Manuel d`utilisation de l`expansion de temps pour

Manuel d`utilisation de l`expansion de temps pour
Manuel d’utilisation
de l’expansion de temps
pour débutants
Version française mars 2014
1
Réalisation : Sven Verkem
N8 gcv | Uitbreidingsstraat 51 | 2570 Duffel | +32 (0)486/48 74 18 | n° de TVA : BE 0841.630.891
Une version néerlandaise de ce texte peut être obtenue auprès de l’auteur : [email protected]
Sonogrammes : Sven Verkem, Ben Van der Wijden et Pierrette Nyssen
Figure page 5 : Marc Van de Sijpe
Dessins : Marcela De Mulder
Traduction et adaptations successives en français : Ben Van der Wijden et Pierrette Nyssen pour
Plecotus, le groupe de travail chauves-souris de Natagora.
Plecotus / Natagora | Rue Nanon 98 | 5000 Namur | Belgique | Tél +32 (0)81/390 725
[email protected] | www.chauves-souris.be
© Sven Verkem, Ben Van der Wijden et Pierrette Nyssen
Toute reproduction de ce document, totale ou partielle, est soumise à autorisation des auteurs.
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Table des matières
1
Choix du matériel ....................................................................................................................................... 4
1.1
Détecteur d’ultrasons ............................................................................................................. 4
1.2
Enregistreur ............................................................................................................................ 4
1.3
Logiciel d’analyse ................................................................................................................... 4
2
Enregistrement........................................................................................................................................... 5
2.1
Enregistrement manuel .......................................................................................................... 6
2.2
Déclenchement automatique TRIGGER ................................................................................ 7
3
Lecture des enregistrements sur l’ordinateur ........................................................................................ 8
3.1
Transfert des enregistrements vers l’ordinateur .................................................................... 8
3.2
Paramétrages initiaux de Batsound ....................................................................................... 8
3.2.1 Configuration de l’enregistrement ...................................................................................... 9
3.2.2 Paramètres du spectrogramme ....................................................................................... 10
3.3
Ouvrir des enregistrements existants en Batsound ............................................................. 12
3.4
Convertir d’autres formats son afin de les lire en Batsound ................................................ 13
3.5
Lire des sons en Batsound................................................................................................... 13
4
Identification à l’aide d’analyses du son ............................................................................................... 14
4.1
Concepts de base ................................................................................................................ 14
4.2
Quels paramètres utiliser pour l’analyse du son ? ............................................................... 16
4.3
Affichage d’un signal en Batsound ....................................................................................... 17
4.3.1 Modifier les paramètres de l’oscillogramme .................................................................... 18
4.3.2 Modifier les paramètres du spectrogramme .................................................................... 20
4.4
La prise de mesures en Batsound ....................................................................................... 21
4.4.1 Mesures dans le spectrogramme .................................................................................... 21
4.4.2 Déterminer la fréquence du maximum d’énergie (FME) à l’aide du power spectrum ..... 24
4.5
Identifier les espèces de chauves-souris ............................................................................. 27
Annexe 1 : Références ..................................................................................................................................... 29
Détecteurs en expansion de temps (portables ou enregistrement automatique) ............................. 29
Logiciels d’analyse ............................................................................................................................ 30
Littérature intéressante ..................................................................................................................... 32
Annexe 2 : Enregistreur ................................................................................................................................... 33
3
1 Choix du matériel
1.1 Détecteur d’ultrasons
Dans ce manuel, nous partons du principe que le lecteur utilise un détecteur à expansion de temps.
Etant donné que nous utilisons nous-mêmes un modèle Pettersson D240x, ce manuel est basé sur
l’utilisation de ce matériel, mais loin de nous l’idée de promouvoir ce modèle (d’autres appareils
équivalents sont très bons également). Quiconque travaille avec un autre détecteur pourra facilement
utiliser ce manuel malgré quelques petites différences. Une liste des principaux fabricants de
détecteurs à expansion de temps se trouve en annexe 1.
L’objectif de ce manuel n’est pas de discuter des différences entres marques ou modèles ;
néanmoins, ces différences seront de temps en temps mises en évidence. Les observateurs qui
utilisent par exemple un appareil de la série D1000x de Pettersson constateront une amélioration de
la qualité des enregistrements, en particulier pour les hautes fréquences. Les détecteurs à
enregistrement automatique (Pettersson D500x ou Wildlife acoustics SM2bat par exemple) permettent
également une lecture en Batsound qui s’approche très fort de ce qui est décrit dans la partie 3 de ce
manuel.
1.2 Enregistreur
Pour les enregistrements avec un Pettersson D240x, la plupart des utilisateurs possèdent
actuellement un enregistreur numérique qui enregistre directement en format .wav. Il est important
d’éviter d’enregistrer en d’autres formats (.mp3, .mp4, …) car dans certains cas, ce type de
compression dégrade trop le signal pour permettre une analyse appropriée à postériori. Certains
détecteurs portables (Pettersson D1000x, Batbox Griffin ou Wildlife acoustics EM3 par exemple) et
tous les détecteurs automatiques ont aujourd’hui une carte mémoire interne permettant d’éviter
l’utilisation d’un enregistreur extérieur. Par ailleurs, il existe également certains micros directement
branchés sur un ordinateur (tablette ou portable). Pour plus d’infos sur les différents supports
possibles, reportez-vous à l’annexe 2.
1.3 Logiciel d’analyse
Pour l’analyse de sons, il existe plusieurs logiciels dont plusieurs programmes gratuits. Ce manuel est
basé sur l’utilisation du logiciel Batsound, puisque c’est avec lui que nous travaillons nous-mêmes.
Pour l’utilisation de ce programme, il faut une licence officielle. Son achat est sous la responsabilité
de l’utilisateur. Batscan, SonoBat, Avisoft-SASLab Pro sont d’autres exemples de logiciels
spécifiques pour l’analyse des sons de chauves-souris. Une liste des fabricants de ce type de
logiciels est incluse en annexe 1. D’autres logiciels, comme les logiciels libres et/ou gratuits comme
Praat, WaveSurfer, Syrinx, Audacity peuvent également être utilisés pour l’analyse des sons de
chauves-souris, mais sont moins faciles à l’usage parce qu’ils ne sont pas spécifiquement construits
pour l’analyse de signaux de chauves-souris. Leur avantage est qu’ils sont gratuits et qu’on peut donc
faire des essais avant d’acheter un des logiciels plus spécifiques.
4
2 Enregistrement
Connectez la sortie TAPE du détecteur
avec l’entrée LINE-IN de l’enregistreur
numérique.
Pour cela, vous avez
besoin d’un câble audio stéréo avec
deux fiches jack mâles de 3,5 mm
disponible dans la plupart des
magasins d’électronique (demandez
un câble jack-jack stéréo 3.5).
Attention : s’il y a deux entrées
distinctes, ne pas connecter le câble
sur l’entrée MICRO de l’enregistreur, et
encore moins sur le LINE-OUT ou la
sortie
casque !
(NB :
certains
enregistreurs comme les modèles
ZOOM H2N n’ont plus qu’une seule
entrée ligne, couplant MICRO et LINEIN, c’est donc celle-là qu’il faut choisir).
Les enregistrements sur le détecteur sont
réalisés en stéréo : l’hétérodyne est
Signal
enregistré sur le canal gauche (piste
entrant
gauche ou oreille gauche), l’expansion de
temps sur le canal droit (piste droite ou
oreille droite). Ces signaux en expansion
de temps ne sont pas produits en
continu : seules quelques secondes du
signal entrant sont enregistrées dans la
mémoire interne du détecteur. Chez le
Lampe rouge
D240x, l’utilisateur peut configurer cette
durée d’enregistrement à 0.1 seconde,
Arrêt manuel
1.7 s ou 3.4 s à l’aide d’un petit bouton
1.7 sec en
situé sur la face arrière du détecteur.
Considérons dans l’exemple suivant que
mémoire
l’utilisateur a réglé son détecteur sur 1.7 s.
Tant que la lampe rouge sur la face du
détecteur est allumée, le détecteur
Signal en
enregistre en continu, en ne gardant que
17
sec
expansion
de
les 1.7 dernières secondes en mémoire.
Pour arrêter cet enregistrement, il suffit de
temps
pousser sur le bouton* à l’arrière du
détecteur (voir image ci-dessous). La
Déclenchement
lampe rouge s’éteint alors et le détecteur
automatique
garde en mémoire les 1.7 secondes
TRIGGER
précédant la pression du bouton* et ce,
(uniquement
jusqu’à ce que l’utilisateur repousse sur
chez le D240X)
ce même bouton*. Tant que l’utilisateur
n’arrête pas l’enregistrement, le détecteur
ne gardera en mémoire que les dernières 0.1 s, 1.7 s ou 3.4 s selon le choix de l’utilisateur. Une fois
que l’utilisateur pousse sur le bouton pour arrêter l’enregistrement, les signaux dans la mémoire sont
ralentis 10 fois (le temps est expansé d’un facteur 10), ce qui donne un signal en expansion de temps.
Cette transformation ne se passe pas en continu, mais uniquement après avoir arrêté l’enregistrement
soit manuellement (comme expliqué ci-dessus et voir point 2.1) soit par le déclenchement
automatique TRIGGER (uniquement chez le D240x, voir point 2.2 pour plus d’info sur cette fonction).
Le signal en expansion de temps passe sur le canal droit. Si vous utilisez des écouteurs, vous
entendrez le signal en expansion de temps dans l’oreille droite et le signal hétérodyne dans l’oreille
gauche (repérerez les lettres L (gauche - bleu) et R (droite - rouge) sur les écouteurs).
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2.1 Enregistrement manuel
bouton *
Etape 1 : créer un signal en expansion de temps
L’enregistrement manuel s’effectue avec le bouton* noir (manual
start/stop) sur l’arrière du D240x, comme expliqué ci-dessus. Quand on
presse le bouton, la mémoire n’est plus remplacée par de nouveaux
signaux et le son gardé en mémoire est expansé. L’avantage est donc
que vous pressez le bouton d’enregistrement après le passage de la
chauve-souris.
Etape 2 : enregistrer sur l’enregistreur numérique
En poussant sur le bouton REC ou RECORD de l’enregistreur, les signaux
du détecteur sont enregistrés. Faites bien attention que l’enregistreur soit
configuré en mode stéréo, car les signaux hétérodynes sont transmis par
le canal gauche et les signaux en expansion de temps passent par le
canal droit. Il est également bon à savoir que le D240x travaille en
44.1 kHz de fréquence d’échantillonnage et en 16 bits, les réglages de
l’enregistreur doivent donc suivre ces mêmes paramètres, sinon vos
enregistrements ne seront pas exploitables.
Au bout du temps nécessaire pour que l’entièreté de l’enregistrement soit
passé (soit 17 sec dans notre exemple), poussez sur le bouton STOP de
l’enregistreur pour arrêter l’enregistrement.
Il est important de noter que le même signal en expansion de temps de
17 s est joué en boucle en continu tant que vous n’avez pas recommencé
une nouvelle session d’enregistrement (en poussant sur le bouton*). Vous
avez donc tout le temps de faire les manipulations nécessaires pour l’enregistrement. Conseil : veillez
à repérer à l’écoute le début de la séquence expansée (on entend en général un clac caractéristique)
afin d’une part d’enregistrer la séquence entière en commençant bien au début (et non en plein milieu)
et en finissant à la fin, et d’autre part sans tronquer une partie ni enregistrer 3 fois la même séquence.
Il est également possible d’enregistrer en continu, mais vous obtenez alors un très long fichier rempli
de signaux hétérodynes avec de temps en temps un morceau en expansion de temps. Vu que seules
les séquences en expansion de temps seront utilisées par la suite, il est intéressant de n’enregistrer
que lorsque vous avez des signaux de ce type.

Conseil 1 : utilisez le bouton COM (commentaire) du détecteur
Afin de se rappeler plus tard où, quand et dans quelles conditions ont été réalisés les
enregistrements, utilisez le bouton COM. Ce bouton noir, situé sur la face du détecteur juste endessous de la lampe rouge, permet d’enregistrer des commentaires en parlant dans le micro du
détecteur. Il est conseillé (voire essentiel) de faire des commentaires après chaque enregistrement en
expansion de temps. Dans ce cas, une fois la séquence à enregistrer terminée, avant de pousser sur
STOP, poussez sur le bouton COM du détecteur et faites vos remarques (par exemple, la date et le
lieu, l’impression en hétérodyne, les conditions d’enregistrement, le type d’habitat, etc).

Conseil 2 : notez les conditions d’enregistrement
Notez ou enregistrez (via le bouton COM, cf. conseil 1) les conditions d’enregistrement pour chaque
séquence. Par la suite, et en particulier si il y a un certain délai entre l’enregistrement et l’analyse, ces
remarques permettent de resituer l’enregistrement. En effet, les conditions ont une très forte influence
sur les signaux utilisés par les chauves-souris et leur connaissance est une condition essentielle pour
pouvoir déterminer l’espèce.
6

Conseil 3 : vérifiez systématiquement les réglages du détecteur avant chaque
enregistrement
Le détecteur D240x possède toute une série de boutons. Il n’est pas rare, pendant le transport ou
lorsqu’on emballe ou déballe le détecteur dans sa housse, que la position des différents boutons
change. Il est dès lors utile de vérifier systématiquement tous les boutons en début de soirée et avant
de commencer l’enregistrement.

Conseil 4 : prévoyez un câble et une pile de réserve
Le câble qui relie de détecteur à l’enregistreur est le point faible du système. En le pliant ou en
restant par mégarde accroché à une branche, le câble peut facilement être endommagé. Pour éviter
la frustration de se retrouver en forêt au milieu de la nuit avec un câble endommagé, prévoyez
toujours un exemplaire de réserve. Encore mieux, mais plus cher, achetez un câble en silicone avec
des fiches jack en or. Dans le même ordre d’idée, prévoyez toujours des piles de rechange (pour le
détecteur ET pour l’enregistreur) et ayez-les sur vous pendant l’inventaire.
 Conseil 5 : prenez l’habitude d’écouter le son en expansion de temps
Prenez l’habitude d’écouter le son en expansion de temps pendant que vous l’enregistrez. Ceci vous
permettra de vérifier que l’enregistrement se passe bien et de vous faire l’oreille à l’écoute des
signaux en l’expansion de temps. Ceci sera important plus tard à l’apprentissage de la méthode
Barataud.
2.2 Déclenchement automatique TRIGGER
Chez le D240x, il y est possible que le détecteur évalue lui-même quand un signal à expansion de
temps doit être créé. Il faut pour cela sélectionner une valeur seuil de son. Lorsque ce seuil est
dépassé, la mémoire est automatiquement transformée en expansion de temps. La valeur seuil peut
être réglée à l’aide d’une petite vis à l’arrière du détecteur (LEVEL ADJ).
Cette méthode de déclenchement est surtout intéressante quand le détecteur et l’enregistreur sont
abandonnés quelque part pour évaluer l’activité des chauves-souris à cet endroit. La durée totale
d’enregistrement est limitée par la capacité de la carte de l’enregistreur et/ou par la durée de vie des
batteries. Les autres limitations de cette technique sont le danger de vol et le fait que le détecteur
enregistre tout son au-dessus du seuil, y compris des bruits non désirés (voitures qui passent,
sauterelles, vent, …). Enfin, par la suite, il faut écouter toute la bande et l’analyser, ce qui peut être
contraignant. Notons tout de même qu’il existe actuellement des systèmes d’enregistrement
automatique bien plus performants et adaptés que le D240x pour ce genre d’utilisation.
Le mode TRIGGER est également utilisé dans certaines méthodes de transects en voiture ou à vélo
par exemple. Le seuil est alors placé très bas afin que le détecteur enregistre automatiquement
toutes les chauves-souris qui passent.
7
3 Lecture des enregistrements sur l’ordinateur
3.1 Transfert des enregistrements vers l’ordinateur
Il existe plusieurs moyens simples de transférer des données de l’enregistreur (ou de la carte interne
au détecteur) vers l’ordinateur :
- Connecter l’enregistreur à l’ordinateur : utilisez le câble de transfert fourni avec l’enregistreur
pour le connecter à l’ordinateur via le port UBS.
- Insérer la carte mémoire de l’enregistreur/détecteur dans un lecteur de cartes adapté branché
sur le port UBS de votre ordinateur.
- Insérer la carte mémoire dans le lecteur de cartes de votre ordinateur, s’il en possède un
adapté.
Dans les 3 cas, ouvrez le dossier de votre carte mémoire, et importez les fichiers depuis la carte
mémoire de l’enregistreur vers un dossier sur votre ordinateur.
3.2 Paramétrages initiaux de Batsound
Quand vous démarrez le logiciel Batsound pour la première fois, il est nécessaire de configurer une
série de paramètres de base. Au démarrage de Batsound, vous arrivez sur l’écran de démarrage et
vous devez d’abord ouvrir un fichier vierge grâce au bouton
8
ou via le menu File > New.
3.2.1 Configuration de l’enregistrement
Allez vers Sound > Sound Format
Vous obtenez la fenêtre suivante :
9





Bits per sample : Ce paramètre doit être réglé en fonction des caractéristiques de votre
détecteur. Sélectionnez 16 bits pour une qualité de son optimale.
Channels : Sélectionnez Stéréo si vous souhaitez que les pistes gauche et droite soient
séparées. Puisque les signaux hétérodynes et expansion de temps sont enregistrés sur deux
canaux différents, il est nécessaire de séparer les deux canaux.
Samples per second : Le nombre de Samples per second sélectionné par la plupart des
utilisateurs de D240x est 44.100, cela correspond à la fréquence d’échantillonnage réglée sur
votre enregistreur. Les utilisateurs d’un autre type de détecteur (par exemple les détecteurs
automatiques) doivent adapter cette fréquence d’échantillonnage aux paramètres de leur
matériel.
Time expansion : Le Time expansion factor doit être sélectionné en fonction du détecteur.
Pour le D240x, ce facteur est toujours 10 (c’est le facteur de ralentissement de
l’enregistrement). Sur d’autres détecteurs, soit on peut choisir ce facteur sur le détecteur
(10x, 20x) soit il s’agit de 1x quand on fait de l’enregistrement direct. La plupart des
utilisateurs sont habitués à écouter les sons ralentis d’un facteur 10.
Dans le cadre Comments, vous pouvez rajouter vous-même de l’information sur votre
enregistrement : la date d’enregistrement, l’auteur de l’enregistrement, des remarques (par
exemple une identification). Ces commentaires ne seront conservés que si vous enregistrez
votre ficher sous un format wav Batsound (voir point 3.3).
Une fois les paramètres adaptés, cliquez sur
3.2.2 Paramètres du spectrogramme
Bien que ce ne soit pas nécessaire de les paramétrer d’avance, vous allez vite constater à l’usage que
vous préférerez travailler avec certains paramétrages. Vous pouvez alors les régler par défaut, ce qui
fait que tous les nouveaux enregistrements que vous ouvrirez seront paramétrés de cette manière-là.
Il est cependant toujours possible de changer ces paramètres après l’importation du son.
Allez vers Analysis > Spectrogram Settings – Default ou cliquez sur
10
Vous obtenez la fenêtre suivante :






