nouvelle politique du logement (NPL)

nouvelle politique du logement (NPL)
REPUBLIQUE ET CANTON DE GENEVE
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
9ÈME JOURNEE DU LOGEMENT
NOUVELLE POLITIQUE DU LOGEMENT
Les logements d’utilité publique :
un vrai potentiel d’investissement
Comptes rendus des interventions
et présentations Powerpoint
7 NOVEMBRE 2008
Auditorium de la FER
Fédération des Entreprises Romandes Genève
98, rue de Saint-Jean
Office du logement • Rue du Stand 26 • 1204 Genève
Tél. +41 (22) 327 55 55 • Fax +41 (22) 327 40 05 • E-mail info.logement@etat.ge.ch • www.ge.ch/logement
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
TABLE DES MATIERES
1.
Programme de la 9ème journée du logement
3
2.
Bases légales
4
3.
Allocution de M. Mark Muller, conseiller d'Etat chargé du DCTI
8
4.
Compte-rendu et présentation des interventions de M. Michel Bürgisser,
directeur général de l'Office du logement, DCTI, Mme Bojana Vasiljevic
Menoud, directrice de la Direction générale de l'aménagement du territoire,
DT et M. Vinh Dao, chef de projet LUP à l'Office du logement, DCTI
12
5.
Compte-rendu de l'intervention de M. François Lance, maire de Lancy
33
6.
Présentation de l'intervention de M. Michel Perizzolo, directeur du
Secrétariat des fondations Immobilières de droit public (SFIDP)
37
7.
Présentation de l'intervention M. Stéphane Lorenzini, président de la
fondation HBM Camille-Martin
49
8.
Compte-rendu et présentation de l'intervention de M. Laurent Wicht, chargé
d'enseignement à la Haute école de travail social (HETS), Centre de
recherche sociale (CERES)
57
9.
Compte-rendu de l'intervention de M. Bruno Marchand, professeur à l'École
polytechnique fédérale de Lausanne (EFPL), Institut d'architecture et de la
ville (IA), Laboratoire de théorie et d'histoire (LTH)
72
10.
Présentation de l'intervention de M. Philippe Favarger, directeur à l'Office du
logement, DCTI
77
11.
Compte-rendu et présentation de l'intervention de Mme Marie-Christine
Dulon, directrice à l'Office du logement, DCTI
85
12.
Transcription de la table-ronde, animée par M. Thierry Oppikofer
101
Annexes
124
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
1.
PROGRAMME OFFICIEL
Dès 8h15
Café, croissants
8h45-9h
Accueil par Monsieur Mark Muller, conseiller d'Etat chargé du DCTI
9h-10h30
1 partie - Bilan et prospectives autour du logement à caractère social :
quelle politique publique des LUP?
ère
• Du logement subventionné au logement d'utilité publique: bilan après une année
d'entrée en vigueur de la loi LUP
Intervenants : M. Michel Bürgisser, directeur général de l'Office du logement, DCTI, Mme Bojana
Vasiljevic Menoud, directrice de la Direction générale de l'aménagement du territoire, DT et M.
Vinh Dao, chef de projet LUP à l'Office du logement, DCTI
• LUP et partenaires publics
La vision d'un élu communal
Intervenant : M. François Lance, maire de Lancy
La vision d'une fondation immobilière de droit public
Intervenant : M. Michel Perizzolo, directeur du Secrétariat des fondations Immobilières de droit
public (SFIDP)
10h30-10h45 Pause café
10h45-12h
e
2 partie - Logement d'utilité publique et innovation architecturale:
regards croisés sur les aspects économiques, sociologiques et typologiques
• Coûts de construction et loyers LUP
Intervenant: M. Stéphane Lorenzini, président de la fondation HBM Camille-Martin
• Population et mixité sociale, besoins et aspirations
Intervenant: M. Laurent Wicht, chargé d'enseignement à la Haute école de travail social (HETS),
Centre de recherche sociale (CERES)
• Conception des logements collectifs et innovation architecturale
Intervenant: M. Bruno Marchand, professeur à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne
(EFPL), Institut d'architecture et de la ville (IA), Laboratoire de théorie et d'histoire (LTH)
12h30-13h30 Collation au foyer de la FER
13h30-15h
e
3 partie - LUP, mode d'emploi:
quelques questions concrètes autour de la réalisation de LUP
• Dotations, prix des terrains et de la construction, rendements et loyers
Intervenant: M. Philippe Favarger, directeur à l'Office du logement, DCTI
• Questions relatives aux locataires des logements d'utilité publique
Intervenant: Mme Marie-Christine Dulon, directrice à l'Office du logement, DCTI
e
15h10-16h30 4 partie - Table ronde
• LUP, du logement partout et pour tous: quel plan d'action?
Animateur-Modérateur: M. Thierry Oppikofer
16h30-16h45 Conclusion, par M. Mark Muller, conseiller d'Etat chargé du DCTI
Après chaque intervenant, un temps a été réservé aux questions.
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
2.
BASES LEGALES
Loi pour la construction de logements d'utilité publique (LUP)
I 4 06
du 24 mai 2007
(Entrée en vigueur : 31 juillet 2007)
Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
décrète ce qui suit :
Art. 1
But et définitions
1
Dans un délai de 10 ans dès l'entrée en vigueur de la loi, l'Etat constitue un parc de logements d'utilité
publique de 15% du parc locatif du canton par la construction et l'acquisition de logements.
2
Un logement est d'utilité publique au sens de la présente loi si un taux d'effort et un taux d'occupation
sont appliqués et s'il est détenu par l'Etat, une fondation de droit public, une commune ou un organisme
sans but lucratif.
3
Des logements d'utilité publique peuvent également être détenus par toute autre entité si celle-ci
s'engage contractuellement à cette fin, pour 50 ans au moins, avec l'Etat de Genève.
Art. 2
Contrôle de l'Etat
1
L'acquisition, la construction et l'exploitation de logements d'utilité publique sont soumis à
l'approbation d'un plan financier et d'un état locatif par l'autorité compétente.
2
Les logements d'utilité publique réalisés au bénéfice de la présente loi sont soumis à un contrôle
permanent des loyers par l'Etat.
3
Dans le cas visé à l'article 1, alinéa 3, la durée du contrôle est limitée à 50 ans au moins.
4
Sauf disposition contraire de la présente loi, les dispositions de la loi générale sur le logement et la
protection des locataires, du 4 décembre 1977, sont applicables par analogie.
5
Pour le surplus, les rapports entre l'Etat et les propriétaires de logements d'utilité publique sont définis
par le règlement et par contrat.
6
Les terrains acquis par l'exercice du droit de préemption de l'Etat et financés par le présent crédit
d'investissement peuvent être cédés à une fondation de droit public, une commune ou un organisme
sans but lucratif aux fins d'y réaliser des logements d'utilité publique.
Art. 3
Protection des locataires
1
En cas d'acquisition d'un immeuble d'habitation au moyen du présent crédit d'investissement, les
logements sont considérés immédiatement comme des logements d'utilité publique. Les contrats de
bail des locataires en place ne sont pas résiliés pour ce motif.
2
Le taux d'effort et le taux d'occupation sont appliqués dès l'acquisition de l'immeuble :
a) aux locataires en place qui en font la demande et qui répondent aux normes applicables;
b) aux nouveaux locataires.
Art. 4
Crédit d'investissement
1
Un crédit d'investissement global de 300 000 000 F est ouvert au Conseil d'Etat pour la constitution du
parc de logements d'utilité publique.
2
Le crédit est utilisé par l'Etat ou, au moyen de dotations de l'Etat, par des fondations de droit public et
des communes pour acquérir des terrains, construire, acquérir et gérer des logements d'utilité publique
et pour financer toute opération destinée à concourir à la réalisation du parc de logements d'utilité
publique.
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Art. 5
Autorité compétente
L'autorité compétente pour l'application de la présente loi est le département des constructions et des
technologies de l'information.
Art. 6
Exécution
Le Conseil d'Etat édicte un règlement d'exécution.
Art. 7
Évaluation et information du Grand Conseil
1
Les effets de la présente loi sont évalués 10 ans après son entrée en vigueur.
2
Le Conseil d'Etat présente au Grand Conseil un rapport communiquant les résultats de cette
évaluation.
Art. 8
Entrée en vigueur
La présente loi entre en vigueur le lendemain de sa promulgation dans la Feuille d'avis officielle.
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Loi générale sur les zones de développement (LGZD)
L 1 35
du 29 juin 1957
(Entrée en vigueur : 9 août 1957)
Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
décrète ce qui suit :
Art. 4A Catégories de logements
(Entrée en vigueur : 31 juillet 2007)
1
Dans les périmètres sis en zone de développement et dont la zone primaire est la zone villa, celui qui
réalise des logements a le choix entre :
a) la construction de logements soumis au régime HM, au sens de l'article 16, alinéa 1, lettre d, de la
loi générale sur le logement et la protection des locataires, du 4 décembre 1977, ou en
coopérative d'habitation à raison de 30% du programme, ou
b) la cession à l'Etat, à une commune ou à un autre organisme sans but lucratif, à titre onéreux et au
prix admis par l'Etat dans les plans financiers, de 25% du périmètre pour la construction de
logements d'utilité publique.
2
er
Dans les périmètres déclassés en zone de développement après le 1 janvier 2007 et dont la zone
primaire est la zone villa, il est réalisé au moins 15% de logements d'utilité publique. Dès lors, pour
permettre la réalisation de cet objectif, celui qui réalise des logements a le choix entre :
a) la cession à l'Etat, à une commune ou à un autre organisme sans but lucratif, à titre onéreux et au
prix admis par l'Etat dans les plans financiers, de 15% du périmètre pour la construction de
logements d'utilité publique, d'une part, et la construction de logements HM ou en coopérative
d'habitation à raison de 15% du programme, d'autre part, ou
b) la cession à l'Etat, à une commune ou à un autre organisme sans but lucratif, à titre onéreux et au
prix admis par l'Etat dans les plans financiers, de 25% du périmètre pour la construction de
logements d'utilité publique.
3
Dans les périmètres sis en zone de développement et dont la zone primaire est la zone agricole, ainsi
que dans le périmètre des communaux d'Ambilly (commune de Thônex), il est réalisé des logements
d'utilité publique pour au moins un quart du programme et des logements soumis au régime HM, HLM
ou en coopérative d'habitation pour au moins un quart du programme. Pour permettre la réalisation de
ces objectifs, celui qui réalise des logements dans un tel périmètre peut être contraint de céder à l'Etat,
à une commune ou à un autre organisme sans but lucratif, à titre onéreux et au prix admis par l'Etat
dans les plans financiers, 25% du périmètre pour la construction de logements d'utilité publique.
4
La présente disposition est applicable à toute demande déposée dans les 10 ans à compter de son
l'entrée en vigueur. A l'issue de cette période, le Conseil d'Etat présente un rapport au Grand Conseil.
5
Si les circonstances l'exigent, le département des constructions et des technologies de l'information
peut accepter de déroger aux proportions énoncées dans le présent article. Dans de tels cas, celui qui
réalise des logements doit offrir des compensations équivalentes, de manière à ce que les proportions
soient respectées à l'échelle du plan localisé de quartier, du plan de zone, voire de la région
considérée. Dans des cas de peu d'importance, le département peut exceptionnellement renoncer à
cette exigence.
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Tableau synthétique
Pourcentage de LUP et de logements subventionnés à réaliser selon l'art. 4A LGZD
ZONE DE DEVELOPPEMENT
Zone de fond agricole
+ communaux d'Ambilly
Zone de fond villa
Déclassement
avant le 01.01.2007:
30% HM
ou coopératives
Déclassement
après le 01.01.2007:
Minimum 15% LUP
et 15%HM
ou coopératives
ou
ou
25% cédés à l'Etat
pour des LUP
25% cédés à l'Etat
pour des LUP
Minimum 25% LUP +
Minimum 25% HM/HLM/coopératives
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
3.
REPUBLIQUE ET CANTON DE GENEVE
Département des constructions et des technologies de l'information
Secrétariat général
ALLOCUTION DE M. MARK MULLER, CONSEILLER D'ETAT
EN CHARGE DU DÉPARTEMENT DES CONSTRUCTIONS ET DES TECHNOLOGIES
DE L'INFORMATION
LORS DE LA 9E JOURNÉE DU LOGEMENT
VENDREDI 7 NOVEMBRE 2008 - FÉDÉRATION DES ENTREPRISES ROMANDES - 98,
R. DE ST-JEAN
Cette journée du logement 2008 a suscité une réflexion très approfondie au sein du
département quant au titre de cette journée. Vous avez le titre sous les yeux [Nouvelle
politique du logement – Les logements d'utilité publique (LUP): un vrai potentiel
d'investissement]: il y avait une variante, c'était «Post Tenebras LUP». Mais certains
estimaient que c'était peu respectueux pour nos prédécesseurs, raison pour laquelle nous en
sommes restés à ce titre.
Cela me fait très plaisir de vous voir ici tous réunis. Nous avons dans cette salle l'ensemble
des partenaires signataires de l'accord sur le logement en décembre 2006. Il y a les
magistrats communaux, le premier d'entre eux, Monsieur Dal Busco que je salue, de
nombreux professionnels de l'immobilier, des architectes, des promoteurs, des avocats
également intéressés par la problématique, plusieurs membres des fondations immobilières
de droit public qui jouent un rôle fondamental dans la création du parc de logements d'utilité
publique, de nombreux collaborateurs de l'administration de plusieurs départements, que je
salue également, des représentants de caisses de pensions, des représentants des milieux
associatifs, locataires, propriétaires et sur notre liste quelques députés qui nous font le plaisir
d'être parmi nous aujourd'hui pour suivre la mise en œuvre de la loi qu'ils ont votée le 24 mai
2007.
Mesdames et Messieurs, lors de son discours de St-Pierre, le 5 décembre 2005, en début de
législature, le Conseil d'Etat a manifesté une ambition très forte dans le domaine, notamment,
de la construction de logements. Le Conseil d'Etat a annoncé au fond les trois piliers de sa
politique pour stimuler la construction de logements. Le premier pilier est le lancement de
grands projets d'urbanisme; le deuxième est l'accélération et la simplification des procédures,
et le troisième la politique du logement qui méritait une profonde refonte. Je ne vais pas vous
raconter ce qui s'est passé, vous le savez aussi bien que moi, en décembre 2006. Un accord,
que certains ont qualifié d'historique, a été conclu à propos de la politique du logement à
mener dans le canton. Quelques mois plus tard, cet accord du logement a été confirmé par le
Grand Conseil par le biais de la loi sur la construction d'utilité publique, votée – et là je crois
que c'est historique –à l'unanimité du Grand Conseil. C'est un véritable tour de force que nous
avons réussi tous ensemble.
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Le but de cette journée est de faire le point de l'accord sur le logement et de la nouvelle loi.
Cette mise en œuvre est d'une part facile et d'autre part difficile. Vous le savez, l'accord est
très équilibré. D'un côté, on libéralise les normes applicables aux promoteurs, aux
investisseurs et aux propriétaires privés en zones de développement. Les exigences en
matière de proportions de logements sociaux à réaliser ont été sensiblement réduites et donc
cette partie-là de l'accord pose relativement peu de problèmes. Les propriétaires privés, les
constructeurs privés font leur travail, sont heureux de pouvoir le faire dans des circonstances
plus favorables que par le passé.
Il est vrai que certains problèmes d'application des nouvelles proportions se posent, qu'il y a
parfois quelques frictions avec le département quant à la définition, la façon de calculer les
proportions de logements à réaliser en HBM, HM ou en coopératives. A ce sujet, je voudrais
vous dire que mes instructions à mes collaborateurs ont été extrêmement strictes dans
l'application de la nouvelle loi. La loi elle-même a été sensiblement assouplie dans les
proportions des logements sociaux à réaliser et il n'est pas question, via la pratique,
d'assouplir encore le régime, nous nous devons d'appliquer la loi de façon extrêmement
rigoureuse.
L'autre partie de l'accord, c'est la construction de ce socle de 15% du parc locatif de LUP à
horizon 2017, et là, c'est beaucoup plus difficile, parce que l'objectif est ambitieux, le temps à
disposition relativement court – plus que 9 ans –, et cette nouvelle politique implique pour
l'administration de revoir un grand nombre de pratiques, d'habitudes également, de redéfinir
des normes et la façon dont l'Etat, au fond, se positionne dans le marché immobilier à
Genève.
J'évoquerai quelques éléments fonciers. Pour réaliser des LUP, en principe en mains
publiques, les collectivités publiques, en particulier l'Etat de Genève, doivent acquérir la
maîtrise de terrain, et c'est là une nouvelle approche du rôle de l'Etat dans le domaine foncier.
L'Etat se doit progressivement d'être plus interventionniste, plus actif, sur le marché foncier,
de manière à acquérir la maîtrise des terrains qui lui permettront ensuite de réaliser les LUP.
L'autre volet qui nécessite une remise en question, c'est l'aspect financier. Nous avons une
enveloppe financière de 300 millions de francs sur 10 ans pour réaliser les LUP. C'est la
raison pour laquelle un certain nombre de dispositions ont été prises de façon à nous
permettre d'atteindre l'objectif avec cette enveloppe financière limitée, nous y viendrons
aujourd'hui. Au-delà de toutes les controverses sur les prix des terrains, sur telle ou telle
norme que nous mettons en place, ce qui compte au fond, c'est deux choses: le nombre de
logements que nous arriverons à produire et les loyers auxquels ces logements seront mis sur
le marché. Il est évident que la qualité des logements est un élément très important pour nous
et nous y sommes attentifs, mais je suis convaincu qu'il est possible de construire moins cher
qu'aujourd'hui, une étude l'a démontré, sans pour autant porter atteinte à la qualité des
logements.
J'aimerais évoquer ici deux dossiers d'actualité, mais qui sont étroitement liés à la nouvelle
politique du logement. Le premier d'entre eux, c'est l'initiative 133, lancée par l'ASLOCA il y a
quelques années, qui propose d'affecter à la construction de logements sociaux (on ne parlait
pas encore de LUP lorsqu'elle a été lancée) une partie des revenus de l'or de la Banque
nationale suisse. Cette initiative a été rejetée par le Grand Conseil, qui a demandé qu'un
contre-projet soit opposé à cette initiative. Actuellement, le Conseil d'Etat est en phase de
discussions avec les initiants, avec l'ASLOCA qui, je vous le rappelle (c'est un petit détail,
mais ça vaut la peine quand même de le rappeler) n'est pas signataire de l'accord sur le
logement. Nous avons là l'occasion, dans le cadre des discussions sur le contre-projet à
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
l'initiative 133, de parvenir, je l'espère en tous cas, ramener l'ASLOCA dans le giron des
partenaires qui ont trouvé un consensus autour de la politique du logement.
Sans dévoiler la teneur de nos discussions, je peux tout de même vous dire que nous allons
dans la direction de l'accord sur le logement. Rappelez-vous, l'accord sur le logement
prévoyait un objectif à long terme de 20% de LUP, et nous avons convenu que dans une
première étape, nous inscririons dans la loi un objectif à 15%. Ce qui est discuté en ce
moment avec l'ASLOCA, c'est d'anticiper et d'inscrire d'ores et déjà dans la loi un taux plus
élevé que 15%; le taux que le Conseil d'Etat serait prêt à proposer au Grand Conseil dans le
cadre d'un contre-projet est de 20%.
Le dernier dossier qui est prioritaire pour le Conseil d'Etat et qui a de l'importance à mes yeux,
c'est la manière dont nous allons nous y prendre pour constituer ce parc de LUP, et ensuite
gérer celui-ci. Un certain nombre de partenaires privilégiés nous aident dans cette entreprise,
je pense aux communes en particulier puisque, comme vous le savez, les communes peuvent
être dotées par l'Etat pour réaliser des LUP. Nous comptons beaucoup sur leur engagement
et leur appui pour atteindre l'objectif des 15%.
L'autre intervenant central pour créer les LUP, ce sont les fondations HBM bien évidemment,
dont la tâche va se modifier. Elle se modifie d'ores et déjà, puisqu'en 2008, le parc de LUP
s'est accru d'environ 1000 logements de par l'acquisition d'un grand nombre d'immeubles de
la Fondation de valorisation des actifs de la Banque cantonale de Genève (FVABCGe), sans
parler de l'inauguration des immeubles HBM de la Tambourine et de St-Georges.
Nous constatons donc qu'en une année, le parc de logements gérés par les fondations
immobilières de droit public (FIDP) est passé de quelque 5000 à 6000 logements, et que cette
tendance va se poursuivre. Raison pour laquelle le Conseil d'Etat souhaite simplifier
l'organisation des fondations, rendre leur gestion plus efficiente et plus professionnelle.
Raison pour laquelle le Conseil d'Etat propose la fusion des quatre fondations immobilières de
droit public en une fondation dite Habitat, de manière à représenter un interlocuteur fort et
unique pour le Conseil d'Etat dans le cadre de la mise en place de cette politique.
J'aimerais ici insister sur un point qui n'a pas forcément été compris par tout le monde, mais
c'est probablement la faute de ceux qui auraient dû communiquer sur cet élément. Il n'est pas
question de remettre en cause le travail de proximité, le travail de milice, très important et je
crois, dans le cadre de la gestion des fondations. Nous sommes en présence d'une spécificité
très genevoise. Il n'existe pas d'autre établissement autonome où le rôle de milicien est aussi
développé que cela. La gestion d'un parc immobilier aussi particulier que celui des fondations
immobilières de droit public le justifie pleinement. Donc, cette volonté de simplifier, de
fusionner les fondations n'est en rien une volonté de réduire le rôle de milicien des membres
des fondations. Ce rôle doit être maintenu, et il peut l'être sans aucun dommage. Il peut
même être renforcé puisqu'au fond, ce rôle n'est aujourd'hui pas légitimé par les statuts des
fondations. Ce rôle s'est développé spontanément au sein des fondations; il pourrait
parfaitement être ancré et confirmé dans des textes. Reste que le Conseil d'Etat a la ferme
volonté de parvenir à la création d'une seule fondation.
Je conclurai ce mot de bienvenue en insistant sur le caractère très exceptionnel de la nouvelle
politique du logement, qui est le fruit d'un consensus. Il est vrai que nous sommes déjà
presque en période préélectorale; on sent un peu les fronts se durcir, les choses se tendre,
pour des raisons économiques aussi. Mais j'aimerais lancer un appel pour que chacun,
chacune, l'ensemble des milieux qui ont signé l'accord sur le logement, défende cet accord.
L'un des facteurs de succès de notre politique, l'une des façons par laquelle dont nous
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
arriverons à construire les logements dont Genève a besoin, c'est d'être en mesure de nous
fonder sur une politique peu contestée, qui fait l'objet d'un consensus et qui nous permet de
consacrer notre énergie non pas à ferrailler politiquement pour savoir s'il faut réaliser telle ou
telle proportion de logements sociaux, mais plutôt de consacrer nos énergies à réaliser les
projets, à les faire avancer, et à mettre des logements sur le marché.
Je vous invite, donc, Mesdames et Messieurs, à tout faire pour que l'accord sur le logement
ne soit pas remis en question. Il va évoluer, je vous l'ai dit, de différentes façons, mais je tiens
beaucoup à ce qu'il évolue dans un cadre consensuel, de manière à ce que nous puissions
tous continuer à nous reconnaître dans cette politique sociale unique en Suisse et tout à fait
propre à notre canton et à laquelle nous tenons.
Je vous remercie pour votre attention, vous souhaite une excellente journée et me réjouis déjà
de vous retrouver en fin de journée pour la table ronde.
Le texte dit fait foi.
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
ère
1 Partie - Intervention I
Bilan et perspectives autour du logement à caractère social:
quelle politique publique des LUP?
4.
Compte-rendu et présentation des interventions de
M. Michel Bürgisser, directeur général de l'Office du logement, DCTI,
Mme Bojana Vasiljevic Menoud, directrice de la Direction générale
de l'aménagement du territoire, DT et
M. Vinh Dao, chef de projet LUP à l'Office du logement, DCTI
Du logement subventionné au logement d'utilité publique:
bilan après une année d'entrée en vigueur de la loi LUP
La première intervention de la 9ème journée du logement s'est donnée pour objectif de
présenter un premier bilan de la mise en œuvre de la loi LUP, un an après son adoption le 24
mai 2007 et son entrée en vigueur le 31 juillet 2007. Alors que Mme Bojana VasiljevicMenoud, directrice de l'aménagement du territoire, oriente sa présentation sur la production
de logements dans le cadre général du plan directeur cantonal et sur les perspectives à venir,
M. Dao focalise son intervention sur les premiers indicateurs et sur le potentiel de construction
LUP dans les périmètres existants d'urbanisation. La première allocution est donnée par M.
Michel Bürgisser, directeur général de l'Office du logement.
M. Bürgisser commence par rappeler que le terme de "logement d'utilité publique" est
déjà cité dans la loi générale pour le logement et la protection des locataires (LGL - I 4 05) qui
est en vigueur depuis plus de trente ans. Mais la reprise de ce terme dans la nouvelle loi LUP
permet de le redéfinir et annonce un véritable changement de paradigme dans la façon de
concevoir le logement social à Genève. En effet, alors que l'article 1 de la LGL précise que
"l'Etat encourage la construction de logements publiques", l'article 1 de la nouvelle loi LUP
annonce que "l'Etat constitue un parc de logements d'utilité publique". En ce sens, ce
changement de posture de l'Etat dans l'article premier marque le passage du logement
subventionné LGL au logement d'utilité publique LUP.
Pour illustrer ce passage, il note une première différence formelle entre le nombre
d'articles de la LGL (51 articles, 30 pages dans le recueil systématique) et celui de la LUP (8
articles, 2 pages). Elle traduit une concision remarquable, même si nombre de ces
dispositions renvoient à celles de la LGL. Cette concision exprime également le consensus
trouvé par les partenaires qui a été conclu par le protocole d'accord sur le logement: on veut
dès aujourd'hui construire plus de logements en se donnant plus de moyens.
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
En se fixant pour objectif de constituer, et non plus seulement d'encourager, un parc
de logements d'utilité publique, l'Etat envoie un message fort. L'Etat se donne un rôle premier
sur ce dossier: il devient un acteur direct et proactif.
M. Bürgisser rappelle également les termes de la loi dans ses grandes lignes en
précisant la définition d'un logement d'utilité publique au sens de la loi LUP. Premièrement, le
logement doit être soumis à un taux d'effort, soit une relation contrôlée entre le loyer et le
revenu, et un taux d'occupation, soit une relation contrôlée entre la taille de l'appartement
(calculée en nombre de pièces) et le nombre de personne qui l'occupe. Deuxièmement, le
logement doit être détenu par une commune, une fondation communale ou une organisation
sans but lucratif. Cette qualité de la détention représente une garantie de la durée. Elle
marque une différence importante avec le mécanisme transitoire des immeubles LGL.
L'importance et la signification de l'inscription dans la durée mènent à d'autres
considérations sur les dimensions de changement de vision qu'apporte la loi LUP. M.
Bürgisser souligne les préoccupations d'ordre économique des partenaires, qui désirent
mettre un terme à des subventionnements à l'exploitation perçus comme étant versés "à fond
perdu" puisqu'à terme ces logements retournent sur le marché libre. La loi LUP met ainsi
l'accent et les moyens sur des aides à l'investissement. M. Bürgisser rappelle également la
situation préoccupante d'une contraction importante du parc des logements subventionnés
LGL, dont les nouvelles constructions n'arrivent pas à compenser le nombre annuel de sortie
de contrôle. En 1977, le parc comptait 30'000 logements de catégorie HLM, trente ans plus
tard en 2007, il n'y a plus que 13'000 logements HLM. Affirmer la volonté de constituer un
parc de logements d'utilité publique à hauteur de 15% du parc locatif, c'est donc aussi affirmer
la volonté de travailler dans la durée pour les personnes qui en ont le plus besoin.
En arrière plan de ce changement de loi se profile la prise en compte d'un changement
de modèle sociétal. Avec la mise en place du système de subventionnement sur 20 ans
correspondait le modèle sous-jacent de la jeune famille qui s'installe dans le logement, dont
les revenus augmentent régulièrement pendant le parcours professionnel. Cette famille a des
enfants qui, à 20 ans, quittent le domicile familial. Dans ce modèle, la baisse régulière des
subventions que propose le système HLM est compensée par la hausse continue du revenu
familial. La période de la fin du contrôle de l'Etat correspond au départ des enfants devenus
adultes et la problématique du taux d'occupation, qui aurait pu se poser pendant la période de
contrôle, n'est plus d'actualité. Cette vision d'un parcours de vie linéaire ne correspond
évidemment plus à la réalité sociale que nous connaissons aujourd'hui (précarité économique
durable, cycle professionnel discontinu, éclatement de la cellule familiale "traditionnelle", etc.).
