BO 2 - Bel Ordinaire - Communauté d`agglomération Pau Pyrénées

BO 2 - Bel Ordinaire - Communauté d`agglomération Pau Pyrénées
B†
02
g r at u it
Le jo ur na l du
Be l Or di na ire
es pa ce d’ ar t
co nt em po ra in
fé v ri er /
j u i ll e t 20 13
e
r
i
a
n
i
d
l’Or
–
a
r
t
x
e
es t
e
r
i
a
n
i
d
or
Où en sont les travaux p. 4 ? Virginie Sautou, l’architecte en charge
de la réhabilitation, revient sur les principes du projet p. 6 ; et Florence
BoNUS
de Mecquenem, directrice, présente le mode d’emploi des résidences de
La grande
création p. 8. Lisez la suite des chroniques olfactives de Boris Raux p. 10,
dilution
et Ouvrez l’œil ! les écritures numériques s’invitent à la 4e édition
Boris Raux
de notre manifestation graphique p. 13 ; tandis que les Ping pong
vidéo entament leur ultime saison p. 18. Une exposition d’art contemporain
mobile, ça vous dirait p. 20 ? Et un rendez-vous avec nous p. 22 ? ou sur notre
nouveau site internet, très chic p. 23 ? Prenez date pour ne rien rater p. 24 .
O
LE BO NUMÉR
u
d
l
a
J ourn
re
B el O r d i n a i
llet
n° 2 – février / jui
2013
le Bel Ordinaire,
ntemporain
espace d’art co
les Abattoirs
u
allée Montesquie
e
lèr
Bil
64 140
85
Tél. 05 59 72 25
89
25
72
59
Fax 05
lo-pau.fr
gg
e.a
air
belordin
Communauté
Pau-Pyrénées
d’agglomération
Hôtel de France
e
2 bis, place Royal
Pau cedex
BP 547 – 64010
50
50
11
Tél. 05 59
51
50
11
Fax 05 59
publication
Directeur de la
-Cassou
Martine Lignières
l
Comité éditoria
ué,
urq
-Po
ou
Hélène Lér
rinne Letuppe,
Co
i,
sin
bro
Thierry Am
nem
rence de Mecque
Claire Lambert, Flo
Rédaction
nave,
Catherine Borde
, David Doucet,
de
ina
am
Patrice Ch
nem
rence de Mecque
Claire Lambert, Flo
raphiques
Crédits photog
erture),
uv
(co
c
Luke Laissa
7, 8, 9, 11, 12, 14, 5, . 4,
(pp
Pas banal
6),
Virginie Sautou (p.
15, 16, 17, 23, 24),
ux
Ra
9,19), Boris
Bel Ordinaire (pp. 8,
thieu Thomassin
Ma
),
16
(p.
t
(p. 12), Lus
(p. 22)
(p.17), Merry Lau
hique
ap
gr
n
Conceptio
Pas banal
Impression
rd
Imprimerie Ména
31 682 Labège
Dépôt légal
1er trimestre 2013
Notre imprimeur
Imprim’Vert.
est labellisé
ité sur du papier
Ce journal est éd
s
u de forêts gérée
certifié PEFC, iss
durablement.
image de fond
Jenny Eneqvist,
poster pour
Ouvrez l’œil # 2,
2010.
Édito /
3
e
ll
e
b
LA
e
r
u
t
n
av e D U b e l o r d i n a i r e
Le 18 janvier DERNIER, Aurélie Filippetti,
ministre de la Culture et de la Communication, nous a fait
l’honneur d’inaugurer la médiathèque intercommunale
André Labarrère, belle marque de reconnaissance de nos
efforts en faveur de la culture pour tous.
Sa visite fut aussi l’occasion de lui présenter les différents
équipements et projets de notre agglomération en matière culturelle. La réhabilitation des anciens abattoirs de
Billère s’inscrit pleinement dans la dynamique que nous
avons impulsée sur le territoire Pau Porte des Pyrénées,
en partenariat avec différents acteurs associatifs et professionnels, sans compter les artistes d’ici ou d’ailleurs.
En effet, ce chantier va permettre l’émergence de deux
équipements structurants : la Route du Son pour les
musiques actuelles et le Bel Ordinaire pour l’art contemporain.
Nous sommes
impatients de voir
les salles s’animer avec
des résidences d’artistes et
un programme d’actions
culturelles pour tous.
Pour le premier, nous renouvelons notre confiance à
l’association Ampli et nous nous réjouissons de l’obtention du label Scène de Musiques Actuelles pour le travail
accompli et à venir. Pour le second, nous sommes impatients de voir les salles s’animer avec des résidences d’artistes et un programme d’actions culturelles pour tous.
En attendant de pousser les portes du Bel Ordinaire réhabilité, ce second BO numéro vous invite à visiter les
coulisses du chantier.
« Bel Ordinaire » , « Belle aventure »… à partager à
l’automne tous ensemble !
Martine Lignières-Cassou
Présidente de la Communauté d’Agglomération
Pau-Pyrénées – Députée – Maire de Pau
4
/ actualité du chantier
EN
IRE
A
IN
D
OR
l’
CHANTIER
Avec les Abattoirs la Communauté d’agglo–
mération a l’ambition de développer un espace culturel et
artistique de référence, remplissant les fonctions de pôle
ressource pour l’art contemporain et les musiques actuelles
sur un vaste territoire pyrénéen.
Depuis septembre 2012, une partie des travaux est
achevée et les équipes ont pu prendre possession de
nouveaux espaces de travail. Les associations Ampli et
accès(s) ont intégré leurs nouveaux bureaux, ainsi que
l’équipe du Bel Ordinaire. La résidence d’artistes est régulièrement utilisée.
en haut
Démontage
sur le ring.
en bas
La toiture des
anciens frigos
en cours de
démontage.
En septembre 2013, nous pourrons prendre possession des espaces, il nous restera alors à les équiper, les
aménager, les apprivoiser… En parallèle, débuteront les
travaux pour l’aménagement des espaces extérieurs :
la petite maison sera détruite laissant place à une large
prairie pour accueillir vos pauses déjeuner, vos lectures
ou encore vos temps de rêverie… Nous préparons d’ores
et déjà la première grande exposition pour fin février
2014, mais espérons pouvoir vous proposer les premières
visites dès la fin octobre 2013 !
© Bel Ordinaire
1. Un shed (XIXe s.,
anglicisme) est une
toiture en dents de
scie formée d’une
succession de toits
à deux versants de
pente différente,
le plus court étant
généralement vitré,
couvrant souvent
un atelier industriel.
Actuellement, les entreprises concentrent leurs efforts
et leur énergie sur les espaces dédiés au Bel Ordinaire :
les ateliers de création, les salles d’exposition et l’espace
pédagogique. Et avec la pluie et le froid hivernaux, nous
remercions tous les professionnels présents chaque jour
sur site malgré ces conditions difficiles.
L’espace que la plupart d’entre vous connaissaient sous
le nom de ring a été complètement évidé, ne subsiste
actuellement que la structure béton qui soutient les toits
en sheds 1. Cet espace accueillera dans les mois à venir les
boîtes qui constitueront les ateliers de création : sérigraphie, peinture, construction bois et métal.
Du côté des anciens frigos, les murs ont été grattés minu­
tieusement pour ôter l’épaisse couche de liège qui assurait une isolation parfaite. La toiture est en cours de
démontage : plus une tuile n’est en place, la charpente
métallique sera démontée d’ici la fin de la semaine, et les
ouvertures pour le puits de jour sur la circulation seront
très rapidement effectuées. Ces interventions participant
à la transformation la plus importante du site.
Le chantier des
futurs ateliers de
création, livraison
été 2013
© Bel Ordinaire
actualité du chantier /
5
6
/ a c t u a l i t é d u c h a n t i e r / Re n c o n t r e av e c V i r g i n i e S a u t o u
Maitre d’œuvre en charge du chantier
de réhabilitation des anciens abattoirs,
l’architecte Virginie Sautou travaille
en collaboration avec le cabinet palois
Lejeune & associés sur ce projet.
© V. Sautou
Cette spécialiste de la réhabilitation
nous présente la façon dont elle
a abordé ce chantier atypique,
sur un site qui ne l’est pas moins.
