Le paradoxe de l`humain Par Alain Scheidecker

Le paradoxe de l`humain Par Alain Scheidecker
ou
Le paradoxe de l’humain
Par Alain Scheidecker
L’arbre et le fruit
Ou
Le paradoxe de l’humain
Essai
2
Préface
Cet ouvrage a été débuté il y a 4 ans, à un moment de
mon existence où je n’avais plus guère d’estime pour
tout ce qui pouvait représenter de près ou de loin une
quelconque obédience religieuse.
Il fut écrit pour déranger et il dérangera.
Mais les temps changent et les voies du Seigneur sont ce
qu’elles sont, n’est-ce pas ?
Elles ne varient pas et demeurent moins impénétrables
qu’on veut bien le prétendre, seul l’humain, lui, est
changeant et c’est un humain qui vous l’écrit ici!
La position de cet ouvrage envers l’église ‘instituée’,
(l’église des hommes) n'en demeure pas moins la même
en la présentant pour ce qu’elle est :
Une œuvre humaine imparfaite, même si instituée par
Dieu, qui n’est pas responsable de ce que les hommes
en ont fait ni des inepties que certains racontent en son
nom.
Depuis le début de cette aventure littéraire, je suis
revenu à de meilleurs sentiments (mais point trop n’en
faut), et même, mais si, à un esprit de service au sein de
l’une de ces églises humaines, celle que ma naissance a
choisi pour moi.
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Donc les propos qui suivront et que le lecteur pourra
trouver acerbes (surtout envers une de ces religions
humaines, que certains décrivent comme la plus grande
secte du monde), sont assumés pour plusieurs raisons :
-
Ce manuscrit ne va pas être réécrit parce que
l’allergie qui en a motivé l’écriture est moins
virulente, d’une part.
-
Si l’allergie a eu lieu, c’est que certains des
conducteurs institutionnels en ont été la
cause, et un malade ne peut être rendu
responsable d’une maladie contractée dans
un milieu sensé être sain.
Si donc certains désapprouvent cette lecture, le risque
est assumé, grâce à un blindage efficace envers le rejet
que seul l’humain est capable de produire envers son
semblable.
Vous voilà prévenus, les propos feront tousser certains
mais démontrent le côté prétentieux des religions à
affirmer détenir la quintessence du Divin… Quelle folie !
"Vanitas, vanitatum, omnia vanitas", qu’il disait !
4
Préambule
Préambule au… Préambule !
Par avance, merci !
Merci de votre indulgence, vous les férus de lecture
juste probables et néanmoins espérés, envers l’imperfection de l’ouvrage dans sa construction littéraire, dans
ses retours, renvois et autres explorations pas
forcément ordonnées et donc cohérentes.
Merci de la vôtre, amoureux des mots justes, existants
et répertoriés, vous qui allez découvrir dans ce qui suit
des termes ‘non académiques’, fraîchement moulus d’un
dictionnaire improbable et très personnel… Mais après
tout, les mots nouveaux et à propos desquels sont admis
humblement des origines approximatives et souvent
très personnelles ne sont pas l’apanage de personnages
politiques aimant la ‘zénitude’.
Ceci n’est qu’une humble ‘première’, une toute petite
genèse dans la capacité à peine révélée d’ une faculté à
coucher sur quelques lignes un ressenti et une envie de
partage avec tout ce que cela peut comporter
d’imperfections ; Et connaissant fort bien l’auteur et les
siennes, évidemment, il y en aura !
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Merci également à celles et ceux qui, dans ma famille de
cœur, (et je veux citer en particulier mes deux premiers
‘complices’) :
-
Didier Feret, mon mentor, homme de bien,
éminent, respecté et respectable penseur et
écrivain, entre autres talents, qui s’il n’est pas
connu de tous gagnerait à l’être sans nul
doute possible…
Il fut mon premier ‘détonateur’ et donc le tout point de
départ de cet ouvrage, il sera aussi l’artisan de sa
finalisation.
Je suis son obligé et honoré d’avoir eu la chance de
rencontrer un tel homme.
-
Mon Philou, vieux (mais moins que moi)
compagnon de lutte, de cheminement, de
recherche d’un sens réel à la vie, dont ce
verset des Ecritures semble avoir été écrit
pour lui :
(Prov. 18v 24 : ‘S’il est des proches qui vous brisent, il est
des amis plus liés que des frères’) et qui pourrait
m’attribuer l’adage : ‘Un ami c’est quelqu’un qu’on
connaît bien mais qu’on aime quand même ‘, parce qu’il
a su rester là malgré mes jours de fichu caractère,
prompt au pardon, lent à la colère et dont l’érudition
comme la saine objectivité sont pour moi deux cadeaux
de grande valeur.
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Un grand merci donc à ces compères et leurs proches
que j’affectionne tout particulièrement et qui auront
chacun à leur manière contribués, par leur pré lectures,
à l’enrichissement qu’ils ont apporté, de par leurs
encouragements et critiques constructives.
Hé oui, jeteurs de pierres de tous bords, on peut
critiquer sans détruire!
Merci donc à leur regard extérieur au fouillis d’idées de
ma boîte à neurones et donc autrement éclairé mais
néanmoins disponible et bienveillant envers un réel
désir de partager ce sujet par ces lignes.
Un grand merci enfin, (et là on va réinstaurer la
crucifixion rien que pour ce merci !) à tous et toutes les
grenouilles de bénitier et/ou punaises de sacristie
(version protestante des dits batraciens, catholiques,
eux !) qui dans les différentes églises que j’ai été amené
à fréquenter avant de changer de cadre de vie, ont su
par leur orgueil, leur hypocrisie et leur pharisianisme
parfois exacerbé me décourager dans mes efforts pour
‘plaire à Dieu’, au point de devoir chercher une autre
voie à mon impérieux besoin de vérité, écœuré de leurs
mensonges et manipulations qui, en s’exerçant, m’ont
toutefois rendu le plus immense des services !
Cet essai est une réflexion un rien piquante, disons-le,
sur les paradoxes qui habitent la complexité humaine, et
sur son principal fléau : La religion.
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Celle-ci -la réflexion- va s’efforcer (premier résultat de la
sagacité des sus cités pré-lecteurs) d’être et de rester la
moins affirmative et la plus ouverte possible (ou l’art et
la manière de concilier l’inconciliable!) de manière à
éviter de choquer autant qu’il se peut tout en interpellant de façon inversement proportionnelle! Nous
sommes d’accord, ce n’est pas gagné…
Il y aura aussi ça et là des oublis, dérapages, allusions,
répétitions et autres maladresses, pardon d’avance pour
la gêne occasionnée, comme ils savaient dire lors des
coupures de programmes à la télé !
De plus, étant d’origine chrétienne, certaines références
et citations puiseront dans les Saintes Écritures, avec
tout ce qu’elles comportent de vérités ou d’affirmations
mal comprises ou (et) mal interprétées.
Et donc toutes les remises en question qui en découlent.
Ces références bibliques seront cependant aussi rares
que possible, le but n’étant pas de faire de celles-ci la
seule vérité à retenir ni la seule source fiable.
Mon souci personnel étant de ne pas vouloir faire avaler
aux autres ce fiel amer qu’on m’a fait ingurgiter pendant
des lustres.
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D’autre part, et même s’il y a à ce niveau un bien
modeste bagage théologique, j’ai tout sauf les connaissances et capacités aux discours souvent vains et stériles
(dixit les dites écritures !) des docteurs ‘ès théologie’ et
consorts, fervents useurs de fond de pantalons, assidus
des bancs de séminaires religieux et autres diverses
écoles bibliques, coraniques, hébraïques, orthodoxes…,
Ou de quelque autre bord que ce soit !
Enfin, et c’est assez peu conventionnel pour être signalé,
il est également plus que probable qu’apparaissent çà et
là quelques interludes récréatifs faits du vaste bric-àbrac d’un esprit enjoué lors de la rédaction.
Ils seront signalés entre crochets […] afin de détendre un
peu le lecteur, et déposer parmi les méandres de ce
sujet bien trop épineux pour être lu ‘rébarbatif’,
quelques fines touches de l’humour qui caractérise
l’auteur, et qui permettront de lire comme il apporte,
savoir sans trop se prendre au sérieux!
Allez, on y go ?
Nous sommes ça y est on peut vas-y ?
Bien assis et calés entre vos coussins douillets ? (Comme
le célèbre David du même nom, mais vous venez à
l’instant d’être prévenus !)
Alors qui aime lise ! Tous les autres, à vous de voir ou, au
choix, allez vous faire voir.
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En toute amitié, bien sûr!
Dans la société qui nous voit évoluer, il serait, semble-til, grand temps d’arrêter de foncer tête baissée vers les
utopies qui prétendent régir notre manière de vivre en
construisant notre futur et surtout notre présent.
L’homme a une faculté incroyable :
Celle de tout faire pour ne jamais se poser les bonnes
questions et donc, par voie de conséquence, ne jamais
trouver les bonnes réponses.
Il alimente parfois avec délectation ce qui le détruit et, à
l’inverse, fuit obstinément ce qui pourrait le faire grandir
à tous les niveaux, en parfaite harmonie avec son
environnement et ses semblables.
Ce qui est mis en avant comme étant une faculté
majeure par rapport au reste du vivant, notre
intelligence, capable d’un raisonnement organisé et
constructif, est en fait souvent utilisée comme notre pire
ennemie, car influencée depuis des millénaires par des
valeurs strictement matérielles et rationnelles qui
occultent une autre dimension bien plus importante et
déterminante qu’on ne veut bien l’admettre.
Cette faculté devient ainsi captée, canalisée par
quelques prétendus esprits soi-disant "supérieurs" qui
conduisent le reste du troupeau à servir leurs intérêts
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personnels sous prétexte d’un bien vivre collectif, ces
intérêts étant eux-mêmes faussés par une mauvaise
appréciation des valeurs fondamentales de l’humain et
de la vie .
Depuis la préhistoire, l’homo sapiens est conscient d’une
dimension mystérieuse et mystique qui dans sa
globalité, échappe totalement et indiscutablement au
reste du monde animal : La spiritualité.
Hélas, celle-ci est en elle-même si différente de l’idée
que nous nous en faisons que, pour le malheur de notre
espèce, l’humain l’a très vite emprisonnée dans une
conception étriquée et étroite de tout ce qu’elle
contient en réalité.
Cette conception fut nommée ‘religion’, qui devint la
source amère de tous nos maux, l’origine de 99% de tout
le sang et de toutes les larmes versées sur notre planète
depuis les origines.
Nous allons dans ce qui suit, malgré l’ampleur du sujet
abordé et les débats que cela peut susciter, (mais c’est
un peu le but) tenter de le démontrer.
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Chapitre premier
Une image faussée.
Loin de nous l’idée de rendre coupable le reste de
l’humanité avant de nous être soi-même jugé, le mal
vient de chacun en premier, mea maxima culpa !
C’est le retour sur soi que tous, nous devons faire avant
de s’attendre à voir les autres changer et par là-même
voir s’évanouir les soucis de notre monde.
Avant de voir déferler la vague du respect d’autrui et,
chacun pour sa part, de la prise de conscience des
choses à revoir pour que le monde tourne mieux,
apportons là où nous sommes cette insignifiante
gouttelette de remise en question et d’ouverture
d’esprit qui fera, même imperceptiblement, modifier le
cours des choses.
" Quand nous laissons notre propre lumière briller, nous donnons aux
autres, sans en être conscients, la possibilité de faire la même chose "
Nelson Mandela.
Ne dit-on pas que les petits ruisseaux font les grandes
rivières ?
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Nos gouttes d’eau ajoutées à celles de ceux qui avant
nous ont osé la déposer finira par remplir le seau qui se
déversera dans la fontaine, qui à son tour évacuera son
trop plein dans le petit ruisseau en question…
Encore faut-il l’y déposer !
Mais quel est donc cet insurmontable obstacle qui nous
empêche de bouger ?
Entre autres facteurs divers et variés, le simple fait de ne
pas être seul et par la même de se voir exposé au regard
et à l’analyse de son semblable.
Que nous voulions l’admettre ou non, ce que va penser
ou dire le voisin de ce que nous vivons ou faisons, nous
dérange et plus encore, nous effraie et donc nous
influence.
Pourquoi cet état d’esprit si souvent constaté ?
Le choix délibérément adopté de marcher à contresens
des règles édictées par la ‘bonne société’ amène, dans
une certaine mesure, à se marginaliser par rapport à une
‘norme’ de société globale, définie en règles de vie
communautaire, et donc à prendre le risque de se faire
montrer du doigt.
Alors, pour éviter ce désagrément et l’éventualité du
rejet qui en découle, en bon petit ‘mouton de Panurge’
que nous sommes, nous entrons bien sagement dans le
troupeau pour nous noyer dans la masse et étayer ainsi
nos justifications à ne rien faire.
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Faire le contraire dérange et ce qui dérange fait peur.
Ce qui motive notre réflexion, puis nos décisions au
quotidien, ce qui influence chacun de nos actes dans
notre vie de tous les jours n’aurait-il donc, pour le plus
grand nombre d’entre nous, comme carburant principal
que la peur !?
Affirmation ou réflexion, le débat est ouvert !
La peur…
Cette sensation étrange, si difficilement maîtrisable,
parfois viscérale, et commune à tout être vivant évolué,
vient sans doute, chez l’humain, de son constat plus ou
moins conscient d’infériorité physique par rapport au
reste du règne animal.
Notre orgueil de super prédateur va en prendre un
sérieux coup au moral, mais soyons réalistes :
Nous avons la peau la plus fine, la fourrure quasi
inexistante (et moi plus encore que certains autres !),
des dents et ongles bien moins acérés et résistants, une
endurance et une vitesse de déplacement naturel plus
limitée, une résistance aux chocs et blessures moins
performante et la liste est longue mais arrêtons là, le but
de l’ouvrage n’étant nullement de réveiller des envies
dépressives chez certains !
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L’intelligence supérieure dont nous sommes dotés, et
qui est dans une certaine mesure compensatrice de ces
faiblesses organiques, ne parvient pas à nous rassurer
parce que dès les origines, nous avons utilisés cette
faculté intellectuelle prioritairement pour créer du
matériel et non pour rendre notre pensée, le pouvoir
intérieur, capable de trouver des solutions dans notre
mental et dans l’irrationnel.
Ceci peut faire dire que notre raisonnement en est donc
logiquement devenu basé sur la capacité à créer des
objets et à les utiliser, ce qu’aujourd’hui nous appelons
‘matérialisme’, l’utopie derrière laquelle nous tentons
de nous rassurer, plutôt que de combiner cette faculté à
celle de rechercher l’aide que peut produire le contrôle
des situations par la maîtrise de l’abstrait.
Le palpable, l’explicable, le visible sont devenus les bases
de notre raisonnement individuel et collectif, ce qui fait
que nous sommes tranquillisés par ce que nous avons su
créer, inventer, acquérir sur le plan matériel, rassurés
aussi par tout ce qui est rationnellement plausible.
Le résultat évident en devint la démesure de la notion
du concret, du palpable, avec en contrepartie, hélas, la
lente aliénation de celle du domaine de l’irrationnel.
Or nous savons ou tout au moins pressentons tous,
même si beaucoup en nient l’évidence, que ‘quelque
chose’ existe aussi dans l’irrationnel, dans l’invisible.
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Nous admettons que des forces et des ‘illogismes’, au
sens littéral de notre compréhension, régissent des lois
spirituelles et mystérieuses dans l’impalpable et
l’invisible, aussi immuables que les lois physiques qui
régissent les mécanismes terrestres connus, comme par
exemple la gravité.
Ce monde invisible est, qu’on y croie ou pas, qu’on le
veuille ou non, une puissante réalité concrète, capable
de bouleverser le cours de nos petites existences, nous y
reviendrons plus loin.
Un des autres grands résultats de cette peur, héritage
inconscient de notre ‘faiblesse’ strictement animale, fut
la nécessité dès les origines de se regrouper en sociétés
compactes comportant un nombre important
d’individus, ce qui apporte indéniablement un sentiment
de sécurité.
Hélas, souvent, ce sentiment est un leurre (L’union fait la
force comme l’oignon fait la farce !) parce que même au
sein d’un groupe organisé utilisant l’intelligence
créatrice, il se base sur l’objet, sur le matériel, ce qui
induit que pour se sentir en sécurité au milieu de nos
semblables, nous allons produire un mécanisme de
réflexion malsain, basé sur la comparaison de nos
possessions matérielles individuelles.
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Ce phénomène de fonctionnement collectif au service
du profit est particulièrement accentué dans nos
civilisations modernes ‘occidentales’, où le côté
matérialiste a largement pris le pas sur les autres
notions à caractère spirituel.
Parfois au point de ne faire de l’individu qu’une machine
à produire du concret !
Quel salarié de nos sociétés industrielles ne s’est jamais
entendu dire au moins une fois dans sa vie: ‘ Tu n’es pas
payé pour réfléchir !’ ?
Nous sachant physiquement limités, nous allons
chercher, par compensation, par peur du manque, à
posséder autant que faire se peut, au moins l’équivalent
sinon davantage de biens matériels que ce que possède
notre voisin.
C’est ce facteur, entre autres, qui a engendré ce que
nous appelons communément la ‘condition sociale’.
Ce mécanisme de réflexion n’est pas un mal en soi.
Le problème vient du fait que certains d’entre nous ont
su très vite allier la notion de créativité et d’intelligence
à celle de supériorité et de pouvoir, en occultant le
partage, de manière à prendre un ascendant sur les
autres et à l’exploiter pour devenir des dominants (les
leaders politiques, religieux, et autres dirigeants).
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Il est vrai que c’est aussi ce qui se passe parfois dans le
restant du règne animal, à une différence près et elle est
de taille :
Chez les animaux, la règle de base est dictée par un
instinct de survie primaire et inné, basé sur deux
éléments essentiels simples :
La reproduction et la nourriture quotidienne.
Chez l’humain, cette règle de base est principalement
dictée par la possession du produit matériel, fruit des
inventions réalisées par notre intelligence, ce qui a des
conséquences bien différentes.
Notre intelligence capable de créer également des liens
et hiérarchies sociales bien plus complexes que dans
n’importe quelle autre société vivante fait la part belle à
ce nous appelons volontiers des esprits supérieurs qui
dès le début de notre évolution ont su avoir la main mise
sur le reste de la communauté et savent en jouer à leur
avantage.
Là encore, comme dans la nature, la relation dominantdominé existe, mais avec, une fois de plus, le même
décalage, savoir une relation saine et dirigée vers
l’intérêt commun du groupe chez les animaux alors que
l’humain l’utilise à son profit personnel en premier.
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La règle ‘le malheur des uns fait le bonheur des autres’ a
chez l’humain un côté calculé et malsain souvent
prémédité et provoqué par intérêt personnel, ce qui
n’existe pas dans le règne animal.
Pour mettre en attente ou pour conclure ce premier
aspect purement comparatif de cette réflexion, disons
qu’il suffit d’observer le monde animal pour s’apercevoir
que, contrairement à lui, la race humaine ne sait pas ou
alors si peu, produire des ‘dominants’ placides,
débonnaires et instinctivement respectueux de la vie des
autres membres de la communauté, qui se caractérisent
par l’absence de cruauté excessive et calculée.
L’instinct sans sa forme supérieure d’intelligence qui
nous caractérise produirait-elle donc au final un monde
plus paisible et équitable entre tous, comme un
régulateur laissant agir et interagir les lois de la sélection
naturelle entre autres facteurs ?
Une fois encore, la question est posée.
Une saine honnêteté d’analyse et d’observation
purement comparative entre la façon de vivre des
animaux et la nôtre apporte des réponses évidentes,
hélas pas à notre avantage !
L’autre grand aspect ‘humain’ de la peur permanente
qui nous habite est sans doute le plus complexe et le
plus nocif.
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Il semble que cet aspect est le fruit de notre intelligence
mal utilisée.
En fait, c’est la question récurrente que notre réflexion
raisonnée nous amène à nous poser presque toujours :
Qu’y a-t-il après la vie ?
Qu’advient-il à chacun d’ entre nous après son parcours
individuel sur la terre des vivants ?
Quoi qu’on en dise, cette interrogation est présente en
chacun de nous et est liée à notre capacité de réflexion
sur des choses plus profondes que les seuls instincts de
survie et de reproduction, ce qui, comme évoqué
précédemment, régit le monde animal tel que nous le
connaissons.
Les découvertes archéologiques faites sur tous les
continents montrent que dès les origines, l’homme a
conscience de cette réalité qui le pousse à prendre
conscience et admettre que lorsqu’un proche disparaît,
si son physique inerte reste là, ce qui en faisait un être
vivant s’en est allé ‘ailleurs’.
C’est ce ressenti qui a poussé l’homme depuis le
commencement des âges à ensevelir, pour ne parler que
du rite le plus connu, les dépouilles de ses semblables et
à en entretenir le souvenir.
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Une fois de plus, c’est une différence fondamentale avec
le reste du monde animal, qui, si chez certaines espèces
hiérarchisées comme les éléphants ou les singes, par
exemple, montre une certaine forme de conscience de la
mort d’un membre du groupe ainsi que le chagrin
qu’elle procure, ne les pousse pas à revenir vers le lieu
où ce membre a fini de vivre afin d’entretenir sa
mémoire.
Il faut cependant de relativiser cette affirmation car il y a
des exemples troublants et touchants d’animaux si
bouleversés par la perte de leur semblable, souvent
compagnon de vie, qu’ils s’en laissent mourir.
Cette attitude remarquable appelée fidélité (à souligner
car nous humains en perdons trop vite et le sens et la
valeur.) fait prendre conscience du vide laissé par la
mort de l’autre au point de ne pas vouloir continuer à
vivre soi-même, mais pas de la perception de cet
‘ailleurs’ qui caractérise l’humain.
Cette perception associée à notre capacité de réflexion
et de pensée est à l’origine des premiers rites funéraires
religieux, organisés autour du besoin d’entretenir la
mémoire, le souvenir d’un défunt, parti vers ce qui
peuple cet ailleurs, ce monde invisible qui effraie et
intrigue autant qu’il fascine.
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Si vie ‘ailleurs’ il y a, il y a forcément quelque chose,
quelqu’un qui la peuple avec la capacité de décider de
notre destin, de l’influencer et avec qui il faut pouvoir
communiquer, afin d’entretenir un lien avec ceux qui
dès avant nous sont partis là-bas.
Afin, aussi, que ce qui peuple cet autre monde (qu’on ne
peut voir mais qu’on pressent et qui est forcément
supérieur à nous puisque pouvant disposer de nos vies
et décider de notre disparition par des moyens naturels
ou cataclysmiques liés à notre environnement), puisse
nous préserver de trop de tourments…
C’est, sans doute, la réflexion des premiers chamanes de
notre ère préhistorique, qui commencèrent à dissocier la
matière de l’esprit, esprit qui rend inerte cette dernière
lorsqu’il ne l’habite pas ou qu’il s’en échappe.
Il semble donc que la prise de conscience de la mort
engendre la peur et la nécessité de s’attirer les grâces de
ce monde impalpable et pourtant si réel.
En fait, accepter cette réalité provoque deux attitudes
opposées :
-
La dépendance sereine du choix de remettre
son destin entre les mains du Créateur
universel et de faire confiance à ce qui
l’anime comme tout créateur et en tant que
tel : L’amour de sa création et donc de la
créature que nous sommes ; c’est ce qui fait
naître la Foi universelle.
22
-
Le besoin, toujours motivé par cette peur
viscérale de ne pas avoir d’emprise sur les
évènements de la vie, de comprendre et de
contrôler les desseins de cet être universel,
de pouvoir en affirmer la connaissance et
l’interprétation, d’y fixer des dogmes et des
limites ; c’est ce qui a fait naître le plus grand
fléau de l’humanité : la religion.
Ces deux réalités semblent, dès leurs origines et pour
toujours, intimement liées et interactives.
En effet, il apparaît que toutes les appartenances à une
religion revendiquent une forme de foi liée aux dogmes
et rites définissant cette religion.
Et cependant Foi et religion, aussi indissociables qu’elles
semblent être, sont tout autant capables de se trouver
aux antipodes l’une de l’autre !
Nous allons tenter de l’expliquer…
Bien sûr, il n’est pas question de disséquer de manière
scientifique ou doctrinale ces deux termes et leur mise
en application, ce qui reviendrait à se perdre dans des
exégèses ou autres apologies aussi interminables que
discutables.
23
Cantonnons-nous donc à une approche extrêmement
simpliste, trop, sans doute, aux yeux de certains, mais le
but n’est pas de convaincre les doctes théologiens du
bien fondé de cette perception des choses, mais bien
plutôt de donner envie aux lecteurs l’envie de croire que
ces valeurs existent, et que la manière dont on les
approche peut, et même va complètement changer la
compréhension de ce qu’est réellement le divin.
24
Chapitre Deux
Le huitième jour…
Foi et religion, deux mots et deux mystères, si proches et
pourtant si différents, si intimement liés et pourtant si
opposés qu’ils en deviennent antipodiques.
A se demander si ce mot ‘Foi’ n’a pas été inventé dans le
simple but d’en dissimuler la quintessence pour mieux
l’amalgamer à la notion de religion.
Tout est question, me semble-t-il, d’interprétation, de
vocabulaire et de langage.
Justement, parlons-en, du langage !
Il est aujourd’hui établi de façon quasi absolue par les
personnes qui se sont penchées sur le sujet, que la
langue utilisée par le Christ pour présenter ses paraboles
et s’adresser aux personnes qu’il rencontrait était
l’araméen, une vieille langue sémitique originaire de
Mésopotamie, la région qui constitue ce qu’on appelle le
croissant fertile, situé entre les deux fleuves du Tigre et
de l’Euphrate, ce qui correspond au territoire de l’Iran et
l’Irak d’aujourd’hui.
25
[Récréation… Cette particularité géographique propre au
croissant fertile aurait poussé certains zoologues peu
réalistes à une affirmation discutable : Les poules de
Mésopotamie pondent très peu d’œufs !
La cause invoquée : Là-bas, la poule voit le tigre et l’œuf
rate !]
Cette langue araméenne était utilisée par les nomades
du lieu, comme les Chaldéens, les Mandéens et autres
Syriaques. C’est donc grâce à eux qu’elle s’est répandue
jusqu’aux rivages de la méditerranée.
Cela rejoint les textes bibliques et coraniques qui parlent
d’Abraham le patriarche, parti d’Ur en Chaldée sur ordre
de Dieu (Gen.12 v.1) pour remonter jusqu’au Sud-est de
l’actuelle Turquie, à Karkemish (aujourd’hui Gaziantep),
via Babylone, avant de revenir ensuite à travers la Syrie
jusqu’à Hébron, près de la mer morte.
C’est donc forcément un de ces dialectes araméens que
Jésus parlait, en bon descendant d’Abraham qu’il était.
Pourquoi insister sur ce détail linguistique ?
Parce que parfois ce sont les petits détails qui font toute
la différence !
26
Si la Foi est devenue un terme aussi vague qu’imprécis
dont se délectent les théologiens de tout poil pour
alimenter leurs débats souvent stériles, elle possède
dans les saintes écritures une définition ‘relativement’
compréhensible, voyez plutôt :
’Or la Foi, c’est l’assurance des choses qu’on espère, la
démonstration de celles qu’on ne voit pas ‘ (Heb.11 v.1)…
Notez bien que cette définition est issue de la
retranscription en Grec des textes originaux du nouveau
testament. Ce même mot, Foi, a une toute autre
résonance en araméen.
Certaines tentatives de simplification utilisent la formule
suivante : ‘Une manière de posséder d’avance ce que l’on
souhaite, le témoignage rendu à ce que l’on ne voit pas
encore’ … C’est tellement plus clair, n’est-ce pas ?
Nous nous en tiendrons à cette autre traduction pour
éviter de nous perdre davantage.
Là où le texte connu, traduit du grec, parle d’assurance
et de démonstration, l’Araméen parle de ‘confiance’, et
là, c’est vraiment plus clair !
Si donc on reprend les paroles de Jésus lorsque, dans sa
langue, il répond aux aveugles venus vers lui pour être
guéris, par exemple :
27
-Version officielle traduite du grec :
‘Qu’il vous soit fait selon votre Foi’ (Matth.9 v.29) cela
fut en fait par lui prononcé, littéralement traduit de
l’araméen :
‘Vous m’avez fait confiance, je vais donc exaucer votre
souhait’… Là, en acceptant l’idée qu’il avait le pouvoir de
réaliser le dit souhait, c’est clair !
Et les textes bibliques continuent en affirmant que ces
aveugles retrouvèrent la vue dans l’heure qui suivit !
Pardon aux allergiques chroniques de citations bibliques
mais cette parenthèse catéchistique était nécessaire
pour bien faire comprendre ce qui s’ offre comme une
signification plus exacte du mot Foi, présentée ici
comme étant à mille lieues de la définition aussi vague
qu’imprécise que les religions, quelles qu’elles soient,
nous donnent.
Parenthèse utile aussi pour bien faire comprendre à la
fois l’interaction et l’opposition de ces deux termes, afin
d’étayer au mieux le propos sur l’important contenu de
ce deuxième chapitre.
Tout est question de langage et d’interprétation, est-il
dit plus haut …
Nous rajouterons ici : D’honnêteté.
28
La Foi vague et imprécise des écrits sacrés devient alors
la confiance simple et spontanée du vécu, comme le dit
une chanson connue :
‘Pas besoin de phrases ni de longs discours, ça change
tout dedans, ça change tout autour…’ (Sarbacane,
Francis Cabrel)
Ce terme de ‘confiance’ que Jésus prononçait invite à
l’imiter dans un des moyens qu’il utilisait pour se faire
bien comprendre : Les comparaisons.
On trouve, dans les écrits bibliques des 4 évangiles, le
terme de ‘paraboles’, résultat logique d’une traduction
venant du grec, comme pour tous les écrits du Nouveau
testament. Ce mot, παραϐολή, en Français ‘parabolé’,
signifie : rapprochement, comparaison.
Nous allons donc faire une comparaison, ou selon les
termes utilisés dans la traduction araméenne tellement
plus claire, nous efforcer de présenter et de développer
ces propos ‘de façon imagée’.
Lorsqu’un père demande à son enfant de faire quelque
chose, la logique et le bon sens autant que le résultat
attendu veulent que celui-ci obéisse, même s’il n’a pas
compris tous les tenants et les aboutissants de la
demande du père.
29
Simplement parce qu’il lui fait confiance et qu’il sait le
bien fondé et la probité de la demande autant que du
demandeur.
La comparaison valant ce qu’elle vaut et pas plus, on
peut discuter des heures et disserter sur le fait que tous
les pères ne sont pas ce qu’ils devraient être.
Là n’est pas le débat, il s’agit du principe d’obéissance
dans ce qu’il a d’absolu.
L’univers lui-même obéit à des règles (que nous ne
décrirons pas ici, ce n’est pas un traité d’astrophysique)
desquelles dépendent son existence même, et tout son
fonctionnement, tel que nous le connaissons, est le
résultat de cette soumission à ces règles.
Le soleil se lève chaque matin parce qu’il obéit à une
règle qui régit le fonctionnement de la machine céleste
dans laquelle il a été placé, et il serait inimaginable
d’envisager le fait qu’un soir il refuse de se coucher.
Cela signifierait tout simplement la fin de l’équilibre de
la mécanique planétaire telle que nous la connaissons et
par là même la fin de la vie, puisqu’elle est assujettie à
cet équilibre.
La Foi, c’est, à cet éclairage (et cette relativité est valable
pour les affirmations qui vont suivre), croire qu’il y a, à
l’origine de cette création si merveilleuse, un créateur,
dont sera évoqué plus loin une petite partie de la
compréhension de ses desseins.
30
Une intelligence supérieure qui, par horreur du vide, du
rien, de la non-vie, a ordonné, créé, agencé la vie dans
toute son universalité, sa grande diversité et la beauté
qui la caractérise.
La Foi, c’est accepter, en contemplant son ouvrage, de
s’en remettre à ce créateur universel qui, s’il a su faire
apparaître la vie de tout ce qui compose cet univers
infini, saura aussi prendre soin de la nôtre.
Ceci quelque soit notre race, notre couleur de peau,
notre langage ou notre manière de vivre.
La Foi, c’est reconnaître que le Créateur (Mais nous
devrions plutôt parler du Créant car créateur peut
signifier être l’initiateur d’une œuvre finie et donc figée
alors que créant évoque plus volontiers une action
encore en cours…) a cette capacité, ce désir de veiller
avec amour sur sa création et de pourvoir à ses besoins
jour après jour.
C’est affirmer aussi qu’il y travaille constamment.
Ce sentiment que tous nous connaissons est universel et
n’est en aucun cas l’apanage d’une race, d’un peuple ou
d’une confession religieuse quelconque.
La Foi, c’est réaliser que les racines les plus profondes de
l’humain se trouvent dans cette partie spirituelle et
invisible de sa vie qu’il ne peut ni contrôler ni atteindre
31
vraiment, avec en elle la part de douceur infinie qui nous
berce parfois sans raisons apparentes, et aussi à d’autres
moments, les remous qu’elle provoque et les coups du
sort qu’elle permet et qui semblent tout briser à plaisir.
Conséquemment, c’est vouloir y rester ancré, en paisible
acceptation du déroulement de cette vie avec ses aléas,
ses bons et ses moins bons moments, en gardant cette
image de la relation d’obéissance déjà évoquée.
Comme un père, le Créant parfois exige, ordonne,
reprend, corrige, empêche ou sanctionne.
Cependant, à la différence des parents imparfaits et
faillibles que tous, humains, nous sommes, Lui, tout du
moins semblerait-il, sait les tenants et les aboutissants
des choix qu’il retient pour chacune de ses créatures,
même si ces choix n’empêchent ni n’interdisent de notre
part une participation entière, active et sainement
réfléchie, donc responsable.
La manière ensuite dont nous nous impliquons dans
cette participation relève plus de notre responsabilité
que de la sienne, à mon humble avis !
Bien sûr, et c’est là aussi très humain, on peut (et qui ne
l’a jamais fait ?), devant une difficulté semblant injuste
ou imméritée, devant une circonstance de la vie
douloureuse et cruelle pour soi-même ou pour un de
nos semblables, intime, proche ou éloigné, se révolter,
vociférer, crier à l’ignominie.
32
Or bien des facteurs interviennent que nous n’avons pas
perçus, et dont nous sommes souvent pour une grande
part, les initiateurs.
Nos réactions, paroles, décisions peuvent parfois sceller
des évènements de façon irréversible, mais le sujet est
autre et si vaste qu’il fera l’objet d’un autre exposé dans
un autre ouvrage.
Les plus âgé d’entre nous, les ‘sages’ ou les ‘sachant’,
ont bien compris que la vie est en fait une école
permanente, servant à nous instruire dans la matière
qu’est le vécu, le parcours d’un individu ou d’un peuple.
Une école avec comme cours principal la possibilité
d’analyse des choix et des comportements collectifs ou
individuels de nos prédécesseurs ainsi que des faits qui
en ont découlés.
En outils pédagogiques mis à disposition, la liberté de
puiser à loisir dans ces enseignements, afin de nous
rendre capables d’affiner nos décisions, pour ne pas
reproduire les erreurs passées et en tirer les leçons.
Cet enseignement offre alors à La Vie de nous donner le
recul du temps pour faire des ‘ajustements’ de façon
sereine et paisible.
33
L’honnêteté envers nous-mêmes nous a tous fait savoir
à un moment ou à un autre dans notre vie qu’une
réaction ‘ à chaud ‘ n’est que très rarement positive.
La Foi enfin, pour revenir à notre sujet, semble donc
être, comme évoqué auparavant, universelle, commune
à toutes les croyances, surtout si on replace ce mot dans
le contexte décrit auparavant, dans sa signification vraie
de confiance, non pas aveugle, mais absolue et sereine
envers les desseins du Créant.
Tous les peuples de la terre ont leur façon d’avoir la Foi
en un ‘être supérieur’, le Créant universel.
C’est vrai pour toutes nos sociétés, depuis les tribus
encore primitives de certaines régions du monde, dont
les rituels ancestraux et mystérieux rendent un culte aux
esprits de la forêt, des animaux ou encore à celui des
ancêtres, jusqu’aux religions plus élaborées de nos
civilisations modernes qui se plaisent à ‘liturgiser’ des
offices réguliers dans leurs cathédrales, mosquées,
synagogues, temples bouddhistes, taôistes, protestants
et j’en passe…
Toutes ces concrétisations terrestres reflètent, bien que
fugacement, la présence du Créant dans la vie de l’homo
sapiens et, de façon induite, le besoin de ce dernier
d’exprimer sa confiance et ses attentes à cette force
invisible autant qu’universelle.
34
Le Créant (c’est le terme qui sera ici désormais utilisé) a
déversé la vie, et tout ce qui existe en est bénéficiaire, y
compris chacun d’entre nous.
Cela semble trop simple, trop flou pour être suffisant !?
Et pourtant…
Parce que c’est si simple et si puissant à la fois, l’humain
a voulu, une fois encore, par peur de ce qu’il ne voit pas
et donc pour se rassurer, expliquer parfois sans
comprendre le pourquoi du comment de ce mystère, et
pour ce faire, l’a déifié ou, employons un autre terme,
divinisé, en cherchant à le concrétiser et à le rationaliser.
Il y a cependant un vrai problème, et il est de taille, vous
allez comprendre…
C’est qu’il y a autant de compréhensions possibles que
d’humains sur cette terre, chacun dans son individualité,
chacun avec un vécu et une sensibilité propre, liée à son
parcours personnel, ce qui offre des milliards d’options
possibles!
Et l’on retrouve ici ce que certains ‘homos sapiens’ plus
convaincants que d’autres ont su faire, c’est de mettre
en avant leur point de vue, leur idée sur la question,
avec comme bagage et comme argumentaire les modus
opérandi humains, les dogmes et exigences ainsi que les
méthodes et les moyens d’approcher, de plaire, d’être
favorablement perçu de cette divinité.
35
Ce sont ces ‘points de vue’, ces opinions plus affirmées
que la moyenne des voix audibles de la masse populaire,
qui ont créées les religions comme autant de rites
préconisés et prétendus capables de nous attirer les
faveurs du Créant.
C’est sur cet aspect que les routes se séparent entre la
Foi et la religion, car si la première est commune à
toutes les formes de croyance ou de culte, et donc
universelle, elle est aussi par essence affranchie de toute
interprétation, de tout dogme ou liturgie et surtout de
toute exigence humaine liée à une façon de faire qui
seule lui permettrait de vivre et s’exprimer.
Là où la Foi ‘confiance’ revendique son universalité et sa
liberté d’action, tout comme sa diversité (aux formes
aussi nombreuses et illimitées dans ses moyens d’action
et d’expression qu’il y a d’individualités humaines), la
religion, elle, revendique et affirme l’avoir comprise,
maîtrisée, résumée et assujettie dans les règles, textes
et autres cérémoniels de célébration.
Ce faisant, elle l’a incarcérée, emprisonnée, bâillonnée
et limitée dans ces interprétations humaines.
Toutes les premières lignes des textes Sacrés, quels
qu’ils soient, parlent d’une manière ou d’une autre de
l’ouvrage du Divin.
36
C’est vrai aussi pour la Bible qui affirme que c’est le Dieu
unique qu’elle prétend présenter qui a consacré les sept
premiers jours de l’existence de notre univers à le créer
dans toute sa splendeur et sa parfaite diversité, en y
plaçant le vivant sur notre terre mère.
Si on décide de prendre cette dernière en référence, on
peut affirmer sans aucun doute possible que dès le
huitième jour, l’homme a créé dieu et les rites auquel il
l’a associé.
Ici le d minuscule, utilisé délibérément pour parler de ce
dieu-là, car il est tout sauf ne serait-ce que le plus pâle
reflet de ce qu’est vraiment le Créant !
Cette notion de Créateur suprême est, elle aussi, la
source de toutes nos peurs, à un point tel que les esprits
scientifiques ou athéistes s’appliquent à démontrer avec
forces moyens et dépenses qu’il n’existe pas.
Les religions, elles, l’exacerbent et le déforment à loisir,
afin de pouvoir affirmer l’avoir compris et interprété de
façon suffisamment claire et objective pour en faire un
dogme crédible, en prétendant souvent et à tort qu’il
n’existe que ‘le leur’ !
Le chapitre suivant va tenter d’aborder, et d’aborder
seulement, dans un premier temps, avec quelques
citations choisies, un zeste d’humour aussi sans doute et
sans aucun esprit de ‘paroles d’évangile’, le sujet le plus
épineux de toute la culture humaine, la religion.
37
Cette ‘chose’ dont on ne sait pas vraiment ce qu’elle
apporte, à part une vague appartenance à une vague
communauté de personnes partageant les mêmes
valeurs du divin, pas plus qu’on ne sait si elle est
vraiment utile pour croire ou nier la Vie d’ après la vie.
Cette notion dont on ne sait pas vraiment non plus si
elle émane de ce divin ou si elle a été inventée de toutes
pièces par notre besoin de croire en quelque chose.
Comme si croire faisait savoir, comme si revendiquer
l’appartenance à une croyance, quelle qu’elle soit,
pouvait nous rendre sûrs de ce que nous revendiquons
à l’intérieur de cette croyance.
38
Chapitre 3
Une plaie planétaire
"Dans le monde, c’est la peur en l’homme qui la
première, créa les dieux"
Stace, poète latin, qui vécu de 45 à 96 après JC
Là encore, et puisque Stace abonda dans ce sens sans
avoir attendu cet essai pour le faire, revenons sur une
conséquence physique de notre race humaine et un de
ses moteurs, la peur, pour aborder sans trop encore
l’approfondir, le ‘sujet qui fâche’.
Et commençons par quelques citations choisies, tantôt
savoureuses, tantôt support à bien des réflexions et
remises en cause…
L’humoriste Guy Bedos dit dans une de ses prestations :
‘Mon Dieu, mon Dieu, délivrez-nous de toutes les
religions’
Daniel Guichard, lui, chante :
‘Ce n’est pas à Dieu que j’en veux, mais à ceux qui m’en
ont parlé’…
39
Même si on ne peut affirmer que ces paroles aient été
prononcées dans l’esprit de cet ouvrage, elles résument
de façon très claire son ressenti :
Il est possible d’affirmer que le Divin, le Créant existe,
sans pour autant vouloir l’enfermer dans cette notion si
limitative de religion.
Bien des philosophes, penseurs, écrivains et autres
érudits issus de toutes les civilisations se sont posés en
contre de cette notion de religion et pour cause :
C’est elle qui est la responsable de la quasi-totalité des
massacres qui jalonnent notre parcours humain sur
cette terre.
Il faut même confesser, à notre plus grande honte, (Pour
ceux qui, de naissance, appartiennent à cette ‘forme de
compréhension’ du Créant), que la religion chrétienne,
au travers de l’histoire, tient le haut d’un triste podium.
Celui du nombre effrayant de personnes torturées et/ou
massacrées au nom de sa doctrine, pour avoir placé tous
ceux qui, après l’avoir entendue, ne la reconnaissaient
pas comme vérité suprême au rang d’impies juste bons à
êtres livrés aux pires souffrances.
Mais ceci est une autre source de débats…
Point n’est certain de vouloir revenir sur ce point sordide
et ‘chatouilleux’, le but n’étant pas de dénigrer cette
‘étiquette’ religieuse connue, mais bien de proposer une
40
réflexion sur l’idée globale de la religion et son
éventuelle inutilité. Laissons donc, avec délectation,
s’exprimer les auteurs des citations annoncées …
"Nombreux sont ceux qui confondent mysticisme et
spiritualité, et qui croient que l'homme ne peut que
ramper, si la religion ne le soulève; qui croient que seule
la religion peut empêcher l'homme de ramper."
(André Gide / Journal 1889-1939)
"La morale de toutes les religions est à peu près la
même: l'histoire de tous les cultes est la même aussi. Les
hommes, dans tous les temps, ont fait de la religion un
instrument d'ambition et d'injustice."
(Melchior, baron de Grimm / 1723-1807 /
Correspondance inédite)
"La religion a fait beaucoup de grands maux, et peu de
petits biens."
(Claude Adrien Helvétius / 1715-1771 / Pensées et
réflexions)
"La religion, c'est l'échappatoire de ceux qui sont trop
lâches pour se reconnaître responsables de leurs propres
destinées."
(Jean-Paul Sartre / 1905-1980)
"La religion existe depuis que le premier hypocrite a
rencontré le premier imbécile!"
(François-Marie Arouet, dit Voltaire / 1694-1778)
41
Une petite entrée en matière pour effleurer le
phénomène ‘ religion’ avant de revenir à la notion de
Foi, qui montre à quel point les réactions, analyses et
commentaires sont légion.
Ce tout minuscule aperçu, puisé lui-même dans ce qui
n’est qu’une bribe de toutes les citations disponibles,
pourrait à lui seul résumer le sujet, et faire valoir à
l’évidence que tous les penseurs, philosophes et autres
utilisateurs ou triturateurs de matière grise depuis
l’apparition de ‘celui qui marche debout’…
[Récréation : Hé ben oui, ‘Rahan ou le Fils des âges
farouches’ pour les connaissances et références en
civilisations préhistoriques, Astérix le Gaulois et ses
aventures pour les notions principales de latin, Tintin
avec ses pérégrinations et acolytes pour les approches
scientifiques et spatiales, on fait avec ce qu’on a, ou plus
exactement avec ce qu’on aime ! Ceux d’entre vous
n’aimant pas ou peu l’art primaire de la bande dessinée
n’ont plus qu’à s’y mettre, tonnerre de Brest !]
…Ont constaté les méfaits de cette lèpre et les ont
dénoncés vertement, hélas, souvent et par voie de
conséquence, en occultant ou en abaissant parfois
jusqu’au ridicule la notion du Créant, comme s’ils
pouvaient le rendre responsable d’avoir laissé l’humain
entretenir son besoin de se rassurer par la fabrication de
ces rites terrestres et leurs dérives.
42
C’est tellement plus simple d’imputer à ce Créateur la
responsabilité du résultat de toutes nos erreurs de
compréhension et donc de mise en pratique, que de
reconnaître les dites erreurs…
C’est tellement plus confortable de tendre le poing,
voire d’offrir un ‘bras d’honneur’ à cet invisible coupable
idéal que de faire un travail sur soi pour insuffler des
valeurs nouvelles et plus nobles …
Comment leur en vouloir ? Et à qui la faute ?
N’est-on pas en droit de prétendre pouvoir dire,
aujourd’hui, que la consommation immodérée des
inepties doctrinales humaines de tous bords, est une des
causes principales de cette mise à l’index du Créant ?
Ces doctrines proposées, pour ne pas dire imposées,
tantôt en force tantôt de façon plus subtile, aux foules
consentantes, silencieuses mais aussi très souvent et
très longtemps ignorantes.
Des foules maintenues comme devant le rester pour
pouvoir servir les intérêts des ‘pseudos’ représentant du
divin, car un peuple crédule et soumis par
condescendance aux titres pompeux des dignitaires est
bien plus facile à manœuvrer qu’un peuple instruit.
Une image peut aider à étayer ces propos.
43
Serait-il déplacé de comparer au gavage des oies la dite
consommation immodérée et imposée de doctrines, à
l’instant décrite?
Comme ces volatiles, que leur besoin légitime de se
nourrir a rendu dépendants de leurs ‘engraisseurs’
jusqu’à les rendre malades, la grande majorité des ‘gens
ordinaires’ n’a-t-elle pas, elle aussi, été nourrie jusqu’à
l’écœurement des discours et affirmations liquoreuses
autant que fielleuses de nos ‘gaveurs’, prétendus
dirigeants religieux ?
La différence notoire entre ces pauvres volatiles asservis
et les êtres supérieurs que nous prétendons être, est
que les oies font des crises de foie alors que nous,
sommes plus volontiers sujets aux crises de … Foi !
Le pouvoir religieux…(ou politique d’ailleurs, mais en
ajoutant cette notion, risquons-nous à nous mettre à
dos l’autre classe dirigeante majeure de notre race, tout
autant hypocrite et démagogue que la première.
Nous ne nous étendons donc pas sur ce sujet quoi qu’il y
eût à dire, reconnaissons notre manque de maîtrise ès
sciences politiques, et laissons à d’autres quidams plus
compétents que nous le soin de tirer à boulets rouges
sur cette seconde catégorie de menteurs invétérés,
d’autant que certains des dits compétents le font très
bien et avec force arguments en guise de munitions !)
44
Recadrons donc :
Le pouvoir religieux, disions-nous, n’est-t-il pas le ‘foie
gras’, ou pour rester dans le sujet, le ‘pain béni’ des soidisant intronisés et parfois, hélas, tout autant
autoproclamés successeurs de personnages tels StPierre, Bouddha, Confucius et autres Mahomet… ?
Notez bien que l’ordre de parution dans la liste est
purement aléatoire, pas de préférence, tous dans le
même sac !
On peut dire sans trop se tromper ni chercher à nuire
que le fruit amer des abus, mensonges et profits de la
religion, au sens planétaire du terme, a engendré le rejet
de l’idée qu’il puisse exister un quelconque Divin.
Ou alors, pour bien des humains, celle, erronée, d’en
faire ipso facto le complice silencieux sinon l’initiateur
des prérogatives et affirmations de ses prétendus porteparoles, faisant ainsi du Créant la source de toutes ces
inepties pourtant purement humaines.
La conséquence la plus flagrante et la plus paradoxale de
toutes les tentatives des religions à vouloir expliquer,
comprendre, transmettre et partager ce qui n’est qu’une
vision souvent personnelle de ce qui remplis le monde
de ‘l’après vie terrestre’, est qu’elle en a éloigné celui
qui prétendait l’atteindre.
45
Quelqu’un, quelque part, a déjà balancé cet argument
(Allez lire Matthieu 23, la Bible) à la figure des religieux
de son époque, il a mal fini !
‘Les religions sont faites pour diviser les hommes’, a-t-on
un jour entendu psalmodier une voix qui témoignait de
sa foi… Quelle profonde vérité !
Le pauvre homme ne se doutait pas (mais l’a-t-il compris
aujourd’hui ?), qu’en mettant le doigt, ou plutôt la note,
sur le fond du problème tout en préconisant sa religion à
lui et son sauveur du monde pourtant si bien chanté, il
ramenait à sa vision personnelle de l’autre chemin, de
l’autre vérité, de l’autre vie.
Il y fixait donc ses propres limites, mais il n’a pourtant
pas tort sur le fond : Religion = division, car il nous suffit
d’ouvrir nos livres d’histoire pour nous en laisser
convaincre.
En reprenant le début de chaque conflit majeur de notre
histoire humaine au plan planétaire, point n’est besoin
de trop de réflexion pour constater qu’avec son autre
allié néfaste qu’est l’argent, la religion et l’intolérance
qu’elle provoque a toujours été, et reste aujourd’hui
encore, une des principales responsables de la quasi
majorité des guerres terrestres.
46
La religion ne serait-elle donc qu’un monstrueux alibi
utilisé et mis en avant pour commettre en son nom les
pires horreurs ?
Hélas trop souvent la réponse est positive, ceci même
dans les courants les plus récemment découverts, que
pour ne pas citer nominativement, nous nous
contenterons de situer géographiquement du côté de
l’Himalaya …
Un indice : Leur chef spirituel a un titre évoquant un
ruminant des mêmes régions.
Cette petite pique assez acerbe à l’égard de ce
personnage juste pour faire savoir que, même sous ses
airs bonhomme, le sus évoqué ‘sintomme’ approuve ou
tout au moins cautionne le fait de mettre en esclavage,
et le mot n’est pas trop fort, par ses moines et autres
bonzes, des villages entiers de paysans côté chinois,
pour la construction des temples, monastères et de leurs
voies d’accès !
Et après, nous occidentaux, iront condamner la réaction
répressive et militaire du dit pays à leur égard… Ni
chinophilie (ne cherchez pas dans vos dictionnaire, le
mot est lui aussi, et une fois de plus, un pur produit de
l’auteur, alors qu’il eût fallu parler de Sinophile) ni
xénophobie mais soyons honnêtes !
47
Pardon de la proximité de celle-ci avec la précédente,
mais comment résister, après cette allusion, à l’envie de
proposer une nouvelle‘ pause goûter’, ce qui fait dire
que l’auteur eusse été un professeur très apprécié dans
les lycées, qui propose plus d’interludes que de cours…
[Récréation… La découverte, somme toute assez récente
en occident de ces religions ‘zenifiantes’ (et hop, encore
un mot nouveau !), aurait fait affirmer à quelques
mauvaises langues que, tout comme on a découvert à
jacques Brel une sœur prénommée Franscisca, le
chanteur Serge Lama aurait un cousin prénommé Dalaï…
Est-ce bien raisonnable ?]
Chaque dérive, chaque exaction a ses conséquences, de
façon aussi semblable que chaque arbre porte son fruit.
Il faut bien comprendre que ce qui a le pouvoir de faire
grandir l’humain dans sa capacité de compréhension, de
tolérance, de respect, d’ amour, de fraternité ne semble
en aucun cas pouvoir se contenir dans une forme unique
de perception de l’invisible, cet invisible que constitue le
monde spirituel.
Ceci est vrai, à priori, au moins pour deux raisons :
1- D’abord compte tenu de la formidable diversité
de cultures, de civilisations, de peuples ayant
chacun son parcours respectif, son assimilation
48
personnelle et héréditaire du monde visible et
invisible qui l’entoure.
Un monde qui donc l’influence, avec dans le bagage de
chaque clan, de chaque groupe, ethnie ou tribu des
origines de notre parcours terrestre, le trésor fabuleux,
propre à chaque peuplade, du transmis ancestral.
Chacune a reçu à sa manière et avec ses moyens à elle,
de la part des anciens et leurs anciens avant eux depuis
les origines, tout les témoignages, l’expérience vécue et
l’interprétation particulière des évènements qui ont fait
son histoire, là où elle se trouvait et donc dans
l’environnement qui était le sien et avec lequel elle a
toujours étroitement interagi.
Cet aspect est un facteur d’influence important.
2- Ensuite parce qu’il est hélas déjà trop souvent
démontré que dès qu’un individu ou groupe
d’individus prétend avoir ‘encadré ’ le Créant
universel dans un quelconque concept religieux,
il s’en approprie de droit l’exclusivité, avant de
vouloir ensuite l’imposer au reste du monde,
convaincu qu’il est d’avoir trouvé LA meilleure
manière de faire.
Or cette démarche de faire valoir sa ‘trouvaille’ comme
étant la vérité première sinon celle absolue, puis de le
faire avec le prosélytisme effréné qui s’y rattache
49
souvent et qu’on connait plus particulièrement dans les
principales religions monothéistes, est, avant toutes
choses, un manque évident de respect envers la
différence existant chez d’autres individus imprégnés
légitimement d’une autre culture.
Il suffit, pour s’en convaincre, de laisser commencer un
débat ouvert entre plusieurs groupes d’obédiences
religieuses différentes et de préférence opposées.
Point n’est besoin, souvent, d’attendre longtemps avant
d’entendre le ton monter ni constater l’intolérance des
premiers envers les seconds et réciproquement
(accompagnée des promesses et engagements à faire
tomber sur les divergents tout ce qu’il peut se trouver
de feux du ciel et autres calamités), surtout si l’histoire
commune aux deux dites obédiences est marquée par
les guerres ou et persécutions que chacune a engagée
envers l’autre.
On compare volontiers, et parfois à plaisir, cette attitude
irresponsable à des chamailleries de cour d’école,
venant d’adultes ayant oublié qu’ils avaient fini de
grandir, et qu’il conviendrait plutôt, sans vouloir être
mesquin, d’appeler en utilisant le néologisme d’
’adulescents’ puisque le terme existe.
La différence fondamentale entre la religion et d’autres
disciplines tout aussi sérieuses, comme par exemple les
mathématiques ou la cuisine, c’est que pour les deux
50
dernières, l’apport d’idées nouvelles, ou d’éléments
rapportés par désir d’enrichir et d’améliorer le déjà
existant, provoque plus volontiers la curiosité et le
plaisir d’apprendre avant la jouissance du plaisir gustatif
sublimé chez l’une, ou de résoudre une équation, donc
une approche encore inconnue où pouvoir poser les
étais de compréhension nouvelle comme jalons sur le
chemin d’une équation plausible et constructive chez
l’autre, que celui de déclencher un conflit ouvert.
Peut-être est-ce la différence de l’enjeu et une difficulté
(pour ne pas parler d’incompétence) plus grande à
profiter des résultats obtenus en associant les idées et
les compréhensions qui font que, des trois bases de
données citées, la religion est, vu la foultitude d’absence
de réponses tangibles au regard du résultat souhaité, le
seul domaine impliquant des échanges d’opinions qui
provoque des conflits désastreux.
La religion, en faisant de la notion du divin une
interprétation ramenée à la dimension humaine, a
provoqué non pas le désir mutuel d’apprendre et de
partager, mais bien au contraire et trop souvent une
catastrophique et ignoble intolérance, avec toutes les
conséquences qu’on lui connaît.
La question qui se pose alors est la suivante et rejoint un
constat déjà évoqué : Est-ce cette incurable infériorité
physique et la peur qui y est associée, confrontée au
risque de déplaire à cette puissance invisible tellement
51
supérieure et abstraite mais qu’on pressent partout, qui
aurait provoqué ce besoin incontrôlé d’être persuadé de
détenir le meilleur moyen de la servir ?
Juste histoire de se rassurer par le fait qu’en faisant
mieux que les autres et en le faisant valoir, on puisse
être moins exposé, menacé ou punissable ?
Une fois de plus le débat possible sur un sujet si vaste
est proposé et ouvre la porte à toutes les réflexions.
Évidemment, d’autres sources d’intérêts, sournois et
hypocritement personnels, sont elles aussi responsables
de bien des larmes et du sang versé depuis le début de
notre humanité, mais entre toutes, ce besoin presque
originel de cerner les mystères du monde invisible a été
le révélateur, comme une plaie mortelle et planétaire,
du plus grand nombre de cause non naturelle de décès
provoqués chez les êtres humains.
Le fait qu’il ait pu être (et il l’a été) associé et complice
des suggérés mais non cités intérêts néfastes ne lui
fournissent aucune circonstance atténuante.
Avant de vouloir revenir sur le thème principal de cet
essai et la notion d’opposition entre Foi et religion, tout
en précisant que la dite notion n’est qu’un prétexte et
fournit un parfait fil rouge à une réflexion bien plus
profonde, il est bon de revenir sur quelques points de
détail qui semblent nécessaires pour ne pas être perçu
52
comme juste capable de tirer à boulets rouges sans s’
être reconnu personnellement concerné et quelque part
coupable.
53
Chapitre 4
Quelques notions importantes
Comme dit précédemment et par honnêteté envers soimême, il est plus que nécessaire de revenir à quelques
précisions.
Faisant tous partie de la race humaine (en précisant cela
l’auteur rassurera ceux qui aurait pu craindre être
tombés sur un extra-terrestre et décevra ceux qui
espéraient en avoir trouvé un !) et donc connaissant le
degré d’imperfection qui nous habite, pour ne pas être
catalogués de façon irréversible comme étant des
moqueurs irrespectueux invétérés ou d’ indécrottables
donneurs de leçons eux--même en retard sur leurs
cours, il convient de faire d’ importantes mises au point.
Si d’abord, au travers du sujet évoqué, ce livre laisse
croire qu’on attaque ou qu’on se moque des personnes
religieuses et/ou entretenant une Foi profonde, il faut
préciser que non, et que l’engagement de ces personnes
mérite le respect.
Ensuite il faut rappeler que le principe même de la Foi
n’est pas remis en cause, mais c’est sa manière de la
vivre, et plus exactement de prétendre la nourrir avec
une approche exclusive attachée à une étiquette
religieuse, qui est hélas trop souvent sujette à caution.
54
En ‘agressant’ (faut-il le préciser encore, sans esprit de
velléité) ces bases universelles, c’est soi d’abord qu’ on
agresse comme c’est à soi en premier qu’on s’en prend
lorsque qu’on s’en prend à ceux qui vivent ces notions
fondamentales de façon négative, culpabilisante et
destructrice. (Et là encore, mea maxima culpa, l’auteur
en a fait trop longtemps partie).
C’est aussi de sa propre bêtise dont on se moque lorsqu’
on se moque de la bêtise humaine.
C’est son orgueil et son hypocrisie personnelle qu’on
dénonce en dénonçant ces deux défauts chez les autres.
C’est sa propre faiblesse et son laxisme comme son
intolérance qu’on montre du doigt en montrant celle des
autres car rien ne peut changer autour de soi si chacun,
le premier, ne fais pas les efforts nécessaires dans ce qui
relève de sa compétence et de sa capacité à ne pas
prendre comme parole d’évangile tout ce qui est dit et
préconisé autour de lui.
Il faudrait donc se démarquer de ces invites lorsque cela
devient nécessaire, ceci devant être fait, bien entendu,
avec la sagesse et le recul approprié.
Tout comme il ne faut pas confondre vitesse et
précipitation, le principe s’applique entre action,
inaction et exaction.
55
Une grande base fondamentale de vie consiste donc à
reconnaître, semblerait-il, que tout ce qu’on souhaite
voir changer ou évoluer chez les autres, doit trouver son
point de départ dans sa propre vie.
Par conséquent, le B.A.ba d’une critique saine et
honnête consiste à ne pas exiger des autres ce que
chacun ne s’efforce pas de produire lui-même.
Prenons en exemple un fait de société de plus en plus
actuel, même si, pour en utiliser l’exemple, on s’éloigne
provisoirement du sujet principal. Un autre aurait pu
être choisi mais celui-ci est assez explicite en l’état.
De plus en plus de banlieues dites ‘chaudes’, dans les
grandes villes, abritent des jeunes de toutes origines qui
passent la majorité de leur temps à crier leur haine de la
société, alimentée entre autres par leur désœuvrement
et le fait qu’ils ne reçoivent pas le respect qu’ils espèrent
et attendent.
Ils oublient cependant que, s’ils ont tout à fait le droit de
vouloir être respectés, ce respect, ils doivent le gagner,
et le mériter bien plus qu’il n’est un dû par simple
revendication.
Or force est de constater que la majorité de ces Jeunes
utilisent très peu l’oisiveté qu’ils connaissent sans l’avoir
56
demandé, pour la mettre, par exemple, à la disposition
de ceux qui les entourent.
Ils pourraient pourtant le faire en leur offrant
spontanément disponibilité et services de façon honnête
et dévouée, envers les personnes âgées ou dans le
besoin par exemple. Ceci, à l’évidence, leur permettrait
de donner autour d’eux une toute autre image, bien plus
positive, et de gagner ainsi ce respect qu’ils réclament.
Evidemment, c’est moins lucratif que les trafics et larcins
en tous genres.
Voilà un exemple assez contemporain pour bien faire
comprendre cette vérité fondamentale pour chacun : Ce
qui commencera à changer ma vie et à l’enrichir doit
partir d’ abord… De moi !
On peut passer sa vie à rester un spectateur passif,
insatisfait et corrosif, mécontent de tout et râleur
invétéré prompt à ‘ramener sa grande g…’ pour critiquer
vertement et en permanence ce qui ne va pas chez les
autres…, et tout en entretenant cet état d’esprit,
constater que rien ne change en restant dans ce
troupeau docile de moutons de Panurge qui partent en
rouspétant, mais partent quand même à la catastrophe.
On peut aussi, et à l’inverse, décider de prendre les
choses en main à son niveau, là où on est, attentif aux
besoins des autres avant d’être soucieux de soi-même.
57
Motivé par cet état d’esprit, on peut choisir de porter
vers eux cette marque d’intérêt, déposant dans leur vie
autant que dans la sienne un peu de couleur et de
chaleur humaine.
Nul besoin pour cela de dépenser une énergie
considérable ni d’être bardé de diplômes en relations
humaines, mais c’est fou de constater à quel point le fait
de prendre juste un peu de temps à offrir aux personnes
que nous croisons peut embellir leur vie !
Tous les jours et partout, quelques minutes pour un peu
d’attention et la possibilité de discuter de tout et de
rien, ou le simple fait d’offrir une poignée de main, un
petit service ou un sourire, et le monde semble meilleur.
Cette fois-ci il est affirmé sans l’ombre d’un doute qu’il
n’y a que deux alternatives pour chacun d’entre nous :
- soit je reste passif comme la majorité de mes
semblables et rien ne changera, puisque cette attitude
me fait attendre que quelqu’un d’autre commence…, et
alors je risque d’attendre longtemps.
- soit je commence à agir petitement dans mon coin à
moi, en m’ouvrant aux autres par un peu d’écoute et de
disponibilité, et je serai très vite surpris, pour ne pas dire
stupéfait, de constater à quel point ces petites graines
d’humanité sont capables de faire germer autour de moi
ainsi que dans ma propre vie des champs entiers
58
d’optimisme et de joie de vivre, comme autant de
prairies fleuries et ensoleillées.
De la même manière que le vent vient d’où il veut et
souffle où il veut sans que l’on puisse voir où il va, il
nous appartient de faire souffler autour de nous cette
brise douce et légère du don de soi.
Il n’y a rien d’autre à faire que de commencer à le faire.
Cet état d’esprit fait naître une autre vérité évoquée
dans le titre du livre et qui consiste à constater bien plus
qu’à simplement admettre, que (bien entendu s’entend
à l’état naturel des choses) tout comme chaque arbre
porte son fruit, chez l’humain aussi on récolte ce que
l’on sème, et uniquement cela.
Tôt ou tard et d’une manière ou d’une autre, ce qui a
été semé va germer, et de façon multipliée, quelle que
soit la graine.
Ce principe naturel incontournable, en ce qui nous
concerne, se trouve encore amplifié par une dimension
supplémentaire liée au monde invisible déjà évoqué et
son interaction avec le nôtre, c’est en tout cas pour
beaucoup, une conviction forte, vérifiée plus d’une fois
et qu’ils s’efforcent de partager.
Outre le fait, et ceci est décrit dans bien des livres de
bien des religions, que nos dites graines portent leurs
fruits non seulement dans notre monde terrestre mais
59
aussi dans celui invisible, ce dernier fonctionnerait
comme une immense parabole capable de capter et
d’amplifier tout ce qui émane de nous, paroles, actes et
pensées, capable aussi de nous le retourner multiplié.
En acceptant comme envisageable cette hypothèse, et
en la liant aux lois régissant le monde invisible du
Créant, la dite parabole va donc nous renvoyer de façon
démultipliée le fruit de ce que nous avons produit.
Il n’y a bien sûr aucune formule mathématique ni
aucune preuve tangible et rationnelle capable de
démontrer de façon absolue cette vérité, mais ils sont
nombreux les dictons et adages provenant de toutes les
civilisations pour confirmer cette éventualité.
[Récréation…Si certains dictons, du genre :’Brouillard en
novembre, Noël en décembre’ ou encore : ‘Si le merle
chante en mai, c’est qu’avril est fini’ relèvent de
Lapalissades aussi amusantes que farfelues, d’autres
cependant sont à prendre avec plus de sérieux comme ce
proverbe arabe plein de bon sens que j’aime beaucoup et
qui ‘sent ‘ le vécu : ’Aie foi en dieu, mais attache quand
même ton chameau !’]
Il est donc raisonnable de faire siens ces deux adages :
‘Aime la vie et la vie t’aimera’ ; Citation qu’Arthur
Rubinstein a emprunté à la sagesse orientale et :
60
‘Faites aux autres (en bien) ce que vous attendez d’eux’.
Cette dernière émane du Christ et est confirmée par lui
à un autre moment lorsqu’il résume à ses auditeurs la
totalité des commandements de son père, en les
ramenant aux deux seuls essentiels, dont celui qui
consiste à ‘aimer son prochain comme soi-même’.
Sans aucun doute : C’est plus facile à dire qu’à faire, et
mea culpa une fois de plus, il est fréquent que nous ne
parvenions pas vraiment à le mettre en pratique.
L’important est que ce constat d’échec ne soit ni
durable, ni permanent.
Cet essai littéraire en est d’ailleurs une preuve tangible
puisque, quelque part, il vient ‘chatouiller’ les jeteurs de
pierres qui ont prédit à son auteur (pour ne pas dire
souhaité) toutes les calamités et foudres du ciel devant
son ‘abandon’ temporaire, à une époque donnée, de la
seule doctrine chrétienne.
‘Fais aux autres ce que tu attends d’eux… Aime ton
prochain comme toi-même’…
Cette maxime que tous nous connaissons quelle que soit
notre culture et notre appartenance religieuse, puisque
qu’étant présente non seulement dans la Bible, mais
aussi, sous d’autres formes, dans la quasi totalité des
doctrines spirituelles dispensées sur notre vieille
61
planète, constitue en fait plus qu’un enseignement
spécifique à une religion quelconque, et doit être prise
comme étant une ‘règle d’or’ universelle.
Bien sûr, celle-ci peut être présentée de façon positive :
’Fais aux autres… Aime ton prochain…’, mais elle peut
l’être aussi de façon négative, comme le fait Confucius:
‘Ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse, ne le fais pas
aux autres’, ou Bouddha lorsqu’il dit :
‘ Ne blesse pas les autres avec ce qui te fait souffrir toimême’, l’une et l’autre forme pouvant être taxée
d’intéressée (Je fais du bien aux autres pour que ça me
revienne) ou d’indifférente (je ne vais pas vers les autres
pour ne pas avoir à être ennuyé).
Cette dualité montre une fois de plus à l’évidence, à
quel point nous sommes passés maîtres dans l’art de
triturer, d’aménager, de manipuler à l’envie les principes
essentiels qui devraient régir notre vécu dans la relation
avec notre semblable.
Il convient donc, judicieusement, d ajouter à cette règle
d’or un principe de compréhension et d’application qui
paraît indispensable:
Celui de l’empathie qui consiste à se mettre à la place de
l’autre lorsqu’on s’apprête à interagir avec lui, de
quelque manière que ce soit.
62
Autrement dit, il faut apprendre à tenir compte de la
différence de l’autre et à la percevoir comme un cadeau,
une opportunité, une source d’enrichissement personnel, et non pas comme un obstacle au fait de vouloir
imposer ses propres idées.
Tout comme il est vrai que cela ne peut devenir une
puissante réalité sans la réciprocité de la part de l’autre,
nous pouvons dire que cette réciprocité va devenir
naturelle et spontanée si chacun s’oublie pour tenir
compte de son interlocuteur.
La règle d’or ici présentée ne devient effective et
pleinement efficace que si l’on y ajoute : ’Si tu étais à sa
place’, ce qui évite d’y inclure un système de pensée
particulier, mais en préserve l’universalité.
Répétons-la, ainsi sublimée pour permettre de bien s’en
imprégner :
‘Traite les autres comme tu voudrais être traité si tu étais
à leur place’.
Est-t-il encore nécessaire de préciser que le mot ‘traite’
englobe:’ Respecte, aime, considère, accueille, accepte,
écoute, admire’… Et autres équivalents positifs !?
Petit rappel ?
63
Le moi de chacun comme point de départ, et le prochain
comme étant le reflet de ce qu’on aimerait se voir vivre
soi-même et… Le Créant dans tout ça ?
Nous y venons…
Si le chapitre suivant va être principalement consacré à
la recherche humaine avec les moyens incroyable dont
elle dispose pour tenter de démontrer la non-existence
du Créant (n’en disons donc pas plus pour le moment),
Nous terminerons celui-ci avec cette notion qui semble
aussi fondamentale qu’inexplicable : La part du Créant
dans tout le créé, et donc nous autres humains au milieu
de tout le reste.
Bien sûr, revenir à cette question relance le débat, mais,
tant que les petits humains que nous sommes voudrons
chacun se prétendre être le nombril du monde, débat il
y aura, donc allons-y :
François Marie Arouet, alias Voltaire (qui, à plus d’un
titre, gagnerait à être mieux connu) a dit une maxime
sujette encore aujourd’hui à bien des commentaires :
‘L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer que cette
horloge existe et n'ait point d'horloger.’
À cette citation, certains voudrons alors rétorquer : ‘Et
l’horloger, il vient d’où, lui ?, il a de la famille, des
voisins, des amis ?’
64
Pour partie, une piste de réflexion à ce sujet a déjà été
donnée et nous aurons l’occasion d’y revenir, mais pour
rester dans le fil du discours, ajoutons à cet embarras de
Voltaire une autre affirmation émanant d’un personnage
tout aussi éminent,
Blaise Pascal qui lui, affirma en son temps :
‘Il y a un vide en forme de Dieu en tout homme, un vide
qu’aucune autre chose créée ne peut remplir, sinon
Dieu…’
Une chose semble alors certaine.
Si chaque être humain, sauf cas très exceptionnel, sait
au moment où il fait du mal qu’il est en train de le faire,
s’il se sent ‘reprit’ par cette espèce de sorte de tribunal
de l’âme qu’est la conscience…
Même si elle fonctionne différemment selon les cultures
et les traditions multiples qui nous caractérisent et que
certains ont pu en dire : ’La conscience, elle ressemble à
un chien qui n’aboie plus à force de voir les même gens
passer’ (à méditer)…
Si donc cette notion interpelle de façon plus ou moins
nette chaque représentant de la race humaine, et ceci
de façon régulière, qu’importe sa religion, ses croyances
ou ses origines…
65
Pourquoi le sentiment de conscience ‘morale’ propre à
l’humain et qu’on ne retrouve pas ailleurs dans le règne
animal ne nous pousse-t-il pas, tout simplement, à
admettre l’existence du Créant ?
Nous parlons ici d’admettre son existence, pas de
l’enfermer dans une religion.
Pour en terminer avec ces notions qualifiées d’’importantes’ par le titre de ce chapitre, et pour reprendre une
affirmation contenue sous diverses formes dans bien
des écrits sacrés, il devient évident que s’Il nous a fait ‘à
son image’, nous avons commis, pour notre part, une
énorme maladresse.
Celle de le situer, Lui, le Créant, en-haut, quelque part
dans ce ciel invisible, dans cet au-delà inaccessible et
incertain d’où il nous observe, toise, punit et admoneste
ou récompense selon son bon plaisir, donnant à certains
et privant d’autres, en fonctions de quelconques mérites
ou dévotion.
C’est en effet tellement plus simple de le tenir ‘éloigné’
de nous que de le voir, réel et présent en nous comme
autour de nous, sans pour cela l’étouffer sous une pile
de dogmes et autres étiquettes religieuses.
Saint Augustin a laissé entendre une vérité qui suscite
une adhésion volontaire : ’Les véritables naïfs sont les
66
prétendus instruits capables, selon leurs dires, d’analyser
Dieu, et les véritables instruits sont ceux simplement
assez naïfs pour être capables de l’accepter.’
Nous croyons, pour beaucoup, que le Créant est
partout, et surtout en tous, et que par respect pour
chacun, il nous a doté d’un pouvoir extraordinaire :
Celui, pour tout être humain, de le laisser vivre dans sa
vie ou de le faire mourir, ou encore, en compromis
malsain, de le garder prisonnier de notre entendement,
ce qui est presque pire que de choisir sa mort en nous.
Terminons ce chapitre par cette pensée de Malcom de
Chazal, poète et peintre Mauricien:
‘ Ce qui nous empêche de voir Dieu, c’est que notre esprit
est compliqué et que Dieu est simple.’
Or c’est notre peur de ne pas être capable de maîtriser
les évènements qui nous entourent et conditionnent
notre futur, qui nous rend compliqués.
C’est la peur de manquer, de ne pas avoir assez, de ne
pas être aussi bien que le voisin, de paraître ridicule,
dépassé, pas ‘à la page’, dépourvu en cas de besoin.
Quoi d’autre encore ?
67
La peur nous fait courir dans cette fuite en avant pour
laquelle nous ne sommes pas faits (cela sera évoqué plus
loin) et qui provoque tous les malaises profonds de
notre civilisation dite ’moderne’.
À privilégier l’utopie, l’homme a délaissé l’essentiel et
cherche même à le faire totalement disparaître en
prouvant sa non-existence…
À l’écrivain Alexandre Soljenitsyne le mot de la fin pour
ce chapitre :
‘Si l’on me demandait quelle est la plus grande menace
de tout le XXème siècle, là encore je ne trouverai rien
d’autre à dire que : L’homme a oublié Dieu.’
68
CHAPITRE 5
L’équation de l’inutile ?
Une grande partie de l’adolescence et de la vie de jeune
adulte, pour qui naquit au début des années soixante a
pu être fortement marquée, pour les passionnés, par
l’aventure spatiale qui, il y a une trentaine d’années,
était le quasi monopole de deux superpuissances que
sont les Etats-Unis et l’union Soviétique.
Deux nations lancées alors dans ce qui fut une
compétition effrénée, et qui se rendaient coup pour
coup dans la bataille des maîtrises technologiques
nécessaires à la gloire de conquérir les premiers notre
satellite naturel, la Lune.
La lune, indifférente, ne demandait rien d’autre que de
continuer à briller certaines nuits.
Beaucoup suivirent, presque sans en manquer un seul,
tous les épisodes de la saga Apollo, depuis la mission
Apollo 9, troisième vol habité américain, qui vit les
premiers essais du fameux LEM, jusqu’à ce que, deux
missions plus tard, le 21 Juillet 1969, un homme entré
dans la légende, Neil Armstrong, en arrive à parler, à
3h56 heure Française, de son si petit pas pour lui et
cependant si grand pour l’humanité.
69
Avec la même fascination, ils vécurent les missions
suivantes avec leur lot de suspens et d’images
extraordinaires, puis l’arrivé des vols des différentes
navettes spatiales, et là aussi leur lot d’images
époustouflantes mais hélas aussi ponctuées de drames,
puis encore la fin de la célèbre station orbitale MIR et
l’avènement de l’ISS…
Et maintenant les balbutiements de l’épopée martienne,
prochain objectif des conquérants du vide spatial.
On posait alors sur ces exploits incroyables un regard
rempli d’admiration et d’émerveillement.
Avouez qu’il y a de quoi, surtout si on considère que 70
ans avant les débuts du programme Apollo, les seuls
plans crédibles d’une éventuelle machine volante
étaient ceux de léonard de Vinci.
Les aspirations de l’homme à pouvoir se déplacer en
quittant le sol se limitaient alors au seul fait de regarder
le vol des oiseaux, en attendant des pionniers comme
Otto Lilienthal et les frères Wright.
Chez certains, l’ajout des ans et de la sagesse acquise
(mais si, on s’assagit en devenant moins jeune… Enfin,
normalement !), ont fait voir ces rêves de conquête sans
cesse renouvelés d’un œil plus circonspect, même si les
passionnés vibrent toujours autant pour tout ce qui vole
dans l’air et au-delà.
70
Ils s’aperçoivent, et d’autres le confirment, que toute
cette fabuleuse aventure n’est qu’un prétexte pour avoir
matière à démontrer que l’humain est capable de tout
maîtriser, et par voie de conséquence, à chercher des
‘preuves’ de la non-existence du Créant.
Dans les immensités spatiales, avec des véhicules
ultrasophistiqués pour explorer les banlieues terrestres
du vide sidéral, ou avec des ‘yeux’ tout aussi incroyables
de technologie, comme le télescope spatial Hubble lancé
en 1990 qui permet d’avoir, à 560 kms au dessus de nos
têtes, un œil ouvert sur les confins de l’univers, l’homme
par sa remarquable intelligence cherche à savoir, à
comprendre, à démontrer qu’il est, lui seul, le point de
départ de toutes choses connues et inconnues.
« Tout s’explique, tout a forcément une explication, je ne
peux que comprendre »… Cet état de fait, narcissique ô
combien, se vérifie partout, autant dans les exploits
astronautiques que lors des avancées scientifiques
réalisées sur notre bon vieux ‘plancher des vaches’.
Bien sûr, ces fantastiques inventions apportent des
éléments de découverte qui permettent dans une
certaine mesure, d’améliorer les détails de notre vie
quotidienne, voire de sauver des vies, ceci est
absolument indéniable.
Mais au bout du compte, qui, sinon les mieux lotis, en
profite vraiment ?
71
Quels coûts ces avancées technologiques engendrentelles et quel est le rapport coût/résultat ?
Si on considère que toutes ces découvertes et progrès
techniques servent de manière presque exclusive les
populations dites ‘occidentales’, rappelons-nous alors
que les privilèges de ces dites populations, savoir :
Le fait d’avoir une habitation ‘moderne’ et donc équipée
des dernières innovations, le fait d’avoir accès à
l’éducation par la lecture, l’écriture, l’instruction
scolaire, le fait de pouvoir vivre en ‘relative’ bonne santé
avec un suivi hospitalier et une couverture sociale, celui
de pouvoir bénéficier de commodités personnelles ou
collectives, de transport moderne, urbain ou individuel,
d’alimentation et d’hydratation…, ne sont l’apanage que
de 3% (en incluant les pays dits ‘émergeants’, soyons
généreux et poussons jusqu’à 5% ! ) de la totalité des
être humains vivant sur terre !
‘Pourquoi être si rabat-joie’, demanderez-vous ?
‘Pourquoi critiquer ces aisances matérielles alors que
nous en sommes bénéficiaires ?’
Nous en usons, bien entendu, et sommes fort aise d’en
être bénéficiaire… On imagine mal, entre autres facilités
techniques actuelles, rédiger cet essai en burinant des
tablettes de pierre plutôt qu’en utilisant son ordinateur
personnel.
72
Mais prenons le temps de nous poser quelques instants
et de réfléchir…, ce que certains ne savant plus faire …
(Ou l’art et la manière de se faire de nouveaux copains,
ne trouvez-vous pas ? Heureusement, personne n’ a été
nommé !), et de réaliser le contrecoup de toutes ces
prouesses techniques et scientifiques.
Toutes ces inventions sont la lignée directe de l’ère
industrielle qui a débutée il y a un peu plus de 150 ans,
projetant littéralement l’humanité dans une course
effrénée à la production matérielle et technologique.
Or c’est depuis la même époque que notre bonne vieille
mère Terre a commencé à nous faire voir à quel point
elle agonise des conséquences de cette course folle dans
laquelle s’est lancé l’humain…
Avant cette période, aucun fait ni rapport inquiétant
concernant la pollution, la déforestation, l’extinction
inéluctable des espèces animales.
Aucun rapport ni cri d’alarme pour nous prévenir du
réchauffement climatique, des fameux trous dans la
couche d’ozone, de l’arrivée de maladies endémiques
comme le SIDA ou le cancer…
Vous avez encore raison : Il y a eu d’autres calamités
auxquelles l’humain a été confronté depuis qu’il peuple
notre mère terre : Sécheresses, inondations, ou encore
tremblements de terre, pour ne citer que les causes
73
climatiques ou environnementales habituelles, lèpre,
peste et autres choléras pour les attaques d’origines
microbiennes ou bactériologiques.
Mais répondez : Est-ce une erreur ou ces fléaux son-ils
toujours d’actualité ?
Nous égarons-nous si nous disons que les plus récents,
évoqués plus haut ne font que s’ajouter de manière
toujours plus rapide, dramatique et dévastatrice ?
Est-il inconvenant de se poser cette question : Au final,
ces prétendues avancées du progrès technologique dont
nous nous glorifions tant ne sont-elles pas en train de
nous faire… reculer ?
Pourquoi pester et crier à l’anathème ? Maintenons
cette position, et puisque le but premier d’un essai
littéraire est d’aborder un thème permettant le débat et
la polémique (c’est la définition de l’essai littéraire),
l’argument est en plein accord avec sa raison d’être.
Alors, pourquoi faire toutes ces remises en cause ?
Premièrement, le fait que la totalité des récits sacrés des
différentes cultures spirituelles de l’histoire humaine
encourage chacun à prendre soin de son prochain, et de
lui fournir le minimum vital, y compris à celui considéré
comme un ennemi.
74
Ceci mis en pratique, devrait logiquement conduire à ce
que chaque être humain sur cette terre vive décemment
en profitant du gîte et du couvert avec, pour chaque
famille, un minimum de sécurité et de solidarité.
Le Créant ayant depuis les premiers âges le souci de sa
créature et du bien-être de celle-ci, a donné à chaque
culture, de différents manières et par différents moyens,
instruction quant à la nécessité impérieuse de prendre
soin les uns des autres, ce qui implique de la part de
chacun un effort d’attention et de respect envers son
semblable.
Le Créant a demandé à l’humain de gérer cela et lui a
donné la capacité de le faire, de manière pour Lui à ne
pas imposer un dictat despotique à sa créature, et lui a
donc confié la gestion tant de son environnement que
du bien-être et de la sécurité de son semblable.
Alors pourquoi seuls les 5 % cités auparavant en usent,
sinon parce que l’humain est mauvais gestionnaire de
son capital ?
Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir le coût
financier de la totalité des expériences et réalisations
scientifiques et spatiales, pour ne citer que celles-là?
Vous allez comprendre pourquoi le sujet est abordé.
75
La somme de tous ces investissements financier est
vertigineuse, colossale, abyssale, pharaonique, …, il n’y
aurait pas assez de mots équivalents dans tous les
dictionnaires du monde pour qualifier le résultat, tant il
est presque incalculable.
Imaginons seulement le financement de la totalité du
programme Apollo, qui, rappelons-le, a duré 13 ans:
Rien que pour l’année 1966, le budget de la NASA a été,
arrondi à la centaine de milliers de dollars supérieure, de
4 milliards 475 millions 900.000 dollars de l’époque.
Humble aveu : Nous avons volontairement retenu le
chiffre de l’année la plus coûteuse, mais il faut bien que
l’eau coule à notre moulin !
L’année la moins dotée ayant coûté, d’ après les chiffres
officiels, 523 575 000 dollars, et les autres des moyennes
entre deux et trois milliards, faites donc le calcul.
Et tout ça pour quoi ?
Pour avoir la confirmation de quelques certitudes déjà
quasi-acquises, parmi lesquelles: Pas d’eau là-haut, pas
d’habitants non plus.
[Récréation… Un humoriste Vosgien dit ceci en parlant
de la lune : ‘ Et dire qu’ils envoient des fusées là-haut
76
pour savoir si c’est habité…, moi je sais bien qu’il y a du
monde, puisque certains soirs, ils allument la lumière’ !
Si les ingénieurs de la NASA avaient lu ‘Tintin’, comme
toute personne soucieuse de vouloir se cultiver
sainement, ils auraient su à moindre coût qu’une fois
quitté l’atmosphère terrestre, dans l’espace, on flotte, et
que le fait d’absorber certaines substances douteuses
font pousser les cheveux de façon totalement
incontrôlable après les avoir fait changer de couleur (si,
si ! demandez aux Dupond-Dupont, ils confirmeront !) …
Pour le reste, circulez, il n’y a rien à voir !
Notez cependant que pour réduire les coûts, les gens de
la NASA ont quand même fabriqué une jeep lunaire bien
moins encombrante et plus sommaire que le char
imaginé par ce visionnaire qu’était Hergé.]
Donc, à part le fait de ramasser quelques cailloux, un
peu de poussière (oui mais, excusez du peu, de la
poussière lunaire, Messieurs-Dames !) et, au passage, de
mettre au point quelques innovations technologiques
que l’on retrouve aujourd’hui dans nos rasoirs et nos
voitures, si on fait un rapport prix-résultats concrets
obtenus, était-ce bien raisonnable ?
Certes, sans cette belle aventure humaine, certaines
trouvailles seraient encore au stade de projet potentiel,
mais si la totalité des sommes investies dans cette
aventure lunaire, fruit de l’orgueil de deux nations
77
seulement, avait été consacré à trouver des solutions
pour répondre aux misères déjà connues du monde de
l’époque, la terre aurait sans doute un autre visage
aujourd’hui, non?
Rien ne permet de l’affirmer avec certitude, surtout
connaissant la nature humaine, mais rien non plus
n’empêche de l’envisager.
Après être partis gambader dans l’espace proche,
redescendons sur terre avec un autre exemple, assez
semblable, qui renforcera la désillusion de ceux qui,
émerveillés un temps, deviennent les abasourdis actuels
devant la vanité humaine et sa quête utopique.
De tout temps, l'homme s'est interrogé sur l'origine du
monde et sur ce qui fait la singularité de l'être humain.
Pour répondre à ces questions, 2 000 physiciens, parmi
les meilleurs de la planète, se retrouvent à Genève sur la
plus ambitieuse et la plus chère - 3,8 milliards d'euros,
excusez du peu - des expériences scientifiques.
Il s'agit, ni plus ni moins, d’être capable de recréer les
conditions qui prévalaient dans l'univers juste un tout
minuscule petit centième de milliardième de seconde
après le big bang originel.
(Très objectivement, et en pensant à ce que l’éventuelle
réponse - insistons sur cette éventualité et, plus loin,
78
comprenons pourquoi- va changer aux destinées du
monde, si cette question n’est pas la plus vaniteuse et
utopique autant qu’inutile qui soit, on ne sait vraiment
pas ce qu’il faut faire de plus !)
Un exploit qui va devenir possible grâce à l'accélérateur
de particules le plus puissant jamais construit.
Un cyclotron gigantesque de 26 kms de diamètre enfoui
sous terre entre la France et la Suisse, destiné, en
résumé, à faire circuler dans un anneau étanche, en sens
inverse les uns des autres, des particules atomiques
devant entrer en collision à des vitesses folles, puisque
proches de la vitesse de la lumière.
Le but ? En créant de minis big bangs, pouvoir expliquer
de façon rationnelle (une fois de plus) la création de
l’univers, en décortiquant ce que certains scientifiques
un peu plus raisonnables et donc moins crédibles (sic)
que les autres appellent ‘les secondes de Dieu’.
En d’autres termes, et in fine, des dizaines de milliards
d’euros, qui une fois encore, plutôt que d’être mis au
service des plus démunis, serviront peut-être à pouvoir
dire : ‘Dieu n’existe pas, nous avons pu démontrer le
mécanisme de création originel’.
Revenons à la notion d’éventualité évoquée quelques
lignes auparavant :
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Léon Ledermann, brillant Prix Nobel de physique, un des
plus éminents astrophysiciens contemporains, a passé
plus de 40 ans de sa vie à faire des recherches sur un des
composants de l’atome, le bozon de Hyps.
Hé oui, il y a plus que des ions et des électrons dans les
particules atomiques, et même si le communs des
mortels s’en fiche un peu, il y a aussi, parmi de
nombreuses autres bizarreries, des choses telles que
des protons, des neutrons, des bozons, …,
Une bonne douzaine tous répertoriés avec des noms
aussi charmants que les précédents.
Il avoue, après avoir reconnu qu’il ne sait toujours pas à
quoi peut bien servir ce bozon au sein d’un atome,
caresser l’espoir secret, comme tout scientifique et
chercheur (ce sont ses mots dans un reportage télévisé),
que ces recherches n’aboutiront à rien !
Rien de plus, en tous cas, que de devoir, que de pouvoir
admettre, finalement, l’échec de la belle théorie qui leur
a servi de prétexte !
Ce n’est pas phénoménal d’absurdité, ça ?
Allez hop, des milliards d’euros pour entretenir, sous
couvert d’élucidation d’une théorie, l’espoir secret mais
néanmoins souhaité, de devoir faire ce constat :
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‘Ben non, tiens, finalement, on s’est planté en beauté et
sur toute la ligne, ce n’est pas cette piste (à plusieurs
dizaines de milliards d’euros l’unité, n’oublions pas) qu’il
fallait explorer, on va donc chercher (avec force autres
milliards !) autre chose! ‘
Franchement, les miséreux du quart monde qui plongent
dans les objectifs des caméras occidentales leurs regards
empreints de tous les S.O.S du genre humain, les
victimes d’Haïti ou d’ailleurs, à qui on va dire qu’il n’y a
pas d’argent suffisant pour les aider à déblayer, assainir,
reconstruire et qui meurent par milliers de dysenterie,
choléra, tuberculose et autres joyeusetés du genre,…
Ces miséreux-là, posons-nous la question, ne pourraientils pas être prioritairement bénéficiaires de ces sommes
folles dilapidées ailleurs ?
Allez leur expliquer, vous, que l’argent qu’on prétend ne
pas avoir pour leur venir en aide, est injecté à tour de
bras pour savoir, entre autres futilités, ce qui s’est passé
un centième de milliardième de seconde après que le
Créant universel se soit décidé à mettre en œuvre son
principe fondamental de création, ça devrait leur faire
une magistrale leçon d’ égoïsme occidental !
Mais non, on dilapide allègrement (en parlant de nos
dirigeants), tout en maintenant la majorité des peuples
du monde dans la misère, mais sans oublier de
demander aux masses populaires occidentales de faire
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preuve de générosité, par des dons envers tel ou tel
organisme humanitaire!
Quelle hypocrisie, quel culot, quelle honte !!
Vive l’occident chrétien !
Tiens, vous l’avez remarqué ? Il n’y avait pas encore eu
de coups de gueule dans cet essai… En voici un, le
premier avant quelques autres ? Qui lira verra !
Revenons au thème de ce chapitre, et pour faire court,
concluons cet aspect du propos en calmant notre
emportement, parce que là, on s’emballe un peu, non ?
Parce qu’aussi il y aurait tant à dire, et le problème des
priorités financières est partout présent, mais on ne
peut pas avoir envie d’aller sur Mars en conquérants
colonisateurs et, dans le même temps, financer les sansabris, les maladies orphelines, la lutte contre le cancer…
Question de priorité !
Donc, pour revenir aux deux exemples utilisés dans ce
chapitre, supports de ce qu’ on peut considérer comme
de magistrales et utopiques futilités nourrissant les
efforts scientifiques et technologiques décrits, le tout
s’ajoutant au risque d’augmenter encore notre ‘cercle
d’amis’, on peut conclure en disant qu’ on ne peux que
regretter que l’usage fait par l’homme de l’intelligence
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dont le Créant l’a doté semble être, la plupart du temps,
bien mal utilisée.
Notez que ceci est un état d’esprit n’engageant que qui
le partage, ce qui permet d’offrir aux pro-triturateurs de
neurones acharnés, la possibilité de continuer à dormir
tranquillement sur leurs deux oreilles, confortablement
installés sur leurs piles de belles théories inutiles.
N’en déplaise à Monsieur Einstein, Albert le prénommé,
et autres consorts, plus le temps passe et plus, pour bien
des gens, les belles formules pompeuses quoi que
scientifiquement exactes du style : E=MC2 ou autres
joyeusetés du même cru deviennent et demeurent à
leurs yeux comme à leur entendement des équations de
l’inutile, même si pour ne froisser personne une fois de
plus, nous allons, pour rester dans l’esprit de l’illustre
personnage que je viens de citer, relativiser ces propos.
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CHAPITRE SIX
Simple comme bonjour
Après avoir effleuré auparavant le fil rouge de cet essai,
il est temps d’y regarder de plus près et d’aborder de
façon plus précise (mais faudrait-il plutôt dire : Basique,
tant la notion de précision induit des explications par le
menu, ce qui n’est pas le but recherché) et simple, les
nuances indispensables à prendre en compte lorsqu’on
souhaite débattre ou argumenter sur des sujets aussi
complexes et sensibles que ceux qui titillent les notions
de Foi, de croyance et de religion.
Comme dit déjà, ces termes semblent très intiment et
inextricablement liés car associés à ce domaine spirituel
et théocratique qu’englobe la perception, l’acceptation,
la compréhension et enfin l’interprétation du monde
invisible, demeure du Créant.
Un monde que l’humain a depuis les origines, ressenti
comme existant et peuplé d’une multitude de divinités
ou comme étant le lieu où demeure et règne l’Être
suprême que la grande majorité de nos semblables
appellent Dieu.
Foi, croyance, religion…
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Chacune est si proche et si éloignée l’une de l’autre, si
semblable et si différente, si rassurante et si effrayante à
la fois, et si crédible et improbable en même temps, si
amalgamée aussi…
Pourquoi ?
Sans doute parce que les attentes et les affirmations que
l’humain revendique de chacune ont toujours été basées
sur du rationnel et non sur du vécu vrai.
Malgré les apparences et toutes les formes liturgiques
ou rituelles qu’elles revêtent, elles ne parviennent pas à
donner une vision universelle, et donc acceptable par
tous, de ce qui peuple ce monde invisible, pas plus
qu’elles ne savent proposer les meilleures solutions pour
communiquer et plaire, ou pour le moins ne pas trop
déplaire, à ces puissances immatérielles, ni le moyen de
trop les ignorer.
Intéressons-nous d’abord, voulez-vous, à la première
des trois précitées, la Foi.
La plupart du temps, cette notion est systématiquement
rattachée (à tort) à une appartenance religieuse.
On parle de foi chrétienne, musulmane ou bouddhiste,
pour ne citer que les étiquettes et les appellations
(d’origine pas toujours contrôlées… Si la foi était un
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produit de consommation, on parlerait de marque) les
plus connues.
Si on la cantonne dans ce seul registre, à défaut d’être
une AOC, la foi a sans aucun doute possible un label, le
Label Rouge, rouge sang !
Heureusement que la terre organique à la surface de
laquelle nous vivons absorbe les liquides, sans quoi vue
de l’espace, c’est à notre Gaïa originelle, cette bonne
vieille planète Terre, que reviendrait sans conteste le
nom de planète rouge.
Une planète à côté de laquelle Mars ferait figure de
lointaine et bien pâlotte voisine à peine rosée.
Combien de vies ont-elles été brutalement interrompues
et donc de sang répandu au nom de ce rattachement de
la foi à une étiquette religieuse lambda ou à une forme
quelconque de pratique spirituelle ?
A environ cinq litres le flacon humain, ça fait un sacré
stock de colorant, ça !
Vu les résultats produits, il semble donc évident que la
foi n’est pas à sa place dans le seul fait de servir de
support à une forme donnée de spiritualité.
Elle est donc à assimiler différemment, puisque
personne ne peut objectivement prétendre que sa
manière personnelle ou collective de la concrétiser dans
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un groupe quel qu’il soit, soit la seule capable de
produire de bons résultats.
Il vaut mieux, et de beaucoup, l’appréhender comme
décrite dans le chapitre deux de cet essai, et parler de
confiance, ce qui permet à tous et à chacun d’en avoir
une certaine idée, à défaut d’en avoir une idée certaine.
Vous rétorquerez : ‘Si alors on ne décrit pas la foi de
façon formelle et qu’on parle maintenant de confiance, il
faut décrire la confiance ! ‘ ‘Bien joué !’ Sera-t-il
répondu, et de satisfaire sur le champ à votre requête…
‘La confiance, c’est la capacité spontanée de chacun à
pouvoir se déterminer avec approbation et dépendance,
en face d’une affirmation, d’une situation, d’un choix
personnel ou d’une personne, et de le faire en supposant
et souhaitant un résultat positif.’
Cette définition, made in ‘son auteur,’ vous convientelle, braves gens?
Si oui, il en est fort aise, si non, il n’a rien d’autre en
stock pour le moment…
Quoi qu’il en soit, cette présentation toute personnelle
de la Foi a le grand mérite, en l’occurrence, de la nonexclusivité collective ou individuelle et peut donc être
interprétée et vécue à loisir par tous et chacun selon son
parcours et sa sensibilité.
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C’est ça aussi, le respect de l’autre, non ?
La foi, euh pardon, la Foi… (L’utilisation du mot avec ou
sans majuscule est uniquement le fruit de l’incertitude
quand à son usage le plus correct, humble constat), bref,
vue sous cet aspect, devient donc universelle et
disponible pour tous : Athées, croyants, pieux et/ou
dévots religieux, ou encore agnostiques incurables de
tous poils.
Cet éclairage particulier ne la cantonne pas non plus au
seul domaine spirituel et religieux et nous permet de
suggérer l’hypothèse que, dans des mises en situation
particulières ou habituelles, nous avons tous des
prédispositions à produire de la foi et que, dans une
certaine mesure, nous faisons donc tous à des moments
répétés et divers, de façon naturelle, des ‘actes de foi’.
Hé oui, ce propos ainsi amené, le dernier des athées,
même anticlérical et allergique à toute forme de
religiosité au possible, peut devenir un héros de la foi.
Si la foi, c’est faire confiance avec un à-priori positif, Il y
a, vu sous cet angle, au moins un exemple simple qui
nous montre que chaque humain la possède, mais pas
seulement (vous l’allez voir, dans un cas précis, même
les animaux ont la foi, si, si !)
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Il convient toutefois, pour les bourreaux des neurones,
d’ajouter une autre petite interprétation définissant,
elle, la notion de confiance.
Interprétation qui vise à la présenter comme étant le fait
spontané et volontaire, pour un individu, de s’en
remettre à une personne ou à une situation qu’il ne
contrôle pas et qui échappe donc, au moment précis où
la dite tierce personne ou situation intervient, à toute
interaction de la part de l’individu concerné… (Pfuiiii…
Là, faut suivre ! Une récréation va devenir nécessaire, ne
croyez-vous pas ?)
Mais avant la pause, revenons donc à notre exemple :
Chaque fois que quelqu’un s’endort, humain ou animal,
il fait un acte de foi !
Examinez la justesse du propos : Le sommeil est bel et
bien un état, donc une situation, auquel on s’abandonne
sans aucun contrôle, en supposant et en souhaitant un à
priori positif : Celui de pouvoir se réveiller et donc d’être
toujours vivant le lendemain, non ?
Et voilà comment le pire des anathèmes aux yeux des
ecclésiastiques, le kiki à sa mémère et le perroquet de
Tante Gertrude deviennent chaque soir les heureux
possesseurs d’une foi inébranlable.
Le même individu, s’il a la chance d’appartenir à la race
humaine et de jouir du confort moderne, à une foi aussi
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forte, entière et admirable, lorsqu’il confie sa voiture à
son garagiste, tout autant que s’il prend le train ou
l’avion, allume la lumière ou va manger au restaurant du
coin, subit une intervention chirurgicale et j’en passe.
Amusez-vous donc à faire l’inventaire des possibilités.
Dans la mesure où le quidam en question ne va pas
passer sa nuit éveillé pour surveiller son sommeil, pas
plus qu’il ne sera présent à côté du pilote de l’avion, du
conducteur de la locomotive, du chirurgien à l’hôpital ou
du cuisinier au restaurant, de manière à surveiller les
moindres faits et gestes de celui-ci après avoir vérifié ses
diplômes et son savoir-faire, il fait un acte de foi.
Il use donc à chaque fois de sa capacité à apprécier puis
à approuver le moment ou la situation qui le place dans
la dépendance de personnes qu’il ne contrôle pas, et
ceci en souhaitant le positif d’une voiture en bon état ou
de son estomac rassasié, …, ou de son rendez-vous à
l’heure prévue dans la ville voisine ou à l’autre bout du
monde. Vous suivez le raisonnement ?
En un mot comme en mille, Émile, il fait alors un acte de
confiance, donc de foi.
Qui donc a dit que la foi c’est compliqué ? C’est simple
comme bonjour, en fait, même si pour être reconduite,
elle a besoin de s’appuyer sur des éléments probants et
légitimes, tout comme nous allons nous appuyer sur les
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exemples abordés auparavant pour exposer les facteurs
de probité qui viennent d’être évoqués.
Avant cela, chose pressentie, chose due …
[Récréation… Et parce que la foi est avant tout et aussi
une question de point de vue, cette récréation sera
visuelle (c’est vrai, c’est un risque, mais il faut parfois
vivre dangereusement, non ?), donc regardez très
attentivement le petit dessin ci-dessous.
Vous voyez les quatre petits points verticaux au centre
de ce dessin ?
91
Fixez-les attentivement pendant trente secondes, puis
regardez un mur (blanc, de préférence) près de vous en
clignant rapidement des yeux, vous verrez apparaître
une tache blanche puis au centre de celle-ci… Faites-le,
c’est amusant… Et surtout, s’il vous plait, ne criez pas
ensuite au miracle !]
Nous disions donc…
La foi, toute simple qu’elle puisse être, a besoin d’être
entretenue par de sérieux éléments de probité, ce qui
est légitime.
Si votre voiture, dans l’exemple pris, fonctionne moins
bien après qu’avant sa visite au garage, ou que votre
estomac fait des huit après le repas au restaurant, ou si
quoi que ce soit dans les autres exemples produisent du
négatif, il sera légitime, autant que prudent et même
fortement recommandé d’aller au plus tôt chercher à
alimenter votre acte de foi, de confiance, ailleurs.
Enfin, c’est vous qui voyez !
Notez aussi que dans le cas du voyage en avion, le fait
que le vol finisse mal anéanti, hélas, très souvent cette
possibilité de recours, statistiques à l’appui !
La foi, à cette seule manière de la présenter, n’existe et
ne demeure que si le support sur lequel elle s’est
92
reposée est fiable et éprouvé, surtout dans sa capacité à
produire des résultats positifs.
Rassurez-vous, dans le cas où le dit support produit
l’inverse, cela ne la fait pas mourir, mais au contraire
réagir et s’adapter.
Et cette affirmation nous permet de revenir au contexte
dans lequel cet ouvrage souhaite évoquer l’approche de
la foi, celui du spirituel.
Tout comme dans le domaine matériel ou relationnel, la
foi a le même mode de fonctionnement dans le domaine
spirituel, et a donc besoin, pour être concrète, de
résultats probants et positifs de la part de ce dont elle
dépend, afin de rester alimentée.
Mais en cas de déception ou/et de désillusions, il
convient de s’en prendre au ‘vrai’ responsable du tort
occasionné. Démonstration par l’exemple :
Vous êtes l’heureux possesseur d’une voiture de marque
Allemande dont la réputation de robustesse et de
fiabilité n’est plus à faire pas plus qu’elle n’est surfaite.
Si vous confiez votre voiture au garagiste du coin et que
celle-ci vous est rendue suite à son entretien périodique,
avec un problème non résolu, voire aggravé, il convient
alors d’aller proposer à ce garagiste incompétent une
‘baffe de routier’ (si vous l’ êtes), avant que d’envisager
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le voyage en Teutonie pour mettre le feu au siège social
de la ‘Wir leben autos’(les quidams ayant des notions de
la langue de Goethe sauront de quelle voiture il s’ agit).
Pour refaire le lien de cet exemple avec le domaine
spirituel, reprenons les paroles de la chanson de Daniel
Guichard : ‘Ce n’est pas à Dieu que j’en veux, mais à ceux
qui m’en ont parlés…’
En parlant d’en vouloir à quelqu’un…
Si on veut bien admettre que l’univers immense…
(Imaginez: La galaxie la plus proche de la nôtre, qui est la
voie lactée, est celle du ‘Grand Chien’ et se trouve à un
peu plus de 25 000 années-lumière du minuscule grain
de poussière qu’est notre Terre.
Un grain de poussière sur lequel s’agitent, se déchirent
et s’entretuent les autres grains encore infiniment plus
petits que nous sommes, nous les humains. Convenonsen, ça calme !
25 000 années-lumière…, ça laisse songeur :
En considérant que la lumière se déplace à un peu moins
de 300 000 kms/seconde (vous voulez davantage de
précision ? Ok, ok ! 299 792,458 kms/seconde, ça vous
va mieux ?)…, si on voulait aller voir ce grand chien de
plus près, histoire de voir in situ s’il mord ou pas, il
faudrait marcher pendant 25 000 ans à cette vitesse,
autant dire qu’on n’est pas encore arrivé au terme de
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cette excursion, pourtant ridiculement petite au regard
de la taille de l’univers !
Ou comment s’égarer une fois encore dans les méandres
de l’imagination, contemplative devant ces merveilles.
Si on veut bien admettre, disait-on, que cet immense
univers soit l’œuvre du Créant Universel, motivé par
l’amour envers sa création, universelle elle aussi,
pourquoi le rendre responsable de tous nos maux ?
Il est bon que la Foi (en parlant de celle universelle qui
seule mérite la majuscule) en La Vie puisse être perçue
telle qu’elle fut décrite dans l’exemple simple donné
auparavant, et vécue avec l’à priori positif idoine, dans
une confiance sereine et volontairement dépendante
des bonnes grâces du Créant envers nous, sa création.
Nous pouvons alors affirmer que la Foi n’a pas à être
amalgamée à une religion en particulier mais qu’elle est
commune à toutes.
Même si on admet volontiers l’idée que le Créant aie pu,
par désir de ‘communiquer’ avec sa créature,
transmettre des ‘lignes de conduite’ ou des modus
opérandi divers et variés par des moyens tout aussi
diversifiés, acceptons qu’ Il l’aie fait comme donnant du
‘concentré’ à diluer par chacun dans sa vie personnelle
pour qu’avec cet ingrédient de base qu’on nomme
l’amour, nous puissions proposer à nos semblables une
95
vie paisible et harmonieuse, où le respect et l’amour de
l’autre a prévalence sur ses intérêts propres.
(Rassurez l’auteur : Le message prioritaire de toutes les
religions du monde, c’est bien celui de l’amour du
prochain, non ? Sans quoi il faut vite qu’il retrouve
l’endroit où il a rangé sa soucoupe volante, pour vite
pouvoir retrouver sa planète !)
Pour nous tous donc, les textes sacrés de quelque
obédience qu’ils soient, sont à utiliser comme on se
servirait d’un concentré de tomates en cuisine :
Avec cette base, on peut aussi bien réaliser une
succulente bolognaise qu’une sauce napolitaine ou un
coulis à la provençale.
La suite de la recette, c’est une question d’ingrédients et
de goût personnel, et qui oserait affirmer, l’arme au
poing, que seule la bolognaise est ‘La sauce’ et que les
autres ne valent rien ?
Celui-là serait un fou dangereux à neutraliser au plus
vite, et pourtant c’est exactement de cette manière que
nous utilisons le ‘concentré’ de Foi que le Créant a
distribué à ses ‘prophètes’, ses ‘représentants sur terre’
ou chamanes ou marabouts et autres papes ou qui
d’autre encore, chacun s’acharnant à prétendre avoir la
seule recette valable !
Quelle erreur, quelle folie !
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Certes, vous allez encore dire que l’image est simpliste
et que le débat est bien plus complexe et sérieux que
cette comparaison culinaire ; Il vous sera répondu que
c’est parce que vous le voulez bien et que votre orgueil
naturel n’accepte pas d’entendre qu’il puisse avoir tort.
(NDA : Rassurez-vous, je ne suis pas différent de vous,
mais la Vie m’a appris à revoir ma copie et à ‘ m’asseoir’
sur certaines des choses que je croyais être justes et qui
en fait n’étaient qu’un point de vue.
A ma plus grande honte, je dois avouer que d’avoir un
temps défendu bec et ongles, parfois avec virulence, ce
point de vue, a détruit plus d’une vie autour de moi.)
Pour ceux que la simplicité de l’image dérangeraient
encore, ajoutons simplement que c’est avec des images
simples (les paraboles) que le ‘prophète-dieu fait
homme’ de la religion monothéiste occidentale à fait
comprendre les mystères du monde spirituel.
La nuance avec les croyances et religions seront
évoquées plus loin, ainsi, plus loin encore, qu’une
alternative, se voulant sage et humaniste, à ces fausses
pistes que l’homme suit obstinément depuis qu’il est
‘celui qui marche debout’, aveuglé qu’il est par sa peur
de l’incompréhension et de la non maîtrise des choses
qu’il n’a pas pourtant pas à maîtriser ou à comprendre.
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Un sage a dit (c’est sans doute l’auteur, si vous trouvez
la citation ailleurs, merci de le lui faire savoir…)
"Il n’a pas été donné à l’homme de comprendre tous les
mystères de l’invisible. C’est heureux, car si cela lui avait
été donné, il aurait depuis longtemps réduit non
seulement la terre, mais l’univers entier en cendres."
A sujet simple, approche simple, et la Foi est une chose
extrêmement simple, vous venez de le lire.
Libre à chacun ensuite de chercher à compliquer les
choses, c’est de toutes les manières une des bizarreries
de la nature humaine, qui sait plus vite détruire et
rejeter que construire et accueillir de façon raisonnée.
Cet ouvrage ne prétends pas refaire le monde ni
changer la donne, même si c’est un peu un espoir secret,
puisque maintes occasions permettent de comprendre
qu’à s’oublier un peu au profit de l’autre, on s’enrichit
plus qu’on ne s’appauvrit et qu’on reçoit bien plus que
ce qu’on a donné.
Les chapitres qui vont suivre s’emploieront, tout aussi
simplement, à repositionner croyances et religions,
toujours avec évidemment le rappel que toutes ces
affirmations ne sont qu’une approche personnelle et pas
un nouveau dogme. Avec aussi le fait que ces propos
n’engagent que celui qui y accorde crédit.
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Comme en cuisine, appliquons-nous à ce que notre vie
donne envie d’en vivre une semblable, comme un
cuisiner sachant faire une bonne bolognaise (tiens, vous
préférez la bolognaise, vous ?) s’applique à satisfaire ses
convives pour qu’ensuite, ils puissent avoir envie de
revenir manger à sa table.
Et vous savez quoi ?
La recette fonctionne et on en redemande !
Le ‘On’, ici comme ailleurs, ne parle que de ceux qui
cherchent à vivre avec des valeurs simples mais
authentiques, pas des esprits dissecteurs de dogmes,
prêts à couper en quatre les choses les plus
élémentaires, pour étaler une science aussi inutile que
prétentieuse, surtout quand on aborde ce sujet !
99
Chapitre sept
Un mélange complexe
Après avoir décrit les fondements d’une approche
volontairement simpliste de la foi, celle-ci étant aussi
universelle qu’individuelle finalement, essayons, avec le
même esprit, de brosser le tableau représentatif d’un
autre aspect de notre spiritualité, la croyance.
Mais sans aucun doute devrions-nous dire les croyances,
tant elles sont nombreuses et variées, autant que
présentes dans toutes les structures humaines
existantes, depuis les civilisations contemporaines les
plus modernes dont nous sommes, en remontant
jusqu’aux dernières tribus d’hommes ‘préhistoriques’,
dont certaines sont encore présentes actuellement sur
notre planète.
(Vous avez bien lu et le mot n’est pas mal employé :
Savez-vous qu’on a découvert récemment dans je ne sais
plus quel fin fond de jungle équatoriale une tribu d’une
quarantaine d’individus vivant encore très exactement
comme à l’âge de pierre et n’ayant jamais été en contact
avec une quelconque forme de ‘civilisation’ ?
100
La question subsidiaire étant : Faut-il leur faire connaitre
l’évolution qui est la nôtre et les gratifier des ‘joies’ de la
vie moderne ou leur ficher la paix et les laisser tranquille
dans leur petit univers boisé ?...
Il semble sage d’opter pour la seconde option, tant il
n’est pas sûr que la modernité soit ce qui fût arrivé de
mieux au peuple de ‘ceux qui marchent debout’.)
Les croyances sont, à cet entendement, le résultat d’un
subtil et complexe amalgame entre plusieurs besoins
propres à l’humain.
Nous ne citerons que les quatre principaux :
1- L’attirance, mêlée d’inquiétude, devant la réalité
du monde invisible déjà évoqué et donc de tout
ce que notre imagination le peuple : Ce sont les
croyances mystiques.
2- Le besoin d’en contrôler au moins partiellement
les mécanismes mystérieux afin de satisfaire ou
d’apaiser les puissances qui les dirigent (forces,
divinités, esprits, présences, etc.) : Ce sont les
croyances spirites et rituelles.
3- La nécessité impérieuse de se rassurer, tantôt en
face de circonstances et/ou de phénomènes
inhabituels, destructeurs, néfastes et donc
négatifs, tantôt pour contrer (ou tenter de le
faire) les dérives diverses liées à notre race
grégaire par nature, avec l’inconvénient majeur
101
résultant de cette organisation sociale de masse,
savoir : La prédisposition à créer et entretenir
des conflits plutôt qu’à les éviter, tant d’un point
de vue local qu’international (le creuset de
toutes les guerres) : Ce sont les croyances
protectrices.
4- Le fait, enfin, de voir arriver des échéances ou
des étapes inévitables de notre parcours
terrestre, qu’elles soient positives ou négatives…
Naissance, décès, maladies, mariages, travail,
autres événements personnels, alliances et
accords familiaux ou ethniques… : Ce sont les
croyances égo-bénéfiques.
Chaque circonstance traversée par un individu ou un
groupe d’individu est souhaitée pour lui-même la plus
favorable possible tout autant qu’exposée à un nombre
important de contrariétés potentielles.
Ceci fait que notre nature humaine (qui rappelez-vous
s’alimente quasi inconsciemment des mauvais
ingrédients de base que sont les peurs, les inquiétudes
et les doutes) va rechercher à s’attirer, par le biais des
croyances, les faveurs de myriades de puissances
inconnues et bien souvent très approximativement
représentées.
102
Ceci est vrai pour toutes les sociétés humaines et n’a pas
forcément de lien avec une quelconque forme de culte à
un quelconque dieu.
Les croyances englobent la totalité des multiples aspects
que prennent nos souhaits de réussite, elles sont la mise
en pratique autant des formes les plus simples de
superstition que des cérémoniels liturgiques les plus
complexes, quelles que soient nos racines et nos
appartenances, du businessman de New-York ou d’une
quelconque autre mégapole, au bushmen du Botswana
en passant par l’inuit de Laponie ou le papou de
Nouvelle-Guinée.
C’est ce qui explique une telle diversité de déclinaisons
et d’applications de croyances, parfois au sein même
d’une seule communauté.
S’il fallait faire un ouvrage sur le détail, les origines, les
amalgames entre aspects religieux et païens de chaque
croyance, ou encore sur la différence entre celles qui ne
relèvent que de rites tribaux liés aux forces de la nature
et celles qui sont ancrées au sein de tous les rites
religieux, la tâche serait titanesque.
Il est même reconnu que la plupart des grandes religions
de ce monde, afin de pouvoir être apportées (pour ne
pas dire imposées) par les missionnaires à certaines
peuplades qui n’y appartenaient pas encore, ont dû
composer avec les croyances, les rites et les coutumes
103
des dits peuples avant de parvenir à s’y implanter et se
mettre en place.
Revenons, pour illustrer ce propos, à nos origines
‘religieuses’ et ne citons qu’un seul exemple, qui semble
être assez marquant pour bien faire comprendre de
quelle manière les premiers évangélistes du vieux
continent ont dû, de plus ou moins bonne grâce, ‘faire
avec’ certains rites païens pour faire accepter le dogme
qu’ils présentaient.
Cet exemple est la fête de Noël.
Le récit de cet évènement, qui relate la naissance de
Jésus, est présenté dans les évangiles, sous son aspect
‘météorologique’, comme se situant une nuit où un ange
est apparu à des bergers veillant dehors sur leurs
troupeaux…
Vous allez demander : ‘Qu’est ce que la météo vient faire
dans cette histoire ?’
Ce détail laisse pourtant supposer, vu que le climat en
Israël l’hiver ne permet pas aux bergers de s’offrir des
nuits à la belle étoile, que cette nuit-là était bel et bien
une nuit d’été !
Pourquoi alors fête-on Noël fin décembre ?
Tout simplement parce que c’est la période du solstice
d’hiver, un temps qui marque le retour de l’allongement
104
des jours, moment que tous les peuples païens au nord
de la méditerranée célébraient de fait comme étant la
fête de la lumière.
Le Christ étant, lui, annoncé comme étant la lumière du
monde, et pour ne pas chambouler trop brutalement les
acquis spirituels païens de ces peuplades nordiques
(dont la Gaule) d’influence celte à l’époque, les premiers
missionnaires chrétiens ont, bon gré mal gré, dû faire
l’amalgame entre la lumière divine faite homme et la
lumière physique célébrée au septentrion, pour ne pas
se voir refuser le message qu’ils portaient.
Mais nous reviendrons sur l’aspect religion plus loin.
Pour ce qui est des croyances, il est aussi intéressant de
noter que, pour ce qu’on en sait, ce sont principalement
les grandes civilisations des temps antiques qui
entretenaient des rites et croyances conduisant à des
actes de violence envers leurs semblables.
Nous n’allons pas dresser ici un catalogue des horreurs
commises au nom de ces rites qualifiés de ‘païens’ par
l’église, mais juste citer les précolombiens, par exemple,
qui sacrifiaient leurs prisonniers ou leurs concitoyens si
les prisonniers manquaient, sur des autels rituels, dans
le but d’apaiser la colère de leurs dieux, afin également
d’obtenir leur faveur pour des récoltes abondantes ou la
pluie en sa saison, entre autres.
105
Les exemples sont nombreux qui relatent les sacrifices
d’enfants aux Baals mésopotamiens ou les autres formes
d’offrandes humaines dans les civilisations longtemps
méconnues des régions indopacifiques.
On leur oppose des peuples primitifs contemporains,
n’ayant pas construit de civilisation territoriale
importante qui, s’ils savaient faire preuve de férocité
envers leurs ennemis, ne provoquaient pas pour autant
des rites destructeurs internes à leur société tribale.
Tout ceci pour dire que l’humain s’est toujours et en
tout temps entouré de croyances, rites, us et coutumes
parfois remontant à des âges immémoriaux.
Leur seule raison d’être est de procurer un (souvent
faux) sentiment de sécurité, un moyen de se rassurer en
face des incertitudes de la vie ou de l’éventuelle velléité
de ses semblables, et ce qui était vrai au début des âges
l’est encore aujourd’hui.
Oh bien sûr, c’est indéniable, l’homme a évolué et s’est
modernisé, dieu merci …
Avant, l’Inca précolombien utilisait un poignard pour
arracher, encore palpitant, le cœur de sa victime et
l’offrir à ses dieux… Mais le progrès est une chose
merveilleuse qui a vu l’homme inventer le fusil, puis le
canon et, en point d’orgue, les bombes A, H, et autres
pétards : Depuis, on génocide, on ‘bombatomise’, même
106
si ça s’est, pour l’instant, un peu calmé au moment où
j’écris. (Quoi que…)
Avant, l’homme partait à pied, à cheval ou en barque
avec son arc et son carquois, sa lance ou son glaive pour
aller trucider son voisin de frontière… Mais le progrès
est une chose merveilleuse qui a vu l’homme inventer le
chariot, puis le char d’assaut ; Ou la galère puis le galion
puis l’USS Nimitz et le sous-marin Redoutable… Depuis,
on pilonne, on torpille, et même on ‘bombarde aérien’
depuis que l’homme sait voler !
Vive le modernisme !
Tiens donc… On dirait bien que les deux paragraphes
précédents ressemblent à s’y méprendre à un nouveau
coup de gueule contre la stupidité humaine, non ?
Il est plus que temps de s’offrir une …
[Récréation : Si un homme qui tue son semblable est un
homicide, si un homme qui tue son enfant est un
infanticide, si celui qui tue sa mère est un matricide, celui
qui tue l’époux de sa sœur est donc, …, un insecticide ! (il
tue les poux de sa sœur, pour ceux qui n’auraient pas
compris !)]
Peut mieux faire côté interlude ? Sans aucun doute !
Où en étions-nous ? Ah oui, les croyances… Elles sont,
omniprésentes dans notre race humaines et incluent,
107
paradoxalement, autant le théisme que l’idolâtrie, le
satanisme, la superstition, le paganisme, la magie, la
mythologie, j’en passe et des meilleures.
« L’homme croit que s’il veut croître, il doit croire, et que
s’il ne croit pas, il décroît, c’est en tous cas et je le crois,
ce qu’on lui fait croire »…
Après ce petit jeu de mots revendiqué par l’ auteur,
essayons de définir plus précisément la croyance :
Du latin credere, croire, faire confiance (tiens donc !),
c’est le fait d’affirmer réel l’action ou l’existence d’un
être ou d’un phénomène qui n’est ni perceptible ni
vérifié par un acquis scientifique et dont la façon d’agir
ou d’interagir avec l’humain dépasse la compréhension
rationnelle et l’explication objective.
La croyance est l’appropriation mentale tout d’abord,
physique si besoin ensuite, par un individu ou un groupe
d’individus, d’une force ou d’un état de fait irrationnel
qui permet d’affirmer des vérités ou l’existence d’êtres
ou de choses ne nécessitant pas de fournir la preuve de
leur réalité et donc ne permettant pas la démonstration
qu’elles soient fausses ou non fondées.
La croyance peut ne pas avoir été expérimentée par
celui qui y adhère, et de ce fait, dans l’attente d’une
manifestation pratique quelconque, être considérée
comme véritable et en harmonie avec les mécanismes
invisible de la vie et les méandres du destin.
108
Le plus surprenant est qu’il arrive souvent que le monde
invisible, et donc, pour rester dans le fil conducteur de
cet ouvrage, le Créant réponde favorablement, envers et
contre toute logique cartésienne et/ou religieuse, aux
aspirations des personnes ayant affirmé mettre en avant
une croyance.
{NDA : J’en suis moi-même un témoignage : Ma vie n’a
pas, pour des raisons inhérentes à mes erreurs de
jeunesse et à toutes mes inconséquences d’alors,
travaillé à mon avantage jusqu’à ces toutes dernières
années…
Cependant, je dis aujourd’hui haut et fort que le vent ne
souffle jamais toujours dans le même sens, et qu’à qui
croit que son destin peut basculer dans le bon sens de la
marche, les choses positives tant espérées finissent un
jour par arriver.
Il suffit de croire en la capacité qu’à La Vie de pourvoir
en temps et en heure à notre plénitude et à notre
bonheur, il suffit simplement de s’en remettre à elle et
d’attendre avec patience mais vigilance qu’elle conduise
les circonstances qui feront que…
Les lignes écrites ici et la tournure que prend ma vie me
confortent dans cette certitude qui est la mienne et me
permettent de réaffirmer ce que déjà écrit un peu avant:
109
La Vie, et Le créant qui en est l’initiateur, fonctionnent
dans le monde invisible comme une immense autant
qu’invisible parabole qui capte et renvoie amplifiées les
paroles et les attitudes que je produis ici-bas, dans le
monde terrestre.}
Ainsi donc, en agissant positivement, c’est du positif qui
revient, tôt ou tard et sous une forme ou une autre ; à
l’inverse, agissons ou parlons négativement, et c’est du
négatif qui reviendra, tôt ou tard et sous une forme ou
une autre…
C’est une des lois immuables du monde invisible, l’arbre
ne peut que produire ses fruits propres, le résultat de ce
qu’il est.
Ceci est une réalité spirituelle incontournable et n’a rien
à voir avec une religion, quelle qu’elle soit ; C’est une
autre règle d’or.
La croyance est en cela confrontée à la science, qui va
chercher, dans une base de connaissances acquises et
vérifiées, l’explication à tel ou tel phénomène et, en le
faisant, adopte un mode de fonctionnement et de
raisonnement rationnel souvent totalement opposé à la
croyance.
Par exemple, la science s’est diamétralement opposée à
la croyance et a prouvé son bien fondé lorsque qu’après
le moyen-âge, elle a démontré que la terre est ronde
110
alors que la croyance du moment voulait que notre
planète fût plate…
C’est cette fausse certitude qui fit la vraie terreur des
premiers marins découvreurs, craignant d’arriver au
bout de la mer et de chuter dans l’abîme.
Mais le plus souvent, la science ne fait que reculer le
champ d’application des croyances, puisqu’elle n’affirme
rien de ce qu’elle n’a pas élucidé.
Ne prétendant pas tout avoir découvert ou expliqué, elle
laisse ainsi la porte largement ouverte à une infinité
d’autres croyances.
La croyance est donc aussi, dans une certaine mesure, la
confiance dans ce que la science n’est pas encore
parvenue à expliquer de façon rationnelle.
Elle se place alors dans la dépendance de celui ou de ce
que à quoi on croit.
Ainsi, si dans les Caraïbes ou ailleurs, on participe à un
rite de vaudou ou de magie blanche ou noire, on va
presque toujours se lier de manière plus ou moins
consciente avec les forces et sortilèges invoqués lors de
cette cérémonie. C’est une autre loi de l’interaction avec
le monde irrationnel et invisible, abordée plus loin.
La croyance peut également servir à alimenter ou à
combattre nos peurs.
111
Par exemple, certains endroits reculés du monde sont
déclarés sacrés ou remplis de monstres divers et variés,
si ce n’est hantés de phénomènes plus inexpliqués les
uns que les autres par les peuplades assorties à
l’endroit, tout simplement parce que les personnes
ayant tenté d’approcher du lieu n’en sont jamais
revenues et ceci sans que l’on puisse dire ce qui a causé
leur disparition.
Un endroit très difficile d’accès et sujet à glissements de
terrain ou effondrements géologiques très localisé peut,
pour avoir fait disparaître un ou plusieurs explorateurs
téméraires sous un éboulis de rochers ou un glissement
de terrain sans aucun autre témoin oculaire, ou même
plus simplement s’être fait dévorer par la faune locale
après une mauvaise chute ou blessure sans qu’on aie
jamais rien retrouvé, devenir un endroit maléfique et
hanté, alimentant ainsi bien des croyances.
Ceci a longtemps été le cas, aussi, pour certains volcans
que l’on considérait comme des dieux en colère qu’il
fallait parvenir à apaiser par des sacrifices humains ou
autres offrandes rituelles et prières.
Or nous savons aujourd’hui, de ces phénomènes certes
impressionnants mais naturels, qu’il ne s’agit que d’un
tout petit hoquet dans la respiration de notre bonne
vieille terre mère.
112
La croyance sait aussi fort bien s’adapter à l’évolution de
nos sociétés modernes.
Prenons-en, entre mille autres, pour exemple la phobie
ou son contraire envers le chiffre treize (au départ un
chiffre néfaste rappelant le repas de la cène avec les
treize à table, dont Judas le traître ; Chiffre transformé
ensuite en porte-bonheur pour conjurer le sort), le fait
de devoir éviter de passer sous une échelle ou de
croiser un chat noir ( des ragots de mégères qui aimaient
associer la misère de tel ou tel autre au fait que,
quelques jours auparavant, on l’aurait vu passer là ou
croiser cela…).
Les rumeurs de fond de cuisine ont la vie dure !
Parlons aussi du célèbre trèfle à quatre feuilles (chaque
feuille du trèfle, toujours d’après les racontars de
certains plus inspirés et convaincants que d’autres,
aurait représentation : La première pour l’amour, la
seconde pour la foi, la troisième pour l’espoir, fut tout
naturellement associé la chance à la quatrième foliole)
Une petite dernière ?… Il y en aurait tant d’autres !
Issue d’un fait historique, celle-là !
Le fer à cheval porte-bonheur, vient du fait que le César
Néron, voulant montrer dans son empire l’étendue de sa
richesse, faisait ferrer ses chevaux avec des fers en or
(plutôt des hipposandales à l’époque, sorte de plaque
113
métallique qui venait recouvrir la corne et remontait
partiellement sur le sabot, le tout attaché par des
lanières de cuir). Le souci, c’est que la maréchalerie
ferrante d’alors n’était pas aussi aboutie que la nôtre et
qu’il était fréquent que les chevaux déferrent… (Mais
non, pas devant le parquet !)
Si un pauvre paysan de l’époque tombait, en passant par
là, sur un de ces fers à la valeur inestimable, il était
assuré d’avoir trouvé une source durable d’abondance.
Depuis donc, le fer à cheval porte bonheur, dit-on…
Encore faut-il qu’il soit tourné d’un côté plutôt que de
l’autre, et qu’il porte encore, à leur place, au moins une
partie des clous.
Pourquoi faire simple quand on peut tout compliquer ?
Cette question nous ramène à une réalité profonde : La
vie est simple et l’homme a le don, acquit de sa peur, de
devoir tout compliquer.
L’homme qui laisse la peur (consciente ou inconsciente)
être le moteur de sa vie a besoin de croire, certains
diront qu’il est fait pour croire, pour s’attacher à des
rites spirituels ou religions -thème du chapitre suivant-.
À l’inverse, l’homme qui a trouvé, de par ses recherches
intérieures et sa saine analyse des méandres de La Vie,
le pouvoir de dompter, de maîtriser cette peur du
114
devenir, et qui s’est employé à y parvenir, celui-ci
(comme dit justement un auteur qui se reconnaîtra) n’a
plus besoin de croire : Il sait !
En écrivant ces mots, une pensée me vient…:
‘Il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus’, cette phrase
célèbre du Christ que la religion chrétienne, j’en suis
convaincu, a emprisonné dans son dogme, peut prendre
un tout autre sens à la lumière de cet éclairage que nous
pouvons entendre être dite de la manière suivante : ‘ Il y
a beaucoup de croyants mais peu de sachants’. (Encore
une conjugaison approximative mais significative !)
La Vie (ou le Créant si vous préférez) nous a prédisposés,
tous, en utilisant notre nature ‘carnée‘ faible et peu
armée au regard du reste du règne animal, à croire, à
s’interroger, à espérer des solutions à nos multiples
inquiétudes.
Mais elle nous appelle, elle nous invite aussi à savoir.
Les appelés sont les croyants, les élus sont les sachants…
Ce qui vient d’être affirmé ici, une fois de plus, n’engage
que l’auteur, dont l’expérience et l’observation de ce
monde le conforte chaque jour davantage dans cette
certitude.
115
"Il faut vouloir pour apprendre, apprendre pour savoir,
puis savoir pour connaître, connaître pour comprendre,
comprendre pour aimer".
Les sachants ont dépassés le stade de la croyance, non
par mérite personnel, mais comme un aboutissement
logique et mécanique de leur volonté de comprendre,
de savoir ; Volonté elle-même mue, chez les sachants,
par le carburant non de la peur, mais de l’amour (j’y
viendrai dans un prochain chapitre).
Les croyants, eux, bien sûr, ne sont pas dénués d’amour
(ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !) mais sont
pour la plupart bien trop empêtrés dans leurs peurs,
leurs doutes, leurs questions non élucidées, pour oser
avancer dans leur petite vie humaine en se contentant
de s’en remettre à La Vie Universelle.
Ils doivent, ils ont besoin d’entretenir leurs croyances et
d’alimenter ces ersatz de vie abondante, et ils le font par
le biais des supports évoqués ci-avant, ceux cités n’étant
qu’une infime fraction de la multitude de croyances
présentes dans le monde humain.
Je faut ici insister sur le fait que les croyances ne sont
pas toutes foncièrement mauvaises et que le but n’est
pas de les dénigrer systématiquement.
Elles ont, pour beaucoup d’entre elles, leur part de rêve
et leur touche d’humanité, de folklore, de couleur locale.
116
Les pérenniser n’est pas mauvais en soi, pourvu que l’on
n’en devienne pas tributaire au point de ne pas évoluer
vers des certitudes supérieures.
Heureusement, dans de nombreux endroits et à des
occasions diverses, il existe un réel côté agréable, festif
et récréatif aux croyances entretenues et à toutes leurs
célébrations.
Nous n’ aborderons pas ici l’aspect archaïque rétrograde
que certaines entretiennent, tenant les populations qui
y sont assujetties dans une misère et un dénuement
insupportable.
Pas davantage le fait que parfois, il aurait mieux valu
laisser en place une croyance ancestrale que de vouloir
l’annihiler au profit d’un dogme religieux… Ceci est un
autre débat qu’il vous agréera d’alimenter ou pas.
Les croyances sont nées, fondamentalement, de la peur
viscérale de l’humain, et, alimentées de ouï-dire, de
mots maladroits, de phénomènes naturels ou spirituels
mal interprétés, et, entre tant et tant d’autres facteurs
déclenchant, de craintes humaines aussi.
Elles forment ce mélange complexe entre bonheurs à
obtenir ou malheurs à éviter, reflet de nos angoisses
comme de nos espoirs, de nos frustrations comme de
nos opulences, de nos rêves autant que de nos
cauchemars, objets de malédiction ou de bénédiction
117
mais toujours soumises à notre adhésion ou non, selon
qu’on y porte crédit ou pas.
Si la science s’est employée à en démystifier quelques
unes (est-ce à tort ou à raison ? Le résultat obtenu est la
réponse), les croyances restent, pour le plus grand
nombre d’entre nous et pour longtemps encore, une
source inépuisable qui peut répandre, selon l’usage
qu’on veut bien en faire, une eau douce, agréable et
rafraîchissante, bienfaisante et pleine de vie, ou, à
l’inverse, une eau saumâtre et amère, malodorante et
porteuse de maux, de souffrance et de mort…
Comme souvent, comme toujours, c’est l’usage que
l’homme en fera qui en déterminera son usage, car la
science dans sa nature n’a jamais été néfaste, puisse
qu’elle émane de Celui qui l’a créé, le divin.
118
CHAPITRE HUIT
Calcul ou Maths ?
Drôle de titre, direz-vous, surtout en considérant qu’il
introduit l’aspect le plus épineux de cet essai, la religion.
S’ il fallait sélectionner, pour le présenter, un abrégé
arithmétique, serait retenu sans l’ombre d’un doute un
parmi les célèbres PPCM, PPCD et autres décrivant un
chiffre donné, le choix final désignant immédiatement
celui-ci :
PGCD : Plus Grand Commun Diviseur.
Si on m’avait dit, il y a quelques mois encore, que je
ressortirais de ma mémoire (allergique incurable qu’elle
est aux chiffres et autres pendants algébriques tant j’ai
détesté les mathématiques en débutant mon cycle
d’études secondaires) des abréviations de ce genre, je
ne l’aurais probablement pas cru, et ri au nez du porteur
des propos.
En cause, mon professeur de maths de l’époque qui a vu
en moi, ceci dès le premier jour, non pas un adolescent
n’ayant pas compris une différence fondamentale entre
le calcul appris jusqu’alors et ce qu’il découvrait là, mais
un élève ne voulant pas apprendre.
119
Funeste erreur de sa part qui m’a tenu jusqu’ il y a peu, à
l’écart du moindre intérêt pour les chiffres.
Il faut dire que pour le futur jeune homme que j’étais,
2+2x4 avaient toujours fait 16, selon les acquis en calcul
de mon cycle primaire ; Et subitement, là, paf, dès la
première heure de cours de maths, je découvre ipso
facto, et de surcroît, dans l’ incompréhension la plus
totale, qu’en maths, 2+(2x4) font 10 !
Il ne faudrait jamais quitter l’école primaire, croyez-moi !
Tout est question de parenthèses et ce prof buté n’a
jamais voulu prendre le temps de m’expliquer ce que ces
fichues maudites parenthèses faisaient là !
(...2+2 = 4 qui multiplié par 4 font 16 en calcul devient 2+
le résultat de 2x4 entre parenthèses, donc 10 en maths…
Si t’as pas pigé la nuance, tu deviens un cancre pur jus
dans la discipline favorite d’Einstein, par contre te voilà
imbattable sur le comptage des mouches dans un
couloir d’école : Maths ou Diptères, il faut choisir !)
Ces parenthèses sont justement le support de
l’argumentaire de ce chapitre car, comme elles changent
la donne dans mon petit problème de chiffres, elles
changent aussi totalement l’équation dans la
compréhension du sujet lorsqu’on aborde la religion.
120
Vous l’aurez compris, nous comparons ici cette notion
de parenthèses à l’ajout, dans l’équation Créanthomme, de la notion de religion et vous laissons juge du
bien-fondé de la comparaison.
Comme les parenthèses de l’exemple enferment une
partie de l’équation d’origine dans une valeur définie
(les parenthèses fixant la limite de ce qu’on veut obtenir
et résumer à l’intérieur d’elles) et en changent le
résultat, le fait d’enfermer le Créant dans la notion de
religion revient à fixer par les dogmes de celle-ci les
limites, non seulement de son champ d’action mais aussi
de notre acceptation à s’y conformer.
C’est tellement plus arrangeant de mettre le Créant à
notre niveau, et de le cantonner à notre bon vouloir en
apprenant soi-disant de Lui par le biais de ceux
prétendant le connaître, que de le laisser directement
interagir avec notre capacité à assimiler de Lui au travers
de ce que la Vie nous apprend !
Les ‘religions-parenthèses’ ont toutes un dénominateur
commun : Le besoin communautaire de se rassurer
quant à l’application d’un modus opérandi en ce qui
concerne notre compréhension, notre perception du
monde invisible et de son Créant.
La parenthèse religion ne peut être, à cet entendement,
acceptable et acceptée comme partie intégrante de
l’équation de notre vie que dans une seule déclinaison :
121
Celle et uniquement celle qui consiste, par humanité
d’abord autant que pour plaire au Créant Universel
ensuite (veuillez bien noter, ici, l’importance de cette
chronologie), à subvenir aux besoins des plus faibles,
quelle que soit leur race ou condition sociale.
L’humain n’a souvent hélas pas compris cette nuance,
pourtant décrite dans la bible par l’évangéliste Jacques :
"La religion pure et véritable consiste à prendre soin des
orphelin et des veuves…"
Il faut savoir que dans le contexte géo-politico-culturel
de l’époque, les veuves et les orphelins étaient les deux
catégories de personnes les plus démunies et donc les
plus vulnérables.
L’ami évoqué dans le chapitre précédent dit avec raison
et lucidité:
’Tout ce qui est dit dans la bible n’est pas parole
d’évangile’, mais le connaissant bien, il ne tiendra pas
grief de lire, à ce point de l’exposé, qu’on puisse
envisager que cette parole de Jacques, elle, le soit.
Il y a donc, à ce sens, urgente distinction à faire entre la
relation au Créant, souhaitée par Lui comme étant notre
ligne de conduite humaine sous le ciel, résumée dans la
citation de Jacques, et les religions-parenthèses
humaines que tous nous connaissons et dont nous
cernons tous les dérives et les limites.
122
Mais il convient peut-être, de premier abord, de parler
du mot lui-même…
D’origine latine, il apparaît premièrement à peine moins
d’un siècle avant notre ère, dans le mot de Cicéron :
‘Relégère’, qu’il définit comme ‘le fait de s’occuper d’une
nature supérieure que l’on appelle divine et de lui rendre
un culte’…
Mais le mot lui-même et tel que nous le connaissons
aujourd’hui vient de Lactance, qui, en l’an trois de notre
ère, reprend et corrige la définition de Cicéron en disant:
‘C’est par le lien de la piété que nous sommes reliés
(religati) et rattachés à dieu.’
L’étymologie semble appropriée à la pensée du Créant,
pour peu qu’on puisse prétendre être capable de sonder
et comprendre ce qui fait Sa pensée, ce que nous nous
garderons bien d’affirmer.
Tout au plus, peut-être, avons-nous perçu une fraction,
infinitésimale, comme il a été donné à chaque être
humain de le percevoir, ceci dans des manières et des
formes diverses et variées.
Toujours est-il qu’il est plaisant d’accepter comme
plausible cette notion de reliance et de rattachement,
de Lui envers nous comme de nous les uns envers les
autres et de ce fait nous tous ainsi unis rattachés à Lui,
ainsi que le préconise Jacques dans son épître.
123
Quoi qu’il en soit, et en ramenant le sujet à la dimension
du créé jusqu’à ce que nous en connaissons de par
l’existence même de l’univers, de ses dimensions et de
tout ce qui le remplis en galaxies et autres composants
cosmiques, il semblerait bien présomptueux pour
l’humain de prétendre pouvoir proclamer détenir en
substance la quintessence du Créant au point de pouvoir
la contenir dans les dogmes d’une religion, comme
autant de barreaux dorés (ou pas) d’une cage
ridiculement minuscule et étriquée.
Si, de plus, on considère ce que l’histoire nous montre
de l’usage des religions par le genre humain, on ne peut
que crier haut et fort à quel point cet ustensile est non
seulement inefficace mais meurtrier.
‘Les religions sont faites pour diviser les hommes’,
chantait le poète décri au chapitre trois… Et notre PGCD
de prendre tout son sens !
Rien, absolument rien dans l’histoire de l’homme n’a
produit plus de facteurs de divisions, de haines, de
prétextes à faire couler le sang que ne l’a fait la
revendication d’appartenir à une religion et de vouloir
l’imposer à autrui… Ce qui force à constater plusieurs
évidences :
-D’abord que la religion dont chacun de ‘ceux qui
marchent debout’ revendique l’appartenance, est, dans
la grande majorité des cas, non pas un choix personnel
124
mais un héritage imposé par la naissance, qui ne dépend
donc que de l’endroit où nos parents ont une la bonne
idée de nous faire naître.
En effet, qui voit le jour dans un pays issu ou point de
départ de la colonisation occidentale a de fortes chances
(le terme est péjoratif car peut-on parler de chance en
évoquant un rattachement religieux reçu et non choisi ?)
de naître chrétien premièrement puis catholique,
protestant, orthodoxe, anglican,…, Pour ne parler que de
quelque unes des ‘branches mères’ d’un arbre noueux,
branches qui chacune produisent des ramifications au
gré des différentes compréhensions et réformes qui
jalonnent son histoire.
Qui naît en terre arabe, moyen-orientale ou gagnée à
cette culture sera plutôt de souche islamique, là aussi
ensuite avec les différentes ramifications existantes :
Des Chiites aux sunnites et autres soufistes, salafistes,
‘frères musulmans’ et consorts ; Ou alors judaïque avec
une fois encore différentes ramifications...
Plus loin en orient un nouveau-né sera probablement
taoïste, bouddhiste, ou adepte de Confucius…
Dans certaines autres contrées de la planète, on peut
aujourd’hui encore naître animiste ou polythéiste ...
125
D’avance pardon si certaines appellations sont omises
ou écorchées, mais le but n’est pas de faire un catalogue
détaillé de toutes les obédiences existantes.
Il n’y a ici ni le désir ni les connaissances nécessaires
pour établir une liste précise des courants religieux
existants dans cette arborescence mondiale.
Bref, cet héritage culturo-cultuel fait que, dès notre
naissance, nous avons sur le dos le costume de la
religion de nos parents et de leurs parents avant eux, et
que donc chacun est ‘tombé dedans’ quand il était tout
petit, comme Obélix dans la potion magique.
Ce ‘trousseau’ de naissance est plus une tare qu’un
cadeau et fait évoluer, comprendre et grandir chaque
humain avec les œillères que sa religion héritée place
devant son regard sur la vie et le monde qui l’entoure,
inculquant par tradition des façon de dire, faire et
penser qui le fait être au milieu de ses semblables
immédiats une personne ‘comme les autres’ et donc
plus ou moins obligée de suivre une vision locale de ce
Créant Universel.
-Ensuite que cet héritage non choisi, combiné à
l’obscurantisme (encore un des gaz nocifs produit par
notre mauvais carburant : La peur) récurant de notre
race humaine, a toujours fait que chaque religion est
perçue par l’autre comme étant l’hérésie de la première,
son ennemie proclamée et héréditaire, celle qu’il faut
combattre et si possible éradiquer.
126
La peur de ne pas pouvoir prétendre affirmer contenir,
décrypter et transmettre (de gré, ou si besoin, de force)
notre perception de l’Être Originel nous a toujours fait,
pour la plupart, nous accrocher désespérément à nos
racines religieuses et à les défendre bec et ongles...
C’est le vil chaudron où mijote depuis les origines le
panel des occasions et prétextes pour anéantir toute
personne ne voyant pas le divin comme chaque religion
voudrait qu’on le voie.
Nous ne ferons pas ici un résumé non exhaustif des
guerres humaines ni le procès du dogme chrétien, puis
de ses réformes qui souvent leur ont servi de prétexte.
L’islam a aussi eu ses guerres saintes et le djihâd –qu’il
soit majeur, mineur ou interne- est encore, semble-t-il,
bien en vogue chez les intégristes musulmans au
moment où ces lignes sont écrites.
Pour n’oublier personne, le judaïsme n’a pas été avare
de guerres au nom de ...L’éternel ‘des armées’, ça tombe
sous le sens. Sans remonter plus loin que le moyen-âge,
force est de reconnaître que dès avant les croisades et
depuis elles, la majorité des conflits majeurs de notre
histoire trouvent leur alibi dans le besoin d’imposer sa
religion à qui ne l’a pas souhaité puisqu’il avait déjà la
sienne, quoique différente.
127
Bien sûr, ce n’est pas le seul détonateur... Il y a toujours
eu des motivations plurielles et l’argent, la politique, la
soif de conquête comme la vanité personnelle ont aussi
leurs trophées, mais il faut bien reconnaître que là où la
religion n’a pas été ce qui a mis le feu aux poudres, elle
fut souvent incorporée ou complice, utilisée comme
levier et ceci dès avant et depuis la Rome antique, sous
Constantin, empereur converti au christianisme ou, plus
tard, les puissants pouvoirs papaux du moyen-âge.
Les croisés de l’époque des templiers s’en sont allés, en
toute bonne conscience, trucider les ‘païens’ musulmans
au nom de la sainte croix. Les conquistadors eux, se sont
occupés du sort des vilains ‘sauvages’ impies d’outre
océan au nom de leur sainte mère l’église.
Église humaine qui a d’ailleurs osé déclarer en 2007, par
la voix de Mgr Joseph Ratzinger alias Benoît XVI, que
‘l’évangélisation de l’Amérique n’a comporté, à aucun
moment, une quelconque altération de la culture
précolombienne’...
Ben voyons !
Ok, ne l’accablons pas et concédons-lui l’alibi qu’à
vouloir devenir pape, on veuille lire plus assidument les
sacrés écrits que les livres d’histoire.)
Et l’époque est récente où un teuton prénommé Adolf a
failli anéantir la planète en affirmant, gravé jusque dans
128
le ‘Gott mit uns’ sur la boucle de ceinturon de ses
soldats au pas cadencé, que la vision du divin qu’il a su
imposer à tout un peuple cautionnait le génocide qu’il a
perpétré.
-Enfin, au regard de ce qui vient d’être écrit, que
l’homme ne sait toujours pas se servir de son passé pour
construire son présent autrement qu’en écrasant son
prochain, et encore moins se remettre en cause pour
revoir sa copie du Créant...
Pourquoi faut-il que sa soif de mettre le Créant dans la
cage (dorée ou pas) de sa religion - ce qui en soi est déjà
une vanité incroyable autant qu’une utopie délirante et
absurde, autant chercher à vouloir faire entrer une
baleine bleue dans un bocal à poissons rouges- ne serve
souvent qu’à nourrir la violence et la haine entre les
peuples ?...
Côté scène l’amour du prochain claironné haut et fort,
côté coulisses la violence aveugle, absurde et fanatique.
Comment et pourquoi en vouloir alors à ce Créant plus
qu’à ceux qui affirment agir en son nom, sinon peut-être
parce qu’Il n’intervient pas (et dans ce cas, pourquoi
n’intervient-il pas ?) lui-même pour neutraliser ses soidisant représentants ?
Comment imaginer, ne fusse qu’un seul instant, que cet
Initiateur universel de toutes choses puisse créer, et à
129
son image qui plus est, des créatures intelligentes mais
remplies du désir d’exercer la violence en son Nom, de
manière à l’imposer à tous sous une forme révélée par
une religion?
Pourquoi, en restant dans ce sujet abrasif de la religion,
ne pas parvenir à concevoir que chaque individu puisse
croire ce qui lui convient en respectant la différence des
autres et en se sentant respecté dans la sienne ?
Pourquoi chaque courant religieux, depuis toujours, n’a
eu besoin que d’une étincelle, ou aujourd’hui encore
n’en attends qu’une, pour embraser de violence une
communauté, un pays, ou la planète entière ?
Pourquoi tant de dirigeants religieux d’antan se sont-ils
comportés comme des brigands sanguinaires plus que
comme des porteurs de paix ?
Pourquoi ceux d’aujourd’hui taisent les exactions d’hier
et ne font pas de mea culpa, ou alors tout juste du bout
des lèvres ?
Tiens, le mot brigand rappelle que ce chapitre n’a pas eu
sa... [Récréation...Une fervente chrétienne sur le point de
passer de vie à trépas a fait venir à son chevet un curé et
un pasteur, chacun se demandant ce que peut bien faire
là un représentant de l’autre religion.
130
"Mettez-vous chacun de chaque côté du lit", dit-elle alors
aux deux, qui s’exécutent, intrigués...Et la mourante
d’écarter les bras et de dire : "Voilà Seigneur, je peux
partir comme tu l’as fait : Entre deux brigands"]
Après cet interlude et au vu des multiples questions qui
l’ont précédé, comme de celle qui a servi de titre à ce
chapitre, dont le contenu n’a volontairement pas permis
d’y répondre ni de mettre en évidence autre chose que
la vanité humaine de vouloir utiliser le mauvais calcul
qui consisterait à ‘entre parenthèser’ (et hop, encore un
nouveau verbe !) le Créant, quel que soit le nom que
vous vouliez lui donner,..., La suite va tenter d’apporter
un éclairage supplémentaire, pressenti fidèle à la ligne
directrice du propos, vous en jugerez.
Avant d’aborder, au chapitre suivant ce qui semble être
un des nœuds du problème ‘religion’, terminons donc
celui-ci en disant que la religion humaine telle qu’elle est
présentée par ses dirigeants est une bien mauvaise
manière de transmettre le fond de la pensée du Créant.
C’est surtout vrai si elle ne fait valoir ou ne reconnais
comme légitime qu’une seule vision, prétendue l’unique
compréhension (il faudrait plutôt utiliser le terme
révélation) de ce que La Vie a en projet pour tout être
humain.
Plus encore, cette invention humaine basée sur le besoin
de maîtriser l’invisible et ainsi d’exorciser ses peurs, en
131
devient même une criminelle et abominable association
de malfaiteurs.
Surtout si, comme elle l’a souvent fait, elle travaille à se
mettre en avant au détriment d’une autre, au point de
persécuter sans vergogne tous ceux qui oseraient dire
que la Vérité Universelle est ailleurs.
À dire cela, il y a de quoi agrandir encore son ‘cercle
d’amis’, mais l’ ouvrage reflète celui qui l’écrit, connu
comme ‘un peu fou de dire tout haut ce que tous
pensent tout bas’, un homme sachant aussi qu’à taire
des vérités, on les fait mourir.
Toutes les religions ne sont chacune qu’un brouillon
grossier de ce qu’est le Créant, et en tant que tel ne sont
pas compétentes pour le représenter, surtout de façon
exclusive... Admettons-le enfin ! Même pas peur !
Elles devraient plutôt se voir, comme le titre principal de
l’ouvrage le suggère, chacune comme un arbre que La
Vie a planté à un endroit donné par ce qu’Elle a donné
de compréhension du monde invisible, certes, mais sans
plus, à un ou plusieurs individus, et ensuite croître en
silence, par le vécu et sans artifice, proposant, sans
contraintes aucunes, ses fruit à qui les aime et les
assimile.
Pourquoi ont-elles aujourd’hui tant de mal à le faire ?
Pourquoi n’y sont-elles encore jamais parvenues et
132
pourquoi caresser ce fol espoir relève plus d’une utopie
que d’un objectif à concrétiser ?
Nous l’allons voir...
Quelque chose laisse entrevoir que la suite ne va pas
plaire à tout le monde, mais qui saurait avoir la faculté
de plaire à tout le monde ?
À ceux qui n’aimeront pas : Allez planter des arbres,
vous aurez besoin de bois pour le bûcher que vous allez
sans doute avoir envie de construire !
On y va ?
133
CHAPITRE NEUF
Vanitas, Vanitatum, Omnia Vanitas
Nous avons évoqués dans les lignes précédentes l’aspect
vaniteux de la prétention religieuse d’enfermer le Créant
Universel dans des dogmes humains.
Vous l’aurez compris, au titre pompeux de ce chapitre,
où s’étale à plaisir une culture latino-Goscinnyienne
(Merci Astérix !), nous allons soulever avec précaution...
Quoique..., un des pans de là où le bât blesse quant on
prend le temps de réfléchir à ce qui coince lorsque la
religion tente de nous fait ingurgiter ses certitudes.
La religion ou l’art de nous servir des ‘bondieuseries’ à
toutes les sauces, couleur rouge sang de préférence,
mais en parlant d’amour...
En prenant le temps de fureter dans l’histoire agitée de
l’humanité, il apparaît, sans avoir eu besoin de chercher
longtemps, deux évidences :
Primo : Les deux religions à décrire comme étant les plus
sanguinolentes (pardon pour le terme un peu gore mais
ne renions ni l’évidence ni le fil du propos) sont aussi les
deux plus récentes : Le christianisme et l’islam.
134
Secundo, qui découle ipso facto du point Primo : Le fait
de constater que ce triste et sombre duo guerrier est
issu du... Monothéisme !
C’est vrai, ce constat vient encore de faire tousser...
Mais la toux n’a-t-elle pas pour fonction de faire sortir
de nous ce qui est nocif ?
Consolez-vous, les deux premières, en vous disant qu’un
troisième larron est, historiquement parlant, le berceau
de vos égarements : Le Judaïsme.
Nous y voilà : Un dieu unique responsable de tous nos
maux : Les athées commencent à jubiler... Mais ça ne va
pas durer et pour cause :
Le Créant n’est pas coupable, Lui qui a distribué des
parcelles de notions spirituelles à tous ceux de ses créés
qu’il a doté de l’intelligence neuronale caractéristique à
l’espèce humaine, où qu’ils soient sur cette terre.
C’est Blaise Pascal, rappelons-le, qui a dit en substance :
‘Il y a dans tout homme un vide en forme de dieu et que
seul dieu peut remplir’... Mais alors, quid ?
Si ce Créant Universel (pour ceux qui auraient encore du
mal à ‘fixer’ ce terme, c’est le nom qui est donné, dans
cet ouvrage, à Celui que les religions nomment Dieu,
Jéhovah, Allah ou Vishnou, le grand Manitou et autres
consorts...,
135
Ce qui permet de porter en étendard une neutralité
d’estampillage) n’est pas l’infâme responsable de tous
les dérapages trucidaires dont les religions font étalage,
qui donc l’est ?
Ou plutôt faudrait-il demander quoi donc l’est ?
La seule coupable est, au sens logique de ce propos,
l’interprétation que les humains font de cette révélation
car la vanité de cette perception toute humaine du divin,
induit et déclenche pour toutes les raisons évoquées
depuis le début, un vil mécanisme, fait des rouages
d’une réflexion totalement irresponsable.
Ce mécanisme si néfaste se traduit, hélas trop souvent,
de la façon suivante :
Pour un quelconque récipiendaire de la prétendue vérité
unique révélée, le fait d’admettre et donc d’accorder
une légitimité équivalente à une autre vérité tout aussi
révélée, mais vécue de façon différente, relève d’une
tolérance impie et hérétique inacceptable. Pourquoi ?
Parce que être tolérant c’est être faible et être faible,
c’est avoir peur.
<Si dieu a créé tout les humains, il a forcément donné la
révélation de ce qu’il est à un être ‘mis à part ‘ pour sa
supériorité à comprendre et à transmettre les desseins
divins, et ce ‘mis à part’, ne peut être que moi alias ‘ma
pomme’...>
136
Voilà comment, fréquemment, l’homme interprète les
bribes qu’il perçoit de ce que son intelligence décode
des messages d’En Haut.
Concédons que parmi les innombrables appelés il y a
forcément quelques ‘élus’, mais point trop n’en faut, et
surtout pas trop véreux !
Il pourrait donc être juste de dire que cette pseudopensée monothéiste révélée à un pseudo ‘l’ayant
compris’ renferme dans son principe même et ceci chez
les trois principales religions monothéistes citées, un
germe de violence qui se montre d’autant plus vivace
que se montrent rigides et exclusifs les textes encadrant
la prétendue révélation... Votre avis, chers lecteurs ?
Une fois encore, le grain de sable dans l’engrenage est la
peur... Peur de la nécessaire remise en question en face
d’une vérité autre que la sienne, peur de la différence
et, surtout, dans le cadre qui nous occupe, peur de
l’hérésie, du libre arbitre, de la liberté de conscience et
quoi d’autre encore... Mais peur surtout de devoir
s’abaisser en disant à l’autre :
‘Je reconnais que ta pensée, ta vision des choses a la
même valeur que la mienne’... Donner ainsi raison à
l’autre a hélas toujours été considéré à tort comme se
désavouer soi-même.
Foutu orgueil, quand tu nous tiens…
137
Notre culture étant empreinte de monothéisme, ce n’est
pas de ce dieu unique que sera fait procès, mais bel et
bien de la prétendue révélation qui est sensée nous le
faire connaître, non pas qu’il faille dire que la révélation
soit préjudiciable, mais bien plutôt son interprétation.
Car oui, le Créant se révèle, mais pour ce faire, il n’a eu
ni n’a toujours nul besoin de nous comme porte-voix, et
donc sa révélation n’est pas enfermée uniquement dans
un discours humain. Ainsi elle n’est pas perçue par le
bon organe si elle n’est perçue qu’avec les oreilles.
Il est bien plutôt préconisé, pour ce faire, l’usage des
yeux, à doses contemplatives, pour nous laisser montrer
dans le subtil, merveilleux et fragile équilibre de la
nature (sans l’empreinte de l’homme), toute l’harmonie
par laquelle le Créant se révèle.
Cet aspect de la révélation majestueuse et parfaite du
Créant est d’ailleurs à plusieurs endroits cité dans les
Écritures (début du psaume 19, Romains 1 v 1 et 2, dans
le plaidoyer de Dieu à la fin du livre de Job... Le terme
employé par Dieu envers Job, au dire de ce texte, est
bien judicieux lorsque Dieu interpelle Job en l’appelant
‘le discutailleur’, un comportement très humain, non ?),
et nous fais bien comprendre que le Créant n’a pas
attendu l’invention des religions par l’homme ni, hélas,
la médiocrité de ses interprétations, transcriptions et
138
liturgisations sans réels fondements pour se révéler et
montrer l’étendue de sa gloire.
Tout dans la création nous fait voir l’intelligence aimante
du Créant, autant l’équilibre mécanique subtil de notre
planète et sa course stellaire, sans quoi toute vie serait
absente, que la diversité de cette vie elle-même.
Une vie qui offre, sur notre mère Terre, et ceci malgré le
cycle immuable vie-mort, à chaque espèce vivante le
droit d’exister, juste pour ce qu’elle est, en prenant
naturellement sa place au milieu de tout le reste, sa
différence faisant la richesse, l’interdépendance et
l’existence de l’ensemble lui-même.
Il est salutaire de pouvoir se poser et se reposer, quand
les temps et les circonstances le permettent, dans des
endroits propices à la contemplation, et de se dire alors
que cette perfection visuelle dure depuis des millions
d’années et que, sans la bêtise humaine, elle a tout pour
durer encore au moins autant.
Alors ASSEZ !!
Assez de ces discours ‘fin du mondistes’ où on promet
l’anéantissement final, assorti au besoin de repentances
préfabriquées vendues par les marchands de bon dieu
pour échapper aux foudres du ciel...
139
Assez de ces sermons moralisateurs qui promettent un
catalogue de problèmes et de malédictions à en faire
pâlir de ridicule les douze plaies d’Égypte, à qui n’obéit
pas aux règles dictées par sa religion.
Assez de ces âmes désespérées de constater qu’aux
dires de leurs chefs religieux, leur niveau d’obéissance
inadapté pour plaire à dieu ne les destine ‘in fine’ qu’aux
flammes éternelles, et Dieu sait s’il en existe...
N.D.A. : Merci la Vie, pour en avoir été et en être
désormais guéri, je sais les comprendre et les rassurer !
Oui Dieu existe, et oui, Il est Amour avec un grand A,
sans avoir besoin de notre dévotion à une quelconque
religion pour nous le faire ressentir. Il n’a pas besoin de
nos certificats de bons dévots pour nous approuver ou
nous juger.
Tous ces discours religieux sont un habillage ridicule et
déplacé s’ils enferment ceux qui les écoutent dans
l’esclavage de règles d’hommes, étouffant la liberté qu’Il
a voulu pour chacun, c’est une forte conviction.
Oui, Il s’est révélé, mais à nos yeux et pas seulement à
nos oreilles par de grands et pompeux discours. Or ce
témoignage visuel et sans discours n’en est pas moins
éloquent, il suffit de contempler la diversité animale,
végétale et minérale qui nous entoure, celle qui nous est
140
cadre et source de vie, pour finir de nous en convaincre
définitivement.
Un ami, Georgius Huxwell, dans un de ses ouvrages
intitulé 'Transeúnte' (De passage), qu’il faut lire pour ne
pas mourir idiot, dit, selon ses propres mots:
'Le Dieu qu'exploitent les religions n'est rien d'autre
qu'un principe sécrété par le cerveau humain'.
C’est très vrai car une religion humaine ne peut pas être,
à elle seule, le résumé de ce que les humains ont perçus
du Créant.
Ainsi donc, si elle est présentée comme telle, elle n’est
qu’un jet de poudre aux yeux et appuie alors les propos
de cet auteur lucide lorsqu'il dit: 'Pour moi, la croyance
n'est qu'obscurantisme, l'adversaire de la connaissance.',
en parlant de la croyance engendrée par la religion.
La prétendue vérité d'une religion 'révélée' n’a pas le
droit de se dire être universelle, sans quoi il faudrait que
chaque être humain sensé adopte les principes de cette
religion et uniquement de celle-ci comme acquis et
indéniables, ce qui est loin d'être le cas.
'L'homme qui a trouvé dieu n'a que faire d'une religion'
(GH, ‘Transeúnte’)
141
Pour faire écho au pied de pages de l’ouvrage de cet
ami, nous disons avec lui que ‘tout ce qui est écrit dans
‘Transeúnte’ n’est pas qu’un amas de bêtises’.
Nous nous permettons aussi de faire remarquer aux
lecteurs, qu’en ce qui concerne les Écritures bibliques,
support et creuset incontesté de notre culture
occidentale, leur contenu a été non seulement passé au
crible mais aussi, et ceci pendant plus de 1 300 ans, le
monopole absolu d’une seule et unique religion, celle
représentée par l’église romaine.
Une fois encore, nous n’intentons aucun procès envers
qui que ce soit, mais pour les cinéphiles qui ont vu, par
exemple, ‘Da Vinci code’ ou ‘Anges et démons’, point
n’est utile de leur expliquer longtemps qu’un état
clérical comme le Vatican, s’il a ses propres services
secrets au sein d’un lieu intra muros gardé comme une
forteresse (et ceci n’est pas du film mais bel et bien une
réalité), c’est qu’il a forcément des secrets à garder et
que toute cette ‘machine de guerre’ n’a pas comme
seule fonction la protection du sous vérin pontife.
Laisser certains de ces secrets être dévoilés reviendrait à
remettre en cause la légitimité et la crédibilité du dogme
catholique romain tout entier.
Avant d’aller inspecter quelques uns des piliers friables
de cette ‘vénérable’ institution et pour bien vous
démontrer que la religion humaine n’est qu’une
142
conception imparfaite du divin et non une révélation
intangible…
(Il parait que certains des mots utilisés ne sont pas
connus des peu instruits. Par respect pour eux,
intangible peut aussi être dit : Sacré, inviolable)… du
Créant vers l’homme, je vous offre votre désormais
incontournable et attendue...
[Récréation... Trois ministres du divin, un prêtre, un
pasteur et un rabbin discutent sur la manière qu’ils
utilisent pour répartir le denier du culte entre les caisses
de leur église et leur besoin personnel.
Le pasteur dit : "Je trace un cercle sur le sol et me place
au centre, puis je jette en l’air les dons en monnaie des
fidèles... Ce qui tombe en dehors du cercle est pour
l’église, ce qui reste à l’intérieur est pour moi".
Le prêtre répond : "Je fais la même chose, mais avec le
résultat inverse: C’est ce qui tombe en dehors qui est
pour moi, tout ce qui reste à l’intérieur est pour la
paroisse."
Le rabbin de conclure : "Moi je fais pareil aussi... Je jette
tout en l’air, et tout ce qui retombe est pour moi !"]
Cette sympathique parenthèse montre bien, sous son
aspect de bonne blague, trois conceptions différentes
143
d’un point de détail du fonctionnement de l’église, avec
trois résultats tout aussi différents.
Pour en revenir à l’église romaine... focalisons sur elle
puisqu’elle est encore -mais pour combien de temps ? la principale religion de mon pays.
L’église protestante, elle, a perdu, la ‘pôvre’, son statut
de deuxième représentante du divin, (le cédant à l’islam)
et ce qu’il en subsiste se perd souvent en ramifications
évangéliques diverses et variées qui se trompent parfois,
pour ne pas dire souvent, d’objectif :
Les ‘ouvriers dans la moisson’ de la parabole biblique ne
moissonnent plus pour le maître mais pour eux-mêmes,
et chaque obédience ne cherche qu’à récolter pour elle,
soucieuse d’être plus en vue que sa concurrente.
Cette pitoyable quête, loin de faire des émules, ne fait
qu’ajouter à leur discrédit et les ‘cherchant dieu’ car il y
en a de vrais, s’y perdent et finissent par se décourager,
ne voyant rien de suffisamment fiable pour étancher
leur soif de vérité et de sincérité.
Ils sont 65 % de la population européenne.
Ce constat affligeant était déjà celui fait par Jésus,
l’homme-dieu proclamé aujourd’hui comme étant
seigneur et sauveur par la foi chrétienne, et ceci il y a
plus de 2 000 ans, lorsqu’il comparait les religieux de
144
l’époque à des "sépulcres ouverts, scribes et pharisiens
hypocrites qui, bien qu’ayant les textes de la
connaissance du royaume de dieu, non seulement n’êtes
pas dans le dit royaume, mais en plus empêchez ceux qui
voulaient y entrer de le faire."
Jésus s’est permis, envers ces ‘faiseurs de morales’ aussi
fourbes que menteurs, quelques belles ‘saintes colères’
auxquelles il aurait été plaisant d’assister, pardi !
Et s’il a payé de sa vie le salut de nos âmes, il a sans
doute aussi, pour une bonne part, payé au prix fort le
fait que toute vérité n’est pas bonne à dire.
Tout ceci, et le chapitre suivant le confirmera, pour dire
avec force que de mettre en avant une quelconque
prétention à enfermer dans une religion humaine les
desseins du Très-Haut se résume en une seule phrase,
prononcée par Salomon, le grand et sage ‘Ecclésiaste’,
celle du titre de ce chapitre : ‘ vanité, vanité des vanités,
tout est vanité ’.
Alors, on va se la faire, cette inspection des piliers de
l’église romaine? Qui aime suive, les autres, allez donc
jouer ailleurs !
145
Chapitre DIX
Construit sur le sable ?
L’église catholique romaine actuelle doit son existence
aux paroles que Jésus, le Messie, prononça un jour à
l’égard de Simon Pierre lorsqu’il lui dit:
« Moi, je te dis que tu es Pierre et que sur cette pierre je
bâtirai mon église... » (Mat.16 v 18).
Force est de constater, l’histoire en faisant foi, qu’elle
colle à son personnage en tous points, tant comme lui,
elle a renié, plus de trois fois, elle, et à bien des égards,
ce qui devait faire sa force : Être un instrument docile et
efficace entre les mains du Très-haut.
Comme son fondateur des débuts qui a montré très vite
ses limites humaines en reniant son maître (Mat. 26 v 69
à 75) par peur d’être, lui aussi, pris à parti et maltraité,
cette institution religieuse humaine, opaque, corrompue
et sournoise a trempé dans la lie des forfaitures tout au
long de son histoire.
Posons-nous les bonnes questions avant de répondre à
ce constat en jouant hypocritement les ‘grenouilles de
bénitier’ outragées, mais auparavant, une toute petite
[Récréation : Si les bigotes de fond d’église sont, chez les
catholiques, taxées d’être des grenouilles de bénitiers,
146
les protestants ont, eux aussi, leur faune locale, les
punaises de sacristie ! Après tout, il faut de tout pour
faire un monde !]
De quoi est issu le protestantisme, sinon des erreurs
doctrinales de l’église romaine, poussées à l’hérésie
jusqu’à provoquer en 1517 ce flot de protestations ?
Un flot initié par des Wyclif, Hus, Luther, Calvin et autres
Zwingli ou Menno Simon qui opposèrent vertement la
richesse corrompue des puissants prélats catholiques à
la pauvreté telle que constatée parmi les simples fidèles.
Un fossé tout aussi grand existait entre le dogme romain
d’alors et l’opulence scandaleuse qu’il permettait à ses
potentats, opposé à la grande simplicité de vie prônée
par les Saintes Écritures, une simplicité adressée à ceux
‘souhaitant diriger’.
Il faut savoir, pour les plus jeunes des lecteurs de cet
ouvrage -l’école laïque actuelle n’enseignant plus le
catéchisme et l’histoire des religions-, que l’église
catholique d’alors (XV siècle) pratiquait depuis des
lustres, entre autres forfaitures et mensonges, la vente
des ‘indulgences’(elle le fait toujours !), ces actes écrits,
monnayés par les évêques et la papauté, pour ‘vendre’,
quelle honte, le paradis aux pêcheurs, qui dépensaient
des fortunes afin de ne pas devenir des ‘âmes damnées’.
147
Pour exemple parmi des millions d’autres : Frédéric Le
Sage, noble seigneur de Saxe, portait bien mal son nom,
puisque, crédule, il fit acheter à prix d’or, en son temps,
indulgences et autres babioles du style ‘reliques’, au
nombre de 17 443, sensées lui épargner la bagatelle de
128 000 années de purgatoire.
Sachant que le paradis comme l’enfer sont éternels, il
n’avait acheté qu’une goutte d’eau dans l’océan de son
salut, goutte insignifiante qui a bel et bien fait la fortune
de son évêque !
C’est cette peur (une fois de plus) de la mort et de
l’enfer, sciemment entretenue, qui a fait naître le culte
Marial, celui des saints, des reliques et autres dérives
catholiques romaines pratiquées encore actuellement.
Autre question : Pourquoi l’église romaine (même si elle
fait du bout des lèvres quelques trop rares mea culpa sur
certains points actuellement) préfère-t-elle entretenir
l’erreur doctrinale (car s’en est une !) du célibat des
prêtres, évêques et autres prélats leur étant supérieur
hiérarchiquement, au point de préférer à l’aveu de cette
erreur le fait de couvrir les actes de pédophilie et autres
horreurs commises ?
Ils sont rares, les couvents, monastères ou prieurés qui,
s’ils étaient rasés, ne permettraient de découvrir dans
une sombre crypte, des ossuaires impressionnants de
148
nouveau-nés! Ceci n’est ni une révélation, encore moins
une accusation, mais une forte présomption.
Aussi peu étonnant que cela puisse paraître, l’église
romaine évite l’aveu uniquement par peur d’avoir, en
l’avouant, à se remettre en question sur les dérives de
son fonctionnement.
Un fonctionnement qui, dès le premier siècle de notre
ère et par la suite, était déjà pourri par l’argent, si, si,
vous allez voir !
Et bien oui, messieurs les officiants du dogme romain,
vous les ‘consacrés’, célibataires désignés d’office par
votre ‘vocation’, apprenez ceci : Votre vœu de ‘mariage
avec l’église’ et donc votre abstinence charnelle cache
juste... Une triste et sombre histoire de fric !
Pour reprendre une expression d’Anne Roumanoff : ‘On
ne vous dit pas tout !’... Essayons de faire court pour
expliquer tout ce micmac frico-clérical, mais ce n’est pas
gagné... Asseyez-vous, ça risque de durer un moment !
Au commencement... (Rassurez-vous, nous n’allons pas
réécrire la bible !), les prêtres hébreux du temple de
Jérusalem, mariés comme il se doit, selon l’ordre originel
de dieu : « Croissez et multipliez », devaient seulement,
pureté rituelle oblige, s’abstenir de relations charnelles
avec leur douce et tendre durant ‘leur mois de service’,
car prêtres ils étaient, mais par roulement.
149
(Nous résumons et n’allons donc pas vous inonder de
références bibliques, mais vous avez tout le loisir de
relire les livres deutérocanoniques pour vérifier ces dires
si ça vous chante! Ah, oui, pardon, c’est vrai : Vous les
catholiques n’êtes pas des ‘spécialistes‘ de l’ancien
testament, contrairement aux protestants. Sans doute
vos ancêtres dirigeants savent pourquoi !)
L’histoire suit tranquillement son cours, sans trop de
changements majeurs à ce sujet, jusqu’en 70 après JC,
date où Titus, empereur romain de son état, eu l’idée
de détruire le temple juif, à Jérusalem.
Ceci marqua le début de l’ère où le peuple juif céda
numériquement la place aux chrétiens, dirigés par des
‘presbutéroï’ (mot grec désignant les ‘anciens’ et d’où
dérive le mot prêtre), dirigeants alors des paroisses
locales sous l’égide d’un ‘épiscopos’ (‘surveillant’ en
grec, d’où provient le mot ‘évêque’) unique, lui-même
désigné par un groupe de paroisses.
Chaque épiscopos surveillait donc son petit groupe de
presbutéroïs, en leur inculquant les ‘bonnes manières’
religieuses transmises par les témoins oculaires de Jésus.
-L’apôtre Paul était devenu l’un de ces épiscopos
lorsqu’il écrit à Timothée, qui souhaitait cette fonction ...
(Tiens donc, mais où l’église catholique a-t-elle rangée
ces versets ?!)…, qu’il ne devait être le mari que ‘d’une
150
seule femme’ (eh oui, la polygamie était alors monnaie
courante), bon maître de maison et bon père pour ses
enfants. (Vérifiable dans 1 Tim. 3 v. 2 à 5)Célébrant la sainte cène (oups, pardon, le propos
s’adresse à des catholiques : L’eucharistie) et donc
‘manipulant’ le corps de christ, les règles de pureté
rituelles sont alors encore de mise, mais de plus en plus
par le fait de groupes de presbutéroïs ayant choisi
volontairement le célibat pour mieux servir la
communauté, c’est le début des ordres monastiques.
Et l’argent dans tout ça ? On y vient...
Depuis la chute de Rome en tant qu’empire (476 après
JC) jusqu’au 10° siècle de notre ère (moyen-âge féodal),
l’église s’enrichit somptuairement par des dons et des
legs parfois bien mal acquis (relisez l’histoire de France
pour vous en convaincre), sous forme de donations et
extorsions diverses en argent, mais aussi et surtout en
terres agricoles, relouées au prix fort à des paysans
payant à leur seigneur le droit d’exploiter soit en deniers
soit en nature (biens divers et nourriture).
Dans notre bonne terre de France comme ailleurs (Italie
et Espagne notamment) l’église catholique, alors seule
sur le marché des vendeurs de bon dieu, n’est pas en
reste et ses biens fonciers sont administrés soit par des
monastères, encore alors remplis de moines ‘volontaires
du célibat’ qui pratiquent les ‘bonnes œuvres’, soit par le
151
biais des hospices et autres services, soit par des nobles
d’église, genre comte-évêque.
Tiens, le cumul des mandats était déjà de mode ?
Ces nobles cléricaux, eux, vivaient dans le monde pour
ne pas dire au-dessus, profitant de la richesse, du luxe et
autres broutilles bien plus terrestres que spirituelles,
mais après tout, personne n’est parfait !
Ces derniers sont nommés par le pape et nomment à
leur tour des prêtres pour dire la messe du dimanche (en
latin, s’il vous plait, pour être bien certains que le peuple
qu’on maintient dans l’illettrisme n’y pige que dalle et
aie juste le droit de dire ‘amen’ à la fin et à faire comme
a dit ‘monsieur le curé’).
(Et cependant, « Sans le latin, sans le latin, la messe nous
emmerde », chantait, en provocateur de talent, Georges
Brassens ! Humm, pardon, on s’égare…)
Recadrons donc : Bien sûr, pas de séminaire, les curés
sont formés sur le tas de boniments et choisis en
fonction de leur docilité envers leur évêque.
Ceci dit, ils ont tout à fait le droit de se marier et de faire
des enfants, étant bien entendu que la charge qui est la
leur et qui s’achète à l’époque (formés et choisis, certes,
mais en payant cache !) comme un fond de commerce
152
ne soit en aucune manière transmise par succession à un
héritier mâle.
Ainsi donc, l’évêque, qui, lui, a pu acheter sa pompeuse
charge cléricale auprès du pape, vends des charges de
prêtres rattachés à son évêché et, ce faisant, amorti
largement son propre investissement par les revenus,
taxes et impôts issus des biens fonciers des ses prêtres.
Ce procédé pas très ‘catholique’ du tout n’est qu’une
transmission, au clergé d’alors, du droit féodal décrétant
que titres, fonctions et terres peuvent se monnayer.
Ainsi donc, les titres et fonctions s’achètent auprès du
suzerain direct (le supérieur hiérarchique de l’époque)
toujours en vertu des grands principes pyramidaux de la
féodalité du moment, ci-après énoncés :
Tout comme les comtes achetaient leur titre auprès du
roi, les barons auprès des comtes et les chevaliers
auprès des barons, la papauté vendait de l’évêque et
l’évêque du curé.
Arrive le 11° siècle et avec lui un fait marquant qui
change radicalement la donne :
Les rois de France et de Navarre décident de rendre
‘héréditaire’ leur royauté en échange du même principe
envers leurs vassaux, biens et territoires inclus.
Ceci, bien sûr, pour ne pas faire tousser les dits vassaux.
153
Le plan est bon, car le roi est sûr de garder l’or, les
paillettes, la vie de château et le pouvoir dans la famille,
sans se faire mal voir pour autant par ses seigneurs
vassaux et autres noblions, puisque leur accordant les
mêmes privilèges.
Ainsi chaque noble a la garantie de succession sans
devoir rendre monnaie ni craindre surenchère par un
prétendant aussi fortuné qu’indélicat.
L’église romaine catholique, apostolique et tout le
tintouin aurait donc du adopter de fait ce nouveau droit
féodal, oui mais voilà, ça ne l’arrange pas, mais alors pas
du tout, elle qui fait ses choux gras de la vente des
charges et titres cléricaux.
Le pape, qui achète à prix d’or (mais oui, madame !) le
suffrage de ses cardinaux s’il veut passer aux élections
du successeur de St-Pierre, en tire plus que son profit en
revendant fort cher les titres d’évêques, car c’est lui qui
a ce droit et pas le roi !
N.D.A. : Non mais des fois ! Comme je disais souvent lors
de ma période salariée : ‘Si ce sont les patrons qui se
mettent à commander, où va-t-on ? ‘
Inutile de préciser que mon patron n’aimait pas trop !
154
Pas question, donc, même si c’est le roi qui l’a dit, de
valider une quelconque hérédité épiscopale, sans quoi la
perte financière serait colossale. Le roi a dit, certes, mais
le pape nomme le roi et le roi redoute le pape, qui peut
l’excommunier et donc renverser le trône.
D’où compromis, vous voyez l’astuce ?
Papéroi… euh, pardon : Pape et roi tombent d’accord sur
un point de détail du nouveau règlement:
"À partir de désormais et jusqu’à dorénavant, en aucun
cas il est hors de question !"
Ainsi donc, toute engeance de prêtre et d’évêque sera
déclarée bâtarde et, par voie de conséquence d’après le
droit féodal, non recevable à faire valoir un quelconque
acte justifiant héritage.
Un bâtard héritier ? On aura tout vu !
On interdit donc, dans la foulée, le mariage des prêtres
et évêques (qui ne sont finalement que des prêtres
ayant achetés l’apostolat), afin que la dernière fournée
de marmots, tous devenus illégitimes par décret, perde
tout droit de succession à faire valoir.
Ceci en deux temps :
155
En 1123, décret du premier concile de Latran rendant
invalide tout mariage avec un homme d’église, puis en
1139, confirmation du dit décret par un second concile,
et s’il y a concile, il y a bulle ! (Conciliabule, faut suivre !)
Elle est pas belle la vie ? (Merci Fleury machin !) Et bien
sûr, on voudrait nous faire croire que tout ceci leur a été
susurré à l’oreille par dieu lui-même.
Le résultat ? Cette astuce canonique laisse les charges
cléricales vendables au plus offrant sans pour autant
écorcher le droit royal, vous voyez l’embrouille ?
Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes,
les curés et autres pontifiants ont toujours le droit de
concubiner, mais perdent celui de déclarer les dites
concubines comme épouses légitimes dans les registres
de la paroisse.
C’est de ce droit de s’envoyer en l’air à peine masqué
que sont issues les frasques sexuelles et folâtreries de
fond de sacristie (Punaise !) de nos curés de campagnes
et d’ailleurs, l’église d’alors n’ayant pas encore déclaré
l’acte sexuel comme péché mortel, qu’il soit commis en
solitaire par de jeunes prêtres en mal d’amour charnel
ou consommé en duo… ou plus si affinité.
(Mauvaise langue, nous ? Mais non, voyons !)
156
Cela viendra plus tard encore, l’église romaine n’est pas
à un dérapage près, mais pour le moment, les joies de la
chair sont toujours permises, nonobstant cependant que
le produit éventuel de ces ‘égarements’ ne puisse jamais
prétendre à aucun droit, même et surtout si c’est un
mâle.
Il lui faudra trouver un autre moyen de plumer son
prochain, euh pardon, de gagner sa vie, et donc, à la
mort du titre de son géniteur, la charge retournera au
droit à la vente et donc au bon profit de l’évêque et ‘in
fine’ du pape... Un sou est un sou : Les vaticanistes ne
seraient-ils pas auvergnats ?
C’est, comme dit, bien plus tard encore, que seront
soufflées, mais pas sous l’inspiration du St-Esprit, et bien
après les guerres contre le protestantisme qui osait
dénoncer la paillardise et la corruption de l’église
romaine, d’autres bulles papales.
(Ils connaissaient déjà le chewing-gum ?)
Bulles soufflées, donc, après le couac dans cette belle
machinerie provoqué en 1517, à 14h30 du matin, par ce
bon Martin, Luther de son nom.
Mais quelle idée, aussi, d’aller faire des trous de punaise
(de sacristie) dans cette belle porte de la belle
cathédrale de Wittenberg, en placardant ses 95 thèses
anti ‘indulgences et leur vertus’, ça fait désordre !
157
En 1542, classifiant et différenciant les différents péchés,
de véniels à mortels, on enfonce le clou lors du concile
de Trente (la ville Italienne, pas le chiffre), un concile qui
aura duré pas moins de... 21 ans et ne sera pas sans
fournir matière à laisser de nombreuses séquelles dans
l’équilibre psychologique des âmes crédules et naïves
des générations futures.
21 ans ! De quoi faire un sacré chapelet de bulles et de
Marie la mère de Dieu, non ? Il faut bien tuer le temps !
Péché véniel, péché mortel... Une ‘invention’ purement
catholique, bien loin du plan initial du Créant et vieille
d’à peine un peu plus de 500 ans, comme une bonne
partie des dogmes de l’église romaine.
Coincée dans une jolie bulle papale, absurde comme
beaucoup d’autres, y compris celle sortie du même
concile et stipulant que la relation sexuelle hors mariage
est classée, elle aussi, péché mortel.
Elle a même été (l’église romaine) et pour ce même
motif, jusqu’à organiser le massacre des albigeois, les
catholiques cathares qui, eux, voyaient dans le mariage
une cérémonie symbolique liant devant la communauté
deux êtres pour la vie, mais qui pouvait être révoqué au
même titre qu’un quelconque contrat civil, bien entendu
uniquement pour faute grave.
158
Le reste de notre histoire liée à celle de l’église romaine,
est jalonné de ce pouvoir plénipotentiaire, jusqu’à celui
de vie ou de mort, par l’église romaine catholique.
Dieu et notre passé historique savent à quel point cette
institution en a largement usé et, trop souvent, abusé
jusqu’à l’ignominie.
Pour conclure ce chapitre et revenir sur les décrets
Tridentins (du concile de Trente), est-il besoin de dire
combien ce concile a ancré le célibat des prêtres, les
‘mariant’ à l’église (quelle absurdité !) au point de les
priver de la consolation du concubinage, et combien cela
leur a rendu leur vie ‘infernale’ ?
Même si certains s’en contentent hypocritement, faut-il
citer le tourment de certains autres, les plus faibles dans
la chair ?
Heureusement, les oiseaux se cachent pour mourir ! (Si
vous n’êtes pas cinéphiles, il faudra le devenir !)
Démissions, prêtres défroqués, double vie, descendance
cachée, voire pire : trucidée... Homosexualité voire pire :
Pédophilie... Voilà quelques une des jolies couleurs des
bulles du concile de trente.
Nous concédons cependant que ces dérives ne sont pas
l’apanage exclusif de ceux dont je viens de parler.
159
Il y aurait bien à dire encore (nous le ferons sans doute
dans le chapitre suivant) sur d’autres bases, présentées
par l’église catholique romaine comme les piliers solides
d’une foi authentique, prétendument posés sur la saine
doctrine des écritures et sur le personnage de l’apôtre
Simon Pierre, qui fut un homme marié et le demeura
puisque les évangiles relatent la guérison de sa bellemère par Jésus.
D’ailleurs il ne l’aurait pas été qu’il serait passé, lui
comme tous les autres disciples, pour un malade ou un
anormal aux yeux de ses contemporains.
‘Tu es Pierre et sur cette pierre...’, au vu de ce que qui
vient d’être écrit, il faudrait plutôt être enclin à renvoyer
l’église romaine aux paroles de son Sauveur et Seigneur,
(qu’elle semble d’ailleurs vénérer bien moins que sa
mère charnelle, Marie) lorsqu’il dit en substance aux
foules venues l’entendre qu’avoir la connaissance de la
parole sans la mettre en pratique revient à bâtir sur le
sable et non sur le roc.(Mat.7 v 12 à 29).
"Tu es sable et sur ce sable… rien de crédible !"
Remplacez les mots ‘scribes’ et ‘pharisiens’ de la fin du
discours par ‘religieux’, cela veut dire la même chose et
surtout cela donne tout son sens à ce chapitre biblique,
autant qu’à celui que nous terminons ici.
160
Chapitre Onze
L’inspection continue..., et parle de l’inspecteur.
Aimant le travail bien fait, et ayant commencé avec vous
l’inspection de l’édifice ‘église catholique romaine’,
tâchons de la finir en quelques points...
D’abord, pour revenir sur le célibat des prêtres : Les
catholiques se plaisent, entre autres non sens, à mettre
en avant que la vie de célibat du christ sert de modèle
aux prêtres voulant suivre son exemple.
Il nous semble ici important de rappeler que ce célibat
originel s’appuie sur la coutume juive du Naziréat qui
consiste à promettre à dieu et avec son aide, une
période d’abstinence relative incluant l’abstention
sexuelle, jusqu’à réalisation d’un projet.
Pour le christ, le projet lié au vœu était celui de la liberté
du peuple juif et l’avènement du ‘royaume de dieu’.
Malgré la relative durée probable et envisageable liée à
cet avènement, il ressort de cela que le vœu n’était ni
définitif ni prononcé depuis la naissance, (dans le cas de
jésus) mais pour une période déterminée.
161
Pourquoi alors enfermer les futurs prêtres dans cette
prison d’abstinence à vie ?
Et comment, depuis cette prison où il n’a jamais connu
hors de sa propre enfance (pour peu que cette enfance
aie été équilibrée) ni vie de famille ni vie de couple, un
prêtre pourra-t-il être compétent afin de venir en aide
et prodiguer de bons conseils aux couples et familles en
proie aux difficultés relationnelles ?
Il est évident qu’un prêtre ne pourra guère s’appuyer sur
son expérience propre, or qui mieux que quelqu’un
ayant traversé une difficulté donnée peut enseigner les
autres à la surmonter ?
Les protestants, eux, ont compris cela, qui permettent le
mariage et donc la vie de famille des pasteurs, leur
conjoint étant, de plus, souvent très fortement impliqué
dans la vie paroissiale..., catéchisme, accueil social, visite
aux malades..., présentant ainsi une vie de couple riche
d’expérience et de partage, engagée et harmonieuse,
susceptible de faire envie.
Et puisqu’on évoque la vie de famille, la transition est
facile, en abordant le cadre familial et les aventures de
Jésus pendant sa ‘péripétie terrestre’, pour parler aussi
de sa famille de chair, son père, sa mère et de ses
nombreux frères et probablement sœurs qui n’avaient
visiblement pas tout compris de son ministère ici-bas.
162
Mais avant, à propos du sujet qui vient juste d’être
évoqué et parce que vous en avez été privés au chapitre
précédent :
Une petite [récréation: Deux prêtres discutent en
marchant dans les jardins d’une abbaye :
"Tu crois que nous connaîtrons le mariage des prêtres ?",
demande le premier, et l’autre de lui répondre : "Nous
non, mais nos enfants peut-être !"]
Le fait de parler de Marie ébranle un autre des piliers de
la foi catholique, mais vous êtes prévenus depuis plus
d’un chapitre.
L’église romaine a, pour des raisons obscures, fait gravir
bien des échelons à celle qui a porté en son sein le
sauveur du monde, et Marie est passée du statut de
servante (littéralement : Esclave) du Seigneur (Luc 1 v.
38) à celui, actuel, d’immaculée conception et mère de
Dieu, ce dernier ‘grade’ lui ayant été attribué en...1854
par le pape Pie IX, avant de lui permettre de devenir in
fine élevée corps et âme comme semblable en gloire au
très-haut, et ceci seulement en 1964 . Quid de l’avant
1854 ? Visiblement, Marie bonifie avec l’âge !
Le fait de porter à la pratique dogmatique des
catholiques la pieuse dévotion mariale comme sujet
d’adoration n’est fondé sur rien de biblique et la vierge
décrite ne l’a été (vierge) que le temps de la conception
physique de Jésus, après quoi elle eut des relations
163
sexuelles tout à fait normales avec son cher et tendre
mari Joseph, dont la copulation légitime offrit à Jésus
des frères et sœurs de sang, dont il est question dans
Marc 6 v.3.
La femme pure et droite qu’elle était ne fut donc vierge
que jusqu’à la naissance de Jésus, ce après quoi Joseph
eut des rapports sexuels tout à fait légitimes avec sa
femme toujours pure et droite. (Mt. 1 v.25).
Bien sûr, cette conception surnaturelle du christ est en
soi et sans objection possible un miracle (hélas remis en
cause par la dite église, aujourd’hui ! Mais oui, on parle
d’envisager que Jésus puisse être le fils ‘naturel’ des
deux époux) et il n’est pas tenté ici de le remettre en
question, mais il est bon de rendre à Marie ce qui est à
elle et à Dieu ce qui est à Dieu.
Dans ce texte des évangiles, le fait de lire : ‘Il ne la
connut pas (jusqu’à ce qu’elle eut enfanté…)’ ou dans
d’autres versions :’Il se refusa à la toucher’, est bien
évidemment à comprendre dans le même sens que
lorsqu’on lit dans la genèse qu’Adam ‘connu’ Ève, à
savoir qu’il eut des rapports sexuels avec celle qui lui
était donnée.
Joseph eut donc tout naturellement, après l’abstinence
imposée par la grossesse ‘divine’ de sa fiancée, des
rapports sexuels tout ce qu’il y a de plus normaux avec
celle qui devint son épouse.
164
De même, Marc 3 v. 21 dit clairement qu’à un moment
donné et à cause de la foule qui s’était rassemblé devant
la maison où Jésus se trouvait, ses chers parents (papa,
maman et la fratrie) vinrent pour se saisir du christ en
disant de lui: ‘Il a perdu la raison’, en écho à un des
discours que Jésus donnait à l’intérieur, un de ceux qu’il
savait tenir pour captiver son auditoire.
En une autre circonstance et dans un registre semblable,
l’épisode de l’escapade du christ dans le temple de
Jérusalem alors qu’il avait douze ans montre encore
l’absence de discernement spirituel de Marie, sa mère.
Tout ceci montre à l’évidence et avec d’autres passages
de la bible, que Marie, toute pure qu’elle était, n’en était
pas moins une femme toute humaine, donc pécheresse
comme tout le monde et limitée dans la compréhension
des actes de son fils.
Pour conclure cet aspect appuyé du non-fondé de la
dévotion cultuelle à Marie, je rappellerai que d’en faire
une icône statufiée, et avec elle tous les saints du canon
romain, n’est rien de moins qu’une désobéissance
flagrante à l’un des dix commandements.
Le deuxième en l’occurrence, puisqu’il stipule que : ‘Tu
ne te feras pas d’image taillée ni de représentation
quelconque de ce qui existe sur la terre, dans le ciel ou
sous les eaux... Et tu ne te prosterneras pas devant elle...’
165
C’est pourtant clair, non ? Et dit de la bouche de Dieu
Lui-même, excusez du peu !
Cerise sur le gâteau, je viens de découvrir que l’église
romaine a ‘son‘ écriture des dix commandements, qui
occulte le deuxième tel que décrit ci-dessus !
Bien pratique pour continuer à vénérer de simples
statues de plâtre !
Nothing statues et autres icônes saintes et donc devant
recevoir un culte : Das ist sehr verboten..., forbidden,
interdit!
C’est écrit en toutes lettres, et du doigt de dieu, dans le
manuel d’utilisateur. Les dirigeants catholiques romains
ont sans doute omis de lire les CGUs ou le CLUF du
parfait petit enfant de dieu.
A moins que l’église romaine et sa position de référence
absolue en matière de foi en dieu ait obtenue dans les
salles du Vatican des dérogations spéciales transmises
de père en fils par la lignée de St-Pierre.
Allez savoir... Les voies de l’église sont encore plus
impénétrables que celles du Seigneur, c’est bien connu !
Ok... admettons le côté un peu acerbe sur ce coup-là,
mais ce détail marial est voulu pour bien montrer que
l’église (nous visons les catholiques, mais toutes les
166
autres religions ‘made in human’ ne valent guère mieux,
vous pouvez le croire !) a fait ce qu’elle a voulu des
dogmes originaux et en a ajouté à sa guise au gré des
siècles et des conciles divers.
Allez, pour finir ce tir à boulets rouges sur l’humanité
ordinaire de Marie et juste pour le plaisir, une autre
[récréation à son sujet :
Lors de l’épisode de la femme adultère, les religieux qui
voulaient la lapider en furent empêchés par jésus qui
venait de leur dire : "Que celui qui n’a jamais péché jette
la première pierre"...
A ce moment précis, une pierre siffle aux oreilles de
jésus et atteint la femme. Jésus se retourne alors, fâché
et dit : "Maman, ce n’est pas drôle !"]
Les premiers siècles en général et le moyen-âge en
particulier ont vus des chefs religieux maintenir la masse
des fidèles dans l’obscurantisme le plus total en y étant
eux-mêmes trempés jusqu’au cou, ce qui, hélas, a valu à
l’humanité bien des déboires et d’inutiles souffrances.
Cette absence de lucidité entretenue et fanatique a
même provoqué de véritables génocides, comme par
exemple celui de la peste noire qui, en Europe, a fait
environ 25 millions de morts entre 1347 et 1353.
167
Si des vecteurs autres se sont ajoutés à ceux issus des
potentats religieux (à cette époque-là, exclusivement
catholiques, pardon d’insister!) pour être eux aussi les
facteurs déclenchant de cette pandémie, la croyance
superstitieuse entretenue à l’époque par l’église, qui
voulait que les chats (diabolisés) doivent être tués parce
que vus comme compagnons des sorcières et autres
magiciennes, alors suppottes de Satan, a été un élément
aggravant majeur.
Dès lors, au XIVème siècle, il ne restait pratiquement
plus un seul chat dans toute la vieille Europe, suite à leur
anéantissement systématique voulu par l’église, ce qui a
laissé aux rats, responsables de la propagation de
l’épidémie, le terrain libre pour se reproduire à outrance
et répandre la bactérie de peste bubonique qui a effacé
la moitié de la population européenne en 5 ans.
Un bien triste trophée que celui-là, à ajouter aux autres
exactions perpétrées par cette organisation humaine qui
aujourd’hui se montre, rutilante et médiatique, en se
contentant de faire valoir son désaccord à propos de
telle ou telle situation de violence dans le monde par de
simples discours lus depuis le balcon de la cité Vaticane.
L’église humaine, qu’elle soit romaine ou de quelque
autre obédience, a, durant de très longs siècles, fait
énormément de mal là où elle était autant que là où elle
envoyait ses missionnaires, responsables souvent de la
disparition pure et simple de pans entiers de civilisation
168
là où ils arrivaient, la bible sous un bras et l’épée dans
l’autre, et dans leurs bagages le message du dieu unique
des chrétiens.
L’occident ‘civilisé’ fort de ses principes religieux et
moraux, souvent secrètement alimentés par l’appât du
gain et du pouvoir, s’est octroyé le droit, des siècles
durant, de conquérir le reste du monde en y laminant
méthodiquement tout ce qui ne ressemblait pas à ce
qu’il y apportait.
Un malheur n’arrivant jamais seul, ce qui ne fut pas
détruit par la violence aveugle, forcenée et fanatique de
ces conquérants des nouveaux mondes l’a été par la
propagation des microbes et virus colportés par ces flots
continus d’envahisseurs.
Ces ennemis invisibles ont fait le voyage eux-aussi, et
comme leurs ‘transporteurs’ humains, ont débarqués
sur des terres où les populations indigènes n’avaient ni
immunité biologique, ni médecines connues pour
contrer les effets dévastateurs des maladies venues
d’ailleurs arrivant en terrain propice à leur prolifération.
Pour finir de dépeindre ce triste tableau, il est avéré que
bien souvent, la faune endémique elle aussi fut décimée
par l’arrivée des animaux emmenés par les colons, et qui
eux aussi multiplièrent sur des terres où la nature n’avait
pas prévu de les y faire vivre, causant parfois l’extinction
de certaines espèces.
169
Un inventaire de catastrophes à répétitions à mettre à
l’actif d’un élan impulsé par l’église catholique, nourrie
de l’incompréhension flagrante de ceux qui, en lisant les
paroles du christ disant d’aller ‘faire de toutes les
nations des disciples’, n’ont pas compris qu’il fallait que
cela se fasse sans qu’ils aient besoin de se déplacer.
(Eh oui, braves gens, il nous arrive, à nous aussi, d’avoir
des révélations, venues directement d’en haut…)
Relisez bien la chronologie de cet ordre christique du
début du livre des actes des apôtres et vous verrez que,
lu avec les yeux du cœur et une version correctement
traduite (de l’araméen, je le rappelle), la méthode de
propagation de l’évangile devait se faire spontanément,
par concentricité, par rayonnement.
En effet, comme la lumière (les disciples de jésus ayant
été appelés à être celle du monde) diffuse de là où elle
se trouve sans avoir à se déplacer pour attirer à elle, les
disciples devaient ‘essaimer’ de la même manière.
Le début des Actes précise que les disciples reçurent la
recommandation de ne pas s’éloigner de Jérusalem et
qu’ensuite il leur fut dit qu’ils allaient recevoir la
puissance du saint esprit faisant qu’ils deviendraient les
témoins de la bonne nouvelle à Jérusalem d’abord.
170
Ce petit mot ‘d’abord’, si important a été occulté, parmi
tant d’autres et comme par hasard, le fait de le laisser
pouvant compromettre à l’évidence la justification
d’aller partout en missionnaire), puis dans toute la
Judée, puis la Samarie et enfin ‘seulement’, jusqu’aux
extrémités de la terre... Par rayonnement, de bouche à
oreille, si vous préférez.
Le fait de devenir, par cet esprit divin, un diffuseur de
cette lumière intérieure là où on se trouve faisant que :
Ceux qui sont attirés par elle, devenant eux-mêmes
d’autres diffuseurs par le miracle de la puissance de
l’esprit reçu, auraient non seulement largement suffit à
propager la bonne nouvelle mais très certainement aussi
à le faire de façon saine et multiplicative, comme une
cellule sait se multiplier spontanément, et avec l’effet
multiplicateur qu’on lui connait.
Il faut bien comprendre aussi que lorsque le christ a dit à
ses ouailles de ne pas jeter les perles aux pourceaux ni
les choses saintes aux chiens, de peur qu’ils ne se
retournent et ne les déchirent (les ouailles), c’est bien
de cela qu’il parlait :
Surtout ne pas donner la bonne parole de façon
systématique car les ‘Je n’en veux pas et je ne vous ai
rien demandé, moi !’ réagiraient brutalement et feraient
que le résultat obtenu risque d’être le contraire de celui
escompté au départ.
171
L’histoire n’a-t-elle pas, oui ou non, hélas brillamment
démontrée ces propos ?
L’arbre et le fruit, titre de l’ouvrage et autre parabole de
jésus, cette image dit la même chose : On est ce que l’on
est en fonction de la sève qui nous remplit, celle-ci étant
faite de ce dont elle se nourrit.
L’arbre produit alors son fruit particulier et ce n’est pas à
lui de prétendre si ce fruit est agréable ou pas, c’est le
consommateur qui apprécie et qui se fait son opinion.
Une fois encore et tout comme la lumière, l’arbre ne va
pas aller de droite et de gauche pour proposer son fruit,
il reste simplement là où il est, et porte son fruit à cet
endroit-là.
Si le fruit est bon, ça se saura à un moment ou à un
autre, tôt ou tard, et ça fera des amateurs qui sauront
où aller le chercher.
Par ces exemples simples, nous nous efforçons de bien
faire comprendre des évidences que les paraboles du
christ des évangiles ont, avant moi, cherché à enseigner.
Je suis, pour y avoir trempé durant de nombreuses
années, un exemple vivant de cette puissante réalité et
je dois avouer, à l’examen de mon parcours, avoir été
longtemps un de ces culs bénis, alimenté par la lecture
‘bête et méchante’ des textes saints (je les lisais alors
172
avec les yeux et le cerveau, mais pas avec le cœur) et
convaincu de devoir aller annoncer partout et à qui
voulait l’entendre qu’il fallait accepter la bonne parole.
Le résultat pour moi-même et pour les ceux ayant
entendu mes inepties en les comparant à mon vécu
d’alors fut bien plus souvent désastreux que l’inverse et
ce qui devait arriver arriva :
‘Ma chandelle est morte, je n’ai plus de feu’, comme dit
la ritournelle.
Le chandelier (votre serviteur) a bien failli en mourir
aussi... La faute à qui ?
A Celui qui a allumé la flamme, ce Créant merveilleux et
immuable dans son amour ? Certes non !
Il fallait que je comprenne cela et que mon égo meure,
et si je l’aime tant aujourd’hui, ce Créant, c’est parce
qu’Il est revenu, longtemps après les dégâts occasionnés
par mes erreurs, souhaitant m’expliquer les choses et
m’apprendre à me contenter d’être un de ces, un de ses
diffuseurs de lumière.
Et j’ai accepté qu’Il revienne (je l’ai souhaité tant et tant
de fois dans les larmes durant les quelques 1662 jours
où le feu fut éteint), puis qu’Il m’explique et m’enseigne,
(Lui et Lui seul !) et enfin qu’il rallume la lumière, sûr
cette fois que je saurais faire en sorte de ne plus la
laisser jamais mourir.
173
Et depuis je diffuse, ‘gentiment’, dans mon petit coin à
moi, et je ne cesse de m’émerveiller de voir à quel point
ce rayonnement doux et constant ne passe pas par les
pompeux discours que les ‘religieux’ m’avaient appris :
Tous acerbes, accusateurs, moralisateurs et accablants
autant qu’hypocrites.
Je me délecte tout autant de constater que le simple fait
de laisser La Vie me remplir de ce qu’Elle est, et de lui
permettre de couler au travers de ma petite personne
par des choses, des joies toutes simples et des moments
ordinaires de mon existence, produit désormais en moi
des résultats autrement concluants que ceux obtenus de
mon ancienne manière de faire façon ‘église instituée’.
J’ai enfin compris, pour avoir tenté de le gagner, que
l’important n’est pas tant de se convaincre d’un salut
annoncé par un dogme religieux aux règles strictes et
rébarbatives que de se laisser utiliser par Le Créant
quand bon lui semble.
Il sait, Lui, transformer au moment où il faut, des
sourires, des poignées de mains, de l’écoute et de la
disponibilité, de l’attention pour l’autre et de la probité
pour soi, le tout devenu totalement désintéressé, en une
mine inépuisable de bienfaits personnels permanents,
par la compréhension que sa vie n’a pas vraiment de
sens ni de saveur si on la vit uniquement pour soi-même.
174
Si les chapitres précédents ont été orientés ‘constat et
désapprobation’, les suivants travailleront à faire voir
comment il peut être possible d’inverser la tendance et
à produire du positif par quelques ‘petites modifications’
utiles autant que nécessaires et judicieuses.
Ils montreront aussi, que comme toujours, seul notre
désir de faire aura une influence sur notre parcours tant
personnel que collectif, et que rien ne peut, comme je
l’ai déjà dit, être modifié si nous ne faisons pas l’effort
de mettre ces modifications en pratique.
Vous suivez toujours ?
175
Chapitre douze
Un étrange animal... L’homme.
Après avoir consciencieusement remis les dogmes
religieux à leur juste place, savoir une œuvre ne
dépassant pas les valeurs de ce que l’homme est capable
de produire, et avec pour seule conséquence toute
l’imperfection qui en découle, il convient désormais de
présenter une voie différente, une approche révisée de
ce qui intriguera toujours autant les anxieux que nous
sommes tous malgré le patchwork de cultures et
pratiques cultuelles : La spiritualité.
Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, passionnant s’il
en est tant cette dimension mystérieuse renferme les
secrets du monde invisible, il faut revenir un instant sur
le principal concerné, l’être humain.
Nous nous sommes présentés, dès le premier chapitre,
comme faisant partie, avec toutes les autres espèces
carnées de notre planète, du règne animal.
Nul n’est besoin de chercher à remettre en cause cette
réalité, même si certains rétorquerons que nous nous
en différencions à bien des égards.
176
Ils n’ont ni tort ni raison et devront admettre que nous
autres, Homo Sapiens, appartenons à la classe animale
des hominidés, puis à la famille des mammifères, puis
encore au groupe des omnivores, etc., etc.
Il fut dit aussi dans cette présentation que mère nature
ne nous a vraiment pas gâtés, à un point tel que si, par
un concours de circonstances qui a fait que nous avons
appris à apprivoiser le feu et donc à cuire la viande de
nos proies, nous n’avions pas reçu une intelligence qui a
su prendre le relais de nos tares physiques, nous aurions
étés presque une erreur de la nature.
Petit rappel :
L’Humain, animal frêle d’un point de vue strictement
physique, très fragile au regard du reste des animaux
vertébrés car, contrairement à eux, bien moins
immunisé face à une épidémie virale ou bactérienne, au
corps nu incapable de soutenir la moindre comparaison
en termes d’adaptabilité naturelle vis-à-vis de la rigueur
des climats chauds ou froids dans leurs extrêmes.
Loin derrière, également, sur le plan de la course, de
l’endurance, de la régénération corporelle, tissulaire et
sanguine après un effort intense et prolongé, un choc,
un combat ou une chute.
177
Il faut encore parler de notre système digestif bien plus
fragile, de la faiblesse de nos armes naturelles, toujours
en comparaison des autres espèces animales.
Vis-à-vis d’elles, en berne notre dentition, griffes, force
musculaire en attaque ou en défense, peau ridiculement
fine et peu étanche, sans toison suffisante.
Idem de nos cinq sens, tous sous-développés par rapport
à l’acuité qu’ils présentent chez la plupart des autres
animaux et privés de cet allié que, seuls, nous n’avons
pas su garder : L’instinct, ce sixième sens qui les fait
pressentir et anticiper face à une situation donnée pour
s’adapter et survivre.
Cet inventaire non exhaustif de faiblesses accumulées
nous présente, sur le plan strictement animal rappelonsle, comme des spécimens dégénérés et tarés, un couac
monumental dans la perfection des œuvres de Dame
Nature, qui, en nous enfantant, a dû cruellement
manquer d’inspiration ou de matériaux au moment de
concevoir l’espèce qui allait devenir la dominatrice de
toute vie terrestre. Une espèce qui, si on en croit les
textes sacrés, a été conçue dans ce but.
Certains prendront cet état de fait comme une
revanche, comme cela a été dit dans une réplique lors
d’un dialogue :
178
‘La nature ne m’as pas fait de cadeau et je n’ai pas fini
de le lui rendre...’
C’est hélas tellement vrai que nous la maltraitons
comme ne le fait aucune autre espèce animale, au point
que les décennies à venir ne pourront bientôt plus que
contempler son agonie et, avec elle, la leur !
Pourquoi l’humain en est-il arrivé là ?
Comme nous l’avons expliqué, ceci résulte du mauvais
usage de notre intelligence, ainsi que de notre
propension à ne pas analyser de façon adéquate les
situations et évènements que nous traversons.
C’est un peu comme si notre vie était un véhicule qu’on
ravitaillerait en permanence avec le mauvais carburant.
Mais alors, à quoi carburons-nous ?
Et avec quel carburant ravitailler pour bien fonctionner ?
Nous avons, nous humains, une particularité commune
aux automobiles les plus récentes, au moment où j’écris,
c’est que nous avons un ‘moteur’ hybride, capable de
fonctionner avec deux carburants totalement différents.
La comparaison avec ces voitures hybrides s’arrête là,
car en ce qui nous concerne, les deux carburants, même
s’ils se mélangent, ne sont pas complémentaires et les
résultats obtenus sont totalement opposés.
179
Nous sommes créés avec, comme base pour notre vie,
deux sentiments majeurs, opposés et incontournables,
sur lesquels peut se construire toute vie, et produisant
chacun des résultats fondamentalement différents.
L’amour, d’une part ; La peur, de l’autre.
Aussi simpliste que cela puisse paraître, absolument tout
ce qui constitue notre parcours terrestre dans son
aspect tant personnel et individuel que relationnel et
communautaire découle de ces deux sources.
Elles sont les seules matrices de la totalité des différents
sentiments, élans et pulsions diverses propres au vivant
en général et à l’homme en particulier.
Beaucoup d’entre nous pensent qu’il y a multitude de
sentiments, eux-mêmes déclinés en d’innombrables
variations, induites par la foultitude de circonstances
diverses et variées qui font de notre vie ce qu’elle est.
Leur diversité se résume en fait à ces deux ingrédients
de base, reflet des deux forces fondamentales (le bien et
le mal) qui régissent le monde invisible et dont les
chapitres prochains effleureront l’étendue, ou en tous
cas ce qu’on peut en percevoir.
Il est illusoire de penser que tout est bien plus complexe
que cela. Si, en conscience, on prend le temps d’analyser
minutieusement le panel des multiples ressentis qui
nous traversent dans les situations particulières de notre
180
quotidien, tout nous ramènera toujours à ces deux
sentiments principaux.
Le reste de nos autres émotions et sentiments ne sont
que des formes, variantes et déclinaisons diverses.
Elles expriment en fait, toujours et invariablement, soit
de l’amour, soit de la peur.
Une fois encore, ce serait une gageure que de chercher à
détailler chacun de nos sentiments, l’humain étant aussi
complexe que varié dans ce qu’il peut produire envers
son semblable ou son environnement.
Pour tenter de le faire de façon très superflue, la colère,
par exemple, n’est que de la peur camouflée, même si
elle peut être salutaire et utile parfois, lorsqu’elle sait
être maîtrisée par qui l’exprime.
Nous connaissons probablement tous cette expression
pour l’avoir prononcée au moins une fois dans notre vie
à une personne envers laquelle nous nous sommes
emportés : ‘J’ai parlé (ou agit..., ou les deux !) sous le
coup de la colère’, avec dans la voix des trémolos plus ou
moins sincères de regrets et de repentir.
Jalousie, haine, mépris, égoïsme, méchanceté, raillerie,
tout comme la lassitude, le découragement, la fuite, le
fatalisme, les dérobades et pensées négatives (Inutile,
ici, d’inventorier le dictionnaire pour retrouver la
181
panoplie complète du méchant défaitiste par excellence,
ajoutez-y tout à loisir tous les mauvais sentiments ou
équivalents qui vous viendront à l’esprit) ne sont, en fait,
qu’autant de formes et /ou dérivés de la peur lorsqu’elle
nous possède et nous asservis.
Elle arrive parfois à devenir panique avec alors jusqu’à
tout ce qu’elle peut avoir d’incontrôlable, de viscérale,
d’inhibitrice sur le plan émotionnel ou décisionnaire de
chaque individu quand elle parvient à l’influencer audelà de toute mesure.
Elle lui fait alors totalement oublier que, souvent, hélas,
la peur n’évite pas le danger.
A l’opposé, le respect, l’altruisme, l’empathie, la bonté,
la jovialité, la disponibilité, l’optimisme, tout comme
dans d’autres registres la jovialité, l’intérêt, la saine
curiosité, le plaisir de faire, le succès, la satisfaction du
‘bien acquis’ ou du ‘bien réalisé’ (là encore, nul besoin
de réciter le dictionnaire des bons sentiments), sont
autant de formes allotropiques de l’amour.
Et quand bien même il faut admettre que bien souvent
l’ensemble de ces sentiments peuvent s’entrelacer pour
interagir parfois de façon très complexe, il convient aussi
de constater que ce qui différencie de façon radicale les
deux sentiments de base, c’est que l’amour est toujours
constructif et permet le mouvement et le progrès dans
182
toute situation, alors que la peur est destructrice et fige,
empêche jusqu’à l’anéantir, toute perspective de vie.
La peur, non maîtrisée, est une forme de mort.
L’amour produit la vie, la peur produit la mort... S’il
fallait trouver une seule courte phrase, dans tout ce que
la langue humaine a prononcé, pour résumer ce qu’est
notre vie, c’est celle-ci qu’il faudrait retenir.
Un sentiment animé par l’amour abat tous les obstacles,
guérit le corps et l’âme, et donc allonge la vie, donne de
l’énergie et de l’allant, entretient l’optimisme et garde
l’esprit ouvert.
Ceci suscite l’inspiration et la créativité, ce qui donne à
nos initiatives une impulsion propice aux affaires, aux
contacts, aux échanges et ouvre des perspectives dans
mille et une directions, tel un regard posé en haut d’un
belvédère contemplant en pleine lumière la multitude
de facettes du paysage offert.
Inversement, si ce sentiment prend sa source dans la
peur, il produira l’usure du corps, tuera l’inspiration et
ce faisant, stoppera toute vraie progression durable et
créatrice en ne retenant que les mauvais côtés, la
vengeance, le négatif, les problèmes pas encore
survenus (ce qui les fait vivre deux fois !), il soufflera un
vent de mort et de désolation qui bouchera l’ horizon en
fermant toute les perspective de changement, nous
183
focalisant sur ce qui ne va pas au lieu d’apprécier ce qui
va déjà.
‘Celui qui regarde le soleil ne peut voir son ombre.’
Il appartient à chacun de choisir avec quel carburant il
souhaite faire avancer sa vie, et tous nous sommes, en
permanence, confrontés à la façon de procéder que
nous allons vouloir préférer et choisir pour bien avancer
dans notre marche terrestre.
Le Créant nous a laissé le libre arbitre, pour ce choix-là
aussi, prêt à fournir, sans limite de stock, le carburant de
l’amour à qui lui en fait la demande.
Lui est l’initiateur et le maître de tout ce qui influence le
fonctionnement positif de nos vies et c’est pourquoi Il
souhaite nous approvisionner continuellement de tout
ce dont nous avons besoin pour avancer sur le chemin
de l’amour.
Il le souhaite mais ne l’imposera jamais, de manière à ce
que nous restions autant libres que responsables de nos
choix personnels, car tout ce qui va interagir autour de
nous dépend toujours de ces choix.
Un sage a dit : ‘Dans la vie, il n’y a jamais, dans toutes les
difficultés ou les joies que nous pouvons traverser, ni
récompenses ni punitions, il n’y a invariablement que des
conséquences.’
184
Ces choix sont toujours et indiscutablement le résultat
de ce qui nous habite, soit l’amour, soit la peur.
Ces deux vecteurs sont les seuls arguments de notre être
intérieur, et le seul fait d’en privilégier un pour s’en
inspirer, fait automatiquement diminuer les effets de
l’autre, c’est une des lois du monde invisible qui nous
remplit et que nous allons survoler.
La différence réside dans le fait que le premier va nous
faire grandir et nous permettre de nous dépasser, de
nous transcender, d’être toujours capable de déplacer
des montagnes, alors que le second nous détruira
lentement, inexorablement, stoppant l’élan de toutes
nos volonté de bien faire.
L’amour est un élixir de vie alors que la peur est un
poison redoutable, et les deux pénètrent au plus
profond de tout notre être, imprégnant chaque cellule
de notre corps à chaque fois que nous l’absorbons.
L’amour fournit ses bienfaits pour vivifier, revigorer et
renouveler notre équilibre intérieur (qui, lui, influe
directement sur notre vitalité physique) et qu’il a la
capacité de détoxifier tout ce qui nous pollue dans
chaque aspect de notre vie psychique et physique.
La peur, elle, apporte son lot de nuisances intérieures,
polluant âme et corps à chaque ingestion.
185
Ceci est la conséquence directe du fait que l’amour nous
porte vers les autres alors que la peur nous replie sur
notre ‘moi d’abord’. Ceci peut être illustré d’une façon
simpliste par le biais d’une petite histoire connue qui
pour l’occasion nous servira de…
[Récréation... Un homme arrive dans l’au-delà, et le
gardien des lieux, en réponse à sa question de savoir où
se trouve enfer et paradis, lui montre deux portes qu’ils
ouvrent ensemble.
Derrière chaque porte se trouve une tablée de convives
devant des mets délicieux et variés en abondance, et
pour les consommer, chacun dispose d’un couvert muni
d’un très long manche, identique pour tous.
Mais alors que derrière la porte de l’enfer, chacun des
invités, maigre et affamé, aigri et taciturne, s’obstine
sans succès à tenter de se nourrir avec son propre
ustensile, derrière celle du paradis, chaque convive,
jovial, rassasié et replet prend plaisir à utiliser le même
ustensile pour nourrir son vis à vis.]
Tout ce qui nous pousse à nous soucier de notre
semblable avant de penser à soi nous enrichit et permet
de nous épanouir parce que cet état d’esprit est nourri
par l’amour.
Tout ce qui nous empêche de donner aux autres en se
préoccupant d’abord de soi nous appauvrit et nous prive
186
de bien des trésors, du seul fait d’être focalisé sur soimême, résultat évident de la peur.
L’amour produit immanquablement le partage et la
libéralité alors que la peur engendre l’isolement et
l’avarice. Ceci est vrai dans tous les aspects de notre vie
et pas seulement sur le plan matériel ou pécuniaire.
Les avares de sourires, de paroles agréables, de bonnes
dispositions à l’égard des autres, ceux qui se fichent de
savoir ce qui se passent autour d’eux, les ‘après moi le
déluge’ sont des personnes qui ont peur.
Les autres ont l’amour comme carburant principal.
Après, le résultat dépend uniquement de la proportion
d’un l’un ou l’autre des deux éléments dans la vie de
chacun, puisque comme je l’ai dit, nous acceptons les
deux sans difficulté.
Plus l’un sera présent et moins il y aura de place pour
l’autre, et le résultat, visible dans notre fonctionnement
quotidien, dépend uniquement de la concentration du
carburant principal.
Une fois encore, cette approche peut paraître simpliste,
voire farfelue, mais en prenant le temps de réfléchir à ce
qui fait nos actes de chaque jour envers chacun, on
s’aperçoit vite que finalement, tout nous ramène à cette
équation basique qui relève du comportement animal :
187
Un animal serein sera placide et paisible, un autre
peureux sera nerveux et agressif.
L’animal qui attaque (en dehors de son besoin de se
nourrir) est un animal qui a peur, celui qui passe son
chemin est confiant.
Quel paradoxe : L’animal le plus enclin à l’agressivité (et
donc le plus peureux), que ce soit envers ses congénères
ou toute autre forme de vie, est le dominant absolu :
L’homme, cet étrange animal prétendu grégaire et social
mais qui a peur autant quand il est seul que quand il est
entouré de ses semblables.
C’est pourtant lui seul qui a reçu la faculté de pouvoir
approcher, puis s’approprier ce monde invisible, là où
règne la loi du Créant Universel.
Malgré cela, la peur le domine souvent, pourquoi ?
Quelle est donc cette force qui le maintient dans ce
sentiment destructeur et mortel ? Cette force, que qui
émane-t-elle ?
Qui l’a créé, et pourquoi ?
Cela répond-t-il à un ‘cahier des charges pré établi, et si
oui, pourquoi inclut-il notre précarité humaine, nos
sentiments, nos craintes et nos doutes, nos joies et nos
espoirs, notre quête d’infini ?
188
Nous pouvons passer le reste de notre vie à élaborer
une multitude de questions similaires, qui resteraient
toutes sans autres réponses que celles qu’un humain
peut donner à un autre, mais là aussi, ce serait inutile.
Les réponses à ces questions seront un autre livre.
Approchons-nous maintenant de cet univers aussi
invisible qu’il est réel. Bien sûr, ce qui suit restera une
approche, un rapide survol de cette dimension
mystérieuse.
189
Chapitre treize
L’autre ‘monde du silence’
Comment mieux aborder cet invisible aussi troublant
que fascinant, sinon en le comparant à celui que nous
autres ‘terriens’ avons jusqu’à un passé très récent
considéré comme peuplé de toutes les menaces, rempli
de créatures à peine aperçues, et de ce fait imaginées
toutes aussi terrifiantes les unes que les autres autant
qu’animées de mauvais desseins ?
Évoquons, pour cela le ‘monde du silence’, le milieu
marin, ce désert liquide sur lequel nous avons vogué
durant des millénaires et duquel, depuis les temps
anciens, nous avons appris à tirer une partie de notre
subsistance sans pour autant pouvoir en percer les
mystères les plus secrets.
L’homme a très vite su glisser à sa surface, de diverses
manières et avec des désirs variés, allant de la pêche à la
quête de nouveaux et lointains territoires, se limitant
d’abord à caboter prudemment le long des côtes avant
de maîtriser des techniques de navigation toujours plus
élaborées. Ces techniques adaptées au progrès constant
des chantiers navals virent la construction de navires de
plus en plus performants qui lui permirent de mettre le
cap au large, et d’explorer ainsi des étendues toujours
plus vastes aux yeux des premiers ‘grands’ navigateurs.
190
Cette curiosité et l’aptitude à imaginer et réaliser, pour
la satisfaire, des navires toujours plus grands, rapides et
robustes, capables d’affronter les plus fortes tempêtes
en domptant partiellement les vents et les courants ne
lui ont cependant pas permis de tirer profit d’une autre
partie que de la surface de cet élément liquide, constat
vérifié jusqu’à il y a un passé très proche.
Les seuls moyens de découvrir une très infime partie des
créatures peuplant les océans était fourni alors par les
poissons, crustacés et autres représentants de la faune
marine que remontaient les lourds filets des pêcheurs.
Ils découvraient, et parfois avec effarement, au hasard
des prises, des spécimens que leur imagination n’avait
jamais envisagé de classer au nombre des vivants.
Et il fut long le temps où certains monstres improbables,
pour avoir été juste entraperçus des embarcations,
venaient peupler les récits des marins qui, de leurs dires
"revenus ‘par miracle’ à bon port", décrivaient des
créatures diaboliques capables d’engloutir des navires
entiers ou de réduire, d’un seul assaut, les bâtiments les
plus solides en un amas de débris flottants.
Il fallut encore une autre longue période, qui vit naître
des personnages comme Christophe Colomb et autres
Vasco de Gama pour vaincre l’obscurantisme (religieux
une fois de plus !) affirmant avec véhémence que la
terre était plate, erreur qui retenait les navigateurs trop
aventureux en brandissant la menace de l’abîme qui, au
191
delà de l’horizon et au ‘bord du monde’, ne manquerait
pas d’engloutir à tout jamais leurs fiers navires dans une
chute vers les enfers, séjour du Léviathan.
Si les marins du monde entier alimentèrent, par ces
récits et des siècles durant, les histoires et légendes les
plus abracadabrantes, ils contribuèrent aussi à ce que
l’on redoute de façon disproportionnée l’idée de
s’aventurer trop avant dans ‘cet autre monde’, celui fait
d’un élément liquide inadapté, pour un séjour prolongé,
à notre vie organique et dont nous dépendons pourtant
de façon vitale : L’eau.
Pour le commun des mortels bipèdes que nous sommes,
il aura fallu, des siècles plus tard, attendre la curiosité
scientifique d’aventuriers tels le commandant Cousteau
parmi d’autres, pour découvrir, mais cette fois avec des
yeux émerveillés, les splendeurs de cet univers
extraordinaire, ‘pas si silencieux que ça’, palpitant et
grouillant de créatures loin d’être les monstres décrits
par les récits d’antan.
Aujourd’hui, non seulement le monde subaquatique
n’effraie plus mais il attire toujours plus et laisse, pour
peu qu’ils s’équipent des équipements appropriés, les
amoureux de cet univers s’y introduire et découvrir sans
cesse, en glissant presque sans efforts et en silence dans
son décor fantastique, de magnifiques aspects de ses
paysages sous-marins et de ses habitants.
192
Toute comparaison gardée, ainsi en est-il de l’univers
spirituel, dont certaines manifestations ne permettent
que d’en envisager l’existence, d’en effleurer les rivages,
d’en percevoir certains effets sans pourtant oser s’y
aventurer davantage...
Ceci d’autant plus que cet univers est, lui, aussi invisible
qu’impalpable, ce qui le fait échapper totalement à un
raisonnement qui se voudrait cartésien et rationnel.
Nous n’en sommes, pour certains ‘pionniers’, qu’à avoir
pu tenter quelques approches, ou nous laisser porter par
des courants (et bien souvent les interpréter différents
de ce qu’ils sont vraiment) que d’autres qualifieront de
‘mystiques’, en ressentir les effluves incommensurables
et en comprendre quelques minuscules bribes de toute
la richesse qu’il contient.
Comme pour le monde liquide que nous avons mis tant
de temps à nous approprier avec un minimum de
certitudes et de maîtrise, nous pressentons qu’il n’est
pas un désert, quelle que soit notre ‘approche’ :
Mystiques, spirituelles, intellectuelles, religieuses ou
contemplatives, ces approches sont innombrables et se
déclinent à foison dans toutes les sociétés modernes ou
tribales contemporaines.
Mais tout ce qui peuple cet univers effraie et terrorise
plus qu’il n’attire et séduit, l’inventaire qu’en font les
193
croyances populaires le présentant souvent comme
peuplé de créatures (ou plutôt d’esprits) prompts à
vouloir nous anéantir ou nous posséder, entendu bien
sûr dans le sens d’une domination malfaisante et/ou
destructrice, de quelconque manière.
La comparaison avec le monde aquatique est là encore
tout à fait appropriée car, comme les océans, le monde
invisible est en effet rempli de vie et d’êtres spirituels
animés, pour beaucoup, d’intentions malveillantes.
Comme dans la profondeur des mers, il y a d’impitoyables prédateurs dont certains sont aussi redoutables
que mal connus, isolés ou chassant en meute, cruels et
féroces, ne laissant que peu de chance de survie à qui
passe à leur portée.
Décrivons volontairement l’aspect négatif d’abord, pour
que le lecteur comprenne bien que cet autre monde
fonctionne comme le nôtre - il serait plus juste de dire
que le nôtre est le reflet de l’autre – et le sachant, il
puisse l’appréhender comme, tous, nous avons appris à
apprivoiser notre environnement terrestre : En nous
prémunissant des éventuels menaces, afin de profiter
pleinement de ce qu’il a de bon.
Si donc aspect négatif il y a, le côté positif existe tout
autant et tout ce qui peuple le monde invisible n’a pas
vocation à nous nuire, bien au contraire.
194
Ceci est d’ailleurs évident à la lumière de tout ce dont
parle cet ouvrage, puisque de nombreux passages y
citent ce ‘Créant’ bienveillant et initiateur de toutes
choses, les visibles comme les invisibles.
Là encore, nous, les humains, n’en avons qu’une bien
pâle compréhension, souvent enfermée dans l’imagerie
populaire née soit de l’iconographie religieuse, soit
d’autres illustrations ou interprétations issues d’autres
cultures et courants de pensée ayant laissé libre cours à
l’imagination humaine.
Car une fois de plus, c’est souvent notre imagination ou
nos fantasmes, ces fruits de la débordante activité
neuronale caractérisant le genre humain, qui a brossé le
portrait des êtres invisibles peuplant l’au-delà de notre
parcours terrestre.
Ceci avec sa part infime de vrai et sa part bien plus
conséquente d’aberration fantaisiste, alimentée par
l’extrapolation de ce que nous sommes capables de
transposer du concret vers l’abstrait.
C.Q.F.D. : Si dans cet univers irrationnel (et pourtant
bien réel), cohabitent, non pas comme un reflet de notre
monde Gaïa (la terre mère) mais comme en étant la
source, le négatif et le positif, et quel que soit le nom
que l’on veuille donner aux entités composant l’un ou
l’autre des deux pôles, au-delà de nos appellations
raisonnées, leur champ d’action tout comme leur
195
pouvoir et leur puissance (protectrice ou destructrice)
est infiniment supérieur à tout ce que nous pouvons en
percevoir avec notre seule approche intellectuelle.
Qu’ils soient anges ou démons, bon ou mauvais esprits,
dieux ou déesses mythologiques issus du panthéon de
quelque civilisation que se soit, et peu importe la façon
dont l’humain les a nommés, vénérés, craints ou décriés
d’un bout à l’autre de la planète, ils sont bel et bien une
puissante réalité.
Leur présence n’émane pas seulement du désir
mystérieux que nous avons tous, à différents degrés, de
les voir être ou ne pas être, mais bien surtout du fait
que, depuis le tout premier instant de notre
compréhension des choses en tant qu’homo sapiens
doté de raisonnement et d’analyse, nous avons toujours
été confrontés à leur interaction avec nos circonstances
de vie, à des degrés divers et avec une perception
variable mais effective, d’un individu à l’autre.
Chacun d’entre nous a été, est, ou sera confronté à un
moment ou à un autre, à cette étrange sensation, tantôt
pénétrante, tantôt si fugace qu’elle semble irréelle et
imaginaire, que ‘quelque chose’ qui nous échappe est en
train de prendre le contrôle de tout ou partie de notre
trajectoire terrestre pour en influencer le cours.
Chacun de nos aïeux peut en dire autant et chaque
génération pourrait, avec des mots différents… Destin,
196
fatalité, prémonition rêvée ou pressentie, protection
‘invisible’… entretenir ce témoignage troublant, étrange
et mystérieux, jusqu’à le ramener aux premières traces
de vie humaine.
Ces ‘interactions’ avec les êtres invisibles relèvent de ce
que nous nommons intuitions, prémonitions, augures et
autres présages, bons ou mauvais, que nous savons
percevoir en certaines circonstances, et ces ‘ressentis’
sont souvent des avertissements, des mises en garde,
des invitations ‘à être attentif’ à ce qui va se passer dans
un futur si proche qu’il en arrive à être quasi instantané.
Qui niera que notre histoire humaine planétaire est,
depuis toujours, accompagnée de ces récits mystérieux
relatant des interventions surnaturelles, miraculeuses
et circonstanciées pour certains, des ‘voix’, apparitions
ou sensations étranges pour d’autre ?
Tous ces témoignages ne nous ont-t-ils pas été décris
parfois avec force détails comme étant, chacun pour leur
part et dans leur contexte particulier, autant de signaux
précurseurs et avertisseurs étayés de détails relatant le
résultat de leur prise en compte pour ceux ayant su les
percevoir?
Qui n’a jamais ressenti qu’il vaudrait mieux faire ou ne
pas faire ceci ou cela avant d’entrer dans l’action même
du moment concerné ?
197
C’est ce mécanisme complexe qui inclut à chaque fois
même les rouages semblant si évidents de la réflexion,
de la prise en compte de nos doutes, craintes, méfiances
ou à l’inverse, de nos enthousiasmes, de nos euphories,
envies et prises de décisions, c’est notre nature
supérieure (dans le sens de notre côté ‘au-dessus’ de
l’instinct purement animal) toute entière qui nous fait
prendre conscience de cette dimension spirituelle
interactive et nous fait la rechercher ou la fuir, l’accepter
ou la nier, collaborer avec elle ou, à l’ inverse, la rejeter
voire la combattre.
Cela n’enlève en rien sa réalité, ni ce qui la remplit,
savoir le désir initial du Créant de nous avoir dotés de
cette perception pour en tirer une relation symbiotique
avec Lui, et ceci dans toutes les dimensions dont Il nous
a doté, y compris celle de la perception du monde
spirituel et des forces qui l’habitent, et donc, au delà de
cette perception primaire, d’une réelle interaction, non
seulement possible, mais aussi souhaitée avec l’invisible.
Bien sûr, cette approche du sujet est simpliste et non
orientée et bien des éléments plus pointus sont à
prendre en compte, mais il n’est pas certain que ce soit
ici le sujet.
Nous nous en tiendrons donc uniquement aux deux
aspects principaux évoqués en première partie de ce
chapitre en mettant en évidence la dualité du bien et du
mal sans chercher à en faire l’exégèse.
198
Ceci évitera de faire valoir une quelconque approche
théologienne de ce que nos yeux constatent à la vue des
guerres, massacres et autres faits divers parfois sordides
trop souvent relatés par les médias, qui savent
heureusement tout autant mettre en avant les progrès,
actions et autres belles choses que l’homme est aussi
capable d’accomplir.
Malgré toutes les tentatives et théories développées par
certains de nos semblables pour nos convaincre que le
mal ou le bien n’existe pas, c’est un simple constat.
Celui de ce que la vie autour de nous, ou émanant de
nous, peut générer en bonnes choses ou en mauvaises,
en bien ou en mal, en positif ou en négatif, pour dire
que cette réalité existe et qu’elle dépend de notre
positionnement vis-à-vis des forces en présence dans cet
invisible où nous allons pénétrer dans les lignes
suivantes.
Car il s’agit bien d’y pénétrer, d’oser enfin faire le pas
qui consiste à laisser s’exprimer notre part de confiance
envers cet invisible, comme nous savons le faire lorsque,
par exemple, il s’agit de se jeter à l’eau en acceptant de
croire qu’elle est capable de nous permettre de flotter à
sa surface.
Dans cet exemple simple, seuls ceux qui oseront ‘se
laisser faire’, en confiance vis-à-vis de l’élément liquide,
199
pourront ensuite apprendre à l’apprivoiser et jouir des
joies de la baignade, de la natation ou de la plongée.
Les autres, qui n’auront pas su brider leur peur de l’eau,
n’auront que le ‘plaisir’ de regarder, depuis le bord
d’une piscine, les berges d’une rivière ou d’un bord de
mer, ceux qui profitent des joies de la maîtrise de l’eau.
Certains peuvent avouer humblement être, au niveau de
la confiance vis-à-vis du milieu aquatique, à ranger dans
la catégorie de ceux qui regardent, après avoir réalisé
que s’ils nagent très bien, cela ne fonctionne que dans
un sens : De la surface vers le fond !
De fait, ils n’en comprendrons que mieux la frustration
qu’il peut y avoir à ne pas être en capacité de jouir de ce
qu’un élément non maîtrisé peut nous apporter.
Pour rester dans la comparaison et revenir au sujet qui
nous occupe : Mêmes causes, mêmes effets en face de
la peur de l’invisible.
Cet invisible qui garde ceci de dérangeant que nous n’en
pouvons pas devenir maîtres, contrairement à tout ce
qui nous entoure dans notre monde physique.
Cet invisible dont il peut être rassurant de savoir qu’il ne
fonctionne que sur un plan suggestif quant à nos
implications et qu’en cela, il nous laissera toujours le
libre-arbitre, que ses ‘approches’ émanent de son côté
200
clair ou de son côté obscur, de ce qui le remplit de
lumière ou de sa partie sombre et néfaste, puisque les
deux aspects y sont actifs et que nos petites vies
humaines ne font rien de plus que d’y faire écho dans le
bon ou dans le mauvais.
Cet invisible qui est aussi fascinant dans son potentiel
cosmogonique qu’il est simple dans son abord spirituel.
Si nous allions dans ce qui en est perçu ?
201
CHAPITRE QUATORZE
Un diamant à facettes.
Il est impossible à quiconque ayant su pénétrer dans cet
univers si troublant de pouvoir prétendre le présenter et
le faire connaître dans sa totalité, tant il est évident que
nous n’en connaissons presque rien dans son aspect
spirituel.
Cet invisible ordonné (dans tous les sens du terme) par
Le Créant est encore moins palpable et quantifiable que
ne l’est la portion que nos scientifiques les plus émérites
ont pu explorer du vide sidéral, du grand univers et des
objets cosmiques placés dans l’immensité du ciel.
Ceci est d’autant plus vrai qu’il fonctionne de façon
directement interactive avec nos raisonnements et ce
qui en découle, savoir nos adhésions ou nos rejets de
son existence premièrement, notre acceptation ou notre
refus de nous laisser influencer par lui ensuite.
Cependant et pour ceux - ils sont plus nombreux qu’on
ne le pense et qu’ils ne le disent- qui font l’effort de lui
accorder la place qu’il souhaite prendre dans la conduite
de nos vies, il existe, autant qu’existe son ‘Créant’ divin
dont tant de religions parlent.
202
Tout comme le Créant –pour ceux qui y croient-, il ne
peut être appréhendé dans sa totalité, ni en substance
ni en action ni en puissance.
Il (en parlant toujours du monde invisible et spirituel) ne
peut donc que se comparer à des choses que nous
sommes capables de comprendre ou de percevoir dans
le plan de notre raisonnement.
Il va donc forcément en pâlir et perdre de sa splendeur
puisque nous tentons à chaque approche de ramener le
spirituel à notre petite compréhension humaine.
Pour ne pas trop le dénaturer et lui garder l’aspect le
plus ‘brillant’, le plus précieux possible, avec une envie
de le découvrir que nous voulons proche de la
convoitise, il sera comparé, dans sa substance et dans la
manière dont nous avons à affiner nos vies pour le
percevoir et en acquérir le sublime, à un magnifique, un
fabuleux diamant à côté duquel le célèbre ‘Cullinan’, le
plus gros diamant du monde jamais trouvé ferait figure
de vulgaire pacotille, de grossière camelote.
Puisqu’ un diamant ne prend son aspect de pureté, de
perfection, d’attirance visuelle et de valeur marchande
qu’après avoir été minutieusement taillé et facetté,
cette humble description du monde invisible adoptera
cette comparaison et tentera, dans les prochains
chapitres, de vous présenter quelques-unes des
203
principales facettes qui donnent à ce diamant qu’est
notre vie son intérêt et son merveilleux éclat.
Chaque facette ramène à une règle régissant l’invisible
et est liée dans son acceptation, à notre ‘participation’
active quand à notre implication.
Rien de ce qui est présent dans l’invisible ne sera acquis
à notre niveau aussi longtemps que nous, durant notre
périple terrestre, n’aurons pas fait notre part pour nous
en saisir.
En cela, pour ce qui nous reste à cœur de partager dans
cet ouvrage, nous nous rapprocherons de la culture
chrétienne, un choix qui ne vise absolument pas à
dénigrer quelque autre sensibilité religieuse que ce soit,
mais plutôt à partager ce qu’il est possible de vivre avec
ces acquis, et à permettre la comparaison.
Nous ferons sans doute plus souvent que jusqu’alors,
référence à quelques lignes des textes bibliques, tout en
rappelant que bien des citations ‘Christiques’ ou
apostoliques des Ecritures trouvent leur ‘alter égo’ dans
d’autres ouvrages issus d’autres cultures.
La première facette, si elle devait être présentée par une
citation biblique, porterait cet estampillage : ‘Tout est
possible à celui qui croit’, (qui fais confiance à…) ou/et ‘
rien n’est impossible à Dieu’, puisque les deux sont
intimement liés.
204
En effet, les forces cosmogoniques et leur interaction
avec nous, voulues par le Créant, font qu’elles ouvrent
tout ce qu’il nous est possible d’imaginer pouvoir
accomplir, recevoir et partager, si nous savons adopter
l’attitude qui saura les approcher pour les assimiler.
Le potentiel de toutes les forces en mesure de se
combiner pour provoquer une action dans notre vie, en
positif ou en négatif, est tout simplement prodigieux,
incommensurable et hors de portée de l’imagination
humaine la plus débordante, et cependant, il est dans sa
totalité à notre pleine et entière disposition, jour après
jour et en permanence.
Comment est-ce possible et comment procéder pour
capter le positif ?
Il n’y a que deux façons possibles de pénétrer dans un
univers inconnu si on souhaite l’explorer : On peut le
faire avec un bagage inutile et encombrant fait
d’appréhensions diverses qui vont entraver notre
progression et focaliser notre regard sur les seules
éventualités de danger possible, ce qui nous empêchera
immanquablement d’ouvrir la perspective de ce regard
sur la globalité de ce nouvel environnement.
C’est comme pénétrer dans une immense forêt vierge
en scrutant chaque feuille pour détecter le danger
qu’elle cache : Sans aucun doute le meilleur moyen
d’être entouré d’un sublime paysage sans même le voir,
205
et donc de ne pas capter le potentiel incroyable que
l’ensemble de cette forêt peut offrir!
On peut aussi approcher ce monde invisible et pourtant
si réel avec les yeux d’un enfant émerveillé et curieux de
découvrir, d’explorer, d’aller plus loin.
Alors, la motivation première, sans exclure la prudence,
sera de s’ouvrir au potentiel global de ce monde offert,
riche et généreux, de jouir de ce qu’il veut offrir avant
que de s’inquiéter des pièges qu’il peut contenir.
On le voit, et c’est facile à comprendre, c’est notre état
d’esprit qui va déterminer ce que nous serons en
mesure de découvrir et de recevoir dans l’invisible, bien
plus que l’invisible lui-même, dans son essence.
Lui est, éternel, immuable et généreux…
Plus encore, c’est en fonction de cet état d’esprit que
l’invisible va engendrer tout ce que nous y découvrirons
puisqu’il est infiniment potentiel et qu’il fonctionne, tel
que décrit au début de l’ouvrage, comme une immense
parabole invisible qui ne fait que capter, puis amplifier
avant de nous le retourner, tout ce que la part de cet
invisible qui est en chacun de nous émet.
Le monde spirituel se définit donc par une première
acceptation :
206
Il rend tout possible, dans son aspect positif autant que
dans son aspect négatif et il libérera, en rapport avec ce
que nous émettons de par notre état d’esprit, une
quantité proportionnelle du fruit de ce que nous allons
vouloir émettre.
Il faut insister sur l’aspect d’état d’esprit, car c’est lui qui
influence notre regard et donc notre analyse des choses.
Se positionner dans la première des deux attitudes que
nous venons de décrire revient à tout ramener à soi en
cherchant à se protéger au lieu de désirer avancer… On
se recroqueville au lieu de se détendre parce que le
moteur de notre motivation intérieure est la peur.
Or la peur nous ramène à nos analyses rationnelles,
notre crainte de manquer sur le plan matériel, notre
conception finie des circonstances de la vie, du regard
des autres, de leur jugement en face de notre attitude,
notre désir de devoir anticiper ou éviter (et donc
contrôler) les situations difficiles qui nous pousse à
posséder des biens terrestres, le ‘culte ‘ de l’objet, du
rang social, de l’aisance matérielle…
Bref, c’est notre ego, petit et naturel, qui se pose en
maître, prend les commandes et nous empêche de voir
le côté positif du potentiel de l’invisible, comme un
masque derrière lequel nous nous cachons en croyant
être à l’abri.
207
Cet ego malsain s’empare de notre raisonnement, se
nourrit de nos craintes et de nos incertitudes, nous
pousse à élaborer des projets prioritairement motivés
par notre self-protection.
Cela nous place sous l’influence d’un pôle d’attraction
ancré dans le négatif, la non-ouverture aux autres, parce
qu’il se préoccupe d’abord du propre soi avant de
s’intéresser au soi des autres.
En refusant de se donner, il se prive de pouvoir recevoir,
et oublie que ce qu’il possède n’est rassurant que le
temps durant lequel cet état de possession est effectif.
L’infiniment invisible, lui, se contente d’enregistrer cette
attitude et d’y répondre.
Tout comme il enregistre l’attitude inverse et y répond.
Un esprit orienté vers le potentiel de l’invisible, la Toutepuissance du créant, va puiser dans cette conscience et
se rendre participant de ce potentiel. Il va attirer à lui,
comme un aimant, les personnes, les circonstances, les
situations positives et plaisantes.
Ceci toujours, bien sûr, de façon proportionnelle à son
état d’esprit.
Nous ne répliquerons rien à ceux qui diront qu’on ne
peut pas être sur ‘ce petit nuage’ en permanence.
208
Ils ont raison, mais si chacune de nos craintes bloque
notre progression, nous avons tous la capacité et le
choix de vouloir positiver ou négativiser, et donc celui
qui préfère positiver recevra surtout du positif, c’est
aussi simple que cela.
Alors, quelle est la bonne attitude à adopter ?
Apprendre à se détacher de la dépendance des biens
matériels et se contenter avec joie de ce que l’on a déjà
me semble être une bonne base. Dans la bible, Jésus
donne cet enseignement de façon très imagée lorsqu’il
invite ses disciples, lors du sermon sur la montagne, à ne
s’inquiéter de rien (Matthieu chap. 6 v. 25 à 34).
L’exemple qu’il utilise repose sur l’observation de la
nature afin de voir de quelle manière le Créant se sert
de la prodigalité de notre bonne vieille Terre dans ses
différentes déclinaisons pour pourvoir aux besoins du
vivant sous toutes ses formes, en y incluant l’humain.
Le meilleur et le plus écologique des moyens pour se
‘vider la tête’ de nos tracas étant de se rapprocher de la
nature et de sa perfection, il est bon de s’y ressourcer
quotidiennement, en incluant dans cette ‘prise de
verdure’ même si elle doit être courte, un moment de
silence intérieur exclusivement consacré à la méditation
et à la contemplation
209
Cet exercice permet de ‘débrancher’, de déconnecter
nos neurones hyperactifs de tous les soucis qui les
encombrent… Il faut savoir, en se promenant et dès que
l’horizon permet un regard panoramique sur le paysage
alentour, se poser sur un tronc, une pierre ou tout autre
objet permettant d’y installer ses muscles fessiers [ça ne
vaut pas une bonne parenthèse, mais ça inclut une
pointe d’humour dans ce chapitre] et se remplir les yeux
en faisant le silence en soi.
Ne penser à rien, juste être, juste être là, vivant l’instant,
symbiotique, avec le sentiment d’être un petit bout de
cette nature généreuse et belle…
A chaque fois, se sachant être ce petit morceau de la
Création, émanation du Créant originel, lorsque nos
pensées reviennent nous reconnecter aux soucis de la
vie terrestre (c’est inévitable), nous pouvons alors nous
abandonner, en confiance, envers Celui (le Créant) qui
se veut ‘notre papa’ et lui dire : ‘Si tu as su créer et faire
fonctionner tout ce que mes yeux voient en ce moment,
tu sauras aussi t’occuper de mes problèmes et m’aider à
les résoudre!’
Alors, la magie opère et on rentre chez soi, souvent sans
solution immédiate à ce qui nous préoccupe, mais avec
une paix intérieure plus forte que les craintes, une paix
qui nous garde debout et nous permet de nous sentir à
notre place, d’avancer avec un ‘capital sérénité’ plus fort
que notre lot d’angoisse.
210
N.D.A : Ici j’affirme avec force que : ‘Oh miracle’, la
meilleure solution est toujours arrivée un peu plus tard,
toujours au meilleur moment sans que j’aie eu à me
décarcasser (on laisse ça à Mr Ducros, il le fait si bien!)
pour la chercher avec mes calculs et manœuvres à moi.
Je n’expose pas ici une simple théorie, mais je témoigne
de mon vécu…
Ce premier exercice de la méditation contemplative en
induit un second, intiment associé et décrit dans la suite
immédiate de la lecture du passage biblique cité juste
avant : Les premiers versets du chapitre 7 de Matthieu
disent ceci : ‘ Ne jugez pas afin de ne pas être jugés, car
vos jugement serviront de mesure pour vous juger et la
mesure dont vous vous servirez pour juger ce qui vous
entoure sera celle utilisée pour votre jugement’.
Quid? Késako? Was ist das? Et voulez-vous m’expliquer,
s’il vous plait ?
Mais bien sûr, cher lecteur !
Le non-jugement, c’est tout nouveau, ça vient de sortir…
Mais non, il s’agit simplement de ne pas se laisser aller à
cette tendance très humaine et naturelle qui consiste à
poser sur les autres ou sur la vie ‘tout court’ un avis
personnel défavorable.
211
Nous sommes tous enclins à toujours nous dire : ‘C’est
de la faute à ceci ou cela, à celui-ci ou à celle-là, et si le
cousin du vélo de mon beau-frère n’avait pas dit ceci ou
fait cela, je n’aurais pas fait ou dit ceci ou cela, et si la vie
avait été plus sympa avec moi… Et cætera’. (Etc. en
Français dans le texte, signifiant ‘et tout le reste’ ou ‘et
tous les autres’)
Râler contre son sort ou sa situation du moment n’est
rien de plus ni rien de moins que de porter un jugement
sur ce que nous vivons.
Si on tient compte des explications de ce début de
chapitre, on va rapidement comprendre qu’il vaut mieux
apprendre à ne pas juger plutôt que de faire le contraire
puisque juger revient à émettre du négatif et donc à en
recevoir en retour.
Ne pas juger, ne pas rouspéter dès que ça coince, ne pas
revendiquer…’Houlà, mais ce n’est pas facile à faire tous
les jours, ça !’, nous direz-vous.
‘C’est très vrai ! ‘, Répondrons-nous.
Surtout si, comme tant de personnes, vous êtes un vrai
bon Français de souche, garanti ‘Label Rouge’ pur jus…
Et hop, l’occasion rêvée pour une vraie bonne
[parenthèse : les familles Ours, Dauphin et Crocodile
reviennent de vacances …
212
‘Nous, dit l’ours, sommes allés dans le grand Nord, avec
notre graisse et notre fourrure épaisse, il n’y a pas eu le
moindre problème, on s’est tous vraiment éclaté !’
Le dauphin dit alors : ‘ Moi, avec ma petite famille,
somme allés aux caraïbes : Soleil, eaux turquoises et
vagues à gogo, avec notre hydrodynamisme, ce fut
absolument génial !’
Alors le croco dit : ‘Moi, ma femme et mes gamins, avec
notre grande gueule, nous sommes évidemment allés en
France !’]
Quelle réputation ! Mais elle est le reflet de l’attitude
type à ne pas adopter si on souhaite entrer dans le
processus de plénitude et de jouissance toujours plus
effective du potentiel offert par le monde invisible.
Ce monde est le seul réel, à l’opposé de notre monde
‘terrestre’ et de l‘existence que nous y menons dans
cette course aux possessions matérielles dont nous ne
saurions profiter que durant notre ‘passage’ ici-bas…
‘Transeúnte, comme ils disent en Russie du sud…’, dirait
avec son humour habituel l’ami Huxwell.
Franz Kafka disait ceci : "Il ne faut pas quitter ta
chambre. Reste assis à ta table et écoute. Tu n’as même
pas à écouter, attends simplement. Tu n’as même pas à
attendre, apprends juste à rester tranquille, calme et
solitaire. Le monde s’offrira alors à toi et te proposera de
213
le démasquer. Il n’aura d’autre choix que de rouler en
extase à tes pieds."
Vous demanderez alors : « Dites-moi, ça commence par
quelque chose d’aussi simple, le bonheur ? »
Oui, oui, oui, trois fois oui !
Notre vraie nature spirituelle et cosmogonique est bien
au-delà de notre petit ego (racine des mots égoïsme,
égocentrisme, faut-il le rappeler ?) et elle ne connait ni
le doute ni la peur, elle fait partie de ce merveilleux
potentiel d’énergie positive qui peut tout obtenir, tout
créer et tout donner.
Elle n’a besoin pour exister, si nous lui permettons de le
faire, que de pouvoir prendre l’ascendant sur les
aspirations bassement matérielles émanant de notre
ego prisonnier dans l’enveloppe corporelle qui l’abrite.
Cette enveloppe, notre corps physique, n’est qu’un
animal peureux doté d’une capacité de penser qui lui
fait proclamer qu’il est un être supérieur à tout le reste
de la création de par une intelligence dont , hélas, il ne
sait pas correctement se servir.
Alors quels sont les ingrédients de base pour que notre
nature spirituelle se révèle ?
214
Il suffit du murmure d’un ruisseau, d’un lever de soleil,
du chant d’un oiseau, d’un lac paisible posé dans un
écrin de verdure ou de l’écume des vagues au bord de la
mer avec le calme intérieur et le silence.
Ce cadre fera largement l’affaire pour découvrir cette
première facette du fabuleux diamant que le Créant a
placé en nous afin de pouvoir l’offrir aux autres.
Quand aux multiples facettes restantes, elles peuvent,
évidemment être nombreuses, tant il y a dans la
multitude humaine un immense filon constitué d’autant
d’individus tous capables de souhaiter vivre et faire bien.
Les derniers chapitres de cet essai seront consacrés à en
tailler quelques unes de celles qui me semblent les plus
représentatives et les plus utiles pour façonner notre
existence humaine, l’existence qui n’est pas la vie mais
juste un épisode de La Vie qui nous est donnée.
Épisode dans lequel nous traversons avec bonheur ou
pas- nos choix terrestres en sont pour beaucoup le
vecteur- notre parcours ici-bas, à la manière du plus
éblouissant des matériaux terrestres, ce diamant qui va
être le fil conducteur de ce qui nous reste à partager ici.
215
Chapitre Quinze
Deuxième facette
Polichinelle.
du
diamant,
un
secret
de
Puisque dans le chapitre précédent, nous prîmes comme
comparaison à notre description du monde spirituel, qui
souhaite régir notre existence terrestre, celle du
diamant, restons donc sur cette image et dévoilons une
seconde facette, toute aussi importante que la
première, qui pourra servir de loi, de règle à mettre en
pratique pour devenir ce diamant et non en être un
simple admirateur envieux.
C’est bien là un des problèmes de l’humain : On passe
sont temps à admirer, la convoitant en secret, telle ou
telle personne à cause de ce qu’elle a, de sa notoriété ou
de sa richesse, ou bien encore à cause de ce qu’elle est,
de tout ce qui émane d’elle…
Et on le fait avec tant d’envie qu’on en oublie que ce
rayonnement est à notre portée avec les moyens les
plus simples qui soient.
Il suffit juste d’accepter que toutes les règles fixées par
le Créant, dans l’invisible, sont les seules justes et
droites, et de commencer à les mettre en pratique.
216
La seconde règle spirituelle qui déclenche une vie belle
et utile semble paradoxale puisqu’elle consiste à vivre ce
précepte : ‘Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir.’
Ces paroles de Jésus, rapportées par l’Apôtre Paul dans
le livre des Actes, renferment un des plus grands secrets
de l’univers : La loi ou la règle du don.
Rien ne peut revenir s’il n’a premièrement été donné.
Rien ne produit la vie s’il n’est d’abord prêt à la donner.
Rien ne produit le mouvement s’il n’est premièrement
impulsion.
L’abondance de la vie commence par le don, (le partage
étant alors un don mutuel), c’est une des grandes lois
‘mécaniques’ immuables que Dame Nature, année après
année, nous enseigne en permanence.
Si l’arbre refusait de perdre ses feuilles en automne, il ne
pourrait pas en recevoir au printemps suivant. C’est
cette acceptation de la loi du don qui le fait vivre.
Ses feuilles tombent, elles enrichissent le sol par l’humus
que celles-ci produisent en se décomposant, et la terre
va nourrir l’arbre qui rendra ces feuilles à la terre…
Jésus illustre cette vérité lorsqu’il dit "Si le grain ne
meurt, il ne porte pas de fruit…" La semence d’un épi
doit retourner à la terre pour produire de façon
démultipliée ce qu’elle a en elle.
217
Cette petite part végétale de l’univers doit, sur notre
planète, accepter d’être un des rouages de la machinerie
universelle qui a inventé la vie… Et la vie multipliée
passe par le don que la plante fait de sa graine.
Nous sommes, de la même manière, une part de ce
dynamisme, un endroit localisé, sur une planète donnée,
qui doit participer au mouvement cosmogonique de la
Loi du Créant.
Or le Créant est mouvement. Tout ce qui part doit
revenir, tout ce qui monte doit redescendre, tout ce qui
se donne doit être rendu.
C’est la dynamique de l’immensité cosmique dont nous
sommes une part infinitésimale. Ne pas y participer,
c’est se condamner à la décrépitude.
Si le sang ne circulait pas dans le corps, il stagnerait,
coagulerait et serait source de mort et non de vie. Il est
une part de l’organisme corporel que nous sommes en
substance et doit entretenir son mouvement de
circulation pour produire de la vie.
Acceptons d’être, ou si nous n’avons pas le sentiment de
l’être, de devenir cette part localisée de l’énergie
universelle qui est, vit et se meut, en raison d’être, pour
donner la vie et le mouvement autour de nous, et non
d’abord pour le ramener à nous.
218
Jésus souhaite que des fleuves d’eau vive coule de nous
pour abreuver le monde… L’eau jaillit, elle s’écoule en
répandant ses bienfaits, puis arrive à l’endroit d’où,
transformée, elle pourra s’élever avant de redescendre
en pluie… Un mouvement perpétuel bénéfique et vital.
C’est ce que nous devons être, et nous le sommes si
nous prenons la décision permanente du don de soi au
bénéfice des autres.
Il n’y a pas de manière toute faite pour procéder, ni de
schéma-type : Nous sommes tous différents mais tous
capable de donner, quelle que soit la forme du don.
Il ne s’agit pas non plus de le faire avec un quelconque
calcul de ‘retour avec intérêt’, ni à contrecœur, car ces
attitudes gripperaient le mécanisme cosmogonique du
don et rien ne pourrait revenir.
Mais se détacher de toute contrepartie lors d’une
attitude de don met en route la grande et mystérieuse
machine de la symbiose avec l’énergie universelle et dès
lors, tout don, quel qu’il soit, entrera dans la dynamique
du mouvement invisible de la bénédiction liée à chaque
acte bienveillant produit.
Que le don soit d’ordre matériel, affectif, ou relationnel,
il engendrera la vie premièrement pour qui reçoit mais
aussi pour le donateur.
219
La chose fondamentale à ne pas omettre, c’est de se
placer dans une attitude de don réel, sans calcul, sans
souhait d’une quelconque reconnaissance… Juste en
demandant au Créant la sagesse utile pour donner en
étant conduit par Sa Présence, mais sans chercher à
interpréter cette conduite ; Ceci pour que notre don soit
toujours offert à qui doit le recevoir parce que tout don
est un trésor bien trop précieux pour le gaspiller.
Nous ne sommes pas compétents humainement pour
déterminer qui peut, qui doit recevoir ou pas car notre
jugement est bien trop arbitraire, mais le Créant sait qui
est intérieurement en situation de ‘Donneur’ et saura
donc mettre sur sa route le bon demandeur.
Le cœur, l’âme bienveillante doit motiver le don comme
un état d’esprit permanent, qu’on offre un sourire, un
peu de chaleur humaine par une présence lors d’un
moment difficile ou douloureux pour l’autre, un peu
d’affection dans une relation entre proches voisins ou
concitoyens, un don matériel ou pécuniaire si notre
cœur nous le dicte, voire une pensée positive ou tout
bonnement une prière silencieuse émise envers un
quidam croisé dans la rue.
Peu importe la forme du don ou qui le reçoit, c’est l’état
qui le motive chez qui l’exerce qui est enregistré et sert
alors de carburant à la mécanique de dynamique
spirituelle. "Là où est ton trésor, là aussi sera ton
cœur…", est-il écrit quelque part.
220
Si le trésor intérieur est désintéressé, solidaire, sociable
et débonnaire, il remplira ceux qui y puisent et s’auto
alimentera de ce qui y sera déposé en retour, tant
venant des autres que venant du Créant Lui-même, qui
reconnaît tout bienfait porté à autrui et le récompense
tôt ou tard, d’une façon ou d’une autre. C’est écrit
comme une loi spirituelle intangible et immuable.
Tout, depuis les lois cosmiques et naturelles jusqu’à
celles que nous appliquons humainement les une envers
les autres à quelque niveau de relation que ce soit,
fonctionne selon ce principe, que l’homme en accepte
l’idée ou pas.
Il suffit de regarder la nature pour voir tout ce qu’elle
donne en matières premières indispensables à notre vie
terrestre, pas seulement dans les minerais et autres
composants du sol organique, mais aussi dans les cycles
de saisons, de climats, de régulations naturelles par les
courants marins ou aériens, la liste est infinie.
Si elle ne voulait pas donner ces choses, elle se
condamnerait elle-même et nous condamnerait par la
même occasion.
Il suffit aussi de voir comment elle se meurt de ne pas
recevoir de ‘Dons’ positifs de la part de ceux qu’elle
abrite…
221
Bien sûr, "une fois de plus, c’est trop simple, trop
simpliste", allez-vous dire… Libre à vous de le penser et
donc d’agir en contre de ces principes.
Chacun a le droit de porter son fruit, mais qu’il ne se
plaigne pas si le fruit est amer et acide. Le problème ne
viendra pas des cueilleurs mais de l’arbre.
C’est ce que nous sommes qui émane de nous, pas ce
qui nous entoure, et s’opposer à la fatalité, à la morosité
et à l’égoïsme latent que la société de consommation
moderne entretient, (elle qui préfère détruire ses
surplus que de les distribuer gratuitement), permet pour
un seul individu d’être un vecteur, plusieurs millions de
fois amplifié, de bénédiction autour de lui.
La vie a la saveur que je (chacun d’entre nous) lui donne.
Une fois encore, tout est question de don.
Nul besoin de savoir si le voisin a ou non la même
préoccupation… Comme si chaque arbre dans une forêt
se préoccupait de savoir si l’autre va se décider à
produire ses premiers bourgeons avant de faire naître
les siens.
Mais le premier sera toujours suivi de tous les autres,
sauf si chacun refuse d’être le premier.
222
Nous sommes conscients de n’avoir livré ici qu’un secret
de polichinelle tant cette puissante réalité est une règle
fondamentale.
C’est pourtant notre monde égaré qui nous fait voir la
dite réalité comme ‘utopiste’, ainsi que d’ailleurs toutes
les autres vérités du genre.
Le monde moderne s’éloigne du don, collectivement et
individuellement, pour alimenter la peur du manque en
l’arrosant d’incertitude ; Or le Créant est seul en mesure
d’honorer véritablement le don sincère, grand ou petit,
même au sein des conjonctures les plus pessimistes.
Alors, comment ne pas céder au chant des sirènes de
l’individualisme, de l’égoïsme grandissant, du ‘chacun
pour soi et Dieu pour tous ‘ ? Comment ne pas se laisser
aspirer par cette spirale destructrice et fétide qui fait
mourir le monde par l’indifférence toujours plus forte
des quidams envers leurs semblables ?
Comment pouvoir mettre en pratique cette seconde loi
spirituelle, comme une nouvelle facette au diamant de
notre vie ?
En mettant en œuvre la dynamique du Don de soi, par
les choses à offrir qui sont à notre portée, où que l’on se
trouve et avec qui que l’on soit.
223
Les véritables demandeurs seront autant comblés d’un
sourire ou d’un peu de temps pour parler, que des mets
les plus fins d’une table de roi ; Les détracteurs, eux,
seront confondus et renvoyés à leur reflet… Le Créant
s’occupe ensuite de tout le reste.
La seule chose qu’Il ne pourra jamais faire, c’est de
vouloir être ce ‘donateur’ à notre place, Il a déjà donné !
Alors, appliquons nous à entrer résolument dans cette
volonté de donner…
Faisons-le en prenant la décision de toujours ‘donner
quelque chose’ de positif à quiconque se trouve en face
de nous. Un compliment, une fleur, un sourire, un bien
matériel ou une prière… Cela dépendra du lieu et des
circonstances mais sera toujours réalisable. Ainsi je
permettrai, pour moi et pour les autres, à la Vie de faire
circuler l’énergie du don, du don qui enrichi.
Faisons-le en prenant nous aussi ce que nous avons à
recevoir, les bienfaits de la nature et du soleil, et de la
vie qu’ils génèrent chaque jour en chants d’oiseaux ou
en bruissement du vent, en pluie d’été ou en frimas de
l’hiver… Autant de dons renouvelés saison après saison
et dont nous ne somme plus conscients.
Faisons-le, enfin, en acceptant nous aussi les dons des
autres à notre égard, dans les mêmes registres que ceux
évoqués plus haut…
224
Combien de gens se laissent mourir à petit feu parce que
leur fierté leur interdit de recevoir un peu d’aide ou de
fraternité, nous en connaissons tous.
L’exercice peut sembler stupide ou puéril, mais il est bon
de donner, à quiconque est rencontré au hasard de nos
journées, respect, attention, affection et amour.
Et il est possible de le faire de toutes les manières
imaginables, en allant d’un simple sourire à un geste
d’affection ou un don matériel… Le geste ne compte pas
autant que l’attitude, s’il est conduit par l’esprit du don
qui vient du Créant.
Terminons la taille de cette seconde facette avec une
[récréation : Deux radins ont fait le pari de donner ce
qu’il se trouve de plus petit en monnaie lors de l’office
du dimanche suivant. Le premier, au moment de
donner, sort de son porte-monnaie la plus petite pièce
de monnaie en cours à l’endroit où ils sont en se disant
"L’autre avare va devoir faire fort pour pouvoir donner
plus petit !" Et l’autre, passant juste derrière le premier
arrive devant l’officiant et déclare, désignant son
comparse : "C’est pour nous deux !"]
Ne soyons jamais l’un de ces deux là et nous verrons se
réaliser dans nos vies la facette de la mécanique, de la
circulation et de l’accomplissement du don.
225
Chapitre Seize
Troisième facette : Juste à sa place.
Le diamant se
façonne lentement ? Tant mieux !
Car l’artisan qu’est le Créant souhaite maintenant tailler
et ciseler la troisième facette du diamant de notre vie,
en lui donnant sa forme spirituelle essentielle : La juste
place.
Pour la trouver, il nous faut comprendre une chose
fondamentale : Notre existence terrestre fait partie de
notre vie, mais elle n’est pas notre vie dans sa globalité
car le moment entre la naissance et la mort physique de
l’humain n’est ni sa finalité ni son essence.
Dès avant cette naissance charnelle, notre vie est réelle
et concrète, elle fait partie intégrante de la Vie
Universelle ; Et de suite après la mort du corps physique,
cette vie repart mais elle ne s’éteint pas.
Le parcours de notre existence terrestre n’est qu’une
étape de notre vie dans la Vie infinie, née du Créant.
Après notre mort charnelle, notre vie continue et se
prolonge dans l’éternité, qu’on le croie ou pas, qu’on
l’accepte ou pas.
226
La seule différence entre les deux catégories qui
déterminent notre choix envers cette réalité spirituelle
réside dans son issue.
Tous ceux qui auront combattu cette idée au lieu de
l’attendre comme on attend une bénédiction finale, se
retrouveront eux aussi, malgré tout et malgré leur choix,
dans ce prolongement infini, mais avec un statut bien
moins avenant que celui de ceux qui auront accepté
cette réalité.
Il est donc primordial de comprendre que si cette courte
existence terrestre n’est qu’une étape dans le parcours
de notre vie, cette étape doit déterminer, préparer, et,
pour qui n’a pas encore saisi cette certitude, permettre
d’accoucher de notre vie, celle qui s’inscrit dans l’infini
de cette vie dans la Vie.
Cette étape doit aussi nous révéler quelle est la place
que nous avons à tenir dans sa traversée, et le rôle que
le Créant nous y assigne. Chacun de nous a reçu une
capacité à faire, à créer, à assister, à enseigner… Bref, à
servir à quelque chose.
Cette utilité a deux orientations : Premièrement, elle
doit servir à se trouver sa juste place dans la machine
universelle, (Nul d’entre nous ne traverse son existence
terrestre sans une mission à y remplir) ;
227
Deuxièmement, motivée par la révélation de cette
mission, elle doit être utile aux autres, pour créer une
interdépendance entre chaque être vivants, comme
autant de maillons dans la chaîne de la Vie.
Se savoir être juste à la bonne place va encourager
l’action et donc la création, et des actions et créations
qui seront les conséquences d’autres actions et
créations, tissant ainsi la trame de l’existence qui
déterminera la qualité de l’étoffe de la vie.
Une de mes phrases-clés préférées est : ‘On récolte ce
qu’on sème’ (elle fut évoquée plus d’une fois dans cet
ouvrage), et cette réalité mécanique de la grande
machinerie cosmogonique du Créant fait que cette
nécessité d’action engendre le fil de notre vie et nous
place en permanence devant l’indispensable nécessité
de faire des choix.
Même choisir de ne rien faire est un choix, avec à sa
suite toutes les conséquences de ce choix.
Toutes les circonstances terrestres de notre vie reposent
sur cette mécanique, et chaque choix que nous sommes
portés à faire projette, avant même que nous en ayons
conscience, la trame de ce qui nous mènera, peu ou
prou, tôt ou tard, à faire d’autres choix qui nous en
feront faire d’autres encore, et ainsi de suite.
228
C’est vrai dans le domaine sentimental, professionnel,
familial, relationnel, émotionnel, affectif, spirituel… Et
l’ensemble des actions nées de nos choix fait l’histoire
de nos deux vies: Le passage terrestre d’abord et son
prolongement infini ensuite.
Si on prend le temps de réfléchir un instant à cette
étrange mais inamovible machinerie, on comprend
aisément qu’elle découle uniquement du choix originel
du Créant de créer.
S’il avait choisi de ne pas créer, rien ne serait, mais cette
absence universelle et absolue ne pourrait en aucune
manière permettre au Créant de revendiquer ce pouvoir
de donner vie à l’inanimé.
C’est ce désir originel de créer la vie, dans la trame de la
Vie, qui a engendré le big bang qui a engendré l’énergie
première, source de toute la création universelle.
Chaque action a créé d’autres actions, qui ont fait naître
la matière, les cellules, l’énergie… D’autres actions, en
réaction à ces actions premières, ont organisés, agencés
et mis en mouvement l’univers qui abrite la mécanique
céleste, d’où procède toute vie.
Tout ce qui existe est une action, en réaction à d’autres
actions antérieures qui réagirent elles-mêmes à d’autres
actions avant elles.
229
C’est le mécanisme de la Vie dans toutes ses
déclinaisons, y compris notre vie cosmogonique, dans
laquelle est incluse notre étape humaine matérialisée
par notre existence ‘matière organique terrestre’.
Nous sommes donc, dans cet ensemble à la fois spirituel
et charnel, une infime part de l’énergie qui anime tout le
vivant, dans tout le cosmos, lui aussi vivant dans
l’univers infini, vivant dans l’œuvre du Créant.
Nous sommes en conséquence une partie de ce Créant,
de minuscules ‘répliques‘ de cette énergie universelle, et
en tant que tels, capables de créer, par nos choix, des
actions qui créeront d’autres actions, à l’infini.
Et ceci est vrai parce que nos parents avant nous sont
entrés dans ce mécanisme, et leurs parents avant eux…
Chacun arrivant sur le territoire de notre passage
existentiel terrestre avec, au premier cri, au premier
souffle, le désir de traverser cette étape, même si alors,
ce désir n’est pas encore un désir conscient, mais inné.
Nous sommes nés pour être vivants, pour exister dans
cette vie terrestre et dans celle invisible, et y servir à
quelque chose d’utile. Qui ne comprend pas cela ou le
refuse, se lamentera sur ce qui n’a pas été, ou n’a pas
été réussi, et pourrira sa propre existence à la source
amère des regrets et du ressentiment.
230
Qui comprend et accepte, saura se servir des échecs, des
‘ratés’, des échéances mal négociées ou conclues, pour
rebondir en désirant,’cent fois sur le métier’ remettant
son ouvrage’, faire mieux que la fois d’avant.
L’homme qui n’entretient pas ce mécanisme de désirer
‘faire mieux la prochaine fois’ n’évolue pas, surtout si ‘la
fois d’avant’ a été un échec.
Ceci est vrai dans toutes les entreprises humaines, quel
que soit le domaine qu’elles touchent : Affectif, social,
relationnel, professionnel, sentimental et spirituel,
familial, et implique toujours de faire le choix, soit
d’effacer sa copie pour retenter mieux à la suivante, soit
de pleurer sans cesse sur un échec.
Certains choix de ‘recommencer’, de réessayer, de
refaire mieux après un échec ou un manque sont parfois
douloureux et écornent notre orgueil humain dans ce
qui fait son ‘égo’, mais ils sont nécessaire pour que le
recul des ans démontre la justification du désir de ‘faire
une fois encore, ou ‘une autre fois’.
La vie naît donc du désir, comme le reflète une
naissance humaine, née du désir qui a poussé deux êtres
sexués à engendrer la vie… C’est ce qu’on pourrait
appeler le mouvement perpétuel et éternel de la Vie.
Cette facette du diamant spirituel qu’est notre vie dans
tout ce qui la compose, y compris la parcelle de Vie qui
231
l’anime, nous la présentons ici volontairement avec des
mots répétés, pour bien montrer que nous sommes
inclus dans un mécanisme continu, aussi immensément
géant qu’invisible et puissant, initié par le Créant pour
reproduire la vie en flots continus.
Tout ceci doit nous faire comprendre que si l’un d’entre
nous voulait ne pas suivre ce cours immuable de la Vie, il
arrêterait sa parcelle à lui du mécanisme, mais pas la
machine qui reproduirait ailleurs ce qui s’est éteint à un
endroit donné.
Bien appréhender cet aspect, à interpréter comme étant
irrationnel, permet de ressentir que ce qui nous motive,
au tréfonds de notre existence : C’est cette vie dans la
Vie, comme une énergie invisible et éternelle qui nous
habite et nous prédestine à agir et réagir en vivant pour
transmettre la vie, d’une manière ou d’une autre, à un
moment ou à un autre.
Personne n’existe pour ne pas produire, créer, émaner,
communiquer et transmettre.
Nul ne reçoit le don de la vie (terrestre, incluse dans la
vie infinie de notre identité individuelle, émanation de la
Vie, éternelle et aimante) pour ne pas l’enrichir par ses
choix qui détermineront des actions qui produiront les
réactions qui enrichiront d’autres, qui eux-mêmes
reproduiront ce schéma.
232
C’est le mystère du Créant, sa richesse et sa gloire, car
tout ce flux de Vie émane de Lui, pour nous, par nous et
en nous, comme il émane de tout ce qui existe de créé,
dans le monde terrestre et dans le monde invisible.
Cela inclut toutes les analyses, approches scientifiques,
et toutes les thèses créationnistes, négationnistes et
évolutionnistes que l’humain a su défendre depuis qu’il
marche debout.
Au final, il nous faut juste comprendre, à ce stade du
façonnage diamantaire qui me sert de support, que la
remise en question de tout acte doit être disponible,
sans être exacerbée. Cependant, il est bon de se poser
certaines questions avant des choix déterminants :
Quelle conséquence, heureuse ou malheureuse aura tel
ou tel choix ?
« Ce choix sera-t-il une source de bonheur pour les autres
d’abord et pour moi-même ensuite ? Quel héritage mon
choix permettra-t-il de léguer à d’autres après moi ? »
Ces questions importantes nous sont posées par notre
conscience, ce ‘tribunal de l’âme’ bienveillant qui nous
invite toujours à transcender nos choix en les orientant
vers des désirs positifs et utiles pour nous comme pour
les autres. Autrement dit, nous avons à être, selon un
terme connu dans certains milieux, des ‘bâtisseurs
d’amour’, de paix, des créateurs de joie pas seulement
instantanée mais durable et pérenne.
233
Devenons des fabricants de bonnes œuvres en trouvant
chacun ici-bas, dans cette tranche rationnelle de notre
vie globale, une raison d’exister exaltante et positive.
Trouvons un but à notre vie, à notre Vie, en désirant en
permanence le voir germer, prendre forme, grandir et
s’épanouir.
Ceci permettra à chacun de se sentir à sa ‘juste place’,
mandaté par le Créant d’un rôle à jouer, quel que soit le
tenant et l’aboutissant, avec pour unique et ultime
objectif l’épanouissement des autres comme nourriture
à son épanouissement personnel.
Apprenons à observer avec soin nos propres choix et
leurs conséquences, dans une dualité de cause à effet,
car rien ne se fait qui ne produise d’effet et nul effet ne
nait sans qu’une chose aie été faite pour cela.
Laissons donc la sagesse du Créant dicter à notre
sagesse la ligne de conduite qui doit être la nôtre, ou
mieux, laissons-le s’emparer de nos vies comme si nous
confiions notre frêle barque terrestre à un capitaine
expérimenté. Si nous décidons de lui laisser maintenir le
cap de notre existence terrestre, Il saura l’utiliser en bon
usage pour la sérénité du reste de notre vie dans le
monde invisible, où nous allons tous.
234
Chapitre Dix-sept
Quatrième facette du diamant : la passivité active.
Quelle étrange injonction ! Ces deux termes dans une
seule action sont si opposables l’un à l’autre qu’il est
difficile d’imaginer, à l’inverse de la foi et de la religion,
pouvoir les associer, voir les complémenter.
Et pourtant…
La nature est le plus bel exemple de cette réalité. Tout
dans son fonctionnement, ainsi que dans la profusion de
vie qui l’anime, repose sur ce principe spirituel.
Elle ne fait aucun effort pour vivre et rester pérenne,
elle vit, tout simplement, dans l’élan de l’énergie qui la
fait vivre et se renouveler sans cesse.
S’il fallait la comparer à notre fonctionnement humain,
nous dirions que le seul effort qu’elle doive produire
pour rester ce qu’elle est, est celui de résister et de
survivre au mal que nous, les humains, lui infligeons par
notre gestion catastrophique et mercantile des
ressources que nous puisons en elle.
Rien de tout ce qui vit ne ‘fait l’effort’ de vivre, dans un
processus calculé d’avance. Animaux, oiseaux, plantes,
235
sous toutes leurs formes et dans toute leur diversité
vivent, tout simplement.
Ils le font de façon passive, au sens où nous pouvons le
comparer à tout ce que nous produisons d’efforts pour
tout gérer, contrôler, maîtriser.
Instinctivement, tout le vivant, en dehors de nous, s’en
remet à La Vie, à l’énergie universelle du Créant, pour
ajouter à chaque jour un autre jour, aussi longtemps que
cette Vie décide de rester en lui.
Ce faisant, la passivité du vivant participe activement à
être une partie de cette intelligence suprême qui a fixé
les bases et les mécanismes de la vie organique et
cellulaire, et contribue ainsi à laisser au Créant le soin de
veiller au bon fonctionnement de cette mécanique.
En quelque sorte, et c’est en ceci que nous avons à
prendre exemple, la vie cellulaire de tout ce qui fut créé
s’abandonne perpétuellement à ce qui chez elle relève
de l’instinct ou de la simple existence sans raisonnement
mais non sans interaction entre chaque facette, chaque
particule de vie.
C’est d’une certaine manière un acte de foi non réfléchi
mais induit par cette soumission aux règle du règne du
vivant, état qui donne au Créant toute liberté d’exercer
le plein potentiel de ce qu’Il Est pour entretenir cette vie
qu’il a créé.
236
Or, nous l’avons dit, tout créateur digne de ce nom ne
crée pas pour le seul plaisir de détruire, mais il aime ce
qu’il a créé et il en prend soin.
Ainsi, la passivité du créé devient la source de tout ce
qui s’active en lui et lui permet de vivre et de recevoir,
instant après instant, l’énergie et les ressources dont il a
besoin pour subsister et se reproduire ou se transformer
au bénéfice de l’ensemble du vivant.
En fait, et paradoxalement, c’est l’inertie résultant du
mouvement originel initié par Le Créant qui alimente
l’activité de toute vie.
Ceci doit nous apprendre et nous révéler une autre
grande leçon fondamentale : À l’instar de la nature, dans
sa totalité et dans son interaction avec la machinerie
céleste, nous devrions nous efforcer de ne produire
aucun autre effort que celui de… Nous laisser faire !
Voici un autre paradoxe surprenant du monde invisible :
Chacun de nos mouvements, chacune de nos décisions
n’entrant pas dans ce schéma produit un effet contraire
à celui voulu par l’Intelligence du Créant.
Une sorte d’ ‘effet papillon’, néfaste, qui contrecarre ce
qui se serait produit sans le dit mouvement.
237
Notre humanité, qui, dès les premiers instants de son
insignifiante existence au regard de l’infini du temps
cosmique, s’est accaparé le raisonnement que son
cerveau sut produire, l’utilise à tort pour alimenter ses
peurs, et s’agiter à contresens de ce que Le Créant fait
pour alimenter la vie dans son organisation globale.
Nous courons dans tous les sens, nous nous agitons
inutilement, nous alimentons des craintes dont il est
vérifié que 90 % d’entre elles ne sont pas fondées.
"Ce que je crains, c’est ce qui m’arrive", dit le psalmiste.
À l’évidence, de par ses paroles, il avait bien compris que
tenir un langage négatif produit du négatif.
Nous brassons du vent, et ce vent fait circuler dans
l’invisible une onde néfaste qui, en fabricant ainsi de
l’énergie négative, ronge le potentiel de puissance
spirituelle et d’harmonie universelle dont nous sommes
pourtant pourvus.
En nous replaçant face à la force tranquille de la nature,
nous pouvons mieux comprendre cette vérité et, à son
exemple, choisir de nous abandonner à la sagesse infinie
du Créant, qui jour après jour, depuis l’aube des temps
et jusqu’à leur achèvement, distribue sans cesse tout ce
dont l’ensemble du vivant, sous toutes ses formes, a
besoin pour vivre en harmonie, nous y compris.
238
De fait, accepter cet abandon, cette passivité volontaire,
c’est devenir productif, capable de capter, de catalyser
l’énergie universelle, qui donne en permanence à toute
forme de vie, dont celle que nous sommes, la juste dose
d’indispensable. Une fois de plus, ceci ressemble à une
redite, mais elle est indispensable à assimiler, d’où notre
insistance.
Nous avons oublié cela, et notre agitation nous fait nous
épuiser et nous entre-détruire, nous d’abord, et notre
environnement immédiat ensuite.
Il suffit pour s’en convaincre, de comparer le temps de la
vie humaine à l’échelle du temps de l’existence de notre
planète, puis de constater que nous, homo sapiens, ne
représentons sur cette échelle que les secondes les plus
récentes, et enfin, d’oser reconnaître que ces quelques
secondes sur l’horloge du vivant ont fait plus de dégâts
que les innombrables heures d’avant notre arrivée dans
la vie terrestre.
La faute à qui ? Au Créant ? Certes non !
Ce Créant dont l’amour, qui a motivé sa création, ne
s’impose jamais à ceux qu’il a dotés de raison et
d’intelligence créatrice, mais qui leur laisse le libre
arbitre, ne peut que constater notre inutile agitation et
les dégâts qu’elle provoque.
239
Au ‘Pourquoi alors nous laisse-t-il faire ?’, nous sommes
enclins à répondre que sa passivité envers notre vanité
participe, comme expliqué plus haut, à ce dont il se sert
déjà pour finaliser notre arrivée dans le monde invisible,
arrivée qui fut évoquée dans les chapitres précédents.
Pour revenir au propos, la facette du diamant de la vie
décrit dans ce chapitre renferme notre acceptation d’un
abandon volontaire et nécessaire à la réalisation des
projets du Créant pour notre bien-vivre.
Cesser de s’agiter constamment, c’est réaliser que
l’homme n’est pas fait pour cela, mais bien plutôt qu’il
est fait sur le modèle d’une création globale, qui ne sait
pas courir et s’agiter, mais se laisse vivre, et ce faisant,
participe à la pérennité de la vie.
Tout ce qui vient d’être écrit peut tenir en un slogan :
"Ne rien faire d’inutile, pour vivre mieux, et plus
longtemps."
C’est un des plus puissants secrets de la vie dans
l’invisible, secret qui nous dépasse mais qui permet
cependant à l’énergie originelle de transformer cette
passivité volontaire et confiante en un incroyable
potentiel d’énergie créatrice, avec des conséquences
bénéfiques inimaginables, y compris et d’abord pour
nous-mêmes.
240
La société dans laquelle nous vivons est celle que nous
nous sommes fabriqués, et ceux qui nous y cantonnent
dans un système établi nous détruisent et se détruisent
en annihilant toute possibilité de ‘faire autrement’.
Il existe pourtant, avec un brin de saine réflexion et,
disons-le, toujours davantage de courage, des moyens
de décider de ne pas nous laisser emporter par cette
course effrénée à l’inutile, de prendre conscience que
l’homme n’a pas été créé pour courir après du vent, de
décider de reprendre sa juste place dans le rythme
harmonieux de l’énergie universelle.
Commencer à y réfléchir, c’est commencer à s’apaiser, à
se déconnecter volontairement de la folle vanité des
hommes qui s’épuisent à courir après leurs chimères.
C’est entrouvrir une porte à l’Intelligence du Créant,
c’est lui dire : "Je décide de ne m’agiter que pour ce dont
j’ai été créé: Vivre sereinement et en harmonie avec la
vie universelle."
Affirmer cela, c’est aussi, contre toute attente et tout
raisonnement, s’apprêter à recevoir la vie abondante et
inépuisable émise par le monde invisible, c’est
permettre le ‘miracle’ de l’ouverture des portes du ciel,
c’est se laisser inonder de solutions pour une vie riche et
heureuse que le système humain ne sait, ne peut offrir.
241
Le Créant attend de nous cette folie de l’abandon, du
désir de ne ‘pas faire comme les autres’, et pour qui ose,
Il enverra des temps, des gens, des moyens de pouvoir
‘faire autrement ‘ que le commun des mortels.
L’homme est plus qu’un animal ou qu’un simple vassal
de son semblable, il est une transposition du Créant, un
peu de la Vie Originelle. Il ressemble à cette vie des
origines et n’a pas été fait pour vivre ‘tout à cent à
l’heure’. Sachons débrancher l’horloge !
Acceptons de nous abandonner à la douce sensation de
s’offrir le plaisir de ne rien faire, au moins de temps en
temps mais le plus régulièrement possible.
Rien d’autre que vivre le moment présent, sereinement,
en harmonie avec les pulsations de la Vie universelle que
le Créant fait vibrer dans la nature qu’il a créé. Laissons à
ses leurres l’agitation du monde, et redevenons passifs,
confiants, abandonnés à l ‘infinie sagesse cosmique qui,
elle, n’attend que cela pour déverser dans nos vies des
moyens de ‘vivre autrement’.
C’est le grain de folie à quoi ressemble cette nouvelle
facette du diamant de la vie sereine à laquelle, tous,
nous sommes invités. Un grain de folie en forme de
confiance sereine, sans tracas inutiles. "Lequel d’entre
vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une heure à la
durée de sa vie ? ", demande le sage …
242
S’agiter, c’est s’inquiéter et s’inquiéter, c’est dépenser
en vain une énergie aussi inutile que néfaste à tenter de
solutionner des situations que, selon le principe de la
parabole, seules nos inquiétudes fabriquent.
S’agiter (selon notre entendement) c’est empêcher le
Créant de prendre soin de nos vies, c’est nous priver de
le laisser agir, Lui, pour notre bien-être. C’est nous
priver, en la bridant jusqu’à la détruire, d’une
dynamique capable de faire naître toutes les situations
productrice de bénédictions, y compris celles matérielles
et financières.
Bien sûr, il faut travailler pour vivre… Quoique !
Bien sûr, il nous faut aussi répondre à des obligations,
professionnelles, familiales, relationnelles… Quoique !
Rien ne doit prendre la place de l’essentiel, et l’essentiel
réside dans cette acceptation d’un abandon volontaire
entre les mains du Créant, qui attend, avec une
impatience insoupçonnée, ces moments où, par notre
abandon et notre passivité, nous lui permettrons de les
transformer en une activité trépidante et génératrice de
vie pour nous et pour les autres.
La leçon de ce chapitre : La passivité active de la création
a fait perdurer la vie jusqu’à ce que l’agitation humaine
ne commence à la détruire. Que celui qui a des yeux
pour lire, lise et comprenne !
243
CHAPITRE DIX – HUIT
Cinquième facette : Merci la Vie !
Vous pouvez, à la lecture de ces derniers chapitres, avoir
la sensation persistante qu’ils se ressemblent tous plus
ou moins… Ce n’est pas faux, surtout si nous restons
dans l’idée de ce diamant, joyau multi facettes, qu’est
sensé représenter notre existence terrestre.
Rien dans un vrai diamant ne ressemble plus à une de
ses facettes que la facette voisine. C’est une répétition
d’aspects, identiques mais différents, unique pour
chaque facette, et complémentaires dans un ensemble
parfait.
Celle que nous abordons maintenant découle donc
inévitablement des précédentes et, puisqu’elle en
contient la substance, elle sera la dernière.
Ces différentes facettes ont d’ailleurs été suggérées
dans les autres chapitres, où était décrite la folie
humaine dans sa course à l’inutile. ‘Vanitas, vanitatum,
omnia vanitas’, disait l’Ecclésiaste, ou Qohelet.
Voilà bien un homme qui, après avoir joui de tout ce que
sa position sociale (Il était le Roi Salomon, excusez du
244
peu !) pouvait lui faire obtenir, a fait le constat que tout
était comme une vapeur, une buée, passagère et fugace.
Et cependant, il conclut ses propos, dans le livre du
même nom, par une ardente invitation à profiter de la
vie ‘avant que’ les circonstances qu’elle renferme n’en
viennent à nous priver de le faire.
L’autre injonction du sage consiste en une invitation à
nous souvenir… Mais de quoi donc, ou plutôt de qui ?
"De ton créateur", et précise-t-il : "Pendant les jours de
ta jeunesse…"
Celui que le roi Salomon appelait ‘‫’הו ה‬, un tétragramme
signifiant YHWH, le Dieu créateur de toutes choses, que
j’appelle dans cet ouvrage ‘Le Créant’, souhaite, pour
notre bonheur perpétuel mais aussi temporel, que nous
nous souvenions de Lui.
Il désire que nous entretenions ce souvenir avec un
cœur reconnaissant, conscients que toutes choses, et
par là-même, tout ce qui remplit notre vie terrestre,
viennent de ce que nous sommes habités par le souffle
de Vie, donc par Lui.
Eh oui, si vous ne l’aviez pas encore compris, la Vie et
donc notre vie, c’est la signature éternelle du Créant
dans notre enveloppe charnelle, et cette réalité doit
nous pousser à le remercier d’être en nous par le souffle
qui nous anime.
245
Si nous nous éveillons chaque matin, c’est parce qu’Il a
veillé avec amour sur ce souffle durant notre sommeil, si
nous pouvons nous mouvoir, respirer, voir, entendre,
réfléchir et décider, c’est encore parce que ce souffle
d’En haut nous anime.
Cette énergie inépuisable émanant du monde invisible
déjà évoqué est ce qui nous fait être vivants et agissants
sur la petite boule de poussière organique cosmique
qu’est notre planète.
Concevoir la Vie dans son entier, et la nôtre comme une
de ses multiples composantes, doit nous remplir de
reconnaissance envers l’énergie qui la dispense, depuis
l’étincelle du Big-bang que cette énergie a provoqué,
jusqu’à ce que la Vie sera bien après que les nôtres
auront disparu, diluées dans le temps cosmogonique.
La matière première de cette facette de notre ‘moi’ doit
donc être un vibrant, constant et continuel "Merci ! ".
Merci à La vie d’être, de se multiplier, se renouveler, se
diversifier, se décliner en tant de variantes, formes et
consistances, sur notre terre et partout dans l’univers…
Cela est vrai dans la totalité de ce que l’univers contient
de vivant, et cela l’est aussi pour notre merveilleuse
machine charnelle. Une merveille de technologie dont le
père du sage Qohelet, le roi David avait conscience
lorsqu’il rendait grâce (donc remerciait) à son ‘‫’הו ה‬,
Élohim, Yahwêh ou, pourquoi pas, Schem-Hamephorash,
246
pour les kabbalistes qui associent à YHWH les noms de
72 anges ou ‘Principautés célestes’ pour lui donner ce
nom composé, son ‘vrai’ nom, selon eux…
David, donc qui s’exclamait "Je te loue de ce que je suis
une si merveilleuse créature !"
Et c’est vrai que nous le sommes…
Une véritable ‘usine à gaz’, pour reprendre un terme
actuel, faite de cellules organiques, photo électriques,
nerveuses, enchevêtrées dans un extraordinaire réseau
d’interconnections vitales, qui agissent de manière
interdépendantes chacune avec une autre avec une
autre, dans un schéma qui, même s’il est toujours mieux
compris par les autorités scientifiques, n’en restera pas
moins une merveille de création où chaque partie la plus
infime a son utilité.
S’il fallait prendre chacun de nos organes séparément
pour le décrire et l’analyser en détail dans son principe
de fonctionnement, celui-ci serait une extraordinaire
source d’émerveillement, cellule après cellule et jusque
dans ses composantes microscopiques, il serait une
merveilleuse démonstration de l’œuvre magnifique et
magistrale du Créant.
247
Même si notre intelligence humaine s’évertue à montrer
les relations de cause à effet de chaque partie de notre
corps dans son fonctionnement organique, tout revient
et ramène à cet extraordinaire Créant Universel.
J’ai eu l’occasion de lire récemment un ouvrage sur
l’ordinateur personnel biométrique intégré’ qu’est notre
cerveau… C’est juste fabuleux de découvrir la complexité
si bien organisée de chaque alvéole, de chaque neurone,
chaque connexion électromagnétique, chaque transfert
de signal chimique dans ce réseau ‘câblé’ absolument
prodigieux qui réside dans notre boite crânienne.
C’est prodigieux de découvrir la perfection de cette
‘machinerie’ composée de quantités colossales de
terminaisons filaires nano-microscopiques aux rôles
ultra-précis autant que, pour chaque action, totalement
interdépendant avec chaque autre terminaison, qui
chacune communique avec un réseau spécifique qui
communique avec d’autres ensembles de réseaux …
C’est prodigieux aussi de voir de quelle manière chaque
élément, tout minuscule qu’il est (certains n’ont pas
encore pu être isolés pour une observation individuelle,
même avec les plus récents de nos microscopes à
balayage électronique) dans l’ensemble du cerveau,
communique avec un autre de manière à transmettre
l’information la plus utile et la plus juste.
248
C’est effarant de découvrir ce que pourrait être le
nombre exact de chaque cellule, rien que pour cette
formidable machine qu’est notre cerveau… Chiffré et
ajouté à l’ensemble complexe du conglomérat cellulaire
qui compose notre corps, cela se transposerai en un
total devant se transcrire en décillions, pour le moins ! (1
suivi de 60 zéros)
Notez que l’homme, dans sa presque infinie vanité,
invente, lui, des chiffres qui… Ne servent à rien ! Si, si !
La preuve ? Edward Kasner (USA) a écrit un livre intitulé
"mathématiques et imagination" dans lequel il pose le
nom d’un chiffre à 1 et 100 zéros appelé ‘Googol ‘…
Rien d’extraordinaire en soi puisqu’un Septendécillion
est plus grand (1 et 102 zéros). La suite a vu naître le
Googolplex : 1 suivi de ‘Googol zéros, soit :" 1 suivi de
10 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000
000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000
000 000 000 000 000 000 000 000 zéros !!! En supposant
qu’on écrive sans interruption 3 chiffres par seconde, il
nous faudrait environ 100 Quindécillions d’années pour
retranscrire intégralement ce nombre, soit 100 milliards
de milliards de milliards de milliards de milliards de
milliards de milliards de milliards de milliards de
milliards d’années ! En fait, aucune quantité physique ne
peut atteindre ce nombre, autrement dit : Il ne sert
strictement à rien !
249
D'autant plus qu'aujourd'hui les grands nombres se
notent en écriture scientifique à l'aide de puissances de
10 qui suffisent amplement aux scientifiques !" *
*propos tirés du site m@th et tiques.
Mathématiques, arithmétique, statistique, Pathétique !
Comment, après de tels chiffres, ne pas être enclin, en
ne parlant que du cerveau, à ne pas se perdre dans ses
pensées ?
Cela a au moins un mérite : Celui ne nous approcher, de
très loin encore, de cette immensité infiniment plus
infinie que ces chiffres inutiles, celle qui compose le
monde invisible, son Créant qui est le nôtre et qui réside
en nous, et donc de son incommensurable potentiel.
Aussi fou, futile ou simpliste que cela puisse paraître,
entretenir une attitude de reconnaissance envers La vie
et son Créant, nous place de fait au seuil de cet infini où
le champ du possible dépasse l’imagination la plus
débordante, un potentiel qui permet de toucher du
doigt le dépassement de la totalité de nos petits acquis
humains et limités, insignifiants.
Comprendre que nous sommes, au sein de cet infini si
fascinant, une part de cette immensité et donc une part
même de son Créant (La bible affirme que nous avons
été créés semblables à Lui !), nous rend tous capable de
puiser et d’exploiter la même énergie créatrice que celle
250
dont Il s’est servi pour créer l’étincelle originelle, pour
peu que nous désirions le faire avec cet esprit de
reconnaissance, de remerciement permanent qui nous
unis à la pensée originelle du Créant.
Dire merci à la Vie, c’est dire merci à Celui qui l’a fait
naître et Lui dire merci, c’est nous placer en personne
qui admet que tout vient de Lui.
Cet état d’esprit nous fait redevenir la créature née de
Lui et donc lui appartenant, ce qui induit de Sa part un
souci d’ ‘entretien’ dans le sens d’une maintenance de la
chose créée, (notre existence terrestre en fait partie
dans notre vie universelle –que la Bible évoque sous le
nom de ‘vie Éternelle’-), entretien également dans le
sens d’un dialogue, d’une réelle communication entre
Lui et chacun d’entre nous, individuellement d’abord,
communautairement ensuite.
Le Créant aspire à cet échange, à ce dialogue avec nous,
sa création, chacun pour notre part.
Si nous acceptons cette idée, il convient donc que le
début de ce dialogue avec La Vie, avec Le Créant,
commence par un "merci La Vie !", sincère et profond.
Combien ne savent plus dire merci pour le fait de se
réveiller chaque matin…
251
Bien sûr, pour beaucoup, leurs yeux s’ouvrent sur des
soucis, des douleurs, des problèmes, des questions sans
réponses, parfois mêlées de larmes…
Chacun de nous en a reçu, souvent, une large part, et
pour l’avoir reçu, a pu acquérir la certitude que rien de
nos difficultés terrestres n’est insurmontable si on choisi
de les confier à Celui qui nous place, tous et chacun, sur
le chemin de notre parcours terrestre.
Cela implique une chose : Savoir dire "merci " même
quand tout va mal, et cela, bien trop peu d’humains sont
disposés à le faire.
Pourtant, oser (car il faut du courage, voire un peu de
folie pour raisonner ainsi) le faire nous place en
bénéficiaires et non en demandeurs et nous permet de
voir les évènements difficiles avec un autre regard, (un
chapitre précédent a évoqué le ‘détachement’) posé
plus haut que la poussière du sol, fixé plus loin que
devant le bout de notre nez.
Vivre nos échec, nos ‘non-faits’, nos ratés et nos tracas
comme des cadeaux (des dons du ciel selon une
approche amérindienne) nous permets de les vivre sans
en souffrir plus que de raison, et donc sans faire souffrir
d’autres de cette déraison.
Cela nous aide à vivre notre parcours terrestre, si long,
riche ou banal soit-il, comme une école qui dispense des
leçons (nos échecs, directs ou indirects) pour nous
252
apprendre à recommencer, et à faire mieux la fois
suivante.
La Vie donne des cours qui ne s’inscrivent pas dans
‘notre’ calendrier humain, mais dans le sien, éternel !
C’est une école extraordinaire, car elle nous donne de
vouloir comprendre que nos échecs d’une période ne
sont rien de plus que des ‘parties remises’, et non des
actes manqués irréversibles.
Dire "merci" plutôt que "c’est pas juste" fait de nous de
bons élèves, patients, tenaces, prêts à recommencer
une, deux, trois ou autant de fois qu’il faudra pour faire
d’une objectif, même manqué à une date arrêtée par
nous, une pleine réussite plus tard, dans un calendrier
qui est devenu celui du Créant.
Dire "Merci La Vie", même après un échec, si douloureux
qu’il puisse être, nous donne un regard plus perçant que
celui de notre simple analyse humaine et rationnelle, et
l’envie de faire mieux la fois suivante. Notre bonheur
dépend de cela, il est conditionné par cette acceptation
ou, au contraire et avec des conséquences inverses, ce
refus d’apprendre les leçons.
Dire merci à La vie ouvre le champ de tous les possibles
et fabrique, sans même que nous nous en apercevions,
une ‘nouvelle occasion’ de faire à nouveau, en ‘plus
mieux meilleur bien’, selon mes mots peu académiques.
253
La nature est en ce sens la plus expressive des leçons de
Vie… imaginons, à cet instant précis, à un passereau qui,
patiemment, construit son nid pour accueillir sa couvée.
Il y consacre tout son temps, toute son énergie et s’y
applique consciencieusement… Il a presque terminé et
soudain, une tempête se lève, qui, en quelques
bourrasques, détruit le nid et le jette au sol… Que va
faire l’oiseau ? Se lamenter, s’arrêter de chanter ? En
vouloir à ‘ce qui a fait foirer son coup’ ? NON !
Il recommence, redouble d’efforts, se redonne à fond
pour atteindre enfin l’objectif : Un nid douillet où sa
femelle viendra donner, elle aussi, La Vie. Il vole, va et
viens, sans relâche, s’applique sans trêve ni repos…
À nouveau, le nid est sur le point d’être achevé, il va
pouvoir entonner son chant d’amour pour séduire la
belle. « Franchement, ce n’est que justice », dirions-nous
avec nos yeux humains.
Hélas, une fois encore, le sort s’acharne… Les humains
(une race, hélas, contre laquelle l’oiseau est totalement
démuni, juste dépendant de leur bon vouloir ou de leur
indifférence) viennent de couper l’arbre qui abritait son
patient ouvrage.
Qu’à cela ne tienne, dès les instants suivants, l’oiseau
recommencera, sur un autre arbre… Pour lui, l’objectif
ultime à atteindre reste le même, avec la même
254
méthodologie, et pour obtenir pour le même résultat,
un nid opérationnel, pas pour lui d’abord, mais aussi et
surtout pour celle qui remplira sa vie.
Dans sa ténacité, dans sa persévérance se trouvent le
but de ses efforts, et il maintiendra l’effort nécessaire
jusqu’à obtention de son souhait, quoi qu’aient pu être
les retards, les contrariétés, il ne vit que pour ça et il
parviendra finalement à ses fins.
Combien d’humains ont besoin de cette leçon de la vie !
Combien renoncent après une, parfois plus rarement
deux ou trois tentatives, invoquant les prétextes qu’ils
voudront trouver :
"C’était cette échéance, pas une autre ; J’avais tout
prévu, tout organisé ; Refaire n’est pas revivre le
moment manqué…"
C’était tout bonnement leur projection humaine du
projet, sans incorporer la dimension de l’invisible, celle
du Créant qui peut permettre, une, deux ou autant de
fois qu’il le faut, de ‘passer presqu’à le toucher’ à côté
d’un bonheur souhaité, d’un moment grandiose.
S’il le permet, ce n’est pas par sadisme mais pour nous
apprendre à attendre le meilleur moment, celui où la
fête sera encore plus belle.
255
Je sais de quoi je parle, pour avoir ressenti ce ‘loupé’
perpétuel durant plus de 40 ans… Je sais aussi que le
créant ne nous tiens pas rigueur de les lui reprocher.
Mes évènements récents m’ont amené, plus que jamais
auparavant, à accepter de ‘ne pas trépigner’ lorsqu’ une
proposition faite par les amis qui se reconnaîtront a été
modifiée par eux alors que j’y tenais comme on tient à
un rêve précieux.
La Vie a tout d’abord confirmé que ces amis-là étaient
les bons, ceux avec qui vivre la suite de mon parcours,
mais elle a aussi montré que ce que proposé en premier
lieu, si cela avait été, m’aurait complètement fait passer
à côté de quelque chose de bien plus fantastique
encore, que je ne pouvais pas imaginer alors.
En acceptant ce jour-là et ‘de bonne grâce’, sans râler,
une modification de localisation géographique, qui
semblait devoir me priver d’un ‘rêve éveillé’ que j’avais
souhaité toute ma vie, j’ai bénéficié de bien mieux !
Cette attitude résolument positive m’a crédité d’un
concret bien plus valorisant encore parce qu’il fait de
moi, là où il m’a placé, un instrument utile pour les
desseins du Créant, et par là même très concrètement
aussi pour d’autres vivants, ce qui n’aurait pas été le cas
de cette première option qui me séduisait tant.
256
Tout ce que La Vie ne permet pas est voulu, et ne pas
l’accepter nous prive juste de la sérénité permettant de
mieux vivre l’échéance suivante, qui se présentera si
nous ne refusons pas tout simplement qu’elle puisse se
présenter, « Na et bien fait, toc ! »
Quelle stupidité !
Quelle vanité de penser que tout tourne autour de ce
que l’individu désire.
Quand le Créant atermoie nos projets, c’est pour les
rendre plus beaux, plus grands, plus flamboyants et pardessus tout, pour en faire une matière première au
bonheur de plus de bénéficiaires que son seul petit
égoïsme personnel.
Merci La Vie pour tout ce que tu ne nous donnes pas ‘en
temps et en heure’ selon nos desseins, mais que tu
prépares le temps qu’il faut selon les tiens ! Le cadeau
est tellement plus beau quand il s’est fait attendre !
257
Épilogue.
On pourrait écrire quantité d’autres pages pour étayer
l’ensemble de ces propos, on pourrait entrer dans des
explications plus complexes, en tenant compte d’une
multitude de paramètres et autres cas de figures, du
style "Oui, mais si…", "Entièrement d’accord, cependant
moi je…".
Cela ferai des milliards de pages supplémentaires,
correspondant chacune au cas particulier qu’est chaque
individu, avec son histoire, son vécu personnel et ses
projets, influencé par son parcours terrestre qui a
conditionné inquiétudes, doutes, questions, attitudes,
espoirs, chacun de ces aspects pouvant être justifié
autant que sujet à caution.
Le but de cet essai n’est pas de dresser cet inventaire, au
demeurant irréalisable, mais bien plutôt de contribuer à
faire comprendre que nous sommes, chacun pour notre
part, une dualité et non pas une individualité.
Nous sommes ce que nous percevons de nous-mêmes
dans le monde physique, mais aussi et surtout ce qui
anime la vie qui nous traverse, le souffle de Vie, donné
par le Créant.
Dans le monde invisible, celui de ce souffle de Vie, se
trouve notre origine et notre destination.
258
Ceci dans le sens de ce qui nous donne la vie. -je parle
ici non pas des mises en œuvres ‘techniques’ qui ont fait
apparaître les premières cellules vivantes dans l’univers,
mais de l’intention originelle.Le trajet global passe par l’étape ‘vie terrestre’ et il nous
appartient d’en appréhender la valeur et surtout, d’en
faire un passage constructif.
Nous n’ allons pas redire tout ce qui vient d’être écrit
dans cet ouvrage, mais vous avez compris que chaque
action appelle, sinon provoque, une réaction et que
cette état de fait produit le fruit de la décision prise au
moment de l’action.
Dès lors, chacun est seul et unique responsable de sa
vie, et laisse après lui un témoignage de celle-ci, de par
les choses qui émanent de lui.
L’arbre produit le fruit, la cause produit l’effet, le choix
produit la conséquence du choix.
Comme l’arbre sera prolifique s’il grandi dans la terre qui
lui convient, ou rachitique s’il pousse dans un sol
inadapté à ce qu’il est, chacun de nous porte les fruits de
ce qui l’habite.
Miracle botanique (pour rester dans l’image utilisée), cet
arbre qu’est chacun d’ entre nous a en lui un pouvoir
extraordinaire :
259
Celui de pouvoir auto-évaluer sa propre production de
fruits, non seulement selon ses critères, mais aussi selon
les critères de l’attrait qu’il suscite.
Là encore, la poursuite d’explications détaillantes serait
vaine, tant nous sommes portés, tous, à justifier ce que
nous sommes.
Si l’arbre est bon, ceux qui en découvrent les fruits en
seront gourmands, y reviendront pour s’y nourrir, et le
feront très probablement en amenant avec eux d’autres
gourmands.
(Pourvu que les premiers goûteurs aient, eux aussi, ce
côté ‘bon arbre’, vous voyez comme tout dépend de ce
que nous sommes !)
Si l’arbre est mauvais, quoi qu’il puisse porter, cela ne
sera pas mangeable, ou si ça l’est, de premier abord,
cela sera indigeste ensuite, ou toxique… Dans tous les
cas et d’une manière ou d’une autre : Néfaste.
Cette auto-évaluation, si elle est faite avec droiture de
cœur et honnêteté, va nous montrer ce qui doit être
modifié, en nous aidant du regard des autres et de leur
critique constructive (mais là encore, il faut que l’autre
soit aussi un ‘bon’ arbre…).
On peut ainsi tergiverser pendant des heures ou durant
une vie entière, cependant, l’arbre végétal nous donne
260
une grande leçon : Même si dans les graines qu’il porte,
son fruit sert à sa multiplication, ce fruit n’est utile que
s’il nourrit les autres.
C’est d’ailleurs une autre leçon de la nature que donne
l’arbre: Si les fruits s’accumulent à son pied après leur
chute, le sol sera tôt ou tard rendu acide au point de
faire mourir l’arbre lui-même.
Autre cas de figure : Les boutures au pied de l’arbre, en
grandissant, l’affaibliront jusqu’à l’épuisement.
Autre image : l’arbre est trop chargé en fruits non
distribués et il casse…
Nous resterons dans une interprétation simpliste, sans
tenir compte des ‘exceptions’, ni des cas particuliers.
L’arbre donne donc des fruits pour que d’autres en
soient au bénéfice, sans quoi il se met en danger.
Qu’on vienne cueillir son fruit ou qu’il soit disséminé
ailleurs (par ingestion ou d’autres moyens divers et
variés) et il pourra rester un repère et une référence en
matière de capacité à produire, à nourrir, bref, il joue
son rôle pour le bien des autres et grâce à eux (hommes
ou animaux).
De la même manière, notre existence terrestre est un
arbre qui n’est beau, utile et prolifique que s’il sait
261
donner aux autres. Le Créant l’a voulu ainsi, et qu’on le
veuille ou non, qu’on accepte ou pas, cet état de fait ne
changera rien, ni à la manière dont notre vie doit se
dérouler, ni à l’image que nous donnons.
Le choix nous appartient de vivre comme nous le
souhaitons, mais chaque décision, chaque attitude et
chaque moment dit ce que nous sommes vraiment.
Cela est vrai dans le déroulement de notre intimité
individuelle, cela est tout aussi vrai dans notre relation
envers l’autre.
L’arbre est notre enveloppe charnelle, ses racines le
maintiennent dans le terreau de notre existence
terrestre, et tout ce qui grandit le fait en allant vers le
haut, vers la lumière. C’est dans cette lumière que doit
vivre tout ce qui entoure l’arbre que nous sommes, et
envers qui notre raison d’être est d’être prolifique et
généreux, sans quoi nous ne servons qu’à peu de chose.
Quoi que nous décidions d’être, tout ce qui sera produit
sera le fruit que nous portons, avec, pour chacun, vivant
parmi les vivants, la capacité de décider de se servir en
premier ou de penser d’abord aux autres.
Quand on sait, (merci les statisticiens) qu’il y a sur terre
largement de quoi pouvoir aux besoins vitaux de trois
fois la population humaine mondiale actuelle, et, au su
des exemples ahurissants de gaspillages évoqués dans
262
les chapitres précédents, gaspillage perpétré par la
vanité de seulement 5% de la population totale, on se
rends compte que le monde pourrait avoir une toute
autre tournure.
Quand on sait que le moteur de l’humain est alimenté
par la peur s’il ne puise pas ses ressources dans la
sérénité du Créant, on comprend aussi la genèse de tous
les conflits, guerres, et autres drames humains.
Quand on sait que le Créant a donné, par divers moyens,
des ‘modes d’emploi ‘ harmonieux de notre court
passage terrestre, on réalise qu’il nous appartient de les
rechercher comme on recherche un fabuleux trésor, et
lorsque les ayant trouvés (car ce trésor se laisse toujours
trouver), de les mettre en pratique, en appliquant les
règles d’or qui furent évoquées.
Quand on sait que l’humain, influencé par le ‘côté
obscur de la force’ (Merci Steven Spielberg !) prétend
enfermer le Créant dans sa compréhension humaine, on
comprend l’abîme qui sépare la Foi ‘confiance’ de la
religion, toutes étiquettes confondues et on prend le
temps de bien regarder si la vie du religieux colle au
message qu’il donne ou prétend donner.
Quand on choisi, pour vivre sur cette terre l’épisode
qu’est notre brève existence terrestre, les saines valeurs
présentées dans ces pages, on devient alors le reflet,
bien plus, le prolongement de la volonté du Créant, et
263
on comprend que notre passage ici-bas ne sert qu’à
préparer la suite de notre vie, issue, participante et en
route (Transeúnte) vers la Vie infinie qui est la nôtre et
que nous rejoindront après notre vie ‘hevel’ (vapeur,
buée) en hébreu, ce souffle fugace qui anime la ‘tente
terrestre’ qu’est notre corps.
Puisque nous le pouvons tous, osons choisir ce qui est,
dans notre monde dit ‘moderne’, de plus en plus inusité,
hors de propos, passé de mode : Le don de soi, le souci
de l’autre, la satisfaction du juste nécessaire, qui permet
de redistribuer le surplus.
Curieusement,(certaines émissions télévisées - pour les
quelques-unes, rares, qui sont encore un tant soit peu
digne d’une audience attentive- le démontrent de façon
magistrale) ce sont les peuples les plus démunis, avec la
vie la plus simple et la plus proche de la nature qui
savent le mieux mettre en pratique ces valeurs.
Avec ce constat, saurons-nous comprendre, nous, ‘gens
civilisés’, que nous ne sommes en fait que des pions,
manipulés par un système qui nous rend dépendant du
‘progrès social’ qui n’est en fait qu’une régression des
vraies valeurs ?
Saurons-nous tous enfin choisir, (après avoir compris, à
l’observation des lois de la nature, que tout arbre ne
peut donner que son fruit) de devenir de ‘bons ‘arbres,
portant des fruits succulents et plaisants au goût ?
264
Saurons-nous donner à notre vie son véritable sens en
l’orientant vers l’intérêt de notre prochain d’abord ?
La question est posée à chaque humain, en lui laissant le
choix. Le Créant, Lui, attend la réponse et validera le
choix, qui passé le temps de notre parcours terrestre,
sera rendu irrévocable.
Nous l’avons déjà fait dans cet ouvrage, mais nous ne
pouvons terminer sans reprendre une parole du Christ,
qui, lorsqu’il la prononçait, invitait toujours à la réflexion
autant qu’à la remise en question.
Lui disait : "Que celui qui a des oreilles pour entendre
entende !", et cette phrase enjoignait à comprendre plus
que ce qui venait d’être entendu.
Ici, dans le même esprit, nous disons : "Que celui qui a
des yeux pour lire, lise et mettre en pratique !"
Pour ne pas faire de jaloux, et parce que le Christ ne fut
pas le seul à parler vrai, laissons aussi, pour conclure, la
parole à Bouddha qui, bien avant lui a dit ceci entre
autres vérités :
« Les hommes qui perdent la santé pour amasser de
l’argent et qui, ensuite, dépensent leur argent pour
récupérer leur santé, les hommes qui, pour penser
anxieusement au futur, en oublient le présent de telle
manière qu’ils finissent par ne vivre ni le présent ni le
265
futur, ces hommes-là vivent comme s’ils ne devaient
jamais mourir et meurent sans avoir jamais vécu ! »
L’auteur et cher grand ami Georgius Huxwell dirait sans
l’ombre d’un doute : « Comme quoi Jésus n’était pas le
seul à ne pas dire que des conneries ! »
Je dis, moi, souvent ceci, à ceux qui se tracassent pour
des futilités matérielles, relationnelles, ou qui font des
montagnes d’une taupinière, des mois avant que cette
taupinière n’émerge dans leur vie : « la vie est déjà assez
compliquée comme ça, ne lui facilitons pas la tâche ! »
« À chaque jour suffit sa peine et demain prendra soin
de lui-même », a dit le Christ bien avant d’ autres…
Et Dieu sait à quel point il avait raison.
Merci d’avoir lu jusqu’au bout !
266
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