92A02 - Journées de la Recherche Porcine

92A02 - Journées de la Recherche Porcine
 2. Composition chimique et digestibilité de sous-produits
de l'amidonnerie de blé et de l’industrie de la pomme de terre
M. SOURDIOUX (1), F. GATEL (2), J.P. BONHOURE (3), C. KERVEADOU (1)
(1) Institut Supérieur Agricole de Beauvais-Cergy - Département des Sciences Animales, BP 313, 60026 Beauvais Cedex.
(2) Institut Technique des Céréales et des Fourrages - Pouline, 41100 Villerable.
(3) Institut Supérieur Agricole de Beauvais-Cergy - Département des Sciences et Techniques Agro-Industrielles,
32, Boulevard du Port, 95094 Cergy-Pontoise Cedex.
Une evaluation de la composition chimique, et une étude de digestibilité fécale apparente pour le porc charcutier, de différents
- Sous-produits, sont effectuées. Les deux sous-produits de l’industrie de [la pomme de terre se révèlent sensiblement différents
quant à leurteneur en MAT (14,75 vs 10,79 % MS) et en amidon (46,48 vs 55,94 % MS). Une diminution de la teneur en amidon
avec la durée de stockage (entre 0 et 15 jours) est observée. Les CUDa mesurés sur un des deux sous-produits sont de 93,1 %
pour la MS, 93,4 % pour la MO, 77,8 % pour la MAT et 90,9 % pour l'énergie brute. Excepté celui de la MAT, ils sont tous
significativement supérieurs à ceux d'un régime témoin blé-soja. | |
Les deux sous-produits de l'amidonnerie de blé évalués proviennent de deux sites de production différents, mais ne
- présentent, en moyenne, aucune différence de composition chimique entre avril et août 1990. Ils sont caractérisés par une
forte et similaire teneur en amidon (44,66 et 43,81 % MS). Cependant, des évolutions différentes des sous-produits sont
notées en relation avec la saison: pour l’un, une augmentation linéaire de la teneur en MS entre mai et décembre 1990 et
pour l'autre, une diminution linéaire de la teneur en amidon entre avril et août. Les CUDa mesurés, respectivement 90,2; 90,4;
73,3 et 88,1 % pour la MS, MO, MAT et l'énergie brute ne sont pas différents de ceux du régime témoin, excepté celui de la
MAT. - |
Use of wet by-products in pig finishing :
2. Chemical composition and digestibility of wheat starch industries and potato by-products.
Average chemical composition, causes of variability, and pig digestibility of various by-products are reported. Important
differences are shown between the two potato by-products compared. One presents a significantly higher crude protein
content (14,75 vs 10,79 % DM) and lower starch content (46,48 vs 55,94 % DM) than the other. A significant decrease in
starch content is shown over a fifteen-day storage period. Apparent fecal digestibility of one of these by-products was found
to be, DM 93,1, CP 77,8, OM 93,4 and energy 90,9 %. In comparison with a wheat-soyabean meal control diet, this potato
by-product shows significantly higher digestibility, except for crude protein.
No differences in chemical composition are observed between the two by-products issued by the wheat starch industry . They
are characterised by a high and similar content of starch (44,66 and 43,81 % DM). However, different evolutions during the
season are shown, a linear increase of DM content in one by-product between May and December and a linear decrease of -
~ starch content between April and August, in the other. Apparent fecal digestibility was found to be DM 90,2 : CP 73,3 : OM 90,4
and energy 88,1 %. Except for crude protein, digestibility is not different from the control diet.
INTRODUCTION
L'utilisation de sous-produits agro-industriels, en alimentation
porcine, peut s’avérer hasardeuse. En effet, ces matières
premières se caractérisent par une forte variabilité de leur
composition chimique et par un manque de connaissance de
leur valeur alimentaire (ALBAR etal., 1984; SMITS et SEBEK,
1988). Dans le but de mieux connaître les sous-produits
largement utilisés dans le Nord de la France, une étude de
digestibilité et une évaluation de la composition chimique
moyenne sont actuellement menées par l'I.S.A.B. et le C.T.P.
(Centre Technique du Porc, Nord-Picardie).
Dans le présent article, nous nous sommes interessés à deux
sous-produits de l’industrie de la pomme de terre, appelés
«purées de pommes de terre», et à un sous-produit de
l’amidonnerie du blé (collecté à partir de deux sites de fabrica-
tion).
Les résultats présentés concernent :
l’'évaluation de la composition chimique moyenne, et sa
variabilité entre avril et décembre 1990,
la détermination de sources de variation de la composition
chimique (le stockage, la saison, l’usine de fabrication)
la détermination des valeurs de digestibilité de l'énergie et
de l’azote.
1. MATÉRIELS ET MÉTHODES
1.1. Évaluation de la variabilité de la composition chimique
des sous-produits
1.1.1. Purées de pommes de terre
Les échantillons prélevés (46), entre avril et décembre 1990,
proviennent de 4 élevages (3 utilisant la purée issue de
l’usine À et 1 utilisant la purée issue de l’usine B). Le préleve-
ment (environ 500 ml) est effectué par l’éleveur à la vanne de
sa machine à soupe. Il est conservé congelé. La date de
livraison du sous-produit, la date de prélèvement, la durée du
stockage en cuve, et l’usine de provenance sont notés.
Les analyses chimiques sont réalisées au laboratoire de
chimie de l'I.S.A.B. Le pH, la matière sèche (MS), la matière
minérale (MM), l'amidon total (Ewers) et le phosphore font
152
l’objet d’une double détermination. La matière azotée totale
(MAT) et la matière grasse (MG) sont déterminées une seule
fois.
1.1.2. Sous-produits de l'amidonnerie
77 échantillons ont été prélevés de la même façon, entre mai
et novembre 1990, dans 6 élevages (3 élevages approvision-
nés par l’usine 1, et 3 par l’usine 2). Les notations et analyses
effectuées sont les mêmes que pour la purée de pommes de
terre (exceptée la détermination de la MG, pour laquelle la
méthode d'extraction à l’éther diéthylique ou á l'hexane, sans
hydrolyse acide, ne s'est pas avérée adéquate).
1.1.3. Analyse des résultats
Elle est basée sur des tests de comparaison de moyennes
(STUDENT) ou de comparaison des rangs. Les tests, les
calculs de corrélations et les régressions sont réalisés sur le
logiciel STATITCF.
1.2. Essais de digestibilité
L'essai a pour but de mesurer les digestibilités de l’énergie et
de l'azote d'un sous-produit de la pomme de terre (usine À) et
du sous-produit de 'amidonnerie (provenance 1). Ces deux
derniers ne pouvant être consommés seuls, l’évaluation de la
digestibilité se fait par différence (substitution à 50 %) selon un
dispositif en carré latin.
L’aliment témoin (blé 74,6 % - tourteau de soja 21,9 % - CMV)
est fabriqué en une fois à la station expérimentale |.T.C.F. de
Boigneville et se présente sous forme de farine. Les sous-
produits testés, de consistance semi-liquide sont livrés en
bidons plastiques (25 I), en une fois pour la purée de pommes
de terre, et, à raison d’une fois par semaine, pour le sous-
produit de l’amidonnerie.
L’alimentation se fait en deux repas par jour, sous forme de
soupe. Les quantités distribuées sont légèrement limitées, de
façon à ce que l’animali consommant le moins au sein d'un
groupe ingère chaque jour la totalité de sa ration. L'eau est
disponible en permanence à volonté. Une analyse complète
des matières premières et de l'aliment témoin est effectuée sur
un échantillon moyen, reconstitué à partir de prélèvements
quotidiens (tableau 1).
Tableau 1 - Composition chimique des matières premières et de I'aliment témoin.
Purée de pommes Sous-produit de Aliment
de terre l’amidonnerie témoin
MS (en %) 18,60 21,40 89,30
MO (% MS) 94,50 95,20 94,40
MAT (% MS) 11,80 15,50 20,70
CB (% MS) 3,25 2,25 3,30
AMIDON (% MS) 46,05 32,09 52,90
MG (% MS) 1,25 3,95 1,90
MM (% MS) 5,50 4,75 5,60
Ca (% MS) 0,14 0,20 0,97
P (% MS) 0,20 0,45 0,82
EB(kcal/kgMS) 4114 4 300 3 856
Les essais ont lieu dans l'unité de digestibilité d’Areines
(I.T.C.F.). Les animaux, en cage à métabolisme, sont des
porcs mâles castrés de 35 à 65 kg, issus de mère Large-White
ou Large-White x Landrace et de père Large-White x Piétrain
(schéma C.A.D.S.)”’. Les animaux, mis en lots sur la base du
poids vif, reçoivent l'un des aliments expérimentaux pendant
trois semaines de test. À la fin de cette période, chaque animal
reçoit un autre aliment expérimental pendant trois semaines.
(carré latin). Chaque test est composé de deux phases, une
phase d’adaptation de 10 ou 11 jours permettant à l'animal de
s'adapter à sa cage et à son régime, une phase de collecte des
fécès de 10 jours pendant laquelle (tout comme les 3 derniers
jours de la phase d’adaptation) les quantités d'aliments dis-
tribuées restent stables. Chaque jour la totalité des fécès est
collectée, pesée, et stockée au congélateur (- 18°c) en em-
ballage étanche.
À la fin de la période de collecte, toutes les fécès d’un animal
sont homogénéisées. Des échantillons de 300 g environ sont
prélevés et séchés à l’étuve (105°C-48h) pour détermination
de ia teneur en matière sèche . Les différents échantillons une
fois séchés sont réhomogénéisés. 100 g sont envoyés au
laboratoire de Boigneville pour détermination de la teneur en
matière organique et en matières azotées (N x 6,25). 100 g
sont envoyés au laboratoire Sanders de Sourches pour dé-
termination de la teneur en énergie brute.
153
L'analyse statistique des différences entre coefficients d'utili-
sation digestive apparente fait appel aux théories de l’analyse
de la variance. La comparaison multiple des moyennes est
réalisée par un test de Newman et Keuls.
2. RÉSULTATS
2.i. Composition chimique des purées de pommes de
terre
Le tableau 2 compare la composition chimique des deux sous-
produits (17 échantillons par usine). Ces compositions sont
celles observées peu de temps après une livraison (en moyenne
3,05 jours). Des différences significatives apparaissent entre
les deux purées pour la teneur en amidon, la teneur en MAT et
le pH. Les coefficents de variation calculés pour ces mêmes
échantillons montrent, par ailleurs, une plus grande variabilité
de la composition chimique de la purée issue de l'usine B.
Nous avons donc, sous une même appellation, deux sous-
produits sensiblement différents. Pour chacun des sous-pro-
duits, nous avons calculé les liaisons statistiques pouvant
exister entre les composantes chimiques etla durée de stockage
(variable notée Age) chez l’éleveur (de 0 a 15 jours). Les
annexes 1, 2, 3et4 donnent ies valeurs des corrélations totales
et partielles respectivement pour les usines À et B.
Tableau 2 - Composition moyenne et coefficients de variation (entre avril et décembre 1990) des purées de pommes de terre
suivant l'usine, sur des échantillons de moins de 7 jours de stockage
Usine de provenance A B
Nombre d'échantilions 17 17
Composition chimique moyenne CV (%) moyenne CV (%) proba sous Hp (%)
Âge moyen (j) 3,76 - 2,35 - 8,61
MS (en %) 18,18 8,42 17,25 10,48 11,06
MAT (% MS) 10,79 11,00 14,75 15,24 0,00
MG (% MS) 0,31 60,24 0,49 70,42 7,09
MM (% MS) 5,05 15,79 5,10 22,98 85,97
AMIDON (% MS) 55,94 10,66 46,48 17,30 0,05
P(% MS) 2,09 35,34 2,61 40,48 10,21
pH 3,79 13,49 3,42 9,69 1,82
Proba sous Ho : probabilité du test de STUDENT sous 'hypothése d’égalité des moyennes.
Pourla purée issue de l’usine À, seule la corrélation totale entre
l'amidon et!a durée de stockage chez l’éleveur est significative
(r = 0,455 pour œ = 5 %). La durée de stockage s'est avérée
parfois difficile à estimer, la cuve de l’éleveur n’étant pas
toujours vide lorsqu'une nouvelle livraison était effectuée. Cinq
autres corrélations totales sont proches du seuil de significa-
tion. Une seule corrélation partielle est significative (r = 0,552
poura=5%), la corrélation entre la matière sèche et la matière
minérale. La corrélation partielle entre l’amidon et la durée de
stockage (- 0,508) est proche du seuil de signification.
Pour la purée issue de l'usine B, 5 corrélations totales sont
significatives (r = 0,400 pour a = 5%), en particulier la corréla-
(1) Coopérative Agricole Départementale de la Sarthe
tion entre les teneurs en MAT et en AMIDON (- 0,813). Deux
corrélations partielles apparaissent significatives (r = 0,455
pour œ = 5 %) : la corrélation MAT-AMIDON (- 0,618) et
AMIDON-MS (+ 0,461).
2.2. Composition chimique des sous-produits de
l’amidonnerie
Le tableau 3 compare les compositions chimiques du sous-
- produit de l’amidonnerie en fonction du site de fabrication entre
Avril et Août 1990. Les 42 échantillons analysés ont été
stockés en moyenne 4,8 jours dans les élevages. Aucune
différence significative n’est observée. Les différences de
variabilité de composition chimique semblent également faibles
(coefficients de variation, tableau 3).
154
Tableau 3 - Composition moyenne et coefficients de variation des sous-produits de l’amidonnerie suivant le site de fabrication,
sur des échantillons de moins de 7 jours de stockage
Site de fabrication 1 2
Nombre d'échantillons 23 19
Proba
Composition chimique moyenne CV (%) moyenne CV (%) sous Ho (%)
Age moyen (|) 3,91 - 5,63 40,86
MS (en %) 22,57 8,98 23,83 14,62 16,73
MAT (% MS) 13,23 12,39 13,38 12,58 77,10
MM (% MS) 3,96 15,90 3,96 27,20 98,78
AMIDON(% MS) 44,66 11,30 43,81 12,00 60,65
P (% MS) 4,12 11,30 4,03 20,02 73,31
pH 2,76 16,80 2,95 11,20 11,93
Proba sous Hy : probabilité du test de STUDENT sous I'hypopthese d'égalité des moyennes.
En moyenne, le sous-produit est donc homogène et indépen-
dant du site de fabrication.
Comme pour les purées de pommes de terre, nous avons
calculé, par site de fabrication, les corrélations totales et
partielles entre les composantes chimiques, la saison (expri-
mée en jour), la durée du stockage (annexes 5 à 8).
Pour le sous-produit provenant de l’usine 1, seulement 4 cor-
rélations totales sont significatives (r = 0,430 pour a =5 %). La
teneur en amidon est corrélée négativement (- 0,480) à la
saison (corrélation partielle : - 0,567). Une diminution linéaire
de la teneur en amidon est donc constatée entre avril et août
1990 (figure 1).
Pour le sous-produit provenant de l’usine 2, 10 corrélations
totales sont statistiquement significatives (r = 0,330 pour
а, = 5 %). La corrélation totale entre la saison et la teneur en
MS est de + 0,626 (corrélation partielle de + 0,777). Une
augmentation linéaire de la MS avec la saison (exprimée en
jour) peut donc être visualisée entre mai et décembre 1990.
(figure 2). Aucune corrélation (totale ou partielle) n'apparaît
entre une composante chimique (en particulier la teneur en
- amidon) et la durée du stockage.
Figure 1 - Évolution de la teneur en amidon entre avril et août 1990 (site 1) ; % amidon = 47,18 - 0,08 |
Amidon en %
60 T
A
551 A
507
45 +
40 7
357
30 ——
17.4.90 7.5.90 27.5.90
16.60.90
6.7.90 26.7.90 15.8.90
Temps en jours
2.3 Essais de digestibilité
Nous avons constaté, pour toutes les digestibilités mesurées,
des différences hautement significatives entre les régimes
(tableau 4). | |
Comparativement au témoin, la digestibilité de la MS est
supérieure, et celle des MAT inférieure, pour les deux sous-
produits. Par contre, les CUDa de la MO et de РЕВ пе сот!
supérieurs a ceux du témoin que dans le cas de la purée de
pommes de terre.
155
Figure 2 - Evolution de la teneur en matière sèche entre mai et décembre 1990 (site 2) ; % MS = 21,76 + 0,04 |
MS en %
32
30
28
26
24
22
20
18
16
7.5.90 27.590 16.6.90 6.7.90 26.7.90
15.8.90
4.990 24990 14.10.90 3.11.90 23.11.90
Temps en jours
Tableau 4 - Coefficients d'utilisation digestive apparente pour les matières premières (calculés par différence)
et l'aliment témoin
Digestibilité Purée Sous-produit Aliment C.V.r Proba
| de l’amidonnerie témoin sous Ho
Matière sèche (%) 93,1c 90,2b 86,4a 1,9 < 0,01
Matière organique (%) 93,4b 90,4a 88,6a 1,6 < 0,01
Matieres azotees totales (%) 77,8a 73,3a 88,5b 4,3 < 0,01
Energie brute (%) 90,9b 88,1a 86,7a 1,7 < 0,01
Energie digestible(kcal/kg MS) 3735 3785 3750 - | -
Sur une même ligne, les digestibilités affectées d’une même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil œ = 5 %.
3. DISCUSSION
3.1. Sous-produits de l’industrie de la pomme de terre
Les valeurs de digestibilité apparente mesurées pour le sous-
produit testé sont satisfaisantes. Seule la digestibilité de la
MAT est significativement plus faible que celle du témoin (blé-
soja) maisce CUDa de 77,8 % peut être considéré comme bon.
NICHOLSON et al. (1988) déterminent, en effet, sur un autre
sous-produit de la pomme de terre («potato peels») une
digestibilité de 61,3 %, sans pour autant détecter d’inhibiteurs
de la trypsine ou de la chymotrypsine. Nos résultats sont
proches de ceux obtenus par VAN LUNEN et al. en 1989
valeurs de digestibilité et l’écart entre le niveau iléal et fécal
sont fortement liés à l'ampleur de la cuisson. Ainsi,
LIVINGSTONE et a/., en 1979, constatent entre une cuisson
totale et partielle une réduction de la digestibilité des MAT de
19 % au niveau fécal, et de 48 % au niveau iléal. L'importance
de cette dernière chute serait associée au maintien de facteurs
antinutritionnels insuffisamment détruits par le traitement
thermique. Par contre, le plus faible écart observé au niveau
fécal pourrait s'expliquer par une utilisation accrue des MAT au
niveau du caecum et colon par voie microbienne. (MASON et
- al, 1976 cité par ZEBROWSKA, 1982) Dans ces conditions,
(78,2 %) pour un sous-produit équivalent («potato steam
peeis»). La «purée de pommes de terre» que nous avons
évaluée est donc probablement suffisamment chauffée pour
désactiver l’ensemble des inhibiteurs des protéases de la
pomme de terre. Au moins 13 inhibiteurs de la trypsine ou de
la chymotrypsine sont en effet recencés par BELITZ et al.
(1971)(cités par LIVINGSTONE et al., 1980). LIVINGSTONE
et al. (1980) suggerent également la présence d'autres types
de facteurs antinutritionnels thermo-sensibles.
Dans le cas de la pomme de terre et de ses sous-produits, les
l’écart entre les digestibilités de la MAT appréciées parle CUDr
et le CUDa serait plus grand.
Des résultats similaires sont obtenus par KROONSBERG et
al.(1991) sur de l’amidon de pomme de terre. En revanche, ces
auteurs n'obtiennent pas, ou peu de différence pourde la pulpe
de pomme de terre.
À chaque sous-produit peut donc correspondre des valeurs de
digestibilité iléale et fécale fortement différentes (en particulier
pour la MAT et l’amidon) dépendantes, pour une large part, du
procédé industriel dont il est issu. I! serait donc hatif de
généraliser le résultat observé sur le sous-produit évalué, à
Pensemble des sous-produits de la pomme de terre utilisés en
Nord-Picardie. Les différences de teneurs en amidon et en
MAT observées, la modification de la composition chimique
pendant le stockage, sont autant de facteurs pouvant modifier
la valeur nutritionnelle.
La diminution linéaire de la teneur en amidon en fonction de la
durée de stockage est voisine de 1 % par jour (b y/x = - 0,93
pour l'usine À, b y/x = - 0,86 pour l’usine B, soit une diminution
moyenne calculée de - 0,89 % amidon/jour). Ce résultat peu
précis (r2 = 0,3) limite son exploitation en tant que prédiction
de lateneur en amidon. Ilest cependant conforme aux résultats
observés par EDWARDS et al. (1986) a partir d’échantilions
conservés en laboratoire (b y/x = - 1,13 % amidon/jour).
EDWARDS et al. montrent également que cette diminution
d’origine bactérienne est associée à une production d'acide
lactique et acétique. |
Ces modifications biochimiques pendant le stockage restent à
confirmer pour les deux sous-produits observés dans cette
étude, à partir d’un protocole éliminant les imprécisions de
collecte. L'influence de ces modifications sur la digestibilité (en
particulier de la matière organique et de l'azote) reste à étudier.
Enfin, ce travail sur la valeur des sous-produits de la pomme
de terre est à poursuivre, en particulier, dans la connaissance
des teneurs en acides aminés.
3.2. Sous-produits de l’amidonnerie du blé
Les résultats de digestibilité fécale obtenus pour le sous-
produit de l’'amidonnerie testé (provenance 1) sont voisins de
ceux du témoin (blé-soja), excepté pour le CUDa de la MAT.
RÉFÉRENCES
« ALBAR, J.; CHAUVEL, J.; SAULNIER, J.; POULENG, J.; 1984.
Techniporc, 7, 1, 65-114. |
в EDWARDS, S.A; FAIRBAIRN, C.B.; CAPPER, A.L.; 1986. Anim.
Feed Sci. and Techno., 15, 129-139 |
« IN.R.A.; 1989. L'alimentation des animaux monogastiques : porc,
lapin, volailles. INRA éd. PARIS, 282 p. |
* KROONSBERG, C.; KEMME, P.A.; SNIJDERS, C.;1991. Rapport
IVVO N° 226, 11 p. |
« LIVINGSTONE, R.M.; BAIRD, S.A.; ATKINSON,T.; CROFTS,
R.M.J.; 1979. Anim. Feed Sci. and Techno., 4, 295-306.
156
Ces résultats sont également proches des valeurs INRA
(1989) pour le blé ou divers sous-produits du blé. Les valeurs
en énergie digestible varient, en effet, de 2300 (pour le son) a
3700 kcal/kg de produit brut (pour le germe) et les valeurs du
CUDa de la MAT varient de 90 % (farine) a 65-67 % (pour le
son). La valeur obtenue pour le CUDa de la MAT du sous-
produit testé (73,3 %) apparaît comme intermédiaire, laissant
supposer qu'une partie seulement des protéines les plus
digestibles sont extraites par le procédé industriel. Là encore,
une analyse des acides aminés présents dans cette protéine
sera une suite indispensable pour la meilleure connaissance
de ce sous-produit.
Contrairement aux sous-produits de la pomme de terre, l'analyse
des composantes chimiques ne révèle pas de différences
entre les deux sites de production, entre avril et août 1990.
Cependant, certaines évolutions sont à souligner, et confirment
les difficultés d'utilisation rationnelle du sous-produit. La baisse
de la teneur en amidon observée (provenance 1) est un
exemple précis de l'incidence d’une modification du procédé
industriel sur la composition d’un sous-produit.
REMERCIEMENTS
Les auteurs remercient pour leur aide précieuse
Melle P. LESTRADET, Mme J. MARCHAND, Mr F. WILLE-
QUET (I.S.A.B.) et l’ensemble du personnel des stations
d'AREINES et de BOIGNEVILLE (1.T.C.F.).
Ces travaux sont réalisés grâce à la participation financière du
Ministère de l’Agriculture et de la Forêt, et du Conseil Régional
de Picardie.
BIBLIOGRAPHIQUES
- LIVINGSTONE, R.M.; BAIRD, S.A.; ATKINSON, T.;
CROFTS,R.M.S.; 1980. J. Sci. Food Agric., 31, 695-700.
* NICHOLSON, J.W.G.; SNODDON, P.M.; DEAN, P.R.; 1988. Can.
J. Anim. Sci, 68, 233-239.
* SMITS, B.; SEBEK, L.B.J.; 1988. Annual Report, 1987, 32 p.
se STATITCF; 1988. Manuel d'utilisation. 1.T.C.F. Boigneville, France.
« VAN LUNEN, T.A.; ANDERSON, D.M.; ST. LAURENT, A.M,
NICHOLSON, J.W.G.; DEAN, D.R.; 1889. Can. J. Anim. Sci., 69, 225-
234. |
+ ZEBROWSKA, T.; 1982. Les colloques de l'i.N.R.A. N° 12. 27-29
oct. 1982, 225-236.
157
Annexe 1 - Matrice de corrélations totales (à partir de 19 prélèvements de l’usine A)
MS MAT pH MG MM P AMIDON AGE
MS 1,000
MAT -0,378 1,000
pH 0,402 -0,275 1,000
MG -0,172 0,153 -0,477 1,000
MM -0,446 -0,057 0,125 -0,418 1,000
P 0,044 0,442 - 0,019 0,146 -0,336 1,000
AMIDON 0,006 -0,104 0,453 -0,132 0,123 -0,192 1,000
AGE 0,012 -0,187 -0,221 0,123 -0,084 0,035 -0,539 1,000
Annexe 2 - Matrice de corrélations partielles (usine A)
MS MAT pH MG MM P AMIDON ÁGE
MS EE
MAT -0,343 EE
pH 0,366 -0,158 oe
MG -0,239 -0,084 -0,334 hi
MM -0,603 -0,100 0,196 -0,436 a.
P -0,036 0,454 0,301 0,066 -0,268 oer
AMIDON -0,218 -0,086 0,466 0,127 -0,096 -0,210 re
AGE -0,116 —-0,301 0,031 0,058 0,050 0,044 -0.508 a
Annexe 3 - Matrice de corrélations totales (à partir de 25 prélèvements de l’usine B)
MS MAT pH MG MM P AMIDON ÂGE
MS 1,000
MAT -0,462 1,000
pH 0,220 -0,060 1,000
MG -0,159 0,276 -0,011 1,000
MM -0,284 0,655 -0,158 0,083 1,000
P -0,366 0,371 -0,351 0,334 0,210 1, 000
AMIDON 0,581 -0,813 0,162 -0,328 -0,598 -0,277 1, 000
AGE 0,029 0,275 -0,149 0,080 0,316 0,008 -0,325 1,000
Annexe 4 - Matrice de corrélations partielles (usine B)
MS MAT pH MG MM P AMIDON ÂGE
MS xxx
MAT 0,038 rx
pH 0,094 0,269 so
MG 0,128 -0,038 0,130 E.
MM 0,081 0,367 -0,122 -0,153 re
P -0,231 -0,327 0,145 -0,274 -0,143 a.
AMIDON 0,461 -0,618 0,145 -0,274 -0,143 0,247 Bh
AGE 0,267 0,009 -0,156 0,007 0,119 -0,072 -0,219 rE
158
Annexe 5 - Matrice de corrélations totales (23 échantillons collectés entre avril et août 1990)(site 1).
SAISON | AGE MS MAT pH MG MM P AMIDON
SAISON 1,000
ÂGE -0,249 1,000
MS 0,053 0,140 1,000
MAT -0,018 0,058 0,125 1,000
pH -0,435 0,256 0,191 0,292 1,000
MG -0,279 -0,079 0,391 -0,173 0,255 1,000
MM 0,113 0,279 -0,284 0,080 -0,025 -0,255 1,000
Р 0,043 0,028 -0,347 0,586 0,210 -0,181 0,461 1,000
AMIDON -0,480 0,273 0,098 -0,216 0,180 -0,155 -0,085 -0,373 1,000
Annexe 6 - Matrice de corrélations partielles (site 1)
SAISON AGE MS MAT pH MG MM P AMIDON
SAISON oe
AGE -0,222 ..
MS 0,448 0,249 a
MAT -0,245 -0,057 0,513 x
pH -0,208 0,157 0,120 0,130 E”
MG -0,523 -0,193 0,536 -0,434 0,198 Ke
MM 0,127 0,342 -0,050 -0,211 -0,083 -0,055 a
P 0,028 -0,030 -0,420 0,593 0,234 0,075 0,446 a.
AMIDON -0,567 0,027 0,255 -0,224 0,162 -0,520 0,074 -0,235 a
Annexe 7 - Matrice de corrélations totales (35 échantillons collectés entre mai et novembre 1990) (site 2)
SAISON | AGE MS MAT pH MG MM P AMIDON
SAISON 1.000
AGE 0,027 1,000
| MS 0,626 -0,012 1,000
MAT 0,091 0,172 -0,054 1,000 |
pH 0,222 -0,113 0,311 0,176 1,000
MG 0,166 0,084 0,437 0,336 0,230 1,000
MM -0,105 -0,070 -0,679 0,232 -0,116 -0,218 1,000
P 0,047 0,117 -0,221 0,267 0,369 0,130 0,454 1,000
AMIDON -0,073 0,044 0,159 -0,548 -0,335 -0,177 -0,510 -0,545 1,000
Annexe 8 - Matrice de corrélations partielles (site 2)
SAISON AGE MS MAT pH MG MM P AMIDON
SAISON a
ÁGE 0,008 ***
MS 0,777 -0,029 a
MAT 0,180. 0,226 -0,204 x
pH -0,038 -0,202 0,168 0,050 a.
MG -0,304 0,001 0,451 0,342 -0.071 rex
MM +0.517 -0.145 -0.698 -0.081 -0.173 0.099 a
P 0,121 0,255 0,164 -0,148 0,399 0,199 0,172 oe |
AMIDON 0,152 0,114 -0,206 -0,459 -0,217 0,016 -0,419 -0,257 E.
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