D e m a n d e z l e
E
m
m
a
r
prog (architectural)
Comment un site industriel désaffecté se transfor-
me peu à peu en un espace culturel et artistique dédié à l’art contemporain ?
Comment conçoit-on un outil destiné à la création dans des murs chargés
d’une histoire révolue et pourtant toujours aussi présente ? C’est tout le défi
de ce projet dont s’est emparé l’architecte Virginie Sautou.
Quels sont les objectifs et les priorités
du chantier de réhabilitation ?
L’objectif du projet était de faire de ce site un outil
dédié à la création et qui puisse être utilisé par le
plus grand nombre. Il fallait donc une vision globale pour imaginer un lieu plus fonctionnel où, à
la fois, on fabrique et on montre. Et puis, il y a le
site, ce monstre de béton qui ne permet pas tout et
impose ses règles. L’équipe du Bel
Une des interventions Ordinaire en avait bien conscience
importantes va car depuis plusieurs années déjà,
elle se frottait à diverses difficultés
consister en la création techniques. Sa réflexion a permis
de grands puits de jour d’élaborer un programme qui a
collé assez rapidement au lieu. Du
qui vont amener fait notamment d’une restriction
de la lumière sur la budgétaire, il a fallu clarifier et oppour un projet recentré autour
totalité de l’espace ter
d’un espace d’accueil, des ateliers,
de circulation. un espace muséographique et une
partie administrative. L’accueil du
public était une des priorités fortes du projet car le
site a longtemps souffert de l’image négative que
renvoient habituellement l’activité des abattoirs.
Le pari était donc de se dire que ce bâtiment là était
capable de porter un tel changement et de plaire à
un maximum de personnes.
Quels sont les principaux choix architecturaux ?
Sur un site comme celui-ci, la logique impose certaines choses et la capacité à s’adapter est primordiale,
encore plus qu’ailleurs il me semble. Par exemple,
le ring (l’aile gauche du bâtiment) et ses grands espaces étaient propices à accueillir les ateliers de
création, notamment des ateliers en hauteur pour
le travail en volume. Les frigos (aile droite du site),
espaces entièrement plongés dans le noir, sont
quant à eux dès le départ connotés espaces d’exposition. La partie administrative a été implantée dans
l’ancienne chaîne d’abattage de volailles, jusque là
inutilisée. Une des interventions importantes va
consister en la création de grands puits de jour qui
vont amener de la lumière sur la totalité de la circulation des frigos. Autre changement majeur : le
futur espace d’accueil va être aménagé quant à lui
devant l’espace muséographique. Et un des autres
points forts de cette transformation, c’est la création
de boîtes en bois dans le ring destinées à accueillir
les ateliers. À cet endroit, on ne va conserver que la
structure béton, les poteaux et les poutres et à l’intérieur, on va rajouter ces boîtes en bois, suffisamment transparentes pour laisser passer la lumière
des sheds 1. Enfin pour ouvrir le lieu sur l’extérieur,
l’ancien logement du gardien, le bâtiment situé à
l’entrée du site va être démoli. On attend beaucoup
© Pas Banal
Re n c o n t r e av e c V i r g i n i e S a u t o u / a c t u a l i t é d u c h a n t i e r /
7
Matières et détails
du chantier du Bel
Ordinaire.
de cette ouverture physique en terme de visibilité
pour en finir avec un certain côté bunker du site et
pour modifier le rapport au quartier également.
Quelles sont les contraintes de ce chantier
et les adaptations nécessaires, liées notamment
à l’aspect industriel du site ?
La réhabilitation d’une manière générale est difficile
car ce sont, en permanence, les bâtiments qui s’imposent aux architectes et non l’inverse. Ici la mise
aux normes de sécurité n’était pas simple, comme
souvent quand il faut réadapter un bâtiment qui n’a
pas été fait pour accueillir du public et qui comporte
également des espaces de travail et des logements,
chaque usage imposant ses propres contraintes.
Pour ce qui est de l’aspect industriel, on a plutôt
voulu en tirer profit, notamment dans sa partie la
plus visible qu’est le système de sheds 1. Cette toiture en dents de scie typiquement industrielle a
une fonction simple qui est d’amener de la lumière
jusqu’au cœur du bâtiment. Une lumière zénithale
qui vient du toit et qui est régulière, idéale pour les
ateliers. Par ailleurs, dans un souci de réversibilité
ou du moins d’adaptation éventuelle de ces espaces
de travail, on a opté pour le bois justement car il est
démontable. Le bois offre également une bonne qualité d’isolation et permet de s’accrocher facilement
au béton, parfait donc pour créer des espaces isolés
à l’intérieur d’une grande enveloppe maçonnée.
Ce projet s’inscrit-il dans votre démarche
habituelle ?
Je ne connaissais pas le site auparavant et même si
je réalise beaucoup de réhabilitations, c’était la première fois que j’avais à travailler sur un programme
de ce type. En matière de réhabilitation, on ne peut
pas réappliquer une façon de faire. Il faut toujours
garder à l’esprit une certaine prudence et l’idée d’optimiser sans en faire trop. Sur un bâtiment qui a une
histoire aussi forte, la partie artistique consiste donc
à changer le regard et à révéler le lieu en utilisant par
touches ce qui existe. Ce qui faisait aussi la spécificité du projet, c’est qu’il y avait déjà l’équipe du Bel
Ordinaire sur place et qu’il y a eu en permanence
concertation avec elle. Ça aurait pu déstabiliser
beaucoup d’architectes alors que c’est plus logique
et plus simple, un peu comme si on construisait une
maison avec ses futurs habitants.
Propos recueillis
par Catherine Bordenave
1. Un shed (XIXe s.,
anglicisme) est une
toiture en dents de
scie formée d’une
succession de toits
à deux versants de
pente différente,
le plus court étant
généralement vitré,
couvrant souvent
un atelier industriel.
8
/ Rés i d e n c e d ’a r t i s t e / m o d e d ’em p l o i
© Bel Ordinaire
Le chantier de la
résidence d’artistes
au premier semestre
2012.
B†
i
o
l
p
m
e
’
d
e
Mod
En attendant la fin des travaux de réhabili-
tation des anciens abattoirs et la livraison des bâtiments pour l’été 2013,
Florence de Mecquenem, directrice, dresse l’inventaire des futurs équipements qui accueilleront les artistes et le public. La nouvelle configuration
du site fera bientôt du Bel Ordinaire un outil de création et un espace de
diffusion pour l’art contemporain. Un lieu singulier tant dans ses capacités
d’actions que dans son mode de fonctionnement.
La principale nouveauté pour le Bel Ordinaire
concerne les futurs ateliers de création. En quoi
consisteront-ils concrètement ?
En effet, la spécificité du Bel Ordinaire, c’est qu’il
sera doté d’un lieu de création de 1 000 m2 répartis
en différents ateliers. Des ateliers de petite taille
pour la sérigraphie, la peinture et le multimédia et
des ateliers plus vastes et hauts de plafond dédiés
à la fabrication en volume. Ils seront construits
dans l’ancien ring qui s’est révélé être « l’espace »
pour les ateliers de par les volumes qu’il offrait. Sur
une plateforme de près de 150 m2, qu’on appelle la
matrice de construction, on trouvera des machines-outils assez sérieuses et de l’outillage professionnel. Ces ateliers seront mutualisés, c’est à dire
que les outils à disposition seront partagés par les
utilisateurs, dans un souci de mise en commun des
équipements. On réfléchit aussi à des fonctionnements mutualisés pertinents avec des acteurs du
territoire. Par exemple, pour l’atelier de sérigraphie,
nous sommes en discussion avec l’École supérieure
d’art des Pyrénées pour permettre aux étudiants de
travailler sur un équipement plus développé que
celui de l’école.
Quelles seront les modalités d’utilisation
de ces espaces de travail ?
Ces espaces seront mis à disposition à partir de
septembre 2013 pour des résidences d’artistes à
durée déterminée qui pourront aller jusqu’à un ou
deux ans pour les plus longues. Mais toujours avec
un objectif de production car on est vraiment ici
dans un lieu de travail quotidien pensé pour servir
la réalisation d’un projet, d’un objet ou d’une série.
