Formation CongoRecensementSeptembre2010

Formation CongoRecensementSeptembre2010
Commune d’Ixelles
Arrondissement administratif
de Bruxelles-Capitale
Commune de Kalamu
Ville-province de Kinshasa
Recensement de population : Définition,
Objectifs, élaboration
Chargés de Formation :
Anne BRAEKMANS
Franco LADU
avec l’aimable collaboration de Madame Aude LONGEVAL
Responsable des services de Population de la commune de Watermael-Boitsfort
Septembre 2009
1° DEFINITION
Un recensement est par définition une photographie de la population et de caractéristiques
préalablement définies relatives à celle-ci à un moment précis.
Deux recensements ne seront jamais organisés tout à fait de la même façon. En effet, les
variables sont nombreuses : type de données à recueillir et finalités de celle-ci, compétence des
agents recenseurs, territoire à couvrir.
Dans le cas qui nous intéresse nous parlerons de recensement de population. Celui-ci peut se
définir comme l’ensemble des opérations consistant à préparer et à procéder à la récolte
des données démographiques et socio économiques d’un pays, d’un région ou d’une
quelconque entité territoriale déterminée pour ensuite enregistrer, codifier, traiter et
publier ces données sociales.
Pour exemple : on parlera dans d’autres cas d’un recensement de l’habitat : « l’ensemble des
opérations qui consistent à recueillir, exploiter, évaluer, analyser et publier ou diffuser des
données statistiques se rapportant, à un moment donné, à tous les locaux à usage d’habitation
ainsi qu’à leurs occupants, dans un pays ou une partie bien déterminée d’un pays.»
Type de Recensement de population
Si la population est recensée par rapport à sa résidence habituelle on parlera de recensement de
droit. Dans le cas de Kalamu, c’est ce choix qui devrait prévaloir.
Si les organisateurs du recensement décide par contre de recenser l’ensemble des individus
présents sur le territoire au moment du dénombrement on définira cela comme un recensement
de fait.
On parlera également dans un contexte de récolte de données beaucoup plus large (dépassant la
simple étude démographique ou au contraire plus ciblée (limitée à un domaine d’étude) non
plus de recensement mais d’enquêtes socio-économiques.
En Belgique, de 1846 à 1991, l'organisation des recensements décennaux était confiée au
niveau communal aux services de la Population (agents recenseurs). En 2001, une enquête
socio-économique a été menée au moyen de formulaires qui sont parvenus à tous les ménages
de Belgique par voie postale. Le rôle des services de la Population s'est borné à fournir des
formulaires vierges aux personnes n'ayant pas reçu ces documents.
Nous reviendrons sur ces deux méthodologies différentes.
En Belgique, c’est la loi du 2 juin 1856 qui constituera la base légale de la tenue des registres
de la population et instaurera cet enregistrement systématique des habitants. Cette loi donne
obligation aux communes de tenir des registres de la population.Des registres de population
sont constitués d’après les résultats du recensement général du 15 octobre 1846.
Le Congo connaît également ce type d’organisation avec l’existence de registres d’état civil, de
registres parcellaires. A plusieurs reprises des recensements de la population ont été menés à
bien (ex : recensement général de 1970). Le prochain recensement national serait prévu en
2011 avec le soutien de l’ONU. Le problème résidant dans le fait que les différentes périodes
de troubles qu’a connu le pays ont provoqués la perte des archives conservées, une
déstructuration des systèmes de fonctionnement administratif permettant un recueil et une
conservation de ces données.
Suivant les recommandations des Nations Unies, chaque pays devrait organiser un
recensement général de la population tous les dix ans. Beaucoup de pays connaissent des
difficultés à assurer ce rythme et une pleine gestion des domaines qui sont étroitement liés à la
notion de population notamment la politique sociale ou l’état civil. Domaines pourtant
indissociables de la notion d’intérêt général ainsi que de l’intérêt particulier du citoyen.