Les situations familiales se sont diversifiées et complexifiées et les réponses que doit apporter
le logement social ne sont plus temporaires mais flexibles et durables. Dans la loi, cela se
traduit par la nécessité de positionner les collectivités comme des acteurs forts.
Au-delà de cette volonté affichée des pouvoirs publics d'intervenir dans la constitution
d'un parc de logement social, il est des choses moins visibles mais qu'il est important
d'évoquer ici. Premièrement, si la LGL définit des catégories d'immeubles qui font référence à
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
des niveaux de loyers, la LUP n'en parle pas même si la loi poursuit bien évidemment des
objectifs de loyers abordables; et la suite des exposés de cette journée nous apprend
comment y parvenir. Deuxièmement, la problématique de constitution du parc passe par la
réalisation d'opérations concrètes. Dans les pratiques antérieures, les proportions de
logements d'utilité publics n'étaient pas fixées dans la loi. Aujourd'hui elles sont fixées dans la
loi générale sur les zones de développement (LGZD), à son article 4A, et impliquent des
conséquences importantes qui sont également discutées aujourd'hui.
Ce propos introductif tient à insister sur le fait que, même si les deux régimes LGL et
LUP coexistent aujourd'hui, nous sommes bien passés du modèle du logement subventionné
à durée déterminée à un système durable qui marque un changement de paradigme dont
nous ne mesurons pas encore toutes les conséquences. Il entraîne des responsabilités
nouvelles qui seront traitées dans les différentes présentations de la journée.
L'exposé introductif évoque ainsi ces présentations. Il relève que si la loi LUP vise un
objectif quantitatif, il convient de vérifier comment cet objectif pourra être atteint. Un premier
élément de réponse est donné par le bilan de la première année de la mise en œuvre de la loi
LUP. Il est complété par le regard de Mme Vasiljevic-Menoud, directrice de l'aménagement du
territoire, sur la production de logements et les perspectives à venir.
Il évoque ensuite la présence de deux types d'acteurs essentiels pour la constitution
de ce parc, soit les communes et les fondations immobilières de droit public en saluant la
présence parmi les orateurs, de M. Lance, maire de Lancy et M. Perizzolo, directeur du
secrétariat des fondations immobilières de droit public (SFIDP) qui présenteront comment ils
entendent contribuer à la constitution de ce parc.
Constituer un parc de logements, c'est aussi se poser la question des coûts de cette
création. Les moyens sont connus - 300 millions pour dix ans. Une des questions sur la
gestion de la question économique est celle de la maîtrise des coûts de la construction. M.
Bürgisser indique que c'est M. Lorenzini qui s'attèlera à nous montrer ce qui peut être énoncé
aujourd'hui à ce titre.
Rappelant que la préoccupation d'éviter l'exclusion et la création de ghetto est souvent
associée, dans le discours sur le logement social, aux termes de mixité sociale, il souligne la
nécessité de définir la portée de ce concept et comment il peut se traduire dans la réalité. Il
précise qu'il reviendra à M. Wicht, chargé d'enseignement à la Haute école de travail social
(HETS-IES) d'apporter des éclairages sur ces questionnements , notamment en se référent
au monitoring sociologique qui est en train de se mettre en place à Carouge, au chemin de la
Tambourine dans le cadre de la réalisation de logements LUP-HBM.
Les aspirations sociales ayant évolué, il convient de se demander aussi comment cela
peut être traité sous l'angle spatial et architectural. Le professeur B. Marchand, professeur à
l'Institut d'architecture et de la ville (IA) de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EFPL)
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
sera chargé de montrer, par des illustrations, comment l'innovation architecturale peut
répondre à ce défi qui est aussi celui du logement social.
Il rappelle ensuite que l'après-midi sera consacré aux questions concrètes qui se
posent dans la mise en œuvre de la loi LUP. M. Favarger, directeur et responsable de la
cellule de développement de projets à l'Office du logement partagera certains éléments sur
les problématiques économiques et financières en matière de LUP. Pour sa part, Mme Dulon,
directrice et cheffe de la cellule juridique à l'Office du logement présentera différents
problèmes techniques et juridiques qui se posent sous l'angle des locataires, en particulier
quant à leur intégration dans les logements d'utilité publique.
Il conclut en indiquant que le premier bilan intervient après une année de mise en
œuvre de la loi LUP ce qui est peu par rapport au régime temporel qui régit le rythme du
monde de la construction. Il semblait néanmoins nécessaire de faire part de l'état de nos
réflexions pour orienter le public et les partenaires sur la thématique du logement d'utilité
publique, ne serait-ce que pour aider à poser les bonnes questions en vue du démarrage de
la rédaction du règlement d'application de la LUP. Il souligne enfin que cette manifestation,
contribuer à réaffirmer une volonté collective de créer du logement, sachant que la pénurie de
logement est la première atteinte à la politique sociale du logement.
M. Vinh Dao, chef de projet LUP, présente quant à lui les premiers éléments du bilan
de la mise en œuvre de la loi LUP, une année après son entrée en vigueur. Le changement
de paradigme, tel que présenté précédemment par M. Bürgisser, a logiquement généré un
programme d'action dont M. Dao est chargé de mener à bien. Afin de bien comprendre
l'étendue des implications de la nouvelle loi, M. Dao présente un tableau synthétique du planprogramme dans sa forme initiale. Il rappelle que ce dernier prévoit 25 chantiers différents
mais interreliés. Ces chantiers se présentent comme une liste ouverte sujette à des adaptions
en fonction de l'évolution des besoins des dossiers. Chaque chantier a sa propre temporalité
et son rythme d’exécution. Sans rentrer précisément dans la description des chantiers, on
peut rappeler qu'ils font appel à différents champs disciplinaires, à une multitude d'acteurs et
traversent les échelles spatiales d'intervention, ce qui rend complexe la coordination, le suivi
et la cohérence globale du plan programme. L'action menée à travers ces chantiers peut être
résumée à travers quatre axes principaux:
1) axe tourné vers les pratiques administratives et des procédures
L'application de la nouvelle loi LUP et son objectif quantitatif obligent les pratiques
administratives à s'adapter au nouveau contexte et à le recadrer.
2) axe tourné vers les acteurs
Il s'agit ici de mutualiser et dynamiser les synergies des partenaires du logement.
Premièrement, il vise à mobilier les acteurs inter-Etat parmi les différents services des
départements et pour promouvoir une action proactive de l'Etat; deuxièmement il veut
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
interpeller les autres acteurs publics et parapublics comme les coopératives, les
communes et les fondations immobilières de droit public pour mutualiser les expertises et
les forces de travail afin de construire ensemble le parc des logements d'utilité publique;
enfin troisièmement l'action veut accompagner les acteurs privés pour trouver des
solutions sur des périmètres d'urbanisation précis.
3) axe tourné vers les projets
La LUP intervient dans les différentes échelles du projet, que ce soit à celle du logement,
de l'immeuble et du quartier. Il s'agit de prendre en compte les nouvelles considérations
économiques et sociales, dans le but de favoriser la construction d'un pour construire un
grand nombre de logements à loyer abordable tout en garantissant la qualité
architecturale. Notre objectif est de nous consacrer aux périmètres prioritaires
d'urbanisation pour activer leur opérationnalisation.
4) axe tourné vers la communication et l'information
Comme tout nouveau dispositif, la LUP soulève beaucoup de questions et crée une forte
demande d'informations. Des démarches pour des rencontres et des journées d'étude,
comme celle d'aujourd'hui, sont entreprises, ainsi que des publications, pour se construire
une culture et une volonté commune autour de la question des logements d'utilité
publique.
Trois modes d'action permettent la réalisation du socle de logements d'utilité publique. Le
premier mode est celui de l'intégration de logements existants dont les critères de base
correspondent à ceux de la LUP, le deuxième mode est l'acquisition de logements existants,
enfin le troisième mode est celui de la construction de nouveaux logements.
Le premier mode par intégration nous permet de considérer la plus grande majorité des
logements LGL de la catégorie HBM comme des LUP. En effet, ils sont en mains des
Fondations immobilières de droit public et un taux d'effort et un taux d'occupation leur sont
d'ores et déjà appliqués. Au nombre d'environ 5'500, ils constituent le socle de base. A ceuxci peuvent s'ajouter potentiellement les logements coopératifs, au nombre de 4'500
logements, et les logements communaux, dont le dernier recensement effectué à la fin 2007
dénombrait près de 13'000 logements. Ces 17'500 logements pourraient tout ou en partie être
intégrés au parc des logements d'utilité publique, en fonction des accords de partenariats que
l'on pourrait formaliser avec les différents acteurs autour des critères minimaux à respecter.
Concernant l'acquisition d'immeubles existants pour les transférer dans le parc des logements
d'utilité publique, le travail s'est concentré en 2007 et 2008 sur des immeubles en mains de la
FVABCGe. La FPLC a donc acquis en 2008 pour CHF 180'000'000.- un premier lot de 806
logements répartis en 37 immeubles, qui a été pour une partie repris par les FIDP et qui, pour
une autre, sont destinés à des communes, voire à d'autres entités publiques ou
parapubliques. Le deuxième lot en voie d'acquisition pour le début de l'année 2009 prévoit
778 logements répartis dans 22 immeubles. Ces logements sont issus du parc de la RISA
dont la FVABCGE est actionnaire majoritaire à hauteur de 93%. Nous voyons donc qu'un
effort particulier a été effectué pour l'acquisition de ces logements puisque, suite aux actions
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
menées en 2008, plus de 1'500 logements seront à terme intégrés au parc des logements
d'utilité publique.
La construction de nouveaux LUP s'est matérialisée par la mise à disposition de 160
nouveaux logements d'utilité publique dans deux opérations (12-26 Tambourine, 140
logements et 11 St-Georges, 20 logements).
Des nouveaux outils de monitoring ont été également mise en place pour suivre l'évolution.
Trois indicateurs sont mis en évidence aujourd'hui qui illustrent l'état des travauxLe premier indicateur LUP mesure le nombre d'arrêtés de mise en location et d'arrêtés
provisoire de vente (AML/APV) établis par le service immobilier de l'Office du logement. Ce
type d'arrêté intervient généralement deux à trois mois avant l'entrée des locataires dans
l'immeuble et donc traduit l'activité de la mise à disposition de logements en zone de
développement. Depuis la date d'entrée en vigueur de la loi LUP le 31 juillet 2007 à ce jour,
676 logements ont été identifiés dans les AML/AMV. Pour 42%, il s'agit de logements ZDPPE, pour 24% de HBM-LUP, 23% d'HM et 11% de ZD-LOC. La fin de l'année 2007 a été
défavorable pour le logement subventionné avec seulement 32 logements mis à disposition.
Les 160 logements HBM LUP sont ceux des immeubles Tambourine 12-26 et St-Georges 11,
mais aucun nouveau HBM-LUP n'est identifié dans les nouveaux arrêtés.
Le deuxième indicateur LUP mesure le nombre d'accords de principe (AP) traités par le
service immobilier de l'Office du logement. Ce type d'arrêté intervient plus tôt dans le
processus, dans la procédure de la demande définitive. Il témoigne donc des futurs logements
qui seront potentiellement mis à disposition au plus vite dans deux ans en zone de
développement. Depuis le 31 juillet 2007 à ce jour, 1'102 logements ont été identifiés dans les
AP. 48% concernent des logements de type ZD-PPE, 28% des logements HM, 15% des
HBM-LUP, 7% des HLM et 2% des ZD-LOC. On construit donc majoritairement des
logements PPE et HM (76% à eux deux). Dans une analyse plus fine du suivi des AP, les 169
logements HBM-LUP qui sont prévus sont des projets autonomes des FIDP.
Le troisième indicateur LUP essaie de suivre les accords de principe (AP) pour comprendre
pourquoi il n'y a pas davantage de LUP prévus dans les procédures administratives en cours.
Suite à cette analyse, il appert que le nouvel article 4A LGZD n’a pas encore déployé ses
effets sur le nombre de LUP prévus et construits. En effet, les projets pour lesquels un accord
de principe favorable a été émis sur la période ont été déposés avant le 31 juillet 2007, date
d'entrée en vigueur de la loi. D'autres projets se situent sur des périmètres déclassés avant le
1er janvier 2007, où un pourcentage de LUP à réaliser n'est pas systématique. Ainsi sur les 22
dossiers de demande définitive traités en 2007 et 2008, 20 ont été déposés avant le 31 juillet
2007 et donc la loi LUP et l'art. 4A LGZD ne peuvent être appliqués. Les requérants des 2
dossiers restants ont fait une demande de compensation, ce qui produit un effet de décalage
temporel sur la réalisation de LUP. Peut-on s'attendre à une amélioration en 2008-2009?
L'hypothèse reste à vérifier car les projets qui sont aujourd'hui proposés à l'OLO concernent
des déclassements décidés avant le 1er janvier 2007. De fait, dans les dossiers en cours de
discussion, l'OLO n'a reçu aucune proposition "spontanée" de faire du LUP de la part des
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
requérants potentiels. Le fait était prévisible et avait été intégré aux travaux préparatoires de
la loi LUP; et c'est pourquoi l'accent a été mis au lancement du programme sur l'acquisition de
logements existants.
Le bilan chiffré à ce jour démontre pour 2008 l'intégration dans le parc de 966 logements (806
acquis et 160 nouvelles constructions) et pour la suite de la deuxième année un minimum de
plus d'un millier de logements.
Ce monitoring des LUP, dont les premiers indicateurs viennent de vous être présentés,
se fait également en partenariat avec l'aménagement du territoire sur la planification de
logements, dont Madame Vasiljevic-Menoud va nous donner maintenant les principaux
éléments.
Mme Vasiljevic-Menoud, directrice de l'aménagement du territoire, est chargée de
présenter la thématique "approche territoriale et logement". Sa présentation d'aujourd'hui se
concentre les potentiels de logements dans le plan directeur en vigueur, qui a été adopté en
2000 et révisé en 2006. Il s'agit en effet de voir dans quelle mesure les potentiels actuels
peuvent contribuer à l'objectif de constitution d'un parc de logements d'utilité publique que la
loi fixe à 15 % du parc locatif du canton à l'horizon 2017, soit environ 30'000 logements
d'utilité publique.
Mme Vasiljevic-Menoud rappelle que le plan directeur cantonal actuel prévoit 32'000
logements à l'horizon 2020, soit 1'600 logements par année. Pour y parvenir un certain
nombre de mesures ont été identifiées, comme la densification de la couronne suburbaine, la
densification de la zone villa, les déclassements de la zone agricole et l'identification d'un
certain nombre d'autres lieux où les constructions de logements sont prévues (dia 11).
Elle illustre par la suite la comparaison entre les 1'600 logements par année attendus
et la réalité construite (dia. 12). L'année 2000 était ainsi partie assez forte (1'987 logements
construits), puis le rythme s'est essoufflé tout en restant acceptable. A fin 2007, 12'800
logements avaient été prévus et 11'798 construits ont été construits. Le bilan n'est donc pas
mauvais, d'autant plus que les logements construits ont été plus grands que ceux imaginés à
l'époque. La planification prévoit, en moyenne, 108 m2 de surface brute de plancher (SBP)
par appartement de 4 pièces, alors qu'il a été construit plutôt des 5 pièces de 125 m2. Cela
signifie que la surface totale construite de logements correspond à celle qui avait été prévue,
mais pour des logements plus grands; donc leur nombre est légèrement inférieur.
Elle souligne que les prévisions pour le logement dans le plan directeur cantonal ont
été établies en lien avec des scénarios démographiques (dia 13). Ils reposent sur 3'000
nouveaux habitants par année en moyenne. Mais la population a augmenté plus vite que celle
prévue dans les projections démographiques. A titre d'exemple, en 2003, presque 7'000
nouveaux habitants sont arrivés à Genève. L'adéquation entre les prévisions et la réalité ne
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
tient plus et l'accroissement réel de la population, en lien avec le nombre réel de nouvelles
constructions, qui est inférieur à l'objectif fixé par le plan directeur, pose problème aujourd'hui.
Mme Vasiljevic-Menoud rappelle que l'année 2008 correspond plus ou moins à la miparcours de la vie du plan directeur cantonal et estime que c'est un bon moment pour faire un
bilan des mesures prises. Trois mesures sont ici présentées (dia 14). La première concerne la
densification de la couronne suburbaine. Cette mesure connait des bons résultats avec
l'adoption de nombreux PLQ et la réalisation de 4'200 logements. Elle note également que
beaucoup de logements sont de plus en projets (3'370 logements), ce qui démontre que cette
mesure donne pleinement satisfaction par rapport à ce qui avait été imaginé au départ.
La deuxième mesure sur la densification de la zone villa prend quant à elle plus de
temps pour produire ses effets. Peu de logements ont été réalisés mais beaucoup de projets
de déclassement, représentant un potentiel de 2'930 dans des gros périmètres (comme les
Communaux d'Ambilly, le plateau de Frontenex) ont été adoptés par le Grand Conseil. Les
résultats ne sont pas énormes pour le moment mais la mesure vise le moyen terme. On sait
qu'entre 1987 et 2000, ce type de mesure a permis la construction de plus de 6'000
logements issus de la densification de la zone villa.
La troisième mesure concernant les cas des extensions urbaines sur la zone agricole
démontre des gros potentiels sur les modifications de zone adoptées, comme pour les
périmètres de La Chapelle - Les Sciers ou les Vergers, où les PLQ sont aujourd'hui en cours
d'élaboration, même si pour l'instant il n'y a pas encore de logements réalisés. Elle rappelle
que lors du lancement de cette mesure en 2002, cette dernière avait été fortement critiquée
en prétextant qu'il fallait d'abord se fixer sur la zone à bâtir avant de déclasser la zone
agricole; mais que les temporalités lentes dans ce type de planification démontrent l'utilité de
s'y être attaqué relativement tôt.
Mme Vasiljevic-Menoud souhaite présenter un dernier élément de bilan concernant les
potentiels de logement dans les plans localisés de quartier de la couronne suburbaine et
constate que les plans adoptés ces dernières années comportent des potentiels importants,
voire très importants, de logements mais qu'on sort de quelques années à la fin des années
1990 et du début des années 2000 où les potentiels étaient très faibles. Ce qui explique en
partie le retard pris dans ces secteurs (dia 15).
Pour faire suite à ce bilan général, Mme Vasiljevic-Menoud insiste ensuite sur les
projections et présente une carte faite par la direction de l'aménagement du territoire en
collaboration avec l'Office du logement qui identifie tous les périmètres du plan directeur
cantonal avec un potentiel constructible de plus de 50 logements (dia 16). Tout ce qui reste à
construire dans ces périmètres de plus de 50 logements est présenté ici en tenant compte des
horizons temporels avec un échéancier réaliste, incluant des paramètres comme par exemple
celui de la taille des parcelles, de la qualité des propriétaires, ou encore de l'état de la
planification. Pour le court terme (2012), on reconnaît tout un chapelet de petits et moyens
périmètres qui correspondent à des PLQ en couronne suburbaine, soit issus du 1er train de
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
déclassement de la zone villa, soit du 3ème train lancé en 2003-2004. Elle se réjouit aussi par
exemple du périmètre Frontenex - La Tulette qui est aujourd'hui bien parti alors qu'il y a cinq
ans personne n'osait trop parier sur son rapide développement. Le moyen terme correspond
au terme de la loi LUP (2017). Il concerne les grands périmètres, comme La Chapelle - Les
Sciers ou Les Vergers. Concernant, les Communaux d'Ambilly, les différents termes qui
apparaissent sur la carte correspondent à des engagements pris entre l'Etat et la commune
de Thônex dans le cadre du plan directeur de quartier adopté en été 2008, où une partie a été
admise dans un horizon de 15 ans et le reste à plus long terme. En examinant ces périmètres,
elle constate encore que la part la plus importante des potentiels se concentre dans les
périmètres de plus de 500 logements qui correspondent au 2/3 du total, et à des horizons plus
lointains (dia 17). L'étude démontre en finalité un potentiel dans le plan directeur cantonal
actuel de 31'000 logements tous termes confondus, avec un potentiel théorique limité à
16'000 logements à l'horizon 2017, tout en notant que les potentiels réalisables sont toujours
inférieurs au potentiel théorique (dia 18).
M. Vinh Dao enchaîne en proposant sur cette même base d'étude une projection sur le
potentiel théorique de construction de logements d'utilité publique (dia 19). Ce travail
périmètre par périmètre reprend la même méthodologie que la précédente, en appliquant de
manière stricte l'article 4A de la loi générale sur les zones de développement (LGZD). Il
propose donc une fourchette théorique de potentiels de logements d'utilité publique en
fonction des scénarios de l'article 4A LGZD. Sur cette base, il annonce que le potentiel
théorique de logements à caractère social se monte au total à environ 10'000 logements, ce
qui n'est pas étonnant puisqu'il représente un tiers des 31'000 logements évoqués par Mme
Vasiljevic-Menoud. Selon le scénario "moins", il y aurait une répartition entre 5'400 logements
d'utilité publique et 5'200 logements subventionnés; le scénario "plus" prévoit la totalité de la
réalisation du potentiel en logements d'utilité publique, soit 10'100 LUP. Au même titre que
pour les données générales, l'étude montre qu'environ deux tiers des potentiels LUP se
trouvent dans les périmètres avec des potentiels de plus de 500 logements et que ces
périmètres sont prévus réalisables à des horizons plutôt lointains, voire au-delà de 2017. Ainsi
à moyen terme (2017), le potentiel théorique se réduit à une fourchette entre 3’500 et 6’000
LUP. En appliquant un taux de réalisation de 70% des potentiels théoriques (valeur
d'expérience de la DGAT), l'estimation des potentiels LUP n'est plus que de 2'500 – 4’500
LUP dans le cadre du plan directeur cantonal actuel.
En cumulant ses projections avec les données actuelles sur le stock et les potentiels
d'intégration des logements existants, deux scénarios se profilent (dia 20). Le socle de base
est constitué des HBM existants et des récentes acquisitions des immeubles de la Fondation
de valorisation des actifs de la BCGe (FVABCGe), soit environ 7'400 logements. Le premier
scénario prévoit l'intégration de 10% des logements coopératifs existants et 25% des
logements communaux existants, alors que le deuxième scénario prévoit l'intégration de 50%
des logements coopératifs existants et 50% des logements communaux existants. En ajoutant
respectivement les potentiels LUP, le premier scénario envisage un socle de 13'200
logements d'utilité publique, le second cas 20'200 logements d'utilité publique. Il nous
manquerait ainsi entre 15'500 logements et 8'500 logements d'utilité publique pour atteindre
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
les objectifs de la loi à l'horizon 2017. Ces premiers chiffres sont des estimations qu'il faut
encore affiner en tenant compte de l'ensemble des périmètres, y compris ceux contenant
moins de 50 logements, et en réactualisant les échéanciers. Ils soulignent également le rôle
que jouent les communes et les coopératives d'habitation sur cette problématique et
l'obligation d'activer rapidement les grands potentiels d'urbanisation. Néanmoins, cette
première indication indique avant tout l'ampleur de la tâche qui nous attend et doit mobiliser
toutes les énergies pour stimuler la construction de logements en général sur le canton.
M. Vinh Dao souhaite conclure en soulignant que pour la première fois depuis
longtemps, malgré ces signaux qui pourraient inquiéter et malgré l'érosion annuelle du parc
de logements HLM, le contingent de logements subventionnés et d'utilité publique contrôlés
par l'Office du logement s'est étoffé suite au travail volontaire autour des nouvelles
constructions et des acquisitions de logements existants pour en faire des LUP. En 2007-08,
c'est ainsi plus de 1'000 logements qui ont été intégrés au parc des logements d'utilité
publique.
Compte rendu réalisé par Vinh Dao.
Le texte dit fait foi.
Du logement subventionné au
logement d'utilité publique :
bilan après une année d'entrée en
vigueur de la loi LUP (I 4 06)
Office du logement DCTI
Direction générale de l'aménagement du territoire DT
9ème Journée du logement
vendredi 7 novembre 2008
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 1
Du logement subventionné au logement d'utilité publique :
bilan après une année d'entrée en vigueur de la loi LUP
1. Introduction
1. La loi pour la construction de logements d'utilité publique : un tournant
dans la politique du logement
2. Un bilan et des questions : présentation de la journée
2. Premier bilan dans la mise en oeuvre
3. La production de logements
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 2
Mise en œuvre de la loi : planning général
Cadrage-avant projet
Lancement
Réalisation
0. Gestion et pilotage de projet.
11. Action politique
12. Action transversale administration
Préparation du cahier des charges PLUP
Définition des tâches et planification
4. Designer et former le Groupe de suivi
24. Masterplan communication
10. Immeubles de la FVABCGE
3. Intégration des locataires en place dans le critères de LUP - concept
1.Concept de Base de données de LUP
14. Intégration des locataires en place - réalisation
13. Mise en place la base de données de LUP
7. Disponibilité des terrains: Cartographie et planning avec DAT;
22.
Acquisitions de
terrains pour la
construction
16. Principes de
coordinations des
acquisitions
15 Disponibilité des terrains: s'assurer le soutien fort du groupe de suivi
21. Disponibilité des terrains: Incitations pour rendre disponible les terrains
20. Evolution des typologies et des morphologies – Diminuer le coût de construction
2.Voie contractuelle: Contrat de prestation type
6. Diversité des loyers et des t. d'effort
8. Principes de constructions des LUP –définition des structures
23. Constructions des
LUP
5. Moyens de l'autofinancement de FHBM
9. Financement du socle de LUP / 17. Organisation des constructions des LUP
Protocole
d'accord
01.12.06
Projet de
loi PLUP
voté
Entrée en
vigueur
31.07.07
18. Liens avec communes
19. Développement des coopératives
ANNEE
ANNEE 2007
ANNEES 2008 et SUIVANTES
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 3
Intégrer des logements existants dans le parc des LUP
Potentiel d’intégration du parc existant
• Logements HBM en mains des FIDP :
env. 5’500 logements LUP (socle de base)
• Logements en mains des coopératives d’habitation (Groupement):
env. 4’500 logements
• Logements en mains des communes et des fondations communales:
env. 13’000 logements (recensement 2007)
Potentiel total : 5’500 + 17’500 logements coopératifs et communaux
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 4
Acquérir des logements existants pour en faire des LUP
Acquisition des immeubles de la FVABCGe
Immeubles FVABCGe
37 immeubles, 806 logements
Immeubles RISA
22 immeubles, 778 logements
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 5
Construire des nouveaux LUP
Concrétisation 2008
LUP 2008
HBM199 Tambourine 12 à 26 (140 logements)
HBM196 St-Georges 11 (20 logements)
Entrée des locataires: 15 mai-15 juillet 2008
Entrée des locataires: 1er juin 2008
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 6
Monitoring du programme LUP
Indicateurs 1.1 – Activité OLO – Arrêté de mise en location (AML-AMV)
180
160
160
140
Nbr de logements dans les
AML depuis le 31.07.2007
Nb de logements
120
HBM-LUP
HLM
100
HM
ZD LOC
80
80
ZD PPE
73
64
60
60
Total = 676 pour 5 trimestres
57
54
46
HBM-LUP:
160
24%
0
0%
154
23%
76
11%
40
32
HLM:
HM:
ZD LOC:
ZD PPE:
286
22
20
16
12
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
III-2007
42%
IV-2007
I-2008
II-2008
III-2008
Trimestre
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07.11.2008 - Page 7
Monitoring du programme LUP
Indicateurs 1.2 – Activité OLO – Accord de principe (AP-APV)
250
Nb de logements
200
Nbr de logements dans les
AP depuis le 31.07.2007
194
150
HBM-LUP
HLM
HM
113
169
15%
HLM:
78
7%
HM:
312
28%
18
2%
ZD LOC:
91
73
50
46
50
525
48%
43
36
34
27
26
14
20
18
12
8
0
0
0
4
0
0
0
0
III-2007
ZD PPE:
ZD LOC
ZD PPE
99
100
Total = 1'102 pour 5 trimestres
HBM-LUP:
194
IV-2007
I-2008
II-2008
III-2008
Trimestre
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07.11.2008 - Page 8
Monitoring du programme LUP
Indicateurs 1.3 – Activité OLO – Suivi des AP en catégorie ZDPPE et ZDLOC
Constat 1:
Constat 2:
Les 169 LUP prévus dans les AP sont des projets autonomes des FIDP
L'4A LGZD n’a pas encore déployé ses effets sur le nombre de LUP construits.
- Depuis le 31 juillet 2007, 30 AP en catégories ZDPPE et ZDLOC ont été signés,
représentant 579 logements (70% ZD PPE et ZD LOC; 30% subventionnés (77% HM12% HLM-11%HBM)
- Ces 30 AP représentent 22 dossiers d’autorisations de construire dont 20 ont été
déposés avant le 31 juillet 2007 pas d’application 4A LGZD.
- Les 2 dossiers concernés ont fait une demande de compensation effet de
décalage temporel.
Constat 3:
Amélioration en 2008-2009? à surveiller
- Les projets concernent des déclassements décidés avant le 1.01.2007 pas
d’obligation de LUP
- Dossiers en cours : aucune proposition « spontanée » de faire du LUP de la part des
requérants potentiels.
- Premiers dossiers HM-LUP sont en cours
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07.11.2008 - Page 9
Monitoring du programme LUP
Bilan 2007-2008 / Prévisions 2008-2009
Bilan au 31 juillet 2008
LUP achetés:
FVABCGe
LUP construits:
Tambourine 12-26
St-Georges 11
Total an 1
806 LUP
140 LUP-HBM
20 LUP-HBM
966 LUP
Projets fin 2008
LUP à acheter:
FVABCGe-RISA
autres projets d’achat FIDP
Projets 2009
LUP en chantier FIDP
Total an 2
778 LUP
120 LUP
123 LUP-HBM (5 chantiers)
autres projets d’achat FIDP
…
min. 1021 LUP
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07.11.2008 - Page 10
• Potentiel des mesures
Potentiel réalisable
Horizon 2020
Centre urbain
Couronne suburbaine
Périphérie urbaine (villages)
Densification zone villas
Déclassements zone agricole
Hors agglomération
Villas
Total canton
Nombre
logements
2'100
9'400
2'500
4'200
5'200
2'700
6'000
32'000
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07.11.2008 - Page 11
Fiche 1.01 : Politique du logement
Indicateur construction de logements
13'000
12'000
11'000
Nombre de logements
10'000
1'632
1'205
---- Objectif 2020 : 1'600 logem ents / an
9'000
8'000
1'599
Durant l'année
7'000
6'000
1'293
Depuis 2000
1'209
5'000
1'313
4'000
3'000
1'560
2'000
1'000
1'987
0
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
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07.11.2008 - Page 12
Evolution annuelle du nombre
d'habitants
8'000
Population
6'000
4'000
Réelle
Projetée
2'000
Département
Office
0
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
Année
La population augmente plus vite que dans les
projections démographiques
Nombre de logements construits
2'500
Logements
2'000
1'500
Objectif annuel
Production annuelle
1'000
500
0
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
Année
La construction de logements est inférieure
à l'objectif fixé par le plan directeur
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07.11.2008 - Page 1
Mesures du plan directeur cantonal
Objectif 2020 plan directeur cantonal
Logements réalisés
4200
1
3370
2510
Fiche 2.01 couronne suburbaine
Logements en projet
4260
50 PLQ adoptés
28 PLQ en cours
0
2'000
4'000
6'000
8'000
10'000
12'000
14'000
Objectif 2020 :
4'100 logements à réaliser
Potentiel global :
9'500 logements
Projets adoptés
Logements réalisés
Projets adoptés
Logements en projet
Fiche 2.03 densifications de la zone villa
150
Projets adoptés
Potentiel restant
60
3 Projets en procédure
1
2930
270
2000
2190
1950
3 Projets en suspens
26 Projets adoptés
depuis 2000
Objectif 2020
plan directeur cantonal
0
1'000
2'000
3'000
9 Projets à l'étude
4'000
5'000
6'000
7'000
8'000
9'000
10'000
18 Projets annoncés
MZ adoptées
PLQ adoptés
MZ adoptées
PLQ en cours
100
1510
480
1550
3320
MZ adoptées
Capacité d'accueil
restante
2 MZ en suspens
1100
6 MZ adoptées
depuis 2000
0
1000
2000
7 MZ en projet
3000
4000
5000
6000
7000
8000
9000
Fiche 2.04 extensions urbaines
sur la zone agricole
1 Réserve à long
terme
Nombre de logements
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07.11.2008 - Page 14
Potentiel de logements dans la couronne suburbaine
dans les PLQ adoptés depuis 2000
1'600
1'400
1'200
Logements
1'000
Restant
En cours
800
Réalisés
600
400
200
0
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
Année d'adoption des PLQ
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Projets de plus de 50 et 500 logements
Résultats:
Potentiel total
•
114 périmètres avec un potentiel > 50
•
logements
Potentiel total : 31'000 logements
•
21 périmètres de plus de 500 logements =
2/3 des logements potentiels
•
Potentiel théorique > potentiel réalisable
> 500 logements
< 500 logements
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07.11.2008 - Page 17
Répartition par période
Projets de plus de 50 logements
Court terme :
Court – moyen terme :
5'000 logements
3'000 logements
•
•
Moyen terme :
Sous-total :
8'000 logements
16'000 logements
•
•
Moyen - long terme :
Long terme :
7'000 logements
8'000 logements
•
Total :
31'000 logements
35'000
30'000
25'000
Potentiel logement
•
•
LT
20'000
MT/LT
MT
CT/MT
15'000
CT
10'000
5'000
0
1
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07.11.2008 - Page 18
Suivi du programme LUP
Planification territoriale des LUP
Objectif : Identifier le potentiel théorique des logements LUP sur la base de l'estimation en SBP
des potentiels logements issus de l'état des procédures à juin 2008
Hypothèses de travail :
•
Reprend les hypothèses de départ DGAT
•
•
Application stricte 4a LGZD (ne tient pas compte de la qualité du propriétaire).
Scénarii selon options 4a LGZD
Résultats :
•
Potentiel théorique logements sociaux : environ 10'000 logements sociaux
Scénario 4a LGZD - : 5'400 LUP + 5'200 logements subventionnés
•
Scénario 4a LGZD + : 10'100 LUP
Périmètres avec potentiel > 500 logts = env. 62-65% du potentiel LUP plutôt MT/LT et LT
•
•
Potentiel LUP théorique moyen terme (2017) : 3’500 – 6’000 LUP
Estimation LUP réalisés en 2017 (70%) : 2’500 – 4’500 LUP
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07.11.2008 - Page 19
Suivi du programme LUP
Planification territoriale des LUP - 2 scénarios d'estimation du potentiel LUP
Logements LUP
scénario -
objectif 2017
objectif 2017
Logements LUP
scénario +
objectif
2017
objectif
2017
30'000
30'000
20'000
Potentiel à bâtir
15'000
13'100
13'200
Coopératives 10%
Logts communaux 25%
Acquisition RISA
Acquisition FVABCGe
10'000
HBM
déficit = env. 8‘500 logts
à construire, à acquérir ou
à intégrer?
25'000
nombre de logements LUP
nombre de logements LUP
25'000
déficit = env. 15‘500 logts
à construire, à acquérir ou
à intégrer?
20'000
Potentiel à bâtir
20'200
15'000
10'000
5'000
5'000
0
0
Coopératives 50%
Logts communaux 50%
Acquisition RISA
Acquisition FVABCGe
HBM
Département des constructions et des technologies
de l'information
Département
du territoire
Direction générale de l'aménagement
du logement
territoire
Office du
07.11.2008
14.04.2009 - Page 20
Mise en perspective
Evolution du parc immobilier des logements locatifs subventionnés et pérennes
45'000
Notes:
40'000
# : L'année 2003 correspond
au dernier recensement
effectué par l'ex-DAEL sur
les logements en mains
d'entités publiques.
35'000
Nombre
30'000
25'000
20'000
##: Projection au 1er janvier
2009 (estimatif) pour la
constitution du parc locatif
LUP en 2008.
15'000
10'000
5'000
* Source 2003 et 2008 :
Groupement des
coopératives d'habitation
genevoises
** Source 2008 :
recensement en cours sur
50% de rentrées
0
au
01.01.2003#
au
01.01.2004
au
01.01.2005
au
01.01.2006
au
01.01.2007
au
01.01.2008
au
01.01.2009#
#
Coopératives d'habitation*
3'338
3'338
3'338
3'338
3'338
3'338
4'497
Logements communaux**
11'470
11'470
11'470
11'470
11'470
11'470
13'000
0
0
0
5'144
5'265
5'476
5'619
5'665
5'659
0
HM
531
624
757
1'056
1'256
1'365
1'419
HLM
14'930
14'756
14'004
13'658
13'049
12'228
11'462
HCM
1'810
1'360
1'315
997
606
409
409
LUP acquis + HBMLUP
HBM
0
0
0
7'383
Situation au début de l'année
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 21
9ème Journée du logement
Page 33
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
ère
1 Partie - Intervention II
Bilan et perspectives autour du logement à caractère social:
quelle politique publique des LUP?
5.
Compte rendu de l'intervention de M. François Lance,
maire de Lancy
LUP et partenaires publics:
la vision d'un élu communal
Mesdames, Messieurs,
Présentation de la commune de Lancy
La Ville de Lancy compte au 30 septembre 2008 27'794 habitants. En terme
d’habitants, c’est la troisième commune du canton après les villes de Genève et Vernier, la
huitième de Suisse romande et la vingt-deuxième ville de Suisse.
Il est intéressant de savoir que Lancy comptait seulement 5'000 habitants au début
des années soixante. Son développement a donc été considérable au cours de ces quarante
dernières années.
Commune limitrophe à la Ville de Genève, sa superficie est de 474 hectares. Sur ces
474 hectares, 188 sont en zone de développement soit le 39,76% de la surface de la
commune ou le 46% de la zone à bâtir. La deuxième zone la plus importante est la zone 5
« villas » qui représente 96 hectares, soit le 20,31% de la surface de la commune ou le
23,68% de la zone à bâtir.
Mentionnons encore 50,47 hectares de zone industrielle et artisanale et de
développement industriel et artisanal.
Sur le territoire de Lancy, nous dénombrons 13'300 postes de travail et plus de 1'200
entreprises actives de la PME/PMI à la multinationale.
Le budget de fonctionnement 2009 se chiffre à plus de Frs. 90 millions de francs, y
compris l’état locatif des immeubles locatifs et le budget d’investissements 2009 s’élève à Frs.
43 millions de francs. Ce budget 2009, suscite beaucoup de discussions au sein du CM, car
d’une part nous avons une pression pour la baisse du centime additionnel au vu des résultats
des années antérieures et d’autre part, vu la situation économique de grosses réserves sont
émises sur les estimations fiscales de l’Etat. Toujours est-il que le CM devra se prononcer sur
ce budget le 13 novembre prochain.
9ème Journée du logement
Page 34
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Lancy, c’est également un cadre de vie exceptionnel de par ses nombreux parcs
arborisés, ses équipements sportifs et culturels et la grande diversité de sa vie associative.
C’est aussi le stade de Genève.....situé sur la commune.
Trois grands périmètres de développements sont en phase de démarrage et en étude.
Il s’agit du quartier des Marbriers, de La Chapelle-Les Sciers et de Sovalp le long de la gare
de la Praille. Quelques autres petits périmètres sont en cours d’étude ou en voie de
réalisation, comme le PLQ de Lancy Square datant de 1991. Une fois que tous ces périmètres
seront construits, nous estimons que la population devrait atteindre environ 35'000 habitants.
Le parc de logements de la ville de Lancy se compose principalement de grandes
constructions de 10 logements ou plus.
A titre indicatif, au 30 septembre 2008, le nombre d’étrangers établis sur la commune
s’élevait à 9'642 habitants soit le 34,7% de la population.
Le parc immobilier de la commune de Lancy
Depuis le début des années 1950, la Ville de Lancy s’est pourvue d’un parc immobilier
de logements, souvent modestes, destinés prioritairement à des personnes habitant déjà
Lancy ou disposant d’un lien direct avec la commune.
Ce parc immobilier est intégré directement dans les comptes de la commune et sa
gestion est confiée à une régie en collaboration avec deux CA, l’un délégué au logement et
l’autre aux travaux et constructions.
La majorité de ce parc immobilier se situe dans les périmètres historiques des villages
du Grand et du Petit-Lancy.
Ce parc immobilier représente 132 bâtiments pour 745 logements sur un total de
11'773 situés sur la commune de Lancy.
Ces dix dernières années, nous avons entrepris de gros travaux de rénovation de ces
immeubles, que ce soit au niveau de l’enveloppe extérieure que de la rénovation
d’appartements complets lorsque l’occasion se présentait. Nous sommes très attentifs à
toutes les mesures amenant à des économies d’énergie et à toute production d’énergie
limitant la production de CO2.
L’état locatif total de ce parc immobilier comprenant des immeubles de logements, des
villas, des locaux commerciaux et des parkings s’élève à plus de 11 millions de francs.
Le prix moyen au m2 des logements des immeubles locatifs s’élève à Frs. 2'700.- la
pièce, pour les villas à Frs. 3'100.- la pièce, les locaux commerciaux à Frs. 160.- le m2 et les
9ème Journée du logement
Page 35
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
places de parking à Frs. 1'184.- la place. Vous pourrez constater que notre politique des
loyers pratiqués au niveau de notre parc immobilier est très raisonnable.
Nos critères d’attribution sont : le lien avec Lancy, le revenu du groupe familial et le
nombre d’occupants.
Création d’une Fondation Immobilière
Comme dans chaque commune suburbaine, nous rencontrons des problèmes liés à la
concentration de certaines catégories sociales et particulièrement dans le complexe de l’Etoile
Palettes comptant officiellement plus de 2'000 habitants, mais nous suspectons que ce chiffre
devrait être largement dépassé, à cause d’une suroccupation des logements.
La totalité des allées étant détenus par des propriétaires privés ou une caisse de
prévoyance, il nous est, en tant que collectivité, difficile d’intervenir dans ce complexe. En
effet, de nombreux propriétaires n’ont jamais entrepris de gros travaux sur ces immeubles,
leur aspect intérieur et extérieur ne fait que conforter cette impression d’insécurité.
Lorsqu’il y a deux ans, trois allées étaient mises aux enchères par l’Office des faillites,
le CA s’est demandé si cela n’était pas une occasion d’acquérir ces objets, afin d’être présent
dans ce complexe et d’entreprendre une réhabilitation.
Le CA a pu à l’époque suspendre la procédure à l’Office des faillites, demander une
expertise sommaire à un architecte et surtout entamer un débat au Conseil municipal afin de
savoir si cette proposition correspondait à une attente politique. Était-ce bien à une collectivité
publique d’acquérir ces objets ?
Fin 2006, quelques éminents membres de Fondations publiques ayant des liens avec
Lancy nous informait sur les avantages de la future Loi sur les logements d’utilité publique qui
encourageait les collectivités et les Fondations d’utilité publique à acquérir ou à construire des
immeubles pour en faire des LUP, en précisant que l’Etat injecterait entre 10 et 15% du prix
d’acquisition ou de construction de l’immeuble.
Un autre débat s’ouvrait au Conseil municipal : fallait-il acquérir ces immeubles
directement à travers les comptes de la commune ou créer une Fondation Immobilière dans
l’objectif d’acquérir d’autres immeubles en profitant de cette opportunité.
En définitive, le Conseil municipal a opté pour la création d’une Fondation immobilière
communale tout en maintenant le parc immobilier actuel dans les comptes de la commune.
Les statuts ont été acceptés par le CM ce printemps et nous sommes maintenant dans
l’attente d’une validation par le Grand Conseil.
9ème Journée du logement
Page 36
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Cette fondation a pour but l’acquisition, la construction et la gestion d’immeubles sur le
territoire de la communal, en particulier afin d’assurer l’accessibilité et l’entretien de logements
à loyer raisonnable dans différents quartiers.
Outre les trois allées de l’Etoile Palettes, nous voudrions être présents dans d’autres
quartiers afin d’assurer une mixité de la population, qui est un élément pour le Conseil
municipal.
D’autres opportunités qui se présenteraient seraient saisies par le future Conseil de
Fondation et la Loi sur les Logements d’Utilité Publiques nous donne cette impulsion.
Entre temps, les trois allées de l’Etoile Palettes ont été rachetées à la Fondation de
valorisation de la BCGE par la FPLC qui d’ores et déjà est d’accord de les remettre lorsque la
Fondation sera formellement constituée.
Une fois, cet immeuble acquis, le Conseil de Fondation devra mettre au point les
détails d’application de la Loi sur les logements d’utilité publique.
Conclusion
En guise de conclusion, je dirais que notre objectif est, d’une part, de pérenniser notre
parc immobilier traditionnel intégré dans les comptes de la commune et, d’autre part, de nous
implanter dans des quartiers plus récents et plus denses de la commune, à travers cette
Fondation qui sera créée prochainement. Ceci a pour but de proposer des logements
accessibles à tous types de population, de se soucier d’une certaine mixité et de maintenir
une cohésion sociale dans nos quartiers qui sont des éléments amenant une source de bien
être.
Il est vrai que la Loi sur les logements d’utilité publique nous a donné cette impulsion
de poursuivre dans cette voie et cette façon de procéder a été largement acceptée par les
élus.
Je suis à votre disposition pour des questions éventuelles.
Le texte dit fait foi.
François Lance
Genève, le 7 novembre 2008
9ème Journée du logement
Page 37
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
ère
1 Partie - Intervention III
Bilan et perspectives autour du logement à caractère social:
quelle politique publique des LUP?
6.
Présentation de l'intervention de M. Michel Perizzolo,
directeur du Secrétariat des fondations Immobilières de droit public
(SFIDP)
LUP et partenaires publics:
la vision d'une fondation immobilière de droit public
LOGEMENTS D’UTILITE
PUBLIQUE
Vision
des Fondations
Immobilières de Droit
Public
Pré
Présentation du
7 novembre 2008
SOMMAIRE
Organisation gé
générale des FIDP et du SFIDP
Parc immobilier actuel, acquisitions et projets
Conditions d’
d’accession à un LUP – HBM
Profil des demandeurs actuels
Mixité
Mixité sociale au sein des LUP - HBM
Politique économiques des futurs LUP
Les Fondations Immobilières de Droit
Public (FIDP)
Réorganisation en 2002
Fondation HBM Emile Dupont
Fondation HBM Jean Dutoit
Fondation HBM Emma Kammacher
Fondation HBM Camille Martin
Fondation René
René et Kate Block
Les Fondations Immobilières de Droit
Public (FIDP)
Leur but
CONSTRUIRE, ACQUERIR ET EXPLOITER DES
IMMEUBLES DESTINES AUX PERSONNES A
REVENUS MODESTES
Les Fondations Immobilières de Droit
Public (FIDP)
Leur composition
UN CONSEIL ELU POUR 4 ANS COMPOSE DE :
7 MEMBRES ELUS PAR LE GRAND CONSEIL
7 MEMBRES ELUS PAR LE CONSEIL D’
D’ETAT
1 REPRESENTANT DE LA DIRECTION DU LOGEMENT
CAFI
FHBM
CAMILLE MARTIN
FHBM
JEAN DUTOIT
FHBM
EMMA KAMMACHER
FHBM
EMILE DUPONT
FONDATION
RENE & KATE BLOCK
SFIDP
Les Fondations Immobilières de Droit
Public (FIDP)
Parc immobilier, acquisitions et projets
440 immeubles (allé
(allées)
6’400 logements (dont 160 construits et 836
acquis en 2008)
69 mios de revenu locatif
9 mios de subvention à l’exploitation
Les Fondations Immobilières de Droit
Public (FIDP)
Projets immobiliers
7 projets seront ré
réalisé
alisés d’
d’ici fin 2009
263 logements
87 mios d’investissement
CONDITIONS D’ACCESSION A UN
LUP - HBM
avoir ré
résidé
sidé 2 ans à Genè
Genève pendant les 5 derniè
dernières
anné
années
avoir son domicile fiscal à Genè
Genève
Respecter un taux d’
d’occupation défini par la LGL
(pas plus de 2 piè
pièces de plus que le nombre
d’occupants )
Respecter un taux d’
d’effort défini par la LGL
CONDITIONS D’ACCESSION A UN
LUP - HBM
Exemple d’
d’une famille de 2 adultes et 2 enfants occupant un
logement de 5 piè
pièces :
Loyer annuel Frs 10’
10’000.000.- sans les charges (soit 2’000.000.-/pce)
/pce)
Taux d’
d’effort dé
défini : 18%
Barè
Barème d’
d’entré
entrée : 10’
10’000 / 18% = 55’
55’555.555.-
Barè
Barème d’
d’accè
accès : 90% * 55’
55’555.555.- = 50’
50’000.000.-
Revenu annuel brut : 50’
50’000.000.- +10’
+10’000.000.- +7’
+7’500.500.- + 5’
5’000.000.-+
5’000.000.- = 77’
77’500.500.-
CONDITIONS D’ACCESSION A UN
LUP - HBM
Exemple d’
d’une famille de 2 adultes et 2 enfants occupant un
logement de 5 piè
pièces :
Loyer annuel Frs 15’
15’000.000.- sans les charges (soit 3’000.000.-/pce)
/pce)
Taux d’
d’effort dé
défini : 18%
Barè
Barème d’
d’entré
entrée : 15’
15’000 / 18% = 83’
83’333.333.-
Barè
Barème d’
d’accè
accès : 90% * 83’
83’333.333.- = 75’
75’000.000.-
Revenu annuel brut : 75’
75’000.000.- +10’
+10’000.000.- +7’
+7’500.500.- + 5’
5’000.000.-+
5’000.000.- = 102’
102’500.500.-
CONDITIONS D’ACCESSION A UN
LUP - HBM
Exemple d’
d’une famille de 2 adultes et 2 enfants occupant un
logement de 5 piè
pièces :
Loyer annuel Frs 20’
20’000.000.- sans les charges (soit 4’000.000.-/pce)
/pce)
Taux d’
d’effort dé
défini : 18%
Barè
Barème d’
d’entré
entrée : 20’
20’000 / 18% = 111’
111’111.111.-
Barè
Barème d’
d’accè
accès : 90% * 111’
111’111.111.- = 100’
100’000.000.-
Revenu annuel brut : 100’
100’000.000.- +10’
+10’000.000.- +7’
+7’500.500.- + 5’
5’000.000.+ 5’
5’000.000.- = 127’
127’500.500.-
PROFIL DES 4’685 DEMANDEURS
ACTUELS
Revenus bruts par ménage
situation au 31 octobre 2008
80'001,- à
100'000,9%
>100'001,7%
<50'000,-
<50'000,53%
50'001,- à
80'000,80'001,- à
100'000,>100'001,50'001,- à 80'000,31%
PROFIL DES 4’685 DEMANDEURS
ACTUELS
Nombre de personnes dans le ménage
situation au 31 octobre 2008
4 pers.
11%
5 pers.
5%
6 pers.et plus
2%
1 pers.
42%
1 pers.
2 pers.
3 pers.
4 pers.
3 pers.
17%
5 pers.
2 pers.
23%
6 pers.et
plus
PROFIL DES 4’685 DEMANDEURS
ACTUELS
Nombre de pièces recherchées
situation au 31 octobre 2008
4,5 à 5 pces
18%
5,5 à 6 pces
4%
7 pces
1 à 2,5 pces
21%
1 à 2,5 pces
3 pces
3,5 à 4 pces
4,5 à 5 pces
5,5 à 6 pces
7 pces et plus
3 pces
29%
3,5 à 4 pces
28%
MIXITE SOCIALE AU SEIN DES
LUP - HBM
Répartition 4 pièces USUEL
7080'000
3%
Répartition 4 pièces MIXITE
100110'000
28%
90100'000
41%
8090'000
56%
90100'000
28%
7080'000
30%
8090'000
14%
MIXITE SOCIALE AU SEIN DES
LUP - HBM
Répartition 5 pièces USUEL
110120'000
8%
Répartition 5 pièces MIXITE
120130'000
33%
7080'000
34%
100110'000
92%
100110'000
33%
MIXITE SOCIALE AU SEIN DES
LUP - HBM
Répartition 6 pièces USUEL
Répartition 6 pièces MIXITE
150160'000
17%
120130'000
50%
110120'000
50%
140150'000
17%
120130'000
17%
8090'000
32%
90100'000
17%
POLITIQUE ECONOMIQUE DES
FUTURS LUP - HBM
BENEFICIER DU CREDIT VOTE LE 24 MAI 2007 DE
300 MILLIONS SOUS FORME DE DOTATIONS
MAINTENIR UNE POLITIQUE DES LOYERS
ABORDABLES EN NE BENEFICIANT PLUS QUE DE
10% DE DOTATIONS
MAINTENIR DES LOYERS POUR LES FAMILLES A
REVENUS MODESTES VOIRE TRES MODESTES
DEFIS A RELEVER PAR LES FIDP
POUR L’AVENIR
ACCROÎ
ACCROÎTRE LE PARC DES FIDP CONTRIBUANT A
ATTEINDRE LE SOCLE DE 15% DE LUP A GENEVE
TENDRE VERS DES LOYERS NE NECESSITANT QUE
DE FAIBLES SUBVENTIONS VOIRE PLUS DE
SUBVENTIONS
MAINTENIR UN EQUILIBRE D’
D’EXPLOITATION
SUFFISANT POUR ASSURER LA PERENITE DU PARC
DES FIDP
MENER TOUTES LES REFLEXIONS POSSIBLES POUR
LE MAINTIEN DE CETTE POLITIQUE DES LOYERS
MERCI
POUR VOTRE
ATTENTION
9ème Journée du logement
Page 49
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
ème
2
Partie - Intervention I
Logements d'utilité publique et innovation architecturale:
regards croisés sur les aspects économiques, sociologiques et typologiques
7.
Présentation de l'intervention M. Stéphane Lorenzini,
président de la fondation HBM Camille-Martin
Coûts de construction et loyers LUP
LOGEMENTS D’UTILITE
PUBLIQUE (LUP)
Coûts de construction
&
loyers LUP
Pré
Présentation du
7 novembre 2008
Sté
Stéphane Lorenzini
SOMMAIRE
Donné
Données financiè
financières pour la construction
d’immeubles HBM
Avant la loi LUP
Suite entré
entrée en vigueur de la loi LUP
Baisse du prix de revient des LUP HBM
Etudes et ré
réflexions
Types de mesures possibles
Mesures constructives
Mesures urbanistiques – architecturales
Espace de vie
Mesures financiè
financières
Simplification des procé
procédures
Mise en œuvre des mesures au sein des FIDP
Données financières pour la
construction d’un immeuble HBM
Avant la loi LUP
Dotation de 20% de FP
Loyer de 4’
4’350.350.- par piè
pièce/an (immeubles MINERGIE®)
3’350.350.- par piè
pièce/an de loyer
1’000.000.- par piè
pièce/an de subvention dé
dégressive
Incidences
• Beaucoup de fonds publiques pour la ré
réalisation de
logements identiques aux autres caté
catégories (HLM(HLMHMHM-HCMHCM-Libre)
• Augmentation des loyers en compensation des
diminutions de subvention
Données financières pour la
construction d’un immeuble LUP HBM
Suite entré
entrée en vigueur de la Loi LUP
Dotation de 10% de FP (15% pouvant être admis pour des achats)
Loyers de 3’
3’350.350.- par piè
pièce/an
Obligation de construire MINERGIE®
Pas de subvention à l’exploitation (sauf cas exceptionnels)
Incidences
• Beaucoup plus de logements ré
réalisables avec le
cré
crédit de 300 millions
• Loyers stables
• Baisse des rendements des immeubles des FIDP
• Nécessité
cessité de baisser les prix de revient des
immeubles LUP HBM
Baisse du prix de revient des futurs
immeubles LUP HBM
Etudes et réflexions (1)
Sur mandat du Conseiller d’
d’Etat, Mark MULLER un
groupe de pilotage OLOOLO-FIDP a dé
défini des premiè
premières
pistes de ré
réflexion
4 groupes de travail ré
réunissant des repré
représentants des
millieux de la construction et du logement social ont
travaillé
travaillé sur les thè
thèmes suivants:
Procé
Procédure et Territoire
Espace de vie
Rationnalisation de la construction
Environnement
Baisse du prix de revient des futurs
immeubles LUP HBM
Etudes et réflexions (2)
Un rapport de synthè
synthèse a été remis au Conseiller d’
d’Etat
Un travail complé
complémentaire de chiffrage des mesures et
d’analyse des incidences juridiques a été réalisé
alisé sur sa
demande
Le 3 novembre 2008 le Conseiller d’
d’Etat a demandé
demandé la
mise en application de ces mesures pour offrir à terme
« des loyers abordables sans versement d’
d’une
subvention à l’exploitation ».
Baisse du prix de revient
Types de mesures possibles
1. Mesures constructives:
Imposer des constructions avec des maté
matériaux simples,
résistants et économiques, un systè
système structurel
rationnel et sans complications techniques
Réaliser des opé
opérations importantes permettant de faire
des économies d’é
chelle
d’échelle
Exiger le principe de la gaine unique par appartement.
(Economies tant à l'investissement qu'à
qu'à l'exploitation)
Stricte application du RGL pour l'é
l'équipement des cuisines
Inté
Intégration des WC dans la salle de bain pour les
appartements de 4 et 5 piè
pièces
1. Mesures constructives (suite):
Suppression de la fourniture des armoires
Généralisation du vide d'é
d'étage à 2,40m
Abandon des ascenseurs pour les bâtiments de gabarits
infé
inférieurs ou égaux à R+2, sachant que ces gabarits ne
sont de toute maniè
manière pas propices à des LUP
Encourager la construction de locaux poubelles / vé
vélos
/poussettes à l'exté
l'extérieur des bâtiments
Supprimer pour les LUP les taxes de compensation pour
les abris PC dans les zones ne né
nécessitant pas de
construction
2. Mesures urbanistiques - architecturales:
Suppression des retraits d'attique
Remplacement par des étages complets
Accepter d’
d’augmenter les gabarits pour permettre la
réalisation de rezrez-dede-chaussé
chaussées non habité
habités en
remplacement des soussous-sols
Possibilité
Possibilité de construire des immeubles moins profonds
(permettant des logements plus petits de meilleure
qualité
qualité) mais plus hauts, pour ne pas perdre de droits à
bâtir
Accepter de construire les places de parking plutôt en
surface qu’
qu’en soussous-sol
2. Mesures urbanistiques - architecturales
(suite):
Supprimer les balcons lorsque des compensations
existent (espaces exté
extérieurs amé
aménagé
nagés) ou lorsque les
conditions de bruit les rendent inutilisables
Distribuer si possible plus de deux logements par cage
Eviter de pré
prévoir des accè
accès pompiers sur les dalles de
soussous-sol
3. Espace de vie:
Stricte application des standards de surface du RGL,
amenant à une diminution de la surface des logements
de l'ordre de 18 à 20% avec un ratio SBP/piè
SBP/pièce de 20 à
22 m2/piè
m2/pièce. Diminuer au strict né
nécessaire les
circulations et distribuer si possible plus de deux
logements par cage
Assouplir la notion actuellement trè
très restrictive de piè
pièce
(espace fermé
fermé avec lumiè
lumière naturelle et vue sur
l’exté
extérieur) pour permettre la cré
création de nouvelles
typologies avec de plus grands espaces polyvalents.
Supprimer la dé
déductibilité
ductibilité des surfaces de passage pour
accé
accéder à une piè
pièce selon les cas
4. Mesures financières:
Mutualiser des surcoû
surcoûts inhé
inhérents à la dé
dépollution au
bruit ou à la vé
végétation existante par exemple.
Diminuer les amortissements bancaires pour les
immeubles pé
pérennes
Ne pas fournir de cé
cédules hypothé
hypothécaires en raison de la
garantie de l'Etat et économiser les frais de notaire
Lors de la vente de terrains d'Etat à des Fondations ou de
DDP EtatEtat-Fondation, passer directement par le
conservateur du RF et économiser les frais de notaire
Lors d’
d’opé
opérations mixtes LUP HBM / PPE pé
péréquation
financiè
financière entre les immeubles
5. Simplification des procédures:
Dans les quartiers dé
déjà fortement urbanisé
urbanisés (parcelles
résiduelles) et pour les projets sans enjeux
d’amé
aménagement, ré
réalisation sans l’l’adoption d’
d’un PLQ,
mais par les seules dispositions de la LCI. La commune
garde son droit de regard en émettant son pré
préavis dans
le cadre de l’l’instruction de la demande en autorisation de
construire
Simplifier les procé
procédures de demande d'autorisation de
construire.
Instaurer une gestion informatisé
informatisée des documents pour
la Police des Constructions, les services qui pré
préavisent et
les mandataires pour accé
accélérer les procé
procédures
Mise en œuvre des mesures
au sein des Fondations HBM
Mise en application immé
immédiate
1. Cahier des charges des FIDP
Pré
Présentation des FIDP et des lois à respecter LUP LGL
Recommandation en matiè
matière de conception/construction avec liste
indicative des mesures possibles
Descriptif type
2. Cré
Création d’
d’une commission d’
d’experts dé
dépendante de la
CAFI chargé
chargée de suivre et d’
d’acompagner les Fondations dans
la ré
réalisation de ces nouveaux immeubles LUP HBM
Aide à la ré
réalisation du cahier des charges des procdures AIMP
Expert dans les groupes d’é
valuation lors des procé
d’évaluation
procédures AIMP
Suivi des projets dans la phase de dé
développement (plans financiers)
Analyse aprè
après ré
réalisation
9ème Journée du logement
Page 57
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
ème
2
Partie - Intervention I
Logements d'utilité publique et innovation architecturale:
regards croisés sur les aspects économiques, sociologiques et typologiques
8.
Compte rendu et présentation de l'intervention de M. Laurent Wicht,
chargé d'enseignement à la Haute école de travail social (HETS),
Centre de recherche sociale (CERES)
Population et mixité sociale, besoins et aspirations
Je vais essayer de vous proposer un cadrage de cette vaste notion de mixité sociale,
de cette "fameuse" notion de mixité sociale. A défaut de pouvoir apporter des réponses
définitives quant aux besoins et aux aspirations de la population vivant en situation de mixité
sociale, je vais tenter de partager avec vous les quelques questions qui se posent à propos de
cette notion.
La mixité sociale est d'abord un objectif politique qui renvoie à un idéal de société :
bien vivre ensemble dans une société plurielle, dans une société où il y a de la diversité. Cet
idéal de société est sous-tendu par des valeurs humanistes, des grandes valeurs
républicaines comme la cohésion sociale, l'égalité des chances, la non-discrimination.
Pourtant aucune loi, ne définit véritablement des critères à la mixité, alors qu'il y a un certain
nombre de variables à retenir. Ce peut être effectivement la dimension économique, mais il y
a d'autres dimensions à prendre en compte, comme l'appartenance à telle ou telle couche
sociale, à une nationalité, à une culture, ou encore à une génération.
Cet objectif politique vise, en fait, à éviter le mythe du ghetto ou le ghetto mythique. Ce
terme ghetto, est souvent employé dans le langage commun. Il s'agit pourtant d'un mot fort
dans sa définition originelle, car il renvoie au ghetto de Venise du 16ème siècle, et donc aux
préjugés, aux discriminations, aux ségrégations, et aux violences qui peuvent s'exercer à
l'encontre d'une certaine catégorie de la population. Aujourd'hui l'on espère être loin de ce
type de velléités d'exclusion. Par conséquent, Il s'agit de comprendre cet objectif comme la
volonté de réduire les poches de pauvreté, mais aussi, de réduire le développement de
l'échec scolaire, pour éviter, par exemple des spirales d’exclusion, des reproductions de
situations sociales difficiles. Au niveau des immeubles d'habitation, il peut s'agir aussi d'éviter
la dévalorisation du patrimoine immobilier. Voilà donc une définition de la mixité sociale en
termes d'objectif politique.
Je vais maintenant vous proposer l'éclairage des sciences sociales et en particulier de
la sociologie à propos de cette même notion. La sociologie, en fait, ne traite pas directement
de cette question de mixité. Elle aborde la question par l'autre bout si vous voulez, en mettant
en lumière des mécanismes sociaux de ségrégation ou à l'inverse, d'agrégation. Donc, quand
9ème Journée du logement
Page 58
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
les sociologues posent la question : "Y a-t-il un besoin universel de même vie sociale"
généralement la réponse est non. En fait, il faut s'imaginer que les individus, les familles vont
essayer de s'agréger avec des individus, des familles qui ont la même vie sociale. Ce type de
constat confirme un peu ce vieil adage populaire qui dit : "Qui se ressemble, s'assemble" et
l'on rencontre alors des discours du type : " on va élever les enfants avec des enfants de
familles qui nous ressemblent puisque on a les même valeurs en matière d'éducation…" A
l'inverse lorsque ces individus n'ont pas les moyens de s'agréger, de faire un choix, ils
peuvent aussi, dans certains cas, être ségrégué. Il s'agit là aussi d'un mot fort, qu'il faudrait
peut-être nuancer, en termes de contrainte de vivre dans un espace avec des personnes qui
ont la même vie sociale que soi.
En fait, plutôt qu'à une question de mixité, ces observations renvoient à une question
d'homogénéisation, qui serait alors choisie ou subie. Sur un plan historique un sociologue
comme Jacques Donzelot parle de la ville au 19ème siècle, en la décrivant comme un territoire
de mixité, de forte mixité "intra muros". Mais, il explique que c'était aussi le théâtre de conflits
sociaux importants et visibles. Au cours du 20ème siècle, nous assistons plutôt à des modes
d'homogénéisation de la ville. Ce peut être par des mécanismes de relégation. L'on se réfère
souvent à ce propos à la question des banlieues françaises, mais ce peut être aussi la
question du ghetto, du ghetto afro-américain. L'on en parle beaucoup aujourd'hui et l'on voit
effectivement le poids des stigmates avec l'élection de Barack Obama. Le ghetto afroaméricain, c'est l'homogénéité ethnique, alors que la banlieue à la française, c'est
l'homogénéité des difficultés sociales, alors même qu'on y trouve une pluralité de nationalités.
D'autres modes d'homogénéisation sont à l'œuvre aujourd'hui comme la périurbanisation,
quand les classes moyennes ne peuvent pas habiter, ou ne veulent pas habiter en banlieues,
se réfugient peut être en zones villas, ou encore la gentrification des quartiers populaires qui
sont investis par des bourgeois bohèmes, des classes aisées, des artistes. Les sociologues
sont assez friands de ces différentes formes "d'entre soi", il y a des ouvrages célèbres sur la
culture populaire, la culture du pauvre, les banlieues rouges qui montrent qu'effectivement les
gens des milieux populaires avaient construit des modes de vivre ensemble qui leur
convenaient. A l'autre extrême de l'échelle sociale, certains chercheurs s'intéressent aussi à
la question des beaux quartiers, dernièrement, Michel Pinçon a publié un ouvrage au titre un
peu provocateur: les ghettos du gotha. Cet ouvrage montre comment les personnes aisées
défendent leurs espaces pour être "entre soi", et ne pas être mélangées avec des personnes
plus modestes. Avec ces exemples très tranchés, il faut tenir compte du fait que les familles
se livrent à une concurrence pour trouver le meilleur compromis entre une proximité de
l'emploi et une localisation agréable. Évidemment, dans des situations de pénurie de
logements, ce sont toujours plus les moyens économiques qui vont faire la différence, ce qui
peut engendrer des recompositions sociales au niveau du territoire qui ne sont pas tout à fait
maîtrisées.
A propos des nouveaux grands ensembles d'habitation, où l'on peut généralement
rencontrer une grande mixité sociale, le sociologue Jean-Claude Chamboredon, met en
lumière des mécanismes pas très engageants par rapport à ce type de configuration. Il
affirme que lorsqu'on est face à une grande distance sociale dans une même proximité
9ème Journée du logement
Page 59
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
spatiale, l'on a plutôt tendance à voire naître des conflits sociaux. En effet, les gens n'ont pas
les mêmes habitudes, la même aspiration à vivre le quotidien, donc, les coexistences sont
difficiles à cause de l'écart entre les catégories de gens (classes modestes, moyennes et
supérieures). En effet, ces coexistences sont souvent forcées et les habitants les ressentent
un peu comme contre nature. Dans ce contexte, les positions sociales qui jouent le rôle
d'arbitre, sont souvent les positions moyennes qui peuvent considérer comme valorisant
d'habiter à proximité de personnes en position supérieure, surtout si on est dans un contexte
économique avec des chances de mobilité sociale ascendante. Par contre, au contact de
personnes en position inférieure ou avec de grosses difficultés sociales, et, si l'on est dans un
contexte de mobilité sociale descendante, eh bien, les membres des classes moyennes
peuvent être amenés à développer un sentiment d'insécurité et ne pas trouver cette
cohabitation agréable.
Ce constat peut paraître un peu déprimant lorsque l'on s'intéresse au développement
de la mixité sociale. Effectivement, la mixité dans certains cas, peut rencontrer des obstacles,
et ce d'autant plus si aucun moyen n'est mis en place pour soutenir ou favoriser l'émergence
de contacts, de mise en place de référentiels communs. A Genève, nous avons des
exemples où ça a plutôt bien fonctionné, car nous ne connaissons pas la situation de quartiers
laissés à l'abandon.
Nous pouvons prendre deux exemples: l'exemple de Meyrin, la première cité satellite
de Suisse. A l'origine, il y avait à Meyrin une grande mixité de nationalités, mais plutôt des
dominantes autour des classes moyennes, de jeunes couples avec enfants, puis des
aspirations et des besoins communs où des gens se sont rencontrés. Il y a des témoignages
de gens qui nous disent : "on avait développé de la solidarité entre mamans, on avait
revendiqué un certain nombre d'équipements et c'est comme ça qu'on a trouvé un mode de
vivre ensemble qui convenait, même si on était éloigné par l'origine, par des nationalités et
des provenances très différentes". Donc 50 ans après, l'on rencontre des personnes qui se
déclarent un peu comme des pionniers du Far Ouest, et qui en sont très fiers. Il existe aussi
un tissu associatif extrêmement dense. Ensuite les moyens ont suivi. Il y a eu à Meyrin, une
politique de proximité, et véritablement on ne parle même plus de cité en ce qui concerne
cette commune, mais d'une ville à part entière, d'une ville à la campagne où les gens
développent un sentiment d'appartenance.
L'autre exemple, ce sont les Tours de Carouge, là, l'enjeu était: "comment faire pour
que cet ensemble puisse coexister par exemple avec la cité historique?" D'autant plus qu'il y
avait à l'origine dans les Tours un groupe d'habitants homogène plutôt populaire, des gens qui
partageaient des valeurs communes, qui avaient développé un certain nombre de règles
tacites. Récemment nous avons mené une étude dans cet ensemble et l'on s'est aperçu que
cet ensemble était parfaitement intégré dans la commune, les habitants des Tours de
Carouge se sentaient pleinement carougeois.
Dans ces deux exemples l'on trouve une sorte de groupe dominant qui a donné le ton
et qui a construit un mode de vivre ensemble, partagé. Dans un cas, il s'agit d'un groupe
9ème Journée du logement
Page 60
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
dominant plutôt populaire, dans l'autre, plutôt de classe moyenne. Voilà donc des exemples
dont Genève peut être fière. Mais, pour mettre une petite ombre au tableau tout de même, 40
ans ou 50 ans après, on s'aperçoit que la population change dans ces espaces-là et que les
anciens habitants développent petit à petit des sentiments d'insécurité précisément parce
qu'on réintroduit une certaine forme de mixité sociale et que des nouveaux arrivent qui ne
partagent pas forcément les valeurs communes qui ont été développées pendant 50 ans.
Aujourd'hui, les municipalités, les milieux associatifs, les travailleurs sociaux savent bien le
travail qu'il faut faire pour que ces nouveaux habitants puissent s'intégrer et que ces espaces,
conservent leur capital de réussite.
En ce qui concerne maintenant ce nouveau quartier de la Tambourine, où nous allons
effectuer un monitoring sociologique, un suivi de trois ans, pour étudier les effets de la mixité
sociale, mais surtout de la mixité économique au sein des deux immeubles LUP, mais aussi
entre les deux immeubles LUP et le reste du quartier. La question que l'on se pose au début
de notre recherche est : "quelle est la distance sociale initiale entre les habitants ?"
Nous avons une donne de départ: c'est la mixité économique qui est déterminée par
le système des loyers. Mais il y a probablement d'autres éléments, nous allons donc aussi
nous intéresser aux types de ménages (célibataires, familles avec enfants), aux catégories
socioprofessionnelles, qui ne sont pas forcément liées au revenu, aujourd'hui on peut avoir
des gens qui ont des bac+5 et qui ont des revenus très faibles, aux nationalités, aux cultures,
et aussi aux types de soutien social que certains locataires reçoivent.
Comme ces éléments sont des données statistiques un peu froides, nous allons aussi
proposer aux habitants un questionnaire et toute une série d'entretiens sur leur conception du
vivre ensemble. Nous allons essayer de comprendre leur perception de la cohabitation au
sein d'un même immeuble. Par exemple, est-ce que tout le monde est unanime pour dire:
"voilà, c'est un quartier dans lequel j'ai envie d'habiter", ou "j'ai envie de développer un certain
nombre de liens" ou au contraire "c'est un quartier où j'aimerais juste être tranquille quand je
reviens du travail". Nous allons aussi essayer de saisir leur conception de la régulation des
petits conflits de voisinage. Est-ce que les habitants auront tendance à dire: "dès qu'il y a un
problème, on appelle le concierge ou la régie" ou alors au contraire vont-ils mettre en avant
des modes de faire de type…"ça serait intéressant que les adultes soient un peu coveillants à
l'égard des enfants et que lorsque un adulte voit un enfant qui fait une bêtise et qui n'est pas
le sien, le gronde aussi un petit peu".
Donc, nous ne savons pas encore aujourd'hui quelle est l'opinion des locataires de la
Tambourine sur ces questions-là. Quelles sont, par exemple, leurs attentes vis-à-vis du
concierge? Se contenteraient-ils d'un concierge qui nettoierait bien le bâtiment ou
préfèreraient-ils un concierge qui régule les petits conflits, un concierge qui, avec une
dimension sociale, donne un coup de main et veille sur les locataires isolés…
D'autres dimensions seront retenues aussi comme les attitudes et les attentes à
l'égard des espaces intermédiaires. Par espaces intermédiaires nous entendons les paliers,
les allées, ces espaces qui sont en fait la frontière entre le public et le privé, qui sont souvent
9ème Journée du logement
Page 61
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
assez mal définis et source de petits conflits de voisinage. Dès lors, nous poserons des
questions du type : "Trouvez-vous acceptable de laisser son sac-poubelle devant la porte?"
Ce type d'élément peut paraître un peu futile mais ce sont des petites choses qui peuvent
assez vite poser des difficultés et engendrer des tensions de voisinage.
Au fil de ces trois ans d'étude, nous allons donc essayer de comprendre si, à la
Tambourine, se développe une cohabitation partagée, si les gens vont faire des compromis,
vont accepter des aménagements dans leur conception initiale du vivre ensemble. Mais nous
allons aussi essayer de saisir les modes de régulation qui vont être mis en œuvre. En effet, en
trois ans, il va forcement y avoir des difficultés, il risque d'y avoir des pétitions, des demandes
à la régie. L'immeuble est construit, mais maintenant il reste à être habité. La dernière
question importante concernant les habitants des LUP est liée à leur intégration dans le
quartier et dans la commune. Ces derniers vont-ils développer un sentiment d'appartenance
au quartier, participer à l'association des habitants, utiliser les services de la commune ?
Pour conclure, je dirais que la mixité sociale, est une notion qui est à l'épreuve :
•
Des moyens mis en œuvre pour soutenir une cohabitation partagée. je crois
en effet avoir montré que la mixité sociale ne va pas de soi … Certes, il faut
une orientation politique générale, elle est indispensable, mais elle doit être
accompagnée de moyens. Nous venons de le voir la commune de Lancy a
racheté un immeuble en difficulté, c'est une opération lourde. Il peut y avoir
des moyens mis en œuvre plus légers, comme par exemple l'engagement d'un
concierge avec une dimension sociale plutôt qu'une entreprise de nettoyage.
Mais je pense surtout à tout ce qui est mis œuvre au niveau municipal comme
les dispositifs de maisons de quartier, les associations où les gens peuvent se
rencontrer, les travailleurs sociaux de proximité. La fondation HLM de la Ville
de Carouge a par exemple fait le choix d'engager un travailleur social de
proximité pour essayer de favoriser les contacts entre les nouveaux et les
anciens locataires de ses immeubles. En termes de mise en œuvre de
moyens, un dernier élément me semble prépondérant, il s'agit des partenariats
entre les communes et l'Etat, et pas uniquement sur la construction mais aussi
sur le développement et l'accompagnement du vivre ensemble dans les
quartiers.
•
D'une notion d'échelle, Nous avons parlé de mixité au niveau de l'immeuble et
du quartier dans le cas de la Tambourine, mais il y a aussi la question de la
répartition sociale au niveau des communes et de l'ensemble du canton. Donc
à quelle échelle parle-t-on de la mixité sociale ?
•
De la question du contexte socio-économique. Il ne faut pas dissocier la
question urbaine de la question sociale, dans les années 60, quand Meyrin a
été construit, l'on était dans un contexte où il y avait des chances d'ascension
sociale. Aujourd'hui, nous sommes dans un contexte où les inégalités vont se
9ème Journée du logement
Page 62
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
creuser, la distance sociale va se creuser et cela risque d'être problématique
lorsque l'on envisage cette question de la mixité sociale.
•
D'une question de temps. La mixité sociale est une alchimie à étudier et à
accompagner dans la durée, j'espère donc qu'avec cette étude à la
Tambourine pendant trois ans, nous allons pouvoir contribuer à ce
questionnement. .
Le texte dit fait foi.
Population et mixité sociale
Besoins, aspirations
Novembre 2008
La mixité comme objectif politique
Idéal de société
Valeurs :
• Cohésion sociale
• Egalité des chances
• Non-discrimination
Quels critères de «Mixités» ?
Aucune loi …..aucun cadre
Quelques variables
•
•
•
•
•
La mixité « économique »
Couches sociales
Nationalités
Cultures
Génération
Quelles finalités ?
Eviter le mythe du « ghetto »
Au niveau du territoire local
• Réduire les poches de pauvreté
• Réduire le développement de l’échec scolaire
Au niveau de l’immeuble d’habitation
• Eviter la dévalorisation du patrimoine
immobilier
Mixité VS Ségrégation /Agrégation
Besoin universel de même vie sociale ?
« S’agréger » avec des familles/personnes
qui ont la même vie sociale ?
« Être ségrégué » avec des
familles/personnes qui ont la même vie
sociale ?
Homogénéisation
Homogénéisation subie / choisie
(Donzelot, 2006 )
Modes d’homogénéisation
• La relégation => Ghetto, le quartier d’exil
• La peri-urbanisation => Zones villas
• La gentrification => Le quartier populaire
« bobo »
Deux formes « d’entre soi »
La culture du pauvre (Hoggart, 1957) ou la
banlieue rouge (Dubet,1992)
Les ghettos du gotha ou Dans les beaux
quartiers (Pinçon, 2007;1989)
Importance de la notion de choix
Choix , possibilités de mobilité dans le
territoire
Perspective économique (Selard, 2005)
⇒Les familles se livrent à une concurrence pour
trouver le meilleur compromis entre
⇒Proximité de l’emploi
⇒Localisation agréable
Le nouvel ensemble
Rencontre de trajectoires sociales fort
différentes :« grande mixité sociale »
Une distance sociale dans une même
proximité spatiale (Chamboredon,1970)
Positions inférieures
Positions moyennes
Positions supérieures
Risques de mobilité
Chances de mobilité
descendante
ascendante
« Coexistence contre nature »
Un groupe dominant qui donne le ton
……qui construit un mode de « vivre
ensemble partagé »
- L’exemple de Meyrin
- L’exemple des Tours de Carouge
Meyrin
Lors de la création de la première cité
satellite de Suisse
• Une grande mixité de nationalités
• Des dominantes
• « classes moyennes »
• Jeunes couples avec enfants
• Des aspirations et des besoins communs
Cinquante ans après
• La fierté des « pionniers »
• Un tissu social dense
• Un sentiment d’appartenance à une « ville à
la campagne »
Les Tours de Carouge
Une cohésion sociale organisée autour
• Du sentiment d’appartenance à un même groupe
social
• De valeurs partagées (effort personnel, engagement
dans le travail).
• D’une certaine solidarité et des règles tacites mais
fortes
Un ensemble parfaitement intégré à la
commune
Une étude à la Tambourine
Un Monitoring sociologique de trois ans
pour étudier les effets de la mixité
économique :
• Au sein des deux immeubles LUP de la
Tambourine
• Entre les deux immeubles LUP et le quartier
de la Tambourine
Quelle distance sociale initiale ?
Une donne de départ :
« mixité économique »
Quelles autres mixités ? :
• type de ménage (taille, type de foyer, âge
des adultes, âge enfants)
• catégories socioprofessionnelles
• nationalités
• origines, cultures
• types de soutien social (HG, chômage, AI)
Conception du « vivre ensemble » ?
Cohabitation au sein d'un même
immeuble
Régulation des petits conflits de
voisinage
Attentes vis-à-vis du concierge et de la
régie
Attentes et attitudes à l'égard de l'usage
espaces intermédiaires
Attentes et attitudes vis-à-vis d’un tel
projet d’habitation
Vers une cohabitation partagée ?
Constitution progressive d’un référentiel
commun ?
• Transformations, compromis, aménagements
des diverses conceptions du Vivre Ensemble
• Modes de régulation, de coopération autour
des événements liés à la vie des immeubles
Intégration dans le quartier et la commune
• Sentiment d’appartenance
• Usage des services et équipements
Vers une cohabitation partagée ?
Des indicateurs de l’état du « Vivre
Ensemble »
•
•
•
•
•
Types de plaintes/déprédations/conflits
Types d’initiatives/solidarités-contrôle
Rotation au cours des trois ans
Degré de satisfaction
Sentiment de sécurité ou d'insécurité
La mixité à l’épreuve ….
des moyens mis en œuvre
• Une orientation politique générale
indispensable mais des moyens ciblés en
fonctions des contextes locaux
d’une notion d’échelle
• Canton- Communes- Quartier- Immeuble
du contexte socio-économique
• Une question urbaine intimement liée à la
question sociale
du temps
• Une alchimie à étudier, à accompagner dans
la durée
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
ème
2
Partie - Intervention II
Logements d'utilité publique et innovation architecturale:
regards croisés sur les aspects économiques, sociologiques et typologiques
9.
Compte rendu de l'intervention de M. Bruno Marchand, professeur à
l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EFPL),
Institut d'architecture et de la ville (IA),
Laboratoire de théorie et d'histoire (LTH)
Conception des logements collectifs et innovation architecturale
Le professeur Bruno Marchand est très heureux d'avoir la possibilité aujourd'hui de
montrer une partie de ses recherches parce qu'à son avis la question économique et sociale
du logement n'est plus traitée aujourd'hui de manière centrale dans les publications des
professionnels de l'architecture. Les préoccupations actuelles se concentrent plutôt sur les
questions écologiques et énergétiques et l'émergence de cette conscience écologique lui
semble faire dériver le discours par rapport à la question économique et sociale. Il trouve un
intérêt certain à s'immerger à nouveau dans ces préoccupations qui sont sous-traitées
aujourd'hui par rapport aux préoccupations plus "visibles".
Il souhaite également soulever une forme de paradoxe auquel il a été confronté alors
qu'il participait à un juré d'un concours d'architecture en compagnie d'experts qui cherchaient
à croiser des données de nature énergétique et financière. Leurs conclusions pour allier les
questions écologiques, économiques et sociales préconisaient des bâtiments de logement en
forme de barres simples, orientées nord-sud et emballées d'isolation périphérique, ce qui
donne une vision un peu caricaturale, dogmatique et affligeante de l'architecture. Les
architectes doivent pouvoir avoir une attitude précise pour dominer ces critères afin qu'il n'y ait
pas une uniformisation de la pensée et de la production architecturale, telle qu'elle peut
ressortir du discours de ces experts.
Il souhaite encore signaler que s'il travaille effectivement beaucoup avec ses étudiants
candidats au doctorat sur la question du logement, en particulier en Suisse allemande et
maintenant en Suisse romande par l'entremise de la thématique des concours d'architecture,
la grande majorité des projets dits "innovants" qu'il analyse ne concernent pas à proprement
parler le logement social et économique mais plutôt des réalisations d'un standard
relativement élevé, voire luxueux. Néanmoins les mandataires concernés, en l'occurrence ici
souvent des sociétés coopératives, mettent au centre de leur préoccupation la question de
l'innovation qui doit trouver une réponse dans les propositions des participants aux concours.
Dans le matériel proposé aujourd'hui, M. Marchand puise donc des exemples et des pistes de
réflexions même si certaines références proposent un décalage par rapport aux objectifs que
se sont données, à titre d'exemple, les Fondations immobilières de droit public.
9ème Journée du logement
Page 73
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Cette notion de l'innovation l'interroge dans le cadre de la thématique du logement. Le
logement correspond souvent à des usages relativement stables dans le temps. Nous ne
vivons pas de façon totalement différente des années 1950 au niveau typologique même si il y
a eu une évolution considérable des normes de confort. D'un autre côté, il y a des signes forts
de modifications sociétales et des structures familiales (familles recomposées, cohabitation
des générations, etc.), qui par ailleurs, touchent aussi bien les familles aisées que les familles
pauvres. Il est donc toujours important pour un architecte d'être au courant de ces évolutions.
A ce titre, il souligne l'importance de continuer à faire des études comme celle de la HES sur
l'Immeuble Tambourine et regrette que la discipline de la sociologie de l'habitat a quelque peu
disparu ces dernières années des écoles d'architecture, déconnectant les architectes d'une
réalité sociale.
