" S`ouvrir et faire revivre la démocratie dans notre

" S`ouvrir et faire revivre la démocratie dans notre
des socialistes
Numéro spécial 12 pages
N°579
DU 10 au 16 juillet
1,5€
10, rue de Solférino
75333 Paris Cedex 07
Tél. : 01 45 56 77 52 – Fax : 01 47 05 27 70
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de le publication • David Assouline
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(76 32) • PHOTO Philippe Grangeaud (76 00)
• maquette Florent Chagnon (79 44)
• FLASHAGE ET IMPRESSION PGE (94) Saint-Mandé
• n° de commission paritaire : 0114P11223 •
ISSN 127786772
“L’Hebdo des socialistes” est édité par Solfé
Communication, tiré à 24 300 exemplaires
Convention nationale
Outil militant
Page 3 à 11
Page 12
extraits d'interventions
la rochelle - bulletin d'inscription
" S'ouvrir et faire revivre la
démocratie dans notre pays "
Extrait de l'intervention de Martine
Aubry lors de la Convention du 3 juillet
« Mes cher-es camarades,
J’aimerais me concentrer sur trois choses.
Évidemment la nécessaire rénovation
de notre parti qui est engagée. Notre
contribution à la rénovation de l’esprit
public. L’esprit public, c’est finalement
faire en sorte de contrecarrer la République
qu’abîme aujourd’hui la droite, c’est
vraiment cela le sujet. Et puis comment ne
pas dire quelques mots sur notre inquiétude
sur la situation économique et sociale de
notre pays, qui n’est pas sorti de la crise
et que les politiques actuelles risquent de
maintenir, voire d’affaiblir encore
dans cette crise.
La rénovation, c’est évidemment l’enjeu
de ce samedi. Nous sommes réunis pour
adopter ces nouvelles règles. C’est bien
mais ce n’est qu’un début. Tout restera
à faire à partir d’aujourd’hui, et ce sont
les militants et la force de ces militants
et des élus du Parti socialiste, qui doit
conduire dans les faits notre rénovation.
Les Français verront alors que nous n’avons
pas fait qu’un discours mais que nous nous
sommes ouverts à eux, comme le sont,
dans nos quartiers, dans les manifestations,
devant les entreprises, nos élus et bien sûr
nos militants.
C’est un nouveau pacte démocratique que
nous proposons aux Français. La rénovation,
pour nous, c’est une exigence de la
démocratie française. Dans le fond, le Parti
Suite du discours p.2
L’AGENDA
17 juillet
u Culture
30e Rencontres d'Avignon
organisées par le Secrétariat
national à la culture et la FNESR
de 9h30 à 18h.
27/28/29 août
uRentrée
Universités d'été
de la Rochelle 2010
4 et 5 septembre
7 septembre
u Retraites
u Retraites
Journée nationale d'action pour
la défense du système
de retraites. Le Parti socialiste
sera mobilisé dans les
manifestations avec
les syndicats.
Tous sur le pont ! : distribution
massive de tracts pour préparer
la journée d'action du
7 septembre
Retrouvez l’agenda sur
parti-socialiste.fr
socialiste souhaite être aujourd’hui l’aiguillon
de cette rénovation. Il souhaite dire aux
Français : oui, vous allez nous aider à choisir
notre candidat, mais surtout, nous voulons vous
mobiliser sur des idées, et vous mobiliser pour
qu’ensemble, ensuite, on change la société.
C’est véritablement la rénovation que
nous voulons.
Il est vrai que, depuis un an, les faits nous
ont plutôt donné raison dans cette volonté
de rénovation. D’abord les militants euxmêmes, et je les remercie. Certains disaient :
" on va enlever aux militants socialistes
leur élément essentiel qui est le choix du
candidat à la présidentielle ". Mais l’élément
essentiel des militants est de faire passer les
idées, de convaincre autour de soi, d’aider,
d’accompagner. C’est être aussi des militants
syndicaux, des militants associatifs… C’est cela
être militant du Parti socialiste.
Quand on est militant, on souhaite convaincre,
et faire militer beaucoup d’autres personnes.
Les militants ont compris, avant beaucoup
d’autres, que le parti sera ainsi plus grand. Je
les en remercie, parce que c’est eux qui nous
ont donné le coup d’envoi lors du référendum
interne que nous avions organisé.
La rénovation, c’est s’ouvrir, mais c’est aussi
la rénovation des idées, la rénovation des
propositions, pour que les classes populaires,
demain, se disent : " les socialistes au cœur
de la gauche ont compris nos difficultés et
sont à même de nous redonner de l’espoir
pour l’avenir ".
Nous, socialistes, pensons qu’il faut la
rénovation des idées, et que refuser le
déclassement économique et social, proposer
un nouveau modèle de société, comme nous
sommes en train de le faire actuellement, c’est
lutter contre ce décrochage démocratique qui
nous inquiète.
Nous avons été confortés à rénover, je dirais
hélas, par l’évolution même du pouvoir, du
pouvoir en place, qui abîme notre démocratie.
Le pacte social est précarisé. Le pacte républicain
est fragilisé, c’est le bilan aujourd’hui de la
présidence de Nicolas Sarkozy.
Aussi, nous nous préparons, pas seulement
à succéder à l’UMP, mais à réparer la France,
réparer la France, refaire une vraie République,
qui donne sa chance à chacun, et refaire une
démocratie ouverte, où le débat existe, où
l’on n’invective pas, où l’on n’entraîne pas des
contre-vérités à chaque fois qu’on parle d’un
sujet, que ce soit d’une affaire ou des retraites.
Notre pays a besoin de s’ouvrir et de faire
revivre la démocratie. Les Français le souhaitent,
les Français le veulent, et les Français sont à
cette hauteur. Nous, socialistes, nous allons leur
donner cette possibilité.
Réparer la France, il faudra aussi le faire sur le
sujet des retraites. La réforme du gouvernement
est profondément injuste et surtout totalement
irresponsable car elle ne règle rien. Les Français
commencent à le comprendre.
L’injustice, ils l’ont comprise. Nous n’acceptons
pas que ceux qui ont commencé à travailler tôt,
que ceux qui aujourd’hui ont déjà 41, 42, 43
ans de cotisations, qui sont au-delà des durées
maximales, souvent usés par le travail et qui
auront une espérance de vie inférieure aux
autres, ne puissent pas partir à 60 ans.
C’est la mesure la plus injuste, elle ne règle
que 20 % du problème. Comment qualifier
autrement qu’irresponsable, une réforme qui
laisse un trou de 25 milliards sur 30 milliards
en 2011 et de 40 milliards sur 80 en 2050, parce
qu’on n’a pas eu le courage d’aller chercher
l’argent des banques ? Nous, nous disons 15 %
d’augmentation de l’impôt sur les sociétés des
banques pour pouvoir conforter notre Fonds de
réserve des retraites. Nous devrons nous battre
et continuer à nous battre pour faire changer
le gouvernement.