Comment un état peut-il mener une politique sociale efficace sans connaître les caractéristiques
de sa population ? Comment peut-il définir les objectifs et les moyens à mettre en œuvre pour
ses projets de développement ?
OBJECTIFS
Toutes les nations, tous les Etats depuis la nuit des temps ont manifesté la volonté de
comptabiliser leur population, ses différentes composantes ainsi que ses mouvements.
Cette situation résultait du désir, de la part de ces états, d'avoir une idée précise des ressources
dont ils pouvaient disposer tant sur le plan des taxes à percevoir, de la main d'œuvre disponible
pour la réalisation de certains travaux ainsi que pour la conscription.
Le but de ces enquêtes, comme de toutes notion d'enregistrement de la population, est
d'appréhender la structure de cette population et de permettre à l'état de rationaliser sa politique
économique, fiscale mais surtout sociale.
Avant tout, le Recensement est un outil puissant qui a pour finalité essentielle de fournir aux
pouvoirs publics les données nécessaires à l’adoption de certaines décisions d’ordre politique
et administratif. La planification du développement national dépend largement des statistiques
disponibles (démographiques et socio-économiques)
Au niveau communal, il permettra de mieux connaître les réalités socio-démographiques des
populations qui résident sur le territoire de KALAMU et aura un rôle essentiel de recensement
pilote. Un banc d’essai pour le recensement national prévu en 2011 ainsi que pour l’élaboration
des fichiers des électeurs à l’occasion de la préparation des prochains scrutins.
Les objectifs et finalités d’un recensement sont souvent diverses et multiples.
Pour exemple :
-
Base à la création de registre de population.
Recueil de données en vue de préparer des évènements d’utilité publique (élections,
campagne de vaccination, Sensibilisation à la scolarisation……
La manière dont l’organisation et la gestion du recensement sera pensée et mise en place
dépendra des objectifs que l’on veut atteindre, des produits que l’on souhaite élaborer avec les
données obtenues (bases de données générales (registres de population) ou spécifiques (liées au
taux de scolarisation, dédiées à la problématiques des personnes handicapées), rapports
concernant l’urbanisation ou au contraire le développement rural….) .
Dans le cas de Kalamu, l’objectif clairement visé sera de recueillir des données sur les
habitants de la commune, leur répartition en classes d’âges et par sexe, la composition des
ménages mais également l’état civil de ces personnes. En effet, ce recensement permettrait de
vérifier si les citoyens ont bien fait enregistrer ou célébrer leur mariage à la commune et s’ils
ont déclaré leurs enfants. L’on pourrait dès lors cibler plus directement les personnes ayant
omis d’effectuer ces démarches et les sensibiliser lors de campagnes ultérieures.
Les données recueillies renouvelleront les bases de données que sont les classements de fiches
parcellaires et serviront de base à leur gestion future en tant que véritables registres de
population. Des données seront par ailleurs recueillies concernant les personnes ayant été
vaccinées, sur le nombre de personnes touchées par un handicap ainsi que sur la scolarisation
des individus recensés. L’analyse de ces données pourra ainsi dans l’avenir faciliter les
campagne de soutien à la population dans ces domaines.
METHODOLOGIE
La tenue d’un recensement tient avant tout de la gestion de projet. Comme tout projet, les
éléments dont ils faut tenir compte sont multiples:
-
Dispose-t’on déjà des données relatives à la population à recenser et quelles types de
données souhaitent t’on recueillir ??
-
Définition des objectifs que l’on désire atteindre par ce recensement et le recueil des
données qu’il engendrera
-
Définition des cellules territoriales que couvrira le recensement.
-
Etude de la manière dont les données seront ordonnancées, conservées et mises à jour
après recueil.
-
Etude du délai et de la période prévue pour la tenue du recensement
-
Etude des moyens matériels et humains nécessaires pour la gestion du projet et son
contrôle. « voir modèle ci-annexé »……..
