
beaucoup de notes.
9
3) Travaux Pratiques
Comme l’an dernier de très nombreux obstacles ont entravé le bon
déroulement de cette partie de la mission, certains d’ordre matériel d’autres
d’ordre culturel.
Il est toujours aussi difficile de trouver des réactifs à Kaboul, ceux qui
sont sensés être à la Faculté sont disséminés dans divers Laboratoires. Pour un
produit donné il est très difficile de savoir dans lequel, est-ce que la personne qui
le détient est là, est-ce qu’elle consent à le donner, est-ce qu’elle sait où il se
trouve, est-ce qu’il est encore fiable… Ces problèmes ont été d’autant plus mal
ressentis que nous savions que les réactifs avaient été livrés ou qu’ils étaient
présents l’an dernier. Il en a été de même pour la verrerie, très peu disponible
sur paillasse alors qu’il y en avait en abondance dans les placards et aussi dans
les sous-sols (cf. mon rapport de 2006).
Néanmoins nous avons pu mettre en place un certain nombre de
manipulations avec les réactifs que nous avions ramenés et d’autres que nous
avons récupérés par divers canaux (par l’AMI et le CEFA en particulier).
Ce problème récurrent de l’approvisionnement en produits chimiques
devrait pouvoir se résoudre en faisant appel aux grossistes locaux qui se
fournissent soit au Pakistan (cf. rapport 2006) soit en Iran (adresse que doit me
donner Michel Ouliac du CEFA).
Nous avons évoqué ce point avec l’ancien Doyen Babouri, à présent ViceMinistre de l’Enseignement Supérieur, et avec Rahman Ashraf, RecteurChancelier de l’Université de Kaboul, lors de sa visite dans les locaux de la
Faculté de Pharmacie. Tous deux nous ont dit qu’ils étaient conscients du
problème et qu’ils s’attacheraient à le résoudre.
Les problèmes que nous qualifions d’ordre culturel se sont manifestés de
diverses manières.
Les manipulations allaient être montées en un clin d’œil même sans
matériel ni réactif.
Une inorganisation chronique en ce qui concerne le rangement (produits,
verrerie) et l’entretien (verrerie, matériel).
Le manque de formation et de rigueur de la part des techniciens (ce qui
peut s’expliquer aisément) mais aussi de la part d’enseignants quelquefois
chevronnés (si j’en juge à la couleur des cheveux).
La responsabilité des personnels (quel que soit le rang) vis à vis du
matériel et il en résulte des restrictions, incompréhensives pour nous, à l’accès
de ces appareils
10
Mais, contrairement à l’an dernier, il n’y a pas eu de remise en cause
permanente du choix et de la chronologie des manipulations et il en est résulté
un précieux gain de temps et d’efficacité.
Malgré ces conditions difficiles nous avons pu monter, dés le début de la
mission, diverses manipulations. Nous avons fait porté nos efforts :
- sur la prise en compte des Bonnes Pratiques de Laboratoire (B.P.L.) ;
- sur la mise en route des appareils (spectromètre, polarimètre,
Kjeldhal…).
11
Agenda de la mission
Samedi 12 Mai 2007
Départ d’Amiens à 8h30, en car puis en train via la gare TGV Haute Picardie, arrivée à
Roissy à 10h.
Départ pour Dubaï à 13h15, arrivée à 22h. Une personne de l’agence de voyage nous
attend pour nous remettre nos billets de la Kam Air. Elle nous dit de ne pas récupérer les
bagages malgré qu’ils n’aient pas été enregistrés pour Kaboul à CDG.
Dimanche 13 Mai
Transfert Terminal 1 vers le 2 par bus à 6h, à l’enregistrement on nous assure que les
bagages suivront.
Départ pour Kaboul à 7h, arrivée à 10h30. Les bagages ne sont pas là, nous ne
sommes pas les seuls, nous ne les récupérerons que le mardi.
Installation vers 13h à l’hôtel Park Palace, c’est une vaste Guest House, plusieurs
dizaines de chambres possédant un confort minimum, une grande pelouse avec des tables
pour travailler ou pour prendre le thé, il y a également un grand salon, pièce de détente
ouverte à tous…
.
Prise de contact avec Hussein Zadé, de la Cellule Santé, qui sera notre interprète
durant notre mission. Nous évoquons les problèmes relatifs à l’absence actuelle de Chef de
Projet, le déménagement de la Ghest House Ali-Abbad et la nouvelle localisation de la Cellule
Santé à la Faculté de Médecine.
Nous donnons les grandes lignes du programme d’enseignement que nous comptons
développer ainsi que le thème de la conférence prévue pour la fin de la mission..
12
Lundi 14 Mai
Réunion dans le bureau du Doyen, nous sommes accueillis par les Professeurs XXX,
Doyen par intérim, et Sediqi du Département de Pharmacognosie (adjoint de Baboury dans ce
Département ainsi que Némati, chef du Département de Chimie Thérapeutique).
Nous définissons les grandes lignes du programme que nous comptons développer
pour les Cours et les E.D.. En ce qui concerne les T.P., ils s’effectueront sous forme de
démonstrations pour les enseignants des disciplines chimiques et biologiques. Ces derniers
devront ensuite rédiger des topos pour les étudiants.
La réunion est brève car un cours, avec les 3ème année, est prévu à 9h 40.
Ensuite visite du Laboratoire de Chimie Thérapeutique, nous convenons que pour que
les manipulations commencent le lendemain il faut rassembler un minimum de produits et de
verrerie dont nous dressons la liste.
Nous faisons les constatations suivantes, le Laboratoire n’a pas changé depuis l’an dernier :
- les locaux sont propres avec les équipements de base ;
- des produits chimiques sont dans les armoires (même si ce ne sont pas forcément
ceux dont nous avons besoin) ;
- de la verrerie est également présente ;
- du matériel flambant neuf est sur les paillasses (toujours sous housse).
Les enseignants choisissent de monter en priorité les T.P. portant sur :
- la détermination de l’azote organique par voie humide (méthode de Kjeldhal) ;
- les mesures potentiomètriques;
- les dosages d’ions dans l’eau et les boissons.
L’après-midi nous rencontrons les membres de la Cellule Santé. En l’absence de Chef
de Projet, elle est dirigée par le Docteur Latif. Nous demandons, comme les années
précédentes, que le poly destiné aux étudiants soit tiré rapidement, il sera disponible dès le
cours du mercredi matin (encore une fois félicitation). Puis nous préparons avec Hussein le
cours du lendemain.
Mardi 15 Mai
Au Laboratoire rien de ce qui avait été défini la veille n’a été effectué. Nous tentons
donc de rassembler le matériel et la verrerie nécessaires aux T.P.. Tout est dispersé dans les
divers Laboratoires et personne ne semble connaître réellement l’état des stocks. Nous
rappelons que certains éléments étaient présents l’an dernier et qu’ils doivent donc être encore
disponibles.
Un minimum ayant été rassemblé nous pouvons entreprendre le dosage de l’azote
organique. Un premier dosage nous montre que les titres des solutions, préparées par le
technicien afghan, sont erronées. Nous décidons donc de faire préparer, sous notre contrôle,
toutes les solutions selon les Bonnes Pratiques de Laboratoire. Ce travail s’est poursuivi
l’après-midi.
13
Tout au long de la mission nous avons insisté pour que les manipulations soient
effectuées avec une rigueur extrême : contrôle des solutions mais aussi des instruments de
mesure et des appareillages. Il semble que les Assistants de Chimie ont beaucoup progressé
dans ce domaine, surtout Mussa le plus jeune mais le plus constant et le plus rigoureux.
Cours avec les 3ème années, Némati et Eqbal y assistent (ils seront présents tout au long
de la mission).
En fin d’après-midi, dans les locaux de la Cellule Santé, préparation avec l’interprète
des cours et des T.P.
Mercredi 16 Mai
Le matin cours avec les étudiants sans problème majeur ni de traduction ni de
compréhension.
En salle de T.P., tous les éléments sont réunis ou presque pour effectuer le Kjeldhal,
minéralisation, décomposition du sulfate formé, dosage en retour de l’ammoniac dégagé. Un
problème avec la lessive de soude (étiquetage erroné) nous obligera à recommencer toute la
manipulation.
En début d’après-midi, nous sommes reçus au siège de l’AMI par le Chef de projet
Anne Dutrey-Kaiser, et son adjoint le Docteur Nassir.