Dès mardi, je proposerai au Bureau national
que nous ayons, dans la première semaine
de septembre, le week-end précédent le 7, un
" Tous sur le pont " pour que nous allions vers
les Français pour leur expliquer, effectivement
une dernière fois, ce qu’est le projet du
gouvernement et pour leur expliquer le nôtre.
Il faut une réforme des retraites, mais elle doit
être juste et régler le problème du financement.
Voilà, mes chers camarades, ce que je voulais
dire ce matin, avec cette démocratie et cette
République abîmée, nous avons bien besoin
d’une rénovation de la vie politique.
On est très très loin de la République
irréprochable qui a été promise par le candidat
en 2007.
Nous voulons une démocratie et une
République irréprochables, et nous
commençons à le faire en donnant l’exemple en
notre sein.
Je vous souhaite, et je nous souhaite à tous une
bonne rénovation, rénovation de notre parti,
rénovation de nos idées, c’est ce qu’attendent
les Français. Nous serons au rendez-vous ».
Retrouvez l'intégralité du discours de
Martine Aubry sur parti-socialiste.fr
Convention nationale
L'acte de naissance
d'un nouveau Parti socialiste
La Convention nationale Rénovation s'est tenue le 3 juillet.
Extraits des interventions
« Je veux avoir un mot particulier
pour notre ami Arnaud qu’un
petit problème de santé va tenir
éloigné de nous ce matin. Je veux
le remercier pour sa créativité,
son audace, son énergie mis au
service d’une œuvre collective :
avec 400 amendements, c’est
l’ensemble du parti, des militants,
qui se sont appropriés cette
rénovation.
Harlem Désir
Cette Convention est un petit
peu particulière, elle touche à ce que nous avons de
plus précieux, parfois de plus fragile : notre relation à
la démocratie, aux Français, car nous ne sommes pas
ici simplement pour bâtir un autre avenir pour le Parti
socialiste et pour la gauche, nous sommes ici au service des
Français et pour donner un autre avenir à notre pays, et il
en a besoin.
Nous voulons changer la gauche aujourd’hui pour
changer la France en 2012. Oui, les primaires devront
être une nouvelle rencontre entre la gauche et la France
et une riposte démocratique à la pratique du sarkozysme
décadent. Ce seront les primaires de l’espérance retrouvée
pour les Français. Le peuple de gauche, tous les citoyens de
progrès vont prendre leur destin en main. C’est ce message
clair et un peu révolutionnaire, que nous adressons
aujourd’hui aux Français.
Limitation du cumul, parité, le renouvellement, la
diversité, retisser le lien avec les milieux populaires, les
militants syndicaux, les militants associatifs : voilà ce qui
donnera à la gauche le visage de la France du
21e siècle, la force de gagner avec toutes les générations,
tous les territoires, toutes les origines, qui doivent être
représentées grâce au Parti socialiste, demain, dans toutes
les assemblées.
Le non-cumul, il est assez normal que la droite nous
regarde avec incompréhension quand nous le proposons :
M. Woerth cumule les casquettes, Mme Boutin cumule les
rémunérations, M. Estrosi cumule les appartements, et
Mme Yade cumule les hôtels. Nous, nous voulons aller dans
une autre direction. Notre rénovation nous voulons qu’elle
soit tout entière dédiée aux Français.
À cet égard, je veux remercier Martine d’avoir tenu la
promesse du 1er octobre, d’avoir su concrétiser le mandat
des militants tout en préservant l’unité des socialistes, pour
que l’on n’oppose pas les militants et les élus. Et surtout, je
veux la remercier de le faire en étant sur tous les fronts, sur
la rénovation, mais aussi sur les retraites, sur l’agriculture
à Cluny, face à la droite, chaque jour, aux côtés des salariés,
des jeunes, des Français qui attendent le changement.
Quel contraste entre les socialistes au travail et la droite qui
déraille ! Disons-le, la rénovation que nous proposons sera
indispensable à la France : après le sarkozysme, il faudra
reconstruire. Car ils cassent tout, ils abîment tout. Et le
pire c’est qu’ils abîment dans le cœur des Français l’image
même de l’État républicain. Ce président prétendait
redresser le pays, il n’a su qu’abaisser sa fonction. Les
Français ne le supportent plus. D’ailleurs, il ne peut plus
se rendre à leur rencontre sans être pris à parti. Ici par un
agriculteur, là par un pêcheur, ailleurs par une infirmière
ou par un jeune lors d’une visite nocturne et presque en
catimini à la Courneuve, dans la banlieue parisienne.
Il a voulu diviser les Français, les monter les uns contre
les autres, dans une société de défiance, désormais
c’est de lui que les Français se défient. Ils ne supportent
plus le président du boniment, qui avait promis la
République irréprochable et qui n’a donné que la collusion
insupportable. Collusion entre milieux d’affaires et parti
au pouvoir, le mélange des genres et des comptes, les
cadeaux fiscaux par millions d’euros aux amis de l’UMP,
quand on impose tous les sacrifices au reste des Français,
les yeux qui se détournent quand la justice signale l’évasion
fiscale et les comptes en Suisse, de ceux-là même avec qui
l’on dîne en ville et que l’on décore de la légion d’honneur.
C’est l’insupportable soumission du politique aux milieux
d’affaires. Comment les Français pourraient-ils croire le
président Sarkozy lorsqu’il prétend moraliser la vie de ses
ministres ? Qu’il commence par donner l’exemple et qu’il
cesse d’aller au Bristol avec son acolyte ministre trésorier
Éric Woerth pour promettre à des millionnaires de l’UMP
qu’il ne touchera pas au bouclier fiscal ! Qu’il se moralise
lui-même en quelque sorte, ce sera un bon début.
Ce climat nauséabond que la droite a instauré ne
nous donne que des devoirs, et dans ce moment, nous
devons être plus fidèles encore à nos valeurs, et fiers de
notre histoire.
Cette histoire, d’ailleurs, je la lis à travers les chapitres du
texte qui nous est soumis pour adoption.
J’y lis Jaurès : la démocratie jusqu’au bout. J’y lis Blum :
l’amour de la démocratie parlementaire. J’y lis Mendès :
la République moderne. Mitterrand : conquérir la
Ve République. Jospin : une certaine idée de l’éthique. Cette
histoire, camarades, c’est nous, c’est vous, aujourd’hui, qui
allez en écrire une nouvelle page pour la gauche, pour la
France, pour la démocratie et la République. Aujourd’hui
tout commence, c’est l’acte de naissance d’un nouveau
Parti socialiste qui doit nous mener à la reconquête du
pouvoir en 2012 ».
