Janvier 2012 Visualiser/Télécharger

Janvier 2012 Visualiser/Télécharger
semaine
4 du 26 janvier au
CNP
jeudi
19h45
Les auteurs de violences
sexuelles, mythes et réalités
DÉBAT
avec I. Bertsch & A Harrault
C I N É M A T H È Q U E
PARTENARIAT CINÉMATHÈQUE-STUDIO
lundi
mardi
23h00
14h15
GARE CENTRALE 1h30’
2H20’
LE DESTIN
ADIEU BONAPARTE1h55’
Rencontre avec Christophe Ferrari
2h38’
MILLENIUM
17h45
LES HOMMES QUI N’AIMAIENT
PAS LES FEMMES
21h00
de David Fincher
1h39’
14h15
19h15
14h15
MON PIRE
CAUCHEMAR
de Anne Fontaine
19h45
dimanche
14h15
LE RÊVE
DE GALILEO
dimanche
de divers réalisateurs
17h00
VF
LA COLLINE
AUX COQUELICOTS
à suivre…
VO
de Goro Miyazaki
14h15
19h30
CNP
LA FOLIE ALMAYER
de Chantal Akerman
lundi
19h30
14h15
17h00
19h15
21h30
17h30
14h15
21h30
19h15
17h45
14h30
LES CHANTS
DE MANDRIN
de Rabbah Ameur-Zaïmeche
à suivre…
17h45
21h45
1h50’
SPORT DE FILLES
de Patricia Mazuy
de Cédric Kahn
21h15
mercredi
samedi
LE CHAT POTTÉ
dimanche
de Chris Miller
14h15
KAOS
HUGO CABRET
17h15
de Paolo & Vittorio Taviani
de Martin Scorsese
2h08’ VF
1h40’
1h50’
UNE VIE MEILLEURE
CORPO CELESTE
de Cédric Kahn
de Alice Rohrwacher
17h30
21h30
1h33’
17h15
A DANGEROUS
METHOD
LE HAVRE
de David Cronenberg
de Aki Kaurismaki
21h15
LOUISE WIMMER
BEAU RIVAGE
de Cyril Mennegun
Julien Donada
TAKE SHELTER
ICI BAS
21h45
19h30
21h30
de Lech Majewski
1h23’ + court-métrage 7’
de Jean-Dierre Denis
BRUEGEL,
LE MOULIN ET LA CROIX
de Jeff Nichols
14h30
19h30
1h32’
1h56’
17h30
1h40’
1h30’
1h20’
19h45
1h33’
de Yves Caumon
1h30’ VF
2h20’
19h45
14h15
Mercredi 1er février : rencontre avec Patricia
Mazuy, réalisatrice, après la séance de 19h45
19h45
2012
à suivre…
à suivre…
L’OISEAU
Les jeux traditionnels et sportifs
dans l’éducation nouvelle
1h39’
UNE VIE
MEILLEURE
14h30
À quoi tu joues,
pourquoi tu joues ?
jeudi
FILM + DÉBAT
20h00 avec Pierre Parlebas et Benoît Rayneau
2h07’
2h37’
à suivre…
du 4 au 10 janvier
1
C I N É M A T H È Q U E
mercredi
samedi
1h31’
de Jean-Marc Vallée
1h42’
mercredi
samedi
40’ VF
CAFÉ DE FLORE
19h30
2012
+
de Claude Nuridsamy & Marie Perennou
2h00’
17h15
14h30
à suivre…
semaine
17h30
LA CLÉ
DES CHAMPS
Hommage à YOUSEF CHAHINE
19h30
21h00
février
1h21’
THE WOODSMAN
de N. Kassel
1er
1h36’
LES ACACIAS
L’IRLANDAIS
de Pablo Giorgelli
de John Michael McDonagh
21h45
à suivre…
2h16’
17h00
21h15
Le film imprévu
J. EDGAR
08 92 68 37 01
de Clint Eastwood
à suivre…
www.studiocine.com
1h40’
?
Toutes les salles des Studio sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.
14h30
LET MY PEOPLE GO
21h45
Mikael Buch
www.studiocine.com
Le film imprévu
08 92 68 37 01
www.studiocine.com
?
Film proposé au jeune public, les parents restant juges.
Cinémas Studio – 2 rue des Ursulines - 37000 TOURS (derrière la cathédrale) – 08 92 68 37 01 – www.studiocine.com
semaine
du 11 au 17 janvier
2
CNP
jeudi
20h00
Quelle solidarités
avec les sans-papiers?
FILM : PRENDRE SA PART
DÉBAT avec C. Lizon-Crose, C. Beauchamp,
L. Barraud et G. Fontaubert
C I N É M A T H È Q U E
lundi
19h30
1h54’
CONTE D’HIVER
semaine
2012
VF 14h15
1h31’
LA COLLINE
AUX COQUELICOTS
de Goro Miyazaki
mer-sam-dim
16h00
VO 19h30
mer-sam-dim
1h30’ VF
14h15
LE CHAT POTTÉ
de Chris Miller
de Éric Rohmer
17h45
+
mer-sam-dim
3D 17h00
1h39’
18h00
19h45
Refaire le monde, de Vincente Minnelli à Jacques Demy
RENCONTRE avec Hervé Aubron
QUINZE JOURS
AILLEURS
de Vincente Minelli
A DANGEROUS
METHOD
de Jeff Nichols
J. EDGAR
de Clint Eastwood
21h30
19h30
14h30
1h50’
UNE VIE
MEILLEURE
LOUISE WIMMER
de Cyril Mennegun
TERRORIZERS
19h15
14h15
17h30
de Cédric Kahn
2h16’
21h30
21h00
de Christian Jimenez
www.studiocine.com
08 92 68 37 01
www.studiocine.com
LA COLLINE
AUX COQUELICOTS
de Goro Miyazaki
+
mer-sam-dim
16h00
VO 19h30
1h30’ VO
LE CHAT POTTÉ
17h30
de Chris Miller
LE de
PÉRIL
JEUNE
Cédric Klapisch
PEGGY
SUE S’EST MARIÉE
de Francis Ford Coppola
19h00
DONNIE
DARKO
de Richard Kelly
23h00
1h41’
J. EDGAR
1h47’
de Clint Eastwood
1h20’
LOUISE WIMMER
21h00
14h30
ICI BAS
19h45
de Jean-Dierre Denis
21h45
21h30
?
Tous les films sont projetés en version originale (sauf indication contraire).
1h44’
DUCH, LE MAÎTRE DES
14h30
1h20’
17h15
19h30
de Cyril Mennegun
17h45
de Edward Yang
BONSAI
VF 14h15
17h45
1h31’
1h40’
de Aki Kaurismaki
Le film imprévu
17h00
8e NUIT DE GENRE : Les d’jeuns au cinéma vendredi
UNE VIE MEILLEURE
19h45
LE HAVRE
mer-sam-dim
de divers réalisateurs
de David Fincher
1h52’
INTOUCHABLES
21h30
de Éric Tolédano & Olivier Nakache
?
Le film imprévu
17h45
FORGES DE L’ENFER
LE PRINTEMPS
DE TÉHÉRAN
de Ali Samadi Ahadi
1h33’
1h38 + court-métrage 4’
19h30
21h30
de Cédric Kahn
1h49’
14h30
21h00
14h15
+
1h40’
1h20’
21h45
19h30
17h15
de Éric Tolédano & Olivier Nakache
17h30
14h30
de Pablo Giorgelli
MILLENIUM
LES HOMMES QUI N’AIMAIENT
PAS LES FEMMES
17h00
LES ACACIAS
INTOUCHABLES
2h38’
1h50’
1h23’
1h52’
14h15
14h15
2012
LE RÊVE
DE GALILEO
de Dominique Boccarossa
1h56’
2h16’
19h00
lundi
AB IRATO,
19h30 SOUS L’EMPRISE DE LA COLÈRE
17h45
19h45
40’ VF
À la rencontre de
l’art contemporain
aujourd’hui
2h10’
14h30
TAKE SHELTER
Soirée festival
C I N É M A T H È Q U E
de David Cronenberg
DÉBAT avec Hervé Aubron
14h15
jeudi
18h45
du 18 au 25 janvier
jeudi-vendredi
lundi-mardi
17h00
vendredi
3
CNP
de Rithy Panh
21h45
1h56’
TAKE SHELTER
21h15
de Jeff Nichols
1h20 + court-métrage 11’
08 92 68 37 01
OKI’S MOVIE
21h45
de Hong Sang-Soo
www.studiocine.com
Films pouvant intéresser les 12-17 ans, (les parents restant juges) au même titre que les adultes.
Cinémas Studio – 2 rue des Ursulines - 37000 TOURS (derrière la cathédrale) – 08 92 68 37 01 – www.studiocine.com
ISSN 0299 - 0342
FILM DU MOIS
N°297 \ janvier 2012 - STUDIO CINÉMAS : 2 rue des Ursulines, 37000 TOURS
LES ACACIAS
Argentine/Espagne – 2010 – 1H25, de Pablo Giorgelli,
avec German da Silva, Hebe Duarte, Nayra Calle Mamani…
L
’histoire se résume ainsi : un camionneur
doit prendre à son bord une femme et
son bébé. Ils ne se connaissent pas. Ils vont
parcourir ensemble 1 500 kilomètres d’autoroutes entre le Paraguay et l’Argentine,
entre Asunción et Buenos Aires. Nous
sommes enfermés comme eux dans ce
minuscule habitacle qu’est une cabine de
camion, au plus près d’eux. Peu à peu, nous
entrons dans leur intimité. Nous vivons au
rythme de leur rencontre teintée de pudeur
et de délicatesse. Peu de mots sont échangés, des regards entre l’homme et la femme,
entre la femme et l’enfant, entre l’homme et
l’enfant. Une relation s’établit entre eux,
entre nous et eux.
Pablo Giorgelli, le réalisateur argentin, signe
ici son premier long-métrage mais il a derrière lui de nombreuses expériences de
montages, réalisations, écritures de scénarios pour des documentaires télévisés. Pour
Les Acacias, il s’est lancé plusieurs défis :
tourner une action dynamique presque
dans un huis clos, réaliser un film en
constant mouvement et en la présence d’un
bébé sur lequel il ne pouvait avoir que peu
de contrôle. Les trois acteurs sont remarquables. Chaque plan est juste et justifié.
Si P. Giorgelli a fait ce film, il l’explique en
disant que son histoire personnelle a été
décisive dans ce projet, avec la mort de son
père, la séparation de sa compagne et la
crise économique de son pays : « Ce film
parle de ma douleur face à la perte, de la
solitude éprouvée à l’époque et du besoin
de me sentir protégé par quelqu’un. »
Vous ne serez pas étonnés d’apprendre
que Les Acacias a reçu le prestigieux prix
de la Caméra d’or au festival de Cannes
2011, (prix attribué au meilleur premier film,
toutes compétitions confondues), le prix
ACID et celui de la Jeune critique. Les
Acacias a également été primé cette année
aux festivals de Londres, Valenciennes,
Biarritz, San Sebastian, Toronto, Zurich...
Venez nombreux vous laisser captiver par
cette histoire sensible et respirant une
chaude humanité !
MS
+ court métrage semaine du 4 au 10 janvier
Le cirque
France – 2010 – 7’, de Nicolas Brault, Animation
LES CARNETS DU STUDIO n° 297-janvier 2012 – 2 rue des Ursulines, 37000 TOURS - CPPAP n°0214 G 84305
www.studiocine.com / 08 92 68 37 01
LES
ACACIAS
un film de Pablo Giorgelli
La Nuit du genre 8e édition
Les d’jeuns au cinéma
vendredi 20 janvier-19h
Site : www.studiocine.com
et un lien vers notre page Facebook : cinémas STUDIO
S
O
M
M
A
I
R
CNP
..........................................
............................................
Nuit de genre,
8e
édition
.....................
LES FILMS DE A À Z
.................
3
..........................................
à propos de : L’Art
d’aimer
à propos de : L’exercice
.......................
4
5
de l’État
.............
Marches du pouvoir
Les Neiges du Kilimandjaro
........
6
Tél : 02 47 20 85 77
18
20
Horaires d’ouverture :
Laurent
..............
26
.....................
28
32
Vos critiques
..................................
33
Jeune Public
..................................
34
Philibert
:
:
:
:
:
de 14h00 à 19h00
de 14h00 à 17h00
de 14h00 à 17h00
de 14h00 à 19h00
de 14h30 à 17h00
La bibliothèque est fermée
les mardis, dimanches et les vacances scolaires.
Carrénard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
.....................
FILM DU MOIS :
lundi
mercredi
jeudi
vendredi
samedi
22
24
3e Rencontres Bibliothèque
rencontre : Nicolas
des trésors à découvrir…
16
......
Artist-Poulet aux prunes
rencontre : Djinn
gérée par l'association AIR (chantier d'insertion),
sur présentation des cartes
abonné et cafétéria.
interférences : Les
rencontre : Mélanie
La Bibliothèque des Studio et son centre de documentation :
de l’État. . . . . . . . . . . . . . . . 19
courts lettrages : L’Exercice
interférences : The
La cafétéria des Studio
accueille les abonnés des Studio
tous les jours de 16h00 à 21h45
Cinémathèque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
En bref
Ó
E
janvier 2012
Éditorial
Éditorial
Les Acacias . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
studiocine.com
08 92 68 37 01
GRILLE PROGRAMME . . . . . . . pages centrales
Les STUDIO sont membres de ces associations professionnelles :
EUROPA
AFCAE
ACOR
GNCR
ACC
REGROUPEMENT
DES SALLES POUR
LA PROMOTION
DU CINÉMA EUROPÉEN
ASSOCIATION
FRANÇAISE
DES CINÉMAS
D’ART ET ESSAI
ASSOCIATION
DES CINÉMAS DE L’OUEST
POUR LA RECHERCHE
GROUPEMENT
NATIONAL
DES CINÉMAS
DE RECHERCHE
ASSOCIATION
DES CINÉMAS DU CENTRE
(Membre co-fondateur)
(Membre co-fondateur)
LES ÉDITIONS DU STUDIO DE TOURS - 2 rue des Ursulines, 37000 TOURS - Mensuel - Prix du numéro 2 €.
ÉQUIPE DE RÉDACTION : Sylvie Bordet, Lucile Bourliaud, Éric Costeix, Isabelle Godeau, Frédéric Grosclaude,
Jean-François Pelle, Claude du Peyrat, Dominique Plumecocq, Éric Rambeau, Roselyne Savard, Marcelle Schotte,
avec la participation de la commission Jeune Public.