Si certains artistes seront accueillis dans le cadre du
programme du Bel Ordinaire, d’autres ne le seront
pas, ils seront alors accueillis et accompagnés par
d’autres structures, comme accès(s), image-imatge,
le Parvis… Pour ces accueils hors programme du
Bel Ordinaire, il sera même possible d’ouvrir ces
espaces à des disciplines autres que l’art contemporain, comme le théâtre d’objet par exemple. Le
Bel Ordinaire reste un service public et le fait d’avoir
un tel outil et de le proposer à des artistes qui ne
rentrent pas forcément dans notre ligne artistique,
c’est avant tout faire le choix d’un service public
pour la création. Autre particularité : les espaces de
travail seront accessibles aux artistes 7 jours sur 7
et 24 heures sur 24. Ils ont vraiment été conçus pour
m o d e d ’em p l o i / Rés i d e n c e d ’a r t i s t e /
être autonomes par rapport au reste du site car ils
n’ont pas la contrainte de recevoir du public.
Et en ce qui concerne les espaces de diffusion
et d’accueil ?
Il y aura trois espaces ouverts au public dont une
grande galerie sur 4 salles d’un total de 400 m2, une
petite galerie d’un peu moins de 150 m2 répartis sur
deux salles et une galerie d’accueil. L’idéal serait
une permanence d’exposition avec par exemple une
ouverture au public du mercredi au samedi de 15 h
à 19 h, de septembre à juillet. Notre objectif à terme
est que dans ces créneaux là il y ait forcément une
exposition à voir. L’espace d’accueil quant à lui va
être le parfait opposé de ce qu’on a connu jusqu’à
présent. Ce sera un lieu spacieux, ouvert, à la place
de l’ancien préau, avec une façade vitrée pour une
connexion intérieur / extérieur. Il abritera le comptoir d’accueil des espaces d’exposition, un coin documentation, un espace détente et sa machine à
café, et ce sera également un point relais d’informations sur les activités culturelles et artistiques du
territoire. C’était une priorité de travailler sur l’accueil pour proposer une permanence de vie et nous
espérons que ce sera un endroit où les gens auront
aussi envie de se donner rendez-vous avant une
exposition ou un concert. De plus, l’aménagement
extérieur va offrir une vraie poche verte devant le
bâtiment avec de grands espaces engazonnés où on
pourra se poser, pique-niquer aux beaux jours.
Vous disposez également d’hébergements
pour les artistes ?
Oui, la résidence d’artistes permet d’accueillir 5 personnes en chambres individuelles, et de partager
la « cuisine interne ». Cet espace convivial est une
simple cuisine, un peu comme à la maison, mais
pour une petite vingtaine de personnes ! C’est l’espace qui accueille l’ensemble des personnes qui travaillent sur le site et veulent déjeuner ou dîner sur
place, c’est donc le lieu de convergence qui permet
des échanges informels sur les différents projets et
activités des uns et des autres… bien qu’il ne faille
pas parler la bouche pleine, le repas est souvent un
temps propice pour partager !
Comme les ateliers, la résidence d’artistes est mutualisée et accessible à tout artiste ou structure
ayant un projet artistique et culturel à développer
sur le territoire. Les accueils hors programme du
Bel Ordinaire sont assujettis à une participation
aux charges de fonctionnement, à hauteur de 13 €
par nuit et par chambre. Les mises à disposition se
font dès 2 nuits et jusqu’à 60 nuits. Les demandes
doivent m’être adressées par mail au moins un mois
avant l’utilisation envisagée.
9
l’outil avant même l’ouverture À ma connaissance,
officielle et les premières expoau niveau national,
sitions. Le fait de ne pas avoir
d’outil était vraiment un han- il n’y a pas de lieu
dicap pour évoluer. Aussi, en comparable pour l’art
réorientant le projet initial et
en optant pour la mise en place contemporain avec
d’ateliers sur le site, on a fait le des ateliers de ces
pari de considérer que l’agglovolumes et un mode
mération de Pau pouvait être
un territoire d’accueil en rési- de fonctionnement
dence et de permanence artis- aussi ouvert.
tique pour l’art contemporain.
À ma connaissance, au niveau national, il n’y a pas
de lieu comparable pour l’art contemporain avec
des ateliers de ces volumes là et un mode de fonctionnement aussi ouvert. Certains centres d’art ont
des ateliers, mais qui n’accueillent que les artistes
qui sont dans leur programmation. Ici, cet espace
assez exceptionnel des anciens abattoirs, permet de
conjuguer les deux. On peut considérer que c’est le
lieu qui a finalement permis une telle proposition.
Propos recueillis
par Catherine Bordenave
Vo u s c h e r c h e z u n e r é s i d e n c e
p o u r l e s a r t i s t e s ?
La Communauté d’agglomération Pau-Pyrénées, souhaitant
faire du Bel Ordinaire un outil mutualisé, a décidé de rendre
la résidence d’artistes accessible aux associations, collectivités
ou artistes indépendants. Les conditions d’accès sont
simples : avoir un projet artistique et culturel à développer
sur le territoire, rester de 2 à 60 nuits, participer à hauteur
de 13 euros par nuit et par chambre, formuler sa demande
motivée par mail un mois à l’avance minimum
à f.demecquenem@agglo-pau.fr
© Bel Ordinaire
Comment un tel projet s’inscrit-il à un niveau
local et régional voire national ?
Le fait que l’image du lieu change va sûrement
créer de nouveaux usages. L’ouverture physique
du site sur le quartier et l’accueil donneront envie
de venir voir ce qu’il s’y passe. On va d’abord poursuivre notre travail de médiation afin de présenter
10
/ r és i d e n c e d ’a r t i s t e / b o r i s r a u x
résidenc
e
d’artiste
e
u
q
i
n
o
r
h
C
e
v
i
t
ac
f
ol
épisode 2
Boris Raux , accueilli en résidence
de création l’été dernier pour la création de
la pièce La grande dilution, revient sur cette
période de travail et l’œuvre créée.
1. Photographe
britannique célèbre
pour son approche
souvent qualifiée
de « kitch » de
ses sujets.
Quel a été le point de départ de cette création ?
Peux-tu nous parler de cette œuvre ?
La Ville de Bizanos avait dès l’origine ciblé l’appel à projet autour de ses lavandières. L’ancrage
contextuel était donc assez fort. L’idée initiale pour
ce travail a été de questionner le quotidien de ces
lavandières : comment créer un lien entre cette histoire et le présent. À Bizanos se lavait le linge des
riches palois, cette histoire est donc très marquée
socialement. Il a résulté de ce constat l’envie d’une
création en forme d’échappée. Mais également l’envie de retranscrire l’idée d’une pollution quotidienne
invisible. Lors de cette résidence au Bel Ordinaire j’ai
bénéficié de très bonnes conditions de création.
En complément du vernissage, nous avons réussi
à mettre en place un débat public avec un scientifique spécialiste des pollutions invisibles. Cette
idée de pollutions invisibles m’intéresse beaucoup :
personne n’y échappe, c’est un lien dans une forme
d’anéantissement sous-jacent. Après avoir passé
la serpillère, on se trouve confronté au même environnement olfactif dans le 16e arrondissement
parisien ou dans un lieu d’habitation plus prolétaire.
Cette égalité face aux pollutions invisibles me semble relever d’un principe proche de celui de Martin
Parr 1 lorsqu’il montre que finalement, face à une
tranche de bacon, la reine d’Angleterre est l’égale
du commun des mortels. Ces lieux communs sont
des points forts de rencontres.
Pour la réalisation de La grande dilution, j’ai travaillé avec de la lessive en poudre. Il est très difficile
de travailler ce matériau même en phase de production : la première sculpture s’est écroulée à l’installation sur site ! Ceci a donc conduit à la réalisation
d’une seconde version de l’œuvre qui selon moi est
meilleure : plus simple, avec une gestuelle de mise
en œuvre dans sa production plus proche de celle
de la lavandière. J’ai saturé le linge de lessive dans
une forme d’épuisement du geste, en essayant de
me mettre dans la peau de ces personnes qui, sans
cesse, lavaient du linge. Cette démarche est très
présente dans mon travail. Lors d’une résidence à
Flers, dans les locaux d’une ancienne teinturerie,
j’avais travaillé sur cette idée de l’artiste qui devient
artisan et « se met dans la peau de » pour essayer de
comprendre, de ressentir. C’est un rapport anthropologique à la fois observateur et expérimentateur.
