manuel de sécurité biologique en laboratoire

manuel de sécurité biologique en laboratoire
Le manuel aborde maintenant la question de l’évaluation du risque et les
règles de sécurité à observer dans la mise en œuvre des technologies de
recombinaison de l’ADN ; en outre, il propose un certain nombre de principes
directeurs pour la mise en service des laboratoires et leur agrément. Les
différents concepts de la sécurité biologique sont exposés, de même que la
réglementation internationale la plus récente relative au transport des
substances infectieuses. Diverses considérations de sécurité biologique
applicables aux laboratoires des établissements de soins, qui figuraient dans
d’autres publications de l’OMS, sont également reprises dans le manuel.
Le manuel devrait continuer à être, pour les pays, un encouragement à mettre
en œuvre des programmes de sécurité biologique ainsi que des codes
nationaux de bonnes pratiques pour la manipulation, dans de bonnes
conditions de sécurité, de matériels biologiques potentiellement infectieux.
ISBN 92 4 254650 X
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE TROISIÈME ÉDITION
Depuis sa première édition publiée il y a plus de vingt ans en 1984, le Manuel
de sécurité biologique en laboratoire est toujours le guide pratique auquel
les laboratoires de tous niveaux se réfèrent en matière de sécurité biologique.
Une bonne technique microbiologique et une utilisation judicieuse des
équipements de sécurité par un personnel convenablement formé sont
toujours des éléments fondamentaux de la sécurité biologique en laboratoire.
Cela étant, la mondialisation, les progrès importants réalisés par la
technologie, l’apparition de maladies nouvelles et les sérieuses menaces
que représentent les agents ou les toxines microbiologiques détournés de
leur usage normal et délibérément introduits dans l’environnement, appellent
un réexamen des techniques actuellement utilisées dans les laboratoires.
C’est pourquoi le manuel a été largement remanié et développé à l’occasion
de cette nouvelle édition.
MANUEL DE
SÉCURITÉ BIOLOGIQUE
EN LABORATOIRE
Troisième édition
OMS
Organisation mondiale de la Santé
MANUEL DE SÉCURITE
BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Troisième Edition
ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ
Genève
2005
Catalogage à la source: Bibliothèque de l’OMS
Organisation mondiale de la Santé.
Manuel de sécurité biologique en laboratoire. – 3e éd.
1.Maîtrise risque biologique – méthodes 2.Laboratoire – normes
3.Infection laboratoire – prévention et contrôle 4.Manuel I.Titre.
ISBN 92 4 254650 X
(Classification LC/NLM: QY 25)
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CCU012445-08) des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Atlanta, Géorgie, EtatsUnis d’Amérique. Les informations qu’elle contient sont publiées sous la responsabilité exclusive des
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© Organisation mondiale de la Santé 2005
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Table des matières
Avant-propos
Remerciements
viii
x
1. Principes généraux
Introduction
1
1
PARTIE I Les principes directeurs de la sécurité biologique
5
2. Evaluation du risque microbiologique
Echantillons pour lesquels les informations sont limitées
Evaluation du risque et micro-organismes génétiquement
modifiés
3. Les laboratoires de base – Sécurité biologique niveaux 1 et 2
Code de bonnes pratiques
Conception et aménagement du laboratoire
Appareils et équipements de laboratoire
Surveillance médico-sanitaire
Formation
Traitement des déchets
Sécurité chimique, électrique, incendie, radioprotection
et sécurisation de l’appareillage
4. Le laboratoire de confinement – Sécurité biologique
niveau 3
Code de bonnes pratiques
Conception et aménagement du laboratoire
Appareils et équipements de laboratoire
Surveillance médico-sanitaire
5. Le laboratoire de confinement à haute sécurité – Sécurité
biologique niveau 4
Code de bonnes pratiques
Conception et aménagement du laboratoire
7
8
• iii •
8
9
9
12
16
17
18
19
21
22
22
23
24
25
28
28
29
SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
MANUEL DE SECURITE
6. Animaleries
Animalerie – Sécurité biologique niveau 1
Animalerie – Sécurité biologique niveau 2
Animalerie – Sécurité biologique niveau 3
Animalerie – Sécurité biologique niveau 4
Invertébrés
7. Principes directeurs pour la mise en service des
laboratoires ou installations
8. Principes directeurs pour l’agrément des laboratoires/
installations
32
33
33
34
35
36
PARTIE II Sécurité biologique en laboratoire
49
9. Principes de la sûreté biologique en laboratoire
51
PARTIE III Equipements de laboratoire
55
10. Enceintes de sécurité biologique
Enceinte de sécurité biologique de classe I
Enceinte de sécurité biologique de classe II
Enceinte de sécurité biologique de classe III
Raccordements pour l’évacuation de l’air des enceintes
de sécurité biologique
62
Choix d’une enceinte de sécurité biologique
Utilisation des enceintes de sécurité biologique au laboratoire
11. Equipements de sécurité
Isolateurs à dépression en film ou feuille de plastique souple
Pipetteurs
Homogénéiseurs, agitateurs secoueurs, mélangeurs
et générateurs d’ultrasons
Anses à usage unique
Micro-incinérateurs
Equipements et vêtements de protection individuelle
57
58
59
62
38
41
63
64
68
68
70
71
71
72
72
PARTIE IV Bonnes techniques microbiologiques
75
12. Techniques de laboratoire
Règles de sécurité pour la manipulation des échantillons
au laboratoire
Utilisation des pipettes et des dispositifs de pipettage
Comment éviter la dissémination de matériel infectieux
77
• iv •
77
78
78
TABLE DES MATIÈRES
Utilisation des enceintes de sécurité biologique
Comment éviter l’ingestion de matériel infectieux et le
contact avec la peau et les yeux
Comment éviter l’inoculation accidentelle de matériel
infectieux
Séparation du sérum
Utilisation des centrifugeuses
Utilisation des homogénéiseurs, des agitateurs secoueurs,
des mélangeurs et des générateurs d’ultrasons
Utilisation des broyeurs de tissus
Entretien et utilisation des réfrigérateurs et congélateurs
Ouverture des ampoules contenant du matériel infectieux
lyophilisé
Stockage des ampoules contenant du matériel infectieux
Précautions d’usage pour manipuler du sang et autres
liquides biologiques, des tissus et des excreta
Précautions à prendre avec le matériel pouvant contenir
des prions
13. Plans d’urgence et conduite à tenir en cas d’urgence
Plan d’urgence
Conduite à tenir en cas d’urgence dans un laboratoire
de microbiologie
14. Désinfection et stérilisation
Définitions
Nettoyage du matériel de laboratoire
Germicides chimiques
Décontamination de l’environnement local
Décontamination des enceintes de sécurité biologique
Lavage et décontamination des mains
Désinfection et stérilisation par la chaleur
Incinération
Elimination
15. Introduction au transport des matières infectieuses
Réglementation internationale relative aux transports
Le système du triple emballage
Consignes pour nettoyer des produits répandus
•v•
79
79
80
80
81
82
82
82
83
83
83
85
88
88
89
92
92
93
93
100
100
101
101
104
105
106
106
107
107
SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
MANUEL DE SECURITE
PARTIE V Introduction aux biotechnologies
111
16. Sécurité et technologies de recombinaison de l’ADN
Considérations biosécuritaires applicables aux systèmes d’expression
biologiques
Considérations biosécuritaires applicables aux vecteurs d’expression
Vecteurs viraux pour le transfert de gènes
Animaux transgéniques et animaux « knock out »
Plantes transgéniques
Evaluation du risque dans le cas des organismes génétiquement
modifiés
Autres considérations
113
114
114
114
115
115
115
117
PARTIE VI Sécurité chimique, électrique et incendie
119
17. Les risques chimiques
Voies d’exposition
Stockage des produits chimiques
Règles générales d’incompatibilité chimique
Toxicité des produits chimiques
Produits chimiques explosifs
Renversement accidentel de produits chimiques
Gaz comprimés et liquéfiés
18. Autres types de risques au laboratoire
Risque d’incendie
Risques électriques
Bruit
Rayonnements ionisants
121
121
121
121
121
122
122
123
125
125
126
126
127
PARTIE VII La sécurité : organisation et formation
131
19. Le responsable de la sécurité et le comité de sécurité
Le délégué à la sécurité
Le comité de sécurité biologique
20. La sécurité du personnel de maintenance et d’entretien
Services de maintenance des appareils et des bâtiments
Nettoyage
21. Programmes de formation
133
133
134
136
136
136
137
• vi •
TABLE DES MATIÈRES
PARTIE VIII Liste des contrôles de sécurité
141
22. Liste des contrôles de sécurité
Locaux
Entreposage
Assainissement et locaux pour le personnel
Chauffage et ventilation
Eclairage
Services
Sûreté biologique en laboratoire
Prévention des incendies et protection contre le feu
Stockage des liquides inflammables
Gaz comprimés et liquéfiés
Risques électriques
Protection individuelle
Santé et sécurité du personnel
Appareils et équipements de laboratoire
Matériel infectieux
Produits chimiques et matières radioactives
143
143
144
144
144
144
144
145
145
146
146
147
147
148
148
149
149
PARTIE IX Bibliographie, annexes et index
151
Bibliographie
Annexe 1 Premiers secours
Annexe 2 Vaccination du personnel
Annexe 3 Centres collaborateurs de l’OMS pour la sécurité biologique
Annexe 4 Sécurité d’emploi des appareils et instruments
Appareils et instruments dont l’utilisation peut
comporter un risque
Annexe 5 Produits chimiques : dangers et précautions à prendre
153
156
157
158
159
159
163
Index
211
• vii •
Avant-propos
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pris conscience depuis longtemps que
la sécurité, et en particulier la sécurité biologique, constitue une question importante
au plan international. L’OMS a en effet publié la première édition de son Manuel de
sécurité biologique dès 1984. Ce manuel a constitué, pour les pays, une incitation à
accepter et à appliquer les concepts de base de la sécurité biologique et à mettre au
point des recueils nationaux de directives pratiques ou codes de bonnes pratiques
destinés aux laboratoires de leur territoire où sont manipulés des micro-organismes
pathogènes. Depuis cette époque, de nombreux pays se sont inspirés des indications
du manuel pour élaborer ces recueils ou codes. Une deuxième édition en a été publiée
en 1997.
En publiant cette troisième édition du manuel, consacrée aux questions de sûreté
et de sécurité biologiques qui se posent à nous en ce troisième millénaire, l’OMS
continue de jouer un rôle pilote dans le domaine de la sécurité biologique au niveau
international. Dans la présente édition, l’importance d’une attitude responsable du
personnel est constamment soulignée. De nouveaux chapitres ont été ajoutés; ils
portent sur l’évaluation du risque, les mesures de sécurité dans la mise en œuvre de
techniques utilisant de l’ADN recombinant et le transport d’échantillons biologiques
infectieux. Des événements récents ont mis en lumière les nouvelles menaces que l’on
pourrait faire peser sur la santé publique en détournant délibérément des agents ou
des toxines biologiques de leur usage normal pour les libérer dans l’environnement.
La troisième édition constitue donc également une introduction à la notion de sûreté
biologique – notamment en ce qui concerne la protection des ressources biologiques
contre le vol, la perte ou le détournement de ces agents qui pourraient déboucher sur
une utilisation à mauvais escient dommageable pour la santé publique. Le nouveau
manuel contient également des informations de nature sécuritaire tirées d’une publication de l’OMS intitulée Safety in health care laboratories (1).
Cette troisième édition du Manuel de sécurité biologique en laboratoire constituera
un ouvrage de référence et un guide utile aux pays désireux de s’attaquer à la tâche
difficile que représentent l’élaboration et l’établissement de recueils nationaux de
directives pratiques ou de codes de bonnes pratiques, pour une sécurisation des
• viii •
AVANT-PROPOS
ressources microbiologiques qui n’entrave pas leur utilisation en clinique, dans la
recherche et en épidémiologie.
Dr A. Asamoah-Baah
Sous-directeur général
Maladies transmissibles
Organisation mondiale de la Santé
Genève, Suisse
• ix •
Remerciements
Nous sommes très reconnaissants aux personnes dont les noms suivent et dont les
compétences nous ont été précieuses pour la préparation de cette troisième édition
du Manuel de sécurité biologique en laboratoire :
Dr W. Emmett Barkley, Howard Hughes Medical Institute, Chevy Chase, MD, EtatsUnis d’Amérique
Dr Murray L. Cohen, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, GA, EtatsUnis d’Amérique (retraité)
Dr Ingegerd Kallings, Institut suédois pour la lutte contre les maladies infectieuses,
Stockholm, Suède
Mme Mary Ellen Kennedy, Consultante en sécurité biologique, Ashton, Ontario,
Canada
Mme Margery Kennett, Victorian Infectious Diseases Reference Laboratory, North
Melbourne, Australie (retraitée)
Dr Richard Knudsen, Office of Health and Safety, Centers for Disease Control and
Prevention, Atlanta, GA, Etats-Unis d’Amérique
Dr Nicoletta Previsani, Programme de sécurité biologique, Organisation mondiale de
la Santé, Genève, Suisse
Dr Jonathan Richmond, Office of Health and Safety, Centers for Disease Control and
Prevention, Atlanta, GA, Etats-Unis d’Amérique (retraité)
Dr Syed A. Sattar, Faculté de Médecine, Université d’Ottawa, Ottawa, Ontario, Canada
Dr Deborah E. Wilson, Division of Occupational Health and Safety, Office of Research
Services, National Institutes of Health, Department of Health and Human Services,
Washington, DC, Etats-Unis d’Amérique
Dr Riccardo Wittek, Institut de biologie animale, Université de Lausanne, Lausanne,
Suisse
Nous exprimons également notre gratitude aux personnes suivantes pour l’aide
qu’elles nous ont apportée :
Mme Maureen Best, Bureau de la sécurité des laboratoires, Santé Canada, Ottawa,
Canada
Dr Mike Catton, Victorian Infectious Diseases Reference Laboratory, North
Melbourne, Australie
•x•
REMERCIEMENTS
Dr Shanna Nesby, Office of Health and Safety, Centers for Diseases Control and
Prevention, Atlanta, GA, Etats-Unis d’Amérique
Dr Stefan Wagener, Canadian Science Centre for Human and Animal Health,
Winnipeg, Canada
Les auteurs et les membres du comité de lecture souhaitent également exprimer leur
gratitude aux nombreux spécialistes qui ont contribué à la première et à la seconde
édition du présent manuel ainsi qu’à la rédaction de la publication de l’OMS intitulée
Safety in health-care laboratories (1997) (1).
• xi •
1. Principes généraux
Introduction
Dans tout le manuel, il est fait référence au danger relatif que représentent les microorganismes infectieux au moyen d’une classification par groupe de risque (groupes
de risque de l’OMS 1, 2, 3 et 4). Cette classification par groupe de risque n’est applicable qu’aux travaux de laboratoire. Ces groupes de risque sont explicités dans le
tableau 1.
Tableau 1. Classification des micro-organismes infectieux par groupe de risque
Groupe de risque 1 (risque faible ou nul pour les individus ou la collectivité)
Micro-organisme qui, selon toute probabilité, ne peut causer de maladie humaine ou animale.
Groupe de risque 2 (risque modéré pour les individus, faible pour la collectivité)
Germe pathogène capable de provoquer une maladie humaine ou animale mais qui ne présente
vraisemblablement pas un sérieux danger pour le personnel de laboratoire , la collectivité, le
bétail ou l’environnement. Une exposition en laboratoire est susceptible d’entraîner une infection
grave, mais qui peut être traitée ou prévenue efficacement; par ailleurs le risque de propagation
de l’infection est limité.
Groupe de risque 3 (risque important pour les individus, faible pour la collectivité)
Germe pathogène qui cause habituellement une grave maladie humaine ou animale, mais qui ne
se transmet généralement pas d’un individu à l’autre. Il existe un traitement et des mesures
préventives efficaces.
Groupe de risque 4 (risque important pour les individus comme pour la collectivité)
Germe pathogène qui cause habituellement une grave maladie humaine ou animale et peut se
transmettre facilement d’un individu à l’autre, soit directement, soit indirectement. Il n’existe
généralement ni traitement, ni mesures préventives efficaces.
Les laboratoires sont désignés comme suit : laboratoire de base – sécurité
biologique niveau 1, laboratoire de base – sécurité biologique niveau 2, laboratoire
de confinement – sécurité biologique niveau 3, laboratoire de confinement à haute
sécurité – sécurité biologique niveau 4. Le niveau de sécurité biologique est un indice
composite basé sur le type d’organisation, le mode de construction, les moyens de
confinement et l’appareillage du laboratoire ainsi que sur les pratiques et modes
opératoires à observer pour travailler sur des agents appartenant aux divers groupes
•1•
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Tableau 2. Rapport entre groupe de risque et niveau de sécurité biologique,
pratiques et appareillage
GROUPE DE
RISQUE
NIVEAU DE
SÉCURITÉ
TYPE DE
LABORATOIRE
PRATIQUES
DE PABORATOIRE
APPAREILLAGE DE
SÉCURITÉ
1
De base – niveau
de sécurité
biologique 1
Enseignement
de base
BTM
Aucun;
paillasse sans
protection
2
De base – niveau
de sécurité
biologique 2
Services de
santé primaires;
laboratoire
d’analyses ou
de recherche
BTM et
vêtements
protecteurs,
logo de risque
biologique
Paillasse sans
protection et
ESB contre le
risque
d’aérosols
3
Confinement –
niveau de
sécurité
biologique 3
Diagnostic
spécialisé,
recherche
Comme niveau
2, plus
vêtements
spéciaux, accès
réglementé et
flux d’air dirigé
ESB ou autres
moyens de
confinement
primaire pour
l’ensemble des
activités
4
Confinement à
haute sécurité –
niveau de
sécurité
biologique 4
Manipulation
de germes
pathogènes
dangereux
Comme niveau
3, plus sas à air
à l’entrée,
douche à la
sortie et
élimination
spécifique des
déchets
ESB classe III
ou
combinaisons
pressurisées
utilisées avec
une ESB classe
II , autoclave à
deux portes
formant sas
mural, air filtré
BTM, bonnes techniques microbiologiques; ESB, enceinte de sécurité biologique (voir Partie IV).
de risque. Le tableau 2 indique le rapport entre groupe de risque et niveau de sécurité biologique, mais il n’assimile pas les groupes de risque au niveau de sécurité
biologique des laboratoires conçus pour travailler sur des micro-organismes appartenant à ces groupes.
Chaque pays ou région devra établir une classification nationale ou régionale, par
groupe de risque, des micro-organismes. Cette classification devra reposer sur les
critères suivants :
1. Pathogénicité du germe.
2. Mode de transmission et gamme d’hôtes, qui peuvent dépendre de l’état immunitaire de la population locale, de la densité et de la mobilité des hôtes, de la
présence de vecteurs appropriés et du niveau d’hygiène de l’environnement.
•2•
1. PRINCIPES GÉNÉRAUX
Tableau 3. Normes applicables aux différents niveaux de sécurité biologique
NIVEAU DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE
a
Isolement du laboratoire
Salle étanche pour décontamination
Ventilation :
— circulation vers l’intérieur
— système de ventilation régulé
— filtre HEPA sur la sortie d’air
Double porte d’entrée
Sas à air
Sas à air avec douche
Vestibule
Vestibule avec douche
Traitement des effluents
Autoclave :
— sur place
— dans une salle du laboratoire
— à deux portes formant sas
Enceinte de sécurité biologique
Système de surveillance de la sécurité du personneld
a
b
c
d
1
2
3
4
Non
Non
Non
Non
Oui
Oui
Oui
Oui
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Souhaitable
Souhaitable
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Oui
Oui
Oui/Nonb
Oui
Non
Non
Oui
Oui/Nonc
Oui/Nonc
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui
–
Non
Oui
Non
Non
Non
Non
Non
Souhaitable
Non
Non
Souhaitable
Non
Oui
Souhaitable
Souhaitable
Oui
Souhaitable
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui
Isolement environnemental et fonctionnel par rapport aux points de passage
Selon la situation de la sortie d’air (voir chapitre 4)
Selon le ou les agents qui sont manipulés
Par exemple, fenêtre, télévision en circuit fermé, émetteur-récepteur
3. Possibilité de prendre localement des mesures préventives efficaces, lesquelles
peuvent comprendre : une prophylaxie par vaccination ou administration
d’immunsérums (immunisation passive), des mesures sanitaires concernant par
exemple l’hygiène des aliments et de l’eau, l’élimination des réservoirs animaux
ou des arthropodes vecteurs.
4. Possibilité de dispenser localement un traitement efficace : immunisation passive,
vaccination post-exposition, utilisation d’anti-infectieux et d’agents chimiothérapiques ou antiviraux, sans négliger le risque d’apparition de souches
pharmacorésistantes.
Pour déterminer quel niveau de sécurité biologique en laboratoire s’applique à
un agent donné, il faut procéder à une évaluation du risque. Pour cela, on doit
prendre en compte non seulement le groupe de risque, mais aussi un certain nombre
d’autres facteurs. Par exemple, un agent inclus dans le groupe de risque 2 nécessite
généralement une installation, un appareillage, des pratiques et des modes opératoires
correspondant au niveau de sécurité 2 si l’on veut que le travail s’effectue avec le
minimum de risques. Par contre, si certaines manipulations impliquent la production
d’aérosols très concentrés, il vaudra mieux passer au niveau 3 pour que les conditions
•3•
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
de sécurité soient remplies, car à ce niveau, un meilleur confinement des aérosols sera
assuré dans le laboratoire. La détermination du niveau de sécurité biologique exigé par
une manipulation donnée consiste donc à apprécier le risque « en professionnel »,
plutôt qu’à adopter automatiquement le niveau de sécurité correspondant au groupe
de risque auquel appartient l’agent pathogène en cause (voir chapitre 2).
Le tableau 3 récapitule les installations et moyens nécessaires à chaque niveau de
sécurité biologique.
Pour déterminer le niveau de sécurité biologique, on prend donc en compte le
micro-organisme (agent pathogène), les installations et moyens existants ainsi que les
pratiques et les modes opératoires à respecter pour que le travail de laboratoire
s’effectue dans de bonnes conditions de sécurité.
•4•
PARTIE I
Les principes
directeurs de la
sécurité biologique
2. Evaluation du risque
microbiologique
Dans sa pratique, la sécurité biologique repose essentiellement sur une évaluation du
risque. On peut s’aider de nombreux outils pour procéder à cette évaluation, mais le
facteur le plus important reste le jugement professionnel. L’évaluation du risque doit
être confiée à ceux qui connaissent le mieux les caractéristiques des micro-organismes
sur lesquels on se propose de travailler, l’appareillage et les modes opératoires à mettre
en œuvre, les modèles animaux qui pourraient être utilisés ainsi que les systèmes de
confinement et les installations disponibles. Il incombe au directeur du laboratoire ou
au chercheur principal de veiller à ce qu’une évaluation appropriée du risque soit
effectuée en temps voulu et de collaborer étroitement avec le comité de sécurité de
l’institution et le personnel chargé de la sécurité biologique pour que les équipements
et les installations nécessités par les travaux envisagés soient mis à la disposition du
laboratoire. Une fois le risque évalué, on procédera périodiquement à un réexamen
systématique de la situation et on révisera l’évaluation si nécessaire, compte tenu
d’éventuelles données nouvelles susceptibles d’avoir des incidences sur le degré de
risque et de toute nouvelle information utile tirée de la littérature scientifique.
L’établissement de groupes de risque applicables aux différents agents microbiens
constitue l’un des outils les plus utiles pour l’évaluation du risque microbiologique
(voir chapitre 1). Toutefois, il ne suffit pas de connaître le groupe de risque auquel
appartient un agent pathogène donné pour évaluer le risque effectif. D’autres éléments
d’appréciation doivent également être pris en compte en tant que de besoin, à savoir :
1. La pathogénicité du germe et la dose infectieuse
2. L’issue vraisemblable d’une exposition au germe
3. Le mode de contamination naturel
4. Les autres voies ou modes de contamination résultant de manipulations en laboratoire
(voie parentérale, particules aéroportées, voie digestive)
5. La stabilité du germe dans l’environnement
6. La concentration du germe et le volume de matériel biologique concentré à
manipuler
7. La présence d’un hôte approprié (humain ou animal)
8. Les informations tirées de l’expérimentation animale, les rapports faisant état
d’infections contractées en laboratoire ou les rapports médicaux
9. Le type d’opérations envisagées (traitement par les ultra-sons, production
d’aérosols, centrifugation, etc.)
•7•
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
10. Toute manipulation génétique du micro-organisme susceptible d’étendre sa
gamme d’hôtes ou de modifier sa sensibilité aux traitements reconnus comme
efficaces (voir chapitre 16)
11. La possibilité d’intervenir localement à titre prophylactique ou curatif.
En s’appuyant sur les informations recueillies lors de l’évaluation du risque, il est possible
de déterminer quel est le niveau de sécurité requis pour les travaux envisagés, de choisir
les équipements de protection individuelle et d’établir des modes opératoires normalisés
(MON) comportant d’autres mesures de sécurité élaborées en vue d’assurer un
maximum de sécurité pendant les travaux.
Echantillons pour lesquels les informations sont limitées
La procédure décrite plus haut pour l’évaluation du risque donne satisfaction lorsqu’on
dispose d’informations suffisantes. Il y a cependant des cas où l’on ne dispose pas de
données suffisantes pour apprécier correctement le risque, par exemple lorsqu’on a
affaire à des échantillons cliniques ou épidémiologique prélevés sur le terrain. En pareil
cas, il est plus prudent de manipuler ces échantillons avec précaution.
1. Les précautions habituelles (2) doivent toujours être prises et des dispositifs
mécaniques de protection (gants, blouses, lunettes) utilisés lors du prélèvement
d’échantillons sur des malades.
2. Confinement de base – les pratiques et modes opératoires prévues au niveau de
sécurité biologique 2 constituent un minimum pour la manipulation des échantillons.
3. Le transport des échantillons doit s’effectuer conformément à la réglementation
nationale ou internationale.
Certaines données peuvent apporter un complément d’information utile à
l’évaluation du risque que représente la manipulation de ces échantillons, à savoir :
1. Le dossier médical du malade
2. Les données épidémiologiques (statistiques de morbidité et de mortalité, mode de
transmission présumé, autres données fournies par l’étude de la flambée épidémique)
3. Données relatives à l’origine géographique de l’échantillon.
Lorsqu’éclatent des flambées d’une maladie dont on ignore l’étiologie, les autorités
compétentes, l’OMS ou les deux à la fois, peuvent être amenées à élaborer des directives spéciales et à les diffuser sur le réseau internet (comme cela a été le cas en 2003
lors de l’apparition du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)), le but étant d’indiquer comment préparer les échantillons pour l’expédition et de préciser à quel niveau
de sécurité biologique les analyses doivent être effectuées.
Evaluation du risque et micro-organismes génétiquement modifiés
On trouvera au chapitre 16 une étude détaillée de l’évaluation du risque dans le cas
d’organismes génétiquement modifiés (OGM).
•8•
3. Les laboratoires de base –
Sécurité biologique niveaux
1 et 2
Aux fins du présent manuel, les indications et recommandations qu’il contient et qui
constituent un minimum pour les laboratoires de tous niveaux de sécurité biologique,
s’appliquent aux micro-organismes des groupes de risque 1 à 4. Si certaines précautions peuvent sembler inutiles pour quelques germes du groupe de risque 1, elles sont
néanmoins souhaitables à titre d’entraînement à l’observation de bonnes techniques
microbiologiques (BTM), c’est-à-dire de techniques qui assurent la sécurité. Les
laboratoires d’analyses ou ceux qui sont attachés à un établissement de soins
(laboratoires de santé publique, laboratoires d’analyses biologiques ou laboratoires
hospitaliers) doivent tous être aménagés au minimum conformément au niveau 2 de
sécurité biologique. Etant donné qu’aucun laboratoire n’a la maîtrise totale des échantillons qu’il reçoit, il n’est pas exclu que le personnel soit exposé à des microorganismes appartenant à un groupe de risque plus élevé que prévu. Cette possibilité
doit être prise en compte dans l’élaboration des politiques et des plans de sécurité.
Dans certains pays, les laboratoires d’analyses biologiques sont soumis à un agrément
officiel. Partout dans le monde, les précautions habituelles (2) de sécurité doivent être
adoptées et observées.
Les principes directeurs applicables aux laboratoires de base – niveaux de sécurité
biologique 1 et 2 exposés ici sont aussi détaillés et complets que possible car ils sont
essentiels pour tout laboratoire quel que soit soit son niveau de sécurité biologique.
En ce qui concerne les laboratoires de confinement – sécurité biologique niveau 3, et
les laboratoires de confinement à haute sécurité – sécurité biologique niveau 4, les
principes directeurs exposés plus loin (chapitres 4 et 5) constituent des variantes ou
des compléments des principes de base, applicables aux travaux sur des agents
pathogènes particulièrement dangereux.
Code de bonnes pratiques
Ce code est une liste des méthodes et techniques de laboratoire les plus importantes
pouvant constituer la base d’une bonne technique microbiologique. Dans beaucoup
de laboratoires ou programmes nationaux relatifs aux laboratoires, ce code peut être
utilisé pour mettre par écrit des pratiques et des modes opératoires destinés à assurer
la sécurité du travail en laboratoire.
Tout laboratoire doit disposer d’un manuel ou d’un guide (manuel pratique,
manuel de bonnes pratiques, guide de sécurité au laboratoire, manuel de sécurité, etc.)
•9•
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
dans lequel sont repertoriés les dangers effectifs et potentiels et qui indique comment
procéder pour les éliminer ou du moins les réduire au minimum. Les bonnes
techniques microbiologiques sont un élément essentiel de la sécurité au laboratoire.
L’emploi d’équipements et d’appareils de sécurité ne sauraient s’y substituer et ne peut
intervenir qu’à titre complémentaire. Les principes les plus importants sont indiqués
ci-dessous.
Accès
1. Le pictogramme international de danger biologique (figure 1) doit être apposé sur
les portes des salles où des micro-organismes appartenant au groupe de risque 2
ou aux groupes supérieurs sont manipulés.
2. Aucune personne étrangère au service ne doit être autorisée à pénétrer dans les
zones de travail du laboratoire.
3. Les portes du laboratoire doivent rester fermées.
4. Les enfants ne doivent pas être autorisés à entrer dans les zones de travail du
laboratoire.
Figure 1. Panneau de mise en garde à apposer sur les portes des laboratoires.
• 10 •
3. LES LABORATOIRES DE BASE – SÉCURITÉ BIOLOGIQUE NIVEAUX 1 ET 2
5. Tout accès à l’animalerie doit être subordonné à une autorisation spéciale.
6. La présence dans le laboratoire d’animaux qui ne servent pas aux expérimentations doit être interdite.
Protection individuelle
1. Le port de combinaisons, blouses, sarraus ou uniformes est obligatoire pour le
travail au laboratoire.
2. Le port de gants appropriés est obligatoire chaque fois qu’un geste comporte un
risque de contact accidentel direct avec du sang ou autres liquides biologiques, du
matériel potentiellement infectieux ou des animaux infectés. Après usage, on
devra se déganter aseptiquement et se laver les mains.
3. Le personnel doit se laver les mains après avoir manipulé du matériel infectieux
ou des animaux contagieux et avant de quitter le laboratoire.
4. Le port de lunettes de sécurité, d’un écran facial (visière) ou d’un autre dispositif
de protection est obligatoire quand il est nécessaire d’assurer la protection des yeux
ou du visage contre les projections de liquides, l’impact d’objets ou le rayonnement ultraviolet artificiel.
5. Il est interdit de porter les vêtements protecteurs hors du laboratoire, comme par
exemple à la cantine, à la cafétéria, dans les bureaux, la bibliothèque, la salle du
personnel ou les toilettes.
6. On ne doit pas porter de chaussures à bout ouvert dans le laboratoire.
7. Il est interdit de manger, de boire, de fumer, de se maquiller ou de manipuler des
lentilles de contact dans les zones de travail du laboratoire.
8. Il est également interdit d’entreposer des aliments ou des boissons en quelque
point que ce soit des zones de travail du laboratoire.
9. Les vêtements de protection qui ont été portés au laboratoire ne doivent pas être
rangés dans les mêmes vestiaires ou armoires que les vêtements de ville.
Modes opératoires
1. le pipettage à la bouche est rigoureusement interdit.
2. Aucun objet ou matériel ne doit être porté à la bouche; les étiquettes ne doivent
pas être humectées avec la langue.
3. Toutes les techniques mises en œuvre doivent réduire au minimum la formation
d’aérosols et de gouttelettes.
4. L’emploi d’aiguilles et de seringues hypodermiques doit être limité. Elles ne
doivent en aucun cas remplacer les dispositifs de pipettage ou servir à une autre
fin que les injections par voie parentérale ou le prélèvement de liquides
biologiques sur les animaux de laboratoire.
5. Si des liquides sont répandus accidentellement, en cas d’accident, d’exposition
patente ou possible à du matériel infectieux, le chef de laboratoire doit toujours
être immédiatement avisé. Les accidents et incidents survenus doivent être consignés et le rapport archivé.
• 11 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
6. Il est nécessaire d’établir par écrit une marche à suivre pour le nettoyage des
produits de toute nature qui viendraient à être répandus.
7. Les liquides contaminés doivent être décontaminés (par voie physique ou
chimique) avant d’être jetés dans le réseau d’égouts séparatif. Selon le résultat de
l’évaluation du risque que représentent le ou les agents manipulés, il pourra être
nécessaire de disposer d’un système de traitement des effluents.
8. Si des documents doivent sortir du laboratoire, ils devront avoir été protégés de
toute contamination.
Zones de travail du laboratoire
1. Le laboratoire doit être tenu propre et en ordre et exempt de tout produit ou objet
non nécessaire aux travaux.
2. Les plans de travail doivent être décontaminés s’ils ont été souillés par des
produits potentiellement dangereux ainsi qu’à la fin de la journée de travail.
3. Tout les matériels, échantillons et cultures contaminés doivent être décontaminés
avant d’être jetés ou nettoyés pour être réutilisés.
4. L’emballage et le transport des échantillons sont soumis à la réglementation
nationale ou internationale pertinente.
5. Si les fenêtres peuvent être ouvertes, elles doivent être munies de grillages pour
empêcher la pénétration des arthropodes.
Gestion de la sécurité biologique
1. Il incombe au directeur (la personne qui a la responsabilité directe du laboratoire)
de faire préparer et adopter un plan de gestion de la sécurité biologique ainsi qu’un
manuel pratique, un guide de laboratoire ou un guide d’hygiène et sécurité.
2. Le chef de laboratoire (qui relève directement du directeur du laboratoire) doit
veiller à ce que le personnel reçoive une formation régulière en matière de
sécurité au laboratoire.
3. Le personnel doit être averti des risques particuliers aux activités du laboratoire
et tenu de lire le manuel. Il doit également suivre les instructions et les protocoles
normalisés. Le chef de laboratoire devra s’assurer de la bonne compréhension de
ces instructions. Le laboratoire doit disposer d’un exemplaire du manuel de
laboratoire ou du guide d’hygiène et sécurité.
4. Il doit exister un programme de lutte contre les arthropodes et les rongeurs.
5. Si nécessaire, tous les membres du personnel doivent être examinés par un
médecin, être suivis médicalement ou subir un traitement et un dossier médical
doit être ouvert pour chacun d’entre eux.
Conception et aménagement du laboratoire
La conception d’un laboratoire et la définition des tâches qui lui sont assignées doivent
tenir compte des situations connues pour engendrer des problèmes, notamment :
• 12 •
3. LES LABORATOIRES DE BASE – SÉCURITÉ BIOLOGIQUE NIVEAUX 1 ET 2
Figure 2. Laboratoire classique au niveau de sécurité 1.
(figure aimablement communiquée par CUH2A, Princeton, NJ, Etats-Unis d’Amérique)
1. La formation d’aérosols
2. Le travail sur des volumes importants ou des concentrations élevées de
micro-organismes
3. Un personnel ou des appareils trop nombreux eu égard à la place disponible
4. L’infestation par des rongeurs ou des arthropodes
5. Entrée interdite
6. L’ordonnancement des tâches : utilisation d’échantillons et de réactifs particuliers.
Les figures 2 et 3 donnent des exemples d’aménagement de laboratoires aux niveaux
de sécurité biologique 1 et 2.
Conception d’un laboratoire
1. Le laboratoire doit être suffisamment spacieux pour qu’on puisse travailler en
toute sécurité et procéder facilement au nettoyage et à la maintenance.
• 13 •
3. LES LABORATOIRES DE BASE – SÉCURITÉ BIOLOGIQUE NIVEAUX 1 ET 2
6. Les espaces de rangement doivent pouvoir recevoir le matériel courant, de manière
à éviter l’encombrement des paillasses et des zones de passage. On prévoira également des espaces pour le stockage de longue durée, qui devront être commodément situés, hors des zones de travail.
7. On prévoira la place et les moyens matériels permettant de manipuler et
d’entreposer sans danger les solvants, les substances radioactives ainsi que les gaz
comprimés et liquéfiés.
8. Les vestiaires pour les vêtements de ville et les objets personnels doivent se trouver
en dehors des zones de travail.
9. Les zones prévues pour se restaurer, boire ou se reposer doivent également se
trouver en dehors des zones de travail.
10. On installera des lavabos, si possible avec l’eau courante, dans chaque salle du
laboratoire, de préférence près de la porte.
11. Les portes doivent être munies de panneaux transparents, avoir une résistance au
feu convenable et comporter de préférence un système de fermeture automatique.
12. Au niveau de sécurité biologique 2, il doit y avoir un autoclave ou autre moyen de
décontamination à distance suffisamment proche du laboratoire.
13. Les systèmes de sécurité doivent couvrir les risques d’incendie, les accidents
d’origine électrique et comporter une douche de sécurité ainsi qu’un rince-yeux.
14. On prévoira des zones ou des salles de premiers soins, convenablement équipées
et facilement accessibles (voir annexe 1).
15. Dans le plan de toute nouvelle installation, il faudra prévoir un système de ventilation mécanique assurant un flux d’air dirigé vers l’intérieur sans recyclage. A
défaut, les fenêtres doivent pouvoir s’ouvrir et être munies d’un grillage
anti-arthropodes.
16. Il est indispensable que l’alimentation en eau soit fiable et de bonne qualité. Il ne
doit y avoir aucune interconnexion entre les branchements destinés au travail du
laboratoire et le réseau d’eau potable. Le réseau public d’adduction doit être
protégé par un dispositif anti-retour.
17. L’alimentation électrique doit être fiable et de puissance suffisante; il faut prévoir
un éclairage de secours permettant de sortir en cas de nécessité. Il serait
souhaitable de disposer d’un groupe électrogène de secours pour l’alimentation
des équipements indispensables tels qu’incubateurs, enceintes de sécurité
biologique, congélateurs, etc., et pour la ventilation des cages de l’animalerie.
18. L’alimentation en gaz de ville doit être fiable et suffisante. Il est impératif d’assurer
le bon entretien de cette installation.
19. Il arrive que les laboratoires et les animaleries soient la cible de vandales.
L’installation de systèmes de protection physique et de sécurité anti-incendie doit
être envisagée. Il est indispensable de renforcer les portes, d’équiper les fenêtres
de grillages et de limiter le nombre de clés. Le cas échéant, on devra étudier et
mettre en œuvre toute autre mesure susceptible d’améliorer la sécurité (voir
chapitre 9).
• 15 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Appareils et équipements de laboratoire
Associée à l’observation de bons protocoles et de bonnes pratiques de laboratoire,
l’utilisation d’appareils sécurisés et d’équipements de sécurité permettra de réduire
les risques en cas de danger de nature biologique. La présente section traite des
principes de base applicables aux appareils à utiliser dans les laboratoires de tous
niveaux de sécurité biologique. Les spécifications applicables aux appareils destinés à
des laboratoires dont le niveau de sécurité biologique est plus élevé, sont abordées
dans les chapitres consacrés à ces laboratoires.
Après consultation du comité de sécurité et du délégué à la sécurité biologique (s’il
a été désigné), le directeur du laboratoire s’assurera que l’appareillage et l’équipement
sont adéquats et correctement utilisés. Les appareils seront choisis en fonction d’un
certain nombre de principes généraux tels que :
1. Etre conçus pour empêcher ou limiter les contacts entre l’opérateur et le matériel
infectieux
2. Etre faits de matériaux imperméables aux liquides, résistants à la corrosion et
conformes aux normes de solidité
3. Etre dépourvus d’aspérités, de bords tranchants et d’éléments mobiles non
protégés
4. Etre conçus, réalisés et installés de façon à être faciles à utiliser, à réviser, à nettoyer, à décontaminer et à soumettre aux essais de conformité. Dans la mesure du
possible, on évitera d’utiliser de la verrerie et autres matériaux fragiles.
Des spécifications détaillées portant sur la construction et les caractéristiques de fonctionnement sont parfois nécessaires pour que les appareils soient conformes aux
normes de sécurité (voir également les chapitres 10 et 11).
Appareils et instruments de sécurité biologique essentiels
1. Dispositifs de pipettage, pour remplacer le pipettage à la bouche. Il en existe de
nombreux modèles.
2. Enceintes de sécurité biologique, à utiliser systématiquement dans les situations
suivantes :
— manipulation de matériel infectieux. Ce matériel peut être centrifugé normalement si la centrifugeuse est munie de godets de sécurité étanches remplis
et vidés dans une enceinte de sécurité biologique.
— existence d’un risque accru d’infection aéroportée.
— techniques comportant un risque élevé de formation d’aérosols : par exemple,
centrifugation, broyage, mélange, agitation ou mixage énergiques, désagrégation par ultra-sons, ouverture de récipients contenant du matériel infectieux
lorsque la pression intérieure peut être différente de la pression ambiante, inoculation intranasale d’animaux et récolte de tissus infectés sur des animaux ou
des œufs.
• 16 •
3. LES LABORATOIRES DE BASE – SÉCURITÉ BIOLOGIQUE NIVEAUX 1 ET 2
3. Anses de transfert jetables en matière plastique. On peut aussi utiliser des incinérateurs électriques pour anses de transfert placés dans une enceinte de
sécurité biologique en vue de réduire la formation d’aérosols.
4. Tubes et flacons à bouchon vissé.
5. Autoclaves ou autres dispositifs appropriés, pour décontaminer le matériel infectieux.
6. Pipettes Pasteur jetables, en plastique si possible, plutôt qu’en verre.
7. Il faut vérifier, par des essais appropriés, que les divers équipements ou appareils
tels qu’autoclaves ou enceintes de sécurité biologique sont conformes aux spécifications et les recontrôler périodiquement, conformément aux instructions du
fabricant (voir chapitre 7).
Surveillance médico-sanitaire
Il incombe à l’employeur, par l’entremise du directeur du laboratoire, de veiller à ce que
la santé du personnel soit surveillée de façon satisfaisante. Cette surveillance a pour
objectif de dépister les maladies d’origine professionnelle. Pour y parvenir, il faut :
1. Assurer l’immunisation active (vaccination) et passive du personnel lorsqu’il y a
lieu (voir l’annexe 2)
2. Faciliter le dépistage précoce des infections contractées au laboratoire
3. Ne pas confier de manipulations à haut risque aux personnes particulièrement
vulnérables (par ex. les femmes enceintes ou les sujets immunodéprimés)
4. Prendre des mesures de protection efficaces et veiller à l’efficacité des dispositifs
de protection.
Lignes directrices pour la surveillance des travailleurs qui manipulent des microorganismes au niveau 1 de sécurité biologique
Il apparaît, à la lumière de l’expérience passée, que les micro-organismes manipulés
à ce niveau n’ont guère de chances de provoquer de maladies d’importance
médicale ou vétérinaire. L’idéal serait cependant que tous les candidats à un poste dans
un laboratoire passent une visite médicale d’embauche au cours de laquelle on
recherchera leur antécédents médicaux. Il est souhaitable que toute pathologie ou
accident de laboratoire soit signalé sans délai et que tous les membres du personnel
mesurent combien il est important de maintenir la qualité des techniques
microbiologiques.
Lignes directrices pour la surveillance des travailleurs qui manipulent des
micro-organismes au niveau 2 de sécurité biologique
1. Une visite d’embauche s’impose avant l’affectation à un poste dans un laboratoire.
Cet examen comportera une anamnèse à la recherche des antécédents médicaux
et un bilan médical spécifique de l’aptitude professionnelle sera effectué.
2. La direction du laboratoire devra tenir un registre des absences et des maladies du
personnel.
• 17 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
3. Les femmes en âge de procréer devront être informées du danger que représente,
pour l’enfant à naître, l’exposition professionnelle à certains micro-organismes,
comme le virus de la rubéole, par exemple. Les mesures spécifiques à prendre pour
assurer la protection du fœtus varient selon la nature du germe auquel la future
mère peut être exposée.
Formation
Les mesures de sécurité et les appareils et dispositifs de protection, si efficaces soientils, risquent toujours d’être pris en défaut par l’erreur humaine et la médiocrité de la
technique. La base de la prévention des accidents, des incidents et des infections
d’origine professionnelle est que le personnel se sente concerné par la sécurité et sache
identifier et maîtriser les risques qui existent dans le laboratoire. C’est pourquoi la formation continue « sur le tas » aux mesures de sécurité est indispensable. Ce processus commence au niveau de la direction du laboratoire, qui doit faire en sorte que la
sécurité des pratiques et des protocoles soit incorporée à la formation de base du personnel. Les mesures de sécurité doivent toujours faire partie intégrante de l’initiation
des nouveaux membres du personnel au fonctionnement du laboratoire. Il faut familiariser les nouveaux employés avec les dispositions du code de bonnes pratiques et
leur indiquer les directives locales et notamment leur présenter le manuel de laboratoire ou le guide d’hygiène et sécurité. Certaines mesures propres à garantir que les
employés ont bien lu et compris les directives devront être prises, elles pourront par
exemple consister à leur faire signer certaines pages. Le rôle des chefs de laboratoire
dans la formation du personnel directement sous leurs ordres est fondamental pour
l’acquisition d’une bonne technique. Le délégué à la sécurité peut aider à la formation du personnel et à l’élaboration de matériels pédagogiques et autres documents
pour cette formation (voir également le chapitre 21).
La formation du personnel doit systématiquement inclure les précautions à
observer lors de l’utilisation de certaines techniques particulièrement dangereuses
couramment employées dans un laboratoire, à savoir :
1. Techniques comportant un risque d’inhalation (c’est-à-dire qui conduisent à la
formation d’aérosols), telles que l’utilisation d’anses, l’ensemencement en stries
de la gélose en boîte, le pipettage, la réalisation de frottis, l’ouverture des cultures,
le prélèvement de sang ou de sérum, la centrifugation, etc.
2. Techniques comportant un risque d’ingestion, telles que la manipulation des
échantillons, des frottis ou des cultures
3. Techniques comportant un risque d’inoculation percutanée, telles que l’emploi de
seringues et d’aiguilles
4. Manipulation d’animaux avec le risque de morsures ou de griffures que cela
comporte
5. Manipulation de sang et de matériel biologique pouvant présenter un danger
6. Décontamination et élimination des déchets infectieux.
• 18 •
3. LES LABORATOIRES DE BASE – SÉCURITÉ BIOLOGIQUE NIVEAUX 1 ET 2
Traitement des déchets
On entend par déchets tout ce dont on doit se débarrasser.
Dans les laboratoires, la décontamination et l’élimination définitive des déchets
sont étroitement liées. Dans la pratique quotidienne, il n’y a toutefois guère de
matériels contaminés qui devront être évacués hors du laboratoire ou détruits. La
majeure partie de la verrerie, des instruments et des vêtements de laboratoire sera
recyclée et réutilisée. Le principe essentiel, c’est que tous les matériels infectieux
doivent être décontaminés, passés à l’autoclave ou incinérés dans le laboratoire.
Les principales questions qu’il faut se poser avant d’éliminer un objet ou du
matériel biologique provenant d’un laboratoire qui travaille sur des microorganismes
ou des tissus animaux potentiellement dangereux, sont au nombre de trois :
1. Ces objets ou ce matériel biologique ont-ils été stérilisés ou désinfectés efficacement par l’un des procédés approuvés ?
2. Dans la négative, ont-ils été emballés selon une méthode agréée en vue de leur
incinération immédiate sur place ou de leur transport vers un autre établissement capable d’effectuer cette opération ?
3. L’élimination des objets ou du matériel biologique stérilisés ou désinfectés
comporte-t-elle des risques supplémentaires, biologiques ou autres, pour
le personnel chargé de l’élimination immédiate sur place ou pour les
personnes susceptibles d’être en contact avec ces déchets en dehors du
laboratoire ?
Décontamination
Le passage dans un autoclave à vapeur est la méthode de choix chaque fois que
l’on doit procéder à une décontamination. Le matériel destiné à être décontaminé
et éliminé sera placé dans des récipients – par exemple des sacs en plastique
autoclavables – comportant le code couleur qui indique si leur contenu doit être
autoclavé ou incinéré. D’autres procédés ne peuvent être envisagés que s’ils sont capables d’éliminer ou de tuer les micro-organismes (pour plus de détails, se reporter au
chapitre 14).
Manipulation et élimination du matériel et des déchets contaminés
Il faut instituer un système d’identification et de tri des matériels infectieux et de leurs
récipients, en respectant la réglementation nationale et internationale en la matière.
Les différentes catégories sont les suivantes :
1. Déchets non contaminés (non infectieux) pouvant être réutilisés, recyclés ou jetés
avec les déchets « ménagers » ordinaires
2. Objets piquants ou tranchants contaminés (infectieux) – aiguilles hypodermiques,
scalpels, couteaux, verre brisé; ces objets doivent toujours être rassemblés dans des
collecteurs imperforables (boîtes anti-piques) munis de couvercles et traités
comme du matériel infectieux
• 19 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
3. Matériel contaminé destiné à être décontaminé par passage à l’autoclave, puis lavé
et réutilisé ou recyclé
4. Matériel contaminé destiné à être autoclavé puis éliminé
5. Matériel contaminé destiné à être directement incinéré.
Objets pointus ou tranchants
Après usage, les aiguilles hypodermiques ne doivent pas être recapuchonnées, cassées
ou désadaptées des seringues jetables. L’ensemble complet devra être placé dans un
collecteur spécialement destiné à ce type d’objet. Les seringues jetables, utilisées seules
ou avec une aiguille, devront être placées dans des collecteurs spéciaux pour objets
pointus ou tranchants, puis incinérées, après autoclavage préalable si nécessaire.
Les collecteurs pour objets pointus ou tranchants doivent être imperforables ou du
moins résistants à la perforation et ne pas être complètement remplis. Une fois remplis
aux trois-quarts, ils seront placés dans d’autres conteneurs « pour déchets infectieux »
et incinérés, après passage préalable à l’autoclave, si la pratique du laboratoire l’exige.
Les collecteurs d’objets pointus ou tranchants ne doivent en aucun cas être jetés dans
des décharges.
Matériel contaminé (potentiellement infectieux) destiné à être autoclavé et recyclé
Il ne faut tenter aucun nettoyage préalable de matériels contaminés (potentiellement
infectieux) destinés à passer à l’autoclave en vue d’une réutilisation. Le nettoyage ou
les réparations nécessaires ne doivent être effectués qu’après l’autoclavage ou la
désinfection.
Matériel contaminé (potentiellement infectieux) destiné à être éliminé
A part les objets pointus ou tranchants dont le cas est examiné plus haut, tous les
matériels contaminés (potentiellement infectieux) doivent être autoclavés dans des
récipients étanches, par exemple des sacs en plastique autoclavables avec code de
couleur, avant d’être éliminés. Après passage à l’autoclave, ils pourront être placés
dans un conteneur pour le transport jusqu’à l’incinérateur. Autant que possible, le
matériel dont les établissements de soins ou de santé se débarrassent ne doit pas être
jeté dans des décharges, même une fois décontaminé. Si le laboratoire dispose d’un
incinérateur sur place, on peut se dispenser du passage à l’autoclave : les déchets
contaminés seront placés dans des collecteurs destinés à cet usage (sacs avec code de
couleur, par exemple) et transportés directement jusqu’à l’incinérateur. Les conteneurs
de transport réutilisables doivent être étanches et fermés hermétiquement. Il
faudra les désinfecter et les nettoyer avant de les ramener au laboratoire et de les
réutiliser.
Chaque poste de travail doit disposer de conteneurs, pots, cuvettes, bocaux etc. à
déchets, de préférence incassables (en matière plastique, par exemple). Si l’on utilise
un désinfectant, les déchets doivent rester en contact intime avec le produit (c’est-àdire en évitant qu’ils soient protégés par des bulles d’air) pendant une durée suffisante,
• 20 •
3. LES LABORATOIRES DE BASE – SÉCURITÉ BIOLOGIQUE NIVEAUX 1 ET 2
selon la nature du désinfectant utilisé (voir chapitre 14). Les pots à déchets seront
décontaminés et lavés avant d’être réutilisés.
