La fonction linge à l`hôpital

La fonction linge à l`hôpital
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE
][^
Direction Régionale de la Santé Publique de Bizerte
][^
Service Régional d’Hygiène du Milieu
Série des manuels d’hygiène hospitalière
Manuel n°6
Manuel 6
La fonction linge à l’hôpital
Année 2006
GROUPE DE TRAVAIL
Mme Ben Kâabia Neziha
Centre National de Greffe de Moelle Osseuse de Tunis
Mme Ben Tanfous Samira
DRSP Ben Arous Tunis
Mme BelHaj Saloua
Groupement de Santé de Base de Bizerte
Dr
Groupement de Santé de Base de Bizerte
Boubakri Mohsen
Mme Boughrara Mahbouba
Institut Salah Azaiz Tunis
Mr
Hôpital d’El Alia
Dhaouadi Mohamed Hédi
Mme Djemili Ilhem
Hôpital Régional de Bizerte
Mr
Essoussi lotfi
Hôpital d’El Alia
Mr
Gattouchi Zouhaier
Hôpital Régional de Menzel Bourguiba
Mme Jaâfer Aicha
Hôpital d’El Alia
Mme Khedri Jamila
Hôpital Régional de Bizerte
Mme Khiari Khadija
Institut d’Ophtalmologie de Tunis
Mme Rafrafi Maha
Groupement de Santé de Base de Bizerte
Mr
Hôpital Régional de Menzel Bourguiba
Salhi Chiheb
Mme Selmi Jouini Radhia
Institut d’Ophtalmologie de Tunis
Mr
Hôpital Régional de Menzel Bourguiba
Tizaoui Moncef
COORDINATRICES
Dr
Telhig Leila
Dr
Souilah Hella
Melle Saidani Besma
Hôpital d’El Alia
Hôpital d’El Alia
SRHMPE de Bizerte
PERSONNES RESSOURCES
Dr
Dr
Dhidah Lamine
Dhaouadi Mahmoud
CHU Sahloul -Sousse
SRHMPE de Bizerte
SECRETARIAT
Mme Saoudi Saloua
Mr
Mokhcheh Rhouma
SRHMPE de Bizerte
Hôpital El Alia
2
SOMMAIRE
Préface
04
I°/ INTRODUCTION
05
II°/ DEFINITION, ROLE ET MISSION
06
III°/ HISTORIQUE
07
IV°/
CONSIDERATIONS JURIDIQUES
08
V°/
CONSIDERATIONS ECONOMIQUES
11
VI°/
CONSIDERATIONS SOCIOCULTURELLES
12
VII°/
LINGE ET RISQUE INFECTIEUX
13
VII°/1 Le risque d’infections nosocomiales liés au linge propre
VII°/2 Le risque d’infections nosocomiales liés au linge sale
13
14
VIII°/ CRITERES DE CHOIX DU TEXTILE
VIII°/1 Critères de choix et qualité requise en milieu hospitalier
VIII°/2 Les tenues professionnelles
VIII°/3 Le linge au bloc opératoire
VIII°/4 Le linge en pédiatrie
VIII°/5 Le linge hôtelier
16
16
19
20
21
22
IX°/
22
CONCEPTION ARCHITECTURALE DE LA BLANCHISSERIE
XI°/1 Surfaces et besoins en énergie d’une unité de blanchisserie
XI°/2 Les secteurs
23
23
X°/ LES BONNES PRATIQUES EN MATIERE D’HYGIENE DU LINGE
27
X°/1 Circuit du linge sale
X°/2 Circuit du linge propre
X°/3 Les particularités du linge du bloc opératoire et des unités spécialisées
X°/4 Les cas particuliers de traitement de linge
27
33
35
37
XI°/ CONTROLE DE LA FONCTION LINGE A L’HOPITAL
40
XI°/1 Contrôle des équipements
XI°/2 Contrôle des procédures et du linge traité
XI°/3 Contrôle de l’hygiène du personnel
40
40
42
XII°/ REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
43
Annexe : L’ESSENTIEL A RETENIR
44
3
PREFACE
Ce document relatif à « la fonction linge à l’hôpital » représente le sixième
numéro d’une série de manuels, projet s’inscrivant dans le cadre d’une stratégie
pour la promotion de l’hygiène hospitalière.
Il a été élaboré par un groupe multidisciplinaire formé de professionnels
relevant de plusieurs établissements et structures sanitaires, suite à une
recommandation formulée à l’occasion de la Xème Journée Régionale d’Hygiène
Hospitalière de Bizerte organisée le 03 Décembre 2005.
Il s’agit d’un document de base auquel peuvent se référer les équipes
hospitalières dans le cadre de l’amélioration de l’état d’hygiène dans les
établissements hospitaliers. Il peut aussi être utile aux décideurs au niveau des
établissements et aux responsables de sous-traitance pour mieux maîtriser l’hygiène
du circuit du linge. Il pourrait constituer enfin une référence bibliographique pouvant
être consultée aussi bien pour les enseignants dans la formation des diverses
catégories des professions de la santé que pour les professionnels dans leurs
travaux de recherche.
Cette première version ne peut prétendre être définitive et complète. En effet,
des versions successives de ce document sont envisagées en vue d’en améliorer et
actualiser le contenu, tenant compte des réactions et des remarques des lecteurs et
utilisateurs.
4
I°/ INTRODUCTION
Le linge à l’hôpital est un élément essentiel aussi bien dans les soins que dans
le nursing. Il doit assurer un niveau adéquat de sécurité, d’autonomie, d’intimité,
d’hygiène et de confort aussi bien pour le malade que pour le personnel soignant. Il
participe également à l’image de marque de l’hôpital. Pour l’établissement, des
aspects d’ordre économique (investissement, fonctionnement) sont aussi à prendre
en considération.
L’hospitalisé est en contact avec un éventail très large de linge (chemise, literie,
tenue professionnelle...) et l’hôpital devrait lui garantir du linge propre, fonctionnel,
confortable et le plus amicrobien possible.
L’homme adulte élimine, selon son activité et chaque minute, 100 à 10 000
particules pouvant porter des germes infectieux, formées essentiellement par des
squames cutanées émises spontanément ou par frottement des vêtements. Le
textile, quant à lui, peut émettre des fines poussières et des fibres qui se chargent
rapidement en germes atmosphériques et vont sédimenter sur les surfaces. Il est
admis que la présence d’un brin de fil dans une plaie facilite sa suppuration. Celle ci
peut être obtenue par la présence d’un inoculum 100 000 fois moins important que
celui nécessaire à la suppuration d’une plaie en l’absence de brin.
Les conditions de l’environnement hospitalier font du linge un vecteur potentiel
d’infections nosocomiales. Dès lors, maîtriser l’hygiène de la fonction linge devient
un impératif.
La prévention de l’infection exige l’usage d’un linge de bonne qualité
bactériologique et la mise en place de mesures adaptées pour la protection du
personnel des services de soin et de la blanchisserie.
En France, l'Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en santé
(ANAES) devenue «la Haute Autorité de Santé», dans son manuel d'accréditation
«la fonction blanchisserie est organisée pour traiter le linge de façon adaptée», fait
référence à la gestion de la fonction logistique ‘’réf 4’’ et au contrôle des risques
infectieux (SPI 9 a et b). «Les procédures concernent : le circuit, la collecte, le
transport, la manutention et le traitement du linge propre et souillé».
L’analyse des risques et la maîtrise de la biocontamination par une méthode
comme le RABC (Risk Analysis Biocontamination Control) proposée dans la norme
européenne permet de définir les zones d’incertitude et de mettre en place des
5
mesures de prévention.
Dans son guide paru en Décembre 1999, le C.CLIN Paris-Nord, considère que
la qualité du linge est une condition obligatoire pour assurer confort et hygiène au
patient hospitalisé. Les risques liés à la diffusion des germes d’origine humaine
impliquent la nécessité d’un circuit bien adapté, particulièrement vis à vis de certains
agents infectieux à haute incidence épidémique.
La gestion du linge est un élément qui occupe une place de choix dans la
démarche «qualité globale» en milieu hospitalier. Il convient donc d’identifier le
niveau de qualité adéquat et adapté en ce qui concerne les différents constituants de
cette fonction.
L’objectif du présent document est de proposer une démarche pour une prise
en charge adaptée et validée de la fonction linge en milieu hospitalier. Il peut
constituer de ce fait comme une référence de base pour l’élaboration de protocoles
personnalisés dans les établissements de santé.
Pour réussir de tels protocoles, il faudrait donc que :
• les textiles soient adaptés,
• les circuits soient bien identifiés,
• les professionnels soient impliqués lors de la réalisation de leurs
actes quotidiens,
• les conditions d’exécution de ces actes soient adaptées.
II°/ DEFINITION, ROLE ET MISSIONS
« La fonction linge regroupe l’ensemble des moyens d’un établissement
hospitalier qui concourent directement à assurer l’ensemble des prestations
(internes ou externes) relatives à l’approvisionnement, à l’entretien et à la
distribution aux différents services, des articles de linge et d’habillement qu’ils soient
réutilisables ou à usage unique, entretenus ou non, stériles ou non stériles (1).( C-CLIN
Paris Nord ; Décembre 1999 ; guide technique ;« Le circuit du linge à l'hôpital »)
Le rôle de cette fonction linge est donc de satisfaire de manière optimisée
qualitativement et quantitativement les besoins en articles de linge et d’habillement
de tous les services utilisateurs de l’établissement hospitalier.
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Ses principales missions sont donc :
fournir les produits et prestations nécessaires à l’hôtellerie : literie,
assurer les meilleures conditions d’hygiène et de protection aux
patients et aux personnels grâce à des produits parfaitement
adaptés à leur mission (tenues professionnelles, linge opératoire…)
et au respect des bonnes pratiques de traitement, de transport et
de stockage,
fournir à des patients démunis ou en situation d’urgence ou de
dépannage, certains articles de linge (pyjamas….),
offrir des solutions de qualité pour le traitement des effets
personnels des patients en hospitalisation de longue durée.
III°/ HISTORIQUE
La notion d’hygiène est très ancienne puisque les anciens égyptiens ou
hébreux la pratiquent activement.
Depuis des siècles, la propreté a été considérée comme une vertu. Ainsi le
soin du corps et de ce qui le vêt a été l’objet d’attention variable selon les époques et
les civilisations. Au cours de la civilisation grecque, Hippocrate a exigé la propreté
du corps, le port du blanc et les ongles coupés pour tout médecin..
L’historique des hôpitaux reflète quelques images de l’histoire de l’hygiène
hospitalière en particulier du linge utilisé pour les malades.
Au cours des premiers siècles après Jésus Christ, contrairement à l’idée
répandue, une certaine forme d’hygiène apparaît malgré tout dans les hôpitaux où
les malades (3 à 5) partagent le même lit et se communiquent toutes sortes de
maladies en période d’épidémie. Les draps ne sont pas souvent changés ni toutes
les tentures autour du lit. Le plus souvent il n’y a pas de buanderie, comme c’est le
cas à l’hôtel - Dieu de PARIS, faute de place. Dans cet hôpital, la lessive est faite
dans les salles jusqu’en 1791 par les sœurs laïques, les servantes et les valets. A la
même période, le centre hospitalier du Mans avait un bateau lavoir sur la Sarthe
faisant fonction de buanderie.
En Tunisie, l’hôpital Sadiki (AZIZA OTHMANA) inauguré en 1879, comportait
une buanderie. Avant toute hospitalisation, le malade était débarrassé de ses
vêtements, de son linge, lavé et rasé. Ce qui amena Charles Nicolle à découvrir en
7
1903 que le typhus , agent de contagion, ne rentrait pas dans les
salles
d’hospitalisation de cet hôpital indigène de TUNIS.
Ce n’est qu’en 1891 à l’hôpital Salpetrière qu’apparut la première buanderie
importante, inter hospitalière, de type industriel. Le linge est trempé puis lavé dans
des cuves de 1000 litres avec du crésyl, du carbonate de soude et du savon noir.
Bien que la notion d’Hygiène soit très ancienne, l’Hygiène hospitalière est une
donnée beaucoup plus récente. Des améliorations furent apportées dans les
buanderies dans les années 1930. Elles furent équipées de sécheuses repasseuses.
Puis sont inventées les machines rotatives, les essoreuses et les calendres, puis les
tunnels de lavage et de finition.
IV°/ CONSIDERATIONS JURIDIQUES
Les aspects de l’hygiène du linge en milieu de soins ne sont que rarement
évoqués dans la législation Tunisienne. On en fait mention notamment dans :
Le décret n°81-1634 du 30 Novembre 1981 portant sur le règlement
général intérieur des hôpitaux, instituts et centres spécialisés relevant
du Ministère de la Santé Publique :
o Article 41 : « Une stricte hygiène corporelle est de règle à
l’hôpital. Le personnel hospitalier et les malades sont tenus à une
parfaite propreté sous le contrôle des surveillants des services et
du surveillant général de l’établissement ».
o Article 42 : « Les agents hospitaliers sont tenus de porter, selon
leur grade, la tenue recommandée par l’administration ».
La loi 91-63 du 29 Juillet 1991 relative à l’organisation sanitaire ; article
5 : « Les structures et établissements sanitaires publics et privés
8
doivent fonctionner dans les conditions qui garantissent le respect des
règles d’hygiène fixées par la législation et la réglementation en
vigueur. »
Pour le secteur privé, la législation est plus explicite. Ainsi, le Décret n°1915 du
31 Août 1993 relatif aux critères des locaux des établissements sanitaires à
caractère privé exige l’ « Existence d’une buanderie, à défaut, le recours au système
de sous-traitance : la buanderie doit être équipée de machines pour la désinfection,
le lavage, le rinçage, le séchage et le repassage du linge. La capacité de la
buanderie doit être de 2,5 kg/lit/jour ».
La législation française et européenne est beaucoup plus rigoureuse et riche.
Nous en citerons quelques normes et textes réglementaires :
La norme AFNOR relative au contrôle microbiologique du linge traité à
la sortie de la blanchisserie devrait être remplacée par une norme
européenne qui donne plus d’importance à la démarche qualité. Cette
démarche
vise
la
maîtrise
de
la
bio-contamination
dans
la
blanchisserie et comporte trois étapes essentielles :
• Identifier les points critiques de maîtrise du processus de
traitement, (analyse des risques) et les mesures préventives
correspondantes.
• Etablir un système de surveillance des points critiques de maîtrise
avec les actions correctives nécessaires et l’enregistrement des
informations.
• Vérifier l’efficacité du système de la maîtrise de la bio-
contamination.
Le décret français n°093-221 du 16 Février 1993 portant sur les règles
professionnelles au cours de la manipulation du linge hospitalier et
notamment son article 11 : « l’infirmier (e) respecte et fait respecter les
règles d’hygiène dans l’administration des soins, dans l’utilisation du
matériel et dans la tenue des locaux ».
L’arrêté royal belge du 7 Novembre 1988 relatif à l’hygiène hospitalière
qui mentionne l’élaboration de directives et la surveillance des
procédés de lavage du linge à l’hôpital et de sa distribution, comme
tâches du Comité d’Hygiène Hospitalière.
L’arrêté royal belge du 6 Juillet 2004 relatif aux vêtements de travail du
9
personnel des institutions de soins et notamment ses articles 5,6 et 7 :
o L’article 5 stipule : « L’employeur est tenu de fournir gratuitement
un vêtement de travail à ses travailleurs dés le début de leurs
activités et il en reste le propriétaire…. ».
o L’article 6 stipule : « L’employeur assure ou fait assurer, à ses
frais, le nettoyage des vêtements de travail au moyen de produits
les moins allergisants possible, de même que la réparation et
l’entretien en état normal d’usage, ainsi que le renouvellement en
temps utile ».
« Il est interdit de permettre au travailleur d’assurer lui-même la
fourniture, le nettoyage, la réparation et l’entretien du vêtement de
travail ou de veiller au renouvellement de celui-ci, même contre le
paiement d’une prime ou d’une indemnité ».
o L’article 7 stipule : "Il est interdit d’emporter le vêtement de travail
à domicile ".
Les recommandations françaises pour la surveillance et la prévention des
infections nosocomiales.
Parmi les 100 recommandations pour la surveillance et la prévention des
infections nosocomiales du Ministère français de la santé, certaines évoquent
l’hygiène du linge notamment :
o Les recommandations 5 et 6 relatives à la politique de formation
initiale de base et de formation continue en matière d’hygiène
hospitalière.
o La recommandation 43 relative aux soins des patients et la
gestion de l’environnement (hygiène de base et maîtrise de la
qualité de l’environnement).
o La recommandation 50 relative à l’hygiène générale de
l’établissement : circuit du linge (propre et sale), les conditions
de son transport et éventuellement les contrôles de qualité du
linge propre.
o La recommandation 99 relative à la prévention des infections
nosocomiales
en
pédiatrie
(les
soins
aux
enfants
ou
nourrissons).
10
V°/ CONSIDERATIONS ECONOMIQUES
Si le linge à l’hôpital doit répondre, pour l’agent de santé, aux critères de
confort et de sécurité ; pour le gestionnaire un troisième élément est aussi
déterminant. Ainsi, en plus du confort et de la sécurité, les aspects économiques
sont très importants. Ils sont à prendre en considération lors de l’achat, de
l’utilisation et de la maintenance du linge.
V°/1 Lors de l’achat
Le rapport coût/efficacité est un déterminant primordial pour tout achat, qu’il
s’agisse de textile, de machines ou de produits lessiviels ; en plus des critères de
confort et d’hygiène.
La durée de vie du linge est un paramètre important à garantir. Un certain
nombre de cycles de lavage est recommandé par les fournisseurs. Les tissus
traditionnels et les microfibres font l’objet en général, selon le type du tissu et de
l’établissement de 30 à 80 cycles de lavage ; voire 100 pour le coton.
Les machines doivent être adaptées aux besoins de l’établissement. Les effets
des produits lessiviels doivent être pris en considération lors de tout achat.
V°/ 2 Lors de l’utilisation
Une bonne utilisation des machines et des produits lessiviels doit respecter le
mode d’emploi préconisé par le fabricant et les protocoles établis par
l’établissement pour chaque type de linge. Tout en étant rentabilisés, les
équipements ne doivent être ni sous ni sur utilisés.
De par la spécificité de ses tâches, le personnel de la buanderie est appelé à
être bien formé et sensibilisé vis à vis des différents aspects de la fonction. Il doit
être bien géré et bien rentabilisé.
La fonction linge est une fonction largement consommatrice d’énergie
électrique et d’eau d’où la nécessité d’être rationnel et vigilant. Il est souhaitable de
profiter de l’énergie solaire et de généraliser son utilisation comme source très
économique d’énergie calorifique à adopter pour certaines étapes du traitement du
linge en buanderie.
11
V°/ 3 Lors de la maintenance
Un contrôle à périodicité régulière et une maintenance préventive bien tracés
sont susceptibles de prolonger la durée de vie des équipements. L’établissement
devrait mettre au point des protocoles validés pour ce type d’intervention avec un
système de traçabilité bien identifié. Toute panne ou défaillance d’une machine peut
coûter énormément cher en argent et en infections nosocomiales. A l’hôpital, le
linge et la literie sont largement utilisés, leur changement périodique est une
nécessité de laquelle tout gestionnaire doit tenir compte.
VI°/ CONSIDERATIONS SOCIO-CULTURELLES
En milieu de soin, la fonction linge doit joindre l’utile à l’agréable. Afin qu’il
puisse être adopté avec aisance, en toute sécurité et en toute confiance par le
malade, le linge doit être le plus amicrobien et le plus confortable possible. Aussi, la
fonction linge est appelée à répondre aux exigences du climat, des coutumes et des
croyances religieuses du pays voire de la région.
Le climat méditerranéen est particulièrement chaud en été, la climatisation
pourrait résoudre, au moins en partie, ce problème mais elle ne peut être
généralisée. Textile assez perméable, le coton est bien indiqué sous ces climats. Il
pose toutefois, le problème de prise de forme ce qui n’est pas négligeable en milieu
de soin.
Pour la religion musulmane, la propreté est l’une des bases de bonne conduite
du croyant dans tous les domaines. Tout devoir religieux exige une propreté et une
pureté parfaites aussi bien du corps que du linge comme les vêtements. C’est un
précepte très important qu’il faudrait respecter et faire respecter tout le long de la
fonction linge. Le linge offert en milieu de soin doit donc être d’une propreté
irréprochable, afin que les bénéficiaires puissent l’utiliser en toute quiétude et qu’ils
ne soient pas tentés d’utiliser leurs habits et leur literie personnels.
Par ailleurs, les vêtements, proposés actuellement aux malades, sont très
différents de ce qu’ils ont l’habitude de porter normalement. La personne
hospitalisée se sent en général diminuée psychologiquement, et la tenue que
l’hôpital lui propose est loin de la mettre à l’aise. On devrait penser très
sérieusement à cette question et mettre à la disposition du malade des tenues et du
linge plus convenables qui respectent sa pudeur et son intimité.
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En Tunisie, la démographie et la médicalisation de la population font que les
personnes âgées et les jeunes enfants sont de plus en plus nombreux à passer des
séjours prolongés et répétés dans les structures hospitalières. Souvent ces malades
sont partiellement pris en charge par leurs parents (hygiène corporelle et
vestimentaire). De ce fait, ces parents deviennent progressivement des habitués des
lieux. Afin de les aider et leur faciliter un accomplissement convenable de leurs
tâches, il serait souhaitable d’envisager la possibilité de mettre à leur disposition un
lieu et un équipement adéquats pour le lavage et le séchage du linge (à la main ou
en machine). Cette proposition est appliquée dans certains pays africains,
l’envisager en Tunisie nécessiterait une réflexion bien approfondie.
VII°/ LINGE ET RISQUE INFECTIEUX
Malgré son évidence aux yeux des professionnels de la santé, le risque
nosocomial attribué au linge n’est pas toujours prouvé par des données
épidémiologiques, objectives et validées, publiées dans la littérature scientifique.
Toutefois, il existe quelques preuves directes qui montrent le rôle du linge dans la
transmission des infections nosocomiales aussi bien chez les patients que chez le
personnel des établissements de soin.
VII°/1 Le risque d’infections nosocomiales lié au linge propre
Dans les conditions normales de traitement, de manipulation et de stockage, le
linge propre contient, peu de microorganismes. Lorsqu’ils sont présents, ceux-ci sont
des contaminants provenant de l’environnement comme les Bacillus species ou
Micrococcus. Quelques rares épisodes infectieux, plus ou moins graves se
présentant sous forme épidémique et mettant en cause le linge propre ont été
décrits (3) ; ceci lorsque ce linge est mal traité et/ou mal géré tout au long de la
chaîne depuis le traitement jusqu’à l’utilisation. Les microorganismes en cause sont
souvent résistants à la chaleur et/ou aux produits désinfectants. Dans d’autres cas, il
s’agit de linge contaminé, après lavage, par des microorganismes banaux suite à
une mauvaise manipulation du linge propre.
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VII°/2 Le risque d’infections nosocomiales lié au linge sale
Après usage, le linge est toujours considéré comme contaminé. Cette
contamination peut avoir comme origine soit des germes saprophytes commensaux,
soit des germes pathogènes reflétant l’écosystème du service hospitalier. Le linge
souillé par des produits biologiques ou par du sang et le linge des malades placés
en isolement septique est hautement contaminant.
L’écologie microbienne du linge sale a fait l’objet d’un nombre assez élevé
d’études (4 ). Les germes rencontrés sont le plus souvent :
des bactéries d’origine cutanée (Staphylococcus aureus, …) ;
des bactéries d’origine digestive (Escherichia coli,…) ;
des bacilles gram négatif à métabolisme oxydant (Acienetobacter
baumannii . et P. aeruginosa…) ;
des bactéries porteuses de phénotypes de résistance : Staphylococcus
aureus résistant à la méticilline (SARM);
Les bactéries anaérobies sont rarement recherchées et les levures ne sont
isolées que de façon ponctuelle.
VII°/2-1 Le linge sale des patients
VII°/2-1-1 Contamination du linge après contact avec le malade
Le linge est très rapidement contaminé après le contact avec la personne
hospitalisée. Huit voire trois heures d’occupation du lit sont suffisantes pour que des
germes commensaux ou pathogènes prolifèrent au niveau des pièces de linge sous
l’effet de la chaleur et de l’humidité.
VII°/2-1-2 Facteurs influençant la contamination
Plusieurs facteurs interviennent dans la contamination du linge :
Le type de la pièce
Le tableau suivant illustre les valeurs moyennes de la contamination des pièces
de linge hospitalier en fonction de leur type et du temps.
14
Tableau I : Contamination du linge hospitalier en fonction du type et du temps d’utilisation
Durée d’utilisation
Pièces de linge
4 heures
8 heures
24 heures
UFC par cm2
UFC par cm2
UFC par cm2
Drap supérieur
1
5à6
9
Drap inférieur
2
7à8
12
Alèse
5
9
14
Taie d’oreiller
3
4
6
Le nombre de lavages
La contamination microbiologique du linge diminuerait au fur et à mesure que
les lavages sont pratiqués, passant de 15 unités formant colonies par cm2 à 3 après
10 lavages.
L’état clinique des patients
Le risque de contamination du linge est plus important lorsqu’il s’agit de
patient infecté que si le patient est simplement colonisé.
VII°/ 2-2 Le linge du personnel
La tenue des professionnels peut être rapidement et fortement contaminée. Sa
manipulation doit être considérée comme un geste hautement septique nécessitant
le respect de précautions rigoureuses. En effet, le linge sale entraîne une
contamination des mains et tenues des soignants. Ce mécanisme explique le rôle du
linge sale dans la transmission croisée de micro-organismes particulièrement
résistants aux antibiotiques.
Le risque de contamination du personnel à partir du linge est une évidence qui
se surajoute au risque d’accidents d’exposition au sang par piqûres au cours du tri
du linge sale.
De plus, le risque d’une contamination aérienne par des entérobactéries, des
bacilles Gram négatif à métabolisme oxydatif exposerait le personnel chargé du tri, à
une pathologie liée à des effets non infectieux imputables aux micro-organismes
comme les réactions immunoallergiques, irritatives, toxiques ou cytotoxiques
responsables de manifestations respiratoires et de manifestations fébriles.
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VIII°/ CRITERES DE CHOIX DU TEXTILE
VIII°/1 Critères de choix et qualités requises en milieu hospitalier
Pour satisfaire aux besoins et exigences du milieu hospitalier, le linge
devrait :
avoir un pouvoir absorbant assez élevé ;
être résistant à l’usure, à la mouille aux produits chimiques et
particulièrement aux grandes familles des produits désinfectants ;
émettre le minimum de boulochage : ne pas laisser sur une surface
nettoyée, et ne pas permettre la mise en suspension dans l’air de
quantités importantes des particules émises.
satisfaire l’utilisateur sur les plans confort, sécurité, esthétique… ;
avoir un bon rapport qualité/ prix ;
avoir un coût d’entretien abordable .
Sachant qu’aucun type de fibre ne peut, à lui seul, satisfaire tous ces critères
(sécurité, confort, asepsie et économie), des compromis seront nécessaires et
tiendront compte des diverses situations de travail et des éventuels risques
encourus. Les méthodes et techniques de traitement du linge doivent être
prédéterminées au moment de l’achat du linge.
VIII°/1-1 Les différents types de textiles
Les textiles utilisés peuvent être composés de fibres de différentes natures :
Les textiles traditionnels : ils sont composés de fibres naturelles, de
fibres de transformation
artificielles ou synthétiques ou bien
d’une
association de deux types de fibres (coton- polyester). Ces textiles sont
de nature linéaire, ils sont à base de tissage, de tricotage ou de feutrage.
Les non-tissés : ils sont composés de différentes matières premières,
sélectionnées en fonction de l’usage final : mélange de fibres naturelles,
fibres de transformation et fibres synthétiques. Ils sont de nature
surfacique. Ils sont apparus en Europe dans les années 70. Ils sont à
usage unique et leurs qualités sont nettement supérieures à celles des
textiles traditionnels.
16
Les textiles microporeux : se sont des textiles réutilisables ; apparus
depuis une dizaine d’années. Il s’agit de deux grandes familles : les
microfilaments composés de microfibres de polyester et les laminés
constitués d’une membrane microporeuse en polytétrafluoréthylène
enserrée entre deux couches de polyester .
Tableau n° II : les caractéristiques du textile traditionnel
Caractéristiques
Fibres Naturelles
- Fibres végétales :
(coton, lin)
Principaux
constituants
Cellulose
Avantages
- Confort
- Résistance à la
rupture
- Bonne isolation
thermique
Confort
Protéine
- Fibres animales :
(soie, laine)
Fibres artificielles
Cellulose
- Viscose (bois)
- Acétate
Fibres synthétiques
- Polyester, Tergal,
Nylon, Acryliques
élastomères
Aacétate de
cellulose
Macro molécules à
partir de
différentes
substances de
base (pétrole ou
goudron de
houille)
- 65°%-35% : linge
du personnel
- 50%-50% : les
draps
Association
polyester- coton
Bonne isolation
thermique
Inconvénients
- Froissabilité
- Jaunissement à la
lumière
- Emission de particules
- Hydrophilie
- Attaqué par les
moisissures
- Emission de particules
- Perte de résistance au
lavage.
Perte de résistance au
lavage
Confortable
- Froissabilité
- Emission de particules
- Résistance à la
rupture
- Pas de
repassage
- Moins cher
- Perte de résistance
mécanique
- Faible effet barrière
- Emission de particules
-Entretien facile
- Emission de particules
-Lavage à haute
- Effet barrière faible
température
- Excellent confort
- Résistance
mécanique et à
l’humidité ,
- Propriétés
isolantes
- Moins cher
Température de
lavage
Produits de
lavage
recommandés
Blanc : 85°c
Détergent
complet
Couleur : 40°-60°
Cycle de lavage
particulier ou
lavage à la main
température
inférieure à 40°
Détergent
spécial
40°-60°c
Cycle de lavage
particulier
Détergent
spécial
Lavage délicat
Détergent
complet
Sauf pour
l’élastomère
Supporte des
températures
élevées (90°c)
Détergent
complet
40°-60°c
17
Tableau n° III : Les caractéristiques des nouveaux textiles
Textiles
Non tissés
Caractéristiques
* Constitués de mélange de coton, viscose,
fibres synthétiques. La cohésion du voile de
fibre est assurée par un liant
* Utilisés généralement pour des articles de
petite dimensions (masque, bottes,sur
chaussures et champs opératoires
* Articles à usage unique
* Les microfiilaments sont des fibres
synthétiques de diamètre réduit (polyester)
tissées de façon très serrée.
Les
* Les tissus laminés se présentent sous forme
microporeux de tricouches : 2 couches de polyester qui
enserrent une couche centrale microporeuse
(exp : gortex-compel)
Avantages
* Dimensions stables,
* Peu d’adhérence aux impuretés,
* Enduits de bactéricide
* Bonne barrière microbiologique
* Possibilité de traitement (les colorer, les
rendre hydrophiles ou hydrophobes)
* Stockage facile.
* Disponibilité à toute heure
* Barrière microbiennes retenant des
particules de diamètre 0,2µm (laminés)
et 1µm(microfilaments)
* Dimensions stables,
* Bonne résistance à la rupture et à
l’abrasion
* Imperméable : peu ou pas
absorbant. pour les aérosols,liquides et
solides mais laisse passer les gaz
* Peu d’adhérences aux impuretés
Inconvénients
* Confort incertain
* Résistance mécanique discutable
* Tendance au froissement
* Production de grandes quantités
de déchets
* Prix élevé
* Drapabilité discutable
* Confort incertain
* Durée inconnue du maintien des
Performances
* Prix élevé
VIII°/1-2 Les critères de confort
Confort tactile : le tissu doit être doux, agréable au toucher, léger et non
électrostatique. Le polyester coton donne généralement satisfaction.
Confort thermique : en cas de travail exposant à la chaleur, le vêtement doit
être léger et perméable à l’air et à la vapeur ; en cas d’exposition au froid, il
convient de trouver les textiles appropriés.
Confort de port : le vêtement doit être facile à enfiler et à enlever, son mode
de fermeture doit être aisé et solide, il ne doit pas entraver les gestes.
VIII°/1-3 Les critères de sécurité et d’hygiène
Pour le personnel : le tissu doit être résistant, non inflammable, hydrophobe
(notamment en cas de risque d’exposition aux liquides biologiques). La forme
doit être adaptée à la tâche. Ainsi, des manches longues avec poignets
resserrés sont nécessaires pour des travaux avec risque de contamination
percutanée (liquides ou produits biologiques, cytotoxiques). Le tissu à usage
unique est, dans ce cas, préférable. Des manches longues sont également
préférables pour certains postes techniques (peintres, électriciens, agents de
laboratoire) et des postes d’entretien, pour limiter les accidents par projection.
Les manches courtes sont préférables pour les soignants, ce qui facilite le
lavage des mains et réduit le rôle du linge dans la transmission infectieuse.
18
Pour le patient : le risque d’infections nosocomiales peut être minimisé par
l’utilisation de tissu avec faible taux d’émission particulaire (en évitant
notamment le coton pur).
VIII°/1-4 Les possibilités d’entretien
Les textiles doivent être faciles à entretenir (lavage, repassage) et résistants à
l’usure, ce qui est le cas pour des mélanges polyester coton.
VIII°/1-5 Les aspects esthétiques
La forme et la couleur sont à étudier afin de satisfaire l’utilisateur (personnel et
patients). La transparence, souvent gênante, dépend du grammage et du tissage de
l’étoffe. Elle augmente avec l’usure.
VIII°/1-6 Les exigences d’utilisation
La forme du tissu dépend de son usage :
Linge plat pour la literie.
Linge en forme pour la tenue du personnel : Ils sont coupés, piqués ou
collés. La zone de couture ou d’assemblage est un point de faiblesse pour l’effet
barrière.
VIII°/2- Les tenues professionnelles
Le choix des vêtements professionnels doit concilier des exigences, parfois
opposées, de sécurité et de confort.
VIII/2 -1 Vêtements du personnel des services de soins et
laboratoires
La tenue de base est constituée d’une blouse ou plus souvent d’un ensemble
tunique-pantalon, en polyester-coton (50%-50% ou 65%-35%), qui offre l’avantage
du confort et de l’hygiène (il est plus couvrant que la blouse). Les manches courtes
sont préconisées pour les soignants afin de faciliter le lavage des mains. Des
accessoires supplémentaires sont nécessaires en cas de risque particulier
(surblouse, coiffe, masque…).
Le tablier existe en non tissé, en tissu plastifié ou en tissu recyclable. Il a le mérite
de ne pas coûter cher et de protéger assez bien le devant de la blouse. Par contre, il
19
ne protège ni les manches, ni les bras.
La sur blouse, à manches longues ou courtes, s’enfile par-devant et existe en non
tissé et en tissu recyclable. Elle a le mérite de protéger le devant de la tenue et les
bras si elle a des manches longues.
VIII°/2-2 Vêtements du personnel des cuisines
Ici, deux facteurs sont d’une grande importance : la température (chaleur ou
froid) et l’hygiène. La tenue est constituée généralement d’un pantalon et d’une
veste à manches longues, en polyester-coton (50%-50% ou 35%-65%) en raison
des risques liés aux sources de chaleur. Pour le travail en atmosphère froide, un
apport thermique peut être donné par le port de sous-vêtements chauds ou/et par
des gilets doublés, sans manches, portés sous la veste. Les blouses ou
«doudounes» plus difficiles à entretenir et donc sans sécurité sur le plan de
l’hygiène, sont réservées aux chambres froides où les aliments manipulés sont sous
conditionnement. Il est préférable que les sur-blouses (utilisées en «salle propre»),
les calots ou casquettes et les gants soient à usage unique.
VIII°/2-3 Vêtements du personnel technique
Pantalon et veste (ou tee-shirt ou chemises) sont le plus souvent utilisés.
L’usage de combinaisons tend à disparaître pour les travaux avec exposition à une
source de chaleur (soudure). Les mélanges polyester-coton (35%-65%), avec
éventuellement un traitement anti-feu sont à préférer.
VIII°/3 Le linge au bloc opératoire
Au bloc opératoire, le choix des articles textiles doit s’intégrer dans une
politique globale de prévention contre le risque infectieux.
Le linge opératoire doit répondre à plusieurs caractéristiques techniques :
Effet barrière contre les bactéries et les virus
Deux fonctions sont demandées au linge opératoire :
1. Protéger le patient et la plaie opératoire contre les germes
provenant de l’environnement et de l’équipe chirurgicale
2. Protéger l’équipe chirurgicale contre les germes en provenance du
malade (liquide biologique dont le sang avec le risque du VIH, de
l’hépatite…).
20
Imperméabilité aux liquides
L’imperméabilité peut être obtenue de différentes façons :
1. Un linge à tissage très serré qui empêche le passage des liquides
(tissus microfibres),
2. Des matériaux synthétiques hydrophobes.
3. Un tissu induit complètement d’une couche imperméable comme
par exemple certains linges non tissés doublés de film
imperméable en polyoléfine.
Capacité d’absorption des liquides
Des matériaux absorbants peuvent être utilisés sous forme de champs
absorbants. Une technique comme le tissage en nid d’abeille permet d’améliorer la
capacité d’absorption.
Absence de charges électrostatiques
Ce phénomène peut être limité par :
1. L’adjonction de fibres de carbone dans les tissus synthétiques,
2. Le traitement antistatique des non tissés.
Résistance à l’entretien
Les qualités annoncées du linge doivent être conservées après 50 ou même
100 cycles d’entretien (nombre moyen d’opérations de traitement des articles). Les
caractéristiques des textiles doivent être vérifiées sur des matériaux neufs et en
cours d’utilisation.
Facilité de drapage
Après une antisepsie cutanée,le drapage chirurgical consiste à couvrir la
zone opératoire par un champ opératoire. Ce champ doit avoir une barrière
bactérienne efficace et être d’utilisation facile. Les champs opératoires permettent
de fournir une zone de travail microbiologiquement propre autour de la plaie
VIII°/4 Linge en pédiatrie
Les principaux services utilisateurs sont la maternité, la néonatologie, et la
pédiatrie
dans
ses
différents
secteurs
(urgences,
maladies
infectieuses,
hématologie, chirurgie pédiatrique, réanimation) et tout autre service accueillant de
façon ponctuelle des enfants.
21
Les principaux articles textiles correspondant aux besoins des services
pédiatriques sont :
Draps et couvertures : les dimensions sont adaptées à la taille du lit et du
berceau ; la nature du textile obéit aux mêmes exigences que celles des
services d’adulte.
Serviettes de table, bavoirs et petits articles en coton résistants à la
traction et à l’eau, ils peuvent être remplacés par des serviettes à usage
unique.
Couches : à usage unique.
VIII°/5 Le linge hôtelier
Chaque patient doit recevoir lors de son admission une literie propre, avec :
Couverture : type polyester lavable en machine, à changer entre chaque
patient ;
Draps housses : en jersey ;
Oreillers : lavables en machine et/ou enveloppés d’une housse plastique
Etanche ;
Taie d’oreillers.
Cas particulier : pour les plus démunis, l’hôpital offre des vêtements et du
linge de toilette.
IX°/ CONCEPTION D’UNE BLANCHISSERIE CENTRALE
Avant toute nouvelle réalisation de blanchisserie, il est impératif de faire une
analyse complète des besoins de l’établissement et de prendre en considération
l’ensemble de la fonction y compris le linge à usage unique. Sachant qu’un lit
consomme de 2 à 7 Kg de linge par jour et qu’une intervention chirurgicale utilise en
moyenne 17,5 m2 de linge opératoire.
Au cas où la superficie du terrain le permet, il est souhaitable que les ateliers
de traitement du linge soient implantés en rez-de-chaussée à l’exception des salles
de stockage et du triage du linge sale qui peuvent être situées en étage , au-dessus
du secteur lavage.
