Le brin d`herbe - Terre des Plantes

Le brin d`herbe - Terre des Plantes
Association nantaise pour la découverte du monde végétal
Journal de l’association
31 bis rue de la Bastille 44000 Nantes
Association loi 1901
Terre-des-plantes@wanadoo.fr
http://perso.wanadoo.fr/terre.des.plantes
Réalisé par l’association
TERRE DES PLANTES
31 bis rue de la Bastille 44000 Nantes
Extraits de la revue « Le Brin d’Herbe »
(Parution entre 1996 et 2002)
Edition Octobre 2007
LES PLANTES
L’absinthe
L’ail des ours
L’armoise commune
Le bouleau verruqueux
L’estragon
La ficaire
Le fragon épineux
Le fumeterre
Le gui
Les hellébores
Le houblon
Houblon et bière
Les mauves
Le millepertuis
L’ortie
La piloselle ou épervière
Le pin sylvestre
Le pissenlit
Les plantains
Les plantes messicoles
La prêle
La salsepareille
La tétragone cornue
La vigne et le raisin
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Association loi 1901
Terre des Plantes
1
L’ABSINTHE
L’absinthe
(Artemisia Absinthium L.)
Famille des Astéracées
L'Absinthe bénéficie d'une excellente
réputation thérapeutique depuis très
longtemps. Très commune dans les Alpes et
le Massif Central, c'est une grande plante
vivace, aux feuilles velues, très découpées,
de couleur vert-argent, aux fleurs réunies en
capitules jaunâtres. Elle se récolte en juilletaoût.
L'Absinthe est un excellent
tonique stomachal, utilisée
en cas de dyspepsie. Elle est
également très bénéfique
dans les cas de jaunisse, et
d'insuffisance
hépatique.
Comme l'Armoise, elle a des
propriétés
vermifuges
et
emménagogues.
Elle
est
également bénéfique aux
intestins
perturbés
(coliques et diarrhées).
décidèrent au cours du XIXème siècle de
commercialiser la liqueur d'Absinthe. Cette
liqueur connut à Paris un succès
considérable dans les milieux artistiques, et
dans ce qu'on appellerait aujourd'hui les
"milieux branchés". La demande fut telle,
vers la fin du XIXème siècle, que des
fabricants peu scrupuleux la préparèrent
avec de l'alcool méthylique. Toujours selon
les responsables du musée, c'est cet
alcool, dérivé du méthane, qui fut le
responsable des effroyables drames
dus à la consommation de
l'Absinthe. Les ravages furent tels
(delirium, folie, etc...) que le
gouvernement,
après
avoir
longtemps hésité, interdit par la loi du
15 mars 1915 "la fabrication, la
détention et la vente des boissons à
base d'Absinthe".
Depuis, la pauvre plante,
malgré
ses
excellentes
qualités, ne jouit plus d'une
très bonne réputation.
Selon les animateurs du
Musée de l'Absinthe (à
AUVERS sur OISE), le
discrédit
dont
souffre
actuellement l'Absinthe, est
dû à des circonstances
historiques. Des industriels
Monique D.
Bibliographie
" Guide des Plantes Médicinales. " - Schauenberg - Éditions Delachaux et Niestlé.
" Plantes Sauvages " - Eliska Tomanova - Éditions Grund.
" Phytothérapie " du Docteur Jean VALNET - Édition Le Livre de Poche Pratique
" La Pharmacie du Bon Dieu" - Fabrice Rouleau - Éditions Stock
Cassette audio - Émission de Radio : " Les Lieux de mémoire" consacrée à l'Absinthe.
Brin d'Herbe n° 15 – Automne 99
Terre des Plantes
3
Le Brin d’Herbe
Information parue dans le Brin d’herbe N° 20 (Hiver 2001):
Au sujet de notre article sur l’absinthe, nous avons reçu l’e-mail suivant :
« Je découvre votre site intitulé le brin d’herbe.
Si je peux me permettre quelques remarques, la grande absinthe est effectivement une plante
médicinale très importante depuis l’antiquité mais elle n’en reste pas moins convulsivante
voire épileptisante à haute dose. C’est aussi une des causes de l’interdiction de la boisson.
Soyez gentil de ne pas dire "les animateurs". Il n’y a en effet qu’une personne qui s’occupe de
ce musée, moi-même puisqu’il s’agit de ma collection. Je travaille depuis 20 ans sur l’absinthe
et ai écrit 6 livres à son sujet.
Cordialement.
Marie-Claude Delahaye, Musée de l’absinthe, 44 rue Callé, 95430 Auvers sur Oise »
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Terre des Plantes
L’AIL DES OURS
L’ail des ours
(Allium ursinum L.)
Famille des Amaryllidacées
Généralités
Famille : Amaryllidacées
(le genre Allium est parfois
classé dans les Liliacées)
Cette famille comprend des plantes
comestibles et des plantes toxiques.
Sont comestibles :
Allium polyanthum (Dans certaines nomenclatures, appelé : A. multiflorum),
communément "poireau des vignes";
Allium ursinum, communément "ail des
ours", dont nous allons parler;
Allium vineale, communément "ail des vignes".
Sont toxiques :
Galanthus nivalis, communément « perce-neige »;
Leucojum vernum, communément "nivéole du
printemps";
Narcissus pseudo-narcissus,
communément "coucou" ou
"jonquille sauvage";
Pancratium maritimun,
communément "pancrace".
L'ail des ours
(Allium ursinum L. )
C'est une plante vivace petite à
moyenne (15 à 35 cm de hauteur), à forte
odeur d'ail(1), glabre dans toutes ses parties
Terre des Plantes
et vivant en colonies(1), principalement
dans les bois(1).
Sa tige est unique, dressée, semicylindrique à 2 angles obtus.
Il y a 2 feuilles par plante, toutes
radicales, insérées à la base de la tige,
munies d'un long pétiole, à limbe ovalelancéolé(2), large de 2 à 5 cm, mou, d'un
vert luisant, parcouru de nervures
parallèles, rappelant celles du muguet,
mais à odeur d'ail.
Ses fleurs sont moyennes, à 6
pétales en étoile d'un blanc(1)
pur,
groupées
en
une
ombelle(1) lâche au sommet
de la tige. La floraison a lieu
d'avril à juin.
Ses fruits sont des
capsules à 3 loges arrondies
contenant 3 graines noires
sphériques.
Dans
sa
partie
souterraine, elle présente un
petit bulbe oblong, coriace, à
tunique membraneuse blanche.
Confusions possibles :
Convallaria majalis, communément
"muguet", très toxique (Liliacée);
Allium victorialis ou Allium nigrum, qui
possèdent aussi 2 feuilles larges de plus
de 2 cm, utilisables comme celles de l'ail
de l'ours.
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Le Brin d’Herbe
Composition :
La plante renferment un hétéroside
sulfuré(3), libérant par hydrolyse une huile
essentielle semblable à celle de l'ail.
Elle est riche en vitamine C.
Les larges feuilles de l'ail de l'ours
sont ramassées au printemps pour leur
arôme pénétrant. On les ajoute crues aux
salades, elles sont aussi mangées en
sandwich ou cuites en omelettes, en soupes.
Leurs utilisations sont nombreuses. Malgré
la puissance de leur odeur, leur saveur est
délicate, avec une note sucrée, et
agréablement piquante.
Allium Victorialis
Utilisation alimentaire :
Le bulbe est trop dur pour être utilisé
(celui de l'Allium victorialis, ainsi que ses
feuilles, auraient été consommés autrefois).
Alan LARMET
Lexique :
principaux caractères d'identification.
lancéolé : c'est-à-dire que la partie élargie et plane de la feuille, le limbe, est au moins 3 ou
4 fois plus long que large et atténué aux 2 extrémités.
hétéroside : substance dont une partie hétérogène non glucidique, ou génine, est liée à un
ou plusieurs sucres. La génine et les sucres sont libérés par hydrolyse. On classe les
hétérosides suivant le type de leur génine.
Bibliographie :
Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, François Couplan et Eva Styner,
chez Delachaux et Niestlé, Paris, 1994.
Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alastair Fitter et Marjorie Blamey, chez
Delachaux et Niestlé, Lausanne-Paris, 1997 ( 5ème édition).
Brin d'Herbe n° 17 – Printemps 2000
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Terre des Plantes
L’ARMOISE
L’armoise commune
(Artemisia vulgaris.)
Famille des Astéracées
Désignation
scientifique
Artemisia vulgaris
Étymologie
On dit que son nom latin vient de la
déesse grecque Artémis (ou Diane), fille de
Zeus, sœur d'Apollon, déesse de la chasse et
protectrice des vierges. Une autre légende
veut que le nom d'Armoise vienne du nom
d'Artémisia, reine d'Halicarnasse, ville
d'Asie mineure. On dit que cette reine
faisait grand usage de l'Armoise. Quelle que
soit l'origine du nom, l'usage, lui, en est très
ancien.
Elles ont de 5 à 10 cm de long et sont plus ou
moins lyrées, penniséquées, avec un grand
lobe terminal. Les autres feuilles sont plus
petites et sessiles.
Les bractées de l'inflorescence sont
simples et lancéolées. Elles sont ovales et
recouvertes d'un duvet grisâtre. Les très
petits capitules sont dressés ou pendants. Ils
sont disposés en riches panicules feuillus.
Les fleurs en tubes, sont jaunes ou brunrouge. Gorgée du soleil d'août, elle est
bonne à ramasser en même temps que les
mûres et les baies de sureau. Mise à sécher
en bottes, l'Armoise donne dans la maison
une odeur chaude, à tel point que certains
l'utilisent comme la lavande pour parfumer
leurs armoires.
Famille
C'est une plante composée de la
famille des Astéracées. C'est une plante
dicotylédone dont le fruit est un Akène.
Habitat,
biotope
Toute l'Europe, mais la plante est
également utilisée en Afrique, Asie et
Amérique. Très commune partout,
bords des chemins, landes, terrains
vagues ou friches.
Description
L'Armoise est d'abord repérable à son
odeur, très prononcée. Les tiges ont de 40 à
120 cm de haut. Elles sont dressées et
souvent disposées en touffes. Elles sont
anguleuses, duveteuses, rigides et très
ramifiées. Les feuilles sont glabres à l'endroit
et recouvertes d'un duvet gris blanc à l'envers.
Les feuilles radicales ont de courts pétioles.
Terre des Plantes
Propriétés
1) Le "Delachaux et Niestlé" la place
dans le groupe des plantes à essences et
résines. Elle est donc distillable et son
Huile Essentielle est utilisée en
médecine énergétique avec le cyprès
pour activer la circulation
2) Pour
l'école
l'Armoise possédait
qualités :
de
Salerne,
beaucoup de
"Elle excite l'urine, elle écarte la pierre
Par elle, promptement, l'avortement s'opère,
En pessaire, en boisson produit le même essor
Broyée sur l'estomac, elle s'applique encore".
Traduction en vers français de C. Meaux SaintMarc 1880
En réalité, il en faudrait de très grosses
doses pour provoquer un avortement, mais
en tout état de cause, la plante est fortement
déconseillée aux femmes enceintes.
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Le Brin d’Herbe
L'Armoise jouit de bonnes propriétés
comme stomachique, régulateur du cycle
féminin et c'est un bon diurétique. Dans
les pays d'Afrique la plante est utilisée
contre les oxyures et autres parasites
intestinaux.
Plante universelle, elle est également
utilisée par les Indiens d'Amérique du nord.
Dans la médecine chinoise, les cendres de
l'Armoise sont utilisées pour arrêter les
saignements de nez, et les feuilles,
desséchées et réduites en poudre servent à
la confection des Moxas.
Certains
acupuncteurs
utilisent
également ses branches, taillées en
bâtonnets, pour stimuler certains points.
Il faut citer dans la même famille :
l'Estragon (Artemisia dracunculus),
l'Absinthe (Artemisia absinthium).
Les feuilles de l'armoise
Les feuilles de l'armoise ont une morphologie différente selon leur emplacement sur la tige
(Voir ci-dessous).
Par ailleurs, il existe plus de 300 espèces d'Atémisia réparties dans l'hémisphère Nord. En
France, on trouve une vingtaine d'espèces très différentes et intéressantes pour la couleur du
feuillage et la forme des feuilles.
Les bractées de l'inflorescence sont simples et lancéolées.
Bractée : feuille se trouvant au voisinage d'une fleur.
Les autres feuilles sont plus petites et sessiles.
Feuilles sessiles : elles n'ont pas de pétioles.
Nota Bene : pétiole : queue des feuilles,
pédoncule : queue des fruits.
Les feuilles radicales ont de courts pétioles.
Feuilles radicales : elles se situent au collet
de la racine. Elles sont grandes, découpées
et au ras du sol, donc peu visibles.
8
Terre des Plantes
L’ARMOISE
Petit Lexique
Akène (on écrit parfois Achaine ou Achène) :
Fruit sec Indéhiscent (c'est à dire qui ne
s'ouvre pas à maturité). C'est le cas de
la noisette.
Moxa : du portugais "Mecha" (prononcez
[méra]), mèche.
Procédé thérapeutique utilisé au Japon,
proche de l'acupuncture chinoise
consistant à exciter des points précis
du revêtement cutané par des sources
de chaleur (poudre d'Armoise) en vue
de rétablir l'équilibre dans le
fonctionnement pertubé d'un organe.
Selon l'encyclopédie Larousse : dans
l'antiquité, le moxa était une véritable
cautérisation. Il consistait à enfoncer
dans la peau des matières en ignition
(d'origine végétale), et à les laisser
tomber sur place lentement.
Bibliographie
" Guide des Plantes Médicinales. " - Schauenberg - Éditions Delachaux et Niestlé.
" Plantes Sauvages " - Eliska Tomanova - Éditions Grund.
" Phytothérapie " du Docteur Jean VALNET - Édition Le Livre de Poche Pratique
" La Pharmacie du Bon Dieu" - Fabrice Rouleau - Éditions Stock
Brin d'Herbe n° 15 – Automne 99
Terre des Plantes
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LE BOULEAU VERRUQUEUX
Le bouleau verruqueux
(Betula pendula Roth.)
Famille des Betulaceae
Bouleau blanc, Bouleau pleureur, Boulard, Bois à Balais, Bouleauodorant, Biole, Bech, Brel, Boule
boulû, Arbre de la sagesse...
Désignation
scientifique
Betula pendula Roth (betulaceae);
Le
nom spécifique pendula se
rapporte aux jeunes rameaux
pendants (port pleureur).
Synonyme (à ne plus employer) :
Betula alba L.
Betula verrucosa Ehrh.
L'épithète verruqueux se réfère aux
Étymologie
Une bétulaie, ou boulaie, est une
Le nom français bouleau est issu du
latin classique betula et du latin vulgaire
betullus, empruntés à un mot de souche
gauloise beto (ou betu), (beith en langue
celtique).
Les gaulois appelaient bitumen le
goudron obtenu à partir de l'écorce,
d'où l'origine du mot bitume; plus
tard, en ancien français, bitumen
évolua pour devenir betun qui
désigna d'abord de la boue en train
de se solidifier puis un
matériau de construction
constitué de boue et de
graviers mêlés... d'où le nom
béton! (J'espère que désormais ces
deux vilains noms vous sembleront
plus sympathiques).
branches parsemées de lenticelles
(permettant les échanges gazeux).
formation d'arbres où domine le
bouleau; suivant les régions, elle se
nomme: besse, bessière, beulet,
beuloie...
Description
Hauteur : 20 à 30 mètres.
Port : Pleureur, Ovoïde. Les
rameaux sont nombreux, longs,
grêles, souples, pleureurs aux
extrémités et couverts de petites
verrues. Tronc élancé, écorce brune
chez les jeunes sujets, ensuite blanche
s'exfoliant en jolies languettes, puis
épaisse se fendant en profondes
crevasses noires.
Le
joli prénom Brigitte qui
correspond à Birgit, vient de la
racine indo-européenne Bhirg, le
bouleau, qui a donné birch en
anglais et die Birke en allemand.
En France, au XVIème siècle, on écrit
La bouleau, et les parlers
vernaculaires le féminisent souvent.
Exemple: Le bioul et la bioule, le
biol (qui signifie blanc) et la biola…
Feuilles : Simples, caduques, alternes,
glabres, acuminées, losangées et bidentées
Terre des Plantes
11
Le Brin d’Herbe
(de couleur vert clair à la belle saison et jaune
d'or à l'automne), pétioles longs et fins, le
tout donnant un aspect délicat et
très mobile.
Bourgeons : Alternes spiralés.
Assez petits, ovoïdes, pointus,
bruns.
Fleurs : Le bouleau verruqueux
commence à fleurir à l'âge de
20 ou 30 ans. Au printemps, sur un même
individu, les châtons de fleurs femelles
(verdâtres, plus ou moins
dressés avant
qu'ils ne se
penchent avec la
fructification)
sont
pollinisés à partir des
châtons
mâles
(pendants, verts puis
bruns clairs).
Fruits : Au début de
l'automne,
les
infrutescences
(cônes
pendants) libèrent de
nombreux petits fruits
secs ailés dispersés par
le
vent
(1 seul
kilogramme en contient de
5 à 6 millions).
Amis
et
ennemis du bouleau
Ami :
L'amanite muscarine ou amanite
tue-mouche (Amanita muscarina),
champignon vivant en symbiose avec
l'arbre.
Ennemis :
Le polypore du bouleau (Ungulina
betulina ou liptoporus betulinus),
champignon parasite se développant
sur les troncs.
Le rhynchite du bouleau (Rhynchites
betuleti), petit charançon d'un joli
bleu violacé métallique.
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Un des hôtes du bouleau :
Le phalène du bouleau
betularia), papillon de nuit.
(Biston
Utilisation
du bouleau
verruqueux en France
Ornementale : Arbre léger, élégant, belle
écorce. Ponctue magnifiquement les saisons.
Bois : Presque blanc, de densité moyenne
(600 à 700 kg/m3), élastique, non durable en
plein air mais se travaillant bien; il sert, ou
a servi, pour:
Pâte à papier, panneaux de fibres et
de particules, tournerie, manche
d'outils, jouets, objets ménagers
(cuillers, pinces à linge, bobines pour
le fil…), saboterie, menuiserie,
ébénisterie (la loupe de bouleau est
recherchée), instruments de dessin,
déroulage:
excellents
contreplaqués
minces,
emballage,
maquettes, décoration (bois servant à
imiter le noyer et l'acajou car il se
teinte bien)…
Bon combustible (flamme longue,
claire, sans fumée), autrefois utilisé
en boulangerie et verrerie (chaleur
intense et durable).
