Voir/Ouvrir - World Health Organization

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ACTES OFFICIELS
DE
L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ
N° 229
ACTIVITÉ DE L'OMS
EN 1975
RAPPORT ANNUEL DU DIRECTEUR GÉNÉRAL
A L'ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTÉ
ET AUX NATIONS UNIES
Le Rapport financier pour l'exercice jer janvier 31 décembre 1975, qui constitue un supplément
au présent volume, est publié séparément dans
les Actes officiels No 230.
ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ
GENÈVE
1976
Listes des abréviations employées dans les Actes officiels de l'Organisation mondiale de la Santé:
AID
AIEA
BIRD
BIT
- Agency for International Development des Etats -Unis d'Amérique
- Agence internationale de l'Energie atomique
Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement
Bureau international du Travail
B SP
Bureau sanitaire panaméricain
CAC
- Comité administratif de Coordination
Commission économique pour l'Afrique
CEA
Commission économique pour l'Asie occidentale
CEAO
- Commission économique pour l'Europe
CEE
Commission économique pour l'Amérique latine
CEPAL
CESAP - Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique
CIOMS
Conseil des Organisations internationales des Sciences médicales
- Centre international de Recherche sur le Cancer
CIRC
CNUCED - Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement
FAO
Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
FISE
- Fonds des Nations Unies pour l'Enfance
FNUAP - Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population
FNULAD - Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues
HCR
Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés
Organisation de l'Aviation civile internationale
OACI
- Organisation internationale du Travail
OIT
- Organisation intergouvernementale consultative de la Navigation maritime
OMCI
- Organisation météorologique mondiale
OMM
- Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle
OMPI
OMS
Organisation mondiale de la Santé
ONUDI
Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel
Organisation panaméricaine de la Santé
OPS
- Organisation de l'Unité africaine
OUA
PAM
Programme alimentaire mondial
PNUD
- Programme des Nations Unies pour le Développement
PNUE
- Programme des Nations Unies pour l'Environnement
UIT
Union internationale des Télécommunications
UNESCO - Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture
UNITAR - Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche
UNRWA - Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le
Proche -Orient
ISBN 92 4 260229 9
© Organisation mondiale de la Santé 1976
Les publications de l'Organisation mondiale de la Santé bénéficient de la protection prévue par les dispositions du Protocole
N° 2 de la Convention universelle pour la Protection du Droit d'Auteur. Pour toute reproduction ou traduction intégrale, une autorisation doit être demandée à la Division des Publications et Traductions, Organisation mondiale de la Santé, Genève (Suisse). L'Organisation mondiale de la Santé sera toujours très heureuse de recevoir des demandes à cet effet.
IMPRIMÉ EN SUISSE
-
II
-
Index publié séparément
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Introduction
v11
PARTIE I - APERÇU GÉNÉRAL
1.
Renforcement des services de santé
3
Développement des services de santé
Planification et gestion des services de santé
2.
3
11
20
36
36
Gestion des personnels de santé
45
Maladies transmissibles
56
57
58
Maladies à virus, à Chlamydia, à rickettsies, et
maladies apparentées
61
Maladies vénériennes et tréponématoses
67
70
.
Lèpre
Tuberculose
Activités
et antituberculeuses combinées
Maladies bactériennes aiguës
Santé publique vétérinaire
Prévention de la cécité et de la perte de vision
73
76
76
80
85
Paludisme et autres maladies parasitaires
87
Paludisme
Schistosomiase
Onchocercose
Autres infections filariennes
89
93
96
98
Trypanosomiase africaine
Trypanosomiase américaine
Leishmaniose
99
100
101
Biologie des vecteurs et lutte antivectorielle
103
Ecologie appliquée
Résistance aux insecticides et aux rodenticides .
Evaluation de nouveaux insecticides et lutte
chimique
Activités générales de lutte antivectorielle .
.
7.
24
27
36
Variole
6.
Education pour la santé
Reproduction humaine
Développement des personnels de santé
Surveillance épidémiologique des maladies trans-
5.
14
15
17
Systèmes de personnels de santé
Production des personnels de santé
4.
13
Santé de la famille
Santé maternelle et infantile
Nutrition
3.
Instituts pour le développement des services de santé
Services d'information sanitaire
.
.
103
104
105
105
Matériel de lutte contre les vecteurs
Lutte biologique
Lutte génétique
Lutte antivectorielle et santé internationale
Sécurité d'emploi des pesticides
.
.
.
.
106
106
107
107
108
Maladies non transmissibles
109
Cancer
Maladies cardio- vasculaires
Autres maladies non transmissibles chroniques
Hygiène dentaire
109
114
118
120
Santé mentale, pharmacodépendance et alcoolisme 121
Médecine radiologique
129
Génétique humaine
131
8.
Immunologie
9.
Substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques
Evaluation et surveillance des médicaments
Préparations pharmaceutiques
133
.
.
.
136
137
Technologie de laboratoire de santé
Standardisation biologique
- III -
136
138
139
Pages
10.
Salubrité de l'environnement
141
Approvisionnement public en eau et élimination
des déchets
Salubrité de l'environnement:
critères et surveillance continue
11.
142
Mesures concernant des problèmes et des groupes de
population particuliers
148
Planification de la salubrité de l'environnement . 157
146
Statistiques sanitaires
158
Développement des services de statistiques
sanitaires
158
Diffusion d'informations statistiques
159
Méthodologie des statistiques sanitaires
Classification internationale des Maladies
160
161
12.
Coordination de la recherche biomédicale
162
13.
Documentation et information sur la santé
164
Services de bibliothèque et de documentation sur
la santé
164
14.
164
Questions constitutionnelles, juridiques, financières et administratives
Questions juridiques
Situation financière
15.
Information pour la santé
167
168
Questions administratives
167
170
Collaboration avec d'autres organisations
174
Programme des Nations Unies pour le Développe175
ment
177
Fonds des Nations Unies pour l'Enfance
.
Office de Secours et de Travaux des Nations Unies
pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche 178
Orient
.
.
.
Programme alimentaire mondial
Opération d'urgence des Nations Unies
Autres sources de fonds extrabudgétaires
Organisations non gouvernementales
179
179
180
181
PARTIE II - LES RÉGIONS
16.
Région africaine
185
17.
Région des Amériques
190
18.
Région de l'Asie du Sud -Est
194
19.
Région européenne
199
20.
Région de la Méditerranée orientale
203
21.
Région du Pacifique occidental
208
PARTIE III - LISTE DES PROJETS
Projets en cours d'exécution en 1975
216
Région africaine
217
Région des Amériques
230
Région de l'Asie du Sud -Est
260
Région européenne
276
Région de la Méditerranée orientale
291
Région du Pacifique occidental
304
Activités interrégionales
317
- IV -
ANNEXES
Pages
1.
Membres et Membres associés de l'Organisation mondiale de la Santé au 31 décembre 1975
333
2.
Composition du Conseil exécutif
334
3.
Réunions constitutionnelles et autres réunions connexes en 1975
335
4.
Tableaux d'experts et réunions de comités et de groupes scientifiques en
5.
Centres collaborateurs OMS
6.
336
1975
337
Formation à la recherche et échange de chercheurs: Bourses attribuées en
et par catégories
1975,
classées par sujets
348
7.
Bourses attribuées, par sujets d'étude et par Régions
349
8.
Publications parues en
351
9.
Bibliothèque de l'OMS: Statistiques pour
1975
356
1975
Organisations intergouvernementales ayant conclu avec l'OMS des accords officiels approuvés par
l'Assemblée mondiale de la Santé, et organisations non gouvernementales en relations officielles
avec l'OMS
356
11.
Budget ordinaire de
358
12.
Effectif et répartition du personnel
359
13.
Répartition du personnel d'après la nationalité
361
14.
Structure de l'Organisation mondiale de la Santé au
10.
1975
31
décembre
1975
362
TABLEAUX ET FIGURES
Tableau 1. Affectation du personnel enseignant en 1975
37
Tableau 2. Exemples d'activités de formation organisées ou soutenues par l'Organisation en 1975
50
Tableau 3. Engagements de dépenses du PAM pour des activités sanitaires ou apparentées et pour l'ensemble des projets, depuis
la création du Programme
179
Figure 1. Bureaux régionaux de l'OMS et zones qu'ils desservent
184
Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent n'impliquent
de la part du Secrétariat de l'Organisation mondiale de la Santé aucune prise de position quant au statut juridique
des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.
Lorsque l'appellation « pays ou zones » apparaît dans le titre de tableaux, elle couvre les pays, territoires,
villes ou zones.
-v-
INTRODUCTION
AU COURS DE L'ANNÉE 1975 s'est produit un fait important pour l'Organisation mondiale de la Santé
et l'ensemble du système des Nations Unies. En septembre, à l'issue de sa septième session extraordinaire, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté à l'unanimité une résolution préconisant
l'instauration d'un a nouvel ordre économique », dans laquelle sont abordés des sujets très divers - commerce
international, industrialisation, alimentation, agriculture. Cette résolution marque un tournant dans l'histoire
des Nations Unies et de la coopération internationale, car elle concrétise le profond changement de climat
qui met enfin un terme à l'affrontement entre pays riches et pays pauvres.
On ne saurait surestimer l'importance de cette résolution pour l'Organisation mondiale de la Santé;
plaçant le système des Nations Unies au centre même de la coopération internationale, elle invite expressément
l'OMS et les organismes apparentés à a intensifier l'action internationale en faveur d'une amélioration des
conditions sanitaires dans les pays en développement en accordant la priorité à la prévention des maladies
et de la malnutrition et en fournissant des services de santé de base aux collectivités, y compris des services
d'hygiène maternelle et infantile et de protection de la famille ». En outre, elle prévoit d'ores et déjà une
restructuration de tout le système des Nations Unies à laquelle participeront les chefs de secrétariat des
institutions spécialisées. D'autre part, elle offre à l'OMS de nouvelles possibilités d'action en relation avec
l'assistance en général, l'industrialisation, la science et la technique, l'alimentation et l'agriculture, et souligne
en particulier la nécessité pressante d'un développement rural intégré.
Les décisions de l'Assemblée générale traduisent une prise de conscience croissante de plusieurs faits
étroitement solidaires:
-II est de l'intérêt de la paix et de la sécurité dans le monde que les pays riches augmentent et rationalisent l'aide qu'ils apportent aux pays pauvres.
- Le commerce international doit être réorganisé de manière à améliorer les termes de l'échange entre
pays industrialisés et pays en voie de développement.
- Les technologies et les méthodes des pays riches ne sauraient être adoptées telles quelles, mais doivent
être adaptées aux conditions locales; en fait, il faut encourager les pays jeunes à trouver des solutions originales
à leurs problèmes et à se suffire à eux -mêmes.
- Le développement exige une approche socio- économique intégrée, c'est -à -dire la coordination des
politiques relatives au développement agricole, à la production alimentaire, à l'éducation et à la santé.
- Les nations qui font un effort d'industrialisation et d'urbanisation devront manifester la plus grande
vigilance si elles veulent éviter les nombreuses répercussions défavorables que ces processus ont déclenchées
dans un certain nombre de pays.
Mais en quoi les considérations économiques intéressent -elles la santé ? Sont -elles en rapport direct avec
les travaux et la mission de l'OMS ? L'Organisation a -t -elle un rôle à jouer dans la création et le maintien
du nouvel ordre économique ? Je crois qu'il faut répondre par un oui catégorique, et les débats et décisions
de l'Assemblée générale ont mis clairement en lumière des idées dont s'inspire depuis quelque temps déjà
l'OMS: elles nous ont conduits à analyser la contribution qu'apporte la santé au développement rural - dont
le progrès économique n'est qu'un aspect - et nous participons activement avec d'autres institutions à la
- VII -
promotion de ce développement rural. Il reste encore un long chemin à parcourir, mais l'action amorcée pour
réorienter les programmes de l'Organisation de manière à favoriser le développement social et économique
- qui devrait nous permettre de dépasser l'aspect purement technique du développement sanitaire - va
maintenant s'accélérer.
En 1975, le Conseil exécutif, l'Assemblée mondiale de la Santé, les comités régionaux et le Secrétariat
de l'OMS ont mis fortement l'accent sur les soins de santé primaires dans le contexte du renforcement des
services nationaux de santé, car des millions de gens sont encore insuffisamment protégés aussi bien dans les
villes que dans les campagnes des pays en voie de développement. Il est évident que leurs problèmes ne disparaîtront pas comme par enchantement, et qu'ils ne pourront en venir à bout qu'au prix d'une totale remise
en cause des relations entre la collectivité et les services de santé. Il ne faut pas s'attendre à ce que des programmes distincts, dirigés chacun contre une maladie déterminée, permettent d'améliorer la situation dans
son ensemble, même si leurs objectifs particuliers sont atteints. Il est également peu probable que la mise
sur pied de services centralisés appliquant des techniques avancées puisse résoudre les problèmes sanitaires
sans nombre qui se posent quotidiennement à la majorité des ruraux. Nous ne devons pas oublier que, très
souvent, les prestations médico- sanitaires dispensées dans les pays industrialisés sont soit inapplicables
soit inacceptables dans les pays en voie de développement, parce que trop coûteuses et finalement inefficaces.
Nous devons aussi nous rappeler que les besoins urgents de ces derniers ont pour origine la pauvreté, les infec-
tions, la malnutrition et la sous -alimentation, l'absence d'eau potable aisément accessible et les multiples
dangers liés à l'environnement. Il n'est guère possible de parer à des menaces de cet ordre en recourant aux
techniques classiques, aussi judicieusement et aussi intensivement qu'elles soient appliquées par les services
de santé.
Je pense que la solution doit être recherchée dans un retour au mandat originellement confié à l'OMS,
et partant à tous les personnels sanitaires, soit celui de s'occuper de la santé et du développement sanitaire
dans la plus large acception de ces termes. En conséquence, nous devons non seulement nous efforcer de
concevoir des moyens grâce auxquels chacun ait partout accès à des soins de santé de base, ainsi qu'à des soins
plus spécialisés quand le besoin s'en fait sentir, mais encore veiller à ce que des mesures positives soient prises,
en liaison avec d'autres secteurs, pour s'attaquer aux causes premières des problèmes qui se posent. Une telle
action, conçue pour une large application au sein des collectivités (mais étayée s'il le faut par d'autres échelons
du système de santé) et comportant donc une responsabilité plus étendue en matière de développement communautaire, est précisément celle que vise l'OMS quand elle préconise les soins de santé primaires - lesquels se
rapportent à tous les aspects de la santé et non uniquement aux prestations médicales et personnelles. De
nombreux exemples, concernant des pays dont la situation géographique et les structures politiques sont
très diverses, montrent que cette approche peut être à la fois acceptable et efficace. Toutefois, beaucoup
de questions demeurent en suspens et on doit s'efforcer d'y répondre.
Santé et développement économique et social sont, dans les régions rurales, étroitement liés. Il y a certes
un minimum d'instruments de production et de biens de consommation absolument nécessaire à l'individu et
à sa famille pour survivre; mais nombreux sont ceux qui, possédant ce minimum et même davantage, manquent
des connaissances, de la compétence ou des capacités d'organisation qui leur permettraient d'atteindre à la
santé véritable. Et il est difficile d'imaginer comment une collectivité mal nourrie, en proie à des privations
qui ont entravé le développement physique et social de ses membres et où sévissent peut -être certaines maladies
serait capable de faire face aux tensions et innovations qu'implique le développement économique. Ceci étant,
il convient de déterminer le type d'intervention en fonction des diverses situations; dans les zones d'Afrique
occidentale où sévit l'onchocercose, par exemple, la santé est l'élément sur lequel il faut agir pour déclencher
le mécanisme de transformation, mais il en va différemment dans des zones éprouvées par la sécheresse et la
perte de récoltes ou dont le régime foncier est manifestement injuste. Dans de nombreux cas, toutefois, aucun
élément spécifique n'accuse une nette prédominance. Quels que soient les besoins particuliers d'une collectivité,
il est improbable qu'une intervention limitée à un seul secteur aboutisse à des résultats positifs, et l'OMS a
aujourd'hui pleinement conscience de la nécessité de collaborer avec des économistes, des agronomes, des
hydrauliciens et des spécialistes du développement rural et communautaire - c'est -à -dire de s'entendre avec
l'ONU, les institutions ayant des responsabilités techniques parallèles, la BIRD, les banques régionales de
développement et les organismes nationaux correspondants en vue d'une action conjointe.
Je ne doute pas que cette approche intégrée soit indispensable à la solution du problème, encore qu'il
faille admettre que nos efforts passés sont souvent demeurés vains. L'OMS doit, malgré les échecs antérieurs, continuer délibérément et énergiquement à avancer dans la voie choisie pour promouvoir la santé,
en veillant toutefois à ce que sa démarche soit toujours mûrement réfléchie. Nous nous sentons suffisamment
confiants pour poursuivre notre tâche, et nous pensons que l'opinion mondiale est aujourd'hui prête à nous
soutenir.
Aux termes de la Constitution de l'OMS, chaque pays doit assurer la mise en place et le fonctionnement
de services de santé accessibles à tous les citoyens. Les objectifs du développement des personnels doivent
concorder avec ceux du développement des services. Pour les atteindre, il faut qu'hommes et femmes formés
pour servir la collectivité aient à coeur de rendre leur action acceptable tout autant qu'efficace. On accorde
aux services médicaux des villes, qui jouissent traditionnellement d'un plus grand prestige, de plus larges
crédits; mais ce n'est pas ainsi qu'on pourra assurer la protection sanitaire de toute la population. La répartition
des personnels entre les différentes branches des services et la formation qu'ils reçoivent doivent traduire la
détermination des gouvernements de doter d'équipes sanitaires équilibrées les régions rurales éloignées, les
collectivités minières et forestières et les villages de pêcheurs où vit et travaille la majorité de la population,
laquelle demeure insuffisamment protégée, sinon complètement négligée, par les services de santé.
A cet effet, l'OMS aide plusieurs Etats Membres à mettre sur pied ou à réviser leur système de formation
des personnels médico- sanitaires, de façon à tenir compte des besoins locaux. La préparation aux professions
traditionnelles de la santé (médecins, infirmiers et infirmières, agents de l'assainissement) devra être élargie
et englober la médecine préventive et l'action sociale. Il faut davantage se préoccuper de développer chez les
membres de ces professions une souplesse de pensée qui leur permette de modeler leur intervention en fonction
des problèmes très divers qu'on rencontre dans une collectivité. Sans renoncer pour autant aux normes profes-
sionnelles ni à l'initiative que justifie son savoir, tout praticien devra désormais acquérir dès le début de
sa formation des compétences adaptées aux conditions de terrain - épidémiologie rurale, coutumes et
croyances des diverses collectivités locales. Il devra aussi posséder des capacités lui permettant d'organiser
le travail en équipe, d'assurer la formation et l'encadrement du personnel, et de stimuler l'intérêt des populations
locales pour l'activité des services de santé.
La préparation aux professions traditionnelles de la santé est, on le sait, longue et coûteuse et il paraît
absolument exclu que la plupart des pays en voie de développement puissent former dans un délai raisonnable
des professionnels qualifiés en nombre suffisant pour l'ensemble de leur population. En tout état de cause, on
peut se demander jusqu'à quel point les résultats à en attendre sont à la mesure d'un tel investissement doute qui est d'ailleurs exprimé même dans certains des pays les plus favorisés. Pour surmonter cette difficulté,
l'OMS s'efforce de promouvoir la formation et l'emploi d'assistants médicaux et d'agents des soins de santé
primaires rattachés à un système intégré dont l'ensemble sera en mesure d'assurer la protection sanitaire de
toute la population. Elle étudie en particulier la possibilité pour certains pays de recourir à des agents sanitaires
« de première ligne », qui seraient choisis par la collectivité elle -même et recevraient un minimum de formation
leur permettant de dispenser des soins à temps partiel tout en s'acquittant d'autres tâches au sein de leur
communauté.
La formation des cadres professionnels et celle des auxiliaires doivent être reliées l'une à l'autre de manière
que chaque catégorie d'agents ait un domaine de compétence bien défini. Cette condition ne sera réalisée que si
- IX -
l'action sanitaire au niveau des collectivités, en particulier des collectivités rurales, est familière à ceux qui
forment les deux catégories de personnel et si les enseignants peuvent montrer comment fonctionne une équipe
de santé intégrée. Cette formation pluriprofessionnelle en est encore à ses débuts, et de nombreuses expériences
dans des milieux culturels différents seront nécessaires avant qu'il soit possible de formuler à son sujet des
conclusions définitives. L'OMS a elle -même entrepris des actions pilotes pour préparer des enseignants à ce
rôle élargi et faire ainsi de la future équipe de santé un groupe vraiment intégré, dont les soins à la population
sont efficaces et bien acceptés. Il s'écoulera peut -être beaucoup de temps avant que les résultats des expériences
en cours ne soient sensibles, mais j'estime que l'OMS ne peut se soustraire à l'effort qu'elle fait dans ce sens.
L'importance des incidences sociales du nouvel ordre économique est manifeste dans les domaines de
la santé maternelle et infantile et de la nutrition. S'il est un fait qui ne plaide guère en faveur de nos actuels
régimes sociaux et politiques, c'est le nombre élevé de mères et de jeunes enfants qui meurent encore inutilement dans beaucoup de pays sans qu'aucune mesure efficace ait pu être prise à l'échelon national ou international. On s'accorde à reconnaître l'urgence du problème et quantité de recommandations, de résolutions
et de plans d'action ont été adoptés, mais ni à l'un ni à l'autre échelon des crédits suffisants n'ont été dégagés pour éviter que tant de femmes succombent chaque année au cours d'une grossesse ou d'un accouchement et que disparaissent tant d'enfants nés dans des familles défavorisées. Des investissements massifs sont
nécessaires, en particulier dans les régions rurales des pays non industrialisés, pour s'opposer aux ravages
trop connus que provoque l'action conjuguée de la fécondité sans régulation, de la malnutrition et des infections.
On commence seulement à se rendre compte des pertes économiques qui résultent de ce gaspillage de vies
humaines.
L'une des principales préoccupations de l'Organisation dans ce domaine est l'acquisition de connaissances
et la mise au point de techniques qui permettent d'améliorer la santé en matière de reproduction humaine et
de protéger les femmes et les enfants les plus vulnérables, en vue notamment de réduire la mortalité et la morbidité périnatales et infantiles; sa stratégie consiste à identifier avec soin les groupes à haut risque pour leur
assurer une meilleure protection sanitaire.
Au cours de l'année 1975 - qui fut celle de l'Année internationale de la Femme - on a beaucoup débattu
la question de la condition de la femme et de ses rapports avec la santé et le développement. L'OMS a participé
activement à la Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme, au cours de laquelle a été
soulignée la contribution marquante que les femmes peuvent apporter dans tous les secteurs du développement.
La condition de la femme dans une société est étroitement liée à la situation sanitaire de cette société et à
son niveau de développement socio- économique; l'élimination des injustices sociales qu'entraîne l'inégalité
de statut entre hommes et femmes constitue un élément indispensable du processus de développement. La
relation entre le niveau d'instruction des femmes, la procréation, et la malnutrition chez les enfants a souvent
été soulignée. Aussi l'OMS a -t -elle oeuvré pour que l'on se préoccupe davantage de la qualité des soins dispen-
sés aux femmes, notamment au cours de la période de procréation, afin que puissent se constituer autour
d'elles des familles physiquement, mentalement et socialement saines.
La malnutrition n'est pas à proprement parler un problème sanitaire, mais plutôt social. Des programmes
d'intervention massive de courte durée peuvent remédier à une situation d'urgence, mais ils n'auront qu'un
effet passager si l'on n'entreprend pas simultanément l'exécution de programmes plus ambitieux visant à
améliorer le sort des millions de personnes qui, dans le monde, vivent actuellement dans le dénuement. Par ses
incidences sur la mortalité et la morbidité enfantines, sur le développement mental et psychique, sur la capacité
de travail et sur le comportement des adultes, la malnutrition tend à perpétuer l'écart entre riches et pauvres
au sein de la population mondiale.
Pour s'attaquer au problème, des mesures spécifiques s'imposent dans le secteur de la santé comme dans
d'autres secteurs du développement, mais seule pourra réussir une offensive multisectorielle intégrée. Toute
-x -
action indépendante étant impensable, les divers organismes et institutions en cause doivent collaborer étroitement afin d'utiliser le plus efficacement possible les ressources limitées dont ils disposent. En outre, quelle
que soit l'approche adoptée, il faut offrir aux populations l'occasion de participer pleinement à l'entreprise
et de développer leurs potentialités ainsi que les moyens d'améliorer elles -mêmes leur situation. Il ne saurait
être question de charité dans une action à long terme visant à faire disparaître la faim chronique-charité qui
ne pourrait que perpétuer un état de choses insupportable. En bref seul le développement social apportera
un remède à la malnutrition.
L'OMS préconise d'intégrer des services de nutrition dans les services de santé, notamment dans
ceux destinés aux familles à haut risque et aux bénéficiaires des soins de santé primaires. On s'efforce
de lutter contre certaines maladies de carence (comme la malnutrition protéino- calorique, l'hypovitaminose A
et les anémies nutritionnelles) par la distribution de vitamines ou par l'enrichissement des aliments. On accorde
une attention toute particulière à la formation des personnels : spécialistes de la nutrition, médecins, infirmiers
et infirmières, et autres agents sanitaires. Enfin, l'Organisation élabore, en coopération avec le FISE, la FAO, la
BIRD et les organismes d'aide bilatérale intéressés, une approche pluridisciplinaire pour la surveillance
nutritionnelle et la planification en matière d'alimentation et de nutrition.
Tenir compte de nos seuls succès et ignorer les leçons qui peuvent être tirées de nos échecs nous ferait
courir le risque de gâcher un savoir durement acquis et de gaspiller nos maigres ressources. De vastes campagnes
comme les programmes d'éradication du paludisme et de la variole sont, du fait même des erreurs qui ont pu
être commises, riches d'enseignements pour l'OMS, le premier étant que dans la lutte contre la maladie il
ne faut pas s'en remettre aux seules techniques sanitaires, car les réalisations dans ce secteur dépendent
directement du niveau de développement économique des pays concernés.
Au cours des deux ou trois dernières années, le programme d'éradication du paludisme a suscité beaucoup
de controverses. A l'enthousiasme qui a marqué la fin des années cinquante et le début des années soixante a
succédé jusque vers 1970 une certaine apathie et, plus récemment, un véritable désenchantement. L'opinion
selon laquelle le programme aurait échoué ne prévaut pas encore mais n'en a pas moins été exprimée dernièrement dans différents milieux. Cette vaste entreprise de santé publique, qu'on estimait pourtant « la plus
digne d'éloges », est maintenant sévèrement critiquée et l'on a tendance à oublier, devant la lenteur des progrès
et les reculs parfois constatés, que le programme a influencé de manière positive les principes appliqués
en santé publique. Les questions posées sont nombreuses: L'idée même d'éradication n'était -elle pas pure
utopie ? Où, quand et comment le programme a -t -il pris un mauvais tournant ? Les revers enregistrés sont -ils
imputables à des difficultés techniques comme la résistance des vecteurs aux insecticides ou la pharmacorésistance des parasites et, dans l'affirmative, les scientifiques et les techniciens auraient -ils pu les prévoir ?
La stratégie d'ensemble a -t -elle été mal conçue et sa mise en oeuvre prématurée ? Les gouvernements et les
organismes internationaux ont -ils bien apporté au programme le soutien qu'il exigeait à tous les niveaux ?
Certes, le paludisme a été éradiqué dans plus de vingt Etats ou zones et dans certaines parties d'autres
pays, où près de 800 millions de personnes ont ainsi été mises à l'abri du risque. En outre, la transmission de
la maladie a été grandement ralentie dans des zones représentant une population de 775 millions. Cependant,
tout examen réaliste montre que les programmes d'éradication ne sauraient pour la plupart être menés à bien
dans un délai déterminé, ce qui est dû en partie aux difficultés économiques rencontrées dans nombre de pays
en voie de développement.
Le problème du paludisme place beaucoup d'administrateurs sanitaires devant un choix extrêmement
difficile. Pour ramener le paludisme à des proportions où il ne constituerait plus un problème majeur de santé
publique, on peut finalement avoir à mettre en jeu autant de personnel et de moyens financiers qu'en exigerait
un programme d'éradication limité dans le temps. Il s'agit d'un investissement considérable et dont nul ne peut
dire pendant combien de temps il devra se prolonger. D'un autre côté, il faut bien admettre qu'à moins de réduire
- XI -
la transmission dans une proportion suffisante, on ne pourra éviter le retour du paludisme endémique, avec
ses effets dévastateurs. Nous avons trop tendance à oublier les graves épidémies du passé, comme celles qu'a
connues l'Inde où l'on dénombrait annuellement, avant le lancement du programme de lutte, jusqu'à 75 millions de cas de paludisme dans une population qui n'atteignait pas encore la moitié de son chiffre actuel.
Le programme antipaludique nous fournit peut -être un exemple, dans certains pays, de ce qu'il peut
advenir d'une action lancée sur le plan sanitaire sans être adéquatement reliée à la fois au développement des
services de santé locaux et à celui de l'infrastructure dans d'autres secteurs: après quelques succès spectaculaires, c'est un échec partiel qu'il faut inscrire au bilan. Quoi qu'il en soit, et même avec les moyens limités
dont nous disposons, nous pouvons certainement faire face au problème de la résurgence du paludisme. Cela
exigera toutefois une évaluation réaliste et rationnelle des effectifs de personnel, ainsi que le partage des
ressources financières et techniques entre la planification et la mise en oeuvre des mesures dictées par les
circonstances dans les différents pays.
La campagne d'éradication de la variole - maladie dont le mode de transmission est beaucoup moins
complexe que celui du paludisme -a montré qu'il était capital d'assurer une coordination complète avec les
services locaux. A l'issue des deux premières années de la campagne, il a fallu adopter une nouvelle stratégie
substituant la surveillance à la vaccination de masse sans discrimination. L'évaluation et la réévaluation
ont d'ailleurs été un souci permanent tout au long de cette campagne, qui touche maintenant à sa fin. C'est
en 1975, lorsque le continent asiatique a été, en novembre, déclaré exempt de variole, que le programme
d'éradication a enregistré son plus net succès. Le dernier cas connu de variole majeure, forme la plus grave
de la maladie, s'est produit au Bangladesh le 16 octobre. Malgré les recherches intensives auxquelles participent
plus de cent mille agents sanitaires d'Asie pour détecter tout foyer inconnu ou caché, aucun nouveau cas n'a
été découvert. Néanmoins, les activités de recherche et de surveillance devront se poursuivre encore pendant
deux ans après la constatation du dernier cas avant que l'on puisse confirmer l'éradication.
A la fin de l'année, il n'y avait plus dans le monde qu'un seul pays, l'Ethiopie, où persistait l'infection
variolique (et ce dans 58 villages seulement). Dans le cadre d'un programme d'urgence décrété par le Gouvernement, plus de cinq cents agents sanitaires éthiopiens, secondés par du personnel international et disposant
d'un soutien logistique important - quatre hélicoptères, véhicules tous terrains, ânes et mulets - s'emploient
par tous les moyens à éliminer les derniers foyers. En Ethiopie et ailleurs, les programmes ont bénéficié de
crédits du budget ordinaire de l'OMS, ainsi que de services de personnel et de dons en argent et en vaccin
généreusement offerts par vingt -trois pays. Pour vérifier que l'éradication a été réalisée, les pays d'Afrique
occidentale ont commencé en 1975 des recherches systématiques en vue de détecter tout cas ayant pu survenir
depuis juin 1970, date à laquelle s'est produit au Nigéria le dernier cas connu. Des activités analogues sont
en préparation dans des pays d'Afrique centrale, ainsi qu'en Afghanistan et au Pakistan.
De plus en plus consciente de la nécessité de stimuler les recherches sur tous les aspects des maladies
tropicales, l'OMS s'efforce d'amener les pays développés à s'associer au combat. Il est urgent de trouver de
meilleurs moyens de lutte, en particulier des remèdes convenant pour l'emploi en milieu rural, c'est -à -dire
qui soient tout à la fois faciles à administrer, peu coûteux, et surtout efficaces. L'Assemblée mondiale de la
Santé a demandé que des plans soient dressés en vue d'aider les pays tropicaux à faire les recherches nécessaires
pour produire ces remèdes. Vers la fin de 1974, un groupe de recherche sur les maladies tropicales a été constitué par l'OMS; il coopérera avec le personnel du Siège et des bureaux régionaux à la réalisation du programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales. C'est là un exemple de projet
à finalités pratiques parfaitement en accord avec le nouvel ordre économique. Il s'agit de trouver, moyennant
un effort de recherche et développement, de nouveaux vaccins, tests diagnostiques, médicaments et moyens
de lutte antivectorielle qui soient efficaces, tout en aidant les pays tropicaux à améliorer leur propre potentiel
de recherche. Ce programme spécial, qui vise six maladies -paludisme, schistosomiase, filariose, trypanosomiase, leishmaniose et lèpre -sera réalisé par des équipes scientifiques multidisciplinaires (groupes ad hoc)
dont les membres représentent toutes les régions du monde et ont été choisis pour leur compétence en matière
de recherche biomédicale et de maladies tropicales. Elles définiront les éléments qui leur semblent indispensables
pour venir à bout des maladies en cause et organiseront, puis contrôleront, les recherches nécessaires pour les
réunir. L'un des groupes ad hoc constitués s'emploie déjà à mettre au point une épreuve cutanée pour le diagnostic précoce de la lèpre, ainsi qu'un vaccin antilépreux. Les travaux dont les divers groupes auront dressé
le plan seront effectués par un réseau international de laboratoires des pays industrialisés, qui travailleront
en étroite collaboration avec les instituts des pays tropicaux. Bien qu'on envisage un programme d'envergure
mondiale, l'accent sera mis d'abord sur l'Afrique tropicale, où les six maladies constituent un redoutable
fléau.
Le programme spécial et les conceptions qu'il traduit fourniront à l'OMS une nouvelle occasion de se mesurer avec une tâche exceptionnelle. Le personnel médico- sanitaire en avait perçu la nécessité, et les scientifiques
croient maintenant pouvoir, grâce à la recherche, en assurer la réussite. Le programme permettra à l'OMS
de canaliser les efforts du monde scientifique et de mobiliser les fonds nécessaires. Lors d'une réunion avec
les donateurs éventuels, tenue en novembre 1975, l'OMS a été invitée à indiquer de manière précise comment
elle comptait s'acquitter de sa mission et coordonner les travaux avec les autres programmes de recherches sur
les maladies tropicales. Des contributions d'un montant total de US $2,6 millions lui ont été promises par les
participants, et elle pourra ainsi poursuivre le travail de planification et lancer des opérations pilotes.
Parmi les traits les plus marquants du programme spécial, il faut mentionner la nature multidisciplinaire
de l'approche scientifique et le caractère mondial de la planification et du financement. Son objectif est
d'associer les pays tropicaux en voie de développement et les pays industrialisés pour qu'ils apportent en
commun leur aide à certaines des populations les plus déshéritées et les plus négligées de notre planète.
Parmi les domaines où les pays en voie de développement ont besoin de la protection de l'OMS figurent
notamment les maladies non transmissibles et le contrôle des produits pharmaceutiques. Dans l'un et l'autre
cas, les techniques de pointe compliquées et coûteuses auxquelles on peut recourir, souvent de valeur douteuse
même dans les pays riches, n'ont absolument pas leur place dans les pays pauvres, où elles ne contribueraient
que bien peu au développement sanitaire - qu'elles pourraient même compromettre sérieusement en raison
des ressources précieuses qu'absorberait leur application. Loin de moi l'idée que les techniques modernes
mises au point dans les pays riches ne doivent pas être importées dans les pays moins favorisés; ce que je tiens
seulement à souligner, c'est que leur importation ne se justifie que si elles sont ou peuvent être adaptées aux
besoins les plus urgents et à la situation particulière du pays en cause - faute de quoi il faut s'y opposer
vigoureusement.
Comme certaines maladies infectieuses ont reculé, que d'autres ont été éradiquées, que simultanément
les niveaux de vie se sont élevés et les soins médicaux améliorés, la proportion des personnes d'âge moyen et des
vieillards ne cesse d'augmenter dans la population mondiale, et il en résultera inévitablement un accroissement
de la fréquence des maladies chroniques. Les observations faites dans certains pays d'Afrique, d'Asie, d'Amé-
rique centrale et d'Amérique du Sud indiquent que le cancer et les maladies cardio- vasculaires y comptent
déjà parmi les causes principales de décès et, avec les troubles mentaux, parmi les causes de morbidité importantes. La profession médicale, les hommes de science et les responsables de la politique sanitaire doivent
donc affronter trois tâches essentielles à l'égard de ces maladies: 1) promouvoir les recherches sur l'étiologie,
le pronostic, le traitement et la réadaptation; 2) les combattre efficacement partout où cela est possible,
et 3) trouver les moyens d'éviter aux pays en voie de développement d'avoir à faire face à des problèmes de
santé qui sont aujourd'hui surtout le lot des nations développées.
On a souvent accordé une importance excessive à la mise au point et à l'application de méthodes de
traitement nouvelles et spectaculaires. Il nous faut résister à la tentation d'introduire des techniques médicales
hautement perfectionnées, telles que les unités de soins intensifs, dans des régions défavorisées du monde qui
doivent faire face à des problèmes de santé beaucoup plus pressants. C'est pourquoi l'OMS, dans son programme de lutte contre les maladies cardio- vàsculaires notamment, concentre ses efforts sur les méthodes de
prévention et de lutte applicables au niveau des collectivités, en mettant l'accent sur les activités extra- hospitalières. A mesure que l'on acquiert de nouvelles connaissances, il faut faire en sorte qu'elles soient judicieusement
appliquées, afin que les pays en voie de développement ne commettent pas les mêmes erreurs que les pays plus
avancés.
Il est de plus en plus urgent de fournir aux peuples du monde, en quantités suffisantes, les médicaments
et les vaccins les plus utiles, et de s'assurer que ces produits sont accessibles (et effectivement administrés) à
ceux qui en ont besoin. L'Organisation a continué à établir des normes et des prescriptions techniques pour le
contrôle de la qualité des substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques, ainsi qu'à procéder à
des échanges d'informations sur leur sécurité d'emploi et leur efficacité. Ce programme a toutefois été revu
intégralement, et sa nouvelle orientation permettra à l'OMS d'améliorer sa coopération avec les Etats Membres
en vue de résoudre leurs problèmes de médicaments. Un nouveau sous-programme - politique et gestion des
médicaments -a été créé et le projet de surveillance internationale des réactions adverses aux médicaments
sera désormais intégré dans un programme plus vaste - échange d'informations sur les médicaments et évaluation de leur efficacité - afin que les Etats Membres disposent de renseignements encore plus utiles.
Les médicaments et vaccins essentiels sont des moyens indispensables pour que chacun puisse accéder
au meilleur état de santé possible. Or, la plupart d'entre eux sont fabriqués dans les pays industrialisés ou par
des filiales de sociétés multinationales. Depuis longtemps déjà, il est devenu impératif que les pays ou groupes
de pays importateurs et exportateurs de produits pharmaceutiques appliquent une politique des médicaments
qui tienne compte des intérêts de la santé publique dans l'ensemble du monde et donne la priorité aux médicaments et vaccins nécessaires. Laisser la loi de l'offre et de la demande régir seule la circulation de ces produits ne peut provoquer que déséquilibre et injustice. Dans de nombreux pays en voie de développement,
l'absence d'une politique nationale des médicaments permet à des entreprises pharmaceutiques étrangères
d'influencer fortement la demande et de contrôler le transfert de technologie pharmaceutique -la production
locale étant confiée à leurs filiales, ou entreprise sur la base d'accords de licence. Cette fabrication est en outre
largement tributaire de l'approvisionnement en produits bruts et de leur prix. De nombreux pays en voie de
développement demeurent ainsi assujettis à des intérêts étrangers et consacrent une large part des ressources
limitées allouées à la santé à importer des médicaments - ou des produits bruts servant à leur fabrication qui ne répondent même pas, dans bien des cas, à leurs véritables besoins.
Les médicaments et vaccins essentiels pour satisfaire les besoins sanitaires réels des populations sous approvisionnées sont en fait peu nombreux. En donnant la priorité à la fourniture de ces produits essentiels
et à la mise au point de meilleures préparations, l'OMS contribuera à instaurer le dialogue entre les gouvernements et l'industrie pharmaceutique, y compris les sociétés multinationales. 11 sera alors possible de réorienter
la production industrielle et la recherche au bénéfice des populations défavorisées. Dans le domaine des vaccins,
un pas a été fait dans cette direction grâce au programme élargi de vaccination de l'OMS, lequel vise à accélérer la fourniture de quantités suffisantes de vaccins de bonne qualité aux populations intéressées, afin qu'une
forte proportion des sujets sensibles puissent être vaccinés à l'âge optimal.
x:
L'approvisionnement en eau et l'assainissement des régions rurales a également fait l'objet d'une analyse
attentive au cours de l'année. Jusqu'ici, dans ses programmes de collaboration avec les Etats Membres, l'OMS
avait approuvé implicitement l'approche purement sectorielle adoptée par de nombreux pays, approche fondée
sur l'hypothèse que l'amélioration de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement dans les régions
rurales, outre ses effets heureux sur la santé et la qualité de la vie, contribuerait automatiquement à l'essor
de l'économie rurale. Si nul ne peut contester les effets de ces mesures sur la santé et l'environnement, l'idée
- XIV -
qu'elles puissent à elles seules avoir une incidence mesurable sur l'économie rurale a été abandonnée en faveur
d'une notion plus conforme aux principes du nouvel ordre économique, celle de la nécessité d'un effort concerté
au moyen de divers programmes sectoriels. Aujourd'hui, les planificateurs sont généralement d'avis que seule
une action multisectorielle permettra d'atteindre le but qu'ils se sont fixé : améliorer la situation économique
et sociale des collectivités désavantagées.
C'est à cette même conclusion qu'est parvenu le groupe de travail spécial sur l'approvisionnement en eau
potable et l'assainissement des régions rurales. Composé de représentants de l'OMS et de six autres organisations (FISE, PNUD, PNUE, BIRD, Organisation pour la Coopération et le Développement économiques,
Centre canadien de Recherches sur le Développement international) également préoccupées par la lenteur
avec laquelle les systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement sont installés ou améliorés dans les
régions rurales des pays en voie de développement, ce groupe a pour objectif d'accroître l'aide internationale
octroyée dans ce secteur. En novembre 1975, il a proposé un programme international intégré afin d'accélérer
la mise en place des installations, en faisant observer que l'action dans ce domaine ne devait pas être sectorielle
mais se rattacher à une conception globale du développement rural et viser à promouvoir, soutenir, exécuter
et évaluer des projets de recherche pour la mise au point de techniques qui puissent être adaptées aux situations
locales.
Dans plusieurs des pays en voie de développement où des programmes de développement rural intégré sont
en cours d'exécution depuis plusieurs années, on n'a malheureusement pas encore pris conscience du rôle
que jouent l'approvisionnement en eau et l'assainissement des régions rurales. Aussi l'OMS va -t -elle s'attacher
à favoriser la réalisation de programmes ruraux mieux équilibrés dans lesquels sera incluse cette composante
essentielle. Les transferts de technologie en la matière ont été trop souvent caractérisés par une tendance à
introduire du matériel peu pratique et des systèmes trop coûteux, trop perfectionnés et trop difficiles à faire
fonctionner et à entretenir. Les pays en voie de développement ont besoin de techniques impliquant un fort
apport de main- d'oeuvre qui puisse être mobilisée localement, de matériels standard exigeant un minimum
d'entretien et de dispositifs simplifiés pouvant être fabriqués sur place. Il faut que les ingénieurs et les fabricants
des pays développés et des pays en voie de développement soient encouragés par des moyens appropriés à
apporter des solutions réalistes à ces problèmes.
Les efforts entrepris pour transformer les rapports liant l'Organisation à ses Etats Membres - ceux de
donateur à bénéficiaires - en une véritable association ont marqué de constants progrès tout au long de
l'année 1975. L'évolution est clairement apparue lors de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé,
où s'est manifestée une active participation des pays et où ont été adoptées un grand nombre de résolutions importantes sur les programmes - notamment ceux revêtant un intérêt direct pour les pays en voie de développement. A cours des deux sessions du Conseil exécutif on a également noté l'amorce d'un franc dialogue
propre à resserrer encore les relations entre le Conseil et le Secrétariat et à inciter ceux -ci à assumer de concert
la responsabilité de l'orientation et de la mise en oeuvre du programme de l'Organisation. Cette collaboration
trouve notamment à s'exprimer au sein du Comité ad hoc du Paludisme et du groupe spécial pour la promotion
des services nationaux de santé, relevant tous deux du Conseil exécutif
L'étude organique du Conseil exécutif sur les rapports entre les services techniques centraux de l'OMS
et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres, approuvée par la Vingt- Huitième Assemblée
mondiale de la Santé, met l'accent sur l'unité de conception et d'action qui doit caractériser toutes les activités
de l'Organisation; or cette unité ne peut être atteinte qu'au moyen d'une approche intégrée de l'élaboration du
programme dont tous les éléments, à tous les niveaux, doivent se renforcer mutuellement et former partie d'un
tout. La mise en pratique de ces notions fondamentales a d'ailleurs déjà commencé.
La persévérance avec laquelle on s'attache, dans les Etats Membres, à promouvoir la programmation
sanitaire par pays témoigne également de la nécessité d'une telle unité de conception et d'action. Pour encourager l'effort national de programmation, l'OMS continue de mettre au point des méthodes et elle s'emploie
-xv-
à ne pas laisser faiblir l'intérêt, offrant au besoin sa collaboration et son soutien. Grâce à cette approche
non sophistiquée, le processus de programmation a été mis en route et a progressé plus ou moins rapidement
en Algérie, au Bangladesh, en Birmanie, au Congo, au Laos, au Népal, au Pakistan, au Soudan et en Thaïlande.
Dans la Région des Amériques, l'ancienne programmation basée sur des projections quadriennales a été
remplacée par une planification et une programmation sanitaires nationales qui, à quelques détails près,
s'apparentent étroitement à la programmation sanitaire par pays. Ce nouveau processus a jusqu'à présent
été institué au Brésil, au Costa Rica, en Equateur, au Guatemala, au Honduras et au Paraguay.
Il n'est pas certain, malgré tout, que l'on ait bien compris toutes les incidences de la programmation
sanitaire par pays, laquelle constitue une entreprise de longue haleine et non un effort intensif mais sans
lendemain. S'ils veulent développer systématiquement leurs programmes et services de santé, les pays qui ne
l'ont pas encore fait devront créer des organes permanents pour formuler leur politique sanitaire et la traduire
en programmes opérationnels. Il s'agit là d'une approche vraiment nouvelle pour la plupart des pays, car elle
implique un processus continu de planification, d'exécution, de surveillance, de contrôle, d'évaluation et de
replan fication; pour le mettre en route et lui conserver son dynamisme, les mécanismes utilisés devront être
maintenus pendant un laps de temps qu'on ne peut actuellement définir. L'évolution amorcée devrait donc avoir
des effets d'une grande portée sur l'organisation des ministères de la santé dans le monde entier.
Un certain nombre de pays qui se sont lancés dans la programmation sanitaire nationale ont abordé la
formulation de vastes programmes comportant des plans d'opérations détaillés dans les secteurs exigeant
une attention prioritaire. En prenant courageusement la décision d'aller de l'avant dans ces domaines, les
gouvernements ont dû parfois se résigner à négliger temporairement d'autres secteurs d'activité où l'urgence
est moindre. L'Organisation s'est efforcée, pour sa part, d'appeler l'attention internationale sur certaines
priorités sanitaires nationales, afin de canaliser l'aide multilatérale et bilatérale vers les programmes qui en
ont le plus besoin. Certains indices permettent de penser que des institutions telles que le PNUD et la BIRD,
ainsi qu'un certain nombre d'organismes d'aide bilatérale, sont disposés à investir des sommes importantes
dans des programmes de développement sanitaire formulés de cette manière. L'action coordonnatrice de
l'OMS, quoiqu'à ses débuts, s'est davantage affirmée en 1975 et son importance est appelée à grandir encore
dans les années à venir.
Les réalisations de l'Organisation en 1975 sont le fruit du dialogue que nous avons pu engager avec ses
organes directeurs et les gouvernements des Etats Membres. Nous sommes maintenant parvenus à un point
où des décisions fondamentales sur le rôle futur de l'OMS s'imposent. Allons -nous sombrer dans l'immobilisme technocratique, en nous contentant de dispenser les sages conseils de la médecine traditionnelle et
de répandre ses techniques, ou collaborer avec les gouvernements, les autres institutions et les collectivités elles mêmes pour forger des méthodes et des approches nouvelles grâce auxquelles la santé prendra sa place parmi
les conquêtes sociales ?
Je ne pense pas qu'il puisse y avoir de doute quant au choix qui sera fait. Nous devons unir nos efforts
à ceux de l'ensemble des intéressés pour qu'un niveau de santé acceptable soit assuré à tous partout dans
le monde, c'est -à -dire non seulement aux privilégiés habitant les banlieues confortables des villes opulentes,
mais aussi à la masse de ceux qui peinent pour arriver tout juste à survivre dans les taudis, les régions rurales
isolées, les montagnes, les îles éloignées. C'est alors seulement que nous pourrons estimer avoir atteint les buts
énoncés dans notre Constitution.
Directeur ,géiéral
PARTIE I
APERÇU GÉNÉRAL
1. RENFORCEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
Les activités de l'Organisation visant à la promotion des services de santé nationaux ont été intensifiées au cours de l'année. L'examen par le Conseil
exécutif des problèmes relatifs aux services de santé
dans le monde en voie de développement en 1972 et
1.1
1973 s'est achevé par la présentation à la Vingt Sixième Assemblée mondiale de la Santé de l'étude
organique du Conseil sur les méthodes à employer
pour promouvoir le développement des services de
santé de base; 1 il a été suivi d'une estimation des
possibilités d'action de l'OMS dans ce domaine. En
conséquence, il a été proposé à la Vingt- Huitième
Assemblée mondiale de la Santé, en mai 1975, de
développer d'urgence les programmes nationaux de
soins de santé primaires en utilisant une approche
multisectorielle et en se préoccupant plus particulièrement des populations insuffisamment desservies
des zones rurales et urbaines. Cette proposition,
adoptée par l'Assemblée de la Santé dans la résolution
WHA28.88, conformément à la résolution EB55.R16
du Conseil exécutif adoptée en janvier, a été suivie de
discussions intensives avec diverses institutions inter-
nationales et bilatérales, ainsi que d'accords sur les
priorités communes et sur divers mécanismes devant
permettre d'adapter les sources de fonds aux pays
destinataires éventuels. L'OMS a également intensifié
ses dialogues à ce sujet avec les pays, tant aux sessions
de 1975 des comités régionaux que directement à
divers échelons gouvernementaux.
Simultanément,
elle a fait un vaste effort interne pour préparer des
directives techniques et de la documentation que les
pays pourront adapter et utiliser dans leurs programmes
nationaux.
1.2
On a enregistré quelques réussites mais aussi
quelques déceptions. Les mesures prises jusqu'ici ont
mis en relief le problème des soins de santé primaires,
fait apparaître des solutions possibles, suscité de larges
débats internationaux et créé peu à peu un climat
d'opinion positif. Certains pays, tels que le Soudan et
la Thaïlande, déjà lancés dans la programmation
sanitaire nationale, ont rapidement pris conscience des
incidences du problème et planifié leurs services de
santé de base. D'autres, notamment certains Etats
d'Afrique indépendants depuis peu, comme le
Mozambique et la Guinée -Bissau, ont inscrit les soins
de santé primaires parmi leurs actions prioritaires. On
pense qu'en 1976 un certain nombre de pays, après
avoir examiné leurs problèmes et les solutions disponibles, entameront les étapes de préplanification et de
planification.
1.3
Ces résultats constituent d'indéniables succès
mais on doit les mettre en regard de la maigre réussite
des efforts techniques faits pour préparer des solutions
de rechange dans certains domaines (technologie
sanitaire simplifiée, nouveaux programmes de formation pour de nouveaux types de travailleurs, moyens
de constituer des organisations villageoises adaptées
au cadre national des services de santé, constitution de
liens étroits et action intégrée avec d'autres secteurs,
notamment avec celui du développement rural, etc.).
Un tel travail est difficile à accomplir tant qu'une
série de programmes nationaux n'ont pas été réalisés
et évalués. En outre, la recherche de nouvelles méthodes, leur mise au point et leur expérimentation sont
des démarches de longue haleine.
1.4
Les travaux se sont poursuivis dans les domaines
suivants: planification des politiques; conception et
fonctionnement des établissements de santé; extension
du concept d'instituts pour le développement des
services de santé en vue d'y inclure le développement
des personnels et de s'orienter vers des programmes
de développement des services et des personnels de san-
té; financement de ces services; systèmes nationaux
cohérents d'information sur les services de santé; et mise
sur pied d'un programme amélioré de prévention de l'invalidité et de réadaptation. Ces divers points et quelques
autres sont traités séparément dans les paragraphes qui
suivent.
Développement des services de santé
Etude commune FISE /OMS sur différents moyens de
répondre aux besoins sanitaires fondamentaux des
populations dans les pays en voie de développement
1.5 Le rapport sur la vaste étude faite conjointement
par le FISE et l'OMS en 1973 et 1974 sur différents
moyens de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux des populations dans les pays en voie de
développement a été présenté à la vingtième session du
Comité mixte FISE /OMS des Directives sanitaires en
février 1975. Le Comité a approuvé l'analyse contenue
dans le rapport et a recommandé que les deux organi-
sations adoptent un programme d'action visant à
étendre les soins de santé primaires aux populations
des pays en voie de développement et en particulier à
celles qui sont actuellement mal desservies à cet égard,
par exemple les populations des zones rurales et
écartées, les habitants de taudis et les nomades.2 Il a
également recommandé que les services de soins de
santé primaires soient considérés comme partie
intégrante du développement global.
2 Actes officiels OMS, No 228, 1975, annexe 2.
1 Actes officiels OMS, No 206, 1973, annexe 11.
-3
4
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
1.6 Par ailleurs, le Comité a estimé qu'il faudrait que
les deux organisations étudient en détail non seulement
les innovations décrites dans l'étude mais encore celles
qui se font jour continuellement dans diverses parties
du monde sous différents auspices, et que l'OMS et le
FI SE continuent d'étudier les effets du développement
rural et communautaire sur la santé des populations et
le rôle que d'autres secteurs peuvent jouer dans la
distribution des soins de santé primaires. Enfin, le
Comité a proposé l'adaptation des méthodes de planifi-
cation et de formation des personnels aux situations
rencontrées dans les pays en voie de développement.
1.9 Approuvant le rapport dans la résolution
WHA28.88, l'Assemblée de la Santé a invité instamment les Etats Membres à prendre des mesures pour
mettre sur pied des programmes de soins de santé
primaires et a prié le Directeur général de soutenir les
efforts nationaux par des activités promotionnelles, la
diffusion d'informations sur la technologie appropriée,
et une assistance opérationnelle au niveau des pays. En
conséquence, une consultation a été organisée en juin
à Genève; on y a dressé un plan d'action pour l'ensemble de l'OMS et élaboré des directives pour des
1.7 En mai 1975, après approbation par le Comité
mixte FISE /OMS des Directives sanitaires, l'étude
commune a également été approuvée par le Conseil
plans d'action régionaux et des activités préparatoires
à réaliser pendant le reste de l'année à l'échelon des
pays, des Régions et du Siège. Parmi les activités déjà
entreprises figurent la diffusion d'informations sur les
progrès accomplis et sur l'expérience acquise dans les
d'administration du FISE, qui en a adopté les principes
comme politique du FISE. Le même mois, la Vingt Huitième Assemblée mondiale de la Santé a examiné
cette étude,' qui lui a été présentée en tant que docu-
primaires, la formation au niveau des collectivités du
personnel correspondant, l'examen et la signalisation
ment de base pour un grand programme mondial
d'action en matière de soins de santé primaires;
l'Assemblée de la Santé a approuvé le programme dans
la résolution WHA28.88 (voir les paragraphes 1.8 et
1.9 ci- après) et, en juin, le Conseil exécutif de l'OMS
Etats Membres, la préparation de manuels sur la
planification des programmes de soins de santé
de la littérature disponible décrivant les
activités
actuelles en matière de soins de santé primaires, et
l'exécution de programmes nationaux et interrégionaux
visant à adopter l'approche des soins de santé primaires.
a souscrit aux recommandations du Comité mixte
1.10 En vue de donner effet à la résolution WHA28.88,
(résolution EB56.R6).
des activités ont été aussi lancées pour encourager
les pays et les organisations à adopter et à soutenir
Soins de santé primaires
cette approche. Des rencontres ont eu lieu avec
1.8 Les efforts antérieurs déployés par l'Organisation
pour déterminer les éléments nécessaires au dévelop-
nationaux de soins de santé primaires. Par exemple, la
conférence sur la coordination et la coopération pour
pement satisfaisant des soins de santé au niveau
périphérique, et les obstacles qui se sont dressés sur la
voie de ce développement dans le passé, ont amené
''OMS à concevoir, vers la fin de l'année 1974, la
formule des soins de santé primaires. Les éléments
essentiels de cette approche ont été définis comme des
mesures qui sont: simples et efficaces sur le plan des
coûts, des techniques et de l'organisation, d'accès
facile, et propres à améliorer les conditions de vie.
Comme l'indiquait un rapport présenté à la Vingt Huitième Assemblée mondiale de la Santé,2 les soins
de santé primaires doivent se fonder sur les connaissances scientifiques et la technologie sanitaire modernes, sans pour autant renoncer aux pratiques admises
et efficaces de la médecine traditionnelle. Ils doivent
être inséparables des services de santé nationaux et
refléter les vrais problèmes et les préoccupations des
collectivités. Les soins de santé primaires doivent
utiliser essentiellement les ressources
locales -
humaines, matérielles et financières - provenant de
la collectivité elle -même, le gouvernement fournissant
les appoints nécessaires. Enfin, ils doivent étayer le
développement communautaire et en faire partie.
' L'étude sera publiée par l'OMS.
2 Actes officiels OMS, No 226, 1975, annexe 15.
d'autres organismes internationaux en vue de trouver de meilleurs moyens d'appuyer les programmes
la santé en Afrique, qui s'est tenue à Yaoundé en
septembre, a réuni (outre les représentants des gouvernements) des participants du FISE, du PNUD, du
PNUE, du PAM, de la FAO, de la BIRD et de la
Commission des Communautés européennes; et une
rencontre avec le FISE, le PNUD et la BIRD a été
organisée à New York en octobre. Par ailleurs, les
organisations non gouvernementales ont été encoura-
gées à réorienter et à étendre leurs activités pour
appuyer les soins de santé primaires.
1.11
Divers points ont été reconnus comme parti-
culièrement appropriés au lancement des programmes
nationaux de soins de santé primaires. La programmation sanitaire par pays conduit invariablement à
reconnaître une haute priorité aux besoins dés groupes
mal desservis. Dans un certain nombre de pays, on a
choisi l'approche des soins de santé primaires pour
répondre à ces besoins. Dans d'autres, les soins de
santé primaires ont été intégrés dans les programmes
de développement communautaire, en particulier
ceux visant les populations rurales. Enfin, dans
d'autres cas, les programmes des services de santé
existants ont été réorientés dans le sens des soins de
santé primaires.
1.
RENFORCEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
1.12 Outre la création de points centraux et d'équipes
dans les bureaux régionaux, des échanges de vues sur
les soins de santé primaires ont eu lieu lors des sessions
5
consultants pour les questions de communication et
de transport et un stock régulateur de matériaux de
construction et de matériel.
de 1975 de plusieurs comités régionaux. Des plans
d'action ont été préparés pour les Régions de l'Afrique,
Au titre du projet, on a procédé au cours de
de l'Asie du Sud -Est et de la Méditerranée orientale
1.16
et certains pays (par exemple le Soudan et la Thaïlande)
ont pris des mesures en vue de lancer des programmes
de soins de santé primaires.
l'année à la collecte de données de base sur les collectivités, sur les services de santé existants et sur les activités publiques au niveau des districts, afin d'améliorer
la planification et l'évaluation. Les informations
1.13
L'appui et la participation d'autres organes et
institutions spécialisées des Nations Unies et d'organisations non gouvernementales ont été particulièrement
encourageants. ta Commission médicale chrétienne a
consacré la totalité de ses débats aux soins de santé
primaires lors de sa réunion de 1975. Le personnel du
FISE a été invité à appuyer fermement cette initiative
et à rechercher de meilleurs moyens en vue d'une
action commune pour soutenir les programmes nationaux de soins de santé primaires. Lors d'une réunion
de l'AID et de l'OMS en juillet, on a émis l'idée qu'il
faudrait peu à peu organiser l'échange d'informations
au niveau technique entre les agents chargés des soins
de santé primaires; l'AID serait prête à explorer avec
l'OMS la possibilité de trouver des fonds pour organi-
recueillies jusqu'ici font ressortir la nécessité d'axer
l'approche sur le développement global car il apparaît
clairement que, du point de vue des collectivités, les
communications, l'agriculture, les écoles et l'amélioration des bâtiments ne sont pas moins urgentes que
les besoins traditionnels pour la santé tels que l'eau,
l'assainissement et les établissements sanitaires. On a
entrepris la préparation de guides et d'autres matériels
pour la réalisation de projets d'action autonome et
par an.
pour la formation des intéressés, et un programme de
formation, fondé sur des méthodes informelles d'éducation, a commencé pour les personnes qui, à leur tour,
rempliront des fonctions de moniteurs. Pour le travail
d'évaluation préliminaire, la majeure partie du personnel local est maintenant recrutée et formée, du personnel et des consultants sont fournis par l'OMS, et des
fonctionnaires ont été détachés par l'administration
nationale.
1.14 L'OMS a continué de soutenir le projet de re-
1.17
cherche interrégional sur la participation de la collecti-
développement des services de santé vise principalement
à fournir des soins de santé primaires aux populations
insuffisamment desservies. A cet égard, l'usage maximal
des ressources des collectivités et une étroite association
avec le développement communautaire sont considérés
ser de telles rencontres à la cadence d'une ou deux
vité à la solution des problèmes de santé locaux qui
se déroule dans les districts de Nkoranza /Techiman et
Wenchi au Ghana. Le but de l'élément « exécution »
du projet (dont le Gouvernement a la responsabilité)
est de créer un système de prestations sanitaires et
de promotion du bien -être social en encourageant
les projets communautaires adoptés, organisés et
réalisés par les collectivités elles -mêmes dans le cadre
du développement communautaire rural, et en renfor-
çant le système existant de distribution des soins de
santé. Le but de l'élément « recherche » (dont le
Gouvernement et l'OMS sont conjointement responsables) est d'évaluer l'efficacité de cette approche.
Le projet, dont le plan d'opérations a été signé
à la fin de 1974, est dirigé par un comité national de
coordination, présidé par le commissaire à la santé et
composé de représentants des ministères de l'agricul1.15
ture, du développement communautaire et de la
prévoyance sociale, de la planification économique,
de l'éducation, et de représentants de la Société
ghanéenne des Eaux et des Egouts, du FISE, du PNUD
et de l'OMS. On a également institué des comités de
coordination de région et de district. Les activités se
limitent à celles qui peuvent être reproduites dans les
autres régions du pays et le projet est exécuté par les
voies gouvernementales normales. Témoignant de son
vif intérêt pour le projet en tant qu'approche sanitaire
dans le large cadre du développement rural, le FISE a
fourni des véhicules, des trousses médicales, des
Dans l'ensemble de la Région africaine,
le
comme indispensables. Les gouvernements attachent
également de l'importance à l'emploi d'agents de
santé communautaires et à l'intégration des sages -
femmes traditionnelles dans le système des soins. Un
manuel sur les moyens de formation et d'emploi de
ces travailleurs a été préparé aux fins de publication.
Avec l'assistance du FNUAP, un groupe de travail
s'est réuni à Brazzaville en décembre pour examiner
les informations disponibles sur les pratiques des
sages -femmes traditionnelles, leur formation et leur
encadrement, et recommander les améliorations possibles. Les activités pour la promotion des services
de santé nationaux se sont poursuivies. Au Burundi,
un projet de développement rural intégré a été mis
sur pied dans la zone de démonstration de Gitega,
avec la collaboration des ministères de l'agriculture,
de la santé, de l'éducation nationale et des affaires
sociales. Au centre de santé de Kandara, au Kenya,
un système intégré de distribution des soins de santé
est actuellement à l'essai. Au Togo, 85 %de la popula-
tion du district sanitaire de Pagouda sont couverts
aujourd'hui par des services de soins de santé primaires aisément accessibles.
1.18
Un événement important de 1975 a été
la
conférence sur la coordination et la coopération pour
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
6
la santé en Afrique, dont il a été fait mention au paragraphe 1.10 ci- dessus. La conférence a réuni les
représentants de plus de quarante pays ou zones des
Régions de l'Afrique et de la Méditerranée orientale, de
quelques mouvements africains de libération nationale,
de nombreuses institutions bilatérales et d'organismes
internationaux et nationaux participant à l'établissement de programmes socio- économiques et sanitaires
dans ces Régions. La conférence a recommandé de
créer un mécanisme régional qui permettrait de
coordonner la collaboration entre pays donateurs et
pays bénéficiaires et de renforcer le système de planifi-
cation, de gestion et de coordination des activités au
niveau des pays.
1.19 Dans la Région des Amériques, l'Organisation
fournit une aide, en réponse aux demandes des pays,
pour le développement des soins de santé primaires
dans les zones rurales. Vingt -trois pays participent à
cette action. Les efforts tendent principalement à améliorer et à étendre l'emploi des auxiliaires et d'autres
personnels qui ne sont pas pleinement qualifiés (voir
le paragraphe 3.33).
1.20
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est,
les
des changements fondamentaux. Aujourd'hui, dans
beaucoup de pays, les établissements sont moins en
faveur, tant en raison de l'insatisfaction des consommateurs que pour des motifs d'ordre professionnel. Le
processus s'est accéléré du fait de la montée rapide du
coût des services de santé. On s'intéresse davantage à
la distribution adéquate et à l'usage optimal des
ressources disponibles, en particulier des personnels.
Le problème de la couverture des populations n'est
pas particulier au monde en développement: il y a des
groupes insuffisamment desservis même dans les
sociétés industrielles très développées - travailleurs
migrants, immigrés et personnes âgées par exemple. Le
programme de la Région européenne donne la priorité
aux soins primaires et notamment à la promotion de la
santé des personnes âgées et à la prévention de l'invalidité. Un fait important a été la réunion à Reykjavik,
en juillet, d'un groupe de travail chargé de définir des
paramètres d'efficacité pour les soins de santé primaires; elle a eu lieu parallèlement à la réunion du
groupe de travail sur la place des soins infirmiers dans
les soins de santé primaires, car on se rend compte que
l'efficience et l'efficacité des services dépendent en
grande partie d'une bonne utilisation des personnels,
dont l'élément principal est le personnel infirmier. La
santé rurale bénéficie d'un grand intérêt en Turquie
dans un nouveau projet soutenu par le PNUD, dont la
gouvernements accordent une haute priorité aux
soins de santé primaires pour améliorer de façon
base opérationnelle sera constituée par deux nouveaux
notable la couverture des populations par les services
de santé. La plupart des projets soutenus par l'OMS
en 1975 visaient à renforcer l'élément « personnels »
auront à étudier le meilleur moyen de fournir des soins
centres régionaux de formation et de recherche qui
de santé primaires dans les zones rurales en tenant
compte des ressources financières du pays.
du système de distribution des soins de santé. Au
Bangladesh, où 12 000 travailleurs sanitaires polyvalents ont été affectés à des postes sur le terrain en 1974,
on a commencé à renforcer l'encadrement. En Inde,
un programme soutenu par l'OMS et portant sur la
formation de moniteurs pour les travailleurs polyvalents s'étend rapidement à de nombreux Etats;
d'autre part, des manuels de formation sont actuellement mis à l'essai. Dans les Maldives, le premier
groupe de travailleurs sanitaires polyvalents a été
affecté aux atolls. Au Bhoutan a commencé en janvier,
avec l'appui du PNUD, du FISE et de l'OMS, un
projet pour le développement des services de santé et
la formation d'auxiliaires. En Indonésie, on a mis la
dernière main à l'enquête sur les établissements de
santé et amorcé une étude sur la programmation des
centres de santé. En Mongolie, l'OMS a fourni une
aide pour un symposium sur la santé rurale et pour
1.22 La Région de la Méditerranée orientale imprime
une nouvelle orientation à son assistance aux pays en
vue d'assurer une couverture plus complète de la
population par une participation accrue de la collectivité dans le cadre du développement socio- économique
général. Les soins de santé primaires, illustrés par le
projet de développement des services de santé dans
l'Azerbaïdjan occidental (Iran), ont constitué la base
des discussions techniques à la session du Sous -
Comité A du Comité régional, tenue à Téhéran en
octobre; le Sous -Comité a adopté une résolution en
faveur des soins de santé primaires. Dans le processus
de programmation sanitaire par pays, l'accent a été mis
au Pakistan et au Soudan méridional sur les soins de
santé primaires en vue d'étendre la couverture sanitaire aux populations insuffisamment desservies.
l'établissement d'un système d'aiguillage des malades.
En Thaïlande,
le
programme gouvernemental de
Dans la Région du Pacifique occidental,
renforcement des services de santé ruraux a bénéficié
1.23
d'une aide de l'Organisation pour la formation des
travailleurs sanitaires traditionnels, l'impression de
manuels et la fourniture de matériel didactique. Au
Gouvernement du Laos a modifié son projet de développement des services de santé de manière à y inclure le
développement des soins de santé primaires au niveau
Népal, on a achevé le bilan des ressources des collectivités en guérisseurs traditionnels et autres thérapeutes
autochtones.
des villages; l'OMS a collaboré à la préparation d'un
pays de la Région
cet effort, la population a été incitée à constituer des
comités sanitaires de village. Aux Philippines, le
1.21
Dans presque tous
les
européenne, la distribution des soins médicaux connaît
le
projet de manuel destiné aux agents de la santé publique
des centres et sous -centres de santé. Aux Nouvelles Hébrides, l'OMS a continué d'apporter son soutien au
développement des services de santé; dans le cadre de
1.
RENFORCEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
7
Une réunion de la BIRD et de l'OMS a été
système de distribution de soins de santé primaires
1.26
par des sages- femmes de la santé publique recyclées -
organisée à Genève en juillet afin d'élaborer le mandat
de l'OMS et les procédures à suivre pour la préparation de la contribution de l'Organisation à l'étude du
CAC. L'examen des projets de l'OMS qui pourraient
contribuer au développement rural a principalement
dont on a déjà rendu compte 1 - fonctionne d'une
manière généralement satisfaisante dans toute la
province de Rizal et, avec l'assistance de la BIRD,
s'étend peu à peu à l'ensemble du pays. Le système de
distribution de soins aux collectivités rurales extrêmement isolées et dans les zones urbaines très denses,
encore mal desservies, bénéficie d'une attention
spéciale. En République de Corée, l'assistance de
l'Organisation se concentre sur trois districts d'une
province pilote où des auxiliaires monovalents, recyclés comme agents polyvalents, accomplissent leurs
tâches dans des sous -centres de santé et dans la collectivité. L'OMS a continué de soutenir le développement
des services
de santé au Samoa -Occidental; des
membres des comités féminins de village reçoivent une
formation qui leur permettra de jouer un rôle plus
important dans la distribution des soins de santé
primaires.
Registre des projets
1.24
Pendant l'année, deux numéros du registre des
projets de développement des services de santé,
fournissant des renseignements sur une vingtaine de
projets, ont été distribués aux gouvernements et à
d'autres organisations internationales. L'accueil qui
leur a été réservé montre qu'ils répondent vraiment à
un besoin. Le registre ayant essentiellement pour but
d'offrir toute une gamme de solutions possibles à des
problèmes de santé, son succès dépend de la collaboration des pays, des organismes et des chercheurs ainsi
que de leur désir de faire part de leur expérience pour
le bien de tous. Le registre est ouvert à tous les projets
de recherche et développement qui comportent un
élément original, peuvent être reproduits dans d'autres
pays, sont représentatifs des tendances économiques et
sociales d'une Région donnée ou présentent, même à
une échelle très modeste, des éléments intéressants
pouvant apporter des solutions pratiques à d'autres
pays.
Développement rural
1.25 Le Comité administratif de Coordination (CAC)
a décidé d'évaluer les actions et les politiques des
différents organismes du système des Nations Unies
en matière de développement rural et d'élaborer un
ensemble de politiques et de plans valable pour
tout le système. La BIRD a été chargée de préparer
un rapport indiquant ce que chaque organisation ou
institution a fait en matière de développement rural,
ce que chacune espère faire et comment l'ensemble du
système des Nations Unies entend procéder pour
accroître son efficacité. Ce rapport a été présenté en
décembre. Il s'agit d'aider les pays à planifier et à
exécuter des programmes visant expressément à
soulager la misère rurale et à améliorer la situation
sanitaire des populations rurales pauvres dans le
cadre d'un ensemble intersectoriel de programmes de
développement économique et social des régions
rurales.
1 Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 1.29.
porté sur la lutte contre les maladies transmissibles,
l'hygiène du milieu, la formation d'auxiliaires de
santé, la nutrition et la planification familiale. Le
mandat prévoit notamment 'une analyse de la mesure
dans laquelle les activités passées et présentes de l'OMS
peuvent avoir une incidence sur des groupes particuliers
de population rurale.
Méthodes de financement des services de santé
De nombreux Etats Membres sollicitent des
avis sur le financement des services de santé afin
d'utiliser au mieux les ressources limitées dont ils
disposent, de trouver et de mobiliser de nouvelles
sources de crédits et d'enrayer l'augmentation cons1.27
tante des coûts. Les principaux problèmes concernent
le manque de ressources ou leur mauvaise répartition et
médiocre coordination des services de santé.
L'Assemblée de la Santé et le Conseil exécutif ont
la
souligné, notamment dans les résolutions EB51.R41 et
WHA26.35, la nécessité de renforcer l'assise financière
des activités de protection sanitaire. L'Organisation a
préparé un programme destiné à aider les pays dans ce
domaine mais elle a dû en différer l'exécution faute des
ressources nécessaires; elle se bornera pour le moment
à améliorer le financement des programmes existants,
tels que les programmes de soins de santé primaires.
1.28 Dans la Région des Amériques, un document
relatif aux études sur le financement, les dépenses et
les coûts a été préparé pour le programme régional
concernant le financement du secteur de la santé. Il
décrit sommairement les principaux problèmes auxquels les pays ont à faire face dans le financement de
leur système de santé et expose la contribution que les
différentes études précitées peuvent apporter à la
solution de ces problèmes. Ce document expose
également une méthode permettant d'instaurer des
systèmes de calcul des coûts dans les établissements
sanitaires, méthode qui présente l'avantage de pouvoir
être appliquée facilement par le personnel national
après une brève période de formation. Au Honduras,
première phase du programme régional s'est
achevée et l'on a entrepris la deuxième phase. Des
la
activités ont été entreprises en Colombie et en Equateur
et d'autres ont été planifiées au Costa Rica.
1.29 En vue de coordonner les ressources des différentes institutions du secteur sanitaire pour faire
face à l'augmentation croissante de la demande de
prestations sanitaires, l'Organisation collabore à
l'étude des différents systèmes en cours d'élaboration
dans les Amériques ainsi qu'à la mise en oeuvre de
certains d'entre eux. Le Costa Rica et le Panama se
tournent vers les organismes de sécurité sociale pour
financer leurs services de santé; l'Argentine, le Chili
et la Colombie organisent des systèmes mixtes associant les ministères de la santé publique et de la sécu-
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
8
rité sociale et le secteur privé; le plan sanitaire national
du Mexique prévoit un système d'hôpitaux nationaux
réunissant les établissements appartenant au Ministère
pendant l'année. Entreprise avec l'appui de l'Institut
fédéral de la Santé publique de Yougoslavie, de l'Ins-
de la Santé et de la Prévoyance sociale, à l'Institut
sur plus de 4000 ménages de l'agglomération de
mexicain de Sécurité sociale et à l'Institut de Sécurité
sociale des Fonctionnaires; à Cuba, l'administration
de tous les services de santé est placée sous l'autorité
du Ministère de la Santé publique.
Belgrade et comporté l'examen médical approfondi de
Prévention de l'invalidité et réadaptation
1.30 L'Organisation a rédigé un nouvel exposé de
son programme de prévention de l'invalidité et de
réadaptation et en présentera les grandes lignes au
Conseil exécutif en janvier 1976. Etant donné qu'au
moins 10 % de la population du monde souffrent
d'invalidités physiques ou mentales et que l'approche
institutionnelle actuellement suivie n'est pas parvenue
à assurer une couverture suffisante, on se propose
maintenant d'élaborer un programme qui insiste
davantage sur l'étendue de la couverture que sur le
perfectionnement des soins et sur la prévention plutôt
que sur l'élimination de l'invalidité. L'accent est donc
mis sur les problèmes les plus fréquents qui présentent
de bonnes chances de réadaptation et un rapport coût/
efficacité favorable, ainsi que sur la mise en place de
services locaux et sur l'utilisation des ressources de la
collectivité de préférence aux soins très onéreux en
établissement spécialisé. Des projets de démonstration
sont en cours de lancement ou à l'étude dans toutes
les Régions; outre leurs autres fonctions, ces projets
contribueront à la formation inter -pays et à l'évaluation.
1.31 Le programme de prévention de l'invalidité et
de réadaptation s'élabore dans le cadre du programme
de soins de santé primaires de l'OMS et s'intègre à
d'autres activités éducatives, sociales et professionnelles
qui lui confèrent un caractère global. Lors de la réunion
du Conseil des Organisations mondiales intéressées à
la Réadaptation des Handicapés, qui a eu lieu en
septembre à Genève, on a envisagé d'accroître le rôle
des organisations non gouvernementales et de les
associer à la planification et à la programmation des
activités dans les pays.
1.32 L'OMS a pris part à une mission inter institutions qui s'est rendue en Iran en mai afin
titut serbe de Sécurité sociale et de l'OMS, elle a porté
1400 personnes. On s'est aperçu qu'une importante
fraction des personnes de. 35 à 54 ans était atteinte
d'invalidités et l'on a étudié les conséquences économiques de ces invalidités. La phase suivante du projet
comprend la prestation de soins axés sur la collectivité
et l'évaluation continue des résultats. Les améliorations
qui seront apportées aux services consisteront notamment à accorder davantage d'attention à la prévention
des limitations et incapacités fonctionnelles, étant
donné que les atteintes elles -mêmes sont moins
facilement évitables. Plutôt que de développer les
services spécialisés, les services de santé locaux
renforceront leurs moyens de prévention et, comme la
situation familiale, sociale et écologique exerce des
effets sur l'invalidité, ils s'efforceront d'accroître les
moyens dont ils disposent pour agir sur ces différents
facteurs.
1.34
Dans la Région africaine, l'Ouganda et le Zaïre
ont accepté d'accueillir deux centres régionaux de
formation en réadaptation et des plans détaillés ont
été élaborés à cet effet. Au Malawi, les services
d'orthopédie et de prothétique ont été renforcés avec
l'aide de l'OMS. Dans la Région de l'Asie du Sud Est, une équipe composée d'un médecin, d'un prothé-
siste et d'un physiothérapeuce a créé un centre de
prévention de l'invalidité à Semarang (Indonésie)
dans le cadre d'un projet inter -pays. Au cours de
l'année, les services de ce centre ont été étendus à une
collectivité rurale voisine en vue de mettre sur pied des
services de prévention assurés par la collectivité.
L'Organisation a accordé son appui à une école de
physiothérapie en Inde ainsi qu'à deux cours nationaux
sur la gestion des soins globaux aux handicapés en
Birmanie. Des avis ont été donnés à la Mongolie et à
Sri Lanka pour la planification des futurs services.
Dans la Région européenne, une école de réadaptation
a été ouverte à Malte. On a poursuivi les efforts faits
dans la Région pour développer les activités de gériatrie, domaine de première importance dans la plupart
des pays développés industrialisés. Dans la Région de
la Méditerranée orientale, l'Organisation a continué
d'apporter son appui aux écoles de physiothérapie
d'Iran, de Jordanie, du Liban et du Pakistan. Un
d'évaluer une proposition tendant à installer un institut
projet visant à former du personnel pour les services de
international de réadaptation à Téhéran. Ce projet
interrégional, qui devrait commencer en 1976 avec
l'appui du Gouvernement de l'Iran et du PNUD,
réadaptation dans la collectivité et à l'hôpital a été
entrepris en République Arabe Syrienne. Le centre
illustrera l'approche des problèmes de prévention de
l'invalidité et de réadaptation qui est définie dans le
régional de formation aux techniques orthopédiques, à
Téhéran, qui depuis sa création a assuré la formation
de plus de cent orthopédistes /prothésistes venant d'une
nouveau programme.
vingtaine de pays revêt à cet égard une importance
L'étude sur l'invalidité dans la population
active,' commencée à Belgrade en 1972, a été achevée
1.33
' Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 1.35.
particulière. Un contrôle ultérieur effectué auprès des
stagiaires dans leur milieu de travail a montré qu'ils
participaient activement à la mise en place de services
s'étendant à l'ensemble du pays. Dans la Région du
Pacifique occidental, des programmes de réadaptation
des handicapés physiques, et en particulier des victimes
I.
RENFORCEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
de la guerre, se sont poursuivis au Cambodge et au
Laos.
Etablissements de soins médicaux
1.35
Le premier d'une série de cinq recueils de direc-
tives découlant d'une étude sur la planification, la
programmation, la conception et l'architecture des
hôpitaux et autres établissements de soins médicaux
dans les pays en voie de développement a été préparé
pour publication. Les directives figurant dans le
premier volume traitent de différents sujets et sont
conçues de manière à pouvoir s'appliquer dans des
contextes très différents tout en étant suffisamment
explicites pour présenter un intérêt pratique dans des
pays se situant à divers niveaux de développement
et dans des zones climatiques différentes. Les volumes
suivants seront modifiés en fonction des réactions des
usagers vis -à -vis de ce premier recueil.
Au cours de l'année, on a publié les actes d'un
séminaire international organisé à Nairobi en 1974
par l'Union internationale des Architectes, la Fédération internationale des Hôpitaux et l'OMS, qui avait
1.36
pour thème la planification et la construction d'établis-
sements de soins avec des ressources limitées.' Les
conclusions à tirer de ce séminaire ont été examinées
au dix -neuvième congrès hospitalier international qui
s'est tenu à Zagreb (Yougoslavie) en juin 1975.
1.37 Cette étude et le séminaire de Nairobi ont beaucoup contribué à attirer l'attention sur les problèmes
propres aux établissements de soins dans les pays en
voie de développement. Ainsi, dans la Région du
Pacifique occidental, l'expérience acquise grâce à ces
activités s'est révélée précieuse pour l'élaboration
d'une proposition de projet concernant la gestion, la
conception et l'entretien des hôpitaux, qui a été soumise
au PNUD. Quatorze pays ou zones de la Région ont
exprimé le désir de bénéficier d'une aide au titre du
projet envisagé, qui vise à créer des structures régionales de formation et à fournir des directives et des
services consultatifs dans les disciplines appropriées.
De même, dans la Région africaine, on a continué de
s'intéresser à la structure et au coût des hôpitaux
ainsi qu'à la place qu'ils doivent occuper dans un
9
projets prévoient la construction de nouveaux centres
de santé destinés aux populations des campagnes et
de la périphérie des villes. En Colombie, l'Organisation
collabore à l'étude des problèmes de conception
architecturale et de gestion administrative d'un vaste
plan d'investissement pour la construction d'hôpitaux;
en Equateur, elle contribue à la construction et à
l'équipement de huit hôpitaux; enfin, elle apporte une
aide aux autorités nationales du Brésil, du Panama,
et du Venezuela pour l'organisation des hôpitaux ou
le développement des services ambulatoires.
1.39 L'Organisation collabore au développement des
activités régionales concernant l'ingénierie et l'entretien
des hôpitaux. Le premier symposium international
consacré à ces questions s'est tenu à Mexico en février
et a été financé par l'Institut mexicain de Sécurité
sociale; au cours de ce symposium, qui a réuni trois
mille participants, quelque cent quatre -vingts communications ont été présentées. Parmi les projets
bénéficiant d'un appui de l'Organisation, on peut
citer l'installation en Colombie d'un centre national
destiné à assurer la formation du personnel chargé de
la réparation du matériel médical et, au Pérou, l'approbation par le Gouvernement de la construction d'un
centre où des ingénieurs et des techniciens seront
préparés à tous les travaux de maintenance. Le
centre d'ingénierie et d'entretien des hôpitaux du Vene-
zuela a formé cinq cents techniciens et fourni une
assistance aux Bahamas, à El Salvador, à la Jamaïque
et au Nicaragua. Avec l'aide de l'Organisation, d'autres
pays et zones de la Région, notamment l'Argentine,
le Costa Rica, l'Equateur, la Grenade, le Guatemala,
la Guyane, le Honduras, le Panama, Saint- Christophe/
Nevis et la Trinité -et- Tobago, ont pris des mesures
pour organiser l'entretien de leurs infrastructures et
de leur matériel.
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est, l'OMS a
organisé à Colombo en mars un cours national d'orien1.40
tation destiné aux administrateurs d'hôpitaux. A la
demande du Gouvernement de Sri Lanka, un cours
faisant suite au précédent a été organisé dans le
même esprit en octobre. Un séminaire inter -pays sur
les services périphériques de soins médicaux s'est tenu
à Bangkok et à Chiengmai (Thaïlande) en septembre à
l'intention de participants venus de sept pays de la
système intégré de protection sanitaire de la collecti-
Région:
vité.
Népal, Sri Lanka et Thaïlande. Il s'agissait de déterminer les problèmes et d'élaborer des directives en
matière d'organisation, d'administration, d'exécution
et de techniques de protection sanitaire primaire en
milieu rural. L'accent a été mis sur la participation
active de la collectivité rurale et la constitution d'un
personnel de santé bénévole. Une aide a été fournie au
Bangladesh pour lui permettre d'améliorer le système
d'acquisition, de fourniture, de stockage et de distri-
1.38 Dans la Région des Amériques, l'Organisation
a aidé le Brésil, le Chili, la Colombie, le Pérou, l'Uru-
guay et le Venezuela à organiser des comités de
gestion hospitalière dans les hôpitaux universitaires.
L'Equateur, El Salvador, le Honduras et la Trinité et- Tobago ont bénéficié d'une aide pour la construction
d'hôpitaux, la Banque interaméricaine de Développement finançant pour sa part les études de faisabilité et
la mise en oeuvre des projets. Un grand nombre de ces
' World Hospitals, 11: 54 -224; 228 -248 (1975).
Bangladesh, Inde, Indonésie, Mongolie,
bution des médicaments et autres fournitures médicales.
Le Népal a reçu une nouvelle aide en matière de
gestion des stocks médicaux; des cours et des séminaires
ont été organisés pour le personnel de santé travaillant
dans ce domaine et une commission du formulaire a
10
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
été créée au Ministère de la Santé. Les fournitures
médicales livrées par le FISE ont représenté une
contribution importante à cette activité.
1.41
Dans la Région européenne, la collaboration
s'est poursuivie avec le Conseil de l'Europe sur l'élabo-
ration du sous -système hospitalier. Les travaux ont
porté sur les dimensions, les fonctions et le rôle des
hôpitaux, les rapports entre le système hospitalier et
les autres sous- systèmes, et la conception des hôpitaux
eu égard à l'évolution de leurs fonctions.
Dans la Région de la Méditerranée orientale,
un nombre croissant de pays s'intéressent au dévelop1.42
(République fédérale d'Allemagne, Belgique, Finlande,
France, Inde, Royaume -Uni, Suède et Yougoslavie) a
également été achevé.
1.44 Dans la Région des Amériques, on a continué de
mettre à jour les données dont on dispose sur le nombre
de lits d'hôpital et leur taux d'utilisation, en vue d'aider
les gouvernements à évaluer les politiques qu'ils
poursuivent en matière d'infrastructure sanitaire. Des
études fondées sur des indicateurs simples sont égale-
ment en cours sur d'autres aspects de l'utilisation des
services de soins, par exemple les ressources humaines,
matérielles, techniques et financières.
pement et à la réorganisation des services hospitaliers.
Une aide a été fournie à l'Irak, à l'Iran, à l'Oman, au
Pakistan et à la République Arabe Syrienne. Dans ce
Technologie sanitaire
dernier pays, on a élaboré une proposition de projet en
vue d'obtenir une assistance du PNUD. En Iran, une
équipe de consultants composée d'un administrateur
des hôpitaux, d'un spécialiste de l'architecture hospi-
1.45 A la suite d'une révision approfondie des listes
de matériel du FISE, l'Organisation a établi des listes
provisoires de référence concernant le matériel et les
talière et d'un spécialiste du matériel hospitalier a
fourni des avis techniques sur un vaste plan de construction d'un réseau d'hôpitaux.
fournitures destinés aux services de santé périphériques.
Ces listes ont pour objet d'amorcer une étude plus
générale sur l'utilisation par le personnel sanitaire de
moyens techniques normalisés, d'une manière adaptée
aux conditions locales et aux besoins des communautés
Utilisation des hôpitaux et autres établissements de soins
1.43
Le rapport principal concernant l'étude collective
internationale sur l'utilisation des services de soins
médicaux à laquelle l'Organisation participe officiellement depuis 1967 a été achevé en vue de sa publication.' On s'est efforcé dans cette étude d'analyser
les types de besoin et d'utilisation, les différents
aménagements possibles des ressources et les effets des
valeurs et systèmes de valeurs sur l'emploi des ressources, de présenter les types de soins offerts dans
diverses sociétés, et de proposer des moyens de parvenir à une plus grande précision dans la prise de
décisions. La conception de l'étude et l'interprétation
de ses résultats ont été faits en collaboration par des
chercheurs de onze groupes d'étude travaillant en
Argentine, au Canada, aux Etats -Unis d'Amérique,
en Finlande, en Pologne, au Royaume -Uni et en
Yougoslavie, afin que diverses préoccupations se
reflètent dans l'orientation théorique commune et que
l'on adopte des méthodes d'étude uniformes et un plan
d'analyse satisfaisant pour tous. On espère que les
méthodes d'enquête et d'analyse élaborées et mises à
l'épreuve au cours de l'étude conduiront à d'autres
études internationales de ce genre présentant un intérêt
pratique direct pour les planificateurs et les adminis-
locales et des populations nationales. Cette étude est
prévue sous la forme d'un processus continu par lequel
les pays et l'OMS échangeront des informations sur
l'adaptation des moyens techniques à l'évolution des
niveaux de santé.
Etudes d'intervention et d'innovation
1.46
Une étude visant à explorer, par des essais
d'intervention multifactorielle dans la population, la
possibilité d'agir sur l'incidence des maladies non
transmissibles en abaissant le niveau des facteurs de
risque et en choisissant comme véhicule d'intervention
le groupe des maladies cardio- vasculaires, a été réalisée
à Kaunas (URSS) et à Rotterdam (Pays -Bas) d'août
1972 à la fin de 1974.2 L'analyse préliminaire indique
qu'il est possible de normaliser les procédures et
d'assurer l'examen systématique de la population
générale et le traitement des personnes exposées au
risque dans deux centres où sont appliqués des systèmes
très différents de distribution des soins de santé. Elle
a montré que les taux de participation et d'assiduité
étaient directement liés à l'effort fourni et au nombre
des contacts entre les services de distribution des soins
de santé et la population. L'analyse préliminaire des
changements de niveau des facteurs de risque à la suite
des interventions montre l'importance du dépistage
trateurs des services de santé et qu'elles permettront
d'opérer des comparaisons entre de petits secteurs
analogues ou différents d'un même pays ou de divers
pays. Des comparaisons de ce genre figurent dans le
rapport. Un rapport plus succinct et davantage axé
sur les questions pratiques, s'adressant à un public
plus vaste et moins spécialisé, a été préparé en vue de
sa publication par l'OMS. Le rapport final d'une étude
rapport coût /efficacité de ce type d'action préventive
sont également analysées.
comparative de l'utilisation des hôpitaux dans huit pays
études sont en cours en Colombie: deux études
1 Health care: an international study. Oxford, Oxford Uni-
2 Actes officiels OMS, No 205, 1973, paragraphe 12.18; No 213,
1974, paragraphe 7.35.
versity Press (sous presse).
et des contacts avec la population, en plus de l'adminis-
tration de médicaments. Les données relatives au
1.47
Dans le cadre du projet Colombie /OMS /OPS de
recherches sur la planification sanitaire globale, trois
1.
RENFORCEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
d'innovation en collaboration avec le service départe-
mental de la santé de Valle del Cauca et une étude
11
L'équipe interrégionale OMS chargée des
travaux de recherche et développement concernant
1.50
Sécurité sociale (section de Valle del Cauca). L'une
des études d'innovation, concernant les vaccinations,
est entrée dans sa phase de réalisation en mai ; le plan
l'application de l'analyse de système à la gestion sanitaire a terminé ses activités opérationnelles en 1975,
après cinq années de collaboration active avec les
Etats Membres. Vers la fin de 1974, l'OMS a publié
d'action étant terminé, le nouveau programme de
l'édition anglaise d'un ouvrage décrivant les procédures
vaccination, préparé par l'équipe du programme avec
le personnel et les administrateurs du district sanitaire
élaborées en vue d'utiliser au mieux des ressources
limitées pour assurer l'impact maximal sur l'état de
de Cali, a commencé en octobre. Il comprend des
santé des populations.' En 1975, l'équipe s'est occupée
des applications de ces procédures sur le terrain et des
questions de formation, et elle a étudié l'articulation,
dans les programmes sanitaires, des projets résultant
diagnostique pour le compte de l'Institut colombien de
activités promotionnelles dans la population, la formation et la motivation du personnel, un système d'information, des mécanismes d'évaluation et de contrôle et,
enfin, des fournitures et un appui logistique. Le programme a été accueilli favorablement par le Ministère
de la Santé publique, lequel a demandé des avis sur son
application possible aux autres services sanitaires régionaux. La deuxième étude d'innovation, consacrée à la
du processus de programmation sanitaire par pays.
Des procédures de gestion ont été mises à l'essai au
Kenya, en Malaisie et en Thaïlande, à l'occasion de
grands projets de développement. Une série de
matériels d'apprentissage destinés aux conférences -
santé maternelle et infantile, a pour objet d'aider à
ateliers a été préparée après des essais répétés dans les
planifier une couverture plus large des familles dans les
centres de santé ou hôpitaux locaux, avec un nouveau
système de financement. Les travaux préliminaires, tels
que le diagnostic de la situation, l'étude des objectifs et
des stratégies possibles, ont été achevés; à la fin de 1975,
des options de nouveaux programmes de santé mater-
pays et au sein de l'Organisation. L'appui actif de
l'équipe à différents stades de la programmation
nelle et infantile avaient été proposées au service
départemental de la santé. L'application commencera
par le district de Palmira.
1.48
L'étude diagnostique, qui consistait en une
évaluation de la section de Valle del Cauca de l'Institut
colombien de Sécurité sociale, a été achevée vers la
fin de l'année. Les conclusions, soumises à l'Institut en
décembre, portaient essentiellement sur trois groupes
de questions: caractéristiques et besoins de la population, rendement des services de santé, et rendement
financier.
Planification et gestion des services de santé
1.49
La planification des activités sanitaires natio-
sanitaire par pays au Congo, au Népal, au Pakistan et
en Thaïlande a aidé à préciser certains secteurs de la
planification stratégique en tant qu'elle se distingue de
la planification opérationnelle. Les cinq années d'activités consacrées à l'analyse de système appliquée aux
projets ont été passées en revue en décembre par un
comité OMS d'experts sur l'application de l'analyse de
système à la gestion sanitaire; le comité a conclu que
ces travaux pouvaient être largement appliqués et
unifiés dans les Etats Membres et qu'ils constituaient
une base valable pour de nouvelles activités de dévelop-
pement et d'expérimentation tant au niveau national
que dans le cadre d'une collaboration internationale.
