Formation par la Recherche n°5, décembre 1983

Formation par la Recherche n°5, décembre 1983
FORMATION in
PAR LA RECHERCHE:
[SSN 0754-8893
00000 © ouf
Lettre o
l’Association Bernard Gregory
53 rue de Turbigo
75003 Paris
CL
1 — ag
Les résultats chiffrés
de l’Association
Bernard Gregory
pour l’année 1983
Nous vous présentons le bilan statistique
de l’activité de placement de l’Association
Bernard Gregory pour l’exercice du
1° octobre 1982 au 30 septembre 1983.
Traditionnellement, ces bilans accompa-
gnent le Rapport moral de l’Association
présenté devant l’Assemblée Générale.
Nous pensons que ces chiffres intéressent
un public plus large.
(suite page 2)
. LU
Editorial
Tout organisme dont la vocation est
l’aide à l’insertion professionnelle des
jeunes diplômés prend en compte, au-
delà des actions directes de placement,
l’idée de former les candidats à la
recherche d’une carrière. Cela implique
une préoccupation à la fois du choix des
débouchés et des employeurs, de
l’adaptation des profils aux besoins socio-
économiques (sans pour autant se limiter
à faire de l’orientation à court terme), des
relations avec les entreprises, et enfin de
l’apprentissage de la vie active aux
candidats.
Dans le domaine qui est le sien,
l’Association Bernard Gregory n’échappe
pas à cette règle, mais elle a choisi la
décentralisation de ses activités d'aide et
de conseil aux jeunes formés par la
recherche. Elle s'appuie sur les
correspondants des Bourses de l’Emploi
locales, dont les relations quotidiennes
avec les candidats et le tissu industriel de
leur région sont précieuses et efficaces.
La croissance rapide des activités de
l’Association et du nombre de candidats
inscrits aux Bourses de l’Emploi (cf. p 2)
nécessite cependant une répartition bien
définie des tâches: si le siège parisien
assure la coordination des actions menées
par les Bourses de l’Emploi, ces dernières
doivent organiser des contacts et des
relations beaucoup plus fuides entre les
candidats, les employeurs potentiels et
elles-mêmes.
Une telle responsabilité ne saurait être
anonyme: c’est au parrain de l’assumer,
tant pour le conseil aux candidats et leur
suivi que pour la prospection des
entreprises.
La responsabilité des correspondants
dans les Bourses de l’Emploi, c’est aussi
de contribuer à améliorer l’efficacité des
actions de l’Association Bernard Gregory,
et pas seulement au niveau local: opérer
une première sélection des candidats afin
de présenter des profils adaptés aux
postes à pourvoir, par exemple. Ne
pourrait-on aussi attendre d’eux une
participation à l’amélioration des outils de
l’Association, comme les catalogues de
candidatures ? Comment envisager la
mise en place d’une structure légère de
consultants qui coordonneraient la
répartition des candidats dans les
catalogues de spécialités ? Comment
adapter la parution de ces catalogues aux
disponibilités universitaires et
industrielles (4 catalogues par an, diffusés
à des dates “stratégiques”, pourraient
avoir plus d’impact que les 5 éditions
actuelles) ?
Pour toute cette charge de travail,
enfin, le mot bénévole devrait être banni
du vocabulaire de l’Association Bernard
Gregory: nul Président de bourse, nul
Correspondant ne peut s’estimer
bénévole quand il s’agit d'aider à
l’insertion professionnelle de ses
candidats. Cela fait partie des fonctions
multiformes et essentielles des
enseignants et des chercheurs,
responsables de leurs étudiants. D'autant
que, s'agissant de jeunes formés par la
recherche, le bénéfice immédiat, mais
aussi à moyen terme, de leur insertion
professionnelle, ira également au
laboratoire, à l’école ou à l’université qui
les a formés.
Jean-Charles Viénot
Président de la Bourse de
l’Emploi de Besançon
sommaire
Enquête - Les résultats chiffrés de l'Association pour l'année 1983 2
Bourses de l’Emploi - L'orientation: un métier d’enseignant 3
Mode d’emploi - Les chargés de mission au relations industrielles du CNRS 5
Actualités - Un nouveau DEA en Génie biologique et médical - Les journées
nationales de L’'ANVAR - Publications 6
Entreprises portes ouvertes - La recherche à L'Oréal /
Nouvelles - Le bilan d’une année de “Formation par la Recherche” - Adhésions 3
| —
NQUETE
(suite de la page 1)
La précision et la pertinence de nos statisti-
ques dépendent de la qualité de suivi des can-
didats par chaque Bourse de l’Emploi; nous
nous permettons de rappeler l'importance que
nous y attachons.
Ce bilan statistique 1983 n’englobe pas l’ac-
tivité de placement en Sciences de l'Homme
et de la Société (catalogue 1); en effet, les
expériences que nous avons entreprises cette
année ne s’intègrent pas dans le déroulement
traditionnel de nos éditions de catalogues.
Le tableau n° 1 indique l’évolution des
candidatures parues sur les catalogues 2 à 9"".
On peut ainsi noter une forte augmentation
des inscriptions à l’actif de cette année:
Candidats | Candidats 0
entrant sortant *
1981 37 337 89
1982 336 283 85
1983 449 374 83
Cette augmentation des inscriptions
entraîne à première vue un déficit aggravé de
la balance entrées-sorties; une analyse plus
fine montre qu’en réalité le bilan est relative-
ment positif.
Ce déficit apparent concerne en effet les
catalogues 4 à 8 (physique, mécanique, élec-
tronique, informatique...), qui bénéficient
d’un afflux très net de candidats inscrits ces
derniers mois: ainsi, dans ces domaines
porteurs d’emplois, notre audience auprès des
jeunes diplômés s’est élargie et nous présen-
tons actuellement un nombre accru de
candidats.
Les catalogues 2 et 3 (biologie, chimie),
dont le déséquilibre chronique entrées-sorties
crée notre déficit traditionnel, restent très sta-
bles. Les inscriptions y ont considérablement
augmenté cette année, et parallèlement le
taux de renouvellement est proportionnelle-
ment correspondant:
Catalogue 2 Entrées Sorties %
Biologie
1982 101 72 71
1983 170 126 74
Catalogue 3 . i
Chimie Entrées Sorties Va
1982 105 94 88
1983 106 89 84
L'important afflux d’inscriptions récentes
et le taux relativement satisfaisant de recru-
tement entraînent conjointement un rajeunis-
sement moyen des candidats que nous présen-
tons à la fin de cette année 1983.
Actuellement, 60% environ des candidats
se sont inscrits en 1983, 18% en 1982 et 22%
de 1978 à 1981.
Le renouvellement des candidats s’effectue
de façon satisfaisante (3/4 des candidats ins-
crits en 1982 ont été recrutés). La remise en
question, au sein de certaines Bourses, des
inscriptions des candidats stationnaires depuis
3 à 4 ans permettra d'aborder l’année 1984
avec des catalogues plus incitatifs.
Les secteurs d’emploi
Le tableau n° 2 indique la répartition des
candidats recrutés par type d’employeur et
diplôme. Le secteur industriel représente la
moitié des recrutements de nos candidats:
152 sur 310 recrutements connus (nous avons
perdu la trace de 64 candidats). En outre la
rubrique “Divers” regroupe de nombreuses
situations professionnelles non-académiques:
hôpitaux, administration-centrale et régionale
(agriculture, aménagement, industrie.), asso-
ciations souvent liées à des collectivités, admi-
nistrations et organisations
professionnelles. (suite page 3)
1. Evolution des candidatures publiées dans les catalogues 2 à 9 (hors Sciences de l’Homme et de la Société)
Candidats sans diplôme d’ingénieur Candidats avec diplôme d’ingénieur В
3° Docteur Di Total Teen 3° cycle + | Docteur | Dr. Etat + Total Hal
cycle Etat WEL 7 TEER Ingénieur | Ingénieur | Ingénieur
Candidats inscrits
au 1/10/82 A 391 48 3 447 5 17 52 4 78 520
Candidats inscrits entre
le 1/10/82 et le 30/09/83 B | 30 a ? 2 - 4 5 ! e 449
Total des dossiers traités entre
le 1/10/82 et le 30/09/83 A+B 731 75 12 818 5 24 111 11 151 969
Candidats sortants entre
le 1/10/82 et le 30/09/83 | “3 5 3 = 2 8 1 8 № An
Candidats inscrits
au 30/09/83 (A+B)—C 473 47 3 523 3 17 | 47 5 72 595 -
2. Répartition des candidats sortants par employeurs et par diplômes
Candidats sans diplôme d'ingénieur Candidats avec diplôme d’ingénieur Total
Employeurs 3 D 3 : т Ч раг
e octeur y ; “cycle + octeur r. Etat + employeurs
cycle Etat Divers Total Ingenieur Ingenieur | Ingenieur | Ingenieur Total
Universités, écoles 17 5 23 — 1 4 1 29
CNRS, INSERM, ORSTOM 17 l — 18 — 2 4 == 24
Grands organismes (CEA,
ONERA, CNET, Institut Pasteur) 16 3 19 1] 2 14 33
Industrie et Centres techniques 103 y 113 2 1 34 2 39 152
Divers (administration, hôpitaux,
association, enseignement 60 6 67 — — 5 — 5 72
secondaire, coopération...)
Emplois non connus 45 6 55 = 6 1 9 64
Total par diplóme 258 28 295 2 7 64 6 79 —
a “Formation par la Recherche” n° 5, décembre 1983
BOURSES DE L'EMPLOI
Le secteur industriel représentait déjà en
1981 la moitié de notre marché d’emploi, qui
reste ainsi assez stable. On ne relève pas de
différence significative entre universitaires
docteurs de troisième cycle et docteurs-
ingénieurs: 46% des universitaires et 56% des
docteurs-ingénieurs sont recrutés dans
l’industrie.
Quelles entreprises
recrutent nos candidats ?
En 1981 et 1982, sur 150 entreprises, 37 ont
recruté environ la moitié de ces candidats;
parmi elles, seulement 25 ont effectué des
embauches à la fois en 1982 et en 1983.
Le marché de l’emploi industriel, géré par
l’Association Bernard Gregory, s’organise
ainsi autour de deux pôles: d’une part des
groupes industriels dont les embauches de
jeunes docteurs sont relativement nombreu-
ses et régulières: d'autre part de nombreuses
entreprises dont les besoins en personnel
scientifique de niveau doctoral sont très ponc-
tuels et non extensibles. Si l’on recense toutes
les entreprises qui ont recruté des candidats
inscrits aux Bourses de l’Emploi de 1978 à
1981, on remarque que 70% de ces 220 entre-
prises n’ont recruté qu’un jeune docteur
pendant la période de 4 ans, et n’ont opéré
aucun recrutement sur nos catalogues sur la
période suivante (1982-1983).
Globalement, depuis la création des Bour-
ses de l’Emploi (environ 1978-1983), 270
entreprises ont recruté un de nos candidats, et
90 environ en ont embauché plusieurs. Cette
discontinuité du recrutement de jeunes cher-
cheurs avait déjà été constatée dans les études
que l’Association a effectuées sur l'insertion
professionnelle des chimistes et des biolo-
gistes. 166 entreprises avaient recruté 339
chimistes de notre échantillon de 1975 à 1980:
— 124 entreprises n’ont recruté ди’! jeune
docteur en 6 ans,
— 27 en ont recruté de 2 à 4,
— ]4 entre 5 et 10,
— | entreprise a embauché 34 chimistes.
Il y a aussi une certaine discontinuité au
sein des 90 entreprises mentionnées plus
haut: leurs recrutements concernent de 3 à 40
Jeunes chercheurs sur ces 6 dernières années,
soit groupés sur quelques années, soit étalés
régulièrement sur cette période.
Notons enfin que les entreprises dont les
recrutements sont les plus réguliers se trou-
vent parmi nos sociétés adhérentes.
(1) (biologie, biochimie; chimie; physique et chimie
des matériaux, métallurgie; mécanique, mécanique
des fluides, thermique; physique; mathématiques,
informatique; électronique, instrumentation; sciences
de la terre).
L'orientation:
un métier
d’enseignant
Les universités scientifiques et littéraires
françaises se préoccupent depuis peu de
professionnalisation. La tradition voulait en
effet que ces universités s’attachent à assurer,
année après année, la relève du corps
enseignant, laissant les écoles d’ingénieurs
subvenir aux besoins du marché de l’emploi
industriel.
Ainsi, lorsque la professionnalisation de
l’Université a été évoquée dans les alinéas de
la Loi d'Orientation des Enseignements Supé-
rieurs de novembre 1968, cela a profondé-
ment bouleversé une vieille routine universi-
taire et a mis fin au doux ron-ron des cours
magistraux. Il ne s’agissait plus seulement
d’inculquer le savoir; les connaissances
acquises devaient désormais correspondre aux
exigences de l’emploi et des débouchés
professionnels de la nation.
C’est ainsi qu’entre 1970 et 1974 une foule
de sigles nouveaux font leur apparition dans
le système universitaire français. On peut
citer, entre autres, les MIAGE, MST, MSG,
LEA, AFS, DESS"”, désignant des filières de
formation finalisée devant favoriser l'insertion
professionnelle des étudiants. En 1973 est
également créé le DEUG (Diplôme d’Etudes
Universitaires Générales), défini comme étant
un cycle de formation générale et d’orienta-
tion. Simultanément, les premières Cellules
universitaires d’information et d'orientation
(CUIO) sont mises en place en octobre 1973,
avec pour mission de conseiller les étudiants
et les lycéens sur le choix d’études et de pro-
fessions, de développer les liaisons avec les
milieux professionnels, et de fournir aux
enseignants toutes les informations nécessai-
res A "adaptation de leurs formations a la réa-
lité étudiante et à l’évolution du marché de
l’emploi.
On peut dire que la mise en place des
CUIO tombe à pic: la récession économique
amène très vite les bacheliers à exiger de
l’Université une formation en vue de l’entrée
sur le marché de l’emploi ou d’une promotion
sociale. Conclusion: l’Université doit se
préoccuper activement de l’avenir de ses
diplômés.
(1) Respectivement: maîtrise d'informatique appliquée
d la gestion, maîtrise de sciences ei techniques,
maîtrise des sciences de gestion, langues étrangeres
appliquées, administration économique et sociale,
diplôme d'études supérieures spécialisées.
“Formation par la Rechercne” n° 5, décembre 1983
Les CUIO:
un relais entre les étudiants
et les enseignants
Et les enseignants, dans tout cela ? Ils
subissent le choc de cette mutation, et doi-
vent eux aussi s'adapter. Car à leur mission
d’enseignement vient s’ajouter celle de conseil
et d’orientation des étudiants.
En effet, les CUIO n’ont pas été créées
pour assumer seules la “mission de direction,
de conseil et d’orientation des étudiants”, qui
incombe normalement “à toute fonction uni-
versitaire d'enseignement et de recherche”,
Autrement dit, comme aime á le rappeler
Mme Denise Auvergne, chef du Bureau d’In-
formation et d'Orientation de la Direction des
Enseignements Supérieurs au Ministère de
l’Education Nationale, il est bien évident que
“la compétence du personnel non-enseignant ne
peut en aucun cas suppléer à la compétence de
l’enseignant en ce domaine”, qui connaît le
mieux “les capacités, les aptitudes et les qualités
requises pour préparer telle ou telle filière, et les
possibilités de reconversion qu’elles permettent,
en fonction à la fois des individus, du champ de
connaissances et des carrières à envisager”. Les
CUIO sont donc, avant tout, un support logis-
tique destiné à jouer un rôle d'“interface”
entre l’enseignant et l’étudiant, et fournir à
l’un et à l’autre une documentation actualisée.
Si l’on s’en tient aux chiffres, 74 ensei-
gnants titulaires sont chargés de mission
auprès des 71 CUIO existantes. Mais ces don-
nées officielles sont en fait très loin de la réa-
lité, et les enseignants qui collaborent avec les
CUIO sont beaucoup plus nombreux.
À la cellule d’information, de documenta-
tion et d’orientation (CIDO) de l’université
Paul Sabatier de Toulouse, on estime à plus
d’une centaine le nombre d’enseignants coo-
pérant avec la cellule.
Selon M. Michel Denizart, chargé de mis-
sion à la CIDO, cela tient en partie au fait que
le recrutement de jeunes enseignants-cher-
cheurs, qui ont été eux aussi confrontés aux
mêmes problèmes que les étudiants, a favo-
risé cette sensibilisation du corps enseignant.
“И faut ajouter aussi, expliquent MM. Michel
Denizart et Gabriel Soum (Bourse de l’Em-
ploi de Toulouse), que cette prise de conscience
du problème de l'orientation par le corps ensei-
gnant est souvent provoquée par les étudiants
eux-mêmes”. Ainsi, compte tenu des difficul-
tés d'insertion professionnelle, beaucoup
d’étudiants se sont rabattus sur les concours
des grandes écoles et des administrations. Ils
ont donc été amenés à venir chercher des
(suite page 4)
(2) Article 2 du Décret du 9 août 1979.
BOURSES DE L'EMPLOI (suite)
(suite de la page 3)
informations à la CIDO, avant d’aller trouver
leurs enseignants pour leur demander si leurs
cours étaient bien adaptés à la préparation de
ce type de concours. Cette démarche a fini
par produire une sorte de déclic chez les
enseignants, et une formation adaptée à la
préparation des concours aux ENST a ainsi pu
être mise en place il y a cinq ans.
De bouche d’étudiant
à oreille d’enseignant,
et vice-versa
Les enseignants de Toulouse n’ont pas
seulement un rôle d’écoute des étudiants: ils
vont aussi voir les étudiants pour les faire par-
ler, pour provoquer, en quelque sorte, leurs
réactions face au problème de l’orientation.
L'objectif visé est que l’étudiant parvienne à
formuler son projet universitaire en fonction
de son projet professionnel. Pour cela, les
enseignants et le personnel technique de la
CIDO vont dans les amphis, et essaient de
sensibiliser les étudiants de première année à
leur propre orientation ou réorientation, en
leur posant par exemple la question: “Et si
vous échouez ?” A l’heure actuelle, cela se fait
surtout en pharmacie et en médecine, où la
réussite est conditionnée par un concours en
fin de première année. Mais cette action est
progressivement étendue aux étudiants des
premiers cycles scientifiques, afin qu’ils n’at-
tendent pas l'obtention du DEUG pour se
poser la question du choix de la licence ou de
la maîtrise.
