Si, viaggiare - Tutu Production

Si, viaggiare - Tutu Production
Création juillet 2011 Festival Impulstanz (Vienne)
*MELK PROD. Présente
Si, viaggiare
(Hommage à Lena)
Idée et Chorégraphie
de Marco Berrettini
Vanessa Le Mat
Sébastien Chatellier
Marco Berrettini
Antonio Pedro Lopes
Jean-Paul Bourel
Samuel Pajand
Laetitia Dosch
Katy Hernan
Dance took them so far. Will they ever come back?
Bruno Faucher
Préface – Comment est né le projet « Si, Viaggiare » ?
Petite histoire des voyages spatiaux
En 1977, Voyager 1 et sa jumelle Voyager 2, deux sondes spatiales de la NASA, furent
lancées, dans une relative discrétion, dans l’espace céleste. Construites pour durer
seulement 5 ans, les sondes sont toujours en état de fonctionnement. Voyager 1 est plus
éloigné de la Terre que tout autre engin jamais lancé par l'Homme dans l'espace, et
continue de s'éloigner à la vitesse de 17 Km/seconde. Trois fois et demi fois plus éloignées
de la Terre que Pluton, elles foncent vers l'hélio pause, limite de l'influence magnétique du
Soleil, où débute « officiellement » l'interstellaire. Selon les estimations de la NASA, une
fois devenues silencieuses, les sondes n'en continueront pas moins sur leur lancée,
Voyager 2 rendant visite à Sirius, la plus brillante des étoiles de notre ciel, dans
296 000 ans. À travers la mission Voyager, l'humanité tout entière est en route vers les
étoiles. Ambassadeurs interstellaires, ces 2 engins ont à leur bord un message à
destination d'autres êtres doués d'intelligence.
Deux bouteilles dans l'infini
La NASA avait débuté l'expérience en 1972 avec les sondes Pioneer 10 et 11, qui
emportaient une simple plaque gravée représentant un homme et une femme nus, le
système solaire et la position de celui-ci.
Cinq ans plus tard, le concept était nettement amélioré et le contenu du message plus
ambitieux. Chaque Voyager renferme un disque, type vinyle, de cuivre plaqué or
ainsi qu'une cellule et une énorme aiguille pour le lire, tel qu’un bon vieux
tourne-disque. Le mode d’emploi se trouve sur la jaquette du Golden Record. Ce
disque est destiné à d'éventuels êtres extraterrestres qui pourraient le trouver.
Il contient une série de 116 photos, de nombreux morceaux musicaux et aussi les
salutations des Terriens (Bonjour !) en 55 langues.
Un message du président Carter : « This is a present from a small, distant world, a token
of our sounds, our science, our images, our music, our thoughts and our feelings. We are
attempting to survive our time so we may live into yours. »
Ce qui peut être traduit par : « C'est un présent d'un petit monde éloigné, une marque de
nos sons, de notre science, de nos images, de notre musique, de nos pensées et de nos
sentiments. Nous essayons de survivre à notre temps, ainsi nous pouvons vivre dans le
vôtre. »
Un autre message du secrétaire général de l’ONU, Kurt Waldheim (ex-président de
l’Autriche, qui fut obligé à quitter tous ses postes institutionnels, à la suite de la
découverte de son appartenance aux escadrons de la mort Waffen SS sous Adolf Hitler,
en 1943), ainsi que les murmures de notre planète : vent, tonnerre, feu, grenouilles,
tracteurs, bruits de pas, battements de cœur, vagissements de bébé, etc. Des sons et des
images donc, sélectionnés pour dresser un portrait de la diversité de la vie et de la culture
sur Terre à nos amis dans l’inconnu ; encore faut-il qu’ils réussissent à positionner l’aiguille
sur le « 33 tours ». Les chances pour que ces disques soient retrouvés sont extrêmement
faibles. De plus, s'ils l'étaient, ce serait dans un futur très lointain : les sondes Voyager ne
se retrouveront pas à moins de 1,7 année-lumière d'une autre étoile avant 40 000 ans.