Même s’il y a inévitablement une prise de distance
par l’art, je cherche à me placer sur un plan d’égalité :
pas à la place de, mais en parallèle de. Cette forme
d’investigation fictionnelle, à la fois proche et distante de ces gens, dans la pratique et dans le temps,
crée une tension, une absence.
11
© Pas Banal
b o r i s r a u x / r és i d e n c e d ’a r t i s t e /
à gauche
Vue de l’atelier
de Boris Raux dans
l’espace ring avant
sa réhabilitation.
à droite
Montage de la pièce
à Bizanos.
Dans certains de tes travaux, le lieu de
l’exposition et son contexte semblent être
importants. Quel est ton rapport à l’espace
public, notamment dans l’œuvre produite
en résidence au Bel Ordinaire ?
J’ai eu l’occasion de travailler sur cinq œuvres dans
le cadre du 1 % artistique dans l’espace public avec
Konrad Loder. Il est évidemment très important de
prendre en compte le contexte architectural et social en amont de la production. La prise en compte
de cet environnement produit des contraintes très
intéressantes pour la création. Une intervention
dans l’espace public peut engendrer des difficultés
de tous ordres selon que l’œuvre se veut pérenne
ou évènementielle, notamment en ce qui concerne
les matériaux choisis et les budgets alloués. D’un
point de vue contextuel, l’intervention dans l’espace
public est riche : elle donne la matière première à
l’œuvre, à moi seulement ensuite de la transformer,
de la manipuler. C’est un espace de production, une
« anti white box », pleine d’histoires et de sensibilité.
Que ce soit dans un musée, une galerie ou une place
publique nous nous adaptons au contexte et les formes de langages s’adaptent également. Aujourd’hui,
il me semble difficile de créer une œuvre en atelier et
venir ensuite la poser dans l’espace public.
De plus, dans ce contexte de création il y a un travail
d’équipe important à mettre À Bizanos se lavait
en place, particulièrement
le linge des riches
dans la médiation envers le
public. Et ceci ne relève pas palois, cette histoire
forcément du rôle de l’artiste. est donc très marquée
Cette pièce montrée à Bizanos
contient un langage plastique socialement.
contemporain qui peut-être difficilement appréhendé au premier abord. C’est là où entre en jeu ce
travail d’équipe avec les personnes en charge de la
médiation. Dans mon cas, j’ai la sensation que la
création dans l’espace public m’amène à ne pas être
trop invasif ou insistant. Mon parti pris est plus celui d’un saboteur que d’un révolté, je préfère entrer
dans les interstices pour ensuite les dilater.
As-tu une idée de l’évolution que pourrait
prendre ton travail dans les prochaines années ?
Au cours des deux prochaines années mon travail va
tourner autour de l’intimité et du rapport à l’autre,
notamment avec l’aide de neurobiologistes. Mon
projet devrait se tourner vers la notion d’interface.
L’interface comme peau : la surface de l’œuvre dans
laquelle transpire ou se dépose les odeurs, une sorte
de ligne interstitielle entre intérieur et extérieur. Par
exemple, ces années devraient être le début de nouvelles recherches et devraient voir la constitution
/ r és i d e n c e d ’a r t i s t e / b o r i s r a u x
d’une banque de données où seront stockés les enregistrements de l’activité cérébrale d’individus sentant l’odeur de cous de leur partenaire. Cela renvoie
à un voyage imagé et fantasmé à l’intérieur de l’un à
travers la respiration de l’autre.
J’aimerais que mes prochaines œuvres nous amènent à y poser le nez, à laisser volontairement notre
sphère intime pénétrée. Jusqu’à aujourd’hui certaines de mes réalisations (cf. Cif, les tableaux recouverts de poudre détergente) remplissaient l’espace
de leurs odeurs. Elles remplissaient l’espace jusqu’à
saturation, comme une forme de dilatation de la
sculpture. Que va-t-il se passer lors de l’élaboration
d’une pièce où nous y « mettons le nez » ? Est-ce
que l’œuvre va se dévoiler ou au contraire se cacher ? La vision est perturbée, nous y voyons le flou.
Ces questions plastiques se lieront à la notion de
personnel, à la disparition ou même à la mort. Ces
odeurs-là qui rappellent des peurs intimes. Ces productions pourront se voir comme des scenarii ou
des agrégats où il faudra « mettre le nez », se coller
à l’œuvre, jusqu’au cerveau pourquoi pas. D’ailleurs
en ce moment je m’intéresse beaucoup à des plateformes mixtes Art et Sciences comme la Wellcome
Collection ou le CRAS (Centre de Ressources Art
Sensitif ) à Mains d’Œuvres (Saint-Ouen). Ces recherches pourraient déboucher, un peu comme a pu
le faire Boltanski, sur un travail autour de l’animation, le son, l’image, la respiration en proposant une
approche formelle liée à des techniques nouvelles
d’imagerie cérébrale.
Il existe un aspect scientifique et technique fort
dans tes productions. Peux-tu nous parler de
tes collaborations avec le milieu scientifique ?
Je considère la collaboration scientifique comme
démarche et comme potentiel de connaissances.
C’est un puits d’idées passionnant : découvrir de
nouveaux moyens technologiques, faire des rencontres riches et stimulantes. En ce moment, je travaille
sur un échange en lien avec un groupe de scientifiques du CNRS, ce dialogue permet
Au cours des deux d’envisager la création ou l’utilisation
prochaines années d’outils nouveaux. Cette relation est
très intéressante pour moi car le lanmon travail va tourner gage et le mode de pensée en art et en
autour de l’intimité et sciences sont très différents et c’est
cette différence qui peut permettre
du rapport à l’autre, de nourrir des réflexions, de se renotamment avec l’aide mettre en cause. Par contre, je pense
existe une forme de fantasme
de neurobiologistes. qu’il
dans l’idée d’un binôme art et science : l’artiste ne va pas forcément apporter des réponses concrètes. Il échappe aux contraintes de vérité
et d’objectivité que cherchent les sciences. C’est
sa force et sa limite en terme de contribution à la
ci-dessus
Stalagmite de
vision moderniste d’accroissement du savoir. Il adlessive, vue de
joindra le plus souvent de la poésie, de la narration,
l’atelier, 2012.
qui peuvent se lire comme des retours en boucle
à droite
sur soi-même. En ce sens, il est très postmoderne ;
La piscine,
et, au contraire de nombreux scientifiques, il ne
Toulouse, 2005.
fantasme pas la dépersonnalisation, la désincarnation, de notre pensée, de notre perception du monde.
Aujourd’hui ces lignes de démarcations changent.
Les dernières avancées en psychologie cognitives et
compréhension de notre cerveau, tendent à complètement bouleverser notre compréhension de nousmêmes. C’est passionnant : une vraie révolution !
Les apports des arts y trouvent un sens en terme
évolutif, les sciences, une plus grande proximité
avec le corps. Je crois vraiment que nous sommes à
l’aube d’une nouvelle ère qui intégrera et dépassera
le modernisme et le postmodernisme.
Deux questions pour conclure cet entretien. Quel
est à ce jour le projet le plus catastrophique auquel
tu aies participé ? Et inversement, le projet passé,
présent ou futur qui t’enthousiasme le plus ?
Une de mes premières expositions dans ce qui ne
s’appelait pas encore Le Lieu Commun à Toulouse, a
été particulièrement catastrophique. J’avais rempli à
ras bord de soupline une pièce en sous-sol à laquelle
on accédait par un escalier au niveau de la galerie
principale. Ainsi remplie de ce liquide bleu, l’ouverture rectangulaire de la dalle ouvrant sur l’escalier
prenait la forme d’un rectangle impénétrable au sol,
en plein milieu de la pièce principale où se tenait
le vernissage. Cette
« piscine » se voulait
à la fois attractive et
répulsive (l’odeur de
la soupline devenant
insupportable), mais je
n’aurais jamais pensé
que les gens allaient y
sauter, la faisant ainsi
déborder et rendant
le sol extrêmement
glissant et dangereux
lors du vernissage. En
plus de cette patinoire,
l’œuvre a commencé à
fuir et 200 litres de
soupline se sont déversés dans les fondations du bâtiment !
Les prochaines installations seront, je l’espère, les
plus enthousiasmantes, les chercheurs avec qui je
travaille me maternent en quelque sorte. Ils m’ont
donné leur confiance et ça m’émeut particulièrement. J’espère que les projets qui en résulteront
seront les meilleurs possibles.
Propos recueillis
par David Doucet
© Boris Raux
© Pas Banal
12
o u v r e z l’œ i l / Re n d e z-v o u s /
13
D o ss i e r
l
i
œ
’
l
o uv r e z
Vers une écologie du regard
Depuis QUATRE ans le Bel Ordinaire et l’École
supérieure d’art des Pyrénées – site de Pau organisent
conjointement Ouvrez l’œil, manifestation autour du graphisme. Cet évènement invite à interroger la place du signe
et de l’image dans l’espace public, questionnant ainsi les
possibilités et les limites du design graphique à maîtriser
les supports de diffusion de l’information.
Depuis ses origines, sous l’enseigne
de Pôle Culturel Intercommunal, on
n’aura pas oublié que le Bel Ordinaire
a toujours contribué à la promotion
d’une création graphique de qualité
en Béarn. Dès le départ, ses besoins
en communication visuelle, liés à sa
programmation culturelle (affiches,
brochures, invitations…) ont été mis
à profit par de jeunes auteurs avides d’expérimentations. De ce pacte
initial a découlé tout naturellement
l’émergence d’une commande éclairée, sensible à la chose graphique. Un
phénomène qui n’est certes pas rare
pour une institution de ce genre, mais
qui s’est trouvée ici légitimée par la
mission confiée progressivement
à ses équipes de porter la création
contemporaine au devant du public
via l’espace urbain. Une telle feuille
de route ne pouvait qu’amener le BO
à s’intéresser plus activement aux
problématiques liées à la genèse et
au bon usage des messages visuels.
Un autre renfort est venu bien sûr
de l’école d’art voisine, dont le virage
pédagogique au cours de la décennie
passée a entraîné peu à peu l’émergence d’un nouvel auditoire féru de
signes de qualité, et d’une scène créative locale toujours plus active. Entre
ces deux établissements proches, la
synergie s’est vite imposée naturellement.
C’est dans ce contexte particulier
qu’Ouvrez l’œil a débuté, afin de faire apprécier sous un jour nouveau le
métier mal connu de graphiste. Un
art de l’éphémère, omniprésent et
pourtant discret, fondé sur la notion
de série, de déclinaison. Un savoirfaire spécialisé au service d’un propos
extérieur, capable de conférer aux
informations traitées la plus-value
Ouvrez l’œil est
une proposition
du Bel Ordinaire,
organisée en
partenariat avec
l’École supérieure
d’art des Pyrénées,
l’association accès(s),
le service jeunesse
de la ville de Pau,
l’association
Destination
patrimoine et
l’Inspection
académique.
14
/ Re n d e z-V o u s / o u v r e z l’œ i l
ci-contre
Affiches de
Vincent Perrottet.
2009
V i n c e n t PE R R O TTET,
A n a d i M am b ro ET
S o n n e z sa n s frappe r
En 2009, Vincent Perrottet et de jeunes graphistes palois :
l’atelier Sonnez sans frapper et Ana di Mambro ont été invités
à répondre graphiquement à une double question :
« Comment attirer le regard du passant ? Quels messages
peuvent inciter à la lecture complète d’une affiche ? ». Chacun
a proposé, en guise de réponse, une série d’affiches, créant
© Pas Banal
ainsi de véritables parcours graphique dans la ville. Il ne restait
plus au public qu’à les suivre et à poursuivre sa lecture !
Rendre aux espaces d’affichage leur
capacité à alimenter le débat public,
voire l’imaginaire.
esthétique nécessaire pour assurer
leur survie dans un monde régi par
les apparences.
Simultanément, la manifestation s’est
positionnée dès le départ en faveur
d’une approche éthique, d’une sorte
d’« écologie visuelle ». C’est ainsi
qu’elle s’est donné pour but de proposer une alternative à la pauvreté
des discours graphiques auxquels
nous sommes quotidiennement
exposés – messages à sens unique,
régis par les codes prévisibles du
marketing – en leur substituant pour
un temps une création affranchie de
toute contrainte commerciale. Rendre aux espaces d’affichage leur capacité à alimenter le débat public, voire
l’imaginaire « pour tester notre capacité à reprendre notre droit, à moins
que ce soit notre devoir, de lecture de
l’image » 1. N’est-ce pas aux graphistes, en effet, qu’incombe plus qu’à
tout autre la responsabilité sociale
d’améliorer un environnement visuel
saturé de stimuli agressifs et de formes bâclées ?
Alors, art ou design ? Le BO proposant aux graphistes de s’exprimer
en dehors du cadre habituel de la
commande et de s’interroger sur le
contenu à proposer, la frontière entre les deux s’est souvent trouvée
remise en question. Ici est en effet à
l’œuvre une volonté de gommer les
hiérarchies entre les disciplines. Selon la directrice des lieux, Florence
de Mecquenem, il n’existerait pas de
différence fondamentale entre le fait
de programmer des artistes ou des
graphistes. Dans les deux cas, la préoccupation principale doit rester celle
de « l’adresse » au public : comment
éveiller l’attention du passant, l’interpeler, lui donner matière à réflexion ?
Il s’agit avant tout de respecter au
plus haut point l’intelligence du spectateur, en apportant le même degré
d’exigence aux formes qu’aux idées.
Identiquement, on s’attachera à soigner les conditions d’apparition de
l’œuvre, afin de secouer la banalité du
quotidien et de rendre le plein usage
de ses facultés à celui qui regarde.
C’est par ce même souci de l’interlocuteur que depuis quelques années
déjà le BO a pris délibérément le parti
de faire de ses productions éditoriales des composantes à part entière
de son offre culturelle (le journal que
vous tenez entre vos mains en est le
dernier exemple en date). Et c’est
ainsi que les palois ont pris l’habitude
d’être interpelés de loin en loin par
des messages atypiques, « sortant
de l’ordinaire » osera-t-on dire. Ce
qui était déjà le cas au figuré le sera
désormais aussi au sens le plus littéral : « sortant de l’Ordinaire » avec
capitale, s’il-vous-plaît, car c’est désormais jusqu’au nouveau nom des
lieux qui évoque ce que le graphisme
incarne à merveille : un art du quotidien, familier et populaire… Signe
supplémentaire, s’il en était besoin,
des liens étroits unissant la structure
à la profession, ce que l’avenir devrait
encore prouver.
Patrice Chaminade
1. Ainsi qu’on
pouvait le lire dans
le programme de
la première édition.
15
© Pas Banal
o u v r e z l’œ i l / Re n d e z-v o u s /
en haut
Sonnez sans frapper.
Affiches de la série
Défonce d’afficher
(2009).
© Pas Banal
ci-contre
Ana di Mambro.
Pannonceaux du
projet MER ICI
nichés dans des
interstices urbains
(2009).
L’information dans l’espace public
1. Jean-Marie
Bourgogne,
directeur du programme Montpellier
Territoire Numérique
Yves Rinato,
designer numérique,
fondateur de
Intactile Design
Francesca
Cozzolino,
équipe Anthropo­
logie de l’écriture à
l’ENSI, professeure
d’histoire et de
théorie du design
graphique à l’ESA
des Pyrénées Nicolas Thély,
professeur en art,
esthétique et
humanités numériques à l’université
Rennes 2
Stéphane
Dégoutin,
artiste et chercheur,
professeur à l’ENSAD
Lust, studio de
graphisme pluridisciplinaire (voir
page suivante).
Quatrième édition
de la manifestation
Ouvrez l’œil poursuit son chemin en
abordant le thème de la place de l’information dans l’espace public. Comment l’information prend-elle place
dans la cité, comment s’y déploiet-elle, qui le décide, à qui la parole estelle donnée ?
Cette quatrième édition a commencé
en octobre 2012, avec une journée
d’étude sur les écritures numériques et l’espace public. Partant de
la question générique de la place de
l’information dans l’espace public,
et considérant l’essor des nouvelles
technologies, il nous semblait primordial de pouvoir les mettre en relation. Les intervenants 1 ont abordé
la question des écrans numériques
installés dans des collectivités en interrogeant notamment le rôle politique de ces dispositifs.
Cette journée a été donc la première
étape d’une réflexion sur la place de
l’information dans l’espace public et
a vu l’émergence de nouvelles problé-
matiques : qui sont Comment
les destinataires et
l’information prendles expéditeurs des
messages publics ? elle place dans la cité,
Quelle répartition comment s’y déploieentre information
commerciale, ci- t-elle, qui le décide,
toyenne, institu- à qui la parole esttionnelle, politielle donnée ?
que, personnelle,
artistique ?
Ces questions ne pouvant recevoir
une seule et unique réponse, nous
avons proposé à différents groupes
de travail de s’en saisir et de présenter le résultat de leurs recherches et
de leurs réflexions, dans l’espace public, du 16 mai au 2 juin 2013.
L’École supérieure d’art des Pyrénées - site de Pau proposera deux ateliers à ses étudiants. Le premier portera sur la production de panneaux
de signalétique, questionnant ainsi
ce qu’il convient de signaler dans une
cité et comment il est juste de le faire.
Le second se développera lors d’une
semaine de workshop, fin février, à
/ r e n d e z-v o u s / o u v r e z l’œ i l
2010
16
G r a ph i s t e s s u é d o i s
En 2010, participant à la mise à l’honneur de la Suède
à l’occasion du bicentenaire de l’accession au trône de
Bernadotte, Ouvrez l’œil invite le studio Medium. Entouré de
la fine fleur de la création scandinave, designers émergents ou
confirmés, les graphistes interviennent en plusieurs points de
la ville et présentent des affiches sur la célébration du banal et
du quotidien, mettant à jour les possibilités d’exploration et
de redécouverte de lieux familiers. Medium nous convie alors
© Pas Banal
à explorer notre ville d’une autre façon, à travers leurs regards
et leurs perceptions.
ci-contre
De gauche à droite,
les affiches de Jonas
Williamsson, Studio
S&M et Bygg Studio.
LU S T
partir de réflexions plus spécifiques
sur la place de l’archive dans l’espace
public.
Le Bel Ordinaire invite quant à lui le
studio néerlandais Lust (ci-contre),
avec sa dernière création Black Hole
Information Paradox qui sera présentée dans le hall de l’Hôtel de Ville
de Pau. Cette installation inter­active
se présente sous la forme d’un palimpseste en perpétuelle évolution.
L’œuvre, qui entremêle les espaces
réels et virtuels, permet au public
de visualiser une matérialisation
des échanges et des conversations
sans cesse actifs sur internet, tout en
révélant incidemment les procédés
techniques employés pour donner
forme aux flots d’information bruts
qui nous environnent.
L’association accès(s) rejoint également l’aventure et proposera à cette
occasion à un artiste des arts numériques de s’exprimer.
© Lust
Localisé à la Haye
aux Pays-Bas, Lust
est un studio
pluri­­disciplinaire
fondé en 1996 par
Jeroen Barendse,
Thomas Castro et
Dimitri Nieuwen–
huizen. Aujourd’hui,
neuf collaborateurs
les ont rejoints, leur
permettant ainsi de
travailler dans des
champs d’activité très
larges. Lust traite
d’une grande variété
de thèmes et de
disciplines allant de
la typographie à
l’urbanisme en passant
par le webdesign.
Le studio cherche à
explorer de nouvelles
voies de conception
entre nouveaux
médias, architecture
et design graphique.
Il a développé une
méthodologie basée
sur des systèmes
d’auto-production et
réalise des systèmes
générant du design.
17
2011
© Mathieu Thomassin
o u v r e z l’œ i l / r e n d e z-v o u s /
Change is Good
En 2011, le Bel Ordinaire fait appel aux graphistes José
Albergaria et Rik Bas Backer de l’agence Change is good et
leur propose d’examiner notre ville et les rapports que chacun
peut tisser avec elle tout en interrogeant l’idée de frontière
et de relations transfrontalières. Leur réponse prend la forme
© Pas Banal
d’une installation de neuf drapeaux place Clemenceau.
En parallèle de cette proposition pour l’espace public,
le tandem a présenté ses précédents travaux dans la galerie
de l’école d’art, et le résultat d’un atelier avec des étudiants.
Lire la ville, écrire sa ville Certains on déjà bien
commencé le travail !
Depuis octobre 2012, l’association
Destination Patrimoine * et le Bel
Ordinaire développent ensemble le
parcours Lire la ville, écrire sa ville
avec trois établissements scolaires
palois. Ce programme, élaboré par la
DAAC * du rectorat de Bordeaux en
partenariat avec la DRAC * Aquitaine,
croise les domaines artistiques, les
disciplines scolaires et construit des
regards multiples sur cette réalité
complexe qu’est la ville.
S’inscrivant cette année dans le cadre de la quatrième édition d’Ouvrez
l’œil, ce dispositif propose à des collégiens et des lycéens de participer à
dix rendez-vous où ils sont amenés
à porter un regard sur la ville, à la
lire pour mieux l’appréhender et se
l’approprier.
En plus des apports théoriques (présentation du métier d’architecte, de
designer graphique) et pratiques
(réalisation de croquis, lecture et
appropriation de plans cadastraux,
analyses architecturales et cas de signalétique), les élèves sont engagés
dans une pratique artistique. Ainsi,
quatre designers graphiques mènent
des ateliers de février à avril 2013 :
— Nous travaillons ensemble (Paris)­
avec la classe de 2de option design
graphique du lycée Honoré Baradat.
Partant de leur souhait d’insuffler de
la gaité en ville jugée trop grise, les
lycéens réfléchissent aux possibilités
de remettre de la couleur dans la cité.
Workshop : 25 et 26 mars 2013.
— Tradition moderne (Lourdes)
avec la classe de 1ère option arts-plastiques du lycée Louis Barthou. Les
élèves travaillent sur un parcours en
centre ville articulé autour de 7 bâtiments choisis pour leur qualité architecturale. Plusieurs formes de restitution sont envisagées : réalisation
d’une affiche, d’une édition commune
et d’une performance filmée en ville.
Ateliers de mars à avril 2013.
— Ana di Mambro et Luz-Mary
Vargas (Pau) avec la classe de 6e 6 du
collège Marguerite de Navarre. Les
graphistes proposent de s’intéresser
au quotidien, aux souvenirs pour
parvenir à mesurer comment la ville
parle à travers le regard des élèves.
Ateliers de février à avril 2013.
En parallèle de cette opération, le service de la jeunesse de la ville de Pau
et l’APSAP *, en collaboration avec
le GIP / DSU *, organisent un atelier
jeune mené par l’atelier Sonnez sans
frapper. Destiné aux palois âgés de
14 à 17 ans, l’atelier vise à réaliser une
installation graphique dans l’ancien
couvent situé au 22, rue Lamothe à
Pau, futur espace dédié aux jeunes
de 11 à 25 ans.
Lire la ville, écrire
sa ville est un
dispositif proposé
par l’Inspection
académique et
financé par la DRAC
Aquitaine et la
Fondation Lire
du Crédit Mutuel.
*
D estination
Patrimoine est
une association
d’édu­c ation et
de sensibilisation
au patrimoine
architectural,
archéo­logique,
urbain et paysager.
DAAC, Délégation
Académique à
l’éducation Artistique
et Culturelle
DRAC, Direction
Régionale des Affaires
Culturelles
APSAP, Association de
Prévention Spécialisée
de l’Agglomération
Paloise
GIP / DSU Groupement
d’Intérêt Public /
Développement
Social Urbain
18
/ R E ND E Z-VOU S / p i n g p o n g v i d é o
6
4
Une sélection de vidéos
et films
Lundi 8 juin 2009, 21h
sur le thème des vacances
PingPong HOLIDAYS1.indd 1
Auditorium du
Conservatoire
Jeudi 5 novembre 2009, 19h
Auditorium du Conservatoire
, Pau
Musique et Danse
Musique et Danse, Pau
Entrée libre
Entrée libre
18/05/09 14:37:21
LES RÈGLES DU JEU sont très simples. Le but est
de faire découvrir, sur un principe d’échanges dynamiques,
un programme de vidéos d’artistes, de films d’animation,
documentaire, expérimental ou de fiction. Plusieurs joueurs
peuvent s’affronter : programmateur, commissaire d’exposition et artiste. Ensemble, ils élaborent une programmation
nourrie par le croisement de leurs points de vue, leurs sensibilités et leurs approches personnelles. Autre déclinaison
du jeu possible : le principe de la carte blanche.
Une programmation
ran
ult Capé
de Thiba
5
Mardi 6 octo
bre 2009, 21h
Auditorium du
Conservatoire
, Pau
Musique et Danse
Entrée libre
g
n
o
P
g
Pin Jeu, set h
c
t
a
m
t
e
o
é
V id
33 éditions
Depuis mars 2009, plusieurs centaines de personnes ont découvert cette
proposition initiée par le Bel Ordinaire en partenariat avec le cinéma d’art
et essai Le Méliès
En quatre années, et le réseau des
ont été diffusés près médiathèques
Pau-Pyrénées.
de 270 vidéos, courts- Organisés en démétrages et extraits de but de mois, les
Ping Pong Vidéo
films issus des quatre souhaitent être
coins du monde. un espace de
projection singulier où est offert au regard des spectateurs, des œuvres de tous formats
et de toutes natures, donnant à la fois
un éclairage sur les nouvelles formes
1. Festival
international
de création contemporaine et sur des
du film d’Annecy
films emblématiques du cinéma.
www.annecy.org
À l’issue de la projection et en amont
2. Fayçal Baghriche
de celle-ci (depuis novembre 2012),
www.entreprise
des rencontres sont proposées entre
culturelle.org
le public et les programmateurs, réa3. Cinéma du Réel
lisateurs et artistes invités pour un
www.cinemadureel
moment d’échange privilégié.
.org/fr
En juin 2013, parce que chaque partie
a une fin, la 33e édition viendra clôturer le cycle des Ping Pong Vidéo.
En quatre années, ont été diffusés
près de 270 vidéos, courts-métrages
et extraits de films issus des quatre
coins du monde. Ce travail n’aurait
pas été possible sans la collaboration
de trois programmateurs : Xavier
Le Falher, programmateur cinéma
au Méliès, Vincent Meyer, artiste et
enseignant et Jean-Paul Labro, artiste et enseignant (de 2009 à 2011)
et sans la participation des artistes et
commissaires d’expositions invités.
Il vous reste encore
quelques parties
Après l’invitation au studio Folimage
l’année dernière, cette année le Bel
Ordinaire invite le 19 mars le prestigieux festival international du film
d’animation d’Annecy 1 pour concocter une programmation imaginée
pour le jeune public, les plus grands
sont également les bienvenus !
Fayçal Baghriche 2 que le public
palois avait déjà pu découvrir dans
la vidéo Point, ligne et particules en
2009 pour la projection intitulée Va
voir dehors si j’y suis, sera le 16 avril
le programmateur d’une soirée. Cet
artiste plasticien, privilégiant la performance, la vidéo, la photographie
et la sculpture nous réunira autour
d’un ensemble d’œuvres au format
très court. Une soirée rythmée en
perceptive !
Depuis 1978, le festival international
de films documentaires Cinéma du
Réel 3 est un rendez-vous international de référence, où public et professionnels découvrent films d’auteurs
confirmés ou films de nouveaux
talents, l’histoire du cinéma documentaire comme les propositions
contemporaines. Le 21 mai, le cinéma
du réel présentera une compilation
des films de ses dernières années. Et
pour terminer, rendez-vous le 11 juin,
où nous déroulerons le générique !
Claire Lambert
Ma
rdi
9 fé
vri
er
201
0, 1
9h
orium
Audit
toire
Musique
nserva
du Co
8
et Danse,
En
Pau
tr
ée
lib
re
PingPong 8 dos.indd 1
18/01/10 9:20:17
Conférence / programmation
sur la pratique
du collage au cinéma
10
à 21h
ril 2010
i 6 av
toire
Mard
nserva
du Co
orium
e, Pau
Audit
Dans
ue et
Musiq
e libre
Entré
Lundi 6 avril 2009, 20h
Auditorium du Conservatoire
2
Musique et Danse, Pau
PingPong COLLAGE.indd 1
16/03/09 16:01:26
Une sélection de vidéos et films choisis
sur le thème du rêve
3
Lundi 4 mai 2009, 21h
Auditorium du Conservatoire Musique et Danse, Pau
PingPong REVE1.indd 1
14/04/09 15:05:41
© Bel Ordinaire
ci-dessus
Grumo (Jean-Marc
Saint-Paul et
Benjamin Lahitte),
Flyers pour
les projection
Ping Pong Vidéo,
2009-2012.
Mercredi 12
Cinéma le
mai à 19h
ci-dessus
Le cérémoniel de
la projection dans
l’auditorium des
Réparatrices.
Ici en 2010.
0 Pau
Bargoin, 6400
Méliès, 6 Rue
Entrée
libre
11
20
/ ACTION CU LTUR E L L E / E X PO M U LTIP L E
e
l
p
i
t
l
Mpuosition mobile
l’ex
ci-dessus
de gauche à droite
Forêt,
Gérard Titus-Carmel,
50 x 72 cm, 1995.
GFP puppy,
France Cadet, 2006,
50 x 70 cm.
Révérence,
Francoise Petrovitch
2008, 50 x 70 cm.
Une invitation
à la découverte
Depuis 2012, le Bel Ordinaire, en partenariat avec le Centre Départemental de Documentation Pédagogique,
a mis en place une exposition itinérante destinée aux établissements
scolaires de la Communauté d’agglo­
mération Pau-Pyrénées.
MULTIPLE rassemble une sélection
de cinq estampes de France Cadet,
Gérard-Titus Carmel, Vincent Perrottet, Françoise Pétrovitch et Tony
Soulié. Issues de la collection du
fonds d’art contemporain Pau-Pyré­
nées, ces œuvres (lithographies, sérigraphies, gravure) ont été réalisées
par des artistes et designers contemporains, hommes et femmes, issus
d’univers riches et singuliers. Tous
ont une partie de leur travail qui s’articule sous forme de série.
En lien avec l’exposition, par le biais
de visites commentées, nous vous
proposons de découvrir les démarches inhérentes à chaque artiste, les
techniques de reproduction utilisées
et de mener une réflexion sur la question du multiple dans l’art.
Cette exposition s’accompagne d’un
dossier pédagogique, de cartels,
d’ouvrages thématiques et monographiques ainsi que d’une bibliographie. Elle a pour vocation de s’adapter
aux différents lieux (école, collège et
lycée) et de permettre de sensibiliser
les élèves à la réalité de la création
contemporaine.
Coup d’envoi à Baradat
C’est le lycée professionnel Honoré
Baradat à Pau qui a inauguré ce dispositif en accueillant l’exposition
dans ses murs du 20 novembre au 14
décembre 2012.
En collaboration avec l’équipe pédagogique, des visites commentées ont
été organisées durant cette période à
destination des élèves de l’établissement, des collégiens de la calendreta
et des groupes d’adultes en apprentissage du français (en partenariat
avec l’INSTEP).
Et parce que pratiquer, c’est aussi
une manière passionnante de plonger dans la création contemporaine,
des stages sont proposés en lien avec
l’exposition Multiple :
L’atelier sérigraphie mené par Damien Auriault et Yann Le Dluz, designers graphiques et fondateurs du
Studio Tricolore, a permis aux élèves
de comprendre les différentes étapes
de l’impression en sérigraphie. Les
participants ont été amenés à créer
un visuel en relation avec les œuvres
exposées pour ensuite manipuler ce
moyen de reproduction ludique et
artisanal.
Alice Despiau, artiste, a conçu un atelier visant à s’initier rapidement à la
pratique de la gravure. C’est une discipline qui demande de la concentration et de la maîtrise de soi. Le résultat obtenu passe par les gestes d’un
artisan, mais la démarche créative
est bien celle d’un artiste et permet
une grande liberté d’expression. Les
élèves ont travaillé à partir d’un motif
végétal en lien avec l’œuvre Forêt de
Gérard Titus-Carmel.
Claire Lambert
E X PO M U LTIP L E / ACTION CU LTUR E L L E /
Travaille d’abord…,
Vincent Perrottet,
affiche sérigraphiée,
2008, 80 x 100 cm.
E n pr at i q u e
Le prêt est entièrement gratuit.
L’équipe du Bel Ordinaire s’occupe du transport, du montage
et du démontage de l’exposition. Ensemble, nous voyons
où et comment accrocher ces œuvres. En contrepartie,
l’établissement scolaire s’engage à mettre à disposition un lieu
sécurisé pour accueillir l’exposition et à assurer les œuvres.
Quel calendrier ?
L’exposition peut être accueillie entre trois et quatre semaines
au sein de votre établissement. L’exposition est disponible
au prêt de janvier à décembre 2013.
Et autour de l’exposition ?
Le Bel Ordinaire propose des visites commentées de
l’exposition, des ateliers de pratiques artistiques autour des
différentes techniques de reproduction (gravure, lithographie,
sérigraphie). Un parcours autour de la découverte des métiers
liés à l’art contemporain peut également être mis en place.
Contactez-nous pour planifier la programmation
de l’exposition. Claire Lambert : 06 84 77 46 53
Sans titre,
Tony Soulié,
57,5 X 76,5 cm.
21
22
/ a c t i o n c u lt u r elle
Le Bel Ordinaire est un lieu de curiosité et de découverte
pour tous les publics. Pour donner les moyens à tous d’appréhender les
différents univers contemporains, des rendez-vous autour des expositions,
des résidences de création et des œuvres installées dans l’espace public
sont imaginés. Visites guidées, étapes de création, rencontres thématiques, ateliers sont autant d’outils et d’actions pour permettre à chacun de
comprendre le sens de la création contemporaine et son inscription dans
le monde d’aujourd’hui.
…
s
u
o
v
z
e
d
Ren
© Merry Lau
!
s
u
o
v
av e c
Pour tous
Visites guidées des expositions. Pour chaque exposition, un médiateur est présent pour répondre aux
questions du public et sur simple demande des visites
guidées sont organisées (à partir de 6 personnes).
Étapes de résidence de création. Les résidences
artistiques peuvent être ponctuées d’un ou de plusieurs
temps publics où nous vous invitons à découvrir la démarche d’un artiste et à venir échanger à propos de son
processus de création lors d’une étape intermédiaire ou
finale de travail. Ces rencontres plus informelles vous
proposent de participer à un moment convivial basé sur
l’échange et la rencontre.
Ateliers de pratiques artistiques en lien avec la programmation. L’occasion de découvrir autrement l’univers
d’un plasticien en étant soi-même dans une dynamique de
création. Ces ateliers sont gratuits et sont animés par un
intervenant professionnel et encadrés par une médiatrice
culturelle chargée des publics.
ci-dessus
Ateliers
de sérigraphie
menés par le
Studio Tricolore
dans le cadre
de l’exposition
Multiple,
décembre 2012.
Cette démarche vous intéresse ?
Pour prendre rendez-vous,
contactez Claire Lambert
au 06 84 77 46 53 ou par email
cl.lambert@agglo-pau.fr
P o u r l e j eu n e pu b l i c
Depuis six ans, le Bel Ordinaire impulse des actions
auprès du jeune public et s’engage aux côtés des enseignants et des animateurs pour faciliter la relation des plus
jeunes avec l’art et avec les artistes contemporains. Il est
important que les enfants et élèves soient sensibilisés
à l’art, décliné sous toutes ses formes, qu’ils voient une
exposition et que cela devienne une pratique simple et
d’habituelle.
Des dispositifs conçus spécifiquement pour les scolaires
et centres d’animation et de loisirs :
Accueil des classes en visite guidée, conçues, imaginées et adaptées en fonction des différents niveaux
scolaires.
Proposition de parcours pédagogiques pour les enseignants pour préparer la visite en amont ou poursuivre
le travail en classe, en partenariat avec le centre départemental de documentation pédagogique (CDDP).
Élaboration d’outils de médiation ludiques pour
les plus petits (à partir de 3 ans).
Organisation d’ateliers thématiques.
WEB /
belo rdinaire.ag g
23
lo -pau .f r
Le nouveau site internet du
© Pas Banal
Bel Ordinaire est accessible en ligne depuis le
10 février 2013.
RESTEZ
EN LIGNE
ci-dessus
La mise en page
du site s’adapte
à chaque support
de consultation.
Le site s’adresse autant au public sensibilisé à l’art
contemporain qu’aux curieux férus de nouvelles découvertes. C’est dans cette démarche d’ouverture et d’accès
à tous que le site a été conçu.
Si l’on retrouve toujours les rubriques agenda et
actualités, le nouveau site multiplie les passerelles entre
l’ensemble des contenus et permet de découvrir toute
la partie moins visible des activités menées par l’espace
d’art contemporain. Interviews, textes critiques, galeries
de photographies permettent d’accéder à ce contenu et
de connaître les problématiques et questionnements des
artistes accueillis pour les résidences de création. La rubrique action culturelle permet à chacun de découvrir
quels types de visites, ateliers, ou rencontres lui sont
proposés.
Développé selon les standards du web les plus récents,
le nouveau site permet notamment un temps de chargement extrêmement rapide. Le site offre bien sûr une
compatibilité multi-supports (ordinateur, tablette, smartphone).La maquette, élégante et dynamique, signée par
le collectif de graphistes Pas banal, offre un vrai plaisir de
navigation, à renouveler sans modération !
fé vrier / juiLLE T 2 0 13
mardi 19 mars
18 h 30 VIDÉO-CINÉMA
Ping Pong Vidéo – Jeune public
Carte blanche au festival international
du film d’Annecy.
PAU – médiathèque A.Labarrère, entrée libre.
mer. 20 mars
9 h 30 / 12 h 30 CINÉMA
Atelier – cinéma d’animation
Découverte et initiation aux techniques
du cinéma d’animation.
Réservation indispensable : 06 84 77 46 53
PAU – cinéma le Méliès, dès 6 ans, gratuit.
mardi 16 avril
18 h 30 VIDÉO-CINÉMA
Ping Pong Vidéo
Carte blanche à Fayçal Baghriche.
PAU – médiathèque A. Labarrère, entrée libre.
du 16 mai
au 2 juin DESIGN GRAPHIQUE
Ouvrez l’œil – 4e édition
– Installation de Lust
PAU – hall d’accueil de l’Hôtel de Ville
– Installations des étudiants de l’ESA Pyrénées
PAU – centre ville et quartier des Halles
– Carte blanche à un artiste par accès(s)
– Restitutions des ateliers Lire la ville, écrire sa
ville menés par les graphistes Nous travaillons
ensemble, Ana di Mambro & Luz Mary Vargas,
Tradition moderne et Sonnez sans frapper
PAU – centre ville, Pavillon des arts, Ateliers
de la Cité
mardi 21 mai
18 h 30 VIDÉO-CINÉMA
Ping Pong Vidéo – Documentaire
Carte blanche au Cinéma du réel.
PAU – médiathèque A. Labarrère, entrée libre.
mardi 11 juin
18 h 30 VIDÉO-CINÉMA
Ping Pong Vidéo – Générique
Ultime rendez-vous de la saison.
PAU – médiathèque A. Labarrère, entrée libre.
B†
CONTACTEZ- NOU S
Direction
Florence de Mecquenem
f.demecquenem@agglo-pau.fr
Direction technique
Bruno Cornet
b.cornet@agglo-pau.fr
05 59 72 25 86
Chargée de communication
et de l’action culturelle
Claire Lambert
cl.lambert@agglo-pau.fr
05 59 72 25 88
Adresse postale les Abattoirs
allée Montesquieu
64 140 Billère
belordinaire.agglo-pau.fr
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertising