AEG | FINESSE KM 41 | Lutte contre la dengue à Tahiti en 1975

COICMISSION DU PACIFIQUE SUD
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.
SEPTIEME CONFERENCE DES SERVICES DE SANTE
i
(Port-Vila, Nouvelles-Hébrides, 9
- 13
f6vrier 1976)
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. R A P P O R T
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Nouméa, Nouvelle- Calédonie
Mars 1976
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L:
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20 QEC. 1984
O. R.S,T. O.M. Fonds Documentaire
37 1/ 7 b
SP c/7 CDH/Rapport
Page 6 3
AiWEXE V
LUTTE CONTRE LA DENGUE A TAHITI EN 1975
J. Laigret (I), B. Carme ( Z ) , J. F, Chamouard (3),
P. Delebecque (4), M. C. Duprat (5), H. Kaeufier ( 6 ) ,
M. Merlin (7), G. Pichon (8), F. Rivière (S), L. Rosen (9),
-
C
I
-
Avec la collaboration particulière de :
P. Bouissou (lo), M. Tevane (ll), R Tumahai (10)
I - GENERALITES
En 1971-1972, l e Pacifique Sud a été frappé par une pandémie de dengue
(type II) , caractérisée par l'apparition de plusieurs syndromes hémorragiques graves,
ersirahant parfois l a mort. D'autre part, les Aedes (Stegomyia) endémiques, du
groupe Scutellaris, paraissent n'avoir été que très faiblement impliqués dans la transmission, au benéfice d'hedes a e m t i , qui est favorisé par l'urbanisation. D'autre
part,' l'afflux de touristes dans divers territoires accroit les risques d'introduction
d'un nouveau type de virus, en auemeniani le rapport sujets non immuns/sujets
imnuns, il permet au virus de continuer à circuler au décours de l'épidémie.
Cette situation est alarmante, c a r elle reproduit, avec un certain décalage,
l a situation du Sud-Est asiatique, où la dengue, qui sévissait à lr&at endémique SOUS
une forme bénigne, s'est transformée en un syndrome hémorragique grave il y a une
vingtaine d'années.
Si le problème théorique de l'étiologie des formes hémorragiqtzes demeure
posé, il n'en est heureusement pas de m&me de leur prévention. En l'absence de
vaccin ou de traitement spécifique, il convient d'emp$cher, ou d'interrompre la
transmission en luttant contre le vecteur majeur, Aedes aegmti. Ce moudique
est essentiellement anthropophile, s e reproduit dans des gftes artificiels et a une
très Eaible puissance de vol. Son éradication est donc théoriquement possible : il
Suffit d'éliminer tout gfte potentiel dans l e s alentours de chaque habitation.
(I) Docteur en.médecine, Directeur
Santé publique, Institut de recherches médicales h u i s Malardé (IRMLM) et Service des enclémigs; (2) Docteur en mGdecine, '
IRF/ILM; (3), Docteur en médecine, Service d'hygiène territorial; (4) Docteur en
médecine, Service d'hygiene territorial; (5) Educatrice sanitaire, Service de la
publique; (6) Docteur en médecine, LRMLM; (7) Docteur en mjdecine, Service des endémies; (8) Entomoloside médical ORSTOM, IRMLM; (9) NLD. Ph.
D. , Pacific %search Section, Horiol~~l~.t;
(In) Counité de lutte anti-moustique
(CLAA?); (11) Consciller c k Gouvernement 3 la %nt6 publique.
:
I
i
SPC/7CDH/Rapport
Page 64
A cause de la multiplicité, de la diversité et de l a petite taille des @es, la
lutte antilarvaire impliquk l a participation active et soutenue de l'ensemble de
l a population.
Cette aytodiscipline collective étant difficile à obtenir en régime
libéral, il serait imprudent de préjuger de son efficacité. C'est pourquoi il
importe, au cas oil un risque d'épidémie explosive surviendrait malgré la lutte
antilarvaire, d'intensifier cet effort et de recourir en outre à la lutte adulticide
afin d'éviter une circdation trop rapide du virus. Des recherches récentes en
Asie du Sud-Est ont montré que la méthode de choix pour c e genre de situation
était l e procédé ULV (ultra low volume), qui consiste 2 nébuliser t r è s finement
Q froid un insecticide concentr6.
La pandémie de 1971-1972 a montré combien les territoires du Pacifique étaient désarmés contre une épidémie d'arbovirus, celle-ci étant ressentie
Le corollaire est
et subie comme une fatalité plut& que réellement combattue.
que personne ne s e considère responsable. Il convenait d'en tirer les leçons
pour l'avenir, Q la fois sur le plan local et au niveau international.
Le principal enseignement, sur ces deux plans, était le manque de
coordination, indispensable à la mise en oeuvre d'opérations de grande envergure.
- Pour y-remédier localement, un Comité de contr6le de la dengue a été c r é é dès
1971 5 Tahiti qui regroupait, sous la présidence du Conseiller de Gouvernement
chargé de l a santé, les autorités et les techniciens qui, de p r è s ou de loin,
pourraient avoir un r61e à jouer au cours d'une campagne de lutte, soit pour la
soutenir, soit qui risquerait de l'eniraver. L e second point était l e manque de
motivation pour entreprendre la lutte intensive contre Aedes aem-pti, da au
manque d'information à tous l e s niveaux. Enfin, du point de vue technique, il
importait de mettre en place un laboratoire de sérologie, indispensable pour
effectuer l e dépistage des cas suspects et pour suivre l'évolution d'une éventuelle
épidémie, et de s e procurer matériel de nébulisation et produits nécessaires
pour une éventuelle campagne imagocide.
2
-
STRATEGIE ET ORGANISATION PRATIQUE DE LA
UTT TE
2.1 Evaluation des risques
Le Ler m a r s 1975, lorsqu'une épidémie de dengue explosive de type I est
déclarée aux Fidji, Tahiti est, c o m e en 1971, le territoire l e plus exposé.
Si elle n'a pas déjà eu lieu, l'introduction du virus est imminente, compteL'approche
tenu d e s liaisons aériennes fr6quentes entre l e s Fidji et Tahiti:
de l a saison "sèche" ne confère aucun réconfort, c a r celle-ci est toute
relative à Tahiti et permet des densités de moustiques compatibles avec la
transmission : en 1971, l'acmé de l'épidémie s'est située en juillet-aoQt,
mois considérés comme l e s plus secs. D'autre part, l e virus de type II
continue 2. circuler trois ans après l'+idémie, malgré qu'une fraction
importante de l a population soit immunisée. Les conditions sont donc
i
Y
SPC/'i CDH/Rapport
Page 65
éminemment favorables à l'éclosion d'une épid6mie de type I, qui n'a
pas sévi depuis 1944, et pour lequel la grande majorité de la population
est dépourvue d'immunité.
Enfin, de nombreux cas de grippe sont enre:
gistrés à cette époque, et ils peuvent cacher l e développement d'une
nouvelle épidémie de dengue.
Réunion du Comité de contrdle de la dengue
Le 4 m a r s 1975, cette situation alarmante est exposée aux membre's du
Comité de contrdle de la dengue p a r l e Directeur du Service de santé et
s e s techniciens, qui présentent les grandes lignes de l'action qu'il convient d'entreprendre, à la €ois au plan préventif et en ce -qui concerne
l'acquisition du matériel d'épandage et des produits insecticides. L e
Comité donne l e "feu vert".
Le soir m h e , une conférence de presse
et une émission radio-télévisée rendent compte des conclusioris du Comité
et marquent l e début d'une campagne intensive d'information du public.
Cette réunion peut paraftre bien administrative et protocolaire, mais en
fait elle conditionne le bon déroulement futur de la campagne, chaque fois
qu'il conviendra de demander le soutien ou la coop6ration d'un service
dont l e s attributions ne sont pas directement en relation avec le problème
publique.
de S&é
2.3 Constitution publique d'une unité technique
Le Directeur du service de santé regroupe huit techniciens du territoire
qui sont directement concernés dans la lutte contre la dengue, dont l e s
compétences recouvrent les domaines de l'organisation de la campagne,
l'épidé&iologie, Ia séro-virologie, l'éducation sanitaire et la lutte antiIls appartiennent à differents services ou organismes :
moustique.
Service de santé, Service d'Hygiène, Service des endémies, Office de
la recherche scientifique et technique outre-mer et Institut de recherches
médicales Louis Malardé.
Chacun de s e s membres est conscient que
de la'campagne anticette unité technique constitue la pierre @aire
dengue, et se sent donc directement responsable de l'évolution de la
situation. La fréquence des réunions est quotidienne, au début de l a
campagne; elle deviendra ensuite hebdomadaire ou bi-hebdomadaire.
2 4 Stratégie et objectifs
L
La stratégie adoptée porte essentiellement sur l a zone urbaine et periurbaine de Tahiti, où les densités humaine et vectorielle sont compatibles
avec une 6pidémie importante. Elle consiste avant tout à mettre l'accent
sur l'action préventive : il faut chercher à abaisser l a population d'Aedes
m
i à un niveau infra-épidémique, et seule la lutte amti-larvaire
permet .d'obtenir un résultat durable.
SPC/7CDH/Rapport
Page 66
L'existence de cas suspects laisse supposer que ce niveau infra-épidémique
n'est pas atteillt et il convieni alors de recourir à l a lutte anti-adultes
Cette action sera
pour entraver immédiateme& la circulation du virus.
modulée en fonction du nombre et de la répartition des cas suspects : selon
que l'on aura affaire 3 des cas isolés, paraissant plus regroupés dans
un quartier ou répartis sur l'ensemble de la zone urbaine, on a.ura recours
2 l'emploi d'appareils de pulvérisation par voie aérienne.
Les objectifs à atteindre appartiennent donc à t r o i s grandes catégories :
,
-
essayer de connaftre la situation "au jour le jour", en regroupant
le maximum de param&res épidémiologiques , séro-virologiques et
entomologiques, afin de décider des mesures à prendre et de pouvoir
évaluer ensuite leur efficacité.
-
informer la population et chercher à promouvoir sa participation
en vue de l a lutte antilarvaire.
I
2.5
mettre en place un dispositif de lutte anti-adultes adapté aux conditions locales.
Surveillance
2.5.1
l
l
Epidémiologique
Le succi% de !a stratégie adoptée repose essentiellement sur la connaissance
rapide et aussi complète que possible du nombre et de la localisation des
cas suspects. Il convient donc d'obtenir la collaboration des médecins
privés et publics du territoire. Dans ce but, le Directeur du Service de
santé invite l e s médecins 5 une réunion au cours de laquelle l'Unit6 technique est présentée, expose les différentes mesures envisagées, et propose
un mod6le de fiche de déclaration, comportant divers renseignements
épidémiologiques ou cliniques. Dix mille exemplaires de fiches sont distribués à tousles médecins et une assistante sociale est chargée de l e s récupérer régulièremer&, et éventuellemeni de convoquer les cas suspects
pour le second prglèveme& lorsqu'une analyse séro-virologique est demandge.
Les résultats de ces analyses seront fournis gratuitement. D è s réception
des fiches, l e s cas suspects sont pointés sur une carte et sont immédiatement signalés au Service d'hygihe, chargé de l a désinsectisation.
Les
résultats de typage demandent plusieurs mois, la pr6somption de virus de
type I est basée sur la proportion de cas suspects : presents en 1971/
nouvellement arrivés, qui doit etre d'autant plus élevé que le virus de
type I prédominera.
Tout au long de l a campagne, l e Directeur du service de santé écrira
régulièrement aux médecins pour maintenir le contact et les informer sur
l'évolution de la situation.
SP C/7 CDH/mpport
Page 67
_2.5.2
5mique
-
35'
k
era
: selon
csf
Séro-virologique
Un système de sentinelles, constitué de volontaires choisis parmi les
jeunes recrus nouvellement arrivées et ayant toujours séjourné en zone
exempte de dengue, a été mis en place depuis d6but 1974. Des analyses sérologiques tous les deux mois permettent de detecter toute
circulation anormale de virus.
1s-r
becours
En ce qui concerne les cas suspects .pour lesquels une analyse sérologique est demandée, l e s paires de sérums sont traitées sur place en
inhibition de lfhémagglutination, Le sérum des cas l e s plus Bvocateurs
est expédié B Honolulu pour isolement et typage du virus en fixation du
compl6men.t.
:s :
t
3t
2.5. 3
Entomologique
ivoir
Un dispositif de 40 pondoirs-pièges, visités hebdomadairemellt, a été mis er
Il concerne essentiellement Aedes polgplace en 1970 tout autour de l'fie.
nesiensis (85% des oeufs identifiés). Après l'épidémie de 1971, un second
dispositif de 44 pondoirs-pièges a été installé-en zone urbaine, et s'applique
principalement à l a surveillance drAedes aegy-pti (plus de 95% des oeufs
identifiés). Depuis le début de la campagne, quatre équipes de deux captur e u s effectuent, toutes l e s deux semaines en général, une série de capture
en zone urbaine pour évaluer l e taux d'agressivité dfAedes a e m t i par h o m
et par heure. La densité des gftes larvaires est évaluée par l'indice de
Breteau : nombre de ,$Les larvaires positifs pour & a e m t i , pout 100
maisons visitées.
3-
k
ii s sance
Les résultat s des différents systèmes de surveillance sont confrontés
régulièrement et l e s décisions so& prises en conséquence.
&S
L9
de
?
3
- ACTION
PSYCHOLOGIQUE : EDUCATION SANITAIRE
,ChIli-
pose
d i st rir écu-
?mandée.
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diatees
de
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/
3
2
2
sur
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Eliminer toute collection d'eau favorable au développement d'Aedes a '?m
est un objectiP aussi &€ficile à réaliser qu'il est aisé à décrire, car il exige la
Participation active, efficace et prolongée de l'ensemble de l a population. LorsqL
l'endémie filarienne était importante, Tahiti a déjà été l e cadre d'une lutte antilarvaire intensive contre Aedes polynesiensis. Le recul spectaculaire de Cette
endémie et l e s importantes modifications socio-économiques survenues depuis 2 5
ans ont entram6 son abandon presque complet.
3. i
Information
La plupart des @es &ant du,e à l'ignorance, il convient d'informer ïa population sur l e cycle de l a dengue, la biologie du moustique vecteur, etc.,
afin de l'inciter à appliquer les consignes de lutte antilarvaire. Cette i d o r
mation doit & r e intensive, mais suffisammerrt variée pour un pas entrainer
de lassitude.
SPC/7CDH/Rapport
Page 68
D'autre part, comme il y a peu d'espoir de modifier d'une manière durable
le comportement des adultes, l'action en profondeur doit etre menée auprès
des enfants par le truchement des écoles. C'est dans cette optique qu'un
document d'information pour les maftres : "Le moustique, notre ennemi'' a
été rédigé en 1974, et que l a biologie du moustique a t%é inscrite dans l e
cycle normal de l'enseignement primaire à Tahiti. C'est donc a G niveau
des écoles qu'un effort tout particulier est effectué. En mars-avril, une va:
campagne d'information est lancée par l a truchement de la radio-télévision
(sports, slogans, tables rondes, questions des auditeurs, etc.) et de la
presse écrite, qui publie quotidiennement, souvent en première page, un
article s u r la dengue. Simultanément, des tracts bilingues, des autocollants
et des affiches sont largement distribués. D e s causeries avec projections,
stand-moustiques ont lieu dans les communes, les écoles, ou devant certains
groupes religieux.
Le samedi (mahana mala : journee de l a nourriture en tahitien) traditionnellement consacré aux t3ches ménagères, est institué "journée du moustique''
la radio rappelant 2. cette occasion les consignes de lutte antilarvaire, et
recommandant à chacun d'éliminer chaque samedi tout gfte potentiel dans un
rayon de trente m2tres autour de chez soi. Cette distance réduite est
intentionnellement choisie pour que l'effort de lutte ne paraisse pas dispropoi
tionné, et qu'il puisse donc @treaccompli par le plus grand nombre.
i
Des comités de lutte corrtre la dengue sont c r é é s d2ns plusieurs communes,
qui organisent des campagnes de propreté.
Au risque de choquer les puristes de l'éducation sanitaire, l'inquiétude
provoquée par des informations alarmantes provenant des Fidji, largement
répercutées par l a presse locale, incite fortement l a population 2 pratiquer
la lutte antilarvaire les premiers temps. Il n'en demeure pas moins que,
peut-@tre pour des raisons forfuites, cette phase de l a campagne correspond
a une diminutiin spectaculaire du nombre des moustiques, s'accompamld
d'une diminution moins marquée, mais significative, du nombre de déclarations de ces cas suspects, et que ce phénomène est ressenti par beaucoup
comme l a preuve de l'efficacité de mesures qu'ils considéraient auparavant
comme illusoir es,
Cette information intensive, q u i s'étale sur cinq semaines, est essentielleme
animée par l'unité technique et par l e conseiller de gouvernement chargé de
la santé publique, mais il faut signaler diverses initiatives individuelles :
tel maire visite personnellement chaque maison et distribue des certificats
. de propreté, tel x c h e s t r e local compose une chanson sur la dengue, etc.
3. 2
Creation du CLAM
Apri% l'intervention des techniciens , il convient qu'une organisation Bmanarrt
du public prenne le relais pour animer Ia campagne, car elle s e r a plus persuasive. La reunion de divers responsables de groupes dgcide le L1 avril
de constituer la Comniission de lutte mLi-mouscique (le CLAM), au s e i n
SPC /7C DH/Rapport
Page 69
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duquel l e s membres de l'unité technique jouent le r61e de conseillers techniques. La création du C L A M est l'occasion de provoquer la participation de
la communautg chinoise, qui incite, g 3 c e à un appel télévisé et des tracts
en chinois, les commerçants à débarrasser leurs arrières-boutiques de
nombreux @tes &tentiels.
C'est également l'occasion pour diverses personnalités du territoire de prendre publiquement position pour la campagne contre
l a dengue.
Cependant, cinq semaines après le début de l a campagne, l a diminution du
nombre des moustiques et des déclaraiions de cas suspects e n t r a m , c e qui
était inévitable, un affaissement de l a vigilance. Le CLAM décide d'organiser des journées d'action, dont le coté spectaculaire permettra de relancer
l*intér& de la population.
3 . 3 Journées d'action
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3.3.1.
La première action, mise au point en collaboration avec l e bureau
pédagogique, consiste à distribuer à toutes les classes de l'enseignement
primaire un sachet d'oeufs d'Aedes aegypti , accompagni5 d'un mode d'emploi,
qui permet simultanément à tous les élèves d'observer le développement du
moustique. Les commentaires des instituteurs, et des causeries animées
p a r les agents du service d'hygiène et de lTRMLM, demandent-aux enfants
de pratiquer intensivement la lutte antilarvaire chez eux l e samedi 17 mai,
journée pendarit laquelle les responsables du CLAM font l e tour de l'Be
avec une caravane de voitures munies de hauts-parleurs, diffusent en musique
des conseils en tahitien, en français et en chinois et distribuent des tracts.
Les enfants remettent znsuite des textes et des dessins sur la lutte contre la
dengue, dont l e s meilleurs sont publiés dans les journaux et diffusés par la ,
I
radio-t él évi sion.
3.3.2
La seconde opération est particulièrement spectaculaire. Un mois avar
l a saison des pluies, elle consiste 2 distribuer aux quelque 13.000 élèves des
écoles primaires un pondoir piégé avec de l'Abate, qu'ils doivent installer
chez eux après avoir cherché à éliminer tout gfte larvaire. Le succès psychologique de cette opération est dQ à la participation de la Station FR3 de radio
et de télévision locale, qui a lancé un grand concours promotionnel "10.000
bouteilles" afin de récupérer en une journée les bouteilles en plastique nécessai.
r e s 5 la confection des pondoirs. Ces bouteilles sont peintes en noir au pistolet, sciées transversalement, pourvues d'une baguette en bois agglomGr6 et
Chaque pondoir est muni d'un mode
d'un papier buvard imprégné d'Abate.
d'emploi bilingue, qui insite s u r la nécessité prioritaire d'éliminer les grtes
larvaires potentiels. Les 13. 200 pondoirs sont distribués aux écoles par l e s
mairies le vendredi 3 octobre. Le soir meme, un film télévisé sur la
pose du pondoir et la lutte antilarvaire est diffusé à plusieurs reprises.
Le lendemain, journée d e Ia pose des pondoirs, le CLAM organise une
nouvelle journee d'information à l'aide de plusieurs voitures munies de hautsparleurs, qui sont en contact avec la station de radio locale.
SPC/7CDH/Rapport
Page 70
La dernière opération lancée par l e C I A M se situe en decembre,
3.3.3
lorsque la pluviosité supérieure s'accompagne d'une recrudescence alarmante des moustiques vecteurs et des déclarations de dengue.
Une délégation du CLAM rend visite, en présence de journalistes, 5 tous
les maires de l'ife et leur demande quelles mesures ils ont prises pour
aider leurs administrés à lutter contre la dengue (ramassage des ordures,
nettoyage des caniveaux: etc. ). A cette occasion, plusieurs communes
organisent une campagne de propreté.
3.4
Soutien 2 l a campagne adulticide
A cette période, l e nombre des declarations et le nombre des moustiques
font craindre que la lutte antilarvaire soit insuffisante pour empecher
l'épidémie d'atteindre des proportions graves , d'autant que l'approche des
fetes de fili d'année entraiîne, comme en juillet, un important brassage de
l a population. Le recours à la nébulisation par voie aérienne s'impose.
mais il convient d'en €aire axcepter l'idée à la population et aux autorités,
extremement sensibilisées par diverses campagnes de dénigrement des
insecticides, certaines émanarrt mi.?"
d'organism4s internationaux. L'unité technique diffuse une étude mathématique montrant, en fonctidn de la
densité des vecteurs, l a "fourchette" des risques raisonnalbement prévisibles. Divers articles sont diffusés sur l e s avantages et l e s inconvénients des
insecticides, et sur la situation épidémiologique qui rend opportun l e u r emploi
2 grande échelle. Lorsque l'autorisation de survol est accordée le passage
à basse altitude de l'avion est mis à profit par la presse pour rappeler l e s
consignes de lutte antilarvaire. plus que jamais nécessaire (intentionnellement, l'utilisation d'Abate n'est pas mentionnée) pour rentabiliser durableme& cette opération spectaculaire.
4 - ACTION TECHNIQUE
Lorsque I ' d e r t e est lancée, le personnel antilarvaire du service d'hygiène
comprend seulement 14 agents. Cet effectif est insuffisant pour superviser et animer une campagne arctilarvaire : l'inspection de toutes les maisons de l a zone
urbaine demanderait plus de deux ans.
Le service d'hygiène doit donc s e borner à effectuer l a lutte chimique
Le Comité de contr8le de l a dengue l'autorise à débloquer des crédits pour
s'approvisionner d'urgence en matériel de nébulisation U. L. V. et en produits
insecticides.
4. L Produits et matériel de nébulisation
4.1.1
Produits
Les insecticides choisis sont l e Malathion (OMS 1) et l'Abate (OMS 7861,
en raison de Ieur non-toxicité pour l'homme, de l e u r efficacité éprouvee,
et des imperatifs de non-pollution du fragile environnement insulaire. Les
tests pratiqués par le laboratoire owts de réfitrence sur les insecticides de
1'ORSTOM à Bondy indique$ que Ies souches d'Aedes ae,e;ypti locales sont
sensibles B ces p r O d ~ i t 3 .
._ .
3
SPC /7C DI'i/Rapport
Page 7 1
I
D'autre part, ils .existed en formulation U L V : Malathion ULV (96% de
malathion technique) et Abate 500E (50%- d'Abate technique). La zone la
plus urbanisée, h protéger en priorité, é t a d grossièrement évaluée à
quelque 40 km2, un stock de 4 tonnes de &lalathion et une tonne d'Abate
est con&mndb. Leurs transport rapide à partir de la France métropolitaine est assuré par des avions militaires.
f3-
n"
4.1.2
s,
Materiels U. L. V.
Aucun dispositif ULV n'existant s u r le territoire, l e service d1hygi8ne
commande l e s appareils suivants :
-
cinq nébulisateurs portatifs MICRO-GEX, pour les désinsectisations
domiciliaires des cas suspects.
-
S
un nébulisateur LECO, montable sur camionnette, pour la désinsectisation des quartiers.
S
le
En vue d'une n6bulisation par voie aérienne, l'emploi d'un avion m o m moteur est déconseilli! si la surface à traiter excède 1 0 km2. Le
seul type d'avion disponible ayant une charge utile suffisade répondant
2. l'exigence d'une bonne stabilité à faible vitesse et à basse altitude
est l e Britten Norman II Islander, bimoteur utilisé pour le transport
interinsulaire dans de nombreux territoires du Pacifique.
!S ,
li-
ides
mploi
%e
Pour limiter au maximum les risques de panne (dont les répercussions
pourraient etre catastrophiques en période d'urgence) l e critGre qui préside
aux choix de principe de nébulisation à adopter est sa simplicité, meme si
un dispositif plus sophistiqué est susceptible de fournir de meiIleures performances. Ce critère est rempli par un système proposé pour l'apandage
d'Orth0 Dibrom ULV, qui a fait ses preuves en particulier à l'Entente
interd6partementale de démoustication du Languedoc : la pression nécessaire
est fournie par une bouteille de gaz comprimé plutbt que par une pompe
électrique, et l'insecticide est diffusé par une rampe de "Tee Jet" plut6t
que par un diffuseur rotatif, type Micronair.
,S
Les
-
(i
C e dispositif a a6 réalisé sur place par la DCAN et * l e CIP, en cherchant
5 utiliser a u mieurc: la capacité, la charge utile et les autres caractéristique:
du BN II Islander. Le Bureau Veritas s'est chargé des formalités d'homologation. L'installation pèse 235 kg et comprend :
-
3 réservoirs 2 insecticides d'une capacité totale de 390 litres, et d'un
capacité utile d e 330 litres.
-
1 réservoir d'azote comprimé (30 kg/cm 2 )
-.
1 systgme de vidange rapide.
I
.
f3,
.ée,
Les
e s de
1 rampe de pulvérisation de 12.7 m d'envergure, portant 22 pdvérisate'ms "TEE JET" réf. 8001, sous une pression de 3 , 5 kg/cm2
(50 psi) leur d&it total théorique est de 9,33 litres d'eau par minute
(2,46 U. S. gallon/min), soit 3,02 litres (í?,L2 U.S. gallon) pow un
produit ayant la viscosité du malathion ULV.
sont
I
ll..
.
r-
..
_-
E
SPC/7 CDH/Rapport
Page 72
La vitesse d'6pandage étant fixée à 120 km/h (80 mph), la largeur de
bande traitée est donc de l'ordre de 65 m, si l'on cherche à réaliser
un dosage de 0,584 l h a (8 fl. oz/acre) composé de 3/4 de Malathion
ULV et d'un quart d'Abate 500E.
4.2
Essais du matériel
4.2.1
Les appareils portatifs MICRO-GEN ont ét6 préférés aw FONTAN,
parce que l e s utilisateurs de ces derniers avaient signalé des pannes fréquentes. En définitive, l e s MICRO-GEN paraissent présenter le meme
..
inconvénient.
4.2.2
Appareil LEC0
La largeur de bande traitée a été évaluée gr%ce à l'emploi de cages
tétraédriques, disposées perpendiculairement au passage de la camionnette. Les résultats confirment ceux qui sont fournis par le constructeur : une efficacité importante est enregistrée sur une largeur d'une
centaine de mètres.
En théorie, en estimant la bande efficace à 65 m a r e s , une vitesse d'épandage
moyenne de 15 km/h devrait permettre de traiter 97,5 ha par heure.
En pratique, en raison des nombreuses manoeuvres que doit effectuer l a
camionnette, la surface traitee à l'heure est de l'ordre de 11 ha, sans
tenir compte du temps consacré à l'entretien, aux réparations 'et au
remplissage du réservoir.
Pour traiter 'une zone de 40 k m 2 , il faudrait 364 heures de traitement par
c e type d'appareil, c'est-&dire plus de trois mois si les conditions climatiques sont assez favorables pour qu'il puisse fonctionner 30 heures par
semaine. En saison des pluies, la période nécessaire pour le traitement
doit etre multipliée par 2 ou 3. ' L e prix de revient de l'hectare traité
est de l'ordre de 780 francs CP.
4.2.3-
Dispositif ULV &rien
4-2.3.1 Les essais préliminaires ont lieu le samedi 12 avril au-dessus
de la piste de l'aéroport de Faaa et sur l'ílot qui la jouxte. Sed le malathion ULV est utilisé. L'efficacité et la qualité de la nébulisation sont
Bvaluées à l'aide de 50 cages téiraédriques ou cubiques contenant chacune
une cinquantaine de femelles d'Aedes aeg;ypti et de papier filtre imprégne
de Rhodamine B.
Le traitement s e d6roule 2 une vitesse de 120 km/h (80 mph) et à une
hauteur de 60 mstres (200 pieds); OR note en terrain nu une mortalité
de 100 pour cent sur une largeur de 250 mares.
D'autre part, la pénétration du brouillard insecticide est jugee satisfaisante
d'après les réstlltats des cages placées au for-d des hangars ou dans la
frondaison des arbres.
5.
SPC /7C DH/Rapport
Ab
Page 73
Enfin, l'utilisation des papiers colorés indique que la nébulisation est
suffisamment fine et homogène.
'3
LN,
!-
4.2.3.2
Les essais en vraie grandeur ont lieu en décembre, lorsqu'une
épidémie de dengue explosive parart imminente. Les conditions météorologiques sont alors t r è s défavorables, car il pleut abondammelrt, m&me le
matin, et le veni dépasse souvent la vitesse de 10 noeuds.
Il est précédé au calibrage fin du dispositif, en utilisant le mélange 3/4
Malathion ULV-1/4 Abate 500E, dont on veut épandre 0,584 l/ha (8 fl.
oz/acre).
On trouve un débit de 9,5 l/min. ce qui porte 5 75 m la
distance entre deux passages, et à 1 6 , 3 ha la surface traitée en une
minute. Le chargement des cuves pour chaque opération correspond à
un fat de 200 litres de mélange, ce qui permet de couvrir sans atterrir
une surface de 342,5 ha pour une durée d'épandage effectif de 2 1 minutes
soit, suivant la nature du terrain à traiter, entre 35 et 60 minutes de
temps de vol. Par beau temps, il est impératif d'effectuer l e s nébulisations
de bdnne heure, à cause des ascendances d'air chaud. Il n'est donc pas
possible d'effectuer plus de deux traitements en une journée. P a r mauvais
temps, l'heure importe peu, et il faut profiter des périodes d'accalmie.
En comptant deux vols d'épandage par jour, ce qui est presque toujours
possible, il faudrait à l'avion six jours pour traiter une surface de
40 km2.
4.2. 3. 3
Efficacité,
Pour évaluer l'efficacité des traitements, 15 maisons sont prises au hasard
dans une partie de l a zone urbaine. Pour chaque maison, on installe B
l'extérieur, à l'abri 'et B l'intérieur une cage tétraédrique contenant 50
femelles d'Aedes aegypti, un b o c d contenant une quarantaine de larves de
troisième stade, et un papier Kromekote. Une heure après l e passage de
l'avion, ce matériel est récupéré. On constate une mortalité presqu'immédiate des larves placées à l'extérieur et 2 l'abri. 24 heures après la
mortalité est totale dans ces récipients, et elle dépasse 6% p o u r ceux
qui sont placgs à l'intérieur des maisons. La mortalité des adultes n'est
pas immédiate, mais elle atteint 100% dans toutes les cages 24 heures
après. Les papiers Kromekote sont saupoudrés de Rhodamine B qui colore
les gout¿elettes d'insecticide et montrent une homogénéité et une finesse
satisfaisante de l a nébulisation.
D'autre part, pour chacune des 15 maisons, il est pratiqué une évaluation
de la population naturelle des moustiques par captures au filet et à l'intérieur des habitations et par captures sur homme. à l'extérieur et sous abri.
En dépit des mauvaises conditions climatiques (une forte pluie est tombge
quelques heures a p r h l a nébulisation), l e s résultats (tableau 1) s o d satisfaisants. Ils soni confirmés par les captures de routine qui sont effectuées
sur l'ensemble de Ia zone urbaine.
SPC/7CDH/Rapport
Page 74
Le survol a permis d'évaluer avec plus de précision la zone de haut risque,
car seules les régions suffisamment habitées orrt été traitées. Cette zone
atteint 20 km2 (y compris Taravao et Uturoa). L a zone urbaine l a plus
densément peuplée, qui représente 4 k m2 , a été retraitée six jours après
le premier passage.
4.2.3.4
Autres répercussions
Cette opération a été bien acceptée. Une certaine mortalité a été enregistrée
dans l e s ruches de la zone urbaine, au niveau des butineuses. En ce qui
concerne la faune aquatique, les seules victimes semblent avoir été des
alevins de mulet Neomyxus sp. qui vivent dans les b r a s morts de lagon.
Aucune mortalité n'a été signalée chez les autres espèces, de m@me que dans
les élevages de carpes ou de "chevrettesrr (crevettes d'eau douce). Bien
que l'Abate ULV soit considérée comme encore plus corrosif que le Malathion,
aucune plainte concernant les peintures de voitures n'a été enregistrée.
5
-
RESULTATS
5.1
Déclarations
Globalement, la situation en I975 ne ressemble en r i e n à ce que Ifon
observe lorsqu'une épidémie de dengue sévit "en libre cours", comme c e
fut le cas à Tahiti en 1971. L'incidence n'a jamais été suffisamment élevée
pour freiner d'une manière perceptible les activités du territoire. D'autre
part, si quelques symptdmes hémorragiques ont été enregistrés, aucun
n'a &é suffisamment grave pour nécessiter l!hospitalisation, ce qui tendrait
3 indiquer qu'une vitesse de circulation maintenue faible empecherait l'exacerbation de la virulence virale.
Le tableau 1 montre l'évolution du rmmbre hebdomadaire de déclarations deprris
le début de l'alerte. A partir de la troisieme semaine, qui correspond en
fait 5. la mise en place du dispositif de fiches de déclarations noramlisées,
on distingue trois phases dans cet histogramme.
I : du début à la 12ème semaine, on observe une diminution régulière, le
nombre de déclarations hebdomadaires passant de 50 à 8.
II : de la 13ème à l a 26ème semaine, le nombre de cas augmente regdièrement, pour atteindre un pic la 24ème semaine avec 68 déclarations;
il diminue ensuite rapidement jusqu'à la 28ème semaine (24 déclarations), puis plus lentement.
:
à partir de la 37ème semaine, l e nombre de déclarations augmente
rapidement jusqu'à la 41èmé semaine (142 dkclarations) , puis redescend
brusquement.
Bien que la désinsectisation domiciliaire favorise l a déclaration des
cas suspects, l e nombre des d&clarants est certainemeni t r è s infgrieur
au nombre des cas réels. E n effet, le rapport entre les Européens
SPC/7CDH/Rapport
Page 7 5
ve,
le
H
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A?
nouveaux arrivés et les autochtones, devrait @tre, compte tenu qu'une fraction
de ces derniers a été immunisée par 1'6pidémie de type de 1944, de l'ordre
de 1 pour 4, alors que le rapport effectivement enregistré est de l'ordre de
1 pour 1. Ceci paraft refléter le fait que l e s nouveaux arrivants consultent
plus volontiers un médecin que les autochtones pour une maladie qui est
généralement bQnigne.
Sauf a u début de la campagne, oit il est probable que la plupart des cas
suscepts étaient déclarés, on peut estimer que par la suite, il y a eu
cinq 3 dix cas suscepts pour un cas déclarés.. Une enqu@teorale rétrospective est en cours pour vérifier cette estimation
5.2
Conformation sérologique
Les analyses sérolologiques permetterit d'estimer la proportion des cas suspects ayant effectivement contracté la dengue. Cette proportion varie d'une
manière sigmorde au cours du temps :
-
pendant l a phase I, décroissarde, elle est de 28% seulement, ce qui
s'explique par la présence concommittente d'une épidémie de grippe.
--
au cours du premier mois de la phase II, cette proportion augmente
significativement et atteint 53%.
-
la fréquence de confirmation des c a s suspects analysés reste stationnaire
autour de 69% au cours de la fin de la phase II et de la phase DI.
u
Confirmation virologique
A ce j o u r , 32 virus ont été iderrtifiigs par le D r Rosen
r'
lepuis
n
Au cours de la phase I, 1 9 correspondent au type LTI et 3 sont du type I,
dont la première mise en évidence se situe à la mi-mars, trois semaines
apr6s le début de la campagne.
' 2
le
63;
Pour les dix'virus qui orit ét6 isolés dans la partie ascendante de la pnase
II, seul le type I a kté isolé. Il est donc vraisemblable que les cas confirmés sérologiquement par la suite correspondent essentiellement, sinon totalemerit, au type I.
5.4
Evolution de la densiti! vectorielle et de l'incidence hebdomadaire
Le tableau 2 représenke l'évolution
3
a)
.
a-
de l a pluviométrie mensuelle enregistrée en zone urbaine (Faaa) en
1975.
3 nd
*
:
b)
du taux d'agressivité d'Aedes aeEjpti en zone urbaine, exprimé en
femelles capturées par h o r a e et par heure.
SPC/7CDH/Rapport
Page 76
c)
5.4.1
du nombre de cas hebdomadaires présumés positifs, calculé d'après
les taux de confirmation des cas suspects analysés.
Densité vectorielle
A partir du debut de la campagne, on observe une rapide d6croissance de
la densité stégomyienne, dont l e taux d'agressivité passe de 5 , l Li 1 , 0 et
l'indice de Breteau de 30-60 à 4-12 en trois semaines. La densité vectoEn particulier, elle
rielle se stabilise alors autour de 1 pendant huit mois.
ne semble pas affectée par les nébulisations sur camionnette qui ont eu lieu
en aoQt. A partir de fin novembre, elle remonte rapidement, pour atteindre
Après deux semaines de traitement par
son maximum B la- mi-décembre.
camionnette, elle descend à 2,1. L'épandage aérien améliore ce résultat
la densité tombant alors à 0 , 2 . La densité remonte ensuite rapidement :
elle atteint 2 , 4 fin janvier, avec un indice de Breteau de 11-23.
5.4.2
o
Incidence hebdomadaire
Dans l'ensemble, elle varie parallèlement à l a densité vectorielle. La
brutale décroissance stégomyienne s'accompagne d'une diminution plus lente,
mais régulière, de l'incidence (phase i). De m@me, au "pic" yectoriel de
décembre correspond une flambée' épidémique (phase III). Par contre, la
phase II, observée en juillet-aoQt, et qui a déclenché la première opération
adulticide, correspond à une période où la densité stégomyienne est faible
et apparemment stationnaire.
5.4. 3
Evolution comparée et interprétation
L'identité et la proportion des v i r u s en présence permettent d'interpréter que dt
densités vectorielles du m@meordre, l o r s des phases I et III, aient pu avoir
des conséquences radicalement différentes sur l'incidence.
Au début de la phase I, l'incidence est faible parce qu'elle est essentiellement
due au type II, qui subsiste gr%ce au grand nombre de vecteurs, et qui devrait disparaftre si ceux-ci diminuent suffisamment. Une telle régression a
bien lieu, mais elle est atténuée par l'apparition et la multiplication du virus
I , qui peut s e développer en dépit d'une faible densité vectorielle parce que
l a majeure partie de la population ne lui est pas immune.
U n modèle mathématique permet d'étayer cette interprétation. La densité
vectorielle étant pratiquement constante pendant la majeure partie de l a
phase I et la phase II, on peut considérer que l'incidence due au type I est
multipliée au cours des semaines successives par un facteur constant. La
partie ascendante de l a phase II, au cours de laquelle seul le type I a été
isolé, permet d'estimer ce facteur à 1 , 2 1 8 , et d'extrapoler les incidences
dues au .type I lors de la phase I. Les incidences dues au type II sont
alors obtenues par différence : elles paraissent suivre également une courbe
exponentielle, de facteur O , 749.
A
-
SPC/7C DH/Rapport
Page 77
3
*
e
Bien que déterministe, ce modele reproduit correctement les données
observées (figure 1 c). En particulier, il rend bien compte des résultats obtenus pour les identifications de virus : l e nombre attendu d'isolements de virus It est de 17,3 s u r 22 au cours de la phase I au lieu
de 19, et de 1,9 sur 10 au cours de la phase II au lieu de O.
P-,
Il est probable que la sécheresse enregistrée entre juillet et septembre
elle
ieu
ndr e
r
P
ite,
le
on
?
%
r que de
voir
?ment
.en a
a da abaisser la longévité moyenne de la population vectorielle, ce qui
aurait dQ avoir des répercussions sur l a transmission du virus. Mais
il semble que ce phénomène ait été contrebalance par les fetes du "juillet", qui rev@tent à Tahiti une certaine ampleur, et qui ont entrafné en
m€?metemps .qu'un rel%chement de la vigilance antilarvaire, un regroupement important de la population'
Il est donc possible que la transmission se soit maintenue au meme taux
malgré un plus faible nombre absolu de moustiques infectants, compte
tenu des habitudes alimentaires des femelles d'Aedes aeg-ypti, dont les
repas s'effectuent généralement en plusieurs prises, et qui ont à cette
période davantage d'h6tes à leur disposition.