Avec ce dernier nous faisons un tour d’horizon des problèmes qui se posent
concernant les réactifs et la maintenance des équipements. Pour nous cette année, nous devons
impérativement disposer de solvants de haute pureté si nous devons mettre en route l’HPLC
qui dort depuis 2005 dans les locaux de la Faculté. Nous avons amené des colonnes neuves
(coopération Rhône Alpes) ainsi que des colonnes de notre Laboratoire (conditionnées et dont
nous connaissons toutes les caractéristiques). Les responsables de AMI se disent disposés à
nous aider et ils le font concrètement puisque le lendemain ils nous livrent : de l’eau ppi et bidistillée, des solvants HPLC grade (éthanol, méthanol et acétone). Nous convenons qu’une
visite aux Laboratoires des hôpitaux serait intéressante malheureusement elle n’aura pas lieu.
A 16h nous nous rendons au Ministère de l’Enseignement Supérieur pour rencontrer le
Professeur Baboury qui a été nommé récemment Vice-Ministre. L’entretien est très cordial, il
nous dit combien il est satisfait de la collaboration avec la France et particulièrement dans les
domaines du Contrôle Analytique. Nous lui exposons les grandes lignes du programme que
nous comptons développer. Il approuve le programme des enseignements Magistraux et
Dirigés et il se dit très heureux de la mise en place de nouveaux TP ainsi que la mise en route
des appareils réceptionnés antérieurement.
Jeudi 17 Mai
Le matin, cours avec les étudiants de 4ème année, je développe la Chromatographie en
Phase Supercritique que je n’avais pu traiter avec eux l’an passé. La séance se termine par une
série de questions-réponses concernant l’ensemble de la Chromatographie.
14
Au Laboratoire Musa termine le dosage de l’azote, c’est un succès avec une erreur
inférieure à 3%.
Rencontre avec le professeur Roshandel, c’est un afghan enseignant la Chimie
Thérapeutique à Dusseldorf et qui vient régulièrement à Kaboul. Il est actuellement conseiller
au ministère de l’Enseignement Supérieur. Nous lui faisons part des difficultés notamment en
matière d’approvisionnement en réactifs chimiques, il nous promet d’étudier la question
surtout qu’il s’agit d’un problème général dans le pays.
Mise en route d’un T.P. de dosage par complexomètrie du calcium et du magnésium.
Il s’ensuit une nouvelle recherche des réactifs de base que pourtant nous avions vu l’an
dernier.
L’après-midi préparation, avec l’interprète, du cours d’Electrophorèse Capillaire que
je dois donner aux enseignants en début de semaine.
Vendredi 18 Mai
Visite le matin du tombeau de Massoud dans la vallée du Panshir.
Retour très tôt dans l’après-midi, puis premier bilan des actions menées à la Faculté.
Préparation de l’exposé sur l’Electrophorèse Capillaire.
Samedi 19Mai
Le matin, avec les étudiants de 3ème année, nous faisons une séance d’Enseignements
Dirigés sur les généralités de la chromatographie développées la semaine précédente, à la fois
questions-réponses et exercices. Il semble qu’une bonne partie de la classe a été réceptive au
cours.
Au Laboratoire le T.P. de complexomètrie a été menée à bien. La difficulté était de
pouvoir doser simultanément le calcium et le magnésium. Par la suite les Assistants ont refait
plusieurs fois cette manipulation avec succès.
Première rencontre avec Shafik qui revient d’un stage de longue durée à Lyon. Nous
l’attendions afin de pouvoir travailler avec lui sur l’HPLC. Il est cependant regrettable qu’il
n’ait pas pratiqué cette technique lors de son séjour.
Tout étant réuni, colonnes, solvants et manipulateurs, nous pensions pouvoir travailler
sur l’appareil dès le lendemain.
En début d’après-midi séance avec l’interprète.
A 15h nous allons, à la demande du responsable, au Laboratoire de Police Criminelle
car leurs deux appareils de Chromatographie Phase Gazeuse sont en panne. Après examen
nous trouvons plusieurs causes : circuit d’azote bouché, régulateur de tension défectueux et
problème sur le circuit d’hydrogène d’un des CPG (sûrement une électro-vanne). Nous avons
donc remis en service l’un des appareils, l’autre nécessitant du matériel non disponible.
15
Dimanche 20 Mai
Le matin, cours avec les étudiants de 3ème année.
