Un instrument de mesure de l`actualisation de la personne à l`usage

Un instrument de mesure de l`actualisation de la personne à l`usage
Un instrument de mesure de l’actualisation de la
personne à l’usage des praticiens2
Gilbert Leclerc3
Gilbert.Lecler@USherbrooke.ca
Richard Lefrançois
Micheline Dubé
Réjean Hébert
RÉSUMÉ
Le concept d’actualisation demeure aujourd’hui l’un des construits théoriques
les plus remarquables de la psychologie humaniste. Jusqu’à tout récemment,
plusieurs étaient d’avis que le concept manquait de précision et que de
nouveaux développements théoriques étaient nécessaires pour le rendre
véritablement opérationnel. Des réserves ont également été formulées à
l’endroit des principaux instruments de mesure élaborés au cours des
quarante dernières années. Ces faiblesses ont paru suffisamment sérieuses
pour justifier l’élaboration d’un nouvel instrument. Le présent article a
essentiellement pour but de présenter à des praticiens les étapes du développement et de la validation de la Mesure de l’Actualisation du Potentiel
(MAP). Cette démarche a eu pour résultats : 1) de clarifier le concept
d’actualisation en identifiant les traits les plus typiques des personnes qui
s’actualisent après consultation de 26 experts internationaux sur le sujet,
2) de formuler une définition précise du concept d’actualisation et 3) de
2
Gilbert Leclerc, Ph.D., est professeur associé et Richard Lefrançois, Ph.D., professeur
titulaire, au Département de psychologie de l’Université de Sherbrooke. Réjean Hébert,
M.D., C.M.F.C., C.S.P.Q. M.Ph., est professeur titulaire à la Faculté de médecine de la
même université et Micheline Dubé Ph.D. est professeure titulaire au Département de
psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Tous les auteurs font partie du
Groupe de recherche sur l’actualisation du potentiel des personnes âgées du Centre de
recherche sur le vieillissement de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke.
Adresser toute correspondance à Gilbert Leclerc, Centre de recherche sur le vieillissement Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, 1036 Belvédère Sud, Sherbrooke,
Québec, Canada J1H 4C4; (819) 821-1170 poste 2144; fax (819) 829-7141.
3
Cette étude a été rendue possible grâce à une subvention du Conseil québécois de la
recherche sociale (RS- 3254) et du Fonds pour la formation de chercheurs et l’aide à la
recherche (Québec) (ER-2614).
22
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
construire un instrument de mesure de l’actualisation possédant les qualités
métrologiques adéquates pour être utilisé en recherche scientifique aussi
bien qu’en pratique clinique.
Introduction
Quelque cinquante ans après sa première formulation par Rogers (1951) et
Maslow (1954), le concept d’actualisation personnelle (self-actualization)
demeure l’un des construits théoriques les plus remarquables de la psychologie
humaniste. On reconnaît encore aujourd’hui sa valeur heuristique de premier
ordre, ses multiples implications pour la psychologie en général, la conception
de l’être humain, l’éducation et l’organisation de la société, de même que son
potentiel de fécondation de la recherche scientifique et de la pratique clinique
(Whitson et Olczak, 1991a). Toutefois, plusieurs ont émis l’avis que le concept
manquait de précision et que de nouveaux développements théoriques s’avéraient
nécessaires pour le rendre véritablement opérationnel (Crandall et Jones, 1991;
Richard et Jex, 1991; Weiss, 1987, 1991). Les principales critiques peuvent se
regrouper sous quatre chefs: (1) l’imprécision de son contenu théorique; (b) le
besoin d’une théorie sous-jacente plus unifiée et plus systématique que celle
qui prévaut actuellement; (c) le manque de consensus entre les experts sur ses
principaux attributs et (d) l’absence d’une définition opérationnelle (Leclerc,
Lefrançois, Dubé, Hébert et Gaulin, 1998a).
Des réserves similaires ontétéformuléesàl’endroit des trois principaux instruments
développés au cours des quarante dernières années: le Personal Orientation
Inventory (POI) de Shostrom (1964), le Personal Orientation Dimensions (POD)
de Shostrom, Knapp et Knapp (1976) et le Short Index of Self-Actualizaton (SI)
de Jones et Crandall (1986). Certains auteurs ont souligné la faiblesse des
assises théoriques et des méthodes utilisées pour valider le concept et les
instruments (Weiss, 1987, 1991). D’autres ont fait remarquer qu’une définition
plus opérationnelle du concept eût été nécessaire pour parvenir à des mesures
valides (Weiss 1987, 1991). Enfin, sur le planclinique, ces instruments parviennent
mal à prédire des résultats observables empiriquement (Whitson et Olczak,
1991b).
Les faiblesses observées dans les tests les plus utilisés pour mesurer le concept
d’actualisation nous ont paru suffisamment sérieuses pour justifier l’élaboration
d’un nouvel instrument. Cette nouvelle mesure devait s’appuyer sur des assises
théoriques plus solides, une définition plus opérationnelle du concept et une
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
23
méthodologie de validation plus rigoureuse. En outre, l’instrument devait être
adapté à une population peu scolarisée et à des adultes de tous âges. Pour y
parvenir, il nous a paru nécessaire de parcourir les étapes suivantes : 1)
opérationnaliser le concept d’actualisation en identifiant ses indicateurs à l’aide
d’une méthode qui favoriserait l’atteinte d’un consensus entre les des experts ;
2) contribuer à l’unification de la théorie en formulant une définition concise de
l’actualisation basée sur les indicateurs repérés à la première étape ; 3) construire et valider un instrument de mesure de l’actualisation qui réponde aux
normes de qualités métrologiques requises. Ce travail est dorénavant terminé.
L’instrument a été développé et a subi plusieurs épreuves dans le but de
vérifier sa validité de construit, sa cohérence interne, sa fiabilité temporelle et
sa capacité de mesurer adéquatement le niveau d’actualisation d’une personne
comparativement au jugement de psychologues cliniciens (validité de critère).
Divers articles ont été publiés sur ces études qui confirment les qualités
métrologiques de cet instrument4.
Le présent article s’adresse avant tout à des praticiens. Il a essentiellement
pour but : 1) de clarifier le concept d’actualisation en identifiant les traits les
plus typiques des personnes qui s’actualisent (tels qu’ils apparaissent
aujourd’hui aux yeux des meilleurs experts du domaine consultés au cours de
nos recherches) et en présentant une définition précise de l’actualisation
résultant de nos travaux ; 2) de décrire l’instrument de mesure de l’actualisation
et d’indiquer ses conditions d’utilisation aussi bien en recherche scientifique
qu’en pratique clinique.
Traits typiques des personnes qui s’actualisent
La première étape du développement de l’instrument consistait à identifier les
indicateurs de l’actualisation, c’est-à-dire les traits les plus caractéristiques des
personnes qui s’actualisent, de manière à pouvoir fonder sur des assises solides
le développement de l’instrument. Vu les divergences importantes sur cette
question, il ne suffisait pas d’effectuer une recension approfondie des écrits ;
il fallait également vérifier la présence d’un large consensus entre les experts.
4
Pour une présentation détaillée des épreuves de validation, on se reportera au Manuel
d’utilisation de la Mesure de l’Actualisation du Potentiel, (Leclerc, G., Lefrançois, R.,
Dubé, M., Hébert, R. et Gaulin, 1998b) ainsi qu’aux articles publiés sur le sujet dans des
revues scientifiques (Lefrançois, R., Leclerc, G., Dubé, M., Hébert, R. et Gaulin, P.,
1997; Leclerc, G., Lefrançois, R., Dubé, M., Hébert, R. et Gaulin, 1998a ; Lefrançois, R.,
Leclerc, G., Dubé, M., Hébert, R. et Gaulin, P., 1998 ; Leclerc, G., Lefrançois, R., Dubé,
M., Hébert, R. et Gaulin, 1999) .
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
24
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
Une recension approfondie des écrits fut d’abord réalisée par une équipe
multidisciplinaire composée de quatre chercheurs et de quatre cliniciens. Un
attention toute spéciale fut portée aux œuvres des deux grands pionniers
Rogers (1951, 1959, 1961, 1978, 1980, 1985) et Maslow (1954, 1962, 1964, 1968,
1971), aux constructeurs d’instruments (Jones et Crandall, 1986; Shostrom,
1963, 1964, 1974, 1975; Shostrom, Knapp et Knapp, 1976), ainsi qu’aux travaux
plus récents sur le sujet (Burwick et Knapp, 1991; Coan, 1991; Csikszentmihalyi,
1990; Ellis, 1991; Ford, 1991; Jones et Crandall, 1991; Knapp, 1990; Rule, 1991;
Ryff, 1989; Seeman, 1988; St-Arnaud, 1996; Weiss, 1987, 1991; Whitson et
Olczak, 1991, a et b). Dans le but d’identifier les indicateurs les plus essentiels
et les plus largement acceptés, nous avons défini cinq critères d’acceptation.
Ils devaient être: 1) explicitement formulés par les auteurs; 2) mentionnés dans
les œuvres des pionniers de la psychologie humaniste ou de ceux qui avaient
construit un instrument de mesure de l’actualisation ou avaient discuté du
contenu du concept; 3) clairs et précis dans leur signification; 4) commun à
plusieurs auteurs; 5) non redondants. Une fois repérés par un membre de
l’équipe, les indicateurs étaient comparés puis discutés avant d’être inclus
dans la liste soumise aux experts à la phase suivante. Un total de 49 indicateurs
furent identifiés par cette méthode.
Par la suite, nous avons soumis ces indicateurs à 40 experts internationaux,
anglophones (20) et francophones (20), choisis sur la base de leur connaissance
approfondie du concept d’actualisation. L’enquête de type Delphi comportait
deux rondes de consultation.
À la première ronde de consultation, 12 experts francophones et 18 experts
anglophones retournèrent le questionnaire, soit un taux de participation de
75%. Les experts suggérèrent 92 nouveaux indicateurs qui furent ajoutés à la
liste des 49 issus de la recension des écrits. Cette nouvelle liste de 141 indicateurs fut soumise aux experts lors de la deuxième ronde de consultation. Le taux
de participation des experts fut cette fois de 93% (Francophone : 17/18; Anglophone : 11/12)5 . Pour qu’un indicateur fût retenu, il fallait que : 1) le degré de
consensus entre les experts soit très élevé, c’est-à-dire qu’au moins 80% des
experts donnent un score de 4 ou 5 (décrit fortement ou très fortement une
personne qui s’actualise) à l’indicateur; 2) le niveau de cohésion entre les
cotes des experts soit acceptable (coefficient Kappa de ³ 50); 3) il n’y ait pas
5
Une troisième ronde de consultation avait été prévue, mais s’avéra non requise puisque,
de la 1ère à la 2ème ronde, la cote de la grande majorité des experts (84%) sur les 49
premiers indicateurs n’avait pas varié, alors qu’ils avaient sous les yeux le score moyen
des autres experts.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
25
de différence significative entre les cotes des anglophones et des francophones
(biais culturel) sur le test exact de Mann-Whitney et 4) il n’y ait pas de redondance entre les indicateurs.
Sur les 141 indicateurs, 43 répondirent aux deux premières conditions de
sélection : obtenir de la part de 80% des experts une cote de 4 ou 5 et un Kappa
de ³0,50. Un seul indicateur fut rejeté parce qu’il pouvait comporter un biais
culturel (Mann-Whitney; p<0,04) et six autres indicateurs furent éliminés
pour cause de redondance. En tout, 36 indicateurs furent retenus, dont 23
provenant de la recension des écrits et 13 proposés par les experts.
Définition de l’actualisation
Un examen approfondi de ces 36 indicateurs permet de les regrouper sous
quelques traits essentiels qui pavent la voie à une définition plus opérationnelle
de l’actualisation. En nous inspirant de la théorie de Rogers sur l’actualisation,
il semble possible, en effet, d’identifier deux traits fondamentaux de l’actualisation : l’ouverture à l’expérience et la référence à soi. Selon Rogers (1961),
deux types de congruence se retrouvent chez les individus qui actualisent leur
potentiel : une congruence entre l’image de soi et l’expérience, et une congruence
entre le comportement et l’image de soi. Le premier type de congruence se
rencontre lorsque l’individu est pleinement conscient de ce qui se passe dans son
expérience de lui-même, des autres et du monde et qu’il symbolise correctement
cette expérience dans sa conscience. Nous avons appelé ce premier trait
fondamental l’ouverture à l’expérience.
Le second type de congruence prend place lorsque le comportement de l’individu
(ses choix, ses décisions, ses paroles et ses actions) reflète clairement ses
pensées, ses valeurs et ses convictions et que la personne est capable de
résister aux attentes et aux pressions sociales. Ce second trait fondamental a
été nommé la référence à soi. Ces deux niveaux de congruence permettent à
l’information en provenance de l’expérience de circuler librement dans tout
l’organisme (Csikszentmihalyi, 1990 ; Seeman, 1988).
La présence de ces deux traits peut être observée à travers des indicateurs.
Comme le montre le Tableau 1, à la page suivante, chacun des 36 indicateurs
retenus au terme de la consultation des experts peut être associé à l’un ou
l’autre de ces deux traits fondamentaux, ou aux deux à la fois.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
26
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
Tableau 1 Classification des indicateurs sous les traits essentiels de
l’actualisation
Référence à soi
Ouverture à l’expérience
La personne qui s’actualise:
La personne qui s’actualise:
1. Est consciente de ses ressentis
1. Se considère responsable de sa vie
2. A une perception adéquate d’elle-même
2. Assume la responsabilité de ses actes
3. Fait confiance à son organisme
3. Accepte les conséquences de ses choix
4. Est capable d’insight
4. Agit selon ses convictions et ses valeurs
5. Est capable d’accepter des sentiments
contradictoires
6. Est ouverte au changement
5. Est capable de résister aux pressions sociales indues
6. Se sent libre d’exprimer ses opinions
7. Est consciente de ses forces et de ses
faiblesses
8. Est capable d’empathie
7. Se plaît à penser par elle-même
8. Se comporte de façon congruente,
authentique
9. Est capable de se décentrer d’elle-même
9. A un sens moral élevé
10. Vit dans le présent (l’ici maintenant).
10. N’est pas paralysée par le jugement des autres
11. A une perception positive de la nature
humaine
11. Se sent libre d’exprimer ses émotions
12. S’accepte telle qu’elle est
12. S’évalue sur la base de critères personnels
13. A une perception positive de l’organisme
humain
13. Est capable de sortir des sentiers battus
14. A une estime positive d’elle-même
14. Est capable de réactions spontanées
15. Donne un sens à sa vie
15. Est capable de contact intime
16. Donne un sens à la vie
17. Est capable d’engagement
Ouverture à l’expérience et référence à soi
1.
Garde contact avec elle-même et avec l’autre
2.
Peut faire face à l’échec
3.
Est capable d’établir des relations significatives
4.
Recherche des relations basées sur le respect mutuel
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
27
La colonne de gauche présente les caractéristiques des individus ouverts à
leur expérience, c’est-à-dire conscients de ce qui se passe en eux-mêmes et
dans leur environnement et capables d’établir un lien fondamentalement
positif avec eux-mêmes, les autres et la vie en général. La colonne de droite
regroupe les traits des gens capables d’agir en conformité avec leur image
d’eux-mêmes dans leurs pensées et leurs comportements, possédant une bonne
estime de soi et une grande confiance en eux-mêmes. Un troisième bloc inclut
les indicateurs qui renvoient aux deux traits à la fois puisqu’ils présupposent
que la personne est à la fois congruente avec l’image qu’elle a d’elle-même et
avec son expérience. Cette catégorisation des indicateurs sous deux traits
fondamentaux suggère la définition suivante de l’actualisation: un processus
de développement du potentiel de la personne en congruence avec son image
de soi et avec son expérience d’elle-même et de son environnement.
Un processus : c’est-à-dire, une succession dynamique de phénomènes organisés dans le temps, par opposition à un état. Selon Rogers, ce processus
résulte d’une tendance fondamentale présente chez tout être humain, à la fois
unique (en ce sens que chaque personne a sa façon de s’actualiser) et universelle
(du fait qu’elle n’est pas propre à une classe sociale ou à une culture particulières).
…de développement du potentiel de la personne : la tendance dont nous
parlons a comme finalité le plein épanouissement de l’organisme par la mise en
valeur et l’amélioration des ressources ou des capacités dont elle dispose.
…en congruence : pour que ce développement soit harmonieux, il doit être
intégré à l’ensemble de la personne. À cette fin, deux niveaux de congruence
apparaissent essentiels : congruence avec l’image de soi et congruence avec
l’expérience globale de la personne.
…avec l’image de soi ce trait renvoie au premier niveau de congruence selon
Rogers. La référence à soi suppose, selon lui, que dans ses décisions et dans
ses actions, la personne agit en conformité avec l’image qu’elle se fait d’ellemême et la conscience qu’elle a de ses valeurs, et qu’elle soit capable de
résister aux attentes et aux pressions sociales indues.
…avec son expérience d’elle-même et de son environnement : cette caractéristique fait référence au deuxième niveau de congruence dans la théorie de
Rogers. Elle suppose que la personne est attentive à ce qui se passe dans son
expérience d’elle-même et du monde et qu’elle le symbolise correctement au
niveau conscient. Cette ouverture à l’expérience s’avère nécessaire pour que
l’information provenant de l’expérience circule librement et soit correctement
symbolisée par la conscience. À travers son expérience, la personne est
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
28
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
constamment en interaction avec elle-même (émotions, sentiments, perceptions) et avec son environnement (personnes, événements, choses). C’est
pourquoi, l’ouverture à l’expérience suppose l’ouverture à soi, aux autres et à
la vie en général. Si la personne est incapable de faire confiance aux autres ou
de créer des relations positives, si elle ne trouve pas de sens à la vie, si elle
n’ose pas s’engager dans des actions ou des projets susceptibles de changer
son environnement, d’améliorer son sort ou celui de ses semblables, elle se
ferme à une partie importante de son expérience et elle a peu de chances de
mettre à profit son potentiel.
Cette définition présente les caractéristiques suivantes :
• elle rappelle que l’actualisation est un processus jamais terminé, résultant
d’une tendance fondamentale présente chez tout être humain et susceptible de se modifier sans cesse selon les circonstances de l’environnement et les dispositions de l’individu;
• elle ne préjuge en rien du contenu ou de l’orientation de la tendance
actualisante: chaque personne a son modèle et sa manière de s’actualiser;
• elle affirme que l’actualisation n’est pas synonyme de performance ni
d’achèvement, mais de bon fonctionnement psychologique;
• elle souligne que deux conditions essentielles sont requises pour que la
personne fonctionne de manière efficace sur le plan psychologique : qu’elle
soit congruente avec son concept de soi et conséquente avec son expérience.
En définitive, l’actualisation de la personne apparaît essentiellement comme un
processus de développement intégré en harmonie avec la structure du soi et de
l’expérience. Pour s’actualiser pleinement et de façon harmonieuse, la
personne doit développer le plus possible ses capacités et, en même temps,
intégrer ce développement par rapport à son expérience. Ceci ne l’empêche pas
d’accorder la prédominance à l’une ou l’autre de ces composantes à une
certaine phase de son développement. Selon St-Arnaud (1996), ce processus
peut se réaliser de deux façons : 1) par l’expansion du soi intégré, c’est-à-dire par
l’inclusion et l’intégration de nouveaux éléments (conceptions, idées perceptions, attitudes, valeurs) dans la structure consciente du soi, ou, en d’autres
mots, en changeant l’image que l’on a de soi-même en relation avec l’environnement ; ou 2) par la réduction du soi menacé qui est constitué de tous les
sentiments et réactions surgissant de l’expérience et non encore intégré dans le
soi conscient. Ce domaine est potentiellement menaçant pour tout l’organisme
puisqu’il peut le forcer à remettre en question la structure actuelle du soi.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
29
L’une des conséquences majeures découlant de cette définition pour le développement d’un instrument de mesure adéquat est que le niveau d’actualisation
ne peut être établi uniquement sur la base du comportement de l’individu,
puisque le même comportement, par exemple la participation sociale, peut être
le signe d’une forte aussi bien que d’une faible actualisation, selon qu’il est en
congruence ou en désaccord avec l’image de soi de l’individu et avec son
expérience. Ni le type d’activité, ni le fait d’être très actif socialement ne devraient
donc être considérés en soi comme des critères adéquats d’actualisation. Le
niveau d’actualisation d’un individu est en rapport direct avec son degré
d’ouverture, d’écoute et de lucidité par rapport à la totalité de son expérience
(intrapersonnelle, interpersonnelle et environnementale) et avec son aptitude
à agir en conformité avec la perception qu’il a de lui-même, des autres et du
monde à travers cette expérience. Et puisque l’actualisation est personnelle et
unique, seul l’individu est capable de dire si ses attitudes sont en accord avec
son soi conscient et avec son expérience. En conséquence, mise à part l’observation clinique, un questionnaire de type self-report est la seule approche
appropriée pour mesurer l’actualisation.
Toutefois, une difficulté importante demeure: on ne peut se fier totalement aux
déclarations d’un individu pour déterminer s’il agit en conformité avec son soi
conscient et surtout s’il a une perception adéquate de son expérience (s’il ne la
déforme pas ou n’en rejette pas certains aspects trop menaçants). Ceci implique
notamment qu’on ne peut pas observer directement (via le comportement) ni
même indirectement (via ce que nous en dit l’individu) les deux niveaux de
congruence définis plus haut. Ces deux processus ne peuvent être observés
qu’à travers des caractéristiques ou des traits communs aux individus qui
s’actualisent. Ce sont ces traits que nous appelons ici des indicateurs de
l’actualisation. La réflexion théorique et l’observation clinique des deux pionniers
(Rogers et Maslow), enrichies au cours des années par celles des nombreux
autres théoriciens et praticiens, ont permis d’accumuler (ou de définir) un
certain nombre de ces indicateurs grâce auxquels il est possible de mesurer de
manière moins directe et moins naïve la qualité et le dynamisme du processus
d’actualisation. La méthodologie de construction et de validation de l’instrument
a été conduite en tenant compte de ces principes.
Construction et validation de l’instrument
La construction et la validation de l’instrument exigèrent plusieurs études.
Pour en connaître le détail, on se reportera au Manuel d’utilisation de la
Mesure de l’Actualisation du Potentiel (Leclerc et coll., 1998b) ainsi qu’aux
articles publiés sur le sujet dans des revues scientifiques (Leclerc et coll.,
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
30
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
1998a; Leclerc et coll., 1999; Lefrançois et coll., 1997; Lefrançois et coll.,
1998) . Étant donné que le présent article s’adresse d’abord à des praticiens, il
ne sera fait mention ici que des étapes jugées essentielles pour bien comprendre
la nature de l’instrument, sa structure et sa portée pratique. Nous pourrons
ensuite décrire l’instrument et préciser ses conditions d’utilisation.
Étude sur l’adéquation des items et des indicateurs
Pour chacun des 36 indicateurs retenus au terme de la phase précédente,
chacun des membres du groupe de recherche rédigea de deux à cinq items en
français. Ces items furent ensuite discutés jusqu’à ce qu’un consensus se
dégage quant à leur valeur et leur pertinence. En tout, 124 items furent sélectionnés et soumis à un groupe de dix experts francophones invités à évaluer le
degré d’adéquation entre les items et les indicateurs. Cette procédure permit de
sélectionner 81 items, chaque indicateur étant représenté par au moins un item.
Enquête auprès de groupes focalisés
Deux groupes focalisés (focus groups) composés de huit personnes chacun
(dont la plupart étaient des personnes âgées faiblement scolarisées) répondirent au questionnaire composé des 81 items identifiés précédemment et d’une
échelle de type Likert à cinq degrés pour chaque item, et firent part de leurs
commentaires à l’équipe de recherche. Le but de l’opération consistait à vérifier le degré de compréhension de chaque item du questionnaire et de choisir
l’échelle la plus appropriée. Après la rencontre du premier groupe focalisé, un
certain nombre d’items furent remaniés. D’autres items firent l’objet d’une
nouvelle rédaction après le deuxième groupe focalisé. Enfin, l’équipe fixa son
choix sur une échelle de type Likert à cinq degrés avec des choix de réponse
pouvant varier selon le contenu de l’item : 1) très peu … énormément; 2) très
difficilement … très facilement; 3) très rarement … très souvent; 4) très peu …
très fortement; 5) très mal … très bien; 6) très peu important … très important;
7) beaucoup moins … beaucoup plus.
Épreuves de validation
L’équipe de recherche procéda ensuite à une série d’épreuves cherchant à
vérifier la validité de construit de l’instrument, sa cohérence interne, sa validité
de critère, sa stabilité temporelle, sa falsifiabilité, sa résistance à la désirabilité
sociale. Des études de normalisation ont également été menées. D’autres études
sont envisagées visant à établir sa valeur concomitante et discriminante. Au
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
31
cours de ces épreuves, l’instrument subit plusieurs modifications qui ramenèrent
finalement sa taille à 27 items.
La seule épreuve que nous croyons important de rapporter ici est celle sur la
validité de critère, car elle touche directement à la valeur de l’instrument pour
un usage clinique. L’étude visait à établir la validité de la Mesure de l’Actualisation du Potentiel (MAP) en comparant les scores obtenus sur cet instrument
avec les rangs attribués aux mêmes participants par des psychologues cliniciens.
Dix psychologues cliniciens de la région de Sherbrooke, reconnus comme des
spécialistes de l’approche humaniste, ont été choisis pour participer à l’étude :
cinq d’entre eux exerçaient leur profession auprès d’adultes de 18 à 64 ans; les
cinq autres, auprès de personnes âgées de 65 ans et plus.
Les psychologues devaient d’abord identifier, parmi leur clientèle ou leurs
connaissances, 10 personnes (âgées de 18 à 64 ans ou de 65 ans et plus, selon
le cas) et remettre à chacune d’elles une copie de la MAP en leur demandant de
le remplir et de le retourner directement à l’équipe de recherche. Ils devaient
également classer ces personnes de 1 (+) à 10 (-) selon leur niveau d’actualisation et faire parvenir ce classement au groupe de recherche accompagné du
numéro de code attribué au répondant.
Neuf psychologues sur dix ont participé à l’étude. Des 90 personnes auxquelles
les psychologues avait envoyé la MAP, 83 l’ont rempli et retourné, soit un taux
de participation de 92,2%. Toutefois, à cause d’une erreur de compréhension
des consignes d’un des psychologues, 73 questionnaires seulement ont pu
être retenus pour fins d’analyse.
Les analyses statistiques comportaient des tests de corrélation non
paramétriques (Spearman) comparant le rang assigné aux personnes participantes par chacun des psychologues avec celui obtenu par les mêmes individus
sur l’échelle globale, sur les deux sous-échelles principales et sur les cinq
sous-échelles secondaires de la MAP.
Cette comparaison entre les rangs attribués par l’ensemble des psychologues
et le rang résultant du score moyen des participants sur l’échelle globale de la
MAP (Tableau 2, à la page suivante) montre qu’à l’exception de quelques
inversions, les deux types de classement sont similaires.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
32
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
Tableau 2
Comparaison des rangs assignés par les psychologues (n = 8) avec
ceux obtenus sur l’échelle globale de la MAP*
Nombre de
participants
la MAP
Rang selon le
score moyen à
psychologues
Rangs assignés
par les 8
(Écart-type)
Score moyen
à la MAP
7
10
10
3,20 (0.33)
2,89
3,51
6
9
9
3,44 (0.46)
2,96
3,92
6
7
8
3,22 (0.49)
2,70
3,73
8
8
7
3,38 (0.33)
3,11
3,66
8
5
6
3,73 (0.26)
3,51
3,95
7
6
5
3,71 (0.30)
3,44
3,98
7
3
4
3,80 (0.43)
3,41
4,20
8
2
3
3,76 (0.45)
3,39
4,13
8
4
2
3,81 (0.25)
3,60
4,02
8
1
1
4,25 (0.21)
4.07
4,43
3,63 (0.35)
3,31
3,95
Total = 73
*
Intervalle de confiance
(à 95%)
Un score élevé à la MAP (ex. 4,25) ou un rang supérieur (par ex. 1) indiquent une actualisation forte.
Le Tableau 3 présente les résultats des corrélations entre le classement des
participants par les psychologues et le classement des mêmes personnes d’après
les échelles de la MAP. Ces résultats montrent qu’il existe une relation positive
et significative (p < 0,001) entre le classement des psychologues et celui
obtenu sur les échelles de la MAP. Cette relation apparaît comme étant de force
élevée (r = 0,63) en ce qui concerne l’échelle globale. Toutefois, Kubiszyn et
Borich (1993) font observer que lorsque la distribution des scores (ici des
rangs) ne provient pas d’échelles standardisées, mais d’estimations plus
subjectives et moins précises, on considère habituellement qu’un coefficient
de 0,60 ou plus indique la présence d’une très forte corrélation. Dans le cas
présent, il est clair que le classement des psychologues n’atteint pas la précision des scores obtenus par des tests standardisés (les intervalles entre les
rangs ne sont pas nécessairement égaux et ne peuvent se voir attribuer plus
qu’une valeur ordinale). Dans ces conditions, on peut considérer la corrélation
comme très forte.
Pour ce qui a trait aux sous-échelles principales (Ouverture à l’expérience et
Référence à soi), les corrélations sont positives, très significatives et, si l’on
tient compte de la remarque déjà faite, de force élevée (0,61 et 0,53 respecInteractions
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
33
tivement). Enfin, les corrélations sont de force moyenne ou élevée pour les
sous-échelles secondaires (de 0,34 à 0,58) (Tableau 3). Cette épreuve revêt une
importance majeure dans l’établissement de la valeur scientifique de l’instrument et de son application clinique. Nous y reviendrons plus loin.
Tableau 3 Corrélations entre le classement des psychologues et celui de
l’échelle globale et des sous-échelles de la MAP (psychologues =
8; participants = 73)
Échelles
Échelle globale
Sous-échelles principales
Sous-échelles secondaires
Rho
(Spearman)
Valeur de p
(test bilatéral)
MAP
0,63
<0,001
Ouverture à l’expérience
0,61
<0,001
Référence à soi
0,53
<0,001
Ouverture à soi
0, 49
<0,001
Ouverture aux autres
0,58
<0,001
Ouverture à la vie
0,52
<0,001
Adaptation
0,53
<0,001
Autonomie
0,34
<0,004
L’instrument
La MAP (Voir l’Annexe 1) se compose de 27 items décrivant un trait typique
des personnes qui s’actualisent6 . (Ces items ont été distribués au hasard lors
de la mise au point du questionnaire dans sa forme définitive). L’échelle est de
type Likert à cinq degrés (de 1 à 5) dont les catégories de réponse peuvent
varier selon le contenu de l’item : 1) très peu …énormément; 2) très difficilement …
très facilement; 3) très rarement … très souvent; 4) très peu … très fortement;
5) très mal …très bien. Une valeur élevée indique une actualisation forte sauf
pour trois d’entre eux (items 6, 11, 21) qui sont inversés (ce qui implique qu’un
score élevé indique un niveau faible d’actualisation). L’analyse factorielle a mis
en évidence deux dimensions majeures du concept (l’ouverture à l’expérience
et la référence à soi), lesquelles se décomposent en cinq autres sous-dimensions: l’adaptation (Items 5, 10, 15, 20) et l’autonomie (items 1, 6, 11, 16, 21, 25)
sous la dimension référence à soi; l’ouverture à soi (items 2, 7, 12, 17 22, 26),
6
Il existe une version validée en anglais
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
34
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
l’ouverture à la vie (items, 4, 9, 14, 19, 24) et l’ouverture aux autres (3, 8, 13, 18,
23, 27), sous la dimension ouverture à l’expérience (Voir la Figure 1). Le questionnaire peut être rempli en 15 à 20 minutes, seul ou en entrevue sous supervision technique.
Figure 1. Dimensions et sous-dimensions de la MAP
ACTUALISATION GLOBALE
n = 27
a* = 0,90
OUVERTURE À
L'EXPÉRIENCE
RÉFÉRENCE À SOI
n = 10
AUTONOMIE
n=6
a = 0,72
a = 0,77
n = 17
ADAPTATION
n=4
a = 0,64
OUVERTURE À
SOI
n=6
a = 0,77
a = 0,81
OUVERTURE
AUX AUTRES
n=6
a = 0,71
OUVERTURE À
LA VIE
n=5
a = 0,76
Pour chaque dimension, les corrélations item-total (corrigées) varient de 0,41 à 0,76
Proportion de la variance totale expliquée par les 5 facteurs = 48,9%
* = coefficient alpha de Cronbach standardisé
Ce que mesure la MAP
La MAP mesure la tendance d’une personne à rester ouverte à son expérience,
à la symboliser et à l’intégrer à l’image du moi sans la bloquer ou la déformer, et
à décider et agir en conformité avec cette image d’elle-même plutôt qu’en
référence aux attentes de l’entourage. Plus concrètement, elle évalue la capacité générale de la personne à évoluer, changer, s’adapter, développer ses
potentialités. Elle ne mesure pas le degré effectif de performance dans la réalisation de soi (puisque celle-ci peut dépendre de facteurs environnementaux
sur lesquels elle n’a pas de pouvoir), mais la capacité ou la tendance de la
personne à se réaliser. Elle est donc une mesure du bon fonctionnement psychologique.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
35
Définition des échelles et sous-échelles de la MAP
Les deux échelles principales sont l’Ouverture à l’expérience et la Référence à
soi. L’Ouverture à l’expérience est mesurée par les items 2, 3, 4, 7, 8, 9, 12, 13,
14, 17, 18, 19, 22, 23, 24, 26, 27 du questionnaire. Cette première échelle mesure
la tendance à s’ouvrir et à faire confiance à la totalité de son expérience. Elle fait
référence au premier niveau de congruence dont parle Rogers: la personne
laisse monter, sans la déformer, l’information (sensations, émotions, sentiments,
perceptions) qui lui vient de son expérience et elle la symbolise correctement
dans sa conscience. À travers son expérience, la personne est constamment en
interaction avec elle-même, avec les autres et avec la vie en général.
La Référence à soi est évaluée par les items 1, 5, 6, 10, 11, 15, 16, 20, 21, 25.
L’échelle mesure la tendance à s’appuyer sur des critères de référence internes
pour s’évaluer, décider et agir. C’est le second niveau de congruence dont
parle Rogers: la personne pense et agit en fonction de ses convictions et de
ses valeurs plutôt qu’en se basant sur l’opinion des autres et sur leurs attentes
ou en cédant aux pressions sociales. Cette tendance suppose une bonne estime
de soi et une confiance en ses capacités. Elle se traduit également par la capacité de s’adapter aux changements et de surmonter les échecs.
Les sous-échelles de l’Ouverture à l’expérience mesurent trois dimensions de
l’actualisation :
• L’Ouverture à soi (2, 7, 12, 17, 22, 26), c’est-à-dire la tendance à rester
ouvert à ses émotions et à ses ressentis. Elle suppose également la tendance à se montrer tel qu’on est et à exprimer ses sentiments aussi bien
que ses opinions d’une manière authentique.
• L’Ouverture aux autres (3, 8, 13, 18, 23, 27), c’est-à-dire la tendance à
comprendre les autres de façon empathique, à les accepter tels qu’ils
sont, à pouvoir entrer en relation avec eux sans penser d’abord à ses
propres intérêts.
• L’Ouverture à la vie (4, 9, 14, 19, 24), c’est-à-dire la tendance à faire
fondamentalement confiance à la vie, à lui donner un sens et à vivre
principalement dans le moment présent.
La Référence à soi comprend deux sous-échelles :
• L’Autonomie (1, 6, 11, 16, 21, 25) qui mesure la tendance à faire référence
à ses convictions et à ses valeurs, et à faire spontanément confiance à
son propre jugement chaque fois que l’on doit s’autoévaluer ou qu’on
doit prendre une décision ou faire face aux critiques.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
36
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
• L’Adaptation (5,10,15,20) qui mesure la tendance à bien s’adapter (ex. en
étant conscient de ses forces et de ses faiblesses et en sachant faire
confiance à sa spontanéité) aux changements et aux échecs.
Correction et interprétation
Pour établir la cote d’un individu, il est recommandé d’utiliser le score moyen
(cf. Figure 2 pour la procédure détaillée). La moyenne ainsi obtenue varie de 1
à 5, ce qui correspond aux échelons de l’échelle du test. En principe, selon que
sa moyenne se situe dans le premier, le deuxième ou le troisième tiers de cette
échelle, le répondant devrait être considéré comme s’actualisant faiblement,
moyennement ou fortement. Des études de standardisation et de normalisation permettent de tenir compte du sexe et des catégories d’âge (Leclerc et coll.,
1998b).
L’utilisation de la map
L’instrument ne peut être administré qu’à des adultes y compris des personnes
âgées. Il faut noter toutefois qu’une attention particulière a été portée au
moment de l’enquête par groupes focalisés aux personnes peu scolarisées,
afin de s’assurer que la formulation des énoncés était bien adaptée à cette
tranche de la population.
Sur le plan clinique, l’instrument peut être utilisé comme complémen t au
diagnostic pour évaluer l’état actuel, les forces et les faiblesses ou les progrès
d’une personne quant à :
1) son fonctionnement psychologique global ;
2) sa tendance générale à développer ses potentialités, à évoluer et à s’adapter ;
3) sa capacité de bien intégrer à la structure du moi conscient les informations en provenance de son expérience d’elle-même, des autres et du
monde ;
4) sa tendance à décider et à agir de manière authentique, c’est-à-dire en
conformité avec ses convictions et ses valeurs et en résistant aux pressions sociales indues.
On recommande aux praticiens d’utiliser principalement l’échelle globale (la
MAP avec ses 27 items) et les deux sous-échelles principales (l’Ouverture à
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
37
l’expérience et la Référence à soi), car celles-ci sont plus fiables que les souséchelles secondaires7 et elles sont mieux appuyées sur la théorie générale de
l’actualisation de Rogers.
Figure 2. Directives de codification de la MAP
7
On consultera sur ce point l’étude de contre-validation de la MAP réalisée en France
auprès de 643 personnes âgées de 18 à 85 ans par une équipe de l’Université de
Nancy (Gana, Trouillet, Martin et Toffart, 2002).
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
38
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
Conclusion
Au cours des dernières décennies, plusieurs théoriciens et cliniciens ont critiqué le concept d’actualisation personnelle, déplorant notamment le manque de
précision de ses bases théoriques, l’absence d’une définition opérationnelle et
la difficulté de construire sur ces bases un instrument de mesure valide. Ils ont
également signalé plusieurs faiblesses dans les instruments les plus utilisés
jusqu’ici pour mesurer ce construit : le POI, le POD et le SISA. En révélant
l’existence d’un fort consensus d’experts internationaux sur 36 indicateurs du
concept, le présent article a permis de mieux comprendre la signification de ce
concept, de proposer une définition claire et concise de l’actualisation et de
montrer sur quelles bases et avec quelles méthodes le nouvel instrument a été
développé et validé.
L’idée de processus apparaît comme l’un des éléments les plus fondamentaux
à prendre en compte quand vient le temps de définir l’actualisation. Malheureusement, cet aspect est souvent oublié, ce qui entraîne beaucoup de confusion. Quand on les analyse de près, on se rend compte qu’aucun des traits
typiques sur lesquels les experts ont fait consensus ne renvoie à une conception
qui ferait de la personne qui s’actualise un prototype de l’être humain idéal (the
noble man), un modèle accompli de réalisation de soi et de performance (peak
experiences and peak performances) ou un être parvenu au plein développement de ses potentialités ( full development of potentialities). Tous ces
attributs renvoient à l’idée d’achèvement qui entre en contradiction fondamentale avec celle d’un processus jamais terminé, toujours à l’œuvre, évoqué
par le concept d’actualisation, car celle-ci requiert d’abord, il faut s’en souvenir,
une adaptation constante aux changements qui surviennent dans notre propre
organisme et dans l’environnement.
L’actualisation n’est pas d’abord une question de performance élevée, mais de
fonctionnement psychologique élevé. Elle ne garantit pas que le résultat de ce
fonctionnement soit réussi, puisque celui-ci ne dépend pas seulement de la
personne elle-même, mais de conditions et de circonstances souvent incontrôlables de l’environnement. Il peut donc arriver que le fonctionnement soit sain,
mais qu’il ne soit pas réussi. Selon cette manière de voir, le niveau d’actualisation peut-être élevé chez certaines personnes peu performantes et faible chez
des personnes performantes sur le plan professionnel ou social. Même le
développement effectif des potentialités d’un individu n’est pas nécessairement
signe d’une actualisation élevée, puisqu’elle peut être due à des facteurs
environnementaux favorables plutôt qu’à un haut niveau de fonctionnement
personnel.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
39
Lorsque l’accent est mis trop fortement sur l’idée d’achèvement et de performance, toutes sortes de difficultés surgissent : comment pouvons-nous être
sûrs que la personne a développé toutes ses potentialités puisque nous ne
connaissons les potentialités réelles d’une personne qu’une fois qu’elle les a
développées ? Comment pouvons-nous décrire les caractéristiques d’une personne
pleinement actualisée qui conviendraient à toutes les époques et à toutes les
cultures. Ce type d’approche mène à un cul-de-sac. L’actualisation devient
indéfinissable. Pour la définir, nous n’avons pas besoin de faire consensus sur
ce qu’est la personne idéale. Ce serait là une tâche irréalisable. Le modèle idéal
de l’être humain varie trop d’une époque et d’une culture à une autre. Nous
devons seulement nous entendre sur les caractéristiques des personnes qui
fonctionnent en harmonie avec elles-mêmes et avec leur expérience. L’actualisation devient alors plus facilement définissable, plus repérable dans la vie de
beaucoup de personnes et, sans doute aussi, plus communément répandue à
travers les époques, les civilisations et les cultures.
L’instrument de Mesure de l’Actualisation du Potentiel (MAP) que nous avons
développé n’a pas encore subi d’épreuves de validation multiculturelle. Il a été
validé pour des adultes francophones, jeunes, d’âge moyen et âgés, vivant au
Québec. Mais comme il a subi une épreuve de validité de critère au cours de
laquelle les rangs obtenus par 73 personnes sur la MAP se sont avérés positivement et significativement corrélés avec ceux de huit psychologues spécialistes de l’approche humaniste, la MAP peut être utilisée en pratique clinique
comme une aide au diagnostic et comme complément d’information sur la qualité
du fonctionnement psychologique de la personne, ses forces et ses faiblesses
et ses progrès en ce qui regarde l’ouverture à son expérience, sa capacité de
bien symboliser le contenu de cette expérience dans la structure du moi conscient
et son aptitude à se décider et à agir en conformité avec l’image d’elle-même
dans les diverses circonstance de sa vie. Présentement, il s’agit du seul instrument de mesure de l’actualisation développé et validé en français pour une
population québécoise francophone, et utilisable en pratique clinique.
Références
Burwick, S. et Knapp, R. R. (1991). Advances in research using the Personal
Orientation Inventory. Handbook of Self-Actualization (Special Issue).
Journal of Social Behavior and Personality, 6(5), 311-320.
Coan, R. W. (1991). Self-actualization and the quest for the ideal human.
Handbook of Self-Actualization (Special Issue). Journal of Social Behavior
and Personality, 6(5), 127-136.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
40
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
Crandall, R. et Jones, A. (1991). Issues in self-actualization measurement.
Handbook of Self-Actualization (Special Issue). Journal of Social Behavior
and Personality, 6(5), 339-344.
Csikszentmihalyi, M. (1990). Flow : The psychology of optimal experience.
New York : Harper et Collins.
Ellis, A. (1991). Achieving self-actualization : The rational-emotive approach.
Handbook of Self-Actualization (Special Issue). Journal of Social Behavior
and Personality, 6(5), 1-18.
Ford, J. G. (1991). Roger’s theory of personality : Review and perspectives.
Handbook of Self-Actualization (Special Issue). Journal of Social Behavior
and Personality, 6(5), 19-44.
Gana, K., Trouillet, R., Martin, B. et Toffart, L. (2002). Contre-validation de
l’organisation hiérarchique de la Mesure de l’Actualisation du Potentiel
(MAP). Canadian Psychology,43(2), 106-111.
Jones, A. et Crandall, R. (1986). Validation of a Short Index of Self-Actualization.
Personality and Social Psychology Bulletin,12, 63-73.
Knapp, R. R. (1990). Handbook for the Personal Orientation Inventory
(2e édition). San Diego, CA: EdITS.
Kubiszyn, T. et Borich, G. (1993). Educational testing and measurement.
(4e édition). New York : Harper Collins College Publishers.
Leclerc, G., Lefrançois, R., Dubé, M., Hébert, R. et Gaulin, P. (1998a).
Self-actualization concept : A content validation. Journal of Social Behavior
and Personality, 13(1), 69-84.
Leclerc, G., Lefrançois, R., Dubé, M., Hébert, R. et Gaulin, P. (1998b, réédit. 2002).
Manuel d’utilisation de la Mesure de l’Actualisation du Potentiel. Sherbrooke : Centre de recherche sur le vieillissement. Institut
universitaire de gériatrie de Sherbrooke.
Leclerc, G., Lefrançois, R., Dubé, M., Hébert, R. et Gaulin, P. (1999). Criterion-related
validity of a new measure of self-actualization. Psychological Reports,
85, 1167-1176.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
41
Lefrançois, R., Leclerc, G., Dubé, M., Hébert R. et Gaulin, P. (1997). The
development and validation of a self-report measure of self-actualization.
Social Behavior and Personality : An International Journal, 25(4), 353366.
Lefrançois, R., Leclerc, G., Dubé, M., Hébert, R. et Gaulin, P. (1998). Reliability of
a new measure of self-actualization. Psychological Reports, 82, 875-878.
Maslow, A. H. (1954). Motivation and personality. New York : Harper et Brothers.
Maslow, A. H. (1962). Toward a psychology of being. Princeton, NJ : Van
Nostrand.
Maslow, A. H. (1964). Religions, values and peak experiences. New York :
Viking.
Maslow, A. H. (1968). Toward a psychology of being (2e édition). New York :
Van Nostrand Reinhold.
Maslow, A. H. (1971). The farther reaches of human nature. New York : Viking.
Richard, R. L. et Jex, S.M. (1991). Further evidence for the validity of the Short
Index of Self-Actualization. Handbook of Self-Actualization (Special
Issue). Journal of Social Behavior and Personality, 6(5), 3331-338.
Rogers, C. R. (1951). Client-centered therapy : Its current practice, implications,
and theory. Boston: Houghton Mifflin.
Rogers, C. R. (1959). A theory of therapy, personality, and interpersonal
relationships, as developed in the client-centered framework. Dans S. Koch
(Éd.), Psychology : A study of a science: Vol.3. Formulations of the personal
and the social context, (p. 185-256). New York : McGraw Hill.
Rogers, C. R. (1961). On becoming a person : A therapist’s view of psychotherapy.
Boston : Houghton Mifflin.
Rogers, C. R. (1978). The formative tendency in relation to “motives” and
to consciousness. Dans M. Jones (Éd.), Nebraska Symposium on
Motivation, (p. 1-24). Lincoln, NE: University of Nebraska Press.
Rogers, C. R. (1980). A way of being. Boston: Houghton Mifflin.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
42
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
Rogers, C.R. (1985). Toward a more human science of the person. Journal of
Humanistic Psychology, 25, 7-24.
Rule, W. R. (1991). Self-actualization : A person in positive movement or simply an
esteemed personality characteristic? Handbook of Self-Actualization
(Special Issue). Journal of Social Behavior and Personality, 6(5), 248-264.
Ryff, C. (1989). Happiness is everything, or is it? Explorations on the meaning
of psychological well-being. Journal of Personality and Social
Psychology, 57, 1069-1081.
Seeman, J. (1988). Self-actualization : A reformulation. Person-Centered Review,
3(3), 304-315.
Shostrom, E. L. (1963). Personal Orientation Inventory (POI). San Diego :
Educational and Industrial Testing Service.
Shostrom, E. L. (1964). An inventory for the measurement of self-actualization.
Educational and Psychological Measurement, 24, 207-218.
Shostrom, E. L. (1974). Manual for the Personal Orientation Inventory. San
Diego : Educational and Industrial Testing Service.
Shostrom, E. L. (1975). Personal Orientation Dimensions. San Diego :
Educational and Industrial Testing Service.
Shostrom, E.L., Knapp, R. R., et Knapp, L. F. (1976). Validation of the Personal
Orientation Dimensions: An inventory of the dimensions of actualizing.
Educational and Psychological Measurement, 36, 491-494.
St-Arnaud, Y. (1996). S’actualiser par des choix éclairés et une action efficace.
Montréal : Gaëtan Morin.
Weiss, A. (1987). Shostrom’s personal orientation inventory : Arguments against
its basic validity. Personal Individual Differences, 8(6), 895-903.
Weiss, A. (1991). The measurement of self-actualization : The quest for
the test may be as challenging as the search for the self. Handbook of
Self-Actualization (Special Issue). Journal of Social Behavior and
Personality, 6(5), 265-290.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
43
Whitson, E. R. et Olczak, P. V. (1991a). Criticisms and polemics surrounding the
self-actualization construct : An evaluation. Handbook of Self-Actualization
(Special Issue). Journal of Social Behavior and Personality, 6 (5), 97-108.
Whitson, E. R. et Olczak, P. V. (1991b). The use of POI in clinical situations.
Handbook of Self-Actualization (Special Issue). Journal of Social Behavior
and Personality, 6(5), 291-310.
Interactions
Vol. 7, no 2, automne 2003
44
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
Annexe 1
Mesure de l’actualisation du potentiel (MAP)
G. Leclerc, R. Lefrançois, M. Dubé, R. Hébert et P. Gaulin
Centre de recherche sur le vieillissement
de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke
(Pavillon d’Youville)
Université de Sherbrooke
Sherbrooke, Québec, Canada , J1H 4C4
MESURE DE L’ACTUALISATION DU POTENTIEL
Voici une liste d’énoncés avec plusieurs choix de réponses.
Choisir la réponse qui correspond le mieux à ce que vous pensez présentement.
(Remettre au sujet une copie du MAP-1 pour l’aider à visualiser ses réponses)
01. Je suis une personne qui s’estime _________.
? très peu
? peu
? assez
? beaucoup
? énormément
02. En toute circonstance, je peux _________ exprimer mes émotions.
? très difficilement
? difficilement
? assez facilement
? facilement ? très facilement
03. Je suis _________ capable de prévoir mes réactions.
? très rarement
? rarement
? parfois
? souvent
? très souvent
? beaucoup
? énormément
04. Je crois _________ que la vie est bonne pour moi.
? très peu
? peu
? assez
05. Je m’adapte _________ au changement.
? très difficilement
? difficilement
? assez facilement
? facilement ? très facilement
06. Pour connaître ma valeur, je me base _________ sur ce que pensent les autres.
? très peu
Interactions
? peu
? assez
? beaucoup
? énormémen
Vol. 7, no 2, automne 2003
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
45
07. Quoiqu’il m’arrive, je fais _________ confiance à ce que je ressens.
? très peu
? peu
? assez
? beaucoup
? énormémen
08. J’ai _________ l’impression d’être responsable de ma vie.
? très peu
? peu
? assez fortement
? fortement
? très fortement
? beaucoup
? énormémen
? bien
? rès bien
09. Pour moi, le moment présent compte _________.
? très peu
? peu
? assez
10. Je connais _________ mes forces et mes limites.
? très mal
? mal
? assez bien
11. Je suis _________ porté(e) à suivre l’exemple des autres.
? très rarement
? rarement
? parfois
? souvent
? très souvent
? beaucoup
? énormémen
12. J’écoute _________ mes émotions.
? très peu
? peu
? assez
13. J’essaie _________ de me mettre dans la peau de quelqu’un pour le comprendre.
? très rarement
? rarement
? parfois
? souvent
? très souvent
14. Je crois _________ que les gens sont fondamentalement bons.
? très peu
? peu
? assez fortement
? fortement
? très fortement
15. Je peux _________ agir spontanément sans perdre le contrôle.
? très difficilement
? difficilement
? assez facilement
? facilement ? très facilement
16. Je tiens _________ à prendre moi-même mes décisions.
? très peu
? peu
? assez
? beaucoup
? énormémen
17. Je partage _________ mes joies et mes peines avec un(e) confident(e).
? très rarement
? rarement
? parfois
? souvent
? très souvent
18. En réfléchissant sur ma vie passée, il m’arrive _________ de comprendre tout à coup
pourquoi certaines choses se sont produites.
? très rarement
Interactions
? rarement
? parfois
? souvent
? très souvent
Vol. 7, no 2, automne 2003
46
Un instrument de mesure de l’actualisation de la personne à l’usage des praticiens
19. Par ma façon de voir, je donne _________ un sens à ma vie.
? très rarement
? rarement
? parfois
? souvent
? très souvent
20. Habituellement, je passe _________ à travers les échecs importants.
? très difficilement
? difficilement
? assez facilement
? facilement ? très facilement
21. Les critiques m’empêchent _________ de réaliser ce que j’ai le goût de faire.
? très rarement
? rarement
? parfois
? souvent
? très souvent
22. Avec les autres, je me montre _________ comme je suis.
? très rarement
? rarement
? parfois
? souvent
? très souvent
23. Je suis _________ porté(e) à m’engager dans des causes importantes.
? très peu
? peu
? assez
? beaucoup
? énormémen
24. J’arrive _________ à donner un sens à la vie.
? très difficilement
? difficilement
? assez facilement
? facilement ? très facilement
25. Dans les situations difficiles, je reste _________ fidèle à moi-même.
? très rarement
? rarement
? parfois
? souvent
? très souvent
26. J’exprime _________ mes opinions.
? très difficilement
? difficilement
? assez facilement
? facilement ? très facilement
27. Je peux _________ m’intéresser aux problèmes des autres sans penser aux miens.
? très difficilement
Interactions
? difficilement
? assez facilement
? facilement ? très facilement
Vol. 7, no 2, automne 2003
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertising