Untitled - Institut canadien de conservation

Untitled - Institut canadien de conservation
Bulletin technique n° 26
Bulletins techniques de 1’ICC
Prevention des moisissures et récupération
des collections : lignes directrices visant
les collections du patrimoine
L’Institut canadien de conservation, situé a Ottawa, public
ses Bulletins techniques occasionnellement, afin de diffuser
les renseignements relatifs aux techniques et principes de
conservation les plus récents aux conservateurs et aux
restaurateurs des objets culturels du Canada. Les auteures
accueilleront avec intdrêt les commentaires qui leur
seront adressds.
Résumé
par Sherry Guild et Maureen MacDonald
©Ministre des Travaux publics et des
Services gouvemementaux, Canada, 2004
Publié par
L’Institut canadien de conservation
Ministère du Patrimoine canadien
1030, chemin Innes
Ottawa (Ontario) K1A 0M5
Canada
N° de catalogue : NM95-55/26-2004F
ISBN 0-662-75716-5
Also available in English
Mould Prevention and Collection Recovery:
Guidelines for Heritage Collections
Imprimé au Canada
I +1
Patrimoine Canadian
canadien Heritage
Les moisissures dans les collections du patrimoine peuvent
endommager les objets et poser un danger pour la sante des
employés. Le Bulletin technique presente de l’information
sur la morphologic des moisissures, la prevention de la
croissance de moisissures, les mesures a prendre en cas
de contamination et les dangers pour Ia sante. On explique
comment enlever les moisissures présentes sur les objets
et on y décrit l’equipement de protection nécessaire
lorsqu’une personne travaille dans un milieu contaminé
ou avec des objets contaminds.
Auteures
Sherry Guild a fait des etudes en beaux-arts a I’Université
de Guelph (Ontario) et est diplômde du programme en
techniques de restauration d’ceuvres d’art du College Sir
Sandford Fleming de Peterborough (Ontario). Depuis 1984,
elle est restauratrice au scm de la Division du traitement
et du développement, Laboratoire des ceuvres sur papier,
de l’Institut canadien de conservation (ICC), oü elle se
spdcialise en restauration des cuvres d’art sur papier.
m Guild conseille les clients sur la
Depuis 1999, M
rdcupération des objets contaminés par des moisissures.
Maureen MacDonald est employee depuis 1981 par
les Services de conservation preventive de l’ICC. Elle
s’intéresse notamment aux instruments de mesure des
conditions ambiantes, aux matériaux de filtration des
rayons ultraviolets et aux matières biologiques. Elle a
mené un projet sur la caractérisation microscopique de
peaux archéologiques gelées et étudié les techniques de
preparation des specimens d’histoire naturelle. Membre
de 1’Association canadienne pour la conservation et la
restauration des biens culturels (ACCR) depuis 1981, elle
en a ete nommée membre d’honneur a vie en 1998. Elle
a été secretaire du conseil d’administration de I’ACCR de
1987 a 1990 et trésorière de 1990 a 1992. Toujours au scm
de 1’ACCR, die a preside le Comité des adhesions de 1992
a 1996 et le Comité du congrès de 1’ACCR de 2000, tenu
a Ottawa. Actuellement, elle se consacre a l’tude des
moisissures et des matériaux qui en sont affectés.
0
Table des matières
Preface
1. Prevention des moisissures
1.1. Les moisissures
1.2. Comment empêcher la proliferation des
moisissures dans une collection
1.3. Apparition de moisissures
Premieres
interventions
1.4. Enquetes sur la proliferation fongique
1.5. Effets sur la sante
1
I
6
—
11
12
15
2. Récupération des collections
2.1. Equipement de protection personnelle
2.2. Le nettoyage des objets contaminés
2.3. Le nettoyage des reserves
2.4. Techniques de nettoyage et considerations
concernant certains objets
2.5. Considerations postnettoyage
28
28
Conclusion
29
Remerciements
29
Notes de fin
33
Fournisseurs
34
Sites Web et autres sources d’information
35
Bibliographie
36
17
17
22
28
Préface
Le present bulletin technique contient des renseignements
géndraux sur les infestations de moisissures
1 affectant les
collections d’objets d’art et d’histoire; ii est destine aux
depots d’archives, aux bibliothèques et aux musées.
Ii y est question de la morphologie des moisissures, de
la prevention de leur proliferation, des mesures a prendre
en presence de moisissures et des risques pour Ia sante
en cas d’exposition. On y explique comment éliminer
les moisissures présentes sur des objets et on y décrit
l’équipement de protection personnelle dont ii convient
de se vêtir lorsque l’on est appeld a travailler dans un
milieu infesté de moisissures ou a manipuler un
objet contaminé
Ii n’est pas question, dans le present bulletin, du
traitement des objets contaminés par des produits
chimiques (p. ex. thymol, ethanol, ortho-phényiphdnol)
ou par des méthodes non chimiques (p. cx. rayons gamma,
rayons ultraviolets, micro-ondes). Pour obtenir des rensei
gnements sur ces sujets, prière de consulter des ouvrages
sur la conservation
. Désormais, il est géndralement
2
ddconseillé d’employer des produits chimiques pour traiter
des objets a valeur patrimoniale. Quoique ces produits
étaient utilisés autrefois, leur efficacité et leurs effets
nuisibles possibles sur les objets et sur la sante humaine
n’ont pas fait l’objet d’études approfondies dans certains
cas. De plus, il importe de savoir que le simple fait de trier
les organismes fongiques n’a habituellement pas pour effet
de neutraliser leurs propriCtés antigéniques ou toxiques.
Autrement dit, les moisissures mortes qui persistent sur
les objets continuent de poser un risque pour la sante;
de surcroIt, il n’existe pas de traitement chimique qui
parvienne a maItriser de façon permanente ou résiduelle
la croissance des moisissures. C’est pour ces raisons que
Ia tendance veut désormais que l’on évite d’utiliser des
produits chimiques pour traiter les collections infestées
de moisissures
.
3
Tout traitement destine a combattre une infestation
de moisissures devrait consister principalement en des
mesures qui maintiennent le taux d’humiditd ambiante et
la teneur en humiditd de l’objet a des niveaux inférieurs a
ceux propices a la proliferation des moisissures. De plus,
il faut éliminer soigneusement les moisissures présentes
1
et veiller a rdduire Ia concentration de spores sur les
objets contaminés.
Les renseignements que contient ce bulletin technique
quant aux niveaux de contamination par les moisissures et
a l’équipement de protection personnelle recommandé sont
inspires des lignes directrices en vigueur dans le milieu en
matière d’dlimination des moisissures dans les bâtiments.
Les sources suivantes ont notamment été consultées.
• Sante Canada. Contamination fongique dans les
imnieubles publics guide facilitant la determination
et la gestion des problèmes. Coinité consultatiffederalprovincial de l’hygiene du milieu et du travail, Ottawa,
Direction de la sante environnementale, Sante Canada,
juin 1995.
• Manitoba. Lignes directrices pour 1 ‘inspection,
l’évaluation et l’élimination des moisissures dans
les lieux de travail, Winnipeg, Division de la sécuritd
et de l’hygiene du travail, Travail et Immigration
Manitoba, mars 2001.
• New York, Service municipal de la sante. Guidelines
on Assessment and Remediation of Fungi in Indoor
Environments, New York, avril 2000.
Cependant, il n’est pas question dans le present bulletin
technique de l’élimination des moisissures dans les
immeubles, leurs enveloppes ou les systemes de chauffage,
de ventilation ou de climatisation. Pour plus d’information
a ce sujet, prière de consulter les spécialistes en la matière.
Remarque : ii est fortement conseillé de lire le
present bulletin technique au complet et de peser
soigneusement l’information présentée avant
d’entreprendre le traitement de collections infestées
de moisissures. Dans le doute, consulter des spécialistes.
Les moisissures peuvent constituer une grave menace
pour la sante : la recherche médicale stir leurs effets stir
les êtres humains est d’ailleurs en plein essor. Par con
sequent, en presence de moisissures, il faut considérer
qu’il existe un risque pour la sante. Les personnes qui
travaillent avec des objets contaminés doivent aussi
veiller a rester au fait de Ia recherche sur le sujet.
1. Prevention des moisissures
1.1 Les moisissures
Ii est question, dans cette section, de la nature des moisissu
res, de leur mode de croissance, des conditions dans lesquel
les elles prolifèrent, de la viabilité des spores et des éléments
qui en déclenchent la proliferation. Le present bulletin tech
nique ne porte pas sur les mesures a prendre pour éliminer les
moisissures dans les bâtiments. Toutefois, les moisissures, ou
plus précisément les conditions susceptibles a leur prolifera
tion, constituent un risque pour les collections. C’ est pour
cette raison que les mesures de detection des spores sont
prdsentees ici de même que les concentrations susceptibles
d’être présentes dans les milieux fermds, ainsi qu’un tableau
qui rend compte des sources possibles de moisissures dans
les bâtiments et des facteurs favorables a leur proliferation.
Qu’est-ce qu’une moisissure?
Les moisissures font partie du règne des champignons. Ii
existe des milliers d’espèces de champignons, y compris
les levures organismes unicellulaires et les champignons,
qui sont pluricellulaires. La majorité des moisissures se
situent plus ou moms entre ces deux extremes. Les moisis
sures exercent une fonction importante dans le cycle naturel.
Contrairement aux plantes, elles ne contiennent pas de
chiorophylle, ce qui signifie qu’elles ne peuvent fabriquer
leurs propres nutriments par photosynthèse du dioxyde
de carbone et de l’eau. La plupart des moisissures sont
saprophytes elles se nourrissent de matières organiques,
soit mortes, soit en état de decomposition, dont plantes,
nourriture, feuilles, etc., et c’est également sur ces matières
qu’elles prolifèrent. Elles se nourrissent exciusivement en
digdrant le substrat (ou la surface) sur lequel elles croissent.
Quelques moisissures sont des parasites alors que d’autres
existent en relation de symbiose avec leur hôte. Leur
croissance est aussi appelée moisissure. Le mildiou, terme
souvent employé pour designer les moisissures presentes
dans les maisons, est en fait un champignon parasite qui
ne croIt que sur les plantes vivantes.
—
Figure 1. Conidies et conidiophores
de l’espèce Penicillium.
—
Au microscope, une moisissure ressemble a une toile
formée de rameaux fins. Ces filaments entrelacés
s’appellent << hyphes >> et l’ensemble qu’ils forment
s’appelle << mycélium >>. Les moisissures croissent a partir
de spores microscopiques dont certaines sont désignees par
le terme << conidies
4 >>. Les conidies sont produites a l’étape
de la reproduction sexuelle d’une structure spécialisée ou
d’un carpophore qui s’appelle << conidiophore >>. La forme
de la spore est fonction de l’espèce. Elle peut être ronde,
étirée, oblongue, cylindrique, en faucille, unicellulaire ou
pluricellulaire, etc. En général, l’identification confirmée
des moisissures depend de la presence de spores et de
carpophores. Selon l’espèce, la longueur des spores vane
entre 1 et 200 jim [un micron (ji) égale un millionième de
metre ou 1/25 000 de pouce]. Même les plus grosses spores
sont suffisamment légères pour couvrir des longues dis
tances portees par les courants d’air.
Dans les regions temperées du Canada, les espèces
de moisissures les plus communes sont Cladosporium,
Alternaria, Aspergillus et Penicillium, les deux dernières
se trouvant le plus souvent a l’intérieur. Ces especes sont
dites filamenteuses ou conidiales. Les spores (conidies) se
forment a l’extrémité de structures en forme de rameaux
qui s’appellent conidiophores (figure 1). En général,
on trouve les mêmes especes de moisissures dans les
bâtiments et a l’extérieur, mais dans le second cas,
les concentrations sont nettement moindres.
Croissance des moisissures
Les moisissures peuvent croItre dans des conditions
ambiantes très diverses. Lorsque le milieu est favorable
a la germination, les spores gonflent et un filament
germinatif pousse vers l’extérieur. Dans le cas de la
plupart des moisissures, cette reaction est provoquéè
par un changement important de temperature ou par
une hausse de l’humidité. Le filament germinatif est une
cellule végétative qui s’allonge a mesure qu’elle évalue
la teneur en humidité et en nutriments du substrat. Si la
teneur en humidité est suffisante, le filament germinatif
continue de s’allonger et se divise en rameaux. Ces
rameaux se multiplient et forment les hyphes. En croissant,
les hyphes forment une colonie de filaments entrecroisés
que l’on appelle << mycélium >>. Selon la texture et la
porosite de la matière sur laquelle la moisissure prolifère,
les hyphes pénètrent plus ou moms profondement le
substrat (figure 2). La sporulation, soit la production
de carpophores et de spores, peut être causCe par un
changement des conditions de proliferation du mycelium
(Griffin, 1981). Des hyphes specialises se transforment
en conidiophores et, a maturité, ceux-ci dégagent
des spores dans lair, et le cycle recommence.
1
Les conditions suivantes peuvent notamment amorcer
la sporulation:
• dpuisement des nutriments;
• production de sous-produits chimiques;
• fluctuations de l’dclairement et de la temperature.
Les moisissures prolifèrent vers l’extérieur depuis un point
central (figure 3). Le centre du mycélium meurt en premier
et ce pour deux raisons
• l’dpuisement des nutriments;
• la production de différents produits chimiques pendant
le mdtabolisme, ceux-ci empêchant la réapparition des
moisissures a des endroits auparavant infestés.
Ces mdcanismes sont tels que les hyphes ne cessent de
proliférer vers l’extérieur, a la recherche de nouveaux
nutriments. La nouvelle pousse, qui est habituellement
blanche, se trouve sur le pourtour des moisissures. Le
centre du mycélium peut se colorer : c’est signe de la
formation de spores. L’ alteration de la couleur peut aussi
signifier un changement de 1’ aciditd du substrat. A mesure
que les spores mirissent, Ia couleur de l’ensemble peut
aussi changer.
Conditions nécessaires
a la proliferation
Nutriments
Les nutriments dont les moisissures ont besoin pour prolifé
rer sont éldmentaires et proviennent des matières organiques.
Les enzymes décomposent le substrat pour former les nutri
ments requis, qui sont absorbés au travers des parois des
hyphes. Ces nutriments sont dérivés de sucres simples,
d’amidons, de petits peptides et de substances complexes a
base de carbone, comme les amino-acides. Les moisissures
peuvent sécréter un nombre incroyable d’enzymes qui peu
vent digérer n’importe quelle matière organique, qu’elle soit
d’origine végétale ou animale. Par contre, les moisissures
peuvent aussi proliférer sur des matières inorganiques,
comme le verre ou les métaux, si celles-ci présentent
des rdsidus superficiels de matières organiques.
Hurnidité
Plusieurs conditions doivent exister pour qu’une spore de
moisissure puisse croltre. La premiere et la plus importante
d’entre elles est l’existence d’une source d’humidité suffi
sante et Soutenue. Les espèces de moisissures ont toutes
besoin d’une quantité minimum d’eau pour que la spore
gonfle et amorce sa germination. Cette eau provient du
substrat. Les particules d’eau en suspension dans l’air,
mesurée par l’humidité relative (HR), influencent la teneur
en eau du substrat. L’humidité présente dans le substrat est
Ia seule source d’eau dont dispose Ia moisissure.
Figure 2. Hyphes et spores enchdssés
dans des fibres de papier.
Figure 3. BoIte de Pétri contenant des moisissures.
2
Les biologistes emploient le terme << activité de l’eau>>
(a), exprimée sous forme de fraction de 1 (Ayerst, 1969).
L’activité de I’eau renvoie a l’humidité relative d’equilibre
(HRE) de l’air qui entoure la matière ou qui est present
dans ses pores. On mesure l’HRE en placant la matière
dans un contenant hermetique puis en mesurant le taux
d’HR de l’air emprisonné lorsqu’il s’est écoulé suffisam
ment de temps pour que l’equilibre Se fasse. Un taux
d’HR de 90 % signifie que 1’HRE est de 90 %, ce qui se
traduit par une a de 0,9. La plupart des moisissures ne
prolifèrent pas a moms que 1’ a du substrat ne soit de
0,75 ou plus (Onions et al., 1981). (Cette valeur est
détaillée plus loin dans le present bulletin.)
Temperature
Les moisissures peuvent proliférer a une large fourchette
de temperatures, comme en temoigne leur presence dans
les refrigerateurs. La plupart des spores croissent a des
temperatures variant de 4 a 30 °C (39 a 86 °F). La vitesse
de croissance des moisissures peut changer en fonction
de la temperature : elle est plus lente aux temperatures
inférieures ou supérieures a la temperature optimale. En
général, les collections d’objets a caractère patrimonial
inferieures au point de congelation stoppent Ia croissance
des moisissures, mais ii demeure que certaines spores
peuvent tolérer une exposition prolongee a des tempe
ratures extrêmement basses ou élevées. Par contre, la
viabilité des spores est affectée par des cycles alternants
de congelation et de dégel.
pH
Le pH (acide, neutre ou alcalin) du substrat influe sur la
germination, la couleur et la croissance des moisissures. La
gamme de pH du substrat qui se prete a la germination des
spores vane de 2 a 9, avec une valeur optimale de 4 a 7.
Bien des objets de collection tombent dans cet intervalle.
Diverses interventions prises pour modifier le pH, comme
le lessivage ou la désacidification, n’ont pas d’effet sur les
moisissures. Comme dans le cas de la teneur en humidité,
différentes moisissures sent activées par des pH différents.
Le pH du substrat est gdnéralement modifié par les agents
chimiques dégagés pendant le métabolisme, comme les
mdtabolites, les enzymes et les exsudats.
Circulation de l’air
La circulation de l’air est importante pour stabiliser le
taux d’HR. En effet, lorsque l’air circule bien, il est moms
probable que Se forrne un microclimat caractérisé par un
taux d’HR faible ou dlevé. En cas de degats causes par
l’eau, un bon courant d’air sec accélère l’évaporation et
le séchage; des lors, le substrat est moms susceptible de
retenir de l’eau, condition favorable a la proliferation des
moisissures. Dans certains cas, par exemple le séchage a
l’air d’objets humides, la circulation de l’air peut compter
parmi les facteurs qui contribuent ou non a la croissance
des moisissures. Un mouvement d’air suffisant, que l’on
ressent comme un <<courant d’air >>, contribue a prévenir
la proliferation des moisissures.
Figure 4. Exemples de moisissures
stir de Ia nourriture et sur des objets.
sont entreposées a des temperatures variant entre 15 et
25 °C (59 et 77 °F), temperatures idéales a la proliferation
des moisissures. (Ii est important de remarquer qu’au
Canada, les collections qui sont conservées pendant
l’hiver dans des locaux non chauffés. oü la temperature est
inférieure a 0 °C [32 °FJ, ne sont donc pas susceptibles a la
croissance de moisissures avant le printemps.) Si les objets
sont provisoirement exposés a des temperatures légèrement
inférieures ou supérieures aux temperatures optimales a la
croissance des moisissures, celles-ci deviennent dormantes
puis elles recommencent a prolifdrer avec le retour des
conditions optimales a leur croissance. Les temperatures
Eclairement
L’influence de la lumière sur Ia proliferation des
moisissures est méconnue. Certaines etudes révèlent que
Ia lumière influe ainsi sur les moisissures : elle peut en
entraver la croissance, elle peut influencer la direction et la
vitesse de la proliferation et elle peut affecter la production
de certains composes (toxines et composes organiques
volatils). De plus, la lumière peutjouer sur les procddés
de reproduction des moisissures. Certaines especes ne
peuvent se passer de lumière alors que pour d’ autres,
elle n’est pas nécessaire.
Les objets qui sont entreposés dans l’obscurité pour
en retarder la degradation ne risquent pas plus d’être
contaminés par des moisissures que ceux qui sont ranges a
un endroit illumine. La lumière ne joue pas un role critique
dans le contrOle de Ia proliferation des moisissures dans
les locaux : les dléments determinants sont les nutriments,
l’humidité et la temperature (Shaughnessy et al., 1999).
Par contre, les moisissures peuvent proliférer pendant
longtemps sans être remarquées si l’on n’inspecte pas
réguliérement les reserves ou les locaux qui sont rarement
frdquentés. De plus, la circulation naturelle de l’air est
3
moindre dans les reserves obscures, ce qui peut encourager
la croissance des moisissures.
Viabilité
La croissance des spores dormantes (ou inactives) ne
s’amorce pas tant que la quantité d’eau et de nutriments
dont elles ont besoin n’est pas présente. Les spores
vieillissent en attendant que les conditions de croissance
optimale se prdsentent, et leur viabilité décroIt. Les spores
de certaines espèces de moisissures demeurent viables
pendant maintes années tandis que d’autres ne persistent
que quelques heures. Dans le cas d’une gamme precise
d’espèces de moisissures, les conditions ambiantes ont
beaucoup d’influence sur la viabilité des spores. Les
changements de temperature, de 1’HR et des rayonne
ments affectent Ia viabilitd, de même que la presence de
nombreux agents chimiques, comme les fongicides. La
viabilité des spores des espèces Aspergillus et Penicillium
peut atteindre 10 ans (Sussman et Halvorson, 1996).