Il s’agira avant tout de définir les objectifs et les résultats attendus. Ensuite, on étudiera et on
dégagera les moyens organisationnels, humains, matériels et financiers nécessaires, ainsi que la
stratégie à mettre en oeuvre pour aboutir aux objectifs escomptés. Cela nécessitera donc une
estimation pointue des ressources en temps, matérielles et humaines nécessaires ainsi que leurs
interactions nécessaires à la réussite de l’entreprise.
Un Recensement parfait est matériellement impossible à réaliser, car de nombreuses erreurs
peuvent être dues à de multiples facteurs :
-
réticence de la population à répondre,
-
problème de logistique,
-
mauvaise connaissance du territoire couvert par le recensement……..
Tout recensement va se dérouler en 3 phases :
1) La phase de préparation
2) La phase de dénombrement
3) La phase d’exploitation et de publication des résultats
PHASES
PHASE 1 : PREPARATION DU RECENSEMENT
BASE LEGALE
Pour la tenue des opérations du recensement, il est primordial de faire promulguer une
législation. Cette législation légitimera les opérations du recensement et ses acteurs auprès de
la population. Sans cela, les recenseurs et la structure qui les encadrent ne seront pas habilités à
demander des renseignements, à recueillir des données qui par essence même ressortent de la
vie privée. Dans le cadre du projet qui nous intéresse, l’autorité politique de Kalamu, en
l’occurrence le Bourgmestre, avec l’appui de la tutelle du Gouverneur et de l’autorité
provinciale devra prendre un arrêté qui sera publié et porté à la connaissance de la population.
Seront notamment définis dans la législation les éléments suivants :
a) Les principes d’organisation du recensement (Durée, planning, Type de recensement, Types
de données recensées, principes de recrutement……)
b) Les modalités de supervision et de contrôle de la phase opérationnelle du recensement
c) Les obligations de la population
d) La spécification et la garantie du respect de la confidentialité des données.
e) Les obligations et les compétences des acteurs du recensement
DEFINITION DU PLANNING ET DE LA DUREE
Comme nous l’avons dit, le recensement de la population est une photo des caractéristiques de
cette population à un moment donné et dans des limites territoriales fixées. Plus le temps
d’exposition sera long, plus le résultat sur la pellicule sera différent. Un caractéristique
essentielle : les organisateurs d’une recensement ne peuvent pas perdre de vue que la phase de
dénombrement et de récolte des données ne peut être trop longue du fait même de la
péremption des données (ex : due notamment au mouvement de population). Certains
recensements se font en un jour mais il ne faut pas perdre de vue que le choix d’une durée à
des conséquences lourdes sur l’organisation et la logistique nécessaire à la réussite du
recensement. Pensons simplement au fait que si la planification du recensement prévoit un
délais très court, il est clair qu’il sera nécessaire de recruter plus d’agents recenseurs, plus de
chefs d’équipes, plus de contrôleurs. Dans le cadre de notre projet, la commune de Kalamu
pourrait choisir une solution moins contraignante en planifiant la récolte des données sur une
durée d’un mois.
L’ETUDE DU TERRAIN ET LA CARTOGRAPHIE DE L’ENTITE A
RECENSER
Une connaissance approfondie du territoire dans lequel se tiendra le recensement est une
condition sine qua non et passe dans une majorité de cas par l’élaboration ou la réactualisation
(ex : positionnement des édifices et des unités d’habitation de l’ensemble du territoire de la
cartographie de cette entité). Dans certains cas l’existence de ces cartes pourra être compensée
par une connaissance approfondie du terrain par les agents recenseurs qui seront dans ces cas
partie prenante de cette réactualisation. Cette situation nécessitera un contrôle plus pointu et
bien plus ardu. Les cartes utilisées ou les bases de données (types adresse….) éviteront
notamment que des secteurs ou des ménages ne soient pas recensés. Ils permettront la
délimitation de district de recensement voire une première estimation du nombre de ménages et
notamment la gestion des ressources humaines et matérielles liées à ce partage en district et au
projet qu’il sous-tend.