À l’université de Lille-I, on va encore plus
loin. En mars 1983, l’Unité d’Enseignement et
de Recherche (UER) de Biologie et le Service
Universitaire d'Accueil, d'Information et
d'Orientation (SUAIO) publient une enquête
sur ce que pensent les étudiants et diplômés
de l’'UER de Biologie de leur formation et de
leurs formateurs. Les résultats sont sévères:
“le manque de projet pédagogique pour l'UER
revient comme un leitmotiv tout au long de l'en-
quête”, écrit le professeur Maurice Porchet,
Directeur de l’UER, dans l’avant-propos de
l’enquête. “Mais, insiste-t-il, /a pire des attitu-
des serait pourtant de rejeter globalement les
résultats de l'enquête et de s'enfermer dans un
confortable corporatisme enseignant”. Les
enseignants biologistes ont suivi cet avis, et
ont créé des points d’accueil pour recevoir les
étudiants et dialoguer avec eux, afin d’étudier
ensemble ce qui ne va pas et de trouver des
solutions.
L’aide
à l’insertion professionnelle
L’exemple
des Bourses de l’Emploi
L'aide à l’insertion professionnelle est
l’autre volet de la mission d'orientation des
CUIO et des enseignants. Les CUIO lui ont
consacré plus de 40% de leur subvention en
1981-1982. Cette aide à l’insertion profession-
nelle des étudiants s’articule autour de deux
actions principales: une action d'ordre pédago-
gique, assurée par des enseignants et des
représentants du monde du travail, et des
actions d’aide individuelle à l’étudiant.
Dans la première catégorie, on peut citer
les modules de préparation à l’insertion pro-
fessionnelle, sous forme d'unités de valeur
facultatives ou obligatoires (20 universités
concernées), et les séminaires de préparation
à la recherche d’un premier emploi
(32 universités concernées).
La seconde catégorie rassemble notam-
ment la mise à disposition des étudiants par la
CUIO des offres d’emploi de l’'APEC (la qua-
si-totalité des CUIO ont un abonnement à ce
fichier), l’aide à la recherche et la gestion de
stages en entreprises (plus de 12.000 stages
ont été gérés en 1982 par les CUIO), les
rencontres avec les professionnels sous forme
de conférences-débats, visites en entreprises
et entretiens individuels (25 universités con-
cernées), et enfin la gestion des Bourses de
l'Emploi pour les diplômés du troisième cycle,
en collaboration avec l’Association Bernard
Gregory (32 CUIO assurent cette collabora-
tion avec compétence).
À Lille, les séminaires d'initiation aux tech-
niques de la recherche d’emploi sont assurés
et par des permanents du SUAIO, et par des
enseignants préalablement formés à l’anima-
tion de tels stages. En 1981-1982, 130 étu-
diants ont participé à ces séminaires (80 en
1980-1981), y compris des étudiants de filières
à finalité professionnelle, comme les MST, et
des élèves ingénieurs de l’EUDIL (Ecole Uni-
versitaire d'Ingénieurs de Lille). Ces stages
ont aussi entraîné la constitution d’un réseau
d’informateurs-enseignants (au moins un par
UER) réfléchissant au devenir professionnel
des étudiants, et développant des relations
avec les milieux professionnels.
Certes, ce tableau pourrait paraître idvlli-
que. La situation est loin d’être la même dans
toutes les universités, et il arrive encore trop
souvent que les enseignants perçoivent mal la
reâlité étudiante, parce qu’ils entretiennent
des rapports trop pédagogiques avec leurs
étudiants. Mais dans l’ensemble, la prise de
conscience des problèmes que rencontrent les
étudiants pour trouver un emploi incite les
enseignants à agir.
4 “Formation par la Recherche” n° 5, décembre 1983
Les directeurs de thèse ont été amenés à
porter une casquette supplémentaire, et
l’aide à l’insertion professionnelle des jeunes
scientifiques formés par la recherche est
aujourd’hui une préoccupation constante des
quelque 350 chercheurs et enseignants-
chercheurs qui composent les Bourses de
l’Emploi. À Besançon, le professeur
Jean-Charles Viénot explique que le labora-
toire de Physique Générale et d'Optique a
encadré 64 thèses en 15 ans (1966-1981): 14
doctorats d’Etat, 11 doctorats d’ingénieur et
39 doctorats de troisième cycle. Sur les
50 docteurs-ingénieurs et docteurs de troi-
sième cycle, 13 ont obtenu ensuite le doctorat
d’Etat. Que sont devenus ces thésards ? La
réponse de M. Viénot est immédiate: “4%
sont dans l'enseignement secondaire, 14% dans
l'enseignement supérieur, 36% travaillent dans
des entreprises privées ou semi-publiques, 24%
sont entrés dans des organismes publics (CNRS,
CEA, Telécom...), 18% sont retournés dans leur
pays d'origine, et 4% exercent des professions
diverses”.
La pensée “Je forme donc je place”, déno-
minateur commun de tous les correspondants
de l’Association Bernard Gregory, entraîne
également une réflexion de la part de ces for-
mateurs en vue de mieux adapter le système
de la formation par la recherche aux besoins
du pays. En effet, les Bourses de l’Emploi
gèrent environ le quart du marché de l’emploi
des jeunes formés par la recherche, et cela
leur permet notamment de voir comment tels
ou tels spécialistes sont demandés pour telles
ou telles missions industrielles, et comment
tels ou tels types de formations semblent ina-
daptés ou insuffisamment développés.
La collaboration Bourse de l’Emploi-CUIO
est, lorsqu'elle existe, très fructueuse, et four-
nit un bon exemple des avantages que peu-
vent avoir les enseignants à collaborer avec les
cellules. De la même manière, accueillir et
épauler une Bourse de l’Emploi peut avoir,
comme à Toulouse, un effet très motivant
pour tout ce qui concerne l’insertion profes-
sionnelle des étudiants en général, voire
même apporter une “bouffée d’oxvgène” à la
CUIO. Car le principal problème auquel se
heurtent les CUIO demeure l’établissement
de contacts entre l’université et les milieux
professionnels.
MODE DEVPLOI
Les Chargés de mission
aux relations
industrielles du CNRS
Entretien avec James Hieblot
Conseiller à l’Action scientifique
et régionale du CNRS
Association Bernard Gregory - Qu'est-ce
qu'un Chargé de mission aux relations
industrielles ?
James Hieblot - Les Chargés de mission aux
relations industrielles (CMI) sont les représen-
tanis régionaux du Directeur de la Valorisation
des Applications de la Recherche (DVAR).
Actuellement, ily a 14 CMI, et avant la fin de
l'année, trois autres seront nommés pour
combler certains vides régionaux (Ouest, Centre
et Pays de Loire, Ile-de-France Est).
Qui sont ces CMI, et quelles sont leurs
compétences ?
Ce sont le plus fréquemment des chargés de
recherche du CNRS, mais il y a aussi des profes-
seurs d'université et des ingénieurs du CNRS.
Leur vocation, qui est d'assurer l’interface
entre les formations du CNRS et l’industrie
locale fait qu’ils doivent bien connaître les cher-
cheurs et les ingénieurs de recherche de leur
région, afin de les inciter à entrer dans le proces-
sus de valorisation. Il faut qu’ils soient capables,
par exemple, de donner aux chercheurs un début
de formation en innovation, ou leur apprendre
comment conjuguer la nécessité de publier avec
les impératifs du secret industriel, ou même avec
les simples exigences du dépôt d’un brevet.
lis doivent également connaître les industriels
de leur région et leurs besoins, et leur expliquer
les possibilités, mais aussi les contraintes du
CNRS.
Par exemple en ce qui concerne la mise à
disposition de chercheurs du CNRS dans
l’industrie ?
En effet, si un industriel souhaite acquérir une
nouvelle technologie utilisée dans un laboratoire,
ou bien enrichir les connaissances scientifiques
et techniques et le savoir-faire de son entreprise,
il peut demander au CMI qu’un chercheur du
CNRS soit mis à sa disposition pour une durée
déterminée.
En 1982, 104 chercheurs ont ainsi été mis
à disposition, dont plus de la moitié dans
l'industrie. Mais les CMI peuvent proposer de
nombreux autres services aux entreprises...
Les missions des CMI
Le role des CMI est d"appliquer locale-
ment la politique de valorisation définie par la
DVAR et approuvée par la Direction Géné-
rale du CNRS. Cette politique de valorisation
a pour but de faire profiter la communauté
nationale, et en particulier l’industrie, du
potentiel de connaissances et de créativité de
la recherche. À ce titre, la mission des CMI
comporte trois aspects.
1. Motivation et prospection
— Motiver les personnels chercheurs et ITA
des laboratoires pour la valorisation, par des
actions de formation sur la propriété indus-
trielle, la mobilité, les méthodes de
financement...
— Motiver les industriels locaux à adresser
leurs demandes de valorisation au CNRS, par
des actions de contacts, de relations publiques
et d’information, notamment par l’intermé-
diaire des Chambres régionales de commerce
et d’industrie ou d’autres organismes locaux.
— Prospecter les laboratoires pour détecter les
possibilités de contrats de collaboration avec
des entreprises locales, de conseils aux entre-
prises, de stages d'ingénieurs et de techniciens
de l’industrie dans les laboratoires, de prises
de brevets, etc...
— Prospecter les industriels locaux pour
connaitre la demande de valorisation, et éta-
blir la liaison avec les laboratoires concernés
(les CMI s’appuient pour cela sur les déléga-
tions regionales de ГАМУ АЕ).
2. L’aide aux laboratoires
Les CMI apportent leur soutien aux labora-
toires dans la mise en œuvre d’opérations de
valorisation. Cette aide porte notamment sur:
— Les dossiers d’aides à l’innovation, pour les
laboratoires ou entreprises, qui sont soumis à
la Délégation régionale de l'ANVAR.
— Les contrats de collaboration de recherche
entre le CNRS et les industriels, qui sont sou-
mis au Service des relations industrielles, ou
signés par l’administrateur délégué si le
contrat entre dans le cadre de la décentrali-
sation.
— Les dossiers de demandes de brevets, qui
sont traités par la Direction des applications
de la recherche de l’'ANVAR.
— Les dossiers de regroupements - groupe-
ments scientifiques ou groupements d'intérêt
public” - qui sont soumis au Service Groupe-
ments et Filiales de la D VAR, et qui peuvent
être négociés localement par les CMIL.
3. Coordination avec
les autres représentants régionaux
Les CMI travaillent en étroite collaboration
avec les autres représentants de la recherche
publique, et notamment avec:
— Les administrateurs délégués du CNRS, qui
sont chargés de la gestion décentralisée, en
particulier celle des dossiers de contrats de
collaboration industrielle.
— Les agents comptables de l’Université, qui
peuvent assumer la même fonction pour les
formations associées au CNRS.
— Les délégués régionaux du CNRS, qui sont
chargés de coordonner les actions scientifi-
ques entre les unités du CNRS, les autres
organismes de recherche et les autorités
régionales.
— Les représentants des services de valorisa-
tion d’autres organismes: universités, grandes
écoles, autres organismes de recherche.
— Les représentants des services de valorisa-
tion du Ministère de l’Industrie et de la
Recherche (délégués régionaux à la recherche
et à la technologie, conseillers technologi-
ques), et de l’administration régionale (centres
de transfert, maisons de Pinnovation, etc...).
(1) (cf. “Formation par la Recherche” n° 3),
Qui joindre dans votre région ?
Alsace: M. Jean-Pierre Bouley
Maison de l'Innovation 2, rue Brûlée
67000 Strasbourg - Tél. (88) 22.23.96
Aquitaine: M. François Joly
Délégation régionale de l'ANVAR
11, rue Boudet 33000 Bordeaux - Tél. (56) 81.82.82
Franche-Comté: M, Claude Paulin
Laboratoire de Physique et de Métrologie des
Oscillateurs - 32, av de l'Observatoire
25000 Besançon - Tél. (81) 50.39.67
Haute et Basse Normandie: M, Jean-Claude Fenyo
Coria - Faculté des Sciences - Place Emile Blondel
BP 67 - 76130 Mont-St-Aignan - Tél, (35) 89.43.40
Ile-de-France Quest: Mme Kira Sipek
1, place Aristide Briand 92190 Meudon-Bellevue
Tél. (1) 534.75.50
Ile-de-France Sud: Mme Anne Litman
Domaine du CNRS 91190 Gif-sur-Yvette
Tél. (6) 907.78.28 poste 095 ou (1) 359.53.70 (Anvar)
Languedoc-Roussillon: M. René Foglizzo
CNRS - Route de Mende - BP 5051
34033 Montpellier - Tél. (67) 63.91.30 poste 361
“Formation par la Recherche” n° 5, décembre 1983
Lorraine: M. Bernard Maudinas
Maison de l'Innovation - 93, rue de Metz
54042 Nancy - Tél. (83) 37.45.58
Midi-Pyrénées: M. Gérard Jugie
CNRS - Av. Edouard Belin 31054 Toulouse
Tél. (61) 52.18.11
Nord Pas-de-Calais: M. Francis Wallart
Cité scientifique - Bât C5
59655 Villeneuve d’Ascq Cedex - Tél. (20) 47.00.62
Poitou Charentes: M. Robert Longeon
CNRS-Bât de Physique - 40, av. du Recteur Pineau
86022 Poitiers Cedex - Tél. (49) 46.26.30
Provence Alpes Côte d’Azur Corse: M. Elio Flesia
CNRS - 31, chemin Joseph Aiguier
13402 Marseille Cedex 9
Tél. (91) 71.90.42 poste 504
Rhône Alpes Est: M. Jean-Paul Boisson
CNRS - 25, av. des Martyrs - BP 166 X
38042 Grenoble Cedex - Tél. (76) 96.98.37
Rhône Alpes Quest: M. Pierre Vergnon
CNRS - 2, av. Einstein - BP 1335
69621 Villeurbanne - Tél. (78) 89.30.52
ACTUALITES
Un nouveau DEA
en génie biologique
et médical
Pour tous renseignements
Secrétariat de coordination
Laboratoire de Thermoréeulation
et Métabolisme énergétique
Domaine Rockfeller - 8, av. Rockfeller
69373 Lyon Cedex 2 - Tél. (7) 801.33.31
Un nouveau diplôme d’études approndies
(DEA) de Génie biologique et médical
(GBM) a été créé, associant 4 universités
(Lyon I, Grenoble, Saint-Etienne et
Besançon) et une école d'ingénieurs, 'INSA
de Lyon.
Défini comme étant l’application des scien-
ces de l’ingénieur au domaine de la biologie
et de la médecine, le Génie biologique et
médical a pour objectif la recherche, la con-
ception, la mise au point, l’évaluation et la
fabrication de réactifs et d'instruments nou-
veaux, ou de nouvelles méthodes d'analyse,
de diagnostic ou de thérapeutique biomédi-
cale. Il s’agit donc d’un domaine interface
fondé sur la coopération entre spécialistes de
formations initiales différentes: ingénieurs,
scientifiques, médecins, pharmaciens, odonto-
logistes, vétérinaires.
L'enseignement théorique de ce nouveau
DEA comprend deux parties:
— un tronc commun d’initiation à la biologie
par une approche GBM utilisant des systèmes
et modèles,
— un enseignement théorique orienté dans
l’une des quatre options suivantes (limitées
volontairement aux compétences présentes
en Rhône-Alpes): traitement de l’information
et automatisation; rayonnement, imagerie,
interactions biologiques; biomatériaux,
biorhéologie, biomécanique; bioréactifs et ins-
trumentation utilisés dans l’analyse en biolo-
gie clinique et dans l’analyse des aliments.
Les étudiants doivent effectuer également
un stage à plein temps de formation aux tech-
niques de la recherche dans un laboratoire
d’accueil, qui peut être universitaire, hospi-
talier ou industriel. “Ce nouveau DEA et les
formations par la recherche qui s'y rattachent
(doctorat de troisième cycle et doctorat d'ingé-
nieur) correspondent a un besoin reel de cher-
cheurs qualifiés dans la région Rhone-Alpes, et
notamment de la part de l’industrie”, précise
le Pr. Christian Collombel, co-responsable
de la formation, et président du pôle Rhône-
Alpes de GBM. Cette formation doit préparer
aux fonctions de cadres de recherche et de
production GBM des secteurs publics et pri-
vés, de cadres technico-commerciaux de haut
niveau, d'ingénieurs biomédicaux hospitaliers,
et de médecins, chirurgiens et biologistes des
hôpitaux exerçant dans les services et départe-
ments à technologie de pointe.
Les journées
nationales
de PANVAR
Pour tous renseignements:
Mme Corine Plantard, ANVAR
43, rue Caumartin 75436 Paris Cedex 09
Tel. (1) 266.93.10
“Profession: chef d’entreprise”, tel sera le
thème des Journées nationales de l'ANVAR
(Association Nationale de Valorisation de la
Recherche), qui se tiendront à Lille les 15 et
16 mars 1984 dans les locaux tout neufs du
palais des congrès “Le nouveau siècle”.
Les amateurs de tables rondes et de tra-
vaux en commissions risquent d’être déçus;
en effet, pour promouvoir les moyens de la
modernisation industrielle, et notamment le
Fonds industriel de modernisation",
PANVAR a décidé d’agir plutdt que de
parler.
Ces journées auront un caractére de sémi-
naire de formation а innovation, destiné aux
chefs d’entreprises, et particulièrement de
PMI-PME. Il s’agira donc de véritables stages,
animés par des formateurs agréés (et donc
pris en compte au titre de la formation profes-
sionnelle continue), au cours desquels les
chefs d’entreprises apprendront toutes les
“ficelles” de l'innovation: les modes de finan-
cement, les moyens de pénétrer les marchés
étrangers, les contrats de collaboration avec
les laboratoires publics de recherche, etc...
Le public ne sera pas oublié, puisqu'il aura
libre accès à ces journées à partir du vendredi
16 mars dans l’après-midi.
(1) Voir “Formation par la Recherche” n° 4.
Publications
Deux publications viennent de réserver à la
formation par la recherche une place de choix
dans leurs colonnes.
“Les échos du CEA” (n° 2/1983) présentent
l’effort de formation au Commissariat à
l’Energie Atomique et la Bourse de l’Emploi
du CFA, donnent la parole aux thésards, et
fournissent de nombreuses informations
pratiques sur les différents contrats et alloca-
tions de recherche.
“Le bulletin de PADEMAST” (Association
pour le Développement et la Maitrise des
Sciences et Techniques) se demande pour sa
part si l’on forme assez de jeunes par et pour
la recherche en France, et illustre son dossier
6 “Formation par la Recherche” n° 5, décembre 1983
par des exemples empruntés aux Mathé-
matiques et à la Biologie, et par l’analyse de la
situation en République Fédérale
d’Allemagne.
Pour en savoir plus:
“Les échos du CEA”: M. Alain Monier
CEA - Département des Relations publiques
et de la communication (DRPC)
31-33, rue de la Fédération
79752 Paris Cedex 15 - Tél. (1) 273.60.00
“Le bulletin de VADEMAST”: M. Michel
Villette ou Mme Chantal Mollet
3, rue Descartes 75005 Paris
Tél (1) 634.35.35 poste 605
ENTREPRISES PORTES OUVERTES
La recherche
à L’Oréal
Entreprise dont la vocation est
de créer, fabriquer et
commercialiser des produits
cosmétiques, L’Oréal a, depuis
sa création, accordé un rôle
fondamental et prépondérant à
la recherche. La nécessité de
répondre aux désirs de plus en
plus diversifiés d’utilisateurs de
plus en plus nombreux, du fait
d’une volonté d’internationa-
lisation de ses activités, explique
l’importance de l’effort
d’innovation qu’il lui faut
déployer en permanence.
Les produits cosmétiques,
bien que très divers, ont
cependant un point commun
fondamental: ils sont tous
destinés au contact direct avec le
corps humain, terrain vivant et
vulnérable. Cela implique pour
L'Oréal d'une part une
connaissance approfondie des
deux domaines d’application des
produits que sont la peau et les
cheveux, d’autre part une
extrême rigueur de contrôle de
l’innocuité des formules, et enfin
une recherche constante
d’amélioration de l’efficacité et
de méthodes adaptées pour
vérifier cette efficacité.
Ce vaste programme implique la mise en
œuvre d’un ensemble composite de sciences
et techniques (les laboratoires de L'Oréal
rassemblent des spécialistes de toutes discipli-
nes dont une proportion importante est recru-
tée au niveau doctoral: chimie, physique, bio-
logie, bactériologie, biochimie, pharmacolo-
gie), et aussi un fort courant d'échanges per-
manents avec les milieux scientifiques natio-
naux et internationaux (qui peuvent se con-
crétiser par des contrats et des théses).
L'effort permanent de recherche et d’étude
que poursuit L'Oréal se traduit notamment
par le dépôt annuel d’environ 80 brevets,
qui sont ensuite le plus souvent étendus au
niveau international. L'entreprise se situe ainsi
dans les tout premiers rangs de la profession à
l’échelon mondial. Selon des chiffres publiés
aux Etats-Unis, il a été délivré en 1980, à
L'Oréal, dans ce pays, 48% des brevets de
coloration capillaire, 29% des brevets de
l’ensemble des produits capillaires,
et 23% des brevets de l’ensemble des produits
cosmétiques et capillaires.
L'Oréal dispose de quatre centres consa-
crés à la recherche avancée et appliquée en
cosmétologie, et d’un centre de recherche
technologique.
La recherche avancée
Le Centre d'Aulnay-sous-Bois, qui
comprend 350 personnes, regroupe des
chercheurs de toutes les disciplines impli-
quées au stade de la recherche avancée, répar-
tis en cinq unités.
— L’unité Chimie de synthése se consacre à la
recherche de nouvelles molécules spécifiques,
adaptées aux besoins de la formulation des
produits cosmétiques (colorants, polymères,
tensio-actifs, protection solaire...).
— L'unité Chimie analytique s’occupe de l’éla-
boration de méthodes et de normes, de la
mise au point de spécifications concernant les
matières premières et les produits finis, et de
l’étude analytique du cheveu et de la peau.
— Dans l’unité Biologie sont menées des
recherches sur les matières premières et les
produits finis, et sur leur efficacité, et sont
mises au point des méthodes de contrôle bio-
logique et de vérification de cette efficacité
(travaux réalisés sur l’animal, sur des micro-
organismes et des cultures de cellules).
— L'unité Physique met au point des appareils
et des méthodes de calcul des propriétés des
produits (ccertains appareils conçus par cette
équipe ont été brevetés).
— Enfin, au sein de l’unité Métrologie et
Calculs, les chercheurs mettent au point des
systèmes de calcul pour l’évaluation des quali-
tés des produits, et pour la gestion par ordina-
teur de l’ensemble des données scientifiques
obtenues par les différentes unités.
Le Centre International de Recherches
Dermatologiques (CIRD) de Sophia-Antipolis,
créé en 1979, compte aujourd’hui 100 person-
nes, placées sous la direction de scientifiques
de très haut niveau: biologistes, pharmacolo-
gues, dermatologues...
Une recherche trés en amont de la
recherche cosmétologique leur a été confiée:
l’étude approfondie de la peau humaine et de
ses mécanismes, en particulier par l’observa-
tion des phénomènes pathologiques qui l’af-
fectent. Cette observation doit permettre de
parvenir à des connaissances beaucoup plus
“Formation par la Recherche” n° 5, décembre 1983
vastes de la peau saine, et orienter en défini-
tive toute la recherche de L’Oréal dans le
domaine du soin de la peau.
Recherche appliquée
et développement
L'Oréal comprend deux centres de
recherche appliquée et de développement:
les centres de Clichy et de Chevilly-Larue.
Le centre de Clichy (300 personnes) se
consacre à la formulation et au développe-
ment des produits capillaires et d'hygiène
corporelle: coloration capillaire, shampooings
et traitements capillaires, laques, produits
pour bain et douche, produits de protection
solaire, déodorants, produits de rasage,
produits pour bébés...
Le centre de Chevilly-Larue (200 person-
nes) se consacre quant à lui à la formulation
et au développement des produits de soin de
la peau, de maquillage et de parfumerie: crè-
mes, laits démagquillants et corporels, lotions,
fonds de teint, produits de maquillage, par-
fums, eaux de toilette...
À ce centre est rattaché un laboratoire de
bactériologie très important, chargé de l’étude
de la protection des formules, ainsi qu’un
laboratoire d’instrumentation pour l’étude des
propriétés des produits par des méthodes phy-
siques (en liaison étroite avec l’unité de Physi-
que d’Aulnay-sous-Bois, qui met au point les
appareils et les méthodes).
Recherche et
développement technologique
Le centre de Recherche et de développe-
ment technologique est localisé en majeure
partie à Aulnay-sous-Bois, et comprend
60 personnes.
[1 étudie de nouveaux modes d’emballages
et procédés de conditionnement, la compati-
bilité des matériaux et des produits mis en
contact, la conservation des produits dans les
différentes conditions d’emballage.
Il comprend également une unité impor-
tante spécialisée dans la technologie des aéro-
sols appliquée aux produits cosmétiques. Un
studio de recherche esthétique sur les
emballages lui est associé.
L'Oréal:
Chiffre d’affaires H.T. (1982): 10.882 millions
de francs dont plus de 50% réalisés à l'étranger.
Bénéfice net 1982 (+ provisions pour investissements,
hors plus ou moins values): 550 millions de francs.
Effectif total: 24. 104
Effectif Recherche-développement : 950.
Rappelons enfin que M. François Dalle,
P.D.G. de L'Oréal, a été élu "Manager de l'année”
par les lecteurs du “Nouvel Economiste”.
NOUVELLES
Le bilan d'une année
de “Formation
par la Recherche”
Faire un journal, si modeste soit-il, n’est
pas de tout repos ! Il y a les délais de parution
à respecter coûte que coûte, les articles
promis qui n'arrivent jamais à temps, sans
compter l'angoisse du journaliste devant la
page blanche... Et puis, par dessus tout, il y a
le souci de livrer au lecteur les informations
dont il a réellement besoin, sous la forme la
plus agréable possible.
C’est ce souci qui nous a conduit à deman-
der aux lecteurs de “Formation par la
Recherche” leur avis sur la formule actuelle
de la publication. Au moment du bouclage de
ce numéro, une centaine d'abonnés nous
avaient retourné le questionnaire; nous les en
remercions vivement.
Qui lit “Formation par la Recherche”
“Formation par la Recherche” est tiré à
3000 exemplaires, qui sont diffusés auprès de
1600 abonnés.
Les correspondants des Bourses de l’Em-
ploi (22% des abonnés) représentent à eux
seuls 40% de la diffusion totale. Si l’on y
ajoute les autres abonnés du secteur public de
la recherche et de l’enseignement, on arrive à
un total de 42% d’abonnés (55% de la diffu-
sion totale) qui exercent une activité de
recherche, d’enseignement ou d’information
dans les organismes publics d’enseignement
et de recherche (universités, CNRS,
INSERM, INRA...).
Les chercheurs et les responsables du
personnel du secteur industriel représentent
pour leur part 31% des abonnés (18% de la
diffusion totale).
Enfin, “Formation par la Recherche” est lu
dans les administrations (6% des abonnés),
dans les associations et les organismes d’infor-
mation scientifique et technique (6% des
abonnés), et est adressé à la presse (9% des
abonnés) et à des personnalités diverses,
Analyse des réponses reçues
Le palmarès des rubriques
98% des abonnés lisent régulièrement
“Formation par la Recherche”, et 2% le lisent
occasionnellement.
En consultant le tableau ci-dessous, on
constate que la rubrique Actualités remporte
le plus de succès auprès des lecteurs, suivie
par les rubriques Du côté des laboratoires,
Nouvelles et Enquêtes.
Cependant, la seconde et la troisième
lignes du tableau apportent quelques préci-
sions intéressantes.
Ainsi, alors que “seulement” 72% des
abonnés lisent les Modes d'Emploi, 88%
d’entre eux y trouvent des informations utiles,
alors que, par exemple, si 85% des abonnés
lisent la rubrique Du côté des laboratoires,
14% d’entre eux avouent ne pas y trouver
d'informations utiles. Cela tendrait à signifier
que la rubrique Mode d’Emploi remplit hono-
rablement son objectif premier qui est d’infor-
mer, alors que la rubrique Du côté des labora-
toires est lue plus facilement “pour le plaisir”,
en quelque sorte.
Ceci étant dit, il y a des abonnés (40% pour
être précis) qui lisent absolument tout, et on
en trouve même un nombre non négligeable
(30%) qui non seulement lisent “Formation
par la Recherche” de la première à la dernière
ligne, mais avouent également trouver des
informations utiles dans chaque rubrique.
Enfin, 64% des abonnés trouvent la présen-
tation générale de “Formation par la
Recherche” agréable, 7% la jugent austère, et
19% n’ont pas d’opinion sur la question.
L’audience
La diffusion seule ne peut pas permettre
de connaître le nombre réel de lecteurs. En
effet, d’après les résultats de notre enquête,
80% des abonnés diffusent “Formation par la
Recherche” dans leur entourage profession-
nel. Cette diffusion peut aller de la circulation
du journal dans un ou deux services, jusqu’au
dépôt dans une bibliothèque, à l’affichage, et
même à la photocopie des numéros.
En moyenne, il apparaît que chaque exem-
plaire est lu par cinq lecteurs.
Rubriques Laboratoires| Actualités | Entreprises a Enquétes Nouvelles
Lecteurs 85% 90% 74% 72% 80% 82%
Trouvent des
informations 75% 89% 85% 88% 71% 86%
utiles
Ne trouvent pas
dinformations 14% 4% 9% 5% 17% 6%
utiles
Sans réponses 11% 7% 6% 7% 12% 8% |
8 “Formation par la Recherche” n° 5, décembre 1983
De nombreuses suggestions et remarques
nous ont été faites, parmi lesquelles la publi-
cation des résultats des placements de
l’Association Bernard Gregory revient le plus
souvent. C’est maintenant chose faite (voir
page 2).
Un comité d’orientation de “Formation par
la Recherche” sera prochainement constitué,
et une de ses premières tâches sera d’étudier
toutes les propositions, les critiques et les
attentes dont vous nous avez fait part, afin de
faire évoluer “Formation par la Recherche”
en fonction de vos besoins d’information dans
ce domaine précis.
Adhésions
L'Annuaire de l’Association Bernard Gre-
gory n’est plus à jour. Il faut en effet y ajouter,
au chapitre des organismes adhérents, le
Centre Technique des Industries Métalliques
(CETIM), et l’Institut National de la Santé et
de la Recherche Médicale (INSERM).
Si vous souhaitez recevoir régulièrement
“Formation par la Recherche”,
écrivez à l’Association Bernard Gregory
en indiquant le nombre d’exemplaires
souhaités.
Toute reproduction d'article ou d'informations
contenus dans ce journal est autorisée (avec mention
de leur origine).
Formation par la Recherche
Lettre trimestrielle de l' Association Bernard Gregory
53, rue de Turbigo 75003 Paris
Tél. (1) 274.27.40
Directeur de la publication: José Ezratty
Rédacteur en chef: René-Luc Bénichou
Production; Atelier Paul Bertrand
1 bis, passage des Patriarches 75005 Paris
Tél, (1) 535.28.60 - Siret 712010859 00023
Dépôt légal: 4° trimestre 1983.
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