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n°110
novembre 2014
le magazine
du CHU
de Limoges
Dossier
Les greffes de cellules
souches hématopoïétiques
Mieux connaître
•OCTOBRE : " ROSE " COMME JAMAIS
•L’ÉDUCATION THÉRAPEUTIQUE SE STRUCTURE AU CHU
Ailleurs
•HOSPITALISATION DE MICHAËL SCHUMACHER :
RETOUR D’EXPÉRIENCE D’UNE GESTION EXEMPLAIRE
Rencontres
•JEROME PERRIN
•PATRICIA PARRY
•DR GENEVIEVE MACE
04 | actualités
07 | à venir
08 | mieux connaître
CHU de Limoges
2 av. Martin-Luther-King
87042 Limoges cedex
Tél. : 05 55 05 55 55
www.chu-limoges.fr
Publication du service
de la communication
service.communication@
chu-limoges.fr
Directeur de la publication
Hamid Siahmed
Rédacteurs en chef
Maïté Belacel,
Philippe Frugier
Secrétaire de rédaction
Maïté Belacel
Photographies
Phanie Presse,
Maïté Belacel,
Christophe Chamoulaud
Illustrations
Frédéric Coiffe
Mise en page
Christophe Chamoulaud
Imprimeur
Fabrègue, St-Yrieix (87)
Tirage
9 500 exemplaires
Dépôt légal
4ème trimestre 2014
ISSN 0986-2099
08 | Le réseau Hématolim
09 | Check-list HAS : toujours aussi indispensable
10 | Nouvelles recommandations européennes
sur les maladies de l'aorte : le CHU de
Limoges en première ligne
11 | Voter aux élections professionnelles :
essentiel
12 | Le CHSCT : « Travailler pour l’amélioration
des conditions de travail »
13 | Octobre : " rose " comme jamais
14 | L’éducation thérapeutique se structure
au CHU
15 | Un trophée infirmiers 2014 pour le projet
cadre de santé de nos urgences
16 | du côté de
la gérontologie
16 | Ouverture de l’Aile Clémenceau,
site de Chastaingt
17 | recherche
17 | Projet eCOBAHLT
18 | dossier
Les greffes de cellules souches
hématopoïétiques
32 | travaux
33 | rencontres
33 | Jérôme Perrin
34 | Patricia Parry
35 | Dr Geneviève Macé
36 | ailleurs
Hospitalistaion de Michaël Schumacher :
retour d'expérience d'une gestion exemplaire
37 | ressources
humaines
Concours - Promotions - Mouvements - Carnet
40 | l’image
La chanteuse Irma rend visite
aux enfants malades, service de pédiatrie,
éditorial
par Hamid Siahmed,
Directeur général
N
otre CHU est
Limousin. Mais il
ne l’est pas que géographiquement. Il en
partage les traits de
caractère : travailleur, talentueux mais
parfois " timide ". Voyez par exemple
son humilité, la retenue qu’il a parfois pour parler de ses activités d’excellence. L’accompagnement institutionnel de l’activité de greffe en tant
qu’activité de recours régional, et la
qualité du travail de nos équipes sur
la thérapie cellulaire permettent pourtant une reconnaissance au niveau
national,
et au-delà.
Lisez le
dossier sur
Votre excellence
les greffes
de cellules
souches
hématopoïétiques allogéniques réalisées par nos équipes d’hématologie : un projet exemplaire. Peut-être
sommes nous " trop " habitués à cette
excellence en greffes... Mi-septembre
le Dr Mireille Drouet est ainsi partie pour une retraite bien méritée,
mais avec la satisfaction d’un héritage de qualité, comme le prouve le
renouvellement de l’accréditation
de notre laboratoire d’immunologie par l’European Federation for
Immunogenetics (EFI). Le 29 septembre dernier, le co-portage par
les CHU de Limoges, Poitiers et
Tours de la Fédération HospitaloUniversitaire (FHU) nommée
" SUPORT " était officialisée. Ce
projet, qui mobilise les trois universités et quatre unités de recherche des
régions Centre, Limousin et PoitouCharentes et Aviesan, est tout simplement la première FHU française
sur la thématique de la transplantation d’organes. Et nous continuons
d’investir. Nous venons d’acquérir
de nouvelles machines à perfuser, qui
vont permettre de réduire le risque de
reprise retardée de la fonction rénale
post-greffe et améliorer la survie du
greffon à trois ans. Demain, c’est un
flambant neuf Centre de biologie et
de recherche en santé qui accueillera
les équipes de recherche et le laboratoire. Voyez, l’excellence est là.
Cultivons-la, mais sachons en être
fier. 
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 03 ]
actualités
Hospitaliers : pour vous Médecine gériatrique :
protéger et protéger
8 lits supplémentaires
votre entourage, pensez
à vous faire vacciner !
Avec l’arrivée de l’hiver, la
grippe saisonnière réapparait.
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Le vaccin contre la grippe
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nous protège, mais protège
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aussi les personnes autour
de nous. Un soignant grippé
devient une source potentielle
pour les patients dont il a
la charge. Cette infection
respiratoire très contagieuse
touche, chaque année
en France, plus de 2
millions de personnes
et est responsable du
décès de 4 000 à 6 000
personnes. Tous les
ans, le vaccin contre la
grippe est amené à être
différent pour faire face
aux mutations du virus observées l’année
précédente et nécessite de se faire revacciner.
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Un nouveau président
à l’Association France
Spondylarthrites (AFS)
Depuis le 28 juin dernier, Maurice Faugère s’est vu confier la
présidence de l’Association France Spondylarthrites. Fait novateur à l’AFS, Maurice Faugère n’est pas un spondylarthritique,
mais un parent de patient. Issu d’une école de commerce, Il
a fait toute sa carrière dans le marketing et la communication.
Il succède à Marie-Laure Bigourie, présidente de l’AFS depuis
2007, qui a souhaité quitter cette lourde charge pour des raisons personnelles.
5ème tome de
la Saga des Limousins
" Racines et honneurs (de
Barcelone à Ispahan) " est
le cinquième tome de la
saga des Limousins publié
chez Geste éditions. Il se
déroule entre les années
1017 et 1025. Dans ce
nouvel épisode, l'auteur
nous emmène au-delà
du monde Chrétien, chez
les Sarrasins. Grandes et
petites batailles se mêleront encore à l'histoire de
la médecine et à l'évolution
des connaissances au XIème
siècle.
[ 04 ] CHORUS 110 | novembre 2014
Afin d’améliorer la prise en charge et l’accueil des personnes âgées de plus de 75 ans, et
principalement celles qui accèdent aux soins via le circuit de notre service des urgences,
depuis le 1er septembre 2014 la capacité d’accueil de la médecine gériatrique a été
augmentée. 8 lits supplémentaires ont été ouverts dans l’aile A du 7ème étage.
L’optimisation du circuit des patients âgés s’accompagnera également, de la mise en place
d’un dispositif de médecine d’urgence de la personne âgée et de l’ouverture de lits d’Ehpad
temporaires.
LE CENTRE DE RESSOURCES BIOLOGIQUES
DU CHU LANCE SON SITE INTERNET
Le Centre de Ressources
Biologiques de Limoges
- CRBIOLIM, plateforme
institutionnelle de soutien
à la recherche lance son
site internet. Nouvellement
certifié NF S96-900, le
CRBiolim propose aux unités
de recherche institutionnelles,
nationales et internationales
ses activités et prestations. Ce
nouveau site propose pour la
première fois un accès à un
catalogue en ligne des échantillons biologiques actuellement conservés au CHU de Limoges et
disponibles pour des projets de recherche : www.crbiolim.fr
URGENCES : DES TENUES DIFFÉRENCIÉES
POUR LES ÉTUDIANTS
Depuis début septembre, les
étudiants en médecine en formation
dans le service des urgences de
l’hôpital Dupuytren portent des
tuniques bleues. Objectif : faciliter
la compréhension des usagers et
désamorcer les conflits.
Précédemment habillés en blouses
blanches, comme les médecins et
les personnels soignants (infirmiers,
aides-soignants...), ils portent
désormais des tuniques bleues et
des pantalons blancs. Cette initiative
doit faciliter la compréhension
par le public des missions et
responsabilités de chacun dans
ce service. En effet, patients et
accompagnants assimilent parfois
ces étudiants à des médecins et
ne comprennent pas pourquoi ils
ne les prennent pas en charge.
Hors, ces étudiants sont là pour
consolider leurs connaissances
et se familiariser avec la pratique
clinique. Et, s’ils participent à la
prise en charge, ils ne peuvent pas
le faire de la même façon que des
médecins seniors. Cette initiative s’inscrit dans un plan global d’information du CHU de Limoges,
défini avec tous les acteurs de la prise en charge aux urgences, pour prévenir et lutter contre les
situations de violence dans ces services.
actualités
Le CHU de Limoges ouvre un
compte pro sur Linkedin
Notre hôpital a toujours été précurseur sur les réseaux sociaux,
et suivi par d’autres établissements publics ou privés pour
investir Facebook, Twitter... Déjà présent sur Linkedin depuis
l’an dernier, le CHU de Limoges a ouvert en septembre un
compte professionnel sur le 1er réseau professionnel mondial :
300 millions d’abonnés et 200 pays couverts. Nous disposons
maintenant de fonctions plus riches pour présenter notre CHU
et attirer de nouvelles compétences, médicales notamment.
Des premiers postes ont été affichés et le réseau professionnel
autour de notre compte se crée. De premières candidatures
sont enregistrées, mais le bilan sera établi dans quelques mois.
Nominations :
nouveaux référents recherche
du pôle biologie-cancer
Le Pr Dominique Bordessoule et le Dr Caroline Monchaud ont
été nommées le 1er septembre 2014 référentes recherche du
pôle biologie-cancer.
Dématérialisation des examens de radiologie
Depuis le 15 septembre 2014, dans la continuité du déploiement du PACS, les patients qui
viennent consulter à titre externe sur le CHU ne se verront plus remettre un support solide de
leur imagerie (film ou CD-ROM), dès lors que leurs examens sont réalisés sur les secteurs du
service de radiologie et imagerie médicale.
Si le patient consulte le jour même
Une fiche de liaison lui sera remise précisant la réalisation de l'acte d'imagerie et la disponibilité des images sur le PACS.
Si le patient consulte plus tard (1 semaine, 3 mois)
Une fiche de liaison avec l'étiquette du patient sera déposée dans le casier du service demandeur au niveau des différents accueils de radio, comme il se fait actuellement pour les supports
films ou CD. Ainsi les services sont avertis, même 6 mois après la prescription, qu’un de leur
patient a eu une imagerie et qu'elle est disponible dans l'archive du PACS.
Accès aux résultats d'examen via le web
Par ailleurs, l'étiquette du patient accolée sur la fiche de liaison disposera des informations
(login et mot de passe) permettant d'accéder aux images via le web. Pour en faciliter l'accès,
un lien vers le serveur web du PACS sera placé sur le site internet du CHU à la rubrique " Nos
services/radiologie et imagerie médicale ".
Guide de gestion des personnels
de recherche clinique et innovation
Le guide de gestion des personnels de recherche clinique et innovation est disponible sur ENNOV.
Vous pouvez le consulter en recherchant soit à : Documents classés par activités / ressources
humaines non médicales ou par thèmes : Management des emplois et des compétences.
Dispositif « 40 ans du CHU de Limoges » :
Les premières actions inscrites dans le programme de célébration des 40 ans
du CHU rencontrent un réel succès. L’exposition d’équipements et dispositifs
d’hier et d’aujourd’hui, installée sur Dupuytren et montée par le CHU, la mission
sauvegarde du patrimoine de l’Université et la faculté de médecine, continue de
susciter l’intérêt des visiteurs, patients et hospitaliers. Les jeux-concours autour
de notre histoire hospitalo-universitaire sur Facebook sont plébiscités :
une belle audience, beaucoup de partages... et pas mal de gagnants
(t-shirts, clés USB...). Les vidéos de nos médecins et soignants diffusées
sur la chaine YouTube du CHU ont été vues plusieurs milliers de fois.
Cette vidéothèque, présentée sous forme d’abécédaire va continuer de
s’enrichir de nouvelles interviews qui vont constituer un témoignage
unique de 40 ans de progrès. La presse locale et nationale a aussi
déjà réalisé ou programmé différents articles pour saluer ce jeune quadra
succès annoncé
qu’est notre hôpital. La soirée du 11 décembre au Zénith a
beaucoup fait parler. Elle fait maintenant beaucoup écrire :
au moment où est imprimé ce Chorus, 289 agents du
CHU et 194 retraités se sont inscrits pour s’assurer
d’être avec nous pour cet événement exceptionnel.
Le site internet dédié à notre anniversaire propose
visages et équipements dans la photothèque,
qui fascinent ou enthousiasment toujours les
internautes... allez voir.
Les vidéos : www.youtube.com/CHUlimoges
La photothèque, les jeux-concours, toutes les infos :
www.chu-limoges.fr/40ans
Les (dernières) inscriptions à la soirée : 40.ans@chu-limoges.fr
Et bien sûr : Facebook et Twitter, comptes CHU de Limoges
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 05 ]
actualités
Irma en pédiatrie
De passage à Limoges pour
un concert au centre culturel
John Lennon, la chanteuse
Irma, nommée aux Victoires
de la musique, est venue rencontrer les enfants hospitalisés
à l’hôpital de la mère et de
l’enfant le 9 octobre (voir photo
en dernière page).
61 SOIGNANTS REJOIGNENT LE CHU
Le 17 juillet dernier une journée a été organisée pour accueillir les 34 infirmiers et 27 aidessoignants nouvellement recrutés par notre CHU.
Départ du Dr Drouet
Le 16 septembre, le Dr Mireille
Drouet fêtait son départ à la
retraite après une carrière
commencée en 1980 au CHU de
Limoges. Hématologue de spécialité, elle a eu la responsabilité
du laboratoire HLA (service d'immunologie et immunogénétique).
Tout au long de ces années,
elle a arpenté sans relâche le
Limousin pour promouvoir le don
de moelle osseuse.
Succès pour le colloque recherche paramédicale !
Les 25 et 26 septembre, les équipes de notre CHU ont organisé le 4ème colloque de la recherche paramédicale grand sud-ouest
et le séminaire européen du Secrétariat International Des Infirmières et Infirmiers de l’Espace Francophone (SIDIIEF).
Ces journées ont été un véritable succès, puisqu’elles ont réuni près de 600 participants !
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[ 06 ] CHORUS 110 | novembre 2014
formation
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à venir
Le CHU partenaire majeur du
1er congrès international des
acteurs de l’accompagnement
Le 1er congrès international des acteurs de l’accompagnement, le CIMA, se tiendra au Zénith
de Limoges les 8, 9 et 10 avril 2015, sous le haut patronage du Président de la République. Né
de la volonté de l’Agence Régionale de Santé (ARS) du Limousin et de la Mutualité française
limousine, il veut jouer un rôle de pionnier : devenir un carrefour d’échanges autour des
pratiques professionnelles innovantes et des solutions matérielles, institutionnelles, humaines
et sociales mises en œuvre au quotidien en faveur de l’accompagnement des personnes
qui, à un moment de leur vie, se trouvent en situation de handicap, dépendance, maladie ou
détresse sociale. Il réunira un millier d’acteurs professionnels des secteurs social, médical et
médico-social de l’accompagnement de tout horizon et de toute nationalité : gouvernements,
secteur de la santé, domaines socio-économiques et connexes, organismes bénévoles, autorités
régionales et locales, industriels et médias. L’objectif du CIMA est de permettre à tous les
professionnels de l’accompagnement de se réunir et d’apprendre à travailler ensemble en faveur
d’un accompagnement coordonné et pluridisciplinaire, favorable au soutien de l’autonomie de
l’individu dans la réalisation de son parcours de vie.
Notre CHU s’est imposé comme un partenaire institutionnel naturel et majeur de cet événement.
Les formes de notre présence sont en cours de définition, mais l’occasion est unique pour
valoriser le savoir-faire de nos équipes, qui seront assurément présentes pendant ces 3 jours et
prendront la parole sur les différents temps et supports de la manifestation.
Les Trophées de l’Innovation CIMA 2015
Lors du Congrès, les Trophées de l’Innovation CIMA 2015 viendront encourager et récompenser certaines initiatives particulièrement innovantes prises à travers le monde en faveur de
l’accompagnement de façon à assurer leur diffusion, leur pérennité et leur reproductibilité.
Les Trophées seront décernés lors de la soirée de gala. Les lauréats de chacune des quatre
catégories se verront attribuer une récompense de 5 000 euros. Le lauréat élu " Coup de Coeur
du Jury " percevra une dotation de 7 000 euros. Nul doute que vous avez dans vos équipes
quelques retours d’expériences originales et innovantes.
Dossier de candidature et + d’infos sur www.cima2015.com
LE CHU DE LIMOGES ET L’ANFH ORGANISENT
UN FORUM SUR LES RISQUES PSYCHO-SOCIAUX
Le 19 novembre 2014, l’espace Cité à Limoges accueillera différents intervenants réunis par
le CHU et l’ANFH pour évoquer les risques psycho-sociaux dans les établissements de santé.
Absentéisme ou présentéisme, qualité de vie au travail ou RPS, slow management... le sujet
est vaste et intéresse forcément nos organisations, et nos acteurs. Pour plus d’informations,
contacter le secrétariat des ressources humaines.