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Éric Rambeau – MISE EN PAGES & EN IMAGES : Francis Bordet.
ÉQUIPE DE RÉALISATION : Éric Besnier, Roselyne Guérineau – DIRECTEUR : Philippe Lecocq – IMPRIMÉ par PRÉSENCE GRAPHIQUE, Monts (37)
Présence graphique contribue à la préservation de l’environnement et atteste être reconnu IMPRIM’VERT.
Il y a presque deux ans, en février 2010, à
cette même place des Carnets, nous avions
mis pour titre à notre éditorial : La
Bibliothèque des Studio, c’est pour vous,
pour insister sur le fait qu’elle était ouverte à
tous les publics, jeunes, moins jeunes, amateurs, chercheurs, curieux, passionnés de
cinéma.
Aujourd’hui, nous voulons prolonger cette
présentation et vous parler d’un aspect
encore un peu méconnu de notre bibliothèque : le Centre de documentation. Nos
locaux comportent deux étages : le rez-dechaussée, bien visible, c’est la partie bibliothèque proprement dite, où l’on peut
emprunter et consulter un fonds fort riche de
livres sur le cinéma.
Mais il y a un autre étage, moins visible, parce
qu’il est en sous-sol. Là se tient le centre de
documentation. On y accède par un escalier
tout neuf, et un puits de lumière, que l’on
peut apercevoir au rez-de-chaussée. Il
apporte le jour (aidé par un bel éclairage)
dans cette grande pièce du sous-sol qui
abrite des trésors, hélas un peu ignorés de
notre public.
Non, le mot trésors n’est sans doute pas trop
fort quand on parle de ce fonds documentaire… Un exemple? Cet ouvrage qui présente sous forme de volume relié tous les
numéros de la revue Mon Ciné de l’année...1928 ! Ou les numéros de la revue Mon
Film qui remontent aux années 1947 à 1953 :
c’étaient les revues grand public du passé,
c’est aujourd’hui une mine pour les cinéphiles curieux (ou les historiens sociologues...) Notre centre de documentation
n’est pas peu fier non plus de détenir le premier numéro de l’actuel Télérama daté de
1950 (la revue s’appelait alors Radio Cinéma).
Sur les rayonnages, vous pouvez découvrir
ainsi les numéros de Positif, des Cahiers du
cinéma, superbement alignés, mais prêts à
être consultés, parcourus, dévorés par votre
curiosité. Une étagère est consacrée à la collection complète, bien reliée par année, des
Cahiers du Studio, devenus ensuite Carnets
du Studio, du premier numéro de mars 1963
à aujourd’hui.
Ajoutons à ce trésor, un stock de 10 000
affiches patiemment archivées par les bénévoles de la bibliothèque ou encore les
30 000 photos de film, dites d’exploitation
ou aussi photos de plateau, au format
18 x 24 cm.
Et ce n’est pas tout : depuis la création des
Studio pratiquement, des bénévoles découpent et classent très patiemment dans la
presse tous les articles concernant le cinéma
pour les réunir en dossiers très riches : il y en
a aujourd’hui plus de 10 000 (chiffre
fétiche ?) Une mine d’or.
Laissez libre cours à votre curiosité, venez
nous voir au sous-sol : vous y trouverez une
ruche bourdonnante où s’affairent une quinzaine de bénévoles passionné(e)s de
cinéma et prêt(e)s à répondre à vos questions ou à vous aider dans vos recherches.
Avec le sourire.
À bientôt!
La commission Bibliothèque
Les CARNETS du STUDIO
n°297
–
janvier 2012
3
VF
2D
3D
Tout public à partir de 6 ans
États-Unis – 2011 – 1h30, de Chris Miller
avec les voix de Boris Rehlinger, Virginie
Efira, Vincent Ropion…
Le célèbre matou, échappé des contes de Perrault et
qui n’a pas encore croisé la route de Shrek, retrouve
un personnage de comptine anglaise, Humpty
Dumpty, pour monter le casse du siècle : s’emparer
des graines de haricots magiques pour voler l’oie aux
œufs d’or !
Plus proche du western que des contes de notre
enfance, l’épopée de ce mythique félin mérite votre
attention…
Hugo Cabret
VF
Japon – 2011 – 1h31, film d’animation de Goro Miyazaki.
VO
La colline aux coquelicots, c’est celle où
habite Umi, une jeune lycéenne qui,
chaque matin, hisse deux drapeaux en
hommage à son père disparu en mer pendant la guerre de Corée. Nous sommes en
1963 à Yokohama, et c’est au lycée
qu’Umi rencontre Shun, un jeune garçon
qui devient vite son ami…
VF
Jeune Public
Jeune Public
La coLLine aux
coqueLicots
Tout public à partir de 10 ans
Attendue avec impatience, voici la dernière réalisation des studios Ghibli, avec
la collaboration de Miyazaki père, pour le
scénario, et fils pour la réalisation.
Kokuriko-zaka Kara (titre japonais) remplit toutes nos espérances : histoire touchante, dessins magnifiques et superbe
bande son ! Alors, aucune hésitation !
Tout public à partir de 9 ans
États-Unis – 2011 – 2h08, de Martin Scorsese, avec Jude Law,
Asa Butterfield, Chloë Moretz, Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen…
Hugo a 12 ans, il est orphelin et vit dans les
combles d’une gare parisienne. Avant de mourir, son père lui a laissé un étrange automate
qui ne fonctionne pas. Aidé par Isabelle, une
jeune fille excentrique et par un marchand de
jouets, Hugo décide de réparer cette insolite
machine et de percer son mystère…
Ce film est une
du
adaptation
roman (très) illustré de
Brian Selznick : L’invention d’Hugo Cabret.
C’est aussi un bel hommage à Georges Méliès,
réalisateur de la fin du 19e siècle et père des
effets spéciaux !
La Clé des champs
France – 2011 – 1h21, de Claude Nuridsany et Marie Pérennou,
avec Simon Delagnes, Lindsey Henocque et la voix de Denis Podalydès.
VF
À partir de 4 ans
France/Espagne/Allemagne – 2011 – 40 mn, film d’animation
de Fabienne Collet, Gil Alkabetz, Ghislain Avrillon, Alex Cervantes.
Programme de cinq courts métrages d’animation
sur le thème du ciel et des étoiles.
Le soleil est-il la star de l’univers ? Que deviennent
les étoiles quand elles meurent ? Où se trouve la plus
belle étoile ?
La curiosité des enfants pour les mystères de l’univers trouvera
des réponses poétiques dans ces histoires enchanteresses.
Mercredi 18 janvier, après la séance de 14h15, les enfants pourront découvrir un tout autre univers, celui des cabines de projection. Là, un astre mystérieux envoie sa lumière jusqu'à l'écran...
34
Les CARNETS du STUDIO
n°297
–
janvier 2012
Une mare abandonnée… Deux enfants solitaires tombent sous le charme de ce lieu sauvage qui les rapproche peu à peu l’un de
l’autre et les aide à apprivoiser la vie. À travers leur regard, leur imaginaire, la mare
devient un royaume secret à la fois merveilleux
Tout public à partir de 6 ans
et inquiétant, peuplé de créatures de rêve ou
de cauchemar.
Sous l’apparence d’un documentaire, ce film
est une fiction, un conte dédié à la nature et à
l’enfance, réalisé par les auteurs du très célèbre
Microcosmos, le peuple de l’herbe.
Mercredi 25 janvier, après la séance de 14h15, les enfants ne
prendront pas tous la clé des champs : ils pourront rester à l’atelier Expression d’impressions pour réaliser avec nous un
bestiaire inspiré des animaux de la mare
découverts dans le film.
Félins de Keith Scholey et Alastair Fothergill
Zarafa de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie
Les Voyages de Gulliver, avec deux versions de la même histoire *
* Dans le cadre des Actions éducatives de la ville de Tours sur le thème : Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.
Les CARNETS du STUDIO
n°297
–
janvier 2012
35
jeudi 19 janvier - de 18h15 à 23h
Le CNP propose :
jeudi 5 janvier - 20h00
Le CNP, les CEMEA*, la FOL* proposent :
À QUOI TU JOUES ? POURQUOI TU JOUES ?
Le jeu a toujours été un outil vecteur de socialisation et de développement psychomoteur
chez l’enfant de tout âge (vecteur aussi culturel
que naturel). Or, les normes sociétales du
monde adulte semblent oublier les vertus du jeu
en le reléguant à un statut d’activité secondaire
de loisirs.
Projection d’un documentaire Les Jeux traditionnels et sportifs dans l’Éducation Nouvelle resituant la place du jeu dans l’Histoire et son intérêt pédagogique dans la construction de
l’individu. Échanges avec Pierre Parlebas,
professeur en sociologie du sport à Paris V et
militant de l’Éducation Nouvelle ainsi que Benoit
Rayneau de la Maison des Jeux de Touraine.
*CEMEA : Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active
FOL : Fédération des Œuvres Laïques
jeudi 12 janvier - 20h00
Le CNP, Chrétiens-Migrants, RESF, LDH, Cimade, Forum
Santé Val de Loire proposent :
QUELLES SOLIDARITÉS
AVEC LES SANS-PAPIERS ?
En avant-Première, Damien Mansion présentera son
film : PreNdre sa Part (une coproduction Les Films de la
Plume, Les Ateliers du Réel, TV Tours, avec le soutien de
Centre Images et du CNC) 2009-2011 – 48’.
Ce portrait croisé de Rose-Marie, Chantal et
Jean-Christophe, militants solidaires des sanspapiers, décrit leurs exigences de solidarité, de
démocratie et de citoyenneté. Leur engagement sincère s’exprime au travers d’associations et d’interventions diverses, complémentaires et convergentes.
Cela ne se passe ni à Calais, ni aux frontières
de l’espace Schengen, mais à Tours, là où la
réputation de calme et de solidarité se disloque
peut-être aussi …
Le débat sera animé par C. Lison-Croze
(LDH), C. Beauchamp (RESF), L. Barraud
(Chrétiens-Migrants) et G. Fontaubert
(Forum VIH).
4
Les CARNETS du STUDIO
n°297
–
janvier 2012
À LA RENCONTRE DE L’ART CONTEMPORAIN AUJOURD’HUI
Soirée festival
Que nous dit l’art contemporain aujourd’hui ?
Pour aller à la rencontre de ce questionnement,
nous vous proposons d’aborder la démarche
créative d’une part, la démarche économique
d’autre part. De 18H15 à 23h, documentaires
et courts-métrages alterneront avec témoignages et échanges avec le public.
18h15 : film Le Cirque de Calder –30’, de
C. Viladerbo. Puis ÉCHANGE-DÉBAT
19h45 : Contre- attaque : Quand l’art
prend l’économie pour cible – 6’.
20h : PAUSE DINATOIRE
20h30 : film Etat dièse-1 – 2004, 38’, 20
artistes au travail, de l’Atelier Super 8 et de l’association Mode d’Emploi.
21h10 : ÉCHANGE-DÉBAT
22h : Contre-attaque 2 : Quand l’art prend
l’économie pour cible – 6’.
22h10 : film : Parcours de 3 artistes tourangeaux – 50’
Les intervenants des échanges-débats seront
deux historiens d’art : Ghislain Lauverjat
et Pierre Fresnault-Deruelle, en présence de Julien Laferrière, directeur du CCC
(sous réserve), ainsi que des acteurs de la scène
artistique locale : Mode d’Emploi, Diagonale,
Projet 244, Artothèque…
N.B. : Billet unique au prix habituel de participation
aux frais du CNP, qui donnera accès aux 3 séquences
ci-dessus (ou 2 ou 1 à volonté) ; la salle ne sera accessible qu’avant ou à la fin des projections.
jeudi 26 janvier - 19h45
Le CNP, le CRIAVS*, le Planning familial proposent :
LES AUTEURS DE VIOLENCES SEXUELLES :
MYTHES ET RÉALITES
Les violences sexuelles sont un thème symptomatique de notre époque. D’un côté, les victimes qui, après être restées longtemps silencieuses, ont vu leur statut évoluer jusqu’à une
forme de sacralisation. De l’autre côté, les
auteurs, figures du mal absolu en ce début de
21e siècle.
Comment se dégager des caricatures pour
essayer de penser les questions que suscite
cette violence ? Que faire pour se préserver et
prévenir les agressions ?
Peut-on se réinsérer après une condamnation
pour agression sexuelle ?
Voici quelques unes des questions que nous
aborderons lors du débat avec I. Bertsch et A.
Harrault, membres du CRIAVS* Centre.
Film : The Woodsman de N. Kassel – 2004, 87’.
Après 12 ans de prison pour pédophilie, Wal-
ter revient dans sa ville natale pour commencer une nouvelle vie …
*CRIAVS : Centre ressources pour les intervenants auprès
des auteurs de violences sexuelles
jeudi 2 février - 19h45
CNP, Attac, Amis du Monde diplomatique, Ligue des Droits
de l’Homme, Collectif. Droits des Femmes PCF proposent :
À QUi PrOFite La Dette ?
Film : Debtocracy, 74’ + Débat avec
michel Husson, économiste
La Nuit du genre 8e édition
Les d’jeuns au cinéma
vendredi 20 janvier
Cette année l’équipe de la Vague Jeune a décidé
de rendre hommage, sous cet intitulé, à la jeunesse
au cinéma, comme une sorte de clin d’œil à son
nom.
Ce qui nous a le plus frappés lorsque nous avons
dressé la liste des films qui nous passaient par la tête
à l’annonce du thème, c’est qu’ils ont en commun
cette idée que les réalisateurs évoquaient leur
propre expérience du passage de l’adolescence à
l’âge adulte. Ce passage est d’ailleurs très souvent
difficile parce qu’il s’agit des premières expériences
amoureuses, des confrontations avec les parents,
des conflits avec la société en générale, bref une
• 19 h : Le Péril jeune
de Cédric Klapisch (1h41) 1995
Est-il encore utile de présenter ce « classique des
classiques » ? Portrait éclair et cinglant d’une génération…
• 21 h : Peggy Sue s’est mariée
de Francis Ford Coppola (1h45) 1986
1985, les anciens du lycée Buchanan, se retrouvent pour leur vingt-cinquième réunion. Ce soir,
ils sont venus en tenue d’époque. Peggy, très
populaire en 1960, se retrouve reine de la soirée
avec pour partenaire son mari, Charly, le rocker.
