Introduction de la classification décimale de Dewey à la

Introduction de la classification décimale de Dewey à la
Institut de Formation des Bibliothécaires
Marie-Laure PATHE-GAUTIER
Introduction de la classification décimale de Dewey a la
Bibliographie nationale francaise - section livres
(Bibliothéque nationale de France)
Projet professionnel personnel de bibliothécaire :
dossier d’aide à la décision
1998
Sous la direction de Florence Muet,
IFB, tuteur pédagogique
Tuteur professionnel : Tuteur scientifique :
Claudine Belayche, Marie-Renée Cazabon,
directrice des bibliothèques directrice des bibliothèques du
municipales d’Angers Collège de France
« Que me demande-t-on au juste ?
S1 je pense avant de classer ?
Si je classe avant de penser ?
Comment je classe ce que je pense ?
Comment je pense quand je veux classer ? »
Georges Perec, Penser/ Classer
INTRODUCTION
La Bibliographie Nationale Francaise (BNF) est un service de la Bibliothèque nationale de
France (BnF) qui fait partie de la Direction du Développement Scientifique et des Réseaux
(DDSR). Elle a, par cette position même, vocation à servir de modèle, d’école, sur le plan
national et international, en matière de catalogage et d'indexation.
Jusqu’à présent, seule existe dans les notices de la BNF une indexation matière selon
RAMEAU (Répertoire d’Autorités Matière Encyclopédique Alphabétique Unifié). L'ouverture
du haut-de-jardin du site de Tolbiac en libre accès, par sa mission d'accueil du « grand public », a
été - entre autres - l’occasion de repenser des stratégies d’accès aux documents. Pour l'indexation
systématique, le choix s’est finalement porté sur la Classification Décimale de Dewey (CDD). La
CDD est donc utilisée actuellement à la BnF dans une double perspective de classement
(cotation) et d’indexation des ouvrages acquis pour le libre accès. Elle est programmée pour
l'indexation des ouvrages du dépôt légal.
Après un rappel historique sur les choix préliminaires de la CDD par la Direction de
PImprimé et de l’Audiovisuel (DIA) et d’une courte analyse de la situation actuelle dans cette
même direction, nous envisagerons la mise en place de la CDD à la BNF - livres en termes de
formation du personnel et d'utilisation du fichier d’autorités Dewey en cours de création, ainsi
que les bénéfices apportés par cette double indexation, analytique et systématique, en matière de
recherche documentaire, d’échanges de notices avec d’autres bibliothèques et de vente de
produits bibliographiques.
I] est important de mener cette étude avant la deuxième phase de mise en place du nouveau
Système d'Information (SI) - des choix de paramètres devant avoir lieu en amont.
1. HISTORIQUE DU CHOIX DE LA CLASSIFICATION DECIMALE
DE DEWEY
Dès 1991, à l’époque de l’Etablissement Public de la Bibliothèque de France (EPBF),
différents groupes de travail ont réfléchi au choix d’une indexation systématique. Un projet
d’ouverture d’établissement en libre accès existait avant même l’idée de fusion EPBF + BN
(Bibliothèque Nationale). Sur le site Richelieu de la BnF (ex Bibliothèque Nationale), il n’y a pas
de documents en libre accès à part quelques usuels.
Il y avait plusieurs alternatives possibles. On pouvait soit utiliser des classifications existantes
telles que la Classification Décimale Universelle (CDU), la CDD, la Library of Congress
Classification (LCC), soit profiter de l’occasion pour inventer une nouvelle classification. Le
groupe de travail présidé par Annie Béthery « Accès aux documents » en mai 1991 recommandait
«une nouvelle classification adaptée à l’état actuel des connaissances et susceptible d'intégrer
sans difficultés leurs futurs développements, [qui permettrait] un classement correct ainsi qu’une
indexation pertinente des collections de la Bibliothèque de France. »'
Cependant l’élaboration d’une nouvelle classification ne pouvait s’effectuer rapidement et les
contraintes de calendrier du projet imposèrent au groupe de travail de choisir parmi les
classifications existantes celle qui pouvait le mieux convenir aux besoins de la Bibliothèque de
France (BDF).
La CDU ne comportant pas de mise a jour récente, inadaptée aux exigences actuelles, fut
rapidement écartée.
Nous allons donc faire une comparaison que nous limiterons a celle des deux classifications
retenues en dernier lieu, la CDD et la LCC.
1 EPBF - Rapport des groupes de travail, groupe « Accès aux documents ». - 1991, p. 42.
- son caractere énumératif permet
des mises a jour
- les mises 4 jour sont régulieres
- grand réservoir de notices OCLC
(Online Computer Library Center)
- la BDF aurait la méme classifica-
tion que la plus grande collection du
monde et que de nombreuses bi-
bliotheques anglo-saxonnes
- recommandée en France aux
bibliothèques universitaires (BU)
dans une circulaire ministérielle de
1988
- langue
- son classement « colle » à la produc-
tion éditoriale, institutionnelle et
idéologique nord-américaine |
- date de la fin du 19** siècle
- pas de guide détaillé pour les utili-
sateurs
- pas d'index général
- pas de cumulatif des mises a ¡our
- pas de version française des tables
- pas de version informatisée des
tables
- aucune formation en France à
l'indexation OCLC
- la BDF ne serait pas le centre d’un
réseau national et international
- Organisation générale adaptée aux
connaissances de notre temps
- simplicité et universalité du système
de notation
- plan de classement permettant
l’accueil de nouvelles notions
- index général très détaillé (+ de 100
000 entrées)
- notation signifiante : on peut lire
un indice
- assez bonne précision grâce aux
tables auxiliaires
- mises a jour récentes et fréquentes
des instruments d’indexation :
. papier
. CD-ROM a partir de 1992
- instructions détaillées pour les utt-
lisateurs
- indices Dewey figurent dans les
CIP (Cataloguing 1n Publication)
- traduction francaise
- très utilisée dans les bibliothèques
publiques
- recommandée en France aux BU
dans une circulaire ministérielle de
1988
- utilisée dans 135 pays
- enseignée en France dans les struc-
tures de formation
- date de 1876. Son cadre général est
vieilli (par ex. : sépare la langue 400 et
la littérature 800)
- Sa structure décimale est non
modifiable (ex.: la psychologie fait
partie de la philosophie)
- cadre de classement par discipline
entraînant la dispersion des sujets en
fonction des points de vue sous
lesquels 1ls sont traités
- sa vision du monde est tres WHASP
(white anglo-saxon protestant) surtout
en philosophie, psychologie, droit et
religion
- le développement des pays de langue
anglaise est plus important (ex. : nota-
tions géographiques)
- nouveaux domaines : indices très
longs ou rigidité du cadre décimal
attribuant un espace insuffisant à
certaines disciplines (ex. : sciences et
techniques)
Finalement la CDD fut retenue pour son nombre d’avantages supérieur a ceux apportés par
la LCC, « tant pour le classement en libre acces que pour la recherche documentaire a la BDF
ainsi que pour le classement de la bibliographie nationale dont la publication sera assurée par
PABN (Agence Bibliographique Nationale) »'.
Ce choix ne devait être que provisoire. Il devint vite définitif. -
1 EPBF - Rapport des groupes de travail, groupe « Accès aux documents ». - 1991, p. 59.
2. EXPERIENCE DE LA DIRECTION DE L’IMPRIME ET DE
L’AUDIOVISUEL
2.1 PRESENTATION DE LA CLASSIFICATION DECIMALE DE DEWEY :
La classification de Dewey, créée en 1876 par le bibliothécaire Melvil Dewey a été
constamment rééditée et complétée. Elle se présente comme une classification systématique et
encyclopédique dont le cadre de classement est structuré par l’emploi d’une notation décimale.
Elle découpe l’ensemble des connaissances en dix classes principales de O à 9, elles-mêmes
subdivisées chacune de façon hiérarchique en cent divisions de 001 à 999 et autant de
subdivisions que nécessaire.
Un indice comporte obligatoirement au moins trois chiffres. On indexe toujours au plus
précis et la liste des indices composés (indices de base + tables de subdivision) est quasiment
illimitée. La notation peut être extensible à l’infini afin de symboliser des sujets de plus en plus
précis.
À la BnF haut-de-jardin, la Dewey est utilisée dans une double perspective d’analyse
documentaire (indexation) des ouvrages acquis pour le libre accès et de classement de ces fonds
(cotation).
L'indexation est un processus destiné à représenter par les éléments d’un langage
documentaire ou naturel des données résultant de l’analyse du contenu d’un document ou d’une
question. Elle ne concerne que son traitement intellectuel.
En format de catalogage Intermarc (INTERnational MAchine Readable Cataloguing),
l'indice Dewey est donné en zone 676 de la notice bibliographique.
La cotation concerne le traitement matériel du document par l’attribution d’une place
physique dans les collections. Cette cote fait partie des données locales et se trouve en zone 966.
La cotation peut donc donner lieu à des adaptations. Elle constitue l’adresse du document.
À la BnF haut-de-jardin, la CDD a ainsi été adaptée au mode d’organisation des collections
en libre accès (départements thématiques et disciplines).
2.2 MISE EN ŒUVRE DE LA CDD :
L’EPBF a commencé ses acquisitions bien avant la réalisation de sa fusion avec la BN pour
constituer la BnF.
A partir de 1992, le secteur catalogage de l’EPBF met en place une structure opérationnelle.
Rapidement, l’application de la CDD complète ne produit pas nécessairement ce qui est prévu
pour l’organisation des collections dans l’esprit des acquéreurs. Les contraintes liées à
l’organisation des collections par discipline’ entrainent un travail d’adaptation de la CDD pour la
cotation. Ce travail, mené conjointement par le secteur acquisition et le secteur catalogage donne
leu à la rédaction d’une liste de cotes et de documents par discipline, validés par un comité de
pilotage BN/EPBF (sept.1992 - juin 1993). Il est ensuite pris en charge par une structure
spécifique, la cellule cotation”, créée au 2°"° trimestre 1993, aujourd’hui rattachée à la Mission
pour l’Organisation et le Transfert des Collections (MOTC). En revanche, pour l’indexation, le
choix a été fait de ne pas déroger aux règles de la Dewey dans la perspective d’échanges
bibliographiques, et donc de ne faire aucune adaptation.
Pour les catalogueurs, indexation (Dewey stricte) et cotation (Dewey adaptée) deviennent
alors deux options distinctes, régies par leurs règles et leurs outils propres.
2.3 OUTILS UTILISES :
2.3.1 Editions imprimées:
Les services du catalogage utilisent la vingt-et-unième édition intégrale en langue anglaise de
la Dewey decimal classification. Cette édition en quatre volumes date de 1996. Elle a été publiée par
les éditions Forest press, organe de diffusion de la Dewey, intégrées à l'OCLC en 1988. Elle est
complétée par des fascicules de mises à jour (additions, corrections.) à périodicité variable.
Le premier volume donne les regles d'utilisation de la classification et de construction des
indices, ainsi que les sept tables de subdivisions qui peuvent étre ajoutées aux indices de base
pour apporter différents éléments de précision (point de vue, localisation géographique, date,
forme...)
Les volumes deux et trois contiennent la liste des indices de base de 001 a 999. Des
précistons d'utilisation accompagnent chaque indice ou groupe d'indices.
Le dernier volume contient un index des sujets suivi d’un manuel d'utilisation des regles
pour les cas délicats.
Une traduction française intégrale est en cours. Elle devrait paraître en 1998 et sera publiée
en coédition par les bibliothèques nationales de France, du Canada, du Québec et l’Association
pour l’Avancement des Sciences et des Techniques de la Documentation (ASTED). Version
! Rappel : le passage d’un classement par support à un classement thématique avec la création des départements de
la BnF ont induit une problématique différente en matière d'indexation.
2 Cette cellule, transversale aux départements a été créée pour garder la cohérence, consigner les choix et élaborer
les outils d'indexation et de cotation. Elle a établi des règles de cotation et des listes de cotes par discipline. Elle
gère la base des cotes aussi bien pour le contenu (suppression et création de cotes, modifications des intitulés…)
que pour les produits statistiques.
papier et version CD-ROM sont prévues. Pour la France, certaines adaptations ont été
demandées, particulièrement en droit, administration et histoire. Faute de temps, les
modifications du droit ont dû être abandonnées. En histoire de France, quelques développe-
ments d'indices ont été acceptés, mais toutes les modifications ont été refusées.
Les éditions Forest press et l'ASTED ont publié en 1994 une édition en langue française en
deux volumes dite « Edition intermédiaire de la classification décimale de Dewey» avec la
collaboration de la bibliothèque nationale du Canada. Les catalogueurs maîtrisant mal l’anglais
l'utilisent un peu au début de leur formation. De même, ils utilisent éventuellement l’édition
abrégée française réalisée par Annie Béthery (abrégé de la traduction de la 21°” édition vient de
paraître).
2.3.2 Version CD-ROM :
Une version annuelle en anglais sur CD-ROM : Dewey for Windows, existe depuis 1993.
Reprenant intégralement l’éditton papier et incluant les dernières mises à jour, elle est à la
disposition des catalogueurs. Elle offre des techniques de fenêtrage et de recherche en ligne et lie
aux indices Dewey les vedettes-matières de la Bibliothèque du Congrès. Elle propose un exemple
de notice bibliographique pour illustrer concrètement chaque indice.
2.3.3 Outils auxiliaires:
Les catalogueurs utilisent également :
- les quatre manuels de cotation propres à chaque département thématique de la DIA,
- le manuel du catalogueur dans la base Geac-Libre Accés qui comporte un chapitre « Indexation
et cotation »,
- la base GEAC-Ivry : plus de 40 000 indices déjà utilisés,
- le CIP : notice catalographique portée en tête de l’ouvrage par les principaux éditeurs anglo-
saxons et comprenant un indice Dewey,
- les CD-ROMs des bases bibliographiques américaines et britanniques dont les notices
comprennent une indexation Dewey : OCLC, CD-MARC, BNB,
- 1a base OCLC sur Internet (http://www.oclc.org/oclc/fp).
2.4 INTERET ET LIMITES DE L’INDEXATION DEWEY :
Dans le chapitre sur l’historique du choix de la CDD, nous en avons déjà cité avantages et
inconvénients. La Dewey se voulant d’abord un outil de classement pour des collections
encyclopédiques en libre accès, elle définit un ensemble de règles pour aider le catalogueur à
assigner à chaque ouvrage un indice et un seul. Cependant, puisqu’elle est aussi utilisée comme
outil d'indexation, pour certains ouvrages qui traitent de sujets différents, il serait dommage de
n’utiliser qu’un indice. Nous garderons donc en premier celui qui traite du sujet principal et en
ajouterons d’autres en essayant de nous limiter à trois.
L'utilisation de toutes les tables auxiliaires entraîne une tendance à la création d’indices très
longs (17-18 chiffres). Même si nous en trouvons de ce type dans le CD-ROM du haut-de-jardin
actuellement, il faut noter qu’il est très difficile, au-delà de 4 chiffres après le point, de mémoriser
correctement ou de recopier sans faute un indice.
Exemples : 003.850 1135369, 133.335 90899639, 155.422 08991411, 200.709 44360904,
302.224 409450902, 330.151 3094409032, 428.344 10246176, 541.220 2855365, 546.224 2015118,
560.172 30971168, 616.868 44500835, 704.948 209453109024, 930.102 804095694.
Toutefois, les chercheurs s’attendent à trouver sous le même indice tous les documents
correspondant à leurs préoccupations. L'indexation n’a donc pas une perspective analytique,
mais plutôt synthétique en vue d’un regroupement utile à la recherche. Elle ne répond pas aux
mêmes besoins que le catalogue par sujets. De plus, le regroupement des documents a l’avantage
de donner un aperçu véritable des acquisitions effectuées dans une sous-discipline donnée et de
permettre une évaluation de la politique d'acquisition. La Dewey est utilisable comme instrument
statistique.
Dans la Dewey, chaque discipline ne dispose que de dix divisions principales, ce qui peut
s’avérer étroit pour des domaines qui ont connu une forte expansion depuis la fin du 19° siécle,
tels que les techniques.
Le traitement inégal des disciplines résulte aussi de l’origine américaine de la Dewey. Ainsi
les divisions 200 à 289 sont-elles réservées aux religions chrétiennes.
Actuellement, par la CDD, l’accès aux notices est très rudimentaire. Les renvois sont
simples et plus mal gérés qu’avec des catalogues papier. Ceci est principalement lié aux
contraintes des fournisseurs de logiciels et non à de réelles contraintes techniques. De plus, des
indices sans traduction en langage clair sont hermétiques. Cela devrait changer avec l’élaboration
d’un fichier d’autorités Dewey dont nous reparlerons plus loin en 4.3.3. Dès 1996, la Direction
du Livre et de la Lecture, dans ses recommandations (Bibliothèque et informatique), stipule que
la classification « devra être accessible par l’indice et par le libellé en clair des rubriques
paramétrées par la bibliothèque. À partir de l’indice Dewey, on peut souhaiter proposer à l’usager
un accès par arborescence thématique. Le système donne une liste de grands thèmes puis, pour
chacun, les sous-thèmes. Il peut y avoir ainsi différents niveaux de sous-thèmes. »
La recherche par sujet est la plus forte demande en bibliothèque. Mais dans le contexte
Lo | |
actuel, la navigation est souvent impossible et la recherche par mots du titre est plus efficace. Si
une navigation devient possible avec un élargissement aux termes génériques, spécifiques,
associés, elle pourra retrouver sa place.
2.5 COMPLEMENTARITE RAMEAU-DEWEY :
Bien sûr, les documents sont indexés alphabétiquement grâce à une liste d’autorités matière ;
mais une indexation systématique prenant pour base la CDD offre une autre approche pour la
recherche documentaire. On obtient grâce à la conjonction de ces 2 types d’indexation différents
mais complémentaires des résultats supérieurs. De plus, l’indexation systématique peut servir à
l'élaboration de produits documentaires divers.
De nombreuses vedettes construites dans RAMEAU présentent un parallélisme formel avec
la structure de construction des indices Dewey. La connaissance par les catalogueurs des deux
outils d'indexation contribue de ce fait à leur cohésion.
L'indexatton RAMEAU est plus analytique (ex. : ouvrage sur une petite ville, biographie
d’un individu. ..), l'indexation Dewey est plus systématique (elle ne permet pas une indexation
aussi fine. Ex. : les subdivisions de la France s’arrêtent au département). Il n’y a donc pas de
redondance à les utiliser conjointement. Dans le tableau suivant, nous en avons établi une
comparaison rapide par genre de document et par type d'indexation :
au nom de Pindrvidu indexé au genre du biographié
(profession, sport...)
DS possible, même par troncature à droite
2 au genre littéraire
problemes de compréhenston untverselle
traduction
au nom du logiciel a logiciels sans distinction
au nom de l’espèce au nom de la famille
(terme spécifique) (terme générique)
au nom de la ville s’arrête au département
création toujours possible d'indexer
10
La CDD est très utile pour les non francophones (il est plus facile de faire des recherches
par la CDD « universelle » que par RAMEAU en français).
2.6 INDEXATION DEWEY DANS LES SERVICES DE CATALOGAGE DE LA
DIA :
Chaque catalogueur est aussi indexeur et traite les ouvrages d’une même discipline, attribuée
selon ses compétences. Il acquiert ainsi une spécialité dans l’indexation d’un domaine de
connaissances. L’indexation Dewey vient s’ajouter dans le traitement intellectuel des ouvrages à
la description bibliographique, aux accès auteurs et titres, à l’indexation matières RAMEAU.
Le choix d’indices complets peut aller jusqu’à 16 chiffres. II peut y avoir plusieurs indices par
ouvrage (cf. manuel de cotation).
Dès 1994, avec le développement des départements thématiques, un coordinateur Dewey a
été nommé dans chaque département.
Dans chaque département (D1 à D4), les responsables de l’encadrement du catalogage et de
l’indexation assurent la formation initiale et continue de la CDD et le conseil (rédaction de
documents, séances de travail propres à une discipline…). La formation initiale au catalogage et à
l’indexation RAMEAU est faite par le Service de la Coordination Bibliographique (SCB)'.
La relecture (vérification de la pertinence et de la cohérence de l’indexation) des notices
réalisées par les catalogueurs/indexeurs est faite dans les départements. Dans le D3 (sciences et
techniques), à l’intérieur de chaque équipe, le relecteur vérifie les indexations en RAMEAU et en
Dewey. Dans les autres départements (D1, D2, D4), les deux relectures sont distinctes,
effectuées par deux personnes différentes. Ces deux pratiques coexistent donc, sans
qu'apparemment 1l soit possible de dire si l’une est plus performante que l’autre.
Un conservateur par département est chargé de la coordination de l'indexation et de la
cotation Dewey en lien avec la cellule cotation.
! Ce service, rattaché à la DDSR mais ne dépendant pas de l’Agence bibliographique, est transverse par rapport aux
différents services de catalogage de la BnF. Il veille à la coordination et à la cohérence de l’ensemble des opérations
effectuées dans les catalogues.
Au sein du SCB, les gestionnaires des fichiers d’autorité sont organisés par fichier d’autorité et leur nombre varie
d’un fichier à l’autre (ex. : 1 personne en charge du fichier des titres uniformes mais 13 pour le fichier des autorités
matière).
11
3. LA BIBLIOGRAPHIE NATIONALE FRANCAISE -
SECTION LIVRES
3.1 PAGENCE BIBLIOGRAPHIQUE NATIONALE:
3.1.1 Missions :
D’après le décret n° 94-3 du 3 janvier 1994 portant création de la Bibliothèque nationale de
France, elle assure les missions fondamentales dévolues à une bibliographie nationale :
- collecte de la production documentaire française soumise au dépôt légal (DL) hors
collections spécialisées (tous les documents édités, imprimés ou diffusés en France,
commercialisés ou non) et collecte des documents informatiques,
- production, édition et diffusion de l’information bibliographique de ces documents sous
forme de bibliographie nationale (édition imprimée, CD-ROM, acces en ligne via
Internet).
D’après le texte fondateur de 1994 sur l’organisation et la gestion du dépôt légal, interne à la
BnF, elle a une autorité scientifique et un rôle de coordination technique envers les autres
documents assujettis au dépôt légal : estampes, affiches, cartes, plans, etc.
Au niveau de la France, l’agence assure le secrétariat du Conseil Scientifique du dépôt légal
dont la présidence est assurée par le président de la BnF. Ce conseil est constitué de
représentants des 4 instances dépositaires du dépôt légal (Bibliothèque nationale de France,
Centre National de la Cinématographie, Institut National de l’Audiovisuel, Ministère de
l'Intérieur). L'agence met en œuvre la législation du dépôt légal et son suivi.
Sur le plan international, PABN participe aux travaux des commissions de IFLA
(International Federation of Library Associations and institutions), de l'Unesco, de la Conférence
européenne des directeurs de bibliothèques nationales (ECNL = European Conferences for
National Libraries) et de la Conférence des directeurs de bibliothèques nationales (CDNL =
Conference of Directors of National Libraries) sur la promotion du dépôt légal, l’évolution de sa
législation et sur le dépôt légal des nouveaux supports.
3.1.2 Structure :
La création de l’Agence Bibliographique Nationale (ABN) au sein de la DDSR date de la
mise en place des structures de la BnF en janvier 1994.
L'ABN est composée de trois services :
- le service du Dépôt légal qui comprend trois sections : livres, périodiques et documents
informatiques,
12
- le service de la Bibliographie nationale française qui comprend deux sections : livres et
périodiques,
- le bureau de 'ISSN et de la numérotation bibliographique.
Les trois services assurent le traitement complet des livres, périodiques et documents
informatiques. Après leur enregistrement, catalogage, indexation et cotation, les documents sont
gérés dans les magasins de la DIA, à destination des lecteurs du rez-de-jardin.
Le dépôt légal assure seul le traitement complet des documents informatiques.
3.2 LA BIBLIOGRAPHIE NATIONALE FRANCAISE - SECTION LIVRES :
3.2.1 Missions :
Conformément aux recommandations du contrôle bibliographique universel (CBU), le
service de la BNF-livres assure le traitement bibliographique de la production éditoriale française
en créant, pour chaque livre reçu au titre du dépôt légal, une notice dans la base BN-Opale. Il
s’agit d’un catalogage de référence (puisque émanant d’une bibliothèque nationale), établi selon
les normes françaises conformes aux normes internationales.
En 1997, plus de 48000 ouvrages ont été annoncés.
Pour chaque notice sont établis des accès auteurs (personnes physiques ou collectivités), des
liens aux notices de collection et une indexation matière.
Le service participe donc 2 la constitution des fichiers d’autorité et a la cohérence de la base
en collaboration avec le SCB. Il participe également à la « Bibliographie nationale française -
publications en série » en signalant plus de 600 notices de nouvelles collections par an.
Les exigences du service sont d’assurer un catalogage de qualité (« zéro défaut » des notices)
et de faire face à l’intégralité de la production éditoriale.
La « Bibliographie nationale française - livres » est ensuite publiée à partir de l’extraction des
notices nouvellement créées dans la base. Ces notices peuvent être fournies sous forme d’un
abonnement à une bibliographie papier paraissant toutes les deux semaines, à un CD-ROM
cumulatif bimestriel et d’un accès ouvert à BN-Opale via le réseau Internet ou sous forme de
disquettes ou de bandes magnétiques pour un nombre limité de titres.
La diffusion de ces notices est un facteur de normalisation et d'homogénéisation des
catalogues des autres bibliothèques et devrait favoriser ainsi la coopération et le travail en réseau.
3.2.2 Organigramme au 1.2.1998 :
La mise en place de l’ABN a été l’occasion d’une réorganisation de la section livres du
service de la Bibliographie nationale française, calquée sur la structure de la DIA, organisée en 4
départements thématiques pour les documents imprimés. La DIA est destinataire du premier
exemplaire du dépôt légal (sur les 4 déposés par l’éditeur ou les 2 déposés par l’imprimeur) après
13
son traitement documentaire a la DDSR/ABN/BNF. Cet exemplaire sera ainsi mis a disposition
des lecteurs du rez-de-jardin.
La section livres a donc été restructurée au cours du 2°™ semestre 1995 en 4 équipes
thématiques’, ce qui a permis d’harmoniser les procédures de travail. De même, c’est à cette date
qu’a eu lieu le passage au catalogage intégré. Auparavant, le catalogage signalétique suivant les
normes ISBD (International Standard Bibliographic Description) était fait par des
bibliothécaires-adjoints et des bibliothécaires-adjoints spécialisés. Le catalogage analytique, alors
limité à l’indexation en RAMEAU, était assuré par des conservateurs. Le catalogage intégré
permet à chacun, quel que soit son grade, d’effectuer à la fois le catalogage signalétique,
l’établissement des points d’accès auteurs et l'indexation (établissement des points d'accès
matière seul pour l’instant).
À l’intérieur de chaque équipe, les catalogueurs/indexeurs travaillent par spécialité (ex. :
géographie, histoire, droit, techniques de l’ingénieur, linguistique.) et avec les ouvrages en main.
Ils font les recherches nécessaires à une identification sans ambiguïté des auteurs, des collections,
des éditeurs. Ils sont encadrés par des chefs d’équipe.
Contrairement aux catalogueurs/indexeurs, les chefs d’équipe n’ont pas à traiter d'ouvrages
particuliers. Ils sont chargés (comme pour leurs homologues de la DIA) de la coordination du
travail de leurs équipes, du suivi de la formation des nouveaux personnels, de l’application des
consignes et de la remontée des problèmes ainsi que de la relecture du listing toutes les 2
semaines. Pour les nouveaux catalogueurs, ils font une relecture systématique livre en mains. Ils
ont un rôle important de conseil dans les cas de catalogage difficiles.
Ils vérifient la cohérence des liens effectués entre notices bibliographiques et notices
d’autorité. Pour les cas complexes ou qui demandent de nombreuses corrections dans les fichiers
d'autorité, ils font appel à un collègue de leur section, spécialisé dans un type d'autorité :
Autorités Personnes Physiques (APP), Autorités Collectivités Auteurs (ACO), Autorités Matières
(АМА).
Ce correspondant pour chaque type de notices d’autorité sert de relais entre, d’une part les
chefs d’équipe qui lui soumettent les difficultés et d’autre part, les gestionnaires du fichier
d’autorité concerné qui travaillent au Service de la Coordination Bibliographique (SCB).
! Equipe 1 : Philosophie, histoire, sciences de l’homme et de la société
Equipe 2 : Sciences politiques, économiques et juridiques
Equipe 3 : Sciences et techniques
Equipe 4 : Arts, langues et littératures
? C£. organigramme page suivante
14
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3.2.3 Circuit du livre :
Une fois par semaine, les livres arrivent à la Bibliographie nationale française - section livres,
en provenance du service du Dépôt légal où ils ont été enregistrés et affectés d’une notice
succincte (auteur, titre, éditeur, année, ISBN, éventuellement collection). La cellule collections
repère les nouveaux titres de collections et les crée dans la base. Les ouvrages sont ensuite triés
et répartis entre les 4 équipes, puis à nouveau triés à l'intérieur de chaque équipe.
Toutes les deux semaines (rythme de parution de la BNF papier), un premier état des
notices traitées dans les deux semaines précédentes est édité sur un listing qui arrive chez les
chefs d’équipe. À la lecture de ce listing, ceux-ci repèrent les erreurs manifestes (non-respect des
règles de catalogage, des normes, repérage des notices doubles, problèmes d'homonymie dans les
autorités auteurs, initiales d’un auteur non développées, non-respect de la typographie, omission
des vedettes-matiéres...). En cas de doute, ils consultent les ouvrages correspondants. Ils
indiquent ensuite à chaque catalogueur les erreurs relevées pour qu’ils les corrigent eux-mêmes.
16
4. PROJET DE LA BIBLIOGRAPHIE NATIONALE FRANCAISE -
SECTION LIVRES
Parallèlement au choix de l’indexation des collections des ouvrages en libre accès de la DIA,
il avait été déterminé dès 1991 qu’à terme, les ouvrages reçus par le dépôt légal (= collections
patrimoniales) seraient indexés selon la même classification. Il n’était pas possible de le faire
simultanément à l’époque pour des raisons techniques.
La première tranche d’application du nouveau SI, phase V1, ne fera apparaître qu’un
catalogue en consultation, dès mai 1998. Sa phase V2, prévue pour le deuxième semestre 1999
permettra la production du catalogue. C’est donc pour cette étape que l’on peut envisager
l'introduction d’une indexation en Dewey pour les ouvrages traités à la Bibliographie nationale
française. Il reste une dizaine de mois avant l’application du projet et il est donc particulièrement
justifié, dans ce contexte, d’essayer de se poser toutes les questions inhérentes à une telle
démarche.
4.1 QUELS UTILISATEURS ET QUELLES ATTENTES ? :
L'introduction d’une indexation systématique avec toute l’infrastructure que cela représente
doit tout d’abord être envisagée en terme de valorisation auprès du public (et pas seulement des
bibliothécaires).
Il est possible de faire une rapide typologie des utilisateurs.
4.1.1 Lecteurs de la BnF :
Ils utilisent les services de la BnF sur place (consultation du catalogue, recherche d’ouvrages
en libre accès, demande d’ouvrages en magasin pour les ouvrages du dépôt légal qui nous
concernent...).
Les ouvrages en libre accés sont directement accessibles dans les rayons. Ils sont rangés
selon une liste de cotes Dewey adaptées et limitée a 12000. Actuellement ces fonds sont donc
accessibles, soit par le catalogue Geac - libre accès, soit directement en butinant dans les rayons.
Les ouvrages issus du dépôt légal sont accessibles sur la base BN-Opale jusqu’en 1999. Le
butinage dans les rayons est impossible. À part quelques usuels, tous les ouvrages sont en
magasin. La recherche systématique est impossible dans la base, ce qui limite la richesse des
recherches.
4.1.2 Lecteurs distants :
17
Il s’agit des lecteurs qui ont accès aux catalogues par les CD-ROMs de la Bibliographie
nationale française, par Internet ou par l’abonnement à la bibliographie imprimée. La recherche
par indice Dewey serait très profitable aux lecteurs maîtrisant mal le français, a fortior:
l'indexation matière RAMEAU. 2/5 des interrogations faites sur BN-Opale par Internet
proviennent de l’étranger. De nombreux pays utilisent la classification de Dewey et les lecteurs
potentiels peuvent appliquer des stratégies de recherche identiques sans être déroutés. Ils ne sont
pas génés par des problèmes de traduction.
4.1.3 Abonnés :
Ce sont les bibliothèques qui récupèrent des notices, soit à partir des CD-ROMs, soit sur
disquettes à partir de bandes de requête.
L'enquête téléphonique auprès de quelques-unes d’entre elles par l'intermédiaire de la
FULBI (Fédération des Utilisateurs de Logiciels de Bibliothèques) a montré des attentes fort
variables.
Mêmes si certaines ont abandonné la récupération de notices à partir de BN-Opale parce
quelles trouvent les délais de parution trop longs, elles semblent intéressées par la mise en place
de la CDD. Flles pensent que des notices bibliographiques sont d’autant plus intéressantes
qu’elles sont riches.
Toutes regrettent la CDU simplifiée employée actuellement dans les produits de la BNF et
mutilisable car trop sommaire. La plupart d’entre elles ont l’intention d'utiliser la CDD d'abord
comme instrument d’aide à la cotation, ensuite comme aide pour les acquisitions. Cependant
elles veulent absolument garder la main mise sur leur cotation, considérant que l’on cote en
fonction de son public et de son fonds et que la Bibliographie nationale française, en ce
domaine, h'étant pas en contact direct avec le public, ne peut que leur donner des indications
fondées uniquement sur des critères intellectuels. Elles veulent rester libres d'interpréter les
indices, les adapter ou les tronquer.
Cependant, de plus en plus de bibliothèques utilisant la CDD pour coter, établissent des
listes de cotes réduites (BM de Montpellier, Bibliothèque départementale de prêt de la Savoie…)
et n’utilisent absolument pas la CDD comme instrument d'indexation.
Ces établissements ne souhaitent pas voir apparaître une indexation trop fine (7 caractères,
c’est-à-dire 3 décimales après le point leur semble un bon compromis, sauf pour l’histoire de
France qui nécessite des subdivisions plus fines allant jusqu’à 7-8 caractères).
De même que les lecteurs étrangers utiliseraient à bon escient les indices Dewey pour les
recherches systématiques, les acquéreurs français utilisent déjà les indices Dewey, quand ils
existent, dans les bibliographies officielles ou commerciales correspondantes, pour les
acquisitions étrangères. C’est une clé de recherche qui sert d’amorce d’une discipline.
18
4.2 CONTRAINTES DE LA BIBLIOGRAPHIE NATIONALE FRANCAISE -
SECTION LIVRES :
Ces contraintes tiennent à la spécificité des documents recensés et à leurs particularités par
rapport aux collections acquises de la DIA, aussi bien pour le haut que pour le rez-de-jardin.
4.2.1 Dissemblances :
Le service du Dépôt légal ne peut opérer aucune sélection dans les ouvrages qu’il reçoit,
contrairement aux départements de la DIA qui sélectionnent des acquisitions. Il reçoit des
ouvrages extrêmement variés de niveaux très divers (de la vulgarisation aux ouvrages de
recherche en passant par les ouvrages pour la jeunesse). Faut-il alors indexer avec la même
finesse des albums pour enfants, des bandes dessinées, des documentaires pour adultes et des
documentaires pour enfants ?
On peut distinguer le :
- niveau du public : chercheur, grand public... et le
- niveau du document : jeunesse, vulgarisation...
Actuellement, il y a deux bases de consultation différentes : Geac pour le libre accès (haut et
rez-de-jardin) et BN-Opale pour les documents reçus par dépôt légal et acquis pour les salles de
lecture de Richelieu.
4.2.2 Ressemblances :
Par souci de cohérence et d’utilisatton maximale par les lecteurs de l'indexation, la même
indexation (CDD) sera utilisée aux deux niveaux de la BnF - haut-de-jardin (grand public) et rez-
de-jardin (chercheurs) - et quel que soit le support utilisé (imprimé ou audiovisuel). C’est là
l'intérêt majeur de ce type d'indexation. Elle permet de regrouper les documents sous un même
indice.
Puisque le fichier sera commun dans le futur SI, à terme, le catalogue et son utilisation
seront inévitablement les mêmes.
Il y aura bien deux niveaux de bibliothèque et deux collections, mais un même système de
traitement des collections.
En outre, cette unité de l’organisation permet de mieux prendre en compte la multiplicité
des usages et des pratiques de la lecture en assurant une certaine souplesse dans le passage d’un
espace vers l’autre, passage facilité s’il s’agit d’espaces complémentaires, et non pas radicalement
hétérogènes ou redondants.
19
4.2.3 Liste d”indices :
St les bibliothèques utilisent d’abord l’indexation systématique comme instrument d’aide à la
cotation, il semble judicieux de prévoir plusieurs niveaux de finesse d’indexation. Le modèle
apporté par la British National Bibliography (BNB) paraissait intéressant. Il proposait des
apostrophes signalant les coupures possibles à l’intérieur des indices.
Exemples : - 330.9172’4”0088042. Woman’s role in economic development.
Women - developing countries - Economic conditions
- 536.°2°001515625. Heat transfer calculations using finite difference equations.
Heat - Transmission - Difference equations
- 547.7020 4542°0212. Halogenated benzenes, toluenes and phenols with water.
Halogens - sensibility - tables
Ce processus paraît avoir été abandonné avec l’apparition des catalogues informatisés.
L’explication la plus probable est l’impossibilité pour les logiciels de pouvoir lire les apostrophes
comme des troncatures possibles et de les lire comme des caractères. S’il n’est pas possible de
faire apparaître directement sur l’indice ces différents degrés de finesse, on pourrait alors
envisager une double indexation :
- une complexe, la plus fine possible,
- une ou plusieurs simplifiées.
4.2.4 Problèmes juridiques :
Une notice rédigée par l’application des normes de catalogage entre-t-elle dans le champ des
lois sur la propriété littéraire et artistique ? En ce qui concerne la rédaction de l’ISBD, il ne s’agit
effectivement pas d’une œuvre de création. Mais l’ajout des indexations matières et systématique
permet de l’envisager. On considère donc que les bases de données de notices bibliographiques
indexées bénéficient de la protection prévue par la loi sur la propriété littéraire et artistique.
L’Assemblée nationale a adopté le 5 mars 1998 en première lecture le projet de loi portant
sur la transposition, dans le Code de la Propriété Intellectuelle, de la directive européenne
concernant la protection juridique des bases de données. La « base de données est un recueil
d’œuvres ou d’autres éléments indépendants disposés de manière systématique ou méthodique et
individuellement accessible par des moyens électroniques ou tout autre moyen". » Le texte de loi
réaffirme le droit d’auteur du créateur et crée un droit spécifique (s# generis) au bénéfice du
1 Livres Hebdo, n° 284, 13 mars 1998, p. 51.
20
producteur de la base de données, c’est-à-dire « toute personne qui prend l’initiative et assume le
risque de l'investissement’. »
Concrètement pour notre étude, 1- l’auteur de la base de données (en occurrence la BnF)
bénéficie de la protection des droits d’auteur classique, 2- la BnF bénéficie aussi du sai generis qui
lui permet donc d’interdire le déchargement total ou substantiel de la base pendant 15 ans.
Bibliopolis, le distributeur commercial des produits de la BNF, établit un contrat-type avec
les bibliothèques utilisatrices qui stipule : 1- l’obligation de toujours afficher l’origine de la notice
et 2- l’interdiction de récupérer les notices pour les retoucher et constituer une autre base de
données. Les bibliothèques abonnées peuvent lire ou décharger les notices et ne les retoucher
que pour la constitution de leur propre fonds.
Le droit au respect de l’œuvre entraîne une interdiction de déformer et de dégrader. Cela
signifie l’interdiction de corriger ou de modifier les notices, même si elles comportent des erreurs
évidentes. En ce qui nous concerne, c’est l’impossibilité de simplifier une indexation Dewey
jugée trop fine. Par contre pour la cotation, même si elle est souvent réalisée à partir de
l'indexation, le problème ne se pose pas puisque la cote fait partie des données locales et qu’elle
ne s’affiche pas en zone 676 (indexation Dewey), mais en zone 990 (données locales). Ceci est
important pour les bibliothéques acheteuses des produits de la BNF.
Tout autre usage (par exemple, verser certaines notices dans un catalogue collectif) doit
obtenir l’accord de la BnF ou de Bibliopolis.
Dans une perspective d’échanges de notices et de constitutions de réseaux bibliographiques,
il est à noter que ces questions juridiques complexes peuvent constituer une réelle entrave.
4.3 APPLICATION DE LA CDD A LA BIBLIOGRAPHIE NATIONALE FRANÇAISE
- SECTION LIVRES :
4.3.1 Formation du personnel :
Il est intéressant là encore, de voir comment s’inspirer du modèle de la DIA où l’application
de la CDD est déjà bien rodée et de se souvenir de l’expérience de la BNF-livres au moment du
passage au catalogage intégré.
Modèle DIA :
Les plans de formation élaborés par les spécialistes Dewey de la DIA pourraient probable-
ment être utilisés à la BNF-livres. Il pourrait être envisagé aussi de demander à ces spécialistes de
former des formateurs, à condition de les décharger d’une partie de leur propre travail.
| Livres Hebdo, n° 284, 13 mars 1998, p. 51.
21
A moyen terme, la DIA récupérant des notices de la BNF-livres enrichies de l'indexation
Dewey dégagerait du temps et/ou des postes pour la BNF-livres.
Il ne faut cependant pas oublier le temps de formation du personnel à l’application de la
CDD dans la phase de montée en charge du projet et son adaptation aux nouveaux outils.
Cette formation à l’indexation Dewey (utilisation de la 21°”° édition de la CDD, version
imprimée, version CD-ROM...) est évaluée à une trentaine d’'heures.
Il serait judicieux d’évaluer le temps mis par les catalogueurs de la DIA pour indexer un
ouvrage en Dewey, en y incluant des facteurs de pondération liés au niveau intellectuel des
ouvrages eux-mêmes et d’évaluer aussi le temps passé par les relecteurs.
Le calcul n’a pas été fait jusqu’à maintenant. Toutefois il semble que l’indexation est plus
difficile pour les ouvrages du rez-de-jardin, parce qu’ils sont souvent en langue étrangère et qu’il
n’est pas toujours facile d’en cerner le sujet. À la BNF-livres, les ouvrages présentent l'avantage
d’être en majorité en français mais la difficulté réside parfois dans les « micro-sujets ».
Rééquikbrage des équipes :
De même qu’en 1995, on est passé au catalogage intégré en ajoutant une indexation
RAMEAU pour les catalogueurs qui ne faisaient jusqu’alors que du catalogage signalétique, et
inversement, de même on pourrait envisager un ajout d’indexation Dewey, cette fois directement
pour tous les catalogueurs de la BNF. Ce passage, s’il a réparti différemment les tâches, n’avait
pas modifié le nombre des catalogueurs. Le volume de travail global restait constant à l’intérieur
du service. L’ajout d’une indexation Dewey augmente par contre inévitablement les charges des
catalogueurs/indexeurs.
Nous nous limiterons volontairement au schéma actuel de ’ABN au 15 mars 1998 (le
nouvel organigramme de l’établissement étant encore en cours d’élaboration).
Un rééquilibrage des équipes de la BNF-livres pourrait être envisagé en fonction de la
difficulté d'utilisation de la CDD selon les domaines. Il semble en effet que les disciplines
scientifiques posent moins de problèmes que la sociologie ou le droit.
Si on rajoute une indexation en Dewey, cela représente une charge de travail
supplémentaire. Cependant, ce n’est pas un temps brut rajouté. La recherche du sujet est
identique pour RAMEAU. Une étude du contenu intellectuel d’un document en déduit deux
indexations : RAMEAU et Dewey. A ce temps d’étude, il faut ajouter le temps de la construction
des indices.
4.3.2 Contrôle des relecteurs :
Actuellement, les chefs d’équipe et certains de leurs collaborateurs relisent, chacun pour son
équipe, le catalogage signalétique ou analytique RAMEAU. Ajouter la coordination de
l’indexation Dewey paraît un surcroît de travail important qui risque de se faire au détriment de la
qualité et de la quantité. Sans tendre à une hyperspécialisation des tâches (dont les limites ont
22
bien été vues à l’époque du partage catalogage/indexation), il faudrait peut-être réfléchir à un
fonctionnement plus transversal.
Nous allons résumer dans le tableau suivant les différents scénarios possibles en notant les
avantages et les inconvénients de chaque solution proposée. Il s’agit d’un scénario de
fonctionnement à terme après la phase de montée en puissance du système et la formation du
personnel à l’utilisation de l'indexation Dewey.
Laisse aux chefs d'équipe
Traitement intellectuel unifié |uniquement le trattement mate-
riel du document
Laisse au chef d’équipe le
traitement matériel + une
partie du traitement intellec- | Pas d’unité Rameau/Dewey
tuel
Garde la cohérence.
Même raisonnement que pour
les catalogueurs/indexeurs : | Temps supplémentaire exigé >
une fois que l’analyse|2 relecteurs par équipe? ou
documentaire est faite, il n’est| relecture à l’intérieur de l’équipe
pas beaucoup plus long de{+ appel aux chefs d’équipe pour
faire les deux 1indexations, | cas complexe ?
donc ne pas les séparer.
23
Nous avons vu que, selon les départements de la DIA, les relecteurs étaient uniquement des
relecteurs RAMEAU ou bien Dewey ou RAMEAU/Dewey. Il n’y a pas, apparemment, plus
d'avantages dans une solution que dans l’autre.
Le schéma sutvant résume les différents stades de contrôle des autorités APP, ACO, AMA.
Il pourrait tout à fait s’étendre aux autorités Dewey.
Cas complexe
Contrôle des autorités : catalogueur » Chef déquipe
Si
nécessaire
У
Gestionnaires du fichier <q Correspondant du département
d’'autorités concerné spécialisé dans les autorités
Au SCB (Service de la Coordination Bibliographique) actuellement (1.12.1997), il y a 15
indexeurs RAMEAU et 2 personnes chargées de l’élaboration du fichier d’autorités Dewey. Il
faudra donc augmenter le nombre de coordonnateurs Dewey.
À la BNF, il y a actuellement 60 catalogueurs/indexeurs pour près de 50 000 titres/an. A la
DIA, 1l y en a une centaine pour 75000 titres acquis annuellement dont 50% de notices
récupérées.
4.3.3 Fichier d’autorités Dewey:
La cellule Dewey, constituée pour l'instant de deux personnes, fonctionne depuis le 1°" juillet
1997. Elle fait partie de la DDSR mais dépend du SCB. Elle est chargée de l’élaboration du
fichier d’autorités' Dewey.
S'agissant des lecteurs, plusieurs bibliothéques participantes doutent qu’ils soient en mesure
d'interroger eux-mémes le catalogue par Pindice Dewey en Pabsence de toute correspondance
avec un intitulé.
Comme nous l’avons vu en 2.4, dès 1996, la Direction du Livre et de la Lecture souhaitait la
mise en place d’intitulés pour la CDD.
Ces intitulés donneront le développement des indices dans un langage proche de celui utilisé
dans l’index de la CDD traduite en français. Le choix a été fait de ne pas utiliser les subdivisions
pour la traduction des indices. Pour chaque indice construit, il y aura donc un intitulé différent.
! Fichier d’autorités : ensemble des notices validées par les catalogueurs fournissant les formes retenues et rejetées
des index (auteurs, matières, titres uniformes) ainsi que des informations annexes, indépendamment du fichier
bibliographique. Il permet de regrouper ces différentes formes sous une vedette unique.
24
Au départ, le fichier sera alimenté par la récupération des indexations des périodiques qui
proviennent de la conversion de Piranas (Procédé d’Indexation et de Recherche Alphabétique et
Numérique Appliqué aux Séries) en Dewey. Il sera alimenté ensuite au fur et à mesure de
l’utilisation des indices, directement par les catalogueurs. La liste des indices sera ouverte et non
exhaustive.
Le but est d’arriver au fonds par le classement mais avec la traduction en clair devant un
écran qui offre des possibilités de feuilletage un peu analogues au butinage dans les rayons de la
bibliothèque.
En V 1 (1* version du SI), on aura ainsi 10 000 indices Dewey avec libellé venant de Piranas
et 60 000 indices sans libellé venant de la base Geac du libre accès.
Il faudra expliquer au lecteur cet intitulé qui a des ressemblances avec un accès matière mais
n’est pas obligatoirement en langage contrôlé. Ce langage sera le plus proche possible du langage
naturel. En effet un lecteur cherche par exemple un «dictionnaire de chimie» et non un
« Chimie — dictionnaire ». Nous pourrions nous interroger sur l’utilité d’un fichier d’autorités
Dewey. En fait, il présente de nombreux avantages. Il permet :
- une mise à jour directe d’une édition de la CDD à la suivante,
- l'accès à la signification des intitulés,
- le suivi des liens,
- la comptabilisation des occurrences pour un indice donné.
Les liens devront être étroits avec le fichier d’autorités matières et il faudra étudier les
connexions avec l’indexation en RAMEAU.
En l’attente des potentialités du nouveau système dans sa phase V2 (disponible en juin
1999), il était difficile d’installer quelque chose de nouveau et d’envisager Pintroduction d'une
nouvelle indexation avec des développements aussi complexes.
D'ici là, 11 faudra essayer de résoudre le problème des indices longs et voir comment
autoriser des recherches par troncature.
L'affichage a POPAC (On line Public Access Catalog) donnera donc, pour l’indexation, un
ou plusieurs indices Dewey et leur intitulé respectif, la ou les vedettes RAMEAU.
Les 2 services d'indexation, celui de l’ABN et celui de la DIA, devront travailler en étroite
llaison pour la maintenance et la mise à jour du système. La cellule Dewey assurera la
coordination au niveau du SCB.
4.3.4 Problèmes de délai :
L'objectif principal est de pouvoir maintenir la qualité et les délais. Le délai entre l’arrivée du
document par le dépôt légal et son catalogage complet ne doit pas varier. Actuellement la notice
25
de DL figure dans la base de 2 à 3 semaines après le dépôt du document. La notice définitive
demande un délai minimal moyen de 3 mois.
L'indexation Dewey augmente le temps de traitement du document, cependant il ne double
pas le temps d’indexation car le parcours du contenu intellectuel du document a déjà été fait une
première fois pour l’indexation matière RAMEAU. Il augmentera sûrement dans la phase de
montée en charge du projet pour les catalogueurs non familiarisés avec la-CDD et pour
l’alimentation du fichier d’autorités Dewey.
Toutefois, il semble réaliste de penser qu’une augmentation de personnel ne peut être
immédiate. Si le personnel est identique, l’organisation doit être plus efficiente. À effectif
constant, il est indispensable de réfléchir à une organisation différente (indépendamment des
hypothèses de modification de l’organigramme actuel de la BnF). Il semble opportun de réfléchir
à un traitement différent des documents selon leur type. On peut légitimement penser que le
traitement des livres pour la jeunesse est très gourmand en temps (recherche complexe des
auteurs, illustrateurs, traducteurs.) alors qu’un centre de documentation comme la Joie par les
livres les catalogue aussi. C’est le cas aussi pour la plupart des ouvrages de moins de 50 pages ou
pour les réimpressions en éditions club. À nouveau, il faudrait hiérarchiser les priorités en
fonction des attentes des publics.
Au niveau du SI, le temps supplémentaire exigé par l’indexation Dewey sera compensé par
l'abandon du logiciel Geac de BN-Opale à l’ergonomie obsolète. Les lenteurs de traitement et les
nombreuses pannes informatiques du système sont en effet un grand frein à la rapidité de
construction des notices.
À plus ou moins long terme, même si le système a du mal à se mettre en place, on peut
« imaginer » que la BnF soit seule à cataloguer pour la France ou bien qu’elle reçoive les ouvrages
des éditeurs pour établir un précatalogage. Les bibliothèques ne feraient plus que récupérer les
notices. Plus les notices sont riches, plus les bibliothèques sont intéressées.
Les bibliothèques réticentes à l’achat des produits bibliographiques de la BNF,
principalement à cause de ses délais de signalement jugés trop longs risquent au démarrage du
projet d’être encore plus critiques sur son utilité. En effet, si elles sont déjà sceptiques sur la
rapidité de mise à disposition des notices sans indexation Dewey, elles le seront a fortiori encore
plus pour des notices enrichies d’une indexation Dewey. Il faudra donc veiller à ce que
l'information à ce sujet soit faite clairement.
Le problème est de concilier la demande de rapidité nécessitée par les services à l’usager et la
qualité des notices requise par un travail destiné à une conservation durable.
À priori on sait que dans une première phase au moins, ce délai augmentera. C’est peut-être
l’occasion de se poser efficacement la question d’une certaine sélection dans les documents ou
26
d’un traitement possible selon deux niveaux : adultes/jeunesse, ouvrages d’une trentaine de
pages, tout cela croisé avec des critères de choix intellectuels extrêmement précis.
4.4 RESSOURCES MATERIEL/LOGICIELS :
Pour une indexation Dewey efficace, les catalogueurs/indexeurs devront disposer de tous les
outils nécessaires. Il faudra donc envisager des achats supplémentaires et conséquents d’outils sur
différents supports. C’est un investissement qu’il importera de chiffrer par une étude
complémentaire.
- Usuels : guide d’utilisation de la CDD, manuel du catalogueur…
- Edition papier de la CDD. D'ici la mise en place du projet, la traduction française de la
21°™ édition en langue anglaise aura paru. L'idéal serait évidemment que chaque catalo-
gueur/indexeur puisse disposer de son exemplaire personnel.
- Installation sur chaque poste de catalogueur/indexeur des CD-ROMs de la CDD en
réseau. Cela est impossible à la DIA pour des raisons de nombre de disques déjà installés, mais
ne devrait pas poser de problèmes au service de la Bibliographie nationale.
- Dewey en ligne via Internet sur chaque poste : à court terme, elle devra être envisagée car
elle donne les intitulés en anglais et sera obligatoire entre deux mises à jour du CD-ROM. En
effet, le dernier numéro de DC&, revue imprimée sur la Dewey, vient de paraître et sera
désormais disponible uniquement sous forme électronique.
27
5. EXEMPLE SIMILAIRE
Il est particulièrement délicat, dans le cas d’une bibliothèque nationale, de trouver des points
de comparaison ailleurs qu’à l’étranger. Compte tenu des possibilités qui nous étaient imparties,
nous n'avons pas pu le faire.
À défaut, nous avons voulu nous informer sur des expériences de moindre envergure dans
des bibliothèques ayant réalisé des changements de classification. Nous avons commencé par
faire des recherches sur les catalogues de l’Enssib (Ecole nationale supérieure des sciences de
l'information et des bibliothèques) et de l’IFB (Institut de Formation des Bibliothécaires).
Aucune réponse ne correspondait à nos critères.
Nous avons ensuite essayé de contacter par différents moyens (message sur la liste de
diffusion biblio-fr, appels téléphoniques.…) des établissements qui étaient en train de faire passer
des fonds importants de magasins en libre-accès. Malheureusement, aucun n’avait le projet
d'utiliser la classification de Dewey orthodoxe dans l'immédiat, ni pour la cotation, ni pour
l’indexation.
Le seul exemple qui ait un rapport avec notre sujet d’étude est celui de la Bibliothèque
Publique d’Information (BPI) qui utilise un fichier d’autorités pour ses cotes. Ce cas nous a
semblé intéressant mais difficilement exploitable pour notre propos et trop centré sur la
cotation. Il faut bien admettre que la BnF se lance là dans un projet sans équivalent dans le
monde des bibliothèques.
Nous considérons donc que nous avons exploré toutes les voies et abandonnons l’idée, au
départ intéressante, de pouvoir nous inspirer d’un modèle existant.
28
CONCLUSION
Au terme de ce dossier d’analyse, il apparait nécessaire de prendre le temps d'envisager
quelques études supplémentaires avant le lancement définitif du projet : évaluation du temps mis
par les catalogueurs/indexeurs pour indexer un livre en Dewey, choix de la finesse de
l'indexation, budget prévisionnel pour l’achat de matériel, enquête auprès d’un échantillon
représentatif des publics et des bibliothécaires sur les attentes réelles d’une indexation Dewey,
évaluation quantitative du temps de formation et de suivi, relecture…
L'application d’un tel projet est extrêmement lourde, innovant certes avec la constitution du
fichier d’autorités Dewey, mais il n’est pas certain que dans les conditions de fonctionnement
actuel, il soit opportun de le lancer à n’importe quel « prix ».
Quoiqu'il advienne, la CDD, même simple, remplacerait avantageusement la CDU abrégée
plus que simplifiée qui sert actuellement de cadre de classement à la Bibliographie nationale
francaise - livres.
I utilisation croissante du CD-ROM Electre édité par le Cercle de la librairie tient
essentiellement à la rapidité de la mise à disposition des notices tandis que les bibliothèques ont
tendance à cesser leur abonnement à la BNF - livres à cause des délais de parution élevés.
C’est pourquoi 1l est important de ne pas perdre de vue le maintien, voire la baisse de ces
délais, si l’on souhaite une amélioration réelle possible de la recherche documentaire qui ne porte
pas uniquement sur le catalogue rétrospectif, une reprise des ventes de la Bibliographie nationale
française - livres et la poursuite des échanges bibliographiques.
29
POST-FACE
Le choix d’introduire la CDD à la Bibliographie nationale française remonte à 1991. L’essor
d'Internet avec ses moteurs de recherche, les tailles des mémoires d’ordinateurs, les possibilités
de scannérisation, de recherche plein texte, orienteraient probablement aujourd’hui la décision.
dans d’autres directions.
Toutefois 1l ne faut pas oublier qu’un accès contrôlé donne moins de bruit et moins de
résultat et qu’un accès incontrôlable donne plus de résultat mais aussi plus de bruit. Des
possibilités d’accès, différents, nombreux mais contrôlés offrent des réponses plus pertinentes.
Des notices enrichies d’une indexation systématique sont un plus pour les lecteurs et les
bibliothécaires. C’est indéniable.
Mais les lecteurs demandent de plus en plus des résumés, des sommaires... Il est fort
intéressant à ce sujet de relire le chapitre sur la modernisation bibliothéconomique dans le livre
paru en 1992 de Jean Gattegno, ancien directeur du Livre et de la Lecture, à propos du catalogue.
Il parle de la «notice [qui] contiendra, pour les acquisitions nouvelles et en étroite relation
d’ailleurs avec un projet préparé par le Cercle de la Librairie, une table des matières ou un
sommaire. » ! ! !
C’est encore le Cercle de la Librairie, service exclusivement commercial, qui avec sa base
bibliographique Electre, propose des notices avec indication de niveau de lecture, indexation
Dewey sommaire et des résumés indexés en texte intégral fort prisés dans les bibliothèques
municipales, pas seulement en section jeunesse.
Ne serait-il pas opportun d’envisager de resserrer les liens entre le Cercle de la Librairie et la
Bibliographie nationale française ? Electre signalerait la parution des ouvrages qu’il reçoit comme
actuellement, puis les services de l’Agence bibliographique nationale enrichiraient les notices en
contrôlant les points d’accès (auteurs, matières, indexation), en effectuant une sorte de contrôle
croisé du dépôt des documents qui auraient été déposés à la BnF sans l’avoir été au Cercle.
Même si les finalités des deux établissements sont différentes, elles peuvent d’une certaine
manière être complémentaires. En tout cas, il paraît tout aussi aberrant de continuer à devoir
cataloguer le même ouvrage dans différentes bibliothèques que de faire deux catalogages
différents, l’un rapide et « commercial », l’autre lent et « scientifique ».
Ainsi les bibliothèques seraient plus enclines à utiliser les produits bibliographiques
nationaux courants. Largement déchargées de leurs tâches fastidieuses et répétitives de
catalogage, elles pourraient davantage se consacrer à la gestion des collections, aux acquisitions et
aux animations envers leurs différents publics. En fonction de l’importance de leur fonds, de leur
public, elles n’auraient plus, à partir de la récupération des notices, qu’à coter les documents.
30
Elles pourraient s’orienter plus facilement sur des systèmes d’information qui prennent en
compte le profil de leurs utilisateurs (cf. article de S. Lainé-Cruzel).
Les spécialistes, quels qu’ils soient, en l’occurrence 1ci, les bibliothécaires, ont tendance à
générer leur propre système de penser et à autojustifier leurs choix, sans prendre le recul
nécessaire. La classification de Dewey a d’abord été conçue comme outil de classement avant
d’avoir été utilisée comme outil d'indexation. Une fois de plus, si cette utilisation comme
indexation a pu être justifiée à une époque, elle me semble de moins en moins l’être aujourd’hui,
en tout cas pas dans des conditions aussi fines que celles envisagées pour la BNF - livres. Les
bibliothèques encyclopédiques l’utilisent comme outil de cotation. Elles utilisent la liste
RAMEAU comme instrument de recherche matière. Les bibliothèques spécialisées utilisent
d’autres classifications : NLM (National Library of Medicine) pour la médecine, MSC
(Mathematical Subject Classification) pour les mathématiques… et d’autres clés de recherche.
En effet, l’investissement en temps, en personnel me semble, pour ma part, disproportionné
par rapport au résultat attendu par les bibliothèques. Même si la cellule Dewey a été créée en
juillet 1997, n’est-il pas encore temps de se poser la question du bien-fondé de la création d’un
fichter d’autorités Dewey (alors qu’il n’y a pas par exemple de fichier d’autorités des collections).
S1 les pays anglo-saxons, premiers utilisateurs de la CDD mais aussi des LCSH (Library of
Congress Subject Headings, vedettes-matières utilisées par la LC et ancêtre de la liste franco-
phone RAMEAU) n’ont pas de fichier d’autorités Dewey, ce n’est peut-être pas un hasard.
Les priorités de la BNF me paraissent devoir se situer ailleurs (rapidité de mise à disposition
des notices par ex.) que dans l’élaboration d’un fichier d’autorités Dewey et l’utilisation de la
CDD comme outil d’indexation, inévitablement facteur de ralentissement du traitement des
livres arrivés par dépôt légal.
Les réflexions en cours actuellement sur un nouvel organigramme d’établissement peuvent
aussi, au plan local, être l’occasion d’une réflexion à ce sujet.
Si la mise à disposition des notices BNF est réellement accélérée - et il y a moyen de le faire
-, les bibliothèques seront à nouveau motivées pour récupérer les notices. La BnF jouera alors
pleinement son rôle de bibliothèque «nationale». Quant aux différents accès (auteurs,
RAMEAU et même Dewey), si la BnF peut en proposer, il me semble indispensable que les
bibliothèques localement les retravaillent. C’est pour moi un des rôles essentiels du bibliothé-
caire : connaître ses publics et son fonds et tenter d’y faire accéder ces publics par des stratégies
adaptées et efficaces.
31
ANNEXES BIBLIOGRAPHIQUES
(á jour le 1.3.1998)
Ouvrages :
1. Ouvrages généraux :
- Bibliothèque nationale de France. BibZorhèque nationale de France à l’aube du 21°” siècle. Patis : BnF,
[1995].
- Bibliothèque nationale de France. Notes et circulaires internes, texte fondateur du 16 mai 1994 sur
l'organisation et la gestion du dépôt legal...
- BOURDON, Françoise. Le contrôle des données d’autorité : rôle d’une Bibliothèque nationale.
L'exemple de la Bibliothèque nationale de France. In Contrôler la qualité et la cohérence d’un catalogue,
sous la dir. de Marie-Flise Fréon. Villeurbanne : Institut dé Formation des Bibliothécaires, 1996,
p. 87-131.
- Etablissement public de la Bibliothèque de France. Rapport des groupes de travail 1991. [Paris] :
EPBF, 1991.
- GATTEGNO), Jean. La Biblothèque de France a mi-parcours : de la TGB à la BN bis ? Paris : Ed. du
Cercle de la Librairie, 1992. Problématique : la modernisation bibliothéconomique, p. 190-194.
- LUPOVICI, Christian. Rabport à la Bibliothèque de France sur les classifications dans les grandes
bibliothèques. [Paris] : [EPBF], 1990.
- MAISONNEUVE , Marc. La réalité juridique du traitement des notices bibliographiques. In
Contrôler la qualité et la cohérence d’un catalogue, sous la dir. de Marie-Elise Fréon. Villeurbanne :
Institut de Formation des Bibliothécaires, 1996, p. 35-40.
2. La classification décimale de Dewey :
- Abridged Dewey decimal classification and relative index, devised by Melvil Dewey. 13“ ed. by Joan S.
Mitchell, Julliane Beall, Winton E. Matthews, et al. Albany, N.Y. : OCLC - Forest Press, 1997.
- BACCONNIER, Brigitte. La Classification décimale de Dewey et ses applications. Villeurbanne :
Enssib, 1996. Mémoire de DEA, sciences de l’information et de la communication.
- BETHERY, Annie. Abrégé de la classification décimale de Dewey, à partir de la 217 éd. intégrale en langue
anglaise. Paris : Ed. du Cercle de la Librairie, 1998.
- Bibliothèque nationale de France. Manuels de cotation.
- Bibliotheque nationale de France. Manuel du catalogueur.
32
- CHAN, Lois Mai, COMAROMI, John Phillip, MITCHELL, Joan S., et al... Dewey decimal
classification : a practical guide. 2“ ed. rev. for DDC 21. Albany, N.Y. : OCLC - Forest Press, 1996.
- La classification décimale de Dewey, éd. intégrale à partir de la 21” éd. en langue anglaise. Paris :
Bibliothèque nationale de France ; Ottawa : Bibliothèque nationale du Canada ; Montréal :
Bibliothèque nationale du Québec, ASTED, à paraître en 1998.
- DEWEY, Melvil. Classification décimale de Dewey et index : éd. intermédiaire, version française à partir de
la 20 éd. intégrale et de la 127 éd, abrégée de langue anglaise, sous la coord. de Louis Cabral... et
Raymonde Couture-Lafleur,. Montréal : ASTED, 1994. 2 vol.
- Dewey decimal classification and relative index, devised by Melvil Dewey. 21* ed. by Joan S. Mitchell,
Julliane Beall, Winton E. Matthews et al. 4 vol. Albany, N.Y. : OCLC - Forest Press, 1996.
Périodiques :
- BEGUET, Bruno et HADJOPOULOU, Catherine. Les collections en libre-acces de la
Bibliothèque nationale de France : organisation par départements et usage de la Dewey. Bulletin
des bibliothèques de France. 1996, t. 41, n° À, p. 40-46.
- La Bibliothèque en ligne. Bulletin d'informations de l'Association des bibliothécaires français. 1997, n°
174.
- CALENGE, Bertrand. Un outil de gestion des collections : les cotes de libre acces. Bulletin des
bibliothèques de France. 1994, t. 39, n° 6, p. 14-20.
- Classifications, Bulletin des Bibliothèques de France. 1988, n° 6.
- Dewey decimal classification additions, notes, and decisions (DC &). Washington, D.C. : The
Division, 1971-1998. ISSN 0191-3646. À paraître ensuite uniquement sur Internet.
- GROLIER, Eric de. Taxilogie et classification : un essai de mise au point et quelques notes de
prospective. Bulletin des Bibliothèques de France. 1988, t. 33, n° 6, p. 468-483.
- L'Information bibliographique. Bulletin d'informations de l'Association des bibkothécaires français. 1994,
n° 163.
- JOUGUELET, Suzanne. La cotation Dewey à la Bibliothèque nationale de France. Bulletin
d'informations de l'Association des bibliothécaires français. 1996, n° 172, p. 51.
- LAINE-CRUZEL, Sylvie. Vers de nouveaux systèmes d’information prenant en compte le
profil des utilisateurs. Documentaliste - Sciences de l'information. 1994, vol. 31, n° 3, p. 143-147.
- VAYSSADE, Claire et GUITON, Janine. Le contrôle qualité à la Bibliographie nationale
française. Bulletin des Bibliothèques de France. 1998, n°1, p. 35-38.
CD-ROMs :
- CD-ROM Dewey for Windows. Version 1.1. Mise a jour annuelle. Albany, N.Y. : OCLC -
Forest Press, 1993-
- CD-ROM Dewey , français, à paraître en 1998.
33
Internet :
- JOUGUELET, Suzanne. (Page consultée le 20 février 1998). Des usages diversifiés pour la
classification Dewey à la Bibliothèque nationale de France, 63° IFLA general conference, conference
programme and proceedings, 31 août - 5 septembre 1997, [en ligne]. Adresse URL:
http://ifla.inist.fr/ifla/TV/1fla63/63jous.htm
- (Page consultée le 2 mars 1998). Dewey for Windows, [en ligne]. Adresse URL:
http://www.oclc.org/oclc/fp |
34
ABN
ACO
AMA
APP
ASTED
BDF
BN
BNB
BnF
BNF
BU
CBU
CDD
CDU
CIP
DDSR
DIA
DL
DLL
EPBF
ETP
FULBI
IFLA
ISBD
ISSN
LC
LCC
LCSH
MOTC
OCLC
OPAC
LISTE DES SIGLES UTILISES :
Agence Bibliographique Nationale
Autorité COllectivité
Autorité MAtière
Autorité Personne Physique
Association pour l’Avancement des Sciences et des Techniques de la
Documentation
Bibliothèque De France
Bibliothèque Nationale
British National Bibliography
Bibliothèque nationale de France
Bibliographie Nationale Française
Bibliothèque Universitaire
Contrôle Bibliographique Universel
Classification Décimale de Dewey
Classification Décimale Universelle
Cataloguing In Publication
Département
Direction du Développement Scientifique et des Réseaux
Direction de l’Imprimé et de l’Audiovisuel
Dépôt Légal
Direction du Livre et de la Lecture
Etablissement Public de la Bibliothèque de France
Equivalent Temps Plein
Fédération des Utilisateurs de Logiciels de Bibliothèques
International Federation of Library Associations and institutions
International Standard Bibliographic Description
International Standard Serial Number
Library of Congress
Library of Congress Classification
Library of Congress Subject Headings
Mission pour l’Organisation et le Transfert des Collections
On line Computer Library Center
On line Public Access Catalog
35
PIRANAS Procédé d’Indexation et de Recherche Alphabétique et Numérique Appliqué aux
Séries
RAMEAU Répertoire d’Autorités Matière Encyclopédique Alphabétique Unifié
SCB Service de la Coordination Bibliographique
SI Systeme d’Information
V Version
36
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION
2
1. HISTORIQUE DU CHOIX DE LA CLASSIFICATION DECIMALE DE DEWEY 3
2. EXPERIENCE DE LA DIRECTION DE L'IMPRIME ET DE L'AUDIOVISUEL
2.1 Présentation de la classification décimale de Dewey
2.2 Mise en œuvre de la CDD
2.3 Outils utilisés
2.3.1 Editions imprimées
2.3.2 Version CD-ROM
2.3.3 Outils auxiliaires
2.4 Intéret et limites de Pindexation Dewey
2.5 Complémentarité RAMEAU-Dewey
2.6 L’indexation Dewey dans les services de catalogage de la DIA
3. LA BIBLIOGRAPHIE NATIONALE FRANCAISE - SECTION LIVRES
3.1 L’Agence bibliographique nationale
3.1.1 Missions
3.1.2 Structure
3.2 La Bibliographie nationale française - section livres
3.2.1 Missions
3.2.2 Organigramme au 1.2.1998
3.2.3 Circuit du livre
4. PROJET DE LA BIBLIOGRAPHIE NATIONALE FRANCAISE - SECTION
LIVRES -
4.1 Quels utilisateurs et quelles attentes ?
4.1 1 Lecteurs de la BnF
4.1.2 Lecteurs distants
4.1.3 Abonnés
4.2 Contraintes de la BNF - section livres
4.2.1 Dissemblances
4.2.2 Ressemblances
4.2.3 Liste d’indices
4.2.4 Problèmes juridiques
4.3 Application de la CDD à la BNF - livres
4.3.1 Formation du personnel
4.3.2 Contrôle des relecteurs
4.3.3 Fichier d’autorités Dewey
4.3.4 Problèmes de délai
4.4 Ressources matériel/logiciels
5. EXPERIENCE SIMILAIRE
CONCLUSION
POST-FACE
ANNEXES BIBLIOGRAPHIQUES
LISTE DES SIGLES UTILISES
37
17
17
17
17
18
19
19
19
20
20
21
21
22
24
25
27
28
29
30
32
35
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

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