Écorce : Constituée de nombreuses couches
liégeuses très minces, la coloration blanche
est due au bétulinol (dit autrefois "camphre
de bouleau"). Les composés résineux,
associés à une huile essentielle et à du tanin,
la rendent à peu près imputrescible.
L'écorce s'enflamme facilement même par
temps pluvieux.
La couche extérieure de l'écorce
fournit une huile à la base du célèbre
parfum "Cuir de Russie" et de
certaines lotions et onguents
capillaires.
Les couches intérieures de l'écorce
sont un vrai parchemin végétal et ont
servi à l'écriture.
Terre des Plantes
LE BOULEAU VERRUQUEUX
Roulée en cylindres serrés, elle
constituait des torches au pouvoir
éclairant élevé.
Avec les fibres on faisait des cordes
très solides et résistantes à l'eau dont
on se servait dans les puits au
XVIIIème siècle.
Fortement chauffée en vase clos,
l'écorce
exsude
un
goudron
aromatique que l'on employait
comme "pâte à joints" et hydrofuge.
Ses emplois médicinaux comme
vulnéaire le rapprochaient des poix
de conifères.
Le bétulinol et le bétuloside (un
glucoside) ont autrefois été employés
contre les fièvres intermittentes.
de coliques néphrétiques, goutte,
rhumatismes,
albuminurie
et
hydropisie.
La
recherche
pharmaceutique actuelle confirme
bien que le bouleau est "l'arbre
néphrétique".
Sous forme de bain, le bouleau est
également un excellent traitement
des maladies de la peau et s'avère
très utile contre les eczémas, dartres,
furoncles, érythèmes… On fait alors
une décoction de feuilles, à raison
d'une poignée pour deux litres d'eau,
qu'on ajoute à l'eau du bain.
Propriétés
antibactériennes
et
cicatrisantes.
Améliore les sols par une excellente
décomposition.
Sève :
En mars-avril on fore un trou dans le
tronc d'un arbre adulte. L'abondante
sève qui s'en écoule (l'eau de
bouleau) donne, après fermentation,
une boisson mousseuse, le vin de
bouleau.
L'eau de bouleau a des vertus
dépuratives,
diurétiques
et
antirhumatismales.
Le médecin
siennois Matthiole appelait le
bouleau: "l'arbre néphrétique".
Rameaux :
Au Moyen-Âge, on appelait le
bouleau "l'arbre de la sagesse" (arbor
sapientae) car les maîtres d'école
utilisaient ses rameaux comme
auxiliaire
pédagogique
(faut-il
préciser?).
Ils servaient à la confection de balais
utilisés entre autres au nettoyage des
rues (au début du siècle, la ville de
Paris consommait annuellement plus
de 300 000 balais de bouleau).
Feuilles et bourgeons :
Les bourgeons (et l'écorce) sont aussi
réputés pour leurs propriétés
curatives. Les bourgeons renferment
une huile volatile, dont on utilisait
les vertus cholérétiques pour traiter
les affections du foie et de la vésicule
biliaire.
Quelques
conseils en
vue de la plantation d'un
bouleau
Attention! pollens très allergènes.
Exposition ensoleillée.
Le bouleau est très sensible aux étés
secs (du fait de son enracinement
superficiel).
Ne pas le planter trop près des
maisons et des réseaux souterrains
(son système racinaire traçant s'insinue
dans les tuyauteries et autres…).
Les planter plutôt en petits bouquets
de 3 arbres (cépée).
Jean-Marc
Les feuilles du bouleau, riches en
saponines et en tanins, furent l'un des
meilleurs diurétiques, utilisés en cas
Terre des Plantes
13
Le Brin d’Herbe
Une bonne cuillerée à soupe de
bourgeons par tasse d'eau froide.
Faire bouillir cinq minutes. En
prendre une tasse avant chaque repas.
Mode d'utilisation
traditionnelle
En
usage Interne :
En
En infusion
usage externe :
En légère décoction
Une cuillerée à soupe de feuilles par
tasse d'eau bouillante. Laisser infuser
dix minutes. En boire trois à quatre
tasses par jour entre les repas.
En décoction
Une poignée de feuilles pour un litre
d'eau froide. Faire bouillir trois
minutes. Laisser infuser dix minutes.
Vous et votre Santé n°69 - mars 1999
Une cuillerée à café d'écorce par
tasse d'eau froide. Laisser bouillir
cinq minutes. En boire trois tasses
par jour avant les repas.
Bibliographie
" La Botanique Redécouverte "- Aline Raynal Roques - INRA Éditions.
" Flore Forestière Française, Volume 1" - J.C. Rameau, D. Mansion, G. Dumé - I.D.F.
" Arbres et Arbustes aux Quatre Saisons " - Jean Denis Godet - Delachaux et Nieslé.
" Le Bouleau " - Michel Roussillat - Actes Sud.
" La Plante Compagne " - Pierre Lieutaghi - Actes Sud.
Brin d'Herbe n° 14 – Eté 99
14
Terre des Plantes
L’ESTRAGON
L’estragon
(Artemisia Dracunculus L.)
Famille des Astéracées
L'Estragon est originaire de l'Europe
septentrionale. Il est parfois connu sous le
nom d'Armoise-Estragon. Tout le monde
connaît cette petite plante verte aux
multiples feuilles allongées, qui a sa place
l'été dans nos jardins.
Hautement prisé dans la
cuisine française, il est l'un
des composants des "fines
herbes".
Sans
avoir
actuellement d'applications
thérapeutiques, il est utilisé
comme
stimulant
de
l'appétit et des fonctions
digestives.
L'Estragon fut introduit en France à
l'époque de la Renaissance, et il était connu
sous le nom d'herbe dragon, d'où est dérivé
le mot Estragon. Il est difficile de citer tous
les médecins qui en ont parlé aux XVIème,
XVIIème, et XVIIIème siècles, mais plus
proche de nous, le docteur
Valnet dit que c'est un
stimulant
général
et
digestif,
apéritif,
stomachique,
antispasmodique,
carminatif, antiseptique
interne, très efficace, avec
une action vermifuge et
emménagogue.
Bibliographie
" Guide des Plantes Médicinales. " - Schauenberg - Éditions Delachaux et Niestlé.
" Plantes Sauvages " - Eliska Tomanova - Éditions Grund.
" Phytothérapie " du Docteur Jean VALNET - Édition Le Livre de Poche Pratique
" La Pharmacie du Bon Dieu" - Fabrice Rouleau - Éditions Stock
Brin d'Herbe n° 15 – Automne 99
Terre des Plantes
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LA FICAIRE
La ficaire
(Ranunculus ficaria)
Famille des Renonculacées
Présentation
La ficaire est une des premières plantes qui
apparaît au Printemps, le long des chemins, ses
pétales sont brillants comme des boutons d'or,
mais ils sont beaucoup plus nombreux, allongés
et pointus.
Elle pousse généralement en petites
colonies qui couvrent bien le sol.
Voilà pour sa description sommaire qui
vous permettra sans doute déjà de la reconnaître.
Description
Si nous l'observons de plus près, voici les
caractéristiques de l'espèce la plus répandue (il
existe une sous-espèce qui comporte une différence
morphologique évoquée plus loin) :
Elle ne dépasse pas 20 cm,
Les Feuilles sont luisantes, en forme de
coeur, assez charnues, vert foncé, parfois
maculées de taches foncées,
Terre des Plantes
Les
Fleurs d'un jaune vif brillant,
blanchissent en se fanant, d'un diamètre de
2 à 3 centimètres avec 8 à 12 pétales étroits.
Les sépales sont au nombre de 3,
Les Tiges sont molles et creuses,
Les Étamines et les Ovaires sont regroupés
sur le thalamus (du grec thalamos: couche
nuptiale, caractéristique des renoncules),
Les Racines sont tubéreuses,
Elle pousse généralement sur les sols à
faible couverture végétale, dans les lieux
humides ou ombragés,
Sa
dénomination
latine
est
RANUNCULUS
FICARIA
décrite
officiellement par LINNÉ pour la première
fois. (Dans certains guides elle est
dénommée "FICARIA VERNA").
La sous-espèce comporte des bulbilles à
l'aisselle des feuilles. Elle est dénommée
RANUNCULUS FICARIA sous-espèce
bulbilifer.
Elles font partie de la famille des
RENONCULACEES (qui vient du latin
rana: grenouille).
Ses noms locaux sont nombreux:
herbe au pie, petite chélidoine, bouton
d'or, petite éclaire, éclairette, herbe aux
hémorroïdes, mort aux vaches, herbe de
feu, bassinet, couillon de rat...,
en occitan: aurelhèto, tétinas de cat,
je ne lui ai pas trouvé de nom breton
(avis aux bretonnants),
son nom vernaculaire est bien sur la
FICAIRE.
Attention aux noms locaux
Elle n'a bien sur absolument rien à voir
avec la chélidoine (chélidonium majus) appelée en
autre Grande Éclaire. La chélidoine est une
papavéracée.
17
Le Brin d’Herbe
Usages Médicinaux et
Principes Actifs
La FICAIRE est essentiellement utilisée
dans le traitement des hémorroïdes.
L'auteur d'un écrit de 1672 signale les
succès obtenus dans ce domaine par un
charlatan qui traite ses patients en leur donnant
à boire de la bière dans laquelle avaient macéré
des feuilles et racines de ficaire.
Une anecdote contemporaine, Yves
ROCHER, tailleur, couturier de métier, s'est
lancé dans la fabrication des produits de beauté
après avoir mis au point une pommade pour les
hémorroïdes. Il en avait récupéré la recette
auprès d'une personne âgée.
Les recettes des pommades traditionnelles à
la Ficaire sont assez proches, elles sont toutes
faites à partir des racines ramassées, après
floraison, et mélangées avec un produit gras.
Voici le détail de l'une d'entre-elles:
"Broyer des racines fraîches, récoltées
au printemps ou en automne, avec trois fois
leurs poids de beurre frais ou de saindoux:
laisser ce mélange dans un pot de grès ou
un récipient de verre pendant 4 ou 5 jours;
puis mettre sur un feu doux pour faire
fondre la matière grasse; passer en
exprimant à travers un linge fin et
conserver dans un pot bien fermé" (Extrait de
"Nos Grand'mères Savaient..." de Jean PALAISEUL
- Edition Robert LAFFONT).
Important
Les feuilles et les tiges de la ficaire sont
toxiques à l'état frais:
Les mendiants s'en frottaient la
peau pour produire des plaies
factices (la Clématite produit le même
type d'irritation et était aussi utilisée à
cette fin).
Elles
servaient
aussi
pour
empoisonner les rats.
C'est la protoanénomine qui provoque la
mort en cas d'ingestion d'une dose importante.
Lors de la dessiccation de la plante, cette
substance se transforme en anémonine non
toxique.
La protoanémonine est présente chez
d'assez nombreuses plantes de la famille des
renonculacées: trolle d'Europe, nigelles,
anémones, pigamons, clématites, renoncule
âcre, renoncule bulbeuse, renoncule scélérate.
Elle contient d'autres principes actifs:
Des hétérosides,
Des saponosides,
De l'acide oléanique (ficarine),
De la vitamine P qui a un rôle
vasoconstricteur (utile pour la
réduction de la crise hémorroïdaire).
En médecine conventionnelle, elle est
utilisée aussi bien en homéopathie qu'en
allopathie.
Gilbert
Ouvrages consultés
" La Flore d'Europe Occidentale " - Marjorie BLAMEY; Christopher GREY-WILSON - Édition
ARTHAUD.
" Les Fleurs Sauvages " - Bertran MUNKERY - Édition SOLAR - Collection Guide Vert Poche.
" Dictionnaire de Botanique " - Bernard SOULLARD - Édition ELLIPSES.
" Les Simples entre Nature et Société " - Édition E P I (Etudes Populaires et Initiatives).
" Le Jardin des Plantes " - Revue du Parc National des Cévennes n° 38.39/1988.
" Connaître et Reconnaître les Plantes Médicinales " - Loîc GIRRE - Édition Ouest-France.
" Nos Grand-mères Savaient... " - Jean PALAISEUL - Édition Robert LAFFONT.
Brin d'Herbe n° 1 – Printemps 96
18
Terre des Plantes
LE FRAGON EPINEUX
Le fragon épineux
(Ruscus aculéatus L.)
Famille des Liliacées
Noms communs: Petit Houx, Houx Frelon, Myrte Sauvage.
Extrait de la revue Plantes & Médecines Associées n°10, mai 1990
Description
Le Fragon Épineux est un sous arbrisseau
buissonnant, toujours vert, d'une hauteur de
70 cm à 1 mètre. Il est caractérisé par des
rameaux aplatis, alternés ressemblant à des
feuilles et terminée par une épine. Ces fausses
feuilles sont nommées cladodes. Les fleurs
blanchâtres très petite se trouvent sous ces
cladodes. Les baies rouges apparaissent dès le
début de l'hiver et persistent jusqu'au printemps.
Historique
Déjà
les
anciens
vantaient les qualités
diurétiques du petit houx.
Dioscoride mentionne à
cet effet la macération des
feuilles et des baies dans
du vin et la décoction
vineuse des racines. Il
signale également l'emploi culinaire des jeunes
pousses en guise d'asperges. Pline qui l'appelle:
"Myrte sauvage" n'ajoute rien d'important à ces
indications.
Au Moyen-Âge les médecins arabes semblent
utiliser ces mêmes propriétés. "Contre
l'hydropsie (au début de la maladie), donner à boire
une décoction d'asperge, de fenouil, de persil et
de Fragon petit houx avec du miel en quantité
suffisante. Ce même remède vaut contre la
dureté de la rate".
Au 16ème siècle, Mathiole rapport l'emploi des
racines pour provoquer la sécrétion des urines.
Cette vertu du Fragon était bien connue du
peuple des campagnes, puisque Rivière raconte:
"qu'une bonne femme de la campagne guérit un
mendiant d'une volumineuse ascite (liquide dans le
Péritoine) en lui faisant prendre pendant un mois
une décoction de Fragon petit houx".
Plus tard Bauhin, cite le cas d'un tisserand
des environs de Montbéliard, envahit par une
hydropsie des pieds et de l'abdomen, se guérit
Terre des Plantes
par le même moyen, si bien qu'il
put venir à pied lui exprimer sa
reconnaissance.
On l'utilise contre la strangurie
et la dysurie (rétention urinaire) mais également
contre les douleurs iliaques. "Les poudres de
Fragon petit houx, semences d'anis et de fenouil
avec autant de sucre, prises le matin à jeun sont
une excellente médecine. Mais si le malade a de
la fièvre, donner avec de l'eau et non avec du
vin".
« Contre les douleurs et gonflement des
testicules, appliquer un emplâtre de racine de
Fragon petit houx bien cuite, à laquelle on peut
ajouter de la graisse et de la sauge; lier cet
emplâtre avec une bande ». Puis le Fragon petit
houx est tombé dans un oubli qui semble bien
immérité.
Principes actifs et
indications thérapeutiques
C'est le rhizome souvent débarrassé de ses
racines qui constitue la drogue. Connu depuis
longtemps pour ses propriétés diurétiques le
Fragon épineux est connu depuis moins
longtemps comme vaso-constricteur puissant du
système veineux.
19
Le Brin d’Herbe
Le rhizome contient :
- Des flavonoïdes (rutoside)
- Du potassium
- Des Tannins
- Des acides -alcools (acides glycoliques – glycé
rique et citrique)
La plante entière renferme des saponosides
stéroidiques dérivés du ruscogénol, dont la
structure est proche de la diosgènine (matière
première utilisée pour la fabrication de pilules
anticonceptionnelles). Ces saponosides stéroidiques
sont plus concentrés dans la parties souterraines
de la plante. Le rhizome contient également des
terpènes volatils: Thuyène, Pinène, P. Cymène,
Bornéol. L'action diurétique de Fragon épineux
est due aux flavonoïdes et aux sels de potassium.
Autrefois largement utilisé pour cet effet, il
entrait dans la composition du sirop des 5
racines, en compagnie du rhizome d'asperge et
des racines d'ache, de fenouil et de persil. L'effet
accroissant l'élimination rénale de l'eau a été
vérifié. Aujourd'hui, le petit houx est surtout
connu pour son intérêt en pathologie veineuse.
Il a un effet :
- Veinotonique
Avec des propriétés :
- Vasconstrictrices (saponosides)
- Anti-inflammatoires (saponosides)
- Vitaminiques P. (rutoside)
L'effet veinotonique est surtout obtenu avec
les extraits hydro-alcooliques.
Les propriétés vasoconstrictrices sont de
type adrénergique, les aglycones (précurseur) sont
beaucoup plus actif que les saponosides. Ces
propriétés ont été démontrées avec les extraits
hydro-alcooliques.
Les
propriétés
antiinflammatoires avec diminution de la stase
veineuse ont été vérifiées sur l'arthrite
expérimentale au kaolin sur la patte de rat. Vis à
vis de l'œdème provoqué, l'action est efficace et
l'inhibition de l'inflammation peut atteindre 55 à
65 % pour des doses de 40 à 80 mg/Kg en
injection intrapéritonéale. Cette action est
attribuée aux saponosides et à leurs aglycones.
Les saponosides sont actives par voie souscutanée et trans-cutanée, mais pas par voie orale.
Les saponosides n'ont pas d'activité sur la
résistance et la perméabilité capillaire et sont
inactives sur la pression artérielle. L'action
bénéfique sur la paroi veineuse paraît renforcée
par l'association avec des substances à activité
vitaminique P (rutoside). Le mécanisme invoqué
serait une libération de noradrénaline agissant
sur les récepteurs des muscles lisses de la paroi
veineuse. Le Fragon petit houx est de ce fait
utilisé dans le traitement :
- Des hémorroïdes chroniques,
- Des insuffisances veineuses et des varices.
La tolérance est bonne malgré quelques
intolérances digestives signalées: nausées et
diarrhées. C'est une plante intéressante contre
les troubles hémorroïdaires et comme
phlébotonique dans les troubles fonctionnels dus
à un ralentissement de la circulation veineuse,
en gynécologie et en phlébologie.
Forme d'emploi
-
Le Fragon petit houx se présente en:
Poudre 1g à 1,5g/jour
Décoction: 60g/litre
Extrait sec hydro-alcoolique: 0,5g à 1,5g/jour
Extrait fluide hydro-alcoolique 3 à 9 g/jour
Teinture-mère homéopathique (TM) 50 à
150 gouttes/jour
Alain Tessier
Fondateur de Terre des Plantes
Enseignant en Pharmacognosie
Bibliographie
" Connaître et reconnaître les plantes médicinales " - Professeur L. Girre - Éditions Ouest France.