L'Institut africain de Planification sanitaire
soutenu par l'OMS s'est ouvert à Dakar au début de
1975 et le premier cours a commencé vers la fin de
l'année. L'Institut permettra aux Etats Membres de
la Région africaine de créer les capacités techniques
nécessaires pour la planification sanitaire, qui est une
responsabilité nationale mais qui peut bénéficier de
l'aide de l'OMS et d'autres institutions. On a continué
à mettre l'accent sur la programmation sanitaire par
1.51
nales a continué à s'amplifier dans les Etats Membres.
pays, celle -ci pouvant beaucoup faciliter la planification
Dans la Région des Amériques, l'Organisation a
contribué de diverses manières à la réalisation du
entreprise par le Gouvernement du Congo pour
plan décennal de santé pour les Amériques. Vingt pays
ont abordé la première phase de l'évaluation prévue par
le plan et ont fixé des buts concrets qui doivent être
atteints en 1980, tandis que cinq autres pays ont
des projets particuliers. Une étude de ce genre a été
identifier les problèmes sanitaires du pays et fixer les
objectifs opérationnels en tant qu'éléments de programme. La deuxième conférence -atelier de l'OMS sur
la programmation sanitaire par pays s'est tenue à
commencé l'exécution de leur programme. Dans les
cinq autres Régions de l'OMS, huit Etats ont entrepris
la programmation sanitaire par pays conçue en tant
que méthode globale de planification sanitaire natio-
Brazzaville en avril; elle était destinée au personnel
national responsable de la méthodologie de ce processus. L'Organisation a aidé le Mali à évaluer son
plan décennal de développement des services de santé
nale; dans six d'entre eux (Algérie, Congo, Laos,
pour la période 1966 -1976.
Pakistan, Soudan et Thaïlande), les phases principales
ont débuté en 1975. Plusieurs autres pays ont exprimé
leur intérêt pour cette activité et ont préparé ou
Bainbridge, J. & Sapirie, S. Gestion des projets sanitaires.
Manuel de procédures pour la formulation et l'exécution des
projets sanitaires, Genève, Organisation mondiale de la Santé,
amorcé des travaux préliminaires.
1975 (Publication offset N° 12).
1
12
ACTIVITÉ DE L'OMS EN
Dans le domaine de la gestion sanitaire, l'analyse
de système appliquée à la formulation et à la gestion des
1.52
projets a été utilisée pour la formation de personnel
auxiliaire au Kenya et le développement de l'infrastructure sanitaire dans l'Etat du nord -ouest au Nigéria.
L'expérience acquise par l'équipe d'analyse de système
est mise à profit pour la rédaction d'un guide qui servira
d'outil conceptuel et méthodologique aux équipes
nationales et internationales.
1.53 Dans la Région de l'Asie du Sud -Est, les pays
ont continué à mieux maîtriser la planification de leurs
activités sanitaires. Il s'est agi dans tous les cas d'une
entreprise nationale, à laquelle l'OMS a apporté un
appui, en particulier du point de vue méthodologique.
La Thaïlande a achevé son processus de programmation sanitaire nationale en 1975, celui -ci constituant
la base de l'élément santé du quatrième plan quinquennal; c'est le troisième pays de la Région qui l'a
fait, après le Népal et le Bangladesh. Ces trois pays
ont formulé au cours de l'année des programmes et
des projets découlant de la programmation sanitaire
par pays, et une conférence -atelier sur les questions de
procédure s'est tenue en Birmanie. A Sri Lanka,
l'OMS a fourni une aide pour la planification sanitaire
à la suite des études d'ensemble sur le personnel
réalisées les années précédentes; ces études serviront
de base pour les futurs plans sanitaires.
1.54 L'Institut asiatique des Nations Unies pour le
Développement et la Planification économiques, à
Bangkok, a organisé trois activités dans le secteur
sanitaire avec la participation de l'OMS: une réunion
d'un groupe d'experts sur les projets et la programmation sanitaires, une conférence -atelier pour enseignants et planificateurs sur la planification sanitaire,
et un séminaire sur l'analyse des projets sanitaires.
Un projet inter -pays PNUD /OMS visant à renforcer
l'administration des services de santé dans la Région
grâce à une formation en planification a été lancé en
1975. Deux cours nationaux sur
la planification
sanitaire ont été organisés par l'OMS, l'un en Inde et
l'autre en Indonésie.
1.55 Dans la Région européenne, une équipe OM S
de planification sanitaire s'est rendue en Algérie pour
aider à la réalisation de la programmation sanitaire
nationale en précisant la méthodologie. La première
1975
mation et la gestion des services de santé a eu lieu à
Copenhague en octobre à la suite de l'intérêt marqué
par le Royaume -Uni et les pays scandinaves pour
l'analyse de système appliquée aux projets dans ce
domaine, analyse qui a été appliquée avec succès en
1973 à l'élaboration d'un programme de santé de
l'enfant en Ecosse. Les participants, venus du Danemark, de l'Irlande, de la Norvège, du Royaume -Uni
et de la Suède, ont reçu les explications nécessaires sur
cette approche et ont indiqué ses applications possibles
dans leurs pays respectifs. Etant donné l'intérêt
croissant des pays pour l'évaluation des programmes
et services de santé et des procédures médicales, les
activités régionales se sont concentrées sur l'utilisation
des méthodes épidémiologiques dans les processus
d'évaluation et de planification. Un groupe de travail
sur les activités de dépistage dans la Région, réuni à
Luxembourg en août, a constaté que l'évaluation des
programmes actuels de dépistage est soit insuffisante
dans l'ensemble soit inexistante. Particulièrement
déficientes sont les estimations concernant les effets
des mesures sanitaires et la valeur relative des stratégies
de dépistage et des stratégies traditionnelles.
1.57 Un groupe de travail, qui s'est réuni en avril à
Heidelberg (République fédérale d'Allemagne), a
examiné les facteurs géographiques qui influent sur
l'état sanitaire de la population, les conséquences
sanitaires des changements introduits par l'homme
dans le milieu naturel, la manipulation des données
sanitaires et environnementales à différents points de
vue (analyse spatiale, planification sanitaire géographique et spatiale), et enfin l'établissement sur ordinateur de cartes des données de mortalité. Le groupe a
conclu que la dimension spatiale des facteurs d'environnement à prendre en considération dans la planification
des programmes de soins de santé ou dans l'étiologie des maladies a été sérieusement négligée.
1.58 Dans la Région du Pacifique occidental, l'OMS
a fourni un appui technique à la Commission nationale
de Planification du Laos pour la première programmation sanitaire par pays effectuée dans la Région.
Elle a aidé la Malaisie à formuler son troisième plan
sanitaire, particulièrement en ce qui concerne l'estimation des ressources en personnel sanitaire et celle des
besoins pour la période du plan; une étude complémentaire a porté sur les besoins en matière d'enseigne-
phase des études sur la planification sanitaire dans
des pays utilisant des systèmes différents de soins de
santé s'est achevée par des visites en Ecosse et en
Suède. Les études ont montré sur quels points les
ment et de formation professionnelle pour les infir-
poussée et plus spécialisée. On a commencé la préparation d'une monographie qui décrira les systèmes de
planification sanitaire utilisés dans les pays suivants:
République fédérale d'Allemagne, Autriche, Hongrie,
Royaume -Uni (Ecosse), Suède et URSS.
étendu aux questions de gestion ainsi qu'aux principes
et à l'application de la programmation sanitaire
par pays. Dans l'enseignement de la planification dans
pays estiment avoir besoin d'une assistance plus
En plus des cours régionaux sur la planification
sanitaire et sur la planification et l'évaluation sanitaires
1.56
indiqués au tableau 2, un séminaire sur la program-
mières et les sages- femmes.
En 1975, le cours régional de planification
sanitaire donné à Manille (voir le tableau 2) a été
1.59
la Région, on insiste désormais non plus sur les
cours régionaux mais sur les cours nationaux. Alors
qu'auparavant les cours visaient avant tout à la préparation du personnel national supérieur responsable de
la direction ou de l'élaboration des plans sanitaires des
pays, on se préoccupe davantage maintenant de
1.
RENFORCEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
13
mettre le personnel des échelons intermédiaire et
maintenant soumise à des essais dans cinq régions du
local en mesure de comprendre le processus de planification sanitaire nationale et d'y participer plus efficace-
pays.
ment. Les cours régionaux seront donc organisés à
des intervalles plus longs et l'on envisage que d'anciens
participants puissent être invités à des cours de recyclage. L'Institut de Santé publique de l'Université
des Philippines, qui a assumé entièrement la responsabilité technique du cours de 1975, continuera à héberger
les enseignements régionaux, l'OMS fournissant les
appuis techniques et matériels nécessaires. Un manuel
de planification sanitaire, élaboré et amélioré peu à peu
1.62
En Indonésie également, un autre projet qui en
est à la phase préparatoire vise à étudier certains
centres de santé de façon approfondie. Ce projet,
exécuté conjointement avec le Bureau de l'Inspecteur
de la Santé de Java central, est destiné à appuyer le
programme de l'institut concernant les centres de santé
et il se concentrera sur l'analyse des facteurs favorables
et défavorables dans diverses situations; on pense que
à l'usage des cours de planification sanitaire, a été
ses résultats auront des répercussions dans tout le
pays. En plus des enseignements individuels que
révisé par un groupe d'experts comprenant un planificateur sanitaire, un économiste spécialiste du dévelop-
comportent les projets de l'institut, une série de cinq
cours sur la recherche opérationnelle et l'analyse de
pement et un administrateur de la santé publique;
il sera ultérieurement distribué aux participants des
cours de planification sanitaire et aux pays de la
système et quelques conférences -ateliers d'une semaine
Région.
fois des travaux théoriques et des travaux sur le terrain,
étaient destinées principalement au personnel partici-
Instituts pour le développement des services de santé
1.60 Les travaux se sont poursuivis sur le développement de ces instituts, dont la conception fondamentale a déjà été exposée.' Les activités qui ont eu lieu en
Indonésie et en Iran, pays avec lesquels l'Organisation
a passé des accords formels, sont décrites ci- après.
1.61 En Indonésie, l'institut pour le développement
des services de santé de Surabaya a considérablement
progressé dans son programme.2 Le projet d'élaboration d'un « module » de santé maternelle et infantile,
qui en est maintenant à un stade avancé, a permis de
définir le sous -système technologique dont dépendent
les soins de santé primaires pour les enfants et il assurera un ensemble intégré d'éléments facilement utilisables pour aider à appliquer un groupe d'interventions
particulier en vue de l'amélioration des soins de santé
maternelle et infantile. Ces éléments comprennent un
manuel axé sur les problèmes et destiné aux agents
chargés des soins primaires, des listes de médicaments
et de matériel, une série d'aides pédagogiques et des
méthodes et instruments d'évaluation pour tester les
stagiaires de santé maternelle et infantile et estimer la
qualité des services fournis. Ils sont décrits dans un.
guide actuellement en préparation pour les enseignants
et les administrateurs. Le projet est un essai effectué par
le Ministère indonésien de la Santé en vue de planifier,
avec l'aide de l'OMS, ce que doivent faire les travail-
sur le même sujet ont commencé en 1974 et se sont
poursuivis en 1975. Ces activités, qui comportent à la
pant à des recherches; toutefois, des agents des services de santé y ont également participé.
1.63
En Iran, l'objectif du projet de l'Azerbaïdjan
occidental, qui relève de l'institut pour le développement des services de santé, est d'augmenter la couverture des services sanitaires en créant un réseau de
soins de santé intégrés à l'échelon provincial.' Il
s'agit de créer un système d'agents sanitaires de
première ligne et de préciser les relations entre ces
agents, les centres de santé et les hôpitaux. Les indi-
cateurs de rendement du système seront basés à la
fois sur la couverture de la population et la productivité des centres de santé ainsi que sur les modifications
de l'état sanitaire. Les principales activités du projet
dans les trois districts actuellement intéressés portent
sur la formation des travailleurs sanitaires de première
ligne et leur introduction dans le système des services
de santé, et l'on veille à ce que la formation et
l'utilisation soient étroitement intégrées. Les premiers groupes de ces agents sanitaires travaillent
maintenant dans des « maisons de la santé » Iouées
ou nouvellement construites dans les villages qui
entourent les centres de santé ruraux; un médecin les
guide dans leur travail et s'occupe des cas qui dépassent
leur compétence, tandis que le personnel affecté au
projet par le Ministère de la Santé est responsable de
la gestion et de la formation dans chaque district. La
couverture de la population rurale par les services de
santé augmente donc à mesure que de nouveaux
leurs sanitaires; il constitue donc un plan sanitaire
national à petite échelle. Le « module » élaboré par
centres de village sont créés.
ce projet en matière de soins de santé primaires pour
l'enfant est actuellement étudié par l'OMS et pour-
1.64 On insiste beaucoup sur la nécessité de préparer
un plan pour le réseau proposé de services de santé en
Azerbaïdjan occidental, afin de couvrir à la fois
rait former le premier d'une série qui portera sur
toute la technologie du centre de santé et de l'hôpital
de district et que les pays pourront utiliser pour planifier
leur propre technologie normalisée. Une édition expéri-
mentale du manuel des agents chargés des soins primaires a été établie en anglais et en indonésien; elle est
' Actes officiels OMS, NO 221, 1975, paragraphe 1.3.
2 Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphes 1.5 -1.6.
l'intégration des agents sanitaires de première ligne
dans l'ensemble du système et la collaboration
des divers organismes qui doivent les soutenir. Les
schémas d'évaluation des différents éléments du
projet ont été unifiés de manière à former un plan
3 Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 1.4.
14
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
complet d'évaluation. On se propose d'établir un
système complet en Azerbaïdjan occidental avant
leurs services nationaux d'information sanitaire, afin
d'étendre les activités du projet à d'autres provinces.
C'est là un des premiers projets bénéficiant d'une aide
moderne. Les objectifs sont de découvrir ou de mettre
au point des approches nouvelles intéressantes
de l'OMS dans lesquels l'accent ait été mis sur le
qui permettront de réorganiser et d'améliorer les
systèmes d'information sur les services sanitaires
développement des services de santé par l'emploi de
travailleurs sanitaires de première ligne. Pour la
période de quinze mois commençant en juillet 1975,
l'élément OM S du projet est financé principalement par
le PNUD et un appui substantiel est venu des pouvoirs
publics du pays.
Depuis la création des premiers instituts pour
le développement des services de santé, on s'est rendu
1.65
de mieux en mieux compte, tant à l'OMS que dans
certains Etats Membres, qu'il était nécessaire d'avoir
une conception plus large de la distribution des soins
de santé comprenant comme élément important le
développement des personnels. C'est pourquoi l'OMS
élabore actuellement une approche du développement
des services et des personnels de santé afin de promouvoir le développement coordonné des éléments
« services » et « personnels » dans le cadre national,
afin de rationaliser la gestion du système des services de
santé (voir aussi les paragraphes 3.2 -3.3). L'approche
combinée sera appliquée à la formulation de politiques
reliant de façon efficace la distribution des soins et la
formation des personnels de santé; la forme que
prendra cette approche et la structure institutionnelle
correspondante varieront d'un pays à l'autre.
Services d'information sanitaire
qu'ils répondent mieux aux besoins de la gestion
quand ce sera nécessaire, de promouvoir l'adoption
et l'adaptation de ces approches au niveau national,
d'encourager les contacts et les échanges d'idées ou
d'observations, et de renforcer la capacité du personnel
national en ce qui concerne le développement et
l'amélioration des systèmes d'information sur les
services de santé. L'un des buts visés est de promouvoir
une collaboration plus étroite à tous les niveaux entre
les administrateurs de la santé publique et les décideurs
d'une part et, d'autre part, les statisticiens sanitaires
et autres fournisseurs d'information.
1.67
On insiste surtout, dans cette zone de program-
me, sur les activités à entreprendre dans le cadre
national. Des directives seront préparées pour faciliter
la création et le fonctionnement des systèmes d'information des programmes de services de santé ainsi que
la formation du personnel nécessaire. Entre -temps, des
projets sont déjà en cours sur le terrain dans plusieurs
pays. Par exemple, une aide a été donnée aux Philippines pour l'achèvement de la deuxième phase d'une
recherche opérationnelle concernant l'encadrement
ainsi que la production et le contrôle de l'information
dans les services sanitaires périphériques; cette étude
fait partie du projet de développement des services de
santé du pays (voir le paragraphe 1.23). Les manuels
élaborés à l'occasion du projet ont été approuvés par
Une nouvelle zone de programme est consacrée
aux services d'information sanitaire et un plan d'action
a été préparé, en réponse au désir croissant des pays
Ministère de la Santé. Un élément « système
d'information sanitaire » figure aussi dans le projet
relatif aux centres de santé exécuté en Indonésie par
l'institut pour le développement des services de santé
de réviser les conceptions de base et la structure de
de Surabaya (voir le paragraphe 1.62).
le
1.66
2.
2.1
SANTÉ DE LA FAMILLE
L'intensification par l'OMS de ses activités en
matière de santé de la famille en 1975 a eu principalement pour but de réduire le gaspillage humain résultant
de l'action conjuguée de la malnutrition, de l'infection,
d'une fécondité non contrôlée et de l'insuffisance des
services sanitaires et autres prestations sociales. Cette
situation est associée au dénuement et au faible niveau
de développement socio- économique qui sont communs
dans les régions rurales des pays non industrialisés.
Aussi faut -il constamment explorer les contributions
que le programme de santé de la famille pourrait
apporter au processus de développement global des
pays, notamment celles qui intéressent l'amélioration
des conditions sociales dans les collectivités isolées, et
se demander quels avantages peuvent en résulter pour
l'action entreprise sur d'autres plans. Cela suppose
que soient substitués aux projets unidisciplinaires et
spécialisés de plus vastes programmes pluridisciplinaires et plurisectoriels. Du fait qu'elles constituent
un trait d'union entre les services destinés à l'individu
et ceux axés sur la collectivité, les prestations de santé
de la famille occupent une place essentielle dans les
soins de santé primaires et les activités de développement rural.
2.2
Le programme met l'accent sur quatre secteurs
prioritaires et sur les exigences corrélatives en matière
de services, de formation et de recherche: 1) amélioration des soins aux femmes enceintes et aux accouchées
et de la régulation de la fécondité; 2) promotion de la
croissance physique et du développement psychosocial des jeunes; 3) prévention et traitement des
maladies les plus fréquentes, en particulier des infec-
tions, pendant la grossesse, chez les nourrissons et
dans l'enfance; 4) promotion de la santé de la famille
dans son ensemble. Sur ce dernier point, il est significatif qu'un certain nombre de gouvernements et d'établissements d'enseignement aient créé des départements de santé de la famille pour mettre l'accent sur la
famille considérée comme unité sociale de base approche que l'Organisation préconise depuis longtemps.
2.3
Dans toutes les Régions, la morbidité et la morta-
lité maternelles et infantiles demeurent à un niveau
inadmissible, et il est rare que les prestations fournies
dans le cadre du système de protection sanitaire existant donnent vraiment satisfaction. Pour améliorer la
planification et la gestion des programmes de santé de
la famille qu'englobe cette protection, l'Organisation
s'est préoccupée d'une manière croissante de susciter
une approche plus systématique de la formulation et
de la gestion des projets se rapportant à des programmes de santé maternelle et infantile, de planification
familiale, de nutrition et de vaccination ainsi qu'aux
activités correspondantes d'éducation sanitaire. Cette
approche a été utilisée pendant l'année par l'Algérie,
le Népal et la Thaïlande avec des résultats encourageants. D'autre part, l'OMS a aidé le Gouvernement
pakistanais à l'appliquer à la formulation du programme de planification démographique nationale
pour la période 1975 -1980. Une conférence -atelier
interrégionale sur l'élaboration de projets de santé de
la famille dans les divers pays a été organisée en avril
à l'intention des membres des équipes OMS inter -pays
de santé de la famille pour les aider à adapter à la
situation des pays concernés la méthode d'analyse de
système appliquée aux projets. Dans cette formule de
gestion, « l'approche en fonction du risque », définie
au paragraphe 2.14, est particulièrement utile pour la
mise au point d'une politique locale de prestations de
santé maternelle et infantile, et elle est aussi applicable
à d'autres aspects de la santé de la famille car il faut
s'efforcer d'assurer à tous de meilleurs services tout en
portant une attention spéciale à ceux qui en ont le plus
besoin. Pour favoriser la généralisation de ce type
d'approche, l'Organisation s'est préoccupée de définir
des techniques peu coûteuses, efficaces et acceptables
qui puissent être employées à l'échelon périphérique
moyennant une formation simple mais adéquate du
personnel chargé de dispenser les soins de santé primaires, et elle fournira des directives pour leur application.
préconisée par l'OMS, de la
planification familiale dans les autres services de santé,
notamment ceux de santé maternelle et infantile, s'est
maintenant largement imposée. En collaboration avec
2.4 L'intégration,
le FNUAP et le FISE, l'Organisation a concouru à
la planification et à la mise en oeuvre dans soixante
pays de plus de soixante -dix projets visant cette intégration. Une telle extension des activités du programme
a fait apparaître la nécessité d'une évaluation permanente, amorcée dès le stade de la planification.
2.5
Un comité OMS d'experts de l'évaluation des
activités de planification familiale menées dans les services de santé, réuni en 1974, a annexé à son rapport
un certain nombre de principes directeurs. Conformément aux recommandations de ce comité, l'Organisation a entrepris d'élaborer des directives plus précises
pour l'évaluation de la planification familiale en tant
que partie intégrante du système de protection sanitaire. Cette évaluation a également fait l'objet de séminaires et de conférences -ateliers organisés dans les
Régions des Amériques et du Pacifique occidental.
En présence d'un accroissement constant de la
demande de prestations de planification familiale et
2.6
- 15 -
1
Série de Rapports techniques OMS, No 569, 1975.
16
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
d'une prise de conscience de plus en plus nette des
problèmes que pose la reproduction humaine, les
administrateurs de la santé publique doivent faire appel
à la recherche pour apporter une réponse à nombre des
questions qu'ils doivent résoudre. Le vaste programme
de recherches de l'Organisation dans ce domaine couvre, comme on le verra plus loin, les aspects biomédicaux, épidémiologiques et opérationnels de la planification familiale, la stérilité, la grossesse, l'allaitement
et d'autres aspects de la santé et de la pathologie de la
reproduction. En raison même de leur nature, tous
ces points ont d'importantes implications psychosociales. On s'est principalement attaché jusqu'ici à
évaluer dans différentes populations l'innocuité, -l'efficacité, l'acceptabilité et les incidences sur les services
de diverses méthodes de régulation de la fécondité, à
améliorer les méthodes actuelles et à en élaborer de
nouvelles, enfin à développer le potentiel de recherche,
en particulier dans les pays en voie de développement.
2.7 A mesure que l'on connaît mieux la physiologie
de la reproduction, les facteurs qui influent sur la
croissance du foetus et les exigences, sur le plan
compte des aspects sanitaires de ce grave problème
socio- économique. La surveillance alimentaire et
nutritionnelle, dont la Conférence mondiale sur
l'Alimentation a souligné la nécessité en 1974, est une
des préoccupations majeures du programme de nutri-
tion de l'OMS. Conjointement avec le FISE et la
FAO, l'Organisation a d'ailleurs convoqué un comité
d'experts pour l'examen du problème (voir le paragraphe 2.54 ci- après).
Beaucoup de ces questions ont explicitement ou
implicitement figuré parmi les thèmes de discussion de
récentes assises internationales telles que la Conférence
mondiale de la Population et la Conférence mondiale
2.9
de l'Alimentation (1974) ou la Conférence mondiale
de l'Année internationale de la Femme et la septième
session spéciale de l'Assemblée générale des Nations
Unies (1975) qui, chacune à leur manière, ont exploré
les moyens d'agir sur les causes de pertes humaines
considérables et d'améliorer la qualité de la vie.
L'Organisation a joué un rôle positif en apportant
des contributions à ces conférences ou en agissant
conformément aux résolutions et aux recommandations
nutritionnel et psycho -social, de la croissance et du
adoptées. L'ONU et le FNUAP ont organisé au
développement de l'enfant, les services de santé maternelle et infantile doivent assumer des responsabilités
niveau intergouvernemental en 1975, dans chacune des
régions économiques et sociales de l'Organisation des
grandissantes qui concernent non seulement la prévention et le traitement des complications de la grosses-
se et de l'accouchement, mais aussi les rapides changements sociaux et comportementaux qui ont d'importantes répercussions sur la santé des groupes vulnérables. Particulièrement intéressantes à cet égard
sont les activités menées dans les Régions des Amériques et de l'Europe pour l'étude de la morbidité et la
mortalité infanto-juvéniles et pour la détection précoce
des handicaps qui peuvent être une source de difficultés
chez l'enfant d'âge scolaire et l'adolescent. Il émerge
par ailleurs une nouvelle série de problèmes parmi
lesquels on peut mentionner les retentissements de la
malnutrition infantile sur la morbidité cardio- vasculaire à l'âge adulte; les effets lointains de l'utilisation
de contraceptifs oraux par les jeunes filles, notamment
en ce qui concerne leur capacité reproductive future;
les aspects psycho- sociaux de l'avortement et les impli-
cations sanitaires de la chute de la natalité et de
l'amenuisement des familles dans certains pays industrialisés. Tous mettent en évidence la nécessité de se
préoccuper beaucoup plus qu'on ne l'a fait jusqu'ici
en santé publique du dépistage des atteintes morbides
précoces en établissant des indices d'alerte plutôt que
d'en rester aux índices rétrospectifs fondés sur la
mortalité et la morbidité manifeste.
En ce qui concerne la nutrition, il faut souligner
que les famines des dernières années ne sont malheureusement que des manifestations paroxystiques d'un
état chronique de malnutrition dont souffrent encore
de vastes fractions de l'humanité. L'OMS a maintenu
d'étroits contacts avec le FISE, la FAO, la BIRD et
diverses organisations gouvernementales et non gouvernementales pour veiller à ce qu'on se rende bien
2.8
Nations Unies, des consultations intergouvernementales destinées à permettre à des groupes de pays dont
la situation et les problèmes démographiques sont
semblables d'examiner conjointement le Plan d'action
mondial de la Population. L'OMS a préparé pour
toutes ces consultations une documentation de base
indiquant le rôle qu'elle assume dans la mise en oeuvre
du Plan d'action, et elle a activement participé à ces
consultations de même qu'à la consultation interrégionale d'experts qui leur a fait suite en vue de tracer
des lignes d'action prioritaire.
2.10 L'OMS a concouru à la préparation du projet
de plan d'action pour l'Année internationale de la
Femme, particulièrement en ce qui concerne les
chapitres santé et nutrition, famille et population, et
elle a participé à la Conférence mondiale de l'Année
internationale de la Femme (Mexique, juin juillet), à
laquelle elle a fourni une documentation sur les besoins
des femmes en matière de santé. Elle a également
pris part à un certain nombre de conférences internationales et autres réunions liées à l'Année de la Femme.
Une étude est en cours sur le statut des femmes à
l'OMS même, et l'Organisation a fait savoir aux
gouvernements qu'elle était prête à les aider à intensifier leurs activités en faveur de la santé des femmes,
conformément à la résolution WHA28.40 adoptée par
l'Assemblée de la Santé en mai.
2.11
Toutes les activités dont il vient d'être question
requièrent la coordination la plus étroite au niveau
des programmes. Il est fait appel pour cela à des
canaux de communication tant officiels qu'officieux
avec les différentes organisations du système des
Nations Unies, notamment le FNUAP, le FISE,
2. SANTÉ DE LA FAMILLE
l'OIT, la FAO, l'UNESCO et la BIRD, ainsi qu'avec
des organisations non gouvernementales et d'autres
organismes et institutions. Il convient de mentionner
spécialement la participation de l'OMS aux travaux
du Sous -Comité de la Population du CAC, du Comité
consultatif inter -institutions du FNUAP, de la Com-
mission de la Population, du Conseil mondial de
l'Alimentation et du Comité spécial inter -institutions
de la Femme.
17
locales; le comité a particulièrement appelé l'attention
sur la nécessité d'utiliser pleinement les ressources
existantes, en faisant preuve toutefois d'un certain
doigté, et sur l'intérêt que présente l'évaluation des
facteurs de risque biologiques et environnementaux
auxquels sont exposés les mères et les enfants pour la
fourniture de prestations faisant appel aux ressources
et compétences adaptées aux divers niveaux de risque.
La notion « d'approche en fonction du risque »
aux fins de la distribution des prestations en matière de
santé maternelle et infantile, y compris celles de plani-
2.14
tion de systèmes de soins pouvant effectivement
fication familiale, est une formule qui a été mise au
point par un groupe ad hoc réuni en septembre. Cette
approche permet, par une meilleure répartition des
ressources, d'accorder une attention spéciale aux individus et aux groupes qui, en raison de caractéristiques
ou de conditions particulières, sont plus susceptibles
de présenter un processus morbide ou d'en devenir les
atteindre les groupes non encore protégés qui repré-
victimes ou d'en être plus gravement affectés, mais elle
sentent une forte proportion de la population des
n'en conserve pas moins comme objectif de réaliser
une plus large couverture et de répondre aux besoins
essentiels de toutes les mères et de tous les enfants.
Le groupe ad hoc a souligné qu'elle avait de fortes
Santé maternelle et infantile
Voici quelques années déjà que les autorités
nationales et les groupes internationaux d'experts
2.12
mettent en avant la nécessité de faire une place particulière à la santé maternelle et infantile dans la promo-
pays en voie de développement. On attache de plus en
plus d'importance à la coordination des divers programmes intéressant les mères et les enfants (y compris
ceux de secteurs autres que la santé, en relation
notamment avec le développement rural), et l'approche intégrée adoptée par l'Organisation pour la santé
maternelle et infantile et pour la planification familiale
est largement acceptée. Cela a été confirmé en 1975
par les avis exprimés à la Conférence mondiale de
l'Année internationale de la Femme et à la vingtième
session du Comité mixte FISE /OMS des Directives
sanitaires. De l'étude commune FISE /OMS sur différents moyens de répondre aux besoins sanitaires
fondamentaux des populations dans les pays en voie de
développement, qui a été examinée à cette session du
Comité mixte,1 il ressort que, dans tous les cas où
l'organisation des soins a été efficace, c'est grâce à une
participation active de la collectivité, et que dans l'effort
de développement de la protection, au niveau des soins
primaires en particulier, les programmes de santé
maternelle et infantile ont fait l'objet de la plus grande
attention.
Ces opinions ont été réitérées avec force en
décembre par un comité OMS d'experts sur les tendances et approches nouvelles dans la prestation de
soins aux mères et enfants par les services de santé,
qui a notamment examiné l'incidence à cet égard de
l'évolution socio- économique et des modifications du
2.13
comportement. Le comité a souligné que les services de
santé maternelle et infantile devraient assurer non
seulement une couverture plus complète des populations, mais également un meilleur équilibre entre services de soins primaires, services intermédiaires et
services spécialisés, et qu'ils devraient aussi être plus
équitablement répartis entre les régions rurales et les
zones urbaines. Cette amélioration de la couverture et
de l'efficacité nécessitera une redéfinition du type de
soins a fournir ainsi que la mise au point, pour leur
distribution, de stratégies adaptées aux conditions
1 Actes officiels OMS, No 228, 1975, partie I, annexe 2.
chances de succès lorsqu'elle était adoptée par les
services de santé maternelle et infantile, dont l'action
suppose des contacts fréquents qui facilitent l'identification précoce des individus spécialement exposés au
risque. Aucun pays en voie de développement ne peut
se permettre le gaspillage de ressources et de compétences qui résulterait d'une trop grande rigidité dans
l'organisation des soins aux mères et aux enfants. C'est
donc en fonction des conditions locales qu'il faut
mettre au point le contenu du «module» de santé maternelle et infantile, tout comme la stratégie de l'action fréquence et époque des interventions notamment. On
tiendra compte des facteurs de risque, de leur prévalence et de la possibilité de les infléchir, et ce sont eux
qui détermineront l'allocation de la main -d'oeuvre, des
compétences et autres ressources dont dispose la collec-
tivité, ainsi que leur répartition. Le groupe ad hoc a
élaboré une méthodologie et des directives qui serviront à établir les protocoles sur la base desquels
« l'approche en fonction du risque » sera appliquée
aux programmes de santé maternelle et infantile et
de planification familiale soutenus par l'OMS dans
divers pays.
Activités répondant à des besoins spécifiques
2.15
En collaboration avec l'Institut de Santé infan-
tile de l'Université de Londres, l'Organisation a
rassemblé et analysé des données provenant de différentes régions du monde sur la croissance du foetus,
de l'enfant et de l'adolescent. La compilation des
données relatives aux normes de croissance dans le
monde facilite l'appréciation de la santé et de l'état
nutritionnel des enfants ainsi que celle des effets de
l'environnement et des maladies sur la croissance, et
elle est aussi utile pour la planification des actions et
des soins requis. D'autre part, ces travaux contribuent
à la normalisation des méthodes de collecte et d'analyse.
On a achevé pendant l'année l'évaluation des résultats
18
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
des essais, organisés dans neuf pays, de la fiche de
croissance à usage international mise au point par
l'OMS pour surveiller, au niveau des soins de santé
primaires, l'état nutritionnel et sanitaire des enfants
de moins de cinq ans. Le rapport établi sur la base de
ces résultats est encourageant car il montre que la
fiche constitue pour le personnel auxiliaire un outil
commode aux fins des soins, des décisions d'aiguillage
vers un service spécialisé, et de l'éducation des mères.
2.16
L'étiologie, la prévention et les incidences
sociales de l'insuffisance de poids à la naissance tant chez les enfants nés avant terme que chez ceux qui
sont petits ou légers pour leur âge gestationnel - ont
été examinées en septembre par un groupe d'experts
de pays en voie de développement et de pays industrialisés. Dans l'ensemble du monde, environ vingt
millions de bébés parmi les enfants nés chaque année soit environ un cinquième du total - présentent cette
insuffisance qui constitue l'un des principaux facteurs
de la mortalité périnatale et de la morbidité immédiate
et à long terme. Le groupe a conclu que la prévention
de l'insuffisance de poids à la naissance devait être
inscrite parmi les principaux objectifs de l'action de
santé publique dans la plupart des pays; elle est
extrêmement importante pour permettre le dévelop-
pement optimal des enfants et pour lutter contre
l'anéantissement et la souffrance d'êtres humains, ainsi
que pour réduire les dépenses considérables qu'entraînent les soins, immédiats et à long terme, aux enfants
de poids insuffisant à la naissance. L'accent a été mis
sur la nécessité de concevoir des mesures pratiques
permettant d'intervenir à temps et de prévenir les
facteurs qui conduisent à l'insuffisance de poids à la
naissance; les mesures intéressant la nutrition et le
comportement doivent être prises dès l'adolescence et
maintenues jusqu'à et pendant la grossesse. La mise
au point de méthodes simples pour les soins aux
nouveau -nés, notamment au niveau de la collectivité,
a été jugée essentielle.
2.17 Au moyen d'une étude collective sur l'alimentation
au sein, l'OMS réunit des données qui permettront
d'asseoir sur une base concrète les programmes de
santé maternelle et infantile, en particulier dans les pays
en voie de développement. Après la réunion en mai
d'un groupe ad hoc auquel se sont joints les principaux
chercheurs concernés, la première phase de l'étude
a débuté dans dix pays (Chili, Ethiopie, Guatemala,
Hongrie, Inde, Liban, Nigéria, Philippines, Suède et
sur les interrelations entre l'allaitement, la reproduc-
tion, la nutrition, et la qualité et la quantité du lait
que donne la mère). L'étude est conduite en collaboration avec le Centre international de l'Enfance à Paris et
est appuyée par le FNUAP et l'Agence suédoise pour
le Développement international.
Deux recueils de directives préparés par l'OMS
pendant l'année devraient aider les administrateurs et
planificateurs des programmes de santé maternelle et
2.18
infantile et de planification familiale à choisir les
priorités en tenant compte des besoins en matière
de formation et du coût d'exécution, ainsi que de la
charge de travail pour les services de soutien. L'un
se rapporte aux implications opérationnelles des différentes techniques de stérilisation de la femme.
L'autre indique les bases sur lesquelles peuvent être
créés, dans le cadre des programmes de protection
maternelle et infantile et de planification familiale,
des services de cytologie vaginale pour le dépistage du
cancer dans les pays en voie de développement, en
précisant également les éléments à prendre en considération avant toute mise en route de tels services.
Ces directives sont inspirées des conclusions d'un
groupe d'experts qui s'est réuni à Genève en avril.
La question de la contraception pendant
l'adolescence a été examinée en septembre par un
2.19
groupe de conseillers qui a passé en revue les connais-
sances actuelles sur la maturation physiologique de
l'adolescente et les problèmes juridiques, sociaux, psy-
chologiques et éducationnels que pose l'emploi des
contraceptifs pendant l'adolescence. Il a également
examiné la question de la sécurité et de l'efficacité des
méthodes contraceptives effectivement utilisées dans
ce groupe d'âge. Le manque de données concernant
les effets de la contraception hormonale sur la croissance et le développement des adolescentes et sur
l'issue des grossesses futures est particulièrement préoccupant. Les conclusions du groupe, ainsi que le rapport
de la réunion sur la grossesse et l'avortement pendant
l'adolescence qui s'est tenue en 1974,1 figureront parmi
les documents qu'examinera en 1976 un comité OMS
d'experts sur les besoins sanitaires des adolescents.
Des progrès notables ont été faits dans les
recherches soutenues par l'OMS sur les séquelles
2.20
somatiques de l'avortement provoqué et sur les incidences des avortements illégaux tant pour la santé que
pour les services médico- sanitaires. Dans plusieurs
Zaïre). Il s'agit au cours de cette phase, qui ne s'étendra
pays d'Afrique, des travaux de recherche sur la
pas sur plus d'une année, d'opérer une étude transversale dans des populations rurales et urbaines pour
déterminer la fréquence et la durée de l'alimentation
au sein et les facteurs qui les conditionnent. Des
stérilité soutenus par l'OMS font partie intégrante du
programme de développement des services de santé
maternelle et infantile (voir les paragraphes 2.1262.127).
protocoles ont d'autre part été dressés pour les études
en profondeur qui seront menées au cours de la deuxième phase. Les investigations porteront sur les facteurs
jouant un rôle dans le mode d'alimentation des nourrissons - politique sociale, législation sur la maternité
2.21
et les mères qui travaillent, organisation des soins médi-
caux pour les mères et les enfants, disponibilité de
produits de remplacement du lait, etc. -- et elles
comprendront des études biologiques (par exemple
La prévention et le traitement des infections
chez les mères et les enfants présentent une grande
importance, et le chapitre 4 fournit des renseignements
à ce sujet;. les paragraphes 4.2 -4.9 traitent de l'état
d'avancement du programme élargi de vaccination,
et les paragraphes 4.152 -4.154 du traitement des
maladies diarrhéiques.
1 Série de Rapports techniques OMS, No 583, 1975.
2. SANTÉ DE LA FAMILLE
Développement et renforcement des services de santé
maternelle et infantile: activités dans les pays et
activités régionales
Dans la Région africaine, l'exécution des programmes de développement communautaire en milieu
rural a permis à plusieurs pays - par exemple, le Congo, la Haute -Volta, le Kenya, le Mali et le Nigéria 2.22
de mieux utiliser leurs maigres ressources. Ces programmes donnent la prééminence à la santé maternelle et infantile, en mettant tout particulièrement
l'accent sur la formation et la réorientation de certaines
catégories de personnels comme les éducateurs ruraux
et les infirmières /sages- femmes visiteuses. On organise
au Mali des maternités rurales qui emploient des
accoucheuses qualifiées. Dans les programmes intégrés
de développement des soins de santé au Botswana, au
Nigéria, en République -Unie de Tanzanie et en Répu-
blique -Unie du Cameroun, on attache une grande
importance à la santé maternelle et infantile et à la
planification familiale, et dans des programmes similaires au Kenya et au Souaziland la planification
familiale fait partie des soins de santé maternelle et
infantile dispensés par les centres sanitaires, une formation appropriée étant donnée aux infirmières, aux
éducateurs sanitaires et aux autres personnels de santé.
On a pu noter en 1975 que tous les pays de la
Région des Amériques avaient établi un service de
santé maternelle et infantile au niveau de leur administration sanitaire nationale. L'Organisation a aidé
à mettre sur pied des projets de santé maternelle et
2.23
infantile et de planification familiale dans quinze pays,
et dans cinq d'entre eux des évaluations à mi- parcours
ont été faites; au Chili et en Colombie, les résultats
satisfaisants qui ont été enregistrés ont conduit à
élargir les activités. L'Organisation a également aidé
la Bolivie, l'Equateur, le Guatemala et le Panama à
préparer la formulation de programmes de santé
maternelle et infantile et de planification familiale.
Dans la zone des Caraïbes, une analyse de l'état de
santé des mères et des enfants et des services qui
leur sont offerts a amené à formuler un plan de
renforcement des programmes de santé maternelle
et infantile. Une étude similaire a été entreprise dans
plusieurs pays d'Amérique centrale.
2.25
19
Les jeunes de 15 à 24 ans représentent 18
de la population en Amérique latine et dans les Caraïbes
et il est urgent de prévoir des programmes pour
améliorer leur état sanitaire. A la suite d'une étude
préliminaire faite en 1974, un groupe ad hoc s'est
réuni pour définir les éléments essentiels des programmes de santé s'adressant à ce segment de la population,
proposer des stratégies de mise en oeuvre et, en particulier, analyser les possibilités d'amener les jeunes à
participer activement aux programmes de santé.
2.26
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est, les ren-
seignements nécessaires pour la planification et l'évalua-
tion des services de santé maternelle et infantile font
généralement défaut. Une activité entreprise au cours
de l'année devrait largement aider à surmonter cet
obstacle: il s'agit d'une étude de faisabilité en vue de
la planification d'enquêtes sur la mortalité et la morbidité périnatales -y compris la fréquence de l'insuffisance de poids à la naissance - faite en Birmanie,
en Inde, à Sri Lanka et en Thaïlande. L'organisation
par l'Inde d'un programme d'interruption médicale de
la grossesse progresse à grands pas, et l'OMS a soutenu
la création ou le fonctionnement d'une soixantaine de
centres nationaux de formation dans ce domaine. Au
cours d'une conférence -atelier réunie à New Delhi
en juillet avec l'appui de l'OMS, les autorités sanitaires
à l'échelon central et à celui des Etats, les membres de
la Fédération indienne des Sociétés d'Obstétrique et
de Gynécologie, l'Association médicale indienne et le
groupe
national
la
matière
d'interruption médicale de la grossesse ont examiné
les problèmes qui se posent et formulé des recommandations pour l'extension du programme. On trouvera
au paragraphe 18.8 des indications sur le programme
remanié d'enseignement universitaire et postuniversitaire en matière de soins aux enfants au niveau de la
collectivité qu'appliquent les facultés de médecine de
l'Inde. A Sri Lanka, un programme intégré de santé
maternelle et infantile, de planification familiale et
de vaccination met l'accent sur les soins aux mères
et aux enfants, sur l'amélioration des soins obstétricaux et sur l'éducation nutritionnelle; des évaluations
périodiques faites conjointement par le Gouvernement,
le FNUAP et l'OMS se sont révélées extrêmement
utiles pour améliorer la qualité des soins et la couverture assurée. Dans le cadre de la programmation sani-
taire par pays, des projets visant à promouvoir la
La nécessité de renforcer les capacités gestion nelles du personnel sanitaire responsable de l'admi2.24
nistration des programmes de santé maternelle et
infantile et de planification familiale est très apparente
dans cette Région. Pour faciliter l'étude des problèmes
administratifs qui s'y rattachent, l'Organisation a mis
au point un questionnaire qui a servi à rassembler des
renseignements dans plusieurs pays des Caraïbes. En
collaboration avec un certain nombre d'institutions,
elle prépare un programme régional de formation
continue en matière d'administration des programmes
de santé maternelle et infantile et de planification
familiale pour le personnel de gestion des niveaux
moyen et supérieur.
santé maternelle et infantile et la planification familiale ont été élaborés au Népal et en Thaïlande; dans
ce dernier pays, le projet s'inscrit dans un programme de développement des soins de santé à l'échelon
provincial. Au Bangladesh, l'OMS aide à renforcer
les éléments cliniques des programmes de planification
familiale. Le « module » de santé maternelle et infantile
a continué d'être appliqué à la formation de travailleurs
sanitaires en Indonésie, et l'élément soins aux enfants
a été mis au point et évalué (voir le paragraphe 1.61).
2.27
Dans la Région européenne, l'OM S a maintenu
son aide à l'Algérie, au Maroc et à la Turquie pour
l'exécution de leurs projets de santé maternelle et
20
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
infantile. Le chapitre 3 mentionne plusieurs des nom-
breux programmes de formation s'adressant à des
participants de toutes les Régions de l'OM S ; la tendance est à décentraliser ces activités, et l'Organisation
est de plus en plus souvent appelée à prêter son concours
pour des cycles de formation au niveau national.
Une étude des problèmes relatifs aux enfants
d'âge scolaire a été entreprise et un groupe de travail
s'est réuni en novembre à Copenhague pour examiner
plus particulièrement ceux du groupe d'âge 5 -9 ans.
Les renseignements réunis en 1974 et 1975 au cours
d'une étude sur les statistiques de santé scolaire en
2.28
Europe ont fourni une documentation de base au
groupe, qui a examiné divers aspects de la protection
et de la promotion de la santé et proposé des solutions
fondées sur l'emploi de techniques et stratégies modernes. Il a étudié notamment les questions qui se posent
dans les zones à urbanisation rapide, les risques pour
la santé liés à l'environnement, les relations psychosociales entre enfant, école et groupe familial, et les
problèmes des enfants qui requièrent une attention
spéciale en raison soit de facteurs psychologiques,
sociaux ou économiques, soit de handicaps dus à des
maladies chroniques ou à l'arriération mentale.
2.29
Dans la Région de la Méditerranée orientale,
l'OM S a aidé le Soudan, le Yémen et le Yémen démocratique à mettre sur pied des programmes complets de
protection maternelle et infantile et de planification
familiale. Dans cette Région également, la formation
de personnel constitue un élément majeur de la participation de l'OM S aux programmes de santé maternelle
et infantile et de planification familiale. Un échange de
professeurs de médecine préventive et sociale, de
lancé dans la province de Bohol un projet visant à
déterminer l'efficacité des activités de planification
familiale intégrées dans un programme bien organisé
de santé maternelle et infantile intéressant une vaste
zone essentiellement rurale. Un programme étalé sur
quatre ans pour la mise en place de services de planification familiale dans le cadre des prestations fournies
après l'accouchement ou l'avortement dans vingt -cinq
hôpitaux -écoles s'est achevé aux Philippines également.
Il a exigé la construction et l'adaptation de locaux, le
renforcement des effectifs, l'organisation d'un pro-
gramme complet de préparation aux activités de
planification familiale centrées sur la maternité, et
l'amélioration des prestations de santé maternelle et
infantile. Tous les nouveau -nés sont vaccinés par le
BCG, et ils sont placés dans la même pièce que leur
mère pour encourager l'allaitement maternel. Dans les
services autres que ceux de maternité, on a fait un
effort particulier pour vacciner tous les enfants qui ne
l'avaient pas été. Les hôpitaux participant au projet
sont devenus, en raison de leurs effectifs et de leur
équipement, des centres qui accueillent les malades
envoyés par les petites unités assurant des prestations
de santé maternelle et infantile et de planification
familiale.
2.32 Au niveau interrégional, les programmes pour
la formation de cadres dans les domaines de l'enseignement de la pédiatrie et de l'administration des soins
de santé maternelle et infantile se sont poursuivis avec
l'appui de l'OMS et du FISE (voir chapitre 3). A ce
propos, il faut signaler en particulier la réunion mentionnée au paragraphe 3.74, organisée pour un tour
d'horizon entre boursiers et anciens boursiers qui
étudient ou ont étudié dans diverses institutions en
entre l'Egypte, l'Iran et le Pakistan. Un séminaire
Afrique, en Inde et au Royaume -Uni dans le cadre du
programme de formation supérieure.
régional sur la création de zones de formation pratique
pour compléter l'enseignement en santé maternelle et
infantile et en planification familiale donné dans les
écoles de médecine s'est tenu à Ispahan (Iran) en mai.
Coopération avec d'autres organisations
Dans les pays de la Région du Pacifique occidental, les activités reflètent la volonté de répondre
aux besoins les plus urgents du plus grand nombre
l'OMS avec le FNUAP et le FISE ont déjà été données
au paragraphe 2.4. L'Organisation a en outre participé
à des programmes de formation pour le personnel du
FISE et collaboré à des cours patronnés conjointement
pédiatrie, et d'obstétrique et gynécologie a été organisé
2.30
plutôt que de mettre sur pied des services très dévelop-
pés au bénéfice de groupes restreints. Dans les îles
Gilbert et aux Tuvalu, ainsi qu'aux Tonga, les prestations de santé maternelle et infantile et de planification
familiale font maintenant partie des activités normales
des infirmières de district. En Papouasie- NouvelleGuinée, aux Philippines, en République de Corée et
aux Tonga, on a révisé le programme de formation de
base des infirmières de manière à y inclure la planification familiale. En Malaisie, un programme visant à
intensifier l'intégration de la santé maternelle et infantile, de la planification familiale, de la nutrition, de
l'éducation sanitaire et de la santé scolaire est en
préparation dans vingt districts afin d'améliorer la
qualité et la couverture des soins dispensés aux mères
et aux enfants par les infirmières visiteuses.
Avec l'aide du FNUAP, de l'OMS et du Conseil
de la Population, le Gouvernement des Philippines a
2.31
2.33
Quelques indications sur la collaboration de
par l'OMS et le FISE s'adressant à des cadres de
l'administration et de l'enseignement des soins de
santé maternelle et infantile dans les pays en voie de
développement. Elle a coopéré aussi avec le Centre
international de l'Enfance à Paris pour diverses
activités de recherche et de formation et s'est fait
représenter à la réunion du Comité consultatif technique du Centre qui a lieu tous les deux ans. Enfin,
on a pu juger, à la lecture du paragraphe 2.10, de l'éten-
due de la collaboration de l'OMS avec différentes
institutions des Nations Unies à l'occasion de l'Année
internationale de la Femme.
Nutrition
La situation mondiale ne s'est guère améliorée
pendant l'année sur le plan de la nutrition et de l'alimentation, les pays du tiers monde étant toujours les
2.34
2. SANTÉ DE LA FAMILLE
21
plus durement touchés. Compte tenu de la participation
de l'OMS à la Conférence mondiale de l'Alimentation
pays de différentes Régions (Irak, Népal, République -
réunie en 1974 par l'Organisation des Nations Unies
et ayant examiné les mesures qu'elle doit prendre pour
des essais de faisabilité fondés sur une approche
donner suite aux recommandations formulées, la
Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé a
adopté la résolution WHA28.42, qui réaffirme la
nécessité pour les Etats Membres de renforcer leurs
programmes de lutte contre les carences nutritionnelles
actuelles et d'élaborer des politiques et des plans
multisectoriels coordonnés destinés à améliorer la
Unie de Tanzanie, Somalie et Thaïlande) procède à
intégrée comportant les éléments indiqués plus haut.
Il va de soi que l'objectif final d'une approche de ce
genre est d'améliorer la qualité de la vie parmi les
masses rurales, pour lesquelles les prestations sanitaires
sont loin d'être satisfaisantes, et aussi de promouvoir
dans son ensemble la santé de la famille, particulièrement des mères et des enfants qui, biologiquement,
constituent les groupes les plus vulnérables de la
situation alimentaire et nutritionnelle, ainsi que des
stratégies pour leur application en tant qu'important
objectif immédiat des programmes de développement
socio- économique. En conséquence, l'OMS accorde
population.
une haute priorité à l'aide aux pays pour l'exécution de
programmes de surveillance et de dépistage précoce
des différentes formes de malnutrition, ainsi que pour
organisée en novembre à Morogoro (République -Unie
le développement de ressources appropriées en personnel, notamment dans le secteur de la santé.
Conformément aux recommandations de la
Conférence mondiale de l'Alimentation, l'Organisation des Nations Unies a créé au début de 1975 un
Conseil mondial de l'Alimentation. La première
réunion du Conseil - qui a eu lieu à Rome en juin 2.35
a été précédée, à New York, d'une réunion consultative
à laquelle ont participé des représentants de diverses
institutions internationales, dont l'OMS. Les responsa-
bilités des différentes organisations et les domaines
dans lesquels elles doivent collaborer y ont été définis.
L'OM S a été chargée de centraliser toutes les activités
relatives aux mesures spécifiques de lutte contre les
maladies de carence et s'est vu attribuer un rôle essentiel dans la mise en place de systèmes mondiaux de
surveillance nutritionnelle. Elle s'acquitte activement
de ces tâches en collaboration avec le FISE, la FAO et
d'autres organisations internationales.
2.36
On trouvera ci -après une analyse générale des
activités nutritionnelles de l'OMS dans quatre des
cinq secteurs prioritaires définis en 1974 1 (le cinquième
- celui de la formation professionnelle - étant étudié
au chapitre 3).
Activités nutritionnelles des services de santé locaux
La stratégie commune FISE /OMS de renforcement des activités nutritionnelles des services de
2.37
santé locaux repose sur deux principes fondamentaux.
En premier lieu, le meilleur moyen de promouvoir la
nutrition parmi les groupes vulnérables des zones
périphériques consiste à exécuter simultanément des
activités de santé maternelle et infantile, de nutrition,
d'éducation sanitaire et de lutte contre les maladies
transmissibles. En second lieu, cette approche intégrée
peut être appliquée dans les régions les plus isolées de
nombreux pays en voie de développement aussi bien
par des auxiliaires de santé que par du personnel
bénévole possédant une certaine formation sanitaire.
C'est pourquoi l'OMS, en collaboration avec plusieurs
2.38
Au cours d'une conférence -atelier interrégionale
sur le rôle de la nutrition dans la santé de la famille,
de Tanzanie), de hauts fonctionnaires de la santé de
dix -huit pays d'Afrique et d'Europe, ainsi que des
représentants de la FAO et de la Fédération internationale pour le Planning familial, ont délimité les
principales activités nutritionnelles et apparentées qu'il
est possible d'introduire dans les zones rurales périphériques avec des moyens limités.
2.39
Dans le cadre de la plupart des projets de
développement des services de santé exécutés dans la
Région africaine, les activités nutritionnelles nationales
ont été passées en revue et des mesures ont été élaborées
en vue de leur amélioration, notamment par intégration
dans les programmes de santé de la famille, dans les
plans nationaux de santé et dans les grands projets de
développement social et économique. On s'est efforcé
d'encourager les activités nutritionnelles des services
locaux de santé, principalement dans les projets de
développement de ces services. Les activités suivantes
ont particulièrement retenu l'attention: surveillance
nutritionnelle (Botswana, Congo, Haute -Volta, Kenya,
Niger et Sénégal), éducation sanitaire en nutrition
(Botswana, Burundi, Congo, Haute -Volta, Niger,
République -Unie du Cameroun, Zaïre et Zambie), et
récupération nutritionnelle (Ghana, Haute -Volta et
Kenya). Des enquêtes nutritionnelles rapides ont été
faites au Congo, au Mali, au Niger, en République Unie de Tanzanie et au Sénégal.
Dans la Région des Amériques, on s'attache
toujours à renforcer les services nutritionnels aux
échelons national et local, notamment en ce qui
2.40
concerne la planification, la supervision et l'évaluation
des programmes de nutrition. Avec la collaboration
du PNUD et de l'OM S, l'Equateur a lancé un projet
de programme national de nutrition maternelle et
infantile, et le Mexique un large projet de développement communautaire particulièrement axé sur la
nutrition. En collaboration avec la Banque mondiale,
un appui a été fourni à l'Institut national de l'Alimentation et de la Nutrition du Brésil ainsi qu'à l'Institut
de la Nutrition de Recife pour le renforcement de leur
organisation et de leurs programmes.
2.41
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est, l'OMS a
encouragé à Sri Lanka - en étroite collaboration
avec le FNUAP, le FISE et le Programme alimentaire
1 Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 2.37.
mondial - le développement de l'action nutrition-
22
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
nelle des services de santé maternelle et infantile, de
même que la formation du personnel destiné à dis-
penser aux échelons périphériques des prestations
intégrées de cette nature.
Dans la Région de l'Europe, l'OMS a recueilli
des données concernant les effets sur la santé de
2.42
la sous -alimentation et de la suralimentation (notam-
ment sur le plan du développement mental et physique des groupes vulnérables tels que les nouveau nés, les enfants d'âge scolaire, les adolescents et les
femmes enceintes), afin de préparer la réunion d'un
groupe de travail sur le rôle de la nutrition en santé
publique.
Dans la Région du Pacifique occidental, l'OMS
a directement aidé le Laos, la Malaisie et la Papouasie 2.43
Nouvelle -Guinée à mettre en place des services de
nutrition dans le cadre des services locaux de santé et
à créer des moyens de formation. Des avis techniques
sur les services intégrés de nutrition ont d'autre part
été donnés à l'Australie, à Fidji, aux Nouvelles Hébrides, aux îles Salomon et au Samoa -Occidental,
ainsi qu'à la Commission du Pacifique sud. Une aide
d'urgence a été accordée au Cambodge et à la République du Sud Viet -Nam.
Mesures spécifiques dirigées contre certaines maladies
de carence
Les programmes d'alimentation complémentaire
sont sans doute les mesures les plus courantes de lutte
2.44
contre la malnutrition. Cependant, ils ne sauraient
fournir une réponse permanente au problème de la
malnutrition, et rares sont les gouvernements qui
peuvent subventionner indéfiniment de vastes pro-
doit être associée à d'autres prestations englobant si
possible l'éducation, l'approvisionnement en eau
potable, la production locale d'aliments, la lutte contre
les maladies transmissibles et d'autres mesures
sanitaires de base - prestations qui sont toutes interdépendantes. Il a été décidé que de nouvelles réunions
du même genre devaient être organisées régulièrement
afin d'assurer une meilleure coordination et un échange
plus fructueux d'informations entre les diverses
organisations intéressées.
Pour lutter contre la malnutrition, des programmes d'alimentation dans les hôpitaux et les écoles se
poursuivent avec la collaboration de l'OMS en
Afghanistan, en Somalie, au Soudan et au Yémen. Les
projets d'alimentation complémentaire exécutés au
Bostwana, au Congo, en Haute -Volta, en Ouganda et
2.46
au Sénégal avec l'aide du Programme alimentaire
mondial ont été évalués. Il a été souligné que la production locale de céréales et d'aliments riches en protéines
devrait être substituée autant que possible à l'importation de denrées alimentaires.
2.47
Les
anémies
nutritionnelles, en
particulier
l'anémie ferriprive, sont sans doute aujourd'hui les
maladies de carence les plus courantes. En avril a eu
lieu à Genève une consultation au cours de laquelle a
été mis au point, en vue de sa publication, le rapport
d'une réunion organisée en 1974 pour passer en revue
les enquêtes relatives aux anémies nutritionnelles exécutées avec l'aide de l'OMS.' Des recommandations
détaillées ont été formulées en vue d'établir une base
scientifique pour l'élaboration de programmes nationaux de prévention et de contrôle de l'anémie ferriprive.
L'OMS a procédé à des échanges de vues avec des
chercheurs travaillant en Birmanie, en Inde et en
grammes de ce type. En dernière analyse, il faut donc
s'efforcer de parvenir à un niveau de développement
socio- économique et de production alimentaire qui,
Thaïlande afin de planifier et de coordonner les projets
de recherche présents et futurs en conformité avec ce
nouveau protocole.
s'il s'assortit d'une bonne politique des revenus,
rende superflu le recours à l'alimentation complémen-
2.48
Une réunion sur la xérophtalmie et l'avita-
taire. Cependant, tant que ces objectifs n'auront pas
minose A, organisée à Djakarta en novembre 1974
été atteints, il sera indispensable d'adopter des mesures
préparation d'un rapport complet sur le diagnostic,
l'épidémiologie, la prévalence, le traitement et la
prévention de la xérophtalmie. Ce rapport, qui sera
publié, contient des directives générales pour les
programmes d'intervention et délimite les domaines
à court terme. C'est dans ce contexte que prennent
toute leur importance les vastes programmes d'alimen-
tation destinés aux enfants et à d'autres groupes
vulnérables de la population, tels que les économiquement faibles.
Conformément aux recommandations de la
Conférence mondiale de l'Alimentation concernant
avec la collaboration de l'AID, a donné lieu à la
dans lesquels des recherches devront être effectuées.
2.45
2.49
les programmes d'alimentation complémentaire, l'OMS
a jugé nécessaire de procéder à un examen critique des
programmes de ce genre exécutés par des organisations
entre l'état nutritionnel et la réponse immunitaire
internationales et non gouvernementales, et d'établir
des plans pour l'avenir. A cet effet, elle a organisé à
Genève en mars une réunion inter -institutions à
laquelle ont participé des représentants de toutes les
organisations internationales et non gouvernementales
intéressées. L'expérience acquise a fait l'objet d'une
analyse critique et des décisions importantes ont été
prises au sujet de l'action future. L'une d'elles, énergiquement appuyée par l'OMS, souligne que, pour être
pleinement efficace, l'alimentation complémentaire
Les travaux exécutés en 1975 dans le cadre de
l'enquête collective internationale sur les interactions
ont mis en évidence divers défauts d'immunocompé-
tence chez des nourrissons venus normalement à
terme mais ayant à la naissance un poids inférieur à
la normale; ces défauts correspondaient en partie aux
anomalies immunologiques observées antérieurement
chez des nourissons plus âgés. Ils persistaient pendant
plusieurs mois, notamment l'altération de l'immunité à
support cellulaire et de la production d'anticorps en
1
Série de Rapports techniques OMS, No 580, 1975 (Lutte
contre les anémies nutritionnelles, en particulier contre la carence
en fer: rapport d'une réunion mixte AIEA /AID /OMS).
2. SANTÉ DE LA FAMILLE
réponse au vaccin antipoliomyélitique. Des enquêtes
faites parmi les aborigènes d'Australie ont mis en
évidence une altération importante des mécanismes
immunitaires même lorsque la malnutrition n'était
23
Inde, au Pakistan, en Somalie, à Sri Lanka, au
Soudan et dans les pays du Sahel.
pas accentuée et malgré un bref traitement de la malnutrition et d'infections concomitantes en milieu
Surveillance nutritionnelle
hospitalier.
2.54
L'OMS a continué de renforcer sa collaboration
avec des organismes internationaux et des institutions
2.50
d'aide bilatérale (AID et Agence canadienne pour
le Développement international) pour l'exécution en
Amérique latine de programmes destinés à prévenir et
à combattre certaines carences - notamment la malnutrition protéino -calorique, l'anémie ferriprive, l'avitaminose A et le goitre endémique.
L'Institut colombien de Protection familiale a
reçu une aide du PNUD, du Programme alimentaire
mondial et de l'Organisation pour la mise sur pied
d'un projet de production, à l'échelle industrielle, d'un
mélange nutritif d'origine végétale. La Bolivie,
l'Equateur, Haïti, le Honduras et le Panama déploient
des efforts dans la même direction. Le Chili produit
déjà des mélanges alimentaires pour son programme
national
d'alimentation
complémentaire.
La
2.51
En application d'une résolution de la Conférence
mondiale de l'Alimentation demandant la création
d'un système mondial de surveillance nutritionnelle et
alimentaire, un Comité mixte FAO /FISE /OMS d'experts de la Méthodologie de la Surveillance nutritionnelle s'est réuni à Genève en octobre pour examiner les
divers éléments d'un tel système et discuter notamment
de l'utilité et des limites de différents indicateurs, de la
nécessité de disposer d'un instrument efficace de
collecte des données et de la manière de l'utiliser,
ainsi que des modalités de traitement et d'interprétation de l'information. Des recommandations ont été
formulées en ce qui concerne la méthodologie des
systèmes de surveillance, les conditions requises pour
la mise en place de tels systèmes et le rôle futur de
l'OMS et d'autres organisations internationales dans
l'institution d'une surveillance nutritionnelle.
2.55
Les
enquêtes
anthropométriques collectives
République -Unie du Cameroun met au point un
entreprises sous 'l'égide de l'OMS dans un certain
aliment riche en protéines. La production et la commer-
nombre de pays de différentes parties du monde se sont
poursuivies; leur objectif est d'élaborer des indicateurs
simples de l'état nutritionnel des populations. La pos-
cialisation de mélanges peu coûteux de ce type se
poursuit, avec des résultats satisfaisants, en Egypte,
en Ethiopie et en Iran.
2.52
L'enrichissement du sucre en vitamine A a
commencé au Guatemala ainsi qu'en El Salvador, et
d'autres pays d'Amérique centrale reçoivent à cette
fin une aide de l'Institut de la Nutrition de l'Amérique
centrale et du Panama. L'OMS a largement diffusé des
directives concernant la lutte contre l'avitaminose A au
Kenya, en Haute -Volta, au Mali, au Niger, au Nigéria
et au Rwanda, ainsi que dans d'autres pays où cette
carence est très fréquente. L'évaluation des effets d'un
programme préventif fondé sur l'ingestion de doses
massives de vitamine A tous les six mois a permis de
constater une nette régression de la xérose de la
cornée au Bangladesh. L'OMS a collaboré à l'élaboration d'un projet de création à Dacca d'un institut de
santé publique nutritionnelle, projet qui doit bénéficier
de l'assistance du PNUD. La Colombie et l'Equateur
ont dressé des plans en vue de développer la distribution d'apports complémentaires en fer aux femmes
enceintes; la Colombie bénéficie d'une aide de l'Organisation et de l'AID pour explorer les moyens pratiques
d'accroître la teneur en fer du régime alimentaire. La
Bolivie et le Pérou ont poursuivi l'exécution d'un
programme efficace d'iodation du sel. Dans le même
temps, l'Organisation a coopéré avec les gouvernements
de la Bolivie, de l'Equateur, de l'Indonésie et du Pérou
pour expérimenter l'administration d'huile iodée par
injection dans des zones pilotes où l'endémicité du
goitre est élevée.
sibilité d'avoir recours à l'anthropométrie pour la
surveillance nutritionnelle a été réexaminée sur la
base des données que ces enquêtes ont permis de
recueillir dans douze pays. Le Comité mixte FAO/
FISE /OMS d'experts de la Méthodologie de la Surveillance nutritionnelle a formulé des recommanda-
tions touchant la poursuite des travaux dans ce
domaine.
Avec la collaboration de l'OMS, plusieurs pays
d'Amérique latine ont procédé à des enquêtes nutri2.56
tionnelles en utilisant des méthodes simples mais
fiables. Des enquêtes sur le terrain ont débuté dans le
nord -ouest de l'Argentine sous la direction de l'Institut
de la Nutrition de Salta. Au Brésil, des études sur la
prévalence de la xérophtalmie et de l'avitaminose A
dans le nord -est du pays ont été menées à bonne fin
par l'Institut de la Nutrition de Recife. Au Chili, le
système de surveillance nutritionnelle du service
national de santé a poursuivi la collecte et l'analyse de
données. Le Paraguay a terminé la préparation d'une
enquête nationale sur la nutrition dont l'objectif est
d'obtenir les informations récentes nécessaires à la
formulation d'une politique globale en matière d'alimentation et de nutrition. Le Pérou a mené à terme une
enquête nutritionnelle bien conçue qui portait sur un
échantillon secondaire de 2000 familles sélectionnées
dans le cadre de l'enquête nationale sur la consommation alimentaire menée conjointement par le
Ministère de l'Agriculture et l'Institut national de la
pour l'exécution de programmes de récupération
Nutrition. L'Institut de la Nutrition de l'Amérique
centrale et du Panama et l'Institut de l'Alimentation
nutritionnelle dans les zones touchées par la sécheresse
ou par des inondations au Bangladesh, en Ethiopie, en
et de la Nutrition des Caraïbes ont aidé, respectivement,
les pays d'Amérique centrale et les pays de la zone des
2.53
L'OMS a d'autre part fourni une aide technique
24
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
Caraïbes à élaborer des systèmes de surveillance
2.61
nutritionnelle qui doivent être rattachés aux services
l'élaboration et l'exécution de plans nationaux d'alimen-
de santé locaux.
2.57
En Asie du Sud -Est, une enquête de référence a
été faite au Bhoutan afin de déterminer le profil
nutritionnel des enfants des écoles primaires, des
enfants d'âge préscolaire et des mères; des recherches
ont également porté sur l'incidence du goitre.
Politiques nationales d'alimentation et de nutrition
2.58
L'OMS a participé en février à une réunion
inter -institutions organisée à Rome par la FAO pour
préparer des plans nationaux intersectoriels d'alimentation et de nutrition, le but étant d'aider les gouvernements à formuler et à mettre en oeuvre dans ce domaine
des politiques et des programmes. Elle a également
pris part à une conférence -atelier inter -institutions
sur le même sujet qui a eu lieu à Rome en octobre sous
l'égide de la FAO et qui a été suivie d'une réunion
inter -institutions sur la recherche en nutrition appliquée.
Le texte définitif du rapport du Comité mixte FAO/
OMS d'experts de la Nutrition, qui s'est réuni en 1974,
a été arrêté à l'issue d'une réunion consultative tenue
à Rome en avril.
2.59
En collaboration avec la FAO, l'OMS a organisé
une autre réunion à Rome en avril pour revoir les
recommandations formulées en
le
spécial mixte FAO /OMS d'experts sur les Besoins
énergétiques et les Besoins en protéines.' Aucune
modification n'a été apportée à ces recommandations,
mais certains éclaircissements ont été donnés en ce
qui concerne leur interprétation et leur application au
calcul des besoins à l'échelle nationale.
Le Groupe consultatif des Protéines et Calories
du Système des Nations Unies s'est réuni à Genève
2.60
en juin. Il a notamment examiné la question de l'adop-
tion de politiques de commercialisation propres à
améliorer la nutrition humaine, en s'inspirant d'études
de cas effectuées en Chine, aux Etats -Unis d'Amérique,
en Inde, en Indonésie et au Mexique. Le Groupe a
également fixé des priorités pour la recherche en
nutrition appliquée et s'est efforcé d'évaluer de nouveaux programmes d'intervention dans le secteur
nutritionnel. Au terme de ses débats, il a recommandé
que ses propres activités soient désormais divisées en
trois grands secteurs: politique générale et planification; identification, conception et évaluation des
projets et programmes; et aspects scientifiques et
techniques de l'alimentation, de l'agriculture et de la
santé. Un groupe spécial du Groupe consultatif, chargé
des protéines unicellulaires, s'est réuni en janvier à
Genève pour faire le point des connaissances sur la
question et formuler des recommandations sur les
concentrations d'acide nucléique admissibles dans les
aliments de consommation courante.
Différents pays ont accompli des progrès dans
tation et de nutrition. Dans la Région africaine, la
Commission régionale mixte FAO /OMS /OUA de
l'Alimentation et de la Nutrition en Afrique a participé
à des travaux préparatoires de planification au Ghana,
au Nigéria, en Ouganda et au Rwanda. L'OMS a
fourni une aide technique pour l'exécution de programmes de nutrition au Libéria, au Mali, au Mozambique, au Niger, à l'Ouganda, à la République -Unie de
Tanzanie, au Rwanda, et à Sao Tomé et Principe.
2.62
De concert avec la CEPAL, le FISE, la FAO et
l'UNESCO, l'Organisation a participé à un projet
inter- institutions de planification alimentaire et nutri-
tionnelle au Chili, en Colombie, au Costa Rica, au
Honduras et en Jamaïque. Tant l'Institut de la Nutrition
et de l'Alimentation des Caraïbes que l'Institut de la
Nutrition de l'Amérique centrale et du Panama ont
pris une part importante à ce projet. L'Organisation,
en collaboration avec le FISE, a patronné la première
réunion du Groupe consultatif permanent pour
l'Alimentation et la Nutrition de la Région des Andes
qui s'est tenue à Santiago en mai avec la participation
de la Bolivie, du Chili, de la Colombie, de l'Equateur,
du Pérou et du Venezuela. Un séminaire sur les politiques nutritionnelles et alimentaires a réuni en août à
la Jamaïque des représentants de plusieurs pays de la
zone des Caraïbes.
2.63
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est, des
conseils nationaux ou des comités de coordination
pour la nutrition ont été créés au Bangladesh, en Inde,
en Indonésie et à Sri Lanka. En septembre, l'OMS a
participé à une mission de la Banque mondiale en
Indonésie qui avait pour but d'élaborer à l'intention
de ce pays un programme complet de nutrition devant
bénéficier d'un prêt de la Banque. Au Népal, la mal-
nutrition et le goitre ont été considérés comme des
secteurs prioritaires aux fins de la planification
sanitaire nationale, et l'OMS a collaboré à la formulation de programmes de nutrition dans le cadre du plan
national d'action sanitaire.
Les pays de la Région du Pacifique occidental
ont continué de manifester un intérêt grandissant pour
l'élaboration de politiques nationales d'alimentation
2.64
et de nutrition. Dans la plupart des cas, la question
est encore à l'étude ou au stade des discussions
préliminaires, mais dans deux pays - la Malaisie et
les Philippines - des politiques ont déjà été arrêtées.
L'OMS a poursuivi sa collaboration avec la FAO,
mais il s'agit d'un domaine complexe où l'on ne peut
brûler les étapes.
Education pour la santé
2.65
Conformément aux conceptions modernes, qui
tiennent compte de plus en plus largement du rôle
combiné, dans le développement général, et de l'interdépendance des facteurs sociaux, culturels et écono-
miques, les activités d'éducation pour la santé tra1 Série de Rapports techniques OMS, NO 522, 1973.
duisent et satisfont le besoin d'une approche commu-
2. SANTÉ DE LA FAMILLE
25
nautaire intégrée. La participation de la collectivité à
2.69
l'élaboration des programmes de santé permet aux
individus de se familiariser avec les moyens de prévenir les maladies et de promouvoir le bien -être.
par un service agissant isolément et le rôle de l'éducation pour la santé dans le développement des autres
services et programmes sanitaires a continué de s'accroître. En mars, une réunion a eu lieu à Genève en
vue d'assurer une meilleure coordination entre les
Lorsque la protection institutionnelle est inadéquate,
l'éducation sanitaire peut jouer un rôle capital en
montrant aux gens comment se protéger eux -mêmes
contre les éléments nocifs de l'environnement et, en
cas de besoin, comment utiliser au mieux les services
disponibles.
Dans la Région des Amériques, un projet soutenu par l'Organisation a été entrepris au Mexique;
il a pour objet d'élever le niveau de santé des populations rurales en faisant participer les collectivités aux
plans locaux de développement. Au Brésil, l'Organisation a maintenu son appui à cinq projets exécutés
dans des localités rurales; elle a défini une approche
appropriée et donné des directives méthodologiques
pour le renforcement de la participation communau2.66
taire au développement des services de santé dans
certains secteurs d'activité expérimentaux. La quatrième conférence -atelier nationale sur l'éducation
pour la santé, qui a eu lieu en octobre à Brasilia, a
réuni cent représentants d'organismes
nationaux
s'occupant de santé, d'enseignement et de développement communautaire; l'objectif était de déterminer les
meilleurs moyens de rendre la culture traditionnelle
des populations locales brésiliennes perméable aux
conceptions modernes en matière de santé.
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est, l'OMS a
fourni des services consultatifs à la Birmanie, à l'Inde,
à l'Indonésie, aux Maldives, au Népal, à Sri Lanka et
2.67
à la Thaïlande, en liaison avec des programmes
reflétant l'évolution qui s'est fait jour dans les soins
primaires. On a accordé une attention particulière à la
participation de la collectivité en matière d'éducation
sanitaire - au niveau des conceptions, des activités
et de l'évaluation - ainsi qu'aux moyens de faire
adopter par la population le principe de l'auto assistance pour la prévention des maladies et la promotion de la santé.
2.68
Une ligne de conduite similaire a été suivie dans
la Région du Pacifique occidental, où il s'est agi
surtout d'intégrer l'éducation sanitaire à tous les
programmes de santé, l'accent étant mis spécialement
sur le renforcement de la participation des collectivités
aux projets soutenus par l'OMS. On s'est préoccupé
aussi d'instaurer une étroite coopération entre les
organismes nationaux responsables d'activités communautaires de développement et d'encourager les
agents sanitaires à contribuer activement à la promo-
tion de la santé et à utiliser pleinement toutes les
ressources disponibles pour le renforcement des
programmes. En Papouasie -Nouvelle- Guinée, on s'est
efforcé d'intégrer l'éducation pour la santé aux services
sanitaires généraux à l'échelon du village; une
conférence -atelier sur l'obtention d'une plus large
participation des collectivités à l'action de santé de la
famille s'est tenue en août à Goroka afin d'initier aux
techniques appropriées les agents de village chargés de
la santé et du développement.
Des activités de ce genre ne peuvent être menées
efforts en matière d'éducation sanitaire et ceux déployés
dans le cadre d'autres services ou programmes. Elle
s'est traduite par un certain nombre d'actions communes - par exemple la préparation de manuels sur
des sujets tels que la lutte contre les maladies diarrhéiques et la diffusion des notions élémentaires relatives
à la santé. De plus, les services ont continué de coopérer
pour l'élaboration de guides destinés à orienter les
agents sanitaires de village en matière de santé maternelle et infantile, de planification familiale et de
nutrition.
2.70
En stimulant la participation active des collec-
tivités, l'éducation sanitaire joue un rôle essentiel
dans la promotion de la santé maternelle et infantile et
de la planification familiale. En effet, elle aide les
mères à mieux comprendre comment elles doivent
soigner leurs enfants et à apprécier les avantages que
procure un espacement convenable des naissances.
Parmi les activités pertinentes à l'échelon national, on
peut çiter: au Kenya, un programme à grande
échelle de planification familiale mené avec la partici-
pation de près de deux cents éducateurs sanitaires
ruraux; au Bénin, un projet d'éducation sanitaire
lié à un projet de renforcement des services de santé qui
a été exécuté avec l'assistance du PNUD; au Laos,
en Malaisie et aux Tonga, le développement et renforcement de l'élément éducation sanitaire dans des
projets de santé de la famille.
L'éducation pour la santé constitue un élément
essentiel de la lutte contre les maladies transmissibles.
C'est pourquoi il en a été question en mai, pendant la
Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, lors
des discussions techniques consacrées aux problèmes
que posent les maladies transmises par voie sexuelle.
Dans la Région africaine, l'Organisation a soutenu des
efforts en vue d'utiliser l'éducation sanitaire aux fins
de la lutte contre la schistosomiase au Ghana. Dans la
Région des Amériques, un comité pour l'éducation du
public en matière de lèpre, qui groupe des représentants
d'organismes nationaux, a été constitué dans l'Etat de
2.71
Pará au Brésil; des avis ont été donnés touchant
l'établissement d'un plan à long terme dont l'objet
est la disparition graduelle des attitudes négatives que
suscitent les malades atteints de lèpre. En Uruguay,
l'Organisation a aidé à lancer un projet d'éducation
sanitaire dans le cadre de la lutte contre l'hydatidose;
il s'agit d'obtenir la coopération des écoles et celle des
institutions des collectivités rurales en vue d'empêcher
les chiens d'avoir accès à des résidus non cuits et de
réduire ainsi le nombre des bêtes infectées dans les
zones d'endémicité.
En ce qui concerne la salubrité de l'environnement, l'éducation pour la santé s'est montrée un
2.72
moyen efficace de stimuler la participation active des
populations locales à l'aménagement, au fonctionne-
26
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
ment et à l'entretien des installations d'approvisionnement en eau et d'élimination des excretas. Elle est
généralement assurée par des techniciens de l'assainissement dans le cadre de leurs activités normales, mais
services de spécialistes de l'éducation sanitaire
sont fournis en cas de besoin. Par exemple, pour le
programme irakien d'alimentation en eau des zones
rurales et pour le programme pakistanais d'assainisles
sement en milieu rural, on a aidé à organiser des
activités d'éducation sanitaire, à former à cette fin du
personnel local et à produire du matériel audio- visuel.
Dans les îles Gilbert et aux Tuvalu, l'éducation sanitaire a été combinée avec des activités d'hygiène du
milieu visant à promouvoir la salubrité dans les cam-
pagnes. On a encouragé un travail d'équipe faisant
appel aux agents de la santé, du développement communautaire, de l'enseignement et des services sociaux,
ainsi que l'intervention de personnalités locales et des
conseils de village. La documentation concernant la
participation des collectivités à la création d'installations d'assainissement de base s'est enrichie d'un
nouvel ouvrage avec la publication d'un guide pour
l'intégration de l'éducation sanitaire dans les programmes de salubrité de l'environnement.'
2.73 A sa vingtième session tenue à Genève en
février, le Comité mixte FISE /OMS des Directives
sanitaires a recommandé que l'éducation pour la santé
soit considérée comme un élément étroitement relié
et nécessaire à la nouvelle stratégie des soins de santé
primaires et que l'on expose en détail les cas où des
activités d'éducation sanitaire ont été entièrement ou
partiellement à l'origine de modifications du comporte-
ment, afin que l'expérience ainsi acquise puisse être
mise à profit dans des situations analogues.
Des
renseignements à ce sujet peuvent être puisés dans les
études de cas relatives à des projets de planification
familiale et de salubrité de l'environnement. On y a eu
recours lors d'une conférence -atelier inter -pays sur
l'évaluation de la communication de masse dans
l'action d'éducation pour la santé de la famille (voir
le paragraphe 2.78) et lors d'une conférence - atelier
interdisciplinaire FAO /OMS sur l'élément éducation
sanitaire des programmes de santé de la famille et de
développement rural intégré, qui s'est tenue en octobre
à Morogoro (République -Unie de Tanzanie). Cette
dernière réunion, financée par le FNUAP, a rassemblé
des participants venus de huit pays africains ainsi que
des observateurs des Régions des Amériques et de
formation des instituteurs dans ce domaine, il convient
de signaler un fait nouveau d'importance qui est la
coopération de l'OMS avec d'autres organisations du
système des Nations Unies. Au Tchad, par exemple,
elle a collaboré à un projet de l'UNESCO comportant
l'élaboration d'un manuel d'éducation sanitaire à
l'usage des enseignants. D'autre part, l'éducation
pour la santé continue d'être l'un des principaux sujets
traités lors du cours annuel inter -pays de recyclage en
santé scolaire organisé par le FI SE, l'OMS et l'Univer-
sité américaine de Beyrouth, ville où s'est tenu en
février le cours de 1975.
2.75 Au Togo, des avis ont été donnés au sujet d'une
conférence -atelier sur la production de matériels
audio- visuels destinés à l'éducation sanitaire à l'école.
Dans la Région des Amériques, l'Organisation a
soutenu un projet d'éducation sanitaire entrepris dans
l'Etat de Sáo Paulo (Brésil) par un organisme d'hygiène
de l'environnement et ayant pour objet de donner à
environ 120 000 enseignants du primaire et du
secondaire une formation en matière de santé des
collectivités. En Equateur, on s'est efforcé de développer l'éducation pour la santé dans les écoles primaires
et un programme d'initiation aux problèmes de l'abus
des drogues a été établi à l'intention des enseignants des
établissements secondaires. En Guyane, un programme
révisé d'études de santé scolaire, portant notamment
sur l'éducation sanitaire des élèves du second degré, a
été élaboré et soumis au comité de l'éducation sanitaire
à l'école. Une aide a été fournie à Montserrat pour la
préparation d'instituteurs à l'action de promotion
nutritionnelle dans leur circonscription scolaire. A
Saint -Christophe,
l'Organisation
a coopéré
avec
l'équipe d'éducation sanitaire du Peace Corps des
Etats -Unis d'Amérique à l'application d'un programme
complet d'éducation pour la santé dans les jardins
d'enfants et les écoles primaires. Au cours de l'année,
l'OMS a donné à l'Inde, à l'Indonésie, au Népal, à
Sri Lanka et à la Thaïlande des avis techniques
touchant divers aspects de l'action d'éducation
sanitaire (établissement de programmes d'études,
formation d'enseignants, préparation de manuels et
développement des ressources). Dans la Région du
Pacifique occidental, l'OM S a aidé l'Institut de
l'Education de l'Université des Philippines, à Manille,
à organiser dans les écoles des cours destinés à prévenir
l'abus des drogues. Un groupe de travail sur les
programmes d'éducation des jeunes en ce qui concerne
l'Asie du Sud -Est.
les drogues et leur abus s'est réuni à Manille en
Bien que l'attention ait été principalement
concentrée sur l'action auprès de l'ensemble de la
population, on a poursuivi les efforts visant à faire
inclure l'éducation sanitaire dans les programmes
d'études primaires et secondaires. L'OMS a fourni
2.76
2.74
une assistance à des gouvernements désireux d'intégrer
à l'enseignement général l'éducation pour la santé et
la préparation à la vie familiale. En ce qui concerne la
1 Pisharoti, K. A. Guide pour l'intégration de l'éducation
sanitaire dans les programmes de salubrité de l'environnement,
Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1975 (Publication
offset No 20).
novembre pour mettre au point des stratégies pédagogiques appropriées.
La formation de spécialistes de l'éducation pour
la santé a reçu au cours de l'année une impulsion
considérable, due principalement à la collaboration
de l'OMS avec divers établissements universitaires
dans de nombreuses régions du monde. L'intégration
de l'éducation sanitaire dans les programmes de santé
rendra nécessaire à la longue l'introduction ou le
renforcement de cette branche d'études dans la formation de base dispensée à tous les futurs professionnels
de la santé. Des services consultatifs ont été fournis
à cet égard à l'Inde, au Népal et à Sri Lanka. On s'est
2. SANTÉ DE LA FAMILLE
préoccupé aussi de la formation en cours d'emploi, et
des cours ont été mis sur pied pour les médecins, les
infirmières, les auxiliaires médicaux et d'autres catégories d'agents sanitaires (voir chapitre 3).
27
domaine de l'audio- visuel et de la communication de
masse, notamment en ce qui concerne la planification
familiale; en outre - dans le cadre d'une série de
2.77
réunions consacrées aux problèmes particuliers des
pays participants - une conférence -atelier inter -pays
sur l'évaluation de la communication de masse dans
l'action d'éducation pour la santé de la famille s'est
tenue à New Delhi en octobre.
soutenu des recherches collectives, notamment celles
Reproduction humaine
Durant l'année, l'OMS a collaboré à un certain
nombre de travaux de recherche, comme ceux que
comporte la lutte contre l'hydatidose en Uruguay
(déjà mentionnée au paragraphe 2.71). Elle a aussi
menées par des instituts de New Delhi concernant
l'impact des activités des centres de santé primaires sur
le comportement des populations en matière de santé
et notamment de planification familiale, ainsi que les
facteurs favorisant l'adoption de mesures à cet égard
par les personnes hospitalisées et les membres de leur
famille. En vue de développer les aptitudes au niveau
local, l'OMS a fourni des services consultatifs et
autres pour une conférence -atelier sur la méthodologie
de la recherche, qui s'est tenue au Bureau central de
l'Education sanitaire de New Delhi; une conférence atelier analogue à l'intention d'éducateurs sanitaires
et d'autres personnels a été organisée à Colombo. Dans
la Région européenne, deux projets de recherche ont
bénéficié d'une assistance: l'un, concernant les paramètres psycho- sociaux liés à la morbidité infantile et
au passage de l'allaitement maternel à l'alimentation
au biberon (entrepris en application de la résolution
WHA27.43), a été exécuté en association avec l'Institut
d'Education pour la Santé de Belgrade; l'autre,
concernant le rôle de l'éducation sanitaire en santé
maternelle et infantile, a été exécuté en association
avec le Centre expérimental d'Education pour la
Santé de Pérouse (Italie).
Une importance croissante a été conférée à la
communication de masse. Lors d'une consultation
interrégionale UNESCO /OMS tenue à Alexandrie
2.78
(Egypte) en novembre et à laquelle ont participé
treize pays d'Afrique et d'Asie, les discussions ont
porté principalement sur les besoins prioritaires en
2.79
Pourquoi tant de femmes renoncent -elles à la
« pilule »? Peut -on laisser le soin de placer les disposi-
tifs intra- utérins à d'autres que les médecins? Est -il
impossible de
mettre au point des médicaments
contraceptifs pour les hommes ? Les contraceptifs
hormonaux sont -ils sans danger pour les femmes qui
allaitent? L'avortement pratiqué sous contrôle médical
peut -il avoir des effets nocifs sur les grossesses suivantes ? Comment prévenir la stérilité ou y remédier ?
Les Etats Membres ont posé de multiples questions de
ce genre à l'Organisation, surtout au cours des cinq
dernières années où de plus grands efforts ont été
faits pour intégrer des prestations de planification
familiale dans les activités des services nationaux de
santé. Dans certains cas, l'OMS peut répondre aux
questions posées en se fondant sur l'expérience qu'elle
a acquise, mais le plus souvent elle ne dispose pas des
informations requises, surtout lorsque les questions
concernent des populations ou des programmes précis.
Des recherches sont nécessaires, qui devraient être
menées à l'échelle internationale. Grâce aux généreuses
contributions d'Etats Membres (Canada, Danemark,
Finlande, Mexique, Norvège, Royaume -Uni, Suède)
au fonds bénévole pour la promotion de la santé,
l'OMS a pu lancer un vaste programme collectif de
recherches et développement.
2.80
Dans le cadre de ce programme, l'OMS a fait
appel en 1975 à plus de six cents hommes de science de
soixante -trois pays et à une vaste gamme de disciplines :
matière d'éducation sanitaire, de communication et
d'information aux fins des programmes de santé de la
épidémiologie, administration de la santé publique,
obstétrique et gynécologie, biostatistique, pharmaco-
famille et sur les moyens d'exploiter plus efficacement
les systèmes d'éducation sanitaire et de communication
existants. Dans la Région des Amériques, on a créé à
la Barbade un centre de matériels audio- visuels qui
desservira la totalité des pays ou zones anglophones
comparée et toxicologie. Ces études se situent pour
une assez grande part au niveau clinique. A la diffé-
des Caraïbes. Lors d'une réunion à la Barbade de la
Conférence du Travail des Caraïbes et de l'Institut
américain pour le Développement du Travail libre,
des avis ont été fournis quant à l'organisation d'une
conférence- atelier sur les syndicats ruraux qui visera
notamment à persuader les syndicalistes participants
de soutenir activement les programmes de santé
exécutés dans leurs pays respectifs. Un appui financier
a été fourni à l'Union internationale d'Education pour
la Santé afin de l'aider à publier, pour les pays de la
Région, une édition espagnole de sa revue. D'autre
part, l'Organisation a fait paraître, à l'intention des
spécialistes en éducation sanitaire, une série de
publications techniques (en espagnol) sur la planification familiale. Dans la Région de l'Asie du Sud -Est,
on a passé en revue les moyens existants dans le
logie, sciences sociales, biologie expérimentale, endocrinologie, chimie, biologie moléculaire, physiologie
rence de ce qui se passe pour les essais de médicaments
destinés à des malades, on s'intéresse ici essentiellement à des médicaments, méthodes et dispositifs de
caractère préventif, destinés principalement à des personnes en bonne santé. Pour ces raisons, et parce que
la recherche sur la reproduction humaine pose des
problèmes très délicats, on a mis au point des procédures particulièrement sévères pour l'examen des propositions de recherches, et l'OMS a publié des directives très strictes que les chercheurs doivent respecter
pour s'assurer la coopération éclairée de tous ceux
à qui il est fait appel.
L'objectif du programme de recherches est,
d'une part, d'aider les autorités nationales à évaluer
l'efficacité, la sécurité d'emploi et l'acceptabilité des
méthodes existantes de régulation de la fécondité,
ainsi qu'à déterminer les meilleures procédures pour
2.81
28
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
mettre ces moyens à la disposition permanente des
couples et, d'autre part, de rechercher ou perfectionner
des méthodes qui soient applicables partout où les
services de santé sont réduits à un minimum. Un
élément important du programme consiste à renforcer
les ressources nationales dont disposent les pays pour
effectuer ces recherches.
Contraceptifs hormonaux
2.82 La « pilule». On estime que près de 50 mil-
lions de femmes prennent actuellement l'une des
nombreuses préparations que recouvre le vocable
« pilule ». Les principales préoccupations des administrations sanitaires des pays en voie de développement
sont la sécurité d'emploi de la pilule pour leurs populations et le pourcentage élevé de femmes qui cessent
d'y recourir. Si l'on a étudié à fond les effets métaboliques et endocrinologiques de la pilule sur les femmes
des pays occidentaux, les autorités de pays en voie de
développement ont émis des doutes quant à la validité
des conclusions de ces études pour des femmes présentant des caractéristiques génétiques et nutritionnelles différentes, et que leur environnement expose
notamment à des maladies endémiques. Des études très
complètes relatives aux effets des pilules associant des
oestrogènes et des progestatifs, ou contenant unique-
ment des progestatifs, sur la fonction hépatique, sur
le métabolisme des glucides et des lipides, sur la tension artérielle, sur le gain de poids et sur le tableau
hormonal chez une femme en bonne santé sont actuellement en cours en Thaïlande et seront entreprises en
Egypte, en Inde, dans la République de Corée et en
Zambie lorsque seront achevés la formation des chercheurs et l'aménagement des centres de recherche.
Les résultats provisoires enregistrés en Thaïlande ne
révèlent pas de différences frappantes par rapport aux
observations faites sur les femmes occidentales.
2.83
L'idée ayant été émise que les contraceptifs
hormonaux pouvaient exacerber les effets de la malnutrition sur le métabolisme des protéines, des lipides,
des glucides, des vitamines et des oligo- éléments, on a
procédé à des études à ce sujet dans les centres collaborateurs de l'Inde et de la Thaïlande. En 1974, on
s'est occupé surtout de parfaire l'équipement de ces
centres et de normaliser les méthodes cliniques et de
laboratoire; les travaux pratiques ont commencé en
1975. En raison du rôle important que le foie joue
thrombo -embolie est une complication postopératoire
moins fréquente en Thaïlande qu'au Royaume -Uni;
cette étude a été étendue en 1975 à l'Inde et à Singapour
et l'on a également examiné les modifications des facteurs de coagulation sanguine chez les femmes de ces
pays qui prennent la pilule.
L'apparition et le maintien de la lactation sont
d'une importance capitale dans les pays en voie de
développement. On sait que les oestrogènes inhibent
la montée du lait, mais les avis diffèrent quant au
2.85
moment à partir duquel les femmes peuvent commencer à prendre la pilule après l'accouchement, et on ne
sait pas non plus avec certitude quels composés auront
le moins d'effets, si le stéroïde ou ses métabolites sont
excrétés dans le lait, ou quels sont les effets de la pilule
sur la croissance et le développement du nourrisson.
La pénurie de données est peut -être due au fait que
ces études sont difficiles à réaliser. Un protocole a été
établi en vue d'une étude collective sur les effets que
différents contraceptifs hormonaux ont sur le volume
et la composition du lait à différents moments après
l'accouchement. Une autre étude de l'OMS, qui utilise
une méthode de titrage récemment mise au point, se
propose d'approfondir la question de l'excrétion dans
le lait des stéroïdes d'une pilule ne contenant que des
progestatifs; comme elle ne contient pas d'cestrogènes,
cette pilule est habituellement recommandée aux femmes
qui, tout en allaitant, souhaitent prendre un contraceptif oral.
2.86
Il a souvent été avancé que certains des effets
secondaires ressentis par les femmes des pays en voie de
développement pourraient être dus à une dose de
stéroïdes qui a été calculée pour les femmes d'Europe
et d'Amérique du Nord, généralement de plus forte
constitution. Il existe maintenant des préparations
orales qui contiennent moins que les habituels 50 p.g
d'cestrogène, mais certains rapports donnent à penser
qu'elles peuvent être moins efficaces et plus souvent
à l'origine de saignements dans l'intervalle des périodes
menstruelles que les pilules qui contiennent la dose
normale d'cestrogène. C'est pourquoi, avant de généraliser l'usage de ces préparations à des fins de planification familiale, l'OMS a entrepris une étude collective à leur sujet dans douze pays des diverses Régions.
2.87 Jusqu'à présent, seuls des oestrogènes de syn-
cation familiale.
thèse sont entrés dans la composition des pilules contraceptives. Cependant, des recherches récentes semblent indiquer que les oestrogènes naturels ont moins
d'effets secondaires d'ordre métabolique. On a donc
entrepris en 1975, dans des centres collaborateurs de
l'OMS en Belgique, en Hongrie, en Inde, à Singapour
et en Thaïlande, des études sur l'efficacité et les effets
secondaires de la pilule, ainsi que sur le taux de persévérance dans sa prise, chez des femmes utilisant des
2.84
Des données ayant été publiées dans les pays
industriels sur certains effets secondaires rares mais
préparations combinées contenant des oestrogènes
naturels. Une étude détaillée faisant intervenir près
dramatiques de l'utilisation de la pilule - puisque
celle -ci peut provoquer une thrombo -embolie - un
de cinquante paramètres métaboliques est en cours sur
certains groupes de femmes.
grand nombre de services de planification familiale des
2.88
dans l'élimination des stéroïdes contraceptifs, les chercheurs ont été amenés à se demander si l'administration
de la pilule n'était pas dangereuse dans les pays où
l'infestation parasitaire atteint fréquemment le foie. Des
études sur ce point sont en cours en Egypte et dans la
République de Corée en collaboration étroite, dans
les deux cas, avec les services nationaux de planifi-
pays du tiers monde hésitent à l'inclure dans leur
programme. Une étude collective a montré que la
Il serait intéressant que les centres de planification disposent de pilules que les femmes puissent
prendre toutes les semaines ou tous les mois ou uni-
2. SANTÉ DE LA FAMILLE
29
quement après le coït. Un vaste programme de recherches a été lancé pour étudier divers moyens permettant
de réaliser cette forme de contraception : on essaie par
exemple de faire passer plus rapidement l'ovule dans
les trompes de Fallope, ce qui entraîne sa dégénéres-
avec une injection tous les deux mois. D'autre part,
des progrès considérables ont été enregistrés dans la
mise au point de nouveaux systèmes à base chimique
permettant la libération permanente de noréthistérone
injectée et l'obtention d'un effet contraceptif pendant
cence, ou bien l'on tente d'agir sur l'endomètre pour
empêcher l'implantation de l'ovule dans l'utérus. Il
s'agit de recherches à long terme qui comportent
trois mois ou davantage. Les études toxicologiques ont
commencé; elles seront suivies d'essais cliniques.
notamment l'étude des différents mécanismes régissant
la motilité des trompes et par conséquent la vitesse de
transport de l'ovule. On sélectionnera les composés qui
agissent sur ces processus et on mettra au point des
modèles animaux pour éprouver leur toxicité aiguë
et chronique. Les catécholamines paraissent inefficaces,
mais il semble que l'on ait obtenu en 1975 des résultats
assez intéressants avec les analogues des prostaglandines, les dérivés de l'ergot et l'oxytocine.
2.89
Contraceptifs injectables à action prolongée.
Nombre d'administrations de la santé réclament un
contraceptif injectable inoffensif et à action prolongée.
Une seule préparation, l'acétate de médroxyprogesté rone- retard (AMPR), qui se prend tous les trois mois,
est largement diffusée dans le commerce mais son
emploi soulève des objections en raison de son action
sur la menstruation. On manque aussi de données sur
ses effets métaboliques chez les femmes des pays en
voie de développement et sur le rétablissement de la
fécondité lorsque la prise en est suspendue. L'OMS
s'est livrée à des recherches concernant les effets de ce
contraceptif injectable sur le métabolisme des glucides
et des lipides, les paramètres endocriniens, la fonction
hépatique, la tension artérielle et la lactation. Des
études métaboliques effectuées en Thaïlande n'ayant
révélé aucune manifestation anormale, il a été adopté
par les services de planification familiale de ce pays.
En collaboration avec le Ministère de la Santé publique
de Thaïlande, l'OMS a entrepris une étude sur cette
préparation dans les régions où sévit la distomatose
hépatique. Par crainte du risque de stérilité permanente,
on hésite à prescrire l'AMPR à de jeunes mères. Une
étude effectuée par l'OMS en 1975 sur un petit échan-
tillon de femmes a montré que l'ovulation réapparaissait chez toutes les femmes dans les cinq mois qui
suivaient l'interruption de la prise d'AMPR. Une
étude rétrospective et prospective approfondie sur le
rétablissement de la fécondité a été réalisée sur des
femmes classées selon l'âge, le nombre d'enfants, la
durée d'utilisation de l'AMPR et comparées avec des
groupes employant la pilule ou un dispositif intrautérin ou ne recourant à aucun moyen contraceptif.
On étudiera également l'issue des grossesses ultérieures
et les causes des cas de stérilité.
Des essais réalisés avec une autre préparation,
l'eenanthate de noréthistérone, prévue pour injection
tous les trois mois, ont dû être interrompus au cours de
2.90
l'année en raison du taux anormalement élevé des
grossesses. La plupart des grossesses se produisaient
durant le troisième mois qui suivait l'injection et les
études endocrinologiques ont révélé que l'ovulation
reprenait à ce moment chez un pourcentage important
de femmes. On a entrepris un deuxième essai en utilisant la même préparation et le même dosage, mais
En raison du manque d'intérêt de l'industrie
pour l'étude de nouvelles préparations injectables,
2.91
l'OMS a lancé un programme limité visant à synthétiser de nouveaux composés en faisant appel à des
chercheurs des pays suivants: Brésil, Bulgarie, Egypte,
Iran, Israël, Mexique, Pologne, République Démocratique Allemande, Singapour et Sri Lanka.
Dispositifs intra- utérins
2.92 Les dispositifs intra-
utérins - ou DIU -
peuvent être porteurs de préparations contraceptives,
ce qui permet d'en réduire la taille, d'où une diminution
de la douleur et des saignements. On a utilisé la progestérone en partant de l'hypothèse que la libération
directe de l'hormone dans l'endomètre exercerait un
effet contraceptif analogue à celui des progestatifs
administrés par voie buccale, mais à des doses beaucoup plus faibles et sans effets secondaires sur l'organisme. Des essais cliniques d'un dispositif de ce genre,
coordonnés par l'OMS dans des centres collaborateurs
d'Afrique, d'Asie et d'Europe, ont montré que ce
dispositif était aussi efficace que celui qui contient du
cuivre, mais provoquait davantage de saignements dans
l'intervalle des périodes menstruelles.
2.93 Pour réduire les saignements excessifs que pro-
voquent les DIU, on a étudié plusieurs agents antifibrinolytiques; l'un d'entre eux a été retenu et fera
l'objet d'essais cliniques. Parmi les inhibiteurs de la
prostaglandine- synthétase que l'on a étudiés en vue de
diminuer la douleur et d'empêcher l'expulsion du DIU,
deux se sont révélés capables de réduire les contractions
utérines, et un d'interrompre les règles - résultat que
l'on n'attendait pas. Des études seront entreprises pour
déterminer les doses exactes et pour mettre au point
un dispositif intra- utérin qui puisse libérer en permanence le produit contraceptif.
2.94 Des mesures de la cavité utérine par les ultrasons immédiatement après l'accouchement ont renseigné les chercheurs sur la manière dont la cavité
utérine revient à sa dimension normale après l'accouchement, ce qui a aidé à mettre au point un dispositif
utérin adaptable à l'involution utérine.
Méthode des rythmes
2.95 La régulation de la fécondité par la méthode des
rythmes est pratique courante aussi bien dans les pays
industriels que dans les pays en voie de développement,
et dans certaines régions c'est l'une des principales
méthodes de contraception. Jusqu'ici les recherches de
l'OMS dans ce domaine ont visé surtout à améliorer la
fiabilité et à simplifier la pratique de l'abstinence
périodique utilisée comme moyen de régulation de la
fécondité. Les recherches se poursuivent dans trois
voies et l'OMS a fait appel à cet effet à des chercheurs
de seize pays.
30
2.96
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
La première voie est la détermination plus
précise de la période de fécondité: il s'agit de préciser
exactement le moment de l'ovulation et ses rapports
avec des facteurs physiologiques mesurables. Pour
commencer, on s'efforce de découvrir un indicateur
exact de l'apparition de l'ovulation; une fois en possession de cet indicateur, on pourra s'en servir pour juger
de la fiabilité d'autres paramètres de l'ovulation faciles
à mesurer dans des liquides du corps, comme l'urine,
et qui se prêtent par conséquent à l'utilisation par les
femmes d'un matériel d'épreuve individuel. Une étude
pilote de 1974 sur les variations constatées chez les
femmes entre le moment où se produit la rupture du
follicule et celui où apparaissent certains paramètres
hormonaux mesurables a donné des résultats encourageants, de sorte que l'étude a été étendue en 1975 à
un grand nombre de pays.
La deuxième voie de recherche est la suivante :
on examine les changements qui se produisent dans
différents constituants ou processus du corps humain
2.97
(hormones, enzymes, conductivité thermique, pénétrabilité de la glaire) au moment de la période de fécondité
et l'on s'efforce de mettre au point des méthodes simples permettant de les mesurer. Un certain nombre de
métabolites des oestrogènes et des progestatifs présents
dans l'urine semblent pouvoir être utilisés comme
indicateurs de l'apparition de l'ovulation. On a entrepris en 1975 de mettre au point des méthodes de dosage
radio -immunologique pour les déceler et pour mesurer
les changements qu'ils subissent durant le cycle menstruel. S'il apparaît que ces changements sont suffisamment nets pour que l'on puisse déterminer avec précision le moment de l'ovulation, on pourra ensuite mettre
au point des méthodes de dosage ne nécessitant pas
le recours à des traceurs radioactifs; ces méthodes
devraient être aussi simples que l'est, par exemple,
l'emploi de papier tournesol.
2.98
La troisième catégorie de recherches vise à
confirmer et améliorer les techniques actuelles de déter-
d'éducation, peut -être encore plus nécessaires pour les
femmes préférant cette méthode de régulation de la
fécondité que pour celles qui en appliquent d'autres.
Stérilisation
2.100
Dans un grand nombre de pays, les program-
mes de planification familiale accordent depuis quelque
temps davantage d'importance aux techniques de stérilisation. Bien qu'il y ait une forte demande de matériel
de stérilisation endoscopique perfectionné, on a émis
des doutes quant à la possibilité d'entreprendre des
campagnes massives de stérilisation, le rapport coût/
avantages étant trop élevé: des services spéciaux sont
en effet nécessaires, le matériel est coûteux et doit
être entretenu avec soin, et ces techniques exigent du
personnel très spécialisé. De plus, c'est surtout immédiatement après l'accouchement que les patientes récla-
ment la stérilisation, moment auquel certaines des
méthodes applicables sont inutilisables. Les cliniciens
sont de plus en plus convaincus que les méthodes
classiques de ligature des trompes par la voie abdominale sont mieux adaptées aux besoins des pays en voie
de développement. L'OMS a été invitée à donner son
avis à ce sujet, et une évaluation objective au moyen
d'essais cliniques a été entreprise dans le courant de
l'année dans des centres collaborateurs de l'OMS.
Les méthodes chimiques de stérilisation sans
intervention dans la cavité abdominale constitueraient
un progrès par rapport aux méthodes endoscopiques et
aux méthodes chirurgicales traditionnelles, puisqu'elles
éviteraient le recours à des praticiens hautement spécialisés, à des services d'anesthésie, etc., et pourraient
être appliquées en consultation externe. Cependant,
les études sur la stérilisation par des agents chimiques
sclérosants n'ont pas donné les résultats positifs qu'elles
laissaient entrevoir au cours des deux premières années
2.101
du programme de recherches. On n'en poursuit pas
moins certains travaux dans ce domaine avec l'espoir
de découvrir des composés permettant de réaliser
mination de la période de fécondité, notamment la
l'oblitération des trompes.
méthode de la glaire cervicale (méthode de Billings) et
la méthode ménothermique. Deux études ont été entreprises à ce sujet. La première, réalisée dans des centres
d'El Salvador, de l'Inde, de l'Italie et des Philippines,
Interruption de la grossesse
2.102 Des administrateurs de programmes nationaux
s'efforce de vérifier l'efficacité de la méthode de la
glaire cervicale, dont le principe est le suivant: la
femme doit déceler elle -même les changements qui se
produisent dans la sécrétion et dans la consistance de
la glaire au cours de la période de fécondité. L'autre
étude, réalisée en Colombie, vise à comparer l'efficacité
de cette méthode avec la méthode ménothermique; on
confronte les changements constatés dans la glaire
avec la courbe thermique et avec la date du calendrier.
S'il apparaît que la méthode de la glaire cervicale est
aussi efficace que la méthode ménothermique, qui est
plus compliquée, il pourrait y avoir intérêt à abandonner cette dernière.
2.99 A la demande de groupements partisans des
méthodes naturelles de planification familiale, l'OMS
a entrepris au cours de l'année des recherches sur les
moyens d'améliorer et de normaliser les techniques
de planification familiale dans lesquels l'interruption
de grossesse figure au nombre des méthodes de régulation de la fécondité ont demandé l'avis de l'OMS sur
les avantages respectifs des différents matériels et
techniques, sur la formation des personnels, et sur le
cadre convenant le mieux à l'exécution des actes prévus.
Les recherches ont surtout visé à contrôler la sécurité
d'emploi des divers procédés en fonction du contexte
qui entre en ligne de compte et à mettre au point des
méthodes sûres et simples.
2.103 L'une des études en cours vise à déterminer si
l'avortement provoqué n'entraîne pas un risque accru
d'accouchement prématuré ou de perte foetale lors
de grossesses ultérieures. Elle a été lancée en 1974 dans
des centres de huit pays où l'avortement est autorisé
par la loi depuis plusieurs années, où les femmes y ont
recours pour espacer les naissances et où l'on dispose
d'un système d'information qui permet de rapprocher
2. SANTÉ DE LA FAMILLE
les dossiers médicaux relatant l'issue des grossesses de
données renseignant sur l'existence d'un avortement
légal antérieur. Des informations sur près de
19 000 femmes ayant bénéficié de soins prénatals et sur
l'issue de quelque 1500 grossesses ont déjà été rassemblées. Selon l'analyse préliminaire de ces données, les
femmes qui ont mis un terme à une grossesse antérieure
par un avortement provoqué présentent plusieurs
différences assez sensibles par rapport à celles qui
avaient eu un enfant né vivant ou mort -né, ou un avortement spontané, ou qui n'avaient jamais été enceintes
auparavant. On a noté en particulier une corrélation
statistique entre les femmes ayant subi un avortement
provoqué et celles qui avaient tendance à fumer, à ne
pas se souvenir avec précision de la date des dernières
règles, à se présenter tardivement aux consultations
prénatales et - dans certains centres - à utiliser
successivement diverses méthodes de contraception;
or, ce sont là autant de facteurs qui peuvent avoir des
effets adverses sur l'issue de la grossesse.
2.104
Dans les recherches visant à améliorer les
méthodes d'interruption de la grossesse, on s'est surtout préoccupé de mettre au point des techniques exigeant moins de personnel hautement spécialisé et ne
comportant pas d'intervention mécanique ou chirurgicale au niveau du col de l'utérus ou de l'utérus. On
étudie notamment l'utilisation des prostaglandines.
Des essais cliniques se sont poursuivis dans le courant
de l'année dans des centres de dix pays en vue de déterminer les meilleurs analogues des prostaglandines, les
voies d'administration, la posologie et les doses néces-
saires pour interrompre la grossesse aux différents
stades. Le centre OMS de recherche et de formation
dans le domaine de la reproduction humaine, à
Stockholm, a démontré que les prostaglandines administrées sous forme de suppositoires vaginaux permettaient d'interrompre la grossesse dans les trois premiers
mois. De vastes enquêtes pharmacocinétiques et
métaboliques, ainsi que des études sur la manière dont
les prostaglandines agissent au niveau de la cellule, ont
été menées pour appuyer ces recherches. On a continué
d'examiner de nouveaux analogues en vue de découvrir
des composés plus spécifiques et ayant moins fréquemment des effets secondaires.
31
effectuées par l'OMS en 1975, alors que le dispositif
intra- utérin doit être mis en place par un spécialiste
en raison du risque de perforation de l'utérus. Quant
au dispositif intracervical, bien qu'en général il ne soit
pas mis en place par l'utilisatrice elle -même, il est moins
difficile à insérer que le dispositif intra- utérin et provoque en principe moins de douleurs et de saignements.
C'est pourquoi le dispositif intracervical devrait
sans doute mieux convenir aux pays en voie de développement si l'on parvient à réduire au minimum les effets
secondaires de son utilisation ainsi que du médicament.
Un prototype de dispositif intracervical sans
médicament a été mis au point au cours de l'année et
il fait actuellement l'objet d'essais d'acceptabilité dans
les centres de recherche de onze pays. On a également
fabriqué des dispositifs miniaturisés en vue d'étudier
sur le singe la toxicité de substances spermicides ayant
passé par tous les stades de la sélection in vitro.
2.107
Etudes apparentées. Des études ont été faites
également sur les moyens d'empêcher la pénétration du
sperme dans la glaire cervicale en modifiant les propriétés biophysiques et biochimiques de la glaire et en
agissant sur sa biosynthèse. On a étudié l'effet de diffé2.108
rents agents sur le poids moléculaire de la mucine
cervicale et l'on a découvert que les agents les plus
efficaces sont les surfactants, qui arrivent à rompre les
liaisons qui s'opposent à la pénétration de l'eau. De
nettes différences ont été constatées dans la composition
de la glaire cervicale à différents stades du cycle mens-
truel. On a observé que certains métaux - particulièrement le cuivre - immergés dans la glaire altèrent
ses propriétés biophysiques, alors que le cuivre libéré
par un DIU n'a pas cet effet.
Les chercheurs en quête d'une autre méthode
que la médication topique étudient actuellement comment on pourrait modifier la biosynthèse de la mucine
par différents agents qui agissent au niveau des enzymes
2.109
et des récepteurs hormonaux. Des travaux préliminaires ont été entrepris sur des médicaments administrés par voie buccale qui, en pénétrant dans la glaire
cervicale, pourraient soit modifier ses propriétés physiques soit avoir une action spermicide.
2.110
Des recherches collectives ont été également
entreprises pour étudier la manière d'inhiber une
Anneaux vaginaux et dispositifs intracervicaux
Des études ont été effectuées en 1975 pour comparer des anneaux vaginaux
2.105
Anneaux vaginaux.
qui libèrent différents stéroïdes à diverses cadences. On
a pu ainsi sélectionner trois stéroïdes qui feront l'objet
d'une évaluation plus poussée, visant particulièrement
à déterminer s'ils agissent sur la pénétration du sperme
dans la glaire cervicale et de quelle manière.
enzyme - l'acrosine - présente dans la tête du sperme
et indispensable à la pénétration de l'ovule. Des
progrès ont été réalisés dans les essais visant à purifier
et à mettre en évidence l'acrosine humaine et animale.
Un inhibiteur naturel et un des différents inhibiteurs de
synthèse de l'enzyme purifiée ont fait l'objet d'essais
et l'on a constaté qu'ils pénètrent les membranes de
l'acrosome et inactivent l'acrosine de façon irréversible.
Une étude sur le métabolisme du sperme dans
l'utérus a été interrompue après trois ans, les résultats
2.111
2.106
Dispositifs
intracervicaux.
Des
recherches
étroitement liées aux précédentes ont porté sur des
ayant montré qu'il y avait peu de chance que l'on
dispositifs contenant un médicament qui peuvent être
longtemps conservés dans le col de l'utérus afin d'empêcher la pénétration du sperme dans l'utérus. L'anneau
vaginal est facilement inséré dans le col et enlevé par
l'utilisatrice elle -même, comme l'ont montré des études
puisse mettre au point un nouveau contraceptif capable
de modifier le métabolisme du sperme dans l'utérus.
Cette étude a cependant débouché sur des méthodes et
des conclusions importantes pour d'autres domaines
de recherche.
32
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
Méthodes de régulation de la fécondité masculine
Le programme de recherches accorde une haute
priorité à la régulation de la fécondité chez les hommes.
2.112
Malgré quelques succès, les progrès ont été lents, ce
qui s'explique par la rareté des chercheurs, en particulier pour les études cliniques, par la difficulté d'obtenir
des organismes de réglementation des médicaments
l'autorisation de mise à l'essai des quelques composés
disponibles, par le fait que les hommes sont moins enclins que les femmes à se soumettre à des essais cliniques, par l'intérêt relativement faible que portent au
problème les laboratoires pharmaceutiques, par les
lacunes de nos connaissances en matière de biologie de
Des travaux menés dans des institutions collaboratrices ont apporté de précieux éclaircissements sur
le rôle d'une protéine de liaison des androgènes dans
2.116
la spermatogenèse et la spermiogenèse. Ils ont fait
entrevoir la possibilité de supprimer les deux processus
en entravant la production de cette protéine, et l'on
explore la façon dont cela serait réalisable. Un autre
composé, l'a- chlorhydrine, s'est révélé être un puissant
agent anti- fécondité réversible dans quelques espèces.
Bien que ce produit soit trop toxique pour être utilisable en clinique humaine, on l'étudie de très près parce
que la connaissance de son mode d'action faciliterait
la mise au point d'analogues non toxiques et aussi
la reproduction chez l'homme, et par le fait que les
parce qu'il offre un système modèle pour l'investigation
points d'intervention possibles pour la régulation de la
fécondité sont moins nombreux chez l'homme que chez
la femme. Les travaux, menés sur plusieurs fronts, ont
spermatides. Un analogue de l'a- chlorhydrine, dont
notamment consisté à expérimenter sur l'homme
diverses drogues hormonales disponibles pour les
rendre rapidement utilisables en pratique courante, à
réaliser la synthèse d'analogues n'entraînant pas d'effets
secondaires et à explorer de nouvelles méthodes.
2.113
Des essais s'étendant sur douze à dix -huit
mois sont en cours dans des centres de cinq pays pour
éprouver à différentes doses diverses combinaisons de
progestatifs et d'androgènes qui réduisent la sperma-
togenèse sans abolir la libido. On a, d'autre part,
entrepris de synthétiser des androgènes injectables plus
actifs et à effet plus prolongé.
études posologiques ont été réalisées dans
deux pays sur un autre composé, l'acétate de cyprotérone, qui est un antiandrogène. Elles ont montré que
cette substance, outre qu'elle entraînait une diminution
des facteurs qui conditionnent la maturation des
des données préliminaires avaient suggéré l'absence de
toxicité, a été étudié de ce point de vue sur des singes
rhésus, mais les résultats obtenus en 1975 ont montré
que ce composé était en fait neurotoxique.
La maturation des spermatogonies produites
dans le testicule se poursuit dans l'épididyme, lequel
offre donc un autre point d'intervention pour la régulation de la fécondité. L'épididyme reçoit d'abondantes
sécrétions des testicules, et sa composition ionique,
protéinique et stéroïdique n'a pas été étudiée en détail.
L'application de techniques s'inspirant de la micro ponction pratiquée sur le rein pour prélever du fluide
intratubulaire aux fins d'analyses destinées à élucider
la fonction rénale a été envisagée pour faire progresser
notre connaissance de la fonction épididymaire, et
un essai en ce sens a été entrepris en 1975.
2.117
modérée à forte de la spermatogenèse, rendait les
Méthodes immunologiques
spermatozoïdes incapables de pénétrer dans la glaire
2.118
cervicale prélevée chez des femmes fécondes normales
en milieu de cycle. Il n'a pas été constaté de phénomènes d'hépatotoxicité ni d'autres réactions générales
indésirables, et les effets secondaires subjectifs étaient
minimes. Ils disparaissent d'ailleurs complètement
avec l'arrêt de la médication.
2.115
Des études conduites avec l'appui de l'OMS
ont abouti à l'isolement, à la purification et à la
caractérisation partielle d'une substance testiculaire
naturellement présente dans le liquide séminal, l'inhibine, qui inhibe électivement la sécrétion d'hormone
folliculo- stimulante, faisant ainsi obstacle à la sperma-
Une autre solution consisterait à prévenir la
conception à l'aide d'agents immunisants. La mise au
point de tels agents impliquant toutefois de sérieux
problèmes et de longues recherches, le programme
prévoit que les travaux devront être interrompus dans
des cas bien définis - lorsqu'il apparaîtra, par exemple,
que les produits étudiés sont tératogènes ou risquent
d'entraîner des effets secondaires importants ou bien
que les recherches piétinent. De fait, plusieurs projets
de recherche sur des antigènes spécifiques des spermatozoïdes ont été précocement interrompus au cours de
l'année quand on a constaté qu'ils allaient déboucher
sur une impasse.
Plus prometteuses ont été les recherches sur
l'immunisation contre la gonadotrophine chorionique
humaine, hormone secrétée au cours de la grossesse et
nécessaire à son maintien. Le risque de réaction croisée
avec d'autres hormones a amené à penser qu'il fallait
togenèse sans altérer notablement la sécrétion d'hormone lutéinisante, par conséquent la production de
testostérone. Le produit est actuellement sous expérimentation biologique. L'intérêt contraceptif de l'inhibine dépendra en partie de sa disponibilité en quantité
2.119
suffisante. Il est évident que les possibilités d'obtention
limiter l'expérimentation à un seul fragment de la
molécule de cette substance. Six institutions se sont
de la substance à l'état physiologique seront limitées
et que la synthèse d'une molécule aussi grande et aussi
complexe que semble l'être celle de l'inhibine sera
difficile. On a donc entrepris d'éprouver l'activité
biologique de divers fragments d'inhibine obtenus par
clivage enzymatique sélectif en vue de repérer un
fragment actif de faible poids moléculaire qui serait
facilement synthétisable.
conjointement employées à préparer différents fragments, à déterminer leurs séquences d'acides aminés, à
étudier leur immunogénicité et à élaborer des méthodes
de synthèse; d'autre part, on a commencé à éprouver
sur le babouin l'effet d'anti- fécondité. Enfin, des directives ont été établies pour les essais de toxicité indispensables.
2. SANTÉ DE LA FAMILLE
Acceptabilité et répercussions sur les programmes des
méthodes de régulation de la fécondité
L'élaboration de méthodes nouvelles plus satisfaisantes et l'amélioration des services et des prestations
nécessitent des études sur l'acceptabilité, pour les personnes intéressées, des diverses méthodes de régulation
2.120
de la fécondité ainsi que sur les implications de leur
emploi au niveau des programmes. Pour explorer ces
deux aspects du problème, qui varient avec les groupes
socio- culturels et à l'intérieur de ceux -ci, on effectue
des études multinationales sur l'adoption des pratiques
contraceptives et leur application suivie par les utilisateurs effectifs et potentiels.
2.121 Acceptabilité des méthodes de régulation de la
fécondité. Les recherches, axées sur l'acceptabilité de
telle ou telle caractéristique des méthodes de régulation
de la fécondité, sont en grande partie menées en liaison
avec les essais cliniques de nouveaux procédés mis au
point dans le cadre du programme. Parmi les caractéristiques étudiées figurent la voie d'administration, le
sexe de l'utilisateur, la fréquence de l'administration,
la réversibilité de la stérilisation et les effets secondaires.
33
d'encadrement médical assuré, les mérites respectifs
des prestations fournies soit en dispensaire soit à
domicile, et les différences dans le conditionnement et
la présentation des médicaments et des dispositifs.
Justification sanitaire de la planification familiale
Les éléments sanitaires à la base de la planification familiale se situent principalement au niveau des
dangers que font courir à la santé et à la vie de la mère
et de sa progéniture les accouchements nombreux ou
2.123
survenant aux périodes extrêmes de l'âge fécond,
l'intervalle trop bref entre les grossesses, et les grossesses non désirées qui incitent à recourir à l'avortement illégal.
2.124 Au cours de l'année, les rapports des centres
qui, en Inde, en Iran, au Liban, aux Philippines et en
Turquie,' collaborent à une étude menée dans neuf
pays au sujet des effets sur la santé familiale de divers
modes de formation de la famille ont été préparés pour
publication, et l'analyse des données en provenance
de la Colombie, de l'Egypte, du Pakistan et de la
Dans le cas des contraceptifs féminins, on sait que la
perturbation des règles résultant parfois de leur emploi
influe sur leur adoption et leur utilisation suivie. Un
projet est en cours dans douze pays pour cerner l'importance de cette influence; d'après les résultats préliminaires, ce serait moins l'abondance ou la durée
que le caractère inopiné des hémorragies provoquées
par les contraceptifs qui rebuterait les utilisatrices des
nouvelles méthodes. Selon les premiers résultats d'une
République Arabe Syrienne s'est poursuivie. La surveillance ultérieure de la population étudiée pendant
deux ans est arrivée à son terme pour le centre situé
en Inde, et ses résultats sont également en cours d'ana-
autre étude - relative à l'acceptabilité de méthodes
existantes ou envisagées - l'injection mensuelle d'un
contraceptif serait plus favorablement accueillie par
ultérieures, ou l'infécondité qu'il entraîne, ainsi qu'à
en déterminer le coût pour les services de santé. Une
première étude sur ce sujet a débuté pendant l'année
les hommes que la prise journalière d'une pilule contra-
ceptive en Iran, à Fidji et en République de Corée,
lyse.
Plusieurs pays ont demandé à l'OMS de les
aider à étudier l'importance de la mortalité et de la
2.125
morbidité immédiates liées à l'avortement illégal et des
complications survenant au cours de grossesses
en Turquie.
alors qu'au Mexique la pilule quotidienne recevrait la
préférence. D'autres études d'acceptabilité ont été
entreprises en 1975 sur des suppositoires vaginaux à
base de prostaglandines provoquant l'avortement au
cours du trimestre qui suit la fécondation, sur des
anneaux vaginaux contenant un produit inhibiteur de
l'ovulation, sur des contraceptifs injectables et sur
plusieurs autres méthodes de régulation de la fécondité.
2.122 Répercussions des méthodes de régulation de la
fécondité sur les programmes. Puisqu'on tend de plus
en plus à confier des responsabilités accrues aux
agents sanitaires non médecins en matière de distribution des soins de santé, des recherches ont été entreprises sur le rôle que ce personnel pourrait jouer dans
l'application des méthodes de régulation de la fécondité. Elles sont d'autant plus nécessaires qu'on ne
possède qu'une expérience limitée du recours à des
agents de cette catégorie pour l'insertion de DIU ou
pour la prescription de contraceptifs oraux, par
exemple - expérience d'ailleurs souvent acquise dans
des conditions non typiques. Aussi des études s'étendant à plusieurs centres ont -elles été lancées en République de Corée et en Turquie dans des conditions de
terrain réalistes. On peut, moyennant l'adaptation du
plan d'étude, explorer des variables telles que le degré
Stérilité
Plusieurs pays de l'Afrique subsaharienne
s'inquiètent de la fréquence que présente chez eux la
stérilité, qui affecterait parfois 30 % des couples et
même davantage. L'OMS a fourni en 1975 une aide à
la République -Unie du Cameroun et au Soudan pour
l'exploration de ce problème.
2.126
2.127 Un groupe scientifique a été convoqué en juin juillet avec mission d'examiner des données sur l'ampleur et la répartition géographique de la stérilité et
l'étiologie des différentes conditions pathologiques
regroupées sous ce terme général. Le groupe est parvenu
à la conclusion que la stérilité en Afrique subsaharienne
était principalement imputable aux obstructions
tubaires chez les femmes et à l'azoospermie par
obstruction chez les hommes. Très nombreuses sont les
femmes infécondes qui demandent à se faire soigner,
mettant ainsi fortement à contribution les services de
santé curatifs en dépit du fait que les chances de restauration de la fécondité sont malheureusement bien
minces. L'adoption d'une approche préventive revêt
' Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 2.94.
34
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
une importance d'autant plus grande. De même, des
activités adéquates de protection maternelle permettront seules de prévenir utilement les pertes dues à
l'avortement et à la mortinatalité. Il est cependant évident que, pour être efficace, l'action préventive doit
être dirigée contre les facteurs étiologiques dont l'importance locale aura été préalablement déterminée au
moyen d'études sur le terrain. C'est pourquoi un groupe
de chercheurs du Gabon, du Nigéria, de la République Unie du Cameroun et du Soudan a été constitué avec
mission de dresser le plan d'études épidémiologiques
qui ont d'ores et déjà été entreprises dans ces pays.
Développement des moyens de recherche nationaux
2.128
Grâce aux fonds relativement importants d'ori-
gine extrabudgétaire dont dispose l'OMS pour la
recherche en reproduction humaine, il a été possible de
renforcer considérablement les moyens de recherche
dans les pays en voie de développement. En l'espace de
quatre ans, plus de dix millions de dollars ont été
consacrés au renforcement d'institutions qui ont
bénéficié de diverses formes d'aide: personnel, matériel et fournitures, formation à la recherche et avis de
consultants. De plus, trois millions de dollars ont été
affectés à des projets de recherche en cours dans des
pays en voie de développement, dont la plupart com-
portaient un élément visant au renforcement de la
recherche sur le plan institutionnel.
Plusieurs Etats Membres ont demandé à
l'OMS de les aider à introduire une composante
2.129
recherche dans leur programme national de planification familiale. En Egypte, après avoir étroitement
collaboré pendant quatre ans avec le comité scientifique
du Conseil suprême de la Planification familiale au
développement de projets de recherche en institution,
principalement à Alexandrie, à Asyut et au Caire,
l'Organisation a participé en 1975 à une évaluation
globale des réalisations et à la formulation d'un plan
national de recherches biomédicales et épidémiologiques en reproduction humaine pour les cinq années
suivantes. Le plan ainsi formulé ne se bornait pas à
définir des axes prioritaires de recherche mais visait
aussi à renforcer les mécanismes d'administration de
la recherche. Comme précédemment, l'OM S a collaboré à la formulation de projets particuliers dans le
cadre des priorités nationales et a dispensé une aide
sous forme de matériel et fournitures et de formation
à la recherche. Le centre collaborateur OM S de recherches cliniques en reproduction humaine (Alexandrie) a participé à des études multinationales de pro-
tions de laboratoire sur la physiologie de la reproduction. Ce programme a démarré avec l'appui du FNUAP
dans le cadre du programme national de planification
familiale.
Un projet de mise en place d'un laboratoire de
radio -immunologie pour l'exploration de méthodes
hormonales de régulation de la fécondité s'est achevé
avec succès en Turquie au cours de l'année. L'OMS a
2.131
établi une collaboration suivie pour l'échange de
scientifiques et la formation de chercheurs entre
l'institution nationale et une institution du RoyaumeUni qui a assuré une grande partie des activités de
conseil et de formation à la recherche que requérait le
projet.
Une équipe de recherche pour l'évaluation de
méthodes de régulation de la fécondité, composée de
2.132
scientifiques de la Thaïlande et de l'OMS, opère à
Bangkok depuis 1972 avec mission de couvrir une par-
tie des besoins de recherche du programme national
de planification familiale et d'assurer des activités de
formation postuniversitaire. En prévision de la conversion de ce projet interrégional en un projet de pays,
une analyse approfondie des progrès réalisés, des recherches en cours et des plans d'action future a été effec-
tuée en 1975 par des experts extérieurs et des représentants des ministères thaïlandais responsables de la
santé publique et des universités nationales, du Conseil
thaïlandais de la Recherche médicale, d'associations
médicales et autres associations professionnelles, du
FNUAP et de l'OM S. Cette évaluation a fait apparaître
que les recherches menées sur la sécurité, l'efficacité et
l'acceptabilité des méthodes de régulation de la fécondité et sur leur application par le canal des services de
santé présentaient un intérêt tant national qu'international. Les résultats de quelques -unes des études
faites conjointement par l'équipe et le Ministère de
la Santé publique ont été utiles pour la formula-
tion d'une politique de planification familiale et de
plans d'aménagement des services. Le fonctionnement des institutions mises sur pied - laboratoires
de radio -immunologie et de chimie clinique et atelier
électronique -a été pris en charge pendant l'année par
un personnel national. On a créé à l'Université
Chulalongkorn un institut de recherche sanitaire doté
d'une division de biomédecine de la reproduction dont
le personnel initial a été fourni par l'équipe. L'expérience et les moyens dont disposait celle -ci ont également aidé au lancement ou au soutien de projets dans
d'autres institutions de recherche nationales ou des cen-
tres d'autres pays des Régions de l'Asie du Sud -Est
et du Pacifique occidental, ainsi qu'à la formation
blèmes d'importance nationale et internationale.
assurée par eux.
En réponse à une demande du Gouvernement
de la République de Corée concernant principalement
le développement des moyens de recherche en reproduction humaine et en planification familiale à l'Université nationale de Séoul, on a formulé un programme
global de recherches qui prévoit des études cliniques
de méthodes de régulation de la fécondité, des recher-
2.133
2.130
Par l'intermédiaire de son réseau d'institutions
collaboratrices pour la recherche en reproduction
ches sur l'organisation des services fournissant des
humaine, l'Organisation concourt au renforcement des
moyens de recherche des pays en voie de développement, qui bénéficient d'un appui suivi pendant plusieurs
années et de la collaboration permanente maintenue
entre les institutions concernées et celles qui mènent
le même genre de recherches dans des pays développés.
prestations de planification familiale, et des investiga-
Un nouveau centre collaborateur OMS pour les re-
2. SANTÉ DE LA FAMILLE
cherches cliniques en reproduction humaine a été désigné en 1975 à Lusaka. Les centres qui constituent le
réseau, au nombre de vingt et un et répartis dans dix -
neuf pays, ont effectué en commun des études sur
l'efficacité, la sécurité et l'acceptabilité de diverses
méthodes de régulation de la fécondité ainsi que sur
leurs implications en matière d'organisation des services. On a pu ainsi non seulement évaluer les méthodes
au sein de populations très variées quant à leur constitution physique et leur environnement, mais encore
parvenir plus rapidement à des conclusions du fait du
nombre élevé d'usagers inclus dans les études. Ces
travaux ont d'autre part contribué à renforcer la liaison
entre le programme de recherches de l'Organisation
et l'aide qu'elle fournit aux programmes nationaux de
planification familiale.
Si le réseau est dans son ensemble bien outillé
pour s'attaquer à toutes les phases de l'expérimentation clinique, le potentiel humain et matériel nécessaire à l'exécution d'études pharmacologiques et métaboliques en profondeur est plus riche dans ceux des
centres qui sont situés dans des pays développés. Aussi
un programme a -t -il été lancé au cours de l'année pour
renforcer ce potentiel dans les centres situés en Egypte,
en Inde, en République de Corée et en Zambie.
2.134
2.135
Comme on l'a vu plus haut, l'évaluation des
méthodes de régulation de la fécondité chez l'homme
se heurte au problème du recrutement d'utilisateurs,
à telle enseigne que deux des centres seulement sont
actuellement en mesure d'entreprendre les études
requises. Des visites effectuées en 1975 dans plusieurs
autres centres universitaires ont montré qu'il pourrait
être nécessaire de renforcer considérablement les institutions pour constituer un réseau adéquat de centres
cliniques où puissent être explorés les procédés applicables chez l'homme.
L'aide dispensée aux quatre centres OMS de
recherche et de formation en reproduction humaine
vise à la fois à renforcer ces institutions et à orienter
2.136
leurs recherches relatives à la régulation de la fécondité
vers l'étude multidisciplinaire de problèmes particuliers. Après trois années d'appui, il a été procédé en
1975, par les soins d'équipes constituées d'experts
extérieurs, à une évaluation sur place des travaux
accomplis par chacun des centres (Delhi, Moscou,
Stockholm et Buenos Aires /Santiago). A la lumière des
35
réalisés dans la suppression des cloisonnements tradi-
tionnels entre départements et que le fait pour les
centres d'avoir été désignés comme collaborateurs de
l'OMS avait profondément influé sur l'orientation
donnée à leur coopération avec d'autres institutions.
2.137
Pour garantir la comparabilité des résultats
d'essais conduits en commun dans divers centres ainsi
que d'autres études effectuées dans les centres collaborateurs de recherche clinique en reproduction
humaine et les centres de recherche et de formation
dans ce domaine, diverses initiatives ont été prises
pendant l'année en matière de standardisation et de
contrôle de la qualité. On peut mentionner notamment
l'élaboration de manuels de laboratoire pour les analyses de chimie clinique, l'établissement de mécanismes
de contrôle externe de qualité pour des travaux de
chimie clinique et d'épreuve radio -immunologique, la
fourniture de réactifs appariés pour le titrage radio immunologique d'hormones, et l'organisation de cours
de formation aux techniques de laboratoire.
Il est souvent arrivé, en particulier dans les pays
en voie de développement, que des projets de recherche
se trouvent bloqués faute d'une pièce, d'un accessoire
ou d'une substance chimique. Cela est habituellement
2.138
dû au manque de devises étrangères ou à l'absence
de représentants locaux des fabricants. En 1975, le
programme de « petites fournitures » institué pour
couvrir ce besoin a bénéficié à soixante -six scientifiques
de vingt -quatre pays se livrant à des recherches en
reproduction humaine qui intéressent le programme
de l'OMS. D'autre part, des abonnements par avion
à certaines revues ont été offerts pour accélérer la
diffusion d'informations scientifiques.
2.139
Dans le cadre de l'effort intégré de renforce-
ment des institutions, des bourses pour la formation ou
le perfectionnement de chercheurs ont été allouées en
priorité aux candidats appartenant à des institutions
collaboratrices de l'OMS. Une cinquantaine de ces
bourses ont été attribuées à des scientifiques de plus
de vingt pays. Comme les moyens de formation sont
eux -mêmes fort restreints pour quelques -unes des
disciplines auxquelles l'exploration et l'élaboration de
méthodes de régulation de la fécondité font spécialement appel, l'OMS a conclu un accord avec la London
School of Hygiene and Tropical Medicine pour l'éta-
constatations ainsi faites, on a choisi pour chacun des
centres plusieurs champs de recherche où il s'était particulièrement distingué et dans lesquels il était invité à
blissement d'un programme de formation à l'application de l'épidémiologie aux recherches dans ce
déployer un effort intensif pendant les trois années
suivantes. Il est apparu que des progrès avaient été
formation de spécialistes des sciences du compor-
domaine, et elle a fourni un appui à un programme de
tement au Royaume -Uni.
3. DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
3.1 La tendance nouvelle au développement intégré
des services et des personnels de santé s'est accentuée
en 1975. En ce qui concerne la formation d'enseignants,
les activités se situent désormais à l'échelon des pays
et, limitées d'abord à la médecine, elles ont été étendues
ensuite à l'ensemble des sciences de la santé. Trois
grandes orientations ont été mises en relief: 1) promotion de la formation aux soins de santé primaires
en vue d'assurer un minimum de protection sanitaire à
la totalité de la population de chaque pays et, plus
particulièrement, aux habitants de régions dépourvues
de services de santé organisés; 2) instauration d'une
formation en commun pour les futurs membres des
équipes de santé; 3) lancement d'activités dans le
domaine de l'évaluation. Enfin, on a poursuivi les
efforts, mentionnés dans le Rapport annuel pour 1974,2
qui visent à intégrer la planification, l'exécution et
l'évaluation des programmes de développement des
personnels de santé.
faites par les membres d'une mission de l'OMS qui
s'est rendue dans ce pays en 1974; des missions explo-
ratoires analogues ont été envoyées en République Unie du Cameroun, à Sri Lanka et en Thaïlande.
3.4
L'Organisation a aidé de nombreux pays -
notamment dans les Régions de l'Afrique, des Améri-
ques et de la Méditerranée orientale - à établir des
programmes de planification des personnels de santé.
Dans la Région des Amériques, on s'emploie à mettre
au point une technique de construction de modèles
pour les recherches sur les personnels qui a déjà été
expérimentée dans deux pays. Douze pays de cette
Région ont créé au sein de leurs ministères de la santé
des unités spéciales pour les personnels de santé. Dans
la Région européenne, une étude sur les besoins en
personnel d'hygiène du milieu se poursuit au titre d'un
programme à long terme de lutte contre la pollution;
les résultats des enquêtes pilotes déjà menées à ce sujet
font actuellement l'objet d'une évaluation et une
nouvelle enquête à été entreprise à Oran (Algérie).
Systèmes de personnels de santé
3.2
L'Organisation a accru ses efforts pour inciter les
Etats Membres à créer ou à renforcer des rouages
permanents qui relient entre elles les diverses activités
concernant le développement des personnels de santé.
Elle a collaboré avec des Etats Membres à l'élaboration
de systèmes nationaux de personnels de santé répondant
mieux à leurs besoins et coordonnés avec l'ensemble des
prestations sanitaires, et a soutenu le concept visant à
intégrer le développement des personnels et celui des
services (voir le paragraphe 1.65).
L'approche dite du « développement des services
et des personnels de santé » s'inspire de l'idée que la
3.3
prestation de services de santé à l'ensemble de la
Production des personnels de santé
3.5
L'OMS a continué à fournir du personnel
enseignant à de nombreux établissements de formation
et à donner des avis en vue de la création de nouveaux
centres de préparation aux professions de la santé. Le
tableau 1 indique les pays auxquels des enseignants ont
été affectés en 1975. Il convient de noter que les bénéficiaires des programmes de formation comprennent,
outre des ressortissants des pays indiqués, de plus en
plus d'étudiants venus d'autres pays, voire d'autres
Régions.
population et la fourniture des personnels requis sont
Perfectionnement des processus de formation
deux éléments étroitement liés du système de protection
sanitaire. Si ce dernier est conçu comme un tout
3.6
englobant des éléments reliés les uns aux autres, on
peut y incorporer comme autant de parties intégrantes
la planification, la production et la gestion des personnels ainsi que les divers aspects des prestations médico-
formation destinés aux personnels de santé. Le premier
a trait à l'application du concept d'une formation pluriprofessionnelle intégrée et orientée vers la collectivité.
Le second comporte des études de cas consacrées à des
programmes innovateurs en matière de formation de
médecins, d'infirmières, de dentistes, de pharmaciens,
d'ingénieurs sanitaires et d'agents chargés des soins de
sanitaires, sous réserve naturellement de variations
selon les pays. Des mesures ont été prises pour appliquer
cette approche en Iran, conformément aux suggestions
Deux projets de recherche ont été entrepris en
vue de stimuler l'amélioration des programmes de
santé primaires, et il vise à déterminer dans quelle
Bien qu'on se soit efforcé de classer les activités de l'OMS en
matière de développement des personnels de santé selon le niveau
de la formation assurée, un certain chevauchement entre les
activités décrites sous les différentes rubriques est inévitable.
2 Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphes 3.2 -3.4.
mesure certains établissements appliquent de bons prin-
cipes de planification de l'éducation et font efficacement usage de leurs ressources et de l'évaluation pour
préparer les personnels à répondre aux besoins des
services de santé locaux.
- 36 -
3. DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
Planification de l'éducation. Les trois centres
collaborateurs de l'OM S à Chiraz (Iran), Beersheba
(Israël) et Berne ont participé au programme entrepris
par l'Organisation pour développer la recherche en
matière de planification de l'éducation. L'OMS
s'efforce en particulier de promouvoir la planification
de l'éducation dans toutes les Régions; en effet,
3.7
nombreux sont les établissements formant des médecins
ou d'autres professionnels de la santé qui sont créés
sans planification
préalable adéquate ou examen
37
duction des personnels de santé aux besoins futurs,
l'Organisation a adopté une approche peu employée en
planification de l'éducation et qui s'inspire du principe
de l'intégration de l'enseignement et des prestations.
Intéressant les différents niveaux (individuel, familial
et communautaire) auxquels agents professionnels,
techniques et auxiliaires dispensent des soins dans les
zones urbaines et rurales, cette approche permet aux
étudiants de participer à l'action de santé dans la
collectivité dès le début de leur formation. Dans ce
approfondi des problèmes relatifs au recrutement et à
la préparation du personnel enseignant.
contexte, l'Organisation a fourni une assistance aux
fins suivantes: conférence -atelier régionale sur les
services de santé et l'intégration de l'enseignement et
Dans divers pays, des mesures ont été prises pour
mettre l'enseignement médical davantage en harmonie
avec les besoins nationaux; révision des programmes
d'études, formation d'enseignants, élaboration de
des prestations; élaboration au Brésil d'un programme
approprié de formation stratégique des personnels de
santé; mise en application d'un nouveau programme
d'études pour médecins, infirmières et techniciens à
l'Université du Costa Rica; intégration des activités de
l'Hôpital universitaire de Tegucigalpa et de celles des
services de santé généraux du Honduras; intégration de
3.8
méthodes objectives de contrôle et d'évaluation, et
introduction progressive de techniques pédagogiques
modernes, dont l'auto -instruction. De même, dans des
écoles d'infirmières et de sages- femmes, on a mis
au point des directives concernant l'utilisation de
la formation de personnels de santé assurée par
« modules » pour la formation des enseignants.
l'Université nationale du Nicaragua et des activités
des services de santé du département de León. Elle
a également aidé trente écoles de médecine dans sept
A la suite d'expériences tentées dans des pays
de la Région des Amériques en vue d'adapter la pro-
pays de la Région à modifier leurs programmes d'études
de manière à intégrer sciences fondamentales et
3.9
Tableau 1.
1.a)
Affectation du personnel enseignant en 1975
Formation de personnel qualifié * (par sujet)
2.
Nombre de Nombre
de mois
professeurs
Planification et pratique de l'enseignement
Sciences médicales fondamentales
Branches cliniques et apparentées
13
95
37
36
255
283
Santé publique et médecine préventive (y
compris l'administration hospitalière et les
statistiques)
Pédiatrie, santé maternelle et infantile
Art dentaire
Soins infirmiers
Hygiène du milieu
1.b)
Formation de personnel auxiliaire
252
9
68
43
4
.
.
.
178
1 883
233
55
288
561
7
2 444
11
7
1
2
1
6
1
Bénin
Birmanie
Botswana
Chili
Congo
Egypte
Etats -Unis d'Amérique
Ethiopie
2
11
2
2
4
6
1
1
* Quelques instructeurs étaient chargés de former à la fois du personnel
qualifié et des auxiliaires.
2
Philippines
Gabon
Guatemala
3
Haute -Volta
Inde
Indonésie
3
Irak
Iran
Islande
8
Qatar
Rép. Arabe Libyenne .
Rép. Arabe Syrienne .
Rép. Centrafricaine
Rép. de Corée . .
République -Unie de
Tanzanie
Liban
Libéria
Pays d'affectation
Afghanistan
Algérie
Arabie Saoudite
Argentine
Australie
Bahreïn
Bangladesh
Belgique
Fidji
Israël
Jamaïque
Jordanie
Kenya
Laos
709
83
19
Total
2.
32
Pays d'affectation (suite)
Malaisie
Mali
Maroc
Maurice
Mauritanie
Mexique
Mongolie
Népal
Niger
Nigéria
Ouganda
Pakistan
Papouasie-NouvelleGuinée
1
7
3
10
1
1
3
4
6
2
2
1
2
2
4
1
1
4
12
1
4
8
République -Unie du
Cameroun
Rwanda
Sénégal
Sierra Leone
Singapour
Soudan
Sri Lanka
Tchad
Thaïlande
Togo
Tunisie
Turquie
Venezuela
Yémen
Yémen démocratique .
Zaïre
Zambie
2
2
6
2
5
1
6
6
2
7
3
1
12
8
2
3
5
3
4
2
12
11
15
3
1
2
1
Total 288
38
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
disciplines cliniques, disciplines cliniques et médecine
préventive et sociale, à inclure dans la formation
universitaire l'internat et les stages obligatoires de
service médico- social, et à introduire une formation
postuniversitaire à l'hôpital dans la formation en cours
d'emploi au sein de la collectivité.
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est, l'Organisation a prêté à un certain nombre de pays une assis3.10
tance pour la mise en application progressive des
conceptions pédagogiques modernes. Elle a aidé le
Bangladesh, la Birmanie, l'Inde, l'Indonésie et Sri
Lanka à restructurer l'enseignement médical pour
mieux préparer les futurs médecins à une activité
professionnelle orientée vers
programmes d'études tenant
la collectivité; des
compte des besoins
effectifs sont en cours d'élaboration et des stages dans
des zones de formation pratique ont été institués.
3.11
Dans la Région européenne, des administrateurs
principaux de services de santé et d'établissements
programmes d'études et à l'évaluation des activités
d'écoles d'infirmières du niveau technique et du niveau
universitaire; l'accent a été mis sur l'enseignement et
la pratique des soins infirmiers au sein de la collectivité, sur l'intégration de la formation et des prestations,
sur la distribution des soins de santé primaires et sur
l'institution d'une période obligatoire de travail dans
des zones suburbaines ou rurales. Au Mexique, où une
étude des activités infirmières a servi à la mise au point
de projets de formation à divers niveaux, des directives
sont élaborées avec l'appui de l'Organisation pour l'établissement de programmes de formation intégrés aux
services. D'autre part, l'Organisation a aidé le Costa
Rica, l'Equateur, le Honduras, le Nicaragua et la
République Dominicaine à réviser et restructurer leurs
systèmes d'enseignement infirmier. Dans la Région de
la Méditerranée orientale, l'assistance prêtée par
l'OMS pour la planification de la formation des
infirmières et des sages- femmes a contribué à faire
ressortir la nécessité de lier plus étroitement entre eux
le développement de ces personnels et celui des services
de santé.
d'enseignement ont examiné l'importance que revêt la
planification de l'éducation pour la solution des
problèmes de santé lors de la réunion d'un groupe de
travail qui s'est tenue en juin à Kuopio (Finlande). Ils
ont défini la nature et la portée de la planification de
l'éducation par rapport aux besoins des services de
santé, précisé les responsabilités respectives de l'administration sanitaire et des établissements d'enseignement dans cette planification et suggéré l'organisation
d'un service qui en serait responsable, au niveau
gouvernemental notamment. Ils ont recommandé
l'adoption d'une approche systémique pour la planification de l'éducation (laquelle doit faire partie intégrante de la planification et de l'évaluation des services
3.14
En ce qui concerne la santé mentale, on s'est
efforcé de préparer des agents sanitaires de catégories
très diverses à s'occuper de tâches nettement définies
au lieu de mettre l'accent sur la formation spécialisée
et les services psychiatriques. Une nouvelle méthode
d'analyse des tâches a été appliquée par l'OMS en 1975
à l'occasion d'une étude sur le traitement des psycho-
tiques dans la collectivité et des mesures ont été
prises en vue de fixer, pour les futurs agents des services
de santé généraux, des objectifs pédagogiques propres
à leur permettre de s'occuper efficacement des troubles
mentaux prioritaires.
de santé) et l'exécution d'études sur les pratiques
nationales en la matière.
3.12
Dans la Région de la Méditerranée orientale,
l'OMS a collaboré avec le Ministère de la Santé et les
écoles de médecine d'Egypte à l'élaboration de plans
pour la révision des objectifs de l'enseignement
médical, compte tenu des besoins prévus par le
Gouvernement. Au Yémen, où l'OMS soutient
depuis plusieurs années l'Institut de Développement
des Personnels de Santé, on se convainc peu à peu de
l'importance d'un examen d'ensemble de la situation
des personnels pour prévoir plus exactement les besoins
futurs et harmoniser davantage les programmes de
formation de l'Institut avec les nécessités nationales.
Au cours de l'année, une étude de la formation
des infirmières et des sages-femmes a été achevée dans
3.13
le cadre d'une évaluation des programmes de formation
bénéficiant de l'assistance du FISE et de l'OMS. Dans
la Région africaine, les plans de développement de ces
personnels ont été orientés vers l'intégration progressive de la formation des infirmières et des sages- femmes
de toutes catégories à celle des autres agents sanitaires.
L'Organisation a coopéré avec dix -neuf pays ou zones
de l'Amérique latine et des Caraïbes à la révision des
Systèmes de communication en éducation. La
demande de personnels sanitaires préparés pour les
3.15
activités requises et la prise de conscience de la nécessité
de former des agents pour les systèmes de soins de
santé primaires axés sur la collectivité ont amené
l'OMS à modifier l'orientation générale et la répartition
de ses efforts concernant les techniques pédagogiques
et la communication en éducation. Deux tendances
principales se sont manifestées: 1) perfectionnement
ou adaptation des processus de formation existants et
production, essai et distribution de matériels d'apprentissage pour toutes les sciences de la santé; 2) élaboration de nouvelles techniques rentables pour l'édu-
cation et la communication. Lors d'une réunion qui
s'est tenue en mars à Genève, un groupe d'étude a
examiné le programme OMS en matière de techniques
pédagogiques et de communication en éducation et a
fait des recommandations touchant l'action future; il
a souligné la nécessité d'adopter une approche systémique pour tenter de résoudre les problèmes éducationnels.
Le groupe de travail inter -institutions sur la
technologie de l'éducation, créé par le CAC, s'est
3.16
réuni à Genève en décembre. Il a examiné la coopé-
3.
DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
39
ration inter -institutions dans deux grands domaines:
détermination des priorités pour un effort concerté
3.20 D'autres activités régionales coordonnées se ratta-
à l'échelon des pays, et amélioration au niveau du
Siège des rouages et méthodes de coordination.
tissage. Conformément à la résolution WHA25.26,
par laquelle l'attention du Directeur général a été
appelée notamment sur la nécessité d'entreprendre
3.17
Une réunion tenue en mai a été consacrée à la
collaboration entre l'OMS et des organismes intergouvernementaux et non gouvernementaux pour la
une étude de faisabilité afin de déterminer si l'Organisation doit préparer et publier des manuels de médecine,
on s'efforce de déterminer les besoins des établissements
production et l'évaluation de matériels d'enseignement/
de formation et des services de santé en matière
de textes dans différentes langues. Le succès des
apprentissage touchant la santé de la famille. Les
participants se sont mis d'accord sur un mécanisme de
coordination qui doit permettre d'éviter les doubles
emplois et les dépenses inutiles qu'ils entraînent, ainsi
que de mettre au point un système uniforme d'évaluation.
L'OMS a mené de nombreuses activités visant
à améliorer les matériels et les méthodes d'éducation.
On a largement diffusé un manuel établi à titre expérimental pour la formation de personnel de laboratoire
dans les pays en voie de développement (il s'agit, en
fait, d'un « module » multimedia) ainsi qu'une documentation de référence destinée aux auxiliaires sanitaires et aux enseignants chargés de les former (cette
documentation relative à l'équipe de santé constitue
un «module» désigné par le sigle REMAHA). L'intérêt
manifesté pour ces « modules » par les établissements
de formation et les utilisateurs sur le terrain, en parti3.18
culier dans les pays en voie de développement, témoigne
de leur utilité; une partie du REMAHA a été traduite
en persan et le manuel destiné aux futurs agents de
laboratoire est en cours de traduction en arabe (dans
les deux cas sur l'initiative des autorités nationales).
A l'échelon régional, les centres de technologie de
l'éducation dans le secteur de la santé du Caire, de
Mexico et de Rio de Janeiro ont, tout en continuant à
produire des matériels pédagogiques, organisé des
cours à l'intention d'enseignants sur les objectifs, la
méthodologie et l'évaluation du processus d'apprentissage ainsi que sur le choix et l'emploi des moyens
audio- visuels (voir aussi les paragraphes 3.24 et 3.63).
L'OMS a aidé les centres régionaux de formation
d'enseignants à développer l'enseignement et la
3.19
recherche en matière de techniques pédagogiques
(voir le paragraphe 3.55). L'un des objectifs à long
terme visés est la transformation progressive des
centres de technologie de l'éducation, centres régionaux
de formation d'enseignants et autres centres se
cantonnant actuellement dans un seul domaine
d'éducation en centres de formation multiprofessionnelle. Chacun de ces centres devrait disposer des
moyens voulus pour assurer la formation d'enseignants,
concevoir et produire des matériels pédagogiques, et
procéder à des évaluations ainsi qu'à des recherches;
il
devrait en outre donner aux établissements et
enseignants intéressés des avis et des renseignements
concernant la planification des cours et l'élaboration
des programmes d'études. Des mesures initiales ont
été prises en vue d'accroître les moyens d'initiation
pédagogique dont dispose le centre régional de formation d'enseignants de Chiraz (Iran).
chent au programme concernant les matériels d'appren-
« modules » d'apprentissage de l'OMS sur le terrain
démontre l'importance de la variété dans le choix
et le mode de présentation des matériels, qui ne doivent
pas se limiter à des manuels classiques; il faut en outre
que le programme tende à faciliter la formation de
tous les membres de l'équipe de santé et pas uniquement
celle des médecins. Dans le cadre de l'étude générale,
un protocole a été élaboré en décembre aux fins d'une
enquête sur les besoins de matériels d'apprentissage en
matière sanitaire et les ressources disponibles pour
produire ces matériels dans les Régions de l'Afrique, de
l'Asie du Sud -Est et de la Méditerranée orientale.
L'Organisation a collaboré avec la Fondation
panaméricaine pour la Santé et l'Education à l'exécution du programme de manuels médicaux dont bénéficient déjà quelque deux cent cinquante établissements
de dix -huit pays d'Amérique latine et qui comporte la
fourniture, moyennant un prix modique, d'instruments
3.21
essentiels de diagnostic. Le programme relatif aux
manuels de soins infirmiers s'est poursuivi et le nombre
des écoles d'infirmières ayant signé l'accord permettant
d'y participer a augmenté.
3.22
Une bibliographie annotée trilingue (anglais,
espagnol, français) de matériels d'enseignement/
apprentissage pour les écoles d'infirmières et de sages -
femmes a été publiée.1 D'autres manuels, guides à
l'usage des enseignants et matériels d'apprentissage
divers concernant les soins infirmiers et obstétriques
ont été produits dans la Région de l'Asie du Sud -Est.
Dans la Région du Pacifique occidental, la mise au
point de moyens pédagogiques auxiliaires pour la
formation des infirmières et des sages- femmes a porté
également sur l'enseignement programmé.
3.23 Au titre de l'assistance pour des programmes
postuniversitaires de formation en matière d'avortement, l'OMS a coopéré avec l'Université de Newcastle upon -Tyne (Royaume -Uni) à la production d'un film
de dix -huit minutes, accompagné d'une série de
diapositives, sur la techniques de l'aspiration par le
vide pour l'interruption de la grossesse. Ce film doit
être employé pour initier des médecins et des infirmières
aux méthodes de soins en cas d'avortement.
Une collection de matériels audio -visuels sur
les techniques de radiographie et la radioprotection
3.24
1 Organisation mondiale de la Santé. Bibliographie annotée de
matériels d'enseignement -apprentissage pour les écoles d'infirmières et de sages-femmes, Genève, 1975 (Publication offset N°19).
40
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
destinée aux élèves techniciens de radiologie fait
actuellement l'objet de traductions en espagnol et en
portugais réalisées avec le concours des centres latino-
américains de technologie de l'éducation dans
le
secteur de la santé.
On s'est également intéressé comme il convient
aux techniques nouvelles. Ainsi, l'OMS, en collaboration avec le centre des moyens d'apprentissage
3.25
appliqués aux sciences de la santé de l'Université
de l'Etat de Washington à Seattle (Etats -Unis
d'Amérique) et l'Institut tropical royal d'Amsterdam
(Pays -Bas), étudie la possibilité de se servir de microfiches et d'équipements connexes pour l'enseignement
des diverses disciplines sanitaires ainsi que pour les
références bibliographiques et échanges d'informa-
tions à leur sujet.
Il
existe un besoin urgent de
matériels visuels de haute qualité et bon marché, en
particulier pour les nouveaux instituts des pays en voie
de développement; l'utilisation des microfiches permettrait peut -être de satisfaire ce besoin pour un coût
inférieur à celui des matériels classiques.
3.26 En ce qui concerne la recherche appliquée sur
les techniques d'éducation et de communication,
diverses méthodes pour la solution de problèmes
particuliers ont été conçues et sont maintenant mises
à l'essai sur le terrain. Nombre des travaux en cause
sont en rapport direct avec le développement des soins
de santé primaires. Un projet a trait à l'étude des
facteurs qui influent sur la communication, à des
personnes de niveaux d'instruction et de milieux
culturels différents, de messages non verbaux relatifs
à la santé. L'objectif est de produire un film d'anima-
tion court, sans paroles, accompagné de matériels
imprimés (bandes dessinées, calendrier, affiches, etc.),
à l'appui du programme élargi OMS de vaccination.
Evaluation de l'éducation. Des activités ont été
entreprises dans la nouvelle zone de programme que
3.27
constitue l'évaluation de l'éducation; elles visent à
promouvoir le développement, l'adaptation et l'application des méthodes d'évaluation pour tous les aspects
de l'éducation, notamment le travail fourni par les
étudiants et les enseignants et l'efficacité des programmes. L'OMS a aidé les centres régionaux de formation d'enseignants à mettre au point des méthodes
d'appréciation des attitudes et d'évaluation des
étudiants et elle a élaboré et mis à l'épreuve, en vue de
la publication d'un document à ce sujet, un système
d'évaluation des programmes d'enseignement infirmier.
3.28
Dans la Région des Amériques, l'Organisation
a élaboré une méthode qui sera appliquée à une
étude de l'enseignement médical en Equateur pendant
la période 1968 -1973, ainsi qu'un système qui permettra
d'assurer l'évaluation permanente des activités de la
Faculté de Médecine de l'Université du Costa Rica et
de tirer parti des résultats pour organiser les cours
dans le cadre du nouveau programme d'études
mentionné au paragraphe 3.9. A l'Université de San
Carlos, au Guatemala, où les premiers étudiants en
médecine ayant suivi le programme inauguré en 1969
ont obtenu leur diplôme en 1975, l'Organisation a
collaboré à l'établissement d'une procédure d'évaluation du programme pédagogique en fonction de la
pratique médicale et des demandes formulées par les
services de santé. Dans la Région du Pacifique occidental, des conférences -ateliers régionales sur l'évaluation ont eu lieu au centre régional de formation
d'enseignants de Sydney (Australie) et au centre
national de formation d'enseignants des Philippines.
L'Organisation a aidé dix -neuf pays de la Région
des Amériques à évaluer et à réviser leurs programmes
d'enseignement infirmier de base pour mieux en adapter
3.29
le contenu à la situation nationale. Elle a de même
évalué et révisé les programmes d'études des écoles de
sages- femmes de quatre pays et, dans quatre autres,
les parties des programmes de base et des programmes
avancés d'enseignement infirmier se rapportant à la
protection maternelle et infantile. Dans la Région
européenne, un nouveau schéma a été utilisé pour
évaluer la qualité du programme de formation
d'infirmières à l'école internationale d'enseignement
infirmier supérieur de Lyon (France). Dans la Région
de la Méditerranée orientale, on a accordé une plus
grande attention à l'évaluation des programmes
d'enseignement infirmier et à la recherche de moyens
plus efficaces d'utilisation des services infirmiers à des
fins éducatives. La formation des sages- femmes dans
cette Région a fait l'objet d'une étude détaillée.
Développement de l'équipe de santé
En vue d'améliorer les soins de santé primaires
et de mieux répondre aux besoins des collectivités,
particulièrement dans les pays en voie de développement, l'OMS a soutenu dans un nombre croissant
d'établissements d'enseignement des sciences de la
santé la mise au point de programmes mixtes de formation visant à préparer les divers membres de
l'équipe de santé aux fonctions qu'ils seront appelés à
3.30
exercer. Une étude a été faite sur les principes de base,
les buts, la composition et la forme de ces programmes,
ainsi que sur les moyens auxquels peut recourir l'OMS
pour promouvoir l'approche reposant sur l'équipe
de santé.
3.31 Dans la Région africaine, l'importance de la
formation en commun des membres de l'équipe de
santé a été soulignée au cours de conférences -ateliers
sur les méthodes d'enseignement qui ont eu lieu au
Congo (avant que l'Institut supérieur des Sciences de
la Santé ait accueilli son premier groupe d'étudiants)
et au Gabon (avant le début de l'enseignement
clinique au Centre universitaire des Sciences de la
Santé). Des voyages d'étude ont été organisés pour
permettre au personnel des établissements de formation
de la République Centrafricaine d'observer le fonctionnement de tels centres avant qu'il en soit créé un
dans le pays. Afin de promouvoir dans la Région des
Amériques la notion d'équipe de santé, l'Organisation
a collaboré au développement des écoles de sciences de
3. DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
la santé rattachées à des universités en Bolivie, en
Colombie, au Honduras, au Nicaragua, au Pérou et
dans la République Dominicaine. Dans la Région
européenne, la question de la formation en commun
du personnel infirmier et du personnel médical a été
41
Dans la Région de la Méditerranée orientale, une
étude a été faite sur le rôle du personnel sanitaire
auxiliaire en fonction de l'ensemble des besoins en
personnel de santé dans la République Arabe Libyenne,
en Somalie, au Yémen et au Yémen démocratique.
examinée par des représentants des milieux intéressés
des pays nordiques lors d'une réunion organisée par
l'OMS. En Algérie, un séminaire sur le rôle de l'équipe
3.34
de santé dans les services sanitaires, organisé avec
l'appui de l'OMS, a réuni des représentants des
instituts de technologie sanitaire et des organismes
et responsabilités de ce personnel ont été redéfinis
dans la Région des Amériques, où l'Organisation a
chargés de l'exécution des divers programmes sanitaires
dans ce pays; les projets relatifs à l'Institut de Technologie sanitaire de Constantine ont été révisés afin que
des programmes communs de formation puissent être
offerts aux médecins, infirmières, techniciens de
l'assainissement, assistants médicaux, sages- femmes et
assistants sociaux.
Personnel sanitaire auxiliaire
Auxiliaires sanitaires. Pour faire suite aux
activités de l'Organisation visant à promouvoir
l'utilisation d'assistants médicaux en tant que personnel
3.32
Les programmes de formation d'infirmiers et de
sages-femmes auxiliaires ont été élargis et les devoirs
aidé seize pays à organiser des cours pour infirmières
auxiliaires et auxiliaires sanitaires rurales portant
principalement sur la protection maternelle et infantile,
la planification familiale et les maladies transmissibles.
3.35
Dans le domaine de l'hygiène dentaire, l'OMS a
donné des avis au sujet de l'adaptation d'un cours
pour auxiliaires dentaires en Gambie, et a aidé à
former des auxiliaires autorisés à travailler en bouche
au Sénégal; elle a aidé aussi à revoir le programme de
formation de techniciens dentaires dans la République
Arabe Syrienne.
L'enseignement de la nutrition au personnel
sanitaire de niveau moyen dans les centres de santé
ruraux, et en tant que personnel d'encadrement pour
3.36
les agents chargés des soins de santé primaires, un qua-
trième séminaire interrégional itinérant sur la forma-
attention prioritaire dans la Région africaine, l'accent
étant mis sur la formation d'auxiliaires polyvalents
tion et l'utilisation des feldchers a été organisé en
compétents non seulement en matière de nutrition
URSS à l'intention de participants venus de quatorze
mais aussi de santé maternelle et infantile, de planification familiale et d'éducation sanitaire. Dans plusieurs
pays les programmes d'enseignement de la nutrition
pays.
3.33
Des efforts ont été faits dans la Région africaine
pour intégrer la formation du personnel de santé
auxiliaire dans des projets de formation d'autres
agents sanitaires. A cette occasion, l'OMS a collaboré
avec des établissements autres que ceux qui assurent
généralement la formation des auxiliaires (par exemple,
avec la Faculté de Médecine de Dar es- Salam) pour
organiser des conférences -ateliers et des échanges de
personnel enseignant et de matériel. Des études ont
été faites en vue d'améliorer la planification des acti-
vités de formation du personnel de santé auxiliaire
dans les pays d'Afrique orientale. En Afrique occiden-
tale, au titre d'un projet visant à faire participer les
collectivités à l'action sanitaire locale au Ghana, des
enquêtes ont été faites sur les besoins en matière de
formation sanitaire des auxiliaires et des agents des
sanitaire auxiliaire a continué à bénéficier d'une
dans les écoles formant des infirmières et d'autres
agents sanitaires ont été révisés, et on a également
cherché à définir les tâches qui peuvent être accomplies
par les agents de village non qualifiés et la formation
correspondante. Plusieurs cours pour auxiliaires de
santé portant sur les soins infirmiers et la nutrition
ont été donnés dans la Région des Amériques; dans
la Région de l'Asie du Sud -Est, l'accent a été mis
particulièrement sur la nutrition dans les programmes
de formation d'auxiliaires sanitaires au Bangladesh,
en Birmanie, en Mongolie et à Sri Lanka.
3.37 Une attention spéciale a été accordée à la préparation des auxiliaires sanitaires à leurs fonctions futures
en matière d'éducation sanitaire dans le cadre des
taire et de l'éducation; des guides à utiliser pour leur
programmes de formation en Guyane, en Papouasie Nouvelle- Guinée, dans la République du Sud VietNam, au Togo et en Zambie.
définir les objectifs, les méthodes et les techniques
d'évaluation de l'éducation. Dans la Région des
3.38
Amériques, l'Organisation a attribué un haut degré de
priorité à la formation du personnel technique sanitaire
auxiliaire et de niveau moyen, qui fait partie intégrante
lutte contre la lèpre au Brésil, en Haïti et dans la
secteurs de l'agriculture, du développement communau-
formation ont été préparés et l'on a commencé à
de l'équipe de santé. Parmi les activités qui ont bénéficié
de l'appui de l'Organisation au cours de l'année, on
peut citer une étude des programmes de formation de
personnel technique de niveau moyen à Cuba, la
création de centres de formation de personnel auxiliaire
pour les pays et zones anglophones des Caraïbes, et
une étude de la situation du personnel sanitaire
technique de niveau moyen dans les pays des Andes.
L'Organisation a collaboré à l'établissement de
programmes de formation de personnel auxiliaire à la
République Dominicaine.
3.38
Agents chargés des soins de santé primaires. Un
document de travail sur la formation et l'utilisation
des agents sanitaires de village,' établi en 1974 en
anglais, espagnol et français, a été révisé et l'on a mis
l'accent sur la préparation des instructeurs chargés de
1 Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 3.29.
42
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
les former. Ce document, qui devrait aider les Etats
Membres à établir leurs propres manuels sur la forma-
tion du personnel dispensant des soins de santé primaires à l'échelon périphérique, a déjà été adapté et
traduit dans les langues nationales en Iran, au Laos et
au Liban.
de programmes relatifs à la formation et à l'utilisation
des agents chargés des soins de santé primaires a porté
aussi sur celles des accoucheuses traditionnelles.
Personnel sanitaire professionnel
Dans la Région des Amériques, une étude
comparative multinationale a été préparée sur le
Une étude mondiale a été entreprise en 1975
sur les moyens d'assurer au personnel sanitaire une
formation intégrée, pluriprofessionnelle et orientée
personnel de santé des régions rurales; elle avait pour
but d'identifier les divers types de collectivités rurales,
le niveau et les catégories de ressources humaines que
ces collectivités pourraient mettre en oeuvre, et l'importance et la nature du soutien qu'elles devraient recevoir
des services de santé. Dans le cadre d'un projet entrepris
3.44 Un principe de base de l'activité de l'Organi-
3.43
3.40
en Turquie avec l'appui du PNUD, l'OMS aide le
Gouvernement à accroître l'efficacité des personnels
de santé de toutes catégories, y compris les auxiliaires,
en ce qui concerne la protection sanitaire en milieu
rural. Dans la Région de la Méditerranée orientale,
des efforts ont été faits dans diverses parties de l'Iran
ainsi qu'au Pakistan en vue de constituer des effectifs
sanitaires auxiliaires spécialement préparés pour
répondre aux besoins de la population rurale. Dans
l'Azerbaïdjan occidental (Iran), l'OMS soutient un
projet de formation d'agents chargés des soins de santé
primaires, et des centres de formation ont été établis
pour le personnel de première ligne. Dans la Région du
Pacifique occidental, Fidji et la Papouasie- NouvelleGuinée ont donné suite à un séminaire régional de 1974
en élaborant des programmes spéciaux pour la forma-
tion du personnel qui assurera le fonctionnement des
centres de santé ruraux et d'encadrer les agents chargés des soins de santé primaires.
3.41
Guérisseurs et accoucheuses traditionnels. Pour
faciliter la promotion des soins de santé primaires
conformément à la résolution WHA28.88 adoptée
par l'Assemblée de la Santé en mai, une réunion a été
organisée dans le courant de l'année pour explorer la
question et formuler des plans en vue de la formation
et de l'utilisation effective des guérisseurs traditionnels
dans les services de santé.
3.42 Un guide pour la formation et l'utilisation des
accoucheuses traditionnelles publié 1 dans le courant
de l'année a servi de document de base à un groupe
d'étude qui s'est réuni en décembre à Brazzaville pour
examiner la question. Dans la Région des Amériques,
l'Organisation a aidé huit pays à préparer des directives
pour la formation et l'encadrement des accoucheuses
traditionnelles, et une étude a été faite dans un pays
en vue de déterminer le rôle de celles -ci dans les
programmes de santé maternelle et infantile et de
planification familiale des services de santé publique.
Une aide fournie par l'OMS au Bangladesh, à l'Inde,
à l'Indonésie et à la Thaïlande en vue de l'élaboration
1 Verderese, M. de L. & Turnbull, L. M. L'accoucheuse traditionnelle dans la protection maternelle et infantile et la planification
familiale. Guide pour son instruction et son utilisation, Genève,
Organisation mondiale de la Santé, 1975 (Publication offset
Na 18).
vers la collectivité; elle vise à déterminer les méthodes
les plus efficaces pour préparer les agents sanitaires à
résoudre les problèmes de santé des populations dont
ils auront à s'occuper.
sation concernant la formation de personnel sanitaire
professionnel dans la Région des Amériques est
l'intégration de l'enseignement et des prestations et
l'instauration d'une coopération plus étroite entre les
organismes chargés de distribuer les soins et les
établissements d'enseignement. En Bolivie, au Chili,
au Mexique, au Paraguay et dans la République
Dominicaine, on a procédé à une analyse des aspects
théoriques et méthodologiques et de la durée des
études de médecine; les résultats serviront de base pour
introduire des changements dans les programmes
d'études de seize écoles de médecine de ces pays. Au
Nicaragua, on a revu le plan qui sera appliqué à la
formation des médecins, dentistes, pharmaciens et à
celle des techniciens de niveau moyen pendant la
période 1976 -1980 et, au Pérou, une étude sur le coût
des études de médecine a été achevée.
En ce qui concerne la formation des infirmières
et sages-femmes, les activités dans la Région des
Amériques (études, séminaires, conférences -ateliers,
révision de programmes d'études, etc.) ont été orientées
vers la redéfinition des devoirs et responsabilités
3.45
professionnels et vers l'adaptation des programmes
d'études à l'évolution récente du rôle de l'infirmière. En
outre, on a analysé, en vue d'y apporter des améliorations, un projet de formation de personnel sanitaire
qui a été entrepris dans la zone des Caraïbes et dont un
des principaux éléments est l'enseignement infirmier.
Des directives pour l'inclusion de l'éducation sanitaire
dans l'enseignement infirmier de base ont été établies
lors d'une réunion tenue à l'Université d'Ibadan
(Nigéria), et cette matière a été introduite pour la
première fois dans le programme d'enseignement
infirmier au Gabon. En Thaïlande, l'accent a été mis
sur la préparation des infirmières et des sages- femmes
au rôle qu'elles auront à remplir dans le domaine de la
santé de la famille et de la collectivité. Dans la plupart
des pays de la Région de la Méditerranée orientale, la
formation professionnelle de base des infirmières ne
bénéficie plus que d'une aide à court terme de la part
de l'OMS. Dans la Région du Pacifique occidental,
l'OMS a soutenu l'enseignement infirmier de base au
Cambodge, à Fidji, au Laos, aux Nouvelles- Hébrides
et aux Philippines. Dans ce dernier pays, on a entrepris,
à la suite d'une étude de l'enseignement infirmier, de
réviser les programmes d'études pour mieux les adapter
aux besoins nationaux.
3. DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
L'Organisation a continué à réunir et à diffuser
des informations sur l'enseignement de la sexualité
3.46
humaine en tant que partie intégrante des programmes
d'enseignement médical, et le compte rendu d'une
réunion tenue en 1974 pour examiner la formation des
professionnels de la santé dans ce domaine a été
publié.'
Un programme remanié de pédiatrie axé sur la
collectivité a été mis au point en Inde (voir le paragraphe 18.8). En ce qui concerne la nutrition, on a
3.47
de Rabat (qui bénéficie d'une assistance du Gouvernement suisse) pour réviser le programme, fournir du
personnel enseignant et du personnel de soutien et
accorder des bourses d'études à des stagiaires venus de
dix pays francophones en voie de développement; des
cours d'été ont de nouveau été organisés en Suisse
pour des étudiants désireux d'acquérir une formation
spécialisée en génie sanitaire. On a entrepris de revoir
le programme d'ensemble du Centre de Rabat pour y
inclure le sujet plus vaste du génie écologique et de la
recherche sur l'environnement en fonction des besoins
commencé à préparer un inventaire mondial des
centres d'enseignement de la nutrition et de la dié-
des pays.
tétique. En Inde, l'OMS a collaboré au développement
3.53
des activités de formation à l'Institut national de la
Nutrition d'Hyderabad.
On peut citer, comme exemples d'activités se
rapportant à la formation professionnelle en hygiène
dentaire qui bénéficient de l'aide de l'OMS, la planification d'une série de programmes intégrés à niveaux
multiples s'adressant aux thérapeutes dentaires, aux
3.48
enseignants et aux étudiants en dentisterie en Hongrie,
la planification de programmes d'études en Inde et la
création d'une école dentaire à l'Université de Benghazi
(République Arabe Libyenne).
43
Un séminaire interrégional itinérant sur la
détermination de l'information statistique requise
pour certaines décisions intéressant la gestion sanitaire
et sur l'utilisation rationnelle de cette information
pour la planification et l'évaluation des services de
santé a été organisé aux Pays -Bas et en Pologne à
l'intention d'administrateurs de la santé publique, de
statisticiens sanitaires et d'archivistes médicaux de
langue française. En coopération avec la Fédération
internationale des Organisations d'Archives médicales,
une vaste étude a été faite sur les programmes de
formation et les pratiques en matière d'archives
médicales, en vue de déterminer les besoins et d'élaborer un plan d'action future visant à remédier à la
3.49 Des informations sur les moyens de formation en
santé mentale ont été réunies dans la Région africaine
et un travail analogue a commencé dans la Région de
la Méditerranée orientale, où l'enquête porte en premier lieu sur l'Egypte, l'Ethiopie, la République Arabe
Libyenne, la Somalie et le Soudan. Dans la Région de
l'Asie du Sud -Est, l'OMS a soutenu les programmes
de formation psychiatrique en Mongolie et en Thaïlande, ainsi que l'enseignement des sciences du com-
sévère pénurie de personnel qui frappe ce secteur.
Dans la Région de la Méditerranée orientale, on a
organisé un premier cours d'une année sur l'organi-
portement au département de psychothérapie de la
anesthésistes.
Faculté de Médecine de Peradeniya (Sri Lanka).
3.50
Une enquête sur les écoles de techniciens de
radiologie est en cours en Amérique latine. L'Organisation a fourni à ces écoles des programmes d'études
recommandés et du matériel d'enseignement.
Au Togo, la formation de techniciens de laboratoire de niveau B, qui bénéficiait précédemment de
3.51
l'appui de l'OMS, a été poursuivie par les autorités
nationales. Dans la Région de la Méditerranée
orientale, un cours inter -pays pour l'amélioration du
contrôle des vaccins et sérums a eu lieu à l'Institut
d'Etat Razi et à l'Institut Pasteur de Téhéran.
Dans la Région européenne, l'OM S a de nouveau
organisé des cours pour ingénieurs sanitaires en anglais,
3.52
en français et en russe, le cours dans cette dernière
langue ayant toutefois été modifié. En outre, la réunion
annuelle des directeurs de cours de formation à l'éco-
logie humaine a eu lieu à Copenhague. L'OMS a
continué à collaborer avec le Centre de Génie sanitaire
sation des archives médicales à l'intention du personnel
sanitaire.
3.54 L'OM S a continué de collaborer à l'organisation
du cours d'une année donné au centre régional du
Pacifique occidental à Manille pour former des
Formation des enseignants
3.55
La deuxième phase du vaste programme à long
terme mis sur pied par l'Organisation en vue de la
formation d'enseignants de la médecine et des autres
sciences de la santé a consisté à établir des centres
régionaux de formation d'enseignants, dont l'activité
est coordonnée par elle. A la fin de 1975, huit centres
fonctionnaient dans cinq des six Régions de l'OMS:
Yaoundé et Kampala dans la Région africaine, Rio
de Janeiro (Brésil) et Mexico dans la Région des
Amériques, Peradeniya (Sri Lanka) et Bangkok
dans la Région de l'Asie du Sud -Est, Chiraz (Iran)
dans la Région de la Méditerranée orientale, et Sydney
(Australie) dans la Région du Pacifique occidental. La
troisième phase du programme consiste à créer des
centres de formation d'enseignants à l'échelon national
et un certain nombre de ces centres fonctionnent déjà
dans diverses régions du monde. Avec la collaboration
de l'OMS, les centres régionaux et les centres nationaux
de formation d'enseignants ont organisé dans le courant
de l'année une série de conférences -ateliers sur la
1 Série de Rapports techniques OMS, No 572, 1975; voir aussi
Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 2.33.
planification, la technologie, la méthodologie et l'évaluation de l'éducation.
44
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
En vue d'aider les enseignants des sciences de la
santé à s'acquitter plus efficacement de leurs responsabilités pédagogiques, un certain nombre de conférences 3.56
ateliers d'une durée allant de trois jours à deux
médicales. L'OMS a collaboré aussi à la formation
d'enseignants au sein des services de santé dans le
cadre des projet entrepris en Grèce et en Turquie avec
l'aide du PNUD.
semaines ont également été organisées par l'OMS
pendant l'année.
Une édition révisée d'un manuel d'enseignement
a été publiée en français sous forme de document de
travail afin qu'elle puisse être soumise à titre d'essai
à quelque deux cent cinquante lecteurs. Ce manuel,
qui vise à aider enseignants, administrateurs et
3.57
étudiants en sciences de la santé à accroître leur compétence en matière de planification, d'exécution et d'éva-
luation des programmes d'enseignement, fait appel à
des techniques d'auto- instruction semi- programmée.
3.58 Le Centre de Développement pédagogique de
l'Ecole de Médecine de l'Université de l'Illinois (Chicago, Etats -Unis d'Amérique), qui est un centre collaborateur de l'OMS, a continué à établir des rapports
sur la formation des enseignants; l'un de ceux -ci a été
publié par l'OMS au début de l'année.'
3.59
Des agents sanitaires de toutes catégories, y
compris des auxiliaires, ont pris part aux conférences ateliers régionales et nationales organisées par les deux
centres régionaux de formation d'enseignants de la
Région africaine, où l'OMS a aussi participé à la
planification d'instituts nationaux de formation et à
l'initiation de leur futur personnel enseignant aux
méthodes d'enseignement modernes; des conférences ateliers sur ce sujet ont été organisées à l'intention du
Dans la Région de la Méditerranée orientale, où
la promotion de la planification et de la technologie
de l'enseignement est une activité prioritaire, on met
spécialement l'accent sur la formation des enseignants
de la médecine et des autres sciences de la santé. Les
activités du centre régional de formation d'enseignants
de Chiraz, qui ont été considérablement étendues, ont
porté sur l'organisation de conférences -ateliers et de
cours spécialement conçus pour des candidats sélectionnés, sur la création d'une centre national de formation d'enseignants en Iran, sur la promotion d'activités
visant à former des enseignants de sciences de la santé
autres que la médecine, et sur l'établissement des deux
centres dont l'un s'occupera des ressources éducatives
et l'autre d'évaluation. Grâce aux activités du centre
3.62
régional, il y a maintenant dans les écoles de médecine
d'Egypte, d'Ethiopie, d'Iran et du Soudan un certain
nombre de professeurs qui ont été initiés à la planification de l'enseignement; une attention particulière a
été accordée pendant l'année aux besoins du Pakistan
dans ce domaine. En Egypte, une unité de pédagogie
médicale a été mise en place avec l'aide de l'OMS à
l'Université d'Alexandrie et il a été décidé que des
unités analogues seraient créées dans toutes les écoles
de médecine du pays. Comme la demande, notamment
celle qui émane des écoles de médecine, dépasse de
beaucoup la capacité du programme régional de for-
personnel enseignant des centres de formation aux
mation, un accord a été conclu avec l'Université de
sciences de la santé.
Dundee (Royaume -Uni) aux termes duquel celle -ci a
accepté de se charger, à titre provisoire, d'un pro-
3.60
Dans le cadre des programmes de réforme de
l'enseignement dans la Région des Amériques, des
gramme de formation d'enseignants de médecine comprenant des cours, des séminaires et des conférences -
cours et des séminaires ont été organisés pour mettre le
nouveau personnel enseignant au courant des principes
ateliers qui auront lieu soit à Dundee, soit dans la
et pratiques les plus récemment adoptés en matière
d'éducation. A ce propos, il convient de mentionner
particulièrement le travail effectué par les deux centres
latino- américains de technologie de l'éducation dans
le secteur de la santé (à Rio de Janeiro et Mexico), qui
ont organisé pendant l'année des cours sur les principes didactiques appliqués à l'enseignement supérieur
et sur la conception et l'organisation de séminaires et
de conférences -ateliers à des fin éducatives, en plus
de ceux mentionnés au paragraphe 3.18. Ils ont
aussi dispensé un enseignement sur la formulation des
problèmes, la construction de modèles et l'utilisation
des techniques de simulation.
Dans la Région européenne, le Ministère
algérien de la Santé publique a mis en route, sur l'avis
3.61
de l'OMS, un programme pour la formation d'enseignants de médecine et l'établissement d'un service pédagogique spécialisé à l'intention des instituts des sciences
Stratégies de l'enseignement des personnels de santé, publié
sous la direction de G. E. Miller et T. Fülôp, Genève, Organisa1
tion mondiale de la Santé, 1975 (Cahiers de Santé publique,
N° 61).
Région. Dans la Région du Pacifique occidental, une
enquête faite pendant l'année par le PNUD, l'OMS et
le Gouvernement australien a montré que le centre
régional de formation d'enseignants de Sydney remplit
bien sa mission; un cours d'un an et demi conduisant
à la maîtrise d'enseignement dans le domaine médicosanitaire a commencé en juillet 1975 avec la participation de stagiaires venus d'Australie, et des participants
d'autres pays seront acceptés en 1976. Les centres
nationaux de formation d'enseignants établis au cours
de l'année aux Philippines et dans la République de
Corée ont organisé des conférences -ateliers avec la
collaboration de l'OMS.
3.63
Pour aider à améliorer la planification, l'organi-
sation, l'exécution et l'évaluation des programmes
d'enseignement infirmier dans les Etats Membres, un
deuxième cours sur les méthodes modernes d'enseignement infirmier a été organisé conjointement par l'OMS
et l'Agence danoise pour le Développement international. En Afrique, des programmes de formation
d'infirmières et sages- femmes monitrices ont été mis en
place grâce surtout à l'action des deux centres régionaux
de formation d'enseignants de Kampala et de Yaoundé.
Dans la Région des Amériques, les centres de techno-
3. DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
45
logie de l'éducation de Mexico et de Rio de Janeiro
ont établi dans des écoles d'infirmières du Brésil, du
Chili, du Costa Rica, de l'Equateur et du Venezuela
fait suivant différentes approches. Un programme
spécial est actuellement mis en place dans plusieurs
des centres secondaires où quelque deux cent cinquante
infirmières monitrices ont été formées en 1975. Dans
la Région européenne, l'OMS a collaboré avec l'Université d'Islande pour préparer du personnel infirmier
hospitalier de niveau supérieur à donner des cours aux
élèves des facultés et à surveiller leur travail en milieu
soins de santé primaires, à préciser les rôles et les
hospitalier. Dans un cours en langue russe sur les
méthodes d'enseignement pour infirmières monitrices,
tenu à Lublin (Pologne), l'accent a été mis sur le
travail d'équipe et les soins intensifs. L'OM S a continué
à soutenir les programmes de formation d'infirmières
monitrices dans la Région du Pacifique occidental par exemple en Malaisie et en Papouasie- NouvelleGuinée. Toutefois, selon une enquête effectuée dans la
Région en 1975, la situation ne paraît pas s'être
beaucoup améliorée dans ce domaine puisque, dans
les seize pays ou zones objets de l'enquête, 565 (37 %)
des 1527 infirmières monitrices n'avaient suivi qu'un
enseignement infirmier de base et ne possédaient donc
pas les qualifications nécessaires pour enseigner.
Un manuel d'enseignement simple a été publié
pendant l'année 1 à l'intention des membres du
personnel des laboratoires médicaux qui cherchent à
améliorer leurs capacités pédagogiques mais n'ont pas
3.64
la possibilité de suivre des cours appropriés.
pays: il vise à créer un climat favorable au système des
fonctions des différentes professions de la santé, et à
développer les technologies locales requises pour
l'exécution des programmes.
Donnant suite à une résolution sur l'éducation
permanente adoptée en 1974 par la Dix -Neuvième
Conférence sanitaire panaméricaine, l'Organisation
a fait une enquête sur les programmes d'éducation
permanente dans la Région des Amériques; les
3.68
résultats en ont été examinés lors d'un séminaire
régional sur ce sujet, qui a eu lieu à Washington en
décembre 1975, avant que soit proposé un plan général
d'action pour les années 1976 -1979. Dans la Région de
l'Asie du Sud -Est, des cours de perfectionnement sur
les soins aux malades mentaux dans la collectivité
ainsi qu'aux enfants atteints d'affections respiratoires
aiguës ont été organisés en Birmanie et en Mongolie à
l'intention de médecins généralistes. Dans la Région
européenne, une étude a été faite sur les activités, les
problèmes et les besoins dans le domaine de l'éducation
permanente des personnels de santé, en vue de préparer
des directives qui serviront pour une réunion d'un
groupe de travail. La formation supérieure et l'éduca-
tion permanente des médecins dans la région de la
Méditerranée orientale ont été revues en juillet lors
d'une réunion au cours de laquelle a été notée l'absence
de programmes d'éducation permanente dans
Gestion des personnels de santé
3.65
la
Région; le développement de ce type d'activité a été
Gérer - ou administrer - les personnels de
santé, c'est veiller à ce que les agents sanitaires soient
employés au mieux des intérêts des services de santé;
cela suppose notamment la promotion de la formation
supérieure et de l'éducation permanente, pour donner à
ces travailleurs les moyens d'actualiser leurs connaissances ou d'améliorer leurs prestations en fonction des
besoins de la population, ainsi que le contrôle de
l'utilisation des personnels afin de pouvoir modifier si
nécessaire la planification et la production des ressources humaines du secteur de la santé.
recommandé.
3.69
notamment un rapport sur les problèmes critiques,
une bibliographie annotée et un protocole pour l'exécution de programmes d'éducation permanente. Une
autre des études publiées concerne la recherche infirmière et est plus spécialement destinée aux élèves de
l'enseignement infirmier supérieur.2
3.70
Formation supérieure; formation en santé publique
Le tableau 2 donne des exemples des multiples
activités de formation (séminaires, conférences -ateliers
3.66
et cours) qu'a organisées l'OMS pendant l'année dans
diverses disciplines et à tous les niveaux. La grande
majorité d'entre elles s'inscrivent dans le cadre des
programmes décrits dans d'autres chapitres du présent
Rapport et ont pour objet d'aider les Etats Membres
à s'acquitter efficacement de leurs responsabilités en
matière de santé.
L'Organisation a publié pendant l'année une
étude sur l'éducation permanente du personnel infirmier
et des équipes pluridisciplinaires; elle comprend
En Afrique, le centre d'enseignement infirmier
supérieur d'Ibadan (qui fonctionne désormais sans
l'aide de personnel OMS) et ceux de Nairobi, de
Dakar et de Yaoundé ont poursuivi leurs activités; au
total, 241 étudiants de onze pays ont obtenu leur
diplôme dans les centres de Dakar et de Yaoundé.
Dans la Région des Amériques, l'Organisation a aidé
le Chili, la Colombie, le Mexique et le Venezuela à
instituer ou revoir des programmes de formation
supérieure en soins infirmiers communautaires, en
santé maternelle et infantile, en soins de pédiatrie et en
soins infirmiers médico- chirurgicaux. Un programme
Le
de formation d'infirmières cliniciennes a été mis en
développement de l'éducation permanente pour ceux
qui sont déjà à l'oeuvre dans les services de santé se
permanente ont été organisées dans treize pays à
3.67
Spécialisation et
éducation permanente.
1 McMinn, A. & Russell, G. J. Manuel pour la formation de
techniciens de laboratoire médical, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1975 (Publication offset No 21).
place à la Trinité -et- Tobago. Des activités d'éducation
Chater, S. Introduction à la recherche infirmière, Genève,
Organisation mondiale de la Santé, 1975 (Publication offset
No 14).
46
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
Depuis plusieurs années, l'OMS et le FISE
l'intention de quelque 760 infirmières et sages- femmes
3.74
faisant partie d'équipes de santé. Dans la Région de
l'Asie du Sud -Est, l'OMS a aidé à former des cadres
infirmiers à la planification et à la programmation.
Etant donné l'intérêt des pays de cette Région pour
soutiennent conjointement un programme interrégional
pour enseignants expérimentés de pédiatrie des pays
en voie de développement. Jusqu'à présent, cent
une amélioration des soins infirmiers d'orthopédie, de
psychiatrie, de neurologie, de pédiatrie et autres, des
établissements du Royaume -Uni, d'Afrique orientale
cours ont été organisés dans ces domaines; certains
Dans la Région européenne, l'OMS a continué de
participer à l'organisation de cours d'enseignement
New Delhi, les participants du cours 1975 et ceux des
cours précédents ont revu la teneur du programme et
évalué ses résultats. Ils ont constaté qu'un grand
nombre des anciens stagiaires jouent maintenant un
infirmier supérieur dans des spécialités cliniques; ainsi,
rôle de premier plan dans le développement des services
l'Université catholique de Louvain (Belgique) assure
un programme de formation d'infirmières- chefs; des
de santé maternelle et infantile de leurs pays, où ils
appliquent des méthodes novatrices pour la planification, l'enseignement et la prestation des soins.
Plusieurs d'entre eux dirigent des comités de programme dans les facultés de médecine et ont aidé à
mieux adapter l'enseignement médical aux besoins
réels du pays, ainsi qu'à développer les zones de
formation pratique dans la collectivité. Certains sont
membres de comités nationaux de planification, et
d'autres encore ont lancé des projets nationaux
modèles, en liaison étroite avec les programmes de
formation d'auxiliaires, afin d'améliorer la couverture
sanitaire des mères et des enfants en milieu rural.
d'entre eux ont porté sur la gestion des salles d'hôpital.
infirmières qualifiées peuvent y suivre des cours
sanctionnés par une maîtrise dans certaines spécialités
cliniques, et on les prépare en même temps à des tâches
d'enseignement ou d'administration. L'OMS a également aidé l'Italie à réaliser des programmes d'enseignement supérieur et d'éducation permanente à l'intention des infirmières de Lombardie ainsi qu'à créer
une école d'enseignement infirmier supérieur à Milan.
