Journal 65 - URPS des médecins libéraux

Journal 65 - URPS des médecins libéraux
Aquitaine
l’union
URPS
> Numéro 65
2ème Trimestre 2015
d’aquitaine
105 rue Belleville • CS 71241 • 33074 Bordeaux cedex • Tél. 05 56 56 57 10 • Fax. 05 56 56 57 19 • Web : www.URpsMLA.org • Courriel : aquitaine@URpsMLA.org
> Le Journal des Médecins Libéraux d’Aquitaine
éditorial
> par Dany Guérin
Présidente de l’URPS ML Aquitaine
La GRANDE région
Difficile de ne pas évoquer dans cet éditorial
le projet de loi de santé de Madame Touraine.
Ce projet adopté par l’Assemblée Nationale
ne sera pas vraisemblablement modifié par
le Sénat à la fin de l’été ou à l’automne.
Projet de loi
Fin de vie, fin de la
médecine libérale ?
Non, la médecine libérale n’est pas encore morte !
Difficile de ne pas déplorer la vision
dogmatique et administrative de la santé
portée par cette loi.
Difficile de ne pas ressentir comme
une attaque envers le principe même de
la médecine libérale certaines dispositions
contenues dans cette loi.
Rien ne s’opposera à l’application de
la mesure phare, la généralisation du tiers
payant, mesure purement idéologique,
critiquée car non justifiée et largement
commentée comme dangereuse à plusieurs
égards.
Mais attendons les décrets d’application et
les phases expérimentales qui retiendront
toute notre attention. Nul doute qu’à ce
moment-là les médecins s’exprimeront
à nouveau et certainement au travers
de nouveaux modes d’action.
En étant attentif à l’actualité professionnelle,
on réalise que les confrères du secteur public
ne sont pas finalement mieux considérés.
On leur demande à eux aussi de travailler
toujours plus sans mieux prendre en compte
la difficulté et la pénibilité de leurs tâches.
En ce qui concerne la médecine libérale,
l’URPS-ML Aquitaine dont les missions sont
autres que celles des syndicats aura un rôle
fédérateur et mobilisateur pour faire échec
à l’application de certaines mesures
anti-libérales.
Tous les syndicats sont représentés au sein
de l’URPS ML Aquitaine. Il est probable qu’ils
se retrouveront tous représentés dans la
grande région Aquitaine Limousin
Poitou-Charentes.
A partir de janvier 2016, nous serons la plus
grande région de France : quelle force en
puissance ?
P
rofondément atteinte dans sa
chair et dans son amour propre
mais toujours combative, la médecine libérale unie se bat encore et toujours pour sa survie. La loi Touraine, en
discussion ces derniers mois malgré la
mobilisation des professionnels de santé,
constitue un lent poison.
Aux côtés de la médecine hospitalière,
la pratique libérale, spécificité française,
recueille tous les jours la preuve du
soutien des populations.
Les médecins, conscients des nombreux
effets délétères de cette loi sur la qualité
des soins, ne manquent pas d’en informer
leurs patients.
Blessée et affaiblie mais toujours réactive,
la médecine libérale garde toute l’énergie
pour maintenir son identité garante d’une
médecine de proximité et de qualité n
A lire dans ce numéro
> Projet de loi santé p2
Loi Touraine, loi fourre-tout ?
>Elections aux URPS ML p 3
Le 12 octobre 2015
>La démocratie sanitaire p 4
A l’épreuve de la réalité
> Perturbateurs
endocriniens
p 8-9
Et petite enfance
> Mise aux normes
des cabinets
p 10-11
Date butoir le 27 septembre
Actualité
a
journal de l’union n° 65
Loi Touraine
L’Aquitaine à la manif de Paris
50 000 professionnels de santé libéraux se sont retrouvés dans la rue le 15 mars.
Malgré une grande mobilisation des professionnels de santé libéraux pour une fois tous unis, le gouvernement est
resté sourd et le projet de loi de Marisol Touraine est passé.
Hélas, la politique a primé devant l’intérêt d’une profession, et à travers elle, de celui des patients.
Loi Touraine, loi fourre-tout ?
14 avril 2015 : les députés ont voté le projet de loi de santé.
R
ebaptisée loi de modernisation du
système de santé, ce texte a pris
l’allure d’une procédure d’urgence
avec une seule lecture par les deux assemblées.
Le Sénat devrait examiner le texte en juillet. Il
est donc fort probable que le projet de loi voté
le 14 avril 2015 constitue dans ses grandes
lignes la version définitive. Le gouvernement
peut décider à l’occasion du vote au Sénat d’introduire de nouveaux amendements.
Le document fait 236 pages et comprend de
nombreux articles dont certains sont difficiles
à décrypter. Les lignes qui suivent reprennent
les mesures les plus emblématiques.
La loi comprend
5 grands chapitres
Titre I : Renforcer la prévention et la promotion de la santé.
Titre II : Faciliter au quotidien le parcours de
santé.
Titre III : Innover pour garantir la pérennité
de notre système de santé.
Titre IV : Renforcer l’efficacité des politiques
publiques et la démocratie sanitaire.
Titre V : Mesures de simplification et d’harmonisation pour lesquelles l’état a obtenu la
possibilité d’agir par ordonnance.
Sur le volet prévention, les députés ont
complété les mesures :
- lutte contre le tabagisme avec l’interdiction
de fumer dans une voiture en présence d’un
mineur, le paquet de cigarette neutre, l’interdiction d’ouvrir un débit de tabac à proximité
des établissements scolaires,
- lutte contre le « binge drinking »,
- lutte contre l’incitation à la maigreur (cela
concerne les mannequins),
- lutte contre la dénutrition en EHPAD,
- interdiction des fontaines à soda,
- signalétique sur les aliments,
- interdiction de la publicité pour les cabines
de bronzage,
- ouverture de salles de shoot.
Au titre II, on trouve la création de « Communautés territoriales de santé ».
Ces structures, composées d’une ou plusieurs
2
équipes de soins primaires, peuvent s’organiser pour élaborer un projet de santé négocié
avec l’ARS. Elles peuvent recourir aux plateformes territoriales d’appui (personnels sociaux et médico-sociaux) pour la coordination des parcours de santé complexes.
Les médecins généralistes gardent la coordination des interventions. C’est dans ce cadre
qu’est évoqué le futur infirmier clinicien. La
loi crée le statut de médecin traitant pour les
enfants de moins de 16 ans.
A partir du 1er janvier 2020, la permanence
des soins ambulatoires disposera d’un numéro
d’appel unique national.
En attendant, les ARS choisiront entre ce
numéro et le 15.
Le tiers payant généralisé est bien prévu pour novembre 2017. Il sera d’abord
appliqué aux titulaires de l’ACS en juillet
2015, puis aux ALD (janvier 2016), ensuite à
tous les assurés sociaux.
Pas de trace de sanction dans le texte de loi,
mais il faudra attendre le décret d’application pour y voir un peu plus clair.
Sur le plan sociétal :
- suppression du délai obligatoire de réflexion
de 7 jours avant une IVG,
- « droit à l’oubli » des patients guéris d’un
cancer, avec dans un premier temps, les
enfants de moins de 15 ans et les adultes
considérés comme guéris depuis 15 ans.
L’article concernant le « testing » (dépister les
refus de soins pour les CMU, entre autres) a
été supprimé n
A
actualité
journal de l’union n° 65
Réforme territoriale
Pratique médicale
Élections aux URPS ML, le 12 octobre Protocoles
Dans le cadre de la réforme territoriale, les URPS Médecins
Libéraux d’Aquitaine, du Limousin et de Poitou-Charentes,
vont fusionner.
En février 2015, l’ARS a autorisé
30 protocoles en Aquitaine.
L
es élections régionales, avec la nouvelle carte de France, ont été fixées
aux 6 et 13 décembre 2015.
13 nouvelles régions métropolitaines viendront
remplacer les 22 actuelles, parmi lesquelles la
grande nouvelle région Aquitaine Limousin
Poitou-Charentes (7,4 millions d’habitants).
Cela ne veut pas dire que ces protocoles
de coopération seront tous expérimentés.
Certains sont réservés à des structures
publiques de par leur nature, d’autres au
secteur libéral.
Le 22 avril, le gouvernement a nommé 7
« directeurs généraux préfigurateurs » des
Agences régionales de santé (ARS), parmi
lesquels Michel Laforcade, directeur général
de l’ARS Aquitaine.
Voici la liste à ce jour :
- deux protocoles concernent la médecine générale : Azalée (soutien éducatif dans les maladies chroniques par des
infirmières dédiées) dans les MSP (Maisons
de Santé Pluridisciplinaires) et délégation
du repérage de la fragilité à des IDE au
domicile.
Les prochaines élections à la grande URPS
ML « Aquitaine Limousin Poitou-Charentes »
sont fixées au 12 octobre prochain.
Rappelons que ces élections professionnelles
permettent aux médecins libéraux d’élire démocratiquement les confrères qui les représentent auprès des institutions régionales.
Nous reviendrons sur ces élections dans
notre prochain numéro n
Humeur
Dépistage du cancer du côlon, avril 2015
Le « caca-fouillage »
Ou comment « planter » une campagne de dépistage…
M
erci au haut-responsable en charge
du dossier qui :
- n’a pas respecté la règle des appels
d’offres de marchés publics pour le choix du
fournisseur du nouveau test Hemoccult,
- a fait fermer les centres de lecture des anciens
tests Hemoccult,
- nous a fait jeter les anciens tests qui n’étaient
pas périmés,
-nous empêche de délivrer les nouvelles plaquettes aux patients demandeurs, invités par
les structures de gestion à faire leur dépistage.
Nous espérons qu’il sera « félicité » par les autorités !
Suite aux recours des fournisseurs du nouveau
test, l’affaire est portée en justice.
Pendant plusieurs mois, nous n’avons eu aucune information précise sur le nouveau test
immunologique de dépistage.
Nous espérons qu’avec le nouveau test plus
simple à utiliser (un seul prélèvement), nous
arriverons à atteindre les objectifs de santé
publique préconisés, à savoir 50 % de participation. Cela risque d’être difficile, car il va
de coopération
entre professionnels
de santé
falloir se remotiver et remotiver les patients.
D’ici peu, nous vous adresserons une information sur l’utilisation du nouveau test à consulter sur le net.
Soyons prêts à recommencer la distribution ! n
Dr Jean-Luc Hervouet,
Président de Conseil Scientifique
- Les autres protocoles de coopération
concernent les spécialités : un pour la
nutrition en post-chirurgie de l’obésité ; un
en écho-doppler vasculaire ; un en gastroentérologie ; un en urodynamique ; deux
en diabétologie ; cinq en ophtalmologie ;
un en cardiologie ; trois en cancérologie ;
un pour « plaies ou retard de cicatrisation » ;
un en hématologie ; un en médecine nucléaire.
Pour être applicable en expérimentation,
chaque protocole doit être élaboré avec
l’accord du médecin qui, bien sûr, délègue
une tâche bien précise à un autre professionnel de santé. Le médecin garde la responsabilité légale de cette délégation et
de l’acte qui en découle.
L’URPS-MLA accorde toute son attention à l’expérimentation éventuelle de
quatre protocoles en libéral : urodynamique ; écho-cardiologie ; ophtalmologie ;
radiologie.
Des médecins spécialistes en urologie,
cardiologie, radiologie et ophtalmologie
suivent ces dossiers pour l’URPS-MLA.
Le détail des protocoles est en ligne sur le
site de l’ARS : https://coopps.ars.sante.fr/
coopps/init/index.jsp
Des informations complémentaires sur
les modalités d’adhésion sont disponibles sur le site de la Plateforme d’Appui aux Professionnels de Santé (paps) :
www.aquitaine.paps.sante.fr/Les-projets-de-protocoles-de-c.120526.0.html en
cliquant dans gestion d’un protocole sur
« adhérer à un protocole autorisé en Aquitaine » n
3
A
c’est en aquitaine
journal de l’union n° 65
Journée des professionnels de santé et des associations
La démocratie sanitaire
à l’épreuve de la réalité !
L’URPS ML Aquitaine a organisé le 13 mars 2015, à la Maison des
Associations de Mérignac, la 11ème journée des Professionnels de
Santé et des Associations d’usagers en Aquitaine.
L
a démocratie sanitaire est en
marche ! Oublions le passé ! Regardons devant nous ! La perspective
se veut positive et les critiques sont mal venues. On hésite à être pessimiste, mais on
n’arrive pas à être sereinement euphorique.
Outil privilégié pour faire le lien entre les
politiques régionales de santé définies par
l’ARS et les projets portés par les collectivités territoriales, les contrats locaux de
santé (atelier 1) souffrent du manque d’association des acteurs intéressés (professionnels de santé et usagers) aux décisions des
institutions locales et régionales. Certes des
réussites sont à saluer (Mont-de-Marsan,
Bordeaux…), mais la région est grande et
les stratégies locales prégnantes. Rappelons
ce mot d’ordre éthique impérieux : un partenaire oublié est un ennemi gagné !