Le principe de la «marche en avant» est à respecter de façon formelle, avec
séparation absolue du linge sale et du linge propre. Afin d’éviter toutes
22
manipulations inutiles, les étapes de la fonction linge, sont conçues dans un système
le plus automatisé possible. Sur le plan structurel et outre les aspects techniques et
fonctionnels, chaque zone nécessite à être conçue de façon spécifique tant sur les
plans phonique que thermique afin de maintenir un niveau de confort acceptable
pour le personnel.
Les locaux peuvent être bien ouverts sur l’extérieur pour bénéficier, le plus
possible, de la lumière du jour avec toutefois une protection anti-solaire efficace.
Une attention particulière est à donner au local du tri du linge. La ventilation de ce
dernier est à étudier en garantissant un niveau défini de température permettant
d’éviter le développement des germes et l’existence d’odeurs désagréables et de
respecter un gradient de pression adéquat. Ces locaux doivent être éloignés des
services d’hospitalisation et de la cuisine.
IX°/1 Surfaces et besoins en énergie d’une unité de
blanchisserie (hors locaux techniques)
Pour une production journalière de 1000 à 1500 Kg, une superficie d’environ
0,35 m2 par Kg de linge est à prévoir.
Pour une production journalière de 5000 Kg et plus, une superficie d’environ
0,25 m2 par Kg de linge est à prévoir.
L’approvisionnement en fluides :
• Chaufferie : la consommation de vapeur est en moyenne de 2,5 Kg/Kg
de linge..
• Air comprimé : est fourni par un compresseur.
IX°/2 Les secteurs
La blanchisserie doit comprendre dans sa conception architecturale des
espaces pour les différents secteurs d’activités tels que motionnés dans le tableau
IV qui suit :
23
Tableau n° IV : Tableau résumant les différentes activités en relation avec les secteurs
d’une blanchisserie
Secteurs
Activités
1/ Réception/Triage
Opérations de réception et de triage à partir du déchargement
2/ Pré-désinfection
Opérations relatives au pré-traitement désinfectant du linge
3/ Lavage
Opérations de mouillage, lavage, rinçage, essorage et séchage
Opérations de triage par catégories, contrôle, raccommodage,
4/ Finition du linge plat
calandrage ou repassage, pliage, réception, conditionnement et
emballage des articles.
5/ Finition du linge en forme
Opérations de triage par catégories,
contrôle, raccommodage,
pliage, réception, conditionnement et emballage des articles.
Opérations de contrôle et de pliage spécifique du linge opératoire
6/ Contrôle, pliage et
conditionnement du linge opératoire
séché , repassé ou défroissé, puis conditionnement, regroupement et
emballage des articles avant stérilisation.
Opérations de réparation (sur machine à coudre ou par thermo
8/Réparation
fixation….) et de destruction du linge.
Opérations de triage par catégories, lavage, essorage, séchage du
9/ Traitement du linge des malades
linge des patients hébergés dont les opérations spécifiques de finition
hospitalisés.
du linge en forme et/ou plat nominativement identifié : repassage (à
la presse ou au fer), pliage main, triage nominatif.
10/ Stockage et distribution du linge Opérations de stockage, protection du linge propre, parfaitement sec.
propre
D’autres secteurs complémentaires sont aussi à prévoir. Il s’agit notamment
de :
Local pour le stockage du linge neuf ;
Local pour le stockage des produits lessiviels ;
Atelier de maintenance des équipements techniques
Locaux
socio administratifs : bureaux, vestiaires, douches, lieu de
détente ;
24
Zone de réception
Zone de stockage et
et tri des sacs de linge sale
préparation des livraisons
du linge propre
Zone de finition de linge
Zone de tri des articles
propre : sechage,
du linge sale
repassage,
défoifrossage, pliage
Secteur du linge sale
Secteur de lavage
Secteur du linge propre
Figure 1 : Exigences architecturales dans une blanchisserie
Ce plan des locaux met en évidence les secteurs du «linge sale», les secteurs
du «linge propre» ainsi que les secteurs techniques. Les circuits empruntés par le
linge sale y sont clairement définis afin de démontrer le respect de «la marche en
avant» dans l’espace.
Le dimensionnement des locaux de la blanchisserie doit être bien étudié en
tenant compte des différents éléments de la fonction : type d’organisation des
circuits, catégories de pièces de linge, quantités (en poids) du linge à traiter …
IX°/2 -1 Secteur de réception du linge sale
Les circuits où transitent les sacs de linge sale doivent être séparés et isolés de
ceux du linge propre. La réception de linge sale est réalisée dans une zone réservée
à cet effet, clairement identifiée et éloignée au maximum du secteur du linge propre.
Il est recommandé que les locaux utilisés pour le tri et le stockage des sacs de
linge sale soient en dépression par rapport aux secteurs où transite le linge propre.
IX°/2-1-1 Exigences techniques
Aération : naturelle ou mécanique, elle devrait être suffisante pour assurer un
taux adéquat de renouvellement d’air, maintenir le local en dépression et
dégager les mauvaises odeurs.
Revêtement des surfaces : murs, sol, plafond doivent être faciles à nettoyer,
(lisses et homogènes avec le minimum de joints) faits de matériaux étanches
et résistants aux produits détergents et désinfectants. Pour le sol des
25
plinthes à gorge et l’installation d’un système d’évacuation des eaux de
lavage sont nécessaires.
IX°/2-1-2 Equipements
Points d’eau
Une source d’eau potable est nécessaire pour le nettoyage et la désinfection
rapide et efficace du local. Un poste de lavage des mains à proximité est une
exigence absolue.
Portes
La largeur des issues devrait permettre le passage des chariots. En l’absence
de systèmes automatiques d’ouverture et de fermeture, les portes devraient
être munies de cornières renforcées pour résister aux chocs.
IX°/2-2 La laverie
Sauf exception, le linge à l’hôpital est lavé mécaniquement. Ce secteur doit être
tenu en parfait état de propreté. Les équipements utilisés sont variables, exemples :
• Machine à laver à tambour : machine fabriquée d’acier inoxydable en
mono métal pour résister
à la corrosion et pour
des considérations
physicochimiques. Il est à signaler de tenir compte de la capacité du
tambour.
• Laveuses - essoreuses
• Nouveaux équipements : tendent à rassembler toutes les phases du
traitement du linge : Le tunnel multi-compartimental , il est constitué d’un
ensemble de modules juxtaposés composés de plusieurs éléments
indépendants
IX°/2-3 Le secteur du linge propre
Il commence dès la sortie du linge des machines ou des tunnels de lavage.
Une fois lavé, le linge propre est acheminé vers une zone réservée à cet effet, où
sont réalisées les opérations de finition, de stockage et de distribution. Ces locaux
doivent avoir un revêtement des surfaces facile à nettoyer, des points d’eau de
lavage des mains. Ils doivent être tenus en parfait
état de
propreté.
26
X°/ LES BONNES PRATIQUES EN MATIERE D’HYGIENE DU LINGE
Pour la prévention, le linge doit être manipulé, stocké et traité selon des
procédures bien étudiées et prés établies, variant selon les moyens humains et
matériels de l’établissement.
Après chaque usage, le linge (tenue du personnel et des patients, textiles
opératoires, literie…) est toujours souillé, il est considéré comme linge sale. Le linge
neuf doit subir un cycle de lavage complet avant son premier usage.
La fréquence du changement des pièces de linge varie selon les spécificités et
le type des activités de soin, elle est décidée dans le cadre d’une organisation
générale de la fonction linge retenue par l’établissement. A titre indicatif :
la tenue du personnel, les vêtements et les draps des malades : 2 à 3
fois par semaine et chaque fois qu’ils sont visiblement souillés ;
les alèses : tous les jours et chaque fois qu’elles sont visiblement
souillées ;
les textiles opératoires entre chaque intervention ;
la grosse literie (couvertures,…) après le départ de chaque malade ;
Le linge sale est susceptible d’être contaminé et donc contaminant. Sa
manipulation nécessite le respect de règles et de précautions rigoureuses par tout
le personnel manipulateur du linge qui doit être informé des risques encourus et de
leur prévention. Il s’agit notamment de :
se laver les mains avant et après toute manipulation ;
s’abstenir de fumer, manger ou porter les mains au visage au cours du
travail ;
porter une tenue adaptée : sur blouse ou tablier à usage unique et gants
propres ;
manipuler le linge à bout de bras sans le secouer et éviter tout contact
avec la blouse ;
X°/1 Circuit du linge sale
Le circuit du linge sale comprend sept étapes :
1. Collecte et pré- tri du linge sale
2. Conditionnement du linge sale
3. Evacuation et stockage du linge sale
27
4. Ramassage et transport du linge sale
5. Réception du linge sale
6. Tri des articles de linge sale
7. Lavage
X°/1-1 Collecte et pré tri du linge sale
Quelque soit son site d’utilisation (chambre de malade, bloc opératoire…), le
linge sale doit être manipulé avec des gestes mesurés afin d’éviter au maximum
l’aérobiocontamination.
Dans la chambre du malade, la chronologie des interventions suit les
séquences suivantes : change du linge, réfection du lit puis soins. Ces gestes sont à
réaliser par des personnels formés et bien sensibilisés. Ils ne devraient pas être
banalisés et délaissés à des agents de service insuffisamment formés et ignorant
totalement l’existence et la nature des risques.
Le personnel chargé de la collecte procède à une vérification systématique de
l’absence d’objets étrangers, afin d’éviter tout risque de blessure ou piqûre du
personnel de la buanderie et de préserver l’intégrité du linge et le bon
fonctionnement des machines.
Une fois retiré, le linge sale ne doit jamais être traîné par terre, ni être noué en
ballot. Il est immédiatement mis dans des sacs collecteurs étanches, propres,
lavables et bien fermés.
Le pré tri au moment de la collecte est indispensable : le linge sale est
conditionné dans des sacs de couleur différente et/ou d’étiquetage différent selon la
nature des pièces et le degré de souillure du linge. Ce pré tri permet un gain de
temps considérable et diminue le risque de contamination.
X°/1-2 Conditionnement du linge
Les sacs de linge sale pré trié, sont directement disposés sur un chariot
spécifique qui ne doit jamais pénétrer dans les chambres des malades. Les sacs ne
doivent pas être remplis au-delà des 2/3 de leur volume ; la charge maximale idéale
ne dépassant pas les 10 kg pour des raisons ergonomiques. Ces mêmes raisons
exigent que les chariots soient assez légers, faciles à nettoyer et désinfecter après
chaque utilisation. Il est préférable qu’ils soient protégés par un couvercle manipulé
par pédale pour prévenir les risques d’aérobiocontamination et de contamination
croisée.
28
Les chariots mixtes (propres et sales) sont à proscrire mais la réalité est tout
autre et il est possible d’utiliser ce type de chariot si certaines conditions sont
respectées : protéger le linge (sale et propre), organiser les transports, entretenir les
chariots …. Le conditionnement du linge sale doit être réalisé à distance des
activités manipulant le linge propre.
X°/1-3 Stockage et évacuation du linge sale
Une fois remplis et fermés, les sacs de linge sale sont rapidement évacués vers
un local de stockage réservé à cet effet, correctement ventilé, frais, ne contenant
aucune source de chaleur (conduite de chauffage), raccordé au réseau d’eau
potable et muni d’un poste de lavage des mains. Les dimensions du local doivent
être suffisantes pour contenir la quantité de linge sale produite ‘’quotidiennement’’ ou
au cours d’un plage horaire donné. Le revêtement des surfaces est facile à nettoyer,
à désinfecter et résistant aux désinfectants.
L’organisation du stockage du linge sale doit appliquer le principe « 1er sac
entré = 1er sac sorti » (PEPSO ou FIFO en anglais). Dans la pratique, le linge sale
doit être évacué très rapidement (délai de quelques heures), sauf cas particulier de
blanchisserie industrielle traitant de très grandes quantités de linge (il n’en existe pas
encore pas en Tunisie).
X°/1-4 Ramassage et transport du linge sale
En fonction de la taille de l’établissement de santé il faut prévoir un ou plusieurs
ramassages quotidiens.
L’évacuation des chariots ou des conteneurs de linge sale se fait en conformité
avec les modalités de transport des matériels septiques en vigueur dans
l’établissement de santé. Le matériel utilisé pour le ramassage et le transport du
linge sale doit être exclusivement réservé à cette fonction et faire l’objet de
désinfections fréquentes.
Au cas où la blanchisserie est à l’extérieur de l’établissement de santé, le
transport est réalisé par camion ou autres moyens réservés à cet effet et tenus en
parfait état de propreté.
NB :Si Les circuits linge propre et linge sale se croisent, il faut envisager un emballage étanche
ou un double emballage pour les deux types de linge.
29
X°/1-5 Réception du linge
La réception des livraisons de linge sale est réalisée dans une zone réservée à
cet effet, clairement identifiée et éloignée au maximum de la zone propre.
Les locaux utilisés pour le tri et le stockage des sacs de linge sale sont à
maintenir en dépression par rapport aux secteurs où transite du linge propre. Une
bonne organisation du travail permet de ne pas stocker trop longtemps les sacs de
linge sale et d’appliquer la règle « PEPSO ; premier entré = premier sorti ». Une
tenue de couleur distincte peut être utilisée pour différencier le personnel oeuvrant
sur le circuit sale de celui affecté au circuit propre.
X°/1-6 Tri des articles de linge
Cette étape pourrait être allégée dans un circuit idéal avec un pré tri
correctement effectué au niveau des unités de soins.
Chaque série de sacs d’un même type est véhiculée vers un même poste de tri.
Le contenu est vidé puis trié par catégorie d’articles, selon un plan préalablement
défini ce qui permet d’orienter chaque type d’article vers un programme de lavage
adapté.
Au cours de cette étape le risque de contamination du personnel chargé des
opérations du tri est important. C’est pourquoi il est impératif que :
le personnel affecté à cette tâche revête une tenue de protection avec
pantalon, chemise, gants épais, masque et calot ou charlotte ;
le personnel soit sensibilisé au fait que le linge sale peut contenir des
objets piquants, coupants ou tranchants comme des instruments en bon
état à qu’il faudrait faire subir un traitement adéquat ou des déchets qu’il
faudrait collecter dans un collecteur spécifique et évacués selon la filière
« déchets à risques » ;
la conduite à tenir en cas d’accident soit bien connue ;
Le personnel affecté au ramassage et au transport du linge sale ne peut
intervenir simultanément dans les étapes du circuit linge propre. Pour passer du
« sale » au « propre », il est fortement préconisé de changer de tenue et surtout se
laver les mains. Prendre une douche pourrait être recommandée dans certaines
conditions.
30
X°/1-7 Lavage du linge sale
Le linge sale est acheminé vers les machines à laver avec le moins de
manipulation possible. Les programmes de lavage sont adaptés au type
d’équipements utilisés et aux différentes catégories d’articles à traiter afin d’obtenir
un maximum d’efficacité et de propreté aussi bien visuelle que microbiologique du
linge traité.
En buanderie hospitalière le linge est habituellement traité mécaniquement. Il
existe toutefois quelques cas de lavage manuel.
X°/1-7-1 Les principes du lavage
L’objectif du lavage est de redonner au linge utilisé et sali un aspect propre et
hygiénique. Quatre facteurs interviennent dans la technique de lavage :
La température : Avec le malaxage mécanique, la température du lavage facilite
le décollement des salissures et exerce un effet bactéricide en milieu humide.
Dans leur forme végétative, les agents infectieux ne résistent pas à une
température supérieure à 70°C mais les spores ne sont détruites qu’à des
températures trop élevées pour être supportées par le linge qui risque d’être
endommagé surtout lorsque la durée d’exposition est longue. La montée en
température doit être progressive en allant de l’étape du prélavage à celle du
lavage. La température à appliquer est en rapport avec la nature de la fibre et le
type de linge, ainsi :
• le coton et le linge blanc peuvent supporter des températures assez élevées
allant jusqu'à 85 ou 90° C,
• la laine impose des températures plus basses de l’ordre de 30 à 40° C,
• au dessus de 100° C, la température est généralement nuisible pour la
majorité des textiles.
L’action mécanique : Il s’agit des effets des opérations de :
• brassage
• battage
• frottage
• foulage
L’action chimique des produits lessiviels : Les qualités d’un bon détergent sont :
• être non nocif pour les textiles et le personnel,
• être bien hydrosoluble,
• garantir une mousse de quantité et de qualité optimale,
• convenir à la plupart des machines,
31
• éviter les dépôts et incrustations sur le linge et les machines.
Tout produit désinfectant ou détergent employé doit être autorisé par les
autorités compétentes
La durée du lavage : Elle conditionne l’efficacité des autres facteurs du lavage.
La qualité de l’eau : Dans une blanchisserie la qualité de l’eau est le support de
tous les facteurs de lavage. les exigences de qualités demandées à l’eau sont :
• adoucie : pauvre en sel minéraux ( Fer , Magnésium et Calcium )
• limpide
• incolore
• pH neutre
• la plus amicrobienne possible
Une bonne combinaison des quatre facteurs permet d’obtenir un résultat
satisfaisant aussi bien sur le plan esthétique que sur le plan bactériologique.
X°/1-7-2 Les six phases du cycle de lavage
Le trempage : c’est le mouillage à température ambiante, en 3 à 4 minutes,
Le prélavage est un premier contact du linge avec le produit détergent à une
température intermédiaire (30 à 40° C) pendant dix à quinze minutes,
Le lavage proprement dit est réalisé à des températures élevées pouvant
atteindre les 90° C associé au produit détergent pendant une durée de quinze
minutes environ (c’est la thermo désinfection). Si cette exigence n’est pas
possible une désinfection chimique durant le cycle lessiviel est nécessaire.
Le rinçage, le plus souvent multiple, à l’eau claire et dure pendant 10 à 15
minutes avec adjonction d’un produit désinfectant au dernier rinçage. Un ajout
d’assouplissant peut améliorer la qualité physique et l’odeur du linge.
L’essorage permet, par centrifugation, d’éliminer une grande quantité de l’eau de lavage.
Le séchage peut être réalisé à l’air chaud par divers procédés (calandrage,
repassage …).
Recommandations générales
™ Le lavage doit garantir un pouvoir suffisant d’élimination de souillures et de taches
™ Le processus lessiviel doit avoir une action désinfectante telle qu’après le lavage, tous les
microorganismes pathogènes sont tués.
™ Le jaunissement et le grisonnement sont maintenus au minimum
™ Le linge doit être rincé de manière suffisante afin de ne plus contenir de résidus de produits lessiviels
™ Le linge doit être sans odeur et doux au toucher
™ L’usure d’origine mécanique et/ou chimique doit être réduite au maximum.
32
X°/2 Circuit du linge propre
Le circuit du linge propre commence dès sa sortie des machines de lavage. Il
comprend quatre étapes.
X°/2-1 Finition du linge propre
La finition consiste à sécher et/ou repasser le linge lavé afin d’éliminer l’eau
résiduelle (le taux d'humidité résiduelle après finition doit être inférieur à 5 %) et
donner aux articles traités un bel aspect et un toucher agréable.
L’efficacité du lavage doit être systématiquement contrôlée avant la finition (les
articles considérés comme sales ou endommagés doivent être mis à l’écart et
évacués pour un complément de traitement).
C’est une étape automatisée qui utilise différents types d’appareils selon la
nature de la fibre textile, le type du linge (plat ou en forme) et les quantités d’articles
à traiter :
• Calendre
• Séchoir
• Presse
• Sécheuse repasseuse mono ou multi cylindres : la température
d’utilisation de cet appareil est de l’ordre de 175 °C ce qui permet
d’améliorer la qualité microbiologique des articles traités.
• Plieuse à draps
• Tunnels de finition des articles en forme
Pour optimiser cette étape il est nécessaire de :
• limiter la durée d’attente du linge propre et humide entre sa sortie du
lavage et son séchage ;
• contrôler régulièrement les paramètres de séchage et surtout le taux
d’humidité résiduelle (l’humidité du textile provoque le développement
des moisissures) ;
• conditionner convenablement le linge propre dès sa sortie de la presse,
• éviter les risques de re-contamination surtout manuportée (lavage des
mains, tenue réglementaire…) ;
• définir les modalités d’entretien des différentes surfaces, des locaux et
des équipements ;
• prévoir la vérification régulière des témoins indicateurs de la température
33
et de la pression.
X°/2-2 Stockage et préparation des livraisons du linge propre
Le stockage du linge propre est effectué par catégorie d’article soit dans des
chariots soit dans des armoires réservées à cet effet en l’attente de leur
acheminement vers les utilisateurs.
Les locaux de stockage du linge propre sont régulièrement nettoyés et
désinfectés, physiquement séparés des locaux du secteur du linge sale avec des
portes fermées pour éviter les turbulences d’air, responsables d’inversion du
gradient de pression.
Les chariots ou armoires utilisés pour le transport du linge propre sont
régulièrement nettoyés et désinfectés.
X°/-2-3 Transport et livraisons du linge propre
Le transport doit être réalisé dans des conditionnements adaptés aux risques
dans des engins fermés et réservés à cet effet.
Si les circuits du linge sale et ceux du linge propre se croisent, il faut mettre en
place un emballage étanche pour les deux types du linge.
Lorsque la blanchisserie est distante des services utilisateurs, les livraisons se
font par camion réservé à cet effet.
Pour optimiser cette étape :
un plan de nettoyage et de désinfection doit définir les modalités
d’entretien des surfaces, des véhicules et des équipements utilisés pour
le transport et la livraison du linge propre ;
une procédure doit définir les modalités de livraison des commandes de
linge, prévoir le lieu et les conditions de livraison, les circuits empruntés
et les règles d’hygiène doivent être appliquées au cours de ces
opérations.
L’usage d’une lingerie relais est à déconseillé car elle occasionne des
manipulations supplémentaires du linge propre. Dans le cas ou elle est inévitable, il
est impératif de respecter les mêmes dispositions que celles de l’étape de stockage,
de préparation et de livraison du linge propre).
34
X°/2-4 Réception et stockage du linge propre
Le personnel du service utilisateur réceptionne, vérifie le contenu et range
l’armoire ou le chariot de linge propre dans le lieu réservé à cet effet qui doit être
sec, bien ventilé, régulièrement nettoyé et dépoussiéré. Le volume de ce local et son
équipement dépendant de la quantité d’articles à ranger, y compris le linge à usage
unique. Il faut limiter le temps d’attente des contenants dans le hall ou le couloir
avant réception, de même le stockage excessif de linge propre.
Pour optimiser cette étape il est nécessaire de :
respecter les règles d’hygiène et les conditions de livraison,
protéger les livraisons,
éviter les recontaminations manuportées,
prédéfinir la conduite à tenir en cas de litige sur les livraisons,
décrire les procédures de fonctionnement du local linge propre
(rangement, rotation des stocks, ajustement des commandes …),
intégrer les opérations de nettoyage et de désinfection du local dans le
plan de l’entretien général de l’unité de soin,
former et sensibiliser le personnel de l’unité de soins aux règles de
fonctionnement des circuits du linge.
X°/3 Particularités du linge du bloc opératoire et des unités
spécialisées
Le linge opératoire est traité comme pour l’ensemble du linge dit plat, toutefois
il doit subir un contrôle plus rigoureux avant d’être stérilisé. Ce contrôle est très
important et devrait porter sur :
•
la recherche de micro trous par un examen systématique,
•
le suivi du nombre des cycles subis par chaque article afin de préserver
ses qualités de barrière protectrice. Tout constat d’anomalie est suivi par
la prise d’une décision : remplacer l’article ou lui faire apporter un
traitement afin de restaurer ces propriétés.
Le linge chirurgical est adressé à l’unité de stérilisation où il sera conditionné et
emballé selon des modalités prédéfinies en accord avec les services utilisateurs
(mode de pliage, composition du paquet …). L'emballage sous microfilm permet de
limiter les risques d’une contamination manuportée.
35
Il porte un étiquetage indiquant le contenu, le n° de lot et la (es) date(s) de
stérilisation (et/ou) de validation de l’état stérile. En milieu hospitalier, le linge
classique ne peut être stérilisé qu’à l’autoclave à vapeur (134°C pendant 10
minutes).
A l’unité de stérilisation, le linge doit être manipulé par des professionnels
qualifiés tout le long des différentes étapes suivantes :
Conditionnement
Le linge à stériliser est conditionné selon des modes prédéfinis en commun
accord avec les services utilisateurs (façon du pliage, nombre d’article par
paquet …). Des codes couleurs peuvent être utilisés pour distinguer les
différents articles selon le service destinataire.
• Emballage dans des sachets ou des gaines de stérilisation : C’est le
meilleur système d’emballage des objets à stériliser mais son coût élevé fait
limiter ses indications. Pour l’utilisation de ce type d’emballage :
ƒ bien plier les pièces de tissu avant leur mise dans le sachet ou la
gaine,
ƒ emballer de façon unitaire : un seul article par sachet,
ƒ veiller à la bonne thermosoudure.
• Emballage dans du papier crêpé : Il s’agit là aussi d’un bon système
d’emballage pour le linge à stériliser mais encore une fois son coût élevé fait
limiter ses indications. Pour l’utilisation de ce type d’emballage :
ƒ bien plier et ranger les pièces à emballer
ƒ placer les articles de linge sous forme de paquet avec des
dimensions prédéfinies en accord avec les services utilisateurs
comme par exemple :40 cm x 40 cm x 40 cm
ƒ emballer le tout dans du papier préalablement découpé, plier le
papier et assurer une bonne manutention en double emballage
(mode de pliage et de fermeture selon la procédure prédéfinie).
Ce type de conditionnement est souvent fait en double emballage :
ƒ le premier sert à la conservation du linge dans le lieu de stockage
avant son usage
ƒ le second sert à garder la charge stérile jusqu’au lieu d’utilisation
• Conteneurs métalliques (boites et tambours) : il s’agit de boites ou tambours
autoclavables.
• Emballage dans du textile : double emballage.
36
Stérilisation
Le linge du bloc opératoire et des unités spécialisées doit être stérilisé à
l’autoclave.
Autoclave à vapeur
Température
Pression
Temps
134° C
2 Bar
10 min
La durée de conservation de l’état stérile dépend du mode de conditionnement.
Conteneur métallique
Une semaine au maximum
Papier crêpé
Un mois au maximum
Gaine de stérilisation
Jusqu’un an
X°/4 Les cas particuliers de traitement du linge
X°/4-1 Le lavage manuel
Dans certains cas le personnel est appelé à effectuer un lavage manuel sans
avoir recours aux services d'une machine à laver ceci concerne :
Le linge en laine
Il est lavé dans un bain savonneux sans frottement en foulant la pièce dans la
mousse (au niveau des tâches). Le rinçage se fait avec de l’eau tiède et les
essorages se font sans torsion mais avec pression.
Le tergal nylon
Il est lavé dans une eau tiède savonneuse et frotté entre les deux mains au
niveau des taches. Après rinçage le linge est égoutté puis étendu sans être
plié.
Le tablier coton
Il est lavé dans de l'eau chaude savonneuse et frotté au niveau des tâches (col
et poignets). Le rinçage utilise de l'eau tiède puis froide. L’essorage se fait par
torsion avant séchage.
37
Les sangles
Elles sont lavées par trempage dans une eau chaude et savonneuse, frottées
ou brossées dans le sens des longueurs puis rincées, désinfectées et
asséchées par étirement.
Les bandes Velpeau
Le lavage se fait dans un bain savonneux. Il est suivi par une désinfection puis
d’un rinçage. L'essorage se fait sans torsion et il est préférable d'assécher ce
linge entre deux serviettes suspendues pour conserver l’élasticité.
La grosse literie
Les couvertures et matelas doivent subir une désinfection préalable avant
d'être lavés. Par la suite, les couvertures sont traitées comme pour l’ensemble
du linge plat et elles sont changées et lavées entre chaque patient. Les matelas
doivent être protégés par une housse lavable.
Autre linge
Les rideaux et les nappes des chambres et bureaux doivent subir un lavage à
part.
X°/4-2 Le linge infesté
Le linge infesté par des parasites doit subir une pré désinfestation dans le
service, en le saupoudrant par un insecticide avant sa mise dans des sacs en
plastique fermés hermétiquement et portant la mention "linge parasité" pour être
acheminé vers la buanderie, où il va subir un nouveau traitement thermique
(opération intégrée dans le cycle de lavage).
X°/-4-3 Le linge de patient placé en isolement septique
Il s’agit d’un linge particulièrement contaminé qui doit obligatoirement être trié
au niveau du service de soin, hermétiquement emballé dans des sacs imperméables
et acheminé directement vers la buanderie où il est pré désinfecté avant d’être lavé.
X°/-4- 4 Le linge tacheté
En plus des tâches usuelles (encre, huile, thé, sueurs, urines fraîches ou
ancienne), le linge à l’hôpital peut être tacheté par des matières organiques (crachat,
sang, pus) ou par certains colorants plus ou moins difficilement éliminés par les
détergents habituels.
38
L’utilisation d’un agent de blanchissement est donc très indiquée. Les
détachants ont le risque d’attaquer le linge si certaines précautions ne sont pas
prises (dilution adéquate, temps de trempage). Les produits utilisés sont des chlorés
ou des oxygénés.
Les agents de blanchiment des tâches, les plus courants sont :
l’eau de Javel : utilisée en prélavage intermédiaire ou en blanchiment
terminal,
le dichloroiscyanurate de sodium,
l’eau oxygénée,
le perborate de sodium,
la chlorexidine.
X°/4-5 Le linge des patients immunodéficients
Ce linge peut être traité comme pour l'ensemble du linge dit "plat". Il doit subir
les mêmes étapes que le linge du bloc opératoire en particulier la stérilisation.
Il devra subir un contrôle supplémentaire relatif aux traces d'usure, aux déchirures et
à la présence de trous ou de micro-trous avant d'être stérilisé à l’autoclave.
X°/4-6 Le linge de patients atteints de fièvres hémorragiques
africaines et le linge d’un opéré atteint de Maladie de CreuzfeldJakob confirmée
Ce linge doit être détruit par incinération après désinfection. On utilisera de
préférence dans ces cas du linge à usage unique.
X°/4-7 Le linge souillé de selles diarrhéiques (Shigelles, Virus
enteropathogènes, Clostridium difficile…) :
Ce linge ne doit pas être placé dans les sacs destinés aux autres linges mais
collecté dans un sac à part et acheminé rapidement vers la buanderie. L’utilisation
d’un double sac en plastique est conseillée.
