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Réseaux de veille
et de prévention
des risques
professionnels
en PACA
La
Prévention en Action
Pour la santé des salariés et des entreprises.
■ ÉVALUER POUR PRÉVENIR,
Qu’est-ce-que-c’est ? p.3
■ ÉVALUER POUR PRÉVENIR
Pourquoi ? p.4
Les 5 raisons pour agir
■ ÉVALUER POUR PRÉVENIR
Comment ? p.6
Les 5 clés pour réussir
■ LES
5
ETAPES
DE LA DÉMARCHE PRÉVENTION p.10
■ ÉVALUER POUR PRÉVENIR
Avec qui ? p.20
Joailliers Bijoutiers, Horlogers,
Orfèvres de la Côte d’Azur
Les
C M T I
bijouteries :fabrication-vente
Les Bijouteries :fabrication-vente
Prévention en action
La
Edito
La prévention des risques professionnels et l'amélioration des conditions
de travail participent a la valorisation des métiers et au maintien
d'emplois de qualité. Cette démarche active et volontaire facilite l'accès
à l'emploi, augmente le bien-être collectif et améliore la performance des
entreprises. Elle constitue par ailleurs un enjeu fondamental, à un moment
où les accidents du travail et les maladies professionnelles représentent
une charge économique considérable, tant pour les entreprises que pour la
collectivité, au travers notamment des dépenses d'indemnisation et de
l'impact social et humain, parfois dramatique, qu'ils engendrent.
Une politique de prévention dynamique, qui reste pour l'essentiel a
construire, doit permettre d'améliorer de façon significative la situation
dans l'entreprise.
Durant plusieurs mois, dans le département des Alpes Maritimes, des
professionnels de la bijouterie - fabrication et vente - ont accepté que,
dans leurs établissements, soit engagée une démarche d'évaluation. Celle-ci
a permis de mettre au point ce guide méthodologique, principalement à
l'attention des PME et TPE.
Nous tenons à remercier employeurs, salariés, services de prévention et
organismes de conseil, tant pour les informations qu'ils ont apportées, que
pour leur contribution à la rédaction de ce document.
La vocation de ce guide n'est pas d'établir un "catalogue" des risques
possibles, que chaque professionnel reprendrait à son compte et recopierait
mécaniquement, en le considérant comme LE document unique que chaque
responsable d'entreprise se doit, de par la loi, d'établir et de présenter
aux agents de l'inspection du travail et de la CRAM. Il se veut, au
contraire, un outil pédagogique qui doit permettre, au sein de chaque
établissement, d'engager une réflexion partagée entre responsables et
salariés, et d'identifier les risques propres à chaque unité de travail.
Le document unique d'évaluation des risques, et le plan de prévention qui
doit en découler, constituent l'aboutissement de cette démarche commune,
largement développée dans ce guide.
De fait, ce guide doit permettre aux responsables d'établissement, aux
salariés et a leurs représentants :
- de parvenir à une meilleure maîtrise des risques professionnels,
- de respecter l'intégrité physique de chacun, par une bonne évaluation et la
mise en place d'actions de prévention,
- d'aider au respect de la législation en vigueur,
- et plus largement, d'améliorer les conditions de travail.
Dans votre démarche de prévention, soyez assurés de tout notre soutien,
Le directeurs départemental du
travail, de l’emploi et de la formation
professionnelle des Alpes-Maritimes
Jean-Pierre BOUILHOL
Le président de la chambre syndicale
professionnelle des joailliers, bijoutiers,
horlogers, orfèvres de la Côte-d’Azur
Jack RIEU
Évaluer pour prévenir, qu’est-ce que c’est ?
Évaluer pour prévenir, qu’est-ce que c’est ?
La prévention des risques professionnels consiste à prendre les mesures
nécessaires pour préserver la santé et la sécurité des travailleurs, dans le cadre
du droit du travail et du dialogue social.
Pour agir, il est indispensable de :
Réaliser une évaluation des risques professionnels,
c’est-à-dire établir un diagnostic des risques en entreprises
Puis
Mettre en œuvre des mesures de prévention
Ces mesures résultent de choix et de priorités inscrits dans un plan d’action.
Ces deux phases sont indissociablement liées : l’évaluation n’a aucun
intérêt si elle ne conduit pas à la mise en œuvre de mesures de prévention.
page
Ce guide se donne pour objectif d’identifier les dangers et facteurs de risques
inhérents aux métiers de la Bijouterie et de la Fabrication de bijoux (fabrication,
transformation, réparation, vente, livraison, …) puis de recueillir et de sélectionner les bonnes pratiques de prévention mises en œuvre par les professionnels
eux-mêmes et ayant enregistré des résultats très satisfaisants.
Au-delà de cette analyse, le guide a été réalisé afin d'accompagner dans leur
démarche de prévention les bijoutiers et fabricants de bijoux.
3
Évaluer pour prévenir pourquoi ?
Phase 2
Évaluer pour prévenir pourquoi ?
5 raisons pour agir
1
Protéger la santé et la
sécurité des travailleurs
Aujourd’hui encore, un grand nombre
d’accidents du travail et de maladies
professionnelles (AT/MP) surviennent en
France durant le travail. Chaque jour,
170 accidents du travail entraînent une
incapacité permanente ou un décès, et
environ 80 personnes sont reconnues
atteintes d’une maladie professionnelle1.
La nécessité d’évaluer les risques ne
résulte pas uniquement de ce constat.
L’absence d’accident ou de maladie professionnelle ne signifie pas qu’il n’y a pas
de risque : zéro AT/MP n’équivaut pas au
risque zéro.
En effet, l’évaluation des risques
professionnels suppose qu’un travail
d’anticipation soit réalisé au sein
de l’entreprise afin de comprendre et
d’analyser tous les phénomènes susceptibles de faire naître un risque pour la
santé et la sécurité au travail.
La perception par les travailleurs de leurs
conditions de travail le montre bien :
76 % d’entre eux considèrent que le
mode d’organisation du travail a un effet
important sur les risques d’accidents du
travail ou de maladies professionnelles2.
Toute entreprise est concernée, quels
que soient sa taille et son secteur d’activité. L’évaluation des risques vise à tenir
compte aussi bien des aspects humains,
techniques, organisationnels du travail.
2 Répondre aux obligations
de prévention
4
page
L’employeur doit respecter ses obligations en matière de santé et de sécurité
au travail. Les principes généraux de prévention, inscrits dans le code du travail
(article L 230-2 et rappelés en annexe I),
prévoient notamment que tout
employeur est responsable de l’évaluation des risques et des actions de prévention qui en découlent. Il revient à
l’employeur de mettre en place les
moyens les plus adaptés pour répondre à
son obligation de résultat dans ce
domaine.
Le secteur de la bijouterie joaillerie orfèvrerie est très bien représenté dans
l’Hexagone. Lorsque ce secteur est évoqué,
les noms prestigieux de la place Vendôme
viennent immédiatement à l'esprit Cartier, Chaumet, Boucheron… - mais on
oublie trop souvent qu'il existe également
une multitude d'ateliers (TPE) intervenant
soit comme sous traitants des grands
noms soit comme créateurs fabricants
autonomes.
Le secteur Horlogerie-Bijouterie-JoaillerieOrfèvrerie (HBJO) comptait en 2000 :
■ Nombre d'entreprises :
4 440
■ Nombre d'emplois :
21 600
■ Chiffre d'affaires :
16,4 MdF
Ces entreprises sont souvent de petites
tailles, dont environ 60% ont de moins de
10 salariés.
Les entreprises nationales bénéficient
d'un environnement favorable, avec la
présence des fédérations professionnelles
et chambres syndicales départementales.
Les salariés et la direction sont conscients
de l’existence de risques professionnels,
mais ont des difficultés à tous les cerner.
Certains risques sont visibles (connus
voire maîtrisés) et d’autres le sont moins
(assimilés au métier).
Les statistiques 2004 de la sinistralité en
terme de sécurité dans la branche professionnelle font état de 262 vols (à main
armée, avec violence, par effraction, etc.)
ayant pour conséquence des accidents
du travail avec arrêt de plus de 5 jours
ainsi que des arrêts pour maladies professionnelles (dépression nerveuse principalement).
Évaluer pour prévenir pourquoi ?
Évaluer pour prévenir pourquoi ?
3
Favoriser le dialogue
social
La prévention des risques professionnels
et l’évaluation des risques s’appuient sur
un dialogue constant et constructif
entre l’employeur, les représentants du
personnel et les salariés. Ce dialogue est
la garantie d’une meilleure compréhension et d’un traitement efficace des
risques professionnels.
4 Créer un emploi de qualité
Cet enjeu, de niveau national et européen, a pour composante essentielle un
environnement de travail sûr et sain.
Dans l’entreprise, il s’agit d’assurer de
bonnes conditions de travail par une
démarche de prévention ambitieuse.
L’image de l’entreprise professionnelle
en est valorisée, ce qui peut notamment
favoriser le recrutement.
5
Contribuer à la
performance de l’entreprise
Chaque année, les accidents du travail,
les accidents de trajet et les maladies
professionnelles se traduisent par
la perte de 42 millions de journées de
travail (soit environ 115 000 salariés
absents par jour)3. C’est un coût humain
et économique très important pour les
entreprises :
■ Temps et production perdus,
■ Dégâts causés aux matériels,
équipements et produits,
■ Augmentation des primes d’assurance, frais de justice,
■ Difficultés de remplacement,
■ Baisse du moral et de la motivation
des salariés,
■ Dégradation du climat social…
Favoriser le dialogue social
D’une manière générale, la petite taille
des structures de la branche favorise le
dialogue direct entre le dirigeant et ses
collaborateurs ou co-acteurs.
Il est très rare que ces organisations bénéficient en interne d’instances représentatives du personnel : délégués du personnel
(DP), Comité d’Hygiène, Sécurité et
Conditions de Travail (CHSCT).
Créer un emploi de qualité
Un emploi de qualité est le résultat de la
conjonction entre de bonnes conditions
de travail et une formation adaptée qui
prépare à ces métiers.
Plusieurs centres de formation dont
certains sont rattachés aux fédérations,
préparent aux métiers de la BijouterieJoaillerie-Orfèvrerie. La plupart propose
des formations de niveau CAP, Brevet
Consulaire et Brevet de Maîtrise.
Quelques adresses :
■ Ecole de la rue du Louvre de Paris
■ Institut national de gemmologie à Paris
■ Lycée Pasteur de Nice
■ SEPR à Lyon
■ CFA de la CCI de Saumur
■ Lycée Leonard de Vinci à Marseille
■ Lycée Amblard à Valence
■ Lycée Guheno de St Amand-Montront
■ Ecole de Bijouterie-Horlogerie de
Morteau
page
L’évaluation des risques professionnels
permet, à cet égard, d’identifier les
dysfonctionnements susceptibles
d’affecter la santé et la sécurité des
travailleurs et de nuire à la compétitivité
de l’entreprise. Ainsi, de bonnes conditions de santé et de sécurité au travail
contribuent à l’amélioration de la
situation économique des entreprises.
5
Évaluer pour prévenir comment ?
Évaluer pour prévenir comment ?
Les 5 clés pour réussir
1
L’employeur est le garant de la sécurité et de la santé des travailleurs
Afin de favoriser la prévention des
risques professionnels, l’employeur s’engage sur les objectifs, les modalités et les
moyens permettant de créer une démarche durable. Pour cela, il associe l’ensemble des acteurs de l’entreprise (salariés,
instances représentatives du personnel,
médecin du travail, ingénieurs et techniciens de la prévention).
Le chef d’entreprise peut aussi s’adjoindre, si nécessaire, des appuis extérieurs
tout en demeurant le seul responsable
de l’évaluation des risques et des mesures de prévention qui en découlent.
Plusieurs acteurs sont impliqués dans
l'évaluation des risques professionnels :
■ Acteurs internes : dirigeant, salariés et
DP et/ou CHSCT lorsqu’ils existent
■ Acteurs externes : CRAM, Service de
Santé au Travail, DDTEFP, ARACT, etc.
Ils poursuivent tous un objectif commun
de prévention qui doit favoriser la mise
en œuvre de la prévention des risques
professionnels dans les entreprises.
Le médecin du travail est le conseiller de
l’employeur et des salariés. Son association est particulièrement précieuse dans :
■ l’aménagement des postes de travail
(ergonomie liée à la hauteur des établis et
à l’assise, éclairage…) ;
■ le choix des équipements de protection
individuelle (EPI) pour se protéger des
produits chimiques, des poussières ou des
agressions oculaires ;
■ l’organisation de la sécurité avec ses
procédures et l’organisation des secours
avec la mise en place de conseils de première intervention en cas d’accidents graves comme les coupures, les brûlures chimiques…
Le médecin du travail peut effectuer des
études ponctuelles, ou des mesures afin
d’apprécier les niveaux de bruit, de lumière,
d’empoussièrement qui permettront
d'appuyer certains choix en matière de
prévention.
2 Une démarche globale
Un des objectifs d’une démarche globale
d’évaluation des risques est de parvenir à
une analyse exhaustive des risques professionnels, passage obligé vers des
actions concrètes de prévention.
6
page
Comprendre pour agir, tel est l’esprit de
l’évaluation des risques : analyser les
situations de travail en s’appuyant sur
les conditions d’exposition des travailleurs aux risques, afin de mieux les
maîtriser.
Pour ce faire, il convient de prendre en
compte toutes les composantes du travail :
■ Personnel,
■ Organisation et méthode de travail,
■ Environnement de travail,
■ Produits, matières et déchets,
■ Équipements et matériels.
La prise en compte de l’ensemble de ces
composantes nécessite une approche
pluridisciplinaire de la prévention des
risques professionnels ; il s’agit donc
d’associer des compétences, notamment
médicales, organisationnelles et techniques.
Dimension technique du travail
Un atelier de fabrication ou de réparation
est équipé d’établis. Un établi peut être
composé de plusieurs postes de travail. La
hauteur de l’établi est alors la même pour
tous les salariés quelle que soit leur taille.
Le poste de travail est souvent personnalisé
(siège réglable et éclairage individuel).
Nous avons pu constater qu’en fonction
de la hauteur des sièges et la position des
jambes, il existe un risque d’induire à la
place de problèmes ostéoarticulaires des
troubles circulatoires et réciproquement.
Évaluer pour prévenir comment ?
Évaluer pour prévenir comment ?
Dimension organisationnelle du travail
Certains salariés sont amenés à passer
beaucoup de temps en position assise à
l’établi. Dans les plus grandes structures,
une trop grande spécialisation des salariés à leur poste les amène à exécuter
les mêmes tâches de façon répétitive et
prolongée pouvant engendrer ainsi
des pathologies telles que : tendinites,
syndrome du canal carpien (Troubles
musculo-squelettiques). Dans les très
petites structures, la polyvalence des
tâches réduit les risques TMS mais a
contrario expose le salarié à une plus
grande diversité de risques.
Lors de la mise en place des vitrines,
l’ouverture de ces dernières en présence de
clients est une phase de travail délicate
car elle implique une vigilence accrue.
3
Une démarche dynamique
L’évaluation des risques professionnels
doit permettre la mise en œuvre d’une
démarche concertée qui s’enrichit
progressivement, en s’inscrivant dans le
temps. De cette façon, tous les acteurs
de l’entreprise acquièrent une plus
grande maîtrise de la prévention en
s’appropriant la démarche.
Dimension personnelle du travail
Dans tous les ateliers, l’utilisation de
produits dangereux (acides, alcool, colles…)
est très fréquente et banalisée. Parce qu’ils
utilisent ces substances en petite quantité,
leur rapport au risque est minimisé ; les
salariés sont peu sensibilisés aux effets
nocifs des produits manipulés et rarement
formés aux consignes de sécurité en cas
d’accident.
A l’occasion du travail de la forme du
bijou, l’ouvrier novice est exposé aux
risques de petites coupures - principalement localisées au niveau des mains - au
même titre que l’ouvrier très expérimenté
mais moins vigilant par habitude.
Les ateliers et magasins sont sujets à une
recrudescence de criminalité qui expose
les salariés à une insécurité tant physique
que psychique.
Dans les points de vente, les salariés
peuvent être amenés à subir des agressions, voire des braquages. Ils ne sont que
rarement préparés à de telles situations.
4 La participation des
salariés et de leurs
représentants
Les salariés sont les premiers concernés
par les risques professionnels auxquels
ils sont exposés.
À ce titre, leurs expériences, leur savoirfaire et leurs connaissances individuelles
et collectives des situations de travail
contribuent à l’évaluation des risques et
à la recherche des actions de prévention
à engager. Naturellement, cette participation est assurée pendant les heures de
travail des salariés.
Les instances représentatives du
personnel participent non seulement
à l’analyse des risques, mais contribuent
aussi à la préparation et au suivi des
actions de prévention. C’est non seulement un droit, mais aussi une nécessité.
page
En magasin, la hauteur des vitrines et
l’accessibilité des produits manipulés,
peut impliquer des postures difficiles.
7
Évaluer pour prévenir comment ?
Évaluer pour prévenir comment ?
Associer les salariés dès le lancement de la
démarche d’analyse et de prévention des
risques, permet :
■ d’estimer leur perception des risques,
■ d’avoir une analyse approfondie de la
réalité des conditions d'exposition aux
risques,
■ de prendre en compte leurs propositions,
■ de les sensibiliser et de les former à
leur propre sécurité,
■ aux salariés de mieux s’approprier les
mesures de prévention,
■ de développer une dynamique de
prévention collective.
La participation des salariés peut se faire
de différentes façons : entretiens individuels et/ou collectifs (groupe de travail)
par unité de travail, observations du
travail réel (tel qu'il est fait) :
■ dans les petites structures, l'ensemble
des salariés doit être directement impliqué dans la construction et le pilotage de
la démarche. Dans cette bijouterie de
3 salariés, le dirigeant, à l’arrivée d’une
nouvelle machine fait le point avec ses
salariés sur les conditions de travail.
■ dans des structures plus importantes, il
est intéressant de nommer un correspondant-sécurité sur la prévention des
risques, qui pourra travailler en binôme
5
En effet, le salarié est amené à mettre en
œuvre des modes opératoires ou des
page
Similaire à une démarche qualité, il est
très intéressant de mettre en place un
"groupe de prévention" dont les membres
pourraient être sélectionnés (au choix)
parmi les personnes suivantes :
■ le dirigeant ou le représentant de la
direction (présence obligatoire),
■ le correspondant-sécurité,
■ les salariés de l’activité étudiée,
■ lorsqu’ils existent les représentants du
personnel (CHSCT ou DP),
■ le médecin du travail,
Les échanges au sein du groupe de travail
sur les risques encourus et les moyens de
prévention permettront d’atteindre plus
efficacement les objectifs fixés en matière
de prévention.
La prise en compte du travail réel
La pertinence de l’évaluation des risques
repose, en grande partie, sur la prise en
compte des situations concrètes de travail qui se différencient des procédures
prescrites et des objectifs assignés par
l’entreprise.
8
avec la direction, et organiser la participation des salariés dans les groupes de travail, afin de favoriser les échanges entre
salariés. Dans une bijouterie de 6 salariés,
le chef d’atelier gère les produits dangereux et rappelle les consignes de sécurité
aux salariés. Il les conseille sur la façon de
positionner leur siège selon les travaux à
effectuer.
• dans les structures de plus de 10 salariés, les délégués du personnel sont systématiquement associés à la démarche.
• dans les structures de plus de 50 salariés, le CHSCT est obligatoirement consulté.
Lors de l’observation du travail réel, il faut
savoir distinguer :
les situations à risques complètement
intégrées au fonctionnement "normal" de
la structure, comme par exemple :
■ le petit polissage,
■ l’utilisation quotidienne de produits chimiques hautement toxiques.
■ etc.
stratégies pour faire face aux aléas ou
dysfonctionnements qui surviennent
pendant le travail. Selon le cas, le salarié
peut donc être conduit soit à prendre un
risque, soit à l’éviter.
De ce fait, l’analyse des risques a pour
objet d’étudier les contraintes subies par
les salariés et les marges de manœuvre.
les situations "exceptionnelles" :
■ Surcroît de travail en atelier pour satisfaire
un client pressé,
■ Taille et sertissage d’une pierre précieuse
de très grande valeur,
■ L’arrivée d’un client connu alors que la
limite d’affluence prescrite dans les magasins est déjà atteinte.
Évaluer pour prévenir comment ?
Évaluer pour prévenir comment ?
L’organisation, le manque de formation ou
l’absence de vigilance au poste de travail
sont de nature à favoriser l’apparition des
situations à risques.
son parcours et de ses expériences, des
"savoir-faire" de prudence, en d’autres
termes des astuces pour éviter l’accident ou
simplement la prise de risque.
L’analyse du travail réel permet alors de
mesurer les écarts entre le travail prescrit
(préalablement consigné dans des fiches de
postes) et le travail réel notamment en
situations exceptionnelles.
C’est donc bien l’analyse du travail réel qui
permet de prendre conscience des risques
auxquels s’exposent tout opérateur au cours
des tâches à réaliser. La réponse est souvent
le fruit d’expériences multiples aux résultats
progressivement améliorés.
EXEMPLES
En situation normale :
Le port des EPI (Equipements de Protection
Individuelle) doit être envisagé pour toutes
les situations présentant un risque d’accident (effet immédiat) ou de maladie professionnelle (le plus souvent à effet différé) :
■ Il en sera ainsi du port du masque à
l’occasion du petit polissage pour éviter
l’inhalation de poussières, même sur une
très courte durée ;
■ Les cheveux longs devront être retenus, la
cravate devra être prohibée à l’atelier, pour
éviter d’être entraînés par les parties mobiles
des équipements de travail.
■ Le port de la blouse évite les brûlures et
toute autre atteinte cutanée par projection
de produits corrosifs ou irritants.
En situation exceptionnelle :
La règle veut que l’on ne laisse pénétrer dans
ce magasin que trois personnes en même
temps. Or, un quatrième client bien connu et
fidèle se présente. Par habitude, on le fait
entrer. Cette situation entraîne un surcroît
de vigilance ; le surnombre de client peut
même créer une opportunité de vol par un
des clients.
L’artisan sertisseur doit procéder au
montage d’une pierre précieuse d’une très
grande valeur ; cette opération, devant être
réalisée avec grand soin et beaucoup de
vigilance, sera réservée à un salarié très
expérimenté. Ce dernier sera alors exonéré
de toute autre activité afin de se concentrer
exclusivement sur cette tâche.
Les savoir-faire de prudence
Chaque professionnel développe au cours de
Ce guide doit faciliter la prise de conscience
de l’importance à repérer et à formaliser les
savoir-faire de prudence. Ceux-ci doivent
être partagés avec le plus grand nombre.