Carl Sagan (responsable de la mission Voyager) expliquait:
« C'est un message d'amour que nous lançons
dans la profonde immensité. Il restera sans doute en grande
partie indéchiffré, mais nous le transmettons cependant,
parce qu'il est important d'essayer ».
Plusieurs questions me vinrent à l’esprit, quand je fis la connaissance de ces
projets issus du rêve de rencontrer des êtres vivants venus d’ailleurs :
1) Pourquoi tant d’efforts pour des présumées formes de vie extraterrestre,
quand nous faisons si peu pour réussir nos rencontres entre êtres
humains ?
2) Comment savoir quels moyens employés pour éviter les mêmes
malentendus terrestres ?
3) Est-ce que toute forme de contact, toute rencontre de l’autre, de
l’inconnu, ne nécessiterait pas un travail d’introspection au préalable ?
4) Jusqu’où notre éducation, nos gênes, notre instinct de survie, nos
croyances et notre état au moment de la rencontre, déterminent l’échec
ou la réussite du « contact » ?
5) Est-ce qu’il existerait une véritable « technique » qui améliorerait nos
moyens dans la prise de contact ou est-ce que toutes les études
modernes telles que la psychologie, les thérapies de groupes, les études
comportementales sont juste des « pièges », des « illusions » postmodernistes ?
6) À l’époque de Facebook, Twitter, Skype, est-ce que nous avons développé
des « grilles », des « paramètres » si aigus de l’évaluation de l’autre
avant même de se retrouver face à face, qui empêchent une attitude de la
contemplation de l’inconnu, de l’humilité face à l’étranger et d’une
véritable « sphère » de l’intimité ?
Mes idées chorégraphiques
Pour répondre à ces questions, j’ai voulu mettre en place un « scénario » chorégraphique,
une sorte de cadre narratif, qui m’empêcherait de faire un spectacle aux allures
sociologiques ou misérabilistes.
Au début du spectacle, le public verra le « haut » de Lena , une petite planète perdue
dans l’espace intergalactique. Le reste de la planète, semblable aux parties visibles d’une
lune ascendante, est dans un brouillard gazeux, mais on devine que de faire le tour entier
de la planète à pied ne prendrait que quelques minutes. Quelques astronautes ont déjà
atterri, d’autres arriveront ensuite.
Chacun venant d’une planète différente, mais tous appartenant à l’espèce humaine.
Chacun a amené, dans son sac à dos, des objets personnels différents et chacun aura une
tenue d’astronaute différente; la seule chose que ces 9 personnages auront en commun :
tous possèdent le même moyen de locomotion pour se déplacer sur Lena : une
trottinette. La raison de leur venue ? Une voix nous le dira au début :
« Tous les 10 ans, nous Arshock, nous retrouvons ici, pour mesurer la puissance
de notre art. Cette vallée est unique. Seul un mouvement d’une qualité
supérieure, fera vibrer les pierres. Celui qui peut produire un tel mouvement
sera le vainqueur ».
Mon idée est de faire un spectacle sur le thème de la rencontre de l’autre, de l’inconnu, de
la construction d’une relation, du sens de notre comportement social, avec, dans l’arrière
de la tête, cette citation tirée du livre « Théorie des après-guerres » du philosophe
allemand Peter Sloterdijk :
« …Ne vous intéressez pas trop les uns aux autres ! Et lorsque vous choisissez
pour vos journaux les correspondants à l’étranger qui donneront des nouvelles
du pays voisin, veillez à ne prendre que des journalistes qui s’entendent à
ennuyer leur public à mort ! C’est la seule manière dont ceux qui ont été
heureusement séparés peuvent vivre ensemble dans l’amitié et dans la paix ».
Le destin, existe-il ? Nos vies, sont-elles programmées dès notre naissance ? Et si oui, le
destin de notre race, de la vie terrestre, de notre planète, est-il déjà écrit ?
Ces questions m’ont amené, préalablement, sur les chemins des croyances : l’existence de
Dieu est-elle indispensable à l’accomplissement de la vie, des rencontres et de notre
survie ? Cette question me semblait incontournable. Dans un deuxième tems, je me suis
rendu compte qu’il ne suffisait pas d’étudier les religions monothéistes, qu’il fallait voyager
plus loin en arrière, chercher au sein des religions et « sectes » antécédentes au judaïsme.
…Il existerait ainsi un « paganisme éternel », indestructible, mais
ambivalent, dont les images permettent à l’homme de faire face aux
angoisses et aux interrogations qui viennent le hanter ; mais, en
même temps, ce paganisme peut connaître de véritables
métamorphoses, peut muer en quelque sorte, par un processus de
symbolisation caractéristique de l’évolution humaine.
Le paganisme symbolique des danses indiennes devait éclairer d’un
jour nouveau la Grèce antique, avec ses ménades extatiques et ses
nymphes en transe, comme la Renaissance elle-même. Il s’agit
finalement d’expliquer pourquoi l’homme moderne se révèle incapable
de surmonter ce que Freud appelait le « malaise » de la civilisation,
et, d’une certaine manière, pourquoi il se trouve désarmé devant
certaines angoisses.
…Le gnosticisme est un mouvement religieux regroupant des doctrines
variées du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient qui se caractérisent
généralement par la croyance que les hommes sont des âmes divines
emprisonnées dans un monde matériel créé par un dieu mauvais ou
imparfait appelé le démiurge, qui existe aux côtés d'un autre être suprême
plus éloigné et dont la connaissance est difficile, qui incarne le bien. Afin
de se libérer du monde matériel inférieur, l'homme a besoin de la gnose,
soit la connaissance spirituelle ésotérique. Le point de départ est la
considération, par l’individu, de sa situation face au monde : que suis-je,
pourquoi ce monde me semble-t-il étranger, qu’étais-je à l’origine et
comment (éventuellement) revenir à cette situation ? C’est la prise de
conscience d’une déchéance impliquant que le Bien et le Mal sont deux
éléments inconciliables, absurdement mêlés ici-bas par un accident
contraire à la volonté divine.
« Ce monde a été créé pour cet homme et cet homme a été créé pour ce
monde » (variantes bibliques). Mais la conception des gnostiques est au
contraire: « L'homme a été créé contre le monde. L'homme est supérieur
à ses créateurs ». Les gnostiques, voyant le corps charnel asservi dans ses
actes et ses passions à la souveraineté des planètes, ou encore se croyant
pourvus d'une grâce d'en-haut qui délivre des actes ici-bas, n'ont pas de
notions de moralité individuelle très strictes. La gnose peut donc aussi bien
conduire à un ascétisme rigoureux qu'à de curieuses immoralités, avec la volonté de contredire en tout la loi
biblique. La chair appartenant à la matière et ne sachant participer au Salut, peu importe qu'elle fût souillée.
Comment je compte procéder
En 2009, la Cie *MELK PROD. a connu un grand changement de ses membres, fondateurs en partie. La
dernière création « iFeel » fut le premier « test » de la nouvelle équipe, troupe, famille artistique. Ce fut
pour moi un plaisir et un succès. Et je compte poursuivre avec les mêmes pour créer « Si, Viaggiare ».
J’exige beaucoup de mes interprètes. Leurs tâches sont variées et ne s’arrêtent pas à l’accomplissement de
mouvements. Les interprètes sont souvent amenés à écrire des textes, chanter, jouer de la musique et
responsables en matière des costumes, décor, lumières et son. Ce type de Cie de danse demande beaucoup
de confiance mutuelle et de temps. C’est pour cela que je ne change pas fréquemment les interprètes.
Le travail de création s’organisera en trois étapes.
La 1ère étape s’est déroulée à Angers, à l’invitation du CNDC, en novembre 2010. Nous avons pris le temps
de lire, de discuter des sujets du spectacle, de proposer des scènes, de parler de nos envies et
interprétations individuelles. Je tenais à démarrer dans la sérénité et en prenant le temps. « La rencontre de
l’autre » étant le sujet générique de « Si, Viaggiare », il était important de déjà réussir au sein de la
compagnie cette première confrontation, avant de pouvoir la communiquer à un futur public.
La 2ème étape aura lieu au printemps 2011 à Genève. Cette période de création sera consacrée aux
répétitions de scènes, à la construction d’une dramaturgie, mais également à l’élaboration de matériaux
nouveaux pour nous, qui émaneront des rencontres que nous nous emploierons de faire. Ils feront partie
intégrante de la création. Comment pourrions-nous parler de rencontres avec l’inconnu, sans avoir vécu
cette expérience personnellement ? L’accent sera mis sur l’observation, la curiosité discrète, la
patience et la compréhension. C’est exactement cet espace « gris » de la convivialité semipassive et semi-active qui m’intéresse le plus. À l’image des voyages spatiaux, évoqués plus haut,
chaque membre de la Cie apportera des objets personnels, qui seront utilisés comme catalyseurs ou
« ponts » des rencontres. Les répétitions évolueront en costumes et dans le décor montré dans le dessin cidessus. Aussi, l’entraînement avec les trottinettes sera intensifié.
La 3ème et dernière partie de la création, qui se déroulera à nouveau à Angers en juin, sera un joyeux bordel,
pendant lequel le stress, la nervosité et la tentative désespérée de créer de l’art seront les axes majeurs.
Nous essayerons de construire des séquences, pour les balayer le lendemain. La paix retrouvera son havre,
dès que nous comprendrons qu’il est trop tard pour reculer.
Juste avant la Première, en juillet 2011 au Festival IMPULSTANZ à Vienne, nous disposerons encore d’une
semaine de travail sur le plateau avec l’ensemble des éléments techniques.
J’ai demandé à mes collaborateurs d’assumer une attitude passive, d’attente, cordiale, sincère,
gentille, non envahissante et non fusionnelle. Encore une fois, et c’est la raison pour laquelle nous
nous appuierons sur les expériences dans l’espace de la NASA; un regard relativement innocent envers les
autres de la compagnie est demandé.
J’aime voyager, j’aime les navettes spatiales, et l’idée d’une forme de vie intelligente sur d’autres planètes
est une fantaisie qui remonte à mon enfance. C’est avec ce sentiment que j’aimerais faire face à l’inconnu.
« Et il y a là-dedans des substances hautement toxiques. Il existe un lien direct entre la dimension d’un
auteur et la dangerosité des matériaux qu’il traite et qu’il maîtrise. L’anodin ne donne naissance qu’à
l’anodin, le danger donne naissance à la pensée, et lorsque la pensée arrive au point où elle prend forme, on
tient l’instant de l’art. Tout auteur qui vaut quelque chose se contamine lui-même avec les matériaux qu’il
traite… » Peter Sloterdijk
L’état d’esprit qui m’a amené à faire cette création
Éloge sincère de la banalité
Le monde est petit. La lune est vide et on la connaît déjà. Les gens jouent au Poker sur Internet. Ils essaient
de se rencontrer par Internet. On l’appelle la toile, comme celle de l’araignée. Nous sommes les mouches.
Mais des mouches vivant de plus en plus longtemps. La croyance en cette valeur a remplacé et va de pair
avec la chute du monothéisme dans les pays occidentaux. Le « grand mouvement », qui mélangera
croyance religieuse, écologie, conformisme, psychanalyse, avidité et érotisation de la vie quotidienne est en
marche.
Il gagne du terrain. Les gens sont en « stand-by ». Ils attendent que quelqu’un leur explique le plan. Nous
ne voulons plus de guerre, mais un certain manque « d’excitation » commence à se faire sentir. Les gens ne
veulent plus d’extrêmes. Ni causes, ni effets extrêmes. Lorsque nous irons sur d’autres planètes, ce sera
pour y habiter, avec Wifi. Lorsque nous ferons confiance à des étrangers, ce sera au cas où ils nous
ressembleraient. Qu’ils nous rejoignent, au milieu; c’est la loi du milieu. La gauche n’existe plus et la droite
disparaîtra quand la gauche aura été remplacée par le « grand mouvement ». Il faudra bien s’y faire, la
cigarette sera interdite partout dans quelques années. Fumer tue et pue. C’est l’été, et les gens dans les
grandes villes puent encore plus que la cigarette. Car ils ne se lavent pas assez. Ça me tue. Les Sudaméricains ont des visages sympathiques, ils sont pauvres, parfois ils enlèvent des gens, souvent ils cultivent
de la drogue et ils sont toujours acclimatés. Les asiatiques sont plus différents entre eux, mais ils nous
attirent tous. On les tire, les Américains leurs ont tiré dessus, ils sont petits, mangent épicé et connaissent
mieux la pluie que nous. Mais bon, le « grand mouvement » aura besoin des chinois. Ils sont plus
conformistes que nous. Le bouddhisme nous envoûtera petit à petit, car quand deux se disputeront, le
troisième se réjouira. Et l’Afrique alors? La grande, chaude, noire Afrique mystérieuse. Je n’ai rien à dire
d’autre, de toute façon sur Discovery Channel ils ont dit que l’Afrique se recollera à l’Europe. Ça s’appellera
peut-être Eurofrique, ou Afropa? À propos de ce mélange, c’est bête que Michael Jackson soit mort. Pour
« Si, Viaggiare » il aurait été un candidat idéal à visiter. Le parfait extra-terrestre sur terre. Ayant pratiqué la
marche sur la lune sans bouger des Etats-Unis. Toujours les Américains, comme d’habitude. Mais il y a une
chose que nous ne saurons pas sur le canal des découvertes, c’est comment rencontrer l’autre, sans lui avoir
établi un document Excel ou Facebook au préalable. Ai-je le droit (qui pourrais-je contacter à ce propos?),
de donner la main à un tibétain, sans lui promettre de l’aide humanitaire? Puis-je manger chez lui et plus
que lui, gratuitement, pendant que je lui explique la beauté du Kung-Fu?
Et si quelqu’un, un jour, me payait un voyage en Afrique, pour y donner des master-class à 400 Euros par
jour, pourrais-je leur dire qu’ils ne danseront jamais le rôle du Prince ou de la Princesse dans un ballet
classique, alors qu’ils courent plus vite que les Blancs, mais que la danse contemporaine les aime, s’ils ne
dépassent pas les quotas? Tant de questions, trop de questions. Ne cherchez pas, trouvez, comme dirait
Picasso. Mais les gens ne trouvent plus rien, la curiosité a cédé la place aux démarches conformeristes et
conformistes. L’effet de confirmer les idées que nous nous faisons sur la vie des autres semble nous plaire
d’avantage que la découverte, tout en gardant ses distances, de l’inconnu, de l’impossible à comprendre.
N’oublions pas, à l’occasion, de demander, avant, à l’Égyptien qui nous fait faire le tour sur son chameau, s’il
connaît le WWF, avant de lui remettre un pourboire que nous avons ôté, depuis de longues années, aux
serveurs des Brasseries parisiennes. Bon été 2010, c’est déjà 2011, presque 2020, qui sera l’année de
l’arbre. On méditera une minute, partout dans le monde, en silence, à tous les arbres qui furent tués par
l’homme dans l’histoire. Faites vos valises. L’aéro-taxi pour Mars fait déjà tourner son compteur. Moi je suis
dans le doute. Greenpeace ou repli sur moi-même, stratégique, bien entendu. Comme Kubrick, Bashung,
Betancourt. Ah non, Betancourt avait été enlevée. Il paraît qu’elle est méchante. Mais alors, pourquoi
Sarkozy l’a fait libérer? Pardon, il y a ma mère (morte) qui vient de me dire que nous avons tous le droit
d’être sauvé. Fffffuuuuuuuuu. Un membre du « grand mouvement », dans ma famille? Impossible, les
Berrettini sont des petits-bourgeois. En même temps, ils trient les déchets. Et, et, et, ils jouent au Lotto,
pour parrainer un enfant africain. Comment il s’appelle? « Maman, comment il s’appelle? ». Elle ne sait plus.
Pas. Pas plus que mon père. Qui dépense une fortune pour rencontrer des jeunes, surtout slaves. Mais qui
donnent aussi au Lions-Club. Logique oblige.
Je vais conclure, petit à petit, ce texte, avant que mes copains du samedi frappent à la porte. Ces gens avec
une tour dessinée sur leurs magazines. Un peu « naïf » comme dessin. Mais bon, ils aiment l’espresso. J’ai
une idée. George Clooney devrait diriger les U.S.A. avec Barak Obama. Ils pourraient voyager ensemble et
toujours commencer leurs conférences de presse par: « We can do it. What else? Et penser que moi je ne
sais pas encore qui je suis. Peut-être devrais-je appeler José Bové et Cohn-Bendit pour savoir s’il y a encore
une place dans la direction du parti, côté culture. Le jurement officiel du parti est indispensable avant de
déposer ma candidature. Allez, répétons tous ensemble:« Heil Bio ! Heil Bio !.... j’ai oublié la fin de la
phrase. Quelque chose qui finit par Rigolo!. « Maman, c’était comment la chanson hier soir sur ARTE? »
Marco Berrettini
*MELK PROD. Présente
Si, viaggiare
(Hommage à Lena)
Idée et Chorégraphie
de Marco Berrettini
Co-écriture, Interprètes, Vidéastes, Sonorisateurs :
Marco Berrettini
Jean-Paul Bourel
Sébastien Chatellier
Laetitia Dosch
Bruno Faucher
Katy Hernan
Vanessa Le Mat
Antonio Pedro Lopes
Samuel Pajand
Décor :
Victor Roy
Régie son et lumière :
*MELK PROD.
Coproduction et résidence de création : Centre national de danse contemporaine à
ANGERS (F)
Coproductions Festival Impulstanz à Vienne (A), Festival d’Automne à Paris (F),
Bâtie – Festival de Genève (CH),
Association *MELK PROD. / Marco Berrettini
Case postale 264
1211 Genève 8
marcoberrettini@sunrise.ch
www.marcoberrettini.org
Production/ Diffusion
Tutu Production
contact@tutuproduction.ch
+41 22 310 07 62
www.tutuproduction.ch
La
Marco Berrettini
Danseur et chorégraphe italien est né le 23.10.1963 à Aschaffenburg en Allemagne.
Son intérêt pour la danse commence en 1978, quand il gagne le championnat allemand de danse Disco. Fort
de cette expérience et conscient de ses lacunes, il décide d’affiner ses capacités techniques. Dans les
prochaines trois années, il fréquentera des maintes leçons et stages de danse Jazz, Moderne et de ballet
classique. Parallèlement à sa formation à l’école régulière, il travaille pour l’école de danses de salon BIER à
Wiesbaden en Allemagne; chorégraphiant des soirées Gala avec une troupe d'amateurs (22 garçons et
filles). C’est ainsi qu’il rentrera, pour la première fois, en contact avec les comédies musicales américaines,
qu’il regarde à la télévision pour copier des passages qu’il adaptera ensuite pour ses danseurs.
Après le baccalauréat, il commence sa formation professionnelle de danseur; tout d’abord à la London
School of Contemporary Dance, pour ensuite se diplômer à la Folkwangschulen Essen, sous la direction de
Hans Züllig et Pina Bausch. Là-bas, il développe son intérêt pour le Tanztheater et il débute comme
chorégraphe avec un Solo : « Le Père Noël lubrique «. Depuis ce temps, la technique
Jooss/Laban/Leeder/Cecchetti représente tout pour lui; et pour les 10 ans à venir, il sera très influencé par
l’œuvre chorégraphique de Pina Bausch, surtout en ce qui concerne la « forme » (tout en gardant un faible
pour Balanchine). En ce qui concerne les contenus des pièces chez Pina Bausch, Reinhild Hoffmann et même
des réformateurs de la danse classique tels que Forsythe, il reste sceptique. La différence générationnelle se
fait sentir.
À la suite de sa formation, il essaie de monter sa propre compagnie à Wiesbaden. Il faut dire, sans aucun
succès. Pour accompagner ses tentatives de se faire un nom comme chorégraphe, il étudie pendant 2 ans
l’Ethnologie européenne, l’Anthropologie culturelle et Sciences théâtrales à l’Université de Francfort. Pendant
quelques années Berrettini a du mal à faire démarrer sa carrière de chorégraphe; cela ressemble plus à un
combat contre des moulins à vent. Il aurait pu travailler à Wuppertal ou dans une compagnie de danse
classique, mais il croit dur comme fer, qu’un jour ça marchera. En attendant le succès, il paye son loyer en
jouant à Backgammon ou en donnant des cours de danse à des amateurs.
En 1988 il signe un contrat comme danseur avec une compagnie de danse parisienne. Il est las de
l’Allemagne et espère avoir plus de possibilités en France. Cette fois il gardera raison. À côté de son travail
pour le chorégraphe marseillais Georges Appaix, il crée ses propres pièces. Sa compagnie, à l’époque,
s’appelle encore « Tanzplantation ».
En 1999 le Kampnagel de Hambourg produit son spectacle « MULTI(S)ME ». Entre-temps sa troupe compte
environ 12 membres. Sur une proposition du directeur Res Bosshart, la compagnie change son nom. *MELK
PROD. est née. Depuis ce temps, Marco Berrettini a produit une douzaine de spectacles avec sa compagnie
et avec « Sturmwetter prépare l’an d’Emil », il gagna le prix ZKB au Theaterspektakel de Zürich. Pour ce que
ça vaut de gagner des prix.
En 2004, « No Paraderan » voit le jour au Théâtre de la Ville à Paris. Un scandale éclate le soir de la
première. En peu de temps, la compagnie perd ses appuis et commence à traverser quelques saisons
difficiles.
Mais depuis 2008, la compagnie *MELK PROD. recommence à relever sa tête et sa création « *MELK PROD.
goes to New Orleans » retrouve son public. Pendant les longues années de collaboration, les interprètes ont
assumé des responsabilités qui vont bien au-delà de l'exécution pure du dictat chorégraphique. La
construction des pièces de la Cie ne sont pas seulement discutées ensemble, mais souvent aussi mis en
scène par l’ensemble. Sans vouloir faire l’apogée des œuvres « collectives », *MELK PROD. est un peu une
famille ou chacun a son mot à dire.
L’activité de Marco Berrettini s’étend de la Performance dans un Musée jusqu’à la collaboration avec des
réalisateurs de films, de l’installation avec des plasticiens au dîner avec des gens célèbres qui ne le
connaissent pas.
De 2004 à 2007, il a dirigé le département Danse de la HES à Lausanne. En 2009, il créé la pièce « iFeel ».
Une pièce pour 6 interprètes qui essayeront de transformer le nouveau livre du philosophe Peter Sloterdijk
« Colère et temps » en matériel théâtralement exploitable et en septembre 2009, la Performance
« Autoportrait » est montrée au Festival Eternal Tour de Neuchâtel, mais sa meilleure création est et restera
toujours sa fille Stella, avec laquelle il vit à Genève.
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