Ils-elles l'ont dit : 1ere table ronde
Pouria Amirshahi
« Être dans les combats
sociaux, être dans le
mouvement social, être présent
partout où il est possible de
recruter; de gagner à nous, de convaincre
encore parce que l’élection présidentielle ne
se gagnera pas simplement sur un rapport à
la démocratie d’opinion, mais aussi sur notre
capacité à créer un élan. Un élan porteur, un
élan militant, un élan d’espoir, parce qu’il
repose aussi, derrière, sur la certitude, ou
en tout cas l’espoir sincèrement ressenti
par nos concitoyens, que la gauche est
prête à reprendre les rênes de la politique,
à remettre de la volonté là où il n’y en a
plus, et à tracer un chemin concret pour les
cinq années qui viennent ».
Pascale Boistard
« L’enjeu des quartiers
populaires aujourd’hui c'est de
se dire : comment ces quartiers,
qui se sont massivement
abstenus aux dernières
élections régionales, vont participer, avec
nous, à la désignation de notre candidat
ou de notre candidate. L'enjeu, c'est de
faire de la politique avec eux, de faire de la
politique en les écoutant, en les entendant,
en traduisant leurs attentes. C'est en disant
à tous ceux qui habitent dans ces quartiers
et ailleurs : vous êtes les propres acteurs de
votre avenir, vous êtes les citoyens qui devez
porter cet avenir avec nous. Et nous devons
construire avec vous cet avenir ».
Paul Quilès
« Il ne faut pas se tromper
sur l’ordre des opérations à
mettre en œuvre. D’abord les
idées, le projet, le programme,
et ensuite les personnes, les
candidats, et pas l’inverse. L’urgence, c’est
le rassemblement de toutes les forces de
gauche autour d’idées et de projets. J’ai été
amené à voter contre
le texte car je ne suis pas d’accord avec
les primaires. Je ferai quatre critiques.
La première, c'est un système qui donne
une importance majeure au choix d’une
personne. Deuxième critique le rôle des
partis est très minoré. Troisièmement :
le risque que pour un euro, certains ne
viennent troubler le jeu socialiste. Dernière
critique, le système proposé ne correspond
pas exactement au vote des militants au
1er octobre, puisqu’il y avait 69 % d’entre
Militer autrement : " libérons notre créativité ! "
« La Première
secrétaire
m’a chargé
de conduire
une réflexion
et de faire des
propositions
pour rénover
nos pratiques
et formes de
militance.
David Assouline
Par cette
intervention je veux lancer ce chantier
en vous proposant un état d’esprit, une
méthode, et des premiers objectifs.
Cette Convention est l’aboutissement
de décisions qui vont donner un coup
d’accélérateur au grand chantier de la
rénovation du Parti socialiste. Elle n’est
pas un point d’arrivée, elle est un point
de départ, essentiel certes, puisque sans
ces décisions concrètes, sans ce tournant
audacieux voulu par les militants le
1er octobre à l’initiative de Martine
Aubry, concrétisé par leurs votes le
24 juin, rien ne serait possible.
Cette Convention permet, en fait,
de débloquer ce qui était enlisé,
contenu, frustré, depuis déjà de
nombreuses années.
Maintenant libérons notre créativité !
Faire du Parti socialiste, une force
politique en mouvement, ouverte aux
citoyens et à la société, qui n’a pas
d’intérêts distincts de ceux et celles que
nous défendons dans leurs aspirations
à une société démocratique, plus juste
et solidaire, et qui donc leur ouvre les
portes pour qu’ils partagent nos combats
et notre organisation et pour qu’ils nous
fassent partager leurs engagements et
leurs façons de les porter.
Le signal fort de cette confiance c’est
la Primaire ouverte. Mais il ne faudrait
pas que l’on ait décidé d’externaliser
le choix de notre candidat à la
présidentielle, pour mieux assumer
un parti qui, lui, serait refermé sur
lui-même. Au contraire, notre parti
doit absolument prendre le cap de
sa rénovation en profondeur, pour
progressivement tourner la page de ce
qui reste une anomalie : briguer des
millions de suffrages et fonctionner au
mieux avec 200 000 adhérents dont une
centaine de milliers d’actifs.
Le nouveau Parti socialiste ne peut
qu’être un parti de masse, populaire,
rajeuni, constitué de la diversité sociale
et d’origine de notre peuple, porteur de
toutes les formes d’engagements et de
militances qui oeuvrent pour la justice
sociale, l’écologie et la démocratie, dans
les quartiers, dans les campagnes, dans
les entreprises et les lieux d’étude.
En ce sens il ne peut qu’être un parti
moderne, ancré dans son époque bien
sûr, mais d’abord dans son peuple,
avec les valeurs du socialisme sans
cesse revivifiées au contact brûlant de
l’actualité, des nouveaux enjeux et des
nouveaux rapports sociaux.
Il n’en va pas seulement de la forme, car
en politique la forme c’est le fond : nous
ne pouvons pas exprimer et porter les
aspirations de celles et ceux qui nous
vivraient comme un corps étranger ou
extérieurs à ce qu’ils sont et veulent.
Il ne suffit plus de le dire, ni même
imaginer que la direction pourrait
parachuter des « mesures » capables
à elles seules de concrétiser cette
ambition parce qu’il s’agit d’inventer au
sens plein du terme.
Inventer, nous ne pouvons que le
faire ensemble, et cette fois-ci en
commençant par faire émerger et
remonter de toute la profondeur
de notre parti, de nos sections, de
nos militants et de leurs liens avec
le mouvement social et sociétal, les
expériences et les propositions pour
changer notre façon de militer, de
porter nos combats et de faire vivre
notre collectivité.
Inventer, comme en sciences,
c’est s’appuyer sur l’expérience et
l’expérimentation, qui devra venir non
seulement de chacun et de chacune
mais aussi d’autres pays, en particulier
européens.
Je piloterai un groupe constitué des
différentes sensibilités et parcours de
notre mouvement, qui se réunira et
auditionnera toutes celles et ceux qui à
l’intérieur ou à l’extérieur de notre parti
veulent ou peuvent nous apporter un
regard et/ou des propositions utiles.
Mais surtout, aujourd’hui et jusqu’à
mi-décembre, est donné le coup d’envoi
d’un grand « brain storming », dans
toutes nos sections et fédérations,
avec en point d’orgue 26 inventaires
régionaux d’idées et de propositions
concrètes pour changer nos pratiques
militantes, pouvant nécessiter pour
certaines d’entres-elles dans leur
mise en œuvre des modifications
organisationnelles de notre
fonctionnement. Il s’agit de répondre à
des questions simples.
Comment faire, d’abord pour que nos
adhérents aient envie de rester dans
notre parti ? Car si nous gardions nos
adhérents, nous serions probablement
déjà autour des 500 000 membres.