Le professeur Marchand souligne que l'histoire de l'architecture a connu une phase,
celle de la modernité, qui a produit des innovations radicales dans le domaine du logement.
Cette radicalité s'exprime dans le fait que ces innovations ont même été parfois contre les
usages et les pratiques familiales de la population. A titre d'exemple, il cite les cuisines qui,
pour des raisons tout à fait légitime pour l'époque, ont été prévues relativement petites (6 à
9m2) même si par ailleurs elles sont de grande qualité spatiale. Il est vite apparu dans de
nombreux cas que les familles venues des campagnes dans ces logements modernes ont eu
beaucoup de peine à s'y habituer car la cuisine traditionnelle restait pour eux le centre du
foyer où s'articulaient les actes d'habiter. Cela démontre la résistance des gens face à
certains diapositifs spatiaux innovants. Dans le logement, les innovations radicales sont
souvent des échecs, et les "vraies" innovations sont plus des reprises et des adaptions
d'anciens dispositifs avec une remise à jour très efficace.
M. Marchand souhaite illustrer rapidement par différents exemples que l'innovation
relève aussi souvent de la bonne gestion des contraintes et des contraires.
Dans l'ensemble d'habitations de Selnau (ZH) conçu par P. Spühler, le dispositif
innovateur proposant un palier ouvert faisant office d'espace d'accueil extérieur en dehors du
logement permet de gérer un immeuble de forte densité sur cour. Cette soupape de
respiration par rapport à la cour que constitue cet espace extérieur permet son appropriation
par les habitants, qui l'occupe comme un balcon.
Au niveau de la forme urbaine, des innovations très simples peuvent apporter une
qualité supérieure. Dans le projet lauréat du concours pour la Colonie d'habitation AspholzSüd, des inflexions très simples ont été introduite dans la barre d'habitation, ce qui crée une
ondulation en façade. Elle a par répercussion un effet très fort et radical sur la modulation des
appartements, qui sont tous un peu différents, et sur la perception de l'espace extérieur.
Au niveau de l'organisation spatiale, le logement collectif économique peut se
caractériser à Genève par deux figures. Le premier exprime le quatre pièces genevois typique
des immeubles Honegger des années 1950 avec les deux chambres d'un côté, la cuisine et la
salle à manger de l'autre et les sanitaires au centre, le tout dans une orientation est-ouest.
9ème Journée du logement
Page 74
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Cette distribution des pièces a par ailleurs contribué à normaliser l'épaisseur des bâtiments à
Genève. La deuxième figure travaille plus dans la transversalité, où les chambres se trouvent
des deux côtés du bâtiment et où le séjour/salle-à-manger est également traversant. Ces
deux exemples sont utilisés à Genève de manière plus ou moins adéquate selon les
contextes.
A partir de ces deux modèles, des déclinaisons alternatives sont possibles, comme par
exemple des dispositifs "en baillonnette" qui aménagent des pièces de transition
supplémentaires. Elles améliorent la qualité du logement, comme dans le cas de l'ensemble
d'habitation Katzenbach à Zürich (bureau Zita Cotti). Le dispositif qui propose un noyau
central ne remet pas totalement en question les typologies "classiques" mais enrichit les
parcours et les degrés d'intimités d'accès aux pièces privatives. Les organisations spatiales
proposant un espace de vie traversant en forme de "Z", ou la création d'espace de transition
dans les entrées, sont des dispositifs intelligents qui utilisent au mieux l'espace à disposition.
Le projet de Herman Hertzberger à Kassel propose des logements relativement simples au
niveau typologique mais, en contrepartie, les paliers de la cage d'escalier extérieure sont
dimensionnés de sorte à devenir des vrais lieux de vie. La notion de la porte coulissante
permet également de flexibiliser l'espace et d'augmenter la sensation d'espace si les
ouvertures spatiales jouent sur la perception de la diagonale de l'appartement. L'utilisation
d'une porte à double vantail peut également renforce la transversalité de l'appartement et
créer une sentiment d'espace plus grand, tout en proposant une chambre particulière. Cette
flexibilité de l'espace introduit parfois dans la typologie la notion d'une pièce indépendante qui
vient ajouter un mode d'occupation particulier par rapport à l'appartement classique.
Les dispositifs de "relations filtrées" entre cuisine / séjour / loggia sont des éléments
qui renforcent la qualité spatiale et sociale de l'appartement en articulant des espaces
intermédiaires de relation intérieur/extérieur. M. Marchand estime que ces questions de
prolongement extérieur du logement, quel que soit sa forme, demeure important pour la
qualité des logements. Dans certaine situation, les balcons pourraient être supprimés, mais il
faut alors penser à des dispositifs compensatoires innovateurs qui tiennent compte de cette
dimension relationnelle entre l'intérieur et l'extérieur (loggia, toiture-terrasse, etc.). On pourrait
même imaginer, comme dans le cas du projet pour la Colonie d’habitations Brunnenhof,
(concours, 2e prix, Zach & Zünd, 2003), avoir des séjours plus petits mais avec un grand
balcon conçu comme le prolongement du logement.
M. Marchand reconnaît que ces exemples sont plus largement dimensionnés que le
logement social mais il n'est pas certain que ce type de dispositif engendre des coûts
supplémentaires disproportionnés. L'ensemble des dispositifs présentés ne sont pas
forcément économiques mais donnent à réfléchir sur la qualité spatiale désirée. Il est
important d'ouvrir ces pistes et voir dans quelle mesure ils peuvent être intégrés dans le plan
financier. Il n'est pas du tout sûr qu'elle renchérisse le budget de construction autant
qu'attendu et l'investissement mis contribue dans tous les cas à la qualité sociale et
architecturale du logement.
9ème Journée du logement
Page 75
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Le professeur Marchand propose qu'avant de normaliser les mesures de réduction de
coûts de construction ou de production d'éléments architecturaux standardisés, il faut les
travailler dans un contexte donné par rapport à des objectifs relatifs et non dans un but absolu
avec une vision uniquement sectorielle. La question économique et sociale s'inscrit dans une
problématique globale qui inclut la qualité du logement au niveau architectural.
Compte rendu réalisé par Vinh Dao.
Ce compte rendu n'engage pas l'orateur.
Le texte dit fait foi.
9ème Journée du logement
Page 76
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Pour des questions de droits d'auteur
sur les œuvres architecturales présentées,
les illustrations de l'intervention
du prof. Bruno Marchand ne peuvent être publiées.
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
ème
3
Partie - Intervention I
LUP, mode d'emploi:
quelques questions concrètes autour de la réalisation de LUP
10.
Présentation de l'intervention de M. Philippe Favarger,
directeur à l'Office du logement, DCTI
Dotations, prix des terrains et de la construction, rendements et loyers
LUP – MODE D'EMPLOI
LOGEMENTS
Journée du logement
du vendredi 7 novembre 2008
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 1
1. CATEGORIES DE LOGEMENTS
Avant le 31 juillet 2007 (date dépôt DD) :
article 5 LGZD - besoin prépondérant d'intérêt général
Pratique des 2/3 - 1/3
Depuis le 31 juillet 2007 :
Zone 5 et zone agricole : article 4A LGZD
Autres zones : article 5 LGZD
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 2
ARTICLE 4A LGZD
• Zone 5 classée en zone de développement avant le 1.1.07:
30% HM ou coopérative
ou cession de 25% du terrain à l'Etat (LUP)
• Zone 5 classée en zone de développement après le 1.1.07:
15% HM ou coopérative + cession à l'Etat de 15% du
terrain (LUP)
ou cession de 25% du terrain à l'Etat (LUP)
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 3
ARTICLE 4A LGZD
• Zone agricole et Communaux d'Ambilly :
25% LUP (évt cession du terrain à l'Etat)
ET 25% HM, HLM ou coopérative
Périmètre pertinent : DD
Unité de référence = surface brute de plancher
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 4
ARTICLE 4A LGZD
Dérogations article 4A alinéa 5
• Circonstances :
coût élevé (petite opération, charge
foncière élevée, petit gabarit, travaux
spéciaux, par ex.), une seule allée
• Compensation : surface brute de plancher
PLQ, plan de zone, région
Garanties : convention, mention
• Cas de peu d'importance : < 500 m2 SBP
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 5
ARTICLE 4A LGZD
Dérogations article 4A alinéa 5
• Pas de compensation avec un immeuble existant ou
autorisé
• Compensation dans un délai raisonnable
• Garantie de compensation
• Demandes de dérogation déposées avec la DD
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 6
ARTICLE 5 LGZD
Autres zones (industrielle et 4 notamment)
En principe :
1/3 HM ou coopérative
ou
20% LUP
Restent réservés les cas particuliers : PAV, SOVAXXX
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 7
TERRAINS DE L'ETAT
• En priorité et à parts égales :
FIDP (CAFI)
Coopératives (Groupement)
• En principe LUP
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 8
2. DOTATIONS LUP
Article 4 LUP
Fondations de droit public et communes
En principe 10% du prix de revient
Limite : budget (CHF 30 mio. par an, CHF 60 mio. maximum)
2008 : CHF 55 mio., CHF 46 mio après RGI
2009 (projet) : CHF 48 mio.
Couplage avec prestations LGL (cautionnement, IIC)
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 9
3. PRATIQUES ADMINISTRATIVES
Contrôle de l'Etat
• Article 2 LUP
• Approbation plan financier et état locatif
• LGL par analogie
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 10
3. PRATIQUES ADMINISTRATIVES
Prix terrains
• Pratique uniforme LGZD - LGL – LUP
Prix construction
• Distinction selon catégorie
• Plafond LUP pas fixé
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 11
3. PRATIQUES ADMINISTRATIVES
Rendements
Taux de rendement sur fonds propres :
•
En principe : LUP idem LGL
•
Immeubles existants : rendement inchangé
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 12
3. PRATIQUES ADMINISTRATIVES
Loyers
Objectif LUP : idem HBM (CHF 4'350 / pièce / an)
Possible plus (coops par ex.)
Possible moins (FIDP)
Modifications de loyers : article 42 LGL par analogie (charges
financières, d'exploitation et d'entretien)
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 13
9ème Journée du logement
Page 85
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
ème
3
Partie - Intervention II
LUP, mode d'emploi:
quelques questions concrètes autour de la réalisation de LUP
11.
Compte-rendu et présentation de l'intervention de
Mme Marie-Christine Dulon,
directrice à l'Office du logement, DCTI
Questions relatives aux locataires des logements d'utilité publique
Bref résumé de la présentation effectuée
lors de la Journée du logement du 7 novembre 2008
1.
Les bases légales applicables :
Deux lois cantonales régissent les questions relatives aux locataires de logements d'utilité
publique, à savoir :
-
la loi pour la construction de logements d'utilité publique du 24 mai 2007 (I 4 06 – ci
après LUP)
-
La loi générale sur le logement et la protection des locataires du 4 décembre 1977
(I 4 05 - ci après LGL)
Plus précisément, trois articles de la LUP concernent les locataires. Ils ont la teneur
suivante :
-
Art. 1 al. 2 : "Un logement est d'utilité publique au sens de la présente loi si un taux
d'effort et un taux d'occupation sont appliqués et s'il est détenu par l'Etat, une
fondation de droit public, une commune ou un organisme sans but lucratif. "
-
Art. 3 : "Protection des locataires
1
En cas d'acquisition d'un immeuble d'habitation au moyen du présent crédit
d'investissement, les logements sont considérés immédiatement comme des
logements d'utilité publique. Les contrats de bail des locataires en place ne sont pas
résiliés pour ce motif.
2
Le taux d'effort et le taux d'occupation sont appliqués dès l'acquisition de l'immeuble :
a)
aux locataires en place qui en font la demande et qui répondent aux normes
applicables;
b)
aux nouveaux locataires."
9ème Journée du logement
Page 86
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
-
2.
Art. 2 al. 4 : "Sauf disposition contraire de la présente loi, les dispositions de la loi
générale sur le logement et la protection des locataires, du 4 décembre 1977, sont
applicables par analogie."
Ce que prévoit la LGL :
Les locataires de logements d'utilité publique doivent respecter un taux d'occupation, à savoir
un certain rapport entre le nombre de personnes occupant le logement et le nombre de pièce,
ainsi qu'un taux d'effort, à savoir un certain rapport entre le revenu et le loyer. D'autres
conditions, telle que la durée de séjour et le fait d'être imposé sur le revenu à Genève figurent
dans la LGL. Ces dernières mesures ne seront pas détaillés dans la présente, n'étant pas
formellement mentionnées dans la LUP.
Les taux d'effort, taux d'occupation, ainsi que la définition du revenu à prendre en
considération sont définis dans la section 4 de la LGL, consacrée aux conditions relatives aux
locataires (art. 30 à 31C LGL).
a)
taux d'occupation : le taux d'occupation admissible au regard de la LGL est d'au
maximum 2 pièces de plus que le nombre de personnes.
Cela signifie a contrario qu'il y a sous-occupation lorsque le nombre de pièces du
logement dépasse de plus de deux unités le nombre de personnes occupant le
logement.
b)
taux d'effort : Les taux d'effort de la LGL déterminent le pourcentage minimum du revenu
déterminant que le locataire doit consacrer au paiement du loyer. Ils sont fixés à l'art. 30
al. 3 de la loi de la manière suivante :
-
c)
16 % - si le nombre de pièces est identique au nombre de personnes;
18 % - si le logt compte 1 pièce de plus que le nombre de personnes;
20 % - si le logt compte 1,5 ou 2 pièces de plus que le nombre de personnes.
26 % en cas de sous-occupation (>2 p/pers) ou dépassement du barème de
sortie
Calcul des revenus : le revenu brut actuel du groupe de personnes occupant le
logement est pris en considération
Il est déduit de ce revenu brut les déductions forfaitaires suivantes :
-
10'000 F pour la 1ère personne
7'500 F pour la 2ème personne
5'000 F pour toute personne supplémentaire
Le revenu déterminant = le revenu brut actuel - les déductions forfaitaires.
9ème Journée du logement
Page 87
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Lors de l'accès au logement, il appartient au candidat locataire, respectivement à la
régie de fournir les justificatifs adéquats.
En cours de bail, le locataire a l’obligation d’informer l'Office du logement de toute
modification de sa situation financière ou personnelle en lui transmettant tous les
justificatifs adéquats.
d)
Conséquences LGL du non respect des TO/TE :
Lors de l'accès au logement : le candidat locataire qui ne remplit pas les critères de
TO/TE ne peut tout simplement pas accéder au logement subventionné. Une seule
exception : le non respect du critère est expressément limité dans le temps (par
exemple : un couple attend des jumeaux dans un délai de deux mois, ils ont la
possibilité d'accéder à un appartement de 5 ou 6 pièces).
En cours de bail : l'art. 31 de la LGL prévoit que le locataire dont le revenu dépasse le
barème d'entrée est astreint au paiement d'une surtaxe. Dès que son revenu dépasse le
barème de sortie, le taux d'effort est majoré. Il est porté à 26% et le propriétaire de
l'immeuble peut être requis par l'Etat de résilier le bail. Par ailleurs, le bail peut être
résilié en cas de sous-occupation.
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Les définitions des divers barèmes prévus par la LGL peuvent être illustrées comme suit :
La flèche correspond au
pourcentage du revenu destiné
au paiement du loyer
Barème d'accès = Revenu maximum permettant l'accès à un logement
subventionné (BA = 90% du barème d'entrée)
Barème d'entrée = Revenu au-delà duquel une surtaxe est due
(BE = loyer / par taux d'effort)
SURTAXE
Barème de sortie = Revenu au-delà duquel la surtaxe est majorée et le
bail peut être résilié (BS = 1,75 x le barème d'entrée)
Exemple :
Un couple souhaite entrer dans un appartement de 4 pièces, au loyer annuel de F 15'400 :
Taux d'effort règlementaire :
Déductions forfaitaires :
20%
17'500
Barème d'entrée (loyer/taux d'effort)
77'000
Barème d'accès (90% du b. entrée)
69'300
Ce couple pourra accéder à ce logement pour autant que son revenu annuel brut soit inférieur
à F 86'800 (69'300+17'500).
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
3.
Quelques questions à résoudre dans les logements d'utilité publique :
La dernière partie de l'exposé a tenté de répondre à quelques questions concrètes qui se
posent dans le cadre de l'examen de la LUP.
En effet, si les taux d'effort et taux d'occupation de la LGL sont clairs, il convient de préciser
que tous les logements LUP ne sont pas forcément des logements subventionnés au sens de
la LGL. Par exemple, certaines fondations communales par exemple peuvent détenir des
logements d'utilité publique qui n'ont reçu aucun subventionnement étatique.
C'est le lieu de distinguer trois catégories de logements d'utilité publique :
-
Les LUP LGL, par exemple les logements HBM;
Les LUP bénéficiant de prestations de la loi LUP sans bénéficier de prestations LGL, par
exemple ayant fait l'objet de dotations;
Les LUP sans prestations.
Les deux dernières catégories étant nouvelles, de nombreuses questions ont fait surface.
Trois d'entre elles sont reprises ci-dessous :
a) Les TO/TE de la LGL sont ils obligatoirement applicables à tous les logements LUP? En
d'autres termes, les communes ou d'autres propriétaires de logements LUP ont-ils la
latitude de prévoir des règlements avec d'autres TO/TE que ceux de la LGL pour leurs
logements d'utilité publique?
La réponse à cette question est positive. Les organismes sans but lucratif propriétaires de
LUP ont donc la possibilité légale d'adopter des règlements/statuts prévoyant d'autres
TO/TE que ceux de la LGL.
Le rapport de la Commission du logement chargée d'étudier le PL 10008 1 exprime la
position du Conseil d'Etat en la matière : " La volonté du conseil d’Etat est d’appliquer les
règlements actuels, tout en laissant une certaine latitude aux communes pour élaborer
leur propre règlement tenant compte du taux d’effort et du taux d’occupation."
Cela étant, afin de garantir les principes d'égalité de traitement entre institutions et
d'objectivité des critères d'attribution, lesdits règlements/statuts devront être expressément
validé par l'administration.
Il conviendra en effet de ne pas vider la LUP de sa substance en prévoyant des TO/TE
particulièrement laxistes, tout en permettant aux organismes considérés de bénéficier de
la marge de manœuvre voulue par le législateur.
b)
En l'absence de règlement, les TO/TE de la LGL sont-ils applicables sans restriction?
C'est le cas. Du fait du renvoi de l'art. 2 al. 4 LUP, ce sont les TO/TE de la LGL qui sont
applicables en l'absence de règlement prévoyant d'autre TO/TE (voir ci-dessus).
1
PL10008-A, p. 6
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
c)
Une surtaxe est-elle applicable aux logements LUP hors LGL, p. ex détenus par une
fondation communale?
Afin de répondre à cette question, il sied de définir ce qu'est une surtaxe.
Lors des travaux préparatoires de la loi, la surtaxe a été définie comme la restitution
partielle d'un avantage concédé par l'Etat de la part des bénéficiaires qui n'y ont plus droit
ou, à la limite, comme une pénalité envers ceux qui habitent un HLM alors qu'ils ne
devraient pas en bénéficier.2
La surtaxe a donc pour but de compenser un avantage dont bénéficie le locataire et de
pénaliser celui dont le revenu dépasse certaines limites, voire de l'inciter à quitter son
logement. 3
L'application d'une surtaxe dans les logements sans prestations étatique pourrait a priori
aller à l'encontre du but légal initial de la surtaxe, aucun avantage de l'Etat n'étant accordé
au propriétaire du logement considéré. Ainsi, pour ces logements, l'application d'une
surtaxe devrait être exclue.
Il appartiendra au Conseil d'Etat d'adopter une norme réglementaire excluant la perception
de surtaxes dans les immeubles LUP sans prestation.
* * *
En conclusion, il convient de rappeler que sauf disposition contraire, acceptée par l'Etat, les
normes de la LGL en matière de locataires sont applicables aux immeubles LUP.
Avec mes meilleures salutations.
Marie-Christine Dulon
Directrice
2
3
MGC 1974 p. 2115
MGC 1979, p. 4094
Questions relatives aux locataires de
logements d'utilité publique
Journée du logement - 7 novembre 2008
Marie-Christine Dulon – directrice
Département des constructions et des technologies de l'information
Office du logement
07.11.2008 - Page 1
Exposé
• Bases légales
– la loi pour la construction de logements d'utilité publique du
24 mai 2007 (I 4 06 – ci après LUP)
– La loi générale sur le logement et la protection des
locataires du 4 décembre 1977 (I 4 05 - ci après LGL)
• Les TO/TE de la LGL
• Les questions à résoudre
• La transformation d'un immeuble à loyers
libres en LUP LGL
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Office du logement
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Ce que prévoit la LUP en matière de
locataires
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Que prévoit la LUP ?
Art. 1 al. 2 :
"Un logement est d'utilité publique au sens de la
présente loi si un taux d'effort et un taux
d'occupation sont appliqués et s'il est détenu par
l'Etat, une fondation de droit public, une commune
ou un organisme sans but lucratif. "
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Que prévoit la LUP ?
• Art. 3 :
"Protection des locataires
1 En cas d'acquisition d'un immeuble d'habitation au
moyen du présent crédit d'investissement, les
logements sont considérés immédiatement comme des
logements d'utilité publique. Les contrats de bail des
locataires en place ne sont pas résiliés pour ce motif.
2 Le taux d'effort et le taux d'occupation sont appliqués
dès l'acquisition de l'immeuble :
a) aux locataires en place qui en font la demande et
qui répondent aux normes applicables;
b) aux nouveaux locataires."
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Que prévoit la LUP?
• Art. 2 al. 4 :
"Sauf disposition contraire de la présente loi, les
dispositions de la loi générale sur le logement et la
protection des locataires, du 4 décembre 1977, sont
applicables par analogie."
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Les TO/TE de la LGL
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Le taux d'occupation prévu par la LGL
• Le taux d'occupation admissible est d'au maximum 2
pièces de plus que le nombre de personnes.
• Il y a sous-occupation lorsque le nombre de pièces
du logement dépasse de plus de deux unités le
nombre de personnes occupant le logement.
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Les taux d'effort de la LGL
• Le pourcentage minimum du revenu déterminant à
consacrer au paiement du loyer est de :
16 % si le nombre de pièces est identique
au nombre de personnes;
18 % si le logt compte 1 pièce de plus que
le nombre de personnes;
20 % si le logt compte 1,5 ou 2 pièces de
plus que le nombre de personnes.
26 % en cas de sous-occupation (>2 p/pers) ou
dépassement du barème de sortie
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Calcul des revenus / LGL
• Le revenu actuel est pris en considération
• Il appartient au locataire / régie de fournir les
justificatifs adéquats
• En cas de changement de situation, le locataire a
l’obligation d’informer l'OLO en lui transmettant
tous les justificatifs adéquats
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Revenu déterminant / LGL
• Revenu brut
• Déductions forfaitaires
– 10'000 F pour la 1ère personne
– 7'500 F pour la 2ème personne
– 5'000 F pour toute personne supplémentaire
• Revenu déterminant = revenu brut – déductions
forfaitaires
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Pourcentage du revenu destiné
au paiement du loyer
Barème d'accès =
Revenu max. permettant l'accès
à un logement subventionné
(= 90% du barème d'entrée)
Barème d’accès
18% - Barème d’entrée
Surtaxe
26 % - Barème de sortie
Barème d'entrée =
Revenu au-delà duquel une
surtaxe est due
(= loyer / par taux d'effort)
Barème de sortie =
Revenu au-delà duquel la surtaxe est
majorée et le bail peut être résilié
(= 1,75 x le barème d'entrée)
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Exemple – accès à un logement LGL
Un couple souhaite entrer dans un appartement de 4
pièces, au loyer annuel de F 15'400 :
Taux d'effort règlementaire :
20%
Déductions forfaitaires :
17'500
Barème d'entrée (loyer/taux d'effort) 77'000
Barème d'accès (90% du b. entrée)
69'300
Ce couple pourra accéder à ce logement pour autant
que son revenu annuel brut soit inférieur à F 86'800
(69'300+17'500).
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Conséquences LGL du non respect des
TO/TE
• L'art. 31 de la LGL prévoit que le locataire dont le
revenu dépasse le barème d'entrée est astreint au
paiement d'une surtaxe.
• Dès que le revenu du locataire dépasse le barème de
sortie, le taux d'effort est porté à 26% et le
propriétaire de l'immeuble peut être requis par l'Etat
de résilier le bail.
• Le bail peut être résilié en cas de sous-occupation
ou du non respect des règles de la LGL
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Les questions à résoudre
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Les questions à résoudre
• Les TO/TE de la LGL sont ils obligatoirement
applicables à tous les logements LUP? En d'autres
termes, les communes ou d'autres propriétaires de
logements LUP ont-ils la latitude de prévoir des
règlements avec d'autres TO/TE que ceux de la LGL
pour leurs logements d'utilité publique?
• En l'absence de règlement, les TO/TE de la LGL sontils applicables sans restriction?
• Une surtaxe est-elle applicable aux logements LUP
hors LGL, p. ex détenus par une fondation
communale?
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Les différentes sortes de logements LUP
3 caté
catégories :
1. LUP LGL (p. ex. HBM);
2. LUP bénéficiant des prestations de la loi I 4 06 sans
prestations LGL (dotations);
3. LUP sans prestations de la I 4 06.
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Les TO/TE de la LGL sont ils
obligatoirement applicables à tous les
logements LUP?
• Règle générale : OUI – la LGL s'applique
• Les communes ont la possibilité de prévoir dans leur
règlement d'autres TO/TE que ceux de la LGL pour
leurs logements LUP hors LGL
– Leur règlement doit être validé par l'Etat
– Quelle est leur marge de manœuvre ?
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Une surtaxe est-elle applicable aux
logements LUP hors LGL, p. ex détenus
par une fondation communale ?
• A priori NON
• Le CE adoptera une norme règlementaire
excluant la surtaxe dans les cas de LUP hors
LGL.
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La transformation d'un immeuble à loyers
libres en LUP LGL
LUP AVEC SUBVENTIONS LGL
LUP SANS SUBVENTIONS LGL
LOCATAIRE EN PLACE
SI TO/TE RESPECTE - CHOIX
LOCATAIRE EN PLACE
NOUVEAU LOCATAIRE
RESPECT TO/TE
NOUVEAU LOCATAIRE
RESPECT TO/TE
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9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
ème
4
Partie – Table ronde
LUP, du logement partout et pour tous:
quel plan d'action?
12.
Transcription de la table-ronde
animée par M. Thierry Oppikofer
transcription: Mme E. Rau
rédaction: M. V. Dao
TABLE RONDE
M. René Kœchlin, architecte
•
Je m’interroge d’une façon un peu plus générale et, si vous me permettez, je vous
emmène en hélicoptère au-dessus de notre cher canton pour prendre un peu de
distance. Une enquête de l’OCDE sur tous les pays européens démontre que les pays
qui ont le produit national brut le plus élevé, donc les pays les plus riches, sont ceux
qui comportent, et de loin, la plus forte proportion de locataires d’appartement; et qu’à
l’inverse, les pays qui ont le produit national brut le plus faible, comme la Roumanie
par exemple, sont ceux qui comportent la plus forte proportion de propriétaires de leur
logement. Alors j’en ai conclu que Genève est un canton vraiment très riche, parce
qu’il a une proportion de locataires qui est considérable. Ensuite, j’ai souvent analysé
ce que coûterait pour un locataire le fait d’être propriétaire de son logement. Pour
commencer, le locataire qui paie CHF 1 500.- de loyer par mois sait qu’après 10 ans il
a déjà payé CHF 180 000.-. C’est davantage que ce dont il aurait besoin comme fonds
propres pour être propriétaire de son logement.
Ensuite, on parle du marché locatif : c’est un marché qui rapporte ! Et qui rapporte à
qui ? À tous les propriétaires, quels qu’ils soient ! Là aussi, on se pose des
questions… Tout à l’heure, on nous parlait d’un taux de rendement entre 5 et 7 %,
mais le propriétaire de son logement se contente d’une hypothèque jusqu’à tout
récemment de 3 %. Il est évident que le jeune couple (et j’en connais plusieurs) qui est
locataire se dit : « Mais si j’étais propriétaire, je paierais beaucoup moins cher mon
logement ». Et ce sont des couples qui ne paient que CHF 1 500.-, maximum
CHF 1 800.-, de loyer par mois. Cette question, je me la pose depuis longtemps, mais
je ne trouve pas de réponse à Genève, et en tous cas pas de réponse officielle ! Je dis
qu’il faut aider la population et même une population relativement démunie, à devenir
propriétaire de son logement. Alors il y a les coopératives, et je salue au passage tous
ceux qui encouragent les coopératives, parce que c’est une façon indirecte qui permet
à chaque locataire d’être en même temps propriétaire du logement qu’il occupe, et à
des conditions avantageuses, parce que c’est avantageux pour tous les coopérateurs.
Il y a donc certaines formules qui méritent d’être développées et je m’interroge
9ème Journée du logement
Page 102
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
vraiment sur cette question. On ne parle que des locataires, des LUP et des logements
locatifs. On est en plein dans le marché locatif, on est dans les revenus, dans ce qui
rapporte, à qui ? Aux propriétaires ! Et moi, je dis qu’il faut essayer de faire en sorte
que l’on augmente la population propriétaire de son logement pour qu’elle paie moins
cher son loyer.
M. Mark Muller, conseiller d’État en charge du DCTI
•
Vous savez que je suis un fervent partisan de l’accession à la propriété. Je m’y suis
consacré plusieurs années à la Chambre genevoise immobilière dans une autre vie.
La Nouvelle politique du logement (NPL), c’est également la part d’aide au
développement de la propriété par étage. L’accord sur le logement porte d’une part sur
la constitution d’un parc de logements d’utilité publique, dont on parle beaucoup parce
que c’est difficile d’y arriver et que ça soulève énormément de questions ; mais d’autre
part, il porte également sur la libéralisation des règles en zones de développement
pour les propriétaires privés qui construisent. Le renversement des proportions – nous
sommes passés, pour schématiser, de 2/3 à 1/3 de logements sociaux – revient à
doubler la proportion de logements qu’un propriétaire qui construit un immeuble peut
réaliser en propriétés par étages. Donc un coup de pouce est donné à l’accession à la
propriété.
S’agissant maintenant des prix en zone de développement, ceux des appartements
PPE sont contrôlés. Aujourd’hui, on est grosso modo à CHF 5 000.- le mètre carré. Si
vous comparez ces CHF 5 000.- avec la valeur du marché de la PPE, qui est
nettement plus élevée, il faut reconnaître que l’État aide tout un chacun qui le souhaite
à devenir propriétaire et il l’aide de façon substantielle. J’aimerais évoquer un petit
souci dans ce domaine, qui est la différence entre les prix admis pour la PPE
aujourd’hui et les prix du marché. Elle est telle que beaucoup de propriétaires qui
reçoivent l’autorisation de construire pour des logements PPE ne les vendent pas en
PPE, mais les louent et les gardent, attendent la fin des 10 ans de contrôle des prix
pour encaisser la plus-value à l’issue des 10 ans. Et là, il faut reconnaître qu’on n’est
pas du tout en train de favoriser l’accession à la propriété, raison pour laquelle nous
avons fait des propositions à la Chambre genevoise immobilière pour essayer de
corriger le tir par des mesures financières.
Une personne de la salle
•
Avec la loi LUP, les logements de type HBM et de type PPE sont favorisés. On voit
qu’il y a une branche de la population qui peut se permettre d’acheter son logement,
qui est une classe moyenne très élevée – on est malheureusement assez au-dessus
des CHF 5 000.- le mètre carré –; et on favorise la classe de la population la plus
défavorisée, celle qui besoin de se loger à des prix les plus bas.
Pour la classe moyenne – la plus importante, à titre d’exemple un couple où les deux
parents travaillent et doivent payer une location à CHF 2 500.- par mois – aucun effort
n’est fait pour permettre l’accession à des logements avec des loyers qui seraient un
9ème Journée du logement
Page 103
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
peu au-dessus de ceux des HBM, mais qui resteraient accessibles à une majorité de la
population. Alors y aura-t-il une étape supplémentaire en faveur de cette catégorie de
personne ?
M. Mark Muller, conseiller d’État en charge du DCTI
•
La politique du logement repose aujourd’hui sur 4 piliers. Le premier est la création
d’un parc de logements d’utilité publique. Vous dites que ceux qui sont le plus
défavorisés aujourd’hui sont ceux de la classe moyenne! Non, les plus défavorisés
d’entre nous ce n’est pas du tout la classe moyenne ! Ainsi, grâce aux logements
d'utilité publique, nous répondons effectivement en premier lieu à la part la plus
défavorisée de la population.
Le deuxième pilier est un assouplissement des normes en zone de développement
pour les constructeurs privés. Le troisième pilier est le développement de la
coopérative et de la propriété par étages, qui ont été mis un peu sous le même
chapeau. Même si ce sont deux formes d’habitat très différentes, elles présentent
néanmoins des points communs. Ainsi, la coopérative d’habitation est une forme
d’habitat qui répond aux besoins de la classe moyenne, dans la mesure où une
coopérative peut parfaitement recevoir des subventions HLM par exemple, car la
catégorie HLM n’a pas disparu. Nous ne l’encourageons plus, nous la forçons encore
moins, mais les subventions HLM restent à disposition, notamment des coopératives.
Le dernier pilier est l’allocation de logement, qui est un instrument que nous
connaissons, et qui est à disposition de toutes les catégories de la population, à
condition évidemment de remplir un certain nombre de conditions, notamment à
propos du revenu. Nous sommes donc face à un système qui offre énormément
d’outils différents et qui, de mon point de vue, permet à une grande partie de la
population, voire même à la totalité de la population, de trouver chaussure à son pied.
Je ne nie pas qu’aujourd’hui les loyers à la relocation soient élevés. C’est ce contre
quoi nous luttons. Nous luttons contre la pénurie – puisque c’est la pénurie qui induit
ces loyers élevés –, mais je crois que la politique que nous avons convenue et qui est
en vigueur aujourd’hui est une politique qui est équilibrée.
Dernier point : vous dites que l’accession à la propriété est réservée aux plus riches.
J’ai personnellement l’impression que cela se démocratise passablement, notamment
avec la possibilité d’utiliser les fonds du deuxième pilier, fonds qui sont de plus en plus
importants puisque le système de la prévoyance professionnelle existe depuis
suffisamment d’années pour qu’un grand nombre de personnes ait pu se constituer un
capital de prévoyance qui permet de financer les fonds propres.
Ainsi, je ne brosserais pas un tableau aussi noir que celui que vous présentez.
M. Michel Bürgisser, directeur général de l’Office du logement, DCTI
•
Simplement un rappel: cela a été dit tout à l’heure lorsqu’on a détaillé les conditions de
l’article 4A de la LGZD. Dans les périmètres qui sont déclassés sur fond agricole, et
9ème Journée du logement
Page 104
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
cela concerne également les Communaux d’Ambilly, un quart du programme qui est à
réaliser doit l’être sous forme de HM, de HLM ou de coopératives. Donc la catégorie
de population à laquelle vous faisiez allusion n’est pas ignorée. Dans cette perspective
là, c’est quelque chose de très important puisque, nous l’avons vu aussi ce matin, à
l’avenir les grandes opérations et les réalisations importantes de logements se feront
précisément dans ces périmètres.
M. Albert Otter, président du Rassemblement pour une politique sociale du logement (RPSL)
•
J’ai une deuxième question qui concerne la zone agricole. Dans les statistiques qui
nous ont été montrées au tableau tout à l’heure, nous voyons que, depuis 2002, on
étudie la possibilité de déclasser des zones agricoles pour faire du logement d’utilité
publique. C’est la zone privilégiée qui peut être utile. Quel bilan faites-vous du rythme
des déclassements en zone agricole de ces dernières années ? On a déclassé les
périmètres des Communaux d’Ambilly à Thônex, des Vergers à Meyrin, de la Chapelle
à Lancy, mais les communes tergiversent et nous aimerions voir des moyens un peu
plus volontaristes pour arriver à cet objectif. Le Conseil d’État, au début de la
législature, a choisi de dissocier la problématique de l’aménagement en deux
départements distincts. Aujourd’hui, on arrive bientôt au bout de la législature et on
voit qu’en quatre ans, on n’a pour ainsi dire pas fait mieux que les quatre années
précédentes, sous le règne de M. Moutinot, pendant lequel peu de terrains agricoles
ont été déclassés.
Mme Vasiljevic-Menoud, directrice de l’aménagement du territoire, DT
•
Vous avez posé en fait deux questions: une question à caractère plutôt technique et
une autre avec un accent politique à laquelle je ne peux évidemment pas répondre. Il
est clair que cela prend du temps. Jamais personne n’a imaginé qu’un déclassement
de zone agricole dans un périmètre d’aménagement coordonné peut se faire vite.
D’ailleurs le plan directeur cantonal empêche en quelque sorte « de le faire vite »
parce qu’il implique une concertation poussée des procédures particulières pour
augmenter aussi l’acceptabilité de ces processus. Alors ce que je pourrais vous dire,
et un certain nombre d’entre vous dans la salle le savent très bien, c’est qu’il y a un
exemple assez typique qui est celui des Communaux d’Ambilly. En effet, il y a trois ou
quatre ans en arrière, il y a eu des discussions très sérieuses à la commission
d’aménagement du Grand Conseil sur une proposition de déclasser une partie du
périmètre en zone villageoise. Certains des députés – donc une partie du monde
politique – n’étaient pas vraiment persuadés qu’il était nécessaire ou indispensable de
déclasser ce périmètre dans une zone urbaine. Ce que nous pouvons constater trois
ans plus tard, c’est qu’au mois de juin de cette année 2008, le déclassement en zone
de développement 3 s’est fait à l’unanimité au Grand Conseil. Il y a donc eu une prise
de conscience qui s’est faite ; ça je crois que nous ne pouvons que nous en réjouir.
Alors que vous dire de plus? Je suis aujourd’hui persuadée que les choses ont pris un
coup d’accélérateur. Dans le cas des Communaux d’Ambilly, le déclassement est fait,
le plan directeur de quartier est adopté, un travail se fait rapidement sur les premières
9ème Journée du logement
Page 105
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
pièces urbaines et, je l’espère, les premiers plans localisés de quartier pourront être
adoptés l’année prochaine et la construction commencera. Mais je le répète, quand on
a lancé les études en 2002-2003, personne n’a jamais pensé que cela pouvait se faire
dans un laps de temps de six mois ou une année.
M. Mark Muller, conseiller d’État en charge du DCTI
•
Concernant l’aspect un peu plus politique de la question, je n’ai jamais caché que je
considérais que la décision de confier l’aménagement du territoire à un autre
département que le département constructeur était une erreur. Je persiste à penser
que c’est une erreur et qu’il faudrait la corriger lors de la prochaine législature. Ceci n’a
pas empêché que nous avons travaillé, mon collègue Robert Cramer et moi-même, en
très bonne intelligence. Nous avons très peu de divergences et nous avons une
volonté commune, ou très largement commune, d’avancer rapidement dans les
projets. J’aimerais aussi relever le fait que la révision du plan directeur cantonal a été
lancée. Je crois que cela mérite d’être dit, puisqu’au fond c’est dans le prochain plan
directeur cantonal que nous identifierons les futurs périmètres à déclasser, notamment
les futurs périmètres de la zone agricole destinés à être déclassés. Ce travail a été
aujourd’hui lancé dans la foulée des travaux sur le projet d’agglomération, en
proposant, par ailleurs, au Grand Conseil de coupler d’une certaine façon les deux
objets. Maintenant, je ne crois pas que cette séparation entre l’aménagement du
territoire et le département constructeur a une grande influence sur le rythme des
procédures de déclassement à proprement parler. Elles sont préparées par la
Direction générale de l’aménagement du territoire, me semble-t-il, sans forcément
beaucoup d’interactions avec d’autres services du département, même s’il y en a.
C’est plutôt dans les phases suivantes que le travail en commun doit se faire et dans
la mise en œuvre très concrète des dossiers. Aujourd’hui nous arrivons encore assez
bien à nous coordonner. S’il y a parfois des dossiers qui coincent un peu ou qui restent
très concrètement bloqués, c’est parce qu’on ne sait pas très bien dans ces cas là qui
doit prendre quelle décision. Nous pourrions imaginer que, dans la prochaine
législature avec d’autres personnes en charge des différents départements, les choses
puissent se passer beaucoup moins bien parce que nous aurions des personnalités
qui entrent en conflit. Aujourd’hui, il y a relativement peu de conflits interpersonnels au
sein du Conseil d’État. Mais je crois qu’il s’agit d’une parenthèse de l’histoire parce
que, et je ne l’espère pas, nous avons plutôt vu ces derniers temps des Conseils d’État
avec des personnes qui se battaient plutôt qu’avec des collègues qui travaillaient
ensemble et qui tiraient sur la même corde. Aujourd’hui il n’y a pas eu trop de dégâts,
je crois, mais ce n’est pas certain que cela dure.
M. Serge Dal Busco, président de l’Association des communes genevoises (ACG) et
conseiller administratif de la commune de Bernex
•
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, j’attendais une occasion comme celle
de la question qui vient d’être posée, dans laquelle les communes sont indirectement
ou même directement interpellées, pour intervenir. J’interviens d’une part en tant que
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
président de l’Association des communes genevoises (ACG), même si je ne prétends
pas parler au nom de toutes les communes genevoises, mais également en tant que
conseiller administratif de Bernex, une commune à laquelle on prête, à n’en point
douter, un certain destin en matière d’urbanisation si l’on en croit les premiers travaux
auxquels a fait allusion M. Muller s’agissant du projet d’agglomération.
Conséquemment, nous sommes au fait, ou en tous cas dans nos réflexions, de ces
considérations là, notamment en ce qui concerne les déclassements futurs de la zone
agricole. Ce que je veux dire, à ce stade, c’est dans le fond les raisons pour lesquelles
les communes sont ou étaient réticentes – je préférerais utiliser l’imparfait, en
admettant qu’elles le seront moins à l’avenir – par rapport à la création de programmes
de logements, et en particulier de programmes de logements sociaux. Il faut tout
d’abord rappeler que l’accord sur le logement, qui a été signé très récemment, est
susceptible d’apporter de grands changements par rapport aux critiques qui viennent
d’être faites. Il peut augmenter la « réceptibilité » de la part des communes genevoises
qui risquent d’être probablement plus favorable qu’elles ne le furent dans le passé
avec la pratique antérieure. Il est clair que les proportions des catégories de logements
ont été à peu près inversées. Tout le monde le sait, et les communes n’en ont jamais
fait un secret, les communes avaient quand même un problème à imaginer des
programmes avec des fortes proportions de logements sociaux HBM dans les zones
de développement.
Par ailleurs, l’ACG est signataire de l’accord; et cela veut dire qu’elle a certainement
trouvé que c’était une piste tout à fait intéressante. La première catégorie de
problèmes qui apparait pour les communes lorsqu’elles ont à faire face à une
urbanisation, de surcroît avec une part importante de logements sociaux, est d’abord
liée au fait que de manière générale l’urbanisation à venir est de nature à altérer et à
modifier les équilibres sociaux. J’ai simplifié à outrance tant parce que probablement il
y a des appréciations différentes de communes en communes; il y a d’ailleurs des
politiques du logement différentes de communes en communes. La deuxième
constatation, en tous cas c’est une crainte, est que l’urbanisation est de nature, et elle
est un corollaire en quelque sorte de la première, à modifier les équilibres financiers.
Alors, il est clair que face à cette problématique, des solutions telles que la nouvelle loi
LUP sont de nature à probablement rassurer certaines d’entre elles. Je ne dis pas que
du côté de la commune de Bernex nous sommes parfaitement rassurés, mais en tous
cas nous progressons largement et nul ne doute que les choses vont un peu changer
à l’avenir, grâce à ce nouveau dispositif légal.
Pour revenir maintenant à des éléments extrêmement intéressants qui ont été donnés
aujourd’hui, et pour poursuivre sur ce que je viens de dire, Monsieur Wicht a fait ce
matin un exposé tout à fait brillant et intéressant sur la question de la mixité. Je n’ai
pas eu envie d’utiliser le terme de mixité jusqu’à maintenant. J’ai parlé d’équilibre, et
c’est pour moi à peu près la même chose. Il a cité deux exemples d’urbanisation
réussie où la mixité et la vie sociale sont tout à fait satisfaisantes. Il a nommé
précisément la cité de Meyrin et les Tours de Carouge. Il n’a certainement pas
échappé à beaucoup de monde dans cette salle que les deux communes concernées
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
sont des communes qui ont réellement les moyens financiers d’une politique sociale et
culturelle par le fait qu’elles ont un grand nombre d’emplois sur leur territoire, tant
Meyrin que Carouge. C’est peut-être un élément non négligeable de la réussite de la
vie dans ces quartiers. Il existe d’autres communes qui ont connu des urbanisations
fortes dans les années 60 mais qui n’ont pas les moyens financiers. Malgré le projet de
l’ACG de réforme de la péréquation financière, elles n’ont pas ces moyens et les
choses se passent quand même nettement moins bien.
Les préoccupations que je viens de vous dire sont intimement liées au maintien des
équilibres sociaux et des équilibres financiers. Et si nous arrivons à rassurer les
communes sur ce plan, je suis persuadé que les choses se passeront relativement
bien lorsqu’il s’agira de déclasser et de prévoir des extensions urbaines, notamment
dans le cadre du projet d’agglomération en imaginant des déclassements destinés non
seulement aux logements, mais également aux activités et aux emplois en nombre
suffisant pour assurer cette assise financière. En tous cas, ce qui est attendu des
communes, nous l’avons très bien vu, est un effort accru et je voulais seulement vous
dire qu’elles étaient les conditions-cadres de celles-ci pour que cet effort se traduise
dans les faits.
Une dernière remarque qui exprime le sentiment que j’ai eu en entendant les pistes ou
les efforts envisagés pour diminuer les coûts de construction : je suis aussi ingénieur
civil, alors il m’arrive de m’occuper de construction, malgré la politique. Même s’il est
parfaitement louable de vouloir diminuer ces coûts, je m’étonne quand même et je
voudrais vous exprimer quelques craintes à ce sujet. Je pense qu’il ne faut pas
uniquement explorer la piste d’une simplification, voire d’une suppression d’éléments
quand même assez essentiels, même si, nous l’avons bien compris, ce ne sont que
des idées. Concernant par exemple le fait de supprimer des balcons ou bien de laisser
les voitures en surface au lieu de les mettre dans des stationnements souterrains, je
vous dis simplement quelles sont les conséquences que les collectivités locales
doivent ensuite assumer. Si les gens ne peuvent pas avoir les espaces d’extension de
leur appartement avec des dispositifs comme ceux-là, les collectivités devront assumer
et assurer une qualité encore accrue de l’espace public. Je vous le donne en mille, si
vous mettez les voitures sur tous les terrains qui bordent les immeubles, c’est aux
communes ensuite de trouver les espaces verts et les places de jeux pour les enfants
et là, c’est un problème ! Donc, en quelque sorte, on vient certainement décharger les
plans financiers, mais on vient charger les budgets des communes.
Et je conclurai sur cette considération en disant qu’il y a probablement des pistes, et
M. Marchand l’a parfaitement exprimé. Il y a de l’inventivité, de la créativité à trouver,
notamment dans la recherche urbaine, dans la création de nouvelles formes, de
nouvelles typologies, et peut-être également en termes d’aménagement – je ne sais
pas si le fait que l’aménagement soit séparé du département des constructions jour un
rôle à ce propos –, dans les plans de quartier. Il y a certainement un gisement
d’économies et de qualités à découvrir.
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
M. Thierry Oppikofer, modérateur de la table-ronde
•
M. Wicht, avez-vous l’impression que la santé financière ou les moyens financiers que
mettent les communes peuvent favoriser la réussite d’expériences de mixité ?
M. Laurent Wicht, chargé d’enseignement à la Haute école de travail social (HETS), Centre de
recherche sociale (CERES)
•
A l’évidence cette question rejoint complètement ce qui vient d’être dit. Ce que j’ai
essayé de montrer ce matin est que la mixité sociale est un projet politique
indispensable, mais qu’il fallait effectivement se donner les moyens de le réaliser; que
la mixité sociale n’allait pas de soi et que les communes sont effectivement obligées
de mettre sur place – elles le font souvent de bon cœur – toute une série
d’équipements. Il est certainement possible d’avoir de la vie associative à moindre
coût, mais nous avons effectivement des dispositifs comme par exemple les maisons
de quartier, qui génèrent des coûts importants. Je pense ici à une commune comme
Vernier qui, systématiquement, doit tripler son dispositif: elle engage un travailleur
social de proximité aux Avanchets, elle doit en engager aussi un au Lignon, un autre
aux Libellules. Je crois qu’il est important que la politique de proximité soit faite par les
communes, mais si on veut maintenir un semblant d’équité sur le territoire, il faut que
l’État soit aussi engagé dans le soutien de ces communes pour ce type de politique de
proximité. Je pense qu’il y a des innovations à trouver, des contrats de quartier ou des
contrats de territoire, qu’il y a des accords qui devraient être passés entre certains
départements et certaines communes. Nous en prenons un peu la voie, par exemple
au niveau de l’éducation et des réseaux d’éducation prioritaire. Je crois qu’il faut
effectivement travailler dans cette dimension et soutenir les communes. Je pense à
Vernier, je pense à Onex, qui ont un certain nombre de difficultés et qui n’ont pas
forcément les moyens ou beaucoup de rentrées fiscales pour mettre en place ces
équipements.
Mme Michèle Künzler, députée au Grand Conseil du parti Les Verts
•
J’aimerais revenir sur une question qui a été posée ce matin, et qui fait suite à la
demande de M. Dal Busco. On nous a parlé de logements extrêmement économiques,
ce que j’applaudis. On fait des économies, mais il y a quand même, malgré ce qu’en
disent les spécialistes, – et là je crains toujours quand les spécialistes disent :
« Laissez-nous faire, nous sommes les seuls compétents ! » – il y a quand même des
règles qui ont été proposées ce matin qui ne sont pas à choix, mais qui sont
obligatoires : l’abaissement des plafonds, le minimum LGL sur le dimensionnement
des pièces, le fait de compter des pièces qui n’ont pas de fenêtre, etc. Ce sont quand
même des choses obligatoires dans le processus. Il y a d’autres choses qui sont tout à
fait acceptables et d’autres qui sont discutables, comme parquer les voitures à
l’extérieur, parce que finalement, nous voyons les problèmes que cela pose. Alors ma
question est de savoir comment on va respecter la mixité ou l’équilibre, qui est cher à
M. Dal Busco et à beaucoup d’entre nous dans les communes, surtout qu’on va
construire 25 % de LUP, que ce soit aux Communaux d’Ambilly ou à Meyrin. Quand
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
on fait des prix à CHF 3 325.- la pièce par année sans subvention, donc quand on vise
des ménages qui gagnent pour un quatre pièces moins de CHF 60 000.- brut par an,
on retrouve de fait exactement le même type de population qu’aux Libellules, que dans
les anciennes cités Familia, et cela multiplié par 25 % d’un périmètre. Il faut bien
réfléchir aux conséquences de ce prix, parce que la LGL est très mécanique. Les gens
qui peuvent accéder à ce type de logements à CHF 3 325.- la pièce par année sont
forcément des personnes qui gagnent peu. Le loyer d’un 3 pièces va être autour des
CHF 500.- par mois, donc les bas salaires n’y ont pas accès ! Pas parce qu’ils ne
gagnent pas assez, mais parce qu’ils gagnent trop. Avec un salaire de CHF 3 000.par mois vous ne rentrez pas dans un 3 pièces de ce prix-là, parce que vous gagnez
trop. Alors après vous devez dire à la vendeuse, au marchand de tabac, à toutes ces
personnes issues de ces petits métiers : « Non, vous n’avez pas accès au logement
social parce que vous gagnez trop ! ». De plus ces logements sociaux ne seront
simplement pas très attractifs. Je rappelle, aussi paradoxal que cela puisse être, que
les logements actuels sont refusés la plupart du temps par la première personne à qui
on attribue le logement. Il faut en conséquence aussi des fois changer un peu de
paradigme et voir ce que l’on veut comme type de logement, ce que l’on veut comme
mixité et les conséquences de ce qu’on propose. Et j’aimerais savoir au fond quelle
mixité vous visez avec ces prix, ces logements M-budget ou MM-budget ?
M. Philippe Favarger, directeur à l’Office du logement.
•
Un petit commentaire sur le début de votre intervention : vous avez parlé de deux
éléments qui étaient obligatoires, mais à ce jour il n’y a pas d’éléments obligatoires ! Il
y a une demande qui a été faite aux fondations immobilières de droit public (FIDP), les
4 ou 5 fondations HBM dont nous avons parlé ce matin, pour qu’elles listent les
mesures possibles. Il y en a pas une qui est obligatoire, elles ne sont juste que des
pistes possibles. L’objectif, effectivement, est d’arriver à des loyers de l’ordre de
grandeur que vous mentionnez, c’est-à-dire CHF 3 300.- à CHF 3 500.- la pièce par
année. Mais ce sont des loyers que nous avons déjà aujourd’hui. Aujourd’hui les
loyers HBM neufs sont, en gros, à CHF 3 300.- la pièce par année. Ce sera donc
exactement la même chose ; cela ne sera ni mieux, ni pire, ni différent d’aujourd’hui.
La différence est dans l’objectif : nous remplaçons une partie de la subvention par des
économies sur le prix de revient. Là est l’idée fondamentale. Le problème est, au
niveau des loyers, le même qu’aujourd’hui. Une autre chose qu’il faut répéter encore
une fois : le LUP n’est pas que du HBM. Le HBM est du LUP, mais le LUP n’est pas
forcément du HBM, même pas du tout. Quand la loi dit 25 % de LUP, ce n’est pas
25 % de HBM, pas du tout.
La dernière chose est en lien avec la réponse que donne l'exemple des immeubles de
la Tambourine. Si la mixité est effectivement un objectif politique – et la présentation
de ce matin était intéressante parce qu’elle montrait aussi les limites de la mixité –
mais si c’est un objectif, un des moyens pour l’atteindre est ce qui a été fait à la
Tambourine : avoir des loyers qui varient entre… et je passe la parole à mon collègue.
[M. Michel Perizzolo, directeur du secrétariat des FIDP] entre CHF 2 000.- la pièce
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
pour les meilleurs marchés et jusqu’à CHF 5 000.- la pièce, voire légèrement plus pour
les derniers étages qui sont encore dans cette opération considérés comme des
attiques. Cela vous fait des loyers pour des 4 pièces à CHF 5 000.- ou CHF 5 500.- la
pièce par année, ce qui représente un loyer à moins de CHF 2 000.- par mois. [M.
Favarger reprend] Donc, des loyers se situant dans une échelle entre 1 et 2,5 signifient
des revenus entre 1 et 2,5, ce qui assure une certaine mixité économique dans ce cas.
M. Mark Muller, conseiller d’État en charge du DCTI
•
J'aimerais remercier Mme Künzler pour son image « M-budget » ! Les produits « Mbudget » sont excellents ! Il m’arrive tout à fait d’en acheter régulièrement, à la Migros
du coin. Ce sont des produits tout à fait corrects, qui sont dignes de n’importe quel
citoyen. Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à avoir des logements d’un standing
peut être un peu moins élevé pour des personnes qui ont des revenus plus bas. Je
prendrai l’exemple de la voiture : les personnes qui ont les moyens de s’acheter une
BMW, une Mercedes ou une Audi, achètent une voiture de ce standing ; et les
personnes qui n’ont pas ces moyens s’offrent une Renault, ou que sais-je. Je pense
qu’on peut parfaitement appliquer ce type de règles en matière de logement. Je ne
vois pas ce qu’il y a de choquant à cela, étant entendu qu’il ne s’agit pas de créer des
problèmes sociaux. Je rejoins tout à fait les propos qui ont été tenus sur les risques
qu’on pourrait courir à vouloir supprimer les balcons, par exemple. On se gargarise
beaucoup de cette piste de réflexion et je tiens à préciser qu’elle n’est pas retenue. Ne
revenez pas avec cet exemple, ce serait tout simplement de la mauvaise foi. La
problématique des parkings est, quant à elle, retenue. Mais il ne s’agit pas tout
simplement de déplacer les parkings sur la voie publique. Il s’agit de tenir compte du
fait qu’aujourd’hui un grand nombre de places de stationnement dans les parkings
souterrains de nombreux immeubles HBM ne sont tout simplement pas louées par les
habitants, ou alors sont souvent sous-louées ensuite à des tiers qui n’habitent pas
dans l’immeuble. De plus, on a adopté un règlement sur le stationnement qui fixe très
clairement le taux de places de parking par logement, donc il n’y a pas là non plus de
risques. Je crois qu’il faut essayer de garder la tête froide sur cette mesure. Une
mission a été confiée aux fondations immobilières de droit public dont je vois
beaucoup de membres dans la salle. Ce sont eux qui auront pour tâche de veiller à
l’application de cette directive dans le respect d’un certain nombre de contraintes,
notamment la qualité de vie. Je ne crois pas qu’il y ait lieu de s’inquiéter.
M. Christophe Marco, architecte
•
Bonjour, j’ai une question concernant l’investissement privé sur les terrains situés en
zone de développement. J’ai un client qui est intéressé à investir à Genève ; et comme
vous le savez, Genève fait parfois un petit peu peur à l’investisseur privé par rapport
au reste de la Suisse romande, parce que les investissements sont toujours très
réglementés. Et il se pose la maintenant la question de savoir si les logements d’utilité
publique rendent la chose intéressante pour lui. D’après notre analyse, ils peuvent être
intéressants, mais j’aurais aimé avoir la position de M. Mark Muller. Quel message
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
donneriez-vous à cet investisseur, et aux investisseurs privés en général, dans le
cadre d’un investissement sur des terrains à Genève dont une part serait dédiée à la
construction de logements d’utilité publique ?
M. Mark Muller, conseiller d’État en charge du DCTI
•
Quel message ? Eh bien, venez ! Mais au fond ce n’est même pas un message qu’il
est nécessaire de dire même si c’est un peu présomptueux d’affirmer cela. Aujourd’hui
nous avons heureusement la chance d’avoir une pléthore d’investisseurs à Genève.
Notre ville reste extrêmement attractive et nous avons énormément de gens qui
viennent y habiter et qui aimeraient y investir. J’ai presque tous les jours des
messages d’investisseurs potentiels qui me disent : « Moi, j’aimerais construire,
comment est-ce que je peux faire? Que me conseillez-vous? Est-ce qu’on peut venir à
la Praille-Acacias ? » Évidemment, c’est souvent ce périmètre qui fait fantasmer et je
crois qu’on n’a pas vraiment de soucis à attirer des investisseurs, démontrant peut-être
que le système n’est pas si compliqué que cela. Personnellement je considère qu’il est
très compliqué ; mais dès le moment où on l’a pratiqué, où on en a pris connaissance,
où on le connait, c’est un système comme un autre, avec lequel on fait. Maintenant si
on devait avoir encore un message, je crois aussi qu’il faudrait dire – et c’est pour cela
que Genève est très attractive pour les investisseurs – il faudrait dire également qu’il y
a une quasi-garantie de rendements. De par le dynamisme de notre économie, le
caractère un peu contraignant de nos normes, voire très contraignant dans certains
cas, – et là je pense essentiellement aux normes relatives à la rénovation des
immeubles, plus qu’à la construction – est en partie compensée par le fait que les
immeubles sont pleins et qu’ils sont bien loués.
M. Christophe Favre, architecte
•
Je pense quand même qu’il est bon que les architectes s’expriment quand on parle du
logement parce que ce sont quand même des gens au cœur du débat… Alors il
faudrait que je rassure Mme Künzler sur ses peurs du logement « boîte à sardines »
ou je ne sais pas comment vous les appelez, ou « M » ou « MM-budget » ; et je l’invite
volontiers à nos séances à la SIA pour qu’elle puisse écouter les différents
mandataires. Maintenant je vais effectivement embrayer sur ce qui a été dit. J’avais dit
précédemment que nous étions tout à fait d’accord, en tant qu’architectes ou autres
mandataires, de relever les défis des propositions de M. Lorenzini et de son équipe.
Effectivement, certaines des propositions ne sont peut-être pas du tout applicables,
mais surtout ce que j’aimerais faire comme remarque, puisque tout le monde est de
nouveau là, c’est que M. Lorenzini a passé son rapport à M. Muller qui l’a étudié et qui
l’a validé. Mais le problème est que tous les éléments de ces propositions, plus ou
moins valables que l’on veut mettre en œuvre, sont pour l’instant stoppées par
« l’autre bout de la table », qui n’est effectivement plus du dicastère de M. Muller mais
qui dépend du département du territoire. On se retrouve avec les plans de quartier en
cours qui sont, d’une part, pas à la hauteur des densités dont tout le monde parle et
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
que tout le monde veut, et qui, d’autre part, empêchent également la plupart du temps
de faire des opérations « Minergie », et d’autant plus des bâtiments « LUP-Minergie ».
Donc la question est : est-ce que l’aménagement du territoire a commencé
sérieusement à retravailler d’autres scénarios que les plans de quartier qui bloquent
tout ce qu’on veut faire actuellement ? Que faire des plans de quartier existants ?
Comment va-t-on traiter les futures opérations ? Est-ce qu’on va encore faire des plans
de quartier ? C’est surtout au niveau de l’aménagement à nous dire s’ils veulent aussi
se lancer dans cette opération de plus de logements, de plus de densité, et de
logements moins chers? Voilà, merci.
Mme Vasiljevic-Menoud, directrice de l’aménagement du territoire, DT
•
Là aussi, vous posez toute une série de questions. Vous dites tout d’abord que les
propositions sont bloquées au niveau de l’aménagement. Alors j’aimerais quand même
vous rappeler que la plupart – je dirais les ¾ en tous cas – des plans de quartier que
nous produisons et qui sont validés par le Conseil d’État, proviennent de demandes
privées. Ce n’est pas l’État qui invente une forme ou un projet. Nous nous bornons très
souvent à mettre en forme et à légaliser un projet déposé par vos confrères. Comme
vous le savez aussi, ces projets suivent un processus parfois difficile de discussions,
de concertations avec la population, avec les communes, et le résultat final qui, je dois
dire, est quand même souvent proche de ce qui nous a été proposé au départ, est ce
que nous connaissons. Et là, la marche de manœuvre que nous avons est, ou a été,
relativement faible. La situation est certainement différente dans les grands périmètres
où les plans d’affectation que nous faisons, – et là, je parle des nouveaux plans : des
Vergers, des Communaux d’Ambilly, etc. – sont basés sur des études faites par les
collectivités, par l’État de Genève ; dans ces cas, évidemment, il y a toute une série de
propositions et de points qui concernent l’aménagement du territoire dans les
propositions qui ont été faites (je veux parler de remplacer un attique par un étage
plein, faire des constructions plus rationnelles, etc.) qui rencontrent l’accord de tout le
monde.
Une dernière chose peut être, à propos du label Minergie. Vous dites que Minergie
« donne le droit de ». Le problème est que Minergie ne « donne pas le droit de », mais
« permet de »! Il permet de demander une dérogation, et c’est vrai qu’une dérogation
ne peut pas être contenue dans le plan localisé de quartier lui-même. C’est un
véritable problème. Pour l’instant, nous sommes est en train de dresser une sorte de
typologie de possibilités qu’on peut appliquer pour arriver au 10 % supplémentaire, soit
en faisant un étage supplémentaire, soit en rallongeant, voire épaississant le bâtiment,
mais, a priori, il est difficile de prévoir le PLQ lui-même avec cette possibilité là. Par
ailleurs, Je peux vous dire que les plans que nous produisons ont tous une densité
maximum, et je ne suis ainsi pas d’accord avec vous.
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
M. Thierry Oppikofer, modérateur de la table-ronde
• Je voulais demander quelque chose à M. Bürgisser. Nous avons vu tout à l’heure qu’il
y avait quand même un déficit du nombre de LUP, en tous cas dans la situation
actuelle et si tout continuait ainsi, si j’ai bien compris. Ou alors j’ai mal compris les
schémas nombreux du début de la matinée… Est-ce que vous arriverez à votre stock
de LUP ? Est-ce que vous êtes confiant dans le futur plan directeur cantonal ?
M. Michel Bürgisser, directeur général de l’Office du logement, DCTI
•
Je crois que pour poursuivre la conversation qui vient d’être menée, on est peut être
aussi tous invités à un petit examen de conscience ! Nous avions tout à l’heure un
aparté avec le professeur Marchand qui s’intéresse aux logements d’un point de vue
théorique dans les écoles d’architecture. Les musées, les églises, les bâtiments
prestigieux : c’est très intéressant et ces thématiques mobilisent les réflexions. Mais
quel est l’état de réflexion globale en matière de logements ces dernières années ? La
densité ? Très bien la densité ! On a quand même refusé le périmètre Surville, on a fait
Cressy avec deux niveaux sur rez-de-chaussée, voire trois niveaux de temps à autre
dans un mouvement d’optimisme extraordinaire… mais personne n’en voulait ! Avec
l’exemple de Cressy, on a échappé – si j’ose le dire ainsi – aux deux étages avec
combles froids, en dernière extrémité ! Cette réflexion que vous relevez ou soulignez
aujourd’hui est peut-être un élément que l’on doit mettre sur la table. Et il faut se dire
qu’au fond on a souvent parlé, à juste titre, de la crise du logement, parce que celle-ci
dure depuis très longtemps. Nous étions tous à peu près d’accord sur le fait qu’il faille
construire des logements, mais personne ne se donnait les moyens de le faire. Ils
devaient rester petits, surtout ne pas être construits à côté de chez soi. Je crois qu'il y
a une réflexion commune qui doit être menée et puis, effectivement, il faut se donner
l’occasion d’aller de l'avant. Je crois que les tableaux qu’a montrés Madame VasiljevicMenoud ce matin étaient aussi à cet égard tout à fait significatifs : pas de potentiel de
logements dans les PLQ, et peu de PLQ aussi d’une certaine manière, adoptés au
début des années 2000. Et dans ce domaine, on constate depuis quelques années un
effort tout à fait singulier et remarquable. Je dois dire que nous travaillons avec
l’aménagement du territoire de manière constante et je pense que cela a produit ses
effets.
Le logement, dans le cadre de l’aménagement du territoire, est une préoccupation
ancestrale, même s’il a été peut-être aussi pendant certaines années une question qui
a été traitée de manière moins soutenue, parce que d’autres préoccupations
occupaient le devant de la scène. Mais je crois que si toute chose continue comme
aujourd’hui, on aura un certain nombre de difficultés en termes de délai – il ne faut pas
se le cacher – pour obtenir le pourcentage que nous souhaitons et que nous devons
réaliser. Alors que faut-il faire ? Eh bien c’est un programme d’actions qu’il faut mener.
Vous le savez, l’essentiel des potentiels de logements se situent dans les grandes
opérations. Il faut que ces grandes opérations, qui sont d’ores et déjà prévues,
puissent se faire dans les meilleurs délais. Il y a ça et là quelques signes intéressants.
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Effectivement, M. Dal Busco le notait aussi tout à l’heure, il y a peut-être des moyens
de dialogue qui ont été renoués, qui permettent de fluidifier un peu les choses. C’est
quelque chose d’important, mais il faut aussi être volontaire !
Le plan directeur cantonal est en cours de révision, et peut-être que des révisions
partielles pourront être envisagées. Il est possible qu’on doive recourir à ces moyens
mais je ne suis pas qualifié pour y répondre. Aujourd’hui, ce que nous devons faire,
c’est suivre ce qui se produit. Avec les éléments que nous avons aujourd’hui, nous
pouvons dire, sans trop de risques de nous tromper, que si on ne fait rien, si on n’est
pas encore plus actif que ce que nous sommes aujourd’hui, ça va être difficile. Quelles
sont ces mesures ? C’est faire accélérer les processus là où on peut accélérer ; il y a
des terrains de réserve qui devaient être abordés plus tard, dans quelques années,
dans la procédure d’aménagement du territoire qui font aujourd’hui l’objet d’études,
donc de manière beaucoup plus anticipée. Il faudra mettre, pour ainsi dire « le
paquet » sur ces opérations, et puis évidemment peut-être, envisager de nouveaux
déclassements… Mais dans ce cas aussi, le déclassement de la zone agricole a
constitué, il faut le dire, un tabou pendant un certain nombre d’années.
Une personne de l’auditoire
•
Ma question portait sur la question de la densité, mais comme elle a déjà été traitée…
Nous voyons en tous cas en Ville de Genève que le renchérissement et la
revalorisation du prix du foncier dans les opérations en zones de développement font
que si on peut densifier plus, on arrive plus facilement à monter des opérations. Je
voulais interpeller là-dessus, mais comme ce sujet a déjà été traité, je pense que je
vais passer la parole à quelqu’un d'autre.
M. Daniel Marco
•
Je reviens sur la fin de l’intervention de Monsieur Mark Muller, sur l’automobile inégale
entre la Ferrari et la Citroën 2CV. Je lui rappelle simplement qu’il n’y a pas encore
dans la constitution le droit à l’automobile, mais qu’il y a le droit au logement. Par
rapport à ça, cela change beaucoup de choses. A titre d'exemple, concernant la
mixité, il est quand même bien que les logements soient relativement les mêmes si on
veut avoir une mixité sociale, et non pas que l'on ait des logements particuliers pour
certaines catégories de la population. Je pense qu’il faut faire attention avec les moins
20 %. Est-ce que cela peut entraider? Je ne crois pas du tout que les normes de la
SIA doivent entrer comme bases légales sur lesquelles on doit travailler. Que les
architectes fassent leur boulot !
La deuxième remarque concerne la question des plans localisés de quartier. Je pense
que les plans localisés de quartier sont un contrôle démocratique de l’aménagement
du territoire. Qu’ils ne soient pas très bons, qu’on doive les améliorer, je le reconnais.
Mais c’est aussi la même chose : on peut se prononcer, la population peut se
prononcer sur les plans de quartier et c’est bien ! Qu’on veuille les supprimer, qu’on
veuille leur faire leur procès pour les supprimer… Soit! On peut aussi les améliorer,
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
parce que cela pose quand même pose un certain nombre de problèmes, ce que vous
venez de dire ou ce que j’ai entendu. Mme Agacinski, qui est une philosophe, se pose
la question de savoir dans la ville et dans les maisons, qui peut juger de la valeur
d’une maison. Elle transpose cela d’ailleurs sur les bateaux. Elle dit : « qui donne la
valeur d’un bateau ? Est-ce que c’est le constructeur naval, l’architecte naval ou le
skipper ? » Je pense que la personne qui est capable de donner la valeur d’un
logement, c’est celui qui l’utilise. Que les autres fassent leur boulot, qu’ils s’exposent à
la critique, mais qu’ils ne viennent pas ici donner des leçons pour remplacer les lois
par les normes de la SIA. Même si je suis membre de la SIA, je pense que ce n’est
pas possible. C’est comme de comparer la Ferrari à la Citroën 2CV, alors qu’on a un
droit au logement. Voilà, c’est tout. Je n’ai qu’une remarque sur les investissements à
Genève : heureusement qu’ils sont encadrés, parce que sur les routes américaines, je
pense qu’aujourd’hui on voit ce que c’est quand le crédit n’est pas encadré.
M. Ernest Greiner
•
J’ai une remarque et une question. La remarque dépasse de loin ce qu’on discute
aujourd’hui, parce que c’est pour le futur. J’habite depuis plus de trente ans au Lignon.
J’ai toujours apprécié la construction du Lignon, parce qu’on n’y distingue pas celles et
ceux qui habitent dans les loyers modestes de celles et ceux qui habitent dans les
loyers modernes. Cela veut dire, celles et ceux qui sont un peu plus riches et celles et
ceux qui sont un peu plus pauvres. Nous disposons tous des mêmes loggias et des
mêmes volumes par logement, nous avons tous la même qualité d’appartement. Il y a
quelques différences dont une petite qui est toujours marrante et que je cite avec
plaisir : dans la salle de bain, ceux qui ont des revenus modestes ont un robinet qui
tourne du lavabo à la baignoire. Et on le tourne de nouveau au lavabo. C’est une des
mesures que je trouve magnifique aujourd’hui ; d’ailleurs je la trouve exceptionnelle! Et
celle-ci, je ne voudrais pas qu’on la change !
Ma remarque va plus loin. Lorsque vous aurez appliqué le moins 20 %, vous
reviendrez sur la commune de Vernier. Concernant le quartier des Libellules qu’a
mentionné M. Wicht, je le connais très bien. J’ai été 23 ans au Conseil municipal de
Vernier et je peux vous dire que les gens qui habitent dans ce quartier et dans cet
immeuble, qui est certes exceptionnel à l’échelle de Genève, je peux vous dire que les
gens que les parents se plaignent très souvent que leurs enfants ne trouvent pas de
travail, parce qu’ils disent: « on habite les Libellules » ! C’est une réalité du contexte du
bâtiment où il se situe et pour quel habitat il était construit. J’aimerais attirer votre
attention : dans le futur, si vous construisez ce que j’appellerais plutôt des banlieues
– parce que pour l’instant on a toujours construit des cités à Genève, on a construit la
cités d’Onex, de Meyrin, du Lignon et la cité a un autre impact sur l’opinion que les
banlieues; les banlieues nous font penser à la France –, alors faites attention, parce
que les problèmes vont venir plus tard et ne seront pas seulement administratifs, ils
seront aussi politiques. Les extrêmes de la politique savent les utiliser.
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Ma deuxième remarque est une question. Je ne comprends pas très bien : alors
qu’aujourd’hui la loi sur l’énergie est discutée, les réseaux qui s’occupent de cela ont
reçu une information que le Conseil d’État veut déroger à la LDTR, parce que il faut
pouvoir construire un petit peu plus cher. Alors je ne comprends pas que, d’un côté, le
Conseil d’État dit : « On peut construire à CHF 3 350.- la pièce », et, de l’autre côté, il
dit : « Il faut déroger à la LDTR » lorsque c’est plus cher pour faire des logements.
M. Mark Muller, conseiller d’État en charge du DCTI
•
Il faut comprendre que les CHF 3 350.- la pièce par an est un objectif en matière de
loyer et que, toute chose égale par ailleurs, s’il y a, à titre d’exemple, soudainement
une explosion des prix de l’acier, cette augmentation des coûts va être prise en
compte. Il en va de même par exemple pour le coût lié à de nouvelles mesures de
sécurité qui pourraient être introduites dans la législation ou pour le coût lié à des
mesures d’économie d’énergie. Il ne s’agit pas d’appliquer le moins 20 %, sans tenir
compte du fait qu’un certain nombre d’autres éléments augmentent. Ces
augmentations sont prises en compte et sont acceptées. Maintenant, au niveau de
l’énergie, l’enjeu est simple : si on fait supporter entièrement le coût des travaux
nécessaires pour assainir un bâtiment d’un point de vue énergétique au propriétaire et
qu’il ne peut pas répercuter ces coûts sur le locataire qui, au fond, est l’utilisateur et le
pollueur – c’est le principe du pollueur-payeur –, ces travaux ne se feront pas. Ou alors
ils se feront sous la contrainte, beaucoup plus lentement et je pense que l’objectif en
matière d’économie d’énergie ne sera pas atteint. Le but de cette modification de la
LDTR qui est proposée est de permettre au propriétaire d’effectuer rapidement les
travaux d’assainissement qu’on souhaite. Parce qu’il s’agit également d’une priorité, il
faut arriver à réduire sensiblement la consommation d’énergie des bâtiments.
Mme Carole-Anne Kast, conseillère administrative de la Ville d’Onex, secrétaire générale du
Rassemblement pour une politique sociale du logement (RPSL)
•
Je peux difficilement me retenir quand même de conseiller à ces Messieurs de la
Société des ingénieurs et architectes (SIA) d’apprendre peut-être à lire une loi avant
de la critiquer, parce que quand on voit les questions que posent leurs membres dans
les concours d’architecture, cela fait parfois un petit peu peur!
Ceci étant dit, il y a une mention dans le protocole d’accord qui n’a pas encore été à
mon avis exposée, ni développée, ni mise en œuvre par le Conseil d’État. Comme elle
ne pourra se faire que par le biais des LUP, je pense qu’elle est tout à fait d’actualité.
C’est la problématique de la mixité, mais territoriale cette fois. Une des mentions du
protocole d’accord prévoit que le Conseil d’État doit veiller à une mixité territoriale sur
l’ensemble du canton de Genève, et donc à une répartition équitable sur l’ensemble du
territoire des logements d’utilité publique, et des autres types de logements par
ailleurs. A cet égard, j’aimerais savoir la position du Conseil d’État – tout en sachant
que l’aménagement, n’est pas chez M. Muller, mais admettons ce que vous avez dit
tout à l’heure sur le fait que vous travailliez en bonne entente –. J’aimerais savoir
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
quelle est votre base de travail et s’il y a une réflexion qui a été engagée sur ce point.
On sait très bien qu’il y a certaines communes qui n’ont aucun HBM, aucun LUP, qui
n’ont par forcément l’intention d’en faire. Bien que les pourcentages actuellement
prévus par la loi fassent que s’il y a de la zone de développement dans ces
communes, elles n’auront pas d'autres choix que d'en avoir, j’aimerais néanmoins bien
savoir s’il y a une base de réflexion qui a été menée à cet égard. Je vous donne à titre
d’exemple le chiffre suivant : le 80 % des HBM se concentrent sur le territoire de 16
communes à ce jour, alors qu’on en compte quand même un peu plus que ça…
M. Mark Muller, conseiller d’État en charge du DCTI
•
Effectivement cette mixité territoriale par le biais de la réalisation de LUP va se faire au
fur et à mesure des développements. Je mets pour le moment de côté les acquisitions
d’immeubles, même si sur les quelques 1 000 logements acquis en 2008. il y a une
répartition géographique de ces immeubles, et donc une forme de mixité territoriale.
Aujourd’hui, les développements dont nous nous occupons plus particulièrement se
situent par exemple à Champel, sur le périmètre du chemin Doctoresse-Champendal.
Nous sommes bien sur le territoire de la Ville de Genève, mais néanmoins dans un
quartier qui comporte aujourd’hui assez peu de logements LGL à ma connaissance, et
qui va en comporter un certain nombre dans les proportions prévues par la loi. Sur le
périmètre des communaux d’Ambilly, 25 % de LUP seront réalisés. Il est vrai que la
commune de Thônex a déjà des HBM et d’autres types de logements sociaux. Mais
c’est au fur et à mesure des déclassements, et au fur et à mesure des possibilités
qu’auront l’État et les communes d’acquérir la maîtrise foncière de terrains qu’on
réalisera des LUP.
Cette mixité territoriale va intervenir naturellement dans les futurs développements. Je
pense par exemple aux périmètres des Grands-Esserts à Veyrier ou de la plaine de
l’Aire, qui sont dans le collimateur. Les périmètres dont on parle aujourd’hui, destinés à
être déclassés, sont des périmètres où bien souvent l’État possède un certain nombre
de terrains. Il me semble, et il faudrait peut-être faire l’exercice sur une carte, que ces
périmètres sont répartis de façon assez équilibrée sur l’ensemble du territoire
genevois. Et donc cette mixité territoriale va se réaliser par le biais des futurs
développements.
M. Philippe Favarger
•
Nous n’avons effectivement pas beaucoup de moyens de contrainte pour atteindre
l’objectif de la mixité territoriale. Ce sur quoi nous comptons beaucoup, et je l’évoquais
ce matin, est la bonne volonté partagée, entre les communes et l’État, de réaliser du
LUP et d’atteindre l’objectif fixé par la loi. Je donne un autre exemple. Nous avons des
discussions assez avancées avec la commune de Corsier, qui souhaite faire du
logement d’utilité publique dans une zone où elle n’est même pas obligée d’en faire.
Donc l’objectif – et là on relancera la balle à M. Muller tout à l’heure – est que les
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
politiques arrivent à se mettre d’accord entre eux, entre le canton et les communes
pour qu’on avance, tous, avec la même bonne volonté !
M. Jacques Béné, président de la Fondation HBM Emma Kammacher
•
Je suis membre de l’une des fondations immobilières de droit public et j’ai une ou deux
réflexions très rapides et une question à la fin. Je crois que c’est M. Xavier Comtesse
qui a dit lors du débat sur la Praille : « À Lausanne, on décide et à Genève, on
discute ». Je trouve que pour une fois on ne discute pas, qu’il y a des choses qui ont
été faites, et j’aimerais être un peu plus optimiste que ce qui a été dit jusqu’à
maintenant pour critiquer à peu près tout ce qui a été fait sans que cela apporte
vraiment des solutions. Je pense qu’effectivement cette nouvelle loi et le dynamisme
qui l’accompagne va apporter beaucoup ! Alors M. Daniel Marco disait tout à l’heure
qu’il ne faut pas faire tout ce qui est prévu dans les moins 20 %, qu’il ne faut pas
stigmatiser et qu’il faut justement éviter de construire avec moins de qualité.
Personnellement je pense qu’il faut au moins essayer, et que s’il y a quelqu’un qui
peut le faire, c’est justement les laboratoires que sont les fondations immobilières de
droit public. Nous devons essayer de trouver d’autres solutions pour tenter de diminuer
les coûts de construction et les prix de revient des différentes opérations. Il y a des tas
d’immeubles à Genève qui n’ont pas de balcons, pas d’ascenseur, pas de parkings,
pas de jardins ni de grandes places vertes devant eux ; et je ne crois pas que ces
immeubles sont vides, qu’ils ont plus de problèmes sociaux ou de locataires
mécontents que d’autres. Par conséquent, je pense qu’il y a effectivement des pistes à
trouver dans ce sens là pour une raison très simple : c’est qu’il faut arriver à donner
des logements à la catégorie de la population qui est la plus défavorisée. Sur ce point,
je suis un peu surpris de ce que vient de dire Mme Michelle Künzler, parce que si on
fait le calcul d’une personne qui gagne CHF 3 000.- par mois pour entrer dans un 3
pièces à CHF 3 350.- la pièce par année, – donc avec cette subvention de
CHF 1 000.- –, cette personne y rentre très facilement! Je trouve même justement
qu’elle va payer trop de loyer par rapport à ses revenus, puisque le barème d’entrée
est de CHF 54 000.- pour un appartement 3 pièces pour 1 personne. Je voudrais
qu’on arrête aussi de dire des choses qui sont juste fausses ! Pour un 4 pièces, avec 3
personnes dedans, le barème d’entrée est à plus de CHF 90 000.- ! Pour moi, il y a un
autre problème : c’est qu’effectivement on ne répond pas toujours aux locataires les
plus défavorisés. C’est dans ce sens que l'une des fondations avait proposé ce
principe à la Tambourine, pour essayer de permettre aux locataires qui ont les revenus
les plus bas de rentrer dans des appartements qui sont vraiment bon marché, quitte
effectivement à ce qu’il y ait des appartements qui soient un peu plus chers, et que,
l’un dans l’autre, cela se compense et qu'une mixité soit créée. Nous verrons à terme
si cette mixité est bonne ou pas, mais je pense pour ma part qu’elle n’est de toute
façon pas pire que dans la situation où on met des catégories de revenus identiques.
La dernière remarque que je voulais faire est par rapport aux communes. Je pense
justement qu’entre la question de la mixité et celle surtout de la maîtrise – parce que
de toute façon un jour ou l’autre il y aura du logement LUP dans toutes les
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
communes –, autant que les communes rentrent dans le processus, surtout avec l’aide
de l’État en plus et qu'elles favorisent cela ! Parce que l’État va quand même donner à
ces communes 10 % du prix de revient en dotation, qui sont des fonds propres
quelque part. Ainsi les communes gardent premièrement la maîtrise du foncier,
deuxièmement la maîtrise des locataires à qui elles vont pouvoir attribuer leurs
logements. En effet, la cohésion sociale, c’est aussi de permettre – c’est ce qui se fait
moyennement dans les fondations, mais qui peut se faire dans les communes – c’est
justement d’essayer de garder les gens qui font des demandes au sein même des
communes en leur proposant des appartements de la commune, parce qu’il y a une
plus forte identification pour quelqu’un qui y a déjà vécu depuis plusieurs années que
pour quelqu’un qui y débarque. Donc de ce point de vue, je pense que c’est aussi très
favorable et j’invite vraiment les communes à essayer de le faire.
Pour terminer, ma question concerne les propriétaires privés qui pourraient faire du
LUP : est-ce qu’il y a d’autres incitations prévues ? Je prends juste l’exemple, parce
qu’il y a souvent un problème de communication, des propriétaires ou des
institutionnels suisse-alémaniques (ils ont toujours de la peine à comprendre le
système à Genève, même si ce n’est pas si compliqué que cela une fois que l’on se
met dedans ; mais il est vrai que lorsqu’on n’a pas l’habitude, c’est difficile…). La
question qui m’a souvent été posée est celle de la problématique du contingent de
l’Office du logement qui a toujours 20 % des appartements qui lui sont attribués pour
pouvoir y mettre des locataires. Et je sais que certains propriétaires prennent cela
comme une contrainte très importante avec un vrai droit de regard de l’État, alors que
le simple fait de dire qu’on contrôle ici que les dossiers que vous nous proposez
rentrent dans les normes est moins vu comme une intrusion. Alors ma question par
rapport aux propriétaires privés est donc de savoir ce qui a été envisagé à ce propos.
M. Thierry Oppikofer s’adressant à M. Mark Muller
•
… sur les 20 % ?
M. Jacques Béné
•
Est-ce qu’on peut envisager qu’il n’y ait plus ce 20 % de contingent pour les
propriétaires privés, à partir du moment où ils font du LUP ? Ce qui compte est de
construire et de loger des gens, peu importe de quelles listes ils proviennent !
