Télécharger le numéro complet - Revue suisse de viticulture

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ARBORICULTURE
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Sommaire
7
Editorial
Actualités arboricoles
La protection phytosanitaire dans l’arboriculture
fruitière
65
O. Putallaz, I. Kerautret, M. Bünter, B. Buchmann,
C. Balmelli et S. Besse
P.-H. Dubuis
13
Guide phytosanitaire pour l’arboriculture fruitière
2010-2011
69
14
Contrôle des ravageurs au verger
73
P. Kehrli, Ch. Linder et H. Höhn
17
Auxiliaires
La sharka en Suisse: bilan et perspectives
Dernières nouvelles du feu bactérien
E. Holliger
Confirmation de la présence de Monilia
fructicola en Valais
P.-H. Dubuis et A. Patocchi
P. Kehrli, Ch. Linder et H. Höhn
Guides de traitements
H. Höhn, M. Bünter, P.-H. Dubuis, E. Holliger, P. Kehrli,
Ch. Linder, A. Naef, S. Schärer, L. Schaub, et J. Wirth
18
28
32
34
38
40
Pommier
Poirier
Cerisier-griottier
Prunier
Pêcher-abricotier
Enroulement chlorotique de l’abricotier
Index phytosanitaire pour la viticulture 2010
J. Wirth, Ch. Linder, H. Höhn, P.-H. Dubuis et A. Naef
Index phytosanitaire pour l’arboriculture 2010
J. Wirth, Ch. Linder, H. Höhn, P.-H. Dubuis et A. Naef
M. Bünter et S. Schärer
40
Pseudomonas
H. Höhn, A. Naef et P.-H. Dubuis
42
Lutte contre les campagnols
P. Mayor
44
Entretien du sol
J. Wirth et M. Gölles
46
Optimiser l’application des herbicides
J. Wirth et M. Gölles
47
Stratégies de désherbage chimique
J. Wirth et M. Gölles
48
Produits phytosanitaires. Application
P.-H. Dubuis et H. Höhn
52
Produits phytosanitaires. Risques et précautions
P.-H. Dubuis et H. Höhn
56
Régulation de la charge par éclaircissage chimique
A. Widmer et D. Christen
Nos revues sont référencées dans les banques de données internationales SCIE, Agricola,
AGRIS, CAB, ELFIS et FSTA.
Editeur
AMTRA (Association pour la mise en valeur des travaux de la recherche agronomique),
CP 1006, 1260 Nyon 1, Suisse. www.amtra.ch
Rédaction
Judith Auer (directrice et rédactrice en chef), Eliane Rohrer et Sibylle Willi.
Tél. +41 22 363 41 54, fax +41 22 363 41 55 – E-mail: eliane.rohrer@acw.admin.ch
Comité de lecture
J.-Ph. Mayor (directeur général ACW), O. Viret (ACW), Ch. Carlen (ACW),
N. Delabays (ACW), B. Graf (ACW), U. Zürcher (ACW), L. Bertschinger (ACW),
C. Briguet (directeur EIC), Dominique Barjolle (directrice Agridea Lausanne)
Publicité
inEDIT Publications SA, Serge Bornand
Rue des Jordils 40, CP 135, 1025 Saint-Sulpice – Tél. +41 21 695 95 67
Prépresse
inEDIT Publications SA, 1025 Saint-Sulpice
Impression
Courvoisier-Attinger Arts graphiques SA
© Tous droits de reproduction et de traduction réservés. Toute reproduction ou
traduction, partielle ou intégrale, doit faire l’objet d’un accord avec la rédaction.
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Suisse
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Cathy Platiau, Agroscope Changins-Wädenswil ACW, 1260 Nyon 1, Suisse
Tél. +41 22 363 41 51, fax +41 22 363 41 55
E-mail: cathy.platiau@acw.admin.ch, www.amtra.ch
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Tous nos tirés-à-part peuvent être commandés en ligne sur le site
www.agroscope.ch, publications, shop.
Schweizerische Eidgenossenschaft
Confédération suisse
Confederazione Svizzera
Confederaziun svizra
Département fédéral de l’économie DFE
Station de recherche
Agroscope Changins-Wädenswil ACW
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 3, 2010
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Le Guide Arbo d’ACW
Recherche par problème
Autres problèmes
Dans les cultures de:
Maladies
Bactériose
Chancre bactérien
Chancre du pommier
Cloque du pêcher
Cylindrosporiose
Enroulement chlorotique
Feu bactérien
Maladies de conservation
Maladie criblée
Maladie des pochettes
Moniliose
Oïdium
Pourriture amère
Pourriture de la mouche
Pseudomonas
Rouille du prunier
Rouille grillagée
Sharka
Tavelure
Tavelure noire
Tavelure tardive
(pages)
28
33
19
14
Campagnols
42
Entretien du sol
44
Désherbage chimique
47
Régulation de la charge
56
38
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40
18, 69 28, 69
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18
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(pages)
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37
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39
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39
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36
31
32
33
Services phytosanitaires cantonaux
en Suisse romande et au Tessin
Fribourg
Station cantonale des productions
végétales et animales,
service phytosanitaire, Grangeneuve
1725 Posieux
Tél. 026 305 58 65 – Fax 026 305 58 04
@ joseph.emmenegger@fr.ch
■
Genève
Service de la production
et du développement agricoles
1228 Plan-les-Ouates
Tél. 022 388 71 71 – Fax 022 388 71 40
Jura
Station phytosanitaire cantonale
2852 Courtételle
Tél. 032 420 74 33 – Fax 032 420 74 21
@ b.beuret@frij.ch
■
Jura bernois
Office de l’agriculture du canton
de Berne – 3011 Berne
Tél. 031 633 46 97 – Fax 031 633 50 35
@ ueli.scherz@vol.be.ch
■
19
Insectes et ravageurs
Acariens rouge et jaune
Anthonome du pommier
Bostryche
Capua
Carpocapse de l’abricot
Carpocapse des pommes
Carpocapse des prunes
Cécidomyie des feuilles
Cheimatobies
Cochenille virgule
Cochenilles diaspines
Cochenilles lécanines
Eriophyides libres ou gallicoles
Hannetons et vers blancs
Hoplocampe
Hyponomeute
Mouche de la cerise
Noctuelles et arpenteuses
Petite tordeuse des fruits
Pou de San José
Psylles du poirier
Puceron lanigère
Pucerons divers
Punaise des fruits
Teigne des fleurs
Ver des jeunes fruits
39
(pages)
Contrôle des ravageurs
39
Neuchâtel
Office phytosanitaire cantonal
2053 Cernier
Tél. 032 889 36 83 – Fax 032 889 37 01
@ robert.poitry@ne.ch
■
Valais
Office d’arboriculture et cultures
maraîchères
Case postale 437 – 1950 Sion (Châteauneuf)
Tél. 027 606 76 00 – Fax 027 606 76 04
@ mauro.genini@admin.vs.ch
■
Vaud
Station cantonale d’arboriculture,
Marcelin – 1110 Morges
Tél. 021 557 91 85 – Fax 021 557 91 80
@ pascal.mayor@vd.ch
■
Tessin
Sezione dell’agricoltura
Servizio fitosanitario cantonale
6501 Bellinzona
Tél. 091 814 35 86 – Fax 091 814 44 64
@ luigi.colombi@ti.ch
■
37
30
26
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38
38
S O S INTOXICATIONS
Centre à contacter en cas d’urgence:
33
24
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Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 5, 2010
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Editorial
La protection phytosanitaire
dans l’arboriculture durable
Pierre-Henri Dubuis
Agroscope Changins-Wädenswil ACW
pierre-henri.dubuis@acw.admin.ch
L’arboriculture durable a pour objectif de produire des fruits de qualité tout en
minimisant les impacts négatifs sur l’environnement. Le maintien à long terme de
la biodiversité et de la fertilité des sols est très important, mais la production doit
évidemment rester rentable. Une production de fruits durable ne recherche pas la
maximisation des rendements, mais plutôt une production stable et régulière à
long terme de fruits de bonne qualité et avec un bon potentiel de conservation.
Pour atteindre ces objectifs, il est important d’adapter les mesures culturales
à chaque situation et à chaque verger. Cela permet d’éviter les pratiques non
raisonnées qui, à long terme, peuvent avoir un effet négatif sur l’environnement
ou la qualité des fruits.
Les bonnes pratiques phytosanitaires dans l’arboriculture durable reposent sur
plusieurs recommandations:
● adapter les différents paramètres tels que le choix de la variété, la distance de
plantation, le mode de conduite et le type de porte-greffe, non seulement aux
conditions locales de climat et de sol mais aussi à l’utilisation de la récolte
(fruits de table, fruits pour l’industrie);
● adopter les mesures culturales qui permettent à l’arbre d’atteindre son équilibre physiologique, en particulier par un bon rapport entre la croissance végétative, la formation de boutons floraux et le rendement;
● surveiller attentivement et régulièrement les cultures et adapter autant que
possible aux conditions locales les interventions telles que traitements phytosanitaires, travail du sol, fumure, taille et éclaircissage;
● utiliser avec parcimonie les intrants tels que produits phytosanitaires, activateurs de croissance, engrais, etc., afin de préserver l’environnement (sol, eau,
auxiliaires, etc.) et la qualité des fruits;
● choisir les produits phytosanitaires en tenant compte de leur sélectivité
(cf. Index phytosanitaire pour l’arboriculture 2010) et des risques de résistance
(mode d’action). Les prescriptions légales (domaine d’application, dosage, délai
d’attente) sont des exigences minimales indispensables. Les bonnes pratiques
doivent aller plus loin encore;
● adapter le moment de la récolte et les conditions de stockage à l’état qualitatif
et sanitaire des fruits produits, ainsi qu’à leur destination.
Une arboriculture durable et efficace n’est possible que si les arboriculteurs sont
bien formés et que s’ils se perfectionnent continuellement. Ils doivent pouvoir
comprendre comment les facteurs naturels agissent dans et autour des vergers et
être disposés à adapter continuellement leurs méthodes de travail aux nouvelles
connaissances.
La durabilité est un élément essentiel aussi bien des directives bio (p. ex. Bio-Suisse,
Migros) que des directives de production intégrée (Suisse Garantie, IPSuisse). Dans
les deux types de culture, les arboriculteurs s’efforcent d’appliquer ces règles et
de les respecter scrupuleusement. D’ailleurs, le respect des exigences liées aux
«prestations écologiques requises» (PER) permet non seulement d’obtenir des
paiements directs, mais il constitue aussi bien souvent une exigence minimale
pour l’obtention d’un label.
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 7, 2010
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11
Guide phytosanitaire
pour l’arboriculture fruitière
2010/2011
Heinrich Höhn (coordination), Nicolas Delabays, Pierre-Henri Dubuis,
Michael Gölles, Eduard Holliger, Patrik Kehrli, Christian Linder,
Andreas Naef, Lukas Schaub, Olivier Viret, Albert Widmer, Judith Wirth
Schweizerische Eidgenossenschaft
Confédération suisse
Confederazione Svizzera
Confederaziun svizra
Département fédéral de
l’économie DFE
Station de recherche
Agroscope Changins-Wädenswil ACW
Le Guide Arbo d’ACW
CONTRÔLE DES RAVAGEURS
Insectes ravageurs des fruits à pépins
© AMTRA / VPS
PÉRIODES DE CONTRÔLE
Contrôle visuel
Stades repères
Mois
Frappage
VI
VII
VIII
IX-X
Piégeage
B
51
C D
53 56
E
59
F
63
G
67
H
69
Carpocapse
des pommes
et des poires
LÉPIDOPTÈRES
Capua
Petite tordeuse
des fruits
Cheimatobie
Noctuelle verte
Hyponomeute
Mineuses
1 piège sexuel
1000 fruits
récolte: 1000-2000 fruits
1 piège sexuel
100-300 inflorescences
300-500 pousses
1000 fruits
récolte: 1000-2000 fruits
1 piège sexuel
1000 fruits
100 inflorescences
100 inflorescences
100 branches
100 inflorescences
100 branches
100 inflorescences
100 inflorescences
Cécidomyie des feuilles
Hoplocampe
des pommes
1 piège Rebell blanc
250 fruits
Punaises des fruits
Rhynchite rouge
100 branches
Puceron vert migrant
Puceron vert
non migrant
Puceron lanigère
HOMOPTÈRES
Echantillon par parcelle
Bostryche
Puceron des galles
rouges
Psylle commun
du poirier
Grand psylle du poirier
Cochenille virgule
Cochenilles lécanines
Cochenilles diaspines
Pou de San José
Anthonome
DIVERS
Baggiolini
BBCH
1 piège sexuel
200 feuilles
200 inflorescences
100 arbres
200 inflorescences
100 arbres
100 inflorescences
200 inflorescences
100 pousses végétatives
100 arbres
100 pousses annuelles
100 branches
100 pousses en croissance
100 pousses en croissance
récolte: 1000 fruits
100 pousses
bois de taille
bois de taille
1000 fruits
bois de taille
toute la récolte
contacter station cantonale
contacter station cantonale
100 branches
100 inflorescences
1 piège Rebell rouge
Puceron cendré
14
I J
71 75
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 14-17, 2010
Seuil
5-7 papillons/semaine/piège
0,5-2% attaqués
1% attaqué
40 papillons/semaine/piège
0,5% attaquées
5-8% attaquées
0,5-2% attaqués
1% attaqué
0,5-2% attaqués
5-8 chenilles
5-10% attaquées
12-15 chenilles
1-2% attaquées
2-4 chenilles
4-5 mines
3-5 nids
50-60% attaqués
1-2 colonies
1-2% atteints
5-10 colonies
5-10% infestés
80 colonies
3-5 colonies
10-15% infestées
10-12% infestées
150-250 adultes
40-60% occupées
60-90% occupées
80% occupées
30-50 cochenilles
50 larves
1-3% attaqués
30 larves/m
présence
présence
présence
10-40 charançons
10-15 morsures
20-30 adultes/piège
3-5% attaqués
présence
5-8 charançons
P. KEHRLI, CH. LINDER, H. HÖHN
AU VERGER
Insectes ravageurs des fruits à noyaux
© AMTRA / VPS
PÉRIODES DE CONTRÔLE
Contrôle visuel
Stades repères
Mois
Frappage
VI
VII
VIII
IX-X
Piégeage
B
51
C D
53 56
E
59
F
63
G
67
H
69
I J
71 75
Baggiolini
BBCH
LÉPIDOPTÈRES
Carpocapse
des prunes
1 piège sexuel
500 fruits
1 piège sexuel
1000-2000 fruits
récolte: 1000-2000 fruits
anneaux de glu
5 × 100 inflorescences
5 × 100 inflorescences
5 × 100 branches
5 × 100 inflorescences
Carpocapse
de l’abricot
Cheimatobie
HOMOPTÈRES
Teigne des fleurs
du cerisier
5 × 100 pousses
5 × 100 inflorescences
5 × 100 pousses
100 bourgeons
100 pousses
bois de taille
1000 fruits
bois de taille
bois de taille
1 piège jaune
Mineuses
Puceron noir
du cerisier
Puceron vert
du prunier
Cochenilles lécanines
Cochenilles diaspines
Cochenille virgule
Mouche de la cerise
DIVERS
Echantillon par parcelle
Hoplocampe des prunes
1 piège Rebell blanc
200 fruits
500 fruits
Anthonome du cerisier
Seuil
1-3% de ponte ou attaque
5-7 papillons/semaine/piège
0,5-2% attaqués
5-10 femelles/m d’anneau
5-10% attaqués
10% attaqués
60-75 chenilles
20% attaquées
60% attaquées
5% attaquées
5% attaquées
2-5% attaquées
3-10% attaquées
50 larves
1-3% attaqués
30 larves/m
30-50 cochenilles
Variétés
précoces: >1 mouche/piège
moyennes: 0,2-2 mouches/piège
tardives: 0,1-1 mouche/piège
80-100 adultes/piège
3-10% attaqués
5% attaqués
Contrôles périodiques minimaux sur pommier et poirier
PÉRIODE
(stade BBCH)
POMMIER
POIRIER
MÉTHODE
Echantillonnage
Ravageurs
Echantillonnage
Ravageurs
100 branches
Psylles
Préfloral (51-53)
Frappage
100 branches
Anthonome
Préfloral (58-59)
Visuel
200 inflorescences
Pucerons, chenilles
Postfloral (69-71)
Visuel
100 arbres,
100 pousses
Pucerons, chenilles
200 inflorescences
Pucerons, chenilles
Postfloral (69-71)
Frappage
100 branches
Noctuelles,
cheimatobies
100 branches
Noctuelles,
cheimatobies
Fin mai (73)
Visuel
100 feuilles
Acariens
100 pousses,
100 feuilles
Psylles, acariens
Eté
Visuel
100 pousses,
500 fruits
Pucerons, capua,
carpo
100 pousses,
500 fruits
Psylles, pucerons,
capua, carpo
Récolte (87)
Visuel
1000-2000 fruits
Chenilles,
pou de San José
1000-2000 fruits
Psylles, chenilles,
pou de San José
© AMTRA / VPS
15
Le Guide Arbo d’ACW
CONTRÔLE DES RAVAGEURS
Acariens
© AMTRA / VPS
PÉRIODES DE CONTRÔLE
Contrôle visuel
Stades repères
Mois
Analyse par trempage
en laboratoire
VI
B
01
C D
E
F
09 10 10/51 63
G
67
H
69
VII
I J
71 73
VIII
IX-X
Baggiolini
BBCH
Acarien rouge
Echantillon par parcelle
5 x 10 portions (20 cm)
de bois de 2 ans, 2 obstacles
successifs/portion
100 feuilles, base de pousse
100 feuilles
100 feuilles, milieu de pousse
100 feuilles
100 feuilles
50-100 pommes, poires
Pommier:10-50 feuilles
Pommier:10-50 feuilles
50-100 bouts de pousses
Acarien jaune commun
Eriophyides libres
Eriophyides gallicoles
Seuil
20-30 œufs/obstacle:
traitement après fleur
> 30 œufs/obstacle:
traitement avant fleur
50-60% occupées
40% occupées
30% occupées
40-50% occupées
20-30% occupées
Contacter station cantonale
Contacter station cantonale
Contacter station cantonale
10% attaqués
Echantillonnage séquentiel pour l’acarien rouge et l’acarien jaune commun
L’échantillonnage séquentiel ou progressif permet, dans la plupart des cas, de réduire l’échantillon et d’accélérer la prise de décision. Il
propose de contrôler des séries de 10 feuilles, le nombre de feuilles occupées étant cumulé. La valeur obtenue après chaque série est
comparée avec la valeur indiquée dans la table de référence (tabl. 1).
Mode d’emploi
� Choisir le seuil de tolérance adapté, par exemple: 30%.
� Déterminer, dans chaque série de 10 feuilles, le nombre de feuilles occupées et cumuler.
Exemple: 10 feuilles ➩ 2 feuilles occupées
10 + 10 feuilles = 20 feuilles ➩ 2 + 6 = 8 feuilles occupées.
� Comparer, après chaque série de 10 feuilles, la valeur obtenue avec celle de la table.
Exemple: 2 feuilles occupées < 3, valeur de la table, donc l’échantillonnage continue.
8 feuilles occupées > 5, valeur de la table, colonne T, l’indication est de traiter et le contrôle est terminé.
� Si la valeur est inférieure à celle de la colonne NT, l’indication est de ne pas traiter. Si, après 100 feuilles, la valeur reste entre celles
des deux colonnes de la table, on choisit la décision correspondant à la valeur de la table la plus proche.
NOMBRE
DE FEUILLES
CONTRÔLÉES
(série
de 10 cumulées)
Tableau 1. Table de référence pour la prise de décision par échantillonnage séquentiel.
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
16
SEUIL DE TOLÉRANCE CHOISI EN POURCENTAGE DE FEUILLES OCCUPÉES (limite inférieure – limite supérieure = seuil)
20% (5-20)
30% (10-30)
40% (20-40)
50% (30-50)
60% (40-60)
70% (50-70)
Nombre de feuilles occupées pour l’application d’un traitement (T) ou pour la décision de ne pas traiter (NT)
NT ≤
T≥
NT ≤
T≥
NT ≤
T≥
NT ≤
T≥
NT ≤
T≥
NT ≤
T≥
–
–
1
2
3
4
5
6
8
9
3
4
5
6
7
8
10
11
12
13
–
–
3
5
7
9
10
12
14
16
3
5
7
9
11
13
15
17
18
20
–
–
5
7
11
14
17
19
22
24
6
8
11
14
17
20
23
26
29
31
–
–
7
11
15
19
23
27
31
34
7
10
15
19
23
27
31
35
39
42
–
–
10
15
20
25
30
35
40
45
8
13
18
22
28
33
38
43
48
52
–
–
14
20
26
32
38
44
50
56
9
15
21
27
33
39
45
51
57
63
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 14-17, 2010
P. KEHRLI, CH. LINDER, H. HÖHN
Auxiliaires
En plus des espèces nuisibles et indifférentes, les arbres fruitiers non traités abritent une riche palette d’insectes et d’acariens prédateurs ou parasites. Ces ennemis naturels limitent – parallèlement à d’autres facteurs (conditions météorologiques, état de l’arbre) – le nombre de ravageurs arboricoles. Sur des arbres traités
régulièrement ou occasionnellement, plusieurs de ces auxiliaires sont absents ou
moins abondants, soit par manque de nourriture (effet indirect) soit par effet
toxique des produits phytosanitaires (effet direct). Les auxiliaires colonisent également d’autres cultures agricoles et un grand nombre de plantes sauvages. La plupart des espèces colonisent les arbres à partir de ces milieux et s’y installent si le
nombre de proies est suffisant. Pour les espèces qui ne volent pas, comme les
typhlodromes et les perce-oreilles, la recolonisation des vergers est très lente.
Oiseaux
Divers oiseaux (comme ici la mésange charbonnière) contribuent à réduire les
populations de cheimatobies et de tordeuses du feuillage au printemps ainsi que
de chenilles hivernantes du carpocapse en automne et hiver. L’installation de
nichoirs contribue à favoriser la présence des mésanges (pour le type, le nombre
et le montage des nichoirs, s’adresser à la Station ornithologique suisse, 6204
Sempach, tél. 041 462 97 00).
(Photo V. Métraux)
Acariens prédateurs
Les acariens prédateurs typhlodromes (Typhlodromus pyri, Euseius finlandicus,
Amblyseius andersoni, etc.) maintiennent les populations d’acariens rouges et
jaunes à de bas niveaux. Ce sont des prédateurs de protection. Ces dernières
années, les modifications des pratiques phytosanitaires ont permis leur retour et
leur développement dans les vergers. L’introduction et le maintien des typhlodromes dans une culture exige l’application d’un programme de traitement respectueux à leur égard (voir le tableau des effets secondaires en p. 14 de l’index
phytosanitaire pour l’arboriculture).
Insectes utiles
En plus des typhlodromes, de nombreux insectes mangent ou parasitent les ravageurs des vergers. Les pucerons sont ainsi la principale proie des coccinelles et
de leurs larves, des larves de chrysope et de syrphide, des punaises anthocorides, des forficules, des larves de cécidomyie et de petites guêpes parasitoïdes.
Les pucerons cendrés sont parasités par une petite guêpe (Aphelinus mali) et
attaqués en été par les forficules. Ces mêmes auxiliaires s’attaquent également
aux cochenilles. Diverses guêpes parasitoïdes peuvent engendrer des taux de
parasitisme de 50 à 60% chez capua.
Effets secondaires
Les divers groupes d’auxiliaires réagissent diversement aux fongicides et insecticides. Sur la base des effets directs (mortalité), les diverses familles de produit
peuvent être réparties en différentes classes de toxicité. Cette classification très
générale se base sur diverses études et observations en Suisse et à l’étranger.
Un tableau concernant les principaux auxiliaires est régulièrement publié dans
l’Index phytosanitaire pour l’arboriculture (page 14). Pour les typhlodromes, les
données proviennent en général d’essais en plein champ réalisés en Suisse. Les
classes N (neutre à peu toxique), M (moyennement toxique), T (toxique) donnent
une indication sur la toxicité des produits envers Typhlodromus pyri. D’autres espèces, comme Euseius finlandicus, sont plus sensibles. Les produits peu persistants sont moins dangereux que ceux à longue rémanence. Les traitements sont
moins toxiques au débourrement qu’en été car l’effet du produit augmente généralement avec la température. Les applications répétées sont plus dommageables
que les traitements uniques. Pour les fongicides, la classification se base sur cinq
traitements. Ainsi, l’application unique ou en deux fois d’un fongicide classé toxique
pour les typhlodromes peut avoir un effet moins important. Comme les typhlodromes ne sont pas très mobiles et qu’ils sont dépourvus d’ailes, leur sauvegarde
est prioritaire. On choisira pour cela principalement des produits du groupe N. Les
produits du groupe M ne seront utilisés qu’en cas de nécessité et en application
unique.
Recommandations: Les auxiliaires ne suffisent pas toujours à assurer une réduction des ravageurs. C’est pourquoi il convient de: ● tenir
compte lors des contrôles de l’équilibre entre ravageurs et auxiliaires avant de prendre des décisions de traitement; ● ménager les auxiliaires
autant que possible en évitant les traitements inutiles et en favorisant les insecticides et fongicides sélectifs; ● réintroduire des typhlodromes.