Comment faire aussi pour attirer et
garder celles et ceux qui partagent
nos valeurs mais ne trouvent pas en
notre sein la valorisation de leurs
engagements, de leurs compétences,
de leurs savoirs, de leurs expériences
reconnues souvent ailleurs, dans leur
métier, leur association ou syndicat.
Nous sommes un parti d’élus et souvent
un parti d’aspirants à être élus. Cela
prouve que nous avons la capacité à
obtenir le suffrage de nos concitoyens,
mais il y a toutes celles et ceux qui ne
souhaitent pas devenir élu, ou qui ne
veulent pas réduire leur militantisme
aux seules campagnes électorales, et qui
ont tant à dire et à faire avec nous pour
changer la société. Ils sont nombreux et
doivent pouvoir être aussi à l’aise dans
notre organisation que tous les autres.
Alors comment faire pour qu’ils soient
valorisés, et qu’ils apportent aux autres ;
jeunes ou seniors déjà peu écoutés
ailleurs ; détenteurs d’un savoir ou
d’un savoir-faire ; militants syndicaux
ou associatifs qui veulent prolonger
politiquement leurs engagements et
non pas changer d’engagements et de
pratiques. Nous ne pouvons prétendre
être un parti populaire, si nous ne
faisons pas une place réelle, concrète,
à celles et ceux qui, issus de milieux
populaires, consacrent l’essentiel de
leur temps et de leurs préoccupations
à la satisfaction des besoins vitaux de
leur famille. Ils ne peuvent militer ni
avec le même activisme ni de la même
manière que ce que nous leur proposons
le plus souvent.
C’est donc vous militants qui
allaient le dire, et proposer des
formes d’organisation, de débat, de
délibération, de communication, et
d’actions, pour faire de notre famille
politique une force en mouvement,
attractive et efficace.
Dans chaque section, engagez-vous
dans ce grand moment d’intelligence
collective, par des réunions mais aussi
sur le net, avec la coopol, sans filtre ni
rabot, faites remonter à votre fédération,
mais aussi au site national dédié, vos
idées, propositions ou bonnes pratiques
déjà en œuvre.
Voilà déjà quelques questions auxquelles
il convient de répondre sans tabou, mais
il y en a d’autres. À vous d’y répondre
et de poser celles qui vous semblent
nécessaires.
Quelles conditions d’adhésions
(montant de la cotisation, accueil,
formation etc …)? Quels types
et tailles de section (territoires,
entreprise, thématique) ?
Je pense que nous pouvons créer par
exemple des sections d’éducation
populaire (chorale, activités sportives
ou culturelles, université populaire), ou
d’actions sociales et citoyennes (aides
aux devoirs, alphabétisation, etc…).
Quels types de fonctionnement des
sections (AG, groupes affinitaires et/ou
fonctionnels, activités extra politiques ) ?
Quels échelons de coordinations locales
(villes, agglomérations, département,
régions, avec quel rôle et compétence) ?
Quelle place aux liens horizontaux entre
tous les militants ? Quelles formes de
communication entre les directions et
les adhérents, et les adhérents entre
eux ? Quelles formes de solidarité, de
convivialité et de fraternité, dans nos
rapports et nos initiatives ?
À vos stylos, à vos claviers, à vos prises de
paroles, à vos sons et images, pour faire
connaître à toutes et tous le nouveau
Parti socialiste que vous aimez
Dans nos processus de délibération
vous êtes toujours, in fine, le décideur
qui vote, c’est essentiel pour un
parti démocratique.
Je vous propose cette fois-ci d’être
au début et à la fin : essayons
cela ensemble ».
Ils-elles l'ont dit
eux qui avaient choisi "des primaires dans
le cadre d’un rassemblement des forces de
gauche autour d’une plate-forme commune".
Tout devrait être fait d’ici l’été 2011 pour
établir une plateforme législative avec nos
partenaires de gauche écologistes. C’était
l’objet de l’amendement que nous avons
soumis. Une partie de cet amendement a
été acceptée ».
Paul Alliès
« Plusieurs craintes se sont
exprimées sur le fait qu'une
consultation trop large,
ouverte à tous jusqu’au
dernier jour du vote, pourrait
fausser la compétition. Ce n’est pas exclu,
mais c’est peu probable par rapport aux
expériences étrangères. L’objectif des
primaires répond à un vrai problème
politique qui est le poids de l’électorat
abstentionniste qui, jusqu’au dernier jour
du vote, hésite à se prononcer, ne sait pas
comment se prononcer. La mobilisation de
l’électorat populaire, désorienté, incertain,
abstentionniste, est un problème auquel
les primaires répondent. J’ai écrit qu’une
forme de parti est aujourd’hui dépassée,
une forme de parti très minoritaire, qui
réunit 200 000 adhérents, qui doit dire
quel est le bon programme, quel est le
bon candidat à 20 millions d’électeurs. Du
point de vue intérieur à la compétition des
candidats de gauche, ou même du Parti
socialiste, les primaires sont une procédure
qui peut fonctionner à tout moment. Les
primaires sont une occasion de s’unifier, de
se mobiliser en temps réel ».
Alain Richard
« Les modalités que nous
avons choisies permettent
que les primaires soient un
outil de rayonnement et de
renforcement. Elles seront
une occasion de dialoguer et de créer le lien
avec des centaines de milliers de citoyens.
La primaire est-elle un outil de constitution
d’une coalition. La gauche a plutôt intérêt à
avoir une certaine diversité de candidature
au premier tour, en ayant quand même le
souvenir que le maximum de diversité a créé
des effets préoccupants dans le passé. Le
texte que nous avons voté est un peu bref
quand il dit : "les formations de gauche qui
souhaitent y participer". Il faut que cela se
fasse sur la base d’un accord politique et que
cela comporte l’engagement de soutenir le
même candidat au premier tour de l’élection
Ils-elles l'ont dit
présidentielle. Ce n’est pas une exigence ou
une attitude de fermeture vis-à-vis de nos
partenaires, c’est au contraire s’exprimer
avec la plus grande clarté dans un contrat de
confiance que nous voulons mener jusqu’au
succès du candidat que nous aurons choisi
en commun ».
Marie-Noëlle
Lienemann
« La démocratie, ce n’est pas
mettre les gens en situation de
zapping ou d’arbitrage, c’est
les mettre en situation d’être
acteurs des choix que la société va faire.
Le citoyen qui s’engage dans un processus
démocratique doit avoir le sentiment
qu’il va pouvoir faire avancer un certain
nombre d’idées et de revendications, et
pas simplement arbitrer hors sol entre des
propositions qui auraient été faites par un
candidat. Nous ne gagnerons en 2012 que
si la gauche est unie pour porter un socle
commun de changements. Le candidat
doit être le porteur de ce socle commun.
Le PS est un parti qui essaie d’articuler
cette symbiose entre le peuple et un projet
politique qui s’inscrit dans le temps et pas
simplement dans l’air du temps. Nous avons
demandé que se lancent des assises de la
gauche, parce que ce serait un paradoxe
que de dire que le peuple doit être invité à
choisir le candidat, et de dire que le peuple
de gauche ne peut pas être invité à débattre
du contenu d’un programme et d’un
manifeste commun ».
Henri Weber
« Ce n’est pas avec les primaires
qu’on va reconquérir l’électorat
populaire et reconstruire
notre stratégie d’alliances.
Nous avons trouvé dans
cette procédure de primaires une manière
surmonter la crise de leadership qui
frappait notre parti depuis 2002. Mais
comment faire en sorte qu’elle
renforce le rôle et la fonction du parti et
non qu’elle l’affaiblisse ? Par les modalités
d’organisation de ces primaires et par
les fonctions des partis politiques. Nous
avons relancé les fonctions intellectuelles,
théoriques, programmatiques, du parti.
Nous n’avons pas relancé suffisamment la
lutte idéologique. Le rôle des partis n’est pas
superflu, mais ce rôle doit être modernisé.
C’est ce à quoi nous nous employons ».
1ere table ronde : « la Primaire, mode d’emploi »
animéE par Laurence Rossignol
« Je suis là
en tant que
délégué de
la Fédération
de SeineMaritime, pour
défendre un
amendement
défendu par
ma fédération.
L’idée serait,
pour pouvoir
Jean-Michel Caudron, vraiment
militant à Rouen (76)
mobiliser
l’ensemble
des citoyens, de décider dans un
premier temps des grandes orientations
générales qui s’imposent à tous les
candidats, et, par la force des débats,
par la force de la dynamique et de la
mobilisation des différents citoyens
qui participeraient aux primaires,
de construire ensuite le projet qui
sera retenu par le parti. Il me semble
important d’organiser cette mobilisation
générale, car aujourd’hui, le pacte
républicain, à cause du mélange
des pouvoirs, le pacte social, avec le
détricotage des valeurs du Conseil
national de la résistance, sont attaqués.
Il me semble donc nécessaire de
reconstruire un front républicain.
En 1944-1945, un front républicain,
composé de gaullistes jusqu’aux
communistes, en passant par les
socialistes, a d’ailleurs décidé que, dans
cette France que nous aimons, chacun
contribue à la communauté selon ses
moyens, et chacun bénéficie et reçoive
de cette communauté en fonction de
ses besoins ».
« Je viens de
Chambéry,
et parle au
nom de mes
camarades. Je
souhaiterais au
plus vite que
le non-cumul
des mandats
soit respecté,
compte tenu
du nombre de
Bernard Barret,
militants qui
adhérent depuis 2009
arrivent dans
en Savoie (73)
nos sections.
Actuellement, à Chambéry, nous avons
une dizaine de camarades qui nous ont
rejoints. Je pense donc qu’il serait bien
que le non-cumul soit appliqué au plus
vite. Je souhaiterais également revenir
sur les primaires. J’ai entendu dans
les discussions de sections, dans les
fédérations, que nous étions également
très en retard pour 2012, et qu’il fallait
que nous soyons plus rapides pour
désigner nos candidats et qu’ils se
déclarent plus rapidement. Il serait bien
par exemple qu’à La Rochelle, le 30 août
prochain, tous les candidats potentiels
puissent être présents, pour que nous
soyons à peu près fixés ».
« Nous menons
une Convention
sur un sujet
primordial
qui est la
rénovation de
la vie politique
française. Je
suis très fier
que l’initiative
vienne du
Parti socialiste.
Pascal Buchet,
Quand je
Premier fédéral des
regarde les
Hauts-de-Seine (92).
Maire de Fontenay
thématiques
aux roses
qui sont mises
et Conseiller général
au fronton
de notre
salle : parité, diversité, non-cumul,
renouvellement et primaire, nous
voyons à quel point nous embrassons
l’ensemble des questions qui se
posent pour rénover la vie politique
française. Nous avons vu à quel point
les fédérations, dont la mienne, où il y
a eu 15 amendements, ont effectué un
travail très riche. Dans notre fédération,
nous avons souhaité que la parole
puisse être donnée très largement, y
compris aux jeunes de plus de quinze
ans. Nous avons souhaité aussi faire
participer les étrangers qui sont
souvent les plus grands muets de notre
démocratie. Il faudra donc veiller à ce
qu’aucun de nos concitoyens, qu’aucun
de ceux qui résident dans notre pays,
jeune, étranger, ou moins jeune, n’en
soit écarté. Ce sera là la clef de notre
réussite et de notre victoire en 2012,
la mobilisation de toutes les couches,
y compris celles qui sont en attente de
nos propositions, dans les quartiers
populaires et en direction de toutes
les populations ».
« Je m’exprime
ici au nom de
la Fédération
des Français
de l’étranger.
Nous avons
à l’étranger
quelques 1 500
adhérents,
mais une liste
électorale qui,
Pierre-Yves Le Borgn’ aux élections
Premier fédéral de la
présidentielles
Fédération des Français
de 2007,
de l’étranger
comptait 821
600 personnes. En 2012, cette liste
électorale comptera un peu plus d’un
million de personnes, et en 2012, nous
élirons des députés des Français de
l’étranger dans onze circonscriptions.
La fédération que je représente a voté
un amendement, demandant que
ces primaires, que nous soutenons,
puissent également être organisées à
l’étranger. Ces primaires sont source
de mobilisation. Nous avons plus de 65
sections. Nous avons gagné en Europe,
nous avons gagné en Afrique, nous avons
gagné au Canada, et dans la moitié de
l’Amérique latine. Tout ça pour dire
que j’encourage à ouvrir le processus
de primaires à tous les gens de gauche,
à l’étranger, parce que cette source de
mobilisation est une conquête de la
majorité. Cela se passe dans l’ensemble
de la communauté nationale, chez nous,
et loin aussi ».
« Il était temps
de montrer
exactement
quel nouveau
souffle
démocratique
on voulait
montrer. Je
vois trois
grands axes. Le
premier, c’est
le non-cumul
Nicolas Simiot,
militant à Lyon,
dans le temps,
Fédération du
le deuxième,
Rhône (69)
c’est le noncumul tout
court, et le troisième, c’est la parité.
En 1977, puis en 1981, souvenez-vous
de l’âge qu’avaient nos candidats et
nos ministres. Parce qu’en gros, ils ont
pris trente ans depuis. À un moment,
on incarne vraiment la jeunesse quand
on la représente aussi. Le deuxième
axe est le non-cumul tout court. Je
fais confiance à nos sénateurs, je suis
convaincu qu’un certain nombre
d’entre eux montreront l’exemple, avant
l’élection de 2012. Enfin, sur la parité,
on a l’occasion de montrer l’exemple
aux cantonales. La parité, c’est 50 % de
femmes dans les candidats où on a des
sortants et 50 % de femmes dans les
autres cantons. C’est comme ça qu’on
montrera l’exemple, tout simplement
parce qu’il n’est pas question de
gagnables ou pas, ce sont des gagnés
tout court qu’il nous faut ».