Or le couple vacille depuis quelque temps. À la
période d’incompréhension et d’incertitude. On
peut citer pêle-mêle les précurseurs tel Nicholas Ray
(La Fureur de vivre), François Truffaut (Les 400
coups), ou encore Georges Lucas (American Graffiti). Ils nous invitent à plonger dans le passé en tentant de reconstituer le plus fidèlement possible les
époques dans lesquelles ils ont grandi.
Nous pourrions disserter encore longtemps et ce
n’est pas le but de ces quelques lignes. Nous vous
proposons de venir nous rejoindre lors de la Nuit
du genre, qui aura lieu le vendredi 20 janvier 2011,
et de vous y donner rendez-vous pour en discuter
toute la nuit s’il le faut… Nous vous proposons de
(re)découvrir :
vue de son mari en habit de jeunesse, Peggy s’évanouit. Elle s’enfonce dans le rêve et revit cette
fameuse année 1960… Un film tendre et drôle.
• 23 h : Donnie Darko
de Richard Kelly (1h45) 2002
Donnie Darko est un adolescent de seize ans pas
comme les autres. Intelligent et doté d’une grande
imagination, il a pour ami Franck, une créature que
lui seul peut voir.
Lorsque Donnie survit par miracle à un accident,
Franck lui propose un étrange marché… Film
devenu culte avec le temps, avec une magnifique
bande son.
Tarifs : 10 euros pour les abonnés Studio/12 euros pour les non abonnés.
Possibilité de prendre des places à la séance aux tarifs Studio. Possibilité de se restaurer.
Les CARNETS du STUDIO
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w w w . s t u d i o c i n e . c o m
Partenariat Cinémathèque/Studio
sur le site des Studio (cliquer sur : PLUs D’inFOs, pour entrer dans la fiche film), vous trouverez désormais
des présentations signées des films que les rédacteurs auront vus après leur sortie en salle.
Youssef Chahine (1926-2008)
Reconnu comme l’un des plus grands cinéastes du 20e
siècle avec 40 films à son actif, Youssef Chahine a toujours dénoncé à travers ses films la bêtise et l’intégrisme,
ce qui lui valut d’être souvent confronté à la censure.
Tout au long de sa carrière, il a abordé de genres cinématographiques très différents, du mélodrame chanté
à la reconstitution historique ou à la biographie. Il a reçu
un Ours d’agent à Berlin en 78 pour Alexandrie pourquoi et le prix du 50e anniversaire du Festival de Cannes
en 1997 pour l’ensemble de son œuvre.
Lundi 30 janvier à 19h30
Gare centrale
Égypte – 1958 – 1h30, avec Youssef Chahine, Hind Rostom…
Dans la grande gare du Caire, Kenaoui, simple d’esprit
et boiteux, a trouvé un petit boulot de vendeur de journaux pour survivre. Sexuellement frustré, il tombe amoureux de Hanouna, une pulpeuse vendeuse à la sauvette
qui le repousse en l’humiliant car elle aime déjà un autre
homme. Proche du néoréalisme, Gare centrale est le
chef d’œuvre qui fit connaitre Chahine au monde entier
et qu’il lui permit de prouver ses talents d’acteur,
notamment dans un final tragique bouleversant.
Lundi 30 janvier à 21h00
Le Destin
Égypte – 1997 – 1h55, avec Nour El-Chérif, Laila Eloui…
Au 12e siècle, l’Andalousie est un lieu d’affrontement
entre les extrémistes musulmans et des savants qui cher-
chent la diffusion de leurs connaissances. Reconnu pour
sa sagesse et sa tolérance, Averroès est un conseiller du
Calife al-Mansur. Voulant plaire aux intégristes, celui-ci
ordonne la destruction de toute l’œuvre du philosophe. Les disciples d’Averroès décident d’en faire des
copies et de les faire passer au-delà des frontières.
Richement documenté, le Destin est avant tout un
hymne fort contre l’intolérance religieuse.
Mardi 31 janvier à 19h30
Égypte – 1994 – 1h55, avec Michel Piccoli, Moshen Mohieddin,
Patrice Chéreau…
En 1978, ambitieux et sans scrupule, Bonaparte (Chéreau) envahit l’Égypte sous le prétexte de libérer les
Égyptiens du joug turc. Il est accompagné d’une
soixantaine de savants dont le général Caffarelli (Piccoli)
qui se prend d’un attachement profond pour deux
jeunes autochtones. Tandis que le « petit caporal » fait
couler le sang à travers le pays, la résistance s’organise
dont fera partie le trio d’amis. A travers cette page d’histoire, Chahine nous montre la conscience d’un homme
encore humain devant la souffrance, devant l’injustice,
devant l’absurdité dans laquelle les foules sont entraînées, de part et d’autre.
Après la projection, rencontre avec Christophe
Ferrari, critique et enseignant d’esthétique du
cinéma.
Refaire le monde
USA – 1962 – 1h47, de Vincente Minnelli, avec Kirk Douglas,
Edward G. Robinson, Cyd Charisse.
L’acteur Jack Andrus sort de l’asile psychiatrique, où il
était soigné pour des troubles graves dus à l’alcoolisme. Un télégramme de son ami Maurice Kruger, réalisateur, l’invite pour quinze jours à Rome pour l’aider
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Les CARNETS du STUDIO
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Les
films
de
A
à
Z
08 92 68 37 01 – www.studiocine.com
avant Les FiLms, Dans Les saLLes, aU mOis De janvier :
• Nights on Earth de Vince Mendoza (studio 1-2-4-5-6) • Reflets de Michel El Malem Group (studio 3 et 7).
Musiques sélectionnées par Eric Pétry de RCF St Martin.
Adieu Bonaparte
4es rencontres de la bibliothèque : vendredi 13 janvier 2012
Pour leur quatrième édition, les Rencontres de la
Bibliothèque des Studio ont invité Hervé Aubron,
rédacteur adjoint au Magazine littéraire, critique et
enseignant en cinéma, pour nous parler de ce beau
sujet : Refaire le monde , de Vincente Minnelli à
Jacques Demy.
18 heures : rencontre et exposé d’Hervé Aubron
(entrée gratuite).
19 heures 45 : Quinze jours ailleurs
Rappelons que les fiches non signées ont été établies de manière neutre à partir des informations disponibles au moment où nous imprimons.
sur un tournage. Il s’y rend, pour découvrir que Kruger
ne lui a pas réservé un rôle d’acteur, mais juste la charge de la postsynchronisation du film. Il se met néanmoins au travail avec ardeur et plaisir, pour se prouver
qu’il en est capable.Andrus va devoir affronter le
mépris, la trahison, et surtout le désenchantement, le
cynisme de tout ce petit monde du cinéma, qui ne
croit plus à rien, ni même au cinéma. Mutilé au montage, Quinze jours ailleurs est néanmoins un film troublant sur la décomposition du monde hollywoodien,
et sur les rapports entre l’artifice cinématographique et
la réalité du monde.
A
A Dangerous Method
France – 2011 – 1h30, de Julien Donada,
avec Daniel Duval, Chiara Caselli, Françoise Arnoul…
Zurich, 1904. Carl Jung (impressionnant
Michael Fassbender), marié à Emma, est alors
un jeune psychiatre. Avec sa patiente Sabina
Spielrein, il tente le traitement expérimental
connu sous le nom de psychanalyse. Sabina
est une jeune Russe cultivée qui a été diagnostiquée « hystérique ». Grâce à leur correspondance, Jung parvient à une grande
complicité intellectuelle avec Sigmund Freud
sur le cas de Sabina. Freud demande à Jung
de traiter un collègue, Otto Gross, amoraliste impénitent. Sous son influence, Jung
s’éloigne de sa propre éthique et se laisse
aller à son attirance envers Sabina. C’est le
début d’une liaison dangereuse dont les
conséquences vont être aussi inattendues
que fondamentales.
L’audacieux réalisateur de Faux-semblants
(1988) et de spider (2001) s’intéresse à nouveau à nos pulsions. a dangerous Method est :
« Brillamment dialogué […] et ses joutes verbales à huis clos recèlent une passionnante épopée intellectuelle et romanesque ». C’est aussi :
« Une trame brûlante, teintée d’une subtile ironie, autour de ce ménage à trois », et d’une
double trahison, éthique et conjugale.
Michel est un flic épuisé qui veut obtenir un
arrêt de travail. C’est pendant cette période
d’entre-deux qu’il découvre Sandra, une
jeune femme qui vient de se suicider. Cette
rencontre va tout faire basculer. Dans ce
Nice de fin d’été, alors que Michel tombe
amoureux de Sandra, réalité et fiction vont
bientôt s’entremêler dans sa tête…
Ce premier long métrage met en scène un
Daniel Duval toujours aussi surprenant dans
ce rôle de flic borderline. Le charme de cette
errance est aussi lié à Nice et à l’atmosphère
de fin de saison qui se dégage du film. « Je
voulais tourner sur la Côte d’azur pour montrer
quelque chose de grave dans un décor où il fait
toujours beau, je voulais montrer ce qui se passe
derrière la promenade, sous les galets », dit le
réalisateur. Pari réussi : rarement la ville a été
autant magnifiée au cinéma.
Filmographie sélective : La Mouche (1987) ; Crash
(1996) ; eXistenZ (1998) ; a History of Violence (2005) ;
Les Promesses de l’ombre (2007).
Sources : dossier de presse, telerama.fr, LeMonde.fr
Projection suivie d’un échange du public avec
Hervé Aubron (tarifs d’entrée habituels).
Beau rivage
GB/Allemagne/Canada/Suisse – 2011 – 1h39, de David Cronenberg,avec
Keira Knightley, Viggo Mortensen, Michael Fassbender, Vincent Cassel…
B
Sources : dossier de presse
Bonsai
2011 – France/Chili – 1h35, de Cristian Jimenez,
avec Diego Noguera, Natalia Galgani, Gabriela Arancibia…
« À la fin de ce film, emilia meurt et Julio se
retrouve seul »… Ainsi s’ouvre Bonsai, adapté
du roman d’Alejandro Zambia. C’est parce
qu’il n’a pas été retenu pour dactylographier
le manuscrit d’un écrivain que, pour donner
le change, Julio devient romancier. Il s’inspire
de son histoire d’amour passionnelle avec
Film proposé au jeune public, les parents restant juges.
Les CARNETS du STUDIO
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Emilia, huit ans plus tôt, lorsqu’ils étaient tous
deux étudiants en littérature et que chacun
prétendait avoir lu Proust… Mais la peur
d’aimer et la peur d’écrire envahissent Julio,
anti-héros attachant et velléitaire, dans un vaet-vient entre réel et fiction, littérature et
souvenirs. Les films chiliens sont rares. Bonsai, qui se présente comme une chronique à
tiroirs a séduit la critique à Cannes (section
Un certain regard) grâce, entre autres, à son
humour décalé.
Sources : Allo-ciné, Télérama, Ciné Obs
+ COUrt mÉtraGe semaine du 11 au 17 janvier
Reulf
France – 2009 – 4’, de Charles Klipfel , Jean-François Jego , Quentin Camicelli
Bruegel
, le moulin et la croix
Pologne-Suède – 2011 – 1h32, de Lech Majewski,
avec Rutger Hauer, Charlotte Rampling, Michael York…
En 1564, alors que les Flandres subissent
l’occupation brutale de l’Espagne, Pieter
Bruegel peint Le Portement de la croix où, derrière la Passion du Christ, on peut lire la
chronique tourmentée d’un pays en plein
chaos. Ce chef d’œuvre riche d’au moins cinq
cents personnages est exposé au Kunsthistoriches Museum de Vienne, où l’historien
d’art M. Gibson l’a longuement analysé. Son
texte est devenu scénario du film de
Majewski, artiste contemporain très doué
auquel on doit entre autres le scénario de
Basquiat. En alliant images analogiques, de
synthèse et 3D, il nous plonge dans le tableau
et suit le parcours d’une douzaine de personnages dont les histoires s’entrelacent ;
parmi eux Bruegel lui-même, et la Vierge
Marie ! Passé et futur, vie et mort, destin et
liberté façonnent cette fresque foisonnante
d’une étonnante beauté plastique.
Sources : next.libération.fr - photosapiens.com allociné.com
C
Café de Flore
Québec – 2011 – 2h09, de Jean-Marc Vallée,
avec Vanessa Paradis, Kevin Parent, Hélène Florent, Evelyne Brochu…
Café de Flore raconte deux histoires que tout
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Les CARNETS du STUDIO
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sépare, le temps et l’espace. L’une se déroule
à Montréal, en 2011 : Antoine, la trentaine,
a rompu avec Rose son amour de jeunesse,
dont il a deux filles. Il vit avec Carole, pour
qui il a une passion brûlante. Rose n’arrive
pas à se remettre de sa rupture avec
Antoine. L’autre se passe à Paris en 1969 :
Jacqueline élève seule son fils, Laurent, trisomique qu’elle aime passionnément. Mais
arrive dans la classe de Laurent une petite
fille trisomique, à laquelle l’enfant s’attache.
Jacqueline est déstabilisée dans son amour
de mère. De va-et-vient incessant en va-etvient permanent, les deux histoires convergent sur le mode fantastique, reliées par le
thème de l’amour, toujours maladroit, insatisfait.
Les critiques québécoises saluent chez le réalisateur un art consommé du montage et du
scénario.
Sources : dossier de presse.
LesFranceChants
de Mandrin
– 2011 – 1h37, de Rabbah Ameur-Zaïmeche,
avec Hippolyte Girardot, Sylvain Roume, Jacques Nolot…
Au 18e siècle, Louis Mandrin, bandit de
grand-chemin, avait réussi à lever une petite
armée et mettre sur pied une économie
parallèle qui déplaisait fort au pouvoir parce
qu’elle court-circuitait tout le système des
impôts de l’époque. Il arriva ce que l’on sait :
Mandrin fut roué en place publique et sa
mort et ses hauts faits donnèrent naissance
à une légende populaire fort méritée. Il arriva
aussi qu’un excellent cinéaste français, après
avoir tourné trois beaux films bien ancrés
dans son époque, décide de se lancer dans le
film-en-costumes pour nous conter la suite des
aventures de la bande de Mandrin, la façon
dont ces brigands continuèrent le combat.
Entre paysages somptueux, dialogues
modernes et préoccupations politiques
contemporaines, il se trouve même que le
résultat finit par recevoir le très prestigieux
Prix Jean Vigo, qui récompense l’indépendance
d’esprit par-dessus le talent ! Et, pour ne rien
gâcher, l’on nous signale une remarquable
prestation de Jacques Nolot dans le rôle d’un
petit noble sympathisant des idées de Mandrin…
Filmographie : Wesh-wesh, Bled number one, dernier
maquis.
Sources : variety.com, hollywoodreporter.com
Le Chat potté
VF, voir pages Jeune Public.
La Clé des champs
Voir pages Jeune Public.
La Colline aux coquelicots
Japon – 1h31 * VO-VF film d’animation de Goro Miyazaki.
Dans le Japon des années 60, Umi est une
jeune lycéenne dont le père a disparu en mer
plusieurs années plus tôt. Elle vit avec ses
trois petites sœurs dans une vieille bâtisse
délabrée au sommet d’une colline qui surplombe le port de Yokohama. Tous les
matins, elle hisse deux drapeaux face à la mer
comme un message lancé à l’horizon. Au
lycée, elle se lie avec Shun, le responsable
d’un club de journalisme, qui est impliqué
dans un conflit étudiant sur le point d’éclater. Une émouvante histoire d’amitié,
d’amour et d’espoir qui prend un tour inattendu lorsque Umi et Shun découvrent un
secret qui entoure leur naissance et semble
les lier…
Nouvelle production du mondialement
célèbre studio Ghibli, sur un scénario du non
moins célèbre Hayao Miyazaki, La Colline aux
coquelicots a été réalisé par son fils Goro (qui
avait déjà pris la relève en 2006 avec Les
Contes de terremer). Aux vues de la bande
annonce, on semble retrouver le style limpide qu’on avait aimé dans Mon voisin totoro
(88), Porco rosso (92) ou Ponyo sur la falaise
(08), un style de récit qui plaît autant au jeune
public qu’aux adultes.
Sources : dossier de presse.
VF, voir pages Jeune Public.
Corpo celeste
Italie – 2011 – 1h40, de Alice Rohrwacher,
avec Yle Vianello, Salvatore Cantalupo, Anita Caprioli…
Marta a treize ans et vient d’emménager
dans la région d’origine de sa famille dans le
sud de l’Italie. Vivant depuis dix ans en Suisse,
la Calabre est, pour elle, une terre inconnue.
Plongée dans des rites et des codes qu’elle
ne comprend pas, elle se retrouve dans des
situations parfois drôles, parfois brutales.
Pour aider à son adaptation elle va au catéchisme pensant que c’est le meilleur endroit
pour tenter de rencontrer d’autres adolescents. Entre la morale de la communauté
catholique, ce pays encore étranger et la
découverte de son corps de femme, Marta
va se construire petit à petit…
Alice Rohrwacher met en scène, avec délicatesse et sensibilité, la fragilité et les contradictions d’une jeune adolescente mais aussi
de toute une société où les sentiments
d’abandon et de solitude sont exacerbés ;
d’une région où les plaies restent ouvertes.
Dotée d’un vrai regard, elle entremêle sa fiction de morceaux de réalité qu’elle intègre
presque tels quels, renforçant ainsi le sentiment d’étrangeté ressenti par sa jeune
héroïne et le regard fragile de Marta nous
illumine peu à peu pour nous laisser, à la fin,
heureux d’une si belle découverte. JF
DuchFrance
, le maître des forges de l’enfer
– 2011 – 1h45, documentaire de Rithy Panh.
D
Le régime des Khmers rouges aura duré
quatre ans, quatre ans d’enfer : près de deux
millions de personnes, soit l’équivalent d’un
quart de la population cambodgienne, furent
assassinées sous l’égide de Pol Pot. Kain
Guek Eav dit duch, à la tête du S21 est directement responsable de la mort de plus de
douze mille personnes. En juillet 2010, il fut
le premier dirigeant khmer à comparaître
devant une cour de justice pénale internationale, et fut condamné à trente-cinq ans de
prison. Il a fait appel et devrait être rejugé en
2012. Rithy Panh, continuant inlassablement
Les CARNETS du STUDIO
n°297
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à témoigner sur le génocide cambodgien, a
réalisé ce documentaire après l’avoir longuement interrogé. Selon J. Mandelbaum du
Monde, le réalisateur est parvenu à « un résultat à la fois admirable, troublant et terrifiant »,
car il donne à voir un homme plein de douceur, capable de citer Alfred de Vigny dans
le texte et de déclarer : « Mon métier était de
recevoir des personnes, de les torturer, de les
interroger et de les détruire car ils étaient des
ennemis », tout en demandant pardon aux
âmes de ses victimes !
Sources : dossier de presse, lemonde.fr, l’express.fr
Filmographie succincte : Les Gens de la rizière (1994),
s21, la machine de mort Khmère rouge (2002), Les
artistes du théâtre brûlé (2005), Un barrage contre le
Pacifique (2008)
F
La
Folie Almayer
France – 2011 – 2h05, de Chantal Akerman,
avec Stanislas Merhar, Marc Barbé, Aurora Marion…
Quelque part en Asie du Sud-Est, loin de
tout, sur la rive d’un grand fleuve tumultueux.
L’amour d’un père pour sa fille mêlant passion et rêves, racisme et argent, désir d’indépendance et lâcheté. Un amour qui l’entraînera vers sa perte…
Librement adapté de Joseph Conrad, La Folie
almayer signe le retour de Chantal Akerman.
Cette très grande cinéaste navigue depuis
quarante ans entre fiction et documentaire
et a créé une œuvre essentielle qui compte
nombre de grands films (La Captive, Les rendez-vous d’anna, de l’autre côté, entre autres).
Une cinéaste trop souvent cataloguée « difficile » en oubliant sa capacité à la comédie (Un
divan à New-York, Golden eighties), et en
oubliant surtout l’évidente beauté de son travail. La Folie almayer, pour lequel elle
retrouve Stanislas Merhar son héros de La
Captive, est déjà un des événements de ce
début d’année.
lin de douze ans, Hugo Cabret, se cache pour
échapper à l’orphelinat. Son père est mort
dans un incendie, et lui a laissé pour tout
bagage un automate cassé dont il a perdu la
clé. Une petite fille, Isabelle, et son père, un
vieux marchand de jouets nommé Georges
Méliès, vont l’aider à découvrir son passé et
résoudre les énigmes qui entourent sa vie.
Martin Scorsese, abandonnant son penchant
pour les films sombres et violents, a choisi
d’adapter un roman pour enfant (L’Invention
de Hugo Cabret, de Brian Selznick) et de le
réaliser en 3D. Le cinéaste affirme que tourner en 3D était pour lui comme un rêve d’enfant et qu’il y a pris un immense plaisir.
Sources : dossier de presse.
Voir pages Jeune Public
Ici-bas
France – 2011 – 1h40, de Jean-Pierre Denis,
avec Céline Sallette, Eric Caravaca, François Loriquet…
10
Hugo Cabret
Années 30, à Paris : dans une gare, un orphe-
Vous vous dites peut-être qu’un film faisant
à tel point l’unanimité : « c’est louche » ! Et
Les CARNETS du STUDIO
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L’Irlandais
Irlande – 2011 – 1h36, de John Michael McDonagh, avec Brendan Gleeson,
Don Cheadle, Liam Cunningham, David Wilmot, Rory Keenan…
Gerry Boyle, policier dans une bourgade
irlandaise, a une conception étrange de son
métier : il passe sa vie au pub et fréquente
les prostituées avec gourmandise. Il a un
humour ravageur, mais très particulier :
raciste, homophobe, grossier. Quand un
agent du FBI débarque pour enquêter sur un
trafic de drogue, il s’en moque copieusement : il faut dire qu’Everett, l’agent, est un
brin rigide et sérieux. Mais quand les trafiquants s’attaquent à Gerry, il découvre que
seul Everett peut l’aider.
L’Irlandais est une comédie policière très
déjantée, qui fonctionne à merveille, porté
par des acteurs en verve. Un bon moment
de rire et de cinéma.
Sources : dossier de presse.
Sources : sudouest.fr, cineuropa.org
Intouchables
France – 2011 – 1h52, d’Éric Toledano et Olivier Nakache,
USA – 2011 – 2h00, VF de Martin Scorsese,
avec Asa Butterfield, Chloë Moretz, Jude Law…
I
Fiction inspirée d’un fait divers survenu dans
le Périgord pendant la Seconde Guerre mondiale, Ici-bas relate l’histoire de Sœur Luce,
religieuse qui rencontre un jour un prêtre,
Martial, engagé dans la Résistance. Lui doute
de sa foi, elle est entièrement dévouée à son
Dieu, mais tombe éperdument amoureuse.
Quand elle comprend que cette passion n’est
pas
réciproque,
Sœur
Luce,
désemparée, décide de se venger… « Ce qui
m’intéresse, explique Jean-Pierre Denis, c’est
d’explorer ce trajet intérieur qui va de l’amour
du Christ à celui d’un homme, puis à l’abandon,
au désespoir et à la délation. »
C’est le sixième long-métrage du réalisateur,
découvert à Cannes en 1980 avec Histoire
d’adrien, et habitué des faits divers historiques (Les Blessures assassines, en 2000, s’intéressait déjà à l’affaire des sœurs Papin).
Sources : dossier de presse.
H
bien vous auriez tort de passer votre chemin : d’abord parce que l’on ne prend pas un
gros risque en allant voir une comédie par
les temps qui courent et qu’ensuite, alors que
tout pouvait y contribuer, le film, basé sur
des événements réels, échappe aux bons sentiments dégoulinants et aux prestations
cabotines ! Philippe (François Cluzet), la cinquantaine nantie, est tétraplégique depuis
sept ans, suite à un accident de parapente.
Driss (Omar Sy) jeune de banlieue sort tout
juste de prison. Le premier cherche un auxiliaire de vie ; le second veut juste une signature et un tampon sur ses papiers d’Assedic.
Cette rencontre détonante et improbable va
être à l’origine d’une amitié sans faille et de
ce film, qui prouve qu’une comédie réussie
peut être pleine de profondeur et d’humanité. IG
avec François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny…
J
J. Edgar
USA – 2011 – 2h16, de Clint Eastwood,
avec Leonardo Di Caprio, Josh. Hamilton, Geoff Pierson…
« J. Edgar Hoover », ce nom a été – pendant
près de 50 ans ! – synonyme de : « intransigeance et rigorisme ». Cet homme très
secret, farouchement réactionnaire, rigidement anticommuniste, est resté 48 ans à la
tête du FBI. Quarante-huit années pendant
lesquelles il a accumulé dossiers, documents,
témoignages lui permettant de faire peur et
de tenir en respect tous les présidents qui se
sont succédé à la Maison Blanche, quarantehuit années pendant lesquelles il a réussi à
étouffer et dissimuler tout ce qui LE concernait. C’est cette face cachée, très controversée que Clint Eastwood s’efforce ici de
porter à l’écran, sur un scénario de Dustin
Lance Black, qui nous a déjà donné une biographie plutôt réussie de Harvey Milk.
Depuis déjà longtemps on sait que LE grand
mystère de la vie de Hoover résidait dans
son absence apparente de toute sexualité, ou
son homosexualité refoulée et, sans renoncer aux parties spectaculaires de l’Histoire
– 50 ans de lutte contre le crime, ça fait tout
de même beaucoup de coups de feu et d’arrestations… – c’est ce point aveugle qui se
trouve faire l’objet du nouveau film de Clint
Eastwood, toujours très actif derrière la
caméra à 80 ans passés !
Sources : salon.com, usatoday.com
Let my People Go
France – 2011 – 1h28, de Mikael Buch, avec Nicolas Maury, Carmen Maura,
Jean-François Stévenin, Amira Casar, Clément Sibony…
L
Ruben est juif, homosexuel, facteur, mi-finlandais, mi-français, fils indigne, frère désobligeant, amant décevant, assassin douteux,
voleur malgré lui… et tout le monde le sait !
Pourtant Ruben, lui, ne sait pas qui il est...
Haut en couleurs, décalé, intelligent, drôle et
original, les superlatifs pleuvent sur ce premier film co-écrit avec Christophe Honoré.
« du moment où j’ai compris que le film serait
une comédie, j’ai essayé de cerner les codes du
genre. trois A sont alors venus m’éclairer : allen,
almodovar et anderson. Woody allen pour son
écriture et aussi pour son rapport ludique à la
culture juive, almodovar pour le côté désinhibé
de son cinéma et sa force visuelle, et anderson
pour son rapport à l’enfance et à une imagerie
à la fois contemporaine et en dehors du temps.
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Mais ces références n’ont jamais été écrasantes.
Je m’en rendais souvent compte à posteriori. Je
voulais avant toute chose, faire le genre de comédie élégante et iconoclaste que j’adore en tant
que spectateur et que je ne trouve pas très présente en France », dit le réalisateur. Le moins
que l’on puisse dire c’est que ça donne drôlement envie.
Sources : dossier de presse.
Le Havre
France/Finlande – 2011 – 1h33, de Aki Kaurismaki,
avec André Wilms, Jean-Pierre Darroussin, Kati Outinen…
Marcel Marx est cireur de chaussures au
Havre, où il vit dans une petite maison avec
sa femme, Arletty. Son existence précaire est
bouleversée par la maladie d’Arletty et par
l’arrivée d’un jeune immigrant africain,
Idrissa, qui se réfugie chez Marcel Marx pour
échapper à la police…
On ne fait généralement pas de bons films
avec de bons sentiments… et l’on pouvait
craindre que le cocktail choisi par le réalisateur finlandais pour son dix-septième longmétrage (pauvreté, cancer, chasse aux clandestins) n’aboutisse à un parfait désespoir
politique et cinématographique. Il n’en est
rien : dans le somptueux décor d’Auguste
Perret, l’architecte qui reconstruisit la ville
après la seconde guerre mondiale, Kaurismaki oppose le burlesque et la solidarité de
classe au pessimisme ambiant. Conte de fée
comme l’on en osait du temps de Chaplin
mais filmé avec la palette d’Ozu et l’humour
sec de Tati, ce film portuaire relie Le Havre
à l’Estaque de Robert Guédiguian parce qu’il
« participe de ses films qui réinventent un humanisme à force de volonté, comme si l’ironie kaurismakienne s’était trempée dans la tendresse
et la nécessaire espérance. » Et après des chansons de Damia, on y rencontre l’une des
légendes du rock havrais (et français),
Roberto Piazza, alias Little Bob !
Source : le monde.fr – Liberation.fr – l’humanite.fr – politis.fr
avec Corinne Masiero, Jérôme Kircher, Anne Benoit…
Louise Wimmer est une femme de cinquante ans. Elle travaille comme femme de
ménage mais, faute de moyens suffisants, elle
vit et dort dans sa voiture. Sa vie d’avant ?
Oubliée, avec son mari (dont elle a divorcé),
sa fille, les souvenirs inutiles. Louise est dure,
d’abord peu sympathique : elle doit se battre
pour garder son travail, pour survivre, pour
exister. Comment pourrait-elle sourire, être
aimable ? Pour son premier long métrage de
fiction, Cyril Mennegun, qui est documentariste, s’attache à un personnage de femme
battante, qui veut rester debout, digne, malgré sa vie détruite. Personnage joué magistralement par une actrice de 47 ans, Corinne
Masiero, habituée des petits rôles et des
échecs et qui lui donne un relief saisissant.
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Sources : purepeople.com, imdb.com
Mon
pire cauchemar
France/Belgique – 2011 – 1h43, de Anne Fontaine,
avec Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde, André Dussollier…
Tout les oppose : Agathe qui habite avec son
fils et son mari en face du Luxembourg est
une bobo qui travaille dans l’art contemporain et gère d’une main de fer son équipe
comme sa famille. Patrick qui habite seul avec
son fils à l’arrière d’une camionnette est un
ouvrier un peu lourd qui vit de petits boulots et d’allocations. D’ailleurs, ils n’auraient
jamais dû se rencontrer… Trois ans après La
Fille de Monaco, Anne Fontaine revient à la
comédie. Peu habituée à ce genre, Isabelle
Huppert s’y essaie cette fois avec Benoit
Poelvoorde, acteur fétiche de la réalisatrice
(entre ses mains et Coco avant Chanel). Grâce
à leur interprétation parfaite, une mise en
scène rythmée et des dialogues percutants
Mon pire cauchemar est un film réjouissant.
Sources : dossier de presse.
Millenium
USA – 2011 – 2h38, de David Fincher,
avec Daniel Craig, Rooney Mara, Stellan Skarsgard, Christopher Plummer…
Le très remuant réalisateur de seven, Fight club
ou encore L’Étrange histoire de Benjamin Button
et the social Network revient à la charge avec
un film surdimensionné, très gros budget, très
long métrage, confrontation d’une vraie star
et d’une étoile à peine montante ET remake
d’un film européen à succès, adapté d’un best
seller devenu instantanément mythique, le
projet a tout pour intriguer… Pour ceux qui
reviendraient d’un long séjour sur Mars, on
peut résumer l’intrigue en quelques mots : un
journaliste spécialiste des scandales financiers
se trouve enquêter sur les étranges mœurs
d’une famille de grands industriels. Au cours
de son enquête il sera amené à collaborer
avec l’un des plus étranges personnages qui
soient : une jeune hacker qui a des comptes à
régler avec l’humanité tout entière et avec les
hommes en particulier. Le défi pour ce film
est de rendre la tension et la violence qui han-
Les fiches paraphées correspondent à des films vus par le rédacteur.
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tent le roman sans verser dans l’hémoglobine
ou l’ultra spectaculaire. Fincher a suffisamment
de cordes à son arc pour réussir le défi.
Louise
Wimmer
France – 2010 – 1h20, de Cyril Mennegun,
M
Sources : Télérama, Allociné.com, excessif.com
O
L’Oiseau
2012 – France – 1h33, de Yves Caumon avec Sandrine Kiberlain,
Clément Sibony, Bruno Todeschini, Serge Riaboukine…
Anne n’a pas d’amis, pas d’enfants, pas
d’amants. Elle a renoncé à vivre. Ou elle fait
semblant. Un jour, un oiseau entre dans son
appartement… Le début d’une renaissance
ou d’un retour douloureux sur le passé ? Car
: « On ne peut pas vivre comme ça, c’est pas
humain », dira l’un des personnages.
Le film semble indissociable de sa comédienne, Sandrine Kiberlain omniprésente d’un
bout à l’autre : « elle a irradié le tournage de
sa foi ». C’est d’abord une silhouette, une
figure que l’on voit un peu comme un fantôme – ce qui n’est pas sans rappeler le personnage de Cache cache… On avait aimé
dans ce film précédent de Caumont la précision de la mise en scène et l’inventivité dans
l’écriture. On attend donc L’Oiseau avec
impatience. Sources : dossier de presse.
Oki’s Movie. Les Amours d’Oki
Corée du Sud – 2010 – 1h20, de Hong Sangsoo,
avec Lee Sun-kyun, Yu-mi Jeong, Sung-Keun Moon…
Oki’s movie se découpe en quatre segments :
Un jour pour l’incantation, Le roi des baisers,
après la tempête de neige, Le Film d’Oki.
Chaque épisode est relié à une histoire centrale jouée par les mêmes acteurs qui jouent
des rôles différents selon les personnages.
Chaque partie sème le trouble dans sa
manière de répondre à la précédente. On y
retrouve le jeu des relations amoureuses
avec ses hésitations, ses difficultés à communiquer sincèrement, les interrogations sur
le cinéma, le sens de la vie… des thèmes
chers à Hong Sangsoo.
Le travail avec de jeunes acteurs a permis au
réalisateur de changer son regard, d’abandonner le cynisme pour plus de tendresse :
« J’ai pu représenter la passion amoureuse avec
plus de réalisme et plus de fraîcheur », dit il.
Hong Sangsoo ne fait pas de cinéma pour
nous plaire mais pour provoquer chez nous
des émotions, ce qui nous satisfait pleinement !
Sources : dossier de presse.
+ COUrt mÉtraGe semaine du 18 au 24 janvier
L’homme qui dort
France – 2009 – 11’,de Inès Sedan, Animation
Le printemps de Téhéran-L’Histoire d’une révolution 2.0
Allemagne – 2010 – 1h20, de Ali Samadi Ahadi,
avec Pegah Ferydoni, Navid Akhavan…
P
Juin 2009, à Téhéran. Les élections présidentielles approchent. Deux étudiants rêvent
d’un changement politique. La Vague verte les
emporte et embrase le pays. Nous sont
contés leur combat, leur espoir, leur peur,
leur souffrance. Dans Le Printemps de téhéran se mêlent des images filmées sur le vif
retransmises dans le monde entier grâce aux
réseaux sociaux (et ce malgré la censure !)
mais aussi des témoignages nous permettant
de vivre au cœur de l’insurrection. Ce film,
en animation, sert le propos documentaire à
la manière de Valse avec Bachir. On ne peut
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qu’être fascinés par le courage des militants
se battant pour la paix et la liberté. Cependant, quel gâchis subi par la population iranienne !
Le film a reçu le Grand prix et le Prix spécial
du jury au festival de Sundance 2011 ainsi que
le Prix du public au festival international du
film de Washington 2011.
Sources : dossier de presse.
R
S
Le Rêve de Galileo
VF, voir pages Jeune Public.
Sport de filles
France – 2010 – 1h41, de Patricia Mazuy,
avec Marina Hands, Bruno Ganz, Josiane Balasko…
Gracieuse, cavalière émérite, ne transige pas
dès qu’il est question d’équitation : révoltée
par la vente d’un cheval qu’on lui avait promis, elle décide de quitter l’élevage qui l’employait et de repartir à zéro, en se faisant
engager comme palefrenière dans le haras
jouxtant la ferme de son père. Joséphine de
Silène gère ce centre équestre d’une poigne
de fer et sait tirer partie de la présence d’un
ancien champion devenu entraîneur de
renommée internationale : ainsi de riches
cavalières du monde entier n’hésitent pas à
faire le déplacement pour bénéficier du talent
et du regard du cynique Franz Mann. En parvenant à redonner du tonus à un trotteur
fatigué, Gracieuse réussit à attirer l’attention
de Franz qui, pourtant, en a vu d’autres.
L’amour fou du cheval va réunir la jeune
femme rétive et passionnée et le vieux cavalier revenu de tout.
Filmographie : Peaux de vache (1989), saint-Cyr (2000),
Basse Normandie (2004)
Sources : dossier de presse.
Mercredi 1er février : rencontre avec
Patricia Mazuy, réalisatrice,
après la séance de 19h45
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The
Terrorizers
Taïwan – 1986 – 1h49, de Edward Yang,
avec Cora Miao, Bao-ming Gu, Wang An, Lili-chun, Ma Shao-jun…
sujet. À aucun moment le personnage principal ne contamine son entourage, au
contraire, le film le montre plutôt dans ses
efforts surhumains pour protéger sa famille
d’une catastrophe qu’il pense inéluctable.
Après l’excellent shotgun stories, Jeff Nichols
confirme les espoirs placés en lui. Couvert
de prix (Semaine de la critique à Cannes, festival de Deauville, entre autres) et remarquablement joué (Michael Shannon est,
paraît-il, impressionnant), take shelter semble
être le grand film américain de ce début d’année.
T
The terrorizers est un film peu banal. Sorti en
1986, il est présenté dans de nombreux festivals, où il est beaucoup apprécié. Il est
primé au festival de Locarno, et l’on n’entend
plus parler de lui. Pourtant son réalisateur,
Edward Yang, est encensé dans le monde
entier comme un des maîtres de la Nouvelle
Vague taïwanaise.
Le film ressort donc après 25 ans d’oubli : il
est bâti sur une narration multiple, mettant
en scène des destins qui se croisent sans se
connaître. À la fois conte urbain et thriller,
très inspiré par Antonioni (que le réalisateur
admirait) il prend pour point de départ le
personnage de Suzanne, qui échappe à la
police en se réfugiant chez sa mère. Elle s’ennuie et, pour se distraire, annonce au téléphone à une inconnue qu’elle attend un
enfant de son mari. Elle met en branle sans
le savoir une mécanique conduisant au crime
et à l’aliénation.
Filmographie sélective : Confusion chez Confucius
(1994) ; Mahjong (1996) ; Yiyi (2000).
Sources : Les Inrockuptibles, dossier de presse.
U
Une
vie meilleure
France/Canada – 2011 – 1h50, de Cédric Kahn,
avec Leïla Bekhti, Guillaume Canet, Slimane Khettabi…
Yann et Nadia, amoureux, se lancent dans
un projet de restaurant au bord d’un lac. Mais
leur rêve d’entrepreneurs se brise rapidement, et le couple tombe dans la spirale
infernale du surendettement. Nadia,
contrainte d’accepter un travail à l’étranger,
confie provisoirement son fils à Yann. Elle
disparaît…
Après Les regrets (2009), l’histoire d’une passion délirante, le réalisateur s’attaque pour
la première fois « à un sujet aussi social et politique ». Admirateur du cinéma des frères
Dardenne et de Ken Loach, le réalisateur
change donc de registre. « J’ai vraiment senti
le besoin d’ouvrir mon cinéma au monde. et à
priori c’est irréversible ».
Salué entre autres pour la qualité de son scénario, Une vie meilleure est également servie
par une direction d’acteurs époustouflante
qui renforce l’intensité de l’histoire.
D’ailleurs, au Festival de Rome, Guillaume
Canet a reçu le Prix d’interprétation pour
son rôle de jeune entrepreneur…
Filmographie succincte : Feux rouges (2004) ; roberto
succo (2001) ; L’ennui (1998).
Sources : dossier de presse, telerama.fr, coteblogue.ca.
08 92 68 37 01
studiocine.com
Sources : dossier de presse.
lundi 23 janvier – 19h30
Take
Shelter
USA – 1h50 – 2011, de Jeff Nichols,
Ab irato, sous l’empire de la colère
avec Michael Shannon, Jessica Chastain…
Curtis LaForche vit avec sa femme et sa fille
dans une petite ville du Midwest. Obsédé par
la menace d’une tornade, de terribles cauchemars emplis de visions apocalyptiques
l’envahissent. Rien ne peut empêcher la terreur qui l’habite. Paranoïa ou réalité ?
Comme Serge Kaganski l’écrit dans Les Inrockuptibles, Jeff Nichols a « l’intelligence de jouer
à la fois sur une peur réaliste (les tornades),
métaphorique (la tempête économique) et psychanalytique (la menace est peut-être nichée au
cœur du foyer) ». take shelter part d’une situation personnelle pour atteindre l’universel.
Le traitement est doux, malgré la dureté du
de Dominique Boccarossa (2010 inédit) Fr. Couleurs 130’
lundi 9 janvier – 19h30
Soirée proposée par Denis Jourdin, professeur
à l’Ecole des Beaux-Arts de Tours, et en présence du réalisateur.
Soirée proposée et présentée par Louis d’Orazio.
Kaos
lundi 30 janvier – 19h30/21h30
de Paulo et Vittorio Taviani (1984) Italie 140’
Partenariat Cinémathèque/studio
HOMMAGE À YOUSSEF CHAHINE.
lundi 16 janvier – 19h30
Gare centrale
Conte d’hiver
En présence de Christophe Ferrari, critique
LES SAISONS AU CINÉMA.
d’Éric Rohmer (1991) France Couleurs 114’
Egypte NB 90’
et enseignant d'esthétique du cinéma.
Programme détaillé dans le dépliant disponible à l'accueil et sur www.cinematheque-tours.fr
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En bref
Ici. . .
` Dans Les vieUX POts QUe
L’On Fait Les meiLLeUres sOUPes ?
Voilà un proverbe qui, s’il a pu moult fois faire ses
preuves, risque d’être mis à mal, avec l’information qui suit.
En effet, si La Boum de Claude Pinoteau a pu marquer une partie des ado(lescentes ?) des années 80 et lancer la vedette Sophie
Marceau (vedette et pas comédienne), reconnaissons que le film et scénario sont quelque peu consternants. Si une nouvelle suite des aventures
de Vic/Sophie n’est plus d’actualité, le filon n’est tout de même pas tari,
puisque Danièle Thompson et Claude Pinoteau, les auteurs d’origine, parlent
d’adapter leur œuvre en… comédie musicale ! Voilà qui confirme une situation
générale de crise !
` La nOstaLGie est tOUjOUrs Ce QU’eLLe Était…
Signoret/Montand couple phare et engagé du cinéma français des années 50 aux années
80, semble à jamais avoir laissé sa trace dans les esprits tant par leurs prestations marquantes -dans Casque d’or, Les Chemins de la haute ville, La Vie devant soi pour elle ; Le salaire
de la peur, Z, ou L’aveu pour lui- que par leurs prises de position. C’est donc sans surprise
que l’on apprend qu’un biopic les concernant sera mis en scène par Christophe Ruggia (Le
Gone du Chaaba, Les diables). On sait déjà que c’est Thierry Neuvic, vu récemment dans audelà qui interprétera le Chanteur de fond (cf le documentaire de Chris Marker), tandis que
c’est la plus en plus présente Céline Sallette (L’appolonide - souvenirs de la maison close) qui
devra ressusciter la grande Simone.
` À CŒUrs OUverts
Voici un projet qui suscite la curiosité : prenons Édgar Ramirez, très attendu depuis sa prestation dans Carlos de Olivier Assayas et la toujours surprenante Juliette Binoche. Ajoutons
la réalisatrice de l’émouvant Un cœur simple, (habité par les prestations tout en finesse de
Sandrine Bonnaire et Marina Foïs), Marion Laine, associée pour le scénario à Anne Le
Ny (auteur, réalisatrice et actrice du très beau Ceux qui restent). Mélangeons et nous
devrions obtenir l’histoire d’amour de deux chirurgiens réputés. Si dans un premier
temps le tournage d’Un singe sur l’épaule se déroulera à Marseille, il devrait se poursuivre en Amérique Latine.
` misère et COrDe
Force est de constater que depuis le xVIIIe siècle, elle en subit des misères,
Suzanne Simonin, : Denis Diderot, le créateur de cette religieuse, ne lui
aura pas épargné grand chose : cloîtrée contre son gré par ses parents
en raison de sa naissance illégitime, elle subira humiliations, tortures et harcèlement sexuel de la part de ses mères supérieures. Cette histoire est aussi, malgré tout, celle de son
combat pour être entendue si ce n’est rendue à la
liberté. Guillaume Nicloux (La Clef, Holiday
notamment), a jeté son dévolu sur
Pauline Étienne pour jouer
cette couven-
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tine
révoltée, qu’il définit
comme une héroïne de roman
noir, et sur Louise Bourgoin et Isabelle
Huppert pour interpréter les abbesses sadique
et amoureuse. Pour mémoire, l’adaptation de Jacques
Rivette en 1966, avec Anna Karina, avait été censurée.
et ailleurs. . .
` D’entre Les mOrts
Qui se souvient de River Phoenix, mort en 1993, d’une surdose de drogues à 23
ans ? Héros de stand by Me et de My Own Private Idaho, il était un des acteurs les
plus prometteurs de sa génération. Au moment de sa disparition, il tournait dark
blood de George Sluizer (L’Homme qui voulait savoir) : l’histoire d’un jeune veuf vivant
en ermite sur un site d’essais nucléaires et faisant la rencontre d’un couple venant d’Hollywood, interprété par Jonathan Pryce et Judy Davis. Le film resté inachevé jusque-là
devrait peut-être renaître de ses cendres : en effet, pour combler l’absence des scènes
manquantes, George Sluizer aurait recours à un narrateur, qui pourrait être Joaquin Phoenix, dont la voix, selon le réalisateur, est très proche de celle de son frère.
` La Dernière vaGUe
Encore un biopic ! Cette fois, il concernera Dennis Wilson, le batteur du fameux groupe des
années 60, les Beach Boys. C’est Aaron Eckhart (thank You for smoking, the dark Knight) qui
maniera les baguettes dans the drummer de Randall Miller et Jody Savin. Il devra également
se mettre à la chanson et au surf, car double paradoxe, Dennis Wilson qui était le seul du
groupe à savoir glisser sur les vagues, mourra noyé, alors qu’il terminait son album solo, Pacific Ocean Blue.
` PassaGes À L’aCte
Angelina Jolie et Matt Damon ont officialisé leur volonté de passer derrière la caméra.
La première avec In the land of Blood and Honey s’intéressera à un couple traumatisé par
la guerre de Bosnie ; tandis que le second opterait pour le genre erin Brockovich, seule
contre tous pour les aventures d’un VRP dans une petite ville américaine.
` CareY D’as
Carey Mulligan, révélée par Une éducation a décidément la main : elle se constitue une filmographie fournie, tout en choisissant des réalisateurs de tout
premier plan. Ainsi après shame de Steve McQueen sur l’addiction
sexuelle, elle a enchaîné avec le remake de Gatsby le Magnifique de
Baz Luhrmann. Puis elle tournera dans le prochain opus des
frères Coen, Inside Llewyn davis, l’histoire d’un chanteur
folk ; et rejoindra enfin, l’univers décalé de Spike Jonze
pour un film qui mettra en scène des dirigeants
mondiaux confrontés à des événements
cataclysmiques. IG
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à propos de : L’aRT D’aimER
à propos de : L’EXERCiCE DE L’ÉTaT
Q
A
u départ une œuvre d’Ovide qui se
présente comme un manuel de séduction fait de chapitres courts. Mouret en
emprunte le titre et la forme en découpant
son scénario en six petites fables dont les
personnages se croisent – parfois juste
pour nous faire un clin d’œil, dans un couloir d’hôtel par exemple.
Mais il y a aussi Rohmer : de la même
manière qu’il illustrait sa série des comédies et proverbes, chacune des variations
de l’art d’aimer porte un titre évocateur :
– Le désir est inconstant, il danse comme les
herbes folles dans le vent,
– sans danger, le plaisir est moins vif,
– Il ne faut pas refuser ce que l’on nous offre,
– Patience, Patience…
Les références au cinéaste de la nouvelle
vague ne s’arrêtent pas là. Des jeux de
l’amour et du hasard à la complexité des
sentiments, du désir contrarié aux ruses
de la raison, des faux semblants aux pièges
du cœur, c’est tout le vocabulaire Rohmérien que l’on révise. Quant à Frédérique
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Bel, la voisine d’Achille exaspérante et raisonneuse, elle semble tout droit sortie
d’un film du cinéaste de la nouvelle vague.
On ne peut également s’empêcher de penser à Woody Allen quand les relations
amoureuses donnent lieu à des situations
cocasses voire loufoques – formidable Julie
Depardieu dans le genre vieille fille frustrée et timide à qui finalement tout arrive !
Il y a enfin du Deville dans la mise en scène
soignée et fluide qui privilégie les longs
plans séquences, le bonheur d’écouter une
belle langue et un choix musical qui ose
Brahms et Schubert, Chopin et Mozart.
Rien de neuf donc… mais un cocktail d’esprit et de poésie, de subtilité et de tendresse, de grâce et d’élégance. Emmanuel
Mouret ne donne pas de recette car
chaque relation amoureuse est unique et
indicible, mais il réussit à nous plonger
dans un état de béatitude qu’on aurait
aimé prolonger. L’art d’aimer est un film qui
rend heureux, un magnifique éloge de la
légèreté…
SB
u’est-ce qui fait bander ceux qui nous
gouvernent ?1 Le goût du pouvoir ? La
soif des honneurs ? La volonté de se dévouer
corps et âme au service de la France ? Faut-il
chercher une réponse dans l’énigmatique prologue de L’exercice de l’État (puisqu’il est immédiatement suivi de la première apparition du
ministre joué par Olivier Gourmet sujet d’une
incontestable érection nocturne.) : des personnages mystérieux (entre le KKK et le carnaval vénitien) mettent en place dans un palais
quelconque ce que l’on pourrait nommer les
ors de la République, tout ce décorum hérité
de l’absolutisme, puis une femme nue s’approche d’un pas décidé se met à quatre pattes
et vient finir sa trajectoire au fond de la gueule
béante d’un énorme crocodile un peu apathique. Cauchemar ou parabole ? Les serviteurs de la République dévorés par l’État ou
la Liberté guidant le peuple au fond d’un
gouffre sans fin ?
L’excellente idée de Pierre Schoeller est
d’avoir filmé ces quelques jours dans la vie
d’un ministre des transports comme un film
d’action. Le récit va vite. Les personnages courent, les voitures officielles foncent, les paroles
fusent. Car quand on est ministre, il faut avoir
réponse à tout. Et avoir le don d’ubiquité.
Pour le spectateur, il y a une certaine jouissance à se retrouver de l’autre côté du miroir
que nous tendent les médias quotidiennement.
Ici, il n’y a pas seulement la réitération des
petites phrases par des marionnettes comme
dans le très décevant film de xavier Durringer La Conquête, chez Schoeller, les méca-
nismes des décisions politiques sont disséqués,
notamment celui de la mise en discours de la
réalité. D’une tragique sortie de route d’un
bus à un sidérant accident de voiture, le film
s’applique à observer la façon dont est façonnée la langue de bois des communicants, comment est jouée l’émotion, l’engagement, le
courage politique. Loin d’un caricatural tous
pourris, l’histoire de ce ministre centriste d’un
gouvernement libéral qui va de renoncement
en reniement (« Je ne serai pas le ministre de la
privatisation des gares ! »), nous fait toucher du
doigt le fonctionnement d’une oligarchie coupée du monde des gens ordinaires (très belle
scène de dialogue de sourds entre le ministre
qui se veut humain et la jeune infirmière jouée
par la poignante Anne Azoulay). On y assiste
aussi à la fin d’un monde, celui des serviteurs
de l’État (magistralement interprété par
Michel Blanc2 ; désormais, on jongle du public
au privé, pour son unique profit professionnel
et personnel sans le moindre état d’âme.
Au-delà de l’amertume, que reste-t-il après
tant de couleuvres à avaler et à faire avaler aux
citoyens ? Peut-être encore une fois la fascinante scène inaugurale (déglutition plutôt que
dévoration) et cet obscur objet d’un désir
totalement narcissique : le pouvoir.
DP
1 La question aurait pu être formulée sous la forme
d’un : Qu’est-ce qui fait courir nos gouvernants ? mais la
vulgarité générale des propos tenus dans les ministères incite à utiliser ce registre de langue.
2 Formidable scène quand il se fait cuire un œuf en
écoutant la voix d’André Malraux accueillant la
dépouille de Jean Moulin au Panthéon.
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courts lettrages : L’EXERCICE DE L’ÉTAT
Film construit à partir d’un cauchemar : dans ce que l’on imagine comme un palais présidentiel, une femme nue
est conduite et se livre, aux mâchoires d’un
crocodile, puis s’insère en rampant dans son
abdomen. Tout est dit, de la course au pouvoir et de l’abandon de l’anima, de la part
sensible, d’un homme, ministre des transports, doux euphémisme. Broyé par l’État,
il abandonne tout idéal et, en définitive,
n’exerce rien. C’est l’État qui a le pouvoir,
mais lequel ? Quand il n’y a plus rien de politique, seulement quelques sursauts de résistance devant le tout-économique (privatiser ou non les gares… voies de garage ?)
Film noir, superbement mené dans une
ambiance picturale évoquant les vitraux de
Soulages, sur des musiques qui accentuent
encore un parti-pris de dramatisation…
pré-électoral ! CP
On connaissait les mobiles de nos politiques, partagés entre démagogie et
populisme. Ce film ne nous apprend donc
rien. Il est même trop gentil avec nos
élites. Les héritiers ont encore de beaux
jours devant eux. EC
20
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Ils sont étonnants Gourmet et Blanc,
couple puissant dont la vie se déroule
en accéléré, dans l’urgence, sous tension
permanente, avec violence, l’un lancé dans
une course effrénée, l’autre lent,
calme, posé. Mais, enfin, pourquoi les
hommes ont-ils tant soif de pouvoir ? MS
Intense serait l’un des qualificatifs dont
il faudrait abuser à l’endroit de cet
Exercice de l’État. On en sort effaré, interdit
et à la fois presque confirmé dans nos représentations de ce monde-là ! Un « film
intelligent, neuf, provocant », écrit si justement
Thomas Sotinel (Le Monde). Avec, entre
autres, le brio des acteurs O. Gourmet, M.
Blanc et S. Deblé (le chauffeur silencieux)
et trois longs-métrages, le scénariste et réalisateur Pierre Schoeller s’impose et se révèle comme un très grand cinéaste. Brillantissime ! RS
Le survivant de la fin du monde ? Ah
non, pardon, nous ne sommes pas
dans un film de science fiction ; pourtant la
magnifique scène de l’accident pourrait
presque le laisser croire. Rien que pour ce
beau moment très surprenant, bravo. JF
Qui l’eût cru ? George Clooney, Olivier Gourmet même combat ! Mais
pas les mêmes armes : efficacité à l’américaine pour Les Marches du pouvoir, humanité
et sensibilité dans L’exercice de l’État. Et, à
la fin, la même question : quel prix est-on
prêt à payer pour accéder au pouvoir ?
Désespérant… Mais l’occasion d’assister
aux prestations exemplaires de deux toujours grands comédiens ! IG
Le film est scandé par deux sorties de
route tragiques. La première, avec le
car d’adolescents et ses nombreuses victimes innocentes. La seconde : avec l’acci-
dent sur l’autoroute et la mort horrible du
chauffeur du ministre.
Toute une image et tout un programme :
comme la sortie de route du ministre, qui
renonce à ses convictions pour rallier le
réalisme politique. L’abandon des idées, les
compromissions pour garder une place de
ministre. L’horreur ? Sans doute.
L’exercice de l’etat est une fable remarquablement construite, désabusée, sur les
illusions du pouvoir. Une fable qui frise le
tragique. Belle réussite. CdP
Un ministre des transports, ça passe son temps dans une berline qui file
à toute vitesse en bravant les interdictions
quitte à exploser en plein vol et à laisser des
lambeaux humains sur l’autoroute. Fallaitil cette scène glaçante et impitoyable pour
appuyer le propos du film ? SB
Oui ! ER
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interférences : LES maRCHES DU POUVOiR-LES NEiGES DU KiLimaNDJaRO
mêmes qualificatifs et qui en quelques films
(dont l’inoubliable drive) est déjà devenu
essentiel. De plus, comme son réalisateur
(révélé dans la série Urgences), Ryan Gosling vient lui aussi de la télévision (il fut,
enfant, acteur de séries Disney).
