T - Le serveur des thèses en ligne de l`INSA de Toulouse

T - Le serveur des thèses en ligne de l`INSA de Toulouse
Année 2006
Thèse
Préparée au
Laboratoire d'Analyse et d'Architecture des Systèmes du CNRS
En vue de l'obtention du titre de
Docteur de l'Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse
Spécialité
Systèmes Automatiques
Par
Héctor Ricardo Hernández De León
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau
potable
Rapporteurs :
M. POLIT
J.M. FUERTES
Directeurs de thèse :
M. V. LE LANN
Examinateurs :
J. AGUILAR-MARTIN
T. KEMPOWSKY
N. RAKOTO
A. TITLI
Invité :
A la mémoire de ma mère
A mon Père
A Becky
et
A Bruno
Remerciements
Les travaux de recherche de cette thèse ont été développés dans le groupe
DIagnostic, Supervision et COnduite qualitatifs (DISCO) du Laboratoire d’Analyses et
d’Architecture des Systèmes de Toulouse (LAAS) du Centre National de la Recherche
Scientifique (CNRS). Je tiens tout d’abord
à remercier Monsieur Malik Ghallab,
Directeur du LAAS, de m’avoir accueilli dans son laboratoire.
Je remercie également Monsieur Joseph Aguilar-Martin et Madame Louise TraveMassuyes, successivement responsables du groupe de recherche DISCO, pour leur
accueil.
J’exprime ma profonde gratitude et toute ma reconnaissance envers ma
directrice de thèse, Madame Marie-Véronique LE LANN, professeur à l’Institut National
de Sciences Appliquées (INSA) de Toulouse, pour sa patience, ses avis, ses
conversations, son soutien et sa confiance, dont j’ai bénéficiés à tous leur égards.
Je tiens à exprimer mes remerciements à Madame Monique Polit, professeur à
l’Université de Perpignan, ainsi qu’à Monsieur Josep Maria Fuertes, professeur à
l’Université Polytechnique de Catalogne, pour avoir accepté d’être rapporteurs de ce
travail et pour avoir fait des commentaires et remarques judicieux pour l’améliorer.
Mes remerciements vont aussi à Madame Tatiana Kempowsky, ATER à l’INSA et
à Monsieur Naly Rakoto, Maître-assistant de l’Ecole des Mines de Nantes, pour avoir
accepté d’être examinateurs de ma thèse et membres du jury.
La réalisation du travail présenté dans ce mémoire a été possible grâce au
support financier du peuple mexicain, dans le cadre du programme DGEST-SFERE et
l’Institut Technologique de Tuxtla.
Ces travaux de recherche ont été réalisés en collaboration avec la station de
production d'eau potable SMAPA de la ville de Tuxtla Gutiérrez, de Chiapas, au Mexique.
Je tiens également à remercier Monsieur Raul Saavedra, responsable de SMAPA et
Messieurs Humberto Torres et Luis Perez, responsables chimiques successifs de SMAPA,
qui ont toujours été prêts à répondre à mes interrogations techniques.
Ce travail n’est pas uniquement le mien, un grand nombre de personnes ont
contribué à son aboutissement. Je tiens à remercier d’une manière très spéciale, tous
ceux qui ont collaboré avec moi. À Tatiana et Antonio, pour leur aide dans l’application
de LAMDA. A Claudia et Eduard pour leur aide dans la théorie et l’application de la
méthode de validation de transitions. A Victor, Aimed, Carmen, Xavier, Rabah, Mehdi,
Fabien, Siegfried et Hervé, pour leur aide morale et technique.
J’adresse mes remerciements à tout le personnel technique et administratif du
LAAS : le secrétariat du groupe, le service informatique, le magasin, le service de
reprographie et le service de documentation. Ils m’ont toujours aidé par leur
disponibilité et leur attention.
Mes remerciements vont aussi à mes amis mexicains en France et mes amis
français.
Para terminar agradezco profundamente a Bruno y Becky por su amor y
cariño, por apoyarme siempre, por creer en mí y permanecer conmigo todo el
tiempo de los estudios. Agradezco especialmente a mi Padre, por su cariño y
por su apoyo en todos los aspectos. También estamos muy agradecidos por
nuestras familias en México y les reiteramos que estaremos con ellos siempre,
en cualquier lugar que nos encontremos.
Table des matières
Introduction générale ...................................................................... 1
1
Processus de production de l’eau potable ............................... 5
1.1
Introduction ................................................................................... 5
1.2
Chaîne élémentaire de production d’eau potable ................................. 6
1.2.1
1.2.2
1.2.3
1.2.4
1.2.5
Prétraitement ................................................................................. 7
Préoxydation .................................................................................. 8
Clarification .................................................................................... 9
Oxydation-Désinfection .................................................................. 10
Affinage ....................................................................................... 11
1.3
Coagulation-Floculation .................................................................. 11
1.3.1
1.3.2
1.3.3
1.3.4
1.3.5
Les particules mis en jeu ................................................................ 12
But de la coagulation-floculation ...................................................... 13
La coagulation .............................................................................. 14
La floculation ................................................................................ 16
La décantation-flottation ................................................................ 18
1.4
La filtration................................................................................... 19
1.5
Désinfection ................................................................................. 20
1.5.1
1.5.2
1.5.3
1.5.4
Le chlore (Chloration) .................................................................... 20
Le dioxyde de chlore ...................................................................... 21
L’ozone ........................................................................................ 22
Le rayonnement UV ....................................................................... 22
1.6
Conclusion ................................................................................... 23
2
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau
potable........................................................................................... 25
2.1
Introduction ................................................................................. 25
ii
Table des matières
2.2
Définitions et concepts généraux ......................................................27
2.3
La supervision des procédés ............................................................29
2.4
Méthodes de diagnostic...................................................................30
2.4.1
2.4.2
Méthodes à base de modèles ...........................................................31
Méthodes à partir de données historiques ..........................................33
2.5
Approche pour le diagnostic à base d’analyse des données...................34
2.5.1
2.5.2
2.5.3
Diagnostic par reconnaissance de formes...........................................35
Modélisation linéaire et sélection des mesures (l’ACP) .........................49
Les réseaux de neurones.................................................................51
2.6
Les automates à états finis ..............................................................59
2.7
Evolution de la fonction maintenance ................................................60
2.7.1
2.7.2
La maintenance corrective...............................................................61
La maintenance préventive..............................................................62
2.8
Conclusion ....................................................................................63
3
Instrumentation et developpement d’un capteur logiciel...... 65
3.1
Introduction ..................................................................................65
3.2
Mesure des paramètres spécifiques à la production d’eau potable.........66
3.3
Automatismes dans une station de production d’eau potable ................67
3.4
Développement du capteur logiciel pour la prédiction de la dose de coagulant
68
3.4.1
3.4.2
3.4.3
Méthode actuellement utilisée sur le procédé de coagulation ................68
Modélisation du procédé de coagulation.............................................69
Application de la méthodologie pour la prédiction de la dose de coagulant70
3.5
Conclusion ....................................................................................79
4
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de
production d’eau potable ............................................................... 81
4.1
Introduction ..................................................................................81
4.2
Description générale de la méthode pour la surveillance de la station SMAPA
82
4.2.1
line)
4.2.2
4.2.3
4.2.4
Prétraitement des données en utilisant ABSALON (ABStraction Analysys ON82
Modèle de comportement du procédé................................................89
Diagnostic en ligne .........................................................................91
Stratégie pour la validation des transitions ........................................92
4.3
Conclusion ....................................................................................99
5
Application de la méthode à la station de production d’eau
potable SMAPA............................................................................. 101
5.1
Introduction ................................................................................ 101
5.2
La station de production d’eau potable SMAPA de Tuxtla .................... 102
Table des matières
iii
5.2.1
5.2.2
5.2.3
Description de la station ............................................................... 102
Aspects fonctionnels de la station .................................................. 103
Description des données de la station............................................. 106
5.3
Stratégie d’analyse du procédé...................................................... 107
5.3.1
5.3.2
Période des pluies ....................................................................... 108
Période d’étiage .......................................................................... 112
5.4
Conclusion ................................................................................. 121
Conclusion et perspectives........................................................... 123
Bibliographie................................................................................ 127
Annexe A. Réglementation sur l’eau potable................................ 135
Annexe B. Exemple d’application de la méthode LAMDA .............. 139
Annexe C. La procédure itérative RMSE/ME ................................. 145
INTRODUCTION GENERALE
L'industrie de l’eau est sous une pression croissante pour produire une eau
potable d'une plus grande qualité au plus faible coût. Ceci représente une économie en
terme de coût mais aussi en terme de respect de l’environnement. L’objectif de ces
travaux est le développement d’un outil de supervision/diagnostic d’une station de
production d’eau potable dans son ensemble.
Avant de s’intéresser à la station dans son ensemble, il est apparu que l’unité de
coagulation-floculation était une étape clé dans la production de l'eau potable. Elle
permet d’éliminer les particules colloïdales qui sont des sources de contamination par la
suite. Sa conduite, dans la plupart des installations reste encore manuelle et requiert
des analyses de laboratoire longues et coûteuses. La dose de coagulant à injecter est la
variable principale utilisée pour conduire une unité de coagulation. Actuellement,
le
dosage est le plus souvent déterminé par une analyse chimique effectuée en laboratoire
appelée « Jar-test ». Cette technique d’analyse nécessite un prélèvement et un temps
d’analyse relativement important et peut donc être difficilement intégrée dans un
système de surveillance et de diagnostic en temps réel de l’unité. Un surdosage de
coagulant amène à des surcoûts accrus de traitement, tandis qu’un sous-dosage
conduit à un non-respect des spécifications en terme de qualité de l’eau produite en
sortie de la station.
2
Introduction générale
Devant le manque de modèle de connaissance simple permettant de décrire le
comportement d’une unité de coagulation, le développement d’un capteur logiciel a
demandé le recours à l’élaboration d’un modèle de comportement du système à partir
des données caractéristiques de l'eau brute telles que la turbidité, le pH, la
température, etc. La première partie de la thèse a donc consisté à développer un
capteur logiciel basé sur un réseau de neurones permettant de prédire en ligne la dose
de coagulant, sur la base des caractéristiques mesurées de l’eau brute.
La deuxième partie de la thèse qui présentera un aspect plus novateur réside
dans l’utilisation de cette information dans une structure de diagnostic de l’ensemble de
la station de traitement. A partir des mesures en ligne classiquement effectuées, un
outil de supervision et de diagnostic de la station de production d’eau potable dans son
ensemble a été développé.
Cet outil est basé sur l’application d’une technique de classification et sur
l’interprétation des informations obtenues sur tout l’ensemble du procédé de production
avec comme finalité l’identification des défaillances du processus surveillé tout en
diminuant le nombre de fausses alarmes des différentes unités de la station de
production d’eau potable. De plus, l’impact sur le rôle de la maintenance de cet outil est
important dans le sens, que plutôt que d’attendre l’apparition d’une défaillance pour
intervenir, il est préférable de suivre en permanence l’état de fonctionnement du
procédé afin de détecter au plus tôt ses dérives. On est ainsi passé d’une maintenance
curative à une maintenance prédictive pour laquelle la caractérisation de l’état de
fonctionnement
du procédé nécessite l’utilisation d’outils de modélisation, de
surveillance et de diagnostic.
L’utilisation de techniques issues du domaine de l’intelligence artificielle apparaît
comme la principale alternative pour aborder les problèmes connus comme difficilement
modélisables par des méthodes analytiques et qui requièrent souvent l’intervention des
experts du domaine ou le traitement d’information de nature qualitative.
Dans ce travail nous proposons l’utilisation de la méthode de classification floue
LAMDA comme outil d’apprentissage automatique pour l’extraction de l’information de
deux sources différentes : la connaissance experte et les enregistrements d’opérations
antérieures.
L’innovation de ce travail réside principalement dans l’intégration de différentes
techniques dans un système global permettant : la reconstruction des données, la
prévision de la dose de coagulant et sa validation, et la structuration de la procédure de
diagnostic de l’ensemble de la station de production d’eau potable prenant en compte le
rôle de la maintenance.
Introduction générale
3
Ces travaux de recherche ont été réalisés en collaboration avec la station de
production d'eau potable SMAPA de la ville de Tuxtla Gutiérrez, de Chiapas, au Mexique.
Le mémoire de thèse est structuré en 5 chapitres suivis d’une conclusion
générale.
Le premier chapitre rappelle les caractéristiques générales d’une usine de
production d’eau potable, la plus complète et la plus courante, tout en détaillant plus
spécifiquement le procédé sur lequel a porté plus spécifiquement notre étude. Dans
cette section, nous parlerons tout spécialement du traitement des eaux de surface.
Cette station comporte des traitements à large spectre d’action tels que prétraitement,
oxydation, clarification, désinfection et affinage.
Le deuxième chapitre présente un schéma général de la supervision des
procédés et des différentes méthodes de diagnostic classées suivant deux catégories :
les méthodes à base de modèles et les méthodes à partir de l’analyse de données
historiques.
Comme notre méthodologie pour la supervision et le diagnostic des
procédés de production d’eau potable est basée sur l’analyse de données historiques et
de manière plus spécifique sur des résultats d’une classification, ce chapitre décrit,
différentes approches pour le diagnostic à base de méthodes de classification. Nous
présentons aussi de manière détaillée la méthodologie LAMDA, laquelle a été choisie
comme technique de classification spécifique. Finalement, nous exposons l’évolution de
la fonction maintenance qui a connu une forte mutation depuis qu’elle est considérée
comme un des facteurs majeurs dans la maîtrise de l’outil de production et qui a
désormais un rôle préventif dans le maintien de l’état de fonctionnement des systèmes
de production.
Nous décrivons dans le chapitre trois, l’instrumentation de la station ainsi que le
prétraitement des données. Nous y présentons le développement d’un « capteur
logiciel » pour la détermination en ligne de la dose optimale de coagulant en fonction de
différentes caractéristiques de la qualité de l’eau brute telles que la turbidité, le pH, la
température, etc. Nous présentons la méthodologie utilisée pour la construction du
capteur logiciel à base de réseaux de neurones. Nous décrivons le modèle proprement
dit ainsi que la méthode utilisée pour l’apprentissage et la sélection de l’architecture
optimale du réseau et
en particulier le recours à l’ACP (analyse en composantes
principales) pour la détermination des entrées de ce capteur. Nous proposons aussi une
méthode, basée sur l’utilisation du ré-échantillonnage par bootstrap, pour la génération
d’une mesure de l’incertitude sur la dose calculée.
Dans le chapitre 4, nous proposons la méthodologie générale pour la surveillance
des procédés de production d’eau potable. Après avoir présenté brièvement un outil
4
Introduction générale
permettant le prétraitement des données par abstraction de signaux, nous abordons les
différentes étapes à suivre pour l’élaboration d’un système de surveillance à partir de
méthodes de classification. Ainsi, la première phase de cette méthode de surveillance
consiste à réaliser un apprentissage pour identifier et caractériser les différents états de
fonctionnement du processus de production d’eau à surveiller. La phase 2, consiste
dans la validation des transitions des différents états du modèle. La troisième phase
consiste à faire une reconnaissance en ligne des situations connues et à suivre une
démarche précise dans le cas de détection de déviations de comportement ou de
nécessité de maintenance.
Nous terminons ce mémoire avec un chapitre 5 dédié à la présentation des
caractéristiques générales de la station SMAPA de production d’eau potable et des
résultats obtenus lors de l’application de la méthodologie proposée dans le chapitre 4, à
partir des descripteurs de l’eau brute. Nous appliquons la stratégie composée des
quatre étapes différentes : le prétraitement des données, l’analyse du modèle
comportemental, l’analyse avec des données en ligne, et la validation des transitions.
1 PROCESSUS DE PRODUCTION DE L’EAU POTABLE
1.1
Introduction
L’eau recouvre 70% de la superficie du globe, mais malheureusement 97 % de
cette eau est salée et non potable et ne convient pas à l’irrigation. L’eau douce, elle,
représente 3% de l’eau totale de notre planète. Dans ce faible pourcentage, les rivières
et les lacs représentent 0,3%, alors que tout le reste est stocké dans les calottes
polaires glacières.
Un des facteurs majeurs qui gouvernent le développement de sociétés humaines
est la préoccupation d’obtenir et de maintenir une provision adéquate d’eau. Le fait de
disposer
d’une
quantité
d’eau
suffisante
a
dominé
les
premières
phases
de
développement. Cependant, les augmentations des populations ont poussé à puiser de
façon intensive dans les sources en surface de bonne qualité mais qui sont en quantité
limitée ou les ont contaminées ou ont laissé perdurer des gaspillages humains qui ont
amené à détériorer la qualité de l’eau. La qualité de l’eau ne pourra plus être oubliée
dans le processus de développement. La conséquence inévitable de l’augmentation de
la population et du développement économique est le besoin de concevoir des
installations de traitement de l’eau pour fournir une eau de qualité acceptable issue de
sources en surface contaminées [MONTGOMERY,1985].
La production d’eau potable peut être définie comme la manipulation d’une
source d’eau pour obtenir une qualité de l’eau qui satisfait à des buts spécifiés ou des
normes érigées par la communauté au travers de ses agences régulatrices.
6
Processus de production de l’eau potable
L’eau
est
le
composé
le
plus
abondant
sur
la
surface
du
globe
[EISEMBERG,1969]. Sans elle, la vie comme nous le savons cesserait d’exister. Pour
l’ingénieur de l’eau, la microbiologie est importante pour ses effets sur la santé
publique, sur la qualité de l’eau (propriétés physiques et chimiques), et sur la bonne
marche de l’unité de traitement. Les micro-organismes flottants peuvent être
responsables de problèmes de santé publique divers qui incluent des maladies
bactériennes telles que le choléra et la gastro-entérite, des infections virales telles que
l’hépatite, la dysenterie amibienne ou la diarrhée qui proviennent de protozoaires, et
des parasites tels que le ténia ou l’ascaride.
La commande et la surveillance des installations de production d'eau potable
deviennent de plus en plus importantes et ce quel que soit l’endroit dans le monde
[LAMRINI et al.,2005]. Cependant, dans le cas des processus complexes, comme celui
de production d’eau potable, il n'est pas toujours possible de dériver un modèle
mathématique ou structurel approprié. Les techniques issues de l’intelligence artificielle
peuvent être utilisées en raison de leur robustesse et de leur capacité à tenir compte de
la nature dynamique et complexe du procédé. Ce type de technique est de plus en plus
accepté dans l’industrie de production d’eau potable en tant qu’outil de modélisation et
de contrôle des procédés.
1.2
Chaîne élémentaire de production d’eau potable
L’industrie de l’eau a une pression croissante pour produire une eau traitée de
plus grande qualité à un coût plus faible. Les eaux à visée de potabilisation pour la
consommation humaine sont de différentes natures. Les eaux souterraines constituent
22 % des réserves d’eau douce soit environ 1000 milliards de m3 [CARDOT,1999]. Elles
sont généralement d’excellente qualité physico-chimique et bactériologique. Néanmoins,
les terrains traversés en influent fortement la minéralisation. Les eaux de surface se
répartissent en eaux courantes ou stockées (stagnantes).
Elles sont généralement
riches en gaz dissous, en matières en suspension et organiques, ainsi qu’en plancton.
Elles sont très sensibles à la pollution minérale et organique de type nitrate et pesticide
d’origine agricole.
Dans cette section, nous parlerons plus spécialement de traitement des eaux de
surface, mais il est certain que certaines eaux souterraines doivent également être
traitées. Suivant les circonstances, ces deux types de traitement sont semblables ou
différents, mais de toute façon ils présentent des points communs.
Le principal objectif d’une station de production d’eau potable est de fournir un
produit qui satisfait à un ensemble de normes de qualité à un prix raisonnable pour le
Processus de production de l’eau potable
7
consommateur. L’annexe A en dresse les différents paramètres. L’efficacité du
traitement adopté dépendra de la façon dont sera conduite l’exploitation de l’usine de
traitement. Pour atteindre l’objectif souhaité, l’exploitant devra d’une part respecter
certains principes élémentaires pour assurer le contrôle du processus de traitement et
le contrôle de l’eau traitée, et d’autre part disposer d’un certain nombre de moyens
techniques et humains [VALENTIN,2000].
Nous allons présenter, dans ce chapitre, les caractéristiques générales d’une
usine de production d’eau potable, la plus complète et la plus courante, tout en
détaillant plus spécifiquement le procédé sur lequel porte notre étude. La figure 1.1
représente une filière typique de potabilisation appliquée à une eau de surface. Elle
comporte des traitements à large spectre d’action tels que prétraitement, oxydation,
clarification, désinfection et affinage. Les étapes de déferrisation, démanganisation,
dénitratation sont les principaux traitements spécifiques de l’eau souterraine.
La station de traitement concernée par cette étude est la station de production
d’eau potable « SMAPA » de la ville de Tuxtla-Gutiérrez au Mexique. Elle fournit de l’eau
à plus de 800 000 habitants et a une capacité nominale de traitement de 1000 l/s à
partir de l’eau brute pompée dans les fleuves « Grijalva et Santo Domingo »
[SMAPA,2005].
Eau
potable
Captage
Stockage
Prétraitement
Dégrillage
Tamisage
Préoxydation
Clarification
OxydationDésinfection
Préchloration Préozonation
Coagulation/
Floculation Filtration
RayonneChlore ment UV Ozone
Affinage
Aération
Figure 1. 1 Station de production d’eau potable
1.2.1 Prétraitement
Une eau, avant d’être traitée, doit être débarrassée de la plus grande quantité
possible d’éléments dont la nature et la dimension constitueraient une gêne pour les
traitements ultérieurs. Pour cela, on effectue des prétraitements de l’eau de surface
[CIDF-LdesEaux,2000]. Dans le cas d’une eau potable, les prétraitements sont
principalement de deux types :
¾
le dégrillage,
¾
le tamisage.
8
Processus de production de l’eau potable
Le dégrillage, premier poste de traitement, permet de protéger les ouvrages
avals de l’arrivée de gros objets susceptibles de provoquer des bouchages dans les
différentes unités de traitement. Ceci permet également de séparer et d’évacuer
facilement les matières volumineuses charriées par l’eau brute, qui pourraient nuire à
l’efficacité des traitements suivants, ou
en compliquer l’exécution. Le dégrillage est
avant tout destiné à l’élimination de gros objets : morceaux de bois, etc. Le tamisage,
quant à lui, permet d’éliminer des objets plus fins que ceux éliminés par le dégrillage. Il
s’agit de feuilles ou de morceaux de plastique par exemple.
1.2.2 Préoxydation
L’oxydation est une opération essentielle à tout traitement des eaux. Elle est
toujours incluse en fin de filière au niveau de la désinfection.
A l’issue du prétraitement, on a une eau relativement propre mais qui contient
encore des particules colloïdales en suspension. Celles-ci n’ont en elles-mêmes rien de
dangereux. Il nous arrive souvent de consommer de l’eau en contenant : le thé, le café,
le vin ou le lait qui sont chargés en matières organiques, mais qui s’oxydent
spontanément en présence d’air. On va les détruire dans la mesure du possible par une
oxydation. Celle-ci peut être faite de trois façons différentes :
¾
ajout de Chlore (préchloration)
¾
ajoute de dioxyde de chlore
¾
ajoute d’ozone (préozonation)
La préchloration est effectuée avant le procédé de clarification. Le chlore est le
plus réactif et le plus économique, mais il a comme inconvénient de former avec
certains micropolluants des composés organochlorés du type chloroforme ou des
composés complexes avec les phénols du type chlorophénol dont le goût et l’odeur sont
désagréables [CIDF-LdesEaux,2000].
On préfère utiliser le dioxyde de chlore qui coûte plus cher mais qui n’a pas les
inconvénients de l’oxydation par le chlore cités ci-dessus. Ce type de traitement est
cependant réservé à des cas spécifiques. En effet, l’utilisation du dioxyde de chlore
présente, lui aussi, des inconvénients non négligeables comme sa décomposition à la
lumière, ce qui entraîne une augmentation du taux de traitement à appliquer en période
d’ensoleillement. En conclusion, le dioxyde de chlore est un oxydant plus puissant que
le chlore qui représente une alternative intéressante à l’utilisation du chlore lorsque
celui-ci entraîne des problèmes de qualité d’eau.
Processus de production de l’eau potable
9
Enfin, depuis quinze à vingt ans, on utilise comme oxydant l’ozone, qui non
seulement a l’avantage de détruire les matières organiques en cassant les chaînes
moléculaires existantes, mais également a une propriété virulicide très intéressante,
propriété que n’a pas le chlore. Généralement utilisée en désinfection finale, cette
technique peut être mise en œuvre en oxydation. Elle peut aussi être employée pour
l’amélioration de la clarification. L’un des avantages d’une préozonation est l’oxydation
des matières organiques, et une élimination plus importante de la couleur. Un autre
avantage est la diminution du taux de traitement (taux de coagulant) dans le procédé
de clarification. En somme, la préozonation est une solution de substitution à la
préchloration. On évite ainsi les problèmes liés aux sous-produits de la chloration.
Néanmoins, ce procédé ne résout pas tous les problèmes car certaines algues résistent
à l’ozone. De plus, son coût reste beaucoup plus élevé que celui au chlore.
1.2.3 Clarification
La clarification est l’ensemble des opérations permettant d’éliminer les matières
en suspension MES (minérales et organiques) d’une eau brute ainsi que des matières
organiques dissoutes [DEGREMONT,2005]. Suivant les concentrations de l’un et de
l’autre des différents polluants, on peut être amené à pratiquer des opérations de plus
en plus complexes qui vont de la simple filtration avec ou sans réactif jusqu’à la
coagulation – floculation – décantation ou flottation – filtration.
La clarification comprend les opérations suivantes :
¾
Coagulation
¾
Floculation
¾
Filtration
La coagulation est l’une des étapes les plus importantes dans le traitement des
eaux de surface. 90% des usines de production d’eau potable sont concernées. La
difficulté principale est de déterminer la quantité optimale de réactif à injecter en
fonction des caractéristiques de l’eau brute.
Un mauvais contrôle de ce procédé peut entraîner une augmentation importante
des coûts de fonctionnement et le non-respect des objectifs de qualité en sortie. Cette
opération a également une grande influence sur les opérations de décantation et de
filtration ultérieures. En revanche, un contrôle efficace peut réduire les coûts de main
d’œuvre et de réactifs et améliorer la conformité de la qualité de l’eau traitée.
En résumé, le contrôle de cette opération est donc essentiel pour trois raisons :
la maîtrise de la qualité de l’eau traitée en sortie (diminution de la turbidité), le contrôle
10
Processus de production de l’eau potable
du coagulant résiduel en sortie (réglementation de plus en plus stricte de la présence de
coagulant résiduel dans l’eau traitée) et la diminution des contraintes et des coûts de
fonctionnement (coûts des réactifs et des interventions humaines).
Dans les sections 1.3 et 1.4, nous nous focaliserons davantage sur l’aspect
physico-chimique de la coagulation-floculation et la filtration, respectivement.
1.2.4 Oxydation-Désinfection
La désinfection est l’étape ultime du traitement de l’eau de consommation avant
distribution. Elle permet d’éliminer tous les micro-organismes pathogènes présents dans
l’eau [DEGREMONT,2005]. Il peut cependant subsister dans l’eau quelques germes
banals, car la désinfection n’est pas une stérilisation.
Le principe de la désinfection est de mettre en contact un désinfectant à une
certaine concentration pendant un certain temps avec une eau supposée contaminée.
Cette définition fait apparaître trois notions importantes : les désinfectants, le temps de
contact et la concentration résiduelle en désinfectant. Une bonne désinfection via les
réactifs oxydants demande la combinaison d’une concentration C avec un temps de
contact T ; c’est le facteur C ⋅ T (mg.min/L). Cette valeur varie avec les microorganismes concernés, le type de désinfectant et la température.
Les quatre principaux désinfectants utilisés en production d’eau potable sont les
suivants :
¾
Le chlore
¾
Le dioxyde de chlore
¾
L’ozone
¾
Le rayonnement UV
La concentration en oxydant est pratiquement le seul paramètre sur lequel
l’opérateur peut intervenir. Il faut retenir que l’efficacité de la désinfection dépend, en
partie, du suivi de la concentration en oxydant. L’évolution de la concentration en
oxydant est liée à la demande en oxydant de l’eau. Cette demande dépend de la qualité
de l’eau, du pH, des températures (différentes entre été et hiver), des matières
organiques, et de la concentration en ammoniaque. Dans la section 1.5, nous nous
focaliserons davantage sur l’aspect physico-chimique de la désinfection, et en
particulière sur la chloration de l’eau.
Processus de production de l’eau potable
11
1.2.5 Affinage
Le traitement final traite de la mise à l’équilibre calco-carbonique. L’eau suit un
cycle
naturel
dans
lequel
les
éléments
chimiques
qu’elle
contient
évoluent
[DEGREMONT,2005]. L’eau de pluie contient naturellement du dioxyde de carbone
(CO2). Quand celle-ci traverse les couches d’humus, riches en acides, elle peut
s’enrichir fortement en CO2. Lors de sa pénétration dans un sol calcaire, c’est-à-dire
+
riche en carbonate de calcium (CaCO3), elle se charge en calcium CaO2 et en ions
−
bicarbonates HCO3 . En fait, le calcium est dissous par l’eau chargée en CO2. On dit
qu’elle est entartrante ou incrustante. En revanche, quand l’eau de pluie traverse une
roche pauvre en calcium (région granitique), elle reste très chargée en CO2 dissous.
Cette eau est, en générale, acide. On dit qu’elle est agressive.
Il y a typiquement deux problèmes distincts : corriger une eau agressive et
corriger une eau incrustante. La correction d’une eau agressive peut s’effectuer de
plusieurs façons. Premièrement, on peut éliminer le CO2 par aération. Du fait de
l’élimination du CO2, le pH augmente et se rapproche du pH d’équilibre. Deuxièmement,
on peut ajouter une base à l’eau. L’ajout de base permet d’augmenter le pH et
d’atteindre le pH d’équilibre. La correction d’une eau incrustante peut se faire soit par
traitement direct soit en réduisant le potentiel d’entartrage par décarbonatation. Le
traitement direct correspond à un ajout d’acide.
1.3
Coagulation-Floculation
Le mot coagulation vient du latin coagulare qui signifie « agglomérer »
[MASSCHELEIN,1999]. La couleur et la turbidité d’une eau de surface sont dues à la
présence de particules de très faible diamètre : les colloïdes. Leur élimination ne peut
se baser sur la simple décantation. En effet, leur vitesse de sédimentation est
extrêmement faible. Le temps nécessaire pour parcourir 1 m en chute libre peut être de
plusieurs années.
La coagulation et la floculation sont les processus qui permettent l’élimination
des colloïdes. La coagulation consiste à les déstabiliser. Il s’agit de neutraliser leurs
charges électrostatiques de répulsion pour permettre leur rencontre. La floculation rend
compte de leur agglomération en agrégats éliminés par décantation et/ou filtration
[CARDOT,1999].
12
Processus de production de l’eau potable
1.3.1 Les particules mis en jeu
Les matières existantes dans l’eau peuvent se présenter sous les trois états
suivants :
¾
état de suspension qui regroupe les plus grosses particules
¾
état colloïdal
¾
état dissous de sels minéraux et de molécules organiques.
Cette classification résulte de la taille des particules. Les colloïdes présentent un
diamètre compris entre 1 μm et 1 nm. Ils possèdent deux autres caractéristiques très
importantes. Leur rapport surface/volume leur confère des propriétés d’adsorption des
ions présents dans l’eau. Ce phénomène
explique en partie l’existence de particules
électriques à leur surface. Ces charges, souvent négatives, engendrent des forces de
répulsion intercolloïdales.
L’origine des colloïdes est très diverse. On peut citer l’érosion des sols, la
dissolution des substances minérales, la décomposition des matières organiques, le
déversement des eaux résiduaires urbaines et industrielles ainsi que les déchets
agricoles.
La figure 1.2 indique le temps de décantation de différentes particules en
fonction de leur dimension.
Matières dissoutes
Matières colloïdales
Argiles
34,83 min 20,9 sec
1 cm
Matières en suspension
<Limons>
<fin
Bactéries Pollen Plancton
Fumées
0,2 sec
1 mn
2 mn
100 μm
200 μm
0,2 sec
10 μm
20 μm
10 nm
1 nm
0,1 nm
Dimension de la particule
241 jours 2,4 jours
1 μm
2 μm
66 a
100 nm
Temps de chute
pour 1 m
Brouillard
x
Brumes
Sables
moyen
x
gros>
Pluies
Figure 1. 2 Temps de décantation des particules
On observe qu’à densité égale, les particules plus petites ont une durée de chute
plus longue. Cela conduit à l’impossibilité pratique d’utiliser la décantation seule pour
éliminer le maximum de particules. Cette remarque est surtout valable pour les
colloïdes, c’est-à-dire les particules dont la taille est comprise entre 10-6 m et 10-9 m.
Processus de production de l’eau potable
13
La chute d’une particule dans l’eau est régie par la loi de Stokes :
V =
g
⋅ (ρ s − ρ l ) ⋅ d 2
18 ⋅ η
(1.1)
avec :
V : vitesse de décantation de la particule,
g : accélération de la pesanteur,
η : viscosité dynamique,
ρs : masse volumique de la particule,
ρ1 : masse volumique du liquide,
d : diamètre de la particule
Il apparaît clairement que plus le diamètre et la masse volumique de la particule
sont grands, plus la vitesse de chute est importante. Le but va être d’augmenter la
taille et la masse volumique des particules pour que le temps de décantation devienne
acceptable.
1.3.2 But de la coagulation-floculation
L’opération de coagulation-floculation a pour but la croissance des particules
(qui sont essentiellement colloïdales) par déstabilisation des particules en suspension
puis formation de flocs par absorption et agrégation [VALIRON,1989]. Les flocs ainsi
formés seront décantés et filtrés par la suite (cf. Figure 1.3).
Coagulation
Particules
colloïdales
Floculation
Coagulant +
Coagulation
Figure 1. 3 Coagulation-Floculation
14
Processus de production de l’eau potable
1.3.3 La coagulation
Les
particules
colloïdales
en
solution
sont
« naturellement »
chargées
négativement. Ainsi, elles tendent à se repousser mutuellement et restent en
suspension. On dit qu’il y a stabilisation des particules dans la solution. La coagulation
consiste dans la déstabilisation des particules en suspension par la neutralisation de
leurs charges négatives. On utilise, pour ce faire, des réactifs chimiques nommés
coagulants. Le procédé nécessite une agitation importante. Les coagulants sont des
produits capables de neutraliser les charges des colloïdes présents dans l’eau. Le choix
du coagulant pour le traitement de l’eau de consommation doit tenir compte de
l’innocuité du produit, de son efficacité et de son coût. Le type de coagulant et la dose
ont une influence sur :
¾
La bonne ou la mauvaise qualité de l’eau clarifiée,
¾
Le bon ou le mauvais fonctionnement de la floculation et de la filtration,
¾
Le coût d’exploitation.
Il existe deux principaux types de coagulant [LIND,1995]:
¾
Les sels de fer (chlorure ferrique) et
¾
Les sels d’aluminium (sulfate d’aluminium)
La mise en solution se déroule en deux étapes. Le cas du sulfate d’aluminium est
très significatif [CARDOT,1999]. Les réactions peuvent être représentées de la façon
suivante :
Al 2 (SO4 )3 ⎯étape
⎯⎯1→ Al x (OH ) y (SO4 ) z ⎯étape
⎯⎯2 → Al (OH )3
(1.2)
L’étape 1 est une phase d’hydrolyse. Des intermédiaires polychargés positifs se
forment. Ces composés assez fugaces présentent un atome d’aluminium dont le nombre
d’oxydation est très grand. Les formes Al IV, V et VII sont rencontrées. Conformément
à la règle de SCHULZE-HARDY, ces intermédiaires polychargés positifs sont très
efficaces pour neutraliser la charge primaire négative des colloïdes. Il s’agit de la
véritable forme coagulante qui déstabilise les particules chargées négativement.
L’étape 1 dépend de la température et nécessite un pH compatible avec
l’existence de ces intermédiaires polychargés. Le temps de formation de ces composés
est de l’ordre de 0,5 s. L’étape 2 permet la formation du précipité Al(OH)3. Elle dépend
de l’agitation du milieu. Ce précipité est l’élément qui assure le pontage et la
coalescence entre les colloïdes déstabilisés : c’est la forme floculante. Tout coagulant
Processus de production de l’eau potable
15
présente successivement les deux formes actives coagulante et floculante. Le maintien
de cette dernière dépend du pH du milieu. Cette notion de pH permet de définir les
zones optimales de coagulation-floculation.
Le choix du coagulant peut varier avec la température et la saison. Le sulfate
d’aluminium, par exemple, est un coagulant utilisé pour une température d’eau
supérieure à 10-12 oC. On peut rappeler également que plus un coagulant a de charges
positives, plus son efficacité est grande. Par la suite, nous allons énumérer l’ensemble
des paramètres influençant le bon fonctionnement du procédé de coagulation
[LIND2,1994 ;LIND3,1994 ;CIDF-LdesEaux,2000].
a) L’influence du paramètre pH
Le pH a une influence primordiale sur la coagulation. Il est d’ailleurs important
de remarquer que l’ajout d’un coagulant modifie souvent le pH de l’eau. Cette variation
est à prendre en compte afin de ne pas sortir de la plage optimale de précipitation du
coagulant. La plage du pH optimal est la plage à l’intérieur de laquelle la coagulation a
lieu suffisamment rapidement. En effet, une coagulation réalisée à un pH non optimal
peut entraîner une augmentation significative du temps de coagulation. En général, le
temps de coagulation est compris entre 15 secondes et 3 minutes. Le pH a également
une influence sur l’élimination des matières organiques.
b) L’influence de la dose de coagulant
La dose de réactif est un paramètre à prendre en compte. Le coagulant qui est
habituellement fortement acide a tendance à abaisser le pH de l’eau. Pour se placer au
pH optimal, il est possible d’ajouter un acide ou une base. Une dose de coagulant
excessive entraîne une augmentation du coût d’exploitation, tandis qu’un dosage
insuffisant conduit à une qualité de l’eau traitée insuffisante. La quantité de réactifs ne
peut pas se déterminer facilement. Des théories ont été élaborées sur les charges
électriques nécessaires pour déstabiliser les colloïdes et on a mesuré un potentiel,
appelé potentiel Zeta, à partir duquel apparaît un floc.
La difficulté principale est de déterminer la quantité optimale de réactif à injecter
en fonction des caractéristiques de l’eau brute. A l’heure actuelle, il n’existe pas de
modèle de connaissance simple qui permet de déterminer le taux de coagulant en
fonction des différentes variables affectant le procédé. La détermination du taux de
coagulant est effectuée par analyse hors ligne au laboratoire tous les jours, à l’aide d’un
essai expérimental appelé « Jar-test » (cf. Figure 1.4). Cet essai consiste à mettre des
doses croissantes de coagulant dans des récipients contenant la même eau brute. Après
quelques instants, on procède sur l’eau décantée à toutes les mesures utiles de qualité
16
Processus de production de l’eau potable
de l’eau. La dose optimale est donc déterminée en fonction de la qualité des différentes
eaux comparées. L’inconvénient de cette méthode est de nécessiter l’intervention d’un
opérateur. On voit ici tout l’intérêt de disposer à l’avenir d’un moyen automatique pour
effecteur cette détermination.
Figure 1. 4 Essai « Jar-Test »
c) L’influence de la température
La température joue un rôle important. En effet, une température basse,
entraînant une augmentation de la viscosité de l’eau, crée une série de difficultés dans
le déroulement du processus : la coagulation et la décantation du floc sont ralenties et
la plage du pH optimal diminue. Pour éviter ces difficultés, une solution consiste à
changer de coagulant en fonction des saisons.
d) L’influence de la turbidité
La turbidité est, elle aussi, un paramètre influant sur le bon fonctionnement du
procédé de coagulation. Dans une certaine plage de turbidité, l’augmentation de la
concentration en particules doit être suivie d’une augmentation de la dose de coagulant.
Quand la turbidité de l’eau est trop faible, on peut augmenter la concentration en
particules par addition d’argiles. Dans le cas de fortes pluies, l’augmentation des MES
favorise une meilleure décantation. Enfin, pour grossir et alourdir le floc, on ajoute un
adjuvant de floculation.
1.3.4 La floculation
Après avoir été déstabilisées par le coagulant, les particules colloïdales
s’agglomèrent lorsqu’elles entrent en contact. C’est la floculation. Le floc ainsi formé,
Processus de production de l’eau potable
17
peut décanter, flotter ou filtrer (coagulation sur filtre), suivant le procédé de rétention
choisi.
L’expression de SMOLUCHOWSKY permet de comprendre ce phénomène
[CARDOT,1999]. La formulation est la suivante :
Ln
(1.3)
N
4
= − αΩGt
N0
π
avec :
N et No : nombre de particules colloïdales libres à l’instant t et to,
α : facteur de fréquence de collision efficace,
Ω : volume de particules par volume de suspension,
G : gradient de vitesse,
t : temps de contact.
Si le paramètre α est égal à 1, un choc interparticulaire donne une
agglomération donc une floculation. L’élément
Ω est constant, sauf intervention
extérieure, car il n’y a ni création ni disparition de matière. Le gradient de vitesse G
n’est qu’une valeur moyenne des vitesses spécifiques des particules dans la solution. La
floculation est de qualité si le rapport Ln( N / N 0 ) est petit. Dans ce cas, N est inférieur à
N0. Il y a donc moins de particules libres au temps t qu’au temps to.
Toute
augmentation des paramètres énoncés entraîne une diminution de ce rapport.
La stratégie pour obtenir une bonne floculation se résume en une augmentation
des facteurs temps de contact t, du volume de particules Ω et du gradient de vitesse G.
La floculation est le phénomène de formation de flocs de taille plus importante
(agglomération des colloïdes déchargés dans un réseau tridimensionnel). On utilise,
pour ce faire, des coagulants ou adjuvants de floculation. Contrairement à l’étape de
coagulation, la floculation nécessite une agitation lente.
Les floculants ou adjuvants de floculation sont, dans leur grande majorité, des
polymères de poids moléculaire très élevé. Ils peuvent être de nature minérale,
organique naturelle ou organique de synthèse. Comme pour la coagulation, il existe un
certain nombre de paramètres à prendre en compte pour le bon fonctionnement de ce
procédé. Le mélange doit être suffisamment lent afin d’assurer le contact entre les flocs
engendrés par la coagulation. En effet, si l’intensité du mélange dépasse une certaine
limite, les flocs risquent de se briser. Il faut également un temps de séjour minimal
pour que la floculation ait lieu. La durée du mélange se situe entre 10 et 60 minutes.
18
Processus de production de l’eau potable
Les temps d’injection du coagulant et du floculant sont en général espacés de 1 à 3
minutes, cette durée étant fonction de la température de l’eau.
Les
boues
formées
pendant
la
coagulation-floculation
aboutissent
après
décantation dans des concentrateurs. Des floculants de masse molaire importante
permettent l’obtention de boue ayant une vitesse d’épaississement plus grande, et donc
un volume de boues final réduit. Les boues purgées de décanteurs sont plus
concentrées dans ce cas, ce qui conduit à une perte d’eau réduite. L’emploi de
floculants de synthèse, combiné à des méthodes modernes de séparation, peut
permettre la production des boues très concentrées, traitables directement par une
unité de déshydratation. Dans les autres cas, on passe d’abord par un épaississement
avant l’unité de déshydratation.
Une fois le floc formé, il faut le séparer de l’eau. C’est ce qu’on appelle la
séparation solide-liquide. Elle peut s’effectuer par différents moyens :
¾
Coagulation sur filtre,
¾
Décantation,
¾
Flottation.
1.3.5 La décantation-flottation
Ces procédés sont des méthodes de séparation des matières en suspension et
des colloïdes rassemblés en floc, après l’étape de coagulation-floculation. Si la densité
de ces flocs est supérieure à celle de l’eau, il y a décantation. L’eau clarifiée située près
de la surface est dirigée vers des filtres à sable. Dans le cas de particules de densité
inférieure à celle de l’eau, le procédé de flottation doit être appliqué.
Dans la décantation, toute particule présente dans l’eau est soumise à deux
forces. La force de pesanteur qui est l’élément moteur permet la chute de cette
particule. Les forces de frottement dues à la traînée du fluide s’opposent à ce
mouvement. La force résultante en est la différence [CARDOT,1999].
La flottation est un procédé de séparation liquide-solide basé sur la formation
d’un ensemble appelé attelage, formé des particules à éliminer, des bulles d’air et des
réactifs, plus léger que l’eau. Cette technique convient principalement pour éliminer les
particules de diamètre compris entre 1 et 400 μm.
La flottation est supérieure à la décantation dans le cas de clarification d’eaux de
surface peu chargées en MES, riches en plancton ou en algues et produisant un floc
léger décantant mal. Elle est préconisée dans le traitement des boues. Ce procédé est
très souple d’emploi. Il permet un épaississement simultané des boues directement
Processus de production de l’eau potable
19
déshydratables. L’efficacité de la flottation et de la décantation peut être évaluée par le
pourcentage de boues retenues, la quantité de matières organiques éliminées et par la
mesure de la turbidité.
1.4
La filtration
La filtration est un procédé destiné à clarifier un liquide qui contient des MES en
le faisant passer à travers un milieu poreux constitué d’un matériau granulaire
[CARDOT,1999]. En effet, il subsiste de très petites particules présentes à l’origine dans
l’eau brute ou issues de la floculation. La rétention de ces particules se déroule à la
surface des grains grâce à des forces physiques. La plus ou moins grande facilité de
fixation dépend étroitement des conditions d’exploitation du filtre et du type de
matériau utilisé. L’espace intergranulaire définit la capacité de rétention du filtre. Au fur
et à mesure du passage de l’eau, cet espace se réduit, le filtre se colmate. Les pertes
de charge augmentent fortement. Il faut alors déclencher le rétrolavage. La filtration
permet une élimination correcte des bactéries, de la couleur et de la turbidité.
Tout filtre est composé de trois parties. On retrouve le fond, le gravier support et
le matériau filtrant. Le premier élément doit être solide pour supporter le poids de l’eau,
du sable et du gravier. Il doit permettre la collecte et l’évacuation de l’eau filtrée, le
plus souvent par des buselures incorporés, et la répartition uniforme de l’eau de lavage.
Le gravier a pour rôle de retenir le sable et d’améliorer la distribution de l’eau de lavage
dans le filtre.
Le lavage des filtres est réalisé en inversant le sens d’écoulement de l’eau. C’est
pourquoi cette opération est souvent appelée : rétrolavage. Le sable est mis en
expansion et les impuretés, moins denses que les grains de sable, sont décollées par les
phénomènes de frottement intergranulaires. La vitesse de l’eau de lavage à contrecourant est limitée du fait des pertes possibles de matériau. On injecte donc de l’air
pour augmenter les turbulences afin de décoller efficacement les particules de flocs
fixées sur les grains.
Durant la filtration, le filtre s’encrasse et, par conséquent, la perte de charge
augmente. Il faut veiller à ne pas dépasser la perte de charge maximale admissible
déterminée lors de sa conception. Pour conserver un encrassement acceptable du filtre,
il faut augmenter la « hauteur de couche » de celui-ci. Le temps pendant lequel on
maintient un filtrant clair (eau filtrée) est proportionnel à cette « hauteur de couche ».
La graphique de la figure 1.5 représente, de manière schématique, l’évolution de
la turbidité de l’eau filtrée en fonction de temps. La première phase est la maturation
du filtre (a), suivie de la période de fonctionnement normal (b). Lorsque la turbidité de
20
Processus de production de l’eau potable
l’eau filtrée augmente, cela correspond à un début de crevaison de la masse filtrante (c)
et l’on atteint alors rapidement la limite de turbidité acceptable (d) à ne pas dépasser.
1.5
Désinfection
La désinfection est un traitement visant à éliminer les micro-organismes
pathogènes, bactéries, virus et parasites ainsi que la majorité des germes banals moins
résistants. C’est le moyen de fournir une eau bactériologiquement potable, tout en y
maintenant un pouvoir désinfectant suffisamment élevé pour éviter les reviviscences
bactériennes dans le réseaux de distribution. L’eau potable, suivant les normes,
contient toujours quelques germes banals, alors qu’une eau stérile n’en contient aucun.
Turbidité
eau filtrée
d
c
a
b
Temps
0
Figure 1. 5 Evolution de la turbidité de l’eau filtrée d’un filtre
La désinfection est une post-oxydation. En eau potable, elle est assurée par des
oxydants chimiques tels que le chlore, le dioxyde de chlore ClO2, l’ozone O3 et dans un
certain nombre de cas, par un procédé chimique comme le rayonnement UV. Le
principe de la désinfection est de mettre en contact
un désinfectant à une certaine
concentration pendant un certain temps avec une eau supposée contaminée. Cette
définition fait apparaître trois notions importantes : les désinfectants; le temps de
contact et la concentration en désinfectant.
1.5.1 Le chlore (Chloration)
On entend par chloration l’emploi du chlore ou des hypochlorites à des fins de
désinfection et d’oxydation. Historiquement c’est l’un des premiers procédés auxquels
on a fait appel, au début du siècle, lorsqu’il devint évident qu’il fallait insérer la
désinfection dans la chaîne des traitements nécessaires à la préparation d’une eau
salubre. La chloration demeure le procédé de désinfection préféré à cause de sa relative
simplicité, de son coût modique et de son efficacité.
Processus de production de l’eau potable
21
Le chlore est un gaz jaune-vert. C’est le plus connu et le plus universel, mais il
nécessite pour des raisons de sécurité, le respect rigoureux de conditions particulières
d’emploi [DEGREMONT,2005]. En dehors de son utilisation en prétraitement, il est
employé en désinfection finale. Son introduction dans l’eau conduit à sa disparition
suivant la réaction :
Cl 2 + 2 H 2 O
⎯
⎯→
←
⎯⎯
(1.4)
HClO + Cl − + H 3 O +
HClO est l’acide hypochloreux. Cet acide est faible et se dissocie suivant
l’équilibre :
(1.5)
⎯
⎯→ −
HClO + H 2 O
OCl + H 3 O +
←
⎯⎯
OCl est l’ion hypochlorite. L’acide hypochloreux a un effet bactéricide plus
important que l’ion hypochlorite. Les deux formes cohabitent en solution suivant les
valeurs du pH de l’eau. Plus le pH est élevé, moins il y a d’acide hypochloreux pour une
dose donnée de chlore.
Pour la distribution et le dosage du chlore, il faut se reporter à la législation en
vigueur. A partir des récipients de stockage, la distribution de chlore vers l’organe de
dosage (chloromètre) peut être réalisée :
- Soit sous forme gazeuse, pour les faibles débits ;
- Soit sous forme liquide pour les débits importants.
A la sortie du chloromètre, le chlore est véhiculé gazeux sous dépression jusqu’à
l’hydroéjecteur où il est dissout dans l’eau motrice.
1.5.2 Le dioxyde de chlore
Le dioxyde de chlore est un gaz orange de formule ClO2 deux fois et demie plus
dense que l’air. Il est toxique et devient explosif si sa concentration dépasse les 10%. Il
est très soluble dans l’eau. La réaction de sa mise en solution dans l’eau s’écrit :
2ClO2 + H 2 O
(1.6)
⎯
⎯→
HClO2 + HClO3
←
⎯⎯
−
En milieu basique, ClO2 se dismute en donnant un chlorite ClO2
−
chlorate ClO3 :
et un
22
Processus de production de l’eau potable
⎯
⎯→
2ClO2 + 2OH
ClO2− + ClO3− + H 2 O
←
⎯⎯
−
(1.7)
Ces composés sont problématiques. Ils ont été reconnus comme potentiellement
cancérigènes. Ils peuvent apparaître lors de la préparation du dioxyde de chlore en cas
de mauvais dosage, mais également lors de l’utilisation de l’oxydant pour la
désinfection par réaction sur les matières organiques.
1.5.3 L’ozone
L’ozone a été découvert en 1840 [CARDOT,1999]. L’ozone est un gaz
extrêmement instable et un oxydant très puissant. Il est fabriqué sur place à partir
d’oxygène au travers d’un champ électrique créé par une différence de potentiel entre
deux électrodes de 10 à 20 kV.
La synthèse de l’ozone se fait selon la réaction :
3O2
⎯
⎯→
2O
←
⎯⎯ 3
(1.8)
L’oxygène provient soit d’air sec, soit d’oxygène pur du commerce. L’ozone est
l’oxydant le plus efficace sur le virus, le fer et le manganèse. Il ne donne pas de goût à
l’eau, contrairement au chlore, et oxyde fortement les matières organiques. Pour
obtenir un effet désinfectant, le temps de contact doit être suffisamment long, d’où la
nécessité d’ouvrages adaptés (tour d’ozonation).
1.5.4 Le rayonnement UV
La découverte des effets bactéricides des radiations solaires date de 1878
[CARDOT,1999]. La production d’UV est réalisée par des lampes contenant un gaz
inerte et des vapeurs de mercure. Le passage d’un courant électrique provoque
l’excitation des atomes de mercure qui émettent en retour des rayons de longueur
d’onde comprise entre 240 et 270 nm.
L’irradiation par une dose suffisante de rayonnement UV permet la destruction
des bactéries, virus, germes, levures, champignons, algues, etc. Les rayonnements UV
ont la propriété d’agir directement sur les chaînes d’ADN des cellules et d’interrompe le
processus de vie et de reproduction des micro-organismes. Comme pour l’ozone, elle
n’est pas caractérisée par un effet rémanent.
Processus de production de l’eau potable
1.6
23
Conclusion
Ce premier chapitre a servi d’introduction au domaine lié à notre étude. Nous
avons décrit les différentes étapes d’une chaîne de traitement d’eau potable en nous
basant sur la chaîne la plus complète possible et la plus courante. Nous avons détaillé,
plus particulièrement, les procédés de coagulation et de filtration, sur lesquels porte
spécifiquement
notre
étude.
Nous
avons
décrit
les
différents
paramètres
physicochimiques influençant le bon fonctionnement du procédé de coagulation.
Le chapitre suivant est consacré aux aspects fondamentaux de la supervision,
des méthodes de diagnostic et l’évolution de la fonction maintenance d’une station de
production d’eau potable. Nous verrons en détail les différentes techniques existant
pour le contrôle automatique des différents procédés.
2 SUPERVISION ET DIAGNOSTIC DES PROCEDES DE
PRODUCTION D’EAU POTABLE
2.1
Introduction
En raison de la complexité des phénomènes biologiques, physiques et chimiques
mis en jeu dans les procédés impliqués dans les unités de production de l’eau potable, il
est souvent très difficile de quantifier les interactions et les relations qui existent entre
les entrées et les sorties des procédés. Les modèles des procédés, lorsqu’ils existent,
sont souvent spécifiques à un site et sont incapables de traiter simultanément des
variations continues sur plus d’une ou deux variables clés du procédé. Différents
travaux de recherche ont été réalisés, la plupart concerne des études d’optimisation, de
commande et d’estimation des paramètres [VILLA et al., 2003 ; DEMOTIER et al.,
2003]. Ils sont basés, explicitement ou implicitement sur un modèle mathématique qui
est exprimé généralement sous la forme d’équations différentielles ou aux différences.
De tels travaux montrent alors l’intérêt et les avantages de l’utilisation d’algorithmes
d’estimation et de commande basés sur des modèles analytiques.
Les procédés de production d’eau potable ont un fonctionnement complexe qui
ne peut pas être mesuré, modélisé et interprété que d’une façon partielle à cause du
fait de la complexité des phénomènes mis en jeu mais aussi par leur nature nonstationnaire et aléatoire : ils peuvent donc avoir des fonctionnements différents d’une
26
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
expérience à l’autre, pour les mêmes conditions expérimentales. L’utilisation de
techniques issues du domaine de l’intelligence artificielle apparaît, comme la principale
alternative pour aborder ces problèmes lorsqu’il est nécessaire de prendre en compte
l’intervention des experts du domaine ou de traiter de l’information de nature
qualitative. A ce titre, un certain nombre de travaux sur la méthodologie de
modélisation par réseaux de neurones artificiels des procédés impliqués dans la
production de l’eau potable ont été effectués [FLETCHER et al., 2001 ; BAXTER et al.,
2002 ; PEIJIN et COX,2004]. Des études récentes ont été réalisées [LAMRINI et al.,
2005] sur la supervision des procédés impliqués dans la production de l’eau potable en
utilisant une méthode de classification floue, méthode que nous présenterons
ultérieurement.
Généralement, un niveau supérieur comme la supervision, est superposé à la
boucle de commande afin d’assurer des conditions d’opération pour lesquelles les
algorithmes d’estimation et commande sont efficaces. Parmi les tâches spécifiques de la
supervision se trouvent la détection des défaillances, le diagnostic, le changement des
consignes et la reconfiguration de la loi de commande. Ces tâches sont réalisées
typiquement par des opérateurs humains qui prennent des décisions après avoir évalué
la situation du procédé à partir des variables observées, en utilisant leur connaissance
d’expert, leur habilité naturelle pour résoudre des situations complexes et probablement
aussi quelques règles heuristiques.
Quelle que soit la branche de l’industrie concernée, les procédés industriels sont
de nos jours couplés à un ou plusieurs calculateurs numériques qui ne se contentent
pas de faire l’acquisition des données mais qui sont chargés de la mise en œuvre de
l’automatisation. Diverses architectures sont possibles, la plus classique consiste en une
hiérarchie entre des boucles de régulation locales et une supervision globale qui fixe les
consignes des boucles locales. Automatiser peut avoir des objectifs diverses, les plus
fréquent sont d’augmenter les performances du système de production, de garantir la
qualité du produit, de diminuer les coûts de production et d’améliorer la sécurité de
l’installation industrielle et de son environnement [BOILLEREAUX et FLAUS,2003].
Le diagnostic de systèmes technologiques a suscité et continue de susciter un
grand intérêt de la part du monde industriel : savoir détecter un mode de
fonctionnement anormal suffisamment tôt peut permettre de produire une commande
susceptible de revenir à un mode de fonctionnement plus adapté à la mission pour
laquelle ce système a été conçu. Le diagnostic automatique est donc maintenant un
élément essentiel d’un système de production ou d’un système conçu pour être utilisé
par un tiers [DUBUISSON,2001].
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
27
Dans la première partie de ce chapitre, nous introduisons quelques définitions
utiles dans le domaine de la supervision et du diagnostic, puis nous donnons quelques
aspects fondamentaux de la supervision de procédés et des méthodes de diagnostic.
Ensuite, nous présentons une approche pour la surveillance à base de méthodes de
classification. Finalement, nous décrivons l’évolution de la fonction maintenance qui a
connu une forte mutation depuis qu’elle est considérée comme un des facteurs majeurs
dans la maîtrise de l’outil de production et qui a désormais un rôle préventif dans le
maintien de l’état de fonctionnement des systèmes de production.
2.2
Définitions et concepts généraux
La difficulté majeure rencontrée lors de la description des concepts et de la
terminologie utilisée dans le monde des systèmes industriels provient du fait que l’on
peut aborder le diagnostic de différentes manières selon l’origine et la formation des
intervenants.
De
plus,
les
différences
sont
très
subtiles
et
subjectives
[ZWINGELSTEIN,1995].
¾ Fonctionnement normal d’un système. Un système est dit dans un état de
fonctionnement normal lorsque les variables le caractérisant (variables d’état,
variables de sortie, variables d’entrée, paramètres du système) demeurent au
voisinage de leurs valeurs nominales. Le système est dit défaillant dans le cas
contraire.
¾ Une défaillance est la cause d’une anomalie.
¾ Une dégradation d’un procédé caractérise le processus qui amène à un état
défaillant du procédé.
¾ Un défaut se définit comme une anomalie du comportement d’un système sans
forcément remettre en cause sa fonction.
¾ Une panne caractérise l’inaptitude d’un dispositif à accomplir une fonction
requise. Un système est toutefois généralement considéré en panne dès
l’apparition d’une défaillance.
¾ Un symptôme est l’événement ou l’ensemble de données au travers duquel le
système de détection identifie le passage du procédé dans un fonctionnement
anormal. C’est le seul élément dont a connaissance le système de surveillance
au moment de la détection d’une anomalie.
La distinction entre ces définitions est établie en considérant les aspects
comportementaux et fonctionnels [PLOIX,1998]. Ainsi, un défaut (comportement)
28
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
n’entraîne pas forcément une défaillance (fonctionnelle), c’est-à-dire une impossibilité
pour le procédé d’accomplir sa tâche. Le défaut n’induit pas nécessairement une
défaillance mais il en est la cause, et c’est donc bien la caractérisation de ces défauts
qui nous intéresse ici afin de prévenir toute défaillance. Ainsi, une panne résulte
toujours d’une ou de plusieurs défaillances qui elles-mêmes résultent d’un ou de
plusieurs défauts. Enfin, on utilise aussi le terme plus générique d’anomalie pour
évoquer
une
particularité
non-conforme
à
une
référence
comportementale
ou
fonctionnelle. Les défauts, défaillances et pannes sont des anomalies.
On conçoit aisément les progrès apportés à l’industrie par des méthodes
automatiques de surveillance, de diagnostic et de supervision. Il est clair aussi que pour
s’attaquer à ce problème, il faut des connaissances approfondies sur l’installation :
connaissances de son comportement normal, mais aussi de son comportement anormal.
Souvent, un défaut est modélisé avec les mêmes outils que ceux utilisés pour présenter
le procédé en état normal. Il est bien clair aussi que si l’on a une bonne connaissance
des anomalies possibles, il faut l’utiliser pour améliorer la surveillance et le diagnostic.
Les outils classiques de supervision doivent être complétés par des outils de
surveillance, de diagnostic et d’aide à la décision qui s’intègrent à la supervision
[TRAVE-MASSUYES et al.,1997](figure 2.1). La supervision consiste à gérer et à
surveiller l’exécution d’une opération ou d’un travail accompli par l’homme ou une
machine, puis à proposer des actions correctives si besoin est. La surveillance est une
opération de recueil en continu des signaux et commandes d’un procédé afin de
reconstituer l’état de fonctionnement réel. Ainsi, la surveillance utilise les données
provenant du système pour représenter l’état de fonctionnement puis en détecter les
évolutions. Le diagnostic identifie la cause de ces évolutions, puis le module d’aide à la
décision propose des actions correctives.
Surveillance
Diagnostic
Aide à la décision
Supervision
Figure 2. 1 Introduction d’outils de surveillance, de diagnostic et d’aide à la décision au niveau
de la supervision
L’impératif de sûreté de fonctionnement, lié aux enjeux économiques en cas
d’incidents ou de pannes, impose une maîtrise importante de ces techniques de
surveillance et de diagnostic. En effet, en raison de la complexité des systèmes
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
29
industriels, du principe de disponibilité maximale et de compétitivité des entreprises, la
surveillance, le diagnostic et l’aide à la décision sont devenus des techniques très
importantes et s’insèrent dans toute la chaîne de production d’un produit, de la
conception à la maintenance.
2.3
La supervision des procédés
La supervision continue des procédés industriels est nécessaire pour assurer des
conditions d’opération pour lesquelles les algorithmes de commande sont efficaces.
Lorsque
la fonction de surveillance est réalisée par un opérateur humain,
viennent s’ajouter au problème du choix des méthodes et architecture de cette fonction,
des concepts liés à l’ergonomie des systèmes développés [MILLOT,1988]. Il est apparu
entre autre, que les défauts les plus difficiles à détecter sont les défauts qui s’installent
lentement, sous forme de dérive, car on peut mettre un certain temps à voir leurs effets
apparaître clairement.
Les alarmes sont des symptômes de comportement anormal souvent utilisées
pour faciliter la surveillance et la supervision. Dans un système traditionnel, il s’agit de
surveiller simplement que les variables restent à l’intérieur d’un domaine de valeurs
caractéristiques du fonctionnement normal.
Les méthodes avancées de surveillance et de diagnostic de défauts sont
nécessaires, pour répondre aux exigences comme l’anticipation de la détection de
défauts
avec
variations
brutales
du
comportement,
le
diagnostic
de
fautes
d’actionneurs, de comportement du procédé et du capteur, la détection de défauts dans
les boucles fermées et la supervision de procédés lors d’états transitoires. L’objectif de
l’anticipation de la détection de défauts et du diagnostic est d'avoir assez de temps pour
traiter des actions, comme la reconfiguration du processus ou la maintenance.
Plusieurs schémas généraux de supervision appliqués à différents domaines ont
été proposés [AGUILAR-MARTIN, 1996 ; DOJAT et al., 1998]. Toutefois, d’un point de
vue général, les architectures présentées sont similaires et, globalement, peuvent être
décrites par le schéma présenté sur la figure 2.2. Ce schéma inclut les fonctions
principales suivantes : la détection des défaillances, le diagnostic, la reconfiguration du
processus et la maintenance [ISERMAN,1997 ; COLOMER et al.,2000].
Faults
Change
detection
Symptoms
Diagnostic
Signal
processing
Features
Protection
Stop
operation
Alarm
Signal
evaluation
Reconfiguration
Hazard-classes
Fault
diagnosis
Protection
Fault
evaluation
Decision
Reconfiguration
Change
operation
Control +
Process
Reconfiguration
Control
Supervisory
Détection des défaillances
Supervision with
fault diagnosis
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
Monitoring
30
Process
Maintenance
corrective
Maintenance
Measurements
Maintenance
preventive
Figure 2. 2 Schéma général de la supervision
2.4
Méthodes de diagnostic
Les nouvelles technologies ont grandement augmenté la complexité des
systèmes conçus par l’homme. De nos jours des systèmes technologiques complexes
sont embarqués, c’est-à-dire qu’ils contiennent des éléments matériels et logiciels
fortement couplés. Le maintien de la sécurité, et d’un fonctionnement ininterrompu de
ces systèmes est devenu un enjeu important. Le but du diagnostic est d’identifier les
premières causes (fautes) d’un ensemble de symptômes observés (déviations par
rapport à un fonctionnement normal) qui indiquent une dégradation ou une panne de
certains composants du système conduisant à un comportement anormal du système.
Une revue de ces différentes méthodes est donnée dans [DASH, 2000]. Un certain
nombre de méthodes existent, parmi lesquelles il est parfois difficile de déterminer
laquelle faut-il mieux utiliser [BISWAS, 2004]. Les méthodes de diagnostic diffèrent non
seulement par la façon avec laquelle la connaissance sur le processus est utilisée mais
aussi sur la nature de la connaissance requise. Une classification des ces méthodes
reposant sur la nature
de la connaissance requise est donnée sur la Figure 2.3. De
manière générale, les méthodes sont séparées en deux catégories suivant qu’elles
nécessitent explicitement un modèle du procédé ou qu’elles sont basées sur la
possession d’historiques de fonctionnement du procédé. La première catégorie repose
sur une connaissance en profondeur du système incluant les relations causales entre les
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
31
différents éléments tandis que la deuxième sur de la connaissance glanée à partir
d’expériences passées (on parlera aussi de connaissance superficielle, apparente basée
sur l’histoire du processus). Une comparaison détaillée des différentes méthodes peut
être
trouvée
dans
[HIMMELBLAU,
1978;
MYLARASWAMY,
1996;
VENKATASUBRAMANIAN et al.,1995; KEMPOWSKY,2004a]. Nous ne décrivons cidessous que les principales caractéristiques de ces deux familles : les méthodes à base
de modèles et celles à base d’historiques du procédé.
Méthodes de diagnostic
Méthodes à base de
modèles
Modèles causaux
qualitatifs
• Arbres de
défaillances
• AMDEC
• Digraphs
Méthodes à partir des
données historiques
Méthodes
quantitatives
• Méthodes des
résidus
• Méthodes de test
d’hypothèses
Méthodes
qualitatives
• Systèmes
experts
• (Quality Trend
Analysis QTA)
Méthodes
quantitatives
• Analyse en composantes
principales (ACP)
• Réseaux de neurones
• Méthodes de
reconnaissance de formes
Figure 2. 3 Classification des méthodes de diagnostic [DASH, 2000]
2.4.1 Méthodes à base de modèles
La source de la connaissance dans le cas de ces méthodes est la compréhension
approfondie du procédé grâce à l’utilisation des principes fondamentaux de la physique.
Ceci se traduit par un ensemble de relations
qui décrivent les interactions entre les
différentes variables du processus. Ces ensembles de relations peuvent être encore
divisés en modèles causaux qualitatifs et en modèles quantitatifs ou méthodes
quantitatives.
2.4.1.1
Modèles causaux qualitatifs
La stratégie employée ici est l’établissement de relation de cause à effet pour
décrire le fonctionnement du système. Parmi les méthodes les plus populaires, citons
les arbres de fautes et les digraphes. Les arbres de faute [LAPP and POWERS, 1977]
utilisent le chaînage arrière ou simulation arrière jusqu’à trouver un événement
primaire qui serait une des possibles causes de la déviation de comportement du
procédé
observée.
Les
digraphes
signés
sont
une
autre
représentation
d’une
information causale [IRI et al.,1979] dans laquelle les variables du processus sont
représentées par des nœuds de graphes et les relations causales par des arcs.
32
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
Une limitation importante de ces méthodes réside dans la génération d’un grand
nombre d’hypothèses pouvant conduire à une résolution erronée du problème ou à une
solution très incertaine. Ceci est dû en partie aux ambiguïtés de nature qualitative qui
y sont manipulées.
2.4.1.2
Les méthodes quantitatives
Elles reposent sur les relations mathématiques qui existent entre les variables.
Un modèle essaie d’exprimer ces relations sous une forme compacte. Les modèles sont
développés en utilisant les lois fondamentales de la physique (bilan de masse,
d’énergie, de quantité de mouvement, …) ou des relations de type entrée-sortie. Ils
peuvent être dynamiques, statiques, linéaires ou non-linéaires. En général, ces
méthodes utilisent la structure générique suivante :
dx
= Ax + Bu + Ed + Ef
dt
(2.1)
y = Cx + Du
avec :
les états (x), les entrées (u), les sorties (y), les perturbations (d) et les fautes (f).
Les méthodes quantitatives les plus connues sont les méthodes dites des résidus
et de tests d’hypothèses. Les premières incluent généralement deux grandes étapes :
la génération de résidus et le processus permettant d’identifier la cause. Lorsque qu’il y
a faute, les équations de redondance ne sont plus vérifiées et un résidu r≠0 se produit.
De manière simplifiée, r représente la différence entre différentes fonctions des sorties
et les valeurs de ces fonctions sous des conditions normales (en absence de faute). La
procédure pour générer les résidus peut aller de la redondance matérielle à l’utilisation
de méthodes complexes d’estimation des états et des paramètres du modèle. Les
méthodes d’estimation d’état nécessitant la reconstruction des sorties (y) du système,
grâce par exemple à un filtre de Kalman, couvrent à la fois les approches de type
espace–parité et
les observateurs. Les méthodes d’estimation de paramètres font
l’hypothèse que les fautes survenant dans un système dynamique se manifestent par
un changement des paramètres de ce système.
La seconde étape est le processus de décision : les résidus générés sont
examinés en tant que signatures de faute. Les fonctions de décision sont des fonctions
de ces résidus auxquelles ont été adjointes des règles de décision logiques.
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
33
Les méthodes dites de tests d’hypothèses attribuent les résidus à une violation
de certaines hypothèses liées au comportement normal du système. C’est le principe
de “Diagnostic model processor (DMP) » [PETTI et al., 1990].
2.4.2 Méthodes à partir de données historiques
Par rapport aux méthodes à base de modèles où la connaissance a priori
(quantitative ou qualitative) sur le processus est requise, dans les méthodes à partir de
données historiques, une large quantité de données enregistrées sur le fonctionnement
du système (normal et au cours de défaillances) est nécessaire. L’extraction de
l’information peut être de nature quantitative ou qualitative. Deux des plus importantes
méthodes d’extraction qualitative d’information d’historique sont les systèmes experts
[ZWINGELSTEIN, 1995] et les méthodes de modélisation de tendance [VEDAM et al.,
1995]. Les méthodes d’extraction d’information quantitative peuvent être amplement
classées en non statistiques et statistiques. Les réseaux de neurones représentent une
classe
importante
des
VENKATASUBRAMANIAN,
classificateurs
1994 ;
non
LEONARD
et
statistiques
KRAMER,1990].
[KAVURI
et
L’analyse
en
composantes principales (ACP) et les méthodes de classification ou de reconnaissance
de formes constituent une composante majeure des méthodes d’extraction des
caractéristiques statistiques [NONG et McAVOY, 1996].
2.4.2.1
Méthodes qualitatives
Les applications à l’aide de systèmes experts réalisées avec le plus de succès
ont été
celles basées sur des systèmes basées sur de règles pour la sélection
structurée ou la perspective de classification heuristique du diagnostic. Un système
expert est un système informatique destiné à résoudre un problème précis à partir
d’une analyse et d’une représentation des connaissances et du raisonnement d’un (ou
plusieurs)
spécialiste(s)
de
ce
problème.
Ils
sont
composés
de
deux
parties
indépendantes : (a) une base de connaissances (base de règles) qui modélise la
connaissance du domaine considéré et d’une base de faits qui contient les informations
concernant le cas traité, et (b) un moteur d’inférences capable de raisonner à partir des
informations contenues dans la base de connaissances. Au fur et à mesure que les
règles sont appliquées des nouveaux faits se déduisent et se rajoutent à la base de
faits. Les principaux avantages des systèmes experts pour le diagnostic sont leur
capacité à donner des réponses en présence d’incertitude et leur capacité à apporter
des explications aux solutions fournies. Leur difficulté spécifique est la capture de la
connaissance (faits et règles) c’est-à-dire la définition et la description du raisonnement
associé à partir d’une situation donnée.
34
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
L’analyse de tendance qualitative (QTA) utilise l’information de type
tendance présente dans les mesures issues des capteurs. Il y a deux étapes de base,
l’identification de tendances dans les mesures, et l’interprétation de ces tendances en
terme de scénarios de fautes. Le processus d’identification doit être robuste par rapport
aux variations momentanées du signal (dues au bruit) et capturer seulement les
variations importantes. Le filtrage peut altérer le caractère qualitatif essentiel contenu
dans le signal. On peut par exemple utiliser un système à base de fenêtrage pour
identifier des tendances à des niveaux divers (c’est-à-dire à des niveaux de détail
différents) et cette représentation peut alors être utilisée pour le diagnostic et la
commande supervisée. Ces tendances dans le processus peuvent être transformées en
fautes pour ainsi construire la base de connaissance utilisée pour le diagnostic.
2.4.2.2
Méthodes quantitatives
Quand la connaissance sur le procédé à surveiller n’est pas suffisante et que le
développement d’un modèle de connaissance du procédé est impossible, l’utilisation de
modèles dits « boîte noire » peut être envisagée. C’est le cas de l’utilisation de
Réseaux de Neurones Artificiels (RNA) dont l’application dans les domaines de la
modélisation, de la commande et du diagnostic a largement été reportée dans la
littérature. Un réseau de neurones réalise une fonction non linéaire de ses entrées par
composition des fonctions réalisées par chacun de ses neurones. Nous reviendrons plus
en détails sur la description des RNAs utilisés comme méthode de classification pour le
diagnostic. (§ 2.5.3).
Les techniques statistiques multi-variables comme l’analyse en composantes
principales (ACP) ont été utilisées avec succès dans le domaine du diagnostic. C’est
un outil capable de compresser des données et qui permet de réduire leur
dimensionnalité de sorte que l’information essentielle soit conservée et plus facile à
analyser que dans l’ensemble original des données. Le but principal de l’ACP est de
trouver un ensemble de facteurs (composantes) qui ait une dimension inférieure à celle
de l’ensemble original de données et qui puisse décrire correctement les tendances
principales. Une limitation importante de la surveillance basée sur l’ACP est que la
représentation obtenue est invariante dans le temps, alors qu’elle aurait besoin d’être
mise à jour périodiquement. Nous retournerons plus en détails sur la description des
ACPs (§ 2.5.2).
2.5
Approche pour le diagnostic à base d’analyse des données
Effectuer le diagnostic d’un système, c’est identifier le mode de fonctionnement
dans lequel il se trouve. L’objectif de notre travail est de développer une approche qui
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
35
permettre de construire un modèle de comportement du processus de la station SMAPA
de production d’eau potable. Ce modèle doit permettre d’identifier des situations
anormales issues des dysfonctionnements et les défaillances du processus surveillé,
pour aider l’opérateur humain dans sa prise de décisions. L’opérateur doit aussi pouvoir
avec ce modèle, détecter les besoins de maintenance des différentes parties de la
station.
Un type de connaissance exploitable à des fins de diagnostic est constitué par
l’ensemble des historiques de fonctionnement de la station. Si cet ensemble
d’historiques recouvre des modes de fonctionnement en présence de défaillances
connues et répertoriées, notamment grâce aux actions de maintenance, il peut être un
moyen pour obtenir une représentation de la relation inconnue symptômes/défaillance.
Les propriétés d’approximation des réseaux de neurones ou des systèmes d’inférences
floues peuvent alors être mises à profit pour obtenir une telle représentation. Le
problème à résoudre, alors consiste à évaluer la ressemblance du vecteur des
symptômes observés, à un vecteur des symptômes de référence que l’on sait associer
au défaut. En fait, quelle que soit la méthode utilisée, le diagnostic s’apparente
implicitement ou explicitement à un problème de reconnaissance de formes, dans le but
d’associer un ensemble de symptômes observés au défaut qui en est la cause.
2.5.1 Diagnostic par reconnaissance de formes
La reconnaissance des formes regroupe l’ensemble des méthodes permettant la
classification automatique d’objets, suivant sa ressemblance par rapport à un objet de
référence. Une forme est définie à l’aide de n paramètres, appelés individus, qui sont
les composantes d’un vecteur forme Xi = [x1,x2,…,xn]T. Une forme peut donc être
représentée par un point d’un espace à n dimensions. Dans la suite, C1, C2, … ,Ck seront
les k différentes classes, ou formes types, d’un problème de reconnaissance de formes.
L’objectif est alors, étant donnée une forme X, de décider si elle doit être affectée à la
classe C1, ou C2, … , ou Ck. Chaque classe occupe une zone géométrique de l’espace à n
dimensions, le problème consiste alors, connaissant les différentes classes, à définir les
frontières les séparant. La résolution d’un problème de reconnaissance de formes se
ramène finalement à la détermination des frontières entre classes. Comme montre la
figure 2.4, la connaissance des frontières entre classes permet l’affectation d’une
nouvelle observation à l’une d’entre elles, c’est l’opération de classification.
La résolution d’un problème de reconnaissance de formes nécessite : (a) la
définition précise des k classes entre lesquelles va s’opérer la décision, (b) Le choix d’un
jeu de caractères pertinents pour la discrimination des vecteurs des formes et (c)
36
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
l’élaboration d’un classificateur permettant l’affectation d’une forme observée à l’une
des classes.
x3
Frontières entre
classes
22
2
2
11
1
1
1
1
Classe: C5
5 5
5 5
55
2
44
4
4
4
x2
Forme observée
33
3 3
3 3
x1
Figure 2. 4 La forme observée X est ici associée à la classe C5.
La démarche exposée précédemment, peut être appliquée avec profit au
diagnostic d’une installation industrielle. Dan ce cas, les n paramètres du vecteur forme
résultent de mesures réalisées sur le système à surveiller et des observations réalisées
par les opérateurs en charge de l’installation. Une bonne connaissance de l’installation
permettra de choisir les paramètres le plus adaptés. Ces paramètres, une fois choisis,
sont mesurés en permanence sur l’installation à surveiller. Par suite des bruits de
mesure et des diverses perturbations auxquelles le système est inévitablement soumis,
une
suite d’observations
du vecteur
forme X,
résultant
d’un
même
état
de
fonctionnement du système, ne va pas se retrouver en un seul point, mais occupe une
zone de l’espace à n dimensions. Si les n paramètres ont été bien choisis, une forme
correspondant à un fonctionnement normal appartiendra à une certaine zone ou classe,
alors qu’une forme correspondant à un autre mode de fonctionnement appartiendra à
une autre classe. Ainsi, chaque mode de fonctionnement peut être représenté au moyen
d’une classe de l’espace de représentation.
La figure 2.5 présente la structure simplifiée d’un système de diagnostic par
reconnaissance des formes. La fonction d’observation a pour rôle d’élaborer le vecteur
forme à partir des mesures et observations réalisées sur l’installation. La forme ainsi
générée est appliquée au bloc de classification permettant de réaliser son affectation à
l’une des classes connues et au mode de fonctionnement correspondant.
La construction d’un dispositif de diagnostic par reconnaissance de formes se
déroule en trois étapes principales : (a) la création d’une base d’apprentissage qui
regroupe un certain nombre de classes, chacune correspondant à un mode de
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
37
fonctionnement particulier du système, (b) le choix d’un classificateur que permettra de
décider de l’appartenance d’une nouvelle observation à l’une des classes existantes, et
(c) l’utilisation effective du classificateur en phase d’exploitation qui consiste à
implémenter le système afin de proposer une décision pour toute forme n’appartenant
pas à une classe déjà définie (mise en œuvre du classificateur destiné à un
fonctionnement en ligne).
Base de connaissances
Si x(t) ? C1 ? › Défaillance 1
Si x(t) ? C2 ? › Défaillance 2
.
.
Si x(t) ? C k ? › Défaillance k
Perturbations
Entrées
u(t)
Système
à
surveiller
bruits
Mesures
ym(t)
y(t)
+
Sorties
Fonction
d’observation
x(t)
Défaillance
1
2
Fonction
de
Classification
.
.
k
Figure 2. 5 Structure d’un système de diagnostic par reconnaissance des formes
Nous allons dans la suite explorer différentes méthodes de classification pour le
diagnostic dans le cadre de systèmes complexes. Les méthodes à analyser sont : les
réseaux de neurones artificiels, l’approche floue et la méthode de classification LAMDA
qui peut être considérée comme intermédiaire entre ces deux approches.
2.5.1.1
L’approche floue
Dans la théorie des ensembles classiques, la notion d’appartenance est
fondamentale, mais elle est de type tout ou rien, un élément appartient ou n’appartient
pas à un ensemble [TOSCANO, 2005]. Un tel outil s’avère alors difficilement utilisable
lorsqu’il s’agit de manipuler des données vagues, imprécises, contradictoires ou lorsqu’il
s’agit de classer des informations suivant des catégories aux frontières mal définies. La
théorie des ensembles flous, par un assouplissement de la notion d’appartenance,
permet d’atteindre de tels objectifs. Elle s’avère alors plus
adaptée pour la
représentation des connaissances qualitatives. Les applications floues sont nombreuses,
on peut citer la gestion financière, la médecine, le diagnostic, la commande
automatique de processus et bien d’autres.
L’idée de l’approche floue est de construire un dispositif, appelé système
d’inférences floues, capable d’imiter les prises de décision d’un opérateur humain à
partir des règles verbales traduisant ses connaissances relatives à un processus donné.
La relation mathématique existant entre un défaut et ses symptômes est le plus
souvent difficile à obtenir. Toutefois, les opérateurs humains ayant en charge la
38
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
maintenance et la conduite du système sont souvent capables, de par leur expérience,
de déterminer, sur la base de leurs observations, l’élément défaillant qui est à l’origine
d’un comportement qu’ils ont jugé anormal. Ce type de savoir peut être exprimé à l’aide
de règles de la forme :
SI condition ALORS conclusion
où la partie condition comporte les symptômes observés et la partie conclusion
l’élément défaillant. Ce type de connaissances peut alors être utilisé pour construire un
système d’aide au diagnostic de l’installation. La notion de sous-ensemble flou
introduite par Zadeh en 1965, est fondée sur le degré d’appartenance, qui généralise
les fonctions caractéristiques.
Chaque classe en relation avec les modes de fonctionnement du système peut
être
interprétée
comme
un
sous-ensemble
d’un
espace
multidimensionnel,
la
classification se résume alors à la recherche des propriétés caractéristiques de ces
ensembles. Finalement, chaque classe peut être modélisée au moyen d’un sousensemble flou caractérisé par une fonction d’appartenance multidimensionnelle qu’il
s’agit de déterminer. Dans la figure 2.6 le vecteur des symptômes x du classificateur,
élaboré à partir des grandeurs mesurées sur le système, peut être vu comme une
forme, qu’il s’agit de classer parmi l’ensemble des formes correspondant à un
fonctionnement normal ou non.
μ11 (x1 , θ11 )
μ12 (x 2 ,θ12 )
x1
x2
μ 21 (x1 ,θ 21 )
μ (x ,θ
2
2
2
2
2
)
μi1 (x1 , θ i1 )
μi2 (x 2 ,θ i2 )
Π
α1
+
αmax
f1(x,θ1)
Π
α2
max
Π
-1
-
-
αl
fl(x,θl)
C2
+1
-1
+
f2(x,θ2)
C1
+1
+
Cl
+1
-
-1
Figure 2. 6 Structure générale du classificateur
La classification est réalisée au moyen des fonctions de vérité et de décision,
dont le paramétrage réalise la frontière entre les classes. L’ensemble d’apprentissage
permet, d’une part de générer la base de règles et d’autre part de réaliser le
paramétrage des fonctions d’appartenance.
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
Cette
approche
d’appartenance
à
une
consiste
à
rechercher
classe,
sur
chacune
39
les
projections
de
la
fonction
des
dimensions
de
l’espace
de
représentation. La fonction d’appartenance au sous-ensemble flou global est alors
obtenue au moyen d’un opérateur de conjonction, ce qui se traduit symboliquement par
l’écriture d’une règle d’appartenance à la classe considérée. Le classificateur ainsi
comporte un nombre de règles égales au nombre de classes. La base de règles du
classificateur est composée d’une liste de propositions conditionnelles, de la forme,
(
Ri : Si x 1estAi1
) et (x estA ) et … et (x estA ), x ∈ C ; i = 1Kl
2
q
2
i
q
i
Où l est le nombre total de règles, les Ai
par des fonctions d’appartenance
(2.2)
i
j
μ i j (x j ,θ i j )
sont des sous-ensembles flous définis
dont
θij
représente le vecteur des
paramètres, et les C i représentent les différentes classes de la classification.
Soit
αi
le degré d’appartenance de l’observation x à la classe C i ,
(2.3)
nx
α i ( x ) = ∏ μi j (x j ,θ i j )
j =1
soit d’autre part
α max le plus grand degré d’appartenance correspondant à
l’observation x,
(2.4)
α max = max α i ( x )
i =1Ll
L’observateur x doit être affectée à la classe C i permettant d’obtenir le plus
grand degré d’appartenance, d’où la règle de décision :
L’observation x est affectée à la classe C i telle que
α i ( x ) − α max ≥ 0
La structure correspondante du classificateur est alors celle de la figure 2.6. Les
sorties délivrées par ce classificateur sont :
C i = +1 si x ∈ C i
(2.5)
C i = −1 si non
La règle de décision doit être complétée afin d’offrir la possibilité de rejets
d’ambiguïté et d’utilisation de distance. Il y a ambiguïté lorsqu’une observation
appartient à un domaine commun à plusieurs classes. Dans ses conditions, les degrés
40
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
d’appartenance
α i ( x ) correspondants
sont assez peu différents, ce qui peut conduire à
une mauvaise classification.
2.5.1.2
La méthode de classification LAMDA
LAMDA (Learning Algorithm for Multivariate Data Analysis) est une stratégie de
classification avec apprentissage proposée par Joseph Aguilar-Martin [AGUILAR-MARTIN
et al.,1980]. La méthode a été développée par plusieurs chercheurs [AGUILAR-MARTIN
et al.,1982; DESROCHES,1987 ; PIERA et al.,1989]. C’est un algorithme d’analyse de
données multidimensionnelles par apprentissage et reconnaissance de formes. La
formation et la reconnaissance de classes dans cette méthode sont basées sur
l’attribution d’un objet à une classe à partir de la règle heuristique appelée adéquation
maximale. LAMDA a été utilisé en domaines très diverses : en analyse biomédicale
[CHAN et al., 1989], pour les bio-procédés [AGUILAR-MARTIN et al., 1999], pour
l’étude des processus de dépollution des eaux usées [WAISSMAN-VILANOVA et al.
2000], pour la psychologie [GALINDO,2002]. Plus récemment,
dans les travaux de
thèse de Kempowsky [KEMPOWSKY,2004a] (procédés industriels), Orantes (placement
des
capteurs)
[ORANTES,2005]
et
Atine
[ATINE,2005]
(segmentation
d’images
biologiques). LAMDA a été mise en œuvre pour la première fois dans le logiciel SYCLARE
[DESROCHES,1987], puis dans le logiciel LAMDA2 [AGUADO,1998] et plus récemment
dans le logiciel SALSA [KEMPOWSKY,2004b].
Les caractéristiques principales de LAMDA
¾ L’adéquation :
LAMDA ne considère pas la similarité ou la distance entre éléments pour la
classification, mais il introduit la notion de degré d’adéquation de l’élément aux classes
déjà formées,
¾ L'attribution:
On affecte chaque élément à la classe dont le degré d’adéquation est maximal,
cependant on conserve les degrés d'adéquation à toutes les classes, ce qui constitue
une partition floue.
¾ Entropie maximale :
Dans l’univers d’où proviennent tous les éléments, le concept d'entropie
maximale est à la base de la modélisation de l’homogénéité qui correspond à l'absence
d'information, il correspond à une classe qui accepte tous les éléments avec le même
degré d’adéquation. Cette classe est très importante pour le processus de formation de
nouvelles classes: on l’appelle « Classe non-informative » (NIC). L’existence de cette
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
41
classe agit comme une limitation ou un seuil : aucun élément ne sera assigné à une
classe si son degré d’adéquation globale n’est pas supérieur à celui de la classe non
informative.
¾ Degré d’adéquation avec connectifs :
Le degré d’appartenance à une classe est calculé à partir des valeurs de ses
descripteurs. Ces valeurs contribuent au calcul de l'adéquation à chaque classe au
moyen de degrés d'adéquations marginales fournis par des fonctions de distribution
floue.
¾ Connectifs :
L'agrégation des adéquations marginales se fait à partir de connectifs de la
Logique Floue, c'est-à-dire d'une t-norme et de son dual la t-conorme ou s-norme.
Les principales propriétés de LAMDA
¾ On peut choisir les fonctions d'appartenance de la Logique Floue, qu'elles soient
associées à certaines distributions probabilistes, (Binomiale, gaussienne, …).
¾ On peut choisir les connectifs parmi des familles de t-normes (produit
probabiliste, min-max de Zadeh, t-normes de Frank, t-normes de Yaguer ….).
¾ On peut ajuster le degré d'exigence par l'introduction de connectifs mixtes
linéairement compensés: une grande exigence considérera plus d'éléments non
reconnus, et en cas d'auto-apprentissage créera plus de classes. Il est possible
d'obtenir des classifications différentes du même groupe d'objets ordonnées par
rapport au concept d’“exigence”.
¾ On peut gérer des variables qualitatives et quantitatives simultanément par le
choix de fonctions d'adéquation marginale tenant compte des modalités.
¾ Il peut s’adapter à une situation évoluant au cours du temps en raison d’un
apprentissage séquentiel.
¾ A la fois des apprentissages supervisés et non supervisés peuvent être effectués,
et aussi compléter un apprentissage dirigé, par la création de nouvelles classes
(apprentissage supervisé).
42
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
Les défauts de LAMDA
¾
Il n’y a pas de garantie d’obtenir la meilleure partition. La qualité de la partition
obtenue est laissée à l’appréciation de l’expert.
¾
Il n’y a pas, pour l’instant, de procédure automatique permettant de choisir les
connectifs et l’indice d’exigence, mais des travaux sont en cours (thèse de
Claudia Isaza) afin de développer méthodologie permettant d’optimiser la
partition obtenue en termes de compacité et de séparation des classes en
utilisant les degrés d’appartenance d’une classification floue et les concepts de
similitude entre ensembles floues.
Méthodologie générale
On
considère qu’un objet ou situation x est décrit par un nombre fini et fixé
d’attributs notés x1,x2,…xn. Afin d’obtenir une confrontation entre x et les différentes
classes Cj, une fonction d’adéquation Mi,j : Di × C ―› [0,1] nommée Degré d’Adéquation
Marginale (DAM) est calculée pour chaque attribut xi et la forme dans laquelle l’espace
de description correspondant est représenté de façon générale dans la classe Cj.
¾ Le DAM est une fonction d’appartenance issue de la Logique Floue. Cette
fonction peut exprimer un degré entre l’adéquation d’un attribut à une classe et
l’inadéquation de l’attribut à cette classe. Entre ces deux valeurs extrêmes, il
existe une valeur de l’attribut telle que, si on se limitait à cette unique
information, il serait impossible de décider de l’appartenance de cet objet à une
classe. Ceci est équivalent à une adéquation neutre. Le concept d’adéquation
neutre est nécessaire dans la représentation d'information insuffisante pour la
classification. L’expression d’une adéquation neutre, pour toute valeur dans
l’espace de description, est équivalente à l’indistingibilité d’une certaine classe.
L’une des spécificités importantes de la méthode LAMDA réside dans la prise en
compte de ce manque d'information au moyen d'une classe non informative NIC.
La classe NIC équivaut donc à considérer indistingables tous les attributs.
Degré d’adéquation Marginale (DAM) et Degré d’adéquation
Globale (DAG)
Pour un élément donné, les caractéristiques par rapport à chaque descripteur
interviennent dans le calcul du degré d’appartenance de cet élément à une classe par ce
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
43
qu’on a appelé « le degré d’adéquation marginale DAG ». Pour chaque élément, on
détermine un vecteur des degrés d’appartenance marginale.
L’information de ces degrés devra être agrégée afin d’obtenir un indicateur qui
permettra de savoir comment un objet satisfait les conditions propres à la classe Cj. Cet
indicateur est modélisé par un opérateur logique d’agrégation L : [0,1]n ―› [0,1] Le
résultat est appelé le Degré d’adéquation Globale (DAG) qui est fonction des
appartenances marginales.
DAG(X/C) est le degré d’appartenance globale d’un élément X à une classe C,
µj=DAM(xj/C) est le degré d’appartenance marginale (ou partielle) par rapport au
descripteur j, et [µ1,… µj … µP] est le vecteur des appartenances marginales.
Dans l’annexe B de cette thèse, on peut trouver un exemple simple du
développement de l’algorithme en utilisant des données quantitatives, permettant de
mieux comprendre cette méthode. Dans ce qui suit, nous donnons de façon détaillée les
différentes étapes de l’algorithme de classification.
Soit un élément X et les classes C0, C1,…,CK, une classification se déroule de la
façon suivante:
Calculer les degrés d’appartenance globale DAG de l’élément X à chacune des
classes C1,…,CK et C0 la classe vide ou résiduelle, notés [ρ1,…,ρP]. Pour ce faire, on
calcule des degrés d’appartenance marginale (µj) par rapport à chaque descripteur. Le
calcul du degré d’appartenance marginale ou partielle dépend du type de descripteur
correspondant.
Dans la logique propositionnelle, la façon d’agréger les informations se fait par le
biais
d’opérateurs
de
conjonction.
Si
nous
utilisons
l’opérateur
d’intersection
(conjonction logique), un objet aura une adéquation élevée à une classe seulement si
tous les attributs de l’objet ont un degré d’adéquation élevé pour cette classe. Au
contraire, dans le cas de l’opérateur d’union (disjonction logique), le fait que l’un des
attributs présente un degré d’adéquation marginale élevé sera suffisant pour considérer
cet objet adéquat à la classe correspondante. Cependant, il est normal de rencontrer
des situations où nous ne pouvons pas être assez exigeant pour utiliser l’opérateur
d’intersection, mais pour lesquelles l’opérateur d’union serait trop permissif. Pour ces
situations, des opérateurs mixtes d’agrégation linéairement compensés ont été
proposés.
Ces
opérateurs
ont
un
comportement
réglable
allant
de
l’union
à
l’intersection. Nous sommes alors capables d’ajuster l’exigence de la méthode. Le
schéma général du calcul de l’adéquation d’un objet à une classe est représenté sur la
figure 2.7.
44
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
x1
r
x
x2
x1 en Cj
M1,j(x1)
attribut
attribut x2 en Cj
M2,j(x2)
xn
attribut xn en Cj
Mn,j(xn)
L
Adéquation de
à la classe C j
x
Degré d’Adéquation
Globale (DAG)
Degré d’Adéquation
Marginale (DAM)
Figure 2. 7 Schéma général du calcul de l’adéquation d’un objet à une classe
Bien qu'on soit obligé en pratique d'assigner une seule classe à chaque élément,
le résultat final de la classification n’est pas une partition classique de l’univers de
description mais une partition floue, où chaque objet dans l’univers de description a une
valeur d’appartenance à chacune des classes existantes. Afin d’obtenir une partition
classique de l’univers de description, une fois le DAG calculé pour toutes les classes, x
sera attribué, selon le critère d’adéquation maximale, à la classe où la valeur du DAG
est maximale. Pour des raisons algorithmiques, et pour assurer que l’assignation d’un
objet à une classe soit unique, une deuxième règle de décision FF (first found) est prise
en considération : lorsque la valeur maximale du DAG est trouvée dans plus d’une
classe, l’objet sera placé dans la première classe à laquelle il a été confronté et qui
présente une valeur d’appartenance maximale. On peut aussi envisager une variante
appelée LF (last found) dans laquelle c'est la dernière classe qui est retenue.
L’apprentissage consiste à extraire, à partir de l’information contenue dans une
base de données connue d’apprentissage, les caractéristiques qui décrivent le mieux
chaque concept. Dans LAMDA, ceci est traduit par l’estimation des paramètres
définissant les fonctions d’appartenance des DAM. Dans notre approche, les fonctions
d’appartenance de chaque attribut sont estimées indépendamment de l’information
disponible sur les autres attributs. Les paramètres représentant une classe sont estimés
à partir uniquement des données de l’ensemble d’apprentissage appartenant à cette
classe. Ceci implique que, dans LAMDA, l’apprentissage d’un concept (ou classe) est
réalisé à partir uniquement de l’information dont nous disposons sur celui-ci, et non par
opposition aux autres concepts établis.
Après la présentation des principes et des bases de la méthodologie de
classification LAMDA, on va développer à présent les deux parties essentielles de cette
méthodologie : les fonctions d’appartenance qui définissent le Degré d’Adéquation
Marginale et les opérateurs logiques d’agrégation qui déterminent le Degré d’adéquation
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
45
Globale. Déterminer les fonctions d’appartenance à partir de données est une opération
très importante de l’application de la logique floue à des situations réelles. Toutefois, il
n’existe pas de guide ou règle qui puissent être utilisés afin de choisir la meilleure
méthode pour obtenir ces fonctions. De plus, il n’existe pas de mesure pour évaluer la
qualité d’une fonction d’appartenance.
Fonctions d'adéquation (appartenances floues)
Pour bien délimiter les types de fonctions d’appartenance qui sont adaptés à la
méthode LAMDA, on établit les contraintes suivantes :
¾ LAMDA étant une méthode conceptuelle, les fonctions d’appartenance des DAM
dépendent des paramètres représentant les données d’apprentissage.
¾ Les fonctions d’appartenance utilisées pour le DAM doivent refléter l’adéquation
de la valeur d’un attribut à une classe par rapport à l’inadéquation. Dans LAMDA,
les valeurs, minimale et maximale, possibles d’une fonction (0 et 1) signifient
une totale inadéquation de l’attribut à la classe et une totale adéquation,
respectivement. Parmi les valeurs extrêmes de la fonction d’appartenance, une
valeur d’adéquation doit être représentée par un degré d’appartenance bien
défini et connu. C'est-à-dire, les fonctions d’appartenance utilisées dans LAMDA,
sont plutôt une généralisation floue d’une logique à trois valeurs (0,1, ?) que
d’une logique binaire.
Afin de modéliser la classe NIC, pour des paramètres précis, la fonction
d’appartenance doit montrer une adéquation neutre dans tout l’espace de description.
¾ Cas des descripteurs qualitatifs
Un descripteur qualitatif est caractérisé par un ensemble non ordonné de
modalités. Lors de la classification, on procède au calcul des fréquences de chaque
modalité à l’intérieur d’une classe. Le calcul de la fonction d’appartenance marginale
d’un élément est la fréquence de la modalité observée dans cette classe.
¾ Cas des descripteurs quantitatifs
Les descripteurs quantitatifs sont tels que les valeurs associées peuvent se
mettre dans un ensemble ordinal discret ou continu. Cet ensemble se présente donc
comme un intervalle [xmin, xmax] et peut être réduit à l'intervalle [0,1] par la formule
de normalisation suivante :
xj =
x j − x min
x max − x min
2.6
46
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
Il existe plusieurs fonctions pour représenter l’appartenance d’un descripteur.
Dans ce qui suit, nous donnons les 3 fonctions que nous avons utilisées dans notre
travail.
Binomiale floue. C’est une extension floue de la fonction binomiale [AGUILARMARTIN,1980]:
μ (x j C i ) = ρ i, jj (1 − ρ i, j )
(1− x j )
x
2.7
Binomiale floue Centrée. Cette fonction permet une partition autour des
centres des classes (WAISSMAN-VILANOVA,2000]. Le DAM est calculé alors par la
proximité entre la valeur xj observée pour le descripteur j et le centre cij du même
descripteur pour la classe i :
⎛
⎞
⎜1 − x ⎟
j⎠
x
⎝
par = ρ j ⎛⎜ 1 − ρ ⎞⎟
i, j ⎝
i, j ⎠
2.8
des = x j j (1 − x j )
(1− x j )
x
μ (x j C i ) =
par
des
Gauss: Dans ce cas, les relations utilisées sont à rapprocher de celles donnant la
moyenne et l’écart type d’une distribution gaussienne non normalisée:
1
μ ( x j / C ij ) = e
2σ ij2
( x j − μ ij ) 2
2.9
où µij et σ ij correspondent, respectivement, à la valeur moyenne et à la variance
du descripteur j pour la classe i.