On croit également que les spores de certaines espèces
de moisissures sont activdes par des agents chimiques,
par exemple des detergents ou des solvants organiques
(par exemple l’acétone et les mélanges d’éthanol et d’eau).
Cette action est méconnue. II se peut que l’activation des
spores soit due au fait que les agents chimiques agissent
comme agents mouillants (Griffin, 1981).
Concentrations de spores
Toutes les spores de moisissures proviennent de 1’ air
extérieur. Les spores en suspension dans l’air se déposent
sur les objets, peu importe d’oü ceux-ci proviennent, oü
ils circulent, oü ils sont mis en reserve, oü us sont exposés.
Par consequent, ii est important de se rappeler que les
objets ne sont jamais complètement libres de spores. Les
especes de moisissures varient selon les regions du monde
et selon les saisons. Les concentrations de spores presentes
dans l’air varient également selon les saisons, la tempera
ture, l’HR et les endroits. Toutes les moisissures ont un
milieu de predilection et des nutriments qu’elles préfèrent
pour proliférer. Dans les zones tempérées de l’Amérique
du Nord et les climats comparables, les spores sont plus
actives du printemps a l’automne, période pendant laquelle
les concentrations de spores a l’extérieur sont les plus
fortes. Dans les regions oil le climat diffère, comme les
tropiques, les concentrations de spores peuvent être élevées
a longueur d’année ou elles peuvent être plus ou moms
fortes a différents moments, selon les saisons humides
ou les pluies. Dans les zones tropicales, les espèces
Aspergillus et Penicillium dominent, par rapport aux
zones tempdrees de la planète (Mullins, 2001).
Les espèces de moisissures présentes a l’intérieur devraient
être comparables a celles qui se trouvent a l’extdrieur.
Dans un milieu intériéur sam normal, les concentrations
de spores sont nettement inférieures a celles relevdes a
l’extérieur. Ii a dté signalé qu’aux périodes de pointe,
4
Ia concentration de particules fongiques a l’extérieur
peut atteindre 3
/m (Miller, 2001). Les installations de
4
10
conditionnement de l’air intérieur filtrent une partie des
spores presentes dans l’air extérieur, selon l’efficacité
du filtre present.
Les concentrations suivantes, mesurées en UFC/m
3
(unites formant colonie au metre cube), sont considérdes
comme acceptables pour l’occupation par des êtres
humains d’immeubles a bureaux ou d’établissements
(Sante Canada, 1995):
• 50 UFC/m
3 d’une seule espèce autre que
Cladosporium ou Alternaria spp;
• 150 UFC/m
3 d’une combinaison d’espèces trouvées
dans l’air extérieur (les concentrations plus élevdes
sont indicatrices de filtres sales ou inefficaces, ou
d’ autres problemes);
3 de l’espèce Cladosporiurn en été seulement
• 500 IJFC/m
(les concentrations plus élevdes sont indicatrices de
filtres sales ou inefficaces, ou d’autres problèmes).
Si les contrôles de la qualite de l’air intdrieur révèlent la
presence d’une moisissure qui ne se trouve pas a l’extérieur
a cette époque de l’année, il peut exister une source
intérieure, dite amplificateur fongique, qui prolifère soit
dans l’imnieuble, soit dans la collection. Les concentrations
plus élevées peuvent indiquer un problème d’humidité ou
d’autres conditions favorables a Ia proliferation des
moisissures qui se sont déjà étendues a la collection
ou qui l’atteindront éventuellement. Ii faut donc prendre
sur-le-champ des mesures pour remédier a la situation.
Les fortes concentrations de certaines espèces
de moisissures constituent un risque pour la sante.
Généralement, le fait de respirer de l’air qui contient une
combinaison normale de spors n’a pas d’incidence sur
les personnes en bonne sante. Par contre, si une collection
(ou un bâtiment) est contaminée, la concentration de spores
peut excéder de beaucoup Ia concentration normalement
présente dans l’air extérieur, ce qui peut causer des troubles
de sante chez les sujets hypersensibles. (Les troubles de
sauté sont abordés a la Section 1.5 Effets sur la sante,
p. 15.) Le cas échéant, ii faut effectuer des verifications
plus poussees pour isoler la source de la contamination.
Detection
Les moisissures souvent présentes sur le pain ou d’autres
aliments se reconnaissent par leur apparence duveteuse,
leur couleur ou leur odeur. Les moisissures présentes sur
les objets ont essentiellement la méme apparence et la
même odeur. L’odeur que l’on détecte est celle du compose
organique volatil microbien (COVM). La surface duveteuse
e.st souvent noire ou blanche, mais peut être autrement
colorée selon le substrat sur lequel pousse la moisissure.
La moisissure est formée de filaments fins qui s’appellent
<<hyphes >>. En pdriode de croissance active, la tache de
moisissure est humide et s’étale si on l’effleure.
Les moisissures présentes sur les objets peuvent être
dormantes. Lorsqu’elles sont sèches, eHes peuvent avoir
l’apparence d’une tache de couleur, d’une bavure ou de
saletés. Si on les effleure, cues peuvent s’étaler. Les objets
qui présentent des traces visibles de contacts avec de l’eau
peuvent renfermer des moisissures. Si les moisissures ont
étd récemment exposees a l’eau et que les facteurs critiques
a la proliferation fongique sont presents, la croissance peut
reprendre. S’il s’écoule suffisamment de temps sans que
les facteurs critiques a la proliferation fongique ne soient
presents, les hyphes peuvent mourir. A l’état dormant,
les moisissures ne dégagent pas leur odeur caractéristique.
Bien que les moisissures dormantes ne menacent pas
l’objet pour l’instant, elles continuent de constituer un
risque pour la sante. En effet, même a l’état dormant ou
non viable, les moisissures conservent leurs propriétds
allergisantes et toxicogenes.
Comme on l’a mentionné plus haut, l’odeur de moisi
peut indiquer un problème de proliferation fongique.
Cette odeur peut notamrnent se caractériser ainsi
•
•
•
•
•
odeur d’humidité, de renfermé;
odeur de grenier ou de cave;
odeur d’urine de chat;
odeur de vieux sacs en jute;
odeur rappelant celle des cosses de pois mange-tout.
Les moisissures peuvent également proliferer là oü il y a eu
saturation par l’eau. Des incidents comme une fuite causée
par un bris de canalisation ou un toit, un refoulement
d’égouts, une panne du système de chauffage, de ventilation
ou de climatisation (CVC) et les incendies et inondations
peuvent hausser le taux d’HR et amorcer la proliferation
de moisissures. Une chute importante de la temperature
peut aussi augmenter Ic taux d’HR. Les coins extérieurs
des bâtiments, là oü le toit et les planchers joignent les murs,
sont aussi susceptibles d’être plus froids et plus humides. Si
ces conditions ne sont pas rectifiées rapidement (dans les
48 heures), les moisissures peuvent commencer a proliférer.
Les saletés et la poussière sont hygroscopiques
(c’est-à-dire qu’elles aiment l’eau) et constituent une
source de nutriments pour les moisissures. Si les collections
sont poussidreuses, l’apparition de moisissures est plus
probable. Les spores et fragments de moisissures, comme
les hyphes et le mycélium, se deposent sur les objets a
différentes vitesses, celles-ci étant fonction de la taille
des particules présentes dans l’air. La vitesse de dépôt
des spores sur les surfaces, oü elles s’agglomèrent a la
poussière et aux saletés, vane de 0,5 cm/s a 2,8 cm/s
(Mullins, 2001; Tétreault, 2003). La figure 6 illustre
la taille de divers polluants aéroportés.
Certaines odeurs sont particulières a des especes
Aspergillus et Penicillium (Burge, 1995). Les alcools,
esters, terpènes et cétones comptent parmi les COVM
qui entrent dans la composition de ces odeurs.
Bien entendu, on trouve souvent des moisissures dans les
caves ou les espaces d’entreposage souterrains. Les caves
et sous-sols sont habituellement humides, poussiéreux et
sombres et l’air y est stagnant. Ces quatre conditions,
et n’importe quel endroit oü elles sont présentes, sont
propices a Ia proliferation des moisissures. Le plus souvent,
ces endroits sont souterrains, leur plancher est en terre
Figure 5. Matériaux de construction endommagés par l’eau.
battue, on y trouve des vides sanitaires, et leurs murs
en ciment ou en pierre laissent passer
des gouttelettes d’eau en suspension
0,01
0 001
0,1
1
10
100
dans l’air. De plus, ii fait généralement
plus frais dans les sous-sols, mais
molecules gazeuses
noir de charbon (suie)
squames animales
peluches de tissu
aussi plus humide, et l’air y circule
mal. Les vides sanitaires sont
phanères
seT de rner, chiorure
habituellement mal ventilés, cc qui
cheveu humain
crde des poches de forte humidité
spores de moisissures
constante. Ii est important, pendant
fumes, combustion d’huile
toute l’année, d’assurer une bonne
poussiere de ciment
ventilation au moyen d’un système
composes de soufre et de nitrate
poussiere visible a l’csil flu
approprié et bien entretenu. Les
bouches de ventilation doivent être
poussiere metallique
combustion du petrole et diesel
ouvertes pendant la saison chaude
iiIiiI
iiiiiil
I iiIIIi(
I
I iuuiiil
uuiiiil I
et fermées pendant l’hiver. Pour
calculer les exigences de ventilation,
voirASHRAE, 1985.
Figure 6. Schema illustrant la taille en microns (pm) des particules de matières diverses.
fumée
de
tabac
5
Les conditions de mise en reserve peuvent parfois
contribuer a la proliferation des moisissures sur les
objets. Le carton, le bois, les colles et les apprets suffisent
a nourrir les moisissures. Les caisses, particulièrement les
cartons ou les caisses en bois poses sur un plancher froid
ou qui touchent les murs extérieurs en ciment, en absorbent
l’humidite, Ce qui peut encourager Ia proliferation des
moisissures. Les moisissures qui se forment sur le
contenant peuvent en contaminer le contenu ainsi que
le milieu environnant, y compris les objets presents.
De mfme. le mobilier en bois ou les peintures entassèes
contre un mur extérieur en ciment sont des milieux
propices aux moisissures. On déconseille d’entreposer
les objets directement sur le sol ou en les posant Contre
des murs de -maçonnerie extérieurs.
Les objets ranges dans des boItes en carton qualité
archive et dans des enveloppes de papier et de plastique
sont mieux proteges contre les moisissures, dans une
certaine mesure, que ceux qui sont laissés a I’air libre. Les
boites ou les contenants faits de matériaux hygroscopiques,
comme le papier, le carton ou le bois, protegent les objets
d’une augmentation du taux d’HR ambiant pendant une
courte periode. Cependant, si le taux d’HR reste eleve
pendant une période prolongee, cela suffit a augmenter
l’activite de l’eau de l’objet place dans le contenant a un
point oü les moisissures peuvent proliférer. Tout contact
entre le contenant (ou l’objet qu’il renferme) et l’eau pose
un risque grave. Les objets places dans des contenants
hermétiques et impermeables (par exemple un sac ou un
contenant en polyethylene) sont proteges des hausses
subites du taux d’HR ambiant et des contacts directs
avec l’eau. Bien entendu, ii faut absolument que l’objet
soit sec lorsqu’on l’introduit dans le contenant; il faut
egalement que sa teneur normale en eau ne puisse
augmenter l’HRE dans le contenant a un taux excédant
65 %. Si les periodes pendant lesquelles le taux d’HR
est eleve sont prolongées, le personnel devrait inspecter
regulierement les objets entreposes dans des contenants
(de papier ou de plastique) pour verifier si des moisissures
sont presentes.
1.2 Comment empêcher Ia proliferation
des moisissures dans une collection
Comme les spores de moisissures imprègnent l’air, il
est impossible de les éliminer entièrement d’un bétiment,
d’une collection, des reserves et des salles d’exposition.
Elles sont portees par les courants d’air et certaines se
déposent a la surface des objets, sur le sol, sur les murs,
sur le plafond et sur le mobilier. Elles penetrent dans les
bâtiments par le système de conditionnement de l’air,
les portes et les fenétres ouvertes et sur les gens et les
articles qui entrent dans le bâtiment.
Le moyen le plus efficace de prevenir les dommages aux
objets ainsi que les effets nuisibles sur la sante humaine
consiste a creer un milieu et autres conditions qui entravent
Ia proliferation des moisissures. La presente section est
donc consacree aux mesures qui peuvent être prises pour
eviter la proliferation des moisissures dans une collection
ou dans un bâtiment.
Facteurs devant être maItrisés
Abaisser la concentration de spores a l’intérieur
Ii est possible de reduire Ia concentration de spores
a l’intérieur d’un bâtiment, mais non de les eliminer
complètement. Les mesures suivantes peuvent être
prises a ce chapitre, entre autres (Flannigan, 2001)
• la fermeture des fenétres et des portes réduit de
2 % la concentration de spores de source exterieure;
l’utilisation d’un système central de climatisation
reduit de 5 % la concentration de spores de
source exterieure;
l’emploi de filtres èlectrostatiques réduit de 3 %
Ia concentration de spores de source extérieure.
°
Ii est important de savoir que les objets ranges dans
des contenants de polyethylene finissent par atteindre
l’équilibre avec le taux d’HR ambiant de Ia salle oü us
se trouvent (Strang, 2001).
Les deux premieres colonnes du tableau 1 (p. 7) sont
reprises de Macher (1999) et rendent compte des sources
possibles de contamination par les bioaérosols (moisissures,
bactéries, virus, etc.) dans les immeubles ainsi que des
facteurs qui contribuent a la proliferation des moisissures.
Le technicien des systèmes d’immeubles ou Ia personne
respon.sable de l’entretien du bâtiment et de son système
de conditionnement de l’air devrait être au courant de
ces facteurs pouvant causer des problèmes. La troisième
colonne rend compte de programmes ou de mesures qui
peuvent être adoptes pour eviter que de tels problèmes
ne surviennent.
6
Figure 7. Livre endoinmagé par 1 ‘eau
sur lequel des ni.oisissures ont proliféré.
Tableau 1. Entretien des systèmes d’immeubles et des systèmes mécaniques
Source
Facteurs propices
Mesures preventives
Extérieur du bâtiment
• pené.tradon d’eau par des fissures, etc., mauvaise
inclinaison du terrain aux abords du bOtiment, gouttieres
(Soit obstruées, soit trop proches do bâtiment), enveloppe
extérieure (murs) endommagee
penetration d’organismes nuisibles (Ia majorité des
moisissures se trouvent dans la poussiCre ou dans les
matières organiques qui jonchent le. sol; les organismes
nuisibles qui habitent ces milieux soot porteurs de spores)
rCparer sur-le-champ toutes les sources de fuites
provenant de lextérieur du bâtiment
programmes d’entretien et d’inspection des surfaces
extérieures du bitiment, etc. (gouttiêres,
joints d’étanchCité des portes, etc.)
Air extérieur
proximité de zones agricoles, de chantiers de construction • orienter les entrées d’air a l’opposé des sources
de centres de compostage, d’usines d’epuration des eaux
de contamination
• fermer lea fenétres et les portes qui donnent sur
les sources de contamination
Systèmes CVC, entrées d’air
• sources de bioaérosols composes de matières végétales
mortes, infestation par des organismes nuisibles,
excrements dorganismes nuisibles, humidité due a l’eau
stagnante, evaporation émanant des condenseurs et des
tours de refroidissement se trouvant a proximité de
l’entrée d’air du bâtiment
Filtres
humidité, défaut d’ajustement, faible efficacité
• inspections regulieres de Ia zone oft Se trouve l’entrée
d’air du bâtiment et programme de nettoyage périodique
programme d’entretien regulier et de remplacement
periodique des filtres
Echangeur de chaleur
•
entretien laissant a desirer (saletés, accumulation
excessive d’eau dans les bacs, mauvais Ccoulement,
matériau d’isolation sonore humide, eau stagnante
dans les humidificateurs)
•
programme d’entretien et de nettoyage reguliers
Gaines de repartition
et conduits d’air
humidité, impossibilité d’accéder aux
humidificateurs, depots superficiels de saletés
•
programme d’entretien et de nettoyage reguliers
Diffuseurs de climatisation
•
depOts superficiels, rouille (indicatnce d’un probléme
d’humidité), proliferation microbienne. melange
d’air laissant a desirer
•
programme d’inspection et de nettoyage reguliers
Locaux occupés dommages
causes par I’eau
antécédents de fuites du toit, dCbordements,
problèmes de plomberie, odeur de moisi
• besoin de nettoyer sans cesse les tapis, taux
d’humidité excess if (> 65 %)
réparer les fuites, nettoyer les débordements,
rectifier les problèmes de plomberie sur-le-champ
Condensation constante
defaut de l’isolation ou du pare-vapeur, penetration d’air
chaud et humide de l’extérieur qui se condense sur les
surfaces exposées a Ia climatisation (plus froides) ce qui
cause la formation de gouttelettes d’eau sur les fenêtres,
les murs extérieurs et les surfaces fraiches, ainsi que le
phénomène oppose, sod Ia condensation de l’air interieur
tiède et humide sur les matériaux plus frais qui forment
l’enveloppe exterieure do bâtiment (murs)
•
Climatiseurs portatifs
defaut d’entretien. accumulation de saletés,
accumulation d’eau
• choisir un appareil de la taille voulue selon l’espace a
refroidir. programme d’inspection et de nettoyage reguliers
(bacs)
Plantes d’intérieur
• arrosage excessif. proliferation de moisissures sur les
feuilles. Ia terre ou les pots
• eliminer les plantes d’interieur dans Ia mesure du
possible, eviter de trop les arroser
Tapis
•
-
tapis ayant déjà
ete detrempes. saletés, nettoyage laissant
a desirer. lavage frequent des tapis sans ventilation
suffisante pour qu’ils sèchent rapidement, les spores
s’accumulent dans les tapis (action électrostatique)
Cloisons en tissu, rideaux
et mobiller
Hutnidificateurs et
déshumidificateurs
objets ayant déjà été détrempes, nettoyage laissant a desirer
saletés, accumulation de spores (action électrostatique)
•
défaut dentretien. negligence des bacs
faire fonctionner un deshumidificateur l’été,
lorsque Ia climatisation est en marche
abaisser les taux d’humidité ambiante pendant l’hiver
programme de nettoyage regulier. remplacement ou
nettoyage professionnel des tapis auparavant endommages,
assurer one bonne ventilation pour que les tapis
séchent rapidement
•
programme de nettoyage régulier. remplacement ou
nettoyage professionnel des articles auparavant endommages
•
• choisir des appareils de la taille voulue selon Ia superficie
visCe, programme d’entretien et de nettoyage reguliers
portatifs
7
Sources de nutriments
Lorsqu’on les decompose en sucres
simples, en amino-acides et en petits
peptides, bien des objets deviennent
des sources de nourriture adéquates
pour les moisissures. Les objets a base
de matières organiques ou dont certains
composants sont organiques, comme le
papier (cellulose, colles et revêtements),
certains supports, la toile a reliure, le
cuir, la vannerie, le bois, les meubles
capitonnés, le coton, le un, la lame et
les matériaux photographiques, sont
définitivement des sources de nourriture
Certains objets non organiques peuvent
aussi risquer de moisir en raison de leur
age ou de dépbts superficiels de pous
sières, de saletés, de restes d’insectes et
d’huiles laissées par les doigts. Dans la
mesure du possible, ii faut éliminer les
sources de nutriments propices a la pro
lifération de moisissures en assurant le
nettoyage et l’entretien de la collection,
des reserves et des salles d’exposition.
La poussière est une importante source
de spores fongiques et de nutriments.
1000
D
0
Cl)
0
Cl)
.
Cd)
0
100
E
a)
0
0
10
Cd)
C))
0
C-)
50%
• a un taux d’ HR de 65
%, 6,65 a, des experiences durant
trois ans ne presentent pas de proliferation visible de
moisisSures;
a un taux d’HR de 75 %, 0,75 a, la proliferation est
visible au bout de deux a trois mois;
a un taux d’HR de 80 a 90 %, 0,80 a 0,90 a,la
proliferation se remarque au bout de trois a cinq jours.
Selon ces données, on conclut que l’on peut ignorer
les courtes périodes pendant lesquelles le taux d’HR est
eélevéx’ dans chaque intervalle donnd, a condition que
la durée en question soit nettement inférieure aux périodes
stipulées ci-dessus et au terme desquelles on observe une
proliferation des moisissures.
Manifestement, le risque que les objets soient endommagés
par les moisissures augmente plus us sont exposés
8
80%
90%
100%
Figure 8. Le schema rend compte du temps qui s’écoule avant que la prolifération
des moisissures ne soit visible a l’ceil nu, en supposant un lnatériau hautement
susceptible conserve a 25 °C et un taux d ‘HR qui a atteint les valeurs suivantes
(mais qui n’apas chute pour les atteindre).
La figure 8 rend compte du rapport entre l’HR/a et la
croissance des moisissures (Michalski, 2000)
•
70%
Humidité relative
Humidité
Comme on l’a signalé plus haut, l’humidité est indispen
sable a la germination et a la proliferation des moisissures.
Comme il est pratiquement impossible d’éliminer du
milieu toutes les sources possibles de nutriments, le taux
d’humidité ambiant devient le facteur le plus facile a
maitriser. Pour dviter la proliferation de moisissures, il faut
absolument éviter deux circonstances qui y contribuent: les
pointes d’HR très fortes, qui amorcent Ia germination des
spores, et les périodes prolongées d’HR élevée, propices
a Ia proliferation des moisissures.
•
60%
longtemps a un taux d’HR élevé; ce risque depend dgale
ment de la mesure dans laquelle l’objet peut absorber la
vapeur d’eau. II est possible de réduire grandement le
risque de proliferation des moisissures sur les objets
en rangeant ceux-ci dans des contenants. Ii faut alors se
demander combien de temps chaque contenant parvient a
protéger l’objet qu’il renferme des taux d’humidité élevés.
Dans les milieux non régulés, des contenants comme des
cartons scellés ne protègent les objets que pendant une
période très courte. Pour protéger les objets a plus longue
échéance, ii faut les ranger dans des contenants de plastique
hermetiques. Une fois que l’activité de l’eau parvient a
0,75a ou plus, les contenants ou les cartons cessent de
protéger les objets des moisissures. Les objets qui ont déjà
absorbé de la vapeur d’eau prennent du temps a sécher.
Bien que le milieu a l’intérieur du contenant atteigne
éventuellement un niveau d’équilibre avec les conditions
a l’extérieur du contenant, les objets réagiront plus lente
ment. Par consequent, pour un certain temps, les objets
peuvent avoir un niveau d’humidité suffisant pour la
proliferation de moisissures. Deux proprietes régissent
le milieu dans les contenants : la vitesse a laquelle les
gouttelettes d’eau en suspension dans l’air pénètrent le
contenant et la capacité de l’objet a resister a l’humidité
interne et a l’activité de l’eau.
La figure 9a rend compte du temps nécessaire pour
que l’humidité pénetre les barrières (de quelques heures
a une année). Même une fois les objets ranges dans des
sacs de polyéthylène, il faut maintenir la temperature
ambiante de façon a empêcher la proliferation de
moisissures dans les sacs. Voici certaines suggestions
en la matière (Strang, 2001)
a des valeurs inférieures a 0,75 (tel qu’indique par
Michalski, 1993), on se trouve a prévenir la proliferation
rapide des moisissures. En revanche, ii faut toujours
chercher a maintenir le taux d’activité de l’eau a une
valeur inférieure a 0,6.
• ranger dans des sacs des objets dont l’HRE
est inférieure a 65 % et éviter les hausses de
temperature qui porteraient l’HRE a plus de 65 %;
• ne pas ranger dans des sacs des objets dont l’HRE
est supérieure a 65 %;
• ne pas entreposer les sacs sur une tablette ou un
comptoir froid pour éviter de causer une baisse de
temperature qui augmenterait l’HR dans la partie
du sac la plus proche de Ia tablette;
• ne pas entreposer les sacs a un endroit oi
l’HR est élevée parce que l’eau finira
par imprégner le sac. Cependant, la
10
permeation ra1entit considérablement
si l’objet est enveloppé dans un
matériau qui le protege de l’HR
10 2
et si le volume d’air emprisonné
C,,
est faible par rapport au volume
C
de l’objet enveloppé.
101
En cas de pénétration d’eau ou de hausse du taux d’HR,
ii faut prendre le plus rapidement possible des mesures
correctrices efficaces. Le personnel doit se tenir prêt a
intervenir pour éliminer la source d’humidité pour
C
C
La figure 9b illustre les situations
susmentionnées qui peuvent se
produire dans le cas des objets
placeS dans des sacs. Un changement
de temperature ambiante entraIne un
changement dans l’HRE. Si l’objet
a été emballé alors que 1’HR ambiante
était de 55 % (I) et que la temperature
ambiante chute de 15 °C, l’HR
a l’intérieur du sac passera a 80 % (F).
Une augmentation de 15 °C fera
chuter l’HR a l’intérieur du sac
a 35 % (C).
II n’existe pas de méthode ou d’instru
ment unique qui permette de mesurer la
teneur en humidité de tous les substrats.
On peut procéder comme suit pour
mesurer l’HRE : ranger l’objet dans
un contenant transparent et hermetique
pour qu’il soit possible de lire un
hygromètre place dans le conteriant
avec I’objet; attendre le temps voulu
pour que l’équilibre se fasse. La valeur
affichée a l’hygromètre correspond
au taux d’HR égal a la teneur en
humidité/activité de l’eau de l’objet.
C)
(‘5
.cI)
C,)
C.
10-1
a)
102
1 0-
Epaisseur (mm)
Figure 9a. Courbe des mi-temps de reaction.
côté frais
100 %
80%
mois
année
a)
as
60%
C
uJ
I
On utilise souvent le taux d’HR
ambiant pour exprimer le potentiel de
proliferation des moisissures. Si le taux
d’HR demeure inférieur a 60 %, il est
logique de penser que les valeurs de
1’ activité de l’eau (a) correspondantes
du substrat se limitent a 0,6, soit le
taux d’a le plus faible auquel certaines
moisissures commencent a proliférer.
En limitant l’a
0) des matériaux faisant
partie des collections patrimoniales
1
a)
40%
1,
20%
I
C.)
CO
10
3
CD
I
()
3
I
CD.
—.
co
I
.1
0/
/0
( 0/
C.) /0
20 %
40 %
60%
80%
100%
HRE initiale
Figure 9b. Changenients a l’HRE initiale
causes par des variations de temperature.
9
eviter une infestation de moisissures ou pour Ia maItriser
si elle est inevitable.
Clirnatisation
Lorsque l’air dans le bâtiment est climatisé, ii faut
absolument faire en sorte que le taux d’HR ambiant
ne depasse pas 60 %. A cette fin, on peut se servir
de déshumidificateurs pour completer le système de
chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC).
important de ne pas ranger les cartons près d’un mur
exterjeur froid sinon us absorbent l’humidité et les
moisissures risquent de proliferer (figure 11). Par
consequent, les enceintes de rangement, les objets et
autres matériaux devraient être places a entre 35 et 45 cm
(15 a 18 po) des murs extérieurs, ce qui a l’avantage
de faciliter le nettoyage des espaces, de permettre a
l’air de circuler et de donner accès au mur advenant
la penetration d’eau.
Les climatiseurs portatifs qui s’installent dans les
fenêtres doivent être choisis en fonction de Ia superficie
a refroidir. Généralement, ces climatiseurs fonctionnent
par cycles. L’ air chaud et humide circule sur un serpentin
de refroidissement, ce qui a pour effet de le refroidir.
L’humidité contenue dans l’air se condense et l’eau
s’écoule dans un bac de recuperation. Le cycle du clima
tiseur est tel que le compresseur s’allume et s’eteint et que
le givre accumulé sur le serpentin de refroidissement fond.
L’eau résultante s’ecoule dans le bac. Comme l’air chaud
continue de circuler autour du serpentin de refroidissement
et du bac de récupération, il absorbe une part d’humidite
qui est ensuite transferee dans la pièce. Pour rCguler le taux
d’humidite ambiant, il est donc souhaitable de completer le
climatiseur avec un deshumidificateur. Les déshumidifica
teurs conçus pour usage a domicile dont la capacite est
cotee a 200 pieds cubes a Ia minute suffisent a assecher
une superficie de 12 000 pieds cubes (autrement dit,
l’appareil est en mesure de renouveler l’air dans la pièce
une fois l’heure). En revanche, ii faut savoir que les déshu
midificateurs ne fonctionnent pas efficacement lorsque Ia
temperature est inferieure a 18 °C (65 °F) ou que le taux
d’HR est de moms de 35 %. Certains appareils pourvus
d’un dessiccateur continuent de fonctionner correctement
a des temperatures inferieures a 18 °C (65 °F). Le deshumi
dificateur doit avoir la capacite voulue selon la superficie
de la salle et il faut vider regulièrement les bacs de
recuperation des déshumidificateurs et des climatiseurs.
Figure 10. Le positionnement incorrect des enceintes
de rangernent bloque la circulation de 1 ‘air.
Circulation de l’air
Si le fait de reguler le taux d’HR ambiant pour qu’il
demeure inferieur a 60 % suffit a ce que les materiaux
restent secs, cela ne suffit cependant pas a prevenir la
proliferation des moisissures a certains endroits plus frais
(par exemple les murs exterieurs et les coins) ni a eviter
les fuites d’eau qui peuvent elever a plus de 70 % le taux
d’HR a proximite du substrat (Flannigan et Miller, 1993).
Par exemple, dans une pièce oü il fait 20 °C (68 °F) et oü
le taux d’HR est de 60 %, la temperature superficielle d’un
mur exterieur peut être de 15 °C (60 °F) et le taux d’HR
resultant, de 80 %. Ce mur absorbe l’humidite ambiante,
ce qui pousse l’a de 0,60 a 0,80, condition qui se prête
a la proliferation de certaines moisissures. Si Ia tempe
rature superficielle du mur atteint le point de rosee
, la
5
condensation resultante peut permettre la proliferation de
moisissures en depit du fait que le taux d’HR ambiant ne
depasse pas les valeurs visees. Pour parer au problème, il
suffit de veiller a une bonne circulation de l’air. Ii est très
Figure 11. Un carton moisi.
10
Temperature
Dans maints bâtiments, la temperature est régie par le
confort des personnes, et elle est réglée entre 18 et 24 °C
(65 a 75 °F), valeurs qui correspondent maiheureusement
aux conditions optimales a Ia proliferation des moisissures.
Par consequent, aux endroits qui ne sont pas normalement
occupds par des êtres humains (par exemple les musées
saisonniers ou les reserves permanentes), ii est dans
l’intérêt des collections d’abaisser Ia temperature et de
veiller a ce que le taux d’HR reste inférieur a 60 %.
Liste de contrôle des mesures preventives
La liste de contrôle des mesures preventives qui suit peut
servir a créer un milieu stable et a prévenir la proliferation
des moisissures dans une collection.
• Veiller a ce que le taux d’HR reste inférieur a 60 %
(éviter notamment les chutes de temperature).
• Assurer une bonne circulation de l’air.
• Inspecter régulièrement les objets exposes et mis
en reserve.
• Eliminer la poussière en suivant un programme de
nettoyage périodique des planchers, des tablettes,
des vitrines et de la surface des matériaux comme
les cartons, les revêtements de plastique, etc.
• Isoler les objets nouvellement reçus, les inspecter
et, au besoin, les nettoyer pour éliminer la poussière
et les saletés avant de les ranger avec le reste de
la collection.
• Prendre des mesures pour éviter les fuites d’eau dans
le bâtiment et Ia collection.
• Instituer des programmes réguliers d’entretien des
systèmes de regulation des conditions ambiantes, des
humidificateurs et des déshumidificateurs portatifs.
• Ne jamais introduire de plantes ou de nourriture là
ofi les objets sont exposés ou mis en reserve.
Après une fuite d’eau, 11 faut immédiatement prendre des
mesures pour empêcher Ia proliferation des moisissures.
• Des le premier signe de proliferation dans une
collection, isoler l’objet ou les objets contaminés
puis trouver la cause et Ia neutraliser.
• Commencer sur-le-champ (dans les 48 heures) le
nettoyage de l’eau accumulée.
• Si le taux d’HR dépasse 60 %, faire circuler i’air
et ramener le taux d’HR a moms de 40 % avec un
déshumidificateur jusqu’à ce que les matériaux affectés
soient secs. Cela fait, ramener progressivement le taux
d’HR au taux habituel.
Pour abaisser rapidement le taux d’HR et sécher
l’endroit affecté, on peut faire pénétrer de l’air plus
sec provenant d’une autre pièce ou de 1’ extCrieur.
• Formuler un plan d’intervention en cas de catastrophe
et, quand il y a lieu, être prêt soit a sécher a l’air libre
les objets endommagés par l’eau, soit a les congeler
et ce, dans les 48 heures suivant la fuite.
1.3
Apparition de moisissures
Premieres interventions
-
Cette section explique la marche générale a suivre lorsque
des moisissures infestent une collection d’objets a valeur
patrimonialt. II s’agit d’un guide qui convient en cas
d’infestation de petite ou de moyenne envergure. En cas
d’infestation importante, ou si des moisissures toxiques
sont présentes ou soupconnees, d’autres mesures s’imposent
et ii faut faire appel a des experts a l’externe.
Proteger le personnel
Ii faut prendre des mesures preventives pour protéger
le personnel qui travaille sur place. Les personnes qui
souffrent d’allergies ou d’asthme devraient éviter tout
contact avec les matériaux infestés et ne pas frequenter
les endroits oü des moisissures sont présentes. Prière de
consulter les Section 1.5 Effets sur la sante (p. 15) et
Section 2.1 Equipement de protection personnelle
(p. 17) pour obtenir des précisions ace sujet.
Isoler les objets
Isoler les objets contaminés. S’ils sont nombreux, isoler
l’endroit oC se trouve Ia collection pour éviter que les
spores ne pénètrent les zones non infestées ainsi que le
reste du bâtiment. On peut isoler les objets en les plaçant
dans des boItes ou des sacs hermetiques et ainsi contenir
Ia contamination. Les objets de grande dimension peuvent
être enveloppés dans des feuilles de plastique. Pour sceller
l’espace contaminé, obstruer la porte avec des feuilles de
plastique ou de polyethylene fixées avec du ruban adhésif
de 5 cm (2 po) de large et bloquer les bouches de retour
d’air pour éviter que les spores ne pénètrent dans les
espaces non contaminés du bâtiment par les conduits d’air.
Isoler les objets et les endroits affectés et y limiter l’accès
pour réduire l’exposition des personnes aux moisissures.
Les gens qui pénètrent a l’endroit isolé ou qui ouvrent
les emballages scelles contenant des objets devraient
systematiquement porter l’équipement de protection
Figure 12. On couvre des livres et des rayons
pour contenir la prol(féi-ation des spores.
11
personnelle (EPP) recommandé. (Voir la Section 2.1
Equipement de protection personnelle, p. 17)
Determiner l’étendue de l’infestation, songer aux
ressources disponibles et decider si l’infestation peut
être contenue par des moyens internes ou s’il faut faire
appel a des ressources extérieures. A ce chapitre, s’adresser
a un restaurateur qui sait quoi faire en cas d’infestation de
moisissures et comment s’occuper des objets contaminés.
épaisse couche de matière organique, ou ceux qui sont
formés d’éldments divers (incrustations ou placage),
sont les plus susceptibles d’être assujettis a des contraintes
physiques importantes pendant le séchage a l’air libre,
contraintes qui peuvent causer des dommages. Une fois
les objets secs, consulter la Section 2. Récupération des
collections (p. 17) qui détaille les techniques de nettoyage
des objets, du mobilier et des reserves.
Trouver et élirniner l’agent causal
Trouver la source de Ia proliferation des moisissures
et prendre sur-le-champ des mesures pour rectifier le
problème, y compris abaisser le taux d’HR, augmenter
la circulation de l’air, abaisser la temperature de la pièce
et dponger les flaques d’eau.
S’il est impossible de sécher les objets a l’air libre sans
disperser les spores, ii est preferable de congeler les objets
affectés et de les secher quelques-uns a la fois dans une
hotte ou de les faire sécher a l’extérieur. Le sechage a
l’air libre a l’extérieur doit se faire les jours oü le temps
est degage, loin des gens et des entrees d’air du bâtiment.
Neutraliser les moisissures
La proliferation des moisissures est en phase active
si celles-ci semblent humides et s’étalent quand on les
effleure ou si elles degagent une odeur sucrée ou de moisi.
II faut prendre des mesures pour stopper la croissance des
moisissures et éviter que les objets ne soient davantage
endommagés. Abaisser le plus rapidement possible
I’humidité ambiante et Ia teneur en eau des matériaux.
S’il s’agit d’objets, les sdcher a l’air libre ou les congeler,
techniques qui sont abordées plus loin. Au besoin, faire
appel a une entreprise spdcialisee en séchage avec des
dessiccateurs pour sécher les installations et le mobilier
affectés, par exemple les tapis, les tentures, etc.
Une fois l’objet sec, on peut en enlever Ia moisissure.
La Section 2. récupération des collections (p. 17) détaille
les procddés, les techniques et le materiel de nettoyage. Si
l’on ne peut procéder immédiatement au nettoyage, isoler
l’objet sec en le rangeant dans un contenant hermetique pour
éviter la dispersion des spores inactives, mais encore viables.
Sechage a l’air libre
Pour sécher les objets a l’air libre, abaisser le taux d’HR
et augmenter la circulation de l’air. Les spores de la plupart
des espèces de moisissures se dégagent facilement dans
l’air. Sécher a l’air libre les objets humides ou trempés qui
presentent des moisissures de sorte que les spores ne peu
vent se disperser. Si seulement quelques objets sont affectés,
les ranger dans des sacs ou des boItes ou les envelopper et
les transporter ailleurs pour dviter la dispersion des spores.
Prendre des mesures pour éviter la dispersion des spores
dans le reste du bâtiment sceller les bouches de retour d’air
et, si possible, ouvrir les fenétres pour chasser a l’extdrieur
l’air de Ia pièce. Transporter les objets affectés dans une
salle isolée, sommairement meublée et qui sera facile a
nettoyer plus tard. Laisser les objets sécher a I’air libre
ou sous des ventilateurs. Positionner les ventilateurs pour
qu’ils ne soufflent pas directement sur les objets pour limiter
la dispersion des spores et aussi pour ralentir le sechage et
ainsi limiter la deformation des objets, comme les petites
fissures qui peuvent résulter lorsque la teneur en eau d’un
objet diminue abruptement. Les objets qui presentent une
12
Congélation
La congelation permet de tuer rapidement les moisissures
qui sont en phase de croissance active. Bien que les fila
ments des moisissures gèlent et se brisent lorsqu’elles sont
congelées, les spores supportent les temperatures froides
et demeurent viables.
Bien des objets endommagés par l’eau ou moisis peuvent
être congelés. Cette technique a l’avantage d’eliminer le
besoin pressant de sécher rapidement et sans danger tous
les objets mouillés. Ii est possible de congeler de nombreux
objets a la fois lorsqu’on peut se procurer un congélateur
de grande dimension. Les congélateurs-chambres, dans
lesquels on peut pénétrer, peuvent être loues, de même
que les camions frigorifiques que l’on conduit ensuite sur
les lieux. Ces recours permettent de reporter a plus tard
lorsque le personnel est organisé et a obtenu les locaux,
le temps, les ressources et les personnes nécessaires le
séchage des objets, travail intensif si jamais ii en fut.
—
—
1.4 Enquêtes sur Ia proliferation fongique
On entreprend une enquete sur la proliferation fongique
dans un immeuble lorsque les gens se plaignent de pro
blèmes de sante ou de symptômes, qu’il y a des signes
de proliferation de moisissures, que l’on détecte une odeur
de moisi ou que de l’eau s’est infiltrée dans une collection
ou dans le bâtiment. A l’intérieur, l’enquete peut consister
en une inspection visuelle, la collecte d’échantillons en
surface ou en vrac ou l’échantillonnage de l’air. La
méthode retenue est fonction des protocoles en vigueur
sur la qualité de l’air intérieur (QAI) en ce qui a trait aux
enquetes sur la proliferation fongique a l’intérieur. Les
lignes directrices et les pratiques en la matière ont pam
dans les documents suivants:
• Sante Canada. Contamination fongique dans les immeu
bles publics guide facilitant Ia determination et la ges
don des probldmes. Comité consultatiffédéral-provincial
de l’hygiène du milieu et du travail, Ottawa, Direction
de la Sante environnementale, Sante Canada, juin 1995.
• Macher, I. (dir.). Bioaerosols Assessment and
Control, Cincinnati (Ohio), American Conference
of Governmental Industrial Hygienists, 1999.
.
L’enquête peut aussi inclure une étude des antécédents
de l’immeuble pour trouver des données susceptibles
d’expliquer ou de situer les dommages d’eau antdrieurs
qui ont permis la proliferation de moisissures qui n’ont pas
encore été remarquees visuellement. Lorsque les gens se
plaignent de problèmes de sauté, on peut effectuer une eva
luation de sante ou une entrevue. Les consequences néfastes
sur la sante peuvent être lides a une activité precise ou a un
endroit oü la moisissure prolifère. Les experts sur la qualite
de 1’ air peuvent Se servir des données ainsi recueillies pour
trouver plus facilement l’origine de Ia contamination.
En général, en cas d’infestation dans une collection, il
n’est pas nécessaire d’identifier la moisissure pour inter
venir, pour enlever les moisissures prdsentes sur les objets
ou pour effectuer le traitement des objets endommagés.
L’ identification des moisissures est régie par des raisons
precises, par exemple si l’on craint un danger pour la sante
ou si certains employés ont des problèmes de sante.
Les sections qui suivent contiennent des renseignements de
base sur les techniques et le materiel qui servent a effectuer
les enquetes sur la proliferation fongique a 1 ‘intérieur. Pour
obtenir plus d’information, prière de consulter la littérature.
Inspection visuelle
L’inspection visuelle consiste a visiter un immeuble
ou une collection afin d’évaluer, par la vue et l’odorat,
la qualité de l’air intérieur. Diverses observations peuvent
être faites pendant cette visite, notamment sur la presence
d’humidificateurs, de flaques d’eau stagnante et de
matériaux endommages par l’eau, sur l’entretien, sur
la ventilation et sur les taux élevés d’HR. L’inspection
visuelle est bien souvent la premiere étape des enquetes
sur la qualité de l’air intdrieur et les observations qu’elle
permet de recueillir suffisent parfois de preuve justifiant
l’élaboration d’un plan de mesures correctrices visant un
bâtiment ou une collection.
Echantillonnage des surfaces et en vrac
On peut prélever des échantillons en surface par raclage
ou proceder a un dchantillonnage en vrac (prélèvement
de petits morceaux de matières contaminées, comme les
cloisons sèches ou les tapis) pour effectuer des essais.
Dans un cas comme dans l’autre, l’analyse des échantillons
se fait soit par contact direct avec le milieu de croissance,
soit par dilution de l’échantillon suivie de la distribution
d’une quantite precise sur le milieu de croissance. Après
une période d’incubation (habituellement de sept jours),
les colonies de moisissures sont identifiées et comptees.
Les moisissures sont identifiées soit au niveau du genre
,
6
par exemple Aspergillus, soit a celui de l’espèce, par
exemple Aspergillus flavus, Aspergillus fumigatus,
Aspergillus versicolor. En presence de certains genres
de moisissures, ii peut y avoir lieu de proceder a l’iden
tification au niveau de l’espèce pour verifier si la
moisissure est toxicogéne. Ce degre d’identification
est ndcessaire lorsque l’on soupçonne un danger ou
une preoccupation en matière de sante.
Les résultats des analyses sont exprimds en unites totales
fonnant colonie (UFC). Chaque espèce presente est
exprimée selon un pourcentage du total. En general, les
laboratoires rendent compte des échantillons de surface
sous forme d’unités formant colonie au centimetre carré de
Ia surface d’échantillonnage (UFC/cm
). Les échantillons
2
en vrac sont exprimes en unites formant colonie au gramme
de matière prélevee (UFCIg).
L’echantillonnage des surfaces et en vrac peut être
utile pour confirmer la presence de certaines espèces de
moisissures. Ainsi, la presence de l’espèce Stachybotrys
chartarum (auparavant désignée Stachybotrys atra) est
difficile a mesurer dans des échantillons d’air parce que ses
spores, en phase de croissance, sont mouillées et collantes
et passent donc difficilement en suspension dans l’air. Une
fois qu’elles sont sèches et pulvérulentes, elles peuvent être
soulevées dans l’air, mais elles ne tardent pas a retomber
en raison de leur masse. On trouve habituellement ces
spores a la surface (horizontale) des meubles ou sur les
planchers. Dans bien des cas, Stachybotrys chartarum
ne peut être depistee que par échantillonnage en vrac
ou par un echantillonnage aggressif
7 de l’air.
Echantillonnage de 1 ‘air
L’échantillonnage de I’air permet de détecter une
concentration supérieure a la normale de spores de
Inoisissures dans un milieu donne. On aura recours a
cette technique Iorsque la presence de moisissures n’est
pas manifeste, par exemple lorsque la proliferation des
moisissures est invisible, mais que les gens présentent
des symptômes physiques inexpliqués qui peuvent être
attribuables a une exposition a des bioaérosols.
Lorsque l’on prélève un échantillon de l’air intérieur, ii faut
prélever en même temps un échantillon de 1’ air extérieur, a
des fins de comparaison (échantillon temoin). En general,
Iorsque l’échantillonnage révéle une concentration fongique
supérieure a l’interieur, ou que les types d’espèces de
moisissures presentes a l’intérieur sont différentes de
celles trouvées a l’extérieur, ou les deux, II y a lieu
d approfondir 1’ enquête. Divers documents contiennent
des directives sur l’interprétation des résultats de l’analyse
des échantillons d’air, notamment:
‘
• Sante Canada. Contamination fongique dans les
immeubles publics guide facilitant la determination
et la gestion desproblêmes, Ottawa, 1995.
• Dillon, H.K., P.A. Heinsohn et J,D. Miller (dir.). Field
Guide for the Determination of Biological Contaminants
in Environmental Samples, American Industrial Hygiene
Association, 1996.
• Macher, J. (dir.). Bioaerosols Assessment and Control,
Cincinnati (Ohio), American Conference of Government
Industrial Hygienists, 1999.
Les moisissures ne se détectent pas toutes par
échantillonnage de l’air. En effet, un échantillon d’air
suffit uniquement a indiquer la presence d’un bioaérosol
13
au moment de l’échantillonnage. Cette technique est utile
quand on l’emploie avant et après la prise de mesures
correctrices. On peut aussi l’employer pendant l’exdcution
de telles mesures, si une partie de l’immeuble est occupde,
pour confirmer que Ia qualite de l’air est conforme aux
normes fixées pour l’occupation humaine.
L’échantillonnage de l’air pour détecter la presence de
moisissures ndcessite l’emploi de materiel spdcialisé. Les
hygiénistes du travail et experts en qualite de l’air, suivant
le protocole établi par le fabricant de ce materiel, se servent
de ces instruments spécialisés.
Méthode de collecte de spores viables
La collecte et la culture de spores de moisissures viables
ont été beaucoup utilisées. Les données que cette technique
a permis de recueillir ont servi a compiler une base de
données qui se prête a la comparaison des résultats. Cette
technique permet également de distinguer les organismes
les uns des autres, en ddpit des inconvénients qu’elle
présente. Le choix du milieu de croissance peut causer
des erreurs. Par exemple, certains organismes peuvent mal
proliférer dans certains milieux de croissance tandis que
d’autres peuvent presenter des capacités compétitives
différentes aux autres espèces de moisissures recueillies.
Ces facteurs peuvent influencer le résultat final De plus,
cette technique exige du temps : il faut habituellement sept
jours pour cultiver l’échantillon initial, mais ii n’est pas
rare d’atteindre 15 a 20 jours. Si les specimens qui crois
sent rapidement envahissent ceux qui croissent moms vite,
il peut être ndcessaire d’effectuer des cultures secondaires.
Enfin, cette technique ne permet pas de détecter les spores
non viables ou stériles présentes dans le milieu intdrieur,
spores qui peuvent avoir des effets ndfastes sur la sante.
Un échantillonneur d’air aspire un volume d’air donné
pendant une pdriode donnée. L’air est aspire a travers un
filtre pourvu de pores d’une taille precise puis projeté
contre la surface d’un milieu de culture, propice a la
proliferation biologique, qui prend Ia forme d’une bande
ou d’une plaque. L’échantillonneur Anderson qui sépare
les particules selon leur granulométrie et l’échantillonneur
centrifuge Reuter sont deux exemples d’appareils servant
a contrôler la qualité de l’air intérieur.
n’est pas cultivé par la suite. Ces méthodes de collecte ont
l’avantage net de donner des résultats dans les 48 heures
suivant le prélèvement. Elles sont aussi utiles parce qu’elles
permettent de détecter des organismes qui ne prolifèrent
pas dans un milieu de croissance ou dont Ia croissance
est particulièrement entravée par d’autres organismes,
ou les deux. Par consequent, elles peuvent aboutirà une
representation plus complete de la composition fongique
totale des spores présentes (viables et non viables). En
revanche, ces méthodes ne permettent pas de faire la
distinction entre des especes qui produisent des spores
semblables du point de vue morphologique.
Les pièges a spores, comme l’Air-O-Cell fabriqué
par Zefon International et le MK3, font intervenir des
instruments spécialisés pour prélever des matières dans
1 ‘air et les recueillir sur une surface collante ou une lame
enduite d’un milieu de collecte. La lame peut ensuite être
examinée au microscope pour compter les spores presentes.
Comme les attributs physiques (taille, forme, texture) de la
plupart des spores sont assez caractéristiques, on parvient a
une identification générale. De plus, certaines moisissures,
comme Stachybotrys chartarum, presentent un nombre
limité d’espèces et se prêtent donc facilement a l’identi
fication grace a cette technique d’échantillonnage.
Figure 13. Echantillonneur d’air Anderson
i une étape, avec boIte de Pétri.
-
Une fois les échantillons recueillis, la bande ou la plaque
est retiree de l’échantillonneur et l’échantillon est incubé
aux temperatures optimales a Ia proliferation des moisis
sures pendant une période donnée, habituellement sept
jours. Après ce délai, on examine la plaque ou la bande
et on effectue le décompte et l’identification des espèces
présentes. Les résultats de l’analyse sont exprimés en
unites formant colonie au metre cube d’air échantillonné
).
3
(UFC/m
Méthodes de collecte de spores non viables
Les méthodes de collecte de specimens non viables, comme
les pièges a spores ou les rubans, permettent de prélever
des particules en suspension dans l’air, mais l’échantillon
14
.!‘;‘
•o
,
I
,
‘a
01
•
:
‘:
I
Figure 14. Lame d’un échantillon de spores, et autres
particules prélevées dans 1 ‘air grace a un piège.
Dans certains cas, on recommande de completer l’échan
tillonnage avec des cultures pour identifier les espèces
de moisissures et confirmer si elles sont toxicogènes.
Interpretation des resultats
Les techniques d’echantillonnage exigent toutes
des connaissances et une expertise specialisées. Elles
relèvent de spécialistes techniques qualifies qui confient
les analyses a des laboratoires agrees
. L’identification des
8
moisissures devrait être faite par une personne formée en
mycologie. Sante Canada a publie les directives suivantes
pour faciliter l’interpretation des résultats de l’analyse des
échantillons d’air et determiner s’il y a ou non contamina
tion microbienne du milieu interieur:
• Guide technique pour l’évaluation de la qualité
de l’air dans les immeubles a bureaux, 1993.
• Contamination fongique dans les immeubles publics:
guide facilitant la determination et Ia gestion des
problèmes, 1995.
L’expert en qualité de I’air et le laboratoire rédigent Un
rapport d’analyse et le transmettent au client. En général,
quand ce rapport est solidement conçu, ii aborde les
aspects suivants
• description des méthodes d’échantillonnage;
• date et heure auxquelles les échantillons ont été
préleves et dates auxquelles us ont été traités;
• endroit oi chaque échantillon a été prelevé
(numero de Ia pièce, emplacement dans la pièce);
• nombre total de particules;
• nombre de particules selon les genres et les
espèces de moisissures.
De plus, on doit signaler dans le rapport si des espèces
toxicogènes sont présentes. Le cas échéant, le rapport doit
inclure Un avertissement qui stipule que ces moisissures
peuvent constituer une menace pour Ia sante, suivi de
recommandations sur les mesures correctrices a prendre
et l’équipement de protection personnelle requis. Une liste
des sources consultées pour identifier les moisissures
devrait completer le rapport.
1.5 Effets sur la sante
Les moisissures sont omniprésentes. En général, les
concentrations normales de moisissures n’affectent pas
les personnes en bonne sante. Cependant, dans un milieu
contaminé, l’exposition aux moisissures augmente le risque
d’effets néfastes sur Ia sante. Les reactions sont variées et
dependent de la nature des espèces en cause, des produits
metaboliques qu’elles degagent, de la concentration
présente et de la durée d’exposition aux moisissures et a
leurs sous-produits et de la susceptibilité des sujets affectés.
Quelque 8 % de Ia population sont prédisposés a réagir
en cas d’exposition a des moisissures. De même, les per
sonnes qui souffrent d’asthme ou de troubles respiratoires,
d’allergies ou d’une allergie aux moisissures ou encore de
déficiences immunitaires, et celles qui prennent des
stéroIdes, risquent d’être affectées. Plusieurs etudes ont
montré que la presence de moisissures dans les maisons
a des effets sur la sante des occupants (Brunekreef et al.,
1999; Sante Canada, 1995; Dales et al., 1991a, b). Lorsque
des grandes superficies sont visiblement infestées de
spores, les symptômes sont décuplés. Une étude en
particulier a montré que les personnes dont l’épiderme
est sensible aux spores sont plus susceptibles de crises
d’asthme graves (O’Hallaren et al., 1991).
En general, les effets des moisissures sur la sante se
classent dans les categories suivantes irritation, allergie,
affection toxicogène et infection (Ammann, 2001).
Irritations
Les composes organiques volatils microbiens (COVM),
comme les alcools, aldéhydes, esters et cétones a chaIne
courte, sont dégagés par certaines moisissures. us sont a
l’origine de l’odeur caractéristique d’humidité ou de terre
que dégagent les bâtiments humides. Quoique les effets
sur Ia sante de I’exposition aux COVM n’aient pas fait
l’objet d’études approfondies, ces composes pourraient
être a l’origine des maux de tête, des étourdissements et
de I’irritation des yeux et des muqueuses dont se plaignent
les personnes qui habitent ou qui travaillent dans des
immeubles infestés de moisissures (Levetin, 1995).
Allergies
On sait très bien que les moisissures sont sources
d’allergènes (toute substance qui cause une reaction
allergénique). De nombreuses spores, voire toutes, contien
nent des allergenes. Les spores conservent leurs proprietes
allergeniques même lorsqu’elles sont inactives. Autrement
dit, l’exposition a une moisissure dormante pent causer une
reaction allergenique. Les personnes qui sont allergiques
aux moisissures peuvent presenter des symptômes au
niveau du système respiratoire ou de l’épiderme en cas
d’exposition aux moisissures ou a leurs sous-produits.
Les personnes qui souffrent d’ asthme ou d’allergies, ou
celles qui ont acquis une sensibilité après une exposition
prolongée a des matières moisies on a un milieu contaminé,
lorsqu’elles aspirent des spores, peuvent presenter des
symptomes semblables a ceux du rhume des foins, donc
écoulement nasal, éternuements, rougeur et demangeaison
des yeux et dermatite (eruption cutanée). Lorsqu’une
personne en bonne sante est exposée pour la premiere fois
a des moisissures, elle peut presenter n’importe lequel de
ces symptômes, mais de façon moms prononcée. En cas
d’exposition répétée, sa sensibilité peut augmenter et les
symptômes sont alors plus évidents. Lorsque la sensibilité
mue en allergie, celle-ci pent devenir permanente et
durer toute Ia vie.
Même si le rapport de cause a effet de l’exposition
aux spores de moisissures et de la reaction allergene
consequente est prouvé, on ignore les seuils exacts
correspondant a la sensibilisation et a l’apparition
15
de symptomes. Les personnes qui manipuient des matières
contaminées devraient savoir que le risque augmente avec
la frequence et Ia durée d’exposition aux moisissures. Dc
surcroIt, l’exposition peut aggraver des affections déjà
présentes, comme l’asthme.
Les médecins effectuent des tests d’allergies qui réagissent
a des allergenes fongiques précis. Seulement quelques
allergenes fongiques sont disponibles pour les tests; par
consequent, si un résultat positif indique une sensibilité a
un antigène fongique précis, cela ne veut pas forcément
dire qu’un résultat négatif élimine entièrement Ia possibilité
d’une allergic fongique chez les sujets susceptibies
(Ammann, 2001).
Toxic ité
On appelle <<mycotoxines >> les substances que produisent
naturellement certaines moisissures et qui causent une
reaction toxique. Les moisissures ne produisent pas toutes
des mycotoxines, mais c’est le cas de bien des espèces. Les
genres Aspergillus, Penicilliu,n et Stachybotrys Se trouvent
habituellement dans les milieux intérieurs et I’on sait
qu’ils produisent des mycotoxines. L’échantillonnage
et l’identification des espèces de moisissures effectuées
par un mycologue peuvent permettre de verifier si une
moisissure est toxique. La toxicité n’est pas fonction
de la viabilité des spores; autrement dit, des spores
non viables peuvent être source de toxines.
L’ingestion ou l’inhalation des mycotoxines, ainsi que
leur contact avec l’épiderme, peuvent avoir divers effets
sur la sante. Scion le type de mycotoxines et la nature de
l’exposition, ces effets varient de l’irritation des muqueuses
a des eruptions cutanées, des dtourdissements, des nausées,
l’immunosuppression, des anomalies congenitales et des
cancers. Pratiquement tous les documents abordant les
mycotoxines sont consacrés a leur ingestion; Ic role
des mycotoxines inhalées dans les affections humaines
est actueiiement a l’étude. Vu la gravité possible des
maladies résultantes, on recommande de limiter dans
toute ia mesure du possible i’exposition aux mycotoxines
(Burge et Otten, 1999).
Infections
Les infections dues a l’exposition aux moisissures
trouvées dans les milieux intérieurs sont rares, mais
16
dies peuvent se produire chez les sujets susceptibies,
par exemple les personnes qui souffrent de troubles
immunitaires lies a une maladie ou a un médicament. Par
exemple, Aspergillus fumigatus est un pathogène faible
pouvant causer des infections, dites aspergilloses, chez les
personnes qui y sont susceptibies Les infections peuvent
affecter Ia peau, les yeux, les poumons ou d’autres organes
et systémes (Summerbell, 2001). D’autres moisissures
peuvent aussi causer des infections systémiques, dont
Coccidioidomycosis, Histoplasmosis et Blastomycosis.
Ces moisissures prolifèrent dans Ic sol ou peuvent être
portées par ies chauves-souris et les oiseaux, mais on
ne les trouve géndraiement pas dans les milieux intérieurs
(Dales et Miller, 2001). Les excrements d’oiseaux ou
de chauves-souris accumulds dans les entrées d’air, les
conduits ou les salies contiennent souvent des agents
fongiques pathogènes virulents. Ces organismes ne
peuvent pas tous être détectés de façon fiable par échan
tillonnage de 1’ air ou des excrements. Par consequent, les
accumulations d’excrdments d’oiseaux et de chauves-souris
doivent automatiquement être considérées comme une
dangereuse source d’agents fongiques pathogenes et il
faut prendre ies mesures nécessaires pour les enlever
de façon sécuritaire (Sante Canada, 1995).
Symptômes
Les symptOmes suivants, entre autres, peuvent résulter
d’une exposition a des concentrations anormales de
moisissures dans les milieux intdrieurs, y compris les
moisissures toxicogènes (Johanning et Landsbergis, 1999)
• irritation nasale, brülure, démangeaisons, congestion
nasale, écoulement nasal avec saignement, irritation
de la gorge et mal de gorge;
• toux, difficulté a respirer, respiration bruyante,
congestion et constriction pulmonaire;
• migraines, troubles de concentration, irritabilité,
étourdissements, fatigue;
• brOlure, irritation, brouillage de la vue;
• brOlure, eruption cutande;
• légere fièvre, symptOmes de grippe.
Les personnes qui souffrent de ces symptOmes, qui
peuvent indiquer une exposition a des concentrations
anormales de moisissures dans les milieux intérieurs,
devraient consuiter leur mddecin.
2. Récupération des collections
Cette section indique au lecteur comment enlever les
moisissures prdsentes sur les objets. Ii y est aussi question
de l’équipement de protection personneile (EPP) que l’on
recommande de porter lorsqu’on travaille dans un milieu
infestd de moisissures ou que l’on manipule des
objets moisis.
Avant de prendre des mesures de recuperation, suivre
les directives exposées a la Section 1.3 Apparition de
moisissures
Premieres interventions (p. 11) Cette
section détaille les mesures générales a prendre en reaction
a une infestation de moisissures dans une collection
d’objets a valeur patrimoniale, y compris l’identification
de l’agent causal et la prise de mesures pour le neutraliser,
la marche a suivre pour protéger le personnel et isoler
les objets affectés et la façon de proceder pour stopper
la proliferation végétative des moisissures sur les objets.
—
2.1
Equipement de protection personnelle
Les moisissures posent un grave danger pour la sante,
c’est pourquoi on évitera, dans toute Ia mesure du possible,
d’y exposer des êtres humains. On décrit plus loin l’EPP
que devraient porter les personnes qui manipulent des
objets moisis ou qui travaillent a des endroits irifestés de
moisissures. Selon les reglements sur la sante et Ia sécurité
au travail en vigueur au Canada (aux echelons fédéral,
provincial et territorial), les employeurs doivent prendre
toutes les precautions raisonnables pour proteger le
travailleur. De plus, les employeurs devraient dispenser
une formation sur la manipulation et le nettoyage en toute
sécurité des objets infestés de moisissures ainsi que sur la
façon correcte de porter et d’entretenir l’EPP. II incombe
ensuite aux employés de suivre ces consignes.
Le niveau minimum de protection personnelle recommandé
dans le present bulletin technique (voir le Tableau 2.
Equipement de protection personnelle recommandé,
p. 21) est calculé en fonction de la superficie totale de
l’espace visiblement contaminé par des moisissures petite
(<0,3 m
), moyenne (0,3—3 m
2
), grande (3—10 m
2
) ou très
2
grande (>10 m
). Ces niveaux ont été estimds a partir de
2
Ia documentation sur l’assainissement en cas de presence
de moisissures dans les immeubles (Sante Canada, 1995;
ministère du travail du Manitoba, 2000; département de Ia
sante de Ia yule de New York, 2000). us ne sont pas fondés
sur une analyse des effets sur la sante. ii n’existe pas de
recherches concluantes, pour l’instant, quant aux seuils de
protection personnelle qui conviennent selon la superficie
contaminde, exprimée en metres carrés (Environmental
Protection Agency, 2001). En cas de doute sur le niveau
de protection personnelle qui convient, consulter des
experts en matière de sante et de sécurité.
On conseille aussi de consulter un fournisseur
d’equipement de protection repute pour obtenir de
l’information sur des produits précis. Certaines entreprises
emploient des conseillers techniques qui ont reçu une
formation spdcialisée pour pouvoir conseiller les clients
sur le choix du materiel de protection personnelle.
L’EPP dont ii convient de se munir, lorsque l’on doit
travailler avec des moisissures, est décrit dans les sections
qui suivent.
Protection des voles respiratoires
Le National Institute for Occupational Safety and Health
(NIOSH) des Etats-Unis est l’unique organisation en
Amérique du Nord qui s’occupe de contrôler et de certifier
les appareils de protection respiratoire. Par consequent,
ses normes servent de modèle aux organismes féddraux et
provinciaux responsables de la sante et sdcuritd au travail.
En vertu d’une nouvelle norme adoptde en juillet 1998,
ii existe neuf classifications d’appareils de protection
respiratoire a adduction d’air filtrd, selon l’efficacité
du filtre et les limites d’emploi.
En general, en cas d’infestation de moisissures dans une
collection, les filtres a particules de série N (N signifiant non
resistant a l’huile) conviennent. Les filtres dits Nl00 offrent
la plus grande protection contre les particules. Ces filtres
sont egalement appelés filtres HEPA
9 (haute efficacité contre
les particules). Lorsqu’on détecte une odeur de moisissure,
on recommande d’utiliser un filtre a haute efficacité contre
les particules muni d’une cartouche de protection contre les
vapeurs organiques. Ces cartouches sont détaillées plus loin
au paragraphe Protection des voies respiratoires et composes
organiques volatils microbiens (p. 19).
Les appareils de protection respiratoire, y compris ceux
qui sont jetables, devraient être essayés et vérifiés par une
personne compétente
10 pour en mesurer le bon ajustement.
Ii pourrait être utile de disposer de plusieurs styles et
tailles d’appareil de protection respiratoire pour trouver le
meilleur ajustement. II faut toujours ranger ces appareils a
un endroit propre ou dans un sac pour éviter l’accumulation
de particules sur l’appareil. A la fin de chaque journée, les
appareils de protection respiratoire devraient être nettoyés
en suivant les directives du fabricant. Les filtres uses des
appareils de protection respiratoire constituent un milieu
propice a Ia proliferation des moisissures. Pour parer au
problème, aérer I’ appareil et les filtres avant de les ranger
dans un sac hermetique.
Certaines personnes ne peuvent supporter de porter un
masque complet ou un demi-masque jetable pour protéger
les voies respiratoires. Les moustaches et barbes, ou les
visages de forme irrégulière, peuvent empêcher un boo
contact entre l’appareil et le visage. D’autres personnes
peuvent étre incapables de porter un appareil de protection
respiratoire pour des raisons de sante ou un motif
17
psychologique. Par exemple, les claustrophobes peuvent
être très mal a l’aise avec un tel appareil.
Ii faut absolument porter un appareil de protection
respiratoire approprié lorsqu’on travaille avec des agents
mouillants ou de nettoyage (par exemple cartouches de
protection contre les vapeurs organiques lorsqu’il y a
fortes concentrations de javellisant).
Appareils de protection respiratoire
jetables munis d’unfiltre a particules
Les appareils de protection respiratoire jetables sont peu
coüteux et n’exigent aucun entretien, mais pour qu’ils fonc
tionnent efficacement, il faut lire attentivement et suivre a la
lettre les consignes du fabricant. Pour qu’un appareil jetable
Soit correctement ajusté, suivre les directives données sur
l’emballage. Par exemple, dans le cas de Ia plupart de ces
appareils, ii faut sceller le masque sur le visage en faisant
glisser sur le nez, de haut en bas, Ia partie du masque prévu
pour le nez, jusqu’à ce que le masque s’ajuste.
Les appareils de protection respiratoire jetables ne convien
nent pas a tout le monde. Si le masque est mal ajustd au
visage, ii peut en fait augmenter la concentration de spores
inhalées. Ces appareils ne conviennent donc pas pour les
personnes qui ont une barbe ou une moustache. Malgré
que bien des marques d’appareils de protection respiratoire
jetables.n’existent qu’en une seule taille, certains modèles
MSA (Affinity Pro N95 et N 100) sont offerts en cinq
tailles différentes.
Ii peut être difficile de trouver des lunettes de protection
qui peuvent être portées avec un appareil de protection
respiratoire jetable ou ii peut être encombrant de porter les
deux ensemble. Le problème est encore pire si la personne
porte auSsi des verres correcteurs. Certains appareils de
protection respiratoire se combinent mieux que d’autres
avec les lunettes de protection.
Si l’on se sert plus d’une fois d’un appareil de protection
respiratoirejetable, ii faut s’assurer de l’aérer après
l’emploi et de le ranger a un endroit propre. Introduire
des mouchoirs de papier propres dans l’appareil pour qu’il
reste propre. Si un appareil de protection respiratoire est
endommage ou sale ou si Ia personne qui le porte a de
Ia difficulté a respirer, ii faut jeter l’appareil.
Demi-masques
Un demi-masque est formé d’une pièce faciale assemblée
qui couvre Ia bouche et le nez. Des cartouches, choisies
selon le risque environnemental, se fixent sur la pièce
faciale. Les cartouches sont soit a particules, soit de type
combine. Les demi-masques sont plus coüteux que les
appareils de protection respiratoire jetables, mais ils sont
réutilisables puisque l’on peut remplacer les cartouches. Ii
existe différents styles, formes et tailles de demi-masques
Les demi-masques ne conviennent pas aux personnes
qui portent une moustache ou une barbe. De même, il
est difficile, voire impossible, de porter des lunettes de
protection avec un demi-masque. Les lunettes de protection
sont encore plus difficiles a ajuster dans le cas des person
nes qui portent des verres correcteurs.
Masques complets
Un masque complet est formé d’une pièce faciale
assemblée qui couvre la bouche, le nez et les yeux.
Des cartouches, choisies selon le risque environnemental,
se fixent sur la pièce faciale. Les cartouches sont soit a
particules, soit de type combine. Les masques complets
sont réutilisables il suffit de remplacer les cartouches
au besoin. Les masques complets existent en divers
styles et tailles et sont fabriqués de matériaux divers.
Figure 15. Cette restauratrice porte un appareil de
protection respiratoire jetable afiltre a particules N100,
un sarrau de laboratoire et des gants pour inspecter une
collection que l’on soupçonne infestée de moisissures.
18
Les masques complets ne conviennent pas aux personnes
qui portent une moustache ou une barbe. Ii n’est pas
nécessaire de porter des lunettes de protection avec le
masque complet, mais l’étanchéité du masque peut être
compromise si la personne porte des verres correcteurs. Ii
peut être nécessaire de faire appel a un technicien expert en
appareils de protection respiratoire pour trouver le masque
complet qui s’ajuste le mieux pour chaque personne. En cas
de proliferation massive de moisissures, on recommande
le port d’un masque complet ou d’un appareil respiratoire
a adduction d’air filtré.
Figure 16. Deu.x types d’appareils respiratoires a adduction d’airfiltre, le 3M Air-Mate HEPA 12 (a gauche).
On peut voir a droite une restauratrice portant le modèle 3M Breathe-Easy. Le tuyau respiratoire qui s ‘adapte
a I ‘appareil, vendu par le fabricant, sert ici a connecter une cagoule jetable a I ‘appareil respiratoire.
Appareils respiratoires
a adduction d’airfiltre
Un appareil respiratoire a adduction d’air filtré est un
respirateur a pression positive intermittente qui fournit un
debit continu d’air filtré. L’appareil respiratoire a adduction
d’air filtrd est complété par une pile, un ventilateur, Un
moteur et une cartouche qui sont portés a la ceinture.
L’air filtré est inspire par un conduit fixd a la pièce faciale.
L’appareil peut être porte sans interruption pendant huit
heures, après quoi les piles doivent être rechargées. Ce type
d’appareil protege les personnes qui portent une moustache
ou une barbe et n’exige pas un ajustement d’essai. Ces
appareils Sont pourvus de différentes formes de casques
et peuvent être munis de différentes cartouches et combi
naisons de cartouches. Les casques et les cagoules en
Tyvek sont les moms chers, sont jetables et offrent un
maximum de protection. Les appareils respiratoires a
adduction d’air filtré sont plus coteux que dautres
appareils, mais us sont recommandés en cas de
proliferation massive de moisissures.
Deux modèles d’appareil respiratoire a adduction d’air
filtré valent mention l’appareil 3M Breathe-Easy et le
3M Air-Mate HEPA 10 et HEPA 12. Les deux derniers sont
moms chers, mais ne fonctionnent uniquement qu avec
un filtre HEPA. La cagoule distingue l’Air-Mate 10 de
l’Air-Mate 12. Dans le premier cas, une cape qui couvre
les épaules prolonge la cagoule. L’Air-Mate 12 est rnuni
d’une cagoule. Le modèle Breathe-Easy est le plus cher,
‘
mais ii est plus polyvalent parce qu’il est possible d’y
adjoindre des cartouches diverses ou des cartouches
combindes (par exemple, un filtre HEPA et une cartouche
de protection contre les vapeurs organiques). Si l’on achète
également le tuyau respiratoire qui s’adapte a l’appareil, ii
devient possible de porter celui-ci avec l’une ou l’autre des
cagoules Tyvek.
Protection des voies respiratoires
et composes organiques volatils microbiens
Certaines moisissures produisent des métabolites volatils
’
1
qui sont a l’origine d’odeurs nauséabondes, y compris
l’odeur de << moisi >> caractéristique des endroits ou des
objets humides. De nombreux différents types de composes
ont été identifies, mais ii demeure que les principaux corn
poses organiques volatils sont des alcools et des aldéhydes
a chaIne courte. Les effets sur la sante de l’exposition aux
composes organiques volatils microbiens (COVM) n’ont
pas fait l’objet d’études poussées. Ces composes pourraient
causer des maux de tête, des étourdissements et l’irritation
des yeux et des muqueuses (Levetin, 1995).
En presence d’une odeur de moisissure, on recommande
d’utiliser un filtre HEPA combine a une cartouche de
protection contre les vapeurs organiques. Les cartouches
de protection contre les vapeurs organiques, et non les
appareils de protection respiratoire ou les cartouches a
19
L
..
Figures 17. Lafaçon correcte d’enlever des gants après avoir manipulé des matières inoisies. On retourne le premier gant tout en
1 ‘enlevant. Ce premier gant est ensuite mis en boule et pose sur la paume de Ia main encore gantée. On enléve le second gant en le
retournant. Cette technique réduit Ia dispersion des spores de moisissures et enveloppe les surfaces contaminées des gants.
filtres contre les particules, protegent des COVM.
Certains appareils de protection respiratoire jetables qui
protègent contre les particules sont pourvus d’un dispositif
d’atténuation des vapeurs organiques nuisibles et peuvent
convenir dans certaines circonstances. Ii est possible de
munir certains appareils de protection respiratoire a
demi-masque ou a masque complet et certains appareils
respiratoires a adduction d’air filtré avec un ensemble
filtre HEPA et cartouche de protection contre les vapeurs
organiques qui protege contre les COVM.
Lunettes de protection
Lorsque l’on est exposé a des moisissures, ii faut aussi
porter des lunettes de protection. Les lunettes appropriées
et recommandées ne sont pas ventilées et doivent s agencer
avec un masque jetable ou un demi-masque. Les personnes
qui portent des verres correcteurs peuvent éprouver de Ia
difficulté a trouver des lunettes de protection qui s’ajustent
étroitement tout en étant confortables. Le cas échéant, elles
peuvent opter pour un masque complet ou Un appareil
respiratoire a adduction d’air filtré.
‘
Lorsque l’on travaille avec des agents mouillants ou
des solutions de nettoyage (par exemple, de fortes
Gants
On recommande aux personnes qui manipulent des
matières moisies de porter des gants de protection. En
raison du risque d’allergie au latex, les gants en vinyle
(PVC) ou en nitrile sont recommandés. Les gants jetables
sont remplacés au besoin. En cas de déchirure, changer
immédiatement de gants. On enlève les gants jetables en
rabattant le poignet du gant sur la paume pour 1’ enlever
tout en le retournant. Une fois la premiere main libérée,
rouler le premier gant en boule et le poser sur la paume de
la main toujours gantée. Enlever le second gant de la même
façon que le premier, celui-ci Se trouvant alors emprisonné
dans le second gant use. Cette technique réduit Ia disper
sion des spores de moisissures, d’une part en emprisonnant
un gant dans l’autre et d’autre part en les retournant a
l’envers de sorte que la surface non contaminée du gant
(celle qui était en contact direct avec Ia main) se retrouve
a l’extérieur. Toujours se layer les mains avec du savon
et de l’eau apres avoir touché des matières contaminées,
même Si Ofl les a touchées avec des gants.
Ii faut porter des gants appropries lorsqu’on travaille
avec des agents mouillants ou des solutions de nettoyage
[c’est-à-dire des gants en vinyle (PVC) ou en nitrile épais
en cas de fortes concentrations d’eau de Javel]. Les gants
Tableau 2. Equipement de protection personnelle recommandé (EPP)
Equipement
de protection
personnelle
Nivean 1
petits espaces isolés
(<0,3 m
2 de
moisissures visibles)
Niveau 2
espaces isolés moyens
(<0,3 m
2 de
moisissures visibles)
Protection
minimale
des voies
respiratoires
• respirateur jetable
N95 ou NlOO
a demi-masque
Autre
équipement
• gants jetables et lunettes
de protection
Protection
supplémentaire
Autres
commentaires
respirateur NIOD
Tout le personnel exposé a des moisissures doit porter des
vêtements de protection appropriés et correctement ajustés
et attaches. On recommande le port de combinaisons,
de couvre-cheveux et de couvre-chaussures lorsque des
concentrations importantes de spores de moisissures
risquent d’être dégagées dans l’air. On recommande que
les vêtements de protection soient jetables, mais les vête
ments réutilisables (sarraus de laboratoire ou combinaisons)
peuvent convenir en cas d’infestations de petite et de
être
Les vêtements de protection doivent
enlevés avant de quitter l’espace contaminé et lavés
a l’eau chaude et a l’eau de Javel.
Comment se débarrasser des EPP jetables
Ii n’existe pas d’exigences particulières quant a la facon
de se débarrasser des EPP coritaminés. Ii faut toujours faire
preuve de prudence quand on manipule et que l’on jette
les EPP contaminés. Mettre les vêtements, gants et autres
équipements jetables dans des sacs a ordures en plastique
épais
(6 mil)
doubles.
respirateur NlOO
a masque complet
Niveau 4
contamination massive
(<0,3 m
2 de
moisissures visibles)
• respirateur N100 a masque
complet ou appareil respira
toire a adduction d’air filtré
muni d’un filtre HEPA
• gants jetables, lunettes
• gants jetables et vêtements
• gants jetables et vêtements
de protection et vêtements de protection avec couvre- de protection avec couvre
de protection
tête et couvre-chaussures
tête et couvre-chaussures
équipement de protection voulu pour les voies respiratoires, les yeux et les mains en cas d’utilisation d’agents
mouillants ou de nettoyage (p. ex. fortes concentrations d’eau de Javel)
• un respirateur jetable
• une cartouche de protection contre les vapeurs
• une cartouche de protection
muni d’une cartouche de
organiques pour les COVM peut être appropriée
contre les vapeurs organiques
protection contre les vapeurs
pour les COVM peut
organiques nuisibles pour
être appropriée
les COVM peut convenir
dans le cas d’une contami
nation massive, ii faut proba
blement faire appel a des
spécialistes pour assurer la
récupération de la collection
• le port du demi-masque, des gants, des lunettes de protection et des vêtements de protection est recommandé pour
tous les travaux de récupération des collections, peu importe leur envergure, lorsque Ia presence de moisissures
toxigéniques est soupconnée ou confirmée
Vêtements de protection
moyenne envergure.
Nivean 3
grands espaces isolés
(<0,3 m
2 de
moisissures visibles)
ou dans des sacs
de
plastique plus mince
Sceller les sacs et les placer dans un contenant
a ordures a l’extérieur du bâtiment.
Protecteurs d’oreilles
Lorsque le nettoyage des moisissures exige l’utilisation
prolongee d’un aspirateur, le bruit peut poser un problème
de sante et de sécurité. Au besoin, on peut donc porter
des protecteurs d’oreilles. L’intensité du son se mesure
en decibels
dB(A). A entre 120-130 dB(A), le bruit
est douloureux; au-dessus de 140 dB(A), il y a risque de
dommage permanent de l’ouIe. Selon le Centre canadien
d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST), bien des
organismes de réglementation recommandent un niveau
sonore pondéré de 85-90 dB(A) comme limite d’exposition
—
au
bruit en une journée de travail de huit heures.
Les fabricants d’aspirateurs foumissent la cote de
de leurs appareils. Ainsi, 1’ aspirateur Nilfisk
(n° de modèle 8C-1950) est coté a moms de 70 dB(A) a
niveau sonore
une distance de 1,8 m (6 pi). Si i’on choisit de porter des
bouchons d’oreilles, ils doivent être changes tous les jours
pour réduirele risque de contamination microbienne par
les moisissures.
Protection du dos
Lorsque les travaux de récupération exigent de deplacer
des cartons lourds, ii y a risque de lesion au dos. Selon
des recherches faites par le CCHST, les lesions au dos
sont a l’origine du tiers de toutes les absences an travail
et de 40 % des coüts de compensation des travailleurs
blesses. Le CCHST recommande de limiter a 20 kg les
poids que doivent déplacer les travailleurs. Au-delà de
cette limite, l’effort que doit fournir le dos est excessif.
Le risque de lesion au dos est encore plus grand lorsque
les travailleurs déplacent des charges lourdes dans un
21
endroit confine, ce qui les oblige a se retourner et a pivoter
en même temps qu’ils soulèvent une charge. Le CCHST
recommande egalement que les travailleurs qui doivent
soulever ou transporter a la main des charges pesant plus
de 10 kg suivent une formation spéciale pour apprendre
comment soulever une charge de façon sécuritaire. Dans
certaines circonstances, il peut être nécessaire de porter
une ceinture de soutien lombaire.
L’information présentée ici constitue uniquement une
ligne directrice géndrale et est sujette a l’évaluation par des
spécialistes qui ont déjà étd appeles a nettoyer des objets
moisis ou a travailler dans des milieux contaminés.
2.2 Le nettoyage des objets contaminés
• les personnes souffrant d’allergies, de troubles
cardiaques, de troubles respiratoires comme 1’ asthme
ou de troubles immunitaires ne devraient pas manipuler
ou nettoyer des objets infestés de moisissures;
• il faut porter l’EPP approprie;
• les appareils de protection respiratoire devraient être
essayds et ajustés a l’avance;
les mesures de sécurité voulues devraient être en place
pour protéger le personnel et le milieu de travail;
• le materiel de nettoyage devrait être sur place et les pra
tiques de nettoyage devraient être déciddes a l’avance;
• ii faut se servir des solutions de nettoyage et de
désinfection qui conviennent;
• un lavabo pour se layer les mains devrait se trouver
a proximité de l’espace de travail et le personnel
devrait s’en servir avant de le quitter;
• ii faut examiner les objets pour verifier s’ils présentent
des pièces lâches et soit les remettre en place immédia
tement pour éviter qu’elles ne se détachent pendant le
nettoyage, soit les ranger dans des sacs, en notant leur
position sur l’objet, pour les remettre en place plus tard;
• ii faut être prêt a consigner le detail de toutes les
mesures prises; les traitements effectués pour enlever
les moisissures devraient Otre notes et ces documents
devraient être verses au dossier de l’objet; il faut
consigner des details comme les conditions ambiantes
qui ont Pu causer la proliferation des moisissures, les
méthodes de nettoyage employCes et l’identification
des moisissures, si celle-ci a été faite.
Cette section est consacrée aux techniques de nettoyage
des objets infestés de moisissures. L’information présentde
ici peut servir a formuler un plan de récupération des
collections ou a évaluer un plan prepare par des experts
a l’externe. En revanche, ii ne faut pas oublier qu’en cas
d’infestation de moisissures, les circonstances varient d’un
établissement a l’autre : il peut donc s’avérer nécessaire de
modifier ou d’adapter l’information presentee ici. Dans la
mesure du possible, ii faut faire appel a l’expérience et au
jugement d’experts pour évaluer le degre de contamination
ainsi que le plan de récupération propose.
Les musées, archives et bibliothéques sont confrontds a
un problème supplémentaire dans la mesure oh dans leur
domaine, les objets moisis sont genéralement nettoyés et
conserves, ce qui va a l’encontre des mesures conseillées
dans le cas de l’assainissement d’un immeuble infesté
de moisissures, oh l’on recommande de jeter toutes les
matières poreuses affectées.
Moyennant les precautions voulues, il est possible de
nettoyer sans danger des infestations de moisissures de
petite (<0,3 m
), moyenne (0,3—3 m
2
) et grande (3—10 m
2
)
2
envergure. Par contre, il pourrait arriver qu’après avoir
pris connaissance de l’information presentee ici, il soit
impossible de parer a l’infestation sans faire appel a des
spécialistes. Le cas échéant, s’adresser a des professionnels
qui ont I’expérience des cas d’infestations de moisissures
pour decider des mesures qu’il convient de prendre.
En cas d’infestation massive (>10 m
) d’une collection, on
2
conseille de faire appel a des spécialistes. En effet, il peut
être nécessaire d’effectuer un echantillonnage de l’air, une
inspection des Iieux et une evaluation des risques pour Ia
sante, tâches qui relèvent d’experts. Un restaurateur qui
connaIt les techniques de récupération des objets infestés
de moisissures peut fournir des conseils sur la façon la plus
sOre et la plus appropriée d’éliminer les moisissures ou sur
les. services de nettoyage externes auxquels on peut avoir
recours. Dans les cas d’infestation massive, l’enlèvement
des moisissures suppose l’emploi d’une structure de
confinement pour minimiser la dispersion des spores,
l’utilisation d’appareils de nettoyage et d’EPP spdcialisés
et le respect de procedures particulières.
Aucune recherche ne prouve la supériorité d’une technique
de nettoyage particulière selon le degrd de contamination.
22
Avant le nettoyage
Avant d’entamer les travaux de nettoyage, il faut songer
aux considerations suivantes:
Procéder délicatement et, en cas de doute, consulter des
spécialistes. Si les concentrations de moisissures s’avèrent
supérieures aux evaluations originales, il faut être prêt a
interrompre les travaux et a réévaluer la situation. Le cas
échéant, il faut être prêt a changer l’EPP, a modifier la
démarche ou a solliciter de l’aide a l’externe, selon
les besoins.
Est-il possible d’enlever les moisissures?
Avant de tenter le nettoyage d’un objet, prendre des
mesures pour neutraliser la proliferation végétative des
moisissures. Voir la section 1.3 Apparition de moisissures
—Premieres interventions (p. 11) pour plus d’information
sur Ia façon de procéder a cet égard. Faire un essai avec
une petite brosse, sur une petite surface, pour vbir si les
moisissures s’enlèvent facilement. Dans bien des cas,
les moisissures dormantes peuvent être enlevées 1 ‘aide
d’un aspirateur et d’une brosse. Par contre, un aspirateur
et une brosse ne suffisent pas a enlever les taches laissées
par les moisissures sur un objet. Celles-ci doivent faire
l’objet d’un traitement aux mains d’un restaurateur et
peuvent s’ avérer trés tenaces, voire impossibles a enlever.
Prévenir la dispersion des spores de moisissures
Les spores de moisissures sont facilement soulevées et
portees par les courants d’air ou par les systemes CVC;
elks peuvent aussi voyager sur les gens et ainsi pénétrer
d’autres parties d’une collection ou les espaces non conta
mines d’un bâtiment. Ii faut donc prendre des mesures
pour éviter la dispersion des spores de moisissures et Ia
contamination par les objets infestés de ceux qui ne le
sont pas ou qui ont déjà été nettoyés (Florian, 2000).
Ces mesures incluent notamment les suivantes :
• dans la mesure du possible, faire sécher les matériaux
infestés mouillés dans une hotte fermée ou une enceinte
de biosécurité de classe 1;
• si ce n’est pas possible faute de disposer du materiel
nécessaire et qu’il faut faire sécher a l’intérieur des
objets infestés mouillés, prendre des precautions pour
éviter la dispersion des spores de moisissures en
couvrant les objets avec du papier de soie pendant
qu’ils sèchent; le papier de soie emprisonne les spores a
mesure que l’objet sèche et les empêche de se disperser
dans l’air; si l’on Se sert de ventilateurs pour faire sécher
des objets moisis, choisir un faible flux d’air et détourner
le ventilateur de l’objet;
• isoler et entreposer les objets contaminés secs dans
des contenants hermétiques ou les envelopper dans
des feuilles de plastique épais en attendant de pouvoir
les nettoyer;
• développer les objets ou ouvrir les contenants a Un
endroit désigné pour le nettoyage des moisissures
(c’est-à-dire dans une hotte fermée ou une enceinte
de biosécurité de classe 1, ou a l’extérieur);
• utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA;
• au besoin, positionner l’aspirateur pour que la sortie
d’air se trouve hors de l’espace contaminé;
• les objets qui se trouvent dans la pièce ou a l’endroit
infesté de moisissures, ou a proximite, et qui ne
semblent pas contaminés devraient néanmoins être
nettoyés parce qu’ils peuvent être contaminés même
si les moisissures ne sont pas visibles a l’ceil flu;
• nettoyer ou jeter les matériaux d’emballage contaminés;
• nettoyer et désinfecter le materiel de nettoyage, les
outils, l’espace d’entreposage et le mobilier;
• enlever les vêtements de protection en les retournant
a l’envers;
• ii n’existe pas d’exigences particulières quant a la
façon de se débarrasser des matériaux moisis (par
exemple EPP jetable, matériaux d’emballage, sacs et fil
tres d aspirateurs); pour jeter des matériaux contaminés,
les introduire directement dans des sacs a ordures en
plastique épais (6 mu) ou dans des sacs a ordures en
plastique mince doubles, sceller les sacs et les placer
clans un bac a ordures a l’extérieur du bâtiment;
‘
• se layer les mains avec de l’eau tiède et du savon
immédiatement après avoir enlevé les gants
de protection;
• interdire la consommation de nourriture, de boissons,
de gomme a macher et de tabac a l’endroit réservé
au nettoyage des objets.
Choix de I’endroit désigné pour le nettoyage
Si possible, nettoyer les objets contaminés par des moisis
sures a l’intérieur, dans une hotte fermée ou une enceinte
de biosécurité de classe I. On déconseille l’utilisation
d’un aspirateur ou d’une brosse a l’intérieur sans
avoir également recours a une enceinte de confinement.
S’iI n’est pas possible d’avoir accès a une hotte fermée
ou a une enceinte de biosécurité de classe 1, il est parfois
possible de nettoyer les objets a l’extérieur. Choisir une
joumée dégagee et sèche; s’installer loin des gens et des
prises d’air extérieur du bâtiment. Porter l’EPP approprié.
Une fois les objets propres ou la journée achevée, nettoyer
et désinfecter toutes les surfaces de travail, les outils et le
materiel avant de les ramener a l’intérieur. Introduire les
matériaux contaminés (comme l’EPP jetable ou les maté
riaux d’emballage des objets) directement dans des sacs
a ordures en plastique épais (6 mil) ou dans des sacs a
ordures en plastique mince doubles, sceller les sacs et
les placer dans un bac a ordures a l’extérieur du bâtiment.
Si le temps ne se prête pas a un nettoyage a l’extérieur, les
objets secs peuvent être enveloppes dans du plastique ou
ranges dans un contenant hermetique puis conserves dans
un milieu qui ne se prête pas a Ia proliferation des moisis
sures en attendant que le temps devienne plus propice a un
nettoyage en plein air. En entreposant les objets contaminés
dans ces conditions, on se trouve a stopper la proliferation
des moisissures et donc Ia détérioration des objets.
Materiel et outils
Le materiel et les outils qui servent a nettoyer les objets
incluent notamment un aspirateur muni d’un filtre HEPA
et les accessoires complementaires, des brosses, une hotte
fermée a pression negative et une enceinte de biosécurité
de classe 1.
Nettoyage
a l’aspirateur
Un nettoyage soigné a l’aspirateur est un des moyens les
plus efficaces d’éliminer les moisissures et de réduire le
nombre de spores présentes sur un objet. Ce nettoyage doit
cependant être systematique et approfondi. Ii faut passer
l’aspirateur sur tout l’objet, pas seulement aux endroits
oé les moisissures sont visibles. En effet, les moisissures
peuvent proliférer invisiblement, a des endroits inattendus.
Si possible, passer l’objet a l’aspirateur au moms a deux
reprises travailler clans une direction Ia premiere fois,
puis perpendiculairement a celle-ci la seconde.
23
On peut envisager d’utiliser les techniques suivantes
au moment du nettoyage a l’aspirateur:
• tenir l’embout de l’aspirateur près de l’objet, mais
sans y toucher;
• pour le nettoyage des objets plats ou fragiles, recouvrir
l’embout de l’aspirateur d’une toile fine;
• fixer une brosse miniature ou une brosse d’aspirateur
sur l’embout de l’aspirateur;
• déloger les moisissures tenaces avec une brosse a
soies douces, en brossant en direction de l’embout
de l’aspirateur.
Faire preuve de vigilance ii ne faut pas que l’embout
de 1’ aspirateur touche accidentellement 1’ objet. La succion
d’un aspirateur appliquee directement sur un objet risque
de l’endommager. Trouver un moyen de retenir le tuyau de
l’aspirateur a un endroit donné pendant le déplacement de
l’objet, pour dviter qu’il ne soit dans le chemin. Lorsque le
nettoyage se fait dans une hotte fermée ou une enceinte de
biosécurité de classe 1, le tuyau et l’embout contaminds
de l’aspirateur, a l’instar des autres outils de nettoyage,
cloivent demeurer dans l’enceinte de sécuritd.
Ii faut aussi avoir soin de porter l’EPP approprié pendant le
changement du sac, pour éviter une exposition accidentelle
aux spores de moisissures. Jeter les sacs d’aspirateur et
les filtres contaminds en les introduisant dans des sacs
a ordures en plastique épais (6 mu) ou dans des sacs a
ordures en plastique mince doubles, sceller les sacs a
ordures et les placer dans un bac a ordures a l’extérieur
du bâtiment.
Changer le filtre HEPA et le préfiltre de l’aspirateur en
suivant les consignes du fabricant. Changer les filtres a
l’extérieur, dans une hotte fermée ou dans une enceinte de
biosécurité de classe 1, en portant I’EPP approprié. Essuyer
le plan de travail, I’extérieur de l’aspirateur et le tuyau de
1’ aspirateur avec un linge humide pour dliminer les spores
de moisissures qui ont Pu s’y déposer.
Noter la date a laquelle les filtres de I’aspirateur ont été
changes, dans un registre ou dans le manuel d’utilisation de
l’appareil. Selon la frequence d’utilisation de I’aspirateur et
le degré de contamination, un filtre HEPA reste efficace
pendant plusieurs anndes. Les préfiltres doivent être
changes plus souvent. Si les préfiltres sont changes
régulièrement, les filtres HEPA durent plus Iongtemps.
Une trousse d’outils miniatures est un accessoire
d’aspirateur utile. Ce genre de trousse contient des
petites brosses et des petits suceurs ainsi qu’un adaptateur
qui permet de les fixer a n’importe quel aspirateur. Ces
trousses, peu coüteuses, se vendent dans les magasins
de machines a coudre, d’ordinateurs et d’aspirateurs.
Figure 18. Une restauratrice travaillant dans une enceinte
de biosdcurité de classe 1. L’embout de l’aspirateur estfixd
en place pour dviter un contact accidentel avec l’objet
et conserver l’einbout contaminé dans l’enceinte.
Aspirateur muni d’unfiltre HEPA et accessoires
Lorsqu’il s’agit de nettoyer un objet infesté de moisissures,
1’ aspirateur donne de bons résultats. En effet. ii prélève
plus de spores que le nettoyage avec un balai ou une
brosse. Pour dviter la dispersion des spores de moisissures
dans le milieu environnant, on conseille fortement d’utiliser
un aspirateur muni d’un filtre HEPA. Ii est aussi préférable
de choisir un aspirateur dont la vitesse est réglable, pour
pouvoir rdguler Ia force d’aspiration.
Ii faut changer les sacs d’aspirateur quand us sont
a moitié pleins pour éviter une baisse de la force de
succion, a intensité maximale, de l’appareil. Le chan
gement du sac devrait se faire a l’extérieur, dans la hotte
fermée ou dans l’enceinte de biosécurité de classe 1.
24
IOla
Figure 19. Trousse d’outils de nettoyage
miniatures pour 1 ‘aspirateur.
Pour le nettoyage a l’aspirateur de nombreux objets, on
peut se servir d’un écran protecteur formé d’un morceau de
moustiquaire en fibre de verre tendu sur un cadre en metal.
On le pose sur l’objet pendant le nettoyage ii l’ernpëche
de glisser et le protege tout en permettant d’appliquer
l’embout de l’aspirateur proche de l’objet. Comme l’écran
protege l’objet pendant le nettoyage a l’aspirateur, ii
convient de l’utiliser pour nettoyer des objets plats et
fragiles. Dans le cas d’un objet de grandes dimensions,
on se sert du méme écran, mais en procédant section par
section. Les vitriers et fabricants de fenêtres sont en mesure
de fabriquer des écrans protecteurs sur mesure. Ii n’est pas
obligatoire que l’écran soit tendu sur un cadre, mais ii faut
alors en recouvrir les bords coupants pour protéger l’objet,
par exemple avec du ruban serge cousu en place. Ii est
plus rapide de recouvrir les bords de l’écran avec du
ruban-cache, a condition que le bord gommé ne soit
aucunement exposé.
Figure 21. Un écranprotecteurplacé
sur l’embout de l’aspirateur.
‘I
Figure 20. Restaurateur se servant d’un écran
protecteur et d’un aspirateur dont l’embout
est muni d’une petite brosse, réglé a Ia moindre
force d’aspiration, pour nettoyer un papier fragile.
1’
.
II est pratique courante, lorsque l’on passe des objets
a l’aspirateur, d’en couvrir i’embout avec une pièce de
moustiquaire pour éviter d’aspirer des petites pièces lâches
éventuellement présentes. Cette technique évite la perte de
ces pièces et convient pour le nettoyage a i’aspirateur de
la plupart des objets tridimensionnels. Lorsqu’il s’agit de
nettoyer des objets pints et fragiles, l’écran protecteur
décrit précédeniment offre une mesure de protection
supplémentaire.
Un suceur d’aspirateur en forme d’entonnoir on
de cloche peut être utile pour éliminer les moisissures.
Comparativement a un tuyau d’aspirateur droit, ce
genre d’accessoire est conçu de façon a uniformiser le
mouvement de l’air, ce qui en améliore l’efficacité et
le taux d’extraction en plus de capter une plus forte
proportion de particules. Ii est plus utile encore si on
l’utilise en même temps qu’une brosse pour repousser
les moisissures vers le suceur de 1’ aspirateur.
Brosses
On doit se servir de brosses a soies fermes, mais non
dures. Ii est utile d’avoir a portée de main un assortiment
Figure 22. Un restaurateur se sert d’un suceur
enforme de cloche et d’une brosse douce pour
éliminer des moisissures tenaces d’un objet en papier.
de brosses peu coüteuses, de largeurs différentes, pour
pouvoir choisir celle qui convient le mieux selon i’objet a
nettoyer. Au besoin, recouvrir la virole (Ia bande de metal
qui fixe les soies au manche de la brosse) avec du ruban
de plomberie en teflon pour éviter que le bord aiguisé du
metal n’égratigne l’objet par inadvertance. Les brosses qui
servent a enlever des moisissures devraient être étiquetées
pour indiquer qu’elles sont réservées a cette utilisation,
pour éviter que l’on ne s’en serve pour nettoyer des
objets qui ne sont pas moisis.
25
Hottesferinees a pression negative
Une hotte fermée a pression negative est concue afin d’em
prisonner les vapeurs et les gaz dangereux dégagés dans la
hotte et de les ventiler hors de l’édifice. On peut nettoyer
les objets infestés de moisissures en les passant a l’aspira
teur dans une hotte fermée a pression negative. Une fois
qu’ils sont propres, ii faut nettoyer et désinfecter l’intérieur
de la hotte fermée pour éviter que les objets qui y seront
places plus tard ne soient contaminés par les moisissures.
Enceinte de biosécurité de classe 1
Une encejnte de biosécurité de classe 1 est une enceinte
ventilée destinée a protéger les personnes parce que le flot
d’air intérieur est orienté dans Ia direction opposée a celle
dans laquelle se trouve l’utilisateur. Ce type d’enceinte est
conforme aux lignes directrices en matière de sante et de
sécurité lorsque l’on travaille avec des moisissures (Sante
Canada, 1996). L’enceinte est munie d’un filtre HEPA pour
protéger le milieu environnant. Quand elle est en marche,
l’air ambiant est aspire par le devant de l’enceinte pour
empêcher le dégagement d’aérosols dans la pièce. Avant
d’être évacué de l’enceinte, l’air est force au travers d’un
filtre HEPA d’évacuation; I’air recirculé dans la pièce ne
contient donc pas de matières part-iculaires. Une enceinte
de biosécurité de classe 1 n’est pas une hotte fermée pour
produits chimiques et ne peut donc servir en presence
de solvants.
Si possible, le nettoyage des objets moisis devrait Se
faire dans une enceinte de biosécurité de classe 1. Avant
d’utiliser une enceinte de biosécurité de classe 1, ii est
recommandé de Ia faire certifier conforme aux normes
fixfes par l’Institute of Environmental Science, en faisant
appel a un technicien de contrôle qualifie. La vitesse
d’entrée de l’air et l’efficacité du filtre HEPA devraient
être contrblées. Dans des conditions normales, l’enceinte
devrait faire l’objet d’un contrôle annuel. Si elle est
munie d’un prefiltre, ii peut être nécessaire de le changer
régulièrement pour que l’enceinte continue de fonctionner
efficacement. Le filtre HEPA devrait être change par le
certificateur. Selon l’intensité de l’usage, les filtres HEPA
sont habituellement changes aux cinq ans. Si l’on déplace
I ‘enceirite de biosécurité de classe 1, elle devrait être
certifiée de nouveau.
II est rare que les enceintes de biosécurité de classe 1
vendues dans le commerce soient suffisamment grandes
pour accommoder les objets de grande dimension. Au
besoin, on peut envisager de consulter les fabricants de ces
produits pour voir s’ils peuvent construire une enceinte sur
mesure, adaptee aux besoins de l’utilisateur
. L’alternative
12
est de s’installer a l’extérieur pour nettoyer les objets de
grande dimension infestés de moisissures.
Comment travailler avec une hotte fermée
on une enceinte de biosécurité de classe 1
Suivre les pratiques recommandées dans le cas des hottes
de laboratoire. Par exemple, éloigner tous les appareils et
outils d’au moms 15 cm de Ia face de 1a hotte (il est utile
de poser une bande indicatrice sur l’établi. a titre de rappel
visuel) et ne pas mettre Ia tête dans Ia hotte pendant le
dégagement de contaminants. Pour que l’air circule le
plus efficacement possible, ne pas bloquer les fentes
de la hotte ni l’encombrer d’objets superfius.
Figure 23. Enceinte de biosécurité de
classe 1 Microzone et aspirateur muni d’un
filtre HEPA, avec force d’aspiration variable.
26
Figure 24. Enseinte de sécuritd inunie dun filtre HEPA,
concue spdcialement pour les objets de grande dimension.
Outre les consignes de sécurité a suivre lorsque
l’on travaille dans une hotte fermée ou une enceinte
de biosécurité de classe 1, ii est important d’adopter une
procedure de nettoyage qui empeche la dispersion des
spores de moisissures hors de la hotte de laboratoire. Ainsi,
ii faut éviter de déballer les objets moisis ou de les retirer
de leur contenant tant qu’ils ne sont pas places dans la
hotte fermée ou l’enceinte de biosécurité de classe 1.
Les marches a suivre peuvent varier selon les projets de
nettoyage et parfois selon le nombre et le type d’objets a
nettoyer. Toutefois, si I’on prend des precautions, il n’est
pas nécessaire de prendre des mesures de protection
des voies respiratoires pendant le nettoyage des objets
contaminds dans une hotte fermée ou une enceinte de
biosécuraté de classe 1. Par contre, ii reste nécessaire
de porter des vêtements et des gants de protection
On recommande le nettoyage a l’aspirateur ou l’emploi
combine de l’aspirateur et d’une brosse pour repousser
les moisissures en direction de 1’ embout de 1’ aspirateur.
Cette technique limite la salissure de l’intérieur de la hotte
fermée ou de l’enceinte de biosécurité de classe I, ce qui
peut éventuellement en réduire la fréquence de nettoyage.
Quand et comment nettoyer et désinfecter
les outils, l’équipement et les plans de travail
Pour éliminer les pores de moisissures des outils, de
l’équipement et des plans de travail, d’une hotte fermde
ou d’une enceinte de biosécurité, commencer par faire
un nettoyage avec un aspirateur muni d’un filtre HEPA.
Ensuite, nettoyer les surfaces avec un detergent liquide,
puis avec une solution ddsinfectante. Utiliser des chiffons
jetables ou layer les chiffons en tissu après avoir terminé
le nettoyage.
Detergent liquide
On peut essuyer ou layer les plans de travail, les outils
et l’equipement avec une solution d’eau et de detergent
liquide. Un detergent pour emploi ménager convient.
Solution desinfectante
On peut désinfecter les plans de travail, les outils et
l’équipement avec une solution d’eau et d’eau de
Javel. On recommande d’utiliser une solution a 0,5 %
d’hypochlorite de sodium (eau de Javel) comme agent
3 (Maheux, 2002). On la dilue en mélant
désinfectant’
1 L d’hypochlorite de sodium a 5 % (5 % est la
concentration d’eau de Javel la plus répandue) avec
9 L d’eau pour obtenir un volume total de 10 L. On peut
également diluer 250 mL d’eau de Javel dans 2,25 L d’eau
pour faire 2,5 L de solution désinfectante. Dans les deux
cas, l’eau de Javel est dilude a raison de 1 pour 10.
Bien mouiller la surface a nettoyer avec la solution
désinfectante. Pour ddsinfecter complètement les surfaces.
il faut que Ia solution désinfectante repose pendant 15 a
20 minutes. Lorsque l’on Se sert d’urie solution
Figure 25. Une restauratrice travaille dans
une enceinte de sécuritC munie d’unfiltre HEPA.
désinfectante, ii faut veiller a porter l’EPP qui convient,
a se proteger les voies respiratoires et a porter des gants et
des lunettes de protection contre les éclaboussures. Des que
l’eau de Javel et l’eau sont mêlées, le pouvoir désinfectant
de la solution commence a s amenuiser; ii faut donc veiller
a preparer uniquement Ia quantité de solution requise. Ne
jamais mêler d’eau de Javel avec de l’ammoniaque ou
avec des produits de nettoyage qui contiennent de
l’ammoniaque. Le contact de ces deux substances
cause le dégagement de vapeurs toxiques.
‘
Frequence de nettoyage et étiquetage de l’équipement
Lorsque les operations de récupération durent plusieurs
jours ou semaines, nettoyer les plans de travail et les
outils deux ou trois fois par semaine. Ddsinfecter une
fois par semaine.
Une fois que toutes les moisissures ont été éliminées,
nettoyer, désinfecter et sécher complètement l’equipe
ment et les plans de travail, y compris l’aspirateur, les
accessoires et brosses d’aspirateur, les ecrans protecteurs
et les brosses. Les petits outils manuels, accessoires
d’aspirateur et brosses peuvent être ranges dans des
contenants hermdtiques. Etiqueter le contenant pour
indiquer qu’il contient du materiel servant a l’élimination
27
des moisissures. Les brosses peu coüteuses ou usdes
peuvent être jetées, en les considérant comme des
déchets contaminés.
2.3 Le nettoyage des reserves
Lorsque l’envergure de l’infestation de moisissures vane
de petite a grande, ii faut veiller a isoler la reserve affectée,
a y limiter l’accès et a en couvrir l’entrée avec des feuilles
de polyéthylène tant que l’endroit n’a pas fait l’objet d’un
nettoyage approfondi. Si l’infestation est massive, des
mesures supplémentaires s’imposent. Le cas échdant,
on conseifle de consulter des spécialistes.
Rechercher la cause de la proliferation des moisissures
et rectifier le problème avant de remettre les objets dans
la reserve. Nettoyer et désinfecter la reserve avant d’y
replacer les objets, y compris les murs, le plancher, le
plafond, le mobilier et tout ce qui s ‘y trouve, par exemple
étagères, livres, papiers, tapis, parures de fenêtres et ordi
nateurs. On peut essuyer délicatement les surfaces extemes
d’un ordinateur avec une solution de detergent liquide.
L’intérieur du boltier des ordinateurs est typiquement
très poussiéreux a cause du ventilateur qui s’y trouve
pour assurer le refroidissement des composantes. Ii peut
être nécessaire de nettoyer l’intdrieur d’un ordinateur
qui a dté exposé a un milieu infestd de moisissures.
Le cas échéant, s’adresser a une entreprise qui Se
spécialise dans le nettoyage d’ordinateurs.
Employer les solutions de nettoyage et désinfectante
décrites plus haut, en prenant les precautions qui
s’imposent et en portant l’EPP qui convient.
Utiliser des techniques de nettoyage qui ne ddrangent
pas la poussière. Essuyer les surfaces rigides, comme le
plancher, les murs et les étagères en metal, avec un chiffon
humide. Passer a l’aspirateur, avec un appareil muni d’un
filtre HEPA, les surfaces poreuses, comme les parures
de fenêtres, les papiers, les meubles capitonnés. Si le
nettoyage des reserves se fait a l’aspirateur, placer
celui-ci a l’extérieur de la pièce et utiliser un long tuyau
pour passer l’aspirateur, afin de minimiser les mouvements
d’air dans la reserve et de déranger le moms possible la
poussière. Passer l’aspirateur a plusieurs reprises, en
travaillant perpendiculairement d’une fois a l’autre, pour
aspirer les spores de moisissures résiduelles. Inspecter les
conduits, les filtres et les serpentins d’échange thermique
des systèmes de CVC et autres systèmes du bâtiment ou
de la pièce. Au besoin, les faire nettoyer et désinfecter.
Les objets dont la surface est poreuse, comme les cartons
de rangement, qui sont infestés de moisissures devraient
être jetés en les traitant comme des objets contaminés et
remplacés. Si le niveau d’infestation est de moyen a élevé,
passer l’extérieur des sacs a ordures a l’aspirateur avant
de les emporter a l’extérieur du bâtiment en empruntant
‘itinéraire le plus direct pour ce faire.
28
2.4 Techniques de nettoyage et
considerations concernant certains objets
Le nettoyage soigné et integral avec un aspirateur muni
d’un filtre HEPA constitue l’une des techniques les plus
efficaces d’élimination des moisissures presentes sur les
objets. Quand c’est possible, on peut faire appel a d’autres
techniques de nettoyage pour réduire encore plus la
concentration finale de spores.
Le tableau 3 (p. 30) contient des renseignements
supplémentaires et rend compte d’autres techniques
de nettoyage dans le cas de types précis d’objets.
2.5 Considerations postnettoyage
Après avoir nettoyé les objets et les espaces de travail, Ia
collection récupérée doit être surveillée et le risque que les
objets continuent de presenter pour la sante doit être geré.
Surveillance de la collection
Les objets qui ont été infestés de moisissures et qui ont
été nettoyés sont plus susceptibles a la proliferation de
moisissures que les objets qui n’ontjamais été affectés. Ii
faut inspecter visuellement les objets a intervalles réguliers
(p. ex. tous les six mois); si Ia collection est volumineuse,
l’inspection portera sur un dchantillon. Advenant un taux
d’HR dlevé ou la penetration d’eau, les objets qui ont
déjà été infestés par des moisissures devraient être
inspectds en premier.
Preoccupations pour Ia sante après le nettoyage
Que veut dire << propre >>? Pour 1’ instant, on ignore
dans quelle mesure les matériaux auparavant infestés
puis nettoyés continuent de poser un risque pour la sauté.
Un nettoyage attentif et soigné élimine les moisissures.
Un nettoyage attentif et exhaustif a l’aspirateur réduit
la concentration totale de spores présentes sur l’objet.
Malheureusement, mise a part l’inspection visuelle, ii
n’existe pas pour l’instant de méthode simple qui permette
de verifier dans quelle mesure le nettoyage a été efficace.
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est si important
d’effectuer un nettoyage attentif et complet, en se
servant de l’equipement qui convient et en suivant
les recommandations en Ia matière.
Néanmoins, même une fois qu’un objet a été soigneuse
ment nettoyé, il restera probablement des spores et des
fragments de moisissures, particulièrement dans le cas
de substrats poreux comme le papier, ce qui peut poser
un problème de sante pour certaines personnes. La suscep
tibilité individuelle vane selon la predisposition genétique,
l’âge, l’état de sante general et les expositions concurrentes
et repetées.
Ii n’existe pas de lignes directrices sur Ia manipulation
des objets auparavant infestes qui ont été nettoyés. Ii peut
donc être avisé de faire preuve de prudence lorsque l’on
manipule et que l’on utilise ces objets. Ainsi, on pent
identifier l’objet de façon que les utilisateurs puissent
prendre des precautions avant de le toucher, par exemple
en enfilant des gants jetables avant de manipuler l’objet
et en se lavant les mains avec de l’eau et du savon après
1’ avoir touché.
Ii peut arriver que 1 ‘information que contiennent des
livres, des papiers ou des documents moisis soit saisie,
dans des conditions contrôlées, sur un autre support
(p. ex. photocopies). Dans certains cas, ii peut être
nécessaire d’effectuer un nettoyage sommaire pour obtenir
une meilleure qualité a la reproduction. Si l’on conserve
l’original, ii faut veiller a l’etiqueter soigneusement pour
indiquer Ia presence de moisissures et a l’entreposer dans
des conditions qui ne sont pas propices a la proliferation
des moisissures.
Conclusion
Les moisissures constituent une grave menace pour la
sante et ii faut donc preridre toutes les mesures nécessaires
pour limiter l’exposition des personnes aux moisissures.
Les mesures prises pour combattre une infestation de
moisissures doivent viser d’abord la regulation du milieu.
En cas d’infestation de moisissures dans une collection a
valeur patrimoniale, ii faut procéder a l’élimination systé
matique des moisissures visibles ainsi qu’à la reduction de
la quantité de spores présentes sur les objets. Moyennant
les precautions voulues, les infestations de moisissures
de petite (<0,3 m
), de moyenne (0,3—3 m
2
) et de grande
2
envergure (3—10 m
) dans une collection peuvent être
2
nettoyées en toute sécurité en suivant les directives foumies
dans le present bulletin technique. En cas d ‘infestation de
très grande envergure (>10 m
), on conseille de s’ adresser
2
a des spécialistes. Dans le doute, toujours faire appel a des
spécialistes pour choisir la meilleure facon de procéder.
Remerciements
Les auteures remercient les personnes suivantes qui ont
généreusement donné de leur temps pour revoir le present
document et offrir des conseils : M. Cavaliere, professeur
de biologie au Département de biologie du Gettysburg
College (Pennsylvanie); Diana Hobart Dicus, restauratrice
d’objets en pratique privée exerçant a Boise (Idaho);
Mary-Lou Florian, adjointe de recherche au Royal British
Columbia Museum, Victoria (Colombie-Britannique);
Luc Maheux, gestionnaire, Unite de la surveillance en
milieu de travail, Programme de sante an travail et de
sécurité du public, Sante Canada; Hanna Szczepananowska,
restauratrice d’ceuvres sur papier, Anthropology
Conservation Lab, National Museum of Natural History,
Washington (D.C.) et professeure adjointe au Département
d’ anthropologie, George Washington University de
Washington (D.C.).
Les auteures remercient egalement leurs collègues au sein
de la Division du traitement et du développement et de Ia
Division des services de conservation preventive de l’ICC
qui ont commenté ce manuscrit, particulièrement Carole
Dignard, qui en a fait une revision approfondie et qui a
encourage les auteures, Tom Strang et Stefan Michaiski,
qui out précisé les questions de conservation preventive, et
Michael Harrington, de son soutien et ses encouragements.
29
Tableau 3. Nettoyage des objets infestés par les moississures
Le tableau qui suit est fourni uniquement a titre d’indication générale. Prière de consulter le corps du document pour obtenir des précisions
sur le nettoyage a l’aspirateur, l’équipement de protection personnelle (EPP) et les questions de sante et de sécurité Iiées au nettoyage des
objets jnfestés de moisissures. Prendre les mesures nécessaires pour neutraliser les moisissures végétatives avant de nettoyer les objets.
Voir la Section 1.3 Apparition de moisissures —Premieres interventions (p. 11) pour plus d’information sur la façon de neutraliser les
moisissures presentes sur les objets. Avant d’entreprendre un traitement destine a éliminer des moisissures, inspecter soigneusement l’objet
pour en évaluer l’état et pour repérer des éléments lâches ou fragiles, Ic cas échéant. En presence de tels dléments, les fixer en place ou
prévoir Ic nécessaire pour pouvoir les introduire dans des sacs et en consigner l’emplacement s’ils se détachent de l’objet. Etre prêt a noter
les mesures prises. En effet, tout traitement visant l’élimination de moisissures devrait être consigné et Ia documentation conservée. Le
nettoyage a l’aspirateur ou avec une brosse n’élimine pas les taches laissées sur les objets par les moisissures. Le nettoyage de ces taches,
qui peuvent s’avérer trés tenaces, voire impossibles a enlever, doit être confié a un restaurateur. Pour decider si des mesures de nettoyage
autres qu’Clémentaires (nettoyage a I’aspirateur et brossage) sont possibles, voir les Notes de 1’ICC correspondantes. Les restaurateurs
doivent consulter des ouvrages sur la conservation pour trouver de l’information sur les traitements specialises qui permettent d’éliminer
les moisissures ou les taches présentes sur les objets.
Objet
Objets
endommagés
par I’eau
Mesures
a prendre
Manipuler délicatement les objets parce qu’ils risquent d’être fragiles. Ii est possible de sécher certains objets
an abaissant le taux d’HR ambiant et en augmentant Ia circulation d’air. Les objets moisis doivent être séchés
a l’air libre de façon a éviter la dispersion des spores de moisissures a proximité des personnes ou dans un edifice.
Par exemple, si l’on se sert de ventilateurs pour sécher un objet, les régler a basse vitesse et ne pas les orienter
directement sur l’objet; couvrir celui-ci avec du papier de soie qui sert a emprisonner les spores qui se soulêvent
de l’objet pendant le sechage. On peut également choisir de sécher les objets a l’extérieur ou dans une hotte fermée
ou une enceinte de biosécurité de classe 1. Une fois les moisissures neutralisées, on peut nettoyer l’objet en suivant
les consignes données dans le present tableau et ailleurs dans le bulletin technique.
La congelation stoppe la proliferation des moisissures. Ainsi, dans bien des cas, les objets endommagés par l’eau
peuvent être congelés, puis lyophilisés ou séchés a l’air libre a un moment opportun ou quand les circonstances le
permettent. La congelation tue les hyphes (filaments vivants) des moisissures, mais les spores (elements reproduc
teurs) ne sont pas détruites. A l’état dormant. les spores de mOisissures supportent des temperatures de congelation,
rnais elles résistent moms bien a un cycle congelation-décongelation. En revanche, l’alternance congelation
decongélation tue les spores de moisissures actives. Cette méthode convient donc dans le cas de maints objets
endommagés par l’eau ou moisis, h condition qu’ils puissent être congeles puis soit lyophilisés, Soit séchés a
l’air libre. Prière de consulter des ouvrages sur Ia conservation qui abordent les rnesures de recouvrement des
collections d’objets patrimoniaux après une catastrophe pour obtenir des précisions sur le sujet.
Livres
Inspecter l’extérieur et l’intérieur des couvertures, le dos et les pages des livres pour repérer les traces de
moisissures. Les moisissures risquent de ramollir et de fragiliser le papier et le carton des couvertures il faut
donc manipuler et nettoyer les livres avec prudence. Si des moisissures sont présentes sur les pages du livre,
il faut inspecter et nettoyer chacune des pages affectées. Si les pages intérieures ne soot pas affectées, garder
l’ouvrage fermement cbs pendant le nettoyage de son extérieur. Utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA
pour nettoyer be bord des pages intérieures etdes cartons de couverture. Des outils miniatures sont utiles pour
nettoyer les petits interstices dans le dos du livre. Passer l’aspirateur sur tout Ic livre pour réduire la concentration
totabe de spores. Au besoin, essuyer les cartons de couverture avec un linge humide ou sec après avoir terminé be
nettoyage a l’aspirateur pour éliminer les spores de moisissures résiduelles. Jeter les chiffons uses ou les layer.
Pour plus d’information sur le soin et be nettoyage des bivres, et notamment sur Ia marche a suivre pour les passer
a l’aspirateur, voir Ia Note de l’ICC n° 1 1/7 Le soin des livres.
Papier
Utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA et, au besoin, une brosse pour déboger les moisissures tenaces.
Si le papier est fragile, Ic passer délicatement a l’aspirateur en le protégeant avec un écran. Passer le recto
et le verso du papier a l’aspirateur pour réduire Ia concentration totale de spores.
Après le nettoyage a l’aspirateur, on conseille de nettoyer Ia surface du papier avec des gommes C effacer
recommandées pour éliminer les spores enchâssées et fragments de moisissures ainsi que Ies saletés qui
pourraient nourrir d’autres moisissures a I’avenir. Après cette étape, les gommes a effacer seront contaminées
par les spores de moisissures. En éliminer soigneusement toutes les traces de l’objet et les sceller dans un papier
que l’on jettera ala poubelle. Voir le Bulletin technique de 1’ICC n° 11, Techniques de nettoyage a sec du papier,
pour plus d’information sur Ic nettoyage superficiel.
Le lavage, Ic nettoyage avec un solvant, les traitements aux enzymes et Ic blanchiment soot d’autres options
en matiêre de traitement du papier. Par contre, ils doivent Ctre exécutés par un restaurateur spécialisé dans be
traitement des uvres sur papier. Même après ces traitements supplCmentaires, les taches laissées par les
moisissures peuvent persister.
Ob.jets places dans
des contenants
(p. cx. dans des cartons. des chemises.
des malles)
30
Retirer be ou les objets de leur contenant. Les nettoyer en suivant les consignes données dans le present tableau et
ailleurs dans le bulletin technique. Inspecter le contenant pour verifier s’il présente des traces de moisissures. Avant
de le jeter, s’assurer qu’il n’a pas de valeur en soi. Si c’est le cas, Ic nettoyer et le conserver. Autrement.jeter be
contenant moisi et ranger i’objet dans un contenant neuf. Recopier sur le nouveau contenant toute information
inscrite sur l’ancien. Les boItes en Coroplast ou en Cor-X peuvent être nettoyées, désinfectées, séchées et rCutilisées.
a prendre
Objet
Mesures
Parchemin ou
papier vélin
Le parchemin et le vélin sont trés sensibles aux fluctuations do taux d’HR. Les documents risquent d’être plies,
fragiles et collés ensemble. On ne doit déplier les documents en parchemin et en vélin que lorsqu’ils ont fait l’objet
d’une humidification prudente.
Utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA et, au besoin, une brosse pour déloger les moisissures tenaces. Si le
document est fragile, utiliser un écran protecteur pour le passer a l’aspirateur. Passer tout le document a l’aspirateur,
recto et verso, pour réduire Ia concentration totale de spores. Parce que le parchemin et le vélin sont si sensibles
a l’humidité, il faut éviter de les nettoyer avec des produits humides. Après le nettoyage a l’aspirateur, ii peut
être possible de nettoyer Ia surface du papier avec des gomines a effacer recommandées pour éliminer les spores
enchâssées et fragments de moisissures ainsi que les saletés qui pourraient nourrir d’autres moisissures a I’avenir.
Après cette étape, les gommes a effacer seront contaminées par les spores de moisissures. En éliminer soigneuse
ment toutes les traces de l’objet et les sceller dans un papier que l’on jettera a la poubelle. Voir le Bulletin technique
de l’ICC n° ii, Techniques de nettoyage a sec do papier, pour plus d’information sur le nettoyage superficiel.
Les documents peuvent comporter des sceaux faits de cire ou de gomme laque. Ceux-ci peuvent être cassants et il
faut les brosser délicatement plutbt que de les nettoyer a l’aspirateur.
Les reliures de vélin et de parchemin qui sont en bon état peuvent être nettoyées en suivant la même technique
que pour nettoyer un livre. Voir la Note de I’ICC n° 11/7 Le sam des livres pour plus d’information sur le soin
des reliures de vélin et de parchemin.
Photographies
Eliminer les moisissures superficielles en employant des techniques douces, par exemple un brossage avec une
brosse a soies douces 00 un nettoyage avec un aspirateur muni d’un filtre HEPA et d’une brosse miniature. Ne pas
utiliser d’eau 00 de solutions aqueuses parce que les moisissures peuvent rendre les emulsions solubles a l’eau.
La gélatine, principal ingredient de l’émulsion des pellicules et des clichés photographiques, est aussi une excellente
source de nutriments pour les moisissures qui souvent prolifèrent là ob des empreintes digitales sont présentes sur
les pellicules et les clichés parce que les sels transférés par l’épiderme créent un milieu humide localisé. Cornme il
est déconseillé de traiter les photographies avec un fongicide, ii est important de réguler le taux d’HR aux endroits
oil elles sont entreposées. Autrement, un réfrigérateur sans givre approprié constitue un excellent microclimat pour
entreposer les photographies en couleurs et en noir et blanc. Ranger les photographies dans des enveloppes ou des
cartons et placer le tout dans des sacs de polyéthylène ou envelopper les contenants avec du polyéthylène et
sceller le tout avec du ruban adhésif pour le congélateur avant de placer les photographies dans le réfrigérateur sans
givre (Wilhelm, 1993). Consulter un restaurateur spécialisé dans le domaine pour obtenir plus d’information sur ce
genre d entreposage.
—
—
‘
Supports
magnétiques
Disques compacts retirer le disque moisi de la collection et le placer dans un milieu a faible humidité en attendant
de pouvoir le nettoyer. On recommande une temperature de moms de 23 °C et un taux d’HR inférieur a 50 % HR
(acceptable jusqu’à 20 %). Nettoyer le disque avec un aspirateur muni d’un filtre HEPA. Brosser les moisissures
tenaces en un mouvement radial (perpendiculaire aux sillons du disque), en direction de l’embout de l’aspirateur.
Une fois le disque nettoyé, en faire une copie. Conserver l’original dans un milieu qui n’est pas propice a la
proliferation des moisissures.
Disquettes nettoyer l’étui de la disquette avec un aspirateur muni d’un filtre HEPA. Retirer la disquette de son
étui en consultant le Bulletin technique n° 25 de I’ICC qui détaille Ia façon de procéder pour ce faire. Suivre la
même méthode de nettoyage que pour les disques compacts (ci-dessus), mais en brossant Ia disquette en un
mouvement circulaire.
Negatifs,
diapositives,
microfilms et
microfiches
Matériaux friables
(p. ex. pastel. craie.
fusain. pigments
poudreux sur
un objet)
Bandes magnétiques: retirer les bandes affectées de la collection. Les placer dans un milieu a faible humidité en
attendant de pouvoir les nettoyer. On recommande une temperature de moms de 23 °C et un taux d’HR inférieur
a 50 % HR (acceptable jusqu’à 20 %). Pour éliminer les moisissures des bandes enroulées, les nettoyer avec un
aspirateur muni d’un filtre HEPA. Eviter tout contact direct entre l’embout de l’aspirateur et la bande. Brosser
les moisissures tenaces avec une brosse a soies douces. On conseille de passer la bande dans un bobineur-nettoyeur
parce que les moisissures sont trés envahissantes et aptes a proliférer entre les couches de bande enroulée. On peut
ensuite copier la bande sur un nouveau support. Conserver l’original dans un milieu qui n’est pas propice a la
proliferation des moisissures. Enfin, nettoyer le materiel pour éviter de contaminer d’autres bandes (Iraci, 2002).
Ii existe d’autres techniques de nettoyage, par exemple pour enlever les dépôts tenaces sur les disques compacts,
les disquettes et les bandes magnétiques. Voir le Bulletin technique de 1’ICC n° 25, La recuperation des supports
d’inforniation modernes : disques compacts, bandes magnétiques et disquettes, pour plus d’information.
Eliminer les moisissures superficielles en brossant délicatement l’objet avec une brosse a soies douces ou une brosse
miniature fixée a un aspirateur muni d’un filtre HEPA.
Retirer les diapositives de leur monture (en verre, en carton ou en plastique), les nettoyer et les glisser dans une nou
velle monture. Porter des gants en coton propres pour éviter de laisser des empreintes sur la pellicule.
Pour plus d’information, s’adresser a un restaurateur.
Peu importe la technique de nettoyage employee, les matériaux friables risquent d’être décollés. L’enlèvement des
moisissures, en admettant qu’il soit possible, exige un fort degré de dextérité et de precision ainsi que l’utilisation
d’outils fins. Ii est preferable de consulter un restaurateur specialiste en Ia matière.
Les liants naturels qui entrent dans la fabrication des pastels les rendent particuliérement propices a la proliferation
des moisissures. La surface d’un pastel est trés fragile. Ces ceuvres comptent parmi les plus délicates a traiter en
cas de proliferation de moisissures.
31
a prendre
Objet
Mesures
Peintures
Neutraliser la croissance des moisissures. Eviter les changements brusques du milieu environnant ainsi que les
milieux très secs, deux facteurs qui risquent de causer le fendilement des peintures a l’huile; abaisser graduellement
le taux d’HR, en l’espace d’une ou de deux heures, et sans aller au-dessous d’un taux d’HR de 40 %. Envelopper Ia
peinture, sans Ia serrer, pour dviter Ia dispersion des spores de moisissures. Consulter un restaurateur des peintures
pour obtenir des conseils supplbmentaires. Vu Ia structure complexe des peintures, des dommages permanents
peuvent rbsulter des moindres tentatives de nettoyage, mbme les plus délicates, effectubes par du personnel
non formb. Prière de consulter les Notes de l’ICC ns 10/1 Nettoyage des peintures : precautions et
10/13 Règles génerales visant la manipulation des tableaux pour obtenir des précisions sur le sujet.
Utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA et, au besoin, une brosse pour déloger les moisissures tenaces. Si le
textile est fragile, le passer délicatement a l’aspirateur en le protbgeant avec un écran protecteur. Des accessoires
miniatures pour l’aspirateur peuvent btre utiles. Passer tout l’objet a l’aspirateur, l’envers et l’endroit, pour réduire
la concentration totale de spores.
Textiles
Les traitements de conservation, comme le lessivage ou le nettoyage a sec, peuvent éliminer les spores enchâssées
et les fragments de moisissures, ainsi que les taches et les saletés qui peuvent servir a nourrir d’autres moisissures.
Voir les Notes de l’ICC 0S 13/7, Lavage des textiles de coloration naturelle, 13/9 Les detergents anioniques, 13/15 Les
nsoisissures et les textiles et 13/13 Netroyage a sec des textiles de collection pour plus de renseignements. Le lessivage
ou Ic nettoyage a sec ne parviennent pas toujours a éliminer complètement les taches laissées par les moisissures.
Vannerie
(objets faits de
matieres ‘egeta1es
tissees)
Cuir
Utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA et, au besoin, une brosse pour déloger les moisissures tenaces.
Des accessoires miniatures pour l’aspirateur peuvent être utiles. Passer tout l’objet a I’aspirateur pour réduire
Ia concentration totale de spores.
Inspecter l’objet pour voir s’il présente des pigments poudreux ou des signes d’utilisation (p. ex. des graines)
avant de Ic passer a l’aspirateur. Ces éléments sont importants et ii faut avoir soin de ne pas les modifier ou les
supprimer. S’ils sont presents, consulter un restaurateur avant de nettoyer l’objet.
Pour de l’information sur d’autres techniques de nettoyage, voir la Note de l’ICC n° 6/2, Entretien de la vannerie.
Utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA et, au besoin, une brosse pour déloger les moisissures tenaces.
Des accessoires miniatures pour l’aspirateur peuvent être utiles. Passer tout l’objet a l’aspirateur pour réduire
Ia concentration totale de spores.
Voir la Note de l’ICC no 8/1, Netroyage du cuir inoisi, pour obtenir des précisions sur le sujet.
Bois
Utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA et, au besoin, une brosse pour déloger les moisissures tenaces.
Des accessoires miniatures pour l’aspirateur peuvent être utiles. Passer tout l’objet a I’aspirateur pour réduire
la concentration totale de spores. Lorsque I’on passe l’aspirateur sur des meubles, enlever tous les tiroirs et
ouvrir les portes pour bien nettoyer l’intérieur, ainsi que Ic dessous et toutes les faces du meuble.
Les surfaces en placage endommagées par l’eau peuvent btre lbches ou détachbes du substrat, en plus d’être
cassantes. Pour bviter la perte de ces bléments, utiliser une brosse a soies douces pour dbloger délicatement les
moisissures, en les repoussant vers l’embout de l’aspirateur. Ne pas oublier de poser un écran protecteur sur
l’embout de l’aspirateur.
II existe d’autres techniques de nettoyage, comme le nettoyage superficiel et les tampons humides pour le bois nu
et un chiffon humide ou un nettoyage avec un solvant pour les surfaces peintes en bon état. Voir les Notes de I’ICC
jjOS
7/1 Le soin et le nettoyage du bois nu et 7/2 Entretien dufini des meubles pour obtenir des précisions sur le sujet.
Ivoire, Os, come
et bois d’animaux
Utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA et, au besoin, une brosse pour dCloger les moisissures tenaces. Des
accessoires miniatures pour l’aspirateur peuvent btre utiles. Passer tout l’objet
a l’aspirateur pour réduire la concentration totale de spores.
D’autres techniques de nettoyage sont abordées dans la Note de I’ICC no 6/1 Entretien des objets en ivoire,
en as, en come et en bois de cervidé.
Verre et
céramique
Les résidus organiques sur les surfaces non poreuses sont propices a la proliferation des moisissures. Utiliser un aspira
teur muni d’un filtre HEPA et, au besoin, une brosse pour déloger les moisissures tenaces. Des accessoires miniatures
pour l’aspirateur peuvent être utiles. Passer tout l’objet a l’aspirateur pour réduire la concentration totale de spores.
Les objets en verre et en céramique qui sont en bon átat peuvent être lavés a titre de nettoyage supplémentaire.
Voir la Note de l’ICC n° 5/1 Le soin de la céramique et du verre, pour plus d’information sur la façon de procéder.
Métaux
Les résidus organiques sur les surfaces non poreuses sont propices a la proliferation des moisissures. Utiliser un aspira
teur muni d’un filtre HEPA et, au besoin, une brosse pour déloger les moisissures tenaces. Des accessoires miniatures
pour l’aspirateur peuvent être utiles. Passer tout l’objet a l’aspirateur pour réduire Ia concentration totale de spores.
Pour de I’information sur d’autres techniques de nettoyage, voir les Notes de l’ICC n°° 9/3 Nettoyage, polissage
et cirage des objets de laiton et de cuivre, 9/4 Le sam des pièces de monnaie et des médailles, 9/6 Le sam et le
nettoyage dufer, 9/7 Le soin de l’argent et 9/9 Le soin des objets en zinc.
Caoutchouc
et plastiques
Les résidus organiques sur les surfaces non poreuses sont propices a Ia proliferation des moisissures. Utiliser un aspira
teur muni d’un filtre HEPA et, au besoin, une brosse pour déloger les moisissures tenaces. Des accessoires miniatures
pour l’aspirateur peuvent être utiles. Passer tout l’objet a I’aspirateur pour réduire Ia concentration totale de spores.
Pour de l’information sur d’autres techniques de nettoyage, voir la Note de l’ICC n° 15/1 La preservation des
objets en caoutchouc ou en plastique.
32
Notes de fin
1. Les moisissures, membres du règne des champignons,
sont des organismes qui Se nourrissent de matières
organiques. Le terme englobe moisissures, levures
et champignons. Dans le present document, le terme
<<moisissures >> désigne micromycètes et champignons.
2. Voir par exemple V. Daniels et B. Boyd, <<The
Yellowing of Thymol in the Display of Prints >>,
Studies in Conservation, n° 31(1986), p. 156-158;
Mary-Lou Florian, Heritage Eaters: Insects & Fungi
in Heritage Collections, Londres, James & James Ltd.,
1997; Ralph Gustafson, << Fungicidal Efficacy of
Selected Chemicals in Thymol Cabinets >>, Journal
of the MC, n° 29 (1990), p.153-168; M. Nittérus,
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Restaurator, n° 21(2000), p. 25-40; M. Nittérus,
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Restaurator, n° 21(2000), p. 101-115; T. Strang et
J. Dawson, Le contrôle des moisissures dans les musées,
Bulletin technique n° 12, Ottawa, Institut canadien
de conservation, 1991; J. Wellheiser, Nonchemical
Treatment Processes for Disinfestation of Insects
and Fungi in Library Collections, Munich,
K.G. Saur, IFLA Publication n° 60, 1992.
-
8. L’American Industrial Hygiene Association offre un
programme de contrôle et d’ agrément des laboratoires,
soit l’Environmental Microbiology Proficiency
Analytical Testing (EMPAT) et l’Environmental
Microbiological Laboratory Accreditation Program
(EMLAP). Un laboratoire qui participe a l’un ou
l’autre de ces programmes, ou aux deux, est considéré
comme ayant fait preuve d’un haut niveau d’expertise
et de competence.
9. Le terme << HEPA>> s’applique aux filtres qui ont fait
l’objet d’un contróle pour confirmer qu’ils captent
99,97 % des particules de 0,3 micron de diamètre.
10.Une personne qualifiee a réussi le cours requis
sur l’ajustement d’essai des appareils de protection
respiratoire. Ces cours, selon l’Association canadienne
de normalisation, sont souvent offerts par les fabricants
d’appareils de protection respiratoire.
11 .Un métabolite est une substance nécessaire au
métabolisme ou qui résulte d’une transformation
metabolique. Le métabolisme est un ensemble de
transformations chimiques qui s accomplit dans les
tissus d’un organisme vivant et qui produit de l’énergie.
‘
3. Pour plus d’information sur l’emploi des biocides pour
contrôler les moisissures, voir Environmental Protection
Agency, << Remediation >>, dans Mold Remediation in
Schools and Commercial Buildings, Washington (D.C.),
Office of Air and Radiation, Indoor Environments
Division, 2001, p. 19-26; E.C. Cole et Karin K. Foarde,
<<Biocides and Antimicrobial Agents >>, chapitre 16 dans
Bioaerosols: Assessment and Control (J. Macher, dir.),
Cincinnati (Ohio), American Conference of
Governmental Industrial Hygienists (ACGTH), 1999.
4. Les conidies sont les spores asexuées qui se forment a
l’extrémité des hyphes. Elles sont plus souvent presentes
dans l’air que les spores sexuées spdcialisées ddgagées
par certaines des mêmes moisissures. Dans le present
texte, on emploie le terme << spore >>, qui est plus
répandu.
5. Le point de rosée est la temperature a laquelle l’humiditd
presente dans l’air se condense au contact d’une surface.
6. Le genre designe un groupe relativement restreint
d’organismes semblables. Ii se subdivise en especes.
7. Pour effectuer un échantillonnage agressif de l’air,
on procède habituellement en dérangeant 1 ‘air avec de
l’air comprime dégagé soit en direction du sol; soit sur
une surface horizontale, de sorte que les spores et les
matières qui s’y sont deposees se retrouvent dans
l’air d’oñ elles peuvent être prélevées.
12.Le present bulletin technique ne traite pas en profondeur
des hottes fermées et des enceintes de biosecurite de
classe 1. Pour plus d’information sur la conception et
les vitesses frontales qui conviennent dans le cas des
hottes fermdes et des enceintes de biosécurité de
classe 1, voir Industrial Ventilation A Manual of
Recommended Practice, 24e éd., Cincinnati (Ohio),
American Conference of Government Industrial
Hygienists, 2001; Lignes directrices en matière de
biosécurité en laboratoire, 2 éd., Ottawa, Bureau
de la securite des laboratoires, Direction génerale de
la sante de la population et de la sante publique, 1996.
-
13. La recommandation concernant 1’ emploi d ‘une solution
d’hypochlorite de sodium comme produit désinfectant
se retrouve également dans le Manuel de sécurité
biologique en laboratoire, 2 éd., Genève (Suisse),
Organisation mondiale de la Sante (OMS), 1993,
et dans E .C. Cole et Karin K. Foarde, << Biocides and
Antimicrobial Agents >>, chapitre 16, section 16.2.4.2,
<<Hypochiorites >> dans Bioaerosols: Assessment and
Control (I. Macher, dir.), Cincinnati (Ohio), American
Conference of Governmental Industrial Hygienists
(ACGIH),1999.
33
Fournisseurs
Equipement de protection personnelle (EPP)
(y compris les appareils de protection respiratoire,
les lunettes de protection, les gants, les vêtements
de protection, les cagoules et couvre-chaussures, les
protecteurs d’oreilles et les ceintures de soutien loinbaire)
Accessoires en forme de cloche
on d’entonnoir pour I’aspirateur
Cet emboutpeut etrefabrique Sw- inesure.
Safe-T-Air Inc.
1137, rue Tighe
C.P. 36
Manotick (Ontario)
K4M1A2
(613) 692-2070
Fisher Scientifique Produits sécurité
1 800 234-7437
www.fishersci .ca
-
Lab Safety Supply
1 800 356-0783 (Canada et E.-U.)
1 800 356-2501 (assistance technique)
(608) 754-7160 (international)
www.labsafety.com
-
Association canadienne de normalisation
(complement d’information sur les
appare i/s de protection respiratoire)
Norme Z94.4-02 de la CSA
<< Choix, utilisation et entretien des respirateurs
(416) 747-4000 ou 1 800 463-6727
‘
Petits embouts pour I’aspirateur
Vendus dans les magasins d’articles de couture, les
magasins d’ordinateurs et les magasins d’aspirateurs.
Brosses
Quincailleries ou magasins de fournitures d ‘artistes.
>>
Moustiquaires, chiffons de ménage,
sacs a ordures (épais)
Quincailleries, magasins a rayons et supermarchds
de la region.
Aspirateurs munis d’un filtre IIEPA
Certains asp irateurs pour usage a domicile sont munis
d’unfiltre HEPA etpeuvent suffire pour les petits travaux
de nettoyage. S ‘adresser aux quincailleries, magasins
a rayons et nuigasins d’aspirateurs de la region.
Hypochiorite de sodium (Au Canada, I’eau de Javel
pour usage mdnager contient habituellement 5 %
d’hypochlorite de sodium)
Quincailleries ci’ superinarchés de Ia region.
Can McLean
461, avenue Homer
Toronto (Ontario)
M8W4X2
1 800 268-2123
1800 268-2138 (en francais)
www.carrmclean .ca
Enceintes de biosécurité de classe 1
Microzone Corporation
CR 11336, succursale H
2SF, chemin Northside
Nepean (Ontario)
K2H 7V1
(613) 829-1433
Nilfisk-Advance Canada Company
396, avenue Watline
Mississauga (Ontario)
L4Z 1X2
Tél.: (905) 712-3260
Téléc. : (905) 712-3255
Labconco Corporation
8811 Prospect Avenue
Kansas City, MO 64132
Etats-Unis
1 800 821-5525
www.lanconco .com
Nilfisk-Advance America Inc.
300 Technology Drive
Malvern, PA 19355
Etats-Unis
Tél.: (610) 647-6420
Téléc. (610) 647-6427
www.pa.nilfisk-advance .com
Enceinte de sécurité conçue sur mesure
avec une hotte munie d’un filtre HEPA
Design Filtration Inc.
10 1-195, chemin Stafford Ouest
Nepean (Ontario)
K2H 9C1
(613) 820-9686
www.designfiltration .com
Lab Safety Supply
1 800 356-0783 (Canada et E.-U.)
1 800 356-2501 (assistance technique)
(608) 754-7160 (international)
www.labsafety.com
34
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Société canadienne d’hypotheques et de logement (SCHL)
Qualité de l’air i l’intérieur des habitations
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Combattre la moisissure Guide pour
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www.cmhc
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Divers
American Industrial Hygiene Association (AIHA)
Mold Resources
www.aiha.org/GovernmentAffairs-PR/html/
prmoldsources .htm
Stachybotrys chartarum: The Toxic Indoor Mold
www.apsnet.org/online/feature/stachybotrysl
Le Mold Reporter est un bulletin qui renseigne ses lecteurs
sur des sources d’information fiables, en plus d’encourager
les échanges sur les dossiers de l’heure. Distribué par
abonnement, le bulletin est publié six fois par an par
Abbey Publications, Inc., 7105 Geneva Drive, Austin,
Texas 788723, Etats-Unis. Courriel : abbeypub@flash.net
35
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