En regardant l’affiche des Marches du pouvoir, ou plutôt de the ides of march (le titre
français est beaucoup moins explicite) on
peut comprendre ce qui se joue dans le
film. Par le titre, tout d’abord, qui renvoie
à l’histoire de Jules César trahi par son fils
adoptif. C’est exactement le scénario du
film, comment Stephen Meyers (Ryan Gosling), finit par trahir son employeur et mentor, le gouverneur Mike Morris (George
Clooney), en qui il voyait un modèle d’intégrité. L’image, ensuite, qui dit la même
chose mais de façon moins évidente. Dans
la main de Stephen Meyers, un exemplaire
du time magazine plié en deux avec en couverture et en gros plan, le visage du gou-
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verneur. Il tient la revue de façon à faire
correspondre la tête de Mike Morris avec
la sienne, la moitié droite de son visage
concordant exactement avec la moitié
gauche de celui du gouverneur. On comprend que le film se déroule dans le milieu
de la politique, sur la couverture du magazine on peut lire « Cet homme sera-t-il le prochain président ? », mais cet être hybride fait
de deux visages qui finissent par se ressembler de façon troublante et cette référence à l’histoire de Jules César aiguisent la
réflexion.
Et si l’affiche nous disait d’aller voir un peu
plus loin ? Les Marches du pouvoir est peutêtre plus complexe qu’il ne le semble, et
parle peut-être aussi d’autre chose que des
dessous d’une campagne électorale. On
peut y voir se jouer quelque chose de plus
secret qui va se révéler assez touchant. Ce
qui s’y effectue ressemble à une passation
de pouvoir, un passage de relais. George
Clooney, acteur et ici réalisateur (ce qui
n’est pas anodin, c’est lui qui tient les rênes)
orchestre une acceptation de l’âge, transmet le flambeau, comme s’il préférait
prendre les devants plutôt que de trouver
sa place prise sans s’y être préparé. Pour
l’aider, il s’entoure d’un chœur d’orfèvres
(les grands Philip Seymour Hoffman, Paul
Giamatti, Jeffrey Wright) afin de mettre
encore plus en valeur celui qu’il a décidé
d’adouber. L’acteur, souvent qualifié de
« cool » ou de « sexy » passe le témoin à
celui qui peut désormais endosser les
Pleinement conscient de son statut, George
Clooney accepte de ne plus être seulement
un bel acteur charmeur et drôle, ce qu’il
avait pourtant déjà montré dans syriana,
the american ou Michael Clayton, entre
autres. Et il intègre ce projet au film qu’il
réalise en se masquant derrière une histoire qui parle de politique, ce qui est une
autre touche personnelle, et ironique, pour
l’acteur engagé qu’il est aussi. Ainsi il clôture, peut-être, une période de sa carrière,
une époque. Est-ce une façon de prendre
du recul sur lui-même, de savoir se regarder lucidement, d’exorciser la jeunesse qui
s’en va ? Toujours est-il que ce mouvement
confère aux Marches du pouvoir une émotion, une profondeur qui lui auraient sans
doute manqué. Mais il marque surtout la
classe indéfectible de ce grand acteur toujours impeccable. George est mort, vive
George.
Quelque chose de l’ordre de la transmission se joue aussi dans Les Neiges du kilimandjaro, le nouveau film de Robert Guédiguian. On peut voir dans l’affiche du film
une image un peu semblable, dans l’idée du
moins. Deux fidèles (Ariane Ascaride et
Jean-Pierre Darroussin) sont entourés,
presque cernés, par des acteurs beaucoup
plus jeunes. Parmi ceux-ci, même s’ils ne
sont pas tous sur l’affiche, certains (Grégoire Leprince-Ringuet, Adrien Jolivet et
Robinson Stévenin), jouaient déjà dans L’armée du crime le précédent film de Robert
Guédiguian. C’est sans doute la première
fois qu’en dehors des « habitués » on
retrouve les mêmes jeunes acteurs dans
deux films consécutifs de son auteur. Eux
aussi donnent le sentiment d’avoir été
adoubés (et on peut leur adjoindre Anaïs
Demoustier, tellement à l’aise qu’on a l’impression de l’avoir déjà vue chez le réalisateur). Les anciens ouvrent leur groupe et
passent le flambeau (même s’ils n’ont pas,
heureusement, abandonné) à de plus jeunes
qu’eux. C’est touchant et c’est sûrement
aussi une façon pour le cinéaste d’amener
du sang neuf, de confronter son savoir faire
à d’autres pratiques, d’autres façons de
vivre. Que le titre du film soit celui d’une
chanson inconnue des moins de vingt-cinq
ans et qu’elle personnifie le couple principal ajoute de la nostalgie à l’univers de Guédiguian et fait monter les larmes aux yeux.
Mais Les Neiges du Kilimandjaro est pourtant
tout sauf un abandon, un renoncement, il
ne faut pas compter sur lui pour baisser les
bras. Tant mieux. Robert vit, vive
JF
Robert.
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interférences : tHe artist - POULet aUX PrUnes
Né d’une découverte scientifique, le
cinéma est le seul art qui n’ait pas eu à se
détacher du sacré et d’une tradition historique, avec ses écoles et ses styles, expliquent Gilles Lipovetsky et Jean Serroy dans
L’écran global1 : « Il s’invente de lui-même,
sans antécédent, sans référence, sans passé,
sans généalogie, sans modèle, sans rupture ni
opposition. Il est naturellement, naïvement
moderne. Il l’est d’autant plus qu’il est issu
d’une technique sans visée artistique particulière. Les frères Lumière, quand ils le mettent
au point, sont des industriels, non des artistes,
et ce qu’ils filment d’emblée le traduit : une
sortie d’usine. C’est la technique qui invente
l’art, non l’art qui crée la technique. » Tout
au long du 20e siècle qui fut celui du grand
écran, de nombreuses révolutions techniques ont bouleversé ce septième art :
l’invention du parlant, le passage du noir et
blanc à la couleur, l’avènement de l’écran
large, les ruptures stylistiques des années
1940 (le néoréalisme), et 1960 (les nouvelles vagues), le développement des
hautes technologies…
À travers l’histoire de George Valentin,
Michel Hazavanicius s’attache à faire
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revivre l’un des moments charnières de
cette histoire : l’apparition du cinéma parlant. Dans un audacieux pari financier et
artistique (un long métrage muet et noir
et blanc destiné au grand public, contrairement à un film plus expérimental comme
Juha de Aki Kaurismaki), il fait revivre les
studios hollywoodiens des années 20. À
l’inverse de ses OSS, ouvertement et allègrement parodiques, the artist n’est pas
une caricature. Pas de grimace, pas de trait
forcé, il s’agit d’une re-création, délicate,
sensible, d’un monde en train de disparaître : une véritable déclaration d’amour
cinéphilique au grand cinéma hollywoodien. D’ailleurs, si le film est une comédie
(et l’on y rit), portée par des comédiens
enthousiastes, c’est aussi un vrai mélodrame qui en respecte les codes. L’une des
scènes les plus réussies est celle du cauchemar où le héros se retrouve brutalement plongé dans un monde sonore pour
lui ahurissant, entouré de bruits qui le violentent alors qu’il reste définitivement sans
voix… Alors que le cinéma mondial subit
de plein fouet la révolution numérique, ce
grand spectacle, finalement osé, ne peut
pas ne pas être lu comme une interroga-
tion sur « la notion de modernité, les nouveaux mondes qu’elle ouvre, mais aussi tous
ceux qu’elle ferme à jamais. »2 L’apparition
dans les années 80, des hautes technologies et du numérique a et continue à bouleverser le cinéma de fond en comble, tant
au niveau de la création (caméra DV, steadycam, images de synthèses, montage
numérique…) qu’au niveau de la diffusion
(équipement numérique des salles, 3D,
DVD…) et de la consommation (VOD,
téléchargement, téléphones mobiles…). Et
la panique de George Valentin, conscient
de son obsolescence, peut se lire comme
celle d’un monde qui s’achève (on entend
parfois parler de mort annoncée du
cinéma).
Symptomatiquement, la même nostalgie
imprègne le second long-métrage de Marjane Satrapi et Vincent Parronnaud intitulé
Poulet aux prunes. Après le succès de Persépolis3, personne ne pouvait s’attendre à
ce qu’ils s’engagent dans une adaptation
avec des acteurs dans ce qu’ils voulaient
être : « Un cri d’amour au cinéma old
school », évoquant Murnau, Hitchcock,
Minnelli, et une volonté de créer : « un
écrin glamour » à leurs personnages. Mélangeant les genres et les tons (comédie,
drame, fantastique) et les techniques
(prises réelles, animations, marionnettes),
dans un patchwork fantaisiste, ils cherchent à retrouver, eux aussi, l’esthétique
des grands mélos hollywoodiens en utili-
sant le cinémascope et la technicolor (et
une déchirante histoire d’amour impossible entre la belle Golshifteh Faharani et
Mathieu Amalric). Au-delà de l’hommage
cinéphilique, il recrée en studio un monde
disparu : le Téhéran des années 50. Une
ville où était à l’affiche la sensuelle Sophia
Loren dans La Fille du fleuve de Mario Soldati, un monde où les femmes étaient en
cheveux ; quelle contraste avec ce que l’on
voit de l’Iran d’aujourd’hui dans les films
de Kiarostami, Panahi, Makhmalbaf, Ghobadi, Farahadi… peuplés de fantômes féminins vêtus de noir.
Nostalgie d’un monde enfui, d’un âge d’or
à jamais disparu ! the artist nous invite à
ne pas y céder totalement puisqu’il finit par
un épilogue dansé assez entrainant, une
invitation : il faut accepter le changement
pour continuer de plus belle. D’ailleurs les
chiffres sont là : le cinéma que l’on dit
dépassé par d’autres pratiques culturelles
n’a jamais autant produit de films : en 1976,
Hollywood réalisait seulement 138 longmétrages alors qu’en 2005, il en tournait
699. En France, entre 1996 et 2005, le
nombre de films distribués a augmenté de
38 % et les studios lancent deux fois plus
DP
de films que dix ans auparavant !4
1 Le
Seuil – 2007 (p 34)
3222
3 Prix du Jury à Cannes en 2007
4 L’Écran global (p 13)
2 télérama
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bibliothèque
3es Rencontres Bibliothèque
À
18 heures, en première partie, Bernard
Pico avait prévu une lecture de textes,
en relation bien sûr avec Shakespeare et le
théâtre, mais aussi avec le cinéma. Avec
bonne humeur et humour, il nous rappelle
les débuts de Shakespeare au théâtre du
Globe à Londres. Il souligne que le Globe, c’est
le monde, et qu’il y a là un lien évident avec
le mot célèbre de Shakespeare : « Le monde
entier est un théâtre » (Comme il vous plaira).
Un des textes lus par Bernard Pico nous fait
faire un détour où il est question des
théâtres londoniens, érigés dans la cour d’auberges célèbres à leur époque, et qui permet
de comprendre pourquoi le théâtre élisabéthain est vraiment un théâtre ouvert sur le
monde : il était fréquenté (très fréquenté)
par toutes les classes de la société, des plus
pauvres au plus aristocratiques, entassées
ensemble (entassées : c’est le mot vu la forte
promiscuité liée à l’espace et au nombre
élevé de spectateurs).
Si Bernard Pico insiste, dans sa séance de lecture, sur le théâtre du Globe, c’est parce que
la pièce qui fut jouée pour l’inauguration du
lieu fut justement le Jules César de Shakespeare.
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Suit la lecture de deux textes de Peter
Brook, tiré l’un de L’espace vide (1977) et
l’autre de avec shakespeare (1999). Peter
Brook, c’est un des grands metteurs en
scène de Shakespeare, mais c’est aussi un
cinéaste qui a réalisé Le roi Lear et Hamlet
d’après ses propres mises en scènes. Dans
les deux textes que nous lit Bernard Pico,
Peter Brook insiste sur le rôle de l’imagination (celle du spectateur) au théâtre, et pose
pour principe qu’un décor simple, voire vide,
est ce qui convient pour laisser libre cours à
celle-ci.
Au cinéma, il constate que Godard est celui
qui est pour lui le plus proche du théâtre shakespearien, construisant un langage paradoxal fait de ruptures et de continuités narratives, tant dans l’image que dans le son.
Pour finir, Bernard Pico nous lit un extrait
d’un texte d’Orson Welles, où celui-ci
évoque sa passion du théâtre : on sait que ce
dernier fut un grand réalisateur des pièces
de Shakespeare au cinéma, et que Citizen
Kane est profondément influencé par les
thèmes privilégiés du dramaturge.
Cette première partie de soirée nous fait
ainsi naviguer du théâtre élisabéthain au
Bernard Picot aux studio © Nicole Joulin
Vendredi soir 18 novembre, la Bibliothèque organisait ses
troisièmes rencontres. Le thème choisi était : Shakespeare,
entre théâtre et cinéma. Bernard Pico, dramaturge au
CDRT, était l’invité de la soirée, divisée comme à l’habitude
en deux parties.
cinéma, sur une barque prodigieuse nommée
Shakespeare. Un plaisir.
La deuxième partie proposait un film de
Mankiewicz, Jules César, d’après la pièce de
Shakespeare : les dialogues sont fidèles à
l’œuvre d’origine, seules quelques répliques
ont été supprimées. Bernard Pico, qui fait
une courte introduction au film, rappelle que
Mankiewicz, homme de
culture, est au cinéma un
réalisateur connu pour
son art des dialogues. Sa
rencontre avec le théâtre
était inévitable, notamment avec Shakespeare.
Elle se fait un peu par
hasard : Mankiewicz en
1951 décide de quitter
Hollywood et le cinéma,
pour la côte Est et le
théâtre. Mais un producteur lui propose d’adapter
Jules César au cinéma : il ne quittera
qu’Hollywood, et réalise son Jules
César. Bien sûr, c’est une pièce sur la
chute d’un dictateur : on sort tout
juste de la deuxième guerre mondiale
et de la chute d’Hitler, de Mussolini…
Mais c’est surtout une pièce sur le
rapport de la parole au monde et à
l’histoire, et sur le rapport de celle-ci
également avec la vérité et le mensonge. On se rappelle le discours central de Marc Antoine, où il retourne
le peuple romain contre les assassins
de César par un discours exemplaire,
joué dans le film par un Marlon
Brando très inspiré.
Le monde est un théâtre, en effet :
cette scène magnifique et grandiose
souligne combien tout y est affaire de
manipulation, de mise en scène,
comme au théâtre. Ou au cinéma,
peut-être.
Cette troisième rencontre est ainsi un
beau moment de méditation sur les rapports
du monde avec le théâtre et le cinéma : la
parole qui a cours dans ces deux domaines
artistiques ne se contente pas de nous livrer
un miroir du monde. Elle nous le présente
refait, recréé, après un gros travail tout à la
fois de manipulation et de mise à nu. L’essence même de l’art.
CdP
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Mélanie Laurent aux studio © Nicole Joulin
rencontre avec : mÉLaNiE LaURENT
Rencontre avec
Mélanie Laurent
Ce mercredi 2 novembre, les spectateurs
s’étaient déplacés en nombre pour assister à l’avant première du 1er longmétrage de Mélanie Laurent : Les Adoptés, une longue file d’attente qui a rempli
les salles 3 et 7 des Studio. Touche à tout
talentueuse (À 28 ans, elle a déjà une
filmographie enviable… et vient de sortir
son 1er CD), Mélanie Laurent semblait
particulièrement contente de rencontrer
son public.
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D’où vient l’histoire
des Adoptés ?
« Je ne voulais pas faire
un film personnel, ne
pas me raconter.
J’avais écrit une pièce
de théâtre très jeune
et quand j’en ai fait une
lecture, je me suis sentie très mal à l’aise…
Comme je suis très
proche de mon grandpère, de mon père, de
mon frère, j’ai voulu
faire un film sur des
femmes. Je tenais à ce
qu’il y ait trois personnages. et je voulais
parler d’amour, voir
comment ces femmes
réagissaient confrontées à un homme.
Marie est un personnage solaire, le pilier de
la famille. après son
accident, je voulais voir
comment se réorganisait la vie autour de son absence, autour de
quelqu’un qui dort. Puis je me suis fait avoir
par mes personnages : j’ai compris qu’il fallait
qu’elle parte… sinon le parcours de chaque
personnage ne pourrait pas se faire. »
et la musique, très forte, très
importante ?
« C’est le fil du film. Chaque personnage est
un instrument de musique : Marie : un violon,
Lisa : une guitare, alex: un piano… C’est une
telle chance de faire un premier film que j’ai
voulu utiliser tout ce que le cinéma pouvait
m’apporter. Le son, l’image. avec la caméra,
nous avons beaucoup travaillé sur la profondeur de champ, les décadrages, assumant le
flou tout autour. avec mon chef op – un vrai
malade ! – nous avons beaucoup travaillé sur
le ressenti : j’avais des envies de peintures, de
matières, de lumières, de couleurs… après
avoir joué pour audiard, Klapisch, tarantino,
Lioret, je me demandais si j’allais être capable
d’avoir un œil à moi. »
est-ce très différent de jouer et
de réaliser un film ?
« Pour moi, ce n’est pas très différent. On m’a
proposé mon premier film à 14 ans puis j’ai
passé un bac option cinéma où j’ai fait des tas
d’essais. C’est chez moi une envie très profonde. Ce film a été comme une naissance ou
une renaissance, une véritable révélation. Je
ne me suis jamais sentie autant à ma place :
on me posait 80 questions à la fois et j’avais
80 réponses. »
Être actrice et réalisatrice, n’estce pas trop difficile ?
« Ça a été la galère la première semaine où
je n’avais pas envie de jouer, d’être arrachée
au plateau. Puis, avec de l’organisation, en
déléguant, j’ai adoré ça, même si c’est beaucoup plus fatiguant. dans un sens, c’était facile
de rentrer dans la peau du personnage car
je connaissais Lisa depuis 4 ans ; c’est le personnage que j’ai le plus travaillé. J’ai pris un
grand plaisir à digérer les acteurs (elle se
reprend), à les diriger… à les digérer aussi. »
gagnerait énormément de temps. Le premier
jour, on a fait le jeu du chapeau : chacun tire
un métier qui n’est pas celui dont il a l’habitude et on doit tourner un plan… Ça met une
vraie solidarité dans l’équipe. »
Combien a duré le tournage ?
« sept semaines. Le financement a été très
difficile. J’ai longtemps cru que le film ne se
ferait pas. Quand on travaille avec peu d’argent et peu de temps, il faut être créatif.
J’adore travailler vite. »
Ça n’a pas été trop difficile la fin
du tournage ?
« On s’est dit au revoir 2 000 fois. après avoir
fait une fête dans un chalet, on s’est tous
retrouvés dans le tGV le lendemain, on a fait
la fête dans le train transformé en boîte de
nuit… se faire larguer par quelqu’un qu’on
aime, c’est toujours dur, mais se faire larguer
par 80 personnes à la fois ! Je me suis retrouvée seule chez moi, c’était l’enfer : je ne me
suis jamais sentie aussi inutile. Heureusement,
quand on est réalisateur, il y a le montage,
puis l’affiche, puis les déplacements en province : je n’ai toujours pas lâché mon bébé ! »
Belle rencontre avec une jeune femme
radieuse et sympathique que nous aurons
plaisir à revoir à l’avenir devant et derrière
la caméra (son deuxième film est déjà
écrit).
DP
Comment les avez-vous dirigés ?
« La première chose, c’est de choisir les bons,
ensuite, il n’y a pas grand-chose à faire, il suffit de les rassurer. Quand on est acteur, on
sait se parler. Je savais ce qu’ils avaient dans
la tête car on a le même langage. avant un
tournage, on devrait échanger les rôles, on
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rencontre avec : Djinn Carrénard
Djinn Carrénard aux studio © Nicole Joulin
de soutenir la sortie de
donoma, le réalisateur et les
comédiens parcourent la
France en bus…
« J’ai d’abord commencé par
des clips et c’est à tours que
j’ai eu mon premier contrat
payé »… Un fan du film,
– qui a été fortement présent dans et soutenu par les
réseaux sociaux – constate
un changement depuis sa
présentation à Vendôme en
2010. « Oui, là c’est la quatrième version. À Cannes,
c’était la troisième. C’est là
que j’ai mis le personnage de
la psychologue tourné il y a à
peine deux mois et j’ai
déplacé aussi pas mal de
Rencontre avec
choses ». donoma signifie : le
Djinn Carrénard
jour est là, en langage sioux »
nous explique Djinn Carréet l’équipe de Donoma
nard. Toute une symbolique dans ce film mêlant
Mercredi 16 novembre, les Studio
trois histoires d’amour. « Quand le jour se
accueillaient Djinn Carrénard lors de
lève, il y a une prise de conscience chez la
la présentation en avant-première de
prof’ […] ».
son film, Donoma. Le jeune réalisateur
Un spectateur remarque la constance des
était accompagné de tous ses coméquestionnements sur le couple où les
diens, ce qui donna le ton de la
femmes ont un rôle moteur. « J’ai grandi
dans un matriarcat le plus total et ça m’insoirée : enthousiaste et dynamique !
fluence fort ».
éalisé en 2009 avec un budget limité à Le public ne tarit ni d’éloges ni de ques150 euros et tourné en caméra légère tions sur le film. Comment le réalisateur
HD, le film de Djinn Carrénard avait été a-t-il été inspiré par le sujet ? « L’envie de
sélectionné au Festival de Cannes 2010 parler d’amour et de communication. Les rappour participer à la Sélection ACID. Afin ports de couple, ça me fascine beaucoup. Il y
a trois manières d’aimer dans le film […] Le
couple, c’est le sujet de prédilection de presque
tout ce que j’écris ». Concernant le choix de
ses comédiens, Djinn Carrénard a visité
« les cours de comédie pour les voir dans leurs
milieux de vie […] Ils participaient à mes films
et en échange ils pouvaient avoir des vidéos.
On va au-delà du casting : on se choisit. Je vais
vers eux et après il y a un choix mutuel qui se
fait ».
Le réalisateur pensait que « le second projet se ferait naturellement », donoma ayant
reçu de nombreuses réactions unanimes
de soutien. « en fait c’est beaucoup plus compliqué, beaucoup de gens considèrent le film
comme une fulgurance et pensent que maintenant je vais rentrer dans le rang… il faut
vraiment que le film soit vraiment vu ». Il souhaite profiter « de cette tournée, de cette
énergie, je me donne le temps. Mon travail n’a
pas besoin d’être plus formaté, il se voit
comme ça ». Le film avait déjà été vu par
plusieurs spectateurs. D’autres souhaitant
le revoir saluent le montage. Le réalisateur
ne regarde jamais les rushs. « J’avais calé la
date de projection du film et j’avais trois
semaines pour en faire le montage. Pourquoi
me faire une telle violence ? Je montais, je
m’endormais… je rentrais dans une sorte de
transe […] J’attends autant d’inspiration
qu’aux niveaux de l’écriture, de la réalisation
et du montage. Je suis vraiment désolé de ne
pas donner plus de clefs sur le montage mais
c’est très spécial, c’est le plus obscur et c’est
ce que j’affectionne le plus ».
Les comédiens, eux, se sont exprimés sur
la dimension libératrice du travail d’improvisation, leur confiance dans le réalisateur, de l’expérience fondamentale du jeu
comme de l’aventure personnelle et de
l’énergie très positive qui en a résulté.
Comme dans toutes les villes où le film a
été projeté en avant-première, les
échanges ont été traduits simultanément
en langue des signes française (LSF) et
codés « afin que le débat soit accessible aux
personnes sourdes et malentendantes ».
Excellente initiative ! Djinn Carrénard, réalisateur charismatique, a remercié les deux
professionnelles.
Dans un esprit joyeux, la soirée s’est prolongée dans le hall des studio autour du
réalisateur, de la guitariste, auteure de la
chanson du générique de donoma et des
comédiens, à la bonne humeur très communicative.
RS
R
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rencontre avec nicolas philibert
Vos critiques
Rencontre avec
Nicolas Philibert
Nicolas Philibert est venu rencontrer des enfants ce
mercredi 16 novembre aux Studio à l’occasion de la
reprogrammation d’Un animal, des animaux. Surprise :
le jeune public n’a pas la langue dans sa poche et ose
poser les questions les plus inattendues.
S
ur l’histoire : même si le film ne ressemble pas aux dessins animés que les
enfants ont l’habitude de voir, il s’agit bien
d’une histoire avec un début, un milieu et
une fin, tournée pendant la rénovation de
la grande galerie du Muséum du Jardin des
Plantes. L’occasion pour le réalisateur de
nous montrer toute l’équipe : gens du
musée, ouvriers, taxidermistes, scientifiques… et une collection très précieuse
qu’il fallait sauvegarder.
Sur les animaux, leur manière de bouger,
les regards des singes, leur côté rigolo (pendant la projection les enfants réagissaient
comme s’ils étaient en présence d’êtres
vivants) : « J’ai aimé faire ces portraits,
leur donner un semblant de vie. Il n’y a
pas d’effets spéciaux
dans le film, juste un
endroit un peu spécial
fait pour montrer la
diversité qui rassemble
depuis deux ou trois
cents ans des espèces
variées ».
Sur la séquence du dépeçage du phoque, qualifiée
de répugnante par une jeune spectatrice :
« Je n’ai pas de difficulté à filmer ça car
quand on regarde à travers une caméra
on se sent protégé ». Nicolas Philibert
explique ensuite qu’on ne tue plus pour
empailler, que si les animaux paraissent
vivants c’est qu’il filme leurs déplacements
(sur camions, palettes…) et qu’il accorde
une grande importance à leurs regards.
Sur le métier de réalisateur : « Un métier
difficile qui exige beaucoup de ténacité
et d’obstination ».
Avant de nous quitter, Nicolas Philibert
donne même des conseils à une jeune
future réalisatrice sur la manière de procéder pour commencer à faire du
cinéma…
SB
POLisse
de Maïwenn
[…] ce film est formidable et le chemin qu’il nous fait parcourir est immense. On sort de la salle avec une satisfaction complète d’avoir assouvi un besoin
d’évasion, d’émotions… Vive ce genre de
cinéma ! […] CD
Ni un docu, ni un film (manque de
scénario) dommage, une histoire de
bisounours avec de gentils flics qui ont la larme à l’œil, mais où sont les méchants ? Ah
pardon il n’y a pas de méchants dans la police ! J’attendais plus réaliste. JS
Moi ce qui me plait dans ce film, c’est
qu’au delà des acteurs phénoménaux, de la mise en scène tellement hallucinante, elle retranscrit quelque chose de
vrai, c’est que Maïwenn montre bien que
l’abus des enfants, il y en a dans tous les milieux sociaux. […] PL
Une chose me tourmente. Il me
semble que le film aurait tout aussi
bien marché sans le personnage de la
photographe et sans histoire d’amour cliché*** entre la fausse-moche-coincée et le
vilain garçon au cœur tendre. […] Il est difficile d’émettre un avis catégorique. À
voir ? Oui, sans doute… À ne pas rater ?
N’exagérons pas… MW
Maïwenn ou le talent incarné qui […]
nous plonge au cœur de la Brigade de
Protection des mineurs et nous sommes
embarqués immédiatement, dès le générique car elle ne nous laisse pas une minute de répit. C’est une réalisation rythmée
qui bouscule et qui fait penser au film de Valérie Donzelli, La Guerre est déclarée. […]
je pense que ce type de cinéma coup de
poing mérite tous les encouragements. Le
prochain César du meilleur film ? Courezy ! Chris de Touraine
Les acteurs : brillantissimes […] Le
scénario : très juste dans le sujet traité […].
POULet aUX PrUnes
de Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud
Le film commence comme un récit
absurde et se finit sur une note tragique. En voilà un joli conte qui sait nous
surprendre ! Le mélange d’animation avec
des acteurs en prise de vue réelle est original.
Film dit du nouveau cinéma issu de la
veine allemande lointainement Brechtienne et Fassbindérienne. Intéressant d’un
point de vue formel mais qui peut laisser le
spectateur bien à distance. […] Jeux Olympiques
CUrLinG
de Denis Côté
Film étrange. On ne sait pas trop où
le scénario veut nous emmener, des
individus perdus réagissant à des événements tragiques sans vraiment réaliser la
gravité de la situation. Un monde à part qui
ne m’a pas réellement embarqué.
À vouloir suggérer pour n’en rien dire, susciter l’interrogation pour ne pas aboutir,
voilà un film, par ailleurs bien tourné pour
ce qui est de la forme, qui laisse le spectateur sur sa faim… on a un peu l’impression que ce film est inachevé… C’était
peut-être le but ? … EB
Rubrique réalisée par RS
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Les CARNETS du STUDIO
n°297
–
janvier 2012
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