Les délégations de tâches et/ou de compétences (atelier 2) soulèvent des questions de formation et de reconnaissance de
ces compétences, de partage des données
et de confidentialité, de responsabilité et
de rémunération. Les situations jusqu’à présent reconnues officiellement concernent
surtout des techniques hospitalières. Quant
à savoir si le médecin restera le mieux placé
pour être le chef d’orchestre d’une coopération entre professionnels au service d’un patient chronique dont les problèmes sont plus
médico-sociaux que strictement médicaux,
la question est ouverte…
Serpent de mer de la société française, la
réponse concrète au défi Handicaps et ac4
cessibilité aux lieux de soins (atelier 3) est
sans cesse repoussée. Outre la question des
coûts qui pourrait accélérer le départ à la
retraite de professionnels et la désertification des centres-villes, il est nécessaire de se
demander s’il n’est pas disproportionné que
chaque cabinet de soins doive s’adapter à
tous les types de handicaps. Une orientation
des usagers en fonction de leur handicap
et des équipements semblerait plus pragmatique, mais elle remettrait en cause le
principe du libre choix du professionnel par
l’usager. On en reparlera donc encore longtemps ! L’application stricte des principes
peut nuire à leur esprit…
Les jeunes sont les vieux de demain, mais ils
se préoccupent peu de Bien Vieillir (atelier
4). Les moyens ne sont pas que médicaux.
Pour cela, il faut anticiper ! L’activité physique et intellectuelle est capitale. Mais bien
vieillir est souvent un luxe de personnes nanties surtout quand il faut repenser son mode
de vie, ne pas s’isoler et chercher à s’intégrer.
De même, l’information est un bien précieux
pas assez démocratiquement partagé.
La première séance plénière en fin de matinée nous plaçait au cœur des enjeux de la
démocratie sanitaire : la place des professionnels et des patients dans la politique
régionale de santé. Pour l’ARS la dynamique est lancée : mise en place du cadre
(planification de l’offre, élaboration de schémas, validation), allocation des ressources,
mise en œuvre des politiques régionales,
organisation des parcours, évaluation des
politiques. La CRSA (Commission Régionale
de la Santé et de l’Autonomie) fonctionne
bien en Aquitaine. Mais les professionnels
ne se sentent pas assez représentés et les
conditions de travail de ces instances de
participation (convocation, horaires) ne leur
sont pas très favorables. Si les usagers se
réjouissent de ce que leurs demandes sont
de plus en plus prises en compte, ils doivent
se démultiplier pour répondre aux très nombreuses sollicitations de représentation. Il
ne faudrait pas que la Démocratie Sanitaire
s’épuise faute de partenaires.
En pleine effervescence médiatique et politique, la deuxième séance plénière avait
bien anticipé son sujet : tiers payant, état
des lieux et devenir. Les présentations
successives des positions des usagers, des
médecins, des pharmaciens, des caisses et
des mutuelles, montrent bien que l’étape de
la concertation et de la recherche du compromis a été oubliée. L’outil électronique
promis ne semble pas encore au point : ne
vaudrait-il pas mieux attendre un peu, plutôt que de multiplier les effets d’annonce ?
Des professionnels s’inquiètent : n’entendons-nous pas dans nos villes et nos campagnes sonner le glas de l’exercice libéral
des professionnels de santé ?
« Rien n’est parfait, tout est en route ! » qu’ils
disaient. Quand on dit « tout », espérons que
ce soit le meilleur… Quant au reste à charge
pour les usagers, le pire est à venir ! n
Jacques Faucher,
Espace Bioéthique Aquitain
A
c’est en aquitaine
journal de l’union n° 65
Ville-Hop : numéros directs
Un accès téléphonique direct et spécifique
entre les médecins libéraux et les médecins
hospitaliers.
L
a communication ville-hôpital
est importante pour garantir une
continuité des soins et une prise
en charge coordonnée des patients. Mais
quels sont les leviers permettant d’optimiser les relations entre médecine de ville et
hôpital ?
Cette question a été au cœur d’échanges réguliers entre la direction générale du CHU
de Bordeaux et les responsables de l’URPS
ML Aquitaine qui ont mis en évidence le
besoin d’un accès téléphonique direct et
spécifique entre les médecins libéraux et
les médecins hospitaliers.
Ainsi, à la suite d’une large concertation
avec les responsables médicaux, le CHU de
Bordeaux met à votre disposition un nouveau service impliquant la majorité de ses
spécialités cliniques : le projet Ville-Hop. Il
se concrétise par l’édition d’une plaquette,
jointe à ce numéro, qui vous propose une
liste des services du CHU engagés dans la
démarche, ainsi que les jours et les plages
horaires d’accès.
Aujourd’hui, Ville-Hop vous permet donc
de joindre personnellement et directement
un médecin senior dans la majorité des services du CHU.
Formation
Pour la rentrée :
un e-learning
à votre disposition
sur la chirurgie
ambulatoire
De plus, pour contacter les services du CHU
non encore partenaires ou pour toute autre
demande, vous bénéficiez d’un accès réservé
à notre standard par un numéro de téléphone dédié : 05 57 821 821.
Le Département des soins et des relations
avec les usagers du CHU coordonnera
l’information et la communication sur le
déroulement du projet sur la base d’une
évaluation trimestrielle. Vous pouvez dès
à présent nous faire part de vos suggestions ou remarques en adressant un mail à :
villehop@chu-bordeaux.fr
Avec Ville-Hop, améliorons ensemble les
services rendus aux patients n
Philippe Vigouroux
Directeur Général du CHU de Bordeaux
Numéros dédiés : les cliniques aussi !
L
e Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux, dans le souci de l’amélioration
de ses relations avec les médecins libéraux, a donc décidé de mettre à leur
disposition un numéro de téléphone dédié pour faciliter le contact avec leurs
homologues hospitaliers.
Dans le système libéral, les relations entre médecins traitants et médecins spécialistes
sont depuis toujours faciles. Il est d’usage de pouvoir joindre son correspondant sans
difficulté. Les médecins généralistes disposent la plupart du temps du numéro de téléphone personnel de leurs confrères spécialistes.
Néanmoins, à l’heure des regroupements de structures et face à l’émergence d’importants pôles d’hospitalisation privée, il faut anticiper. Une grande structure comme la
clinique Bordeaux-Nord a décidé de mettre des numéros dédiés à disposition des correspondants généralistes. Ce service n’est pas encore opérationnel.
Souhaitons que cet exemple, avec la coopération de la Fédération Hospitalière Privée,
séduise d’autres établissements n
Dr Dany Guérin
Mesvaccins.net, compte gratuit
Vous êtes médecin libéral : bénéficiez d’un abonnement financé
par l’URPS ML Aquitaine et recommandé par l’ARS Aquitaine
Allez sur : www.mesvaccins.net
Cliquez sur : Vous êtes professionnel de santé
Puis sur : Créer un compte
Abonnez-vous à l’aide du code : BD07013522
Flashez ce code pour créer votre Carnet de Vaccination Électronique (nécessite l’installation d’un lecteur sur votre smartphone).
Parce que le médecin traitant doit être
impliqué en amont et aval de la prise en
charge d’un patient bénéficiant d’une
chirurgie ambulatoire, et parce que cette
modalité de prise en charge est de plus
en plus fréquente, Sanofi, en partenariat
avec l’URPS Médecins Libéraux d’Aquitaine
proposera, à partir de la rentrée, des
modules e-learning.
