Télécharger l`article - Revue suisse de viticulture arboriculture

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Le Guide Viti d’Agroscope
PRODUITS PHYTOSANITAIRES: RISQUES ET PRÉCAUTIONS
En viticulture, l’utilisation des produits phytosanitaires est indispensable. Pour les producteurs, les enjeux de l’application sont
complexes et nécessitent la maîtrise de toute la démarche, du choix du produit à son application, en tenant compte des risques
potentiels pour la santé humaine et l’environnement. L’origine des pollutions liées aux produits phytosanitaires a fait l’objet d’une
enquête réalisée par le CORPEN (Comité d’orientation pour la réduction de la pollution des eaux par les nitrates) et l’Agence de
l’eau Seine-Normandie sur près de dix ans, révélant que plus de 75% des contaminations proviennent de manipulations AVANT
(60,7%) et APRÈS le traitement (16,6%) et que seulement 6% des contaminations accidentelles diffuses surviennent durant les
traitements. Quatre types d’effluents sont à l’origine de ces pollutions: les retours de bouillie non utilisée, les fonds de cuve, l’eau
de rinçage des circuits de pulvérisation et des cuves, ainsi que l’eau de nettoyage des parties extérieures. Ces pollutions accidentelles ponctuelles ou chroniques sont intolérables et doivent à long terme être totalement évitées.
PRODUITS AUTORISÉS ET PRÉCAUTIONS
■ Seuls les produits officiellement homologués peuvent être appliqués. Les Offices fédéraux de l’agriculture (OFAG), de la
santé publique (OFSP), de l’environnement (OFEV) et le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) octroient les autorisations par l’attribution d’un numéro de contrôle W... et BAG...
figurant sur les emballages. La liste de tous les produits autorisés (indications, dosages, etc.), la liste des produits importables et la liste des délais d’écoulement des stocks et d’utilisation sont consultables à l’adresse www.blw.admin.ch >
Thèmes > Moyens de production > Produits phytosanitaires.
■ Les produits de protection des plantes (et les autres produits
chimiques) actuellement dans le commerce doivent être identi-
T+
T
Xn
fiés avec les symboles de danger européens (voir ci-dessous)
et accompagnés d’indications de dangers (Phrases-R) et de sécurité (Phrases-S; voir www.cheminfo.ch/index_fr.php). Des
prescriptions pour l’usage et l’élimination sont établies et la
responsabilité de l’usager est primordiale.
*
Produits chimiques cancérigènes, mutagènes et tératogènes des catégories 1 et 2 (prouvé chez l’homme, resp. indices suffisants) sont également identifiés par un T.
** Produits chimiques cancérigènes, mutagènes et tératogènes de la catégorie 3 (cause de préoccupation; informations insuffisantes) sont également caractérisés par un Xn.
*** Cette catégorie comprend également les produits provoquant une sensibilisation (allergie).
C
N
Xi
Très toxiques
Toxiques*
Nocifs**
Caustiques
Irritants***
Produits chimiques qui, même utilisés en très petite quantité, peuvent
avoir des effets extrêmement graves
sur la santé ou être mortels.
Exemples:
arsenic, acide cyanhydrique
Produits chimiques qui, utilisés en
petite quantité, peuvent avoir des
effets graves sur la santé ou être
mortels.
Exemples:
gaz d’ammoniac, benzène
Produits chimiques pouvant avoir
des effets dangereux sur la santé ou
être mortels à des doses plus
élevées.
Exemple:
iode
Produits chimiques pouvant
entraîner des lésions très graves
de la peau, des yeux
et des muqueuses.
Exemple:
soude caustique
Produits chimiques provoquant un
érythème ou une inflammation en
cas de contact avec la peau, les yeux
et les muqueuses.
Exemples:
carbonate de sodium, eau de javel
Dangereux pour
l’environnement
Produits chimiques qui représentent
un danger pour l’environnement.
NOUVEL
ÉTIQUETAGE
SGH
Pour harmoniser à
l’échelle internationale le classement
et l’étiquetage des
Attention dangereux
Très toxique
Corrosif
produits chimiques, Peut
Même en petites quantités, peut
Peut provoquer de graves brûlures
causer des irritations cutanées,
en cas de contact avec la peau
provoquer de graves intoxications
l’ONU a élaboré le des allergies, des eczémas ou une
ou les yeux. Susceptible
ou entraîner la mort.
somnolence. Intoxication possible
d’endommager certains matériaux
Manipuler avec la plus grande
système d’étiquetadès le premier contact avec le
(p.ex. textiles). Nocif pour les
prudence. Porter des protections
produit. Peut endommager
ge harmonisé SGH
animaux, les plantes et les
telles que gants et masque lors
la couche d’ozone.
matériaux organiques de toute
de l’utilisation. Eviter toute mise en
Eviter le contact avec la peau.
(Système général
sorte.
Toujours porter des gants et
danger
d’autrui.
Refermer
N’utiliser que la quantité
des lunettes de protection pour
soigneusement après usage.
harmonisé). Depuis absolument nécessaire. Refermer
utiliser le produit. Refermer
soigneusement après usage.
soigneusement après usage.
le 1.12.2012, toutes
les nouvelles homologations de produits phytosanitaires comportent une étiquette
SGH. Les produits déjà sur le marché étiquetés avec les anciens symboles de risques
ont un délai de vente jusqu’au 31.5.2018 et un délai d’utilisation jusqu’au 31.10.2020.
De nouveaux symboles de risques sont utilisés et les phrases R (risques) et S (sécurité)
sont remplacées par des phrases H (hazard) et P (precaution).
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Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 45 (1): 32–35, 2013
Dangereux pour la
santé
Dangereux pour le
milieu aquatique
Peut endommager certains organes.
Susceptible de porter gravement
atteinte à la santé, immédiatement
ou à long terme, de provoquer un
cancer, d’endommager le
patrimoine génétique ou d’affecter
la fertilité ou le développement. Peut
être mortel en cas de pénétration
dans les voies respiratoires.
Ne jamais ingérer, éviter tout
contact inutile, penser aux effets
nocifs à long terme. Refermer
soigneusement après usage.
Peut nuire, en faibles quantités déjà,
aux organismes aquatiques
(poissons, insectes et plantes),
immédiatement ou à long terme.
Respecter les mentions de danger et
les conseils de prudence figurant sur
l’étiquette et suivre le mode d’emploi
et les indications de dosage.
Rapporter les produits entamés ou
inutilisés au point de vente ou dans
un centre de collecte pour déchets
spéciaux.
Informations supplémentaires sous:
www.cheminfo.ch
P.-H. Dubuis, W. Siegfried
STOCKAGE
■ Les produits phytosanitaires doivent être stockés dans
leur emballage d’origine.
■ Ils doivent être dans une armoire ou un local fermés à
clef, inaccessibles aux enfants et aux animaux.
■ Les emballages doivent être fermés, à l’abri de l’humidité
et du gel, sur des rayonnages.
■ Les produits doivent être rangés par catégorie (fongicides, insecticides, herbicides). Les liquides doivent être
stockés dans un bac de rétention.
APPLICATION, RÉGLAGE ET ENTRETIEN
DU PULVÉRISATEUR
L’application de la bouillie ne peut être réalisée qu’avec un
pulvérisateur parfaitement réglé et adapté à la culture. Le matériel de pulvérisation doit être régulièrement entretenu et
contrôlé par l’utilisateur. La méthode «Caliset» décrite dans
ce guide permet de réaliser un contrôle simple des principaux
paramètres afin d’optimaliser l’application. Le tracteur devrait
être équipé d’une cabine. Tout autre type d’application exposant l’utilisateur nécessite le port d’une combinaison de protection intégrale, un masque, des lunettes et des bottes.
■ Tenir un inventaire du stock et une liste des achats et de
l’utilisation des produits phytosanitaires.
ÉQUIPEMENT DE PROTECTION
La manutention des produits phytosanitaires génère un certain
nombre de risques de contamination (pesage, préparation de la
bouillie, application, nettoyage). Afin de limiter au minimum les
effets indésirables occasionnels ou chroniques, il convient de se
protéger de façon adéquate. Le port d’une combinaison de protection, de bottes, de lunettes et de gants étanches est vivement recommandé. Le maniement de produits particulièrement
toxiques requiert une protection du visage ou le port d’un
masque équipé de filtres. Le Service de prévention des accidents dans l’agriculture (SPAA), Grange-Verney, 1510 Moudon
(021 995 34 28, www.bul.ch) dispose d’informations et vend
du matériel de protection. Les vêtements ou la combinaison
doivent être enlevés après l’application et lavés, les mains et le
visage doivent être rincés soigneusement avec de l’eau et du
savon et, selon les cas, il peut être nécessaire de se doucher.
Risques particuliers: l’utilisation de produits concentrés
demande une attention particulière. Le risque de contamination de la peau par contact et des voies respiratoires par
inhalation est important. Le port d’un masque de protection permet d’éviter ces problèmes.