M. Mark Muller, conseiller d’État en charge du DCTI
•
Nous n’avons pas prévu de supprimer ce contingent de 20 % pour l’instant.
M. Michel Bürgisser, directeur général de l’Office du logement, DCTI
•
D’un point de vue technique, de par le renvoi à la LGL, ce contingent effectivement
s’applique. Néanmoins d'un point de vue règlementaire, nous avons envisagé la
possibilité, notamment pour les immeubles existants qui entreraient dans le socle du
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
LUP, dans des cas de fondations communales de pouvoir renoncer, le cas échéant, à
ce quota, sous certaines conditions. Il y a une problématique un peu particulière avec
les propriétaires privés au sens de la LUP, puisqu’il faut, en plus, une convention et
une certaine durée. On peut envisager cette réflexion aussi pour les propriétaires
privés qui feraient du LUP, mais aux conditions de la loi, ça veut dire par rapport aux
50 ans, selon des conditions tout à fait précises.
M. Eric Rossiaud, vice-président du Groupement des coopératives d’habitation genevoises:
•
J’aimerais aussi donner ici un peu la voix des coopératives. C’est vrai que nous avions
été appelés à être à la table-ronde. Nous n’avons pas eu forcément la disponibilité.
Nous avons bien entendu les exposés mais nous avons entendu peu de fois le mot
« coopérative ». On se demandait quelle était la place dévolue aux coopératives dans
la nouvelle politique du logement. J’aimerais juste intervenir sur 2 ou 3 points.
Premièrement la volonté des coopératives est d’assurer la qualité dans le logement
social. Au niveau des loyers, même s’ils sont au départ à CHF 4 500.- ou CHF 4 600.la pièce par année, il est clair qu’à terme, le logement coopératif va être bien moins
élevé. Nous avons fait une statistique avec nos membres pour voir à combien se
montent les loyers des logements à la sortie du contrôle, donc après 20 ans. On arrive
actuellement à CHF 2 300.- la pièce par année pour les coopératives qui possèdent
des logements sortis du contrôle. Donc, l’objectif LUP est évidemment réalisé. Comme
le disaient les communes, de toute façon, il est très difficile aussi pour les coopératives
d’avoir un contrôle sur le taux d’effort et le taux d’occupation. En tous cas les grandes
coopératives nous disent que le contrôle est difficile sur le taux d’occupation à long
terme. Donc les coopératives font du logement d’utilité publique durable. Nous
sommes des investisseurs privés sans but lucratif. Quand M. Laurent Moutinot avait à
l’époque sollicité la réunion des coopératives d’habitation suite au discours de St
Pierre de 1997, le Groupement des coopératives d’habitation genevoises s’est
constitué. Nous étions alors 12 coopératives, aujourd’hui nous sommes 42
coopératives au Groupement. C’est donc un mouvement qui se développe et qui attire
énormément d’investisseurs et de groupes de personnes désireuses de vivre ce mode
de vie. Si nous regardons aussi le nombre de personnes qu’’intéresse ce mode de vie,
et M. Kœchlin en parlait toute à l'heure, il est quand même étonnant de voir une telle
demande ne pas être satisfaite par l’offre dans un marché bien considéré. Ma question
sera quand j’en aurais terminé : « Quel développement le Conseil d’État compte
donner aux coopératives d’habitations ? »
Et j’aimerais juste continuer sur 2 ou 3 arguments en faveur du développement des
coopératives, autant dans les LUP que par ailleurs. D’une part au niveau énergétique,
on sait que des investissements de type Minergie et Minergie plus représentent 5 à
10% de plus à la construction. Qui mieux que les coopératives vont construire du
logement énergiquement très performant ? Les coopératives pourront le faire, puisque
c’est leurs coopérateurs qui y habiteront, et les avantages seront répartis entre
l’investisseur et l’usager vu que c’est la même personne. La construction de
coopératives, c’est aussi du partenariat public-privé, c’est des usagers qui mettent des
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
fonds propres et qui construisent du logement social. Bon, je ne vais pas m’étendre sur
les avantages des coopératives. Au-delà de la question sur le développement prévu
pour les coopératives à l’avenir, ma deuxième question serait plus technique. Au
niveau du HM, je n’ai pas très bien compris pourquoi dans cet accord sur les LUP il y a
une équivalence entre « coopérative » et « HM » ? Un propriétaire construisant du HM
n’est pas forcément sans but lucratif ! Un propriétaire construisant du HM n’a pas
vocation à faire justement de l’énergiquement très performant ! Je ne vois pas
tellement le lien entre HM et coopérative dans…
M. Thierry Oppikofer, modérateur de la table-ronde
•
Si vous permettez, je crois qu’on va commencer à répondre aux questions, plutôt que
d’expliquer les questions qu’on va poser, parce que sinon on n’arrivera jamais au bout
et on aura oublié la première ! On va peut-être déjà demander quel est le rôle…
M. Eric Rossiaud, vice-président du Groupement des coopératives d’habitation genevoises:
•
Ma question était simple: quel développement pour les coopératives?
M. Thierry Oppikofer, modérateur de la table-ronde
•
Voilà, tout à fait. Nous allons demander à M. Mark Muller d’y répondre. Je précise
quand même que ce n’est pas par manque de places ou de chaises, comme je l’ai
entendu dans le public, que nous n’avons pas fait venir les coopératives. Elles avaient
été invitées, elles n’ont pas souhaité venir.
M. Mark Muller, conseiller d’État en charge du DCTI
•
J’ai parlé tout à l’heure des coopératives en disant qu’elles faisaient partie d’un des
quatre piliers de la nouvelle politique du logement. Les sociétés coopératives sont des
structures de droit privé, donc je considère qu’il leur appartient à elles en premier lieu
de faire les efforts nécessaires pour se développer. D’ailleurs vous avez dit vousmême qu’elles étaient passées de 12 à 42 en 8-10 ans, donc il y a un fort
développement de la coopérative, ce qui me réjouit tout à fait. Maintenant, les mesures
d’encouragements qui sont prises par l’État pour développer les coopératives existent :
sous forme d’aides financières prévues par la LGL – je ne vais pas les détailler –; en
matière foncière également, puisque la règle que vient de me rappeler M. Favarger est
qu’une partie des terrains propriétés de l’État remis en droit de superficie reviennent
aux coopératives, une autre partie revenant en principe aux fondations HBM. Au fond,
les coopératives sont sur un pied d’égalité avec les fondations et je crois que c’est une
mesure qui est importante! Et puis, vous savez que les coopératives sont très
présentes sur le site d’Artamis, par exemple. Donc, je crois qu’on n’oublie pas les
coopératives. C’est peut-être moins spectaculaire, parce que c’est peut-être
techniquement moins difficile de mettre en œuvre ces mesures, mais elles font partie
intégrante de la politique du logement du canton de Genève.
9ème Journée du logement
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Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
M. Thierry Oppikofer donne la parole à M. Philippe Favarger, pour la question technique
•
Concernant la question technique sur la relation HM/coopérative, je ne sais pas si
l’allusion est faite aux termes de la LUP. Oui, c’est bien ça, n’est-ce pas ? Alors
simplement, ce n’est pas parce que « HM » et « coopérative » sont côte à côte dans
plusieurs articles ou plusieurs alinéas de l’article 4A de la LGZD que les deux choses
sont assimilées. D’ailleurs, la loi dit clairement « HM ou coopérative ». Ce qui arrive
est que les coopératives elles-mêmes demandent souvent de faire du HM. Mais « HM
ou coopérative » indique une alternative. Et pourquoi HM ou coopérative ? Je prends
ici un peu la parole à M. Muller mais il me contredira ou me complètera au besoin. Le
HM est privilégié parce que la volonté du Conseil d’État est de favoriser plutôt l’aide à
la personne que l’aide à la pierre, et d’autre part, parce que la coopérative reste
effectivement depuis le discours de St Pierre en 1997, une des priorités, un des piliers
comme l’a dit M. Muller, de la politique du logement à Genève. Il n’y a donc pas
d’assimilation.
Mme Françoise Chappaz, secrétaire régionale du WWF Genève
•
Nous avons tout le temps des exemples zurichois, de temps en temps bâlois, voire un
petit peu bernois. Nous avons toujours des exemples en termes d’architecture et
d’urbanisme. Est-ce qu’on pourrait avoir des chiffres ? Quels sont leurs mécanismes
financiers ? Quels sont les prix de construction ? Quels sont les barèmes appliqués
pour les logements de telle ou telle catégorie à Zürich ? Cela serait quand même
intéressant, parce que s’ils en font plus, c’est peut-être qu’ils ont de meilleurs
mécanismes et peut-être pourrait-on aussi les copier pour les mécanismes… Je n’en
ai aucune idée personnellement mais j’aimerais bien savoir. Et j’espère qu’on pourra
aussi bientôt être à Genève un exemple.
M. Bruno Marchand, professeur à l'Institut d'architecture de l'EPFL
•
C’est une question un peu complexe. Je rappelle juste que M. Franz Eberhard,
directeur du département des bâtiments à la ville de Zürich, était venu l’année
dernière, invité par la Fédération des architectes suisses (FAS). Il avait quelque peu
expliqué le mécanisme et d’ailleurs la FAS s’était donné la peine de traduire le
règlement du plan de zone de la ville de Zürich pour comparer ce qui se faisait à
Genève au même moment. Je crois que malheureusement les conditions sont très
différentes, ainsi d’ailleurs que toute la politique du logement, à la fois très volontariste
et très participative de la commune de Zürich, qui a des moyens absolument
extraordinaires par rapport à ce qui se passe en Suisse romande. Il faut également
avouer – et je pense que ce serait intéressant pour M. Rossiaud du Groupement des
coopératives qui, malheureusement nous quitte – que les coopératives sont
extrêmement actives dans la politique du logement à Zürich, et que effectivement,
elles se sentent actives, porteuses, dans le sens de la création des logements. Elles
organisent énormément de concours, qui sont aussi financés par l’État. Il faut aussi
reconnaître qu’en termes de planification, les instruments sont relativement plus
9ème Journée du logement
Page 123
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
souples que ce qu’on a en Suisse romande. M. Eberhard, par exemple a pu
développer une politique où il a pu déterminer les secteurs qui étaient de l’ordre du
« développement de Zürich » d’une façon assez claire et il a fait participer tous les
milieux politiques et tous les milieux intéressés. Mais il y avait à Zürich des zones
industrielles à déclasser. Il y a des grandes zones ferroviaires à déclasser qui
n’existent pas forcément à Genève. C’est toujours très délicat de comparer des choses
qui sont difficiles à comparer. Il n’empêche que, évidemment, il y a toujours une forme
d’inspiration et surtout, un peu une jalousie, par rapport à ces milieux-là, quand on voit
ce qu’ils arrivent à faire.
Une personne de l'auditoire
•
Je suis récemment allée à Zürich, pour voir comment ils montaient leurs droits de
superficie, et comment ils fonctionnaient avec les coopératives, et donc, j’ai rencontré
les tenants de cette action au niveau de la ville de Zürich qui est très active dans
l’octroi de droits de superficie ainsi que dans la réalisation de logements sociaux. Ils
construisent encore eux-mêmes leurs propres logements communaux directement et
quand ils octroient des droits de superficie aux coopératives, ils sont également
membres du comité de la coopérative en tant que commune, et ils participent
également au financement par le biais de leur caisse de pension communale qui
investit dans le montage du financement des coopératives avec une garantie de la
commune, sur le financement de la caisse de pension. On voit que la commune est
extrêmement imbriquée dans le montage financier. Elle est également elle-même
subventionnaire, puisque ce sont les communes qui octroient les subventions au
logement social. Donc, elles sont subventionnaires, financeurs, participantes au comité
et elles octroient de droits de superficie. C'est un mécanisme qui est beaucoup plus
imbriqué que la pratique genevoise dans tous les cas et peut-être qu’il faut s’en
inspirer!
M. Thierry Oppikofer, modérateur de la table-ronde
•
Sur cette conclusion, j’aimerais remercier les différents intervenants et le public,
notamment les représentants des coopératives, tous les élus et les personnes qui sont
intervenues pour la qualité et la densité du débat.
Le texte dit fait foi.
9ème Journée du logement
Page 124
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
ANNEXES
1.
Prix admis dans les plans financiers pour les sis en zone de développement
125
Pratique administrative de l'Office du logement
PA/SI/001.02
2.
Taux de rendements nets sur fonds propres en fonction des types de
financement
128
Pratique administrative de l'Office du logement
PA/SI/004.01
3.
Loyers maximums par pièce pour accord de principe
129
Pratique administrative de l'Office du logement
PA/SI/005.01
4.
Programme officiel de la 9ème journée du logement
131
PRATIQUE ADMINISTRATIVE DE LA DIRECTION DU LOGEMENT
PA/SI/001.02
Prix admis dans les plans financiers
pour les terrains sis en zone de développement
Base légale
L 1 35 (LGZD), art. 5, al. 1 et 2
En exécution de l'article 2, alinéa 1, lettre b, la délivrance de l'autorisation de construire est
subordonnée à la condition que :
Logements destinés à la location
a) les bâtiments d'habitation locatifs répondent par le nombre, le type et les loyers des
logements prévus à un besoin prépondérant d'intérêt général;
Logements destinés à la vente
b) les bâtiments d'habitation destinés à la vente, quel que soit le mode d'aliénation
(notamment cession de droits de copropriété d'étages ou de parties d'étages, d'actions
ou de parts sociales) répondent, par le nombre, le type et le prix de logements prévus
à un besoin prépondérant d'intérêt général;
Bâtiments commerciaux et artisanaux
c) les bâtiments destinés aux commerces, aux autres activités du secteur tertiaire et à
l'artisanat répondent, par leur nombre, leur situation et leur type à un besoin d'intérêt
général; (...)
Les plans techniques et financiers, notamment les normes applicables à l'état locatif ou au
plan de vente et aux réserves pour entretien, doivent être préalablement agréés par le
département des finances. Toute modification qui intervient en cours de construction doit
être signalée et faire, le cas échéant, l'objet d'un nouvel agrément.
L 1 35 (LGZD), art. 4, al. 2
A défaut de règlement de quartier adopté spécialement ou de conventions particulières, les
dispositions du règlement type annexé au règlement d'exécution de la présente loi sont
applicables et le Conseil d'Etat fixe de cas en cas les participations aux frais d'équipement et
les conditions relatives à la limitation des loyers ou des prix.
L 1 35.04 (Annexe au RLGZD), art. 15
Le Conseil d'Etat fixe dans chaque cas le montant maximum des loyers ou des prix; il peut
imposer la construction de logements à loyers modérés ou réduits satisfaisant aux conditions
des lois et règlements en vigueur.
Le Conseil d'Etat peut refuser l'application des normes de la zone de développement à des
terrains vendus à des prix de spéculation.
Objectif
Fixer les plafonds admis pour les prix des terrains sis en zone de développement, en vue
d'encourager leur mise en valeur tout en répondant aux besoins prépondérants d'intérêt
général définis par la loi.
Ce que fait la DLO dans la pratique
Le montant admis pour le terrain dans le plan financier d'une opération mise au bénéfice des
normes de la LGZD est le prix effectivement payé par le requérant, mais au maximum
jusqu'à concurrence des prix unitaires figurant dans le tableau ci-dessous. Ces prix ont été
déterminés sur la base des densités usuelles prévues par le plan directeur cantonal (concept
de l'aménagement cantonal, page 2.12), soit 1,2 en zone 3, 0,8 en zone 4A et 0,6 en zone
4B.
Zone
préexistante
Développement
Terrains non bâtis
Agricole
2, 3 ou 4
450 F / m2 SBP 1
Terrains bâtis
Prix selon affectation 2 pour
l'assiette théorique des
constructions 3
+ 450 F / m2 SBP pour le solde
du terrain
+ valeur des constructions et
des aménagements extérieurs
5
4
833 F / m2 SBP
Prix selon affectation 2 pour
l'assiette théorique des
constructions 3
+ 833 F / m2 SBP pour le solde
du terrain
+ valeur des constructions et
des aménagements extérieurs
5 ou 4
2 ou 3
688 F / m2 SBP
Prix selon affectation 2
+ valeur des constructions et
des aménagements extérieurs
Industrielle
2, 3 ou 4
180 à 300 F / m2
Prix selon affectation 2
+ valeur des constructions et
des aménagements extérieurs
1
SBP = surface brute de plancher
2
Prix terrain selon affectation des constructions existantes :
- Affectation résidentielle, administrative ou commerciale : 1'000 F / m2
- Affectation industrielle ou artisanale : 180 à 300 F / m2
- Affectation agricole : même prix que pour un terrain nu
3
Assiette théorique des constructions existantes :
- Affectation résidentielle - maison individuelle ou contiguë : SBP / 0,2 (indice théorique)
- Affectation résidentielle - immeuble à plusieurs logements - ou administrative ou
commerciale : SBP (indice théorique = 1)
- Affectation industrielle ou artisanale : SBP (indice théorique = 1)
Les dépendances sont prises en compte dans la détermination du prix admis.
Ces prix plafonds s'appliquent aux terrains vendus après le :
- 17 mai 2006 pour les terrains bâtis en zone 5 ou 4 développement 2 ou 3 ;
- 13 septembre 2007 pour les terrains en zone 5 développement 4 ;
- 23 octobre 2007 pour les terrains en zone agricole ;
- 1er juin 2008 pour les terrains non bâtis en zone 5 ou 4 développement 2 ou 3 et pour les
terrains bâtis en zone 5 développement 4.
Pour les terrains vendus antérieurement aux dates susvisées (une promesse de vente
chiffrée est assimilée à une vente), le montant admis dans le plan financier dépend de la
pratique en vigueur à la date de vente. Pour les pratiques antérieures, s'adresser à la
direction du logement.
Lorsque la nouvelle pratique aboutit à un prix inférieur à celle résultant de l'ancienne
pratique, cette dernière s'applique.
Pour les terrains vendus par un promoteur (soit toute personne, professionnel de
l'immobilier, entrepreneur, société ou particulier ayant acquis un terrain dans le but de
construire) ou par une collectivité publique (Confédération, canton ou commune), le montant
admis dans le plan financier dépend de la pratique en vigueur à la date d'achat par le
promoteur ou la collectivité publique, ceci quelle que soit la date de vente.
Restent réservés les cas où le requérant avait acquis le terrain à d'autres fins et le met luimême en valeur.
__________________________________________________________________________
Entrée en vigueur : 01.08.2006
Dernière mise à jour : 01.06.2008
PRATIQUE ADMINISTRATIVE DE LA DIRECTION DU LOGEMENT
PA/SI/004.01
________________________________________________________________________
Taux de rendements nets sur fonds propres
en fonction des types de financements
Base légale
I 4 05 (LGL), art. 1, al. 3
L'Etat instaure un contrôle des loyers sur tous les logements ou locaux construits par ou
Avec l'aide de l'Etat de Genève.
I 4 05 (LGL), art. 27
Les plans techniques et financiers, notamment les normes applicables à l'état locatif ainsi
qu'aux réserves pour entretien, doivent être préalablement agréées par le Conseil d'Etat, qui
peut déléguer cette compétence à un département.
Objectif
Fixer les rendements maximum autorisés sur fonds propres en tenant compte du risque.
Ce qu'admet la DLO
¾
Pour un financement 100 % en fonds propres
5,50 %
¾
Pour un financement comprenant 50 % de fonds étrangers
et 50 % de fonds propres
6,00 %
Pour un financement comprenant 80 % de fonds étrangers
et 20 % de fonds propres
7,00 %
¾
Pour les coopératives, financées avec 5 % de FP, le RN découle du
disponible fixé à 5 % maximum, auquel s'ajoutent les amortissements
déterminés, en principe, par les annuités fixes.
¾
Intérêts intercalaires sur terrain et/ou sur fonds propres
(prix de revient, page 1 du plan financier) : taux variable BCGe 1er rang + 1/4%
de commissions trimestrielles
Ces intérêts ne sont admis que si le plan financier le permet et selon
l'historique de l'opération. Les intérêts sur terrain ne devraient pas être
pris sur plus de six ans.
Entrée en vigueur : 03.04.2007
Dernière modification : 21.01.2008
4,25 %
PRATIQUE ADMINISTRATIVE DE L'OFFICE DU LOGEMENT
PA/SI/005.01
________________________________________________________________________
Loyers maximums par pièce pour
accord de principe
Base légale
I 4 05 (LGL), art. 1, al. 3
L'Etat instaure un contrôle des loyers sur tous les logements ou locaux construits par ou
avec l'aide de l'Etat de Genève.
I 4 05 (LGL), art. 27
Les plans techniques et financiers, notamment les normes applicables à l’état locatif ainsi
qu’aux réserves pour entretien, doivent être préalablement agréés par le Conseil d’Etat, qui
peut déléguer cette compétence à un département.
L 1 35 (LGZD), art. 5, al. 1, let. a
La délivrance de l’autorisation de construire est subordonnée à la condition que les
bâtiments d’habitation locatifs répondent par le nombre, le type et les loyers des logements
prévus à un besoin prépondérant d’intérêt général.
Objectif
Fixer les loyers admissibles en fonction des éléments constitutifs du prix de revient et de
ceux relatifs au compte d'exploitation.
Ce que fait la DLO dans la pratique
Catégorie
Part de fonds
propres
Taux de
rendement sur
fonds propres
Loyer maximum
/ pièce / an
HBM
20%
7.0%
4'350
HLM + HM
20%
50%
100%
7.0%
6.0%
5.5%
4'650
4'850
5'100
ZD LOC
20%
50%
100%
7.0%
6.0%
5.5%
5'300
5'550
5'850
Entrée en vigueur : 01.01.2008
Dernière mise à jour : 14.1.2009
Les plafonds de loyers figurant dans le tableau ci-dessus sont valables pour :
- un budget de charges de 1'000 F / pièce théorique / an * ;
- une surface locative moyenne de 20 m2 / pièce ;
- un prix du terrain selon la pratique prévalant jusqu'au 16 mai 2006 (voir pratique
administrative PA/SI/001 du Service immobilier) ** ;
- un coût de construction de 550 F / m3 (HBM), 560 F / m3 (HLM et HM) et 590 F / m3 (ZD
LOC) ;
- un taux d'intérêt sur fonds étrangers de 4% ***.
*
Nombre de pièces théoriques = nombre de pièces logements
+ 1 pièce par 25 m2 de surface locative commerciale
+ 1 pièce par 50 m2 de surface locative de dépôt
+ ½ pièce par place de parking sous-terrain
** Les plafonds de loyers admissibles dans les plans financiers sont ajustés de sorte que
l'augmentation du prix admis pour le terrain (selon la nouvelle pratique) soit intégré en
totalité.
*** NB : Lors de l'arrêté de mise en location, les loyers sont fixés sur la base des taux
d'intérêts effectifs.
Suppléments pour bâtiment à haute performance énergétique
- Bâtiment Minergie : + 150 F / pièce / an pour les loyers
- Bâtiment Minergie Plus :+ 180 F / pièce / an pour les loyers
Plafond de loyer admis pour les rénovations
4'200 F / pièce / an pour un immeuble HLM avec 20% de fonds propres
Entrée en vigueur : 01.01.2008
Dernière mise à jour : 14.1.2009
Dans le cadre de la Nouvelle politique du logement,
Monsieur Mark Muller, conseiller d’Etat chargé du département des constructions
et des technologies de l’information (DCTI), a le plaisir de vous inviter à participer à la
9 E JOURNÉE DU LOGEMENT
NOUVELLE
POLITIQUE DU LOGEMENT
LES LOGEMENTS D’UTILITÉ PUBLIQUE (LUP): UN VRAI POTENTIEL D’INVESTISSEMENT
INVITATION
Vendredi 7 novembre 2008
Auditorium de la Fédération des Entreprises Romandes (FER)
98, rue de Saint-Jean, Genève
PROGRAMME
Dès 8h15
Café, croissants
8h45 - 9h
Accueil par Monsieur Mark Muller, conseiller d’Etat chargé du DCTI
9h - 10h30
1ère partie - Bilan et perspectives autour du logement à caractère social :
quelle politique publique des LUP ?
q Du logement subventionné au logement d’utilité publique: bilan après une année d’entrée en vigueur de la loi LUP
(MSDQUDM@MSR,,HBGDK!ŗQFHRRDQCHQDBSDTQFĠMĠQ@KCDK.EkBDCTKNFDLDMS#"3(
,LD!NI@M@5@RHKIDUHB,DMNTCCHQDBSQHBDCDK@LĠM@FDLDMSCTSDQQHSNHQD#3
,5HMG#@NBGDECDOQNIDS+4/ďK.EkBDCTKNFDLDMS#"3(
q
LUP et partenaires publics
La vision d’un élu communal
(MSDQUDM@MS,%Q@MĜNHR+@MBDL@HQDCD+@MBX
La vision d’une fondation immobilière de droit public
(MSDQUDM@MS,,HBGDK/DQHYYNKNCHQDBSDTQCT2DBQĠS@QH@SCDRENMC@SHNMRHLLNAHKHğQDR
CDCQNHSOTAKHB2%(#/
10h30 - 10h45
Pause café
10h45 - 12h
2e partie - Logement d’utilité publique et innovation architecturale :
regards croisés sur les aspects économiques, sociologiques et typologiques
q
Coûts de construction et loyers LUP
(MSDQUDM@MS,2SĠOG@MD+NQDMYHMHOQĠRHCDMSCDK@ENMC@SHNM'!,"@LHKKD,@QSHM
q
Population et mixité sociale, besoins et aspirations
(MSDQUDM@MS,+@TQDMS6HBGSBG@QFĠCDMRDHFMDLDMSďK@'@TSDĠBNKDCDSQ@U@HKRNBH@K'$32
"DMSQDCDQDBGDQBGDRNBH@KD"$1$2
q
Conception des logements collectifs et innovation architecturale
(MSDQUDM@MS,!QTMN,@QBG@MCOQNEDRRDTQďK$BNKDONKXSDBGMHPTDEĠCĠQ@KDCD+@TR@MMD$/%+
(MRSHSTSC@QBGHSDBSTQDDSCDK@UHKKD( +@ANQ@SNHQDCDSGĠNQHDDSCGHRSNHQD+3'
12h30 - 13h30
Collation au foyer de la FER (sur inscription)
13h30 - 15h
3e partie - LUP, mode d’emploi :
quelques questions concrètes autour de la réalisation de LUP
15h10 - 16h30
q
Dotations, prix des terrains et de la construction, rendements et loyers
(MSDQUDM@MS,/GHKHOOD%@U@QFDQCHQDBSDTQďK.EkBDCTKNFDLDMS#"3(
q
Questions relatives aux locataires des logements d’utilité publique
(MSDQUDM@MS,LD,@QHD"GQHRSHMD#TKNMCHQDBSQHBDďK.EkBDCTKNFDLDMS#"3(
4e partie - Table ronde
q
16h30 - 16h45
LUP, du logement partout et pour tous: quel plan d’action?
MHL@SDTQLNCĠQ@SDTQ,3GHDQQX.OOHJNEDQ
Conclusion, par M. Mark Muller, conseiller d’Etat chargé du DCTI
Après chaque intervenant, un temps est réservé aux questions.
BULLETIN RÉPONSE
Nom
Prénom
Société
Adresse
Npa / Localité
Téléphone
E-Mail
Je participerai à la 9e Journée du logement
Je m’inscris à la collation et réglerai sur place la somme de 40 F*
Je ne participerai pas à la 9e Journée du logement
5693DYDQWOHRFWREUH¿Oâ2IðFHGXORJHPHQW'&7,
yolande.peruzzo@etat.ge.ch
q par fax
+41 (0)22 325 12 22
q O@QBNTQQHDQ
.EjBDCTKNFDLDMS
rue du Stand 26
Case postale 3937
1211 Genève 3
q par e-mail
Renseignements
tél. +41 (0)22 327 51 55
*Menu
"@M@OġRCHUDQRBQNHRR@MSR@TI@LANM1@LDPTHMkŖSDRR@KġDR
Brioche foie gras - brioche saumon fumé - boulette de veau - chipolata de veau rôtie
Tartelette aux légumes - Petits fours
Jus d’orange - bières et boissons sans alcool - Vin blanc (Aligoté) - Vin rouge (Pinot noir)
Les personnes inscrites mais non présentes au déjeuner se verront adresser une facture de 40 F.
9ème Journée du logement
Page 134
Les logements d'utilité publique : un vrai potentiel d'investissement
Collection et mise en page: Vinh Dao, OLO, DCTI
Fait à Genève, avril 2009.
Office du logement • Rue du Stand 26 • 1204 Genève
Tél. +41 (22) 327 55 55 • Fax +41 (22) 327 40 05 • E-mail info.logement@etat.ge.ch • www.ge.ch/logement
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Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

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