39
XI°/ CONTROLE DE LA FONCTION LINGE A L’HOPITAL
Chaque institution doit faire rédiger, par une équipe pluridisciplinaire (technicien
hygiéniste, médecin hygiéniste, surveillant, services techniques et économiques …),
des procédures qui déterminent les types de contrôle, leurs rythmes, et les parties
responsables.
Les résultats des contrôles doivent être enregistrés, rapportés et discutés au
cours des comités d’hygiène. La traçabilité de ces contrôles doit être archivée.
La surveillance doit être orientée vers :
• les équipements,
• les procédures et le linge traité,
• le respect par le personnel des règles d’hygiène et des conditions de
livraison.
XI°/1 Contrôle des équipements
La surveillance doit être orientée vers :
• l’hygiène des équipements et éléments de transfert du linge lavé vers
les presses et séchoirs, des circuits de recyclage des eaux de
rinçage, des filtres….
• l’entretien et la vérification périodique des éléments automatiques de
mesure des paramètres (sondes thermométriques et pH métriques)
ainsi que leur étalonnage.
La fiabilité des cycles est assurée par le contrôle et de préférence par
l’enregistrement des paramètres suivants : température, pH, concentration des
différents bains et temps de contact bain/linge ainsi que les doses de produits
utilisés à chaque étape du cycle de lavage.
La précision et l’exactitude de ces paramètres sont primordiales pour garantir la
qualité du lavage, de la désinfection et l’innocuité du linge traité.
XI°/2 Contrôle des procédures et du linge traité
La surveillance doit être orientée vers :
• le respect des méthodes de travail et du processus de « marche en
avant » ;
40
• les programmes de lavage et leur conformité aux documents écrits ;
• les prélèvements microbiologiques pour vérifier le niveau de respect
des procédures ;
Dans le but de fournir aussi bien aux patients qu’au personnel des
établissements de soins du linge de qualité, il est important que les procédures des
diverses phases de traitement visent à atteindre certains objectifs d’ordre physique,
chimique et microbiologique .
Les objectifs physiques sont vérifiés par observation visuelle systématique du
linge lavé (blancheur, absence de taches, aspect des couleurs, absence de trous et
de déchirures, absence de filaments …).
Le rétrécissement ou stabilité dimensionnelle est idéalement limité à 8% lors du
premier lavage et à 10% en fin d’utilisation. La présence de bouloche est de 15
maximum par dm2. Le taux d’humidité résiduelle est inférieur à 5%.
Les objectifs chimiques sont vérifiés par la mesure du pH des bains et le
contrôle des effluents. L’absence de résidus chimiques est souhaitable.
Ponctuellement, la recherche dans le linge de résidus des produits lessiviels
peut s’effectuer par spectrométrie, par infrarouge ou une autre technique de
laboratoire spécialisé.
Les objectifs microbiologiques selon la norme européenne pr EN 14065 :
•
pour être considéré comme linge propre, le linge doit comporter moins
de 12 UFC/25cm2
•
un linge de qualité microbiologique maîtrisée est un linge pour lequel
on ne tolère dans cette marge de 12 UFC/25cm2 aucun germe
hospitalier à l’origine des infections nosocomiales.
Ces objectifs sont vérifiés par des prélèvements réalisés au niveau de la
buanderie avant l’expédition du linge, sur gélose de contact (en exerçant un poids
de 500 gr pendant 10 secondes). Après incubation, le dénombrement des colonies
ne doit pas excéder 12 UFC par 25 Cm2.
De façon plus rigoureuse, on peut également procéder par contamination
artificielle d’un textile déposé en début de cycle dans une charge de linge et
récupéré à la fin du cycle de traitement.
41
XI°/3 Contrôle de l’hygiène du personnel
La tenue : le personnel affecté à la zone propre porte une tenue de couleur
différente de celle de la zone sale. Cette différence de couleur des tenues
permet de contrôler les déplacements du personnel. La tenue doit être propre
et changée quotidiennement voir pluri quotidiennement.
les vaccinations : le personnel doit être correctement vacciné contre la
tuberculose pulmonaire (B.C.G), l’Hépatite B et D.T.
Une vaccination contre la fièvre typhoïde est également recommandée
Le contrôle médical : le personnel de la buanderie doit bénéficier d’une visite
d’embauche ainsi que de visites de contrôle régulièrement.
La formation continue : le personnel doit être bien formé et bien encadré.
En effet comme tout cadre ouvrier, le personnel de la buanderie n’a aucune
formation de base alors que sa responsabilité est beaucoup plus grande :
•
Manipulation des machines
•
Respect du circuit du linge
Une infraction à ces règles peut coûter énormément cher à l’hôpital et/ou au
malade. Le personnel de la buanderie doit être choisi parmi le personnel ouvrier le
plus motivé, le plus consciencieux et le plus apte à la formation continue.
Le suivi et la supervision répétée de ces agents est fortement souhaitable.
42
XII°/REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1.
C-CLIN Paris Nord ; Décembre 1999 ; Guide technique ;« Le circuit du linge à
l'hôpital »
2.
La revue Maghrebine d’endocrinologie-diabète et de reproduction ;1999 ; Volume 5
numéro 1-2 ; p 4-8
3.
Décret 200-433 du 22-05-2000 (France) approuvant le cahier des charges des
clauses techniques applicables aux marchés publics de blanchissage des articles
textiles.
4.
Edition CR ;1989 ; Hygiène Hospitalière: manuel de lutte contre les infections
nosocomiales
5.
Dhidah L. ; Cahier N°4 d’hygiène hospitalière : « la fonction linge :de la buanderie à
l’hôpital »
6.
Conseil Supérieur d’hygiène ; Mai 2005 ; Recommandations en matière de
traitement du linge des institutions de soins – Service Public Fédéral santé
Publique, Sécurité de la Chaîne Alimentaire et Environnement –
7.
Ministère Français de l’emploi et de la solidarité –Direction de l’hospitalisation et de
l’organisation des soins ; 2002 ; La fonction linge dans les établissements de santé
8.
Etudiants IFSI Strasbourg ; 2006 ; Module d’hygiène –Dossier le circuit du linge
hospitalier
9.
Zilber A. ; Parneix P.. 2004 ; Drapage du patient : choix du textile et modalités
pratiques - textes préparatifs de la conférence de consensus sur la Gestion préoperatoire du risque infectieux -SFHH –France.
43
ANNEXE : L’essentiel à retenir
44
Collecte du linge sale au niveau des unités de soins
Se laver les mains (lavage hygiénique) ;
Porter des gants épais ;
Retirer le linge sale de son site d’utilisation en vérifiant l'absence d'objets
étrangers ;
Ne pas secouer le linge ;
Respecter la chronologie des interventions : change, réfection des lits, soins ;
Déposer le linge collecté dans les sacs identifiés «prétri» ;
Ne pas remplir les sacs au delà des 2/3 ;
Fermer bien les sacs ;
Placer les sacs à un endroit (ou sur un chariot) approprié sans jamais les
traîner par terre.
Réception et stockage du linge propre au niveau des
unités de soins
Se laver les mains (lavage hygiénique) ;
Réceptionner le linge propre dans un endroit (ou sur un chariot) approprié ;
Eviter le contact du linge sale avec du linge propre ;
Vérifier l’état du linge à sa réception ;
Respecter la règle « FI FO » (PE PSO : Premier entré = Premier sorti) dans
l’utilisation du linge propre ;
Ne retirer le linge propre qu’au moment de l'utilisation.
45
Collecte et transport du linge sale vers la blanchisserie
Ne pas laisser les sacs à linge séjourner plus que la durée pré-définie dans le
local de stockage ;
Programmer un ramassage quotidien ;
Nettoyer et désinfecter les chariots et/ou conteneurs du linge sale après
chaque usage ;
Utiliser un matériel exclusivement réservé pour le linge sale ;
Eviter d'intervenir simultanément dans les étapes du circuit du linge sale et du
linge propre.
Transport et livraison du linge propre
Prendre une douche (et/ou changer de tenue) avant de passer du secteur
sale au secteur propre ;
Assurer le transport dans des conditionnements adaptés (sacs identifiés) ;
Mettre le linge propre dans des sacs identifiés ;
Vérifier l'étanchéité des chariots ou des armoires au moment du transport.
46
Réception du linge sale à la blanchisserie
Porter des gants épais ;
Porter une tenue de couleur distincte (consacrée au circuit sale) ;
Décharger les chariots à linge dans la zone réservée à cet effet ;
Vider les sacs à linge par service et par catégorie de linge ;
Assurer le tri tout en vérifiant l’absence d'objets étrangers ;
Utiliser un matériel strictement réservé pour la réception et le tri.
Lavage du linge
Limiter la manipulation au cours du lavage ;
Bien entretenir (nettoyage et désinfection) de façon régulière tous les
équipements (éléments de transfert du linge, machines à laver,
presses, séchoirs, circuits de recyclage des eaux de rinçage, filtres,
etc…) ;
Respecter les programmes de lavage prédéfinis ;
Bien nettoyer la face externe de la machine avant chaque remplissage ;
Utiliser des produits appropriés et suivre les recommandations de leur
utilisation ;
Contrôler visuellement le linge lavé.
47
Finition du linge propre
Se laver les mains avant de manipuler le linge propre (lavage
hygiénique) ;
Nettoyer et désinfecter les surfaces et le matériel entrant en contact
avec le linge propre ;
Porter une tenue appropriée et propre, attacher les cheveux en les
protégeant ;
Assurer la finition du linge dans un local loin des zones contaminées ;
Assurer le séchage et le repassage du linge lavé et essoré ;
Limiter la durée d'attente du linge propre et humide entre le lavage et le
séchage complet des articles ;
Mettre à l'écart tout article lavé mais encore tacheté en vue d’un
traitement complémentaire ;
Retirer tout article endommagé et l'orienter vers l'atelier de réparation ;
Contrôler rigoureusement les sacs à linge ;
Stocker le linge par article dans des armoires ou sur des chariots avant
de les véhiculer vers les différents services ;
Assurer le bionettoyage des locaux et des armoires de stockage de
linge propre ainsi que les chariots de transport.
48
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