L’objectif principal de la cartographie dans le cadre d’un recensement est de produire les cartes
pour l’organisation du dénombrement et la collecte des données, une véritable base d’appui
pour le dénombrement et son organisation. A noter que certains pays utilisent maintenant pour
la délimitation de leur district des photos satellites de l’entité territoriales à recenser obtenues
via Google Earth.
Techniques :
- Photos satellites
- Photos aériennes
- Mises à jour via des fichiers de l’administration
- Croquis par les agents recenseurs
Le succès de la phase de collecte des données est fortement conditionné par la réussite des
travaux cartographiques et le découpage des districts de recensement.
Un avantage dans une commune comme Kalamu est la division en une structure administrative
forte dotée de districts déjà fortement établis et structurés :ses 18 quartiers .
COMMUNICATION ET SENSIBILISATION
La sensibilisation visait à mobiliser toute la population autour projet de recensement. Cette
sensibilisation doit être l’affaire de tous les acteurs du recensement que ce soit la tutelle
provinciale, les autorités communales politiques et administratives ou encore l’agent recenseur
dans son quartier. Elle est un élément primordial de la phase de préparation mais doit être
maintenue tout au long du déroulement des opérations afin de permettre à la population de
recevoir un maximum de renseignements en priorité sur les objectifs et les résultats escomptés
du recensement. L’objectif primordial de la campagne de sensibilisation est d’amener la
population à adhérer au recensement et à contribuer à sa réussite, en répondant avec franchise
aux questions qui lui seront posées lors de l’opération de collecte des données. La campagne
doit également contribuer à mobiliser les ressources humaines, matérielles et financières
nécessaires à la réalisation des opérations prévues.
Mettons en évidence que cette sensibilisation fonctionnera d’autant mieux que l’on fera
ressortir les éléments concrets positifs (plus-value sociale (scolarisation, protection maternoinfantile….) que les résultats et les produits du recensement apporteront à la population mais
également que les canaux de communication seront multiples :
-
communication officielle communale
presse locale
annonce sur marché (mégaphone)
affiches, banderoles
mises à contribution et information des cercles d’influence (notable, commerçants….)
information par tournée des écoles
bouche à oreille dans les districts (tournée d’information par chefs de quartier ou agents
recenseurs………)
GESTION DES RESSOURCES HUMAINES
Un projet tel qu’un recensement ne peut pas se départir d’une gestion minutieuse des
ressources humaines nécessaires à son fonctionnement.
Les éléments primordiaux que les organisateurs du recensement devront gérer en termes de
gestion du personnel sont :
- Elaboration de profil de fonctions : Définition des tâches,
compétences…
Attention : une description simple et concrète est primordiale
des responsabilités et des
Ex :- Recruter et former les agents recenseurs et les contrôleurs de la commune
- Coordonner les activités de collecte des données dans la commune
- Contrôler et superviser le travail des contrôleurs et des agents recenseurs
- Gérer le matériel et le personnel du recensement affecté à la commune.
- Définition d’un organigramme :
Direction des opérations
Tutelle
Direction politique
Direction administrative
Agents controleurs
Coordinateur
Agents recenseurs
Agents de saisie des données
- Recrutement : Contrôle de compétence
Modalités d’organisation du recrutement : canaux de recrutement, contrôle de l’adéquation
des compétences avec le profil de fonction
- Formations des acteurs du recensement :
Les formations viseront à assurer un maximum d’adéquation entre les compétences des agents,
leurs profils de fonctions et les objectifs fixés dans l’exécution des différentes activités
programmées sur l’ensemble du recensement. Des supports de formation seront prévus
reprenant les éléments suivants :
-
définition de la fonction
définition du recensement, de sa base légale, de ses objectifs et résultats escomptés.
Eléments liés au comment être et à la communication dans l’exercice de la fonction
Descriptions des outils et documents nécessaires à l’exercice de la fonction +
explications relatives à ceux-ci.
Ex : Manuel de l’agent recenseur
ELABORATION,
PREPARATION
DOCUMENTS TECHNIQUES.
ET
FINALISATION
DES
Considérant la complexité d’une opération telle qu’un Recensement de Population, le nombre
élevé de personne impliquée dans le processus, il est primordial que durant la phase de
préparation, on élabore tous les documents techniques nécessaires aux tâches à exécuter.
Certains de ces documents indiquent les différentes étapes de l’opération, l’étendue des tâches
à exécuter ainsi que leur marche à suivre, l’organisation, les techniques, les attitudes à adopter.
Dans le cas qui nous concerne à KALAMU : nous pouvons identifier les documents suivants :
-
Manuel d’instructions aux Agents Recenseurs
Base légale et objectifs du recensement
Manuel d’instructions aux chefs d’équipe ou aux contrôleurs
Fiche de Recensement + explications et règles pour le remplissage + Questionnaire
(Voir Fin du présent fascicule)
Fiche Parcellaire
Document Ménage recensé
Le document de projet du Recensement de la Population
Cartes par quartiers
Le Manuel d’Organisation du Recensement Général de la Population et de l’Habitat
(ONU)
Le Plan de Logistique
Le Plan de Sensibilisation de la population
Le Manuel d’Instruction aux Opérateurs de dépouillement (Elaboration des fiches
parcellaires
Le Manuel d’Instruction aux Opérateurs de Saisie (Informatique)
Le Plan et règles de gestion des données
Le Plan d’archivage
LOGISTIQUE
Que recouvre cette préparation logistique ?
Tous les éléments matériels ou d’organisation qui par leur gestion et la mise en place d’un plan
logistique permettent au projet d’être finalisé et d’atteindre ses objectifs :
- Batiments :
-
Matériel et fournitures :
-
Canaux de communication :
-
Impression et stockage des documents techniques :
-
Récupération et stockage des fiches de recensement en vue de leur traitement :
-
Techniques et modalités d’archivage et de sécurité des données :
PHASE 2 : DENOMBREMENT
Il s’agit de l’étape de la récolte des données. Il s’agit d’une phase extrêmement concrète au
cours de laquelle les données sont récoltées au sein de chaque ménage installé dans la
commune les informations prévues sur la fiche de recensement. Le rôle des agents recenseurs
est ici primordial de part le niveau de qualité des données qu’ils vont recueillir dans leur
district de recensement. Pour garantir cette qualité, des contrôles seront effectués par les
superviseurs dans les ménages déjà recensés et cela tout au long de la phase de dénombrement.
S’il s’avère que des fautes sont commises ou des documents techniques inadéquats, les
mesures rectificatives sont prises immédiatement. Les contrôles se poursuivent après cette
phase par une enquête qui aura pour but de mesurer l’exactitude des données du recensement
en vue d’évaluer le taux d’erreurs et de couverture du recensement.
Eléments importants pour notre recensement :
- Division en districts si possible cartographiés
- Nombre de ménage par agents recenseurs clairement défini
- Contrôle pyramidal permanent par la tutelle, la direction communale
(politique et administrative), les contrôleurs…
- Pas de dénombrement de groupes (que ce soit de parcelles,
d’habitations ou de personnes)
- La collecte des données se fera à KALAMU selon la méthode de
l’interview directe. Des agents recenseurs se présenteront dans chaque
ménage de leur district de recensement après avoir suivi une
formation afin de poser à leurs membres les différentes questions
prévues. Les réponses obtenues à ces interrogations seront notées sur
les fiches de recensement élaborées à cette fin.