Milliseconds per plot : ce paramètre détermine la longueur de l’intervalle de temps affiché sur
l’écran. Il est recommandé de travailler avec un intervalle de temps d’une part suffisamment
grand et d’autre part toujours le même, ce qui permet de voir d’un coup d’œil plusieurs signaux à
la fois et d’évaluer directement (avec un peu d’habitude) le nombre de signaux par intervalle de
temps. 500 millisecondes est un bon intervalle pour commencer et 200 millisecondes pour
zoomer. Il est important de toujours utiliser les mêmes fenêtres afin de construire son propre
référentiel visuel.
FFT size, FFT window et FFT Overlap sont des paramètres relatifs à la Transformation de Fast
Fourrier (FFT) auquel le signal est soumis. Une option facile est de maintenir les réglages par
défaut. Néanmoins, il est utile de savoir que plus le nombre FFT Size est élevé, plus la
représentation de la fréquence sera précise (au détriment du temps), et à l’inverse plus le nombre
est faible, plus le temps sera précis (au détriment de la fréquence). Si vous devez faire des
mesures précises de fréquence, utilisez donc une FFT Size de 1024 et si vous devez faire des
mesures de temps (durées), utilisez une FFT Size de 512.
Threshold : en augmentant ou en diminuant le Threshold, on filtre plus ou moins le son. Pour
des signaux faibles, il convient de sélectionner un Threshold bas ; pour des signaux forts avec
beaucoup de bruits parasites, il est recommandé de sélectionner un Threshold plus élevé (cf
figure ci-dessous).
Amplitude color mapping permet de régler les couleurs utilisées dans le spectrogramme. Il est
conseillé d’utiliser le schéma « Red, Green & Blue » car il permet de mieux visualiser l’enveloppe
du signal et améliore la précision de certaines mesures. Cette palette de couleurs est également
intéressante car elle oblige un réglage approprié du Threshold.
If stereo, view : choisissez le canal de droite Right Channel, puisque c’est sur celui-là que
passent les signaux en expansion de temps.
Grid Lines : vous pouvez choisir d’afficher des lignes pointillées discrètes en repère des
fréquences et/ou du temps.
11
Cette figure montre le même enregistrement, mais avec le Threshold sur 11 à gauche et sur 5 à
droite.
3.3 Ouvrir des enregistrements existants en Batsound
Quand vous (ou quelqu’un d’autre) avez sauvegardé des fichiers en Batsound ou importé des fichiers
.wav sur l’ordinateur depuis un enregistreur, il est très facile de les ouvrir par la suite. Ceci peut être
fait via File > Open ou avec le bouton
.
Batsound ne peut lire que des fichiers sons en format .wav. Il est cependant intéressant de noter que,
pour Batsound, il y existe deux types de format wave : le wave Standard (Wave files) et le wave
Batsound (BatSound Wave Files). Le format wave Batsound ne peut pas être lu par d’autres
programmes que Batsound lui-même, ce qui est un inconvénient important si vous ne travaillez pas
uniquement avec ce logiciel ou que vous voulez partager votre enregistrement avec d’autres
utilisateurs qui travaillent avec un autre logiciel. Les formats wave Standard et wave Batsound
peuvent tous deux être lus par Batsound, mais le wave Batsound conserve, lorsque vous quittez le
programme, l’ensemble des paramètres que vous avez défini (spectrogram settings et autres
configurations), au contraire du wave Standard. Ceci signifie qu’à chaque ouverture d’un même fichier
enregistré en wave Standard, vous devrez re-paramétrer l’affichage et la configuration, alors que le
wave Batsound aura directement l’affichage que vous lui avez défini lors de l’utilisation précédente.
Lorsque vous sauvez votre fichier son en Batsound (File > Save as), vous pouvez sélectionner le
format voulu dans le menu déroulant Type du bas de la fenêtre.
12
3.4 Convertir d’autres formats son afin de les lire en Batsound
Batsound ne peut lire que des fichiers sons en format .wav. Si vous voulez visualiser un
enregistrement en expansion de temps qui se trouve sur CD ou qui a été sauvegardé dans un autre
format que .wav, vous devez le transformer avec un logiciel de transformation de son. Aujourd’hui, de
nombreux petits logiciels (Kaleidoscope ou Audacity par exemple) permettent de convertir des
fichiers sons de différents formats vers du .wav. Les utilisateurs qui travaillent avec du matériel
Wildlife acoustics (SM2bat, EM3 etc) peuvent utiliser le logiciel Wac2Wav pour transformer les fichiers
compressés wac en wav. Le seul risque à souligner est que l’on ne connaît pas toujours exactement
la transformation effectuée par le logiciel (quel qu’il soit) sur le son. Or ces transformations peuvent
entraîner des modifications sensibles de la qualité ou des paramètres que l’on utilisera par la suite
pour identifier l’espèce. Il convient donc d’être très prudents lorsqu’on transforme des sons d’un format
vers un autre.
3.5 Lire des sons en Batsound
Une fois l’enregistrement ouvert en Batsound, vous pouvez le lire à l’aide du bouton
ou via le
menu Sound > Play sound. Hélas, l’écran ne défile pas automatiquement avec l’avancement de la
lecture du fichier son, mais une barre verticale de progression permet de visualiser celle-ci. Pendant
la lecture, vous entendez également les commentaires enregistrés précédemment (avec le bouton
COM). Pour arrêter la lecture, poussez sur le bouton
sound.
ou allez dans le menu Sound > Stop Play
Si vous avez travaillé avec un détecteur automatique (D500x ou SM2bat par exemple), aucun facteur
d’expansion n’a été appliqué aux enregistrements. Pour l’écouter en expansion de temps, vous devez
donc préalablement sélectionner une lecture ralentie de 10x via le menu Sound > Play speed > 1/10.
Conseil 1 : Utilisez les raccourcis clavier
Afin de parcourir les enregistrements, pour zoomer et dézoomer facilement, utilisez les raccourcis
clavier. Ils sont décrits in extenso dans le manuel de Batsound, mais nous vous rappelons ici les plus
importants :
 Ctrl + ► ou ◄ (les flèches gauche et droite) pour parcourir l’enregistrement

Ctrl + ▲ pour zoomer (le bouton

Ctrl + ▼ pour dézoomer (le bouton

Crtl + Shift + ▼ pour dézoomer sur la totalité de l’enregistrement (voir tout d’un coup)
a le même effet)
a le même effet)
Conseil 2 : Utilisez des écouteurs
Pour la détermination des espèces, la qualité du son que vous écoutez joue un rôle important. Il est
donc fortement conseillé de travailler sur votre ordinateur avec des écouteurs ou un casque de bonne
qualité et non avec les baffles intégrés à l’ordinateur. Cela vous apportera un confort précieux et
facilitera votre apprentissage.
13
4 Identification à l’aide d’analyses du son
L’expansion de temps et l’analyse du son qui s’en suit ne sont certainement pas la panacée miracle.
Ceux qui débutent feront probablement au départ l’erreur d’avoir trop confiance en cette technique.
Il est également très important de se rendre compte que cette façon de travailler comporte une série
d’inconvénients :
 faire des enregistrements et les analyser prend beaucoup de temps
 au moment de l’analyse, il est difficile de se rappeler des conditions d’enregistrement et
d’évaluer les facteurs de l’environnement
 l’enregistrement du son, son transfert sur l’enregistreur et ensuite sur l’ordinateur sont autant
d’étapes qui peuvent modifier sensiblement le signal d’origine, rendant l’interprétation plus
difficile, voire impossible dans certains cas.
Il est dès lors préférable de prévoir un mélange intelligent de détermination directe en hétérodyne
(voire en expansion de temps pour les plus aguerris) sur le terrain et d’enregistrements en expansion
de temps analysés par la suite. Il est également important de se rendre compte que toutes espèces
de chauves-souris ne sont pas identifiables en expansion de temps. Tout comme avec la méthode
hétérodyne, il faudra régulièrement se résoudre à écrire simplement « Chauves-souris sp. » ou
« Myotis sp. », preuve d’honnêteté intellectuelle et scientifique.
4.1 Concepts de base
Les chauves-souris utilisent des ultrasons pour s’orienter et
pour localiser leurs proies. Ceci est appelé écholocation. Les
Rhinolophes produisent les ultrasons par le nez et peuvent
grâce à cela émettre de longs signaux sans interruption.
Toutes les autres chauves-souris font des cris à intervalles
réguliers (y compris les oreillards qui émettent par le nez
également). Un cri est appelé signal, l’intervalle entre deux
signaux est appelé intervalle inter-pulse (IPI).
-90 dB
-70 dB
-50 dB
-30 dB
-10 dB
Spectrogram, FFT size 512, Hanning window.
10 kHz
Au moment où la chauve-souris détecte
une proie, la durée des signaux diminue
mais leur récurrence (càd le nombre de
signaux / seconde) augmente. La durée
du signal et de l’intervalle inter-pulse
diminue.
C’est ce qu’on appelle la
phase d’approche. Au moment où la
chauve-souris est tout près de sa proie,
les signaux se suivent très rapidement et
on parle d’une phase de capture ou buzz
de capture. Il n’est pas certain que cela
mène à une capture effective d’un
insecte car souvent, la proie échappe au
tout dernier moment.
signal
5 kHz
Intervalle inter-pulse
Phase de croisière
5.0
0.0
10.0
Phase d’approche
15.0 sec.
Phase de
capture
14
Si toutes les chauves-souris chassaient de la même manière, il y aurait une forte concurrence pour la
nourriture. Au cours de l’évolution, chaque espèce a donc développé sa propre technique de chasse
et de ce fait son propre type de sonar. Dans les grandes lignes, nous pouvons différentier 4 types de
sonar :
I. Un premier type est le sonar en Fréquence Modulée abrupte (type FM ou FM abrupte). Ce
sont des signaux courts avec une forte variation de fréquence. Ceci veut dire que dans un
temps très bref, la fréquence diminue par exemple de ± 100 kHz à ± 30 kHz. Ce type de
signal donne une information très détaillée mais suite à l’atténuation atmosphérique, la portée
est limitée (la chauve-souris ne « voit » pas très loin). Ce type est employé entre autres par
les espèces du genre Myotis et par les oreillards. Ce sonar FM abrupte est typiquement
utilisé en milieu fermé.
II. Dans le deuxième type, une première partie FM est suivie par une partie de Quasi Fréquence
Constante (partie QFC). En effet, dans la seconde partie du signal, la fréquence reste plus ou
moins constante. Puisque la partie majeure du signal est en FM, on appelle ce type de signal
une FM aplanie. La partie quasi fréquence constante donne à la chauve-souris une
information moins détaillée mais également moins sujette à l’atténuation atmosphérique et
donc à portée plus longue. Ce type de sonar est utilisé par les chauves-souris qui chassent
dans des habitats semi-ouverts comme par exemple les pipistrelles et les sérotines.
III. L’étape suivante dans la gradation des types de sonars est le signal Quasi Fréquence
Constante (QFC). Dans ce signal, la partie FM est moins grande et le signal est dominé par
la partie à fréquence quasi constante. Ce type de signal donne surtout des informations sur
les objets situés à grande distance et est principalement utilisé par des chauves-souris qui
chassent en milieu ouvert, comme par exemple les noctules.
IV. Un quatrième type, légèrement différent, est le signal à Fréquence Constante (FC). Parfois,
ce type est également appelé fm-FC-fm, car aussi bien au début qu’à la fin du signal se
trouve une petite « queue » en FM. Ce type de sonar est utilisé par les Rhinolophes, qui
utilisent des effets sonores particuliers (l’effet Doppler) pour interpréter les signaux.
FC
Fréquence (kHz)
FM
FM aplanie
QFC
Temps (millisecondes)
15
Les chauves-souris ne sont pas toujours strictement liées à un des 4 types de sonar. En fonction des
conditions, elles adaptent leurs signaux afin d’obtenir une image optimale de leur environnement.
Dans les habitats fermés, le signal évoluera toujours dans le sens d’une FM et dans les habitats
ouverts, la composante QFC augmente.
kHz
Habitat fermé > Habitat ouvert
ms
4.2 Quels paramètres utiliser pour l’analyse du son ?
Pour l’analyse du son, un certain nombre de paramètres sont importants :
Paramètres du signal (voir figure ci-dessous)
Type de sonar
Intervalle inter-pulse (IPI)
Forme de l’oscillogramme (voir figure ci-dessous)

Fmax = la fréquence maximale (la +
grande) du signal – souvent équivalente à
la FI - fréquence initiale
 Fmin = la fréquence minimale (la + petite)
du signal – souvent équivalente à la FT fréquence terminale
 Fqfc = la fréquence de la partie ±
horizontale du signal
 DUR = la durée du signal
 FME = la fréquence du pic d’énergie ou
du maximum d’énergie (ce pic d’énergie
n’est pas directement visible dans le
spectrogramme, mais peut être visionnée
dans le power spectrum)
 Dans certaines études, la Fcentr est
également mesurée, càd la fréquence à
la moitié (en temps) du signal
 LB = la largeur de bande = Fmax – Fmin
ou FI – FT
voir plus haut (point 4.1)
= l’intervalle entre deux signaux consécutifs
La forme de l’oscillogramme permet d’évaluer la
distribution de l’énergie au sein du signal
Il est fortement déconseillé de se baser sur les paramètres d’un seul signal ! C’est pourquoi dans de
nombreuses études, on se base soit sur des moyennes de mesures de plusieurs signaux soit sur des
mesures individuelles de plusieurs signaux d’une même série.
16
Paramètres des signaux pour les différents types de sonar
Différentes formes d’oscillogrammes
4.3 Affichage d’un signal en Batsound
Dans Batsound, on peut afficher les enregistrements de deux manières différentes : à l’aide d’un
spectrogramme ou à l’aide d’un oscillogramme. Sur l’écran ci-dessous, on voit l’oscillogramme audessus et le spectrogramme en-dessous.
17
L’oscillogramme donne l’amplitude (= le niveau d’énergie, le volume) en ordonnée (Y) en fonction du
temps en abscisse (X). Le spectrogramme donne, lui, la fréquence en ordonnée en fonction du temps
en abscisse. C’est surtout le spectrogramme qui est utilisé pour l’analyse du son.

Pour voir uniquement le spectrogramme, cliquez sur

Pour voir uniquement l’oscillogramme, cliquez sur

Pour les voir deux ensemble, cliquez sur
Dans le spectrogramme, le niveau d’énergie (le volume) est affiché à l’aide de couleurs. Ces couleurs
peuvent être configurées par le biais des Spectrogram settings (voir point 3.2.2).
4.3.1 Modifier les paramètres de l’oscillogramme
Quand l’enregistrement est relativement faible ou quand on dé-zoome fortement, la forme de
l’oscillogramme n’est pas bien visible (voir figure ci-dessous). Il est alors préférable de modifier les
paramètres de l’oscillogramme, chose impossible via la barre d’outils, mais uniquement en faisant un
clic droit dans la fenêtre de l’oscillogramme. Dans le menu contextuel, sélectionnez Oscillogram
Settings – current diagram tout en bas.
18
Oscillogramme trop
petit, pas assez lisible
Vespertilion de Natterer en forêt, avec un niveau d’énergie très faible,
ce qui donne un oscillogramme peu clair.
Quand vous sélectionnez Oscillogram Settings - current diagram, vous obtenez la fenêtre
suivante :
En adaptant Min and max amplitude, la forme de l’oscillogramme devient beaucoup plus lisible. La
valeur doit être sélectionnée en fonction de l’enregistrement. Pour des signaux faibles, on sélectionne
une limite inférieure et supérieure très basse (petit nombre). Pour des signaux puissants, il ne sera
même pas nécessaire d’adapter les paramètres de l’oscillogramme. La figure ci-dessous est
identique à la précédente, mais avec des Min and max amplitude à -10 et 10, ce qui a pour résultat
que l’oscillogramme remplit la fenêtre et que sa forme est beaucoup plus lisible.
19
Le même enregistrement que plus haut (Vespertilion de Natterer en forêt),
mais avec l’amplitude min et max de l’oscillogramme configurées à -10 et 10.
On peut également configurer les
paramètres
standards
de
l’oscillogramme via le menu Analysis >
Oscillogram Settings – default. Cette
fenêtre ne permet pas de configurer Min
and max amplitude mais permet par
contre de configurer le nombre de
Milliseconds per plot (= le nombre de
millisecondes affichées sur la largeur de
l’écran).
4.3.2 Modifier les paramètres du spectrogramme
Bien que la plupart des paramètres du spectrogramme aient déjà été configurés par le biais du menu
Analysis > Spectrogram Settings – default (voir point 3.2.2.), il est peut-être encore souhaitable de
les modifier (par exemple augmenter ou diminuer la valeur seuil -Threshold- en fonction de la qualité
de l’enregistrement).
Ceci peut également être fait par un clic droit dans la fenêtre du
spectrogramme : sélectionnez Spectrogram Settings – current diagram dans le menu contextuel.
20
Vous obtenez le même écran qu’au point 3.2.2, où vous pouvez modifier les paramètres du
spectrogramme en cours de lecture. L’avantage est que ce sont uniquement les paramètres du
spectrogramme en cours de lecture qui sont modifiés ; les paramètres standards restent ainsi
sauvegardés.
4.4 La prise de mesures en Batsound
4.4.1 Mesures dans le spectrogramme
Le spectrogramme est sans aucun doute la fenêtre la plus utilisée pour l’identification des signaux
enregistrés. Dans le spectrogramme, on peut mesurer FI, FT, Fmax, Fmin, DUR et IPI. Dans
certaines versions de Batsound, ces paramètres du signal peuvent être mesurés automatiquement,
mais étant donné que la plupart des enregistrements présentent des parasites et que certains signaux
comportent également des harmoniques, il est préférable de faire les mesures à la main. Pour cela,
utilisez le curseur de mesure, que vous trouverez en faisant un clic droit dans la fenêtre de
l’oscillogramme : dans le menu contextuel, sélectionnez Measurement cursor (ou large
Measurement cursor). A la place d’une petite flèche, le curseur devient une croix. On peut
également utiliser le raccourci clavier Ctrl + shift + A ou y arriver via le menu Tools > Measurement
cursor.
21
Déterminer la fréquence d’un point (FI, FT, Fmax, Fmin, Fqfc)
Positionnez le curseur (càd le centre de la croix) à l’endroit voulu, la fréquence est affichée en bas à
gauche de l’écran. De cette manière, on peut facilement déterminer FI et FT par exemple.
Attention : il est important de se rendre compte que ce qu’on voit ou mesure à l’écran n’est pas
toujours le reflet de la réalité. Par exemple, lorsque la chauve-souris était loin lors de l’enregistrement,
les plus hautes fréquences émises sont tronquées (par effet d’atténuation), la FI mesurée peut donc
22
être erronée. Ceci montre l’importance de faire des mesures sur plusieurs signaux de la même
séquence. De même, les qualités du micro du détecteur conditionnent sensiblement le rendu du
signal. Le D240x a par exemple une moins bonne qualité d’enregistrement pour les hautes
fréquences que le D1000x. Etre bien conscient des limites du micro de son détecteur permet donc
d’éviter des erreurs.
Mesurer des intervalles de temps et de fréquence (DUR et IPI, LB)
Point de départ : 1er
clic de la souris
Point final : position
actuelle du curseur
A gauche, au bas de l’écran, on peut lire de gauche à droite : le temps écoulé depuis le début de
l’enregistrement jusqu’à la position actuelle du curseur (1.4639 s, n’intervient pas dans l’analyse), la
fréquence de la position actuelle du curseur (14,1 kHz=FT), la différence de temps entre le point de
départ et le point final (3,8 ms= DUR) et également la largeur de bande entre le point de départ et le
point final (46,3 kHz=LB).
Afin de mesurer des intervalles de temps, on doit sélectionner un point de départ et un point final. Le
point de départ est fixé en cliquant une fois avec le curseur (bouton de gauche de la souris), une croix
apparaît sur la position sélectionnée. Quand le curseur est déplacé vers le point final, on peut lire en
bas à gauche de l’écran la différence de temps entre le point de départ et la position actuelle du
curseur. On mesure de cette manière la durée d’un signal, mais également l’IPI (utilisez comme point
de départ le début d’un signal et comme point final le début du signal suivant).
En tenant le bouton gauche de la souris enfoncé tout en se déplaçant, on peut sélectionner une partie
de l’enregistrement (la partie sélectionnée devient foncée). Ceci est pratique pour déterminer la durée
du signal (DUR). A nouveau, la différence de temps entre le début et la fin de la sélection est affichée
en bas à gauche de l’écran. Cette façon de travailler est conseillée quand la fin du signal n’est pas
très nette : grâce au contraste du bloc sélectionné, il est plus facile de déterminer la fin du signal (dans
ce cas, il est souvent recommandé de s’aider de l’oscillogramme pour déterminer la fin du signal).
23
Sélection d’un signal pour mesurer DUR. Dans ce cas particulier, le signal fait 3.8 ms.
4.4.2 Déterminer la fréquence du maximum d’énergie (FME) à l’aide
du power spectrum
La fréquence du maximum d’énergie (ou du pic d’énergie) peut être déterminée de façon indirecte
dans le spectrogramme où le volume sonore (en décibels) est affiché à l’aide de couleurs. L’échelle
de couleurs dépend des paramètres du spectrogramme et peut être modifiée via le menu Analysis >
Spectrogram Settings. Dans l’exemple ci-dessous, le volume sonore augmente de jaune vers rouge,
puis bleu et enfin noir.
24
Volume (énergie) croissant
Le spectrogramme ci-dessus démontre clairement qu’il y a deux pics d’énergie (couleur plus foncée).
La fréquence du maximum d’énergie peut déjà être déterminée approximativement à l’aide du
Measurement cursor. Afin de la déterminer de façon précise, il est nécessaire de générer un Power
spectrum.
Pour générer un Power spectrum, il faut tout d’abord sélectionner le signal dont on veut déterminer le
maximum d’énergie et ensuite, cliquer sur l’icône
.
25
Lorsque le Power spectrum apparaît, on peut y déterminer la fréquence du maximum d’énergie (= le
sommet de la courbe) à l’aide du curseur (la fréquence du curseur est alors affichée en bas à gauche
de la fenêtre). Comme cela était déjà visible dans le spectrogramme, il y a deux pics, mais celui à 40
kHz est le plus élevé.
Conseil : Agrandissez la fenêtre du Power spectrum afin de voir les pics plus clairement.
Sur les parties en FC ou QFC, le Power spectrum peut également être fort utile pour déterminer avec
plus de précision les FI et FT (Fmax et Fmin) d’un signal. Pour cela, sélectionnez une toute petite
portion du début (pour FI) ou de la fin (pour FT) du signal et faites un Power spectrum. Le sommet de
la courbe du Power spectrum détermine la fréquence de début ou de fin du signal.
26
Il est important de comprendre que le Power spectrum reprend toujours la totalité de la largeur de
bande du sonogramme (de 0 kHz à 120 kHz voire plus) quelle que soit la sélection verticale effectuée
à l’écran. Donc, seule la « largeur » de la sélection compte et non la « hauteur » de la sélection.
4.5 Identifier les espèces de chauves-souris
Dans le chapitre précédent, les possibilités offertes par l’expansion de temps pour analyser les
signaux ont été détaillées. Dans ce chapitre, l’attention sera portée sur la détermination en soi. Il est
cependant important de ne jamais oublier les trois aspects suivants :



Le sonar utilisé par une chauve-souris dépend fortement des conditions dans laquelle les
signaux ont été émis. Il est de ce fait impossible de faire une clé de détermination parfaite.
L’analyse en expansion de temps est une aide à la détermination, mais n’est pas la panacée
miracle. Soyez honnêtes envers vous-mêmes et osez dire que vous ne savez pas déterminer
(ou pas déterminer jusqu’à l’espèce) certains signaux.
Essayez d’identifier directement sur le terrain les espèces « faciles à déterminer » à l’aide de
l’hétérodyne et évitez de postposer la détermination de trop de séquences sur base des
enregistrements. Cela vous permettra d’économiser du temps et de mieux juger des
conditions et de l’environnement (voir point 1 ci-dessus).
La première étape de l’identification repose sur les 2 questions suivantes :
 A quel type de sonar avons-nous à faire ?
 Dans quelles conditions la chauve-souris vole-t-elle ?
Pour l’identification au détecteur hétérodyne, nous renvoyons le lecteur au « Manuel d’utilisation du
détecteur d’ultrasons hétérodyne pour débutants ». L’identification du type de sonar en Batsound est
très facile et se fait visuellement avec le spectrogramme. Faites juste attention à zoomer
suffisamment dans le spectrogramme, sinon quasi tous les signaux ressemblent à des FM.
Sur base de l’image ci-dessous, il est déjà possible de faire un premier classement en 4 groupes.
Attention, certaines espèces peuvent produire différents signaux appartenant à plus d’un groupe.
FC
FM aplanie
FM
QFC
27
Le genre Myotis
Vespertilion de Daubenton
Vespertilion de Natterer
Vespertilion à moustaches
Vespertilion de Brandt
Vespertilion d’Alcathoe
Vespertilion à oreilles échancrées
Vespertilion des marais
Vespertilion de Bechstein
Grand Murin
Le genre Plecotus
Oreillard roux
Oreillard gris
Le genre Barbastella
Barbastelle d’Europe
Sonar FM
Le genre Pipistrellus
Pipistrelle commune
Pipistrelle pygmée
Pipistrelle de Nathusius
Pipistrelle de Kuhl
Le genre Eptesicus
Sérotine commune
Sérotine de Nilsson
Le genre Nyctalus
Noctule commune
Noctule de Leisler
Le genre Vespertilio
Sérotine bicolore
Le genre Myotis
Vespertilion des marais
Sonar FM aplanie
Le genre Pipistrellus
Pipistrelle commune
Pipistrelle pygmée
Pipistrelle de Nathusius
Pipistrelle de Kuhl
Le genre Eptesicus
Sérotine commune
Sérotine de Nilsson
Le genre Nyctalus
Noctule commune
Noctule de Leisler
Le genre Vespertilio
Sérotine bicolore
Sonar QCF
Le genre Rhinolophus
Grand Rhinolophe
Petit Rhinolophe
Sonar FC
L’identification précise des différentes espèces en expansion de temps est très bien documentée dans
différents ouvrages listés dans la bibliographie. Nous vous conseillons de consulter un de ces
ouvrages de référence pour aller plus loin.
28
Annexe 1 : Références
Détecteurs en expansion de temps
(portables ou enregistrement automatique)
Modèle
Producteur - Contact
Portable :
 D240x
 D1000x
Pettersson Elektronik AB
Uppsala Science Park
Dag Hammarskjolds v. 34A
S-751 83 Uppsala
Suède
Tél : +46 1830 3880
Fax : +46 1830 3840
Enregistrement automatique :
 D500x
e-mail: [email protected]
http://www.batsound.com
Portable :
 Laar TR 30
Enregistrement automatique :
 Laar TDM 7 D II
Laar Technology and Consulting
BVL von Laar
Gut Klein Goernow
D-19406 Klein Goernow
Allemagne
Tél : +49 3847 451145
e-mail: [email protected]
http://www.laartech.biz
Portable :
 Batbox Griffin
Batbox • LTD
2A Chanctonfold
Horsham Road
Steyning
West Sussex
BN44 3AA
Royaume-Uni
Tél/Fax : +44 1903 816298
e-mail : [email protected]
http://www.batbox.com/griffin.html
Portable :
 Echo Meter EM3+
Enregistrement automatique :
 Song Meter SM2bat+
 SM3bat
Enregistrement automatique :
 Batlogger
Wildlife Acoustics, Inc.
3 Clock Tower Place, Suite 210
Maynard, MA 01754-2549
USA
Tél : +1 978 369 5225
e-mail : [email protected]
http://www.wildlifeacoustics.com/
Elekon AG
Cheerstrasse 16
CH-6014 Luzern
Suisse
Tel. +41 41 250 40 40
Fax +41 41 250 40 43
29
Enregistrement automatique :
 Batcorder
e-mail : [email protected]
http://www.elekon.ch/en/batlogger/products/batlogger_/
ecoObs technology & service GmbH
Tolstoistrasse 8
90475 Nürnberg
Allemagne
Tél : +49 (0)911 - 37680 53
Fax: +49 (0)911 - 37680 55
e-mail : [email protected]
http://www.ecoobs.com/cnt-batcorder.html
Logiciels d’analyse
Logiciel
Producteur - Contact
Avisoft-SASLab Pro
Laar Technology and Consulting
BVL Von Laar
Gut Klein Goernow
D-19406 Klein Goernow
Allemagne
Tél : +49 3847 451145
Fax : +49 3847 451146
e-mail: [email protected]
http://www.laartech.biz
BatExplorer
Elekon AG
(uniquement
Cheerstrasse 16
compatible avec les
CH-6014 Luzern
fichiers du Batlogger)
Suisse
Tel. +41 41 250 40 40
Fax +41 41 250 40 43
Batsound
e-mail : [email protected]
http://www.elekon.ch/en/batlogger/products/batexplorer_sw/
Pettersson Elektronik AB
Uppsala Science Park
Dag Hammarskjolds v. 34A
S-751 83 Uppsala
Suède
Tél : +46 1830 3880
Fax : +46 1830 3840
e-mail: [email protected]
http://www.batsound.com
BatScan
Batbox • LTD
2A Chanctonfold
Horsham Road
Steyning
West Sussex
BN44 3AA
Royaume-Uni
Tél/Fax : +44 1903 816298
e-mail : [email protected]
http://www.batbox.com/batscan.html
30
SonoBat
SonoBat
315B Park Ave
Arcata, CA 95521
USA
Tél : +1 707 826 7443
e-mail : [email protected]
http://www.sonobat.com
Praat
Logiciel gratuit développé par
Paul Boersma et David Weenink
Phonetic Sciences
University of Amsterdam
Spuistraat 210
1012VT Amsterdam
Pays-Bas
Tél : +31-20-5252385 ou +31-20-5252187
e-mail : [email protected] [email protected]
http://www.fon.hum.uva.nl/praat/
Syrinx
Logiciel gratuit développé par
John Burt
Electrical Engineering / Psychology Department
University of Washington
Seattle, WA 98195
USA
e-mail : [email protected] [email protected]
http://syrinxpc.com/
WaveSurfer
Audacity
Logiciel gratuit développé par
School of Computer Science and Communication
Department of Speech, Music and Hearing
Kungliga Tekniska högskolan,
100 44 Stockholm
Suède
Tél : +46 8 790 60 00
http://www.speech.kth.se/wavesurfer/
http://sourceforge.net/projects/wavesurfer/
Logiciel libre développé par une communauté
contributeurs pour l’open source
http://audacity.sourceforge.net/about/
31
de
Littérature intéressante
Livres :






Barataud, M. 2012. Ecologie acoustique des chiroptères d’Europe, Biotope Editions Ce livre
est accompagné d’un DVD portant de nombreuses séquences acoustique, tenant lieu de CD de
référence également.
Briggs, B. and King, D. 1998. The Bat Detective, a Field Guide for Bat Detection. Stag
Electronics. Ce livre est accompagné d’un CD.
Russ, J. 2012 British Bat Calls : A Guide to Species Identification, Pelagic Publishing
Russ, J. 1999. The Bats of Britain and Ireland. Echolocation Calls, Sound Analysis and
Species Identification. Alana Books, Belfast.
Skiba, R. 2003. Europäische Fledermäuse. Kenzeichen, Echoortung und
Detektoranwendung. Westarp Wissenschaften-Verlagsgesellschaft mbH, Hohenwarsleben,
Germany.
Tupinier, Y. L’univers acoustique des chiroptères d’Europe. Sittelle (www.sittelle.com)
CD :




Ballade dans l’inaudible. M. Barataud. Sittelle (www.sittelle.com)
Méthode d'identification acoustique des chiroptères d'Europe. M. Barataud. 2002. Sittelle
(www.sittelle.com)
Guide sonore de la plupart des espèces belges de chauves-souris. Vleermuizenwerkgroep
Natuurpunt et Plecotus Natagora ([email protected])
CD de référence pour le vespertilion des marais (Myotis dasycneme) et le vespertilion de
Daubenton (Myotis daubentoni). Vleermuizenwerkgroep Natuurpunt et Plecotus Natagora
([email protected])
Articles :







Ahlen, I. and Baagoe, H.J. 1999. Use of utrasound detectors for bat studies in Europe :
experiences from field identification, surveys, and monitoring. Acta Chiropterologica 1: 137150.
Holderied, M. W., Jones, G. and von Helversen, O. 2006. Flight and echolocation behaviour of
whiskered bats commuting along a hedgerow: range-dependent sonar signal design,
Doppler tolerance and evidence for ‘acoustic focussing’. The Journal of Experimental Biology
209: 1816-1826
Jones, G. 1999. Scaling of echolocation call parameters in bats, The Journal of Experimental
Biology 202: 3359–3367
Parson, S. and Jones, G. 2000. Acoustic identification of twelve species of echolocating bat
by discriminant function analysis and artificial neural networks. Journal of Experimental
Biology 203: 2641-2656.
Russ, J. M., Jones G., Mackie, J. and Racey P.A. 2004. Interspecific responses to distress
calls in bats (Chiroptera: Vespertilionidae): a function for convergence in call design?
Animal Behaviour 67 : 1005-1014
Russo, D. and Jones, G. 2002. Identification of twenty-two bat species (Mammalia: Chiroptera)
from Italy by analysis of time-expanded recordings of echolocation calls. Journal of Zoology,
London 258: 91-103.
Siemers, B.J. and Schnitzler, H.-U. 2004. Echolocation signals reflect niche differentiation in
five sympatric congeneric bat species. Nature 429 : 657-661.
32
Annexe 2 : Enregistreur
Les enregistreurs MP3/WAV





Ces enregistreurs digitaux sont la technologie la plus récente utilisée pour l’instant. Ils
stockent les enregistrements dans une carte mémoire ou un disque dur similaire à celui d’un
ordinateur.
Les enregistrements stockés en format MP3 et MP4 ne peuvent pas être lus tel quels par
Batsound mais doivent être transformés en fichiers .wav à l’aide d’un petit logiciel. Le
problème, c’est que la compression MP3 et MP4 détruit une part considérable des
informations nécessaires pour l’analyse, ce qui rend leur interprétation difficile.
Ils peuvent stocker des quantités importantes d’enregistrements (plusieurs heures
d’enregistrements, même sur les modèles avec la plus petite mémoire).
Chez ces enregistreurs digitaux, il y a un délai de quelques secondes entre le déclenchement
du bouton d’enregistrement et le début réel de l’enregistrement. Ceci signifie que l’on manque
une partie des cris de la chauve-souris.
Le plus grand avantage d’utiliser un enregistreur de ce type et qu’ils permettent un transfert
direct (très rapide) des enregistrements sur l’ordinateur (via le port UBS ou un câble fourni
avec l’appareil), étant donné qu’ils stockent les enregistrements directement sous forme de
fichiers.
Alternatives aux enregistreurs


Il est également possible, quand les conditions le permettent (terrain plat et temps sec ou
position statique), de travailler directement sur le terrain avec l’ordinateur. Le détecteur est
alors relié à l’ordinateur par un cable jack-jack (le même que celui qui est utilisé pour relier le
détecteur et l’enregistreur). Ceci a comme avantage de pouvoir visualiser directement les
signaux que l’on vient d’enregistrer. Actuellement de nouveaux microphones ultrasoniques
apparaissent sur le marché (par exemple Pettersson M500) qui permettent une connexion
directe avec un pc ou une tablette par câble USB (par exemple le pack Soundchaser) ou en
direct sur iPad (par exemple Wildlife Acoustics Echo Meter Touch).
Tous les détecteurs hauts de gamme (D1000x de Pettersson ou Batbox Griffin par exemple)
possèdent maintenant une carte mémoire intégrée au détecteur. L’enregistreur est donc
inclus dans le détecteur. Le transfert des enregistrements vers l’ordinateur se fait en général
à l’aide d’un lecteur de carte (de type carte d’appareil photo) sur le port USB.
33
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