Centre suisse d’information toxicologique Zurich:
tél. 145 ou 044 251 51 51, e-mail: info@toxi.ch
PRÉPARATION DE LA BOUILLIE ET PERMIS
POUR L’APPLICATION DES PRODUITS
PHYTOSANITAIRES
Toute personne appliquant des produits phytosanitaires doit
être titulaire d’un permis de traiter. Le spectre d’action des
produits, la concentration (%), respectivement la quantité de
produit (l ou kg/ha), le moment de l’intervention et les délais
d’attente doivent être respectés. Lors de la préparation de la
bouillie, porter une combinaison de protection. La quantité de
bouillie doit être adaptée à la surface à traiter et ne peut pas
être préparée à l’avance ou pour plusieurs jours. L’aire de préparation (local fermé ou abri extérieur) doit permettre de peser ou de mesurer la dose du produit pour l’incorporer dans
la cuve du pulvérisateur durant le remplissage. Un aménagement pour le stockage des emballages vides devrait être disponible à proximité. Pour les formulations liquides, rincer
deux ou trois fois les bidons en plastique et verser le liquide
de rinçage dans la cuve du pulvérisateur.
© AMTRA / VPS
Protection des eaux
Les produits phytosanitaires sont interdits dans les zones de
captage de la nappe phréatique et des sources (zones S I),
dans et à proximité des tourbières, des eaux de surface (ruisseau, rivière, étang, lac), dans les haies et les bosquets en
bordure de champ. A proximité des eaux de surface, une distance de sécurité minimale de trois mètres doit être respectée. Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Ordonnance sur
les paiements directs (OPD) le 1.1.2008, cette distance a été
étendue à 6 m pour toute nouvelle plantation. En fonction de
leur toxicité, certains produits sont homologués avec la remarque «pas à proximité d’eaux de surface» ou «à une distance de sécurité minimale d’au moins dix mètres des eaux
de surface». Ces distances sont indiquées sur l’étiquette du
produit, à savoir 6 m, 20 m, 50 m ou plus. En viticulture, la
dérive des produits peut être une source de contamination
des eaux de surface et peut largement être limitée en utilisant
des buses anti-dérive à induction d’air, voire des panneaux récupérateurs de bouillie, ainsi que par l’aménagement d’une
séparation (haie, filet anti-grêle) entre la culture et le cours
d’eau. L’application de mesures anti-dérive conformément
aux directives de l’OFAG permet de réduire la distance de sécurité. Il convient toutefois de souligner que les eaux stagnantes d’un étang sont plus sensibles que celles d’un cours
d’eau ou d’un grand lac.
Risque indirect (allergies cutanées)
Un certain nombre de produits peuvent provoquer des allergies cutanées chez les personnes sensibles. Ces produits
(chlorothalonil, dithianon, fluazinam) ne devraient être appliqués que lorsque aucune autre alternative n’est envisageable.
En cas d’utilisation, éviter le contact avec la culture durant au
moins 48 heures après le traitement. En viticulture, il s’agit
avant tout d’éviter l’ébourgeonnage et les travaux de la feuille.
Si ces opérations sont absolument nécessaires avant ce délai,
le port de gants est indispensable.
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 45 (1): 32–35, 2013
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Le Guide Viti d’Agroscope
PRODUITS PHYTOSANITAIRES: RISQUES ET PRÉCAUTIONS
GESTION DES RÉSIDUS DE TRAITEMENT
ET AIRE DE LAVAGE
MISE EN DANGER DES ABEILLES
■ A la fin du traitement, il ne devrait rester qu’un résidu
technique dans la cuve du pulvérisateur. Celui-ci ne doit
EN AUCUN CAS ÊTRE ÉPANDU SUR LE SOL OU DANS
UN ÉCOULEMENT. Les éventuels soldes de bouillie ou le
résidu technique doivent être dilués et répartis dans la
parcelle sur le feuillage. Pour cela, il est nécessaire d’équiper son pulvérisateur d’un réservoir d’eau claire (obligatoire pour les appareils de plus de 350 l) ou d’avoir un
point d’eau à disposition sur la parcelle. Une autre alternative possible est de diluer fortement le résidu technique
et de l’utiliser pour préparer la bouillie lors du traitement
suivant. De cette façon, le résidu de bouillie ne doit être
éliminé qu’une seule fois à la fin de la saison.
■ Les fongicides homologués en viticulture fruitière sont tous
■ Le rinçage du pulvérisateur doit être réalisé dans une aire
prévue à cet effet permettant de récupérer les eaux contaminées. Le Valais est la seule région de Suisse équipée de
stations de lavage collectives «Epu-wash» et d’unités mobiles de traitement des eaux contaminées «Epu-mobil».
neutres pour les abeilles. Certains insecticides peuvent par
contre avoir un effet létal sur les abeilles (figuré par le symbole
dans l’index phytosanitaire) et ne doivent pas être
appliqués pendant la floraison des adventices. Lorsqu’ils
sont utilisés, les interlignes doivent être préalablement fauchés afin de supprimer les plantes en fleurs, en particulier le
trèfle blanc et le pissenlit.
■ Une attention particulière doit être donnée aux traitements
appliqués juste avant ou après la floraison (par exemple fénoxycarbe, spirodiclofène). Ces produits peuvent être transportés par le vent sur des cultures voisines en fleurs, comme
le colza, des pois protéagineux ou de la féverole infestés de
pucerons, libérant du miellat très attractif pour les abeilles.
L’INTOXICATION DES ABEILLES EST PUNISSABLE ET
PEUT FAIRE L’OBJET DE POURSUITES LÉGALES.
GESTION DES DÉCHETS
■ Les emballages des produits phytosanitaires ne doivent pas
être jetés, laissés sur place ou brûlés en plein champ, ni utilisés à d’autres fins. Les sacs en papier vides, les bidons en
plastiques ou tout autre emballage doivent être remis au service d’incinération des ordures.
■ Les produits phytosanitaires périmés ne doivent plus être
utilisés, mais remis aux fabricants ou aux services cantonaux
de collecte des toxiques.
COMPLÉMENT D’INFORMATION ET DOCUMENTATION
Sur le thème «Agriculture et environnement», six feuillets ont été produits par le Service d’information agrar de la Société
suisse des industries chimiques (SSIC), case postale 328, 8035 Zurich (044 368 17 11).
Ces documents didactiques indiquent les règles de base à respecter lors de l’utilisation des produits phytosanitaires (élimination, entreposage, protection des eaux, applications et machines, protection de l’utilisateur, gestion des sols).
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Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 45 (1): 32–35, 2013
P.-H. Dubuis, W. Siegfried
Le Guide Viti d’Agroscope
© AMTRA / VPS
AGROMETEO: PRÉVISION DES RISQUES PHYTOSANITAIRES
AGROMETEO est une plate-forme qui rassemble des outils d’aide à la décision et des informations permettant une meilleure gestion
de la lutte phytosanitaire en agriculture. Elle est basée sur un réseau constitué de plus de 150 stations autonomes, qui fournissent
des données météorologiques microclimatiques utilisées par différents modèles de prévision des risques pour des maladies et des
ravageurs.
AGROMETEO contient également des informations sur la phénologie et la maturation des cultures, sur les maladies et les ravageurs,
les produits phytosanitaires et leur dosage en fonction de la surface foliaire, ainsi qu’un module pour l’irrigation en arboriculture.
Toutes ces informations sont mises à disposition des producteurs suisses sur le site www.agrometeo.ch. Ce dernier comporte quatre
modules: météorologie, viticulture, arboriculture et grandes cultures. Chaque module contient les modèles, les outils, les observations
et les informations qui y sont liées. Quelques informations générales sont aussi disponibles sur la page d’accueil.
MÉTÉOROLOGIE
Ce module permet d’accéder aux données météorologiques mesurées par les
stations et qui constituent l’élément central d’AGROMETEO. L’interface d’extraction de données météo permet de consulter des paramètres climatiques pour
un lieu et une période déterminés. Les
stations de mesures transmettent quotidiennement par le réseau GSM des valeurs mesurées à dix minutes d’intervalle. Pour les premières stations du réseau, les données remontent jusqu’en
2003. L’interface permet aussi d’effectuer
des calculs simples tels que le cumul de
précipitations ou des sommes de températures avec seuil. Des graphiques météorologiques dans lesquels sont intégrées des prévisions à cinq jours (de
Meteoblue) sont également consultables.
MODÉLISATION
Les modèles de prévision des infections
des maladies fongiques et du développement des ravageurs se basent sur les
connaissances de la biologie de ces organismes en relation avec les facteurs
météorologiques déterminant leur développement. Il s’agit d’outils d’aide à la
décision qui permettent d’évaluer le
développement d’une maladie ou d’un
ravageur et d’orienter une décision de
traitement. Des modèles sont disponibles actuellement pour le mildiou et
l’oïdium de la vigne, les vers de la grappe, la tavelure du pommier et le feu bactérien. Depuis 2009, des prévisions météorologiques à cinq jours sont intégrées
dans les modèles du mildiou, de l’oïdium et des vers de la grappe. Cela permet d’effectuer de vraies prévisions de
risques.
Page d’accueil provisoire.
Au moment de l’impression du guide,
la rénovation du site n’est pas finalisée.
Pour la saison 2013, le site www.agrometeo.ch sera modernisé et remanié. Le but n’est pas de bouleverser le contenu mais
bien de présenter les informations de manière actuelle, intuitive et compatible avec les dernières avancées techniques.
P.-H. Dubuis
Revue suisse Vitic. Arboric. Hortic. Vol. 45 (1): 32–35, 2013
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