3ème Forum de l’encadrement : « L’optimisme est-il encore possible ? »
L’ensemble des cadres et managers du CHU, qu’ils soient dans le soin, les
services administratifs ou techniques, sont attendus pour participer à cette
3ème édition du Forum de l’encadrement du CHU de Limoges. Autour de
M
retours d’expériences et tables rondes, il s’agira pour les cadres de notre
institution de se poser les questions autour de l’optimisme. Peut-on l’être
? Est-il transmissible ou soluble ? Le management intergénérationnel
peut-il être source d’optimisme ? Au pessimisme de l’analyse peut-on opposer l’optimisme de
l’action ? Des intervenants de secteurs complètement différents mais de haut niveau se joindront
au débat pour apporter leur regard et nous aider à nous interroger. Confirmation de présence des
cadres souhaitée auprès de : service.communication@chu-limoges.fr
Conférences en méthodes en épidémiologie et neuroépidémiologie
Dans le cadre du module de spécialisation 2014-2015 organisée par l'UMR1094 neuroépidémiologie tropicale, 2 conférences menées par des leaders de la recherche épidémiologique au
niveau mondial sont en cours d'organisation :
• 9 décembre 2014, " Introduction to clinical research " par le Pr Walter Rocca du Rochester
Epidemiology Project (Mayo Clinic, USA)
• le 8 ou le 9 décembre (date et thème à confirmer), par le Pr Giancarlo Logroscino de l'Université de Bari, Italie.
Pour plus de renseignements : Dr Benoit Marin, Tél. : 05 55 43 59 18 - benoit.marin@unilim.fr
Permanence GMF
mardi 2 décembre 2014 mardi 2 janvier 2015
restaurant du personnel
hôpital Dupuytren
www.gmf.fr
Don du sang
2 décembre
Salle de réunion 1er niveau du hall d'accueil
hôpital Dupuytren
www.dondusang.net
AGENDA INSTITUTIONNEL
NOVEMBRE
03 : Conseil de bloc
04 : Copil audit HAD
05 : Journée d'accueil nouveaux internes
07 : Comité Stratégique Qualité (CSQ)
13 : Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT)
14 : Départementales de gérontologie
21 : Comité de la Recherche en matière Biomédicale et de Santé
Publique (COREBIOSP)
24 : Commission des Soins Infirmiers et Rééducation MédicoTechniques (CSIRMT)
24 : Commission Médicale d’Etablissement (CME)
25 : Comité Technique d'Etablissement (CTE)
25 : Directoire
26 : Forum cadre
28 : Conseil de Surveillance (CS)
DECEMBRE
04 : Commission de l'Organisation et de la Permanence Médicale
et Pharmaceutique (COPMP)
09 : Directoire
10 : AG pôle clinique médicale et gérontologie clinique
11 : 40 ans du CHU au Zénith
16 : Commission Administrative Paritaire Départementale (CAPD)
17 : Commission Administrative Paritaire Locale (CAPL)
17 : Commission des Relations avec les Usagers et de la Qualité de
la prise en charge (CRUQ)
19 : Conseil de la Vie Sociale (CVS)
JOURNEES DE LA SANTE
NOVEMBRE
14 : Journée mondiale du diabète - Thème 2014 : " Diabète : protégeons notre futur "
14 : Journée mondiale de la bronchopneumopathie chronique
obstructive
16 : Journée nationale de la trisomie 21
22-29 : VIH/Sida : Semaine européenne de la prévention
24-28 : Semaine de la sécurité des patients
DECEMBRE
01 : Journée mondiale de lutte contre le sida
03 : Journée internationale des personnes handicapées
05-06 : Téléthon
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 07 ]
mieux connaître
Le réseau Hématolim
De g à d : Julie Garestier, secrétaire, Dr Mohamed Touati, PH et Président du Réseau,
Magdalena Munyamahoro, ARC et qualiticienne, Claire Riffaud, coordinatrice administrative
Les partenaires
du réseau
- Associations de patients
(Ligue contre le cancer,
France Lymphome Espoir,
Association Française
des Malades du Myélome
Multiple...)
- Professionnels des CH de
statut public ou privé de la
région et certains hôpitaux
de régions limitrophes
- Professionnels libéraux
(pharmaciens, gériatres,
psychologues, infirmières...)
- Professionnels des HAD
- L’ACORESCA
Glossaire
ACORESCA : Association des
COordinateurs de RESeaux
de CAncérologie
ARC : Attaché de Recherche
Clinique
ARS : Agence Régionale de
Santé
CH : Centre Hospitalier
CPAM : Caisse Primaire
d’Assurance Maladie
ESCADHEM : Externalisation et Sécurisation des
Chimiothérapies Injectables
à Domicile pour les Hémopathies Malignes
HAD : Hospitalisation à
domicile
HAS : Haute Autorité de
Santé
LINUT : Réseau de Nutrition
en Limousin
PH : Praticien Hospitalier
PPS : Plan Personnalisé de
Soins
RCP : Réunion de Concertation Pluridisciplinaire
3CR-H : Centre de coordination en cancérologie régional
d’Hématologie
Le réseau Hématolim a pour volonté de lutter contre les inégalités de soins. Il est composé de
professionnels médicaux d’établissements de santé de statut public ou privé et de professionnels
libéraux qui s’engagent à travailler en concertation, autour des patients atteints d’hémopathie
maligne ou non maligne. Il met en œuvre des actions afin d’améliorer leur prise en charge.
L
e Réseau d’Hématologie du Limousin, HEMATOLIM existe depuis les années 90. Il s’est
formalisé en 1999 avec la création d’un poste
de praticien hospitalier et s’est organisé en association loi 1901 à but non lucratif en 2008. L’ARS
l’a reconnu et financé, permettant le recrutement
d’une coordinatrice administrative, d'une attachée
de recherche clinique et d'une secrétaire.
Les missions du réseau
 Consultations avancées sur les sites périphériques
afin d’éviter aux patients les déplacements vers le
CHU de Limoges, tout en préservant une prise en
charge optimale avec présentation des dossiers en
RCP régionale (3CR-H)
 Dispositif d’externalisation et de sécurisation des
chimiothérapies injectables à domicile pour les hémopathies malignes (ESCADHEM), en collaboration
avec les établissements HAD de la région, suivant des
procédures strictes permettant une sécurité optimale.
Ce projet a valu au réseau le 1er prix de santé publique
de la CPAM de la Haute-Vienne et fait l’objet actuel-
lement d’une monographie de la HAS.
 Numéro vert infirmier en réponse aux demandes
des patients, de leurs familles et des professionnels
libéraux.
 Dispositif de prise en charge psychologique :
Psy’HEMATOLIM. Des psychologues libéraux
prennent en charge les patients et leurs proches, grâce
au soutien de l’ARS.
 Dispositif de prise en charge nutritionnelle en
collaboration avec le réseau de nutrition LINUT :
Nutr’HEMATOLIM. Les patients du réseau peuvent
bénéficier d’un suivi nutritionnel à domicile.
 Création et diffusion de documents d’information
à destination des patients et de leur entourage : PPS,
conseils thérapeutiques...
 Actualisation site internet
 Organisation de formations à destination des professionnels pour un perfectionnement des connaissances
 Validation et diffusion des référentiels
 Travaux de recherche organisationnelle et publications : articles, communications orales, posters... 
HEMATOLIM dans le paysage sanitaire
Ministère de la santé
Agence
Régionale
de Santé (ARS)
[ 08 ] CHORUS 110 | novembre 2014
Réseau de soins
Institut National du CAncer (INCA)
Réseau régional de cancérologie
Centre de Coordination
en Cancérologie
mieux connaître
Check-list HAS :
TOUJOURS AUSSI INDISPENSABLE
La check-list HAS « Sécurité du patient au bloc opératoire », en lien avec le critère 26a « Organisation du
bloc opératoire » du manuel de certification V2010 de la Haute Autorité de Santé, constitue un outil pour
améliorer la qualité et la sécurité de la prise en charge des patients lors des interventions chirurgicales.
Quelques récents résultats d’évaluations de bonnes pratiques invitent à le rappeler.
L
" Bloc opératoire ". L’implication et les efforts de
chacun pour s’inscrire dans cette démarche sont
essentiels pour la sécurisation du patient au bloc
opératoire.
La check-list : une obligation médico-légale
Or, les résultats des audits concernant l’utilisation
de cet outil montrent une baisse significative de
l’usage de cette check-list en 2013. Il a ainsi été
constaté que certaines spécialités utilisaient cet
outil dans un bien trop faible pourcentage de leurs
interventions au bloc. Le temps semble avoir érodé
quelques bonnes pratiques. Rappelons-le pourtant :
la check-list constitue depuis le 1er janvier 2010 une
obligation médico-légale pour les établissements et
professionnels de santé concernés.
Afin de mettre en place une dynamique d’amélioration continue de la qualité, un suivi par spécialité
est proposé tous les quadrimestres au moyen d’un
ensemble d’indicateurs relatifs à la présence de la
check-list dans le dossier patient, à la phase d’identification du patient et de l’équipe, ainsi qu’aux trois
temps de pause de la check-list.
Comme les en informait une note co-signée du
directeur général et du Pr Sautereau, président du
Conseil de bloc, les chirurgiens et médecins anesthésistes-réanimateurs ont d’ailleurs reçu par mail
les résultats de la « Tenue de la check-list HAS »
pour les interventions chirurgicales de leur spécialité
réalisées entre septembre et décembre 2013. Les
résultats de l’ensemble des spécialités sont désormais consultables sous la forme d’une affiche sur
l’intranet Hermès de l’établissement dans l’espace
Freins et bénéfices : des résultats paradoxaux…
Différentes études ont été conduites depuis l’instauration de la check-list dans les blocs opératoires
sur les freins et les barrières à son utilisation en
France. Ainsi, une étude menée par la revue Responsabilité sur 18 centres de cancérologie en France
démontrait dès 2011 que l’argument le plus fréquent
(16 centres sur 18) était l’impression de dupliquer
des pratiques déjà existantes. Venaient ensuite les
problèmes de communication entre anesthésistes et
chirurgiens parfois faute de temps de recouvrement
dans leur présence simultanée, les questions de longueur et de charge de travail ajoutée, d’instabilité et
de turnover du personnel, d’ergonomie trop binaire
des réponses possibles, de faible écoute mutuelle
pendant le déroulement... Un autre audit, mené en
mai 2013, au CH Lyon-sud (HCL) montrait déjà
l’adhésion mitigée à la procédure, tout en démontrant
pourtant toutes les erreurs que mettait en évidence et
permettait d’éviter la check-list. Pour les chirurgiens,
il s’agissait de l'erreur de côté, l'oubli d'une allergie,
une mauvaise installation et l'oubli d'antibiotique.
Pour les paramédicaux, les erreurs évitées sont
l'absence d'au moins un des documents nécessaires,
l'erreur de côté, la mauvaise installation et l'oubli de
matériel chirurgical avant l'opération. Les auteurs de
cette étude publiée dans Direct Hôpital notaient ainsi
que 33 % de la population interrogée reconnaissait
avoir déjà détecté une erreur grâce à elle. Ces auteurs
proposent « pour améliorer son utilisation, une meilleure formation du personnel sur l’interprétation
des items, une meilleure détermination du rôle de
chaque acteur du bloc et une publication des chiffres
de complétude des différents blocs ».
Pour rappel, le CHU de Limoges a attribué le rôle
de coordonnateur à l’IADE pour les phases avant
induction et avant intervention, et à l’IBODE pour
la phase après intervention. 
a check-list HAS est un outil de communication entre les membres de l’équipe du bloc
opératoire, favorisant le partage d’informations et la vérification croisée de points considérés
comme essentiels au bon déroulement d’une intervention. En cas de contentieux, il s’agit également
d’un outil indispensable à la défense juridique des
opérateurs et anesthésistes.
Des évaluations sur sa tenue sont réalisées tous les
mois à partir de dossiers patients tirés au sort par
le Service d’Information Médicale et d’Evaluation
(SIME), puis déclinées par spécialité chirurgicale :
observation, par spécialité, de 30 dossiers au minimum sur une période de 4 mois.
• Portail de l’HAS > FAQ,
étude sur l’implantation et
l’utilisation...
• Hermès > Documenthèque :
mode d'emploi, et ensemble
des évaluations par spécialité
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 09 ]
mieux connaître
Dépistage de l'anévrisme
de l'aorte abdominale
La Société Européenne de Cardiologie (ESC) vient de publier ses nouvelles recommandations sur
la prise en charge des maladies de l’aorte : un référentiel dont la coordination a été confiée au
Pr Victor Aboyans du service de cardiologie du CHU de Limoges et au Pr Raimund Erbel de l’université d’Essen (Allemagne).
C
*Consulter le
document officiel :
http://goo.gl/PT08Fj
es nouvelles recommandations sur la prise en
charge des maladies de l’aorte ont été produites après un travail de synthèse de 2 ans
avec une quinzaine de spécialistes européens sur les
différentes maladies de l’aorte : cardiologues, chirurgiens cardiaque et vasculaire, radiologues, généticiens, urgentistes. Le document recouvre, pour la première fois, l’ensemble des maladies touchant l’aorte
thoracique et abdominale : la dissection aortique, les
anévrismes, les maladies génétiques, l’athérosclérose, les maladies inflammatoires et autres maladies
rares.
Les recommandations ont été présentées au congrès
annuel de l’ESC, qui s’est tenu à Barcelone du 30
août au 4 septembre dernier. La présentation des nouvelles recommandations de l’ESC sur les différentes
maladies cardiovasculaires représente chaque année
un moment fort de ce congrès. En effet, ces recommandations sont très attendues par la communauté
cardiologique en Europe et au-delà, pour la mise en
pratique clinique des nouvelles données issues de
[ 10 ] CHORUS 110 | novembre 2014
la recherche.
Le document officiel, déjà disponible sur internet*,
est également publié dans le numéro d’octobre de la
revue « European Heart Journal », organe d’expression de l’ESC.
Le CHU de Limoges déjà reconnu
internationalement
En 2012 déjà, les équipes du CHU de Limoges
s’étaient distinguées dans le monde de la cardiologie, puisque quatre de nos médecins (Pr Victor
Aboyans, Pr Philippe Lacroix, Dr Benoit Marin, Pr
Pierre-Marie Preux) avaient été mandatés par l’American Heart Association, la société des cardiologues
américains, pour rédiger des recommandations sur la
standardisation du diagnostic de l’artériopathie des
membres inférieurs à partir de la mesure des pressions artérielles à la cheville. Ces recommandations
« made in Limoges » servent désormais de méthode
universelle de référence pour la mesure de l’index
de pression systolique. 
mieux connaître
Voter aux élections professionnelles :
En cette fin d’année 2014 vous allez être sollicités afin
de participer à divers scrutins. Voici pourquoi, où et
comment voter... A vos bulletins de vote !
Les élections de la Caisse Nationale De Retraites
des Agents des Collectivités Locales (CNRACL)
La CNRACL est l’un des principaux régimes spéciaux de sécurité sociale. Son conseil d’administration renouvellera ses membres suite au renouvellement général des conseils municipaux. Les personnels
affiliés pourront donc participer à ce scrutin du 20
novembre au 4 décembre 2014.
Par ailleurs le renouvellement général des instances
de concertation au sein des établissements publics de
santé, des établissements sociaux et médico-sociaux
aura lieu le jeudi 4 décembre 2014.
A ce titre vous êtes invités à élire vos représentants
aux :
- Commissions Administratives Paritaires Locales
(CAPL)
- Commissions Administratives Paritaires Départementales (CAPD)
- Comité Technique d’Etablissement (CTE).
Le Conseil d’Administration de la CNRACL est
composé
- d’élus, chacun disposant d’une voix délibérative
au conseil.
- de membres de droit, chacun disposant d’une voix
consultative.
Au total seize membres titulaires constituant une
parité affiliés-employeurs seront élus. Les personnels
en activités, les retraités et les employeurs doivent
participer à ce scrutin.
Les élections Commissions Administratives
Paritaires (CAP)
Pourquoi êtes-vous concerné ?
Les CAP émettent un avis préalable à la prise des
décisions sur le déroulement de carrière des personnels titulaires (titularisations, avancements d’éche-
essentiel
lon et de grade,
demandes de révision de note...). Elles se réunissent si besoin sous forme de conseil de discipline.
Qui peut voter ?
Les agents titulaires en position d’activité (y compris en congé de maternité, d'adoption, de paternité,
de formation professionnelle ou syndicale, congé de
maladie, de longue maladie, de longue durée, accident du travail, ou mise à disposition), mais aussi les
agents en congé parental et en détachement.
Le Comité Technique d’Etablissement (CTE)
Composé de 30 représentants (15 titulaires et 15 suppléants) du personnel non médical, élus sur des listes
présentées par les organisations syndicales, le CTE
est présidé par le Directeur général.
Pourquoi êtes-vous concerné ?
Le CTE est consulté sur les conditions et l’organisation du travail dans l’établissement, la politique
générale de formation, les critères de répartition de
la prime de service, de la prime forfaitaire technique
et de la prime de technicité, la politique sociale, la
politique d’amélioration continue de la qualité, de la
sécurité des soins et de la prise en charge des risques
ainsi que les conditions d’accueil et de prise en charge
des usagers, sur les projets de délibérations soumis
au conseil de surveillance concernant le projet d’établissement, les conventions hospitalo-universitaires,
le compte financier et l’affectation des résultats, le
règlement intérieur de l’établissement...
Qui peut voter ?
Les agents titulaires et stagiaires en position d’activité, à l’exception des agents mis à disposition ou
détachés auprès d’un autre établissement ou d’une
autre administration et des agents en disponibilité. 
OÙ ET QUAND VOTER
A partir du 3 octobre
2014, vous pourrez
vérifier votre bureau
grâce aux listes qui seront
mises à votre disposition
dans vos établissements.
Le 4 décembre 2014,
vous pourrez voter dans
l’un des bureaux de votes
ci-dessous suivant votre
lieu d’affectation.
Horaires d’ouvertures
des bureaux de votes
pour les CAPL, CAPD et
CTE : de 6h30 à 17h00.
DUPUYTREN
salle 1 pour le CTE
salle 2 pour les
CAP locales et
départementales
JEAN REBEYROL
salle de spectacle
HME
salle de gynécologie
(3ème étage)
DR CHASTAINGT
salle du RDC
(à proximité du self)
MODALITES PRATIQUES
Les électeurs votant sur sites devront justifier leur identité au moyen d’un titre d’identité (carte d’identité, permis de conduire,
passeport). Dans l’impossibilité de voter sur site, une enveloppe T envoyée avec le matériel électoral mi-novembre 2014 vous
permettra de voter par correspondance. Vous pourrez également consulter les panneaux sur lesquels seront affichées les notes
d’information relatives à ces élections. La vie de l’hôpital et votre carrière sont importantes pour vous... alors, votez !
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 11 ]
mieux connaître
Le CHSCT :
« Travailler pour l’amélioration des conditions de travail »
Le 15 septembre 2014, visite
de l’aile Clémenceau (extension
EHPAD Dr Chastaingt) avant son
ouverture, par les membres du
CHSCT.
Vous pouvez contacter
le CHSCT, par le biais
de l’organisation
syndicale de votre choix
(restaurant du personnel
de l’hôpital Dupuytren).
Les élections professionnelles du 4 décembre prochain (voir page ci-contre) sont aussi l’occasion d’élire les membres du Comité d’Hygiène, de Sécurité, et des Conditions de Travail (CHSCT).
Florence Metge, secrétaire du CHSCT nous rappelle le périmètre d’action de cette instance.
Qu’est-ce que le CHSCT et quelles sont
ses missions ?
C’est l’instance qui traite tout ce qui est conditions
de travail, sécurité, hygiène en rapport avec l’activité
au travail du salarié. Notre rôle est d’essayer de faire
que les conditions de travail soient les meilleures possibles dans le contexte actuel. Ça peut aller de l’achat
de matériel pour améliorer les conditions de travail, à
des questions d’effectifs qui peuvent être nécessaires
pour éviter une mise en danger, en passant par la
réalisation de petits travaux, comme des réfections
de bureau, changer un robinet de place ou reboucher
des trous sur la chaussée pour éviter des risques de
chutes... Souvent, ce sont des choses toutes simples
à mettre en place. Par exemple, nous avons fait faire
des bouchons d’oreilles moulés pour les personnes
qui travaillent dans le bruit. Ce n’est pas grand-chose,
mais ça améliore le quotidien des agents ! Ensuite,
il y a des sujets plus compliqués qui touchent à des
réorganisations de travail, à des effectifs ou autres.
Le CHSCT est une instance qui a vraiment un rôle
très concret et très important.
CHSCT, quelle que soit l’étiquette syndicale que l’on
a. Notre objectif commun, c’est de travailler pour
l’amélioration des conditions de travail. La direction
participe également au CHSCT afin de discuter des
dossiers. Et nous travaillons avec tous les acteurs
concernés par les sujets traités : la médecine du travail, la direction des travaux, les ressources humaines,
l’encadrement des services...
Quel est le poids du CHSCT au sein de l’institution ?
C’est une instance qui a un pouvoir décisionnel. Les
choses que nous décidons doivent être mises en place,
et, si ce n’est pas fait dans l’immédiat, nous assurons
un suivi. Nous avons un plein pouvoir, puisque nous
pouvons être appelés n’importe où, à n’importe quel
moment, par un salarié, pour aller constater un danger
ou un gros dysfonctionnement. C’est important, car
nous pouvons faire un droit de retrait s’il y a un danger grave et imminent, qui met la santé ou la sécurité
des agents en jeu.
Vos actions concourent également à améliorer
la prise en charge des patients...
Tout à fait. Si on travaille dans de bonnes conditions,
si on a le matériel nécessaire, ce sera, obligatoirement,
plus confortable pour les patients. Par exemple, sur la
gérontologie le fait d’avoir des lève-malades ou des
chaises de pesée adaptées, va améliorer le quotidien
des agents, mais aussi des résidents.
Comment fonctionne le CHSCT ?
Le CHSCT se réunit 5 fois par ans. A chaque instance, des questions qui nous ont été remontées par
les personnels sont traitées. Mais le CHSCT peut être
saisi de façon extraordinaire lorsque l’on constate un
gros dysfonctionnement, ou sur un droit de retrait
ou un droit d’alerte quand il y a un danger grave et
imminent. Enfin, pour toutes les réorganisations et
constructions de bâtiments, le CHSCT doit avoir un
suivi et réalise des visites sur site.
Qui compose le CHSCT ?
On ne vote pas directement pour le CHSCT. Il est
composé des représentants du personnel qui sont élus
lors des élections professionnelles. Et, c’est en fonction des résultats de ces élections que les sièges sont
répartis. Ce qu’il est important de dire, c’est qu’une
fois qu’on fait partie du CHSCT, on est membre du
Enfin, pouvez-vous nous dire comment on peut saisir le CHSCT ?
Le CHSCT est une instance qui appartient pleinement
aux personnels. Tous les agents peuvent solliciter un
membre du CHSCT à n’importe quel moment pour
amener une question ou pour soulever un problème,
sans avoir à passer par leur responsable. 
[ 12 ] CHORUS 110 | novembre 2014
mieux connaître
Octobre
:
" ROSE " COMME JAMAIS
Les équipes d’oncologie, de l’Espace Rencontre Information, et de gynécologie du CHU de Limoges et de nombreux partenaires ont proposé une
visibilité locale inédite et exceptionnelle à l'édition 2014 d’Octobre rose. La
campagne sur le dépistage organisé du cancer du sein a poursuivi cette
année l'orientation informative initiée en 2013 et s'est inscrite dans les
objectifs du nouveau Plan cancer. Elle s’est affichée sous différentes
formes dans les principaux rendez-vous et sites de la ville de Limoges.
Yannick Noah
Le 10 octobre, le concert au Zénith de Limoges de
Yannick Noah a étéautre temps fort du dispositif
Octobre Rose limougeaud. L’artiste a accepté que les
équipes du CHU tiennent un stand et soient présentes
à l’ouverture des portes du Zénith, pour distribuer
plaquettes, t-shirts et ballons et aillent à la rencontre
des milliers de spectateurs présents.
LABC Limousin
Le 25 octobre, c’est l’équipe limougeaude de Ligue
féminine 2 de basket, le LABC Limousin, qui s’associait aux opérations. Là encore, messages de sensibilisation, objets publicitaires et présence de professionnels de santé donneront une tonalité rose au parquet
de la salle municipale.
Le CHU en rose
LES PRINCIPAUX
OBJECTIFS
DE L’EDITION 2014
CSP Limoges
Le 11 octobre, le CSP Limoges, magnifique champion
de France 2014 de basket, a aussi donné son accord
pour s’associer à cette campagne de santé publique.
Le chaudron de la salle Beaublanc a ouvert ses portes
au CHU pour la réception du SPO Rouen : 5 000 plaquettes et des t-shirts Octobre Rose ont été distribués
aux spectateurs, un message de sensibilisation lu par
le speaker, et une page du programme du match a
rappelé pourquoi le dépistage précoce du cancer du
sein peut sauver des vies.
Boucles de la porcelaine
Les 11 et 12 octobre, le Racing club municipal qui
organise, avec le concours de la ville de Limoges, la
course des Boucles de la porcelaine, a accueilli des
professionnels du CHU et des membres du comité
régional d' éducation physique et de gymnastique
volontaire. Cette course à pied à laquelle 1 700 coureurs ont participé, proposait un stand d’information
sous la tente des partenaires de l’événement, rappelant
les bénéfices d’une activité sportive dans la prévention. Des coureurs portaient aussi des t-shirts roses
créés pour l’occasion.
www.ce-crabe-qui-nous-pince-les-miches.com
Expositions
Durant 3 semaines, les halls de l’hôpital de la mère
et de l’enfant et de l’hôpital Dupuytren ont proposé
une exposition de photos et témoignages " Ce crabe
qui nous pince les miches ", créée par l'association
" la Montpellier Reine a du cœur " (voir ci-contre).
Conférence
Le 15 octobre à 19h15, la ville de Limoges prêtait
la salle de conférence de la médiathèque au CHU
de Limoges pour une conférence au format atypique
sur le dépistage du cancer du sein et les bénéfices
d’une activité sportive adaptée pour les femmes en
prévention ou après diagnostic de cancer du sein.
Le Pr Tubiana, responsable du service d’oncologie
médicale du CHU, et le Dr Mollard, médecin gynécologue spécialiste du cancer du sein partageait la
scène avec le Pr Boudinot... professeur de philosophie
et de Taïchi. Proposant une démonstration de cette
discipline associant corps et esprit, et informations
scientifiques, les conférenciers portèrentun regard
différent sur la lutte contre la maladie.
Stand d'information à Dupuytren
L
es équipes médico-soignantes du CHU impliquées dans la prévention, la détection, et la
prise en charge du cancer du sein du CHU de
Limoges ont souhaité cette année associer largement
les acteurs extérieurs à l’hôpital, aux actions locales
pour relayer les messages d’Octobre Rose. Grâce
aux soutiens de nombreux acteurs institutionnels et
sportifs, Limoges a été une des villes les plus actives
pour Octobre Rose cette année.
Simultanément, au fur et à mesure de l’avancée dans
ce mois d’octobre, c’est presque tout le CHU qui se
mis au rose : la page d’accueil du site internet du CHU
de Limoges (www.chu-limoges.fr), des personnels
d’accueil/admissions de nos hôpitaux qui portèrent
des tenues roses, le restaurant de l’hôpital Dupuytren
qui proposa « un menu rose » le 15 octobre... Des
événements qui complètent les stands que les équipes
pluri-professionnelles du CHU tinrent à l’hôpital de
la mère et de l’enfant, à l’hôpital Jean Rebeyrol, sur
l’hôpital Dupuytren et à la Faculté de médecine et de
pharmacie de Limoges. 
• éclairer la décision des
femmes invitées au dépistage
organisé, et les accompagner
dans leur choix, à travers une
démarche d'information claire
sur les avantages mais aussi
les inconvénients du dépistage,
• répondre aux interrogations
de l'ensemble des femmes et
des professionnels de santé
sur les modalités de dépistage
adaptées aux différents
niveaux de risque (selon les
orientations du Plan cancer
et les recommandations de la
Haute Autorité de Santé),
• cibler plus particulièrement
les femmes plus éloignées du
dépistage, pour lutter contre
les inégalités,
• proposer des éléments de
bilan et des perspectives sur
le dépistage organisé et plus
largement sur la lutte contre le
cancer du sein.
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 13 ]
mieux connaître
L’éducation thérapeutique
se structure au CHU
Une Unité Transversale de l’Education des Patients (UTEP) vient d’être structurée au sein de notre
CHU. Il s’agit d’une unité fonctionnelle de coordination de l’éducation thérapeutique (ETP) pour
l’ensemble du CHU.
L
Dr Jean-Michel Delavaud,
responsable de l’UTEP
« L'éducation
thérapeutique est centrée
sur la personne malade
afin de l'aider à gérer au
mieux sa vie au quotidien
avec sa maladie. L'UTEP
a pour mission essentielle
d'apporter une aide
aux coordonnateurs et
aux équipes éducatives
dans le développement
de leurs programmes
d'ETP, et globalement
de contribuer au
développement d'une
culture de l'éducation
thérapeutique au sein des
services du CHU intégrée
dans les soins. »
’UTEP est rattachée au pôle projet d’établissement, santé publique, qualité et système
d’information. Elle fédère l’ensemble des
nombreuses actions d’éducation thérapeutique du
CHU. L’UTEP est coordonnée par le Dr Delavaud.
Pour son fonctionnement elle s’appuie dans le cadre
de son pôle d’activité sur le Président de la CME, le
Pr AlainVergnenègre, deux représentants de la fédé-
ration de l’ETP présidée par le Pr Françoise Archambeaud-Mouveroux, et une délégation de cadres de
santé du CHU.
Parmi ses actions, il est prévu en priorité la préparation à l’évaluation quadriennale ARS de 2015 dont
dépendent les autorisations de financement. A ce jour,
les services du CHU proposent 29 programmes d’éducation thérapeutique et 7 sont en projet.
LES MISSIONS DE L’UTEP
Développer une démarche qualité des programmes
d’éducation thérapeutique en lien avec le service qualité
du CHU
• Accompagner les promoteurs de programme dès la conception du programme.
• Apporter une aide pédagogique et méthodologique aux
coordonnateurs de programmes existants.
• Proposer des formations :
- Formations initiale de 42 heures en éducation thérapeutique
(dès 2015 avec une session de formation par trimestre) destinée aux médecins et personnel non médical du CHU.
- Formation continue sous forme d’après-midi thématiques
tout au long de l’année sur le site du CHU.
• Réaliser deux fois par an une expression de besoins auprès
des coordonnateurs de programme portant sur la formation,
l’amélioration des programmes.
teurs de programmes à cet effet et assure un lien avec les
services de l’ARS.
Répondre aux obligations réglementaires
• Sur le respect du cahier des charges national quant aux
autorisations, aux modifications des programmes.
• Sur l’évaluation des programmes soumis à une auto-évaluation annuelle et à une auto-évaluation tous les quatre ans
destinée au renouvellement de son autorisation par l’ARS.
• L’UTEP accompagne et apporte une aide aux coordonna-
Proposer un fond documentaire et une veille documentaire sur le domaine de l’éducation thérapeutique
[ 14 ] CHORUS 110 | novembre 2014
Centraliser les données d’activité en lien avec la direction
informatique du CHU et la direction des finances du CHU
pour permettre la réalisation des auto-évaluations annuelles
et quadriennales et préparer les dotations budgétaires.
Valoriser les programmes existants en interne et en
externe
• Développer des axes de communication avec le service
communication du CHU :
- espace dédié sur le site du CHU,
- affiches au sein des salles d’attente.
• Organisation d’une journée d’échanges internes pour faire
connaître les programmes et les acteurs des programmes
Participer aux formations proposées par la Faculté de
médecine et de pharmacie
mieux connaître
Un trophée infirmiers 2014
pour le projet cadre de santé de nos urgences
Un travail collégial piloté par l’encadrement des urgences et porté par l’ensemble de l’équipe paramédicale sur
le thème « une réorganisation au service des personnes : usagers et professionnels », va recevoir un trophée
infirmiers 2014, en catégorie « cadre de santé ». Une récompense remise à nos professionnels le 6 novembre
lors du Salon infirmier à Paris.
H
istoriquement basée sur la polyvalence,
l’organisation paramédicale du service des
urgences permettait aux professionnels des
urgences d’acquérir des connaissances multiples et
la possibilité d’alterner les secteurs de soins. Mais
le parcours patient aux urgences s’est complexifié.
Du fait du développement du socle de compétences
couplé à l’augmentation de la durée des temps de
passage et du nombre de patients présents, cette
organisation initiale est devenue une difficulté plutôt qu’un atout.
Cela a amené l’encadrement du service à changer de
logique organisationnelle, avec pour fil conducteur
la qualité des prises en charge des patients et des
conditions de travail des professionnels.
La mise en place d’équipes expertes s’est d’abord
imposée par secteur de prises en charge, chacune
ayant un niveau de reconnaissance et d’attractivité
propre où chaque profil professionnel pouvait se
reconnaître. Le patient étant au cœur de la logique :
le parcours patient a permis de délimiter les secteurs
de compétences et leurs référentiels. La démarche
projet et le management participatif se sont donc
articulés autour des principes suivants :
- attractivité par projet porté par un cadre référent,
- visibilité globale sur les perspectives d’évolution,
de parcours professionnels, de formation
- maintien de la culture commune avec une logique
de passerelles d’entraide et axes de complémentarité
entre secteurs (pour garder flexibilité et souplesse
dans la gestion des ressources humaines)
- maintien de l’identité professionnelle (cohésion et
responsabilisation).
Des premiers résultats positifs et encourageants
Les résultats partiels montrent l’atteinte des objectifs
fixés : la dynamique projet avec le patient au centre
des actions est là, une augmentation de l’implication
est constatée, les coopérations externes au service
se développent, les outils de travail et de l’ergonomie s’améliorent, les compétences par la formation
croissent...
Les modes d’évaluation ont pris la forme de deux
EPP, ainsi que d'entretiens d’évaluation, qui ont
validé l’adhésion et la pertinence du projet. Une
limite a cependant été relevée : le ressenti d’une
évolution professionnelle ralentie par certains de nos
professionnels.
Un travail qui montre aussi que la place du cadre
aux urgences est primordiale par son management
situationnel, mais également en raison du maintien
de la culture commune au sein de cette équipe aux
compétences ciblées et non plus polyvalentes. Ce
projet collaboratif a pu voir le jour grâce à l’adhésion
et l’implication quotidienne des équipes paramédicales qui se sont inscrites au quotidien dans une
dynamique positive et créative en positionnant le
patient au cœur de la démarche. 
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 15 ]
du côté de la gérontologie
Ouverture de l’Aile Clémenceau,
site de Chastaingt
Par Philippe Verger, Directeur de la politique gérontologique, professeur associé des Universités
L’extension de l’EHPAD Dr Chastaingt accueille ses premiers résidents. Ce bâtiment a été pensé
pour améliorer leur quotidien.
L
a nouvelle aile Clémenceau sur le site de
Chastaingt ouvre ses portes. Elle se compose
de 80 lits, dont trois unités protégées de 12
lits chacune pour résidents Alzheimer. Les autres lits
sont à destination de résidents d’EHPAD. La structure bénéficie d’un nouveau plateau technique pour
les actes de rééducation. Les résidents actuellement
hébergés dans l’EHPAD, sur le site Dr Chastaingt,
sont prioritaires pour être accueillis dans cette nouvelle résidence. Plus particulièrement, les résidents
de l’unité spécifique pour les personnes atteintes de
la maladie d’Alzheimer (niveau -1).
Trois nouvelles unités Alzheimer
L’aile Clémenceau propose trois unités protégées
de 12 lits. Ces dernières accueillent des personnes
âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer ou apparentées pour qui le maintien à domicile n’est plus
possible. Les personnes accueillies sont accompagnées par une équipe pluridisciplinaire formée à ce
type de prise en charge. Les lieux sont organisés
autour d’activités occupationnelles et thérapeutiques
visant à stimuler les capacités cognitives afin de
ralentir l’évolution de la maladie et de maintenir
des liens sociaux. Dans ce cadre là, les organisations tiennent compte du rythme et des goûts de
la personne hébergée. Cela se traduit par la mise
à disposition d’espaces de vie protégés, de projets
d’accompagnements adaptés, de personnels formés
et une relation personnalisée avec la famille faite
de conseils, d'écoute et d'aide. L’architecture de nos
unités Alzheimer est spécifiquement aménagée pour
favoriser la stimulation des résidents / patients avec
des espaces de déambulations et des activités collectives. Le lieu de vie est l’espace central de toute
l’organisation quotidienne. Il est ouvert sur un jardin
extérieur arboré et fleuri permettant la déambulation
en toute sécurité des résidents. Les chambres sont
individuelles avec une salle de bains comprenant
notamment une douche et des toilettes.
Création d’un Pôle d’Activités et de Soins Adaptés
(PASA)*
Au 2ème étage de l’aile Clémenceau est installé un
Pôle d'Activités et de Soins Adaptés (PASA). Le
PASA permet d’accueillir, dans la journée, les résidents de l’EHPAD présentant des troubles du comportement modérés, dans le but de leur proposer des
activités sociales et thérapeutiques, individuelles ou
collectives, afin de maintenir ou de récupérer leurs
capacités fonctionnelles, leurs fonctions cognitives,
sensorielles et leurs liens sociaux. Le PASA est un
lieu de vie spécifique adapté par rapport au reste
de la structure, composé d’une salle d’activité avec
salon pour se reposer et d’une salle de restaurant
équipée d’une cuisine thérapeutique. Le nombre de
résidents accueillis au sein du PASA est limité à
14, pour permettre à chacun d’entre eux de recevoir
une attention spécifique adaptée à son histoire et à
sa personnalité. 
*La mesure n°16 du Plan Alzheimer 2008-2012 « Création ou identification, au sein des EHPAD, d’unités adaptées pour les
patients souffrant de troubles comportementaux » prévoit la création d’unités de soins et d’activités adaptées, « proposant,
pendant la journée, aux résidents ayant des troubles du comportement modérés, des activités sociales et thérapeutiques au sein
d’un espace de vie spécialement aménagé et bénéficiant d’un environnement rassurant et permettant la déambulation ».
[ 16 ] CHORUS 110 | novembre 2014
recherche
Projet eCOBAHLT
Le CHU de Limoges conduit actuellement le projet de recherche eCOBAHLT - Etude de l’impact clinique de la
télésurveillance à domicile par télémédecine de paramètres biométriques de la personne âgée polypathologique.
C
oordonné par le Pr Thierry Dantoine, responsable du service de médecine gériatrique du
CHU, eCOBAHLT qui fait partie du projet
Icare a pour ambition de démontrer les apports, sur
le plan médico-social, économique et organisationnel, d’une combinaison de technologies pour le suivi
médical à distance des patients, depuis leur domicile,
sur leur état de santé et sur leur autonomie.
Le vieillissement implique très souvent des défaillances d’organes qui se traduisent par la survenue
de maladies. Avec le temps, une personne âgée peut
présenter plusieurs maladies ce qui complique la prise
en charge médicale. Aujourd’hui des technologies
permettent, en plus de sécuriser le domicile, d’effectuer une surveillance de ces maladies chroniques à
domicile. Mais celles-ci n’ont pas encore fait preuve
de leur d’efficacité. Le Pr Dantoine, propose par le
biais de ce projet d’effectuer une validation scientifique de l’apport de tels outils au service de la médecine et du patient.
L’objectif principal du projet Icare est d’évaluer à 12
mois l’efficacité de la télésurveillance à domicile par
télémédecine de paramètres biométriques (TSDPPA)
sur l’incidence cumulée des réhospitalisations non
programmées pour décompensation d'au moins une
pathologie chronique préexistante à l'inclusion des
sujets âgés polypathologiques.
eCOBAHLT constitue l’une des premières études
européennes randomisées utilisant les critères du
Model for ASsessment of Telemedecine (MAST)
pour l’évaluation médico-économique de solutions
technologiques pour la prévention et l’accompagnement de la perte d’autonomie des personnes âgées.
L'évaluation médico-économique sera en effet réalisée en suivant les préconisations du programme
de recherche E-Santé Renewing Health du FP7de la
direction générale de la recherche de l’Union Européenne. Ce programme a élaboré un modèle d’analyse
commun à toutes les évaluations des applications de
télétransmission de données qui ont un impact sur
la santé.
Objectifs secondaires
Les objectifs secondaires du projet eCOBAHLT, sont
d’évaluer l’impact de la TSDPPA :
- sur la santé globale des personnes âgées polypathologiques,
- le rapport coût/efficacité sur la prise en charge préventive des risques de décompensation fonctionnelle
des personnes âgées polypathologiques,
- sur la rupture d’autonomie fonctionnelle des personnes âgées polypathologiques,
- sur la qualité de vie des personnes âgées polypathologiques,
- sur la charge des aidants professionnels et familiaux
des personnes âgées polypathologiques. 
PROGRAMME DES
INVESTISSEMENTS
D’AVENIR
Le projet Icare est
soutenu financièrement
dans le cadre du
programme des
investissements d’avenir
et plus précisément
à travers l’appel à
projet e-santé 2 :
" Développement de
services numériques pour
la santé et l’autonomie ".
L’ambition première de
ces investissements
réside dans la préparation
de l’avenir, c'est la raison
pour laquelle l’Etat
s’adresse, au travers
de ce programme, aux
générations futures afin
de leur permettre de
défendre leurs chances et
celles de la France dans
le monde de demain.
Qui est concerné ?
LES CRITÈRES D’INCLUSIONS :
 Personne âgée de 65 ans ou plus.
 Domicilié dans un des quatre départements suivants : Haute-Vienne, Creuse, Corrèze ou Loir et Cher
 Ayant été hospitalisé (hospitalisation documentée) dans l’année précédant l’inclusion pour l’une des pathologies suivantes :
insuffisance cardiaque, Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO), diabète, HyperTension Artérielle (HTA), chutes
répétitives (au moins 2 chutes dans l’année), insuffisance rénale chronique, Accident Vasculaire Cérébral (AVC), pathologies
neuro-dégénératives, dénutrition (selon critères HAS).
 Polypathologique (au moins 2 comorbidités)
une des comorbidités chroniques suivantes parmi les quatre plus fréquentes : insuffisance cardiaque, BPCO, diabète et HTA ;
associée à au moins une des comorbidités suivantes différentes de la première : HTA, insuffisance cardiaque, BPCO, diabète,
chutes répétitives, insuffisance rénale chronique, AVC, pathologies neuro-dégénératives, dénutrition (selon HAS).
 Ayant donné son consentement libre, éclairé, écrit et signé par lui-même et/ou son représentant légal.
 Affiliées ou bénéficiaire d’un régime de sécurité sociale.
LE RECRUTEMENT
DES VOLONTAIRES
EST EN COURS !
536 patients doivent
être inclus d’ici le
31 décembre 2014.
 Pour contacter l’équipe
en charge du projet :
icare@chu-limoges.fr
Tél. : 05 55 05 89 42
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 17 ]
dossier
[ 18 ] CHORUS 110 | novembre 2014
dossier
Les greffes de
cellules souches
hématopoïétiques
Depuis la fin des années 90, l’activité de greffe
de Cellules Souches Hématopoïétiques (CSH)
a considérablement évolué pour devenir une
véritable thérapie cellulaire des hémopathies
malignes. L’expertise du CHU de Limoges
s’est développée depuis longtemps dans ce
domaine, puisque nous sommes accrédités
comme centre de greffe européen, sous le
numéro CIC 977 depuis 1994 pour l’autogreffe
et depuis 2001 pour les prélèvements de
moelle de donneurs sains. Depuis mars 2009,
devant le nombre beaucoup plus important
de patients atteints d’hémopathie maligne
ayant des indications d’allogreffe, le CHU
de Limoges a été autorisé par l’Agence de
Biomédecine et le SIOS greffe.
L’activité de greffe dans notre CHU est une
démarche d’équipe multi-disciplinaire, que
nous vous présentons dans ce dossier.
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 19 ]
dossier
Des greffes de moelle vers les greffes
de cellules souches hématopoïétiques :
évolution scientifique et sociétale
Pr Dominique Bordessoule, responsable du service hématologie clinique et thérapie cellulaire
Depuis la fin des années 90, l’activité de greffe de Cellules Souches Hématopoïétiques (CSH) a
considérablement évolué pour devenir une véritable thérapie cellulaire des hémopathies malignes.
L
a greffe de CSH, traitement de très
haute technicité, était réservée autrefois aux patients les plus jeunes, âgés
de moins de 45 ans, pour pouvoir supporter les conditionnements myélo-ablatifs.
Ainsi, la population du Limousin étant
une des plus âgées de France, très peu
d’indications d’allogreffe (greffe des
CSH d’un donneur, volontaire sain,
à un receveur : le patient) pouvaient
être portées, malgré un nombre très
important d’hémopathies malignes
dont l’incidence augmente de façon
exponentielle après 65 ans. Par
contre, bon nombre de ces patients
pouvaient bénéficier d’une autogreffe de cellules
souches (greffe du patient à lui-même), dont la tolérance bien plus acceptable, permet de porter des
indications jusqu’à 75 ans. L’expertise du CHU de
Limoges s’est développée depuis longtemps dans
ce domaine. Notre hôpital est accrédité
comme centre de greffe européen, sous
le numéro CIC 977 depuis 1994, pour
l’autogreffe, depuis 2001 pour les prélèvements de moelle de donneurs sains.
En effet, les activités de greffe, qu’il
s’agisse de l’autogreffe ou de l’allogreffe,
sont soumises à autorisation délivrée par
l’Agence de Biomédecine selon l’expérience et la qualification des médecins
greffeurs, les caractéristiques du plateau
technique du site, et les données des résultats annuels d’activité enregistrés dans la
base européenne PROMISE de l’EBMT (European
Bone Marrow Transplantation Board).
Des indications élargies aux patients
plus âgés pour les allogreffes
Les indications de l’allogreffe se sont élargies aux
sujets plus âgés, jusqu’à 65-70 ans, grâce à de nouvelles techniques de conditionnement appelées
" conditionnements atténués " qui ont comme objectif
d’être moins agressifs qu’un conditionnement myéloablatif. Cependant, il ne s’agit pas de mini-greffe car
la cohabitation des systèmes immunitaires du donneur
et du receveur exposent aux mêmes complications de
réaction du greffon contre l’hôte (GVH), avec des
difficultés de la gestion de l’immuno-dépression et de
ses risques infectieux, source d’une forte morbidité.
Ainsi, depuis mars 2009, devant un nombre beaucoup plus important de patients atteints d’hémopathie
maligne ayant des indications d’allogreffe, le CHU de
[ 20 ] CHORUS 110 | novembre 2014
Limoges a été autorisé par l’Agence de Biomédecine
et le SIOS greffe. La cohorte de patients suivis pour
une greffe de cellules souches est de 1009 greffes de
CSH (759 autogreffes patients et 250 allogreffes) dont
29 % provenant d’une région hors Limousin, ce qui
révèle une zone d’attractivité réelle. De plus, l’accès
à l’allogreffe de CSH s’est étendu grâce à l’extension
des donneurs potentiels non seulement à partir de
donneurs familiaux (1 chance/4), sur le fichier de
donneurs volontaires nationaux et internationaux (1
chance/100 000), mais à partir de cellules souches
des banques de cordon et prochainement, à partir des
ascendants et descendants des patients grâce aux nouvelles techniques dites haplo-identiques.
Afin d’améliorer la qualité de la prise en charge des
patients, l’équipe est engagée actuellement dans la
procédure d’accréditation JACIE (Joint Accréditation Committee of International Society of Cellular
Therapy) grâce au soutien institutionnel d’un temps
partiel d’ingénieur qualité.
Une démarche multi-disciplinaire
Ainsi, l’activité de greffe est une
démarche d’équipe multi-disciplinaire
impliquant les hématologues cliniciens
pour la sélection et le suivi des patients,
les hématologues biologistes pour le
repérage des cellules souches (CD34),
des contrôles qualité des greffons
(CFU-GM), les immunologistes pour
la recherche de donneurs HLA (Human
Cellules souche
Leukocyte Antigen) compatibles, familiaux, sur fichier ou sur banque de cordon, les pharmacologues pour la surveillance de
l’immuno-dépression, les micro-biologistes pour la
surveillance des risques infectieux, bactériens, mycologiques et virologiques, ainsi que toutes les spécialités concourant au suivi des différentes co-morbidités pré-existantes ou induites par les techniques de
greffe. Cette démarche multi-disciplinaire est aussi
multi-professionnelle, impliquant non seulement les
médecins mais aussi les infirmières coordinatrices
qui ont un rôle pivot à la fois dans l’information,
dans l’organisation de la greffe, et sa coordination
complexe entre les différents sites, particulièrement
l’équipe de l’Etablissement Français du Sang sur le
site de Limoges. A côté des infirmières, les psychologues ont un rôle majeur pour accompagner aussi bien
les patients que les donneurs ainsi que les familles
car la greffe de CSH, c’est souvent vécu comme «
l’intrusion de l’autre dans son corps pour le receveur
» ou pour le donneur « le don de soi, qui peut sauver
dossier
Répartition géographique des autogreffes
jusqu'au 18 septembre 2014
4
Répartition géographique des allogreffes
jusqu'au 17 septembre 2014
1
1
1
2
Limousin
546 autogreffes
72 %
1
3
72
5
Limousin
179 allogreffes
72 %
62
313
34
Hors région
213 autogreffes
28 %
Total
759 autogreffes
55
171
5
23
1
2
Hors région
71 allogreffes
28 %
1
15
107
10
57
26
7
Total
250 allogreffes
1
24
1
1
1
1
1
Moyenne d’âge des patients au moment de l’autogreffe : 51 ans
Age médian des patients : 54 ans
ou non le patient... ». Le parcours d’un greffé est souvent très
difficile, non seulement psychologiquement mais physiquement,
et tous les soins de confort sont un soutien indispensable, qu’ils
soient dispensés par la diététicienne, la socio-esthéticienne, ou la
sophrologue. Le retour à domicile des patients greffés et un suivi
médical rapproché pendant plus d’un an en hôpital de jour puis
en consultation, sont des challenges majeurs où éducation thérapeutique, soutien par le numéro vert infirmier, et coordination
des soins ville-hôpital sont essentiels. Le service d’hématologie
est de longue date engagé dans une démarche qualité en termes
d’information, d’éducation thérapeutique et a élaboré de nombreux
Moyenne d’âge des patients au moment de l’allogreffe : 47 ans
Age médian des patients : 50 ans
guides en soutien de l’oralité. La reconnaissance de cet engagement
de notre équipe nous a permis de recevoir le 1er prix de la Société
Européenne de l’EBMT remis au Congrès International à Milan
en mars 2014.
Dans un futur proche, avant la fin 2014, le CHU de Limoges se
dotera d’un équipement de photothérapie extra-corporelle pour
diminuer la morbidité liée à la réaction du greffon contre l’hôte et
les nouvelles formes de greffe haplo-identiques seront effectuées
avec comme objectif de permettre aux patient de survivre plus
longtemps dans de meilleures conditions de qualité de vie, voire
de guérir de leurs redoutables hémopathies malignes.