Dans la Région du Pacifique occidental, l'Organisation
a continué de prêter son aide pour la formation supérieure des infirmières, des sages- femmes et des adminis-
tratrices des services infirmiers à Fidji, en Malaisie,
en Papouasie -Nouvelle- Guinée et au Samoa- Occidental.
A Madagascar, l'OMS a soutenu un programme
d'éducation permanente en santé publique.
3.71
3.72
Des agents de la santé maternelle et infantile
occupant des postes clés dans les services des pays en
voie de développement ont été formés dans le cadre
d'un programme interrégional. Comme les années
précédentes, une aide a été fournie pour l'introduction
des aspects généraux de la planification familiale dans
les cours d'obstétrique et de pédiatrie sociales organisés
au Centre international de l'Enfance à Paris à l'intention de médecins, d'infirmières et d'autres professionnels de la santé. Les cours de santé maternelle
et infantile et de planification familiale organisés
jusque -là par le Centre ont fait l'objet d'une évaluation.
Avec l'aide de l'OMS, l'Ecole de Santé publique de
personnes ont suivi ces cours, donnés dans divers
et de l'Inde. Lors d'une réunion tenue en octobre à
3.75
Des recommandations concernant le dévelop-
pement des enseignements supérieurs de pédiatrie dans
la Région de l'Asie du Sud -Est ont été formulées par
les participants à une conférence réunie par l'OMS sur
ce sujet à Bangkok en mars.
3.76
Pendant l'année, on a revu le contenu du cours
international de bromatologie et de nutrition, organisé
en Belgique et aux Pays -Bas avec la collaboration de
la FAO, afin d'insister davantage sur la nutrition de
santé publique; le cours est de plus en plus utilisé pour
la formation des administrateurs de la santé publique
dans cette matière. Avec la collaboration du FISE, de
la FAO et de l'UNESCO, le programme de formation
en nutrition ayant sa base à Beyrouth a été réexaminé;
il a été recommandé qu'on mette davantage l'accent
sur la mise en place d'un système de surveillance
nutritionnelle, sur l'intégration de l'action nutritionnelle dans les activités des services de santé de base et
sur la promotion à l'échelle nationale de politiques
Rennes (France) a donné des cours sur la santé
maternelle et infantile et la planification familiale à
rationnelles d'alimentation et de nutrition.
des stagiaires venus de pays francophones d'Afrique.
3.77 En ce qui concerne l'éducation pour la santé,
l'année a été marquée dans la Région africaine par
l'ouverture à Ibadan (Nigeria) d'un centre régional de
formation supérieure d'éducateurs sanitaires. D'autre
3.73
Entre mars et juillet, des obstétriciens et gynéco-
logues indiens très qualifiés ont participé à deux
voyages d'étude qui les ont conduits dans des centres
d'Europe et d'Asie et avaient trait à l'organisation de
la formation et des services de soins relatifs à l'interrup-
tion médicale de la grossesse (voir aussi le paragraphe 2.26). Un autre voyage a été organisé en sep-
tembre pour permettre à dix administrateurs des
services de santé indiens au niveau des Etats et de la
Fédération d'étudier divers systèmes d'organisation
et d'administration des services d'avortement.
part, l'OMS a collaboré à l'organisation de trois cours
d'une durée de trois semaines pour le personnel des
services de santé du Congo. Dans la Région des Amé-
riques, des stagiaires brésiliens et paraguayens ont
participé à un cours de recyclage de cinq semaines
organisé à l'Ecole de Santé publique de l'Université
de Sao Paulo (Brésil) sur la programmation et l'évaluation de l'élément éducation sanitaire des programmes
de santé maternelle et infantile. L'Organisation a
également prêté son aide pour d'autres activités: cours
47
3. DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
d'éducation sanitaire de base pour le personnel du
Ministère de la Santé publique du Nicaragua; cours
expérimental d'éducation sanitaire pour des médecins
de Cuba; premier cours de dix -huit mois organisé à
3.81
Outre les cours et séminaires qu'elle a organisés
en odontologie, l'OMS a aidé à mettre sur pied un
centre de formation dentaire postuniversitaire à
l'Université du Caire.
l'Université des Antilles en vue de former des spécialistes de l'éducation sanitaire venus de pays anglophones des Caraïbes; formation en cours d'emploi en
éducation sanitaire pour responsables de la préparation
à la vie familiale à la Jamaïque; enfin, nouveau cours de
douze mois pour la formation de spécialistes de
l'éducation sanitaire au Pérou. Dans la Région de
l'Asie du Sud -Est, l'OMS a participé à l'élaboration de
programmes de formation de spécialistes de l'éducation
sanitaire en Inde, en Indonésie et en Thaïlande; elle a
également patronné une réunion où devaient être revus
les programmes d'études de trois établissements de
l'Inde qui décernent un diplôme supérieur d'éducation
sanitaire. Dans la Région européenne, la nomination
du premier professeur d'éducation sanitaire exerçant à
plein temps à l'Ecole nationale de Santé publique de
Rennes (France) contribuera à promouvoir tout à la
fois la formation en cours d'emploi et la formation
postuniversitaire de stagiaires francophones, notam-
ment de boursiers de l'OMS venus de toutes les
Régions; l'Organisation a aidé à établir le programme
des études postuniversitaires. En collaboration avec
le département de médecine des collectivités de l'Ecole
de Médecine de l'Université de Manchester (Royaume -
Uni), un cours de formation intensive en cours
d'emploi a été mis sur pied à l'intention de boursiers
de l'OMS désireux de se familiariser avec la théorie
et la pratique de l'éducation sanitaire. Dans la Région
du Pacifique occidental, l'OMS a participé à la
mise en place d'un cours postuniversitaire sanctionné
par un diplôme d'éducation sanitaire à l'Institut de
Santé publique de Kuala Lumpur.
3.78 L'OMS a été également étroitement associée á
des cours internationaux sur la promotion de la santé
organisés avec l'aide bilatérale de la Belgique et des
Pays -Bas et avec la collaboration de l'Institut royal de
Médecine tropicale d'Amsterdam et de l'Institut de
Médecine tropicale d'Anvers.
3.79 Comme l'indique le tableau 2, trois cours interrégionaux de formation de base ont été organisés sur
la surveillance épidémiologique et la lutte contre les
maladies transmissibles. La première partie de chacun
de ces cours a eu pour cadre un pays européen et elle a
consisté à donner un aperçu général et théorique de la
surveillance épidémiologique et des méthodes de lutte
contre les maladies transmissibles, complété par des
exposés sur certaines disciplines; la deuxième partie,
organisée dans un pays tropical ou subtropical, avait
pour objet d'assurer une formation pratique sur le
terrain en matière de lutte contre les maladies transmissibles.
L'Organisation a aidé à créer un centre inter-
Après avoir fait le point des moyens de formation en psychiatrie et passé en revue les services de
santé mentale en Mongolie, l'Organisation a donné
des avis à propos de la formation en cours d'emploi
des médecins de ce pays. Une aide a été également
3.82
apportée dans ce domaine à la Birmanie.
Sur la base de l'évaluation des cours d'épidémiologie et de statistique sanitaire organisés en 1974 avec
l'aide de l'OMS dans la Région européenne, les programmes ont été modifiés de manière à faire une plus
3.83
grande place aux applications de la statistique et de
l'épidémiologie à la planification et à l'évaluation des
services de santé, en
recourant notamment aux
méthodes de recherche opérationnelle et à des services
de statistiques sanitaires.
3.84
L'OMS avait été désignée comme agent d'exé-
cution pour le premier cours interrégional sur le
traitement par l'acupuncture, donné à Pékin avec
l'assistance du PNUD. Ce cours de trois mois, dispensé
en anglais et en chinois, a rassemblé des spécialistes
médicaux de pays en développement des Régions de
l'Asie du Sud -Est, de la Méditerranée orientale et du
Pacifique occidental. Il leur a permis d'étudier les
fondements de la médecine chinoise traditionnelle,
plus spécialement l'acupuncture et la moxibustion,
en vue de l'application éventuelle de ces techniques de
traitement dans leurs pays. Les participants ont
également assisté à des démonstrations de l'emploi de
l'acupuncture en anesthésie.
3.85
Formation en santé publique. A la sixième
réunion des directeurs et représentants d'écoles de
santé publique des Régions de l'Afrique, de l'Asie du
Sud -Est, de la Méditerranée orientale et du Pacifique
occidental, tenue à Manille au mois de mars, la nécessité d'une étroite collaboration entre les responsables de
la protection sanitaire et ceux du développement des
personnels de santé est clairement apparue. Des
recommandations ont été formulées à propos du rôle
des écoles de santé publique dans les soins de santé
primaires et la formation des agents médico- sanitaires
à tous les niveaux.
3.86
De 1968 à 1975 un total de 244 participants de
trente -trois pays d'Afrique ont suivi les cours de
santé publique organisés à l'intention d'infirmières et
de sages- femmes expérimentées dans les centres
régionaux de formation de Lagos et de Lomé; de
nombreux pays de la Région possèdent désormais leurs
propres programmes de formation.
national de formation à Ganta (Libéria), où des
De concert avec l'Association latino- américaine
des Ecoles de Santé publique, l'Organisation a participé
médecins peuvent suivre de brefs cours d'orientation
sur la lutte contre la lèpre.
des Amériques,
3.80
3.87
à l'établissement d'un plan d'activités pour la Région
ainsi qu'à la préparation d'une
48
ACTIVITI: DE L'OMS EN 1975
conférence dont l'objet était de définir le rôle de ces
écoles dans la formation du personnel auxiliaire et
technique. Des écoles de santé publique d'Argentine.
du Brésil, de Colombie, du Mexique, du Pérou et du
Venezuela ont reçu un appui technique et financier de
l'Organisation. L'intérêt croissant que soulève l'enseignement de l'épidémiologie, et les rapports qui lient
cette discipline aux autres sciences de la santé ainsi
qu'aux sciences sociales, ont suscité l'organisation en
novembre d'une réunion appelée à déterminer la
teneur des programmes universitaires et postuniver-
sitaires dans ce domaine. Des avis en matière de
médecine sociale ont été donnés à l'Institut de Méde-
cine sociale de l'Université d'Etat de Guanabara à
Rio de Janeiro (Brésil),
à l'Université
nationale
autonome de Mexico et à l'Université catholique de
Caracas. Quatorze programmes nouveaux de formation
intensive en administration des soins médicaux ont été
organisés à l'intention du personnel des niveaux
professionnel et technique dans plusieurs pays:
Barbade, Bolivie, Chili, Equateur, El Salvador,
Guatemala, Panama et Pérou. Les pays étant de plus
en plus conscients de la nécessité d'intégrer des activités
de santé mentale dans les programmes de santé
publique, un groupe d'étude s'est réuni à Caracas en
juin pour envisager les différents aspects de l'enseigne-
ment de la santé mentale dans les écoles de santé
publique.
3.88
A l'occasion de la quatrième assemblée générale
de l'Association des Ecoles de Santé publique de la
Région européenne, un groupe de travail a étudié à
Bruxelles en septembre les problèmes spécifiques des
écoles de ce type. Il a revu le rôle de l'école de santé
publique par rapport à l'administration sanitaire,
identifié les besoins nouveaux auxquels doit répondre
la formation des administrateurs sanitaires, examiné la
mesure dans laquelle les systèmes actuels de formation
en santé publique répondent à ces besoins, et donné
des avis sur les méthodes qui permettraient aux administrations sanitaires et aux systèmes de santé publique
de s'acquitter de leurs responsabilités en matière de
planification, d'exécution et d'évaluation des programmes de formation des personnels de santé.
3.89
Pendant l'année, l'OMS a collaboré étroitement
avec l'Ecole de Santé publique de l'Université de
Téhéran à l'élaboration et à l'organisation, au niveau
de la maîtrise, d'un cours de santé publique destiné à
préparer des paludologues et des parasitologistes de
langue anglaise à l'étude épidémiologique des maladies
parasitaires et à la lutte contre ces maladies en zone
tropicale. Les enseignants de la Faculté de Médecine
de Téhéran auxquels aura recours l'Ecole de Santé
publique ont reçu une formation intensive au centre
régional de formation d'enseignants de Chiraz. Des
boursiers de l'OMS venus de six pays de la Région de
la Méditerranée orientale et de cinq pays d'autres
Régions ont été admis au premier cours, qui a débuté
en septembre. L'OMS a collaboré avec l'Institut de
Santé publique de Kaboul et avec le Ministère de la
Santé du Yémen afin de mettre en place des programmes de formation nutritionnelle dans les deux
pays concernés. En 1975, le programme du Yémen a
pu se passer de l'aide de l'OMS.
Dans la Région du Pacifique occidental, l'OMS
à divers établissements:
Faculté de Médecine de l'Université de Malaisie pour
l'enseignement de la santé publique et de l'anatomopathologie; Institut de Santé publique de l'Université
des Philippines pour l'enseignement postuniversitaire;
Ecole de Santé publique de l'Université nationale de
Séoul (République de Corée) pour un enseignement
infirmier de santé publique dans le cadre du programme
3.90
a fourni une assistance
sanctionné par le certificat, ainsi que pour le programme conduisant à la maîtrise en santé publique; elle
a également aidé Singapour en vue de l'intégration de
la médecine du travail dans les études postuniversitaires
sanctionnées par une maîtrise en santé publique.
Bourses d'études
Depuis 1948, 50 000 bourses d'études environ
ont été attribuées par l'OMS; en outre, celle -ci accorde
chaque année un appui financier à quelque 5000 agents
3.91
sanitaires pour des stages en qualité de boursiers ou
d'autres études.' Lorsqu'ils sélectionnent les candidats,
les gouvernements attachent de plus en plus d'importance à ce que le boursier fera à son retour; ils veulent
en effet s'assurer que les compétences acquises seront
utilisées adéquatement et contribueront à renforcer les
services de santé, et cela explique que l'éventail des
disciplines pour lesquelles des bourses d'études sont
demandées ne cesse de s'élargir. A mesure que sont
créés de nouveaux centres d'études, les boursiers
peuvent être placés plus près de chez eux, ce qui
présente le double avantage de leur offrir un environnement de travail plus proche de celui de leurs pays et,
par la réduction des frais de voyage, de libérer des
fonds pour d'autres bourses. La participation active
des ministères de la santé des Etats Membres a permis
à l'OMS de décentraliser de nombreux aspects du
programme - facteur important pour l'adaptation de
celui -ci aux besoins des pays et la gestion efficace et
économique des bourses d'études. Les formulaires et
les méthodes employés dans le cadre du programme ont
été révisés. En outre, on a entrepris de passer en revue
et d'évaluer le programme afin de savoir dans quelle
mesure les bourses d'études remplissent leur fonction
- soit celle de contribuer au renforcement des services
de santé des Etats Membres.
En Afrique, les activités de formation de
boursiers à l'intérieur de la Région se sont notablement
intensifiées. Pour faciliter les échanges de personnel et
d'étudiants, on prépare un répertoire des établissements
de formation dans la Région. Dans les Amériques, le
3.92
programme de bourses d'études a suivi la tendance,
amorcée depuis quelque temps, à diversifier les types
de spécialistes formés, les domaines d'étude et les
établissements de formation - résultat logique de la
recommandation faite dans le plan décennal de santé
Burton, J. Chronique OMS, 29: 383 -386 (1975).
3.
DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
49
pour les Amériques, selon laquelle le développement
étant de faciliter l'intégration dans leur pays d'origine
base très large. Des mécanismes de préprogramma-
des étudiants, enseignants et spécialistes formés à
l'étranger. Dans le passé, la reconnaissance par un
pays des qualifications acquises dans un autre était
des personnels de santé doit être abordé sur une
tion ont donc été mis en place en collaboration
avec les autorités nationales afin d'assurer que la
sélection des candidats respecte les priorités nationales. D'autre part, l'évaluation des bourses attri-
buées à des candidats de la Région de l'Asie du
Sud -Est pour des études à l'Ecole d'Hygiène et de
Médecine tropicale de Londres a permis de conclure,
sur la base des critères définis par l'OMS, que les
résultats avaient été favorables dans 80 à 90 % des
cas. En raison de compressions budgétaires, il a fallu
réduire considérablement le nombre des bourses
attribuées à des candidats de la Région européenne
en 1975; en revanche, on a noté une augmentation du
fondée sur la réputation de l'établissement de formation, la durée des études et la nature du diplôme. Il
apparaît aujourd'hui que ces critères ne constituent
pas une base valable de reconnaissance internationale
et qu'il est plus indiqué de s'orienter vers la reconnaissance réciproque de compétences comparables. Pour
commencer, on a jugé que cette approche serait plus
efficace si elle était appliquée sur une échelle limitée et,
en juin 1975, il a été conclu sous l'égide de l'UNESCO
un accord entre dix -huit pays d'Amérique latine et
de la zone des Caraïbes en vue de la reconnaissance
réciproque de tous les titres et diplômes décernés à
nombre des demandes de placement de boursiers
l'issue d'études supérieures. Les efforts portent actuel-
d'autres Régions en Europe, et environ 50 % de toutes
les bourses d'études de l'OMS visent des études dans
cette Région. Une enquête a été faite sur les moyens de
lement sur la conclusion d'accords analogues entre
pays riverains de la Méditerranée, ainsi qu'entre pays
formation disponibles pour des boursiers de l'OMS
dans les pays européens Membres de l'OM S, et l'ana-
lyse des rapports sur les bourses d'études a permis
d'améliorer le placement des boursiers.
Dans la Région du Pacifique occidental, où les
contraintes financières ont rendu plus difficile l'attri3.93
bution de bourses pour des études en dehors de la
Région, environ 65 % des bourses allouées l'ont été
conformément à la politique nouvelle de placement à
l'intérieur de la Région. La deuxième édition du réper-
toire des cours de la Région pouvant recevoir des
personnels de santé a été publiée.
3.94 Entre le 1 e décembre 1974 et le 30 novembre 1975,
le soutien de l'OMS a permis à 5230 personnes d'aller
étudier à l'étranger. L'Organisation a octroyé 3326
bourses, dont 105 pour des études universitaires et
1904 aux fins de participation à des réunions ou à
d'autres activités éducatives organisées par l'OM S
(cours, séminaires ou conférences -ateliers). L'annexe 7
récapitule l'ensemble des bourses en les classant par
sujets d'étude et par Régions.
Reconnaissance réciproque des diplômes et titres
Conformément à la résolution WHA24.59, les
efforts déployés en vue d'assurer la comparabilité des
titres et diplômes aux fins de leur reconnaissance internationale se sont poursuivis, l'un des objectifs visés
3.95
africains, arabes et européens. Les deux organisations
ont convoqué à Helsinki, en octobre, une réunion d'experts chargés d'étudier la question de la reconnaissance
des diplômes d'études supérieures; ils ont recommandé
qu'une convention soit réunie pour envisager la reconnaissance réciproque des titres et diplômes en Europe,
et éventuellement au Canada et aux Etats -Unis
d'Amérique.
Contrôle de l'utilisation des personnels de santé
3.96 Conformément à la résolution WHA25.42, la
première étape d'une étude plurinationale sur la migration internationale des médecins et des infirmières
a débuté en 1975. Toute la documentation pertinente
a été dépouillée, des données nationales et mondiales
ont été recueillies et analysées, et un échantillon repré-
sentatif de pays a été constitué pour des analyses
approfondies. D'après les résultats préliminaires de
cette première étape, il apparaît déjà qu'il y a eu
intensification très nette de la migration de médecins
et d'infirmières des pays en voie de développement
vers les pays développés à économie libérale, et que
cette tendance risque de s'accentuer. Les fonds nécessaires pour la première étape de l'étude ont été fournis
en partie par l'OMS et en partie par le Ministère de la
Jeunesse, de la Famille et de la Santé de la République
fédérale d'Allemagne, par l'Administration des Ressources sanitaires des Etats -Unis d'Amérique et par la
Commission éducative pour les Diplômés de médecine
étrangers, également des Etats -Unis d'Amérique.
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
50
Tableau 2.
Exemples d'activités de formation organisées ou soutenues par l'Organisation en 1975
Les chiffres entre parenthèses indiquent le nombre approximatif de participants
Formation des personnels de santé - cours régionaux
RENFORCEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
Planification sanitaire - cours régional, en anglais, pour cadres
des administrations sanitaires
Moscou et Helsinki; février -mars (9)
Planification sanitaire et évaluation - cours régional, en français,
pour cadres des administrations sanitaires
Bucarest, septembre (10)
Planification sanitaire nationale - septième cours régional de
formation, en anglais
Manille, septembre- novembre (8)
Santé publique - treizième cours pour administrateurs de la
santé publique, en russe
Moscou, octobre 1975- juillet 1976 (11)
Formation et emploi d'assistants médicaux (feldchers) en URSS
-
séminaire interrégional itinérant, en anglais et en russe, pour
médecins et administrateurs de la santé publique
Moscou, Ordzonikidze et Gomel (URSS), juin - juillet (17)
Techniques d'administration des services de soins médicaux
-
cours de recyclage, en espagnol, pour professionnels de la santé,
donné en collaboration avec le Centre latino- américain d'Administration médicale
Buenos Aires, juillet (57)
Systèmes d'information sanitaire - cours postuniversitaire, en
espagnol, pour professionnels de la santé, donné en collaboration
avec le Centre latino- américain d'Administration médicale
Buenos Aires, avril- novembre (10)
en anglais: formation aux méthodes pédagogiques, pour
techniciens de laboratoire
Lagos, août (13)
en français: formation aux techniques de laboratoire, pour
assistants de laboratoire (cours de recyclage); formation en
éducation pour la santé (cours de recyclage); et formation en
santé publique pour médecins (cours de niveau supérieur)
Lomé: janvier- février (24); janvier -avril (25); mars -avril (19)
Formation des personnels de santé généraux - conférence -atelier
régionale, en anglais, organisée en collaboration avec le PNUD
Sydney (Australie), juin (15)
Planification
de l'éducation - quatrième conférence -atelier
régionale, en anglais
Chiraz (Iran), octobre (21)
Planification et évaluation de l'éducation - quatre conférencesateliers, en anglais
Le Caire, octobre -novembre (36) et novembre -décembre (36)
Alexandrie, novembre (18)
Khartoum, décembre (18)
Planification de l'enseignement des sciences fondamentales
conférence-atelier, en anglais
Karachi, juin (12)
-
Enseignement médical adapté aux pays en développement - sémi-
naire régional, en anglais
Katmandou, novembre (22)
Administration hospitalière - cours, en espagnol, pour administrateurs de la santé, donné en collaboration avec le Centre latino-
Enseignement de la santé des collectivités dans les écoles de
médecine - séminaire régional, en anglais et en français
Manille, avril (18)
américain d'Administration médicale
Enseignement médical - quatre séminaires, en espagnol:
Buenos Aires, juin- septembre (30)
Entretien et ingénierie des hôpitaux - cours, en espagnol, pour
étudiants de niveau secondaire, sur les systèmes et centrales à
vapeur; les installations de blanchissage; les rayons X; le matériel dentaire; les techniques de contrôle; et l'électricité
Caracas: mars -mai, août -octobre (69); mars -avril, juillet août (20); avril juin; septembre- novembre (40); mars -mai
(15); février- novembre (101);
Ciudad Bolivar (Venezuela): juin- septembre (20)
DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
Planification des personnels dans les services d'hygiène du milieu et
de santé publique - conférence -atelier régionale, en anglais
Colombo, décembre 1975- janvier 1976 (20)
Planification des ressources humaines - conférence- atelier, en
espagnol, pour fonctionnaires de la santé publique et professeurs
d'université
San Cristóbal de las Casas, (Chiapas, Mexique), juillet (32)
pour enseignants universitaires
Santiago, mai (50)
pour médecins et infirmières
Santiago, mai (60)
pour professeurs et enseignants des sciences de la santé
La Paz, décembre (60)
pour étudiants et enseignants
Asunción, avril (20)
Technologie de l'éducation - deux conférences -ateliers, en espagnol, pour cadres universitaires chargés de planifier ou de coordonner les programmes d'enseignement médical au centre latino-
américain de technologie de l'éducation dans le secteur de la
santé
Mexico, mai (24 et 30)
Emploi de la simulation dans l'enseignement médical - cours, en
portugais, pour cadres universitaires chargés de planifier ou de
coordonner les programmes d'enseignement médical au centre
latino- américain de technologie de l'éducation dans le secteur de
la santé
Rio de Janeiro (Brésil), juin (30)
3.
DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
Tableau 2
Intégration enseignement prestations - conférence- atelier régionale, en espagnol, sur l'enseignement des sciences de la santé,
pour professeurs et enseignants des écoles de médecine et fonctionnaires de la santé publique
Washington, octobre -novembre (10)
Education permanente - conférence -atelier régionale, en espagnol, pour le personnel médical chargé des programmes d'éducation permanente
Washington, décembre (6)
Planification des cours: formulation et application des objectifs conférence-atelier régionale, en anglais, pour infirmières et sages femmes enseignant dans les écoles de soins infirmiers et obsté-
tricaux, organisé en collaboration avec le Département de la
Coopération pour le Développement international, Finlande
Ile -Ife (Nigéria), novembre (20)
Planification et administration de l'éducation pour la santé - deux
conférences- ateliers pour enseignants, en espagnol, organisées au
centre latino- américain de technologie de l'éducation dans le
secteur de la santé
Mexico, juillet (15) et décembre (15)
Santé rurale - séminaire, en espagnol, pour enseignants universitaires
Mexico, août (30)
Science de l'éducation - cours régional, en anglais, pour enseignants médicaux
Colombo, Septembre (24)
Technologie de l'éducation - séminaire régional, en anglais, sur
les méthodes d'enseignement
Peradeniya (Sri Lanka), septembre- octobre (24)
Centres de formation d'enseignants des sciences médicales et
sciences de la santé - séminaire régional, en anglais, organisé en
collaboration avec le PNUD
Sydney (Australie), février (22)
Méthodes modernes d'enseignement des soins infirmiers - cours
interrégional, en anglais, pour enseignants de soins infirmiers
possédant une formation pédagogique de base, organisé en collaboration avec l'Agence danoise pour le Développement international
Holte (Danemark), août -septembre (15)
Technologie de l'éducation dans le secteur des soins infirmiers séminaires pour infirmières, organisés en collaboration avec le
centre latino- américain de technologie de l'éducation dans le
secteur de la santé à Rio de Janeiro
en espagnol ou en portugais, pour préparer des enseignants
Rio de Janeiro (Brésil), juin juillet (49); Quito, juillet (30);
Santiago, octobre (55)
en espagnol, sur la préparation de matériel d'enseignement
Rio de Janeiro (Brésil), octobre (49)
Planification des programmes d'enseignement infirmier - quatre
groupes de travail, en espagnol ou en portugais, pour infirmières
au niveau régional
Washington, janvier- février (24)
au niveau des zones
Tegucigalpa, octobre (23); Lima, novembre (25); Brésil,
octobre (25)
Normes applicables aux soins infirmiers hospitaliers- conférence atelier, en français, pour infirmières et élèves infirmières
Port -au- Prince, mai (37)
51
(suite)
Auxiliaires sanitaires rurales - dix -sept cours, en espagnol, pour
auxiliaires sanitaires
Pérou (459)
Personnel enseignant des programmes pour infirmières auxiliaires
- second cours international pour infirmières, en espagnol
San Salvador, juin juillet (29)
Soins infirmiers et obstétricaux - cours de recyclage, en anglais,
pour infirmières et sages- femmes de niveau supérieur
Lagos, mars -mai (21)
Santé publique - cours de niveau supérieur, en français, pour
infirmières et sages -femmes d'Etat
Lomé, avril - juillet (24)
Méthodes d'enseignement infirmier - cours, en russe, pour
médecins et infirmières
Lublin (Pologne), janvier- février (12)
Administration des services infirmiers - conférence -atelier, en
anglais et en français
Manille, septembre (24)
SANTÉ DE LA FAMILLE
Santé de la famille et dynamique des populations - cours régio-
naux de recyclage, en anglais, pour médecins et infirmières,
organisés en collaboration avec le FISE et l'Université américaine de Beyrouth
Beyrouth, mars (15)
Santé infantile - cours régional de recyclage, en anglais, pour
médecins et infirmières, organisé en collaboration avec le FISE
et l'Université américaine de Beyrouth
Beyrouth, mai (15)
Soins obstétricaux - cours de niveau supérieur pour sages femmes exerçant des fonctions d'enseignement et d'administration, organisé en collaboration avec le FISE et l'Université
américaine de Beyrouth
Beyrouth, octobre 1974- octobre 1975 (12)
Développement des zones de formation pratique - séminaire
régional pour renforcer l'enseignement de la santé maternelle
et infantile et de la planification familiale dans les écoles de
médecine, organisé en collaboration avec le FNUAP
Ispahan (Iran), mai (17)
Obstétrique sociale - cours postuniversitaire pour obstétriciens,
pédiatres et sages -femmes, organisé en collaboration avec le
Centre international de l'Enfance et le FISE
Paris, février -mars (7)
Pédiatrie - cours, en anglais, pour professeurs confirmés de
santé infantile, organisé en collaboration avec le FISE
Londres, Newcastle- upon -Tyne (Royaume -Uni); Dar esSalam; Nairobi; New Delhi, Bangalore, Hyderabad et
Bombay (Inde); mars- décembre (10)
Santé maternelle et infantile - cours supérieur de santé maternelle et infantile, en anglais, pour administrateurs de la santé
publique, organisé en collaboration avec le FISE
Varsovie, septembre- octobre (11)
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
52
Tableau 2 (suite)
Statistiques de santé de la famille - cours national de formation,
La vaccination dans la lutte contre les maladies transmissibles
en anglais, organisé en collaboration avec le FNUAP
Manille, octobre (30)
séminaire régional, en anglais
Manille, octobre (20)
Pédiatrie et santé de la famille - séminaire régional
Dacca, novembre (20)
Formation et encadrement des sages-femmes traditionnelles
-
Virologie - cours régional pour techniciens de laboratoire, en
-
groupe d'étude, en anglais et en français, organisé en collaboration avec le FNUAP
Brazzaville, décembre (12)
Formation et utilisation des sages-femmes traditionnelles - sémi-
naire national, en ourdou, pour Pakistanais
Pakistan, novembre- décembre (36)
Evaluation des programmes de planification familiale - séminaire
régional, en anglais
Manille, octobre (21)
Soins infirmiers et obstétricaux dans les programmes de santé
maternelle et infantile - cours, en espagnol, pour sages -femmes
et infirmières /sages femmes, organisés en collaboration avec le
FNUAP
Cali (Colombie); Santiago; Montevideo; août -septembre (15)
anglais
Le Caire, octobre 1975 - janvier 1976 (11)
Techniques de laboratoire perfectionnées pour le diagnostic de la
grippe - conférence -atelier pour directeurs de centres nationaux
de la grippe, en anglais, organisé en collaboration avec le Centre
de Lutte contre les Maladies d'Atlanta (Georgie, Etats -Unis
d'Amérique), le Medical Research Council du Royaume -Uni et
l'Institut de la Recherche médicale de Kuala Lumpur
Kuala Lumpur, novembre (12)
Maladies vénériennes - séminaire régional, en anglais
Trinité -et- Tobago, mai (23)
Epidémiologie des maladies vénériennes et lutte contre ces maladies
- sixième cours international, en espagnol
Santiago, octobre (3)
Lutte contre la lèpre - quatrième séminaire régional, en anglais
Caracas, septembre (23)
Rôle des infirmières/sages-femmes en santé maternelle et infantile
- groupe de travail, en espagnol, pou' infirmières /sages- femmes,
infirmières, sages- femmes et médecins, organisé en collaboration
avec le FNUAP
Washington, juillet (24)
Santé maternelle et infantile et planification familiale: cours pour
sages-femmes - deuxième cours inter -pays, en anglais, pour
infirmières /sages- femmes, organisé en collaboration avec le
FNUAP
Bridgetown, juillet -août (18)
Supervision et gestion des soins infirmiers, en particulier des soins
de maternité - programme annuel d'enseignement pour infirmières diplômées, en anglais
Georgetown, décembre 1974 -février 1975 (15)
Techniques perfectionnées pour la programmation de la lutte
antituberculeuse - séminaire, en anglais, pour fonctionnaires
affectés à la planification et à l'organisation, à un niveau élevé,
des programmes nationaux de lutte antituberculeuse
Oslo, octobre (3)
Production de vaccin BCG lyophilisé - cours de trois mois, en
anglais, organisé par le Statens Seruminstitut, en collaboration
avec l'Agence danoise pour le Développement international
Copenhague (6)
Epidémiologie de la tuberculose et lutte contre la tuberculose
-
sixième cours régional, en espagnol, pour responsables des programmes antituberculeux en Amérique latine
Caracas, juillet- septembre (22)
neuvième cours régional, en
espagnol, pour personnel de laboratoire
Bactériologie de la tuberculose -
MALADIES TRANSMISSIBLES
Surveillance épidémiologique des maladies transmissibles et lutte
contre ces maladies - cours interrégionaux
en anglais:
Moscou et Alexandrie, septembre- décembre (17); Prague et
New Delhi, août 1975 janvier 1976 1976 (15)
en français:
Paris et Rennes (France); Genève; Bobo -Dioulasso;
octobre 1974- février 1975 (12)
Coordination de la lutte contre les maladies transmissibles
séminaire interrégional, en anglais et en français
Khartoum, novembre (13)
-
Méthodes de surveillance épidémiologique (programme de vacci-
nation) - séminaire régional
New Delhi, novembre (15)
Programmes de vaccination - séminaire régional, en anglais
Damas, août- septembre (24)
Caracas, juillet- septembre (12)
Programmes de vaccination par le BCG espagnol
Mexique, septembre (20)
groupe d'étude, en
Tuberculose- séminaire national, organisé en collaboration avec
l'Union internationale contre la Tuberculose
Guatemala, novembre (40)
Tendances récentes en matière de lutte antituberculeuse - sémi-
naire régional, en anglais, pour représentants des ministères de la
santé, organisé en collaboration avec l'Union internationale
contre la Tuberculose
Karachi (Pakistan), octobre (36)
Tuberculose - cours interrégional, en anglais, pour responsables
des programmes antituberculeux, organisé en collaboration avec
l'Association antituberculeuse japonaise.
Tokyo, juin -octobre (16)
3.
DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
53
Tableau 2 (suite)
Lutte contre la peste - séminaire interrégional itinérant, en
anglais et en français
Moscou, Stavropol et Ashkhabad (URSS), septembre (17)
Aspects épidémiologiques du choléra et d'autres maladies diarrhéiques aiguës - cours interrégional, en anglais
Dacca, novembre (15)
Nouvelles tendances concernant le diagnostic et le traitement du
syndrome diarrhéique - séminaire régional, en espagnol
Guatemala, novembre (26)
Production et contrôle de la qualité des vaccins et substances
biologiques à usage vétérinaire pour le Mexique, l'Amérique
centrale et le Panama - séminaire, en espagnol et en anglais
Mexique, août (42)
Diagnostic de l'hydatidose et lutte contre cette maladie - séminaire régional, en espagnol et en anglais
Buenos Aires, novembre (60)
Cytotechnologie - cours régional, en anglais, pour techniciens de
laboratoire
Téhéran, août 1975 -février 1976 (8)
Cytologie du col de l'utérus - cours pour médecins, en anglais,
organisé en collaboration avec l'Agence danoise pour le Développement international
Copenhague, septembre- décembre (8)
Epidémiologie des maladies cardio- vasculaires - séminaire inter-
national, en anglais, organisé en collaboration avec la Société
internationale de Cardiologie
Mexico, septembre- octobre (30)
Prévention et traitement des maladies cardio - vasculaires deuxième séminaire régional, en anglais et en français
Manille, mars -avril (I1)
Création de services de réanimation cardiaque et de réadaptation
- séminaire régional
New Delhi, décembre (23)
Enseignement de la physiologie dans les écoles de médecine vété-
rinaire au Mexique - séminaire en espagnol, pour professeurs
d'écoles vétérinaires
Mexique, mai (75)
Lutte contre le diabète sucré dans les pays anglophones des Carabes
- conférence -atelier, en anglais, pour médecins et nutritionnistes
Port of Spain, mai (8)
PALUDISME ET AUTRES MALADIES PARASITAIRES
Opérations antilarvaires - séminaire pour participants de pays
francophones d'Afrique
Lomé, mars (17)
Epidémiologie de la schistosomiase et lutte contre cette maladie -
cours international, en anglais, organisé en collaboration avec
l'Agence pour le Développement international
Mwanza (République -Unie de Tanzanie), juillet -août (13)
Mesures anti -moustiques contre le paludisme - conférence -atelier,
en anglais
Kuala Lumpur, août (9)
Techniques de lutte antipaludique - deux cours régionaux, en
anglais, pour médecins généralistes
Lagos, janvier -avril (24)
Entomologie, parasitologie et épidémiologie - cours régional
Pédodontie sociale - cours régional, en espagnol
Chicago et Washington (Etats -Unis d'Amérique), juin août (18)
Fluoration de l'eau de boisson - quatre cours
en espagnol
Quito, mai (15) et Guayaquil (Equateur), mai (23)
en espagnol et en portugais
Rio de Janeiro, octobre (25) et Belo Horizonte (Brésil),
octobre (25)
Dentisterie de santé publique - premier cours régional, en anglais,
pour dentistes de la santé publique
Singapour et Kuala Lumpur, mai juin (20)
Dentisterie de santé publique - séminaire national, en anglais,
pour dentistes de la santé publique
Lucknow (Inde), novembre (28)
pour techniciens supérieurs, en anglais
Manille, septembre- octobre (33)
Santé publique dentaire - cours interrégional, en anglais, pour
dentistes s'occupant d'organisation des services dentaires, de
recherche ou d'enseignement de la santé publique dentaire,
Dermatoses tropicales - premier séminaire régional, en anglais
Manille, septembre (9)
organisé en collaboration avec l'Agence danoise pour le Développement international
Copenhague, août -octobre (16)
Enseignement de la santé mentale dans les écoles de santé publique
MALADIES NON TRANSMISSIBLES
Classification internationale des tumeurs - séminaire de formation, en anglais, pour anatomopathologistes, organisé en collaboration avec le Conseil pakistanais de la Recherche médicale
Karachi (Pakistan), octobre (28)
Cytopathologie - cours régional, en anglais, pour anatomopathologistes
Téhéran, août (8)
- groupe d'étude, en anglais et espagnol
Caracas, juin (25)
Soins infirmiers psychiatriques des collectivités - séminaire
national, en anglais pour infirmières
Kingston, mai (33)
Thérapie familiale - deux conférences -ateliers nationales, en
espagnol, pour personnel de santé mentale
La Havane et Camaguey (Cuba), avril (100)
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
54
Tableau 2 (suite)
Epidémiologie et statistiques de santé mentale - cours régional,
en anglais, pour psychiatres et statisticiens
Nottingham (Royaume -Uni), avril (10)
Application de l'épidémiologie psychiatrique - séminaire régional,
en anglais
Khartoum, février (9)
Epidémiologie des maladies mentales - séminaire régional, en
anglais
New Delhi, février -mars (17)
Immunologie et immunopathologie de la schistosomiase et de la
trypanosomiase - séminaire de recyclage, en anglais, pour
immunologistes africains, organisé en collaboration avec l'Agence
norvégienne pour le Développement international, le Wellcome
Trust et le Laboratoire international de Recherche sur les
Maladies animales (Nairobi)
Nairobi, octobre (80)
Immunité humorale et cellulaire, en particulier dans les maladies
-
parasitaires - cours interrégional, en anglais, pour immunologistes débutants, organisé en collaboration avec l'Agence danoise
pour le Développement international
New Delhi, novembre -décembre (12)
Programmes d'éducation sanitaire des jeunes concernant l'abus des
SUBSTANCES PROPHYLACTIQUES, DIAGNOSTIQUES
ET THÉRAPEUTIQUES
Organisation de programmes de lutte contre l'alcoolisme
conférence-atelier, en espagnol, pour psychologues, infirmières et
travailleurs sociaux panaméens
San José (Costa Rica), février (33)
drogues - groupe de travail, en anglais
Manille, novembre (7)
Santé mentale et systèmes judiciaires pour la jeunesse - confé-
rence- atelier interrégionale, en anglais, organisée en collaboration avec l'Institut de Recherche des Nations Unies sur la Défense
sociale (Rome) et l'Institut national de la Santé mentale (EtatsUnis d'Amérique)
Genève, janvier (14)
Génétique humaine - cours de recyclage interrégional, en anglais,
Contrôle de la qualité des médicaments - cours régional, en
anglais, pour médecins et pharmaciens
Stockholm, avril (17)
Contrôle de la qualité en chimie clinique - cours de formation, en
anglais, pour professionnels confirmés, organisé en collaboration
avec le Centre de Lutte contre les Maladies d'Atlanta et l'Agence
danoise pour le Développement international
Atlanta (Georgie, Etats -Unis d'Amérique), juin - juillet (15)
pour le personnel enseignant des écoles de médecine, organisé en
collaboration avec l'Agence danoise pour le Développement
international
Copenhague et Odense (Danemark), novembre (13)
Protection contre les rayonnements et surveillance et inspection
dans ce domaine - cours interrégional, en anglais, pour radio-
logues, radiothérapeutes, physiciens médicaux et sanitaires, et
ingénieurs sanitaires, organisé en collaboration avec l'AIEA et
l'Agence danoise pour le Développement international
Holte (Danemark), juillet -août (17)
Physique médicale - premier cours régional, en anglais, pour
physiciens médicaux de niveau postuniversitaire
Brisbane (Australie), juin juillet (11)
IMMUNOLOGIE
Immunologie - cours postuniversitaire, en anglais
Nairobi, mai juillet (8)
Immunologie de base - cours pour immunologistes débutants,
en anglais
São Paulo (Brésil), août -novembre (15)
Immunologie de base - deuxième cours national pour immuno-
logistes débutants, en anglais
Asyut (Egypte), mars (28)
Aspects immunologiques des maladies parasitaires - cours inter-
régional, en anglais, pour immunologistes confirmés, organisé en
collaboration avec l'Aide technique Suisse
Lausanne (Suisse), septembre (14)
Aspects moléculaires et cellulaires de l'antigénicité - cours
international, en anglais, pour chercheurs en chimie, biologie et
médecine, organisé en collaboration avec l'Organisation internationale de Recherche sur la Cellule
Rehovot (Israël), octobre (22)
PROMOTION DE LA SALUBRITÉ
DE L'ENVIRONNEMENT
Collecte, analyse et évaluation de données sur l'approvisionnement
public en eau et l'élimination des déchets - cours interrégional,
en anglais, pour fonctionnaires supérieurs chargés de planifier les
programmes d'approvisionnement public en eau et d'élimination
des déchets
Voorburg (Pays -Bas), octobre (19)
Pose de canalisations d'eau - cours national
Guyane, février (15)
Polluants de l'environnement d'importance internationale et santé
publique - cours interrégional, en anglais, pour médecins, ingénieurs et cadres supérieurs et moyens des administrations de la
santé publique
Sofia, novembre (15)
Déchets animaux - séminaire, en anglais, pour ingénieurs,
spécialistes scientifiques, fonctionnaires de la santé publique,
planificateurs, chercheurs et directeurs d'élevages
Bratislava (Tchécoslovaquie), septembre -octobre (143)
Planification régionale de la lutte contre la pollution du milieu
-
séminaire, en anglais, pour planificateurs régionaux, chercheurs,
ingénieurs et économistes
Katowice (Pologne), octobre (83)
Pollution de l'eau - deuxième séminaire régional sur la pollution
du milieu, en anglais et en français
Manille, mars (21)
Contrôle de la qualité de l'eau - séminaire national, en espagnol
Lima, octobre (45)
3.
DÉVELOPPEMENT DES PERSONNELS DE SANTÉ
55
Tableau 2 (suite)
L'analyse de système appliquée à la gestion de la qualité ae l'eau séminaire, en anglais, pour spécialistes scientifiques, chercheurs,
ingénieurs, analystes de système et planificateurs
Budapest, février (48)
Médecine du travail - deuxième cours régional, en anglais, pour
spécialistes et planificateurs de la médecine du travail, organisé en
collaboration avec l'OIT
Sydney (Australie), novembre -décembre (35)
Médecine du travail - cours national, en espagnol
Montevideo, octobre (30)
Epidémiologie des intoxications industrielles - cours régional
postuniversitaire, en anglais
Helsinki, octobre -novembre (30)
STATISTIQUES SANITAIRES
Collecte et utilisation des statistiques pour la planification et
l'évaluation des services de santé aux niveaux intermédiaire et
local - séminaire itinérant, en français, pour administrateurs
de la santé publique, statisticiens sanitaires et archivistes médicaux
Pays -Bas et Pologne, juin (9)
Statistiques démographiques et sanitaires - cours, en anglais, de
niveau postuniversitaire, pour médecins et spécialistes non
médicaux
Londres, septembre- décembre (10)
Méthodes de la statistique médicale et de l'épidémiologie - cours,
en français, de niveau postuniversitaire pour médecins et spécialistes non médicaux
Bruxelles, février -mai (5)
Application des méthodes statistiques et épidémiologiques en
médecine et en santé publique - cours, en russe, de niveau
postuniversitaire, pour médecins et spécialistes non médicaux
Bratislava (Tchécoslovaquie), septembre- décembre (10)
Classification internationale des Maladies - cours, en espagnol,
pour auxiliaires
Mexique, mai (26)
Archives médicales - deux cours nationaux pour auxiliaires
La Paz, avril juin (18)
Port of Spain, novembre -décembre (9)
Méthodes de sondage dans le secteur de la santé - séminaire
régional, en espagnol
Bogotá, décembre (20)
4.
MALADIES TRANSMISSIBLES
Les maladies transmissibles qui menacent le plus
la santé publique dans le monde peuvent être rangées
en deux grands groupes: celles que l'on peut maîtriser
4.1
grâce à des méthodes éprouvées, par exemple une
vaccination efficace, et celles qu'il est plus difficile de
combattre ou sur lesquelles on est encore mal renseigné,
par exemple le complexe des maladies respiratoires, les
maladies diarrhéiques, les infections transmises par
voie sexuelle, l'hépatite et les infections hospitalières.
Néanmoins, on possède des armes contre beaucoup de
maladies transmissibles et la seule difficulté est de les
mettre en oeuvre. C'est pourquoi l'OMS doit s'attacher
davantage à l'application pratique des mesures de
lutte connues, ce qui implique le renforcement des
personnels de santé dans les pays ainsi qu'une participation de la collectivité acquise au prix d'un effort sur
le plan de l'éducation sanitaire et de l'acceptabilité des
méthodes de traitement notamment. Cependant, les
travaux de recherche et de développement ont aussi leur
importance, et dans ce domaine l'effort principal doit
porter sur les maladies du second groupe. On trouvera
plus loin des renseignements sur diverses maladies ou
classes de maladies, les paragraphes ci -après exposant
au préalable l'évolution d'un programme qui englobe
un grand nombre des entités morbides en cause.
Programme élargi de vaccination
4.2 Le programme élargi de vaccination, qui vise
principalement sept maladies - diphtérie, rougeole,
coqueluche,
poliomyélite, tétanos, tuberculose et
variole - a été décrit dans le précédent Rapport
annuel et a fait l'objet d'un rapport de situation
présenté en mai 1975 à la Vingt- Huitième Assemblée
mondiale de la Santé. Ce programme ayant pour origine une résolution de la Vingt- Septième Assemblée
mondiale de la Santé (WHA27.57), il a paru approprié
de présenter les progrès accomplis en 1975 sous des
rubriques correspondant aux divers paragraphes du
dispositif de cette résolution.
4.3 Avis pour la mise au point de programmes de
vaccination et l'emploi des vaccins. Des directives,
assorties d'un schéma indiquant la manière de dresser
un inventaire national des ressources et des besoins,2
ont été formulées pour aider les pays à évaluer les
activités de vaccination en cours sur leur territoire,
ainsi qu'à les élargir de façon rationnelle et pratique.
Un projet de manuel sur l'achat, le stockage, la distribution et l'administration des vaccins et sur les autres
mesures pratiques à prendre pour assurer l'efficacité
1 Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphes 4.3 -4.7.
2 Fournis sur demande par la Division des Maladies transmis-
sibles, Organisation mondiale de la Santé, 1211 Genève 27,
Suisse.
des programmes et le bon emploi des vaccins a été
rédigé et soumis à un groupe de conseillers. L'OMS
collabore maintenant au développement des programmes de vaccination dans douze pays.
Contrôle de la qualité des vaccins. L'Assemblée
mondiale de la Santé a souligné qu'il importe au plus
4.4
haut point que l'OMS collabore avec les pays pour
assurer que les produits utilisés soient constamment de
bonne qualité. De toute évidence, l'Organisation ne
sera jamais en mesure de procéder à l'expertise de
tous les lots de vaccins employés dans les pays qui
n'ont pas encore de bons laboratoires nationaux de
contrôle; un laboratoire national de contrôle peut
commencer par se charger d'un petit nombre de tests
simples, puis élargir ses activités à mesure que le
personnel nécessaire est formé, et l'OMS peut, par
l'intermédiaire de ses centres collaborateurs, aider les
pays à expertiser les vaccins contre la fièvre jaune, la
variole, la diphtérie, la coqueluche et le tétanos, la
tuberculose (BCG), la poliomyélite, la rougeole et la
rage. En outre, un registre des vaccins et des producteurs de vaccins est en cours de préparation; en faisant
la synthèse des données fournies par les laboratoires
de production et les laboratoires de contrôle, il sera
possible, au fil des années, de constituer une documentation solide sur la qualité des vaccins et sa régularité et
sur leurs propriétés de conservation. Enfin, l'OMS
peut acheter des vaccins à des prix avantageux pour
le compte des gouvernements et elle a pris des dispositions afin que, dans certaines limites, ces vaccins et
d'autres fournitures puissent être payés en monnaie
locale.
4.5
Assistance de sources extranationales. Lorsqu'un
pays s'embarque dans un programme national de
vaccination, il s'engage à le maintenir à un niveau
efficace pour une période indéfinie, à défaut de quoi
les maladies ne seraient pas longues à regagner leur
incidence antérieure. (La variole constitue un cas
spécial et probablement unique.) Comme les aides
extérieures sont toujours limitées dans le temps, les
autorités nationales doivent se préparer à imputer sur
leur propre budget, dans un délai déterminé, le coût
total des programmes. Des exceptions à cette règle
générale sont possibles, mais il faut qu'elles restent
rares. En cherchant à mobiliser des aides extranationales, l'Organisation a gardé ces considérations pré-
sentes à l'esprit et, bien qu'on en soit encore aux
premiers stades de développement du programme, on
peut dire que les succès obtenus sont encourageants.
Le FISE contribue déjà directement aux programmes nationaux de vaccination en fournissant
gratuitement des vaccins, en achetant des vaccins et
4.6
d'autres fournitures indispensables pour le compte des
- 56 -
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
57
gouvernements, en aidant les pays à se procurer des
moyens de transport et des réfrigérateurs, en formant
- La plupart des pays pourraient donner beaucoup
du personnel et en soutenant la création de laboratoires
nant un effort de rationalisation et une meilleure
de production. Pour donner une idée de l'ampleur de
cette action, il suffit d'indiquer que 50 à 60 millions de
doses de BCG sont fournies annuellement. Dans ces
programmes, l'OMS et le FISE collaborent étroitement
utilisation des ressources disponibles.
et le Comité mixte FISE /OMS des Directives sanitaires,
à sa vingtième session (février 1975), a reconnu lors de
ont entamé à cette fin des négociations avec les
son examen du programme élargi de vaccination
qu'il était «grand temps que l'OMS et le FISE
redoublent d'efforts pour aider les pays à faire bénéficier les enfants de la vaccination. Il est incontestable
que la vaccination est un outil efficace qui peut donner
des résultats immédiats et dont le rapport coût/
avantages est très intéressant ».1 Depuis cette réunion,
la coopération entre les deux organismes s'est intensifiée tant au niveau de la décision qu'à celui des opérations.
4.7
- Les pays s'intéressent beaucoup à l'achat de
vaccins concentrés qui seront dilués, mis en ampoules
et étiquetés localement, et plusieurs Etats Membres
producteurs.
- Des directives pour la mise en place et la gestion
des programmes, ainsi que des manuels techniques
simples, sont jugés essentiels.
- Les principaux obstacles rencontrés tiennent à
une mauvaise gestion des programmes et à l'insuffisance des moyens de transport et de réfrigération,
mais aussi, quoique dans une moindre mesure, à
la difficulté d'obtenir des vaccins en quantités suffisantes.
Tout aussi importants sont les dons en nature et
en espèces reçus des Etats Membres, ainsi que les
fonds offerts par les organismes d'aide bilatérale. Des
contributions très appréciables ont été versées en 1975
au compte spécial créé dans le cadre du fonds bénévole
pour la promotion de la santé; leur total est indiqué
au paragraphe 14.22 et le détail en est donné dans le
Rapport financier.2
Recherche. Des travaux de recherche opérationnelle ont d'ores et déjà leur place dans le programme
élargi. Au Ghana, on étudie l'amélioration de la distribution des vaccins dans une zone rurale et une zone
4.8
urbaine et, en Suède, des résultats prometteurs ont
déjà été obtenus dans la mise au point de boîtes
réfrigérantes pour le transport et le stockage des
vaccins. Des travaux sur la distribution des vaccins
ont été également mis en train au Kenya, où se déroule
en outre une importante enquête sur la rougeole
(voir le paragraphe 4.56). D'autres travaux de recherche sur les vaccins sont décrits ailleurs dans le
présent chapitre.
4.9
plus d'extension à leurs programmes actuels moyen-
Séminaires. Le premier d'une série de séminaires
Surveillance épidémiologique des maladies transmissibles
4.10
La surveillance épidémiologique est un élément
fondamental de l'étude et de la prévention de toutes
les maladies transmissibles ainsi que de la lutte pour
en venir à bout. De nombreuses activités entreprises
dans ce domaine étant décrites dans les sections sui-
vantes du présent chapitre, on n'évoquera ici que
quelques aspects généraux. Quant à la formation de
personnel, élément essentiel du programme de l'Organi-
sation pour aider les Etats Membres à renforcer leurs
services épidémiologiques, elle a été traitée au chapitre 3.
4.11
La poliomyélite posant un problème dans le
monde entier, la Vingt- Deuxième Assemblée mondiale
de la Santé a en 1969, par sa résolution WHA22.47,
prié les Etats Membres de notifier promptement à
l'Organisation toute épidémie de cette maladie se
produisant sur une partie quelconque de leur territoire,
et de compléter ces rapports le plus rapidement possible
par des renseignements sur l'origine et le type du virus
ainsi que sur le nombre de cas et de décès. L'Organisation était invitée à diffuser les renseignements reçus
parmi les Etats Membres, le cas échéant par des voies
appropriées à l'urgence de la situation. Afin d'unifor-
sur les programmes de vaccination dans les pays en
voie de développement s'est tenu en 1974 au Ghana;3
trois autres séminaires analogues ont eu lieu en 1975
dans les Régions de l'Asie du Sud -Est, de la Méditerranée orientale et du Pacifique occidental. Les quatre
séminaires organisés jusqu'ici ont été suivis par des
participants venus de quelque cinquante -cinq pays et
les échanges de vues. et d'expérience auxquels ils ont
donné lieu ont été très utiles tant pour les participants
que pour l'Organisation. Les difficultés et les besoins
varient naturellement selon le pays et la Région, mais
ces séminaires ont montré la validité des observations
novembre 1974. Un guide révisé, qui tient compte de
l'expérience acquise sur le terrain et des recommandations formulées lors de cette réunion, a été publié en
ci -après dans la majorité des cas:
1975.4
miser les méthodes de notification et d'assurer la
comparabilité des données recueillies, un « Guide
technique pour l'établissement d'un système de
surveillance de la poliomyélite » a été préparé. Mis à
l'épreuve par un certain nombre d'Etats Membres en
1973 et au cours du premier semestre de 1974, il a été
évalué lors d'une réunion organisée par l'OMS en
4.12 Comme la surveillance internationale de
1 Actes officiels OMS, NO 228, 1975, p. 22.
2 Actes officiels OMS, N° 230, 1976.
s Premier séminaire OMS sur l'extension des programmes de
vaccination dans les pays en voie de développement, Genève,
nationale adéquate, il est important que les administrations sanitaires élaborent elles -mêmes des guides
Organisation mondiale de la Santé, 1975 (Publication offset
N° 16).
la
poliomyélite doit s'appuyer sur une surveillance
4 Relevé épidémiologique hebdomadaire, 50: 205 -209 (1975).
58
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
nationaux en fonction des circonstances locales -
toute une série de maladies transmissibles afin d'aider
situation épidémiologique, existence de services de
laboratoire et autres, etc. Parmi les problèmes à
envisager pour la préparation d'un guide technique
national doivent autant que possible figurer, outre
celui de la surveillance des cas, ceux de la couverture
vaccinale, de la surveillance de l'état d'immunité de la
les administrations sanitaires à améliorer leurs pro-
population et de la circulation du virus dans l'environ-
ou mensuels sur les maladies transmissibles sont utilisés
dans le Relevé.
nement. Les autorités nationales auront sans doute
intérêt à s'inspirer des principes énoncés dans la
version révisée du guide technique de l'Organisation.
grammes de surveillance ont tout autant d'importance.
Les administrations sanitaires nationales sont vivement
encouragées à envoyer pour publication des exposés
présentant un intérêt international. Un nombre de plus
en plus grand de rapports nationaux hebdomadaires
4.17
Depuis 1973, l'Organisation assure à Genève
un service automatique quotidien de réponse par télex
Un autre programme OMS de surveillance
qui permet de communiquer immédiatement aux
concerne les infections à Salmonella et les épidémies
de maladies transmises par les aliments qui sont dues
à d'autres causes biologiques. Ses liens avec le pro-
intéressés 1 les renseignements urgents qu'elle reçoit
4.13
gramme commun FAO /OMS de surveillance des
contaminants alimentaires (programme auquel le
PNUE est associé; voir le paragraphe 10.64) ont été
renforcés pendant l'année conformément aux recommandations formulées lors de la consultation commune
FAO /OMS qui s'est tenue à Genève en mars 1975.
4.14
Le programme OMS de
surveillance
des
Salmonella, auquel participent plus de trente centres
nationaux de référence dans toutes les régions du
monde, a été étendu dernièrement à plusieurs pays
d'Afrique et d'Asie, qui possèdent maintenant des
laboratoires fiables pour le diagnostic des Salmonella.
Des informations courantes et des rapports annuels
sont diffusés régulièrement. Un registre des sérotypes
isolés dans les différents pays et des matériels à partir
desquels ils ont été obtenus a été constitué afin de
faciliter les recherches à l'échelon national et international. Cette activité a encouragé l'élaboration de
programmes nationaux de surveillance des Salmonella;
elle a également contribué à élucider les raisons de la
propagation de certains sérotypes et a permis ainsi de
discerner les problèmes prioritaires et de prendre les
mesures de lutte appropriées. La propagation continue
de souches de Salmonella typhi et d'autres sérotypes
pharmacorésistants, associée à l'utilisation inconsidérée d'antibiotiques chez l'homme et chez l'animal,
reste préoccupante.
En ce qui concerne la surveillance des épidémies
de maladies transmises par les aliments qui sont dues
à d'autres causes, les six pays participant à cette partie
du programme, lancée en 1974, se sont entendus sur
des modalités uniformes de notification des données
épidémiologiques (agent pathogène, étendue de l'épidémie, denrées alimentaires incriminées, origine et
lieu de la contamination, lieu de consommation,
facteurs contribuant à la propagation). Dans certains
de ces pays, les administrations sanitaires ont pris des
dispositions pour mettre en place un meilleur système
national de surveillance des épidémies de maladies
d'étiologie biologique transmises par les aliments.
au sujet de maladies transmissibles. On compte une
soixantaine d'utilisateurs réguliers du service, et
l'Organisation reçoit en moyenne dix à douze demandes
de renseignements par jour. Ce nombre augmente
chaque fois que se produit un fait épidémiologique
important tel que l'introduction du choléra ou de la
variole dans un pays. Un grand nombre des utilisateurs
sont des agences de voyage, des compagnies de navigation aérienne et des firmes pharmaceutiques.
Toutefois, le service est loin d'être pleinement utilisé
par les administrations sanitaires - c'est ainsi que
seize ministères de la santé seulement y ont eu recours
une fois par semaine en 1975 - et il est peu probable
que son utilisation se développe beaucoup aussi
longtemps que les renseignements fournis à l'Organisation ne seront pas plus complets et transmis plus
rapidement.
Outre la collaboration qu'elle apporte aux
programmes et projets nationaux de surveillance dans
4.18
toutes les Régions, l'Organisation a mis sur pied un
certain nombre de projets ou d'équipes inter -pays
et fourni une aide par l'intermédiaire de centres
épidémiologiques régionaux. Ceux -ci sont au nombre
de trois en Afrique (à Abidjan, Brazzaville et Nairobi),
et un nouveau centre - le centre épidémiologique
des Caraïbes, à Port of Spain - a commencé de
fonctionner en janvier dans les Amériques.
Variole
4.15
4.19
4.16
d'échanger les indicatifs d'appel et de composer ZCZC suivi de
ENGL pour obtenir une réponse en anglais ou de FRAN pour
une réponse en français.
Le
Relevé
épidémiologique
hebdomadaire a
continué d'être pour l'Organisation l'un des principaux moyens de diffuser les renseignements reçus en
application du Règlement sanitaire international. Les
notes et les études sommaires qui y sont publiées sur
En 1975, neuvième année du programme intensifié d'éradication mondiale de la variole, l'incidence
de la maladie a fortement décliné tandis que s'accéléraient les activités dans les secteurs limités où la
transmission n'avait pas été interrompue. Au mois de
décembre, la variole semblait avoir disparu dans tous
les pays à l'exception d'un seul, l'Ethiopie, où l'on ne
comptait plus à la fin de l'année que cinquante -huit
villages infectés 2 dans quatre foyers couvrant moins
de 2% du territoire du pays.
1 I suffit d'appeler le numéro de télex 28 150 à Genève,
2 Aux fins de la surveillance dans le cadre du programme
d'éradication, un village est considéré comme infecté jusqu'à ce
que six semaines se soient écoulées après le début de l'éruption
chez le dernier cas observé et jusqu'à ce qu'une enquête spéciale
ait été faite pour confirmer qu'aucun cas nouveau ne s'est déclaré.
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
Pour les pays d'Asie, le dernier cas connu a été
enregistré en octobre 1974 au Pakistan, en avril 1975
au Népal, en mai 1975 en Inde et le 16 octobre 1975
au Bangladesh. Dans ces quatre pays, les travailleurs
sanitaires ont continué de rechercher les foyers de la
maladie non encore décelés et une récompense impor4.20
tante a été promise à quiconque détecterait un cas,
mais aucun cas actif n'a été signalé. Cette apparente disparition de la variole en Asie constitue le
succès de beaucoup le plus remarquable qui ait été
remporté jusqu'ici dans le cadre du programme mondial; ce résultat est d'une importance capitale si l'on
songe que, ces dernières années, l'Asie était le seul
réservoir de variole majeure - forme de la maladie
la plus grave, puisqu'elle tue 20 % au moins des sujets
atteints et provoque de nombreux cas de cécité. En
Ethiopie, où les souches sont moins virulentes, 1
seulement des sujets touchés succombent à la maladie
et les cas de cécité sont rares.
Le seul autre pays ayant signalé la variole en
1975 est la Somalie, où l'on a enregistré 14 cas (le
dernier au mois d'août) chez des nomades venus de
4.21
zones infectées d'Ethiopie. Ces cas ont tous été rapide-
ment détectés et isolés, de sorte que la transmission
secondaire a été prévenue.
4.22
Les réussites de l'année 1975 ont été rendues
possibles par les efforts toujours plus soutenus des gouvernements intéressés, qui ont donné au programme la
priorité absolue, et par les ressources accrues que
l'Organisation a pu consacrer aux opérations grâce
aux contributions spéciales d'Etats Membres. Au total,
quelque US S10,5 millions en espèces et en nature ont
été mis à la disposition du programme par vingt trois gouvernements et d'autres donateurs en 1975.
Au début de l'année, l'Inde était le pays le plus
fortement infecté. Des méthodes nouvelles avaient été
adoptées dans le nord du pays à la fin de 1973 pour
faciliter le dépistage précoce des cas, les travailleurs
sanitaires étant chargés de faire chaque mois des tournées d'une semaine dans tous les villages, et ensuite
4.23
dans toutes les maisons. Ces méthodes ont été ultérieurement étendues à l'ensemble du pays, puis au
Pakistan et au Bangladesh. Parallèlement, des équipes
spéciales de surveillance ont continué à rechercher les
cas possibles en visitant les marchés et les écoles.
On a pu ainsi détecter plus tôt l'apparition d'une
flambée et stopper plus rapidement la propagation de
la maladie par l'application de mesures d'endiguement
rigoureuses. Les 188 000 cas enregistrés au cours des
épidémies qui se sont produites dans tous les Etats du
nord de l'Inde en 1974 ont fait l'objet d'une documentation beaucoup plus importante que les flambées précédentes. Ces épidémies avaient atteint leur intensité
maximale au mois de mai, plus de 8400 villages ayant
été déclarés infectés. En janvier 1975, le nombre des
villages infectés était tombé à 330 et il a continué de
diminuer régulièrement par la suite. C'est le 17 mai
59
1975 que le dernier cas indigène de variole a été notifié
en Inde - dans le district de Katihar, Etat de Bihar et l'ensemble du pays a été déclaré exempt de variole
en juillet. La récompense offerte à quiconque détecterait un cas confirmé de variole a été portée à 1000 roupies (soit environ US $115) mais l'occasion de la verser
ne s'est pas encore présentée. L'exploration systématique, maison par maison, des 576 000 villages et des
2600 villes de l'Inde - pour laquelle ont été mobilisés
quelque cent mille travailleurs sanitaires - s'est poursuivie, mensuellement dans les Etats bordant la frontière avec le Bangladesh et tous les deux mois dans le
reste du pays. Des équipes indépendantes ont réguliè-
rement contrôlé la qualité du travail accompli pour
repérer d'éventuelles lacunes et y remédier. Dans tous
les hôpitaux et tous les centres de santé primaires, un
registre spécial des « rumeurs de variole » a été établi
par le personnel sanitaire national pour le contrôle de
tous les cas suspects. Afin de faciliter le dépistage des
cas importés du Bangladesh, des postes de surveillance
ont été mis sur pied à la frontière et à proximité pour
vacciner les nouveaux arrivants, et des équipes spéciales
ont été chargées d'assurer une stricte surveillance au
sein des colonies de ressortissants du Bangladesh en
Inde. Ces efforts se poursuivent avec l'aide de l'Organisation, des gouvernements de nombreux Etats
Membres, de plusieurs autres institutions et d'organisations privées.
semblait devoir être
rapidement maîtrisée à la fin de 1974. Le nombre des
villages infectés, presque tous situés dans deux districts
du nord du pays, est passé de 940 en mai 1974 à 91 au
début de novembre 1975. Il faut toutefois noter que ces
deux districts avaient été dévastés par des inondations
au cours de l'été 1974, et des centaines de milliers de
personnes, dont certaines étaient atteintes de variole,
ont quitté la région en quête de nourriture et de travail
4.24 Au Bangladesh,
quand les réserves ont commencé à diminuer. La
variole s'est alors rapidement propagée dans tout le
pays, dont les dix -neuf districts ont été infectés.
Au mois d'avril 1975, 1280 villages environ étaient
atteints. Un programme d'urgence a été mis en train
au début du mois de février en vertu d'un décret
présidentiel; des effectifs accrus de personnel national
et de personnel OMS ont été mobilisés; des moyens de
transport supplémentaires et des crédits additionnels
ont été fournis grâce aux contributions spéciales de la
Suède et de plusieurs autres Etats Membres. Un dépis-
tage actif et systématique, analogue à celui pratiqué
en Inde, a été entrepris, et des méthodes d'endiguement
plus strictes ont été appliquées. Il n'y avait plus que
cinq cents villages infectés à la fin de juin et trente huit seulement à la fin d'août. Le dernier cas de variole
connu s'est déclaré le 16 octobre dans le district de
Barisal. Comme en Inde, le dépistage mensuel maison
par maison s'est poursuivi, des équipes spéciales ont
été chargées de contrôler constamment les marchés et
les écoles et la récompense offerte pour la découverte
d'un cas a été augmentée (à 500 takas, soit environ
60
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
US $35). Le risque de persistance d'un foyer caché a
progressivement diminué et le pays a été déclaré
exempt de la maladie en novembre.
des équipes de surveillance ont poursuivi la recherche
systématique d'éventuels foyers cachés et ont participé
à l'exécution de programmes de vaccination par le
BCG et contre la fièvre jaune. Bien que les activités de
4.25 L'autre pays d'Asie où la transmission de la
lutte aient dû être temporairement interrompues en
maladie a été interrompue pendant l'année est le Népal.
Erythrée, la variole était éliminée de la région en 1973
et un dépistage actif ainsi que des opérations de vaccination dans les zones adjacentes n'ont révélé aucun cas
dans un rayon de 400 km. La campagne de vaccination
se poursuit dans tout le pays. Plus de deux millions de
vaccinations ont été administrées dans la seule année
1975, ce qui en porte le total à près de douze millions
depuis le début du programme en 1971 - soit près de
la moitié du nombre des habitants du pays. Bien que
l'incidence de la variole en Ethiopie soit très faible, des
difficultés considérables restent à éliminer avant que
l'éradication de la maladie soit réalisée dans ce pays.
Possédant une longue frontière avec l'Etat indien le
plus récemment et le plus durement touché, ce pays a
enregistré 120 importations en 1974 et 2 en 1975.
La plupart de ces importations ont été rapidement
détectées et les flambées ont pu être maîtrisées --- sauf
dans quelques cas où la propagation de la maladie
s'est poursuivie. En tout, 95 cas de variole ont été
découverts en 1975, le dernier le 6 avril. Les opérations
de dépistage menées par les personnels des services
nationaux de lutte antivariolique et antipaludique, qui
ont continué pendant tout le reste de l'année, sont
demeurées vaines.
En Ethiopie, dernier pays où subsiste l'infection, l'incidence de la variole a baissé de plus de 10
en 1975 et l'on pense que la transmission a été interrompue dans quinze des dix -neuf circonscriptions
administratives. Les opérations de lutte ont été pro4.26
gressivement intensifiées pendant l'année. Le transport
des fournitures et équipements nécessaires dans les
régions escarpées du centre -nord a été grandement
facilité par l'utilisation d'hélicoptères, grâce notamment à des crédits du Gouvernement des Etats -Unis
d'Amérique. Deux hélicoptères avaient été mis en
service en novembre 1974, un troisième l'a été en
août 1975 et un quatrième en novembre 1975. Une
assistance supplémentaire importante a été fournie par
le Gouvernement, et les effectifs de personnel éthiopien sont passés de moins de cent au début de l'année
à plus de cinq cents au mois de décembre. En outre,
des personnels internationaux précédemment en poste
en Inde et au Bangladesh ont été affectés au programme et les dons de plusieurs gouvernements ont permis
d'obtenir des fournitures et des équipements supplémentaires et de couvrir les dépenses locales. Toutefois,
de nombreuses difficultés entravent encore l'action
menée. La plupart des poussées épidémiques se produisent dans des régions comptant parmi les plus
accidentées et les plus inaccessibles du continent africain; les populations rurales opposent une très forte
résistance à la vaccination, surtout parce qu'elle est
encore pour eux chose inconnue; il arrive très souvent
que l'on manque d'essence pour les véhicules; enfin,
des troubles politiques ont à plusieurs reprises interdit
toute activité à l'intérieur et au voisinage des zones
d'endémicité. Néanmoins, l'accroissement des effectifs de personnel, l'assistance d'autorités régionales et
locales, la distribution de différents types de médicaments et les encouragements prodigués aux populations
villageoises qui hésitent à se faire vacciner, conjugués
à beaucoup de patience et de persévérance, ont permis
de surmonter de nombreuses difficultés. Le nombre des
L'Organisation a continué d'apporter son concours à tous les pays d'Afrique en leur fournissant du
vaccin, des fournitures, du matériel et des services de
diagnostic de laboratoire. Outre les 14 cas détectés en
Somalie, des rumeurs faisant état de cas suspects ont
circulé dans plusieurs pays; ces cas ont été soigneusement contrôlés par des équipes mixtes nationales /OMS
et aucune des rumeurs ne s'est révélée fondée.
4.27
4.28
Des études extensives ont été mises en train
pendant l'été dans les quinze pays d'Afrique occidentale ayant notifié leurs derniers cas de variole en 1970,
afin de préparer les travaux d'une commission internationale qui évaluera la situation dans ces pays en
1976. En août 1973, une commission du même type a
officiellement confirmé l'éradication de la variole dans
la Région des Amériques, où le dernier cas remontait
à avril 1971; en avril 1974, une autre commission a
déclaré la variole également vaincue en Indonésie, où
aucun cas n'avait été signalé depuis vingt -huit mois.
Des évaluations analogues sont prévues pour d'autres
régions de l'Afrique ainsi que pour les anciens pays
d'endémicité d'Asie.
4.29 A mesure que l'on se rapproche de l'éradication,
il devient de plus en plus nécessaire de déterminer avec
une certitude absolue la cause de tout cas de maladie
évoquant la variole se produisant dans un pays quelconque. Au cours de l'année, 670 échantillons prélevés dans vingt et un pays sur des cas suspects ont été
analysés par les centres collaborateurs OM S pour la
variole et les autres infections à poxvirus, à Moscou et
à Atlanta (Georgie, Etats -Unis d'Amérique). A
Utrecht (Pays -Bas) et à Toronto (Canada), les centres
collaborateurs OMS pour le vaccin antivariolique ont
expertisé 169 lots de vaccin choisis au hasard dans des
laboratoires de divers pays - sondage qui équivaut
au contrôle de plus de trois cents millions de doses.
Trois nouveaux cas de monkeypox ont été
villages infectés, qui avait atteint un maximum de
144 à la fin de juin, a depuis diminué plus ou moins
régulièrement pour s'établir à 58 à la fin de l'année.
4.30
Dans toutes les circonscriptions administratives sup-
blème. Bien que le réservoir de la maladie reste inconnu,
posées exemptes de variole, à l'exception de l'Erythrée,
le fait qu'aucun cas de variole n'a été détecté depuis
détectés pendant l'année au Zaïre et confirmés par les
centres collaborateurs de l'OMS qui étudient ce pro-
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
plus de quatre ans dans cette partie de l'Afrique et plus particulièrement dans les régions du Zaïre le
plus directement concernées - tendrait à confirmer
l'hypothèse selon laquelle cette maladie n'a aucune
incidence épidémiologique sur l'éradication de la
61
gastro- entérite infantile et un certain nombre d'affections des voies respiratoires d'origine virale. Le groupe
a en outre recommandé une étude plus approfondie des
virus pouvant être responsables de maladies chroniques
ou « lentes » et des virus en rapport avec le cancer.
variole. Les recherches sur les souches de variole et de
vaccine se poursuivent; on étudie également des
moyens d'améliorer les techniques de diagnostic de
laboratoire, qui prennent une importance croissante
dans la dernière phase (surveillance) du programme.
Lorsqu'elle sera réalisée, l'éradication de la
variole pourra être citée comme l'un des grands triomphes de l'humanité; pour la première fois en effet,
hommes et femmes seront parvenus, en conjuguant
leurs efforts, à éliminer totalement un fléau naturel.
Il faudra néanmoins mettre tout en ceuvre pour que ce
4.31
résultat ne soit pas anéanti par la réapparition soudaine
du virus, qui est hautement infectieux, dans des
populations désormais privées de l'immunité que
pouvait leur avoir conférée la vaccination ou une
infection naturelle antérieure. Aussi l'Organisation
s'efforce -t -elle, en collaboration avec les autorités
nationales, d'enregistrer tous les laboratoires qui utilisent encore des virus de la variole à des fins de recherche virologique. Il s'agit de réduire autant que possible
le nombre de ces laboratoires et de prendre les précautions adéquates pour empêcher la propagation accidentelle de la maladie à partir de quelques établissements qui conserveraient des virus postérieurement à
son éradication.
4.34
Le réseau de centres collaborateurs OMS de
référence et de recherche et les centres collaborateurs
OMS de virologie ont continué de jouer un rôle impor-
tant dans l'exécution du programme. Une de leurs
principales fonctions consiste à aider les laboratoires
nationaux, particulièrement ceux des pays en voie de
développement, en leur fournissant des services de
référence pour l'identification des souches, des avis
techniques, une aide en matière de formation et des
réactifs. Vingt et un laboratoires de douze pays des
Amériques ont participé à un programme d'essais
visant à standardiser les méthodes.
Programme de fourniture de réactifs
4.35
Une priorité élevée est accordée depuis quinze
ans au programme de fourniture de réactifs viraux
afin de répondre à la demande croissante de prépara-
tions standardisées qui émane de laboratoires de
recherche et de diagnostic. Grâce à une large coopération avec les centres collaborateurs OMS de référence
et de recherche pour les virus, des souches virales
prototypes ainsi que des immunsérums de référence
et de travail sont disponibles, ou sont en préparation ou
complète sur le programme d'éradication de la variole
en raison de son importance historique et, plus encore,
à l'essai, pour pratiquement tous les types identifiés
d'entérovirus, de virus respiratoires et d'autres virus
importants en santé publique, y compris ceux de la
rougeole, de l'herpès, de la rubéole et de l'hépatite B.
de l'intérêt qu'il présente sur le plan opérationnel et
épidémiologique. Comme on l'a souligné lors de la
4.36
4.32
On a entrepris d'établir une documentation
Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, cette
documentation fournira de précieuses indications pour
la conduite d'autres programmes de lutte contre les
maladies.
Maladies à virus, à Chlamydia, à rickettsies et maladies
apparentées
4.33
Un groupe scientifique réuni en septembre a
passé en revue le programme de l'OMS sur les maladies
virales; il a formulé des recommandations concernant
l'adaptation du programme en fonction de l'évolution
intervenue en santé publique et la mise à profit des
progrès récents de la virologie. Le groupe a préconisé
le maintien du programme de fourniture de réactifs, du
réseau de centres collaborateurs et du système de
notification virologique ainsi qu'une aide plus directe
aux pays (assistance en cas d'épidémie, soutien aux
campagnes de vaccination, aux laboratoires pour la
formation de personnel et à la recherche scientifique).
Il a fait des recommandations particulières au sujet de
plusieurs maladies importantes en santé publique,
spécialement celles dont les agents étiologiques ont été
récemment caractérisés comme l'hépatite virale, la
Un important effort est actuellement fait pour
préparer les antigènes nécessaires aux épreuves sérologiques. C'est ainsi que sept centres collaborateurs de
l'OMS ont préparé et sont en train d'essayer les antigènes fixant le complément ou inhibant l'hémagglutination pour seize virus. Le but de ce programme est
d'aider les laboratoires nouvellement créés, surtout dans
les pays en voie de développement, à organiser des
services diagnostiques permanents en leur fournissant
des antigènes de référence. Il devrait aussi aider à améliorer le système OMS de notification virologique dans
les pays où l'on ne possède encore que peu d'informations sur l'incidence des affections virales.
On a besoin de cultures cellulaires non contaminées, bien caractérisées et d'une sensibilité connue
pour les isolements de virus, l'étude de leurs propriétés
et surtout l'obtention de résultats comparables. Depuis
quelque temps, l'American Type Culture Collection
assure l'approvisionnement des centres collaborateurs
en cultures cellulaires de référence: plus de 160 lignées
cellulaires sont actuellement disponibles. Dans des cas
particuliers, certains laboratoires ont été régulièrement
approvisionnés en quantités limitées de cultures tissulaires; mais, en raison des frais d'expédition, l'OMS
4.37
62
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
les encourage à constituer eux -mêmes leur collection
de lignées cellulaires pour les cultures et elle les aide à
Système de notification virologique
cet effet.
4.41
Equipe OMS chargée d'études virologiques spéciales en
Afrique
Cette équipe, qui travaille à l'Institut de Recherche sur les Virus d'Afrique orientale à Entebbe (Ouganda), a poursuivi ses études sur la substance inhibant
la prolifération du poliovirus, trouvée dans la salive
d'environ 60 % des enfants examinés en Ouganda.' Il
4.38
est maintenant bien établi que, si cet inhibiteur est
présent dans la salive au moment de l'ingestion du
vaccin antipoliomyélitique, la réponse sérologique
peut être très atténuée. L'action de l'inhibiteur ainsi
que le phénomène d'interférence noté en présence
d'autres entérovirus expliquent peut -être que les résultats de la vaccination antipoliomyélitique soient souvent moins bons dans les régions tropicales que dans
les régions tempérées.2
4.39
L'équipe a également poursuivi l'étude des
infections des voies respiratoires supérieures et inférieures chez les enfants vivant dans des pays chauds;
il s'agissait surtout du virus syncytial, des virus para grippaux et des adénovirus. A partir de cultures de
tissu de lymphome de Burkitt on a pu isoler deux
agents à l'origine de la formation de syncytiums qui
semblent différer des agents actuellement connus. Des
membres de l'équipe ont également participé à l'enseignement de la virologie à l'Université Makerere et au
Collège technique ougandais de Kampala, et ils ont
formé des techniciens locaux aux pratiques de laboratoire.
Une nouvelle édition de la liste mondiale des
laboratoires de virologie a été publiée.3 On y trouve des
renseignements sur la nature et l'étendue des activités
de 538 laboratoires situés dans 86 pays ou zones.
Malgré les efforts déployés ces dernières années, en
particulier par l'OMS, ces laboratoires sont très inégalement répartis dans le monde comme le montre le
tableau suivant:
Nombre de
Régions de l'OMS
Afrique
Amériques
Mie du Sud -Est
Europe
Méditerranée
orientale
Pacifique occidental
collecte et de diffusion de renseignements sur les infec-
tions à virus autres que les arbovirus. Bien que la
majorité des 119 laboratoires ayant envoyé des rapports
soient situés dans les pays développés, les chiffres ci-
dessous témoignent de la collaboration apportée par
un certain nombre de pays en voie de développement:
Régions de l'OMS
Afrique
Amériques
Asie du Sud -Est
Europe
Méditerranée orientale
Pacifique occidental
Nombre de
pays ou zones
6
9
2
23
Nombre de
laboratoires
7
17
2
84
3
3
4
6
Les données reçues des laboratoires participant
au système de notification virologique font l'objet de
rapports trimestriels et annuels; elles permettent en
outre de suivre et d'analyser les tendances mondiales
des infections virales. Une étude a été faite au cours de
l'année sur les 2035 décès associés à des infections
virales et signalés à ''OMS pendant la période 19671974: plus d'un tiers de ces décès étaient en rapport
avec le virus grippal A et environ un sixième avec un
4.42
herpesvirus. Il importe cependant de noter que ces
chiffres reflètent la tendance dans le monde industriel-
lement développé, qui fournit la grande masse des
rapports sur les infections virales. Dans le monde en
voie de développement, ce sont les entérovirus - polio -
virus en particulier - qui viennent en tête de liste, et
près de 90 % des décès associés à ces virus se sont
Liste mondiale des laboratoires de virologie
4.40
Depuis la création du système en 1967, l'OMS
a reçu plus de 280 000 rapports sur des affections
virales. En 1975, elle en a reçu près de 55 000 provenant de 47 pays qui participent à ce système de
Membres et de
Nombre de
laboratoires
Nombre de
pays ou zones
Membres associés
dans la Région
17
11
149
19
37
28
24
285
6
10
29
34
18
10
23
45
11
15
produits chez les jeunes.
4.43
Le pourcentage des décès associés au virus
grippal A varie dans des proportions importantes d'une
année à l'autre. Mise à part l'année 1967, le pourcentage le plus bas a été observé en 1974 (environ 14 %),
année où l'on a signalé au contraire le plus fort pour-
centage (8 %) de décès associés au virus grippal B ce qui concorde bien avec le tableau épidémiologique
de la grippe B dans l'hémisphère nord en 1974. Le
pourcentage des décès attribués aux herpesvirus est
beaucoup plus constant d'une année à l'autre. Les
décès associés à la grippe A ont été surtout signalés en
décembre, janvier et février, et les décès dus à la
grippe B en février et mars. Les infections fatales à
herpesvirus ont été rapportées uniformément tout au
long de l'année. Comme on pouvait s'y attendre, les
maladies de l'appareil respiratoire ont été le plus souvent associées aux décès attribués à la grippe (plus de
' Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 4.33.
2 DSmSk, I. et al. Bulletin de l'Organisation mondiale de la
Santé, 51: 333 (1974).
3 Fournie sur demande par l'unité des Maladies à virus, Organisation mondiale de la Santé, 1211 Genève 27, Suisse.
80 % pour la grippe A et plus de 65 % pour la grippe B),
mais des atteintes au système nerveux ont été invoquées
dans près d'un cinquième des cas mortels de grippe B.
Le système nerveux central a été frappé dans 65 % des
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
décès associés aux herpesvirus. Plus de 85 % des décès
dus à la grippe A se sont produits chez des adultes,
alors que pour le virus B les décès étaient également
répartis entre enfants et adultes. Parmi les décès dus
aux herpesvirus, 40 % se sont produits chez des enfants.
63
été trouvée. L'un et l'autre variants ont été isolés dans
l'hémisphère sud. D'une manière générale, les souches
B n'ont été observées qu'assez rarement. Au milieu de
1975 un certain nombre d'entre elles, provenant d'Aus-
tralie et d'Afrique du Sud, présentaient une légère
différence antigénique par rapport au type B /Hong
Kong /5/72.
Grippe
4.44 En 1975, des renseignements communiqués sur
la grippe par près de cinquante pays des cinq continents
(surtout par le réseau de centres nationaux de la grippe
et par les centres collaborateurs OMS de référence et
de recherche sur la grippe) ont été publiés dans le
Relevé épidémiologique hebdomadaire. Tous les pays ont
notifié des infections dues au virus A, signalant surtout
des poussées locales mais aussi une augmentation du
nombre de cas sporadiques. Des épidémies ont cepen-
dant été enregistrées, très importantes en Hongrie,
au Maroc et en Pologne, et moyennement importantes
à Trinité -et- Tobago, dans quelques pays d'Afrique
tropicale et d'Asie méridionale et dans un certain
nombre de pays européens. Dans l'hémisphère sud, il
n'a été signalé que des cas sporadiques ou poussées
locales associés aux virus A et B en Océanie et à
l'extrême sud de l'Afrique; un seul pays d'Amérique
du Sud a signalé quelques infections à virus A. La
plupart des pays où sont survenues des épidémies plus
ou moins importantes en 1975 avaient été épargnés
par le virus A en 1974. En Ecosse toutefois, une épi-
démie modérée a été provoquée par un nouveau
variant (voir ci- après). De nombreux pays ont connu
leur quatrième épidémie de grippe A en quatre années
consécutives. Il semble donc que, dans ces pays, le
cycle habituellement biennal ou triennal des poussées
Il y a de fortes chances pour que le variant
A /Scotland prédomine pendant la saison grippale
4.47
1975 -1976; dans ce cas, les vaccins à base seulement de
A /Port Chalmers, tout en continuant de conférer une
certaine protection, n'auraient pas une efficacité optimale. Les centres collaborateurs de l'OM S à Londres et
à Atlanta (Georgie, Etats -Unis d'Amérique) ont donc
recommandé que les vaccins utilisés pendant la saison
1975 -1976 contiennent une proportion égale des deux
souches A ou de souches qui leur sont antigéniquement
apparentées, ainsi qu'une souche de type B /Hong
Kong /5/72. Le centre de Londres a mis à la disposition
des fabricants de vaccins un recombinant préparé avec
le variant A /Scotland. L'efficacité des vaccins vivants
n'a pas encore été démontrée et une étude collective sur
ce type de vaccin va être entreprise.
4.48 Comme on ne peut exclure la possibilité qu'apparaisse soudainement une nouvelle souche pandémique résultant d'une importante déviation antigénique, les activités de surveillance des 97 centres
nationaux de la grippe sont actuellement renforcées.
Une conférence- atelier sur les techniques avancées de
laboratoire pour le diagnostic de la grippe, qui s'est
tenue à Kuala Lumpur en octobre, a réuni les directeurs
de grippe A ait été modifié par l'apparition chaque
de centres nationaux de la grippe de douze pays ou
année de nouveaux variants du virus A /Hong Kong /68.
zones de l'Asie du Sud -Est et du Pacifique occidental.
Un manuel sur ces techniques a été publié par le
4.45
centre collaborateur de l'OMS aux Etats -Unis d'Amé-
grippes A et B pendant la saison 1974 -1975, sauf dans
deux pays, Israël et la Tchécoslovaquie.
4.49
L'étude de la surmortalité par maladies respiratoires a confirmé les faibles retentissements des
rique.
Le centre collaborateur de l'OMS à Londres
a utilisé la technique simple d'enquête séro- épidémiolo-
Les souches de virus isolées dans des pays
gique qu'il a récemment mise au point,2 et qui est
européens et africains et envoyées au centre collaborateur de l'OMS à Londres pennant la saison 1974 -1975
étaient antigéniquement proches soit de A /Port
Chalmers /1/73 (qui avait prédominé en 1973 -1974),
soit d'une nouvelle souche appelée A /Scotland /840/74.
quelque 17 000 échantillons de sérums prélevés en
série dans quatre villages de la Gambie pendant plusieurs années. Alors que chez les Européens le taux
4.46
Par la suite, on a constaté que cette dernière était,
malgré cette désignation, antigéniquement semblable à
une souche reçue d'Australie en septembre 1974.
décrite dans le manuel mentionné ci- dessus, pour tester
d'anticorps demeure habituellement assez élevé jusqu'à
trois ans après une atteinte grippale, chez les Gambiens
l'immunité semble souvent très brève, une même personne pouvant être infectée plusieurs fois par le même
L'ampleur de la répartition du variant A /Scotland a
été mise en évidence par des isolats obtenus à Coonoor
(Inde du sud) à la fin de 1974 et au début de 1975.
' Département de la Santé, de l'Education et de la Prévoyance
sociale des Etats -Unis d'Amérique; Centre de Lutte contre les
Aux Etats -Unis d'Amérique par contre, tous les virus
isolés étaient très voisins de A /Port Chalmers et aucune
souche identique au nouveau variant A /Scotland n'a
officiels OMS, No 213, 1974, paragraphe 1.36.
Maladies. Advanced laboratory techniques for influenza diagnosis,
Atlanta (Georgie), 1975.
a Technique d'immunodiffusion radiale simple; voir Actes
64
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
variant en un court laps de temps. On s'efforcera par
spéciales de virologie (voir le paragraphe 4.38), et les
des études complémentaires d'élucider la cause de cette
différence frappante.
laboratoires de Dakar, Bangui et Kinshasa. On va
4.50
Les études faites en 1975 sur l'écologie du
virus A ont confirmé le rôle des réservoirs mondiaux de
grippe constitués par les mammifères et les oiseaux.
Jusqu'à présent, 24 sous -types du virus A ont été
identifiés -4 chez l'homme, 2 chez le cheval, 1 chez
le porc et 17 chez les oiseaux. Les antigènes présents
dans les souches humaines ou des antigènes très voisins ont tous été trouvés dans les souches aviaires; il
semble donc possible que les oiseaux soient l'hôte initial
et le réservoir principal du virus A. Pour encourager la
recherche du virus de la grippe chez les animaux, l'OMS
a largement diffusé auprès des vétérinaires un document
qui expose les techniques d'isolement et d'identification
des virus et appelle l'attention sur le manuel cité au
paragraphe 4.48.
Poliomyélite 1
4.51
Le groupe consultatif constitué par l'Organisa-
tion pour donner des avis sur le vaccin antipoliomyélitique buccal préparé à partir de souches Sabin
s'est réuni en novembre. L'OMS a accepté en 1973 de
se charger du stockage et de la distribution de ces
souches à la demande du Dr Sabin qui avait jusqu'alors
assumé personnellement cette responsabilité. Les par-
ticipants ont examiné les cas de paralysie spinale
persistante qui se sont produits dans dix pays au cours
de la période 1970 -1974.2 Bien que l'analyse des données
ne soit pas encore terminée, il est clair que la situation
se présente tout à fait différemment selon que les pays
utilisent le vaccin tout au long de l'année ou pour des
campagnes de courte durée. La fabrication de vaccin
antipoliomyélitique buccal dans plusieurs pays a été
examinée et il a été décidé qu'un matériel d'ensemen-
cement OMS serait préparé à partir des souches
Sabin originales.
Gastro- entérite virale
procéder à une étude semblable dans les pays tropicaux
d'Amérique latine, où l'on estime qu'en 1973 l'entérite
et diverses autres maladies diarrhéiques ont été responsables de 2 % à 40 % (selon les pays) des décès chez les
enfants de moins d'un an et de 3 % à 37 % chez les
enfants d'un à quatre ans. On s'efforce en outre de
standardiser les techniques appliquées dans les études
séro -épidémiologiques afin de caractériser les agents
antigéniquement voisins dans les deux groupes de virus
en cause.
Hépatite virale
En collaboration avec le Gouvernement de la
Roumanie, un groupe de travail de l'hépatite B s'est
réuni à Bucarest afin d'étudier l'épidémiologie de la
maladie et les mesures de lutte, et de proposer une
action préventive dans les pays de la Région euro4.53
péenne.
4.54
Une étude collective a été entreprise pour
évaluer la prévalence de l'hépatite B dans différentes
régions du monde. La première phase, qui s'est
achevée en 1974,3 a consisté à standardiser les méthodes et les réactifs employés dans l'étude. La deuxième
phase, qui est en cours, doit fournir aux fins de com-
paraison des chiffres concernant la prévalence de
l'antigène et de l'anticorps de l'hépatite B, selon l'âge
et le sexe, dans la population générale et dans des
populations à risque élevé de différentes régions du
monde. Elle fournira en outre des renseignements sur
la répartition géographique des sous -types et leur
relation avec différentes manifestations cliniques.
Trente -trois laboratoires de vingt -cinq pays participent
à ce travail. Une étude coordonnée par l'OMS en
Amérique latine et dans les Caraïbes a montré que les
sous -types prédominants chez les porteurs dans la
population générale (sous -type adw) n'étaient pas les
mêmes que chez les cas aigus (ayw); elle a également
indiqué que les sujets porteurs de l'antigène de l'hépatite B étaient plus nombreux dans les populations
4.52
On a récemment montré que des agents pathogènes voisins des parvovirus et réovirus étaient res-
rurales isolées.
ponsables de gastro- entérites non bactériennes aiguës.
4.55
Dans les régions à climat tempéré, l'infection atteint
principalement les enfants et vient au second rang des
maladies transmissibles chez l'homme après les infec-
tivé contre l'hépatite B va progresser. Cependant,
comme l'a souligné une consultation en 1974,4 la
tions de l'appareil respiratoire. Dans les pays tropicaux,
les études limitées qui ont été faites donnent à penser
que la prévalence de ces agents est élevée, mais des
informations complémentaires sont nécessaires. C'est
pourquoi on a entrepris une étude collective à laquelle
participent le centre collaborateur OMS de référence
et de recherche pour les virus à Bethesda (Maryland,
Etats -Unis d'Amérique), l'équipe OMS pour les études
1 Voir aussi les paragraphes 4.11 -12 et 4.38.
2 Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 4.45.
On espère que la préparation d'un vaccin inac-
méthode de préparation, qui comporte la purification
de sérums humains riches en antigène, s'écarte des
méthodes utilisées pour d'autres vaccins; il faudra donc
prendre les plus grandes précautions pour assurer sa
sécurité d'emploi. Le virus de l'hépatite A a récemment
été mis en évidence au microscope électronique et
transmis à des marmousets et à des chimpanzés. Des
études sérologiques sont donc maintenant possibles
pour l'hépatite A comme pour l'hépatite B. Enfin,
3 Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 4.47.
4 Série de Rapports techniques OMS, No 570, 1975.
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
d'après certaines investigations préliminaires, certaines hépatites posttransfusionnelles pourraient être
dues à un troisième virus.
Rougeole
4.56
Parmi les populations de nombreuses régions
en voie de développement, la rougeole est fréquemment
mortelle ou très grave. Une étude conjointe du Minis-
tère de la Santé du Kenya, de l'Institut tropical royal
d'Amsterdam (Pays -Bas) et de l'OMS a pour objet des
maladies évoquant la rougeole qu'on observe au Kenya
chez de très jeunes enfants. Il a été établi que près de
100 % des enfants possèdent à la naissance des anti-
corps maternels inhibant l'hémagglutination et que
ceux -ci disparaissent à l'âge de 5 -6 mois laissant
65
entraîné l'apparition de cas humains à l'est du canal
de Panama, était peut -être la plus dangereuse, le virus
risquant de franchir le canal et de pénétrer, comme il
l'avait fait en 1950, dans les zones urbaines de l'Amérique moyenne où Aedes aegypti n'a pas été éradiqué.
Une enquête épidémiologique menée au Panama dans
le bassin du Bayano par l'Institut Gorgas avec l'aide de
l'OMS a permis d'isoler le virus chez des moustiques
Haemogogus et chez des singes hurleurs, ce qui montre
qu'il existe un cycle épizootique du virus. On s'est
ensuite efforcé de réduire la densité des moustiques
dans le dôme de verdure au moyen de pulvérisations
aériennes de malathion sous volume ultra -faible. La
lutte contre Ae. aegypti a été renforcée dans les villes;
la population a été vaccinée et aucun nouveau cas n'a
été observé. En 1975, c'est la Bolivie qui a enregistré
la plus forte incidence de fièvre jaune sylvatique, avec
l'enfant sensible à l'infection. Chez 62 des 200 enfants
du Kenya âgés de 4 à 9 mois et présentant des éruptions qui ont été examinés, le diagnostic de rougeole a
été confirmé en laboratoire, mais la proportion réelle
plus de 98 cas et 51 décès parmi des hommes non
des cas dus au virus de la rougeole est sans doute
été dépistés à proximité en Equateur (province de
vaccinés travaillant en forêt. Deux cas se sont en outre
produits en Colombie près de la frontière équatorienne
et, très peu de temps après, un cas puis un second ont
supérieure. On étudie actuellement le titre d'anticorps
produit par la vaccination à 5 -9 mois et la durée de la
période pendant laquelle ce titre se maintient, ainsi que
la protection conférée contre l'infection naturelle.
Napo). En raison de la menace croissante que présente
Cytomégalovirus
était exclusivement chargé de la dengue.
4.57
la fièvre jaune, le programme de surveillance de la
dengue, de la fièvre jaune et d'A e. aegypti dans les
Amériques a été renforcé par l'établissement d'un
comité consultatif scientifique qui couvre ces trois
secteurs alors que l'ancien comité, qu'il a remplacé,
Dans le prolongement d'une enquête sur les
anticorps anti- cytomégalovirus fixant le complément
chez l'adulte, une étude collective a été entreprise pour
déterminer dans différentes régions du monde l'âge
d'apparition des anticorps chez les enfants de 4 mois
à 4 ans.' Tous les laboratoires ont utilisé les mêmes
réactifs et les mêmes méthodes. Les sérums ont été
deux fois testés, soit par les laboratoires participant
à l'étude et par le laboratoire collaborateur OMS pour
les virus à Saint -Gall (Suisse). Les résultats préliminaires indiquent que les enfants acquièrent des anticorps anti- cytomégalovirus beaucoup plus tôt dans les
pays en voie de développement que dans les pays
développés. La phase suivante de l'étude sera centrée
sur l'isolement des souches chez des enfants infectés.
4.59 En Afrique, on a diagnostiqué un cas de fièvre
jaune sylvatique dans la République -Unie du Cameroun et deux autres en Sierra Leone. L'Organisation a
fourni à la Sierra Leone et aux pays voisins du vaccin
et du matériel de vaccination. On dispose d'un stock
d'urgence de vaccins à l'Institut Pasteur de Dakar
(centre collaborateur de l'OMS) et de matériel d'enquête sérologique au centre de surveillance épidémiologique à Abidjan. Le cycle sylvatique du virus de la
fièvre jaune en Afrique occidentale étant encore peu
connu, l'OMS a soutenu des programmes de recherches
sur la transmission du virus dans les zones de forêt.
C'est ainsi que cinq souches ont été isolées par l'Institut
Pasteur de Bangui sur Ae. africanus capturé en 1974
dans une région du nord de la République Centrafricaine où des enfants non vaccinés étaient séropositifs.
Arboviroses
Le virus a également été isolé par des agents de
Dans les Amériques, les années 1973 et 1974
ont été marquées par une progression de la fièvre
jaune vers le sud du Brésil, phénomène qui se répète
ordinairement tous les six à dix ans. Le virus a atteint
la partie septentrionale du Paraguay. A la suite des
dans la forêt galerie proche de la frontière entre la
4.58
vaccinations de masse exécutées au Brésil avec l'appui
de l'OMS, aucun nouveau cas n'a été observé dans
cette zone en 1975. L'autre poussée du virus, qui a
' Actes officiels OMS, No 213, 1974, paragraphe 1.44.
l'Institut Pasteur d'Abidjan sur Ae. africanus capturé
Côte d'Ivoire et la Guinée. Les isolements - confirmés
par le centre collaborateur de l'OMS à l'Institut
Pasteur de Dakar - ont été opérés à la fin de la saison
des pluies en des endroits où la forêt et la savane se
rejoignent; la relative facilité avec laquelle ils ont été
obtenus montre que, lorsque les circonstances sont
favorables, la circulation du virus amaril peut être très
intense dans la forêt.
La fièvre hémorragique dengue a continué de
poser un important problème de santé publique dans
4.60
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
66
les Régions de l'Asie du Sud -Est et du Pacifique occi-
Conjonctivite hémorragique
dental, et l'Organisation a aidé le Bangladesh, la
4.62 Un nouvel entérovirus - appelé entérovirus
Birmanie et l'Indonésie à étudier les aspects épidémiologiques et cliniques de la maladie. Le Comité consultatif technique de la fièvre hémorragique dengue pour
les deux Régions s'est réuni à Bangkok en février; il
a fait le point de la situation épidémiologique et a
révisé les guides techniques sur le diagnostic, le traitement et la prévention; ces guides ont été largement
diffusés dans les deux Régions. A la suite d'une
recommandation du Comité, l'OMS a commencé de
publier un bulletin donnant aux administrateurs de
la santé de ces Régions les renseignements épidémiologiques et techniques les plus récents. Le Comité a
étudié attentivement l'évolution de la situation dans
le Pacifique occidental. Le virus de la dengue type 2 a
causé une série d'épidémies à travers les îles du Pacifi-
que de 1971 à 1974, tandis que le type 1 a réapparu
dans le Pacifique centre et sud après une absence de
près de trente ans, provoquant en 1974 -1975 de
type 70 -a été reconnu responsable de l'épidémie de
conjonctivite hémorragique aiguë qui s'est propagée
de 1969 à 1974 en Afrique, en Asie et dans certaines
parties de l'Europe.' Une enquête sérologique rétrospective menée avec la participation des centres colla-
borateurs de l'OMS a confirmé la vaste répartition
géographique des anticorps spécifiques de cet entérovirus et la présence de celui -ci en Afrique avant 1969.
De petites poussées de la maladie continuent à être
signalées dans différents pays. Le centre collaborateur
OMS de référence et de recherche pour les virus
à Atlanta (Georgie, Etats -Unis d'Amérique) a récemment montré que l'adénovirus type 11 peut également
provoquer des symptômes hémorragiques et être présent en même temps que l'entérovirus type 70 dans
les épidémies.
multiples poussées dans les îles Marshall, à Nauru,
dans les îles Gilbert et aux Tuvalu, aux Nouvelles Hébrides, à Fidji, aux Tonga et à Tahiti. La plupart
Trachome
des victimes était de jeunes adultes et des cas de fièvre
hémorragique se sont produits chez des patients présentant une infection primaire de dengue. Le syndrome
hémorragique observé dans le Pacifique paraît diffé-
ment, et il est responsable de la majorité des cas de
rent de celui de l'Asie du Sud -Est: les hémorragies
internes sévères y sont plus fréquentes tandis que l'état
de choc y est plus rare. On estime que la propagation
du virus a été facilitée par la rapidité des voyages
internationaux et par la forte densité d'Ac. aegypti
dans les îles du Pacifique.
Fièvre de Lassa
Le trachome continue d'être la principale cause
de cécité dans de nombreux pays en voie de développe4.63
cécité évitable dans l'ensemble du monde. Etant donné
les ressources limitées dont disposent les pays d'endé-
mie pour combattre le trachome, le programme de
l'OMS continue de mettre l'accent sur l'élaboration
de méthodes plus efficaces pour la planification,
l'exécution et l'évaluation des mesures de lutte. Les
critères permettant de poser le diagnostic clinique de
la maladie ont été définis de manière plus précise,
ce qui permettra de mesurer d'une manière relativement
simple le risque que représente la maladie et les modifications qui peuvent survenir.
logiques que la fièvre de Lassa couvre une aire géographique qui, en plus du Libéria, du Nigéria et de la Sierra
Leone où plusieurs poussées ont eu lieu depuis 1969,
Les méthodes de diagnostic du trachome en
laboratoire - surtout celles qui peuvent trouver une
application pratique dans les pays où la maladie pose
un problème de santé publique - sont décrites dans
s'étend à la Côte d'Ivoire, à la Guinée, à la Haute Volta, au Mali, à la République Centrafricaine, au
une nouvelle publication qui fait le point des progrès
récents et décrit en détail les techniques recommandées.
4.61
On sait maintenant grâce aux enquêtes séro-
4.64
2
Sénégal et au Zaïre. Au total, 211 cas présumés ont été
dépistés de 1972 à 1975 dans 67 localités des provinces
méridionale et orientale de la Sierra Leone. Le taux de
létalité est généralement de 20 à 50 % chez les malades
L'adoption progressive de ces méthodes aiderait à
hospitalisés. En plus de ses manifestations dans les
populations locales des régions d'endémie, ce virus
très souvent létal a causé des poussées sporadiques et
épidémiques parmi les personnels médicaux et paramédicaux. L'OMS a diffusé une série de notes tech-
Régions de l'Afrique, de l'Asie du Sud -Est et de l'Eu-
niques à l'intention des gouvernements. Un symposium
international sur les infections à arénavirus importantes
en santé publique, patronné par l'OMS et par le Centre
de Lutte contre les Maladies d'Atlanta (Georgie,
aborder plus rationnellement la lutte contre la maladie.
4.65 L'OMS a continué d'aider certains pays des
rope - soit le Nigéria, la Birmanie et la Turquie à combattre le trachome. Dans la Région de la Méditerranée orientale, elle assure des services consultatifs
à la plupart des pays au moyen de projets inter -pays;
d'autre part, plusieurs programmes nationaux à long
terme de lutte contre le trachome soutenus par l'OMS
ont été évalués en 1975. Bien que les données comparables soient encore fragmentaires, il semble que les
Etats -Unis d'Amérique), s'est tenu à Atlanta en juillet.
Il a réuni des participants venus d'Afrique (Nigéria,
Libéria, Sénégal, Sierra Leone) et d'autres pays où
ces virus ont été étudiés.
' Actes officiels OMS, NO 221, 1975, paragraphe 4.57.
8
Organisation mondiale de la Santé. Guide pour le diagnostic
de laboratoire du trachome, Genève, 1975.
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
67
mesures de lutte aient permis de réduire considérablement la gravité de la maladie. On estime qu'au cours
des dix dernières années la prévalence de la cécité due
fabriqué avec la souche E atténuée a été achevé en
1975; les résultats montrent que la vaccination a été
très bien acceptée par les populations exposées au
aux ophtalmies transmissibles est tombée, dans les
risque, et l'activité du vaccin a été mise en évidence par
zones où la lutte contre le trachome a été menée
intensivement, à un quart ou un tiers de ce qu'elle
les séro- conversions observées dans l'échantillon de
population étudié.
était précédemment. De plus, ces activités ont rendu
la population consciente du fait que beaucoup de cas
4.71
de cécité sont évitables et ont donc joué un rôle
éducatif important.
Un second centre collaborateur OMS de référence et de recherche pour le trachome et autres infec4.66
Le réseau de centres collaborateurs OMS de
référence et de recherche pour les rickettsioses a été
renforcé en 1975 par la désignation d'un troisième
centre, établi au département de microbiologie de
l'Ecole de Médecine de l'Université du Maryland à
Baltimore (Maryland, Etats -Unis d'Amérique).
tions à Chlamydia a été établi en 1975 à l'Institut
d'Ophtalmologie de l'Université de Londres. Le centre
de Londres et celui de San Francisco (Etats -Unis
Maladies vénériennes et tréponématoses
d'Amérique) ont participé activement aux études collectives faites avec d'autres institutions et procèdent à
des études sur le terrain. Les activités de recherche
4.72
patronnées par l'OMS comprennent notamment la
mise au point et l'application de techniques diagnostiques, ainsi que l'étude des caractéristiques immunologiques de l'agent et de l'effet des antibiotiques et
d'autres inhibiteurs sur l'agent et la maladie elle -même,
tant au laboratoire que sur le terrain.
Dans le cadre de la collaboration inter- institutions, la prévalence du trachome parmi les réfugiés
4.67
de Palestine et les activités antitrachomateuses menées
par l'UNRWA ont fait l'objet d'une évaluation en
juillet.
Rickettsioses
Le typhus à poux demeure un sérieux problème
de santé publique dans les régions montagneuses de
l'Afrique centrale et orientale et des cas sont encore
dépistés dans certains pays andins de l'Amérique du
Sud. Une évaluation de la situation au Rwanda a été
faite en mars. L'introduction de mesures de lutte efficaces se heurte au manque d'installations et de res-
4.68
sources. Cependant, si l'élimination de la maladie dans
les régions d'endémie est impossible avec les moyens
actuels, une meilleure compréhension du problème -
due dans une large mesure aux activités récemment
patronnées par l'OMS - a permis d'esquisser une
approche pragmatique et progressive visant à mieux
cerner les difficultés et à circonscrire les foyers de la
maladie dans les régions d'endémie.
4.69
Les mesures spécifiques qui sont recommandées
restent les mêmes: traitement des cas par des antibiotiques à effet retard, destruction des poux chez les
malades et leurs contacts au moyen des insecticides
encore efficaces, vaccination des groupes de population
exposés à un risque particulièrement élevé, éducation
sanitaire. L'Organisation a aidé le Burundi et
le
En 1975, l'Organisation a poursuivi ses efforts
pour rendre plus concrètes et plus efficaces les activités
qu'elle exerce dans le domaine des maladies à transmission sexuelle et des tréponématoses endémiques,
ne donnant son appui aux travaux de recherche fondamentale ou appliquée que lorsque les services de santé
paraissaient pouvoir en tirer effectivement profit.
Dans toutes les Régions, on signale de nouveaux
accroissements de la prévalence des maladies à transmission sexuelle. Si des facteurs sociaux et compor-
tementaux jouent de toute évidence un rôle capital
dans la propagation de ces maladies, les raisons
principales pour lesquelles on ne réussit pas à les
vaincre tiennent à l'insuffisance, quand ce n'est pas à
l'inexistence, des politiques et des infrastructures sanitaires nationales nécessaires pour les combattre, ainsi
qu'à l'ignorance de l'ampleur et de la gravité réelles du
problème.
4.73
La préoccupation grandissante des autorités
sanitaires face à la montée générale des maladies véné-
riennes est illustrée par le choix du thème « Aspects
sociaux et sanitaires des maladies transmises par voie
sexuelle: nécessité d'une meilleure approche» pour les
discussions techniques qui ont eu lieu lors de la Vingt Huitième Assemblée mondiale de la Santé en mai 1975.1
Après ces discussions techniques, l'Assemblée de la
Santé a, dans sa résolution WHA28.58, résumé les
mesures à prendre et demandé une intensification des
activités visant à renforcer la lutte contre les maladies
transmises par voie sexuelle.
Les activités de l'Organisation dans le domaine
des maladies vénériennes et des tréponématoses tendent
4.74
à renforcer et à coordonner la recherche et ses applications aux fins suivantes:
- évaluer la situation épidémiologique et ses composantes médicales, psycho -sociales et comportementales;
- mettre au point, grâce à la recherche tant fonda-
4.70 Dans les Amériques, on a continué de renforcer
mentale qu'appliquée, des méthodes simples, fiables
et sensibles de diagnostic, de traitement et de prophylaxie;
les installations de surveillance épidémiologique et en
laboratoire du typhus à poux et d'autres rickettsioses
dans la région andine. En Bolivie, un essai de vaccin
1 Les conclusions des discussions techniques sont résumées
dans: Chronique OMS: 29: 331 -332 (1975).
Rwanda à appliquer ces mesures.
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
68
- promouvoir une approche associant l'action
médicale à l'éducation et l'infomation sanitaires
du public;
- aider à: a) élaborer des programmes régionaux
et nationaux pour le renforcement des services char-
gés de lutter contre les maladies à transmission
sexuelle dans le cadre des activités générales de lutte
contre les maladies transmissibles; b) organiser des
séminaires et des cours de formation pour le personnel médical et auxiliaire; et c) évaluer et traiter
4.79
Simultanément, on a étudié dans plusieurs pays
la distribution et les caractéristiques des cas afin de
connaître l'âge, le sexe, la classe sociale et le comportement des malades et de savoir ainsi comment orienter
les activités de dépistage, de prévention et d'éducation
sanitaire. Les recherches menées avec le concours de
l'OMS en France, en Inde, au Nigéria et au Sénégal ont
aidé à identifier les groupes à haut risque et à améliorer
les mesures qui leur sont destinées. Il serait utile
d'étendre ces études à d'autres régions ayant des caractéristiques socio- culturelles différentes.
les foyers résiduels de pian et de syphilis endémique.
L'OMS recourt aussi à d'autres approches dont
certaines, comme les contacts directs avec les pays,
l'accroissement de l'aide financière et l'organisation de
cours de formation à l'intention des services de lutte
nationaux, sont jugées comme essentielles pour endiguer la propagation des maladies transmises par voie
sexuelle et en atténuer les conséquences socio- écono4.75
miques.
Maladies transmises par voie sexuelle
Evaluation de la situation épidémiologique. Les
résultats d'enquêtes menées ou soutenues par l'Organisation, les rapports statistiques et autres et les
réponses aux questionnaires envoyés aux Etats Membres montrent que partout dans le monde, à l'exception
de la Suède, l'incidence des maladies à transmission
4.76
sexuelle les plus
fréquemment diagnostiquées -
syphilis, gonococcie, urétrite non spécifique et tricho-
monase génitale - continue d'augmenter de façon
alarmante. Une grande partie des renseignements
recueillis à ce sujet ont été présentés dans les documents
de référence destinés aux discussions techniques de la
Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé.
Les enquêtes patronnées par l'OMS en 19741975 dans des pays bénéficiant d'une forte infrastructure sanitaire ont fait apparaître, pour la gonococcie,
une incidence annuelle de 1 % de la population totale,
la moitié des cas intéressant le groupe d'âge 18 -24 ans.
Des enquêtes analogues menées dans des pays à faible
infrastructure sanitaire ont permis d'observer des pré valences allant de 2 à 20 % et parfois plus.
4.77
4.78
Dans la plupart des régions du monde, selon
ces mêmes enquêtes, la prévalence de la syphilis est de
30 à 50 fois inférieure à celle de la gonococcie. L'urétrite non spécifique est au moins aussi fréquente que la
gonococcie et lui est souvent concomitante. La gravité
de la situation, particulièrement en ce qui concerne la
gonococcie, a été soulignée par deux groupes de
chercheurs qui, réunis par l'OMS à Genève en juin et
septembre 1975, ont reconnu que 10 %, et souvent plus,
des cas de gonococcie mal soignés aboutissent à la
stérilité permanente tant chez l'homme que chez la
femme.
Syphilis. Les travaux de recherche soutenus ou
coordonnés par l'OMS ont été axés sur deux domaines
prioritaires: 1) l'ultrastructure, la biochimie et le
métabolisme du tréponème, et les éléments nécessaires
à sa survie et éventuellement à sa culture ; 2) les interactions hôte /agent infectieux, les supports humoraux ou
cellulaires de l'immunité et la possibilité d'une immu4.80
nisation spécifique. Les objectifs poursuivis ont un
caractère pratique: il s'agit de fournir au clinicien, à
l'épidémiologiste et au personnel de laboratoire des
méthodes de diagnostic et de traitement plus simples,
plus efficaces et plus sensibles, et de mettre au point des
procédés assurant une immunisation spécifique.
4.81
Les travaux effectués grâce à la microscopie
électronique et les études de biochimie structurelle en
cours à l'Institut central de Recherche en DermatoVénéréologie de Moscou, à l'Ecole de Médecine de
l'Université Johns Hopkins de Baltimore (Maryland,
Etats -Unis d'Amérique) et au Statens Seruminstitut de
Copenhague ont permis d'identifier et de définir la
nature de divers constituants de tréponèmes pathogènes
ou non pathogènes. Outre qu'ils ont rendu possible une
classification taxonomique des tréponèmes, ces travaux
devraient aider à déterminer le rôle de leurs constituants dans la pathogenèse des tréponématoses et dans
la réponse immunitaire des organismes infectés.
4.82 On a déjà pu, en utilisant les fractions définies,
les protéines cytoplasmiques et les filaments axiaux,
obtenir des renseignements sur la cinétique de certaines
réactions sérologiques. Cependant, des études plus
poussées seraient nécessaires afin d'obtenir des fractions
antigéniques complètement pures pour les épreuves de
diagnostic et, ce qui est encore plus important, des
fractions immunogéniques assurant une protection
spécifique.
En dépit des difficultés du procédé, on a utilisé
pour les études effectuées jusqu'ici des tréponèmes
pathogènes entretenus sur l'animal, et on peut penser
que le pas le plus décisif et le plus important sera
4.83
franchi quand on pourra se servir de tréponèmes
pathogènes de culture. Des recherches prioritaires
menées dans plusieurs centres avec l'appui de l'OMS
ont déjà permis de définir certaines exigences métaboliques et de maintenir assez longtemps des tréponèmes en vie dans des cultures cellulaires.
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
4.84
De nombreux travaux de recherche ont été
consacrés aux réactions immunologiques des organismes infectés et à leur détection au moyen de tests
sérologiques aux différentes phases de la maladie. On a
cherché par ces travaux à déterminer l'ordre dans lequel
apparaissent les immunoglobulines, ainsi que la sensi-
69
laboratoires de diagnostic. Aux termes d'accords conclus avec divers fabricants, l'OMS a organisé des essais
de milieux de transport en France, en Afrique et en
Amérique centrale; les premiers résultats sont en cours
d'évaluation. Plusieurs centres collaborateurs de l'O M S
été effectuées sous la direction du Centre de Lutte
contre les Maladies à Atlanta (Georgie, Etats -Unis
poursuivent, avec la participation des fabricants, des
études visant à mettre au point des milieux de culture
sélectifs, sensibles, peu coûteux, faciles à utiliser et
ayant une longue durée de conservation. Des essais
comparatifs de différents milieux sont en cours en
Afrique, au Danemark, aux Etats -Unis d'Amérique et
en France, mais des études plus poussées seront nécessaires pour savoir lesquels de ces milieux peuvent être
d'Amérique), avec la participation de plusieurs centres
collaborateurs de l'OMS.
recommandés aux cliniciens ou aux centres ne disposant
pas d'un équipement perfectionné. Le recours à
Afin de mettre au point une méthode d'immu-
l'immunofluorescence directe a permis de simplifier
l'identification biochimique des souches de culture,
mais cette technique exige toujours un matériel consi-
bilité et la fiabilité des épreuves de sérodiagnostic en particulier des tests TPHA et ATF -ABS qui donnent parfois de faux résultats en présence de certaines
maladies auto -immunes. Des études comparatives sur
la normalisation et la reproductibilité de ces tests ont
4.85
nisation spécifique, plusieurs centres collaborateurs ont
entrepris ou poursuivi l'étude des supports humoraux
ou cellulaires de l'immunité. Ces études ont montré
dérable et un personnel spécialisé.
que le transfert d'anticorps humoraux ne fait que
4.90
retarder l'infection, alors que l'inoculation de lymphocytes prélevés sur un animal infecté assure une protection plus forte et parfois complète. Différentes épreuves
les méthodes de séro- diagnostic. Comme la gonococcie
(inhibition de la migration des macrophages, trans-
l'OMS encourage l'étude de méthodes systématiques
de dépistage sérologique en Afrique, au Canada, aux
formation blastique, emploi de médicaments immuno-
dépresseurs) ont permis de confirmer le rôle des
Priorité a été donnée à l'aide à la recherche sur
est asymptomatique, mais néanmoins contagieuse,
chez 70 % des femmes et 10 -20 % des hommes atteints,
Etats -Unis d'Amérique, en France et au Royaume -Uni.
lymphocytes.
4.86
Dans le même ordre d'idées, on a procédé à des
essais d'immunisation chez le lapin en utilisant des
tréponèmes tués ou irradiés qui ont conféré une bonne
immunité; on poursuit ces essais avec des fractions
chimiquement définies, mais il faudrait pour les mener
à bien obtenir des cultures de tréponèmes. Tant qu'on
n'aura pas mis au point un vaccin efficace contre
l'infection tréponémique chez l'homme, les antibio-
tiques resteront la seule arme contre les maladies
transmises par voie sexuelle.
4.87
L'OMS a continué à promouvoir une surveil-
lance active de la sensibilité des tréponèmes à la
pénicilline. On n'a pas observé de modification des
réactions cliniques, mais des souches résistantes ont
fait leur apparition chez des animaux auxquels on
avait administré des doses croissantes de pénicilline.
Si cette observation est confirmée, il faudra veiller à
ce que cet antibiotique ne soit administré qu'à des
doses tréponémicides.
4.88
Gonococcie. Le taux annuel d'accroissement de
l'incidence de la gonococcie est généralement très
supérieur (1 à 10 %) à celui de l'incidence de la syphilis
(1 à 2 %), ce qui est sans doute imputable à la plus
grande infectiosité de la gonococcie et aux difficultés
certaines que présentent son diagnostic et parfois son
traitement. Les activités soutenues par l'OMS ont visé
à résoudre ces problèmes en mettant à la disposition
des cliniciens, des laboratoires et des épidémiologistes
des méthodes de diagnostic et de traitement à la fois
simples, sensibles et fiables.
Il reste toujours à trouver une solution satisfaisante au problème du transport des échantillons aux
4.89
4.91
Au cours de l'année, des études exécutées avec
l'aide de l'OM S ont permis de discerner plus clairement
l'ultrastructure du gonocoque et les caractéristiques
biomédicales des constituants antigéniques des biotypes
tant pathogènes que non pathogènes. Grâce aux résul-
tats auxquels on est parvenu par l'utilisation de poly-
saccharides, de lipopolysaccharides ou de pili de
gonocoques, on a pu mettre au point des méthodes
sérologiques prometteuses, déjà appliquées dans plusieurs laboratoires. Ces activités visent aussi à mettre
au point un vaccin basé sur le même principe que le
vaccin contre les maladies à méningocoques; des
études préliminaires sont en cours à ce sujet.
L'OMS a entrepris une étude sur l'acceptabilité
et l'efficacité d'une chimioprophylaxie intravaginale
au moyen de produits associant action contraceptive
et protection contre les maladies transmises par voie
4.92
sexuelle.
4.93
L'efficacité théorique de l'antibiothérapie reste
élevée. Par l'intermédiaire du centre collaborateur
OMS de référence et de recherche pour les gonocoques,
à Copenhague, l'Organisation continue à assurer une
surveillance mondiale de la sensibilité des gonocoques
aux antibiotiques. Le centre forme aussi du personnel
et fournit aux centres régionaux et nationaux des
techniques et des souches de référence pour le contrôle
local des variations de sensibilité.
4.94
Autres maladies transmises par voie sexuelle.
L'OMS a, pour la première fois, orienté des travaux de
recherche vers d'autres maladies à transmission
sexuelle, en particulier les infections chlamydiennes.
Les travaux qu'elle a encouragés aux Etats -Unis
70
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
d'Amérique, en France, au Royaume -Uni et en URSS
ont permis de jeter les bases de recherches futures.
riennes, réuni en octobre 1974 à San José, un autre
séminaire consacré au même thème, pour la zone des
Il est d'ores et déjà évident que, partout dans le
Caraïbes, a eu lieu à Port of Spain en mai 1975.
monde, l'urétrite chlamydienne a une prévalence au
moins égale à celle de l'urétrite gonococcique.
Egalement dans les Amériques, le sixième cours international d'épidémiologie des maladies vénériennes et
de lutte contre ces maladies a eu lieu en octobre à
L'information et l'éducation sanitaires dans la lutte
contre les maladies transmises par voie sexuelle
4.95 Au cours des discussions techniques de
la
Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, on a
beaucoup insisté sur l'importance des facteurs psychosociaux et comportementaux dans la propagation des
maladies à transmission sexuelle et sur la nécessité de
neutraliser ces facteurs par l'éducation sanitaire. Des
Santiago. Dans la Région du Pacifique occidental, les
maladies à transmission sexuelle et le pian ont figuré
à l'ordre du jour d'un séminaire régional sur les dermatoses tropicales organisé à Manille en septembre.
4.100 Au début de l'année, en prévision des discussions techniques de la Vingt- Huitième Assemblée
mondiale de la Santé, l'Organisation a publié une
étude sur la législation récente en matière de lutte
enquêtes menées avec l'aide de l'Organisation en
Afrique, dans les Amériques, en Europe et en Inde
contre les maladies vénériennes.'
ont fourni d'utiles renseignements sur les attitudes des
populations en matière de sexualité et de maladies à
transmission sexuelle, ainsi que sur le niveau de leurs
Tréponématoses endémiques
connaissances à ce sujet. On a utilisé ces renseignements
pour élaborer des programmes éducatifs adaptés à
différents niveaux socio- culturels.
Les documents, enregistrements, films et brochures d'information diffusés par l'OMS font l'objet
d'une demande croissante, ce qui témoigne de l'intérêt
de plus en plus grand que portent les autorités sanitaires à l'endiguement des maladies transmises par
4.96
voie sexuelle.
Renforcement des services de lutte contre les maladies
transmises par voie sexuelle
Toutes les recherches sur les agents pathogènes
et sur les facteurs favorisant leur propagation ont pour
ultime objectif l'organisation de services efficaces de
diagnostic, de traitement et d'éradication des maladies
causées par ces agents. Les réponses au questionnaire
envoyé aux Etats Membres en prévision des discussions
techniques de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale
de la Santé et les rapports des groupes de discussion
ont fait ressortir la nécessité impérieuse de renforcer les
infrastructures de lutte existantes et d'en créer là où il
n'en n'existe pas. On a envoyé par la suite aux pays de
toutes les Régions un autre questionnaire, beaucoup
4.97
plus détaillé, afin de connaître l'état de leur infrastructure et leurs besoins actuels. Les renseignements
recueillis serviront à préparer des séminaires régionaux
sur le renforcement des services de lutte.
4.98
L'OMS aide à réorganiser les services antivéné-
riens en Inde, au Nigéria et au Sénégal. Elle a reçu
des demandes d'assistance de beaucoup d'autres pays
et s'efforce de leur donner suite dans les limites des
ressources financières disponibles. De toute évidence,
les activités de formation de personnel et de renforcement des services de lutte méritent une haute priorité.
4.99
Depuis vingt -cinq ans, l'Organisation considère
comme une activité prioritaire la lutte contre les tréponématoses endémiques de l'enfance : pian et syphilis
4.101
endémique. On avait pu croire, à la suite des vastes
campagnes de masse dont elles avaient fait l'objet,
que ces maladies étaient en voie de disparition dans
la plupart des régions tropicales où elles sévissaient.
Cependant, il ressort d'enquêtes consécutives aux
campagnes de masse menées au Ghana, au Libéria,
au Nigéria et au Sénégal pour la Région africaine, et
en Indonésie pour la Région de l'Asie du Sud -Est,
que quelques foyers d'endémicité accrue ont réapparu
dans ces pays, avec des prévalences égales - ou même
supérieures dans certaines zones bien circonscrites à celles qu'on observait avant les campagnes de masse.
On compte que les mesures de lutte prises actuellement
dans ces pays avec l'aide de l'OMS et grâce à la méthodologie mise au point par l'Organisation pour la surveillance épidémiologique et les campagnes de masse,
permettront d'éliminer rapidement ces foyers. Ces
mesures, qu'il faudra élargir si on veut éliminer effec-
tivement les foyers de l'infection, sont financées en
partie par le PNUD et par des fonds privés (par
exemple, le mouvement canadien SWAY - « Les
étudiants canadiens déclarent la guerre au pian »).
Lèpre
En mai 1975, par sa résolution WHA28.56, la
Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé a
recommandé l'intensification du dépistage de la lèpre
4.102
dans les Etats Membres et demandé qu'on mette
davantage l'accent sur la formation de personnels
multidisciplinaires pour la lutte antilépreuse.
4.103
Avec l'aide du FISE, l'Organisation a apporté
au cours de l'année un appui technique à de nombreuses activités dirigées contre la lèpre, notamment au
Plusieurs réunions ont été organisées ou soute-
nues par l'OMS durant l'année. Après le premier
séminaire d'Amérique centrale sur les maladies véné-
' Recueil international de Législation sanitaire, 26: 1 -44 (1975);
l'étude peut être obtenue sous forme de tiré à part.
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
dépistage de la maladie et à la formation de personnel.
71
Comme par le passé, d'importantes contributions
financières ont été versées par des organismes bénévoles à l'appui de programmes nationaux contre la
ont été prises en vue d'une extension de l'assistance de
l'OMS. Le programme exécuté en Indonésie reste axé
sur la formation de diverses catégories de personnel.
Dans la Région européenne, une aide consultative a
lèpre, en particulier ceux de la Birmanie, de l'Indonésie,
des Maldives, de la République de Corée, du Samoa -
été apportée à l'Espagne pour la réadaptation des
lépreux. Dans la Région du Pacifique occidental,
Occidental et des Samoa américaines. En outre, plusieurs programmes de recherches sur le terrain et en
laboratoire ont bénéficié d'une aide de l'Organisation,
en partie grâce à des contributions versées au compte
spécial du programme contre la lèpre par l'Ordre de
Malte (Comité international de l'Ordre de Malte pour
l'Assistance aux Lépreux), l'Union internationale
contre la Tuberculose, l'Organisation danoise d'Aide à
l'Enfance, l'Assistance scoute du Danemark, l'Association allemande d'Aide aux Lépreux (République
fédérale d'Allemagne), l'Association italienne Amici
dei Lebbrosi, la Fondation japonaise des Construc-
l'Organisation a fourni des services consultatifs à la
République de Corée, à la Malaisie et aux Nouvelles Hébrides. En République de Corée, un nouveau plan
d'opérations à long terme a été préparé dans le cadre
du programme. Les activités de dépistage et de traitement sont maintenant complètement décentralisées en
Malaisie. Aux Nouvelles -Hébrides, une étude portant
sur l'ensemble de la population a été menée à bien en
teurs de Navires, la Fondation Sasakawa pour la
Santé (Japon), le Lepers' Trust Board Inc. (Nouvelle Zélande) et Emmaüs - Suisse.
Dans la Région africaine, on place au premier
plan la formation du personnel participant à la lutte
4.104
antilépreuse, ce qui se traduit notamment par des
mesures en faveur des personnels médicaux et apparentés qui suivent des cours au centre panafricain de
formation de personnel pour les activités antilépreuses
et la réadaptation (ALERT), à Addis- Abeba. (Les
autres activités de formation à la lutte antilépreuse
sont exposées au chapitre 3 et dans le tableau 2.) Dans
la Région des Amériques, l'Organisation a soutenu,
par l'intermédiaire du Centre panaméricain des
Zoonoses à Buenos Aires, des études entreprises en
Colombie sur l'écologie de la lèpre. Le Comité régional
de l'Asie du Sud -Est, dans une résolution adoptée
1975.
Recherche
Le programme de recherches sur la lèpre a pour
objet de mettre au point des instruments de prévention,
de dépistage et de traitement plus efficaces.
4.105
4.106
Prévention.
L'effet préventif d'une chimio-
prophylaxie fondée sur l'administration orale de
dapsone a été étudié par deux instituts collaborateurs
de l'OMS. En Inde, l'Institut central de Recherche et
de Formation en Léprologie de Chingleput poursuit
ses travaux. Aux Philippines, les études de chimioprophylaxie faites dans l'île Culion sur plus de six
cents enfants suivis pendant des périodes allant jusqu'à
sept ans ont pris fin en 1975. Elles ont montré que la
prise de dapsone par voie orale, à l'exclusion de toute
autre thérapie, présente un intérêt chimioprophylacti que limité et exerce probablement un effet suppresseur
plutôt que prophylactique.
à sa vingt- huitième session en août, s'est dit gravement
préoccupé par le problème que pose la lèpre aux pays
de la Région et a formulé des recommandations en vue
4.107 On parvient maintenant à infecter diverses
accroissement de l'aide des organisations bénévoles et
une source abondante de mycobactéries, ce qui a
enfin permis de formuler pour l'avenir un plan de
d'un renforcement des activités de lutte et d'un
des organismes d'assistance bilatérale. Une réunion
consultative inter -pays sur la lèpre a eu lieu à New
Delhi en décembre. Les pays de la Région sont plus
conscients de la nécessité d'une intégration progressive
de la lutte antilépreuse dans l'activité des services de
santé généraux, et les services de santé de base d'un
bon nombre d'entre eux ont entrepris de soigner
systématiquement les cas de lèpre qui leur sont signalés.
En Birmanie, dans le cadre du programme national de
lutte contre la lèpre soutenu par l'OMS, on a enregistré
plus de 240 000 malades, ce qui représente, d'après les
estimations, environ 70 % de l'ensemble des cas dans
le pays. L'intégration de l'action antilépreuse dans
d'autres programmes de lutte contre les maladies
transmissibles a, elle aussi, progressé.' Au Népal, la
lutte contre la lèpre constitue désormais l'un des
secteurs visés dans la programmation sanitaire par pays
effectuée avec l'aide de l'OMS. Le Gouvernement de
l'Inde étant soucieux de s'engager plus intensément
dans la lutte antilépreuse, des mesures préliminaires
' Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 4.98.
espèces de rongeurs (y compris les souris de laboratoire) et le tatou par Mycobacterium leprae, bacille
responsable de la lèpre.2 Le tatou s'est en fait révélé
recherche qui sera coordonné par l'OMS.
La lèpre est la seule maladie non parasitaire
parmi les six grandes maladies tropicales que couvre
le programme spécial de recherche et de formation
4.108
concernant les maladies tropicales (voir les paragraphes
5.8- 5.12). Un groupe ad hoc sur l'immunologie de la
lèpre a été créé en novembre 1974 dans le cadre de ce
programme. Pour être en mesure de réaliser une prévention primaire de la lèpre, trois objectifs principaux
ont été fixés: a) mise au point d'une épreuve cutanée
pour le dépistage de l'infection infraclinique; b) obtention d'un vaccin spécifique; c) élaboration de méthodes
immunothérapiques. En conséquence le groupe ad hoc
a défini une série d'activités de recherche qui pourraient
être entreprises dans les deux prochaines décennies.
En juin 1975, le comité directeur du groupe a passé en
revue les progrès accomplis dans la mise au point
2 Actes officiels OMS, No 205, 1973, paragraphe 1.151; No 221,
1975, paragraphe 4.100.
72
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
d'antigènes pour l'épreuve cutanée, la création d'une
banque de tatous et les aspects gestionnels du programme ; d'autre part, lors d'une réunion organisée en
décembre, le groupe s'est penché sur l'analyse des
problèmes épidémiologiques.
Des points importants restent à résoudre avant
que l'on puisse assurer de façon régulière un approvisionnement suffisant en Myco. leprae, mais des résultats appréciables ont été obtenus au cours de la première
4.109
année d'activité du groupe ad hoc. La méthode à
laquelle on a désormais recours pour la purification
des bacilles provenant de tissu de tatou laisse subsister
moins de 1 % de matériel contaminant. Trois antigènes
solubles différents pour l'épreuve cutanée ont été pré-
parés par les centres collaborateurs de l'OMS à
Caracas, Londres et Carville (Louisiane, Etats -Unis
d'Amérique). Tous trois se sont révélés, lors d'essais
préliminaires, extrêmement spécifiques et générateurs
d'une faible réactivité dans l'épreuve cutanée chez des
malades lépromateux ou des sujets non exposés. Trois
études de modeste ampleur ont été faites sur le terrain
avec deux de ces antigènes solubles, et une vaste enquête épidémiologique a été entreprise avec l'un d'eux.
Une infection mycobactérienne a été découverte chez
quelques tatous sauvages et des épreuves préliminaires
ont montré que l'organisme pathogène responsable
présentait certaines ressemblances avec Myco. leprae.
L'analyse immunochimique des mycobactéries isolées
a montré la présence de 45 composants définissables,
ce qui indique à la fois qu'il est possible d'établir un
système de référence pour les antigènes de Myco.
leprae et qu'on devrait pouvoir purifier différents
composants antigéniques et préparer des antisérums
temps Myco. lepraemurium et en tenant compte des
besoins du microorganisme en oxygène et en chaleur
ainsi que de certains facteurs de croissance, l'Ecole
d'Hygiène et de Santé publique Johns Hopkins, à
Baltimore (Maryland, Etats -Unis d'Amérique), a
obtenu des résultats limités mais mesurables dans la
culture de la mycobactérie. Cette approche complexe,
fondée sur les besoins métaboliques, est tout à fait
nouvelle.
Dans le cadre de l'étude à long terme entreprise
en Birmanie pour vérifier l'efficacité du BCG contre la
lèpre et qui suit environ 28 000 enfants depuis 1964,
six cas lépromateux et borderline (« ouverts ») ont été
signalés en 1974 1 et quatre autres en 1975. Sur ces dix
cas, quatre appartenaient au groupe vacciné et six au
groupe témoin. Bien qu'il faille prolonger la période
d'observation, cela donne à penser que le BCG
lyophilisé utilisé en Birmanie n'a pas empêché l'apparition de cas lépromateux ni de cas borderline. Jusqu'à
présent, la protection générale conférée par le BCG aux
sujets du groupe d'âge 0 -14 ans est de 22,5 %. Un total
de 2027 frottis cutanés recueillis sur des lépreux ou sur
des cas suspects dans la zone de l'essai ont été examinés
au cours de l'année à l'Institut d'Hygiène et d'Epidémiologie de Prague, centre collaborateur de l'OMS.
4.112
D'autres études ont été poursuivies pendant
l'année avec la lépromine, préparation provenant de
tissu humain et contenant Myco. leprae tué qui est
utilisée pour susciter une réaction cutanée en rapport
avec la résistance. Plus de 1000 ml de lépromine préparés par divers centres collaborateurs ont été distri4.113
4.110
bués à des chercheurs de différents pays. En outre, sur
l'initiative de l'OMS, des essais sur le terrain ont été
faits par plusieurs centres en Birmanie, en Ethiopie,
au Japon et au Malawi afin de comparer la lépromine H
dérivée de tissu humain et la lépromine A provenant de
tissu de tatou, que prépare le laboratoire de recherche
de l'Hôpital des Services de Santé publique à Carville
(Louisiane, Etats -Unis d'Amérique), centre collaborateur de l'OMS. Des essais analogues ont été faits paral-
humoral et cellulaire. Ces recherches ont pour objet
d'établir le profil immunologique des diverses formes
de lèpre et de faciliter ainsi la collecte de données
lèlement par le département de biochimie du Gulf
South Research Institute à New Iberia (Louisiane,
Etats -Unis d'Amérique), autre centre collaborateur
de l'OMS. Selon les premiers résultats, les réactions
provoquées par les deux lépromines sont comparables. Pour autant que d'autres essais de méthodes
spécifiques. Enfin, la comparaison des propriétés antigéniques tant par les techniques sérologiques que par
l'épreuve cutanée a révélé la présence d'un groupe
d'espèces à croissance rapide et faciles à cultiver qui
possède des ressemblances antigéniques frappantes
avec Myco. leprae.
Outre son action de coordination des travaux
du groupe ad hoc sur l'immunologie de la lèpre, l'OMS
a collaboré en 1975 avec sept instituts de sept pays qui
font des recherches sur les systèmes immunitaires
concernant les caractéristiques ou déficiences immunitaires sur la base desquelles pourrait être mis au point
soit un vaccin soit un traitement immunothérapique.
Certaines des études en cours pourraient également
aider à mieux faire comprendre les formes réactionnelles de la lèpre qui viennent souvent entraver le
traitement et ralentir la négativation bactériologique
des cas lépromateux, et entraînent fréquemment une
invalidité chez les cas tuberculoïdes et borderline.
4 111
Si l'utilisation de modèles animaux pour la lèpre
constitue un progrès significatif, la possibilité de cultiver massivement Myco. leprae in vitro n'a pas encore
ét, démontrée de façon définitive. Douze instituts de
recherche collaborateurs de l'OMS dans six pays s'y
sont employés en 1975. En utilisant dans un premier
relativement simples se révèlent fructueux, peut -être
parviendra -t -on à résoudre le problème de la pénurie
mondiale de lépromine d'origine humaine.
Dépistage. S'il pose avant tout un problème
d'organisation, le dépistage de la lèpre suppose aussi
une action éducative. En collaboration avec certains
4.114
pays, dont la Birmanie, la Haute -Volta et le Venezuela,
l'OMS a continué de rechercher des moyens de dépistage plus efficaces et moins coûteux, qui seraient appli-
qués essentiellement par des agents de santé multidisciplinaires. Comme on l'a vu dans les paragraphes
4.137- 4.140, le dépistage dans le cadre de programmes
1 Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 4.105,
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
mixtes antilépreux /antituberculeux est un des points
à l'étude.
Traitement. Dans différentes régions du monde,
un nombre croissant de cas de résistance à la dapsone
4.115
73
Beaucoup de pays d'Amérique latine, d'Asie et
d'Afrique considèrent la tuberculose comme un
problème de santé publique de première grandeur.
4.119
Les données communiquées risquent d'offrir
sont signalés chez des lépreux. Des médicaments de
une image peu fidèle du problème réel : les statistiques
remplacement tels que la clofazimine ont été mis à l'essai dans le cadre d'études contrôlées faites par plusieurs
centres.1 Mais le coût de la clofazimine et certains de
ses effets secondaires, notamment la décoloration de
la peau, font qu'il est difficile de répéter le traitement
comparables en raison de différences dans les techniques de diagnostic et les critères utilisés. Avec la
collaboration du Centre international de Surveillance
de morbidité et de mortalité sont incomplètes pour
beaucoup de pays, et sont souvent difficilement
par ce médicament dans les programmes de grande
envergure. Il faut aussi poursuivre l'étude de médicaments encore plus coûteux, tels que la rifampicine.
de la Tuberculose de La Haye, centre soutenu par
Des instituts collaborant avec l'OM S dans des
recherches sur la chimiothérapie de la lèpre en Inde
en Yougoslavie, ainsi qu'à Curaçao) en prenant pour
critère de l'importance du problème de la tuberculose
le risque annuel d'infection, qui dépend du nombre des
sources d'infection dans la collectivité. On a estimé
que dans divers pays en voie de développement où les
sources d'infection sont les plus nombreuses le risque
peut être plus de 100 fois plus grand que dans certains
4.116
(Institut central de Recherche et de Formation en
Léprologie de Chingleput), en Somalie (Sanatorium Village Isola Alessandra, Gelib Giuba) et au Venezuela
(Institut national de Dermatologie de Caracas) ont
entrepris des études à long terme afin de comparer
l'action de la dapsone en doses classiques ou doses
faibles avec celle de la clofazimine dans les formes
réactionnelles de la lèpre. En même temps, l'OMS a
maintenu des liens étroits de collaboration avec plusieurs autres groupes de chercheurs de différentes
régions du monde afin de suivre et, si possible, d'encourager la mise au point de nouveaux médicaments
antilépreux ou de nouvelles chimiothérapies associées.
En 1975, 45 programmes de recherches sur la
lèpre étaient en cours dans vingt -deux pays avec la
collaboration active de l'Organisation. Au début de
l'année, l'introduction d'un nouveau système de rapports concernant les recherches collectives sur la lèpre
a permis une analyse plus approfondie de ces activités.
4.117
l'OMS, on a recueilli des données plus précises dans un
certain nombre de pays et zones (par exemple en République fédérale d'Allemagne, en Indonésie, en Jordanie,
pays développés où ces sources sont en très petit nombre.
De surcroît, alors que le taux de diminution du risque
d'infection peut atteindre 12 % dans quelques -uns de
ces derniers pays, ce risque ne diminue pas du tout
dans certains pays en voie de développement.
Le fait qu'en de nombreux pays le taux de
mortalité par tuberculose diminue lentement par
4.120
rapport au taux de morbidité montre que bien souvent
des campagnes de vaccination par le BCG n'ont pas
été accompagnées de mesures efficaces de dépistage
et de traitement. Quoiqu'on dispose depuis longtemps
de méthodes peu coûteuses, simples et efficaces de
lutte contre la tuberculose, il est clair que l'organisation et l'exécution des programmes de lutte laissent
à désirer dans beaucoup de pays.
4.121
Tuberculose
Depuis dix ans, de nombreux pays ont annoncé
une diminution progressive mais parfois spectaculaire
de l'incidence de la tuberculose; cette diminution a,
toutefois, été peu sensible ou inexistante dans la plu4.118
part des pays en voie de développement. Les plus
récents renseignements statistiques parvenus à l'OMS
montrent que si en Europe et en Amérique du Nord
l'incidence annuelle de la tuberculose peut atteindre le
chiffre de 100 cas pour 100 000 habitants, bien qu'elle
se maintienne en général à un niveau très inférieur,
elle est d'environ 200 cas en Amérique latine, va jus-
qu'à 250 cas en Afrique et dépasse 300 cas pour
100 000 habitants dans certaines parties de l'Asie et
de l'Océanie. Malgré la baisse générale de la morbidité, le nombre des décès dus à la tuberculose reste
considérable, même dans les pays développés. C'est
ainsi que ces décès représentent 2,8 % de l'ensemble
des décès dans certains pays d'Europe, jusqu'à 4,5
dans les Amériques et même jusqu'à 10,4% en Asie;
le pourcentage national le plus faible est de 0,2 %.
1 Ahrens, T. F. et al. Leprosy review, 46: 287 -296 (1975).
L'aide fournie aux pays par l'OMS a donc
porté surtout sur des problèmes de gestion, et notamment d'évaluation, et a été orientée vers l'organisation
de programmes antituberculeux nationaux réalistes et
efficaces. L'Organisation a en particulier donné des
avis sur la planification des programmes de vaccination par le BCG, en vue d'étendre la couverture des
groupes d'âge exposés, sur le développement des
moyens de diagnostic bactériologique et sur l'introduction à l'échelle nationale de traitements chimiothérapiques types efficaces. Les pays suivants ont
recouru en 1975 à une telle assistance consultatiye:
Afghanistan, Bangladesh, Birmanie, Brésil, Burundi,
Colombie, Haute -Volta, Inde, Laos, Lesotho, Malaisie,
Malawi, Ouganda, Papouasie -Nouvelle- Guinée, Répu-
blique de Corée, Singapour, Togo et Venezuela. Par
contre, on a dû mettre fin aux opérations menées par
l'équipe régionale de formation et d'évaluation en
matière de lutte antituberculeuse dans la Région de
l'Asie du Sud -Est. De nouveaux progrès ont été
enregistrés dans l'intégration des activités de lutte
contre la tuberculose, ou de certains asp cts des programmes antituberculeux, dans les services de santé
généraux - en particulier en Argentine, en Bolivie, au
Brésil, en Papouasie -Nouvelle -Guinée, aux Philippines,
74
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
en République de Corée, en République Dominicaine et
de plusieurs centres régionaux de production. Des
au Venezuela, ainsi que dans des pays de la Région
africaine. Un guide exposant les aspects techniques et
avis sur les méthodes de production et de contrôle de
la qualité des vaccins ont été donnés à des laboratoires
en Egypte, en Inde, en Indonésie, au Mexique, aux
Philippines et au Sénégal. Aux Philippines, le laboratoire soutenu par l'OMS qui a commencé pendant
l'année à produire du vaccin lyophilisé à l'usage du
pays devrait pouvoir en exporter à partir de 1976. Une
aide a également été fournie à des laboratoires nationaux de production de vaccin BCG au Brésil, au Chili,
à Cuba et en Uruguay. Avec l'aide de l'Agence danoise
pour le Développement international, des cours de for-
administratifs à prendre en considération pour la
programmation de services intégrés de lutte contre la
tuberculose a été préparé et distribué aux pays de la
Région des Amériques. Une attention particulière a
été accordée à la formation des microscopistes des
centres de santé, et des guides techniques révisés
destinés à ces agents ont été distribués dans divers
pays d'Amérique latine et de la Région du Pacifique
occidental. On s'est préoccupé aussi des aspects
techniques et opérationnels des programmes combinés
de lutte contre la tuberculose et contre la lèpre (voir
les paragraphes 4.137- 4.140).
Les programmes de vaccination par le BCG
des pays d'Amérique latine ont été passés en revue
par un groupe d'étude réuni à Mexico en septembre.
De nombreux pays d'autres Régions ont fait savoir
qu'ils continuaient avec succès des programmes
mation ont été donnés au Statens Seruminstitut de
Copenhague (qui est un centre collaborateur OMS)
aux cadres de laboratoires de la Bulgarie, de l'Egypte,
de l'Inde, de l'Indonésie, de l'Iran et de Madagascar.
4.122
L'OMS a établi des directives concernant
l'utilisation du vaccin BCG dans les programmes
nationaux et les instructions à donner au sujet des
activités se rapportant au programme élargi de vac4.125
combinés de vaccination par le BCG et de vaccination
antivariolique, qui sont de plus en plus souvent intégrés
cination. Les guides techniques existants concernant
l'épreuve tuberculinique standard de l'OMS, les plans
dans les activités des services de santé généraux, et
au Rwanda, au Sénégal et au Togo de tels programmes comprennent également la vaccination contre la
d'expérience pour le contrôle in vitro du BCG et
l'évaluation des programmes de vaccination par le
fièvre jaune. Dans le programme combiné de vaccination par le BCG et contre la variole exécuté en Afghanistan, une méthode simplifiée d'évaluation des pro-
grammes de vaccination directe par le BCG a été
appliquée avec succès à l'évaluation de diverses
techniques de vaccination (voir le paragraphe 4.131).
En Colombie, une évaluation faite dans un échantillon
de population urbaine, pris au hasard, de la couverture
obtenue quatre ans auparavant par une campagne de
vaccination de masse par le BCG a révélé que cette
couverture différait beaucoup selon les groupes d'âge,
ce qui montre l'importance d'une surveillance constante du programme.
Conformément à la résolution WHA27.54,
l'OMS a continué à faciliter le contrôle qualitatif de
tous les vaccins BCG fournis par l'entremise du FISE
4.123
pour des campagnes nationales. D'autre part, en
réponse aux requêtes reçues de quinze pays, elle a fait
procéder au contrôle de la qualité des vaccins produits
par eux. Sur la base de recherches qui ont duré
plusieurs années, la méthode employée pour le comp-
tage des colonies - la plus importante des épreuves
de laboratoire - a été révisée et normalisée et le
BCG ont été révisés pour tenir compte de changements
intervenus depuis leur publication par l'Organisation
au cours des années écoulées.
Le problème de santé posé par la tuberculose
chez les travailleurs migrants a pris beaucoup plus
d'importance avec la forte augmentation du nombre
des personnes qui se déplacent d'un pays à un autre
4.126
ou même à l'intérieur de leur propre pays pour
trouver du travail. En Europe, en Australie et en
Amérique du Nord, l'incidence de la tuberculose
parmi les travailleurs migrants ou immigrants est
généralement plus forte que dans la population du
pays d'accueil et parfois même que dans celle du pays
d'origine, car ces travailleurs proviennent souvent de
couches sociales et de zones géographiques dans lesquelles la prévalence de la maladie est particulièrement
élevée. De plus, dans le pays d'accueil ces travailleurs
sont souvent placés dans des conditions de vie défavorables et exposés à des tensions résultant de l'insécu-
rité de l'emploi, de problèmes d'adaptation et du
bouleversement de leur vie de famille. Un groupe de
travail réuni par l'OMS à Berne en avril a examiné les
aspects épidémiologiques du problème, les facteurs
sociaux et économiques qui peuvent intervenir et la
traitement électronique centralisé des données a été
reprogrammé. Des vaccins BCG font actuellement
l'objet d'épreuves concertées de contrôle dans des
pertinence et l'efficacité des mesures de protection,
laboratoires de six pays ainsi qu'à l'occasion de projets
exécutés sur le terrain au Danemark et en Inde.
quatorze pays (pays d'accueil ou d'origine), de l'OIT,
du Comité intergouvernemental pour les Migrations
européennes, du Centre international de l'Enfance et
de l'Union internationale contre la Tuberculose. Ils
La grande compétence technique et l'équipement coûteux requis font qu'il est difficile à de petits
laboratoires de produire du vaccin BCG lyophilisé de
bonne qualité à un prix raisonnable. Pour cette raison,
4.124
législatives, financières et éducatives
notamment;
les participants comprenaient des représentants de
sont parvenus à la conclusion que les travailleurs
migrants devaient être traités comme des groupes très
exposés, mais que leur présence n'avait guère d'inci-
et aussi pour permettre une assistance technique
dence épidémiologique sur la population du pays
optimale et pour faciliter le contrôle international de
la qualité des vaccins, l'OMS a soutenu l'organisation
d'accueil lorsque des mesures adéquates de prévention, de dépistage et de traitement étaient appliquées.
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
75
4.127
sont des enfants) est resté faible, mais le nombre
total des cas dépistés se rapproche maintenant du
qui complète l'oeuvre de l'OMS dans le domaine de la
minimum requis pour procéder à l'analyse de la protection assurée par la vaccination BCG. Les résultats
ont montré une fois de plus que la vaccination par
le BCG n'accroît pas l'incidence des cas nouveaux
parmi les personnes chez lesquelles on soupçonne
une infection ou parmi celles qui réagissent fortement
à la tuberculine, et qu'elle n'a pas d'influence adverse
sur le cours de la maladie évolutive.
Une collaboration étroite a été maintenue
avec l'Union internationale contre la Tuberculose,
lutte antituberculeuse grâce à l'activité de ses six
comités scientifiques, à son programme de publications,
à l'action de son service de recherche sur la surveillance
de la tuberculose (également soutenu par l'OMS),
ainsi qu'à son appui en faveur des activités des associations antituberculeuses nationales des pays en
voie de développement. La vingt- troisième conférence
internationale de l'Union internationale contre
la
Tuberculose, tenue à Mexico en septembre, a permis
aux quelque 4000 participants de procéder à des
échanges de connaissances sur la lutte contre la
tuberculose. L'Organisation a présenté des commu-
nications sur sa participation à la lutte contre la
tuberculose, sur les approches du problème dans les
Amériques et sur les effets à long terme de la pollu-
tion de l'air sur la santé. L'Union internationale
contre la Tuberculose a organisé des séminaires au
niveau national, avec la collaboration de l'OMS, dans
les Régions des Amériques et de la Méditerranée
orientale; elle a aussi participé activement à un séminaire organisé par l'OMS à Karachi (Pakistan) en
octobre pour examiner de nouvelles façons d'aborder
les problèmes de planification, d'application et d'évaluation des programmes de lutte antituberculeuse
Au Brésil, au Chili et en Indonésie, on a procédé à des essais contrôlés pour déterminer si l'aiguille
4.131
bifurquée, employée avec grand succès contre la
variole, peut être recommandée pour la vaccination
par le BCG et si elle présente des avantages opérationnels pouvant compenser les défauts, quant à la
qualité, observés dans tous les essais précédents.
Il a été constaté que, même lorsqu'on utilise des
vaccins BCG très concentrés, l'aiguille bifurquée n'introduit, au mieux, que le tiers au maximum de la dose pour
adultes de la préparation internationale de référence
Plus de 40 000 exemplaires du neuvième rapport
administrée, pour comparaison, par voie intradermique
au moyen d'une seringue. Certains des essais en cours
sont donc menés dans l'idée qu'on pourrait employer
l'aiguille bifurquée pour le programme élargi de
vaccination de l'OMS (voir les paragraphes 4.2 -4.9)
chez les nouveau -nés et les jeunes enfants, pour lesquels,
de toute façon, une dose plus faible est recommandée.
Toutefois, comme le niveau d'allergie à la tuberculine
du Comité OMS d'experts de la Tuberculose' ont
provoqué par l'inoculation intradermique dans les
été distribués en anglais, en espagnol et en français,
afin que les recommandations qu'il contient puissent
atteindre le plus grand nombre possible de personnes
ayant d'importantes responsabilités concernant les
programmes nationaux. En outre, des dispositions
ont été prises pour que le rapport soit traduit dans les
pays intéressés en langues allemande, arabe, dari (en
Afghanistan), italienne, japonaise, portugaise, serbe
programmes de vaccination est parfois inférieur à celui
dans cette dernière Région.
4.128
et tchèque.
Recherche
4.129
Pendant l'année trente -quatre institutions de
recherche, dont cinq sont des centres collaborateurs de
l'OMS, ont reçu l'aide de l'Organisation et ont coopéré
avec elle à des recherches sur la tuberculose dans
divers domaines: immunisation, immunologie, épidémiologie et surveillance, bactériologie et microbiologie, chimiothérapie, et aspects opérationnels (notamment sur les opérations conduites par des services non
spécialisés en tant que partie intégrante des activités
sanitaires générales). Certains de ces travaux sont
évoqués dans les seize rapports scientifiques publiés
pendant l'année.
En ce qui concerne l'essai de prévention de la
tuberculose mené dans le sud de l'Inde avec l'aide de
4.130
qu'on observe lors de recherches bien dirigées, il a
paru justifié de comparer les deux techniques dans le
cadre d'un programme systématique de vaccination
de masse visant des enfants en bas âge aussi bien que
des enfants plus âgés et des adolescents (c'est -à -dire le
groupe d'âge de 0 à 15 ans). Cette étude a été faite en
Afghanistan dans le cadre d'une campagne de vaccination par le BCG et de vaccination antivariolique
(d'entretien) combinées, exécutée par le personnel
ayant travaillé précédemment au programme d'éradi-
cation de la variole. Là encore, il est apparu qu'il
était impossible d'inoculer la quantité voulue de vaccin
BCG avec l'aiguille bifurquée. Le rendement des
opérations de vaccination augmentait d'environ 10 %,
mais cet avantage opérationnel ne pouvait être obtenu
que dans des zones à forte densité de population, où
l'on pouvait rassembler de grands nombres de personnes à vacciner.
Les recherches entreprises avec l'assistance de
l'OMS pour préparer une nouvelle tuberculine de plus
haute spécificité que les préparations actuelles se sont
poursuivies; une telle préparation faciliterait considérablement la recherche épidémiologique, la surveillance et l'évaluation du BCG.
4.132
l'OMS, la deuxième série d'examens de contrôle
4.133
actif est presque achevée. Le nombre des cas nouveaux
trouvés parmi les personnes qui n'étaient pas infectées
continué les recherches en vue d'établir des traitements
lors de leur inclusion dans l'essai (et dont la plupart
raison de leur faible toxicité et de leur simplicité
1 Série de Rapports techniques OMS, No 552, 1974.
Dans le domaine de la chimiothérapie, on a
médicamenteux thérapeutiquement efficaces qui, en
d'emploi (en ce qui concerne l'espacement des prises
de médicaments et la durée totale du traitement),
76
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
causeraient moins de problèmes financiers, donneraient moins de travail aux services chargés de les
appliquer et seraient plus acceptables pour le patient.
programmes nationaux de lutte contre les deux maladies dont traitent les sections précédentes de ce cha-
On peut espérer que cela influerait sur l'attitude
déterminer s'il est praticable d'organiser et de mettre
en oeuvre conjointement des activités visant l'une et
l'autre.
4.138 Le programme de recherches qui est en cours
coopérative du patient et aboutirait, du fait que les
médicaments seraient pris plus régulièrement, à des
taux de guérison plus élevés que ceux auxquels on
arrive dans les conditions actuelles d'exécution des
programmes antituberculeux.
en Haute -Volta, sous les auspices de l'OMS, comporte
une enquête combinée sur la lèpre et la tuberculose
4.134 Des essais cliniques contrôlés, soutenus par
l'OMS, sont en cours en Algérie, en Inde, en Pologne, en
Republique Démocratique Allemande et en Tchécoslovaquie. Les mérites de divers traitements médicamenteux
intermittents, notamment l'efficacité de préparations
dont l'isoniazide est libérée lentement, font l'objet d'éva-
luations dans des cas de tuberculose pulmonaire
récemment découverts. Certains de ces essais ont montré de nouveau que prolonger au -delà d'un an la durée
d'un traitement chimiothérapique standard adéquat
n'apporte qu'un avantage minime et qu'il est superflu
de faire des examens de contrôle après la fin de la
chimiothérapie si le patient a pris régulièrement pendant son traitement les médicaments prescrits. On
évalue aussi des traitements chimiothérapiques de
courte durée dans lesquels des préparations contenant
de la rifampicine sont administrées pendant des périodes
n'excédant pas six ou neuf mois, traitements dont
plusieurs groupes de recherche font actuellement une
étude approfondie dans différentes régions du monde.
4.135 Un deuxième essai contrôlé de chimiothérapie
intermittente avec la rifampicine administrée à des
patients souffrant de tuberculose pulmonaire chronique
a été entrepris en Pologne, où un taux de guérison
de près de 100 % avait été obtenu lors du premier
essai. La répétition du traitement en cas d'échec ne
peut être considérée en soi comme une solution rationnelle et pratique du problème posé par les cas d'infection chronique; dans un programme national, l'accent
devrait plutôt être mis sur la prévention de ces cas
grâce à un service approprié assurant une chimiothérapie primaire à tous ceux qui en ont besoin. Un
taux élevé de réussite du traitement initial implique
que la répétition du traitement en cas d'échec sera
rarement nécessaire.
4.136
pitre, l'Organisation a cherché pendant l'année à
dans la population; il doit être suivi de l'exécution d'un
programme combiné, dispensé par l'intermédiaire
des structures sanitaires existantes. Une enquête
analogue, également soutenue par l'OMS, entreprise en
juin pour déterminer la prévalence des deux maladies
au Samoa -Occidental et dans les Samoa américaines,
était presque terminée à la fin de l'année.
4.139 Aux Maldives et dans une commune de
Birmanie, des activités antituberculeuses et antilépreuses combinées ont englobé le dépistage et
le traitement. Dans le cas de la Birmanie, l'efficacité
de ces activités en ce qui concerne la lèpre s'est révélée
comparable à celle du service spécialisé de lutte
contre cette maladie, tandis qu'une augmentation
caractérisée du taux de dépistage des cas a été relevée
pour la tuberculose. Des plans préliminaires ont été
dressés en vue d'études de faisabilité élargie portant
sur une exécution combinée des programmes antilépreux et antituberculeux au Bangladesh et au
Venezuela.
4.140
Il est avéré que l'élaboration d'un système
doté d'une efficacité optimale pour la lutte conjointe
contre les deux maladies dépendra de l'acquisition d'une
plus vaste expérience opérationnelle dans des pays où
règnent des conditions épidémiologiques et socioéconomiques différentes, afin que les similitudes
apparentes entre programmes antituberculeux et
antilépreux puissent être pleinement vérifiées dans les
conditions des activités sur le terrain. Il serait donc
prématuré de tirer des activités entreprises jusqu'à
présent des conclusions touchant l'applicabilité générale de programmes combinés; compte tenu de la
nature chronique des deux maladies, il faudra procéder à des essais pendant une période prolongée
avant de pouvoir s'attendre à des résultats concluants.
Dans le cadre de projets de recherche opéra-
tionnelle entrepris avec l'assistance de l'OMS en
Algérie, au Japon, en Roumanie et au Venezuela, on
a étudié les divers aspects de l'organisation de programmes de vaccination par le BCG, de dépistage et
de traitement, ainsi que leurs coûts. Ces études ont
mis en évidence qu'il importe d'évaluer
les pro-
grammes dans les conditions locales existantes et de
les surveiller et de les réviser constamment. Une partie des résultats des études méthodologiques peuvent
Maladies bactériennes aiguës
Parmi les maladies bactériennes aiguës, les
infections diarrhéiques, dont le choléra, sont restées
l'une des causes les plus fréquentes d'invalidité et de
4.141
décès dans les pays en voie de développement, suivies
des infections de la première enfance qui sont évitables
par la vaccination (diphtérie, coqueluche et tétanos).
La méningite cérébro -spinale est de nouveau plus
être applicables à la lutte contre d'autres maladies
répandue et les infections streptococciques et staphylo-
que la tuberculose et contribuer au développement des
services de santé en général.
tandis que la peste, qui persiste dans ses foyers naturels,
cocciques continuent de prélever un lourd tribut,
demeure une menace constante pour les populations
Activités antilépreuses et antituberculeuses combinées
des régions avoisinantes.
Soucieuse de trouver des moyens qui permettraient d'assurer une exécution plus efficace des
4.142
4.137
L'Organisation a fait porter son attention et
son activité sur la lutte contre ces maladies bactériennes
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
aiguës et sur la mise au point de méthodes et d'outils
nouveaux pour les combattre.
Choléra et autres infections intestinales bactériennes
En 1975, le choléra a été moins répandu qu'à
toute autre époque depuis 1970, 30 pays ou territoires
seulement ayant été déclarés infectés contre 36 l'année
4.143
précédente. Peut -être cela s'explique -t -il par une sous -
notification due à la crainte qu'une réaction excessive
de la part d'autres pays n'entraîne des restrictions aux
voyages et aux échanges commerciaux. La plupart des
pays ont observé en pratique le Règlement sanitaire
international dans sa nouvelle version et n'ont pas
exigé des voyageurs internationaux la présentation d'un
certificat de vaccination anticholérique.
En Afrique, 13 pays ou zones ont notifié des
cas de choléra en 1975 contre 19 en 1974, mais la
maladie s'est propagée à une nouvelle zone, les
Comores. Dans ces îles, de même que dans la partie
occidentale du Kenya où une flambée a débuté en
4.144
77
en Egypte, en Indonésie, aux Philippines, au Portugal,
au Yémen et au Yémen démocratique pour aider en
particulier à diffuser largement les techniques modernes
de traitement d'urgence, notamment la réhydratation
par voie orale, et à former du personnel dans ce
domaine. Le Yémen et le Yémen démocratique
prennent des dispositions pour former des agents
paramédicaux dans des établissements de développement des personnels de santé en vue de l'adoption de
cette méthode de traitement pour toutes les maladies
diarrhéiques, choléra compris.
Une consultation sur la lutte contre le choléra
dans les pays du bassin méditerranéen s'est tenue à
Madrid en février pour faire le point de l'expérience
4.147
acquise depuis la conférence sur ce sujet qui avait été
organisée pour l'Europe à Copenhague en 1971.
4.148
Le centre collaborateur OMS pour les vibrions,
à Calcutta (Inde), a fourni aux Etats Membres des
immunsérums de diagnostic, des bactériophages et des
souches normalisées; il a aussi aidé, lorsqu'on lui en a
décembre 1974, le choléra a posé un grave problème
de santé publique. En Asie, le nombre des pays atteints
est demeuré sensiblement le même, mais les cas et les
décès ont été moins nombreux. Des cas importés ont
fait la demande, à caractériser et à lysotyper des
été de nouveau décelés au Japon parmi les gens de mer.
En Europe, le Portugal a connu une recrudescence du
pour déterminer leur sensibilité aux antimicrobiens
couramment utilisés n'a mis en évidence aucun
choléra et il y a eu une poussée d'étendue limitée
dans les zones d'Espagne avoisinantes; quelques cas
ont été importés dans d'autres pays. Le danger d'une
extension de la maladie aux Amériques s'est accru à
mesure qu'augmentait le trafic des voyageurs entre les
pays d'Afrique et d'Europe atteints par le choléra et
les pays d'Amérique latine. A l'échelle de la planète,
la situation du choléra ne justifie aucun relâchement
de l'attention bien que la maladie semble avoir reculé;
au contraire, de nouveaux efforts s'imposent pour
éviter et circonscrire toute extension éventuelle.
Le taux de létalité global du choléra s'est situé
aux alentours de 8 % en Asie et de 6 % en Afrique.
Cette diminution remarquable par rapport aux
4.145
premières années de la pandémie actuelle est due pour
beaucoup aux efforts déployés par les pays et l'OMS
pour dissiper les craintes sans fondement, faire mieux
connaître les techniques de réhydratation par voie
orale et intraveineuse et livrer les fournitures indispensables pour ce traitement. A la fin de 1974, l'OMS à elle
seule avait formé, à l'occasion de stages et de séminaires
interrégionaux et autres, plus de 1500 cadres profes-
sionnels qui, à leur tour, ont instruit dans leurs pays
respectifs un très nombreux personnel national (médecins et auxiliaires). En 1975, un nouveau séminaire de
formation sur les maladies diarrhéiques a été organisé
au Guatemala (voir le tableau 2). Avec la collaboration
d'autres institutions d'aide internationale, du liquide
de réhydratation pour injections intraveineuses et des
constituants préemballés pour réhydratation par voie
orale ont été livrés rapidement en quantités suffisantes
aux pays qui en demandaient.
4.146
Des membres de l'équipe interrégionale OMS
de lutte contre le choléra se sont rendus en Afghanistan,
souches. Dans ce centre et dans un autre établissement
du Royaume -Uni, l'examen d'un grand nombre de
souches de Vibrio cholerae, isolées dans différents pays,
problème suscité par des souches résistantes.
L'essai pratique d'un vaccin tué contenant un
adjuvant d'hydroxyde d'aluminium, organisé par le
4.149
Gouvernement indonésien et l'OMS,1 a pris fin après
que les résultats eurent été contrôlés pendant deux ans.
Au total, le vaccin contenant l'adjuvant, qui est
administré en dose unique, a conféré une protection de
l'ordre de 50 à 60 % pour une durée d'environ 18 mois.
Cette immunité ne diffère pas sensiblement de celle que
donne le vaccin simple, mais chez des enfants âgés de
1 à 4 ans le vaccin contenant l'adjuvant et administré
en une dose unique a donné des résultats légèrement
meilleurs, ce qui est encourageant car, dans ce groupe
d'âge, le vaccin simple n'est efficace que s'il est administré en deux doses successives. De son côté, le Conseil
indien de la Recherche médicale a entrepris à Calcutta
un essai pratique (dont le suivi est maintenant en cours)
avec un vaccin analogue préparé sur place. Entre temps, l'essai pratique d'un vaccin à base d'anatoxine
cholérique purifiée et traitée à la glutéraldéhyde,
à Dacca par le laboratoire Bangladesh Etats -Unis d'Amérique de recherche sur le choléra 2 a
montré que le lot d'anatoxine en question n'était pas
très efficace. Cependant, cette observation ne signifie
pas nécessairement que l'immunité antitoxique ne soit
pas importante dans le choléra et, puisque la recherche
effectué
ne saurait négliger aucune approche nouvelle de la
vaccination anticholérique, l'OMS et d'autres institutions appuient les travaux visant à mettre au point un
type d'anatoxine plus efficace. Avec l'aide de l'OMS,
1 Actes officiels OMS, N° 213, 1974, paragraphe 1.144; N° 221,
1975, paragraphe 4.118.
2 Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 4.119.
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
78
un laboratoire d'Italie a poursuivi ses travaux en vue
de produire un vaccin combiné contenant à la fois
l'antigène somatique de V. cholerae et l'anatoxine, et
l'on espère que ce vaccin sera bientôt prêt pour des
essais.
4.150
Dans les études visant à mettre au point un
vaccin buccal vivant, des résultats encourageants ont
été
enregistrés avec un mutant non toxigène de
V. cholerae obtenu en laboratoire, mais dans un cas
les travaux de laboratoire ont mis en évidence une
réversion des organismes. On dispose néanmoins,
pour la poursuite des études, d'autres mutants expérimentaux ainsi que de plusieurs souches naturellement
avirulentes qui ont été isolées dans l'eau.
En Inde, au cours d'un essai clinique fait par
le centre collaborateur OMS pour les vibrions et par
l'hôpital pour contagieux, tous deux situés à Calcutta,
on a observé qu'une tétracycline à action prolongée
4.151
(la doxycycline), administrée en dose unique de 300 mg,
abrégeait la durée d'excrétion de vibrions cholériques
presque aussi efficacement que 500 mg de tétracycline
absorbés toutes les six heures pendant deux jours. La
doxycycline est certes plus coûteuse que la tétracycline,
mais la dose unique suffit à garantir l'effet thérapeutique. Des doses plus faibles de doxycycline se sont
révélées moins efficaces, même lorsqu'elles étaient
répétées. On va maintenant expérimenter l'emploi
d'une dose de 300 mg de doxycycline chez les porteurs
présumés, afin d'empêcher la propagation du vibrion.
voie orale 1 au moyen d'un liquide approprié constitue
une thérapeutique satisfaisante en cas de diarrhée
aiguë, choléra compris, dans tous les groupes d'âge.
Des recherches ont commencé aux Philippines,
en Turquie et en Yougoslavie sur l'application courante
de la méthode de réhydratation par voie orale pour le
4.154
traitement des maladies diarrhéiques en milieu rural
par les centres de santé et le personnel auxiliaire, dans
le cadre des soins primaires. Les premiers résultats
des études sur la faisabilité et l'acceptabilité de la
réhydratation par voie orale sont très encourageants
et l'on poursuit ces études afin d'en observer les effets
à long terme sur l'état nutritionnel des enfants et
d'élaborer des modes d'administration simplifiés pour
ce type fondamental de soins médicaux. L'OMS a
préparé un guide à l'intention des travailleurs sanitaires
de première ligne pour le traitement et la prévention
de la déshydratation due à la diarrhée; en attendant
qu'il soit officiellement publié, ce guide a été largement
utilisé dans un certain nombre de cours de formation
nationaux et internationaux soutenus par l'OMS.
Alors que les vaccins buccaux inactivés contre
la fièvre typhoïde qui avaient fait l'objet d'essais pratiques en Inde et au Chili f ne se sont pas révélés efficaces, des souches vivantes de Salmonella typhi déficientes en épimérase, utilisées sous forme de vaccin
buccal en doses multiples, ont donné des résultats prometteurs au cours d'études soutenues par l'OMS.
4.155
4.156
Par l'étude de souches de S. typhi offrant une
résistance multiple aux médicaments, le centre collabo-
Bien que 1975 ait été une année relativement
calme en ce qui concerne le choléra, le nombre total
des cas de diarrhée aiguë n'a pas diminué. Selon les
données communiquées par certains hôpitaux pour
4.152
contagieux des zones d'endémicité cholérique, la
présence de V. cholerae n'a été bactériologiquement
confirmée que dans 30 à 40% des cas de gastro- entérite.
L'OMS continue de mettre au point un programme
élargi englobant toutes les infections intestinales
aiguës, y compris le choléra, et qui sera financé au
moyen de contributions au fonds bénévole pour la
promotion de la santé. Ce programme a pour objet
d'encourager l'emploi de méthodes simples de réhydratation par voie orale, d'assainissement et d'éducation
sanitaire, afin de sauver des vies humaines et d'empêcher la propagation de l'infection.
Un progrès a été réalisé dans l'identification
des agents étiologiques de la diarrhée aiguë grâce à
la mise en évidence récente du rôle joué par des virus
4.153
analogues aux réovirus et aux parvovirus dans des cas
de diarrhée infantile (voir le paragraphe 4.52). Au
centre collaborateur OMS de Calcutta, on a constaté
rateur OMS pour la lysotypie et la résistance des
entérobactéries, à Londres, a montré que des souches
provenant de l'Inde, du Mexique, de la République du
Sud Viet -Nam et de la Thaïlande présentaient toutes
un mécanisme génétique commun qui intervient dans
l'apparition de la résistance, mais des différences entre
les lysotypes Vi attestent toutefois que les organismes
en cause dans ces quatre pays ne dérivent pas de la
même source. Des études analogues sur S. wien provenant de France et du Royaume -Uni ont indiqué que
les marqueurs génétiques des souches étaient les mêmes
dans ces deux pays. En Malaisie, des souches de S. typhi-
murium appartenant au même lysotype et portant des
marqueurs génétiques de résistance identiques ont été
observées dans des isolats provenant aussi bien de
l'homme que d'animaux. En vue de renforcer les
connaissances techniques nationales, les problèmes de
santé publique posés par les bactéries présentes dans
l'environnement qui résistent aux antibiotiques, ont
été examinés lors d'une réunion tenue à Bruxelles en
décembre sous le patronage du Gouvernement belge
et les auspices de l'OMS.
que 5 à 11 % des cas de gastro- entérite hospitalisés dans
Méningite cérébro- spinale
cette ville étaient imputables à V. parahaemolyticus,
4.157
qui provoque des symptômes pratiquement impossibles
à distinguer de ceux du choléra. La détermination de
ces divers agents entéropathogénes est d'importance
épidémiologique pour la lutte contre la maladie, mais
elle est sans doute moins essentielle en ce qui concerne
le traitement hospitalier puisque la réhydratation par
En 1975, cette maladie a continué de se manifester en Afrique dans la « ceinture de la méningite
cérébro- spinale », ainsi qu'au Kenya, en Zambie et en
1 Actes officiels OMS, No 197, 1972, paragraphe 1.167.
2 Actes officiels OMS, N" 221, 1975, paragraphe 4.124.
79
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
Afrique australe. Des épidémies ont éclaté au Brésil et
en Mongolie et, dans une moindre mesure, dans quel-
ques pays à climat tempéré ou froid d'Europe et
d'Amérique latine, dont certains ont reçu une aide de
l'OMS pour combattre la maladie.
Au cours de l'année, des études effectuées en
Egypte, en Finlande et au Soudan ont confirmé les
observations signalées précédemment au sujet de
4.158
l'efficacité des vaccins polysaccharidiques dans les cas
cliniques dus aux méningocoques des groupes A et C ;1
toutefois, ces vaccins ne permettent pas d'obtenir une
réduction importante du taux des porteurs. D'autre
part, l'Organisation a donné son appui à une étude
collective sur la sécurité d'emploi et l'activité des
vaccins du groupe A et du groupe C, étude facilitée
par une contribution bénévole du Gouvernement
autrichien et menée par des laboratoires des EtatsUnis d'Amérique, de France, des Pays -Bas et d'autres
pays. Les résultats ont été examinés par un groupe
d'étude qui s'est réuni en octobre pour déterminer les
normes minimales applicables aux vaccins polysaccharidiques des groupes A et C, lesquelles ont été acceptées
par le Comité OMS d'experts de la Standardisation
biologique en décembre. Ces normes diffèrent à maints
égards de celles établies pour d'autres vaccins antibactériens d'usage courant, en particulier parce qu'il
n'existe pas de modèle animal aux fins du titrage
d'activité des vaccins et que ceux -ci doivent donc être
caractérisés par leur nature chimique et leur poids
pement, en encourageant les programmes de vaccination dans plusieurs pays, ainsi que les recherches visant
à améliorer les vaccins.
Une étude des réactions fâcheuses au vaccin
anticoquelucheux a été organisée par l'intermédiaire
de l'OM S. Cinq établissements de différents pays ont
commencé à rassembler des renseignements cliniques
4.161
pertinents, et des études visant à identifier d'éventuelles
substances réactogènes dans les vaccins ont débuté en
laboratoire. Une enquête collective appuyée par l'OMS
a commencé aux Pays -Bas, en Suède et en URSS pour
étudier un nouveau vaccin fractionné, ainsi que
d'autres produits notoirement moins réactogènes que
les vaccins couramment disponibles.
4.162
Les centres
collaborateurs OMS pour les
vaccins contre les maladies bactériennes ont participé
au contrôle de la qualité d'anatoxines diphtériques et
tétaniques et d'autres vaccins combinés en expertisant
des lots produits dans différents pays.
4.163
La présence de plusieurs membres du Tableau
OMS d'experts des Maladies bactériennes à la quatrième conférence internationale sur le tétanos, tenue
à Dakar en avril, a permis à l'Organisation de convoquer une réunion officieuse au cours de laquelle ont
été élaborées des directives pratiques pour la lutte
antitétanique, qui seront publiées par les organisateurs
de la conférence.
moléculaire. Comme ils sont facilement détériorés par
la chaleur, leur conservation à basse température est
Infections streptococciques et staphylococciques
indispensable, ce qui rend difficile et onéreuse leur
4.164
utilisation sur le terrain dans les pays en voie de
développement. Se fondant sur ces raisons et le fait
que les vaccins en cause ne protègent pas contre des
infections dues à d'autres sérotypes, le groupe d'étude
a estimé qu'ils devraient être employés principalement
pour assurer une protection contre l'infection homologue à des groupes fortement exposés dans les classes
d'âge appropriées. Le vaccin du groupe A ne protège
pas les enfants de moins de 6 mois et le vaccin du
groupe C ne protège pas ceux en dessous de 2 ans.
4.159
Coordonnés par l'OMS, les travaux concer-
nant la production et l'essai de vaccins des groupes A
et C ont été poursuivis dans plusieurs laboratoires en
vue de trouver des produits plus stables et moins
coûteux. Les efforts visant à produire un vaccin
protégeant contre les méningocoques du sérogroupe B,
très répandus dans certains pays, sont demeurés vains.
Une étude collective internationale sur l'épreuve
à la streptozyme - considérée comme un indicateur
très
sensible
de
toute infection streptococcique
antérieure - a été faite, avec le concours du centre
collaborateur OMS de référence et de recherche pour
les streptocoques, à Prague, dans cinq laboratoires
des Etats -Unis d'Amérique, d'Israël, du Royaume -Uni
et de Tchécoslovaquie. Cette épreuve s'est révélée
fiable et utile pour les enquêtes épidémiologiques et le
diagnostic.
Le centre collaborateur OMS pour la lysotypie
des staphylocoques, à Londres, a prêté son aide aux
centres de référence nationaux pour la normalisation
4.165
des techniques de lysotypie et a contribué au rassemblement d'une documentation de base en vue d'une étude
sur les infections nosocomiales en Europe.
Etant donné les inconvénients des vaccins actuels,
l'Organisation continue à stocker à Brazzaville et à
Niamey des sulfamides et du chloramphénicol pour
Peste
les traitements d'urgence.
subsistent des foyers d'endémie, notamment le Brésil,
les Etats -Unis d'Amérique et le Lesotho. L'Organisa-
Tétanos, coqueluche et diphtérie
4.160 L'OMS a soutenu la lutte contre ces trois
maladies très répandues chez les nouveau -nés et les
enfants en bas âge dans les pays en voie de dévelop1 Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 4.126.
Des poussées épidémiques de peste ont de
nouveau été enregistrées dans plusieurs pays où
4.166
tion a aidé à lutter contre une flambée au Lesotho,
ainsi qu'à former du personnel national et à renforcer
la surveillance en Birmanie, où la forte poussée qui
avait débuté en 1974 a persisté en 1975.
Afin de promouvoir la surveillance de cette
maladie, une étude internationale concertée sur la
4.167
reproductibilité et la fiabilité de l'épreuve d'hémagglu-
80
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
tination passive utilisant l'antigène de la fraction 1 a
Rage
été entreprise en collaboration avec des laboratoires des
Etats -Unis d'Amérique, de France, d'Iran, et de
l'URSS. Un manuel détaillé sur les techniques spécifiques à appliquer sur le terrain et en laboratoire pour
la surveillance de la peste et la lutte contre cette
maladie a été préparé.
4.168
En URSS, un séminaire itinérant interrégional
sur la détection, la surveillance, la prévention et le
traitement de la peste a été organisé, avec le concours
de l'OM S, à l'intention de spécialistes venus de pays en
voie de développement.
Santé publique vétérinaire (y compris la lutte contre les
zoonoses, l'hygiène des denrées alimentaires et la
4.171
De nombreux pays, notamment la Bolivie,
l'Equateur, le Nigéria et le Pérou, ont bénéficié d'une
aide pour la surveillance de la rage et la lutte antirabique. Au Brésil, le programme national de lutte
contre la rage a été étendu à vingt Etats, et l'on se
préoccupe surtout de traiter les humains après
exposition, de procéder à des campagnes massives de
vaccination des chiens et d'améliorer le diagnostic en
laboratoire.
4.172
Les recherches coordonnées par l'OMS ont
essentiellement porté sur l'amélioration de la prophylaxie, de la surveillance et du traitement chez l'homme
après exposition. En juin, le Comité consultatif de la
Recherche médicale a passé en revue le programme de
recherches.'
médecine comparée)
4.173
Le recours à la science vétérinaire pour la
promotion et la préservation de la santé humaine
4.169
suscite un intérêt croissant, et le nombre des demandes
adressées à l'OMS pour qu'elle participe à la lutte
contre les principales zoonoses (rage, brucellose,
hydatidose, cysticercose, leptospirose, etc.) et contre
les maladies transmises par les aliments est en constante
progression. Parmi les sources d'aide auxquelles
peuvent s'adresser les Etats Membres, il convient de
citer le Centre panaméricain des Zoonoses à Buenos
Aires et le Centre panaméricain de la Fièvre aphteuse
à Rio de Janeiro (Brésil), qui se sont montrés très
actifs dans la Région des Amériques. Ces centres
offrent des services consultatifs techniques (notamment
en matière de planification), effectuent des recherches,
forment du personnel à différents niveaux, fournissent
des réactifs et des substances biologiques normalisés
et apportent une aide directe en cas d'urgence. Encou-
ragée par cette expérience, l'Organisation a désigné
en Iran, au cours de l'année, un centre collaborateur
OMS pour la formation et la recherche en santé
publique vétérinaire. Jusqu'à présent, trois instituts
nationaux établis à Téhéran participent conjointement
à ces activités, mais on s'efforce de constituer un centre
unique qui sera appelé à desservir tant les pays de la
Région de la Méditerranée orientale que ceux de
l'Asie du Sud -Est.
4.170
Le problème de la pénurie de primates pour
les recherches biomédicales se pose de plus en plus et
a fait l'objet de débats à la Vingt- Huitième Assemblée
mondiale de la Santé, en mai 1975, préalablement à
l'adoption de la résolution WHA28.83, ainsi qu'au
cours des travaux du Comité consultatif de la Recherche médicale en juin, et lors de plusieurs consultations officieuses de l'OMS. Par des mesures d'incitation
et d'assistance, l'OMS s'efforce de faire réglementer
l'utilisation et le commerce des simiens et de faire
élaborer des directives internationales visant à utiliser
de façon plus efficace, plus économique et plus sûre
les simiens à des fins biomédicales et à les élever aussi
bien dans les pays d'origine que dans ceux qui les
utilisent en grandes quantités.
Les résultats des essais sur le terrain du vaccin
préparé à partir de cellules diploïdes humaines ont
été examinés lors d'une consultation organisée par
l'OMS à l'Institut Pasteur de Téhéran. Le vaccin,
initialement mis au point par un centre collaborateur
de l'OMS - l'Institut Wistar de Philadelphie (Pennsylvanie, Etats -Unis d'Amérique) - a été largement
expérimenté dans de nombreux pays et s'est révélé
extrêmement actif et beaucoup plus sûr que les
vaccins précédents; quatre inoculations réparties sur
14 jours, suivies de rappels à 30 et 90 jours, confèrent
une immunité durable à ceux qui ont été exposés au
virus.
4.174
La rage des animaux sauvages, notamment
dans le réservoir vulpin, pose de nombreux problèmes
car une action dans la nature est extrêmement difficile
à organiser et à évaluer à l'échelon de tout un pays.
On a mis au point un modèle mathématique simple
qui permet de prévoir les résultats des opérations
menées contre les renards. Des études sur le terrain
simulant l'administration de vaccin par voie buccale
ont été entreprises sous l'égide de l'OMS en République fédérale d'Allemagne, au Canada, aux EtatsUnis d'Amérique, en France et en Suisse. Les résultats
obtenus ont été étudiés lors d'une consultation qui
s'est tenue à Francfort (République fédérale d'Allemagne). Il faudra encore améliorer les méthodes utilisées pour mettre en place les appâts et pour atténuer
le virus avant de pouvoir considérer l'immunisation
des animaux sauvages comme non dangereuse et d'en
recommander la généralisation.
En République fédérale d'Allemagne, des
études menées par l'OMS et les autorités de Rhénanie 4.175
du- Nord -Westphalie ont montré que la plupart des
individus qui auraient dû subir immédiatement un
traitement antirabique après avoir été en contact avec
un animal enragé n'avaient en fait été soignés qu'une
fois la maladie diagnostiquée chez l'animal.2 Afin
d'assurer des soins immédiats tout en évitant les traite1 Chronique OMS, 29: 460 (1975).
2 Bagel, K. et al. Zentralblatt für Bakteriologie. I Abt. Orig. A,
231: 15 (1975).
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
ments inutiles, on a préconisé de mettre en place des
services consultatifs spéciaux. La manière tardive dont
le traitement est administré dans la plupart des pays
après exposition donne à penser qu'une collaboration
beaucoup plus étroite devrait s'établir entre les services
vétérinaires chargés de surveiller la rage chez les animaux et les services médico- sanitaires.
4.176
Compte tenu du succès des enquêtes inter-
nationales mensuelles sur la rage menées par le Centre
panaméricain des Zoonoses, un centre collaborateur
de l'OMS chargé de mettre en place un réseau de
surveillance de la rage en Europe a été établi à Tübingen
(République fédérale d'Allemagne). Il est prévu qu'une
collaboration étroite sera instaurée entre ce centre et
le centre collaborateur de Téhéran afin de mettre en
place, le moment venu, un système de notification
rapide qui couvrirait une vaste zone géographique et
bénéficierait de l'appui des services d'informatique de
l'OMS.
Brucellose
Un projet de lutte contre la brucellose, appuyé
par le PNUD et l'OMS, est en cours d'exécution depuis
quelques années en Mongolie; dans un certain nombre
des régions du pays les plus fortement infectées, des
vaccins de fabrication locale ont été administrés aux
4.177
animaux. En raison du grand nombre de troupeaux
nomades, il n'a pas été possible de séparer les jeunes
bêtes des autres, de sorte qu'on a dû modifier le
projet initial, qui consistait à ne vacciner que les
jeunes femelles, et étendre la vaccination à l'ensemble
des femelles. On a ainsi été amené à vacciner des
bêtes gravides et, pour éviter des réactions fâcheuses,
idée d'utiliser des antigènes extraits de ces cellules, le
centre collaborateur OMS de recherche et de référence
pour la brucellose, à Moscou, est parvenu à des résultats
satisfaisants sur les animaux d'expérience. Les chercheurs du centre ont isolé un complexe de protéines
polysaccharidiques à partir de la souche vaccinale
19 -BA, dont une petite dose (0,6 mg) a permis de
protéger des cobayes contre B. melitensis, B. abortus
et B. suis.
4.180
Le même centre a réalisé de nouveaux progrès
dans ses travaux sur les épreuves de diagnostic en
laboratoire. Il y a quelques années, on avait signalé la
sensibilité et la spécificité de l'épreuve d'hémagglutination indirecte qui consistait à utiliser des érythrocytes
de mouton enrobés d'antigène polysaccharidique. Une
épreuve à l'antiglobuline fondée sur cette technique a
été comparée à la méthode de Coombs pour la détection
des anticorps incomplets et l'on s'est aperçu qu'elle
était tout aussi efficace et tout aussi spécifique. Il
semble que l'on dispose là d'une épreuve pratique et
rapide de diagnostic de la brucellose humaine, encore
qu'elle soit un peu moins sensible que celle de Coombs
pour diagnostiquer la brucellose du renne. Les essais se
poursuivent afin de confirmer et d'élargir ces observations.
Une deuxième édition d'une monographie sur
les techniques de laboratoire applicables à la brucellose
4.181
a été publiée en 1975 en anglais; elle présente des
méthodes nouvelles ou révisées et contient des chapitres
supplémentaires, dont l'un traite de l'espèce nouvellement décrite Brucella canis.1 Une étude du problème
mondial que pose la brucellose a également été publiée.'
la dose de vaccin a été plus fortement diluée. Lors
Leptospirose
d'essais expérimentaux effectués antérieurement par le
4.182
Centre panaméricain des Zoonoses à Buenos Aires,
il avait été établi que cette nouvelle manière de faire
permettait de conférer une immunité satisfaisante.
4.178
Avec l'aide de l'OMS,
le
département de
science vétérinaire de l'Université du Wisconsin (Etats-
Unis d'Amérique) a étudié le rôle du vaccin vivant
(souche 19) dans la lutte contre la brucellose bovine
aux Etats -Unis d'Amérique pendant le dernier quart
de siècle. Dans un Etat où la concentration de bovins
est forte et le pourcentage de vaccination des bêtes
particulièrement élevé, on a constaté une diminution
spectaculaire de l'infection au cours des quatre années
qui ont suivi le lancement du programme de lutte,
alors que dans un Etat voisin, où les bovins étaient
également très nombreux mais où l'on vaccinait beaucoup moins, il a fallu cinq années de plus pour parvenir
à des résultats comparables. Dans l'ensemble du pays,
on est parvenu à extirper, ou presque, l'infection des
régions où l'on avait vacciné de façon suivie beaucoup
de bovins, mais ailleurs la brucellose persiste et semble
être plutôt en augmentation qu'en régression.
La plupart des vaccins anti- Brucella actuellement utilisés contiennent des cellules de Brucella
entières, vivantes ou inactivées. Poursuivant la vieille
4.179
81
Si la vaccination des personnes professionnellement exposées à la leptospirose se pratique depuis de
nombreuses années, les vaccins utilisés (suspensions
inactivées de leptospires) n'ont pas toujours eu la
même efficacité et n'ont pas toujours été exempts
d'effets secondaires. Soucieuse d'améliorer le vaccin,
la Faculté de Médecine de l'Université Monash
(Australie), qui reçoit une aide de l'OMS, est parvenue
à isoler un antigène protecteur purifié et chimiquement
caractérisé à partir du sérotype icterohaemorrhagiae.
s'agit d'un antigène lipopolysaccharidique qui,
placé par enrobage sur des hématies ou dans l'adjuvant
incomplet de Freund, immunise activement des
animaux d'expérience (souris sauteuses, Notomys
alexis) contre les infections mortelles ou les infections
asymptomatiques à sérotype homologue.' Des essais
Il
préliminaires ont montré qu'un vaccin contenant cet
antigène pourrait être utilisé pour la vaccination
humaine.
1 Alton, G. G. et al. La brucellose. Techniques de laboratoire,
2e éd., Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1976 (Série
de Monographies, No 55).
2 Abdussalam, M. & Fein, D. A. In: International symposium
on brucellosis, Rabat, pp. 7 -21, Bâle, Karger, 1975.
3 Faine, S. et al. Australian journal of experimental biology and
medical science, 52: 301 (1975).
82
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
Dans la même université, on a étudié le rôle
des anticorps circulants dans l'immunité contre les
4.183
leptospires. On s'est aperçu que les souris porteuses de
ces anticorps résistaient à l'épreuve du sérotype
homologue et qu'à la place de l'anticorps protecteur
on pouvait injecter à la souris du sérum provenant du
sang de lapins ou d'autres espèces animales immunisés
(notamment d'êtres humains convalescents). Si le
sérum des lapins ne réagit qu'à l'égard des types de
leptospires contre lesquels les lapins ont été immunisés,
les sérums humains provoquent une réaction croisée
contre plusieurs types de leptospires. Ces résultats
devraient faciliter la mise au point d'un vaccin.
Le diagnostic en laboratoire de l'hydatidose
humaine repose sur des épreuves sérologiques et sur
le test cutané de Casoni ou ses variantes, mais aucune
de ces épreuves ne donne de résultats certains. Au
Centre panaméricain des Zoonoses, on a comparé les
résultats de ces différentes épreuves avec ceux d'une
épreuve d'immunoélectrophorèse qui mesure les
anticorps circulants. Jusqu'à présent, cette épreuve
d'immunoélectrophorèse n'a donné aucune réaction
faussement positive. Ces études incitent à penser qu'il
serait intéressant, dans les enquêtes séro- épidémiologiques, d'utiliser l'épreuve au latex pour le dépistage
et d'obtenir la confirmation des cas positifs par
4.186
l'immunoélectrophorèse.
Plusieurs centres collaborateurs FAO /OM S
ont activement participé à des études épidémiologiques
4.187
et au renforcement dans divers pays des services de
laboratoire pour le diagnostic de la leptospirose. En
Mongolie, le centre de Moscou a collaboré à la détermination de six sérogroupes dans le sang d'ouvriers
des abattoirs et des conserveries de viande et dans le
sang d'habitants des villes; il a procédé à des démons-
est la difficulté de déterminer la viabilité du kyste
traité. Des chercheurs du Centre panaméricain des
4.184
trations de méthodes de laboratoire et a fait des
recommandations sur les moyens de renforcer les
services de laboratoire. Le centre de Paris a collaboré à
des études épidémiologiques effectuées au Mali, au
L'un des obstacles auxquels on se heurte
fréquemment lorsqu'on expérimente sur l'animal des
substances thérapeutiques contre les kystes hydatiques
Zoonoses ont mis au point une épreuve qui repose sur
l'examen macroscopique des kystes traités, transplantés
au préalable dans la cavité péritonéale d'une gerbille.
Après transplantation, les kystes vivants gardent leur
aspect tumescent et leur intégrité morphologique, alors
que dans les kystes morts on constate une perte de
Maroc, au Portugal, en République -Unie du Cameroun
ainsi que dans les départements ou territoires français
liquide hydatique, une rupture de la couche germinale
et un aplatissement général.
des Antilles et du Pacifique. Le centre de Londres a
aidé le personnel engagé dans la lutte contre la leptospirose à effectuer des études épidémiologiques et
bactériologiques en Gambie, en Grèce, en Inde et au
Nigéria. Le Centre panaméricain des Zoonoses a, de
4.188
son côté, apporté une aide aux pays d'Amérique
latine. Le Centre de Lutte contre les Maladies à Atlanta
(Georgie, Etats -Unis d'Amérique) qui, au cours de
l'année, a été désigné comme centre collaborateur
FAO /OMS pour l'épidémiologie de la leptospirose, a
publié un supplément 1 à l'ouvrage de 1966 sur la
répartition mondiale des sérotypes de leptospirose.
Zoonoses parasitaires
Hydatidose. On sait depuis quelque temps que
les kystes hydatiques des chevaux ont une morphologie
légèrement différente de ceux des moutons, mais leur
4.185
importance relative dans l'épidémiologie de l'hydatidose humaine reste à préciser. Avec l'aide de l'OMS
et du Centre panaméricain des Zoonoses, l'Imperial
College of Science and Technology, à Londres, a
découvert que les singes rhésus étaient réfractaires à
l'infection par la souche équine, mais que les gerbilles
de Mongolie pouvaient facilement être infectées et
par cette souche et par la souche ovine. Une technique
de culture in vitro mise au point à l'Imperial College
a permis d'établir les formes de croissance propres aux
deux souches. On étudie actuellement la possibilité de
passer d'une souche à l'autre par une simple manipulation génétique.
1 Sulzer, C. R. Leptospiral serotype distribution lists, Atlanta,
Centre de Lutte contre les Maladies, 1975.
Cysticercose- téniase. La vaccination des jeunes
veaux par des oncosphères vivantes ou irradiées administrées par voie sous -cutanée s'était jusqu'à présent
heurtée à des difficultés, l'animal jeune n'étant pas
capable d'acquérir une forte immunité. Les études
poursuivies
avec l'aide de l'OMS à l'Institut de
Médecine vétérinaire de Philadelphie (Pennsylvanie,
Etats -Unis d'Amérique) et au Centre de Médecine
vétérinaire tropicale de l'Université d'Edimbourg
(Royaume -Uni) ont conduit à une découverte importante. On s'est aperçu que les oncosphères de Taenia
saginata artificiellement activées et injectées par voie
intramusculaire à des veaux d'un mois les rendaient
résistants à des attaques ultérieures et que ces animaux
sécrétaient des anticorps. Les oncosphères écloses
injectées par voie intramusculaire ne se généralisent
pas dans l'organisme comme elles le feraient si elles
étaient administrées par certaines autres voies. La
possibilité d'utiliser, sous forme micronisée, le mében-
dazole, anthelminthique à plage large, a amené à
penser que l'on pourrait ainsi lutter contre les cysticerques chez les bovins. Toutefois, le même centre du
Royaume -Uni et l'Académie médicale de Poznan
(Pologne), ayant injecté par voie péritonéale des doses
de 40 à 100 mg /kg de cet anthelminthique, ont constaté
qu'il était inefficace contre les cysticerques de T.
saginata.
4.189 Toxoplasmose. Le stade oocystique de Toxoplasma et son développement dans l'intestin du chat
ayant été mis en évidence il y a quelques années, on
s'attache maintenant à étudier l'importance épidémio-
logique des oocystes et la possibilité de leur formation
chez d'autres hôtes animaux. Un laboratoire aidé par
l'OMS a étudié la sensibilité des moutons (notamment
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
83
des agneaux), des corbeaux et des pigeons à cette
avec la FAO à Berlin, en novembre, au cours de laquelle
infection et n'a observé aucune formation d'oocystes
chez ces hôtes.' Toutefois, les oocystes administrés
la nécessité d'organiser et de coordonner la formation
postuniversitaire dans ce domaine a été évoquée.
par voie buccale à des moutons et à des agneaux étaient
encore viables après leur passage à travers le tube
digestif et pouvaient infecter d'autres animaux. On a
aussi constaté que l'infection de brebis gravides par les
oocystes était aussi préjudiciable au foetus que l'infection due au kyste tissulaire de T. gondii.
Fièvre aphteuse
4.190
II
est intéressant de constater que, pour la
première fois, des délégations officielles des ministères
de la santé de onze pays ont participé à la huitième
réunion ministérielle interaméricaine sur la lutte
contre la fièvre aphteuse et les zoonoses, qui s'est tenue
à Guatemala en avril. Les sessions précédentes avaient
principalement réuni des représentants de ministères
de l'agriculture.
4.193
Les normes relatives aux produits à base
d'oeufs, dont il vient d'être question, sont dans une
large mesure le résultat de recherches collectives
effectuées avec l'aide de l'OMS depuis la fin des
années 1960 par la Commission internationale des
Normes microbiologiques alimentaires et par l'Institut
national de Santé publique de Bilthoven (Pays -Bas).
Les autres recherches menées pendant l'année par la
Commission avec l'appui de l'OMS comprennent
notamment une étude collective, par quatre laboratoires, visant à comparer la précision des principales
méthodes d'ensemencement en milieu gélifié utilisées
pour compter le nombre des mésophiles. On s'est
aperçu que, pour tous les produits alimentaires sauf
les oeufs, les méthodes de l'inondation et du dépôt par
gouttes donnaient d'aussi bons résultats et se révélaient
même plus sensibles que la méthode de l'étalement.
L'Institut de Bilthoven a mécanisé la méthode de
Hygiène des denrées alimentaires 2
En 1975, comme au cours des années précédentes, les activités relatives à l'hygiène des denrées
4.191
alimentaires ont eu essentiellement pour objet de
renforcer les activités des Etats Membres dans ce
secteur, d'élaborer des spécifications microbiologiques
pour les denrées alimentaires, et d'appuyer les recherches sur les agents microbiens et parasitaires respon-
sables des maladies transmises par les aliments. Un
certain nombre d'activités ont été entreprises au titre
de programmes connexes dont il est rendu compte
dans d'autres sections du présent Rapport, tels que
le programme FAO /OMS sur les normes alimentaires,
le programme FAO /OMS de surveillance des contaminants alimentaires, et le programme de surveillance
des infections et des intoxications alimentaires d'origine
biologique.
Une consultation FAO /OMS d'experts des
normes microbiologiques alimentaires s'est tenue à
4.192
Genève en avril 1975. C'était la première d'une série de
réunions organisées par le PNUE pour élaborer des
normes microbiologiques à insérer dans les codes et
normes du Codex Alimentarius. Les participants ont
élaboré des normes pour les produits à base d'oeufs
(méthodes d'échantillonnage, méthodes de laboratoire,
limites microbiennes, etc.). Ils ont estimé que les
normes relatives aux crevettes et aux bouquets précuits
et congelés, ainsi qu'au lait écrémé en poudre, devaient
bénéficier de la priorité dans les travaux à venir. Le
rapport sur cette consultation d'experts a été présenté
au Comité du Codex sur l'Hygiène alimentaire, qui a
entrepris d'intégrer les normes relatives aux produits
à base d'oeufs dans le code international d'hygiène
recommandé pour ces produits. La microbiologie des
denrées alimentaires a également fait l'objet d'une
consultation
officieuse organisée en
collaboration
titrage par immuno- adsorbant lié à une enzyme 8 pour
la détection de Trichinella chez les porcs, permettant
ainsi d'examiner 4000 échantillons sériques par jour.
Les données alimentent un ordinateur qui imprime les
résultats positifs.
4.194
Dans le cadre du programme de virologie
alimentaire de l'OMS, le centre collaborateur récemment désigné à Madison (Wisconsin, Etats -Unis
d'Amérique) fournit des renseignements spécifiques
sur certains virus présents dans les denrées alimentaires
en utilisant un système de recherche de l'information
spécialement mis au point pour ce programme. Ces
renseignements sont destinés aux organismes de
contrôle des denrées alimentaires, aux épidémiologistes
qui étudient les poussées épidémiques de maladies
transmises par les aliments, aux chercheurs et aux
laboratoires spécialisés en hygiène des denrées alimentaires.
En effectuant des recherches soutenues par
''OMS, l'Institut d'Hygiène et de Microbiologie de
4.195
Copenhague a mis au point deux méthodes dont l'une
permet la détection de la production d'entérotoxines
dans des cultures pures de staphylocoques en utilisant
la technique de diffusion en milieu gélifié, et l'autre la
mise en évidence sur le terrain de la présence d'ocra-
toxine A dans les céréales lorsqu'on ne peut avoir
recours à la chromatographie en couche mince.
4.196
Dans les Amériques, le Centre panaméricain
des Zoonoses a apporté sa collaboration, sous forme de
services de diagnostic et d'épidémiologie, à des études
sur divers problèmes posés par la contamination des
denrées alimentaires en Argentine, au Brésil, au
Guatemala et en Uruguay. En collaboration avec le
Gouvernement du Brésil, l'Organisation met sur pied
un programme pluri- institutionnel d'hygiène et de
contrôle des denrées alimentaires, qui sera placé sous
l'autorité du Ministère de la Santé.
' Beverley, J. K. A. et al. British veterinary journal, 131: 130
(1975).
2 Voir également les paragraphes 10.55 -10.66.
3 Voir le paragraphe 5.7.
84
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
Déchets d'origine animale
Oncologie comparée
Ces dernières années, dans de nombreux pays
industrialisés aussi bien qu'en voie de développement,
on a constaté un déséquilibre croissant des écosystèmes
dû à la concentration des animaux d'élevage dans un
lieu de production séparé des sources d'alimentation
et des zones de rejet des déchets. En collaboration avec
4.200
4.197
la FAO et les autorités nationales, l'OMS constitue
un réseau d'instituts collaborateurs chargés d'étudier
des méthodes hygiéniques d'élimination et de recyclage
des déchets d'origine animale et de conseiller les pays
sur les moyens de prévenir la pollution du milieu par
les agents infectieux et les résidus chimiques.
Médecine des animaux de laboratoire
L'élaboration d'une classification histologique
internationale des tumeurs d'origine naturelle des
animaux domestiques a été achevée pendant l'année.
La classification des tumeurs animales de 10 localisations a été publiée en 1974 1 et celle des 11 localisations restantes a été définitivement mise au point lors
d'une consultation organisée en septembre. Cette
classification permettra de se reporter plus facilement
aux tumeurs animales d'origine naturelle dans les
recherches d'oncologie comparée.
4.201
L'OMS a continué d'apporter son soutien à
des études sur les propriétés cancérogènes de la fougère
arborescente (Pteridium aquilinum). On a mis en évi-
dence le transfert d'une certaine activité cancérogène
dans du lait de vache et de souris mais non dans celui
4.198
des rates. On étudie actuellement des échantillons
d'eau provenant de bassins versants où abondent les
à l'homme. Des consultations ont eu lieu pendant
cancérogènes. Les dernières expériences confirment
les observations déjà faites selon lesquelles l'acide
shikimique (l'un des deux cancérogènes isolés dans la
fougère arborescente) a une forte action mutagène,
Il a déjà été fait mention au paragraphe 4.170
de la pénurie de primates, animaux indispensables à
la recherche biomédicale et à l'expérimentation des
substances pharmaceutiques et biologiques destinées
l'année avec l'Association internationale de Standardisation biologique afin d'étudier les meilleurs moyens
de résoudre ce problème et de favoriser la création de
centres d'élevage. Le Comité consultatif de la Recherche médicale a estimé, lorsqu'il a examiné la question
en juin, que l'OMS devait faire un effort particulier
pour persuader les pays qui se trouvent dans l'obligation d'importer des primates de la nécessité d'organiser eux -mêmes leur élevage pour satisfaire à l'essentiel
des besoins des centres de recherche, qui disposeront
ainsi d'animaux plus normalisés. Dans le cadre du
programme spécial de recherche et de formation dans
le domaine des maladies tropicales, évoqué au chapitre
suivant, une consultation a été organisée au sujet des
installations à mettre en place pour les primates et
autres animaux de laboratoire au centre de recherche
de Ndola (Zambie) (voir le paragraphe 5.12).
4.199 Un nouveau centre collaborateur OMS pour
l'hématologie des primates a été désigné en 1975 à
New York (Etats -Unis d'Amérique) pour former du
personnel d'autres laboratoires, notamment de ceux
fougères, afin de déceler la présence éventuelle d'agents
déjà mise en évidence chez les mammifères et les mono -
cellulaires. Ces travaux sont étroitement liés à l'étude
des variations régionales de l'incidence de certaines
formes de cancer humain, notamment le cancer de
l'estomac et les tumeurs connexes.
4.202
Parmi les autres recherches en oncologie
comparée soutenues par l'OMS figure l'étude du
virus leucémique félin (VLF) qui sert de modèle
d'étude du virus de la leucémie humaine. Les consta-
tations faites en 1975 viennent étayer et compléter
celles faites antérieurement, à savoir que l'infection à
virus leucémique félin est courante et transmise
horizontalement. Les trois sous -groupes de VLF
produisent des effets pathogènes quelque peu différents
lorsqu'on les inocule à des chats en culture pure. Les
épreuves faites avec des chats vaccinés expérimentale-
ment ont montré que ces animaux étaient protégés
contre de fortes doses de souches du virus fortement
pathogènes alors que les chats non vaccinés contractaient la maladie. On travaille actuellement à la mise
au point d'un vaccin inactivé qui pourrait conférer
une forte immunité.
bénéficiant d'une aide de l'OMS, et conseiller l'Organisation et divers autres centres collaborateurs. Les trois
Anomalies congénitales
centres collaborateurs OMS pour les animaux de
4.203
laboratoire aux Etats -Unis d'Amérique, au Japon et au
Royaume -Uni, ainsi que le centre collaborateur OMS
pour la recherche et la formation en médecine comparée
en République fédérale d'Allemagne, conservent plus
de 150 souches et groupes de petits animaux de laboratoire. Pendant l'année, 12 souches ou groupes
nouveaux ont été ajoutés à la collection et plus de
300 spécimens de différentes souches animales ont été
remis à des chercheurs des pays cités et d'autres pays
afin de créer de nouveaux centres d'élevage.
Dans trois laboratoires collaborateurs, l'OMS
appuie des recherches sur les facteurs écologiques qui
provoquent des malformations congénitales d'origine
non génétique. Des recherches antérieures ayant
montré que des moutons, cobayes et rats nouveau -nés
exposés à une élévation de température au cours de la
gestation avaient un cerveau plus petit et contenant
moins d'ADN que les animaux témoins, les recherches
récentes se sont orientées vers l'explication des
mécanismes fondamentaux responsables de l'apparition
1 Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé, 50: 1 (1974).
4. MALADIES TRANSMISSIBLES
de ces anomalies et de leurs conséquences. Des études
histologiques ont montré que l'exposition à la chaleur
entraîne la destruction des cellules mitotiques du
neuroépithélium et l'inhibition de la mitose, ce qui
suppose un blocage avant la prophase et pendant la
métaphase au cours des 6 à 8 heures qui suivent
l'exposition. Comme à ce stade du développement
cérébral les neurones prolifèrent, on peut considérer
que le déficit cellulaire implique un déficit en neurones.
Un ralentissement du développement du cerveau,
85
Virologie comparée
Dans le cadre du programme FAO /OMS de
virologie comparée, un centre collaborateur chargé de
la collecte et de l'évaluation des données de virologie
comparée a été créé à l'Université de Munich (Répu4.206
blique fédérale d'Allemagne). Le centre collabore
étroitement avec le Comité international de Taxonomie
des Virus et avec les banques de données nationales.
Au cours d'un symposium tenu au centre en octobre,
apparu 6 jours après l'agression thermique, a persisté
jusqu'à la maturité. L'efficacité fonctionnelle du
cerveau microencéphalique semble gravement com-
on a passé en revue les services du centre et les progrès
réalisés dans le domaine de la virologie comparée.
promise.
4.207
Cardiologie comparée
Depuis plusieurs années, l'Organisation appuie
des travaux de cardiologie comparée. Des études sur
les maladies des artères, effectuées sur plusieurs
systèmes de modèles animaux, se poursuivent à
l'Institut de Pathologie animale de Berne; elles
4.204
comprennent notamment des recherches sur les modifi-
cations vasculaires de la rétine chez des hamsters de
l'espèce Cricetulus griseus naturellement diabétiques.
On s'est aperçu que les vaisseaux situés à la zone de
Toujours dans le cadre du programme FAO/
OMS, deux autres équipes internationales ont été
constituées pour l'étude des réovirus et des virus
spumeux. A ce programme sont désormais associés
quelque 135 laboratoires organisés en 16 équipes,
chaque équipe étant chargée d'un groupe distinct de
virus animaux. Jusqu'à présent, 96 souches virales de
référence ont été homologuées et 119 autres souches
ont été acceptées comme souches de référence en
attente. Des antisérums de référence ont été préparés
contre 50 virus.
jonction entre le plexiforme interne et les couches
réticulaires sont le plus fréquemment et le plus gravement touchés. C'est à cet endroit que la dégénérescence
des cellules endothéliales et des péricycles ainsi qu'un
très fort épaississement des membranes sous épithéliales sont le plus apparents. Pour élucider
l'étiologie et la pathogenèse de la rétinopathie diabé-
tique, qui est l'une des principales causes de cécité
chez l'homme, l'Institut a étudié le rôle du lobe
antérieur de l'hypophyse chez les hamsters diabétiques
et l'on s'est aperçu que le nombre de cellules somatotrophes y était nettement plus élevé que chez l'animal
normal. Cette constatation incite à penser qu'une
surproduction primaire de somatotrophine peut être
à l'origine du diabète chez les hamsters.
Bronchite
4.205
Avec l'aide de l'Organisation, l'Université de
Glasgow (Royaume -Uni) a entrepris une étude comparée des maladies respiratoires chroniques qui a montré
que, chez le chien, la maladie respiratoire naturelle et
celle provoquée dans un modèle expérimental mis au
point à Glasgow constituent des systèmes idéaux
pour l'étude de la bronchite chronique chez l'homme.
Le modèle permet de mesurer les modifications qui se
produisent dans les glandes muqueuses. Des études
sur le « poumon de fermier » ont montré que l'incidence
de Micropolyspora faeni et le titre des précipitines à
ces actinomycètes chez les bovins peuvent servir
d'indicateurs du degré d'exposition des travailleurs
agricoles. Etant donné qu'une épreuve sérologique de
diagnostic ou une épreuve cutanée fiables pourraient
avoir d'importantes applications en médecine, on
s'attache désormais tout particulièrement à mettre au
point des antigènes types.
Prévention de la cécité et de la perte de vision
4.208
Par diverses résolutions adoptées ces dernières
années (notamment les résolutions WHA22.29 et
WHA25.55), l'Assemblée mondiale de la Santé a
préconisé une intensification des efforts nationaux et
internationaux visant à prévenir la cécité, et l'Organisation a pris des mesures pour mettre en place à cette
fin un programme coordonné. En mai 1975, la Vingt Huitième Assemblée mondiale de la Santé a adopté
une nouvelle résolution (WHA28.54) priant le Directeur
général d'encourager les Etats Membres à organiser
des programmes nationaux pour la prévention de ces
causes principales de cécité que sont le trachome, la
xérophtalmie et l'onchocercose. Cette résolution
souligne également l'importance que revêtent le dépis-
tage et le traitement précoces d'autres états pathologiques potentiellement générateurs de cécité, tels que
la cataracte et le glaucome, ainsi que la nécessité de
mobiliser des ressources financières et autres pour la
réalisation d'un programme efficace.
4.209
Les activités de l'année écoulée en ce qui
concerne la xérophtalmie et la carence en vitamine A
à laquelle elle est associée sont évoquées dans le
chapitre 2 à propos de la nutrition; celles relatives au
trachome et à l'onchocercose sont décrites respective-
ment plus haut dans le présent chapitre et dans le
chapitre 5. Des analyses préliminaires du problème de
la cécité et de sa prévention avaient été faites en 1973
au Bangladesh, en Birmanie et en Inde et en 1974 dans
le nord du Nigéria; en février 1975, une analyse
similaire a été menée à bien au Guatemala, et elle a
1
La grippe animale est traitée au paragraphe 4.50.
86
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
confirmé que les trois maladies susmentionnées constituaient là aussi les causes majeures de cas de cécité
moyens d'évaluer les priorités et de fixer les objectifs
opérationnels à l'échelon national, est désormais
évitables.
doublée d'une approche systématique axée sur le
Selon les estimations, plus d'un tiers des
handicapés visuels dans le monde habitent des pays
de la Région de l'Asie du Sud -Est, dont le Comité
régional, à sa vingt -huitième session (août 1975), a
adopté une résolution sur la prévention de la cécité.
A la suite des analyses mentionnées plus haut, des
programmes nationaux de prévention de la cécité et
4.210
de la perte de vision ont été encouragés au Bangladesh,
en Birmanie et en Inde; l'Organisation a également
fourni à ces trois pays, ainsi qu'à l'Indonésie, à Sri
Lanka et à la Thaïlande des avis et une assistance pour
la mise en place de programmes d'ophtalmologie de
santé publique.
Dans la Région européenne, l'approche étiologique axée sur la maladie, qui demeure l'un des
4.211
problème. Pour aider au développement des activités
dans ce domaine, des services consultatifs et des moyens
de formation en ophtalmologie de santé publique ont
été mis à la disposition des Gouvernements du Maroc,
de la Turquie et de la Yougoslavie.
Des contacts étroits ont été maintenus avec les
autres organisations qui oeuvrent dans ce domaine, en
particulier l'Organisation mondiale contre la Cécité.
Dans l'allocution qu'il a prononcée devant la Vingt Huitième Assemblée mondiale de la Santé, le Président
de cette organisation non gouvernementale a indiqué
que des comités nationaux avaient déjà été constitués
dans trente pays pour sensibiliser l'opinion et mobiliser
des ressources afin d'intensifier l'action internationale
contre la cécité.
4.212
5. PALUDISME ET AUTRES MALADIES PARASITAIRES
Les maladies parasitaires, et particulièrement le
paludisme, constituent l'un des principaux sujets de
préoccupation de l'Organisation depuis sa création.
Ces dernières années, l'OMS a encore intensifié son
5.1
action dans ce domaine, tandis que les autorités
politiques et sanitaires et les spécialistes des sciences
sociales prenaient davantage conscience de l'urgence
à près de cinq cents documents et publications concernant les effets des grands travaux de mise en valeur des
ressources en eau (lacs artificiels, réseaux d'irrigation,
etc.) sur la santé publique dans son acception la plus
large. Cette bibliographie, qui sera complétée au fur et
à mesure que l'on disposera de nouvelles informations,
devrait constituer un très utile instrument de travail
des problèmes posés par ces maladies, notamment
pour les administrateurs et les spécialistes de différentes
dans les pays tropicaux. Certes, des mesures peuvent
être et ont été appliquées avec plus ou moins de succès
pour lutter contre nombre de ces maladies (dans vingt
régions du monde, par exemple, on a pu déclarer que
disciplines. Elle a été largement diffusée, notamment
parmi les organisations intergouvernementales et non
gouvernementales avec lesquelles l'OMS renforce sa
coopération dans ce domaine, telles que le PNUD, le
le paludisme avait été éradiqué, dans d'autres en
revanche il augmente de façon inquiétante), mais
celles auxquelles on s'en remet actuellement sont
PNUE, la FAO, l'UNESCO (programme relatif à
nettement insuffisantes. Il faut recourir à de nouvelles
méthodes plus efficaces, moins coûteuses et d'emploi
plus facile. Leur mise au point repose sur la recherche
en immunologie, chimiothérapie et prophylaxie afin
d'accroître les connaissances, ainsi que sur la recherche
méthodologique en vue de déterminer la meilleure
manière d'utiliser ces connaissances et d'appliquer les
grands progrès scientifiques réalisés ces dernières
années.
5.2 Ces considérations impératives ont amené la
Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé à
adopter en mai 1975 un certain nombre de résolutions
sur le développement et la coordination de la recherche
biomédicale et sur les maladies tropicales et parasitaires. L'Assemblée a particulièrement insisté sur la
mise en oeuvre du programme spécial de recherche et
de formation concernant les maladies tropicales et
parasitaires dont l'OMS poursuit l'élaboration. Ce
programme est évoqué plus loin dans les paragraphes
5.8 à 5.12, eux -mêmes suivis d'un aperçu des activités
de lutte menées pendant l'année contre la plupart de
l'homme et à la biosphère) et les comités scientifiques
du Conseil international des Unions scientifiques pour
les problèmes de l'environnement et de la recherche
hydraulique.
5.4 Si les Etats Membres se préoccupent avant tout
des infections parasitaires comme le paludisme, la
schistosomiase, la trypanosomiase et les filarioses, ils
s'intéressent également de plus en plus aux parasitoses
intestinales et aux infections mycosiques superficielles
et généralisées. L'Organisation a entrepris d'étudier la
répartition géographique des mycoses et elle élabore
un programme de formation aux techniques mycolo-
giques afin d'aider les Etats Membres à créer les
laboratoires nécessaires, effectuer des études épidémiologiques et traiter les malades. A la suite de l'adoption
par la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé
d'une résolution (WHA28.55) appelant l'attention sur
le fait que les infections mycosiques sont extrêmement
répandues aussi bien dans les pays industrialisés que
dans les pays en voie de développement, un certain
nombre d'autorités sanitaires ont fourni à l'OMS une
documentation sur l'importance de ces maladies dans
ces maladies.
leurs pays respectifs.
5.3 L'Organisation a entrepris dès 1974 une étude
interdisciplinaire sur les problèmes sanitaires liés à la
création de lacs artificiels. Dans le cadre de cette étude,
elle a abordé en 1975 la préparation d'un manuel sur
les risques qu'entraîne pour la santé la mise en valeur
des ressources hydriques, et plus particulièrement sur
leur prévention et sur le problème de la schistosomiase.
5.5 En ce qui concerne les parasites intestinaux, qui
sévissent particulièrement dans les pays en voie de
développement, l'OMS collabore avec la BIRD à la
Bien que divers aspects de ces problèmes aient été
étudiés au cours des années passées, les données
rassemblées ne sont pas de consultation facile; c'est
pourquoi l'OMS a établi une bibliographie relative
1
mise au point de méthodes de lutte à utiliser parallèlement à l'installation de réseaux d'approvisionnement
en eau des collectivités, car il est reconnu que les
mesures médicales ne peuvent avoir d'effet permanent
en l'absence de bonnes pratiques d'assainissement. A
Guam, une aide a été fournie par l'OMS pour évaluer
les résultats des mesures prises en 1974 contre les
parasites intestinaux. Aux Philippines, l'OMS a
apporté son aide à des recherches opérationnelles sur
1
Fournie sur demande par la Division du Paludisme et des
autres maladies parasitaires, Organisation mondiale de la Santé,
1211 Genève 27, Suisse.
la séro -épidémiologie de l'amibiase et d'autres maladies
parasitaires. Au Mexique, un nouveau modèle expéri-
mental (embryon de poussin) a été mis au point avec
-87-
88
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
l'aide de l'OMS pour l'étude de la pathologie de
des instituts de recherche des Pays -Bas, du Royaume -
l'amibiase hépatique; ce modèle semble très prometteur
parce qu'il est reproductible, fiable et peu coûteux.
Uni et de Suède, et des essais sur le terrain sont en
cours en Afrique et dans d'autres régions, certains
avec l'aide financière de l'OMS.
5.6
Les épreuves immunologiques présentent un
grand intérêt pour les travaux de séro -épidémiologie et
pour le diagnostic individuel des infections parasitaires mais, faute d'antigènes spécifiques caractérisés,
il est presque impossible d'établir des titres de diagnostic normalisés pour l'application des techniques
sérologiques courantes, car les titres varient selon le
Programme spécial de recherche et de formation
concernant les maladies tropicales
les données obtenues par les méthodes parasitologiques
traditionnelles. C'est pourquoi l'Organisation co-
En 1974, l'Assemblée mondiale de la Santé a
adopté la résolution WHA27.52 dans laquelle elle
souligne la nécessité de développer et d'intensifier
encore les recherches sur les maladies parasitaires
tropicales, et la résolution WHA27.61 dans laquelle
ordonne une étude collective effectuée par des laboratoires de Finlande, de France et du Mali et visant à
isoler et déterminer des antigènes spécifiques de para-
de la recherche et le renforcement des centres de
recherche et de formation dans les pays les plus
type de préparation antigénique et il arrive souvent
que les résultats des épreuves ne concordent pas avec
sites, qui seront soumis à des épreuves sérologiques. Au
cours d'une consultation sur ce sujet en juillet, on a
examiné la situation actuelle et établi les grandes
lignes d'une action commune (y compris des essais sur
le terrain) visant à la préparation, par trois laboratoires
européens et par un quatrième aux Etats -Unis
d'Amérique, d'antigènes de la schistosomiase, de l'on chocercose et de la trypanosomiase.
5.7
Une technique récente a amélioré les perspec-
5.8
elle insiste sur l'importance que revêtent la promotion
touchés par ces maladies. C'est en tenant compte de
ces considérations que l'Organisation a entrepris
l'élaboration d'un programme spécial de recherche et
de formation concernant les maladies tropicales, qui a
été examiné par le Conseil exécutif en janvier 1975 et
par la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la
Santé en mai, ainsi que par le Comité consultatif de
la Recherche médicale en juin. Ce programme, qui
doit être financé principalement par des fonds extrabudgétaires, a été étudié de manière plus détaillée en
octobre lors d'une réunion de donateurs éventuels.
tives de détection rapide d'un certain nombre de
maladies parasitaires; il s'agit de la technique dite
5.9
ELI SA (titrage avec immunoadsorbant lié à un enzyme).
solidaires; il s'agit d'une part de mettre au point et
Inventée en Suède, puis modifiée et simplifiée aux
d'utiliser de nouvelles méthodes de diagnostic, de nouveaux agents chimiothérapeutiques, des vaccins et des
mesures de lutte antivectorielle spécifiquement adaptés
Pays -Bas et au Royaume -Uni en partie avec l'aide de
l'OMS, cette technique n'exige que très peu de sang
et elle est précise et rapide; un technicien peut examiner
en une journée plusieurs centaines d'échantillons
sérologiques. Des chercheurs des centres collaborateurs de l'OMS et d'autres institutions ont essayé avec
succès sur une petite échelle différentes modifications
de cette technique afin de l'adapter à d'autres maladies,
notamment au paludisme,' à la schistosomiase,2 et à
la trypanosomiase africaine 2 et américaine.4 Il semble
que cette méthode soit appelée à devenir un outil
d'analyse encore plus pratique au fur et à mesure que
l'on disposera d'antigènes spécifiques mieux définis,
et une consultation a été organisée en octobre par
l'OMS entre les spécialistes qui y ont recours. Ceux -ci
ont examiné des données et des résultats récents sur
la technique employée et ont établi un plan de travail
en commun pour son perfectionnement et son application à toute une série de maladies parasitaires. Un
travail intensif visant à améliorer cette technique se
poursuit, en collaboration avec l'Organisation, dans
Les deux principaux objectifs du programme sont
au traitement et à la prévention des maladies tropicales dans les pays affectés, d'autre part de renforcer
la recherche dans ces pays en formant des spécialistes
scientifiques et des techniciens des diverses disciplines
en cause.
5.10 Les maladies tropicales sont trop nombreuses et
elles affectent des régions trop étendues pour qu'elles
puissent être incluses toutes à la fois dans un
programme de dimension raisonnable. C'est pourquoi
l'on n'a retenu que six maladies - dont cinq parasitaires - en tenant compte de leur incidence, de leur
gravité, de leurs effets sur la capacité de travail et de
l'absence de méthodes efficaces de lutte. Ces maladies
sont le paludisme, la schistosomiase, la filariose (y
compris l'onchocercose), la trypanosomiase, la leishmaniose et la lèpre. L'Afrique sera la première bénéficiaire
du programme; les six maladies y sévissent sous une
forme ou une autre, frappant quelque deux cents
millions d'habitants et provoquant habituellement des
infections multiples.
1 Voiler A. et al. Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé,
51: 209 -211 (1974); British medical journal, 1: 659 -661 (1975).
2 Lagerqvist, B. et al. Transactions of the Royal Society of
Tropical Medicine and Hygiene, 69: 10 (1975).
2 Volter, A. et al. Zeitschrift far Tropenmedizin und Parasitologie, 26: 247 -251 (1975).
4 Voiler, A. et al. Lancet, 1: 426 -429 (1975).
5.11
Le programme fera appel à deux éléments
complémentaires: d'une part, des groupes ad hoc de
recherche, d'autre part un réseau de laboratoires
collaborateurs. Les groupes ad hoc, composés d'hommes de science éminents des pays affectés et de pays
5. PALUDISME ET AUTRES MALADIES PARASITAIRES
industrialisés, seront chargés de la planification et de la
direction scientifiques, à tous les stades, de recherches
visant à mettre au point de nouveaux agents chimiothérapeutiques et vaccins contre chacune des six
maladies. Les travaux eux -mêmes seront effectués par
les laboratoires du réseau, dont beaucoup fourniront
également du personnel aux groupes ad hoc. Les
laboratoires seront situés aussi bien dans des pays
développés que dans des pays en voie de développe-
89
paludiques. Il est certain que, dans la plupart des
zones impaludées, les problèmes techniques, financiers,
logistiques et administratifs jouent un rôle extrêmement
important; cependant, la détérioration de la situation
mondiale est due aussi, pour une grande part, au fait
que l'on a sous -estimé les conséquences économiques
et sociales de la maladie. On peut penser qu'un nouvel
élan sera donné à la lutte antipaludique lorsque ces
conséquences se feront davantage sentir.
ment; dans ce dernier cas, ils recevront l'aide nécessaire
pour poursuivre leurs travaux de façon autonome et
assurer également la formation à la recherche. En
Afrique, le réseau sera centré sur les instituts de
recherche et les départements universitaires existants.
On envisage d'y adjoindre un nouveau centre international de recherches pluridisciplinaires, sur lequel
reposera principalement le renforcement des activités
de recherche et de formation dans la Région.
5.14 L'Organisation a entrepris d'évaluer tous les
programmes antipaludiques mis en oeuvre dans le
monde et de classer les pays et les zones impaludés
selon leur situation géographique et leurs perspectives
d'atteindre tel ou tel niveau épidémiologique ou
opérationnel de l'endiguement ou de l'éradication du
5.12
paludisme. Un comité ad hoc du Conseil exécutif a
étudié attentivement la situation en 1975. Il a estimé
que cette évaluation et cette classification n'auraient
qu'une valeur pratique limitée si les pays ne sont pas
intimement associés aux efforts tentés pour résoudre
le problème du paludisme. C'est pourquoi des direc-
pour lequel le Gouvernement zambien a offert des
services de clinique et de laboratoire; les premières
activités porteront sur la schistosomiase (voir le
tives pour l'établissement de catégories de zones ou de
situations selon les possibilités techniques et les perspectives ont été adressées aux gouvernements afin de
les aider à évaluer et à classer leurs zones impaludées
et de les mettre ainsi en mesure d'apprécier la situation
Parmi les travaux pilotes exécutés au cours de
l'année en relation avec ce programme, il convient de
signaler les premières dispositions prises en vue de la
création à Ndola (Zambie) d'un centre de recherches
paragraphe 5.47). Les travaux du groupe ad hoc pour
l'immunologie de la lèpre décrits aux paragraphes 4.108-
4.109 se rattachent également au programme. On
s'est efforcé, dans la mesure du possible, de mettre
au point des composantes du programme qui n'ont
pas encore été pleinement développées. Dans le
domaine du paludisme, par exemple, on a profité de
la réunion du groupe scientifique de l'OMS sur les
progrès en immunologie du paludisme (paragraphe
5.24) pour passer en revue les possibilités de vaccination
contre cette maladie, le groupe ad hoc pour la chimio-
thérapie du paludisme (paragraphe 5.34) ayant été
pour sa part spécialement convoqué dans le cadre du
programme. Les travaux des autres groupes ad hoc et
les autres activités liées au programme font l'objet des
paragraphes 5.55, 5.76 et 5.77.
de façon plus réaliste et, au besoin, de réviser leur
action et leur stratégie antipaludiques. Par la résolution WHA28.87 relative à l'état d'avancement du
programme antipaludique, l'Assemblée mondiale de
la Santé a invité en mai les comités régionaux à
accorder une attention spéciale à la situation du
paludisme dans les Régions et à faire des recommanda-
tions relatives à l'orientation des programmes antipaludiques dans le cadre régional.
5.15
Un triple objectif a été fixé pour la Région
africaine, où l'on trouve 60 % environ de la population
vivant dans des zones où n'est appliquée aucune
Une dégradation générale de la situation a été
mesure spécifique de lutte antipaludique. Cet objectif
est: a) de réduire d'une manière générale la mortalité,
les souffrances et les infirmités dues au paludisme,
b) d'améliorer la protection de la population des zones
et collectivités urbaines d'importance économique, et
c) de réduire plus spécifiquement la mortalité foetale
et néonatale en protégeant toutes les femmes enceintes
à partir du cinquième mois de la grossesse. L'augmentation du nombre de requêtes émanant de gouvernements qui voudraient bénéficier des services consul-
signalée en 19741 et il n'y a guère eu d'amélioration
en 1975. Si l'on a constaté des progrès dans plusieurs
l'intérêt renouvelé que de nombreux pays portent à la
Paludisme
Situation du programme antipaludique
5.13
zones où sont faits des efforts soutenus et où les
gouvernements ont énergiquement appuyé les mesures
de lutte, une aggravation a été signalée dans les
régions où l'on en est encore à définir et à réviser la
politique, la stratégie et les moyens d'action anti1
Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphes 5.3 et 5.4.
Pour un compte rendu plus détaillé sur le paludisme dans le
monde en 1974, voir le Relevé épidémiologique hebdomadaire, 50:
N0 45, 47 et 48 (1975).
tatifs d'équipes inter -pays de l'OMS témoigne de
planification et au lancement de campagnes antipaludiques; plusieurs gouvernements s'occupent déjà
activement d'établir eux -mêmes des programmes bien
structurés de lutte contre le paludisme. A Maurice,
déclarée en 1973 exempte de paludisme, un petit
foyer est réapparu en 1975 consécutivement aux ravages
d'un cyclone, mais le Gouvernement a fait d'énormes
efforts pour que, en dépit de sa grande vulnérabilité, le
pays conserve son statut de zone d'où le paludisme
a été éradiqué.
90
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
Dans la Région des Amériques, l'éradication
quatre ans et de l'AID pendant cinq ans, ce qui
demeure l'objectif de la plupart des programmes antipaludiques même lorsqu'il ne s'agit pas d'une opération
devrait améliorer la situation. Il y a eu à Sri Lanka
5.16
limitée dans le temps; seul un très petit nombre de
gouvernements ont manifesté le désir d'en revenir à
des activités de lutte intégrées. Cependant, comme on
ne peut s'en tenir à l'application généralisée d'insecticides dans toute la Région, le problème du paludisme
sera désormais abordé sous un angle nouveau: on
améliorera et facilitera les études épidémiologiques
afin de fonder sur une base solide la planification et
l'évaluation du travail de terrain, on encouragera la
mise au point de nouvelles méthodes de lutte et on
réorientera la formation du personnel professionnel
afin de lui assurer un bagage scientifique plus étendu
sans que soit négligée la formation pratique sur le
une nouvelle augmentation rapide du nombre des cas
dépistés et une extension alarmante du paludisme à
falciparum dans le nord. En Thaïlande, le programme
antipaludique pose de graves problèmes budgétaires
ainsi que des problèmes techniques liés à la résistance
de P. falciparum aux médicaments et à la transmission
de la maladie hors des habitations par Anopheles
balabacensis.
Sur les trois programmes de lutte antipaludique
exécutés dans la Région européenne, ceux de l'Algérie
et du Maroc progressent de façon satisfaisante. Mais
la situation s'est détériorée en Turquie, où l'incidence
5.18
terrain. Des progrès satisfaisants ont été réalisés dans
l'exécution des programmes en Argentine, au Brésil
- où six millions de personnes de plus ont été déclarées
à l'abri de la transmission du paludisme
au Guatemala, dans certaines régions du Mexique, au Paraguay
- où la transmission a pratiquement cessé dans l'en-
du paludisme est en augmentation dans plusieurs
semble du pays - et en République Dominicaine.
en Jordanie, en République Arabe Syrienne et en
Tunisie. Les mesures antipaludiques (pulvérisation
Au Belize, en Bolivie, au Costa Rica, au Panama, au
Pérou et au Venezuela, l'action antipaludique n'a
rien perdu de son intensité; la situation s'est toutefois
détériorée en Colombie, en Haïti, au Surinam et dans
certains pays d'Amérique centrale (El Salvador,
Honduras, et Nicaragua), où s'est accrue la résistance
du vecteur.
5.17
Mais c'est dans la Région de l'Asie du Sud -Est
que la situation a le plus empiré, encore que cette
Région ne contienne que 15 % environ de la population
vivant dans des zones où n'est appliquée aucune
mesure spécifique de lutte antipaludique. Le paludisme
est redevenu un grave problème de santé publique en
Birmanie, en Inde et à Sri Lanka, et il pourrait en
aller de même au Népal et en Thaïlande si la lutte
n'était élargie et renforcée. Les obstacles pratiques sont
dus pour une grande part à des problèmes d'ordre
financier, aggravés par la montée en flèche des prix
des insecticides et des médicaments antipaludiques et
par les difficultés d'approvisionnement. Au Bangladesh,
les cas de paludisme sont en augmentation, le parasite
prédominant étant Plasmodium falciparum. Le besoin
d'une stratégie révisée et d'une méthodologie tenant
compte des ressources disponibles pour endiguer la
maladie ne se fait sentir nulle part autant qu'en Inde,
où le problème du paludisme a été encore aggravé
par les inondations et la pénurie de médicaments. En
revanche, les opérations antipaludiques menées en
régions (voir le paragraphe 5.32); l'OMS continue à
apporter son assistance à l'action menée.
Dans la Région de la Méditerranée orientale, les
activités d'éradication se poursuivent en Iran, en Irak,
5.19
d'insecticides à effet rémanent, destruction des larves,
gestion des eaux, réduction des gîtes larvaires et lutte
biologique à l'aide de poissons larvivores) ont été
renforcées en Arabie Saoudite, dans les Emirats arabes
unis, en Ethiopie, en Oman, en Somalie et au Yémen
démocratique. Un accord en vue d'une assistance du
PNUD à l'Oman a été approuvé. Cependant, la
lutte antipaludique est restée une source de grave
préoccupation dans trois pays - l'Afghanistan, le
Pakistan et le Soudan - en raison de la forte endémicité de la maladie. Il est vraisemblable que, pour des
raisons techniques et administratives, les progrès
seront lents dans les deux premiers pays; au Soudan
par contre (dans le secteur irrigué de la Gézireh), on a
pu procéder à une nouvelle offensive antipaludique
en modifiant sensiblement les techniques appliquées
et en utilisant d'autres insecticides (voir le paragraphe
5.32); les premiers résultats paraissent assez prometteurs.
5.20
Les résultats de la lutte antipaludique dans la
Région du Pacifique occidental ont été consolidés dans
une large mesure, la situation s'étant même légèrement
améliorée dans un certain nombre de zones; pourtant,
à Singapour, la transmission locale du paludisme n'a
pul être enrayée. Des progrès sérieux ont été réalisés
aux îles Salomon et les pulvérisations ont pris fin dans
ment de l'infection à falciparum. Au Népal, pays
plusieurs des îles. En Malaisie péninsulaire, le programme antipaludique porte maintenant sur tous les
Etats et l'incidence de la maladie est tombée à un
dixième de ce qu'elle était avant le début des opéra-
auquel l'OMS a apporté une aide d'urgence comprenant notamment la fourniture de DDT, une analyse
de la situation, effectuée conjointement par le Gouvernement, l'AID et l'OMS, a permis de mettre au
point un plan d'action intérimaire et un plan d'opérations à long terme; des négociations sont en cours en
vue d'obtenir une aide substantielle du PNUD pendant
tions. Aux Philippines, l'incidence globale de la maladie a diminué et l'on a réussi dans une large mesure à
intégrer les services antipaludiques dans les services de
santé généraux. Une aide a également été apportée par
l'OMS à la lutte contre le paludisme au Cambodge, au
Laos, aux Nouvelles- Hébrides, à la Papouasie Nouvelle- Guinée et à la République du Sud Viet -Nam.
Indonésie dans le cadre des services de santé généraux
ont nettement réduit l'incidence de la maladie, notam-
5. PALUDISME ET AUTRES MALADIES PARASITAIRES
Au total, l'Organisation a en 1975 aidé 78 pays
ou zones à lutter contre le paludisme. Il s'agissait de
projets d'éradication du paludisme dans 37 pays ou
zones, de programmes organisés de lutte dans 20 et,
5.21
dans 21 autres, d'activités antipaludiques intégrées dans
les activités des services généraux de santé.
91
stades du parasite responsable du paludisme humain.
Parmi les questions dont l'étude a été recommandée
figurent la purification, l'identification et les propriétés
sérologiques des antigènes provenant de stades
spécifiques de plasmodiums. Les recherches visant à
mettre au point un vaccin protégeant contre le palu-
disme humain devront se situer dans un cadre très
Coordination et réunions
5.22
L'assistance du FISE à la lutte antipaludique a
continué d'être essentiellement indirecte, puisqu'il
s'agissait de soutenir les activités intégrées des services
de santé généraux, sauf dans les situations d'urgence
résultant de catastrophes. Le PNUD a soutenu
financièrement plusieurs projets antipaludiques et a,
dans des cas exceptionnels, élargi son assistance en
offrant des fournitures dans le cadre du programme
spécial d'assistance de l'ONU aux pays les plus gravement atteints par la crise énergétique et la crise économique. Le Gouvernement des Etats -Unis d'Amérique,
qui soutient plusieurs projets de recherche anti-
paludique, a apporté également une contribution
financière considérable à un certain nombre de programmes de lutte antipaludique. D'autres pays ont
répondu à l'appel à la coopération lancé par l'Organisation en vue de lutter contre la maladie, notamment
l'Arabie Saoudite et le Koweït qui, par une contribution
financière importante, ont soutenu le programme
antipaludique au Soudan.
5.23 Au cours de l'année, l'Organisation a organisé
plusieurs réunions de coordination ou y a participé. Il
s'agit notamment de la deuxième réunion des directeurs des services nationaux d'éradication du paludisme des Amériques qui s'est tenue à Quito, de réunions intéressant divers pays: Belize, El Salvador, le
Guatemala, le Honduras et le Mexique; l'Equateur et
le Pérou; la Guyane française et le Surinam; la Guyane
large, car à cet égard les inconnues l'emportent encore
sur les faits établis.
En 1975, la pénurie de fonds a quelque peu
limité le soutien financier de l'OMS aux recherches
sur le paludisme, mais l'Organisation a néanmoins
conclu ou renouvelé quarante -deux accords de recherche. Les paragraphes qui suivent rendent compte
brièvement de certains des travaux récemment coordonnés et soutenus par l'Organisation.
5.25
Biologie des parasites du paludisme. 11 faudrait
mieux connaître la biologie des membranes de plas5.26
modiums et des érythrocytes parasités, que ce soit pour
cultiver in vitro le parasite ou pour faire progresser la
recherche de nouvelles séries d'agents chimiothérapeutiques. A l'Ecole de Médecine tropicale de Liverpool (Royaume -Uni), on a montré que le L- glucose
pouvait se répandre dans une membrane d'hématie
parasitée, en passant peut -être à travers de très petits
pores qui interdisent toute pénétration de la sucrose
et ne semblent être présents que dans les cellules
infectées.2 Cette observation pourrait avoir un intérêt
pour la mise au point de nouveaux agents chimiothérapeutiques. A l'Institut national de Recherche
médicale de Londres, des travaux ont été entrepris au
sujet des méthodes de blocage des composants de
surface de l'érythrocyte (et peut -être du mérozoite)
responsables de la reconnaissance et de la pénétration
de la cellule par le mérozoïte.3
et le Surinam; l'Irak, la République Arabe Syrienne
et la Turquie; le Bangladesh, la Birmanie et l'Inde;
5.27
enfin, du Comité du Maghreb pour la coordination des
activités antipaludiques. Une réunion sur les méthodes
bioenvironnementales de lutte contre le paludisme a
été organisée en commun par le PNUE et par l'Organisation à Lima, en décembre.
infectées expérimentalement, même si l'on disposait de
nombreux sujets. Aussi, nombre de recherches
immunologiques et chimiothérapiques doivent -elles
être effectuées sur des modèles de paludisme simien et
Recherche
5.24 Un groupe scientifique de l'OMS sur les progrès
en immunologie du paludisme s'est réuni à Genève en
avril -mai et a examiné les informations recueillies
depuis 1967, date de la dernière réunion sur ce sujet.
Dans le rapport du groupe 1 sont examinés les méca-
Les parasites du paludisme humain étant très
spécifiques, peu d'espèces simiennes pourraient être
murin qui présentent d'étroites ressemblances avec
l'affection humaine, bien que d'autres espèces de
Plasmodium soient en cause. A l'Ecole de Médecine du
Guy's Hospital à Londres, des expériences d'immunisation par les mérozoïtes ont fait clairement apparaître
que, dans les infections à P. knowlesi provoquées,
nismes de la résistance au paludisme, la valeur des
l'immunité est efficace à l'égard d'une gamme importante de variants; les singes immunisés ont également
résisté à l'épreuve par des sporozoïtes de P. knowlesi
provenant de moustiques infectés.4 En vaccinant des
méthodes sérologiques en épidémiologie, la récente et
sensible évolution des connaissances sur les processus
singes rhésus avec des sporozoïtes atténués de P.
cynomolgi, le Centre médical universitaire de New
immunopathologiques associés au paludisme et le
progrès des techniques d'immunisation. L'accent est
mis sur l'importance que présente pour le développement de l'immunisation la culture des divers
1 Série de Rapports techniques OMS, N° 579, 1975.
2 Neame, K. D. & Homewood, C. A. International journal of
parasitology, 5: 537 -540 (1975).
3 Trigg, P. I. & Shakespeare, P. G. Journal of protozoology, 22:
57 A (1975).
4 Mitchell, G. H. et al. Immunology, 29: 397 -407 (1975).
92
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
York (Etats -Unis d'Amérique) a montré qu'une
protection prolongée ou totale de ces singes
5.31
contre l'infestation par les sporozoïtes ne peut être
obtenue qu'après plusieurs mois de traitement et en
économiques de lutte contre les moustiques vecteurs
du paludisme. En recourant à des clôtures -pièges,
les laboratoires du Medical Research Council du
Royaume -Uni en Gambie ont étudié les caractéris-
administrant de multiples doses immunisantes.
5.28
A l'occasion d'une étude sur l'origine
des
rechutes de paludisme, faite au Muséum d'Histoire
naturelle de Paris, des rats arboricoles (Thamnomys)
ont été traités à la DL- éthionine (substance hépatotoxique qui concurrence la méthionine présente natu-
rellement) pendant la période préérythrocytaire de
l'infection à P. yoelii. Il en est résulté une période
prépatente prolongée et une parasitémie à rechutes,
avec alternance de périodes positives et négatives. On
pense que ce phénomène pourrait être dû à la rupture
de schizontes hépatiques retardés par l'action de
l'éthionine.' Cette étude devrait permettre de mieux
comprendre le mécanisme de la rechute dans le
paludisme humain, pour lequel on ne disposait pas
jusqu'ici de bon modèle de laboratoire.
5.29
Epidémiologie
du paludisme. A l'Ecole
de
Médecine de l'Université de New York (Etats -Unis
d'Amérique), de nouvelles études sur l'épidémiologie
du paludisme cérébral, basées sur l'utilisation d'une
souche virulente et létale de P. yoelii précédemment
décrite,2 ont montré que la virulence était due à une
modification génétique du parasite et confirmé que les
changements histopathologiques observés chez les
souris infectées par cette souche présentent de très
nombreuses analogies avec ceux que l'on rencontre
dans les infections humaines à falciparum à issue
Les études écologiques fournissent des infor-
mations utiles pour la mise au point de moyens
tiques du vol des moustiques et constaté que, contrairement à ce que l'on pensait, le moustique à la recherche
du stimulus hôte doit se déplacer sous le vent et assez
bas pour rencontrer les bouffées d'odeur que l'hôte
exhale au niveau du sol.6 Le centre collaborateur de
l'OMS à Rome, qui fait des études cytogénétiques sur
les vecteurs du paludisme, a montré que près de Kano
(Nigéria), en un lieu où les hôtes animaux sont plus
nombreux que les hôtes humains, l'espèce A du
complexe Anopheles gambiae demeurait fortement
anthropophile tandis que l'espèce B se rabattait assez
facilement sur les bovidés. L'indice sporozoïtique
enregistré au cours de la saison des pluies pour
l'espèce A est au moins le double de celui de l'espèce
B. Des études sur des anophélinés précédemment
vecteurs du paludisme en Roumanie, menées par
l'Institut d'Hygiène et de Recherche scientifique de
Iasi, ont révélé une évolution notable dans les habitudes
de repos du complexe An. maculipennis; contrairement
à ce qui se passait avant l'ère des pulvérisations au
DDT, la majorité des moustiques se mettent maintenant
à l'abri dans les étables et rarement dans les habitations. L'amélioration du logement a rendu le micro-
climat des maisons modernes moins favorable aux
moustiques que celui des étables.
5.32
Au centre collaborateur OMS pour l'entretien
et la distribution de souches types d'Anopheles à
fatale.3,4
Londres, on a procédé à la détermination discriminatoire indicative de la dose mortelle d'insecticides
organophosphorés et de carbamates pour tous les
5.30 Les centres collaborateurs de l'OMS à Londres
et à Nimègue (Pays -Bas), qui étudient la sérologie du
individus sensibles d'un certain nombre d'espèces. Ce
travail a pour but d'établir des normes pouvant être
paludisme, ont donné des avis au sujet d'études
séro -épidémiologiques entreprises en Colombie, en
Iran, à Sri Lanka et au Surinam. Ces centres, ainsi
que l'Institut est -africain du Paludisme et autres
Maladies transmises par des Vecteurs à Amani
(République -Unie de Tanzanie), ont évalué l'épreuve
d'hémagglutination passive (ou indirecte) du paludisme
sur une population africaine naturellement exposée à la
maladie et ont constaté que cette méthode ne permettait
pas de repérer nombre de jeunes porteurs de parasites.5
1 Landau, I. et al. (1975) Comptes rendus hebdomadaires des
séances de l'Académie des Sciences, Série D., 280: 2285 -2288
(1975).
2 Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 5.16.
appliquées sur le terrain pour contrôler le degré de
sensibilité des populations d'anophèles vecteurs.' Les
études de ce centre sur An. sacharovi de provenance
turque ont confirmé la présence d'une résistance au
propoxur, au fénitrothion et au fenthion, en plus de la
résistance précédemment signalée aux insecticides
organochlorés. Le malathion a donc remplacé
le
propoxur dans le programme antipaludique turc. Avec
l'appui de l'OMS, le service soudanais de lutte antipaludique a poursuivi des travaux sur la résistance au
DDT chez l'espèce B du complexe An. gambiae et a
établi que les pulvérisations de DDT ne peuvent pas
produire un effet suffisant sur les populations résis-
tantes d'An. gambiae dans la zone irriguée de la
Gézireh où des poussées de paludisme ont été récem-
ment enregistrées; on a donc, là aussi, adopté le
malathion.
3 Hargreaves, B. J. et al. Annals of tropical medicine and
parasitology, 69: 289 -299 (1975).
4 Yoeli, M. et al. Transactions of the Royal Society of Tropical
Medicine and Hygiene, 69: 4 -5 (1975).
Voiler, A. et al. Bulletin de l'Organisation mondiale de la
Santé, 51: 662 -664 (1975).
6 Gillies, M. T. & Wilkes, T. J. Nature, 252: 388 -389 (1974).
Chronique OMS, 29: 219 -221 (1975).
5. PALUDISME ET AUTRES MALADIES PARASITAIRES
5.33 Une méthode pour le classement par âge des
populations d'anophélinés, basée sur l'examen de
l'ovaire intact, a été mise au point en collaboration
avec le service national de lutte antipaludique de
la Papouasie -Nouvelle- Guinée. Cette méthode, qui
permet d'évaluer l'importance des variations présentées
par les résidus granulaires des débris de follicule, a
été appliquée à An. farauti, principal vecteur du
paludisme dans cette région, et s'est montrée commode
pour les évaluations épidémiologiques.
5.34 Chimiothérapie du paludisme et résistance aux
médicaments. Dans le cadre du programme spécial de
recherche et de formation concernant les maladies
tropicales (voir les paragraphes 5.8- 5.12), un groupe
ad hoc pour la chimiothérapie du paludisme s'est
réuni en novembre afin d'élaborer un programme de
recherches destiné essentiellement à promouvoir l'essai
de nouveaux antipaludiques et à indiquer des méthodes
de recherche qui puissent aider à comprendre l'action
des médicaments sur les parasites du paludisme.
Des études pratiques sur la résistance de P.
falciparum aux amino -4 quinoléines, utilisant une
5.35
méthode in vitro, effectuées par une équipe de cher-
cheurs du service d'éradication du paludisme aux
Philippines, ont montré que, sur les 153 malades
soumis aux épreuves, 43 présentaient une certaine
pharmacorésistance, et des foyers de P. falciparum
résistant à la chloroquine ont été décelés dans plusieurs
îles. Une résistance aux amino -4 quinoléines a aussi
été signalée par l'Institut des Sciences médicales de
l'Université de Tokyo chez des nationaux japonais
rentrés de Kalimantan Timur et d'Irian Jaya (Indo-
nésie), ce qui semble indiquer que la résistance a
progressé en direction du sud et de l'est.' Ces malades
ont été traités avec succès par une combinaison de
sulfamides et de pyriméthamine.
5.36 A l'Institut de Chimie organique de Varsovie,
on a mis au point une triazine active qui, outre son
action en tant que schizontocide sanguin, inhibe le
développement exoérythrocytique du parasite et
renforce l'effet des autres antipaludiques. Ce médica-
ment a été examiné au centre collaborateur OMS de
référence et de recherche pour la sélection de composés
susceptibles d'être employés comme antipaludiques, à
Liverpool (Royaume -Uni), qui a également étudié
sur un modèle de paludisme des rongeurs l'emploi de
mélanges de médicaments pour éviter ou retarder
93
permis de déceler de la phospholipase C dans les
érythrocytes parasités; en se fondant sur cette observation, on s'attache maintenant à mettre au point un
agent immunisant. Le même institut a mis en évidence
un mécanisme par lequel les médicaments du type
quinine provoquent une lyse des cellules lors du
développement du parasite à l'intérieur de l'érythrocyte et font ainsi « avorter » le parasite.3
5.38
Méthodes de lutte. Le projet OMS de recherche
sur l'épidémiologie du paludisme et la lutte antipaludique dans la savane africaine, mis en oeuvre à
Kano (Nigéria), s'est achevé en décembre 1975.
L'observation suivie des résultats des interventions
dans la zone du projet de décembre 1973 à décembre
1975 et les informations épidémiologiques en provenance du Kenya ont apporté une nouvelle preuve de
la fiabilité du modèle mathématique de transmission
qui avait été élaboré. Ces travaux ont confirmé que,
dans l'environnement du Nigéria septentrional, les
insecticides à effet rémanent dont on dispose actuel-
lement ne permettent pas à eux seuls de réduire
sensiblement l'incidence du paludisme et que, même
associé à l'administration systématique de médicaments, leur emploi n'interrompt pas la transmission
de la maladie. Des données de base sont actuellement
recueillies en prévision d'un nouveau projet qui sera
exécuté conjointement par le Gouvernement nigérian
et l'OMS dans le sud du Nigéria; on se servira du
modèle pour le choix des mesures de lutte antipaludique
en tenant compte des rapports coût /avantages et
coût /efficacité. Des techniques de simulation seront
utilisées en vue de réduire le nombre, l'importance et
le coût des projets pilotes au minimum nécessaire
pour la prise de décisions.
5.39 Au cours d'essais épidémiologiques (stade VII)
réalisés à Kisumu (Kenya) et comportant l'application
tous les trois mois depuis septembre 1973 de fénitrothion, insecticide à effet rémanent, la transmission
du paludisme par An. gambiae a été complètement
interrompue pendant la plus grande partie de la
période d'application (septembre 1573 -juin 1975) et
maintenue à un niveau très bas alors même que
l'agressivité des moustiques avait atteint un point
culminant. La lutte antipaludique a donné d'excellents
résultats; la prévalence, après dix -huit mois de pulvéri-
sations, du paludisme à falciparum est tombée de
54 % à 16 % (voir le paragraphe 6.13).
l'apparition d'une résistance aux médicaments.2
5.37 A l'Université de Saint -Louis (Etats -Unis
d'Amérique), des études sur le métabolisme des antipaludiques ont mis en lumière l'existence d'un processus
d'accumulation de l'amodiaquine inhérent à l'érythro-
cyte infecté par le parasite du paludisme. D'autres
études entreprises à l'Institut de Physiologie animale
à Babraham (Royaume -Uni) et concernant l'action
des médicaments sur le parasite du paludisme ont
' Ebisawa, I. & Fukuyama, T. Annals of tropical medicine and
parasitology, 69: 275 -282 (1975).
2 Peters, W. Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé, 51:
379 -383 (1974).
Schistosomiase
5.40
Si l'on classe les infections parasitaires humaines
d'après leur importance en santé publique et leurs
effets socio- économiques, la schistosomiase vient au
deuxième rang, soit directement après le paludisme.
Elle est particulièrement répandue dans les régions
tropicales et subtropicales où l'assainissement et
l'approvisionnement en eau pour l'usage domestique
laissent à désirer. Dans 71 pays ou régions, on constate
la présence constante de l'une au moins des quatre
3 Laser, H. et al. Parasitology, 71: 167 -181 (1975).
94
ACTIVITL DE L'OMS EN 1975
grandes espèces de schistosomes qui infectent l'homme.
La prévalence des espèces est soumise à des fluctuations
géographiques en relation directe avec la présence des
mollusques hôtes intermédiaires.1 On estime que plus
de six cents millions de personnes sont exposées au
risque d'infection, mais l'étude des taux de prévalence
montre que le nombre des personnes effectivement
infectées se situe probablement aux alentours de deux
cents millions.
L'événement marquant de 1975 a été le regain
d'intérêt considérable pour la schistosomiase, ce dont
témoigne l'intensification des activités de nombreuses
autorités sanitaires locales, nationales et internationales. Un débat approfondi sur la schistosomiase et
sur les problèmes que pose la lutte contre cette maladie
a été engagé en mai à la Vingt- Huitième Assemblée
5.41
pour étudier la possibilité d'utiliser contre les maladies
parasitaires la chimiothérapie par les composés
organophosphorés.
5.44
En octobre, une conférence internationale sur
la schistosomiase s'est tenue au Caire sous les auspices
du Ministère égyptien de la Santé ainsi que du Gouvernement des Etats -Unis d'Amérique, du PNUE et
de l'OMS. Cette conférence, qui a réuni plus de 350
participants venus de 32 pays, a examiné les aspects
épidémiologiques, socio- économiques, chimiothérapeutiques et immunologiques de la maladie, la gestion
de l'écologie et de l'habitat, et la lutte contre les
mollusques par des moyens chimiques. Elle a mis
besoins nutritionnels d'une population mondiale en
particulièrement l'accent sur la nécessité de combiner
les divers moyens de lutte contre la schistosomiase.
L'action sur l'environnement, les applications de
molluscicides et la chimiothérapie sont autant de
mesures nécessaires mais dont aucune utilisée isolément ne peut être pleinement efficace; l'importance
relative de chacune est fonction de la situation épidémiologique, des fonds disponibles et des ressources en
personnel technique.
pleine expansion, il fallait multiplier les retenues d'eau,
les travaux de mise en valeur des ressources hydriques
et les réseaux d'irrigation, toutes activités qui favorisent
Activités sur le terrain
mondiale de la Santé; on a noté que dans une large
mesure on n'avait pas réussi à vaincre la maladie et
que sa prévalence était même en augmentation. La
Conférence mondiale de l'Alimentation ayant souligné
la nécessité d'un fort accroissement de la production
alimentaire, il était clair que, pour répondre aux
la propagation de la schistosomiase dans les zones
d'endémicité (voir aussi le paragraphe 5.3). D'autre
part, les mouvements de population entre les zones
d'endémicité et les zones indemnes peuvent faire
naître de nouveaux foyers d'infection quand les
conditions propices à l'infection existent ou sont
créées.
En ce qui concerne les recherches sur la schistosomiase et la lutte contre cette maladie, les activités de
l'OMS demeurent très diverses et certaines, comme la
compilation, la mise à jour et l'évaluation des données
5.42
sur la prévalence et l'intensité de l'infection, ont un
caractère permanent. Ces renseignements sont utilisés
aussi bien pour planifier les programmes de l'Organisation que pour signaler aux autres institutions internationales ou aux organismes investisseurs (PNUD,
BIRD, etc.) les risques d'extension de la schistosomiase
liés à certains projets. Dans la résolution adoptée par
l'Assemblée mondiale de la Santé sur la schistosomiase
(WHA28.53), les Membres sont priés de communiquer
des renseignements sur les programmes de lutte contre
la schistosomiase qui sont en cours ou ont été exécutés
dans leurs pays, en fournissant des détails sur les
recherches, le développement des personnels, les coûts,
5.45
L'Organisation a été chargée d'exécuter un
projet interrégional de recherche sur l'épidémiologie
de la schistosomiase dans les lacs artificiels
méthodes de lutte contre cette maladie; basé au
Ghana, ce projet est financé par le PNUD, avec l'aide
de la Fondation Edna McConnell Clark. Des études
biologiques, épidémiologiques et sociologiques approfondies ont permis de réunir des informations qualitatives et quantitatives sur la transmission des schistosomes dans les villages riverains du lac Volta et sur
les variations que détermine l'évolution écologique du
lac et de ses rives. Après avoir soumis les molluscicides
à des épreuves d'efficacité tout en surveillant leurs
effets sur l'ensemble de la faune et de la flore non
cibles, on a pu mettre au point un dosage satisfaisant
pour enrayer la transmission dans une zone délimitée.
Le désherbage, l'épandage de molluscicides en certains
points et l'éducation sanitaire sont les mesures d'inter-
vention qui ont été introduites dans la zone en 1975.
Les essais sur le terrain visant à déterminer l'accepta-
bilité du métrifonate (trichlorfon) ont été menés à
bien et des campagnes de chimiothérapie de masse,
organisées chaque année pendant trois ans, s'ajoute-
trie pharmaceutique au sujet de la mise au point de
ront aux mesures dirigées contre les mollusques. Dans
certains villages où des puits ont été creusés à titre de
mesure d'assainissement complémentaire, la population
a apporté son concours enthousiaste.
nouveaux médicaments antiparasitaires ont été organisés en avril et une consultation a eu lieu le même mois
5.46
etc.
5.43
Des entretiens avec des représentants de l'indus-
1 Au cours de l'année, une extension de l'habitat de Biomphala-
ria straminea, h8te intermédiaire de Schistosoma mansoni au
Brésil, a été signalée à Hong Kong, où il apparaît que ce mollusque a été récemment introduit. Voir Meier -Brook, C. Bulletin de
l'Organisation mondiale de la Santé, 51: 661 (1974).
Des avis ont été donnés au Congo, à l'Ethiopie,
à l'Indonésie, aux Philippines, à la République Arabe
Libyenne, à la République -Unie de Tanzanie (pour
Zanzibar), à la Somalie, au Surinam, à la Tunisie et
au Yémen pour les aider à élaborer des programmes
de lutte ou à évaluer les programmes en cours.
95
5. PALUDISME ET AUTRES MALADIES PARASITAIRES
Recherche
Le laboratoire de parasitologie mis actuellement
en place à Ndola (Zambie) dans le cadre du programme
5.47
spécial de recherche et de formation en matière de
maladies tropicales (voir les paragraphes 5.8 -5.12)
se consacrera en premier lieu à la schistosomiase; on
a pris en 1975 des dispositions en vue d'organiser des
essais chimiothérapeutiques.
ment si des espèces de mollusques des genres Heliosoma, Physa et Lanutes ne pourraient pas supplanter
les hôtes intermédiaires de la schistosomiase. Le
centre collaborateur OMS pour l'identification des
mollusques, à Copenhague, a montré qu'une excrétion
d'Heliosoma peut tuer les oeufs et les jeunes mollusques
de certaines espèces de Bulinus et Biomphalaria
d'origine africaine. L'action prédatrice des larves
5.48
L'OMS est demeurée en liaison étroite avec la
Fondation Rockefeller pour l'exécution de son pro-
d'insectes aquatiques de la famille des sciomyzidés a
aussi été étudiée à la Faculté des Sciences de la Santé
de l'Université de Brasilia.
gramme de recherches sur la schistosomiase et de lutte
5.53
contre cette maladie à Sainte -Lucie (Indes occidentales). Toujours à Sainte -Lucie, la Fondation Edna
McConnell Clark a organisé en février une réunion à
laquelle l'OMS a pris part, et qui visait à déterminer
les recherches à entreprendre en priorité dans les
domaines de l'épidémiologie de la schistosomiase et
de la lutte contre cette maladie, de la biochimie et de
l'immunologie de la schistosomiase, enfin de la mise
au point de médicaments.
L'Organisation a continué de soutenir les
travaux de recherche. Ses accords avec les laboratoires
5.49
collaborateurs portent sur les domaines suivants:
taxonomie et physiologie des mollusques, modes
d'action et techniques d'épandage des molluscicides,
méthodes de lutte biologique, chimiothérapie clinique
et expérimentale, morbidité et manifestations cliniques,
immunodiagnostic, et infections à Schistosoma inter -
calatum chez les primates autres que l'homme. La
coopération en matière de recherche sur la schistosomiase a été examinée en juin, lors d'une réunion avec
les chefs des conseils européens de la recherche
médicale.
5.50 Au laboratoire de biologie créative à Barberton
(Ohio, Etats -Unis d'Amérique), on a mis au point
avec l'aide de l'OM S un certain nombre de préparations
retard de molluscicides, dont quelques -unes ont été
éprouvées à l'Université de Tsukuba (Japon), au
Centre for Overseas Pest Research à Londres, ainsi
qu'au Ghana dans le cadre des recherches susmentionnées sur l'épidémiologie de la schistosomiase dans
les lacs artificiels et les méthodes de lutte contre cette
maladie. Le centre de Londres a également étudié les
effets de molluscicides potentiels sur la chaîne alimentaire des poissons.
5.51
A l'Institut tropical de Recherches sur
les
Pesticides d'Arusha (République -Unie de Tanzanie),
des recherches soutenues par l'OMS ont montré que,
si la prévalence de S. mansoni à Kisangara (district de
North Pare) n'avait guère fléchi après trois ans
d'épandages de niclosamide effectués tous les quatre
Le besoin urgent d'agents chimiothérapeutiques
nouveaux et efficaces, notamment de produits pouvant
être administrés oralement aux jeunes enfants et aux
adolescents, continue de se faire sentir. L'Organisation
a fourni une aide à l'unité de recherche sur la schisto-
somiase de Belo Horizonte (Brésil) pour la mise en
place de moyens de sélection d'agents antischistosomiques potentiels. L'unité de recherche utilise, pour
évaluer l'activité des médicaments, une nouvelle
technique consistant à dénombrer les schistosomula
dans la cavité péritonéale de la souris après infection
intrapéritonéale par des cercaires de S. mansoni et
administration du médicament soumis aux essais. En
évaluant par des méthodes classiques le taux de
développement et la perte de résistance de certaines
espèces de schistosomes chez des souris albinos
traitées à l'hycanthone ou à l'oxamniquine, on a
constaté que la souche portoricaine de S. mansoni
était beaucoup plus résistante à l'hycanthone et à
l'oxamniquine que celle de Belo Horizonte.
5.54 L'observation suivie des infections à S. inter calatum chez le zati (Macaca fascicularis) à la Fondation du Sud -Ouest pour la Recherche et l'Enseignement,
à San Antonio (Texas, Etats -Unis d'Amérique), a mis
en évidence le développement rapide chez deux
des cinq singes examinés de carcinomes à cellules
transitionnelles de la vessie. Parmi les autres recherches
pathologiques figurent des études à l'Université
d'Ibadan (Nigeria) sur les lésions rénales lors d'infec1
tions à S. haematobium et les effets du traitement sur
la régression de ces lésions, ainsi que des études
clinicopathologiques de longue haleine menées par
l'Université de Brasilia dans une population atteinte
d'infections hépatospléniques à S. mansoni.
5.55
Une consultation a fait suite en septembre 1975
à la réunion de chercheurs sur l'immunologie de la
schistosomiase de décembre 1974 afin de déterminer
les domaines de recherche qu'il conviendrait de
confier en priorité à un groupe ad hoc dans le cadre du
2
programme spécial de recherche et de formation
concernant les maladies tropicales (voir les paragraphes
Outre la méthode ELISA mentionnée au
mois, celle de S. haematobium avait en revanche
5.8- 5.12).
diminué de moitié.
diagnostic très sensible - la technique d'immuno-
5.52
On s'intéresse de plus en plus à la mise au
point, pour lutter contre les mollusques hôtes, de
fluorescence dans laquelle l'antigène est fixé sur des
moyens biologiques n'entraînant aucune pollution de
l'environnement, et l'OMS soutient des recherches
dans ce domaine. Elle fournit une assistance à l'Université du Sussex (Royaume -Uni) qui étudie actuelle-
hygiene, 24: 274 -279 (1975).
paragraphe 5.7, une autre technique d'immuno-
1
2
Lucas, A. O. American journal of tropical medicine and
Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé, 51: 553 -595
(1974).
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
96
Le Groupe écologique, composé d'un petit
nombre d'experts ayant une grande expérience de
billes d'agarose par des liaisons covalentes - a été
5.58
récemment appliquée à la schistosomiase. L'Université de Leyde (Pays -Bas), qui a mis au point cette
technique, compare actuellement ses possibilités d'ap-
l'écologie des bassins fluviaux, s'est réuni en août pour
plication et sa sensibilité à celles d'ELISA dans le
cas d'infections à S. mansoni, en complément des
études sur la schistosomiase entreprises en Ethiopie.1
Onchocercose
Lutte contre l'onchocercose dans le bassin de la Volta
Ce programme, qui vise à interrompre la transmission de l'onchocercose par la destruction des larves
5.56
du vecteur Simulium damnosum, devrait ouvrir au
développement socio- économique des vallées inhabitées, quoique fertiles, dans sept pays du bassin de la
Volta: le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Ghana, la Haute -
étudier un programme de surveillance du milieu
aquatique mis au point par un groupe de travail;
plusieurs experts ont visité la zone du programme, en
accordant une attention particulière à la surveillance
des effets possibles des larvicides sur les organismes
non cibles. La BIRD procède à la constitution d'un
Groupe consultatif sur le Développement économique.
Chacun des pays participants a créé un comité national
de l'onchocercose dont les membres, qui représentent
les principaux ministères intéressés, sont chargés de
coordonner les activités à l'échelon national et d'en
assurer la liaison avec les activités internationales.
Bas et Royaume -Uni, ainsi que par la Banque afri-
Etant donné l'étendue de la zone du programme,
on a jugé préférable de mener les opérations de lutte
par phases. La première phase, qui a débuté à la fin
de 1974, intéresse les bassins de la Volta Noire, du
Comoé -Léraba, du Bandama et du Banifing. Pendant
toute l'année 1975, l'ensemble des cours d'eau ont été
caine de Développement; le PNUD, la BIRD et l'Asso-
traités au larvicide ABATE par épandage aérien à l'aide
ciation internationale de Développement apportent
également leur contribution. Le programme est parrainé par l'OMS, chargée de son exécution, par la
FAO, institution participante, ainsi que par la BIRD
et le PNUD.
de trois hélicoptères et d'un avion léger; une surveil-
Volta, le Mali, le Niger et le Togo. Les fonds sont
fournis par les Gouvernements des pays suivants :
République fédérale d'Allemagne, Belgique, Canada,
Etats -Unis d'Amérique, France, Japon, Koweït, Pays -
5.57
Il peut être intéressant, avant de dresser le
l'année écoulée, de donner un
bilan des opérations
bref aperçu de la gestion du programme. Le Comité
conjoint de Coordination avec un président indépen-
dant - formé de représentants des donateurs, des
sept pays participants et des quatre institutions qui
appuient le projet - est chargé du contrôle général de
la planification et de l'exécution du programme. Il a été
convoqué deux fois en 1975 (en février et en décembre).
Le Comité d'orientation, qui agit au nom des chefs
des institutions participantes et passe en revue les
plans relatifs au programme, s'est réuni à quatre
reprises. L'OMS a établi un Groupe scientifique
consultatif, composé de spécialistes des diverses
5.59
lance entomologique attentive a montré la remarquable
efficacité de cette action contre les larves de simulies
dans la zone de la phase I du programme Entre mai
et septembre, toutefois, on a pu constater dans la
partie méridionale de la zone une réinfestation par des
simulies adultes multipares. Une enquête très appro-
fondie a permis aux entomologistes de déterminer
que les mouches étaient venues d'une région située en
dehors de la zone traitée, peut -être véhiculées par des
vents violents; l'étude des rapports météorologiques se
poursuit. Les nombreuses investigations faites dans
les cours d'eau de la zone de la phase I ont toutes
confirmé que les mesures larvicides avaient été efficaces
dans l'ensemble de la zone traitée, si l'on excepte
quelques gîtes larvaires dont la nature complexe a
parfois donné lieu à des difficultés.
5.60
Des
enquêtes
épidémiologique., rapides
et
disciplines intéressant le programme Des membres du
Groupe scientifique ont participé à trois réunions de
travail organisées en 1975 pour l'étude des questions
suivantes: insecticides, surveillance de l'environnement,
et techniques applicables à l'élevage en laboratoire de
Simulium. Le Comité consultatif scientifique et technique comprenant douze membres choisis parmi ceux
d'autres plus approfondies ont été menées en 1975
dans les villages de la zone de la phase I en Côte
du Groupe scientifique consultatif a pour mission
ront sur environ 150 villages représentatifs répartis
d'aider l'OMS en procédant à une évaluation indépen-
dante des plans et des opérations du programme; il
donne également des avis au sujet des activités de
recherche et de
formation professionnelle.
Des
membres de ce comité se sont rendus plusieurs fois
dans la zone du programme au cours de l'année afin
de passer en revue les travaux et, en juin, le Comité
s'est particulièrement préoccupé des problèmes de
recherche médicale.
1 Polderman, A. M. Acta leidensia, 42: 1 -193 (1975).
d'Ivoire et en Haute -Volta, puis elles ont été étendues
en octobre à la zone de la phase II. Les enquêtes
rapides, qui comportent un recensement de la population, le diagnostic des cas d'onchocercose, une évaluation du taux d'infection et de l'acuité visuelle, porte-
dans toute la zone du programme. Les enquêtes
approfondies, comprenant des examens cliniques et
ophtalmologiques plus complets, seront exécutées
dans un certain nombre de villages, parallèlement à
des études entomologiques. Les deux types d'enquêtes
seront répétées tous les trois ans. A la fin de 1975, les
enquêtes rapides avaient porté sur 80 villages repré-
sentant une population totale de 15 000 habitants et
les enquêtes approfondies sur 9 villages groupant 3000
individus. On a entrepris de stocker et d'analyser sur
ordinateur toutes les données entomologiques et
5. PALUDISME ET AUTRES MALADIES PARASITAIRES
épidémiologiques recueillies sur le terrain; on pourra
ainsi évaluer en permanence la situation épidémiologique à mesure que se dérouleront les opérations.
5.61 Les éléments de recherche du programme ont
été renforcés au cours de l'année et diverses études
seront faites sur l'écologie et la biologie de Simulium
damnosum, sur les insecticides nouveaux et anciens et
leurs effets sur les organismes cibles et non cibles,
ainsi que sur l'épidémiologie et le traitement de la
maladie, qui ne sont pas moins importants.
5.63
Le Centre de Lutte contre
97
les
Maladies à
Atlanta (Georgie, Etats -Unis d'Amérique) et l'Institut
de Médecine tropicale de Tübingen (République
fédérale d'Allemagne) ont travaillé à la constitution de
colonies de S. damnosum capables de se reproduire en
laboratoire. Des travaux de recherche sur le complexe
S. damnosum sont exécutés par le centre d'entomologie
de l'onchocercose de l'OCCGE, à Bouaké; le personnel
du programme de lutte comporte également un cytotaxonomiste. L'Université Legon (Ghana), en collaboration avec l'Ecole de Médecine tropicale de Liverpool
(Royaume -Uni), a étudié d'autres méthodes, notamment biochimiques, d'identification des cytotypes.
L'Office de la Recherche scientifique et technique
Le programme de recherches sur l'épidémiologie
et la chimiothérapie de l'onchocercose, qui est financé
par le PNUD, a été lancé avec la collaboration d'insti5.62
tutions travaillant soit dans la zone d'exécution du
programme (par exemple, l'équipe ophtalmologique
mobile nationale en Haute -Volta et la Royal Common-
wealth Society for the Blind au nord du Ghana),
outre -mer (ORSTOM), en association avec le centre
d'entomologie de l'onchocercose à Bouaké et l'Institut
de Médecine tropicale Prince Léopold à Anvers
(Belgique), met actuellement au point des systèmes
d'échantillonnage des populations larvaires et adultes;
le Centre for Overseas Pest Research, à Londres,
poursuit de son côté des recherches quant aux effets du
soit à l'extérieur de cette zone (par exemple, le Medical
vent et d'autres facteurs météorologiques sur la dis-
Research Council du Royaume -Uni et le Centre de
Lutte contre les Maladies à Atlanta (Georgie, EtatsUnis d'Amérique). Des études entomologiques et
persion de S. damnosum.
parasitologiques prospectives fourniront les renseignements nécessaires à la connaissance de la dynamique
de la transmission et à l'évaluation de l'état d'avancement du programme; les informations ainsi obtenues
et celles provenant des recherches cliniques et pharmacologiques serviront à établir un modèle mathématique
pour des études épidémiologiques et apparentées. Sur
le plan de la chimiothérapie, des essais cliniques se
poursuivent en vue de rechercher les moyens propres
à pallier les effets secondaires de médicaments filaricides tels que la suramine et la diéthylcarbamazine; de
son côté, la recherche clinicopharmacologique vise à
mettre au point de nouveaux produits ne présentant
pas les mêmes inconvénients que ceux qui sont utilisés
actuellement. Les efforts ont été poursuivis, en collaboration avec l'industrie pharmaceutique, pour découvrir
de nouveaux médicaments, et un centre de recherche a
été créé dans la zone du programme pour explorer les
possibilités de mettre au point de nouveaux produits
et pour étudier les effets secondaires de la suramine et
de la diéthylcarbamazine au moyen des techniques
biochimiques et immunologiques les plus modernes.
Afin de faciliter la tâche des spécialistes scientifiques
affectés au programme et des chercheurs qui y colla-
borent, l'OM S prépare une bibliographie complète
sur la suramine et la diéthylcarbamazine, considérées
notamment sous l'angle de la pharmacodynamique et
de la toxicité. La possibilité d'appliquer la technique
d'immunofluorescence indirecte au sérodiagnostic de
l'onchocercose fait actuellement l'objet d'une évaluation. En outre, des fonds du PNUD ont été affectés
d'une part à la formation entomologique de personnel
national des pays participants - formation assurée
Le centre d'entomologie de l'onchocercose de
l'OCCGE et la section d'hydrobiologie de l'ORS TOM (tous deux à Bouaké), l'Institut d'Hydrobiologie d'Accra, l'Université de l'Alberta (Canada), le
Centre de Lutte contre les Maladies d'Atlanta, les
5.64
Universités de Reading et de Salford au Royaume -Uni,
ainsi que l'Institut de Recherche médicale de Zagreb
(Yougoslavie), figurent parmi les organisations ou
instituts collaborant à des études sur les insecticides et
les problèmes environnementaux qu'ils suscitent. Les
travaux sur les propriétés physicochimiques des con-
centrés de larvicides pour émulsion ont porté non
seulement sur l'ABATE - produit biodégradable
actuellement utilisé sur le terrain - mais également
sur d'autres produits qui pourraient s'imposer pour
des raisons opérationnelles ou financières. Plusieurs
nouveaux larvicides ainsi qu'une nouvelle formulation
de chlorpyrifos- méthyl - produit dont l'efficacité a
déjà été établie - font l'objet d'essais pratiques. Une
formulation larvicide de la chlorphoxime, dont
l'efficacité a également été démontrée, est actuellement
appliquée toutes les semaines (selon le schéma opérationnel habituel) à un cours d'eau infesté de simulies,
afin d'évaluer ses effets possibles à long terme sur les
espèces non -cibles. De nouvelles méthodes chimiques
de contrôle des effets de l'ABATE sur l'environnement
ont été mises au point, et des méthodes analogues sont
à l'étude en vue de leur application à d'autres larvicides
soumis aux essais. Ces méthodes font appel à des
par le centre d'entomologie de l'onchocercose (Bouaké,
Côte d'Ivoire) de l'Organisation de Coordination et de
Coopération pour la Lutte contre les Grandes Endémies
techniques spéciales d'extraction et d'échantillonnage
sur le terrain, ainsi qu'au dosage précis des résidus à
l'aide de la chromatographie gaz -liquide. On étudie
également les effets du métrifonate (trichlorfon) sur
les mammifères exposés à l'ABATE, qui peuvent
constituer un élément à prendre en considération pour
(OCCGE) - et, d'autre part, à la formation en santé
le traitement de la schistosomiase dans la zone du
publique.
programme.
98
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
Autres activités
Tout en exécutant ce programme commun pour
le compte des sept pays cités plus haut, l'Organisation
a collaboré avec un certain nombre d'autres pays de la
5.65
Région africaine. Au cours de l'année, elle a par
exemple donné des avis aux Gouvernements de la
Guinée (qui a également bénéficié d'une assistance du
Gouvernement canadien à titre bilatéral), du Kenya, du
Nigéria, de l'Ouganda et du Sénégal pour l'exécution
de leurs campagnes de lutte contre l'onchocercose.
Dans la Région de la Méditerranée orientale, l'OMS a
continué, en collaboration avec la Banque africaine de
Développement, d'assurer des services consultatifs
au Soudan, où une campagne de traitement est en
cours dans les provinces de Bahr el Ghazal et du Nil,
où l'on utilise l'ABATE contre les simulies. Dans les
Amériques, l'attention s'est concentrée sur les enquêtes
épidémiologiques au Brésil, où la route transamazonienne passe à proximité de plusieurs foyers d'onchocercose.
5.66 Un comité OMS d'experts de l'épidémiologie de
l'onchocercose s'est réuni à Genève en novembre. Il a
étudié la distribution géographique et la prévalence
de la maladie, ainsi que les facteurs et caractéristiques
épidémiologiques de sa transmission, notamment les
risques de cécité et d'onchocercose systémique; il a
examiné les problèmes de classification et de diagnostic
et a procédé à une évaluation des moyens de lutte
disponibles. Il a également établi un guide concernant
les méthodes épidémiologiques recommandées, les
épreuves de diagnostic et les techniques d'examen
ophtalmologique. Le comité a formulé de nombreuses
recommandations, notamment quant à la nécessité
d'élaborer et appliquer des systèmes plus perfectionnés
de collecte de données sur la maladie et, vu l'importance
de l'onchocercose et des autres causes de cécité en
Afrique tropicale, de faire une place particulière aux
ophtalmies tropicales dans la formation des médecins
et des auxiliaires. Il a aussi souligné la nécessité de
procéder à des recherches en vue de mettre au point
de nouveaux médicaments convenant au traitement de
masse de l'onchocercose.
Une consultation relative aux moyens audiovisuels d'information sur l'onchocercose a eu lieu en
5.67
février. Les participants ont choisi des films, des photographies et des diapositives parmi le matériel provenant
de l'OMS, de la BIRD et de collections privées, en vue
de la préparation d'un film fixe, destiné aux médecins
et aux auxiliaires médicaux, sur les divers aspects
épidémiologiques, entomologiques et cliniques de
l'onchocercose.
5.68 Parmi les travaux de recherche bénéficiant d'une
aide de l'Organisation, on peut mentionner ceux de
l'Université Johns Hopkins, de Baltimore (Maryland,
Etats -Unis d'Amérique), sur les techniques de culture
in vitro de microfilaires d'Onchocerca volvulus ou sur
leur conservation pendant un certain laps de temps;
d'autre part, des microfilaires prelevées au Guatemala
sur des nodules onchocerquiens ont été repiquées
dans un milieu de culture frais à des intervalles de
72 heures; la présence de formes en évolution a pu
être constatée au bout de 18 jours, ce qui démontre
que la culture in vitro est réalisable. L'Institut Minerva
de Recherche médicale, à Helsinki, s'est efforcé
d'isoler et de purifier des antigènes provenant d'extraits de vers de O. volvulus prélevés sur des nodules
cutanés. Les interactions de diverses affections parasitaires intervenant dans l'immunopathologie de
l'onchocercose ont fait l'objet de recherches au Centre
universitaire des Sciences de la Santé de Yaoundé, qui
a collaboré à cet effet avec l'Hôpital cantonal de
Genève (Suisse).
Autres infections filariennes
5.69 Une consultation a été organisée au mois de mai
en vue de conseiller l'OMS au sujet de la planification
d'enquêtes sur le terrain et en laboratoire destinées à
approfondir la connaissance de l'épidémiologie des
infections filariennes et à mettre au point les moyens de
lutte les plus efficaces et les plus économiques. Un
certain nombre de sujets d'étude ont été proposés :
mise au point de modèles mathématiques, isolation
d'antigènes filariens spécifiques à tous les stades du
développement des filaires, élaboration de techniques
sérologiques simples et sensibles pouvant être utilisées
sur le terrain, culture in vitro de parasites filariens en
vue d'éclaircir les aspects fondamentaux du mode
d'action des médicaments antifilariens, évaluation
clinique de substances pouvant avoir des effets macrofilaricides et microfilaricides, et recours aux méthodes
biologiques de lutte antivectorielle.
Epidémiologie et moyens de lutte
En Afrique, où la filariose est endémique et où
l'on constate souvent l'infection simultanée par
plusieurs espèces de filaires, le laboratoire de Tanga qui bénéficie de l'assistance du Gouvernement de la
République -Unie de Tanzanie, du Medical Research
Council du Royaume -Uni et de l'OMS -a consacré
une grande partie de ses travaux à l'étude du problème
5.70
de la filariose bancroftienne dans les régions côtières de
l'Afrique orientale. Dans la Région de l'Asie du Sud Est, l'OMS a apporté son aide et ses avis pour les campagnes antifilariennes menées en Birmanie, en Inde, en
Indonésie, aux Maldives et à Sri Lanka. En Inde, une
étude longitudinale de la filariose se poursuit dans la
région de Rajahmundry (Andhra Pradesh) sous la direction de l'Institut national des Maladies transmissibles;
d'autre part, le Gouvernement de l'Indonésie a reçu
des avis en vue de l'exécution d'un programme de
lutte contre la filariose due à Brugia malayi dans le
centre de l'île des Célèbes, où de vastes projets de
peuplement attirent de nombreux migrants vers une
zone d'endémicité filarienne. Dans la Région du
Pacifique occidental, les recherches effectuées aux îles
Salomon pour identifier le vecteur de la filariose don-
nent à penser que la transmission serait due à Aedes
scutellaris hebrideus. L'OMS a donné des avis aux
Tonga pour le lancement d'un programme national de
lutte bénéficiant de l'assistance de la Nouvelle -Zélande.
Des enquêtes préliminaires sur la situation de la
filariose ont été menées en Papouasie -Nouvelle- Guinée
5. PALUDISME ET AUTRES MALADIES PARASITAIRES
et des essais ont été réalisés à Fidji pour déterminer
99
Trypanosomiase africaine
la sensibilité des vecteurs aux insecticides. Au Samoa -
Occidental, où des médicaments sont administrés
massivement à la population depuis dix ans et où l'on
avait cru que l'infection était en voie de disparition,
l'emploi de méthodes nouvelles et plus sensibles de
détection a révélé un nombre important d'infections
dues à de très faibles quantités de microfilaires.
Recherche
Le programme interrégional OMS de recherches
pratiques sur la filariose a pris fin dans la Région du
Pacifique occidental où les travaux étaient axés sur les
5.71
vecteurs de la maladie, et l'OMS a accordé une aide à la
Smithsonian Institution de Washington pour la
poursuite d'une enquête taxonomique sur les moustiques du groupe Aedes scutellaris recueillis au cours
de l'enquête.' Cette étude est menée parallèlement
à des recherches génétiques soutenues par l'Université Johns Hopkins à Baltimore (Maryland,
Etats -Unis d'Amérique). D'autres études génétiques sur
le groupe Ae. scutellaris ont été entreprises à l'Ecole de
Médecine tropicale de Liverpool (Royaume -Uni). Le
Muséum national d'Histoire naturelle de Paris poursuit
des recherches sur le mécanisme naturel qui limite la
pénétration des microfilaires ingérées dans l'hémocèle
du vecteur; il utilise un modèle expérimental qui
comporte l'introduction de filaires de Dipetalonema
dessertae chez Aedes aegypti. On a pu observer que,
si les microfilaires ingérées étaient au nombre de 1 à 10,
plus de la moitié d'entre elles pénétraient dans l'hémo-
cèle; en revanche, lorsque leur nombre était compris
entre 100 et 500, cette pénétration n'était plus que de
l'ordre de 10 %; cette observation prouve que le degré
de transmission n'est pas nécessairement en rapport
avec l'ampleur de la masse infectante chez le vecteur.
La London School of Hygiene and Tropical Medicine
a mis au point une technique d'extraction massive
des larves filariennes infectantes chez les moustiques;
cette méthode, qui évite d'avoir à disséquer chaque
insecte, est particulièrement utile lorsque les taux
d'infection sont peu élevés et elle peut être employée
dans les enquêtes visant à obtenir une indication
rapide de l'espèce filarienne présente dans une région.
L'Institut de Parasitologie et des Maladies
parasitaires animales de l'Université Justus Liebig à
Giessen (République fédérale d'Allemagne) a évalué
l'efficacité d'un certain nombre de composés organophosphorés contre les filaires Litomosoides carinii.
L'haloxon, anthelmintique d'usage vétérinaire, s'est
révélé extrêmement efficace; il constitue un puissant
moyen d'action contre les microfilaires et son indice
chimiothérapeutique est satisfaisant. Le fenthion, le
chlorpyrifos, le trichlorfon, le coumaphos et le crufo5.72
mate ont également un pouvoir microfilaricide étendu,
avec toutefois un indice chimiothérapeutique moins
élevé. Les composés organophosphorés essayés n'ont
pas d'influence sur la mobilité ou la viabilité des
formes adultes de L. carinii.
'Huang, Y -M. Mosquito systematics, 7: 87 -103 (1975).
Epidémiologie et moyens de lutte
5.73
La plupart des foyers africains de trypano-
somiase se caractérisent actuellement par un faible
niveau d'endémicité, dû probablement au dépistage
et au traitement systématiques des cas depuis plusieurs
décennies. Toutefois, une surveillance régulière de la
population demande du temps et exige souvent des
moyens de transport et des effectifs qui dépassent les
ressources des services nationaux de santé, ce qui
explique que des flambées épidémiques puissent survenir et ne soient pas décelées aussi tôt qu'il faudrait.
Cela s'est produit récemment dans plusieurs régions du
Congo et de la Côte d'Ivoire, ainsi que dans le sud ouest du Soudan, à proximité des frontières de
l'Ouganda et du Zaïre. La flambée épidémique est
particulièrement sérieuse au Soudan et l'Organisation
a offert son assistance à ce pays, avec la participation
financière du HCR. On a essayé dès 1974 de créer des
services capables de faire face à la situation, mais cette
tentative a été infructueuse en raison du manque de
ressources, notamment de moyens de transport et de
personnel; une stratégie révisée, tenant compte de
ce genre de difficultés, a donc été proposée en 1975.
5.74
Une nouvelle impulsion a été donnée à la lutte
contre la trypanosomiase dans la savane africaine
grâce à un programme financé par le PNUD et exécuté
par l'OMS, avec la participation de la FAO; il s'agit
de travaux de recherche appliquée sur l'épidémiologie
de la maladie et les méthodes de lutte, et plus particulièrement de la surveillance de la trypanosomiase et
de la lutte contre Glossina dans la savane humide.
Dix -neuf pays africains de cette zone, où sévit Trypano-
soma gambiense, participent aux opérations. Ce programme, devenu opérationnel à la fin de 1975 avec
l'envoi d'une équipe OM S stationnée à Bobo Dioulasso
(Haute -Volta), comprend deux éléments essentiels. Le
premier concerne la lutte antivectorielle, l'objectif
principal étant l'élaboration de nouvelles méthodes
d'application des insecticides - surtout pour lutter
contre la mouche tsé -tsé des rivières - et en particulier de techniques plus économiques permettant de
réduire au minimum la contamination de l'environnement. Le second élément intéresse la surveillance et
le traitement médicaux: il s'agit d'apporter les modifications nécessaires aux méthodes simples de diagnostic
sur le terrain récemment mises au point et de les
évaluer, de réviser les normes de traitement et d'essayer
de nouvelles substances chimiothérapeutiques. Le but
à long terme de l'ensemble du programme est d'assurer
une formation sur place et de préparer des directives
et des manuels pratiques pour l'application généralisée
des méthodes adoptées. Par l'intermédiaire de l'OMS,
le PNUD apporte également son assistance à la lutte
antivectorielle contre la mouche tsé -tsé au Gabon.
5.75
Il
est généralement admis que l'éradication
totale de la trypanosomiase n'est ni techniquement ni
économiquement réalisable pour le moment et qu'une
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
100
vigilance même limitée mais permanente devrait
non seulement sur la lutte antivectorielle, mais
finalement se révéler plus profitable que des opérations
isolées de grande envergure. Le programme OMS de
également sur l'emploi futur d'un vaccin; en cas de
transmission mécanique, en effet, tout variant antigénique présent chez l'homme pourrait être inoculé
directement à l'hôte suivant, alors qu'un vaccin serait
lutte contre la trypanosomiase met donc l'accent sur
l'élaboration d'une stratégie de lutte réaliste et pratique
à la portée de la plupart des services ruraux de santé
publique. Il est donc de la plus haute importance de
pouvoir disposer de méthodes simples de diagnostic
sur le terrain. A titre de première mesure dans ce sens,
une évaluation parallèle de diverses épreuves sérologiques a été faite en 1975 par sept laboratoires, qui ont
utilisé des échantillons identiques de sérums recueillis
par quatre centres africains. Le dépistage a fait appel
à des épreuves mises au point récemment, telles que
l'hémagglutination indirecte en tube capillaire, le
test ELI SA (voir le paragraphe 5.7), la floculation en
tube capillaire et diverses méthodes de précipitation.
On a comparé les résultats de ces épreuves avec ceux
de la classique épreuve indirecte d'immunofluorescence
et ceux des dosages d'IgM. Quant aux résultats de la
méthode d'hémagglutination indirecte en tube capil-
laire, la plus indiquée sur le terrain, ils sont particulièrement encourageants et concordent dans environ
90 % des cas avec ceux que donne la technique d'immunofluorescence indirecte. D'autres essais se poursuivent
dans ce domaine.
Recherche
5.76
L'OMS accorde la priorité à la production de
nouveaux médicaments offrant une plus grande marge
de sécurité et n'ayant pas l'inconvénient de provoquer
des phénomènes de résistance, comme c'est le cas
pour ceux actuellement en usage. Dans le cadre du
programme spécial de recherche et de formation
concernant les maladies tropicales (voir les paragraphes
5.8- 5.12), un groupe ad hoc pour la chimiothérapie
de la trypanosomiase s'est réuni en mai afin de déter-
miner les travaux à effectuer en priorité dans un
programme collectif comportant des recherches de
biochimie, la mise au point de nouveaux trypanocides,
l'élaboration de méthodes expérimentales de dépistage
in vitro et in vivo, et des essais cliniques. Le groupe a
étudié en particulier les moyens d'assurer une liaison
efficace entre les efforts déployés par l'industrie et les
travaux effectués par d'autres chercheurs; cette
liaison pourrait être particulièrement fructueuse en ce
qui concerne les essais cliniques et certains des travaux
de développement pouvant être confiés en sous -
traitance à des instituts indépendants. Le groupe a
inscrit à son programme la chimiothérapie des deux
formes de
l'africaine.
5.77
trypanosomiase, soit l'américaine et
Lors d'enquêtes faites au Congo avec l'assistance
de l'OMS, l'Office de la Recherche scientifique et
technique outre -mer (ORSTOM) a pu constater que
la distribution de T. gambiense se concentrait parmi les
occupants de certaines maisons, fait qui vient à l'appui
probablement constitué à partir des types antigéniques
fondamentaux auxquels reviennent les variants après
passage sur la mouche tsé -tsé. La recherche sur les
variations antigéniques chez les trypanosomes a fait
de rapides progrès ces deux dernières années. Le centre
collaborateur OMS pour les immunoglobulines, à
Lausanne (Suisse), et des chercheurs de Belgique 1 ont
en 1975, chacun de leur côté, mis au point de nouvelles
techniques pour l'identification des variants antigéniques d'organismes particuliers. Des chercheurs qui
poursuivent des travaux sur les variants antigéniques
ont participé en décembre à une consultation organisée
dans le cadre du programme spécial de recherche et de
formation concernant les maladies tropicales. Ils ont
fait le point des connaissances et des résultats acquis et
pris des dispositions en vue de recherches collectives à
partir de souches et de clones identiques.
La découverte - par des chercheurs de l'Université de Genève dont les travaux sont soutenus par
l'OM S - de substances erythrotoxiques dans le sang
circulant, vingt- quatre heures seulement après une
infection expérimentale à T. brucei, éclaire d'un jour
nouveau la pathologie et la pathogenèse de l'anémie
qui accompagne la trypanosomiase, car elle donne à
penser que cette anémie ne serait pas due, ou du moins
pas entièrement, à une hémolyse immunitaire.
5.78
L'Organisation a également accordé son aide à
1'ORSTOM, à Bobo -Dioulasso (Haute -Volta), pour
5.79
une exploration des techniques de marquage de Glossina
palpalis gambiensis à l'aide de substances radioactives
destinées à délimiter l'aire de dispersion des mouches
et à identifier leurs abris diurnes. Toutefois, l'injection
de substances radioactives à des chèvres sur lesquelles se
sont alimentées les mouches n'a pas donné de résultats
satisfaisants en raison d'une mortalité élevée chez les
insectes, de la perte d'activité biologique de la substance
radioactive et de la faible radioactivité émise par
Glossina.
Trypanosomiase américaine
5.80
L'intrusion de l'insecte vecteur de la maladie de
Chagas dans l'environnement direct de l'homme est
imputable à l'insuffisance des conditions de logement
et de l'assainissement. Trypanosoma cruzi se transmet
des animaux domestiques à l'homme par les réduvidés.
Le réservoir d'infection est le cycle sylvatique ininterrompu de la faune sauvage, qui constitue une source
inépuisable de parasites pour alimenter le cycle animal
domestique /homme. Avec le développement écono-
mique et social des régions rurales, on peut espérer
réduire les contacts entre l'homme et l'insecte vecteur
de l'hypothèse selon laquelle la transmission de T.
gambiense est mécanique et non cyclique. Si la chose
était confirmée, cela aurait des incidences pratiques
1 Van Meirvenne, N. et al. Annales de la Société belge de
Médecine tropicale, 55: 1 -23, 25 -30 (1975).
5. PALUDISME ET AUTRES MALADIES PARASITAIRES
à un point tel que la maladie de Chagas pourrait
finalement disparaître. En attendant,
il
convient
d'améliorer les mesures préventives, car aucune des
méthodes utilisées jusqu'ici ne donne entière satisfaction. Si l'expérience a montré que l'application
annuelle d'insecticides était souvent efficace, elle est
coûteuse et demande une grande diligence; en outre,
on constate parfois l'apparition d'une résistance aux
insecticides d'usage courant. L'unité OM S de recherche
sur le vecteur de la maladie de Chagas, au Venezuela, se
livre à des travaux de recherche appliquée sur tous ces
aspects du problème (voir le paragraphe 6.18).
5.81 Avec l'assistance de l'OMS, une banque de
référence disposant de souches parfaitement cataloguées de T. cruzi, conservées au froid et provenant de
différentes parties des Amériques, a été créée au centre
collaborateur OMS de Belo Horizonte (Brésil) pour
des recherches sur l'épidémiologie et la pathologie de
la trypanosomiase américaine. L'Institut Lister de
Londres a, de son côté, élaboré une méthode permettant
de déterminer les activités enzymatiques spécifiques
des parasites en vue de l'identification de T. cruzi,
laquelle est difficile mais importante pour les études
épidémiologiques et clinicopathologiques.
101
leishmaniose cutanée est endémique ou hyperendémique sur le pourtour de la Méditerranée et peut se
manifester par de vastes flambées épidémiques lors
d'importantes migrations humaines vers des territoires
jusque là peu peuplés mais où existe un abondant
réservoir animal. Les risques d'exposition se trouvent
également accrus lorsque des populations migrantes
traversent des zones d'endémicité. Dans ce dernier cas,
comme dans celui des régions de faible endémicité, le
recours aux agents immunisants a suscité un intérêt
renouvelé. Le centre collaborateur OMS de Jérusalem
a normalisé le matériel et les méthodes de production
du vaccin contre Leishmania tropica, afin de garantir
que l'inoculum soit identique en virulence et exempt
de toute contamination bactérienne ou mycoplasmique.
Une souche de référence pour la production de vaccin
peut être obtenue auprès de ce centre. D'autres
méthodes de lutte, comme la suppression du réservoir
animal, sont applicables mais exigent une analyse
épidémiologique préalable approfondie. Avec l'aide
de l'Organisation, des experts scientifiques de l'Institut
Marcinovskij de Moscou ont démontré que la suppression du réservoir constitué par les rongeurs n'offre un
intérêt réel que si la zone visée est isolée par des
barrières naturelles.
5.82 L'OM S a apporté son aide au laboratoire de
l'Université de São Paulo (Brésil) pour la comparaison
de diverses épreuves sérologiques, en ce qui concerne
plus particulièrement la signification des résultats de
ces épreuves. Actuellement toute personne dont
l'organisme renferme des anticorps spécifiques de
T. cruzi est présumée malade, ce qui est préjudiciable
à ses perspectives d'emploi; il serait donc d'un intérêt
social immédiat de trouver un moyen qui permette un
pronostic plus précis.
5.83 Plusieurs vaccins inactivés qui ont été mis au
point ont donné de bons résultats dans des infections
provoquées. Des études faites en 1975 à l'Université de
Buenos Aires, en collaboration avec l'Université de
Genève, ont montré qu'il était possible de conférer
une protection contre la maladie. Cependant, on est
encore mal renseigné sur les risques d'une apparition
de variants antigéniques en milieu naturel qui pourrait
limiter les possibilités d'application de ces techniques.
Leishmaniose
Epidémiologie et moyens de lutte
Il est indispensable d'améliorer les méthodes de
notification et de diagnostic de la leishmaniose, afin
que l'on puisse en déterminer plus précisément
l'importance sur le plan de la santé publique; cette
5.84
remarque s'applique particulièrement à la leishmaniose
viscérale qui sévit en Afrique, en Amérique du Sud et
dans l'Asie du Sud -Est et semble échapper souvent au
diagnostic faute d'un moyen de détection simple; or
l'issue est fatale si la maladie n'est pas traitée. On
signale une progression de la forme muco- cutanée dans
les régions d'Amérique du Sud où la dense forêt
tropicale est trouée pour construire des routes. La
Recherche
5.85
Diverses méthodes d'identification de Leishmania
ont été mises au point ces dernières années, souvent
avec l'appui de l'OMS. L'Ecole de Médecine tropicale
de Liverpool (Royaume -Uni) a entrepris des travaux
sur les techniques permettant de mesurer les densités
de flottation de l'ADN kinétoplastique et de l'ADN
nucléaire, ainsi que sur la mise en évidence des caractéristiques spécifiques de divers isoenzymes et des
petites différences de structure morphologique visibles
au microscope électronique. Le centre collaborateur
OMS de Jérusalem utilise une méthode d'identification
fondée sur les caractéristiques immunologiques spécifiques des produits d'excrétion de Leishmania. Travail-
lant en étroite collaboration, ces deux laboratoires
appliquent parallèlement les deux méthodes à des
souches identiques. L'Ecole de Liverpool a mis au
point de nouveaux milieux et systèmes pour la culture
tissulaire in vitro de diverses espèces de Leishmania; il
est possible d'utiliser les souches ainsi cultivées pour
l'essai de certains produits chimiothérapeutiques,
mais cette méthode ne saurait remplacer entièrement
l'emploi d'animaux de laboratoire dans l'essai des
nouveaux médicaments.'
Des expériences faites à l'Institut Gamaleja de
Moscou ont montré que des infections mixtes dues à
L. tropica et à un micro -organisme non identifié du
genre Leishmania, isolé sur des reptiles, pouvaient se
produire chez des phlébotomes. Ainsi l'isolement en
milieu naturel sur les phlébotomes de souches non
homogènes du point de vue antigénique pourrait être
5.86
indicatif d'une infection mixte due à différentes
espèces. Il est possible qu'une circonstance de ce genre
1 Matlock, N. M. & Peters, W. Annals of tropical medicine
and parasitology, 69: 349 -357, 359 -371 (1975).
102
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
complique également la recherche épidémiologique
sur le kala -azar. On a récemment observé chez des
sujets humains, à Humera dans le nord de l'Ethiopiè,
une prévalence anormalement élevée d'hypersensibilité
cutanée à l'égard de L. donovani, due peut -être en
partie à une infection provoquée par le Leishmania du
lézard et à l'apparition d'une sensibilité croisée.
Avec l'aide de l'OMS, une colonie du vecteur
phlébotomidé Lutzomyia longipalpis, originaire du
5.87
Brésil, a été constituée à l'Imperial College Field
Station d'Ascot (Royaume -Uni), qui a étudié le
développement du parasite chez ce phlébotome et
réussi à transmettre le parasite à des animaux de
laboratoire par piqûre d'insecte.
.
6.
BIOLOGIE DES VECTEURS ET LUTTE ANTIVECTORIELLE
Au cours des trois dernières décennies, des
succès considérables ont été enregistrés dans la lutte
contre certaines maladies à transmission vectorielle,
grâce surtout aux moyens chimiques utilisés contre
6.1
les vecteurs. Cependant il n'y a pas eu que des réussites.
On a, ces dernières années, vu réapparaître certaines de
ces maladies du fait de la conjonction d'un certain
nombre de facteurs, dont les principaux sont l'appari-
tion chez les espèces vectrices d'une résistance à
certains pesticides - phénomène qui n'avait pas été
prévu et dont l'existence est souvent méconnue - le
renchérissement des opérations de lutte contre les
vecteurs, et la tendance de l'homme à modifier son
environnement d'une manière qui favorise la multiplication des vecteurs ou accroît les possibilités de
contact entre l'homme, le parasite et le vecteur ou
l'hôte intermédiaire. Parmi de telles modifications de
l'environnement, on peut citer le développement des
ressources en eau destinées à l'homme ou aux animaux
domestiques, la création de lacs artificiels, les changements apportés aux méthodes de culture, et l'urbanisa-
tion croissante. Si les méthodes classiques de lutte
antivectorielle ont résisté à l'épreuve du temps et
demeurent valables dans la plupart des cas, une réorientation de la stratégie est nécessaire et la recherche
sur les méthodes de lutte contre les vecteurs a évolué
en conséquence.
Le nombre de pesticides nouveaux que l'OMS a
reçus en 1975 pour en évaluer les effets antivectoriels a
sensiblement diminué par rapport aux années précédentes. La forte augmentation du coût de la mise au
point et de l'expérimentation de nouveaux pesticides
chimiques a incité l'industrie à limiter ses efforts à un
petit nombre de composés dont les vastes possibilités
6.2
d'utilisation et en agriculture et en santé publique
pouvaient être démontrées. C'est pourquoi, dans le
programme d'évaluation des insecticides, il est impor-
tant non plus seulement d'évaluer les insecticides
nouveaux mais aussi d'essayer de nouvelles formulations d'insecticides anciens à appliquer selon des
méthodes nouvelles. On se préoccupe beaucoup de
l'écologie des vecteurs et des réservoirs animaux, du
devenir des pesticides dans l'environnement, de leurs
effets sur les espèces non -cibles, et de la possibilité
d'employer des agents biologiques ou d'autres armes
non chimiques.
6.3
Depuis plusieurs années déjà, on constate dans
le développement des programmes de lutte antivectorielle une tendance à tenir plus largement compte
des pertes ou du retard économiques que les insectes
vecteurs de maladies humaines peuvent indirectement
provoquer. A cet égard peut être cité l'exemple du
programme de lutte contre l'onchocercose dans le
bassin de la Volta, mis en train voici plus d'un an,
ainsi qu'un programme de recherches financé par le
PNUD pour la lutte contre la mouche tsé -tsé dans la
savane africaine, actuellement lancé en collaboration
avec la FAO. Ces deux programmes (voir chapitre 5)
visent non seulement à combattre la maladie - onchocercose ou trypanosomiase - mais aussi à favoriser
du même coup le développement agricole.
Ecologie appliquée
6.4
Une étude d'une durée de trois ans effectuée par
l'OMS sur l'écologie de la peste sylvatique à Java
(Indonésie) a montré que des rongeurs et des puces
infectés se rencontrent tout au long de l'année même
en l'absence de cas de peste humaine. Ni l'hibernation
ni l'estivation n'existent chez les rongeurs réservoirs et
ceux -ci ne creusent pas de terriers profonds - comme
le font les rongeurs des foyers de peste des régions
arides de la zone tempérée - ce qui complique encore
la lutte contre ces animaux. De nombreuses espèces de
rongeurs et de puces entretiennent l'infection, qui
paraît être uniformément répartie dans la brousse, les
cultures et aux abords des habitations. La lutte contre
la puce du rat, Xenopsylla cheopis, est difficile car cette
puce résiste au DDT, à la dieldrine et au malathion, à
la suite peut -être de l'utilisation de ces composés au
cours de précédentes épidémies de peste.
6.5
L'unité OMS de recherche sur
les vecteurs
d'arbovirus à Enugu (Nigéria) a poursuivi ses études
écologiques sur les diverses espèces d'Aedes que l'on
sait être vectrices de la fièvre jaune et d'autres arboviroses importantes. Certaines espèces de ce moustique
se reproduisent dans l'eau qui s'accumule dans les
trous d'arbres ou les aisselles de feuilles et l'on a
constaté que l'alternance entre la submersion et l'asséchement des oeufs jouait un grand rôle dans l'apparition
du moustique adulte: alors que l'oeuf d'Ac. aegypti
éclôt rapidement après une ou deux submersions,
d'autres espèces, comme par exemple Ae. africanus,
n'apparaissent en grand nombre qu'après quatre à six
submersions. Cette observation peut avoir de l'intérêt
pour la mise au point des méthodes d'enquête, et elle
pourrait expliquer en partie certains changements dans
les densités de populations vectrices et le taux potentiel
de contact de ces populations avec l'homme. L'unité
de recherche a étendu son enquête à d'autres régions
du Nigéria afin de recueillir des informations sur la
distribution des moustiques dans les différentes zones
géographiques, de la forêt tropicale humide du sud du
pays à la zone de savane du nord. Ces études sont
coordonnées avec des travaux analogues entrepris par
l'Office de la Recherche scientifique et technique
- 103 -
104
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
outre -mer (ORSTOM) en Côte d'Ivoire et en Haute Volta, par l'Institut Pasteur de Bangui et par d'autres
groupes de recherche; on pourra ainsi en comparer les
résultats et dresser un tableau complet de l'écologie
des vecteurs de virus dans cette partie de l'Afrique.
nigromaculus et C. fatigans en Californie (Etats -Unis
d'Amérique), et chez le pou au Burundi peut s'expliquer
par cet effet de sélection.
6.9
On a signalé des cas de résistance à d'autres
pesticides (notamment aux régulateurs de la croissance
L'un des centres collaborateurs OMS pour la
lutte biologique contre les vecteurs, l'Université de
Terre -Neuve (Canada), a étendu ses travaux à des
recherches sur l'écologie et la taxonomie des espèces
6.6
non -cibles qui pourraient être affectées par les moyens
de lutte biologique.
des insectes), aux rodenticides et même à l'agent de
lutte biologique Bacillus thuringiensis. La résistance
au méthoprène, régulateur de la croissance des insectes,
a été multipliée par douze chez C. p. pipiens et l'on a
constaté une forte résistance croisée à ce composé dans
des souches de l'espèce A d'An. gambiae résistantes
soit à la dieldrine, soit à la fois à la dieldrine et au
DDT. La résistance à la warfarine et à d'autres
Résistance aux insecticides et aux rodenticides
6.7
Les rapports qu'a permis d'établir l'emploi des
nécessaires d'épreuve de l'OM S montrent les tendances
générales de la résistance aux insecticides. Les données
recueillies en 1975 lors d'une enquête mondiale
concernant les effets de la résistance aux insecticides
sur la lutte contre les vecteurs et contre les maladies à
transmission vectorielle ont confirmé que, chez certains
vecteurs, la résistance aux composés organophosphorés
s'était accrue plus ou moins proportionnellement à
l'ampleur de l'utilisation de ces composés. Parmi ces
vecteurs figurent notamment deux vecteurs importants
du paludisme (Anopheles albimanus et An. sacharovi)
ainsi que le pou du corps humain (Pediculus humanus).
D'autres espèces - telles que Culex tarsalis et C.
pipiens fatigans, chez lesquelles on avait déjà observé
cette résistance en 1968 - semblent à même d'opposer
une résistance à une gamme plus étendue de composés
organophosphorés. Dans les programmes à long
terme, on étudiera en priorité l'apparition possible du
même type de résistance chez d'autres vecteurs, par
exemple chez le vecteur de l'onchocercose dans le
rodenticides anticoagulants a été confirmée chez
Rattus norvegicus au Danemark, aux Etats -Unis
d'Amérique, aux Pays -Bas et au Royaume -Uni, chez
Rattus rattus au Royaume -Uni et chez Mus musculus
en République fédérale d'Allemagne, aux Etats -Unis
d'Amérique et au Royaume -Uni. Après six mois de
sélection continue des larves exposées à la toxine de
B. thuringiensis, on a noté que la résistance à cette
toxine avait été multipliée par trente chez la mouche
domestique.
Si elle pose un problème grave, la résistance aux
pesticides n'est pas une difficulté insurmontable car la
plupart des vecteurs et des réservoirs animaux de la
6.10
maladie sont encore sensibles à un ou plusieurs
pesticides. Cependant, beaucoup de vecteurs sont
devenus résistants, dans de vastes régions, aux pesti-
cides les plus communs, les plus sûrs et les moins
coûteux, même en l'absence de campagnes systématiques d'éradication. La situation pourrait rapidement
s'aggraver si un programme organisé de lutte antivectorielle était mis en oeuvre, ce qui aurait un effet additionnel de sélection sur les populations de vecteurs de
vastes territoires.
bassin de la Volta (voir chapitre 5).
6.11 A sa réunion de septembre, le Comité OMS
La résistance aux composés organophosphorés
tend à différer à certains égards de la résistance aux
composés organochlorés. Les niveaux de résistance au
premier groupe de composés sont généralement plus
bas et il est assez rare que l'échec des mesures de lutte
6.8
antivectorielle soit total. De plus, le profil de résistance
croisée est beaucoup moins accusé, la résistance à un
insecticide organophosphoré étant habituellement asso-
ciée à une faible résistance vis -à -vis d'une gamme
considérable d'autres composés organophosphorés. La
raison en est peut -être que plusieurs mécanismes de
résistance de faible spécificité sont en jeu, mécanismes
qui peuvent étendre la résistance croisée à des types de
pesticides complètement nouveaux comme ceux qui
inhibent la croissance des insectes. Un autre facteur
vient encore compliquer les choses: l'utilisation importante que l'on fait en agriculture de composés organo-
phosphorés et de carbamates qui, dans certaines
d'experts des Insecticides a fait le point de la situation
en ce qui concerne la résistance des vecteurs et des
réservoirs animaux de maladie. Il a recommandé que
l'OMS continue d'encourager et de soutenir les
recherches sur les aspects fondamentaux de la résistance, d'étudier de nouveaux types de pesticides pour
déterminer les spectres de résistance et la vitesse d'acqui-
sition de cette résistance, que des mesures soient
prises par la FAO et l'OMS pour renseigner les gouvernements sur la surveillance de l'importation, de la
fabrication, de la vente et de l'utilisation de tous les
pesticides, afin de pouvoir mettre en garde contre la
possibilité d'apparition d'une résistance, et que des
méthodes satisfaisantes soient mises au point pour
détecter et mesurer la résistance aux larvicides chez
les larves de Simulium damnosum et la résistance aux
molluscicides chez les mollusques hôtes intermédiaires
de la schistosomiase. Le Comité a souligné également
régions, ont exercé un effet de sélection sur les vecteurs
le besoin urgent d'apprendre au personnel de lutte
de maladies humaines. La résistance aux insecticides
chez An. albimanus en Amérique moyenne, chez Ae.
antivectorielle à détecter la résistance aux pesticides et
à prendre des mesures pour y remédier.
6. BIOLOGIE DES VECTEURS ET LUTTE ANTIVECTORIELLE
Evaluation de nouveaux insecticides et lutte chimique
6.12 L'évaluation de nouveaux insecticides à laquelle
l'OMS procède en vue de les utiliser contre les vecteurs
se poursuit essentiellement dans six centres collaborateurs de l'OM S et trois groupes mobiles de recherche.
Mais sept composés nouveaux seulement ont été reçus
par l'OMS à des fins d'expérimentation au cours de
l'année - ce qui représente le nombre annuel le plus
faible depuis le lancement du programme en 1960 et ils ont été soumis simultanément aux essais des
stades I, II et III du programme d'évaluation.' La
plupart des composés nouveaux sont des pyréthroïdes
de synthèse et des agents régulateurs de la croissance.
Leur structure chimique est très différente de celle des
organochlorés, des organophosphorés et des carbamates, et leur toxicité est généralement faible à l'égard
des organismes non -cibles, y compris l'homme et les
animaux. Cependant, ces composés sont généralement
coûteux et, comme ils n'agissent d'ordinaire que sur
quelques espèces d'insectes, ils exigent des esssais et des
évaluations spéciaux. Ils ne sont pas encore utilisés
très largement en agriculture, aussi leur développement
105
tographie en phase gazeuse liquide. En fait, pour une
part très importante, les recherches effectuées en 1975
sur les insecticides et leurs formulations dans le cadre
du programme OMS d'étude de la biologie des vecteurs
et de lutte antivectorielle avaient pour but de soutenir
le programme de lutte contre l'onchocercose, et le
lecteur voudra bien se reporter, à ce sujet, au chapitre 5
(paragraphes 5.63 et 5.64 en particulier).
Soutenue financièrement par l'AID, une sous station de l'unité OMS de recherche sur la lutte contre
les vecteurs et les rongeurs à Djakarta a été mise en
pic ce à Semarang (Indonésie) pour effectuer des essais
à l'échelle des villages sur des insecticides capables de
venir à bout d'An. aconitus, vecteur résistant au DDT.
Des services de laboratoire et autres ont été créés, et
des données de base ont été rassemblées en vue d'essais
qui commenceront sous peu.
6.15
Activités générales de lutte antivectorielle
Les populations de rongeurs, très denses dans
presque toutes les villes des régions tropicales, ne
6.16
pas été rapide, mais la situation pourrait
causent pas seulement des pertes économiques impor-
changer, car on a constaté qu'une classe de ces pyréthroïdes de synthèse possède une activité rémanente
en présence de lumière; or c'est là une propriété que
l'on n'a observée ni avec les autres pyréthroïdes de
synthèse ni avec les pyréthrines naturelles.
de lutte contre ces prédateurs sont d'une efficacité très
limitée; aussi, pour essayer de trouver des méthodes
plus efficaces et moins coûteuses, l'OMS a -t -elle créé
n'a -t -il
tantes; elles constituent aussi un grand danger pour
la santé publique. La plupart des programmes actuels
6.13
à Rangoon, avec l'aide de l'Agence danoise pour le
Développement international, une unité d'étude et
l'OMS. Les opérations d'épandage entreprises en 1974
par l'unité OMS NO2 de recherche sur la lutte contre les
de démonstration pour la lutte contre les rongeurs.
6.17 La fièvre hémorragique dengue reste l'une des
plus importantes maladies à transmission vectorielle
dans la Région de l'Asie du Sud -Est et dans certaines
Le fénitrothion est actuellement soumis aux
essais du stade VII du programme d'évaluation de
anophèles à Kisumu (Kenya), dans le cadre du programme biennal de lutte antivectorielle et d'évaluation
épidémiologique, sont maintenant terminées. On a
constaté que le fénitrothion avait interrompu la transmission du paludisme pendant la plus grande partie de
la durée des essais, à l'exception de deux courtes
périodes très pluvieuses favorables à une augmentation explosive de la densité d'An. gambiae. A côté du
malathion et du propoxur, dont on a déjà recommandé
l'emploi pour la lutte contre le paludisme, le fénitrothion semble donc capable de détruire les vecteurs
dans les conditions des essais.
6.14 L'unité No 1 de recherche sur la lutte contre les
anophèles, à Kaduna (Nigeria), a procédé à de vastes
essais du stade V avec la chlorphoxime utilisée contre
les vecteurs du paludisme, le fénitrothion servant de
produit témoin. On ne connaît pas encore les résultats
définitifs, mais on a obtenu de bons résultats contre
An. gambiae et An. funestus avec des aspersions de
l'un ou de l'autre composé effectuées à trois mois
d'intervalle. L'unité No 1 a aussi collaboré au programme de lutte contre l'onchocercose dans le bassin
de la Volta, où elle a étudié les effets de l'ABATE dans
des rivières traitées en utilisant la technique de chroma' Les stades du programme d'évaluation sont les suivants:
stade I - première sélection en laboratoire; stades Il et III essais poussés en laboratoire et essais pratiques simulés; stade
IV - premiers essais pratiques; stade V - essais à l'échelle du
village; stade VI - essais sur le terrain; stade VII - essais
épidémiologiques à grande échelle.
parties de la Région du Pacifique occidental. Les
recherches sur l'écologie du vecteur Ae. aegypti et sur
les moyens d'en venir à bout, effectuées par l'unité
OMS de recherche sur la lutte contre les vecteurs et
les rongeurs à Djakarta et précédemment par l'unité
de recherche sur Aedes à Bangkok, ont abouti à la
mise au point de mesures de lutte contre les moustiques
qui sont efficaces pendant les épidémies mais qui
peuvent aussi être appliquées de façon prolongée; des
mesures ont été adoptées et sont maintenant utilisées
par un certain nombre de pays.
6.18 L'unité OMS de recherche sur les vecteurs de la
maladie de Chagas, à Acarigua (Venezuela), s'est
préoccupée de la persistance de la maladie dans certains
foyers: forêts, abords et intérieur des habitations.
Deux espèces de rongeurs (Hetexounys anomalus et
Mus musculus) ont, pour la première fois au Venezuela,
été trouvées porteuses d'organismes du type Trypano-
soma cruzi. Les études ont confirmé que Didelphis
marsupialis, ou opposum commun, est le principal
réservoir de la maladie dans la faune sauvage -
constatation d'une grande importance si l'on considère
la propension de cet animal à vivre parmi les collectivités humaines ou dans leur voisinage. Il a été confirmé
également que les trypanosomes s'adaptent facilement
à des réservoirs commensaux autres que le chien et le
porc, et le fait a aussi été observé dans d'autres pays
d'Amérique latine.
106
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
Matériel de lutte contre les vecteurs
La demande de matériel pour l'application de
pesticides aux fins de la santé publique est rarement
assez forte pour encourager le développement commercial d'un équipement répondant aux seuls besoins
de ce secteur: il faut donc que ce matériel puisse aussi
servir en agriculture. L'OMS collabore étroitement
avec la FAO dans ce domaine. Une liste complète de
matériels utilisables pour des opérations antivectorielles a été établie. Des spécifications ont été mises au
point pour l'essai et l'achat de matériel d'épandage;
6.19
les essais, destinés à vérifier si le matériel est conforme
6.22 A l'Université - de l'Ohio (Etats -Unis d'Amérique), le centre collaborateur OMS pour la lutte
biologique contre les vecteurs a traité sur ordinateur
plus de 20 000 fiches relatives aux insectes vecteurs
atteints de maladies, et il est désormais possible de
procéder à des recherches documentaires sur les agents
pathogènes des insectes classés par pays, par hôte ou
par agent pathogène. D'autres établissements ont
également communiqué leurs fiches, en vue de consti-
tuer une banque centrale de données sur les agents
pathogènes des insectes considérés comme agents
éventuels de lutte biologique contre les vecteurs.
aux spécifications, sont d'abord effectués dans les
centres collaborateurs de l'OMS, puis sur le terrain.
D'autre part, on a établi une bibliographie annotée des
agents pathogènes des arthropodes, qui tient compte
Différents types de matériel sont actuellement à
l'épreuve. Un nouveau modèle d'appareil générateur
santé publique publiées jusqu'en 1974.
6.20
d'aérosols, monté sur véhicule, a subi des essais au
Royaume -Uni et est maintenant expérimenté sur le
terrain en Thaïlande contre Ae. aegypti. On a d'autre
part travaillé à la mise au point d'un appareil portatif
pour l'épandage d'insecticides sous volume ultra faible, qui doit permettre de détruire les anophèles en
pulvérisant des solutions concentrées d'insecticides à
effet rémanent sur les surfaces intérieures des habitations; l'utilisation d'insecticides concentrés représente-
rait une économie de temps et d'efforts pour les
équipes de pulvérisation et les dispenserait d'avoir
recours à l'eau comme agent diluant dans des régions
souvent arides. Des pulvérisateurs actionnés à la main
sont généralement employés dans la lutte contre le
paludisme, et le remplacement des éléments usés, en
particulier des becs de buse, peut représenter un pour-
centage élevé du coût total d'un programme. Des
essais en laboratoire et sur le terrain ont été faits avec
un bec à basse pression qui, si certains problèmes de
construction peuvent être résolus, aura sans doute une
durée de vie beaucoup plus longue.
Lutte biologique
6.21 Etant donné le renchérissement des insecticides
chimiques et la crainte qu'ils n'aient des effets sur
l'homme et sur l'environnement, on s'intéresse de plus
en plus à la mise au point d'agents biologiques pour la
lutte contre les vecteurs. Aux fins des opérations que
prévoit le schéma proposé pour le choix des agents biologiques de lutte et pour l'évaluation de leur efficacité,' des
centres collaborateurs OMS ont été désignés pour pro-
céder à des essais sur l'efficacité d'agents de lutte
biologique contre les principaux insectes vecteurs,
déterminer leur spécificité par rapport à l'hôte, leurs
effets sur des espèces non -cibles et les dangers que
leur utilisation pourrait faire courir à l'homme. La
lutte biologique contre des arthropodes nuisibles en
agriculture est plus avancée que la lutte contre les
vecteurs de maladies, mais là aussi on manque encore
de tests valables quant à la sécurité des agents employés
pour l'homme et son environnement. Les travaux des
centres collaborateurs permettront d'évaluer les risques
que ces agents présentent pour l'homme, comme on le
fait déjà en ce qui concerne les pesticides chimiques.
' Série de Rapports techniques OMS, No 561, 1975, p. 33.
de toutes les communications importantes pour la
Bien que les agents biologiques de lutte contre
les vecteurs essayés au cours de l'année en laboratoire
6.23
et à petite échelle sur le terrain se soient révélés
intéressants, il n'est pas encore possible de les soumettre à des essais en grand sur le terrain. Les problèmes fondamentaux à résoudre sont l'uniformité et
la stabilité des cultures microbiennes, la formulation à
utiliser et le manque d'épreuves satisfaisantes de
sécurité pour l'homme et l'environnement. Deux des
unités OMS de recherche - celle sur la lutte contre
les vecteurs et les rongeurs à Djakarta et l'unité No 1
de recherche sur la lutte contre les anophèles à Kaduna
(Nigeria) - disposent maintenant de spécialistes de la
lutte biologique, qui procèdent à des titrages biologiques et à des essais pratiques au fur et à mesure
que de nouveaux isolats ou formulations deviennent
disponibles. L'unité de recherche opérant au Nigeria
a achevé des essais pratiques sur deux espèces locales
de poissons larvivores, Epiplatys bifasciatus et Aphyosemion gardneri : bien qu'il s'agisse dans l'un et l'autre
cas de prédateurs efficaces des larves de moustiques
dans leur habitat naturel, leur potentiel de reproduction
a été jugé trop faible pour qu'on puisse en faire des
agents satisfaisants de lutte antivectorielle. Divers
agents microbiens- notamment Bacillus sphaericus
et le champignon Metarrhizium anisopliae - ont été
essayés contre plusieurs espèces vectrices et, pour les
souches ou cultures dont les titrages en laboratoire ont
démontré l'efficacité, des travaux sont en cours pour
établir les formulations et leur uniformité. Les essais
en laboratoire ont révélé que certaines cultures de
B. sphaericus sont très actives contre les larves d'An.
gambiae, la mortalité atteignant 100 % dans certains
cas. D'autre part, un centre collaborateur OMS a
constaté que plus de 90 % des larves d'An. albimanus
sont tuées par certaines cultures de la même bactérie.
Une nouvelle souche de B. sphaericus a été isolée à
partir de matériel rassemblé près de Djakarta par
l'unité OMS de recherche sur la lutte contre les vecteurs
et les rongeurs.
6.24
La priorité est actuellement accordée à des
recherches collectives sur des champignons entornopathogènes et des bactéries à spores qui se prêteraient
à une production locale. Les vecteurs auxquels on
accorde une attention prioritaire sont les moustiques
dont les formes larvaires sont sensibles aux larvicides,
6. BIOLOGIE DES VECTEURS ET LUTTE ANTIVECTORIELLE
107
car les insectes adultes résistent habituellement aux
fatigans. D'autres études sur cette espèce ont révélé
agents pathogènes des insectes.
que l'incompatibilité cytoplasmique est beaucoup plus
complexe qu'on ne l'avait pensé à l'origine. Un polymorphisme en matière d'incompatibilité cytoplasmique
Lutte génétique
6.25
Selon certaines études de laboratoire et des
essais pratiques réalisés à petite échelle sur diverses
méthodes de lutte génétique, il semble qu'on pourrait,
dans le cas de vecteurs dont la mobilité est grande et
la mortalité larvaire étroitement liée à la densité
des populations, obtenir des résultats intéressants en
remplaçant les populations existantes par une souche
non vectrice. Aussi l'OM S met -elle au point actuellement un programme de recherches sur les relations
vecteur /parasite et l'isolement éventuel de souches de
moustiques réfractaires aux parasites.
6.26
De 1969 à 1975, le Conseil indien de la Recherche
médicale et l'OMS ont parrainé une unité de recherche
sur la lutte génétique contre les moustiques installée
à New Delhi. L'accord entre ces deux organismes est
venu à expiration au cours de l'année écoulée, mais
on pense que le Conseil indien de la Recherche
médicale poursuivra les travaux. Au fil des années,
l'unité de recherche a mis au point des méthodes
a été observé dans les populations sauvages de ce
moustique. D'autre part, on a constaté que les mâles,
en vieillissant, perdaient en partie leur incompatibilité
cytoplasmique. Ces phénomènes ont d'importantes
incidences sur les résultats des expériences faites en
cages extérieures pour étudier la possibilité de remplacer une population de moustiques par une autre en
tablant essentiellement sur l'incompatibilité cytoplasmique. Quant aux tentatives faites pour sélectionner
une souche de C. fatigans non réceptive à Wuchereria
bancrofti, elles sont restées infructueuses.
En ce qui concerne An. stephensi, les études ont
porté essentiellement sur l'élevage en laboratoire, les
6.29
méthodes de stérilisation chimique au stade de la
nymphe, et les méthodes écologiques d'estimation de
la densité des populations adultes. Un des problèmes
que pose l'élevage d'anophélinés pour la lutte génétique
est. que, contrairement à ce qui se passe avec les culicinés, les nymphes mâles et femelles sont sensiblement
de même taille, ce qui rend la détermination auto-
fondamentales, effectué divers essais pratiques à
petite échelle et aidé à constituer un noyau de scienti-
matique du sexe plus difficile. On a entrepris de mettre
au point un système reposant sur le fait que le gène de
fiques parfaitement au courant des techniques. Les
données obtenues peuvent maintenant servir à des
sexe
études de faisabilité à grande échelle dans des régions
où les maladies transmises par les moustiques sont
la résistance à la dieldrine est lié au chromosome du
masuclin; l'emploi d'une dose contrôlée de
dieldrine a donc pour résultat de tuer les femelles et
il ne subsiste que des mâles pour le lâcher.
endémiques.
les recherches effectuées pendant le
premier semestre de l'année, il convient de mentionner
la poursuite des efforts tendant à mettre au point des
6.27 Parmi
méthodes pour l'élevage en grand d'Ae. aegypti, la
détermination du sexe, puis la stérilisation chimique
et le lâcher des mâles, méthodes qui permettent de
produire jusqu'à 500 000 mâles stériles pour la lutte
contre cette espèce. Une expérience a été réalisée
dans des cages extérieures, afin de comparer l'efficacité
de trois types d'agents utilisables : mâles stérilisés
chimiquement, ou hétérozygotes à double translocation, avec ou sans gène provoquant une distorsion
du taux de masculinité en faveur des mâles. Quant à
l'aptitude des trois types de mâles à concurrencer les
mâles sauvages auprès des femelles, on a constaté
qu'elle était égale pour les deux premiers et inférieure
à la normale pour les mâles non porteurs du gène.
6.28
Les études écologiques sur Culex pipiens fatigans
ont été poursuivies, l'objet étant de mettre au point
une méthode pour évaluer la densité de cette espèce
en milieu urbain et de déterminer dans quelle mesure la
régulation des populations de C. fatigans est fonction
de leur densité. Les estimations faites sur ce dernier
point permettent de prévoir approximativement quel
taux de stérilisation des oeufs devra être atteint pour
maîtriser efficacement les populations urbaines de
moustiques. Dans les régions du sud de l'Inde où la
filariose est endémique, des études ont été faites pour
déterminer les endroits où l'on pourrait utilement
procéder à des essais de lutte génétique contre C.
Lutte antivectorielle et santé internationale
Afin de se conformer aux règlements quarantenaires applicables aux insectes constituant un risque
6.30
important pour l'agriculture, on a pulvérisé de la
resméthrine et de la bioresméthrine dans les aéronefs à
des concentrations au moins dix fois supérieures à
celles recommandées par l'OMS pour la lutte antivectorielle. Cependant, ces applications ont donné
naissance à des odeurs désagréables dues aux produits
de décomposition de l'insecticide. Des essais comparés
ont donc été effectués par l'OMS avec un autre pyréthroïde, la phénothrine; dans les conditions opération-
nelles, ce composé, utilisé à raison de 16 g pour
100 m3, a provoqué une mortalité voisine de 100
chez les vecteurs An. quadrimaculatus et Ae. taeniorhynchus. A cette concentration, la mortalité de Musca
domestica était d'environ 70 % mais, pour réaliser une
mortalité de 100 %, il fallait doubler la dose. D'autres
essais pratiques sont en cours dans des conditions
opérationnelles pour déterminer si l'on peut recommander de mentionner cet insecticide dans le Règlement
sanitaire international.
Des cas de résistance d'Ae. aegypti à certains
pyréthroïdes, en particulier à la bioresméthrine, ayant
été signalés à Bangkok, plusieurs centres collaborateurs OMS ont procédé à des études sur cette question.
Si le phénomène est confirmé, cela aura des incidences
considérables sur le mode de désinsectisation des
6.31
aéronefs.
108
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
Sécurité d'emploi des pesticides
6.32
Pendant la deuxième année d'essai à grande
échelle du fénitrothion au Kenya (voir le paragraphe
6.13), la surveillance toxicologique des équipes de
pulvériseurs s'est poursuivie. L'année précédente, on
avait montré qu'il était souhaitable de procéder toutes
les semaines à des épreuves cholinestérasiques et que,
même si l'on ne constatait pas de symptômes d'intoxication par les produits organophosphorés, il était
parfois nécessaire de rappeler tel ou tel membre de
l'équipe de pulvériseurs pour qu'il ne soit plus en
contact avec l'insecticide après une baisse de l'activité
de la cholinestérase constatée par la méthode colorimétrique. En 1975, on a fait les mêmes observations.
Aussi, en analysant les habitudes de travail, en étudiant
divers indices d'exposition (par exemple le nombre de
recharges des appareils de pulvérisation) et en procédant à des tests biochimiques autres que l'épreuve
cholinestérasique, a -t -on essayé de voir s'il existait une
différence entre les hommes qu'il avait fallu retirer de
l'équipe de pulvérisation et ceux chez qui l'activité
cholinestérasique restait inchangée. Des examens
médicaux complets ont été effectués, mais l'on n'a
constaté aucune corrélation significative. Comme on
ne semble pas disposer d'épreuves permettant de
sélectionner les membres des équipes de pulvérisation
selon qu'ils sont plus ou moins sujets à une baisse de
l'activité de la cholinestérase, il n'en est que plus
important de procéder régulièrement à un contrôle de
l'activité cholinestérasique chaque fois que les opérations d'épandage de fénitrothion à l'intérieur des
habitations durent plus d'un mois.
6.33 Une nouvelle trousse d'instruments 1 pour
mesurer plus exactement l'activité cholinestérasique
après exposition au fénitrothion a été essayée sur le
terrain. Les résultats obtenus par la méthode spectro-
photométrique ont été comparés avec ceux que donnent
respectivement une méthode type de laboratoire et la
trousse colorimétrique d'emploi courant. On a constaté
une bonne corrélation avec la méthode de laboratoire,
mais l'expérience a montré qu'il était nécessaire de
modifier la trousse avant d'en recommander la production en série. La trousse colorimétrique, peu coûteuse
et d'emploi facile, gardera son utilité pour les épreuves
cholinestérasiques, la nouvelle trousse plus coûteuse
devant être préférée pour les travaux épidémiologiques
en cas de difficulté d'accès à des services de laboratoire. Des travaux préliminaires ont été également
effectués en vue de permettre l'utilisation de la nouvelle
trousse pour évaluer l'exposition à d'autres types de
pesticide.
6.34 L'OMS a apporté son aide au Centre de Toxicologie industrielle de Lucknow (Inde) et au Laboratoire
central des Pesticides agricoles au Caire pour la
création de services de toxicologie, et elle a donné des
avis aux Etats Membres sur la toxicologie d'un certain
nombre de pesticides utilisés en santé publique.
1 Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 6.38.
Les études sur les effets à long terme de l'exposition au DDT 2 vont bientôt pouvoir faire l'objet d'une
6.35
évaluation. Des difficultés financières ont empêché
d'étendre ces études à un groupe de pulvériseurs du
Mexique; cependant, les données concernant ces
hommes exposés pendant très longtemps aux effets du
seul DDT pourront être utilisées pour faire la lumière
sur certains points des études actuelles qui pourraient
demeurer obscurs lorsque celles -ci auront été évaluées.
Les pesticides que l'on utilise de plus en plus en
agriculture dans les pays tropicaux en voie de développement sont souvent plus toxiques que ceux que l'on
emploie contre les vecteurs. Il reste à rassembler beaucoup de données supplémentaires sur les dispositifs de
6.36
protection nécessaires pour éviter l'intoxication professionnelle, et il faudra définir des normes de protection minimales. Une étude a été faite au Soudan pour
mettre au point dans le détail un protocole d'étude
épidémiologique et pour examiner certains cas parti-
culiers d'exposition aux pesticides. On a constaté
qu'avec l'insecticide utilisé (diméthoate), les vêtements
de travail habituels protégeaient suffisamment les
équipes de pulvériseurs, mais un problème pourrait se
poser si l'on utilisait des produits chimiques plus
toxiques : en effet, les pulvériseurs, qui avaient porté
d'abord des masques destinés à mesurer l'exposition
par inhalation, ont dû y renoncer parce que la transpiration rendait rapidement leur port impossible.
Après révision pour tenir compte de l'expérience
acquise, le protocole va être diffusé très largement, de
telle sorte que les autorités nationales pourront
recueillir des données comparables à la faveur
d'enquêtes de portée limitée. L'OMS soutient aussi
une étude effectuée au Pakistan par l'Université
agricole de Lyallpur.
6.37 L'intoxication accidentelle aiguë par les pesti-
cides reste un problème dont on connaît mal l'ampleur.
L'Organisation avait invité les pays à lui présenter des
statistiques annuelles sur les cas d'intoxication par les
pesticides, mais le nombre réduit des réponses semble
indiquer que peu de pays sont en mesure de fournir des
informations détaillées; les notifications reçues montrent que, si ce problème n'est qu'un aspect
du problème général des intoxications, il est
possible d'en réduire sensiblement la gravité
par l'éducation et par un contrôle national de
l'homologation et de la distribution des pesticides.
Deux mesures prises en 1975 devraient aider directement les Etats Membres à cet égard: la Vingt- Huitième
Assemblée mondiale de la Santé a adopté une classifi-
cation recommandée des pesticides en fonction des
dangers qu'ils présentent, laquelle a été diffusée parmi
les Etats Membres et les organisations internationales;
d'autre part, une série de notices documentaires courtes
mais complètes sur les pesticides a été établie en collaboration avec la FAO.
2 Actes officiels OMS, N° 213, 1974, paragraphe 3.39; N° 221,
1975, paragraphe 6.39.
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
7.1
Dans le passé, les études entreprises avec le
soutien de l'OMS sur les maladies non transmissibles
visaient surtout à élaborer une méthodologie normalisée pour la mesure de ces maladies dans la collectivité
et à évaluer les services offerts dans différents systèmes
de protection sanitaire et d'organisation économique.
Mais plus récemment les efforts se sont résolument
orientés vers la prévention. On voit maintenant se
multiplier rapidement les études où l'accent principal
est mis sur la technologie des mesures préventives
primaires aussi bien que secondaires, sur l'appréciation
du bon vouloir des collectivités quant à l'application
de ces mesures dans la vie quotidienne, enfin sur l'évaluation des effets de l'action préventive.
7.2
Cette réorientation s'explique par deux faits:
l'insuccès relatif des efforts déployés pour augmenter
l'espérance de vie des individus ayant déjà atteint
l'âge de 40 ans, joint à une évolution de la situation
dans certains pays industrialisés où plus de 75 % de
l'ensemble des décès sont imputables
dites chroniques, qui sont pour la plupart non transmissibles.
Selon diverses estimations,
l'espérance
moyenne de vie des sujets de sexe masculin dans les
pays en question pourrait être augmentée de 7 à 9 ans
si les connaissances actuelles concernant la prévention
des maladies non transmissibles étaient intégralement
appliquées. D'importants efforts sont également faits
pour intégrer dans les activités des services de santé
existants les mesures de prévention primaire et secondaire qui ont fait leurs preuves.
7.3
I1 ressort d'observations récentes que des mala-
dies chroniques comme les maladies cardio -vasculaires,
le cancer et certaines affections chroniques du foie et
du rein, de même que les maladies cérébrovasculaires,
sont plus fréquemment diagnostiquées dans les pays
en voie de développement qu'elles ne l'étaient auparavant. Si cette constatation est due en partie à l'amélio-
ration des méthodes de diagnostic, elle peut aussi
traduire un accroissement réel. Toute action préventive doit donc, pour être efficace, chercher à identifier
les
« facteurs sanitaires » qui entrent en ligne de
compte dans la collectivité et à agir sur eux de façon
appropriée, aussi bien dans les pays en voie de déve-
loppement que dans les pays industrialisés. Aussi
l'OM S s'emploie -t -elle à coordonner toute une variété
d'études entreprises dans de nombreux pays, comme
le montre la description des différents programmes
auxquels sont consacrées les pages qui suivent.
Cancer
7.4
Après avoir examiné le programme OMS à long
terme de lutte contre le cancer, la Vingt- Huitième
Assemblée mondiale de la Santé a demandé, dans sa
résolution WHA28.85, qu'il soit poursuivi en vue de
favoriser la collaboration internationale et la coordination des efforts de recherche. Les prochaines étapes
de ce programme seront: le choix de priorités pour la
coopération internationale; la stimulation des activités
aux niveaux national, bilatéral, multilatéral et régional;
l'application de nouvelles méthodes telles que modèles
mathématiques et analyse de système; l'exploitation
et la diffusion des résultats obtenus; et la révision
des priorités.
7.5
Avec l'aide de l'Institut national du Cancer à
Bethesda (Maryland, Etats -Unis d'Amérique), l'OMS
a réuni en novembre à Milan (Italie) une conférence
internationale dont les participants, venus de seize
pays, ont examiné les possibilités d'élaborer et de
synthétiser de nouveaux composés pour la chimiothérapie du cancer. Les acquisitions de la recherche
fondamentale seront à la base de l'étude de nouveaux
composés.
Un étalon national d'antigène cancéro- embryonnaire, mis au point avec l'appui de l'OMS, a été utilisé
par un certain nombre de laboratoires pour des études
immunologiques; en décembre, il a été accepté provisoirement comme préparation internationale de
référence par le Comité OMS d'experts de la Standardisation biologique (voir le paragraphe 9.26). D'autre
part, l'OMS a soutenu des études cliniques sur l'immunologie du cancer du sein (en Suisse) et sur les aspects
7.6
immunologiques de la radiothérapie du cancer (en
URSS).
7.7 Les centres collaborateurs OMS pour l'évaluation
des méthodes de diagnostic et de traitement des méla-
nomes et des cancers du sein, de l'estomac et de
l'ovaire ont poursuivi leurs activités (enregistrement,
essais cliniques et résumés de publications). Le centre
collaborateur pour les mélanomes, à Milan (Italie), a
élaboré des méthodes applicables à l'évaluation statistique des résultats des essais thérapeutiques. De
leur côté, les centres collaborateurs pour la recherche
sur la chimiothérapie du cancer ont concentré leurs
efforts sur la mise au point de formules associant divers
médicaments pour le traitement des cancers de l'ceso-
- 109 -
110
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
phage et du sein, de la leucémie lymphoïde aiguë chez
l'enfant et de la phase blastique de la leucémie myéloïde
chronique. Cause importante de décès, le cancer de
l'utérus lève chaque année un lourd tribut dans les
pays en voie de développement aussi bien que dans les
pays développés. En septembre, l'OMS a convoqué à
Monaco une réunion chargée de réévaluer le problème
et d'étudier ce que devraient être les activités futures
de l'Organisation dans ce domaine.
7.8
Afin de promouvoir la normalisation des registres
ont porté sur les tumeurs de l'oeil et des glandes
lacrymales, les tumeurs des voies respiratoires supérieures et les tumeurs du foie, des voies biliaires et du
pancréas. Chacun de ces trois groupes de chercheurs
s'employait depuis 1972 à formuler et expérimenter
des classifications internationales acceptables. Un
nouveau volume a paru au cours de l'année dans la
série Classification histologique internationale des tumeurs.1 L'Organisation a également élaboré une classification histologique internationale des tumeurs
spontanées des animaux domestiques (voir le para-
hospitaliers du cancer, l'OMS a organisé en mars, à
Genève, une consultation ayant pour objet l'adoption
d'un manuel d'instructions à cet effet. Lorsqu'un
certain nombre de centres du cancer se serviront du
registre hospitalier normalisé, on disposera d'informations importantes pour l'évaluation des thérapies
graphe 4.200).
appliquées, des nouvelles installations de traitement, des
taux de survie pour différents cancers, des politiques et
des méthodes de gestion,. ainsi que du fonctionnement
des services anticancéreux; les tendances de la mortalité
en vue d'une analyse de la situation de la lutte anti-
par cancer et l'incidence de la maladie pourront en
outre être plus facilement établies.
7.9
Lors d'une réunion tenue en avril, un projet
relatif aux méthodes de dépistage du cancer du col de
l'utérus a fait l'objet d'entretiens avec l'Institut international pour l'Application de l'Analyse de Système
de Laxenbourg (Autriche). Le but de ce projet est de
construire un modèle mathématique en vue d'élaborer
une procédure de dépistage appropriée pour une population donnée, avec un maximum d'avantages et un
minimum de contraintes. Conjointement avec l'Institut,
l'OMS a organisé à Moscou en décembre une réunion
internationale sur les systèmes d'information appliqués à la recherche sur le cancer, où l'accent a été mis
tout spécialement sur la coopération internationale.
En décembre, une réunion interrégionale a été
organisée à Copenhague pour examiner et coordonner
les activités de l'OMS dans le domaine du cancer. Les
participants ont étudié et planifié des mesures pratiques
7.12
cancéreuse dans les différentes Régions.
7.13
Lors d'une réunion tenue en novembre à
Brazzaville, d'éminents spécialistes africains du cancer
ont tracé les grandes lignes de procédures pratiques
pour le renforcement des programmes anticancéreux
dans la Région africaine. Ils se sont intéressés en particulier à l'établissement de services anticancéreux
dans le cadre des structures générales de santé des
pays d'Afrique.
Dans la Région des Amériques, le Mexique, le
Paraguay et la Trinité -et- Tobago ont reçu un appui
7.14
pour la mise au point de sous -systèmes de registres du
7.10
cancer. Le Chili, la Colombie et le Pérou ont également bénéficié d'un soutien pour l'évaluation d'essais
cliniques portant sur différents types de cancer. L'Organisation a poursuivi sa collaboration avec l'Argentine, le Brésil, le Chili, le Guatemala et le Pérou concernant les programmes de lutte contre les cancers du
col utérin et de l'utérus. Un programme multinational
ans n'est plus considérée comme un indicateur adéquat.
d'information, visant à délimiter les secteurs se prêtant
à des recherches épidémiologiques, cliniques et fondamentales concertées, a été mis sur pied en collaboration
L'Organisation a poursuivi ses travaux sur
l'évaluation des résultats à long terme des mesures
anticancéreuses - pour laquelle une survie de cinq
Des consultations ont eu lieu à Bombay (Inde) et à
Leningrad (URSS) entre certains centres collaborateurs
de l'OM S en vue d'harmoniser leurs activités sur la base
des registres hospitaliers normalisés. L'Organisation a
également soutenu des projets nationaux de réadap-
tation des sujets atteints d'un cancer de la bouche
(Inde) et de dépistage précoce du cancer du col de
l'utérus (Haïti). En outre, plusieurs cours de cytologie
ont été donnés pendant l'année (voir le tableau 2).
7.11
Dans le cadre du programme de classification his-
tologique des tumeurs, soutenu par l'Institut national
du Cancer des Etats -Unis d'Amérique, trois réunions
de chercheurs ont eu lieu; les participants ont examiné
des classifications, y ont mis la dernière main et en
ont recommandé la publication dans la série OMS
intitulée Classification histologique internationale des
tumeurs. Ces réunions, qui se sont tenues à Genève,
avec l'Institut national du Cancer des Etats -Unis
d'Amérique. En novembre, une conférence- atelier, à
laquelle ont participé huit pays d'Amérique latine, a
été réunie à São Paulo (Brésil) pour examiner l'état
d'avancement de ce projet. Une première étude des
ressources nécessaires pour la lutte générale contre le
cancer en Amérique latine a été faite et les résultats en
ont été présentés en octobre au VIe Congrès latinoaméricain intégré du Cancer, à Acapulco (Mexique).
Une réunion consacrée au problème des maladies chroniques du foie (cancer compris) a été organisée dans la Région de l'Asie du Sud -Est, à New
7.15
1 Poulsen, H. E. et al. Histological typing of female genital
tract tumours, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1975
(Classification histologique internationale des tumeurs, No 13).
(Edition française en préparation).
111
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
Delhi, en collaboration avec le Conseil indien de la
Recherche médicale. Diverses formes d'assistance ont
été fournies aux pays de la Région, notamment au
Centre international de Recherche sur le Cancer
(CIRC) 1
Le programme de recherches à long terme du
Bangladesh (avis techniques concernant l'organisation
d'installations de radiothérapie pour le traitement du
cancer), à la Birmanie (assistance technique pour la
formation en cytologie et en cytopathologie, pour le
renforcement des installations de radiothérapie à
7.18
Rangoon et Mandalay, ainsi que pour une enquête
travaux visent à dégager des différences entre environnements locaux dont on pourrait établir la corrélation
avec des différences significatives de l'incidence
épidémiologique sur les états buccaux précancéreux et
cancéreux), à la République populaire démocratique
de Corée (renforcement des installations de recherche
sur le cancer à l'Institut national du Cancer de
Pyongyang), à l'Inde (formulation d'une demande
d'assistance au PNUD pour l'établissement de centres
régionaux du cancer), à la Mongolie (formation de
Centre international de Recherche sur le Cancer a pour
mission d'identifier les facteurs étiologiques du cancer
humain présents dans l'environnement. Par l'analyse
comparative de données épidémiologiques sur la
morbidité cancéreuse dans
le
monde entier, les
cancéreuse. Ils ont été menés conjointement par le
personnel scientifique du Centre et soixante -dix
laboratoires et instituts nationaux avec lesquels ont
été conclus des accords de recherche. Le CIRC possède
trois centres de recherche respectivement situés à
médecins à l'examen bronchoscopique et organisation
de services de dépistage précoce du cancer du poumon
Nairobi, Singapour et Téhéran. Il a continué d'attribuer
des bourses d'études et d'organiser des cours de brève
et de services radiologiques pour le diagnostic et la
radiothérapie du cancer), enfin à Sri Lanka (conseils
techniques pour l'organisation d'installations de
durée dans le cadre de son programme de formation
et a poursuivi son programme de publications scientifiques.
radiothérapie).
7.16
Registres du cancer. En vue du troisième volume
de Cancer Incidence in Five Continents, on a recueilli
des données dans 67 registres du cancer couvrant 102
groupes de population dans 34 pays. Le classement et
régional de lutte anticancéreuse qui servira de modèle
cancéreuse mondiale étant maintenant achevés, l'ou-
7.19
Dans la Région de la Méditerranée orientale,
le tableau régional d'experts du cancer s'est réuni à
Alexandrie en février pour élaborer un programme
pour tous les futurs programmes nationaux dans la
Région. Ce programme définit les principales activités
à mettre sur pied pour la prévention, le dépistage, le
diagnostic et le traitement du cancer et recommande
un ensemble complet de mesures à cet effet. Des cen-
tres régionaux de référence ont été créés auprès des
instituts du cancer d'Alexandrie, du Caire, de Téhéran
et de Tunis pour rechercher les meilleurs moyens de
lutter contre les principaux types de cancer rencontrés
dans la Région, notamment les cancers de la vessie,
de l'oesophage et du sein, et le lymphome. En Irak, en
Iran, en Israël et au Pakistan, les activités anticancéreuses ont été évaluées et l'on a proposé des moyens
de les améliorer. Deux rencontres scientifiques ont eu
lieu à Téhéran en avril: un symposium sur le cancer du
sein et une réunion multidisciplinaire sur le lymphome.
Le Pakistan a organisé, avec l'aide de l'OMS, un
séminaire sur la classification internationale des tumeurs, en vue d'en faciliter l'application par les ana tomopathologistes pakistanais.
7.17
Le premier groupe de travail sur l'organisation
de programmes anticancéreux dans la Région du
la normalisation de ces données sur la morbidité
vrage pourra paraître en 1976. Le volume a été préparé
en collaboration avec l'Association internationale des
Registres du Cancer et avec le concours du Birmingham
Cancer Registry (Royaume -Uni).
Centre d'échanges d'informations sur les recherches en cours dans le domaine de l'épidémiologie du
cancer. En collaboration avec le Centre allemand de
Recherche sur le Cancer de Heidelberg (République
7.20
fédérale d'Allemagne), le CIRC a commencé à préparer
la première livraison du répertoire à classification
hétérogène des études en cours sur l'épidémiologie du
cancer. Sur les quelque 4000 questionnaires qui
avaient été distribués en six langues, 400 avaient été
remplis et renvoyés en décembre. Les données tirées
de ces questionnaires sont mises en mémoire d'ordinateur au Centre allemand de Recherche sur le Cancer,
qui fournira les sorties d'imprimante et les index pour
le répertoire. Le centre d'échanges bénéficie du
concours de l'Institut national du Cancer des EtatsUnis d'Amérique dans le cadre de son programme de
banques de données sur la recherche cancérologique
internationale.
Pacifique occidental s'est réuni à Manille en octobre.
Des experts de onze pays avaient été convoqués.
Après un échange d'informations sur l'ampleur et la
nature des problèmes posés par le cancer dans les
divers pays de la Région, les participants ont étudié
les points suivants: stratégies pour la prévention du
cancer et la lutte anticancéreuse; enseignement et formation; organisation de programmes complets de lutte
anticancéreuse au niveau des collectivités, et mobilisation des ressources nécessaires.
7.21
Cancérogènes de l'environnement. Dans l'exé-
cution de ce programme, le Centre a accordé une
importance croissante au péril cancérogène provenant
de la pollution chronique de l'environnement. Les
1 De plus amples renseignements sur l'activité du Centre
pendant la période considérée figurent dans le Rapport annuel
de son Directeur: Centre international de Recherche sur le
Cancer, Rapport annuel, 1975, Lyon (1975).
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
112
substances chimiques qui peuvent être cancérogènes
pour l'homme pénètrent dans l'environnement de
tant expérimentales qu'épidémiologiques sur les dérivés
azoïques aromatiques et les aziridines, les N -, S- et O-
multiples manières, et toute action tendant à réduire
le risque qu'elles constituent suppose qu'on ait pu les
moutardes et le sélénium. Les deux autres volumes
actuellement en préparation traiteront de certains
identifier et en mesurer la concentration dans un
environnement donné.
7.22
Afin de coordonner les moyens d'investigation
expérimentale des pays, le Centre a rassemblé des
informations sur les substances faisant l'objet de tests
de cancérogénicité de longue durée sur l'animal.
En 1975, 74 laboratoires seulement ont rendu compte
d'études en cours, portant sur 481 substances différentes. Il suffit de rapprocher ce nombre de celui des
nouvelles substances chimiques produites par l'indus-
composés naturels, ainsi que de l'amiante, du cadmium
et du nickel.
7.25
Des manuels sur un choix de méthodes d'analyse
des cancérogènes environnementaux sont également
en préparation. Le premier traitera de l'analyse des
hydrocarbures aromatiques polycycliques, et le second
des mycotoxines. Les volumes ultérieurs seront
consacrés aux composés N- nitrosés et aux amines
aromatiques.
trie mondiale pour se rendre compte combien il est
nécessaire d'élaborer des tests plus rapides - et moins
coûteux - qui permettent au moins de trier, parmi
7.26
les divers produits, ceux qu'il convient de soumettre à
l'étude plus approfondie que permet l'expérimentation
sont beaucoup plus grands dans l'industrie. Deux
de longue durée sur l'animal. Le Centre développe
actuellement le test de mutagénicité sur, tissus, qui
apparaît la plus prometteuse des méthodes rapides
qui ont été proposées. Ce test, fondé sur le postulat
que presque tous les cancérogènes connus sont également des mutagènes, mesure la fréquence des mutations
de certaines souches de Salmonella typhimurium en
présence du cancérogène présumé et de ses métabolites
formés par les enzymes tissulaires. Une conférence atelier a été organisée à Bruxelles, conjointement avec
la Commission des Communautés européennes (Direction de la Recherche, de la Science et de l'Education)
et avec le soutien du Gouvernement belge, pour faire
Cancer professionnel. Quels que soient les risques
cancérogènes auxquels est exposée la population en
général, les expositions et par conséquent les risques
symposiums ont été organisés au Centre sur ce sujet,
l'un consacré au rôle des registres du cancer pour
déceler la présence d'un risque de cancérogénicité dans
l'industrie, l'autre (organisé en collaboration avec
l'Institut national de la Santé et de la Recherche
médicale de France) à un examen plus général de la
pollution de l'environnement et du risque de cancérogénicité. Ce dernier a réuni des personnes s'occupant de
recherche universitaire et de législation ainsi que des
représentants du patronat et des ouvriers, qui tous ont
un rôle à jouer dans la réduction du risque, en parti-
culier dans l'industrie chimique et dans celle de
l'amiante.
le point des progrès réalisés en matière d'épreuves
rapides in vitro de recherche de la cancérogénicité.
7.27
Un groupe de travail s'est réuni au Centre afin
d'adopter des normes minimales pour les études
7.23
épidémiologiques faites dans les entreprises sur les
travailleurs exposés au monomère du chlorure de
standardiser la méthode de détection des composés
vinyle.
En ce qui concerne le dépistage et la mesure des
cancérogènes ambiants,1 on a continué de s'efforcer de
N- nitrosés et notamment des nitrosamines volatiles. La
méthode utilisée au Centre est fondée sur la mesure
par chromatographie en phase gazeuse avec confirma-
tion par spectrométrie de masse. Une conférence atelier consacrée aux études sur l'analyse et la formation des composés N- nitrosés et sur leur cancérogénicité a eu lieu à Tallinn (URSS), avec le concours de
l'Institut d'Oncologie expérimentale et clinique de
Avec l'approbation de son Conseil de Direction,
le Centre a répondu favorablement à la demande faite
par un groupe européen de fabricants de fibre de verre
pour que soit organisée une étude épidémiologique sur
7.28
les risques de cancérogénicité dans cette industrie,
lesquels pourraient être analogues à ceux qui existent
dans l'industrie de l'amiante.
Tallinn.
7.29
Rôle des virus dans les tumeurs malignes humaines.
Quatre conférences -ateliers ont eu lieu au Centre
Pour l'étude du lymphone de Burkitt menée dans le
pour évaluer les données disponibles sur la cancéro-
district de West Nile (Ouganda), des sérums d'échantil-
génicité de nouveaux groupes de substances. A la
suite de ces réunions, deux nouveaux volumes de
lons de sang provenant d'environ 40 000 enfants
âgés de 1 à 7 ans sont conservés au Centre à l'état
monographies 2 ont été publiés; ils résument les études
surgelé aux fins de comparaison immunologique avec
les sérums prélevés ultérieurement chez ceux de ces
enfants présentant un lymphome de Burkitt. A ce jour,
7.24
1 Voir aussi les paragraphes 10.28 et 10.33.
2 Centre international de Recherche sur le Cancer (1975)
IARC monographs on the evaluation of carcinogenic risk of
chemicals to man. Volume 8, Volume 9, Lyon.
onze cas de lymphome de Burkitt ont été identifiés
dans la population étudiée et huit des sérums prélevés
avant l'apparition de la maladie ont été examinés.
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
Tous accusaient des titres anticorps contre les antigènes
capsidiens du virus Epstein -Barr significativement plus
élevés que chez les témoins appariés. On peut en
inférer que les enfants chez lesquels apparaît le
lymphome de Burkitt ont antérieurement contracté une
infection par le virus Epstein -Barr en quelque manière
différente de l'infection contractée par d'autres enfants
chez lesquels n'apparaît pas de lymphome.
7.30 D'autre part, l'étude comparée de la distribution
du paludisme hyperendémique et holoendémique et de
celle du lymphome de Burkitt dans le même district de
l'Ouganda et dans le district de North Mara (République -Unie de Tanzanie) suggère fortement une
association entre les deux maladies. Il se peut que
l'infection par des parasites du paludisme dans les
régions de grande endémicité modifie le mécanisme
immunitaire de l'organisme et permette ainsi au virus
Epstein -Barr d'exercer son action oncogène.
L'étude du cancer du rhinopharynx conduite
parmi les populations chinoises de Hong Kong et de
Singapour s'est poursuivie. Des études de laboratoire
utilisant les techniques d'hybridation de l'ADN ont
démontré la présence régulière du génome du virus
Epstein -Barr dans les cellules épithéliales de biopsies
7.31
de tumeurs du rhinopharynx provenant de régions à risque élevé, moyen et faible. Le centre OMS de recherche
et de formation en immunologie, à Singapour, a continué d'étudier les profils HL -A de malades de ce pays
atteints de cancer du rhinopharynx. Il a constaté qu'un
antigène nouvellement décrit - l'antigène Singa-
pour 2 - était bien plus répandu chez ces malades
que dans le reste de la population chinoise; toutefois, à Lyon, le CIRC n'a pas observé la présence
de cet antigène dans des sérums provenant de cas
analogues en Tunisie. Comme pour le lymphome de
Burkitt, on ne pense pas que le virus Epstein -Barr,
pourtant étroitement associé au cancer du rhinopharynx, soit la cause unique de la maladie, et l'on
recherche activement d'autres facteurs pouvant jouer
un rôle contribuant. On a observé par exemple que les
jeunes malades atteints de cancer du rhinopharynx à
Hong Kong avaient un régime alimentaire légèrement
carencé en vitamine C et qu'ils consommaient depuis
leur première enfance des quantités considérables de
poisson sec salé. On cherche à établir la présence de
nitrosamines dans cette nourriture.
Le Centre a entrepris l'élaboration d'un programme de référence pour les virus herpétiques
oncogènes qui devrait permettre de réaliser l'accord
sur la standardisation des réactifs utilisés dans ce
domaine particulier, lesquels seraient autant que
possible mis à la disposition d'autres laboratoires.
7.32
Appareil respiratoire. La mortalité par cancer
du poumon est élevée chez les femmes chinoises de
Hong Kong, de Singapour et des Etats -Unis d'Amérique. A Singapour, l'incidence avec les corrections
d'âge est de 25,6 pour 100 000 femmes cantonaises,
7.33
113
soit le double du taux constaté chez les femmes non
cantonaises. L'analyse des résultats d'une étude sur le
rôle du tabac dans ces décès par cancer du poumon a
montré que, si 74% des cas parmi les femmes non
cantonaises pouvaient être attribués à la cigarette,
cette explication ne valait que pour 17 % des cas parmi
les femmes cantonaises. La forte incidence du cancer
du poumon parmi les femmes cantonaises qui ne
fument pas reste à expliquer. L'exposition professionnelle, les combustibles et les méthodes employés pour
la cuisson des aliments, l'usage d'encens et de spirales
anti- moustiques ont été exclus en tant que facteurs
étiologiques.
7.34
Cancer de !'oesophage en Iran. La recherche des
facteurs étiologiques responsables de la très forte
incidence du cancer oesophagien en Iran sur le littoral
sud de la mer Caspienne s'est poursuivie par une
étude de cas et de témoins destinée à vérifier la réalité
de l'association apparente entre ce cancer et la consommation de pain, de lait de brebis et de yogourt à base
de ce lait, le faible apport alimentaire de vitamines A
et C et de riboflavine, la mastication du « nass »
(mélange de tabac et de chaux) par les hommes et le
maniement de teintures de laines par les femmes.
Seront également étudiés l'utilisation de plantes sauvages à des fins médicales, les régimes alimentaires
spéciaux durant la grossesse et la contamination des
céréales par les mauvaises herbes. Pour chaque ménage
comptant un cas de cancer oesophagien, on choisira
deux ménages témoins. Des malades atteints de cancers autres que celui de l'oesophage seront inclus dans
l'étude. La recherche dans les aliments et dans l'eau
de nitrosamines volatiles, d'hydrocarbures aromatiques polycycliques, d'aflatoxines, de nitrates et de
nitrites n'a, jusqu'à présent, montré aucune différence
significative entre les régions à forte incidence et à
faible incidence.
Cancer de !'oesophage en France. Dans une étude
faite en Bretagne (département de l'Ille -et- Vilaine), on
7.35
a comparé la consommation d'alcool et de tabac d'un
groupe témoin pris dans la population locale et de
sujets atteints d'un cancer oesophagien. La consommation quotidienne moyenne d'alcool dans le groupe
témoin équivalait à 44 g d'éthanol par jour pour les
hommes et à 12 g pour les femmes. Parmi les malades,
la consommation était beaucoup plus élevée, et l'on a
calculé le risque relatif de cancer oesophagien pour les
hommes d'après leur consommation d'alcool et de
tabac. On a constaté qu'un homme consommant une
moyenne quotidienne équivalant à 81 -100 g d'éthanol
par jour court un risque douze fois plus élevé qu'un
homme dont la consommation s'étage entre 0 et 40 g.
Si, de plus, il fume au moins vingt cigarettes par jour,
le risque est multiplié par près de vingt -neuf.
L'analyse d'échantillons d'eau -de -vie de pomme
fabriquée à domicile en Bretagne a mis en évidence la
présence de diméthylnitrosamine à des concentrations
de 1 à 2 lig /kg et, dans quelques échantillons, de 5 à
7.36
114
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
10 i,g /kg. Des concentrations de 5 à 10 v.g /kg d'hydro-
carbures aromatiques polycycliques ont été trouvées
dans les échantillons français, alors que ces hydrocarbures n'ont pu être décelés dans des échantillons
d'eau -de -vie de pomme obtenus auprès d'un fabricant
des Etats -Unis d'Amérique. Dans quelques échantillons français, on a également trouvé une mycotoxine,
la patuline, à raison de 0,15 -0,70 i,g /kg, ainsi que du
furfurol, mais ce dernier en quantité bien moindre que
dans l'eau -de -vie de pomme provenant des Etats -Unis
ou dans le whisky écossais.
7.37
Relations entre la consommation d'alcool et
d'autres cancers. Dans une étude collective sur les
relations entre l'alcoolisme, la consommation de
boissons alcoolisées et le cancer soutenue par l'Institut
national de l'Alcool et de l'Alcoolisme des Etats -Unis
d'Amérique, certains rapports ont montré, avec des
degrés de certitude variables, une association entre la
consommation de boissons alcoolisées et les cancers de
la cavité buccale et du pharynx, du larynx, de l'oesophage, du côlon, du rectum, du foie et du pancréas.
malade. Dans le cadre de l'étude, on a examiné la
variation du risque en fonction de l'intervalle entre
l'apparition des premières règles et le premier accou-
chement; lorsqu'on a standardisé les données en
fonction de l'âge au premier accouchement, on a
constaté que cet intervalle ne constituait pas un indicateur plus sensible que l'âge au premier accouchement.
7.40
Etudes immunologiques. Une étude pilote menée
en collaboration avec l'Institut Chester Beatty de
Recherche à Londres a démontré la viabilité des
cellules du lymphome de Burkitt qui sont conservées à
l'état congelé dans la banque de cellules et de sérums
du Centre de Recherche du CIRC à Nairobi. Les
cellules ont pu être convenablement marquées à
l'uridine radioactive et sont donc utilisables comme
cellules cibles dans les épreuves de cytotoxicité. Les
épreuves des rosettes spontanées et l'épreuve d'inhibition des rosettes ont donné des résultats comparables
pour du matériel frais ou congelé et ont été appliquées
dans une étude immunologique de patients atteints
du lymphome de Burkitt à différents stades de la
Dans une enquête détaillée sur les travailleurs des
maladie.
brasseries danoises, on établit actuellement, en collaboration avec l'Hôpital Sainte -Elisabeth de Copenhague,
une cohorte qui comportera en principe 16 500
7.41
hommes employés dans cette industrie entre 1939 et
1962. A ce jour, 14 700 relevés ont été dressés, codés et
mis sur cartes perforées pour confrontation ultérieure,
d'abord avec les certificats de décès, ensuite avec les
la Société danoise du Cancer. Un groupe
dossiers
témoin a été constitué, comprenant 1606 hommes
membres de sociétés de tempérance danoises.
7.38
Programme de formation. Du fait de la hausse du
coût des voyages et de la majoration des subventions
versées, il n'a été attribué, en 1975, que dix bourses de
formation à la recherche et deux bourses de voyage.
Un cours de deux semaines en français sur les pro-
blèmes actuels de l'épidémiologie du cancer a été
organisé à l'Ecole de Santé publique de Bruxelles; il
suivait immédiatement un cours de la Région
européenne en épidémiologie générale, ce qui a permis
à certains participants d'assister aux deux cours.
Cancer du gros intestin. Une étude pilote a été
effectuée dans une région rurale de Finlande et à
Copenhague. On avait en effet signalé que l'incidence
du cancer du côlon était quatre fois plus élevée à
Copenhague que dans la région finlandaise en question
et l'on a décidé de tester deux hypothèses avancées
pour expliquer ce fait: 1) lorsque l'apport cellulosique
est faible, le transit intestinal est ralenti, le contact de la
muqueuse avec les cancérogènes prolongé et le risque
de cancer du côlon augmenté; 2) en cas de régime riche
en lipides, la production de bile, donc d'acides biliaires
fécaux, augmente et entraîne un accroissement du
nombre de bactéries nécessaires à leur dégradation peut-être en cancérogènes. Des données sur les régimes
présents et passés, sur les habitudes de défécation,
sur la durée du transit bouche -anus et sur les caracté-
ristiques des fèces, notamment leur poids, ont été
rassemblées. Des analyses des stéroïdes et des bactéries
fécaux sont actuellement menées par le Service de
Laboratoire de la Santé publique à Londres et par
l'Université d'Uppsala en Suède.
Cancer du sein. Les résultats préliminaires
qu'a permis d'obtenir au cours de l'année l'étude sur
l'incidence du cancer du sein en Islande entreprise en
1973 en collaboration avec le Registre du Cancer du
pays ont montré que le risque était de deux à cinq fois
plus grand pour une parente au premier degré d'une
7.39
Maladies cardio- vasculaires
En 1975, l'Organisation s'est efforcée de développer son programme déjà vaste de lutte contre les
7.42
maladies cardio -vasculaires en étendant et intensifiant
les activités relatives aux problèmes qui sont propres
aux pays en voie de développement.
7.43
Dans la Région du Pacifique occidental, un
séminaire sur les moyens de prévenir et de combattre
les maladies cardio- vasculaires a eu lieu à Manille en
mars et en avril. Il avait pour objectifs de passer en
revue les informations disponibles sur la prévalence et
l'incidence de ces maladies dans la Région, d'indiquer
des méthodes appropriées de prévention et de lutte au
niveau de la collectivité, d'évaluer les ressources existantes et potentielles utilisables pour agir plus efficacement contre les principales affections cardio- vascu-
laires, et d'examiner des projets pratiques d'action.
Y participaient des experts des pays suivants :
Cambodge,
Fidji, Japon, Laos, Malaisie, NouPhilippines, République de Corée,
velle- Zélande,
République du Sud Viet -Nam, Samoa -Occidental et
Singapour. Il a été noté que le rhumatisme articulaire
aigu, le rhumatisme cardiaque, l'hypertension et les
accidents vasculaires cérébraux sont fréquents dans
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
quelques -uns des pays en voie de développement de la
Région - en particulier parmi les membres de certains
7.46
115
Le comité d'orientation du programme à long
groupes ethniques - et que les cardiopathies isché-
terme en matière de maladies cardio -vasculaires dans la
Région européenne a tenu à Copenhague en février une
miques y sont, elles aussi, très répandues. Les exemples
présentés par quelques pays ont montré qu'il était pos-
réunion au cours de laquelle les éminents experts qui
étaient présents ont évalué les progrès du programme
sible de s'attaquer aux problèmes posés par les maladies cardio -vasculaires à l'échelon d'une population
entière au lieu de se borner à soigner des individus.
Dans leurs conclusions, les experts ont insisté sur les
actions futures qui pourraient aider les gouvernements
à aborder ces problèmes d'une manière globale. Ils ont
conseillé de donner la priorité au renforcement des
activités indispensables pour assurer la prévention au
niveau de la collectivité.
dans le contexte des activités de l'OMS à l'échelle
mondiale et examiné les priorités à la lumière de la
En juin, une réunion sur les activités relatives
aux maladies cardio -vasculaires, en particulier dans
les pays en voie de développement, a été organisée à
Genève par l'OMS en collaboration avec la Société
internationale de Cardiologie. Les participants ont
recommandé que, dans ces pays, l'accent soit mis sur
les mesures de prévention et de lutte. La formation et
la recherche - axées notamment sur l'action au niveau
de la collectivité - jouent un rôle capital à cet égard,
régional de l'Europe a, lui aussi, évalué le programme
à long terme en matière de maladies cardio -vasculaires
lors d'une réunion tenue à Copenhague en avril. Les
progrès accomplis ont été passés en revue et il a été
proposé que le programme soit axé particulièrement sur
l'action au niveau de la collectivité et sur l'évaluation
7.44
et il a été suggéré que l'on crée, en utilisant le personnel
et les installations des départements universitaires
existants de médecine préventive, des centres régionaux
de recherche et de formation en matière de lutte contre
les maladies cardio -vasculaires. La principale fonction
de ces centres serait d'instruire et de former des agents
sanitaires de tous les niveaux en les faisant participer
directement à des projets sur le terrain. La définition
des problèmes, l'élaboration de projets, la conduite
d'enquêtes et d'études pilotes, l'évaluation des traitements, et divers travaux de recherche fondamentale et
situation financière. L'avis unanime a été que la priorité devait être donnée à la prévention des maladies
cardio -vasculaires au niveau de la collectivité. Etant
donné ses possibilités d'application ultérieure dans
l'ensemble du monde, on a estimé que le programme
constituait une excellente base pour la normalisation
des méthodes et critères de diagnostic. Un groupe
consultatif constitué de représentants du Comité
scientifique. Les Etats Membres ont été invités à
assurer, par une contribution active, le succès des
efforts tentés au niveau de la collectivité.
Cardiopathies ischémiques
7.47
Des chercheurs de Belgique, d'Espagne, d'Italie,
de Pologne et du Royaume -Uni, qui collaborent à
l'essai de prévention multifactorielle des cardiopathies
ischémiques entrepris sous les auspices de l'OMS, se
sont réunis à Londres en février pour faire le point.
L'essai porte maintenant sur 45 000 personnes environ
et l'évolution des facteurs de risque est suivie en permanence.
appliquée ont été considérés comme des éléments essen-
7.48
tiels de la formation. Des critères de sélection des
collectif de prévention primaire des cardiopathies
ischémiques au moyen du clofibrate 1 a eu lieu à
centres à l'échelon régional ont été établis et il a été en
outre proposé qu'un comité d'orientation, composé
d'experts des pays en voie de développement et de
l'OMS, soit chargé de choisir les lieux où devraient
être établis ces centres et de déterminer les objectifs
assignés à leurs activités, qui seront régulièrement
Une réunion de chercheurs participant à l'essai
Londres en juin. La phase finale de l'essai a commencé
à la fin du même mois et le dernier des examens de
contrôle aura lieu en décembre 1976, époque à laquelle
on aura réuni des renseignements sur un nombre de
faits suffisant pour pouvoir tirer une conclusion précise.
évaluées.
7.45
Dans la Région des Amériques, l'Organisation
a aidé le Brésil, le Chili, Cuba, El Salvador, le Paraguay,
le Pérou et l'Uruguay à élaborer des programmes de
lutte contre les maladies cardio -vasculaires. Pour
guider dans ce domaine les pays de la Région de l'Asie
du Sud -Est, un séminaire régional a été organisé à
New Delhi en décembre. Parmi les autres activités
intéressant cette Région, on peut citer la promotion en
Mongolie de services pour les urgences cardiopulmonaires et la réadaptation des cardiaques, ainsi
que l'assistance fournie au Népal en vue du renforcement des services cardiologiques d'urgence.
7.49 A la suite d'une réunion coordonnée par l'OMS
qui s'est tenue à Moscou en février, le plan d'une vaste
étude collective sur la prévention des cardiopathies
ischémiques a été établi compte tenu de l'expérience
acquise au cours de l'étude d'intervention de Kaunas Rotterdam (voir le paragraphe 1.46). L'étude portera
sur la prévention primaire et tendra à vérifier l'hypothèse selon laquelle l'incidence de l'infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux chez les
hommes d'âge moyen (40 à 59 ans) pourrait être
réduite par une modification des facteurs de risque
1
Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 7.49.
116
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
supposés (tels que la pression sanguine, le niveau de
cholestérol, l'usage du tabac, l'activité physique et
l'excès de poids). Il incombera aux services de santé
locaux de déterminer pour chaque zone les populations
à inclure dans l'étude. Actuellement, on en est à la
phase préparatoire et on se préoccupe principalement
des problèmes méthodologiques que pose la normalisation des données qui seront réunies.
Programmes complets d'action contre les maladies
cardio- vasculaires
7.50 A la fin de novembre, des chercheurs se sont
réunis à Genève en vue d'examiner les approches et
méthodes les plus adéquates pour mettre au point,
en vue de leur exécution dans le cadre des systèmes de
protection sanitaire existants, des programmes complets de lutte au niveau de la collectivité contre toutes
les maladies cardio -vasculaires importantes. Les participants - cardiologues et administrateurs de la santé
publique - étaient venus des pays suivants : République fédérale d'Allemagne, Autriche, Bulgarie, Chine,
Cuba, Finlande, France, Ghana, Hongrie, Jamaïque,
Mongolie, Nigéria, Norvège, Pays -Bas, République
Démocratique Allemande, Roumanie, Royaume -Uni,
Suède, Tchécoslovaquie, URSS et Yougoslavie. Sur
la base de leurs conclusions, on est en train d'élaborer
un protocole qui pourra être utilisé pour les futures études.
Réadaptation des cardiaques
Un groupe de travail sur les effets de la réadaptation et de la prévention secondaire chez les malades
7.51
atteints d'infarctus aigu du myocarde s'est réuni à
Opatija (Yougoslavie) en septembre; il comprenait des
chercheurs appartenant à vingt -quatre institutions
collaboratrices. La liste de cas nouveaux a été arrêtée
en novembre, et l'étude porte désormais sur 2200 per-
sonnes qui ont été frappées d'un infarctus aigu du
myocarde. Il a été convenu que tous les sujets seraient
suivis pendant trois ans. Sur la base de l'expérience déjà
acquise, un certain nombre de méthodes applicables
aux programmes de lutte contre les maladies cardio-
vasculaires dans divers pays ont été proposées. Ces
méthodes seront encore raffinées par l'OMS en collaboration avec la Société internationale de Cardiologie,
la Société internationale pour la Réadaptation et la
Société européenne de Cardiologie.
Rhumatisme articulaire aigu et rhumatisme cardiaque 1
Bien qu'il soit possible de prévenir le rhumatisme articulaire aigu, l'application en santé publique
7.52
des mesures préventives laisse à désirer dans beaucoup
de pays; de ce fait, la maladie continue à poser un problème dans un grand nombre de pays en voie de développement et aussi dans certaines zones industrialisées.
1 Voir aussi les paragraphes 7.67 -7.69.
En 1970, l'Organisation a mis au point, en partant de
programmes pilotes exécutés dans des collectivités
déterminées, un protocole de lutte contre le rhumatisme articulaire aigu et le rhumatisme cardiaque au
niveau de la collectivité qui pourrait servir de modèle
pour une utilisation plus large - peut -être à l'échelle
nationale - de l'expérience acquise. En novembre
1975, une réunion a rassemblé à Prague les chercheurs
principaux des centres qui collaborent avec l'OMS à
des programmes pilotes dans des collectivités déter-
minées, ainsi que d'autres experts s'intéressant au
lancement de programmes analogues. Les pays
représentés étaient les suivants: Bulgarie, Chypre, Inde,
Iran, Japon, Mongolie, Nigéria, Ouganda, Roumanie,
Singapour, Tchécoslovaquie et URSS. Les participants ont examiné les progrès accomplis par les divers
centres collaborateurs, révisé le protocole d'opérations
et préparé un projet spécifique pour application dans
les pays en voie de développement. En 1975, un projet
pilote inter -pays de ce type a été entrepris dans la
Région des Amériques avec la participation de l'Argentine, de la Bolivie, du Chili, du Guatemala, du Pérou et
du Venezuela.
7.53
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est,
les
enquêtes sur le rhumatisme articulaire aigu ont figuré
au nombre des principales activités bénéficiant de
l'aide fournie en matière de prévention et de traitement
des maladies cardio -vasculaires. Comme exemple de
l'assistance accordée dans ce domaine, on peut citer
la promotion d'un programme de santé scolaire pour
la prévention du rhumatisme articulaire aigu en Birmanie. Dans la Région du Pacifique occidental, l'Or-
ganisation a aidé Fidji, Singapour et les Tonga à
établir des registres du rhumatisme articulaire aigu
et du rhumatisme cardiaque.
Hypertension
Quinze centres participent actuellement à
l'exécution du programme collectif concernant l'hypertension qui a commencé en 1972. Les chercheurs principaux de ces centres se sont réunis à Genève en novembre et les derniers résultats de l'étude ont été évalués. A
la mi- septembre, plus de 21 000 personnes souffrant
d'hypertension avaient été enregistrées. La moitié d'en7.54
tre elles avaient été inscrites sur l'initiative de leur
propre médecin et 40 % avaient été identifiées lors
d'opérations de dépistage dans la population. Un tiers
environ de tous les malades enregistrés ignoraient
avant leur inclusion dans le projet que leur pression
sanguine était élevée et la moitié seulement d'entre eux
étaient déjà auparavant en traitement. Les sujets
enregistrés sont examinés à intervalles réguliers. Au
cours de la première année de surveillance, une légère
diminution de la pression sanguine a été observée chez
les personnes traitées. Le projet doit durer cinq ans;
son principal objectif est de montrer si un programme
de lutte contre l'hypertension au niveau de la collectivité, appliqué à des groupes de population entiers,
est à la fois réalisable et efficace.
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
7.55
En mars, l'OMS et la Société internationale de
l'Hypertension ont organisé à Madrid une réunion
commune sur l'efficacité du traitement des formes
bénignes d'hypertension. Cette réunion a rassemblé les
chercheurs principaux de neuf groupes qui ont entre-
pris au cours des dernières années des essais thérateutiques en Australie, en Europe et aux Etats -Unis
d'Amérique en vue d'arriver à une définition plus
rationnelle du traitement à appliquer aux patients qui
sont, selon les critères généralement admis, légèrement
hypertendus. Des chercheurs s'occupant de l'épidémiologie de l'hypertension et de la lutte contre celle -ci au
niveau de la collectivité étaient aussi présents. Il
s'agissait de passer en revue l'état d'avancement des
essais et d'examiner les moyens d'assurer autant que
possible leur complémentarité ainsi que la comparabilité de leurs résultats. On a créé à cette fin un comité
de liaison représentatif, placé sous le patronage de
l'OMS et de la Société internationale de l'Hyperten-
117
vasculaires a contribué à la mise au point d'une terminologie commune en cardiologie, et un certain nombre
de normes internationalement acceptées sont maintenant en usage. La Société internationale de Cardiologie
ayant bien voulu participer à ces efforts, les travaux
effectués devraient avoir une influence très étendue.
D'ores et déjà, il paraît possible d'élaborer des normes
pour l'interprétation et la nomenclature des arythmies
en clinique et d'uniformiser la terminologie clinique
relative aux cardiopathies coronariennes. On a donc
établi deux groupes de travail dont chacun s'occupera
de l'une de ces questions. Pour que les normes recommandées soient acceptables dans le monde entier, ces
groupes sont composés d'experts appartenant à diverses
régions du monde, se rattachant à des écoles de pensée
différentes et représentant des sociétés ou des associa-
tions qui occupent une place importante dans la
communauté scientifique.
sion, et chargé de réunir et diffuser les renseignements
d'intérêt commun. On compte que les résultats des
Oligo- éléments
essais auront une influence décisive sur les programmes
de santé publique visant à combattre l'hypertension.
7.59
Dans la Région des Amériques, on a établi le
protocole d'un programme de lutte contre l'hypertension au niveau de la collectivité. La première phase,
l'AIEA) sur le rôle des oligo- éléments dans l'étiologie,
7.56
dont l'exécution a commencé, est une étude pilote
inter -pays. Les participants sont l'Argentine, le Brésil,
le Chili, la Colombie, Cuba, le Mexique, le Pérou et le
Venezuela.
Accidents vasculaires cérébraux
La réunion annuelle des chercheurs collaborant
au projet OMS d'enregistrement des accidents vasculaires cérébraux (décrit dans le Rapport annuel pour
1973 1) a eu lieu en novembre. A cette époque, plus de
7900 cas avaient été enregistrés dans des centres des
7.57
pays suivants: Danemark, Finlande, Inde, Irlande,
Israël, Japon, Mongolie, Nigéria, République Démocratique Allemande, Sri Lanka, Suède, URSS et
Yougoslavie. Une analyse préliminaire des résultats a
permis d'obtenir des renseignements sur l'incidence des
accidents vasculaires cérébraux dans diverses populations, sur leur histoire naturelle et sur l'utilisation des
services de soins par les patients. Les enregistrements
au titre du projet sont entrés dans leur phase finale en
1975; des données définitives ne seront disponibles
que lorsque les malades auront été suivis un certain
temps. Les informations tirées de cette étude seront
utiles pour la planification des services de soins spécialisés et des activités préventives futures.
Normalisation
7.58
L'action de normalisation menée antérieure-
ment par l'OMS dans le domaine des maladies cardio-
Quarante laboratoires de vingt -quatre pays ou
zones collaborent avec l'OMS à plusieurs projets de
recherche (dont deux exécutés en coopération avec
la pathogenèse et la distribution géographique des
maladies cardio -vasculaires. Au titre de deux projets
OMS /AIEA (étude des oligo- éléments en rapport avec
l'infarctus du myocarde et recherches sur le rôle du
cadmium dans l'étiologie de l'hypertension), plus de
5000 analyses pour mise en évidence d'oligo- éléments
ont été effectuées sur 1200 échantillons de tissus provenant de quelque trois cents autopsies; les informations ainsi obtenues font actuellement l'objet d'une
évaluation statistique. En vue de rechercher les oligoéléments présents, on continue à recueillir des échantillons de cheveux et d'ongles des pieds et mains au
cours d'études nécropsiques ou d'enquêtes sur des
populations vivant dans des zones industrialisées et
non industrialisées.
Ainsi que de nombreuses études l'ont montré,
la mortalité par maladies cardio -vasculaires est plus
élevée dans les zones approvisionnées en eau non dure
que dans celles où l'eau distribuée est dure. La nature
et la signification biomédicale de cette association de
faits échappent encore à l'analyse et l'on poursuit des
7.60
études coordonnées à l'échelle internationale pour
essayer d'identifier les facteurs hydriques qui peuvent
avoir une influence sur la santé cardio -vasculaire. Sous
la direction technique d'un centre collaborateur OMS
de référence pour les études sur les maladies cardiovasculaires et leur rapport avec la qualité de l'eau de
boisson, qui se trouve à Ottawa, neuf institutions
d'autant de pays (Canada, Finlande, Hongrie, Iran,
Italie, Nouvelle -Zélande, Papouasie -Nouvelle- Guinée,
Royaume -Uni et Yougoslavie) ont rassemblé et analysé
des échantillons d'eau de boisson dans des zones où le
tableau épidémiologique des maladies cardio- vascu1 Actes officiels OMS, NG 213, 1974, paragraphe 4.12.
laires est bien connu. En outre, des données sur la
118
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
composition de l'eau ont été obtenues de quinze centres faisant partie du réseau OMS de registres européens de l'infarctus du myocarde.
vement spécifique et affecte les petits vaisseaux sanguins, provoquant la rétinopathie et la néphropathie
et parfois la neuropathie diabétique. L'autre, qui
Activité physique habituelle
constitue la principale cause de mortalité par diabète,
n'est pas spécifique et entraîne une athérosclérose des
7.61
II est généralement admis qu'un certain degré
d'activité physique est nécessaire au maintien d'une
fait entreprendre une étude collective plurinationale des
maladies vasculaires chez les diabétiques, et le Comité
bonne santé. Toutefois, on manque de renseignements
précis concernant la quantité et le genre d'exercices les
consultatif OMS de la Recherche médicale a fait le
point de la situation en juin 1975. Pendant l'année,
plus salutaires, compte tenu de facteurs tels que le
temps exigé et la profession. Un nouveau modèle de
les activités ont été essentiellement axées sur l'installa-
compteur miniaturisé de battements cardiaques mis au
point par l'Organisation 1 fait maintenant l'objet d'une
production industrielle en Norvège; il y est utilisé dans
le cadre d'une étude de population pour mesurer
l'activité physique habituelle. Ce compteur permet de
distinguer entre huit niveaux d'activité physique.
grosses et moyennes artères. En 1974, l'OMS avait
tion de deux laboratoires centraux - à Atlanta
(Georgie, Etats -Unis d'Amérique) et à Moscou -
chargés d'organiser des analyses normalisées d'échan-
tillons de sérum pour l'ensemble de l'étude et de
procéder au choix d'échantillons aléatoires de population pour les examens cliniques et sérologiques qui
seront confiés aux institutions participantes réparties
dans quinze pays de cinq Régions de l'OMS.
Equipe de recherche sur les maladies cardio -vasculaires
7.62 L'équipe OMS de recherche sur les maladies
cardio -vasculaires, qui a sa base d'opérations au
département de médecine et de thérapeutique de
l'Ecole de Médecine de l'Université du Ghana, à
Accra, a poursuivi son étude sur les caractéristiques
de la pression sanguine des écoliers par rapport à celle
de leurs parents. Elle a commencé à travailler à l'établissement d'un registre des affections cardiaques
ainsi qu'à étudier le seuil du sodium et les oligo-
éléments dans l'hypertension. Enfin, elle a entrepris
des recherches sur le terrain concernant la prévalence
et l'incidence de diverses maladies cardio -vasculaires
dans la population urbaine d'Accra.
Autres maladies non transmissibles chroniques
7.63
L'Organisation s'est employée au cours de ces
dernières années à rendre plus efficaces les efforts faits
En mai s'est tenue à Port of Spain une réunion
chargée d'organiser une étude collective sur le diabète
sucré à laquelle participeront la Barbade, la Jamaïque,
la République Dominicaine et la Trinité -et- Tobago, et
dont les premiers objectifs seront l'établissement d'un
système commun d'enregistrement et l'utilisation de
critères de diagnostic unifiés. L'Organisation a également continué de fournir des services consultatifs pour
7.65
la lutte contre le diabète dans la zone des Caraïbes.
En collaboration avec la Faculté de Médecine
de l'Université de Zagreb (Yougoslavie) et l'Associa7.66
tion européenne pour l'Etude du Diabète, l'OMS a
organisé un cours postuniversitaire international sur
le diabète qui a été donné à l'Université de Zagreb en
avril. Ce cours, destiné à jeter un pont entre les recherches actuelles et l'approche clinique des soins quoti-
diens aux diabétiques, s'adressait à des praticiens
européens.
dans la plupart des régions du monde pour prévenir,
combattre ou étudier un certain nombre d'autres
maladies non transmissibles chroniques, en aidant,
selon le cas, à coordonner ou à promouvoir ces efforts
avec le concours des organismes nationaux et internationaux intéressés. L'attention s'est portée en particulier sur le diabète, les maladies du tissu conjonctif,
les maladies chroniques non spécifiques des voies
respiratoires, et les maladies chroniques du foie et du
rein, notamment la néphropathie endémique, et l'on
s'est attaché à développer les études cliniques et histopathologiques dans différents groupes de population
ainsi qu'à harmoniser la terminologie, la classification
et les critères de diagnostic.
Polyarthrite rhumatoïde et maladies apparentées 2
La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la
Santé a adopté en mai une résolution (WHA28.59)
7.67
dans laquelle elle recommande, en raison des longues
incapacités entraînées par les maladies rhumatismales
et de leurs répercussions psycho -sociales et économiques, que l'OMS poursuive sa collaboration avec les
programmes nationaux et internationaux de lutte contre les affections rhumatismales, plus particulièrement
avec ceux de la Ligue internationale contre le Rhumatisme, en vue d'intensifier les recherches sur l'épidémiologie, l'étiopathogénie, la prévention et le traitement des affections rhumatismales, ainsi que la réa-
Diabète sucré
daptation des malades. En conséquence, plusieurs
7.64 Le diabète sucré peut être à l'origine de deux
réunions ont été organisées avec des représentants de
la Ligue internationale contre le Rhumatisme et d'autres organisations gouvernementales et non gouver-
formes de maladies artérielles. L'une, qui est une cause
importante d'invalidité chez les diabétiques, est relati-
2 Le rhumatisme articulaire aigu et les cardiopathies rhuma1 Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 7.51.
tismales font l'objet des paragraphes 7.52 -7.53.
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
nementales (notamment l'OIT et la Ligue des Sociétés
de la Croix -Rouge) afin de voir comment la coopéra-
tion dans ce domaine pourrait être développée. Les
discussions ont porté sur trois thèmes: moyens de
mieux comprendre la nature et de mieux connaître
l'étendue des maladies rhumatismales, amélioration
de tous les types d'intervention et de soins destinés
aux rhumatisants, et stimulation de la recherche. On
s'efforce d'obtenir des crédits extrabudgétaires pour
organiser un cours avancé sur la polyarthrite rhumatoïde et les maladies apparentées, dont le programme
a été arrêté. Le travail préparatoire effectué par la
Ligue internationale contre le Rhumatisme et d'autres
organismes en prévision de l'Année internationale du
Rhumatisme a été également examiné.
7.68
Dans la Région européenne, l'Organisation a
maladies pulmonaires chroniques. Ce groupe a également envisagé la possibilité de réduire au minimum
chez les enfants l'influence de facteurs tels que la pollution atmosphérique et la fumée de tabac.
Maladies chroniques des reins
Désigné en 1974, le centre collaborateur OMS
pour la classification histologique des maladies du
rein, à New York, a poursuivi la mise en place d'un
7.71
réseau d'institutions collaboratrices situées dans diffé-
rents pays; une méthodologie normalisée pour le
pathodiagnostic des lésions rénales a été examinée au
cours d'une réunion de chercheurs tenue à Genève en
juin. Les participants ont étudié plus particulièrement
la définition et l'interprétation des lésions gloméru-
participé au VIIle Congrès européen de Rhumatologie
qui s'est tenu à Helsinki en juin. A la suite des échanges
laires.
de vues qu'a permis ce congrès, une réunion a été
organisée en août pour formuler des propositions
7.72
concernant un programme de lutte contre les maladies
rhumatismales chroniques, qui serait entrepris conjointement par l'OMS et la Ligue européenne contre
le Rhumatisme.
7.69 A Paris, le centre collaborateur OMS pour les
maladies du tissu conjonctif a élaboré un modèle
destiné à faciliter le diagnostic de la sclérodermie, du
lupus érythémateux disséminé, de la périarthrite noueuse, de la polymyosite et d'autres affections. Les critères
relatifs à l'emploi de cette méthode informatique pour
le diagnostic du lupus erythémateux disséminé ont
particulièrement retenu l'attention pendant l'année.
Maladies chroniques non spécifiques des voies respiratoires
Faisant suite à une réunion de chercheurs
spécialisés dans l'épidémiologie des maladies chroniques non spécifiques des voies respiratoires, tenue en
7.70
1974,1
on a entrepris en 1975 des recherches inter-
nationales collectives sur les aspects pathomorphologiques de ce groupe de maladies, et l'on s'est préoccupé
en premier lieu de la normalisation des méthodes à
employer. Dans la Région européenne, un groupe de
travail s'est réuni en avril à Sirmione (Italie) sous
les auspices de l'OMS et de la Société européenne de
Physiologie respiratoire clinique afin d'examiner la
nomenclature et les définitions utilisées en physiologie
respiratoire; ces travaux étaient le prolongement de
ceux d'un groupe analogue qui s'était réuni en 1974.
Un autre groupe de travail, convoqué en mars à Amsterdam (Pays -Bas) pour étudier le traitement des
maladies respiratoires chez l'enfant, a passé en revue
les méthodes et les techniques appliquées au diagnostic,
au traitement et au suivi des cas d'affections respiratoires chez l'enfant, et a recommandé que l'on ait plus
largement recours à ces méthodes pour prévenir les
1
Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 7.79.
119
En ce qui concerne la néphropathie endémique,
des recherches coordonnées par l'OMS sur l'étiologie
et la pathogenèse de cette affection se sont poursuivies,
notamment en ce qui concerne la mise au point d'une
méthodologie pour les études néphrologiques entreprises dans des collectivités de Bulgarie, de Roumanie,
et de Yougoslavie. Les facteurs environnementaux
associés à l'étiologie de cette maladie ont été également
étudiés.
Maladies chroniques du foie
7.73
En octobre, le Conseil indien de la Recherche
médicale et l'OMS ont organisé à New Delhi un
symposium sur les maladies chroniques du foie, y
compris le cancer du foie, enregistrées dans les pays de
l'Asie du Sud -Est. Ce symposium a réuni des chercheurs de la Birmanie, de l'Inde, de l'Indonésie, de la
Mongolie, de Sri Lanka et de la Thaïlande. On y a fait
observer que ces maladies - parmi lesquelles le cancer
et la cirrhose du foie, notamment la cirrhose chez les
enfants en Inde - posent dans la Région un problème
de santé publique plus grave qu'il ne paraît généralement. En effet, comme les maladies du foie qui figurent
dans les statistiques hospitalières sont celles qui ont
atteint un stade avancé ou leur phase finale, il faut considérer que leur fréquence véritable dans la collectivité
est de deux à trois fois supérieure au chiffre enregistré.
Il est donc urgent de faire entreprendre des études épidémiologiques régionales bien conçues et coordonnées
afin d'obtenir une meilleure information sur l'incidence
et la prévalence de ces affections.
7.74
Les chercheurs réunis ont fourni des données
révélant qu'une importante proportion des cas de
maladies chroniques du foie sont associés à l'hépatite
virale. En outre, on a démontré que des mycotoxines
étaient associées à une épidémie de jaunisse qui s'est
produite en Inde au Rajasthan et dans des régions voisines du Goudjerate et l'on s'efforce de trouver des
mesures qui permettraient d'éviter ou de réduire au
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
120
En ce qui concerne l'épidémiologie, les efforts
ont continué d'être centrés sur l'obtention de rensei-
minimum l'ingestion de mycotoxines présentes dans
des aliments. Les participants ont également examiné
les facteurs immunologiques que l'on pourrait utiliser
pour le dépistage des maladies chroniques du foie.
7.77
Hygiène dentaire
80 pays et sur les parodontopathies dans 50 pays. Les
activités dans ce domaine ont consisté essentiellement
à fournir une assistance pour la planification et
7.75
Des fonds ont été obtenus de sources extra-
budgétaires (fondations non gouvernementales et
entreprises commerciales) pour financer le programme
dont la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la
Santé, par sa résolution WHA28.64, a recommandé
en mai la mise en oeuvre. En application de ce program-
me, l'Organisation doit promouvoir activement la
prévention des caries dentaires par toutes les méthodes
disponibles, notamment par la fluoration des appro-
visionnements en eau (lorsqu'elle est réalisable et
appropriée), et aider les Etats Membres à planifier et
exécuter des programmes nationaux de prévention
des caries. Elle doit aussi élaborer un système d'information et coordonner les recherches sur divers aspects
de la prévention des maladies bucco- dentaires.
7.76 Un comité OMS d'experts de la planification
et de l'évaluation des services d'hygiène dentaire s'est
réuni à Genève en novembre. Il a formulé des recommandations pratiques visant à accroître l'efficacité des
services d'hygiène dentaire et à assurer la meilleure
utilisation possible des personnels existants. Il a
également examiné les résultats préliminaires de l'étude
collective internationale sur les rapports entre la
structure des personnels dentaires et l'état de santé
bucco- dentaire (étude menée avec la coopération de
l'OMS et de la Division de Dentisterie du Bureau des
Etats -Unis d'Amérique pour le Développement des
Ressources sanitaires). La collecte de données épidémiologiques et sociologiques dans les cinq premiers
pays participants - République fédérale d'Allemagne,
Australie, Japon, Norvège et Nouvelle -Zélande - a
été achevée et des analyses par pays ont été faites. Les
analyses comparatives entre pays se sont poursuivies.
Quelques -uns des résultats relatifs aux cinq pays
mentionnés ont été présentés au soixante- troisième
congrès mondial annuel de la Fédération dentaire
internationale, tenu à Chicago (Illinois, Etats -Unis
gnements permettant d'estimer la prévalence mondiale
des principales affections bucco- dentaires. L'OMS
possède actuellement en mémoire d'ordinateur des
informations sur les caries dentaires dans quelque
l'analyse d'enquêtes ainsi qu'à élaborer ou à réviser
des méthodes standard de collecte des données et des
manuels. L'Organisation a donné des avis techniques,
ou aidé à effectuer les analyses statistiques requises,
pour des enquêtes épidémiologiques menées en
Australie, aux Bahamas, aux Bermudes, en Côte
d'Ivoire, en Equateur, en Ethiopie, en Gambie, en
Hongrie, au Kenya, en Malaisie, au Mexique, en
Nouvelle -Zélande, en Pologne, en Sierra Leone et au
Soudan.
Aux fins du programme de recherche visant à
trouver des indices plus satisfaisants pour la mesure
des parodontopaties dans les populations, on a passé
7.78
en revue et évalué tous les indices existants, pris
contact avec le groupe d'étude compétent de la Fédération dentaire internationale et choisi une population
appropriée pour les investigations.
Au cours de l'année, l'Organisation a prêté son
concours pour la planification et le renforcement des
7.79
services d'hygiène dentaire aux pays ou zones ci- après:
Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Bahamas,
Bermudes, Birmanie, îles Cayman, Colombie, Cuba,
El Salvador, Equateur, Hongrie, Inde, Indonésie,
Jamaïque, Maurice, Mexique, Mongolie, Papouasie Nouvelle- Guinée, Philippines, République Arabe Libyenne, République Arabe Syrienne, Singapour,
Soudan et Trinité -et- Tobago. Des critères ont été
établis concernant la structure de base à donner aux
services d'hygiène dentaire afin d'assurer notamment
des soins préventifs et d'urgence pour toute la population, des soins particuliers pour certains groupes, la
disponibilité des personnels nécessaires, ainsi que
l'évaluation continue de l'impact des services et la
détermination des aspects prioritaires ou essentiels du
programme sur la base des résultats des enquêtes
menées.
d'Amérique) en octobre. L'étude d'un échantillon
d'écoliers âgés de 13 -14 ans a fait apparaître de nettes
différences dans le taux moyen des besoins insatisfaits
par personne entre les zones possédant un service
dentaire scolaire complet et celles où il n'existe pour
les écoliers que des services dentaires consultatifs ou
sélectifs. On pense que l'analyse finale portera principalement sur un certain nombre de facteurs caractérisant les diverses structures de personnel et permettra
de déterminer pour chacun d'eux un niveau d'efficacité
en fonction duquel pourront être prises les décisions
d'adaptation. Deux autres pays participeront probablement au projet dans un proche avenir, et des études
analogues sont en cours au Danemark et aux EtatsUnis d'Amérique.
Lors de la vingt- cinquième session du Comité
régional de l'Afrique, les discussions techniques ont
porté sur « la santé dentaire et le développement des
services de santé en Afrique ». Etant donné la forte
7.80
prévalence des parodontopathies et celle croissante des
caries dentaires dans la Région, ainsi que le manque
général de ressources, ces discussions étaient l'expression d'un effort concerté pour rationaliser la planification des services et donner une formation appropriée aux personnels requis à divers niveaux.
Dans la Région des Amériques, une grande
importance a été attachée à des programmes de
7.81
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
prestations dentaires destinés aux collectivités rurales
de Cuba et du Venezuela. A leur septième conférence,
les ministres de la santé de la zone des Caraïbes ont
approuvé des plans relatifs à la mise au point d'une
stratégie en matière de santé dentaire pour cette zone.
Le programme de fluoration a continué à progresser;
huit pays de la Région ont maintenant des programmes
nationaux dans ce domaine. Dans les zones où les
121
méthode d'évaluation des parodontopathies et la
collecte des données requises pour estimer les besoins
en matière de services de prévention, de restauration
et de traitement et pour évaluer ces services. Le manuel
et les formules destinées aux enquêtes ont été mis à
l'épreuve sur le terrain lors d'un cours de santé
publique dentaire qui s'est déroulé en Malaisie et à
sources d'approvisionnement public en eau sont d'un
accès difficile et où la fluoration de l'eau distribuée ne
sera probablement pas réalisée avant un certain temps,
Singapour en mai juin. On a achevé les travaux préparatoires à la révision du manuel sur l'adaptation de la
Classification internationale des Maladies à l'odontologie et à la stomatologie ainsi qu'à la refonte de la
on a eu de plus en plus recours aux applications locales
de fluorures.
section pertinente de la Classification (Neuvième Révision). Un avant -projet de manuel sur l'épidémiologie des
7.82 Un soutien a été fourni pour une enquête
affections de la muqueuse buccale a été établi, et les
méthodes envisagées seront expérimentées sur le
épidémiologique qui aura lieu prochainement en
Birmanie sur les affections de la muqueuse buccale.
En Indonésie, le centre de santé publique dentaire a
reçu une assistance pour l'établissement et l'évaluation
d'un plan national d'hygiène dentaire. L'Organisation
a continué à soutenir les travaux de l'Institut central
de Recherche en Stomatologie, de Moscou, centre
collaborateur OMS pour la recherche en épidémiologie
dentaire.
7.83
2
terrain dans le cadre d'une enquête qui aura lieu
prochainement en Birmanie. On a entrepris l'élaboration d'un guide pour la surveillance épidémiologique
dentaire, qui fournira à ceux qui ont besoin pour la
collecte et l'analyse des données de méthodes plus
rigoureuses que celles utilisées pour une enquête de
base sur la santé bucco- dentaire, des formules types,
des critères relatifs aux indices et des détails sur
l'analyse statistique. Un autre manuel préparé pour
aider les administrateurs à choisir le matériel dentaire
Les recherches
sur l'étiologie de la carie
dentaire se sont poursuivies en Papouasie- NouvelleGuinée avec l'appui de l'Institut national de la
Recherche en Odontologie des Etats -Unis d'Amérique.
Les données obtenues par l'analyse chimique de
l'émail, de la plaque bactérienne, de la salive, des
aliments, du sol et de l'eau ont fait l'objet d'une
selon la situation des services existants, va être
revu et mis à l'essai (à ce propos, il convient de
signaler que l'équipement dentaire simplifié mis au
point par l'Organisation est maintenant utilisé dans
un certain nombre de pays latino- américains). Enfin,
dans la Région des Amériques, ont paru un manuel
pratique de fluoration (en espagnol et en portugais)
ainsi que tróis autres publications sur la même question
analyse statistique dont les résultats ont été présentés
à une conférence- atelier tenue en décembre à l'Institut
susmentionné, à Bethesda (Maryland, Etats -Unis
d'Amérique). Il existe apparemment des associations
complexes entre la carie dentaire et un certain nombre
et un manuel (en espagnol) sur le travail d'équipe en
dentisterie (« dentisterie à quatre mains »).
d'oligo- éléments et d'autres substances; on espère
aussi éclaircir davantage sa relation avec des microorganismes acidogènes. Si l'on parvient à établir des
corrélations entre les constatations faites concernant
les agents biologiques, les aliments, le sol et l'eau, il
pourrait être possible de dresser un tableau complet
des facteurs prévenant ou favorisant la carie dans un
7.85
environnement qui présente des aspects' particulière-
ment intéressants. Une autre étude sur les facteurs
microbiologiques et les oligo- éléments du milieu dans
deux collectivités colombiennes a continué de bénéficier
de l'assistance technique de l'Organisation.
7.84 Au cours de l'année, une attention considérable
a été accordée à l'établissement ou à la révision de
manuels. Une version remaniée du manuel relatif aux
méthodes d'enquête a été préparée pour publication. Les principales modifications concernent la
1
Santé mentale, pharmacodépendance et alcoolisme
important problème de santé publique dans toutes les
régions du monde, a noté qu'il existe maintenant des
méthodes efficaces pour réduire la morbidité mentale
et ses conséquences. Elle a prié le Directeur général
d'aider les pays à développer l'élément « santé mentale » de leurs services de santé généraux par: 1) des
recherches sur l'épidémiologie et la biologie des troubles mentaux; 2) l'élaboration de méthodes nouvelles et
efficaces de traitement et de lutte contre ces troubles;
3) l'amélioration de la formation du personnel des
services de santé mentale et de recherche sur la santé
mentale; et 4) l'amélioration des méthodes de com-
munication dans ce domaine grâce à des systèmes
d'information et à la normalisation de la classification
et de la terminologie.
Organisation mondiale de la Santé. Application of the International Classification of Diseases to dentistry and stomatology,
ICD -DA, Genève, 1973 (Edition française en préparation).
2
1
Organisation mondiale de la Santé. Enquêtes sur la santé
bucco- dentaire: Méthodes fondamentales, Genève, 1971.
Dans sa résolution WHA28.84, la Vingt -
Huitième Assemblée mondiale de la Santé, reconnaissant que les troubles mentaux constituent un
122
7.86
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
En application de cette résolution et de plu-
sieurs autres, également relatives à la santé mentale,
adoptées par la Vingt- Huitième Assemblée mondiale
de la Santé,' une série de consultations a été organisée
avec la participation de représentants nationaux et
régionaux et d'experts venus de différentes parties du
monde afin d'établir un programme de santé mentale
à moyen terme englobant la pharmacodépendance et
l'alcoolisme. Ce nouveau programme a trois objectifs
principaux: prévenir ou réduire la morbidité mentale et
neurologique et ses conséquences; accroître l'efficacité
des services de santé en faisant appel à des spécialistes
de la santé mentale; faire mieux connaître les incidences
de l'action sociale sur la santé mentale et élaborer des
stratégies d'intervention dans ce domaine. Pour
atteindre ces objectifs, on prévoit d'améliorer les
services de santé mentale en mettant au point des
méthodes simples et efficaces pour le traitement des
affections jugées prioritaires, d'augmenter les ressources en personnel de santé mentale essentiellement en
donnant à d'autres agents sanitaires et à des chercheurs
une certaine formation théorique et pratique en santé
mentale, de contribuer à l'amélioration des aspects
psycho- sociaux de l'environnement en se préoccupant
particulièrement des dangers résultant de l'urbanisation
et du déracinement, de stimuler et de coordonner les
recherches sur l'épidémiologie et la biologie des troubles mentaux ainsi que dans le domaine des sciences
neurologiques, enfin de coordonner les activités visant
à renforcer la normalisation et la communication en
psychiatrie et dans les disciplines connexes.
Ces activités visent des affections jugées prioritaires parce qu'elles sont largement répandues, d'im7.87
portance majeure en santé publique et susceptibles
d'être efficacement traitées (psychoses aiguës et états
psychotiques chroniques, par exemple), ainsi que des
problèmes d'importance variable selon les Régions,
tels que l'alcoolisme et l'abus des drogues. En outre,
une partie du programme à moyen terme tend à explorer les facteurs qui favorisent la santé mentale et
protègent l'individu et la famille contre les maladies
mentales, et, le cas échéant, à en renforcer l'action.
7.88 A l'échelon régional, des programmes ont été
élaborés et mis en oeuvre pour répondre à la demande
Services de santé mentale
Conformément aux approches suggérées lors
d'un séminaire organisé par l'OMS en 1973 2 ainsi
qu'aux recommandations d'un récent comité OMS
d'experts chargé d'étudier l'organisation des services
7.89
de santé mentale dans les pays en voie de développe ment,3 un certain nombre d'activités nouvelles ont été
entreprises afin de mettre au point des méthodes
simples, économiques et efficaces pour la prestation de
soins de santé mentale complètement intégrés aux services de santé généraux. L'aide, notamment consulta-
tive, fournie aux pays vise en particulier à réduire le
gaspillage des ressources, par exemple en limitant au
strict nécessaire l'internement ou l'emploi de médicaments psychotropes. Elle tend également à développer
les services destinés aux patients souffrant de troubles
jugés prioritaires en faisant appel à des agents sanitaires de types très divers. Ces approches seront éprouvées
et évaluées dans le cadre d'une étude collective entre-
prise en 1975 dans quatre pays (Colombie, Inde,
Sénégal et Soudan). La mise au point et l'essai de
programmes de formation et de manuels simples,
compréhensibles pour les profanes, font partie intégrante de ces activités.
7.90
Ces différentes approches des soins de santé
mentale ont été brièvement exposées dans les rapports
de situation présentés par l'OMS au Ive Congrès pan-
africain de Psychiatrie qui s'est tenu en juillet à
Abidjan. Dans la ligne des efforts entrepris pour faire
participer à l'action de santé mentale une gamme beaucoup plus large d'agents sanitaires ainsi que des travailleurs d'autres secteurs, on a, en prévision du
Congrès, recueilli dans un certain nombre de pays
africains des renseignements sur la formation en
matière de santé mentale dont ces agents et travailleurs
peuvent bénéficier.
La législation étant d'importance déterminante
en matière de soins de santé mentale, une étude internationale a été entreprise afin de dégager des critères
permettant d'évaluer l'efficacité et la pertinence des
dispositions en vigueur, de déterminer comment elles
sont appliquées et de faciliter l'adoption des réformes
nécessaires. Dans la Région de la Méditerranée orientale, un questionnaire sur la législation nationale en
matière de santé mentale et des visites dans les pays
ont permis de rassembler des informations en vue de
l'organisation d'une réunion sur la question.
7.91
des Etats Membres qui prennent plus clairement
conscience de leurs besoins en matière de santé mentale.
L'intégration d'activités de santé mentale dans les
programmes de santé publique bénéficie toujours de la
même attention, de même que la formation dispensée
à cet effet à diverses catégories de personnels médicosanitaires. Dans certaines Régions, on a entrepris des
programmes visant à réscudre le problème sans cesse
plus préoccupant de la pharmacodépendance.
' WHA28.50, WHA28.57, WHA28.80 et WHA28.81.
Le programme de santé mentale a été élargi
afin de prendre en compte les relations qui existent
entre la santé mentale d'une part, la prévention de
l'invalidité et la réadaptation d'autre part. On met
7.92
2 Baasher, T. A. et al., ed. Mental health services in developing
countries : papers presented at a WHO seminar on the organization
of mental health services, Addis Ababa, 1973, Genève, Organisa-
tion mondiale de la Santé, 1975 (Publication offset No 22)
(Edition française en préparation).
3 Série de Rapports techniques OMS, No 564, 1975.
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
123
désormais l'accent sur la réadaptation en tant que
de statistiques de santé mentale. Le groupe de travail a
partie intégrante de soins complets de santé mentale et
sur les besoins en matière de santé mentale des
d'autre part recherché des moyens de surmonter les
difficultés rencontrées au cours de la deuxième phase
handicapés souffrant en premier lieu d'une atteinte
physique. Conformément à la résolution WHA28.57
de l'étude, qui a débuté en 1974.1 Dans la même Région,
sur l'arriération mentale, les besoins des enfants menta-
un groupe de travail sur les services de consultation
pour les jeunes a été organisé par l'OMS à Lübeck
lement retardés ont bénéficié d'une attention particulière lors d'une consultation tenue en mai à Genève
et de contacts avec certaines organisations non médicales de pays en voie de développement.
(République fédérale d'Allemagne) en mai, avec
Dans la Région africaine, un programme a été
élaboré en vue de l'intégration des services de santé
revue et analysé, en s'inspirant des résultats d'une
7.93
mentale dans le système général de santé. A cet égard,
l'OMS a fourni au Gouvernement des Seychelles les
services d'un consultant pour l'organisation de services de santé mentale.
l'appui et la collaboration du Gouvernement. Des
participants venus de onze pays ainsi que des représentants de l'Organisation des Nations Unies et de
l'Association mondiale de Psychiatrie ont passé en
étude de l'OMS sur le même sujet, les activités, l'organisation et la dotation en personnel de ces services
consultatifs pour la jeunesse. Ils ont mis l'accent sur les
fonctions qu'ils exercent en matière de prévention,
de dépistage précoce et de soins ainsi que sur le rôle
7.94
qu'ils jouent en suppléant des moyens plus formels de
contact et d'orientation.
santé publique et de l'affectation d'agents des services
7.97
Les questions de l'intégration effective des
activités de santé mentale dans les programmes de
de santé publique à des tâches intéressant la santé
mentale ont été examinées, dans la Région des Amériques, par un groupe d'étude qui a également passé en
revue l'enseignement de la santé mentale dans les
écoles de santé publique. Avec l'assistance de l'Organisation, des progrès ont pu être réalisés au cours de
l'année en ce qui concerne l'extension des services de
psychiatrie et de santé mentale en dehors des capitales
et des grandes villes des pays ci- après: Brésil, Chili,
Costa Rica, Cuba et Jamaïque. Le Guatemala, le
Honduras, le Paraguay et l'Uruguay ont continué à
bénéficier d'une assistance pour la réorganisation et
l'amélioration de leurs services hospitaliers et ambulatoires de soins psychiatriques.
7.95
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est, ainsi
qu'on l'a vu au chapitre 3, c'est la formation en psychiatrie et aux soins de santé mentale qui, Comme les
années précédentes, ont particulièrement retenu l'attention. En plus de l'aide apportée en matière de formation
à la Birmanie, à la Mongolie et à Sri Lanka, on a
entrepris dans ce dernier pays une enquête sur les
possibilités de donner aux guérisseurs traditionnels
un complément de formation en matière de soins de
santé mentale.
7.96
La troisième réunion d'un groupe de travail
sur les services de santé mentale dans des zones d'étude
pilotes de la Région européenne a eu lieu à Trieste
(Italie) en septembre. Les participants, qui représentaient les onze zones pilotes qu'englobe actuellement
cette étude, ont débattu de l'analyse et de la mise en
tableau des résultats de l'enquête sur les services de
santé mentale existants, leur mode de dotation en
personnel et leur utilisation par les patients. De la
première phase de l'étude il ressort que l'on peut,
malgré des différences importantes d'un pays à l'autre,
établir des catégories normalisées de données sur les
services de santé mentale. Les résultats obtenus met-
tent en évidence la nécessité de bien préciser si les
alcooliques, les arriérés mentaux et les cas psycho gériatriques sont ou non inclus dans une série donnée
La santé mentale a été choisie pour faire
l'objet d'une programmation à moyen terme dans la
Région de la Méditerranée orientale. Dans le cadre d'un
nouveau programme, il est demandé aux pays de la
Région d'adopter une approche plus dynamique en ce
qui concerne l'organisation, l'administration et la prestation de services centrés sur la collectivité, qui seraient
planifiés à l'échelle nationale afin d'assurer une plus
large couverture. Pour répondre aux besoins des
patients à tous les stades de leur maladie et hâter leur
retour à une vie normale, ce programme prévoit un
réseau de services d'urgence, de traitement ambulatoire,
d'hospitalisation et de réadaptation. Dans tous les
pays, il faut en premier lieu créer un cadre d'agents de
santé mentale qualifiés, qui puissent non seulement
assurer les services susmentionnés mais aussi dispenser
des soins spécialisés à des groupes particuliers, per-
sonnes pharmacodépendantes ou arriérés mentaux,
par exemple. Compte tenu de
ces priorités, des
échanges de vues ont eu lieu avec les autorités sanitaires du Soudan touchant la mise en place de services de
santé mentale dans le système sanitaire général. Avec
le Koweït, c'est la question de la substitution aux
services hospitaliers de services implantés dans la
collectivité qui a été envisagée. En plus des consultations sur le développement de services de santé mentale entamées avec Bahreïn, le Pakistan, la République
Arabe Syrienne et le Soudan, un document technique
traitant de cette question a été examiné en octobre lors
de la vingt- cinquième session du Sous- Comité A du
Comité régional.
Dans la Région du Pacifique occidental, l'assistance apportée au Laos pour le renforcement des
7.98
services de santé mentale avait pour objet de former du
personnel aux soins psychiatriques, d'améliorer les
installations de santé mentale et d'élargir la portée des
soins psychiatriques afin de les étendre aux personnes
pharmacodépendantes, d'entreprendre des enquêtes
épidémiologiques sur la pharmacodépendance et
l'éducation sanitaire du public.
1 Actes officiels OMS, NO 221, 1975, paragraphe 7.103.
124
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
Epidémiologie psychiatrique et normalisation du diagnostic, de la classification et des statistiques
La recherche épidémiologique sur les troubles
mentaux devrait être effectuée de préférence au niveau
national dans le cadre des services de santé généraux,
en particulier dans les pays en voie de développement
où cette recherche pourrait contribuer à la planification
rationnelle de services de santé mentale efficaces et peu
onéreux. Favoriser cette recherche a été l'un des principaux objectifs de l'OMS dans le domaine de l'épidémiologie psychiatrique. A cette fin, les travaux sur la
normalisation du diagnostic psychiatrique et sur
d'autres méthodes de classification des troubles
mentaux ont continué au cours de l'année. L'essai de
classification multiaxiale des troubles psychiatriques
7.99
de l'enfance, déjà mené à bien au Royaume -Uni,1
a été étendu à d'autres pays d'Europe. Une étude sur
des enfants fréquentant un centre de guidance infantile
et un établissement psychiatrique de Lausanne (Suisse)
est entrée dans sa phase de contrôle: elle porte mainte-
et discutées lors d'une réunion des chercheurs de ces
centres, qui s'est tenue à Bâle (Suisse) en décembre.
Dans le cadre de l'étude pilote internationale
sur la schizophrénie - étude transculturelle portant
7.102
sur 1200 malades et soutenue par l'Institut national de
la Santé mentale des Etats -Unis d'Amérique ainsi que
par l'OMS et des centres collaborateurs de huit pays 3
- l'étude diachronique prolongée pendant cinq ans
de la cohorte initiale de malades a été terminée au
cours de l'année. On a procédé à une réévaluation
complète et normalisée de l'état de 75 % des patients
et entamé l'analyse des données. En 1975 également,
on a terminé l'analyse des résultats de l'étude diachronique étalée sur deux ans. Il en ressort que,
pendant ces deux années, l'évolution de la maladie a été
beaucoup moins invalidante chez les sujets des pays en
voie de développement que chez ceux de certains pays
nant sur l'issue à court terme des troubles infantiles
avancés, et que les caractéristiques socio- culturelles
des patients permettent dans une très grande mesure
de prévoir l'évolution de la maladie et son aboutissement au bout de deux ans. Les centres collaborateurs
associés à des facteurs socio- économiques dont on sait
qu'ils influent sur le comportement des parents.
entreprennent, sur la base de ces résultats, de nouvelles
recherches sur le rôle du milieu familial et des attitudes
L'année a d'autre part été marquée par une
sociales à l'égard des maladies mentales dans l'étiologie de l'invalidité associée aux troubles mentaux.
Le deuxième volume du rapport sur l'étude pilote est
7.100
expansion des activités de l'OMS visant à élucider le
rôle des facteurs socio- culturels dans la détermination
en préparation. Les résultats de cette étude pilote
de la nature, de l'évolution et de l'issue des troubles men-
ayant d'importantes incidences pour une planification
taux ainsi que l'acceptabilité des mesures de santé
et une prestation efficaces des soins de santé dans
différents contextes socio- culturels, on a publié une
publique et de protection sociale. Une consultation a
été organisée à Genève en juillet pour examiner les
hypothèses et méthodes en vigueur dans l'étude des
facteurs culturels en psychiatrie et suggérer des stratégies en vue d'études coordonnées par l'OMS sur les
relations entre maladies mentales et facteurs d'ordre
culturel. En outre, des spécialistes appartenant à six
centres de recherches sur le terrain de cinq pays
(Colombie, Inde, Nigéria, Royaume -Uni et Tchécoslo-
vaquie) collaborent avec l'OMS à une étude transculturelle visant à élaborer une méthode de détection
et d'évaluation dans la population générale des effets
psychologiques adverses du recours aux méthodes de
régulation de la fécondité. Lors d'une réunion tenue à
Nottingham (Royaume -Uni) en juillet, ces chercheurs
ont adopté un protocole d'étude prévoyant notamment
la mise au point de moyens d'évaluation pouvant être
utilisés par des chercheurs non médicaux, et non plus
comme auparavant uniquement par des psychiatres.
version abrégée du premier volume afin de lui assurer
une large diffusion parmi les administrateurs de santé
publique et les non -spécialistes.'
Lors d'une consultation tenue par l'Organisation à Washington, en décembre, on a fait l'inventaire
des méthodes de dépistage utilisées pour la recherche
épidémiologique et la planification des soins de santé
7.103
mentale dans différentes parties du monde. Etant
donné que le dépistage, d'importance capitale pour
l'étude des troubles mentaux, se heurte à de multiples
difficultés, les consultants ont proposé d'organiser
sous l'égide de l'OMS une conférence internationale
qui serait chargée de formuler des directives techniques
à l'intention des chercheurs et des administrateurs.
tion initiale des cinq séries de malades ont été analysées
C'est dans les pays en voie de développement
que le besoin de compétences spécialisées en matière
de recherche épidémiologique est le plus grand et le
plus urgent, mais il est évident que ces compétences
devront être constituées en fonction des conditions
particulières à ces pays. Pour faciliter ce travail, l'OMS
a coordonné trois études relatives aux problèmes de
méthodologie propres à l'épidémiologie psychiatrique.
1 Décrite dans: Rutter, M. et al. A multi -axial classification
of child psychiatric disorders, Genève, Organisation mondiale de
la Santé, 1975 (Edition française en préparation).
a Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 7.112.
3 Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 7.111.
4 Schizophrenia: a multinational study, Genève, Organisation
mondiale de la Santé, 1975 (Cahiers de Santé publique, N° 63)
(Edition française en préparation).
7.101
L'étude commencée en 1974 2 sur l'évaluation
normalisée des troubles dépressifs, à laquelle ont
participé cinq centres de recherche, est entrée dans sa
phase de contrôle. Les données fournies par l'évalua-
7.104
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
La première est déjà terminée: il s'agit de l'étude entreprise en 1974 à Sri Lanka sur la possibilité d'effectuer
des études diachroniques à long terme sur des malades
mentaux dans une société à prédominance rurale.' Ses
résultats indiquent qu'il est possible d'identifier, de
retrouver et de réexaminer une grande partie des
patients ayant reçu des soins psychiatriques deux,
cinq ou même dix ans auparavant. Cette constatation a
d'importantes incidences pour les études futures sur les
troubles mentaux en milieu rural où il n'existe guère
de possibilités d'hospitalisation pour soins psychiatriques. Pour ce qui est de la deuxième étude, l'OMS
a organisé des consultations préliminaires et un échan-
ge de dossiers cliniques en vue d'une étude sur les
troubles psychotiques aigus dans différents milieux
culturels. Ces troubles étant réputés représenter une
proportion considérable du total des admissions pour
soins psychiatriques dans de nombreux pays en voie de
développement, l'étude a pour objet de mettre au point
une méthode permettant de normaliser leur évaluation
et leur classification, ce qui aidera à élucider le rôle
des facteurs culturels ou sous -culturels dans la manifestation des états psychotiques aigus, ainsi que le rôle
de la collectivité et de la médecine traditionnelle dans
la prévention et le traitement de ces états. La troisième
étude vise à élaborer des méthodes de mesure et de
prédiction des infirmités fonctionnelles et de l'invalidité
sociale chez les sujets souffrant de troubles psychotiques. Au départ, cette étude a été entreprise en Bulgarie
et en Yougoslavie, mais elle doit s'étendre à d'autres
pays afin de servir de base à l'établissement de programmes de prévention de l'invalidité dans les pays en voie
de développement.
Deux projets relatifs à la mise en place de systèmes nationaux d'information sur la santé mentale ont
débuté en 1975. Pour le premier, un questionnaire a été
envoyé aux établissements psychiatriques de quarante
pays situés dans toutes les Régions pour recueillir des
données statistiques sur les taux d'admission et de sortie, la durée de l'hospitalisation, etc. Le second projet
vise à obtenir, tout d'abord au moyen d'un questionnaire, des données de base sur l'infrastructure des services nationaux de santé mentale dans huit pays appar7.105
tenant à toutes les Régions. D'autre part, une étude
sur la méthodologie des analyses coût /efficacité dans
les services psychiatriques et une étude sur les tendances de la mortalité chez les malades mentaux sont
en préparation.
7.106 Dans la Région des Amériques, des projets de
recherche sur les modes de traitement traditionnelsou populaires -des troubles mentaux, l'épidémiologie
de l'épilepsie, la morbidité psychiatrique et le suicide
ont débuté ou se sont poursuivis au Brésil, en Colombie,
en El Salvador, au Pérou et au Venezuela.
Plusieurs réunions ont été organisées dans la
Région de l'Asie du Sud -Est afin d'encourager les
recherches épidémiologiques, la mise en place de ser7.107
1
Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 7.113.
125
vices de santé mentale axés sur la collectivité et la
formation de personnels de santé mentale. Lors d'un
séminaire qui s'est tenu à New Delhi en février, des
psychiatres de sept pays de la Région ont fait le point
des connaissances actuelles sur l'épidémiologie des
troubles mentaux dans la Région et déterminé les
besoins et les priorités de la recherche.
En vue de promouvoir l'application des
méthodes épidémiologiques fondamentales à la planification et à l'évaluation des services de santé publi7.108
que dans les conditions propres à la Région de la
Méditerranée orientale, un séminaire a été organisé en
février à Khartoum. Il a réuni des participants et
observateurs venus de neuf pays de la Région et des
membres d'un groupe consultatif de l'OMS sur
l'épidémiologie psychiatrique.
Psychiatrie biologique
7.109
L'Organisation a poursuivi pendant l'année ses
efforts de développement des connaissances sur les
fondements biologiques de la santé et de la maladie
mentales et sur les mécanismes en jeu. Conformément
aux recommandations formulées par différents groupes
d'experts de l'OMS, sept centres collaborateurs pour la
recherche et la formation en psychiatrie biologique ont
été désignés en République fédérale d'Allemagne, au
Danemark, aux Etats -Unis d'Amérique, aux Pays -Bas,
au Royaume -Uni, en Suisse et en Union des Républisocialistes soviétiques. Des
approches méthodologiques ont été arrêtées et des
secteurs de recherche prioritaires ont été définis au
cours d'une réunion de chercheurs de ces centres qui
s'est tenue à Moscou en mai. Quatre projets de recherche convenant au réseau de centres collaborateurs ont
été esquissés: 1) une étude génétique sur les troubles de
l'affectivité liés au daltonisme; 2) une étude psycho -
pharmacologique sur les rapports entre les concentrations plasmatiques de médicaments psychotropes et
les réponses thérapeutiques; 3) une étude immunologi-
que sur la psychose endogène; et 4) une étude des
variations biologiques visant à clarifier les fluctuations
saisonnières de la morbidité psychiatrique et leurs
rapports avec les concentrations plasmatiques de médicaments et d'autres facteurs biochimiques.
Etant donné l'urgente nécessité de trouver des
méthodes efficaces pour prévenir les troubles mentaux
7.110
les plus importants en santé publique, un groupe de
travail sur la prévention primaire de la schizophrénie
dans les groupes à haut risque a été constitué en collaboration avec l'Institut national de la Santé mentale
des Etats -Unis d'Amérique. Réunis à Copenhague en
juin, les participants venus de dix pays et les représen-
tants de l'Association médicale mondiale ont fait le
bilan des connaissances actuelles en ce qui concerne la
détection précoce de la schizophrénie, examiné les
méthodes et les différentes possibilités de prévention
primaire, et discuté des aspects éthiques et juridiques
d'une telle action ainsi que de ses implications en
santé publique.
126
7.111
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
Le réseau de centres collaborateurs OMS pour
la psychopharmacologie, qui comprend vingt -cinq
institutions, a continué d'étudier l'efficacité, la sécurité
d'emploi et les mécanismes d'action des médicaments
psychotropes. A la suite des efforts particuliers qui ont
été faits pour améliorer les échanges d'informations
concernant la psychopharmacologie clinique et expé-
L'examen de 500 sujets souffrant d'épilepsie a donné des
résultats préliminaires extrêmement encourageants, qui
montrent qu'avec ce système spécialisé d'exploration radiologique du tissu cérébral, on peut parvenir à une précision beaucoup plus grande dans le diagnostic des maladies intracrâniennes. Une étude analogue a été entreprise
par le centre de Montréal (Canada), où l'on a réuni des
rimentale, une documentation complète sur les méthodes de traitement efficaces et sur la recherche fondamentale a été fournie à soixante -six pays.
données sur un total de 5000 cas neurologiques et
neurochirurgicaux, dont 1000 épileptiques. Le scan-
7.112 Un ouvrage consacré aux progrès de la pharmacothérapie des maladies mentales, composé à partir des
actes d'un symposium organisé en 1973 par l'OMS et
le groupe international ad hoc pour les personnels de
santé, a été préparé pour être publié.'
7.116
7.113 A l'occasion d'une consultation sur l'évaluation des médicaments psychotropes, des experts réunis
à Genève en juin ont passé en revue les différentes
méthodes dont on dispose pour expérimenter ces
médicaments et discuté des possibilités d'énoncer des
principes d'évaluation acceptables sur le plan international. Ils ont souligné que l'évaluation d'un médicament nouveau doit comporter, outre la comparaison
avec d'autres médicaments, une comparaison avec
des traitements non pharmacologiques; ils ont en
outre fait observer que, dans les pays développés aussi
bien que dans les pays en voie de développement, l'expérimentation des substances psychotropes sur l'homme
doit se faire sous une surveillance et un contrôle
rigoureux, l'attention se portant non seulement sur
l'efficacité et la sécurité des médicaments, mais aussi
sur la façon dont ils sont métabolisés. L'évaluateur
doit prendre en considération divers facteurs: schéma
de traitement applicable, milieu social dans lequel le
traitement s'effectue et coût de la pharmacothérapie
constitue une méthode de pointe pour le
diagnostic différentiel des affections neurologiques, et
des mesures ont été prises pour développer les recherches sur l'utilisation de cette technique.
ning
Dans les centres de Marseille et de Montréal
et dans celui de Strasbourg (France), une étude collective a été entreprise sur la corrélation entre l'amélioration clinique de l'épilepsie et la concentration des
médicaments anticonvulsivants dans le sang. Parallèlement, des préparatifs ont été faits en vue d'une étude
sur le fonctionnement homéostatique de la membrane
cellulaire et ses modifications dans l'épilepsie primaire.
Dans une autre étude collective, à laquelle collaborent
l'Université de Genève et le centre de Strasbourg, on
s'emploie à adapter un modèle d'hématie afin de pouvoir l'utiliser pour évaluer les effets des médicaments
antiépileptiques au niveau de la cellule.
7.117
Pendant l'année, la partie I du Dictionnaire de
l'épilepsie a été publiée en japonais et en russe, ce
qui porte à cinq le nombre des langues de publication.
2
La partie II, qui consiste en un index multilingue de
termes équivalents en anglais, espagnol, français et
russe, est en préparation.
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est, un
par rapport à d'autres types de traitement. Il faut
7.118
également tenir compte des différences de réponse d'une
nouveau -né s'est tenu à Bangalore (Inde) en juillet.
population à une autre, lesquelles peuvent s'expliquer
par des différences pharmacogénétiques et nutritionnelles ainsi que par des différences dans les finalités du
traitement et par des variations individuelles.
L'OMS a continué de collaborer avec d'autres
institutions ceuvrant dans le domaine de la psychiatrie
biologique et de la psychopharmacologie, notamment
avec l'Association mondiale de Psychiatrie et le Colle gium Internationale Neuropsychopharmacologicum.
7.114
séminaire consacré aux convulsions épileptiques chez le
Dans les efforts qu'elle déploie pour renforcer
les sciences neurologiques, l'OMS a maintenu une collaboration étroite avec
7.119
son programme touchant
l'Organisation internationale de Recherche sur
le
Cerveau, la Fédération internationale des Associations
de la Sclérose en Plaques, la Ligue internationale
contre l'Epilepsie et la Fédération mondiale de Neurologie.
Facteurs psycho- sociaux et santé
Sciences neurologiques
Deux nouveaux centres collaborateurs OMS
pour la recherche et la formation en sciences neurologiques ont été créés à Washington et à Moscou. Au
centre collaborateur de Marseille (France), on a entre7.115
pris une étude sur l'application de la tomographie axiale
assistée par ordinateur au diagnostic neurologique.
' Advances in the drug therapy of mental illness, Genève,
Organisation mondiale de la Santé (sous presse).
7.120 Pour donner suite à la résolution WHA28.50,
par laquelle la Vingt -Huitième Assemblée mondiale
de la Santé a demandé, en mai, que des propositions
soient formulées en vue de la mise sur pied d'un programme sur les facteurs psycho- sociaux et la santé, un
bilan a été dressé des connaissances actuelles ainsi que
des activités menées jusqu'à présent par l'Organisation
Gastaut, H. Dictionnaire de l'épilepsie, Partie I: Définitions,
Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1973.
2
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
dans le domaine psycho -social, et une série de réunions
et de consultations ont permis des échanges de vues
entre psycho -sociologues, administrateurs de la santé
publique et experts de ces questions. Sur la base des
renseignements recueillis, trois objectifs à moyen
terme ont été définis: 1) exploiter les connaissances
existantes grâce à la formation et à l'éducation du
personnel de santé, de la collectivité et des décideurs
pour une plus grande efficacité et une meilleure accep-
127
les jeunes qui ont été entreprises dans la Région européenne, un groupe de travail sur la psychiatrie légale
s'est réuni à Sienne (Italie) en octobre. Il a examiné la
place faite à la psychiatrie légale dans différents systèmes de protection et de traitement. Les participants ont
également analysé les attitudes les plus courantes à
l'égard de la psychiatrie légale et le rôle de cette discipline dans la prévention de la criminalité et le traitement des délinquants.
tation des actions sanitaires; 2) mettre au point des
méthodes, notamment pour la définition d'indicateurs
psycho- sociaux, la normalisation de la terminologie et
des techniques de mesure, ainsi que des systèmes d'infor-
mation capables de fournir et d'utiliser des données
psycho -sociales; et 3) entreprendre des recherches sur
les besoins en matière de soins des groupes à haut
risque, notamment les déracinés, ainsi que sur les modifications de la vie de famille dans des conditions d'évo-
lution sociale rapide. Des protocoles ont été préparés
et, bien que la mise en train de certaines de ces activités
dépende de l'obtention de crédits, plusieurs d'entre
elles sont déjà en cours. C'est ainsi qu'avec l'aide du
centre collaborateur OMS pour la recherche et la formation concernant les facteurs psycho- sociaux, à Stockholm, un cycle d'études sur les aspects comportementaux
et sociaux de la santé et de la protection sanitaire a été
organisé pour des administrateurs sanitaires. Dans la
Région africaine, l'évaluation des ressources et des
besoins dans le secteur des sciences du comportement
s'est poursuivie; des spécialistes se sont rendus dans
des institutions de quatre pays d'Afrique occidentale
(Bénin, Côte d'Ivoire, République -Unie du Cameroun
et Sénégal) pour définir les moyens d'accélérer la mise
en oeuvre de programmes de formation adaptés aux
besoins des collectivités visitées. En outre, l'Organisa-
Pharmacodépendance et alcoolisme
7.123
L'Organisation a continué de recueillir des
données concernant l'influence de l'alcool et des drogues psychotropes, y compris leurs interactions, sur
les capacités des conducteurs et les accidents de la
circulation, afin de préparer la réunion d'experts
demandée par la résolution WHA27.59. En septembre,
une consultation d'experts appartenant à des organisations gouvernementales, intergouvernementales et
non gouvernementales a été organisée afin d'étudier
les aspects humains, médicaux et juridiques des accidents de la circulation. Les questions suivantes ont été
considérées comme prioritaires: réunion de données
sur les caractéristiques et les conséquences de la consommation de médicaments dans les pays où ils peuvent être délivrés sans ordonnance; étude des habitudes des médecins en matière de prescription, et notam-
ment des différences transculturelles en matière de
prescription de médicaments psychoactifs; comparaison de l'ampleur respective de l'automédication
dans les pays développés et dans les pays en voie de
développement; étude des attitudes des professionnels
de la santé, notamment des pharmaciens et préparateurs en pharmacie, vis -à -vis de différents aspects de
tion a publié un ouvrage fondé sur les discussions
l'emploi des médicaments psychoactifs.
techniques organisées à l'occasion de la Vingt Septième Assemblée mondiale de la Santé.'
7.124
7.121
L'élaboration du projet relatif à la délinquance
juvénile 2 s'est poursuivie. Avec l'aide de l'Institut
national de la Santé mentale des Etats -Unis d'Amérique et la collaboration de l'Institut de Recherche des
Nations Unies sur la Défense sociale, une conférence atelier consacrée aux implications de santé mentale des
juridictions pour enfants a été organisée à Genève en
janvier. Les participants, venus de neuf pays de cinq
Régions, ont rendu compte des travaux effectués chez
eux en 1974 dans le cadre du projet pilote. Le projet
pilote s'étant terminé en décembre, on procède main-
tenant à une réévaluation du rôle de l'OMS dans ce
domaine. A cet égard, un bilan des travaux de l'Organisation en matière de criminalité et de délinquance a
été préparé pour être publié dans la Revue internationale
de politique criminelle.
Les recherches sur l'aptitude des médicaments
à engendrer la dépendance et sur les conséquences
neurochimiques et physiopathologiques de l'utilisation
de ces substances à court et à long terme se sont
poursuivies avec le soutien de l'Organisation. Celle -ci
a publié le rapport d'un récent groupe scientifique de
''OMS sur l'évaluation de l'aptitude des drogues à
engendrer la dépendance et de leur potentiel d'induction de la dépendance,3 ainsi qu'une bibliographie sur
la détection des substances engendrant la dépendance
dans les liquides organiques.4 L'étude comparative
entreprise avec l'appui de l'OMS sur les effets de la
fumée de tabac et de cannabis a beaucoup avancé
pendant l'année. On a constaté que ces substances ont
des effets différents sur la composante ADN des
spermatides des systèmes enzymatiques du tissu testiculaire et sur les transmetteurs probables qui sous -tendent
la fonction cérébrale et le comportement.
Toujours dans le domaine de la pharmacodépendance, et pour donner suite à la résolution
7.125
Faisant suite à différentes activités concernant
la délinquance et le comportement social déviant chez
7.122
3 Série de Rapports techniques OMS, N° 577, 1975.
' Promotion de la santé et environnement humain, publié sous
la direction de E. E. Meyer & P. Sainsbury, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1975.
2 Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 7.124.
4 Choix de références bibliographiques sur la détection des
substances engendrant la dépendance dans les liquides organiques,
préparé par T. L. Chrukiel & M. Chrukiel, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1975 (Publication offset NO 17).
128
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
WHA28.80, l'Organisation a aidé, par ses avis, divers
gouvernements à concevoir et à mettre en place
des services intégrés de prévention, de détection précoce, de traitement et de réadaptation au niveau de la
collectivité. Pour fournir cette aide, l'Organisation
a maintenu une collaboration étroite avec d'autres
organismes spécialisés dans le domaine de la pharmaco-
définir des critères d'identification et de classification
des troubles fonctionnels liés à la consommation
d'alcool. Lors d'une réunion tenue à Genève, en juillet,
on a fait remarquer que Si bien souvent seuls les troubles fonctionnels physiques, mentaux et sociaux
accompagnant le syndrome de dépendance à l'égard de
l'alcool retiennent l'attention, le syndrome lui -même
dépendance, en particulier la Commission des Stupéfiants, l'Organe international de Contrôle des Stupéfiants et la Division des Stupéfiants de l'Organisation
des Nations Unies, le Fonds des Nations Unies pour
la Lutte contre l'Abus des Drogues (FNULAD), ainsi
que diverses organisations non gouvernementales
comme le Conseil international sur les Problèmes de
l'Alcoolisme et des Toxicomanies. A cet égard, les
sept projets bénéficiant de l'appui du FNULAD entrepris en 1972, 1973 et 1974 ' ont été poursuivis, et un
manuel sur la pharmacodépendance 2 a été publié
avec l'aide du FNULAD.
- pour lequel des critères ont été définis - constitue
un trouble fonctionnel important qu'il convient de
La réalisation de l'un des sept projets mentionnés ci- dessus, à savoir l'étude interrégionale sur l'épidémiologie de la pharmacodépendance, a commencé
au début de 1975. Une revue des directives précédemment formulées pour la notification des informations
pilotes dans une collectivité, en vue d'élaborer des
méthodes applicables dans divers cadres culturels et
socio- économiques où l'on désire améliorer cette
7.126
relatives à l'utilisation non médicale des drogues
engendrant la dépendance ayant montré que ces
directives étaient trop complexes pour l'expérimentation pilote, il a été décidé d'élaborer des méthodes
épidémiologiques modèles et des systèmes modèles de
traitement des données. Cet effort, entrepris en collaboration avec des pays où se posent de graves problè-
mes de pharmacodépendance, marque la première
étape d'une action visant à améliorer la qualité et la
comparabilité des données.
diagnostiquer et de soigner. Toutefois, on a relevé que
de nombreux individus éprouvent certains troubles
liés à la consommation d'alcool sans pour autant
souffrir de ce syndrome.
7.128
Pour organiser la réponse de la collectivité à
toute la gamme des problèmes posés par la consommation d'alcool, des études sur la prévalence de ces pro-
blèmes ainsi que sur l'existence et l'utilisation des
moyens de prévention et de traitement sont nécessaires.
Aussi a -t -on préparé des protocoles pour des recherches
réponse.
Le projet relatif aux politiques nationales de
lutte antialcoolique sous l'angle de la santé publique,'
entrepris en collaboration par la Fondation finlandaise
pour les Etudes sur l'Alcool, la Fondation ontarienne
de Recherche sur les Toxicomanies (Canada) et l'OMS,
s'est terminé pendant l'année. Ce projet avait essentiellement pour but d'étudier l'efficacité des mesures de
limitation des ventes d'alcool pour la prévention de
l'alcoolisme. Cette question a été de nouveau étudiée
lors d'une réunion organisée à Toronto (Canada) en
7.129
août pour mettre la dernière main au rapport. Vu
la Santé a demandé que l'on accorde une attention
spéciale, dans le programme futur de l'OMS, à l'ampleur et à la gravité des problèmes que posent, au
niveau de l'individu, de la santé publique et de la
l'insuffisance des statistiques disponibles, il a été
proposé que les organisations internationales se chargent d'améliorer la qualité, la collecte et l'analyse des
statistiques relatives à la production et à la consommation d'alcool ainsi qu'aux effets d'une forte consom-
société, l'usage de l'alcool et la tendance à un accroissement de la consommation d'alcool, ainsi qu'à
d'affiner les politiques de lutte antialcoolique pouvant
7.127 Dans la résolution WHA28.81, l'Assemblée de
l'organisation de systèmes propres à fournir des
informations comparables sur la consommation d'alcool et d'autres données pertinentes requises pour une
politique de l'alcool compatible avec la santé publique.
Poursuivant ses travaux relatifs à l'alcoolisme et confor-
mément à cette résolution, l'Organisation a achevé la
première étape d'une série de projets visant à évaluer
et à réduire les troubles fonctionnels liés à la consommation d'alcool. Avec l'aide de l'Institut national
de l'Alcool et de l'Alcoolisme des Etats -Unis d'Amérique, les aspects sociaux, psychobiologiques, psychiatriques, économiques et législatifs de ces troubles fonctionnels ont été examinés de façon approfondie afin de
préparer une réunion OMS de chercheurs chargés de
' Actes officiels OMS, No 205, 1973, paragraphe 4.108;
N° 213, 1974, paragraphe 4.96; No 221, 1975, paragraphe 7.132.
2 La pharmacodépendance, préparé par J. F. Kramer &
D. C. Cameron, Genève, Organisation mondiale de la Santé,
1975.
mation sur la santé publique, en vue d'élaborer et
s'intégrer dans les programmes de santé publique.
L'OMS examine actuellement les moyens de donner
suite à cette proposition en collaboration avec d'autres
organismes.
7.130
Dans la Région des Amériques, des services
consultatifs ont été assurés au Gouvernement du
Mexique pour la préparation de programmes de traitement et pour l'élaboration de protocoles de recherches complémentaires sur les conséquences sanitaires
de l'usage du cannabis, de la cocaïne, de l'héroïne, des
hallucinogènes indigènes et des solvants volatils. Plusieurs de ces études sont actuellement en cours.
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est, une
assistance technique a été fournie afin de réduire
l'ampleur du problème, qui va s'aggravant, de la
7.131
pharmacodépendance et de l'alcoolisme en Birmanie,
a Actes officiels OMS, N° 221, 1975, paragraphe 7.135.
129
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
en Inde, en Indonésie et en Thaïlande. Une mission
commune ONU /OIT /FAO /OMS s'est de nouveau
rendue en Birmanie pour mettre la dernière main au
plan d'un projet de substitution de cultures et d'activités sanitaires (éducation, prévention, traitement et
réadaptation) qui bénéficie de l'appui du FNULAD.1
Des services de documentation et du matériel audiovisuel ont été fournis pour un deuxième cours sur la
répression du trafic des stupéfiants s'adressant à des
fonctionnaires des douanes et des contributions indirectes qui a été donné à New Delhi (Inde). Une assistance technique analogue a été fournie à l'Indonésie
entreprises pendant l'année. Le rapport du groupe de
travail de 1974 sur les mesures destinées à prévenir et
combattre la pharmacodépendance s a été envoyé à tous
pour l'organisation, en décembre, d'un séminaire
e t d'aider à mettre au point des programmes et des
national destiné aux fonctionnaires chargés de prévenir
et combattre l'abus des drogues. Le plan de travail du
matériels pédagogiques appropriés. Une assistance de
ce genre a été fournie à l'Université des Philippines.
projet de lutte contre la pharmacodépendance entrepris en Thaïlande avec l'aide du FNULAD a été
L'Organisation a également aidé la République du
1
révisé afin de renforcer les activités de traitement et de
post -cure en milieu urbain et d'assurer des services de
thérapie et de réadaptation réalistes en milieu rural.
7.132 Un symposium organisé dans la Région européenne sur la planification et l'organisation des services
de lutte contre l'alcoolisme et la pharmacodépendance
s'est tenu à Albi (France) en juillet. On y a insisté sur
l'importance de l'évaluation des programmes en tant
qu'élément indissociable des activités ainsi que sur la
nécessité de faire participer toutes les institutions à
vocation communautaire à la planification et à l'évaluation des programmes.
Dans la Région de la Méditerranée orientale,
les activités de l'Organisation relatives au problème
de la pharmacodépendance ont intéressé trois pays:
Egypte, Iran et Pakistan. En Egypte, elle a collaboré à
un examen des méthodes de traitement actuellement
employées pour soigner les toxicomanes ainsi qu' à
l'élaboration de directives destinées à améliorer et
systématiser les programmes de traitement. En Iran,2
la comparaison de diverses modalités de traitement
s'est poursuivie dans le cadre d'une étude en cours
depuis plusieurs années; cette étude a déjà révélé qu'il
est important de tenir compte des services existants
dans la conception de programmes de traitement efficaces pour les toxicomanes. Au Pakistan, l'Organisa7.133
tion a soutenu des études épidémiologiques entreprises
à Lahore sur les effets à long terme de l'usage chronique
du cannabis ainsi que l'élaboration d'un programme
de traitement des toxicomanes à Karachi. Des missions
de l'Organisation des Nations Unies, de l'OIT, de la
FAO et de l'OM S se sont rendues dans le pays pour
achever le plan de travail d'un nouveau programme
national intégré de lutte contre la pharmacodépendance, qui bénéficie de l'aide du FNULAD.
7.134 Les préoccupations de plus en plus graves que
la pharmacodépendance et l'alcoolisme causent aux
pays de la Région du Pacifique occidental se sont
reflétées dans des résolutions adoptées par le Comité
régional en 1972, 1974 et 1975. Pour donner suite à
ces résolutions, un certain nombre d'activités ont été
Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 7.132.
2 Actes officiels OMS, No 213, 1974, paragraphe 4.96; No 221,
1975, paragraphe 7.136.
les gouvernements de la Région afin de stimuler
l'intérêt qu'ils portent à ces questions et de renforcer
les programmes entrepris dans ce secteur. Lors de la
réunion d'un deuxième groupe de travail, convoqué en
novembre pour examiner les programmes d'éducation
sanitaire s'adressant aux jeunes, on a souligné qu'il est
important d'intégrer l'éducation préventive touchant
la pharmacodépendance dans les programmes scolaires
et universitaires destinés aux différents groupes d'âge
Sud Viet -Nam à créer un centre national de traitement
et de réadaptation des toxicomanes.
Médecine radiologique
7.135 Au cours de ces dernières années, il est devenu
de plus en plus évident que la situation des nombreux
pays qui sont sous -équipés en matière de médecine
radiologique posait un problème sérieux. Dans la
plupart des pays en voie de développement, par
exemple, le nombre annuel d'examens radiologiques
par habitant représente moins de 1 % de celui des
pays industrialisés; en outre, les examens sont presque
entièrement limités aux grandes villes. C'est pourquoi
l'Organisation dissocie dans son programme les
aspects biomédicaux des rayonnements de leurs
aspects environnementaux et s'attache à rendre plus
accessibles les services radiologiques en vue d'améliorer la qualité des résultats diagnostiques et théra4
peutiques, non sans encourager simultanément le
développement de la radioprotection afin que les
patients, le personnel et la population en général ne
soient pas inutilement exposés.
7.136 L'OMS a continué de promouvoir l'établissement et l'amélioration de services de radiodiagnostic
par l'instauration d'une relation optimale entre les
équipements d'une part, les besoins, les ressources et
les disponibilités en personnel qualifié d'autre part.
A cette fin, une aide a été fournie à des pays de toutes
les Régions, en particulier au Bangladesh, à la Birmanie, à l'Inde, au Liberia, à l'Ouganda, à la Thaïlande et au Zaïre. L'organisation de services radiologiques de base dans les hôpitaux ruraux et de district
et dans les postes de santé a fait l'objet d'une attention
particulière. C'est ainsi que dans la Région des Améri-
ques une réunion s'est tenue à Washington en mars
pour mettre au point un système de radiologie peu
coûteux, facile à employer et utilisable dans des centres
de santé primaires où les conditions climatiques et
autres sont défavorables.
7.137
Le manque de services d'entretien et de répara-
tion dans les pays en voie de développement - qui
2
Actes officiels OMS, No 221, 1975, paragraphe 7.136.
4
Les aspects environnementaux sont traités aux paragraphes
1
10.91 -10.98.
130
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
résulte de la pénurie d'ingénieurs et de techniciens de
radiologie qualifiés - constitue un sérieux handicap
pour le fonctionnement des services radiologiques.
Pour des raisons à la fois techniques et économiques,
il est d'ordinaire impossible de compter exclusivement
sur les fournisseurs pour les travaux d'entretien et de
réparation du matériel, de sorte que les gouvernements
cherchent de plus en plus à mettre en place les
services nécessaires. L'OMS a continué d'aider un
certain nombre de pays des Régions de l'Afrique, de
la Méditerranée orientale et du Pacifique occidental à
cet égard. Dans cette dernière Région, elle a par
exemple soutenu la création de services d'ingénierie
médicale au Laos, aux Philippines et à Singapour.
Les îles Cook, les îles Salomon, Niue, les Nouvelles Hébrides, le Samoa -Occidental et les Tonga ont également reçu un appui.
et où la fréquence du cancer du col de l'utérus, en
particulier, est élevée. Les experts en radiothérapie
venus de neuf pays qui ont participé au séminaire ont
fait des recommandations sur les méthodes qu'il convient d'utiliser pour l'application de cette technique
dans différentes conditions et ont fourni des indications
générales pour l'organisation des services.
7.141
Au cours de l'année, l'Organisation a fourni
aide et avis à un certain nombre de pays de l'Afrique,
de l'Asie du Sud -Est et de la Méditerranée orientale
pour l'établissement ou le développement de services
de radiothérapie. Elle a fourni au Brésil le prototype
d'un dispositif de traçage du contour aux fins de la
radiothérapie, afin que des dispositifs de ce type puis-
sent être fabriqués dans le pays. Le service postal
7.138
AIEA /OMS de dosimétrie comparative pour la radiothérapie au cobalt -60 a continué de fonctionner avec
la participation de quatre -vingts instituts d'Amérique
centrale et du Sud, d'Europe et de la Région du Pacifique occidental.
Pays -Bas, en Roumanie et au Royaume -Uni en évaluant
7.142
les paramètres techniques, le matériel et les méthodes
de travail utilisés. Les résultats préliminaires montrent
de radiothérapie portaient essentiellement sur les
problèmes du fractionnement des doses, les facteurs
la nécessité d'élaborer une méthode mathématique
temps, la réaction des tumeurs et des lits de tumeur et
les processus moléculaires fondamentaux.
Dans une étude internationale sur les doses
d'irradiation gonadique et générale reçues par radiodiagnostic, on a entrepris la comparaison des données
rassemblées en République fédérale d'Allemagne, aux
nouvelle pour obtenir des données représentatives sur
l'irradiation des malades. Le Comité scientifique des
Nations Unies pour l'Etude des Effets des Rayonnements ionisants et le PNUE collaborent avec l'OMS à
cette étude.
7.139
Les services de radiothérapie font encore com-
plètement défaut dans quelques pays et laissent à
désirer dans beaucoup d'autres en ce qui concerne le
matériel, les méthodes et, surtout, l'exactitude de la
dosimétrie. Un atlas de plans de traitement type pour
la cobaltothérapie à source fixe a été mis au point en
collaboration avec l'AIEA qui doit le publier dans sa
série d'atlas sur la distribution des doses. On y trouve
des exemples de stratégies et de plans de traitement
pour les localisations cancéreuses les plus courantes,
qui ont été établis à partir des informations communiquées par plus de cinquante centres de radiothérapie
situés
en
République
fédérale d'Allemagne,
en
Australie, au Brésil, au Canada, au Danemark, aux
Etats -Unis d'Amérique, en France, à Hong Kong, en
Hongrie, en Inde, au Japon, au Pérou, au Royaume Uni, en Suède, en Tchécoslovaquie et en URSS.
L'AIEA et l'OMS ont collaboré à l'organisation
du séminaire interrégional sur l'utilisation des techniques de l'afterloading dans le traitement du cancer des
organes génitaux qui s'est tenu à Hyderabad (Inde)
7.140
en février. L'afterloading est la technique la plus moder-
ne et la plus efficace pour l'application intracavitaire
de sources radioactives scellées, notamment en radiothérapie des organes génitaux. Elle permet une application plus précise, donnant par conséquent de meil-
7.143
Les recherches soutenues par l'OMS en matière
Un comité mixte AIEA /OMS d'experts de
l'utilisation des rayonnements ionisants et des radio isotopes à des fins médicales (médecine nucléaire) s'est
réuni à Genève en octobre. Il a examiné la manière la
plus efficace d'utiliser la médecine nucléaire, en faisant
une analyse coût /avantages des méthodes de la médecine nucléaire comparées avec d'autres formules et en
définissant le niveau et l'ampleur optimaux des services
de médecine nucléaire dans différentes circonstances,
en particulier dans des pays où le degré de développement des services de soins médicaux et de santé publique est très différent. Le comité a en outre souligné les
conditions que doivent remplir les services de médecine
nucléaire dans diverses institutions médicales (selon
les locaux, le personnel, le matériel, les préparations
radioactives et le financement dont elles disposent) et
il a formulé des recommandations quant à leur place
dans la structure générale des services de santé.
7.144 L'OMS a aidé, notamment par des avis (sous
forme de spécifications concernant les locaux et le
matériel), un certain nombre de pays - en particulier
en Amérique latine et dans les Régions de l'Asie du
Sud -Est et de la Méditerranée orientale -à développer
leurs services de médecine nucléaire et à organiser des
laboratoires.
7.145
Les volumes 2 et 3 du manuel de radioprotection
leurs résultats thérapeutiques, et réduit la dose de
dans les hôpitaux et en pratique générale, conjointement patronnés par l'OIT, l'AIEA et l'OMS, ont été
publiés au cours de l'année. Le volume 2 1 passe en
revue les normes de radioprotection dans les hôpi-
rayonnements à laquelle le personnel est exposé. Elle
pourrait être particulièrement utile dans les pays en
voie de développement qui manquent de centres de
radiothérapie bien équipés et bien dotés en personnel,
Frost, D. & Jammet, H. Manuel de radioprotection dans les
hôpitaux et en pratique générale. Volume 2: Sources non scellées,
Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1975.
7. MALADIES NON TRANSMISSIBLES
taux utilisant des sources radioactives non scellées
et examine les problèmes que posent l'administration,
la manipulation et le transport de ces sources. Il expose
en outre la structure, la réalisation et la gestion des
départements de médecine nucléaire et fournit des
directives concernant les méthodes permettant de
réduire l'exposition du malade, du personnel et de la
population. Le volume 3,1 qui traite du radiodiagnostic,
examine l'organisation de la radioprotection, le choix
du matériel de radiologie, l'implantation et la construction des départements de radiologie et la conduite
des enquêtes sur les rayonnements.
7.146 L'OMS a continué d'aider les pays à organiser
et à appliquer des mesures de radioprotection. Dans
la Région des Amériques, par exemple, l'Argentine,
le Brésil, la Colombie, le Guatemala, le Mexique, le
Nicaragua, l'Uruguay et le Venezuela ont bénéficié
d'une aide de cet ordre. Une place particulièrement
importante est faite à la formation; on peut citer,
pour illustrer les activités de l'OMS dans ce domaine,
le cours interrégional sur la radioprotection, l'inspection et la surveillance radiologiques - quatrième d'une
série de cours biennaux - qui a lieu au Danemark
(voir le tableau 2).
7.147
La fourniture de films dosimétriques pour la
surveillance régulière des personnels exposés aux rayon-
nements ionisants s'est poursuivie. Le Service central
français de Protection contre les Rayonnements ioni-
sants, au Vésinet (France), a envoyé gratuitement
chaque mois quelque 450 films à des pays de la Région
de la Méditerranée orientale, et l'Institut de Radio-
protection et de Salubrité de l'Environnement, à
Neuherberg (République fédérale d'Allemagne), a
fourni de son côté environ 400 films à neuf pays des
Régions de l'Asie du Sud -Est et du Pacifique occidental.
7.148
L'Organisation a continué de collaborer étroi-
131
collaboration avec l'AIEA, joue un rôle capital à cet
égard: outre qu'ils contribuent à améliorer les connaissances en dosimétrie, ces laboratoires disposent
de moyens de formation et d'installations pour l'étalonnage et le réétalonnage réguliers des dosimètres et des instruments de radioprotection. Leurs activités ne se limitent pas à la métrologie et à l'étalonnage
puisqu'ils fournissent aussi des avis et assurent une
formation en dosimétrie clinique. C'est ainsi que le
laboratoire de Buenos Aires a collaboré à une étude
visant à assurer l'efficacité des services de films
dosimétriques individuels dans quatre pays de la Région
des Amériques. En 1975, l'OMS a aidé à établir ou à
améliorer des services de dosimétrie des rayonnements
dans les pays suivants : Birmanie, Inde, Jordanie, Liban,
Malaisie, Philippines, République Arabe Libyenne,
République Arabe Syrienne, République de Corée,
Singapour, Sri Lanka et Tunisie. Aux Philippines et
en République de Corée, on espère que les centres
de référence nationaux en voie de création permettront
de surmonter les problèmes que posent le mauvais
entretien et le mauvais étalonnage des dosimètres.
7.150 L'OMS a continué de collaborer étroitement
avec la Commission internationale des Unités et
Mesures radiologiques en vue d'établir des étalons et
des unités pour la mesure des rayonnements ionisants.
Les travaux de la Commission sont particulièrement
intéressants pour l'OMS du fait que l'utilisation
croissante de rayonnements à haute tension et des
irradiations par neutrons, protons et mésons dans la
thérapie du cancer exige qu'on établisse des méthodes
dosimétriques spéciales, ainsi que des méthodes pratiques pour la mesure de la dose absorbée.
Génétique humaine
Génétique des populations
tement avec la Commission internationale de Protection
radiologique pour la collecte et l'évaluation des données concernant les expositions aux rayonnements.
Elle a participé à la réunion biennale de la Commission organisée à Brighton (Royaume -Uni) en avril,
au cours de laquelle ont été discutées les nouvelles
recommandations de base de la Commission. Celles -ci
remplaceront les recommandations en vigueur dont
s'inspirent pour le moment pratiquement toutes les
activités de protection radiologique tant nationales
qu'internationales.
7.149
La standardisation de la dosimétrie et des
mesures de la radioactivité dans le radiodiagnostic,
la radiothérapie et la médecine nucléaire est un aspect
important des activités de l'Organisation en matière
de médecine radiologique. Le réseau des laboratoires
secondaires de dosimétrie normalisée des rayonnements, au développement duquel l'OMS travaille en
1 Keane, B. E. & Tikhonov, K. B. Manual on radiation protection in hospitals and general practice. Volume 3: X -ray diagnosis, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1975.
(Edition française en préparation.)
La génétique des populations étant essentiellement une science quantitative, l'usage croissant des
moyens informatiques a permis d'analyser au niveau
des populations des situations génétiques complexes.
Ces études peuvent avoir leur intérêt pour l'exploration
des processus évolutifs dans les populations humaines
7.151
et pour les consultations de génétique. Dans une
étude faite avec l'aide de l'OMS par l'Université de
Parme (Italie), il a été procédé à une analyse rétrospective des niveaux de consanguinité dans l'ensemble de
l'Espagne durant la période 1911 -1943. Après examen
des archives du Vatican relatives aux mariages consanguins ayant bénéficié de dispenses ecclésiastiques, on
a relié les chiffres diocèse par diocèse aux données de
l'Etat civil concernant les mariages. Il est apparu que
la fréquence des mariages consanguins avait été forte
pendant toute la période considérée, allant de 3,80
pour 1000 mariages durant la sous -période 1935 -1939
à 6,9 en 1920 -1924, et qu'elle avait été régulièrement
plus élevée qu'en Belgique, en France et en Italie
(d'après les données publiées) pour des périodes
sensiblement comparables.
132
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
L'étude de la composition génétique des
populations devrait permettre de mieux appréhender
la sensibilité aux maladies et, par conséquent, leur
répartition. En 1975, l'Organisation a entrepris, en
coopération avec les centres collaborateurs OMS pour
la génétique humaine, un projet de recherche sur les
marqueurs génétiques et la sensibilité aux maladies
infectieuses ayant principalement pour but d'étendre
l'utilisation des marqueurs polymorphes dans les
7.152
composants sanguins - notamment le complexe
d'Hématologie de Bucarest avec l'aide de l'OMS, on a
examiné des individus des deux sexes âgés de 14 à 65
ans originaires de diverses régions - en particulier
méridionales - du pays. La population étudiée
comprenait 7940 individus choisis au hasard et 1502
donneurs de sang réguliers. La fréquence moindre de la
p- thalassémie constatée dans le deuxième groupe
(0,2 %) par rapport au premier (0,4 %) s'explique par le
fait que, grâce à la surveillance médicale régulière à
laquelle ils sont soumis, les donneurs de sang ont toutes
d'histocompatibilité HL -A, les immunoglobulines et
le complément - afin de mieux cerner et, si possible,
de maîtriser les maladies infectieuses. Le travail a déj à
commencé sur le paludisme.
chances d'être en meilleure santé que la population
Dans une autre étude de génétique des populations soutenue par l'OM S, l'Université d'Ibadan a exploré l'aptitude à déceler gustativement la phénylthiourée dans un échantillon d'environ 2000 personnes au
Nigéria. Il est apparu que cette aptitude faisait défaut
chez 12 % des sujets (14 % des hommes et 10 % des
Centre de la Thalassémie à Ferrare accumule depuis
1948 des données sur les porteurs du gène thalassé-
7.153
générale.
L'OMS soutient également une étude sur la
thalassémie à l'Université de Ferrare (Italie). Le
7.158
mique. Il a établi un dossier relatif à plus de 1100
femmes).
familles de l'agglomération de Ferrare, dont chacune
comprend au moins un porteur du gène. Un manuel de
codage a été établi pour les données du dossier, qui
font actuellement l'objet d'une analyse sur ordinateur.
Cytogénétique
Activités des centres collaborateurs de l'OMS
Une aide a été apportée à l'Ecole de Médecine
de l'Université Johns Hopkins de Baltimore (Maryland,
Etats -Unis d'Amérique) pour la création d'un recueil
international de données sur les variantes et les
7.154
anomalies chromosomiques. Au mois d'août, 9066
cas de variantes et d'anomalies avaient été signalés
par dix -sept pays. Ces renseignements faciliteront la
localisation des données destinées aux études sur les
relations caryotype -phénotype et seront utiles pour
les consultations de génétique.
7.155
L'étude de l'Institut de Génétique médicale de
Moscou sur les anomalies dans les caryotypes de
nouveau -nés a continué de bénéficier d'une assistance.
Sur 4500 enfants nés vivants choisis au hasard, 31
(0,69 %) présentaient des anomalies chromosomiques
structurales ou numériques; dans 160 cas de mortinatalité ou de mortalité néonatale, le pourcentage
était beaucoup plus élevé (6,9 %), ce qui témoigne de
l'importance de la constitution chromosomique en
tant que facteur de survie.
7.156 L'OMS soutient depuis plusieurs années les
travaux de l'Institut d'Etudes génétiques de Bangalore
(Inde) sur les anomalies chromosomiques humaines.
En 1975, les travaux ont porté sur l'hétérochromatine
et la régulation différentielle des gènes homologues
dans différents systèmes génétiques, l'objectif étant de
se donner les moyens d'élucider la nature des troubles
chromosomiques.
Hémoglobinopathies et troubles apparentés
Dans une étude sur la fréquence des hémoglobinopathies en Roumanie menée par le Centre
7.157
7.159
Le centre collaborateur OMS de référence
pour le traitement des données de génétique humaine,
qui est installé à l'Université de Hawaï (Honolulu,
Etats -Unis d'Amérique), a fait porter l'essentiel de ses
efforts sur l'étude de la génétique humaine formelle
et des structures démographiques, en s'intéressant en
particulier aux écarts importants dans la répartition
des gènes rares, à l'analyse des fréquences gamiques
ABO, à l'analyse des ressemblances familiales et à une
étude génétique sur le bec -de- lièvre et la fissure du
palais.
Le centre collaborateur OMS pour les hémoglobines anormales, qui a son siège à l'Université de
Cambridge (Royaume -Uni), a établi un résumé de
ses travaux sur le dépistage en laboratoire des hémoglobinopathies, avec une description des méthodes de
détection de l'hémoglobine S, de l'hémoglobine foetale
7.160
et de l'hémoglobine H. Quelque 250 variantes de
l'hémoglobine humaine sont actuellement décelables.
Le centre collaborateur OMS pour la glucose -6phosphate- déshydrogénase, à l'Université d'Ibadan
(Nigéria), s'est intéressé aux aspects cliniques et
7.161
biochimiques de la carence en glucose-6- phosphatedéshydrogénase (G6PD). Les mécanismes de l'hémolyse, le rôle de la rate et la réaction érythropoïétique
ont été étudiés à l'égard des variantes cliniquement
importantes de la carence en G6PD. Les interactions
cliniques entre la carence en G6PD et la salmonellose,
la pneumonie bactérienne, l'hépatite virale et l'insuffisance rénale aiguë ont été également étudiées. L'étude
des aspects biochimiques a englobé des travaux sur les
paramètres cinétiques et thermodynamiques des
variantes de la G6PD.
8. IMMUNOLOGIE
On a enregistré ces dernières années un véritable
foisonnement de connaissances nouvelles en immunologie fondamentale, et celles -ci ont entraîné des
découvertes précieuses tant pour la compréhension de
le lymphome de l'intestin grêle offrent un modèle
clinique intéressant pour l'étude des rapports entre
l'étiopathogenèse de toute une gamme d'affections
importantes en santé publique - des maladies
bactériennes et parasitaires à celles du collagène que pour l'amélioration des méthodes de traitement.
organisée en novembre pour préparer une étude
8.1
En ce qui concerne la lèpre, l'élucidation de la déficience
immunitaire de base responsable du développement
de la forme lépromateuse a été suivie de recherches sur
les moyens de remédier à cette déficience par le recours
à des adjuvants immunologiques tels que le facteur de
transfert. Dans le cas des maladies parasitaires
(paludisme, schistosomiase, trypanosomiase, etc.), on
a mis en évidence le rôle que joue dans la pathogenèse
le dépôt de complexes antigènes- anticorps dans les
tissus. Ces observations orienteront les efforts pour
améliorer tant le traitement que la prévention, et elles
constitueront l'un des éléments de base des travaux
des groupes ad hoc du programme spécial de recherche
et de formation concernant les maladies tropicales,
dont il a été question aux paragraphes 5.8 -5.12. Le
réseau de centres OM S de recherche et de formation en
immunologie, qui fonctionne maintenant dans toutes
les Régions, a joué un rôle important dans l'exécution
d'une bonne part de .ces recherches, qui ont été menées
en coopération étroite avec des institutions locales.
Les techniques immunologiques sont maintenant
d'un emploi courant pour le diagnostic et le traitement
de diverses affections cliniques, d'où la nécessité de
8.2
normaliser les réactifs et les procédés utilisés, si on
veut obtenir des résultats qui soient comparables et
fiables. L'Organisation a poursuivi durant l'année le
programme de normalisation de certains des principaux réactifs, en coopération avec l'Union internationale des Associations d'Immunologie et avec
l'appui financier des Gouvernements de la République
8.3
l'infection, les facteurs d'environnement et la cancérogenèse. Avec l'aide financière de l'Institut national du
Cancer des Etats -Unis d'Amérique, une réunion a été
pluridisciplinaire sur cette maladie, et des protocoles
ont été mis au point à cette occasion pour les enquêtes
à faire sur les malades dans plusieurs pays.
8.4 Les progrès récents de l'immunologie permettent
soit de stimuler, soit d'inhiber l'immunité cellulaire ou
humorale. Cette possibilité d'agir sur la réaction immu-
nitaire a des incidences nombreuses et importantes
dans des domaines divers - production de vaccins
améliorés et peut -être même immunothérapie des
tumeurs. Le recours aux adjuvants immunologiques
constitue un moyen de stimuler la réponse immunitaire;
en octobre, un groupe scientifique de l'OMS a fait le
point des connaissances dans ce domaine et examiné
les moyens par lesquels les adjuvants nouvellement
découverts pouvaient être utilisés dans la préparation
des vaccins.
On sait depuis longtemps que le complément est
nécessaire à la lyse des organismes infectieux, mais on
n'a pas encore déterminé le rôle que jouent les différents constituants de ce système fort complexe. L'identification et l'examen sérologique de personnes souf8.5
frant de déficits spécifiques de l'un ou l'autre de ces
constituants devraient contribuer à élucider le rôle de
ces derniers. L'Organisation a désigné des institutions
des Etats -Unis d'Amérique et du Royaume -Uni comme
centres collaborateurs de l'OMS pour l'étude des
déficits du complément, et le centre de Lausanne
(Suisse) qui s'occupe des immunoglobulines inscrira
également à son programme des recherches sur ce
fédérale d'Allemagne, du Canada et de la Suède.
sujet.
Deux études concertées sur l'évaluation des sérums
anti- immunoglobuline marqués à la fluorescéine ont
été achevées au cours de l'année et un sérum antiIgM marqué à la fluorescéine a fait l'objet d'épreuves
préliminaires. D'autres épreuves préliminaires, visant
8.6
à établir un étalon approprié pour les protéines
sériques, ont été effectuées sur huit préparations.
L'étalon national d'antigène cancéro- embryonnaire,
qui a été provisoirement accepté en décembre comme
préparation internationale de référence (voir le paragraphe 9.26) a aussi été établi en partie sur la base
d'études faites dans divers laboratoires d'immunologie
collaborant avec l'OMS.
La maladie des chaînes alpha et ses rapports avec
On a établi au cours des dernières années l'impor-
tance des facteurs génétiques associés à l'antigène
d'histocompatibilité HL -A dans la sensibilité à
certaines maladies auto -immunes comme la spondylite
ankylosante. Toutefois, la comparabilité des résultats
des recherches suppose une nomenclature et des
réactifs normalisés. Ces problèmes ont été examinés
par les chercheurs des centres collaborateurs de l'OMS
qui étudient les antigènes leucocytaires à l'occasion de
la sixième conférence- atelier internationale sur l'histo-
compatibilité réunie au Danemark en juillet. Ces
- 133 -
ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1975
134
mêmes chercheurs ont préparé, lors d'une réunion
organisée par l'OMS, une nomenclature des spécificités
récemment découvertes, qui sera publiée.
Le centre collaborateur de Moscou, qui étudie
les antigènes spécifiques des tumeurs, a continué ses
recherches sur la nature des cellules produisant l'afcetoprotéine et la possibilité que se développe une
auto -immunité contre cette protéine. Une étude sur
la nature des antigènes présents dans les cellules de la
leucémie virale, faite au cours de l'année, montre que
dans certains cas les constituants antigéniques du
8.7
catabolisme des constituants du complément; la
détection des produits de décomposition du complément
dans le liquide synovial s'est révélée utile pour le
diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde. Les recherches faites sur des animaux d'expérience au sujet des
mécanismes par lesquels les immuncomplexes provoquent des lésions rénales donnent à penser que des
endotoxines bactériennes peuvent jouer un rôle très
important à cet égard. On a également montré que des
réactions auto -immunes contre l'ADN se produisent
dans la leucémie humaine : cette observation pourrait
permettre de mieux comprendre l'étiologie de
la
virus et des cellules malades sont identiques; cette
observation permet d'envisager la possibilité d'une
immunisation contre la leucémie par un virus tué ou
leucémie.
atténué (voir également le paragraphe 4.202).
par le centre de Genève ont été appliquées aux maladies
transmissibles aussi bien qu'aux maladies chroniques.
On a clairement mis en évidence, à l'occasion d'études
entreprises pour évaluer le rôle des mécanismes
Le centre collaborateur de l'OMS à Londres, qui
se consacre à la sérologie des troubles auto -immuns,
a mis au point une épreuve simplifiée pour la détection clinique courante des antiglobulines. Les résultats
8.8
sont conformes à ceux précédemment obtenus au
même centre au moyen d'une épreuve plus compliquée
et qui avaient mis en évidence une augmentation des
antiglobulines chez des malades atteints de polyarthrite rhumatoïde séropositifs et séronégatifs et
dans d'autres maladies du collagène.
Centres de recherche et de formation en immunologie
8.9
Les centres OMS de recherche et de formation en
immunologie jouent un rôle capital par la formation
qu'ils assurent en immunologie fondamentale et
avancée, particulièrement à des chercheurs de pays en
voie de développement, soit sur une base individuelle,
soit en organisant des cours - dont la liste pour 1975
figure au tableau 2. Quelques -unes des activités de
recherche menées par les centres durant l'année sont
exposées dans les paragraphes ci- après.
8.10
Le laboratoire OMS d'immunopathologie de
Genève et le centre OMS de recherche et de formation
en immunologie de Lausanne ont fusionné en 1975,
ce qui se traduira par une amélioration des moyens de
formation et une coopération plus étroite dans la
recherche.
8.11
Afin de pouvoir disposer de meilleures méthodes
immunologiques de diagnostic et de pronostic, on a
étudié à Genève l'immunopathologie des mal