Jean-Jacques Um
militant à Fresnes,
Fédération du Val de
Marne (94)
« Les primaires
peuvent
tourner au
vinaigre si elles
se transforment
en foire
d’empoigne
entre différents
candidats.
Aucun projet
politique,
aussi crédible
soit-il, aucune
organisation de
campagne aussi
bonne soit-elle, aucune mobilisation de
militants aussi bonne soit-elle ne pourra
survivre et gagner dans une élection
où le candidat aura été suffisamment
abîmé par les attaques de ses propres
concurrents. Nous l’avons vécu nousmêmes ici, déjà, entre 2006 et 2007. On
l’a vécu récemment au congrès. Mon
souhait est que la direction prenne
cette question à bras le corps. Elle
nécessite une très grande réflexion
pour qu’on mette en place très tôt un
code de bonne conduite rigoureux,
extrêmement cadré ».
Ils-elles l'ont dit : 2e table ronde
Mehdi Ouraoui
« Grâce à Martine Aubry, et
aux nombreux militants qui se
sont prononcés le
1er octobre et dans cette
convention, ces questions
ne sont plus ni des sujets de débat ni
d’incantation : nous avons une vraie volonté
de représenter la société telle qu’elle est.
C’est un impératif démocratique et
stratégique : un parti qui représente la
société est plus fort. C’est la
première fois qu’un grand parti prend des
engagements aussi importants. On s’est un
peu trop souvent laissé donner des leçons
par la droite. Nous, socialistes, nous n’avons
pas d’alibis, nous avons des talents. Face à
Hortefeux, condamné pour injures raciales
contre un militant de son propre parti, Fillon
qui va faire son panégyrique à Argenteuil et
qui ne sanctionne pas ses ministres quand
ils dérapent, Morano, Gaudin, Vanneste: à
quoi bon avoir des alibis Rachida, Rama,
Fadela, quand on tolère autant d’ignominie
et d’indignité ? Sur la parité, Fillon a dit :
" Nous ne laisserons plus jamais les partis
politiques ne pas faire la parité ". Quand nos
parlementaires ont déposé une proposition
de loi pour imposer la parité, que s’est-il
passé ? Les parlementaires UMP s’y sont
opposés. Il y a une très grande tartufferie
qui nous impose à nous d’être exemplaires,
nous ouvrir et former les citoyens qui
passent la porte de nos sections. Le plateau
qui nous rassemble aujourd’hui est un peu à
l’image de cette méritocratie socialiste que
nous voulons ».
Najat Vallaud-Belkacem
« Pourquoi faut-il que la
France, pays des droits
de l’homme, pays de la
passion pour l’égalité, soit
systématiquement prise en
défaut dès lors qu’il s’agit
d’égalité réelle, et dès lors
qu’il s’agit d’égalité entre les hommes et
les femmes ? C’est vrai quand on considère
l’histoire, c’est vrai aussi quand on
considère l’actualité. En politique, on sait
qu’en 1945, lorsque les femmes accèdent
enfin au Parlement, elles sont 6 % des
députés. Soixante plus tard, elles ne sont
que 18 %. Il n’y a rien de plus anachronique
et insupportable et totalement injustifié
que la concentration actuelle des pouvoirs
politiques aux mains de quelques hommes ».
Ils-elles l'ont dit
Laurence Dumont
Il n’y a pas un militant ici qui n’a
pas déclaré un jour qu’il fallait
ouvrir la vie politique à plus
de femmes, à plus de jeunes, à
plus de gens de la diversité, à
plus de salariés du privé, etc.
On pourrait tomber d’accord pour dire que
le pouvoir, c'est comme la richesse, ça se
partage. Les socialistes font ça depuis bien
longtemps sur la richesse, il faut le mettre
au goût du jour sur le partage du pouvoir. Il y
a une question arithmétique au non-cumul,
il y a aussi une question de disponibilité. Il y
a enfin la question du conflit qui peut exister
entre l’intérêt local et l’intérêt général.
Chers camarades, ayons le courage de
nos valeurs ».
Marc Coatanea
« La première
interrogation
qui revenait
souvent dans
nos débats de
section
était le risque
d’infiltration.
On a des
exemples
étrangers qui
nous
Olivier Ferrand,
Terra Nova
montrent que
ce risque est
évité, le nombre nous protège. Autant
il est facile d’infiltrer une petite section
socialiste, autant il est difficile de
venir infiltrer un grand exercice
démocratique. Deuxième élément : les
risques d’attaques entre nous, et le
risque qu’en réalité la primaire se
retourne contre nous-mêmes parce que
nous nous diviserions. Nous avons prévu
dans le texte une charte des candidats.
Dernier point sur le risque de
zapping, de démocratie sondagière. La
primaire est un moment de débat de
fond, un moment où l’on sera capable
de voir ce que nos candidats et
candidates ont dans le ventre, quel est
leur programme, quelles sont leurs
équipes et quelles sont leurs
personnalités. C’est parce qu’il y aura eu
cette campagne et parce qu’il y aura eu
ces échanges, ces débats de fond de
qualité, que les électeurs pourront
choisir en connaissance de cause, et non
pas sur des a priori sondagiers ».
2e table ronde : « Non cumul, parité,diversité,
renouvellement, mode d’emploi » animée par Mehdi Ouraoui
« Sans vouloir charger la
barque, pourquoi ne pas
réfléchir aussi sur la limitation
de cumul entre plusieurs
exécutifs. Il y a beaucoup de
pistes que nous n’avons pas
pu trancher puisque nous posions dans
ce travail de rénovation un acte majeur.
Nous pourrions nous donner rendez-vous à
chaque congrès pour acter ce que seraient
les avancées nouvelles qui permettraient
au Parti socialiste d’être toujours en avance
sur son temps et sur la démocratie pour la
faire vivre avec force et vigueur ».
Christophe Borgel
« Il ne s’agit pas que les votes
obtenus dans cette convention,
les objectifs fixés, ne soient
que des principes en l’air qui
ne soient pas inscrits dans la
réalité vivante de nos candidats. Il y a un
volontarisme
politique pour y arriver. Il ne s’agit pas
de tomber dans une espèce de facilité, de
démagogie anti-élus. Il n’y a pas d’un côté
les élus accrochés à leurs prébendes et les
militants qui porteraient la rénovation. Il y
a un parti qu’il faut faire avancer, et il y a un
travail qu’il va falloir mener pour que ceux
qui sont élus depuis longtemps pensent qu’il
est temps peut-être de passer la main à de
nouvelles générations, parmi lesquelles il
peut y avoir la parité qui prend corps, de
nouveaux visages, la diversité ».
Marie-Pierre
Sadourny, Secrétaire
de la Section
de Saint-Cyprien (66)
« Notre parti
doit donner
l’exemple de
la démocratie,
du renouvellement, pour
que notre
image soit
exemplaire
au peuple de
France et qu’il
nous fasse
confiance. C’est
beau, c’est
bien, mais la
rénovation avant tout, c’est la place
du militant dans notre parti, c’est la
place du militant au centre du parti. Ma
fédération a témoigné de son inquiétude
quant au non-cumul des mandats qui
pourrait nous fragiliser. Soyons contre
le cumul des mandats, mais attendons
d’avoir gagné la présidentielle,
attendons pour légiférer et imposer ce
non-cumul des mandats à tous les partis
politiques. Nous aurons alors une vision
différente et nous pourrons justement
continuer à gagner, continuer à avancer
tous ensemble ».
« Cette
rénovation,
c’est un
électrochoc
qui permet à
notre parti de
se relever après
l’uppercut des
élections de
juin 2009. Ces
élections nous
Stéphane Pillet,
ont appris que
Premier fédéral
les mêmes
de la Fédération
de Savoie (73)
questions
se posaient
à nous tous, partis socio démocrates
européens. C’est pourquoi j’aimerais
que cette rénovation se fasse au niveau
européen. Cela suppose aussi que le
PSE émerge vraiment comme un parti
politique au niveau européen, un parti
européen de militants plus qu’un parti
militant européen. Nous sommes tous
d’accord avec la stricte limitation du
cumul des mandats. Mais il ne s’agit
pas de virer les vieux pour y mettre
des jeunes. Il y a des générations qui
ont besoin d’être reconnues pour ce
qu’elles ont fait et pour ce qu’elles
font encore, il y a aussi une génération
qui a besoin d’être reconnue pour ce
qu’elle est, pour sa vision novatrice,
pour sa capacité à faire le présent, à
dessiner l’avenir. Avec ce projet, vous
faites la déclaration aux jeunes qu’ils
attendaient désespérément ».
« Je voudrais
dire deux
petits mots sur
la diversité,
qui est source
d’espoir et de
richesse dans
notre pays,
parce qu’on
est plus de
15 millions.
Ces gens se
mobilisent de plus en plus et ont un
poids politique de plus en plus fort,
via Internet, via les fédérations qui
s’associent entre elles, et ils ont bien
compris l’importance de la politique.
Je crois que si on avance tous avec la
main sur le cœur, avec un peu de bonne
volonté, la montagne qui nous attend
sera finalement une douce colline ».
« La Fédération
de Haute-savoie
a présenté 23
amendements
dont 20 ont
été adoptés à
l’unanimité.
Lancer des
primaires,
déclarer nonsocialiste le
Claire Donzelle,
cumul des
Première fédérale
de la Fédération de
mandats,
Haute-Savoie (74)
affirmer
la parité,
décider la diversité comme un devoir
d’égalité républicaine, voilà des actes
de courage propices à convaincre les
adhérents de l’évolution positive de
leur parti, et propices à convaincre les
citoyens de la détermination du PS à
apurer la vie politique et à rendre à
la démocratie sa fonction primale et
primordiale. Marquer un coup d’arrêt
à une professionnalisation jugée
anti-démocratique de la politique est
la marque de notre volontarisme. En
Haute-Savoie, nous avons proposé que
s’applique également aux mandats
nationaux la limitation dans le temps.
Reste le fonctionnement du parti sur
lequel les adhérents de notre fédération
restent sur leur faim. Les militants
attendaient de ce texte une vraie
rénovation du fonctionnement du
parti et de l’organisation du congrès.
Les motions sont considérées par les
adhérents comme source suicidaire
de la division. Ils attendent une
analyse critique et décisionnelle de ce
fonctionnement par écurie, pardon par
motion, qui perdure au-delà du temps
des congrès ».
Omar Masheiri (92)
Ils-elles l'ont dit
Laurianne Deniaud
« À chaque fois que la gauche
a su changer elle-même, et
montrer la voie du monde
qui venait, elle a transformé
la politique et s’est imposée.
Cela a été le cas avec les premières femmes
secrétaires d'État en 1936. Des dizaines
avaient trente ans en 1977, ils ont gagné
les élections municipales et ils ont préparé
la victoire de 1981. Cela a été le cas avec
la parité de Lionel Jospin dans les années
1990. À chaque fois, les Français nous ont
montré que nous avions eu raison. Il faut
des élus, des élus plus jeunes, et beaucoup
plus jeunes. Des élus de toutes les origines,
et avec une parité totale. Il faut arrêter
avec le cumul des mandats, les jeunes
socialistes ont une vision exigeante, c’est le
moins qu’on puisse dire, du non-cumul des
mandats. Il faut finalement que nous
ayons le courage de ressembler plus à
cette France, et nous en sommes certains,
cette France nous remerciera. Par
notre confiance, notre ouverture, nous
devons maintenant faire naître
l’envie aux Français d’écrire l’histoire
avec nous ».
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« Il ne faudrait
pas que nous
partions d’ici
en nous disant :
nous avons fait
la rénovation,
passons à
autre chose.
La rénovation,
c’est un combat
qui doit être
Guilhem Maistre
acharné,
Militant de la Section
parce que les
d’Avignon (84)
enjeux sont
essentiels, parce que nous, socialistes,
nous ne sommes pas propriétaires du
Parti socialiste. Nous avons des devoirs
envers le peuple, nous avons le devoir de
changer la société, mais nous ne serons
capables de changer la société que si
nous sommes capables de changer nousmêmes. En partant d’ici, nous pourrons
dire : un pas a été fait. Mais un tout
petit pas très insuffisant. Trois chantiers
urgents et vitaux de la rénovation
doivent être lancés, la question des
adhésions ; le dépoussiérage des statuts
et les procédures d’investiture. C’est au
prix de ce travail, et à ce prix seulement,
que nous redeviendrons capables de
reconquérir le pouvoir pour opérer en
profondeur des changements de société
que les citoyens attendent de nous, pour
plus de démocratie et plus de justice ».
« J’interviens
au titre de la
Fédération de
Paris. Nous
avons fait
le choix, au
niveau du
conseil fédéral,
de faire porter
au national
trois idées
Maya Akkari,
fortes. D’abord,
militante de la Section
la parité. À
Grandes carrières,
e
Paris, nous
XVIII arrondissement
avons rédigé un
(75)
amendement
pour que la parité soit établie parmi
les têtes de listes au Conseil général
notamment. Nous souhaitons qu’il y
ait aussi un travail en interne et en
profondeur. Ensuite, il y a l’amendement
sur le renouvellement paritaire. Aux
dernières élections, il y a eu des efforts
réalisés sur les listes pour qu’il y ait
des camarades qui ont des origines
historiques « non-européennes », mais
cet effort se fait très souvent sur le
collège femmes. Le dernier amendement
portait sur la question du non-cumul
où tout le monde a insisté pour qu’il
y ait un effort au niveau fédéral pour
que le non-cumul s’applique également
aux maires d’arrondissements.
J’imagine que Lyon et Marseille sont
également concernés ».
Conclusion
« Mes chers
camarades,
avant de vous
parler de la
commission des
résolutions
et de faire son
rapport, je veux
réparer un petit
oubli ce matin :
nous n’avions
François Lamy
pas proclamé
les votes des
militants du 24 juin. Je voudrais vous
dire que nous avons eu 58 855 votants ;
44 990 pour, soit 83,8 % des exprimés ;
8 708 contre, soit 16,2 % des exprimés. Je
vais tâcher d’être court sur le rapport de
la commission des résolutions qui s’est
tenue hier soir dans un bon climat.
C’était une commission des résolutions
un peu à part, compte tenu de l’enjeu,
et compte tenu surtout du processus
d'élaboration du texte, puisque c'est
l’aboutissement d’un travail qui a été
engagé depuis le discours de Martine
Aubry à La Rochelle. Je vous rappelle
que nous avons eu d’abord le Conseil
national du 12 septembre, qui a lancé
le questionnaire, qui était lui-même le
fruit du travail d’une commission de
l’ensemble de nos sensibilités.
Nous avons eu le vote des militants le
1er octobre, qui a donné mandat à la
direction pour travailler sur un certain
nombre de thématiques. Puis les travaux
de la commission de la rénovation,
animée par Arnaud Montebourg ; le
Conseil national du 8 juin adoptant à
la quasi-unanimité le texte soumis au
vote des militants du 24 juin. Il était
important pour la commission d’essayer
d’intégrer le maximum d’amendements
issus des fédérations, tout en ne
dénaturant pas les différentes étapes de
ce processus. 55 fédérations ont produit
380 amendements.
Nous avons travaillé pendant près de
quatre heures, en mettant d’abord
de côté les amendements qui étaient
sans rapport avec la nature du
texte mais qui pourront servir pour
d’autres Conventions, et je pense tout
particulièrement à la Convention sur
l’égalité réelle. Nous avons remis aussi
de côté tous les amendements qui
remettaient en cause les votes militants
des 1er octobre et 24 juin. Mais nous
avons repris des amendements émanant
de 23 fédérations.
Nous avons organisé un débat autour
des amendements présentés par MarieNoëlle Lienemann et Paul Quilès sur
la question des primaires. Nous avons
retenu qu’il était majeur de rappeler
notre volonté que les primaires
soient ouvertes et co-organisées avec
toutes les formations de gauche qui
le souhaiteraient. À cet égard, le texte
propose que la direction nationale
prenne les contacts nécessaires avec
nos partenaires dans le but d’élaborer
une plate-forme commune et qu’elle
engage des discussions afin d’évaluer
la possibilité d’une candidature de
rassemblement désignée par les
primaires. La direction présentera un
bilan de l’action entreprise lorsque nous
établirons notre calendrier définitif au
mois de janvier 2011. Sur le chapitre des
primaires, la commission a retenu des
amendements proposant une grande
campagne d’inscription sur les listes
électorales avant la fin de l’année, et a
précisé certains points sur le processus
organisationnel du scrutin. D’une part,
chaque parrain ne pourra soutenir
qu’un candidat. D’autre part, nous avons
défini les modalités de participation des
Français de l’étranger au scrutin.
Nous avons parlé des conditions de
transparence des listes de votants, qui
ne seront pas publiques, mais qui seront
consultables à la fois par les candidats et
par les partis organisateurs. Nous avons
précisé que la contribution qui serait
demandée aux votants est bien une
participation et non pas une cotisation
ouvrant de nouveaux droits à l’intérieur
du Parti socialiste.
Sur le cumul des mandats, la
commission des résolutions, à
l’unanimité, a décidé de ne pas écorner
le texte. En revanche, nous avons
proposé d’étendre cette disposition
du non-cumul en reprenant la règle
imposée par Lionel Jospin et en
inscrivant aussi dans nos statuts
l’interdiction du cumul d’un mandat
de ministre, secrétaire d'État, avec un
mandat exécutif local.
La commission des résolutions a
reprécisé les compétences de la
Haute autorité afin de bien clarifier
le fait qu’elle ne se substitue pas aux
commissions fédérales et nationales
des conflits. Cette haute autorité pourra
être saisie des contentieux relatifs à la
composition, au fonctionnement et aux
décisions des organismes centraux du
parti. Elle sera une instance de cassation
qui relève de la commission nationale
des conflits. Enfin, la commission
nationale des résolutions a étendu au
bureau national la possibilité de saisine
directe de la haute autorité qui était
jusque-là réservée dans le texte aux
seuls premiers secrétaires, pour les cas
exceptionnellement graves.
Je voudrais souligner que tous les
amendements qui concernaient la vie
militante ont été totalement intégrés
par la commission des résolutions. Ils
serviront de base de travail au rapport
qui a été confié à David Assouline sur les
nouvelles militances.
Le texte qui est soumis au vote final
de cette convention devra trouver sa
traduction dans nos statuts ; il est
donc, par son vote, demandé aussi à la
Convention nationale d’approuver la
création par le Bureau national d’une
commission de réécriture des statuts
qui pourra bien entendu intégrer ce
qui a déjà été adopté en juin 2008, sans
être toutefois ratifié par le congrès
de Reims. Je crois que c’est un texte
équilibré par son mode d’élaboration,
bien loin d'un compromis tiède. C'est
l’engagement d’une mini-révolution
démocratique dont notre parti avait
impérativement besoin ».
Résultat du vote
Contre : 3
Abstention : 4
Pour : 146
Universités d’été 2010
Le PS et le MJS débarquent
à La Rochelle !
Pourquoi ?
our se former, échanger, se rencontrer
P
et confronter les points de vue à ceux
d’intervenants extérieurs, issus du
monde syndical, artistique, intellectuel
ou scientifique :
u Des séances plénières
u 8 ateliers formation
u 18 ateliers-débats
u Le festival du film politique
Quand, où ?
Du vendredi 27 au dimanche 29 août.
C’est la rentrée politique du Parti
socialiste et du Mouvement des
jeunes socialistes.
À l'espace Encan et dans différents
lieux de la ville.
Quoi de neuf cette année ?
Des rencontres « carte-blanche » organisées en ville pour
aborder la politique sous un angle différent avec des invités
venus de différents univers.
Des manifestations culturelles, des conférences sur la science
ou la création artistique.
La librairie : forte de son succès de l’année dernière, la librairie
verra sa superficie multipliée par deux, grâce notamment aux
coups de cœur littéraires de nos responsables politiques.
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