Remarques
En matière de recensement, il existe trois grandes techniques : l’interview, le
remplissage des fiches par les citoyens puis leur collecte ou un mélange des deux.
- L’interview consiste en ce que l’agent recenseur remplisse lui-même la fiche suite
aux questions posées aux habitants de la parcelle étudiée.
Cette méthode a pour avantage de permettre que les informations soient recueillies de manière
uniforme, sans qu’il soit nécessaire de revenir chez les personnes interrogées à plusieurs
reprises. L’inconvénient est la charge de travail de l’agent et le temps qu’il risque de prendre
pour interroger adéquatement la personne responsable.
1) Le remplissage des fiches par les citoyens permet de confier la fiche à la personne
responsable et de la récupérer complétée. Si cette distribution peut être rapide elle n’est
pas sans poser problème. En effet, toutes les personnes ne maîtrisent peut être pas
suffisamment l’écrit pour pouvoir remplir le document. De même si le document est en
français, cette langue n’est pas utilisée ou comprise par tous. De plus cette technique
exige que l’on vienne rechercher les documents ce qui engendrera un double
déplacement, sans compter les pertes, ratures, documents illisibles et autres. Enfin, le
nombre de fiches mal ou erronément complétées risque d’être sensiblement plus élevé
que si elles l’avaient été par un agent.
2) Le mélange des deux techniques peut s’envisager. Il s’agirait alors de déposer les fiches
chez les personnes et ensuite d’aller les récupérer en vérifiant et en complétant sur place
les données manquantes.
Des mesures particulières seront impérativement prises selon qu’ils s’agissent de militaires en
caserne, de communautés religieuses ou encore de personnel sous statut diplomatique.
PHASE
3 : ENCODAGE, ANALYSE ET EXPLOITATION DES
DONNEES
Lorsque les agents recenseurs en auront terminés avec le dénombrement voire même dès que
certains districts seront terminés : le contrôleur de District devra contrôler systématiquement
les questionnaires remplis par ses Agents notamment en refaisant des enquêtes sur place.
Lors de l’enregistrement dans un premier temps sur fiches parcellaires (deux fois= 1
exemplaire dans les quartiers et 1 exemplaire au service de population. Ces nouveaux registres
de population devront être maintenus à jour par la mise en place de procédure de gestion et de
suivi de la population, de ses caractéristiques et ses mouvements.(Suivi des départs et des
arrivées à Kalamu, naissance, décès). De simple photo, les données du recensement se
transformeront en film vidéo continu.
Il faudra également gérer l’archivage des fiches de recensement car dans un second temps les
données seront saisies sur ordinateur permettant en phase d’exploitation d’établir les
ressources statistiques du recensement beaucoup plus aisément et de manière approfondie. Ce
traitement des données permettra de publier des résultats ciblés suivants les demandes des
utilisateurs des données : campagne de sensibilisation contre la violence faite aux femmes,
campagnes UNICEF, Intervention étatique sociale………….
Si les données ne sont jamais publiées et exploitées le recensement sera un échec. Les données
d’un recensement n’ont de valeur que si elles peuvent être convenablement et concrètement
exploitées, c’est à dire, traitées et mises, dans un délai raisonnable, à la disposition des
utilisateurs potentiels.
RAPPEL : Protection des données et archivages
Les données issues d’un recensement, les registres de population, les registres
parcellaires sont des bases de données personnelles qu’il convient de gérer avec le plus grand
sérieux. Des convention internationales prévoient en effet que :
•
Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa
correspondance;
•
Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit sauf
prévision de cette intervention par la loi et qu'elle comporte une finalité, dans une
société démocratique, qui contribue à la défense de l'ordre et à la prévention des
infractions pénales, à la sécurité nationale, à la protection de la santé ou de la morale,
au bien-être économique du pays, à la protection des droits et libertés d'autrui, ou à la
sûreté publique.
Les agents Population et Etat civil comme tout gestionnaire de bases de données à caractère
personnel doivent être tenus d’appliquer ces principes.
Les données à caractère personnel concernent une personne identifiable ou identifiée. On ne
parle pas de données statistiques. La notion de données est large et peut concerner aussi bien
des informations écrites, codées ou numérisées, sur support papier ou digital.
Il faudra distinguer deux notions dans l’administration des bases de données communales :
Le Maître du fichier : C’est lui qui endossera la responsabilité du fichier, de sa gestion
et de la sécurisation des informations qu’il contient.
le gestionnaire du fichier : C’est la ou les personnes physique qui exerce ses missions
sous le contrôle direct du maître du fichier.
Les agents qui s’occuperont de ces bases de données et assureront la tenue à jour, la
suppression des informations périmées, la correction des informations erronées de la base de
données obéiront donc, dans la gestion de cette base de données comme dans la délivrance
des données y reprises (sauf les données extraites sous forme de statistiques anonymes qui
pourront être diffusées librement) aux principes liés au secret professionnel .
En outre, toutes les mesures nécessaires doivent être mises en place pour garantir la sécurité
des données enregistrées et éviter qu’elles soient déformées, perdues ou communiquées à des
personnes qui n’ont pas le droit d’y avoir accès.
Il faudra garantir à toute personne faisant l’objet d’une mention dans la base de données les
droits suivants :
•
Droit d’accès
Il s’agira d’obtenir communication de l’ensemble des données qui la concernent. Elle ne doit
pas justifier d’un intérêt particulier. Ce droit d’accès est également ouvert au représentant
légal de la personne concernée. Ce droit d’accès est indépendant de l’accès à l’information
donné à des autorités administratives ou judiciaires en vertu de la loi.
La communication des informations idéalement se fera sur base d’une demande écrite.
Le service après vérification de l’identité du demandeur ou de son mandataire devra y
satisfaire. Toute demande formulée par une personne ne remplissant pas les conditions
requises (ex : non mandatée) ne devra pas être prise en considération.
•
Droit de rectification
Si les données se révèlent être incomplètes ou fautives, la personne intéressée peut en requérir
la modification.
A l’appui de sa demande, le demandeur devra indiquer tous les éléments de preuve prouvant
ses dires. Le cas échéant, si rectification il y a, les agents informeront la personne intéressée.
La gestion de la base de données doit être assurée selon des règles bien précises tant vis-à-vis
de l’enregistrement que de la conservation (modalités : ex : nombre d’exemplaires,
conditions, délais d’archivage, durée de l’archivage) de l’accès et de la rectification
éventuelle. Cette gestion doit être réalisée en fonction de la finalité poursuivie.
La gestion de ces données par l’administration doit répondre, outre les règles prévues par la
législation y relative, à d’autres principes généraux énoncés ci-après :
la notion de gestion interne
le principe de légalité
le principe de la spécialité
le principe de la proportionnalité
le principe de la transparence (motivation des actes)
Les données traitées et la manière de les traiter doivent être adéquates, pertinentes et
non excessives par rapport aux finalités.
La sécurité du traitement doit être organisée :
-
contrôle d’accès : login utilisateurs si informatisé, accès aux données justifiés
contrôle des mises à jour et rectifications éventuelles
réalisation de copies de sécurité
Des mesures de sécurité devront être prises :
-
mises à jour régulières, rigoureuses et contrôlées (effacements, ajouts, modifications
de structure…);
si informatisation existe : back-up réguliers + contrôle de ceux-ci avec restore ;
vérifications des accès donnés, contrôle de l’utilisation par les gestionnaires ;
vérification de la conformité des connections et des accès.
Explications relatives au modèle de fiche de recensement
Cette fiche (format A4 recto-verso) sera utilisée par les agents recenseurs pour le
recueil des données qui serviront par la suite à créer les fiches parcellaires et/ou
éventuellement des registres de population.
Une fiche sera établie par ménage (Ensemble des personnes vivant sous le même
toit et qui forme une cellule « familiale » ou familiale étendue). Une parcelle
donnera donc souvent lieu à la création de plusieurs fiches. Les fiches
complétées seront datées et signées par l’agent recenseur et éventuellement le
chef de ménage.
L’agent recenseur, selon les données qu’il aura recueilli, remplira la fiche
comme suit :
Chaque ligne comportera les données relatives à une seule personne.
La case Observations permettra à l’agent recenseur de recueillir certaines
données non prévues sur la fiche (absence prolongée de certaines personnes,
décès non déclaré……)
Colonne 1 (NOMS) : L’agent recenseur indiquera le nom ainsi que le cas
échéant les prénoms des personnes concernées. Les ou les noms seront écrit en
lettres capitales majuscules et le ou les prénoms en minuscule avec la première
lettre en majuscule.
Question (s) :
Colonne 2 (Date de Naissance) : L’agent recenseur indiquera la date dans le
format suivant JJ /MM/AAAA sauf si la précision du jour et du mois de
naissance n’existe pas. Seule l’année sera alors indiquée : AAAA
Question (s)
Colonne 3 (Sexe) : L’agent recenseur indiquera « M » pour un homme ou un
garçon et « F » pour une femme ou une fille.
Question (s) :
Colonne 4 (Etat civil) : L’agent recenseur indiquera l’état civil des personnes
suivant les abréviations suivantes : « C » : Célibataire, « M » : Marié(e), « D » :
Divorçé(e), « V » : Veuf ou Veuve. Si d’autres cas se présentent (répudiation ou
autres) d’autres abréviations devront être envisagées.
Question (s) :
Colonne 5 (Déclaration EC) : L’agent recenseur indiquera si les personnes
recensées ont effectué une ou plusieurs déclarations auprès des services de l’état
civil qui les ont enregistrées. Il suffira alors de reprendre les abréviations
suivantes : « M » pour la déclaration de mariage, « N » pour la déclaration de
naissance etc…) .
Question (s) :
Colonne 6 (Nationalité ou Origine) : Le nom du pays sera indiqué en lettres
capitales.
Question (s) :
Colonne 7 (Situation dans le ménage) : L’agent recenseur indiquera pour chaque
personne sa position dans le ménage.( père, mère, tuteur, fille, fils, neveu, nièce,
pupille, non apparenté, cousin, oncle…………) Pour le chef de ménage, cette
mention sera précédée de la lettre C entre parenthèses.
Question (s) :
Colonne 8 (Profession) : L’agent recenseur indiquera la profession exercée en
lettres capitales.
Question (s) :
Colonne 9 (Propriétaire, locataire, Copropriétaire) : Indication du statut éventuel
de la personne vis-à-vis de la parcelle et/ou de l’habitation : preuve
indispensable si l’intéressé se déclare propriétaire !
Question (s) :
Case 10 (Inval/PMR/H) : L’agent recenseur indiquera combien de personnes
souffrant d’un handicap (non-voyante, malentendante, amputation….) ou étant
une personne à mobilité réduite ou non valide, le ménage concerné compte.
Question (s) :
Colonne 11 (Vacc.) : L’agent recenseur recueillera les données et précisions
relatives à d’éventuelles vaccinations administrées à la personne.
Question (s) :
Colonne 12 (Date arrivée à l’adresse) : L’agent recenseur indiquera la date dans
le format suivant JJ /MM/AAAA sauf si la précision du jour et du mois de
naissance n’existe pas. Seule l’année sera alors indiquée : AAAA
Question (s) :
Colonne 12 (Scolarité/Diplôme) : L’agent recenseur indiquera le cas échéant,
concernant la personne intéressée, le niveau auquel elle a arrêté sa scolarité et le
diplôme éventuellement obtenu.
Question (s) :
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

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