Exemples de savoir-faire de prudence
Ainsi, le laminage de pièces de très petites
tailles, avec un laminoir électrique (à haut
potentiel de risques) est réalisé en totale
sécurité lorsque la pièce à laminer est posée
sur une feuille de papier et que l’entraînement entre les rouleaux est fait par le papier.
De même, deux sertisseurs ne s’installent
pas de la même façon devant leur établi.
Seul l’un des deux surélève et positionne sur
le côté la cheville afin de mieux gérer son
appui pendant les actions nécessitant de la
force (à l’occasion de certaines étapes du
serti à grains). Cette adaptation du poste de
travail permet de diminuer considérablement les risques de douleurs rachidiennes.
Le poste de dérochage présente un fort
niveau de risques toxiques pour l’opérateur.
Répandre du bicarbonate de soude autour
du poste de travail réduit considérablement
ce risque.
Avec ces 3 exemples nous souhaitons mettre
en évidence l’amélioration des conditions
de travail des opérateurs obtenue par :
■ La simplicité des mesures de prévention
mises en œuvre,
■ Le coût relativement faible de ces actions,
■ L’efficience de ces mesures.
NB : La mise en évidence de différences entre
le “travail réel” et le “travail prescrit” ne doit
pas être à l’origine de sanction pour les
salariés, mais au contraire l’occasion d’une
meilleure connaissance du métier et d’une
valorisation du travail fait, par la prise en
compte des risques professionnels inhérents
à la profession.
page
Les risques encourus par les travailleurs
peuvent être considérablement réduits par
l’application de procédures reflétant au plus
près la réalité du travail.
9
5
Les étapes de la
démarche prévention
Étape 1
Préparer la démarche
de prévention
Étape 5
Évaluer la démarche
de prévention
■ Assurer le suivi : valider, corriger
■ Dresser un bilan périodique
Étape 4
Mettre en œuvre
les actions
■ Désigner une personne chargée du suivi
■ Disposer d’outil de pilotage
■ Élaborer une stratégie
■ Recenser les analyses
■ Préciser les modalités
■ Planifier la démarche
Étape 2
Évaluer les risques
■ Phase 1 : Définir les unités de travail
■ Phase 2 : Réaliser un inventaire des risques
■ Phase 3 : Estimer les risques
■ Phase 4 : Rédiger le document unique
Étape 3
Élaborer un programme
d’actions
10
page
■ Opérer des choix
■ Mettre au point une stratégie
Les 5 étapes de la démarche prévention
ÉTAPE 1 - Préparer la démarche de prévention
C’est l’étape fondamentale qui conditionne le succès de la démarche. Pour cela, il est
nécessaire de :
1
• Élaborer une stratégie en santé et sécurité au travail intégrée à l’activité de
l’entreprise en fixant des objectifs et en définissant une organisation adaptée.
• Recenser les analyses effectuées, les données produites et les mesures
prises en matière de prévention des risques professionnels.
Parmi les données disponibles dans l’entreprise, citons pour mémoire :
■ les accidents du travail (AT) ou les maladies professionnelles (MP) ou les incidents
mineurs observés à chaque poste,
■ les risques identifiés par le médecin du travail,
■ la fiche d'entreprise du médecin du travail (pour les structures de plus de 10 salariés, en
phase d’être étendue aux structures de moins de 10 salariés),
■ les risques identifiés et la liste des postes présentant des risques particuliers,
■ les fiches de postes lorsqu'elles existent,
■ les procédures qualité lorsqu’elles existent,
■ les observations faites par les organismes institutionnels de prévention (CRAM) ou de
contrôle (Inspection du travail),
■ les fiches de données de sécurité (à jour) des produits chimiques,
■ les rapports de vérification d’organismes agréés (électricité, gaz…),
■ les notices d’instruction remises par les fabricants de machines,
■ les plans de mise en conformité des machines,
■ Etc.
• Préciser les modalités de participation des acteurs internes à
l’entreprise (CHSCT/DP, groupe de travail, personnes ressources…) et de recours à des
compétences externes à l’entreprise (voir point 4 “évaluer pour prévenir : avec qui ?).
• Planifier la démarche (calendrier, ressources, modalités de définition des unités
page
de travail, méthodes d’analyse des risques…).
11
Les 5 étapes de la démarche prévention
ÉTAPE 2 - Évaluer les risques
2
Évaluer, c’est comprendre et estimer les risques pour la santé et la
sécurité des travailleurs, dans tous les aspects liés au travail. Cela
implique que l’entreprise dresse, pour chaque unité de travail un
inventaire des risques identifiés. Ensuite les résultats de cette
analyse, conformément au code du travail, doivent être transcrits
dans un document unique.
12
page
L’étape d’évaluation des risques se décompose
ainsi en 4 phases :
Phase 1 :
Définir les unités de travail
13
Phase 2 :
Réaliser un inventaire des risques
14
Phase 3 :
Estimer les risques
17
Phase 4 :
Rédiger le document unique
17
Les 5 étapes de la démarche prévention
Phase 1
Définir les unités de travail
L’identification des unités de travail
constitue la clef de voûte pour mener à
bien l’analyse des risques.
Elle nécessite une concertation entre le
chef d’entreprise, les travailleurs et leurs
représentants. L’activité réelle du
travailleur ou d’un collectif de travail sert
d’ancrage pour opérer ce découpage.
Afin de tenir compte des situations très
diverses d’organisation du travail, il
revient à chaque entreprise de procéder
à un tel découpage selon son organisation, son activité, ses ressources et ses
moyens techniques.
Pour ce faire la méthode “quoi ? qui ? où ?
quand ? comment ?” peut-être utilisée
afin de recouvrir toutes les situations de
travail :
■ Quelle est l’activité réelle des
travailleurs ?
■ Qui l’exerce ?
■ Où est-elle exercée (durée, temps) ?
■ Comment (avec quels moyens) ?
2
De ce questionnement, peuvent résulter
des regroupements de situations de
travail présentant des caractéristiques
voisines, sans pour autant occulter les
particularités de certaines expositions
individuelles.
Dans les entreprises de la branche, nous relevons un " découpage " de l’activité en 3 grandes unités de travail : l’atelier (pour la partie fabrication), le magasin (pour la vente),
l’administratif (pour la gestion)
En fonction de la taille de la structure analysée, de son organisation, de son management
ou de son activité, il peut être utile de procéder à la division de certaines unités en sousunités.
Par exemple :
■ Pour l’unité de travail “atelier” de cette bijouterie, 2 sous-unités ont été identifiées :
la réparation et la création.
■ Dans cet autre atelier, la spécialisation du personnel a permis de scinder l’unité
“atelier” en 4 sous-unités : travail à l’établi, laminage, étirage et polissage.
■ Dans ce point de vente de 4 salariés, l’unité de travail “magasin” a pu être scindée en
3 sous-unités : mise en place des vitrines, accueil des clients et caisse.
page
Si une entreprise a un service de livraison ou de garantie, il sera judicieux de les considérer comme des unités de travail distinctes.
13
Les 5 étapes de la démarche prévention
Phase 2
Réaliser un inventaire des risques
2
En identifiant les dangers
C’est repérer la propriété ou la capacité intrinsèque : d’un lieu, d’un équipement, d’une
substance, d’un procédé, d’une méthode ou d’une organisation du travail… de causer
un dommage pour la santé des travailleurs.
Puis
En analysant les risques
C’est étudier les conditions concrètes d’exposition des travailleurs à ces dangers ou à des
facteurs de risques comme cela peut être observé en matière d’organisation du travail.
La réalité du travail peut souvent faire apparaître des situations complexes.
L’utilisation de machines potentiellement
dangereuses
En atelier de fabrication, la mécanisation
de certaines tâches a apporté un confort
physique à l’opérateur. Elle a en revanche
généré des risques nouveaux directement
liés à l’utilisation de ces machines : le laminoir électrique, le tour à polir, la pièce à
main, etc.
La mauvaise utilisation du laminoir
électrique peut générer des situations
potentiellement dangereuses : écrasement
des doigts, arrachage des cheveux, étranglement par une cravate, etc.
Le tour à polir permet un polissage fin des
pièces, mais la vitesse de rotation des brosses
et de son axe sont capables d’éjecter une
pièce ou de bloquer une chaîne, source de
blessure très grave pour l’opérateur.
Enfin, la pièce à main dont la vitesse de
rotation est commandée par un rhéostat,
peut aisément déraper lorsqu’elle est
utilisée par un opérateur peu expérimenté
ou lorsque la fatigue d’une journée de
travail fait baisser le niveau de vigilance
d’un opérateur même averti.
14
page
Outre le risque d’accident, le tour à polir
génère des poussières nuisibles, à long
terme, pour la santé des utilisateurs. Une
attention particulière doit être apportée
pour s’assurer du bon fonctionnement du
système d’aspiration.
De même, la vitesse de rotation de la pièce à
main permet un ponçage fin du bijou. Mais,
le sens de rotation de la machine envoie
les poussières générées en direction de
l’opérateur.
NB : La représentation du risque poussière
que se fait l’ouvrier est souvent sous-évaluée
du fait de la courte durée de l’opération.
L’agression
La détention, la manipulation et le
transport des métaux et pierres précieuses
sont sources de stress.
Dans les ateliers et dans les magasins,
les salariés travaillent continuellement
avec des objets de valeurs qui peuvent
attirer la convoitise de malfaiteurs. Les
risques d’agression, plus élevés en magasin,
de vol au comptoir, voire de braquage sont
toujours présents à l’esprit. Les phases de
déplacements tels que les livraisons, les
expéditions, les salons ou les visites à la
Garantie rendent vulnérables les salariés,
isolés face au danger.
Les tentatives de hold-up peuvent induire
une pathologie à court terme (angoisse,
troubles du sommeil, somatisation, voire
décompensation de symptomatologies
diverses…), et aussi une pathologie à plus
long terme (dépression, phobies…).
L’utilisation des produits chimiques
En atelier de fabrication, les différentes
phases de travail mettent en évidence le
nombre d’actions faisant appel à l’utilisation de produits dangereux ainsi que la très
grande variété de ces produits.
Du plus anodin (encre de chine pour le dessin lors de la conception d’un bijou) au plus
mortel (le cyanure de potassium utilisé
pour le déverdissage) en passant par l’acide
fluorhydrique, la banalisation du recours à
ces produits, est de nature à en faire perdre
la notion de toxicité aux utilisateurs.
Le risque liés aux TMS (Troubles Musculosquelettiques)
Ce risque n’est jamais le fruit d’une cause
unique, mais la conjonction d’événements
plus ou moins maîtrisés au cours d’une
journée de travail.
Les 5 étapes de la démarche prévention
2
Le travail à l’établi peut être cause de TMS :
■ Facteurs biomécaniques : la position
adoptée au poste de travail, la répétitivité
des gestes, le choix d’un outil inadapté…
■ Facteurs organisationnels : le stress lié à
la charge de travail, à l’organisation des
tâches, à l’ambiance générale…
■ Facteurs psychosociaux : l’âge de l’opérateur, sa compétence, son habileté et sa
dextérité, la perception individuelle de la
valeur du bijou travaillé…
Le risque d’explosion ou d’incendie
Lors du travail à l’atelier, le salarié utilise
régulièrement un chalumeau. Il s’en sert
pour souder à la forge, pour fondre le métal
ou le recuire lorsqu’il durcit. La vétusté de
certaines installations de distribution de
butane ou d’oxygène peut provoquer des
risques d’explosion et d’incendie.
Autres exemples
Certains salariés ne seront exposés à des
risques que dans certaines circonstances.