Une fois que les DAMs ont été obtenus pour une classe, le DAG doit être calculé,
le DAG est obtenu par l’agrégation des DAMs en utilisant les connectifs choisis,
[PIERA,1991].
L’étape suivante consiste, à l’aide du connectif, à déterminer le degré
d’appartenance globale DAG de l’élément X à la classe Ci. Les connectifs mixtes
linéairement
compensés
que
nous
avons
cités
précédemment
effectuent
une
interpolation entre l’opérateur logique d’intersection (T-norme) et celui de l’union (Tconorme), par le biais du paramètre α , par la formule :
DAGα (DAM 1 ,K, DAM d ) = αT (DAM 1 , K, DAM d ) + (1 − α )S (DAM 1 , K, DAM d )
2.10
Les appartenances marginales pour chaque descripteur, permettent de calculer
l’appartenance d’un élément à chacune des classes. Cet élément est assigné à la classe
dont le degré d’appartenance globale correspondant est maximal. Le paramètre
α
est
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
47
[ ]
l'indice d’exigence et α ∈ 0,1 , Pour α = 0 , la classification est peu exigeante dans
l’attribution d’un individu à une classe. L’exigence plus forte est obtenue pour α = 1 .
L'organigramme général de l’algorithme de classification LAMDA est donné sur la
figure 2.8. Ce schéma illustre l’algorithme LAMDA dans le cas de l’auto-apprentissage
ou bien dans le cas de la reconnaissance. Dans le cas de l’apprentissage, sachant qu’il
s’effectue de façon séquentielle, la représentation d’une classe varie après qu’un
élément ait été attribué. La mise à jour de la classe s’effectue en prenant en compte les
caractéristiques du nouvel élément ainsi que la description de la classe à l’instant
précédent.
ELEMENT
X n = (x 1, x2 ,…, xP )
C 0: Classe
Non-Informative
ENSEMBLE
de CLASSES
Degr é d'Adéquation Marginale
MAD (xj / C i)
Mise à jour
Création classe
Cl
Cl= CK+1
NON
C0 = Cl
j = 0,…,P
Degr é d'Adéquation Globale
GAD (X n / Ci)
OUI
Affectation de X n à la classe l
AUTO-APPRENTISSAGE
i = 0,…,K
RECONNAISSANCE
Figure 2. 8 Algorithme général de LAMDA
Actualisation des paramètres
Enfin, l’actualisation des paramètres associés aux descripteurs quantitatifs se fait
de la façon suivante:
ρi, j = ρi, j +
où
N
x j − ρi, j
N +1
2.11
est le nombre d'objets attribués à cette classe. Pour procéder
séquentiellement, il est nécessaire de connaître le nombre d’éléments ayant servi au
calcul des paramètres de la classe correspondante.
On peut créer aussi, à l’aide de la classe (NIC) une nouvelle classe qui va être
caractérisée par l’affectation d’un élément à cette classe. X est le premier élément
d’une nouvelle classe CK+1 et la représentation de cette nouvelle classe dépendra de cet
48
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
élément. On prendra un paramètre fictif N0 correspondant au «nombre d’éléments de la
classe « NIC ».
ρi0 = ρi0 +
xi − ρ i 0
N0 +1
2.12
Dans le cas de l'auto-apprentissage, toute classe a dû être initialisée par la
classe NIC, c'est pourquoi la formule de la mise à jour doit contenir ce paramètre fictif
N 0 et elle devient:
ρ ik = ρ ik +
Le paramètre
xi − ρ ik
N0 + N +1
2.13
N 0 > 0 détermine l’initialisation de l’apprentissage. Sa valeur peut
être choisie arbitrairement mais elle influe sur le pouvoir d'absorption de chaque classe
nouvelle, plus
N 0 est grand, moins la classe nouvelle sera influencée par le premier
élément; par contre en apprentissage dirigé ce paramètre n'a pas d'influence sur le
résultat de la classification.
Dans le cas de la reconnaissance de formes, l’élément est attribué à une classe
significative ou rejetée dans la classe résiduelle NIC. Dans le cas de l’apprentissage, s’il
est affecté à une classe significative il y a modification des paramètres de cette classe.
En revanche, si la classe vide a la plus grande adéquation, une nouvelle classe doit être
créée pour contenir cet élément. Il y a rejet si la classe vide est la plus proche et qu’il
n’y a pas possibilité de création de nouvelle classe parce que le nombre maximum des
classes créées est atteint.
L’outil SALSA [KEMPOWSKY, 2004b]
L’outil Salsa a été développé sur la base de la méthode LAMDA dans le cadre du
projet européen CHEM (Advanced Decision Support Systems for Chemical and
Petrochemical Manufacturing Processes) dont l’objectif principal a été le développement
d’une plateforme générique d’outils intégrés basés sur des méthodologies avancées
pour la surveillance, la supervision, la détection de défauts et le diagnostic des procédés
[CHEM, 2006]. On a choisi d'utiliser cet outil pour déterminer le comportement de la
station SMAPA de production d’eau potable par traitement des données issues des
capteurs.
Pour reconnaître et déterminer l’état fonctionnel actuel du processus, une
première étape effectuée hors ligne est le développement d’un modèle dit de
comportement réalisé à partir de la classification effectuée sur des données historiques
provenant du fonctionnement de cette station sur plusieurs années. La deuxième étape
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
49
est la reconnaissance d’un comportement en temps réel, en utilisant le modèle de
comportement obtenu durant la phase hors ligne. L’avantage de l’outil Salsa pour faire
le diagnostic est qu’il n’a pas besoin d’un modèle initial ni analytique ni issu de
l’intelligence artificielle (logique floue, réseau neuronal). En revanche, il nécessite l’avis
d’un expert pour valider l’affectation des états de fonctionnement du processus à des
classes et obtenir ainsi, le modèle de comportement.
Les caractéristiques principales qui ont guidé le choix vers SALSA, sont celles de
LAMDA (information qualitative que quantitative, algorithme séquentiel) plus la facilité
d'installation et de configuration, ainsi que l'aide au dialogue avec l'opérateur. Il permet
indifféremment l’apprentissage non supervisé et l’apprentissage supervisé, nécessite un
nombre minimum de paramètres à régler par l’opérateur et est facile pour l’installation
et la configuration.
2.5.2 Modélisation linéaire et sélection des mesures (l’ACP)
L’ACP est une méthode d'analyse multivariable qui a été souvent utilisée pour le
traitement statistique de base de données multidimensionnelles. L’analyse factorielle en
composantes principales est un traitement statistique de données dont le but est de
représenter et d’expliquer les liaisons statistiques entre les phénomènes. Elle permet
d’identifier des variables sous-jacentes, ou facteurs qui expliquent les corrélations à
l’intérieur d’un ensemble de variables observées. Elle est souvent utilisée pour réduire
un ensemble de données, et dans l’agrégation de l’information, en identifiant un petit
nombre de facteurs qui expliquent la plupart des variances observées dans le plus
grand nombre de variables manifestes. On peut également utiliser l’analyse factorielle
pour résumer, synthétiser, et hiérarchiser l’information contenue dans un tableau de n
lignes (les individus) et p colonnes (les variables). Les n individus sont décris par un
nuage de p variables. L’information représentée par ce nuage revient à la dispersion
des n points. Produire un résumé de cette information c’est projeter ces points dans un
espace de dimension inférieure à p le nombre de variables initiales. Les axes de ce
sous-espace sont dits « axes factoriels » ou « facteurs ». Chaque variable p porte en
elle, une part d’information originale ou part d’inertie et une part d’information originale
redondante avec les autres, venant des corrélations entre variables. C’est cette part
d’information redondante qui va être regroupée dans le résumé factoriel.
Les facteurs sont hiérarchisés de la manière suivante :
Le 1er axe concentre le maximum de l’information : c’est l’axe de la plus grande
dimension du nuage de points et il fournit le meilleur résumé dans un espace à une
dimension, mais il laisse des résidus d’information.
50
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
Le 2e axe concentre le maximum de l’information restante, il est orthogonal au
premier et c’est le meilleur résumé dans un espace à deux dimensions. Mais, de même
il laisse aussi des résidus.
Le 3e axe prend encore une part d’information moindre, il est orthogonal au
deux premiers. Et ainsi de suite, pour les axes suivants tant que l’on pense qu’ils
apportent encore de l’information.
Le nombre de
composantes en théorie est égal au nombre de variables
originelles. Mais, en pratique, les premières directions permettent de couvrir un
pourcentage élevé (80%, 90%) de toutes les données originelles et sont donc utilisées
pour restreindre l’espace d’observation.
Concepts de base de l’ACP
Les composantes principales sont déterminées grâce au calcul des vecteurs
propres de la matrice de variance. Les vecteurs propres avec les plus grandes valeurs
propres seront utilisés comme les vecteurs de la base sur lesquels les données seront
projetées [JOLLIFFE, 1986 ; OJA et al., 1992].
Pour un groupe de données, X
= ( x1 , x 2 ,K, x N ) , l’approche par ACP s’effectue par
le calcul de la matrice de covariance :
CO =
1
N
N
∑X
i =1
i
X iT
2.14
On utilise ensuite n'importe quel algorithme de détermination des vecteurs
propres pour trouver les valeurs propres de la matrice de covariance des données :
COU = λU
2.15
où λ est la valeur propre, et U est le vecteur propre correspondant. Les m composantes
principales des données n sont les directions orthogonales m dans les espaces de n qui
capturent la plus grande variation des données. Comme nous le verrons dans la partie
consacrée aux résultats, dans cette étude, on constate que 4 composantes principales
ont la capacité de maintenir l’information exigée pour la prédiction de la dose de
coagulant de la station SMAPA de production d’eau potable. La figure 2.9 montre la
projection dans l’espace des variables et des individus, et aussi la décomposition ces
vecteurs propres et valeurs propres.
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
X1
I1
I3
X3
51
I1
X2
X1
I2
I3
X3
X2
I2
(a)
(b)
λ
X
ZTZ
Z
U
(c)
Figure 2. 9 Projection (a) dans l’espace des variables, (b) dans l’espace des individus et (c)
décomposition de l’ACP
2.5.3 Les réseaux de neurones
Les premiers travaux sur les RNA ont été développés par McCulloch et Pitts en
1943 [MCCULLOCH et PITTS,1943]. Un RNA définit implicitement une fonction non
linéaire paramétrable, jouissant de la propriété d’approximation universelle. Cela
signifie qu’il est capable d’approcher une fonction non-linéaire, dont on ne connaît que
quelques points, qui constituent la base d’exemples. Le paramétrage du réseau est
réalisé à partir de la base d’exemples, au moyen d’un algorithme d’apprentissage,
conçu pour minimiser un critère quadratique sur l’erreur d’approximation réalisé par ce
modèle non-linéaire. Ceci explique l’utilité de ce type d’approche dans le domaine du
diagnostic, où le problème à résoudre consiste, finalement, à approcher la relation
inconnue reliant les symptômes aux défaillances.
Un neurone formel (figure 2.10) réalise une fonction f, de la somme pondérée de
ses entrées (x1,…,xN) :
52
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
u i = ∑ win x n
(2.16)
y i = f (u i )
(2.17)
N
n =1
x1
wi1
.
.
win
xin
Σ
ui
f
yi
.
.
xN
wiN
Figure 2. 10 Neurone formel
Chaque nœud i calcule la somme de ses entrées xi,…,xN, pondérées par les poids
synaptiques correspondants wi1,…,wiN ; cette valeur représente l’état interne du neurone
ui. Ce résultat est alors transmis à une fonction d’activation f (figure 2.11). La sortie yi
est l’activation du neurone. L’interconnexion de plusieurs neurones formels réalise un
réseau de neurone.
(a)
(b)
(c)
(d)
Figure 2. 11 Principales fonctions d’activation : (a) fonction à seuil, (b) fonction linéaire, (c)
fonction sigmoïde, (d) fonction gaussienne
La
propriété
principale
des
RNA
est
leur
capacité
d’apprentissage.
Cet
apprentissage permet alors, sur la base de l’optimisation d’un critère, de reproduire le
comportement d’un système à modéliser. Il consiste dans la recherche d’un jeu de
paramètres (les poids) et peut s’effectuer de deux manières : supervisé et non
supervisé. Dans l’apprentissage supervisé le réseau utilise les données d’entrée et la
(ou les) sortie (s) du système à modéliser [BISHOP,1995]. De cette façon, l’algorithme
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
53
d’identification des paramètres du réseau va modifier ses poids jusqu’à ce que le
résultat fourni par le réseau soit le plus proche possible de la sortie attendue,
correspondant à une entrée donnée. L’identification des poids du réseau est effectuée
en optimisant un critère de performance du RNA. Ce critère dans le cas de cet
algorithme est calculé sur la base de la différence entre le résultat yi obtenu par le
réseau et la sortie attendue di,. L’optimisation s’effectue en ajustant les poids par une
technique de gradient. Chaque fois qu’un exemple est présenté au RNA, l’activation de
chaque nœud est calculée. Après avoir déterminer la valeur de la sortie, la valeur de
l’erreur est calculée en remontant le réseau, c’est-à-dire de la couche de sortie vers la
couche d’entrée. Cette erreur est le produit de la fonction d’erreur E=1/2Σ(yi-di)2 et de
la dérivée de la fonction d’activation f. L’erreur est une mesure du changement de la
sortie RNA provoqué par un changement des valeurs des poids du réseau.
Dans
l’apprentissage
non
supervisé
des
RNA,
contrairement
au
réseau
précédent, on utilise des données qui ne sont pas étiquetées a priori (c’est-à-dire que
les sorties ne sont pas explicitement connues). Le réseau s’auto-organise pour extraire
lui-même les données et les regrouper automatiquement. L’apprentissage a lieu
souvent en temps réel avec des réseaux qui peuvent être éventuellement bouclés. Il est
réalisé à l’aide des informations locales contenues dans les poids synaptiques et dans
l’activation de neurones élémentaires.
Il existe un grand nombre des RNA à apprentissage supervisé et non supervisé.
Les plus utilisés sont le perceptron, le perceptron multicouche et les réseaux à base
radiale (RBF) pour l’apprentissage supervisé et le réseau de Hopfield et les cartes
topologiques de Kohonen dans le cas de l’apprentissage non supervisé.
L’architecture du RNA la plus étudiée est le réseau de neurones multicouche (ou
Multi-Layer Perceptron MLP en anglais) (Figure 2.12). Il se compose de neurones
distribués sur plusieurs couches, dont les neurones sont tous reliés aux neurones des
couches adjacentes. Les couches autres que celles d’entrée et de sortie sont appelées
« couches cachées ». Il a été montré qu’une seule couche cachée était nécessaire pour
modéliser toute fonction continue avec une précision donnée, moyennant un nombre
suffisant de neurones dans cette couche. La fonction principale des neurones d’entrées
est d’associer les valeurs aux neurones et de les transmettre à la couche cachée. Les
neurones de la couche cachée ont la capacité de traiter l'information reçue. Chacun
d'eux effectue deux opérations différentes : la somme pondérée de ses entrées (en
utilisant les poids associés aux liens existant entre ce neurone et les autres de la couche
précédente), suivi d'une transformation non linéaire (appelée fonction d'activation). La
sortie de ces deux actions est alors envoyée à la couche suivante qui en est l’occurrence
54
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
la couche de sortie dans notre cas. Mathématiquement, si la transformation non linéaire
f est identique pour tous les neurones, l'expression de la sortie du perceptron
multicouche est donnée par :
x0
1
x1
wj1
x2
wj2
‫׃‬
xi
1
W1
‫׃‬
W2
‫׃‬
xn-1
xn
y(x)
wjn
Wj
hj
Figure 2. 12 Perceptron multicouche
n
h j = ∑ w ji xi + w j 0
et
y(x ) = f (
i =1
H
∑W j h j + W0 )
j =1
(2.18)
w ji sont les poids entre la couche d’entrée et la couche cachée et W j sont les poids
entre la couche cachée et la couche de sortie.
La fonction d’activation f peut être quelconque, mais en pratique, et en
particulier lorsque l’on effectue un apprentissage supervisé, il est nécessaire d'avoir une
fonction continue et complètement dérivable. Il existe beaucoup de fonctions
d'activation [DUCH et JANKOWSKI, 1999].
2.5.3.1
Fonction d’erreur pour l’apprentissage
Le choix de la fonction d’erreur utilisée pour l’apprentissage des réseaux de
neurones multicouches a une certaine influence sur la rapidité d’apprentissage et sur la
qualité de généralisation du réseau. Cette question a été étudiée par plusieurs
chercheurs [VALENTIN,2000 et MOLLER,1993]. L’apprentissage supervisé consiste à
déterminer les poids du réseau qui minimisent sur l’ensemble des données de la base
d’apprentissage, les écarts entre les valeurs de la sortie (appelées aussi valeurs cibles)
et les valeurs de la sortie prédites calculées par le réseau. Mathématiquement ceci
consiste à trouver le minimum du critère quadratique :
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
C ( w ,W ) =
1
N
55
N
∑ (ti − yi ) 2
(2.19)
i =1
où N est le nombre d’exemples de la base d’apprentissage, w, W sont les vecteurs des
poids des deux couches.
La procédure de la minimisation MSE par lui-même n'assure pas l'entraînement
du réseau. La sur-adaptation du réseau arrive quand le réseau est excessivement
entraîné et/ou l'architecture du réseau a davantage de neurones occultes que ce qui est
nécessaire. Il existe différentes procédures pour obtenir une architecture de réseau
optimal [NANDI et al., 2001]. L'annexe C décrit la procédure itérative MSE/ME que nous
utilisons.
C’est
un
problème
d’optimisation
non-linéaire
classique.
La
méthode
traditionnellement employée pour effectuer l’apprentissage supervisé du réseau est
l'algorithme de rétropropagation [RUMELHART et McCLELLAND,1993], appelé ainsi à
cause de la façon typique de calculer les dérivées des couches successives en partant
de la couche de sortie pour remonter à la couche d’entrée. Initialement, l’algorithme
utilisait la méthode d’optimisation non-linéaire du gradient (appelée aussi méthode de
la plus grande pente). Cette méthode est bien connue pour avoir un comportement
oscillatoire proche de la solution. C’est pourquoi, actuellement les méthodes dites du 2nd
ordre (basée sur une approximation du Hessien) sont préférées car elles fournissent de
bien meilleurs résultats. Parmi les plus connues, citons la méthode Quasi-Newton et de
Levenberg-Marquardt [NRGAARD et al.,2000].
2.5.3.2
Généralisation du réseau neuronal multicouche
La généralisation concerne la tâche accomplie par le réseau une fois son
apprentissage achevé [GALLINARI, 1997]. Elle peut être évaluée en testant le réseau
sur données qui n’ont pas servi à l’apprentissage. Elle est influencée principalement
par : la complexité du problème, l’algorithme d’apprentissage, la complexité de
l’échantillon, et la complexité du réseau (nombre de poids).
¾
La Complexité du problème. Il est déterminé par sa nature même.
¾
L’algorithme d’apprentissage. Il influe par son aptitude à trouver un
minimum local assez profond, sinon, le minimum global.
¾
La complexité de l’échantillon. Il trouve la représentativité dans une
certaine région à partir de la sélection d’un certain nombre d’exemples pour
l’apprentissage du réseau.
56
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
La complexité du réseau. Pour bien cerner cet aspect, on fait l’analogie
¾
avec un problème de régression polynomiale classique. Si on dispose d’un nuage
de points issus d’une fonction F d’une variable réelle inconnue. Les exemples à
notre disposition sont des couples (xi, yi) bruités de la forme :
y i = F (xi ) + ε i
où les
ε
i
(2.20)
sont des réalisations d’une variable aléatoire. L’objectif est de
modéliser la fonction F par un modèle polynomial en utilisant les exemples
d’apprentissage. Les Figures 2.13(a)-(c) représentent la modélisation de F par
trois modèles qui différent par leur nombre de paramètres. On peut constater
que le modèle ayant très peu de paramètres n’a pas assez de flexibilité pour
réaliser un apprentissage correct des exemples d’apprentissage. Les erreurs
d’apprentissage et de test sont toutes deux importantes: c’est la situation de
sous-apprentissage (Figure 2.13(c)). En revanche, le modèle constitué de
nombreux paramètres, lisse parfaitement les exemples d’apprentissage. Il
commet donc une erreur faible sur ces données, mais probablement une erreur
plus importante sur les données de test. C’est la situation de surapprentissage
(Figure 2.13(a)). Finalement, le modèle possédant un nombre de paramètres
modéré réalise un bon compromis entre précision d’apprentissage et bonne
généralisation (Figure 2.13(b)).
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
(a)
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
(b)
(c)
Figure 2. 13 (a) Surapprentissage : l’apprentissage est parfait sur l’ensemble d’apprentissage
(‘x’), et vraisemblablement moins bon sur le point de test (‘o’) ; (b) Apprentissage correct : un
bon lissage des données ; (c) Sous-apprentissage : apprentissage insuffisant.
2.5.3.3
Mesure de la qualité de la prédiction du réseau de neurones
par génération d’intervalle de confiance
Ce paragraphe est consacré au problème d’estimation de l’incertitude attachée à
la prédiction. Le rééchantillonnage par Bootstrap a été utilisé pour générer un intervalle
de confiance sur la prédiction.
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
57
La technique s’appuie sur le fait de pouvoir, par rééchantillonnage dans
l’ensemble d’apprentissage, estimer les caractéristiques du phénomène aléatoire qui a
engendré ces données. Pour le cas des réseaux de neurones, la totalité de l'ensemble
d'apprentissage est néanmoins utilisée grâce à la formation de nombreuses partitions
de l'échantillon. L'ouvrage d’Efron et Tibshirani [EFRON et TIBSHIRANI, 1993] détaille
de nombreuses applications des techniques de rééchantillonnage.
{
Soit un échantillonnage X = x , x , K , x
souhaiterait estimer un paramètre
∧
estimateur θ = s ( X ) , déduit de
θ
1
2
nA
} réalisation d’une distribution F. On
en fonction de
X . On calcule pour cela, un
∧
X . Quelle est la précision de θ ? Un bootstrap a été
introduit en 1979 comme une méthode d’estimation de l’écart-type de
∧
θ.
Elle présente
l’avantage d’être totalement automatique. Les méthodes de Bootstrap dépendent de la
notion d’échantillon de Bootstrap. Il s’agit d’une technique d'inférence statistique qui
crée un nouvel ensemble d’apprentissage par rééchantillonnage de l’ensemble de départ
avec possibilité d’introduire plusieurs fois des exemples.
∧
Soit F la distribution empirique, donnant la probabilité 1/nA à toute observation
xi, i=1,2,…,nA. Un échantillon de bootstrap est défini comme un échantillon aléatoire de
{
∧
}
A
. L’échantillon de bootstrap X boot n’est pas
taille nA issu de F : X boot = xboot , xboot , K , xboot
1
2
n
identique à X mais constitue plutôt une version aléatoire, ou ré-échantillonée de X . On
effectue un tirage équiprobable avec remise sur tous les points de l’échantillon X . Ainsi,
{
}, un échantillon de bootstrap pourra être formé de
sont issues du fichier original, certaines
X
= {x , x , x , x , x }. Les données de X
) sont B échantillons de
apparaissant zéro fois, d’autres deux fois, etc. Si (x , K , x
),K, s(x ) approxime la
bootstrap générés à partir de X , la distribution de s (x
si X = x , x , x , x , x
1
2
1
3
1
4
2
5
5
5
boot
boot
1
boot
B
boot
1
boot
distribution de l’estimateur
variance empirique des
∧
θ.
Par exemple, la variance de
i
) pour i=1…B.
s (xboot
∧
θ
B
boot
peut être estimée par la
58
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
L’estimation par intervalle est souvent plus utile que l’estimation par un seul
point
∧
θ.
Pris ensemble, ces deux types d’estimation indiquent quel est le meilleur
candidat pour
θ
et quel est le niveau d’erreur raisonnable apporté par cet estimateur.
L’application de cette technique de rééchantillonnage à la génération d’intervalle de
confiance pour les réseaux de neurones est décrite par Lipmann [LIPMANN et al.,1995].
Elle est illustrée dans la Figure 2.14.
Dans cette approche, B échantillons de bootstrap sont générés à partir de
l’ensemble d’apprentissage de départ. Ensuite, B perceptrons multicouches sont
générés en utilisant la procédure d’apprentissage décrite précédemment. On utilise
comme ensemble d’apprentissage chacun des B ensembles de bootstrap. Quand un
nouveau vecteur est présenté au B perceptrons multicouches on calcule les B sorties
correspondantes. Ces sorties nous donnent une estimation de la distribution de la
prédiction du réseau de neurones.
Ensuite, ces valeurs sont classées par ordre croissant. En se fixant un seuil à
10% et 90%, on peut déterminer un intervalle de confiance. Par exemple, si on prend B
= 50, l’estimation du point 10% est la 5ème plus grande valeur et l’estimateur du point
90% est la 45ème plus grande valeur. On estime que les autres valeurs ne sont pas
plausibles, elles ne sont donc pas prises en compte pour la génération de l’intervalle de
prédiction.
‫׃‬
Bootstrap
perceptron multicouche 1
Limite
supérieure
Bootstrap
perceptron multicouche 2
Limite
inférieure
‫׃‬
‫׃‬
Génération d’un
intervalle de
confiance
Bootstrap
perceptron multicouche B
Paramètres
entrées
Modèle du procédé
perceptron multicouche
Figure 2. 14 Rééchantillonnage par bootstrap pour la génération d’intervalle de prédiction.
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
2.6
59
Les automates à états finis
Les systèmes à événements discrets (SED) recouvrent plusieurs domaines
d’application tels que les systèmes de production manufacturière, la robotique, les
systèmes de transport, l’informatique, etc., en incluant aussi les procédés de production
de l’eau potable. Plusieurs concepts (techniques, théories, méthodes, outils, modèles et
langages) ont été élaborés afin d’améliorer la qualité et de maîtriser la complexité
croissante de la conception et du développement de ces systèmes.
Un système à
événements discrets est un système dynamique défini par un
espace d’états discrets et des évolutions, nommées trajectoires, basées sur une
succession des états et des transitions. Les transitions sont étiquetées par des
symboles, appelés événements, définis avec les éléments d’un alphabet. Une approche
courante pour l’étude de ces systèmes consiste à ignorer la valeur explicite du temps et
à s’intéresser uniquement à l’ordre d’occurrence des événements [ZAYTOON,2001]. Les
modèles non temporisés ainsi obtenus sont généralement élaborés à l’aide des
automates à états finis, du grafcet, des réseaux de Petri, etc. Les automates à états
finis constituent le modèle de base pour la représentation des SED [HOPCROFT et
ULLMAN,1979]. Un automate à états finis peut être décrit par le quadruplet (Q, Σ, A, qo)
avec :
-
Q un ensemble fini de sommets représentant les états discrets,
-
Σ un ensemble fini de symboles (événements) appelé alphabet,
-
A l’ensemble des transitions entre états. Une transition est définie par un triplet
(sommet source, événement, sommet but) pour traduire le passage du système
d’un état à un autre, suite à l’occurrence d’un événement appartenant à Σ.
-
qo l’état initial.
La figure 2.15, présente le modèle d’une machine simple à trois états : arrêt (a),
marche (m) et panne (p). L’état initial a est désigné par la flèche entrante, et il y a
quatre transitions associées, chacune à l’un des quatre événements.
Le comportement global d’un système à événements discrets est classiquement
décrit par l’ensemble des trajectoires d’événements qui peuvent être exécutées en
parcourant l’automate à partir de l’état initial. Cet ensemble correspond à un langage
issu de l’alphabet Σ, exprimé par une expression permettant d’agréger les séquences
d’événements répétitives. Ainsi, l’expression :
(αβ + αλμ )* (ε + α + αλ )
2.21
60
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
correspond à l’automate de la figure 2.15 ; ε est une séquence de longueur nulle qui
correspond
à
un
séquences αβ ou
événement
αλμ
vide
et
(αβ + αλμ )*
indique
que
chacune
des
peut être exécutée autant de fois que l’on veut.
a: arrêt
Σ = {α , ß, λ, μ}
A = {(a,α,m), (m,ß,a),
(m,λ,p),(p,μ,a)}
qo=a
α
ß
m
m: marche
μ
a
Q= {a,m,p}
p: panne
p
λ
α : début du travail
ß: fin du travail
λ : panne de la
machine
μ : réparation de la
machine
Figure 2. 15 Automate décrivant une machine simple : a) modèle formel, b) représentation
graphique
Un des objectifs de notre travail est de mettre en place, à partir des résultats de
la classification, un modèle des états fonctionnels et des transitions entre ces états.
Pour l’élaboration de ce modèle à états discrets nous devons déterminer les états
fonctionnels et identifier les transitions entre ces états. Nous présentons dans le
chapitre 5, les résultats de l’application de la méthode de construction de l’automate.
2.7
Evolution de la fonction maintenance
Pendant longtemps, les installations de traitement d’eau n’ont pas été
considérées comme des sites industriels à part entière, à ce titre, la maintenance y était
traitée de façon accessoire, au risque parfois d’être négligée. Le besoin de maîtriser ce
patrimoine à la complexité technique croissante allié au souhait d’une fiabilité toujours
plus grande font que la maintenance est maintenant devenue une activité stratégique
pour garantir :
¾ La continuité du service et donc la qualité du traitement ;
¾ La rentabilité des investissements, en augmentant la durée de vie des
équipements.
L’objectif est simple : optimiser la disponibilité fonctionnelle tout en minimisant
le coût d’exploitation global [DEGREMONT, 1995].
Dans la norme AFNOR-NF-X60-010 [AFNOR,1994], la maintenance industrielle
peut se décliner sous différentes formes selon les situations. La figure 2.16 montre les
différentes formes de maintenance. Elles sont répartis en deux catégories, selon la
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
61
présence ou non d’une défaillance au moment considéré. On parle de maintenance
corrective si une défaillance est a priori présente et de maintenance préventive sinon.
Maintenance
OUI
Défaillance?
Maintenance
corrective
Maintenance
palliative
Maintenance
curative
NON
Maintenance
préventive
Maintenance Maintenance Maintenance
systématique conditionnelle prédictive
Figure 2. 16 Les différentes formes de maintenance
2.7.1 La maintenance corrective
La maintenance corrective est souvent perçue comme la forme primaire par
excellence de la maintenance car l’intervention a lieu « en urgence » une fois la
défaillance survenue.
La logique de cette politique de maintenance est assez simple : lorsqu’une
machine est défectueuse, il faut la réparer, ce qui sous-entend que si elle fonctionne, on
n’y « touche » pas. Sur ce principe, la maintenance corrective regroupe l’ensemble des
activités réalisées après la défaillance de l’outil de production. Cette politique regroupe
une part importante des opérations de maintenance au cours desquelles le technicien
de maintenance joue un rôle important puisque faute d’autodiagnostic (aide à la
décision), c’est lui qui établit un diagnostic et décide des actions correctives. Sous cette
forme de maintenance, on distingue généralement deux niveaux selon la nature des
opérations réalisées. On parle de maintenance palliative lorsque l’intervention a un
caractère provisoire dans le sens où elle nécessitera forcément une intervention
ultérieure. Par opposition, une opération de maintenance curative se caractérise par la
recherche des causes initiales de la défaillance et par la réalisation des opérations
visant à rendre le système opérationnel et ainsi éviter toute nouvelle occurrence de
cette défaillance.
62
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
2.7.2 La maintenance préventive
Par opposition à la maintenance corrective, la maintenance préventive regroupe
les opérations de maintenance ayant pour objet de réduire la probabilité de défaillance
de l’outil de production, opérations réalisées avant l’occurrence de toute défaillance qui
viendrait entraver la production. Ce concept de maintenance est basé sur une
inspection périodique de l’outil de production selon des critères prédéterminés, afin de
juger de ce bon état de fonctionnement. Parmi les techniques de maintenance
préventive, on distingue trois niveaux. En maintenance préventive systématique,
l’entretien est réalisé selon un échéancier établi sur la base de critères d’usure tels que
des heures de fonctionnement ou une quantité produite, qui permettent de déterminer
des périodicités d’intervention. Les opérations d’entretien se traduisent par le
remplacement systématique d’un certain nombre de composants identifiés par cet
échéancier. En maintenance préventive conditionnelle, le principe de périodicité
des interventions est conservé, mais le remplacement des composants est conditionné
par la comparaison du résultat de vérifications permettant d’évaluer le niveau de
dégradation à un critère d’acceptation pré-établi. Enfin, la dernière forme de
maintenance préventive est connue à la fois sous le nom de maintenance
prévisionnelle et de maintenance prédictive. Certains auteurs associent parfois à
tort
la
dénomination
de
maintenance
prédictive
à
la
maintenance
préventive
conditionnelle, or en maintenance prédictive, le principe consiste à assurer un suivi
continu, et non plus périodique, de l’état de fonctionnement de l’outil de production.
L’objectif
de
la
maintenance
prédictive
est
alors
de
maîtriser
au
mieux
les
comportements passés et présents du système afin de prévoir les défaillances futures,
et donc de maîtriser la globalité du processus de dégradation et de réduire les temps
d’indisponibilités.
Pour la maintenance d’un outil de production, différentes stratégies de
maintenance sont envisageables. Chaque forme de maintenance dispose toutefois de
ses avantages et de ses inconvénients. Cependant, en raison de la complexification des
systèmes industriels, la tendance actuelle est davantage au développement de la
maintenance préventive et surtout de la maintenance prédictive [CART et al.,2001],
même s’il y a toujours un compromis à établir en fonction du système surveillé, de la
complexité des techniques à mettre en œuvre, et de leurs coûts.
Le développement d’une politique de maintenance prédictive nécessite la mise
en œuvre d’un système de diagnostic industriel. L’interprétation du mot diagnostic
possède de nombreuses significations suivant les interlocuteurs. Les définitions utilisées
ici sont celles établies au sein de la norme AFNOR-NF-X60-010 [AFNOR,1994], qui sont
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
63
reprises par de nombreux auteurs [ZWINGELSTEIN,1995 ; BERGOT et GRUDZIEN,1995 ;
WEBER, 1999]. D’après l’AFNOR, l’opération de diagnostic consiste à identifier la cause
probable de la (ou des) défaillance(s) à l’aide d’un raisonnement logique fondé sur un
ensemble d’observations provenant d’une inspection, d’un contrôle ou d’un test. Il s’agit
donc de travailler sur les relations de causalité liant les effets (symptômes observés sur
le système) et les causes (défauts du système). L'objectif d'un système de diagnostic
est alors de rendre compte de l'apparition d'un défaut le plus rapidement possible
(c'est-à-dire
avant
qu'il
n'entraîne
des
dommages
importants
au
travers
de
défaillances). Les trois fonctions du diagnostic peuvent alors être décrites de la manière
suivante :
¾ la détection : déterminer la présence ou non d’un défaut affectant le procédé
en se basant sur l’analyse des effets sur le système (symptômes),
¾ la localisation : déterminer le type de défaut affectant le procédé en donnant
des indications relatives à l’élément en défaut,
¾ l’identification : déterminer exactement la cause de ses symptômes en
identifiant la nature du défaut.
2.8
Conclusion
La complexité actuelle des processus et des systèmes lance des défis
considérables dans la conception, l’analyse, la construction et la manipulation pour
atteindre les objectifs souhaités dans leur opération et leur utilisation tout au long de
leur cycle de vie. Dans les processus industriels de production d'eau potable, le contrôle
et la maîtrise de ses processus complexes jouent un rôle crucial pour assurer la sécurité
du personnel de l’unité et la conservation de l'environnement, ainsi que la fourniture de
la quantité d'eau nécessaire à la population.
Dans ce chapitre, nous avons présenté un schéma général de la supervision qui
inclut la détection des défaillances, le diagnostic, la reconfiguration du processus et la
maintenance. Une description des méthodes de diagnostic a été faite en les classant en
deux catégories : les méthodes à base de modèles et les méthodes à base de données
historiques. Le choix d’une de ces méthodes dépend essentiellement des connaissances
disponibles sur le procédé.
Notre travail porte sur le développement d’un outil d’aide pour la caractérisation
et l’identification du comportement de l’unité de production d’eau potable, à partir des
données disponibles et qui prenne en compte les connaissances de l’opérateur ou
expert. Devant le manque flagrant de modèles mathématiques de l’ensemble des
64
Supervision et diagnostic des procédés de production d’eau potable
procédés fonctionnant sur la station, notre choix s’est porté sur des techniques qui
permettent d’analyser des historiques de ce fonctionnement. Nous nous sommes donc
intéressés à un outil pour l’identification des défaillances de processus basé sur des
méthodes de classification et reconnaissance de formes. Connaissant les différents
travaux effectués au préalable dans le groupe DISCO, nous avons adopté une approche
qui utilise la méthode de classification LAMDA pour la construction du modèle pour la
supervision. Nous avons présenté le logiciel SALSA qui lui est associé et qui permet
d’effectuer un apprentissage hors ligne et qui donne à l’opérateur un support pour la
prise de décision en temps réel.
Le chapitre 3 est consacré à l’instrumentation de la station ainsi qu’au traitement
des données qui seront utilisées par la méthode de diagnostic. Parmi ces traitements,
nous proposons de développer un capteur logiciel permettant de prédire en temps réel
la dose de coagulant à injecter et qui sera de plus une information supplémentaire
utilisée comme donnée d’entrée dans la procédure de diagnostic de l’ensemble de la
station SMAPA.
3 INSTRUMENTATION ET DEVELOPPEMENT D’UN
CAPTEUR LOGICIEL
3.1
Introduction
Dans ce chapitre, nous nous intéressons au recueil des différentes données et
mesures
nécessaires
pour
établir
une
méthodologie
de
diagnostic
basée
sur
l’interprétation des informations obtenues sur l’ensemble du procédé de traitement de
l’eau à potabiliser.
Dans la première partie, nous détaillons la mesure des différents paramètres
spécifiques de l’eau, en particulier ceux relatifs au procédé de coagulation. Ensuite,
nous décrivons les différents automatismes mis en œuvre dans une station de
traitement d’eau à potabiliser. Finalement, nous présentons la méthodologie développée
pour la prédiction de la dose de coagulant, méthodologie utilisant des RNAs.
L’information issue de ce capteur logiciel sera ensuite utilisée comme donnée d’entrée
dans la procédure de diagnostic de la partie amont de la station de production d’eau
potable. Les résultats concernant la construction du module de prédiction de la dose de
coagulant, illustrent les deux phases de la conception : l’apprentissage et la
reconnaissance ainsi que la qualité de la prédiction par la génération d’intervalles de
confiance.
66
3.2
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
Mesure des paramètres spécifiques à la production d’eau
potable
Ces mesures sont soit réalisées par un capteur, soit le résultat d’un analyseur
« en ligne » [DEGREMONT,2005]. Les paramètres usuels sont principalement les débits,
les niveaux de liquide ou de solides, les pressions, les températures. Dans toute
installation de production d’eau potable ou de traitement d’eaux polluées, la
connaissance du débit est impérative. De plus, le traitement de l’eau conduit à lui
ajouter un certain nombre de réactifs. La bonne conduite d’une installation de filtration
nécessite la connaissance permanente de l’état des filtres. La mesure de la température
est essentielle, elle est souvent utile pour les réacteurs biologiques, et quelque fois pour
l’opération de coagulation-floculation.
La majeure partie des mesures de débit s’effectue en tuyauterie fermée. Elle est
réalisée différemment suivant le type de fluide (eau brute ou eau traitée) et selon la
gamme de débit. La mesure de perte de charge est cruciale pour la conduite du procédé
de filtration. La température de l’eau est généralement mesurée à l’aide d’un
thermomètre à résistance afin de pouvoir être transmise à distance.
La mesure en continu d’un certain nombre de paramètres spécifiques permet de
libérer l’opérateur de l’astreinte d’analyse de routine et d’optimiser les traitements en
réduisant le temps de réponse. La turbidité est le paramètre le plus important dans le
procédé. Elle permet de rendre compte de la transparence d’un liquide due à la
présence de matières en suspension non dissoutes. En plus, elle permet de connaître le
degré de pollution physique des eaux à traiter ainsi que la qualité d’une eau destinée à
la consommation humaine. Des corrélations sont souvent établies entre turbidité,
matières en suspension, solides totaux et couleur. La mesure en continu du pH d’une
eau, est en particulier utilisable pour le contrôle de la coagulation-floculation, de la
désinfection, etc. La mesure de l’alcalinité et de la dureté de l’eau permet de rester à
l’équilibre calco-carbonique de l’eau et donc d’éviter la corrosion des canalisations. Le
contrôle habituel de la désinfection se fait par mesure de la quantité résiduelle de
l’agent désinfectant : chlore, ozone, etc.
Dans les appareils utilisés pour la mesure des paramètres spécifiques de l’eau,
les différentes méthodes d’analyse sont mises en œuvre de façon automatique
[DEGREMONT,2005]. On peut classer ces différentes appareils en deux grandes
catégories : celle des capteurs physiques et celle des analyseurs chimiques qui réalisent
préalablement à toute mesure, une ou plusieurs réactions chimiques.
Le tableau 3.1, montre des exemples d’utilisation de mesure dans une station de
traitement d’eau à potabiliser [DEGREMONT,2005].
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
67
Par rapport à la qualité de capteurs, il est essentiel d’assurer le fonctionnement
correct de l’ensemble d’une boucle de mesure en continu. L’information ainsi délivrée,
surtout si elle est utilisée dans une régulation automatique ou comme entrée d’un
modèle, doit être la plus représentative
possible de la valeur vraie du paramètre
mesuré et être très fiable [VALIRON,1990].
Tableau 3.1 : Exemples d’utilisation de mesure dans une station
Paramètres
Domaine d’application
Objet de la mesure
Préleveur automatique
Sur eau brute et eau traitée
Contrôle de la qualité en entrée et sortie
Mesure du pH
À tout niveau du traitement
Régulation du pH
Mesure de l’ozone
Désinfection par l’ozone
Régulation de l’injection d’ozone
Mesure du chlore
Désinfection par le chlore
Régulation de l’injection de chlore
Mesure de la turbidité
À tout niveau du traitement
Contrôle de la qualité en entrée et sortie
Mesure des particules
Après filtration
Contrôle de la qualité en sortie d’usine
Mesure de la dureté
Décarbonatation
Contrôle de la qualité de l’eau
3.3
Automatismes dans une station de production d’eau
potable
Dans les usines de production d’eau potable, l’évolution de la qualité de la
matière première qu’est l’eau brute est généralement relativement lente. Les variations
des quantités à traiter, qui dépendent de la demande en eau potable, sont en revanche
souvent
importantes
et
le
débit
est
généralement
un
paramètre
clé
dans
l’automatisation des installations.
L’inertie de la plupart des traitements biologiques mis en œuvre, la complexité
des phénomènes de coagulation-floculation rendent parfois difficile la régulation des
procédés. Mais la progression des connaissances ainsi que des technologies de mesure
permettent d’accroître graduellement
les possibilités de modélisation grâce à
l’apparition des techniques connexionnistes très bien adaptées pour la modélisation de
tels procédés fortement non linéaires.
L’usine entièrement automatisée sans intervention
humaine
n’existe
pas
cependant. Même si aucun personnel d’exploitation n’est présent en continu sur certains
sites, des agents sont nécessaires pour assurer la maintenance, certaines tâches de
réglage, l’établissement de diagnostic sur des périodes plus ou moins longues.
Toutefois, un grand nombre de fonctions automatiques sont déjà réalisées couramment
dans les installations de production d’eau potable. Les plus courantes sont présentées
dans le tableau 3.2. On constate que la majorité des régulations sont liées au débit
d’eau. En particulier, pour la régulation du pompage de l’eau traitée, un modèle expert
68
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
basé sur la prévision de la consommation permet d’optimiser les niveaux des réservoirs.
Dans le paragraphe suivant, nous nous intéressons plus particulièrement au procédé de
coagulation qui a fait l’objet de l’étude rapportée dans ce chapitre.
Tableau 3.2 : Principaux automatismes dans une station de production d’eau potable
Fonction
automatisée
Paramètres de
Référence
Pompage eau
brute
Mesure du niveau de la
bâche d’eau traitée
Pompage eau
traitée
Niveaux des réservoirs et
prévision de la
consommation
Débit réactif
(coagulant, acide,
etc…)
Débit eau
Dose de réactifs
(débit de
réactif/débit
d’eau brute)
Extraction des
boues de
décantation
Lavage des filtre
Divers paramètres de
qualité de l’eau brute :
turbidité, pH,
température, etc.
Débit d’eau et
concentration des boues
extraites
Perte de charge et temps
de filtration
Niveau d’eau dans le
filtre.
Concentration résiduelle
de chlore
Régulation Filtre
Désinfection
chlore
Désinfection
ozone
3.4
Débit d’eau et
concentration résiduelle
d’ozone
Moyen
Variation du débit (débit
maximum la nuit)
[DAGUINOS et al.,1998]
Modèle mathématique pour
déterminer les consignes
en fonction de la prévision
de la consommation
[FOTOOHI et al.,1996]
Proportionnalité au débit,
la dose étant généralement
fixée pour la coagulation
par essai Jar-Test
Algorithme spécifique
Observations
Relativement
complexe.
Etude
spécifique
Extraction continue avec
arrêt si seuil bas de
concentration de boue
Automate programmable
avec gestion des priorités
Régulation spécifique avec
démarrage lent
Régulation spécifique pour
maintenir une consigne de
concentration en chlore
constante [RODRIGUEZ et
al.,1996]
Régulation spécifique
Développement du capteur logiciel pour la prédiction de la
dose de coagulant
3.4.1 Méthode actuellement utilisée sur le procédé de coagulation
La dose optimale de coagulant est, traditionnellement, déterminée à l’aide d’un
essai expérimental appelé « Jar-Test ». Il consiste à mettre dans une série de béchers,
contenant la même eau brute, des doses croissantes de coagulant et de faire l’essai de
coagulation [BOMBAUGH et al.,1967; BRODART et al.,1989]. Après quelques instants,
on procède sur l’eau décantée, à toutes les mesures utiles de qualité (turbidité,
matières organiques, pH, etc.,). La dose optimale est déterminée en fonction de la
qualité des différentes eaux comparées. La fréquence de ces Jar-Tests est souvent
irrégulière. En général, sur les usines importantes un seul essai est effectué par jour.
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
69
L’opérateur fera un nouvel essai entre temps pour changer la dose de coagulant
uniquement si la qualité traitée se dégrade. L’inconvénient de cette technique est
qu’elle nécessite l’intervention de l’opérateur. De plus, les problèmes rencontrés sont
souvent soit un sur-dosage (ajout d’une quantité excessive de coagulant, qui, si elle a
le mérite de permettre la coagulation, augmente cependant le coût de l’opération et
dégrade fortement l’environnement) soit un sous-dosage qui est synonyme d’un
mauvais respect des spécifications imposées à la station. On voit ici tout l’intérêt de
disposer d’un contrôle efficace de ce procédé pour assurer une meilleure efficacité du
traitement et une réduction des coûts d’exploitation mais surtout une protection de
l’environnement par la maîtrise des quantités de coagulant ajoutées (ne rajouter que le
nécessaire). Pour ce faire, la modélisation du procédé en utilisant la mesure en ligne
des paramètres descripteurs de la qualité de l’eau brute peut être la réponse comme
méthode pour la détermination automatique de la dose de coagulant à injecter.
3.4.2 Modélisation du procédé de coagulation
Expérimentalement, on a pu constater que la relation entre la dose de coagulant
et les caractéristiques de l’eau brute est fortement non-linéaire. Il n’existe pas à l’heure
actuelle de modèle de connaissance permettant d’exprimer les phénomènes physiques
et chimiques mis en jeu. La seule solution pour l’établissement de ce modèle c’est
d’avoir recours à une modélisation de type comportemental. Parmi les différents types
de modèle de comportement possibles, le modèle à base de réseaux de neurones
possède l’avantage de pouvoir intrinsèquement décrire des relations non-linéaires entre
les variables d’entrées d’un système et celles de sortie. Durant ces dix dernières
années, un certain nombre de modèles basés sur les réseaux de neurones artificiels
(RNA) ont été développés et appliqués pour la prédiction de la dose de coagulant dans
le processus de production d'eau [BABA et al.,1990 ; COLLINS et al.,1992 ; COX et
al.,1994 ; MIRSEPASSI et al.,1997 ; GAGNON et al.,1997 et YU et al.,2000]. Quelques
études récentes [VALENTIN, 2000 ; LAMRINI et al., 2005] ont montré l'efficacité
potentielle de cette approche. Notre travail concerne le développement d’un tel capteur
à partir de la donnée des caractéristiques de l'eau brute telles que la turbidité, le pH, la
température, etc. L'aspect novateur de ce travail réside dans l'intégration de diverses
techniques dans un système global comprenant le contrôle automatique de la
coagulation, et la possibilité d'intégration de la dose de coagulant calculée par le réseau
comme une entrée du système de diagnostic de l’ensemble de la station. De plus, le
développement de ce capteur a été précédé d’une analyse statistique (Analyse en
Composantes Principales), permettant de déterminer les corrélations existant entre les
variables caractéristiques de l’eau brute et la dose de coagulant puis de ne conserver
70
que
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
les
caractéristiques
apportant
réellement
une
information
pertinente.
La
méthodologie que nous proposons d’utiliser pour la conception du capteur logiciel basé
sur les réseaux de neurones avec l’analyse en composantes principales est représentée
sur la figure 3.1.
Données disponibles
sur les capteurs
ACP
Développement du modèle
de régression linéaire
Détermination des
entrées du réseau
Développement du
réseau de neurones
Figure 3. 1 Méthode pour le contrôle automatique du procédé de coagulation
3.4.3 Application de la méthodologie pour la prédiction de la dose
de coagulant
3.4.3.1
Mesures disponibles sur la station SMAPA
La station SMAPA de production d’eau potable à Chiapas, est alimentée
principalement par les fleuves Grijalva et Santo Domingo. Ils apportent 1200 l/s qui
représentent 87% du total de la captation. Il existe actuellement deux pompes et trois
lignes avec une longueur approximative de 11 kilomètres chacune. La station a une
capacité de production de 800 l/s et alimente, via un réseau interconnecté, près d’un
million d’habitants.
Pour chaque échantillon ou individu, on possède les résultats de la mesure en
ligne de différentes caractéristiques de l’eau brute mais aussi d’analyses chimiques et
physiques effectuées hors-ligne qui constituent un ensemble de 9 descripteurs de la
qualité de l'eau brute: température (TEMP), couleur (C), turbidité (TUR), solides totaux
(ST), matière organique (MO), pH, bicarbonate (B), chlorure (CL), dureté totale (DT).
De plus, nous disposons de la dose de coagulant (DOSE) optimale injectée sur l’usine
en continu. Cette dose de coagulant est déterminée par des essais jar-test effectués en
laboratoire, elle est réactualisée par l’opérateur une fois par jour. Elle peut également
être réactualisée plus fréquemment s’il y a une forte variation de la qualité de l’eau
brute.
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
71
Des statistiques descriptives simples des données brutes sont présentées dans le
tableau 3.3. Il faut noter que ce jeu de données couvre une période de cinq ans (20002004) et reflète de manière acceptable, les variations saisonnières de la qualité de l’eau
brute. Nonobstant, il sera sans doute nécessaire d’effectuer un réapprentissage
périodique du système pour prendre en compte les différentes situations susceptibles
d’être rencontrées, et pour permettre l’adaptation continue du système à toute
évolution de la qualité de l’eau brute.
Tableau 3.3 Résumé statistique des paramètres de l’eau brute sur SMAPA
Couleur
Turbidité
S.Totaux
Mat.Org.
pH
Bicarb.
Chlorure
DuretéT
Dose
( C)
(Pt-Co)
(NTU)
(ppm)
(ppmO2)
(pH)
(ppm)
(ppm)
(ppm)
(mg/l)
Maximum
30
380
1948
1624
40
8,59
314
180
420
390
Minimum
19
1
1,8
296
0,9
7,5
106
14
113
4
Moyenne
24,96
19,42
76,36
602,4
3,28
8,26
190
47,13
257,39
48,22
Ecarttype
2
37,32
184,28
134,45
3,77
0,14
21,07
22,17
43,71
49,7
Propriété
Temp
o
La figure 3.2 présente l’évolution des différents paramètres mesurés en continu,
de la qualité de l’eau au cours du temps. Les mesures sont affichées en fonction de leur
date d’acquisition. L’évolution de la dose optimale de coagulant au cours du temps est
également présentée sur la Figure 3.3. On constate de fortes variations de la turbidité
durant la saison d’été. On remarque aussi que la turbidité, le pH, la couleur, et la dose
de coagulant sont fortement dépendants des phénomènes saisonniers. On voit ici tout
l’intérêt de disposer d’au moins un an d’archives de données pour déterminer un
modèle de prédiction fiable capable de fonctionner sur une année complète.
Une première analyse a consisté à effectuer une ACP afin de déterminer quelles
sont les variables qui influent le plus sur la dose de coagulant.
Cette analyse nous
permettra de sélectionner les variables pertinentes à utiliser en entrée du réseau de
neurones pour la prédiction du taux de coagulant.
3.4.3.2
Sélection des variables d’entrée en utilisant l’ACP
Le prétraitement des données en utilisant l’Analyse en Composantes Principales
consiste à recueillir les différentes informations suivantes : la matrice de corrélations,
les valeurs et l’histogramme des valeurs propres et le cercle de corrélation.
¾
La matrice de corrélations (voir tableau 3.4).
Dans le tableau 3.4, ont été reportées les corrélations entre variables
pour les 4 premières composantes principales. On peut observer qu’il
72
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
existe une forte corrélation entre des variables de deux groupes
différents. Un groupe de 5 variables (la turbidité, la couleur, les solides
totaux, la matière organique et la dose de coagulant) et l’autre de 3
variables (le bicarbonate, le chlorure et la dureté total). Le pH et la
température ne sont pas corrélés avec d’autres variables. La dose de
coagulant est une variable passive.
400
300
Couleur (u Pt-Co)
Tem p (°C)
30
25
20
200
100
15
0
0
150
300
450
600
750
900
1050
1200
1350
1500
1650
1800
0
150
300
450
600
750
jours
900
1050
1200
1350
1500
1650
1800
jours
2000
1800
1600
Solides totaux (ppm)
Turbidité (NTU)
1500
1000
500
1400
1200
1000
800
600
400
200
0
0
150
300
450
600
750
900
1050
1200
1350
1500
1650
0
1800
150
300
450
600
750
8.5
30
8.25
pH (u pH)
M atière organique (ppm O2)
40
20
1050 1200 1350 1500 1650 1800
8
7.75
10
7.5
0
0
150
300
450
600
750
900
1050 1200
1350 1500
0
1650 1800
150
300
450
600
750
200
250
150
Chlorure (ppm)
300
200
150
150 300 450
1050 1200 1350 1500 1650 1800
100
100
0
900
jours
jours
50
0
600 750 900 1050 1200 1350 1500 1650 1800
0
150
300
450
600
750
jours
900 1050 1200 1350 1500 1650 1800
jours
400
Dureté total (ppm)
Bicarbonate (ppm)
900
jours
jours
300
200
100
0
150
300
450
600
750
900
1050 1200 1350 1500 1650 1800
jours
Figure 3. 2 Evolution des paramètres descripteurs de l’eau brute au cours de temps
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
73
Dose de coagulant (mg/l)
400
300
200
100
0
0
150
300
450
600
750
900
1050
1200
1350
1500
1650
1800
jours
Figure 3. 3 Evolution de la dose de coagulant appliquée sur la station au cours de temps
Tableau 3.4 Corrélations entre variables
¾
Les valeurs et l’histogramme des valeurs propres
L’Analyse en Composantes Principales appliquée sur l’ensemble de ces
données a fourni le tableau et l’histogramme donnés sur la figure 3.4. On
peut remarquer la décroissance rapide des valeurs propres (figure 3.4).
Seules les quatre premières composantes représentent une prise en
charge de plus de 88.00 % de l’inertie. L’ensemble des 10 variables est
susceptible d’être simplifié et remplacé par les 4 nouvelles variables
représentées par les 4 premiers axes principaux.
En résumé, l’axe 1 qui représente 54,45% de l’inertie totale est défini
positivement et d’une façon nette par 5 variables très groupées Couleur, Turbidité,
Solides Totaux, Matières Organiques et Dose de Coagulant. L’axe 2 (18,11%) est défini
par 3 variables fortement corrélées: Dureté Totale, Chlorure et Bicarbonate. L’axe 3
(10,09%) représente la température qui lui est liée positivement. L’axe 4 (5,35%)
représente la variable pH (les autres variables étant regroupées dans les 3 premières
directions car fortement corrélées entre elles).
74
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
Figure 3. 4 Valeurs et histogramme des valeurs propres des composantes
¾
Le cercle de corrélation
Il est plus intéressant de visualiser les corrélations entre variables et les
composantes principales sur le cercle de corrélation montré sur la figure 3.5. Il
permet de comparer le comportement d’une variable vis-à-vis de l’ensemble des
autres variables. La représentation dans le cercle laisse apparaître deux groupes
de descripteurs dont le comportement du point de vue de leur variation est très
proche vis-à-vis de l’ensemble des autres variables (dureté totale – chlorure Bicarbonate et couleur – turbidité - solides totaux - matière organique - dose).
La température et le pH présentent un comportement indépendant vis à vis des
autres variables et devraient, en toute vigueur, ne pas être éliminées pour
expliquer parfaitement les variations du système.
Variables (axes F1 et F2 : 72.57 %)
1
Dureté
BicarbT
Dureté
B icarb
Chlorures
Chlo rures
0.5
Temp
Temp
Turbidité
Couleur
Turbidité
Co uleur
SolTot
MatOrg
Do
se
M
atière
So
lidesOt
Dose
0
pH pH
-0.5
-1
-1
-0.5
0
0.5
- - a xe F 1 ( 5 4 .4 6 %) - - >
Figure 3. 5 Cercle de corrélation dans le plan 1-2.
1
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
75
De cette étude, on peut conclure que pour prédire la dose de coagulant en
fonction des caractéristiques de l’eau et que celles-ci soient en plus facilement
mesurables en continu, on peut ne garder que les variables Turbidité, Dureté Totale,
Température et pH.
3.4.3.3
Prédiction de la dose de coagulant en utilisant les RNAs
Pour la construction de la base d’apprentissage du perceptron multicouche nous
avons un ensemble de données, couvrant 2 années de fonctionnement, constitué de
725 échantillons (de janvier 2002 à fin décembre 2003), correspondant aux 4
descripteurs ((TUR, DT, TEMP et pH) en plus de la dose de coagulant appliquée.
L’analyse préliminaire en composantes principales a permis déjà de restreindre
le nombre de neurones de la couche d’entrée à 4 (figure 3.6).
Turbidité
Température
pH
Taux de
coagulant
Dureté totale
Figure 3. 6 Architecture du Perceptron multicouche
L’ensemble des 725 échantillons a été séparé en deux. Un total de 363
échantillons a ont été utilisé pour l’apprentissage afin de déterminer le modèle
(données d’apprentissage) par minimisation des critères MSE/ME. Le reste (362
échantillons) a été utilisé comme ensemble de test.
L’apprentissage a été réalisé sur le premier jeu de donnés couvrant la première année (2002).
Pour déterminer le nombre de neurones de la couche cachée (critère MSE/ME),
on a augmenté progressivement le nombre de neurones dans cette couche jusqu’à
atteindre la précision voulue et en même temps pour éviter un sur-apprentissage qui
détériorerait les performances en généralisation (prédiction pour des valeurs des
entrées autres que celles utilisées dans la base d’apprentissage), nous avons arrêté
l’apprentissage lorsque les valeurs des critères MSE/ME calculées sur des données de
test sont les plus petites. Cette procédure est décrite dans l’annexe C.
76
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
Sur la figure 3.7a, nous donnons les résultats des évolutions des deux critères
MSE et erreur moyenne (ME) pour une valeur du nombre de neurones dans la couche
cachée (20) et en fonction du nombre d’itérations. Sur la figure 3.7b, nous donnons les
résultats de la méthodologie en terme de valeurs des critères en fonction du nombre de
neurones dans la couche cachée pour un nombre d’itérations fixé. De la figure 3.7, il
ressort que le réseau offrant le meilleur compromis est celui qui possède 20 neurones
dans la couche cachée et dont les valeurs des poids des connections sont celles
trouvées après 50 itérations.
10
25
50
100
10
200
25
50
100
200
(a)
5
10
15
20
50
100
5
10
15
20
50
100
(b)
Figure 3. 7 Valeurs des critères (MSE) et de l’erreur moyenne pour la détermination du nombre
d’itérations (a) et du nombre de neurones dans la couche cachée (b)
Les
résultats
de
prédiction
ponctuelle
obtenus
sur
l’ensemble
de
test
indépendant sont illustrés sur la figure 3.8. Il montre la sortie calculée par le réseau
neuronal et la dose réellement appliquée (valeur cible) dans le cas du test du réseau
pour l’année 2003. On remarque que la réponse du réseau (ligne pointillée) est très
proche de la sortie cible.
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
77
L’erreur moyenne (ME) représentée par le critère C calculé par le réseau est de
0.210 lors de l’apprentissage, alors que celle calculée sur les données de test (année
2003) est 0.84.
Figure 3. 8 Dose de coagulant appliquée et dose de coagulant prédite (ligne pointillée et +)
avec le perceptron multicouche sur l’ensemble de test
L’Analyse en Composantes Principales permet de calculer la dose de coagulant
comme une fonction linéaire des 4 entrées sélectionnées. Il est en effet possible de
développer un modèle de régression linéaire à partir des résultats de cette analyse afin
de comparer ses prédictions à celles provenant du modèle par perceptron multicouche.
La figure 3.9 montre la sortie du modèle linéaire déterminée sur le même ensemble
d’apprentissage que le perceptron multicouche. La précision de la prédiction est
clairement inférieure à celle du perceptron multicouche ce qui confirme la forte nonlinéarité du procédé.
Figure 3. 9 Dose de coagulant appliquée et dose de coagulant prédite (ligne pointillée et +)
avec le modèle de type linéaire sur l’ensemble de test
Le tableau 3.5, illustre cette comparaison en termes de facteur de corrélation et
de critère.
78
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
Tableau 3.5 : Résultats de la comparaison modèle par réseaux de neurones et modèle par
régression linéaire
Indices de comparaison
RNA
Régression linéaire
R sur les données d’apprentissage
0.97
0.72
R2 sur les données de test
0.96
0.61
619.7
859.3
2
Critère MSE sur les données d’apprentissage
Un volet important du développement d’un capteur logiciel est de pouvoir
quantifier ses capacités de prédiction. Cette qualité de prédiction pourrait être mesurée
en terme de robustesse aux différentes erreurs de modélisation. Pour estimer cette
incertitude de prédiction, nous utilisons une approche basée sur le rééchantillonnage de
la base d’apprentissage par bootstrap (§ 2.5.3.3). Nous générons 50 ensembles de
bootstrap à partir de l’ensemble d’apprentissage (363 échantillons). 50 perceptrons
multicouches sont ensuite générés en utilisant la procédure d’apprentissage décrite
précédemment en utilisant comme ensemble d’apprentissage chacun des 50 ensembles
de bootstrap. Ensuite, pour chaque vecteur d’entrée on calcule la sortie ponctuelle
prédite ainsi que les 50 sorties de chaque perceptron multicouche. Ces différentes
sorties nous donnent une estimation de l’incertitude liée à la prédiction que l’on peut
exprimer sous forme d’intervalle. La Figure 3.10, montre les résultats de la prédiction
ponctuelle et l’intervalle de confiance ainsi obtenus sur l’ensemble de test.
Dose de coagulant (mg/l)
200
150
DoseAppliquée
DoseCalculée
100
MAX
MIN
50
0
0
10
20
30
40
jours
(Octobre-MiNovembre 2003)
Figure 3. 10 Dose de coagulant appliquée et dose de coagulant prédite avec le perceptron
multicouche sur l’ensemble de test (oct-Minov 2003) et l’intervalle de confiance (MAX et MIN)
A ce stade, il est intéressant de comparer les résultats que nous avons obtenus
avec ceux présentés par [VALENTIN,2000]
et [LAMRINI et al.,2005]. Dans les deux
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
79
cas, les réseaux de neurones développés sont du type Perceptron Multicouche. Leur
architecture est similaire à celle que nous avons proposée. Il est intéressant de
s’attarder sur cette structure. En particulier, on remarque que les entrées des réseaux
sont très similaires. Valentin [VALENTIN,2000] a choisi comme entrées de ce réseau :
la turbidité, la conductivité, le pH, la température, l’oxygène dissous et l’absorption UV.
Dans l’étude menée par [LAMRINI et al.,2005] on retrouve la turbidité, la conductivité,
le pH, la température, l’oxygène dissous. On voit donc qu’il y a 5 entrées communes. La
seule différence est dans la mesure de l’absorption UV. Si on reprend l’étude menée par
[LAMRINI et al.,2005], il apparaît que cette grandeur n’était pas disponible dans les
données initiales de la base d’apprentissage. Dans notre cas, nous avons comme
variables d’entrée : la turbidité, la dureté totale, la température et le pH. Nous ne
disposions pas de l’enregistrement de la conductivité dans les données fournies par la
station SMAPA, néanmoins on peut la rapprocher de la variable dureté totale. Il manque
donc la mesure de l’oxygène dissous commune aux deux autres réseaux. Comme
précédemment nous ne disposons pas de cette information sur la station SMAPA. Il
serait donc intéressant de pouvoir équiper cette station de ce capteur. Néanmoins, avec
une information en
moins, le capteur logiciel développé donne des résultats
satisfaisants. Le plus intéressant dans ces résultats est qu’ils montrent qu’il existerait
une structure générique pour ce type de capteur liée plus au type d’opération (la
coagulation) qu’à l’unité elle-même puisque ces capteurs ont des architectures
similaires alors qu’ils ont été développés pour des unités situées en France, au Maroc et
au Mexique donc pour des eaux brutes relativement différentes. Une étude intéressante
serait de développer un capteur logiciel à l’aide de données d’un site et de le tester sur
les données provenant d’un autre site. Ceci n’a pu être effectué ici car les entrées bien
que similaires n’étaient pas totalement identiques. Les études futures dans ce domaine
devraient viser à développer une sorte de capteur universel car la possession d’un
capteur générique serait un atout important pour les industriels de la production d’eau
potable.
3.5
Conclusion
Dans ce chapitre nous avons abordé les aspects liés à l’instrumentation d’une
usine de production d’eau potable.
Après avoir exposé les caractéristiques du procédé de coagulation, il est apparu
clairement
que
pour
pallier
les
déficiences
humaines,
les
retards
et
la
non
reproductibilité des analyses effectuées hors ligne, il était souhaitable de posséder un
moyen de détermination automatique de la dose de coagulant à injecter. Devant un
80
Instrumentation et développement d’un capteur logiciel
manque cruel de modèle de connaissance relatif aux différents mécanismes mis en jeu
lors de la coagulation, notre choix s’est porté sur le développement d’un modèle
comportemental.
La
relation
entre
la
dose
de
coagulant
et
les
différentes
caractéristiques de l’eau brute, de nature non linéaire, nous a conduit à adopter un
réseau de neurones multicouche. La sélection des entrées du réseau a été effectuée en
utilisant la technique statistique par Analyse en Composantes Principales qui permet
d’éliminer les informations redondantes et de restreindre le nombre des variables
d’entrée à celles les plus pertinentes. La construction du perceptron multicouche a obéi
à l’objectif qui est de déterminer la meilleure architecture possible et le meilleur jeu de
poids au sens d’un critère donné tout en conservant les capacités de généralisation du
réseau. Nous avons pour ce faire adopté une procédure itérative qui permet
d’augmenter progressivement le nombre de neurones dans la couche cachée jusqu’à
obtention de la précision voulue, tout en maintenant la capacité de généralisation du
réseau et en arrêtant la procédure d’apprentissage, lorsque les valeurs des poids
conduisaient à des performances moins bonnes en test.
Le test du réseau ainsi obtenu, sur des données expérimentales provenant des
historiques de la station a démontré l'efficacité de cette approche [HERNANDEZ et LE
LANN, 2006]. La comparaison des résultats obtenus par ce réseau avec ceux issus
d’une régression linéaire a démontré que le choix d’un RNA au lieu d’une régression
linéaire était amplement justifié.
D’ailleurs, le capteur logiciel est bien adapté à
différentes variations de la qualité de l’eau brute (cas de fortes variations de la
turbidité). Cette étude permettra à terme de remplacer les dosages manuels effectués
par l’opérateur de la station SMAPA. Il faut cependant noter, que la confirmation
définitive de cette approche pourra être obtenue qu’au terme d’une validation sur site,
sur une période suffisamment longue.
Dans les chapitres suivants, nous allons proposé d’établir une méthodologie de
diagnostic basée sur l’interprétation des informations obtenues sur tout l’ensemble du
procédé de production d’eau potable en y incluant la valeur de la dose de coagulant
calculée par le capteur logiciel présenté précédemment.
4 METHODOLOGIE GENERALE POUR LA
SURVEILLANCE DES PROCEDES DE PRODUCTION
D’EAU POTABLE
4.1
Introduction
La maintenance préventive
des usines industrielles et des ressources de
production exige une surveillance et une localisation des défaillances afin de prévoir et
d’optimiser un arrêt de production dû à un défaut critique. Plusieurs méthodes de
diagnostic permettent de résoudre ce problème de détection et d'isolement. Certaines
d'entre elles sont bien adaptées à un type de processus et d'autres sont inadaptées.
Un système de surveillance doit permettre de rendre compte de l’état d’un
procédé à tout moment. Notre objectif principal est de développer une méthode de
diagnostic à partir des données historiques et des données enregistrées en ligne lors de
l’exploitation du procédé. Cette méthode doit être capable d’identifier des situations
anormales issues des dysfonctionnements et de détecter des besoins de maintenance,
pour aider à l’opérateur de la station dans sa prise de décisions. C’est-à-dire, qu’elle
doit permettre d’identifier clairement, les défaillances du processus surveillé en
diminuant le nombre de fausses alarmes et prédire la maintenance des différentes
unités de la station de production de l’eau potable. Pour assurer cette fonction, il est
évident que l’on doit disposer d’un certain nombre d’informations sur le système dont
on assure le fonctionnement.
82
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
Dans la première partie de ce chapitre, nous présentons la description de la
méthodologie de diagnostic qui se compose de trois parties : le prétraitement des
données, l’établissement du modèle de comportement hors ligne et le diagnostic en
ligne. Ensuite, nous décrivons une stratégie pour la validation des transitions des
différents états du modèle proposé.
4.2
Description générale de la méthode pour la surveillance
de la station SMAPA
La figure 4.1 illustre le schéma général de la méthode de diagnostic que nous
proposons. Elle est basée sur l’analyse d’informations disponibles issues des capteurs
équipant le processus de production d’eau potable.
Cette méthode est basée sur l’analyse de données historiques et renferme
quatre étapes différentes : deux étapes hors ligne dans lesquelles les données sont
prétraitées et analysées pour l’obtention du modèle comportemental de la station
SMAPA, une troisième étape est l’analyse du comportement du processus obtenu où les
données en ligne sont utilisées pour déterminer l’état courant attendu. La dernière
étape est celle consacrée à la validation des transitions entre états fonctionnels. Une
stratégie a été développée à partir de l’analyse des Degrés d’Adéquation Globale
(DAGs) issus de l’apprentissage
et de la reconnaissance permettant de valider ces
transitions. Dans la suite, nous présentons une description détaillée de chaque étape.
4.2.1 Prétraitement des données en utilisant ABSALON
(ABStraction Analysys ON-line)
Avant d’appliquer la méthode de classification pour obtenir les classes qui
permettent d’identifier les états fonctionnels représentatifs de la station, les données
doivent être mises en forme [HERNANDEZ et LE LANN, 2004]. C’est l’étape que nous
présentons ici comme étant le prétraitement des données.
Parfois, les mesures des
capteurs ne permettent pas de définir les caractéristiques représentatives des différents
états de fonctionnement. Si le prétraitement des données est indispensable pour
extraire
les
informations,
il
est
nécessaire
de
conserver
caractéristiques, tant pour la détection que pour le diagnostic.
l’interprétabilité
des
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
83
Prétraitement
des données
Données
d’entrainement
Prétraitement
des données
Apprentissage
Non supervisé
classes
Etape d’apprentissage
hors ligne
Evaluation
de l’expert
Affectation
classes
à états
États +
Automate
Identification
des séquences
d’états
Validation des
transitions
Etape de reconnaissance
en ligne
Ajustement
des paramètres
Reconnaissance
Ajustement
du seuil
Données
en ligne
Etats fonctionnels
du procédé +
validation des transitions
Figure 4. 1 Description générale de la méthode pour la surveillance de la station SMAPA
84
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
L’analyse des données par l’abstraction vise à extraire des informations
significatives à partir des données issues d’un procédé quelconque qui seront ensuite
utilisées dans différentes tâches telles que supervision et diagnostic. Cette abstraction
est basée sur le concept de la fenêtre glissante comme un élément de base des
différents analyseurs de signaux. Nous avons utilisé deux techniques pour le
prétraitement des données issues de travaux effectués au sein du groupe DISCO du
LAAS-CNRS, le filtrage et l’histogramme [SARRATE,2002]. Ces analyseurs sont
présentés comme des blocs SIMULINK de MATLAB [MATLAB,2001] rassemblés dans une
librairie nommée ABSALON. Avant d’expliquer sous forme détaillée ces analyseurs,
revenons sur le concept de fenêtre glissante, laquelle réalise la tâche d’abstraction
d’information.
4.2.1.1
Concept de la fenêtre glissante
Le concept est basé sur la génération d’une base pour l’analyse du signal
échantillonné dans le but d’extraire des informations utiles. La base d’échantillonnage
temporelle s’exprime normalement par la formule suivante :
t (i ) = t 0 + iT
(4.1)
avec
T : période d’échantillonnage
t0 : l’instant initial
t(i) : l’instant de mesure
Sous forme matricielle :
t (i ) = (1
(4.2)
⎛t ⎞
i )⎜⎜ 0 ⎟⎟
⎝T ⎠
L’équation 4.1 génère la séquence infini de t(i) :
τ = {0, T ,2T ,3T ,K}
τ = {t (i ) t (i ) = t 0 + iT }
(4.3)
Définition 1 : Générateur de fenêtre [SARRATE,2000]
Un générateur de fenêtre GENFEN est un quadruplet :
GENFEN = (S E , F , Ω, f )
avec
SE : le signal d’entrée du générateur de fenêtre
(4.4)
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
85
F : l’univers de la fenêtre
Ω : paramètres caractérisant la fenêtre
ƒ : fonction de renvoi des données de la fenêtre
Tel que :
f : S Ea +1 → F
F ( j ) = f (δ E (i ),K, δ E (i − a ))
F ( j ) = {δ E (i − a ),K, δ E (i )}
(4.5)
avec :
(δ E (i ),K, δ E (i − a )) : sont les données du signal d’entrée.
a : largueur de la fenêtre. C’est le paramètre amplitude de la fenêtre qui calcule
le nombre de périodes du signal échantillonné
F ( j ) : la fenêtre créée à l’instant j constituée par les données du signal
d’entrée.
Le générateur de fenêtre produit à l’instant j une fenêtre qui correspond à
l’instant de la dernière donnée d’entrée de la fenêtre t F ( j ) = t E (i ) . La période
d’actualisation de la fenêtre est TF = dTE , d est le déplacement de la fenêtre et TE la
période d’échantillonnage. Observant que la fenêtre F est liée à l’index indicateur
d’ordre j, le signal d’entrée est constitué par les données échantillonnées aux instants
t E (i ) :
t F ( j ) = t F 0 + jTF = (1
⎛t ⎞
j )⎜⎜ F 0 ⎟⎟
⎝ TF ⎠
(4.6)
avec :
t F = t E 0 + aTE
TF = dTE
(4.7)
Ce modèle est représenté comme un bloc S-FUNCTION de SIMULINK dans la
librairie ABSALON (Figure 4.2):
86
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
SE
TE
GENFEN
F
TF
(a)
(b)
Figure 4. 2 (a) Générateur de fenêtre et (b) du bloc S-FUNCTION
Définition 2 : Analyseur de fenêtre
Un analyseur de fenêtre ANAFEN est un quadruplet :
ANAFEN = (S S , F , Ω, γ )
Tel que :
SS : le signal de sortie du analyseur de fenêtre
F : l’univers de la fenêtre
Ω : paramètres caractérisant la fenêtre
γ
: fonction d’analyse de la fenêtre
avec :
γ : F × Ω m → ΥS
v S ( j ) = γ (F ( j ), (w1 , K , wm ))
(4.8)
v S ( j ) : l’amplitude de la jème donnée de sortie de la jème fenêtre,
(w1 ,K, wm ) :
les paramètres de la fenêtre F(j) nécessaires à l’analyse,
(w1 ,K, wm ) ∈ Ω
4.2.1.2
Étude statistique au moyen d'histogrammes
La figure 4.3 montre l’évolution des variables dans une fenêtre temporelle
d’observation. Cette fenêtre permet l'évaluation des situations effectuées par un
opérateur dans un système de visualisation. Un signal physique peut montrer des zones
interdites, des zones souhaitées, et n'importe quelle autre zone à laquelle une
signification peut être attribuée. L'évaluation se réalise dans la fenêtre d’observation.
L'exemple illustre les trois zones suivantes : acceptable, satisfaction et conflit.
L'histogramme est construit de sorte qu'il constitue une des bases de l'interprétation.
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
t-h
87
t
variable
x(t)
t
Dominance Mode
satisfaction
HISTOGRAMME acceptable
conflit
Figure 4. 3 L’évolution des variables dans une fenêtre temporelle d'observation
4.2.1.3
Filtrage
La conversion du signal analogique en un signal numérique fait intervenir deux
opérations : l’échantillonnage du signal, c’est-à-dire le prélèvement de sa valeur à
intervalles réguliers, et sa discrétisation, c’est-à-dire sa représentation par un nombre.
Que le régulateur envisagé soit de type discret ou continu, le modèle de comportement
va être calculé sous forme discrète. Le choix de la période d’échantillonnage
d’acquisition doit donc être fait de façon à ce que le signal échantillonné donne une
représentation correcte du signal continu. Pour ce faire, la période d’échantillonnage Te
doit respecter la condition de Shannon [FLAUS,1994] :
Te =
où
4.9
1
2 ⋅ f max
fmax est la fréquence maximale contenue dans le signal. Pour satisfaire ce critère, il
est possible :
fmax
¾
Soit de le filtrer analogiquement de façon à réduire
¾
Soit d’acquérir les signaux avec une fréquence multiple de la fréquence
d’échantillonnage
f a = k ⋅ f e (ou Ta = Te / k ), puis de réaliser un filtrage
numérique afin de sous-échantillonner les mesures (figure 4.4).
88
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
échantillonnage
Te=k.Ta
échantillonnage
Ta
Mesure
Filtre
analogique
Mesure
discretisée
Filtre
numérique
Figure 4. 4 Filtrage analogique et numérique des signaux
En général, avec les automates et les systèmes de conduite actuels, la seconde
solution est la plus facile à mettre en œuvre car leur temps de cycle est nettement
inférieur aux constantes de temps des divers signaux rencontrés sur le procédé. Par
contre, une telle approche génère un nombre de points important. Nous verrons dans la
suite comment réduire ce nombre en réalisant un filtrage numérique du signal.
Le filtrage des données consiste à s’assurer que la condition de Shannon est
respectée à une fréquence plus faible. Si Te est la nouvelle période d’échantillonnage,
que nous prendrons égale à un multiple de la période d’acquisition pour simplifier Te =m
Ta, le filtrage doit éliminer toutes les fréquences supérieures à ½ Te. Les données étant
sous forme numérique, ce filtre ne peut être que numérique. Le plus souvent c’est un
filtrage du premier ordre du type :
x f (k ) = α ⋅ x f (k − 1) + (1 − α ) ⋅ x(k )
4.10
Le filtrage est d’autant plus fort que le coefficient α est proche de 1. On peut
aussi prendre une moyenne glissante sur m termes :
x f (k ) =
x(k ) + x(k − 1) + K x(k − m + 1)
m
4.11
Cette seconde approche donne des résultats corrects dès que m est supérieur ou
égal à 4. Pour choisir la constant de temps
α du
filtre du premier ordre, on choisit
comme fréquence de coupure (atténuation de -3 dB, c’est-à-dire un gain de 0,7) la
valeur suivante :
4.12
f
1⎞ f
⎛
f c = ⎜1 à ⎟ ⋅ e = β ⋅ e
3⎠ 2
2
⎝
où le coefficient
β
permet de choisir une marge de sécurité. La constante de
temps du filtre s’en déduit par :
α =e
Dans le cas où m=5,
−
Ta
τc
=e
− 2πTa f c
=e
− βπTa f e
=e
β =0,3, on a α =0,8819.
−β
π
m
4.13
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
89
4.2.2 Modèle de comportement du procédé
Nous utilisons la méthodologie de classification LAMDA pour la construction du
modèle du processus à partir des données historiques. Il est caractérisé par un
ensemble de classes qui permettent d’identifier un ensemble de situations qui
correspondent aux états fonctionnels de la station SMAPA. Les critères de paramétrage
du classificateur LAMDA pour obtenir la classification à l’aide des descripteurs de la
qualité de l’eau brute, sont présentés dans les paragraphes suivants. Ce paramétrage
est fait hors ligne et nécessite une intervention active de l’expert, qui doit être capable
de déterminer les différents états fonctionnels dans le processus. Toutefois, quand seule
la connaissance de l’expert est utilisée pour la détermination de ces états fonctionnels,
l’une des situations suivantes peut arriver :
¾
L’expert connaît l’existence des différents états du système, mais ne peut pas en
faire la reconnaissance à partir des données disponibles en ligne. Ainsi, il ne
définit pas a priori ces états pour la reconnaissance, ce qui implique une perte
importante d’information.
¾
L’expert considère qu’un état fonctionnel peut être identifié à partir des variables
en ligne, mais la méthode n’est pas capable de l’identifier à partir des signaux
disponibles en ligne. Alors, des états fonctionnels imposés non reconnaissables
introduiront des erreurs de classification importantes dans l’apprentissage
supervisé.
¾
L’expert ne peut pas identifier les états fonctionnels de manière précise, pour les
inclure dans la surveillance. Les spécialistes de production d’eau potable sont
principalement intéressés par l’évolution des variables de la qualité de l’eau, qui
peuvent aussi être mesurées hors ligne au moyen d'analyse de prélèvements.
Ainsi, la détermination des états fonctionnels, qui peuvent être détectés à partir
des variables d’environnement, peut constituer aussi une étape de découverte
pour les experts de l’eau.
A titre illustratif, dans le comportement du pH de l’eau, à l’entrée du processus,
les spécialistes formulent des règles expertes qui, théoriquement, reconnaissent l’état
fonctionnel qui correspond à des besoins en quantités importantes de coagulant pour
des valeurs du pH supérieures à 8.3. Néanmoins, ces règles ne prennent pas en compte
d’autres phénomènes en mesure de changer le comportement du signal sans aucune
influence sur l’état fonctionnel, tel que l’ajout d’acide sulfurique pour prétraiter l’eau et
baisser la valeur du pH et ainsi effectuer plus efficacement le processus de coagulation
avec moins de coagulant. Ce raisonnement amène l’expert à déterminer, par ses
90
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
connaissances théoriques du procédé, des états qui ne sont pas reconnaissables en
ligne à partir des signaux disponibles et des abstracteurs développés.
La seule analyse des enregistrements de fonctionnements passés, afin de
déterminer les états fonctionnels, représente en elle-même une problématique de
production d’eau potable par le biais de la classification par apprentissage non
supervisé. En général, les techniques d’acquisition de connaissances expertes n’incluent
la découverte de nouvelles relations que comme une étape antérieure d’analyse. Ceci
est dû principalement au fait que les méthodes de formalisation ne prévoient
généralement pas la création de nouveaux liens entre connaissances modélisées. En
outre, la découverte de nouvelles relations dépend aussi de la reconnaissance humaine
de phénomènes jusqu’alors inattendus. Ces découvertes doivent être validées,
puisqu’un expert unique a typiquement une perception restreinte du système analysé.
Afin de réduire le biais et l’imprécision de cette nouvelle connaissance, celle-ci doit être
validée sur des données enregistrées auparavant.
4.2.2.1
Choix du contexte
Il s’agit du choix de l’intervalle de fonctionnement du processus, très souvent fait
par l’expert. Dans le cas de la méthode de classification LAMDA, ce contexte est définie
par :
¾
Les valeurs minimale et maximale pour la normalisation des descripteurs
quantitatifs et,
¾
Toutes les modalités pour chacun des descripteurs qualitatifs.
4.2.2.2
Modes d’apprentissage
La classification LAMDA peut réaliser trois différents modes d’apprentissage selon
la séparation de l’ensemble des observations à utiliser pour l’apprentissage.
¾
L’apprentissage supervisé. Il est imposé par l’expert, qui connaît a priori les
modèles réels de fonctionnement contenus dans l’ensemble d’apprentissage. En
effet, l’expert étiquette les observations qui d’après lui, représentent le mieux
les différentes situations.
¾
L’apprentissage non supervisé, nommé auto-apprentissage, il n’est pas toujours
possible de disposer des connaissances a priori
sur les caractéristiques de
fonctionnement et l’expert ne peut pas affecter chaque observation à une
situation. Il consiste à créer, à partir des informations contenues dans un
ensemble de données, des classes ou groupes de classes caractérisant les
différents modes de fonctionnement.
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
¾
91
L’apprentissage supervisé-actif, où l’expert n’a pas besoin d’étiqueter toutes les
observations de l’ensemble d’apprentissage. Il peut laisser des éléments sans
classe
soit
parce
(a)
qu’il
considère
que
certains
ne
sont
pas
assez
représentatifs, ou (b) qu’il ne possède pas les connaissances pour déterminer si
ces éléments correspondent à un type de comportement.
Ainsi, l’algorithme d’apprentissage peut effectuer une première classification
pour obtenir les paramètres des classes. Postérieurement, les observations qui n’ont
pas été attribuées à une classe seront utilisées, soit pour faire évoluer les classes
existantes, soit pour en créer de nouvelles.
4.2.2.3
Réglage des paramètres de la classification
La méthode de classification LAMDA considère trois paramètres à régler :
¾
La fonction d’adéquation marginale pour les descripteurs quantitatifs
¾
Les connectifs mixtes d’association pour l’agrégation des contributions de chaque
descripteur et
¾
L’indice d’exigence, pour rendre plus ou moins stricte l’attribution d’un individu à
une classe.
4.2.2.4
Association des classes à des états fonctionnels
L’expert à l’aide des données qui sont disponibles hors ligne, associe des classes
à des états fonctionnels. Dans cette opération, trois situations sont possibles :
¾
Une classe est équivalente à un état fonctionnel
¾
Un groupe de classes est équivalent à un état fonctionnel
¾
Une classe n’est équivalente à aucun état fonctionnel
Il est possible d’obtenir deux situations qui sont différentes par leur données
mais avec la même signification.
4.2.3 Diagnostic en ligne
Une fois que le modèle de comportement du procédé a été élaboré, l’étape
suivante consiste à déterminer, à chaque instant, dans quel état fonctionnel se trouve
le procédé lorsqu’une nouvelle observation est présentée. Tous les modes de
fonctionnement ne sont pas forcement identifiés lors de l’étape d’apprentissage et, en
conséquence, le modèle le comportement n’est pas exhaustif dû à certaines situations
où le recueil des données n’a pas été possible au préalable ou qu’il existe des situations
dont l’occurrence est peu fréquente. Pour cette raison, il est nécessaire que le système
de surveillance présente un caractère adaptatif au moment de l’identification des
92
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
nouvelles situations. Pour cela, deux principes d’apprentissage sont prévus : un
apprentissage hors ligne (modèle du comportement du procédé) et une reconnaissance
en ligne. La reconnaissance en ligne permet de détecter en continu un défaut en se
basant sur le modèle de comportement, afin de détecter, localiser et identifier une
défaillance. La figure 4.5 montre le diagramme de blocs associé au diagnostic en ligne.
En ligne
LAMDA
Reconnaissance
Processus
Détection
Localisation
Identification
Modèle de
comportement
Figure 4. 5 Schéma du diagnostic en ligne du procédé
Nous avons divisé la phase de diagnostic en trois parties : l’espace de mesure,
l’espace de reconnaissance et l’espace de diagnostic. L’espace de mesure est l’ensemble
des descripteurs de l’eau potable sélectionnés à l’entrée du système de diagnostic en
ligne. L’espace de reconnaissance consiste à déterminer dans quel état fonctionnel se
trouve le procédé lorsqu’une nouvelle observation est présentée et il est basé sur le
modèle de comportement construit hors ligne. L’espace de diagnostic explique le type
de défaillance qui a causé le défaut sur le procédé. Si un nouveau défaut détecté arrive,
alors il faut actualiser le modèle de comportement, en ajoutant une nouvelle classe qui
représente cette défaillance.
Il est possible que, des opérations anormales dans un procédé n’aient pas été
détectées, à cause d’un manque de descripteurs pour en faire le diagnostic. Ceci veut
dire que, le système de diagnostic n’est pas capable de détecter le défaut (il confond ce
défaut avec l’opération normale du procédé) mais que la détection a été réalisée par
l’opérateur. Dans ce cas, il faut créer une nouvelle classe qui représente le défaut non
détecté. Le plus important dans l’identification d’un nouveau défaut est de ne pas le
confondre avec un autre dysfonctionnement connu. Dans le cas d’une confusion, il faut
refaire la conception du modèle en modifiant les paramètres du système de diagnostic.
4.2.4 Stratégie pour la validation des transitions
Le principe de la surveillance d’un processus dynamique à partir d’une méthode
de classification, consiste à déterminer à chaque instant l’état fonctionnel qui a
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
93
préalablement été associé avec un état fonctionnel du système. C’est pourquoi dans la
phase d’exploitation, il s’agit de décider à chaque instant de mesure quel est l’état de
fonctionnement. Cette décision est particulièrement délicate à prendre lors des
transitions, c'est-à-dire lorsqu’il y a un changement dans la classe à laquelle l’ensemble
des mesures (individu à classer) est attribué. Nous présentons dans ce qui suit une
méthode permettant la validation des transitions entre états qui est basée sur la
mesure d’information obtenue à chaque instant du procédé.
À partir des classes obtenues par un algorithme de classification floue, et dans
l'étape de reconnaissance de données, nous proposons de valider le changement d'état
pour éviter de fausses transitions ou des transitions à des états mal conditionnés.
Normalement, un individu est classé dans l'état pour lequel il a le plus grand degré
d’appartenance, mais on considère une décision "mal conditionnée" quand les degrés
d’appartenance à toutes les classes sont semblables ou proches d'un niveau
d'incertitude. Dans ce cas la décision n'est pas sûre et on ne doit pas valider la
transition. Pour établir la certitude de la transition d'état, nous proposons un indice de
fiabilité qui a été inspiré de la mesure d'information floue (entropie floue).
Le résultat des techniques de classification du type flou fournit des degrés
d’appartenance de l’individu analysé à chaque classe. Dans la plupart des algorithmes la
décision de classement est obtenue par la recherche de la classe pour laquelle l’individu
présente le maximum d’appartenance, ou d’adéquation.
En présence d’incertitudes causées par l’imprécision dans les mesures, ou par les
possibles perturbations peu significatives du fonctionnement du procédé, la transition
d’un état à l’autre, peut avoir peu de justification réelle. Dans ce cas, nous disons qu’il y
a un mauvais conditionnement pour prendre la décision de changement d’état. C’est
pourquoi l’introduction d’un critère de validation des transitions a été considérée comme
un apport important à la surveillance effective des processus. Des travaux antérieurs
remarquent l’importance de valider les transitions d’état pour établir un automate qui
permette d'identifier l’état actuel du système [KEMPOWSKY et al.,2006]. Toutefois
l’analyse de la signification des transitions n’a pas été étudiée en profondeur.
Pour notre approche, nous avons considéré que le critère essentiel associé à une
décision est l’évaluation de l’information qui a été nécessaire pour la prendre. C’est
dans cette optique que nous avons cherché à mesurer cette information. Étant donné
que nous sommes en présence d’une partition floue fournie par les degrés d’adéquation
de chaque instant de fonctionnement (individu) à toutes les classes, nous pouvons
chercher à analyser l’information instantanée sur laquelle une attribution est faite ;
94
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
alors la transition ne sera validée que dans les cas où cette information est considérée
comme suffisante.
Généralement, la quantité d'information est associée à l'entropie des données.
Dans le cas des ensembles flous, la formule de l’entropie non probabiliste proposée par
De Luca et Termini [De LUCA et TERMINI,1972] a été largement utilisée.
Pour la validation des transitions, il est nécessaire d'utiliser l'information
instantanée de l’individu qui a produit le changement d'état. Par conséquent l'analyse
est basée sur l'ensemble (vecteur) des degrés d’appartenance de cet individu à chaque
classe. Le vecteur des degrés d’appartenance peut être considéré comme un ensemble
flou. Si pour la validation des transitions basée sur la quantité d’information, on utilise
une mesure classique d’entropie floue [De LUCA et TERMINI,1972 ; SHANNON,1948], la
décision est considérée bien conditionnée quand la quantité d’information est grande.
Toutefois, une décision qui a été prise avec de faibles valeurs de degrés d’appartenance
donne une valeur importante de l'information. C'est pourquoi nous proposons d’utiliser
un indice de décision qui est basé sur l'entropie de De Luca et Termini [De LUCA et
TERMINI,1972]. Cet indice permet de mesurer l’information instantanée qui a provoqué
le changement d’état et permet de tenir compte du rapport entre les faibles degrés
d’appartenance et l’incertitude sur la décision.
4.2.4.1
Indice de décision
Indices de degré de flou (fuzziness)
¾
Les fonctions d’entropie non probabilistes représentent le degré de flou d'un
ensemble flou discret (µ) vis-à-vis des éléments qui le composent [De LUCA et
TERMINI,1972 ; TRILLAS et ALSINA, 1979 ; TRILLAS et RIERA, 1978].
L’analyse est
faite en fonction des degrés d’appartenance µ(xi) de chaque élément (xi).
D’après l’approche proposée par De Luca et Termini, les fonctions « entropie
()
floue » H μ
doivent respecter les axiomes suivants [De LUCA et TERMINI,1972 ;
TRILLAS et ALSINA,1979 ; TRILLAS et RIERA,1978 ; TRILLAS et SANCHIS,1979]:
P1 :
P2
H ( μ ) = 0 ⇔ μ ( xi ) ∈ {0,1}
: max H ( μ ) ⇔
P3 :
La relation d'ordre
∀i
μ ( xi ) =
1
2
(4.14)
H (η) ≤ H (μ ) ⇔ η ≤ S μ
≤ S est un opérateur de comparaison appelé "sharpeness". Un
ensemble flou η est considéré comme plus "aigu" (sharp) que l’ensemble flou μ si :
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
95
∀x ∈ E
Si μ ( x) ≤ 0.5 alors η ( x) ≤ μ ( x)
(4.15)
Si μ ( x) ≥ 0.5 alors η ( x) ≥ μ ( x)
Les fonctions qui respectent ces axiomes peuvent être exprimées par la formule
générale :
⎛ C
⎞
H ( μ ) = h⎜ ∑ wi ⋅ T ( μ ( xi )) ⎟
⎝ i
⎠
(4.16)
C correspond au nombre d’individus dans l’univers de discours (E) où est défini
l’ensemble flou µ. Selon [De LUCA et TERMINI,1972 ; PAL et BEZDEK, 1993] :
(i) wi ∈ ℜ +
(ii) T (0) = T (1) = 0
⎯→ ℜ + a un seul maximum en μ ( xi ) =
(iii) T (μ ( xi ) ) : [0,1] ⎯
monotone pour μ ( xi ) < 1 2 et pour μ ( xi ) > 1 2
1
2
et est
(4.17)
(iv) la fonction h : ℜ + ⎯
⎯→ ℜ + est monotone croissante
De Luca et Termini [De LUCA et TERMINI,1972] ont proposé d’utiliser comme
fonction T (.) (équation 4.18) l’entropie probabiliste de Shannon [SHANNON,1948]
appliquée à la paire formée par l'élément et son complément à un dans l'ensemble flou:
S ( μ ( xi )) = μ ( xi ) ⋅ ln μ ( xi ) + (1 − μ ( xi )) ⋅ ln(1 − μ ( xi ))
(4.18)
Alors l'expression de l'entropie de De Luca et Termini est donnée par:
C
H DLT ( μ ) = K ⋅ ∑ S ( μ ( xi ))
(4.19)
i
où K ∈ ℜ
+
est une constante de normalisation.
De nombreuses études ont montré la validité de cette expression comme mesure
de l’information floue [AL-SHARHAN et al.,2001].
Cependant, d’autres familles de fonctions avec la même forme de base que celle
de De Luca et Termini peuvent être utilisées surtout dans le domaine de la prise de
décisions et la classification [De LUCA et TERMINI,1972 ; De LUCA et TERMINI,1974].
Elles sont toujours basées sur les axiomes présentés en (4.14) et sous la forme de
l’équation (4.16), où wi = K et la fonction T est donnée par :
96
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
T ( μ ( xi )) = f ( μ ( xi )) + f (1 − μ ( xi ))
¾
(4.20)
Indice de validation pour la transition d’états
Le degré d’appartenance d'un individu exprime son adéquation à une classe. En
revanche, dans le cas d’une prise de décision entre plusieurs groupes ou classes, les
degrés d’appartenance expriment l’adéquation d’un individu à plusieurs classes. Dans le
cas de la surveillance de systèmes dynamiques, l’individu est représenté par l’ensemble
des variables qui définissent l’état actuel du système et les classes sont les états
possibles. L’état avec le degré d’appartenance le plus grand est considéré comme celui
dans lequel le système évolue à ce moment là. La fiabilité du choix de l’état à l’instant
présent est directement proportionnelle à la capacité d’élection parmi les degrés
d’appartenance.
Au contraire des indices de degré de flou (e.g. entropie floue), le problème qui
nous concerne dans ce cas n’est plus l’analyse d’appartenance de plusieurs individus à
une classe, mais le choix entre plusieurs classes (états) auxquelles un individu peut
appartenir.
Pour ceci, nous définissons un nouvel ensemble flou où l’univers de
discours E est défini par le nombre de classes C et les degrés d’appartenance
correspondent aux valeurs d’appartenance de chaque individu à chaque classe.
Plus un ensemble est ordonné, plus il est informatif et alors son entropie est plus
faible. L’ensemble que nous considérons le plus informatif dans le cas d'un choix est
celui qui assigne l’individu dans une classe avec le degré maximum d’appartenance
tandis que le degré d’appartenance aux autres classes est nul. Par contre, l’entropie de
décision de l’ensemble devient maximale si tous les degrés d’appartenance sont égaux,
en conséquence, l’information fournie par l’ensemble sera alors nulle, vis à vis de la
fiabilité de la décision. Dans ce contexte, comme indice de validation nous utilisons le
complément de l’entropie de la décision proposé dans [DIEZ et AGUILAR-MARTIN,2006]
qui est basé sur l’entropie floue de De Luca et Termini.
Nous considérons toujours que le choix correspond au maximum d'appartenance,
[
]
ou d'adéquation, ainsi nous aurons μM = max μ ( xi ) . Ensuite, les indices flous de décision
sont définis comme la différence entre cette valeur maximale et chacun des degrés
d’appartenance
de
l’ensemble
(pour
le
cas
de
validation
d’états
correspondent aux degrés d’appartenance de l’individu a chaque classe) :
ces
valeurs
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
δ i = μ M − μ ( xi ) ∀i ≠ M
97
(4.21)
L’entropie de décision pour l’ensemble flou µ est le dual de l'information globale,
[DIEZ et AGUILAR-MARTIN, 2006] représentée par l’équation (4.22):
H D ( μ ) = 1 − I D (μ )
(4.22)
L’information utile fournie par l’ensemble flou pour la prise de décisions ID(µ)
correspond à:
(δ i )
I D (μ ) = K ⋅ ∑ δ i ⋅ e
i
où K =
(4.23)
1
C *μM ⋅e
μM
Cette entropie est basée sur des axiomes qui suivent la philosophie de ceux
proposés par De Luca et Termini et en relation avec l’entropie floue comme indice de
degré de flou. Ces axiomes sont les suivants :
R1: H ( μ ) = 0 ⇔ ∀i
R2: max H ( μ ) ⇔
≠ M ; μ ( xi ) = 0
∀i, j ; μ ( xi ) = μ ( x j )
(4.24)
R3: H ( η) ≤ H (μ ) ⇔ η ≥ F μ
La relation
≥F
est proposée comme un comparateur de la fiabilité de
l’affectation à un ensemble. Cet opérateur est défini de façon similaire à celle de
l’opérateur de « sharpeness » ( ≤ S ) proposé par De Luca et Termini. Une décision basée
sur un ensemble non probabiliste flou η est considérée plus fiable qu’une autre basée
sur l'ensemble flou μ si l'indice de fiabilité de η est plus grand que celle de μ.
η ≥F μ ⇔
FIA(η ) ≥ FIA(μ )
(4.25)
L’opérateur FIA(µ) est défini comme :
FIA(μ ) = μ M + card [δ (μ )]
4.2.4.2
(4.26)
Méthode de validation des transitions
Lorsqu’une transition entre l’instant t-1 et l’instant t est proposée par
l’algorithme de reconnaissance, le système analyse l’indice d’information du nouveau
vecteur des appartenances de l’individu x(t ) , si celui-ci dépasse un certain niveau
d’incertitude la transition est validée. Dans le cas contraire, la transition est mise en
attente, tant que l’algorithme de reconnaissance continue à proposer la même classe,
98
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
elle sera validée si à un instant postérieur t+r la quantité d’information est considérée
fiable.
Comme mesure d’information nous utilisons l’indice d’information ID(µ) donné
par l'équation 4.23. Il peut arriver, soit qu’une transition ne soit jamais validée et reste
ignorée du système, soit qu’elle soit validée avec un retard r par rapport à l’instant où
l’algorithme de reconnaissance l’avait détectée. L’introduction de ce retard permet
d’éliminer les effets de bruits ou perturbations qui fournissent une apparence de
transition. Dans certains cas, on observe des oscillations entre deux classes qui sont
uniquement causées par les imprécisions dans les mesures et ces oscillations seront
alors éliminées de manière automatique, ainsi que les fausses alarmes.
¾
Niveau d’Incertitude
Il est nécessaire de définir une valeur d’information instantanée, qui permet de
considérer la décision comme suffisamment fiable pour valider le changement d’état.
Pour ceci nous constatons que, dans la méthode LAMDA [AGUILAR et LOPEZ,1982 ;
KEMPOWSKY et al.,2006], l’information apportée par l’attribution à une des classes
informatives, (différente de la classe de Non Information, NIC), est égale à l’incertitude
de cette classe NIC, puisque l’union des classes informatives est exactement le
complément de la classe NIC. La valeur d’appartenance de n’importe quel individu à la
classe NIC est une constante fournie par l’algorithme qui joue le rôle de valeur
minimum d’adéquation. Il est donc naturel d’utiliser comme niveau d’incertitude
la
formule d’information totale en incluant le degré d’appartenance à la classe NIC,
donnée par l'équation 4.27.
I NIC = K ⋅ (∑ (δ i ) ⋅ e + (δ NIC )⋅ e
i
NIC
) ∀i ≠ M
i
où K =
(4.27)
1
C *μM ⋅e
μM
En analysant l’équation 4.27, si la décision de changement de classe a été prise
avec un degré d’appartenance significativement plus élevé que le degré d’appartenance
minimal (µNIC), le rapport entre
les quantités d’information correspond à l’équation
4.28 :
I NIC >> I D ⇔ μ M >> μ NIC
(4.28)
Pour prendre la décision de validation nous avons ajouté une marge de décision
ε.
Méthodologie générale pour la surveillance des procédés de production d’eau potable
99
Cette valeur permet de garantir l’information pour le changement d’état ID et le
niveau d’incertitude minimal de telle manière qu'on valide la transition uniquement si :
I NIC > I D + ε
(4.29)
Plus la marge de décision est grande, plus la transition sera validée et mieux
conditionnée.
Avec cette approche nous validons uniquement les transitions qui ont un degré
d’information suffisant par rapport à l’information globale, en incluant la classe
d’adéquation minimale, qui dans le cas de LAMDA correspond à la NIC.
4.3
Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons abordé le prétraitement des données comme un
élément indispensable pour extraire les informations les plus représentatives au moyen
de l’analyse du signal par l’abstraction d’informations significatives (ABSALON).
Nous avons développé une méthodologie basée sur la technique de classification
floue LAMDA, qui permet d’effectuer la surveillance des procédés de production d’eau
potable, en utilisant une stratégie qui cherche à modéliser un certain type de
raisonnement humain au moyen de données historiques du processus.
Sachant que la connaissance experte est toujours nécessaire pour la construction
du modèle de référence, il faut apporter à l’opérateur des moyens pour faciliter
l’analyse et l’interprétation des résultats obtenus lors de l’apprentissage au travers
d’une interphase graphique.
Nous avons proposé une méthode de validation des transitions qui permet de
manière automatique, pendant l’étape de reconnaissance, de ne pas tenir compte des
classes mal conditionnées. Cette approche permet d’enlever les fausses alarmes ce qui
améliore l’interprétation des classes pour la surveillance. Un avantage de la méthode
est que l’analyse de l’information se réalise uniquement par rapport aux degrés
d’appartenance instantanés et ne demande pas une analyse des attributs des données
elles mêmes, ce qui dans de nombreux cas réduit considérablement la dimension des
vecteurs en présence.
Dans le chapitre 5, nous allons mettre en place le système de surveillance des
procédés de production d’eau potable basé sur la classification. Nous détaillerons les
éléments à prendre en compte et aussi nous rappellerons les prestations que doivent
apporter les outils de supervision pour aider l’opérateur dans la prise de décisions.
5 APPLICATION DE LA METHODE A LA STATION DE
PRODUCTION D’EAU POTABLE SMAPA
5.1
Introduction
Après avoir présenté la méthodologie générale pour la surveillance de la station
SMAPA de production d’eau potable, nous donnons les résultats obtenus à partir des
descripteurs caractéristiques de l’eau brute du diagnostic hors-ligne et en ligne. Pour
obtenir ces résultats nous avons appliqué la stratégie composée des quatre étapes
différentes : le prétraitement des données, l’analyse du modèle comportemental de la
station sous forme d’automate, l’analyse avec des données en ligne et la validation des
transitions.
D’abord, nous présentons les caractéristiques générales de la station SMAPA de
production d’eau potable. Nous exposons les aspects opérationnels par rapport à la
consommation de réactifs chimiques et la turbidité ainsi que le comportement
saisonnier de la station (saison des pluies et saison d’étiage) et ses caractéristiques
particulières en terme de maintenance et de nécessité de dérivation du courant d’eau
de certaines parties de la station. Ensuite, nous présentons les résultats obtenus grâce
à la méthodologie développée au cours de nos travaux concernant la surveillance des
procédés de production d’eau potable. Pour chaque saison, les résultats obtenus dans
102
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
l’étape d’apprentissage hors ligne seront présentés. Nous allons illustrer la stratégie
pour la validation des transitions et finalement nous présentons la reconnaissance enligne qui permet de valider l’ensemble de la stratégie proposée. Nous montrerons en
particulier, comment des classes mal conditionnées sont détectées et caractérisées pour
permettre la mise à jour du modèle de comportement.
5.2
La station de production d’eau potable SMAPA de Tuxtla
5.2.1 Description de la station
Le procédé de potabilisation la station SMAPA (figure 5.1) comporte : un
mélangeur ; un système de dosage de sulfate d’aluminium et polymère ; un système de
dosage du chlore (pré-chloration à l’entrée des décanteurs, chloration intermédiaire à la
sortie des décanteurs et post-chloration à l’entrée du réservoir de sortie) ; un canal de
distribution vers les réservoirs de floculation ; 4 floculateurs ; 4 décanteurs avec un
système d’extraction des boues ; 12 filtres ; un canal collecteur et un réservoir de
sortie.
ENTREE
•Temp
•Turbidité
•Couleur
•MatOrg
•SolTot
•pH
•Bic
•Chlorures
•DurTot
•DOSE COAG
Coagulant
Décantation
4 décanteurs
(Sulfate de Al)
Polymère
Chlore
Entrée
Grijalva
1
Mesure
du débit
Mélange
Coagulation
Floculation
2
3
Santo
Domingo
4
Filtration
12 filtres
Pompage
1
12
Rétrolavage des filtres
Sortie
Chlore
Après
Filtrage
vers réservoir (nov-avril)
Eau brute
Eau potable
Boues
Chlore
Avant
Filtrage
vers filtration (nov-avril)
AvF et ApF
•Temp
•Turbidité
•Couleur
•MatOrg
•Chlore résiduel
•Nombre rétrolavages
Stockage
Désinfection
Sortie
Distribution
Réseau
SORTIE
•Temp
•Turbidité
•Couleur
•MatOrg
•Chlore résiduel
•SolTot
•pH
•Bic
•Chlorures
•DurTot
Figure 5. 1 Schéma général de la station SMAPA de production d’eau potable
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
103
Pour la caractérisation de la station, la qualité et la quantité d’information dont le
responsable de la station dispose sont fondamentales. L’ensemble des données sont des
mesures qui sont obtenues par l’analyse de prélèvements journaliers. Dans la base de
données que nous utilisons dans cette étude, toutes les données ont été ramenées à un
échantillonnage journalier pour rendre homogène leur suivi.
5.2.2 Aspects fonctionnels de la station
Concernant le fonctionnement de la station de production d'eau potable SMAPA,
on observe une forte dépendance aux phénomènes saisonniers. Il y a 2 saisons, d’une
part la période d' « étiage », approximativement à partir de novembre, qui correspond
à la période où il ne pleut pas. D’autre part la période appelée « de pluies », à partir du
mois de mai et jusqu'en octobre. De plus, pendant le mois d'octobre on a généralement
une turbidité à valeurs importantes, étant données les fortes pluies qui peuvent se
transformer en ouragans.
Le comportement de la station dépend fondamentalement des paramètres de
turbidité et de consommation de réactifs chimiques. Presque toujours les années lors
desquelles ont été utilisées de plus grandes quantités de réactifs (liées à de plus fortes
valeurs de la turbidité), ont été les années les plus compliquées (en terme de
fonctionnement) pour la station. Ceci a provoqué la suspension temporaire du
processus de production d’eau potable, étant donnée la grande quantité de matière en
suspension que contenait l'eau. En effet, les fortes pluies peuvent provoquer un
mauvais fonctionnement des stations de pompage qui permettent le transport de l'eau
de la rivière jusqu'à l’unité. Le tableau 5.1 et la figure 5.2 montrent les quantités de
sulfate d'aluminium ajoutées pendant les années 2000 à 2003. Ces quantités sont liées
directement à la turbidité.
Table 5.1 Valeurs de dosage de réactifs (sulfate d’aluminium) en millier de tonnes
Jan
Fév
Mars
Avril
Mai
Juin
Juill
Août
Sept
Oct
Nov
Déc
2000
2050
1600
1650
1350
40250
120540
83379
71265
91616
35150
29661
13550
2001
5950
2000
700
1550
21120
99910
112430
85010
80320
51250
11700
12000
2002
5440
800
4160
8050
5500
113263
148960
149910
150982
79275
37215
9550
2003
4800
3050
4400
2250
13500
213130
277480
182100
150134
95525
56330
17150
Milliers
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
Dosage Sulfate d'aluminium (ton)
104
300
250
200
A2000
A2001
150
A2002
A2003
100
50
Fé
v
M
ar
s
Av
r il
M
ai
Ju
in
Ju
ill
Ao
ût
Se
pt
O
ct
No
v
Dé
c
Ja
n
0
Figure 5. 2 Dosage de réactifs (sulfate d’aluminium) en millier de tonnes
Les années où ont été utilisées de plus grandes quantités de réactifs chimiques
(par exemple, septembre 2003) coïncident avec les forts niveaux de turbidité. L’année
2003 coïncide avec la présence d'ouragans.
5.2.2.1
Dérivations du débit d'eau
L'objectif principal de ces dérivations est de maintenir une production d'eau en
quantité constante pendant toute l'année.
¾
Dérivation de l’entrée vers les filtres
Cette dérivation explique le comportement qui peut paraître anormal lorsque la
valeur de la turbidité avant les filtres est plus élevée que celle à l'entrée du processus
de potabilisation. Cette dérivation coïncide avec une accumulation de boues dans les
décanteurs ce qui correspond à la nécessité de travaux de maintenance sur ceux-ci.
Tandis que dans les filtres il n'y a pas d'excès du nombre de rétrolavages, on peut donc
effectuer cette dérivation.
¾
Dérivation des décanteurs vers le réservoir de sortie
Cette dérivation est toujours normalement ouverte sauf si la dose de coagulant à
ajouter devient supérieure à 250 mg/l.
¾
Dérivation directe vers le réservoir de sortie
Cette dérivation de l’entrée est maintenue ouverte seulement durant la saison
d'étiage, si l'eau est maintenue à des valeurs de turbidité de 5 NTUs et à des valeurs de
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
105
couleur de 20 u Pt-Co, permises par la norme ; ou bien lorsque certains décanteurs se
trouvent en maintenance.
5.2.2.2
Besoins de maintenance
¾
Maintenance des décanteurs
Le signal principal pour savoir quand la maintenance des décanteurs est
nécessaire est donné par les valeurs de la turbidité et les valeurs de la couleur à
l'entrée qui dans ce cas sont inférieures à celles en sortie des décanteurs (avant les
filtres). Ce comportement que l’on pourrait qualifier d’anormal est dû à l'accumulation
de boues dans des décanteurs : en d’autres termes l’eau sort plus « sale » qu’elle ne
rentre !.
Parfois la maintenance des décanteurs peut être avancée lorsque le système
aspirateur de boues « clarivacs » ne fonctionne pas de façon adéquate,
à cause de
l’accumulation de solides pendant la saison des pluies. Quand ce système aspirateur de
boues se bloque, les boues s'accumulent et une partie des solides passe à l'étape de
filtration au lieu d’être évacuée.
La durée de la maintenance des décanteurs est d'un mois approximativement et
elle est effectuée pendant la seconde quinzaine de février et la première quinzaine de
mars de chaque année. La maintenance des décanteurs 2 et 3 (ceux du centre)
s’effectue simultanément, pour préserver la structure physique du décanteur.
¾
Maintenance des filtres
La programmation de la maintenance des filtres est effectuée en considérant la
fréquence des rétrolavages de chacun. Par exemple, le filtre 1 nécessite un rétrolavage
chaque deux jours, tandis que le filtre 7, au moins 5 rétrolavages par jour ; par
conséquent le filtre 7 demande au moins deux périodes de maintenance dans l'année.
Ces rétrolavages sont effectués de manière automatique et intégrés dans le
fonctionnement des filtres (par mesure de la différence de pression entrée-sortie).
La période de maintenance des filtres se situe juste avant la saison des pluies,
afin que les filtres se trouvent dans les meilleures conditions de fonctionnement lors des
fortes pluies.
Pendant l'étiage, l’extraction des solides est difficile à effectuer car les valeurs de
la turbidité sont faibles, et les réactifs (coagulant et polymère) sont ajoutés en faibles
proportions. Ce dosage doit être précis pour permettre la formation de flocs. Si on
n'obtient pas une floculation adéquate, il n’y a plus assez de précipitation dans l’étape
de
sédimentation
et
ces
solides
arrivent
jusqu'aux
filtres
en
provoquant
un
accroissement de la fréquence de rétrolavages, et par conséquent, une diminution de la
106
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
production d'eau potable. Pendant la saison de pluies, la concentration de solides par
unité de volume d'eau est plus élevée. Dans ces conditions, la formation du floc est plus
facile ; les flocs formés sont plus grands et plus lourds, et donc il existe une meilleure
précipitation dans l'étape de sédimentation. Ainsi, l'eau qui nourrit les filtres a une plus
petite concentration de solides d’où une fréquence de rétrolavages qui diminue à cette
période.
5.2.3 Description des données de la station
En ce que qui concerne les variables de la qualité de l’eau, dans la station SMAPA
elles sont obtenues à partir d’échantillons quotidiens. Ces échantillons sont obtenus par
ajout de prélèvements réalisés tout a long des 24 heures. Chaque variable est obtenue
en quatre points de mesure : à l’entrée, avant la filtration (après la coagulationfloculation-décantation), après la filtration, et à la sortie de la station. Les principales
variables analysées à l’entrée et à la sortie de la station sont données sur la figure 5.3.
30
Tem p sortie (oC)
Tem p entrée (oC)
30
20
10
20
10
0
0
0
30
60
90 120 150 180 210 240 270 300 330 360
0
30
60
90 120 150 180 210 240 270 300 330 360
jours
jours
1000
Turb sortie (NTU)
Turbidité entrée (NTU)
5
500
0
4
3
2
1
0
0
30
60
90
120 150 180 210 240 270 300 330 360
0
30
60
90
jours
jours
3
Couleur sortie (u Pt-Co)
Couleur entrée (u Pt-Co)
300
200
100
2
1
0
0
0
30
60
90
120 150 180 210 240 270 300 330 360
0
30
60
90
120 150 180 210 240 270 300 330 360
jours
jours
8.5
pH sortie (u pH)
8.5
pH entrée (u pH)
120 150 180 210 240 270 300 330 360
8.25
8
7.75
8.25
8
7.75
0
30
60
90
120 150 180 210 240 270 300 330 360
jours
0
30
60
90
120 150 180 210 240 270 300 330 360
jours
Figure 5. 3 Descripteurs de la qualité de l’eau brute (à l’entrée et à la sortie) pour l’année 2001
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
107
De plus, nous disposons de la dose de coagulant optimale injectée sur l’usine en
continu. Cette dose de coagulant est déterminée par des essais jar-test effectués en
laboratoire (§ 1.3.3 b, Figure 1.4). Rappelons que dans le chapitre 3, nous avons
montré le développement du capteur logiciel permettant la détermination automatique
de la dose de coagulant. Nous donnons pour mémoire, sur la figure 5.4 la dose de
coagulant appliquée et la dose de coagulant déterminée par le capteur logiciel.
Dose de coagulant (mg/L)
40
30
d
20
10
0
0
30
60
90
120
150
180
150
180
jours (l'étiage: Nov 2000 - avril 2001)
Appliquée
Calculée par RN
Dose de coagulant (mg/l)
200
150
100
50
0
0
30
60
90
120
jours (pluie: mai-oc t 2000)
Figure 5. 4 Dose appliquée et dose calculée par le capteur logiciel pour la saison d’étiage et la
saison des pluies (année 2000-2001)
Nous observons sur la figure 5.4 (pour l’étiage), la différence d entre la dose
appliquée et la dose calculée par le réseau de neurones. Elle représente une économie
sur la quantité de coagulant ajoutée donc une économie en terme de coût mais aussi en
terme de respect de l’environnement.
5.3
Stratégie d’analyse du procédé
Nous avons réalisé l’analyse du comportement de la station en deux parties, en
raison de la forte dépendance vis à vis de la saison : la période d’étiage et la période de
pluie. Nous avons développé la méthode pour la surveillance de la station SMAPA telle
que décrite dans le paragraphe 4.2 et montrée sur la figure 4.1.
108
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
On dispose d’un historique des données d’environ 5 ans. Ce jeu de données
couvre une période reflétant, dans une certaine mesure, les variations saisonnières de
la qualité de l’eau brute.
Dans la suite, nous présentons l’analyse et l’interprétation des résultats. Ici,
nous fournissons à l’expert des outils visuels avec des informations utiles relatives à la
classification réalisée. L’objectif est de donner à l’expert des moyens pour mieux
exploiter les résultats de la classification lors de l’interprétation et la validation des
classes.
5.3.1 Période des pluies
5.3.1.1
L’apprentissage hors ligne et choix de descripteurs
Le choix des descripteurs a été effectué en partie en regardant les évolutions des
différentes variables et avec l’aide de l’expert. Pour cette analyse on a accès à quatre
paramètres descripteurs de l’eau : la turbidité (à la sortie des filtres et à l’entrée de la
station), la dose de coagulant appliquée et le nombre de rétrolavages des filtres,
la
différence entre la mesure de la turbidité à la sortie de la station et la turbidité à la
sortie des filtres et le pH. Nous avons pris comme descripteur, la différence entre les
valeurs de la turbidité à la sortie des filtres et celles à la sortie de la station, pour
connaître les situations à la sortie de la station. Dans le cas où la valeur de cette
différence est négative ceci signifie une accumulation des boues à la sortie de la station.
La figure 5.5 montre l’évolution des données d’apprentissage, la turbidité d’entrée, la
différence entre la turbidité de la sortie des filtres et la sortie de la station, le nombre
de rétrolavages et le pH.
Concernant le pH, comme le montre les figures 5.3 et 5.5, celui-ci évolue
beaucoup plus durant cette période que dans le cas de l’étiage. De plus, nous pouvons
détecter des caractéristiques intéressantes sur le fonctionnement de la station durant
cette période, comme la formation d’algues souvent révélée par l’augmentation des
valeurs de pH. Pour mettre en évidence cette caractéristique, avec l’expert nous avons
choisi d’utiliser non pas la valeur brute du pH mais des valeurs qualitatives qui
permettent de rendre compte des zones de fonctionnement. Cette valeur de pH a été
prétraitée au moyen de l’utilisation de la méthode ABSALON (§ 4.2.1).
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
109
1000
Turbidité (NTU)
750
500
250
0
0
30
60
90
120
150
180
120
150
180
120
150
180
120
150
180
TurbDFS (Sortie-Après Filtrage) (NTU)
jours
2
1
0
0
30
60
90
-1
jours
-2
nombre de rétrolavages
15
10
5
0
0
30
60
90
jours
8.5
pH (u pH)
8.25
8
7.75
7.5
0
30
60
90
jours
Figure 5. 5 Ensemble des données brutes (saison des pluies, phase d’apprentissage Mai-Octobre
2000)
110
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
Le type de prétraitement le mieux adapté a été l’histogramme (figure 5.6) avec
trois modalités, pHBas, pHNormal et pHHaut. Les valeurs caractéristiques sont : pHBas
(pH < 7,5), pHNormal (7,5> pH <8,4) et pHHaut (ph >8,4).
Figure 5. 6 Le descripteur pH à l’entrée de la station SMAPA avec 3 modalités
Pour l’analyse de cette période, nous avons donc utilisé comme espace de
représentation
les descripteurs et les valeurs pour la normalisation donnés dans le
tableau 5.2.
Tableau 5.2 L’espace de représentation des données brutes ou prétraitées (saison des pluies,
phase d’apprentissage 2000)
Descripteur
Type
Valeurs
TurbE
quantitatif
Min=0
Max=600
TurbDFS
quantitatif
Min=-2,5
Max= 2,5
pH
qualitatif
Modalités (#individus):
pHB (5), pHN (170), pHH (5)
DoseApp
quantitatif
Min=0
Max= 150
Retrolavag
quantitatif
Min=0
Max= 15
Pour suivre la méthodologie présentée au chapitre précédent, l’identification des
états fonctionnels de la station SMAPA présents dans l’ensemble d’apprentissage a été
réalisée à l’aide d’un auto-apprentissage, c’est à dire que le nombre de classes n’est pas
établi a priori. Seule la classe NIC existe. La classification représentée sur figure 5.7 (b)
a été obtenue en utilisant la fonction binomiale (équation 2.7, § 2.5.1.2) pour le calcul
des adéquations marginales (DAM). La famille des connectifs choisie pour obtenir
l’adéquation globale (DAG) est le Minimum-Maximum avec un indice d’exigence de
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
111
Alfa=0,9. A partir de ces paramètres, 5 classes ont été obtenues. Ces classes ont été
interprétées à l’aide du profil de classes de la figure 5.7 (c). Elles ont été associées aux
5 situations présentées dans le tableau 5.3. Il y a 2 classes qui correspondent au
fonctionnement normal et trois classes d’alarme (Algae –pH-, turbidité haute,
augmentation des rétrolavages).
DoseApp
Rétrolav
MAI
JUIN
TurbE
TurbDFS
JUIL
AOÛT
SEPT
(a)
OCT
Augmentation de
rétrolavages
Existence de algues
Augmentation
de la turbidité
Normale (pH bas)
Normale
pHN
pH
Bas
pH
Haut
pHB
pHN
pHH
pHN
TurbE
TurbDFS
Descripteur pH avec 3
modalités:
pHB -> pHBas ( <7,5 )
pHN -> pHNormale
( 7,5 > pH < 8,4 )
pHH -> pHHaut ( pH > 8,4 )
DoseApp
Rétrolav
pHN
(b)
(c)
Figure 5. 7 (a)L’ensemble des données prétraitées (saison des pluies, phase d’apprentissage
Mai-Octobre2000), (b) classification pour l’identification des états de la station SMAPA lors de la
saison des pluies (autoapprentissage), (c) Profil des classes
112
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
Tableau 5.3 Description des situations dans la saison des pluies
SITUATION
DESCRIPTION
CLASSE
Opération normale (pluie
modérée)
Nous avons la présence de pluie modérée ou il n’y a pas
de pluie. Les valeurs des descripteurs se trouvent dans
des zones normales de fonctionnement de la station
C1
Opération
Bas)
Si le pH diminue ceci signifie une diminution du dosage.
Il s’agit d’une situation désirable pour la station
C2
Augmentation
de la turbidité
Valeurs maximales de la turbidité. Si la turbidité est
supérieure à 1500
NTU nous avons la présence
d’ouragans
C3
Algues
Des valeurs maximales du pH provoquent la prolifération
des algues.
C4
Augmentation
des rétrolavages
Augmentation des rétrolavages des filtres à cause de
l’augmentation des particules pendant la saison des
pluies
C5
normale
(pH
5.3.2 Période d’étiage
5.3.2.1
L’apprentissage hors ligne et choix des descripteurs
Pour l’analyse du fonctionnement de la station, on a accès à trois paramètres
descripteurs de l’eau : la turbidité (à l’entrée et à la sortie des décanteurs, avant les
filtres), la dose de coagulant appliquée et le nombre de rétrolavages des filtres. On
remarque que la turbidité et la dose sont fortement dépendantes de la saison. On voit
ici tout l’intérêt de disposer d’au moins un an d’archives de données pour déterminer un
modèle de comportement fiable. Nous avons pris comme descripteur, la différence entre
les valeurs de la turbidité à l’entrée de la station et celles à la sortie des décanteurs.
Dans le cas où la valeur de cette différence est négative ceci signifie qu’il y a une
accumulation de boues avant les filtres. Nous pouvons détecter des aspects de
fonctionnement intéressants dans cette partie, comme l’augmentation de travail des
filtres ou la maintenance des décanteurs. Contrairement à la période des pluies, le pH
n’est plus utilisé comme descripteur, car comme le montre la figure 5.3 il varie très peu
en période d’étiage. La figure 5.8 montre l’évolution des données qui seront utilisées
comme base d’apprentissage pour la classification : la turbidité, la différence de la
turbidité à l’entrée et avant les filtres, la dose de coagulant
et le nombre de
rétrolavages. Ces données sur la qualité de l’eau brute sur la période de novembre
2000 à avril 2001, représentent une année typique de fonctionnement de la station.
Cette période est représentative par ses valeurs et peut donc être considérée pour
développer l’étude.
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
113
Turbidité (NTU)
15
10
5
0
0
30
60
90
120
150
180
120
150
180
jours
TurbEAF (Entrée-Avant Filtrage)
10
5
0
0
30
60
90
-5
-10
jours
Nombre rétrolavages
30
20
10
0
0
30
60
90
120
150
180
jours
Figure 5. 8 Ensemble des données brutes (période d’étiage, phase d’apprentissage
NovDec2000-JanAvril2001)
Avant d’appliquer la méthode de classification LAMDA, en utilisant le logiciel
SALSA, aux données d’apprentissage de la période d’étiage 2000-2001, les données
peuvent être remplacées par des données prétraitées au moyen de l’utilisation de la
méthode ABSALON (§ 4.2.1) [HERNANDEZ et LE LANN, 2004]. Le type de prétraitement
le mieux adapté a été le filtrage de type passe-bas Butterworth d’ordre 2, afin
d’éliminer toutes les variations de type hautes fréquences.
Pour l’analyse de cette période, nous avons utilisé comme espace de
représentation
les descripteurs et les valeurs pour la normalisation donnés sur le
tableau 5.4. La figure 5.9 (a), présente l’ensemble des données pour l’apprentissage
utilisées pour l’identification du modèle de comportement de la station SMAPA.
114
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
Tableau 5.4 L’espace de représentation des données brutes prétraitées (période d’étiage, phase
d’apprentissage 2000-2001)
Descripteur
Type
Valeurs
Maximale
Minimale
TurbE
quantitatif
15
0
TurbEAF
quantitatif
5
-5
DoseApp
quantitatif
33
5
Retrolav
quantitatif
15
0
DoseApp
TurbE
Retrolav
TurbEAF
(b)
TurbE
TurbEAF
DoseApp
Retrolav
(a)
(c)
Figure 5. 9 (a)L’ensemble des données brutes prétraitées (période d’étiage, phase
d’apprentissage NovDec2000-JanMiFev2001), (b) classification pour l’identification des états de la
période d’étiage de la station SMAPA (autoapprentissage), (c) Profil des classes
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
115
Comme précédemment, pour l’identification des états fonctionnels de la station
SMAPA présents dans l’ensemble d’apprentissage, nous avons réalisé un autoapprentissage. La classification représentée sur figure 5.9 (b) a été obtenue en utilisant
les mêmes fonctions et valeurs de paramètres que celles utilisées pour la saison
des pluies c’est-à-dire la fonction binomiale (équation 2.7, § 2.5.1.2) pour le calcul des
adéquations marginales (DAM) et le Minimum-Maximum avec un indice d’exigence de
Alfa=0,9 pour le calcul de l’adéquation globale (DAG). A partir de ces paramètres, 6
classes ont été obtenues. Ces classes ont été interprétées par l’expert selon ses
connaissances et à l’aide du profil de classes de la figure 5.9 (c). Elles ont été associées
aux 5 situations présentées dans le tableau 5.5. Il y a 2 classes qui correspondent au
fonctionnement
normal,
une
classe
d’alarme
et
deux
classes
de
mauvais
fonctionnement (boue haut, et étape critique). L’objectif est d’établir une alarme pour
pouvoir effectuer la maintenance du système de manière préventive et d’éviter les états
de mauvais fonctionnement. La classe 6 n’est pas associée a priori avec un état du
système.
Tableau 5.5 Description des situations durant la période d’étiage
SITUATION
DESCRIPTION
CLASSE
(fin
Les valeurs des variables suivent les conditions
normales stables typiques à la fin de la saison des
pluies
C1
Opération normale (début
de l’étiage)
Les valeurs correspondent à la saison sans pluie. Il n’y
a aucune dérivation de l’eau brute. Les variables sont
stables avec des valeurs normales d’opération.
C2
Alarme
L’accumulation de boues commence à augmenter ainsi
que le nombre de rétrolavages des filtres. Cette alarme
indique la période conseillée pour la maintenance des
décanteurs.
C3
Critique
Cet état correspond à des quantités importantes de
boues et des valeurs du nombre de rétrolavages des
filtres très élevées symptomatiques d’un défaut de
maintenance des décanteurs.
C4
Boue Haut
Il existe une
décanteurs.
les
C5
Cette classe n’est pas associée à priori avec une
situation du système. La validation des transitions
montrera que cette classe est mal conditionnée.
C6
Opération normale
des pluies)
accumulation
de
boues
dans
Selon l’évolution des DAGs représentés sur la figure 5.10 et en considérant la
matrice de transition, l’automate de la figure 5.11 a été construit.
116
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
C4
NIC
C6
C2
C5
C1
C3
Figure 5. 10 Évolution des DAGs pour la classification résultante
C1
C2
C3
C4
C5
C6
Figure 5. 11 L’automate pour la station SMAPA durant l’étiage (données prétraitées)
Une fois le modèle construit, le suivi des différentes situations attendues, peut
être réalisé. Ce suivi est identifié comme étant la phase de reconnaissance, qui vise à
associer toute nouvelle observation à l’une des classes déterminée au préalable.
5.3.2.2
¾
Validation des transitions
Phase d’apprentissage
Pour valider les classes et déterminer les transitions qui sont mal conditionnées
nous avons appliqué la méthode que nous avons proposée au § 4.2.4.2 sur la validation
des transitions. Pour mettre en œuvre cette méthode, il convient de choisir une valeur
de seuil. Ce choix a été effectué à la suite de différents tests. Comme il sera montré
plus tard, cette valeur est représentative du système et non pas a priori de la base
d’apprentissage. Cette valeur de seuil est ε=0.0018 et permet d'invalider la classe 6.
Le résultat de la validation des transitions correspond à la Figure 5.12. On peut
observer que toutes les autres transitions sont parfaitement validées.
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
117
Figure 5. 12 Validation des transitions obtenues lors de la phase d’apprentissage (l’étiage 20002001)
¾
Phase de test
Pour la reconnaissance, nous avons utilisé le modèle de comportement obtenu
avec l’ensemble des données d’apprentissage. On a appliqué deux jeux de données de
test, correspondants à deux périodes d’étiage différentes : (a) l’ensemble des données
pour la saison d’étiage 2001-2002 et (b) l’ensemble des données pour la saison d’étiage
2003-2004.
(a) L’ensemble des données de test pour la saison d’étiage 2001-2002
Cette validation s’effectue comme dans le cas d’un fonctionnement « en-ligne » :
les données sont traitées de manière séquentielle au fur et à mesure qu’elles se
présentent. Sur la figure 5.13 (a et b), nous observons les évolutions des variables et
des classes pour cette période au fur et à mesure que des observations sont traitées.
Cette figure présente les classes lors de la reconnaissance et la situation d’alarme
qu’indique la nécessité de maintenance des filtres de la station SMAPA. La figure 5.14
montre la validation des transitions correspondantes à cette période. La classe 6 a été
invalidée. Cette classe est considérée comme mal conditionnée. On peut observer que
les autres transitions sont parfaitement validées.
(b) L’ensemble des données de test pour la saison d’étiage 2003-2004
La validation a été effectuée de la même manière que celle effectuée pour la
période 2001-2002. Nous observons les évolutions des variables et des classes
reconnues pour cette période sur la figure 5.15 (a et b). De la même façon que
précédemment, on peut voir sur cette figure la reconnaissance de l’alarme qui indique
la nécessité de maintenance des filtres. Comme précédemment, nous avons reconnu et
validé les états du système et ce qui est important sans modification de la valeur du
118
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
paramètre ε de la méthode de validation (figure 5.16). Ici aussi, la classe 6 a été
invalidée car elle est considérée comme mal conditionnée. Les autres classes sont en
revanche validées.
DoseApp
TurbEAF
Retrolav
TurbE
(a)
classe 6
boue
critique
alarme
normal
Fin de pluie
(b)
Figure 5. 13 Identification en ligne des états de la station SMAPA lors de la période d’étiage
2001-2002. (a) Ensemble de test. (b) Classes identifiées lors de la reconnaissance (alarme
détectée)
Figure 5. 14 Validation des transitions pour la période d’étiage 2001-2002
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
119
DoseApp
TurbE
Retrolav
TurbEAF
(a)
classe 6
boue
critique
alarme
normal
Fin de pluie
(b)
Figure 5. 15 Identification en ligne des états de la station SMAPA lors de la période d’étiage
2003-2004. (a) Ensemble de test. (b) Classes identifiées lors de la reconnaissance (alarme
détectée)
Figure 5. 16 Validation des transitions pour la période d’étiage 2003-2004
Après l’étape de validation des transitions, l’automate qui sera utilisé lors de la phase de
reconnaissance est donc celui présenté sur la figure 5.17.
120
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
C1
C2
C4
C5
C3
Figure 5. 17 L’automate pour la station SMAPA durant l’étiage après validation des
transitions
5.3.2.3
Test final et identification en ligne (reconnaissance)
Pour la reconnaissance en ligne, nous avons utilisé le modèle de référence
obtenu avec l’ensemble des données pour la période d’étiage 2000-2001 et avec la
validation des transitions montrée dans le paragraphe 5.3.1.2. La figure 5.18 montre
les résultats de la reconnaissance des données de test pour les deux périodes 20012002 et 2003-2004. Dans les deux cas, nous pouvons observer que la classe 6 n’est pas
présente et que toutes les autres ont été correctement identifiées. Donc, la procédure
de validation des transitions a bien joué son rôle en invalidant la transition mal
conditionnée et en conservant les autres.
Période d’étiage 2001-2002
boue
critique
alarme
normal
Fin de pluie
Individuals
(a)
Période d’étiage 2003-2004
boue
critique
alarme
normal
Fin de pluie
Individuals
(b)
Figure 5. 18 Reconnaissance en ligne des données de test : (a) pour la période
d’étiage 2001-2002, (b) pour la période d’étiage 2003-2004.
Revenons sur l’alarme qui indique un besoin de maintenance des décanteurs. Si
on compare le début de l’alarme et la date planifiée par la station pour cette
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
121
maintenance, il s’avère que cette alarme intervient très tôt. En effet, pour la période
d’étiage 2000-2001, cette alarme se déclenche 87 jours avant la date planifiée. Un
écart encore plus grand peut être observé pour les années de tests : 115 jours pour la
période 2001-2002 et
100 jours pour la période 2003-2004. Il apparaît donc très
important de disposer de cette alarme pour permettre d’effectuer une maintenance
préventive et non plus planifiée. Il est en effet possible de faire de telles maintenances
car la période d’alarme est longue et on peut donc prendre la décision de by-passer la
totalité ou une partie des décanteurs très tôt.
5.4
Conclusion
Dans ce chapitre nous avons présenté la mise en œuvre de la méthodologie
basée sur la technique de classification LAMDA permettant de déterminer les états
fonctionnels de la station de production d’eau potable et de construire un automate
caractérisant le fonctionnement de ce procédé.
Nous avons appliqué la méthode proposée à une base de données issue des
historiques d’opération de la station de production d’eau potable de Tuxtla au Mexique.
Cette base de données est représentative du fonctionnement de ce type de station
puisqu’elle couvre 4 années d’opération et présente des variations importantes des
différentes variables mais aussi imprécises liées aux méthodes analytiques de mesure.
Nous avons choisi de concevoir deux modèles de comportement suivant la saison
de fonctionnement. Le comportement de la station est en effet très différent suivant ces
deux saisons: la saison de pluie et l’étiage. Dans chaque cas, nous avons conçu le
modèle de comportement en partant d’un apprentissage hors ligne non-supervisé. Il est
à noter que les mêmes fonctions et paramètres de la méthode de classification ont été
utilisés dans les deux cas.
Pour la saison des pluies nous avons identifié les différents comportements de la
station selon les caractéristiques de la qualité de l’eau brute (ex. comportement normal,
détection de la présence d’algues, augmentation des rétrolavages et des niveaux de
turbidité à cause des pluies fortes). Cependant, ce n’est pas au cours de cette période
que le système est le plus intéressant car les fortes variations des variables sont
souvent caractéristiques en elle-même d’un état précis de la station. L’utilisation d’une
méthode de classification n’est pas dans ce cas pleinement justifiée, à condition bien
sûr de porter une attention accrue sur les bonnes variables.
Concernant la période d’étiage, les résultats sont plus intéressants car ils nous
ont permis de trouver le période conseillée pour la maintenance des décanteurs afin
d’éviter l’état critique de la station. Cet état de fonctionnement doit être détecté au plus
122
Application de la méthode à la station de production d’eau potable SMAPA
tôt ; ceci participe à la notion de maintenance préventive qui s’oppose à la maintenance
planifiée telle qu’elle est opérée aujourd’hui sur cette station. La différence entre les
dates de début d’alarme et la date planifiée est très importante, de 87 à 115 jours. Les
temps entre le début de l’alarme et l’état dit critique de la station sont très longs : on
peut donc effectivement faire de la maintenance préventive car on a le temps de le faire
en planifiant les opérations non plus de manière arbitraire mais en relation avec les
observations recueillies sur l’unité.
Concernant cette période de fonctionnement, nous avons aussi effectué la
validation des transitions, et finalement la reconnaissance en ligne des situations
apprises. Nous avons confirmé que la méthode de validation des transitions diminue les
effets de bruits ou de perturbations qui peuvent conduire à une « apparence » de
transition entre deux classes. Nous avons ainsi invalidé deux classes mal conditionnées
sur la période d’étiage (pour l’apprentissage lors de l’année 2000 et pour la
reconnaissance, lors des années 2001 et 2003).
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
Dans notre travail nous avons proposé un outil de supervision/diagnostic de
l’ensemble d’une station de production d’eau potable. Ces travaux ont été basés sur
l’exploitation des données acquises sur le système surveillé. Cette stratégie suppose
deux étapes : la première consiste dans le développement d’un capteur logiciel basé sur
un réseau de neurones permettant de prédire en ligne la dose de coagulant, sur la base
des caractéristiques mesurées de l’eau brute. La deuxième étape consiste à élaborer
un modèle de référence des états fonctionnels, à partir d’un apprentissage hors ligne.
Cet apprentissage utilise des données historiques et, grâce à un dialogue avec les
experts et les opérateurs, un ajustement des paramètres du classificateur pour fournir
la meilleure représentation a été possible. Ensuite, l’identification en ligne, au moyen de
la
reconnaissance des états de fonctionnement connus, doit fournir l’image la plus
informative et la mieux compréhensible par les opérateurs du fonctionnement de la
station.
La méthodologie que nous avons adoptée pour développer le capteur logiciel a
permis la construction d’un modèle capable de prédire en temps réel la dose optimale
de coagulant à partir d’un ensemble de paramètres descripteurs de la qualité de l’eau
brute (turbidité, pH, température, etc.). Devant le manque de modèle de connaissance
permettant de traduire le fonctionnement de l’étape de coagulation, et la non-linéarité
de la fonction à modéliser, notre choix s’est porte sur des RNAs (réseau de neurones
artificiels). La détermination de l’architecture du réseau a été effectuée en faisant appel
124
Conclusion et perspectives
à l’analyse en composantes principales pour déterminer les entrées pertinentes de ce
réseau tout en limitant leur nombre et donc la complexité du réseau résultant. Dans
une deuxième phase nous avons adopté une procédure itérative pour déterminer le
nombre de neurones de la couche cachée. L’avantage du système proposé, par rapport
aux autres systèmes existants, est sa robustesse. En effet, la stratégie itérative
MSE/ME (erreur quadratique moyenne « mean square error » / erreur moyenne) pour
déterminer l’architecture d’un PMC (perceptron multicouche) permet de déterminer le
nombre
de
neurones
pour
éviter
un
sur-apprentissage
qui
détériorerait
les
performances en généralisation. Nous avons montré, dans ce mémoire, que les données
du procédé peuvent être employées pour construire par apprentissage un « capteur
logiciel » sous la forme d’un RNA qui permet de prévoir précisément la dose de
coagulant en fonction des caractéristiques physico-chimiques de l’eau brute. Les
résultats expérimentaux utilisant des données réelles ont montré l’efficacité et la
robustesse de cette approche. Une comparaison des résultats obtenus avec ceux issus
d’une fonction linéaire (issue de l’ACP) a montré tout l’intérêt du choix d’un RNA. La
validation sur site est en cours afin de finaliser le système avant son déploiement à
grande échelle
sur la station SMAPA de production d’eau potable au Mexique. Le
système se révèle déjà très utile comme outil d’aide à la décision pour les opérateurs.
En particulier, cet outil peut être utilisé comme simulateur d’essais de jar-test par
l’opérateur.
Nous avons proposé l’utilisation de l’apprentissage automatique, à partir de la
méthode de classification floue LAMDA, comme base pour l’identification d’un modèle
comportemental de la station de production d’eau potable adapté aux exigences de la
supervision automatique. Cette méthode repose sur le concept de degré d’appartenance
d’un objet aux classes existantes, qui remplace les critères classiques de distance. Elle
se différencie d’autres techniques par la notation de l’adéquation nulle et l’incidente de
celle-ci sur la classification. La méthode comporte deux opérations principales : le calcul
du degré d’adéquation marginal (DAM) et le degré d’adéquation global (DAG). Le DAM
est calculé à partir d’un choix parmi plusieurs fonctions d’appartenance ayant des
propriétés spécifiques, et à l’aide d’une fonction d’adéquation paramétrable. La
sélectivité de l’algorithme peut être modulée par le paramètre « d’exigence » de cette
fonction. D’ailleurs, nous avons la possibilité de traiter séquentiellement les données et
de pouvoir mélanger des informations quantitatives et qualitatives.
La représentation des fonctionnements à l’aide de classes a été complétée par la
construction d’une machine à états finis ou automate, à partir de l’estimation des
fonctions de transition. Cet automate peut être utilisé pour le suivi des états
fonctionnels connus, ainsi que pour la détection des défaillances et pour la détection de
Conclusion et perspectives
125
nécessitées de maintenance des différentes unités de la station de production d’eau
potable.
Nous avons développé une méthode de validation des transitions qui permet de
manière automatique, pendant l’étape de reconnaissance, de ne pas tenir compte des
classes mal conditionnées. Cette approche permet d’enlever les fausses alarmes
favorisant ainsi l’interprétation des classes pour la surveillance. Une avantage de la
méthode est qu’elle s’applique aux degrés d’appartenance instantanés et ne demande
pas une analyse des attributs des données elles mêmes, ce qui dans de nombreux cas
réduit la dimension des vecteurs en présence.
Enfin, nous avons montré l’application de la méthode proposée et la faisabilité de
l’approche proposée pour le fonctionnement de la station SMAPA de production d’eau
potable sur les deux saisons (l’étiage et la saison des pluies).
De manière générale, plusieurs perspectives peuvent être envisagées, d’une part
concernant la méthode de classification floue LAMDA, qui peut être complémentée avec
l’utilisation d’autres algorithmes en parallèle pour permettre d’améliorer les résultats ;
d’autre part dans le développement d’une méthodologie permettant d’optimiser la
partition obtenue en termes de compacité et de séparation des classes en jouant sur les
différents algorithmes disponibles pour calculer les degrés d’appartenance ainsi que les
paramètres qui y sont associés comme l’exigence. Ces travaux devraient améliorer
fortement l’application de cette méthodologie dans le domaine du diagnostic de
procédés complexes. De plus, la formalisation d’une méthode pour la détermination de
la dynamique entre états fonctionnels est une tâche indispensable pour que l’approche
puise évoluer vers la construction de modèles dans le domaine du diagnostic de
procédés complexes.
La suite immédiate à ce travail est la mise en œuvre in situ du capteur logiciel
mais aussi de la procédure de diagnostic développée. Grâce aux contacts fructueux que
nous avons eu avec le responsable de la station SMAPA, il semble que cette possibilité
devienne tout à fait envisageable.
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ANNEXE A. REGLEMENTATION SUR L’EAU POTABLE
Annexe A : Réglementation sur l’eau potable
137
Les pouvoirs publics ont souligné les enjeux sanitaires liés à une distribution
d’eau potable de bonne qualité en définissant des objectifs ambitieux dans la loi de
politique de santé publique d’août 2004 et dans le Plan National Santé Environnement
(PNSE) 2004-2008 [PNSE,2005]. Parmi les objectifs annexés à la loi no 2004-806 du 9
août 2004 relative à la politique de santé publique, un objectif quantifié visant à
« diminuer par deux jusqu’à 2008 le pourcentage de la population alimentée par une
eau de distribution publique dont les limites de qualité ne sont pas respectées pour les
paramètres microbiologiques et les pesticides » a été fixé. Le PNSE adopté par le
gouvernement le 21 juin 2004, en application de la loi relative à la politique de santé
publique du 9 août 2004, comprend trois objectifs prioritaires :
¾
Garantir un air et une eau de bonne qualité ;
¾
Prévenir les pathologies d’origine environnementale et notamment les
cancers ;
¾
Mieux informer le publique et protéger spécialement les populations
sensibles (enfants et femmes enceintes).
Le tableau A.1 rassemble les valeurs adoptées par l’organisation mondiale de la
santé (OMS), la communauté européenne (CEE), la France et le Mexique sur la
réglementation de la qualité de l’eau potable [DEGREMONT,2005 ; SMAPA,2005]. La
directive de la CEE regroupe 62 paramètres regroupés en cinq catégories :
¾
Paramètres organoleptiques
¾
Paramètres physico-chimiques
¾
Paramètres concernant des substances indésirables
¾
Paramètres concernant des substances toxiques
¾
Paramètres microbiologiques
Pour chaque paramètre, il est défini un Niveau-Guide (NG) : c’est la valeur qui
est considérée comme satisfaisante et qu’il faut chercher à atteindre. Pour certain
paramètres, il est également fixé une concentration maximale admissible (CMA) : l’eau
distribué doit alors avoir une valeur inférieure ou égale à cette valeur. Lorsque la
concentration dans l’eau brute est supérieure à cette valeur, il emporte de mettre en
œuvre le traitement correspondant.
138
Annexe A : Réglementation sur l’eau potable
Tableau A.1 Réglementation concernant la qualité de l’eau à la consommation
Directive CEE
Directive CEE
NG
CMA
France
1
20
15
20
Turbidité unité JACKSON (NTU)
0,4
4
2
5
Température (oC)
12
25
25
30
6,5-8,5
6,5-9
6,5-8,5
400
250
Sulfate (mg/l SO4)
25
25
40
Chlorure (mg/l Cl)
200
200
250
250
Dureté totale doF (mg/l CaCO3)
60
60
300
500
Chlore résiduel (ppm)
0,1
0,5
0,1
0,2-1,50
Calcium (mg/l Ca)
100
150
200
Paramètres
Couleur (mg/l Pt-Co)
pH (u pH)
Conductivité (μS/cm) à 20oC
Magnésium (mg/l Mg)
Aluminium (mg/l Al)
Mexique
[NOM127,1994]
30
50
25
15
0,05
0,2
0,2
0,5
ANNEXE B. EXEMPLE D’APPLICATION DE LA METHODE
LAMDA
Annexe B : Exemple d’application de la méthode LAMDA
141
Pour mieux comprendre la méthode LAMDA, nous donnons dans ce qui suit un
exemple de classification en utilisant des descripteurs quantitatifs et un apprentissage
avec 2 classes prédéfinies initialement (mode d’apprentissage supervisé), classes aussi
appelées classes professeurs.
Nous utilisons la fonction « Binomiale » pour calculer les GADs et le produit
comme opérateur logique pour le calcul du MAD.
Nous présentons dans le tableau B.1 le contexte de la classification et les valeurs
normalisés des descripteurs pour chaque élément en utilisant l’équation B.1. Soit :
nd = Nombre de descripteurs = 3
ni = Nombre d’éléments déjà classés = 5
pcl = Nombre de classes professeur (classes déjà créées) = 2 (trois éléments dans la
classe 1, deux éléments dans la classe 2)
nec = nombre d’éléments dans la clase
Tableau B.1 Valeurs brutes et valeurs normalisés di pour chaque élément
Éléments
x
X1
X2
X3
X4
X5
Xmax
Xmin
d1
d2
d3
0
2
16
3
2
5
10
1
20
4
6
10
5
6
0
Contexte
10
6
20
0
1
0
pcl: classe
professeur
1
1
2
2
1
xi =
d1
normalisé
0
0.3
1
0.4
0.5
d2
normalisé
0.2
0.2
0
1
1
d3
normalisé
0.8
0.4
1
0.5
0
xi − x min
x max − x min
(B.1)
L’étape suivante est le calcul des paramètres des classes « professeur » et de la classe
NIC, en évaluant la moyenne des valeurs normalisés :
Pour la classe 1 :
Pour la classe 2 :
Pour la classe 0 (NIC) :
ρ(x1/C1) = (0 + 0.3 + 0.5) / 3 = 0.27
ρ(x1/C2) =
0.7
ρ(x1/C0) =
0.5
ρ(x2/C1) = (0.2 + 0.2 + 1) / 3 = 0.47
ρ(x2/C2) = 0.75
ρ(x2/C0) =
0.5
ρ(x3/C1) = (0.8 + 0.4 + 0) / 3 = 0.4
ρ(x3/C2) = 0.75
ρ(x3/C0) =
0.5
nec = 3
nec = 2
N0 = 1
Paramètres classe 1 :
Paramètres classe 2 :
C1=[0.27, 0.47, 0.4]
C2=[0.7,0.75, 0.75]
Paramètres classe NIC
(fonction
binomiale
d’appartenance) :
C0=[0.5, 0.5, 0.5]
142
Annexe B : Exemple d’application de la méthode LAMDA
N0
définit
l’initialisation
de
l’apprentissage,
sa
valeur
peut-être
choisie
arbitrairement, il n’influe pas sur le résultat de la classification.
Notre objectif est de classer un nouvel élément X6 sur la base des paramètres
des classes déjà existantes. Soit cet élément avec les valeurs normalisés (0.1,0.1,0.9).
Nous calculons :
1.
Les
degrés
d’appartenance
marginale
(MAD)
par
rapport
à
chaque
descripteur :
μ i ( xi / C k ) ≡ ρ kx,i (1 − ρ k ,i )(1− x )
(B.2)
i
i
où ρk,i est le paramètre i de la classe k, xi est la valeur du descripteur i de ce
nouvel élément, et
μ i ( xi / C k )
est le degré d’appartenance du descripteur i à la classe k
existante.
Pour la classe vide (NIC) :
μ i ( xi / C 0 ) = (0.5)x (0.5)(1− x ) = 0.5
i
i
Le degré d’appartenance sera toujours de 0.5
Le résultat des calculs des MADs par rapport à l’élément X6 sont les trois
vecteurs suivants :
μ(X6/C1) = [0.66, 0.52, 0.37]
μ(X6/C2) = [0.33, 0.5, 0.67]
μ(X6/C0) = [0.5, 0.5, 0.5]
2. Les degrés d’appartenance globale (GAD) de l’élément X6, en utilisant le
connectif « produit » :
GAD( X / C k ) = ∏ ind=1 μ i ( xi / C k )
(B.3)
GAD( X / C k ) = μ i ( xi / C k )μ i ( x 2 / C k )μ i ( x3 / C k )
où nd est le nombre de descripteurs. Nous obtenons ainsi les trois degrés
d’appartenance globale :
(
)(
)(
)
GAD( X 6 / C1 ) = 0.27 0.10.730.9 0.47 0.10.530.9 0.4 0.9 0.6 0.1 = 0.1442
GAD( X 6 / C 2 ) = 0.1097
GAD( X 6 / C 0 ) = 0.125
Annexe B : Exemple d’application de la méthode LAMDA
143
L’élément X6 appartient à la classe dont le GAD est maximal, c’est-à-dire, à la
classe C1 :
C1 (GAD (X6/C1) = 0.1442)
3. À cause de l’incorporation du nouvel élément à la classe 1 (C1), l’actualisation
des paramètres associés aux descripteurs quantitatifs de cette classe est faite par la
formule itérative de la moyenne :
ρ k ,i ← ρ k , i +
(x
i
− ρ k ,i )
(B.4)
Ni + 1
où ρk,i est la nouvelle valeur du paramètre du descripteur i de la classe k et N le
nombre d’éléments dans la classe. Ainsi,
1
(0.1 − 0.27 ) = 0.2275
nec + 1
ρ ( x 2 / C1 ) = 0.3775
ρ ( x3 / C1 ) = 0.525
ρ1,1 = ρ ( x1 / C1 ) = 0.27 +
Alors, la représentation de la classe C1 actualisée est :
C1 = [0.22, 0.37, 0.52]
Par ailleurs, si l’élément X6 avait appartenu à la classe NIC, dans le cas où le
minimum aurait été choisi comme connectif, une nouvelle classe aurait été créée en
modifiant les paramètres de la classe NIC selon la relation suivante :
ρ k ,i ← ρ k , i +
(x
i
− ρ k ,i )
N0 +1
Où N0 représente le nombre initial d’éléments dans la classe zéro.
ρ k , i ← 0 .5 +
( x i − 0 .5 )
N0 +1
Dans notre exemple, la nouvelle classe créée C3 aurait eu comme paramètres :
1
(0.1 − 0.5) = 0.3
2
= ρ ( x 2 / C 3 ) = 0.3
ρ 3,1 = ρ ( x1 C 3 ) = 0.5 +
ρ 3, 2
ρ 3,3 = ρ ( x3 / C 3 ) = 0.7
La représentation de la nouvelle classe C3 serait alors :
C3 = [0.3, 0.3, 0.7]
(B.5)
ANNEXE C. LA PROCEDURE ITERATIVE RMSE/ME
Annexe C. La procédure itérative RMSE/ME
147
Dans la figure C.1 nous présentons la procédure itérative RMSE/ME (moyenne
quadratique erreur/moyenne erreur) pour obtenir une architecture du réseau de
neurones optimale et ses valeurs du poids. Ce procédé assure qu'il n'existe pas sur
apprentissage.
Description de la procédure :
1.
Partition de l’ensemble des exemples en deux sous-ensembles, nommés, le
sous-ensemble d’apprentissage et le sous-ensemble de test [DREYFUS et
al.,2004]
2.
Initialisation du nombre de neurones dans la couche cachée (ex 1)
3.
Fixer le nombre d’itérations vers une certaine valeur (ex 100)
4.
Choix d’un ensemble de nombres de neurones de la couche cachée (HN) (ex
10,15,20,25, …)
5.
Apprentissage du réseau de neurones (en utilisant MATLAB, p.e.), prennent
en compte le nombre d’itérations dans 3 et le nombre de couches cachées
dans 4. Sauvegarde des valeurs des critères RMSE et ME les plus bas.
6.
Répéter 4 et 5 plusieurs fois (en changeant le nombre de couches cachées).
Ceci assure que le poids du réseau soit initialisée à chaque apprentissage,
lequel aide en explorant la surface d'erreur
7.
Choix du nombre de couches cachées optimal (HNopt1) par analyse des
valeurs RMSE et des valeurs EM
8.
Choix d’un nouvel ensemble du nombre de couches cachées autour de la
valeur HNopt1 (ex. 25, 30, 35 si HNopt1 = 30)
9.
Systématiquement augmenter en 1 le nombre de neurones dan la couche
cachée
10.
Aller à 5 et répéter 8, jusqu’à toutes les nouvelles valeurs du nombre de
couches cachées soient explorées
11.
Choix de la meilleure architecture par analyses des valeurs des critères
RMSE et valeurs ME les plus bas
12.
13.
Choix d’un ensemble de nombres d’itérations (ex. 50,100,150)
Apprentissage du réseau de neurones, prennent en compte le nombre
d’itérations dans 12 et le nombre de couches cachées dans 11. Sauvegarde
des valeurs des critères RMSE et ME les plus bas
148
Annexe C : La procédure itérative RMSE/ME
14.
Répéter 12 et 13. L’architecture du réseau de neurones et les poids
optimales soient les correspondants à les valeurs des critères RMSE et ME
les plus bas.
1
Partition de l’ensemble des
exemples en deux sous-ensembles :
Apprentissage - Test
Choix d’un nouvel ensemble
de HN autour de la valeur HNopt1
(ex. 25,30,35 si HNopt1=30)
8
2
Initialisation du nombre de neurones
dans la couche cachée (Ex. 1)
HN=HN+1
9
Toutes les nouvelles
valeurs de HN
explorées ?
10
Non
3
Fixer le nombre d’itérations
(ex.100)
4
Choix d’un ensemble de nombres
de neurones de la couche cachée
(HN) (ex. 10,15,20,25,..)
5
Apprentissage
Sauvegarde des valeurs
des critères: RMSE/EM
6
Non
Tous les nombres de
HN explorés ?
Oui
7
Oui
Choix de la meilleure
architecture par (RMSE/EM)
11
Choix d’un ensemble de
nombres d’itérations
(ex.50,100,150)
12
Apprentissage
Sauvegarde de RMSE/EM
13
Non
Ensemble parcouru?
Choix du HNopt1 par RMSE/EM
Oui
Choix de la structure optimale
Figure C. 1 La procédure itérative RMSE/ME
14
Liste de Figures
Figure 1. 1 Station de production d’eau potable..................................................... 7
Figure 1. 2 Temps de décantation des particules.................................................. 12
Figure 1. 3 Coagulation-Floculation.................................................................... 13
Figure 1. 4 Essai « Jar-Test » ........................................................................... 16
Figure 1. 5 Evolution de la turbidité de l’eau filtrée d’un filtre ................................ 20
Figure 2. 1 Introduction d’outils de surveillance, de diagnostic et d’aide à la décision
au niveau de la supervision ........................................................................ 28
Figure 2. 2 Schéma général de la supervision..................................................... 30
Figure 2. 3 Classification des méthodes de diagnostic [DASH, 2000] ..................... 31
Figure 2. 4 La forme observée X est ici associée à la classe C5............................... 36
Figure 2. 5 Structure d’un système de diagnostic par reconnaissance des formes ..... 37
Figure 2. 6 Structure générale du classificateur ................................................... 38
Figure 2. 7 Schéma général du calcul de l’adéquation d’un objet à une classe ......... 44
Figure 2. 8 Algorithme général de LAMDA........................................................... 47
Figure 2. 9 Projection (a) dans l’espace des variables, (b) dans l’espace des individus
et (c) décomposition de l’ACP ...................................................................... 51
Figure 2. 10 Neurone formel............................................................................. 52
Figure 2. 11 Principales fonctions d’activation : (a) fonction à seuil, (b) fonction
linéaire, (c) fonction sigmoïde, (d) fonction gaussienne ................................... 52
Figure 2. 12 Perceptron multicouche.................................................................. 54
Figure 2. 13 (a) Surapprentissage : l’apprentissage est parfait sur l’ensemble
d’apprentissage (‘x’), et vraisemblablement moins bon sur le point de test (‘o’) ;
150
Liste de figures
(b) Apprentissage correct : un bon lissage des données ; (c) Sous-apprentissage :
apprentissage insuffisant. ........................................................................... 56
Figure 2. 14 Rééchantillonnage par bootstrap pour la génération d’intervalle de
prédiction. ................................................................................................ 58
Figure 2. 15 Automate décrivant une machine simple : a) modèle formel, b)
représentation graphique............................................................................ 60
Figure 2. 16 Les différentes formes de maintenance ........................................... 61
Figure 3. 1 Méthode pour le contrôle automatique du procédé de coagulation.......... 70
Figure 3. 2 Evolution des paramètres descripteurs de l’eau brute au cours de temps 72
Figure 3. 3 Evolution de la dose de coagulant appliquée sur la station au cours de
temps ...................................................................................................... 73
Figure 3. 4 Valeurs et histogramme des valeurs propres des composantes .............. 74
Figure 3. 5 Cercle de corrélation dans le plan 1-2. ............................................... 74
Figure 3. 6 Architecture du Perceptron multicouche ............................................. 75
Figure 3. 7 Valeurs des critères (MSE) et de l’erreur moyenne pour la détermination
du nombre d’itérations (a) et du nombre de neurones dans la couche cachée (b) 76
Figure 3. 8 Dose de coagulant appliquée et dose de coagulant prédite (ligne
pointillée et +) avec le perceptron multicouche sur l’ensemble de test............... 77
Figure 3. 9 Dose de coagulant appliquée et dose de coagulant prédite (ligne
pointillée et +) avec le modèle de type linéaire sur l’ensemble de test............... 77
Figure 3. 10 Dose de coagulant appliquée et dose de coagulant prédite avec le
perceptron multicouche sur l’ensemble de test (oct-Minov 2003) et l’intervalle de
confiance (MAX et MIN) .............................................................................. 78
Figure 4. 1 Description générale de la méthode pour la surveillance de la station
SMAPA ..................................................................................................... 83
Figure 4. 2 (a) Générateur de fenêtre et (b) du bloc S-FUNCTION......................... 86
Figure 4. 3 L’évolution des variables dans une fenêtre temporelle d'observation ..... 87
Figure 4. 4 Filtrage analogique et numérique des signaux ..................................... 88
Figure 4. 5 Schéma du diagnostic en ligne du procédé ........................................ 92
Figure 5. 1 Schéma général de la station SMAPA de production d’eau potable........102
Figure 5. 2 Dosage de réactifs (sulfate d’aluminium) en millier de tonnes .............104
Figure 5. 3 Descripteurs de la qualité de l’eau brute (à l’entrée et à la sortie) pour
l’année 2001............................................................................................106
Figure 5. 4 Dose appliquée et dose calculée par le capteur logiciel pour la saison
d’étiage et la saison des pluies (année 2000-2001) .......................................107
Liste de figures
151
Figure 5. 5 Ensemble des données brutes (saison des pluies, phase d’apprentissage
Mai-Octobre 2000) ................................................................................... 109
Figure 5. 6 Le descripteur pH à l’entrée de la station SMAPA avec 3 modalités ....... 110
Figure 5. 7 (a)L’ensemble des données prétraitées (saison des pluies, phase
d’apprentissage Mai-Octobre2000), (b) classification pour l’identification des états
de la station SMAPA lors de la saison des pluies (autoapprentissage), (c) Profil des
classes ................................................................................................... 111
Figure 5. 8 Ensemble des données brutes (période d’étiage, phase d’apprentissage
NovDec2000-JanAvril2001) ....................................................................... 113
Figure 5. 9 (a)L’ensemble des données brutes prétraitées (période d’étiage, phase
d’apprentissage NovDec2000-JanMiFev2001), (b) classification pour l’identification
des états de la période d’étiage de la station SMAPA (autoapprentissage), (c) Profil
des classes ............................................................................................. 114
Figure 5. 10 Évolution des DAGs pour la classification résultante ........................ 116
Figure 5. 11 L’automate pour la station SMAPA durant l’étiage (données prétraitées)
............................................................................................................. 116
Figure 5. 12 Validation des transitions obtenues lors de la phase d’apprentissage
(l’étiage 2000-2001) ................................................................................ 117
Figure 5. 13 Identification en ligne des états de la station SMAPA lors de la période
d’étiage 2001-2002. (a) Ensemble de test. (b) Classes identifiées lors de la
reconnaissance (alarme détectée) .............................................................. 118
Figure 5. 14 Validation des transitions pour la période d’étiage 2001-2002........... 118
Figure 5. 15 Identification en ligne des états de la station SMAPA lors de la période
d’étiage 2003-2004. (a) Ensemble de test. (b) Classes identifiées lors de la
reconnaissance (alarme détectée) .............................................................. 119
Figure 5. 16 Validation des transitions pour la période d’étiage 2003-2004........... 119
Figure 5. 17 L’automate pour la station SMAPA durant l’étiage après validation des
transitions .............................................................................................. 120
Figure 5. 18 Reconnaissance en ligne des données de test : (a) pour la période
d’étiage 2001-2002, (b) pour la période d’étiage 2003-2004. ......................... 120
Figure C. 1 La procédure itérative RMSE/ME..................................................... 148
Thèse de Monsieur Hector HERNANDEZ DE LEON
SUPERVISION ET DIAGNOSTIC DES PROCEDES DE PRODUCTION D’EAU POTABLE
RESUME
L’objectif des ces travaux est le Développement d’un outil de supervision/diagnostic
d’une station de production d’eau potable dans son ensemble. Avant de s’intéresser à la
station dans son ensemble, il est apparu que l’unité de coagulation-floculation était une
étape clé dans la production de l'eau potable. La première partie de la thèse a donc
consisté à développer un capteur logiciel permettant de prédire en ligne la dose de
coagulant, sur la base des caractéristiques mesurées de l’eau brute, à l’aide de réseaux
de neurones. La deuxième partie de la thèse qui présente un aspect plus novateur
réside dans l’utilisation de cette information dans une structure de diagnostic de
l’ensemble de la station de traitement. A partir des mesures en ligne classiquement
effectuées, un outil de supervision et de diagnostic de la station de production d’eau
potable dans son ensemble a été développé. Il est basé sur l’application d’une
technique de classification et sur l’interprétation des informations obtenues sur tout
l’ensemble du procédé de production avec comme finalité l’identification des
défaillances et une aide à la maintenance prédictive/préventive des différentes unités
de la station. Une technique basée sur la l’entropie floue et la définition d’un indice de
validation a été développée pour permettre de valider ou non une transition entre états
fonctionnels (c’est-à-dire entre classes) permettant ainsi d’éliminer les classes mal
conditionnées ou encore les fausses alarmes. Ces travaux de recherche ont été réalisés
en collaboration avec la station de production d'eau potable SMAPA de la ville de Tuxtla
Gutiérrez, de Chiapas, au Mexique.
MOTS CLES : supervision, diagnostic, classification floue, capteur
maintenance préventive, production d’eau potable, unité de coagulation
neuronal,
ON-LINE MONITORING AND DIAGNOSIS OF POTABLE WATER PRODUCTION PROCESSES
ABSTRACT
The water industry is under an increasing pressure to produce a potable water of a
better quality at a lower cost. The aim of this work is the Development of a tool for the
monitoring/diagnosis of a whole potable water production plant.
Before being
interested in the whole plant, it appeared that the coagulation-flocculation was a key
step in the potable water production process. The first part of the thesis consisted in
developing a software sensor enabling to predict on-line the coagulant dosage, on the
basis of the measured raw water characteristics, using neural networks. The second
part which presents a more innovative aspect lies on the use of this information in a
structure of diagnosis of the whole treatment plant. From the on-line measurements
commonly performed, a tool for monitoring and diagnosis of the processes of the whole
plant has been developed. It is based on the application of a classification technique
and on the interpretation of the obtained information on all the processes with the aim
of the identification of faults and a help for the preventive/predictive maintenance of
the different plant units. A technique based on the fuzzy entropy and the definition of a
validation index has been developed to allow the validation or not of a transition
between functional states (i.e. between classes) enabling thus the elimination of illconditioned classes or false alarms. These works have been performed in collaboration
with the potable water production plant of SMAPA in the town of Tuxtla Gutiérrez,
Chiapas, Mexico.
KEYWORDS: monitoring, diagnosis, fuzzy classification, neural sensor, preventive
maintenance, potable water production, coagulation process.
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

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