Les autogreffes :
évolutions des indications
dans les pathologies lymphoïdes
Dr Julie Abraham, service hématologie clinique et thérapie cellulaire
L’autogreffe de cellules souches hématopoïétiques permet l’usage de chimiothérapie à haute dose (avec ou sans irradiation
corporelle totale) pour espérer éradiquer la
maladie résiduelle. Utilisée en consolidation
dans des hémopathies malignes chimiosensibles, elle permet une reconstitution de la
moelle osseuse en réduisant la durée des
aplasies induites par les traitements intensifs. L’objectif est l’obtention de la meilleure réduction tumorale, la diminution du
risque de rechute. En 2012, 2630 patients
ont reçu une autogreffe en France. Au CHU
de Limoges, il a été réalisé 72 autogreffes
en 2012 et 2013, soit une activité de 30 à
40 patients par an. L’âge moyen est de 51
ans en France, 53 ans dans notre CHU. Le
programme d’autogreffe s’applique aux
indications reconnues par l’European bone
marrow transplantation (EBMT), intégrées
dans les stratégies thérapeutiques des
groupes coopérateurs nationaux et internationaux. L’autogreffe est majoritairement
indiquée dans les pathologies lymphoïdes :
dans notre CHU, 48 % dans les myélomes,
et 46 % dans les lymphomes. Ces indications évoluent et sont régulièrement mises
à jour en fonction des avancées. Actuellement, les stratégies sont en pleine mutation
du fait de l’arrivée dans l’arsenal thérapeutique de nouvelles molécules orales très
efficaces et bien tolérées, permettant une
amélioration de la survie sans progression
et de la survie globale. Ainsi, en dix ans ont
été commercialisées des molécules révolutionnaires, autres que la chimiothérapie,
comme les Imids, les inhibiteurs du protéasome, les anticorps monoclonaux antiCD20,
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 21 ]
dossier
antiCD52, antiCD30. En 2014, d’autres familles de
molécules efficaces vont obtenir une autorisation de
mise sur le marché : un inhibiteur de la tyrosine kinase
de Bruton et un inhibiteur de la PI3kinase. Dans ce
contexte, la question du traitement par chimiothérapie
intensive avec autogreffe, par définition très toxique,
se pose. En effet, dans les années 90, l’autogreffe, du
fait du dogme « effet-dose », était au cœur des stratégies thérapeutiques avec notamment l’avènement de
la double autogreffe dans le myélome. Actuellement,
son positionnement reste à redéfinir à l’aire des thérapies ciblées. L’activité d’autogreffe se maintient
toutefois en France depuis dix ans. Par exemple, elle
reste le standard de traitement de première ligne pour
les patients ayant un myélome, après une réduction
tumorale initiale par une association de nouvelles
molécules. Un autre exemple de l’intégration des nou-
velles molécules dans la stratégie d’autogreffe : le
brentuximab vedotin (anti CD30) permet le contrôle
du lymphome de hodgkin en rechute ou réfractaire,
rendant l’autogreffe possible. Par ailleurs, si ces nouveaux traitements révolutionnent la prise en charge
de bon nombre d’hémopathies, les formes les plus
agressives ou les plus résistantes ne bénéficient pas
actuellement des mêmes progrès, la polychimiothérapie avec autogreffe garde dans ces indications, une
place de choix. Thérapies ciblées et chimiothérapie
haute dose s’incrémentent dans des schémas évolutifs validés par les protocoles de recherche clinique.
La place de l’autogreffe reste très importante dans
les options thérapeutiques de routine des services de
référence de CHU, possédant un plateau technique
adapté, permettant la prise en charge des malades
atteints d’hémopathies graves.
Les différentes formes d’allogreffe de
cellules souches hématopoïétiques
Dr Pascal Turlure, service hématologie clinique et thérapie cellulaire
L’allogreffe de Cellules Souches Hématopoïétiques (CSH) constitue un traitement curatif dans de
nombreuses hémopathies malignes et dans certaines maladies non malignes de la moelle osseuse
ou du système immunitaire (notamment les aplasies médullaires, les hémoglobinopathies et les
déficits immunitaires congénitaux).
Dans les hémopathies malignes, l’allogreffe a pour
but d’éradiquer le clone tumoral alors que dans les
autres pathologies, il s’agit de remplacer la moelle
déficiente par une moelle fonctionnelle. Dans les
maladies malignes, les lymphocytes du greffon
peuvent reconnaître et détruire les cellules tumorales
résiduelles par l’effet du greffon contre la leucémie.
Les principales indications des greffes allogéniques
sont les leucémies aiguës de pronostic intermédiaire
ou défavorable en rémission complète, les myélodysplasies et les hémopathies lymphoïdes chroniques
sensibles à la chimiothérapie.
En France, plus de 1 750 allogreffes adultes et
pédiatriques ont été réalisées en 2013. Les patients
bénéficient d’avancées, qui concernent à la fois les
possibilités d’obtention des cellules souches et les
techniques de préparation à la greffe.
Les premières allogreffes ont en effet été
réalisées avec des donneurs familiaux en
utilisant des chimiothérapies de conditionnement intensives myélo-ablatives
avec des greffons de moelle osseuse.
Les registres internationaux de donneurs volontaires ont ensuite été
développés, de nombreux progrès
ont été réalisés dans le typage HLA
permettant un meilleur appariement entre donneur et receveur et
actuellement les résultats des greffes
non apparentés sont identiques à ceux
observés après une greffe intrafamiliale
et ceci a permis d’augmenter le nombre de
[ 22 ] CHORUS 110 | novembre 2014
greffes allogéniques.
L’utilisation de greffons de Cellules Souches Périphériques (CSP) a permis d’alléger la procédure pour les
donneurs évitant le prélèvement de moelle osseuse au
bloc opératoire et de collecter des greffons beaucoup
plus riches en cellules souches hématopoïétiques.
Les conditionnements atténués à toxicité réduite ont
été développés ces dernières années avec l’utilisation des CSP permettant de proposer la greffe à des
patients plus âgés ou présentant des comorbidités et
l’effet antitumoral de l’allogreffe est essentiellement
basé sur l’effet GVL.
Les greffes alternatives
Le recours à des greffes alternatives est proposé pour
les patients avec des hémopathies à haut risque sans
donneurs HLA compatibles familiaux ou dans les
registres. Il peut s’agir de donneurs avec une disparité
HLA (missmatch), le recours aux greffons de sang
placentaire est possible avec toutefois des contraintes
de compatibilité HLA et de richesse de greffons, le
recours à des doubles greffes de sang placentaire est
souvent nécessaire chez l’adulte.
De nouvelles modalités de greffe permettent aussi
d’envisager des greffes haploidentiques familiales
avec des donneurs (frère, sœur ou parents) à moitié
compatibles avec d’excellents résultats.
La combinaison de ces progrès, en matière de sources
de donneurs et de conditionnement, nous permet
aujourd’hui de proposer des greffes allogéniques
à un plus grand nombre de patients sans véritable
limitation d’âge.
dossier
Transfusion, immunodépression
et suivi du patient allogreffé
Dr Stéphane Girault, service d’hématologie clinique et thérapie cellulaire
L’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (CSH) est nécessaire au traitement de certaines
hémopathies (leucémies, myélodysplasies, lymphomes...). La greffe a pour objectif de remplacer
le système hématopoïétique et immunitaire d’un patient au profit d’un donneur sain.
La prise du greffon nécessite un conditionnement
avant la greffe (le plus souvent comportant une
chimiothérapie) pour " faire la place " et un traitement
immunosuppresseur à visée anti rejet. Contrairement
à la greffe d’organe solide, le receveur va s’approprier
le greffon, permettant l’arrêt progressif de l’immunodépression 3 à 6 mois après la greffe de CSH.
Un suivi rigoureux du patient pendant toute cette
période d’immunosuppression est nécessaire du fait
de la toxicité du traitement : infections (bactériennes,
virales et fongiques), toxicité rénale, toxicité hépatique, toxicité hématologique...
De plus la fenêtre thérapeutique des immunosuppresseurs est étroite et nécessite un suivi pharmacologique
(taux résiduel et/ou pharmacocinétique) en collaboration avec le laboratoire de pharmacologie (Dr Franck
Saint-Marcoux). La dose de l’immunosuppresseur
va être modulée en fonction du temps par rapport
à la greffe, la pathologie sous jacente du patient, le
dosage du taux résiduel, les effets indésirables et le
taux sérique résiduel.
Parfois, le greffon développe une réaction immunologique excessive contre le receveur appelée réaction
du greffon contre l’hôte (GVH) entrainant des dommages d’organes : peau, tube digestif, foie… En cas
de GVH, le recours à d’autres immunosuppresseurs
tels que les corticoïdes à forte dose est nécessaire.
Environ 6 mois après la greffe, le patient devra refaire
l’ensemble de ces vaccinations.
Les risques de la greffe
La prise de greffe se fait entre le 15ème et 35ème jour
selon le type de greffe si bien que le patient va traverser une période d’aplasie (diminution de toutes
les cellules du sang). Cette période est marquée par
des risques infectieux et la nécessité de transfusion
de produits sanguins labiles (PSL) :
globules rouges et plaquettes. La
transfusion d’un patient allogreffé
doit prendre en compte à la fois le
groupe sanguin du receveur et du
donneur pour éviter les conflits
immuno-hématologiques.
De plus les lymphocytes
résiduels présents dans les
PSL malgré la déleucocytation peuvent entrainer une
GVH post transfusionnelle
qui impose une irradiation
à vie des PSL.
La transfusion peut également exposer le patient
immunodéprimé à des risques infectieux bactériens
mais aussi viraux. Par exemple, en cas de couple
donneur/receveur CMV négatif, tous les produits
sanguins sont sélectionnés CMV négatifs. Dans les
autres cas, la surveillance de la réplication du virus
est nécessaire chez le patient par des test sanguins
hebdomadaires au laboratoire de virologie (Pr Sophie
Alain).
Un document avec les consignes transfusionnelles
post greffe est édité par l’EFSAL le jour de la greffe.
Le suivi du patient allogreffé
Le suivi des patients allogreffés est hebdomadaire en
hospitalisation de jour pendant les 3 premiers mois.
A chaque visite, le patient est pris en charge par une
IDE et un médecin greffeur et si besoin par la diététicienne, la psychologue ou tout autre professionnel
de santé.
L’IDE coordinatrice de greffe encadre le parcours du
patient depuis l’annonce de greffe jusqu'à plusieurs
mois après la greffe.
Le receveur va
s’approprier
le greffon,
permettant l’arrêt
progressif de
l’immunodépression
3 à 6 mois après
la greffe de CSH.
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 23 ]
dossier
L’information du patient et du donneur
Laure Tardieu, infirmière coordinatrice de greffe dans le service d’hématologie et de thérapie cellulaire.
La consultation infirmière
Quelle est votre rôle dans le parcours de greffe ?
Mon rôle peut se résumer en trois mots : l’information, la coordination et le soutien. L’information
du patient avant la greffe est une étape essentielle
dans sa prise en charge. Cette information du patient
débute par une consultation du médecin greffeur à
laquelle je suis présente. Lors de cette consultation
qui dure entre 2h30 et 3h, nous demandons au
patient d’être accompagné par une ou plusieurs
personnes de son entourage. Nous leur expliquons pourquoi nous faisons cette greffe, quels
sont les bénéfices et les risques, comment elle
va se dérouler et le suivi après la greffe... A
l’issue de cet entretien, je vois le patient en
consultation infirmière où je prends le temps.
Je reformule et réponds à ses questions si
besoin. Je lui donne toutes les informations
pratiques et matérielles sur le service, les visites,
l’aplasie et les précautions à prendre, puis, je lui fais
visiter le service, et en particulier des chambres stériles. Cette visite lui permet de se faire une image,
et c’est important car généralement, les patients
arrivent avec des idées, nées de leur information
sur internet. Et souvent ils s’imaginent des choses
plus effrayantes que ce qu’ils vont subir en réalité. Par exemple, rien que le fait de savoir qu’ils
vont pouvoir communiquer par téléphone et qu’ils
auront une fenêtre avec la vue sur l’extérieur, les
rassure. D’une façon générale, ça les sécurisent
de voir leur environnement.
Quels sont les supports d’information dont vous
disposez ?
Avant la greffe, durant la consultation avec le médecin, nous diffusons un film de la Société Française de
Greffe de Moelle (SFGM-TC) qui présente toutes les
étapes de la greffe, du typage HLA, jusqu’au suivi
[ 24 ] CHORUS 110 | novembre 2014
de greffe. Ce film amène la discussion et permet
aux patients de poser leurs questions. Nous utilisons
également un livret de la SFGM-TC, sur l’information du patient greffé où ils peuvent retrouver des
témoignages de patients. Nous avons évalué depuis
plusieurs années la satisfaction des patients concernant l’information. Malgré une satisfaction à plus de
90 %, concernant le déroulement et la procédure de
la greffe, il restait une satisfaction insuffisante (60 %)
concernant le retour à la vie quotidienne. C’est ainsi
que nous avons élaboré en multi professionnel, avec
le service communication du CHU, un livret de sortie de l’allogreffe. L’évaluation de ce livret, par les
patients, s’est avérée très satisfaisante et a donné lieu
à une communication au congrès international EBMT
qui a reçu le 1er prix de communication, à Milan en
mars 2014. Il a servi de modèle au groupe de travail
de la SFGM-TC pour un carnet national.
Et l’information du donneur... ?
Nous avons une consultation pour les donneurs familiaux, avec un médecin différent du médecin greffeur,
pour préserver l’indépendance. Nous informons les
donneurs sur les possibilités de prélèvement : par
voie veineuse ou par moelle au bloc opératoire, sur
les contraintes du don, sur le consentement au tribunal
de grande instance... Pour certains donneurs, c’est la
première fois qu’ils viennent à l’hôpital, c’est donc
important de les accompagner. Les donneurs posent
souvent des questions matérielles, en ce qui concerne
l’arrêt de travail, qui va de 5 à 10 jours selon le type de
prélèvement. Mais leur principale préoccupation, est
de savoir si la greffe va " marcher " pour le frère ou la
sœur. Ils peuvent ressentir un sentiment de culpabilité
important, avoir peur que ça ne fonctionne pas, et,
dans ce cas, je leur propose d'être accompagnés par
la psychologue.
dossier
Dr Matthieu Filloux, laboratoire d’immunologie
Lorsqu’est posée l’indication d’allogreffe de Cellules Souches
Hématopoïétiques chez un patient, débute alors la recherche
d’un donneur qui lui soit compatible. Cette recherche est
effectuée au centre receveur du laboratoire HLA dans le service d’immunologie, centre créé et animé jusqu’à son récent
départ par le Dr Mireille Drouet.
Le système HLA (Human Leukocyte Antigen) est un ensemble
de molécules à la surface de nos cellules dont la diversité en fait
une véritable carte d’identité cellulaire. La compatibilité donneur/
receveur nécessaire pour éviter au maximum les conflits immunologiques est donc principalement basée sur la compatibilité de
leurs typages HLA.
La première source de donneur est familiale car
sence ial,
b
a
l’
la probabilité de compatibilité HLA entre deux
n
E
amil er
neur f
v
de don ilité de trou ique membres d’une fratrie est d’une chance sur
ab
nt
quatre. En l’absence de donneur familial, la
la prob eur HLA-ide
,
n
n
o
un d evient faiblehance situation se complique car la probabilité de
d
c
ne
.
dre d’u
trouver un donneur HLA-identique devient
de l’or r un million
su
faible, de l’ordre d’une chance sur un million.
La recherche s’oriente alors vers des fichiers nationaux et internationaux sur lesquels se sont inscrits les
donneurs volontaires de moelle osseuse. Il s’agit de personnes ayant
accepté le principe du don de moelle et ayant autorisé l’inclusion
de leur typage HLA dans cette grande base de données mondiale.
Chaque donneur inscrit augmente la probabilité d’en trouver un
compatible avec le patient.
Compte tenu du pronostic très sévère de certaines hémopathies et de
l’importance de diminuer le délai entre le diagnostic et l’allogreffe,
une analyse statistique de la fréquence du typage du patient dans
différentes populations ainsi qu’une interrogation fictive des fichiers
permettent de déterminer rapidement la probabilité de trouver un
donneur non apparenté.
Lorsqu’un potentiel donneur " de fichier " a été repéré, il est ensuite
nécessaire de lui prélever et de faire venir à Limoges des échantillons sanguins pour effectuer un contrôle de son typage HLA, son
groupe sanguin et des sérologies virales. C’est seulement après
toutes ces étapes que la planification de la greffe peut être organisée.
La coordination doit être optimale entre centre receveur, centre
donneur et service clinique.
Enfin, pour environ 1/3 des malades pour lesquels aucun donneur
n’est identifié, reste l’alternative d’une compatibilité HLA moindre :
greffes de sang placentaire, greffes dites " mismatch " avec un donneur de fichier ou encore greffes intrafamiliales haplo-identiques.
Stand d'information sur le don de moelle osseuse à l'hôpital Dupuytren
Dr Magali Donnard, service d’hématologie biologique
Le secteur de Thérapie cellulaire du service d’Hématologie biologique réalise la détection des Cellules Souches
Hématopoïétiques dans le sang périphérique des patients
dans le cadre d’une autogreffe ou des donneurs de CSH dans
le cadre d’une allogreffe.
La numération des CSH circulantes est réalisée par une technique
de cytométrie en flux à l’aide du marqueur CD34 présent sur les
CSH. La numération de ces CSH va conditionner le moment de
leur prélèvement par cytaphérèse.
Le laboratoire réalise aussi le contrôle qualité de tous les produits de thérapie cellulaire (greffons) pour s’assurer de la qualité
biologique des CSH préparées en vue d’une greffe. Le service de
bactériologie virologie hygiène vérifie leur sécurité microbiologique. Ce contrôle qualité est réalisé de manière indépendante par
l’EFSAL (Etablissement Français du Sang Auvergne Limousin)
qui réalise le prélèvement et la transformation des CSH. L’activité de contrôle est soumise à la réglementation française des
bonnes pratiques relatives aux préparations de thérapie cellulaire
et à une demande d’autorisation à l’ANSM pour chaque type
cellulaire : moelle osseuse, sang périphérique et sang de cordon.
Le contrôle qualité du greffon comprend selon les cas, une numération des cellules nucléées, un hématocrite, une quantification
des cellules granuleuses, une étude de la viabilité cellulaire,
une numération des CSH et enfin une numération des lymphocytes B, T et NK (pour les produits destinés à une allogreffe ou
pour les réinjections de lymphocytes du donneur). Cette étude
quantitative est complétée par une étude qualitative. Il s’agit
d’un test fonctionnel déterminant le potentiel clonogénique
hématopoïétique des CSH. Pour cela, les CSH sont
mises en culture sur un milieu semi solide à base
de méthylcellulose contenant des cytokines
Ce c
((SCF, G-CSF, GM-CSF et IL3). Le potenqualité ontrôle
es
tiel clonogénique est ensuite déterminé en
de ma t réalisé
nièr
in
d
é
énumérant le nombre de colonies CFU-GM
pen e
de l’EF dante
(Colony-Forming-Unit-Granulocyte-MacroSAL
phage) formées après 14 jours de culture. Dans
l’autogreffe, une étude de la charge tumorale
résiduelle est réalisée sur ces produits en cas de
marqueur informatif.
Des contrôles à chaque étape
Ces différents contrôles de qualité sont réalisés aux différents
moments des procédures de prélèvement, de transformation
ou de congélation et
de décongélation des
CSH. L’interprétation
des résultats est fonction des objectifs définis pour chaque type de
greffon et pour chaque
patient. Pour cette
activité, la concertation et la coordination
pluridisciplinaire sont
primordiales pour le
Colonie CFU-GM (loupe binoculaire)
patient.
janvier 2014
novembre
2014 || CHORUS
CHORUS 107
110 [ 25 ]
dossier
JACIE : la démarche qualité dans la greffe
Stéphanie Freidine, Direction des projets, de la qualité-GDR, et de la contractualisation
Le service d’hématologie clinique et thérapie cellulaire de notre établissement est actuellement
engagé dans la démarche d’accréditation Jacie ; programme d’accréditation européen appliqué
aux activités de greffe de Cellules Souches Hématopoïétiques dont l’objectif est d’harmoniser les
pratiques, de mettre en œuvre une politique d’amélioration continue de la qualité et ainsi de promouvoir l’excellence dans la prise en charge des patients greffés.
LA DETECTION
DES FACTEURS
DE RISQUES ET
DE LA MALADIE
RESIDUELLE
AVANT LA GREFFE
Dr Nathalie Gachard,
laboratoire d'hématologie
Cette démarche est partagée entre différents acteurs :
le service d’hématologie du CHU pour la partie clinique et le prélèvement de moelle, le laboratoire
de notre établissement pour l’analyse des greffons,
la pharmacie à usage intérieur pour la préparation
des chimiothérapies de conditionnement mais aussi
l’établissement français du sang, pour les parties prélèvement de cellules souches par voie sanguine et
traitement/conservation des cellules.
Un article publié à l’initiative du Pr Christian
Chabannon de l’institut Paoli Calmettes à Marseille,
indique que l’accréditation Jacie a induit en 10 ans une
augmentation de 14 % de la survie globale des patients
greffés : une augmentation identique à celle produite
par les innovations médicales majeures du domaine.
Pour obtenir l’accréditation en 2015, le service
LES ACTIONS DE
L’ACCREDITATION JACIE
« Concernant les greffes,
la biologie moléculaire a
pour but de rechercher
une éventuelle
contamination tumorale
dans les greffons lors
des autogreffes : chez
un patient traité mis
en rémission, il est
possible de recollecter
un greffon. Il peut alors
être utile de voir si ce
greffon contient des
cellules tumorales. Le
laboratoire peut réaliser
des études de clonalité
B ou T mais aussi des
études spécifiques de
maladie résiduelle dans
les leucémies aigues ou
les lymphomes. »
• La planification de formations régulières à l’attention des médecins : journées de formation
thématiques avec divers intervenants impliqués
dans les greffes de cellules souches.
• L’organisation de formations régulières spécifiques pour le personnel soignant.
• La formalisation de l’activité par la rédaction
de procédures, que ce soit des documents
« métier » liés au processus de greffe ou des
procédures de coordination entre les différents
acteurs de la prise en charge des patients
greffés.
• La mise en place et le suivi d’indicateurs liés
à la greffe : taux de survie, taux de passage en
réanimation, nombre d’infections post greffe…
• Le contrôle et l’analyse de son activité.
• La mise en place d’audits internes et externes.
• L’analyse des évènements indésirables, et la
mise en place d’actions correctives.
[ 26 ] CHORUS 110 | novembre 2014
d’hématologie doit décrire
son activité, coordonner l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus de
greffe, former le personnel
médical et soignant et évaluer
régulièrement son activité.
Cette démarche est actuellement
coordonnée en collaboration étroite
avec la DPQC, mais le travail le plus important est
réalisé sur le terrain avec des médecins, des soignants
et des cadres particulièrement impliqués dans ce projet.
Une fois l’accréditation acquise, elle est valable 4 ans,
avec audit intermédiaire tous les 2 ans, l’aventure ne
fait donc que commencer !
dossier
Greffe de cellules souches :
recherche internationale et registre européen
Dr Marie-Pierre Gourin et Malika Otmane Sherif, unité de recherche clinique, hématologie clinique et thérapie cellulaire
L’Unité de Recherche Clinique d’Hématologie (URC-H) coordonne l’activité de recherche clinique dans le service d’hématologie
clinique et thérapie cellulaire, grâce à une collaboration multicentrique internationale.
« Quelles sont l'efficacité et la toxicité d'une stratégie d'allogreffe
avec un conditionnement atténué dans le lymphome folliculaire en
rechute ? », « Faut-il réaliser une auto ou une allogreffe après une
chimiothérapie dans le lymphome T périphérique ? » ou encore,
« vaut-il mieux proposer une nutrition entérale ou parentérale
comme support nutritionnel chez les patients recevant une allogreffe ? »... Les questions que se posent les hématologues pour
améliorer la santé de leurs patients sont multiples et nécessitent la
participation des équipes à de nombreux protocoles de recherche
internationaux tels que ceux-ci pour y répondre.
Ces protocoles ne concernent bien souvent que quelques patients
par centre mais grâce à une collaboration multicentrique internationale, les équipes parviennent à inclure les effectifs de malades
nécessaires pour mener à bien ces recherches. Ces protocoles sont
issus de groupes de travail et de sociétés savantes dont les buts sont
de développer les connaissances scientifiques sur la greffe de
Les
CSH et sur les nouvelles approches de thérapie cellulaire,
questions que se
Maléta Otmane Shérif, ARC, et Carole Genty,
tels que l’EBMT European Society for Blood and Marrow posent les hématologues
infirmière en charge de la recherche clinique
Transplantation, l’EORTC European Organisation for pour améliorer la santé de
Research and Treatment of Cancer, la SFGM-TC Société leurs patients sont multiples
nécessitent la participation
d’items sont renseignés par Malika Otmane-CheFrançaise de Greffe de Moelle et de Thérapie Cellulaire... etdes
équipes à de nombreux
rif, l’attachée de recherche clinique spécifiquement
Outre la participation à des essais prospectifs, sont
protocoles de recherche
formée dans l’URC-H. Elle réalise également une
menées des études rétrospectives observationnelles à partir
internationaux
réactualisation annuelle des informations de suivi et
des données concernant des patients déjà traités. Il s’agit
de survie des patients greffés les années précédentes (842
pour la plupart, d’études promues par un groupe de travail de
dossiers actuellement). La transmission de ces données, valil’EBMT qui sélectionne dans PROMISE - la base de données du
registre européen - un sous-groupe de patients pour lesquels des dées médicalement et vérifiées par des audits, est obligatoire pour
informations complémentaires vont devoir être recueillies. Cette chaque centre de greffe.
base de données informatisée et sécurisée collige depuis 1970, les L’URC d’hématologie est à la disposition des hématologues pour
informations biologiques et médicales de tous les patients européens coordonner l’activité de recherche clinique dans le service. Cela
ayant bénéficiés d’une greffe de moelle, CSP ou sang de cordon. implique un personnel spécifiquement formé et qualifié, connaissant
Après recueil du consentement écrit du patient, plusieurs centaines à la fois la recherche clinique et les hémopathies malignes.
Les cytaphérèses,
collecte et réinjection des cellules souches
Dr Jean-Luc Deprade, responsable du site de l’Etablissement Français du sang (EFS), rue Charles Legendre
« Chaque semaine, un membre de l’EFS
participe aux Réunions de Concertation
Pluridisciplinaire (RCP) du service d’hématologie et de thérapie cellulaire du CHU.
Ceci nous permet d’être informés des programmations de greffes. Les prélèvements
de cellules souches dans le sang sont réalisés dans les locaux de l’EFS pour les autogreffes et les allogreffes. Ce prélèvement est
comparable à un prélèvement de plaquettes
ou de plasma et nous utilisons les mêmes
appareils. Pour les autogreffes, les patients
ont un traitement de mobilisation environ
une dizaine de jours avant le prélèvement,
afin de faire circuler les cellules souches en
quantité importante dans le sang, pour pouvoir les prélever. Le prélèvement se fait sur
une veine du pli du coude, et, on va restituer
de l’autre côté. Le sang va circuler sur un kit
monté sur un séparateur, et, par un principe
de centrifugation, les différentes couches
du sang vont être séparées : les globules
rouges qui sont les plus lourds vont aller
à l’extérieur de la centrifugation, à l’inté-
rieur, on va avoir le plasma et à l’interface,
les globules blancs que l’on va récupérer
et au milieu desquels se trouvent les cellules souches. Le prélèvement dure environ
3h30, c’est assez long, car il faut faire circuler deux fois le sang, dans l’appareil. En
général deux prélèvements sont réalisés sur
deux jours consécutifs. Une fois terminé, le
prélèvement va être traité en salle blanche.
Puis, dans le cas des autogreffes, on y ajoute
un cryoprotecteur, qui permet de congeler
les cellules sans les détruire. La poche, est
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 27 ]
dossier
ensuite placée dans un appareil programmé pour
envoyer de l’azote liquide. Ainsi, le prélèvement va
descendre lentement en température jusqu'à ce que
l’on atteigne la température de congélation qui se
situe entre -150 et -160°C. Une fois la congélation
terminée, la poche est transférée dans une cuve où
elle peut être conservée plusieurs années. Quand
l’autogreffe est programmée, la poche est décongelée et le prélèvement est lavé afin de retirer l’agent
cryoprotecteur. La poche est ensuite acheminée au
CHU où elle va subir un contrôle bactériologie et
une vérification de la quantité de cellules avant d’être
réinjectée au patient, selon le même principe qu’une
transfusion. Les cellules vont aller naturellement se
placer dans l’os pour se remettre à fabriquer toutes
les cellules du sang. Pour les allogreffes avec donneur intrafamilial, le prélèvement du frère ou de
la sœur, sera fait sur le même principe, mais il n’y
a pas de congélation, la réinjection se fait le jour
même. Pour les donneurs sur fichier, les poches nous
arrivent directement prélevées de la France ou de
l’étranger, et nous vérifions uniquement la qualité.
De la même manière nous prélevons des donneurs du
fichier limousin, pour des patients situés en France
ou à l’étranger. »
Le Dr Deprade ouvre une cuve où sont stockées les poches
Les soins de support
*Phanères : terme désignant
les productions destinées
à protéger la peau (poils,
cheveux, ongles)
Séverine Aupetit, socio-esthéticienne, service d'hématologie clinique et thérapie cellulaire
« Dès le début de la prise en charge des patients, je
leur apporte des conseils sur l’entretien de la peau
et des phanères* pendant les traitements, afin de limiter les effets secondaires. Ensuite j’interviens à leur
demande, pour apporter des soins esthétiques : soins
du visage, maquillage et conseils en auto maquillage, soins des mains et des pieds, modelages... Nos
patients ont souvent une perte d’estime d'eux-mêmes.
Le fait de s’occuper de leur physique, favorise une
meilleure image, une meilleure estime, une meilleure
confiance en soi. Ce qui est important, c’est de donner
l’envie de s’occuper de soi et surtout, de continuer
à s’occuper de soi, même à l’hôpital. Ce sont des
parenthèses, où le patient peut se ressourcer et où
il a LE choix. Et c’est important, car à l’hôpital, le
patient décide de peu de chose au final, et là, il a le
choix d’accepter ou de refuser. On est une écoute
non médicalisée. Le toucher favorise l’échange, et,
quelquefois, les patients nous confient des choses
qu’ils ne diraient pas forcément à un soignant. Je me
souviens d’une patiente qui, un jour, m’a dit : « C’est
important, car on est touché autrement que par des
actes invasifs ». A mon sens, les soins esthétiques,
au même titre que les autres soins de support, sont
des soins complémentaires pour la prise en charge
globale et optimale du patient. »
Nathalie Daly, aide-soignante, réflexologue, service
d'hématologie clinique et thérapie cellulaire
« J’interviens à tous les moments dans le parcours de
greffe, avant pendant et même après, puisque je réalise des séances en hôpital de jour, lors du suivi post
greffe. Je pratique la réflexologie à titre de relaxation.
La réflexologie part du principe que les deux pieds
réunis forment le corps entier. Les pieds sont divisés
en zones réflexes, et en agissant sur ces zones, on va,
par résonance essayer d’alléger ou de détendre les
zones correspondantes dans le corps. La séance de
réflexologie se pratique dans la chambre du patient. Il
est allongé dans son lit. Je suis assise à son niveau, et
c’est important, car il n’y a pas de notion de supériorité.
Une séance dure en moyenne entre 25 et 35 minutes. Le
patient ressent rapidement une sensation de bien-être,
de relâchement physique, de légèreté. Ces séances sont
une attention particulière et personnalisée, en dehors
des soins, qui font que le patient reste une personne
à part entière et non un numéro de chambre ou une
pathologie. C’est le patient qui choisi quand il veut et
comme il veut, avec ou sans musique… Il reste maître de
ce moment. Beaucoup d’émotions surgissent pendant
les séances. Il n’y a pas longtemps, une dame m’a dit
que j’avais appuyé sur le bouton des larmes, chose qui
ne lui était pas arrivée depuis un certain temps. Une
autre fois, un monsieur m’a dit « j’ai oublié que j’étais à
l’hôpital ». Et ça, c’est le plus joli des compliments. »
[ 28 ] CHORUS 110 | novembre 2014
Modelage en chambre à flux
dossier
Michèle Zigar, sophrologue, service d'hématologie
clinique et thérapie cellulaire
« J’interviens dès que le patient est identifié pour subir
une greffe. Je le prépare mentalement, physiquement et
émotionnellement à la greffe, car la plupart du temps il
est angoissé. Durant une séance de sophrologie, j’utilise une voix plus calme, moins dynamique, j’insiste sur
la respiration. Puis, je vais détendre tout le corps, du
haut de la tête au bout des orteils, comme si je faisais
une lecture du corps membre par membre. Le corps
peut réagir à sa façon : sensation de légèreté ou de
lourdeur, fourmillements, larmes... Le but est d’avoir
Lucile Maucourant et Estelle Rampnoux,
psychologues, service d'hématologie clinique et
thérapie cellulaire
« Dans le parcours du patient, il y a la partie médicale, mais il y a aussi toute la partie humaine à
prendre en charge : l’image du corps, l’identité de
la personne, sa famille, son équilibre personnel, professionnel... Car avec la maladie, tout ça s’est éclaté
et fragilisé. Les soins de support viennent restaurer,
réparer le patient dans sa globalité et c’est indispensable. La maladie morcelle, nous, nous venons
rassembler les morceaux. Nous prenons soins d’eux
au-delà du soin médical et technique. La greffe est
très attendue par les patients. Elle représente beaucoup d’espoir. Emotionnellement, l’annonce de la
greffe est un moment très fort. D’un côté, c’est un
évènement magique qui va les délivrer de la maladie. Mais, en même temps, c’est aussi un moment
redouté qui génère beaucoup d’angoisses : la peur
de la mort, le système immunitaire qui est au plus
bas, le changement de groupe sanguin, les GVH…
Les patients ont besoin d’être entendus et de pouvoir
verbaliser leurs inquiétudes. Notre rôle de psychologues c’est de les rassurer, de les apaiser et de
un relâchement corporel, mental et émotionnel. Le jour
de la greffe, si le patient le désire, je suis présente à
ses côtés tout au long de l’acte. J’arrive un peu en
amont, je discute avec lui et sa famille. Je vis la greffe
avec lui, afin que tout se passe au mieux. Je l’aide à
s’évader à travers des images mentales de détente,
qu’il choisit : bord de mer, campagne, domicile... On
fait appel à des odeurs, des sons, des voix... Tous les
sens sont pris en parallèle. Le but est qu’il s’évade et
oublie complètement l’acte médical. Et doucement,
il revient à la réalité quand la poche est finie. C’est
un beau moment de partage entre le patient et moi. »
Mathieu Charon,
Lucille Maucourant
et Estelle Rampnoux,
psychologues du service
réguler leurs émotions. Nous pouvons aussi servir
de médiateur entre le patient et les médecins ou le
patient et son entourage. En ce qui concerne les
donneurs intrafamiliaux, nous avons comme projet
de mettre en place des interventions systématiques.
C’est important de pouvoir accompagner aussi bien
celui qui peut donner et qui porte sur ses épaules
toute la pression du don, que le frère ou la sœur qui
n’est pas compatible, et qui va ressentir un sentiment
d’inutilité. »
« Notre objectif prioritaire est
d’éviter la dénutrition »
Sophie Monzat, diététicienne dans le service d’hématologie clinique et thérapie cellulaire
A quel moment du parcours intervient le suivi
diététique ?
La prise en charge diététique du patient en hématologie commence dès l’annonce, avec un suivi tout au
long de son parcours. Nous suivons les recommandations du Plan cancer qui met en avant les soins
de support, dont l’alimentation fait partie, avec le
dépistage de la dénutrition. Ce Plan cancer a été renforcé par de nouvelles recommandations de la Société
Francophone de Nutrition Clinique et Métabolisme
(SFNEP) qui a établi des plans personnalisés de soins
pour les patients adultes présentant un cancer, y compris pour les patients greffés.
Quel est l’enjeu de la nutrition pour le patient
greffé ?
Notre objectif prioritaire est d’éviter la dénutrition.
Car quand un patient perd du poids, il perd
rapidement de la masse musculaire, ce qui
entraine une perte de force, d’autonomie
et va l’affaiblir. De plus, les traitements, comme
la chimiothérapie, entrainent des effets secondaires
importants, notamment au niveau du tube digestif,
avec une mucite, c'est-à-dire une inflammation de la
muqueuse et également des modifications des métabolismes. Les besoins du patient vont être accrus,
avec un appétit qui est parfois diminué. Il y a aussi
des risques de nausées, troubles digestifs, diarrhées...
Nous faisons donc régulièrement des analyses d’ingestat et nous mettons en place des actions correctrices au niveau diététique. L’objectif est de maintenir
la stabilité du poids des patients par une adaptation de
l’alimentation, et, si besoin une alimentation enrichie
et éventuellement des compléments nutritionnels.
Avec les médecins, nous pouvons aussi mettre en
Le service d’hématologie clinique
et thérapie cellulaire vient d’éditer
(édition Culture et patrimoine
en Limousin) un ouvrage d'art
culinaire destiné aux patients
greffés de moelle, écrit par
un collectif de patients et de
soignants.
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 29 ]
dossier
place une assistance nutritionnelle dès que les apports
sont en dessous des 2/3 des besoins nutritionnels des
patients. Par ailleurs, chez les patients greffés, l’hygiène alimentaire est très importante. Nous mettons
en place l’alimentation décontaminée : pas de viande
crue, de charcuteries à la coupe ou de mayonnaise,
et, les repas servis sont réchauffé au micro ondes 5
minutes à 1 000 watts.
Les patients sont-ils accompagnés pour le retour
à domicile ?
A domicile, ils devront continuer à suivre les règles
d’hygiène et les conseils pour enrichir leur alimentation, car la reprise alimentaire peut être compliquée
et parfois, la dénutrition peut survenir à la sortie de
l’hôpital. Car il y a souvent une perte du goût induite
par les chimiothérapies et les traitements pendant la
greffe. Pour aider les patients, une interface entre le
réseau Hématolim et le réseau LINUT (LImousin
NUTrition) permet de continuer le suivi du patient
à domicile.
Au milieu de toutes ces recommandations, qu’en
est-il de la notion de plaisir ?
Suite à la journée nationale des patients greffés
en mars 2014, un projet collectif entre les anciens
patients et les soignants a permis de réaliser un livre
ludique, ARCURLim ou " Un certain art culinaire
en Limousin ". Il s’agit d’un livre de " recettes soinplaisir pour patients greffés ", regroupant les recommandations illustrées avec humour, des recettes des
anciens patients et des recettes de chefs du Limousin.
Cet ouvrage est remis gracieusement aux patients
greffés à leur retour à domicile.
Le Comité patients régional en hématologie :
la parole donnée aux patients
Conformément aux recommandations du Plan Cancer, à la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des
malades et à la circulaire DHOS du 28 octobre 2004 relative aux comités de patients au sein des
établissements de santé exerçant une activité de traitement du cancer, le service d’hématologie a
créé un comité de patients en octobre 2008. Il a acquis une vocation régionale fin 2009.
Les membres du comité patients
Les comités patients introduisent une démarche participative des personnes malades dans les services
cliniques. Le recueil du vécu des anciens malades
présente l’avantage d’apporter un regard complémentaire à celui des soignants, même si leur vision ne
peut refléter la position de l’ensemble des patients
atteints d’hémopathies.
Le comité patients a pour objectif de les associer
à la prise en charge et à la vie quotidienne dans le
service, en vue d’améliorer l’information, l’accueil
et l’écoute. Ses membres sont aussi bien consultés
sur les thèmes de l’organisation des soins, le développement des soins de support, que sur les protocoles
de recherche clinique, en particulier sur les notices
d’information patient et consentement éclairés.
Fonctionnement
Le comité patients est coordonné par Sophie Trarieux-Signol, ingénieur de recherche clinique. Il est
[ 30 ] CHORUS 110 | novembre 2014
composé de 10 patients volontaires, à distance de la
maladie et des traitements, représentatifs du milieu
associatif de l’ensemble de la région (Ligue contre
le cancer, France Lymphome Espoir, Cancer Support
France, combattre et connaître la myélodysplasie,
anciens greffés...).
Les réunions sont trimestrielles, avec un ordre du jour
fixé à l’avance, défini avec ses membres. Il peut à la
fois déterminer les sujets en lien avec ses missions
sur lesquels ses membres souhaitent travailler, mais
aussi être saisi par le personnel du service, le Réseau
HEMATOLIM ou le 3C régional.
Des invités extérieurs peuvent participer aux réunions
selon l’ordre du jour.
Des comptes rendus de séance sont rédigés, validés
par ses membres, diffusés aux médecins et cadres du
service, à la direction générale du CHU... Ce comité
dont le rôle est consultatif est indépendant vis-à-vis de
l’équipe soignante et de l’administration de l’hôpital.
dossier
Témoignages de patients...
Eric, greffé le 9 septembre 2013
« La greffe, c’était un espoir. Mais
tout ne commence pas là. Avant, il y a
l’annonce de la maladie, les premiers
traitements, l’isolement, les flux...
En 15 jours, toute ma vie a basculé.
J’allais très bien jusqu’au 15 avril
2013. Et, le 10 mai, j’étais là, dans le
service d’hématologie, où j’apprenais
que j’avais une leucémie. Puis, tout est
allé très vite. Le 2 juillet, on m’annonçait que j’allais être greffé. Qu’est-ce
qu’on ressent à ce moment là ? C’est
très particulier... J’ai eu le sentiment
de dépendre de quelqu’un d’autre. Je
n’ai qu’un seul frère et j’ai eu la chance
qu’il soit compatible. Du jour où nous
l’avons su, il n’y a jamais eu de moment
de doute. Nous n’avons jamais vraiment osé en parler, par pudeur, mais
je pense que cela nous a rapprochés...
Cette compatibilité a simplifié le système et ça m’a permis d’avancer beaucoup plus vite. Je n’ai pas fait les traitements de conditionnement à répétition,
je n’en ai eu qu’un et on a enchainé tout
de suite la greffe. Tout s’est passé très
vite en 4 mois, ce qui m’a sûrement permis de garder le moral. J’ai toujours
été persuadé que j’allais m’en tirer.
Je ne suis pas le premier cas dans ma
famille. Il y a eu des échecs, mais... il y
a eu pas mal de réussites aussi. J’étais
persuadé qu’on allait me soigner. Je
n’ai jamais douté. Même si à certains
moments ce n’était pas facile. Le plus
dur à vivre dans cette épreuve, ce sont
les flux. Je n’avais jamais eu de contact
auparavant avec un psychologue, un
sophrologue... Je remercie toutes ces
personnes, car c’est un réconfort
important quand on est en isolement
complet. Aujourd’hui, je ne vois pas la
vie de la même manière, je m’attache
moins aux choses. Je reprends une vie
normale et tous les jours j’en fais un
peu plus. Et, je viens d’avoir l’accord
pour reprendre le travail, donc tout va
bien ! Je souhaite à tout le monde de
s’en sortir comme moi. Mais pour cela,
il faut des donneurs... »
Pierre-Yves, greffé le 6 janvier 2011
« J’ai appris la nouvelle de ma maladie le 3 juin 2010 à 16h40... Ce sont
des choses qui marquent. Dans ces
moments là, on n’a qu’une envie c’est
de se battre contre la maladie, et donc
on est prêt à tout accepter pour vivre.
J’étais demandeur de la greffe car
c’était mon espoir. Je me suis battu,
j’ai supporté la chimiothérapie, les
chambres stériles, l’absence d’intimité, la caméra qui nous surveille
24heures/24... pour pouvoir arriver au stade de la greffe. Pour avoir
une chance de vivre tout simplement.
C’est un soulagement, une délivrance
d’apprendre que l’on va être greffé.
La prise en charge humaine dans le
service d’hématologie est absolument
fabuleuse. Ce sont des personnes formidables, qui vraiment nous aident à
faire le chemin. Je me sens complètement différent aujourd’hui. Physiquement, je ne suis pas le même, j’ai moins
de résistance qu’avant, par contre, la
vie a beaucoup plus de goût. Quand
on s’est battu pour vivre, on la trouve
meilleure. On relativise tout un tas de
choses...»
ARCURLim : patients
et soignants autour
d'un projet commun
MONSIEUR
BARAZER,
ANCIEN PATIENT,
MEMBRE DU
COMITE PATIENTS
« Madame Bordessoule
m’a proposé de faire partie
du comité patient et j’ai
tout de suite accepté. Je
suis conscient de toute
l’aide que j’ai reçue quand
j’étais mallade et si à
mon tour je pouvais aider
d’autres personnes que
ce soient les patients,
ou le corps médical à
améliorer sa prise en
charge des patients, je
le fais bien volontiers.
Les patients savent des
choses, que le personnel
ne sait pas. Par exemple,
ce n’est pas parce qu’ils
ont vu des centaines de
chimiothérapie qu’ils
savent ce que c’est. On
ne peut savoir ce qu’est
une chimiothérapie que
quand on en a eu une. Au
comité patient, Madame
Bordessoule nous soumet
ses idées pour améliorer
la prise en charge des
patients et des familles, et
nous, nous lui soumettons
les nôtres. C’est une
collaboration qui se fait
entre le corps soignants
et les patients. C’est
également une discussion,
entre nous patients, qui
est très intéressante. En
effet, il y a des choses
qu’un patient ne dira
jamais à son médecin, par
contre, on en parle entre
nous. Et nos remarques
sont systématiquement
respectées. »
LES TRAVAUX DU COMITÉ PATIENT
D’octobre 2008 à septembre 2014,
22 réunions du comité patients ont
fait l’objet de comptes rendus avec
à l’ordre du jour des thématiques
variées :
Amélioration de l’accueil et de la
prise en charge des patients
Réalisation d’une boîte à idées afin
que les patients ou leurs proches
y déposent anonymement leurs
remarques, critiques ou propositions.
Information patients
 Relecture pour une évaluation de
documents d’information à l’attention
des patients pris en charge au sein de
la région.
 Présentation au comité des travaux de
recherche infirmier sur les greffes et du
livret d’information " La sortie du patient,
après une allogreffe de cellules souches ".
 Traduction en anglais de documents
d’information patient, par 2 membres
anglophones du Comité
Animation des Journées d’information grand public nationales en
collaboration avec les associations
Boîte aux lettres imaginée et illustrée par le comité patients
pour reccueillir les suggestions des patients
de patients
 Les lymphomes avec France Lymphome Espoir
 Les myélodysplasies avec Connaître
et Combattre les Myélodysplasies (CCM)
 Les greffes de moelle avec la SFGM-TC
 Association Française des malades du
Myélome Multiple (AF3M)
 ALTE-SMP
Protocoles de recherche clinique
Les consentements éclairés et notices
d’information de protocoles de
recherche, des médecins investigateurs
du service, ont été soumis à l’appréciation du comité patient.
Organisation de 3 réunions sur le
thème de la loi dite " Leonetti "
 Présentation et débat sur l’application
de la loi.
 Réalisation d’une affiche destinée aux
patients et à leurs proches pour présenter les 10 points clefs de la loi.
Ce travail sur le regard d’un comité de
patients sur la loi dite " Léonetti " a
fait l’objet d’une présentation orale au
congrès de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs 2011 et
a reçu le prix APICIL du poster discuté.
Avis sur l’organisation des soins en
terme de mutualisation des postes IDE
de coordination d'annonce, d'évaluation
gériatrique, d'éducation thérapeutique
et de recours
Avis sur l’utilisation des donations
des patients ou familles de patients à
l’association du service.
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 31 ]
travaux
De nombreux travaux ont lieu au CHU, notamment dans le cadre du plan de modernisation.
Voici un point sur l’avancée de ces travaux.
HOPITAL DUPUYTREN
Mise en sécurité et restructuration de l'hôpital Dupuytren
Le jury de sélection pour le groupement de maîtrise d’œuvre
s'est réuni dans le courant du mois d’octobre. La notification
au candidat retenu est prévue début mars 2015.
Le programme fonctionnel est en cours de rédaction.
Montant : 240 M€ TDC (hors équipements)
Rythmologie aux blocs opératoires
Les travaux qui ont démarré le 7 juillet vont permettre l’installation d’une salle fixe et d’une salle mobile de rythmologie
dans les salles 7 et 8 des blocs opératoires. Les démolitions
et le renforcement de structure sont terminés. Les travaux de
cloisonnement plombé, d’installation des réseaux électriques
et de traitement d’air sont en cours.
Montant : 1,4 M€ TDC (hors équipements)
3ème IRM
Les travaux de construction de l’extension (phase 1) se
sont achevés le 4 juillet 2014. Les bureaux existants ont
été déménagés vers l’extension. Les différents travaux de
restructuration se poursuivent.
La mise en service de la 3ème IRM aura lieu le 17 novembre
2014. La fin de l’ensemble des travaux de l’opération est
prévue en avril 2015.
Montant : 2 M€ TDC (hors équipements)
Réfection de 12 chambres et de 5 blocs sanitaires
en CTCV et angiologie
Les travaux ont démarré le 9 avril 2014. L’installation en
zone tiroir se fait au 1er étage aile A. Le déménagement vers
le 3ème étage a eu lieu le 30 septembre 2014.
Montant : 320 000 € TDC
Dermatologie : réfection du secteur des consultations
au 4ème étage aile B
Les travaux sont achevés depuis le 15 septembre 2014.
Montant : 270 000 € TDC
Maladies infectieuses et tropicales, 4ème étage aile B
Le démarrage des travaux d'agrandissement des 2 sas des
2 chambres en dépression a eu lieu mi octobre 2014.
Salle NRI
Les anciennes salles d’échographie ont été déplacées en
août 2014 vers le secteur de radiologie A pour libérer les
locaux. La démolition a démarré début octobre 2014.
La livraison de la salle au département biomédical se fera en
début d’année 2015.
Réseau pneumatique
Les gares des ailes B, C et D ainsi que des blocs opératoires,
urgences et réanimation au 1er sous-sol sont posées. Les liaisons horizontales entre le HME et Dupuytren, et entre Dupuytren
et le Centre de Biologie et de Recherche en Santé (CRBS) sont
réalisées. La réalisation du local « arrivée des prélèvements » au
CRBS s’achèvera dans le courant du mois d’octobre.
La fin des travaux est prévue pour mi décembre 2014.
Montant : 1 M€ TDC
[ 32 ] CHORUS 110 | novembre 2014
CENTRE DE BIOLOGIE ET DE RECHERCHE
EN SANTÉ (CRBS)
La mise en service du bâtiment a débuté le 14 octobre 2014,
conformément aux engagements pris au démarrage de la
construction.
Montant : 30,1 M€ TDC (hors équipements)
HOPITAL DE LA MERE ET DE L'ENFANT
Restructuration et mise aux normes de l'HME
Le chantier a démarré en juin 2013 pour une durée de 2 ans.
Certaines opérations sont terminées, pour les secteurs
suivants : secteur logistique (1er sous-sol), consultations
gynécologiques (RDC), grossesses pathologiques (1er étage),
hospitalisation de semaine (2ème étage), blocs obstétriques /
réanimation (1er étage), ambulatoire (2ème étage), hospitalisation saisonnière (2ème étage), consultations ORL/ophtalmologie (RDC).
Les opérations en cours : maternité suites de couche (1er
étage), urgences (RDC), hospitalisation chirurgie et médecine
(2ème étage), gynécologie hospitalisation (3ème étage).
Les opérations restantes : secteur administratif (2ème étage),
hall d’accueil (RDC), gynécologie ambulatoire (3ème étage).
Montant : 2,4 M€ TDC
EHPAD DR CHASTAINGT
Aile Clémenceau (extension de l'EHPAD Dr Chastaingt)
Le bâtiment d'une capacité de 80 lits d’EHPAD a été mis à
disposition conformément aux engagements pris au démarrage de la construction. L’occupation du bâtiment interviendra à partir du 6 novembre 2014.
Montant : 8,8 M€ TDC (hors équipements)
BÂTIMENT MÉDICO-CHIRURGICAL
Le programme fonctionnel et technique est en cours de
rédaction. L’avis d’appel à candidatures pour le groupement
de l’entreprise et de l’architecte a été envoyé le 3 juillet
2014. L’analyse des candidatures est en cours. Le jury de
sélection des candidatures a lieu courant octobre 2014.
Montant : 86 M€ TDC (hors équipement)
HÔPITAL JEAN REBEYROL
Réfection de l’aile A au 3ème étage
Les travaux ont démarré le 6 janvier 2014 et doivent s’achever au 1er trimestre 2015.
Montant : 1 M€ TDC
BÂTIMENT MEDICO-ADMINISTRATIF
Aménagement de la salle informatique
Les travaux ont démarré le 8 septembre 2014 et vont durer
16 semaines.
JÉRÔME PERRIN
rencontres
« Il y a beaucoup d’analogies avec
une usine de production »
Jérôme Perrin est au CHU depuis seulement 7 mois. Une période suffisante pour pouvoir livrer ses premières impressions sur une nouvelle expérience.
Vos expériences professionnelles antérieures
vous servent-elles ?
Oui. Il y a beaucoup d’analogies avec une usine
de production. Le linge arrive dans un état, on le
transforme, et on le livre.
Quelle est la différence majeure par rapport à
un site de production lambda ?
La principale différence est l’absence de gestion
programmée assistée par ordinateur. Mais, je
m’interroge sur la pertinence de l’intégration d’un
tel système ici. Il faudrait être en capacité d’anticiper les arrivées en linge sale : or, aujourd’hui, elles
sont aléatoires.
Quelles sont vos principales missions ?
J’ai un rôle de management important. Je travaille
au quotidien avec Mme Conan, les pilotes de zone
et ceux de processus. Il y a aussi la partie développement pour déterminer les différents investissements nécessaires par rapport à nos axes d’amélioration. J’assure les relations clients en interne, et
en externe avec St-Yrieix, St-Léonard, Esquirol...
J'assure aussi la gestion des effectifs de la blanchisserie, pour qu'ils soient adaptés aux besoins de la
production.