L’incinération des déchets contaminés doit recevoir l’agrément des autorités de
santé publique et de l’organisme chargé de la lutte contre la pollution atmosphérique
ainsi que du délégué à la sécurité biologique désigné par le laboratoire (voir au
chapitre 14 la section consacrée à l’incinération).
Sécurité chimique, électrique, incendie, radioprotection et sécurisation de
l’appareillage
Un incendie, un accident d’origine chimique ou électrique ou encore une irradiation
accidentelle, peuvent provoquer indirectement une solution de continuité dans le confinement des germes pathogènes. C’est pourquoi il est impératif dans tout laboratoire
de microbiologie de bien respecter les règles de sécurité pour prévenir de tels accidents. Ces accidents doivent normalement faire l’objet d’une réglementation officielle
émanant de l’autorité locale ou nationale compétente, dont il faut au besoin solliciter
l’aide. Les risques chimiques, électriques, radiologiques et incendie sont examinés plus
en détail dans la partie VI du présent manuel (chapitres 17 et 18).
Des informations complémentaires sur les équipements de sécurité sont données
au chapitre 11.
• 21 •
4. Le laboratoire de confinement –
Sécurité biologique niveau 3
Le laboratoire de confinement – sécurité biologique niveau 3, est conçu et prévu pour
les travaux faisant intervenir des micro-organismes du groupe de risque 3 et des
volumes importants ou de fortes concentrations de micro-organismes du groupe de
risque 2 dont la manipulation risque davantage de provoquer la diffusion d’aérosols.
Le degré de confinement qu’implique le niveau de sécurité 3 exige le renforcement
des programmes de travail et de sécurité par rapport à ceux des laboratoires de base
– sécurité biologique niveaux 1 et 2 (exposés au chapitre 3).
Les recommandations qui figurent dans le présent chapitre sont présentées sous
la forme d’additifs à celles qui concernent les laboratoires de base – niveaux de
sécurité 1 et 2, lesquelles doivent donc être appliquées avant les recommandations
particulières aux laboratoires de confinement – sécurité biologique 3. Les additions
et modifications les plus importantes concernent :
1. Le code de bonnes pratiques
2. La conception et l’aménagement du laboratoire
3. La surveillance médico-sanitaire.
Les laboratoires de cette catégorie doivent être homologués et répertoriés par les
autorités sanitaires compétentes, nationales ou autres.
Code de bonnes pratiques
Le code de bonnes pratiques, défini pour les laboratoires de base – sécurité biologique
niveaux 1 et 2, s’applique moyennant les modifications suivantes :
1. Le panneau de danger biologique (voir figure 1) apposé sur la porte du laboratoire doit indiquer le niveau de sécurité biologique et le nom du chef de laboratoire responsable de l’accès aux locaux et préciser en outre les conditions
particulières d’entrée dans la zone, vaccination par exemple.
2. Les vêtements protecteurs à porter obligatoirement au laboratoire, doivent être du
type suivant : tabliers, blouses, sarraus, tenues de nettoyage, combinaisons, coiffes
et, le cas échéant, couvre-chaussures et chaussures spéciales. Les blouses ordinaires
de laboratoire qui boutonnent devant ne conviennent pas, de même que les
manches qui ne couvrent pas entièrement les avant-bras. Les vêtements de laboratoire ne doivent pas être portés à l’extérieur et seront décontaminés avant le
blanchissage. Il peut être justifié d’ôter ses vêtement de ville pour revêtir une tenue
• 22 •
4. LE LABORATOIRE DE CONFINEMENT – SÉCURITÉ BIOLOGIQUE NIVEAU 3
de laboratoire appropriée lorsqu’on travaille sur certains agents pathogènes
(ravageurs ou agents responsables de zoonoses par exemple).
3. Tous les matériels potentiellement infectieux doivent normalement être manipulés dans une enceinte de sécurité biologique ou tout autre dispositif de confinement primaire (voir également le chapitre 10).
4. Le port d’un masque respiratoire peut être nécessaire pour certaines manipulations ou lorsque on travaille sur des animaux porteurs de certains germes
pathogènes (voir chapitre 11).
Conception et aménagement du laboratoire
Les recommandations relatives à la conception et à l’aménagement des laboratoires
de base – niveaux de sécurité biologique 1 et 2 s’appliquent moyennant les modifications suivantes :
1. Le laboratoire doit être séparé des zones de passage non réglementé, à l’intérieur
du bâtiment. On peut compléter l’isolement en plaçant le laboratoire au fond d’un
couloir sans ouverture sur l’extérieur, en construisant une cloison munie d’une
porte ou encore en n’ouvrant l’accès que par un vestibule (par exemple un sas à
double entrée ou le laboratoire de base – sécurité biologique niveau 2) délimitant
une zone spécialement conçue pour maintenir une différence de pression entre
le laboratoire et les espaces contigus. Le vestibule doit être aménagé pour la
séparation des vêtements protecteurs sales et propres et disposer d’une douche si
nécessaire.
2. Les portes du vestibule doivent être à fermeture automatique et à verrouillage
asservi de sorte qu’une seule porte puisse être ouverte à la fois. Un panneau à briser
en cas d’urgence peut être prévu.
3. La surface des murs, des sols et des plafonds doit résister à l’eau et être facile à
nettoyer. Les orifices ménagés dans ces surfaces (pour la tuyauterie par exemple)
doivent être scellés pour faciliter la décontamination des salles.
4. Le laboratoire doit pouvoir être fermé hermétiquement pour être décontaminé.
Des gaines seront installées pour permettre une désinfection gazeuse.
5. Les fenêtres doivent être fermées hermétiquement et résister aux chocs.
6. Un lavabo pouvant être commandé sans l’aide des mains sera placé près de chaque
porte de sortie.
7. Le système de ventilation doit créer un courant d’air dirigé de la zone d’accès vers
l’intérieur de la salle. Un dispositif de contrôle visuel, muni ou non d’une alarme,
doit être installé, de manière que le personnel puisse s’assurer que le flux d’air est
toujours correctement dirigé.
8. Le système de ventilation doit être construit de manière à ce que l’air qui sort du
laboratoire de confinement – sécurité biologique niveau 3, ne soit pas recyclé dans
d’autres zones du bâtiment. L’air peut être filtré au moyen d’un filtre à particules
de haute efficacité (HEPA), reconditionné et recyclé à l’intérieur de ce laboratoire.
• 23 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
L’air évacué du laboratoire (autre que celui qui sort des enceintes de sécurité
biologique) sera rejeté directement à l’extérieur du bâtiment, de façon à être dispersé loin des bâtiments occupés et des prises d’air. Selon les agents utilisés, on
pourra évacuer cet air en le faisant passer au préalable à travers des filtres HEPA.
On pourra installer un système de régulation du chauffage, de la ventilation et de
la climatisation de qui évite toute surpression permanente dans le laboratoire.
On peut envisager l’installation d’un dispositif d’alarme acoustique ou visuelle
parfaitement distinct pour prévenir le personnel en cas de panne du système de
régulation.
9. Les filtres HEPA doivent tous être installés de manière à permettre la décontamination gazeuse ou les essais de fonctionnement.
10. Les enceintes de sécurité biologique doivent être situées hors des zones de passage
et des courants d’air entre les portes et les systèmes de ventilation.
11. L’air qui sort des enceintes de sécurité de classe I et II (voir chapitre 10), après
passage au travers des filtres HEPA, doit être évacué sans perturber le flux d’air,
ni dans l’enceinte, ni dans le système d’aération du bâtiment.
12. Il faut disposer, dans la salle même du laboratoire, d’un autoclave pour la décontamination des déchets. Si des déchets infectieux doivent être transportés à l’extérieur du laboratoire de confinement pour décontamination et élimination, le
transport doit s’effectuer dans des conteneurs incassables, hermétiquement fermés
et étanches, conformément à la réglementation nationale ou internationale, selon
le cas.
13. L’alimentation en eau sera munie de dispositifs anti-retour. Les conduites
d’aspiration (circuit de vide) devront être protégées par des pièges à liquide
désinfectant, des filtres HEPA ou des dispositifs équivalents. Les pompes à vide
devront également être protégées par des pièges et des filtres.
14. La conception d’un laboratoire de confinement et les techniques mises en œuvre
dans ce type de laboratoire doivent s’appuyer sur une documentation appropriée.
La figure 4 donne un exemple d’aménagement d’un laboratoire au niveau 3 de
sécurité biologique.
Appareils et équipements de laboratoire
Le choix de l’appareillage, y compris des enceintes de sécurité biologique (voir chapitre
10), repose sur les mêmes principes que pour les laboratoires de base – sécurité
biologique niveau 2. Toutefois, dans un laboratoire de sécurité biologique niveau 3, la
manipulation de tous les matériels potentiellement infectieux doit s’effectuer dans une
enceinte de sécurité biologique ou avec tout autre dispositif de confinement primaire.
Il faut se souvenir que certains appareils tels que les centrifugeuses, par exemple, nécessitent des dispositifs de confinement supplémentaires, par exemple utilisation de
godets, nacelles, etc. de sécurité ou confinement du rotor. Certaines centrifugeuses ou
d’autres appareils comme les trieurs de cellules qui sont prévus pour travailler sur des
• 24 •
4. LE LABORATOIRE DE CONFINEMENT – SÉCURITÉ BIOLOGIQUE NIVEAU 3
Figure 4. Laboratoire classique au niveau 3 de sécurité biologique.
(figure aimablement communiquée par CUH2A, Princeton, NJ, Etats-Unis d’Amérique).
Le laboratoire est séparé du lieu de passage général et accessible par un vestibule (qui
peut être soit une entrée à double porte, soit le laboratoire de base – niveau de sécurité 2) ou par un sas à air. Le laboratoire est équipé d’un autoclave pour la décontamination des déchets avant leur élimination ainsi que d’un évier à commande « mains
libres ». L’air circule de l’extérieur vers l’intérieur et toutes les manipulations sur du
matériel biologique infectieux sont effectuées dans une enceinte de sécurité biologique.
cellules infectées, peuvent nécessiter l’installation d’une ventilation supplémentaire
avec filtres HEPA pour un confinement efficace.
Surveillance médico-sanitaire
Les objectifs des programmes de surveillance médico-sanitaire des laboratoires de base
sécurité biologique niveaux 1 et 2, s’appliquent également aux laboratoires de confinement – sécurité biologique niveau 3, moyennant les modifications suivantes :
1. La visite médicale est obligatoire pour tout le personnel de laboratoire qui
travaille dans le laboratoire de confinement. Elle devra comporter une anamnèse
• 25 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
à la recherche des antécédents médicaux et un examen physique destiné à vérifier
si la personne est médicalement apte à exercer ce type d’activité professionnelle.
2. Si le bilan médical est satisfaisant, l’intéressé recevra une carte médicale du genre
de celle qui est reproduite à la figure 5 attestant qu’il est employé dans un
établissement où se trouve un laboratoire de confinement – sécurité biologique
niveau 3. Cette carte, que le titulaire devra toujours porter sur lui, comportera la
photographie du titulaire et devra pouvoir être rangée dans un portefeuille ou
un porte-cartes. Elle devra également indiquer le nom de la ou des personnes à
contacter en cas de problème, lesquelles seront désignées localement, mais qui
pourraient être par exemple, le directeur du laboratoire, le conseiller médical ou
le délégué à la sécurité biologique.
• 26 •
A. Recto
4. LE LABORATOIRE DE CONFINEMENT – SÉCURITÉ BIOLOGIQUE NIVEAU 3
´
SURVEILLANCE MEDICALE
photographie
du titulaire
Nom
A´ L'INTENTION DE L'EMPLOYE´
Conserver cette carte sur vous. En cas d'accès fébrile inexpliqué, présenter
cette carte à votre médecin et indiquer les personnes à joindre dans l'ordre
de la liste.
Dr
Tél. professionnel:
Tél. personnel:
Dr
Tél. professionnel:
Tél. personnel:
B. Verso
´
A´ L'INTENTION DU MEDECIN
Le titulaire de cette carte est employé à/au
Dans une zone où sont présents des virus, des rickettsies , des bactéries, des
protozoaires ou des helminthes pathogènes. En cas d'accès fébrile inexpliqué,
prière de prendre contact avec l'employeur pour obtenir des informations sur
les agents auxquels l'employé a pu être exposé.
Nom du laboratoire
Adresse
Tél.
Figure 5. Modèle proposé de carte médicale.
• 27 •
5. Le laboratoire de confinement à
haute sécurité – Sécurité
biologique niveau 4
Le laboratoire de confinement à haute sécurité – sécurité biologique niveau 4, est
conçu pour les travaux sur des micro-organismes du groupe de risque 4. Avant de
construire et de mettre en service un tel laboratoire, il convient d’ouvrir des consultations approfondies avec des institutions ayant l’expérience du fonctionnement de ce
genre d’installation. Les laboratoires de confinement à haute sécurité opérationnels –
sécurité biologique niveau 4 doivent être placés sous le contrôle des autorités sanitaires compétentes, nationales ou autres. Les informations qui suivent sont une simple
introduction. Toute personne ou institution qui souhaiterait mettre en place un laboratoire de confinement à haute sécurité – sécurité biologique niveau 4 est invitée à
prendre contact avec le Programme sur la sécurité biologique de l’OMS pour plus de
renseignements.1
Code de bonnes pratiques
Les dispositions du code de bonnes pratiques relatives au niveau 3 de sécurité
biologique restent valables, moyennant les modifications suivantes :
1. La règle du travail en binôme doit être appliquée; autrement dit, personne ne doit
jamais travailler seul dans le laboratoire. Cette règle prend toute son importance
dans un laboratoire – sécurité biologique niveau 4, où le port de combinaisons
pressurisées est obligatoire.
2. Le personnel doit doit changer complètement de vêtements et de chaussures avant
de pénétrer dans le laboratoire et avant de sortir.
3. Le personnel doit s’entraîner à la conduite à tenir pour l’évacuation d’urgence de
personnes blessées ou prises de malaise.
4. Il faut mettre au point un système de communication entre les membres du personnel qui travaillent dans un laboratoire de confinement à haute sécurité – sécurité biologique niveau 4 et le personnel extérieur, que ce soit pour les contacts
habituels ou en situation d’urgence.
1
Programme de sécurité biologique, Département maladies transmissibles : surveillance et action, Organisation mondiale de la Santé, 20 Avenue Appia, 1211 Genève 27, Suisse (http ://www.who.int/csr/).
• 28 •
5. LE LABORATOIRE DE CONFINEMENT À HAUTE SÉCURITÉ – SÉCURITÉ BIOLOGIQUE NIVEAU 4
Conception et aménagement du laboratoire
Les caractéristiques du laboratoire de confinement – sécurité biologique niveau 3,
s’appliquent au laboratoire de confinement à haute sécurité – sécurité biologique
niveau 4, moyennant les additifs suivants :
1. Confinement primaire. Le laboratoire doit être doté d’un système efficace de confinement primaire respectant une ou plusieurs des conditions suivantes.
— Laboratoire avec enceintes de sécurité biologique de classe III. Le passage par deux
portes au minimum est nécessaire avant de pénétrer dans les salles où se trouvent l’enceinte ou les enceintes de sécurité biologique de classe III (salle des
enceintes de sécurité). Dans ce type d’aménagement, c’est l’enceinte de sécurité biologique de classe III qui assure le confinement primaire. Le personnel
doit disposer d’une douche avec un vestiaire intérieur et extérieur. Les fournitures et le matériel qui ne sont pas apportés dans la salle des enceintes de sécurité biologique en passant par le vestiaire, ne doivent être introduits qu’après
passage dans un autoclave à double porte ou une chambre de fumigation. Une
fois la porte extérieure bien fermée, le personnel qui se trouve dans le laboratoire peut ouvrir la porte intérieure pour récupérer fournitures et matériel. Un
système de verrouillage asservi doit être mis en place au niveau des portes de
l’autoclave ou de la chambre de fumigation pour éviter que la porte extérieure
ne puisse être ouverte tant que l’autoclave n’a pas effectué son cycle de stérilisation ou que la chambre de fumigation n’a pas été décontaminée (voir
chapitre 10).
— Laboratoire pour travaux en combinaison pressurisée. Sur le plan de la conception et de l’aménagement, un laboratoire pour travaux en combinaison pressurisée diffère sensiblement d’un laboratoire de confinement – sécurité
biologique niveau 4 doté d’enceintes de sécurité biologique de classe III. Dans
ce type de laboratoire, les salles sont disposées de manière que le personnel
passe par le vestiaire et la salle de décontamination avant d’entrer dans le
secteur où du matériel biologique infectieux est manipulé. Une douche pour
la décontamination des combinaisons doit être installée et le personnel doit
l’utiliser avant de quitter les locaux du laboratoire de confinement. Le personnel doit également disposer d’une douche avec un vestiaire intérieur et
extérieur. Le personnel qui pénètre dans la zone où l’on travaille en combinaison pressurisée est tenu de revêtir une combinaison d’une seule pièce, en
surpression, avec filtre HEPA et alimentation en air. L’alimentation en air de
la combinaison doit être assurée par un système à 100 % de redondance, avec
une alimentation en air indépendante utilisable en cas d’urgence. On entre
dans le laboratoire à travers un sas à air doté de portes étanches à l’air. Le personnel qui travaille dans ce type de laboratoire doit disposer d’un système
d’alarme qu’il pourra utiliser dans l’éventualité d’une panne mécanique ou
d’une défaillance de l’alimentation en air (voir chapitre 10).
• 29 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
2. Réglementation de l’accès. Le laboratoire de confinement de haute sécurité – sécurité biologique niveau 4 doit être situé dans un bâtiment séparé ou tout au moins
dans une zone clairement délimitée d’un bâtiment sécurisé. L’entrée et la sortie
du personnel doit se faire à travers un sas ou autre dispositif de ce genre. A l’entrée, le personnel doit se changer complètement; avant de sortir, il doit prendre
une douche avant de remettre ses vêtement de ville.
3. Régulation de la ventilation. Les locaux doivent être maintenus en dépression.
L’air doit être filtré au moyen de filtres HEPA tant à l’admission qu’à l’évacuation.
Un laboratoire avec enceintes biologiques de sécurité classe III et un laboratoire
pour travaux en combinaison pressurisée sont dotés de systèmes de ventilation
sensiblement différents :
— Laboratoire avec enceintes de classe III. L’air destiné aux enceintes de sécurité
biologique classe III peut être prélevé dans la salle à travers un filtre HEPA
monté sur l’enceinte ou bien amené directement par le système de ventilation.
Avant d’être évacué à l’extérieur, l’air des enceintes de sécurité biologique classe
III doit passer à travers deux filtres HEPA. L’enceinte doit toujours être en
dépression par rapport à la salle. Il est nécessaire que ce laboratoire dispose
d’un système spécial de ventilation sans recyclage.
— Laboratoire pour travaux en combinaison pressurisée. Ce laboratoire doit posséder un système spécial de ventilation et d’évacuation de l’air vicié. L’alimentation et l’évacuation sont réglées de manière que le flux d’air qui circule dans
la zone où sont portées les combinaisons de protection soit dirigé de la zone
de moindre danger vers la ou les zones de risque maximal. Il faut que les
ventilateurs d’extraction soient en surnombre de façon que l’installation reste
constamment en dépression. Les différences de pression dans le laboratoire
lui-même et entre le laboratoire et les locaux contigus, doivent être surveillées
en permanence. Ce doit également être le cas de l’air qui circule dans les
circuits d’alimentation et d’évacuation du système de ventilation et un dispositif de régulation approprié doit être installé pour éviter toute surpression
à l’intérieur du laboratoire. L’air distribué dans la zone où sont portées les combinaisons de protection, la douche de décontamination et les sas ou chambres
de décontamination doit passer à travers un filtre HEPA. L’air qui est évacué
du laboratoire doit passer à travers deux filtres HEPA successifs avant d’être
rejeté à l’extérieur. Une autre possibilité consiste, après cette double filtration,
à recycler l’air évacué, mais uniquement à l’intérieur du laboratoire. L’air
évacué d’un laboratoire de confinement – sécurité biologique niveau 4, ne doit
en aucun cas être recyclé vers d’autres locaux. La plus grande prudence est de
rigueur si l’on a opté pour un recyclage de l’air dans un laboratoire où le port
de combinaisons pressurisées est imposé. Il convient de prendre en considération la nature des recherches effectuées, l’appareillage, les équipements, les
produits chimiques et autres substances ainsi que les espèces animales utilisés
pour ces recherches.
• 30 •
5. LE LABORATOIRE DE CONFINEMENT À HAUTE SÉCURITÉ – SÉCURITÉ BIOLOGIQUE NIVEAU 4
Tous les filtres HEPA doivent être contrôlés et certifiés une fois par an. Leurs gaines
sont conçues pour permettre de décontaminer le filtre in situ avant de l’enlever. On
peut aussi enlever le filtre en le plaçant dans un conteneur scellé étanche aux gaz en
vue de sa décontamination ultérieure ou de sa destruction par incinération.
4. Décontamination des effluents. Tous les effluents qui sortent du laboratoire où
sont portées des combinaisons pressurisées, de la chambre de décontamination,
de la douche de décontamination ou d’une enceinte de sécurité biologique classe
III doivent être décontaminés avant d’être définitivement éliminés. La contamination par la chaleur est le procédé optimal. Il peut être nécessaire de les amener
à pH neutre avant de les éliminer. L’eau provenant de la douche du personnel et
des toilettes peut être évacuée directement dans l’égout séparatif sans traitement.
5. Stérilisation des déchets et des matériels. Il est indispensable de disposer d’un
autoclave à deux portes, formant sas. Toutefois, d’autres méthodes de décontamination doivent être utilisées pour traiter les équipements, appareils, instruments
ou objets divers qui ne resisteraient pas à une stérilisation à la vapeur.
6. Sas d’entrée à air pour les échantillons, les matériels et les animaux. Ils sont
nécessaires pour ce type d’installation.
7. Un groupe électrogène de secours et une alimentation spéciale en air sont
nécessaires.
8. Le confinement des écoulements doit être assuré.
Le calcul, la conception et la construction des installations de confinement à haute
sécurité biologique niveau 4, qu’elles soient dotées d’enceintes de sécurité biologique
ou de zones avec port obligatoire de combinaisons pressurisées, sont tellement complexes que les auteurs ont renoncé à faire figurer dans le présent manuel des représentations schématiques de ces installations.
En raison de la grande complexité du travail dans ce genre de laboratoire, un
manuel détaillé sera préparé et testé à l’occasion d’exercices de formation. Un plan
d’urgence sera également élaboré (voir chapitre 13), en collaboration active avec les
autorités sanitaires nationales et locales. Il est également souhaitable que d’autres
services de secours tels que les pompiers, la police et les services d’urgence des
hôpitaux y participent.
• 31 •
6. Animaleries
Lorsque des animaux sont utilisés à des fins expérimentales ou de diagnostic, l’utilisateur a l’obligation morale de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter des
souffrances inutiles. Les animaux doivent être installés de manière confortable et
hygiénique et recevoir de l’eau et des aliments de bonne qualité, en quantité suffisante.
A la fin de l’expérience, ils devront être traités avec humanité.
Pour des raisons de sûreté, l’animalerie doit être indépendante, séparée du laboratoire. Si elle est accolée à un laboratoire, elle sera conçue de manière à pouvoir être isolée
des zones publiques du laboratoire, et à pouvoir être décontaminée et déparasitée.
Tableau 4. Niveaux de confinement des animaleries : pratiques et équipements de
sécurité
GROUPE DE RISQUE
NIVEAU DE CONFINEMENT
PRATIQUES DE LABORATOIRE ET ÉQUIPEMENTS DE SÉCURITÉ
1
NSBA-1
Accès limité, vêtements protecteurs et gants.
2
NSBA-2
Pratiques comme pour NSBA-1, en plus :
panneaux de danger biologique : ESB de classe I ou
II pour les activités génératrices d’aérosols.
Décontamination des déchets et des cages avant
le lavage.
3
NSBA-3
Pratiques comme pour NSBA-2, en plus : accès
réglementé. ESB et vêtements protecteurs spéciaux
pour toutes les activités.
4
NSBA-4
NSBA-3 avec, en plus : accès strictement limité.
Changement de vêtements avant d’entrer. ESB de
classe III ou combinaisons pressurisées. Douche
avant de sortir. Décontamination de tous les
déchets avant sortie de l’installation.
NSBA, niveau de sécurité biologique de l’animalerie; ESB, enceinte de sécurité biologique
Comme les laboratoires, les animaleries peuvent être conçues en fonction du
groupe de risque auquel les micro-organismes étudiés appartiennent ou de l’évaluation du risque qu’ils représentent et correspondre aux niveaux de sécurité biologique
1, 2, 3 ou 4.
• 32 •
6. ANIMALERIES
Eu égard aux agents utilisés dans un laboratoire d’expérimentation animale, les
facteurs suivants sont à prendre en considération :
1. La voie normale de transmission
2. Les volumes et concentrations qui seront utilisés
3. La voie d’inoculation
4. La voie possible d’excrétion.
Eu égard aux animaux d’expérience utilisés au laboratoire, les facteurs suivants sont
à prendre en considération :
1. La nature des animaux, à savoir leur agressivité et leur tendance à mordre ou à griffer
2. La nature de leurs ecto- ou endoparasites
3. Les zoonoses auxquelles ils sont sensibles
4. La propagation possible d’allergènes.
Comme dans le cas des laboratoires, les exigences relatives à la conception, à
l’équipement et aux précautions à observer sont d’autant plus rigoureuses que le
niveau de sécurité biologique est plus élevé. Elles sont exposées ci-dessous et résumées
dans le tableau 4. Ces directives sont cumulatives, c’est-à-dire qu’à chaque niveau de
sécurité s’appliquent toutes celles qui valent pour les niveaux inférieurs.
Animalerie – Sécurité biologique niveau 1
C’est le niveau qui convient pour conserver la plupart des animaux d’élevage après la
quarantaine (à l’exception des primates, à propos desquels il convient de consulter
les autorités nationales) et les animaux inoculés volontairement avec des agents
du groupe de risque 1. Une bonne technique microbiologique est indispensable. Le
responsable de l’animalerie doit déterminer la ligne de conduite générale, les procédures et les protocoles applicables à l’ensemble des opérations et en ce qui concerne
l’accès au vivarium. Une surveillance médicale appropriée du personnel doit être instituée. Un guide d’hygiène et sécurité ou un manuel pratique doivent être rédigés et le
personnel doit s’y conformer.
Animalerie – Sécurité biologique niveau 2
C’est le niveau qui convient pour le travail sur les animaux inoculés volontairement
avec des agents appartenant au groupe de risque 2. Les mesures de sécurité suivantes
sont applicables :
1. Toutes les exigences relatives aux animaleries – sécurité biologique niveau 1,
doivent être respectées.
2. Des panneaux de danger biologique (voir figure 1) seront apposés sur les portes
et autres endroits appropriés.
3. L’animalerie doit être conçue de manière à pouvoir être nettoyée et entretenue
facilement.
• 33 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
4. Les portes doivent s’ouvrir vers l’intérieur et se fermer automatiquement.
5. Les locaux doivent être convenablement chauffés, ventilés et éclairés.
6. Si la ventilation est mécanique, le flux d’air doit être dirigé vers l’intérieur. L’air
vicié est évacué à l’extérieur et ne doit en aucun cas être recyclé, où que ce soit
dans le bâtiment.
7. L’accès doit être limité aux personnes autorisées.
8. A part les animaux destinés à l’expérimentation, aucun autre animal ne doit être
introduit dans les locaux.
9. Un programme de lutte contre les arthropodes et les rongeurs doit être mis en
place.
10. S’il y a des fenêtres, elles doivent être sécurisées, résister aux chocs et si elles sont
susceptibles d’être ouvertes, comporter des grillages pour empêcher le passage des
arthropodes.
11. Les plans de travail seront décontaminés avec des désinfectants efficaces après
utilisation (voir chapitre 14).
12. Des enceintes de sécurité biologique (classe I ou II) ou des isolateurs disposant
d’une alimentation spéciale en air et d’une évacuation de l’air vicié après filtration sur filtre HEPA doivent pouvoir être utilisés pour les activités susceptibles
d’entraîner la formation d’aérosols.
13. Un autoclave doit être installé, soit sur place, soit à proximité.
14. Lorsqu’on retire la litière des animaux, il faut éviter au maximum la formation
d’aérosols et de poussières.
15. Tous les déchets et les litières doivent être décontaminés avant élimination.
16. Autant que possible, on limitera l’utilisation d’instruments pointus ou tranchants.
Ces instruments doivent toujours être ramassés dans des conteneurs résistants
munis d’un couvercle (boîtes anti-piques) et traités comme du matériel infectieux.
17. Le matériel destiné à l’autoclavage ou à l’incinération doit être transporté en toute
sécurité dans des conteneurs fermés.
18. Les cages des animaux doivent être décontaminées après utilisation.
19. Les cadavres des animaux seront incinérés.
20. Le port de vêtements et d’équipements de protection est obligatoire dans l’animalerie. Il devront être retirés au moment du départ.
21. Un lavabo doit être installé. Le personnel doit se laver les mains avant de quitter
l’aimalerie.
22. Toute blessure, même mineure, doit être traitée de manière appropriée. Elle doit
être signalée et enregistrée.
23. Il est interdit de manger, de boire, de fumer et de se maquiller dans l’animalerie.
24. Tous les membres du personnel doivent recevoir une formation appropriée.
Animalerie – Sécurité biologique niveau 3
C’est le niveau qui convient pour le travail avec des animaux inoculés volontairement
avec des micro-organismes appartenant au groupe de risque 3, ou si une évaluation
• 34 •
6. ANIMALERIES
du risque l’indique pour une autre raison. Chaque année, tous les systèmes, pratiques
et modes opératoires doivent être réexaminés et faire l’objet d’un contrôle de conformité. Les règles de sécurité suivantes sont applicables :
1. Toutes les exigences relatives aux animaleries – niveaux de sécurité 1 et 2 doivent
être respectées.
2. L’accès sera strictement réglementé.
3. L’installation doit être séparée des autres laboratoires et animaleries par une pièce
formant vestibule, dotée d’une entrée à double porte.
4. Un lavabo doit être installé dans ce vestibule.
5. Le vestibule doit également comporter une douche.
6. Les locaux doivent être dotés d’une ventilation mécanique assurant une circulation continue de l’air dans toutes les salles. L’air vicié doit être évacué à travers des
filtres HEPA avant d’être rejeté sans recyclage dans l’atmosphère extérieure. Le
système doit être conçu de manière à empêcher une inversion du sens de circulation de l’air et toute surpression dans les locaux de l’animalerie.
7. Un autoclave doit être installé en un endroit commode de l’animalerie où se trouvent les équipements de confinement. Les déchets infectieux doivent être passés à
l’autoclave avant d’être transportés dans d’autres locaux de l’installation.
8. Il faut disposer d’un incinérateur sur place ou prendre d’autres dispositions en
consultation avec les autorités concernées.
9. Les cages des animaux porteurs de micro-organismes appartenant au groupe de
risque 3 doivent être placées dans des isolateurs ou être disposées devant des ventilateurs d’extraction.
10. Il faut veiller à un dépoussiérage maximum des litières.
11. Tous les vêtements de protection devront être décontaminés avant de passer au
blanchissage.
12. Les fenêtres doivent être hermétiquement fermées et résister aux chocs.
13. Le cas échéant, une vaccination sera proposée au personnel.
Animalerie – Sécurité biologique niveau 4
Le travail dans cette animalerie sera normalement associé aux manipulations du laboratoire de confinement à haute sécurité – sécurité biologique niveau 4, et les dispositions réglementaires nationales et locales devront être harmonisées pour pouvoir
s’appliquer aux deux. Si des travaux doivent être effectués dans un laboratoire où le
port de combinaisons pressurisées est obligatoire, un certain nombre d’autres
pratiques et procédures sont à respecter en sus de celles qui sont décrites ici (voir
chapitre 5).
1. Toutes les exigences relatives aux animaleries niveaux de sécurité 1, 2 et 3 doivent
être respectées.
2. L’accès sera strictement réglementé; seul le personnel désigné par le directeur de
l’établissement doit être autorisé à entrer.
• 35 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
3. Personne ne doit travailler seul : la règle du travail en binôme doit être appliquée.
4. Le personnel devra avoir reçu la formation de microbiologiste la plus poussée possible et bien connaître les risques liés à son travail et les précautions à observer.
5. Les secteurs où sont hébergés des animaux porteurs d’agents pathogènes du
groupe de risque 4 doivent répondre en tout temps aux critères de confinement
qui s’appliquent aux laboratoires de confinement à haute sécurité – sécurité
biologique niveau 4.
6. L’entrée dans l’animalerie doit se faire par un vestibule formant sas à air, dont le
côté propre doit être séparé du côté à accès réglementé par un vestiaire et des
douches.
7. Le personnel doit retirer ses vêtements de ville en entrant et mettre des vêtements
protecteurs spéciaux. Après le travail, il doit enlever les vêtements protecteurs pour
que ceux-ci soient passés à l’autoclave, puis se doucher avant de partir.
8. L’animalerie doit être ventilée au moyen d’un système d’évacuation d’air muni de
filtres HEPA qui soit conçu pour créer une dépression (circulation de l’air vers
l’intérieur).
9. Le système de ventilation doit être conçu pour empêcher une inversion du sens
de circulation de l’air et toute surpression dans les locaux de l’animalerie.
10. Il faut disposer d’un autoclave à deux portes pour l’échange de matériel, le côté
propre s’ouvrant dans une pièce extérieure aux salles de confinement.
11. L’échange de matériel non autoclavable doit se faire à travers un sas à air, dont
le côté propre doit s’ouvrir dans une pièce située en dehors des salles de
confinement.
12. Toutes les manipulations sur des animaux porteurs d’agents pathogènes appartenant au groupe de risque 4 doivent s’effectuer dans des conditions de sécurité
correspondant à celles d’un laboratoire de confinement à haute sécurité – sécurité biologique niveau 4.
13. Tous les animaux doivent être hébergés dans des isolateurs.
14. La totalité des litières et des déchets doit être passée à l’autoclave avant de sortir
de l’animalerie.
15. Le personnel doit être placé sous surveillance médicale.
Invertébrés
Comme pour les vertébrés, le niveau de sécurité de l’animalerie est déterminé par le
groupe de risque auquel appartiennent les agents pathogènes étudiés, toutefois une
évaluation du risque peut conduire en à décider autrement. Des précautions complémentaires sont nécessaires avec certains arthropodes, notamment les insectes volants :
1. Les invertébrés infectés et ceux qui ne le sont pas doivent être logés dans des pièces
distinctes.
2. Les pièces doivent pouvoir être fermées hermétiquement pour fumigation.
3. Des pulvérisateurs d’insecticides doivent être mis à disposition.
• 36 •
6. ANIMALERIES
4. Des systèmes de refroidissement doivent être prévus pour réduire, si nécessaire,
l’activité des invertébrés.
5. L’accès se fera par un vestibule comportant des pièges à insectes et dont les portes
seront munies de grillages pour empêcher le passage des arthropodes.
6. Tous les conduits de sortie de ventilation et les fenêtres susceptibles d’être ouvertes
seront obturés par un grillage empêchant le passage des arthropodes.
7. Le siphon des éviers et des égouts ne doit jamais s’assécher.
8. Tous les déchets seront décontaminés par passage à l’autoclave, car certains
invertébrés résistent à tous les désinfectants.
9. On contrôlera le nombre de formes larvaires et adultes des arthropodes volants,
rampants et sauteurs.
10. Les cages des tiques et des acariens seront placées sur des plateaux contenant du
pétrole.
11. Les insectes volants infectés ou qui pourraient l’être doivent être confinés dans des
cages à double grillage.
12. Les arthropodes infectés ou qui pourraient l’être doivent être manipulés dans des
enceintes biologiques de sécurité ou des isolateurs.
13. On peut également manipuler les insectes infectés ou qui pourraient l’être sur des
plateaux refroidis.
Pour plus ample information se reporter aux références 3 à 6 de la bibliographie.
• 37 •
7. Principes directeurs pour la mise
en service des laboratoires ou
installations
On peut définir la mise en service d’un laboratoire ou d’une installation comme un
processus consistant à procéder à un ensemble de contrôles et à établir des dossiers
en vue d’attester que les éléments de la structure des locaux ainsi que tout ou partie
des systèmes dont est équipé le laboratoire ont été installés, inspectés, soumis à des
essais de fonctionnement et constatés conformes aux normes nationales ou internationales, selon le cas. Ces prescriptions se fondent sur les critères de conception et
sur les fonctions respectives des divers systèmes dont sera équipé le laboratoire. En
d’autres termes, la mise en service d’un laboratoire ne comportera pas les mêmes exigences pour tous les niveaux de sécurité biologique (1 à 4) et elle sera d’autant plus
complexe que le niveau de sécurité sera plus élevé. Des conditions climatiques comme
des températures très élevées ou très basses ou encore des valeurs extrêmes de l’hygrométrie, de même que des particularités géomorphologiques comme la présence de
lignes de faille peuvent également influer sur la conception du laboratoire et par conséquent sur les exigences de mise en service. Une fois la mise en service achevée, les
éléments structuraux importants du laboratoire et les divers équipements annexes
auront été contrôlés dans diverses conditions d’exploitation et de défaut de fonctionnement raisonnablement prévisibles et déclarés conformes.
Le processus de mise en service et les contrôles de conformité doivent être organisés de bonne heure, de préférence lorsqu’on programme la construction ou la rénovation d’un laboratoire. En prenant acte de la mise en place du processus de mise en
service dès les premiers stades du projet, les architectes, les ingénieurs, les responsables sécurité, le personnel sanitaire et au final, le personnel du laboratoire lui-même,
vont réaliser ce que l’on attend du laboratoire en question sur le plan de l’efficacité et
exprimer de manière cohérente leurs attentes à cet égard. Le processus de mise en
service constitue, pour l’institution et la collectivité locale, une meilleure garantie de
voir les éléments structuraux, l’installation électrique, les dispositifs mécaniques, la
plomberie, les systèmes de confinement et de décontamination ainsi que les dispositifs d’alarme et de sécurité fonctionner comme prévu et empêcher la propagation de
tout micro-organisme potentiellement dangereux sur lesquels on travaille dans le
laboratoire ou l’animalerie.
Le processus de mise en service commence en général lors de la phase de préparation du projet et se poursuit pendant la construction et durant la période de garantie
ultérieure. La période de garantie doit en général se prolonger un an après la récep• 38 •
7. PRINCIPES DIRECTEURS POUR LA MISE EN SERVICE DES LABORATOIRES OU INSTALLATIONS
tion de l’installation. Il est souhaitable, pour la mise en service, de ne retenir que des
organismes ou entreprises n’ayant aucun lien avec les bureaux d’architectes et
d’ingénieurs ou l’entreprise de génie civil qui ont conçu et construit le laboratoire.
Cet organisme ou son représentant devra agir en tant que porte-parole de l’institution ou de l’établissement qui construit ou rénove le laboratoire et être considéré
comme un membre de l’équipe chargée de la conception des installations; il est capital
qu’il soit présent dès les premiers stades de la préparation du projet. Parfois, c’est l’institution qui assume elle-même ce rôle. Dans le cas de projets de laboratoires plus
complexes (niveaux de sécurité biologique 3 ou 4), elle pourra s’assurer les services
d’un organisme ou d’une entreprise extérieurs qui ont fait la preuve de leur expérience et de leur compétence dans la mise en service de laboratoires ou d’animaleries
posant des problèmes complexes sur le plan de la sécurité biologique. Même si l’institution choisit un agent extérieur pour assurer la mise en service, elle doit malgré
tout rester membre de l’équipe qui assume cette charge. Il est recommandé en outre
que le délégué à la sécurité de l’institution, le responsable du projet, le directeur du
programme ainsi qu’un représentant de la direction et de l’équipe de maintenance, en
fasse également partie, aux côtés de l’agent chargé de la mise en service.
On trouvera ci-dessous la liste des systèmes et appareillages qui pourraient faire
l’objet de contrôles de fonctionnement au titre de la mise en service du laboratoire,
en fonction du niveau de confinement de l’installation en construction ou rénovation. Cette liste n’est pas exhaustive. Le plan de mise en service dépendra à l’évidence
de la complexité du laboratoire envisagé.
1. Systèmes automatiques du bâtiment, et notamment les connexions avec les centres
de surveillance et de commande à distance.
2. Systèmes de surveillance et de détection électronique.
3. Verrouillage électronique de sécurité et lecteurs de proximité.
4. Chauffage, ventilation (alimentation et évacuation) et climatisation.
5. Filtres à particules de haute efficacité (HEPA).
6. Systèmes de décontamination par filtration HEPA.
7. Commandes et asservissements des commandes de chauffage, ventilation, climatisation et évacuation de l’air vicié.
8. Volets d’isolement étanches.
9. Systèmes de réfrigération.
10. Chaudières et production de vapeur.
11. Systèmes de détection et d’extinction des incendies.
12. Dispositif anti-reflux pour les eaux usées.
13. Systèmes de traitement de l’eau (par ex. osmose inverse, distillation, etc.).
14. Systèmes de traitement et de neutralisation des effluents liquides.
15. Dispositif d’amorçage de vidange des eaux usées.
16. Systèmes de décontamination chimique.
17. Systèmes d’approvisionnement en gaz médicaux de laboratoire.
• 39 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
18. Systèmes d’alimentation en air pour combinaisons pressurisées.
19. Systèmes d’alimentation en air pour le service et l’appareillage.
20. Contrôle de la régulation cascade des différences de pression dans les laboratoires
et locaux de service.
21. Réseau informatique local (LAN) et systèmes informatiques d’enregistrement et
de traitement des données.
22. Alimentation électrique par le réseau.
23. Groupes électrogènes de secours.
24. Alimentation électrique sans coupure.
25. Eclairage de secours.
26. Joints d’étanchéité des traversées pour l’installation électrique.
27. Joints d’étanchéité des traversées électriques et mécaniques.
28. Installation téléphonique.
29. Asservissement du verrouillage de la commande des portes des sas à air.
30. Joints d’étanchéité des portes.
31. Joints d’étanchéité des fenêtres et panneaux d’observation.
32. Etanchéité des traversées des revêtements d’isolement.
33. Contrôle de l’absence de défauts dans les éléments structuraux de l’installation :
dalles, murs et plafonds en béton.
34. Contrôle du revêtement d’isolement des sols, murs et plafonds.
35. Contrôle du dispositif de mise en pression et d’isolement des enceintes de confinement pour le niveau de sécurité 4.
36. Enceintes de sécurité biologique.
37. Autoclaves.
38. Installation pour l’azote liquide avec son dispositif d’alarme.
39. Système de détection des fuites d’eau (par ex. en cas d’inondation dans la zone de
confinement).
40. Douche de décontamination et système de distribution d’additifs chimiques.
41. Installation de lavage des cages et de neutralisation des eaux de lavage.
42. Gestion des déchets.
• 40 •
8. Principes directeurs pour
l’agrément des laboratoires/
installations
Un laboratoire est un environnement complexe et dynamique. Aujourd’hui, les
laboratoires de recherche biomédicale et de biologie médicale doivent être capables
de s’adapter rapidement aux exigences et aux contraintes sans cesse croissantes de la
santé publique. C’est ainsi, par exemple, que les laboratoires doivent repenser leurs
priorités pour faire face à la menace que représentent la réapparition de certaines
maladies infectieuses ou l’émergence de pathologies nouvelles. C’est pour faire en
sorte que cette adaptation et les mesures de maintenance correspondantes s’effectuent
avec la promptitude voulue que tous les laboratoires de recherche biologique et de
biologie médicale sont soumis à un agrément périodique. Cette procédure contribue
à garantir que :
1. Le laboratoire est doté de systèmes de contrôle technique appropriés et que
ceux-ci fonctionnent conformément aux prévisions.
2. Des moyens de contrôle spécifiques du site et des protocoles utilisés ont été mis
en place.
3. Les équipements de protection individuelle sont adaptés aux manipulations
effectuées.
4. Le problème de la décontamination des déchets a été convenablement étudié et
que la marche à suivre appropriée pour la gestion de ces déchets a été établie.
5. Des règles de sécurité générale, concernant notamment les risques physiques,
électriques et chimiques, ont été établies.
La procédure d’agrément d’un laboratoire diffère du processus de mise en service
(chapitre 7) sur un certain nombre de points importants. Elle consiste en effet à examiner systématiquement tous les équipements et mesures de sécurité qui existent dans
le laboratoire (systèmes de contrôle technique, équipements de protection individuelle, gestion administrative). Les pratiques et procédures relevant de la sécurité
biologique sont également examinées. L’agrément d’un laboratoire est un processus
continu d’assurance de la qualité et de la sécurité qui doit être repris périodiquement.
L’agrément d’un laboratoire peut être confié à des professionnels de la santé et de
la sécurité au travail ou de la sécurité biologique convenablement formés. Les institutions peuvent disposer, parmi leur personnel, de cadres possédant l’ensemble de
compétences nécessaires pour effectuer des audits, des enquêtes ou des inspections
• 41 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
(ces termes sont considérés comme interchangeables) dans le cadre de la procédure
d’agrément. Toujours est-il que ces institutions peuvent également envisager d’engager ou être tenues d’engager des tiers pour effectuer ce service.
Les centres de recherche biomédicale ou de biologie médicale peuvent élaborer des
outils destinés à ces audits, enquêtes ou inspections afin d’assurer la cohérence du
processus d’agrément de leurs divers laboratoires. Ces outils doivent présenter une
adaptabilité suffisante pour tenir compte des différences matérielles ou opérationnelles entre laboratoires qu’implique la nature des travaux effectués, tout en assurant une approche uniforme à l’intérieur de chaque institution. Il faut veiller à ce que
ces outils ne soient utilisés que par un personnel convenablement formé et qu’ils ne
se substituent pas à une bonne évaluation biosécuritaire conduite par des professionnels. Les tableaux 5 à 7 en donnent quelques exemples.
Les résultats des audits, enquêtes ou inspections doivent être discutés avec le personnel et la direction du laboratoire. Dans chaque laboratoire, il faut désigner une
personne qui sera chargée de veiller à ce que des mesures soient prises pour remédier
à toutes les défectuosités relevées au cours de ces contrôles. Le processus d’agrément
n’est pas achevé et le laboratoire ne peut être considéré comme opérationnel tant que
ces défectuosités n’ont pas été corrigées.
En raison de leur caractère complexe, les activités des laboratoires – sécurité
biologique niveau 4 ne peuvent être envisagées dans cet ouvrage. Pour plus de détails
et des informations plus complètes, le lecteur est invité à s’adresser au Programme de
sécurité biologique de l’OMS1 (voir également l’annexe 3).
1
Programme de sécurité biologique, Département maladies transmissibles: surveillance et action, Organisation mondiale de la Santé, 20 Avenue Appia, 1211 Genève, Suisse (http://www.who.int/csr/).
• 42 •
8. PRINCIPES DIRECTEURS POUR L’AGRÉMENT DES LABORATOIRES/INSTALLATIONS
Tableau 5. Laboratoire de base – sécurité biologique niveau 1 : contrôle de sécurité
Lieu : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Date : . . . . . . . . . . . . . . . .
Responsable du laboratoire : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
POINTS CONTRÔLÉS (NOTER LA DATE)
OUI
Laboratoire
Signalisation appropriée : UV, laser, substances .........
radioactives, etc. ....................................................
Directives biosécuritaires existantes et suivies ...........
Appareils de laboratoire correctement marqués .........
(danger biologique, radioactivité, ...........................
toxicité, etc. ............................................................
Conception du laboratoire
Facile à nettoyer ..........................................................
Lampes UV dotées d’un interrupteur d’interdiction ....
Etagères solidement assujetties ..................................
Revêtement des paillasses étanche et résistant aux acides,
aux bases, aux solvants organiques et à la chaleur ....
Eclairage suffisant .......................................................
Espace de rangement suffisant et correctement utilisé ..
Bouteilles de gaz
Toutes les bouteilles arrimées .....................................
Bouteilles de réserve munies de bouchons ................
Gaz asphyxiants ou toxiques présents uniquement
dans les salles ventilées .........................................
Présence de bouteilles vides ou en excès ...................
Produits chimiques
Produits inflammables rangés dans l’armoire
appropriée ..............................................................
Double datage des produits générateurs de peroxydes
(réception et ouverture) .........................................
Bonne séparation des produits ...................................
Produits dangereux rangés au-dessus du niveau des
yeux ........................................................................
Produits rangés au sol ................................................
Récipients de produits chimiques restés ouverts .......
Bon étiquetage de toutes les solutions .......................
Utilisation de thermomètres à mercure .......................
Réfrigérateurs, congélateurs, chambres froides
Présence d’aliments pour la consommation humaine ...
Produits inflammables dans des unités à l’épreuve
des explosions ou sécurisées ................................
Présence de substances cancérogènes, radioactives
ou d’un risque biologique indiquée par une
marque extérieure ..................................................
Système d’ouverture d’urgence des chambres froides ..
• 43 •
NON
SANS OBJET OBSERVATIONS
Niveau de
sécurité
biologique:
Joindre le
formulaire de
contrôle
biosécuritaire
correspondant
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
POINTS CONTRÔLÉS (NOTER LA DATE)
OUI
Equipement électrique
Présence de rallonges .................................................
Prises femelles à la terre et avec la polarité appropriée .
Branchements à proximité des éviers sous les
douches, etc. ..........................................................
Appareils avec fils effilochés ou endommagés ...........
Prises surchargées ou plaquettes à connexions .........
Plaquettes à connexions non posées sur le sol ..........
Fusibles appropriés dans les gaines ...........................
Les prises proches de l’alimentation en eau sont
conformes à la réglementation locale ....................
Câbles électriques à la terre ........................................
Radiateurs portables ...................................................
Equipement de protection individuelle
Rince-yeux dans le laboratoire ....................................
Douche de sécurité .....................................................
Equipement de protection individuelle (gants, blouses,
lunettes de sécurité, lunettes à coques etc.) ..........
Personnel portant des vêtements appropriés ..............
Blouses, combinaisons, sarraus, gants et autres
vêtements ou accessoires de protection non
portés hors du laboratoire .....................................
Tenues de protection individuelle pour le stockage
cryogénique ............................................................
Gestion des déchets
Signes d’une évacuation défectueuse des déchets .....
Déchets triés et rassemblés dans les récipients
appropriés ..............................................................
Récipients pour déchets chimiques marqués,
étiquetés, datés et fermés ......................................
Récipients pour déchets chimiques correctement
manipulés et rangés ...............................................
Récipients pour objets pointus ou tranchants
correctement utilisés et éliminés ...........................
Pas de détritus sur le sol ............................................
Affichage de la marche à suivre pour l’élimination des
déchets ...................................................................
SANS OBJET OBSERVATIONS
Existence de programmes de santé et sécurité au travail
Communication du risque ........................................... Protection respiratoire ................................................. Protection auditive ...................................................... Surveillance du formaldéhyde ..................................... Surveillance de l’oxyde d’éthylène .............................. Surveillance des gaz anesthésiants ............................. • 44 •
NON
8. PRINCIPES DIRECTEURS POUR L’AGRÉMENT DES LABORATOIRES/INSTALLATIONS
POINTS CONTRÔLÉS (NOTER LA DATE)
Systèmes de contrôle technique
Locaux du laboratoire en dépression par rapport aux
autres locaux occupés, les couloirs et les bureaux ...
Eviers ou conduites d’évacuation jouant le rôle d’évents ....
Lavabo .........................................................................
Eléments mécaniques exposés (poulies, engrenages) ...
Conduite d’aspiration (circuit de vide) avec filtres et
pièges au niveau des paillasses .............................
Risque de reflux dans le réseau d’alimentation en eau ....
Appareil à distiller l’eau en bon état ............................
Programme actif et efficace de lutte contre les
arthropodes et les rongeurs ...................................
Pratiques et règles générales
Aliments destinés à la consommation humaine
conservés en dehors du laboratoire .......................
Avertissement du genre « Défense d’introduire des
aliments – réservé au travail de laboratoire »
clairement marqué sur les fours à micro-ondes ....
On mange, boit, fume ou se maquille dans le laboratoire ..
Récipients en verre sous pression scotchés ou
protégés (par ex. pièges à vide) .............................
Pipettage à la bouche interdit ......................................
Dispositifs de pipettage mécaniques, propipettes, etc.
fournis et utilisés ....................................................
Rangement distinct pour les tenues de laboratoire et
les vêtements de ville .............................................
Tenue générale du laboratoire
Récipients en verre rangés sur le sol ..........................
Risques de trébuchement manifestes .........................
Lingettes absorbantes propres sur les plans de travail ...
Manipulation mécanique des débris de verre (pelle et
brosse, pinces, etc.) ...............................................
Sécurité incendie
Pommes des asperseurs dégagées et non obstruées ...
Pas de joints d’étanchéité au niveau des traversées
des murs, plafonds , planchers, etc. ......................
Passage de fils et de tuyaux dans l’ouverture des portes ..
Allées de circulation de 1m de largeur au minimum .....
Objets rangés sur des conduites ou sur des
appareils électriques ...............................................
Combustibles excédentaires stockés dans le laboratoire ....
Bains chauffants à température constante
Avec faible niveau d’eau et interrupteur de surchauffe ...
Construits en matériau non combustible ....................
OUI
NON
SANS OBJET OBSERVATIONS
Signature du contrôleur :. . . . . . . . . . Date d’achèvement du contrôle : . . . . . . . . .
• 45 •
Tableau 6. Laboratoire de base – Sécurité biologique niveau 2 : contrôle de sécurité.
Ce formulaire est à utiliser avec le formulaire de contrôle biosécuritaire pour le
laboratoire de base – sécurité biologique niveau 1
Lieu : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Date : . . . . . . . . . . . . . . . .
Responsable du laboratoire : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
POINTS CONTRÔLÉS (NOTER LA DATE)
OUI
Enceinte de sécurité biologique (ESB)
Agrément au cours de l’année précédente .................
Nettoyage de la surface de l’ESB avec un désinfectant
approprié au début et à la fin de chaque
manipulation ..........................................................
Grille frontale et filtre d’évacuation non obstrués ......
Présence de flammes nues dans l’enceinte ................
Conduites d’aspiration (circuit de vide) munies de
filtres et de pièges à désinfectants en état de
fonctionner ............................................................
Efficacité de l’ESB compromise par l’air ambiant ou
l’emplacement .......................................................
Utilisation de l’ESB en présence d’un risque de
formation d’aérosols ..............................................
Laboratoire
Accès limité au personnel autorisé .............................
Entrée limitée au personnel connaissant la totalité
des risques ............................................................
Panneau de danger biologique apposé si
nécessaire sur la porte du laboratoire ...................
• Informations du panneau exactes et à jour .......
• Panneau lisible et en bon état ............................
Toutes les portes fermées ..........................................
Décontamination
Décontaminant spécifique du ou des
micro-organismes en cause ..................................
Le chef de laboratoire est prévenu si du matériel
infectieux est répandu ou impliqué dans un accident ...
Un décontaminant approprié est utilisé pour nettoyer
un produit répandu ................................................
Les plans de travail sont nettoyés avant et après
chaque manipulation, quotidiennement ou si un
produit a été répandu ............................................
Manipulation des déchets contaminés
Bon usage des conteneurs de déchets contaminés ...
Pas de conteneurs remplis à ras bords ......................
Conteneurs correctement étiquetés et fermés ............
Cultures et autres déchets soumis à réglementation
dûment décontaminés avant élimination ...............
Transport dans des conteneurs fermés, solides et
étanches du matériel décontaminé hors du
laboratoire, conformément à la réglementation
locale .....................................................................
• 46 •
NON
SANS OBJET OBSERVATIONS
Date :
Emplacement :
Marque :
Type :
No de série :
POINTS CONTRÔLÉS (NOTER LA DATE)
OUI
Décontamination biologique des déchets mixtes
avant élimination sous la forme de déchets
chimiques ou radiologiques ..................................
Protection individuelle
Vaccinations ou examens nécessaires rappelés au
personnel selon les agents infectieux
manipulés ..............................................................
Services médicaux compétents contactés pour les
bilans de santé, la surveillance médicale et le
traitement en cas d’exposition professionnelle .....
Port de gants pour la manipulation de matériel
biologique infectieux ou d’équipements
contaminés ............................................................
Protection faciale lors de travaux sur du matériel
infectieux en dehors d’une ESB .............................
Lavage des mains une fois les gants enlevés et
avant de sortir du laboratoire en cas de travaux
sur des agents infectieux .......................................
Possibilité d’administrer un anti-infectieux à titre de
premier secours .....................................................
Pratiques
Utilisation d’une ESB s’il y a possibilité de
projections ou de formation d’aérosols de
matériel infectieux .................................................
Un manuel de sécurité biologique a été préparé et
adopté ....................................................................
Le personnel lit, étudie et suit les instructions
relatives aux pratiques et techniques et en
particulier celles qui figurent dans le manuel de
sécurité ou le manuel de laboratoire (obligatoire
une fois par an pour tout le personnel) ................
Les manipulations sont effectuées de manière à
produire le moins possible d’aérosols ou
d’éclaboussures .....................................................
Des seringues autobloquantes ou jetables sont
utilisées pour les travaux sur agents infectieux ....
Les godets et les rotors des centrifugeuses ne sont
ouverts qu’à l’intérieur d’une ESB .........................
Les échantillons infectieux sont transportés hors
d’une ESB dans des conteneurs approuvés
conformément à la réglementation relative au
transport de ce type de produit .............................
Commodités
Lavabo installé près de la sortie du laboratoire .........
NON
SANS OBJET OBSERVATIONS
Signature du contrôleur :. . . . . . . . . . Date d’achèvement du contrôle : . . . . . . . . .
• 47 •
Tableau 7. Laboratoire de confinement – Sécurité biologique niveau 3 : contrôle de
sécurité. Ce formulaire est à utiliser avec les formulaires de contrôle biosécuritaire
pour les laboratoires – sécurité biologique niveau 1 et sécurité biologique niveau 2.
Lieu : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Date : . . . . . . . . . . . . . . . .
Responsable du laboratoire : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
POINTS CONTRÔLÉS (NOTER LA DATE)
OUI
Etablissement
Laboratoire séparé des points de passage normaux du
bâtiment .................................................................
Accès au laboratoire par un vestibule doté de portes à
fermeture automatique ...........................................
Des joints d’étanchéité sont posés ou peuvent l’être au
niveau de toutes les traversées en vue de la
décontamination du laboratoire .............................
Air du local non recyclé et évacué hors des secteurs
occupés ..................................................................
Système de ventilation régulé permettant le contrôle du
sens de circulation de l’air .....................................
NON
SANS OBJET
Protection des mains
Port de gants doubles pour le travail avec du matériel
infectieux et des d’équipements ou des plans de
travail pouvant être contaminés .............................
Protection respiratoire
Port d’une protection respiratoire par l’ensemble du
personnel du laboratoire lorsque des aérosols ne
sont pas confinés de façon sûre dans une ESB ....
Protection individuelle
Port de blouses fermées sur le devant dans le
laboratoire ..............................................................
Port des vêtements de protection limité aux locaux du
laboratoire ..............................................................
Lavabo actionné par le pied, le coude ou à
déclenchement automatique ..................................
Pratiques
Dispositif de protection des muqueuses à disposition
pour la manipulation de matériel infectieux hors
d’une ESB ...............................................................
Personnel averti des risques particuliers liés à l’agent
ou aux agents infectieux ........................................
Personnel tenu de lire et d’observer toutes les
instructions relatives aux pratiques et techniques,
y compris celles du manuel de sécurité biologique
ou du manuel de laboratoire ..................................
Mises à jour annuelles adressées au personnel ou
formation complémentaire si des changements
sont apportés à certaines techniques ....................
Autoclavage de tous les déchets avant élimination ....
OBSERVATIONS
Signature du contrôleur :. . . . . . . . . . Date d’achèvement du contrôle : . . . . . . . . .
• 48 •
PARTIE II
Sûreté biologique
en laboratoire
9. Principes de la sûreté biologique
en laboratoire
Jusqu’ici, le contenu du Manuel de sécurité biologique en laboratoire a surtout consisté
dans un exposé des principes classiques de la sécurité biologique en laboratoire. Les
précédentes éditions montrent combien il est important que les laboratoires aient
recours à de bonnes techniques microbiologiques, disposent de systèmes de confinement appropriés et d’installations bien conçues et agencées, avec des équipements
correctement utilisés et entretenus, et qu’en outre les services administratifs veillent
à réduire au minimum les risques de lésions ou de maladie chez le personnel. Si les
laboratoires suivent ces recommandations, ils seront également à même de réduire
au minimum les risques pour l’environnement et la collectivité dans son ensemble.
Divers événements survenus ces dernières années dans le monde mettent en lumière
la nécessité de protéger les laboratoires et les matières qu’ils détiennent contre un
certain nombre de périls susceptibles d’entraîner des dommages pour la population,
le bétail, l’agriculture ou l’environnement. Avant de voir quels peuvent être les besoins
des laboratoires en matière de sûreté biologique, il convient de définir clairement ce
que l’on entend par sécurité et sûreté biologique et en quoi ces deux notions se
distinguent.
La sécurité biologique consiste dans la mise en œuvre d’un certain nombre de
principes, de techniques et de pratiques de confinement visant à prévenir le risque
accidentel d’exposition du personnel à des agents pathogènes ou à des toxines, ou
encore de libération de telles substances. La sûreté biologique, elle, consiste dans la mise
en place d’un certain nombre de mesures d’ordre administratif et de gestion du personnel, en vue de réduire le risque de perte, de vol, d’utilisation à mauvais escient, de
détournement ou de libération délibérée d’agents ou de toxines.
Le véritable fondement de la sûreté biologique réside dans l’application en laboratoire des pratiques de sécurité biologique. En effet, grâce aux évaluations du
risque pratiquées dans le cadre du programme biosécuritaire de l’établissement, on
peut recueillir des informations sur la nature des micro-organismes détenus, sur
l’emplacement de ces micro-organismes, sur le personnel qui demande à pouvoir en
disposer et sur l’identité de la personne responsable de ces germes. On peut alors
exploiter ces informations pour déterminer si un établissement détient des matières
biologiques susceptibles d’attirer des personnes envisageant d’en faire un usage criminel. Il convient d’élaborer des normes nationales identifiant et examinant les respon• 51 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
sabilités actuelles des pays et des établissements dans la protection des échantillons,
des agents pathogènes et des toxines détenus contre toute utilisation abusive.
Il incombe à chaque laboratoire, en fonction de ses besoins, de la nature de ses
activités et des conditions locales, d’élaborer et de mettre en œuvre un programme
de sûreté biologique spécifique. Par conséquent, les activités de sûreté biologique
pratiquées dans un laboratoire doivent être représentatives des divers besoins de cet
établissement et bénéficier de la contribution ou de l’avis des directeurs scientifiques,
des principaux chercheurs, des responsable de la sûreté biologique, du personnel
scientifique du laboratoire, du personnel d’entretien, des responsables administratifs,
du personnel spécialisé dans les technologies de l’information et, si nécessaire, des
services de répression des fraudes et du personnel de sécurité.
Les mesures de sûreté biologique en laboratoire doivent s’appuyer sur un programme complet de responsabilisation à l’égard des agents pathogènes et des toxines,
qui comprend un inventaire actualisé identifiant l’emplacement de ces matières et
du personnel y ayant accès et indiquant leur utilisation, leurs transferts internes à
l’établissement ou entre établissements, ainsi que toute inactivation et/ou élimination
éventuelles des matières. De même, il convient d’établir un protocole de sûreté
biologique pour le laboratoire, destiné à guider l’identification, le signalement, l’étude
et l’élimination des failles dans la sûreté biologique de cet établissement, y compris
les incohérences dans les résultats d’inventaire. La participation, les rôles et les responsabilités des autorités de santé et de sécurité publiques en cas d’entorse à la sûreté
doivent être clairement définis.
Une formation à la sûreté biologique en laboratoire, distincte de la formation à la
sécurité biologique en laboratoire, doit être dispensée à tout le personnel. Une telle
formation devrait aider les membres du personnel à comprendre les besoins en matière
de protection de ces matières et les raisons des différentes mesures de sécurité
biologique. Elle devrait aussi inclure un examen des normes nationales pertinentes et
des procédures propres à l’établissement. Au cours de cette formation, il convient
de présenter également les procédures précisant les rôles et les responsabilités du personnel en matière de sûreté en cas d’infraction dans ce domaine.
L’aptitude professionnelle et morale à travailler avec des agents pathogènes dangereux de l’ensemble du personnel disposant d’un accès autorisé régulier aux matières
sensibles joue également un rôle déterminant dans l’efficacité des activités concernant
la sûreté en laboratoire.
En résumé, les précautions de sûreté doivent devenir des éléments de routine du
travail de laboratoire, à l’égal des mesures d’asepsie ou de sécurité microbiologique.
Les mesures de sûreté biologique en laboratoire ne doivent pas faire obstacle à un
partage efficace des matières de référence, des échantillons cliniques et épidémiologiques et des informations qui s’y rapportent, nécessaires aux enquêtes cliniques ou
de santé publique. Un programme de sûreté bien géré ne devrait pas entraver outre
mesure les activités quotidiennes du personnel scientifique, ni faire obstacle à la
réalisation des recherches. Un accès légitime aux recherches et aux matières cliniques
• 52 •
9. PRINCIPES DE LA SURETE BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
importantes doit être préservé. L’évaluation de l’aptitude des membres du personnel,
l’apport à ces membres d’une formation spécifique à la sûreté et un respect rigoureux
des procédures de protection des agents pathogènes constituent des moyens
raisonnables pour améliorer la sûreté biologique en laboratoire. La mise en place et
le maintien de tous ces efforts passe par la réalisation d’évaluations des risques et des
menaces et par la révision et la mise à jour des procédures sur une base régulière. Des
contrôles du respect de ces procédures, s’appuyant sur des instructions claires quant
aux rôles, aux responsabilités et aux mesures correctives, doivent être prévus par les
programmes de sûreté biologique en laboratoire et par les normes nationales dans ce
domaine.
• 53 •
PARTIE III
Equipements de
laboratoire
10. Enceintes de
sécurité biologique
Les enceintes de sécurité biologique (ESB) – appelées aussi postes de sécurité microbiologique (PSM) – sont conçues pour éviter que l’opérateur, le local du laboratoire et
le matériel de travail ne soient exposés aux aérosols ou éclaboussures infectieux qui
pourraient se produire lors de la manipulation de matériels biologiques contenant des
agents pathogènes, comme les cultures primaires, les souches pour les cultures et les
échantillons destinés au diagnostic. Des aérosols se produisent lors de toute manipulation qui communique de l’énergie à un produit liquide ou semi-liquide, par exemple
lorsqu’on secoue, verse, agite, ou fait tomber un liquide goutte à goutte sur une surface
ou dans un autre liquide. D’autres opérations, par exemple ensemencer en stries une
plaque de gélose, inoculer des flacons pour culture cellulaire à l’aide d’une pipette,
utiliser une pipette multivoies pour délivrer une suspension liquide d’agents infectieux
sur une plaque de microculture, homogénéiser et mélanger du matériel biologique
infectieux, centrifuger un liquide ou travailler sur un animal, peuvent provoquer la formation d’aérosols infectieux. Les particules d’aérosol de moins de 5 µm de diamètre ou
les gouttelettes de diamètre compris entre 5 et 100 µm, ne sont pas visibles à l’œil nu.
Lorsque des aérosols se forment, l’opérateur ne s’en rend généralement pas compte, et
il n’a pas conscience non plus qu’ils peuvent être inhalés ou provoquer la contamination croisée des plans de travail. On a montré qu’une ESB convenablement utilisée est
capable de réduire très efficacement le nombre d’infections contractées au laboratoire
ou les contaminations croisées consécutives à une exposition à des aérosols infectieux.
Les ESB contribuent également à la protection de l’environnement.
Au cours des années, la conception de base des ESB a subi un certain nombre de
modifications. L’une des plus importantes a été le montage d’un filtre à particules de
haute efficacité (filtre HEPA) sur le système d’évacuation. Ce filtre est capable d’arrêter 99,97 % des particules de 0,3 µm de diamètre et 99,99 % de celles dont le
diamètre se situe de part et d’autre de cette valeur. Un filtre HEPA peut donc arrêter
efficacement tous les agents infectieux connus et l’on peut donc être certain que l’air
qui sort de l’enceinte est exempt de germes pathogènes. Une deuxième modification
a consisté à diriger l’air filtré sur le plan de travail, ce qui permet d’éviter la contamination de ce plan et de ce qui s’y trouve. On parle souvent de « protection du
produit » pour désigner cette caractéristique. Le tableau 8 indique le type de
protection conféré dans chaque cas.
Remarque. Les hottes à flux laminaire horizontal ou vertical ne sont pas des
enceintes de sécurité biologiques et ne doivent pas être utilisées comme telles.
• 57 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Tableau 8. Choix d’une enceinte biologique de sécurité (ESB) en fonction du type de
protection recherché
TYPE DE PROTECTION
ESB À UTILISER
Protection du personnel, micro-organismes
des groupes de risque 1 à 3
Classe I, Classe II, Classe III
Protection du personnel, micro-organismes
du groupe de risque 4, laboratoire avec
boîte à gants
Classe III
Protection du personnel, micro-organismes
du groupe de risque 4, port obligatoire de
combinaisons pressurisées
Classe I, Classe II
Protection du produit
Classe II, Classe III uniquement si flux laminaire
Protection contre les radionucléides volatils/ Classe IIB1, Classe IIA2 à évacuation extérieure
protection chimique, quantités minimes
Protection contre les radionucléides volatils/ Classe I, Classe IIB2, Classe III
protection chimique
Enceinte de sécurité biologique de classe I
Le schéma d’une enceinte de sécurité biologique de classe I est représenté sur la figure
6. L’air est aspiré par l’ouverture frontale à la vitesse minimale de 0,38 m/s et passe sur
le plan de travail avant d’être évacué par une conduite munie d’un filtre. Le courant
d’air entraîne hors de la zone de respiration de l’opérateur les particules d’aérosol qui
pourraient se former au niveau du plan de travail et les dirige vers la conduite d’évacuation. L’opérateur peut passer les bras par l’ouverture frontale pour atteindre le plan
de travail situé à l’intérieur de l’enceinte tout en observant ce plan à travers un panneau
de verre. Ce panneau peut également être complètement levé, ce qui permet d’accéder
plus facilement au plan de travail pour le nettoyer ou pour toute autre raison.
L’air de l’enceinte est évacué par une conduite munie d’un filtre HEPA : a) dans le
laboratoire, puis à l’extérieur du bâtiment par le circuit d’évacuation de ce dernier; b)
à l’extérieur par le circuit d’évacuation du bâtiment; c) directement à l’extérieur. Le
filtre HEPA peut être monté sur la gaine d’évacuation de l’ESB ou sur le circuit d’évacuation du bâtiment. Certaines ESB de classe I sont équipées d’un filtre HEPA
intégré, les autres utilisent le ventilateur d’extraction qui équipe le circuit d’évacuation du bâtiment.
L’ESB de classe I a été la première enceinte de ce type à être agréée et, du fait de la simplicité de sa conception, elle est encore très largement utilisée dans le monde. Elle
présente l’avantage d’assurer la protection du personnel et de l’environnement et peut
également être utilisée pour travailler sur des radionucléides ou des produits chimiques
volatils et toxiques. Toutefois, comme l’air aspiré par l’ouverture frontale passe sur le plan
de travail sans être stérilisé, ce dispositif ne protège pas à coup sûr le produit manipulé.
• 58 •
10. ENCEINTES DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE
C
B
D
A
air ambiant
air potentiellement contaminé
air filtré par le filtre HEPA
coupe latérale
Figure 6. Représentation schématique d’une enceinte de sécurité biologique de classe I.
A, ouverture frontale; B, panneau d’observation à guillotine; C, filtre HEPA monté sur
la conduite d’évacuation; D, gaine d’évacuation.
Enceinte de sécurité biologique de classe II
Les cultures cellulaires et tissulaires étant de plus en plus utilisées pour la culture des
virus, on a estimé qu’il n’était plus acceptable de faire passer de l’air non stérilisé
provenant de la pièce sur le plan de travail. Les ESB de classe II ont été conçues non
seulement pour assurer la protection du personnel, mais également pour éviter que
le matériel biologique présent sur le plan de travail ne soit contaminé par l’air de la
pièce. Les ESB de classe II, dont il existe quatre types (A1, A2, B1 et B2), se différencient des ESB de classe I par le fait qu’elles ne laissent passer sur le plan de travail que
de l’air stérile c’est-à-dire ayant traversé un filtre HEPA. Les ESB de classe II peuvent
être utilisées pour travailler sur des agents infectieux des groupes de risque 2 et 3. Elles
peuvent également être utilisées pour travailler sur des agents infectieux du groupe de
risque 4 si l’opérateur porte une combinaison de protection pressurisée.
Enceinte de sécurité biologique de classe II, type A1
La figure 7 représente une enceinte de sécurité biologique de classe II, type A1. Un
ventilateur placé à l’intérieur de l’enceinte aspire l’air par l’ouverture frontale et le fait
passer à travers la grille avant. Au niveau de l’ouverture frontale, l’air doit être aspiré
à la vitesse minimum de 0,38 m/s. L’air traverse ensuite un filtre HEPA avant de se
diriger vers le bas pour passer sur le plan de travail. Au cours de son mouvement
descendant, le courant d’air se divise à une distance d’environ 6 à 18 cm du plan de
travail pour former deux courants secondaires, l’un qui passe à travers la grille avant
• 59 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
C
D
E
B
A
F
coupe de face
coupe latérale
air ambiant
air potentiellement contaminé
air filtré par le filtre HEPA
Figure 7. Représentation schématique d’une enceinte de sécurité biologique de classe II,
type A1.
A, ouverture frontale; B, panneau d’observation à guillotine; C, filtre HEPA d’évacuation; D, chambre de distribution arrière; E, filtre HEPA d’admission; F, ventilateur.
et l’autre à travers la grille arrière. Toutes les particules d’aérosol qui se forment au
niveau du plan de travail sont immédiatement piégées par ce courant descendant et
entraînées à travers les grilles avant ou arrière, ce qui assure une protection maximale
du produit manipulé. L’air s’échappe ensuite par la chambre de distribution située à
l’arrière pour aboutir dans l’espace qui se trouve au sommet de l’enceinte, entre le
filtre d’admission et le filtre d’évacuation. Compte tenu des dimensions relatives de
ces deux filtres, environ 70 % de l’air est recyclé à travers le filtre d’admission pour
revenir sur le plan de travail; les 30 % restants sont rejetés dans la pièce ou à l’extérieur après avoir traversé le filtre d’évacuation.
L’air rejeté par une enceinte de sécurité biologique de classe II, type A1 peut être
recyclé dans la pièce ou évacué à l’extérieur du bâtiment en raccordant l’enceinte à
une conduite d’évacuation spéciale à l’aide d’un manchon ou en le faisant passer par
le circuit d’évacuation général.
Le recyclage de l’air dans la pièce a l’avantage de réduire les dépenses en combustible de l’établissement car l’air chauffé ou refroidi ne s’échappe pas à l’extérieur.
Le raccordement par une gaine étanche de l’enceinte au circuit d’évacuation permet
également d’utiliser certaines ESB pour travailler sur des radionucléides et des produits chimiques toxiques volatils (tableau 8).
• 60 •
10. ENCEINTES DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE
C
D
B
A
E
G
F
F
coupe de face
coupe latérale
air ambiant
air potentiellement contaminé
air filtré par le filtre HEPA
Figure 8. Représentation schématique d’une enceinte de sécurité biologique de classe II, type
B1.
A, ouverture frontale; B, panneau d’observation à guillotine; C, filtre HEPA d’évacuation; D, filtre HEPA d’admission; E, gaine d’évacuation en dépression; F, ventilateur;
G, filtre HEPA d’admission d’air. Il est nécessaire de raccorder le circuit d’évacuation
de l’enceinte au circuit général d’évacuation du bâtiment.
Enceintes de sécurité biologique de classe II, type A2 avec ventilation sur l’extérieur
et de classe II, types B1 et B2
Les ESB de classe II, type A2 avec ventilation sur l’extérieur et les ESB de classe II types
B1 (figure 8) et B2, sont des variantes de l’ESB II, type A1. Le tableau 9 en donne les
caractéristiques, avec celles des ESB de classe I et de classe III. Chacune de ces
variantes correspond à un usage particulier (voir tableau 8). Elles diffèrent les unes
des autres à plusieurs égards : vitesse de l’air à travers l’ouverture frontale; quantité
d’air recyclée sur le plan de travail et évacuée de l’enceinte; circuit d’évacuation,
qui détermine si l’air issu de l’enceinte est rejeté dans la pièce ou à l’extérieur, par
l’intermédiaire d’un circuit d’évacuation spécial ou par le circuit d’évacuation
général; réglage de la pression (enceinte dont les gaines et la chambre de distribution
biologiquement contaminées sont en dépression ou, à défaut, sont entourées de
volumes en dépression).
Les références bibliographiques 7 et 8 ainsi que les brochures disponibles auprès
des fabricants donnent une description complète des diverses ESB de classe IIA et IIB.
• 61 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Tableau 9. Différences entre les enceintes de sécurité biologique (ESB) des classes
I, II et III.
ESB
VITESSE À L’ENTRÉE (m/s)
COURANT D’AIR (%)
CIRCUIT D’ÉVACUATION
RECYCLÉ
ÉVACUÉ
0,36
0
100
Jonction rigide étanche
0,38–0,51
70
30
Evacuation dans la
pièce ou manchon de
raccordement
Classe IIA2 avec
ventilation sur
l’extérieura
0,51
70
30
Evacuation dans la
pièce ou manchon de
raccordement
Classe IIB1a
0,51
30
70
Jonction rigide étanche
a
0,51
0
100
Jonction rigide étanche
Sans objet
0
100
Jonction rigide étanche
Classe Ia
Classe IIA1
Classe IIB2
a
Classe III
a
Toutes les gaines et tous les conduits potentiellement contaminés sont en dépression ou sont entourés
de gaines et de volumes en dépression.
Enceinte de sécurité biologique de classe III
Ce type d’enceinte (figure 9), qui assure au personnel la protection maximale, est
utilisé pour travailler sur des agents infectieux du groupe de risque 4. Toutes les traversées sont dotées de joints étanches aux gaz. L’air admis dans l’enceinte passe à
travers un filtre HEPA et l’air qui en sort à travers deux filtres HEPA. La circulation
de l’air est assurée par un circuit d’évacuation spécial situé à l’extérieur de l’enceinte,
qui en maintien l’intérieur en dépression (environ 124,5 Pa). Pour accéder au plan de
travail, on utilise des gants en caoutchouc très résistant fixés à des orifices frontaux.
Les ESB de classe III doivent être équipées d’un sas de passage susceptible d’être stérilisé et doté d’un système d’évacuation avec filtre HEPA. Les enceintes de classe III
peuvent être raccordées à un autoclave à double porte pour la décontamination de
tout ce qui entre ou sort de l’enceinte. Pour disposer d’un plan de travail plus vaste,
on peut adjoindre plusieurs boîtes à gants. Les ESB de classe III conviennent pour les
manipulations effectuées dans les laboratoires de sécurité biologique niveau 3 ou 4.
Raccordements pour l’évacuation de l’air des enceintes de sécurité biologique
Il existe des manchons de raccordement ou des hottes que l’on peut utiliser avec les
ESB de classe IIA1 ou IIA2 avec ventilation extérieure. Le manchon de raccordement
s’adapte sur le boîtier d’évacuation de l’enceinte et permet d’en aspirer l’air pour
l’amener jusqu’aux gaines d’évacuation du bâtiment. Un petit espace, généralement
de 2,5 cm de diamètre est ménagé entre le boîtier d’évacuation de l’enceinte et le
raccord, ce qui permet d’aspirer l’air de la pièce pour l’amener également dans le
circuit d’évacuation du bâtiment. Le manchon doit être amovible ou tout au moins
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10. ENCEINTES DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE
C
C
D
B
E
A
F
coupe de face
coupe
latérale
air ambiant
air potentiellement contaminé
air filtré par le filtre HEPA
Figure 9. Représentation schématique d’une enceinte de sécurité biologique de classe III
(boîte à gants).
A, orifices de fixation des manchons à gants; B, panneau d’observation à guillotine; C,
deux filtres HEPA d’évacuation montés en série; D, filtre HEPA d’admission;
E, autoclave à deux portes ou sas de passage; F, cuve de désinfection chimique.
Il est nécessaire de raccorder le circuit d’évacuation de l’enceinte à un circuit
d’évacuation du bâtiment indépendant.
être conçu pour permettre de contrôler le fonctionnement de l’enceinte. En règle
générale, les fluctuations du débit de l’air dans le circuit de ventilation du bâtiment
n’ont guère d’influence sur le fonctionnement d’une ESB raccordée au circuit par un
manchon de ce genre.
Les ESB de classe IIB1 ou IIB2 sont dotées de jonctions rigides étanches, c’est-àdire qu’elles sont raccordées directement, sans laisser aucun espace, au circuit d’évacuation du bâtiment ou, de préférence, à un circuit d’évacuation spécial. Il faut que
le circuit d’évacuation du bâtiment soit parfaitement adapté aux spécifications
indiquées par le fabricant, tant en ce qui concerne le volume d’air que la pression statique. Le processus d’agrément des ESB à jonction rigide étanche est plus long que
dans le cas des enceintes avec recyclage de l’air dans la pièce ou qui sont reliées au
circuit d’évacuation au moyen d’un manchon ou d’une hotte.
Choix d’une enceinte de sécurité biologique
Le choix d’une ESB doit reposer avant tout sur le type de protection nécessaire : protection du produit manipulé, protection du personnel contre des micro-organismes des
groupes de risque 1 à 4, protection du personnel contre des radionucléides ou des
• 63 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
produits chimiques toxiques et volatils, protection simultanée contre plusieurs de ces
risques. Le tableau 8 indique quel modèle d’ESB utiliser pour chaque type de protection.
Il ne faut pas utiliser de produits chimiques toxiques ou volatils dans les enceintes
avec recyclage de l’air dans la pièce, à savoir les enceintes de classe I qui ne sont pas raccordées au circuit d’évacuation du bâtiment ou les enceintes de classe IIA1 ou IIA2. Les
enceintes de classe IIB1 peuvent convenir pour des manipulations sur de très petites
quantités de produits chimiques ou de radionucléides volatils. Lorsque l’on travaille
sur des quantités plus importantes de radionucléides ou de produits chimiques volatils,
il faut utiliser une enceinte à évacuation totale, c’est-à-dire une ESB de classe IIB2.
Utilisation des enceintes de sécurité biologique au laboratoire
Emplacement
La vitesse de l’air qui traverse l’ouverture frontale d’une ESB est d’environ 0,45 m/s.
A cette vitesse, le flux d’air entrant est facilement perturbé par les courants d’air produits par les personnes qui se déplacent à proximité de l’ESB, les fenêtres ouvertes, les
registres d’admission de l’air ou encore l’ouverture ou la fermeture des portes. Il faut
donc installer les ESB dans des emplacements qui soient éloignés des points de passage
et des courants d’air qui pourraient perturber leur fonctionnement. Dans la mesure
du possible, il faudrait prévoir un dégagement d’une trentaine de centimètres derrière
l’enceinte et sur chacun de ses côtés pour faciliter l’accès en cas d’opérations de maintenance. Il peut également s’avérer nécessaire de prévoir un dégagement d’environ 30
à 35 cm au-dessus de l’enceinte afin que l’on puisse mesurer exactement la vitesse de
l’air à travers le filtre d’évacuation et le cas échéant, changer le filtre.
Opérateurs
Si les enceintes de sécurité biologique ne sont pas utilisées correctement, la protection
conférée risque d’être considérablement réduite. L’opérateur doit veiller à ne pas perturber le flux d’air entrant lorsqu’il passe les bras dans le volume de travail ou les en
retire. Il faut déplacer les bras très lentement en avant ou en arrière, perpendiculairement à l’ouverture frontale. Avant de manipuler du matériel dans le volume de travail
d’une ESB, il faut attendre environ 1 minute, une fois que l’on a passé les bras à l’intérieur, pour que l’enceinte s’adapte et que le courant d’air vienne balayer la surface
des mains et des bras. Il faut également veiller à ne faire qu’un minimum de mouvements à travers l’ouverture frontale en plaçant tous les instruments et objets nécessaires sur le plan de travail avant de commencer la manipulation.
Disposition du matériel
La grille de reprise frontale des ESB de classe II ne doit pas être obstruée par du papier,
des appareils ou d’autres objets. Il faut désinfecter la surface du matériel que l’on va
disposer à l’intérieur de l’enceinte avec de l’alcool à 70 %. On peut travailler sur un
linge absorbant imprégné de désinfectant pour retenir les projections et les éclaboussures. Tout le matériel doit être disposé aussi loin que possible dans le volume de
• 64 •
10. ENCEINTES DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE
travail, en se rapprochant au maximum du bord distal du plan de travail, mais en
évitant d’obstruer la grille arrière. Les appareils qui produisent des aérosols (par ex.
mélangeurs, centrifugeuses, etc.) doivent être placés vers le fond de l’enceinte. Le
matériel encombrant, comme les sacs de sécurité biologique, les plateaux pour
pipettes utilisées et les fioles à vide doivent être placés sur un des côtés du volume de
travail. Sur le plan de travail, il faut travailler en allant des zones propres vers les zones
contaminées.
Le sac de sécurité autoclavable destiné à recueillir le matériel infectieux et les
plateaux à pipettes ne doivent pas être placés hors de l’enceinte. Les fréquents mouvements de va-et-vient entre l’intérieur et l’extérieur de l’enceinte qui sont nécessaires
pour utiliser ces récipients peuvent perturber la veine de garde et par voie de conséquence, nuire à la protection du personnel et du produit manipulé.
Utilisation et maintenance
La plupart des ESB sont conçues pour une utilisation 24 h sur 24 et les chercheurs
estiment que cette utilisation ininterrompue facilite la réduction du taux de poussières
et de matières particulaires présentes dans le laboratoire. Les enceintes de classe IIA1 et
IIA2 dont l’air est évacué dans la pièce ou dans un circuit d’évacuation spécial au moyen
d’un manchon de raccordement, peuvent être débranchées lorsqu’elles ne sont pas
utilisées. Dans d’autres types d’enceinte, comme les ESB de classe IIB1 et IIB2 qui sont
directement connectées aux gaines d’évacuation par un raccordement étanche, l’air
doit circuler en permanence pour que l’air de la pièce reste en état d’équilibre. Il faut
brancher les enceintes au moins 5 minutes avant de commencer à travailler et attendre
également 5 minutes une fois la manipulation achevée, pour « purger » le volume de
travail, c’est-à-dire pour que l’air contaminé ait le temps d’être évacué de l’enceinte.
Toute réparation effectuée sur une ESB doit être confiée à un technicien qualifié.
Si un dysfonctionnement se produit pendant l’utilisation de l’enceinte, il faut le signaler et y remédier avant de réutiliser l’enceinte.
Lampes UV
Il n’est pas nécessaire d’équiper les ESB de lampes à ultraviolets. Si toutefois on utilise
de telles lampes, il faut les nettoyer chaque semaine pour éliminer la poussière et les
saletés qui pourraient réduire l’action germicide du rayonnement. L’intensité du
rayonnement ultraviolet doit être mesurée lors de chaque nouvel agrément de l’enceinte afin de vérifier que l’émission de la lampe est satisfaisante. Les lampes UV
doivent être éteintes quand des personnes sont présentes dans la pièce, afin de
protéger leurs yeux et leur peau contre toute exposition accidentelle.
Flammes nues
Il faut éviter la présence de toute flamme nue dans l’environnement quasi stérile qui
existe à l’intérieur de l’enceinte. En effet, les flammes perturbent la circulation de
l’air et peuvent être dangereuses si l’on utilise également des substances volatiles
• 65 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
inflammables. Pour stériliser les anses bactériologiques, il existe des microbrûleurs et
des « fours » électriques, qui sont préférables aux flammes nues.
Produits répandus accidentellement
Il faut afficher dans le laboratoire un exemplaire de la conduite à tenir si des produits
sont répandus accidentellement et veiller à ce chacun lise et assimile ces instructions.
Si un produit présentant un danger biologique est répandu accidentellement dans une
ESB, il faut nettoyer immédiatement le volume de travail pendant que l’enceinte continue à fonctionner. On utilisera à cet effet un désinfectant efficace que l’on devra
appliquer en s’efforçant de produire le moins d’aérosols possible. Tout ce qui entre en
contact avec le produit répandu doit être désinfecté ou passé à l’autoclave.
Agrément
La procédure d’agrément stipule qu’un contrôle doit être effectué sur chaque ESB
pour vérifier qu’elle fonctionne conformément aux spécifications nationales et internationales et ne présente pas de défaut. Ce contrôle doit être pratiqué lors de l’installation puis périodiquement par des techniciens qualifiés, conforméments aux
instructions du fabricant. Pour évaluer l’efficacité du confinement assuré par une
enceinte, il faut procéder aux contrôles suivants : intégrité de la structure, présence
éventuelle de fuites au niveau des filtres HEPA, paramètres vélocimétriques du flux
d’air descendant, vitesse frontale du courant d’air, contrôle manométrique de la
dépression, débit des ventilateurs, essai au fumigène pour contrôler le flux d’air,
alarmes et asservissement du verrouillage. On peut également effectuer d’autres contrôles (facultatifs) : défauts d’isolation électrique, intensité de l’éclairage, intensité du
rayonnement UV, niveau de bruit et vibrations. Une formation, des compétences et
des équipements spécialisés sont indispensables pour effectuer ces contrôles et il est
vivement recommandé de les faire exécuter par un professionnel qualifié.
Nettoyage et désinfection
Tout ce qui se trouve à l’intérieur de l’enceinte, y compris l’appareillage, doit faire
l’objet d’une décontamination en surface et être retiré du volume de travail une fois
la manipulation achevée, car un reste de milieu de culture peut permettre la prolifération des micro-organismes.
Les surfaces intérieures de l’enceinte doivent être décontaminées avant et après
chaque utilisation. Les plans de travail et les parois intérieures doivent être passés au
désinfectant de manière à tuer tous les micro-organismes présents. A la fin de la
journée de travail, on procédera à une décontamination finale consistant à passer au
désinfectant le plan de travail, les parois latérales, le fond ainsi que la face arrière du
panneau d’observation. A cet effet, on peut utiliser une solution d’hypochlorite ou de
l’alcool à 70 %, si ces produits sont efficaces contre les germes que l’on cherche à éliminer. Si on utilise un désinfectant corrosif, comme l’hypochlorite par exemple, il
faudra encore rincer les surfaces avec de l’eau stérile.
• 66 •
10. ENCEINTES DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE
Il est recommandé de procéder à cette désinfection pendant que l’enceinte est en
marche. Si elle a été arrêtée, on la remettra en marche pendant 5 minutes pour la
purger de l’air qu’elle contient avant de la débrancher définitivement.
Décontamination
L’enceinte doit être décontaminée avant de changer les filtres ou avant de la déplacer.
La méthode la plus courante consiste en une fumigation au formaldéhyde. La décontamination des enceintes doit être effectuée par un professionnel qualifié.
Equipements de protection individuelle
Des vêtements protecteurs doivent être portés chaque fois que l’on utilise une ESB.
Les blouses de laboratoire sont acceptables pour le travail aux niveaux de sécurité
biologique 1 ou 2. Aux niveaux 3 ou 4, il faut utiliser des blouses à boutonnage dans
le dos, qui assurent une meilleure protection (sauf dans un laboratoire où le port d’une
combinaison pressurisée est obligatoire). Les gants doivent être bien tirés de manière
à passer par dessus les poignets et non pas en dessous. Pour se protéger les poignets,
on peut ajouter des manches à élastique. Certaines manipulations nécessitent le port
d’un masque ou de lunettes de protection.
Alarmes
Les ESB peuvent être équipées d’un ou deux types d’alarme. Certaines alarmes
n’équipent que les enceintes dotées d’un panneau d’observation à guillotine. Ces
alarmes se déclenchent si l’opérateur place le panneau dans une mauvaise position et
ne s’arrêtent que lorsqu’il a remis le panneau correctement en place. Un autre type
d’alarme est destiné à avertir d’une perturbation dans la circulation de l’air. Son
déclenchement est un signal de danger immédiat pour l’opérateur ou pour le produit.
Si cette alarme retentit, il faut interrompre immédiatement la manipulation et
prévenir le chef de laboratoire. Le manuel d’utilisation fourni par le fabricant doit
indiquer quelle est ensuite la marche à suivre. Ces questions doivent être abordées lors
de la formation à l’utilisation des ESB.
Informations complémentaires
Le choix de l’ESB appropriée, son installation, son utilisation correcte et le contrôle
annuel de son bon fonctionnement sont des opérations complexes. Il est vivement
recommandé qu’elles soient supervisées par un professionnel de la sécurité biologique
parfaitement formé et expérimenté. Ce spécialiste doit très bien connaître la littérature correspondante mentionnée dans la bibliographie du présent manuel et il doit
avoir reçu une formation complète sur la question. Les opérateurs doivent également
recevoir une formation en bonne et due forme portant sur le fonctionnement et
l’utilisation des ESB.
Pour de plus amples informations, le lecteur est prié de se reporter aux références 5
et 7 à 16, ainsi qu’au chapitre 11.
• 67 •
11. Equipements de sécurité
Comme les aérosols sont une source importante d’infection, il faut veiller à ce qu’il
s’en forme le moins possible et éviter de les disperser. Des aérosols dangereux peuvent
se former dans de nombreux laboratoires, par exemple lorsqu’on mélange, mixe, broie,
secoue, agite, traite aux ultrasons ou centrifuge du matériel biologique infectieux.
Même en utilisant un appareillage qui répond aux normes de sécurité, il est préférable
d’effectuer autant que possible ces opérations dans une enceinte de sécurité biologique
agréée. Les différents types d’enceintes de sécurité biologique, ainsi que leur utilisation et leur contrôle sont traités au chapitre 10. L’utilisation d’équipements de sécurité ne garantit pas la protection de l’opérateur si celui-ci n’est pas formé et n’utilise
pas les techniques appropriées. Ces équipements doivent subir des contrôles périodiques afin de s’assurer qu’ils continuent à fonctionner en toute sécurité.
Le tableau 10 donne la liste des équipements et instruments de sécurité conçus pour
éliminer ou réduire certains risques et indique brièvement les caractéristiques qui contribuent à leur sécurité d’utilisation. Des précisions sont données par la suite sur une
bonne partie de cet appareillage. Des informations complémentaires sur la manière
de bien les utiliser sont également données au chapitre 12.
L’annexe 4 donne un certain nombre de renseignements sur les équipements et les
opérations ou manipulations qui comportent un danger.
Isolateurs à dépression en film ou feuille de plastique souple
L’isolateur à dépression en film souple est un dispositif de confinement primaire
autonome qui assure une protection maximale contre le matériel biologique dangereux. Il peut être monté sur un support mobile. Le volume de travail est complètement fermé par une enveloppe transparente en chlorure de polyvinyle (PVC)
suspendue à un cadre en acier. La pression à l’intérieur de l’isolateur est maintenue à
une valeur inférieure à celle de la pression atmosphérique. L’admission de l’air se fait
à travers un filtre HEPA et son extraction à travers deux filtres du même type placés
en série, ce qui évite d’avoir à installer une gaine pour l’évacuer à l’extérieur du bâtiment. On peut équiper l’isolateur d’un incubateur, d’un microscope ou d’autres types
d’objets ou d’instruments tels que centrifugeuses, cages pour animaux, enceintes
chauffantes, etc. Tous ces objets ou ces matériels sont introduits ou retirés par des orifices destinés, l’un à l’instrumentation et l’autre aux échantillons, sans risque pour la
sécurité microbiologique. Les manipulations se font à l’aide de manchons dont
• 68 •
11. EQUIPEMENTS DE SÉCURITÉ
Tableau 10. Equipements et instruments de sécurité biologique
EQUIPEMENTS ET
INSTRUMENTS
Enceinte de sécurité
biologique
— Classe I
RISQUES
CARACTÉRISTIQUES DE SÉCURITÉ
Aérosols et projections
• Flux entrant minimal (vitesse
frontale) au niveau de
l’ouverture frontale. Bonne
filtration de l’air évacué
• Pas de protection du produit
• Flux entrant minimal (vitesse
frontale). Bonne filtration de
l’air évacué
• Assure la protection du produit
• Confinement à haute sécurité
• Assure la protection du
produit si flux laminaire
— Classe II
Aérosols et projections
— Classe III
Aérosols et projections
Isolateur à dépression Aérosols et projections
en feuille de plastique
souple
• Confinement à haute sécurité
Ecran anti-projections
Projections de produits chimiques
• Constitue un écran entre
l’opérateur et la manipulation
Pipetteurs
Risques dus au pipettage à la
bouche : ingestion de germes
pathogènes, inhalation des
aérosols produits par la succion
exercée sur la pipette, expulsion
de liquide ou chute de gouttes,
contamination de l’extrémité de la
pipette servant à aspirer
• Facilité d’utilisation
• Pas de contamination de
l’extrémité pour l’aspiration,
protection du pipetteur, de
l’utilisateur et du circuit de
vide (conduites d’aspiration)
• Stérilisation possible
• Pas de fuite par la pointe de
la pipette
Anse
micro-incinérateurs,
Anses jetables
Projections provenant des anses
de transfert
• Protection par un tube fermé
à une extrémité en verre ou
en céramique,chauffé au gaz
ou à l’électricité
• Jetables, chauffage inutile
Récipients étanches
Aérosols, produits répandus par
pour recueillir et
suite de renversements ou de
transporter le matériel fuites
infectieux à stériliser
dans une installation
appropriée de
l’établissement
• Construction étanche, munie
d’un couvercle
• Résistance à l’usure
• Autoclavables
• 69 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
EQUIPEMENTS ET
INSTRUMENTS
RISQUES
CARACTÉRISTIQUES DE SÉCURITÉ
Conteneurs pour
objets pointus ou
tranchants
Piqûres et coupures
• Autoclavables
• Anti-piques, robustes
Conteneurs de
transport d’un
laboratoire ou d’un
établissemement à
l’autre
Libération de micro-organismes
dans l’environnement
• Robustes
• Conteneurs primaires et
secondaires étanches à l’eau
(antifuites)
• Matériau absorbant retenant
les liquides
Autoclaves,
manuels ou
automatiques
Objets et matériel contaminés
(sécurisés en vue de leur
élimination ou réutilisation)
• Modèles agréés
• Efficacité de la stérilisation par
la chaleur
Flacons à bouchon
vissé
Aérosols et produits répandus
• Confinement efficace
Protection du circuit
de vide ou
conduites
d’aspiration
Contamination du circuit de vide
ou des conduites d’aspiration par
des aérosols ou le débordement
de liquides
• Un filtre à cartouche arrête
les aérosols (diamètre des
particules 0,45 mm)
• La fiole à trop-plein contient
un désinfectant approprié.
On peut utiliser un flotteur
en caoutchouc pour couper
automatiquement la
dépression quand la fiole est
pleine
• Le système peut être
entièrement autoclavé
l’extrémité est munie de gants jetables. L’isolateur est équipé d’un manomètre pour
la surveillance de la pression à l’intérieur de l’enveloppe plastique.
Les isolateurs en film souple sont utilisés pour manipuler les micro-organismes
à haut risque (groupes de risque 3 ou 4) sur le terrain, dans des conditions où il
serait impossible ou imprudent d’installer et d’utiliser des enceintes de sécurité
biologique classiques.
Pipetteurs
Le pipettage doit toujours se faire au moyen de pipetteurs. Le pipettage à la bouche
est absolument interdit.
On ne saurait trop insister sur l’importance des dispositifs de pipettage. Les accidents les plus courants liés au pipettage sont dus au pipettage à la bouche. L’aspiration par la bouche et l’ingestion de produits dangereux sont responsables d’un grand
nombre d’infections et d’accidents de laboratoire.
• 70 •
11. EQUIPEMENTS DE SÉCURITÉ
Des germes pathogènes peuvent également être véhiculés jusqu’à la bouche si le
doigt avec lequel on ferme la pipette a été contaminé. Le pipettage à la bouche présente
un autre danger beaucoup moins connu, à savoir l’inhalation des aérosols qui se
forment pendant l’aspiration. Le cotonnage des pipettes n’assure pas une filtration
microbiologique satisfaisante, en pression positive ou négative, et des particules
peuvent traverser le coton. Si celui-ci est très serré, on risque d’aspirer fortement, et
en conséquence, d’aspirer le coton, l’aérosol et même le liquide. L’utilisation de pipetteurs permet donc d’éviter l’ingestion de germes pathogènes.
Des aérosols peuvent également se former lorsqu’une goutte de liquide tombe sur
un plan de travail, lorsqu’on mélange une culture par aspirations et refoulements successifs, et lorsqu’on souffle pour évacuer la dernière goutte de la pipette. On peut éviter
l’inhalation des aérosols qui se forment inévitablement au cours du pipettage en travaillant dans une enceinte de sécurité biologique.
Les pipetteurs seront choisis avec soin. Ils seront conçus et utilisés de manière à ne
pas créer de risque supplémentaire d’infection et ils doivent pouvoir être nettoyés et
stérilisés facilement. Des pipettes dont la pointe est munie d’un embout (antiaérosols) doivent être utilisées pour la manipulation des micro-organismes et des cultures cellulaires.
Les pipettes dont l’extrémité d’aspiration est ébréchée ou fêlée ne seront pas utilisées car elles endommagent le joint étanche des dispositifs de pipettage et comportent donc un risque.
Homogénéiseurs, agitateurs secoueurs, mélangeurs et générateurs d’ultrasons
Les homogénéiseurs domestiques (utilisés à la cuisine) ne sont pas hermétiques et
libèrent des aérosols. On utilisera exclusivement des homogénéiseurs conçus pour les
laboratoires.Ils sont construits de manière à réduire ou empêcher la libération d’aérosols.
Les broyeurs, que l’on peut utiliser maintenant pour traiter de petits ou de gros volumes
de matériel biologique, peuvent également entraîner la formation d’aérosols.
Lorsque des homogénéiseurs sont utilisés pour traiter du matériel contenant des
micro-organismes du groupe de risque 3, ils doivent toujours être chargés et réouverts dans une enceinte de sécurité biologique.
Les générateurs d’ultrasons peuvent entraîner la formation d’aérosols. Ils seront
utilisés dans des enceintes de sécurité biologique ou couverts par un écran protecteur
pendant l’utilisation. L’écran et l’extérieur du générateur d’ultrasons seront décontaminés après usage.
Anses à usage unique
L’avantage des anses à usage unique tient à ce qu’elles n’ont pas besoin d’être passées
à la flamme et qu’elles peuvent donc être utilisées dans des enceintes de sécurité
biologique où les becs Bunsen et les micro-incinérateurs perturberaient le flux laminaire. Ces anses seront mises à tremper dans un désinfectant après usage et éliminées
selon la procédure applicable aux déchets contaminés (voir chapitre 3).
• 71 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Micro-incinérateurs
Les micro-incinérateurs fonctionnant au gaz ou à l’électricité comportent une protection en verre au borosilicate ou en céramique qui réduit les projections et la dispersion du matériel infecté lorsque les anses sont stérilisées. Ils peuvent cependant
perturber le flux laminaire et doivent donc être disposés vers le fond du plan de travail
de l’enceinte.
Equipements et vêtements de protection individuelle
Les équipements et vêtements destinés à la protection individuelle constituent une
barrière matérielle qui réduit le risque d’exposition aux aérosols, aux éclaboussures
ou encore le risque d’inoculation accidentelle. Ces équipements ou vêtements doivent
être portés pour travailler au laboratoire. Avant de quitter le laboratoire, il faut les ôter
puis se laver les mains. Le tableau 11 décrit succintement quelques types d’équipement
de protection utilisés au laboratoire et les risques contre lesquels ils protègent.
Blouses, sarraus, combinaisons et tabliers de laboratoire
Il est préférable que les blouses de laboratoire soient entièrement boutonnées. Cela
étant, les sarraus ou les combinaisons à manches longues boutonnées sur l’arrière protègent mieux que les blouses de laboratoire et ont la préférence dans les laboratoires
de microbiologie ou pour travailler avec une enceinte de sécurité biologique. Si nécessaire, on peut porter un tablier sur la blouse ou le sarrau pour mieux se protéger en
cas de renversement de produits chimiques ou de matériel biologique comme le sang
ou les milieux de culture liquides. L’établissement doit disposer d’un service de blanchisserie sur place ou à proximité.
Les blouses de laboratoires, sarraus, combinaisons ou tabliers ne doivent pas être
portés hors des locaux du laboratoire.
Lunettes à coques, lunettes de sécurité et écrans faciaux
Le choix d’un équipement destiné à protéger les yeux et la face contre les éclaboussures, les projections ou les chocs dépend de la nature des activités auxquelles se livre
l’opérateur. Il existe des lunettes de vue ou des lunettes non correctrices en matériau
incassable dont la monture est spécialement conçue pour que les verres soient montés
par l’avant et qui sont incurvées ou dotées d’écrans latéraux (lunettes de sécurité).
Ces lunettes de sécurité ne protègent pas très bien contre les éclaboussures ou
projections, même quand elles sont dotées d’écrans latéraux. Pour se protéger
contre les projections et les chocs, il faut porter des lunettes à coques, le cas échéant
par dessus les lunettes de vue ou les lentilles de contact (lesquelles ne protègent pas
des risques chimiques ou biologiques). Les écrans faciaux (visières) sont en plastique
incassable, ils s’adaptent sur le visage et sont maintenus au moyen de sangles ou d’un
serre-tête.
Les lunettes à coques et les lunettes de sécurité ne doivent pas être portées hors des
locaux du laboratoire.
• 72 •
11. EQUIPEMENTS DE SÉCURITÉ
Tableau 11. Les équipements de protection individuelle
EQUIPEMENT
RISQUE ÉVITÉ
CARACTÉRISTIQUES DE SÉCURITÉ
Blouses et sarraus de
laboratoire
Contamination des vêtements
• Boutonnage par l’arrière
• Couvrent les vêtements de ville
Tabliers de plastique
Contamination des vêtements
• Etanches à l’eau
Chaussures
Chocs et éclaboussures
• Bout fermé
Lunettes à coques
Chocs et éclaboussures
• Verres antichocs (doivent être
correcteurs ou portés par
dessus les lunettes de vue)
Lunettes de sécurité
Chocs
• Verres antichocs (doivent être
correcteurs)
• Ecrans latéraux
Ecrans faciaux
Chocs et éclaboussures
• Protègent entièrement le visage
• S’enlèvent facilement en cas
d’accident
Appareils et masques
respiratoires
Inhalation d’aérosols
• Différents modèles : jetable à
usage unique; avec masque
complet ou demi-masque et
cartouche d’épuration de
l’air; à adduction d’air filtré à
pression positive
intermittente; à adduction
d’air
Gants
Contact direct
avec des microorganismes
• Jetables, certifiés de qualité
microbiologique, en PVC,
latex ou polyacrylonitrile
• Protection des mains
• A mailles
Coupures
Appareils respiratoires
Une protection respiratoire peut se révéler nécessaire lorsqu’on procède à des manipulations particulièrement dangereuses (par ex. le nettoyage d’une surface où du
matériel infectieux a été répandu). Le choix de tel ou tel appareil dépend de la nature
du danger. Certains de ces appareils sont munis de filtres interchangeables pour la
protection contre les gaz, les vapeurs, les particules et les micro-organismes. Il est
impératif d’utiliser un filtre adapté au type d’appareil respiratoire utilisé. Pour une
protection optimale, il faut veiller à bien adapter le masque à la face de l’utilisateur et
procéder à un essai. Il existe également des appareils respiratoires totalement
• 73 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
autonomes alimentés en air par un système intégré; ces dispositifs assurent une protection totale. Pour choisir l’appareil qui convient, il est prudent de s’adresser à un
spécialiste qualifié, par exemple un ingénieur hygiène et sécurité. Les masques chirurgicaux n’ont d’autre but que de protéger le patient et ne confèrent aucune protection
respiratoire à ceux qui les portent. Il existe des appareils respiratoires jetables à usage
unique (ISO 13.340.30) qui sont conçus pour protéger contre l’exposition aux agents
biologiques.
Les appareils respiratoires ne doivent pas être portés hors des locaux du
laboratoire.
Gants
Les mains peuvent être contaminées au cours de certaines manipulations. Elles sont
également exposées aux coupures et aux piqûres. Les gants de type chirurgical certifiés de qualité microbiologique, en latex, PVC ou polyacrylonitrile sont très utilisés
pour les travaux de laboratoire en général, comme pour la manipulation d’agents
infectieux ou de sang et de liquides organiques contaminés. On fait également usage
de gants réutilisables, mais il faut veiller à les ôter correctement et à les laver, nettoyer
et désinfecter scrupuleusement.
Lorsqu’on a manipulé du matériel infectieux, travaillé avec une enceinte de sécurité biologique ou qu’on s’apprêter à quitter le laboratoire, il faut ôter les gants et se
laver soigneusement les mains. Les gants jetables qui ont été utilisés doivent être
éliminés avec les déchets infectieux.
Des cas de réactions allergiques telles que dermatites ou hypersensibilisation immédiate ont été observés chez certains personnels de laboratoire ou d’autres travailleurs
qui avaient porté des gants en latex, notamment des gants poudrés. On devrait
pouvoir disposer d’autres gants que des gants poudrés en latex.
Lorsqu’il y a risque de coupure, comme cela peut être le cas à l’occasion d’une
autopsie, il faut porter des gants en mailles d’acier inoxydable. Il est toutefois à noter
que ces gants protègent contre les coupures ou les entailles mais pas contre les piqûres.
Les gants ne doivent pas être portés hors des locaux du laboratoire.
Pour de plus amples informations, le lecteur est prié de se reporter aux références 12,
17 et 18.
• 74 •
PARTIE IV
Bonnes techniques
microbiologiques
12. Techniques de laboratoire
L’erreur humaine, une mauvaise technique et le mauvais usage des équipements et de
l’appareillage sont à l’origine de la plupart des lésions et infections attribuables aux
activités exercées dans un laboratoire. On trouvera dans le présent chapitre un recueil
de techniques destinées à éviter ou à réduire au minimum les problèmes de cette
nature qui surviennent le plus fréquemment.
Règles de sécurité pour la manipulation des échantillons au laboratoire
Si le prélèvement, le transport et la réception des échantillons au laboratoire ne sont
pas effectués correctement, il existe un risque d’infection pour le personnel.
Conteneurs à échantillons
Les conteneurs à échantillons peuvent être en verre ou de préférence en matière plastique. Ils doivent être solides et ne pas fuir lorsque le bouchon ou le capuchon est
placé correctement. L’extérieur du conteneur doit être propre, sans trace de matériel.
Les conteneurs doivent être correctement étiquetés pour faciliter l’identification. Les
formulaires de demandes d’échantillons ou les fiches techniques ne doivent pas servir
à emballer les conteneurs, mais seront placés dans des enveloppes séparées, de
préférence résistantes à l’eau.
Transport des échantillons à l’intérieur de l’établissement
Pour éviter qu’il y ait des fuites ou du matériel répandu accidentellement, on utilisera des conteneurs secondaires, des boîtes par exemple, munis de portoirs de façon
que le récipient contenant l’échantillon ne se renverse pas. Les conteneurs secondaires
peuvent être en métal ou en matière plastique, mais doivent être autoclavables ou
résistants aux désinfectants chimiques et le couvercle doit de préférence être muni
d’un joint d’étanchéité. Ils seront régulièrement décontaminés.
Réception des échantillons
Les laboratoires qui reçoivent un grand nombre d’échantillons devront réserver une
pièce ou une zone particulière à cet effet.
Ouverture des colis
Le personnel qui reçoit et défait l’emballage des échantillons doit connaître les risques
qu’il court et on doit lui avoir appris à respecter les précautions d’usage (2),
• 77 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
notamment en présence d’un conteneur brisé ou qui fuit. Les conteneurs primaires
doivent être ouverts dans une enceinte de sécurité biologique. Le personnel doit avoir
des désinfectants à sa disposition.
Utilisation des pipettes et des dispositifs de pipettage
1. On utilisera toujours un dispositif de pipettage (pipetteur, propipette). Le pipettage à la bouche doit être interdit.
2. Toutes les pipettes doivent être cotonnées pour réduire la contamination du
dispositif.
3. Ne jamais souffler dans une pipette placée dans un liquide contenant des agents
infectieux.
4. Les matériels infectieux ne seront jamais mélangés par aspirations et refoulements
successifs.
5. Ne pas souffler dans les pipettes pour en chasser le liquide.
6. Les pipettes à deux traits sont préférables aux autres, puisqu’on n’est pas obligé de
souffler pour les vider.
7. Les pipettes contaminées seront complètement immergées dans un désinfectant
approprié placé dans un récipient incassable. On les laissera tremper suffisamment
longtemps avant de les éliminer.
8. Un récipient pour les pipettes usagées sera placé à l’intérieur de l’enceinte de sécurité biologique (et non à l’extérieur).
9. On ne doit pas utiliser de seringue munie d’une aiguille hypodermique pour pipetter.
10. Il existe des dispositifs qui permettent d’ouvrir les flacons capsulés au moyen d’une
pipette, ce qui évite l’utilisation des aiguilles hypodermiques et des seringues.
11. Pour éviter la dispersion du matériel infectieux qui tomberait accidentellement de
la pipette, on placera sur le plan de travail un matériau absorbant qui sera ensuite
éliminé selon la procédure applicable aux déchets infectieux.
Comment éviter la dissémination de matériel infectieux
1. Pour éviter que les anses de transfert ne répandent prématurément leur contenu, il
faut que l’anneau ait un diamètre de 2 à 3 mm et qu’il soit entièrement fermé. Le
manche ne doit pas dépasser 6 cm de long pour réduire le plus possible les vibrations.
2. On évitera le risque de projections de matériel infectieux par la flamme nue d’un
bec Bunsen en utilisant un micro-incinérateur pour stériliser les anses de
transfert. Toutefois, il est préférable d’utiliser des anses à usage unique qui n’ont
pas besoin d’être restérilisées.
3. En séchant les échantillons d’expectorations, on s’efforcera d’éviter la formation
d’aérosols.
4. Les échantillons et les cultures destinés à être autoclavés ou éliminés seront placés
dans des conteneurs étanches, par exemple des sacs poubelle de laboratoire. Il faut
en fermer l’extrémité avec du ruban adhésif autoclavable avant de les jeter dans
les poubelles.
• 78 •
12. TECHNIQUES DE LABORATOIRE
5. Les zones de travail doivent être décontaminées avec un désinfectant approprié à
la fin de chaque période de travail.
Pour de plus amples informations, le lecteur est prié de consulter la référence (12).
Utilisation des enceintes de sécurité biologique
1. L’utilisation et les contraintes des enceintes de sécurité biologique seront
expliquées à tous les utilisateurs potentiels (voir chapitre 10), en se référant
aux normes nationales et à la documentation appropriée. Des protocoles
écrits, des manuels d’hygiène et sécurité ou des manuels d’utilisation seront
remis au personnel. Il doit être clairement expliqué, en particulier, que l’enceinte
ne protège pas l’opérateur contre les éclaboussures, la casse ou les erreurs de
manipulation.
2. L’enceinte ne doit pas être utilisée si elle ne fonctionne pas correctement.
3. Le panneau d’observation vitré ne doit pas être ouvert lorsque l’enceinte est en
fonctionnement.
4. Pour travailler, on conservera dans l’enceinte le moins possible d’appareils et de
matériel. Il ne faut pas bloquer la circulation de l’air dans le volume ou la gaine
arrière de l’enceinte.
5. Il ne faut pas utiliser de becs Bunsen dans l’enceinte. En effet, la chaleur dégagée
dévierait le flux laminaire et pourrait endommager les filtres. On peut se servir
d’un micro-incinérateur mais les anses jetables stériles sont préférables.
6. La totalité des opérations seront réalisées au centre ou dans la partie arrière du
plan de travail et devront être visibles par le panneau d’observation.
7. Il faut éviter qu’il y trop de passages derrière l’opérateur.
8. L’opérateur ne doit pas perturber le flux laminaire en passant les bras dans l’enceinte ou en les retirant à plusieurs reprises.
9. Il ne faut pas bloquer les grilles en entassant des notes, des pipettes ou d’autres
objets car cela a pour effet de perturber la circulation de l’air et risque d’exposer
l’opérateur et le matériel à une contamination.
10. Une fois la manipulation achevée et à la fin de la journée de travail, il faut désinfecter la surface de l’enceinte avec un produit approprié.
11. Le ventilateur de l’enceinte doit continuer à fonctionner au moins 5 minutes après
la fin de la manipulation.
12. Il ne faut jamais introduire de paperasse dans une enceinte de sécurité biologique.
Des informations complémentaires sur les enceintes de sécurité biologique sont
données au chapitre 10.
Comment éviter l’ingestion de matériel infectieux
et le contact avec la peau et les yeux
1. Les particules et les gouttelettes de grande taille (>5 mm) formées pendant les
manipulations de microbiologie se déposent rapidement sur la paillasse et les
• 79 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
mains de l’opérateur, aussi celui-ci doit-il porter des gants jetables et éviter de
porter ses mains à son visage, à sa bouche et à ses yeux.
2. Il ne faut pas consommer ou conserver de la nourriture ou des boissons dans le
laboratoire.
3. Il ne faut pas mettre dans sa bouche des objets tels que crayons ou stylos ni mâcher
du chewing-gum lorsqu’on se trouve dans le laboratoire.
4. Il ne faut pas se maquiller dans le laboratoire.
5. Il convient d’utiliser un dispositif pour se protéger le visage, la bouche et les yeux
(écran facial ou autre) pendant toute opération risquant de donner lieu à des projections de matériel infectieux.
Comment éviter l’inoculation accidentelle de matériel infectieux
1. Si l’on effectue les différentes manipulations et opérations avec le soin voulu, on
peut éviter de s’inoculer accidentellement du matériel infectieux avec des débris
de verre. De toute façon, il est préférable de remplacer le verre par du plastique
lorsque cela est possible.
2. Un accident avec des aiguilles ou seringues hypodermiques, des pipettes Pasteur
en verre ou du verre brisé peut entraîner l’inoculation de matériel infectieux.
3. Les piqûres d’aiguille peuvent être évitées : a) en limitant au minimum nécessaire
l’utilisation des seringues et des aiguilles (il existe des dispositifs simples qui permettent d’ouvrir les flacons capsulés et d’utiliser alors une pipette plutôt qu’une
seringue); b) en utilisant des dispositifs spéciaux de protection lorsque l’emploi
d’une seringue est nécessaire.
4. Il ne faut jamais remettre l’embout sur l’aiguille. Le matériel à usage unique doit être
jeté dans des conteneurs spéciaux imperforables (anti-piques) munis d’un couvercle.
5. On remplacera les pipettes Pasteur en verre par leur équivalent en matière plastique.
Séparation du sérum
1. Cette opération ne sera effectuée que par un personnel spécialement formé.
2. Il faut porter des gants ainsi qu’un dispositif pour protéger les yeux et les
muqueuses.
3. Les projections et les aérosols ne peuvent être évités ou réduits qu’ au moyen d’une
bonne technique. Le sang et le sérum seront pipettés avec soin et non versés d’un
récipient dans l’autre. Le pipettage à la bouche est interdit.
4. Après usage, les pipettes seront plongées complètement dans un bain désinfectant
approprié. Il faut les laisser tremper pendant une durée suffisante avant élimination ou lavage et stérilisation en vue de leur réutilisation.
5. Les tubes à échantillons contenant des caillots de sang ou autre et destinés à être
éliminés seront rebouchés avec leur capuchon et placés dans un récipient étanche
approprié dans lequel ils seront autoclavés et incinérés.
6. Il faut disposer de désinfectants appropriés pour nettoyer les éclaboussures ou les
liquides répandus (voir chapitre 14).
• 80 •
12. TECHNIQUES DE LABORATOIRE
Utilisation des centrifugeuses
1. Le bon fonctionnement mécanique des centrifugeuses de laboratoire est un
élément indispensable de la sécurité microbiologique.
2. La centrifugeuse doit être utilisée conformément aux instructions du fabricant.
3. La centrifugeuse sera placée à une hauteur telle que l’opérateur puisse voir à l’intérieur de la cuve pour disposer correctement les godets (ou les pots ou nacelles
selon le cas) sur les tourillons.
4. Les tubes à centrifuger ainsi que les récipients contenant les échantillons devront
être en verre épais ou de préférence en matière plastique et ils devront être inspectés avant usage à la recherche de défauts éventuels.
5. Il faut que les tubes à centrifuger ou les récipients contenant les échantillons soient
bien fermés (si possible avec un bouchon vissé).
6. Les godets doivent être remplis, équilibrés, fermés et ouverts dans une enceinte de
sécurité biologique.
7. Les pots (godets ou nacelles, etc.) fixés sur les tourillons seront appariés d’après
leur poids et correctement équilibrés une fois les tubes en place.
8. Le volume à laisser libre entre la surface du liquide et le bord du tube à centrifuger
doit être indiqué dans les instructions du fabricant.
9. Pour l’équilibrage des pots vides, on utilisera de l’eau distillée ou de l’alcool
(propanol à 70 %). Les solutés salins ou les solutions d’hypochlorite sont à éviter
car ils corrodent les métaux.
10. Des pots à centrifuger fermant hermétiquement (pots de sécurité) doivent être
utilisés pour les micro-organismes appartenant aux groupes de risque 3 et 4.
11. Si l’on utilise des rotors angulaires, il faut veiller à ce que les tubes ne soient pas
trop remplis pour éviter le risque de fuite.
12. L’intérieur de la cuve de la centrifugeuse sera inspecté tous les jours à la recherche
de taches ou de souillures au niveau du rotor. En présence de salissures manifestes,
les protocoles de centrifugation seront réexaminés.
13. Les godets (pots ou nacelles) ainsi que le rotor seront inspectés chaque jour à la
recherche de signes de corrosion ou de fissures, si fines soient-elles.
14. Les godets (pots ou nacelles), le rotor et la cuve de la centrifugeuse seront décontaminés après chaque usage.
15. Après utilisation, les pots seront retournés et conservés ainsi pour que le liquide
d’équilibrage puisse sécher.
16. Des particules infectieuses aéroportées sont parfois éjectées à la centrifugation. Ces
particules se déplacent à une vitesse trop élevée pour pouvoir être captées par le
courant d’air si la centrifugeuse est placée dans une enceinte de sécurité biologique
traditionnelle de classe I ou II à ouverture frontale. En plaçant la centrifugeuse
dans une enceinte de classe III, on évite la trop grande dispersion des aérosols émis
par l’appareil. Toutefois, une bonne technique de centrifugation et l’utilisation de
tubes soigneusement fermés offrent une protection satisfaisante contre les aérosols
infectieux et les particules en suspension.
• 81 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Utilisation des homogénéiseurs, des agitateurs secoueurs,
des mélangeurs et des générateurs d’ultrasons
1. Les homogénéiseurs domestiques (utilisés à la cuisine) ne seront pas utilisés au
laboratoire car ils peuvent fuir ou donner lieu à la formation d’aérosols. Les
homogénéiseurs, mélangeurs et broyeurs de laboratoire présentent moins de
danger.
2. Les couvercles, bols, fioles ou flacons doivent être en bon état, sans défaut ni déformation. Le couvercle doit être parfaitement adapté et le joint en bon état.
3. Lorsque les homogénéiseurs, agitateurs ou générateurs d’ultrasons sont en
marche, la pression monte à l’intérieur du bol. Des aérosols contenant des germes
infectieux risquent alors de s’échapper par l’interstice entre le couvercle et le récipient. Les bols en plastique et particulièrement en polytétrafluoréthylène (PTFE)
sont recommandés car le verre peut se briser, libérant le matériel infectieux et
risquant de blesser l’opérateur.
4. Pendant l’utilisation, ces appareils doivent être couverts d’un boîtier transparent
robuste en matière plastique qui sera désinfecté après usage. Si possible, on fera
fonctionner l’appareil recouvert de son boîtier en plastique à l’intérieur d’une
enceinte de sécurité biologique.
5. L’opération terminée, le conteneur sera ouvert dans une enceinte de sécurité
biologique.
6. Une protection auditive doit être fournie au personnel qui utilise des générateurs
d’ultrasons.
Utilisation des broyeurs de tissus
1. Les broyeurs en verre seront enveloppés dans un tampon de matériau absorbant
et tenus par un opérateur ganté. Les broyeurs en matière plastique (PTFE) sont
plus sûrs.
2. Les broyeurs de tissus seront utilisés et ouverts dans une enceinte de sécurité
biologique.
Entretien et utilisation des réfrigérateurs et congélateurs
1. Les réfrigérateurs, les congélateurs et les enceintes à dioxyde de carbone solide
(carboglace) seront dégivrés et nettoyés périodiquement et les ampoules, les tubes,
etc. cassés pendant la conservation, retirés. On portera une protection faciale et
des gants en caoutchouc résistants pour effectuer ce travail. Après nettoyage, les
surfaces intérieures de l’enceinte seront désinfectées.
2. Tous les récipients conservés dans les réfrigérateurs, etc. doivent être clairement
étiquetés, en indiquant le nom scientifique du contenu, la date de stockage et le
nom de la personne qui les a stockés. Le matériel ancien ou sans étiquette sera
autoclavé et éliminé.
3. Il faut tenir un inventaire du contenu des congélateurs.
• 82 •
12. TECHNIQUES DE LABORATOIRE
4. Les solutions inflammables ne doivent pas être conservées dans un réfrigérateur
qui n’est pas antidéflagrant. Une étiquette de mise en garde sera apposée à cet effet
sur la porte des réfrigérateurs.
Ouverture des ampoules contenant du matériel infectieux lyophilisé
On devra prendre des précautions lorsqu’on ouvre des ampoules de matériel lyophilisé
car l’entrée brutale de l’air, alors que l’intérieur de l’ampoule peut se trouver à une
pression inférieure, risque de disperser une partie de son contenu dans l’atmosphère.
Les ampoules doivent toujours être ouvertes dans une enceinte de sécurité biologique.
Il est recommandé de procéder comme suit :
1. Décontaminer tout d’abord l’extérieur de l’ampoule.
2. Faire un trait de lime sur le tube à peu près au milieu du tampon de coton ou de
cellulose, le cas échéant.
3. Envelopper l’ampoule avec de l’ouate imbibée d’alcool pour se protéger les mains
avant de la briser au niveau du trait de lime.
4. Retirer délicatement la partie supérieure et traiter comme du matériel contaminé.
5. Si le tampon de coton est encore en place au-dessus du contenu de l’ampoule, le
retirer avec des pinces stériles.
6. Mettre le lyophilisat en suspension en versant lentement le liquide destiné à cet
effet de manière à éviter la formation de mousse.
Stockage des ampoules contenant du matériel infectieux
Les ampoules contenant du matériel infectieux ne doivent jamais être immergées dans
de l’azote liquide, les ampoules mal scellées ou fissurées risquant de se briser ou d’exploser à la sortie. S’il est nécessaire d’atteindre des températures très basses, les
ampoules ne seront conservées que dans la phase gazeuse, au-dessus de l’azote liquide.
On peut aussi stocker le matériel infectieux dans des cryostats ou sur carboglace. Le
personnel chargé de retirer les ampoules cryoconservées doit se protéger les yeux et
les mains.
La surface extérieure des ampoules cryoconservées sera désinfectée lorsqu’elles
seront retirées après stockage.
Précautions d’usage pour manipuler du sang et autres liquides biologiques, des
tissus et des excreta
Les précautions d’usage indiquées ci-dessous (qui incluent les «précautions
universelles» (19)) sont destinées à réduire le risque de transmission de microorganismes dont l’origine est connue ou inconnue (2).
Récolte, étiquetage et transport d’échantillons
1. Il faut observer ces précautions d’usage dans tous les cas et porter des gants quelle
que soit la manipulation.
• 83 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
2. Le prélèvement de sang sur des malades ou des animaux doit être effectué par du
personnel expérimenté.
3. Pour les ponctions veineuses, on remplacera la seringue classique par un dispositif
de sécurité à usage unique (tube à prélèvement sous vide) qui permet de prélever
le sang directement dans un tube de transport ou de culture fermé qui met ensuite
l’aiguille automatiquement hors d’usage (par obturation ou rétraction).
4. Les tubes devront être placés dans des conteneurs appropriés pour être transportés
jusqu’au laboratoire (voir le chapitre 15 pour les conditions à observer durant le
transport) ou dans les locaux mêmes (se reporter à la section du présent chapitre
consacrée au transport des échantillons à l’intérieur de l’établissement). Les formulaires de demande devront être placés dans des sacs ou des enveloppes séparés
résistants à l’eau.
5. Le personnel qui réceptionne les échantillons ne doit pas ouvrir ces sacs.
Ouverture des tubes à échantillon et échantillonnage
1. Les tubes à échantillon seront ouverts dans une enceinte de sécurité biologique.
2. Le port de gants est obligatoire. Il est également recommandé de se protéger les
yeux et les muqueuses (au moyen de lunettes à coque ou d’un écran facial).
3. Les vêtements protecteurs seront complétés par un tablier en plastique.
4. Pour éviter éclaboussures ou projections, le bouchon sera saisi avec une feuille de
papier ou un morceau de gaze.
Verre et objets tranchants ou pointus
1. Dans la mesure du possible, le verre sera remplacé par du plastique. Seul le verre
de qualité « laboratoire » (au borosilicate) devra être utilisé et le matériel ébréché
ou fêlé sera jeté.
2. Il ne faut pas utiliser des aiguilles hypodermiques en guise de pipettes (voir également, dans le présent chapitre, la section intitulée: Comment éviter l’inoculation
accidentelle de matériel infectieux).
Frottis/gouttes épaisses
La fixation et la coloration des échantillons de sang, d’expectorations et de selles aux
fins d’examen microscopique ne tuent pas obligatoirement tous les micro-organismes
ou les virus qu’ils contiennent. Il faut donc manipuler les frottis et les gouttes épaisses
avec des pinces, les conserver de manière appropriée et les décontaminer ou les autoclaver avant élimination.
Appareils automatiques (générateurs d’ultrasons, agitateurs vortex)
1. Il faut utiliser des appareils confinés pour éviter la dissémination de gouttelettes
ou d’aérosols.
2. Les effluents seront recueillis dans des récipients fermés pour autoclavage ultérieur
et élimination.
• 84 •
12. TECHNIQUES DE LABORATOIRE
3. L’appareillage doit être désinfecté à l’issue de chaque séance de travail, en suivant
les instructions du fabricant.
Tissus
1. Il faut utiliser des fixateurs formolés.
2. Les coupes à la congélation doivent être évitées. Si nécessaire, on protégera le cryostat au moyen d’un écran et l’opérateur devra porter un écran facial. Pour la
décontamination, on remontera la température de l’appareil à 20 °C.
Décontamination
Les hypochlorites et les désinfectants puissants sont recommandés pour la décontamination. Une solution d’hypochlorite fraîchement préparée doit contenir 1g/litre de
chlore actif lorsqu’elle est destinée à l’usage général et 5g/litre si elle est utilisée pour
nettoyer du sang répandu. Le glutaraldéhyde peut être utilisé pour décontaminer les
surfaces (voir chapitre 14).
Précautions à prendre avec du matériel pouvant contenir des prions
Les prions (également désignés sous le nom de « virus lents ») sont associés aux
encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST), en particulier à la maladie de
Creutzfeldt-Jakob (MCJ ; y compris la nouvelle variante), à la maladie de GertsmannSträussler-Scheinker, à l’insomnie fatale familiale et au kuru chez l’homme, à la tremblante chez les ovins et les caprins, à l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) chez
les bovins et à d’autres encéphalopathies transmissibles des cervidés, de l’élan et du
vison. Si l’on connaît des cas de transmission à l’homme de la maladie de CreutzfeldtJakob, il semble qu’il n’y ait pas de cas prouvé d’infection acquise au laboratoire. La
prudence impose néanmoins d’observer certaines précautions lors de la manipulation
de matériel biologique provenant de sujets humains ou d’animaux potentiellement
infectés.
Lorsqu’on envisage des travaux sur du matériel biologique susceptible de contenir
un agent associé à des EST, le choix du niveau de sécurité biologique va dépendre de
la nature de l’agent et des échantillons à étudier et il doit se faire en consultation avec
les autorités nationales compétentes. C’est dans les tissus du système nerveux central
que l’on trouve les concentrations les plus élevées de prions. Les études effectuées sur
l’animal indiquent toutefois qu’il est probable que de fortes concentrations de prions
soient également présentes dans la rate, le thymus, les ganglions lymphatiques et les
poumons. Selon des travaux récents, des prions présents dans les muscles squelettiques et dans les tissus musculaires de la langue pourraient également constituer un
risque de contamination (20–23).
Comme il est difficile d’inactiver complètement les prions, il convient d’insister sur
la nécessiter d’utiliser autant que possible des instruments jetables et de prévoir un
dispositif de protection également jetable pour couvrir le plan de travail de l’enceinte
de sécurité biologique.
• 85 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
La principale précaution à observer par l’opérateur consiste à éviter l’ingestion de
matériel contaminé ainsi que toute piqûre cutanée. Ces agents n’étant pas détruits par
les procédés habituels de désinfection et de stérilisation utilisés au laboratoire, il convient de prendre les précautions complémentaires suivantes:
1. Il est vivement recommandé d’utiliser des équipements spécialement dédiés à
ces travaux, c’est-à-dire qui ne sont pas partagés avec les autres laboratoires de
l’établissement.
2. Le port de vêtements protecteurs (sarraus et tabliers) et de gants (gants d’autopsie complétés par des gants en mailles d’acier) est obligatoire.
3. Il est vivement recommandé d’utiliser du matériel jetable en matière plastique, qui
puisse être traité et éliminé comme déchets secs.
4. Les appareils automatiques de traitement des tissus ne seront pas utilisés en raison
des difficultés de désinfection. On utilisera à la place des bocaux et des béchers.
5. Toutes les manipulations seront effectuées dans une enceinte de sécurité
biologique.
6. On veillera scrupuleusement à éviter la formation d’aérosols ainsi que les coupures
et les piqûres cutanées.
7. Les tissus fixés au formol seront considérés comme encore infectieux, même après
fixation prolongée.
8. Les échantillons histologiques contenant des prions sont largement inactivés par
un traitement de 1h à l’acide formique à 96 % (24), (25).
9. Les déchets résultant de la manipulation y compris les gants, les sarraus et les
tabliers jetables devront être autoclavés dans un stérilisateur à vapeur pour charge
poreuse, à la température de 134–137 °C, soit pendant un seul cycle de 18 minutes,
soit pendant six cycles successifs de 3 minutes chacun, puis incinérés.
10. Les instruments et le matériel non jetable, comme les gants à mailles d’acier par
exemple, doivent être rassemblés pour être décontaminés.
11. Les déchets liquides infectieux contaminés par des prions doivent être traités
pendant 1 heure par une solution d’hypochlorite de sodium contenant 20 g/litre
de chlore actif (2 %) (concentration finale).
12. Les techniques basées sur la vaporisation de paraformaldéhyde ne font pas baisser
le titre des prions et ces derniers sont également résistants au rayonnement ultraviolet. Il faut néanmoins continuer à décontaminer les enceintes en utilisant les
méthodes traditionnelles (par ex. fumigation au formaldéhyde) pour inactiver les
autres agents pathogènes qui seraient présents.
13. Les enceintes de sécurité biologique et autres surfaces contaminées par des prions
peuvent être décontaminées en leur appliquant pendant 1 heure une solution
d’hypochlorite de sodium à 20 g/litre de chlore actif (2 %).
14. Les filtres à particules de haute efficacité (filtres HEPA) doivent être incinérés à
une température minimum de 1000 °C une fois retirés. Avant d’incinérer le filtre,
il est recommandé de procéder comme suit:
• 86 •
12. TECHNIQUES DE LABORATOIRE
a. vaporiser une laque capillaire sur la face exposée du filtre avant de l’ôter;
b. « ensacher » le filtre pour l’enlever;
c. retirer le filtre du volume du travail en veillant à ce que la chambre de distribution et les gaines inaccessibles ne soient pas contaminées.
15. Les instruments doivent être immergés pendant une heure dans une solution
d’hypochlorite de sodium à 20 g/litre de chlore actif (2 %), puis bien rincés à l’eau
avant l’autoclavage.
16. Les instruments qui ne peuvent pas être autoclavés peuvent être nettoyés en les
trempant à plusieurs reprises pendant 1 heure dans une solution d’hypochlorite
de sodium à 20 g/litre de chlore actif (2 %). Un rinçage soigneux est ensuite nécessaire pour éliminer les résidus d’hypochlorite.
Pour de plus amples informations sur la conduite à tenir avec les agents non conventionnels, le lecteur est prié de se reporter aux références 12, 26 et 27.
• 87 •
13. Plans d’urgence et conduite
à tenir en cas d’urgence
Tous les laboratoires qui travaillent sur des micro-organismes infectieux doivent
instituer les mesures de sécurité qu’exigent les risques présentés par les germes et les
animaux manipulés.
Chaque fois qu’un établissement manipule ou conserve des micro-organismes des
groupes de risque 3 ou 4 (laboratoire de base – sécurité biologique niveau 2, laboratoire de confinement – sécurité biologique niveau 3 et laboratoire de confinement à
haute sécurité – sécurité biologique niveau 4), il est indispensable d’établir par écrit
un plan d’urgence pour faire face au accidents qui pourraient se produire dans le
laboratoire ou l’animalerie. Les autorités sanitaires nationales ou locales doivent être
associées à l’élaboration de ce plan de préparation aux situations d’urgence.
Plan d’urgence
Le plan doit prévoir la conduite à tenir dans différentes situations :
1. Mesures de sécurité en cas de catastrophe, naturelle ou autre : incendie, inondation, séisme ou explosion par exemple.
2. Evaluation du risque biologique.
3. Mesures à prendre d’exposition accidentelle et décontamination.
4. Evacuation d’urgence du personnel et des animaux.
5. Traitement médical d’urgence des personnes exposées et des blessés.
6. Surveillance médicale des personnes exposées.
7. Prise en charge clinique des personnes exposées.
8. Enquête épidémiologique.
9. Suivi de la situation après l’accident.
Lors de l’élaboration de ce plan, il faudra envisager d’inclure les points suivants :
1. Identification des micro-organismes à haut risque.
2. Localisation des zones à haut risque telles que laboratoires, aires de stockage,
animaleries.
3. Idenfication du personnel et des populations à risque.
4. Identification des responsables et de leurs responsabilités : délégué à la sécurité
biologique, équipe de sécurité, autorités sanitaires locales, cliniciens, microbiologistes, vétérinaires, épidémiologistes, pompiers et police.
5. Liste des moyens disponibles pour assurer le traitement et l’isolement des personnes exposées ou contaminées.
• 88 •
13. PLANS D’URGENCE ET CONDUITE À TENIR EN CAS D’URGENCE
6. Transport des personnes exposées ou contaminées.
7. Liste des sources d’immunsérums, de vaccins, de médicaments, de matériel et de
fournitures spécialisés.
8. Approvisionnement en équipements et matériel de secours, par exemple vêtements protecteurs, désinfectants, matériel et fournitures pour la décontamination.
Conduite à tenir en cas d’urgence dans un laboratoire de microbiologie
Accidents par inoculation, coupure et érosion
La personne accidentée doit enlever ses vêtements de protection, laver ses mains ainsi
que la ou les zone(s) atteinte(s), appliquer un désinfectant cutané approprié et si
nécessaire consulter un médecin. Un rapport indiquant la cause de la lésion et la
nature du micro-organisme en cause sera adressé à qui de droit et un dossier médical
complet sera établi de manière appropriée.
Accidents par ingestion de matériel potentiellement infectieux
Il faut ôter ses vêtements protecteurs et consulter un médecin. Un rapport indiquant
la nature du matériel ingéré et les circonstances de l’accident sera adressé à qui de
droit et un dossier médical complet sera établi de manière appropriée.
Formation d’aérosols potentiellement dangereux (hors d’une enceinte de sécurité)
Tout le personnel devra immédiatement évacuer la zone touchée et toute personne
exposée devra être adressée à un médecin. Le chef de laboratoire et le délégué à la sécurité biologique seront immédiatement informés de l’incident. Personne ne doit entrer
dans la pièce pendant une durée suffisante (par ex. 1 h) pour permettre l’évacuation de
l’aérosol et le dépôt des particules lourdes. Si le laboratoire n’est pas doté d’un système
central de ventilation, la réintégration des locaux sera retardée (par ex. de 24 h).
Des panneaux doivent être apposés pour indiquer que l’entrée est interdite. Au bout
d’une période de temps appropriée, on procédera à la décontamination sous la surveillance du délégué à la sécurité biologique. Cette opération doit se faire en portant
des vêtements protecteurs et une protection respiratoire appropriés.
Récipients cassés et substances infectieuses répandues
Les récipients cassés contaminés par des substances infectieuses et les substances infectieuses répandues accidentellement devront être recouverts d’un linge ou de papier
absorbant sur lesquels on versera un désinfectant qu’on laissera reposer pendant une
durée appropriée. Le linge ou le papier absorbant et le matériel cassé pourront ensuite
être enlevés; les morceaux de verre seront manipulés avec une pince. On passera
ensuite une serpillière imprégnée de désinfectant sur la zone contaminée. Si l’on utilise
une pelle pour ramasser les morceaux de verre, il faudra la passer à l’autoclave ou la
tremper dans un bain désinfectant efficace. Les linges, le papier et les serpillières utilisées pour le nettoyage devront être jetés dans une poubelle pour déchets contaminés.
Toutes ces opérations doivent être effectuées avec des gants.
• 89 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Si des documents, formulaires ou autres imprimés ou notes sont contaminés, ils
seront recopiés et les originaux jetés dans une poubelle pour déchets contaminés.
Bris de tubes contenant du matériel potentiellement infectieux dans les
centrifugeuses dépourvues de pots étanches
Si les tubes sont cassés ou présumés cassés pendant que la centrifugeuse tourne, arrêter
le moteur et attendre 30 minutes avant d’ouvrir pour laisser reposer les suspensions.
Si l’accident est découvert après l’ouverture de la centrifugeuse, refermer immédiatement le capot et attendre encore une trentaine de minutes. Dans les deux cas, il faut
prévenir le délégué à la sécurité biologique.
Des gants résistants (par ex. en caoutchouc épais) couverts si nécessaires avec des
gants à usage unique, doivent être portés pendant la totalité des opérations suivantes.
Pour retirer les débris de verre, on utilisera des pinces, éventuellement garnies de
coton.
Les tubes cassés, les morceaux de verre, les pots ou nacelles à centrifuger, les tourillons et le rotor seront placés dans un bain désinfectant non corrosif dont l’efficacité
contre les germes concernés est connue (voir chapitre 14). Les tubes intacts et bouchés
peuvent être placés dans un autre récipient contenant un désinfectant et récupérés
ultérieurement.
La cuve de la centrifugeuse sera nettoyée avec le même désinfectant, convenablement dilué, après quoi on la nettoiera une seconde fois, on la rincera à l’eau et on
la séchera. Tout le matériel utilisé pour le nettoyage sera considéré comme déchets
contaminés.
Bris de tubes à l’intérieur de pots ou de nacelles à centrifuger étanches (de sécurité)
Tous les pots ou nacelles étanches doivent chargés et déchargés dans une enceinte
de sécurité biologique. En cas de bris présumé dans un pot hermétique, il faudra
desserrer de bouchon de sécurité et passer le pot ou la nacelle à l’autoclave. On peut
aussi désinfecter le pot ou la nacelle de sécurité au moyen d’un désinfectant
chimique.
Incendies et catastrophes naturelles
Les services de secours, pompiers notamment, doivent participer à l’élaboration des
plans de préparation aux situations d’urgence. Ils doivent connaître à l’avance les
pièces où se trouve du matériel potentiellement infectieux. Il y avantage à ce que le
personnel de ces services visite le laboratoire pour prendre connaissance de son
agencement et de son contenu.
Après une catastrophe naturelle, les services de secours locaux ou nationaux
doivent être informés des dangers potentiels qui existent à l’intérieur ou au voisinage
des bâtiments. Ils ne pourront y pénétrer qu’accompagnés d’un membre expérimenté
du personnel. Le matériel infectieux devra être recueilli dans des conteneurs étanches
ou des sacs jetables en matériau résistant. Il appartient à l’équipe de sécurité de
• 90 •
13. PLANS D’URGENCE ET CONDUITE À TENIR EN CAS D’URGENCE
déterminer en fonction de la réglementation locale ce qui peut être récupéré et ce qui
doit être jeté.
Services de secours : à qui s’adresser ?
Les numéros de téléphone et adresses suivantes seront placés bien en évidence dans
les locaux de l’établissement :
1. Nom, adresse et plan d’accès de l’établissement ou du laboratoire (pas nécessairement connus par la personne qui appelle ou le service appelé).
2. Directeur de l’établissement ou du laboratoire.
3. Chef de laboratoire.
4. Délégué à la sécurité biologique.
5. Service incendie/pompiers
6. Hôpitaux, ambulances, personnel médical (nom des divers centres de soins, cliniques, services ou du personnel médical, si possible).
7. Police.
8. Médecin.
9. Technicien responsable.
10. Services des eaux, du gaz et de l’électricité.
Equipement et matériel de secours
Les équipements de secours suivants doivent être disponibles :
1. Trousse de premiers secours, comportant des antidotes universels et spécifiques.
2. Extincteurs appropriés et couvertures anti-feu.
La liste complémentaire ci-après, donnée à titre indicatif, pourra être adaptée à la
situation locale :
1. Vêtements de protection totale (combinaisons, gants et cagoules – pour les accidents impliquant des micro-organismes appartenant aux groupes 3 et 4).
2. Masques respiratoires complets avec cartouche filtrante contre les produits
chimiques et les particules.
3. Matériel pour la désinfection des salles, pulvérisateurs et vaporisateurs de
formaldéhyde, par exemple.
4. Civière.
5. Outils, marteaux, haches, clés, tournevis, échelles, cordages par exemple.
6. Matériel de signalisation et de balisage.
Pour de plus amples informations, le lecteur est prié de se reporter aux références 12
et 28.
• 91 •
14. Désinfection et stérilisation
La connaissance des principes de base de la désinfection et de la stérilisation est
d’une importance cruciale pour la sécurité biologique au laboratoire. Comme des
objets très souillés ne peuvent pas être désinfectés et stérilisés rapidement, il est
tout aussi important de connaître les éléments de base du nettoyage préalable à la
désinfection (prénettoyage). Sous ce rapport, les principes généraux exposés dans le
présent chapitre sont applicables à toutes les catégories de germes pathogènes connus.
C’est la nature du travail expérimental et des agents pathogènes manipulés qui détermine les besoins particuliers en matière de décontamination. Les indications générales
qui sont données dans la suite de ce chapitre peuvent servir à mettre au point des
façons de procéder normalisées ou plus spécifiques face aux dangers de nature
biologique qui existent dans un laboratoire donné.
Le temps de contact nécessaire avec un désinfectant donné est propre à chaque substance et à chaque fabricant. C’est pourquoi toutes les recommandations relatives à
l’utilisation des désinfectants doivent être conformes aux spécifications indiquées par
le fabricant.
Définitions
Dans le domaine de la désinfection et de la stérilisation on a recours à une terminologie très variée. Les termes suivants sont parmi les plus couramment employés en
sécurité biologique :
Anti-infectieux : Agent qui tue les micro-organismes ou en inhibe la croissance et la
multiplication.
Antimicrobien : Terme souvent employé comme synonyme d’ « anti-infectieux ».
Antiseptique : Substance qui inhibe la croissance et le développement des microorganismes sans nécessairement les tuer. On applique en général les antiseptiques
sur le revêtement cutané.
Biocide : Terme général qui désigne tout agent capable de tuer des micro-organismes.
Décontamination : Tout processus destiné à éliminer ou tuer des micro-organismes.
Ce terme désigne également l’élimination ou la neutralisation de produits chimiques ou radioactifs dangereux.
• 92 •
14. DÉSINFECTION ET STÉRILISATION
Désinfectant : Substance chimique ou mélange de substances chimiques utilisés pour
tuer des micro-organismes, mais pas nécessairement les spores. Les désinfectants
sont généralement appliqués sur des surfaces ou objets inanimés.
Désinfection : Destruction, par des moyens physiques ou chimiques, de germes mais
pas nécessairement de leurs spores.
Germicide chimique : Substance chimique ou mélange de substances utilisés pour
tuer les micro-organismes.
Microbicide : Substance chimique ou mélange de substances chimiques destinés à tuer
les micro-organismes. Ce terme est souvent utilisé à la place de « biocide », « germicide » ou « anti-infectieux », dont il est synonyme.
Sporocide : Substance chimique ou mélange de substances chimiques destinés à tuer
les micro-organismes et leurs spores.
Stérilisation : Processus par lequel on tue ou élimine les micro-organismes et les
spores de toute nature.
Nettoyage du matériel de laboratoire
Le nettoyage consiste à enlever les souillures, les matières organiques et les taches. On
peut procéder par brossage, aspiration, dépoussiérage à sec, lavage à l’eau ou avec une
éponge humide imprégnée d’eau savonneuse ou additionnée d’un détergent. La
crasse, les excréments et les matières organiques peuvent abriter des micro-organismes
et gêner l’action microbicide des décontaminants (antiseptiques, germicides chimiques ou désinfectants).
Un nettoyage préalable est nécessaire pour assurer une bonne désinfection ou une
bonne stérilisation. Beaucoup de produits germicides ne sont actifs qu’à la condition
d’être appliqués à des objets prélablement nettoyés. Ce prénettoyage doit être effectué avec précaution pour éviter de s’exposer aux agents infectieux.
Il faut qu’il y ait compatibilité chimique entre le matériel utilisé et les germicides
qui seront utilisés ultérieurement pour le désinfecter. Il est assez courant d’utiliser le
même germicide chimique pour le nettoyage préalable et la désinfection.
Germicides chimiques
De nombreuses substances chimiques peuvent être utilisées comme désinfectants ou
antiseptiques. Chaque préparation doit toutefois être choisie avec soin en fonction des
besoins spécifiques du laboratoire, parmi des produits commerciaux toujours plus
nombreux et divers.
L’activité germicide de nombreux produits chimiques s’accélère et s’améliore
lorsque la température s’élève. D’un autre côté, une température élevée peut
provoquer une évaporation plus rapide et entraîner également la décomposition
du produit. C’est pourquoi des précautions particulières doivent être prises pour
le stockage et l’utilisation de ces produits dans les régions tropicales où leur durée
de conservation risque de se trouver réduite en raison de la forte température
ambiante.
• 93 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Beaucoup de germicides peuvent être nocifs pour l’homme et l’environnement. Il
faut donc les choisir, les stocker, les manipuler, les utiliser et les éliminer avec le plus
grand soin, en respectant les instructions du fabricant. Lorsqu’on prépare des dilutions de germicides chimiques, il est recommandé, pour des raisons de sécurité individuelle, de porter des gants, un tablier et une protection oculaire.
Il n’est généralement pas nécessaire d’utiliser un germicide chimique pour le nettoyage habituel des sols, des murs, des équipements et du mobilier. On peut toutefois
avoir avantage à le faire dans certains cas, par exemple pour juguler une flambée
épidémique.
Une utilisation judicieuse des germicides chimiques contribue à la sécurité du lieu
de travail en réduisant le risque de contamination par des agents infectieux. Dans la
mesure du possible, on s’efforcera d’utiliser un nombre limité de produits pour faire des
économies, faciliter l’inventaire des stocks et réduire la pollution de l’environnement.
On trouvera ci-après une description des divers types de germicides chimiques,
avec des informations générales sur leurs applications et leur sécurité d’emploi. Sauf
indication contraire, les concentrations sont données en poids par unité de volume
(p/v). Le tableau 12 récapitule les dilutions recommandées pour les composés libérant
du chlore.
Chlore (hypochlorite de sodium)
Le chlore, un oxydant à action rapide, est un germicide chimique à large spectre universellement disponible. Il est généralement vendu sous forme d’eau de Javel, une
solution aqueuse d’hypochlorite de sodium (NaOCl) que l’on peut diluer avec de l’eau
pour obtenir différentes concentrations de chlore actif.
Tableau 12. Dilutions recommandées pour les composés libérant du chlore
SITUATION « PROPRE »a
SITUATION « SALE »b
Chlore actif nécessaire
0,1 % (1 g/l)
0,5 % (5 g/l)
Hypochlorite de sodium
(5 % de chlore actif)
20 ml/l
100 ml/l
Hypochlorite de calcium
(70 % de chlore actif)
1,4 g/l
7 g/l
Dichloroisocyanurate de sodium, poudre
(60 % de chlore actif)
1,7 g/l
8,5 g/l
1 comprimé/l
4 comprimés/l
20 g/l
20 g/l
Dichloroisocyanurate de sodium, comprimés
(1,5 g de chlore actif par comprimé)
Chloramine (25 % de chlore actif)c
a
b
c
Après enlèvement des salissures les plus importantes.
Pour verser directement, par ex. sur du sang ou avant l’élimination des salissures les plus importantes.
Voir texte.
• 94 •
14. DÉSINFECTION ET STÉRILISATION
Les solutions d’hypochlorite utilisées comme agents de blanchiment sont fortement alcalines et corrodent les métaux. L’activité du chlore libre est réduite par la
présence de matières organiques (protéines). Les solutions-mères ou les solutions de
travail d’hypochlorite stockées dans des récipients ouverts dégagent du chlore, notamment à température élevée, ce qui réduit leur pouvoir germicide. La fréquence de remplacement des solutions de travail d’hypochlorite dépend de leur concentration
initiale, des conditions ambiantes, ainsi que du type (avec ou sans couvercle) et de la
taille des récipients dans lesquels elles sont conservées. A titre indicatif, les solutions
dans lesquelles on met à tremper plusieurs fois par jour du matériel fortement souillé
par des matières organiques doivent être remplacées tous les jours au minimum, celles
dont la fréquence d’utilisation est moindre pouvant être conservées jusqu’à une
semaine.
Comme désinfectant général, on utilisera une solution à 1 g/l de chlore actif. Pour
nettoyer un produit répandu qui présente un risque biologique ou en présence de
grandes quantités de matières organiques, il est recommandé d’utiliser une solution
plus concentrée, contenant 5 g/l de chlore actif. Les solutions d’hypochlorite de
sodium à usage domestique (eau de Javel) contiennent habituellement 50 g/l de chlore
actif et doivent donc être diluées au 1: 50 ou au 1: 10 avant d’être utilisées, pour
obtenir une concentration finale respectivement égale à 1 g/l et 5 g/l. Les solutions
d’hypochlorite de sodium à usage industriel ont souvent une concentration de près
de 120 g/l et doivent donc également être diluées pour obtenir les valeurs indiquées
ci-dessus.
Les granulés ou comprimés d’hypochlorite de calcium (Ca(ClO)2) contiennent
généralement environ 70 % de chlore actif. Les solutions à 1,4 et 7,0 g/l préparées à
l’aide de ces granulés ou comprimés contiendront donc respectivement 1,0 et
5 g/l de chlore actif.
L’eau de Javel n’est pas recommandée comme antiseptique, mais on peut l’utiliser
comme désinfectant à usage général et pour faire tremper le matériel contaminé non
métallique. En cas d’urgence, elle peut également être utilisée pour désinfecter l’eau
de boisson, à la concentration finale de 1 à 2 mg/l de chlore actif.
Le chlore est extrêmement toxique. Il ne faut donc entreposer et utiliser les solutions d’hypochlorite que dans des locaux parfaitement ventilés. On ne doit pas non
plus les mélanger à des acides pour éviter un dégagement rapide de chlore. Nombre
de dérivés du chlore peuvent se révéler dangereux pour l’organisme humain et pour
l’environnement, aussi faut-il éviter l’usage inconsidéré de désinfectants chlorés,
comme l’eau de Javel par exemple.
Dichloroisocyanurate de sodium
Le dichloroisocyanurate de sodium se présente sous la forme d’une poudre contenant
60 % de chlore actif. Les solutions à 1,7 et 8,5 g/l préparées à l’aide de cette poudre
ont une teneur respective de 1 et 5 g/l en chlore actif. Ce produit existe également sous
forme de comprimés contenant l’équivalent de 1,5 g de chlore actif. On obtient
• 95 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
approximativement la concentration nécessaire de 1 ou 5 g/l en dissolvant 1 ou 4 comprimés dans 1 litre d’eau. En poudre ou en comprimés, le dichloroisocyanurate de
sodium est facile à conserver dans de bonnes conditions de sécurité. En présence de
sang ou d’autres liquides infectieux accidentellement répandus, on applique le produit
sous forme solide et on le laisse agir pendant au moins 10 minutes avant de l’éliminer. On peut ensuite procéder au nettoyage de la zone touchée.
Chloramines
Les chloramines existent sous forme de poudres contenant environ 25 % de chlore
actif. Dans la mesure où le chlore est libéré plus lentement qu’avec les hypochlorites,
la concentration initiale doit être plus élevée pour que l’efficacité soit comparable à
celle des hypochlorites. En revanche, les chloramines en solution sont moins inactivées par les matières organiques que les hypochlorites et elles sont recommandées à
la concentration de 20 g/l, que la situation soit « propre » ou « sale ».
Les solutions de chloramines sont pratiquement inodores. Il faut toutefois rincer
abondamment les objets qui y ont été plongés pour éliminer tout résidu de l’agent
gonflant ajouté aux poudres de chloramine T (tosylchloramide sodique).
Dioxyde de chlore
Le dioxyde de chlore (ClO2) est un germicide, un désinfectant et un oxydant puissant
et rapide qui agit à des concentrations plus faibles que le chlore sous forme
d’hypochlorite. Sous forme gazeuse, le dioxyde de chlore est instable et se dissocie
exothermiquement en chlore (Cl2) et en oxygène (O2). Par contre il se dissout dans
l’eau pour donner des solutions aqueuses stables. On peut l’obtenir de deux manières:
1) sur place, par action de l’acide chlorhydrique (HCl) sur le chlorite de sodium
(NaClO2); 2) en le commandant sous forme stabilisée que l’on active ensuite sur place
selon les besoins.
De tous les oxydants biocides, le dioxyde de chlore est le plus sélectif. L’ozone et le
chlore sont beacoup plus réactifs et agissent sur la plupart des composés organiques.
Le dioxyde de chlore en revanche, ne réagit que sur les composés soufrés réduits, les
amines tertiaires et secondaires ou encore sur certains dérivés organiques réactifs ou
fortement réduits. On peut donc obtenir, avec des doses beaucoup plus faibles de
dioxyde de chlore, un résidu plus stable qu’avec le chlore ou l’ozone. S’il est convenablement préparé, la sélectivité de ce produit permet de l’utiliser plus efficacement
que l’ozone ou le chlore en présence d’une forte teneur en matières organiques.
Formaldéhyde
Le formaldéhyde (HCHO) est un gaz capable de tuer tous les micro-organismes, y
compris les spores, aux températures supérieures à 20°C. Par contre, il est inactif
contre les prions.
L’action du formaldéhyde est relativement lente et nécessite une humidité relative
d’environ 70 %. Il est commercialisé sous forme de polymère solide, le paraformaldéhyde,
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14. DÉSINFECTION ET STÉRILISATION
présenté en paillettes ou en comprimés, ou encore sous forme de gaz dissous dans l’eau
à raison d’environ 370 g/l (37 %) additionné de méthanol à 100 ml/l comme stabilisateur
(formol). Par chauffage, ces deux formes libèrent du formaldéhyde que l’on utilise pour
décontaminer et désinfecter les espaces clos (locaux ou enceintes de sécurité biologique,
par exemple) (voir à ce sujet la section consacrée à la décontamination de l’environnement local dans ce même chapitre). On peut également l’utiliser comme désinfectant
liquide (formol à 5 % dans l’eau).
On suspecte le formaldéhyde d’être cancérogène. C’est de toute façon un gaz dangereux, aux propriétés irritantes, doté d’une odeur âcre. Ses vapeurs peuvent irriter
les yeux et les muqueuses. Il faut donc l’entreposer et l’utiliser sous une hotte ou dans
une zone bien ventilée. Il faut se conformer à la réglementation nationale en matière
de sécurité chimique.
Glutaraldéhyde
Comme le formaldéhyde, le glutaraldéhyde (OHC(CH2)3CHO) est également actif
contre les bactéries végétatives, les spores, les champignons ou les virus lipidiques et
non lipidiques. Il n’est pas corrosif et agit plus rapidement que le formaldéhyde. Il lui
faut toutefois plusieurs heures pour venir à bout des spores bactériennes.
Il est généralement fourni sous forme de solution à environ 20 g/l (2 %) et certains
produits doivent être « activés » (alcalinisés) avant usage par addition de bicarbonate
livré avec le produit. Une fois activée, la solution peut être réutilisée pendant 1 à 4
semaines, selon le type de préparation et son mode ou sa fréquence d’utilisation. Les
bandelettes réactives fournies avec certains produits ne donnent qu’une indication
approximative de la concentration en glutaraldéhyde actif présent dans la solution
utilisée. La solution doit être jetée si elle se trouble.
Le glutaraldéhyde est toxique et irritant pour la peau et les muqueuses, aussi fautil éviter tout contact avec ce composé. On doit l’utiliser sous une sorbonne ou dans
une zone parfaitement ventilée. Il n’est pas recommandé sous forme de pulvérisations
ou de solution pour décontaminer les surfaces d’un local. Dans tous les cas, on se conformera à la réglementation nationale en matière de sécurité chimique.
Dérivés phénoliques
Les dérivés phénoliques constituent un vaste groupe d’agents qui ont compté parmi
les premiers germicides utilisés. Toutefois leur sécurité d’emploi ayant été récemment
mise en doute, leur emploi s’est restreint. Ils sont actifs contre les bactéries végétatives, les virus lipidiques et, sous une forme appropriée, également contre les
mycobactéries. Ils sont sans effet sur les spores et leur activité contre les virus non
lipidiques est variable. De nombreux composés phénoliques sont utilisés pour la
décontamination des surfaces et certains d’entre eux, comme le triclosan et le chloroxylénol, comptent parmi les antiseptiques les plus courants.
Les produits destinés au lavage des mains contiennent fréquemment du triclosan.
Il est surtout actif contre les bactéries végétatives et n’est pas agressif pour la peau et
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MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
les muqueuses. Des études en laboratoire ont cependant montré que les bactéries devenues résistantes au triclosan sous faible concentration se montrent également résistantes à l’égard de certains types d’antibiotiques. On ignore si cette observation peut
avoir des conséquences sur le terrain.
Un certain nombre de composés phénoliques sont sensibles à la dureté de l’eau et
une eau trop dure peut les inactiver, c’est pourquoi il faut les diluer avec de l’eau distillée ou désionisée.
Il n’est pas recommandé d’utiliser des dérivés phénoliques pour traiter des surfaces
pouvant se trouver en contact avec des produits alimentaires ni des locaux fréquentés par de jeunes enfants. Ils sont susceptibles d’être absorbés par le caoutchouc et de
franchir la barrière cutanée. Dans tous les cas, on se conformera à la réglementation
nationale en matière de sécurité chimique.
Composés d’ammonium quaternaire
On utilise toutes sortes de composés d’ammonium quaternaire sous forme de
mélanges et souvent aussi en association avec d’autres germicides, comme les alcools
par exemple. Ces composés ont une activité satisfaisante contre les bactéries végétatives et les virus lipidiques. Certains d’entre eux (comme le chlorure de benzalkonium)
sont utilisés comme antiseptiques.
La présence de matières organiques ou de détergents anionique et aussi la dureté
de l’eau réduisent fortement le pouvoir germicide de certains composés d’ammonium
quaternaire. Il faut donc choisir avec soin ceux que l’on envisage d’utiliser comme
désinfectants pour le nettoyage préalable à la décontamination. Certaines bactéries
potentiellement dangereuses peuvent se développer dans les solutions de sels d’ammonium quaternaire. Par ailleurs, ces composés peuvent s’accumuler dans l’environnement du fait de leur faible biodégradabilité.
Alcools
L’éthanol (alcool éthylique, C2H5OH) et le propanol-2 (alcool isopropylique,
(CH3)2CHOH) ont des propriétés désinfectantes similaires. Ils sont actifs contre les
bactéries végétatives, les champignons et les virus lipidiques mais sans effet sur les
spores. Leur activité contre les virus non lipidiques est variable. Pour que l’efficacité
soit maximale, la concentration utilisée doit être voisine de 70 % (v/v) dans l’eau : les
concentrations supérieures ou inférieures risquent de ne pas avoir un pouvoir germicide aussi élevé. Les solutions aqueuses d’alcools ont le grand avantage de ne pas laisser
de résidus sur les objets traités.
Mélangé à d’autres agents, l’alcool est plus efficace que lorsqu’il est seul : c’est le
cas par exemple de l’alcool à 70 % contenant 100 g de formaldéhyde par litre ou de
l’alcool contenant 2 g par litre de chlore actif. On peut utiliser une solution aqueuse
d’alcool à 70 % pour désinfecter la peau, les paillasses et les enceintes de sécurité
biologique ou encore pour y faire tremper de petits instruments chirurgicaux. Comme
l’éthanol dessèche la peau, il est souvent additionné d’émollients. Les produits pour
• 98 •
14. DÉSINFECTION ET STÉRILISATION
friction à base d’alcool sont recommandés pour la décontamination des mains si
celles-ci ne sont que légèrement souillées, dans les cas où il est malcommode ou
impossible de se les laver correctement. Il ne faut cependant pas perdre de vue que
l’éthanol est sans effet sur les spores et peut ne pas détruire tous les types de virus non
lipidiques.
Les alcools sont volatils et inflammables aussi ne faut-il pas les utiliser à proximité
de flammes nues. Les solutions de travail doivent être entreposées dans des récipients
appropriés pour éviter l’évaporation. Les alcools peuvent provoquer un durcissement
du caoutchouc et dissoudre certains adhésifs. Il est très important de procéder à un
inventaire minutieux et à un entreposage adéquat des réserves d’alcool pour éviter
qu’il ne soit utilisé à d’autres fins que la désinfection. Les flacons ou bouteilles contenant des solutions d’alcool doivent être clairement étiquetés pour éviter tout autoclavage intempestif.
Iode et iodophores
L’action de ces désinfectants est comparable à celle du chlore, encore qu’ils puissent
être légèrement inhibés par les matières organiques. L’iode peut tacher le tissu et les
surfaces environnantes aussi n’est-il généralement pas utilisable comme désinfectant.
Par contre, l’iode et les iodophores sont de bons antiseptiques. La polyvidone iodée
est un antiseptique sûr et efficace pour le lavage chirurgical des mains et pour l’antisepsie de la peau du champ opératoire. Les antiseptiques à base d’iode ne conviennent généralement pas pour la désinfection du matériel médical ou dentaire. L’iode
ne doit pas être utilisé sur l’aluminium ou le cuivre.
L’iode peut être toxique. Les composés organiques iodés doivent être conservés à
4–10 °C pour éviter que des bactéries potentiellement dangereuses ne s’y développent.
Peroxyde d’hydrogène et peracides
Comme le chlore, le peroxyde d’hydrogène (eau oxygénée, H2O2) et les peracides sont
des oxydants énergiques et peuvent constituer de puissants germicides à large spectre.
Ils sont également moins nocifs que le chlore pour l’organisme humain et pour
l’environnement.
Le peroxyde d’hydrogène est fourni soit la sous forme d’une solution à 3 %
prête à l’emploi, soit en solution aqueuse à 30 % que l’on dilue dans 5 à 10 fois son
volume d’eau stérilisée. En fait, ces solutions à 3–6 % de peroxyde d’hydrogène ont
une action relativement lente et leur pouvoir germicide est limité. Il existe maintenant
des solutions contenant d’autres substances destinées à stabiliser la teneur en
peroxyde d’hydrogène. Ces produits ont une action germicide plus rapide et sont
moins corrosifs.
On peut utiliser le peroxyde d’hydrogène pour décontaminer les paillasses et les
enceintes de sécurité biologique, et les solutions les plus concentrées peuvent convenir
pour la désinfection du matériel médical ou dentaire qui ne supporte pas la chaleur.
La vaporisation de peroxyde d’hydrogène ou d’acide peracétique (CH3COOOH) pour
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MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
décontaminer le matériel médical ou chirurgical non résistant à la chaleur exige un
appareillage spécial.
Le peroxyde d’hydrogène et les peracides peuvent corroder les métaux comme l’aluminium, le cuivre, le laiton et le zinc et ils sont également capables de décolorer les
tissus, le système pileux, la peau et les membranes. Tout objet traité avec ces produits
doit être rincé à fond avant d’être mis en contact avec les yeux ou les muqueuses. Le
stockage doit toujours se faire à l’abri de la chaleur et de la lumière.
Décontamination de l’environnement local
La décontamination des locaux du laboratoire, de son mobilier et de son équipement
nécessite l’emploi d’une association de désinfectants liquides et gazeux. Les surfaces
peuvent être décontaminées au moyen d’une solution d’hypochlorite de sodium
(NaOCl) ; une solution contenant 1 g de chlore actif par litre peut convenir pour l’assainissement général des locaux, mais des solutions plus concentrées sont recommandées en cas de situation à haut risque. Pour la décontamination des locaux du
laboratoire, les solutions prêtes à l’emploi contenant 3 % de peroxyde d’hydrogène
(H2O2) peuvent parfaitement remplacer les solutions d’hypochlorite.
On peut également décontaminer les salles et l’équipement par fumigation au
formaldéhyde produit en chauffant du paraformaldéhyde ou en faisant bouillir du
formol. Ce procédé est extrémement dangereux et doit être mis en œuvre par du personnel qualifié. Toutes les ouvertures de la pièce (fenêtres, portes, etc.) doivent être
hermétiquement fermées avec du ruban adhésif par exemple, avant le dégagement du
gaz. La fumigation doit être effectuée à une température ambiante d’au moins 21 °C
et une humidité relative de 70 % (voir plus loin dans ce chapitre la section consacrée
à la décontamination des enceintes de sécurité biologique).
Une fois l’opération achevée, il faut ventiler abondamment les locaux avant d’autoriser l’entrée du personnel. Le personnel obligé de pénétrer dans la salle avant l’aération doit porter un masque respiratoire approprié. On peut utiliser du bicarbonate
d’ammonium gazeux pour neutraliser le formaldéhyde.
La fumigation de petits volumes avec du peroxyde d’hydrogène en phase gazeuse
est également efficace mais il faut un appareillage spécial pour la production du gaz.
Décontamination des enceintes de sécurité biologique
Pour décontaminer les enceintes de sécurité biologique de classes I et II, il existe un
appareillage qui permet de produire, de faire circuler et de neutraliser indépendamment le formaldéhyde. On peut aussi mettre la quantité désirée de paraformaldéhyde
(pour une concentration finale de 0,8 % de formaldéhyde dans l’air) dans une poêle
à frire que l’on place ensuite sur une plaque chauffante électrique. On introduit également dans l’enceinte une autre poêle contenant une quantité de bicarbonate d’ammonium de 10 % supérieure à celle de paraformaldéhyde et on la place sur une autre
plaque chauffante. Les prises d’alimentation des plaques chauffantes doivent se
trouver hors de l’enceinte, de manière à pouvoir régler les plaques depuis l’extérieur
• 100 •
14. DÉSINFECTION ET STÉRILISATION
en les branchant ou en les débranchant selon le cas. Si l’humidité relative est inférieure
à 70 %, il faut également placer dans l’enceinte un récipient ouvert contenant de l’eau
chaude avant de fermer hermétiquement le panneau frontal avec du ruban épais (par
exemple du ruban adhésif entoilé). Une épaisse feuille de plastique est ensuite scotchée
contre l’ouverture frontale et la sortie de la gaine d’évacuation de façon que le gaz ne
pénètre pas dans la pièce. Les traversées des fils d’alimentation qui passent à travers
le panneau frontal doivent également être étanchéifiées avec du ruban adhésif entoilé.
On branche la plaque électrique qui chauffe le paraformaldéhyde. Une fois que
celui-ci s’est entièrement vaporisé, on la débranche. On ne touche plus alors à l’enceinte pendant au moins 6 h. Passé ce temps, on branche la deuxième plaque chauffante et on laisse se vaporiser tout le bicarbonate d’ammonium. On débranche ensuite
la plaque et on met en marche le ventilateur de l’enceinte pendant deux intervalles de
2 secondes environ chacun pour faire circuler la vapeur de bicarbonate d’ammonium.
L’enceinte est laissée telle quelle pendant 30 minutes avant d’ouvrir le panneau frontal
(ou d’enlever la feuille de plastique) et de dégager la sortie de la gaine d’évacuation.
Avant de se servir de l’enceinte, il faut l’essuyer pour en éliminer les résidus.
Lavage et décontamination des mains
Dans la mesure du possible, il faut porter des gants chaque fois que l’on manipule du
matériel présentant un risque biologique. Toutefois, cette mesure ne remet pas en
cause la nécessité, pour le personnel de laboratoire, de se laver régulièrement et convenablement les mains. Le lavage des mains est indispensable lorsque l’on a manipulé des animaux ou du matériel présentant un risque biologique ou encore avant de
quitter le laboratoire.
Dans la plupart des cas, un lavage soigneux des mains à l’eau et au savon est suffisant pour les décontaminer, mais l’usage de savons germicides est recommandé dans
les situations à haut risque. Il faut bien se savonner les mains en frottant soigneusement pendant au moins une dizaine de secondes, puis les rincer à l’eau claire et les
sécher avec du papier ou une serviette propre (on peut éventuellement utiliser un
séchoir à air chaud).
Il est recommandé de disposer de robinets commandés avec le pied ou le coude.
Dans le cas contraire, on fermera le robinet en le saisissant avec une serviette en papier
ou en tissu afin de ne pas se recontaminer les mains.
Comme indiqué plus haut, les produits pour friction à base d’alcool peuvent être
utilisés pour se nettoyer les mains si celles-ci ne sont que légèrement souillées et que
l’on ne peut pas se les laver convenablement.
Désinfection et stérilisation par la chaleur
La chaleur est l’agent physique le plus couramment utilisé pour éliminer les germes
pathogènes. La chaleur « sèche », qui n’est absolument pas corrosive, est utilisée pour
traiter de nombreux instruments et accessoires de laboratoire qui sont capables de
supporter une température de 160 °C ou davantage pendant 2 à 4 h. Le brûlage et
• 101 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
l’incinération (voir ci-dessous) sont également des formes de traitement par la chaleur
sèche. L’autoclavage est la manière la plus efficace d’utiliser la chaleur « humide ».
L’ébullition ne tue pas nécessairement tous les micro-organismes et les germes
pathogènes, mais on peut y recourir comme traitement stérilisateur minimum lorsque
d’autres méthodes (désinfection ou décontamination chimique, autoclavage) ne sont
ni utilisables ni disponibles.
Les objets stérilisés doivent être manipulés et rangés de manière à rester stériles
jusqu’au moment de leur utilisation.
Autoclavage
Le traitement par la vapeur saturante sous pression (autoclavage) constitue le moyen
le plus efficace et le plus fiable pour stériliser le matériel de laboratoire. Dans la plupart
des cas, les cycles suivants assurent la stérilisation si l’autoclave a été correctement
chargé :
1. Temps de palier de 3 min à 134 °C.
2. Temps de palier de 10 min à 136 °C.
3. Temps de palier de 15 min à 121 °C.
4. Temps de palier de 25 minutes à 115 °C.
Parmi les divers types d’autoclaves, on peut citer les suivants :
Autoclaves à vapeur directe. Le schéma d’un de ces autoclaves est représenté à la figure
10. La vapeur pénètre dans la chambre sous pression et déplace l’air plus lourd vers
le bas; celui-ci passe ensuite dans la vanne d’évacuation de la chambre, à travers un
filtre HEPA.
Autoclaves à extraction d’air. Dans ces appareils, l’air est extrait de la chambre avant
admission de la vapeur. L’air est évacué par une vanne munie d’un filtre HEPA. A la
fin du cycle, la vapeur est automatiquement vidangée. Ces autoclaves peuvent fonctionner à 134 °C et le cycle de stérilisation peut donc être réduit à 3 minutes. Ils constituent le système idéal pour les charges poreuses, mais en raison du vide qui est fait
dans la chambre, ils ne peuvent pas être utilisés pour traiter des liquides.
Autoclaves de type autocuiseur à source de chauffage extérieure. Ces autoclaves ne seront
utilisés que si l’on ne dispose pas d’un autoclave à vapeur directe. Ils sont chargés par
le haut et chauffés au gaz, à l’électricité ou d’une autre manière. La vapeur est produite en chauffant l’eau placée au fond du récipient et l’air se déplace vers le haut
avant de sortir par la soupape d’échappement. Lorsque l’air a été évacué en totalité,
on ferme la soupape d’échappement et on baisse le chauffage. La pression et la température augmentent jusqu’à une valeur donnée à laquelle la soupape de sécurité commence à fonctionner. Le temps de palier se compte à partir de ce moment. A la fin du
cycle, on coupe le chauffage et on laisse la température descendre à 80 °C ou moins
avant d’ouvrir le couvercle.
• 102 •
14. DÉSINFECTION ET STÉRILISATION
manomètre
soupape de
sécurité
manomètre
chambre
soupape de
sécurité
filtre (coton)
d’entrée d’air
système
d’alimentation
vapeur
double parois
robinet d’entrée
d’air
vers double paroi
vanne
déflecteur
chambre
porte
vers chambre
vers pompe à vide
ou sortie vapeur
filtres de
vidange
vanne
purgeurs vapeur
robinet de
vidange
clapet anti-retour
Figure 10. Autoclave à vapeur directe.
Chargement des autoclaves
Le matériel ne doit pas être entassé à l’intérieur de la chambre pour que la vapeur
puisse pénétrer sans difficulté et que l’air puisse être éliminé facilement. Il faut que la
vapeur puisse atteindre le contenu des sacs.
Précautions d’utilisation
L’observation des règles suivantes permet de réduire les risques que comporte l’utilisation d’appareils sous pression.
1. L’utilisation et l’entretien habituels des appareils doivent être confiés à des personnes qualifiées.
2. Un programme de maintenance préventive, comprenant un contrôle périodique
des joints de la chambre et de la porte ainsi que de tous les manomètres et dispositifs de commande doit être mis sur pied et confié à un personnel qualifié.
3. La vapeur doit être saturée et exempte de substances chimiques (par ex. des inhibiteurs de corrosion) qui pourraient contaminer le matériel à stériliser.
4. Tout le matériel à autoclaver doit être placé dans des récipients qui permettent
une évacuation facile de l’air et une bonne pénétration de la chaleur. La chambre
• 103 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
ne doit pas être encombrée afin que la charge puisse baigner de manière uniforme
dans la vapeur.
5. Si l’autoclave n’est pas muni d’un dispositif de sécurité qui empêche l’ouverture
de la porte tant que la chambre est sous pression, il est indispensable que la
soupape principale soit fermée et qu’on laisse retomber la température de la
chambre en dessous de 80 °C avant d’ouvrir la porte.
6. Si on autoclave des liquides, il faut utiliser un système d’évacuation à faible vitesse
pour éviter qu’en raison de la surchauffe, ceux-ci se mettent à bouillir lorsqu’on
les retire.
7. Les opérateurs doivent porter des gants et un écran facial pour se protéger lors de
l’ouverture de l’autoclave, même si la température est retombée à moins de 80 °C.
8. Pour tout contrôle de routine du fonctionnement de l’autoclave, il faut placer un
indicateur biologique ou un thermocouple au centre de chaque charge. Il est vivement conseillé de contrôler régulièrement la température au moyen de thermocouples et d’appareils enregistreurs en utilisant « la pire charge possible », ce qui
permettra de déterminer ce que doit être le déroulement du cycle.
9. Le filtre de vidange placé en bas de la chambre (s’il y en a un) doit être retiré et
nettoyé tous les jours.
10. On veillera à ce que la soupape d’échappement des autoclaves de type autocuiseur
ne soit pas obturée par du papier, etc. présent dans la charge.
Incinération
L’incinération est une méthode utile pour se débarrasser des carcasses d’animaux, des
pièces anatomiques ou autres déchets de laboratoire, avec ou sans décontamination
préalable (voir chapitre 3). L’incinération des matériels infectieux ne peut se substituer
à l’autoclavage que si l’incinérateur est placé sous la responsabilité du laboratoire.
Pour donner satisfaction, il faut que l’incinérateur comporte un dispositif efficace
de régulation de la température et une chambre de combustion secondaire. Un grand
nombre d’incinérateurs, notamment ceux qui ne comportent qu’une seule chambre
de combustion, ne permettent pas de traiter de manière satisfaisante le matériel infectieux, les carcasses d’animaux et les matières plastiques. En effet la destruction risque
de ne pas être totale et l’effluent qui sort par la cheminée peut polluer l’atmosphère
du fait de la présence de micro-organismes ou de substances et fumées toxiques. Cela
étant, il existe, pour les chambres de combustion, de nombreux types de configuration qui donnent satisfaction, mais l’idéal est d’obtenir une température d’au moins
800 °C dans la chambre primaire et d’au moins 1000 °C dans la chambre secondaire.
Les matières et objets à incinérer, même s’ils ont été préalablement décontaminés,
doivent être transportés dans des sacs, de préférence des sacs plastiques. Le personnel
préposé à l’incinération doit avoir reçu des instructions appropriées concernant le
chargement et le réglage de la température de l’incinérateur. A noter que le bon fonctionnement d’un incinérateur dépend très largement d’un panachage judicieux des
matières et objets traités.
• 104 •
14. DÉSINFECTION ET STÉRILISATION
Ces incinérateurs, existants ou en projet, continuent à susciter des inquiétudes
quant aux effets négatifs qu’ils pourraient avoir sur l’environnement et les études se
poursuivent pour mettre au point des appareils plus respectueux de l’environnement
et consommant moins d’énergie.
Elimination
L’élimination des déchets de laboratoire ou des déchets médicaux est soumise à
diverses dispositions réglementaires régionales, nationales ou internationales et les
versions les plus récentes de ces documents doivent être consultées avant d’élaborer
et de mettre en œuvre un programme portant sur la manipulation, le transport et
l’élimination des déchets qui présentent un risque biologique. En régle générale, les
cendres extraites des incinérateurs peuvent être traitées comme des cendres domestiques et prises en charge par les services locaux d’enlèvement des ordures. Les déchets
autoclavés peuvent être éliminés par incinération sur un site hors de la zone du laboratoire ou enfouis dans une décharge autorisée (voir le chapitre 3).
Pour de plus amples informations, le lecteur peut consulter les références 13 et 29 à
39.
• 105 •
15. Introduction au transport des
matières infectieuses
Le transport des matières infectieuses ou potentiellement infectieuses est soumis à une
réglementation nationale et internationale rigoureuse. Cette réglementation précise
comment utiliser les matériaux d’emballage selon les formes prescrites et énumère
également les autres dispositions à respecter pour les expéditions.
Le personnel du laboratoire doit expédier les matières infectieuses en respectant la
réglementation applicable à leur transport. L’observation de ces règles permet :
1. De réduire le risque de détérioration ou de fuite des colis et par voie de
conséquence,
2. de réduire l’exposition à une éventuelle infection et
3. d’améliorer les conditions de livraison des colis.
Réglementation internationale relative aux transports
La réglementation relative aux transports de matières infectieuses (quel qu’en soit le
moyen) repose sur le Réglement type des Nations Unies pour le transport des matières
dangereuses (40). Ces recommandations émanent du Comité d’experts de l’ONU en
matière de transport des marchandises dangereuses (UNCEDTG). Pour avoir force de
loi, les dispositions du Réglement type des Nations Unies doivent être incorporées
dans la réglementation nationale et internationale par les autorités compétentes (par
ex. les Instructions techniques pour la sécurité du transport aérien des marchandises
dangereuses de l’Organisation de l’Aviation civile internationale (OACI) ou l’Accord
européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route
(ADR) (42)).
L’Association du Transport aérien international (IATA) publie chaque année des
directives concernant le transport des matières infectieuses (43) auxquelles les compagnies aériennes qui en sont membres doivent se conformer.
Comme le Réglement type des Nations Unies pour le transport des matières dangereuses est un ensemble de recommandations qui est revu tous les deux ans, le lecteur
est prié de se reporter aux tout derniers textes réglementaires nationaux et internationaux en la matière.
L’OMS intervient à titre consultatif auprès du Comité d’experts des Nations Unies
en matière de transport des marchandises dangereuses. Un certain nombre de modifications importantes concernant la réglementation relative au transport des matières
• 106 •
15. INTRODUCTION AU TRANSPORT DES MATIÈRES INFECTIEUSES
infectieuses figurent dans la 13e édition (2003) du Réglement type des Nations Unies
(40). Des indications sur les tenants et aboutissants de ces modifications peuvent être
obtenues auprès de l’OMS (44).
La réglementation internationale relative aux modes de transport n’est pas destinée
à se substituer aux prescriptions locales ou nationales en la matière. Toutefois, en l’absence de telles prescriptions, c’est à la réglementation internationale qu’il convient de
se conformer.
Il importe de noter que le transport international des matières infectieuses est
également soumis à la réglementation nationale relative à l’import-export.
Le système du triple emballage
La figure 11 donne un exemple de triple emballage, qui constitue le meilleur système
pour le transport des matières infectieuses ou potentiellement infectieuses. Cet emballage comporte trois couches successives : un récipient primaire, un emballage secondaire et un emballage extérieur.
Le récipient primaire, qui contient l’échantillon, doit être hermétique, parfaitement
étanche, et son contenu doit être indiqué sur une étiquette. Ce premier récipient est
enveloppé dans un volume suffisant de matériau absorbant pour qu’en cas de bris ou
de fuite, tout le liquide de l’échantillon soit absorbé.
Le récipient primaire est placé dans un deuxième emballage, également hermétique
et étanche, qui sert de protection. Plusieurs récipients primaires enveloppés de
matériau absorbant peuvent être placés dans un même emballage secondaire. Certains
textes réglementaires indiquent la limite de poids ou de volume autorisée pour les
colis de matières infectieuses.
La troisième couche, qui constitue l’emballage extérieur, protège d’emballage secondaire contre les dommages matériels qui pourraient se produire en cours de transport. Il faut également produire des formulaires contenant des données sur
l’échantillon, des documents ou autres types d’information qui en indiquent la nature,
en donnent la description, avec mention du nom de l’expéditeur et du destinataire,
ainsi que tout document complémentaire, conformément aux derniers textes réglementaires en vigueur.
Le Réglement type des Nations Unies préconise l’utilisation de deux modèles différents de triple emballage. Le modèle de base convient pour le transport de diverses
matières infectieuses, mais les prescriptions concernant le transport des microorganismes à haut risque sont plus rigoureuses. Pour plus de détails sur l’utilisation
des différents types d’emballage en fonction de la nature des matières transportées, il
est conseillé de se reporter aux textes réglementaires nationaux ou internationaux
relatifs aux différents modes de transport.
Consignes pour nettoyer des produits répandus
Au cas où du matériel biologique infectieux ou potentiellement infectieux viendrait
à être répandu, on appliquera les consignes suivantes :
• 107 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Emballage et étiquetage des substances infectieuses de catégorie A
Bouchon
Bouchon
Récipient primaire
Récipient
primaire
(tube
à essai)
(tube
à essai)
Matériau absorbant
Matériau
absorbant
Emballage
Emballage secondaire
secondaire
(étanche
à l’eau)
(étanche
à l'eau)
Fiche de
Fiche
de suivi
suivi de
de l’échantillon
l'échantillon(y(y
compris liste
compris
liste détaillée
détailléedu
ducontenu)
contenu)
Emballage
Emballage extérieur
extérieur
Etiquette
Etiquette de
de sens
sens de
de
la mauntention
manutention
(facultative
(facultative lorsque
lorsquelele
volume
volume du
du récipient
récipient
primaire
primaire ne
ne dépasse
dépasse
pas
pas 50
50 ml)
ml)
Etiquetage
Etiquetage UN
UN
Emballage et étiquetage des substances infectieuses de catégorie B
Récipient
primaire
Récipient
primaire
(à
(à l’épreuve
l'épreuvedes
desfuites
fuites ou
ou nonnon
tamisant)
tamisant)
Bouchon
Bouchonétanche
étanche
à l’eauà l'eau
Support de type porte-tubes
porte-tubes
Support
(mousse
dede
polystyrène
(mousse
polystyrène
plastiqueààalvéoles
alvéolesouvertes)
ouvertes)
plastique
Matériel
Matériel
d’emballage
d'emballage
absorbant
absorbant
Liste
Liste détaillée
détaillée du
du contenu
contenu
(fiche(fiche
de suivi
de
de suivil’échantillon)
de
l'échantillon)
Emballage
Emballage
extérieur
extérieur rigide
rigide
Emballage
Emballagesecondaire
secondaire
(à(àl’épreuve
l'épreuvedes
desfuites
fuites
ou non
tamisant)
ou non
tamisant)
Nom
Nom de
de transport
transportUN
UN
Numéro
Numéro
d’identification
d'identification
UN UN
Etiquettes
Etiquettes indiquant
indiquant
l’expéditeur
et et
le le
l'expéditeur
destinataire
destinataire
Figure 11. Exemples d’emballages triples.
(figures aimablement communiquées par l’IATA, Montréal, Canada).
• 108 •
15. INTRODUCTION AU TRANSPORT DES MATIÈRES INFECTIEUSES
1. Porter des gants et des vêtements protecteurs, y compris une protection oculaire
et faciale, si nécessaire.
2. Recouvrir le liquide avec des serviettes en tissu ou en papier pour éviter qu’il ne
continue à se répandre.
3. Verser un désinfectant approprié sur les serviettes et la zone environnante (en
général une solution d’hypochlorite à 5 % fait l’affaire; toutefois si l’accident
survient à bord d’un aéronef, il faut utiliser un composé d’ammonium
quaternaire).
4. Appliquer le désinfectant par zones concentriques en commençant par les bords
du secteur contaminé et en se dirigeant vers le centre.
5. Au bout d’une durée appropriée (par ex. 30 min), éliminer les produits. En
présence de débris de verre ou autres objets pointus ou tranchants, se servir d’une
pelle ou d’un morceau de carton rigide pour les rassembler et les placer dans un
récipient imperforable en vue de leur élimination.
6. Nettoyer et désinfecter l’emplacement où le liquide a été répandu (si nécessaire,
répéter les opérations 2 à 5).
7. Jeter les matériaux et produits contaminés dans une poubelle étanche et
imperforable.
8. Une fois la désinfection achevée, informer les autorités compétentes que le site est
décontaminé.
• 109 •
PARTIE V
Introduction aux
biotechnologies
16. Sécurité et technologies de
recombinaison de l’ADN
Les technologies de recombinaison de l’ADN – également connues sous la dénomination de génie génétique – consistent à associer du matériel génétique de diverses
origines pour créer des organismes génétiquement modifiés (OGM) qui n’ont probablement jamais existé dans la nature. Au début, les spécialistes de la biologie moléculaire craignaient que ces organismes ne soient dotés de propriétés imprévisibles et
indésirables susceptibles de les rendre dangereux s’ils venaient à s’échapper des laboratoires. Ces inquiétudes ont constitué le thème central des débats qui se sont déroulés
lors de la conférence scientifique tenue en 1975 à Asilomar, en Californie Erats Unrs
d’Amerque (45). Les discussions qui ont eu lieu lors de cette réunion au sujet des problèmes de sécurité biologique ont abouti à l’énoncé des premiers principes directeurs
concernant les technologies de recombinaison de l’ADN. L’expérience acquise après
25 ans de recherches montre que les travaux de génie génétique peuvent être effectués
dans de bonnes conditions de sécurité pour peu que l’on évalue correctement le risque
et que des mesures suffisantes de sécurité soient prises.
Les premiers travaux de génie génétique avaient pour but de cloner des fragments
d’ADN dans des hôtes bactériens afin d’obtenir la surexpression de certains produits
géniques en vue d’études ultérieures. Des molécules d’ADN recombinant sont également utilisées pour créer divers types d’OGM, comme les animaux ou plantes transgéniques ou les animaux « knock out » c’est à dire dont certains gènes sont inactivés
ou supprimés.
Les technologies de recombinaison de l’ADN ont d’ores et déjà des retombées considérables en biologie et en médecine et leur influence va probablement encore s’accentuer maintenant que l’on connaît la séquence nucléotidique complète du génome
humain. Des dizaines de milliers de gènes dont on ignore encore la fonction vont ainsi
pouvoir être étudiés grâce au génie génétique. La thérapie génique pourrait être
couramment utilisées pour traiter certaines maladies et il est probable que les techniques de génie génétique vont nous permettre de disposer de nouveaux vecteurs de
clonage. Les plantes transgéniques créées par recombinaison de l’ADN pourraient
également prendre une place de plus en plus importante dans l’agriculture moderne.
On ne doit procéder à une expérience comportant l’élaboration ou l’utilisation
d’OGM qu’après une évaluation ou une analyse du risque biologique qu’elle comporte. Il est possible que la pathogénicité et les dangers que peuvent comporter ces
organismes présentent des caractéristiques nouvelles et plus ou moins bien définies.
• 113 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Il faut donc étudier les propriétés de l’organisme donneur et celles de l’organisme
receveur, la nature des séquences d’ADN qui seront transférées et les caractéristiques
de l’environnement. La connaissance de tous ces facteurs devrait permettre de déterminer plus facilement le niveau de sécurité biologique nécessaire pour la manipulation sans danger de l’OGM obtenu et les systèmes de confinement biologique et
physique à mettre en œuvre.
Considérations biosécuritaires applicables aux systèmes d’expression
biologiques
Les systèmes d’expression biologiques sont constitués par les vecteurs de clonage et
les cellules hôtes. Pour que ces systèmes soient efficaces et puissent être utilisés sans
danger, ils doivent répondre à un certain nombre de critères. Prenons à titre d’exemple un de ces systèmes, le plasmide pUC18. Souvent utilisé comme vecteur de clonage
avec des bactéries Escherichia coli K12, ce plasmide a été entièrement séquencé. Tous
les gènes nécessaires à son expression dans d’autres bactéries ont été supprimés de son
plasmide précurseur, le pBR322. E.coli K12 est une souche non pathogène de colibacilles qui est incapable de coloniser de façon permanente l’intestin des êtres
humains ou des animaux en bonne santé. Les techniques habituelles de génie génétique peuvent être utilisées sans risque sur le système E.coli/pUC18 au niveau 1 de
sécurité biologique, aussi longtemps que les produits exprimés par l’ADN étranger
inséré dans la bactérie ne nécessitent pas le passage à un niveau supérieur.
Considérations biosécuritaires applicables aux vecteurs d’expression
Un niveau supérieur de sécurité biologique peut être nécessaire lorsque :
1. L’expression des séquences d’ADN provenant de germes pathogènes sont susceptibles d’augmenter la virulence de l’OGM.
2. Les séquences insérées ne sont pas parfaitement caractérisées, comme c’est par
exemple le cas lors de la préparation de bibliothèques d’ADN génomique
provenant de micro-organismes pathogènes.
3. Les produits géniques peuvent avoir une activité pharmacologique.
4. Les produits géniques codent pour des toxines.
Vecteurs viraux pour le transfert de gènes
On utilise certains virus, des adénovirus par exemple, pour transférer des gènes dans
d’autres cellules. Ces vecteurs sont dépourvus des gènes qui commandent la réplication et on les cultive dans des lignées cellulaires capables de compenser ce défaut.
Il peut arriver que ces vecteurs soient contaminés par des virus capables de se répliquer, virus qui apparaissent dans la lignée cellulaire à la faveur de rares recombinaisons
spontanées ou peuvent aussi être présents en raison d’une purification insuffisante.
Ces vecteurs doivent être manipulés au même niveau de sécurité biologique que les
adénovirus dont ils dérivent.
• 114 •
16. SÉCURITÉ ET TECHNOLOGIES DE RECOMBINAISON DE L’ADN
Animaux transgéniques et animaux « knock out »
Les animaux porteurs de gènes étrangers (animaux transgéniques) doivent être manipulés à un niveau de confinement correspondant aux caractéristiques des produits de ces
gènes. Les animaux chez lesquels on a procédé à la délétion de certains gènes particuliers
(animaux « knock out ») ne présentent généralement pas de danger sur le plan biologique.
Parmi ces animaux transgéniques figurent ceux qui expriment les récepteurs de
virus normalement incapables d’infecter l’espèce en question. S’il arrivait que de tels
animaux s’échappent d’un laboratoire et transmettent leurs gènes étrangers à leurs
congénères sauvages, il pourrait théoriquement se constituer au sein de la population
animale un réservoir pour ces virus.
Cette possibilité a été évoquée dans le cas du virus poliomyélitique et elle prend
toute son importance dans le contexte de l’éradication de la poliomyélite. Des souris
transgéniques exprimant le récepteur au virus poliomyélitique humain et produites
par différents laboratoires ont pu être infectées par ce virus en utilisant diverses voies
d’inoculation et la maladie résultante s’est révélée cliniquement et histopathologiquement analogue à la poliomyélite humaine. Toutefois, le modèle murin diffère de l’organisme humain en ce sens que le virus poliomyélitique administré par voie orale se
réplique mal ou pas du tout dans les voies digestives. Il est donc très peu probable
que, dans l’éventualité où ces souris transgéniques s’échapperaient pour retourner à
l’état sauvage, elles soient en mesure de constituer un nouveau réservoir animal du
virus poliomyélitique. Cet exemple montre néanmoins que, pour chaque nouvelle
lignée d’animaux transgéniques, il faut procéder à des études minutieuses pour
déterminer par quelles voies ces animaux peuvent être infectés, quel est le volume
d’inoculum nécessaire à l’infection et dans quelle proportion les animaux infectés
excrètent le virus. En outre, il faut prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer
un confinement rigoureux des souris transgéniques porteuses du récepteur viral.
Plantes transgéniques
Dans de nombreuses régions du monde, les plantes trangéniques exprimant des gènes
qui leur confèrent une tolérance aux herbicides ou une résistance aux insectes sont
aujourd’hui au centre d’une vive controverse. Le débat porte essentiellement sur la
sécurité sanitaire de ces plantes en tant qu’aliments et sur les conséquences écologiques
que leur culture pourrait avoir à long terme.
On utilise des plantes transgéniques exprimant des gènes d’origine humaine ou
animale pour obtenir des produits d’intérêt médical ou nutritionnel. Il convient de
procéder à une évaluation du risque pour déterminer à quel niveau de sécurité
biologique ces plantes doivent être produites.
Evaluation du risque dans le cas des organismes génétiquement modifiés
Dans le cas de travaux sur des OGM, l’évaluation du risque doit prendre en compte
les caractéristiques des organismes donneurs et receveurs. On en trouvera ci-après
quelques exemples.
• 115 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Dangers directement liés au gène inséré (organisme donneur)
Une évaluation du risque est nécessaire dans le cas où le produit du gène inséré
possède une activité biologique ou pharmacologique reconnue qui pourrait se révéler
nocive, par exemple, si on a affaire à des :
1. Toxines
2. Cytokines
3. Hormones
4. Régulateurs de l’expression génique
5. Facteurs de virulence ou d’accroissement de la virulence
6. Séquences oncogènes
7. Facteurs d’antibiorésistance
8. Allergènes.
Dans chaque cas, il faut évaluer le niveau d’expression nécessaire pour qu’une activité biologique ou pharmacologique se manifeste.
Dangers liés au receveur ou à l’hôte
1. Sensibilité de l’hôte
2. Pathogénicité de la souche hôte, et notamment sa virulence, son infectiosité et sa
production de toxines
3. Modification de la gamme d’hôtes
4. Etat immunitaire du receveur
5. Conséquences d’une exposition.
Dangers liés à la modification de certains facteurs de pathogénicité
Il y a beaucoup de modifications qui n’impliquent pas de gènes dont les produits sont
intrinsèquement nocifs, mais des effets indésirables peuvent se produire par suite de
la modification des facteurs pathogènes ou non pathogènes existants. La modification
d’un gène normal peut avoir des répercussions sur la pathogénicité. Pour reconnaître
ces dangers potentiels, il faut se poser les questions suivantes (liste non exhaustive).
1. Y a t-il augmentation de l’infectiosité ou de la pathogénicité ?
2. L’insertion du gène étranger peut-elle compenser une mutation incapacitante chez
le receveur ?
3. Le gène étranger code-t-il pour un facteur de pathogénicité appartenant à un autre
organisme ?
4. Si l’ADN étranger contient un tel facteur de pathogénicité, peut-on envisager que
cela ait des conséquences pour la pathogénicité de l’OGM ?
5. Existe t-il un traitement ?
6. La modification génétique aura t-elle des conséquences pour la sensibilité de
l’OGM aux antibiotiques ou à d’autres types de thérapeutique ?
7. L’éradication de l’OGM est-elle possible ?
• 116 •
16. SÉCURITÉ ET TECHNOLOGIES DE RECOMBINAISON DE L’ADN
Autres considérations
L’utilisation d’animaux ou de végétaux entiers à des fins expérimentales demande
également mûre réflexion. Les chercheurs doivent respecter la réglementation, les
restrictions et les prescriptions relatives au travail sur les OGM en vigueur dans les
pays ou les institutions dans lesquels ils exercent leur activité.
Il peut exister dans certains pays une autorité nationale chargée d’établir des directives concernant le travail sur les OGM et celle-ci peut aider les scientifiques à déterminer quel est le niveau de sécurité biologique requis par leurs travaux. Ce niveau
peut parfois varier d’un pays à l’autre et il peut aussi arriver qu’un pays décide
d’abaisser ou d’élever le niveau de sécurité exigé pour tel ou tel système vecteur/hôte,
à la lumière de données nouvelles.
L’évaluation du risque est un processus dynamique qui évolue avec les nouvelles
avancées et les nouveaux progrès de la science. Si ces évaluations sont menées correctement, elles permettront à l’humanité de continuer à tirer profit du génie génétique dans les années à venir.
Pour de plus amples informations, le lecteur est prié de consulter les références 17 et
46 à 48.
• 117 •
PARTIE VI
Sécurité chimique,
électrique et incendie
17. Les risques chimiques
Le personnel des laboratoires de microbiologie est exposé à des produits chimiques
dangereux tout autant qu’à des germes pathogènes. Il est donc primordial qu’il ait une
bonne connaissance des effets toxiques de ces produits, de leurs voies d’exposition et
des risques que comportent leur manipulation et leur stockage (voir annexe 5). On
peut obtenir auprès des fabricants ou des fournisseurs des fiches de sécurité chimique
ou d’ autres types d’information sur les risques de nature chimique. Le personnel des
laboratoires où de tels produits sont employés doit avoir accès à cette documentation
sous une forme ou une autre, qui peut par exemple être incluse dans le manuel de
laboratoire ou le guide d’hygiène et de sécurité.
Voies d’exposition
On peut être exposé à des produits chimiques dangereux par :
1. Inhalation
2. Contact
3. Ingestion
4. Piqûre d’aiguille
5. Lésion cutanée.
Stockage des produits chimiques
Il ne faut conserver au laboratoire que la quantité de produits nécessaire pour l’usage
quotidien. Les stocks doivent être entreposés dans une réserve constituée d’une pièce
ou d’un bâtiment spécialement destinés à cet effet.
Les produits chimiques ne doivent pas être rangés par ordre alphabétique.
Règles générales d’incompatibilité chimique
Pour prévenir tout risque d’incendie ou d’explosion, les produits qui figurent dans la
colonne de gauche du tableau 13 doivent être entreposés et manipulés de façon à éviter
tout contact avec avec les substances placées en regard, dans la colonne de droite.
Toxicité des produits chimiques
Certains produits chimiques peuvent avoir des effets indésirables sur la santé des personnes qui les manipulent ou en inhalent les vapeurs. Outre les poisons notoires, un
certain nombre de produits chimiques sont connus pour leurs divers effets toxiques.
• 121 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Tableau 13. Règles générales d’incompatibilité chimique
TYPE DE SUBSTANCE
SUBSTANCES INCOMPATIBLES
Métaux alcalins, comme le sodium, le
potassium, le césium ou le lithium
Dioxyde de carbone, hydrocarbures chlorés, eau
Halogènes
Ammoniac, acétylène, hydrocarbures
Acide acétique, sulfure d’hydrogène, aniline,
hydrocarbures, acide sulfurique
Oxydants, comme l’acide chromique, l’acide
nitrique, les peroxydes ou les permanganates
Le système respiratoire, le sang, les poumons, le foie, les reins et le tube digestif,
ainsi que d’autres organes et tissus, peuvent être touchés et même subir de graves
lésions. Parmi toutes ces substances toxiques, certaines sont reconnues comme étant
tératogènes ou cancérogènes.
Les vapeurs de certains solvants sont toxiques lorsqu’elles sont inhalées. Outre les
effets plus graves indiqués ci-dessus, l’exposition peut entraîner une atteinte sans
retentissement visible immédiat sur la santé, mais qui peut se traduire par un défaut
de coordination, une somnolence et des symptômes du même ordre, qui augmentent
le risque d’accident.
Une exposition répétée ou prolongée à la phase liquide d’un grand nombre de
solvants organiques peut être à l’origine de lésions cutanées résultant de la dissolution des graisses par les solvants ou bien encore d’une action corrosive ou allergique.
Des informations détaillées sur les effets toxiques des produits chimiques sont
données à l’annexe 5.
Produits chimiques explosifs
Les azotures, qui entrent souvent dans la composition des solutions antibactériennes,
ne doivent en aucun cas entrer en contact avec le cuivre ou le plomb (canalisation
d’évacuation et plomberie), car les azotures de ces métaux explosent violemment au
moindre choc.
Les éthers conservés depuis longtemps et qui ont cristallisé sont extrêmement instables et peuvent exploser.
L’acide perchlorique, qui sèche sur des surfaces de bois, sur des matériaux de construction ou du tissu explose et s’enflamme sous l’effet d’un choc.
L’acide picrique et les picrates détonnent sous l’effet de la chaleur et des chocs.
Renversement accidentel de produits chimiques
La plupart des fabricants de produits chimiques pour laboratoires fournissent des
affiches indiquant la conduite à tenir en cas de renversement de divers produits. Ces
affiches ainsi que le matériel et les produits à utiliser en pareil cas se trouvent également dans le commerce. Elles devront être apposées bien en vue dans le laboratoire.
Le matériel suivant doit également être fourni :
• 122 •
17. LES RISQUES CHIMIQUES
1. Nécessaires pour traiter les produits répandus
2. Vêtements protecteurs, tels que gants en caoutchouc épais, surchaussures ou
bottes en caoutchouc, masques respiratoires
3. Pelles et écopes
4. Pinces pour saisir les morceaux de verre
5. Serpillières, linges et serviettes en papier
6. Seaux
7. Carbonate de sodium (Na2CO3) ou monohydrogénocarbonate de sodium (bicarbonate, NaHCO3) pour neutraliser les acides et les produits corrosifs
8. Sable (pour recouvrir les bases répandues)
9. Détergent non inflammable.
En cas de renversement important d’un produit chimique, procéder de la manière
suivante :
1. Prévenir le délégué à la sécurité compétent.
2. Faire évacuer le personnel qui n’est pas indispensable.
3. Donner des soins aux personnes qui ont pu être contaminées.
4. Si le produit répandu est inflammable, éteindre toutes les flammes nues, fermer
l’arrivée de gaz dans la salle et les zones voisines, ouvrir les fenêtres (si possible)
et débrancher les appareils électriques susceptibles de produire des étincelles.
5. Eviter de respirer les vapeurs émises par le produit répandu.
6. Ventiler les locaux en chassant l’air vers l’extérieur, si l’opération est sans danger.
7. Se procurer le matériel nécessaire pour nettoyer (voir ci-dessus).
Gaz comprimés et liquéfiés
Le tableau 14 donne des conseils pour le stockage des gaz liquéfiés et comprimés.
• 123 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Tableau 14. Stockage des gaz liquéfiés et comprimés
BOUTEILLE
CONSEILS POUR LE STOCKAGE
Bouteilles de gaz comprimés • Doivent être solidement attachées (avec une chaîne par ex.)
et conteneurs
à un mur ou à une paillasse solide de façon à ne pas être
de gaz liquéfiésa,b
déplacées par inadvertance.
• Doivent être transportées munies de leur bouchon
protecteur, au moyen d’un chariot.
• Si elles sont en grande quantité, doivent être entreposées
dansun bâtiment approprié à distance du laboratoire.
Cette réserve doit être fermée à clef et identifiée par un
panneau.
• Ne doivent pas être placées à proximité d’un radiateur, de
flammes nues ou d’autres sources de chaleur, ni de
matériel électrique producteur d’étincelles, ni directement
exposées au soleil.
Petites cartouches de gaz
à usage uniquea,b
a
b
• Ne doivent pas être incinérées.
La vanne haute pression principale doit être fermée lorsque la bouteille n’est pas utilisée et que la salle
est inoccupée.
Les pièces dans lesquelles on utilise ou entrepose des bouteilles de gaz inflammables doivent être identifiées par des panneaux placés sur les portes.
Pour plus de plus amples informations, le lecteur est prié de consulter les références
1 et 49 à 51 ainsi que l’annexe 5.
• 124 •
18. Autres types de risques au
laboratoire
Le personnel de laboratoire peut être exposé à des dangers liés à diverses formes
d’énergie et notamment au feu, à l’électricité, aux rayonnements et au bruit. On trouvera dans ce chapitre, les données essentielles concernant chacun d’eux.
Risque d’incendie
Il est essentiel qu’il y ait une collaboration étroite entre les délégués à la sécurité et les
responsables locaux de la sécurité incendie. Outre les risques de nature chimique, tout
incendie présente un risque de dissémination de matériel biologique infectieux qu’il
faut prendre en compte, éventuellement pour décider s’il est préférable d’éteindre
l’incendie ou de le circonscrire.
Il est souhaitable de faire appel aux responsables locaux de la sécurité incendie pour
la formation du personnel de laboratoire à la prévention, aux mesures immédiates à
prendre en cas de sinistre et à l’utilisation du matériel de lutte contre les incendies.
Des panneaux, judicieusement placés bien en évidence dans chaque salle, dans les
couloirs et les halls, devront mettre en garde le personnel et indiquer la conduite à
tenir ainsi que les issues de secours à emprunter.
Les causes les plus courantes d’incendie au laboratoire sont les suivantes :
1. La surcharge électrique
2. Le mauvais entretien du circuit électrique, par ex. une isolation défectueuse ou en
mauvais état
3. La longueur excessive des tuyaux de gaz et des rallonges électriques
4. Les appareils laissés allumés inutilement
5. Des appareils ou équipements qui n’ont pas été conçus pour une utilisation en
laboratoire
6. Les flammes nues
7. Des tuyaux de gaz endommagés
8. Des négligences dans la manipulation et l’entreposage des produits inflammables
ou explosifs
9. Des négligences dans la séparation des substances chimiques incompatibles
10. La présence d’appareils ou d’équipements produisant des étincelles à proximité de
produits ou de vapeurs inflammables
11. Une ventilation mal adaptée ou insuffisante.
• 125 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Tableau 15. Les divers types d’extincteurs et leur usage
TYPE
À UTILISER SUR
À NE PAS UTILISER SUR
Eau
Papier, bois, tissu
Feux d’origine électrique,
liquides inflammables,
métaux incandescents
Dioxyde de carbone (CO2)
Gaz extincteurs
Liquides et gaz
inflammables, feux
d’origine électrique
Métaux alcalins, papier
Poudre
Liquides et gaz
inflammables, métaux
alcalins, feux d’origine
électrique
Instruments et matériel
réutilisables car les résidus
sont très difficiles à
éliminer
Mousse
Liquides inflammables
Feux d’origine électrique
Le matériel de lutte anti-incendie doit être placé à proximité des portes des salles et
en divers points stratégiques des couloirs et des halls. Ce matériel peut consister en
tuyaux souples, seaux (à eau ou à sable) et extincteurs. Les extincteurs doivent être
régulièrement vérifiés et entretenus et on veillera à ce qu’ils ne soient pas périmés. Les
divers types d’extincteurs et leur usage sont indiqués dans le tableau 15.
Pour de plus amples informations, le lecteur est prié de consulter la référence 49.
Risques électriques
Il est essentiel que toutes les installations et l’appareillage électriques soient vérifiés et
contrôlés régulièrement, y compris la mise à la terre.
Des disjoncteurs et notamment des disjoncteurs différentiels doivent être installés
sur les circuits électriques des laboratoires. Les disjoncteurs ne protègent pas les
personnes; leur rôle est de protéger les circuits d’une surcharge et, par conséquent,
d’éviter les incendies. Les disjoncteurs différentiels sont eux destinés à protéger les
personnes des chocs électriques.
Tout l’appareillage électrique du laboratoire doit être relié à la terre, au moyen de
prises de terre, de préférence.
La totalité des appareils et circuits électriques du laboratoire doit être conforme
aux normes nationales de sécurité électrique.
Bruit
Les effets d’une exposition durable à un bruit excessif sont insidieux. Certains
appareils de laboratoire, comme par exemple certains types de lasers ou encore les
installations qui abritent des animaux, peuvent entraîner une importante exposition
de ce genre. On peut procéder à des mesures acoustiques pour déterminer le risque
d’exposition au bruit. Si les données obtenues le justifient, on pourra envisager des
• 126 •
18. AUTRES TYPES DE RISQUES AU LABORATOIRE
mesures techniques telles que l’encoffrage des équipements bruyants ou la pose de
barrières ou d’écrans anti-bruit autour de ces équipments ou entre les zones bruyantes
et les autres zones de travail. Si l’on ne peut pas réduire le niveau de bruit et que le
personnel soit exposé en permanence à un bruit excessif, il faudra mettre en place un
programme de protection auditive prévoyant le port d’oreillettes de protection pour
les travaux en ambiance bruyante ainsi qu’une surveillance médicale du personnel
pour déterminer les effets de cette nuisance.
Rayonnements ionisants
La radioprotection a pour but de mettre les sujets humains à l’abri des effets nocifs
des rayonnements ionisants, effets qui consistent notamment :
1. En effets somatiques, par ex. des symptômes cliniques observables chez les sujets
exposés. Il s’agit en particulier de cancers radio-induits, par exemple des leucémies
ou encore des cancers osseux, pulmonaires ou cutanés, qui peuvent n’apparaître
que plusieurs années après l’irradiation. D’autres effets moins graves peuvent consister en petites lésions cutanées, alopécie, anomalies sanguines, lésions des voies
digestives ou cataracte.
2. En effets héréditaires, par ex. des symptômes qui s’observent dans la descendance
des sujets exposés. Les effets héréditaires de l’irradiation des gonades consistent
notamment en anomalies chromosomiques ou mutations géniques. L’irradiation à
forte dose des cellules germinales présentes dans les gonades peut également
entraîner la mort cellulaire, avec pour conséquence des troubles de la fertilité chez
les deux sexes et une modification du cycle menstruel chez la femme. Une exposition du fœtus pendant son développement, en particulier entre la huitième et la
quinzième semaine de la grossesse, peut accroître le risque de malformations congénitales, d’arriération mentale ou de cancers radio-induits plus tard dans la vie.
Les principes de la radioprotection contre les rayonnements ionisants
Pour limiter les effets nocifs des rayonnements ionisants, il faut réglementer l’utilisation des radio-isotopes, qui doit toujours respecter les normes nationales en la
matière. La mise en œuvre de la radioprotection repose sur quatre principes :
1. Réduire le plus possible la durée d’exposition
2. Se tenir le plus loin possible de la source de rayonnement
3. Disposer un blindage autour de la source de rayonnement
4. Substituer aux radionucléides d’autres techniques non radiométriques.
Les mesures de protection sont les suivantes :
1. Durée d’exposition. On peut réduire la durée d’exposition au cours des manipulations de substances radioactives :
— En s’exerçant à pratiquer les techniques nouvelles et non familières sans utiliser
de radionucléide jusqu’à ce qu’on les maîtrise parfaitement
• 127 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
— En utilisant les radionucléides en temps voulu, avec prudence et sans précipitation
— En veillant à ce qu’une fois utilisées, toutes les sources radioactives soient
immédiatement replacées dans leur lieu de stockage
— En éliminant fréquemment du laboratoire les déchets radioactifs
— En passant le moins de temps possible dans la zone ou dans le laboratoire où
il y a risque d’irradiation
— En s’exerçant à bien gérer et planifier les manipulations de substances radioactives et leur durée.
Moins on passe de temps dans le champ d’irradiation, plus la dose reçue individuellement est faible, comme le montre l’équation suivante :
Dose = Débit de dose ¥ temps
2. Distance à la source. Pour la plupart des rayonnements g ou X, le débit de dose
varie comme l’inverse du carré de la distance à une source ponctuelle :
Débit de dose = Constante ¥ 1 distance 2
On voit donc que si on double la distance entre la source de rayonnement et
l’opérateur, l’exposition sera divisée par quatre au cours de la même durée. On
utilise divers dispositifs et systèmes mécaniques pour augmenter la distance entre
l’opérateur et la source, par ex. des pinces de divers types et notamment à long
manche ainsi que des dispositifs pour le pipettage à distance. A noter qu’une petite
augmentation de la distance peut se traduire par une réduction non négligeable
du débit de dose.
3. Blindage. En plaçant entre la source et l’opérateur ou les autres membre du personnel des écrans capables d’absorber l’énergie rayonnée ou de l’atténuer, on peut
limiter leur exposition. Le choix du type d’écran et de son épaisseur dépend de la
capacité de pénétration du rayonnement (c’est-a-dire de sa nature et de son
énergie). Des écrans en résine acrylique, en bois ou en métal léger, d’une épaisseur de 1,3 à 1,5 cm protègent contre les particules b très énergétiques, mais pour
protéger contre le rayonnement g ou X de haute énergie, il est nécessaire d’utiliser
des écrans au plomb de densité élevée.
4. Substitution. Il ne faut pas utiliser de radionucléides s’il existe d’autres techniques.
Si l’on ne peut pas substituer une autre technique à une méthode radio-isotopique,
il faudra utiliser le radionucléide dont le rayonnement soit le moins pénétrant ou
le moins énergétique possible.
Régles de sécurité pour le travail avec des radionucléides
Il y a quatre types de règles pour le travail avec des substances radioactives, à savoir :
1. Celles qui concernent la zone d’irradiation
128
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
— En utilisant les radionucléides en temps voulu, avec prudence et sans précipitation
— En veillant à ce qu’une fois utilisées, toutes les sources radioactives soient
immédiatement replacées dans leur lieu de stockage
— En éliminant fréquemment du laboratoire les déchets radioactifs
— En passant le moins de temps possible dans la zone ou dans le laboratoire où
il y a risque d’irradiation
— En s’exerçant à bien gérer et planifier les manipulations de substances radioactives et leur durée.
Moins on passe de temps dans le champ d’irradiation, plus la dose reçue individuellement est faible, comme le montre l’équation suivante :
2. Distance à la source. Pour la plupart des rayonnements g ou X, le débit de dose
varie comme l’inverse du carré de la distance à une source ponctuelle :
On voit donc que si on double la distance entre la source de rayonnement et
l’opérateur, l’exposition sera divisée par quatre au cours de la même durée. On
utilise divers dispositifs et systèmes mécaniques pour augmenter la distance entre
l’opérateur et la source, par ex. des pinces de divers types et notamment à long
manche ainsi que des dispositifs pour le pipettage à distance. A noter qu’une petite
augmentation de la distance peut se traduire par une réduction non négligeable
du débit de dose.
3. Blindage. En plaçant entre la source et l’opérateur ou les autres membre du personnel des écrans capables d’absorber l’énergie rayonnée ou de l’atténuer, on peut
limiter leur exposition. Le choix du type d’écran et de son épaisseur dépend de la
capacité de pénétration du rayonnement (c’est-a-dire de sa nature et de son
énergie). Des écrans en résine acrylique, en bois ou en métal léger, d’une épaisseur de 1,3 à 1,5 cm protègent contre les particules b très énergétiques, mais pour
protéger contre le rayonnement g ou X de haute énergie, il est nécessaire d’utiliser
des écrans au plomb de densité élevée.
4. Substitution. Il ne faut pas utiliser de radionucléides s’il existe d’autres techniques.
Si l’on ne peut pas substituer une autre technique à une méthode radio-isotopique,
il faudra utiliser le radionucléide dont le rayonnement soit le moins pénétrant ou
le moins énergétique possible.
Régles de sécurité pour le travail avec des radionucléides
Il y a quatre types de règles pour le travail avec des substances radioactives, à savoir :
1. Celles qui concernent la zone d’irradiation
•
•
18. AUTRES TYPES DE RISQUES AU LABORATOIRE
Figure 12. Symbole international
indiquant un risque
d’irradiation
ATTENTION
RADIOACTIVITÉ
2. Celles qui concerne la paillasse où s’effectue la manipulation
3. Celles qui concernent la gestion des déchets
4. Celles qui concernent les dossiers et la conduite à tenir en situation d’urgence.
Parmi les règles les plus importantes, on peut citer les suivantes :
1. Zone d’irradiation
— N’utiliser de substances radioactives que dans les zones spécialement destinées
à cet usage.
— Seul le personnel indispensable doit être présent.
— Porter un équipement protecteur individuel, notamment une tenue de laboratoire appropriée, des lunettes de sécurité et des gants jetables.
— Porter un dosimètre personnel pour la surveillance de l’exposition au rayonnement.
Les laboratoires où sont manipulés des radionucléides doivent être conçus de
manière à ce que le confinement, le nettoyage et la décontamination soient simplifiés. La zone de travail sur les radionucléides doit être située dans une pièce de
petites dimensions contiguë au laboratoire principal ou dans un secteur spécial de
celui-ci, à distance des autres zones de travail. Des panneaux portant le symbole
international de risque d’irradiation doivent être apposés à l’entrée de la zone
d’irradiation (figure 12).
2. Paillasse où s’effectue la manipulation
— Utiliser des plateaux contenant des matériaux absorbants jetables pour recueillir les liquides répandus.
— Limiter la quantité de radionucléide utilisée.
— Disposer un écran de protection autour des sources de rayonnement, de la paillasse et des secteurs où sont placés les déchets radioactifs.
— Marquer le symbole de radioactivité sur les conteneurs de produits radioactifs en indiquant également la nature du radionucléide, son activité et la date
de la mesure.
• 129 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
— Utiliser des radiodosimètres pour le contrôle des zones de travail, des vêtements protecteurs et des mains une fois le travail achevé.
— Utiliser des conteneurs de transport correctement blindés.
3. Déchets radioactifs
— Eliminer fréquemment les déchets radioactifs de la zone de travail.
4. Dossiers et conduite à tenir en situation d’urgence
— Tenir un registre exact de l’utilisation et de l’élimination des produits radioactifs.
— Compulser les dossiers dosimétriques à la recherche d’un dépassement
éventuel de la dose limite pour certains produits.
— Mettre au point des plans d’action en cas de situation d’urgence et faire
procéder régulièrement à des exercices.
— En cas d’urgence, s’occuper en premier lieu des accidentés.
— Nettoyer à fond les zones contaminées.
— En cas de nécessité, demander l’aide des services de sécurité.
— Rédiger un rapport en cas d’incident et l’archiver.
• 130 •
PARTIE VII
La sécurité :
organisation
et formation
19. Le responsable de la sécurité
et le comité de sécurité
Il est indispensable que tout laboratoire ait un réglement de sécurité détaillé, un
manuel de sécurité et un programme pour leur mise en application. La responsabilité en incombe normalement au directeur ou au chef de l’établissement ou du laboratoire, lequel peut cependant déléguer certaines tâches à un responsable de la sécurité (délégué à la sécurité) ou à d’autres membres compétents du personnel.
La sécurité au laboratoire est également l’affaire de tous, qu’il s’agisse des chefs de
service ou de leurs subordonnés, et chaque membre du personnel est responsable de
sa sécurité et de celle de ses collègues. Chacun est tenu de travailler dans le respect des
règles de sécurité et doit rendre compte à son supérieur hiérarchique de toute action
ou situation qui y contreviendraient ainsi que de tout incident.
Il est souhaitable de charger des consultants extérieurs ou des membres du personnel de procéder à des audits périodiques sur les conditions de sécurité.
Le délégué à la sécurité
Dans la mesure du possible, on nommera un responsable de la sécurité biologique qui
sera chargé de veiller à ce que le réglement et les programmes de sécurité soient systématiquement respectés partout dans le laboratoire. C’est le délégué à la sécurité qui
remplit ces obligations au nom du directeur de l’établissement ou du laboratoire. Dans
les petites unités, le délégué à la sécurité peut être un microbiologiste ou un membre
du personnel technique, qui assure ces fonctions à temps partiel dans des conditions
déterminées. Quelle que soit la part d’activité consacrée à la sécurité, la personne
désignée doit posséder les compétences professionnelles requises pour proposer,
examiner ou approuver les mesures à prendre dans le prolongement des opérations
de confinement ou de sécurité biologiques. Le délégué à la sécurité doit faire appliquer la réglementation et les directives nationales et internationales en matière de
sécurité biologique et aider le laboratoire à établir des méthodes de travail normalisées. Il doit avoir une formation technique en microbiologie et en biochimie avec
des connaissances de base en sciences physiques et en biologie. Il est également tout
à fait souhaitable que le délégué à la sécurité connaisse bien les pratiques et les règles
de sécurité au laboratoire et dans le domaine clinique, notamment en ce qui concerne
le confinement du matériel biologique et les principes techniques relatifs à la conception, au fonctionnement et à la maintenance des installations. Il doit également
• 133 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
être capable de communiquer efficacement avec le personnel administratif et technique ainsi qu’avec le personnel de maintenance et de nettoyage.
Les tâches du délégué à la sécurité consisteront notamment à :
1. Procéder à des consultations sur la conformité aux règles de sécurité et de sûreté
biologiques ainsi qu’aux impératifs techniques.
2. Organiser des audits de biosécurité internes périodiques,sur les techniques,les modes
opératoires et les protocoles, les agents biologiques, le matériel et l’équipement.
3. S’entretenir avec les personnes concernées des infractions aux consignes et protocoles de sécurité biologique.
4. Vérifier auprès de tous les membres du personnel que ceux-ci ont reçu une formation appropriée en matière de sécurité biologique.
5. Assurer une formation continue en matière de sécurité biologique.
6. Enquêter après tout incident dû à la dissémination éventuelle de matériel, potentiellement infectieux ou toxique, rendre compte des résultats au directeur du laboratoire et au comité de sécurité biologique en leur faisant des recommandations
appropriées.
7. Coopérer avec le service médical touchant la possibilité d’infections contractées
par le personnel du laboratoire dans l’exercice de ses activités.
8. Veiller à ce que la décontamination soit correctement effectuée après renversement
accidentel de liquides ou autres incidents survenus avec du matériel infectieux.
9. Veiller à la bonne gestion des déchets.
10. Veiller à ce que tout appareil ou équipement soit convenablement décontaminé
avant une réparation ou un contrôle.
11. Sensibiliser le personnel aux attitudes de la collectivité vis-à-vis des questions
touchant la santé et l’environnement.
12. Etablir la marche à suivre appropriée pour l’importation et l’exportation par le
laboratoire de matériel biologique pathogène, en conformité avec la réglementation nationale.
13. Analyser, sous l’angle de la sécurité, tous les plans, protocoles et modes
opératoires utilisés dans les travaux de recherche.
14. Etablir un système pour faire face aux situations d’urgence.
Le comité de sécurité biologique
Il convient de constituer un comité de sécurité biologique dont le rôle sera de définir
la politique de l’établissement en matière de sécurité biologique et d’élaborer un code
de bonnes pratiques. Le comité doit également examiner les protocoles de recherche
comportant la manipulation d’agents infectieux, l’utilisation d’animaux, la mise en
œuvre de techniques de recombinaison de l’ADN ou l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés. Le comité pourra également avoir pour fonctions d’évaluer les
risques, d’élaborer un nouveau réglement en matière de sécurité biologique et d’arbitrer les conflits sur les questions de sécurité.
• 134 •
19. LE RESPONSABLE DE LA SÉCURITÉ ET LE COMITÉ DE SÉCURITÉ
La composition d’un comité de sécurité doit être représentative des diverses
branches professionnelles de l’établissement ainsi que de ses spécialités scientifiques.
La composition d’un comité de sécurité devrait, au minimum, être la suivante :
1. Un ou plusieurs délégués à la sécurité
2. Des scientifiques
3. Du personnel médical
4. Un ou plusieurs vétérinaires (en cas d’expérimentation animale)
5. Des représentants du personnel technique
6. Des représentants de la direction du laboratoire.
Le comité de sécurité biologique doit également prendre conseil auprès des délégués
à la sécurité des divers services et des spécialistes de la sécurité (par ex. de la radioprotection, de l’hygiène et sécurité industrielles, de la lutte contre l’incendie, etc.) et
il pourra à l’occasion faire appel à des spécialistes extérieurs de différents domaines
apparentés, aux autorités locales et aux organismes nationaux de réglementation.
Lorsqu’un protocole particulièrement sensible ou litigieux est en discussion, il peut
également être utile d’avoir l’avis de membres de la communauté.
• 135 •
20. La sécurité du personnel de
maintenance et d’entretien
Le bon fonctionnement d’un laboratoire et sa sécurité reposent dans une large mesure
sur le personnel de maintenance et d’entretien et il est donc essentiel qu’il reçoive la
formation voulue aux questions de sécurité.
Services de maintenance des appareils et des bâtiments
Les ingénieurs et les ouvriers qualifiés qui assurent la maintenance et la réparation des
bâtiments, des installations et de l’appareillage doivent avoir une certaine connaissance des activités du laboratoire ainsi que des règles et consignes de sécurité.
L’essai des appareils après révision, par exemple les contrôles d’efficacité des
enceintes de sécurité biologique après le remplacement des filtres pourra être confié
au délégué à la sécurité biologique ou effectué sous sa direction.
Les établissements et laboratoires qui ne disposent pas de leurs propres services
techniques de maintenance doivent entretenir de bonnes relations avec les prestataires
de services locaux et les familiariser avec leurs équipements et leurs activités.
Les ingénieurs et le personnel de maintenance ne doivent pas pénétrer dans des
laboratoires de confinement – sécurité biologique niveaux 3 ou 4 sans une autorisation délivrée par le délégué à la sécurité ou le chef de laboratoire ou sans leur surveillance.
Nettoyage
Dans les laboratoires de confinement – sécurité biologique niveau 3 ou de confinement de haute sécurité – sécurité biologique niveau 4, le nettoyage doit être fait par
le personnel du laboratoire. Dans le cas contraire, l’équipe de nettoyage ne doit intervenir dans ces laboratoires qu’avec l’autorisation du délégué à la sécurité biologique
ou du chef de laboratoire ou sous leur surveillance.
• 136 •
21. Programmes de formation
Une formation continue en cours d’emploi est indispensable pour maintenir la sensibilisation aux questions de sécurité parmi le personnel de laboratoire et le personnel de maintenance ou d’entretien. Il appartient aux chefs de laboratoire, avec l’aide
du délégué à la sécurité et d’autres personnes compétentes, d’assurer la formation du
personnel. L’efficacité de cette formation, comme d’ailleurs de toute formation en
santé et sécurité au travail, dépend d’un certain nombre de facteurs : engagement de
la Direction, motivations des uns et des autres, bonne formation professionnelle initiale, bonne communication interpersonnelle et en fin de compte, buts et objectifs de
l’établissement. Les points ci-dessous sont essentiels pour l’efficacité du programme
de formation à la sécurité biologique.
1. Evaluer les besoins. Il s’agit par là de définir les tâches à accomplir, par ordre
d’importance (eu égard à leur fréquence, nécessité et complexité) et détail des
opérations nécessaires à leur réalisation.
2. Fixer les objectifs de la formation. C’est-à-dire les comportements observables
que le personnel est supposé adopter dans son travail à l’issue de sa formation.
Ces objectifs pourront être fixés en tenant compte des conditions dans lesquelles
le personnel effectue certaines activités ou adopte certaines attitudes et du niveau
de compétence exigé.
3. Préciser le contenu de la formation et les moyens pédagogiques utilisés. On
entend par contenu de la formation les connaissances ou compétences que le personnel doit acquérir pour atteindre les objectifs fixés en matière de comportement.
Ce sont les personnes qui connaissent le type de travail et ses exigences qui sont
le mieux à même de définir le contenu du programme de formation à la sécurité
biologique. On peut également insister sur les résultats d’exercices consistant à
résoudre divers problèmes ou mettre au point un système d’apprentissage pour
corriger les erreurs commises par le personnel dans l’utilisation d’une technique
donnée. Il n’est pas certain qu’il existe une méthode pédagogique (conférences,
enseignement télévisé, enseignement assisté par ordinateur, vidéo interactive, etc.)
qui soit meilleure que les autres. Les besoins particuliers du personnel en formation, la composition du groupe, etc. jouent à cet égard un rôle très important.
4. Prendre en compte les aptitudes individuelles à l’apprentissage. Une formation
bien pensée doit prendre en compte les caractéristiques et particularités des individus. Chaque individu ou groupe d’individus peut différer par ses aptitudes, son
• 137 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
bagage, sa culture, la langue dans laquelle il s’exprime et son niveau de compétence avant formation. La méthode utilisée pourra être dictée par le jugement que
les personnes en formation portent sur la manière dont le programme peut
améliorer leur compétence professionnelle et leur sécurité personnelle. Par
exemple, certains individus ont une approche visuelle ou plutôt pratique de l’apprentissage, alors que d’autres préfèrent travailler sur des documents écrits. Il faut
également être à l’écoute de tout besoin particulier exprimé par les personnes en
formation; par exemple adapter les cours pour les malentendants. Outre la prise
en compte de tous ces aspects, il est recommandé à toute personne qui prépare un
programme de formation à la sécurité de se familiariser avec les principes de la
formation des adultes.
5. Préciser les conditions de l’apprentissage. Aucun élément de la formation, qu’il
s’agisse d’un cours, d’une vidéocassette que l’on visionne ou de documents écrits
que l’on consulte, ne doit être en contradiction ou sans rapport avec l’apprentissage de la technique ou de la question enseignée ou encore provoquer un blocage
de cet apprentissage. Par exemple, si le but de la formation est d’améliorer l’aptitude à résoudre des problèmes, la méthode pédagogique doit privilégier la réflexion et le raisonnement plutôt que la mémorisation pure et simple. La formation
dispensée doit requérir des apprenants qu’ils se montrent productifs et réagissent
de manière appropriée (réponse positive, exacte ou crédible). En outre, tout
élément de la formation qui fournit une occasion d’application pratique dans des
conditions analogues à celles du poste de travail facilitera la mise en œuvre en situation réelle de la compétence acquise par l’apprenant.
6. Evaluer la formation. Elle a pour but de fournir des informations qui permettront de savoir si l’instruction dispensée a atteint son but. Cette évaluation se fait
généralement de quatre manières :
— mesure de la réaction de l’apprenant à la formation dispensée
— mesure du degré de restitution dont l’apprenant est capable ou de ses
résultats
— appréciation des changements de comportement dans le poste de travail
— recherche et évaluation de résultats tangibles par rapport aux buts et objectifs
de l’établissement.
Pour procéder à une évaluation exhaustive de la formation, il faut répondre à ces
quatre points. Le mode d’évaluation le moins efficace consiste à ne prendre en
considération que les réactions de l’apprenant à l’instruction dispensée car elles
peuvent être sans véritable rapport avec ce qui a été effectivement appris. Il ne faut
en aucun cas utiliser cette méthode comme seule mesure de l’efficacité de la
formation.
7. Réviser la formation. Du fait de la multiplicité des critères de mesure des résultats, il est rare qu’une évaluation conduise à la conclusion que le programme de
formation est un succès ou un échec total. En général, les résultats de l’évaluation
indiquent que certaines parties du cours ont été mieux comprises, retenues ou
• 138 •
21. PROGRAMMES DE FORMATION
appliquées que d’autres. Si, à la suite d’un programme de formation, on constate
des hauts et des bas ou des lacunes dans les connaissances ou les compétences
souhaitées, c’est peut-être le signe qu’il faut envisager de prolonger la formation,
de changer de méthodes pédagogiques ou de recruter des formateurs plus
compétents.
L’OMS peut fournir divers outils pour la formation à la sécurité microbiologique.
• 139 •
PARTIE VIII
Liste des contrôles
de sécurité
22. Liste des contrôles de sécurité
Cette liste est destinée à faciliter l’évaluation du degré de sécurité et de sûreté microbiologiques dans les laboratoires biomédicaux.
Locaux
1. Les principes directeurs relatifs à la mise en service et à l’agrément du laboratoire
ont-ils été pris en compte pour la construction des installations ou les expertises
ultérieures ?
2. Les locaux sont-ils conformes à la réglementation nationale et locale en matière
de travaux publics, notamment en ce qui concerne la résistance aux catastrophes
naturelles ?
3. Les locaux sont-ils généralement en bon ordre et non encombrés ?
4. Sont-ils propres ?
5. Y a t-il des défauts de structure au niveau des sols ?
6. Les sols et les marches d’escaliers sont-ils réguliers et antidérapants ?
7. Est-ce que l’espace est suffisant pour pouvoir travailler sans danger ?
8. Est-ce que les dégagements et les couloirs sont assez larges pour le passage du personnel et des gros appareils ?
9. Les paillasses et autres plans de travail, le mobilier et les installations sont-ils en
bon état ?
10. La surface des paillasses et autres plans de travail est-elle résistante aux solvants et
aux produits chimiques corrosifs ?
11. Y a-t-il un lavabo dans chaque salle du laboratoire ?
12. Est-ce que la construction et l’entretien des locaux permettent d’empêcher
l’entrée et l’installation de rongeurs ou d’arthropodes ?
13. Est-ce que toutes les conduites d’eau chaude ou de vapeur apparentes sont isolées
ou protégées pour que le personnel ne se brûle pas ?
14. Le laboratoire dispose-t-il d’un groupe électrogène pour assurer le relais en cas de
panne électrique ?
15. L’accès aux locaux du laboratoire peut-il être limité aux seules personnes
autorisées ?
16. A-t-on procédé à une évaluation du risque pour s’assurer que le laboratoire
dispose des installations et équipements voulus pour l’exécution de ses tâches ?
• 143 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Entreposage
1. Les systèmes d’entreposage et de rangement (étagères, etc.) sont-ils conçus pour
que le matériel entreposé ne puisse ni glisser, ni se renverser, ni tomber ?
2. Les aires d’entreposage sont-elles encombrées de débris, d’objets inutiles et
inutilisables sur lesquels on pourrait trébucher, qui pourraient prendre feu ou
héberger de la vermine ?
3. Les congélateurs et aires d’entreposage peuvent-ils être fermés à clef ?
Assainissement et locaux pour le personnel
1. Les locaux sont-ils propres, bien tenus et dans de bonnes conditions d’hygiène ?
2. Dispose-t-on d’eau potable ?
3. Y a-t-il des toilettes et les lavabos séparés pour les hommes et les femmes et sontils satisfaisants et propres ?
4. Y trouve-t-on de l’eau chaude et froide, du savon et des essuie-mains ?
5. Les vestiaires sont-ils séparés pour les hommes et pour les femmes ?
6. Chaque membre du personnel peut-il laisser ses vêtements de ville dans un endroit
prévu à cet effet (armoires, par ex.) ?
7. Une pièce est-elle réservée au personnel pour le déjeuner, etc. ?
8. Le niveau sonore est-il acceptable ?
9. Le ramassage des poubelles contenant les déchets ordinaires est-il satisfaisant ?
Chauffage et ventilation
1. La température du lieu de travail est-elle confortable ?
2. Y a-t-il des stores aux fenêtres situées en plein soleil ?
3. La ventilation est-elle satisfaisante (air renouvelé par ex. au moins six fois par
heure) en particulier dans les pièces où elle est mécanique ?
4. Le système de ventilation est-il muni de filtres HEPA ?
5. La ventilation mécanique perturbe-t-elle les flux laminaires à l’intérieur et autour
des enceintes de sécurité biologique et des hottes ou sorbonnes ?
Eclairage
1. L’éclairage général est-il satisfaisant (par ex. 300 à 400 lux) ?
2. Un éclairage local est-il fourni au-dessus des paillasses ?
3. Les pièces sont-elles partout bien éclairées ou subsiste-t-il des coins sombres dans
les pièces et les couloirs ?
4. Les tubes fluorescents sont-ils parallèles à la surface des paillasses et des plans de
travail ?
5. Les tubes fluorescents ont-ils un spectre équilibré ?
Services
1. Chaque salle du laboratoire est-elle équipée avec suffisamment d’éviers, de robinets
d’eau et de gaz et de prises de courant pour que l’on puisse travailler sans danger ?
• 144 •
22. LISTE DES CONTRÔLES DE SÉCURITÉ
2. A-t-on mis en place un programme convenable d’inspection et de maintenance
pour les fusibles, les lampes et tubes, les câbles, les canalisations, etc. ?
3. Les pannes sont-elles réparées dans un délai raisonnable ?
4. Existe-t-il un service technique interne chargé de la maintenance avec des
ingénieurs et des ouvriers compétents ayant une certaine connaissance des travaux
qui sont effectués dans le laboratoire ?
5. L’accès de ce personnel technique de maintenance aux locaux du laboratoire
est-il réglementé et enregistré ?
6. S’il n’existe pas de service technique interne chargé de la maintenance, a-t-on pris
contact avec des ingénieurs et des constructeurs du lieu pour les familiariser avec
l’appareillage et les activités du laboratoire ?
7. Le laboratoire dispose-t-il d’un service de nettoyage ?
8. L’accès de l’équipe de nettoyage aux divers locaux du laboratoire est-il réglementé
et enregistré ?
9. Existe-t-il un service informatique et ce service est-il sécurisé ?
Sûreté biologique en laboratoire
1. A-t-on procédé à une analyse qualitative des risques pouvant peser sur le
laboratoire afin de déterminer contre quels risques le laboratoire doit être
protégé ?
2. A-t-on défini les risques acceptables et les paramètres pour la planification de la
réponse aux incidents ?
3. Lorsqu’il n’y a personne, le bâtiment est-il bien totalement fermé à clef ?
4. Les portes et les fenêtres sont-elles construites pour résister à une effraction ?
5. Les pièces contenant des matériels dangereux et des appareils coûteux sont-elles
fermées à clef lorsqu’il n’y a personne ?
6. L’accès à ces pièces, appareils et matériels est-il réglementé et enregistré ?
Prévention des incendies et protection contre le feu
1. Y a-t-il un système d’alarme incendie ?
2. Les portes coupe-feu sont-elles en bon état ?
3. Le laboratoire dispose-t-il de détecteurs d’incendie et ces détecteurs sont-ils en
bon état de marche et régulièrement vérifiés ?
4. Les postes d’alarme incendie sont-ils accessibles ?
5. Les sorties sont-elles toutes indiquées par un panneau lumineux adéquat ?
6. L’accès aux sorties est-il indiqué lorsqu’il n’est pas directement visible ?
7. Toutes les sorties sont-elles dégagées et non dissimulées ou encombrées par des
éléments décoratifs, du mobilier ou des appareils et les portes sont-elles déverrouillées lorsque le bâtiment est occupé ?
8. L’accès aux sorties est-il prévu pour que l’on puisse fuir sans avoir à traverser une
zone à haut risque ?
9. Les sorties débouchent-elles toutes à l’extérieur ?
• 145 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
10. Les couloirs, dégagements, passages, etc. sont-ils libres et dégagés pour permettre
la circulation du personnel et du matériel de lutte anti-incendie ?
11. Le matériel et les équipements de lutte anti-incendie sont-ils facilement identifiables par un code de couleur approprié ?
12. Existe-t-il des extincteurs portatifs toujours pleins, en bon état et à la place prévue ?
13. Les salles du laboratoire où existe un risque d’incendie sont-elles équipées
d’extincteurs et de couvertures anti-feu utilisables en cas d’urgence ?
14. Si des gaz ou des liquides inflammables sont utilisés dans une pièce, la ventilation
mécanique est-elle suffisante pour éliminer les vapeurs avant qu’elles n’atteignent
une concentration dangereuse ?
15. A-t-on appris au personnel comment se comporter en cas d’incendie ?
Stockage des liquides inflammables
1. Est-ce que les réserves de liquides inflammables sont stockées dans un endroit
séparé du bâtiment principal ?
2. Un panneau de risque incendie est-il visiblement apposé à l’entrée du local ?
3. Le local est-il équipé d’un système de ventilation naturelle ou forcée distinct du
bâtiment principal ?
4. Les interrupteurs électriques sont-ils antidéflagrants ou placés à l’extérieur du
bâtiment ?
5. Le système d’éclairage du local est-il antidéflagrant pour que les vapeurs ne
risquent pas de s’enflammer au contact des étincelles ?
6. Les liquides inflammables sont-ils conservés dans des récipients ventilés appropriés, fabriqués avec des matériaux incombustibles ?
7. Le contenu des récipients est-il correctement indiqué sur l’étiquette ?
8. Des extincteurs ou des couvertures anti-feu appropriés sont-ils placés à l’extérieur,
mais à proximité de la réserve de liquides inflammables ?
9. Des panneaux « Défense de fumer » sont-ils apposés bien visiblement à l’intérieur
et à l’extérieur de la réserve ?
10. Est-ce que la quantité de produits inflammables conservés dans les salles du
laboratoire est la plus faible possible ?
11. Ces produits sont-ils conservés dans des armoires de sécurité anti-feu ?
12. Ces armoires portent-elles des panneaux indiquant la présence de produits
inflammables et un risque d’incendie ?
13. Le personnel a-t-il appris à transporter et à utiliser correctement les liquides
inflammables ?
Gaz comprimés et liquéfiés
1. Chaque bouteille de gaz portable est-elle étiquetée correctement (code de couleur
et contenu) ?
2. Le bon état des bouteilles de gaz et de leurs manodétendeurs est-il régulièrement
vérifié ?
• 146 •
22. LISTE DES CONTRÔLES DE SÉCURITÉ
3. Les manodétendeurs sont-ils régulièrement entretenus ?
4. Quand une bouteille est utilisée, se sert-on d’un manodétendeur ?
5. Quand les bouteilles ne sont pas utilisées ou sont transportées, sont-elles fermées
par un bouchon protecteur ?
6. Toutes les bouteilles de gaz comprimés sont-elles rangées de manière à ne pas
pouvoir tomber, notamment en cas de catastrophe naturelle ?
7. Les bouteilles et les fûts de gaz de pétrole liquéfié sont-ils placés loin des sources
de chaleur ?
8. Le personnel a-t-il appris à utiliser et à transporter correctement les gaz comprimés ou liquéfiés ?
Risques électriques
1. Toutes les installations neuves, remplacées, modifiées ou réparées sont-elles conformes aux normes nationales en matière de sécurité électrique et maintenues telles ?
2. Le câblage intérieur des bâtiments est-il relié à la terre ?
3. Tous les circuits du laboratoire sont-ils munis de disjoncteurs et de disjoncteurs
différentiels ?
4. Les appareils électriques sont-ils tous agréés par un laboratoire d’essai ?
5. Les câbles d’alimentation souples de tous les appareils sont-ils aussi courts que
possible, en bon état, sans usure, dommage ou raccord ?
6. Chaque prise n’est-elle utilisée que pour un seul appareil (pas d’adaptateurs) ?
Protection individuelle
1. Tous les membres du personnel du laboratoire disposent-ils de vêtements protecteurs dont le modèle et l’étoffe ou le matériau sont approuvés, tels que blouses,
sarraus, combinaisons, tabliers ou gants ?
2. Le personnel qui travaille sur des produits chimiques dangereux ou sur des substances radioactives ou cancérogènes dispose-t-il d’accessoires de protection supplémentaires tels que tabliers et gants de caoutchouc pour la manipulation des
produits chimiques et le traitement des liquides répandus ou gants résistants à la
chaleur pour le déchargement des autoclaves et des fours ?
3. Le personnel dispose-t-il de lunettes de sécurité, de lunettes à coques et d’écrans
faciaux (visières) ?
4. Existe-t-il des postes pour le rinçage des yeux ?
5. Existe-t-il des douches d’urgence ?
6. Les mesures de radioprotection sont-elles conformes aux normes nationales et
internationales, et comportent-elles la fourniture de dosimètres individuels ?
7. Le laboratoire dispose-t-il de masques respiratoires régulièrement nettoyés, désinfectés, vérifiés et rangés de manière hygiénique dans un endroit propre ?
8. Les masques respiratoires sont-ils dotés des cartouches filtrantes de modèle approprié, notamment de filtres HEPA pour retenir les micro-organismes et de filtres
spéciaux pour les gaz ou les particules ?
• 147 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
9. Vérifie-t-on si les masques respiratoires sont bien adaptés aux personnes qui
doivent les porter ?
Santé et sécurité du personnel
1. Existe-t-il un service de médecine du travail ?
2. Y a-t-il des armoires à pharmacie ou trousses de premiers soins aux endroits
adéquats ?
3. Y a-t-il des secouristes qualifiés ?
4. Ces secouristes sont-ils formés pour les premiers soins correspondant aux dangers
propres au laboratoire : contact avec des produits chimiques corrosifs, ingestion
accidentelle de toxiques ou de matériel biologique infectieux ?
5. Le personnel qui ne travaille pas dans le laboratoire (nettoyage et administration)
est-il informé des risques que représente le matériel biologique manipulé ?
6. Des affiches judicieusement placées indiquent-elles où se trouvent les postes de
premiers secours, les numéros de téléphone des services d’urgence, etc.
7. Les femmes en âge de procréer sont-elles informées des conséquences que peut
avoir la manipulation de certains micro-organismes, substances cancérogènes,
mutagènes ou tératogènes ?
8. A-t-on dit aux femmes en âge de procréer que si elles sont enceintes, ou pensent
l’être, elles doivent prévenir le membre responsable du service médical ou du personnel scientifique, de façon que des mesures concernant leur travail puissent être
prises si nécessaire ?
9. Existe-t-il un programme de vaccination adapté au travail du laboratoire ?
10. Peut-on pratiquer des tests cutanés ou existe-t-il un service de radiologie pour la
surveillance médicale du personnel qui travaille sur des matériels contenant des
bacilles tuberculeux ou d’autres matériels justifiant ce genre de contrôle ?
11. Existe-t-il un registre bien tenu des accidents et des maladies ?
12. Des panneaux de prévention des accidents et de mise en garde sont-ils utilisés pour
réduire les accidents du travail ?
13. Le personnel est-il entraîné à suivre les instructions appropriées pour la
sécurité biologique ?
14. Le personnel du laboratoire est-il invité à signaler les risques d’exposition ?
Appareils et équipements de laboratoire
1. Tous les appareils sont-ils agréés sur le plan de la sécurité ?
2. Existe-t-il des protocoles pour la décontamination du matériel avant la
maintenance ?
3. Les enceintes de sécurité biologique et les hottes ou sorbonnes sont-elles régulièrement vérifiées et révisées ?
4. Les autoclaves et autres appareils fonctionnant sous pression sont-ils régulièrement inspectés ?
• 148 •
22. LISTE DES CONTRÔLES DE SÉCURITÉ
5. Les rotors et les pots à centrifuger sont-ils régulièrement inspectés ?
6. Les filtres HEPA sont-ils régulièrement changés ?
7. Utilise-t-on des aiguilles hypodermiques au lieu de pipettes ?
8. La verrerie fêlée ou ébréchée est-elle toujours jetée et non réutilisée ?
9. Existe-t-il des conteneurs de sécurité pour le verre cassé ?
10. Utilise-t-on du plastique plutôt que du verre lorsque c’est possible ?
11. Existe-t-il des conteneurs spéciaux pour les objets tranchants ou pointus et sontils effectivement utilisés ?
Matériel infectieux
1. Reçoit-on les échantillons dans de bonnes conditions de sécurité ?
2. Tient-on un registre des arrivées de matériel biologique ?
3. L’emballage des échantillons est-il ouvert avec soin et prudence, en prévision d’une
casse ou d’une fuite possibles ?
4. Porte-t-on des gants ou tout autre type de protection pour défaire l’emballage des
échantillons ?
5. Le personnel a-t-il été formé pour expédier les substances infectieuses conformément à la réglementation nationale ou internationale ?
6. Les paillasses et plans de travail sont-ils propres et en ordre ?
7. Le matériel infectieux jeté est-il éliminé tous les jours ou plus souvent, et conformément aux normes de sécurité ?
8. Tous les membres du personnel sont-ils informés des méthodes à utiliser pour le
nettoyage après casse ou renversement accidentel de récipients contenant des cultures ou du matériel biologique infectieux ?
9. Le fonctionnement des stérilisateurs est-il vérifié au moyen d’indicateurs
chimiques, physiques ou biologiques ?
10. Est-il prévu de décontaminer les centrifugeuses régulièrement ?
11. Dispose-t-on de pots étanches pour les centrifugeuses ?
12. Utilise-t-on les bons désinfectants ? Sont-ils utilisés correctement ?
13. Y a-t-il une formation spéciale pour le personnel qui travaille dans les laboratoires
de confinement – sécurité biologique niveau 3 et les laboratoires de confinement
à haute sécurité – sécurité biologique niveau 4 ?
Produits chimiques et matières radioactives
1. Les produits chimiques incompatibles sont-ils bien entreposés ou manipulés
séparément les uns des autres ?
2. Les produits chimiques sont-ils tous correctement étiquetés, avec nom et mise en
garde ?
3. Les panneaux de risque chimique sont-ils bien en évidence ?
4. Existe-t-il des nécessaires contenant le matériel voulu pour nettoyer les liquides
répandus accidentellement ?
• 149 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
5. Le personnel connaît-il la conduite à tenir en cas de renversement accidentel ?
6. Les produits inflammables sont-ils entreposés correctement et en petite quantité
dans des armoires agréées ?
7. Dispose-t-on de portoirs pour les bouteilles ?
8. Y a-t-il un responsable de la radioprotection ou un manuel que l’on puisse
consulter ?
9. Le personnel a-t-il suivi une formation pour le travail avec des matières radioactives dans de bonnes conditions de sécurité ?
10. Un registre des stocks et de l’utilisation des matières radioactives existe-t-il et estil tenu correctement ?
11. Le laboratoire dispose-t-il d’écrans de blindage pour la protection contre la
radioactivité ?
12. La surveillance dosimétrique du personnel est-elle assurée ?
• 150 •
PARTIE IX
Bibliographie,
annexes et index
Bibliographie
1. Safety in health-care laboratories. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1997,
(http://whqlibdoc.who.int/hq/1997/WHO_LAB_97.1.pdf).
2. Garner JS, Hospital Infection Control Practices Advisory Committee. Guideline for
isolation precautions in hospitals. American Journal of Infection Control, 1996, 24:24–52,
(http://www.cdc.gov/ncidod/hip/isolat/isolat.htm).
3. Hunt GJ, Tabachnick WJ. Handling small arbovirus vectors safely during biosafety level 3
containment : Culicoides variipennis sonorensis (Diptera : Ceratopogonidae) and exotic
bluetongue viruses. Journal of Medical Entomology, 1996, 33:271–277.
4. National Research Council. Occupational health and safety in the care and use of research
animals. Washington, DC, National Academy Press, 1997.
5. Richmond JY, Quimby F. Considerations for working safely with infectious disease agents
in research animals. In : Zak O, Sande MA, eds. Handbook of animal models of infection.
London, Academic Press, 1999:69–74.
6. Biosafety in microbiological and biomedical laboratories, 4th ed. Washington, DC, United
States Department of Health and Human Services/Centers for Disease Control and
Prevention/National Institutes of Health, 1999.
7. Class II (laminar flow) biohazard cabinetry. Ann Arbor, MI, National Sanitation Foundation, 2002 (NSF/ANSI 49-2002).
8. Richmond JY, McKinney RW. Primary containment for biohazards : selection, installation
and use of biological safety cabinets, 2nd ed. Washington, DC, United States Department of
Health and Human Services/Centers for Disease Control and Prevention/National Institutes of Health, 2000.
9. Microbiological safety cabinets. Recommendations for information to be exchanged between
purchaser, vendor and installer and recommendations for installation. London, British Standards Institution, 1992 (Standard BS 5726-2:1992).
10. Microbiological safety cabinets. Recommendations for selection, use and maintenance.
London, British Standards Institution, 1992 (Standard BS 5726-4:1992).
11. Biological containment cabinets (Class I and II) : installation and field testing. Toronto,
Canadian Standards Association, 1995 (Standard Z316.3-95 (R2000)).
12. Collins CH, Kennedy DA. Laboratory acquired infections : history, incidence, causes and prevention, 4th ed. Oxford, Butterworth-Heinemann, 1999.
13. Santé Canada. Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire, 2e éd., Ottawa,
Ministre des Approvisionnements et Services Canada, 1996.
14. Biological safety cabinets – biological safety cabinets (Class I) for personnel and environment
protection. Sydney, Standards Australia International, 1994 (Standard AS 2252.1-1994).
15. Biological safety cabinets – laminar flow biological safety cabinets (Class II) for personnel, environment and product protection. Sydney, Standards Australia International, 1994 (Standard
AS 2252.2-1994).
• 153 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
16. Standards Australia/Standards New Zealand. Biological safety cabinets – installation and use.
Sydney, Standards Australia International, 2000 (Standard AS/NZS 2647:2000).
17. Advisory Committee on Dangerous Pathogens. Guidance on the use, testing and maintenance
of laboratory and animal flexible film isolators. London, Health and Safety Executive, 1990.
18. Standards Australia/Standards New Zealand. Safety in laboratories – microbiological aspects
and containment facilities. Sydney, Standards Australia International, 2002 (Standard
AS/NZS 2243.3:2002).
19. Centers for Disease Control and Prevention. Recommendations for prevention of HIV
transmission in health-care settings. Morbidity and Mortality Weekly Report, 1987, 36
(Suppl. 2) :1S–18S.
20. Bosque PJ et al. Prions in skeletal muscle. Proceedings of the National Academy of Sciences
of the United States of America, 2002, 99:3812–3817.
21. Bartz JC, Kincaid AE, Bessen RA. Rapid prion neuroinvasion following tongue infection.
Journal of Virology, 2003, 77:583–591.
22. Thomzig A et al. Widespread PrPSc accumulation in muscles of hamsters orally infected
with scrapie. EMBO Reports, 2003, 4:530–533.
23. Glatzel M et al. Extraneural pathologic prion protein in sporadic Creutzfeld-Jakob disease.
New England Journal of Medicine, 2003, 349:1812–1820.
24. Brown P, Wolff A, Gajdusek DC. A simple and effective method for inactivating virus infectivity in formalin-fixed tissue samples from patients with Creutzfield-Jakob disease.
Neurology, 1990, 40:887–890.
25. Taylor DM et al. The effect of formic acid on BSE and scrapie infectivity in fixed and unfixed
brain-tissue. Veterinary Microbiology, 1997, 58:167–174.
26. Safar J et al. Prions. In : Richmond JY, McKinney RW, eds. Biosafety in microbiological and
biomedical laboratories, 4th ed. Washington, DC, United States Department of Health and
Human Services, 1999:134–143.
27. Bellinger-Kawahara C et al. Purified scrapie prions resist inactivation by UV irradiation.
Journal of Virology, 1987, 61:159–166.
28. Health Services Advisory Committee. Safe working and the prevention of infection in clinical laboratories. London, HSE Books, 1991.
29. Russell AD, Hugo WB, Ayliffe GAJ. Disinfection, preservation and sterilization, 3rd ed.
Oxford, Blackwell Scientific, 1999.
30. Ascenzi JM. Handbook of disinfectants and antiseptics. New York, NY, Marcel Dekker, 1996.
31. Block SS. Disinfection, sterilization & preservation, 5th ed. Philadelphia, PA, Lippincott
Williams & Wilkins, 2001.
32. Rutala WA. APIC guideline for selection and use of disinfectants. 1994, 1995, and 1996
APIC Guidelines Committee. Association for Professionals in Infection Control and
Epidemiology, INC. American Journal of Infection Control, 1996, 24:313–342.
33. Sattar SA, Springthorpe VS, Rochon M. A product based on accelerated and stabilized
hydrogen peroxide : evidence for broad-spectrum germicidal activity. Canadian Journal of
Infection Control, 1998, 13:123–130.
34. Schneider PM. Emerging low temperature sterilization technologies. In : Rutala WA, eds.
Disinfection & sterilization in health care. Champlain, NY, Polyscience, 1997:79–92.
35. Springthorpe VS. New chemical germicides. In : Rutala WA, eds. Disinfection & sterilization
in health care. Champlain, NY, Polyscience, 1997:273–280.
36. Steelman VM. Activity of sterilization processes and disinfectants against prions. In : Rutala
WA, eds. Disinfection & sterilization in health care. Champlain, NY, Polyscience,
1997:255–271.
• 154 •
BIBLIOGRAPHIE
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and sterilization, 3rd ed. Oxford, Blackwell Scientific, 1999:222–236.
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dans les établissements de santé, 2e éd. Ottawa, Laboratoire de lutte contre la maladie, Bureau
des maladies infectieuses, Santé Canada, 1998.
39. Springthorpe VS, Sattar SA. Chemical disinfection of virus-contaminated surfaces. CRC
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40. Recommandations relatives au transport des marchandises dangereuses, treizième édition
révisée, New York et Genève, Nations Unies, 2003, (http://www.unece.org/trans/danger/
publi/unrec/rev13/13files_f.html).
41. Instructions techniques pour la sécurité du transport aérien des marchandises dangereuses,
Édition de 2003–2004. Montréal, Organisation de l’Aviation civile internationale, 2002.
42. Comité des Transports Intérieurs de la Commission Économique pour l’Europe. ADR
restructuré en vigueur le 1er Janvier 2003. New York et Genève, Nations Unies, 2002,
(http://www.unece.org/trans/danger/publi/adr/adr2003/ContentsF.html).
43. Infectious substances shipping guidelines. Montreal, International Air Transport Association,
2003, (http://www.iata.org/ads/issg.htm).
44. Transport des substances infectieuses. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2004,
(http://www.who.int/csr/resources/publications/WHO_CDS_CSR_LYO_2004_9Fr/en/).
45. Berg P et al. Asilomar conference on recombinant DNA molecules. Science, 1975,
188:991–994.
46. Union Européenne, Directive 98/81/CE du Conseil du 26 octobre 1998 modifiant la directive 90/219/CEE relative à l’utilisation confinée de micro-organismes génétiquement
modifiés. Journal officiel des Communautés européennes, 1998, L330:13–31.
47. O’Malley BW Jr et al. Limitations of adenovirus-mediated interleukin-2 gene therapy for
oral cancer. Laryngoscope, 1999, 109:389–395.
48. Organisation mondiale de la Santé. Maintenance and distribution of transgenic mice susceptible to human viruses : memorandum from a WHO meeting. Bulletin of the World
Health Organization, 1993, 71:497–502.
49. Furr AK. CRC handbook of laboratory safety, 5th ed. Boca Raton, FL, CRC Press, 2000.
50. Lenga RE. The Sigma-Aldrich Library of Chemical Safety Data, 2nd ed. Milwaukee, WI,
Aldrich Chemical Company, 1988.
51. Lewis RJ. Sax’s dangerous properties of industrial materials, 10th ed. Toronto, John Wiley
and Sons, 1999.
• 155 •
ANNEXE 1
Premiers secours
Les premiers secours consistent dans l’application immédiate, par des personnes
qualifiées, de principes médicaux reconnus sur le lieu d’un accident. C’est la méthode
admise pour traiter un accidenté en attendant qu’il puisse être pris en charge par un
médecin en vue du traitement définitif de ses lésions.
Le matériel minimum pour les premiers secours se compose d’une trousse de
premiers soins, de vêtements de protection et d’équipements de sécurité pour le
secouriste ainsi que d’un dispositif d’irrigation oculaire.
Trousse de premiers soins
Cette trousse doit être faite d’un matériau qui protège le contenu de la poussière et
de l’humidité. Elle doit être placée bien en vue et être facilement reconnaissable. Par
convention internationale, elle est marquée d’une croix blanche sur fond vert.
La trousse de premiers soins doit contenir :
1. Une fiche d’information donnant des conseils généraux
2. Des pansements adhésifs stériles de diverses tailles en emballage individuel
3. Des tampons oculaires avec leurs bandages de fixation
4. Des bandages triangulaires
5. Des compresses stériles pour couvrir les plaies
6. Des épingles de nourrice
7. Un assortiment de pansements stériles mais non imprégnés
8. Un manuel de premiers soins faisant autorité, publié par ex. par la Croix-Rouge.
Equipement de protection pour le secouriste :
1. Une protection buccale pour le bouche à bouche
2. Des gants et autres dispositifs de protection mécanique pour éviter une contamination par le sang1, et
3. Un nécessaire pour nettoyer le sang répandu (voir chapitre 14).
Il faut également un dispositif pour l’irrigation oculaire et le personnel doit avoir
appris à s’en servir.
1
Garner JS, Hospital Infection Control Practices Advisory Committee. Guideline for isolation precautions
in hospitals. American Journal of Infection Control, 1996, 24:24–52 (http://www.cdc.gov/ncidod/hip/
isolat/isolat.htm).
• 156 •
ANNEXE 2
Vaccination du personnel
Il faut s’entretenir en détail avec chaque chercheur des risques que comporte le travail
sur tel ou tel agent infectieux. Avant de commencer à travailler sur ces agents, il convient de se renseigner sur la possibilité de se procurer localement des vaccins et des
médicaments (par ex. des antibiotiques), sur leur autorisation de mise sur le marché
et sur leur utilité. Certains membres du personnel peuvent être déjà immunisés en
raison d’une vaccination ou d’une maladie infectieuse antérieures.
Si un vaccin ou une anatoxine appropriés sont autorisés à la vente sur le marché
local et que l’on puisse se les procurer, il faut en proposer l’administration si une
évaluation du risque et l’examen clinique de la personne en cause concluent à la
possibilité d’une exposition.
Il faut également que l’établissement dispose d’une installation où les personnes
victimes d’une contamination accidentelle puissent bénéficier de la prise en charge
clinique correspondant à leur cas.
• 157 •
ANNEXE 3
Centres collaborateurs de l’OMS
pour la sécurité biologique
Pour obtenir des renseignements sur les cours, outils et matériels pédagogiques
dans le domaine de la sécurité biologique, le lecteur peut s’adresser par écrit aux
organismes suivants :
•
Programme de sécurité biologique, Département maladies transmissibles : surveillance et action, Organisation mondiale de la Santé, 20 Avenue Appia, 1211
Genève 27, Suisse (http://www.who.int/csr/).
•
WHO Collaborating Centre for Biological Safety, Swedish Institute for Infectious
Disease Control, Nobels Väg 18, S-171 82 Solna, Suède
(http://www.smittskyddsinstitutet.se/English/english.htm).
•
WHO Collaborating Centre on Biosafety Technology and Consultative Services,
Bureau de la sécurité des laboratoires, Santé Canada, 100 Colonnade Road,
Loc. : 6201A, Ottawa, Ontario, Canada K1A 0K9
(http://www.hc-sc.gc.ca/pphb-dgspsp/ols-bsl).
•
WHO Collaborating Centre for Applied Biosafety Programmes and Training,
Office of Health and Safety, Centers for Disease Control and Prevention, 1600
Clifton Road, Mailstop F05, Atlanta, GA 30333, Etats-Unis d’Amérique
(http://www.cdc.gov/).
•
WHO Collaborating Centre for Applied Biosafety Programmes and Research,
Division of Occupational Health and Safety, Office of Research Services, National
Institutes of Health, Department of Health and Human Services, 13/3K04 13
South Drive, MSC 5760, Bethesda, MD 20892-5760, Etats-Unis d’Amérique
(http://www.nih.gov/).
•
WHO Collaborating Centre for Biosafety, Victorian Infectious Diseases Reference
Laboratory, 10 Wreckyn St, Nth Melbourne, Victoria 3051, Australie. Adresse
postale : Locked Bag 815, PO Carlton Sth, Victoria 3053, Australie
(http://www.vidrl.org.au/).
• 158 •
ANNEXE 4
Sécurité d’emploi des appareils et
instruments
L’utilisation de certains appareils et instruments peut comporter un risque microbiologique. D’autres, au contraire, sont spécialement conçus pour prévenir ou réduire
les risques biologiques (voir chapitre 11).
Appareils et instruments dont l’utilisation peut comporter un risque
Le tableau A4-1 donne la liste des appareils, instruments et manipulations qui comportent un risque et fournit des indications sur la manière d’éliminer ou de réduire
ce risque.
Tableau A4–1. Appareils, instruments et manipulations comportant des risques
APPAREILS ET INSTRUMENTS
RISQUES
ELIMINATION OU RÉDUCTION DU RISQUE
Aiguilles hypodermiques
Inoculation accidentelle,
aérosols, renversements
• Ne pas recapuchonner ni casser
les aiguilles.
• Utiliser des aiguilles avec
système de blocage pour éviter la
séparation accidentelle de l’aiguille
et de la seringue ou utiliser un
système jetable dans lequel
l’aiguille et la seringue sont
indissociables.
• Appliquer de bonnes techniques
de laboratoire :
— Remplir soigneusement la
seringue pour réduire la
formation de bulles et de
mousse.
— Eviter d’utiliser des seringues
pour mélanger des liquides
infectieux; si on ne peut faire
autrement, veiller à ce que
l’extrémité de l’aiguille soit
sous la surface du liquide qui
se trouve dans le récipient et
éviter d’exercer trop de
pression.
• 159 •
APPAREILS ET INSTRUMENTS
RISQUES
ELIMINATION OU RÉDUCTION DU RISQUE
— Avant de retirer une aiguille
plantée dans un bouchon de
caoutchouc fermant un flacon,
envelopper l’aiguille et le
bouchon dans un tampon
de coton imprégné d’un
désinfectant approprié.
— Rejeter l’excès de liquide et
les bulles d’air en tenant la
seringue verticalement, dans
un tampon de coton imprégné
d’un désinfectant approprié ou
dans un petit flacon contenant
du coton.
• Utiliser une enceinte de sécurité
biologique pour toutes les
manipulations sur du matériel
biologique infectieux.
• Placer les animaux dans un
dispositif de contention pour les
inoculer. Utiliser des aiguilles ou
des canules mousses pour
l’inoculation intranasale ou orale.
Employer une enceinte de sécurité
biologique.
• Après usage, autoclaver et veiller
à éliminer convenablement. Si on
utilise un ensemble jetable
aiguille-seringue, ne pas les
désolidariser avant l’autoclavage.
Centrifugeuses
Aérosols, projections et bris
de tubes
• Utiliser des pots à centrifuger (de
sécurité) ou des rotors scellés.
N’ouvrir les pots ou les rotors
qu’après les avoir laissé reposer
pendant 30 min ou le faire dans
une enceinte de sécurité biologique.
Ultracentrifugeuses
Aérosols, projections et bris
de tubes
• Monter un filtre HEPA entre la
centrifugeuse et la pompe à vide.
• Tenir un registre d’utilisation
pour chacun des rotors et mettre
en œuvre un programme de
maintenance préventive pour
réduire le risque de pannes
mécaniques.
• Remplir et vider les pots à
centrifuger dans une enceinte de
sécurité biologique.
Jarres anaérobies
Explosion, dispersion de
matériel infectieux
• Vérifier que le panier métallique
qui renferme le catalyseur est en
bon état.
• 160 •
APPAREILS ET INSTRUMENTS
RISQUES
ELIMINATION OU RÉDUCTION DU RISQUE
Dessiccateurs
Implosion, dispersion de
morceaux de verre et de
matériel infectieux
• A placer dans une cage métallique
solide.
Homogénéisateurs et
broyeurs de tissus
Aérosols, fuites et casse
• Faire fonctionner et ouvrir dans
une enceinte de sécurité
biologique.
• Utiliser des modèles
spécialement conçus pour éviter
les fuites au niveau des paliers
des rotors et des joints
circulaires ou utiliser un broyeur
de type stomacher.
• Attendre 30 min avant d’ouvrir le
bol de l’homogénéiseur pour que
l’aérosol ait le temps de se
déposer. Réfrigérer pour
condenser l’aérosol.
• Si l’on utilise un broyeur
manuel, tenir le tube dans un
tampon de matériau absorbant.
Sonificateurs,
nettoyeurs
à ultrasons
Aérosols, lésions de
l’appareil auditif, dermite
• Faire fonctionner et ouvrir
l’appareil dans une enceinte de
sécurité biologique.
• Isoler l’appareil pour le protéger
des ultrasons.
• Porter des gants pour protéger les
mains contre les effets chimiques
des détergents.
Mélangeurs de cultures,
agitateurs
Aérosols, projections et
renversement de liquides
• Opérer dans une enceinte de
sécurité biologique ou une
enceinte de confinement primaire
spécialement conçue.
• Utiliser des flacons à culture
solides munis d’un bouchon à vis
et dont l’ouverture comporte un
filtre solidement fixé, si
nécessaire.
Lyophilisateurs
Aérosols et contamination
par contact direct
• Utiliser des raccords circulaires
permettant de maintenir
l’appareil hermétiquement fermé.
• Utiliser des filtres à air pour
protéger le circuit de vide.
• Utiliser une méthode satisfaisante
pour la décontamination; par voie
chimique par exemple.
• Prévoir un piège à humidité
entièrement métallique et un
condenseur de vapeur.
• 161 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
APPAREILS ET INSTRUMENTS
RISQUES
ELIMINATION OU RÉDUCTION DU RISQUE
• Vérifier avec soin que les flacons
de verre ne sont pas
endommagés. N’employer que
des flacons conçus spécialement
pour utilisation sous vide.
Bains-marie
Prolifération de
• Nettoyer et désinfecter
micro-organismes. L’azoture
régulièrement.
de sodium forme des
• Ne pas utiliser d’azoture de
composés explosifs avec
sodium pour éviter la prolifération
certains métaux.
des germes.
Outre les risques microbiologiques, il faut également prévoir et éviter ceux que comportent les appareils et équipements utilisés. Le tableau A4-2 ci-dessous énumère
quelques causes courantes d’accidents.
Tableau A4–2. Causes courantes d’accidents avec des appareils ou équipements
ACCIDENT
CAUSE DE L’ACCIDENT
Défaut de conception ou de construction
Feu d’origine électrique
Pas d’interrupteur de
dans un incubateur
surcharge
Electrocution
Utilisation incorrecte
Accident de centrifugeuse
Explosion dans un
réfrigérateur à usage
domestique
Maintenance défecteuse
Feu dans un photomètre à
flamme
• Respect des normes
nationales.
Pas de mise à la terre
Défaut d’équilibrage des
pots à centrifuger sur les
rotors à oscillation libre
Explosion d’un incubateur
anaérobie
Equipement mal adapté
Explosion dans une fiole à
vide à usage domestique
RÉDUCTION OU ÉLIMINATION DU
RISQUE
• Former et encadrer le
personnel.
• Former et encadrer le
personnel.
Mauvaises conditions de
transport de l’azote liquide
• Utiliser du matériel
spécialement conçu.
Produit chimique dangereux
non placé dans un
conteneur anti-étincelles et
antidéflagrant, par exemple
de l’éther éthylique dans un
flacon dont le bouchon fuit
• Ne ranger les solvants et
les extraits à bas point
d’éclair que dans des
réfrigérateurs ou des
enceintes anti-étincelles
et antidéflagrants.
Mauvais remontage des
pièces du photomètre
pendant la maintenance
• Former et encadrer le
personnel.
• 162 •
ANNEXE 5
Produits chimiques : dangers et
précautions à prendre
On trouvera dans cette annexe les données de santé et de sécurité à connaître au sujet
d’un certain nombre de produits chimiques couramment utilisés dans les laboratoires
d’analyses biologiques et de recherche, accompagnées de quelques données générales
et des précautions à observer.
• 163 •
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide ou gaz
incolore à
l’odeur
piquante et
fruitée; point de
fusion -121°C,
point
d’ébullition
21°C.
PRODUIT CHIMIQUE
Acétaldéhyde
CH3CHO
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Peut donner
naissance à des
peroxydes par
contact avec l’air.
Peut se
polymériser sous
l’action des
acides, de
substances
alcalines ou en
présence de
traces métalliques.
Réducteur
énergique : réagit
violemment avec
les oxydants,
divers composés
organiques, les
halogènes, l’acide
sulfurique et les
amines.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Pas de flammes nues
ni d’étincelles,
interdiction de fumer,
éviter tout contact
avec des surfaces
chaudes. Conserver
dans des récipients
hermétiquement
fermés entreposés à
l’écart de produits
oxydants;
n’entreposer que si le
produit est stabilisé.
Utiliser dans une
sorbonne ou dans de
bonnes conditions de
ventilation. Porter
des gants de
caoutchouc, des
lunettes à coques et
une protection
respiratoire.
RISQUE D’INCENDIE
Extrêmement
inflammable; les
mélanges d’air et
de vapeurs sont
explosifs; point
d’éclair -39°C,
limites
d’inflammabilité
4–57 %.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Légèrement irritant
pour les yeux et les
voies respiratoires.
Effets sur le système
nerveux central,
l’appareil respiratoire
et le rein. Pourrait être
cancérogène.
Tableau A5-1. Produits chimiques : dangers et précautions à prendre
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 164 •
Acétone
CH3COCH3
Acétate de thallium
TlC2H3O2
Liquide incolore
à l’odeur
douceâtre;
point de fusion
-95°C, point
d’ébullition
56°C; miscible
à l’eau.
Cristaux blancs
déliquescents;
point de fusion
110°C, très
soluble dans
l’eau.
Légèrement irritant
pour les yeux, le nez et
la gorge. L’inhalation
peut provoquer des
étourdissements, une
narcose et le coma.
Extrêmement toxique
en cas d’ingestion avec
risque d’effets
cumulatifs. Atteinte du
système nerveux
central et de l’appareil
cardiovasculaire. Nocif
en cas de contact
oculaire ou cutané.
Très inflammable;
point d’éclair
-18°C; limites
d’explosibilité
2,2–12,8 %.
• 165 •
Entreposer les
récipients dans un
endroit bien ventilé;
tenir à distance de
toute source
d’ignition. Ne pas
inhaler les vapeurs.
Utiliser une
protection
respiratoire; porter
une protection
oculaire.
Tenir les récipients
bien fermés;
manipuler le solide
sous une sorbonne
ou une hotte avec
dispositif
d’évacuation des
vapeurs. Porter des
vêtements
protecteurs ainsi
qu’un masque
antipoussières, des
lunettes à coques
pour laboratoire de
chimie et des gants
en caoutchouc ou en
plastique.
Réagit violemment
avec les oxydants
(par ex. l’acide
chromique et
l’acide nitrique) et
avec le
chloroforme en
présence d’une
base.
Incompatible avec
les mélanges
d’acide sulfurique
et d’acide nitrique
concentrés.
Mettre à la
terre les
grands
récipients ou
conteneurs
pour éviter
les effets de
l’électricité
statique.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide incolore
à odeur
aromatique;
point de fusion
-46°C, point
d’ébullition
82°C.
PRODUIT CHIMIQUE
Acétonitrile
CH3CN
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Réagit avec les
acides et les
bases en solution
aqueuse en
dégageant des
vapeurs toxiques.
Réagit avec les
oxydants
énergiques.
Attaque certains
types de plastique,
de caoutchouc et
de revêtement. Se
décompose par
combustion en
donnant naissance
à du cyanure
d’hydrogène et à
des oxydes
d’azote.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Pas de flammes nues
ni d’étincelles;
interdiction de fumer;
éviter tout contact
avec des oxydants.
N’utiliser que dans
des endroits situés à
distance de toute
source d’ignition.
Entreposer dans des
récipients
hermétiquement
fermés et séparément
du lieu de stockage
des oxydants.
Travailler sous
ventilation forcée.
Eviter tout contact
avec les muqueuses.
Porter une protection
respiratoire et des
gants de caoutchouc.
RISQUE D’INCENDIE
Très inflammable;
point d’éclair
12,8°C; limites
d’explosibilité
3,0–16 %.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Irritant pour les yeux,
les voies respiratoires
et la peau. L’exposition
peut provoquer des
convulsions, la perte
de conscience et une
intoxication cyanurée.
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 166 •
Acide acétique
CH3CO2H
Acétylène
CH∫CH
Liquide incolore
à l’odeur
piquante; point
de fusion 17°C,
point
d’ébullition
118°C; miscible
à l’eau.
Gaz incolore
doté d’une
légère odeur
éthérée ou
alliacée;
transporté sous
pression, en
solution dans
l’acétone; point
de fusion
-81°C; se
sublime à
-84°C.
Corrosif; provoque de
graves brûlures;
vapeurs irritantes. Les
effets peuvent être
retardés.
Asphyxiant. Gelures en
cas de contact avec la
peau.
Pour se protéger la
peau, porter des
gants isolants contre
les gelures ainsi que
des lunettes à
coques ou un écran
facial. Pas de
flammes nues ni
d’étincelles;
interdiction de fumer.
Travailler avec un
dispositif local de
ventilation forcée; les
appareils électriques
et l’éclairage doivent
être antidéflagrants.
Ne pas inhaler les
vapeurs. En cas de
contact avec les
yeux, rincer
immédiatement avec
de l’eau et consulter
un médecin. Porter
des gants en
caoutchouc nitrile et
une protection
oculaire.
Extrêmement
inflammable;
limites
d’inflammabilité
2,5–100 %.
Inflammable; point
d’éclair 40°C,
limites
d’inflammabilité
5,4–16 %.
Réaction violente,
voire explosive
avec les oxydants.
Réducteur
énergique; réagit
violemment avec
les oxydants ainsi
qu’avec le fluor et
le chlore sous
l’action de la
lumière. Réagit
avec le cuivre, le
mercure ou leurs
sels pour former
des composés
sensibles aux
chocs.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 167 •
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Paillettes ou
poudre
inodores de
couleur rouge
foncé; souvent
utilisé en
solution
aqueuse; point
de fusion
197°C.
PRODUIT CHIMIQUE
Acide chromique
Oxyde de chrome
VI
Anhydride
chromique
CrO3
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
La solution
aqueuse est un
acide fort corrosif
qui réagit avec les
bases. Oxydant
énergique, réagit
avec les matières
combustibles, les
composés
organiques et
autres matériaux
facilement
oxydables (papier,
bois, soufre,
aluminium,
plastique, etc.).
Corrode les
métaux.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Eviter tout contact
avec la peau et les
yeux ainsi que
l’inhalation de
poussières fines et
de brouillards.
Travailler sous
ventilation, avec un
dispositif local
d’évacuation ou une
protection
respiratoire.
RISQUE D’INCENDIE
Décomposition à
250°C en oxyde
chromique (oxyde
de chrome III) et
oxygène avec
important risque
d’incendie. De
nombreuses
réactions de ce
composé sont
dangereuses.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Irritant pour les yeux,
la peau et les voies
respiratoires. Un
contact répété ou
prolongé peut
provoquer une
dermite, des ulcères
chromiques ou une
sensibilisation cutanée.
Risque de réactions
asthmatiformes ou de
perforation de la
cloison nasale en cas
d’inhalation.
Cancérogène pour
l’homme.
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 168 •
Acide oxalique
HO2CCO2H
Acide nitrique
(50–70 %)
HNO3
Cristaux
incolores;
soluble dans
l’eau; point de
fusion 190°C,
avec
décomposition.
Liquide fumant
incolore à jaune
pâle; point de
fusion -42°C,
point
d’ébullition
83–121°C;
miscible à
l’eau.
Nocif en cas
d’ingestion ou de
contact avec la peau.
La poussière est
irritante pour les voies
respiratoires et les
yeux. Les solutions
sont irritantes pour les
yeux et peuvent causer
des brûlures cutanées.
Corrosif; cause de
graves brûlures
oculaires et cutanées.
L’inhalation des
vapeurs peut
provoquer un œdème
pulmonaire.
Ne pas inhaler les
vapeurs; porter une
protection
respiratoire. En cas
de contact avec les
yeux, rincer
immédiatement et
consulter un
médecin; en cas de
contact cutané, laver
immédiatement et
ôter les vêtements
contaminés. Porter
des gants en PVC, un
tablier en plastique et
des lunettes à
coques pour
laboratoire de chimie.
Travailler sous une
sorbonne.
Eviter tout contact
avec la peau et les
yeux; porter une
protection oculaire et
des gants.
Oxydant; risque
d’incendie en cas
de contact avec
des matières
combustibles;
dégagement de
vapeurs toxiques
en cas d’incendie.
Combustible. En
cas d’incendie,
dégagement de
vapeurs ou de gaz
toxiques ou
irritants.
Oxydants; argent,
mercure et leurs
dérivés.
Acide acétique,
acide chromique,
acide
cyanhydrique,
aniline, carbone,
sulfure
d’hydrogène,
bases, métaux et
de nombreuses
autres substances.
Les réactions
que l’acide
nitrique
concentré est
susceptible
de produire le
rendent plus
dangereux
que tout autre
produit
chimique.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 169 •
Liquide
visqueux
incolore ou
cristaux blancs
hygroscopiques;
point de fusion
42°C; se
décompose endessous du
point
d’ébullition à
213°C; soluble
dans l’eau.
Liquide
incolore;
miscible à
l’eau.
Acide perchlorique
HClO4
Acide phosphorique
H3PO4
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
PRODUIT CHIMIQUE
Attaque de
nombreux métaux
avec dégagement
d’hydrogène;
dégagement de
vapeurs toxiques
en cas d’incendie.
• 170 •
En cas de contact
avec les yeux, rincer
avec de l’eau et
consulter un
médecin. Porter des
gants en caoutchouc
nitrile et une
protection oculaire.
Oxydant
énergique;
peut former
des produits
explosifs en
cas de
contact avec
des
composés
minéraux ou
organiques;
les planchers
ou paillasses
en bois
souillés par
de l’acide
perchlorique
peuvent
exploser aux
chocs.
Matières
combustibles et
réducteurs;
anhydride
acétique, bismuth
et alliages, alcool,
métaux, papier,
bois et autres
matières
organiques.
Eviter d’inhaler les
vapeurs et toute
autre forme
d’exposition; porter
des vêtements
protecteurs ainsi que
des gants en
caoutchouc nitrile,
ainsi qu’une
protection oculaire
ou un écran facial.
Manipuler les
solutions chaudes
sous une sorbonne
ou une hotte.
Oxydant
énergique.
Incombustible
mais facilite la
combustion
d’autres
substances.
Corrosif; cause de
graves brûlures en cas
d’ingestion ou de
contact avec les yeux,
la peau ou les voies
respiratoires.
L’inhalation peut
provoquer un œdème
pulmonaire.
Corrosif; cause des
brûlures cutanées et
oculaires.
AUTRES RISQUES
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
RISQUE D’INCENDIE
RISQUES POUR LA SANTÉ
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Acide picrique
2,4,6-trinitrophénol
C6H2(NO2)3OH
Cristaux jaunes
humidifiés avec
de l’eau ou
dissous dans
l’alcool; point
de fusion
122°C;
légèrement
soluble dans
l’eau.
Toxique par ingestion,
inhalation ou contact
cutané. L’ingestion
peut provoquer des
céphalées et des
nausées. Irritant pour
les yeux.
Explosif à sec.
Doit toujours rester
humide par
adjonction d’eau ou à
n’utiliser qu’en
solution alcoolique.
Forme des sels
avec de nombreux
métaux qui sont
plus explosifs que
l’acide lui-même.
En cas de contact
avec du béton,
risque de
formation de
picrate de calcium
pouvant exploser
par simple
frottement. Peut
réagir
vigoureusement
avec les
réducteurs.
Colore la
peau en
jaune.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 171 •
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide
visqueux
incolore et
inodore; point
de fusion 10°C,
point
d’ébullition
340°C
(décomposition).
PRODUIT CHIMIQUE
Acide sulfurique
H2SO4
AUTRES RISQUES
Lorsque
l’acide
concentré est
versé dans
l’eau, risque
d’ébullition au
point de
versement.
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Oxydant et
déshydratant
énergique qui
réagit violemment
avec de
nombreuses
substances et
notamment les
dérivés
organiques nitrés,
le permanganate
de potassium, les
métaux alcalins et
les perchlorates,
les matières
combustibles, les
oxydants, les
amines, les bases,
l’eau, une chaleur
excessive et la
plupart des
métaux.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
En cas de contact
avec les yeux, rincer
immédiatement et
consulter un
médecin; en cas de
contact cutané, laver
immédiatement et
ôter les vêtements
contaminés. Porter
des gants en
caoutchouc nitrile
ainsi qu’une
protection oculaire
ou faciale. Eviter tout
contact avec des
matières
inflammables.
RISQUE D’INCENDIE
Peut dégager des
vapeurs toxiques
en cas d’incendie.
De nombreuses
réactions peuvent
provoquer des
incendies ou des
explosions. La
dilution dans l’eau
dégage de la
chaleur et il peut
se produire des
projections ou une
ébullition du
liquide. Toujours
verser l’acide dans
l’eau. Ne jamais
verser l’eau dans
l’acide.
RISQUES POUR LA SANTÉ
La solution concentrée
(15 %) est corrosive et
cause de graves
brûlures; les aérosols
et les vapeurs sont
très corrosifs pour les
voies respiratoires en
cas d’inhalation; les
solutions diluées sont
irritantes pour les yeux
et la peau; risque de
brûlures et de dermite.
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 172 •
Acroléine
CH2=CHCHO
Acide trichloracétique
CCl3COOH
Liquide incolore
à jaune doté
d’une odeur
pénétrante
désagréable;
point de fusion
-87°C, point
d’ébullition
53°C.
Cristaux blancs
hygroscopiques
à l’odeur
piquante; point
de fusion 58°C,
point
d’ébullition
197,5°C;
soluble dans
l’eau, l’éthanol
et l’éther
éthylique.
Larmoiement.
Fortement irritant pour
les voies respiratoires;
œdème pulmonaire en
cas d’exposition
intense. Les effets
peuvent être retardés.
Corrosif; cause de
graves brûlures des
yeux, de la peau et des
voies respiratoires.
Eviter tout contact
avec les yeux ou la
peau; porter des
gants en caoutchouc
ou en plastique et
des lunettes à
coques pour
laboratoire de chimie
ou un écran facial
ainsi qu’une
protection
respiratoire. En cas
de contact avec les
yeux, rincer
immédiatement et
consulter un
médecin.
Eviter tout contact
avec la peau et les
yeux. Travailler sous
une sorbonne ou
avec une bonne
ventilation.
Incombustible.
Peut dégager des
vapeurs toxiques
en cas d’incendie.
Très inflammable;
point d’éclair
-26°C; limites
d’explosibilité
2,8–31 %.
Oxydants, acides,
bases alcalines,
ammoniac,
amines. En
l’absence
d’inhibiteur
(généralement de
l’hydroquinone),
se polymérise
spontanément.
Peut former au
cours du temps
des peroxydes
sensibles aux
chocs.
Réaction violente
avec les mélanges
de cuivre et de
diméthylsulfoxyde
ainsi qu’en
présence de
bases, d’oxydants
énergiques et de
métaux comme le
fer, le zinc ou
l’aluminium.
Entreposer
dans un
endroit sec.
Les solutions
aqueuses
concentrées
peuvent subir
une
décomposition
violente.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 173 •
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide incolore
doté d’une
odeur piquante;
gaz ammoniac :
point de fusion
-78°C, point
d’ébullition
-33°C; solution
à 25 % : point
de fusion
-58°C, point
d’ébullition
38°C; miscible
à l’eau.
Liquide incolore
à l’odeur forte
et âcre de
vinaigre; point
de fusion
-73°C, point
d’ébullition
139°C.
PRODUIT CHIMIQUE
Ammoniac et
solutions
Anhydride acétique
(CH3CO)2O
Pas de flammes nues
ni d’étincelles,
interdiction de fumer.
Eviter tout contact
avec les yeux ou la
peau.
Inflammable;
dégage des
vapeurs ou des
gaz irritants ou
toxiques en cas
d’incendie; point
d’éclair 49°C,
limites
d’explosibilité
2,7–10,3 %.
Réagit violemment
avec l’eau
bouillante, la
vapeur d’eau, les
oxydants
énergiques, les
alcools, les
amines, les bases
fortes et de
nombreux autres
composés.
Attaque de
nombreux métaux
en présence d’eau.
Réagit violemment
avec les métaux
lourds tels que le
mercure et leurs
sels pour former
des composés
explosifs.
Tenir les récipients
bien fermés. En cas
de contact avec les
yeux, rincer
immédiatement et
consulter un
médecin. Travailler
sous sorbonne.
Porter des gants en
caoutchouc ou en
plastique et des
lunettes à coques
pour laboratoire de
chimie.
Gaz ammoniac :
limites
d’inflammabilité
15–28 %
Corrosif pour les yeux,
les voies respiratoires,
la peau et les voies
digestives en cas
d’ingestion; œdème
pulmonaire en cas
d’exposition intense au
gaz ou aux vapeurs.
Extrêmement irritant
pour les yeux et les
voies respiratoires
supérieures; action
corrosive. Les effets
peuvent être retardés.
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
RISQUE D’INCENDIE
RISQUES POUR LA SANTÉ
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 174 •
Argent
Ag
Aniline
C6H5NH2
Métal blanc,
s’assombrissant
par exposition
à l’ozone, au
sulfure
d’hydrogène ou
au soufre; point
de fusion
962°C, point
d’ébullition
2212°C.
Liquide huileux
incolore à brun
doté d’une
odeur aminée
aromatique;
point de fusion
-6°C, point
d’ébullition
185°C.
L’inhalation d’une
quantité importante de
vapeurs d’argent peut
causer des lésions et
un œdème
pulmonaires. Il peut y
avoir coloration grisbleu des yeux, du nez,
de la gorge et de la
peau en cas
d’exposition prolongée
ou répétée (argyrie).
Cyanose
méthémoglobinémique.
Irritant pour les yeux
et la peau. Peut
traverser la barrière
cutanée; des
expositions répétées
peuvent provoquer une
sensibilisation.
Conserver dans des
récipients
hermétiquement
fermés, séparément
des oxydants. Eviter
tout contact avec la
peau ou les yeux.
Travailler sous
ventilation forcée
locale ou avec une
protection
respiratoire, porter
des gants et des
vêtements de
protection ainsi qu’un
écran facial.
Travailler avec un
dispositif local
d’évacuation des
vapeurs. Porter des
gants et des lunettes
de sécurité ou un
masque respiratoire
complet pour se
protéger des vapeurs
et de la poussière
d’argent.
Combustible;
point d’éclair
70°C, limites
d’explosibilité
1,2–11 %
Incombustible,
sauf sous forme
pulvérulente.
Incompatible avec
l’acétylène, les
sels d’ammonium,
l’acide oxalique et
l’acide tartrique.
Oxydants
énergiques et
acides forts.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 175 •
Très toxique en cas
d’ingestion,
d’inhalation ou de
contact cutané; peut
causer des brûlures.
La poussière et la
solution sont irritantes
pour les yeux et la
peau; peut traverser la
barrière cutanée.
Solide cristallin
incolore; point
de fusion
300°C, soluble
dans l’eau.
Azoture de sodium
N3Na
RISQUES POUR LA SANTÉ
Effets nocifs en cas
d’ingestion,
d’inhalation ou de
contact avec la peau.
Peut provoquer une
irritation cutanée.
Pourrait être
cancérogène.
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Auramine
Paillettes ou
4,4¢-carbonoimidoylbis poudre jaunes;
(N,N-diméthylbenzamine) point de fusion
136°C;
insoluble dans
l’eau.
PRODUIT CHIMIQUE
Se décompose de
manière explosive
par chauffage audessus du point
de fusion. Le
chauffage
provoque un
dégagement de
vapeurs toxiques;
ne pas utiliser
d’eau pour
éteindre un feu.
RISQUE D’INCENDIE
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Oxydants
énergiques.
Réaction explosive
avec le brome, le
sulfure de carbone
et le chlorure de
chromyle.
Réaction à l’état
solide avec les
métaux lourds
comme le cuivre,
le plomb et le
mercure pour
former des
azotures explosifs.
En présence d’un
acide, dégagement
de gaz très
toxiques et
explosifs.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Eviter tout contact
avec la peau; ne pas
inhaler la poussière.
Porter des gants en
caoutchouc ou en
plastique et des
lunettes à coques
pour laboratoire de
chimie. Travailler
sous sorbonne ou
porter un masque
antipoussières.
En cas de contact
avec la peau, laver
immédiatement. Ne
pas inhaler la
poussière. Porter des
gants en caoutchouc
ou en plastique ainsi
qu’une protection
oculaire.
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 176 •
Benzidine
1,1¢-biphényl-4,4¢diamine
Benzène
C6H6
Poudre jaune
clair, point de
fusion 128°C,
point
d’ébullition
400°C,
légèrement
soluble dans
l’eau mais très
soluble dans
les acides et les
solvants
organiques.
Liquide volatil
incolore
dégageant une
odeur
aromatique
caractéristique;
point de fusion
6°C, point
d’ébullition
80°C.
• 177 •
Peut traverser la
barrière cutanée.
Risque de cancer de la
vessie. Eviter toute
exposition.
L’inhalation des
vapeurs entraîne des
effets neurologiques
centraux se traduisant
par des vertiges et des
céphalées; à forte
concentration, il y a
perte de conscience
pouvant aboutir à la
mort. Risque d’anémie
aplasique, de leucémie,
de lésions hépatiques
en cas d’exposition
prolongée ou
chronique. Peut
traverser la barrière
cutanée.
Conserver les
récipients dans un
endroit bien ventilé et
à distance de toute
source d’ignition.
Travailler sous
sorbonne ou sous
une hotte
correctement
ventilée. Porter une
protection oculaire
ainsi que des gants
en caoutchouc nitrile
ou en PVC. Eviter la
formation de charges
électriques par mise
à la terre.
Eviter toute
exposition. Porter
une protection
oculaire et cutanée.
Travailler sous
sorbonne avec
ventilation forcée.
Très inflammable,
point d’éclair
-11°C, limites
d’inflammabilité
1,3–8 %.
Combustible,
dégagement de
vapeurs ou de gaz
toxiques en cas
d’incendie.
Usage interdit ou
réglementé dans
de nombreux
pays.
Peut réagir
violemment avec
les oxydants
comme d’acide
chromique, le
permanganate de
potassium et
l’oxygène liquide.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
A utiliser en vase
clos et sous
ventilation. Porter
des gants et des
vêtements
protecteurs, des
lunettes à coques, un
écran facial ou un
masque respiratoire
complet.
RISQUE D’INCENDIE
Non combustible,
mais facilite la
combustion
d’autres
substances.
Donne lieu à de
nombreuses
réactions pouvant
provoquer
incendies et
explosions. Le
chauffage peut
provoquer une
augmentation de
la pression avec
risques de
brûlures.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Corrosif. Les vapeurs
sont corrosives pour
les yeux et les voies
respiratoires;
l’inhalation peut
provoquer un œdème
pulmonaire et des
effets neurologiques
centraux. Le contact
avec les yeux peut
rendre la vision
trouble, provoquer
rougeurs et douleurs
et entraîner de graves
brûlures tissulaires.
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide fumant
de couleur
brun-rouge
foncé,
dégageant une
odeur âcre;
point de fusion
-7,2°C, point
d’ébullition
58,8°C.
PRODUIT CHIMIQUE
Brome
Br2
Oxydant
énergique; réagit
violemment avec
les matériaux
combustibles et
réducteurs. Réagit
violemment avec
l’ammoniaque, les
oxydants, les
métaux, les
composés
organiques et le
phosphore.
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Attaque
certains types
de plastique,
de
caoutchouc et
de
revêtements.
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 178 •
Bromure de
cyanogène
BrCN
Cristaux
incolores ou
blancs dotés
d’une odeur
piquante; point
de fusion 52°C,
point
d’ébulllition
61°C.
Très irritant pour les
yeux, la peau et les
voies respiratoires;
l’inhalation des
vapeurs peut
provoquer un œdème
pulmonaire susceptible
d’entraîner des
convulsions, une perte
de conscience, une
insuffisance
respiratoire et la mort.
Non combustible,
mais donne
naissance par
chauffage à un
gaz inflammable.
En cas d’incendie,
dégagement de
vapeurs ou de gaz
irritants et
toxiques.
Travailler en vase
clos et sous
ventilation. Porter
des gants et des
vêtements
protecteurs, des
lunettes à coques, un
écran facial ou un
masque respiratoire
complet.
Décomposition
par chauffage ou
contact avec des
acides avec
dégagement de
cyanure
d’hydrogène très
toxique et
inflammable et de
bromure
d’hydrogène
corrosif. Réagit
avec les oxydants
énergiques. Lente
réaction avec l’eau
ou en présence
d’humidité pour
donner du
bromure et du
cyanure
d’hydrogène.
Attaque de
nombreux métaux
en présence d’eau.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 179 •
AUTRES RISQUES
Attaque de
nombreux
métaux en
présence
d’eau. Attaque
les plastiques,
le caoutchouc
et les
revêtements.
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
La solution
aqueuse est un
acide fort, réagit
violemment avec
les bases et de
nombreux
composés
organiques,
l’acétylène, le
butadiène, le
benzène et
différents autres
produits
pétroliers,
l’ammoniac,
l’hydrogène, le
carbure de
sodium, la
thérébentine et les
métaux finement
divisés avec
risque d’incendie
et d’explosion.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Travailler en vase
clos sous ventilation.
Porter des gants
isolants, des
vêtements
protecteurs, des
lunettes de protection
à coques ou un
masque respiratoire
complet.
RISQUE D’INCENDIE
Non combustible,
mais facilite la
combustion
d’autres
substances.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Corrosif pour les yeux,
la peau et les voies
respiratoires.
L’inhalation du gaz
peut provoquer une
pneumonie et un
œdème pulmonaire,
avec pour
conséquence une
dysfonction réactive
des voies aériennes.
L’évaporation rapide du
liquide peut entraîner
des gelures.
L’exposition à une forte
concentration peut
entraîner la mort.
Possibilité d’effets
retardés; la mise en
observation médicale
est indiquée.
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Gaz jaune
verdâtre à
l’odeur âcre;
point de fusion
-101°C, point
d’ébullition
-34°C.
PRODUIT CHIMIQUE
Chlore
Cl2
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 180 •
Chloroforme
CHCl3
Liquide volatil
incolore à
l’odeur
caractéristique;
point de fusion
-63°C, point
d’ébullition
61°C;
légèrement
soluble dans
l’eau.
Nocif en cas
d’inhalation,
d’ingestion ou de
contact avec la peau.
Peut avoir des effets
hépatiques, rénaux ou
neurologiques centraux
se traduisant par des
céphalées, de la
nausée, un léger ictère,
une perte d’appétit et
une narcose. Une
exposition prolongée
provoque l’apparition
de cancers chez
l’animal; pourrait être
cancérogène pour
l’homme.
Porter des vêtements
protecteurs, des
gants en caoutchouc
nitrile et une
protection oculaire.
Travailler sous
sorbonne.
Bases fortes;
certains métaux
comme
l’aluminium et le
magnésium, la
poudre de zinc;
les oxydants
énergiques.
Par
chauffage, se
décompose
en formant du
phosgène.
Attaque les
plastiques et
le
caoutchouc.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 181 •
RISQUES POUR LA SANTÉ
Corrosif pour les yeux,
les voies respiratoires
et la peau; l’inhalation
répétée des vapeurs
peut causer une
bronchite chronique.
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide fumant
incolore à
l’odeur
piquante; point
d’ébullition
-121°C;
miscible à
l’eau.
PRODUIT CHIMIQUE
Chlorure d’hydrogène
HCl
Acide
hydrochlorique
(10–37 %)
RISQUE D’INCENDIE
AUTRES RISQUES
Dégagement
de vapeurs
très toxiques
en cas
d’incendie.
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Réagit violemment
avec les bases
(solides et
solutions
concentrées) et de
manière explosive
avec le
permanganate de
potassium solide.
Dégagement de
gaz toxiques ou
explosifs en
présence de
nombreux métaux.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Ne pas inhaler les
vapeurs; porter une
protection
respiratoire. En cas
de contact avec les
yeux, rincer
immédiatement avec
de l’eau et consulter
un médecin; en cas
de contact avec la
peau, laver
immédiatement à
grande eau. Travailler
sous une sorbonne.
Porter des gants en
caoutchouc ou en
plastique et une
protection oculaire
(lunettes de sécurité
ou lunettes à
coques).
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 182 •
Cuivre
Cu
Solide
rougeâtre,
inodore, brillant
et malléable;
poudre rouge,
vire au vert par
exposition à
l’air humide;
point de fusion
1083°C, point
d’ébullition
2567°C.
L’inhalation de vapeurs
de cuivre peut causer
la fièvre des fondeurs.
Combustible.
Travailler avec un
dispositif local
d’évacuation ou une
protection
respiratoire, des
gants et des lunettes
à coques.
Des composés
sensibles aux
chocs se forment
avec les dérivés
acétyléniques,
l’oxyde d’éthylène,
les azotures et le
peroxyde
d’hydrogène.
Réagit avec les
oxydants
énergiques et les
chlorates,
bromates et
iodates avec
risque
d’explosion.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 183 •
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Poudre
cristalline
blanche
dégageant une
odeur
d’amande
amère; point de
fusion 563°C,
point
d’ébullition
1496°C; très
soluble dans
l’eau.
PRODUIT CHIMIQUE
Cyanure de sodium
NaCN
AUTRES RISQUES
En cas de
déversement,
traiter la zone
touchée avec
de
l’hypochlorite
de sodium en
poudre et
laisser
reposer 24h.
Balayer
soigneusement les
débris solides
et les
déverser dans
de l’eau
additionnée
d’hypochlorite;
laisser
reposer 24 h
avant de jeter.
Le laboratoire
doit disposer
d’un
nécessaire
pour le
traitement
des
empoisonnements par le
cyanure.
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
En présence
d’acides ou d’eau
contenant du
dioxyde de
carbone dissous,
dégagement de
cyanure
d’hydrogène
gazeux (HCN)
extrêmement
toxique. Peut
former des
mélanges
explosifs avec les
nitrites.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Eviter d’inhaler la
poussière; porter une
protection
respiratoire. Eviter
tout contact avec les
yeux et la peau; en
cas de contact
cutané, laver
immédiatement avec
de l’eau et ôter les
vêtements
contaminés. Porter
des lunettes à
coques pour
laboratoire de chimie
ainsi que des gants
en caoutchouc ou en
plastique. Entreposer
dans un local ventilé
et fermé à clé.
RISQUE D’INCENDIE
Peut donner lieu à
un dégagement de
vapeurs toxiques
en cas d’incendie.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Extrêmement toxique
en cas d’ingestion,
d’inhalation ou de
contact cutané;
fortement irritant pour
les yeux. Peut
traverser la barrière
cutanée. Atteinte
thyroïdienne possible
en cas d’exposition
répétée.
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 184 •
Très irritant pour les
yeux et les voies
respiratoires.
L’inhalation peut
provoquer un œdème
pulmonaire.
L’évaporation rapide
peut causer des
gelures. La solution est
corrosive pour les
yeux et la peau.
Irritant pour la peau et
les yeux. Nocif en cas
d’ingestion,
d’inhalation ou de
contact cutané.
Gaz liquéfié
volatil doté
d’une odeur
pénétrante;
point de fusion
-93°C, point
d’ébullition 7°C;
miscible à
l’eau.
Poudre
cristalline rouge
orangé; (point
de fusion
200°C;
légèrement
soluble dans
l’eau.)
Diméthylamine
(CH3)2NH
2,4dinitrophénylhydrazine
1-Hydrazino-2,4dinitrobenzène
C6H3(NO2)2NHNH2
Toxique en cas
d’ingestion,
d’inhalation ou de
résorption cutanée.
Peut causer des
malformations
congénitales.
Poudre
blanche; point
de fusion
variable.
Cytochalasine (A-J)
Extrêmement
inflammable; point
d’éclair
-26°C; limites
d’inflammabilité
2,8–14 %. La
solution est très
inflammable; point
d’éclair
-18°C.
• 185 •
Peut réagir
vigoureusement
avec les oxydants
et les réducteurs.
Peut réagir avec
les oxydants et le
mercure.
Tenir à distance de
toute source
d’ignition; en cas de
contact avec les
yeux, rincer
immédiatement et
consulter un
médecin. Travailler
sous sorbonne.
Porter des gants en
caoutchouc nitrile et
des lunettes à
coques pour
laboratoire de chimie.
Maintenir humide
pour réduire le risque
d’explosion. Porter
un masque
antipoussières, des
gants en caoutchouc
ou en plastique et
des lunettes à
coques pour
laboratoire de chimie.
Oxydants
énergiques.
Eviter le contact avec
les yeux, la peau ou
les vêtements; porter
des lunettes à
coques pour
laboratoire de chimie
ainsi que des gants
en caoutchouc ou en
plastique.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 186 •
Métaux alcalins,
bases fortes.
Risque d’asphyxie
dans les locaux
confinés ou mal
ventilés; le contact
avec la carboglace
provoque des gelures.
Solide blanc
translucide à
-79°C; se
sublime à la
température
ambiante.
Porter des gants
protecteurs isolants.
N’entreposer que
dans une pièce
ventilée ou dans un
récipient ouvert.
Peut former des
peroxydes
explosifs. Réagit
vigoureusement
avec les oxydants
énergiques et les
acides forts
concentrés.
Réaction explosive
en présence de
certains
catalyseurs.
Attaque de
nombreux
plastiques.
Travailler sous
ventilation, avec un
dispositif local
d’évacuation. Pas de
flammes nues ni
d’étincelles,
interdiction de fumer
et éviter tout contact
avec des oxydants
énergiques ou des
surfaces chaudes. Ne
pas utiliser d’air
comprimé pour le
remplissage, la
vidange ou la
manipulation; utiliser
des outils
anti-étincelles. Porter
des gants et des
vêtements
protecteurs, un écran
facial ou un masque
respiratoire complet.
Très inflammable;
inflammation à
distance possible;
l’écoulement,
l’agitation, etc.
peuvent entraîner
la formation de
charges
d’électricité
statique.
Irritant pour les yeux
et les voies
respiratoires. L’atteinte
du système nerveux
central peut se traduire
par des céphalées, des
nausées, de la toux,
des maux de gorge,
des douleurs
abdominales, des
vertiges, de la
somnolence, des
vomissements et une
perte de conscience.
Peut traverser la
barrière cutanée.
Lésions rénales et
hépatiques.
Probablement
cancérogène pour
l’homme.
Liquide incolore
à l’odeur
caractéristique;
point de fusion
12°C, point
d’ébullition
101°C.
Dioxane
Dioxyde de diéthylène
C4H8O2
Dioxyde de carbone
(solide;
« carboglace »)
CO2
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
RISQUE D’INCENDIE
RISQUES POUR LA SANTÉ
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
PRODUIT CHIMIQUE
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Ethanol
CH3CH2OH
Dioxyde de chlore
ClO2
Liquide volatil
incolore doté
d’une odeur
légère et
caractéristique;
point de fusion
-117°C, point
d’ébullition
79°C; miscible
à l’eau.
Gaz jaune à
rouge ou
liquide rouge
brun; point de
fusion -59°C,
point
d’ébullition
10°C.
Nocif en cas
d’ingestion. Irritant
pour les yeux. Peut
provoquer des troubles
neurologiques
centraux.
Fortement irritant pour
les yeux, la peau et les
voies respiratoires.
L’inhalation du gaz
peut provoquer un
œdème pulmonaire.
Possibilité d’effets
retardés; la mise en
observation médicale
est indiquée.
Très inflammable;
point d’éclair
12°C, limites
d’inflammabilité
3–19 %.
Non combustible,
mais facilite la
combustion
d’autres
substances, peut
exploser par
chauffage,
exposition à la
lumière solaire, en
cas de chocs ou
en présence
d’étincelles.
Tenir les récipients
bien fermés et à
distance de toute
source d’ignition.
Travailler en vase
clos sous ventilation.
Porter des gants et
des vêtements
protecteurs, des
lunettes de sécurité à
coques ou un
masque respiratoire
complet.
Réagit violemment
avec les oxydants
énergiques.
Oxydant
énergique; réagit
violemment avec
les combustibles
et les réducteurs,
le phosphore,
l’hydroxyde de
potassium, le
soufre,
l’ammoniac, le
méthane, la
phosphine et le
sulfure
d’hydrogène.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 187 •
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide
incolore,
visqueux et non
volatil
dégageant une
odeur
ammoniacale;
point de fusion
10°C, point
d’ébullition
171°C; miscible
à l’eau.
PRODUIT CHIMIQUE
Ethanolamine
2-aminoéthanol
H2NCH2CH2OH
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Porter des gants en
caoutchouc ou en
plastique et une
protection oculaire.
RISQUE D’INCENDIE
Point d’éclair
85°C.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Corrosif pour les yeux,
les voies respiratoires
et la peau; peut
provoquer une
sensibilisation cutanée.
Réagit avec les
oxydants
énergiques.
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 188 •
Ether éthylique
Diéthyléther
C2H5OC2H5
Liquide incolore
et très volatil à
l’odeur sucrée
caractéristique;
point de fusion
-116°C, point
d’ébullition
34°C;
légèrement
soluble dans
l’eau.
Irritant pour les yeux
et les voies
respiratoires. Son
action sur le système
nerveux central peut
entraîner une
somnolence et une
perte de conscience.
Effet addictif possible
en cas d’exposition
répétée.
Extrêmement
inflammable; point
d’éclair
-45°C, limites
d’inflammabilité
1,7–48 %.
Entreposer les
récipients dans un
endroit bien ventilé;
tenir à distance de
toute source
d’ignition; mettre les
récipients à la terre
pour éviter les
décharges
d’électricité statique.
Travailler sous
sorbonne. Porter des
gants en caoutchouc
nitrile pour éviter la
délipidation de la
peau.
L’exposition à l’air
et à la lumière
peut conduire à la
formation de
peroxydes
explosifs. Peut
réagir violemment
avec les oxydants
et les halogènes.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 189 •
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Se protéger par le
port d’un tablier en
plastique, de gants
en caoutchouc ou en
plastique et de
lunettes à coques
pour laboratoire de
chimie. Travailler
sous une sorbonne
ou dans un endroit
bien ventilé.
RISQUE D’INCENDIE
Point d’éclair
50°C.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Fortement irritant pour
les yeux et la peau,
irritant pour les voies
respiratoires; une
exposition prolongée
aux vapeurs peut
provoquer des
symptômes
asthmatiformes, une
conjonctivite, une
laryngite, une
bronchite ou une
bronchopneumonie.
Peut entraîner une
sensibilisation par
contact cutané. Risque
d’effets nocifs
irréversibles. Pourrait
être cancérogène.
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide incolore
à l’odeur
piquante; point
d’ébullition
96°C; miscible
à l’eau.
PRODUIT CHIMIQUE
Formaldéhyde en
solution (37–41 % de
formaldéhyde avec
11–14 % de
méthanol)
HCHO
AUTRES RISQUES
Les solutions
concentrées
de
formaldéhyde
se troublent
si on les
conserve à
moins de
21°C; elles
doivent donc
être
conservées
entre 21 et
25°C. Les
solutions
diluées
(1–5 %) et
moyennement
concentrées
(5–25 %)
présentent à
peu près
autant de
risques que
les solutions
concentrées.
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Peut réagir
vigoureusement
avec les oxydants
et le nitrométhane
pour donner des
produits explosifs
ainsi qu’avec
l’acide
chlorhydrique
pour former un
cancérogène
puissant, le
bis(chlorométhyl)
éther.
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 190 •
Solution
incolore à jaune
pâle à l’odeur
pénétrante;
point de fusion
-14°C, point
d’ébullition
189°C; miscible
à l’eau.
Poudre
cristalline
incolore ou
blanche;
soluble dans
l’eau.
Glutaraldéhyde
OHC(CH2)3CHO
Hydrosélénite de
sodium
Bisélénite de sodium
NaHSeO3
Peut réagir
vigoureusement
avec les oxydants.
Oxydants.
Travailler sous une
sorbonne ou dans un
endroit bien ventilé.
Porter des gants en
caoutchouc ou en
plastique et une
protection oculaire.
Porter des vêtements
protecteurs.
Fortement irritant pour
les yeux et les voies
respiratoires
supérieures; une
exposition prolongée
par la voie respiratoire
ou des contacts
cutanés peuvent
entraîner une
sensibilisation.
Toxique en cas
d’ingestion ou
d’inhalation de la
poussière; risque
d’effets cumulatifs.
L’expérimentation a
révélé des effets
tératogènes. Un
contact cutané
prolongé peut
provoquer une
dermite.
Souvent livré
en solutions
aqueuses de
concentration
variable
contenant un
additif pour
améliorer la
stabilité.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 191 •
Paillettes,
poudre,
pastilles ou
bâtonnets
incolores; point
de fusion
318°C, point
d’ébullition
1390°C; soluble
dans l’eau.
Très dangereux en cas
d’ingestion ou de
contact oculaire et
cutané avec le produit
solide ou une solution
concentrée. L’inhalation
de la poussière peut
provoquer des lésions
des voies respiratoires
et un œdème
pulmonaire. Les
solutions diluées sont
irritantes pour les yeux
et peuvent provoquer
de graves lésions en
cas de contact oculaire
prolongé.
Corrosif pour les voies
respiratoires, les yeux
et la peau; l’inhalation
de la poussière
provoque un œdème
pulmonaire.
Paillettes,
poudre,
pastilles ou
bâtonnets de
couleur
blanche; point
de fusion
360°C, point
d’ébullition
1320°C; très
soluble dans
l’eau.
Hydroxyde de
potassium
Potasse
KOH
Hydroxyde de sodium
Soude
NaOH
RISQUES POUR LA SANTÉ
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
PRODUIT CHIMIQUE
Incombustible. En
présence d’eau ou
d’humidité, la
chaleur dégagée
peut être
suffisante pour
enflammer des
matières
combustibles.
RISQUE D’INCENDIE
• 192 •
Important
dégagement de
chaleur lors du
mélange avec de
l’eau. Réagit
vigoureusement
avec les mélanges
chloroformeméthanol et avec
les acides forts.
Conserver au
sec dans des
récipients
bien fermés.
Attaque un
certain
nombre de
métaux
(aluminium,
étain, zinc) en
présence
d’humidité.
Réagit violemment
avec les acides et
le nitrobenzène et
de nombreux
détergents.
Important
dégagement de
chaleur par
mixtion avec l’eau;
conserver dans
des récipients
bien fermés.
En cas de contact
avec les yeux, rincer
immédiatement avec
de l’eau et consulter
un médecin; en cas
de contact avec la
peau, laver
immédiatement et
ôter les vêtements
contaminés. Porter
des gants et une
protection oculaire,
même pour
manipuler les
solutions, même
diluées.
En cas de contact
avec les yeux, rincer
immédiatement et
consulter un
médecin; en cas de
contact avec la peau,
laver immédiatement
avec de l’eau et ôter
les vêtements
contaminés. Porter
des gants en
caoutchouc ou en
plastique et une
protection oculaire,
même pour
manipuler des
solutions diluées.
AUTRES RISQUES
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
Hypochlorite de
sodium
(solution à 10–14 %
de chlore libre)
NaOCl
Solution
incolore à jaune
pâle dégageant
une odeur de
chlore; miscible
à l’eau.
Corrosif pour les yeux,
la peau, les voies
digestives et
respiratoires;
l’inhalation peut
provoquer un œdème
pulmonaire. Une
exposition répétée peut
entraîner une
sensibilisation cutanée.
Oxydant
énergique. Risque
de dégagement de
vapeurs toxiques
en cas d’incendie.
En cas de contact
avec les yeux, rincer
immédiatement avec
de l’eau et consulter
un médecin; en cas
de contact cutané,
laver immédiatement
avec de l’eau. Eviter
d’inhaler les vapeurs;
porter une protection
respiratoire. Travailler
dans un endroit bien
ventilé. Porter des
gants en caoutchouc
ou en plastique et
une protection
oculaire pour
laboratoire de chimie.
Dégagement de
gaz très toxiques
en présence
d’acides. Peut
réagir
vigoureusement
avec les matières
combustibles et
les réducteurs.
Peut réagir avec
les dérivés azotés
pour former des
composés Nchlorés explosifs;
risque de réaction
violente avec le
méthanol.
Les
émanations
de chlore
pendant le
stockage
réduisent la
teneur en
chlore actif;
les solutions
diluées
utilisées
comme
désinfectants
se déteriorent
rapidement.
Conserver à
distance des
acides, à
l’abri de la
lumière et au
frais dans un
local bien
ventilé.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 193 •
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Paillettes
cristallisées de
couleur noire
bleuâtre
dégageant une
odeur
caractéristique;
point de fusion
114°C, point
d’ébullition
184°C;
pratiquement
insoluble dans
l’eau.
PRODUIT CHIMIQUE
Iode
I2
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Réagit violemment
avec les métaux,
et notamment
l’aluminium, le
potassium et le
sodium, ainsi
qu’avec les
mélanges
éthanol/phosphore,
l’acétylène et
l’ammoniac.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Ne pas inhaler les
vapeurs; éviter tout
contact avec les
yeux. Porter des
gants en caoutchouc
nitrile.
RISQUE D’INCENDIE
Non combustible,
mais facilite la
combustion
d’autres
substances. De
nombreuses
réactions peuvent
provoquer des
incendies ou des
explosions. En cas
d’incendie,
dégagement de
vapeurs ou de gaz
irritants ou
toxiques.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Irritant pour les yeux,
les voies respiratoires
et la peau. Une
exposition répétée peut
provoquer une
sensibilisation cutanée.
Des effets sont
possibles sur la
thyroïde.
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 194 •
Mercure
Hg
Liquide argenté
très dense;
point de fusion
-39°C, point
d’ébullition
357°C;
insoluble dans
l’eau.
Peut traverser la
barrière cutanée. Une
exposition répétée peut
avoir des effets nocifs
sur les reins et le
système nerveux
central; elle peut
provoquer des
vomissements, de la
diarrhée, des
céphalées, des
nausées, un
gonflement gingival et
un déchaussement des
dents.
Non combustible.
Dégagement de
vapeurs irritantes
ou toxiques en
cas d’incendie.
Tenir les récipients
bien fermés.
Travailler sous une
sorbonne ou dans un
endroit bien ventilé.
S’efforcer d’éviter les
renversements
accidentels. Observer
une hygiène
rigoureuse. Porter
des gants en
caoutchouc nitrile.
Acétylène, acide
fulminique. Réagit
avec l’ammoniac,
les azotures et
l’oxyde d’éthylène
pour former des
composés
explosifs. Réagit
violemment avec
le brome. Forme
des amalgames
avec de nombreux
métaux.
Ranger les
récipients et
travailler audessus de
plateaux à
rebords pour
éviter que le
métal ne se
répande;
aspirer les
gouttelettes
fragmentées à
l’aide d’une
petite fiole à
vide munie
d’un capillaire
et reliée à une
pompe; traiter
les endroits
où du
mercure s’est
répandu avec
de la poudre
de zinc pour
former un
amalgame.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 195 •
Cristaux de
couleur blanche
à rose dotés
d’une odeur
caractéristique;
alpha : point de
fusion 50°C,
point
d’ébullition
301°C; bêta :
point de fusion
113°C, point
d’ébullition
306°C; peu
soluble dans
l’eau, mais le
chlorhydrate
est soluble.
Liquide volatil
incolore doté
d’une odeur
caractéristique;
point de fusion
-98°C, point
d’ébullition
65°C; miscible
à l’eau.
Méthanol
CH3OH
Naphtylamine
(alpha et bêta)
N-phényl-anaphtylamine
et
N-phényl-bnaphtylamine
C10H9N
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
PRODUIT CHIMIQUE
Combustible.
Eviter toute
exposition; porter
des vêtements
protecteurs
appropriés. Travailler
sous une sorbonne
ou une hotte ou avec
un dispositif
d’évacuation des
vapeurs.
Peut réagir
vigoureusement
avec les oxydants.
Avec le
magnésium ou le
brome, la réaction
peut également
être violente et
prendre une allure
explosive avec les
oxydants
énergiques et le
chloroforme.
Tenir les récipients
bien fermés et à
distance de toute
source d’ignition.
Eviter d’inhaler les
vapeurs et tout
contact avec la peau.
Travailler sous une
sorbonne ou dans un
endroit bien ventilé.
Porter des gants en
caoutchouc ou en
plastique et une
protection oculaire.
Très inflammable;
point d’éclair
-16°C; limites
d’inflammabilité
7–37 %.
Effets sur le système
nerveux central
entraînant une perte de
conscience; irritation
des muqueuses. Une
exposition chronique
peut provoquer des
lésions de la rétine et
du nerf optique. Un
contact prolongé avec
la peau peut provoquer
une dermite. Peut
traverser la barrière
cutanée.
Les deux isomères
sont très toxiques par
inhalation, ingestion et
contact cutané. Ils
provoquent chez
l’homme des cancers
de la vessie.
L’expérience révèle des
propriétés mutagènes
et tératogènes.
Traversent la barrière
cutanée.
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
RISQUE D’INCENDIE
RISQUES POUR LA SANTÉ
Usage interdit
ou
réglementé
par la loi
dans de
nombreux
pays.
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 196 •
Solide jaune
pâle qui se
décompose
avant fusion à
241°C. Livré en
bombes aérosol
sous forme de
solution à
0,5 % dans le
butanol; soluble
dans l’eau.
Cristaux blancs,
point de fusion
212°C, point
d’ébullition
444°C; soluble
dans l’eau.
Ninhydrine
C9H6O4
Nitrate d’argent
AgNO3
Eviter d’inhaler
l’aérosol ou les
vapeurs; éviter
également tout
contact avec les
yeux. Porter des
gants en caoutchouc
ou en plastique et
des lunettes à
coques pour
laboratoire de chimie.
Eviter la dispersion
de la poussière.
Observer une
hygiène rigoureuse.
Porter des gants
protecteurs en
caoutchouc ou en
plastique et un écran
facial ou encore un
masque respiratoire
complet. En cas de
contact avec les
yeux, rincer à l’eau et
consulter un
médecin.
Solide
inflammable et
combustible; point
d’éclair 39°C.
Incombustible,
mais facilite la
combustion
d’autres
substances.
Nocif par ingestion ou
inhalation. Irritant pour
les yeux, les voies
respiratoires et la
peau. Une exposition
répétée peut provoquer
une sensibilisation
cutanée.
Peut causer une forte
irritation et de graves
brûlures oculaires et
cutanées. Corrosif en
cas d’ingestion. Peut
provoquer une
coloration bleuâtre de
la peau en cas
d’exposition prolongée
ou répétée (argyrie).
Les solutions
ammoniacales
peuvent former un
précipité de nitrite
d’argent en
présence de base
ou de glucose.
Possibilité de
formation de
produits explosifs
en présence
d’éthanol ou de
polymérisation
explosive de
l’acrylonitrile.
Risque
d’inflammation ou
d’explosion par
mélange avec du
charbon de bois,
du magnésium, du
phosphore ou du
soufre.
Coloration
violette
persistante de
la peau en
cas de
contact.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 197 •
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide huileux
de couleur
jaune pâle
dégageant une
odeur
caractéristique;
point de fusion
6°C, point
d’ébullition
211°C.
PRODUIT CHIMIQUE
Nitrobenzène
C6H5NO2
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
La combustion
dégage des
vapeurs corrosives
et notamment des
oxydes d’azote.
Réagit violemment
avec les oxydants
énergiques et les
réducteurs, avec
risque d’incendie
et d’explosion.
Attaque de
nombreux
plastiques. Forme
des produits ou
des mélanges
explosifs
(thermiquement
instables) avec de
nombreux
composés
minéraux.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Travailler sous
ventilation, avec un
dispositif local
d’évacuation ou une
protection
respiratoire. Porter
des gants et des
vêtements
protecteurs ainsi que
des lunettes à
coques.
RISQUE D’INCENDIE
Combustible;
risque d’incendie
et d’explosion;
point d’éclair
88°C.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Méthémoglobinémie
accompagnée de
cyanose, lésions
hépatiques;
symptômes : les
lèvres, les ongles et la
peau prennent une
couleur bleue;
étourdissements,
nausées, faiblesse,
perte de conscience.
Peut traverser la
barrière cutanée.
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 198 •
Gaz incolore
comprimé;
point de fusion
-218,4°C, point
d’ébullition
-183°C.
Cristaux
hygroscopiques
ou poudre de
couleur
blanche; point
de fusion
340°C, point de
sublimation
360°C.
Oxygène
O2
Pentoxyde de
phosphore
P2O5
Oxydant énergique
qui réagit sur les
matières
combustibles et
les réducteurs
avec risque
d’incendie et
d’explosion. Réagit
avec les huiles, les
graisses,
l’hydrogène et les
gaz, liquides et
solides
inflammables.
La solution
aqueuse est un
acide fort; réagit
violemment avec
les bases;
corrosif. Réagit
violemment avec
l’acide
perchlorique avec
risque d’incendie
ou d’explosion.
Réagit violemment
avec l’eau pour
donner de l’acide
phosphorique.
Attaque de
nombreux métaux
en présence d’eau.
Pas de flammes nues
ni d’étincelles,
interdiction de fumer,
éviter tout contact
avec des matières
inflammables.
Travailler avec un
dispositif local
d’évacuation des
vapeurs. Porter des
gants et des
vêtements
protecteurs, un écran
facial ou un masque
respiratoire complet.
Ne pas manger, boire
ou fumer pendant le
travail.
Incombustible,
mais facilite la
combustion
d’autres
substances. Le
chauffage fait
monter la
pression dans la
bouteille avec
risque
d’éclatement.
Incombustible,
mais facilite la
combustion
d’autres
substances.
Nombreuses
réactions
susceptibles de
provoquer un
incendie ou une
explosion.
Dégagement de
vapeurs ou de gaz
irritants ou
toxiques en cas
d’incendie.
Irritant pour les voies
respiratoires à très
forte concentration.
Son action corrosive
sur la peau, les yeux et
les voies respiratoires
provoque des maux de
gorge, de la toux, une
sensation de brûlure et
un essouflement;
risque de brûlures
cutanées douloureuses
avec phlyctènes et des
brûlures oculaires.
L’inhalation des
vapeurs peut entraîner
un œdème pulmonaire.
L’ingestion peut
provoquer des
douleurs abdominales,
une sensation de
brûlure, de la diarrhée,
des douleurs laryngées
et des vomissements.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 199 •
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Réagit de manière
violente voire
explosive en
présence de
nombreux
composés
minéraux ou
organiques ou
encore de métaux
pulvérulents.
Réagit
vigoureusement
avec diverses
substances
chimiques et
notamment les
oxydants et les
bases. Attaque la
plupart des
métaux ou leurs
sels, les liquides
inflammables et
autres matières
combustibles
(papier, textiles),
l’aniline et le
nitrométhane.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Porter des vêtements
protecteurs et une
protection oculaire,
ainsi qu’un masque
muni d’un filtre à
particules s’il y a
production de
poussière.
En cas de contact
avec la peau, laver
immédiatement à
grande eau. Porter
des gants en
caoutchouc nitrile et
une protection
oculaire si la
concentration
dépasse 20%.
RISQUE D’INCENDIE
Oxydant
énergique; risque
d’inflammation
des matières
combustibles.
Oxydant; risque
d’incendie en cas
de contact avec
des matières
combustibles.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Corrosif en cas
d’ingestion ou
d’inhalation de la
poussière.
Extrêmement irritant
pour les yeux et les
voies respiratoires;
l’inhalation de la
poussière peut
provoquer un œdème
pulmonaire.
Corrosif à forte
concentration (60 %)
et également à faible
concentration (6 %) en
cas de contact
prolongé avec la peau.
Les solutions diluées
sont irritantes pour les
yeux, les voies
respiratoires et la
peau.
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Cristaux violets;
point de fusion
240°C
(décomposition);
facilement
soluble dans
l’eau.
Liquide
incolore; point
de fusion
-39°C (70 %),
point
d’ébullition
125°C (70 %);
miscible à
l’eau; livré en
solution
aqueuse de
concentration
variable.
PRODUIT CHIMIQUE
Permanganate de
potassium
KMnO4
Peroxyde d’hydrogène
Perhydrol
H2O2
Peut se
décomposer
en dégageant
de l’oxygène,
ce qui
augmente la
pression dans
le récipient.
Entreposer
dans un
endroit frais à
l’abri de la
lumière. Ne
pas utiliser de
récipients ou
d’équipements
métalliques,
par ex. en
laiton, cuivre
ou fer.
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 200 •
Phénol
C6H5OH
Cristaux
incolores ou
rose pâle
dégageant une
odeur
caractéristique;
point de fusion
41°C, point
d’ébullition
182°C; soluble
dans l’eau.
Le solide et ses
vapeurs sont corrosifs
pour les yeux, la peau
et les voies
respiratoires; ils
peuvent causer de
graves brûlures. Peut
traverser la barrière
cutanée. Troubles du
système nerveux
central pouvant aboutir
au coma. Lésions
rénales et hépatiques.
Symptômes : douleurs
abdominales,
vomissements,
diarrhées, irritation
cutanée, douleurs
oculaires. Un contact
prolongé avec une
solution diluée peut
provoquer une
dermite.
Point d’éclair
80°C, limites
d’inflammabilité
1,7–6 %.
Eviter d’inhaler les
vapeurs; utiliser une
protection
respiratoire. Eviter
tout contact avec la
peau et les yeux.
Travailler sous une
sorbonne. Porter des
gants en caoutchouc
nitrile et une
protection oculaire.
En cas de contact
avec les yeux, rincer
immédiatement et
consulter un
médecin; en cas de
contact cutané, ôter
tous les vêtements
contaminés et
badigeonner la région
touchée avec du
glycérol, du
polyéthylène-glycol
300 ou un mélange
de polyéthylèneglycol liquide (70 %)
et d’alcool dénaturé
(30 %), puis rincer
abondamment à
l’eau.
Réagit avec les
oxydants avec
risque d’incendie
et d’explosion.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 201 •
AUTRES RISQUES
La solution
aqueuse de
propanol-2 à
70–85 %
utilisée en
aérosol
désinfectant
présente tout
de même un
risque
d’inflammation
et ne doit pas
être utilisée à
proximité
d’une source
d’ignition.
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Peut réagir
vigoureusement
avec les oxydants
pour former des
peroxydes
instables en cas
d’exposition
prolongée à l’air et
à la lumière.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Tenir les récipients
bien fermés et à
distance de toute
source d’ignition.
Travailler sous une
sorbonne. Porter des
gants en caoutchouc
nitrile et une
protection oculaire.
RISQUE D’INCENDIE
Très inflammable;
point d’éclair
112°C, limites
d’inflammabilité
2,3–12,7 %.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Irritant pour les yeux
et les voies
respiratoires. Peut agir
sur le système nerveux
central en provoquant
céphalées,
étourdissements,
nausées,
vomissements et
coma.
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide incolore
doté d’une
odeur
alcoolique;
point de fusion
-89°C, point
d’ébullition
82°C; miscible
à l’eau.
PRODUIT CHIMIQUE
Propanol-2
Isopropanol
(CH3)2CHOH
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 202 •
Pyridine
C5H5N
Liquide incolore
doté d’une
odeur
caractéristique;
point de fusion
42°C, point
d’ébullition
115°C.
Agit sur le système
nerveux central en
provoquant des
céphalées, des
étourdissements, des
nausées, un
essoufflement et une
perte de conscience.
Peut traverser la
barrière cutanée, en
provoquant des
rougeurs et une
sensation de brûlure.
L’ingestion entraîne
des douleurs
abdominales, de la
diarrhée, des
vomissements, de la
faiblesse. Une
exposition répétée peut
provoquer des troubles
hépatiques et rénaux.
Très inflammable;
point d’éclair
20°C; limites
d’explosibilité
1,8–12,4 %.
Dégagement de
vapeurs ou de gaz
irritants ou
toxiques en cas
d’incendie. Les
mélanges
air/vapeurs sont
explosifs.
Travailler sous
ventilation, avec un
dispositif local
d’évacuation des
vapeurs ou porter
une protection
respiratoire; porter
des gants et des
vêtements
protecteurs.
Réagit violemment
avec les oxydants
énergiques et les
acides forts.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 203 •
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Solide inodore
se présentant
sous diverses
formes : solide
amorphe brunrouge foncé à
bleu-noir,
cristaux de
couleur rouge,
transparents,
ou gris
métallique à
noir. Point de
fusion
170°C–217°C,
point
d’ébullition
685°C.
PRODUIT CHIMIQUE
Sélénium
Se
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Réagit violemment
avec les oxydants
et les acides forts.
Réagit avec l’eau à
50°C en formant
de l’hydrogène
inflammable et de
l’acide sélénieux.
Réagit avec
incandescence par
chauffage ménagé
en présence de
phosphore et de
métaux comme le
nickel, le
potassium, le
platine, le sodium
et le zinc.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Eviter la dispersion
de la poussière.
Observer une
hygiène rigoureuse.
Travailler avec un
dispositif local
d’évacuation des
vapeurs. Porter des
gants et des
vêtements
protecteurs ainsi
qu’une protection
oculaire.
RISQUE D’INCENDIE
Combustible.
Dégagement de
vapeurs ou de gaz
irritants ou
toxiques en cas
d’incendie.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Irritant pour les yeux
et la peau. L’inhalation
de la poussière peut
provoquer un œdème
pulmonaire. Chute des
ongles et troubles
gastro-intestinaux en
cas d’exposition
répétée.
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 204 •
• 205 •
Toxique par ingestion
ou inhalation de la
poussière. Irritant pour
la peau et les yeux.
Cristaux blancs
déliquescents;
très soluble
dans l’eau.
Liquide incolore
à l’odeur
éthérée
caractéristique;
point de fusion
-23°C, point
d’ébullition
76,5°C.
Tellurite de potassium
K2TeO3
Tétrachlorure de
carbone
CCl4
Peut traverser la barrière
cutanée; risque de
dermite en cas
d’exposition prolongée.
Irritant pour les yeux.
Peut provoquer des
lésions hépatiques et
rénales et des troubles
neurologiques centraux
se traduisant par des
céphalées, des nausées,
un léger ictère, une perte
d’appétit et une narcose.
Cancérogène pour
l’animal.
Les effets qui peuvent se
produire sur le système
nerveux central entraînent
des céphalées, des
étourdissements, de la
toux, des maux de gorge,
des nausées, des
difficultés respiratoires,
une perte de conscience et
la mort. L’inhalation peut
provoquer une œdème
pulmonaire. Rougeur,
douleurs, brûlures graves
et profondes au niveau
des yeux.
Gaz incolore à
forte odeur
d’œufs pourris;
point de fusion
-85°C, point
d’ébullition
-60°C.
Sulfure d’hydrogène
Hydrogène sulfuré
H2S
Non combustible.
En cas d’incendie,
dégagement de
vapeurs ou de gaz
irritants ou
toxiques.
Extrêmement
inflammable;
limites
d’explosibilité
4,3–46 %.
Eviter tout contact.
Travailler sous
ventilation, avec un
dispositif local
d’évacuation des
vapeurs ou porter
une protection
respiratoire; porter
des gants en
caoutchouc nitrile,
des vêtements
protecteurs ainsi
qu’un écran facial ou
un masque
respiratoire complet.
Porter des vêtements
protecteurs.
Travailler sous
ventilation, avec un
dispositif local
d’évacuation. Porter
des lunettes de
protection à coques
ou un masque
respiratoire complet.
Se décompose par
contact avec des
surfaces chaudes
ou des flammes
avec formation de
vapeurs ou de gaz
toxiques et
corrosifs (chlorure
d’hydrogène,
chlore, phosgène).
Réagit avec certains
métaux comme
l’aluminium, le
magnésium et le
zinc.
Oxydants
énergiques et
acide nitrique
concentré. Attaque
de nombreux
métaux et
plastiques.
L’odorat est
vite saturé et
ne constitue
pas un moyen
fiable de
déceler ce gaz
si celui-ci est
présent en
permanence.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Réagit violemment
avec les oxydants
énergiques et les
bases fortes, ainsi
qu’avec certains
halogénures
métalliques, avec
risque d’incendie
et d’explosion.
Attaque certains
types de plastique,
de caoutchoucs et
de revêtements.
Le
tétrahydrofuranne
peut se
polymériser en
présence
d’initiateurs de
polymérisation
cationiques. Le
chauffage à reflux
avec de
l’hydroxyde de
calcium peut
provoquer des
explosions.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Travailler sous
ventilation, avec un
dispositif local
d’évacuation des
vapeurs ou en
portant une
protection
respiratoire, des
gants ainsi que des
lunettes de sécurité.
RISQUE D’INCENDIE
Très inflammable;
peut former des
peroxydes
explosifs; point
d’éclair -14°C.
L’eau peut se
révéler inefficace
pour combattre
des feux de
tétrahydrofuranne,
mais on peut s’en
servir pour
refroidir les
récipients exposés
au feu.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Dépression du système
nerveux central
conduisant à une
narcose. Irritant pour
les yeux, la peau et les
voies respiratoires.
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide incolore
doté d’une
odeur éthérée
caractéristique;
point de fusion
-108,5°C, point
d’ébullition
66°C.
PRODUIT CHIMIQUE
Tétrahydrofuranne
C4H8O
Oxyde de diéthylène
Oxyde de tétraméthylène
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 206 •
o-Tolidine
3,3¢-diméthyl-(1,1¢biphényl)-4,4¢-diamine
(CH6-(3CH3)-(4NH2))2
Tétroxyde d’osmium
OsO4
Cristaux
incolores; point
de fusion
131°C, point
d’ébullition
200°C; peu
soluble dans
l’eau.
Cristaux jaune
pâle dégageant
une odeur
pénétrante;
point de fusion
40°C, point
d’ébullition
130°C; se
sublime endessous de son
point
d’ébullition;
soluble dans
l’eau.
Nocif en cas de
contact cutané ou
d’ingestion. La
poussière est irritante
pour les voies
respiratoires et les
yeux. Probablement
cancérogène pour
l’homme.
Très toxique en cas
d’inhalation,
d’ingestion ou de
contact cutané, avec
forte irritation, voire
brûlures graves. Les
vapeurs, le solide et
les solutions sont
corrosives pour la
peau et les voies
respiratoires;
l’inhalation peut causer
un œdème pulmonaire.
Tenir les récipients
bien fermés, dans un
local bien ventilé.
Manipuler le solide et
les solutions sous
une sorbonne ou une
hotte. Porter des
gants protecteurs et
des lunettes à
coques pour
laboratoire de chimie.
Pour préparer les
solutions, introduire
l’ampoule fermée
dans le volume d’eau
voulu, boucher et
agiter jusqu’à rupture
de l’ampoule.
Eviter tout contact;
porter une protection
oculaire et des gants.
Oxydant
énergique. Non
combustible, mais
facilite la
combustion
d’autres
substances.
Combustible.
Dégagement de
vapeurs ou de gaz
toxiques ou
irritants en cas
d’incendie.
Oxydants.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 207 •
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide incolore
doté d’une
odeur
caractéristique;
point de fusion
-95°C, point
d’ébullition
111°C; non
miscible à
l’eau.
PRODUIT CHIMIQUE
Toluène
Méthylbenzène
C7H8
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Peut réagir avec
les acides et les
bases fortes ainsi
qu’avec les
oxydants.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Tenir les récipients
hermétiquement
fermés et à distance
de toute source
d’ignition; mettre les
récipients à la terre
pour éviter les
décharges
d’électricité statique.
Eviter d’inhaler les
vapeurs; porter une
protection
respiratoire. Travailler
sous une sorbonne
ou dans un endroit
bien ventilé. Porter
des gants en
caoutchouc nitrile.
RISQUE D’INCENDIE
Très inflammable;
les vapeurs
peuvent causer un
embrasement
instantané; point
d’éclair 4°C;
limites
d’inflammabilité
1,4–7 %. Produits
d’extinction en cas
de feu limité :
produits secs,
anhydride
carbonique,
mousse,
brumisation d’eau
ou gaz inerte
(azote).
RISQUES POUR LA SANTÉ
Dépression du système
nerveux central. Irritant
pour les yeux, les
muqueuses et la peau.
Une exposition répétée
peut avoir des effets
indésirables sur la
reproduction et le
développement
humains.
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 208 •
Trichoréthylène
CHClCCl2
Liquide incolore
à odeur
caractéristique;
point de fusion
-73°C, point
d’ébullition
87°C.
Irritant pour les yeux
et la peau; une
exposition prolongée
peut provoquer une
dermite et des troubles
du système nerveux
central conduisant à
des pertes de
mémoire. Possibilité
de troubles hépatiques
et rénaux.
Probablement
cancérogène pour
l’homme.
Combustible dans
certaines
conditions.
Travailler sous
ventilation ou avec
un dispositif local
d’évacuation. Porter
des gants, des
lunettes de sécurité
ou autre type de
protection oculaire
avec une protection
respiratoire ou un
masque complet.
En cas de contact
avec des surfaces
chaudes ou une
flamme, se
décompose en
produisant des
gaz toxiques et
corrosifs
(phosgène,
chlorure
d’hydrogène).
Décomposition en
présence de bases
alcalines fortes
avec formation de
dichloracétylène;
réaction violente
avec les métaux
tels que
l’aluminium, le
baryum, le
magnésium et le
titane à l’état
pulvérulent; lente
décomposition en
présence
d’humidité, avec
formation d’acide
chlorhydrique.
ANNEXE 5. PRODUITS CHIMIQUES : DANGERS ET PRÉCAUTIONS À PRENDRE
• 209 •
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Eviter tout contact
avec les yeux. Porter
des gants en
caoutchouc nitrile et
une protection
oculaire. Tenir les
récipients
hermétiquement
fermés et à distance
de toute source
d’ignition.
RISQUE D’INCENDIE
Liquide
inflammable; point
d’éclair 27–32°C.
RISQUES POUR LA SANTÉ
Peut provoquer des
troubles du système
nerveux central se
traduisant par des
céphalées, des
étourdissements, de la
fatique et des nausées.
Le liquide et les
vapeurs sont irritants
pour les yeux, la peau,
les muqueuses et les
voies respiratoires.
Nocif en cas
d’ingestion. Un contact
cutané prolongé peut
provoquer une
délipidation cutanée.
Déficit neurologique
non spécifique.
L’exposition peut
accroître les lésions
auditives provoquées
par le bruit.
L’expérimentation
animale incite à penser
que ces produits
exercent des effets
indésirables sur la
reproduction et le
développement
humains.
PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES
Liquide incolore
dégageant une
odeur
aromatique;
point de fusion
-95 à -13°C,
point
d’ébullition
136–145°C;
insoluble dans
l’eau.
PRODUIT CHIMIQUE
Xylène (mélanges
d’isomères)
Diméthylbenzène
C6H4(CH3)2
INCOMPATIBILITÉS
CHIMIQUES
Peut contenir
de
l’éthybenzène
comme
impureté.
L’éthybenzène
pourrait être
cancérogène
pour
l’homme.
AUTRES RISQUES
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
• 210 •
Index
acariens 37
accès
animaleries 32, 33, 34, 35
laboratoire 11, 23, 29–30
accidents 11
appareils/équipements 162
voir aussi premiers secours, blessures,
renversement
acétaldéhyde 164
acétate de thallium 165
acétone 165
acétonitrile 166
acétylène 167
acide
acétique 167
chromique 168
nitrique 169
oxalique 169
perchlorique 122, 170
phosphorique 170
picrique 122, 171
sulfurique 172
acroléine 173
aérosols
activités générant des 57
enceinte de sécurité biologique 16, 57
équipement de sécurité 68
potentiellement dangereux 89
risques dus au pipettage 70
agitateurs secoueurs 71, 82
agrément
enceintes de sécurité biologique 66
laboratoires/installation 41–42
aiguilles hypodermiques 11, 84, 160
élimination 19–21
pour injection, éviter l’inoculation 80
alarmes 23, 67
alcools 98–99
alimentation
électrique 15, 31
en eau 15, 24
aliments, 11
allergie au latex 74
aménagement du laboratoire
classification par groupe de risque 1
sécurité biologique niveaux 1 et 2 :
13–15
sécurité biologique niveau 3 : 23–24, 25
sécurité biologique niveau 4 : 29, 31
ammoniac et solutions 174
ampoules contenant du matériel infectieux
ouverture 83
stockage 83
anhydride acétique 174
aniline 175
animaleries 11, 32–37
invertébrés 36–37
niveau de confinement 32
sécurité biologique niveau 1 : 33
sécurité biologique niveau 2 : 33–34
sécurité biologique niveau 3 : 34–35
sécurité biologique niveau 4 : 35–36
animaux
élimination des carcasses 34
ne servant pas aux expériences 11, 33
transgéniques et « knock out » 115
anses de transfert
à usage unique 17, 69, 71
micro-incinérateurs 69, 72
utilisation sans risque 78
antimicrobiens 92
antiseptiques 92, 97–98, 99
appareils respiratoires (équipement de
protection) 23, 73–74
• 211 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
argent 175
arthropodes
animaleries 37
lutte contre les 12, 34
Association du Transport aérien
international (IATA) 106
audit 41, 42
auramine 176
autoclavage 19, 102–104
autoclaves 70, 102–104
à deux portes 31
à extraction d’air 102
animaleries 34–36
à source de chauffage extérieure 102
à vapeur directe 102
chargement 103
conformité 17
disponibilité 15, 17, 24, 31
précautions d’utilisation 103–104
azoture 122, 176
azoture de sodium 176
bains-marie 162
bec Bunsen 78, 79
benzène 177
benzidine 177
bicarbonate 123
d’ammonium 100
biocide 92
1,1-Biphényl-4,4¢-diamine 177
bisélénite de sodium 191
blessures
conduite à tenir en cas d’urgence 89
personnel de l’animalerie 34
prévention 80
blouses de laboratoire 72, 73
boissons 11, 15, 34, 80
bonnes techniques microbiologiques 9–12,
77–87
brome 178
bromure de cyanogène 179
broyeurs de tissus 82, 161
bruit 126–127
cages 34, 35–36
animaux 34, 35
insectes volants 37
carbonate de sodium 123
4,4¢-carbonoimidoylbis N,Ndiméthylbenzamine 176
carte de surveillance médicale 25–26, 27
catastrophes, naturelles 88, 90–91
centres collaborateurs de l’OMS pour la
sécurité biologique 158
centrifugeuses 81, 160
appareils, confinement 24–25
bris des tubes 90, 160
utilisation incorrecte 162
chaleur
désinfection et stérilisation 101–104
humide 102
sèche 101
chaussures 11, 22, 28, 73
chef du laboratoire 12, 133
programme de formation 18, 137–139
chloramines 94, 96
chlore 94–95, 180
chloroforme 181
chlorure d’hydrogène 182
circulation de l’air
alarmes 23, 67
animalerie 34, 35, 36
enceintes de sécurité biologique 59–60,
61
sécurité biologique niveau 3 : 23
sécurité biologique niveau 4 : 30
code de bonnes pratiques
sécurité biologique niveaux 1 et 2 : 9–12
sécurité biologique niveau 3 : 22–23
sécurité biologique niveau 4 : 28
combinaisons de laboratoire 72, 73
comité de sécurité biologique 134–135
composés chlorés 94–95
composés d’ammonium quaternaire 98
conception, laboratoire
principes directeurs 38–39
sécurité biologique niveaux 1 et 2 :
12–15
sécurité biologique niveau 3 : 23–24, 25
sécurité biologique niveau 4 : 29–31
conduite d’aspiration (circuit de vide) 24,
70
confinement primaire 29
conformité, équipements 17
• 212 •
INDEX
congélateurs 82–83
consignes pour nettoyer des produits
répandus 107–109
consommation d’aliments 11, 15, 34, 80
conteneurs
échantillons 77, 84, 107
matériels contaminés 20–21
objets tranchants 20, 70
récipients
cassés 89–90
étanches 69
contrôles, sécurité du laboratoire 41–42
formulaires 43–48
cosmétiques 11
coupures 89
cuivre 183
cyanure de sodium 184
cytochalasine 185
déchets 19–21
animaleries 34, 36
contaminés par des prions 86
décontamination 19, 24
invertébrés 36–37
radioactifs 130
sécurité biologique niveau 4 : 31
traitement/élimination 19–21, 24, 105
décontamination
déchets 19–20, 24
définition 92
des mains 101
effluents/liquides 12, 31
enceintes de sécurité biologique 67,
100–101
environnement local 100
liquides biologiques 85
matériels contaminés par des prions
85–87
voir aussi nettoyage, désinfection
délégué à la sécurité biologique 18, 90,
133–134
dérivés phénoliques 97–98
désinfectants 93, 94–100
désinfection 92–105
autoclavage 102–104
chimique 93–100
déchets 20–21
définition 93
enceintes de sécurité biologique 66–67
nettoyage préalable 93
produits répandus 107–109
voir aussi décontamination, stérilisation
dessiccateurs 161
dichloroisocyanurate de sodium (NaDCC)
94, 95–96
diéthyléther 189
3,3-diméthyl-(1,1¢-biphényl)-4,4¢-diamine
207
diméthylamine 185
diméthylbenzène 210
2,4-dinitrophénylhydrazine 185
dioxane 186
dioxyde
de carbone, solide 186
de chlore 96, 187
de diéthylène 186
directeur du laboratoire 12, 133
disjoncteurs 126
dispositif anti-retour 15, 24
dissémination de matériel infectieux, éviter
la 78–79
douches 29, 35
ébullition 102
échantillons 77–78
conteneurs 77, 84, 107
étiquetage 83–84
ouverture
des colis 77–78
des tubes et échantillonnage 84
pour lesquels les informations sont
limitées 8
précautions d’usage 83–85
réception 77
récolte 83–84
système du triple emballage 107, 108
transport 77, 84
éclairage 14, 144
écoulement, laboratoire de confinement
31
écran anti-projections 69
écrans faciaux (visières) 11, 72–73
effluents/liquides contaminés 11, 12, 31
enceinte à évacuation totale 64
• 213 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
enceinte de laboratoire de classe III 29–30
régulation de la ventilation 30–31
enceintes de sécurité biologique (ESB)
57–67, 69
agrément 66
animaleries 34–35
choix 58, 63–64
classe I 58–62
classe II 59–62
type A1 59–60, 62
types A2, B1 et B2 61–62
classe III 62
laboratoire 29–30
contamination par des prions 86
décontamination 67, 100
emplacement 24, 64
raccordements pour l’évacuation de l’air
62–63
utilisation
et maintenance 65
systématique 16, 23–24
sans risque 64–67, 79
encéphalopathie spongiforme bovine (ESB)
85
enfants 10
équipement et vêtements de protection
individuelle 72–74
animaleries 34, 36
enceinte de sécurité biologique 67
laboratoire de base 11
laboratoire de confinement 22–23
à haute sécurité 29, 30
liste de contrôle 148
prions 86
équipement et matériel
de secours 91
de sécurité 21, 68–74
liste des contrôles 148–149
laboratoire de base 16–17
confinement 24–25
risques 159–162
érosion 89
Escherichia coli K12 114
éthanol (alcool éthylique ) 98, 187
éthanolamine 188
éthanolamine-2-aminoéthanol 188
éthers 122
étiquetage, modèle 83–84
évaluation du risque microbiologique 1–2,
7–8
animalerie 32–33
organismes génétiquement modifiés
115–117
excréta, précautions d’usage 83–85
extincteurs 126
femmes en âge de procréer 18, 148
fenêtres
animaleries 34, 35
laboratoire 12, 15, 23
locaux pour invertébrés 37
filtres à air, voir filtres HEPA
filtres à particules de haute efficacité
(HEPA)
animalerie 34
contamination par des prions 86
enceinte de sécurité biologique 57, 58,
59, 60, 62, 63
sécurité biologique niveau 3 : 23–24, 25
sécurité biologique niveau 4 : 29–30, 31
fioles à vide 162
fixateurs formolés 85
flacons à bouchon vissé 17, 70
flambées, étiologie de maladies inconnues 8
flammes nues 66, 78
formaldéhyde 96–97, 190
formation 137–139
personnel
d’animaleries 34, 36
de laboratoire 18
sécurité biologique 51–52
utilisation des enceintes de sécurité
biologique 67
formol 97
friction à base d’alcool pour le lavage des
mains 98–99, 101
frottis, pour microscopie 84
fumigation 100
gants 11, 67, 73, 74
gaz
alimentation du laboratoire 15
comprimés et liquéfiés 123, 146–147
générateurs d’ultrasons 71, 82, 84–85, 161
• 214 •
INDEX
génie génétique 113
germicides chimiques 93–100
glutaraldéhyde 97, 191
gouttes épaisses 84
grillages empêchant le passage des
arthropodes 37
groupes de risque, microbiologique 9
classification 1–2
laboratoire de base 9
niveau de sécurité biologique 2–3
homogénéisateurs et broyeurs de tissus
161
hotte à flux laminaire horizontal ou vertical
57
1-hydrazino-2,4-dinitrobenzène 185
hydrosélénite de sodium 191
hydroxyde
de potassium 192
de sodium 192
hypochlorite
de calcium 94, 95
de sodium 94–95, 100, 193
incendies 21, 125–126
listes, contrôles pour la prévention et la
protection 145–146
procédures d’urgence 90–91
risques 125, 162
incidents, voir accident, renversements
incinérateurs 104–105
incinération 21, 104–105
ingénieurs 136
ingestion de matériel infectieux 79–80,
89
inoculation accidentelle 80
insectes volants 37
inspection du laboratoire 41–42
interdiction de fumer 11, 34
invertébrés 36, 37
iode 99, 194
iodophores 99
isolateurs à dépression en film ou feuille
de plastique souple 68–69, 70
isopropanol, propanol-2 98, 202
jarres/incubateurs anaérobie 160, 162
laboratoire
agrément 41–42
formulaire, contrôles de sécurité 43–48
locaux, liste de contrôle 143
principes directeurs 38–40
sécurité biologique 51–53
services, listes, contrôles de sécurité
144–145
techniques 77–87
zones de travail 12
voir aussi laboratoire de base, laboratoire
de confinement,
laboratoire de confinement à haute
sécurité
laboratoire de base (niveaux de sécurité 1 et
2) 1, 9–21
code de bonnes pratiques 9–12
conception et aménagement 12–15, 16
équipement 13–17
formation 18
formulaires, contrôles de sécurité 43–48
sécurité chimique, électrique, incendie,
radioprotection et sécurisation
de l’appareillage 21
surveillance médico-sanitaire 17
traitement des déchets 19–21
laboratoire de confinement (sécurité
biologique niveau 3) 1, 2, 22–26
appareils et équipement 24–25
code de bonnes pratiques 22–23
conception 23–24
formulaire, contrôles de sécurité 48
surveillance médico-sanitaire 25–26
laboratoire de confinement à haute sécurité
(sécurité biologique niveau 4) 1,
2, 28–31
code de bonnes pratiques 28
conception et aménagement 29–31
lavage des mains 11, 74, 101
animaleries 34
lavabos 15, 23, 34
lentilles de contact 11
liquides biologiques, précautions d’usage
83–85
liste des contrôles de sécurité 143–150
litière, animaux 34, 35
lumières à ultraviolets 65
• 215 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
lunettes à coque 71
lutte contre les rongeurs 12, 34
lyophilisateurs 161–162
maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) 85
matériel contaminé voir matériel infectieux
matériel infectieux
autoclavage et réutilisation 20
contact avec la peau et les yeux 79–80
décontamination voir décontamination
élimination 19–20, 24
éviter la dissémination 78–79
ingestion 79–80, 89
liste, contrôles de sécurité 149
lyophilisé, ouverture des ampoules 83
projections 11–12, 89–90, 107–109
mélangeurs 71, 82, 161
mercure 194
mesures de sécurité 15, 145–146
méthanol 97, 196
méthylbenzène 208
meubles, laboratoire 14–15
microbicide 93
micro-incinérateurs 69, 72
microscope, frottis et gouttes épaisses 84
murs 14, 23
naphthylamine 196
nettoyage
enceintes de sécurité biologique 66–67
équipe de 136
matériel de laboratoire 93
réfrigérateurs et congélateurs 82–83
nettoyeurs à ultrasons 161
ninhydrine 197
nitrate d’argent 197
nitrobenzène 198
niveau de confinement, animaleries 32
niveau de sécurité biologique de
l’animalerie (NSBA) 32
N-phényl-a-naphthylamine 196
N-phényl-b-naphthylamine 196
objets tranchants 20
animaleries 34
conteneurs pour l’élimination 20, 70
éviter les blessures 74, 80, 84
OGM voir organismes génétiquement
modifiés
Organisation de l’Aviation civile
internationale (OACI) 106
Organisation mondiale de la Santé (OMS)
centres collaborateurs pour la sécurité
biologique 158
Programme de sécurité biologique 28
organismes génétiquement modifiés
(OGM) 113–117
autres considérations 117
évaluation du risque 115–116
o-Tolidine 207
oxyde
de chrome VI 168
de diéthylène 206
de tétraméthylène 206
oxygène 199
panneau de danger biologique 9, 22, 33
paraformaldéhyde 97, 100
peau
contact avec la 79–80
coupure, inoculation et érosion 89
voir aussi blessures
pentoxyde de phosphore 199
peracides 99–100
période de garantie, matériel de laboratoire
38–39
permanganate de potassium 200
peroxyde d’hydrogène 99–100, 200
personnel
d’entretien et de maintenance 136
formation voir formation
gestion de la sécurité biologique 12
locaux, liste de contrôle 144
objets/vêtements personnels 15
règles de sécurité 51–52
responsable de la sécurité 133–135
surveillance médico-sanitaire voir
surveillance médico-sanitaire
vaccination 157
phénol 201
photomètre à flamme 162
pipettage 78
à la bouche 11, 70
dispositif 16–17, 70–71, 78
• 216 •
INDEX
pipettes 17, 78
plafonds 14, 23
plans d’urgence 88–89
plans de travail
animaleries 34
laboratoire 12
plantes transgéniques 113, 115
plasmide pUC18 114
portes
animaleries 34
laboratoire 15, 23, 29
précautions d’usage 83–86
prélavage 93
premiers secours 15, 156
primates 33
principes directeurs, laboratoires/
installation 38–40
prises reliées à la terre 126
produit blanchissant (hypochlorite de
sodium) 94–95, 100, 193
produit pour friction des mains à base
d’alcool 98–99, 101
produits chimiques (risques) 21, 121–123
enceinte de sécurité biologique 64
explosifs 122, 162
incompatibles 122
listes, contrôle de sécurité 149–150
renversements 122–123
spécifiques 163–210
stockage 121
toxicité 121–122
voies d’exposition 121
2-propanol 98, 202
protection
auditive 126–127
de la face 11, 72–73
des produits 58, 60
des yeux 11, 72–73, 80
pyridine 203
liste, contrôles de sécurité 149–150
paillasses où s’effectue la manipulation
129
principes de radioprotection 127–128
réfrigérateurs 82–83, 162
réglementation internationale relative aux
transports 106–107
renversements
dans les enceintes de sécurité biologique
66
de matériel infectieux 11, 89–90,
107–109
de produits chimiques 122–123
de sang 85
représentant de l’établissement 39
risques électriques 21, 126, 162
liste, contrôles de sécurité 147
radionucléides
enceintes de sécurité biologique 64
règles de sécurité pour le travail avec des
128–130
substitution 128
rayonnements ionisants 21, 127–130
effets nocifs 127
salle de repos 15
sang, précautions d’usage 83–85
sas à air 29, 30, 36
sécurité biologique 51–52
en laboratoire 51–53
gestion 12
sécurité biologique niveau 1 : 1, 2,
9–21
animalerie 32–33
classification des micro-organismes
infectieux 1–4
conception du laboratoire 13–15
formulaire, contrôles de sécurité du
laboratoire 43–45
surveillance médico-sanitaire 17
voir aussi laboratoire de base
sécurité biologique niveau 2 : 1, 2, 9–21
animalerie 32, 33–34
conception du laboratoire 13–15
formulaire, contrôles de sécurité du
laboratoire 46–47
surveillance médico-sanitaire 17–18
voir aussi laboratoire de base
sécurité biologique niveau 3 : 1, 2, 22–26
animalerie 32, 34–35
conception du laboratoire 23–24
formulaire, contrôles de sécurité du
laboratoire 48
voir aussi laboratoire de confinement
• 217 •
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
sécurité biologique niveau 4 : 1, 2, 28–31
animalerie 32, 35–36
conception du laboratoire 29–31
voir aussi laboratoire de confinement à
haute sécurité
sélénium 204
seringues 11, 20
sérum, séparation du 80
service d’entretien des bâtiments 136
services de secours 91
sols 14, 23
souris susceptibles d’être porteuses de
poliovirus 115
sporocide 93
stérilisation 31, 92–105
chaleur 101–104
définition 93
matériel contaminé par des prions
86–87
nettoyage avant 92, 93
voir aussi décontamination, désinfection
stockage
ampoules contenant du matériel
infectieux 83
espace, laboratoire 15
gaz comprimés et liquéfiés 123,
146–147
liquides inflammables 146
locaux, liste des contrôles de sécurité
143–144
produits chimiques 121
sulfure d’hydrogène 205
surveillance médico-sanitaire
laboratoire de base 17–18
laboratoire de confinement 25–26, 27
liste, contrôles de sécurité 148
symbole international indiquant un risque
d’irradiation 129, 130
système d’expression biologique 114
système de chauffage, ventilation et air
conditionné 23–24
liste, contrôles de sécurité 144
système de circulation d’air
combinaison pressurisée 29
enceintes de sécurité biologique 57–62,
63–64
voir aussi systèmes de ventilation
système, d’emballage 107, 108
du triple emballage 107, 108
système de communication 28
système de refroidissement, arthropodes
37
systèmes de ventilation
animaleries 34, 35, 36
laboratoire
de base 15
de confinement 23
à haute sécurité 30–31
liste, contrôles de sécurité 144
tablier de laboratoire 72
technologie de recombinaison de l’ADN
113–117
tellurite de potassium 205
tétrachlorure de carbone 205
tétrahydrofuranne 206
tétroxyde d’osmium 207
tiques 37
tissus
contenant des prions 86
précautions d’usage 85
toilettes 144
toluène 208
transfert de gène 114
transport 12, 106–109
échantillons 77, 83–84
matériel infectieux 20–21, 24
réglementation internationale
106–107
système du triple emballage 107,
108
Transport des Marchandises dangereuses,
Comité d’experts de l’ONU
en matière de (UNCEDTG)
106
travail en binôme 28, 36
trichloréthylène 209
triclosan 97–98
2,4,6-trinitrophénol (acide picrique) 122,
171
trousse de premiers secours 156
tubes
à bouchon vissé 17
bris dans les centrifugeuses 90
• 218 •
INDEX
ultracentrifugeuses 160
urgences 88–91
conduite à tenir 89–91
plan d’ 88–89
sécurité biologique niveau 4 : 28, 31
vaccination, du personnel 157
vecteurs 114
d’expression 114
viraux 114
ventilation
animaleries 34
enceintes de sécurité biologique 24, 30,
58–60, 62, 63
laboratoire de confinement 23, 24
à haute sécurité 30
verre 84
manipulation de débris de 89, 90, 109
précautions pour l’utilisation 80, 84
vestibules 23, 35, 36
vêtements de protection 29
combinaisons 29
pressurisées 29–30
xylène 210
zone d’irradiation 128–129
zones de travail, laboratoire 11, 12
• 219 •
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