© AMTRA / VPS
17
Le Guide Arbo d’ACW
Maladies et symptômes
Remarques et lutte
Tavelure (Venturia inaequalis)
La tavelure est la plus importante maladie fongique du pommier. Les principales
variétés commerciales actuelles sont toutes très sensibles à la tavelure et nécessitent l’application régulière de fongicides.
Variétés résistantes: en production biologique, seules les variétés résistantes à
la tavelure (Topaz, Goldrush, Ariwa, Rubinola) ont un intérêt à long terme. Afin que
la résistance soit durable, il est conseillé d’appliquer un programme de lutte minimal (2-3 traitements durant l’émission des ascospores, 1-2 traitements en fin de
saison sur les variétés à conserver) contre la tavelure, l’oïdium et les maladies de
conservation afin de limiter l’adaptation de souches surmontant les facteurs de résistance.
Réduction de l’inoculum: dans les vergers fortement atteints par la tavelure, le
ramassage des feuilles mortes sous les rangs suivi d’un broyage en automne est
une mesure préventive intéressante pour réduire l’inoculum initial de l’année suivante et, combinée à l’apport d’urée (5%) au printemps, permet de réduire significativement le nombre d’ascospores, sans pour autant supprimer les risques
d’infection.
La tavelure s’attaque à tous
les organes herbacés du
pommier. Sur feuilles, les
premières taches sont
d’abord translucides puis
deviennent olivâtres et prennent un aspect velouté en
s’agrandissant. En cas de
fortes attaques, les taches
deviennent confluentes. Les
fruits se déforment et se
crevassent plus ou moins
profondément. Lors d’infections tardives, les symptômes n’apparaissent que
pendant la conservation.
Oïdium (Podosphaera leucotricha)
Les tiges et les feuilles des
pousses atteintes se recouvrent d’un feutrage mycélien
gris blanchâtre. Les feuilles
sont en général enroulées.
Moniliose (Monilia laxa et M. fructigena)
Les bouquets floraux et les
rameaux infectés sèchent.
Les fruits brunissent et se
momifient; selon le champignon, ils sont recouverts de
sporulations circulaires brunâtres (M. fructigena) ou
grises (M. laxa).
Pourriture de la mouche (Botrytis cinerea)
La mouche est partiellement ou totalement entourée d’une zone nécrotique
brune.
Maladies de conservation
Pourriture lenticellaire, gloéosporiose (Gloeosporium spp.),
tavelure tardive (Venturia inaequalis), maladie de la suie
(Schizothyrium pomi) et des crottes de mouches (Gloeodes
pomigena)
Durant la conservation, les
pommes sont ponctuées de
taches plus ou moins importantes de couleur variable
et pourrissent peu à peu.
Feu bactérien (Erwinia amylovora)
Les pédoncules deviennent
sombres, les feuilles brunissent depuis les pétioles et
montrent un triangle typique.
Les jeunes fruits sont brun
foncé et ratatinés. Les jeunes
pousses se recourbent en
forme de crosse. Les organes
malades peuvent présenter
des exsudats de bactéries.
18
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 18-19, 2010
La lutte contre l’oïdium débute avant la floraison et s’étend durant l’été, en parallèle avec la lutte contre la tavelure. Le Bayfidan (7) peut provoquer la roussissure
des pommes Golden Delicious et le Nimrod (9) une coloration violette sur certaines variétés comme Idared, de même qu’une chute prématurée des feuilles
lorsqu’il est appliqué systématiquement durant toute la saison.
Lutte prophylactique: en cas de faibles attaques, on peut couper les rameaux
atteints lors de la taille d’hiver et durant la période de végétation.
Cette maladie, particulièrement répandue sur les arbres à noyaux, peut se montrer
également virulente sur certaines variétés de pommes (Cox Orange, Rubinette et
Elstar). Les rameaux atteints et les fruits momifiés doivent être éliminés lors de la
taille d’hiver. Sur les variétés sensibles ou bien lorsqu’une infection a eu lieu l’année précédente, un à deux traitements sont recommandés durant la floraison.
Les attaques de Botrytis cinerea sont particulièrement graves lors de printemps
humides. L’infection des pommes a lieu à la floraison, par l’intermédiaire des étamines et des pétales restés collés au calice. Durant la période de végétation, le
champignon reste latent dans les organes infectés et n’apparaît qu’à la récolte.
Traitement spécifique à la floraison à l’aide de fongicides systémiques du groupe
des benzimidazoles (8) ou des anilinopyrimidines (4) agissant également contre la
moniliose des fleurs.
Les agents responsables de la pourriture lenticellaire des pommes vivent comme
saprophytes sur les différents organes de l’arbre. Les spores, disséminées par
l’eau de pluie, infectent les fruits par les lenticelles où le champignon reste latent
jusqu’à un certain degré de maturité des pommes. Les symptômes de pourriture
se manifestent lors de la conservation, surtout sur des variétés sensibles telles
que Golden Delicious. La lutte contre les maladies de conservation nécessite en
fin de saison, mais au plus tard trois semaines avant la récolte, deux à trois applications d’un produit du groupe des phtalimides (1) ou des strobilurines (5).
En arboriculture biologique, les maladies des crottes de mouches et de la suie
peuvent être combattues à l’aide de Biofa cocana (9).
Les arboriculteurs sont tenus de contrôler leurs vergers et, éventuellement, leurs environs. L’annonce des symptômes de feu bactérien est obligatoire; les services cantonaux compétents ordonnent les mesures sanitaires à prendre. Lors d’une contamination l’année précédente dans un verger ou dans les alentours, un traitement de débourrement au cuivre dans le verger est recommandé. Le Myco-Sin, Biopro, Blossom
Protect et Serenade (12) sont homologués pour une efficacité partielle. Myco-Sin: dès
le stade E2 jusqu’à la chute des pétales à intervalles de cinq jours. Biopro et Serenade: 1er traitement à 10% de fleurs ouvertes; les traitements suivants tous les cinq
jours jusqu’à la pleine floraison. Le traitement au Biopro n’est utile que si la température moyenne lors du jour de traitement est au moins de 15 °C. Le volume de bouillie
recommandé est de 800 l/ha. Serenade s’utilise à des températures de 5 à 25 °C.
P.-H. DUBUIS, E. HOLLIGER, L. SCHAUB, A. NAEF
Guide de traitements
POMMIER
PÉRIODES
mars
avril
mai
juin
juillet
aoûtseptembre
1
MALADIES
Tavelure et oïdium
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
B C D
51 53 56
Déb.
E
59
Préfloral
F
63
G
67
H
69
Floral
I
71
Postfloral
J
73
Baggiolini
BBCH
Eté
Fin saison
cuivre (10) + soufre (11)
captane + ISS (7), ISS (7)
anilinopyrimidine + captane (4)
anilinopyrimidine + captane + ISS (4)
krésoxym-méthyl + captane ou dithianon (5)
trifloxystrobine + captane ou dithianon (5)
Tavelure
cuivre (10)
dithianon (9)
dodine (9)
captane (1), folpet (1)
anilinopyrimidine + captane (4)
ISS + captane (7)
Oïdium
bupirimate (9), cyflufenamid (9), ISS (7)
soufre (11)
Moniliose
captane + ISS (7), ISS (7),
anilinopyrimidine + captane (4),
benzimidazoles (8), dicarboximides (3)
trifloxystrobine + captane (5)
Pourriture de la mouche
anilinopyrimidine + captane (4),
benzimidazoles (8)
Tavelure tardive,
maladies de conservation
captane, folpet (1)
Feu bactérien
cuivre (10)
trifloxystrobine + captane (5)
Myco-sin, Biopro, Serenade, Blossom Protect (12)
Traitements préventifs recommandés
Traitements possibles
Maladies et symptômes
Remarques et lutte
Chancre du pommier
Les agents fongiques responsables des chancres pénètrent généralement dans
l’écorce par des blessures (dégâts de gel, grêle, zones de frottement, plaies de
taille, fissures, etc.). Les arbres plantés dans des sols lourds ou soumis à une fumure azotée excessive sont particulièrement exposés aux chancres. Les variétés
Gala, Jonagold et Cox Orange y sont plus sensibles. Entre 1999 et 2006, les surfaces de Gala ont augmenté de 300 ha en Suisse, c’est l’une des raisons pour lesquelles les chancres sont en progression.
Lutte préventive: il n’y pas de produit homologué pour les traitements postrécolte. La lutte n’est possible qu’en appliquant des mesure prophylactiques: choix
de parcelles adaptées, fumure azotée réduite, taille hivernale retardée.
Lutte directe: supprimer les rameaux et les branches fortement atteints, environ
10 cm avant le chancre. Sur les charpentières ou les troncs, les chancres peuvent
être nettoyés au couteau jusqu’à l’apparition de bois sain, puis recouvrir la plaie
d’un mastic à cicatriser (qui contient généralement un fongicide). Les rameaux,
branches ou parties d’écorces atteintes doivent être rapidement mis hors de la
parcelle pour éviter toute contamination des arbres sains.
Chancre européen du pommier (Nectria galligena),
chancre à Gloeosporium (Gloeosporium spp.),
Monilia laxa, Valsa et Leucostoma, Eutypa lata,
Phomopsis mali
A l’endroit d’une blessure,
l’écorce des arbres ne recouvre plus la plaie et des
fructifications des différents
agents pathogènes apparaissent. Sur les jeunes sujets, les premiers symptô mes sont difficilement identifiables, seules les fructifications des champignons
sont visibles sur l’écorce,
l’arbre est alors généralement peu vigoureux.
© AMTRA / VPS
19
Le Guide Arbo d’ACW
Les clés du succès dans la lutte contre la tavelure
Symptômes de tavelure visibles,
que faire?
Il ne faut plus employer de produits à effet curatif (strobilurines, anilinopyrimidines, ISS, dodine). Seuls les produits de contact (captane, dithianon, folpet) peuvent être
appliqués à dix jours d’intervalle.
La tavelure est une maladie redoutable qui ne laisse que peu de marge de
manœuvre aux producteurs. De nombreux éléments sont à considérer
afin de maîtriser la lutte:
● le moment d’intervention en fonction du risque d’infection, de l’intervalle de traitement et des prévisions météorologiques
● le choix de la matière active en considérant le risque de résistance et
le risque d’infection
● le calcul de la dose exacte de fongicide en fonction du volume des arbres
● l’adaptation du volume de bouillie au volume des arbres et au type
de pulvérisateur
● le calibrage du pulvérisateur et l’adaptation des buses à la culture.
L’efficacité de la lutte ne peut être jugée qu’en observant régulièrement
l’état sanitaire des parcelles, afin de pouvoir réagir de manière adéquate
en cas de développement de la maladie.
Principaux groupes de fongicides à action
préventive et curative
Les premiers symptômes de la tavelure sont difficiles à
identifier sur les feuilles (décoloration jaunâtre localisée).
En quelques jours, les décolorations jaunâtres brunissent et prennent l’aspect typique de la tavelure. Elles
sont en général placées le long des nervures où se
concentre l’eau de pluie.
Anilinopyrimidines (4) (Chorus, Scala, Frupica), anilinopyrimidine + ISS
(Vision): effet curatif de 2-3 jours, maximum 4 applications par année. Ces
produits ne doivent être appliqués qu’en mélange au captane ou au dithianon, afin de prévenir les risques de résistance.
Chorus, Scala, Frupica sont homologués du débourrement à la fin de la
floraison car ils sont également efficaces à basse température, Vision de
la fin de la floraison au 31 juillet pour son efficacité contre l’oïdium. Ce
produit devrait être appliqué de préférence juste après la floraison, son
efficacité contre la tavelure des fruits étant limitée. Une application de ce
produit compte pour un ISS et une anilinopyrimidine.
Dodine (9): effet curatif de 1-2 jours. Cette matière active s’applique avantageusement du débourrement à la floraison. L’utilisation continue de dodine sur la variété Golden Delicious peut provoquer la roussissure des
fruits. A partir de la floraison jusqu’à la chute physiologique des fruits en
juin, il est préférable de remplacer la dodine par un ISS (7), une strobilurine + captane (5), du dithianon (9) ou du captane (1). Faire attention à la
miscibilité de la dodine avec d’autres produits.
Strobilurines (5) (Stroby + captane, Flint + captane): effet curatif de
2-3 jours (maximum 4 applications par année, éviter d’effectuer quatre
traitements à la suite). Le mélange avec du captane est impératif pour
réduire le risque d’apparition de résistance. Trifloxystrobine contre les maladies de conservation: uniquement 1 application par année, suivre absolument les charges figurant sur le paquet.
ISS et captane + ISS (7): effet curatif de 3-4 jours. Au printemps, l’efficacité
de ces produits est réduite lorsque la température est inférieure à 10 °C. Les
ISS s’appliquent de préférence à partir de la floraison (maximum 4 application par année, jusqu’au 31 juillet). Jusqu’à maintenant, les manques d’efficacité observés dans la pratique n’étaient pas imputables à une résistance
durable, mais généralement à une mauvaise stratégie d’intervention, à des
lacunes dans la technique d’application ou à un sous-dosage des produits.
Prévention de la résistance
En cas de fortes infections secondaires, l’ensemble du
limbe peut être recouvert de taches brunâtres ponctuelles, typiques de la tavelure. A ce stade, la maladie
est difficilement maîtrisable et le risque de favoriser la
résistance du champignon en appliquant des fongicides
à effet curatif est très élevé.
20
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 20-21, 2010
● Limiter le nombre d’applications avec des fongicides spécifiques au
strict minimum, en consultant la prévision des risques d’infection
(www.agrometeo.ch). En cas de précipitations et d’important développement végétatif des arbres, la durée d’efficacité des produits est réduite (6-8 jours).
● Respecter le nombre maximal d’applications par année pour cha que groupe de matières actives et la période d’application (voir figure
ci-contre).
● Alterner les groupes chimiques: après deux applications d’un produit
du même groupe chimique, changer impérativement de type de matière active (en particulier pour les strobilurines, les anilinopyrimidines
et les ISS).
● Technique d’application: adapter la dose de produit et la quantité de
bouillie au volume des arbres afin de garantir sa bonne répartition dans
la couronne.
● Phase curative courte: lorsqu’une infection s’est produite, un fongicide
à effet curatif doit impérativement être appliqué les jours suivants, si le
feuillage n’est plus protégé. Considérer la durée de l’effet curatif des
différents groupes de matières actives.
● Réduction du potentiel infectieux: dans les parcelles infectées, soigner les traitements de fin de saison (captane, folpet). Après la chute
P.-H. DUBUIS, A. NAEF
Guide de traitements
POMMIER
2
Stratégie de lutte contre la tavelure et l’oïdium du pommier en 2010
ÉTÉ
BBCH
00-01
09/53
10/56
10/57
61
FIN SAISON
71
TAVELURE
DITHIANON (9) ou
captane (1) ou folpet (1)
TAVELURE, OÏDIUM
CAPTANE + ISS, ISS (7)
31 juillet
- max. 4 applications
- 3-4 jours curatif
- sur Golden Del. ajouter 3-4 x
soufre mouillable à partir de la
floraison
- max. 3 applications jusqu’à la
fin floraison
ANILINOPYRIMIDINE
- 2-3 jours curatif
+ ISS (4) seulement en
TAVELURE
TARDIVE,
MALADIES DE
CONSERVATION
31 juillet
Récolte
TAVELURE
MONILIOSE, POURRITURE DE
LA MOUCHE
ANILINOPYRIMIDINES (4)
seulement en mélange au
captane (1) ou au dithianon (9)
FOLPET (1)
Délai d ’attente légal de 3 semaines
DITHIANON (9)
TAVELURE
DODINE (9)
1-2 jours curatif
ou cuivre (10)
CAPTANE (1) ou
OÏDIUM
BUPIRIMATE (9) ou cyflufenamid (9)
ou soufre mouillable (11)
mélange avec du captane (1)
ou du dithianon (9)
STROBILURINES (5) + captane (1) ou dithianon (9)
- max. 4 applications, 2-3 jours curatif
31 juillet
- krésoxim-méthyl+captane: TAVELURE, OÏDIUM
- trifloxystrobine + captane: TAVELURE, OÏDIUM
Résistance: alterner les groupes de matières actives: après 2 interventions
avec des produits d’un même groupe chimique, appliquer les 2 traitements suivants
avec des produits d’un autre groupe chimique.
des feuilles, le broyage des feuilles mortes accélère leur décomposition et réduit le nombre d’ascospores produites au
printemps suivant. Un apport d’urée (5% ou 10 kg/200 l/ha)
au printemps (mi-mars) en complément pour accélérer la dégradation des feuilles renforce la réduction du nombre d’ascospores. Il faut alors tenir compte de cet apport d’azote dans
le plan de fumure.
Lutte préventive
Sur les variétés sensibles et en cas de forte attaque l’année précédente, une première application préventive au stade B-C avec
du cuivre (10) ou des Dithianon (9) est indispensable. La durée
d’efficacité des fongicides préventifs et curatifs ne dépasse pas 6
à 8 jours au printemps (jusqu’à mi-mai) en fonction des conditions climatiques et de la croissance des arbres.
Lutte curative
Grâce à l’effet curatif (action fongicide durant la phase d’incubation du champignon, entre la pénétration dans les feuilles et l’apparition de nouvelles taches sporulantes) des fongicides du
groupe des ISS (inhibiteurs de la synthèse des stérols), des anilinopyrimidines, des strobilurines et de la dodine, la lutte contre
max. 1 application
fin saison
MALADIES
DE CONSERVATION
la tavelure peut être ciblée selon les indications d’appareils de
prévision des infections. L’émission des ascospores et l’évolution des infections de la tavelure peuvent être consultées pour
toute la Suisse sur www.agrometeo.ch.
Lorsque les conditions sont remplies pour une infection légère,
moyenne ou forte, un fongicide à effet curatif devrait être appliqué les jours suivants. Ce traitement assure une protection de
6 à 12 jours selon les conditions. Cette période passée, il faut
recourir aux informations du détecteur et aux prévisions météorologiques pour positionner le traitement suivant. Des informations complémentaires, comme le début, le déroulement et
l’intensité du vol des ascospores, sont précieuses pour prévoir
le risque d’infection. En général, le vol des ascospores est
achevé à la fin du mois de mai.
Dans les vergers exempts de tavelure, les intervalles de traitements peuvent être étendus à environ deux semaines à partir
de mi-juin, en ne considérant que les phases d’infection
moyennes à fortes, à condition de contrôler régulièrement l’état
sanitaire du verger. Pour les variétés sensibles à la tavelure, un
échantillonnage de 1000 feuilles par verger est représentatif.
Le seuil de tolérance admis est de l’ordre de 5 feuilles atteintes
pour 1000 feuilles contrôlées.
© AMTRA / VP
21
Le Guide Arbo d’ACW
Ravageurs et symptômes
Remarques et lutte
Carpocapse (Cydia pomonella)
La pression du ravageur dans un verger est fortement corrélée à l’attaque de l’année précédente.
Confusion sexuelle. Les diffuseurs doivent être accrochés dans le tiers
supérieur des arbres au début du vol dans des vergers isolés de > 3-5 ha
à faible population initiale. Si l’isolation n’est pas suffisante, il faut prévoir
une protection en traitant la bordure exposée à l’immigration des papillons.
Virus de la granulose. Il agit lentement, par ingestion, et doit être appliqué dès le début des éclosions. Sensible aux UV, peu rémanent. 5-7 traitements à demi-dosage durant la saison à 10-15 jours d’intervalle.
RCI et ICI. Le fénoxycarbe, ovicide sur les œufs fraîchement pondus,
doit être appliqué dès que la ponte débute. Le tébufénozide et le méthoxyfénozide, larvicides, doivent être appliqués au début des éclosions.
Les ICI diflubenzuron, téflubenzuron et hexaflumuron, ovicides et larvicides, peuvent être appliqués soit au début de la ponte, soit au plus tard
au début des éclosions. Les ICI et RCI ont une rémanence pratique d’environ un mois en début de saison et de six semaines dès juillet lorsque la
croissance des fruits s’atténue.
L’indoxacarbe et le spinosad, larvicides, ont une rémanence d’environ
deux semaines.
Papillon du carpocapse
(grandeur env. 1 cm).
Les jeunes chenilles forent une galerie en spirale sous l’épiderme ou
pénètrent par la mouche
ou la cavité pédonculaire. Elles s’enfoncent
ensuite plus à l’intérieur
des fruits et consomment généralement la
zone des pépins. Les
galeries sont encombrées d’excréments visibles également au
point de pénétration où
une partie de ceux-ci
sont rejetés.
Petite tordeuse des fruits
(Grapholita lobarzewskii)
Dégâts semblables à
ceux du carpocapse,
mais la chenille fore tout
d’abord une galerie en
spirale sous l’épiderme
avant de pénétrer plus
profondément dans le
fruit. Galeries sans excréments.
Capua, tordeuse de la pelure
(Adoxophyes orana)
Chenille de capua au der nier stade larvaire, tête
jaune-brun. Les chenilles
des deuxième et troisième stades larvaires reprennent leur activité en
avril et se nourrissent
aux dépens des bourgeons et jeunes feuilles.
Dans les vergers hébergeant une forte population de carpocapses
résistants, une combinaison de la lutte par confusion et du virus de
la granulose est recommandée.
La petite tordeuse des fruits peut causer sporadiquement des dommages
importants. La présence de dégâts à la récolte de l’année précédente
permet de juger de l’opportunité de la lutte. Le piège sexuel indique que
le vol se déroule essentiellement en juin et juillet mais le nombre de captures ne reflète pas fidèlement la menace. La lutte par confusion sexuelle
est possible. Toutefois, l’efficacité n’est pas garantie dans les parcelles
de moins de 3 ha, non isolées, entourées d’arbres ou d’arbustes même
non-hôtes et où la population initiale du ravageur est trop élevée. Les périodes optimales d’intervention ainsi que les produits recommandés sont
donnés dans le schéma de la page 23.
Confusion sexuelle Elle peut être appliquée en même temps que pour
le carpocapse au moyen de diffuseurs contenant un mélange d’attractifs.
Virus de la granulose. Il agit lentement par ingestion et doit être appliqué sur les petites larves au stade (BBCH 56-57) de la variété Golden
Delicious avec répétition 10 à 15 jours plus tard. L’intervention est également possible en été si la lutte n’a pas été appliquée au printemps. Elle
vise alors à limiter les dégâts sur fruits durant l’année en cours et à
abaisser les populations pour l’année suivante.
RCI et ICI. Le fénoxycarbe n’agit que sur le dernier stade larvaire et doit
être appliqué juste avant la floraison des pommiers au nord des Alpes,
Dégâts sur feuilles en été. immédiatement après fleur en Valais et au sud des Alpes.
Celles-ci sont repliées par Les matières actives tébufénozide, méthoxyfénozide, lufénuron, indoxaun tissage caractéris- carbe et spinosad agissent sur tous les stades larvaires. Elles doivent
tique. Une partie des che- être appliquées juste avant la floraison, ou immédiatement après en Vanilles de la génération lais. Mis à part le lufénuron, elles peuvent également être utilisées
d’été s’attaquent à l’épi- curativement sur les larves de la génération d’été à la fin de juin ou au
derme des fruits qu’elles début de juillet, ou en août au moment de l’éclosion des œufs de la
rongent en grandes pla - seconde génération.
ges superficielles.
Les petites chenilles de
la génération d’automne
provoquent de nombreuses petites morsures orbiculaires à la surface
des fruits.
22
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 22-23, 2010
CH. LINDER, P. KEHRLI, H. HÖHN
Guide de traitements
POMMIER
PÉRIODES
mars
avril
mai
juin
juillet
aoûtseptembre
3
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
R AVA G E U R S
Carpocapse
B C D
51 53 56
Déb.
E
59
Préfloral
F
63
G
67
Floral
H
69
I
71
J
73
Baggiolini
BBCH
Postfloral
Eté
Fin saison
CONFUSION (31)
VIRUS DE LA GRANULOSE (34)
Voir positionnements détaillés
ci-dessous
ICI / RCI (37), indoxacarbe (38),
spinosad (33)
thiaclopride (41), esters phosphoriques (42)
Petite tordeuse des fruits
ou carpocapse
et petite tordeuse
CONFUSION (31)
fénoxycarbe (37)
indoxacarbe (38), spinosad (33)
chlorpyrifos, phosalone (42)
Capua
VIRUS DE LA GRANULOSE (34)
fénoxycarbe, lufénuron (37)
Valais
méthoxyfénozide, tébufénozide (37)
indoxacarbe (38), spinosad (33)
Valais
Valais
chlorpyrifos (42)
Carpocapse et capua
CONFUSION (31)
méthoxyfénozide, tébufénozide (37)
indoxacarbe (38), spinosad (33)
chlorpyrifos (42)
Carpocapse
juin
mai
juillet
LUTTE BIOLOGIQUE
août
Traitements recommandés en cas de nécessité
Traitements possibles
Ponte
Pénétrations
Confusion
Capua
Granulose
fénoxycarbe
avril
mai
juin
juillet
août
sept.
Floraison
diflubenzuron hexaflumuron
téflubenzuron tébufénozide
méthoxyfénozide
indoxacarbe
spinosad
Périodes optimales (Ø) d’intervention contre le carpocapse Cydia pomonella en
fonction de son cycle de développement et des moyens de lutte choisis.
Oeufs
Larves
L3
L1
L5
L1
L3
Petite tordeuse des fruits
Confusion
avril
Granulose
mai
juin
juillet
août
sept.
Nord des Alpes
fénoxycarbe
Valais et sud des Alpes
Ponte
Chenilles
lufénuron
tébufénozide
méthoxyfénozide
Confusion
fénoxycarbe
indoxacarbe spinosad
esters phosphoriques
Périodes optimales (Ø) ou facultatives (Ø) d’intervention contre la petite tordeuse
des fruits Grapholita lobarzewskii en fonction de son cycle de développement et des
moyens de lutte choisis.
Nord des Alpes
Valais et sud
des Alpes
indoxacarbe
spinosad
Périodes optimales (Ø) ou facultatives (Ø) d’intervention contre la tordeuse de la pelure Adoxophyes orana en fonction de son cycle de développement et des moyens
de lutte choisis.
© AMTRA / VPS
23
Le Guide Arbo d’ACW
Ravageurs et symptômes
Remarques et lutte
Noctuelles et cheimatobies
Les chenilles arpenteuses (souvent des cheimatobies) sont facilement
reconnaissables au contrôle visuel préfloral, ce qui n’est pas le cas des
petites noctuelles, peu visibles. Ces dernières peuvent être échantillonnées par un frappage postfloral. Dans le bassin lémanique, l’expérience
a montré qu’il est souvent préférable de traiter immédiatement avant
fleur. Dans les régions où la pression des noctuelles est moins marquée,
ce sont les résultats des contrôles visuels ou du frappage postfloraux qui
détermineront si une intervention est nécessaire.
Les chenilles de noctuelles et cheimatobies
se nourrissent des feuilles, des fleurs et des
jeunes fruits, où les
traces de morsures font
place à des cicatrices
liégeuses.
Ver des jeunes fruits (Pammene rhediella)
Les dégâts sont visibles
dès le mois de juin: bouquets fruitiers enserrés
dans un tissage soyeux,
morsures superficielles.
Plus tard, on observe
des galeries étroites et
profondes sans excréments.
Anthonome du pommier
(Anthonomus pomorum)
Trou de ponte et larve
dans une fleur.
Les fleurs sont détruites
par les larves. Sur fruits,
des dégâts en forme
d’entonnoir apparaissent
peu après la ponte.
Hoplocampe (Hoplocampa testudinea)
Galeries traçantes superficielles sur les fruits.
Fruits véreux présentant
un trou de pénétration
arrondi, comme taillé à
l’emporte-pièce.
Pucerons divers
Un contrôle des bouquets fruitiers au début de juin donne de bonnes indications sur le niveau d’infestation. L’intensité de l’attaque observée l’année précédente aide également à prendre une décision pour intervenir.
Le vol peut aussi être suivi à l’aide de pièges sexuels. Ceux-ci permettent
de déterminer le meilleur moment pour une action de lutte. Celle-ci est
rarement nécessaire; le cas échéant, les produits homologués sont généralement appliqués après la floraison.
Dans les zones à risques (lisières de forêts) ou si l’attaque de l’année
précédente était forte, l’arrivée des adultes doit être surveillée par frappage ou par observation des piqûres de nutrition lors du gonflement des
bourgeons. Si le verger est constitué de plusieurs variétés de pommiers,
il est recommandé d’identifier celles qui sont le plus visitées par les
adultes. Le traitement doit intervenir lorsque la majorité des adultes est
dans la parcelle, mais avant la ponte des premiers œufs.
Certaines variétés semblent plus sensibles que d’autres aux attaques de
ce ravageur (Gravensteiner, Boskoop, Idared...).
Dans les parcelles où l’attaque a été importante l’année précédente, les
pièges englués blancs Rebell permettent de suivre le vol des adultes. Un
traitement postfloral est justifié si la floraison est peu abondante et si les
captures dépassent le seuil.
Les pucerons (ici des pucerons cendrés) sucent les
feuilles et les jeunes pousses et produisent du miellat. Celui-ci favorise le développement de la fuma gine qui macule les fruits.
Les dégâts (croissance réduite, déformations des
feuilles, des pousses et
des fruits) apparaissent de
manière plus ou moins
marquée selon les espèces de pucerons.
Le puceron cendré, le plus redoutable, rend souvent nécessaires un ou
deux traitements durant la saison. Des contrôles visuels soigneux, de
préférence à l’intérieur de la couronne, doivent déjà avoir lieu avant fleur.
La principale période de traitement avec des aphicides sélectifs se situe
juste avant ou après fleur mais avant l’enroulement des feuilles attaquées. Avant fleur, l’application est souvent plus efficace, mais les
contrôles sont plus difficiles. Un traitement en juin avec un produit systémique n’est généralement pas nécessaire. Les fruits ne courent plus de
risques de déformation, car les pucerons se sont installés aux extrémités
des pousses.
Dégâts du puceron cendré: feuilles enroulées et
fruits déformés.
Le puceron vert non migrant peut pulluler dès mi-juin sur des pousses
vigoureuses mais, normalement, une intervention n’est nécessaire que
dans les jeunes plantations. Il peut être confondu avec le puceron vert
du citronnier qui est plus difficile à combattre.
Dégâts du puceron des
galles rouges.
Le puceron vert migrant se manifeste très tôt dans la saison et abandonne le pommier en juin. Il justifie rarement à lui seul un traitement, son
élimination nuisant même à l’établissement de prédateurs pouvant s’attaquer à des pucerons plus dangereux.
Le puceron des galles rouges apparaît également tôt (avant l’apparition
des boutons floraux BBCH 54-56) et justifie parfois un traitement pré- ou
postfloral.
Afin de prévenir le développement de la résistance, il faut réduire
les traitements au minimum, alterner les classes de produits et
renoncer à un produit en cas de perte d’efficacité.
24
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 24-25, 2010
CH. LINDER, P. KEHRLI, H. HÖHN
Guide de traitements
POMMIER
PÉRIODES
mars
avril
mai
juin
juillet
aoûtseptembre
4
R AVA G E U R S
Cheimatobies
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
B C D
51 53 56
Déb.
Préfloral
E
59
F
63
Floral
G
67
H
69
I
71
Postfloral
J
73
Baggiolini
BBCH
Eté
Fin saison
BACILLUS THURINGIENSIS (23)
spinosad (33)
thiocyclam (39)
Cheimatobies, noctuelles
ICI, RCI (37), indoxacarbe (38)
+ pucerons
phosalone (42)
Vers des jeunes fruits
diflubenzuron (37)
+ hoplocampe,
cécidomyie...
chlorpyrifos-méthyl, diazinon (42)
Anthonome
spinosad (33), thiaclopride, acétamipride (41),
thiocyclam (39)
chlorpyrifos, phosalone (42)
Hoplocampe
QUASSIA (35)
néonicotinoïdes (41), thiocyclam (39)
chlorpyrifos, diazinon (42)
Pucerons divers
aphicides spécifiques (40),
néonicotinoïdes (41)
Pucerons divers, sans
puceron vert migrant
AZADIRACHTINE (35)
LUTTE BIOLOGIQUE
Traitements recommandés en cas de nécessité
Traitements possibles
Ravageurs et symptômes
Remarques et lutte
Hannetons et vers blancs
Dans certaines régions arboricoles, les vers blancs peuvent être à l’origine de gros dégâts, surtout dans les nouvelles et les jeunes plantations
ainsi que sur les arbres peu vigoureux. L’adulte est le hanneton commun,
dont les larves blanches à tête brune apparaissent en été et s’alimentent
sur les racines de toutes sortes de plantes. Parvenues à leur complet développement à la fin de l’été de la troisième ou quatrième année, elles se
nymphosent pour donner naissance à de nouveaux hannetons. Dans les
régions régulièrement touchées, le sol peut être couvert durant les périodes de vol avec des filets étroits (par exemple des filets anti-grêle)
pour empêcher la ponte des femelles fécondées dans les vergers. Si le
verger est déjà couvert de filets anti-grêle, des dispositifs complémentaires peuvent être installés sur les côtés pour empêcher les adultes de
pénétrer dans les cultures. En cas d’émergence importante d’adultes
dans les parcelles protégées par des filets au sol, il est recommandé de
traiter avec un insecticide adéquat les individus capturés sous ces dispositifs. Avant les nouvelles plantations dans les régions à risque, la prise
d’échantillons de sol peut donner des indications sur le danger encouru.
Un travail du sol en profondeur peut fortement réduire les populations de
vers blancs. Les traitements de printemps entre les rangs à l’aide de
Beauveria réduisent également les densités de vers blancs.
© AMTRA / VPS
25
Le Guide Arbo d’ACW
Ravageurs et symptômes
Remarques et lutte
Puceron lanigère (Eriosoma lanigerum)
L’infestation de quelques plaies de taille ou de jeunes rameaux au printemps
par le puceron lanigère suffit à engendrer des pullulations importantes durant l’été. Le principal ennemi de ce puceron, le parasitoïde Aphelinus mali,
se manifeste souvent trop tard pour maintenir les populations à un niveau
acceptable, sauf lors d’années très précoces. En été, lorsque la population
gagne le bois annuel, un traitement méticuleux à volume élevé avec un
aphicide sélectif est conseillé. La répétition de ce traitement peut s’avérer
nécessaire.
Colonies caractérisées
par un revêtement floconneux blanc engendrant des tumeurs chancreuses sur les rameaux,
les branches et parfois
les racines.
Cochenilles diaspines / Pou de San José
Les piqûres de l’insecte
marquent les parties
atteintes d’une couleur
rouge violacé très caractéristique. Les fruits sont
fortement dépréciés et
toute la plante dépérit
graduellement.
Cochenille virgule (Lepidosaphes ulmi)
Les branches s’encroûtent et les rameaux périssent sous l’action des
piqûres des insectes.
Cochenilles lécanines
En cas de fortes attaques, les organes touchés sont recouverts de
miellat puis de fumagine.
L’abandon des traitements obligatoires mène la lutte contre le pou de San
José dans une nouvelle phase, peu documentée en Suisse. La meilleure approche semble être de prévenir son établissement dans le verger, car, sans
contrôle, il peut exploser rapidement. Cela peut être réalisé par un traitement
au débourrement. Le PSJ est rarement réparti dans tout le verger et on peut
localiser ses foyers lors de la récolte ou de la taille. Les foyers nécessitent
parfois un traitement localisé. Un traitement en été aide à protéger les fruits,
mais ne permet pas de bien maîtriser la population. Les services cantonaux
peuvent donner des indications sur la période optimale de traitement.
Le traitement d’hiver n’a que très peu d’efficacité, les œufs étant trop bien
protégés par les boucliers. La lutte, lorsqu’elle est nécessaire, vise principalement les jeunes larves lors de leur éclosion (mi-mai à début juin). Certains
des insecticides et aphicides utilisés à cette période présentent une efficacité secondaire contre ce ravageur.
La lutte est rarement nécessaire et les divers traitements de débourrement
ont une bonne efficacité contre ces insectes.
Cécidomyie des feuilles du pommier
Voir Cécidomyie des feuilles du poirier (page 28).
Bostryche disparate
Voir Poirier (page 30).
Acarien rouge / Acarien jaune
Les piqûres des acariens
provoquent des décolorations ponctuelles des
feuilles. Dans les cas gra ves, les feuilles brunissent fortement, ce qui
peut induire une baisse
du taux de sucre et une
mauvaise coloration des
fruits.
Eriophyide libre (Aculus schlechtendali)
Lutte biologique: les principaux prédateurs typhlodromes utilisés en lutte
biologique contre les acariens sont Typhlodromus pyri, Amblyseius andersoni et Euseius finlandicus. Si le programme de traitements comprend des
pesticides non toxiques pour ces espèces, elles peuvent réapparaître naturellement. Mais l’expérience montre que pour assurer une répartition homogène des prédateurs, il vaut mieux procéder à des lâchers en ayant soin de
capturer les prédateurs en fin d’été sur des bandes-pièges et en déposant
ces dernières au printemps sur les arbres à coloniser.
Lutte chimique: le produit sera choisi en fonction de l’espèce à combattre,
des stades de développement de l’acarien présent au moment de l’application et de sa toxicité pour les typhlodromes. D’une manière générale, il est
conseillé d’alterner non seulement le produit mais aussi les groupes de produits afin de prévenir l’apparition de résistances.
Les ériophyides sont sensibles à de nombreux insecticides ainsi qu’au
soufre mouillable. Un traitement spécifique n’est pas toujours nécessaire.
Les jeunes plantations et
certaines variétés (Elstar,
Jonagold) sont particulièrement sensibles à ce
type de dégâts lors
d’attaques d’ériophyides
libres.
26
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 26-27, 2010
CH. LINDER, P. KEHRLI, H. HÖHN
Guide de traitements
POMMIER
PÉRIODES
mars
avril
mai
juin
juillet
aoûtseptembre
5
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
R AVA G E U R S
Puceron lanigère
pirimicarbe (40)
Cochenilles diaspines,
pou de San José
huile minérale (44)
Pou de San José
chlorpyrifos (42)
Cochenille virgule
diazinon (42)
Cochenilles lécanines
fénoxycarbe (47), huiles diverses (50)
Bostryche
PIÉGEAGE INTENSIF (30)
Punaise des fruits
diazinon, phosalone (42)
Acariens
TYPHLODROMES
Acarien rouge
huile minérale (50)
B C D
51 53 56
Déb.
Préfloral
E
59
F
63
Floral
G
67
H
69
I
71
Postfloral
J
73
Baggiolini
BBCH
Eté
Fin saison
clofentézine (55)
héxythiazox (55)
clofentézine, héxythiazox (55)
+ acarien jaune
étoxazole, spirodiclofène (55)
cyhexatin, METI (55)
Eriophyides
soufre (56)
spirodiclofène (37)
fenpyroximate (37)
LUTTE BIOLOGIQUE
Traitements recommandés en cas de nécessité
Lors des contrôles (après fleur et dans le courant de l’été), si le
pourcentage de feuilles occupées par le prédateur est plus
élevé que celui des feuilles envahies par le ravageur, la lutte
biologique est en bonne voie. Dans le cas contraire, il faut
quelquefois faciliter la mise en place de la lutte biologique par
une intervention acaricide à l’aide d’un produit neutre à peu
toxique pour les typhlodromes. Il est possible d’admettre temporairement une différence de 20% de feuilles occupées en faveur
des ravageurs; le dépassement d’un seuil général d’alerte de
60% de feuilles occupées indique que la lutte biologique ne
fonctionne pas bien (voir le graphique prévisionnel).
% occupation T. pyri ou A. andersoni
100
90
Ne pas traiter
80
70
60
Recontrôler
50
Traitements possibles
40
30
Traiter
20
10
0
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90 100
% occupation P. ulmi
Fig. 1. Graphique prévisionnel pour le contrôle des acariens rouge et jaune et des
typhlodromes T. pyri et A. andersoni en % de feuilles occupées, avec prise de décision de traiter ou non.
© AMTRA / VPS
27
Le Guide Arbo d’ACW
Maladies et ravageurs
Remarques et lutte
Tavelure (Venturia pirina)
Les symptômes sont
semblables à ceux qui
sont décrits pour la tavelure du pommier.
Rouille grillagée (Gymnosporangium fuscum)
La rouille provoque des taches orangées parsemées
de pustules noirâtres sur
les feuilles, les fruits et les
parties herbacées des rameaux. Au printemps, des
masses coniques et gélatineuses brun-orangé se
développent sur les genévriers infectés.
Bactériose (Pseudomonas syringae)
Les fruits infectés sont
marqués de petites taches circulaires noires et
ne se développent pas.
L’agent de la rouille grillagée du poirier est un champignon hétéroïque passant obligatoirement une partie de son cycle biologique sur son hôte secondaire, le genévrier (Juniperus spp.). Le difénoconazol (Slick, Bogard) + captane ou dithianon et la trifloxystrobine (Flint, Flint C, Tega) + captane ou
dithianon sont homologués et ont une bonne efficacité contre cette maladie.
La lutte chimique n’est pas souhaitée, puisque l’interruption du cycle biologique du champignon peut être réalisée par l’arrachage des genévriers
atteints. L’arrachage des genévriers pouvant causer de sérieux litiges avec le
voisinage, il convient de ne planter que des Juniperus résistants à la rouille.
Une liste de variétés de genévriers résistantes peut être obtenue auprès des
stations cantonales de protection des végétaux.
Le flétrissement bactérien du poirier se manifeste sur les boutons floraux, dans
lesquels la bactérie hiberne. La variété Conférence est particulièrement sensible. Les inflorescences des rameaux atteints sèchent et noircissent progressivement; le rameau entier peut être atteint et sécher. Ces symptômes peuvent
être confondus avec ceux du feu bactérien. Le foséthyl-Al (ne pas mélanger
au cuivre ou à des engrais foliaires), appliqué du débourrement à la fin de la
floraison et le Myco-Sin, appliqué du stade 61 à 67 ont une efficacité partielle
contre la bactériose. Le cuivre s’est avéré inopérant contre cette maladie.
Feu bactérien (Erwinia amylovora)
Voir Pommier (page 18.)
Cécidomyie des feuilles du poirier
C’est avant tout l’infestation constatée l’année précédente qui est déterminante pour décider d’une action de lutte. Des contrôles visuels vers la fin de
la floraison permettent de confirmer la présence du ravageur. Le meilleur moment pour intervenir se situe juste avant la floraison, de manière à abaisser
sensiblement les populations de la 1re génération. Les dégâts sont surtout à
craindre dans les pépinières et les jeunes plantations.
(Dasineura pyri)
Les jeunes feuilles déformées et enroulées se colorent en rouge, puis en
noir. Elles contiennent de
nombreuses larves.
Acarien rouge, acarien jaune
Voir Pommier (page 26).
Eriophyide libre (Epitrimerus pyri)
Les prédateurs typhlodromes s’attaquent aux ériophyides, mais n’arrivent
souvent pas à limiter suffisamment les populations. La migration des femelles
a lieu très tôt au printemps (mars) mais dépend plus de la température
que du stade phénologique du poirier. Dès la chute des pétales, les populations se tiennent de préférence sur les fruits. Ensuite, elles diminuent sur
les fruits âgés et augmentent sur les feuilles pour atteindre leur apogée en
juillet. La lutte chimique sera conduite en hiver ou au printemps dans les cultures qui ont présenté de graves symptômes l’année précédente. En cas de
fortes infestations estivales, il est toujours possible d’appliquer un acaricide
spécifique.
A gauche: feuilles saines.
A droite: décoloration,
brunissement et enroulement des feuilles. Raccourcissement des pous ses en été. Roussissure
de la zone calicinale du
fruit (sur 3-4 cm), plus rarement sur tout le fruit.
Eriophyide gallicole
(Eriophyes pyri)
28
V. pirina est spécifique du poirier. La biologie et l’épidémiologie du champignon sont pratiquement identiques à celles de la tavelure du pommier. La lutte
débute au débourrement en tenant compte de la sensibilité variétale (Hardy,
Louise Bonne, sensibles; William’s, moyennement sensible et Trévoux, Guyot,
Harrow Sweet, Conférence, peu sensibles). Le premier traitement préfloral
peut être effectué avec un produit cuprique (10). A partir du deuxième traitement préfloral, l’utilisation de fongicides organiques est recommandée, selon
les mêmes principes que ceux qui sont décrits pour la lutte contre la tavelure
du pommier. Le folpet ne devrait pas être appliqué sur poirier car il peut provoquer des nécroses foliaires.
Pustules rougeâtres sur
fleurs et fruits. Chute prématurée de ces organes.
Pustules ou protubérances
verdâtres puis rouges sur
feuilles. En été, ces galles
prennent une teinte jaune,
puis deviennent brunes et
enfin noirâtres. Dans les cas
graves, défoliation possible.
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 28-29, 2010
Une culture fortement attaquée doit être traitée après récolte ou l’année
suivante. Ces acariens doivent être atteints lorsqu’ils migrent vers leurs
lieux d’hivernage ou lorsqu’ils gagnent les fleurs au printemps. Une fois la
galle formée, la lutte est inutile car les acariens ne sont plus atteignables à
l’intérieur des galles.
P.-H. DUBUIS, CH. LINDER, P. KEHRLI, H. HÖHN
PÉRIODES
Guide de traitements
mars
POIRIER
avril
mai
juin-août
septembre
1
MALADIES
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
Bactériose
fosétyl-AI (9)
argile sulfuré (12)
Tavelure
cuivre (10)
dithianon (9)
anilinopyrimidine + captane (4)
dodine (9)
captane (1)
captane + ISS (7), ISS (7)
kresoxim-methyl + captane (5),
trifloxystrobine + captane (5)
Rouille grillagée
( ☞ priorité aux mesures
prophylactiques)
difenoconazol (7)
trifloxystrobine + captane (5)
R AVA G E U R S
M AT I È R E S A C T I V E S
Cécidomyie des feuilles
diazinon (42)
Acariens
TYPHLODROMES
Acarien rouge
huile minérale (50)
Acarien rouge,
acarien jaune
clofentézine, héxythiazox (55)
étoxazole, spirodiclofène (55)
cyhexatin, METI (55)
Eriophyides libres
soufre (56)
spirodiclofène, fenpyroximate (55)
Eriophyides gallicoles
soufre (56)
huiles diverses (50)
LUTTE BIOLOGIQUE
A B C D
00 51 53 56
Hiver
E
59
Préfloral
A B C D
00 51 53 56
Traitements recommandés
en cas de nécessité
F
63
Floral
E
59
F
63
G H I J
67 69 71 73
Postfloral
Baggiolini
BBCH
Eté-fin saison
Chute
feuilles
G H I J
67 69 71 73
Traitements préventifs
recommandés
Traitements
possibles
Maladies et ravageurs du COGNASSIER
Maladies et symptômes
Entomosporiose
(Diplocarpon maculatum)
Attaque d’entomosporiose sur
fruit. Ces dégâts s’observent
principalement en automne.
Moniliose
(Monilia linhartiana)
Ravageurs et symptômes
Remarques et lutte
La lutte intervient très tôt au débourrement. La trifloxystrobine (5) ou l’ISS (7)
homologués pour le cognassier doivent être appliqués aux mêmes intervalles
que ceux indiqués pour lutter contre la tavelure. Ces produits ont également
une efficacité contre l’oïdium du cognassier et la moniliose. L’adjonction d’un
mouillant améliore l’efficacité du traitement sur les variétés très pileuses.
Cette maladie s’est fortement manifestée ces dernières années surtout dans
les parcelles d’une surface importante. Un temps humide lors du débourrement favorise l’infection des jeunes feuilles. Le premier traitement doit intervenir lors du déploiement des premières feuilles. La protection des fleurs est très
importante: il faut une intervention au début de la floraison, à répéter au stade
pleine fleur, avec l’ISS homologué pour le cognassier.
Remarques et lutte
Les coings sont peu attractifs pour les ravageurs et, à ce jour, cette culture n’a pas de ravageurs spécifiques. On observe parfois des chenilles (cheimatobies, noctuelles), des pucerons ou des cochenilles. Le carpocapse des pommes et des poires peut également s’attaquer
aux coings. D’une manière générale, les dégâts occasionnés par ces insectes sont rarement significatifs et ne nécessitent pas de traitements. Dans le cas contraire, on utilisera des produits homologués sur fruits à pépins.
© AMTRA / VPS
29
Le Guide Arbo d’ACW
Ravageurs et symptômes
Remarques et lutte
Psylles du poirier
Les pullulations du psylle commun du poirier dépendent étroitement
des conditions climatiques, de la vigueur des poiriers et de l’environnement écologique du verger. Une fumure trop importante et une taille
inadaptée accentuent les dégâts du psylle. En utilisant des moyens
sélectifs de lutte contre les différents ravageurs et en favorisant un environnement propice aux prédateurs (haies, bosquets...), on peut compter
sur le soutien de la punaise prédatrice Anthocoris nemoralis, qui s’ins talle en présence de psylles.
Le traitement d’hiver se justifie seulement en cas de problèmes graves
pendant la saison précédente et en présence d’une forte population hivernante. Au contrôle visuel de printemps, on risque de confondre les
larves et surtout les œufs du grand psylle avec ceux du psylle commun.
Dans ce cas, puisque le grand psylle apparaît plus tôt dans la saison, on
traite trop tôt contre le psylle commun. Il ne faut pas traiter la première
génération de printemps, car les anthocorides, encore au stade adulte,
sont trop vulnérables. La situation est plus favorable environ deux semaines après la chute des pétales, lors de l’apparition des premières
jeunes larves de la 2e génération: les générations ne se chevauchent pas
encore trop et les anthocorides sont au stade d’œufs insérés dans l’épiderme des feuilles. A cette période, on peut soit attendre pour donner
une chance aux auxiliaires, soit intervenir une première fois avec un
insecticide. L’ébourgeonnage des arbres et la suppression des «gourmands» contribuent aussi à la maîtrise des populations de psylles.
Généralement, un traitement en juillet est déconseillé car le chevauchement des générations diminue son efficacité et nuit aux anthocorides; en
outre, les auxiliaires sont souvent déjà bien installés et les pousses ne
croissent plus. En été, des arrosages fréquents ou des traitements au
mouillant permettent de nettoyer le miellat des fruits et d’atténuer ainsi
les dégâts de fumagine. Ces traitements sont néanmoins suspectés de
nuire aux anthocorides. Toute application contre les psylles doit être effectuée à volume élevé pour mieux atteindre les larves cachées dans le
miellat à la base des pédoncules. Pour contrer le développement de la
résistance du psylle, il devient primordial de contrôler la vigueur des
arbres et de maintenir la faune auxiliaire.
Le grand psylle du poirier ne forme qu’une génération sur poirier et
n’est pas dangereux. Sa ponte peut occasionnellement causer des déformations spectaculaires, notamment sur les jeunes poiriers en formation.
Un traitement après floraison dès l’apparition des premières déformations permet généralement d’éviter des dégâts plus importants.
(Cacopsylla pyri, C. pyrisuga et C. pyricola)
Adulte du psylle commun du poirier.
Larves âgées sur un
rameau et production
abondante de miellat.
Dégâts sur rameau fortement attaqué: fumagine et défoliation partielle.
Dégâts de fumagine sur
poire.
Pucerons divers
Détail d’une colonie de
pucerons cendrés du
poirier.
Le puceron cendré ou mauve du poirier apparaît souvent de manière
localisée dans les vergers. Un traitement généralisé est alors inutile. Le
puceron vert et le puceron vert non-migrant peuvent également s’attaquer à cette essence. Les périodes de traitements et les produits phytosanitaires contre ces ravageurs sont les mêmes que pour le pommier.
Forte infestation de
pousses par le puceron
cendré du poirier.
Bostryche disparate (Xyleborus dispar)
Présence de trous de
perforation perpendiculaires à la surface du
tronc ou de la branche,
puis galeries perpendiculaires suivant les cer nes du bois.
30
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 30-31, 2010
Le bostryche des arbres fruitiers peut occasionner de graves dommages
aux sujets affaiblis par le gel, la transplantation ou une maladie. Les
pièges englués rouges avec appât d’alcool permettent de contrôler le vol
des adultes en avril-mai dès que les températures maximales atteignent
18-20 °C. Lorsque la pression du ravageur est faible à moyenne, la lutte
est possible en plaçant des pièges dans les foyers repérés l’année précédente. La lutte est très difficile en cas de fortes attaques. Eliminer les
branches sèches et dépérissantes durant l’hiver, arracher et brûler les
arbres fortement attaqués sont les bases de la prophylaxie.
CH. LINDER, P. KEHRLI, H. HÖHN
Guide de traitements
POIRIER
PÉRIODES
mars
avril
A B C D
00 51 53 56
E
59
mai
juin-août
septembre
2
R AVA G E U R S
Psylle commun
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
Hiver
Préfloral
F
63
G H I J
67 69 71 73
Floral
Postfloral
Baggiolini
BBCH
Eté-fin saison
Chute
feuilles
KAOLIN (43)
ANTHOCORIS (32)
amitraze (43), thiocyclam (39)
spirodiclofène (37)
abamectine (33)
Grand psylle
téflubenzuron (37), thiocyclam (39)
Pucerons divers
aphicides spécifiques (41)
néonicotinoïdes (40)
Bostryche
PIÈGE À ALCOOL (30)
Cheimatobies
BACILLUS THURINGIENSIS (33)
spinosad (33)
thiocyclam (33)
Cheimatobies, noctuelles
ICI / RCI (37), indoxacarbe (38)
+ pucerons
phosalone (42)
Cochenilles
Voir guide pommier e, p. 27
Carpocapse
CONFUSION (31)
VIRUS DE LA GRANULOSE (34)
ICI / RCI (37), indoxacarbe (38), spinosad (33)
thiaclopride (41), esters phosphoriques (42)
Capua
VIRUS DE LA GRANULOSE (34)
ICI / RCI (37), indoxacarbe (38), spinosad (33)
Carpocapse, capua
CONFUSION (31)
méthoxyfénozide, tébufénozide (37)
chlorpyrifos (42)
LUTTE BIOLOGIQUE
Traitements recommandés en cas de nécessité
Traitements possibles
Psylle du poirier
Adultes
hivernants
Oeufs
Larves
Kaolin
Adulticides
Ovo-larvicides
Larvicides
Anthocoris
Numérotation des générations (햲) et périodes optimales (Ø) ou complémentaires (Ø) d’intervention contre le psylle du poirier Cacopsylla pyri en fonction de son cycle de
développement et des moyens de lutte choisis.
© AMTRA / VPS
31
Le Guide Arbo d’ACW
Maladies et ravageurs
Remarques et lutte
Moniliose des fleurs et des fruits
La moniliose est la principale maladie du griottier et du cerisier. Les produits à
base d’ISS (7), les benzimidazoles (8), les dicarboximides (3), certaines strobilurines (5) et la fenhexamide (6) sont efficaces. Un premier traitement devrait
être appliqué au stade «boutons blancs» (D-E), un second lorsqu’un tiers des
fleurs sont ouvertes. Celui-ci est également efficace contre la maladie criblée si
l’on utilise l’un des fongicides suivants: strobilurines (5), captane + ISS (7),
ISS (7) + dithianon (9). Les anilinopyrimidines (4) ne doivent pas être appliqués
sur cerisiers. Ces matières actives provoquent d’importantes brûlures foliaires
qui peuvent mener à la défoliation presque complète. La trifloxystrobine (Flint)
ne provoque pas de phytotoxicité sur les principales variétés commerciales.
(Monilia laxa et M. fructigena)
Les bouquets floraux infectés sèchent et le développement secondaire du champignon dans le bois
provoque le dessèchement des
rameaux.
Les fruits brunis et momifiés sont
couverts des sporulations brunes
ou grises du champignon.
Maladie criblée (Clasterosporium carpophilum)
Sur les feuilles et les fruits apparaissent des taches brun-rouge
nettement délimitées. Les tissus
infectés se détachent du limbe et
la feuille apparaît criblée de
trous.
Pourriture amère (Glomerella cingulata)
Les cerises présentent des taches
légèrement déprimées qui contiennent des pustules libérant des
masses de spores rose-orange.
Les fruits restent attachés à l’arbre jusqu’à l’année suivante.
Cylindrosporiose (Blumeriella jaapii)
Les infections sont limitées aux feuilles, sur les quelles des taches violettes arrondies mal délimitées se développent.
Ces taches s’étendent et
deviennent confluentes.
Les feuilles jaunissent et
tombent prématurément.
Cette maladie se manifeste par temps chaud et humide à l’époque de la maturité des fruits. Le champignon hiverne dans les écailles des bourgeons, sur
les rameaux et les fruits momifiés. Ces organes devraient être éliminés lors
de la taille d’hiver. La lutte est recommandée dans les régions où la maladie
est survenue l’année précédente. Un premier traitement préventif devrait
être appliqué après la chute des collerettes avec un phtalimide (1), du dithianon (9) ou une strobilurine (5). Après ce traitement, une à deux interventions peuvent se justifier jusqu’à trois semaines au plus tard avant la récolte.
La cylindrosporiose apparaît surtout en pépinière et lors d’années particulièrement humides. Elle s’attaque à toutes les variétés de cerisier, au griottier et
au merisier à grappes. D’importants dégâts peuvent survenir en cas d’infections précoces. Contrairement à la maladie criblée, la cylindrosporiose ne provoque pas de trous dans le limbe. Ces deux maladies se distinguent en outre
par leur période d’apparition: la première se développe en avril-mai, tandis que
la seconde se manifeste en général en été. La lutte doit intervenir dès l’appa rition des premiers symptômes en appliquant un phtalimide (1), du dithianon (9),
de la trifloxystrobine (5) ou du difénoconazol (7). Lorsque les conditions sont
favorables au champignon, il convient de répéter ce traitement à intervalles
réguliers d’environ deux semaines, au plus tard trois semaines avant la récolte.
Cheimatobies / Noctuelles / Capua
Voir Pommier (pages 22 et 24).
Mouche de la cerise (Rhagoletis cerasi)
Les variétés précoces (sauf Beta) échappent à l’insecte qui apparaît dès la mimai dans les régions hâtives. Les bulletins d’avertissement des services cantonaux indiquent les moments d’intervention sur les autres variétés. La lutte sur les
variétés moyennement tardives s’effectue au premier rougissement des jeunes
fruits. Les variétés tardives sont traitées 7 à 10 jours plus tard. Les pièges jaunes
Rebell servent à estimer les densités de population. Beauveria bassiana est
partiellement efficace et doit être appliqué environ 7 jours après le début du vol
et répété tous les 5 à 7 jours, 3 à 5 fois jusqu’à une semaine de la récolte.
La larve de la mouche
se nourrit de la chair du
fruit.
Pucerons
Le puceron noir du cerisier provoque un fort enroulement des pousses.
Une lutte contre le puceron noir du cerisier n’est nécessaire que sporadiquement et s’applique après floraison. Les traitements d’hiver contre la
cheimatobie sont également efficaces mais ne doivent être appliqués
qu’exceptionnellement car ils sont toxiques pour les acariens prédateurs.
Le traitement insecticide contre la mouche de la cerise est également efficace contre les pucerons.
Colonie d’ériophyides li bres du prunier sur la
face inférieure d’une
feuille.
Les attaques d’acariens (acarien rouge, acarien de l’aubépine) sont relativement rares sur le cerisier où l’acarien prédateur Euseius finlandicus est
souvent abondant. La lutte chimique ne se justifie que pour de fortes infestations estivales et s’effectue après la récolte (acarien de l’aubépine) ou au
printemps suivant avant le débourrement (acarien rouge).
L’ériophyide libre du prunier peut également se développer sur le cerisier
mais n’occasionne pas de dommages importants.
Acariens
32
Sur cerisier et griottier, dans les régions particulièrement exposées à cette
maladie et sur les variétés sensibles, du cuivre (10) ou du dithianon (9) doit
être appliqué au débourrement (stade B-C). Pour les traitements floraux, il
convient d’utiliser des matières actives qui agissent également contre la moniliose. Lorsque les conditions sont moins favorables à la maladie criblée et sur
les variétés moins sensibles qui ne reçoivent aucun traitement floral contre la
moniliose, des traitements pré- et postfloraux à l’aide de soufre mouillable (11)
ou d’un phtalimide (1) sont en général suffisants.
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 32-33, 2010
P.-H. DUBUIS, CH. LINDER, H. HÖHN, P. KEHRLI
Guide de traitements
CERISIER
GRIOTTIER
MALADIES
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
Chancre
cuivre (10)
Maladie criblée
et moniliose
captane + ISS (7), ISS (7), azoxystrobine (5),
trifloxystrobine (5)
Moniliose des fleurs
et des fruits
azoxystrobine (5), benzimidazols (8),
dicarboximides (3), trifloxystrobine + captane (5),
fenhexamide (6), ISS (7)
Maladie criblée
cuivre (10)
PÉRIODES
fév. mars
avril
mai
A
B C D
E
F
00
51 53 56 59
63
Hiver
Préfloral
Floral
Débourr.
G
67
A
B C D
E
F
00
51 53 56 59
63
Hiver
Préfloral
Floral
Débourr.
G
67
H
69
juin
I
71
juillet
J
75
Postfloral
octobre
Baggiolini
BBCH
Eté-fin saison
Chute
feuilles
Eté-fin saison
Chute
feuilles
captane, folpet (1), dithianon (9),
soufre mouillable (11), ISS (7), strobilurine (5)
dithiocarbamates (2)
Cylindrosporiose,
pourriture amère
captane, folpet, tolyfluanide (1),
trifloxystrobine (5), dithianon (9)
Cylindrosporiose
difenoconazol (7)
R AVA G E U R S
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
Teigne des fleurs,
pucerons
huiles diverses (34)
Cheimatobies
BACILLUS THURINGIENSIS (33)
+ noctuelles
diflubenzuron, téflubenzuron (37),
thiocyclam (39)
H
69
I
71
Postfloral
J
75
indoxacarbe (38)
+ pucerons
phosalone (42)
Capua, cheimatobies,
noctuelles
indoxacarbe (38)
Capua
CONFUSION (31)
chlorpyrifos-éthyl (42)
VIRUS DE LA GRANULOSE (34)
indoxacarbe (38)
fénoxycarbe (37)
chlorpyrifos-éthyl (42)
Mouche de la cerise
BEAUVERIA BASSIANA (33) PIÈGE JAUNE (30)
diméthoate (42)
acétamipride, thiaclopride (41)
Pucerons
pirimicarbe (40),
acétamipride, thiaclopride (41)
Acariens
TYPHLODROMES
Acarien rouge
huile minérale (50)
cyhexatin, METI (55)
LUTTE BIOLOGIQUE
Traitements préventifs recommandés
Traitements recommandés en cas de nécessité
Traitements possibles
© AMTRA / VPS
33
Le Guide Arbo d’ACW
Maladies
Remarques et lutte
Maladie des pochettes (Taphrina pruni)
Le champignon pénètre par les
fleurs, déforme les jeunes fruits qui
s’allongent tout en restant creux et
sans noyau.
Rouille (Tranzschelia pruni spinosa)
En juillet et août, de petites taches
jaunâtres apparaissent sur la face
supérieure des feuilles, qui jaunissent et chutent prématurément.
Au printemps, les feuilles des anémones se couvrent de petites fructifications jaunâtres en forme de
cupule.
Moniliose (Monilia laxa, M. fructigena)
Les bouquets floraux et les rameaux
infectés sèchent. Les fruits brunis
et momifiés se couvrent de sporulations brunâtres (M. fructigena) ou
grises (M. laxa).
Le rouille du prunier est un champignon hétéroïque qui accomplit son cycle
de développement en changeant de plante hôte. Il hiverne sous forme mycélienne dans les rhizomes de l’anémone de Caen (Anemone coronaria) et de
l’anémone des bois à fleurs jaunes (A. ranunculoides).
Sur les variétés de prunier sensibles (Fellenberg, pruneau de Bâle), un premier traitement entre mi- et fin juin, un deuxième entre mi- et fin juillet, combinés à la lutte contre le carpocapse, doivent être entrepris à l’aide de dithianon (9), de trifloxystrobine (5) ou de difénoconazol (7).
Les printemps chauds et humides favorisent l’infection des inflorescences.
Les variétés sensibles (Sultan, Président, Reine-claude verte) peuvent perdre
leurs fruits peu après la floraison. Les fongicides efficaces contre la moniliose
et la maladie criblée du cerisier peuvent également être appliqués sur les pruniers. Pour lutter contre la moniliose des fruits, la fenhexamide (6) est recommandée durant l’été dès que les fruits changent de couleur (délai d’attente:
trois semaines avant la récolte).
Maladie criblée (Clasterosporium carpophilum)
Voir Cerisier (page 32).
Sharka (Plum pox virus)
La sharka est une maladie de quarantaine dont l’annonce est obligatoire
auprès des services phytosanitaires cantonaux.
Grâce à la campagne d’éradiction menée dans les années septante, la
Suisse était considérée comme exempte de sharka. Actuellement en Europe,
seuls la Belgique, le Danemark, l’Estonie et la Suède sont considérés comme
tels.
En 2004, des attaques de sharka liées à du matériel végétal importé ont été
observées dans plusieurs cantons. Depuis 2005, la sharka, à nouveau présente en Suisse, est contrôlée et combattue. Les efforts d’éradication se poursuivent pour que la Suisse soit à nouveau considérée comme exempte de
cette virose.
La lutte directe et curative n’est pas possible contre la sharka. Les plantes
atteintes doivent être détruites (y compris le système racinaire) pour éviter
l’expansion de la maladie. Il est donc nécessaire d’effectuer chaque année un
contrôle rigoureux des symptômes foliaires du début de l’été jusqu’à la chute
des feuilles – de juin à août et de préférence par temps couvert, l’observation
est plus facile. Tous les arbres présentant des symptômes visuels, qui réagissent positivement au test rapide AgriStrip ou au diagnostic de laboratoire doivent être détruits immédiatement ou au plus tard à fin août. Il en va de même
pour les arbres voisins qui touchent les arbres malades, voire pour toute la
parcelle. C’est ainsi que la transmission par les pucerons peut être évitée.
Si des pucerons ailés (vecteurs) se développent dans une culture attaquée
par la sharka, ils doivent être traités dans la première quinzaine de septembre
(délai d’attente de trois semaines) ou après récolte. Les repousses et les
branches basses doivent impérativement être traitées également.
Les mesures prophylactiques restent toutefois essentielles dans la lutte contre
la sharka:
– n’acheter que des plants certifiés
– ne pas importer de plants provenant de régions infestées par la maladie.
La sharka est la plus dangereuse
virose des pruniers, abricotiers et
pêchers. Elle engendre des taches
sur les feuilles, parfois aussi sur
les fruits et les noyaux, et rend les
fruits immangeables. Elle peut également attaquer d’autres espèces
de Prunus (domestiques ou sauvages). Les symptômes sur feuilles
ne se marquent pas sur toutes les
espèces et variétés et peuvent
aussi varier d’intensité d’une année à l’autre. Les plantes qui ne
présentent pas de symptômes
peuvent porter le virus de manière
latente et les vecteurs (pucerons)
peuvent l’acquérir et le disséminer.
34
Bien que la maladie des pochettes survienne régulièrement dans les vergers
de pruniers situés au-dessus de 600 m d’altitude, ce pathogène se manifeste
également en plaine par printemps frais et humide. Deux applications de
dithianon (9) ou de cuivre (10) au débourrement et dix jours plus tard combattent efficacement ce pathogène.
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 34-35, 2010
P.-H. DUBUIS, A. NAEF
Guide de traitements
PRUNIER
PÉRIODES
mars
avril
mai
juin
juillet
1
MALADIES
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
Maladie des pochettes,
maladie criblée
cuivre (10)
dithianon (9)
Moniliose des fleurs
et maladie criblée
captane + ISS (7), ISS (7), azoxystrobine (5),
trifloxystrobine (5)
Moniliose des fruits
dicarboximides (3), cyprodinil + fludioxonil (4),
benzimidazols (8), ISS (7), fenhexamide (6)
Maladie criblée
captane, folpet, dithianon (9),
soufre mouillable (11), ISS (7)
B
51
C
53
Débourr.
D
56
E
59
Préfloral
F
63
Floral
G
67
H
69
I
71
J
75
Postfloral
Baggiolini
BBCH
Eté
dithiocarbamates (2)
Rouille
trifloxystrobine (5), difénoconazol (7),
dithianon (9)
soufre mouillable (11)
LUTTE BIOLOGIQUE
Traitements préventifs recommandés
Traitements recommandés en cas de nécessité
Traitements possibles
© AMTRA / VPS
35
Le Guide Arbo d’ACW
Ravageurs
Remarques et lutte
Cheimatobies
Voir Pommier (page 24).
Hyponomeute (Hyponomeuta padellus)
Les chenilles colonisent l’extrémité
des rameaux où elles tissent leur
nid et rongent les feuilles. Une
forte attaque peut dépouiller totalement les rameaux.
Carpocapse des prunes (Cydia funebrana)
Les fruits attaqués par les larves
de la 1re génération sont bleuviolet dans la zone du pédoncule
et tombent prématurément. A la
2e génération, un rejet gommeux
apparaît souvent au point de
pénétration. Les fruits attaqués
mûrissent prématurément et deviennent mous.
Hoplocampe (Hoplocampa flava et H. minuta)
Trou de pénétration de la larve
sur jeune pruneau.
Les dégâts sont identiques à
ceux de l’hoplocampe des
pommes.
Pucerons divers
De fortes attaques du puceron
vert du prunier provoquent souvent le dépérissement des extrémités des pousses.
Le puceron farineux du prunier
constitue d’importantes colonies
à la face inférieure des feuilles
après fleur et durant l’été. Sa présence ne provoque que peu de
déformations, mais surtout des
décolorations, la chute des feuilles
et une forte production de miellat.
Le puceron vert du houblon s’observe également en été. Ces pucerons allongés, brillants et vert
pâle forment des colonies lâches
et produisent un abondant miellat, mais sans déformation des
feuilles.
36
Ce ravageur ne se multiplie généralement que dans les vergers non
traités. La plupart des insecticides appliqués contre les noctuelles et
arpenteuses sont très efficaces contre les hyponomeutes.
Les dégâts de la 1re génération du carpocapse des prunes sont généralement
peu importants. Le suivi de la reprise du second vol au piège sexuel donne
une bonne indication sur le moment optimal du traitement. En cas de doute, le
contrôle visuel des pontes et des pénétrations permet aisément de prendre
une décision. La lutte par confusion sexuelle est possible. Toutefois, l’efficacité
n’est pas garantie dans les parcelles de moins de 3 ha, non isolées, entourées d’arbres ou d’arbustes même non-hôtes et lorsque la population initiale
du ravageur est trop élevée.
Si la charge en fruits est excessive, l’hoplocampe des prunes peut contribuer à l’éclaircissage. Une larve pouvant endommager de 3 à 5 fruits, un
contrôle régulier est néanmoins nécessaire. La surveillance du vol est
possible avec des pièges blancs Rebell. Le risque de dégâts est faible si,
pendant le vol, on attrape moins de 80-100 hoplocampes. La lutte s’effectue immédiatement après la chute des pétales.
Du débourrement à la chute des pétales et surtout avant fleur, il faut
surveiller le puceron vert du prunier. Une lutte spécifique pré- ou postflorale est préférable. Les propriétés systémiques de certains produits
permettent d’atteindre les pucerons dans les feuilles enroulées après
fleur et d’agir également contre l’hoplocampe. La lutte contre les autres
pucerons du prunier s’effectue de la même façon.
En été, le puceron farineux et le puceron du houblon (résistants au
pirimicarbe) doivent être particulièrement surveillés. Dans les parcelles
atteintes de sharka (voir p. 34), il est conseillé de traiter contre les pucerons en septembre afin de limiter l’expansion de cette dangereuse virose.
Cochenille diverses
Voir Pommier (page 26).
Acariens
La lutte contre l’acarien rouge et l’acarien jaune est très rarement nécessaire, les typhlodromes maîtrisant généralement très bien ces deux
ravageurs. La lutte contre les différentes espèces d’ériophyides libres
du prunier est parfois justifiée. L’application de soufre mouillable (3-4 ×)
de la floraison à juin-juillet suffit généralement à limiter ces ravageurs.
En cas de fortes infestations estivales, un acaricide efficace contre les
ériophyides peut être appliqué. La lutte contre les ériophyides gallicoles se justifie dans les parcelles ayant présenté de graves attaques la
saison précédente. Elle s’effectue au débourrement lors de la migration
des acariens.
Ponctuations jaunâtres sur la
face supérieure d’une feuille
dues aux ériophyides libres du
prunier.
Déformations du fruit après l’attaque précoce d’ériophyides à
galles sur fleur et jeune fruit.
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 36-37, 2010
CH. LINDER, H. HÖHN, P. KEHRLI
Guide de traitements
PRUNIER
PÉRIODES
mars
avril
mai
juin
juillet
2
R AVA G E U R S
Cheimatobies
+ pucerons
+ hypnomeutes
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
B
51
C
53
Débourr.
D
56
Préfloral
E
59
F
63
Floral
G
67
H
69
I
71
Postfloral
J
75
Baggiolini
BBCH
Eté-fin saison
BACILLUS THURINGIENSIS (33)
diflubenzuron, téflubenzuron (37),
thiocyclam (39), indoxacarbe (38)
huiles diverses (50)
diazinon, phosalone (42)
Carpocapse des prunes
CONFUSION (31)
fénoxycarbe (37)
indoxacarbe (38)
phosalone (42)
Hoplocampe
QUASSIA (35)
thiocyclam (39), acétamipride, thiaclopride (41)
esters phosphoriques (42)
Pucerons
pirimicarbe (40)
thiaclopride, acétamipride (41)
Cochenilles diaspines,
pou de San José
huile minérale (50)
Cochenilles lécanines
huiles diverses (50)
Acariens
TYPHLODROMES
Acarien rouge
huile minérale (50)
clofentézine (55)
héxythiazox (55)
clofentézine, héxythiazox (55)
cyhexatin, METI (55)
+ acarien jaune
Eriophyides libres
soufre (56)
huiles diverses (50)
fenpyroximate (55)
Eriophyides gallicoles
huiles diverses (50)
LUTTE BIOLOGIQUE
Traitements recommandés en cas de nécessité
Traitements possibles
© AMTRA / VPS
37
Le Guide Arbo d’ACW
Maladies et ravageurs
Remarques et lutte
Cloque (Taphrina deformans)
Le parenchyme des
feuilles devient boursouflé et se colore en blanc
jaunâtre, puis rougeâtre.
En cas de très forte attaque, les fruits aussi
sont déformés.
Moniliose (Monilia laxa, M. fructigena),
maladie criblée (Clasterosporium carpophilum)
et oïdium (Sphaerotheca pannosa)
Moniliose: les fruits momifiés restent généralement fixés aux rameaux.
La cloque ne peut être combattue que préventivement.
Sur les arbres fortement atteints, une à deux applications de cuivre (10)
à la chute des feuilles, répétées au mois de février (avant que les bourgeons ne gonflent) avec des produits spécifiques tels que le dithianon (9),
le thirame (2) ou le zirame (2), offrent une protection efficace contre cette
maladie.
Sur pêcher, la lutte contre la maladie criblée s’effectue en parallèle avec
la lutte contre l’oïdium. Le soufre mouillable (11) permet de combattre de
façon efficace ces deux maladies et, dans les conditions du Tessin, agit
également contre la tavelure noire (Venturia carpophila). Dans les régions favorables à la maladie criblée, les mélanges captane + ISS (7),
ISS (7) et la trifloxystrobine (5) sont intéressants puisqu’ils agissent
simultanément contre la moniliose, la maladie criblée et l’oïdium.
Oïdium: les fruits infectés
présentent
des
taches gris blanchâtre.