Au Laboratoire les Assistants refont les manipulations des jours précédents. Nous,
nous préparons des T.P. de spectrométrie. Nous n’avons toujours pas accès à l’HPLC,
problème de clé nous dit-on.
L’après-midi cours sur l’Electrophorèse Capillaire, dans la pièce audiovisuelle
aménagée par la coopération française, il était destiné aux enseignants concernés par
l’Analyse Chimique (chimie, biochimie, biologie, toxicologie…) et annoncé comme tel.
Une douzaine d’enseignants est venue qui a paru intéressée au moins jusqu’à 14h 45
(nombreuses questions). Nous avons alors convenu ensemble de terminer la semaine suivante
mais seuls les chimistes se souviendront du rendez-vous.
Lundi 21 Mai
Le matin, cours et séance d’E.D. intégrés avec les étudiants de 3ème année.
Au Laboratoire mise en route des manipulations de spectrométrie pour doser divers
principes actifs (caféine, aspirine, paracétamol, antibiotiques…) qui peuvent être également
évalués par HPLC mais toujours pas de nouvelle de la clé. Ce qui est gênant dans cette
situation c’est que nous ne savons pas d’où vient le blocage surtout que nous en avions parlé
avec le Professeur Baboury en tout début de séjour.
A 15h rencontre, à l’Ambassade de France, avec O. Guillaume Conseiller de
coopération et d’action culturelle. Nous donnons les grandes lignes de notre mission et nous
décrivons les progrès accomplis à la Faculté de Pharmacie (bien réels depuis 4ans).
Ensuite préparation avec l’interprète des prochains cours.
Mardi 22 Mai
Le matin, cours avec les étudiants de 3ème année.
Dosage de la caféine dans diverses boissons (Coca-Cola, Red Bull, Pepsi-Cola). La
préparation de l’échantillon dure deux heures. Pour continuer nous avons mis en service un
évaporateur rotatif appartenant au service de Pharmacognosie. Mais ce qui est nous a étonné
c’est que le lendemain nous avons appris qu’un rota-vapor était dans le Laboratoire de
Chimie et qu’il n’avait lui aussi jamais été déballé. D’autres matériels réceptionnés
antérieurement semblent ne pas avoir été utilisés.
Des courbes d’étalonnage (différentes méthodes de dilution) ont été réalisées par les
différents enseignants, cependant la bonne marche des manipulations a été entravée par des
pannes d’électricité à répétition.
16
Encore une fois nous demandons à aller travailler sur l’HPLC mais toujours pas de clé.
Je dis fermement à Hussein mon mécontentement concernant ce problème et qu’il est hors de
question pour moi que je réclame encore. Je lui dis de faire passer le message aux Afghans,
cela n’aura aucun effet. Jean-Pierre Petit le demandera encore plusieurs fois sans plus de
succès.
L’après-midi nous terminons l’exposé sur l’Electrophorèse Capillaire, avec les
chimistes, après avoir attendu vainement les enseignants des autres disciplines.
En fin d’après-midi rencontre avec Michel Ouliac, coordinateur du Centre
d’Enseignement du Français en Afghanistan. Nous évoquons avec lui les difficultés
d’approvisionnement en produits et matériels. Pour le Lycée Istiqual il se fournit auprès de
grossistes locaux eux-mêmes en relation avec le Pakistan et avec l’Iran.
Mercredi 23 Mai
Le matin, cours et exercices avec les étudiants de 3ème année.
Continuation des manipulations de la veille. Les dosages spectrométriques de la
caféine dans les boissons sont conformes aux étiquetages.
Visite de la Faculté de Pharmacie par Rahman Ashraf, Recteur Chancelier de
l’Université de Kaboul. Au Laboratoire il s’adresse à nous en français, il nous dit combien il
apprécie l’aide apportée par notre pays au développement des Facultés afghanes. Il dit
également qu’il est conscient des difficultés d’approvisionnement en petit matériel et produits
chimiques (c’est un scientifique) et qu’il tentera d’y remédier. Nous soulevons le problème
des coupures de courant qui peuvent endommager l’électronique des appareils, il répond que
bientôt le réseau de l’Université sera protégé (même réseau que la Présidence de la
République).
Jeudi 24 Mai
Pas d’enseignement c’est le jour des enseignants avec cérémonie et remise de
cadeaux…Nous en profitons pour faire le bilan de la semaine, nous nous interrogeons encore
sur les raisons du refus concernant l’accès à l’HPLC.
Préparation de la conférence sur l’analyse des produits alimentaires.
Vendredi 25 Mai
Matinée détente.
Après-midi préparation de la conférence.
17
Samedi 26 Mai
Le matin, cours avec les étudiants de 3ème année.
Au Laboratoire, continuation des manipulations de spectrométrie. Mise en place de
T.P. de polarimétrie, ils ont permis d’effectuer le dosage de glucides seuls ou en mélange
(glucose, saccharose, fructose…). Ils ont aussi montré que certains produits réputés purs
étaient passablement dégradés.
L’après-midi préparation des cours à venir et de la conférence avec Hussein.
Dimanche 27 Mai
Le matin, cours avec les étudiants de 3ème année.
Au Laboratoire, mise en route des appareils de mesure électrique. Vérification des
électrodes. Etalonnage des appareils. Etablissement de courbes potentiel-pH.
Préparation du cours de chromatographie avec Hussein.
Lundi 28 Mai
Le matin, cours et exercices avec les étudiants de 3ème année.
En salle de T.P. détermination du potentiel standard d’un couple oxydo-réducteur
(Fe /Fe3+). Applications au dosage de principes actifs (vitamine C).
2+
Mise en marche d’un autoclave dans les locaux de la Bactériologie.
Mardi 29 Mai
A 8h, cours avec les étudiants de 3ème année.
Au Laboratoire les enseignants refont seuls les manipulations de pH-mètrie et
d’oxydo-réduction.
A 11h 30, conférence sur : La Chimie Analytique dans le contrôle des produits
issus de l’Industrie Agro-Alimentaire. Détection des Aliments Ionisés (cf. plan en
annexe). Elle est destinée aux enseignants de Pharmacie et aux étudiants de 4ème année. Des
invitations ont été envoyées par le Doyen à d’autres Facultés ainsi qu’à des extérieurs
(ministères et organismes intéressés par le sujet) dont une quinzaine est venue, ce qui a permis
de nouer de fructueux contacts. Le Professeur Baboury, malgré ses nouvelles fonctions a tenu
à assister au moins en partie à mon exposé.
18
A l’issu de la Conférence le Professeur Saifi (ex Recteur de Khandahar) a monopolisé
la parole ce qui n’a pas permis d’entamer un dialogue avec l’assistance. Mais j’aurai
l’occasion de répondre aux très nombreuses questions des étudiants le jeudi matin.
L’après-midi rencontre avec O. Guillaume pour faire un tour d’horizon sur le
déroulement de la mission. Nous lui disons qu’elle s’est globalement bien passée. Les
contacts avec les enseignants sont plus que cordiaux, les Assistants se sont beaucoup plus
investis cette année dans les T.P. que l’an passé. Le gros point noir est évidemment le non
accès à l’HPLC.
Nous lui communiquons des demandes afghanes concernant l’achat de livres
scientifiques. Egalement des demandes de reconnaissance de diplômes quand les enseignants
viennent en France pour de longues missions (mais peut-on avoir un diplôme sans être inscrit
dans une formation et sans passer d’examen ?).
Nous lui faisons aussi part de l’avancement des travaux concernant le réseau
informatique (installation de la WIFI) et de l’équipement prochain (début juin) en matériel
vidéo-projecteur et informatique des salles de cours, ce qui sera un progrès très net par rapport
à l’existant.
Mercredi 30 Mai
Le matin, cours avec les étudiants de 3ème année, le programme de chromatographie a
été complètement traité et j’ai pu cette année aborder des exercices portant sur des problèmes
concrets d’analyse par cette méthode.
A l’issue de cette séance une petite cérémonie de départ s’est déroulée avec le Doyen
par intérim, les chimistes et les étudiants. L’ambiance était chaleureuse, les interventions
orales sympathiques, l’une d’entre elle l’a été en français par une étudiante ayant bénéficié
d’un séjour en France.
Nous avons été vivement encouragé à poursuivre la coopération. En signe d’amitié
nous avons eu droit à un cadeau de la part des étudiants. Tout ceci s’est terminé par une
séance photo mais, contrairement à l’an dernier, à aucun moment les filles et les garçons n’ont
posé ensemble (j’ai ressenti un certain raidissement dans leurs rapports même si les années
précédentes il y avait une très grande réserve).
19
Au Laboratoire, nous avons terminé de rédiger, pour les enseignants et les techniciens
afghans, un mode d’emploi détaillé pour la mise en route et l’utilisation des divers
appareillages que nous avons utilisés (spectromètres, polarimètre, Kjeldahl, pHmètre,
millivoltmètre…).
L’après-midi, à l’invitation des responsables nous avons effectué une visite aux
Laboratoires de Contrôle des Médicaments et de Contrôle des Aliments situés au sein du
Ministère de la Santé.
Le premier est dirigé par le Docteur Kaiza Pasanen, scientifique, qui encadre une
petite dizaine de collaborateurs, dont une jeune pharmacienne que j’avais eue en cours en
2005. Les locaux sont rénovés et assez fonctionnels. Ce Laboratoire possède des appareils
modernes :
- balances ;
- spectromètres UV-Visible;
- spectromètre Infra-Rouge (IR/FT) très performant ;
- titrimètre automatique ;
- photomètre de flamme ;
- polarimètre digital … ;
cependant l’activité est assez réduite seuls quelques médicaments courants sont testés. Il a été
équipé grâce au soutient de l’OMS et du gouvernement finlandais (la responsable est finnoise,
elle travaille en Afghanistan depuis 4 ans et elle y a séjourné de 1982 à 1992).
Le second est dirigé par le Docteur Aziza Habib, pharmacien, entourée de 4 à 5
laborantines. Une pièce vient d’être réhabilitée par le « Programme Mondial pour la
Nourriture» (WFP) et un organisme allemand (GIA). Elle est fonctionnelle, elle est équipée
de paillasses avec fluides et circuit électrique aux normes et d’appareils récents :
- balances ;
- spectromètres UV-Visible ;
- chromatographe HPLC (Agilent) non fonctionnel (pas de solvant).
Deux autres pièces sont vétustes, leur équipement date d’une cinquantaine d’années.
Certains des appareils sont obsolètes et/ou sont en panne :
-appareil de Kjeldhal ;
- extracteur ;
- réfractomètre;
- appareil à point de fusion ;
- appareil à eau distillée ;
- étuves ;
- bain de sable ;
- polarimètre à prismes ;
- balances ;
- centrifugeuse…
20
Le Laboratoire effectue des analyses qualitatives sur les denrées alimentaires
(boissons, produits laitiers, conserves céréales, huile, thé, café…). Il ne peut faire de l’analyse
quantitative à cause du manque d’équipement spécifique et aussi faute de réactifs, de
standards, de solvants…
Il manque un élément très important dans ces deux Laboratoires, c’est un
Département de Bactériologie. Pour l’analyse de l’eau potable seule la recherche
d’Escherichia Coli peut être effectuée. Il n’y a pas non plus de section Toxicologie.
Jeudi 31 Mai
Le matin, séance avec les étudiants de 4ème année, les enseignants de chimie et d’autres
disciplines. Elle devait être consacrée à un retour sur l’ensemble des méthodes séparatives
mais les questions n’ont porté que sur la conférence du mardi. Elles m’ont permis de faire des
rappels :
- de Physique ;
- de Chimie Générale ;
- de Chimie Organique ;
- de Biochimie ;
- de Biologie ;
- de Nutrition ;
- d’Analyse.
Les questions et la qualité du débat étaient très intéressantes, montrant que le niveau
des étudiants de Pharmacie en fin de cursus est assez élevé.
Au Laboratoire nous avons fait le point avec les enseignants sur les T.P. qui avaient
été montés. Nous leur avons également laissé une abondante documentation sur les
manipulations qui pourraient être mises en œuvre quand les problèmes de réactifs seront
résolus.
Vendredi 1er Juin
Le matin est consacré aux préparatifs du départ.
L’après-midi embarquement pour Dubaï à l’heure prévue (16 H), voyage sans histoire
arrivée à 19 H. Transfert en taxi de l’aéroport 2 au 1.
Samedi 2 Juin
Départ pour la France à 1 H, nous avons apprécié le vol Air France qui part 5 heures
avant celui de Emirates. Arrivée à Roissy à 6h, puis retour à Amiens.
21
Conclusion
Les rapports avec les enseignants, en particulier ceux de nos disciplines,
se sont révélés très cordiaux, un climat de confiance s’est très vite instauré, ce
qui a permis d’avoir des discutions ouvertes sur le déroulement et le contenu des
enseignements.
En ce qui concerne les Enseignements Magistraux la totalité du
programme prévu a été réalisée (l’ensemble des séparations
chromatographiques), les autres types de séparation l’ont été, de manière moins
systématique, à l’occasion d’autres enseignements de Physique et de Chimie.
Nous avons dispensé des Enseignements Dirigés mais sans faire de
séances particulières, l’emploi du temps ne le permettant pas.
La mise en place des T.P. a dans un premier temps été difficile, puis les
Assistants se sont beaucoup investis et ils ont refait plusieurs fois les
manipulations. Ils ont ensuite dispensé, certains de ces T.P., aux étudiants sous
forme de démonstration.
Nous avons mis en service (ou remis en service) des appareils existants.
Un petit mémento d’utilisation a été rédigé pour les collègues afghans et nous
leur avons laissé une abondante documentation. Notre regret principal est de ne
pas avoir eu accès à l’HPLC.
Bien entendu les difficultés rencontrées tiennent, en grande partie, à la
situation générale de dépendance du pays, vis-à-vis de l’approvisionnement en
réactifs, en solvants et en matériels. Elles se retrouvent dans les facultés, les
lycées, les hôpitaux et autres administrations. Il faudrait donc envisager une
stratégie pour pallier ces insuffisances en regroupant les demandes (coordination
des actions françaises) et en cherchant des sources d’approvisionnement dans les
pays voisins (Pakistan et Iran).
Perspectives, depuis trois ans les missions (Henri Pinatel et les miennes),
outre les enseignements magistraux dispensés, ont laissé une documentation
importante aux enseignants afghans ; il serait donc souhaitable, qu’à l’avenir ils
prennent en charge une partie des cours et qu’ils mettent en place des
enseignements dirigés et des travaux pratiques sur le modèle de ceux que nous
avons donnés.
22
A la fin du séjour, l’ensemble des enseignants afghans nous a demandé
expressément de continuer la coopération. Je leur ai précisé qu’une nouvelle
mission, pour les cours et les E.D., impliquerait de leur part :
- la définition d’un programme précis (il est inutile de faire des
enseignements qu’eux peuvent mettre en place) ;
- la destination des enseignements (pour les étudiants, pour les
enseignants, pour des extérieurs…) ;
- que des plages horaires soient aménagées aussi bien pour les étudiants
que pour les collègues afghans, nos interventions pouvant se prolonger
bien au delà de 15h (expérimenté en 2005).
En ce qui concerne les manipulations et la maintenance des appareils il
faudrait :
- qu’ils en établissent la liste ;
- que l’on puisse s’assurer que les réactifs sont bien disponibles dès notre
arrivée ;
- qu’il n’y ait aucune entrave à l’accès aux appareils et que nous en ayons
les références exactes afin d’amener éventuellement la documentation.
L’auditoire présent à la conférence et l’intérêt manifesté, montre à
l’évidence, le désir d’ouverture de nos collègues afghans et des étudiants vers
les nouvelles orientations scientifiques.
Ces remarques ne sauraient faire oublier les handicaps du pays cumulés
ces dernières années et qui se traduisent par un manque patent en moyens
matériels, même si des appareils sophistiqués ont été réceptionnés récemment,
par des locaux inadaptés et surtout par un déficit en ressources humaines. En
effet les effectifs de la Faculté sont réduits, peu de Professeurs chevronnés,
quelques Assistants récemment nommés et il manque toute la génération
intermédiaire.
S’il est souhaitable de poursuivre la coopération franco-afghane :
- afin de conforter les acquis ;
- pour continuer à avoir des échanges avec les enseignants ;
- pour faire part à nos collègues et aux étudiants des derniers
développements technologiques dans les sciences pharmaceutiques en
général et analytiques en particulier ;
23
celle-ci devrait demander une implication plus importante de la partie afghane,
pendant mais aussi après les missions, cela est d’autant plus facile qu’elle
dispose, à présent, d’un accès Internet Haut Débit.
Il faudrait également, de la part des autorités afghanes, profiter de
l’augmentation du niveau de formation des étudiants en Pharmacie (de 4 à 5
ans), pour recruter et former les futurs cadres des Facultés et des Laboratoires.
Gino RONCO et Jean-Pierre PETIT
KABOUL
Mai-Juin 2007
Les trésors retrouvés
Musée National d’Afghanistan
Exposition au musée Guimet (Thierry Ollivier)
Pendeloques dites « Le Souverain et les Dragons »
Site de Tillia Tepe (1er siècle)
24
ANNEXE 1
Programme d’Enseignement Magistral développé au cours de cette mission : «ETUDE
DES METHODES DE SEPARATION CHROMATOGRAPHIQUES ».
1. Généralités sur la chromatographie.
.
1.1. Exemple de la chromatographie liquide d'adsorption sur colonne ouverte.
1.2. Paramètres de la chromatographie.
2. Chromatographie planaire.
2.1. Appareillage.
2.2. La chromatographie sur papier.
2.3. La chromatographie sur couche mince.
2.4. Réalisation de la chromatographie.
2.5. Applications.
3. Chromatographie liquide.
3.1. Appareillage.
3.2. La colonne (analytique). Phase stationnaire.
3.3. La phase mobile.
3.4. Les principaux types de détecteurs.
4. Chromatographie phase gazeuse.
4.1. Appareillage.
4.2. Applications.
4.2.1. Analyse qualitative.
4.2.2. Analyse quantitative.
5. Chromatographie en phase supercritique (CFSC).
6. Chromatographie ionique.
25
ANNEXE 2
Programme de Travaux Pratiques développé au cours de cette mission.
Bonnes Pratiques de Laboratoire (BPL) :
- préparation de solution titrées et vérification du titre ;
- étalonnage des appareils utilisés,
- principe du dosage en retour.
Dosage de sucres à l’aide d’un micro-polarimètre :
- saccharose,
- glucose,
- fructose….
Dosage spectrophotométrique d’analytes :
- détermination des maxima d’absorption (λ max)
- caféine dans des boissons ;
- dosages de principes actifs (aspirine, paracétamol, antibiotiques…).
Utilisation du pHmètre, suivi de la neutralisation d’un acide par une base.
Dosage de l’azote total par voie humide, utilisation de l’appareil de Kjeldahl.
Dosage complexométrique du calcium et du magnésium.
Comme l’an dernier nous avons laissé une abondante documentation concernant les
Travaux Pratiques au Laboratoire de Chimie Thérapeutique (Docteur Némati).
26
ANNEXE 3
La Chimie Analytique dans le contrôle des produits
issus de l’Industrie Agro-Alimentaire
Détection des Aliments Ionisés
1. Introduction
2. Aliments et radioactivité
3. Les produits alimentaires ionisés
3.1. Principe et appareillage
3.1.1. Rayonnement γ
3.1.2. Rayonnement β
3.1.3. Rayonnement X
3.1.4. Unité d’ionisation
3.1.5. Logo d’ionisation (logo dénommé radura)
3.2. Intérêt de l’ionisation
3.2.1. Intérêt en médecine et en pharmacie
3.2.2. Intérêt en alimentation
3.3. Inconvénients de l’ionisation
27
4. Panorama des méthodes de détection des produits ionisés
4.1. Introduction
4.1.1. Domaine et vocabulaire
0,04 à 0,10 kGy inhibition de la germination des bulbes et tubercules
0,03 à 0,20 kGy stérilisation des insectes
1 à 3 kGy
mort des insectes
1 à 4 kGy
radicidation (pathogènes)
1 à 6 kGy
radurisation (pasteurisation)
15 à 50 kGy
radappertisation (radio-stérilisation)
4 .1.2.Mode d’action
4.2. Méthodes de détection
4.2.1. Méthodes physiques
4.2.2. Méthodes chimiques
4.3. Mesure des produits de radiolyse des acides gras (chimique).
4.2.1. Principe
4.2.2. Applications
4.4. Thermo-luminescence et chimie-luminescence (physique).
4.4.1. Principe
4.4.2. Applications
4.5. Résonance paramagnétique électronique (RPE) (physique).
4.5.1. Principe
4.5.2. Applications
5. Conclusion
28
ANNEXE 4
Liste des produits amenés à Kaboul.
29
ANNEXE 5
A titre d’exemple nous redonnons le type de devis obtenu à Kaboul pour la fourniture de
produits chimiques.
30
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertising