Le préventif coûte-t-il plus cher que le curatif

Le préventif coûte-t-il plus cher que le curatif
Le préventif coûte-t-il plus cher
que le curatif ?
Argumentaire économique en faveur de
la protection des captages
Phase 3 – Juillet 2011
Le Vexin 1 - 8, place de la Fontaine - 95000 CERGY
Tél : 01 30 32 33 30 – Fax : 09 72 11 68 95
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AESN – Comparaison Prévenitf/Curatif – Phase 3 – E109212
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POURQUOI COMPARER LES COUTS DU CURATIF ET DU PREVENTIF SUR LES CAPTAGES
D’EAU POTABLE ? ................................................................................................................................................3
MESSAGES CLES ISSUS DE L’ANALYSE ECONOMIQUE DES CAS D’ETUDE ............................................12
UN OUTIL POUR SIMULER DES SITUATIONS CONCRETES..........................................................................17
ANNEXES .............................................................................................................................................................20
ANNEXE 1 : FICHES DES CAS D’ETUDE ..........................................................................................................21
ANNEXE 2 : MANUEL D’UTILISATION DE L’OUTIL .........................................................................................46
ANNEXE 3 : LA BIBLIOGRAPHIE DES COUTS.................................................................................................50
ANNEXE 4 : METHODOLOGIE D’ESTIMATION DES COUTS...........................................................................59
ANNEXE 5 : GUIDES D’ENTRETIENS ................................................................................................................72
ANNEXE 6 : REPARTITION DES SURFACES EN MESURES PREVENTIVES POUR LES
SCENARIOS PREVENTIF TENDANCIEL ET ‘PREVENTIF +’ ...........................................................................73
ANNEXE 7 : LISTE DES ABREVIATIONS ..........................................................................................................74
Etude encadrée à l’Agence de l’eau par Laëtitia Bompérin (Direction de la Stratégie
Territoriale) et Anne-Louise Guilmain (Direction de l’Eau, des Milieux Aquatiques et de
l’Agriculture), finalisée en juillet 2011.
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POURQUOI COMPARER LES COUTS DU CURATIF ET DU
PREVENTIF SUR LES CAPTAGES D’EAU POTABLE ?
L’agence s’est engagée au 9ème programme dans une politique renforcée de protection des
captages destinés à l’eau potable, donnant lieu à de fréquentes affirmations comme quoi « le
préventif est toujours plus cher que le curatif » ou que « le préventif est systématiquement
moins cher que le curatif ». Il s’agit en premier lieu d’éclairer ce débat et d’apporter aux
personnes impliquées sur le sujet, notamment sur le terrain, des éléments de réponse plus
précis et fiables.
Protéger la ressource en eau
Les ressources en eau du bassin Seine-Normandie sont fortement dégradées : 40% des
captages en eau potable sont considérés comme sensibles aux nitrates et aux
pesticides. 18 masses d’eau souterraines sur 60 sont en état médiocre du fait des nitrates
et 38 masses d’eau souterraines sur 60 sont en état médiocre du fait des pesticides. Or, ces
pollutions dites « diffuses » proviennent essentiellement de l’activité agricole.
Le bassin Seine-Normandie compte depuis 1999 au moins 332 abandons de captages
(connus) liés aux teneurs excessives en nitrates et pesticides. Ces abandons donnent lieu à
de nouvelles connexions à d’autres ressources, coûteuses et problématiques en termes de
durabilité.
La lutte contre ces pollutions diffuses sur les Aires d’Alimentation de Captages (AAC) est
structurée depuis quelques années par un cadre réglementaire européen et national visant
plus globalement le bon état de l’ensemble des eaux pour 2015 (Directive Cadre sur l’Eau,
2000) :
La Directive Cadre sur l’Eau (DCE) demande aux Etats membres de l’Union
Européenne de prévenir la détérioration des aires d’alimentation des captages (AAC)
en adoptant une politique préventive de manière à réduire les traitements curatifs
(article 7).
En déclinaison de la DCE, le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion
des Eaux (SDAGE) du bassin Seine-Normandie oriente la gestion de l’eau sur le
bassin. Les dispositions 38 à 45 du SDAGE visent la reconquête ou la protection de
la qualité des nappes d’eau souterraines, actuellement polluées par les produits
phytosanitaires et les nitrates. Cette démarche passe tout d’abord par la définition de
zones protégées pour les prélèvements destinés à la consommation humaine (AAC),
puis par la mise en place d’un programme d’actions adapté pour protéger ou
reconquérir l’eau captée pour l’alimentation en eau potable.
La Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques (LEMA) de 2006 impose la délimitation
des aires d’alimentation de captages dans les cas où il est nécessaire d’assurer une
protection en termes de quantité et de qualité des eaux. A la suite de cela, un
programme d’actions préventives doit être défini avec les acteurs afin d’adopter des
pratiques plus respectueuses de l’environnement (article 21).
La loi Grenelle 1 de 2009, qui s’inscrit dans le Grenelle de l’Environnement, établit
une liste des 500 captages d’eau potable les plus menacés en France par les
pollutions diffuses (dont 239 sur le bassin Seine-Normandie) et pour lesquels une
démarche de reconquête de la qualité doit être menée (article 24).
Le Plan National Santé-Environnement 1 (2004-2008) suggère une modification
des pratiques agricoles pour lutter contre les pollutions diffuses à l’échelle des AAC
(Action 10 du PNSE1). Le PNSE 2 (2009-2013) décline les engagements du Grenelle
3
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
en matière de santé et environnement. L’un des objectifs est la protection des 500
captages (dits ‘Grenelle’) les plus menacés d’ici 2012 (Action 29 du PNSE2).
Tandis que les mesures préventives sont encouragées par l’ensemble de ces textes, la
solution curative, souvent privilégiée localement car plus facile à mettre en œuvre
rapidement et apparemment efficace à court terme, est quant à elle de plus en plus remise
en cause du fait de la non durabilité de cette mesure (voir encadré ci-après) mais aussi des
coûts élevés à supporter par les services d’eau et les financeurs publics. De même, les
solutions palliatives parfois envisagées (interconnexions, mobilisation d’une nouvelle
ressource) ne sont pas durables car elles ne contribuent pas à l’amélioration ou à la
protection de la qualité de la ressource.
Le curatif, une solution non durable
Lorsqu’un captage, dont la qualité des eaux s’est révélée mauvaise pour les nitrates et les
pesticides, ne fait pas l’objet d’une démarche de protection, l’eau est tout simplement traitée,
via une station de traitement ou mélangée à d’autres sources. Or, cette solution n’est pas
durable :
- Les procédés de traitement ne traitent pas toutes les molécules (exemple de l’AMPA,
métabolite du glyphosate) et les substances traitées ne sont pas totalement éliminées. Avec
le temps, apparaissent de nouveaux pesticides et métabolites des pesticides, ce qui remet
en cause l’efficacité à long terme du traitement curatif et pose des questions d’ « effet
cocktail ».
- Si aucun effort n’est fait pour reconquérir ou protéger la ressource, la norme de
potabilisation (100 mg/l pour les nitrates, 2 µg/l par pesticide et 5 µg/l pour l’ensemble des
pesticides et métabolites) risque d’être dépassée à terme, le captage doit alors être
abandonné et l’usine peut ne plus être utilisable1. Le même risque pèse sur les ressources
de substitution potentielles.
- Les pratiques responsables de la dégradation des eaux engendrent de plus des risques
sanitaires, y compris par d’autres voies que l’eau de boisson.
L’AESN joue un rôle de premier plan dans la démarche de protection de la
ressource en eau
Afin de protéger la qualité de la ressource en eau et réduire, à terme, les coûts de traitement
de l’eau destinée à l’alimentation en eau potable, l’Agence de l’eau Seine-Normandie
concourt à la mise en place d’actions préventives sur les AAC, notamment sur les zones
agricoles. Elle incite les acteurs du territoire à mettre en œuvre une politique durable de lutte
contre les pollutions diffuses en agissant sur différents leviers : soutien à la mise en œuvre
de « démarches AAC » et de programmes d’actions pour la protection des captages d’eau
potable, aide financière à l’acquisition foncière, mise en avant des pratiques agricoles à très
bas niveau d’intrants (enherbement, agriculture biologique, cultures à bas niveau d’intrants).
L’Agence incite également les acteurs à la mise en place de solutions préventives à travers
un conditionnement de ses aides aux solutions curatives ou palliatives.
1
Arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation
humaine mentionnées aux articles R1321-2,R1321-3, R1321-7 et R1321-38 du code de la santé publique.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
4
Les objectifs fixés en matière de protection des captages peinent cependant à être atteints et
la « boîte à outils » proposée par l’Agence semble être insuffisamment sollicitée par les
acteurs2.
Le processus doit dès aujourd’hui être dynamisé, et les acteurs plus impliqués dans la mise
en œuvre de mesures efficaces de protection des captages.
2
Pour mieux comprendre les freins à la maîtrise d’usage des sols sur les AAC, voir l’étude « Evaluation de la politique de
l’Agence de l’eau Seine-Normandie en faveur de la maîtrise d’usage des sols à long terme sur les aires d’alimentation de
captage en eau potable » réalisée par Epices et AScA pour l’Agence de l’eau Seine-Normandie (2011).
5
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Une étude qui vise à fournir des arguments économiques en faveur du
préventif
Des arguments économiques peuvent, en plus des arguments environnementaux, contribuer
à convaincre les maîtres d’ouvrage en charge de l’alimentation en eau potable des
communes de l’intérêt du préventif à long terme. Ces éléments économiques peuvent aussi
permettre aux élus de convaincre leurs mandants de l’intérêt de ces actions plutôt que des
seules options curatif et/ou palliatif qui peuvent s’avérer plus coûteuses et non durables.
La présente étude vise à proposer des arguments économiques en faveur de la mise en
place d’actions préventives efficaces en zones agricoles tirés de l’analyse économique
de 21 cas d’étude3, permettant de disposer d’une palette variée de situations. Les données
ont été collectées auprès de l’AESN et des services d’eau, et au besoin complétées par des
scénarios fictifs, construits à partir d’hypothèses basées sur l’existant et sur ce qui semble
réalisable à l’AESN (taux d’aides de l’Agence, types de mesures préventives choisies, etc.).
Ce travail est focalisé sur les mesures à engager dans les zones agricoles. Les mesures
préventives mises en place en zones non agricoles ne seront pas abordées ici, même
si elles ont toute leur place dans un processus de protection de la ressource en eau.
L’enjeu eau potable est le seul abordé dans cette étude, mais il convient de rappeler que le
coût global supporté par la collectivité du fait des pollutions diffuses va bien au-delà
de cet enjeu. D’autres coûts sont induits par les pratiques à l’origine de la dégradation
des captages tels que les coûts de dégradation des milieux ou encore sanitaires (risque de
contracter une maladie en cas de contamination par les produits phytosanitaires par
exemple), mais ne feront pas l’objet d’un chiffrage ici. La gestion et l’élimination des boues
issues de l’usine de production d’eau a aussi un coût, non évalué ici mais pouvant être non
négligeable4. Par ailleurs, les solutions préventives passent par des pratiques agricoles
nécessitant plus de main d’œuvre que l’agriculture conventionnelle, ce qui en théorie
favorise l’emploi local5 et contribue à l’aménagement des territoires ruraux. Enfin, la
protection des aires d’alimentation de captage contribue à l’atteinte de l’objectif global de bon
état des eaux, en créant des zones de dilution de la pollution diffuse. L’intérêt économique
global des solutions préventives est donc sous-estimé dans cette étude.
La comparaison des 21 cas a permis de prouver l’intérêt des solutions préventives par
rapport aux choix curatifs, notamment si une politique préventive est mise en œuvre avant la
dégradation des eaux. Ces résultats sont repris sous forme de messages clés figurant ciaprès destinés à appuyer le discours de l’Agence en faveur de la protection des captages
mais aussi à fournir des éléments concrets aux citoyens sur le coût réel des actions
préventives et curatives mises en place sur les AAC. L’analyse complète des 21 cas se
trouve en annexe 1.
Cet exercice de comparaison a permis de construire un outil informatique d’aide à la
décision, notamment à destination des chargés d’opérations de l’Agence. Cet outil permet,
au-delà de l’argumentaire standard, de visualiser rapidement les coûts réellement à la
charge du service d’eau à long terme et de comparer les solutions entre elles afin de
construire un argumentaire adapté à la situation locale. L’outil a été conçu de façon souple,
de manière à pouvoir tester n’importe quelle hypothèse.
3
Les 21 cas d’étude ont été anonymisés et se trouvent en annexe de ce rapport.
4
Pour avoir des éléments indicatifs sur les coûts des différentes filières de traitement des boues de potabilisation, se reporter
au « Guide technique sur le traitement des boues de potabilisation sur procédés rustiques », réalisé par AIRMES et CRITT
CHIMIE pour les Agences de l’eau et le Ministère de l’Environnement (1994).
5
A titre indicatif, à l’échelle mondiale, l’emploi dans le secteur agricole augmenterait de 58 % d’ici 2050 dans un scénario
« économie verte (qui favoriserait la croissance et l’emploi tout en protégeant l’environnement) » par rapport à 2011, contre 38
% dans un scénario tendanciel – Alternatives économiques n°301, avril 2011, p.59.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
6
Les objectifs non visés par l’étude
- Cette étude n’a pas pour visée de démontrer qu’un système (préventif ou curatif) est plus
rentable6 économiquement qu’un autre. En effet, le fait de s’abstraire d’un certain nombre de
paramètres non maîtrisés à ce jour (temps de réaction du milieu notamment) fait qu’on ne
traite pas la question de la durée des investissements, question primordiale pour déterminer
la rentabilité des mesures mises en œuvre.
- Certains coûts ont été rapportés au volume distribué, ce qui a permis en partie d’indiquer
des éléments d’impact sur le prix de l’eau à long terme, mais aucune simulation d’impact sur
le prix de l’eau en période de transition n’a été réalisée dans cette étude. En effet, le fait de
ne pas compter tous les coûts de la période de transition ne permet pas de juger avec
précision de l’impact des actions sur le prix de l’eau.
- Les coûts privés éventuellement supportés par les agriculteurs ne sont pas pris en compte.
- Même si l’étude estime le coût des actions préventives proposées, elle ne prétend pas en
mesurer l’efficacité ni étudier leur faisabilité socio-économique.
6
Pour mesurer la rentabilité économique d’un projet, il faut comparer la valeur actualisée de l’ensemble des coûts et des
bénéfices qu’il occasionne.
7
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Cadre méthodologique
On expose ici les principaux choix méthodologiques (pour plus de détails se référer à
l’annexe 4).
L’étude s’est déroulée en deux temps :
- Une phase de comparaison économique des actions préventives, curatives et
palliatives à partir d’une vingtaine de cas d’étude, donnant lieu à des messages clés ;
- Une phase de réalisation d’un outil Excel permettant aux chargés d’opérations de
l’Agence de tester plusieurs scénarios possibles sur une AAC et de visualiser les
impacts économiques de chaque scénario pour la collectivité.
o Le choix des cas d’étude
La comparaison des solutions préventives, curatives et palliatives a été réalisée à partir de
21 cas d’étude concrets choisis en fonction de leur répartition géographique sur le bassin
Seine-Normandie et de leurs caractéristiques (superficie, volume d’eau produit, taille de la
population desservie) de manière à rendre compte de la variabilité pouvant être rencontrée.
Les autres critères de choix ont concerné les avancées plus ou moins significatives réalisées
sur les AAC en préventif, palliatif et curatif.
Après plusieurs contacts pris dans les Directions Territoriales de l’Agence, il s’est avéré que
le nombre d’AAC présentant à la fois les solutions préventive et curative ou palliative était
très mince. Ainsi, les cas appartenant à l’échantillon d’étude peuvent présenter au moins
l’une des conditions suivantes pour le préventif et le curatif :
- un programme préventif consistant, c’est-à-dire ayant un diagnostic des pressions
de l’AAC terminé ou des actions préventives en cours de mise en place,
OU
- une usine de traitement installée pour éliminer les nitrates et/ou les pesticides.
L’échantillon des 21 cas d’étude a permis de mener une comparaison entre préventif et
curatif (dont 2 cas avec la comparaison préventif/curatif/palliatif). Deux cas complémentaires
ne faisant pas partie de la liste des 21 cas ont permis d’alimenter les bases de coûts en
palliatif.
Une comparaison du préventif et du curatif à long terme
•
Le choix de se positionner en ‘rythme de croisière’
L’installation de mesures sur une AAC, qu’elles soient préventives, curatives ou palliatives,
peut schématiquement se découper en deux phases : une phase d’installation ou de
transition pendant laquelle plusieurs investissements économiques doivent être réalisés et
qui peut donner lieu à des changement de pratiques progressifs, et une phase de maintien
ou de fonctionnement, appelée ici ‘rythme de croisière’, au cours de laquelle les actions sont
en phase de fonctionnement.
Au cours de ces deux phases, les éléments économiques à prendre en compte ne sont pas
les mêmes. En effet, la phase de transition requiert des investissements d’ordre matériel (par
exemple : achat de matériel spécifique aux pratiques agricoles alternatives, équipements
pour une usine de traitement en curatif) et un accompagnement des changements de
pratiques (aides à la conversion à l’agriculture biologique,…), tandis que la période en
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
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rythme de croisière comprend des coûts annuels récurrents, liés au fonctionnement ou au
maintien de la situation7.
Plusieurs incertitudes existent concernant la période de transition pour la mise en œuvre de
solutions préventives. Comme l’illustre le schéma ci-dessous, la vitesse d’installation et
l’amplitude des coûts supportés par les acteurs ne sont pas connues. Parmi les cas d’étude
choisis, aucun ne présente en effet une période de transition achevée, les actions sont
encore en cours d’installation. Bien que le coût de mise en place des actions préventives
supporté par les acteurs ne soit pas négligeable (investissements matériels réalisés par les
agriculteurs, coûts d’animation pour la mise en place des mesures, etc.), il n’est pas possible
de déterminer combien de temps dure une phase de transition complète pour tous les
acteurs présents sur une AAC car le début de cette phase n’intervient pas au même moment
pour tous. Par exemple, si l’on considère la conversion à l’agriculture biologique de toute la
Surface Agricole Utile (SAU) d’une AAC, tous les agriculteurs ne vont pas convertir leurs
parcelles en même temps. De plus, le temps de réaction du milieu, qui impacte la durée de
cette phase de transition, n’est pas connu et varie d’un territoire à un autre.
Incertitudes sur la forme de la courbe des coûts
en période de transition (vitesse de transition et
amplitude des coûts supportés)
Coûts
?
?
Temps
Période de
transition
Période de maintien =
‘rythme de croisière’
Période de transition et rythme de croisière
Pour contourner ces incertitudes et éviter de poser des hypothèses très fragiles, il a été
décidé d’effectuer la comparaison en rythme de croisière, une fois la phase d’installation des
mesures révolue. Ce choix est d’autant plus acceptable économiquement que la période de
transition est limitée dans le temps, alors que le rythme de croisière est stabilisé pendant au
moins quelques années.
Ainsi, seuls les coûts supportés annuellement correspondants au fonctionnement des
actions seront pris en compte ici.
7
Pour ce qui concerne les pratiques agricoles, l’idéal serait que soient mis en place des systèmes durables et
pérennes ne nécessitant pas d’aides pour se maintenir. Dans le contexte actuel, il apparaît qu’un soutien est
nécessaire pour maintenir ces pratiques durables.
9
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
•
Le choix de calculer le coût selon deux points de vue : service d’eau puis
service d’eau et autres financeurs
La comparaison entre préventif et curatif a été menée selon deux points de vue :
-
d’une part, du point de vue du service d’eau seulement,
d’autre part, du point de vue du service d’eau et des autres financeurs (Agence
de l’eau principalement).
Cela permet de développer un argumentaire adapté aux élus, particulièrement intéressés par
les coûts incombant à leur service d’eau, mais aussi adapté aux autres publics.
•
Le choix de comparer deux situations contrastées
Les coûts payés par le service d’eau et les financeurs ont été calculés dans deux situations
contrastées :
-
une situation où seules des actions préventives sont mises en places sur l’AAC
sans traitement curatif ;
une situation où le traitement curatif est en place, sans démarche préventive.
Il s’agit d’un clivage théorique qui ne prend pas en compte le fait que dans la réalité, les
situations transitoires qui cumulent les deux solutions peuvent coexister, notamment lorsqu’il
faut pouvoir fournir immédiatement de l’eau potable à la population tout en démarrant un
programme préventif nécessaire pour retrouver la bonne qualité des eaux. Le curatif est
alors une solution d’appoint ou d’urgence, le temps que les actions préventives fassent effet
sur la qualité de la nappe d’eau.
Le rythme de croisière se place après cette phase éventuelle de coexistence entre préventif
et curatif.
Deux scénarios préventifs envisagés : un scénario préventif tendanciel et
un scénario ‘préventif +’ :
Concernant le préventif, la difficulté a été de construire un scénario qui soit à la fois garant
de la protection de la ressource et en adéquation avec le contexte et les possibilités d’action
sur un territoire, malgré une relative incertitude sur l’efficacité des mesures sur la ressource.
Devant cette difficulté et l’absence d’actions préventives suffisamment avancées sur le
terrain, il a été choisi de retenir deux scénarios préventifs aux degrés d’ambition différents :
-
-
un scénario ‘préventif tendanciel’ qui respecte le programme d’actions préconisé
lorsque les mesures sont jugées suffisamment ambitieuses pour maintenir ou
restaurer la qualité de la ressource en eau. En effet, les actions préventives
proposées dans les études AAC collectées se sont souvent révélées peu ambitieuses
(seulement de l’animation, un rappel de mesures réglementaires comme les CIPAN,
des objectifs de surface en MAEt insuffisantes, une réduction des intrants peu
ambitieuse, etc). Dans ces cas-là, un scénario de substitution tendanciel a été défini,
plus ambitieux mais réaliste (typiquement, mélange de réduction de 40 % des
herbicides et 50% pour les autres intrants, de passage au bio et à l’herbe)
un scénario ‘préventif +’ qui propose des mesures plus fortes que le scénario
préventif tendanciel, garantes de l’efficacité quant à leur rôle de restauration et de
protection de la qualité de la ressource en eau (typiquement panachage de passage
au bio et à l’herbe).
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
10
Le détail de ces scénarios est repris en annexe 4.
Le bon dimensionnement des mesures préventives agricoles se situe probablement entre
ces deux bornes. La proposition de ces deux scénarios permet de construire une fourchette
de coût.
Pour le service d’eau potable, le coût du préventif tendanciel est égal au coût du ‘préventif +’.
En effet, les coûts nets à la charge du service d’eau potable sont indépendants des surfaces
couvertes en MAEt car ils correspondent à une partie du coût d’animation et aux frais
potentiels liés aux acquisitions foncières, peu sollicitées dans les cas d’étude (Cf. annexe 4).
En revanche, en global, les coûts en préventif tendanciel et en ‘préventif +’ sont différents
puisqu’ils dépendent des surfaces couvertes par des mesures MAEt traduisant les ambitions
différentes des scénarios.
Dans l’outil informatique, cette distinction factice entre les deux scénarios préventifs n’est
pas préformatée. L’outil, précisément, permet à l’utilisateur de simuler les effets d’un
scénario adapté au terrain étudié, et d’en tester plusieurs à la suite. (Cf. annexe 2).
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AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
MESSAGES CLES ISSUS DE L’ANALYSE ECONOMIQUE DES
CAS D’ETUDE
Cette partie présente les principales conclusions tirées de l’analyse économique des 21 cas
d’étude pour lesquels a été menée une comparaison économique entre l’option ‘tout curatif’
et l’option ‘tout préventif’ (voire curatif/préventif/palliatif pour 2 cas parmi les 21).
Précautions avant lecture des résultats économiques
- Les coûts présentés tiennent compte uniquement de l’enjeu AEP : les autres coûts
liés à la pollution par les pesticides et nitrates (santé publique, dégradation des
milieux, eutrophisation, non atteinte des objectifs DCE, etc.) n’ont pas été chiffrés ;
- Les montants des Mesures Agro-Environnementales, utilisés pour calculer le coût des
scénarios préventifs, sont ceux définis dans le PDRH 2007-2013, sans certitude que ces
valeurs soient maintenues dans le futur. Il a de plus été considéré que le maintien d’un
certain niveau de réduction des intrants serait rémunéré de la même façon que la réduction
initiale de ces intrants8. Ces montants pourront être adaptés par la suite grâce à l’outil.
- Les taux des aides financières accordées par l’AESN en préventif et en curatif sont ceux du
9ème programme révisé (2007-2012).
8
Il n’existe pas aujourd’hui de MAE maintien de la réduction d’IFT (Indice de Fréquence de Traitement), bien que cette piste
soit envisagée par le MAAPRAT.
AESN – Comparaison Prévenitf/Curatif – Phase 3 – E109212
12
Pour les services d’eau potable, l’intérêt du préventif est nettement confirmé :
le coût du préventif est toujours inférieur au coût du curatif.
Pour les services d’AEP, en rythme de croisière, le coût du préventif est toujours inférieur à
celui du curatif, et ce, pour tous les cas étudiés. Le coût du curatif peut représenter jusqu’à
87 fois celui du préventif comme le montre le graphique suivant :
Pour ce cas, le coût du curatif
représente 87 fois le coût du préventif
pour le service d’eau potable
Rapport coût du curatif/coût du préventif du point de
vue du service d’eau (sans unité)
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Cas d'études
Ratios curatif/préventif du point de vue du service d’eau
Ce résultat est toutefois lié aux caractéristiques suivantes :
-
Dans les cas d’études, l’acquisition foncière est peu sollicitée ; un recours important à
l’achat de foncier pourrait éventuellement influencer le rapport entre curatif et
préventif (cela peut être testé via l’outil) ;
-
Dans le contexte actuel, les services de l’eau ne peuvent pas apporter de soutien
direct aux agriculteurs protégeant leurs captages (comme c’est le cas à Munich ou
dans d’autres contrats entre services d’eau et agriculteurs en Allemagne), et
soutiennent encore très peu les filières pour encourager les systèmes durables. De
tels coûts supportés par le service d’eau devraient être pris en compte et pourraient
conduire, s’ils se développaient dans le futur, à adapter l’outil.
Pour l’ensemble des acteurs (services d’eau et autres financeurs), l’enjeu AEP suffit
souvent à lui seul à justifier les mesures préventives
13
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Le coût du préventif est inférieur au curatif dans un cas sur deux
En considérant les coûts globaux (c’est-à-dire ceux supportés par les services d’eau et
autres financeurs9), le coût du préventif est inférieur au coût du curatif dans la moitié des 21
cas étudiés. En effet, lors du passage du coût pour le service d’eau potable seul au coût
global pour l’ensemble des acteurs, le rapport curatif/préventif diminue :
-
Le coût du curatif n’augmente pas puisque les coûts de fonctionnement du traitement
de potabilisation ne font l’objet d’aucune subvention ;
-
A l’inverse, le coût du préventif augmente car les aides publiques s’ajoutent aux coûts
subis par les services d’eau potable : les MAEt sont généralement subventionnées à
100% par l’AESN et l’animation agricole cofinancée par l’AESN et le service d’eau.
Pour ce cas, le coût global du curatif représente
presque 15 fois le coût global du préventif
Rapport coût du curatif/coût du préventif du point de
vue des collectivités et des financeurs (sans unité)
15
14
13
12
11
10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
Cas d'études
Rapport Curatif/Préventif tendanciel
Rapport Curatif/Préventif +
Ratios curatif/préventif du point des collectivités et des financeurs
La SAU d’une AAC d’une part et le volume prélevé d’autre part sont les deux facteurs
déterminant le rapport curatif/préventif pour les 21 cas d’étude. En effet :
-
Les cas d’étude pour lesquels le curatif est moins cher que le préventif ont un ratio
‘SAU/Volume d’eau’ fort, compris entre 0,001 et 0,01 ha /m3/an ;
Il s’agit le plus souvent de cas qui se caractérisent par une SAU supérieure à 400 ha
et/ou un volume prélevé inférieur à 1 000 000 m3/an ;
-
Les cas pour lesquels le préventif est moins cher que le curatif ont un ratio
‘SAU/Volume d’eau’ faible, compris entre 0,0001 et 0,001 ha /m3/an.
9
Compte tenu des coûts présents en rythme de croisière et des hypothèses adoptées pour leur financement, l’AESN est le seul
financeur public impliqué.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
14
Ces cas présentent soit des SAU inférieures à 400 ha, soit des volumes prélevés
supérieurs à 5 000 000 m3/an10.
Le rôle de la SAU et du volume d’eau dans le classement des cas d’étude peut s’expliquer
par les éléments suivants :
-
La SAU conditionne la surface sur laquelle seront installées les MAEt ainsi que
l’animation, et donc le coût global du préventif11 ;
-
Jusqu’à un certain seuil, le coût du curatif au m3 décroît avec le volume d’eau du fait
d’économies d’échelle.
Le rapport ‘SAU/Volume d’eau prélevé conditionne ainsi la différence de coût entre préventif
et curatif lorsqu’il est analysé du point de vue du service d’eau et des autres financeurs.
Toutefois si le soutien aux filières attenant aux systèmes durables venait à se développer
(par exemple investissement dans des unités de déshydratation de luzerne, …), ce critère
devrait être pris en compte dans le rapport curatif/préventif.
Il convient néanmoins de rappeler que l’intérêt public des politiques préventives dépasse
largement la question de l’alimentation en eau potable : ces politiques permettent de
conserver et même souvent de retrouver une bonne qualité des milieux. Elles contribuent
notamment à l’atteinte du bon état des eaux par le phénomène de dilution de la pollution
dans les eaux de nappe. Par ailleurs, l’abandon ou la réduction de l’usage des
phytosanitaires présente des bénéfices en matière de santé, d’abord pour les agriculteurs
mais aussi pour la population voisine. Il n’est pas exclu que le préventif induise aussi
d’autres bénéfices d’intérêt général : qualité de l’air, autonomie énergétique, création
d’emplois, etc.
Des différences de coûts entre les scénarios préventifs
Du point de vue des services d’eau et des autres financeurs, une distinction peut être faite
entre les cas d’étude suivant le coût de chaque type de scénario préventif. Trois situations
ont été rencontrées dans les cas d’étude :
- Coût scénario préventif tendanciel > coût scénario ‘préventif +’ : dans l’échantillon
étudié, il s’agit en général des AAC pour lesquelles la SAU est élevée ;
- Coût scénario préventif tendanciel < coût scénario ‘préventif +’ : il s’agit en général
des AAC pour lesquelles la SAU est faible ;
- Coût scénario préventif tendanciel = coût scénario ‘préventif +’ : pour ces cas, les
deux scénarios préventifs sont équivalents en termes de coût, les actions adoptées
sur ces sites comportant un taux maximal de couverture du territoire en MAEt de
‘dilution’.
Ces résultats ne modifient pas les conclusions générales sur la comparaison
curatif/préventif : le sens du rapport curatif/préventif (supérieur ou inférieur à 1) est inchangé
quel que soit le scénario préventif.
Les résultats dépendent fortement des hypothèses posées pour construire les scénarios
préventifs, notamment celle du seuil arbitrairement fixé à 5 000 ha de SAU. En effet, si la
SAU est inférieure à 5 000 ha, le scénario ‘préventif +’ prévoit de couvrir 100 % de la SAU en
MAEt de ‘dilution’, et s’avère plus coûteux que le scénario tendanciel (5 % de la SAU en
10
Les valeurs citées ci-dessus sont tirées de l’analyse des 21 cas d’études et résultent des hypothèses posées.
Elles ne constituent en rien une référence applicable à toutes les AAC du bassin Seine-Normandie.
11
Ce qui ne serait plus le cas dans un contexte où les systèmes durables seraient installés de manière pérenne
sans nécessité de recourir à des aides au maintien.
15
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
dilution et 20 % en réduction d’intrants). A l’inverse, si la SAU est supérieure à 5 000 ha, le
scénario ‘préventif +’prévoit de couvrir 20 % de la SAU en MAEt de ‘dilution’, et s’avère
moins coûteux que le scénario tendanciel (toujours 5 % de la SAU en dilution et 20 % en
réduction d’intrants).
L’outil informatique élaboré pour les chargés d’opérations de l’Agence permet de
s’affranchir des hypothèses posées pour l’analyse de l’échantillon d’étude et des
effets de seuil : l’utilisateur peut avec cet outil tester n’importe quel scénario sur
l’AAC de son choix.
Une politique préventive est d’autant plus intéressante qu’elle est engagée tôt
Engager une politique préventive ambitieuse sans attendre une pollution importante de la
ressource permet de profiter pleinement du moindre coût du préventif. A l’inverse, attendre
risque de faire subir à l’ensemble des financeurs une période de « double peine » consistant
à payer en même temps le curatif devenu indispensable à court terme et le préventif
nécessaire pour l’avenir.
Parmi les 21 cas étudiés, 2 cas montrent qu’engager des mesures préventives suffisamment
tôt permet d’éviter la construction d’une usine de traitement en maintenant, voire en
améliorant la qualité des eaux. Un autre cas correspond aussi à un retour rapide à des
teneurs inférieures à la norme, mais le bénéfice est ici moindre à court terme car une usine
de traitement a été construite et la collectivité doit finir de rembourser l’emprunt nécessaire à
son financement.
Plusieurs cas illustrent la situation inverse de « double peine ». Certains cas illustrent une
mise en place trop tardive du programme préventif, comme ce cas pour lequel le programme
préventif a été initié en 2002 mais n’a pu empêcher la construction d’une station de
traitement des pesticides 5 ans plus tard, les taux étant toujours supérieurs à la norme. Dans
la majorité de ces cas, le programme préventif a été imposé aux maîtres d’ouvrage suite au
conditionnement des aides attribuées par l’Agence pour une solution curative (usine de
traitement par exemple) et aussi car les captages jugés prioritaires, donc démarchés par
l’Agence, sont le plus souvent les plus dégradés. Les actions préventives sont alors mises
en place bien après la construction de l’usine, pour tenter non pas d’éviter les traitements,
mais de reconquérir la qualité de la ressource.
L’intérêt des politiques préventives précoces conduit ici à s’interroger sur les priorités
actuelles de l’Agence. En effet, les captages Grenelle et les captages prioritaires du SDAGE
ont souvent une ressource déjà dégradée, et l’Agence ne promeut pas particulièrement les
politiques préventives de protection sur les autres captages (non prioritaires) à la ressource
encore de bonne qualité et où l’avantage du préventif serait pourtant le plus grand.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
16
UN OUTIL POUR SIMULER DES SITUATIONS CONCRETES
Au-delà des 21 cas d’études et des scénarios utilisés pour les coûts du préventif, qui ont
permis de formuler des messages clés, un outil Excel permet notamment aux chargés
d’opérations de l’AESN de visualiser la comparaison économique entre préventif et curatif
sur une AAC donnée. En fournissant des résultats économiques instantanés sur les coûts
supportés par la collectivité et par les autres financeurs, cet outil peut donc être utile lors des
discussions avec le service d’eau ou pour les élus et abonder l’étude préalable au lancement
du programme d’actions.
L’ensemble de l’outil reste fidèle à la méthodologie employée pour les 21 cas d’étude, mais il
a été conçu de manière à s’affranchir des différentes hypothèses posées pour l’échantillon
d’étude. Les comparaisons préventif/curatif sont réalisées en rythme de croisière. Certains
paramètres (prix de l’électricité, taux d’aide de l’Agence, caractéristiques de l’emprunt pour
l’usine de traitement) peuvent être modifiés pour s’adapter aux évolutions ou au contexte
local.
L’outil permet au chargé d’opérations de tester sur une AAC donnée tous les scénarios
préventifs envisageables, qu’ils soient conformes aux propositions d’une étude AAC
(scénario tendanciel) ou plus ambitieux. Pour cela, trois options permettent de caractériser le
programme préventif :
-
tester le contenu d’un programme d’actions proposé dans une étude AAC par
exemple,
-
obtenir un programme d’actions par défaut à partir du découpage de l’AAC en zones
de vulnérabilité (les hypothèses étant celles posées dans l’étude) si aucun
programme d’actions n’a encore été proposé,
-
tester différentes surfaces de MAEt (bio, herbe, réduction intrants) sans hypothèses
par défaut pré-remplies. L’utilisateur peut ainsi tester un scénario préventif très
ambitieux s’il le souhaite.
Grâce à cet outil, il est également possible de créer un scénario curatif fictif, dans le cas où
aucune usine n’aurait été mise en place ni projetée. Ceci peut être très utile dans les cas où
aucune décision n’a encore été prise concernant la protection de la ressource en eau (et
lorsque les taux de pesticides et de nitrates sont encore assez bas pour éviter la construction
d’une usine de traitement).
L’utilisateur a la possibilité de saisir manuellement ses propres valeurs lorsque les valeurs
par défaut calculées automatiquement (à partir de données à rentrer obligatoirement) ne lui
semblent pas adaptées (Nombre d’ETP pour l’animation agricole et coût d’investissement de
l’usine).
A l’issue de la saisie du projet, celui-ci peut être enregistré. Cela permet à l’utilisateur de
compiler les résultats obtenus sur plusieurs cas (après avoir pris soin de les copier dans un
autre fichier Excel) afin de comparer les projets ou réaliser des traitements statistiques. De
plus, cet enregistrement permet à l’utilisateur de préparer à l’avance la discussion avec son
interlocuteur.
17
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
L’outil pourra être mis à jour au niveau du siège pour tenir compte d’éventuels changements
dans les taux d’aides de l’agence, dans les MAEt, ou à d’éventuelles évolutions par exemple
sur le soutien aux filières.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
18
Exemple de sortie
Description générale
Nom du projet
Nom AAC
Commune(s)
Surface AAC
Projet 1
AAC 1
Ville
600 ha
Captages Grenelle
Population desservie
VRAI
1 900 hab
Etude AAC réalisée
VRAI
2
Caractéristiques des mesures curatives
Pesticides
Nitrates
Autres (précisez)
VRAI
VRAI
Volume traité
100 000 m /an
Montant global de l'investissement par défaut
Montant global de l'invest. saisie manuelle (prioritaire)
392 500 €
€
2
3
Consommation électrique annuelle
€/an
m
Si inconnue, renseigner la hauteur manométrique
Caractéristiques des mesures préventives
SAU
Coût du foncier
Surface acquise
ETP par défaut
ETP saisie manuelle (prioritaire)
560 ha
€
ha
0,25 ETP
ETP
Bail environnemental
0
0
Choix n°1 : Si un programme d'actions préconise des surfaces en bio, herbe et réduction d'intrants
Surface Bio Grandes cultures préconisée
Surface Bio Vigne préconisée
Surface Bio maraîchage préconisée
ha
ha
ha
Surface Herbe préconisée
Surf. Réduct. intrants Gdes cult. préconisée
Surface Réduction intrants Vigne préconisée
ha
ha
ha
Choix n°2 : Si aucune préconisation de surfaces dan s le programme d'actions, mais un découpage du BAC en
zones de vulnérabilité
Surface Zone très vulnérable
150 ha
Surface Zone moyennement vulnérable
400 ha
Choix n°3 : Si vous souhaitez tester vos propres hy pothèses
Surface Bio Grandes Cultures
Surface Bio vigne
Surface Bio maraîchage
ha
ha
ha
Surface Herbe
Surface Réduction intrants Grandes cultures
Surface Réduction intrants Vigne
ha
ha
ha
Coûts
Curatif
Préventif
€/m3
0,60
0,50
0,40
0,30
0,20
0,10
0,00
Coût traitement
Amortissement usine
Annuités remboursement emprunt banque (pour
investissement usine)
Annuités remboursement avance AESN
20 800 €/an
19 625 €/an
2 762 €/an
5 233 €/an
Animation
Loyer Baux environnementaux
Coût de pompage
Amortissement foncier
Annuités acquisitions foncières
Total Collectivité
48 420 €/an
0,484 €/m 3
soit impact prix de l'eau
Total Collectivité
soit impact prix de l'eau
3 100 €/an
0 €/an
4 125 €/an
0 €/an
0 €/an
7 225 €/an
0,072 €/m 3
Subventions AESN
MAEt
Animation
Total Subventions AESN
Mises en garde : Ces résultats découlent directement
des hypothèses posées, se reporter à la méthodologie du
rapport pour plus de détails. Ces résultats n'engagent en
rien l'AESN (notamment sur les montants de subventions
indiqués)
19
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
82 170 €/an
12 400 €/an
94 570 €/an
ANNEXES
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
20
ANNEXE 1 : FICHES DES CAS D’ETUDE
Cas n°1
Le cas n°1 est une AAC d’environ 3 000 ha (dont 2 7 00 ha de SAU), dont les captages
produisent environ 140 000 m3 d’eau par an. L’eau est polluée par des pesticides d’origine
agricole et présente un taux de turbidité supérieur à la norme. Pour garantir une eau
conforme à la population, une usine de traitement a été mise en place. Les données
concernant cette station ont été collectées auprès du service d’eau potable.
Pour ce cas, les MAEt proposées sont les suivantes :
• Scénario préventif tendanciel : 300 ha en herbe et 800 ha en réduction d’intrants,
conformément au programme d’action élaboré lors de l’étude AAC.
• Scénario ‘préventif +’ : 50 % de la SAU en agriculture biologique et 50 % de la SAU
en herbe.
Ces deux scénarios comportent également des postes d’animation et d’amortissement
foncier, étant donné que des acquisitions ont été réalisées sur l’AAC.
Les coûts qui ont pu être chiffrés figurent dans le tableau ci-dessous. En comparant les
coûts des solutions préventives et curatives supportés par le service d’eau sur le long terme,
il s’avère que les actions agricoles préventives coûteraient moins cher que le curatif.
€/m3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la
turbidité
Traitement des nitrates
Traitement des phytosanitaires
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,221
0,221
0,111
2,212
4,320
0
Service AEP
Global
0
0
0
0
-0,011
-0,011
-0,011
0,245
0,245
0,096
0
0
0,196
0,020
0
0,216
0,096
0
0
2,519
0
0
2,519
0,096
0
0
4,627
0
0
4,627
0,096
0,300
0,124
0,765
0,081
0,129
0,974
0,096
0,300
0,124
0,765
0
0,129
0,893
1,20
1,00
€/m3
0,80
annuités
0,60
renouvellement
fonctionnement
0,40
0,20
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
21
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Cas n°2
Cette AAC n°2 est constituée de plusieurs sources p ermettant de prélever une quantité
d’eau importante, à hauteur de 13 000 000 m3/an. Les concentrations en nitrates et
pesticides aux sources dépassent la limite de qualité pour l’eau potable. Leur origine est
principalement agricole. L’AAC a une superficie d’environ 11 000 ha, dont 10 000 de SAU
constituée de grandes cultures. Au début des années 1990, un programme d’actions a été
initié en raison de l’augmentation de la concentration en nitrates sur cette ressource.
L’impact n’étant pas suffisant sur la qualité de l’eau, de nouvelles actions ont été engagées
en 2005 pour accompagner l’appropriation de systèmes de culture limitant les intrants et
compatibles avec la protection de la ressource en eau. En parallèle, en raison de l’évolution
des normes applicables en matière d’eau potable et de la présence d’atrazine et de
déséthylatrazine, une usine de traitement pour ces deux molécules a été mise en place en
2005. Les nitrates, en concentration supérieure à 50mg/l, ne sont pas traités car la structure
du réseau permet une dilution avec d’autres ressources de meilleure qualité.
Ces actions n’ont pas encore été formalisées dans le cadre d’un programme d’action
Grenelle. Les scénarios préventifs en rythme de croisière ont donc été définis en s’appuyant
sur la méthodologie proposée et en tenant compte des actions déjà menées sur le territoire :
• Scénario préventif tendanciel : 5 % de la SAU en agriculture biologique pour
prolonger la dynamique déjà bien avancée et 50 % de la SAU en réduction d’intrants.
• Scénario ‘préventif +’ : Maintien de 20 % de la SAU en agriculture biologique
Les données concernant le coût de traitement des pesticides nous ont été fournies par le
service d’eau en charge des sources.
Les résultats sont présentés dans le tableau ci-dessous :
€/m3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la turbidité
Traitement des nitrates
Traitement des phytosanitaires
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,004
0,007
0,007
0
0,134
0,036
0
0,002
0
0
0,006
0
0
0,006
0
0,002
0
0
0,143
0
0
0,143
0
0,002
0
0
0,046
0
0
0,046
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
Service AEP
Global
0
0
0
0
0,022
0,002
0,300
0,013
0,338
0,009
0,019
0,365
0,022
0,002
0,300
0,013
0,338
0
0,019
0,356
22
0,40
0,35
0,30
€/m3
0,25
annuités
renouvellement
0,20
fonctionnement
0,15
0,10
0,05
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°3
Ce cas (n°3) comprend deux forages situés sur deux petites communes. Leur production
annuelle est d’environ 300 000 m3 d’eau par an. L’étude AAC réalisée en 2008 a abouti à
une délimitation d’environ 3 000 ha, dont 1 000 ha de SAU constituée essentiellement de
grandes cultures. Ces sources sont plutôt de bonne qualité, avec des taux de nitrates et de
pesticides bien en dessous de la norme.
Les opérations préventives prévues ont pour but ici de protéger la ressource et non pas de
reconquérir sa qualité.
En croisant la vulnérabilité intrinsèque et l’occupation des sols, deux zones sensibles
entièrement agricoles ont été définies :
- une zone de forte sensibilité (16 % de la SAU),
- une zone de moyenne sensibilité (84 % de la SAU).
Le programme d’actions défini prévoit entre autre le maintien en herbe de la zone très
sensible. Aucune action précise en termes de mesures agro-environnementale n’a été
préconisée pour la zone moyennement sensible. On suit donc la méthodologie proposée :
comme la surface de la zone fortement sensible est inférieure à 20 % de la surface totale de
l’AAC, le scénario préventif tendanciel à long terme est donc :
- maintien de la zone très sensible en herbe (on peut remarquer que le scénario
préventif tendanciel théorique évoqué dans la méthodologie correspond à ce qui est
réalisé sur le terrain).
- 100 % de la zone moyennement sensible en réduction d’intrants.
Le scénario ‘préventif +’ prévoit de maintenir 50 % de la SAU en herbe et 50 % de la SAU en
agriculture biologique.
Concernant l’alternative curative, aucune usine de traitement n’a été installée sur ce
territoire. L’objectif est donc de créer une usine fictive qui aurait pu être mise en place en cas
de dépassement des taux de nitrates et pesticides. On se sert pour cela de la bibliographie
des coûts (annexe 3).
L’ensemble des coûts chiffrés en rythme de croisière figure dans le tableau ci-dessous.
23
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la turbidité
Traitement phytos et nitrates
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,098
0,098
0,049
0
0,999
0,731
0,001
0
0
0,051
0,003
0
0,054
0,001
0
0
1,098
0
0
1,098
Service AEP
0,001
0
0
0,831
0
0
0,831
Global
0
0
0
0
0,100
0
0,180
0,280
0,027
0,014
0,321
0,100
0
0,180
0,280
0
0,014
0,294
0,35
0,30
0,25
€/m3
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
annuités
0,20
renouvellement
0,15
fonctionnement
0,10
0,05
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°4
Cette AAC (n°4) est de très petite taille (environ 60 ha), dont la totalité est constituée de
parcelles agricoles (maïs, céréales). Le captage produit annuellement environ 150 000 m3
d’eau pour alimenter 10 000 habitants. Cette source est touchée par une importante pollution
aux nitrates, avec des pics pouvant aller jusqu’à 60 mg/l. A la suite d’une étude de
vulnérabilité qui a révélé la présence d’une zone sensible et d’une zone complémentaire
autour du captage, le service d’eau a lancé des mesures de reconquête de la qualité de la
ressource. Ainsi, par le biais d’acquisitions foncières successives, des terrains ont été remis
en herbe dans le but de limiter fortement la fertilisation azotée. Selon les derniers résultats,
la teneur en nitrates des eaux aurait presque diminué de moitié.
Pour ce cas, le scénario préventif tendanciel consiste en un maintien sur le long terme des
parcelles en herbe. Etant donné qu’il s’agit du maximum qui puisse être fait sur cette AAC,
ce scénario correspond également au scénario ‘préventif +’.
Des coûts liés aux amortissements fonciers entrent également en jeu dans le calcul des
coûts du préventif.
Concernant le curatif, la collectivité a pris le parti de ne pas mettre en place une usine de
traitement des nitrates, privilégiant l’effet positif des mesures préventives sur la ressource en
eau. Pour comparer le préventif et le curatif en rythme de croisière, les calculs des coûts
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
24
d’investissement et de fonctionnement d’une station fictive qui aurait traité les nitrates et les
pesticides ont été réalisés. La comparaison des coûts est présentée dans le tableau suivant :
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la turbidité
Traitement phytos et nitrates
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,048
0,097
0,097
0
0,065
0,065
0,016
0
0
0,064
0,021
0
0,085
0,016
0
0
0,177
0
0
0,177
Service AEP
0,016
0
0
0,177
0
0
0,177
Global
0
0
0
0
0,170
0
0,200
0,370
0,045
0,024
0,439
0,170
0
0,200
0,370
0
0,024
0,394
0,50
0,45
0,40
0,35
€/m3
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
0,30
annuités
0,25
renouvellement
0,20
fonctionnement
0,15
0,10
0,05
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°5
Cette AAC (n°5) de taille relativement petite (envi ron 600 ha, dont 550 ha de SAU) contient
deux captages d’eau potable, permettant de produire environ 120 000 m3 d’eau par an. Les
eaux de ce champ captant sont touchées par une pollution aux nitrates d’origine agricole. En
effet, les taux de nitrates sont relativement élevés (jusqu’à 45 mg/l), mais n’ont jamais
dépassé la norme. Aucune trace de pesticides n’a été détectée. Ainsi, aucune usine de
traitement n’a été installée sur cette AAC.
Le scénario préventif tendanciel a été construit en fonction du découpage de la surface totale
en zones de vulnérabilité, réalisé dans le cadre de l’étude AAC. Ainsi les scénarios
préventifs en rythme de croisière sont :
• Scénario préventif tendanciel :
- 50 % de la zone très vulnérable (qui représente 30 % de la SAU) en mesure de
dilution. Comme l’étude AAC préconisait de remettre en herbe les parcelles autour du
captage afin de limiter la teneur en nitrates des eaux et que la ZTV comprend ces
parcelles, la mesure de dilution choisie est l’herbe.
- 50 % de la zone moyennement vulnérable (qui représente 70 % de la SAU) en
mesure de réduction d’intrants.
25
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
•
Scénario ‘préventif +’ : Maintien de 100 % de la SAU en agriculture biologique.
Concernant le curatif à long terme, un chiffrage a pu être effectué en se basant sur une usine
fictive traitant les nitrates et les pesticides.
Les résultats en rythme de croisière, présentés dans le tableau ci-dessous, montrant un net
avantage pour le préventif, si l’on se place du point de vue du service d’eau.
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la
turbidité
Traitement phytos et nitrates
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,067
0,135
0,135
0
0,706
1,154
Service AEP
Global
0
0
0
0
0
0
0
0,190
0,190
0
0
0,067
0
0
0,067
0
0
0,841
0
0
0,841
0
0
1,289
0
0
1,289
0
0,210
0,400
0,061
0,027
0,488
0
0,210
0,400
0
0,027
0,427
0,60
0,50
0,40
annuités
€/m3
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
0,30
renouvellement
fonctionnement
0,20
0,10
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°6
Ce cas (n°6) a fait l’objet d’une étude AAC mais à ce jour, seule la phase de délimitation a
été achevée. Il s’agit d’une AAC d’environ 4 000 ha, dont 90 % de cette surface est occupé
par des terres agricoles (grandes cultures). Un forage permet de capter environ 550 000 m3
d’eau par an. La qualité de l’eau de cette source est mauvaise pour les nitrates, si bien
qu’une usine de dénitratation a été installée.
Faute de données plus précises sur les caractéristiques de l’AAC et de la ressource, le
scénario préventif sera uniquement basé sur des hypothèses.
Les MAEt choisies pour constituer les scénarios préventifs à long terme sont les suivantes :
• Scénario préventif tendanciel :
- 5 % de la SAU en maintien de l’AB,
- 20 % de la SAU en réduction d’intrants.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
26
•
Scénario ‘préventif +’ : Maintien de toute la SAU en agriculture biologique.
L’ensemble des données sur l’usine de traitement a été collecté auprès du service d’eau de
la commune. Les comparaisons en rythme de croisière révèlent que le préventif coûterait 15
fois moins cher que le curatif, en rythme de croisière.
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la turbidité
Traitement des nitrates
Traitement des phytosanitaires
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,028
0,056
0,056
0
0,483
1,493
0
0,006
0
0
0,034
0
0
0,034
0
0,006
0
0
0,545
0
0
0,545
Service AEP
0
0,006
0
0
1,555
0
0
1,555
Global
0
0
0
0
0,111
0,006
0,086
0,180
0,382
0,044
0,083
0,510
0,111
0,006
0,086
0,180
0,382
0
0,083
0,466
0,60
0,50
0,40
annuités
€/m3
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
0,30
renouvellement
fonctionnement
0,20
0,10
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°7
Cette AAC (n°7) de 1 000 ha est exposée à des pollu tions par les nitrates et les pesticides,
en raison des activités agricoles pratiquées (sur environ 90 % de la surface). En effet, les
taux de nitrates frôlent les 40 mg/l et des molécules de pesticides ont été détectées à des
taux supérieurs à la norme. Le service d’eau maître d’ouvrage des forages, qui produisent
environ 400 000 m3 d’eau par an, a mis en place un programme d’actions préventives dans
le but de reconquérir la qualité de la ressource. Les résultats ont été concluants, avec
notamment la régression des teneurs en nitrates et pesticides. Une usine de traitement a
tout de même été installée pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable en cas de fort
dépassement des normes.
27
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Bien qu’une étude AAC ait été menée, aucun programme d’actions précis n’a été adopté en
termes de mise en place de MAEt. Ainsi, les scénarios préventifs proposés en rythme de
croisière sont :
• Scénario préventif tendanciel :
- 5 % de la SAU en MAEt de dilution, partagée entre des surfaces en herbes et
des surfaces en agriculture biologique.
- 20 % de la zone d’étude avec réduction d’intrants.
• Scénario ‘préventif +’ : Maintien de toute la zone d’étude en herbe.
L’usine de traitement en place possède des dispositifs permettant d’éliminer les pesticides et
les nitrates présents dans la ressource. Les données ont été collectées auprès du service
d’eau et du délégataire.
Le résumé des coûts chiffrés est présenté dans le tableau ci-dessous :
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la
turbidité
Traitement phytos et nitrates
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,020
0,041
0,041
0
0,180
0,531
Service AEP
Global
0
0
0
0
0
0
0
0,047
0,047
0,054
0
0,075
0
0
0,075
0,054
0
0,275
0
0
0,275
0,054
0
0,626
0
0
0,626
0,054
0,116
0,217
0,025
0,027
0,269
0,054
0,116
0,217
0
0,027
0,244
0,30
0,25
0,20
€/m3
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
annuités
renouvellement
0,15
fonctionnement
0,10
0,05
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
28
Cas n°8
Dans le cadre de la délimitation des périmètres de protection, une étude d’environnement a
été réalisée sur ce champ captant (n°8) de 2 forage s (3 500 000 m3 d’eau produit par an en
moyenne), afin de déterminer en partie les pressions sur la ressource. Cette étude révèle
que les ressources en eau de cette AAC sont de bonnes qualités avec des teneurs en
nitrates bien en dessous de la norme et aucune trace de pesticides détectés.
Le programme préventif envisagé par la collectivité consiste donc en un maintien de l’état
actuel de la qualité de la ressource en eau. Les conclusions de l’étude d’environnement
proposent une protection des parcelles se situant dans le périmètre de protection rapproché
(PPR), soit environ 100 ha. Les actions proposées sont les suivantes :
- Achat foncier des 100 ha par la collectivité,
- Installation d’agriculteurs en grandes cultures biologiques, sous baux
environnementaux, sur 60 % du PPR,
- Installation de maraîchers en mode de production biologique, sous baux
environnementaux, sur 30 % du PPR.
Pour ce cas d’étude, le contenu des actions proposées pour protéger la ressource paraît tout
à fait satisfaire aux objectifs de la DCE. Les scénarios ‘préventif +’ et tendanciel sont donc
confondus. Le calcul des coûts du préventif comprend également des postes liés à
l’amortissement foncier et aux baux environnementaux signés entre les agriculteurs qui
s’installeraient sur les terres et la collectivité.
La qualité de la ressource n’a pas nécessité la mise en place d’un traitement curatif pour
éliminer pesticides et nitrates. Pour cette raison, le coût du curatif en rythme de croisière a
été calculé de façon fictive. Ainsi, d’après les résultats ci-dessous, le curatif pèserait 130 fois
plus cher que le préventif, en rythme de croisière.
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
29
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la turbidité
Traitement phytos et nitrates
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,002
0,004
0,004
0,008
0,008
0
-0,001
0
0
0,001
0,001
0
0,002
-0,001
0
0
0,011
0
0
0,011
-0,001
0
0
0,011
0
0
0,011
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Service AEP
Global
0
0
0
0
0,030
0
0,100
0,130
0,027
0,014
0,171
0,030
0
0,100
0,130
0
0,014
0,144
0,18
0,16
0,14
0,12
€/m3
0,10
annuités
0,08
renouvellement
0,06
fonctionnement
0,04
0,02
0,00
-0,02
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°9
Le cas n°9 est une AAC ayant une superficie d’envir on 4 000 ha, dont 3 000 ha de SAU
cultivés en grandes cultures. Le captage a une production annuelle d’environ 180 000 m3.
L’eau captée est polluée par des nitrates (35 à 40 mg/l) et des pesticides d’origine agricole.
Une usine de traitement d’eau a été mise en place afin d’éliminer les traces de pesticides.
Les données techniques et économiques relatives à cette station ont été collectées auprès
de la collectivité.
Concernant le préventif, des objectifs ont été définis suite à l’étude BAC en termes de
couverture des sols. Ainsi, les MAEt proposées sont les suivantes :
• Scénario préventif tendanciel : 60 % de la SAU couverte en herbe et en bio et 40 %
de la SAU couverte par la MAEt réduction d’intrants.
• Scénario ‘préventif +’ : Maintien de 100 % de la SAU en agriculture biologique.
Ces deux scénarios comportent également des postes d’animation et d’amortissement
foncier, étant donné qu’une acquisition a été réalisée sur l’AAC (sans bail environnemental
signé avec les agriculteurs).
Le tableau ci-dessous présente l’ensemble des coûts chiffrés en préventif et en curatif. Pour
le service d’eau potable, les coûts supportés en préventif à long terme seraient 5 fois moins
élevés qu’en curatif (0,18 €/m3 en préventif contre 0,82 €/m3 en curatif).
€/m
3
PREVENTIF
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,086
0,172
0,172
0
2,274
3,818
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service AEP
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la
turbidité
Traitement des nitrates
Traitement des phytosanitaires
Sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
CURATIF
Service AEP
Global
0
0
0
0
0,001
0,001
0,001
0,222
0,222
0,089
0
0
0,176
0,006
0
0,182
0,089
0
0
2,535
0
0
2,535
0,089
0
0
4,081
0
0
4,081
0,089
0,300
0,113
0,724
0
0,094
0,817
0,089
0,300
0,113
0,724
0
0,094
0,817
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
30
0,90
0,80
0,70
€/m3
0,60
annuités
0,50
renouvellement
0,40
fonctionnement
0,30
0,20
0,10
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°10
Cette AAC (n°10) a une superficie d’environ 500 ha, dont 400 ha de surfaces agricoles.
Récemment, une étude AAC a été lancée du fait d’une qualité moyenne de la ressource en
eau, puisée au niveau de deux forages (production annuelle : environ 600 000 m3/an). En
effet, les activités agricoles pratiquées exposent la ressource à des pollutions par les nitrates
(taux frôlant les 45 mg/l) et par les pesticides (désethylatrzine : moyenne de 0,30 µg/l en
2006 pour les deux forages).
Dans le cadre de cette étude AAC, des actions préventives de reconquête de la qualité ont
été proposées. La méthodologie établie nous permet d’affiner ces propositions en chiffrant
les surfaces à convertir en mesure de dilution ou de réduction d’intrants. Ainsi, les scénarios
en rythme de croisière pour le préventif seraient les suivants :
• Scénario préventif tendanciel :
- 5 % de la SAU en maintien de l’AB,
- 20 % de la SAU en réduction d’intrants.
• Scénario ‘préventif +’ : Maintien de toute la SAU en herbe.
Une usine de traitement est en place pour éliminer les traces de pesticides, et assurer ainsi
un approvisionnement en eau potable à la population. Les données ayant permis le calcul du
scénario curatif à long terme (traitement pesticides et nitrates) ont été transmis par la
collectivité maître d’ouvrage des forages et le délégataire.
D’après ces résultats, le curatif s’avère presque 30 fois plus cher que le préventif en rythme
de croisière, pour le service d’eau.
31
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la turbidité
Traitement des nitrates
Traitement des phytosanitaires
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,013
0,026
0,026
0
0,049
0,135
0
0,004
0
0
0,017
0
0
0,017
0
0,004
0
0
0,079
0
0
0,079
Service AEP
0
0,004
0
0
0,165
0
0
0,165
Global
0
0
0
0
0,122
0,004
0,300
0,031
0,457
0,049
0
0,506
0,122
0,004
0,300
0,031
0,457
0
0
0,457
0,60
0,50
0,40
€/m3
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
annuités
renouvellement
0,30
fonctionnement
0,20
0,10
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°11
Cette AAC n°11 a une production annuelle d’eau pota ble importante, de l’ordre de
10 600 000 m3/an. La superficie est d’environ 40 000 ha, dont 25 000 ha de SAU constitués
principalement de grandes cultures. Les eaux issues de ces sources sont touchées par des
pollutions par les pesticides et nitrates d’origine agricole, ainsi que par de la turbidité.
La collectivité mène depuis plus de 10 ans une politique préventive sur cette AAC, afin de
limiter la fertilisation et l’usage des pesticides. Ainsi, des MAEt de réduction d’intrants et de
mise en herbe ont déjà été proposées aux agriculteurs depuis plusieurs années avec
succès. Le programme d’actions agricoles en cours n’a pas encore été formalisé dans un
programme d’actions Grenelle, aucun objectif chiffré de surfaces engagé n’est donc encore
fixé. Les scénarios préventifs en rythme de croisière proviennent de la méthodologie :
•
Scénario préventif tendanciel : 5 % de la SAU à maintenir en herbe et 5 % de la SAU
à maintenir en bio et 30 % de la SAU en réduction d’intrants, pour être en phase avec
la dynamique actuelle.
• Scénario ‘préventif +’ : Maintien de 10 % de la SAU en herbe et 10 % de la SAU en
agriculture biologique.
Concernant le curatif, l’eau provenant de cette AAC est aujourd’hui traitée pour la turbidité et
pour éliminer les pesticides (par du charbon actif en poudre). Les coûts relatifs au traitement
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
32
des pesticides et des nitrates seuls n’ont pu être isolés lors de la collecte d’informations. De
plus, le charbon actif en poudre est un produit coûteux rapporté au volume d’eau traité. A
long terme en rythme de croisière, si aucune action préventive n’est menée, on considère un
traitement continu au charbon actif en grain, moins cher par rapport au volume d’eau traité.
Pour ces raisons, il a donc été décidé de calculer un coût de traitement fictif à partir du
volume prélevé au niveau des sources, en cas de dépassement des taux de nitrates et de
pesticides.
Les résultats chiffrés figurent dans le tableau ci-dessous :
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la
turbidité
Traitement phytos et nitrates
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,004
0,009
0,009
0
0,289
0,108
Service AEP
Global
0
0
0
0
0
0
0
0,030
0,030
0
0
0,004
0
0
0,004
0
0
0,298
0
0
0,298
0
0
0,117
0
0
0,117
0
0,100
0,130
0,008
0,004
0,142
0
0,100
0,130
0
0,004
0,134
0,16
0,14
0,12
0,10
€/m3
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
annuités
renouvellement
0,08
fonctionnement
0,06
0,04
0,02
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Remarques sur ce cas :
Rapport Curatif/préventif tendanciel en global = 0,130/ 0,298 = 0,44 <1
Rapport Curatif/préventif + en global = 0,130/ 0,117 = 1,11 >1
Il s’agit du seul cas pour lequel les rapports ne vont pas dans le même sens. Il revient moins
cher d’un point de vue global de faire du préventif plutôt que du curatif lorsqu’on applique le
scénario ‘préventif +’. En effet, les 30 % de SAU en réduction d’intrants coûtent cher à la
collectivité (par rapport aux 20 % en herbe et bio du scénario préventif tendanciel).
33
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Cas n°12
Cette AAC (n°12) a une superficie de 1 000 ha envir on, dont 700 ha de SAU, partagée entre
des parcelles de grandes cultures (600 ha) et de vigne (130 ha). Environ 260 000 m3 d’eau
sont prélevés chaque année pour alimenter la population en eau potable. Seulement, les
pratiques agricoles exposent la source à une pollution diffuse d’origine agricole aux nitrates
et aux pesticides (dépassements fréquents des taux réglementaires). Pour assurer tout de
même une distribution d’eau conforme à la population, une usine de traitement a été
construite afin d’éliminer les nitrates et les pesticides. Les données relatives aux coûts
d’investissement et de fonctionnement ont été fournies par la collectivité responsable de
l’alimentation en eau potable.
L’étude AAC menée sur ce captage n’a pas proposé des solutions jugées assez ambitieuses
pour limiter de manière drastique les pollutions. Le scénario préventif tendanciel en rythme
de croisière a été construit en prenant en compte le fait que toute la SAU a été classée en
zone très vulnérable. Les MAEt proposées pour les deux scénarios préventifs sont les
suivantes :
• Scénario préventif tendanciel :
- 30 % de la surface en grandes cultures recevra des mesures de dilution. En
suivant les indications de l’AESN, le moitié de ces 30% sera maintenue en
herbe et l’autre moitié sera maintenue en agriculture biologique.
- 70 % de la SAU recevra la mesure de réduction d’intrants.
Pour les surfaces en vigne, on considérera que 30 % sera maintenu en bio et 70 % recevra
une dose réduite d’intrants.
• Scénario ‘préventif +’ : Ce scénario correspond à 50 % de maintien de la SAU en
herbe et 50 % de la SAU en agriculture biologique. Parmi les parcelles à maintenir en
agriculture biologique, on prendra la moitié des parcelles de grandes cultures et
toutes les parcelles de vigne.
La comparaison des coûts qui seraient supportés en rythme de croisière en préventif et en
curatif est présentée dans le tableau suivant :
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la
turbidité
Traitement phytos et nitrates
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,060
0,121
0,121
0
0,769
0,621
Service AEP
Global
0
0
0
0
0
0
0
0,052
0,052
0,041
0
0,102
0
0
0,102
0,041
0
0,931
0
0
0,931
0,041
0
0,783
0
0
0,783
0,041
0,080
0,173
0,042
0
0,215
0,041
0,080
0,173
0
0
0,173
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
34
0,25
0,20
0,15
€/m3
annuités
renouvellement
fonctionnement
0,10
0,05
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°13
Ce cas (n°13) est le regroupement de 4 captages qui alimente une communauté
d’agglomération avec une production annuelle de 1 500 000 m3 d’eau.
Une étude AAC a été menée, ce qui a permis de définir des zones de priorité sur lesquelles
installer des actions préventives. La superficie totale est d’environ 35 000 ha, dont 24 000 ha
de SAU. La répartition des zones de priorité est la suivante :
- Une zone en priorité élevée, qui représente près de 2 % de la SAU,
- Une zone en priorité moyenne, qui représente 25 % de la SAU,
- Une zone en priorité faible, qui représente le reste de la SAU.
Des propositions d’actions ont été faites dans le cadre de l’étude AAC. Ces actions, jugées
suffisamment ambitieuses, constituent le scénario préventif tendanciel en rythme de
croisière. Il s’agit de :
- Atteindre 20 % de la SAU en priorité 1 en 2020 en agriculture biologique.
- Atteindre 100 % de la SAU en 2019 en agriculture intégrée, via des MAEt de
réduction d’intrants et de gestion de la fertilisation. On enlèvera à cette surface la
surface en agriculture biologique.
Les MAEt de dilution et de réduction d’intrants proposée dans notre étude seront appliquées
à ces surfaces.
Le scénario ‘préventif +’ comprend un maintien de l’agriculture biologique sur 20 % de la
SAU totale.
Pour l’alternative curative, un traitement des pesticides a été ajouté à la station de pompage
au niveau d’une des sources. Il s’agit d’un traitement par charbon actif en grain, renouvelé
tous les 3 ans. Elle est gérée par un délégataire privé.
Seules les données concernant le fonctionnement de l’usine ont pu être collectées. Des
hypothèses ont donc été faites pour estimer le coût de construction.
Les coûts supportés par le service d’eau et par tous les acteurs à long terme figurent dans le
tableau ci-dessous et révèlent un net avantage pour le préventif.
35
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la turbidité
Traitement des nitrates
Traitement des phytosanitaires
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,010
0,021
0,021
5,442
0,797
0
0
0,026
0
0
0,036
0
0
0,036
0
0,026
0
0
5,488
0
0
5,488
Service AEP
0
0,026
0
0
0,844
0
0
0,844
Global
0
0
0
0
0,030
0,026
0,300
0,038
0,394
0,008
0,004
0,406
0,030
0,026
0,300
0,038
0,394
0
0,004
0,398
0,45
0,40
0,35
0,30
€/m3
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
annuités
0,25
renouvellement
0,20
fonctionnement
0,15
0,10
0,05
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°14
Cette AAC (n°14) s’étend sur trois communes et comp rend une dizaine de forages,
produisant au total environ 7 000 000 m3 d’eau par an. La surface définie est d’environ 3 000
ha, dont un tiers de SAU composée de grandes cultures. La qualité de l’eau de ces sources
est très moyenne avec des taux de pesticides supérieurs à la norme (0,15 µg/l alors que la
norme de potabilité est de 0,1 µg/l) et les teneurs en nitrates sont autour de 40 mg/l. Une
usine de traitement a donc été installée sur ce territoire afin d’éliminer les traces de
pesticides. Sous condition de l’AESN, une étude AAC a été engagée afin de déterminer un
programme d’actions préventives permettant de reconquérir de manière significative la
qualité de la ressource en eau. Cette étude a révélé que toute la surface avait une
vulnérabilité moyenne à élevée. Le programme d’actions prévoit le maintien de surfaces en
agriculture biologique et en herbe, ainsi qu’une réduction d’intrants grâce à l’outil MAEt, mais
sans préciser les objectifs de surface. Comme le contenu des propositions paraît
satisfaisant, il a été décidé d’appliquer les MAEt sur les surfaces suivantes :
- Maintien de 6 % de la SAU en herbe,
- Maintien de 20 % de la SAU en réduction d’intrants (pour les grandes cultures).
Le scénario ‘préventif +’ prévoit un maintien de toute la SAU en agriculture biologique.
Concernant l’usine de traitement, les données ont été collectées auprès du service d’eau et
du délégataire privé.
La comparaison chiffrée des deux solutions à long terme figure dans le tableau suivant :
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
36
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la turbidité
Traitement des nitrates
Traitement des phytosanitaires
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,002
0,004
0,004
0
0,011
0,032
0
0,054
0
0
0,057
0
0
0,057
0
0,054
0
0
0,069
0
0
0,069
Service AEP
0
0,054
0
0
0,091
0
0
0,091
Global
0
0
0
0
0,027
0,054
0,300
0,042
0,424
0,005
0,059
0,487
0,027
0,054
0,300
0,042
0,424
0
0,059
0,483
0,600
0,500
0,400
annuités
€/m3
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
0,300
renouvellement
fonctionnement
0,200
0,100
0,000
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°15
Le cas n°15 est une AAC d’environ 50 000 ha couvert s par des surfaces agricoles
représentant environ 30 000 ha. Les points de captages permettent de prélever une quantité
importante d’eau, à hauteur de 25 000 000 m3/an. Les eaux présentent des contaminations
par les pesticides ainsi que des problèmes de turbidité et de bactériologie liés au caractère
karstique de ces sources. Une usine de traitement a été mise en place sur ce territoire afin
de traiter les pesticides au charbon actif en poudre.
Pour calculer le scénario curatif à long terme, il a été décidé de calculer un coût de
traitement fictif en cas de dépassement fréquents des taux de pesticides et de nitrates. En
effet, les coûts relatifs au traitement des pesticides et des nitrates seuls n’ont pu être isolés
lors de la collecte d’informations. De plus, le charbon actif en poudre est un produit coûteux
rapporté au volume d’eau traité. A long terme en rythme de croisière, si aucune action
préventive n’est menée, on considère un traitement continu au charbon actif en grain, moins
cher par rapport au volume d’eau traité. Pour ces raisons, il a donc été décidé de calculer un
coût de traitement fictif à partir du volume prélevé au niveau des sources, en cas de
dépassement des taux de nitrates et de pesticides.
Concernant le préventif, de nombreuses acquisitions foncières ont été réalisées par la
collectivité depuis 1990. Depuis 2008, des actions pour le développement de l’agriculture
37
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
biologique sont également menées sur ce territoire, pour proposer un soutien technique aux
agriculteurs, réaliser des diagnostics de conversion, et accompagner économiquement via
une MAE les agriculteurs en conversion. Un animateur est dédié spécifiquement au
développement de l’agriculture biologique. Les scénarios préventifs proposés sont :
• Scénario préventif tendanciel : 10 % de la SAU en agriculture biologique pour
prolonger la dynamique déjà bien avancée et 5 % de la SAU en herbe ;
• Scénario ‘préventif +’ : 20 % de la SAU en agriculture biologique et 10 % en herbe.
Ces deux scénarios comportent également des postes d’animation et d’amortissement
foncier, étant donné que des acquisitions ont été réalisées sur l’AAC.
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la
turbidité
Traitement phytos et nitrates
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,002
0,003
0,002
0
0,027
0,035
Service AEP
Global
0
0
0
0
0
0,00004
0,00004
0,030
0,030
0
0
0,002
0
0
0,001
0
0
0,030
0
0
0,030
0
0
0,057
0
0
0,057
0
0,100
0,130
0,008
0,004
0,142
0
0,100
0,130
0
0,004
0,134
0,16
0,14
0,12
0,10
€/m3
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
annuités
0,08
renouvellement
fonctionnement
0,06
0,04
0,02
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°16
Cette AAC (n°16) regroupe une dizaine de forages qu i permettent d’alimenter la population
d’une communauté d’agglomération, grâce à une production annuelle de 7 000 000 m3
d’eau. L’étude AAC a permis de délimiter une aire de 60 000 ha environ. Elle a également
révélé que les sources sont contaminées par des nitrates (sans dépassement de la norme)
et par des pesticides, avec quelques dépassements des taux autorisés.
Les services en charge de ces forages ont décidé de mettre en place un programme
d’actions préventives sur une surface restreinte pour commencer, de 6 000 ha environ,
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
38
composée de surfaces céréalières et de vignes. Les actions proposées sont des mesures de
sensibilisation, de suivi agronomique ou encore d’implantation de CIPAN. Des MAEt sont
proposées depuis 2011, mais aucune répartition des actions selon un découpage du
territoire en zones de vulnérabilité n’a été réalisée. Le scénario préventif tendanciel proposé
résulte donc des hypothèses citées dans la méthodologie :
- 5 % de la surface céréalière totale et 5 % des vignes en maintien de l’agriculture
biologique ;
- 20 % de la surface céréalière totale et 20 % des vignes en réduction d’intrants.
Le scénario ‘préventif +’ correspond à du maintien de 20% de la surface céréalière totale et
de 20% de la vigne en agriculture biologique.
Concernant le curatif, une usine de traitement a été mise en place en 2011 afin d’éliminer les
traces de pesticides. Comme elle n’est pas encore en fonctionnement, la collectivité nous a
transmis des chiffres estimatifs, calculés dans le cadre du contrat d’exploitation et du dossier
de demande d’aide financière à l’AESN. Il est prévu qu’elle traite, grâce à du charbon en
grain, l’eau prélevée au niveau des 10 forages, soit 7 000 000 m3.
Les comparaisons en rythme de croisière des alternatives préventives et curatives sont
résumées dans le tableau suivant :
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la turbidité
Traitement des nitrates
Traitement des phytosanitaires
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,004
0,004
0,002
0,057
0,039
0
0
0,014
0
0
0,016
0
0
0,016
0
0,014
0
0
0,075
0
0
0,075
Service AEP
0
0,014
0
0
0,057
0
0
0,057
0,450
0,400
0,350
0,300
€/m3
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
annuités
0,250
renouvellement
0,200
fonctionnement
0,150
0,100
0,050
0,000
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
39
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Global
0
0
0
0
0,045
0,014
0,300
0,012
0,371
0,012
0,003
0,386
0,045
0,014
0,300
0,012
0,371
0
0,003
0,374
Cas n°17
Ce cas (n°17) regroupe trois forages appartenant à trois AAC différentes réparties sur trois
communes. Parmi ces AAC, deux sont touchés par une pollution aux nitrates d’origine
agricole. La ressource de la troisième est de bonne qualité. Ainsi, suite à une étude de
sécurisation, il a été proposé de réaliser deux interconnexions à partir de la ressource de
bonne qualité, en créant un forage supplémentaire sur cette AAC.
De plus, des actions préventives ont été engagées afin de reconquérir la qualité des
ressources. Ces actions se traduisent par des acquisitions foncières et des remises en
herbe, sous bail environnemental.
Aucune usine de traitement n’est en place sur ce territoire puisque la solution palliative a été
privilégiée. Pour pouvoir mener la comparaison à long terme, une usine fictive a été créée
pour obtenir les coûts potentiels d’investissement et de fonctionnement à mettre en œuvre si
la solution palliative n’existait pas.
La surface totale de la zone est d’environ 6 500 ha, pour 4 000 ha de SAU. La production
totale moyenne comprenant l’eau produite par tous les forages est de 410 000 m3/an. Les
études AAC proposent le maintien en herbe des surfaces acquises et une maîtrise des
doses d’intrants. Faute de précisions sur les surfaces sur lesquelles il faudrait adopter ces
pratiques, nous proposons les scénarios préventifs suivants, en rythme de croisière :
•
•
Scénario préventif tendanciel :
Maintien de 5 % de la SAU totale en herbe (215 ha)
MAEt réduction d’intrants sur 20 % de la SAU (859 ha)
Scénario ‘préventif +’ : Maintien de 50 % de la SAU en herbe et 50 % de la SAU en
agriculture biologique.
Le résumé des coûts chiffrés est le suivant :
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
PALLIATIF
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la
turbidité
Traitement des nitrates
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Service AEP Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,038
0,076
0,076
0
0
0
0,789
2,346
0
0
Service
AEP et
Global
0
0
0,003
0,003
0,003
0,050
0,050
0,36
0
0
0,041
0,018
0
0,058
0
0
0,868
0
0
0,868
0
0
2,424
0
0
2,424
0
0,170
0,220
0,013
0,007
0,240
0
0,170
0,220
0
0,007
0,227
0,05
0
0,407
0
0
0,407
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
40
0,45
0,40
0,35
€/m3
0,30
annuités
0,25
renouvellement
0,20
fonctionnement
0,15
0,10
0,05
0,00
préventif
curatif
palliatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°18
La délimitation de cette AAC n°18 (environ 300 ha) a été réalisée de manière fictive par la
DDTM pour qu’il y ait adéquation entre le volume d’eau traité par la station de traitement et le
volume d’eau capté au niveau du forage (350 000 m3/an en moyenne). En effet, une
délimitation avait déjà effectuée mais elle concernait deux services d’eau différents et donc
plus de forages. La délimitation fictive n’est pas officielle et a simplement permis de
construire les scénarios préventifs en rythme de croisière.
L’eau provenant de ce captage est touchée par une pollution aux pesticides d’origine
agricole. Aucune étude AAC n’a été menée sur cette zone fictive, mais la présence de
parcelles en herbe et de parcelles cultivées suggère la mise en place à long terme de MAEt
permettant le maintien en herbe et une réduction d’intrants. Les MAEt qui pourraient être
mises en place sont les suivantes :
• Scénario préventif tendanciel :
- 5 % de la zone d’étude à maintenir en herbe.
- 20 % de la zone d’étude avec réduction d’intrants.
• Scénario ‘préventif +’ : Maintien de toute la zone d’étude en herbe.
Les coûts liés à l’usine de traitement ont été fournis par le service d’eau de la commune.
D’après les comparaisons chiffrées ci-dessous, le curatif coûterait à long terme 7 fois plus
cher que le préventif, pour le service d’eau.
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
41
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la turbidité
Traitement des nitrates
Traitement des phytosanitaires
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,022
0,044
0,044
0
0,071
0,199
0
0,033
0
0
0,055
0
0
0,055
0
0,033
0
0
0,149
0
0
0,149
0
0,033
0
0
0,276
0
0
0,276
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Service AEP
Global
0
0
0
0
0,024
0,033
0,300
0,033
0,390
0,009
0,014
0,413
0,024
0,033
0,300
0,033
0,390
0
0,014
0,403
0,45
0,40
0,35
€/m3
0,30
annuités
0,25
renouvellement
0,20
fonctionnement
0,15
0,10
0,05
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°19
Cette AAC (n°19) s’étend sur environ 9 000 ha, dont 7 000 ha de SAU constituée
essentiellement de grandes cultures, même si quelques exploitations ont une double activité
(viticulture et grandes cultures ou arboriculture et grandes cultures). La source produit
environ 2 000 000 m3 d’eau par an. Elle est polluée de façon chronique par les nitrates
d’origine agricole (dépassements fréquents des 50 mg/l). Des actions préventives sont
menées sur cette AAC depuis une dizaine d’années, en étroite collaboration avec l’AESN.
Comme nous n’avons pas eu accès à l’étude AAC et donc au programme d’actions défini, le
scénario préventif tendanciel s’appuie sur le découpage en zones de vulnérabilité indiqué
par l’AESN. En effet, on distingue sur ce territoire une zone de sensibilité très élevée, qui
représente environ 1 % de la SAU et une zone de sensibilité élevée qui représente environ
25 % de la SAU. Les propositions de MAEt depuis 2008 ont été faites selon deux objectifs :
- une couverture de la zone en sensibilité élevée en MAEt réduction d’intrants
- une couverture de la zone en sensibilité très élevée en MAEt Herbe ou bio.
Certaines MAEt ont été proposées pour réduire les intrants en viticulture, mais faute de
détails sur l’assolement, nous ne pouvons pas appliquer la MAEt de réduction d’intrants aux
parcelles viticoles. On considérera donc que les surfaces sont en grandes cultures.
On propose donc d’adapter ces objectifs, selon la méthode établie en fonction des zones de
vulnérabilité. Comme la surface très sensible est inférieure à 20 % de la surface de l’AAC, le
scénario préventif tendanciel est donc :
- 100 % d’une MAEt bio sur la zone très sensible ;
- 100 % de la MAEt réduction d’intrants sur la zone sensible.
Le scénario ‘préventif +’ consiste quant à lui en un maintien de 20 % de la SAU en
agriculture biologique.
Concernant le curatif, aucune usine de traitement n’a été installée sur ce territoire. L’objectif
est donc de créer une usine fictive qui aurait pu être mise en place en cas de dépassements
des taux de nitrates et pesticides et de non effet des mesures préventives mises en places.
Les coûts annuels récurrents en rythme de croisière ont été calculés pour le préventif et le
curatif. Les résultats sont résumés dans le tableau ci-dessous :
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
42
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la
turbidité
Traitement phytos et nitrates
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,008
0,016
0,016
0
0,258
0,172
Service AEP
Global
0
0
0
0
0
0
0
0,030
0,030
0
0
0,008
0
0
0,008
0
0
0,273
0
0
0,273
0
0
0,188
0
0
0,188
0
0,100
0,130
0,027
0,014
0,171
0
0,100
0,130
0
0,014
0,144
0,18
0,16
0,14
0,12
annuités
0,10
€/m3
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
renouvellement
0,08
fonctionnement
0,06
0,04
0,02
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°20
Pour ce cas (n°20), les fortes concentrations en ni trates de la ressource ont entraîné une
réflexion qui a abouti à un objectif de mise en place de parcelles en herbe à proximité du
captage (sur une surface totale de 260 ha). Ce captage permet d’alimenter environ 3 000
habitants grâce à une production annuelle de 140 000 m3 d’eau en moyenne.
Le scénario préventif tendanciel à long terme correspond au maintien de ces surfaces en
herbe. Il peut donc se confondre avec le scénario ‘préventif +’, en considérant la mesure
herbe comme très efficaces en termes de protection de la qualité de la ressource en eau.
Une usine de dénitratation est en place sur ce secteur. Seuls les coûts de fonctionnement
ont pu être collectés, les coûts d’investissement étant calculés en se fiant à la méthodologie.
De plus, une étude de sécurisation a récemment été menée, afin de déterminer quelle serait
la meilleure solution pour sécuriser la population en eau potable, en cas de
dysfonctionnement au niveau du forage en place. La solution d’une nouvelle ressource a été
choisie et les coûts d’investissement potentiels ont été amortis sur 50 ans afin de comparer
cette solution palliative avec le préventif et le curatif en rythme de croisière.
La comparaison des trois solutions est présentée dans le tableau ci-dessous :
43
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la
turbidité
Traitement des nitrates
Traitement des
phytosanitaires
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,113
0,113
0,057
0
0,408
0,408
Service
AEP
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0,140
0,140
0,146
0,032
0
0,032
0
0,032
0
0,032
0,432
0,032
0,432
0
0
0
0,089
0
0
0,089
0
0,554
0
0
0,554
0
0,554
0
0
0,554
0,440
1,044
0,037
0,020
1,101
0,440
1,044
0
0,020
1,064
0
0,146
0
0
0,146
1,20
1,00
0,80
annuités
€/m3
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
PALLIATIF
Service
AEP et
Global
Global
0,60
renouvellement
fonctionnement
0,40
0,20
0,00
préventif
curatif
palliatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
Cas n°21
L’AAC n°21 produit environ 300 000 m 3 d’eau par an. L’eau captée présente des teneurs
élevées en nitrates, avec des dépassements fréquents de la norme de 50 mg/l, ainsi que des
traces de pesticides et un taux de turbidité élevé.
La surface de l’AAC est de 4 000 ha dont 2 500 ha de SAU occupée principalement par des
grandes cultures et quelques hectares de vigne. L’étude AAC lancée par la collectivité a
abouti à un découpage de la zone en zones de vulnérabilité.
Pour construire le scénario préventif tendanciel à long terme, il a été décidé de conserver les
préconisations proposées en fonction des zones de vulnérabilité, mais en affinant les
surfaces et en étant plus précis sur les types de MAEt à mettre en place. Ainsi, les scénarios
préventifs à long terme seraient :
• Scénario préventif tendanciel : 100 % de la surface en priorité 1 en MAEt herbe
(MAEt réduction d’intrants pour les surfaces en vigne dans cette zone) et 100 % de la
surface en priorité 2 en MAEt de réduction d’intrants. (Méthodologie : cas où la zone
très vulnérable (priorité 1) est comprise entre 20 et 50 % de la surface totale de
l’AAC).
• Scénario ‘préventif +’ : Maintien de 100 % de la SAU en herbe.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
44
Concernant le curatif, l’usine en place traite les pesticides, les nitrates et la turbidité. La
majorité des informations liées à l’investissement et au fonctionnement de la station nous a
été transmise par la collectivité.
Après calcul, les résultats en rythme de croisière seraient les suivants :
€/m
3
PREVENTIF
CURATIF
coût économique
Animation
MAEt
Amortissements et baux
environnementaux
Pompage et traitement de la turbidité
Traitement phytos et nitrates
sous-total coût économique
Annuités avance
Annuités emprunt
TOTAL
Global
Tendanciel ‘Préventif +’
0,052
0,103
0,103
0
1,831
1,758
0
0,099
0
0,151
0
0
0,151
0
0,099
0
2,033
0
0
2,033
Service AEP
0
0,099
0
1,961
0
0
1,961
Global
0
0
0
0
0,168
0,099
0,215
0,482
0,045
0,019
0,545
0,168
0,099
0,215
0,482
0
0,019
0,500
0,60
0,50
0,40
annuités
€/m3
Impact sur prix de l'eau
Service
AEP
0,30
renouvellement
fonctionnement
0,20
0,10
0,00
préventif
curatif
Comparaison économique des coûts supportés par le service d’eau en rythme de croisière
45
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
ANNEXE 2 : MANUEL D’UTILISATION DE L’OUTIL
L’utilisateur de l’outil entre ses données dans l’onglet Formulaire et peut éventuellement
modifier certaines valeurs par défaut dans l’onglet Paramètres. L’ensemble des informations
saisies reste enregistré dans l’onglet Enregistrement (une fois le projet enregistré). Par
contre, l’onglet Calculs ne doit pas être modifié et sera donc caché.
Dans le module de saisie (l’onglet Formulaire), un certain nombre de données s’avèrent
indispensables pour un chiffrage basé sur les hypothèses par défaut (SAU, volume d’eau,
nature de la pollution) : elles sont repérées comme « données obligatoires » et
correspondent aux cellules sur fond jaune.
Concernant les actions préventives, l’utilisateur peut choisir une des trois possibilités de
saisie pour obtenir des résultats chiffrés. Le choix pourra dépendre du niveau de précision et
d’ambition du programme d’actions existant.
Après saisie des données obligatoires, des données intermédiaires sont proposées par
application des hypothèses par défaut. Il est alors possible de les modifier en fonction des
données connues ou estimées pour le cas étudié.
A partir des données ainsi constituées, les calculs permettent l’affichage des résultats sous
forme d’un tableau des coûts et de graphiques analogues à ceux élaborés lors de l’étude des
cas pour le présent rapport.
Les indications suivantes figurent également dans le premier onglet de l’outil Excel (Onglet
Lisez-moi).
Onglet Formulaire :
DESCRIPTION GENERALE
Entrer les caractéristiques générales de l’AAC.
Nom du projet
Nom AAC
Commune(s)
Surface AAC
ha
Population desservie
hab
Il est impératif de préciser si le captage est Grenelle en cochant la case correspondante,
puisque que les taux d’aide peuvent varier. Si le captage n’est pas Grenelle, les taux d’aide
appliqués par défaut sont ceux des captages prioritaires.
Si une étude BAC a été réalisée, vous pouvez cocher la case en guise d’information, sans
incidence sur les calculs.
CARACTERISTIQUES DES MESURES CURATIVES
Cocher la ou les cases correspondant à la nature de la pollution. Si la ressource est
contaminée par d’autres substances que pesticides et nitrates, indiquer simplement cette
pollution pour information : celle-ci ne sera pas intégrée dans les calculs de coûts du curatif.
AESN – Comparaison Prévenitf/Curatif – Phase 3 – E109212
46
Pour l’investissement, indiquer obligatoirement le volume annuel traité. Un montant
d'investissement, correspondant au coût de construction de l'usine de traitement s'affiche
alors. Si ce montant ne convient pas, indiquer le montant souhaité dans la cellule B18
légendée « Montant global de l’invest. saisie manuelle (prioritaire) ». C'est cette nouvelle
valeur qui sera prise en compte dans les calculs.
* Concernant les coûts annuels de consommation électrique, s'ils sont connus, les indiquer
dans la cellule G17. Le poste de consommation électrique sera utilisé dans le calcul du coût
en préventif pour apprécier les coûts de pompage : à long terme, si les actions curatives sont
abandonnées au profit de mesures préventives efficaces, des coûts de pompage, supposés
équivalents aux coûts des consommations électriques, subsistent en effet.
* S'ils ne sont pas connus:
Soit la valeur de la hauteur manométrique de l'usine n'est pas connue : un
calcul par défaut est réalisé à partir d'une valeur par défaut de la hauteur
manométrique (pré-remplie et modifiable dans l'onglet Paramètres)
Soit la valeur de la hauteur manométrique est connue : entrer cette valeur à la
place de la valeur par défaut dans l'onglet Formulaire (cellule G18).
3
m /an
Volume traité
Montant global de l'investissement par défaut
Montant global de l'invest. saisie manuelle (prioritaire)
0€
€
Consommation électrique annuelle
Si inconnue, renseigner la hauteur manométrique
€/an
50 m
CARACTERISTIQUES DES MESURES PREVENTIVES
Indiquer obligatoirement la SAU de l’AAC.
En cas d'acquisitions foncières réalisées par la collectivité jusqu'à la date d'utilisation de
l'outil, indiquer la surface totale acquise. Si un bail environnemental a été signé entre les
agriculteurs et la collectivité, cocher obligatoirement la case correspondante car cette
information aura une incidence sur les calculs : le bail peut représenter effet un gain pour la
collectivité.
Selon la SAU entrée en cellule B20, un nombre d'ETP nécessaire pour l'animation sur l'AAC
est calculé automatiquement par défaut en cellule B23 Si la valeur obtenue ne convient pas,
entrer la valeur souhaitée en cellule B24, légendée « ETP saisie manuelle (prioritaire) »,
elle sera alors prise en compte dans les calculs.
Concernant le type d'actions préventives à long terme, l’un des choix doit être fait pour
pouvoir obtenir des résultats chiffrés
* le choix n°1 si l'utilisateur souhaite tester le contenu d'un programme d'action (établi dans
une étude AAC par exemple)
* le choix n°2 s’il veut obtenir un programme d’action par défaut à partir du découpage de
l’AAC en zone de vulnérabilité (les hypothèses étant celles posées dans l’étude), si aucun
programme d’action n’a encore été proposé
47
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
* le choix n°3 , choix libre, qui permet de tester des MAEt (bio, herbe, réduction intrants)
sans hypothèses par défaut pré-remplies. L’utilisateur peut ainsi tester un scénario préventif
très ambitieux s’il le souhaite.
Choix n°1 : Si un programme d'actions préconise des surfaces en bio, herbe et réduction d'intrants
Surface Bio Grandes cultures préconisée
Surface Bio Vigne préconisée
Surface Bio maraîchage préconisée
ha
ha
ha
Surface Herbe préconisée
Surf. Réduct. intrants Gdes cult. préconisée
Surface Réduction intrants Vigne préconisée
ha
ha
ha
Choix n°2 : Si aucune préconisation de surfaces dan s le programme d'actions, mais un découpage du BAC en
zones de vulnérabilité
Surface Zone très vulnérable
ha
Surface Zone moyennement vulnérable
ha
Surface Herbe
Surface Réduction intrants Grandes cultures
Surface Réduction intrants Vigne
ha
ha
ha
Choix n°3 : Si vous souhaitez tester vos propres hy pothèses
Surface Bio Grandes Cultures
Surface Bio vigne
Surface Bio maraîchage
ha
ha
ha
Résultats :
Les résultats s'affichent une fois ces informations remplies. Le coût économique supporté
par la collectivité en rythme de croisière, en curatif et en préventif s'affiche en vert. L'impact
sur le prix de l'eau correspond au coût économique ajouté des éventuelles annuités en cas
de prêt souscrit. Les subventions octroyées par l’AESN sont également inscrites dans les
résultats, compte tenu des taux figurant dans l’onglet Paramètres. En phase de
fonctionnement, seules les actions préventives sont subventionnées (animation et MAEt).
Coûts
Curatif
Préventif
€/m3
0,60
0,50
0,40
0,30
0,20
0,10
0,00
Coût traitement
Amortissement usine
Annuités remboursement emprunt banque (pour
investissement usine)
Annuités remboursement avance AESN
20 800 €/an
19 625 €/an
2 762 €/an
5 233 €/an
Animation
Loyer Baux environnementaux
Coût de pompage
Amortissement foncier
Annuités acquisitions foncières
Total Collectivité
soit impact prix de l'eau
48 420 €/an
0,484 €/m 3
Total Collectivité
soit impact prix de l'eau
3 100 €/an
0 €/an
4 125 €/an
2 000 €/an
5 333 €/an
12 558 €/an
0,126 €/m 3
Subventions AESN
MAEt
Animation
Total Subventions AESN
82 170 €/an
12 400 €/an
94 570 €/an
NAVIGATION ENTRE LES PROJETS ENREGISTRES
Une fois le projet terminé, il est possible de l'enregistrer en cliquant simplement sur le bouton
'Enregistrer'. Pour créer un nouveau projet, cliquer sur 'Nouveau'. Puis, pour supprimer un
projet, cliquer sur 'Supprimer'. Vous pouvez naviguer entre les projets enregistrés en cliquant
sur les flèches ou en entrant le nom d’un projet enregistré dans la section ‘Recherche d’un
projet’. Vous pouvez y apporter des modifications et la mention 'Modifié' apparaît en haut de
l'outil. En cliquant sur 'Enregistrer', les modifications s'enregistrent sur le projet initial.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
48
Onglet Paramètres :
Plusieurs paramètres peuvent être modifiés si besoin, notamment concernant :
- les modalités de financement du préventif et du curatif
- les coûts unitaires de MAE
- le montant unitaire d’un ETP
- le montant unitaire d’un loyer de bail environnemental
Lors de l’enregistrement du projet, ces nouveaux paramètres seront enregistrés et
deviendront alors les paramètres par défaut.
Onglet Enregistrement :
L'onglet Enregistrement permet à l'utilisateur de consulter les résultats, après enregistrement
des projets dans l'onglet Formulaire.
Il est possible d'utiliser ces résultats pour les analyser ou les présenter, en copiant-collant les
colonnes souhaitées.
Il ne faut pas intervenir sur la ligne 4 de cet onglet, qui sert à programmer l’enregistrement à
partir de l'onglet Formulaire.
49
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
ANNEXE 3 : LA BIBLIOGRAPHIE DES COUTS
La bibliographie des coûts a été réalisée en considérant d’une part un corpus de rapports
fournis par l’AESN et d’autre part l’ensemble des données collectées au cours de cette
étude. Elle permet tout d’abord d’avoir une vision d’ensemble des coûts pratiqués
actuellement pour le traitement des pesticides et des nitrates et également de combler
certains coûts qui n’ont pu être collectés et ainsi pouvoir mener une comparaison entre les
solutions préventives, curatives et palliatives.
A - En curatif
1 – Les rapports
Plusieurs rapports (stages ou autres) ont été mis à notre disposition afin de dresser une liste
des coûts évalués en préventif et en curatif et ainsi dégager une base de coûts :
-
-
Evaluation des actions de lutte contre les pollutions diffuses agricoles
(curatif/préventif) dans le cadre de la démarche AAC – Marie-Eve Bonnet (2008).
Usine de potabilisation en Seine Amont : bilan technique et financier – Marine Drouet
(2008).
Identification des coûts des mesures préventives et curatives pour respecter les
normes d’alimentation en eau potable. Analyse de 3 captages – Céline Bernadat
(2005).
Rémunération des services environnementaux rendus par l’AB – Marguerite-Marie
Laroque (2010).
Atteinte du bon état des eaux en Seine-Normandie, analyses coûts bénéfices à
différentes échelles – Jérémy Devaux (2008)
Etude en cours de publication par le Commissariat Général au Développement
Durable (Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du
Logement) en partenariat avec l’ASTEE, 2011
•
Les coûts par type de traitement
Une comparaison du coût de trois traitements curatifs a été établie, à partir de données
collectées sur 37 usines du bassin Adour-Garonne (BONNET, 2008) :
CAG
Dénitratation
Coût minimum
(€/m3)
0,02
0,12
Coût maximum
(€/m3)
0,07
0,30
Coût moyen (€/m3)
0,03
0,18
Deux courbes ont été effectuées dans le cadre des travaux de Marie Drouet (2008) : une
courbe de référence présentant le coût d’investissement des usines de traitement en fonction
du débit nominal de l’usine tout type de traitement confondu, et une série de droites détaillant
ce coût selon le type de traitement pratiqué dans l’usine (filtration sur CAG, filtration avec
décantation, traitement du fer, filtration simple, dénitratation biologique, dénitratation sur
résine et ultrafiltration).
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
50
Des données sur les coûts de fonctionnement ont également été récoltées, mais la taille de
l’échantillon ne permet pas de généraliser et de construire des droites de références comme
pour les coûts d’investissement. Une fourchette a cependant été établie : les coûts de
fonctionnement rapportés au volume d’eau traité s’échelonnent entre 0,11 €/m3 et 0,96 €/m3,
pour un coût moyen de 0,29 €/m3, tout type de traitement confondu.
Plus particulièrement, une étude a été réalisée sur 3 captages de Seine-Amont, et présente
les coûts d’investissement et de fonctionnement des usines de traitement. Ces coûts
correspondent à des données collectées ou à des estimations présentées dans les fichiers
de demande d’aide à l’AESN (BERNADAT, 2005) :
Investissement
Plaine du Saulce
Pesticides
0,0336
Nitrates
0,0672
Douchy
Pesticides
Nitrates
Saints
Pesticides
Nitrates
Fonctionnement
Détails traitements
0,09*
0,150*
CAG
Résines
échangeuses
d’ions
0,508
0,400
0,200
CAG
Dénitrification
0,154
0,093
0,05*
0,200*
CAG
Voie biologique
* Il s’agit d’estimations, et non pas de données réelles collectées
•
Les coûts selon les éléments traités (pesticides, nitrates)
Une estimation des coûts de traitement pour éliminer les pesticides et les nitrates a été
réalisée à partir d’études de l’AESN et de donnés du Ministère de l’environnement
(DEVAUX, 2008) :
Valeur basse
Traitement
contre
les 0,06 €/m3
pesticides
Traitement contre les nitrates 0,41 €/m3
Valeur haute
0,67 €/m3
0,72 €/m3
De plus, des travaux récents (2011) du Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable,
des Transports et du Logement et de l’ASTEE (Association scientifique et technique pour
l’eau et l’environnement) ont été effectués à l’échelle nationale. Il en ressort les coûts de
traitement suivants :
Nitrates : la fourchette est de 0,40 à 0,60 €/m3.
Pesticides : la fourchette est de 0,06 à 0,11 €/m3 pour les opérateurs privés et de 0, 20 €/m3
pour les régies.
Ces coûts comprennent l’investissement et le fonctionnement. Ces travaux sont en cours de
publication par le Ministère.
Dans le cadre d’un stage au Conseil Régional d’Ile de France portant sur la rémunération
des services environnementaux rendus par l’agriculture biologique, plusieurs coûts de
traitement ont été collectés (LARROQUE, 2010). Le but était de déterminer le coût de
traitement de l’eau alimentant la population d’Ile de France en l’évaluant à partir des
données de l’usine de Longueville et de 4 usines de Seine et Marne. Une estimation à
51
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
l’échelle de l’Ile de France a également été menée à partir de données AESN et des rapports
de stage cités précédemment :
Coûts unitaires de traitements des pesticides et nitrates en IDF :
Ces données ont été obtenues en résumant les résultats des études citées
précédemment (DROUET, 2008 et BERNADAT, 2005) et de données collectées à l’AESN.
Min
Coût de traitement 0,106
des pesticides (€/m3)
Coût de traitement 0,255
des nitrates (€/m3)
Max
Moyenne
0,200
0,157
0,610
0,433
Coût unitaire de traitement des pesticides sur le territoire de La Voulzie :
Les coûts unitaires de traitement des pesticides de l’usine de Longueville ont été calculés,
grâce notamment aux données fournies par Eau de Paris. Il s’agit des eaux provenant des
sources de La Voulzie qui alimentent en partie Paris :
Usine de Longueville (capacité de traitement de 50 000 m3/j, 250 000 habitants)
Volume d’eau traité
18 000 000 m3/an
Coûts d’investissement
Coût de construction
8 900 000 €
Valeur retenue
7 400 000 €
Hypothèse
Amortissement de l’usine sur 30 ans
Coûts d’investissement
0,014 €/m3
Coûts annuels de fonctionnement
Renouvellement des charbons
100 000 €
Electricité
30 000
Personnel
30 000
Maintenance
15 000
TOTAL
175 000
Coûts de fonctionnement
0,0097 €/m3/an
Coûts unitaires de traitement
0,024 €/m3
Coût unitaire de traitement des nitrates sur le territoire de La Voulzie :
En ce qui concerne les nitrates, une estimation a été faite sur le coût de mise en place d’une
usine de dénitrification à Longueville de 50 000 m3/j. Les coûts d’installation sont estimés à
14 millions d’euros HT et prennent en compte l’existence d’une filtration opérationnelle déjà
en place dans cette usine. Les coûts de fonctionnement se basent notamment sur les coûts
de personnel d’Eau de Paris, et reviendraient à 0,09 €/m3. Ainsi, si l’usine était amortie sur
30 ans, les coûts de traitement des nitrates seraient de 0,11 €/m3.
Coûts unitaires de traitement des pesticides sur le territoire de la nappe de
Champigny :
Une moyenne des coûts de traitement des pesticides et des pesticides + nitrates a été
calculée à partir de données provenant de 4 usines de Seine et Marne :
Pesticides
Pesticides + Nitrates
Investissement
0,032 €/m3
0,072 €/m3
Fonctionnement
0,046 €/m3
0,083 €/m3
TOTAL
0,079 €/m3
0,156 €/m3
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 3 – E109212
52
Certaines usines traitent en même temps les pesticides et les nitrates, ce qui permet d’avoir
des coûts de traitements unitaires plus bas que si le traitement des pesticides et des nitrates
se faisait dans deux usines séparées (coûts de fonctionnement diminués).
Coût unitaire de traitement des nitrates sur le territoire de la nappe de Champigny :
Comme aucune donnée n’a pu être récupérée sur les usines de traitement des nitrates en
Seine-et-Marne, il a été retenu la valeur du traitement des nitrates sur la Voulzie (valeur
minimale) et la valeur maximale estimée en IDF.
Coûts de traitements unitaires retenus sur le territoire de Champigny :
Min
Max
Moyenne
3
Pesticides (€/m )
0,024
0,167
0,079 €/m3
Nitrates (€/m3)
0,11
0,610
0,360 €/m3
53
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
2 – Synthèse des coûts collectés lors des enquêtes sur les cas avec ceux fournis par la bibliographie
Lors des enquêtes sur les cas, des données ont été collectées. Elles sont indiquées ci-après, selon le type de traitement, en les rapprochant
des données issues de la bibliographie.
Traitement Pesticides et nitrates :
En €/m3
Usine de
Villenauxe
Volume d’eau traité
257 000
Coûts
0,05
d’investissement
Coûts annuels de
0,12
fonctionnement
Coûts unitaires de 0,17
traitement
Traitement Pesticides :
En €/ m3
Usine
de
Saints
Volume d’eau traité 141 368
0,24
Coûts
d’investissement
0,22
Coûts annuels de
fonctionnement
Coûts unitaires de 0,46
traitement
Usine de
Sées
Usine de
Ligny
380 000
0,05
243 641
0,21
0,17
0,39
0,22
0,60
Données
Champigny
(LARROQUE,
2010)
64 300 000
0,072
0,083
0,156
Usine
de
Douchy
Usine de
Reims
Usine de
St Martin
la
Garenne
Usine
de
Sainteny
La
Bonnet,
Voulzie :
2008
Usine de
Longueville
180 000
0,22
7 300 000
0,045
7 000 000
0,027
380 000
/
18 000 000
0,014
0,20
0,42
0,025
0,070
0,097
0,12
0,06
/
AESN – Comparaison Prévenitf/Curatif – Phase 3 – E109212
Bernadat,
2005
Devaux,
2008
0,02-0,07
(0,03)
0,034-0,154
/
/
/
0,05-0,400
/
0,084-0,554
0,06-0,67
(0,16)
0,0097
0,024
/
54
Champigny
(Larroque,
2010)
IDF
(Larroque,
2008)
64 300 000
0,032
348 575 733
/
/
/
/
0,106-0,200
0,06 – 0,1
(opérateur
privés) e
0,20
(régies)
0,046
0,078
Chiffres
Nationau
(Ministèr
de
l’Ecologie
2011)
Traitement Nitrates :
En €/ m3
Usine de
Bardouville
Volume d’eau traité
55
135 650
Usine de
St Just
Bonnet,
2008
Bernadat,
2005
550 000
Coûts d’investissement
/
0,10
Coûts annuels de
fonctionnement
Coûts
unitaires
de /
traitement
/
0,12
0,22
Devaux,
2008
/
0,12-0,30
(0,18)
/
/
0,07-0,09
/
0,15-0,2
/
0,22-0,29
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
0,41-0,72
Voulzie+Champigny
IDF
Chiffres
(Larroque, 2010)
(Larroque, Nationaux
2010)
(Ministère
de
l’Ecologie,
2011)
78 300 000
348 575
/
733
/
/
/
/
0,11-0,61
/
/
0,250,61(0,43)
0,40-0,60
3 - Choix pour les calculs
• Pesticides et pesticides + nitrates :
Pour les usines traitant uniquement les pesticides, nous avons appliqué les équations de
droite établies par M. Drouet (2008). Mais en remplaçant les débits correspondants (après
conversion à partir des volumes traités), nous ne retrouvions pas les coûts d’investissement
collectés.
Nous avons donc établi deux droites de régression linéaire, une en investissement et une en
fonctionnement, à partir des données collectées pour les cas d’étude.
Seulement, à partir d’un volume de traitement limite, nous obtenions des coûts négatifs.
Nous avons donc déterminé un coût minimal d’investissement et de fonctionnement pour les
volumes importants : 0,1 €/m3 à partir de V>1 000 000 m3 pour le fonctionnement et 0,03
€/m3 à partir de V> 480 000 m3 pour l’investissement. Pour les autres volumes, les valeurs
des coûts sont tels que :
Quand V =0, Cfon = Cfonmax = 0, 22 €/m3 en fonctionnement et Cinv = Cinvmax = 0, 24
€/m3 en investissement
Quand V = Vinflexion, Cfon= Cfonmin = 0,1 €/m3 en fonctionnement = 0,22 – (Cfonmax –
Cfonmin) et Ci = 0€/m3 en investissement = 0,24 – (Cinvmax – Cinvmin)
On obtient alors deux courbes présentant un point d’inflexion en ces volumes limites. Les
règles de calculs sont donc :
Fonctionnement :
- Si V < 1 000 000 m3, alors le coût est Cfon = Cmax – [(Cmax – Cmin) * V/1 000 000],
soit Cfon = 0,22 – (0,12 * V/1 000 000)
- Si V > 1 000 000 m3, alors le coût est Cfon = Cmin = 0,1 €/m3
0,25
0,2
€/m3
0,15
0,1
0,05
0
0
1000000
2000000
3000000
4000000
5000000
6000000
7000000
8000000
m3
Investissement :
- Si V < 480 000 m3, alors le coût est Cinv = Cinvmax – [(Cmax – Cmin)* V / 480 000],
soit
Cinv = 0,24 – (0,21 * V / 480 000)
- Si V > 480 000 m3, alors le coût est Cinv = Cmin = 0,03 €/m3
AESN – Comparaison Prévenitf/Curatif – Phase 2 – E109212
56
0,3
0,25
€/m3
0,2
0,15
0,1
0,05
0
0
10000000
20000000
30000000
40000000
50000000
60000000
70000000
m3
*******************************************************
En résumé, les formules utilisées sont :
Investissement
- Si V < 480 000 m3, alors le coût est Cinv = Cmax – [(Cmax – Cmin)* V /
480 000], soit Cinv = 0,24 – (0,21 * V / 480 000)
Fonctionnement
- Si V > 480 000 m3, alors le coût est Cinv = Cmin = 0,03 €/m3
- Si V < 1 000 000 m3, alors le coût est Cfon = Cmax – [(Cmax – Cmin) *
V/1 000 000], soit Cfon = 0,22 – (0,12 * V/1 000 000)
- Si V > 1 000 000 m3, alors le coût est Cfon = Cmin = 0,10 €/m3
Pour les usines traitant les pesticides et les nitrates, en confrontant les différentes sources
de données, la taille de l’échantillon ne nous a pas permis de montrer que le coût
d’investissement était supérieur à un traitement des pesticides seuls et que le coût de
fonctionnement était inférieur. On utilisera donc les résultats obtenus pour le traitement des
pesticides seuls, même si normalement le coût d’un traitement luttant à la fois contre
les pesticides et les nitrates est supérieur à un traitement des pesticides seuls.
• Nitrates :
Pour une usine traitant les nitrates, nous n’avons pas détecté de relation entre le volume
traité et les coûts de fonctionnement et d’investissement, du fait d’un nombre de données
trop insuffisant. Il a donc été décidé de considérer la moyenne des valeurs allant de 0,07 à
0,3 €/m3 pour l’investissement, soit 0,14 €/m3 et de 0,12 à 0,20 €/m3 pour le fonctionnement,
soit 0,16 €/m3. Le total moyen du coût de traitement des nitrates serait donc de 0,30 €/m3.
En résumé, les coûts utilisés sont :
Investissement
0,14 €/m3
Fonctionnement 0,16 €/m3
Total
0,30 €/m3
Pour les pesticides, les coûts choisis sont du même ordre de grandeur que les chiffres
nationaux fournis par le Ministère de l’Ecologie du Développement Durable, des Transports
et du Logement (entre 0,06 et 0,20 €/m3). En revanche, pour les nitrates, il semblerait que
les coûts utilisés soient inférieurs aux coûts nationaux (entre 0,40 et 0,60 €/m3). Comme ces
coûts nous ont été fournis sans détail entre investissement et fonctionnement, ils n’ont pas
pu être utilisés dans l’étude, bien qu’ils soient particulièrement robustes.
57
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
B - En préventif
Les coûts des mesures préventives collectés dans les rapports de stage ne seront pas
utilisés dans notre étude. En effet, ces coûts ont été établis selon une méthodologie bien
précise, qui ne correspondait pas à la démarche que nous avons adoptée. Par exemple, une
des études s’appuie sur le coût des PAT car les mesures agro-environnementales actuelles
n’existaient pas encore. Une deuxième a plutôt considéré les coûts d’investissement alors
que nous avons plutôt choisi de nous baser sur les coûts annuels récurrents.
C - En palliatif
Parmi les cas avec des solutions palliatives envisagées (Hautvillers, Bretteville St Maclou,
Bardouville et Fontenay), seuls deux cas ont permis d’établir des coûts unitaires, ce qui
semble insuffisant pour dégager une base de coûts permettant de créer des scénarios fictifs.
On choisira donc de s’appuyer sur les coûts de référence de l’AESN pour l’investissement,
complétés par un module de calcul pour obtenir le coût annuel de fonctionnement des
stations de pompage (électricité et entretien/surveillance).
Des données ont tout de même été trouvées dans une étude réalisée pour l’Agence de l’eau
Rhône-Méditerranée-Corse12, et permettent de proposer ces bases de calculs :
Canalisations :
Pc = L x D x 0,55
avec L longueur en m et D diamètre en mm
valable pour les diamètres inférieurs ou égaux à 300 mm
correspond au prix de référence AELB
Pompage :
Pp = 4 000 x Q + 67 500
avec Q débit en l/s
valable pour les débits inférieurs ou égaux à 200 l/s
Divers :
Pd = (Pc + Pp ) x 10%
De plus, les frais de fonctionnement peuvent être estimés par les formules de calculs
suivants (source ECODECISION) :
Consommation électrique :
Célec = 2,75 .10-3 x V x h x Pu/r
avec Célec coût de l’électricité en €/an
V volume annuel pompé en m3/an (pour transformer un débit en volume
annuel, on compte 20 h de fonctionnement par jour, 365 jours/an)
h HMT (hauteur manométrique totale) en m
r rendement mécanique et électrique sans dimension (valeur 0,5 par défaut)
Pu prix unitaire de l’électricité en €/kWh (valeur de 0,12 €/kWh par défaut)
Personnel et divers :
Cpdiv = Célec faute d’éléments plus précis pour évaluer ce poste
12
Détermination du coût des opérations de transfert d’eau, Etude technico-économique, SOGREAH pour
AERMC, novembre 2010
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 2 – E109212
58
ANNEXE 4 : METHODOLOGIE D’ESTIMATION DES COUTS
Phase de collecte des données
La collecte des données pour chaque cas d’étude a tout d’abord été effectuée auprès des
chargés d’opérations de l’Agence. Lorsque cela a été possible, nous nous sommes procuré
les études AAC ainsi que les coûts liés à des actions aidées financièrement par l’AESN telles
que les investissements d’usine de traitement ou les acquisitions foncières réalisées sur
certaines AAC.
Pour compléter les informations collectées, nous avons ensuite pris contact avec les
collectivités maîtres d’ouvrage des captages qui ont pu nous renseigner de manière plus
précise sur les objectifs à atteindre sur les AAC en termes d’actions préventives et sur le
coût de fonctionnement des usines de traitement. Un guide d’entretien a été établi (cf.
annexe 5) pour les aspects préventifs et pour les aspects curatifs. Les données fournies par
les différents interlocuteurs se sont présentées sous des formes très diverses, depuis
l’indication orale de type dire d’expert jusqu’à l’étude détaillée. Ces données ont été
rassemblées et confrontées et des contacts complémentaires ont parfois été nécessaires
pour lever les incohérences rencontrées.
Méthodologie de calcul du préventif seul
•
Les éléments recherchés lors de la collecte de données
Au cours des différents entretiens avec les chargés d’opérations ou les collectivités, le but
était tout d’abord de comprendre le contexte et les décisions qui ont été prises sur l’AAC en
fonction :
- des problématiques (pesticides, nitrates)
- de l’occupation des sols.
Des données générales concernant l’AAC ont été récoltées (surface, SAU, volume produit
par an), ainsi que les études AAC ou des descriptifs d’actions préventives menées lorsque
aucune étude AAC n’a été réalisée. Les coûts de ces actions ont été répertoriés grâce
notamment aux données de l’AESN, puis complétés en interrogeant les collectivités pour
déterminer si des emprunts privés avaient été souscrits au-delà des aides publiques.
•
La construction des scénarios préventifs
En se basant sur le cas d’étude de la phase 1, l’AAC de Saints en Puisaye, nous avions
observé que les coûts récurrents chaque année pour la collectivité maître d’ouvrage du
captage et les financeurs (AESN, Conseil Général) concernaient :
- Les Mesures Agro-Environnementales territorialisées (MAEt)
- L’animation
- L’amortissement foncier
Ces coûts de fonctionnement correspondent aux coûts supportés par les acteurs en rythme
de croisière. Il a donc été décidé de chiffrer ces postes en rythme de croisière pour tous les
cas d’étude.
•
59
Le choix des MAEt et les combinaisons possibles en rythme de croisière
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Les MAEt correspondent à des rémunérations aux agriculteurs selon le type de culture, dont
le montant compense la perte économique due aux changements de pratiques (réduction ou
arrêt d’utilisation de produits phytosanitaires ou d’azote). Aujourd’hui, ces mesures engagent
l’agriculteur qui les contractualise pour 5 ans. Il est possible que cette période de 5 ans
devienne renouvelable mais cela n’est pas acquis actuellement. Malgré cette incertitude,
l’outil MAEt est celui qui semble le plus adapté pour modéliser la compensation financière
perçue par l’agriculteur en conséquence d’une modification de ses pratiques agricoles pour
des pratiques plus respectueuses de l’environnement.
Il existe plusieurs combinaisons de MAEt sur une AAC pour obtenir un scénario préventif qui
permette de conserver la qualité de la ressource ou de la restaurer en cas de pollution trop
importante. Deux scénarios préventifs aux ambitions différentes ont été élaborés :
- un scénario préventif tendanciel qui respecte le programme d’actions préconisé
lorsque les mesures semblent suffisamment ambitieuses pour maintenir ou restaurer
les qualités de l’eau et,
- un scénario ‘préventif +’ : qui propose des mesures garantissant la restauration ou
la protection de la qualité de la ressource en eau.
1er scénario : Un scénario préventif tendanciel : on se fiera aux prescriptions des
études AAC lorsqu’elles auront été jugées suffisamment ambitieuses ou on proposera
dans le cas contraire un scénario validé ‘fictif’.
Si le programme d’actions proposé est jugé suffisamment ambitieux :
On applique et on chiffre le programme d’actions proposé.
Si le programme d’actions proposé n’est pas jugé comme étant satisfaisant :
Les mesures préventives sont jugées trop peu ambitieuses lorsqu’il s’agit :
- uniquement d’actions d’animation et de sensibilisation
- d’actions désignées comme réglementaires aujourd’hui (ex : mise en place de
CIPAN)
- d’actions sans objectif particulier en termes de surfaces sur lesquelles les appliquer
- des propositions insuffisantes en termes de réduction des doses d’intrants
(inférieures à une réduction de 50 % d’utilisation de non herbicides et à une
réduction de 40 % d’utilisation d’herbicides).
- de propositions de modification de pratiques vers l’agriculture ‘intégrée’ ou
‘raisonnée’ sans détails ni objectifs chiffrés.
Pour ces cas d’étude, il a été décidé avec l’AESN de construire un scénario-type préventif
selon les règles suivantes :
Si l’AAC est découpée en zones de vulnérabilité :
Si un découpage de l’AAC en zones de vulnérabilité a été proposé au cours d’une étude
AAC ou d’une étude d’environnement liée à la mise en place des périmètres de protection,
alors ce découpage sera utilisé pour appliquer :
- soit des mesures de réduction d’intrants (moins 50 % d’utilisation de non herbicides
et moins 40 % d’utilisation d’herbicides),
- soit des mesures de dilution, c’est-à-dire des mesures liées à du maintien de
surfaces en agriculture biologique et/ou du maintien de surfaces en herbe.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 2 – E109212
60
Trois zones sont généralement distinguées13 : la zone très vulnérable, la zone moyennement
vulnérable et la zone peu vulnérable.
Une répartition de ces mesures a été réalisée en fonction de la part de la zone très
vulnérable (ZTV) par rapport à la surface de l’AAC.
Taille de la ZTV
Répartition des mesures (en % de la zone considérée)
ZTV : 100 % dilution (herbe ou bio ou les 2)
ZMV : 100 % réduction intrants
ZPV : rien
ZTV : 50 % dilution (herbe ou bio ou les 2)
ZMV : 50 % réduction intrants
ZPV : rien
ZTV : 30 % dilution et 70 % réduction intrants
ZMV : 100 % réduction intrants
ZPV : rien
ZTV < 20 % AAC
20 % <ZTV< 50 % AAC
ZTV > 50 %
Répartition des mesures préventives suivant la surface de la ZTV
(ZTV = Zone très vulnérable ; ZMV = Zone moyennement vulnérable ; ZPV = Zone peu vulnérable)
Le calcul des MAEt choisies se base sur le PDRH 2009-2013, en sommant des
engagements unitaires. En cohérence avec l’objectif de chiffrer des coûts en rythme de
croisière, nous avons cherché à choisir des MAEt de maintien, de préférence à des MAEt de
changement. Parmi les MAEt utilisées dans les calculs des scénarios préventifs, on
distingue :
Les mesures de « dilution » :
MAEt Herbe : Il s’agit de la MAEt souscrite en cas de maintien d’une surface en
herbe, sans apport d’intrants14.
MAEt Bio : Il s’agit de la MAEt contractualisée lorsque l’agriculteur s’engage à
maintenir des surfaces en agriculture biologique, c’est-à-dire à ne pas apporter de
phytosanitaires ni de fertilisation minérale sur les cultures pratiquées15.
La mesure de réduction d’intrants :
MAEt réduction d’intrants : Il s’agit de la MAEt contractualisée lorsque l’agriculteur
s’engage à réduire ses consommations de produits sanitaires ainsi que ses apports
azotés. Pour construire cette MAEt, plusieurs engagements unitaires étaient
possibles, mais nous avons opté pour celui qui garantissait une réduction maximale
en intrants16 sans pour autant atteindre les niveaux imposés par la pratique de
l’agriculture biologique17.
13
Ce découpage de l’aire d’alimentation de captage est habituellement réalisé en zone de vulnérabilité dans les
études AAC, en couplant la vulnérabilité intrinsèque due à des facteurs hydrogéologiques, à l’occupation des
sols.
14
MAEt Herbe = SOCLE01 + HERBE03 = socle relatif à la gestion des surfaces en herbe + Absence totale de
fertilisation minérale et organique sur prairies et habitats remarquables.
15
MAEt Bio = FERTI01 + BIOMAINT = Limitation de la fertilisation totale et minérale azotée sur les grandes
cultures et cultures légumières et maintien de l’agriculture biologique en territoire à problématique phytosanitaire.
16
Le détail des exigences en matière de réduction des intrants est le suivant :
- Réduction progressive du nombre de doses homologuées de traitements herbicides (40%)
- Réduction progressive du nombre de doses homologuées de traitements hors herbicides (50%)
- Réalisation chaque année d’un bilan annuel sur la protection des cultures
61
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Les montants en 2011 sont les suivants :
Grandes
Cultures
En €/ha/an
MAEt Bio
MAEt Herbe
MAEt réduction intrants
237
211
324
Vigne
Maraîchage
287
487
280
Valeur 2011 des MAEt de « dilution » et de réduction d’intrants
Selon les territoires, les engagements unitaires peuvent prendre des valeurs différentes
(plusieurs combinaisons d’engagements unitaires sont possibles et certaines valeurs
dépendent des niveaux de réduction de fertilisation ou de doses de pesticides), mais par
facilité pour les calculs et afin de pouvoir construire un outil Excel, nous avons choisi de
prendre des valeurs constantes, sans tenir compte des spécificités de chaque territoire.
Les mesures citées ont été appliquées à la SAU, au sein de chaque zone de vulnérabilité
quand l’étude AAC l’indiquait. Si aucune indication concernant la proportion de la SAU dans
chaque zone de vulnérabilité ne figurait dans l’étude AAC, alors celle-ci a été estimée en
prenant en compte la proportion de surface totale de l’AAC dans chaque zone de
vulnérabilité, considérant que toute l’AAC (et donc toutes les zones de vulnérabilité) était
constitué de surfaces agricoles (exemple : si 30 % de l’AAC est en zone moyennement
vulnérable, alors les mesures ont été appliquées à 30 % de la SAU).
Si aucun découpage de l’AAC n’est effectué :
Dans les cas où aucune information sur les zones de vulnérabilité n’était disponible ni aucun
objectif en termes de mesures préventives à mettre en place, alors la répartition adoptée
était la suivante : 20 % de la SAU de l’AAC en réduction d’intrants et 5 % de la SAU de l’AAC
en bio ou herbe.
- Limitation de la fertilisation azotée sur les parcelles engagées:
• à 120 Unités d’azote (UN) minéral/ha/an en moyenne sur l’ensemble des parcelles engagées
• à 140 UN total/ha/an (organique + minéral) en moyenne sur l’ensemble des parcelles engagées
- Limitation la fertilisation azotée sur les parcelles non engagées :
•
à 170 UN organique/ha/an en moyenne sur l’ensemble des parcelles non engagées
•
à 210 UN total/ha/an (organique + minéral) en moyenne sur l’ensemble des parcelles non engagées
17
MAEt Réduction d’intrants = FERTI01+ PHYTO01 + PHYTO04 + PHYTO05 = Limitation de la fertilisation totale
et minérale azotée sur les grandes cultures et cultures légumières + Bilan de la stratégie de protection des
cultures + réduction progressive du nombre de doses homologuées de traitements herbicides + réduction
progressive du nombre de doses homologuées de traitements phytosanitaires hors herbicides.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 2 – E109212
62
Pour récapituler :
Cas d’étude
Pas de programme
d’actions ou actions
jugées insuffisantes
AAC non découpée en zones
de vulnérabilité
Taux appliqués : 5 % de
la SAU en herbe ou en
bio et 20 % de la SAU
en réduction d’intrants
Programme d’actions
suffisant proposé (MAEt
Herbe, Bio, Réduction
intrants)
AAC découpée en
zones de vulnérabilité
Les taux des mesures
préventives sont
appliqués selon la part
des ZTV et ZMV dans
l’AAC
On applique les taux de
MAE à la SAU
Construction du scénario préventif tendanciel
Au total, sur les 21 cas étudiés :
- 6 cas d’étude avaient un programme d’actions suffisamment ambitieux qui a été
repris tel quel dans la comparaison préventif/curatif,
- 7 cas disposaient d’un programme d’actions suffisamment ambitieux en termes de
proposition de mesures à mettre en place, mais qui a été adapté en fonction des
hypothèses de l’étude (valeurs des MAEt, % de SAU en MAEt, etc),
- 8 cas d’étude n’avaient pas de programme d’actions suffisamment ambitieux et ont
fait l’objet d’un scénario préventif tendanciel fictif.
Pour 7 cas parmi 21, le programme préventif tendanciel a été établi à partir du découpage de
l’AAC en zones de vulnérabilité.
2ème scénario : Un scénario ‘préventif +’ plus ambitieux
Ce scénario a été construit en séparant les AAC en deux groupes selon si leur SAU était
supérieure ou inférieure à 5 000 ha (limite de surface fixée arbitrairement afin de distinguer
les grandes AAC des petites).
Si la SAU de l’AAC est inférieure à 5 000 ha, alors 100 % de cette SAU sera
couverte en agriculture biologique ou en herbe, ou 50 % en bio et 50 % en herbe,
suivant la région.
Si la SAU de l’AAC est supérieure à 5 000 ha, alors 20 % de cette SAU sera
couverte en agriculture biologique ou en herbe ou les deux (50%-50%). Cette
proportion de 20 % s’inspire directement des objectifs fixés par la loi Grenelle 1
(atteindre 20 % de la SAU française en agriculture biologique en 2020).
63
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Que ce soit pour le scénario ‘préventif +’ ou le scénario préventif tendanciel, des choix ont
été faits pour déterminer si le territoire était plus propice au maintien de l’agriculture
biologique ou au maintien de surfaces en herbe. En se basant sur la localisation des AAC,
sur le contexte local et sur les possibilités de valorisation du bio ou de l’herbe, l’AESN nous a
suggéré pour chaque cas le type de mesure le plus adapté (cf. annexe 6). Il s’agit d’une
répartition arbitraire qui n’a pas fait l’objet d’une étude socio-économique.
Actuellement, l’ensemble des engagements unitaires choisis pour les scénarios préventifs
peut être financé à 100 % par l’AESN. Nous avons fait l’hypothèse que ce mode de
financement serait toujours valable en rythme de croisière.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 2 – E109212
64
•
L’animation sur les AAC
Les actions d’animation sont nécessaires au maintien des mesures préventives sur les AAC.
Elles peuvent être assurées par la collectivité maître d’ouvrage des captages et/ou par une
structure technique, telle que les Chambres d’Agriculture ou encore les Groupements
d’Agriculture Biologique.
Durant la phase de collecte de données, les entretiens avec les collectivités maîtres
d’ouvrage de captages ou les porteurs de projet ont révélé que des postes d’animation
étaient nécessaires en phase de lancement des mesures préventives, mais également en
phase de fonctionnement à long terme. Certes, le temps passé sur le captage est moindre
en rythme de croisière, mais l’animation est à prendre en compte en tant que composante du
coût annuel récurrent du préventif sur le long terme.
Lorsque les interlocuteurs nous ont indiqué un ordre de grandeur en termes d’ETP
(équivalent temps plein) ou de temps passé sur l’AAC sur une année en rythme de croisière,
nous avons gardé cette valeur.
Dans le cas contraire, un ordre de grandeur a été déterminé en fonction de la superficie de
l’AAC, applicable aux cas non renseignés sur l’animation. La valeur unitaire est de 62 000
€/ETP/an, composée du coût d’un ETP (45 000 €/an) et du coût du matériel adjacent
(véhicule, ordinateur, etc) évalué à 17 000 €/an. Nous avons fait l’hypothèse qu’il existe un
lien entre la taille de la SAU et le nombre d’ETP sur un territoire. Il a donc été proposé de
considérer en rythme de croisière le nombre d’ETP suivant :
Surface SAU
S > 10 000 ha
1 000 < S < 10 000 ha
S < 1 000 ha
Nombre d’ETP et coût unitaire
1 ETP - 62 000 €/an
0, 5 ETP – 31 000 €/an
0,25 ETP – 15 500 €/an
Nombre d’ETP et coût unitaire selon la surface de la SAU
La proportion d’ETP comprend une animation assurée par la collectivité maître d’ouvrage du
ou des captages et une animation assurée par une structure technique telle qu’une Chambre
d’Agriculture ou un Groupement d’Agriculture Biologique. La répartition entre ces deux
structures n’a pas été proposée puisqu’elle n’a pas d’incidence sur le coût. En effet, on
suppose que la collectivité paie la structure technique prestataire, et perçoit la subvention de
l’AESN.
Nous avons fait l’hypothèse que le taux de subvention de l’animation par l’AESN serait égal
au taux actuel de base hors majoration, à savoir 50 %.
•
Les acquisitions foncières réalisées
Pour pouvoir installer et maintenir plus facilement des surfaces en herbe ou en agriculture
biologique, des collectivités ont parfois recours à l’acquisition foncière, dans les périmètres
de protection rapprochée ou dans les zones les plus vulnérables des AAC. Cet achat foncier
leur permet ainsi de proposer à un agriculteur d’utiliser la surface sous certaines conditions
environnementales, comme par exemple en la dédiant à l’agriculture biologique ou à la mise
en herbe avec interdiction de fertilisation chimique et organique. La collectivité peut alors
signer un bail environnemental avec l’exploitant agricole qui s’engage non seulement à
respecter ces pratiques mais également à lui verser un loyer en contrepartie de l’exploitation
des terres. Ce loyer peut cependant être beaucoup plus réduit que le loyer encadré du bail
rural normal.
65
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
Pour le calcul des scénarios préventifs, nous avons pris en compte les acquisitions foncières
passées, sans en prévoir de nouvelles. En effet, ces acquisitions sont très rarement
programmées, elles sont faites le plus souvent en fonction des opportunités qui se
présentent et dont la collectivité a pu être informée.
D’un point de vue économique, ont été pris en compte dans le calcul du préventif les
éléments suivants :
- l’amortissement foncier, sur 100 ans du coût des terrains, qui est un coût pour la
collectivité ;
- les baux environnementaux annuels, qui représentent un gain pour la collectivité.
Pour les cas où aucune information n’a pu être collectée concernant l’existence d’un
tel contrat entre la collectivité et l’agriculteur, le montant d’un bail sera attribué avec
une valeur de 90 €/ha (valeur moyenne rencontrée pour plusieurs cas d’étude) ;
- les échéances annuelles de remboursement de l’emprunt à taux zéro accordé par
l’AESN à la collectivité. Pour cela, l’AESN prévoit une durée de remboursement de
15 ans. Ces échéances ont été prises en compte puisqu’elles ont un impact non
seulement sur la trésorerie du syndicat d’eau ou de la collectivité, mais également sur
le prix de l’eau.
Lorsque aucune information n’est disponible concernant les modalités de financements de
l’acquisition foncière, on adopte une subvention de l’AESN de 40 % et une avance de
60 %18.
Méthodologie de calcul du curatif seul
•
Les éléments recherchés lors de la collecte de données
Deux types d’informations étaient recherchés lors de l’enquête : le coût d’investissement et
le coût de fonctionnement de l’usine.
Pour déterminer le coût d’investissement d’une usine de traitement, les chargés d’opérations
de l’Agence ont pu nous fournir les documents relatifs aux dispositifs d’aide lorsqu’il
s’agissait d’un projet financé par des fonds publics, qui contenaient le montant du projet, le
montant retenu par l’Agence, la subvention accordée ainsi que l’avance potentielle.
En ce qui concerne les subventions hors Agence (Conseil Général le plus souvent), les
emprunts souscrits et les coûts de fonctionnement, ceux-ci ont été collectés auprès du
syndicat d’eau de la commune ou de l’entreprise privée délégataire.
Les éléments recherchés ont été les suivants :
Général
Investissement
Fonctionnement
Date de construction de l’usine
Année d’installation
Débit
Volume produit par an
Eléments traités (pesticides, nitrates…)
Montant des équipements et du génie civil
Durée d’amortissement
Subventions et avances
Emprunts (annuités ou durée et taux)
Coût des produits de traitement (CAG, filtre biologique, résine échangeuse
d’ions…)
Coûts des consommations électriques
Coûts de personnel (suivi, maintenance)
Coûts des analyses
Eléments recherchés lors de la collecte de données en curatif auprès des collectivités, des services d'eau et de
l'AESN
18
Taux correspondant aux captages prioritaires dans le 9e programme révisé.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 2 – E109212
66
Le rôle des Conseils Généraux dans le financement des mesures est incertain
Des incertitudes institutionnelles et économiques planent autour du futur rôle des Conseils
Généraux dans le financement de la protection de la ressource en eau. Tout d’abord, la
réforme des collectivités territoriales va entraîner des modifications institutionnelles, qui
soulèvent la question de la pérennité de l’implication des Conseils Généraux en faveur de la
protection de la ressource en eau. De plus, le contexte économique actuel réduit la visibilité
sur les ressources financières que les Conseils Généraux pourraient affecter à cette
thématique. Pour ces raisons, il est possible que les subventions accordées aujourd’hui pour
la mise en place d’usines de traitement ne soient plus d’actualité dans les années à venir.
Cette remarque vaut aussi pour les acquisitions foncières incluses dans le volet préventif.
•
Organisation des données collectées
Le calcul du coût du curatif se décompose en un coût annuel de renouvellement des
équipements de l’usine et en un coût annuel de fonctionnement.
- Le renouvellement
Cette valeur s’obtient en rapportant le coût de construction (ou d’investissement) de l’usine à
sa durée de vie. L’enquête a permis de relever deux types de coûts d’investissement :
o Le montant retenu par l’AESN (pour déterminer le montant de subvention, pour les
usines déjà construites ou en cours de construction), préféré au montant total du
projet tel que présenté à l’AESN pour obtenir la subvention. En effet, on peut
considérer que la différence, quand elle existe, correspond à des choix de la
collectivité pour des raisons autres que la nécessité du traitement (exemple : coûts
supérieurs liés à des choix esthétiques ou à des matériaux non classiques).
o Le montant estimatif si l’usine n’en est qu’à l’état de projet.
Il n’a pas été possible d’isoler les montants uniquement liés aux équipements de traitements
des nitrates et des pesticides, le coût global d’investissement de l’usine a alors été
considéré. Pour cette raison, le coût du curatif peut avoir été légèrement surestimé.
Par ailleurs, les interconnexions potentielles, parfois réalisées pour raccorder le réseau
alimentant la population à l’usine de traitement, n’ont pas été comptées, ce qui peut avoir
engendré une sous-estimation des coûts.
Enfin, la durée de vie des équipements nous a été communiquée le plus souvent par les
services d’eau en charge de l’usine de traitement.
- Le fonctionnement
Le fonctionnement, correspondant aux charges annuelles, est composé de 4 postes : les
consommations électriques, la main d’œuvre, les produits de traitement et les analyses. A
partir des données collectées, des choix ont été faits afin de rendre homogènes tous les
cas :
67
Le coût des produits de traitements a été annualisé pour les cas où le produit n’est
pas changé tous les ans comme le charbon actif en grains (CAG).
Parmi toutes les analyses réglementaires qui existent et sont imposées par l’ARS
(Agence Régionale de Santé), nous avons choisi de compter des analyses dites
‘P1P2D’, qui correspondent à une analyse de vérification de l’eau traitée, en cas de
présence de pesticides ou de nitrates. Le choix des analyses est variable selon le
maître d’ouvrage de l’usine ou le délégataire. Afin de s’assurer de la bonne
conformité des eaux traités, certains délégataires font le choix de mettre en œuvre
toute une batterie d’analyses qui correspond plus à de l’auto surveillance
supplémentaire qu’aux strictes analyses imposées par la loi en vigueur.
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
La qualité des données collectées sur les coûts de fonctionnement s’est avérée très variable.
En effet, les coûts nous ont parfois été communiqués sous forme d’un montant global annuel
seulement, ou dans d’autres cas par grand poste (réactifs, électricité, analyses, main
d’œuvre). Il a rarement été possible d’isoler les coûts uniquement liés au traitement des
pesticides et des nitrates, notamment pour les postes des consommations électriques et de
la main d’œuvre. Dans ces cas, nous avons conservé l’intégralité des coûts pour ces
postes, ce qui peut avoir généré une légère surestimation du coût de fonctionnement.
Enfin, les aspects trésorerie ont été abordés pour faire apparaître l’impact à long terme de
l’installation et du fonctionnement de l’usine sur le prix de l’eau. Deux types d’annuités ont
été prises en compte selon les cas : celle correspondant au remboursement d’une potentielle
avance AESN et celle provenant d’un potentiel emprunt privé souscrit auprès d’une banque.
•
Hypothèses permettant de compléter les données manquantes
Certaines données récoltées étaient parfois lacunaires et ne permettaient pas de mener à
bien la comparaison entre préventif et curatif à long terme. De plus, parmi les cas d’étude,
certains présentaient une eau d’assez bonne qualité pour ne pas subir un traitement curatif.
Afin de pouvoir mener la comparaison économique, il a fallu construire un scénario curatif
fictif pour ces cas d’étude. Le travail a consisté à dimensionner une station de traitement
adaptée au besoin d’une eau qui serait polluée à terme en pesticides et en nitrates si aucune
action préventive n’est menée.
Pour cela, des hypothèses ont été posées afin de combler les informations manquantes ou
de construire une station de traitement fictive.
Les coûts unitaires retenus sont ceux établis dans la bibliographie des coûts (annexe 3) qui
permettent d’obtenir un coût de renouvellement puis de construction et un coût de
fonctionnement global.
Plus particulièrement pour le poste des analyses, souvent manquant, nous avons établi une
table de valeur en fonction des volumes d’eau traitée, en se basant sur les données
récoltées.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 2 – E109212
68
Volume (en
3
milliers de m )
0-260
200-260
260-338
338-439
439-571
571-743
743-965
965-1255
1 255-1 631
1 631-2 121
2 121-2 757
2 757-3 584
3 584-4 660
4 660-6 058
6 058-7 875
Nombre d’analyses
par an
Coûts des analyses
(en €/an)
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
570
1140
1710
2280
2850
3420
3990
4560
5130
5700
6270
6840
7410
7980
8550
Coûts des analyses suivant le volume d'eau traité
Les hypothèses suivantes ont été faites concernant les emprunts et les subventions
potentiels, en cas d’informations lacunaires :
- Subvention AESN : 40 %
- Avance AESN : 20 %, à rembourser sur 15 ans à taux zéro
- Subvention Conseil Général : 30 %
- Le reste financé par un emprunt, à rembourser sur 20 ans à un taux de 3,5 %
D’une manière générale, les coûts n’ont pas été actualisés car nous avons manipulé des
chiffres plutôt récents (postérieurs à 2007).
Méthodologie de calcul du palliatif seul
Les données collectées en palliatif sont celles décrites dans la bibliographie des coûts
(annexe 3). Pour deux cas d’étude, il a été possible de rattacher le scénario palliatif à un
périmètre d’aire d’alimentation de captage, et donc de mener une comparaison
préventif/curatif/palliatif.
Pour les cas où aucune solution palliative n’a été mise en place, il a été décidé de ne pas
créer de scénario palliatif fictif par manque de référence technique sérieuse. En effet, le coût
du palliatif dépend des réalités sur le terrain, qui induisent des solutions techniques très
variables d’un territoire à un autre (nature des travaux, distances, débits, etc).
Méthodologie de la comparaison préventif/curatif
Il a été décidé de mener la comparaison des coûts à long terme, en rythme de croisière, en
envisageant deux possibilités :
- Du préventif (seul sans traitement des pesticides ni des nitrates) ;
- Du curatif (seul sans installation de mesures préventives).
Pour parvenir à la comparaison des coûts de ces deux situations possibles, plusieurs étapes
de calculs ont été envisagées. En effet, après avoir dressé les coûts du curatif seul d’une
part et du préventif seul d’autre part, des coûts supplémentaires ont été ajoutés pour
correspondre à un scénario en rythme de croisière :
69
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
-
Préventif (des actions préventives sont mises en places sur l’AAC, le traitement
curatif n’est plus/pas nécessaire).
Le calcul effectué prend en compte le coût du préventif payé par le service d’eau et,
quand il existe déjà une usine de traitement, un coût de pompage résiduel. En effet, à
terme, l’usine de traitement ne traite plus les paramètres pesticides et nitrates, mais
continue de fonctionner pour pomper l’eau de la nappe.
Par manque de données détaillées, le coût du pompage résiduel est assimilé à celui de
la consommation électrique annuelle de l’usine.
- Cas où le traitement curatif est privilégié, sans démarche préventive.
Comme on se place à long terme sans prévision de mise en place de mesures
préventives, on considère que le risque que la nappe finisse par être contaminée aussi
bien par les pesticides que par les nitrates est élevé. Le coût retenu pour le rythme de
croisière correspond donc au coût d’une usine de traitement traitant les deux paramètres
à terme.
En l’absence de mesures préventives, la dégradation de la ressource risque d’entraîner
parfois l’abandon du captage. Cependant, les coûts liés à ce possible abandon n’ont pas
été pris en compte.
Cette méthode a été appliquée afin de pouvoir proposer une comparaison du point de vue du
service d’eau d’une part, et du point de vue des services d’eau et des autres financeurs
(AESN) d’autre part.
Construction des scénarios préventifs : discussion des principales
hypothèses
Des calculs du type « analyse des sensibilité » on été effectués pour tester si les hypothèses
principales pour le chiffrage des scénarios préventifs pouvaient influer sur deux résultats :
- le classement entre cas selon que le coût global du curatif est inférieur à celui du
préventif, ou non ;
- le classement entre cas selon que le coût global du préventif tendanciel est inférieur
à celui du ‘préventif +’, ou non.
•
Les différences entre les montants des MAEt n’ont pas d’effet sur le
classement des cas par rapport au ratio curatif global/préventif global
Le montant de MAEt pour la réduction d’intrants, tel que retenu pour les chiffrages, est de
324 €/ha/an, soit nettement plus que le montant des MAEt pour le maintien en AB ou en
herbe (237 et 211 €/ha/an) : les mesures de ‘dilution’, plus ambitieuses en termes de
protection de la ressource, sont donc moins bien rémunérées que les mesures de réduction
d’intrants.
Cette différence de valeurs ne permet toutefois pas d’expliquer l’écart de coût global entre
les scénarios curatif et préventif. En effet, en paramétrant la MAEt réduction d’intrants à 237
€/ha (comme la MAEt AB), on obtient les mêmes cas pour lesquels le préventif global est
plus cher que le curatif global, et les mêmes cas pour lesquels il est moins cher.
•
La construction du scénario ‘préventif +’ peut impacter le classement
entre les scénarios préventifs
Les différences de résultats observés entre le préventif tendanciels et le ‘préventif +’ peuvent
être imputées aux choix méthodologiques effectués. En effet, le scénario ‘préventif +’ a été
construit de manière arbitraire en séparant les AAC selon un seuil de 5 000 ha de SAU. La
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 2 – E109212
70
part de surface couverte par les MAEt de dilution était de 100 % pour les petites SAU et de
20 % pour les grandes SAU.
Un test proposant des paliers supplémentaires de pourcentage de couverture suivant la SAU
des AAC a été réalisé, afin de ne pas passer de façon brutale de toute la surface couverte à
seulement une portion de la surface couverte.
Ainsi, il est proposé, sans aucune certitude sur l’efficacité de ce scénario :
o Si SAU < 1 000 ha, alors 60 % de la SAU sera couverte en agriculture biologique ou
en herbe, ou 30 % en bio et 30 % en herbe, suivant les cas ;
o Si 1 000 ha < SAU < 10 000 ha, alors 40 % de la SAU sera couverte en agriculture
biologique ou en herbe, ou 20 % en bio et 20 % en herbe, suivant les cas ;
o Si SAU > 10 000 ha, alors 20 % de la SAU sera couverte en agriculture biologique ou
en herbe, ou 10 % en bio et 10 % en herbe, suivant les cas.
En appliquant cette nouvelle échelle de répartition, deux observations peuvent être faites :
- Tout d’abord, le classement curatif/préventif n’est pas changé, même si le rapport
curatif/préventif augmente pour les superficies inférieures à 5 000 ha et diminue pour
celles comprises entre 5 000 et 10 000 ha.
- Le deuxième résultat de ce test est la modification du classement des cas selon que
le coût global du préventif tendanciel est inférieur à celui du ‘préventif +’, ou non. En
effet, on observe que le préventif tendanciel peut devenir plus intéressant
économiquement que le ‘préventif +’ par rapport à la situation initiale pour quelques
cas, et inversement.
Ce test montre que la connaissance partielle de l’efficacité des actions sur la ressource peut
certes induire des incertitudes sur les coûts globaux à engager, mais qu’elle ne semble pas
remettre en cause le classement des coûts globaux curatif/préventif.
71
AESN – Comparaison Préventif /Curatif – Phase 2 – E109212
ANNEXE 5 : GUIDES D’ENTRETIENS
Préventif :
Informations générales sur le BAC :
Superficie :
Population :
Nombre d’agriculteurs :
Occupation des sols :
Quel est l’état de la ressource ? (Taux nitrates et pesticides, quantité d’eau captée)
Quel est l’historique : à quand remonte la réflexion sur la protection de la ressource ?
Y a-t-il une étude BAC sur ce territoire ? Sinon, les actions préventives s’inscrivent
dans quel contexte, DUP ?
Quelles ont été les actions préventives depuis la fin de l’étude BAC ? Quel a été leur
coût ainsi que les différents financements : CG, CR, AESN, FEADER, Etat, …
Quels sont les coûts actuels d’animation ?
Y a-t-il un programme d’actions bien défini ? Est-il à la hauteur des problématiques ?
Quels seraient les objectifs à atteindre en termes d’actions préventives sur le long
terme ? et donc quels seraient les coûts récurrents : animation, amortissement
foncier, remboursement d’emprunts, MAE ?
Sur quelles surfaces peut-on se baser pour les objectifs ?
Curatif :
Quelles sont les caractéristiques de l’usine :
Année de construction :
Type de traitement :
Population desservie :
Communes desservies
Volume traité par an :
Débit en m3/j :
Paramètre(s) traité(s) :
Quel a été le coût d’investissement pour la construction ?
Taux de subvention et de l’avance de l’AESN ?
Subvention du conseil général ?
Le reste a-t-il été autofinancé ou un emprunt a-t-il dû être effectué ?
Si emprunt, quelle est la somme empruntée ? à quel taux ? et le remboursement est
prévu sur combien d’années ?
Durée d’amortissement des équipements ?
Est-ce que vous possédez un détail des charges d’exploitation ?
Plus particulièrement, quels sont les coûts de fonctionnement liés uniquement au
traitement des pesticides, pour les postes suivants : Coût charbon + fréquence de
changement du filtre, suivi et maintenance, électricité, analyses.
AESN – Comparaison Préventif/curatif – Phase 2 – E109212
72
ANNEXE 6 : REPARTITION DES SURFACES EN MESURES PREVENTIVES POUR LES
SCENARIOS PREVENTIF TENDANCIEL ET ‘PREVENTIF +’
Scénario préventif tendanciel
SAU
(ha)
N° cas
3 000
1
2 10 000
1 000
3
60
4
550
5
3 600
6
900
7
100
8
9
10
Existence d'un
programme
d'actions
suffisant ?
Oui, adapté
Oui
Oui, adapté
Oui
Non
Non
Non
Oui
3 000
Oui, adapté
400
Oui, adapté
25 000
11
700
12
13 24 000
1 000
14
15 30 000
6 000
16
4 000
17
300
18
7 000
19
260
20
2 500
21
Oui
Oui, adapté
Oui, adapté
Non
Oui
Non
Non
Non
Non
Oui
Oui, adapté
Scénario ‘préventif +’
Scénario préventif tendanciel proposé
Scénario ‘préventif +’ proposé
300 ha herbe, 800 ha réduction d'intrants
500 ha bio, 5 000 ha réduction d'intrants
160 ha herbe, 860 ha réduction d'intrants
60 ha herbe
80 ha herbe, 200 ha réduction d'intrants
180 ha bio, 700 ha réduction d'intrants
20 ha herbe, 20 ha bio, 200 ha réduction d'intrants
90 ha bio
600 ha bio, 600 ha herbe, 350 ha réduction
d'intrants
20 ha bio, 350 ha réduction d'intrants
1 300 ha bio, 1 300 ha bio , 7 700 ha réduction
d'intrants
80 ha herbe, 120 ha bio, 500 ha réduction intrants
500 ha bio, 24 700 ha réduction d'intrants
600 ha bio, 60 ha herbe, 600 ha réduction
d'intrants
1 400 ha herbe, 2 800 ha bio
280 ha bio, 1 120 ha réduction d'intrants
200 ha herbe, 800 ha réduction d'intrants
15 ha herbe; 60 ha réducion d'intrants
90 ha bio, 1 400 ha réduction d'intrants
260 ha herbe
1 400 ha herbe, 700 ha réduction d'intrants
1 500 ha herbe; 1 500 ha bio
2000 ha bio
500 ha herbe; 500 ha bio
60 ha herbe
550 ha bio
3 600 ha bio
450 ha herbe; 450 ha bio
100 ha herbe
3 000 ha bio
400 ha herbe
2500 ha bio; 2500 ha herbe
350 ha bio; 350 ha herbe
5 000 ha bio
1 000 ha bio
2 800 ha herbe, 5 600 ha bio
1 120 ha bio
2 000 ha bio; 2 000 ha herbe
300 ha herbe
1 400 ha bio
260 ha herbe
2 500 ha herbe
*Source : AESN
AESN – Comparaison Prévenitf/Curatif – Phase 2 – E109212
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ANNEXE 7 : LISTE DES ABREVIATIONS
AAC : Aire d’Alimentation de Captage
AESN : Agence de l’Eau Seine-Normandie
ARS : Agence Régionale de Santé
BAC : Bassin d’Alimentation de Captage
DCE : Directive Cadre européenne sur l’Eau
CAG : Charbon Actif en Grain
CG : Conseil Général
CIPAN : Culture Intermédiaire Piège à Nitrate
CTE : Contrat Territorial d’Exploitation
DCE : Directive Cadre européenne sur l’Eau
DUP : Déclaration d’Utilité Publique
ETP : Equivalent Temps Plein
MAEt : Mesure agroenvironnementale territorialisée
PDRH : Programme de Développement Rural Hexagonal
SIAEP : Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable
SAFER : Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural
SAU : Surface Agricole Utile
SDAGE : Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux
ZTV : Zone Très Vulnérable
ZMV : Zone Moyennement Vulnérable
ZPV : Zone Peu Vulnérable
AESN – Comparaison Prévenitf/Curatif – Phase 2 – E109212
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