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M ATHÉMATIQUES ET SCIENCES HUMAINES
M ARIE -DANIELLE D EMÉLAS
M ONIQUE R ENAUD
Instabilité, réseaux et partis. Un prototype de système expert
appliqué à de l’histoire politique
Mathématiques et sciences humaines, tome 106 (1989), p. 21-52.
<http://www.numdam.org/item?id=MSH_1989__106__21_0>
© Centre d’analyse et de mathématiques sociales de l’EHESS, 1989, tous droits réservés.
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21
INSTABILITE, RESEAUX ET PARTIS
Un prototype de
système expert appliqué à de l’histoire politique1
Marie-Danielle DEMÉLAS2
Monique RENAUD3
Qui cherche à entendre quelques causes et conséquences d’un régime politique instable trouve en
Bolivie mieux qu’un modèle, un laboratoire. Les coups d’Etat y prolifèrent, les hommes sont
peu nombreux : rien d’impossible à connaître les acteurs d’une instabilité qui se traduit par le
changement rapide des postes à responsabilité et des hommes au pouvoir. Dans un pareil
contexte, il semble légitime de faire de la classe dirigeante son principal objet d’étude.
C’est l’objectif que nous nous sommes ilxé4. Pour l’atteindre, il fallait considérer l’histoire
de chacun de ses membres pris isolément, en esquivant l’écueil de ce type de recherche où, à
force d’attention portée aux individus, on hésite à généraliser. Il convenait également de
retrouver les réseaux qui ont organisé et traversé l’ensemble de ces groupes.
Reconstituer des réseaux (c’est-à-dire enrichir d’inférences les données fournies par les
sources), formuler et appliquer des règles générales, voilà qui relève de certaines applications de
l’intelligence artificielle, celles qui permettent d’associer un système expert à une base de
données. Au bout de l’enquête, on connaîtra peut-être comment se sont tissés les liens d’une
classe politique, mais avant d’entreprendre la réalisation de,l’ensemble de ce projet, il était
indispensable d’étudier les problèmes que posait la reconstitution de réseaux dans une base de
données prosopographiques. Un prototype a été ainsi créé ; il ne devait répondre qu’à une
question simple - quelle était l’appartenance politique de soixante-dix députés -, mais en simulant
1
Colloque "L’outil ordinateur et le métier d’historien : méthodes et perspectives pour l’histoire moderne et
contemporaine", Aix-en-Provence, 1er et 2 octobre 1987.
2
3
C.R.H., Paris
L.I.S.H., Paris.
’
4 Cette
enquête, produit d’une collaboration franco-bolivienne entre M.-D. Demélas (CNRS), J.-P. Lavaud
(Université de Lille I) et S. Romero Pittari (Université catholique, La Paz), porte sur près de deux mille fiches
prosopographiques correspondant à la classe politique bolivienne au XXe siècle (1900-1982). Ce corpus comprend
tous les députés, sénateurs, ministres, présidents et vice-présidents de la république, et les préfets de La Paz et de
Santa Cruz.
Les préoccupations de cette équipe d’historien et de sociologues se sont croisées avec celles de Mmes Monique
Renaud, Arlette Faugères et Marion Selz-Laurière, ingénieurs de recherche en informatique, qui ont entrepris de
mettre au point l’interrogation de bases de données en sciences humaines par des systèmes experts.
22
les difficultés suscitées par le double traitement d’une base de faits : individu par individu, d’une
part, considérée dans son ensemble, d’autre part. Le groupe formé par les députés de la
Convention de 1880 remplissait ces conditions.
LA CONVENTION DE 1880
En 1880, la Bolivie, alliée du Pérou, est en guerre depuis un an contre le Chili qui cherche à
s’emparer de sa façade littorale et des mines qui s’y trouvent. Au commencement des hostilités,
c’est un dictateur militaire - un caudillo -, le général Daza, qui préside le pays à la suite d’un
coup d’Etat risqué trois ans auparavant. Il mène les opérations de façon inepte, si bien qu’en
décembre 1879, un complot le chasse et nomme un général favorable à un régime civil. Une
convention se réunit du 27 mai au 17 octobre 1880, et instaure un régime civiliste et la seule
stabilité durable de la Bolivie, après un demi-siècle de caudillisme et de troubles, avant un autre
demi-siècle de coups d’Etat et de dictatures. L’assemblée réalise les projets avortés des
fondateurs de la république Bolivar : régime parlementaire, constitution solide, destruction des
communautés indiennes. La classe dirigeante cesse d’hésiter entre l’autarcie et l’ouverture au
marché mondial, le pays se destine désormais à l’exportation de matières premières, minerai
d’argent puis d’étain.
Ce
long répit se prolongea jusqu’à ce qu’en 1930, un pronunciamiento
militaire mit fin
au
gouvernement des civils.
Dès les premiers mois de sa convocation, la Convention de 1880 veilla à sa réputation et elle
confia à l’un de ses membres le soin de rédiger son Who’s who. En outre, plusieurs députés,
déjà connus, avaient laissé des traces de leurs actions. Aussi les sources ne manquent pas. Elles
établissent où et quand chacun est né ; le lieu, la date de ses études ; sa carrière civile, publique
ou militaire ; les charges exercées ; parfois le club auquel il appartient, les journaux auxquels il
collabore, les coups d’Etat auxquels il a participé, les revers qu’il a connus (démission,
limogeage, interruption de carrière, exil, prison, confiscation) ; enfin, ses liens personnels (de
parenté, de clientèle, d’amitié), et ses inimitiées.
Riches de tous ces détails, les sources restent muettes sur un point : l’appartenance politique
de ces hommes. Or, c’est dans le cadre de la Convention que se sont formés les premiers partis
d’un pays jusqu’alors dominé par des bandes ou par des cercles rassemblés autour d’un chef :
les partis démocrate, libéral et conservateur. Etant donnée la nature des données, on ne sait
précisément qui formait ces groupes : souvent hagiographiques et décrivant les conventionnels
de 1880 comme les pères de la patrie en danger, les sources ne peuvent trahir les clivages.
"Malgré nos différentes couleurs politiques, un point commun, une chaîne nous unissent et font
de la Convention un seul homme et un seul corps", dit un député5~
LES HYPOTHESES
Afin de résoudre plus commodément les problèmes posés par l’élaboration d’un prototype, il
fallut choisir une question autour de laquelle structurer des règles : celle de l’appartenance
politique convenait. Le système expert avait pour objectif de rechercher parmi les députés qui
était démocrate, libéral, ou conservateur. Pour cela, nous avons émis trois propositions :
-
-
les démocrates de 1880 furent les rescapés du caudillisme ;
les libéraux et les conservateurs venaient du civilisme ;
5 "A
pesar de los colores
politicos, tenemos un punto, une cadena, haciendo de la Convenciôn un solo hombre,
solo cuerpo, por el patriotismo con que hemos concurrido al llamamiento" (Nataniel Aguirre), Redactor de la
Convenciôn nacional, session du 28 juin 1880, tome 1, p. 308.
un
23
pour discriminer libéraux et conservateurs au sein du groupe civiliste, il faut moins s’attacher à
leur appartenance régionale et socio-professionnelle qu’à leurs liens personnels, leurs valeurs et
leur attitude devant le conflit en cours.
-
Depuis sa fondation, en 1825, la Bolivie a été partagée entre deux groupes, deux conceptions
de la vie politique ; le civilisme et le caudillisme, le premier favorable à un gouvernement civil,
le second proche des chefs militaires. Ce dernier groupe, qui prit dans la seconde moitié du
XIXe siècle le nom de démocrate, se fondait, en théorie, sur une conception radicale de la
souveraineté du peuple : quand un gouvement déplaît, le pacte social est rompu, le peuple se
soulève et se prononce - telle est l’origine des pronunciamientos - pour un nouveau régime, une
nouvelle équipe ou un autre chef. Hostiles à ces principes qu’ils jugeaient favorables à la plèbe
métisse, les civilistes défendaient les thèses d’une démocratie représentative : après avoir
désigné leurs représentants, les citoyens s’en remettent à eux du soin de gérer l’Etat et de
légiférer, et s’en retournent à leurs affaires privées. Les uns ont fondé ce qu’on nomme
couramment en Amérique latine le courant populiste, les autres relèvent de tendances
oligarchiques.
(II va de soi que ces référents importaient assez peu dans l’action et que la règle d’un pays où
pouvoir donnait les prébendes était de gagner les positions qui commandaient l’accès aux
ressources. Les relations de clientèle et l’ambition faisaient agir bien mieux que la lecture de
le
Rousseau, de Constant ou de Donoso Cortès).
Pour catégoriser les
conventionnels, on remarquera que nous avons exclu de nos hypothèses
certains facteurs souvent jugés déterminants6. Nous avons ainsi décidé de ne tenir aucun
compte d’hypothétiques déterminismes, régionaux ou sociologiques. Des industriels miniers
rattacher aussi bien
conservateurs ne se recrutaient pas
etc.7
pouvaient
se
parti libéral que démocrate ou conservateur, les
davantage parmi les hommes du sud que ceux du nord,
au
DESCRIPTION DU PROTOTYPE
Il a été réalisé en langage SNARK, créé par J.-L. Laurière8, qui est à la fois un langage de
programmation déclarative et un moteur d’inférences. SNARK travaille en modus ponens (si p
est vrai et pi q, alors q est vrai) et en chaînage avant, partant des données pour établir une
conclusion.
Pour plus de détail sur les systèmes experts et sur SNARK, nous renvoyons le lecteur aux
références bibliographiques infra. Précisons simplement que les connaissances faisant l’objet
d’un système expert doivent être organisées sous la forme d’une base de faits (dans notre
exemple, principalement des fiches prosopographiques), et d’une base de règles énoncées par
l’historien. Le moteur applique ces règles à la base de faits chaque fois que leurs prémisses sont
vérifiées et produit ainsi une nouvelle base de faits enrichies d’inférences.
6 Notamment
par Herbert
KLEIN, Parties and Political Change in Bolivia,1880-1952, Cambridge University
Press, 1969, p. 13, p. 16 et sqq.
7
Ou, quand bien même on constaterait
une
corrélation entre
ces
faits, il serait impossible d’en expliquer la
cause.
8 Nous remercions J.-L. Laurière de nous avoir
CIRCE, à
Orsay.
permis
d’utiliser la version SNARK installée
sur
l’ordinateur
24
La base de faits
De l’ensemble des données dont nous disposions n’a été conservé que ce qui était nécessaire à
l’application des règles, structuré de la façon suivante :
les données concernant la carrière de chacun des soixante-dix conventionnels de 1880,
complétées par :
des dictionnaires où le moteur d’inférences puise des informations complémentaires. Ont été
-
’
-
ainsi constitués un dictionnaire de journaux, d’établissements scolaires, de lieux, de coups
d’Etat et des présidents de la République (cf. infra, des extraits de la base de faits).
L’ensemble représente un peu plus de 6000 faits9; c’est bien peu si l’on considère le
volume courant de fichiers d’historiens. Cependant, il nous a fallu avoir recours à une version
élargie de SNARK pour traiter ce prototype : la plupart des sytèmes experts fonctionnent à partir
de base de faits réduites. C’est un point important sur lequel nous reviendrons.
Les règles
Leur objectif est de rechercher l’appartenance politique des membres de la Convention en
simulant une chaîne de raisonnements déductifs. La stratégie utilisée se présente comme une
suite de sélections :
1. dans un premier temps, il convient de séparer le corpus en deux groupes, celui des vieux
routiers de la politique dont la carrière a commencé avant la prise de pouvoir par le dernier
caudillo, et celui des nouveaux venus sur la scène politique. Aux premiers pourront être
appliquées des règles tenant compte de leurs engagements passés, alors que les seconds ne
devront être classés que selon leurs valeurs, les liens qui les unissent ou leur attitude à l’égard du
conflit en cours.
2. Il faut ensuite discriminer les tenants d’un gouvernement civil des partisans d’un pouvoir
militaire. Les caudillistes forment le parti démocrate ; les civilistes se retrouvent tant chez les
libéraux que chez les conservateurs.
3. Il s’agit dès lors de discriminer le groupe civiliste en fractions libérale et conservatrice en
fonction :
de leur attitude à l’égard du conflit en cours. Les libéraux sont partisans de la poursuite de la
guerre contre le Chili et d’un renforcement de l’alliance avec le Pérou auquel ils envisagent de
lier la Bolivie sous la forme d’une confédération. Les conservateurs, dont les dirigeants
entretiennent des liens étroits avec les milieux d’affaires chiliens, inclinent à l’abandon de
l’alliance péruvienne et la signature d’une paix séparée avec le Chili.
de leurs valeursl0; les libéraux se présentent en héritiers des Lumières, anti-cléricaux et
scientistes, tandis que les conservateurs se fondent sur la tradition catholique.
Enfin, les uns et les autres sont liés aux dirigeants de leur groupe respectif, les généraux
Campero et Camacho pour les libéraux, Don Aniceto Arce Ruiz et Don Mariano Baptista Caserta
pour les conservateurs. On a tenu compte de l’ancienneté de ces relations (à un lien de longue
date est attribuée la nuance "probable", et la nuance "possible" à un lien récent).
-
-
-
4. Ces tris effectués, il reste un certain nombre d’individus pour lesquels les renseignements
dont on dispose n’ont pas permis l’application des règles précédentes. On entreprend alors de
rechercher si ces députés entretiennent des liens privilégiés avec des députés que la première
9
On définit un fait par un "triplet" de la forme : entité&#x3E; relation&#x3E; valeur&#x3E;.
Ex : HERNANDEZ DATE-NAISSANCE 1832.
10 Leurs
programmes économiques étant les mêmes : tous s’accordent à défendre le libre-échange et destinent la
Bolivie à l’exportation de matières premières.
25
règles a suffi à classerll. Ne seront retenus que les liens jugés significatifs : deux
parents sont politiquement moins proches l’un de l’autre que deux hommes qui ont participé
ensemble à un coup d’Etat, partagé la prison ou l’exil.
batterie de
Il faut souligner qu’une partie des règles (1, 2, 3) ne s’appliquent qu’à un individu à la fois,
alors que d’autres (4) doivent vérifier leurs prémisses dans l’ensemble de la base de faits
complétée par le moteur d’inférences. Cette caractéristique, indispensable aux recherches de
réseaux, pose des problèmes techniques particuliers lorsque le volume des données dépasse
plusieurs milliers de faits ; la difficulté peut être résolue en faisant en sorte que seule une fraction
de la base de données - celle qui détient les informations recherchées - soit transférée en mémoire
centrale.
sous-tendent les règles sont déductifs et respectent les règles du
une forme propre au langage SNARK. Ainsi la règle menant à
dans
syllogisme aristotélicien,
diviser le corpus en vieux routiers de la politique et en nouveaux venus obéit au modèle
scolastique (DA RI I) que présente la Logique de Port-Royal :
Les raisonnements
qui
"Tout ce qui sert au salut est avantageux,
Il y a des afflictions qui servent au salut,
Donc il y a des a, fflictions avantageuses."
La règle VIEUX-ROUTIERS est,
en
langage naturel :
"Tous ceux dont la carrière a commencé avant
1876 sont de vieux routiers de la politique,
Il est des députés dont la carrière a commencé
avant
1986,
Donc
ces
hommes
sont
de vieux routiers de la
politique.
Ce qui s’écrit en SNARK :
REGLE : VIEUX-ROUTIERS
SI
DEB-CARRIERE
(X) 1876
ALORS
GROUPE
FR
(X)
~-
VIEUX-ROUTIER
LES RESULTATS
L’appartenance politique de six députés était connue : un démocrate, deux libéraux, trois
conservateurs, dont le parti a été d’emblée qualifié de "certain". Il s’agissait donc de déduire quel
était le parti probable ou possible de soixante-quatre individus. Vingt-sept députés ont été classés
libéraux, neuf conservateurs et neuf démocrates. Dix-neuf restent non classés ; un complément
d’information permettrait de réduire leur nombre. Peut-être aussi certains forment-ils un
"marais" non-partisan, au vote imprévisible et conjoncturel.
En aboutissant à
ces
conclusions, le prototype a simulé l’action d’un historien qui formule
(souvent de façon implicite) une ou plusieurs hypothèses et cherche à les vérifier à partir des
données, souvent lacunaires, dont il dispose. La vérification est généralement impossible et la
11 Les liens retenus sont les suivants : études et
menés ensemble, amitié,
parenté ou clientèle.
origine régionale
communes, revers
partagés,
coups d’Etat
26
véracité du résultat tient donc à une critique serrée des sources, à la rigueur de la démonstration,
et à la vraisemblance des conclusions. Dans le cas présent, nous avons cru possible de juger de
la validité de nos résultats en relevant dans le Redactor de la Convenciôn Nacional quels furent
les votes des uns et des autres dans des circonstances décisives comme la poursuite de la guerre
ou la loi de suppression des dîmesl2. Mais cette vérification s’est révélée moins sûre que nous
l’espérions : le journal des débats ne fournit qu’en une seule occasion la liste nominative des
votants, la concession de territoires des basses terres à une compagnie de colonisation étrangère,
et il s’agit d’un vote dont on perçoit mal la coloration partisane. Il faut cependant noter que la
majorité des opposants à cette décision se retrouvent dans le groupe des non-classés (9
opposants sur 13). Il fallut donc pointer les interventions des uns et des autres. Beaucoup se
sont tus et certains étaient souvent absents (ces derniers non-classés ou probablement
démocrates). Pour le reste, à l’exception de Mamerto Oyola que nous avons considéré libéral et
qui défend des positions conservatrices, rien qui vienne contredire nos conclusions.
CONCLUSIONS
Ce prototype offre les profits déjà connus de toute formalisation des connaissances : s’astreindre
à constituer une base de faits pour un système expert revient à éliminer d’un corpus les données
arbitraires, approximatives ou accessoires. Ecrire une base de règles conduit à rechercher des
règles aussi générales que possible dans l’univers considéré et à éviter les règles "sur mesure"
(autant de cas, autant de règles).
Toutefois, ces avantages précieux ne constituaient pas notre principal objectif qui était d’aller
au-delà des possiblités des systèmes de gestion de bases de données employés par les historiens,
tels que Dbase III, 4ème dimension ou DB2. En appliquant, par des procédures automatiques,
des raisonnements déductifs à une base de fait importante, un système expert épargne au
chercheur une tâche fastidieuse qu’il exécute avec une rigueur sans faille. Il permet également et ce n’est pas son moindre atout - de s’en tenir aux hypothèses proposées et de les tester. Cette
utilisation (il en est d’autres possibles) de l’intelligence artificielle en histoire mène à s’interroger
moins sur ce qu’est le raisonnement historique - le système expert n’est pas un reflet mais un
simulacre - que sur ce qui constitue l’objet auquel le raisonnement s’applique.
Les
sources
utilisées pour constituer la base de faits
sont
les suivantes :
ABECIA, Valentin, Historiograffa boliviana, Juventud, La Paz,1973.
A Bolivia, los
diputados proscritos
en
5 de agosto de 1892,
Antofagasta, 1892, imp.
"El
Imparcial".
ACOSTA, Nicolâs, La Convenciôn de 1800, La Paz,1881.
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independencia,1825-1925, ed. University Society, La Paz, 1925.
ARANZAEZ, Nicanor, Diccionario histôrico del departamento de La Paz, talleres gràficos "La
Prensa", La Paz, 1915.
ASCARRUNZ, Moises, Hombres celebres de Bolivia, imp. Gonzàlez y Medina, La Paz,
1920.
BAPTISTA, Mariano, Monografia electoral, La Paz, s.d., s.i., 1882&#x3E;.
12 Le Redactor de la Convenciôn Nacional est conservé aux archives
pas consulté avant de réaliser ce prototype.
parlementaires, à La Paz.
Nous
ne
l’avons
27
CACERES BILBAO, Pio, El senado nacional 1825-1925, La Paz, 1929.
CONDARCO MORALES, Ramiro, Don Aniceto Arce, La Paz,1986.
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Catàlogo de la bibliografia boliviana,
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IV centenario,1548-1948,
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imp. Lôpez, Buenos Aires,
vol. 4.
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TORRES ROJAS, Carlos, Personajes notables de la historia de Bolivia, talleres Futuro, La
Paz, 1966.
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"Don Bosco", La Paz, 1975.
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VISCARRA MONJE, Humberto, Las calles de La Paz,
ed. UMSA, La Paz, 1965.
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Nationalisme
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nation ? La Bolivie, XIXe -XXe siècles, ed.
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28
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vol. 3, 1966, p. 141-172.
VIALATTE, M., Description du
moteur
et
Sciences
Informatiques,
d’inférences SNARK, thèse, Université de Paris VI,
20 mai 1985.
LAURIERE, J.-L., VIALATTE, M., Manuel d’utilisation de SNARK, avril 1987.
et Sciences humaines, numéro spécial consacré aux systèmes experts, n° 74,
octobre 1987, Institut des Sciences humaines appliquées, Université de Paris-Sorbonne.
Informatique
29
LA BASE DE REGLES
Pour ne pas augmenter la dimension de cet article, nous avons supprimé de ce programme des
règles d’impression qui permettent d’obtenir à l’écran les résultats sous la forme suivante :
Parti présumé des députés d’après leur biographie:
VILLAZON EUODORO né en 1848 âgé de 32 ans
AVOCAT originaire de COCHABAMBA
député de CHAPARE
appartenant au groupe VIEUX-ROUTIER
de tendance GUERRIER
parti PROBABLE LIBERAL
*
1. INITIALISER LA BASE DE FAIT ET RANGER LE CONNU
*
Mise à l’état initial
*
REGLE : PARTI-FINAL-INCONNU
*
Si
l’appartenance politique
est connue
REGLE: PARTI-CONNU-DEMOCRATE
REGLE: PARTI-CONNU-LIBERAL
*
*
30
REGLE: PARTI-CONNU-CONSERVATEUR
*
2.APPLICATION DES REGLES PAR INDIVIDU
*
Tri selon la durée de la carrière
politique
*
*
REGLE: VIEUX-ROUTTERS
*
*
Partisan ou adversaire de, et à
Selon les revers subis...*
REGLE: ADVERSAIRE
*
les liens de clientèle...*
REGLE: PARTISAN-CLIENT
partir
de
quelle
date
*
31
*
les
avantages acquis...*
REGLE : PARTISAN
*
ou
la
participation
à des coups d’Etat
REGLE : GOLPE-GOUVERNEMENT
REGLE: GOLPE-OPPOSANT
*
32
*
*
Réduire le nombre de relations
de partisan...*
*
REGLE : TUER-PARTISAN-DOUBLE
*
et d’adversaire *
REGLE : TUER-ADVERSAIRE-DOUBLE
*
Ne
prendre
en
compte que la dernière fidélité *
REGLE : TUER-PARTISAN
33
*
*
Discriminer civilistes et caudillistes *
les caudillistes qui sont démocrates *
REGLE: POUR-CAUDILLO
*
les
civilistes, libéraux
REGLE: POUR-CIVILISTE
ou
conservateurs
*
34
*
*
Discriminer libéraux et conservateurs *
en fonction de leurs liens avec l’étranger
REGLE : LIEN-UEU-AFFAIRES
*
35
*
selon
qu’ils approuvent
REGLE: LIEN-PEROU
ou
condamnent la
poursuite
de la guerre
*
36
*
les libéraux sont pour la guerre
*
REGLE : GUERRIER-LIBERAL
*
les conservateurs veulent signer la
REGLE : PACIFISTE-CONSERVATEUR
selon leurs valeurs *
* Les libéraux bouffent du curé
REGLE: ANTI-CLERICAL
*
*
paix *
37
*
sont positivistes, darwiniens sociaux *
REGLE: POSITIVISME
*
ou
francs-maçons
*
REGLE: FRANC-MACON
*
partisans
d’un
système fédéral
REGLE: FEDERAL,-PARTI
*
38
*
liés
aux
chefs du
parti
REGLE: CAMACHO-ANCIEN
libéral
*
39
*
Les conservateurs sont calotins
REGLE: CLERICAL
*
40
*
liés à la presse conservatrice
ou
religieuse
REGLE: PRESSE-CONSERVATRICE
*
liés
aux
chefs du
REGLE: ARCE-ANCIEN
parti
conservateur
*
*
41
*
3. APPLICATION DE REGLES A L’ENSEMBLE DE LA BASE DE FAITS
*
Rechercher le parti possible ou probable des non-classés
selon qu’ils sont liés à des députés au parti connu *
*
REGLE : LIEN-PERSONNEL
*
*
42
*
parce qu’ils ont fait leurs études ensemble
REGLE : CO-ETUDE-1
*
sont de la même
REGLE : LIEN-REGION
qu’ils
région
*
*
43
*
qu’ils appartiennent
à la même société *
REGLE : LIEN-SOCIAL
*
qu’ils
ont connu les mêmes aléas
REGLE: LIEN-GOLPE
politiques
*
44
*
Ne
prendre
en
REGLE : LIEN-PARTIT
compte que les liens significatifs
*
45
LA BASE DE FAITS
(extraits)
[Les dictionnaires des établissements scolaires et des lieux n’ont pas été présentés.J
******************************************************************************
**
LES JOURNAUX
**
***********************
**
LES COUPS D’ETAT
,
**
46
**
LES PRESIDENTS
............................
**
_&#x26;
.8
.&#x26;
LES HOMMES
..
_8
..
_&#x26;
**
.&#x26;
_8
_0
POLITIQUES
**
***************************
{Fiche prosopographique de Manuel Maria Abasto: J
47
48
49
jFiche prosopographiqire d’Angel Mariano Zambrana: J
50
51
RESULTATS
fCes rgsultats, obtenus d l’aide de regles d’impression
l’ordre alphabgtique inverse. j
Deputes
dont le
Deputes
dont
parti politique
1’appartenance
est connu d’emblke:
reste inconnue :
Appartenance partisane propos6e par Alcazar:
.
et
de tris,
apparaissent à l’ecran dans
52
Deputes lib6raux :
Députés
conservateurs :
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