Ce sera le cas par exemple :
■ d'une personne qui remplace très ponctuellement un collègue sur son poste de
travail
■ d'un salarié administratif qui n'est
théoriquement pas dans l’atelier, mais
amené à se déplacer dans la structure, et
donc se trouvant en contact avec eux.
Ces personnes pourront alors être exposées
ou s'exposer à des risques pour lesquels
elles n'auront pas forcément soit la sensibilisation/information suffisante, soit des
repères ou des "savoir-faire de prudence"
nécessaires, ou encore la connaissance des
moyens de protection adéquats.
Comment analyser les risques ?
Pour analyser les risques, il convient de
répondre aux questions suivantes : à quels
dangers est exposé le salarié ? dans quelle
circonstance le salarié s’expose-t-il ou est-il
exposé à un danger ?
Exemple d’évaluation des risques lors de la préparation du métal avant le travail de la forme du bijou
Les phases de travail réalisées, identifiées
et analysées :
1 – la fonte du lingot
Ce travail est réalisé à la forge et consiste à
porter à fusion le métal. L’opérateur choisit
le creuset qui correspond au métal ou à
l’alliage à fondre. Ensuite, à l’aide du chalumeau, il le chauffe. Les tuyaux d’arrivée de
gaz courent le long du mur. Lors de la fonte,
l’opérateur ne porte pas de protection
individuelle (masque et lunettes). Il ne se
trouve pas non plus sous une hotte
aspirante, contrairement à ce que prévoit la
réglementation.
2 – le laminage
Afin d’affiner le métal et de préparer
d’autres pièces accessoires en métal, l’opérateur va procéder à la phase de laminage.
La pièce à laminer est de petite taille.
Il utilise alternativement le laminoir
électrique et le laminoir manuel en
fonction de la disponibilité des équipements.
Le laminoir électrique a un système
d’entraînement permettant d’écraser le
métal entre deux rouleaux. Compte tenu
de la taille de la pièce, l’opérateur utilise
une pince pour y introduire le métal. De
plus, il adopte une posture en torsion de
colonne pour pouvoir récupérer la pièce à
la sortie de l’autre coté de la machine, le
page
Le contexte
Un bijoutier doit réaliser un bijou en or.
Comme il s’agit d’une pièce unique,
la fabrication va se faire entièrement à la
main. Le travail prévu (prescrit) s'effectue
dans l’atelier. Le bijoutier chauffe le métal
dans un creuset en terre réfractaire. Pour
cela, il le fait fondre au moyen d’un chalumeau alimenté en oxygène et en butane.
Ensuite, il travaille le métal fondu et refroidi, au laminoir et aux filières, afin d’obtenir
les différentes pièces de métal qu’il assemble ensuite à l’établi. Pour réaliser ce travail,
l’ouvrier alterne successivement des tâches
différentes et de courtes durées. Cette
séquence, composées de plusieurs phases
de travail, se répéte plusieurs fois par jour.
15
Les 5 étapes de la démarche prévention
Phase 2
Réaliser un inventaire des risques
2
laminoir étant proche du mur (en raison
de l’exiguïté des locaux). La machine est
équipée d’un bouton d’arrêt d’urgence, situé
sur le côté du laminoir électrique mais
difficile d’accès pour l’opérateur.
Le laminoir manuel a un système d’engrenages aux roues dentées apparentes. Pour
travailler avec ce laminoir, l’opérateur
actionne une manivelle placée sur le
côté de la machine, l’obligeant à se
positionner de biais et provoquant un
effort assymétrique.
3 – recuit du métal
A la sortie du laminoir, le métal est dur.
Pour être travaillé, il doit régulièrement être
chauffé et refroidi par trempage dans
l’alcool pour le refroidir sans l’écrouir. Cette
opération est réalisée plusieurs fois, entre
les différents passages au laminoir. Elle
est réalisée à l’établi, au chalumeau.
Le chalumeau est fixé au bord de l’établi, la
veilleuse est allumée en permanence et
dirigée vers le plan de travail encombré.
4 – l’étirage à main
Afin d’obtenir des fils de section et de
longueur adaptés, l’opérateur utilise des
filières qui sont maintenues par un étau
sur un plan de travail. L’opérateur tient le fil
avec une pince. Il se positionne légèrement
de biais pour pouvoir générer la force
nécessaire en tenant compte de la distance
et du recul qu’il a.
En fin d’étirage du fil, il tourne la tête et se
décale pour éviter le "retour de fil" en cas de
rupture ou en fin de fil.
Ce travail d'analyse permet de mettre en
évidence les risques apparemment moins
visibles tels que le risque toxique, les TMS,
etc.
INVENTAIRE DES RISQUES
16
page
Les risques liés au gaz et à l’utilisation du
chalumeau
La vétusté des installations de distribution
de gaz couplé à l’encombrement des établis
et à l’utilisation de produits inflammables,
présentent un danger d’explosion et
d’incendie non négligeable.
Lors des phases 1 et 3, les métaux chauffés
peuvent générer des brûlures.
Lors de la phase 1, pendant la fonte, les
risques d’accidents oculaires sont à prendre
en compte.
Le risque lié à l’espace "atelier"
La difficulté d’accessibilité aux laminoirs
génère des gestes et postures pouvant
provoquer des douleurs musculaires et
ostéoarticulaires
La hauteur de fixation des filières a un
impact important sur la façon de tirer le fil
et peut engendrer aussi les mêmes
douleurs.
Le retour du fil peut blesser l’opérateur en
fin d’étirage ou en cas de rupture.
Le risque toxique
Les fumées et vapeurs générées par la
fusion des métaux peuvent provoquer des
irritations et à long terme des maladies
professionnelles.
L’utilisation d’alliage et d’alcool dans les
phases 1 et 3 peuvent être à l’origine de
troubles allergiques ou toxiques. On ne doit
pas oublier le risque ancien mais gravissime
d’intoxication cyanhydrique en cas de
mélange accidentel de cyanure et d’acide
fort. Différents métaux (cadmium, plomb
notamment), les résines, des solvants, peuvent être à l’origine d’effets toxiques graves.
Le risque lié à l’utilisation d’une machine
électrique : le laminoir
Le laminoir est une machine dangereuse.
L’opérateur portant cravate ou tenue
ample prend le risque d’être happé par la
machine. Cette machine est reliée à la terre
évitant tout risque d’électrocution.
Le bouton d’arrêt d’urgence est difficilement accessible en situtation réelle de
travail.
Une grande vigilance, le port d’une tenue
adaptée sont indispensables lors du laminage.
Le risque lié aux TMS
Lors de la phase 2, l’utilisation du laminoir
manuel peut éventuellement générer des
TMS à long terme, particulièrement lorsque
ces facteurs mécaniques sont associés à
d’autres facteurs relevant :
■ De l’organisation du travail (variabilité
de l’activité, manque de planification…)
■ Du relationnel (climat social difficile,
lutte de pouvoir, niveau de collaboration…)
■ Du facteur émotionnel (isolement des
salariés dans les très petites structures,
manque de communication, manque de
reconnaissance du travail par le dirigeant
ou le client…)
■ Du vécu professionnel du salarié (évolution de sa représentation des risques, expérience, tutorat…)
Les 5 étapes de la démarche prévention
Phase 3
Estimer les risques
Cela conduit à définir des critères d’appréciation propres à l’entreprise, issus notamment de l’analyse des conditions d’exposition aux risques.
Il s’agit de :
• La fréquence d’exposition,
• La gravité envisageable des conséquences,
• La probabilité d’occurrence des risques (permanents ou occasionnels)
• Le nombre de salariés concernés
• La perception du risque par les salariés…
2
Tous ces critères doivent être discutés entre les acteurs internes à l’entreprise servant
ainsi d’outil d’aide à la décision, en s’assurant qu’aucun risque n’est écarté.
Phase 4
Rédiger le document unique
Les données (fiche entreprise, mesurages, fiches des données de sécurité…)
contribuant à l’évaluation des risques
ainsi que la méthode utilisée peuvent
figurer en annexe du document unique.
Une fois réalisé, le document unique
reste un outil de :
■ dialogue social, en étant consulté par
les acteurs internes1 et externes2 à
l’entreprise,
■ pérennisation de la démarche de
prévention, par sa mise à jour régulière et
son exploitation dans un programme d’action
Cf. exemples de document unique en
Annexe III
Certains risques peuvent être évalués à
partir d'indicateurs propres à l’entreprise
(accidents du travail, taux d’absentéisme,
rotation du personnel, maladies professionnelles déclarées, etc.) ou comme résultats de mesurages : intensité lumineuse
des postes de travail, bruit, mesure des
vitesses d’air de l’installation de ventilation, etc.
Exemple : le mesurage du bruit en atelier
peut sensibiliser les opérateurs aux
nuisances que peuvent provoquer les
martèlements et les désagréments qu’ils
occasionnent à leurs collègues de travail.
Nous recommandons fortement aux
entreprises de demander conseil à leur
médecin du travail et/ou à la CRAM. Dans
les très petites structures, il est possible
d’envisager des actions collectives
par l’intermédiaire de leur syndicat
professionnel.
La participation des salariés, impliqués
dès le début de la démarche d’évaluation
et de prévention des risques professionnels, permet de s'assurer que les conditions dans lesquelles les analyses sont
effectuées sont représentatives des situations réelles de travail (y compris en situation exceptionnelle).
Lorsqu’ils existent, le chef d’entreprise doit
recueillir l’avis des DP et du CHSCT sur le
document unique.
1- le ou les Délégués du Personnel (DP),
Le CHSCT (pour les établissements de 50 salariés et plus)
à défaut de représentant du personnel
les personnes soumises à un risque pour leur santé ou
leur sécurité, et le médecin du travail.
2 - Les agents de l’inspection du travail,
de la CRAM, de la DRTEFP (ingénieurs de prévention,
les médecins-inspecteurs du travail et de la main d’œuvre
des DRTEFP)
page
C’est le support transcrivant les résultats
de l’évaluation des risques. Le document
unique ne se réduit en aucun cas à un
document-type (réalisé par une structure externe ou non à l’entreprise) une
check-list ou une grille, par exemple. Bien
au contraire, il convient d’adapter la
forme de ce document aux par ticularités de l’entreprise, afin de le rendre
opérationnel en tant qu’outil d’aide à la
décision.
17
Les 5 étapes de la démarche prévention
ÉTAPE 3 - Élaborer un programme d’action
3
Les priorités d’actions de prévention sont déterminées sur la base de l’estimation des
risques. L’employeur va opérer des choix et rechercher des solutions permettant de
mettre au point une stratégie et un ou des programmes d’action
■ en respectant, dans l’ordre suivant, les principes généraux de prévention :
• suppression des risques,
• mise en œuvre des mesures de protection collective,
• prise de mesure de protection individuelle
■ en tenant compte, à la fois, des facteurs organisationnel, technique et humain
■ en définissant les moyens humains et financiers (coûts et opportunités
d’investissements)
■ en fixant un calendrier précis, selon les priorités issues de l’évaluation des risques et
en respectant les obligations spécifiques du Code du Travail.
Lorsque les risques ne peuvent pas être supprimés immédiatement, des mesures
provisoires doivent être prises pour assurer la protection des travailleurs. Ces décisions
doivent garantir une protection suffisante, dans l’attente de la mise en œuvre de
moyens techniques et financiers susceptibles d’éliminer les risques.
Dans cet esprit, grâce à un dialogue social permanent, le programme d’action devient
un véritable instrument de pilotage et de suivi de la prévention au sein de l’entreprise.
Quand le risque ne peut être supprimé,
il convient de rechercher des moyens de
prévention adaptés concernant,
Les équipements de travail :
■ En agissant en priorité sur les équipements de protection collective (exemples :
mise aux normes des locaux de travail et
des machines électriques ; installation de
capots de protection sur les tours à polir,
de protection sur les engrenages des
laminoirs à main, de protections sur les
laminoirs électriques… ; installation d’un
système d’extraction d’air, de ventilation
et/ou de climatisation adaptées… ; etc.).
■ en l’absence de solution collective ou en
présence de risques résiduels, en prévoyant
des équipements de protection individuelle
adaptés (masque à poussières, lunettes de
protection…).
page
18
L’organisation du travail
Bien souvent, des solutions organisationnelles permettent de réduire voire de
supprimer certains risques.
Grâce à son carnet de commande et sur
la base d’études statistiques du niveau
d’activité des années précédentes, le
dirigeant de cette bijouterie a pu dégager
des tendances d’activité. Leur exploitation
lui a permis d’anticiper certaines périodes
de surcroît d’activité.
L’adaptation de l’horaire de travail des
salariés de cette entreprise en fonction des
périodes prévisionnelles de forte activité, a
permis de pallier les surcharges d’activités,
génératrices de fatigue, de stress, et de
dégradation des conditions de travail.
Autres exemples :
Ce point de vente est fermé au public
pendant la mise en place des vitrines pour
réduire la charge mentale des salariés.
Dans une autre bijouterie, la communication organisée et structurée au sein de
réunions périodiques, offre un espace de
parole que les salariés peuvent mettre à
profit pour échanger et obtenir des
conseils sur les bonnes attitudes à tenir en
période de forte sollicitation.
Les salariés
Enfin il s'agit de s'assurer que les salariés
■ sont aptes à exécuter la tâche,
■ ont la compétence minimale pour
exercer leur mission,
■ disposent des équipements nécessaires
au bon déroulement de leur travail,
■ disposent du temps suffisant pour
travailler en sécurité.
Ces éléments relèvent de la responsabilité
du chef d’entreprise.
Les 5 étapes de la démarche prévention
ÉTAPE 4 – Mettre en œuvre les actions
4
Quelle que soit l’action envisagée, il est nécessaire de :
■ désigner une personne chargée du suivi,
■ disposer d’outils de pilotage permettant d’ajuster les choix, de contrôler l’efficacité
des mesures et de respecter les délais (tableaux de bord, indicateurs…).
ÉTAPE 5 – Évaluer la démarche de prévention
5
Cette phase dynamique consiste à :
Assurer le suivi
■ des mesures réalisées dans le cadre du plan d’action ;
■ des méthodes utilisées (définition des unités de travail, modalités de concertation,
appréciation des moyens engagés…)
Dresser un bilan périodique
Ce bilan peut conduire à :
■ valider les actions et méthodes mises en œuvre,
■ corriger les actions réalisées, lorsqu’elles conduisent à des changements techniques
et organisationnels dans les situations de travail susceptibles de générer de
nouveaux risques,
■ relancer la démarche de prévention, conformément aux obligations de l’employeur
en matière d’évaluation des risques :
• au moins une fois par an
• ou lors d’aménagements importants ayant un impact sur la santé et la sécurité
des travailleurs
• ou lorsque toute nouvelle information nécessite une évaluation des risques.
page
Ainsi les enseignements tirés des actions et méthodes utilisées enrichissent la démarche
de prévention et contribuent au développement d’une culture de prévention dans
l’entreprise.
19
Les 5 étapes de la démarche prévention
5- Évaluer pour prévenir avec qui ?
Voir en annexe les contacts utiles en région PACA.
Le succès de la démarche de prévention repose en premier lieu sur l’apport des
connaissances et des savoirs faire des salariés et des représentants du personnel de
l’entreprise (voir les 5 clés pour réussir : la participation des salariés et de leurs représentants).
Un appui externe peut conforter la mise en place de la démarche de prévention.
Les organisations et branches professionnelles jouent un rôle actif en élaborant des
guides et outils méthodologiques d’évaluation des risques, à l’attention des entreprises. Les organismes de prévention s’engagent à mettre en place cette démarche, afin
de favoriser une culture de prévention en entreprise.
Les Services de Santé au Travail développent une approche pluridisciplinaire de la
prévention des risques professionnels. En associant des compétences médicales,
techniques et organisationnelles, ils contribuent, dans chaque entreprise, à l’évaluation
des risques et à la réalisation des actions de prévention.
Le Médecin du Travail, conseiller de l’employeur, des salariés et de leur représentant,
consacre un tiers de son temps à l’analyse du milieu de travail, élabore la fiche d’entreprise qui consigne les risques professionnels, les effectifs des personnels exposés et les
moyens préconisés pour les prévenir.
Les Services de l’État (Services d’Inspection du Travail) contribuent également à la mise
en œuvre de la démarche de prévention. La DRTEFP et les DDTEFP interviennent sur :
■ la sensibilisation en amont des acteurs internes à l’entreprise (employeurs,
travailleurs, représentants du personnel et médecin du travail), aux enjeux de
l’évaluation des risques
■ le suivi de la démarche, en particulier lors des réunions du CHSCT
■ le contrôle du respect des obligations en matière de santé et de sécurité au travail
Site internet : www.sdtefp-paca.travail.gouv.fr
ANACT – Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail répond aux
demandes des chefs d’entreprise ou à celles des acteurs de la prévention. Son approche
organisationnelle de la prévention, basée sur l’analyse de l’organisation et du travail
réel, permet de mettre en évidence les conditions d’exposition aux risques des
salariés. L’apport des salariés et de leurs représentants permet de développer une
démarche effective de la prévention des risques professionnels en entreprise.
Site internet : www.anact.fr
La CNAMTS - La Caisse Nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs Salariés propose
aux entreprises via les services de prévention des CRAM (caisse régionale) : documentation et information sur les risques et leur prévention, formation des chefs d'entreprise
et des salariés à l'analyse des risques et des situations de travail, conseil et assistance en
entreprise grâce au concours d'ingénieurs et de techniciens en prévention.
Site internet : www.ameli.fr
20
page
En PACA :
ACT MEDITERRANEE, association régionale de l’ANACT répond aux demandes des chefs
d’entreprise ou à celles des acteurs de la prévention. Son approche organisationnelle
de la prévention, basée sur l’analyse de l’organisation et du travail réel, permet de
mettre en évidence les conditions d’exposition aux risques des salariés. L’apport des
salariés et de leurs représentants permet de développer une démarche effective de la
prévention des risques professionnels en entreprise.
Site de la Prévention en PACA : www.sante-securite-paca.org
Annexes
1
5
Quelques repères
bibliographiques
2
Liste des risques
"points clés ou quelles
questions se poser"
Contacts utiles
3
Deux exemples de présentation d'une évaluation sur une
activité et des programmes de
prévention
page
4
Textes réglementaires
21
Annexe I
Textes réglementaires
Principes généraux de
prévention de la loi 1991 (Article L. 230-2
du code du travail)
Le chef d’établissement prend les mesures
nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la
santé physique et mentale des travailleurs de
l’établissement, y compris les travailleurs
temporaires. Ces mesures comprennent les actions
de prévention des risques professionnels, d’information et de formation ainsi que la mise en place d’une
organisation et de moyens adaptés. Les mesures de
prévention prises doivent respecter l’ordre suivant:
• éviter les risques
• évaluer les risques qui ne peuvent être évités
• combattre les risques à la source
• adapter le travail à l’homme en particulier lors de
la conception des postes de travail, du choix des
équipements de travail, des méthodes de
travail et de production afin de limiter le travail
monotone et cadencé au regard de leurs effets sur la
santé
• tenir compte de l’état d’évolution de la
technique
• remplacer ce qui est dangereux par ce qui
n’est pas dangereux ou par ce qui est moins
dangereux
• planifier la prévention en y intégrant, dans un
ensemble cohérent, la technique, l’organisation du
travail, les conditions de travail, les relations sociales
et l’influence des facteurs ambiants
• prendre les mesures de protection collective en
leur donnant la priorité sur les mesures de
protection individuelle”
• donner les instructions appropriées aux
travailleurs
22
page
Décret du 5 novembre 2001 (Article
R. 230-1 du Code du Travail)
“L’employeur transcrit et met à jour dans un document unique les résultats de l’évaluation des risques
pour la sécurité et la santé des travailleurs à laquelle il doit procéder en application du paragraphe III a)
de l’article L.230-2. Cette évaluation comporte un
inventaire des risques identifiés dans chaque unité
de travail de l’entreprise ou de l’établissement. La
mise à jour est effectuée au moins chaque année
ainsi que lors de toute décision d’aménagement
important modifiant les conditions d’hygiène et de
sécurité ou les conditions de travail, au sens du septième alinéa de l’article L.236-2, ou lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation
d’un risque dans une unité de travail est recueillie.
Dans les établissements visés au premier alinéa de
l’article L.236-1, cette transcription des résultats de
l’évaluation des risques est utilisée pour
l’établissement des documents mentionnés au premier alinéa de l’article L.236-4.
Le document mentionné au premier alinéa du présent article est tenu à la disposition des membres
du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions
de travail ou des instances qui en tiennent lieu, des
délégués du personnel ou à défaut des personnes
soumises à un risque pour leur sécurité ou leur
santé, ainsi que du médecin du travail.
Il est également tenu, sur leur demande, à la
disposition de l’inspecteur ou du contrôleur du
travail ou des agents des services de prévention des
organismes de sécurité sociale et des organismes
mentionnés au 4° de l’article L.231-2.”
La circulaire d’application du dit décret rappelle la
méthodologie générale de la démarche de prévention à mettre en œuvre dans l’entreprise. Le présent
guide reprend la méthodologie proposée par la
circulaire.
Pour information, certains risques font
l'objet d'une réglementation spécifique
et demande une évaluation spécifique
■ Risques liés à la manutention
manuelle des charges
art R231-68 du code du travail
■ Risques électrique
décret du 14 novembre 1988
■ Risques et nuisances liés au bruit
art R232-8-1
■ Risques liés aux produits
dangereux utilisés, aux
émissions et aux déchets générés
par les procédés de fabrication :
• risques chimiques
• risques cancérogènes,
mutagènes et toxiques pour la
reproduction
■ Risques liés aux situations
de co-activité
art R231-54 et suivants
art R231-56 et suivants
décret du 20 février 1992
(plan de prévention)
arrêté du 26 avril 1996
(protocole de sécurité)
■ Risques liés aux atmosphères
explosives
art R232-12-26
■ Risques liés aux équipements de
travail et appareils de levage
art R233-1
art R233-13-1 et suivants
Pour vous aider à évaluer vos risques dans votre
structure, vous pouvez également vous appuyer sur
les documents édités par l'INRS, la médecine du
travail et l‘ANACT qui selon les cas peuvent vous
apporter des éclairages spécifiques sur certains
risques connus dans la profession (cf. bibliographie
jointe)
Annexe II
TEXTES
RÉGLEMENTAIRES
Points clés
indicatifs
(non exhaustifs) pour l’évaluation des risques
A.T. : Accidents de travail
M.P. : Maladies professionnelles
Obligations de résultat
S'interroger
T.M.S. : Troubles musculo-squelettiques
INCENDIE - EXPLOSION
Risque d'A.T. (potentiellement très grave) et de perte de l'outil de travail
■ Eviter le risque
■ Evacuer rapidement
■ Limiter la propagation
■ Combattre efficacement
■ L’entreprise possède-t-elle des extincteurs appropriés aux risques, accessibles, visibles,
contrôlés annuellement ?
■ Le personnel est-il formé au maniement des extincteurs ? Suit-il des exercices
périodiques ?
■ Existe-t-il un plan d’évacuation des locaux ? Est-il affiché ? Le cheminement vers les
issues de secours est-il balisé ?
■ Les produits inflammables sont-ils stockés dans un lieu spécifique, éloigné des
sources de chaleur ? Dans ce cas, une procédure a-t-elle été fournie aux salariés ?
■ Les hottes et conduits d’évacuation des vapeurs sont-ils nettoyés périodiquement ?
■ Les salariés sont-ils formés aux gestes de premiers secours ?
■ Les bouteilles de gaz sont-elles fixées ?
■ Les installations de gaz sont-elles régulièrement entretenues ? La vérification de leur
étanchéité est-elle assurée ?
■ Le plan de travail à proximité du chalumeau est-il rangé ?
ELECTRICITÉ
Risque d'A.T. (potentiellement très grave) et de perte de l'outil de travail
■ Conception et installation
sûres
■ Interventions réservées au
seul personnel habilité
■ L’installation électrique est-elle conforme ?
■ Les installations sont-elles entretenues périodiquement et vérifiées annuellement ?
■ Les machines électriques sont-elles aux normes en vigueur ?
■ Existe-il des consignes de premiers secours aux victimes d’accidents électriques ?
Les numéros d'urgence sont-ils affichés ?
POSTURES DE TRAVAIL ET MANUTENTIONS
Risque d’A.T. et de M.P. (TMS : lombalgies, tendinites…)
■ Repérer les postures fatigantes, pénibles, dangereuses
■ Supprimer / réduire les
manutentions et les gestes
répétitifs
■ Aménager les conditions de
manutention
■ Dans quelles situations, les salariés effectuent-t-ils des manutentions manuelles ?
Les manutentions qui ne peuvent être évitées peuvent-elles être réduites notamment
à l’aide de moyens d’aide à la manutention ?
■ Est-ce que les salariés ont été formés aux gestes et postures ? Sont-ils conscients des
risques encourus à long terme ?
■ L’employeur a-t-il recensé toutes les situations de travail nécessitant des postures
extrêmes (extension, torsion, accroupissement…) ?
■ L’employeur a-t-il recensé toutes les situations de travail nécessitant des gestes
répétitifs ? Si oui, quelles sont les solutions organisationnelles envisageables
(alternance des tâches…) ?
■ Lors de manutentions manuelles, l’environnement de travail est-il favorable (espace
de circulation non encombré, exiguïté des locaux…) ?
UTILISATION DE PRODUITS CHIMIQUES
Risque d'A.T. et de M.P. : allergies (fréquent), intoxication, possibles effets irréversibles (rares mais graves)
■ Les salariés sont-ils informés et formés sur les symboles figurant sur les produits
d’entretien ?… sur le port de protections individuelles (nature des gants à utiliser…) ?
…sur les risques pour leur santé ?
■ Des équipements de protection individuelle sont-ils fournis ? Le personnel les
porte-t-il effectivement ? Si non, pourquoi ?
■ Les fiches de données de sécurité de tous les produits utilisés sont-elles disponibles ? Sontelles transmises au médecin du travail ?
■ Existe t-il des notices aux postes de travail ?
■ Existe-t-il des systèmes d’extraction d’air dans les ateliers ?
■ Existe-t-il des systèmes d’aspiration intégrés sur certains équipements (exemple :
torche aspirante sur les chalumeaux) ? Sont-ils efficaces ? Sont-ils vérifiés périodiquement ?
■ Des produits de substitution moins dangereux sont-il recherchés pour diminuer les risques
liés aux agents chimiques les plus dangereux ?
page
■ Recenser les produits et
connaître leurs dangers
■ Rechercher des produits de
substitution moins dangereux
■ Limiter l’exposition des salariés à toutes les phases de la
manipulation
23
Annexe II
Points clés indicatifs (non exhaustifs) pour l’évaluation des risques
Obligations de résultat
S'interroger
TRANSFORMATION DES MÉTAUX
Risque de M.P. : allergies par contact (rare), inhalation de poussières et fumées
■ Recenser les métaux et
leurs dangers
■ Limiter l’exposition du
personnel aux phases critiques des procédés de transformation
■ Les risques liés à l’utilisation des métaux sont-ils connus par les salariés ?
■ Des équipements de protection individuelle sont-ils fournis ? Le personnel les porte-til effectivement ?
■ Existe-t-il des systèmes d’aspiration intégrés sur certains équipements (torche
aspirante) ? Sont-ils efficaces ? Sont-ils vérifiés périodiquement ?
CONDITIONS D’ENVIRONNEMENT
Risque lié à l’environnement : thermique, sonore, lumineux, atmosphérique
■ Eviter la fatigue
■ Avez-vous repéré les situations de travail exposant les salariés aux risques thermiques, sonores et autres facteurs d’ambiance ?
■ Est-il interdit de fumer, boire et manger dans les locaux de travail ?
■ Les ateliers sont-ils équipés d’une climatisation ? Si oui, est-elle révisée régulièrement ?
LA CHARGE MENTALE ET/OU PSYCHOLOGIQUE
Risque : stress, fatigue, irritabilité
■ écouter et soutenir le salarié
■ réduire sa charge psychologique
■ identifier les formations
spécifiques
■ Quels moyens avez-vous pour apprécier la charge psychologique
(plaintes, absences, modifications du comportement…) ?
■ Existe-t-il des plannings de travail ? Comment les priorités sont-elles gérées ?
■ Quels sont les critères de recrutement ? et procédures d’intégration ?
■ Le travail est-il valorisé ? Comment ?
■ Existe-t-il des assurances spécifiques pour couvrir la valeur des matériaux détenus
par l’entreprise en cas de vol ou de détérioration ?
■ Comment les salariés sont-ils rémunérés (à la tâche, mensualisés, primes…) ?
AGENTS INFECTIEUX
Risque de contamination microbienne
■ Repérer les situations de
risques infectieux
■ Donner aux salariés les
moyens de se protéger
■ Les salariés connaissent-ils les risques infectieux et les voies de propagation des
agents microbiens ?
■ Quelle formation/information a été dispensée par la médecine du travail ?
■ Les équipement utilisés pour le piercing sont-ils adaptés aux risques de contamination ?
■ Les salariés ont-ils des gants à leur disposition pour le piercing ? Connaissent-ils les
règles et procédures d’hygiène et de sécurité (outil adapté, déchets, gants…) ?
Les respectent-ils ? Si non, pourquoi ?
■ Des consignes particulières en matière de piercing sont-elles élaborées ?
TRANSPORT ET TRAJET
Risque d’accidents de la circulation et fatigue
■ Limiter le plus possible la
fatigue physique
■ Le personnel est-il sensibilisé au respect du code de la route ?
■ Dans l’organisation du travail (planning), est-il tenu compte des distances
parcourues ? des moyens de transport utilisés ? du décalage horaire lors des déplacements à l’étranger ?
■ Des temps de pose sont-ils préconnisés en cas de déplacement de longue durée ?
CHUTES
Risques d'A.T. (potentiellement grave)
24
page
■ Disposer des équipements
de travail adaptés
■ S’assurer que l’état des sols
est compatible avec un travail
en sécurité
■ Comment sont prévues les tâches impliquant des travaux en élévation (installation
des vitrines, stockage…) ?
■ Quel est l’état de l’éclairage des escaliers pour accéder aux locaux ?
■ Quel est l'état des sols (pentes, encombrements, escaliers…) ?
■ L’atelier est-il bien rangé (encombrement des allées de circulation) ?
■ Le matériel utilisé est-il conforme à un usage professionnel (escabeau…) ?
■ Les entrées, escaliers, issues de secours sont-ils libres de tout obstacle ?
Annexe II
Points clés indicatifs (non exhaustifs) pour l’évaluation des risques
Obligations de résultat
S'interroger
ORGANISATION DU TRAVAIL
Co-facteur fondamental de tous les risques
■ Rechercher la meilleure organisation du travail pour réduire,
voire supprimer, certains risques
■ Rechercher les meilleures
conditions de travail
■ Quelles sont les procédures de recrutement et d’accueil ?
■ Comment se fait la répartition des tâches ? Est-il tenu compte de l’expérience
professionnelle de l’ouvrier ? de sa qualification ? de son degré d’autonomie ?
des difficultés de la tâche ?
■ L’organisation du travail a-t-elle pris en compte – pour les vendeuses – les conséquences issues de la station debout prolongée ?
■ Les procédures et consignes de l’entreprise sont-elles bien connues ?
■ Comment sont gérés les délais de réalisation ? Les priorités ? les surcharges de
travail ?
■ Comment les salariés peuvent-ils faire part à leur direction ou à l’encadrement de
leurs difficultés liées à l’exécution du travail, aux équipements, aux conditions de travail… ?
■ Le personnel a-t-il reçu des instructions précises lors de déplacements professionnels
(à pied, en voiture, en transport en commun…) ?
■ Comment se font les échanges de savoir-faire et de pratiques entre les salariés les
plus expérimentés et les novices dans la profession ?
OUTILS DE TRAVAIL
Risques liés à l’utilisation des machines et outils (blessures, rachialgies)
■ Eviter les incidents (petites
coupures)
■ Eviter les accidents
■ Réduire la fatigue
■ Le personnel est-il conscient des risques encourus à l’occasion de l’utilisation des
machines et outils ?
■ Existe-t-il des consignes de sécurité pour les machines les plus dangereuses (laminoir,
tour à polir…) ? Sont-elles affichées à proximité des machines ? Sont-elles visibles et
lisibles ?
■ Les phases de travail nécessitant des EPI ont-elles été identifiées (projection de métal,
perforation avec l’outil…) ?
■ Le petit outillage est-il disponible en nombre suffisant ? est-il adapté à la tâche
(échoppe, perloir, limes…) ?
■ Le personnel est-il formé aux gestes de premiers secours en cas d’accident ?
■ Le personnel est-il formé aux gestes et postures adaptés à l’utilisation de ces
machines et outils (filières…) ?
EQUIPEMENT DE TRAVAIL (ÉTABLI)
Risque de T.M.S. (cervicalgie, lombalgie, risque circulatoire) et d’atteinte visuelle
■ Améliorer les conditions physiques de travail
■ Eviter l’apparition de pathologies générant des maladies professionnelles
■ L’établi est-il réglable en hauteur ? Le poste de travail est-il individualisable ?
■ Les sièges sont-ils à réglages ergonomiques ?
■ Existe-t-il des binoculaires ?
■ L’éclairage est-il individuel et adapté ?
■ Le personnel est-il conscient des pathologies encourues liées au travail à l’établi
(circulatoire, musculaire…) ?
CO-ACTIVITÉ
Risques liés aux sous-traitants et fournisseurs
■ Favoriser le partage des consignes de sécurité
■ Limiter les risques
■ Y a-t-il des intervenants extérieurs ? Si oui, un plan de prévention des risques a-t-il été
établi en commun ?
■ Le personnel est-il amené à travailler dans des locaux extérieurs ? sont-ils informés
des risques encourus ? Un plan de prévention des risques a-t-il été établi avec l’autre
entreprise ?
AGRESSION
Risques d’AT et de M.P. (risque psychopathologique), risque vital
■ L’entreprise est-elle équipée de systèmes de protection (alarmes, caméra…) ?
■ Le personne a-t-il reçu des consignes de sécurité précises (comportement à tenir en
cas d’agression, discrétion en toutes occasions) ?