Les phénomGnes de régulation, particulièrement importants chez les
populations de Stegomyia, permettent d'interpréter l'action paradoxale
de la première opération de nébulisation, qui semble avoir abaissé la
transmission sans que l a population vectorielle soit significativement
diminuée. En effet, il est possible que c e s désinsectisations aient
supprimé un grand nombre de moustiques infectants ou infectés, mais
que les facteurs dépendant de la densité intervenant, ceux-ci soient
rapidement remplacés par une population plus jeune, c'est-à-dire contenant une fraction moins importante de moustiques susceptibles de permettre l'incubation virale, d'autant que celle-ci est allongée durant
cette période plus Erafche. La sécheresse relative qui s'est prolongée
jusqu'à la mi-octobre a maintenu cette tendance, entra&& mie transmission stationnaire ou légèrement décroissante,
Remettant en eau de nombreux gftes' larvaires, la saison des pluies
entrame une recrudescence de la densité vectorielle, s'accompagnant
de la flambée épidémique correspondant à la phase III, Bien que l e s
conditions climatiques €avorisent la pullulation des moustiques: la seconde campagne adulticide au sol a une action plus sensible que la
première sur la densité vectorielle (les €acteurs de régulation interviennent alors plus faiblement), et le traitement aérien consolide ce
résultat, empechant le virus de circuler d'une manière explosive.
SPC/7C DH/Rapport
Page 78
6
-
DISCUSSION : EFFICACITE DE L A LUTTE
Deux questions principales se posent :
i)
ii)
Est-il certain que l'épidémie a été de faible importance ?
Si oui, ce phénomène est-il da à des causes forfuites ou 2
l'efficacité de la campagne de lutte. ?
Intensité de la circulation virale
Le premier point a deja été évoqué. S'il est certain que l e nombre d e s déclarations ne représente qu'une partie du nombre réel de cas, il est
égalemenk certain que, globalement, l'epidémie de 1975 à Tahiti ne ressemble en rien à celles qui ont été décrites, dans les autres territoires, ou
dans cette meme Be l o r s des épidémies précédentes : aucun décès, ni
aucun syndrome hémorragique grave n''ont été enregistrés; l'absenttisme
imputable aux formes bénignes n'a jamais été suffisamment importad pour
freiner d'une maniëre notable l e s activités de l'Be.
En attendant les résultats de l'enquete orale rétrospective en cours, deux
arguments sont en faveur d'une circulation peu intense du virus.
Le premier est dQ à un sondage effectué par les agents de lutte antiHarienne, qui ont été chargés de dénombrer les cas suspects rencont r é s dans la semaine au cours de leurs visites domiciliaires. Cette
enquete a été réalisée du l e r au 2 6 septembre, au cours de la phase II,
période o h l'on enregistrait entre 24 et 35 déclarations par semaine. Sur
3.405 personnes interrogées, 3 souffraient d'une affection évoquant la
dengue, dont une avait été déclarée, et une avait été touchée au cours des
deux semaines précédant l'enquete, et avait été déclarhe. L'incidence
révélée par ce sondage est seulement 2 , 3 fois plus élevée que l'incidence
estimée d'après l e s déclarations.
L'utilisation de sujets sentinelles permet égdement d'evaluer l'intensit6
de circulation du virus. Le tableau indique l a proportion de sujets non
immuns ayant présenté une séroconversion au cours d'"e
p6riode de
deux mois. On constate que ce taux a été relativement important en 1.974
et au début de 1975, avant la date probable d'introduction du v i r u s de
type I. L'absence de séroconvertion penclant la phase I confirme la
t r è s faible circulation virale qui a suivi l e début d e la campagne. La
remontée observée ensuite, et qui est essenl5ellement imputable au
type I, est du m@meordre que celle observée en 1974.
11 est donc confirmé que malgré des conditions immunelogiques qui
étaient favorables à l'éclosion d'une importante épidémie de type I,
ce v i r u s s'est comporté d'une manière comparable à un v i r u s se
maintenant depuis trois ans à I'état endémique.
..- ... ..
A
.-
-
SPC/7CDH/Rapport
Page 79
Evaluation de l'action menée
c
ire d e s
il est
ie ressemres, ou
s, ni
?nth i sm e
tant pour
' s , deux
Pour des raisons évidentes, d'ordres éthique, psychologique et pratique,
il était impossible de constituer un W3"inrf authentique, qui aurait seul
permis d'évaluer la part revenant aux circonstances forfuites ou à la
campagne elle-m&me sur les résultats obtenus. Au début de la campagne,
la densité des gftes larvaires était du meme ordre que celle enregistrée
l o r s d e l'épidémie de 1971. La campagne d'éducation sanitaire a entramé
une réduction de 75 à 90%. Une indication indirecte est également fournie
par nos dispositifs de pondoirs-pièges, qui fonctionnent depuis fin 1971.
Le nombre des oeufs pour un m@me pondoir subit d'importantes fluctuations, mais en moyenne une étude comparative indique que ce nombre tend
B augmenter avec le nombre de moustiques récoltés à proximité. L e
dispositif de 40 pondoirs du tour de l'ne concerne principalement Aedes
polynesiensis (81,5% des oeufs identifiés), tandis que les 44 pondoirs
installés en ville représentent essentiellement Aedes aegypti (96% d e s
oeufs identifiés). L'écologie de ces deux espèces permet de penser que
l e s conditions climatiques, en particulier la pluviométrie, ont une action
comparable: par contre, la répartition d'Aedes polynesiensig et la
fréquence de ses @es naturels souvent inaccessibles l e rendent beaucoup
moins sensible gutà Aedes aegypti à la lutte entreprise.
inti-
icon?tte
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'ours des
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ICidenc e
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de
en 1974
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la
La
CONCLUSION
I
3
i
3
La figure compare l e s nombres d'oeufs hebdomadaires enregistrés en
1975 respectivement autour de l'Be et en zone urbaine, exprimés en
pourcentage de la valeur moyenne correspondante obtenue à la meme
période pour chacun des deux dispositifs entre fin 1971 et 1,974. On constate que la série des prélèvements autour de l'Be est presque toujours
supérieure à l a moyenne des années précédentes, ce qui suggère que,
sauf en aoClt -septembre, les conditions climatiques en 1975 n'ont pas été
défavorables au développement des Stegomyia; ceci est d'ailleurs confirmé
par des captures de routine d'Aedes polynesiensis effectuées dans le
cadre d'études sur la filariose. Par cordre, la courbe des p o d e s d'Aedes
en zone urbaine montre nettement une tendance inverse, puisqu'elle est
constamment inférieure aux moyennes des années préc6den;l;es. Len résultats du tour de l'Be suggérant que cette nette réduction peut difficilement
etre imputée à des conditions météorologiques particulièrement défavorables en 1975, il paraft logique d'en rendre responsable dans une large
mesure l a campagne de lutte qui a été entreprise.
-'
w
Identjtifié à la mi-mars: l e virus de type I n'a pas provoqué d'épidémie
explosive de dengue à Tahiti en 19'75. Contrairement au virus de type
II, importé quatre ans plus t6t à la meme saison, il n'a provoqué ni
décès, ni forme hémorragique grave, ni ralentissement perceptible des
ac.tivités de l'fle. Si l'on excepte la flambée épidémique de faible ampleur
qui a coincidé avec l e début de la saison des pluies, l e nouveau v i r u s a
été maintenu à un niveau endémique, malgré que la majeure partie de la
popdation soit dépourvue d'immunité et que l e s conditions climatiques aient
éte dans l'ensemble favorables & la multiplication des vecteurs.
80
'II est vraisemblable que ce résultat est imputable à une intensive campagne
adivectorielle, qui a été lancée dès l'annonce d'une épidémie grave aux
Fidji, début m a r s , date coincidant probablement avec celle de l'introduction
du virus à Tahiti. Cette campagne, essentiellement basée sur 1'Mucation
sanitaire au début, s'est accompagnée d'une diminution spectaculaire de
la densité d'Aedes aeqypti à un niveau suffisant pour entramer la disparition virtuelle du virus de type II, qui s'était maintenu depuis 1971 sur un
mode endémique; mais elle s'est avérée insuffisante pour éviter l'implantation et la multiplication relativement lente du virus de type I. Il a
fallu recourir à deux reprises à des nébulisations générales de Malathion
et d'Abate, d&s que l e nombre des déclarations ou de la densité vectorielle
atteignait des proportions inquétantes. Les deux traitements au sol,
effectués en aoat-et en décembre, ont réussi à faire diminuer mtablement
l'incidence, mais leur rayon d'action semble trop faible pour interrompre
la transmission, m@meen saison &che. Le second traitement au sol a
été fortement consolidé par un épandage aérien qui a entramé une réduction supérieure à 90% de la population vectorielle, en &pit de conditions
météorologiques extr &mement défavor ables.
L'acquisition d'immunité par une fraction croissante amenuise progressivement les risques d'épidémie explosive. Cependant, il importe de maintenir une étroite vigilance. Si les résultats obtenus justifiaient la stratégie adoptée, ils mettent égdement en évidence ses limites. La campagne intensive d'éducation sanitaire n'a pas permis d'atteindre l e niveau
critique de transmission, qui doit &re, pour cette souche de virus, compris
entre 0 , 5 et 0,8 d'Aedes aegypti femelles par homme et par heure.
D'autre part, au cas oil une autre grave alerte aurait lieu, une telle
campagne serait moins fructueuse, car elle engendrerait la lassitude.
C'est au niveau des écoles qu'il convient de poursuime l'effort dans
ce domaine, de manière à faire acquérir aux enfants des r6flexes de
lutte antilarvaire, mais l'effet n'en sera perceptible qu'a long terme.
Le plan de lutte imagocide suivant une réponse graduée permet de
réduire l'incidence lorsqu'il est mis en oeuvre assez tat, mais il parall;
incapable d'interrompre l a transmission, une fois que le virus est bien
implanté.' En particulier , la désinsectisation domiciliaire des cas suspects par appareils portatifs est une opération illusoire, en raison du
" p h é m m b e d'iceberg" signalé p a r Halstead (1975).
C e t auteur propose plut& une stratégie offensive : "when adequate quantities
of insecticide and man power are available, mosquito control can be started
during the seasonal low population and sustained through the rainy season".
I
SPC/'ICDH/Rapport
Page 81/82
Rétrospectivement, on s e rend compte que si une vaste campagne adulticide
avait été lancée dès que le virus de type I a été identifié, c'est-à-dire 5
l a fin de la phase I ou au début de la phase II, il est très probable que ce
virus n'aurait pu se maintenir. Mais l'attitude de la population et des autorités & cette période vis-à-vis des insecticides s'opposait & leur emploi
intensif, qui ne paraissait pas justifié par la t r è s faible incidence observée.
D'autre part, la persistance d'une situation épidémique aux Fidji et aux
Tonga exposait Tahiti à des risques de réintroduction du virus.
C'est pourquoi l'avenir de la lutte contre Ia dengue dans l e Pacifique Sud
repose sur une plus grande concertation entre territoires, pour définir en
commun une stratégie realiste, tenant compte des nécessités et des possibilités de chacun.
eau
compris
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e
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Tableau 1
Evaluation de l'efficacité des dbulisations aériennes U. L. V.
sur les moustiques adultes, capturés sur homme à l'extérieur
et-capturés au filet B l'intikieur d e 15 maisons de l a zone
urbaine.
DATE
Agressivite d'Aedes
aegypti
(par hommebeure)
17.12.75
291
18. 1 2 . 7 5
l e r traitement
19.12.75
OY6
Capture au filet par maison
Aedes aegypti o
+
C.p. fatiguans
y
u. L. v.
~~
1
22.12.75
OY5
o, 7
23.12.75
l e r traitement
u. L. v.
24.12. 75
o, 1
074
31.12. 75
OY3
2., 4
9.1.76
o,9
OY5
21. 1 . 7 6
190
O,
28. 1. 76
134
o, 9
7
n
Nb de cas
ffl
u
140
Nombre de cas déclares
Nombre de sérums analysés
Nombre de cils confirmes au laboratoire
130
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110
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A
B
C
Noal
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FIGURE 3
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Dengue IT
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Totale thdorique
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4
3
2
1
O
Semaines
3
I
I
4
5
t
1
6
?
9
I
1
I
I
l
I
l
9
19
11
7
13
14
15
I
I
16
!?
IR
I
I
l
I
IO
20
21
27
SPd/7CDH/Rapport
Page 91/92
Yo de sem-conversion
( 1 9 1 : Tail!e
en 2 mois
de I'bchantillon
Date prcibable d ' int roductiori
30
du
virus
I
rl
(13)
.Oi
1975
F I G U R E 4 : POURCENTAGES D E SERO-CONVERSION BE
SUJETS. SENTINELLES EN 1974 ET
POUR DES PERIODES DE 2 mois
1975
% de 1a"normale'
400
A
300 200
A
TOUR DE L ' I L E ( 8 1 . 5 % Aedes polynesi&)
~
/\
100 -
\
NORMALE Fin 1971.1974
"
80 70 60 *
50 -
40 I
30 20
10
-
ZONE U R B A I N E
(
9 8 % Aedes aegyptil
-
5J
Semaines
,
1
2
1
4
6
8
10
12
14
16
FIGURE 5 : COMPARAISON
AU
NOMBRE
18
1
1
20
22
24
26
28
I
30
32
l
34
I
36
38
40
!
I
42
44
DU NOMBRE HEBDOMADAIRE D'OEUFS R E C O L T E S DANS D E S
MOYEN CORRESPONDANT OBTENU ENTRE F I N 1971 ET 1974
r
46
48
50
52
PQNDOIRS,PlEGES
+
fi
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