Acariens
L’acarien prédateur Amblyseius andersoni est
souvent présent dans
les vergers de pêchers
et suffit généralement à
contrôler les attaques
d’acariens.
Voir également sous
Pommier (page 26).
Carpocapse des pommes (Cydia pomonella)
Voir Pommier (page 22). Ce ravageur peut également s’attaquer à l’abricotier. Attention, le choix des moyens de lutte est plus limité sur cette
essence.
Cheimatobies, noctuelles
Voir Pommier (page 24). En cas de nécessité, la lutte intervient après
floraison.
Cochenilles
Voir Pommier (page 26).
Pucerons
Dégâts du puceron vert
du pêcher: les feuilles
d’une rosette sont enroulées et pâlissent.
Les pucerons noirs du
pêcher ne déforment
que
faiblement
les
feuilles.
38
Bien que les feuilles de pêchers présentent une pilosité peu abondante,
la lutte biologique contre les acariens (acarien rouge, acarien jaune et
ériophyide libre du prunier) est possible. Les prédateurs sont généralement peu abondants en début de saison et se développent de manière
importante seulement à partir du mois d’août. La quantité de nourriture
disponible au cours de l’été augmente avec les populations d’ériophyides
et contribue grandement à cette évolution.
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 38-39, 2010
Quelques populations du puceron vert du pêcher se montrent plus ou
moins résistantes à divers insecticides. Le traitement ne doit se faire
qu’en cas d’attaque importante, mais avant que les feuilles se recroquevillent. La lutte contre les autres pucerons du pêcher est effectuée de la
même façon.
P.-H. DUBUIS, CH. LINDER, H. HÖHN, P. KEHRLI
Guide de traitements
PÉRIODES
fév.
mars
avril
mai
juin-août
PÊCHER
ABRICOTIER
cuivre (10)
Pêcher
Cloque
zirame (2)
Maladie criblée
et oïdium
Tessin: tavelure noire
soufre mouillable (11)
Bactériose
et maladie criblée
cuivre (10)
Maladie criblée,
moniliose et oïdium
captane + ISS (7), ISS (7), trifloxystrobine (5)
Moniliose
dicarboximides (3), benzimidazols (8),
cyprodinil (4), fenhexamide (6), ISS (7)
Maladie criblée
captane, folpet, dithianon (9),
soufre mouillable (11)
Pêcher et abricotier
Cloque
et maladie criblée
Abricotier
MALADIES
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
B
51
C
53
Hiver
D
56
E
59
Préfloral
F
63
G
67
Floral
H
71
I
73
J
Postfloral
Baggiolini
BBCH
Eté
Chute
feuilles
Eté
Chute
feuilles
thirame (2)
dithiocarbamates (2)
R AVA G E U R S
Pêcher
A
00
octobrenov.
M AT I È R E S A C T I V E S
(les chiffres entre parenthèses renvoient à l’index
phytosanitaire rose au centre du journal)
Acariens
TYPHLODROMES
Acarien rouge
huile minérale (50)
A
00
B
51
Hiver
C
53
D
56
Préfloral
E
59
F
63
G
67
Floral
H
71
I
73
J
Postfloral
clofentézine, héxythiazox (55)
+ acarien jaune
fenpyroximate (55)
cyhexatin, METI (55)
Eriophyides
huile minérale (50)
Pêcher et abricotier
Abricotier
bromopropylate, fenpyroximate (55)
Carpocapse
CONFUSION (31)
VIRUS DE LA GRANULOSE (34)
fénoxycarbe, diblenzuron, téflubenzuron,
méthoxyfénozide (37)
Cheimatobies
BACILLUS THURINGIENSIS (33)
+ noctuelles
diflubenzuron, téflubenzuron,
méthoxyfénozide (37)
+ pucerons
phosalone (42)
Cochenilles
huiles diverses (50)
Pucerons
pirimicarbe (40), acétamipride,
thiaclopride (41)
LUTTE BIOLOGIQUE
Traitements préventifs recommandés
Traitements recommandés en cas de nécessité
Traitements possibles
© AMTRA / VPS
39
Le Guide Arbo d’ACW
Maladies et ravageurs
Remarques et lutte
Enroulement chlorotique de l’abricotier
(ECA ou ESFY)
L’ECA (enroulement chlorotique de l’abricotier) est aussi connu sous le
terme ESFY (European stone fruit yellows). Il s’agit d’une maladie de
quarantaine à phytoplasme, qui doit être obligatoirement annoncée aux
Services phytosanitaires cantonaux ou aux Offices d’arboriculture
concernés. Les dommages se manifestent surtout sur abricotier, pêcher
et prunier japonais. Cependant, d’autres espèces de Prunus peuvent se
révéler sensibles. L’ECA est largement disséminé dans le canton du Valais et dans certaines parties du canton de Vaud.
(Canditatus phytoplasma prunorum)
Les phytoplasmes sont de très petites bactéries dépourvues de paroi cellulaire et de mobilité propre, qui se multiplient dans des tissus végétaux
vivants. Dans le cadre des pépinières, des plants malades sont produits
lorsque la greffe est faite à partir de greffons malades ou de porte-greffes
atteints. La dissémination à petite échelle de la maladie y est possible via
des anastomoses racinaires entre jeunes arbres voisins, ou par l’intermédiaire de vecteurs.
Fig. 1. Psylle du prunier (Cacopsylla pruni).
Fig. 2. Feuilles chlorosées.
Fig. 3. Phloème nécrosé.
Le vecteur de l’ECA, le psylle du prunier (Cacopsylla pruni; fig.1), est répandu dans toute la Suisse. Présent dans les vergers de mars à juinjuillet, le psylle quitte ces derniers par la suite pour hiberner sur d’autres
plantes hôtes. Les symptômes de l’ECA varient selon la sensibilité de
l’espèce, du porte-greffe et selon les conditions de culture. L’enroulement
de feuilles jaunies (chlorotiques; fig. 2) est fréquemment observé et le
phloème souvent nécrosé (fig. 3). Durant le cours de la saison, les symptômes s’accentuent et peuvent mener au dépérissement de branches,
voire à la mort de l’arbre entier (fig. 4). Les fruits, sous-développés, en
partie ridés et brunâtres, manquent de goût et chutent souvent avant maturité.
Il n’existe pas de lutte curative contre les phytoplasmes. Les antibactériens comme les antibiotiques sont totalement inefficaces. La seule mesure efficace consiste à détruire tout matériel végétal contaminé.
Fig. 4. Dépérissement de l’arbre (au premier plan).
Pseudomonas
Tache nécrotique
feuille.
sur
Ecorce attaquée.
Pseudomonas peut se trouver sur toutes les espèces d’arbres à noyau.
Les feuilles infectées montrent des taches nécrotiques d’aspect huileux
entourées d’un anneau jaune. Les boutons floraux contaminés dépérissent. L’écorce des arbres fortement attaqués est décolorée, molle et déprimée, avec des fissures et de la gommose. Des branches entières et
même des arbres peuvent dépérir.
Comme la lutte directe contre les bactéries est impossible, il s’agit de prévenir les infections par des mesures prophylactiques. Les variétés et les
porte-greffes sensibles sont à éviter, de même que les plantations dans
des lieux humides ou gélifs. Les blessures et le petites fissures constituent
des portes d’entrée pour le pathogène. Il est donc préférable de tailler tardivement, peu avant la fleur et exclusivement par temps sec, en évitant
les entailles et en recouvrant les blessures de taille avec du mastic. Le tuteur disposé au sud du tronc abrite celui-ci du soleil en hiver et provoque
moins de fissures dues au gel. Le blanchissement de l’arbre a le même
effet. L’addition de cuivre dans le colorant réduit le nombre de bactéries
sur le tronc et la pression d’infection. Le cuivre doit être appliqué de manière préventive mais ne présente pas une protection totale. Dès l’été, il
faut cesser l’amendement avec de l’azote car les arbres «au repos» en
automne sont moins sensibles. Il est important de surveiller l’apparition de
nécroses sur le tronc et les branches. Les parties infectées doivent être
rapidement découpées jusqu’au bois sain et ensuite brulées.
40
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 40, 2010
M. BÜNTER, S. SCHÄRER, H. HÖHN, A. NAEF, P.-H. DUBUIS
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41
Le Guide Arbo d’ACW
LUTTE contre les CAMPAGNOLS
La surveillance et la prévention contre les rongeurs font partie des tâches régulières et à long
terme de l’arboriculteur. Lutter dès la découverte d’un nouveau foyer!
Biologie et dégâts des espèces
La taupe noire, ou derbon, et les campagnols sont les micromammifères le plus couramment rencontrés au verger. La taupe noire est inoffensive pour les cultures, car elle est insectivore. Les campagnols peuvent être à l’origine de dégâts importants dans les vergers. Les nouvelles plantations ainsi que
les cultures sur porte-greffes faibles sont les plus exposées. La
lutte contre ces petits rongeurs est un travail de longue haleine, car il n’existe pas de mesure rapide pour s’en débarrasser
définitivement. Pour éviter tout préjudice, la surveillance régulière des cultures est nécessaire.
Le campagnol terrestre (taupe grise) ronge et sectionne les
racines dans la profondeur du sol. Il est particulièrement dangereux dans les jeunes plantations, car le sol fraîchement travaillé lui permet de se déplacer sans faire de taupinières. Le
campagnol des champs (souris des champs), ou localement
(dans le Valais central par exemple) le campagnol agreste, prélève surtout l’écorce des troncs au niveau du sol. La nature des
dégâts permet la détermination de l’espèce (tabl.1 et fig. 1).
Plantation d’un nouveau verger
Lors d’un projet de plantation, avant l’arrachage de l’ancien verger ou avant tout travail du sol, il est nécessaire d’identifier les
espèces de rongeurs présentes, l’importance des populations
et le type de lutte à mettre en œuvre.
씰 Pendant une ou deux saisons, pratiquer des cultures sarclées non favorables aux rongeurs.
씰 Dans les zones où un enneigement prolongé est à craindre,
planter au printemps, sauf en cas de risque de feu bactérien.
씰 Dans des cas graves, intervenir directement et de manière
suivie.
Lutte indirecte (préventive)
❏ Installation de perchoirs et nichoirs à rapaces.
❏ Dès la plantation, surveiller attentivement et intervenir dès
les premiers signes d’activité ou de dégâts sans omettre les
arbres des alentours apparemment encore sains. Pour des
arbres isolés, il est possible de protéger le système radiculaire avec une corbeille en treillis en prenant soin de bien
remonter les bords autour du tronc.
❏ En ce qui concerne l’entretien de la ligne, il est conseillé de
maintenir celle-ci libre de toute mauvaise herbe afin d’éviter
les cachettes naturelles et de favoriser ainsi l’activité des
rapaces. D’autre part, le travail mécanique du sol entrave le
développement des colonies de campagnols des champs et
terrestres.
❏ Un retard de broyage du mulch, ayant pour conséquence un
enherbement important, favorise la pullulation des campagnols. Dans les zones à risques, le gazon doit être broyé régulièrement, y compris tard en automne, afin de permettre
la décomposition rapide de la masse végétale. Il en est de
même le long des clôtures ou autour des regards, pylônes,
poteaux, endroits non désherbés, etc.
❏ Afin de limiter l’immigration à partir des zones fortement
contaminées (prairies, talus...), il est recommandé d’installer
un treillis autour du verger. Un grillage métallique (diamètre
☞ Attention: risques d’intoxication pendant le gazage!
42
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 42-43, 2010
des mailles 12 mm), enterré d’au moins 15 cm et dépassant
de la surface du sol d’environ 40 cm, peut convenir. Il est
avantageux de replier la partie supérieure du grillage de
10 cm vers l’extérieur et de maintenir propres les alentours
de la clôture. Cette dernière doit être contrôlée régulièrement et des pièges doivent être disposés le long du grillage.
Si l’on renonce à la pose de pièges, la clôture doit être enterrée de 50 à 60 cm au minimum.
Lutte directe contre le campagnol
terrestre
Le piégeage
Réalisée à l’aide de trappes-pinces, cette technique donne de
bons résultats pour détruire cette espèce fouisseuse. Les
pièges doivent être installés dans les galeries repérées par
sondage et laissées ouvertes. Cette méthode doit s’appliquer
systématiquement lors du repérage de terriers occupés et plus
spécialement en automne ou durant la mauvaise saison pour
réduire efficacement les effectifs d’une population.
Un nouveau type de trappe est très efficace, il s’agit de trappe
de type cylindrique «Top cat». Elles se placent sur le passage
des rongeurs à l’aide d’une tarière. Un déclencheur active le système monté sur ressort qui énuque les campagnols, provoquant
une mort instantanée. La mise en place et le relevé des pièges
sont rapides. Il n’est pas rare de capturer plusieurs campagnols
au même endroit dans un laps de temps relativement court.
S'assurer que ces trappes ne puissent pas être emmenées par
les renards.
L’inondation
Inonder les réseaux de galeries peut s’avérer localement efficace. Une amenée d’eau importante et rapide surprend le petit
rongeur qui ne peut plus s’échapper ou, au mieux, doit s’agripper à la base du tronc.
Le gazage
Lors d’un travail prolongé, surtout dans une combe et en l’absence de vent, avancer du bas vers le haut, ou contre le vent.
Ne jamais respirer le gaz. Eloigner les enfants et les animaux.
➥ Gazage par CO de moteurs à essence
Attention! Le CO est un gaz dangereux plus lourd que l’air!
Les brouettes pour gazage sont simples à utiliser et portent
peu atteinte à l’environnement. Le moteur deux-temps, utilisant
un mélange benzine + huile + additif, produit une fumée bien
visible enrichie en CO, permettant ainsi de contrôler la diffusion
du produit dans le sol.
Trois règles à respecter pour une bonne efficacité:
� travailler lorsque le sol est humide afin de limiter les pertes
par les fentes du terrain;
� laisser l’appareil fonctionner assez longtemps (10 à 15 min)
au même endroit;
� reprendre le gazage aux points les plus éloignés d’où la
fumée s’est échappée.
➥ Gazage par CO de moteurs à essence (suite)
De préférence, choisir un modèle permettant l’enrichissement
de la fumée en CO.
En tournant au ralenti, les moteurs à benzine produisent une
grande quantité de CO. Le travail est cependant beaucoup plus
lent parce que l’émission de CO est bien moindre qu’avec les
modèles permettant l’utilisation d’additif. Toutefois, cela peut
suffire pour de petits foyers.
P. MAYOR
Tableau 1. Distinction des espèces.
CRITÈRES
TAUPE NOIRE
(TALPA EUROPEA)
CAMPAGNOL TERRESTRE
(ARVICOLA TERRESTRIS)
CAMPAGNOL DES CHAMPS
(MICROTUS ARVALIS)
LONGUEUR TÊTE-CORPS
12-15 cm
12-16 cm
8-11 cm
POIDS
65-120 g
60-120 g
20-30 g
SYSTÈMES DE GALERIE
Vaste réseau de galeries
souterraines
Galeries souterraines
sans cesse réaménagées
Nombreux orifices reliés par
des coulées semi-ouvertes
«TAUPINIÈRE»
Grosses taupinières
hémisphériques alignées
Taupinières aplaties
distribuées irrégulièrement
Terre rejetée à l’orée des trous
RÉGIME ALIMENTAIRE
Vers de terre ou insectes
trouvés sur son passage
Racines ou parties vertes
des plantes prélevées depuis
sa galerie
Ecorces ou parties vertes des
plantes prélevées en surface;
également granivore
A
B
C
Fig. 1. La taupe noire A , le campagnol
terrestre B et le campagnol des
champs C et les caractéristiques de
leurs terriers respectifs (dessin Bündner
Natur-Museum Chur).
쑱
➥ Gazage avec produits du commerce
Il convient de bien respecter les précautions d’utilisation. Travailler
avec des gants. L’efficacité est très bonne à condition d’opérer de
façon concentrique en allant, si possible, de l’extérieur vers le
centre du foyer.
Les produits à base de phosphure d’aluminium ou de calcium sont
très toxiques et dégagent un gaz au contact de l’humidité. Les entreposer bien au sec et ne jamais les utiliser par temps de pluie.
Les produits à base de nitrate de potassium et soufre produisent
par combustion une fumée toxique. Ils ne conviennent que pour
les terriers isolés.
Distribution d’appâts toxiques
Travailler avec des gants et ne jamais laisser des granulés à la surface du sol à cause des autres animaux (chiens, gibier, oiseaux, etc.).
Pour les foyers localisés: les granulés sont déposés à la main
ou avec l’appareil Arvicolt (pour l’Arvicolon 200 CT); celui-ci permet de chercher les galeries et de déposer les appâts. Bien refermer l’orifice.
Lors de pullulation généralisée: l’utilisation de la charrue-taupe
est interdite dans les vergers. Cette méthode a l’inconvénient de
favoriser la recolonisation des rongeurs à partir des galeries
créées par la machine. Pour cette raison, cette méthode est réservée aux endroits proches des sources de contamination, comme
par exemple chantiers, talus, bords de routes et de lignes de chemin de fer, ou prairies naturelles. L’utilisation de cette technique requiert une autorisation spéciale.
Avant replantation ou plantation en parcelle contaminée, on
peut envisager l’utilisation d’un appareil à détonation de type
«Rodenator».
Lutte directe contre le campagnol
des champs
Piégeage, gazage ou inondation
Ces systèmes ne sont généralement pas appropriés à la biologie de ce ravageur, en raison des nombreux orifices de surface
qui caractérisent ses galeries.
Appâts toxiques
Ces produits sont des grains de blé ou d’autres supports végétaux empoisonnés et toxiques pour l’homme et les oiseaux. Il
faut travailler avec des gants et ne jamais laisser des granulés à la
surface du sol. La distribution de ces appâts s’effectue dans des
abris artificiels posés tous les 10 à 20 m le long de la ligne
d’arbres, par exemple des drains, des sections de pneus ou des
tuyaux en plastique. Ces derniers doivent être fixés au sol, car ils
sont trop légers. Ces abris sont ensuite recouverts avec un peu
d’herbe sèche pour faciliter le déplacement des rongeurs. Renouveler les appâts tant que leur consommation se poursuit.
Cette distribution peut aussi être réalisée en déposant les appâts
dans les orifices des terriers occupés à l’aide de fusil à souris.
☞ Produits homologués: voir p.15 de l’index arbo.
© AMTRA / VPS
43
Le Guide Arbo d’ACW
ENTRETIEN DU SOL
● Une préparation optimale du sol avant la plantation est la condition essentielle pour entretenir le sol avec succès pendant la culture.
● Pour toutes les stratégies d’entretien du sol, un certain taux de couverture par les adventices peut être toléré sans préjudice, car il peut
être éliminé en tout temps avec les herbicides foliaires actuels, très efficaces et écologiquement neutres.
● Dans les nouvelles plantations, le sol ne doit être couvert qu’en été pour ne pas perturber la reprise des jeunes arbres.
● Les stratégies présentées ici peuvent être partiellement combinées, en particulier les applications d’herbicides et les travaux mécaniques.
Techniques
Avantages
Inconvénients
Maintien du sol nu toute l’année
avec des herbicides.
Pour toutes les zones.
Lors des applications d’herbicide,
les prescriptions concernant l’âge
minimum des arbres doivent impérativement être respectées afin
d’éviter les dégâts.
Méthode avantageuse et facile.
Facilite les travaux de paillage et
influence positivement la croissance des pousses des jeunes
arbres.
Les sols nus tiennent les rongeurs à distance.
En automne et en hiver, les lignes
d’arbres nues contiennent souvent des quantités d’azote assez
élevées (danger de lessivage).
Des applications répétées d’herbicide foliaire ou de grandes
quantités d’herbicide racinaire de
longue durée sont souvent nécessaires (danger de formation
de résistance ou de contamination de la nappe phréatique).
Travail mécanique
Lutte mécanique contre les adventices.
Pour sols légers avec peu de
pierres.
Le nombre de passages dépend
du type de sol et de la flore présente.
Bonne conservation de l’humidité du sol.
Les machines actuelles peuvent
maîtriser même une végétation
dense sur la ligne d’arbres, ce
qui permet d’intervenir contre les
adventices à tout moment (enherbement hivernal possible).
Les machines plus anciennes ne
sont efficaces qu’avec des adventices peu développées (intervenir
tôt).
Le travail reste difficile autour
des troncs. Protéger au besoin
les jeunes pousses sur les côtés
par des piquets et travailler superficiellement pour éviter les
dégâts aux racines.
Dispendieux (coûts et travail).
Couverture d’écorces
ou de copeaux
Pour sites plutôt secs en été
avec des sols pauvres en humus, légers et drainant bien.
Les adventices pérennes et les
graminées doivent être détruites
avant la pose des écorces!
Epaisseur de la couche: 10 cm.
Largeur de la bande: 1,20 m.
Stimule le développement des
racines et la croissance végétative des jeunes arbres.
Bonne régulation des adventices
annuelles pendant 3-4 ans.
Favorise la formation d’humus,
évite le dessèchement et les variations extrêmes de température dans le sol.
En sols mi-lourds à lourds, sous
les écorces, les racines sont
maintenues humides après de
fortes précipitations, ce qui peut
favoriser les infections par des
pathogènes du sol (dépérissement).
Favorise le gel au printemps.
Paillis organiques
Pour sites plutôt secs en été avec
des sols légers et drainant bien.
Les adventices pérennes et les
graminées doivent être détruites
avant la pose du paillis!
Epaisseur de la couche:
15-25 cm.
Largeur de la bande: 1,20 m.
20 balles de paille par 100 m.
Stimule le développement des
racines et la croissance végétative des jeunes arbres.
Mise en place facile à la main
ou à la machine.
Mêmes effets favorables sur le
sol que les écorces, mais avec
une formation d’humus moins
élevée.
Agit contre les adventices uniquement durant 1 à 2 ans.
Un paillage apporte environ 100 kg
potassium/ha par année: à éviter
donc sur des sols trop riches en
potassium (augmentation du danger de taches amères).
Engorgement de l’eau comme
avec les écorces (risque de maladies racinaires).
Favorise le gel au printemps.
Couverture avec paillis
synthétiques
Plastiques disponibles perméa bles à l’eau et résistants (maipex). Fumure en surface sous
forme liquide recommandée.
Stimule le développement des
racines et la croissance végétative des jeunes arbres.
Efficacité totale contre les adventices.
Mise en place mécanisable.
Augmente le réservoir hydrique
du sol de la même manière que
les copeaux.
Réservé aux parcelles épargnées
par les rongeurs.
Problème d’élimination du plastique.
Plantation des arbres délicate.
Désherbage nécessaire le long
de la bande de roulement.
(Photo FiBL)
Sol non travaillé
44
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 44-45, 2010
J. WIRTH, M. GÖLLES
Techniques
Avantages
Inconvénients
A partir de la 4e année pour des
situations sans problèmes de
croissance et de précipitations.
Les mélanges du commerce sont
coûteux à mettre en place, de
durée limitée et souvent colonisés par des graminées. L’enherbement spontané est souvent
préférable.
Effet positif sur la qualité des
fruits. Favorise la structure et la
fertilité du sol, empêche l’érosion
et diminue le lessivage.
En période de forte consommation d’azote (avril/mai) ou lors de
sécheresse (été), la concurrence
des adventices peut être temporairement limitée (lutte mécanique ou herbicide foliaire).
Les faucheuses actuellement disponibles ne sont pas entièrement
satisfaisantes pour la base des
arbres. Nettoyer éventuellement
la ligne avec un herbicide (applications localisées).
Pour limiter le risque accru de
rongeurs, contrôler minutieusement et maintenir la couverture
végétale basse durant l’hiver!
Enherbement hivernal
spontané
A partir de la 4e année, également en situations plus sèches
qu’avec l’enherbement permanent.
L’enherbement doit être détruit
au plus tard à la floraison des
pommiers, afin d’éviter des pertes
de rendement.
Effet positif sur la qualité des
fruits. Favorise la structure et la
fertilité du sol, empêche l’érosion
et diminue le lessivage.
Les faucheuses actuellement disponibles ne sont pas entièrement
satisfaisantes pour la base des
arbres. Nettoyer éventuellement
la ligne avec un herbicide (applications localisées).
Pour limiter le risque accru de
rongeurs, contrôler minutieusement et maintenir la couverture
végétale basse durant l’hiver!
Système sandwich
Des deux côtés de la ligne
d’arbres, le sol est régulièrement
sarclé (env. 50 cm). Les arbres
se trouvent dans une bande non
travaillée (30-40 cm), sur laquelle
les plantes à faible croissance
doivent être favorisées.
Entretien des lignes rapide, peu
coûteux, grâce à des machines
simples et adaptées, et combinable avec des travaux de fauche
de l’interligne.
Avantages conjugués de la régulation mécanique et de l’enherbement.
Entretien difficile de la bande enherbée.
En cas de développement d’une
flore trop vigoureuse, concurrence trop forte pour l’arbre.
Pour limiter le risque accru de
rongeurs, contrôler minutieusement et maintenir la couverture
végétale basse durant l’hiver!
(Photo FiBL)
Enherbement permanent
STRATÉGIES D’ENTRETIEN DU SOL SUR LA LIGNE D’ARBRES
Jusqu’à la 3e année
Toute l’année
Dès la 4e année
Printemps
Eté
Automne /Hiver
Enherbement permanent
Chimique
Couverture
(écorces, paillis ou plastique)
Enherbement hivernal
spontané
Mécanique
Mécanique
Chimique
Mécanique
Mécanique
Enherbement hivernal
spontané
Chimique
Chimique
Enherbement hivernal
spontané
© AMTRA / VPS
45
Le Guide Arbo d’ACW
OPTIMISER L’APPLICATION DES HERBICIDES
Pour un usage optimal des herbicides, de bonnes connaissances des adventices présentes dans le verger et de leur propagation sont nécessaires, pour éviter l'apparition de résistances ou l'utilisation d'herbicides non appropriés. Il est primordial de
traiter au moment opportun et de doser correctement les produits, afin de prévenir des dégâts sur les cultures ou une pollution
excessive de l'environnement.
Quantité d’eau pour l’application des herbicides [en l/ha de surface traitée]
Herbicides racinaires
Herbicides racinaires en combinaison avec herbicides de contact
(aussi préparations combinées)
Herbicides de contact (défanants)
Herbicides «hormonés»
Graminicides
Préparations à base de glyphosate
500 l (sur des lignes plus ou moins propres)
500 l (jusqu’à 50% de couverture par les adventices) 600 à 1000 l
(de 60 à 100% de couverture par les adventices)
300 à 500 l (plus efficace avec le moins d’eau possible) 500 l
(préparations combinées avec effet racinaire)
Utilisation des principaux herbicides foliaires
Glufosinate
Utilisation: pour toutes les cultures fruitières à partir de la 2e année (à l’exception des abricotiers)
Herbicide de contact («herbicide total»): pénétration par les parties vertes uniquement. Aucun effet durable. Lors d’applications printanières, l’effet est exclusivement défanant; à partir du mois d’août, la matière active peut également être transportée vers les racines, ce
qui permet d’affaiblir aussi les plantes possédant des organes de réserve. Eviter le contact avec les parties vivantes de l’arbre fruitier (les
rejets peuvent toutefois être traités sans dommage pour l’arbre). En première année, sur de l’écorce pas encore mûre, les risques de
dégâts sont élevés.
Effet: sur les vivaces difficiles à combattre, l’effet se limite à un défanage des parties traitées; des repousses réapparaissent après
quelques semaines (par exemple chiendent, potentille, véronique filiforme, ray-grass, prêle). Après la récolte (octobre/novembre), l’action
défanante est très lente, mais reste néanmoins efficace contre les adventices annuelles. L’ajout de Genapol (0,5 l/ha) augmente la
rapidité d’action. Lorsqu’on utilise la boille à dos, il est important de respecter la bonne concentration.
Glyphosate
Utilisation: pour toutes les cultures fruitières à partir de la 2e année; pas d’application après la fin de juillet, sinon risques de
dégâts à l’arbre fruitier!
Herbicide foliaire systémique («herbicide total»): pénétration par les parties vertes uniquement. L’herbicide est transporté jusqu’aux racines. Les plantes traitées doivent rester sèches pendant au moins 6 h après le traitement (ni pluie, ni rosée). En conditions favorables, la
matière active est mieux transportée vers les racines, c’est pourquoi l’action du glyphosate est souvent insuffisante durant les longues
périodes de sécheresse en été. N’appliquer qu’avec une faible quantité d’eau (300-500 l/ha). Un ajout de sulfate d’ammoniaque
(10 kg/ha) peut s’avérer utile en conditions défavorables (forte rosée, pluie imprévue). Au printemps, des herbicides racinaires peuvent
être appliqués sur le sol, le plus régulièrement possible, environ 3 semaines après un traitement au glyphosate.
Effet: contre les graminées (y compris chiendent) et les adventices annuelles, la dose d'application minimale est suffisante. Contre les
vivaces, une dose plus élevée est nécessaire. Lorsqu'on utilise la boille à dos, la concentration doit être calculée pour un volume d'eau de
500 l. Contre les espèces difficiles à combattre (autres que les épilobes), l’efficacité peut être améliorée par des applications séquentielles
(splitting) (un tiers du volume en mai, deux tiers du volume environ un mois plus tard). L’application de glyphosate seul peut provoquer une
rapide et forte extension des épilobes. Un mélange de glyphosate avec un herbicide «hormoné» permet également de les maîtriser.
Utilisation optimale des herbicides racinaires
NON
Herbicide racinaire seul
Adventices présentes
Adventices annuelles
OUI
Adventices vivaces
< 30% de couverture
du sol
*Préparation combinée herbicide racinaire
+ herbicide de contact
> 30% de couverture
du sol
**Herbicide de contact, puis racinaire
< 30% de couverture
du sol
*Préparation combinée
(glyphosate + herbicide racinaire)
* Avec un délai, les adventices d’été sont mieux maîtrisées.
> 30% de couverture
**Glyphosate, puis herbicide racinaire
Préparation combinée: formulation constituée d’un mélange de glyphosate
et d’herbicide racinaire (ne pas mélanger soi-même, car l’efficacité du
du sol
glyphosate peut être diminuée).
** Appliquer les herbicides racinaires sur des sols aussi propres que possible (environ 3 à 4 semaines après l’application de l’herbicide foliaire).
46
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 46-47, 2010
J. WIRTH, M. GÖLLES
STRATÉGIES DE DÉSHERBAGE CHIMIQUE
PÉRIODES DE TRAITEMENT POSSIBLES
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Herbicides racinaires (prélevée)
Herbicides de contact et graminicides (postlevée)
Glyphosate (postlevée)
Herbicides «hormonés» (postlevée)
Préparations combinées (herbicides racinaires-foliaires)
LIGNE DE CULTURE
En début de végétation, la compétition de la couverture herbeuse doit être limitée pour assurer le rendement. A l’inverse, une reprise de la couverture
végétale en automne peut augmenter la qualité des fruits. Durant l’hiver, le développement d’une bande herbeuse est souhaitable car elle contribue
à protéger la fertilité et la structure du sol et à limiter les pertes en éléments nutritifs. Néanmoins, en cas de présence de campagnols, un traitement
foliaire peut se justifier à l’automne.
Pour les cultures de fruits à pépins en première année, seuls les produits «hormonés», les graminicides et l’oxyfluorfen sont recommandés, afin
d’exclure les dégâts que peuvent provoquer le glyphosate, le glufosinate ou les herbicides racinaires. (Attention: avec tous les produits, il convient de
bien respecter les conditions d’utilisation.)
Désherbage
Application
POSTLEVÉE (HERBICIDES FOLIAIRES)
Herbicide foliaire de contact
Appliquer sur les adventices levées.
Plusieurs applications nécessaires, selon le développement des adventices.
Herbicide foliaire systémique
Graminicides
Remarques
Seules les parties directement touchées par le traitement
meurent.
Grande flexibilité d’intervention contre les dicotylédones
et les graminées annuelles.
Les plantes vivaces forment de nouvelles pousses après
quelques semaines seulement.
Idem, mais permet en plus une maîtrise des vivaces.
Application en postlevée sur des plantes suffisamment
développées, pour assurer une bonne pénétration du
produit.
Efficace contre les graminées vivaces (chiendent) et les
millets.
Pas conseillé pour une application de surface, mais contre
des foyers localisés.
Bonne sélectivité vis-à-vis des arbres fruitiers.
PRÉLEVÉE (HERBICIDES RACINAIRES)
Application unique
d’un herbicide résiduaire
(souvent un mélange de matières
actives)
L’application doit s’effectuer sur un terrain propre.
Le traitement doit être appliqué avant le 30 juin.
Pour assurer un terrain propre, une intervention supplémentaire avec un herbicide foliaire est généralement nécessaire en fin de saison ou deux à trois semaines avant
l’application des herbicides racinaires.
Sur les jeunes arbres, appliquer des doses plus faibles.
Applications fractionnées
d’un produit résiduaire
Première application, à dose réduite, suivie d’une seconde application avant le 30 juin.
Comme ci-dessus.
Permet d’augmenter l’efficacité contre certaines dicotylédones. Veiller à ne pas dépasser les doses annuelles
homologuées.
MIXTE: PRÉ- ET POSTLEVÉE (COMBINAISON D’HERBICIDES FOLIAIRES ET RACINAIRES)
Application combinée
Première application sur adventices visibles, mais encore Grande souplesse d’utilisation. Permet d’intervenir plus
d’herbicides à action foliaire
à un stade juvénile. Application(s) ultérieure(s) d’herbi- tardivement dans la saison et de limiter le nombre d’interventions.
et racinaire
cides foliaires, selon le développement des adventices.
Applications séquentielles
d’un herbicide foliaire, puis
d’un mélange foliaire-racinaire
Si nécessaire, application d’un herbicide foliaire tôt dans
la saison, suivie de l’application d’un herbicide racinaire,
éventuellement mélangé avec un produit foliaire.
Cette stratégie convient aux vergers dans lesquels une
lutte contre le gel par aspersion est pratiquée.
INTERLIGNE
Pour faciliter la mécanisation et protéger le sol, l’interligne doit être enherbé; cependant, les plantes en fleurs attirent les abeilles, qui peuvent être
mises en danger par certains produits de traitements des plantes. Tous les 4-5 ans, un traitement de l’interligne avec un herbicide «hormoné» peut se
justifier en cas de fortes infestations de dicotylédones indésirables. Contre les rumex, un traitement plante par plante est généralement préconisé.
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47
Le Guide Arbo d’ACW
PRODUITS PHYTOSANITAIRES
Application de la dose selon la méthode du TRV
Le succès de la lutte antiparasitaire dépend du choix, du dosage des produits phytosanitaires, du moment et
de la technique d’application.
Afin d’atteindre le maximum de précision dans l’application des produits phytosanitaires tout en respectant
l’environnement, les pulvérisateurs doivent être réglés chaque année en début de saison. Seuls des appareils fonctionnant parfaitement et adaptés à la culture permettent d’atteindre ces objectifs. Durant la saison,
les buses et les filtres doivent être régulièrement nettoyés et le pulvérisateur rincé proprement après chaque
utilisation.
Afin de garantir le maximum d’efficacité, le volume de bouillie et la quantité de produit doivent être adaptés à
la surface foliaire à traiter, indirectement déterminés par le volume de la haie foliaire, ou Tree Row Volume
(TRV). Cette méthode a été développée pour les arbres fruitiers à pépins et à noyau (Viret et al., 1999, Revue suisse Vitic., Arboric., Hortic. 31 (3), 1-12 suppl.).
Homologation, index phytosanitaire
et TRV
Les dosages, indiqués sur les listes des produits homologués
ou sur les emballages des produits en %, en l ou kg/ha, se
basent sur un volume de bouillie de 1600 l/ha pour des
applications à haut volume ou sur 400 l/ha (4 × concentré) pour des applications au turbodiffuseur. Cette quantité de produit est valable pour un TRV de 10 000 m3/ha.
Cette dose correspondant à l’homologation est définie comme le 100% dans le calcul du volume de bouillie adapté au
TRV. Sur le site Internet www.agrometeo.ch, un module
simple permet de faire ce calcul en indiquant la concentration ou la dose (en l ou kg/ha) homologuée figurant sur les
emballages des produits.
Marche à suivre pour l’arboriculteur

Déterminer le TRV après la taille d’hiver, avant le premier traitement. Cette valeur sert de base pour la période allant du débourrement au stade BBCH 69-71 (I-J,
fruit de la grosseur d’une noisette pour les arbres à pépins; fin floraison, chute physiologique des fruits pour les
arbres à noyau). Adapter la dose de produit et le volume
d’eau au TRV obtenu (www.agrometeo.ch).

Deuxième mesure du TRV au stade BBCH 69-71 (I-J).
Cette mesure est ensuite valable jusqu’au dernier traitement. Le TRV peut varier considérablement d’une parcelle à l’autre en fonction de l’âge des arbres, du système de taille, de la variété ou du porte-greffe. Il est
conseillé d’établir un tableau pour les différentes parcelles d’un domaine. Adapter la dose de produit et le
volume d’eau au TRV (www.agrometeo.ch).

Réglage du pulvérisateur selon la méthode Caliset
pour le volume de bouillie adapté au TRV:
– contrôler la vitesse d’avancement en chronométrant
le temps nécessaire pour parcourir une distance
mesurée,
Détermination du TRV pour les arbres à pépins et pour les vergers modernes d’arbres
à noyau (à gauche) et pour les arbres fruitiers à forme ouverte et buisson (à droite)
3,5 m x 1,6 m x 10 000 m2
= 14 000 m3/ha
4m
LARGEUR MOYENNE
2,2 m x 2/3 (2,8 m) x 10 000 m2
= 9500 m3/ha
4,5 m
LARGEUR MAXIMALE
(2/3 dans la formule)
1/2
HAUTEUR DE
LA COURONNE
HAUTEUR DE
LA COURONNE
1/2
DISTANCE INTERLIGNE
48
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 48-49, 2010
DISTANCE INTERLIGNE
P.-H. DUBUIS, H. HÖHN
Tableau 1. Détermination du volume de bouillie et de la quantité de produit par ha basée sur le volume des arbres traités
au turbodiffuseur (pulvérisateur à pression et jet projeté).
Volume des arbres
VERGER STANDARD:
distance interligne 3,5 m, hauteur haie foliaire 3,5 m,
largeur haie foliaire 1 m = 10 000 m3/ha.
La quantité de produit homologuée se base
sur ce volume d’arbres
VERGER EN PRODUCTION:
distance interligne 3,5 m, hauteur haie foliaire 2,5 m,
largeur haie foliaire 0,8 m = 5714 m3/ha,
arrondi 6000 m3/ha.
VERGER EN PRODUCTION (ÂGÉ):
distance interligne 4 m, hauteur haie foliaire 4 m,
largeur haie foliaire 1,5 m = 15 000 m3/ha.
ARBRES À NOYAU (p. ex. CERISIER):
distance interligne 5,5 m, hauteur haie foliaire 4,5 m,
largeur haie foliaire 2,8 m = 23 000 m3/ha.
Majoration de 10% pour vergers de > 17 000 m3/ha
Volume
de bouillie (l/ha)
4 × concentré
Quantité de produit
(kg/ha) calculée
sur la base du volume
de bouillie pour
un produit homologué
à 0,1% A*
Quantité de produit
(kg/ha) calculée
sur la base du volume
des arbres +/-1000 m3
= +/-5% B*»
10 000 m3 × 0,02 + 200 l
(400 l × 0,1% × 4 conc.)
10 000 m3 = 100%
= 400 l/ha
= 1,6 kg/ha (= 100%)
= 1,6 kg (= 100%)
6000 m3 × 0,02 + 200 l
(320 l × 0,1% × 4 conc.)
6000 m3 = 1,6 kg
- 20%
= 320 l/ha
= 1,28 kg/ha
= 1,28 kg/ha
15 000 m3 × 0,02 + 200 l
(500 l × 0,1% × 4 conc.)
15 000 m3 = 1,6 kg
+ 25%
= 500 l/ha
= 2,0 kg/ha
= 2,0 kg/ha
23 000 m3 × 0,02 + 200 l
+ 10%
(730 l × 0,1% × 4 conc.)
23 000 m3 = (1,6 kg + 65%)
+ 10%
= 730 l/ha
= 3,0 kg/ha
= 3,0 kg/ha
La quantité de produit peut être calculée sur la base du volume de bouillie (A*) ou sur la base du volume des arbres (B*). La quantité de produit et le volume de bouillie doivent
être respectés: le volume de bouillie définit la répartition dans la haie foliaire et la quantité de produit garantit l’efficacité.
– mesurer le débit des buses (l/min),
– calculer le volume total à pulvériser par ha et le comparer au volume désiré,
– en cas de divergences, changer de buses en respectant la pression optimale recommandée en fonction
du type de buse (pour les buses anti-dérive à induction d’air, la pression optimale se situe entre 10 et
14 bars, pour les buses normales, entre 5 et 10 bars,
voir le tableau Débit des buses p. 51).

Adaptation des déflecteurs et de l’angle des buses à
la culture
– Placer le pulvérisateur dans une ligne de la culture
– régler la buse la plus basse à la hauteur des
branches les plus basses. Selon le système de taille
et la configuration des arbres, la dernière buse doit
éventuellement être fermée
Volume d’air produit par la turbine
et vitesse d’avancement
L’air produit par le pulvérisateur sert au transport des gouttelettes et à leur bonne répartition dans le feuillage par la création de turbulences. Si le volume d’air produit est trop important,
les gouttelettes sont fragmentées en fines particules sujettes
à la dérive et la répartition sur le feuillage est inégale. A l’inverse, un volume d’air insuffisant empêche la bonne pénétration de la bouillie à l’intérieur de la couronne. C’est pour cette
raison que le volume d’air et la vitesse d’avancement (ne pas
excéder 5-6 km/h) doivent être adaptés en fonction des paramètres culturaux. La formule de Mauch permet de calculer le
volume d’air optimal produit par la turbine:
distance interligne (m) × hauteur
de la haie foliaire (m) × vitesse
d’avancement (m/h)
facteur de densité* (2-4)
= vol. d’air optimal (m3/h)
– orienter les autres buses de façon régulière
– mettre la turbine du pulvérisateur en marche après
avoir fixé à chaque buse un ruban ou un fil de laine,
corriger l’angle des déflecteurs en cas d’irrégularités
du courant d’air
– ouvrir les buses et observer visuellement la répartition de la bouillie dans le feuillage
– contrôler la répartition de la bouillie à l’aide de papier
hydrosensible: placer de chaque côté de la haie foliaire une latte en bois munie de papiers hydrosensibles,
dépassant d’environ 50 cm la hauteur des arbres
– pulvériser avec le réglage déterminé (vitesse, pression, volume de bouillie, etc.) en passant devant les
lattes
– juger de la qualité de la répartition dans la haie foliaire, si nécessaire corriger l’angle des buses et/ou
des déflecteurs.
*Facteur de densité = volume d’air que représente la couronne des arbres
qui doit être remplacé par le volume d’air produit par la turbine, facteur 2
pour des couronnes larges et denses, 3 pour les cultures de densité
moyenne et 4 pour les arbres de faible densité, à couronne étroite.
Une règle plus simple, basée sur l’expérience pratique,
consiste à dire que le volume d’air produit en m3/h ne
devrait pas être supérieur à 1,5 à 2 × le TRV.
Le volume d’air produit peut être mesuré à l’aide d’un anémomètre de poche (www.littoclime.com) à la sortie près des
buses en calculant la moyenne de différents points de mesures. Le volume d’air (m3/h) peut se calculer en mesurant la
surface de l’espace d’où l’air est projeté (= largeur x hauteur
en m), multipliée par la vitesse moyenne de l’air mesuré en
m/s. Le volume d’air produit par la turbine est également dépendant du nombre de tours par minute du moteur du tracteur, une possibilité supplémentaire de réglage à exploiter.
De plus, certains pulvérisateurs ont deux vitesses de
rotation de la turbine permettant une adaptation de l’air propulsé en fonction de la grandeur des arbres.
© AMTRA / VPS
49
Le Guide Arbo d’ACW
Les points essentiels de la méthode Caliset
●
Calcul de la vitesse
d’avancement
●
Détermination
du débit
des buses
●
Adaptation
des déflecteurs
et des buses
à la haie foliaire
(Représentations graphiques reproduites avec l’autorisation de la firme Syngenta, Bâle.)
50
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 50-51, 2010
P.-H. DUBUIS, H. HÖHN
Débit des buses en fonction de la pression
Le débit de chaque buse doit être mesuré
avec un cylindre gradué ou un débitmètre
= Débit identique pour types de buses différents
(même numéro) à pression identique
ALBUZ
Buses à jet conique ATR
Bars
lilas
brun
jaune
orange
rouge
vert
4
5
0,3
0,4
0,7
0,9
1,3
1,6
0,4
0,5
0,7
1,0
1,4
1,8
4
5
0,7
0,9
1,4
1,8
0,8
1,0
1,5
2,0
4
5
0,5
0,7
0,9
1,4
1,8
2,3
2,7
0,5
0,8
1,0
1,5
2,0
2,6
3,1
4
5
0,2
0,3
0,5
0,7
0,9
1,4
1,8
0,3
0,3
0,5
0,8
1,0
1,5
2,0
4
5
0,7
0,9
1,4
1,8
0,8
1,0
1,5
2,0
ALBUZ-80°
Buses à jet plat API
N° buse
80015
8002
8003
8004
Bars
vert
jaune
bleu
rouge
TEEJET-80°
Buses à jet plat XR
N° buse
8001
80015
8002
8003
8004
8005
8006
Bars
orange
vert
jaune
bleu
rouge
brun
gris
TEEJET
Buses à jet
conique TX
N° buse
800050
800067
8001
80015
8002
8003
8004
Bars
lilas
olive
orange
vert
jaune
bleu
rouge
TEEJET-DG 80 VS
Buses à jet plat
limitant la dérive
N° buse
80015
8002
8003
8004
Bars
vert
jaune
bleu
rouge
Buses anti-dérive
à induction d’air
Plage de pression optimale
ALBUZ AVI 80° à jet plat
LECHLER ID 90° à jet plat
TEEJET AI-EVS 95° à jet plat
N° buse
divers
divers
divers
Bars
orange
vert
jaune
4
6
0,4
0,5
0,8
1,1
1,5
1,9
7
0,4
0,6
0,9
1,1
1,6
2,1
8
0,5
0,6
0,9
1,2
1,7
2,2
9
0,5
0,6
1,0
1,3
1,8
2,3
10
0,5
0,7
1,0
1,3
1,9
2,4
11
0,5
0,7
1,1
1,4
2,0
2,6
12
0,6
0,7
1,1
1,5
2,1
2,7
13
0,6
0,7
1,2
1,5
2,2
2,8
14
0,6
0,8
1,2
1,6
2,2
2,9
15
16
0,6
0,8
1,2
1,6
2,3
2,9
0,7
0,9
1,3
1,8
2,5
3,2
6
0,8
1,1
1,7
2,2
7
0,9
1,2
1,8
2,4
8
1,0
1,3
1,9
2,6
9
1,0
1,4
2,0
2,7
10
1,1
1,5
2,2
2,9
11
1,1
1,5
2,3
3,0
12
1,2
1,6
2,4
3,2
13
1,2
1,7
2,5
3,3
14
1,3
1,7
2,5
3,4
15
16
1,3
1,8
2,6
3,5
1,4
1,8
2,7
3,6
6
0,6
0,8
1,1
1,7
2,2
2,8
3,4
7
0,6
0,9
1,2
1,8
2,4
3,0
3,6
8
0,7
1,0
1,3
1,9
2,6
3,2
3,9
9
0,7
1,0
1,4
2,0
2,7
3,4
4,1
10
0,7
1,1
1,5
2,2
2,9
3,6
4,3
11
0,8
1,1
1,5
2,3
3,0
3,8
4,5
12
0,8
1,2
1,6
2,4
3,2
4,0
4,8
13
0,8
1,2
1,7
2,5
3,3
4,1
4,9
14
0,9
1,3
1,7
2,5
3,4
4,3
5,1
15
16
0,9
1,3
1,8
2,6
3,5
4,4
5,3
0,9
1,4
1,8
2,7
3,6
4,6
5,5
6
0,3
0,4
0,5
0,8
1,1
1,7
2,2
7
0,3
0,4
0,6
0,9
1,2
1,8
2,4
8
0,3
0,4
0,6
0,9
1,3
1,9
2,6
9
0,3
0,4
0,7
1,0
1,3
2,0
2,7
10
0,3
0,5
0,7
1,1
1,4
2,2
2,9
11
0,4
0,5
0,7
1,1
1,5
2,3
3,0
12
0,4
0,5
0,7
1,2
1,5
2,4
3,1
13
0,4
0,5
0,8
1,2
1,6
2,5
3,3
14
0,4
0,5
0,8
1,2
1,7
2,5
3,4
15
16
0,4
0,6
0,8
1,3
1,7
2,6
3,6
0,4
0,6
0,8
1,3
1,8
2,7
3,6
6
0,8
1,1
1,7
2,2
7
0,9
1,2
1,8
2,4
8
0,9
1,3
1,9
2,6
9
1,0
1,4
2,0
2,7
10
1,1
1,4
2,2
2,9
11
1,1
1,5
2,3
3,0
12
1,2
1,6
2,4
3,1
13
1,2
1,6
2,5
3,3
14
1,3
1,7
2,5
3,4
15
16
1,3
1,8
2,6
3,6
1,4
1,8
2,7
3,6
pression optimale 10-14 bars,
angle de pulvérisation 80-95°
5
6
7
8
9 10 11 12 13 14 15 16
0,5 0,6 0,6 0,7 0,7 0,7 0,8 0,8 0,8 0,9 0,9 0,9
0,8 0,9 0,9 1,0 1,0 1,1 1,2 1,2 1,3 1,3 1,3 1,4
1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,5 1,6 1,7 1,7 1,8 1,9
Distribution ALBUZ: Ulrich Wyss, Bützberg, tél. 062 963 14 10; wysspumpen@bluewin.ch
Distribution ALBUZ et TEEJET: Fischer Nouvelle Sàrl, 1868 Collombey-le-Grand, tél. 024 473 50 92
Distribution LECHER: Franz Kuhn, Dintikon, tél. 056 624 30 20; franz.kuhn@gmx.ch
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51
Le Guide Arbo d’ACW
PRODUITS PHYTOSANITAIRES
Risques et précautions liés à leur utilisation
En arboriculture, l’utilisation des produits phytosanitaires est indispensable. Pour les producteurs, les enjeux
de l’application sont complexes et nécessitent la maîtrise de toute la démarche, du choix du produit à son application, en tenant compte des risques potentiels pour la santé humaine et l’environnement. L’origine des
pollutions liées aux produits phytosanitaires a fait l’objet d’une enquête réalisée par le CORPEN (Comité
d’orientation pour la réduction de la pollution des eaux par les nitrates) et l’agence de l’eau de Seine-Normandie sur près de 10 ans, révélant que plus de 70% des contaminations proviennent de manipulations
avant (60,7%) et après le traitement (16,6%) et que seulement 6% des contaminations accidentelles diffuses
surviennent durant les traitements. Quatre types d’effluents sont à l’origine de ces pollutions: les retours de bouillie non utilisée, les fonds de cuve, l’eau de rinçage des circuits de pulvérisation et des
cuves, ainsi que l’eau de nettoyage des parties extérieures. Ces pollutions accidentelles ponctuelles ou
chroniques sont intolérables et doivent à long terme être totalement évitées.
T+
T
Xn
Très toxiques
Toxiques*
Nocifs**
Produits chimiques qui,
même utilisés en très
petite quantité, peuvent
avoir des effets extrêmement graves sur la
santé ou être mortels.
Exemples: arsenic,
acide cyanhydrique
Produits chimiques qui,
utilisés en petite quantité, peuvent avoir des
effets graves sur la
santé ou être mortels.
Produits chimiques
pouvant avoir des
effets dangereux sur la
santé ou être mortels
à des doses plus
élevées.
Exemples: gaz
d’ammoniac, benzène
Exemple: iode
C
Xi
N
Caustiques
Irritants***
Produits chimiques
pouvant entraîner des
lésions très graves de
la peau, des yeux et
des muqueuses
Produits chimiques
provoquant un érythème ou une inflammation en cas de contact avec la peau, les
yeux et les muqueuses
Exemples: carbonate
de sodium, eau de javel
Exemple:
soude caustique
Dangereux
pour l’environnement
Produits chimiques
qui représentent
un danger pour
l’environnement.
Choix des produits
Seuls les produits officiellement homologués peuvent être appliqués. Les Offices fédéraux de l’agriculture (OFAG), de la santé publique (OFSP), de l’environnement (OFEFP) et le Secrétariat d’Etat
à l’économie (SECO) octroient les autorisations par l’attribution d’un
numéro de contrôle W... et BAG... figurant sur les emballages. La liste
de tous les produits autorisés (indications, dosages, etc.), la liste
des produits importables et la liste des délais d’écoulements des
stocks et d’utilisation est consultable à l’adresse www.blw.admin.ch
> Thèmes > Moyens de production > Produits phytosanitaires > Index
des produits phytosanitaires.
Les produits de protection des plantes (et les autres produits chimiques) actuellement dans le commerce doivent être identifiés avec
les symboles de danger européens (voir ci-dessus) et accompagnés
d’indications de dangers (Phrases-R) et de sécurité (Phrases-S; voir
http://www.cheminfo.ch/index_fr.php). Des prescriptions pour l’usage
et l’élimination sont établies et la responsabilité de l’usager est primordiale. Les produits mis sur le marché avant 2009 sont encore en
partie étiquetés selon les anciennes prescriptions. Ces produits ne
doivent plus être utilisés après 2010.
*
Produits chimiques cancérigènes, mutagènes et tératogènes des catégories 1 et 2
(prouvé chez l’homme, resp. indices suffisants) sont également identifiés par un T.
** Produits chimiques cancérigènes, mutagènes et tératogènes de la catégorie 3 (cause de
préoccupation; informations insuffisantes) sont également caractérisés par un Xn.
*** Cette catégorie comprend également les produits provoquant une sensibilisation
(allergie).
Stockage
䡵 Les produits phytosanitaires doivent être stockés dans leur
emballage d’origine.
䡵 Ils doivent être dans un local ou une armoire fermée à clef,
inaccessible aux enfants et aux animaux.
䡵 Les emballages doivent être fermés, à l’abri de l’humidité et
du gel, sur des rayonnages.
䡵 Les produits doivent être rangés par catégorie (fongicides,
insecticides, herbicides). Les liquides doivent être stockés
dans un bac de rétention.
䡵 Il est conseillé de tenir une liste et un inventaire du stock.
䡵 Un inventaire des stocks, des achats et de l’utilisation des
produits phytosanitaires est tenu.
52
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 52-53, 2010
P.-H. DUBUIS, H. HÖHN
Protection de l’utilisateur
La manutention des produits phytosanitaires génère des risques de
contamination (pesage, préparation de la bouillie, application, nettoyage). Afin de limiter au minimum les effets indésirables occasionnels ou chroniques sur sa santé, il convient de se protéger de
façon adéquate. Le port d’une combinaison de protection, de bottes,
de lunettes et de gants étanches est vivement recommandé. Des
produits particulièrement toxiques requièrent une protection du
visage ou le port d’un masque équipé de filtres. Le Service de
prévention des accidents dans l’agriculture (SPAA), Grange-Verney,
1510 Moudon (021 995 34 28, www.bul.ch) dispose d’informations
et vend du matériel de protection. Durant le travail avec des
produits phytosanitaires, il est recommandé de ne pas manger, ni
fumer ou consommer des boissons alcooliques. Les vêtements ou
la combinaison doivent être enlevés après l’application et lavés, les
mains et le visage soigneusement rincés avec de l’eau et du savon
et il est souvent préférable de se doucher.
Risques particuliers
L’utilisation de produits concentrés demande une attention
particulière: le risque de contamination de la peau par contact
et des voies respiratoires par inhalation est important. Le port
d’un masque de protection permet d’éviter ces problèmes.
suisse d’information toxicologique Zurich:
☞ Centre
tél. 145 ou 044 251 51 51, e-mail: info@toxi.ch
Préparation de la bouillie et permis pour l’application
des produits phytosanitaires
Toute personne appliquant des produits phytosanitaires doit être titulaire d’un permis. Le spectre d’action des produits, la
concentration (%), respectivement la quantité de produit (l ou kg/ha), le moment de l’intervention et les délais d’attente doivent
être respectés. Lors de la préparation de la bouillie, porter une combinaison de protection. La quantité de bouillie doit être
adaptée à la surface à traiter et ne peut pas être préparée à l’avance ou pour plusieurs jours. L’aire de préparation (local fermé
ou abri extérieur) doit permettre de peser ou de mesurer la dose du produit pour l’incorporer dans la cuve du pulvérisateur durant le remplissage. Un aménagement pour le stockage des emballages vides devrait être disponible à proximité. Pour les formulations liquides, rincer deux ou trois fois les bidons en plastique et verser le liquide de rinçage dans la cuve du pulvérisateur.
Protection des eaux
L’application de la bouillie ne peut être réalisée qu’avec un pulvérisateur parfaitement réglé et adapté à la culture. Le matériel de pulvérisation doit être régulièrement entretenu et contrôlé par l’utilisateur.
La méthode «Caliset» décrite dans ce guide permet de réaliser un
contrôle simple des principaux paramètres afin d’optimaliser l’application. Le tracteur devrait être équipé d’une cabine. Tout autre type
d’application exposant l’utilisateur nécessite le port d’une combinaison de protection intégrale, un masque, des lunettes et des bottes.
Les produits phytosanitaires sont interdits dans les zones de captage
de la nappe phréatique et des sources (zones S I), dans et à proximité de tourbières, d’eaux de surface (ruisseau, rivière, étang, lac),
dans les haies et les bosquets en bordure des champs. A proximité
des eaux de surface, une distance de sécurité minimale de 3 m doit
être respectée. Selon l’Ordonnance sur les paiements directs, les
parcelles PER (parcelles plantées après le 1.1.2008), cette distance
minimale est de 6 m. En fonction de leur toxicité, certains produits
sont homologués avec la remarque «distance de sécurité minimum
d’au moins 10 m des eaux de surface» ou «pas à proximité d’eaux
de surface». Des mesures peuvent être prises permettant de réduire
ces distances de sécurité à 6 m, comme l’utilisation de buses antidérives ou la séparation du verger par une haie de la hauteur de la
culture. Les filets anti-grêle recouvrant les parcelles empêchent complètement la dérive hors de la parcelle, à condition de retomber le
long des lignes en bord de parcelle. Pour réduire la distance de
sécurité de 20 à 6 m, une de ces mesures doit être prise, pour une
réduction de 50 à 6 m, les deux mesures doivent être remplies. Les
eaux stagnantes d’un étang sont plus sensibles aux pollutions diffuses que celles d’un cours d’eau ou d’un lac.
© AMTRA / VPS
53
Le Guide Arbo d’ACW
PRODUITS PHYTOSANITAIRES
Risques et précautions liés à leur utilisation
Mise en danger des abeilles
En arboriculture, la protection des abeilles est une priorité pour
assurer la bonne pollinisation des inflorescences. Les fongicides
homologués en arboriculture fruitière sont tous neutres pour les
abeilles. Certains insecticides peuvent par contre avoir un effet létal
sur les abeilles (figuré par le symbole
dans l’index phytosanitaire) et ne doivent pas être appliqués pendant la floraison des
arbres. Lorsqu’ils sont utilisés, les interlignes doivent être préalablement fauchés afin de supprimer les plantes en fleur, en particulier
le trèfle blanc et le pissenlit.
Une attention particulière doit être donnée aux traitements appliqués juste avant ou après la floraison (par exemple fénoxycarbe,
spirodiclofène). Ces produits peuvent être transportés par le vent
sur des cultures voisines en fleur, comme le colza, des pois protéagineux ou de la féverole infestés de pucerons, libérant du miellat,
très attractif pour les abeilles.
Les abreuvoirs à abeilles doivent être recouverts dans tous les cas
avant l’application.
Certains insecticides, comme la phosalone, sont neutres pour les
abeilles une fois que le produit a séché. Durant le traitement, de
fines gouttelettes peuvent cependant atteindre des abeilles en vol.
De ce fait, ces produits ne doivent pas non plus être appliqués
durant la floraison des arbres ou alors le soir, lorsque les abeilles
ne volent plus.
L’intoxication des abeilles est punissable et peut faire l’objet
de poursuites légales.
Protection du bétail et intoxication du lait
L’affourragement d’herbe souillée de résidus de traitement est interdit. Cette remarque s’applique en particulier aux vergers à hautetige à usage mixte. L’herbe doit être fauchée ou pâturée avant le
traitement des arbres. Après l’application d’un produit phytosanitaire, l’herbe contient des résidus, perd son appétence et peut nuire
à la santé du bétail. En respectant un délai d’attente d’au moins
trois semaines après le traitement, la repousse d’herbe peut être
séchée ou ensilée.
Risque indirect
En arboriculture fruitière, le dithianon (Delan) peut provoquer
des allergies cutanées chez les personnes sensibles. Après
pulvérisation de ce produit, éviter le contact direct avec les
feuilles et les fruits durant au moins 48 heures après le traitement. Si des travaux comme l’éclaircissage manuel sont absolument nécessaires avant ce délai, il est indispensable de porter des gants.
54
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 54-55, 2010
P.-H. DUBUIS, H. HÖHN
Gestion des déchets et des soldes
de bouillie
䡵 Les emballages des produits phytosanitaires ne doivent pas
être jetés, laissés sur place ou brûlés en plein champ, ni utilisés à d’autres fins. Les sacs en papier vide, les bidons
en plastique ou tout autre emballage doivent être remis au
service d’incinération des ordures.
䡵 Les produits phytosanitaires périmés ne devraient plus être
utilisés mais remis aux fabricants ou aux services cantonaux de collecte des toxiques.
䡵 A la fin du traitement, il ne devrait rester qu’un solde de
bouillie minime dans la cuve du pulvérisateur, correspondant au résidu technique contenu dans les tuyaux et la
pompe. Pour atteindre cet objectif, le calcul de la quantité
de bouillie nécessaire et le réglage du pulvérisateur doivent
être réalisés le plus précisément possible. Les éventuels
soldes de bouillie doivent être dilués à la parcelle et pulvérisés dans le verger mais en aucun cas épandu sur le sol
ou dans un écoulement.
Aire de lavage
䡵 Le rinçage du pulvérisateur doit être réalisé dans une aire
prévue à cet effet, permettant de récupérer les eaux contaminées. Le Valais est la seule région de Suisse équipée de
stations de lavage collectives «Epu-wash» et d’unités mobiles de traitement des eaux contaminées «Epu-mobil». Ce
concept simple mis sur pied par le bureau d’ingénieurs
Zamatec, à Conthey (tél. 027 346 44 36, www.zamatec.com),
permet d’éviter les principales sources de contamination de
l’environnement.
䡵 Le poste de lavage doit être muni d’une centrale à haute
pression, d’une aire bétonnée inclinée, d’un écoulement,
d’une citerne récupérant les eaux contaminées et d’un bac
de décantation. Les eaux usées décantées peuvent être canalisées vers une station d’épuration ou être traitées
séparément.
COMPLÉMENT
D’INFORMATION
ET DOCUMENTATION
Sur le thème «agriculture et environnement», six
feuillets ont été produits par le Service d’information
agrar de la Société suisse des industries chimiques
(SSIC), case postale 328, 8035 Zurich (044 368 17 11).
Ces documents didactiques indiquent les règles de base
à respecter lors de l’utilisation des produits phytosanitaires (élimination, entreposage, protection des eaux,
applications et machines, protection de l’utilisateur,
gestion des sols).
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55
Le Guide Arbo d’ACW
RÉGULATION DE LA CHARGE PAR
La régulation de la charge des arbres a pour objectif
principal d’obtenir une bonne floraison l’année suivante,
des rendements optimaux et réguliers et une bonne qualité interne et externe des fruits. Les différents produits
homologués en Suisse pour l’éclaircissage chimique
permettent au producteur d’adapter les stratégies
d’éclaircissage aux variétés.
Matières actives pour l’éclaircissage
chimique
L’efficacité de l’éclaircissage dépend des propriétés et des
conditions d’utilisation des matières actives. Les produits homologués dans le commerce se trouvent à la page 16 de
l’index phytosanitaire pour l’arboriculture.
䡵 α-naphthylacétamide (NAD) et acide α-naphthylacétique (ANA): le NAD est appliqué dès la chute des pétales
(3/4 des pétales tombés) jusqu’à cinq jours après la fin de la
floraison. Le dosage se situe entre 200 et 400 g/ha (formulation en poudre) et entre 1,0 et 3,5 l/ha (formulation liquide).
L’ANA est appliqué sur les fruits de 8-12 mm à raison de
2-3 kg ou 0,3-1,0 l/ha; son application plus tardive que le
NAD diminue l’effet inhibiteur de l’alternance. Les conditions
météorologiques influencent la capacité d’absorption des
feuilles, donc l’efficacité d’éclaircissage avec NAD et ANA.
Les conditions idéales d’application sont une humidité élevée, une température modérée (12-15 °C) et une absence
de vent, donc plutôt le matin tôt ou tard le soir. Lors de
conditions défavorables (sec, chaud, venteux), l’absorption
de matière active est trop faible, ce qui peut favoriser la
nouaison. Les auxines peuvent freiner la croissance des
branches et des fruits.
씰 Ethéphon: l’éthéphon peut être appliqué au stade ballon,
lors de la chute des pétales et jusqu’à 14 jours après la fleur
(fruits de 8-12 m). L’efficacité est fortement dépendante de la
température, l’optimum étant entre 18 et 22 °C. L’éthéphon
ne devrait pas être utilisé au-dessous de 15 °C et au-dessus
de 25 °C. L’efficacité de ce produit est visible lors des périodes de chute naturelle des petits fruits et lors de la chute
de juin. L’éthéphon peut conduire à un sur-éclaircissage, surtout en cas de hautes températures après l’application. Pour
les variétés difficiles à éclaircir et les variétés alternantes,
l’éthéphon est utilisé en complément aux traitements aux
auxines. Une application plus tardive permet de freiner la
croissance des branches, de favoriser la formation de bourgeons floraux et de réduire légèrement le calibre des fruits.
Risque de feu bactérien
– = sans + = avec
Stratégies pour la régulation de la charge sur pommier.
Matière active
Variétés faciles à éclaircir
Golden Delicious, Idared, Diwa, Topaz
Variétés alternantes
Elstar, Boskoop, Maigold, Fuji
Variétés à petits fruits
Rubinette, Gala (sans NAD), Diwa
56
Fleur
éthéphon: 0,3 l/ha
–
+
–
éthéphon
+
éthéphon
Variétés sensibles au NAD
Gala, Braeburn, Rubens
Variétés à gros fruits
Jonagold
Stade ballon
jusqu’à ouverture de la fleur centrale
Aucune matière active
homologuée
éthéphon
(si tendance à l’alternance)
–
+
–
éthéphon
+
éthéphon
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 56-57, 2010
A. WIDMER, D. CHRISTEN
ÉCLAIRCISSAGE CHIMIQUE
Ceci est un avantage pour les variétés à gros fruits et à
croissance vigoureuse. En raison du risque de roussissure,
l’éthéphon ne devrait pas être utilisé sur Golden.
씰 Benzyladénine (BA): la BA peut être appliquée sur fruits
de 7-15 mm (optimum 10-12 mm). Le dosage du produit
commercial MaxCel se situe selon les variétés entre 3,75 et
7,5 l/ha. Pour des conditions optimales d’application, à côté
d’une humidité relative élevée, la température devrait être
d’au moins 15 °C et atteindre 20-25 °C dans les 2-3 jours
suivants. En cas de températures inférieures, l’efficacité est
insuffisante. Les conditions météorologiques sont plus importantes que le stade phénologique (calibre des fruits). La
BA est une cytokinine synthétique qui favorise la division cellulaire, ce qui peut occasionner une faible augmentation du
calibre des fruits. L’effet éclaircissant a néanmoins beaucoup
plus d’influence sur le poids des fruits. L’application combinée de BA et d’ANA sur fruits de 10-12 mm a montré une
très bonne efficacité, parfois même trop forte. Au cours des
années, l’efficacité du mélange est beaucoup plus constante
qu’avec BA ou ANA en application seule. Par contre, en raison du risque de sur-éclaircissage avec une application
combinée, le dosage de BA et de ANA devrait être réduit.
Chute des pétales
Début de la chute des pétales jusqu’au
maximum 5 jours après fin floraison
NAD:
200-400 g/ha
1,0-3,5 l/ha
éthéphon: 0,3 l/ha
Stratégies d’éclaircissage
Les différentes matières actives offrent plusieurs stratégies
d’éclaircissage optimales et adaptées aux variétés. Le moment optimal pour l’éclaircissage chimique dépend des
conditions météorologique et est par conséquent généralement très court. C’est pourquoi il faut prendre en considération les variétés qui peuvent être traitées en même temps et
avec les mêmes dosages. Le tableau indique les groupes de
variétés et de stratégies possibles. Ce ne sont pas des recettes miracle valables dans tous les cas, mais des réflexions et des recommandations pour des variantes d’éclaircissage raisonnées. Dans chaque groupe de variétés, une
stratégie sans et avec risque de feu bactérien (pas de traitement au NAD à la chute des pétales) est indiquée.
On considère généralement que plus une variété a tendance
à alterner, plus il est important de réaliser un éclaircissage
précoce, avec éthéphon au stade ballon ou avec NAD (éventuellement combiné avec éthéphon) à la chute des pétales.
Les variétés à petits fruits sont à traiter assez tôt, tandis que
pour les variétés à gros fruits, un traitement tardif est mieux
adapté. Pour les variétés vigoureuses et à gros fruits, un traitement à l’éthéphon sur fruits de 10-12 mm a fait ses preuves.
Fruits de 10-12 mm
ANA:
2,0-3,0 kg/ha
0,3-1,0 l/ha
BA:
3,75-7,5 l/ha
éthéphon: 0,3 l/ha
NAD
ANA, BA, ANA + BA
NAD + éthéphon
ANA, BA, ANA + BA, éthéphon
(variétés vigoureuses ou à gros fruits)
ANA, BA, ANA + BA
NAD + éthéphon
éthéphon
ANA, éthéphon
NAD = 움-naphthylacétamide.
NAD
ANA = acide 움-naphthylacétique.
ANA, BA, ANA + BA
BA
= benzyladénine.
© AMTRA / VPS
57
58
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Actualités arboricoles
La sharka en Suisse: bilan et perspectives
Après près de trente ans sans sharka, la Suisse est à nouveau confrontée à la plus dangereuse virose des arbres à
noyau. Cette maladie est causée par le Plum pox virus,
considéré comme organisme de quarantaine dans toute
l’Europe et soumis à l’annonce et à la lutte obligatoire. En
2009, trente-neuf vergers infectés ont été répertoriés dans
onze cantons. L’épidémie se caractérise par un taux
d’infection relativement faible dans les vergers et par la
présence de plusieurs souches. Contrairement à la majorité
des pays infectés, il est encore possible d’enrayer la dissémination du virus en Suisse, et même de l’éradiquer,
moyennant une harmonisation des mesures de lutte. Une
meilleure gestion du matériel de propagation, des contrôles
réguliers au champ et l’utilisation de nouvelles variétés
constituent le meilleur rempart contre une réinstallation de
la sharka.
Les symptômes varient selon l’espèce ou la variété. Généralement, la maladie se manifeste par des taches chlorotiques
circulaires ou en arabesque sur les feuilles et les fruits pouvant évoluer en nécroses, un possible affaissement de la
chair du fruit et une réduction de la teneur en sucre des
fruits. Les noyaux d’abricotiers présentent également des
cercles plus clairs caractéristiques (fig. 2). Ces symptômes
A
B
Agent pathogène et symptômes
Découverte en Bulgarie dans les années 1920, la maladie de
la sharka, communément appelée variole des arbres à
noyau, est l’une des viroses les plus graves touchant les cultures de pruniers, abricotiers et pêchers. Le virus à l’origine
de la maladie, le Plum pox virus (PPV), est de type filamenteux (fig.1), de la famille des Potyviridae. Il est susceptible
d’infecter toutes les espèces de Prunus, cultivées, sauvages
ou ornementales.
C
Fig. 1. | Virions du Plum pox virus observés en microscopie électronique
(19 000 ×).
Fig. 2. | Symptômes de la sharka. (A) Eclairements au niveau des nervures secondaires et taches chlorotiques circulaires sur feuille de prunier; (B) affaissement de la chair du fruit sur Fellenberg; (C) taches circulaires, présentes dès le
durcissement du noyau de l’abricot.
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 65-67, 2010
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s’accompagnent généralement d’une chute importante du
rendement, qui s’explique par deux phénomènes:
● la chute prématurée des fruits sur les arbres infectés. Chez
les variétés particulièrement sensibles, les fruits sont impropres à la consommation et à la vente.
niers sites de production encore indemnes sont l’Australie,
la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et la Californie. En
Europe, le virus est considéré comme très rare ou éradiqué
en Belgique, au Danemark, aux Pays-Bas, en Suède et en
Estonie.
Les coûts directs et indirects liés à la lutte contre la sharka
au cours des trente dernières années dans le monde sont estimés à plus de 15 milliards de francs suisses (Cambra et al.,
2006).
Transmission
Diagnostic
La dissémination du virus se fait sur de longues distances
par du matériel végétal infecté du genre Prunus destiné à la
plantation, tandis que les pucerons disséminent la maladie
au sein des vergers. Les insectes vecteurs sont différents pucerons de la famille des aphididés, tels que le puceron vert
du prunier (Brachycaudus helichrysi Kalt.) ou le puceron vert
du pêcher (Myzus persicae Sulz.). La transmission par puceron est non persistante: après trois heures environ, celui-ci
n’est plus en mesure de transmettre le virus à un nouvel
hôte. Ainsi, la dissémination de la maladie par les insectes se
borne à quelques kilomètres au maximum et dépend en
grande partie de la densité de pucerons et des conditions
météorologiques. Une fois infecté, l’arbre ne dépérit pas immédiatement et reste incurable, se convertissant en source
infectieuse pour les plantes-hôtes voisines.
La maladie ne peut pas se transmettre lors de la coupe, par
contact foliaire ou racinaire entre arbres voisins et le sol ne
peut pas servir de réservoir pour le virus.
La recherche a permis de mettre au point différentes méthodes de détection du virus afin de faciliter la lutte et de
mieux contrôler le matériel de propagation. Les techniques
sont diverses, allant de la microscopie électronique aux méthodes biologiques, sérologiques ou moléculaires. Il a ainsi
été possible de découvrir l’existence, au sein même de la
population de PPV, de différentes souches présentant des
caractéristiques biologiques et épidémiologiques variables,
notamment au niveau de l’agressivité, de la transmissibilité
par les pucerons ou de la symptomatique. A ce jour, six différents types ont été décrits et caractérisés (Candresse et
Cambra, 2006).
● une diminution de la photosynthèse due aux décolorations foliaires et aux pertes métaboliques engendrées par
la réplication du virus et par la défense de la plante;
Présence de la maladie dans le monde
Découverte en Bulgarie, la sharka s’est progressivement
étendue à toute l’Europe du sud-ouest entre 1920 et 1950.
Aujourd’hui, elle est présente en Europe (Scandinavie comprise), ainsi que dans tout le bassin méditerranéen, au
Proche- et au Moyen-Orient. De plus, elle a été reportée en
Inde, en Amérique du Nord et du Sud (fig. 3). Le virus est
considéré comme endémique depuis de nombreuses années
dans plusieurs régions où des espèces sauvages sont touchées, empêchant toute possibilité d’éradication. Les der-
Moyens de lutte
Le Plum pox virus a le statut d’organisme de quarantaine
dans toute l’Europe et est soumis à l’annonce (auprès du
service phytosanitaire régional compétent) et à la lutte obligatoire. Il existe plusieurs moyens de lutte contre la sharka.