Ceux-ci aborderont :
- les généralités de cette prise en charge
(les caractéristiques, les avantages, les
inconvénients…),
- l’éligibilité du patient (les critères sociaux
et médicaux, les facteurs retardant la
sortie du patient, les responsabilités
professionnelles…),
- la communication entre ville et hôpital
et ses outils pour assurer l’organisation
de la continuité des soins (les documents
de sortie indispensables ; qui appeler,
à quel moment ? Les conséquences pour
les acteurs des soins du premier recours,
etc.).
Le Dr Dany Guérin, présidente de l’URPS
Médecins Libéraux d’Aquitaine, Francoise
Desclaux, administrateur de l’URPS Infirmiers Libéraux d’Aquitaine, le Dr Olivier Jourdain, chirurgien gynécologue et président
de la CME de la clinique Jean Villar et le
Pr Francois Sztark, chef du pôle anesthésieréanimation au CHU de Bordeaux, vous proposent d’aborder le sujet en 16 questions.
Pour plus d’interactivité, cette formation
sera organisée sous forme de vidéos.
Soyez nombreux, à partir de septembre, sur
www.ambulatoire-sanofi.fr n
5
A
c’est en aquitaine
Nouveau
Dépistage précoce
www.addictoclic.com
Un nouveau site internet, pour
trouver une consultation d’addictologie adaptée à votre patient, à proximité.
AGIR 33 Aquitaine a mis en ligne, le 1 janvier
2015, un site internet www.addictoclic.com,
permettant aux professionnels de premier
recours et aux patients de connaître les ressources en addictologie près de chez eux.
Dès la page d’accueil, des onglets permettent
de choisir son territoire de proximité en Aquitaine, le produit (tabac, alcool, cannabis, addictions diverses, points d’échange seringues), le
public (tout public, jeunes, femmes enceintes)
ou directement les centres référents.
La validation permet d’obtenir la liste des
ressources répondant au choix, y compris
les associations d’auto-support (alcooliques
anonymes, vie libre…). Une carte positionne
les ressources sur le territoire.
Une fois la ressource choisie, il suffit de cliquer sur elle dans la liste ou sur la carte et
vous obtenez une fiche détaillée avec les
coordonnées, les activités, les consultants et
les jours et heures d’ouverture. Une dizaine de
secondes en moyenne, selon la phase test, est
nécessaire à l’obtention de l’information.
Ce site a été conçu à partir des recommandations de la Haute Autorité de Santé et de l’US
Department of Health and Human Services
et en fonction des besoins des usagers (deux
focus groupes de patients et médecins).
Il est actualisé au fur et à mesure des informations qui lui sont transmises, une mise à
jour détaillée étant réalisée tous les 6 mois.
Il est réalisé par Télésanté Aquitaine et porté
de façon indépendante par AGIR 33 Aquitaine qui coordonne les actions en addictologie en soins primaires, avec un financement de
l’Agence Régionale de la Santé d’Aquitaine.
Pour tout renseignement :
AGIR 33 Aquitaine
20, place Pey Berland - 33000 Bordeaux.
Téléphone : 05 56 51 56 51
E-mail : contact@agir33.fr n
er
Agenda
Prévention du risque
suicidaire
L’association Rénovation organise à Bordeaux, le 17 septembre, une soirée destinée aux médecins généralistes sur le
thème « faire face à la crise suicidaire ».
La présentation, autour du repérage
et de la prévention du risque suicidaire,
sera animée par le Dr Olivier Doumy,
psychiatre au CHS Charles Perrens. Le lieu
sera communiqué ultérieurement sur le
site de l’URPS MLA.
6
journal de l’union n° 65
Vraies / Fausses idées
sur le cannabis
La commission Santé mentale de l’Union s’intéresse à la
consommation du cannabis chez les très jeunes. Elle a
reçu le Dr Jean-Michel Delile.
L
e repérage précoce de la consommation de cannabis est indispensable et il faut l’élargir.
Un jeune sur deux commence à consommer
du cannabis avant 15 ans.
Le cannabis a un rôle néfaste sur l’architecture neuronale car il va remplacer, sur les récepteurs, l’amantadine endogène essentielle
à la synaptisation.
L’avancée des connaissances sur la maturation neuronale montre qu’il existe un stock
neuronal actif pendant l’enfance.
A la précoce adolescence, la synaptisation redevient très intense, rendant le cerveau très
fragile aux intoxications.
En conséquence, par ce mécanisme, plus la
consommation est régulière, importante et
surtout précoce, plus la dégradation psycho-cognitive sera présente, durable et souvent irréversible.
Chez le jeune et le très jeune...
Chez le très jeune, on aura un abaissement
des capacités intellectuelles, une perturbation de la scolarité mais aussi une adynamie,
un repli et des difficultés relationnelles.
L’effet toxique du cannabis semble être aussi
plus évident sur le plan purement psychiatrique : il existe bien un sur-risque par rapport
aux troubles psychiatriques.
Chez le jeune, il est établi depuis longtemps
que s’il existe une fragilité structurelle antérieure, la consommation de cannabis va être
à l’origine d’une révélation, voire d’une aggravation d’un trouble psychiatrique.
Ce qui semble plus nouveau, souligne le
Dr Jean-Michel Delile, Directeur du CEID*,
en lien avec des données épidémiologiques
(Suède, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas), c’est la
corrélation évidente entre consommation de
cannabis et apparition d’une schizophrénie.
Plus le début de la schizophrénie est précoce,
plus grave en est l’évolution.
Il rappelle que la prévalence de la schizophrénie augmente chez l’adolescent au niveau international. Elle serait aujourd’hui multipliée
par six chez les abuseurs ou les dépendants
au cannabis.
Dépistage précoce
Dernier point important, la concentration en
THC de toutes les formes de cannabis a augmenté : elle est passée de 2 % de pureté il y
a 20 ans, à 8 à 10 % de pureté actuellement.
Or la gravité des troubles est directement
proportionnelle à la concentration en THC.
Le dépistage précoce doit concerner nos
confrères médecins généralistes, pédiatres et
psychiatres.
On l’aura compris, repérer les consommateurs
très jeunes, à l’âge de l’entrée au collège, est
un enjeu de santé publique très important et
nous y avons notre place.
L’URPS ML Aquitaine, en collaboration avec
le Dr Jean-Michel Delile, consacrera prochainement un dossier complet sur le dépistage
de la consommation précoce du cannabis n
Dr Dominique Discazeaux
* CEID : Comité d’Étude et d’Information sur la Drogue et les addictions. Le CEID Addictions est une association (loi de 1901) fondée en
1972 à Bordeaux. Elle a pour but principal d’accueillir et de prendre en charge les personnes présentant des problèmes liés à des usages de
substances (drogues, alcool…) ou à d’autres pratiques addictives (jeux...).
Le Dr Jean-Michel Delile est médecin psychiatre, addictologue, directeur du CEID et membre de la Commission Nationale des Stupéfiants.
A
c’est en aquitaine
journal de l’union n° 65
Médecine générale
L’étude SAGA : Statines et Grand Age
Les médecins généralistes sont invités à participer à une étude sur la pertinence de la
prescription des statines chez les plus de 75 ans sans antécédent cardiovasculaire.
N
os patients âgés prennent des statines en prévention primaire sans
qu’il soit démontré à ce jour un bénéfice certain. Il est donc indispensable de
disposer d’études en médecine générale pour
savoir si ces traitements ont un intérêt pour
ces patients.
SAGA (Statines et Grand Age) est une étude
pragmatique randomisée menée en médecine générale, coordonnée par le Département de Médecine Générale de l’Université
et le CHU de Bordeaux.
Cette étude devrait enfin nous permettre de
savoir s’il existe un intérêt à la prescription de
statines en prévention primaire chez les patients de 75 ans et plus.
Cette étude de grande ampleur, 2430 patients à inclure à partir de janvier 2016,
est entièrement financée par les pouvoirs
publics. Elle va pouvoir bénéficier de la participation d’investigateurs de nombreuses
régions, mais il est indispensable que les mé-
decins généralistes d’Aquitaine soient très
nombreux à y participer.
SAGA sera réalisée dans le cadre du suivi
habituel de vos patients, sans nécessité de
consultations ou d’examens supplémentaires
dédiés à la recherche. Elle consiste à inclure
les patients de 75 ans et plus, sous statines
depuis au moins 6 mois, n’ayant jamais présenté d’infarctus du myocarde, d’accident
vasculaire cérébral, de coronaropathie, d’artériopathie, qu’ils soient diabétiques ou non.
Une randomisation vous demandera alors
d’arrêter ou non les statines et de suivre votre
patient pendant 3 ans, à raison d’une consultation ou d’une visite à domicile à 3, 12, 24
et 36 mois.
Une rémunération de 300 euros par patient
inclus est prévue, chaque médecin pouvant
inclure 3 à 8 patients.
Pour participer à ce travail de grande
ampleur, ou pour tout renseignement,
merci d’écrire à l’adresse suivante :
jean-philippe.joseph@u-bordeaux.fr
États généraux de la personne âgée en Nord Aquitaine
Un pour tous et tous pour un !
Un public nombreux a participé aux derniers Etats Généraux de
la Personne âgée, le 11 avril, à Périgueux.
L’
anticipation des situations d’urgence passe inévitablement par
le repérage de la fragilité de la
personne âgée. Ce repérage est le résultat d’une analyse individuelle, idéalement
pluri-professionnelle, avec des regards
croisés où l’ensemble des acteurs de la
prise en charge médico-sociale a un rôle
déterminant.
Encore une fois, il a été démontré que la coopération interprofessionnelle autour d’un
Au nom de l’équipe de recherche de SAGA
Pr Jean-Philippe Joseph,
Département de Médecine Générale
Pr Fabrice Bonnet,
Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux
Permanence des soins
Une maison médicale
de garde à Libourne
La gestion de la maison médicale de garde
de Libourne est assurée par l’Association
Permanence Santé du Libournais (APSL)
qui regroupe tous les médecins participant
à la permanence des soins dans les huit
secteurs regroupés. Elle a été inaugurée
le 22 janvier 2015 en présence de Michel Laforcade, directeur général de l’ARS
Aquitaine.
Cette maison médicale de garde est située
dans les locaux de l’hôpital de Libourne, au
plus proche des urgences, afin d’assurer
une étroite collaboration entre les généralistes et les urgentistes.
C’est ce que s’est efforcée de montrer cette
journée constructive et productive en présence de Madame le Pr Rainfray et des intervenants de terrain de tous horizons, autour
des signes d’alerte et de repérage des signes
de la fragilité.
Cette journée a été marquée par la richesse des échanges dans une ambiance
conviviale et ouverte, accompagnée d’une
démonstration d’outils coopératifs fonctionnels et actifs autour de la personne
âgée (CASSIOPEA Téléassistance, PAACO,
MEMOclé, Télémédecine plaies et cicatrisation, Allodocteurs.fr).
Nous espérons vous compter nombreux à nos
côtés pour réaliser cette étude ambitieuse
et pour développer la recherche en soins primaires dont nous avons besoin n
Elle est ouverte sur les horaires de garde,
c’est-à-dire de 20 heures à 24 heures en semaine, de 12 heures à 24 heures le samedi,
et de 8 heures à 24 heures les dimanches,
les ponts et les jours fériés.
usager de santé est un atout et un véritable
outil pour une prise en charge globale de
qualité : cela, quel que soit l’âge du patient.
Des journées à pérenniser, auxquelles la
participation de l’ensemble des acteurs est
d’une richesse sans limite n
Dr Philippe Faroudja-Deveaux
Trois médecins généralistes assureront, sur
ces plages horaires, des consultations et des
visites d’urgences si cela s’avère nécessaire.
Sa particularité : un véhicule avec chauffeur
est mis à disposition du médecin devant
effectuer les visites au domicile des
patients n
Dr Siraz Sachendra
7
dossier
> Un guide conseil
Le réseau Women in Europe for a common
future (WECF) a publié un guide conseil
« Perturbateurs endocriniens dans les produits de consommation courante », pour
aider à s’y retrouver dans la jungle de ces
substances pathogènes.
Un tableau permet de reconnaître les PE
sur les étiquettes, dans les aliments ou sur
les emballages eux-mêmes et donne des
conseils sur la façon de les éviter dans différents produits, les labels à privilégier, et
les alternatives.
A télécharger : www.projetnesting.fr/IMG
/pdf/guide_pe_web_2015.pdf
A commander auprès de WECF France au
04 50 83 48 10 ou à wecf.france@wecf.eu
Perturbateurs endocrinie
Quels risques,
comment s’en prémunir ?
L’ARS et la commission « Santé Environnement » de l’URPS
ML Aquitaine restent mobilisés sur la question des risques
environnementaux.
Quelle prévention pour les patients ?
Le 10 avril, le journal du CNRS a publié un
article rappelant que « les perturbateurs
endocriniens provoquent de nombreuses
pathologies » et, « qu’en dehors de quelques
exceptions, la Commission européenne
traîne à réglementer leur utilisation ».
Dix-huit chercheurs ont donc décidé de
calculer le coût économique de ces poisons pour l’Europe et sont arrivés au chiffre
effarant de 157 milliards d’euros par an,
soit 1,23 % du PIB de l’Union européenne.
« Avec ce travail, nous avons souhaité lancer un avertissement, assume Martine Bellanger, professeur d’économie à l’École des
hautes études en santé publique, avant que
les perturbateurs endocriniens ne fassent
plus de ravages et ne coûtent encore plus
cher à la société. »
> Grossesse et allaitement :
Le site du CRAT
Le CRAT, Centre de Référence sur les Agents
Tératogènes (anciennement Centre de
Renseignements sur les Agents Tératogènes)
situé à Paris, à l’Hôpital Armand-Trousseau,
existe depuis près de quarante ans.
Son site internet réunit de nombreuses informations sur les risques des médicaments,
vaccins, radiations et dépendances, pathologies, pendant la grossesse et l’allaitement.
Rédigé pour les professionnels de santé,
son financement est exclusivement public
et indépendant de l’industrie pharmaceutique, précise le Centre.
Le CRAT propose deux moyens d’information :
- son site internet en accès libre à tout public,
-un service hospitalier exclusivement
réservé aux médecins, pharmaciens et
sages-femmes, joignable au téléphone fax 01 43 41 26 22 et par courrier :
crat.secretariat@trs.aphp.fr
Le CRAT
Hôpital Armand Trousseau
26 avenue du Dr Arnold Netter
75571 Paris cedex 12
www.lecrat.org
8
Illustration : Guide de la pollution de l’air intérieur - INPES
> Le coût de l’inaction
Mais que peuvent faire les médecins pour
prévenir le risque d’exposition aux perturbateurs endocriniens chez les femmes enceintes
et les jeunes enfants ? Informer et donner
des conseils : aérer les habitations trois fois
4 minutes en courant d’air dans la journée ;
privilégier une alimentation saine et l’exercice physique ; préférer les lingettes microfibre et le vinaigre blanc pour l’entretien de la
maison ; ne pas avoir recours à des produits
ménagers inutiles ; privilégier la moustiquaire
non traitée en été et non les plaquettes ou
autres diffuseurs (lire aussi en page 9).
D
Il faudra aussi communiquer sur les logos qui
valorisent des produits sans perturbateur endocrinien comme ECOCERT pour les produits
d’entretien et A+ pour ceux du bâtiment. Il en
existe bien d’autres !
L’URPS MLA a déjà proposé, dans le cadre
du PRSE 3, de travailler à un livret recensant
toutes ces informations que les médecins pourraient donner aux patients.
C’est donc dans une parfaite communauté
d’esprit qu’ils ont répondu favorablement à
la demande de l’ARS de co-organiser cette
année deux conférences-débats sur le thème
des perturbateurs endocriniens, thème cette
fois-ci recentré sur la petite enfance, période
de fragilité absolue face à ces polluants.
Pour finir sur une note optimiste, rappelons
qu’un microbiote équilibré et une alimentation
riche en groupes méthyles (choline, vitamine
B12, acide folique, brocolis, laitue, épinards,
foie, œufs, crevettes, poulet, etc.) peuvent lutter
contre les exposomes pathogènes n
éjà préoccupés par la toxicité potentielle de nombreux facteurs environnementaux, les membres de la commission « Santé-Environnement » de l’Union
avaient organisé en 2009, à Bordeaux, un
débat sur l’air intérieur du domicile.
Le cabinet expert Habitat Santé Environnement choisi par l’ARS est le même que celui
que nous avions précédemment retenu à
l’URMLA.
Deux scientifiques y travaillent : Ragnar
Weissmann, docteur en phytopathologie en
Suède (DEA de biologie phyto-protection en
Grande-Bretagne) et Isabelle Farbos, docteur
en génétique et en biologie moléculaire de
l’Université de Bordeaux.
C’est cette dernière qui a animé la première
conférence organisée le 9 avril à Bordeaux,
destinée aux médecins de la petite enfance,
pédiatres, obstétriciens et généralistes.
La seconde rencontre se déroulera dans un
autre département de la région (date encore
non précisée).
Illustration : Guide de la pollution de l’air intérieur - INPES
Zoom
journal de l’union n° 65
dossier
journal de l’union n° 65
ens et petite enfance
Dossier réalisé par Dr Jean-Luc Delabant
Dr Dominique Discazeaux
Recherche
Au fait, l’épigénétique, c’est quoi ?
L’exemple des abeilles et des vrais jumeaux…
L
a conférencière, Isabelle Farbos, a
commencé son propos en présentant
l’épigénétique, notion essentielle
pour comprendre où et comment agissent ces
polluants.
Pour illustrer ce qu’est l’épigénétique, Isabelle
Farbos est partie d’un exemple, celui des
abeilles. Dans une ruche, seule la reine pond
et sa descendance possède rigoureusement le
même patrimoine génétique.
Pour autant, la façon d’élever les œufs et
les larves (chaleur, hygrométrie, nourriture)
conduit à des individus aussi différents que
les ouvrières, les faux bourdons, une nouvelle
reine, etc.
Ceci démontre que l’environnement induit
des expressions différentes du même patrimoine génétique.
Si on regarde dans le détail des chromosomes,
la longue double hélice d’ADN est pelotonnée
sur une protéine (histone) pour ne mesurer
que quelques microns. Il existe sur toute cette
surface des groupes méthyles qui agissent
comme autant de « post-it » à la surface du
chromosome.
Ces groupes méthyles autorisent ou interdisent le codage par l’ARN de séquences
d’ADN et en conséquence la fabrication ou
non des protéines issues de la lecture de ces
gènes.
Les modifications de l’épigénome...
L’état et la position des groupes méthyles autour du chromosome définissent l’épigénome.
Prenons le cas de deux vrais jumeaux : ils ont
les mêmes gènes. Si l’on étudie leur épigénome, celui-ci reste très similaire jusqu’à l’âge
de trois ans, car ils bénéficient a priori des
mêmes facteurs environnementaux (nourriture, conditions de vie, stress, etc.).
En revanche, en avançant en âge, leurs modes
de vie divergeront : des facteurs environnementaux différents agiront directement sur
la méthylation de l’ADN. Ce qui explique qu’à
l’âge de 50 ans, leur épigénome sera devenu
très différent : leur physique et leur état de
santé ne seront plus identiques.
Si les modifications génétiques sont irréversibles, les modifications de l’épigénome, à l’inverse, peuvent se réparer, en particulier en apportant une nouvelle méthylation de l’ADN.
Reconnaître les exposomes
(bénéfiques ou toxiques)
Tous les facteurs environnementaux capables
de modifier l’épigénome sont qualifiés d’exposomes.
Ils peuvent avoir un effet pathogène en empêchant la lecture d’un gène codant une protéine nécessaire à la bonne santé. Il existe
aussi des exposomes bénéfiques capables de
« reméthyler » l’ADN.
Ceci a été clairement démontré avec des souris
nourries avec du Bisphénol qui deviennent vite
obèses et perdent la couleur brune de leur pelage. Si on leur donne une alimentation riche en
groupes méthyles, elles reperdent du poids et
retrouvent leur couleur originelle.
On distingue les exposomes internes des exposomes externes.
•Les exposomes externes sont les agents
infectieux, irradiations, stress, température,
alimentation, médicaments, molécules
inhalées, nourriture, activité physique…
Leurs voies de passage sont essentiellement
la bouche, la peau et les voies respiratoires.
Une enquête faite sur des députés européens
volontaires a permis de mettre en évidence
plus de 70 exposomes pathogènes dans leur
sang. Malheureusement, les études montrent
que ces exposomes passent sans aucune
difficulté la barrière placentaire et via le
cordon ombilical envahissent le fœtus.
C’est à cette période comme dans la petite
enfance où les cellules se multiplient, que
les exposomes toxiques font le plus de
dégâts, car l’épigénome modifié se retrou vera dans toutes les cellules issues de celle
qui a été contaminée. C’est le processus
pathologique du DISTILBèNE.
•Les exposomes internes sont la consé quence de facteurs métaboliques, du stress
oxydatif et surtout des déséquilibres de
la flore intestinale. Il existe un test analysant
les gaz expirés capable d’évaluer le
microbiote intestinal n
Attention, danger !
Quels sont les exposomes externes les plus courants, dangereux
pour les femmes enceintes et les bébés ?
•Dans les aliments : les graisses saturées, les modificateurs de goût, le Bisphénol, etc.
•Dans les toxiques cutanés : cosmétiques, rouge à lèvres et vernis à ongles, teintures pour
cheveux, beaucoup de cosmétiques pour bébés, vêtements synthétiques ou traités,
peluches et autres « doudous »...
• Dans l’air inspiré les toxiques sont les plus nombreux : désodorisants, encens, papier
d’Arménie, parfums d’ambiance, insecticides en bombe ou plaquettes électriques ou
destinés aux animaux de compagnie et aux plantes d’intérieur. Mais aussi les herbicides
du jardin et des espaces verts publics ; l’eau des piscines. Les produits de rénovation de
la maison : sols PVC, colle au Toluène, meubles neufs et peintures. L’essentiel des produits
ménagers pour l’entretien de la maison, mais aussi dans la voiture qui possède sûrement
l’air intérieur le plus pollué. Pour l’école, on peut trouver un « cartable » sans perturbateur
endocrinien sur le site de Habitat Santé Environnement.
9
A
l’union en direct
27 septembre 2015 :
journal de l’union n° 65
Mise aux normes
date butoir
Accessibilité des cabinets médicaux :
Le dossier Ad’AP (imprimé CERFA 13824*03) est obligatoire
et doit être déposé avant le 27
septembre 2015 pour tous les
cabinets qui ne se sont pas déclarés aux normes (lire notre dossier
dans le journal 64 et/ou sur le
site www.urpsmla.org).
L’URPS-ML Aquitaine a signé une convention avec
Bureau Veritas pour aider les médecins libéraux dans le
dossier complexe de la mise aux normes de leur cabinet
médical.
Correspondants accessibilité :
vos contacts
Dordogne
dernière ligne droite !
L
a convention propose deux niveaux de prestations possibles à
prix négociés :
- Mission de base : diagnostic de l’accessibilité
du cabinet médical aux personnes han-
dicapées. Si le diagnostic établit que le
cabinet est aux normes, une attestation
de conformité sera remise.
- Mission optionnelle : rédaction du dossier
Ad’AP (Agenda d’accessibilité programmée).
Correspondant : M. Daniel SICRE
Tél : 05 53 45 56 30
Mail : daniel.sicre@dordogne.gouv.fr
Adresse : Direction Départementale
des Territoires de la Dordogne
Cité Administrative
24024 Périgueux cedex
Gironde
Correspondants : M. Luc ROBERT
Tél : 05 56 24 84 25
Mail : luc.robert@gironde.gouv.fr
M. Pascal MEDAN
Tél : 05 56 24 86 88
Mail : pascal.medan@gironde.gouv.fr
Adresse : Direction Départementale
des Territoires et de la Mer de la Gironde
Cité Administrative
Rue Jules Ferry 33090 Bordeaux
Landes
Correspondant : M. Jean-Marc VILLARET
Tél : 05 58 51 31 00
Mail : jean-marc.villaret@landes.gouv.fr
Adresse : Direction Départementale
des Territoires et de la Mer des Landes
351 boulevard St Médard - BP 369 cedex
40012 Mont-de-Marsan
Lot-et-Garonne
Correspondant : M. Jean-Louis CAMPERGUE
Tél : 05 53 69 33 54
Mail : jean-louis.campergue@lot-et-garonne.gouv.fr
Adresse : Direction Départementale
des Territoires du Lot-et-Garonne
1722 avenue de Colmar
47916 Agen cedex 9
Pyrénées-Atlantiques
Correspondant : M. Fabien JACOB
Tél : 05 59 80 86 82
Mail : fabien.jacob@pyrénées-atlantiques.gouv.fr
Adresse : Direction Départementale
des Territoires et de la Mer
des Pyrénées-Atlantiques
Boulevard Tourasse - Cité Administrative
64032 Pau Cedex
Antenne de Pau (secteur Béarn et Soule) Tél : 05 59 80 86 32
Antenne d’Anglet (secteur Pays Basque)
Tél : 05 59 15 19 63
10
Des tarifs négociés pour vous (prix TTC)
Surface du cabinetDiagnostic
0 à 100 m²
101 à 200 m² 201 à 300 m²
Option
Rédaction du dossier Ad’AP
276,00 e108,00 e
342,00 e 108,00 e
408,00 e108,00 e
> 300 m²
Sur devis
Comment bénéficier de ces tarifs
Mode d’emploi du site
1 - Connectez-vous sur www.pro.bureauveritas.fr/actualites/accessibilite-URPSMLA
Dans la zone de devis, choisissez votre activité « Cabinets médicaux » et votre situation
« en activité ». Cliquez sur « VALIDER ». Indiquez sur la page suivante la superficie de
votre établissement et saisissez notre code promotionnel URPSMLA15BVP.
Puis choisissez d’obtenir un devis ou de commander directement en ligne.
2- Bureau Veritas vous contactera pour fixer un rendez-vous à votre cabinet.
3- Le paiement se fera après intervention, à réception de la facture, en ligne ou par chèque n
A
l’union en direct
journal de l’union n° 65
De vous à nous
Témoignage
Lancement du
PAERPA Bordeaux
Mon diagnostic d’accessibilité :
au secours !
L
a loi exige donc que les cabinets
médicaux se mettent en conformité pour être accessibles aux personnes handicapées. De nombreux cabinets
ne sont pas aux normes, dont le mien...
remplacer la porte d’entrée de l’immeuble
(2 700 €) sans oublier de changer les avaloirs
ou grilles de caniveaux (pour les cannes) et
autres paillassons gênants pour la circulation d’un fauteuil roulant (500 €).
Grâce à l’URPS-ML Aquitaine qui a signé
une convention avec Bureau Veritas pour
accompagner les médecins libéraux dans
leurs démarches, j’ai pu avoir une idée précise des travaux à engager et de leur coût.
Contacté par téléphone, le Bureau Veritas
a rapidement diligenté un technicien très
efficace sur mon lieu de travail, au Bouscat.
L’aménagement du second œuvre coûtera
30 000 €. On fait tomber les murs existants pour permettre une libre circulation
avec possibilité de demi-tour de 1,50 m de
diamètre, à chaque endroit (16 000 €). Il
faut aussi remplacer tous les « blocs portes »
(5 600 €) et aménager des sanitaires adaptés (6 000 €). On repositionne la sonnette
(trop haute) et on change les paillassons
(trop souples)...
Une semaine plus tard, il m’a remis le diagnostic d’accessibilité de mon cabinet.
Sa mise en conformité nécessitera un investissement de 54 000 € dont 22 700 €
pour la copropriété et plus de 32 000 €
pour le propriétaire.
Au titre du gros œuvre, il faudra modifier la
rampe d’accès existante (20 000 €), mettre
en place une signalisation des marches d’escaliers pour les déficients visuels (2 600 €),
installer une main-courante prolongée
des deux côtés de l’escalier. Il faudra aussi
Ce rapport de diagnostic d’accessibilité
doit obligatoirement être présenté en
assemblée générale de copropriété, avant
l’établissement du dossier de l’Agenda
d’Accessibilité Programmée (Ad’Ap) qui est
à déposer avant le 27 septembre 2015.
Gageons que les frais à engager feront
peur aussi à la copropriété ! n
Dr Dominique Discazeaux
Loi accessibilité
Questions, réponses…
ETP, mise à jour
L’URPS MLA a fait préciser quelques éléments d’information
par la Direction Départementale des Territoires de la Gironde...
• Les 4 exemplaires CERFA doivent être adressés par RAR (courrier recommandé avec accusé de réception) ou remis en mains propres à la Mairie de Bordeaux (*) qui se chargera
de la diffusion des exemplaires destinés à la Préfecture. Est-ce que cette organisation est
la même pour toute l’Aquitaine ?
- Les 4 exemplaires qui concernent le cas « un seul ERP sur une seule période de 3 ans » sont
à déposer à la mairie d’implantation de l’ERP (Etablissement Recevant du Public), selon le
même mode que pour la commune de Bordeaux, à savoir par courrier avec RAR ou déposé
directement auprès de la mairie contre remise d’un récépissé.
• Vous avez indiqué que lorsque le cabinet médical se situait dans l’habitation du médecin, il n’était pas nécessaire de faire la mise aux normes d’accessibilité. Dans quel article
de loi ou décret pouvons-nous trouver cette information écrite ?
- Ce dernier article indique donc que les locaux des professionnels utilisés au moins partiellement pour la vie familiale sont juridiquement considérés comme des bâtiments d’habitation... sauf si ces locaux sont déjà classés en ERP par le Service Départemental d’Incendie et de
Secours (SDIS) (réf. article R. 123-2, l’article R. 111-1.1 du CCH).
• Vous avez indiqué que les dérogations ne portaient plus sur la personne du médecin,
mais sur le bâtiment. Où pouvons-nous trouver cette information écrite ?
- L’article L. 111-7-3 précise que des dérogations peuvent être accordées aux Établissements
Recevant du Public situés dans un cadre bâti existant. Ce n’est pas une dérogation donnée
à une personne exploitant l’ERP, mais à l’entité ERP qui, tant qu’elle reste ERP, profite de la
dérogation n
(Source : DDTM 33, Avril 2015)
(*) Cité municipale, 4 rue Claude Bonnier- 33077 Bordeaux
Le 11 mai, en présence des partenaires
et des membres du comité de pilotage
PAERPA, Alain Juppé, maire de Bordeaux
et Michel Laforcade, Directeur général de
l’Agence Régionale de Santé d’Aquitaine,
ont signé la convention cadre lançant
ainsi officiellement le projet PAERPA
(Personnes Agées en Risque de Perte
d’Autonomie).
Suite à la présentation du PPS (Plan Personnalisé de Santé) par le Dr Guérin pour
l’URPS ML Aquitaine, des services offerts
par la plateforme autonomie seniors par
le Dr Brugère pour le CCAS de Bordeaux,
l’unité mobile de gériatrie par le Pr Salles
pour le CHU, l’équipe urgence de nuit par
Bagatelle, les partenaires présents ont répondu aux questions des journalistes.
La phase active vient de démarrer dans le
quartier du Grand Parc et le premier cas
clinique a été enregistré et évoqué lors de
cette présentation.
Le rôle clé du médecin généraliste dans
la prise en charge des sujets âgés fragiles
fait l’unanimité. La coordination entre
les différents professionnels libéraux du
domicile a été saluée par le Directeur
général de l’ARS. La relation équilibrée
ville-hôpital a également été mise à
l’honneur.
Rappelons que l’expérimentation va durer jusqu’à fin 2017 sur les 8 quartiers de
Bordeaux.
Pour faire suite à l’encart publié dans le
journal précédent, vous trouverez sur le
site de l’Union une mise à jour en temps
réel des coordonnées des structures libérales offrant des Programmes d’Éducation
Thérapeutique (ETP).
Journal trimestriel édité par
l’Union Régionale des Professionnels
de Santé Médecins Libéraux Aquitaine
- Juin 2015 ISSN 16378989 - Dépôt Légal : 163 789 89
105 rue Belleville - CS 71241 - 33074 Bordeaux cedex
Tél. 05 56 56 57 10 - Fax : 05 56 56 57 19
Web : www.urpsmla.org
Courriel : aquitaine@urpsmla.org
Responsable de la publication :
Dany Guérin, Présidente de l’URPS - ML Aquitaine
Comité de rédaction :
Jean-Luc Delabant - Dominique DISCAZEAUX
Dany Guérin - Bruno Sabouret - Bruno SARDA
Chantal Renaux
Ont participé à la rédaction du Journal :
Fabrice Bonnet - Jean-Luc Delabant
Dominique Discazeaux - Philippe CASTERA
Philippe Faroudja-Deveaux
Jacques Faucher - Dany Guérin
Véronique GUIONNET - Jean-Luc Hervouet
Jean-Philippe Joseph
Siraz Sachendra - Chantal RENAUX
Philippe Vigouroux
Coordination :
Véronique Guionnet - Laëtitia PUBERT
Dessins : Philippe Tastet
Design graphique : www.junglecactus.fr
Imprimeur : Graphits
11
Vous cherchez un remplaçant ?
Vous cherchez un successeur ?
Misez sur rempla-aquitaine.org !
www.rempla-aquitaine.org est un service
offert par l’URPS des Médecins Libéraux
d’Aquitaine.
Destiné à toutes les spécialités libérales, « rempla-aquitaine.org »
est un site internet innovant et performant de mise en relation
de médecins installés avec des médecins remplaçants, collaborateurs, successeurs.
rempla-aquitaine.org
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UIT
les m Pour tou
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s
d’Aquins libéra
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