Textes La vie buissonnière (2009)

Textes La vie buissonnière (2009)
Alcool
Tu te prends un premier verre
un premier qui libère
de toutes ces tensions
ces nombreuses frustrations
Puis tu en prends un second
parce c’est tellement bon
de ressentir
cette chaleur t’envahi
Brisées enfin les chaînes
de ta chère pudeur
tu te déchaînes,
d’un coup plus rien ne te fait peur
Tu te se sens mieux dans ta peau
tu trouves les gens beaux
tu parles fort
ce sont sûrement les autres qui ont tort
Pourquoi compter les verres
quand ils te chantent l’air
même éphémère
d’une vie extraordinaire
Demain, ça ira mieux,
te chantent-ils encore,
ça ira mieux,
Ce sont sûrement les autres qui ont tort
Et tu t ‘évapores
Tu as quitté ton corps
Tu as quitté ton corps
Et tu t’évapores
Tu essaies de refaire le monde
en 5 minutes trois secondes
en te mettant à nu
devant un tas d’inconnus
Jusqu’au moment intense
des grandes confidences
où tu étreins
les chairs que tu as sous la main
Tout pour oublier qui
tu étais hier, aujourd’hui
oh comme si
vivre hors de soi redonnait envie,
de goûter au bonheur
et de repousser l’heure,
l’heure blême,
des retrouvailles avec soi-même
Et tu t ‘évapores
Tu quittes ton corps
Tu quittes ton corps
Avant de t’échouer
sur un lit, un plancher
tu regrettes ce temps
où tu faisais pas semblant
où tu ne crânais pas
où tu gardais en toi
l’illusion d’être neuf et pas d’occasion
Texte: Karin Clercq
Musique: David Callas - Karin Clercq
Petits mensonges
Ils ont trente ans et des poussières
des vies remplies,
tellement remplies qu’ils manquent d’air
et s’asphyxient
Elle a un homme, beaucoup d’amis
trois beaux enfants
Il court après le temps, les filles
et c’est le printemps, c’est le printemps
Il la regarde, elle le laisse faire
et lui sourit
Qu’est ce qu’on ferait pas pour une chimère
une badinerie
« J’aime beaucoup Anna Glavada »
dit-il soudain
en montrant le livre qu’elle a
entre les mains
Petits mensonges
piments de notre ennui
De si petits mensonges
pour relever nos vies
pour que nos coeurs fassent
pam da daoudam to pamdou
dou pam dam dadaoudam
Ce n’est rien qu’un mensonge
quand on y songe
un petit mensonge
pour que nos coeurs fassent
pam da daoudam to pamdou
dou pam dam dadaoudam
Pour que nos coeurs fassent
boum, boum, boum, boum
boum, boum...
« Vous aimez les romans ? »
répond-t-elle
« Celui-ci est passionnant ! »
« Oui j’adore ça, vraiment »
− Mais qu’elle est belle« J’en lis trois en ce moment... »
Petits mensonges
piments de notre ennui
De si petits mensonges
pour relever nos vies
pour que nos coeurs fassent
pam da daoudam to pamdou
dou pam dam dadaoudam
Il lui dit : «Franchement, vous me plaisez
terriblement.
Avez-vous le temps de boire un café,
une heure seulement ?»
Et pour une fois vivre sa vie
comme ses romans,
pour un fois, elle répond : « oui, oui
j’ai tout mon temps...
Je meurs de chaud, je meurs
et j’ai envie
d’un zeste de fraîcheur
Et puis c’est le printemps
qui nous sourit
et personne ne m’attend »
Texte: Karin Clercq
Musique: David Callas – Karin Clercq
Sur le bord
du trottoir
Sur le bord du trottoir,
y a une fille
Elle a tant d’amoureux,
tant d’amoureux,
qu’elle ne sait lequel prendre,
lequel attendre,
comme dans les rondes de France
de son enfance
Même si elle vend son corps
pour un peu d’or,
elle garde au fond des yeux
une fleur bleue,
qu’elle cultive précieusement
en fredonnant
ces chants d’un autre temps
à ses clients
Elle chantonne tous les soirs
sur les boulevards
en espérant qu’un jour
viendra l’amour,
un soulier à son pied
déjà usé
par ces longues soirées
à se louer
Quel homme oserait lui dire
sans en rougir
« la belle, si tu voulais,
si tu voulais,
nous dormirions ensemble
où bon te semble,
sans plus parler d’argent,
jusqu’à la fin des temps »
Où sont-ils donc passés
les princes et les bergers
qui rendent aux jeunes filles leur fierté
ont-ils seulement existé ?
Où est-il donc passé, ce petit cordonnier
qui aurait sa préférence ?
qui aurait sa préférence ?
Texte: Karin Clercq
Musique: Karin Clercq
La vie buissonnière
Ne refais pas ton lit,
fais plutôt ta valise
Partons, partons d’ici
Tu vois bien qu’on s’enlise
Prends juste quelques affaires
le nécessaire
ce qu’il faut pour faire le mur
de cette vie sans aventure
Ils auront beau dire
Ils auront beau faire
A nous, la vie buissonnière
Ils auront beau rire
sous leurs beaux impers
nous, on sera libre comme l’air
Viens avec moi, viens on va faire
La vie buissonnière
Ils auront beau dire
Ils auront beau faire
A nous, la vie buissonnière
Ils auront beau rire
sous leurs beaux impers
nous, on sera libres comme l’air
Ne laissons pas nos rêves
s’échouer sur la grève
comme ces bouteilles pleines de regrets
que les marées nous ramènent sans arrêt
Partons avec le vent
pour vivre autrement
y a une histoire à inventer
en marge des chemins tout tracés
Ils auront beau dire
Ils auront beau faire
A nous, la vie buissonnière
Ils auront beau rire
sous leurs beaux impers
nous, on sera libres comme l’air
Ne refais pas tes comptes
n’écoute pas ce qu’ils te disent
On part, y a que ça qui compte
Allez, on improvise
Arrête de croire
que les jeux sont faits
Si on quitte tout, ce soir,
c’est pour d’autres sommets
Texte: Karin Clercq
Musique: Karin Clercq
Encore
Il a suffi d’un rien
d’un geste anodin
pour que nos corps se lancent
à nouveau dans la danse
que nos lèvres se mordent
comme deux affamés
qui crient et qui se tordent
d’avoir longtemps jeûné
Encore, une toute dernière
Encore, une dernière fois
une toute dernière
et puis, on arrêtera
Il a suffi qu’on soit
seuls dans ce hall d’entrée
pour qu’en nous se réveille
une foule énervée
prête à tout pour avoir
de quoi boire et manger
un peu de ce nectar
qui fait tout oublier
Encore, une dernière fois
Encore, une toute dernière fois
Ces nuits qu’on brûle à deux
carbonisent nos journées
Nous ne serons dans peu
que poussière cendrée
Mais ces instants volés
sont si vertigineux
que c’est dur d’accepter
qu’il faut vivre sans eux
On devrait se dire non
Oui, mais comment peut-on
quand on tremble si fort
quand on a soif encore ?
Encore, une dernière fois
Encore, une toute dernière fois
Même si souvent les restes
ne nous satisfont pas
Même si c’est indigeste
quand on rentre chez soi
Même si ça me coûte
quand je pense à tout ça
Si s’infiltre le doute
j’ai trop envie de toi
Texte: Karin Clercq
Musique: Ozark Henry
La ville
J’écoute les bruits de la ville
en solitaire, sur mon balcon
quand le soleil part en exil
quelque part à l‘horizon
J’écoute les bruits de la ville
au crépuscule comme une musique,
une ballade urbaine et fragile
qui arrête le temps, le rend unique
J’entends la ville qui me murmure
Sens-tu la vie ?
Sens-tu ma vie ?
Et cette bande-son me rassure
Je suis en ville
Je suis en vie
J’entends la ville qui me murmure
Sens-tu la vie ?
Sens-tu ma vie ?
Et cette bande-son me rassure
je suis en ville
je suis en vie
Et je laisse enfin le silence
me laver de ces dissonances
pour re-signer avec la vie
elle trop courte pour qu’on l’oublie
J’écoute la ville en sourdine
et ses nombreuses variations,
toutes ces fenêtres qui s’illuminent
semblent être les notes d’une partition
J’écoute les passants qui murmurent
les pneus qui crissent sur le goudron
les basses du camion à ordures
la fièvre lyrique des klaxons
Et les cuisines déchaînées
qui grésillent en contrepoint
de la complainte des télés
me font sourire, ça fait du bien
J’entends la ville qui me murmure
Sens-tu la vie ?
Sens-tu ma vie ?
Et cette bande-son me rassure
Je suis en ville
Je suis en vie
J’écoute le bruissement des paupières
et les fenêtres qui une à une
s’éteignent simplement sur hier
sur les fortunes, les infortunes
J’écoute le blues du bar du coin
qui déborde sur le trottoir
la soirée qui se déhanche au loin
sur une mesure binaire standard
J’écoute la bouteille qui casse
la folle sirène qui brûle les feux
Puisque tout passe, tout s’efface
n’en profiterais-je pas un peu ?
Texte: Karin Clercq
Musique: Karin Clercq
Kermesse
Si tu es seule,
mal accompagnée
qu’en single,
tu veux te défouler
suis la route
de la kermesse d’en-bas
suis la route,
tu te plairas là-bas
Tu y trouveras
à portée de main
une joie
qui ne coûte presque rien
Etincelles
tout au bout des doigts
Fête sensuelle
qui te surprendra
Prends le temps
respire profondément
prends le temps
redescends calmement
Va dormir
Ou repars pour un tour
si le désir
si l’envie courent toujours
Dis-toi bien
Qu’il n y a aucun mal
aucun mal
à se faire du bien
Aujourd’hui, c’est toi l’artiste
Oublie tes préjugés
Au centre de la piste
On goûte à la légèreté
Et prends l’entrée des artistes
Oublie tes préjugés
Au centre de la piste
On goûte à la légèreté
Si tu sens
que la fête bat son plein
dans ton sang ,
ton coeur et tes mains
Si tu entends
comme un air de fanfare,
c’est le chant
du corps qui se prépare
à sonner
le grand feu d’artifices
faire chanter
notre boîte à malices
Vas-y vite
le bouquet n’attend pas !
Vite, plus vite
ou il se fanera
Et prends l’entrée des artistes
Oublie tes préjugés
Au centre de la piste
On goûte à la légèreté
Texte: Karin Clercq
Musique: Luc Page
Des instants choisis
Je gardais depuis des années
dans ma cave de grands cartons beiges
quelques traces de ma vie passée
pour en faire un beau florilège
Des lettres, des papiers griffonnés
des photos, des tickets de soirées
des cheveux, un vieux poudrier,
les restes d’une rose fanée
Toutes ces traces sont comme ce roman
qu’on a rangé dans une armoire
et que l’on ressort quand on sent
qu’on a besoin de s’émouvoir
Pour goûter ces moments de vie
quand la mienne prend un coup de gris
Goûter à ces instants choisis
et m’offrir un peu de répit
Goûter à ces moments de vie
quand la sienne prend un coup de gris
Goûter à ces instants choisis
offre un peu, un peu de répit
Pour ne surtout pas m’assécher
je me suis jurée de garder
tout ce qui m’a un jour touchée
et m’aidera à voyager
Et quand à quatre fois vingt ans
je chercherai comment frémir
j’ouvrirai mes boîtes à souvenirs
pour ressentir, pleurer ou rire
Goûter à ces moments de vie
quand la mienne prend un coup de gris
Goûter à ces instants choisis
et m’offrir un peu de répit
Hier soir une averse est tombée
si fort et si rapidement
que toute la rue s’est transformée
en océan en peu de temps
Il a suffi d’une heure de pluie
pour que d’un coup soient effacés
les lettres, les billets passionnés
les photos, le moindre cahier
Rien dans la cave n’a échappé
à cette noyade forcée
et il ne reste de ce passé
qu’une vieille image délavée
Il n’y a plus qu’à regarder devant
à faire confiance à la mémoire
Il n’y a plus qu’à regarder dedans
c’est le plus fidèle des miroirs
Texte: Karin Clercq
Musique: David Callas
Bijou d'hommes
Je chante pour le père
premier point de repère
dans cette saga d’hommes
qui a croqué la pomme
Nos références d’enfant
en matière d’homme longtemps
sur ce sexe qu’on a cru
si fort à nos débuts
Je chante pour le frère
qu’on aime, qu’on exaspère
celui qu’on n’a pas eu
celui qu’on a perdu
Je chante pour les autres
les autres hommes les autres
Je chante aussi les autres
oh il y en a tant d’autres
Je chante le poète
de nos premiers émois
ses baisers que l’on guette
ses lettres que l’on boit
Et pour le chercheur d’or
qui déplia lentement
la carte de notre corps
pour la lire en tremblant
Je chante pour les autres
les autres hommes les autres
Je chante aussi les autres
oh il y en a tant d’autres
S’il y avait un collier
dont les perles seraient les hommes
qu’on a croisés, aimés,
qui racontent qui nous sommes
Je le porterais souvent
sur ma peau pour garder
une trace des sentiments
qu’ils m’ont inspirés
Je serai riche
alors de ceux qui m’ont aimée
Je serai riche
de ceux qui m’ont blessée
fait rire souffrir, jouir
crier jouer rêver pleurer danser grandir
Je serai riche de ceux qui m’ont marquée
Et qu’on serra si fort
en silence pour lui dire :
« Je serai ton trésor »,
entre larmes et fou-rires
Je chante pour les autres
les autres hommes, les autres
Je chante aussi les autres
oh il y en a tant d’autres
Je chante pour le lâche
pour celui qui nous lâche
le fils, l’ami complice
ceux rentrés en coulisses
Je chante le grand A
mais on n’en parlera pas
car quand on croit qu’on l’a
on le garde pour soi
Texte: Karin Clercq
Musique: Karin Clercq
On veut toujours ce qu'on n'a pas
On s’embrasse, on s’enlace
caresses pleines de promesses
On se trouve, se retrouve
en se croquant à pleine dent
On sent que c’est le moment
On se sent hors du temps
Veux-tu qu’on se voit demain
Rêves-tu d’une vie à 4 mains ?
On s’installe, pose nos malles
On joue comme des chiens fous
On achète des placards
pour y mettre nos espoirs
On veut toujours ce qu’on n’a pas
et quand on l’a et quand on l’a
on n’est jamais content de ce qu’on a
depuis l’aube des temps c’est comme ça
Je comprends pas
On ne se comprend plus
On ne se supporte plus
On se bloque, « c’est à moi ! »
On débloque, « non c’est moi ! »
On se fritte, on se quitte
en jurant, en criant
C’est fini, on ne nous y
Reprendra pas une autre fois
Mais…
On oublie, on s’ennuie
dans ce désert solitaire
On repart, case départ,
il n’est jamais trop tard
On veut toujours ce qu’on n’a pas
et quand on l’a et quand on l’a
on n’est jamais content de ce qu’on a
depuis l’aube des temps c’est comme ça
Je comprends pas
Je comprends pas
On est tendre sans se surprendre
Vive les soirées télés
S’embrasse plus dans la rue
On n’y pense plus
Et on s’use, on s’excuse
On ment, on fait semblant
On endort les non-dits
On s’endort amortis
On rumine, on fulmine
On abuse, on s’accuse
Trop donné, pas assez
L’alliance est périmée
On veut toujours ce qu’on n’a pas
et quand on l’a et quand on l’a
on n’est jamais contente de ce qu’on a
depuis l’aube des temps c’est comme ça
Je comprends pas
Je comprends pas
Texte: Karin Clercq
Musique: Karin Clercq
Pour un non pour un oui
Il pleure dans mon coeur
comme il pleut sur la ville
mais aucune langueur
ne pénètre mon coeur
Il pleure dans mon coeur
Il pleure depuis des heures
des gouttes de rancoeur
Verlaine est un menteur
Ce n’est pas sans raison
que ton coeur m’écoeure
C’est pour sa trahison
pour sa fuite, déserteur
Et je ris, oui je ris
pour un non pour un oui
Et je ris, oui je ris
pour un non pour un oui
Entends-tu-toi aussi
le bruit doux de la pluie
Où es-tu, dans quel lit ?
La fais-tu rire aussi ?
Dans quels bras mon amour
as-tu fini le jour ?
Dans quel corps, dans quel coeur
as-tu mis tes ardeurs ?
Moi je ris, oui je ris
pour un non, pour un oui
Moi je ris, oui je ris
pour un non, pour un oui
Et il rit dans mon coeur
comme il brûle sur la ville
Soleil réparateur
fait fondre les rancoeurs
Je pense encore à toi
mais le sourire aux lèvres
à ce que tu n’auras pas
pris le temps de connaître
Et je ris, oui je ris
pour un non pour un oui
Et je ris, oui je ris
pour un non pour un oui
Texte: Karin Clercq
Musique: Luc Page
Déboussolée
Je n’ai pas le bon profil
toujours à côté de la file
Quand on me dit face, je comprends pile
je suis devenue inutile
C’est comme si j’avais égaré
la clef qui me faisait démarrer
En panne de sens, d’identité
Déboussolée
J’ai perdu le nord
Je me sens complètement à l’ouest
J’ai perdu le nord
Je t’en prie reste
un peu encore
Trop longtemps, j’ai cru aux mirages
Pas vu, pas pris le bon virage
Fin du voyage, voie de garage
et plus personne dans les parages
Si seulement tu pouvais me donner
le code qui permet d’avancer
car je n’en peux plus de caler
Déboussolée
J’ai perdu le nord
Je me sens complètement à l’ouest
J’ai perdu le nord
Je t’en prie reste
un peu encore
Je n’ai pas l’âge que l’on me donne
Le mal de vivre, ça empoisonne
et je passe mon temps à masquer
les cicatrices qu’il a laissées
Je n’arrive plus à faire un pas
Ai-je mal lu le mode d’emploi ?
Est-ce de ma faute si je reste là ?
Déboussolée
J’ai perdu le nord
Je me sens complètement à l’ouest
J’ai perdu le nord
Je t’en prie reste
un peu encore
J’ai perdu le nord
J’ai perdu le nord
J’ai perdu le nord
Je t’en prie reste un peu encore
Texte: Karin Clercq
Musique: Karin Clercq
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