Dans les zones encore exemptes, une prévention associée à
des contrôles réguliers au champ et à l’acquisition de matériel de propagation sain constitue certainement l’option la
moins coûteuse. Dans les zones fortement touchées, certaines variétés tolérantes permettent d’assurer une production régulière, même si la propagation du virus reste
possible. C’est ainsi que des variétés traditionnelles intéressantes mais sensibles (p. ex. Fellenberg) sont menacées de
disparition à moyen terme. En outre, plusieurs variétés
considérées initialement comme tolérantes s’avèrent de plus
en plus sensibles, ce qui impose un changement de cultivar.
Fig. 3. | Distribution de la maladie de la sharka
dans le monde. Points: présence généralisée;
cercles: présence limitée à quelques régions (le
rouge indique un rapport national et le vert une
étude sub-nationale d’après l’OEPP, 19.9.2006).
66
Une autre possibilité consiste à produire des variétés hypersensibles au virus, comme la variété de prunier allemande
Jojo, sur lesquelles le virus ne peut se développer, limitant
ainsi toute propagation de la maladie (les cellules infectées
meurent rapidement, ce qui préserve l’arbre d’une infection
systémique). L’application à long terme de cette stratégie
nécessiterait alors une diversification de l’assortiment variétal hypersensible pour répondre aux besoins du marché, et
un renouvellement complet des variétés. Une solution intermédiaire pourrait être l’utilisation de porte-greffe hypersensibles. Cela contribuerait à conserver les variétés traditionnelles tout en empêchant la propagation de la maladie.
En effet, les arbres infectés ne survivent pas et dépérissent
rapidement.
En outre, des variétés génétiquement modifiées résistantes
au virus ont été développées. Leur utilisation pourrait être
envisagée après une analyse de risques.
Situation 2009 en Suisse
La Suisse n’a pas été épargnée par le virus et a essuyé une
première épidémie dans les années 1960. Des mesures de
lutte adéquates ont permis d’éradiquer la maladie en une
dizaine d’années, mais de nouveau cas ont été répertoriés
dès la fin des années 1990 après un allègement des restrictions d’importation. Depuis 2003, de nombreux foyers ont
été découverts et une analyse de la situation a été demandée par l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG).
En 2009, trente-neuf vergers et cinq jardins privés de pruniers, d’abricotiers ou de pêchers dans onze cantons se sont
avérés positifs au PPV. Au sein des parcelles, le pourcentage
d’arbres infectés est en moyenne inférieur à 10%. L’analyse
a également révélé la nécessité de procéder à des contrôles
visuels et à des tests de laboratoire. En effet, bien que la
plupart des variétés expriment clairement les symptômes caractéristiques de la maladie, ce n’est pas le cas pour certaines
variétés tolérantes ou pour des arbres trop jeunes (moins de
deux ans en champ), porteurs latents de la maladie.
Les analyses moléculaires ont mis en évidence pour la première fois en Suisse alémanique la présence sur prunier de
souches virales de type M dans deux vergers. Toutes les
autres souches analysées ont été classées dans le type D.
Etant donné la présence encore limitée de la sharka en
Suisse et l’importance de certaines variétés traditionnelles,
l’arrachage des arbres malades et le contrôle efficace du
matériel de propagation sont les solutions les plus raisonnables pour éradiquer le virus. Les efforts entrepris jusqu’en
2008 pour limiter la propagation du virus n’ont pas abouti,
si bien que des mesures plus sévères sont nécessaires. Ces
dernières sont consignées au sein de la Directive No 5 de
l’Office fédéral de l’agriculture, en cours de préparation
(cf. encadré).
Une fois les foyers éliminés, reste la question de l’acquisition
de matériel de propagation sain. Les principaux pays producteurs en Europe étant touchés plus ou moins durement
☞ Directive No 5 sur la lutte
contre la sharka (en préparation)
La directive s’adresse aux services phytosanitaires cantonaux, responsables de l’application des mesures de lutte
lors de l’apparition d’organismes de quarantaine. La
directive No 5 tend à harmoniser les contrôles et les mesures de lutte pour tous les cantons avec comme objectif
l’éradication de la sharka en Suisse.
Quelques points principaux de la directive:
● Les arbres malades doivent être arrachés ainsi que
tous les autres arbres susceptibles dans un rayon
défini.
●
Au-delà d’un certain taux d’infection, le lot entier
doit être arraché. L’âge du lot détermine le pourcentage limite d’infection pour l’arrachage complet du
lot.
●
Si de nouveaux cas sont constatés dans les trois
années suivant l’arrachage, le lot entier doit être éliminé. Les contrôles sont affaire des cantons et des
producteurs.
par la sharka, les pépinières suisses pourraient offrir les
meilleures garanties sanitaires dans le futur. A celles-ci de
jouer la carte de la transparence et de proposer des variétés
satisfaisant aux besoins du marché. Comme la production de
plants suisses certifiés peut difficilement concurrencer les
prix pratiqués par les pays voisins, il revient aux producteurs
de choisir entre l’investissement pour une production locale
sûre ou le risque de voir réapparaître le virus dans les vergers, avec son lot de conséquences néfastes.
Olivier PUTALLAZ, Isabelle KERAUTRET, Markus BÜNTER,
Beatrix BUCHMANN, Carole BALMELLI et Sébastien BESSE,
Agroscope Changins-Wädenswil ACW
Pour en savoir plus...
Office fédéral de l’agriculture, 2010. Directive No 5 (en préparation sur www.sharka.
info-acw.ch).
Agroscope 2010. Protection phytosanitaire, Description des organismes de quarantaine:
sharka. Adresse: http://www.agroscope.admin.ch/index_phytosanitaire/02224/02239/
02241/index.html?lang=fr
OEPP, 2010. Liste A2 des organismes de quarantaine de l’Organisation européenne et
méditerranéenne de protection des plantes (OEPP). Adresse: http://www.eppo.org/
QUARANTINE/listA2.htm.
Cambra M., Capote N., Myrta A. & Llácer G., 2006. Plum pox virus and the estimated
costs associated with sharka disease. Bulletin OEPP/EPPO 36, 202-204.
Candresse T. & Cambra M., 2006. Causal agent of sharka disease: historical perspective
and current status of Plum pox virus strains. Bulletin OEPP/EPPO 36, 239-246.
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 65-67, 2010
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Actualités arboricoles
Dernières nouvelles du feu bactérien
Le feu bactérien (Erwinia amylovora) est une dangereuse
bactériose qui peut occasionner de graves dégâts économiques dans les vergers commerciaux, les pépinières et les
vergers à haute-tige. Tout cas suspect doit obligatoirement
être annoncé au service cantonal concerné.
Plantes-hôtes
En plus des pommiers, poiriers et cognassiers, le feu bactérien peut s’attaquer aux plantes sauvages et ornementales
suivantes: aubépine (Crataegus sp.), toutes les espèces de
sorbiers, par exemple le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) et l’alisier (S. aria), l’amélanchier (Amelanchier sp.),
les cotonéasters, le buisson ardent (Pyracantha), le cognassier du Japon (Chaenomeles), Photinia davidiana, Stranvaesia davidiana, le néflier du Japon (Eriobotrya japonica) et le
néflier (Mespilus germanica).
Premiers symptômes sur la variété Jonagold (19.5.2009. Photo E. Holliger, ACW).
Plantes interdites
Symptômes
Depuis le 1er mai 2002, une ordonnance suisse interdit la
production et l’importation de Cotoneaster et de Photinia
davidiana. Certains cantons ont étendu cette interdiction à
d’autres plantes-hôtes du feu bactérien.
L’infection apparaît souvent au niveau des fleurs. Les bouquets floraux meurent. Les feuilles brunissent depuis le
pétiole, montrent un triangle brun typique et restent attachées aux pousses. Les jeunes fruits prennent une couleur
brun-noir et un aspect légèrement ridé. La maladie peut se
développer rapidement sur les jeunes pousses et les
branches. Des décolorations rouge-brun à brun foncé sont
visibles sous l’écorce. En automne, la maladie peut aussi se
déclarer sur les porte-greffes. Des décolorations rouge-brun
à brun foncé sont visibles sous l’écorce. Les jeunes pousses
Dissémination
La dissémination à large échelle se fait surtout par du matériel végétal infecté. A plus petite échelle, la maladie se
transmet aux plantes saines par les insectes, le vent, la pluie,
la grêle, les oiseaux et l’homme.
Communes touchées
par le feu bactérien
en 2009.
Informations actuelles et complètes au sujet du feu bactérien
sur www.feubacterien.ch
● Actualités du feu bactérien
● Pronostic des infections florales
● Communes atteintes par le feu
bactérien
● Développement de la maladie
en Suisse
● Zones contaminées
● Zones d’interdiction de déplacement d’abeilles
● Stratégies de lutte
● Plantes-hôtes
● Fiches techniques
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 69-71, 2010
69
Symptômes sur poiriers dans un verger résultant d’une attaque l’année précédente (2.6.2009. Photo E. Holliger, ACW).
attaquées prennent une forme de crosse typique. Sur les organes malades, des gouttelettes jaunâtres d’exsudats bactériens peuvent être observées.
Mesures et lutte
Depuis 1996, l’interdiction de déplacer les ruches est en vigueur. Depuis 1999, les régions fortement touchées ont été
décrétées zone contaminée; dans cette zone, la stratégie de
lutte ne vise plus l’éradication du pathogène, mais son enrayement, c’est-à-dire que l’ablation des branches malades
peut être pratiquée. Une zone protégée pour la commercialisation de matériel de pépinière a été définie; dans cette
zone, seul le matériel atteignant les plus hauts standards de
sécurité peut être utilisé (passeport phytosanitaire Zp-b2).
La zone contaminée et la zone protégée sont actualisées
chaque année sur la base de l’évolution de la situation. Les
stratégies de protection pour toute la Suisse ont été introduites dans la Directive fédérale no 3 sur la lutte contre le
feu bactérien de juin 2006.
Dans les vergers ayant subi une attaque de feu bactérien
l’année précédente, ou si une attaque de feu bactérien a
été observée dans les alentours, un traitement de débourrement au cuivre (10)1 est recommandé. Les produits Myco-Sin
(12), Biopro (12), Serenade WPO (12) et BlossomProtect (12)
sont homologués avec une efficacité partielle. Toutes ces
préparations doivent être appliquées préventivement.
● Application de Myco-Sin: dès le stade ballon jusqu’à la fin
de la floraison à intervalles de cinq jours.
● En cas d’utilisation de Biopro et de Serenade WPO,
chaque fleur doit être protégée. Moment de traitement
recommandé: 1er traitement à 10% de fleurs ouvertes,
1
70
Les numéros entre parenthèses renvoient aux classes de produits décrites dans
l’Index phytosanitaire pour l’arboriculture.
Infection sur poiriers après une averse de grêle (17.6.2009. Photo E. Holliger,
ACW).
puis tous les cinq jours jusqu’à l’ouverture de toutes les
fleurs. Le traitement Biopro doit impérativement être effectué lors de températures moyennes d’au moins 15 °C et
à un volume de 800 l/ha. Pour Serenade WPO, la température doit se situer entre 5 et 25 °C.
● BlossomProtect: le traitement n’est utile que dans les
deux jours précédant une infection potentielle. Lorsqu’il y
a plusieurs jours d’infection consécutifs, appliquer le traitement tous les deux jours. BlossomProtect peut augmenter le roussissement des fruits des variétés sensibles. La
miscibilité avec des fongicides est limitée et, en cas
d’utilisation de fongicides de contact (lutte contre la tavelure), un délai d’attente doit être respecté.
● Un régulateur de croissance (Regalis) est homologué
contre les infections secondaires. Deux applications sont
recommandées. Appliquer le premier traitement quand
les tiges ont entre trois et cinq feuilles complètement développées. Un second traitement est préconisé après trois
à cinq semaines. Ne pas mélanger avec des engrais foliaires à base de calcium (appliquer deux jours avant). Un
délai d’attente d’au moins deux jours est recommandé
entre l’application du Regalis et une autre application
avec des produits utilisés pour l’éclaircissage de la récolte
et la diminution de rugosité des fruits.
Les jours de grand risque d’infection, il convient de renoncer
ou de repousser les traitements phytosanitaires demandant
de grands volumes d’eau.
☞
Renseignements complémentaires: fiches ACW 709
(Myco-Sin), 710 (Biopro), 711 (Cuivre) et 712 (Serenade
WPO), 713 (Regalis) et 714 (BlossomProtect).
☞ Evolution de la maladie en Suisse
●
●
●
Procédure lors de cas suspects
Producteur
佡 Ne pas toucher: pas de prise d’échantillons douteux
(risque de dissémination).
佡 Informer immédiatement le service cantonal concerné
(adresses et numéros de téléphone en page 5).
●
●
●
佡 Communiquer le lieu, la parcelle, la plante-hôte et les
symptômes.
●
佡 Prendre uniquement les mesures de lutte fixées par les
services cantonaux responsables du feu bactérien.
●
佡 Ne prendre aucune mesure de lutte personnelle.
Canton
佡 Contrôle immédiat sur place.
佡 En cas de doute extrême, prise d’échantillon et envoi à:
Agroscope Changins-Wädenswil ACW, laboratoire feu
bactérien, CP, 8820 Wädenswil.
●
Mesures en cas d’attaque
佡 Les organes compétents décident des mesures à prendre.
L’expérience montre que les plantes ou parties de plante
attaquées doivent être détruites et brûlées le plus rapidement possible, car de tels foyers peuvent engendrer de
nouvelles attaques.
●
佡 Contrôle des environs par des experts.
Mesures d’hygiène et désinfection
Le danger de dissémination du feu bactérien par l’homme
est important. Les exsudats bactériens peuvent facilement
se disséminer en restant collés aux mains, aux outils ou aux
vêtements. Des mesures d’hygiène spécifiques sont nécessaires dans les domaines ou le feu bactérien a été observé et
dans les endroits où l’on travaille avec des plantes et où le
risque de feu bactérien existe.
Lors de changements de place de travail ou de travaux de
taille sur des plantes-hôtes du feu bactérien, il faut désinfecter les outils:
佡 plonger les ciseaux, sécateurs, couteaux dans du Gigasept
Instru AF 4% ou de l’éthanol à 70% pendant trente minutes;
佡 désinfecter les scies à la flamme ou les sprayer avec du
Gigasept Instru AF 7%;
佡 se laver et désinfecter ses mains plusieurs fois avec du
Sensiva ou du Sterillium;
1989: premier foyer de feu bactérien en Suisse.
1994 et surtout 1995: première infection florale importante en verger. 1998/1999: attaque sur des
arbres hautes-tiges dans des parcelles situées en altitude.
2000: dégâts massifs dans des vergers commerciaux
de Suisse orientale et centrale.
2001: importants dégâts sur Cotoneaster dammeri.
2003: augmentation des dégâts dans les vergers
hautes-tiges.
2005: très importante attaque sur poiriers hautestiges dans les cantons de Saint-Gall et Lucerne; fortes
attaques régionales sur pommiers.
2006: peu de dégâts dans les vergers commerciaux.
Quelques centaines de poiriers hautes-tiges touchés.
2007: très importants dégâts dans les vergers commerciaux, les vergers hautes-tiges et les pépinières.
Plus de 125 ha de vergers commerciaux ont été arrachés. En automne, on observe pour la première fois
d’importants dégâts sur porte-greffes. Premiers dégâts sur fruits à pépins dans le canton de Vaud (pommier, poirier et cognassier dans des jardins familiaux). Première observation de la maladie dans les
cantons d’Obwald et Uri.
2008: les dégâts dans les vergers commerciaux et sur
les arbres hautes-tiges sont beaucoup moins importants qu’en 2007. Première utilisation restrictive de
la streptomycine.
2009: presque tous les vergers de poiriers et beaucoup d’arbres hautes-tiges ont fini de fleurir avant
les premiers jours de l’infection. Dans l’ensemble,
très peu de dégâts. Dans les vergers de pommiers,
traitement au cas par cas à la streptomycine. E. amylovora est identifé pour la première fois en Valais, en
plaine (Cotoneaster salicifolius à Conthey et Saillon).
佡 sprayer ses chaussures avec du Gigasept Instru AF 7% ou
les laver à l’eau chaude et changer d’habits de travail
(lavage à 60 °C min.).
☞
Renseignements complémentaires: fiches ACW 705
(mesures d’hygiène).
Eduard HOLLIGER
Agroscope Changins-Wädenswil
☞ Fournisseurs de produits désinfectants
●
●
●
Gigasept Instru AF: Landi.
Sensiva: Landi, pharmacies, drogueries.
Sterillium: drogueries.
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 69-71, 2010
71
72
Actualités arboricoles
Confirmation de la présence de Monilia fructicola
en Valais
Monilinia fructicola (anamorphe Monilia fructicola) fait partie des organismes de quarantaine. Il a été découvert en
Suisse (Valais) pour la première fois dans un verger en 2008
et sa présence s’est confirmée en 2009.
Tout comme M. laxa et M. fructigena, les deux espèces européennes de moniliose, M. fructicola peut infecter les
pousses, les fleurs et les fruits des arbres à noyau et à pépins
et provoquer des symptômes similaires (dessèchement des
fleurs et des rameaux et pourrissement caractéristique dû
au genre Monilia). Mais, contrairement à M. laxa et M. fructigena, la reproduction sexuée joue, dans certaines régions
du monde, un rôle important dans le cycle de vie de M. fructicola. Cela lui permet de se recombiner génétiquement et
accroît ses facultés d’adaptation, notamment les risques
d’apparition de résistance à certains fongicides. M. fructicola
peut se développer à des températures plus basses que M.
fructigena et M. laxa et peut donc infecter les inflorescences
et les rameaux à un stade plus précoce (Bosshard et al.,
2006). Les symptômes causés par M. fructicola ne peuvent
pas être différenciés à l’œil nu de ceux de M. laxa: les
mêmes pustules grises apparaissent à la surface des fruits
contaminés, renfermant des millions de conidies en forme
de citron disposées en chaînes (fig.1). Les pustules produites
par M. fructigena sont en revanche de couleur beige. Pour
déterminer clairement les trois espèces, une identification
en laboratoire par PCR est indispensable (fig. 2).
A
B
Présence de M. fructicola en Suisse
C’est en France, dans la vallée du Rhône, lors d’un suivi de
routine en 2001, que M. fructicola a été découvert pour la
première fois en Europe. En 2003, ACW a examiné 42 fruits
à noyau importés de France, d’Italie, d’Espagne, des USA et
de Turquie (cf. encadré). Cinq fruits contaminés par M. fructicola provenant de France et des USA ont été découverts.
Parallèlement, 71 échantillons issus de vergers suisses ont
été analysés et aucun ne contenait M. fructicola (Schärer et
al., 2003). Un second suivi a été réalisé en Suisse en 2005 sur
165 fruits à noyau, provenant de treize cantons, sans mettre
en évidence la présence de M. fructicola (Bosshart et al.,
2006). Dans l’intervalle, les rapports sur la découverte de
nouveaux foyers se sont multipliés en Europe. En 2008, un
nouveau suivi a été effectué dans des vergers de fruits à
noyau; l’action s’est concentrée sur le Valais, car ce canton
gros producteur de fruits à pépins et à noyau est proche de
Fig. 1 | (A) Chaînes de conidies de Monilia laxa. (B) Momie d’abricot infesté
par deux différentes espèces de Monilia (gauche: pustules grises de M. laxa;
droite: pustules beiges de M. fructigena).
Fig. 2 | Résultat de la méthode de biologie moléculaire appliquée à 19 fruits
momifiés issus d’un verger contaminé. Les échantillons 2, 3, 4, 7, 8, 14 et 15
sont infectés par M. fructicola, les échantillons 1, 13, 16 et 17 par M. laxa et
tous les autres échantillons par M. fructigena. L’échantillon 7 présente deux
bandes, ce qui signifie qu’il est atteint par M. fructicola et M. fructigena.
Le: échelle de taille; L: témoin positif de M. laxa; G: témoin positif de M. fructigena; C: témoin positif de M. fructicola; W: témoin négatif; 1 à 19: échantillons testés.
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 42 (1): 73-74, 2010
73
la France, et de ce fait plus exposé. Sur 222 abricots testés,
dix fruits provenant du même verger étaient infectés par
M. fructicola (Patocchi et al., 2009). L’opération a été reconduite en 2009 avec l’analyse d’environ 700 échantillons provenant de 22 vergers en Valais, et cette fois neuf vergers
contaminés ont été mis en évidence. Officiellement, selon
l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (EPPO), M. fructicola est présente en
2009 en Espagne, Italie, Tchéquie, Autriche (éradiqué), en
France et en Suisse.
☞ Historique de la présence
de Monilia fructicola en Suisse
●
2001: M. fructicola est découverte pour la première
fois en Europe, en France dans la vallée du Rhône.
●
2003: Analyse de 71 échantillons provenant de différents vergers suisses; tous négatifs.
Détection de M. fructicola pour la première fois en
Suisse sur des fruits (abricot et nectarine) importés
de France et des USA.
Diversité et provenance possible des souches
découvertes en Valais
●
2005: Analyse de 165 échantillons provenant de différents vergers suisses; tous négatifs.
Dans le but d’analyser la diversité génétique des différents
isolats de M. fructicola obtenus en 2008 et 2009 et aussi de
déterminer leur provenance possible, cinq marqueurs microsatellites (SSR) ont été développés. La grande variabilité
entre souches du nombre de répétitions d’une séquence
simple d’ADN permet de différencier ces isolats et de les
grouper en génotypes. La diversité génétique de 103 isolats
de référence provenant des USA et des pays d’Europe a été
analysée. Quarante-cinq génotypes différents ont été identifiés sur les 55 isolats américains, et 15 génotypes sur les
48 isolats européens. En Valais, sur 71 isolats obtenus en
2008 et 2009, seuls huit génotypes ont été différenciés. Ces
génotypes correspondent à cinq souches de France, une
souche italienne, une souche des USA (présente en France et
en Espagne aussi) et une souche nouvelle détectée au cours
de cette étude uniquement en Suisse. En tenant compte des
flux de fruits et de matériel végétal, les souches détectées
en Valais proviennent vraisemblablement d’Italie, de France
et/ou d’Espagne. La diversité génétique des souches isolées
s’explique certainement par des introductions multiples,
mais aussi en partie par une possible reproduction sexuée
de M. fructicola. Les deux hypothèses devront être évaluées
au cours de travaux complémentaires.
●
2008: Analyse de 222 échantillons provenant de différents vergers valaisans; un verger contaminé.
●
2009: Analyse d’environ 700 échantillons provenant
de 22 vergers valaisans; neuf vergers sont contaminés.
En France, la stratégie de lutte (selon l’Arrêté du 3 avril 2002
relatif à la lutte contre Monilia fructicola) comporte différentes mesures, parmi lesquelles:
● des traitements fongicides obligatoires au moment de la
floraison et avant la récolte, en veillant à une bonne gestion des matières actives pour éviter le développement de
résistances;
● l’enlèvement de tous les fruits momifiés restant sur les
arbres et des rameaux atteints par enfouissement;
● la désinfection de l’ensemble du matériel de récolte avant
réutilisation afin de minimiser les risques de propagation.
Comme il est impossible de différencier M. fructicola de
M. laxa sans tests de laboratoire, il est extrêmement important de lutter efficacement contre tous les types de moniliose
afin de limiter leur impact.
Pierre-Henri DUBUIS et Andrea PATOCCHI
Agroscope Changins-Wädenswil
Stratégie de lutte
Les rameaux atteints et les fruits momifiés doivent être éliminés lors de la taille. La lutte chimique se fait avec les
mêmes matières actives et avec le même plan de traitement
pour les trois espèces. M. fructicola étant un organisme de
quarantaine dans les pays de l’UE, la lutte y est obligatoire.
En Suisse, à l’heure actuelle, la stratégie qu’il convient
d’appliquer est en phase d’étude. Le Service phytosanitaire
fédéral déterminera avec les services phytosanitaires cantonaux la stratégie de lutte à adopter. En Valais, dans le verger contaminé en 2008, des mesures d’hygiène ont été
prises durant l’hiver 2009 avec l’élimination des fruits momifiés, des rameaux atteints et des chancres. La lutte chimique
en 2009 a comporté un traitement au débourrement (pointe
rouge) avec du cuivre, suivi de traitements avec alternance
stricte des classes de matières actives durant la fleur et le
reste de la saison.
74
Pour en savoir plus...
Bossard E., Hilber-Bodmer M., Schwaller F. & Bünter M., 2006. Quarantänekrankheit
Monilia fructicola. Schweiz. Z. Obst-Weinbau 1, 23-24.
Patocchi A., Bünter M., Gerber A. & Hilber-Bodmer M., 2009. Première apparition de
Monilinia fructicola dans un verger de fruits à noyau en Suisse. Revue suisse Vitic.,
Arboric. Hortic. 41 (2), 113-116.
Schärer H.-J., Bosshard E. & Hilber-Bodmer M., 2003. Quarantäneschädling Monilia
fructicola, neu in Europa: eine Gefahr auch für den schweizerischen Obstbau?
Schweiz. Z. Obst-Weinbau 23, 4-6.
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