Quelles sont les conditions de travail
à la blanchisserie ?
La principale contrainte est le dégagement des
chaleurs dues au parc machines. Cela occasionne,
lors de forte chaleur, des conditions de travail
pénibles. Avant ma prise de fonction, des aménagements et une organisation de travail avaient déjà
été mis en place pour améliorer ce point. Sinon, la
manutention reste un élément important du travail
au quotidien. Mais, par le biais des formations, les
agents peuvent acquérir de meilleures pratiques.
Des postes de travail ont aussi été adaptés pour être
plus ergonomiques.
La blanchisserie a-t-elle un engagement
en développement durable ?
Un changement de process et un système de
recyclage des eaux pour les tunnels de lavage ont
été installés pour faire baisser la consommation
d’eau et d’énergie. Un bilan sera réalisé en fin
d’année pour évaluer les gains. Dans tous les cas,
je souhaite que la qualité prime car le linge traité
est ensuite directement au contact des malades et
du personnel soignant. Côté rejets, des mesures ont
été faites et les résultats permettront de déterminer
s’il faut parfaire nos dispositifs.
En dehors des blocs, existe-t-il des recommandations sur la fréquence de nettoyage des blouses ?
Les gens gèrent comme ils le souhaitent le trousseau qui est mis à leur disposition à leur arrivée.
En fonction des pratiques et des besoins, chacun
dépose sa tenue professionnelle dans les sacs de
linge sale quand il le souhaite.
Certains agents se plaignent parfois du délai
entre leur dépôt de blouse en sac de linge sale,
et leur retour par la blanchisserie.
A réception du linge sale, nous nous engageons à un
traitement des vêtements professionnels sous 48h
ouvrés. En cas de soucis technique, ce délai peut
augmenter. Mais je dois rappeler aux agents de rester
vigilant et d’adopter les bonnes pratiques en matière
d’évacuation du linge souillé : des sacs remplis au
¾, les fermer, puis les évacuer sans délai. 
« Je souhaite
que la qualité
prime car le linge
traité est ensuite
directement
au contact des
malades »
Jérô
me
P
Comment se passent ces premiers mois ?
Ce début d’expérience est très positif. Mon accueil
par les équipes à la blanchisserie a été très bon.
L’écoute et les échanges sont là. Le maximum est
fait pour respecter les engagements. Mon objectif
est de pouvoir faire en sorte que chacun puisse
travailler dans les meilleures conditions possibles,
et se sente investi. Je prends le temps de connaître
ceux qui font le travail au quotidien. Je me rapproche des agents qui ont la connaissance technique pour comprendre les flux du linge.
rin
er
2008 : diplôme d’ingénieur
en mécanique énergétique à
Polytech’ Orleans et master 2
administration des entreprises à
l’IAE d’Orléans
2009-2011 : ingénieur
calibration moteur puis ingénieur
conception agrément chez PSA
2011-2012 : chef de projet dans
la ventilation de chantier
2012-2014 : responsable
qualité projet dans la plasturgie
automobile
Depuis février 2014 :
responsable de la blanchisserie
au CHU de Limoges
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 33 ]
rencontres
PATRICIA PARRY
« L’AMP apporte une
valeur ajoutée au soin »
Patr
icia
P
« De plus en
plus on prend
en considération
la personne
âgée dans son
ensemble. »
ry
ar
1998-2002 : travaille dans une
maison d‘accueil spécialisée
pour personnes handicapées
2002-2005 : travaille comme
AMP en Ehpad
2005 : recrutée en USLD à
Chastaingt
2010 : affectée en Ehpad à
Chastaingt
Patricia Parry est Aide Médico Psychologique (AMP) dans le secteur d’Ehpad au 2ème C de Chastaingt depuis
2005. 10 années passées auprès des personnes âgées auprès de qui elle prend toujours autant de plaisir à
exercer.
est beaucoup plus sur les projets de vie, sur la perQuel est le rôle de l’AMP ?
sonne et ses centres d’intérêts, on lui demande vraiC’est un accompagnement de la personne hospitament ce qu’elle veut faire, ce qu’elle aime. De plus
lisée qui se situe entre le soin et l’éducatif. Je sers
en plus on prend en considération la personne âgée
de pivot entre les équipes soignantes et celles de
dans son ensemble. Si la prise en charge a évolué, les
l’animation. Mon objectif est de créer de l’épapatients eux aussi ont évolué. Ils sont beaucoup plus
nouissement pour la personne âgée en privilégiant
valides et très demandeurs d’activité. Ils aiment être
l’autonomie et le bien-être. Je valorise et j’essaie
de conserver tout ce qu’elle a la possibilité de faire. occupés. Je trouve ma place de plus en plus. Je suis
avec les soignants le matin et je travaille plus en solo
Car quand on est âgé, on a tendance à se laisser
l’après midi. Je participe aux transmissions, comme
aller et à ne plus avoir envie de faire les choses par
les soignants. Je pense que l’AMP apporte une valeur
soi-même. Mon rôle, c’est donc de les « booster »
ajoutée au soin. Par exemple, quand l’aide-soignante
et de donner de la vie.
réalise la toilette du haut des dames, je leur passe de
la crème sur le visage et je les maquille.
Quelles sont les activités que vous proposez ?
On fait beaucoup de sorties. Ça peut être des sorVotre métier va-t-il évoluer à l’avenir selon vous ?
ties culturelles. Par exemple cet été nous avons fait
Le métier d’AMP se développe beaucoup sur
les concerts du festival de folklore de Confolens
la gérontologie. Il y a 10 ans, nous étions deux
qui se déroulent à Limoges. Ça peut aussi être des
AMP sur Chastaingt, aujourd’hui nous sommes
ballades sur les bords de Vienne ou dans les parcs.
une dizaine. Et dans les années 2050, il y aura
Au quotidien, on prépare des repas, ils m’aident à
encore plus de personnes âgées. Et puis la prise en
mettre la table. Ce sont des choses toutes simples
charge et le maintien de la personne à domicile se
que l’on fait chez soi naturellement. L’idée c’est
développent. Nous serons amenés à intervenir à
de recréer son chez soi, de se refaire ses repères,
domicile. Donc " oui " je pense que c’est un métier
même si on est en institution. Car finalement, en
d’avenir qui va se développer.
EHPAD, les résidents sont chez eux !
Comment se déroulent vos interventions ?
J’interviens le matin sur des petits groupes. J’ai 4 personnes dont je suis référente durant environ un mois,
suivant le mouvement des entrées, des sorties, du
besoin de la personne : par exemple, si elle est dépressive ou a besoin d’aide à la marche... Je m’occupe de
la personne, de son parcours, de son épanouissement
et de son bien-être. Et, les après-midi, j’interviens sur
de l’animation au niveau de l’ensemble du secteur.
Comment vous situez-vous par rapport
à l’équipe soignante ?
J’ai eu du mal à me positionner au départ, mais
aujourd’hui, le social prend de plus en plus d’ampleur auprès de nos personnes âgées. En Ehpad, on
[ 34 ] CHORUS 110 | novembre 2014
C’est valorisant pour vous de travailler
auprès des personnes âgées ?
Je ne comprends pas comment la société peut
renvoyer autant de choses négatives de la personne âgée. On a tendance à penser que chez les
personnes âgées c’est triste, alors que pas du tout.
On rit tous les jours. Il n’y a pas que des moments
tristes. C’est sûr que quand on est âgé, la mort fait
partie des préoccupations, mais ce n’est pas que
ça. J’exerce un métier qui est très gratifiant. Je me
nourris de leur relation, c’est un bonheur. Ça fait 10
ans que je suis là et je suis toujours autant motivée.
On rit, ils se taquinent, des fois ils se chamaillent
mais c’est normal, ils sont 24h/24 ensemble... Bref
c’est la vie ! 
rencontres
DR GENEVIEVE MACE
« On peut donner de la liberté
pour vivre mieux »
Le Dr Geneviève Macé, Chargée de mission pour l’autisme en Limousin, Préfigurateur du centre expert
autisme en Limousin, défend depuis près de 30 ans une autre prise en charge des autistes. Elle nous
explique pourquoi et comment.
Comment ?
J’ai quitté le CHU et suis partie aux Etats-Unis,
très en avance sur la prise en charge des enfants
autistes. Avec 9 autres parents, j’ai créé " Autisme
France " dont je suis devenue présidente en 1989.
5 ans plus tard, nous organisions à Limoges
le premier congrès français sur l’autisme à
dimension internationale. Dans le même temps,
Simone Veil acceptait de nous recevoir et de se
saisir spécifiquement du dossier de l’autisme tout
comme, pour la première fois, le comité consultatif
national d’éthique, sous la houlette de Jean-Pierre
Changeux, neurobiologiste.
On sent que vous aimez sincèrement ces enfants
autistes...
Ils ont une relation unique à la vérité. Ils ne
mentent pas. Je me demande si ce n’est pas nous,
neurotypiques, qui sommes dans l’erreur. Ces
enfants autistes nous poussent vers le haut et nous
apprennent à aimer.
L’attente des familles vis-à-vis du 1er centre
français expert en autisme doit être énorme ?
On est submergés de demandes. 50 ou 60 enfants
autistes naissent en limousin chaque année. Mais
tous ceux nés avant ont besoin d’être suivis ! L’espoir des familles est qu’on aide leurs enfants à progresser : « j’aimerais tellement qu’il me parle, qu’il
me fasse un bisou » entend-on régulièrement. Ils
veulent qu’ils trouvent leur place dans la société et
vivent heureux. On peut réellement beaucoup aider
ces enfants, notamment sur le langage, surtout si on
les suit dès le plus jeune âge. On ne sait pas guérir,
mais on peut donner de la liberté pour vivre mieux.
J’ai vu des enfants s’automutiler (silence). Ça je ne
l’accepte pas !
Vous avez quand même des difficultés à recruter...
Oui, il existe très peu de médecins experts dans
les prises en charge de l’autisme, recommandées
par la communauté scientifique internationale et la
HAS. Nous avons eu beaucoup de chance, après de
longues recherches, que le Dr Lemonnier pédopsychiatre expérimenté en autisme ait accepté de nous
rejoindre. Mais nous devons avoir recours à des
professionnels étrangers qui viennent à Limoges
depuis le Canada, la Pologne, la République
Tchèque... On cherche encore des médecins et
paramédicaux français ou francophones pour nous
renforcer. Déléguer des fonctions diagnostiques et
thérapeutiques à des professionnels paramédicaux
comme cela se fait au Canada, par exemple, nous
aiderait déjà beaucoup.
Le Conseil de l'Europe a accusé la France d'avoir
fait trop peu d'efforts pour la prise en charge
des autistes, malgré une précédente sentence, en
2003. Comment expliquer ce retard français ?
C’est une histoire spécifiquement française, écrite
au moment de la séparation entre la neurologie et la
psychiatrie. La psychiatrie française est restée sous
la domination de la psychanalyse et s’est éloignée
des avancées des neurosciences. C’est un gâchis
intellectuel. En matière de psychiatrie, avancer des
explications génétiques ou neurobiologiques a été
longtemps considéré, en France, comme réducteur,
voire même comme une atteinte à une vision humaniste. Françoise Dolto disait qu’un enfant autiste
est « un enfant dont on a laissé le biberon dans
les plis du drap » ! Vous vous rendez compte de la
violence de ces mots ?! Ensuite, certains mandarins
ont refusé de reconnaître qu’ils s’étaient trompés
pendant des années...
Certains ont heureusement été plus ouverts
Oui, comme le Pr Bouquier et le Pr Moulies... ou
les Dr Tapie (neurologue) et Brosset (pédiatre) qui
ont su se remettre en question et reconnaître très
tôt l’intérêt des approches internationales basées
sur des conceptions scientifiques et des preuves
empiriques que je leur présentais à mon retour
des Etats-Unis. Ils ont ouvert les portes à ce qui
se construit aujourd’hui : le centre expert autisme,
entre autres... 
« On cherche
encore des
médecins et
paramédicaux
français ou
francophones pour
nous renforcer »
acé
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Dr G
en
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Pourquoi l’autisme ?
Mon fils est autiste. Mais avant que ce diagnostic
ne soit posé, on me parlait de psychose infantile. Pour les psychologues, c’était « la faute des
parents ». Il n’y a qu’en France où on les culpabilisait ainsi. Ça m’a donné envie de me battre.
1974 : interne au CHU de
Limoges
1979 : PH en médecine nucléaire
au CHU de Limoges
1987 : vacataire en médecine
nucléaire au CHU de Limoges,
passage en activité libérale
(endocrinologie) pour concilier
avec l’activité bénévole pour la
prise en charge de l’autisme
2013 : chargée de mission
pour le développement du
programme " Limousin région
experte en autisme " et
responsable du " Centre expert
en autisme " basé au CHU
novembre 2014 | CHORUS 110 [ 35 ]
ailleurs
UN CAS D’ÉCOLE
DE BONNE GESTION
DE COMMUNICATION
DE CRISE
La gestion médiatique du
" patient Schumacher "
par le CHU de Grenoble
a été exemplaire et fera
sans doute référence.
Pourtant, beaucoup ont cru
que le CHU avait échoué
quand le journal Bild a
révélé qu’une vingtaine
de pages du dossier
médical de ce patient lui
était proposée à l’achat !
« Nous étions abasourdis,
explique Jacqueline Hubert.
C’était 6 mois de travail
remarquable que nous
pensions anéantis ». Il
n’en était heureusement
rien. L’instruction très
rapide menée après
l’authentification du dossier,
et les plaintes du Chu et de
la famille Schumacher ont
permis de mettre le CHU
hors de cause. L’enquête
s’est en effet très vite
orientée vers la Suisse
grâce à l’adresse IP du
" vendeur d’informations ".
En effet, une société privée
d’hélicoptère médicalisé
avait été sollicitée pour
un éventuel transfert
de M Schumacher et
des données médicales
avaient été transmises de
médecin à médecin. « Les
interrogatoires préalables
des hospitaliers ont été une
épreuve, mais nous avons
tous été soulagés de savoir
que la fuite ne venait pas de
l’hôpital. »
Le dimanche 30 décembre 2013 vers 14h, Jacqueline Hubert est prévenue de l’admission de Michael
Schumacher en réanimation au CHU de Grenoble. La directrice générale de l’établissement isérois
nous raconte comment les équipes du CHU ont su gérer la pression médiatique internationale liée
à l’hospitalisation de l’ancien champion du monde de F1.
De combien de temps avez-vous disposé avant
que les demandes de journalistes n’affluent ?
Les sollicitations ont été immédiates. Le CHU a été
très vite envahi : des camions " régie " ont stationné devant l’hôpital et les journalistes ont afflué
dans les couloirs.
Quelles ont été les premières actions mises en
place pour protéger ce patient « particulier »
de la pression des médias ?
Nous avons réquisitionné un parking devant un
bâtiment en travaux pour y faire garer les véhicules presse. Nous avons immédiatement placé
un agent de sécurité du CHU devant chacun des
deux points d’accès au service de réanimation,
des effectifs renforcés ensuite par des agents de
société de sécurité. La Préfecture, la police, et la
mairie nous ont rapidement aidés à gérer cette
situation inédite.
Quelles actions ont été menées
auprès des personnels ?
Le responsable médical de la réanimation a très tôt
réuni le service pour rappeler nos obligations de
confidentialité. Le directeur général adjoint a fait
de même avec les agents de sécurité. Mais nous
n’avons pas changé leur circuit d’accès au service.
Je saisis l’occasion pour saluer le professionnalisme de l’ensemble des professionnels du CHU de
Grenoble.
Vous avez aussi prévenu toute fuite via
le système d’information...
Oui, nous avons donné un nom d’emprunt à M.
Schumacher dans le dossier informatisé, et changé
régulièrement ce nom.
Un dispositif particulier a-t-il été mis en place
pour la famille de M. Schumacher ?
[ 36 ] CHORUS 110 | novembre 2014
Une place de parking " discrète " a été réservée
pour sa femme. Nous avons aussi défini un circuit
aménagé pour que la famille puisse accéder à la
réanimation. Les deux premières nuits, avant de
trouver une autre solution, Mme Schumacher a
pu rester dans une chambre du service qui était
disponible. Le staff de M. Schumacher a aussi été
très présent et a très vite mis en garde quiconque
dérogerait au respect du droit à l’image du patient
ou de sa famille.
Comment avez-vous géré les points presse ?
Nous avons une grande salle qui a pu accueillir
300 journalistes de toutes nationalités. Ils ont
littéralement envahi cet espace, dérivant même les
alimentations d’électricité... Les échanges avec le
staff de M. Schumacher se faisaient en anglais mais
nous tenions les conférences de presse en français,
même si le Pr Payen, responsable de notre réanimation, répondait aussi en anglais.
Il y a quand même eu quelques
épisodes étonnants...
Un journaliste déguisé en faux prêtre a très vite
été repéré par notre directeur des soins... On a
aussi parfois été stupéfaits de commentaires dans
les médias de quelques professeurs parisiens qui
ne disposaient d’aucun élément du dossier mais
s’exprimaient avec beaucoup d’assurance.
Avec le recul, il y a-t-il des points que vous
géreriez différemment ?
Nous n’avions pas de procédure dédiée pour
accueillir une personnalité aussi médiatique, mais
nous avons été constamment sur le terrain, et avons
agit avec pragmatisme. Même si cela n’a pas eu de
conséquence, je crois que nous aurions dû encore
changer l’identité de M. Schumacher dans le système d’information dès son arrivée. 
l’image
La chanteuse Irma rend visite
aux enfants malades, service de pédiatrie,
9 octobre 2014
Réalisé avec le soutien de
MACSF assurances
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Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

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