■ Des moments d’écoute et d’échange sont-ils organisés afin que les salariés puissent
évacuer le stress lié à l’agression ?
■ Le personnel est-il formé à la gestion du stress ?
page
■ Améliorer les conditions psychiques du travail
■ Protéger l’intégrité physique
et mentale des salariés
25
26
Le contact avec les clients expose les vendeuses à des
risques infectieux (angines, grippes, maladies contagieuses…)
Risque infectieux
En perçant les oreilles pour poser de nouvelles boucles
d’oreille, les vendeuses pourraient entrer en contact avec
du sang contaminé en se piquant et s’exposent au risque
infectieux : sida, hépatites…
Les vendeuses, pour accueillir le client, restent debout pendant toute la durée de leur journée de travail.
Posture de travail
Risque infectieux
Suite à un braquage, les salariés de cette boutique sont
angoissés à l’idée que cela se reproduise.
Agression physique (Braquage)
T : Mettre des gants à chaque manipulation
T : Utiliser des boucles d’oreille stérilisées
P : Se laver les mains régulièrement. Conseiller une hygiène rigoureuse
T : Mise à disposition de tabourets hauts
Néant
P : Apprendre les techniques comportementales pour
gérer les caractères difficiles.
P : Avoir des gestes précis, conserver sa concentration et
son self-contrôle en toutes circonstances
O : ne pas laisser entrer les clients pendant le temps de
mise en place de la vitrine.
P : Sensibiliser au bon usage de l’escabeau
Néant
Description des moyens de prévention existants
Satisfaisant
X
X
X
X
X
À améliorer
X
X
X
À redéfinir
REMARQUES
Décrire les phases de travail consiste à énumérer l'ensemble des activités du salarié sans omettre les activités du salarié occasionnelles, exceptionnelles… L'identification des dangers ou des facteurs de risques peut se baser, pour chacune des phases de travail, sur la liste indicative jointe ; les
dangers une fois identifiés pourront être caractérisés ou mesurés. La description détaillée des modalités d'exposition aux dangers est nécessaire pour déterminer les actions de prévention adaptées qui figuront dans le plan d'action. La description des moyens de prévention existants a pour
finalité : de les lister et de vérifier leur pertinence. Même quand ils sont jugés satisfaisants, il est utile de les noter pour pouvoir suivre leur évolution dans le temps.
Liste indicative des dangers ou des facteurs de risques : éclairage, bruit, ambiance thermique, agents biologiques, risque chimique et cancérogène, aération-ventilation, électricité, manutention manuelle, organisation du travail, circulation, rayonnements ionisants, opération de maintenance,
écrans de visualisation, risque incendie-explosion, coactivité avec des entreprises extérieures, ergonomie du poste de travail, équipements de travail, charges mentales…
3 - Piercing des oreilles
Un client mécontent entre dans le magasin et apostrophe
la vendeuse qui se sent alors agressée.
Le magasin est ouvert au public sans contrôle des accès.
Sa collègue est occupée à renseigner un client. Elle se
sent vulnérable ce qui génère du stress.
Vol
Agression verbale et/ou physique
Elle monte sur un escabeau. Ne s’assure pas préalablement de la stabilité de celui-ci. Elle risque de se blesser en
chutant.
Chute de hauteur
2 - Accueil ou attente du client
La vendeuse doit procéder à la mise en place de la nouvelle vitrine. L’accès de la vitrine se fait par l’intérieur et difficilement. Cette opération nécessite de se mettre en
extension en portant des petites charges à bout de bras.
Elle est exposée aux risques musculo-squelettiques (élongations et lombalgies).
Postures de travail
1 - Mise en place de la vitrine
Description des risques, modalités d'exposition
aux dangers
Dangers ou facteurs de risques identifiés
Commerce avec 2 vendeuses
Personnes associées à l’évaluation : les vendeuses
Date d’évaluation des risques : 7 novembre 2004 (3e mise à jour)
Exemple de compte-rendu d'évaluation des risques en entreprise
Description des phases de travail
Description de l’activité, ou du poste de travail :
Rédacteur : Employeur
Unité de travail : Vente et Services associés
page
Annexe III
Attention : Ceci est un exemple non exhaustif
T : Installer des caméras (certaines visibles et d’autres cachées), signaler leur présence
par des panneaux. Lorsqu’il y a enregistrements, faire une déclaration à la CNIL.
O : Eviter le travail seul lorsque cela est possible.
P : Inculquer la discrétion au personnel en dehors du lieu de vente
O : appel du supérieur hiérarchique pour la gestion des situations délicates ou conflictuelles
P : assurer un suivi psychologique en cas de braquage. Informer le médecin du travail
(conseils, entretiens, visites médicales)
O : Réunion de discussion et/ou mise en place d’un groupe de travail réunissant les salariés
T : Poser des tapis spéciaux pour soulager les effets de la station debout
T : Mise à disposition de tabourets hauts en nombre suffisant.
Risque d’agression verbale ou physique
(2 - accueil ou attente du client)
Risque psychologique et charge mentale
(2 - accueil ou attente du client)
Risque liés aux postures de travail
(2 - accueil ou attente du client)
Immédiat
immédiat
Immédiat
3 mois
immédiat à la suite de l’événement
Immédiat
immédiat
Immédiat
36 mois
6 mois
6 mois
page
La description des moyens de prévention existants a pour finalité de les lister et de vérifier leur pertinence. Même quand ils sont jugés satisfaisants, il est utile de les noter pour pouvoir suivre leur évolution dans le temps.
T : Technique • O : Organisationnelle • P : Personnelle
T : Usage unique des matériels en contact avec le client
O : Jeter les déchets dans des poubelles spécifiques
T: Porter des gants pour les piercings
P : Etre à jour de ses vaccinations ; la vaccination contre l’hépatite B contractée en accident d’exposition au sang, est à ce jour la seule vaccination existante contre un cancérigène (cancer hépatique par complication d’une hépatite chronique)
3 mois
T : Installation d’une porte à accès réglementé
Risque de vol
(2 - accueil ou attente du client)
Risque liés au contact avec la clientèle
(3 - piercing)
6 mois
T : Remplacer le matériel inadapté par un équipement conforme et destiné à un usage
professionnel
Risque de chute de hauteur
(1 - mise en place de la vitrine)
Délai d'exécution
T : Prévoir des accès pratiques et faciles pour la mise en place de la vitrine
P : Former aux Gestes et postures
3 mois
12 mois
Mesures de prévention
Risque liés aux postures de travail
(1- mise en place de la vitrine)
Commerce avec 2 vendeuses
Personnes associées à l’évaluation : les vendeuses
Date d’évaluation des risques : 7 novembre 2004 (3e mise à jour)
Risques identifiés
Description de l’activité, ou du poste de travail :
Rédacteur : Employeur
Unité de travail : Vente et Services associés
Exemple de programme d'actions de prévention
Personne chargée de l'action
Chaque salarié
Chef d’entreprise
Chef d’entreprise et chaque salarié
Chef d’entreprise
Chef d’entreprise
Chef d’entreprise
Chef d’entreprise
Chef d’entreprise
Chef d’entreprise
Annexe III
Attention : Ceci est un exemple non exhaustif
27
28
Néant
O : Répartition des tâches entre les ouvriers
mais sans vision claire des commandes.
O : Ce type d’activité est strictement réservé aux
salariés les plus expérimentés (Compétence
accrue, motivation et niveau de responsabilité
importantes…)
L’ouvrier réalise un travail de grande précision
nécessitant un éclairage constant quelle que
soit l’heure du jour. Les contrastes trop importants sont sources d’accident et de fatigue
visuelle.
a - Chaque pièce est unique, chaque intervention est spécifique et fait appel à des compétences diverses. Pour l’ouvrier novice, ces situations
peuvent être sources de charge mentale.
b - Aux périodes de forte activité (Noël, St
Valentin…) la charge de travail augmente considérablement et n’est pas toujours planifiée ; ceci
pouvant entrainer stress et fatigue.
c - Le sertisseur est amené à travailler des pierres
précieuses de très grande valeur. Un geste malheureux peut avoir une incidence économique
lourde. Une charge psychologique importante
pèse sur le salarié.
Eclairage inadapté
Stress
Satisfaisant
X
X
X
À améliorer
X
X
À redéfinir
REMARQUES
Décrire les phases de travail consiste à énumérer l'ensemble des activités du salarié sans omettre les activités du salarié occasionnelles, exceptionnelles… L'identification des dangers ou des facteurs de risques peut se baser, pour chacune des phases de travail, sur la liste indicative jointe ; les
dangers une fois identifiés pourront être caractérisés ou mesurés. La description détaillée des modalités d'exposition aux dangers est nécessaire pour déterminer les actions de prévention adaptées qui figuront dans le plan d'action. La description des moyens de prévention existants a pour
finalité : de les lister et de vérifier leur pertinence. Même quand ils sont jugés satisfaisants, il est utile de les noter pour pouvoir suivre leur évolution dans le temps.
Liste indicative des dangers ou des facteurs de risques : éclairage, bruit, ambiance thermique, agents biologiques, risque chimique et cancérogène, aération-ventilation, électricité, manutention manuelle, organisation du travail, circulation, rayonnements ionisants, opération de maintenance,
écrans de visualisation, risque incendie-explosion, coactivité avec des entreprises extérieures, ergonomie du poste de travail, équipements de travail, charges mentales…
T : Un éclairage individuel a été prévu au poste
de travail
P : L’opérateur a été sensibilisé à l’utilisation des
réglages du poste de travail pour REELLEMENT
l’adapter à sa morphologie
T : Le poste de travail a été équipé de repose
pieds
O : Alternance des tâches, avec changements
d’activité et/ou de position
Le salarié, quelle que soit sa taille, est soumis à
la contrainte d’une hauteur d’établi fixe. Le positionnement de son corps (principalement épaules et coudes) dans le cadre d’opérations prolongées et/ou répétitives (spécialisation du poste
de travail) peut être source A.T./M.P.
Equipement de travail inadapté
Description des moyens de prévention existants
1. Travailler à l’établi
Poste de Travail (en général)
Description des risques, modalités d'exposition
aux dangers
Dangers ou facteurs de risques identifiés
Atelier de production de 5 personnes
Personnes associées à l’évaluation : les ouvriers
Date d’évaluation des risques : 7 novembre 2004 (3e mise à jour)
Exemple de compte-rendu d'évaluation des risques en entreprise
Description des phases de travail
Description de l’activité, ou du poste de travail :
Rédacteur : Employeur
Unité de travail : Travail de la forme du bijou
page
Annexe III
Attention : Ceci est un exemple non exhaustif
T : Interdiction stricte d’utiliser ces anciens
modèles de perruque en amiante
Néant
Néant
d - L’ouvrier pose le bijou sur la perruque en
amiante pour chauffer le métal, s’exposant ainsi
au risque CMR par inhalation de fibres d’amiante
e - Le "charbon" est utilisé pour poser le bijou
que l’on passe à la flamme du chalumeau : en
bois, ou synthétique, la réaction engendre des
risques toxiques par inhalation.
f - L’ouvrier utilise du Borax pour éviter l’oxydation du métal et faire courir la brasure sur les
pierres. Cette opération est très fréquente et les
fumées générées peuvent exposer le salarié à
des risques toxiques par inhalation.
Risque chimique et Cancérogène, mutagène,
toxique pour la reproduction (CMR)
X
Satisfaisant
X
À améliorer
X
X
À redéfinir
page
NB : Il s’agit donc pour les professionnels concernés par cette activité de décrire les autres phases de travail et de compléter le tableau à titre d’exemple. On pourra citer les phases suivantes : coller, polir avec pièce-à-main, nettoyage, etc. ces phases de travail devant correspondre à la réalité
de l’activité de l’atelier. Les risques identifiés à cette phase de travail feront l’objet de mesures de prévention qui seront retranscrites dans le programme d’action de prévention dont un exemple figure page suivante.
REMARQUES
Décrire les phases de travail consiste à énumérer l'ensemble des activités du salarié sans omettre les activités du salarié occasionnelles, exceptionnelles… L'identification des dangers ou des facteurs de risques peut se baser, pour chacune des phases de travail, sur la liste indicative jointe ; les
dangers une fois identifiés pourront être caractérisés ou mesurés. La description détaillée des modalités d'exposition aux dangers est nécessaire pour déterminer les actions de prévention adaptées qui figuront dans le plan d'action. La description des moyens de prévention existants a pour
finalité : de les lister et de vérifier leur pertinence. Même quand ils sont jugés satisfaisants, il est utile de les noter pour pouvoir suivre leur évolution dans le temps.
Liste indicative des dangers ou des facteurs de risques : éclairage, bruit, ambiance thermique, agents biologiques, risque chimique et cancérogène, aération-ventilation, électricité, manutention manuelle, organisation du travail, circulation, rayonnements ionisants, opération de maintenance,
écrans de visualisation, risque incendie-explosion, coactivité avec des entreprises extérieures, ergonomie du poste de travail, équipements de travail, charges mentales…
T : Entretien périodique du matériel
T : Fixation des bouteilles de gaz et d’oxygène
P : Formation aux consignes de sécurité et
rappel périodique
Les arrivées de gaz ou oxygène courent le long
du mur. La vétusté des tuyaux expose à un
risque d’explosion.
Le chalumeau est fixé à l’établi. La veilleuse est
allumée en permanence sur un plan de travail
encombré d’objets pouvant aisément prendre
feu et provoquer des brûlures thermiques, voire
dégénérer en incendie.
Risque incendie explosion
Description des moyens de prévention existants
2. Soudage au moyen d’un chalumeau alimenté
en butane et/ou oxygène
Description des risques, modalités d'exposition
aux dangers
Dangers ou facteurs de risques identifiés
Atelier de production de 5 personnes
Personnes associées à l’évaluation : les ouvriers
Date d’évaluation des risques : 7 novembre 2004 (3e mise à jour)
Description des phases de travail
Description de l’activité, ou du poste de travail :
Rédacteur : Employeur
Unité de travail : Travail de la forme du bijou
Exemple de compte-rendu d'évaluation des risques en entreprise (suite)
Annexe III
Attention : Ceci est un exemple non exhaustif
29
30
8 mois
3 mois
Immédiat
immédiat
O : Affichage de la notice au poste de travail et consignes en cas d’urgence (d,e,f)
O/T : Supprimer définitivement les perruques en amiante restantes en les remplaçant
par un support non-dangereux (d)
P: Sensibiliser à la nécessité de porter les EPI y compris pour des phases de travail courtes (d,e,f)
immédiat
T : Prévoir un système d’extraction d’air et une ventilation adaptée pour l’atelier (d,e,f)
1 mois
O : Dégager le poste de travail à proximité du chalumeau
3 mois
18 mois
2 mois
12 mois
3 mois
T : Prévoir les extincteurs en nombre suffisant et de type adapté
P/O : Gestion prévisionnelle des effectifs (en nombre suffisant) (b)
P : Prévoir la formation professionnelle continue tout au long de la vie (a,b,c)
P : Suivre une formation à la gestion du stress (a,b,c)
O : Mise en place de planning (a,b,c)
O : Développer le tutorat vis-à-vis des salariés novices (a)
T : Contracter une assurance spécifique contre le vol et/ou la déterioration des pierres
précieuses (c)
La description des moyens de prévention existants a pour finalité de les lister et de vérifier leur pertinence. Même quand ils sont jugés satisfaisants, il est utile de les noter pour pouvoir suivre leur évolution dans le temps.
T : Technique • O : Organisationnelle • P : Personnelle
Risque chimique et CMR
(2 - Soudage)
Risque incendie/explosion
(2 - Soudage)
Risque psychologique/charge mentale
(1 - travailler à l’établi)
1 mois
3 mois
T : Faire contrôler le niveau d’éclairement par le médecin du travail (norme pour les
bijoutiers supérieure à la normale)
T : Créer du contraste sur le plan de travail par rapport au bijou travaillé (feutrine…)
2 mois
P : adapter le réglage des sièges pour un bon positionnement du corps et notamment
des membres inférieurs
T : Prévoir une lumière froide
1 mois
O : Impliquer le Médecin du travail, qui au cours de ses visites d’entreprise et rencontres
individuelles avec les salariés, communiquera sur l’importance d’une bonne posture et
la prévention des troubles circulatoires veineux pour éviter les effets néfastes à long
terme
Eclairage inadapté
(1 - travailler à l’établi)
3 mois
T : Rehausser les établis. Envisager des établis individuels à hauteur réglable
Délai d'exécution
2 ans
Mesures de prévention
Risque lié à un équipement de travail inadapté
(1 - travailler à l’établi)
Atelier de production de 5 personnes
Personnes associées à l’évaluation : les ouvriers
Date d’évaluation des risques : 7 novembre 2004 (3e mise à jour)
Exemple de programme d'actions de prévention
Risques identifiés
Description de l’activité, ou du poste de travail :
Rédacteur : Employeur
Unité de travail : Travail de la forme du bijou
page
Chef d’entreprise
Chaque salarié
Chef d’entreprise
Chef d’entreprise
Chef d’entreprise
Chef d’entreprise
Personne chargée de l'action
Annexe III
Attention : Ceci est un exemple non exhaustif
page
31
page
32
page
33
Annexe IV
CONTACTS UTILES en Provence Alpes Côte d’Azur
Les contacts utiles dans les départements des Alpes-Maritimes et du Var figurent page suivante.
Services de l'État
DRTEFP 180 Avenue du Prado 13285 MARSEILLE Cedex 8 Tél. 04 91 15 12 12
Ou Contacter l'Inspection du Travail de votre département
MIRT MO (Médecin Inspecteur Régional du Travail et de la Main d'Œuvre)
180 Avenue du Prado 13285 MARSEILLE Cedex 8 Tél. 04 91 15 12 99
Site DRTEFP/DDTEFP : www.sdtefp-paca.travail.gouv.fr
Site internet d’information juridique : www.legifrance.fr
Préventeurs
ACT Méditerranée Association Régionale pour l’Amélioration des Conditons de Travail
Europarc de Pichaury.Bt C1. 13856 Aix en Provence cedex 3.
Site internet : www.anact.fr Tél. 04 42 90 30 20
CRAM Sud-Est
35 rue George – 13 385 Marseille cedex 20 Site internet : www.cramse-preges.org
Service de documentation : Tél. 04 91 85 85 36
Il existe une antenne de la CRAM dans chaque département.
Site de la Prévention en PACA : www.sante-securite-paca.org
Afin de procéder aux contrôles de conformité et aux vérifications périodiques (électricité,
équipements de travail, aération, bruit etc.), vous pouvez faire appel aux organismes et personnes agréés dont une liste se trouve sur le site de l'INRS (www.inrs.fr) ou bien auprès des
sections d'inspection du travail dont dépend votre établissement.
Annexe V
QUELQUES REPÈRES pour aller plus loin…
Toutes les références suivantes sont éditées par l’INRS
Risque électrique
Introduction au risque électrique, dossier INRS, 2003
(sur www.inrs.fr)
L’électricité-Comment s’en protéger ED548
Risque incendie
Prévention des incendies sur les lieux de travail – Aide
mémoire juridique TJ 20
Divers
Guide des revêtements de sol, CNAMTS, département
prévention.
Conception des lieux de travail, ED 718 et ED 773
Principales vérifications périodiques, ED 828
Documentation INRS fournie sur demande par le service prévention des risques professionnels de la CRAM 35
rue George 13386 Marseille cedex 20
Risque posture et manutentions manuelles
Le dos, mode d’emploi ED761
Méthode d'analyse des manutentions manuelles ED
862
Nous remercions Mmes Josiane Benz (Athena Strategy), Anne-Marie Gautier (DDC), Catherine
Pundik (AB Consulting) pour leur contribution à la réalisation de ce guide.
page
Risque chimique
Risque chimique pendant les travaux de
nettoyage ED59
Utilisation des produits chimiques ED744
35
Réseaux de veille
et de prévention
des risques
professionnels
en PACA
La
Prévention en Action
Le guide “Bijoutiers” est le résultat d’un travail collectif (
) mené dans le
département des Alpes-Maritimes qui a réuni les organismes suivants :
GROUPE DE TRAVAIL
Chambre syndicale professionnelle des joailliers, bijoutiers, horlogers, orfèvres de la
Côte d’Azur
c/o U.P.E. 06 - CAP VAR Entrée C2 - Av. Guynemer
06 700 SAINT-LAURENT-DU-VAR • Tél. 04 92 27 27 60
AMETRA 06 28, boulevard de Riquier 06300 NICE • Tél. 04 92 00 24 70
DDTEFP 06 Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle
CADAM Route de Grenoble
BP 3311 06206 NICE cedex 3 • Tél. 04 93 72 49 49
AUTRES PARTENAIRES AU PROJET
DRTEFP 06 Direction Régionale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle
180, avenue du prado 13285 MARSEILLE CEDEX 8
Tél. 04 91 15 12 12
ACT Méditerranée Europarc de Pichaury 1330 rue Guillibert de la Lauzière BT C1
13856 AIX-EN-PROVENCE cedex 3 • Tél. 04 42 90 30 20
APAMETRA 6, Rue du Dr Richelmi 06300 NICE • Tél. 04 92 00 38 40
CMTI
5/7 rue Delille 06000 NICE • Tél. 04 93 62 74 62
CFDT
CFE-CGC
CFTC
CGT
CGT-FO
12, boulevard Delfino 06300 NICE • Tél. 04 93 26 52 32
81 rue de France 06000 NICE • Tél. 04 93 88 86 88
81, rue de France 06000 NICE • Tél. 04 93 82 29 43
4, place Saint-Francois 06300 NICE • Tél. 04 92 47 71 10
63, boulevard Gorbella 06102 NICE cedex 2 • Tél. 04 93 84 40 50
UPA
Boulevard Georges Pompidou Immeuble Var 3000
06700 SAINT-LAURENT-DU-VAR • Tél. 04 93 31 91 90
Immeuble Cap Var 273, Av Georges Guynemer
06700 SAINT-LAURENT-DU-VAR • Tél. 04 92 27 27 60
UPE
Ce guide a été construit sur la base du guide national “Évaluer pour prévenir, comprendre pour réagir” élaboré par :
• Ministère de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale.
• Ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche et des affaires rurales
• Ministère de l’équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer
• Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS)
• Institut national de recherche et de sécurité (INRS)
• Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT/ARACT)
• Mutualité sociale agricole (MSA)
• Organisme professionnel de prévention du bâtiment et de travaux publics (OPPBTP)
• Institut maritime de prévention (IMP)
Travail Operationnel de Suivi, de Conseil et
d'Accompagnement dans les Alpes Maritimes
Le site des acteurs régionaux de la prévention : www.sante-securite-paca.org
Photos : X-DR
Ce guide a pu être réalisé grâce à la participation des bijoutiers, joailliers, horlogers,
orfèvres des Alpes-Maritimes
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