" Le livre des plantes médicinales de France Tome II "- P. Fournier - Éditions Le Chevalier;
" Les plantes à réputation diurétique " - C. Payen Pouillard - Thèse doctorat en Pharmacie juin 1985
Université de Picardie
" Cours A.P.D.P. Ouest 1987 "- 3 Professeur J.F. Verbist
" Le petit houx " - Professeur Delaveau - Actualité pharmaceutiques
" Étude autoradiographique de la distribution du tritium chez des singes macaques traités par un extrait de
Ruscus Tritié " In annales Pharmaceutiques Française 1985 - 43 N°6
Brin d'Herbe n° 11 – Automne 98
20
Terre des Plantes
LE FUMETERRE
Le fumeterre
(Fumaria officinalis L.)
Famille des Fumariacées
Présentation
Fumaria Officinalis L.
Noms communs:
Fumée de Terre, Fiel de
Terre, Pisse Sang, Pied de Géline, Herbe à la
Veuve, Herbe à la Jaunisse, Lait-Battu.
Noms à l'étranger:
Néerlandais : Duivekervel.
Anglais : Common fumitory.
Allemand : Echter Erdrauch
Famille des Fumariacées.
Parties utilisées: Plante entière, sauf la racine.
terminales assez lâches. De profil, la fleur
de fumeterre, peut faire penser au casque
grec antique.
Son nom lui vient, soit de la teinte grise et
confuse de ses feuilles, soit de son goût de
fumée et de suie, soit de la tradition populaire
qui prétend que la plante naît non d'une graine,
mais d'une émanation de la terre. En effet,
lorsque sa silhouette floue se révèle aux regards
dans les ruines, à la lisière des champs
abandonnés, il est bien certain qu'elle apparaît
comme une plante de songe qu'il est nécessaire
de toucher pour croire à sa réalité.
Le fumeterre pousse volontiers sur des sols
retournés dans les jardins, et plutôt sur des sols
bien drainés. Il peut même pousser sur des sols
fraîchement retournés et pas encore colonisés
par les graminées. Dans les sols humides et
fertiles, le fumeterre devient une grande plante
envahissante.
Les graines peuvent rester dormantes un
certain temps, mais chaque printemps voit
germer une partie du stock. Les graines
oléagineuses sont consommées par les fourmis.
Récolte
Les tiges entières se récoltent au mois de
juin, lorsqu'elle a beaucoup de feuilles, et
quand les fleurs commencent à s'ouvrir. Le
séchage doit être rapide, en couche mince ou en
bouquets, à l'abri du soleil.
Description
Le fumeterre est une plante herbacée
vivace, à odeur âcre dû au suc.
Les tiges, hautes de 20 à 50 cm, sont grêles
et rameuses.
Les feuilles, sont vert grisâtre, très
découpées (leurs dessin rappelle l'empreinte que
laisse une patte de poule d'où son surnom de "Pied
de Géline").
Les fleurs, blanc-roses tachetées de pourpre
à leurs sommets, forment des grappes
Terre des Plantes
Il faut éviter le contact avec du fer.
La famille des
Fumariacées
Cette famille est proche (dans la phyllogénèse)
des papavéracées (dans une flore les fumariacées sont
décrites juste avant ou après les papavéracées). Est-ce
une proximité morphologique (ressemblance de
forme) ou une proximité "chimique" (famille de
principes actifs)? Il semble qu'il s'agit plus de
cette dernière.
21
Le Brin d’Herbe
À noter qu'il existe une vingtaine d'espèces
de fumeterre très proche, donc difficile à
identifier avec certitude.
Constituants
Les principaux constituants connus sont:
des tanins, des alcaloïdes (protopine, alcaloïde
isoquinoléique, fumarine, fumaricine, fumarofine...), des
hétérosides flavoniques (rutoside), des acides
aliphatiques, de l'acide succinique, de l'acide
fumarique, des acides-alcools (acide maltique,
citrique, lactique), du potassium, ...
Propriétés
On ne discute pas les propriétés du
fumeterre, qui sont reconnues depuis des
millénaires. Tout le monde s'accorde pour le
déclarer apéritif, tonique, dépuratif, diurétique
et cholagogue. Le fumeterre favorise la
production et l'émission de bile. Il sera donc
utile au printemps pour aider le foie dans son
rôle "détoxiquant".
d'urine, les maladies de la peau (dartres, eczéma,
etc...).
En plante fraîche, on peut en faire des
infusions. Une branche de 10 à 15 cm de
longueur avec sommité fleurie suffit pour une
tasse. Étant donné que c'est une plante fragile,
inutile de la mettre à infuser dans l'eau froide.
Jetez-la dans l'eau frémissante, et couper le feu
sous la casserole. Laissez infuser 10 à
15 minutes, et buvez une tasse avant chaque
repas. C'est une tisane amère, un peu difficile à
boire, mais il vaut mieux éviter de la sucrer.
Froide ou tiède, l'amertume s'estompe un peu.
Attention: le fumeterre est apéritif,
tonique et dépuratif pendant les huit premiers
jours de traitement; il devient ensuite calmant et
hypnotique, avec tendance à provoquer le
sommeil et à ralentir la circulation. Il faut donc
suivre le traitement pendant huit jours, puis
l'interrompre pendant dix à quinze jours.
Utilisation
Autrefois on faisait, avec le fumeterre, une
eau cosmétique pour purifier la peau, et les
jeunes paysannes la mettaient à bouillir dans du
lait pour se laver le visage afin que "parte le
hâle de leur joue estivale".
Selon le Docteur Jean VALNET, c'est "une
des meilleures plantes", et elle "serait favorable
à la longévité".
Aujourd'hui, il existe un nébulisât de
fumeterre commercialisé sous le nom
d'ODIBIL.
Le fumeterre est utilisé dans les affections
du foie (jaunisse), l'atonie de l'appareil digestif,
l'artériosclérose, l'arthritisme, les rétentions
Gilbert & Marc
Bibliographie
" Nos Grand-Mères Savaient... " - Jean PALAISEUL - Édition Robert LAFFONT.
" Connaître et Reconnaître les Plantes Médicinales " - Loïc GIRRE - Édition Ouest France;
" Phytothérapie " du Docteur Jean VALNET - Édition Le Livre de Poche Pratique
" Secrets et Vertus des Plantes Médicinales " - Sélection du Reader's Digest.
" Ces Herbes qu'on dit Mauvaises " - Jo READMAN - Édition Terre Vivante.
" CD-ROM Fleuris Ente'Nature " - Édition Sylvestre Informatique.
Serveur Internet en Belgique : http://www.agris.be/fr/grcult/adventric.html
Brin d'Herbe n° 5 – Printemps 97
22
Terre des Plantes
LE GUI
Le Gui
(Viscum Album)
Famille des Loranthacées
Présentation
Tous les enfants en âge de lire savent
que le druide Panoramix passait ses journées
dans les arbres à couper du gui, à l'aide d'une
serpe d'or, quand il ne préparait pas des potions
magiques.
De toutes les plantes qui composent
l'environnement naturel de l'homme, le gui est
sans doute le plus populaire. Considéré comme
une plante sacrée, le gui a été honoré dans de
nombreuses civilisations. Comme la verveine
ou la sauge, il était crédité de pouvoirs
magiques.
Le docteur Déoux, auteur de l'ouvrage:
"L'écologie, c'est la santé", présenterait le gui
comme une plante ayant de "bonnes" vibrations.
Sa présence neutraliserait des zones pathogènes.
Ceci pourrait expliquer les croyances
populaires qui depuis l'origine des temps font
du gui une plante sacrée.
Description
Le gui est une plante étrange: ni arbre,
ni arbuste. La plante n'a pas de racines et ne
peut se développer qu'en parasitant une autre
plante (dont il perce l'écorce): pommier, orme,
tilleul, pin, peuplier et saule. Il échappe aux
règles habituelles du monde végétal, ignore le
cycle des saisons et possède son rythme propre.
Défiant toutes les lois naturelles:
- il ignore les règles de la pesanteur et
peut pousser la tête en bas et dans n'importe
quelle direction.
- Par ailleurs, il reste toujours vert,
même à l'ombre.
Ses fleurs, d'un vert jaunâtre, s'ouvrent
en mars, avril; elles sont moins connues que ses
fruits: les petites boules blanches utilisées pour
la décoration de nos maisons au moment des
fêtes de fin d'année (le Brin d'herbe n° 0
Rubrique: "Au gui l'an neuf").
Les baies du gui sont la nourriture
d'hiver des merles et des grives. Ces baies,
véhiculées par la fiente des oiseaux permettent
Dans
les
Terre des plantes
hôpitaux,
on
utilise
au gui de se développer en assurant une
décomposition partielle de l'enveloppe de la
graine; la germination est ainsi facilitée. La
goutte gluante (de la fiente) peut être plaquée
par le vent sous la branche et reste collée, elle
germe ainsi la tête en bas.
Usages Médicinaux
Depuis l'antiquité grecque, (Dioscoride,
Pline, Théophraste) le gui a la réputation de
pouvoir guérir les tumeurs, mêmes malignes.
Cette affirmation a été reprise par les
théosophes dont le fondateur, Steiner (au tout
début du siècle) a permis la création d'un
remède: l'Iscador. Celui-ci fait partie d'une
panoplie de thérapies qui porte le nom de
viscumthérapie.
La médecine traditionnelle reconnaît au gui des
pouvoirs thérapeutiques dans les domaines de
l'hypertension ainsi que dans celui de
l'artériosclérose. Traditionnellement on l'utilise
encore comme remède des crises nerveuses, des
convulsions, de l'épilepsie, des toux quinteuses,
des spasmes et tous les problèmes concernant la
circulation et le coeur.
actuellement des préparations pour diminuer les
23
Le Brin d’Herbe
effets des cancers (action anti-mitotique: qui
ralentit la division cellulaire). Assez
curieusement chaque pousse annuelle donne
toujours naissance à deux nouveaux rameaux d'où sa forme en boule La théorie des signatures remise au goût
du jour par Paracelse (1493-1541) peut être
évoquée dans le cas du gui puisqu'on peut faire
un rapprochement entre ce mode de
développement (multiplication systématique
par deux) et la mitose (division par deux).
Préparation et emploi
Les modes d'emploi suivant sont tirés du
livre de Maria Treben: "La Santé à la
pharmacie du Bon Dieu" et du livre de Fabrice
Bardeau: "La pharmacie du Bon Dieu".
"Les baies blanches du gui sont
vénéneuses. Seules les feuilles et les tiges sont
utilisées. C'est pourquoi l'on recommande de
cueillir plutôt le gui de mars, car les oiseaux ont
mangé les boules, et la plante est alors très
bénéfique" (M. Treben).
Cependant il faut signaler que les baies,
en usage externe sont très bénéfiques contre les
engelures.
Les préparations les plus utilisées sont
le vin de gui et la décoction.
Pour le vin: 40 grammes de feuilles
hachées dans un litre de vin blanc. Faire
macérer pendant six jours (Fabrice Bardeau).
" Pour la tisane, il faut procéder par
macération. On met la veille une cuillerée à
café bombée de feuilles de gui hachées dans un
quart de litre d'eau. Le lendemain on réchauffe
légèrement et on passe. La tisane doit être
gardée dans un thermos ou réchauffée au bainmarie".
Ces tisanes sont indiquées dans tous les
cas de troubles dus à la ménopause. Elles sont
âcres et il est conseillé de leur ajouter pour le
goût un peu d'anis ou de menthe.
Le mauvais goût du gui est peut-être un
bienfait, car il s'agit d'une plante contenant des
alcaloïdes et dont il faut respecter les dosages,
car à hautes doses elle peut être toxique. Il faut
aussi signaler que le gui se vend en pharmacie
en gélules et gouttes, essentiellement pour les
troubles circulatoires et l'hypertension.
Ouvrages Consultés
Guide des plantes médicinales. (Schauenberg). Ed. Delachaux et Niestlé.
La Pharmacie du Bon Dieu. (Fabrice Bouleau). Ed. Stock.
Votre santé à la pharmacie du Bon Dieu. (Maria Treben) Ed. Ennsthaler.
Tous les espoirs de guérir. (Jean Palaiseul) Coll. "J'ai lu".
Encyclopédie des Symboles. Coll. "Encyclopédies d'aujourd'hui". France-Loisirs.
Phytothérapie. (Dr Jean Valnet) Livre de Poche Pratique.
Brin d'Herbe n° 9 – Printemps 97
24
Terre des Plantes
LES HELLEBORES
Les Hellébores
Le genre Helleborus comprend 25 espèces appartenant à la famille des renonculacées.
Les hellébores sont des plantes vivaces atteignant 30 à 50 cm de haut (à l'exception de celle
de Corse qui peut atteindre 1 m).
L'Hellébore Noir ou Rose de Noël - Helleborus niger
Description :
Son qualificatif "noir" (niger) vient de sa souche
rhizomateuse qui est de couleur noire.
L'expression "rose de Noël" vient du fait que sa
floraison a lieu à Noël et qu'elle peut se poursuivre
jusqu'en avril suivant l'altitude.
Ses feuilles sont persistantes, verte foncé, brillantes,
coriaces, longuement pétiolées, pédalées avec sept à
neuf segments.
Pédalée (du latin pedalis, relatif au pied). Se dit d'une
feuille dont les segments s'articulent les uns sur les
autres à la façon des fleurs successives d'une cyme
scorpoïde.
Cyme : inflorescence définie (et donc centrifuge) dont
l'apex est occupé par une fleur, la plus ancienne.
Scorpoïde : les ramifications se développent avec
insertion pédalée des rameaux successifs soit d’un seul
côté de l’axe principal (myosotis), soit symétriquement
des deux côtés de l'axe (hellébore).
[tiré du dictionnaire de botanique de B. Boullard]
Chaque hampe porte deux ou trois
grandes fleurs penchées, à cinq sépales
blancs souvent teintés de rose sur le
revers (les pétales sont plus beaucoup
plus petits et en forme de cornets
nectarifères).
Les grandes pièces périphériques
blanches et décoratives sont les sépales.
Les pétales passent facilement inaperçus ;
ils sont transformés en petits cornets
verts, leur face interne secrète du nectar.
[tiré de « La botanique redécouverte » d'Aline
Raynal-Roques]
Terre des Plantes
25
Le Brin d’Herbe
L’hellébore noir pousse en Europe
méridionale et centrale. II aime les régions
montagneuses et les taillis sur terrains
calcaires. Il est cultivé également dans les
jardins.
Histoire
Une ville de l'ancienne Grèce,
Anticyre, sur le golfe de Corinthe, était
entièrement consacrée à l'hellébore et à sa
culture. Ce n'était que champs d'hellébores
dans toute la région, pour la raison que les
vertus curatives de l'hellébore noir des
Anciens auraient été découvertes par
Anticyrus,. médecin et magicien. Selon une
légende, le héros chéri des Grecs, Héraclès,
tombé dans un profond désespoir, après
avoir tué par erreur sa femme et ses enfants,
voulait se suicider. Anticyrus l'aurait guéri
grâce à une cure d'hellébore. On éleva un
temple à Anticyrus et on donna son nom à
une ville. Une fête annuelle de l'hellébore,
fut instaurée.
Principes actifs
Toute la plante, mais principalement
le rhizome renferme des substances actives
l'helléboréine, l'helléborine, l'hellébrigénine
(qui a des propriétés cardiotoniques) …
Indications
Elle est utilisée en phytothérapie
comme tonique cardiaque complémentaire
de la digitaline et de la strophantine.
Le rhizome est utilisé contre
certains ulcères cutanés.
absence de règles par inertie de
l’utérus.
L’ensemble de la plante est toxique
comme la digitale, c’est un poison à
manier très prudemment.
26
L'homéopathie l'utilise à dose
infinitésimale pour soigner l'éclampsie,
(crises convulsives de la femme enceinte),
l'épilepsie et certaines psychoses, ainsi que
pour combattre certaines céphalées.
Selon le docteur Binet, homéopathe,
Helleborus niger est le médicament de
l'apathie, de la prostration, de la stupeur et
des mouvements automatiques (tels ceux
des enfants qui s'endorment en roulant la
tête sur l'oreiller). II est indiqué dans tous
les états d’aliénation mentale, avec
mélancolie et indifférence. Il calme
également les troubles nerveux de la
dentition et de la grossesse et serait efficace
en cas d'oedème et d'hydropisie.
Les anciens usages (purgatif,
anesthésique local ou abortif) sont
abandonnés de nos jours sauf en médecine
vétérinaire (on lui donne parfois le nom
d'herbe aux boeufs ou d'herbe aux
bestiaux).
Dans "l'Encyclopédie des herbes
Magiques" de Scott Cunningham aux
Editions Sand, on trouve les précisons
suivantes :
on s'en servait également dans les
rituels d'exorcisme. Les rites de magie
utilisaient essentiellement deux espèces,
aussi vénéneuses l'une que l'autre.
L'Hellébore noir, et l'Hellébore oriental
appelé aussi "Hellébore noir des Anciens".
"Même les feuilles et les fleurs sont
nocives et il faut se rincer abondamment les
mains avec un savon désinfectant si on a
touché de l'hellébore noir".
La médecine officielle a abandonné cette
plante dangereuse
Terre des Plantes
LES HELLEBORES
Hellébore fétide - Helleborus foetidus
« C’est le plus rencontré en France.
L’hellébore fétide se naturalise très
facilement par ses graines essemées par le
vent. Cette espèce affectionne les sous-bois
calcaires et les lisières et la compagnie des
fougères de type scolopendre. Vous la
verrez coloniser et tapisser les sous-bois de
noisetiers avec son feuillage découpé et vert
sombre satiné. Ses fleurs vert de Chypre à
liseré rouge-brun illuminent nos sous-bois
l’hiver. » (Revue « Plantes Sauvages N° 3 –
Décembre 2000)
Hellébore vert - Helleborus viridis
C’est une plante que l’on trouve dans l’Europe entière, mais localisée. On la trouve
jusqu’à 1500 mètres d’altitude. Elle atteint de 15 à 40 cm de haut et fleurit entre mars et mai.
Ses feuilles sont palmatiséquées, à segments
lancéolés, fortement dentés, vert clair.
L’hellébore vert est utilisé en médecine
vétérinaire traditionnelle :
« dans toutes les régions où il croît, l’hellébore
vert ou les espèces voisines, a des emplois de
"dérivatif" : c’est une plante toxique et caustique
susceptible de créer et d’entretenir des abcès de
fixation. On en glisse un morceau de tige ou de
racine sous la peau du cou ou du thorax d’un animal
malade ; il se produit une inflammation et un
écoulement qui « attirent le mal au dehors ».
(Cévènnes, Bourgogne, etc.). » (Enquête de
l’Association Etudes populaires et initiatives)
Hellébore corse - Helleborus lividus corsicus ou helleborus argutifolius
« Sauvage en corse et en Sardaigne,
Helleborus argutifolius se distingue par sa
taille. C’est un buisson de 80 cm à 1m de
haut selon son exposition. En Corse, il
affectionnel’ombre des pins Laricio, mais
aussi le maquis en plein soleil. Son feuillage
gris-vert est remarquable par son côté
trifolié à bords épineux et à nervures
marquées ; les fleurs vert crème se
présentent bien ouvertes en coupe et en
grosses grappes pendantes de décembre à
mai. » (Revue "Plantes Sauvages" N° 3 Décembre 2000)
Terre des Plantes
27
Le Brin d’Herbe
Un "faux-ami" homonymique : l’Ellébore blanc (appellé aussi vérâtre ou
varaire) - Veratrums album
« L’ellébore de la fable de La fontaine (le lièvre et la tortue) est un nom vulgaire du
Veratrum(liliacées). Hellébore et ellébore sont des toxiques redoutables. La fable recommande
de n’en prendre que quelques grains, ancienne unité de masse correspondant à environ
0,05g). »
[tiré de « La botanique redécouverte » d’Aline Raynal-Roques].
C’est une plante qui pousse dans les hautes
herbes et les tourbières embroussaillées et qui fleurit
en décembre.
La tige est très poilue. Les feuilles sont
lancéolées. Il peut se confondre assez facilement en
période de non floraison avec la grande gentiane
(Gentiana lutea) car les deux plantes poussent dans
les mêmes milieux. Toutefois, le vérâtre a des feuilles
toujours alternes alors que la gentiane a des feuilles
opposées.
La racine de gentiane fait l’objet de cueillette
pour la fabrication de l’Aveze, de la suze, … (d’où la
nécessité absolue de ne pas les confondre).
Le principal constituant connu est la vératrine,
complexe alcaloïdique. La vératrine à forte dose est
un poison violent qui entraîne la mort par paralysie
des nerfs moteurs et sensitifs.
Monique DURAND er Gilbert ROBIN
Bibliographie.
Plantes sauvages d’Eliska Tomanova. Editions Grund.
Le guide des plantes médicinales de Schauenberg et Paris. Editions Delachaux et Niestlé.
La botanique redécouverte d’Aline RaynalRoques. Editions Belin-INRA.
L’Encyclopédie des Herbes Magiques de Scott Cunningham. Editions Sand.
Revue « plantes sauvages » N°3 de décembre 2000.
Phytothérapie du docteur Valnet. Editions Livre de poche.
L’homéopathie pratique du docteur Binet.
Les simples entre Nature et Société. Editions Etudes populaires et initiatives.
Dictionnaire de botanique de Bernard Boullard. Editions Ellipses
Brin d'Herbe n° 20 – Hiver 2000
28
Terre des Plantes
LE HOUBLON
Le Houblon
(Humulus lupulus)
Famille des Moracées
Le houblon est bien connu pour son utilisation dans la fabrication de la bière. L'importance
des données recueillies sur le sujet nous oblige à traiter cette plante en 2 fois.
Carte d'identité
Nom latin Humulus lupulus.
Noms populaires Bois du diable,
couleuvrée septentrionale, digérable,
salsepareille nationale, vigne du Nord.
Famille Moracées.
Suivant les ouvrages consultés, le houblon
figure dans les cannabacées ou dans les
urticacées. Le classement dans les moracées (le
mûrier appartient à cette famille) est récent.
Lupulus se réfère au loup (lupus en latin).
Un peu à la manière du loup qui
étrangle ses proies, le houblon
s'entortille autour des autres végétaux.
Description
Le houblon est une plante grimpante dont
les tiges, anguleuses et rêches s'enroulent, dans
le sens des aiguilles d'une montre sur une plante
support, grâce à ses poils rigides en forme de
harpon appelés cystolithes parce qu'ils sont
constitués par des cristaux de carbonate de
calcium sur une assise siliceuse.
Le houblon est dioïque, les pieds mâles et
femelles sont séparés.
Les fruits des pieds femelles sont des
inflorescences écailleuses appelées "cônes". Ce
sont eux qui sont récoltés pour la bière et les
usages thérapeutiques.
Histoire
Origine du nom latin
Humulus viendrait tout simplement
du mot humus (c'est une plante poussant
de préférence dans les terrains limoneux et
humides).
Terre des Plantes
Le houblon aurait été cultivé en Europe
à partir du 9ème siècle.
Divers auteurs le cite dans leurs écrits,
parmi les plus connus: Ste Hildegarde
de Bingen vers 1175, Matthiole (15011577), Lieutaud en 1766, J.F. Cazin
(1886) et H. Leclerc (1954).
En 1406 Jean-sans-Peur duc de
Bourgogne et de Flandre fonda une
Confrérie du Houblon. Sa devise: "le
houblon nous rend calmes, réfléchis, et
taciturnes".
29
Le Brin d’Herbe
Principaux constituants
connus
La drogue est constituée par les cônes
séchés. Ils contiennent surtout du lupulin qui
est une sorte de résine contenant une huile
essentielle de composition complexe (une
centaine de composés). On en extrait deux
(humulène et myrcène). Ils contiennent
également des principes amers (humulone et
lupulone) et un alcaloïde: la lupuline.
1: Fruit
2: Fleur mâle
3: Fleur femelle
4: Pied mâle,
Fleurs en Panicules,
Panicules Ramifiées
De plus, les cônes sont riches en substances
à action œstrogénique.
Dessin réalisé par
Marie Annick
Il est aussi utilisé, mais à moindre titre,
pour des problèmes dermatologiques et comme
vermifuge.
Usages thérapeutiques et
alimentaires
Utilisé en priorité comme calmant et
sédatif, il est aussi anaphrodisiaque :
c'est un sédatif de l'appareil génital en
général et il peut être utilisé pour les
règles douloureuses.
Traditionnellement, on bourrait les oreillers
des enfants de cônes séchés pour faciliter leur
endormissement, l'effet est bien sur le même
pour les adultes insomniaques.
Par ces principes amers, il est tonique et
stomachique, on le prescrit donc dans les cas
d'anémie, d'inappétence, de lymphatisme. Ces
principes
ont
aussi
des
propriétés
antibactériennes.
Les jeunes pousses de printemps
peuvent être consommées comme des
asperges.
Attention: le houblon n'est pas sans
toxicité. Non pas pour les tisanes que
nous prenons en respectant la posologie,
mais pour les ouvriers et ouvrières
agricoles qui travaillent dans les
houblonnières. Il est irritant pour les
muqueuses et peut causer des maux de
tête,
de
la
somnolence,
des
engourdissements. Comme nous l'avons
déjà dit, le houblon contient des
substances œstrogènes et elles pénètrent
dans le sang à travers la peau.
Gilbert
On peut aussi le prescrire pour la lithiase
urinaire, la cystite et la goutte.
30
Terre des Plantes
LE HOUBLON
Bibliographie
CD-Rom: Plantes médicinales - Éditions "Algo-vision"
CD-Rom: Végétaux Sauvages du Grand-Ouest - Éditions "Sylvestre informatique"
La pharmacie du Bon Dieu - Fabrice Bardeau - Édition Stock - 1974
Secrets d'une Herboriste - Antoinette Mulot - Éditions du Dauphin - 1984
Connaître et reconnaître les plantes médicinales - Professeur Loïc Girre - Éditions Ouest-France - 1980
Phytothérapie du Dr Jean Valnet - Éditions du Livre de Poche - 1983
Nos grand-mères savaient de Jean Palaiseul - Éditions Robert Laffont - 1972
Plantes médicinales au rythme des saisons (tome 2) - Bruno Vonarburg - Éditions Sylva à Zurich - 1985
Des plantes pour tous les jours - Arlette Braine - Edition Presse Pocket - 1993
Les plantes médicinales et leurs propriétés - W. Schaffner - Édition Delachaux et Niestlé à Lausanne 1993
Dictionnaire de botanique - Bernard Boullard - Éditions Ellipses - 1988
Les simples entre nature et société - Publication de l'Association Études Populaires et Initiatives - 1986
Brin d'Herbe n° 12 – Hiver 99
Terre des Plantes
31
HOUBLON et BIERE
Houblon et bière
Une vieille histoire d'amour et de discorde
Du Houblon dépend le caractère de la
Bière et celui … du buveur. Chaque Bière
possède une amertume et un arôme propre
dû, entre autres, à la variété de Houblon
utilisé. C'est un des ingrédients le plus
important après le malt pour l'élaboration
d'une recette de Bière. Il n'en a pas été
toujours ainsi.
Petit historique
Pendant longtemps le brassage de la
Bière était assuré par les maîtresses de
maison en même temps que la fabrication
du pain. Puis ce furent les auberges. Le goût
et la consommation aidant, l'Église
Chrétienne se chargea d'en modérer les
effets et vers 1100, seuls les monastères
furent habilités à brasser de la Bière. La
Bière, à cette époque, était aromatisée avec
un mélange de plantes et d'épices appelé
"gruit". Ce "gruit" constituait vers 1500 un
marché puissant et … juteux contrôlé par
l'Église. L'usage du Houblon n'avait pas
encore droit de cité. Pourtant la 1ère
utilisation du Houblon pour le brassage date
de 736 en Allemagne. On retrouve trace de
Houblonnières dans la région de Hallerteau.
Ce procédé de brassage restait marginal.
Avec la dissolution de l'Église, les
brassages sortirent des monastères, ce qui
permit l'utilisation du Houblon à des fins
plus commerciales, mettant à mal le marché
du "gruit".
Le Houblonnage de la Bière assurait
une meilleure conservation et permettait de
réduire la quantité de malt, et du même
coup, le prix de la Bière. En 1528, voyant
cela, l'archevêque de Cologne, contrôleur de
la vente du "gruit", essaya d'interdire, par
décret, l'emploi du Houblon pour le
brassage. Puis ce fut, en Russie, le tour de
l'Archiduc Vassili II et, en Angleterre Henri
VIII. La guerre était déclarée au Houblon.
En vain, ce furent les consommateurs qui
eurent le dernier mot.
De nos jours, dans la majorité des cas,
les Bières artisanales et commerciales
possèdent cet ingrédient. Seule la "Curmi"
ou Cervoise, Bière ancienne des Gaulois,
n'en possède pas. Elle est aromatisée à l'aide
d'un mélange de cumin et d'épices, sorte de
"gruit".
Le Houblon et le brassage
Ce sont les cônes (fruits) qui sont
utilisées pour le brassage. Les cônes sont
composés de bractéoles vert-clair sur le
rachis. Les cônes, récoltées de fin août à fin
septembre, sont mis à sécher doucement (t°
< 55°C) pour ramener leur humidité à ± 7%,
puis ils sont conditionnés ou transformés.
L'ajout de Houblon au brassage confère
à la Bière ses qualités gustatives et un
facteur garant de sa bonne conservation.
Affiche du concours national des brasseurs
amateurs
Terre des Plantes
Les Bières nommées "PILS" (Pilsener),
"BITTER" (amer), "PORTER" et "STOUT"
sont fortement Houblonnées en plusieurs
fois avec du Houblon différent.
33
Le Brin d’Herbe
En règle générale, cette opération se fait
en deux fois. Le 1er ajout de Houblon sert
en début de brassage à tuer les bactéries du
moût et à détruire les enzymes pour arrêter
la saccharification des protéines contenues
dans le moût. Durant cette opération, le
Houblon perd ses qualités aromatiques et
d'amertume, ce qui nécessite un 2ème ajout
en fin de brassage.
Il existe plusieurs variétés de Houblon,
plus ou moins amer et/ou aromatique (voir
tableau). Tout dépend de la recette de Bière
choisie. Le Houblonnage peut également se
faire à cru, c'est à dire une fois la cuisson
terminée.
Rôles des composants du
Houblon dans la Bière
Les Résines Amères :
Elles sont de deux sortes : Humulone
(acide amer Alpha) et Lupulone (acide
amer Bêta) 10 fois moindre. La teneur en
Humulone du Houblon peut varier de
4 à 14%.
Elles sont responsables de l'amertume
de la Bière. Leurs propriétés antiseptiques
en favorisent la conservation. Peu solubles
dans l'eau, elles sont extraites par une
longue ébullition du moût.
moyenne 15 à 40 Grammes de Houblon
pour 10 litres de Bière, ou 30 à
45 Grammes pour 3 Kg de malt d'orge en
fonction des recettes. Il faut tenir compte
également du conditionnement du Houblon.
Variétés de Houblon
Teneur en acide alpha (humulone)
et propriété aromatique
Variété
Brewer's Gold
Bullion
Cascade
Cluster
Eroica
Fuggles
Galena
Golding
Hallertau
Hersbruck
Northern Brewer
Saaz
Styrian Golding
Talisman
Tetnang
Willamette
Acide
alpha
10 %
9%
6%
7%
10 %
4%
10 %
5%
6%
5%
8%
5%
7%
8%
6%
5%
Propriété
aromatique
oui
oui
oui
oui
oui
oui
oui
oui
oui
oui
Le Tanin :
2 à 5%, il se combine aux protéines et
aux matières azotées du moût pendant son
ébullition pour assurer la limpidité de la
bière, et lui donner une certaine astringence.
Les Huiles Essentielles :
Elles donnent à la Bière sa saveur et son
bouquet. Étant très volatiles, elles
disparaissent, lors du 1er ajout de Houblon,
pendant l'ébullition. Pour avoir une Bière
plus ou moins aromatique, il vaut mieux
ajouter vers la fin du brassage, un Houblon
aromatique.
Pour un brassage, il faut compter en
34
Type de conditionnement
du Houblon
Fleurs séchées entières (Cônes) :
Vendues en balles de toile. D'une utilisation
peu facile pour un brasseur débutant et peu
intéressante pour un professionnel. Outre
l'encombrement, l'oxydation en stock y est
plus élevée, et les principes amers se
modifient.
Houblon en briquettes : meilleure
conservation, c'est le format le plus pratique
et le moins dispendieux.
Terre des Plantes
HOUBLON et BIERE
Houblon en granulés ou palets :
Houblon moulu et compacté sans les
bractées et les tiges du rachis. Très
concentré en principes amers. Cette forme
de Houblon est la plus utilisée.
Bonne Adresse
Pour avoir des pieds de Houblon femelles
biologiques, se renseigner auprès de :
Brasserie du Caroux
34390 COLOMBIÈRES sur ORB
Tél: 04 67 95 72 77
Fax: 04 67 95 73 56
Extrait du Houblon : Méthode
d'extraction anciennement contestable, elle
se fait aujourd'hui à l'aide de CO2. Cette
forme de Houblon confère un pouvoir
d'amertume constant et une meilleure
conservation.
En règle générale pour éviter
l'oxydation du Houblon, il faut le stocker
dans l'obscurité dans un contenant
hermétique et au froid.
Curiosité
À visiter, sur "la Route Lorraine de la
Bière", à la Maison de la Polyculture de
LUCEY (54), la salle sur le Houblon.
Annig
Principaux pays producteurs de Houblon,
Variétés en tonnes / an
(Les chiffres sont donnés à titre indicatif)
Allemagne
Tchécoslovaquie
Yougoslavie
Grande Bretagne
U.R.S.S.
France
Belgique
U.S.A.
30 000
10 000
6 000
11 000
7 000
3 000
2 500
22 500
Hallertau, Spalt, Tettnang
Saaz, Ausha
Styrie, Backa
Golding, Vuggles, Northern Brewer
Northern Brewer
Northern Brewer et autres
Fuggles, Cluster
Bibliographie
L'encyclopédie de la Bière - R. Protz - Éditions de l'Olympe
Comment faire de la bonne Bière chez soi - J.F. Gimard - Éditions du Trécarré
Faites votre Bière - J.A. Chandon - Éditions Brasserie du Caroux
Brin d'Herbe n° 13 – Printemps 99
Terre des Plantes
35
LES MAUVES
Les mauves
(Malva Sylvestris – Malva Pusilla – Malva - Neglecta)
Famille des Malvacées
Présentation
Les Mauves : Il existe en effet 2 (voire
3) espèces à usages thérapeutiques.
La consultation d'une douzaine de livres
m'a amené à faire cette constatation.
Toutefois il semble que MALVA Sylvestris
(la grande Mauve) soit traitée en priorité par
les auteurs. En "seconde place" arrive
MALVA Pusilla (ou Rotundifolia)
appelée communément Mauve à
feuille ronde ou petite Mauve,
nom donné aussi à MALVA
Neglecta et décrite aussi dans
les ouvrages comme médicinale
(avec les mêmes indications pour
chacune d'entre-elles).
Voici les différents noms
donnés à MALVA Sylvestris:
herbe à fromage, fromageon
(fromage en raison de la
forme du fruit que les
enfants mangent quand
ils font des "dînettes"),
fausse
guimauve,
beurrât, fouassier & kaol malo (en
breton). En Occitanie: maouvo, gran
maouvo, maoulo, mavun, le fruit est
aussi appelé fromageon.
La Mauve appartient à la famille des
Malvacées.
Les Principes Actifs
Il ne semble pas que ces trois espèces
aient fait l'objet d'analyse chimique
comparée.
Terre des Plantes
Elles contiennent toutes les trois (ainsi
que l'ALTHÉA officinalis: guimauve) des
mucilages, des tanins et des flavonoïdes
réparties principalement dans les feuilles et
dans les fleurs. La racine est plutôt utilisée
en usage alimentaire.
Les Usages
Thérapeutiques
Dans les cas de toux sèches et en
général pour les irritations de la
muqueuse buccale et du pharynx.
Elles ont une action expectorante
(autrement dit: elles favorisent
l'expulsion
des
sécrétions
bronchiques), adoucissante et anti-
inflammatoire.
Pour cet usage elles peuvent
être associées aux: Bouillon
blanc, Coquelicot, Guimauve
(citée plus haut), Pied de Chat,
Tussilage, Violette. Les doses
et les modes de préparations diffèrent
suivant les ouvrages.
En usage externe dans les problèmes
de peaux: dermatoses, abcès, furoncles,
phlegmons...
Pour ces différentes affectations on
utilise plutôt les feuilles, voire la racine
en cataplasme.
Le jus de Mauve fraîche peut être utilisé
contre les piqûres de guêpes.
Pour les constipations chroniques: Aucun
ouvrage n'indique les doses et les modes
de préparation; c'est un laxatif doux.
37
Le Brin d’Herbe
Usages alimentaires
Les
fruits
(fromageons)
peuvent être préparés à la
manière des câpres.
Recette de consommé à
fleur de Mauve (Extrait de
"Les Grands classiques de la
Cuisine sauvage de AnnieJeanne et Bernard Bertrand Cet ouvrage présente d'autres
préparations culinaires de la
mauve).
Pommes de terre et les Carottes coupées.
Faites cuire à petits bouillons 20 minutes.
Mixez. Ajoutez alors les
fleurs de Mauve et
poursuivez la cuisson
quelques minutes.
Au moment de
servir, délayez la crème
fraîche et ajoutez-la à
cette soupe onctueuse à
souhait.
Ingrédients:
2 poignées de fleurs de Mauve,
2 poignées de feuilles,
2 pommes de terre,
crème fraîche,
2 oignons,
2 carottes,
assaisonnement.
Historique
Les anciens grecs et romains l'utilisaient
déjà (feuilles cuites dans les soupes chez les
romains).
Très en vogue sous Charlemagne (768814) elle était cultivée de manière
systématique dans les jardins impériaux.
Faites fondre l'Oignon haché dans de
l'huile, ajoutez les feuilles de Mauve, les
Gilbert
Bibliographie
" Revue Plantes & Médecines Associées " - N° 0 Article d'Alain TESSIER - Mai 1989
" Au Cœur des Plantes " - Docteur Yves CANELLE; Alain TESSIER - Éditions Marc Aurèle.
" Phytothérapie " du Docteur Jean VALNET - Édition Le Livre de Poche Pratique - 1983
" Les Simples entre Nature & Société " - Édition de l'Association Études Populaires & Initiatives
(EPI-1986)
" Le Jardin des Plantes "- Revue du Parc National des Cévennes - N° 38-39 - 1988
" Nos Grand-Mères Savaient... " - Jean PALAISEUL - Édition Robert LAFFONT - 1972
" Le Régal Végétal " de François COUPLAN - Édition DEBARD - 1984 - Ouvrage réédité chez un
autre éditeur
" Connaître et Reconnaître les Plantes Médicinales " - Loïc GIRRE - Édition Ouest France - 1980
" Les Plantes Médicinales et leurs Propriétés " - W. SCHAFFNER - Édition DELACHAUX &
NIESTLE - 1983
" Plantes & Jardins du Moyen-Age " - Édition EDIPSO - 1996
" Les Grand Classiques de la Cuisine Sauvage " - Annie-Jeanne et Bernard Bertrand - Auteur
Autoédité - 1997
" CD-ROM Fleuris Ente'Nature " - Édition Sylvestre Informatique - 1996
38
Terre des Plantes
LE MILLEPERTUIS
Le millepertuis
(Hypericum perforatum)
Famille des Hypericacées
Extrait de la revue Plantes & Médecines Associées n°11, juin 1990
Présentation
Hypericum perforatum
Noms communs : Herbe de la Saint Jean,
Herbe à Mille Trous, Herbe Percée,
Herbe aux Piqûres, Trucheron Jaune.
Famille des Hypericacées.
Parties utilisées : Les sommités fleuries.
Description
Le Millepertuis est une plante
herbacée
pouvant
atteindre
80
centimètres de hauteur. La tige est
raide et rameuse, légèrement ailée.
Les feuilles sont sessiles, ovales,
ponctuées de noir sur les bords; elles
présentent sur toute leur surface de
nombreuses petites poches sécrétrices,
translucides visibles par transparence
comme des perforations.
Les fleurs sont jaune vif, elles s'ouvrent de
juin à septembre. Le millepertuis est commun dans
les endroits incultes et les haies de toute l'Europe.
Historique
Bien qu'une vingtaine d'espèces de
millepertuis existe en Grèce et en Italie, celui-ci
ne fut guère utilisé avant le premier siècle de
notre ère. Discoride en décrit (quatre espèces
distinctes) sous les noms de Hyperikon, Askron,
Androsaimon et Korès. Discoride explique le
nom d'Androsaimon en disant que la plante,
écrasée entre les doigts, émet un suc rouge
comme du sang humain. Dans les textes du
Moyen-Âge, il est peu question de ces plantes.
Albert le Grand appelle le millepertuis:
"Couronne Royale" et les recueils de recettes de
l'époque l'indiquent contre la goutte.
Le nom d'Herbe de Saint Jean n'apparaît que
vers le 14ème siècle et repose vraisemblablement
Terre des Plantes
sur l'observation que la plante est dans
son éclat à la Saint Jean (24 juin).
Comme beaucoup d'autres plantes à
cette époque, le millepertuis a été l'objet
de maintes superstitions, surtout en
Europe Centrale. On lui attribuait, entre
autres pouvoirs, celui d'éloigner les
esprits mauvais; d'où les noms de Fuga
Daemonum et de Chasse Diable. Ce
n'est qu'au 16ème siècle, que la plante
acquit sa réputation de vulnéraire. De
nombreux érudits s'efforcent de
maintenir cette réputation. Malgré leurs
efforts, le millepertuis tombe dans
l'oubli, sauf dans la médecine populaire,
où il jouit d'une bonne renommée.
Il faut attendre le 20ème siècle pour
que le millepertuis soit reconnu comme:
"antiseptique très utile dans le
traitement des plaies, des ulcères et des
brûlures".
Puis d'autres propriétés furent découvertes:
H. Schulz (1929) lui attribue des propriétés
anticongestives; K. Kahnt insiste sur ses
propriétés astringentes. "Depuis plus de dix ans,
écrit H. Leclerc, que j'emploie ce topique dans
le traitement des brûlures, il m'est permis
d'avancer que ses avantages se résument ainsi:
il diminue les symtômes douloureux, par suite
d'une action anesthésique locale légère, mais
constante;
il
modère
les
réactions
inflammatoires; il joue vis à vis des tissus lésés
un rôle protecteur sans en compromettre la
vitalité, sans déterminer de rétention, ni de
suppuration des liquides excrétés; il favorise la
réparation du revêtement épidermique".
On l'emploie sous forme d'une huile
préparée de la façon suivante: macération
pendant 3 jours de 500 gr de sommités fleuries
(flores summitatis hyperici) fraîchement
cueillies et incisées, dans un mélange de
1000 gr d'huile et de 500 gr de vin blanc;
bouillir au bain-marie jusqu'à consomption du
39
Le Brin d’Herbe
vin. La liqueur qui résulte de cette opération est
d'un beau rouge cramoisi: on en imbibe des
compresses de gaze dont on recouvre la partie
malade.
W. Bohn préconise l'huile de millepertuis
comme calmant des douleurs consécutives aux
brûlures et K. Kahnt la recommande en
frictions dans les rhumatismes et la goutte.
Dans l'usage populaire c'est le remède universel
de tous les accidents externes: coupures, plaies,
contusion, ulcères de jambes, luxations,
sciatique... Enfin pour les homéopathes:
« hypericum est aux nerfs, ce qu'arnica est aux
muscles ».
Principes Actifs
La composition chimique des sommités
fleuries récoltées à l'époque de la floraison, a
été bien étudiée, elle comprend:
des Tanins : phlobaphène.
des Flavonoïdes :hyperoside - rutoside.
des Dianthrones : hypericine.
du Phénylphloroglucino l: hyperforine.
des Acides Phénols : acides caféiques
et chlorogénique.
une Essence composée de pinène et de
carbures sesquiterpéniques.
Par ces différents principes actifs, le
millepertuis est réputé comme sédatif nerveux
et la tradition lui attribue aussi des propriétés
diurétiques et vermifuges...
Toutefois, bien que ce soit encore une
plante banale, il faut se méfier d'un usage
inconsidéré, car à forte dose, on note une
atteinte du système nerveux central avec
convulsion et excitation.
D'autre part, l'hypericine, contenue dans
toute la plante, mais surtout dans les fleurs, est
un pigment rouge responsable des propriétés
photosensibilisantes de la plante. Ce pigment
qui n'est pas détruit lors de la dessiccation
provoque, en cas d'ingestion, des accidents
photodynamiques.
Si ces accidents sont relativement rares
chez les humains du fait de sa très faible
utilisation en usage interne, il est courant chez
les animaux.
COLLET décrit, chez le cheval,
l'absorption de millepertuis suivit d'une
exposition à la lumière: "les zones
40
dépigmentées deviennent rouge "lie de vin",
très prurigineuses puis sont le siège d'un
engorgement volumineux, les paupières et les
narines sont œdématiées. Les frottements des
parties atteintes produisent des excoriations et
des plaies. La peau dure et craquelée se
recouvre de croûtes grisâtres".
Indications
L'utilisation du millepertuis en usage
interne sera plutôt réservée à la prescription
médicale. Il pourra être utilisé comme:
Antihémorragique : phlobaphène.
Antidépresseur léger :
hypericine.
L'hyperoside agit sur le métabolisme des
tumeurs cérébrales. D'autre part, on a démontré
récemment l'activité de l'hyperforine sur le
staphylocoque et le streptocoque.
Hormis ces indications purement médicales,
le millepertuis est une plante intéressante en
usage externe, où il peut être utilisé:
contre les brûlures;
contre les coups de soleil;
comme cicatrisant;
en cosmétologie.
C'est surtout l'huile de millepertuis qui est
utilisé en usage externe. Elle a des effets:
astringent, cicatrisant, adoucissant et favorise la
réparation du revêtement épidermique, en
diminuant les symptômes douloureux et les
réactions inflammatoires.
En cosmétologie, on utilisera l'huile de
millepertuis sur les peaux à tendances sèches et
ridées, ou les irritations de la peau.
En homéopathie: hypericum est un remède
d'action limitée portant principalement sur le
système nerveux périphérique et sur les parties
du système nerveux central, essentiellement
fibreuses
(mœlle-épinière).
Ce
remède
correspond souvent à un état d'irritation du
système nerveux sensitif périphérique et du
système nerveux sensoriel. Ainsi hypericum
correspondra aux blessures, inflammations,
irritations et même infections des nerfs, et
surtout des nerfs sensitifs, qui sont
essentiellement centripètes.
Alain Tessier
Fondateur de Terre des Plantes
Enseignant en Pharmacognosie
Terre des Plantes
LE MILLEPERTUIS
Bibliographie
" Le livre des Plantes Médicinales de France Tome III " - P. Fournier - Édition Le Chevalier PARIS.
" Connaître et Reconnaître les Plantes Médicinales " - Prof. L. Girre - Édition Ouest France;
" Plantes Médicinales des Régions Tempérées " - L. Bezanger, Beauquesne, M. Pinkas, M. Torck et
F. Trotin - Édition Maloine.
" Ressources Médicinales de la flore Française " - G. Garnier, L. Bezanger, Beauquesne,
G. Debraux - Éditions Vigot.
" Précis de Phytothérapie " - H. Leclerc - Édition Masson.
" Plantes Médicianles, Thérapeutique, Toxicité " - Christiane Vigneau - Édition Masson.
" Plantes Vénéneuse, Toxicologie " - C. Jean, Blain, M. Grisvard - Édition la Maison Rustique Paris.
" Matière Médicale Homéopathique " - M. Guermonprez, M. Pinkas, M. Torck - Édition Doin.
" Plantes Médicinales en Homéopathie " - Dr Hodiamont - Édition S.P.R.L. Debrus, Tensi Bruxelles.
Brin d'Herbe n° 6 – Eté 97
Terre des Plantes
41
L’ORTIE
L’ortie
(Urtica Dioica L. – Urtica Urens L.)
Famille des Urticacées
Présentation
L'ortie Ortie Dioïque
Ortie Commune
: Urtica Dioica L.
Grande Ortie
Petite Ortie
: Urtica Urens L.
Famille des Urticacées.
Parties utilisées : La Racine, les Feuilles.
Description
La grande et la petite ortie sont des
plantes communes sur les terres de toute
l'Europe. Dans la flore régionale, il existe
d'autres espèces qui sont protégées.
La grande ortie est vivace (qui vit plus
de deux années). Sa tige dressée peut
atteindre 1 mètre de hauteur et porte de
grandes feuilles ovales dentées en scie, de
couleur vert sombre. Ses fleurs sont réunies
en grappes rameuses, plus longues que le
pétiole des feuilles. La grande ortie est
dioïque: les fleurs mâles et femelles sont
portées par des pieds différents.
La petite ortie est annuelle. Sa tige
dressée quadrangulaire atteint rarement plus
de 50 cm. Ses feuilles sont petites, ovales et
Terre des Plantes
profondément dentées, de couleur vert clair.
Ses fleurs sont réunies en grappes simples
plus courtes que le pétiole. La petite ortie
est monoïque: le même pied porte à la fois
les fleurs mâles et femelles.
Les fleurs d'orties, petites et verdâtres,
ont quatre sépales, mais pas de pétales
(classe des Apétales). La pollinisation se fait
par le vent. Les fleurs donneront naissance
à un fruit sec indéhiscents: l'akène. La
propagation se fait également par ses
racines traçantes jaunes. L'ortie est très
résistante, et continu à pousser en hiver, et
parvient même à fleurir si ce dernier est
doux.
Malgré la guerre brûlante qui les oppose
depuis des millénaires, les orties ont
toujours été sur les traces de l'homme. Elles
le suivent partout.
L'ortie est une plante aux nombreuses
propriétés, que bien des textes ont glorifiée.
Mais il est dans sa nature de piquer les
maladroits; la substance responsable, dont
un dixième de milligramme suffit pour
déclencher la brûlante démangeaison, est un
subtil mélange chimique contenu dans les
poils creux à la pointe fragile, localisé sur
les pétioles des feuilles.
Un peu d'histoire
Les
populations
préhistoriques
utilisaient l'ortie comme légume. Il est
possible, qu'il en ait existé des cultures, dès
l'âge de pierre. Elles étaient alors
consommées comme des épinards.
Selon la légende, les troupes de César
introduisirent l'ortie romaine (Urtica
Pilulifera L.) en Grande Bretagne parce que
les soldats pensaient avoir besoin de s'en
fouetter pour se réchauffer.
43
Le Brin d’Herbe
Dans l'Antiquité, Dioscoride (au
Ier siècle) indique la décoction de graines
dans du vin de raisins secs comme
aphrodisiaque; mélangée avec du miel,
comme pectoral et expectorant; la décoction
de feuilles comme diurétique et laxative; les
cataplasme de feuilles écrasées contre les
plaies gangréneuses, les ulcères et les
suppurations.
Au Moyen-Âge, on distingue la grande
et la petite ortie, auxquelles on assigne des
propriétés variées. Sainte Hildegarde
indique les graines contre les maux
d'estomac; la plante contre l'angine et les
crachements de sang; en application contre
les maux de tête; le suc frais contre les
douleurs articulaires et les plaies
enflammées.
Au
XVIème
et
XVIIème siècle, on utilise
l'ortie contre les hémorragie
et les hémoptysies.
Au XVIIIème siècle,
Chomelle considère l'ortie
comme « l'un des plus
assurés remèdes pour le
crachement de sang et pour
les hémorragies ».
En
1839,
Friard
proposa le suc d'ortie
comme antidiabétique.
Au Jardin
de ces dernières, qui viendront ensuite sur
les fleurs et le légumes manger les pucerons
avant qu'il ne soient trop nombreux.
Utilisation
Par la richesse de ses composants, la
Grande Ortie est employée comme
diurétique, favorisant l'élimination du
chlore et de l'urée, mais c'est surtout comme
reminéralisant et antiasthénique, qu'elle a
gagné ses lettres de noblesse.
Pour les récoltes, on doit utiliser les
parties aériennes fleuries, les jeunes pousses
qui seront récoltées ou cueillies dans des
endroits éloignés de toutes pollutions.
Les Feuilles d'ortie en infusion
activent les fonctions digestives,
stimulent la circulation, favorisent la
montée de lait chez les mères allaitant,
revitalisent au printemps. On peut
également les consommer en potage, 12
heures après la récolte.
Le Suc d'ortie sur un coton arrête
un saignement du nez.
Les Racines en lotion: faire
bouillir 100 grammes de racines pour
1 litre d'eau pendant 15 minutes; faire
des lotions quotidiennes pour le cuir
chevelu.
Les Fibres d'orties, fournissent de
la ficelle (utilisées comme le chanvre),
et une toile verte pratiquement
indestructible après tissage.
L'ortie indique un sol
... Elle consume les superfluités
La seule toxicité de l'ortie est
flegmatiques qu'Hiver
riche
en
éléments
a laissées derrière lui.
cutanée: c'est l'urticaire. Il se manifeste
nutritifs (notamment en
Nicholas Culpeper, 1653.
par contact de l'ortie sur la peau. Les
azote). L'ortie accentue la
symptômes
disparaissent en plus ou moins
saveur des plantes aromatiques voisines, et
6 heures. Le jus d'oseille, ou des feuilles de
stimule la croissance des autres plantes.
plantains frottées, sont très efficaces pour
L'ortie est utilisée comme activateur du
calmer les "brûlures" d'orties.
compost. Le purin d'ortie sert d'engrais
(riche en fer et en azote) et de répulsif
Par ingestion, il ne se produit pas
contre les insectes. L'ortie est une plante
d'urticaire, car les composés responsables
hôte pour les chenilles de nombreux
sont détruits dans le tractus digestif.
papillons et les premières générations de
pucerons qui serviront de nourriture aux
coccinelles, en favorisant la multiplication
44
Terre des Plantes
L’ORTIE
Bibliographie
" Au Cœur des Plantes " - Docteur Yves CANELLE; Alain TESSIER - Éditions Marc Aurèle.
" Les Plantes Médicinales Encyclopédie Pratique " - Sélection du Reader's Digest.
" Secrets et Vertus des Plantes Médicinales " - Sélection du Reader's Digest.
" Ces Herbes qu'on dit Mauvaises " - Jo READMAN - Éditions Terre Vivante.
Magazine " Plantes & Médecines Associées N°4 " Octobre 1989.
" CD-ROM Fleuris Ente'Nature " - Éditions Sylvestre Informatique.
Serveur Internet au Canada : http://jardins.versicolores.ca/trucs/html/trc25-28.htm
Brin d'Herbe n° 4 – Hiver 97
ERRATUM
(Paru dans le Brin d’Herbe N° 5 – Printemps 97)
Dans ce bulletin, nous précisions que l’ortie pouvait être consommée 12 heures après la
cueillette. Dans le livre « Secrets et Vertus des Plantes Médicinales » aux éditions du Reader’s
Digest, nous avions trouvé l’information suivante : « il est conseillé de les consommer en
potage, ou cuite 12 heures après la récolte ». Le potage étant une forme de cuisson, cette
phrase est un peu contradictoire. Après consultation d’autres ouvrages, il apparaît que l’ortie
doit être consommée uniquement fraîche.
Terre des Plantes
45
LA PILOSELLE OU EPERVIERE
La piloselle ou épervière
(Hieracium Pilosella.)
Famille des Astéracées
Nomenclature officielle : Hieracium pilosella.
Famille : astéracées (ex-composées).
Origine du nom (1)
- Vient du grec Hierac 'épervier' et de
pilosellus 'duveteux'. On peut faire
aussi un rapprochement avec pilosité
et pileux.
- Une légende dit que les oiseaux de
proie, dont l'épervier, en mangeaient
les graines pour améliorer leur vision.
Description
- Plante vivace, fleurissant de mai à
octobre (1).
- Espèce très polymorphe. Pollinisée
par les insectes, dispersion des
graines par le vent.
- Tige sans feuille, pubescente (poils
noirâtres), de 5 à 30 cm.
- Feuilles en rosette ovales, oblongues,
tomenteuses (du latin tomentum,
bourre, duvet), blanchâtres et
pubescentes.
- Stolons allongés, velus, pourvus de
petites feuilles espacées.
- Fleurs jaune soufre, purpurine en dessous.
- Capitule solitaire à involucre aux
bractées pubescentes.
Habitat - biotope
Plante
d'origine
eurastique,
très
commune en France comme le pissenlit.
Mais attention, chacun chez soi; elle a une
préférence pour les stations sèches et
ensoleillées :
Pelouses, prairies sèches, landes, friches,
rochers, clairières sèches, chemins... de
l'étage collinéen à alpin (2700 m.). Elle se
plaît sur les sols sableux, limoneux et
argileux bien drainés.
Terre des Plantes
Flore forestière française / Plaines et collines. Collectif d'auteurs.
Éditions Institut pour le Développement Forestier
Indicatrice d'un terrain au PH neutre à
acide, riche en éléments nutritifs et à forte
activité biologique. Litière peu épaisse.
Cycle de vie (5)
Plante vivace, sous forme de rosette de
feuilles poilues (en hiver). Au printemps
elle émet des stolons à la base, chacun d'eux
se terminant par une nouvelle rosette...
jusqu'à former un tapis éliminant les
graminées.
47
Le Brin d’Herbe
Particularité (2)
Cette variété de Piloselle est télétoxique.
C'est une empoisonneuse et une 'associale'
pour les autres plantes.
Elle secrète par ces racines et feuilles des
substances toxiques inhibant le cycle de vie
de ces voisines et stoppant la germination
de leurs graines.
Ce phénomène est appelé AMENSALISME.
Pour le mettre en évidence vous pouvez
réaliser l'expérience ci-dessous (2) :
mettre à germer au préalable des graines
(blé, seigle, lentilles...)
faire une macération de feuilles et
racines de piloselle
arroser les graines germées avec la
préparation
au bout de quelques temps (suivant la
concentration) les graines dépérissent.
Propriétés thérapeutiques (3) :
Bien que ce soit une empoisonneuse pour
les autres plantes, cela ne veut pas dire
qu'elle le soit pour nous !
Historique : elle fut utilisée tardivement.
Au milieu du Moyen-Âge, elle sert de
tonique cardiaque. Mais ce n'est qu'au 15ème
siècle que l'on trouve sa trace dans les
ouvrages de médecine. Elle est employée à
l'époque en usage interne contre les
vomissements biliaires, crachements de
sang, entérites et hernies intestinales. En
usage externe, en baume vulnéraire pour les
fractures et pour les plaies.
C'est seulement au 19ème siècle que ses
propriétés diurétiques sont mises en
évidence. Elles seraient dues à la présence,
surtout dans les racines, d'INULINE,
substance glucidique agissant sur les reins.
Elle est également antibactérienne grâce à la
présence
d'OMBELLIFERONNES
(coumarines) agissant en synergie avec des
ACIDES PHENOL : Acide caféïque
(antibactérien) et acide chlorogonique
(bactériostatique).
48
ÉPERVIÈRE PILOSELLE, Oreille de souris
(Hieracium pilosella ; Composées).
Peut croître en masse sur les sols secs, où elle
tend à éliminer les autres plantes.
La plante entière, diurétique, élimine l'urée et les
chlorures : calculs, goutte, rétention d'eau, grippe.
Fraîche, elle a une action prononcée dans la
brucellose.
Les Simples entre Nature et Société.
Éditions EPI
Autres composants
(plante entière) (4) :
Acide gras, acide alcool, flavonoïdes
Caroténoïdes, anthocyanes, esthers
Diuréïdes glyoxillique (action vulnéraire)
Principes amers
Vitamine C (8,9 mg/100 g de plante
fraîche)
Eléments minéraux : oxalate de calcium
et magnésium
Terre des Plantes
LA PILOSELLE OU EPERVIERE
En résumé :
Mode d'emploi :
Usage interne : Bonne plante pour les
problèmes rénaux : Goutte, excès d'urée,
œdème, oligurie (diminution de la quantité des
urines), anti-chlorure.
Usage externe : plaies.
Ne pas en abuser car présence d'oxalate
de calcium (irritant)
Infusion de plante fraîche entière : 15 g/l
et 1 litre/jour
Teinture mère : 100 à 200 gouttes/jour
Suc de feuilles fraîches pour
l'inflammation des yeux et les plaies
Annig Pineau
Bibliographie
(1) " Flore forestière française " - Vol. 1 "Plaines et collines" - Éditions I.D.F.
(2) " Le guide illustré de l'écologie " de B. Fischesser et M.F. Dupuis - Tate - Éditions De la
Martinière
(3) " Au coeur des plantes " de Dr Yves Cannelle et Alain Tessier - Éditions Marc Aurèle
(4) " Phytothérapie analytique " d'Alain Tessier - Éditions Marc Aurèle
(5) "Ces herbes qu'on dit mauvaises" de Jo Readman - Éditions Terre Vivante
Brin d'Herbe n° 18 – Eté 2000
Terre des Plantes
49
LE PIN SYLVESTRE
Pin sylvestre - Pinus sylvestris L.
Famille :
Origine du nom :
Autres noms :
Noms populaires :
PINACÉES – Conifères
vient du celte PEN (tête) et du latin SYLVESTRIS (sauvage).
Pin d’Ecosse, pin de Hagueneau, Pin du Nord, Pin de Riga
ponpon, cône, pépin, sapette, pinoche, pinpin, bibitte, mouton, poule,
caracaca, artholon, fagoutin …
Atchi, atcha …atchoum, snirf, !! Revoilà
le concert tant redouté de chaque période
hivernale. Rhume, grippe, bronchite … Toutes
ces joyeusetés qui mettent à mal notre
organisme. C’est la saison ! Vite des remèdes,
une tisane de perlin pinpin ? Que non ! de
pin sylvestre. Ah ! cette odeur balsamique et
chaude qui nous apporte un peu de soleil et
nous fait voyager …Alors voyageons … dans
l’espace-temps en compagnie du pin sylvestre.
( 1) Cet arbre nous fait
revenir très loin en arrière, du
temps où l’homme n’existait
pas encore ! Le pin sylvestre
est une des formes évoluées
des anciennes souches de
gymnospermes, ces plantes de
grande taille (arbre, arbuste,
liane) à vie longue et à
sexualité aérienne, apparues à
la fin du primaire et ayant
dominé à l’ère secondaire de 225 à -65 millions d’années,
contemporaines des premiers
mammifères et des oiseaux.
L’homme n’est apparu qu’au
quaternaire (à peu près vers
-0,6 millions d’années).
Puis les gymnospermes se
sont faites détrôner par un
autre groupe végétal plus
perfectionné
et
plus
adaptable : les angiospermes
(plantes à fleurs et fruits vrais).
Devant cette domination écrasante,
certaines gymnospermes ont disparu, d’autres
ont su évoluer pour s’adapter, à l’exemple du
pin sylvestre.
Terre des Plantes
Habitat ( 2, 3, 8) :
Il couvre environ 8% du sol français.
Ailleurs, son aire d’extension est très vaste.
Il pousse du nord de l’Ecosse jusqu’au
fleuve Amour. Au nord de la Norvège il
dépasse le cercle polaire d’environ 300 Km.
Au sud, on le trouve dans les Pyrénées, les
Apenins, les Balkans jusqu’en Asie mineure.
Il contourne la mer noire à travers le
Caucase jusqu’en Mongolie.
A travers toutes ces variétés géographiques et écologiques, il a
parfaitement su s’adapter en
changeant de forme et de
couleur.
Espèce
post-pionnière
nomade, surtout montagnarde.
Aire
naturelle
en
France : Vosges, nord de
l’Alsace,
Jura,
Alpes,
Massif central, et Pyrénées.
Subspontanée dans d’autres
régions, étage collinéen à
alpin (de 400 à 2000 m).
Biotope :
Arbre de pleine lumière,
résiste à la sécheresse estivale. Ne craint ni le froid ni
les gelées de printemps.
Assez sensible au vent.
Tolère la pauvreté miné-
rale mais préfère un sol acide (chlorose sur sol calcaire).
Aiguilles à décomposition
lente qui
génèrent un humus très acide.
51
Le Brin d’Herbe
Description :
Arbre de 35 à 40 m de haut,
circonférence pouvant atteindre 6 à 8 m. Durée
de vie, 200 ans en montagne, 100 en plaine.
Ecorce
brun rougeâtre à saumonée
(partie supérieure du tronc)
Rameaux grisâtres et glabres
Aiguilles groupées par deux, vert grisâtre,
courtes 4 à 7 cm, tordues sur elles-mêmes.
Cônes petits 3 à 5 cm, brun jaune mat.
Maturation en 2 ans.
Houppier léger, vert bleuté laissant filtrer
la lumière (voir dessin page 3)
Floraison de mai à juin, pollinisation et
dispersion par le vent.
Utilisations : elles sont très variées !
Bois en provenance de montagne : menuiserie
fine, placage décoratif, mâts de navire.
Bois en provenance de plaine à texture et
densité forte : poteaux, charpente, menuiserie,
bois de mine (léger et résistant, encore appelé
« bois d’alarme » car il émet des craquements
significatifs avant de se rompre. C’était le
signal pour évacuer la galerie avant qu’elle ne
s’effondre).
Bois de plaine à texture faible : pâte à papier,
panneaux …
Teinture végétale avec les aiguilles et l’écorce :
couleur jaune brun avec mordant d’alun et de
tartre, gris brun avec mordant de fer. ( 6)
Usages thérapeutiques ( 4) :
« goudron de pin » ou « de Norvège » obtenu
par la distillation du tronc et des branches.
C’est un produit brun noirâtre à odeur tenace,
semi-liquide. Ce goudron végétal a des
propriétés antiseptiques. Utilisé pour les
affections bronchiques (sous forme de
pastilles) et en usage externe : dermatose,
eczéma, psoriasis. Son utilisation est
remplacée par les corticoïdes.
Propriétés :
52
monoterpènes : pinène et limonène (en
pourcentage à peu près égal)
cortisone like (axe H.C.S.)
Hypertensive +++
Tonique, stimulante
Anti-infectieuse, anti-fongique et antiseptique.
Indications :
bronchites ++, sinusites ++, asthmes ++
Asthénie ++, insuffisance testiculaire.
Contre-indications :
Huile essentielle ( 4, 5) :
obtenue par la distillation à la vapeur d’eau
des aiguilles.
Principes actifs :
Monoterpénols : bornéol (autour de 2 %)
Sesquiterpénols
Esters terpéniques : acétate de bornyle
(max. 10 %)
hypersensibilité
En inhalation : inflammation aiguë de
l’appareil respiratoire
Utilisation : env. 1 goutte par 10 kg de poids
per-os (voie cutanée, creux du coude
et/ou poignet)
en inhalation
Terre des Plantes
LE PIN SYLVESTRE
RAPPELS SUR LES H.E. :
·
·
Elles doivent être 100% pures et naturelles,
de préférence de culture biologique ou
sauvage. Certaines huiles peu chères sont
dénaturées avec des huiles minérales, du
White-spirit, de l’essence de térébenthine
falsifiée, voire de l’essence de voiture !
Méfiance, il existe des "maîtres coupeurs" à
l’opposé des "maîtres distillateurs".
Sur l’étiquette, on doit pouvoir lire
Le nom latin de la plante (pinus sylvestris)
La partie distillée de la plante (aiguilles)
Le principe actif majoritaire (usage
thérapeutique)
L’adresse du laboratoire
Distillation à la vapeur d’eau
Ils servent également à la fabrication de
sirop et de bonbons.
Propriétés : antiseptiques des voies
respira-toires.
Effets indésirables : à éviter en cas de
lésions rénales et du système nerveux
central.
Mythologie ( 7) :
Planète : Mars ;
Elément : Air ;
Pouvoirs : fécondité, guérison, bonheur,
chance …
Divinités : Pan et Satyres ;
(L’Arcadie était le centre du culte de Pan,
divinité
pastorale
et
…lubrique.
Ses
principaux sanctuaires étaient ceux du Mont
Parthénon et Mégalopolis, puis plus tard une
grotte au nord de l’Acropole.)
Symbole de la vie au Japon et chez les Assyriens.
En Vendée, les empreintes digitales de la
Infusion ( 4) :
On utilise les bourgeons. Ils sont récoltés à
la fin de l’hiver, période favorable à l’exsudation
de la résine balsamique riche en principes actifs.
Vierge seraient imprimées sur ses
graines larges et plates. Aurait-elle été
visitée par le dieu Pan ?
Annig Pineau
BIBLIOGRAPHIE
(1)
(2)
(3)
(4)
(5)
(6)
(7)
(8)
« La botanique redécouverte » Aline Raynal-Roques - Ed. BELIN -INRA
« Flore forestière française » Vol. 2 « Montagne » - Ed. I.D.F.
« Les arbres de nos forêts » collection « Les hommes et la nature » - Ed. O.N.F.
« Au cœur des plantes » Dr Y. Canelle et A. Tessier - Ed. Marc AURELE
« L’aromathérapie exactement » - Ed. Roger JOLLOIS
« Guide des teintures naturelles » D. Chardon et G. du Chatenet – Ed. DELACHAUX et NIESTLE
« Encyclopédie des herbes magiques » S. Cunningham – Ed. SAND
« Arbres et arbustes » - Ed. GRÜND
Brin d'Herbe n° 20 – Hiver 2000
Terre des Plantes
53
LE PISSENLIT
Le pissenlit
Le Pissenlit :
Taraxacum Officinalis
ou Taraxacum Dens-Léonis
Famille des Astéracées (Ex-Composées)
Parties utilisées : La Racine, la Feuille, la Fleur.
Noms régionaux : Dent de lion, Couronne de
moine, Laitue de(s) chien(s), Chicorée,
Flori(o)n d'or, etc...
radical, lisse et creux. Toutes les fleurs du
réceptacle sont ligulées et semblables.
Leurs dimensions diminuent du pourtour
vers l'intérieur, où elles sont fermées en
bouton.
Le fruit, est un akène gris, ovale, écailleux
et côtelé. Il est surmonté d'un filament
terminé par une aigrette plumeuse. Elle
permet la dissémination des graines par le
vent.
La racine pivotante est un atout pour le
Pissenlit. En effet, cette racine aide le
Pissenlit à survivre dans des conditions
défavorables, car elle contient des réserves
de nourriture, et va chercher l'eau dans le
sol à une grande profondeur. Le Pissenlit
peut se régénérer à partir de morceaux de
racines, même si elle est coupée à 15
centimètres sous la surface du sol.
Un peu d'histoire
Description
Le Pissenlit est une plante herbacée vivace
pouvant atteindre 50 cm de hauteur. Elle est
spontanée dans les lieux humides de presque
toutes les régions du monde, jusqu'à 2000 m.
La Racine de couleur brun-rougeâtre, qui
peut atteindre une trentaine de centimètre, est
pivotante à rhizome court et épais. Les racines
de certaines espèces de l'Asie Centrale
fournissent un latex dont on tire du caoutchouc.
La Tige est creuse et contient un latex
blanc.
Les Feuilles très découpées sont
groupées en rosette basale.
Les Fleurs, solitaires, sont de couleur
jaune d’or (florin d'or) à languettes formant
de larges capitules sur un long pédoncule
Terre des Plantes
Le Pissenlit, pour nous très commun, est
passé dans le temps, sans marquer l'histoire.
Ce n'est qu'au Moyen Âge, au 13ème siècle,
qu'il commence à faire parler de lui. Albert
le Grand voyait dans le Pissenlit le "Flos
Campi" de la Bible.
Dans les mêmes temps, les "Glossaires"
le mentionne sous quatre noms, dont l'un
Taraxacum est resté dans la nomenclature
moderne.
Ce sont sans doute les invasions
barbares qui ont contribué à le répandre
aussi largement. C'est au 15ème siècle que le
Pissenlit prend une importance médicale et
scientifique. A cette époque il est surtout
considéré comme un vulnéraire, employé
dans la guérison des plaies et blessures.
Au 16ème siècle, en 1546, H. BOCK est
le premier à lui reconnaître les vertus
diurétiques auxquelles il doit son nom
populaire français (pisse au lit). II faut
attendre le I8ème siècle pour que le Pissenlit
soit utilisé dans les maladies du foie. Puis il
est abandonné par la médecine populaire.
55
Le Brin d’Herbe
Ce n'est qu'au 19ème siècle qu'il prend une
place de premier plan en phytothérapie,
place qu'il n'a jamais perdu jusqu'ici.Au
19ème siècle, les Suisses appellent le Pissenlit
"Franzosesalat", tellement étonnés de voir les
Français consommer cette plante en salade.
En occident, on sépare toujours les
feuilles et la racine: les chinois utilisent la
plante entière, qu'ils appellent : "pu gong
ying'.
Au Jardin
Le Pissenlit indique un sol riche en
éléments nutritifs (notamment en azote). Le
Pissenlit ameublit le sol en profondeur,
améliore la structure et le drainage du sol,
amène en surface des éléments nutritifs du
sous-sol ; le Pissenlit est riche en fer,
sodium, zinc, potasse et phosphore. Les
fleurs de Pissenlit attirent les syrphes dont
les larves mangent les pucerons. Les fleurs
fournissent aux abeilles un abondant nectar
qui servira à la fabrication du miel. 125 000
visites de capitules de Pissenlit sont
nécessaires pour obtenir 1 Kg de miel. Le
Pissenlit dégage de l'éthylène, un gaz qui
accélère le mûrissement des fruits,
notamment des tomates.
Le pissenlit est indispensable au jardin
biologique comme la Mâche et la Romaine
et se récolte tout l'hiver. Les pieds peuvent
rester en place plusieurs années de suite.
Si vous regardez une pelouse de près,
vous vous apercevrez que, dans la plupart
des cas, le gazon est fait de toutes sortes de
plantes. Les jardiniers biologiques acceptent
en général cette situation, qui permet à la
pelouse d'abriter une faune variée. Un
mélange d'espèces donne à une pelouse un
air de bonne santé et assure un bon couvert
végétal. N'utilisez pas d'herbicides sur les
pelouses, ce sont des espaces pour les
loisirs et les plaisirs, pas pour les poisons.
Pour contrôler le Pissenlit dans une pelouse,
il faut le couper sous la surface du sol avec
un vieux couteau de cuisine. Un traitement
localisé avec du sel est efficace, mais il
faudra ressemer les zones traitées après que
le sel aura été lessivé.
56
Utilisation
Le Pissenlit est un tonique amer. II est
employé comme stimulant des fonctions
digestives. Par ses principes amers, il est
apéritif et stimulant des fonctions biliaires.
Les Feuilles de Pissenlit, consommées
en salade, au tout début du printemps, sont
dépuratives et laxatives, et elles favorisent
l'élimination des toxines accumulées en
hiver.
La Racine joue un rôle dépuratif tonique
doux, contre un large éventail d'affections :
des calculs biliaires à la jaunisse. Elle est
d'une aide précieuse en cas de constipation
et lors des affections toxiques chroniques,
telles que les inflammations articulaires,
l'eczéma et l'acné. Les racines doivent être
récoltées en automne.
La Sève blanche des tiges et de la racine
peut s'appliquer localement sur les verrues.
Quelques recettes
On peut transformer les racines en un
succédané de café : torréfier les racines
de Pissenlit, et y ajouter de la chicorée.
On peut transformer les fleurs en un
vin : verser 4,5 litres d'eau sur dix
poignées de fleurs fraîchement cueillies.
Couvrir et mettre de côté. Au bout de
trois jours, filtrer. Faire bouillir le
liquide pendant 30 minutes et ajouter
1,5 Kg de sucre, un peu de gingembre
râpé et le zeste d'un citron ou d'une
orange. Laisser refroidir, puis ajouter de
la levure de bière: couvrir et laisser
fermenter 2 jours. Faire décanter
ensuite dans des dames-jeannes et
mettre au frais.
Avec les fleurs, on peut réaliser une excellente confiture qui a la couleur du miel
Avec les feuilles, on peut faire de
délicieuses salades, riches en vitamines
A et C (voir Recette « Une bonne
salade »).
Brin d'Herbe n° 0 – Hiver 96
Terre des Plantes
LES PLANTAINS
Les plantains
(Plantago Lanceolata – Plantago Media – Plantago Major)
Famille des Plantaginacées
Présentation
Description
Sous le nom de "Plantain", cohabitent
plusieurs espèces communes sous nos latitudes,
de la famille des Plantaginacées. Dans notre
flore, nous comptons plusieurs espèces :
Les plantains sont des plantes herbacées
vivaces, à tige non ramifiée et à feuilles en
rosettes basales. Les plantains se différencient
par la forme et la taille de leurs feuilles :
Le plantain lancéolé / Plantago Lanceolata /
connu aussi sous les noms: herbe à cinq
côtes, ou herbe au cinq coutures.
Le plantain lancéolé a des feuilles en forme
de fer de lance; son inflorescence est ovoïde
et globuleuse.
Le plantain moyen a des feuilles en forme
d'ellipses et couvertes de poils fins et courts;
son inflorescence est en épi cylindrique.
Le grand plantain a des feuilles de grandes
tailles au limbe ovale et aux nervures
convergentes; son inflorescence est en épi
cylindrique.
Le plantain moyen / Plantago Media / ou
langue d'agneau.
Le grand plantain / Plantago Major / ou
plantain des oiseaux.
Il existe d'autres plantains, comme le
plantain "corne de cerf" et le plantain maritime,
qui ne sont pas employés en thérapeutique.
Habitat
Le plantain est une plante habituelle des
lieux incultes (bord
des
chemins,
terrains
secs),
comme des terrains
cultivés (prairies,
pelouses), jusqu'à
2 000 m d'altitude.
Et toi, plantain, Mère des herbes,
t'épanouis du côté de l'Est,
avec puissance.
Le lacnunga, IXe siècle.
Terre des Plantes
Le plantain est
fréquent sur les
lieux de passages
où le terrain est
foulé, et pousse
réellement mieux,
si on lui marche
dessus. Si l'on ne
tond pas la pelouse,
le plantain, comme
le pissenlit, change
de forme et se
développe rapidement en hauteur
pour bénéficier de
la lumière.
La multiplication se fait par "graines". Une
seule plante produit jusqu'à 15 000 graines qui
peuvent rester dormantes pendant 40 ans. Une
fois mouillées, les graines deviennent collantes,
et sont disséminées par les oiseaux.
Au jardin
Le plantain indique un sol humide, mal
drainé et/ou compacté. Il faut donc, aérer le sol
en pratiquant le double bêchage, semer des
engrais verts, ajouter de la matière organique, et
drainer.
Pour contrôler le plantain, il faut le couper
sous la surface du sol avec un vieux couteau de
cuisine. Un traitement localisé avec du sel est
efficace, mais il faudra ressemer les zones
traitées après que le sel aura été lessivé.
57
Le Brin d’Herbe
Utilisation
Tous les plantains sont riches en mucilages,
en pectines et en tanins. Ce sont ces principes
actifs qui leur ont valu leur réputation et leur
emploi comme émollient et astringent, utilisé
en gargarisme dans les affections de pharynx et
en cataplasmes dans les plaies et les dermatoses.
Les plantains ont aussi des propriétés antiinflammatoires démontrées. C'est aussi un
antitussif trop peu connu, et des travaux ont
montré, que le sirop de plantain ne fermentait
pas, et avait une bonne conservation.
Le plantain lancéolé est aussi un producteur
d'interféron, dont on connaît le mécanisme dans
le système de défense, comme stimulant de la
résistance. Cette même espèce a aussi des
propriétés
antihistaminiques,
aujourd'hui
démontrées pharmacologiquement, et que la
sagesse populaire connaissait bien.
Les Anciens considéraient les plantains
comme précieux, très actifs tant en usage
externe, qu'interne. On connaît depuis
longtemps l'effet reposant sur les yeux fatigués
d'un collyre aux feuilles de plantain: prendre
10 grammes de feuilles pour 150 grammes
d'eau bouillante, y ajouter 5 grammes de fleurs
de Mélilot et 5 grammes de fleurs de Bleuet.
10 ml, 3 fois par jour. Le jus dilué est
utilisé en gargarismes contre les maux de
gorge et de bouche ou l'inflammation des
gencives.
Les feuilles en teinture servent en cas de
catarrhe (Inflammation des muqueuses donnant
lieu à une hypersécrétion) ou de nécessité d'un
effet astringent; préférer les feuilles
fraîches.
Les feuilles préparées en sirop servent
contre la toux et les douleurs de la gorge: à
préparer à partir du jus.
Les feuilles en cataplasme sont utilisées
sur les piqûres de guêpe et d'orties;
appliquer les feuilles fraîches en friction.
Les feuilles en pommade servent sur les
blessures, les brûlures et les hémorroïdes.
Les graines en infusion sont utilisées
contre la constipation: verser une tasse
d'eau bouillante sur une cuillère à café de
graines, laisser refroidir, puis boire, le
mucilage et les graines, le soir.
Marc
Les feuilles en jus servent contre
l'inflammation des muqueuses lors d'une
cystite, d'une diarrhée ou d'une infection
pulmonaire; presser les feuilles et prendre
Bibliographie
" Au Cœur des Plantes " - Docteur Yves CANELLE; Alain TESSIER - Éditions Marc Aurèle.
" Les Plantes Médicinales Encyclopédie Pratique " - Sélection du Reader's Digest.
" Secrets et Vertus des Plantes Médicinales " - Sélection du Reader's Digest.
" Ces Herbes qu'on dit Mauvaises " - Jo READMAN - Éditions Terre Vivante.
" CD-ROM Fleuris Ente'Nature " - Éditions Sylvestre Informatique.
Brin d'Herbe n° 3 – Automne 96
58
Terre des Plantes
LES PLANTES MESSICOLES
Les plantes messicoles
Ce sont les plantes adventices qui se
développent accidentellement dans les
cultures de céréales et sont considérées
comme indésirables ou « mauvaises »
herbes par l'agriculteur. Ce sont
essentiellement des plantes annuelles qui
se développent en même temps que les
céréales (qui sont aussi des plantes
annuelles) et ont un cycle biologique
comparable à ces dernières.
Suivant les types de sols, nous ne
rencontrerons pas les mêmes espèces de
messicoles. Les auteurs en ont dénombré
plus de 60.
Nous nous contenterons de vous présenter
le coquelicot, le bleuet et la nielle des blés.
Le coquelicot
Il en existe 3 espèces courantes sur le
territoire métropolitain auxquelles le
public donne le nom de coquelicot
Papaver rhoeas
Coquelicot commun
Papaver dubium
Coquelicot douteux
Papaver argenome Coquelicot argénome
En fait, il existe au moins 8 espèces
sauvages plus ou moins répandues suivant
les secteurs géographiques. Par ailleurs ces
espèces s'hybrident parfois compliquant le
travail de détermination. Celle-ci s'effectue
en premier lieu à partir du caractère poilu
ou non des capsules, viennent ensuite ses
critères de forme et de taille ; les feuilles
sont de formes trop variées pour être prises
en compte de manière fiable.
Tous les coquelicots appartiennent à la
famille des papavéracées.
Un peu d'étymologie
Coquelicot : vient bien sûr de cocorico
(voir illustrations)
Plus de 60 noms usuels lui ont été
donnés, évoquant tantôt le cri du coq,
tantôt l'animal lui-même. Il est aussi
souvent nommé Ponceau : le rouge ponceau
désigne la nuance de rouge propre au
coquelicot.
Papaver : viendrait du celtique papa
qui signifie « bouillie », parce
qu'autrefois on additionnait la bouillie
des enfants de suc de coquelicot pour les
faire dormir.
Rhoeas : de Rhéa la divinité de la
Terre matricielle dans l'Antiquité.
Dubium : littéralement douteux.
Terre des Plantes
59
Le Brin d’Herbe
Parties utilisées : pétales.
Indications
Constituants :
antocyanosides
(dont
généine et cyanidol). 0,05% d’alcoloïdes
dont le principal est la rhoeadine de
structure proche de l'hydrastine et la
rhoeagénine
qui en dérive par perte
d'alcool méthylique.
• Rhumes
• Catarrhes
• Bronchites
• Asthme
• Coliques
Propriétés :
• Ophtalmies
• Abcès dentaires
• Adoucissant
• Pectoral
• Calmant
• Astringent
• Somnifère (excellent et sans danger pour
les enfants).
• Insomnies
• Fièvres éruptives
• Coqueluche
• Angines
Usage externe
Mode d'emploi
Infusion : 10 à 20 g de pétales par litre.
Sirop : 200 g de pétales dans un litre d'eau
bouillante. Ajouter 1 kg de sucre. Laisser
cuire jusqu'à obtention de la consistance
d'un sirop. Prendre 3 cuillères à soupe par
jour, seules ou dans une tisane pectorale.
La nielle des blés
Nom latin
Agrostemma githago
Famille
caryophyllacées.
Cette espèce quasiment disparue à
l'heure actuelle dans de nombreuses
régions fut pendant longtemps redoutée par
les agriculteurs. En effet, ses graines
contiennent de la saponine et de l'acide
agrostemmique qui, à faibles doses, ont un
effet seulement laxatif, mais attaquent, à
forte concentration, les globules rouges. De
taille similaire à celle des grains de blé, ces
graines passaient dans la farine la rendant
grise et amère (un dosage de 5% de ces
graines rend le mélange dangereux pour
l'homme et le bétail).
Cette très belle plante à pétales roses veinés
de violet fut appelée souvent ‘couronne des
blés’. Elle a inspiré les horticulteurs qui en
60
ont produit différentes variétés utilisées
maintenant pour décorer les jardins
Terre des Plantes
LES PLANTES MESSICOLES
Le bleuet
Nom latin Centaurea cyanus
Famille
astéracées
Noms régionaux : bluet, barbeau, aubifoin, cornailles, Herbe de St Zacharie, chevalot,
blavélie, casse-lunettes.
Description :
Propriétés :
Comme le coquelicot, c'était un habitué des
champs de céréales où il prospérait en
abondance. C'est une herbacée annuelle à tige
rameuse, à feuille duveteuse ; aux capitules
d'un bleu intense, que l'on récolte avant
maturité complète, de mai à août.
Histoire :
Son nom lui vient, d'après la légende,
du Centaure Chiron, fils de Saturne, qui
enseigna la connaissance des plantes à
Esculape lui-même et qui en découvrit les
propriétés.
Les apothicaires du XVIIème siècle
préparaient une eau de bleuet en faisant
macérer des fleurs pilées dans de la rosée ou de
la neige fondue, que l'on distillait ensuite au
bain-marie. C'était l'eau de casse-lunettes,
ainsi appelée parce qu'elle éclaircissait la vue
et rendait inutile l'usage des verres.
Pectoral
Diurétique (il existe des plantes beaucoup
plus efficaces dans ce domaine)
Spécifique des soins oculaires (conjonctivite)
Mode d'emploi :
infusion : 40 g. par litre d'eau.
Laisser infuser 20 minutes. 2 tasses par jour.
collyre : (c'est sa principale
utilisation en herboristerie) seul ou en
mélange avec la camomille, l'euphraise et le
plantain.
Constituants :
Pigments
anthocyaniques
et
flavoniques, mucilage, un principe amer, des
polyines , du manganèse.
Préservons
messicoles
les
plantes
Rappelons que la biodiversité présente de
multiples intérêts, sur le plan de la production de
matières premières, sur le plan médicinal, dans le
domaine de la recherche fondamentale (de la
connaissance de mécanismes physiologiques à /a
compréhension de l'évolution), ou aussi pour des
activités récréatives (Photographie...), culturelles
ou plus simplement pour des raisons éthiques.
Laissons la planète à nos descendants avec les
mêmes potentialités que celles dont nous avons
disposé.
Terre des Plantes
61
Le Brin d’Herbe
Documents utilisés pour la rédaction de l'article sur les plantes messicoles
2 documents ont été essentiels :
« Le coquelicot, poète des champs » de Bernard BERTRAND - auteur autoédité
L'ouvrage comporte 128 pages consacrées exclusivement au coquelicot ... une véritable mine
d'or.
Un article obtenu par Internet extrait du Courrier de l'environnement de l'INRA (N° 28 d'août
1996) - « Les plantes messicoles des plaines françaises » par Francis OLIVEREAU - DIREN,
131 faubourg Bannier 45042 Orléans cedex 1.
(http://www.inra.fr/lnternet/Produits/dpenv/olivec28.htm)
Les autres documents :
Différents numéros de la revue « La Garance Voyageuse » - 48370 St Germain de Calberte
« La pharmacie du Bon-Dieu » de Fabrice BARDEAU aux éditions Stock
Les fiches techniques de l'Ecole Lyonnaise de Plantes Médicinales.
Brin d'Herbe n° 22 – Eté 2001
62
Terre des Plantes
LA PRÊLE
La prêle
(Equisetum Arvense L.)
Famille des Equisétacées
Généralités
Avant de vous présenter en détail la
Prêle des champs (la plus utilisée à des fins
médicinales), voici quelques
données sur les autres prêles.
Elles ne font pas partie
des
plantes
à
fleurs
(angiospermes) mais des
fougères (ptéridophytes).
Equisetum fluviatile
(ou E. limosum)
prêle des eaux ou
des bourbiers,
Equisetum
ramosissimum
prêle rameuse.
Elles apparaissent au
Carbonifère (il y a donc
Tous les noms cidessus, et les dessins, sont
extraits du Petit Guide des
Fougères de Loire-Atlantique et
de Vendée édité par le CPNS (Cette
environ 350 millions d'années)
plaquette est bien faite).
et sont de forme arborescente (plusieurs
dizaines de mètres de haut). Lors de leur
enfouissement, elles se fossilisent et se
transforment en houille avec les autres
végétaux de cette période chaude et humide.
Les prêles font partie de la famille des
Equisétacées et ont une morphologie très
particulière (voir dessins ci-contre) un peu en
forme de queue de cheval, d'où leur nom.
Les 6 espèces de prêles répertoriées en
Vendée et Loire-Atlantique :
Espèces qui ont des tiges fertiles non
chlorophylliennes :
Equisetum arvense
prêle des champs,
Equisetum telmateia
grande prêle,
Equisetum x litorale
c'est un hybride entre
Equisetum
arvense
et
Equisetum fluviatile.
Espèces qui ont des tiges fertiles
chlorophylliennes :
Equisetum palustre
prêle des marais,
Terre des plantes
A titre indicatif, voici les noms d'autres
espèces citées dans d'autres ouvrages :
Equisetum hyemale (ou prêle d'hiver,
pas présente en Bretagne),
Equisetum maximum.
Etymologie et noms
vernaculaires
Noms vernaculaires de la prêle :
queue cheval, de chat, de renard ou de
rat, herbe à "écurer" ou à récurer,
petite prêle,
lost-march en Bretagne,
cassouto ou cassaoute ou cassauto en
Occitanie.
Etymologie (2 hypothèses) :
sa saveur est amère, âpre au goût qui
se dit asper en latin, par filiation cela
donna au cours du temps asperella,
puis asprèle et enfin prêle.
une autre origine (plus plausible, pour
ma part) : elle est âpre au toucher, elle
a servi pendant longtemps à récurer la
vaisselle et polir le bois en ébénisterie.
63
Le Brin d’Herbe
Permet de ralentir le vieillissement
cutané,
De manière traditionnelle, elle était
utilisée pour arrêter les saignements,
D'une manière générale le silicium
joue un rôle de "catalyseur" (rétablit
les 2 hypothèses ont pu aussi converger
au cours du temps ou des espaces
géographiques.
Propriétés et indications
thérapeutiques
l'équilibre calcium/magnésium et favorise
l'assimilation du phosphore, en autres).
La prêle contient de très nombreux
principes actifs (extraits des tiges stériles,
récoltées en été) :
Pour certains thérapeutes, la prêle est
une panacée. Elle était déjà utilisée au
Moyen-Age par Albert le Grand.
Des matières minérales (de 14 à 20% de
son poids sec) :
La silice sous forme d'oxyde de
silicium s'y trouve en quantité
importante (c'est ce qui lui donne sa
raideur),
Du carbonate de calcium,
En moindre quantité du sulfate de
potassium, du chlorure de potassium,
magnésie, phosphate de calcium, fer,
manganèse...
Des acides-phénols, des acides-alcools,
des flavonoïdes,
Des traces d'alcaloïdes, en particulier de
la nicotine,
De la vitamine C : environ 25 mg par
100 g de plante fraîche.
Attention : la prêle des marais est
toxique en raison des alcaloïdes
particuliers qu'elle contient,
notamment la palustrine.
Ses indications
thérapeutiques :
Diurétique,
Astringente,
Reminéralisante (consolidant les os et
les ongles),
Cicatrisante,
64
Extrait de La Botanique Redécouverte
Un tanin, un principe amer, une résine,
des substances pectiques,
Cycle diplobiontique de la prêle des champs
(Equisetum arvense). Le sporophyte diploïde est dominant.
Formes d'emploi :
Suc frais,
Poudre,
Décocté,
Suspension Intégrale
Fraîche (S.I.P.F.),
Extrait fluide aqueux,
de
Plante
Terre des Plantes
LA PRÊLE
préparation la teneur en silice est très faible),
Salade de jeunes pousses.
Pour les posologies, je vous invite à
vous reporter aux 2 premiers ouvrages dans
la bibliographie.
Gilbert.
Extrait de Les Simples entre Nature et Société
Extrait sec aqueux,
Extrait sec hydro-alcoolique,
Distillat (uniquement pour usage
externe),
Teinture-mère (dans ce mode de
Bibliographie
" Phytothérapie " du Dr Jean VALNET - Éditions Le livre de poche.
" Phytothérapie Analytique " - Alain TESSIER - Éditions Marc Aurèle.
" Au Cœur des Plantes " - Dr CANNELLE et Alain TESSIER - Éditions Marc Aurèle.
" Connaître et Reconnaître les Plantes Médicinales " - Loïc GIRRE - Éditions Ouest-France.
" Nos Grand-mères Savaient... " - Jean PALAISEUL - Éditions Robert Laffont.
" Le Savoir en Herbe " - Alain RENAUX - Éditions Les Presses du Languedoc.
" Botanique Médicale " - Bernard VIAL - Éditions Similia.
" Faunes et Flores des Ères Géologiques " - Pierre MORZADEC - Plaquette Ouest-France.
" Guide des Graminées, Carex, Joncs et Fougères " - R. et A. FITTER et Ann FARRER - Éditions
Delachaux et Niestlé.
" La Botanique Redécouverte " - Aline RAYNAL-ROQUES - Éditions Belin/Inra.
" Les Simples entre Nature et Société " - Éditions EPI.
" Petit Guide des Fougères de Loire-Atlantique et de Vendée " - Édité par le Club de Protection de
la Nature des Sittelles de Saint Sébastien.
Brin d'Herbe n° 16 – Hiver 2000
Terre des plantes
65
LA SALSEPAREILLE
La salsepareille
(Smilax Aspera L.)
Famille des Liliacées
Extraits de la Bande Dessinée « Les Schtroumpfs noirs »
Noms régionaux
Salsepareille d'Europe ou du Midi ou de
Provence, Smilax rude, Liseron épineux,
Liset piquant, Gramon de montagne.
Il existe une autre espèce, importée du
Mexique en France pour l'usage médicinal :
Smilax medica (c'est la plus active).
Signalons aussi Smilax ornata qui vient de
Jamaïque, Honduras et Brésil.
Description
Plante ligneuse de 1 à 2 m. Tige
sarmenteuse, anguleuse, portant des
aiguillons. Feuilles pétiolées à limbe sagitté,
munies de vrilles stipulaires. Fleurs blancverdâtre en groupes d'ombelles à l'aisselle
des feuilles. Le fruit est une baie rouge
(ressemble un peu au groseillier).
Habitat - Culture
Originaire d'Amérique Centrale et du Sud
(forêts marécageuses). Europe méridionale,
haies, bords des chemins, champs cultivés,
lieux arides, bois.
Terre des plantes
Parties utilisées
La racine (surtout).
Constituants
Racine et rhizome riches en saponosides,
glucides, amidon, matières minérales, tanins.
Propriétés
dépuratif
diurétique (éliminateur de l'urée et de
l'acide urique)
sudorifique
très
employé
autrefois
comme
antisyphilitique, antirhumatismal et
maladies cutanées.
Indications
maladies de la peau
arthrite
rhumatismes
grippe
asthme
67
Le Brin d’Herbe
Mode d'emploi
Usage interne :
décoction (maladie de peau et arthrite) :
60 g. de racine par litre
3 tasses par jour.
infusion (grippe, rhume, rhumatisme) :
50 g. de racine pour un litre d'eau.
Boire par petites tasses
très sudorifique.
Usage externe :
crise d'asthme : fumer la racine séchée
et broyée.
La salsepareille était autrefois très utilisée
dans les campagnes pour " faire venir les
règles " et contre l'impuissance.
SALSEPAREILLE D'EUROPE, « Liseron épineux »
(Smilax aspera ; Liliacées).
Utilisation magique
« Les petites inflorescences blanc crème entrent dans les charmes d'amour. C'est surtout en
Europe Centrale et en Ukraine que ces " liserons épineux " ont été beaucoup utilisés, jusqu'à
une époque relativement récente, semble-t-il. »...
« Pour attirer l'argent, c'est la racine qui est employée ; on la broie finement, on la mêle à
d'autres poudres (quatre-épices, paprika, cannelle, plus rarement bois de santal) et on répand la
mixture dans la maison, la boutique ou l'échoppe.
Sur les marchés de Transylvanie, juste avant la Seconde Guerre mondiale, les rebouteuxherboristes vendaient des flacons renfermant trois baies rouges de Salsepareille en suspension
dans un alcoolat de feuilles et de fleurs de la même plante ; ces flacons étaient des talismans
pour les populations locales. »
Extrait de " l'Encyclopédie des Herbes Magiques " de Scott Cunningham - Éditions SAND
Bibliographie
Cours de l'Ecole Lyonnaise de Plantes Médicinales
" Phytothérapie du Dr Jean Valnet " - Editions du Livre de Poche
Brin d'Herbe n° 19 – Automne 2000
68
Terre des Plantes
LA TETRAGONE CORNUE
La tétragone cornue
(Tetragonia tetragonioides)
Famille des Aizoacées
Étymologie
"Tétragone" vient du grec ancien "tetra"
(τετρα), quatre, et "gonu" (γονυ) genou, angle. Il
a été attribué à la plante parce que son fruit
porte quatre pointes. L'adjectif "tétragonioïdes"
comporte le suffixe grec "oïdes" (de "eidô" ειδω)
qui signifie "semblable à". On donne aussi à
cette plante le nom d'"épinard de la Nouvelle
Zélande" car elle est originaire de ces îles du
Sud-Pacifique.
(il ressemble comme forme à une petite macre
ou châtaigne d'eau). Les graines sont
renfermées dans ce fruit presque ligneux.
La multiplication se fait par "graines". Les
parties utilisées sont les feuilles.
Sa dénomination latine est TETRAGONIA
TETRAGONIOIDES (Pall.) O. Kuntze. Elle
fait partie de la famille des AIZOACÉES.
Culture
Les grosses "graines" anguleuses (il s'agit
en fait des fruits) se sèment en pleine terre au
mois de mai dans des poquets remplis de
terreau, espacés de 70 cm en tous sens, à raison
de 4 à 5 graines par poquet. Lorsque les plants
auront commencé à se développer, on n'en
laissera qu'un ou deux par poquet. Il est
toujours préférable de faire tremper les graines
vingt-quatre heures dans de l'eau tiède avant de
les mettre en terre. Dans la plupart de nos
régions, il peut être bon de semer sous châssis
ou en serre de la mi-mars à avril 3 à 4 graines
par godet pour mettre en terre vers le 15 mai.
La Tétragone cornue est une plante
annuelle à racine principale développée dont les
tiges étalées, ramifiées, atteignent de 60 cm à
1 m. de longueur. Leur couleur est d'un vert
foncé terne.
Lorsque la plante a commencé à se
développer, il faut sarcler et arroser
copieusement pour éviter la monté à graines et
récolter de larges feuilles. Notons d'ailleurs que
la Tétragone monte beaucoup moins vite que
l'épinard, ce qui, lorsque la saison est déjà
avancée, présente un gros avantage. De toute
façon, on pince la hampe florale dès son
apparition, tout en arrosant régulièrement et en
couvrant si possible le sol de matière végétale
(mulch). Si le sol est laissé libre on peut
l'occuper avec un légume à croissance rapide en
attendant que la tétragone soit développée. La
récolte, souvent abondante, se fait trois mois
environ après le semis et jusqu'aux gelées. La
Tétragone se conserve fort bien au congélateur,
ou par lacto-fermentation.
Les petites fleurs verdâtres, démunies de
pétales, sont portées à l'aisselle des feuilles.
Chacune produit un fruit dur muni de "cornes"
Bien qu'elle puisse s'accommoder de sols
pauvres, la plante aime les terres fraîches et
riches en humus avec une exposition chaude.
Origine et Habitat
Australie et Nouvelle Zélande. La
Tétragone cornue est parfois subspontanée dans
le Sud-Ouest de l'Europe, surtout sur le littoral.
Description
Terre des plantes
69
Le Brin d’Herbe
La sécheresse lui est néfaste mais elle résiste
bien à la chaleur, elle est peu épuisante et peut
revenir à la même place tous les trois ans
environ.
Comme porte-graines, on, laisse monter
quelques pieds robustes sans en cueillir les
feuilles, puis on pince le sommet de
l'inflorescence. Les graines se récoltent à
maturité vers septembre-octobre. Leur durée
germinative est de trois à quatre ans et il leur
faut une dizaine de jours pour lever si on les a
mises à tremper. La levée est souvent difficile,
en particulier si la température est trop basse.
La Tétragone est pratiquement exempte de
maladies. Limaces et escargots aiment parfois
déguster ses jeunes feuilles.
Historique
Sir Joseph Banks fut le premier Occidental
à décrire la Tétragone cornue qu'il découvrit
en 1770 à Queen Charlotte Sound en NouvelleZélande. L'équipage de capitaine Cook s'en
nourrit lors de son voyage aux antipodes. la
plantes atteignit le jardin botanique de Kew,
près de Londres, en 1772, et sa culture comme
légume se développa en Angleterre, en France
et aux U.S.A. dès le début du XIXème siècle. La
Tétragone a conquis les potagers d'autres
régions du globe, tel le Brésil, ou l'île Maurice.
Dans nos pays, elle n'est plus que rarement
cultivée.
Utilisation
Les feuilles de Tétragone sont assez
charnues, très tendre et possèdent un goût
agréable. On les mange crues en salades, ou
bien comme légumes cuits, de toutes les façons
dont s'apprêtent les épinards. C'est dire le
nombre de recettes qui lui sont applicables!
Vu ses avantages sur l'épinard (lenteur à
monter à graines - on la surnomme parfois
"épinard d'été" -, teneur moindre en oxalates),
la Tétragone est en train de regagner la faveur
du public.
Recettes
Gnocchis de Tétragone
Ingrédients :
1 Kg de feuilles de Tétragone;
2 œufs;
100 g de noix;
300 g de farine;
sel, coriandre, cumin.
Faites cuire les feuilles de Tétragone à l'eau
ou à la vapeur. Réduisez-les en purée à travers
un moulin à légumes et mélangez-y les œufs
battus, les noix, le sel, les épices et la farine
pour obtenir une pâte très épaisse.
Remplissez d'eau une grande cocotte et
mettez à feu vif. Lorsque l'eau bout à gros
bouillons, salez-la et réduisez légèrement le feu.
À l'aide d'une cuillère, prenez des boules de
pâte et laissez-les glisser délicatement dans
l'eau. Elles tombent au fond puis remontent à la
surface quand elles sont cuites (environ 10 min).
Ces gnocchis peuvent être placés dans un
plat beurré, recouverts d'une sauce blanche
légère et d'un peu de fromage râpé puis gratinés
au four. Dégustez chaud.
Tarte à la Tétragone
Ingrédients :
250 g de pâte brisée;
300 g de feuilles de Tétragone;
1 gros oignon;
4 œufs;
4 verres de lait;
sel, poivre.
Hachez les feuilles de Tétragone avec
l'oignon.
Battez dans un saladier les œufs et le lait.
Salez et poivrez le mélange et incorporez-y la
Tétragone hachée.
Versez la mixture sur le fond de tarte et
faites cuire à four moyen ½ heure, ou jusqu'à ce
que la tarte soit bien cuite.
Extrait du livre
" Retrouvez les Légumes Oubliés " François COUPLAN - Éditions Flammarion
Brin d'Herbe n° 2 – Eté 96
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Terre des Plantes
LA VIGNE ET LE RAISIN
La vigne et le raisin
Noms Internationaux : Anglais : WINE –
Allemand : REBE – Italien : VITE – Espagnol :
VINA.
La vigne à vin (Vitis vinifera) compte
une quarantaine d’espèces qui ont donné
naissance à environ
4000 variétés
(cépages) dont
une quinzaine ont un
développement au niveau mondial
La taille annuelle de cette plante empêche
la croissance naturelle des sarments et
permet le développement d'un fruit plus
abondant. Le raisin de table est souvent à
gros fruits lâches à peau peu épaisse, parfois
dépourvus de pépins comme pour le raisin de
Corinthe.
Histoire et économie
Si la vigne sauvage, baptisée lambrusque,
pousse spontanément en Europe occidentale,
ce sont les peuples de la mer Noire qui ont eu
l'idée de faire du vin, et il faudra attendre le
1er siècle avant J.C. pour que les premières
vendanges soient pressées en France sous la
houlette des Romains.
Ravagée par les invasions, la vigne gauloise
fût sauvée par les hommes d'église (friands de
bons vins de messe). En effet, ce sont les abbayes
qui, pendant des siècles, n'ont cessé d'échanger
et de sélectionner par hybridation nos plus
nobles cépages.
Description
La vigne vierge et la vigne à vin appartiennent
à la famille des vitacées. (ou ampélidacées)
La vigne vierge (Parthenocissus
quinquefolia) est une plante apparentée aux
lianes. Elle peut mesurer jusqu’à 30 mètres
en rampant ou en grimpant le long des
arbres ou autre support grâce à des vrilles
parfois munies de disques adhésifs.
Ses feuilles sont palmées et comportent 5
ou 7 folioles. Elles sont utilisées depuis
l’Antiquité pour teindre en jaune les tissus.
Ses toutes petites fleurs à 5 pétales
verdâtres s’épanouissent en juin.
Terre des plantes
Ce fut vers les années 1870-1880, que les
vignobles européens connurent de gros
bouleversements. Attaqués par le phylloxéra
(un puceron ravageur des racines), envahis
de mildiou (un champignon), nos cépages ont
été greffés sur des plants américains plus
résistants à ces maladies. Merlot, cabernet,
pinot, chardonnay, riesling, folle blanche (pour
le gros plant) et melon de Bourgogne (pour le
muscadet) furent ainsi sauvés.
Un pied produit dès sa 2 ème année et jusqu'à
plus de 100 ans. Son apogée se situe entre
20 et 40 ans, et pour certains grands crus, les
ceps ne sont arrachés qu'après un demi-siècle
d'exploitation.
71
Le Brin d’Herbe
C'est la culture fruitière la plus abondante à
travers le monde, aussi bien pour le raisin
de table que pour le fût. Sa limite Nord
semble être le Sud-Ouest... de la Pologne.
Les pépins de raisin contiennent de 10 à 20%
de matières grasses, et en application locale,
ils combattent efficacement les rides.
Quelques chiffres : La France est en 4 ème
position mondiale pour la superficie avec 950
milliers d' ha ( soit presque un carré de 100
kms de côté ) ; en 2 ème position pour la
production avec 60 millions d'hl. Elle est en
1 ère position pour la consommation par
habitant avec 70 litres par an, consommation
pourtant divisée par 1,7 en 30 ans
La vinification
Elle s'effectue en plusieurs étapes :
Pressage direct ou précédé d'un foulage
avec macération afin que la peau des raisins
teinte le jus.
Clarification, puis fermentation qui
s'effectue en 2 temps.
La fermentation est d'abord alcoolique grâce
à des levures ambiantes de type saccharomyces
qui sont présentes dans l'air des caves et à la
surface des baies de raisin. Ces levures
transforment le sucre du moût en éthanol et en
sous-produits qui feront les caractéristiques
gustatives du vin.
Elle est ensuite malolactique, ce qui
entraînera la stabilisation du vin.
Le viticulteur, depuis quelques années peut
`améliorer' sa production par l'ajout de
microorganismes industriels, parfois créés
de toutes pièces, afin de faire accomplir plus
rapidement à ces levures des tâches bien
précises dans les étapes de la vinification.
Maladies
Insecte :
phylloxéra
Champignons : mildiou, oïdium, pourriture grise
Virus :
le court noué, l'arbalette
Bactéries :
galle du collet
Propriétés
Très riche en sucre, 1kg de raisin fournit 200 g de
sucre soit 800 cal.
Une cure en mono-diète de quelques jours
draine efficacement les toxines et accélère le
transit intestinal. Le raisin fortifie également
les vaisseaux sanguins en minimisant les
risques de maladies cardio-vasculaires.
O.G.M.
Des essais de vignes transgéniques ont déjà
eu lieu. La vigne est un très grand
consommateur de produits phytosanitaires (7
ou 8 traitements annuels), et la première
transformation génétique complète d'un
porte-greffe (V Rupertris) a été réalisée par
une équipe des U.S.A. En France, ce portegreffe génétiquement modifié a été soumis à
des tests de `comportement' en condition
réelle sur le cépage Chardonnay. Des
résultats de résistance à la pourriture grise
et à certains parasites ont été obtenus. Il est
probable que d'ici une décennie, on verra
apparaître sur nos tables du vin issu d'O.G.M.
72
Terre des Plantes
LA VIGNE ET LE RAISIN
La vigne dans les écrits bibliques
Puis un autre ange sortit de l'Autel.
« Jette ta faucille aiguisée, vendange les
grappes dans la vigne de la terre car ses
raisins sont mûrs ».
L'ange alors jeta sa faucille sur la terre, il
en vendangea la vigne et versa le tout dans la
cuve de la colère de Dieu, cuve immense,
puis on la foula et il coula du sang qui monta
jusqu'au mors des chevaux.
Mon bien-aimé avait une vigne.
Sur un coteau fertile il la bêcha, il l'épierra, il
y planta du raisin vermeil.
Au milieu, il bâtit une tour, il y creusa même
un pressoir.
Il attendait de beaux raisins.
Elle donna des raisins sauvages.
ISAÏE (5 - 1,2)
L'APOCALYPSE (14-18)
Alain Brochard
Sources
N° 1 Printemps 2000 -Petit journal de La Garenne Lemot : « Les vignes, œuvres de Madeleine
Rollinat et Mémoire du Vignoble nantais ».
Tous les dessins illustrant notre article sont de Madeleine Rollinat (les originaux exposés à la Garenne
Lemot au Printemps 2000 étaient magnifiques).
Pour compléter cette source, vous pouvez consulter le document « Ecologie du vignoble nantais »
de Claude Figureau édité par le S. E. V. E. - Ville de Nantes.
Brin d'Herbe n° 23 – Automne 2001
Terre des plantes
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