guide effinergie

guide effinergie
Réussir un projet
de Bâtiment Basse Consommation
Des clés pour des logements neufs
confortables et économes en énergie
Guide
à destination
des professionnels
du bâtiment
Préface
effinergie pour agir ensemble
Dès 2005, un groupe de travail national donne naissance au collectif effinergie,
dont l’objectif est de reproduire en France le succès des initiatives suisse «Minergie»
et allemande «maison 3 litres», mais en l’adaptant au contexte français (méthodes
constructives, réglementation, normes, climat, marché, …).
Au contraire des pays du centre et du nord de l’Europe, il est impossible en France de soutenir un
standard unique, qui ne tiendrait pas compte des différences climatiques propres à l’hexagone.
Une construction sur la Côte d’Azur ne peut avoir les mêmes standards énergétiques que dans le Nord
ou dans les Alpes. L’isolation, par exemple, ne se fera pas sur les mêmes exigences d’économie d’énergie et
de confort. C’est, entre autres, pourquoi l’implication des Régions au projet est nécessaire pour assurer
une coordination par rapport au parc immobilier et à ses spécificités.
Le projet de l’association est de promouvoir de façon dynamique les constructions basse énergie et de
développer en France des référentiels de performance énergétique des bâtiments neufs ou existants.
Elle regroupe pour cela les professionnels de la construction et les collectivités locales.
effinergie travaille sur un ensemble d’actions tendant vers un standard de bâtiments neufs et rénovés
confortables et respectueux de la qualité de vie, tout en favorisant une réelle efficacité énergétique pour
réduire les nuisances environnementales générées par l’usage de l’énergie.
effinergie s’est fixé 5 missions :
• Fédérer l’ensemble des acteurs impliqués autour de la filière de la construction pour l’optimisation
énergétique des bâtiments : maîtres d’œuvre, entreprises du bâtiment, industriels, banques,
collectivités, pouvoirs publics nationaux et locaux, ... Il s’agit de proposer un challenge
gagnant/gagnant pour le monde du bâtiment.
• Piloter et coordonner les échanges entre les professionnels du bâtiment et les acteurs locaux pour
renforcer les synergies, faire passer les informations, partager les expériences et organiser les
formations nécessaires.
• Gérer une communication nationale pour faire passer les messages sur les actions et mettre en avant
les projets remarquables, les acteurs de terrain, …
• Mettre en place une démarche de labellisation qui permettra, à partir de référentiels, d’évaluer et
de qualifier la performance énergétique des bâtiments. Ceci pour la rendre lisible et identifiable par
l’ensemble des acteurs.
• Mettre en œuvre des dynamiques régionales propre à chaque territoire favorisant le partage
d’expérience, l’évaluation des projets et la diffusion des bonnes pratiques.
Une des premières actions d’effinergie a été le développement en partenariat avec les pouvoirs publics
d’un premier label sur les bâtiments neufs. Ce label a été mis en place par l’arrêté du 8 mai 2007 publié
au journal officiel du 15 mai 2007. Il est diffusé sur le terrain sous le nom BBC - effinergie. Ce guide
en donne les clés techniques. Merci aux acteurs scientifiques, professionnels et politiques qui ont permis
sa réalisation.
Antoinette GILLET
Présidente du Collectif effinergie
CSTB / Bruno Levy
Avant propos
Le Grenelle de l’Environnement a opté pour des objectifs ambitieux dans le
domaine du bâtiment. Le cap est mis tout de suite sur les Bâtiments Basse
Consommation à 50 kilowatts heures d’énergie primaire par mètre carré et par an,
ce qui rend possible le passage à des bâtiments à énergie positive pour peu que l’on
couvre par les énergies renouvelables (bio masse, solaire photovoltaïque, solaire
thermique) les consommations préalablement diminuées.
La décision de généraliser par la réglementation en 2012 ces générations de bâtiments, accélère le
mouvement auquel effinergie s’était employé.
Il est apparu qu’il valait mieux préparer et habituer dès maintenant le secteur du bâtiment à ce niveau
de performance plutôt que de prévoir des étapes intermédiaires. Celles-ci auraient pour effet de ralentir
la marche de progrès et donneraient crédit à la tentation de s’arrêter en route et surtout de ne pas voir
suffisamment tôt les impossibilités technologiques d’aboutir aux bâtiments basse consommation et à
énergie positive.
Les mutations dans la conception et la construction de ces bâtiments sont profondes.
Elles nécessitent une nouvelle approche de la maîtrise d’œuvre qui devra travailler forcément en
ingénierie concourante (décloisonnement des architectes et bureaux d’études), et l’utilisation de nouvelles
techniques de construction nécessitant un soin de mise en œuvre auquel la profession n’était pas habituée
notamment en ce qui concerne l’étanchéité à l’air et les ponts thermiques.
La recherche de solutions 2012 doit tenir compte des réalités climatiques locales, des cultures locales de la
construction, des matériaux produits localement.
Tout cela renforce la pertinence d’une organisation de type effinergie que fédèrent les niveaux
territoriaux locaux qui sait décliner la pluralité des cultures locales, qui sait s’appuyer sur les forces des
progrès présentes dans toutes les régions.
On pourrait dire que désormais, le succès du Grenelle dans le bâtiment dépend de l’efficacité
d’effinergie. Les labels Bâtiment Basse Consommation et Bâtiments à Energie Positive seront élaborés par
effinergie en liaison avec les pouvoirs publics. Les quatre ans qui nous séparent de 2012 seront
l’occasion d’une mise au point progressive des labels de façon à aboutir à une réglementation 2012
partagée et appropriée par tous les acteurs.
Ce guide d’effinergie vient à point pour lancer le processus de l’après Grenelle.
Alain MAUGARD
Président du CSTB
Président du comité opérationnel bâtiments neufs du Grenelle de l’Environnement
28 03 2008
Réussir un projet de Bâtiment Basse Consommation
Pourquoi
ce guide ?
Au moment où sortent les premiers
bâtiments BBC - effinergie,
il nous a semblé nécessaire
de rédiger un premier guide
permettant de partager l’expérience
de quelques précurseurs.
Ce guide ne se veut ni une bible
des bâtiments basse consommation
ni un catalogue des solutions
ou de règles pour réaliser un projet.
Il vise beaucoup plus à être un premier
instrument de partage des connaissances pour mieux construire ensemble.
Il comprend successivement :
• Le niveau de performance
à atteindre pour qu’un bâtiment
soit reconnu BBC - effinergie
Page 6
• Une série d’actions qui seront
importantes tout au long d’un projet
pour que les acteurs réussissent
ensemble un bâtiment
BBC - effinergie
Page 8
• Des illustrations de techniques
couramment utilisables pour
atteindre un bâtiment confortable
et économe
Page 11
• Les différents points de vue
économiques qui peuvent
fonder la réussite d’un projet
Page 26
• Le processus administratif
à suivre pour obtenir le label
BBC - effinergie
Page 30
Ce guide est loin d’être exhaustif. En particulier,
il ne traite, pour cette version, que des bâtiments
de logements neufs alors que le label s’applique
à tous les bâtiments neufs résidentiels ou tertiaire
et s’appliquera bientôt aux bâtiments existants.
Il a été rédigé par le groupe référentiel de l’association effinergie
Au deuxième plan : H. Lahmidi (CSTB) (co-rédaction),
P. Prevost (Legrand), J.-C. Visier (CSTB) (coordination du projet, rédaction),
B. Sesolis (Tribu énergie) (Calculs consommation), H. Petard (FFTB), J.-Y. Colas (CERQUAL)
Au premier plan : C. Plantier (ENERTECH) (Calculs confort été),
B. Burger (KNAUF), N. Barbe (FCBA), S. Charbonnier (Collectif Isolons la terre contre le CO2),
C. Bonduau (Effinergie), E. Bertho (Ajena) (co-rédaction),
E. Billiotte (CNDB), D. Ider (Ville de Paris), Y. Jautard (SOLARTE)
Absents de la photo : O. Sidler (ENERTECH), F. Tiffanneau (CERQUAL)
5
Les exigences à atteindre
Des exigences simples
Pour pouvoir obtenir le label BBC - effinergie, l’exigence
principale est de ne pas dépasser une valeur de consommation de :
50 kWhep par m2 de SHON et par an
1,3
Les calculs sont faits en utilisant la méthode Th-CE qui est
celle de la Réglementation Thermique 2005. Les résultats
sont donc présentés en kWh d’énergie primaire(1) par m2 de
Surface Hors Œuvre Nette (SHON).
On tient compte de la diversité des climats en multipliant
cette valeur de 50 par un coefficient de rigueur climatique.
1,3
1,1
1
••• ➜
1,2
Les valeurs de l’exigence varient donc, selon les régions,
entre 40 et 65 kWhep/m2SHON.an.
Le coefficient de rigueur climatique est augmenté de 0,1 si
l’altitude de la construction est comprise entre 400 et 800 m
et de 0,2 si l’altitude de la construction est supérieure à
800 m.
Par ailleurs, la perméabilité à l’air du bâtiment
doit être mesurée et être inférieure à 0,6 m3/h.m2
en maison individuelle et 1 m3/h.m2 dans les
immeubles collectifs .
0,9
0,9
0,8
Coefficient de rigueur climatique
(2)
(1) L’énergie primaire permet de prendre en compte les pertes énergétiques lors de la transformation de l’énergie. Elle correspond à l’énergie
achetée au distributeur d’énergie (que l’on appelle énergie finale) multipliée par un coefficient qui vaut 2,58 pour l’électricité, 0,6 pour le bois
et 1 pour les autres énergies. Ce coefficient 2,58 pour l’électricité prend en compte la chaleur fournie par la centrale électrique qui n’est pas
utilisée et qui est évacuée dans l’environnement (mer, rivière…)
(2) Cette valeur quantifie le débit de fuite traversant l’enveloppe, exprimé en m3/h.m2 d’enveloppe, sous un écart de pression de 4 Pascals,
conformément à la Réglementation Thermique RT 2005.
6
Cinq usages de l’énergie
Cette consommation à ne pas dépasser porte sur les usages
de l’énergie sur lesquels on peut agir dès la conception d’un
bâtiment :
• Le chauffage
• L’eau chaude sanitaire
• L’éclairage (via l’éclairage naturel)
• La climatisation
Elle ne comporte donc pas les autres usages de l’électricité
(notamment pour l’électroménager, l’audiovisuel, etc.) qui
peuvent représenter à eux seuls plus de 50 kWhep/m2.an
de consommation complémentaire.
Consommations par usage
(exemples sur 2 bâtiments et 2 climats)
Nancy
L’expression et certains critères
complètent la démarche de la Réglementation Thermique sur 4 points
dans le cadre du label :
1. Les émissions de CO2 et la part
d’énergies renouvelables utilisées dans le bâtiment
doivent être calculées et fournies dans le cadre de la
demande de label.
• Les auxiliaires de ventilation et de chauffage
Nice
Un calcul similaire
à celui de la RT 2005
2. Pour permettre une bonne valorisation des solutions de
chauffage bois, le coefficient de passage en énergie
primaire pour le bois est pris égal à 0,6.
3. Un des objectifs étant une bonne performance thermique
du bâtiment, la production locale d’électricité (photovoltaïque, micro-éolien, etc.) n’est déduite des consommations d’énergie qu’à concurrence de 12 kWhep/m2.an
(cette valeur représente la part moyenne d’électricité
spécifique dans la consommation en kWhep/m2.an d’un
projet BBC - effinergie).
Immeuble
4. Si la SHON dépasse de 20 % la surface habitable, la
surface prise en référence pour répondre aux exigences
BBC - effinergie est de 1,2 fois la surface habitable.
Maison
Immeuble
kWhep/m2.an
Pour les systèmes ou produits innovants, une procédure
spécifique est prévue : voir le collectif effinergie de votre
région ou www.effinergie.org rubrique effinergie dans le
neuf
Chauffage
Une description complète du référentiel BBC - effinergie
est disponible sur www.effinergie.org rubrique effinergie
dans le neuf
Maison
0
10
Eclairage
20
30
Auxiliaires
40
50
Eau chaude
sanitaire
60
70
En zone froide, chauffage et eau chaude sont les usages
principaux. En zone méditerranéenne, le chauffage
devient marginal.
Notes au lecteur
Pour permettre une lecture facile et une comparaison avec l’objectif de 50 kWh d’énergie primaire par m2 de SHON et par an, toutes les
consommations d’énergie présentées dans ce guide sont exprimées dans cette même unité le kWh d’énergie primaire par m2 de Surface
Hors Œuvre Nette et par an.
Pour alléger le texte, l’unité kWhep/m2SHON.an est écrite kWhep/m2.an.
Nous avons souhaité illustrer ce guide par des exemples chiffrés. Ceux-ci ont été établis à partir d’un exemple de maison individuelle et
d’un exemple d’immeuble collectif. Pour illustrer l’impact du climat sur les consommations et le confort d’été, ces deux bâtiments ont été
placés successivement à Nancy et à Nice.
Les chiffres obtenus sont des illustrations présentées à titre pédagogique et ne représentent donc que des ordres de grandeur qui sont
très utiles pour comprendre les enjeux mais ne peuvent en aucun cas remplacer une étude sur un bâtiment donné.
7
Gérer le projet de construction
a qualité d’un bâtiment et ses performances en
matière de confort et de consommation d’énergie
sont le résultat des choix et actions conjointes de
la maîtrise d’ouvrage, de la maîtrise d’œuvre, des
entreprises, des gestionnaires et des occupants des
bâtiments.
L
A chaque phase d’un projet BBC - effinergie, la coordination entre les acteurs va être un point essentiel pour
atteindre l’objectif d’un bâtiment confortable et très
économe en énergie.
Arch. : I. Genillon
Il est donc crucial que chacun se pose les questions clés
aux différentes phases qui vont du programme à l’exploitation du bâtiment.
Phase programme
- Ai-je bien affirmé dans mon programme le souhait que
mon bâtiment soit labellisé BBC - effinergie ?
- Quelle est l’expérience demandée à l’équipe de maîtrise
d’œuvre en matière de bâtiments basse consommation,
a-t-elle une connaissance des exigences du label,
intègre-t-elle un spécialiste de l’efficacité énergétique ?
- Ai-je prévu des honoraires permettant à l’équipe de
maîtrise d’œuvre de mener un travail d’optimisation
énergétique de mon bâtiment ?
- A qui ai-je confié la constitution du dossier d’instruction
du label BBC - effinergie ? Qui doit me donner les
informations et lesquelles ?
- Ai-je noté le souhait de mettre en œuvre des dispositifs
permettant de responsabiliser les futurs utilisateurs
(guide d’utilisation du bâtiment, visibilité des compteurs,
suivi des consommations par usage, …) ?
8
Phase conception
- Le bureau d’étude thermique intervient-il dès les premières esquisses ?
- Ai-je optimisé le bâtiment et ses équipements en étudiant
l’ensemble des possibilités (compacité, gestion des
apports gratuits en toute saison, zonage intérieur, surisolation, limitation des ponts thermiques, étanchéité à
l’air, choix des équipements, choix de l’énergie, …) ?
- Le concepteur et le bureau d’études thermiques ont-ils
bien informé le maître d’ouvrage des impacts des choix
retenus sur les coûts d’investissement et de fonctionnement mais également sur la gestion, l’entretien et la
maintenance du bâtiment et de ses composants ?
Arch. : Bergeret et associés
- Les résultats de l’étude thermique permettent-ils
d’atteindre les exigences du label BBC - effinergie ?
- Ai-je vérifié que je respecte bien les exigences réglementaires en matière de confort d’été ?
- Ai-je prévu un récapitulatif des hypothèses de l’étude
thermique listant les performances des produits à
mettre en œuvre ?
- Ai-je bien intégré ces performances dans les
dossiers de consultation des entreprises et
dans les marchés ?
- L’ensemble des détails de réalisation, qui
permettront au final d’atteindre la performance escomptée (notamment vis-à-vis
des ponts thermiques et de l’étanchéité à
l’air) est-il bien notifié dans des schémas
ou notes spécifiques ?
- Ai-je indiqué dans le marché des entreprises
qu’un test de perméabilité à l’air sera réalisé sur le
bâtiment ?
Phase réception
- Les entreprises sélectionnées ont-elles une expérience
dans les bâtiments basse consommation ? Disposentelles de qualifications spécifiques ?
- La perméabilité à l’air du ou des logements a-t-elle été
mesurée et les éventuels problèmes résolus ?
- Les marchés signés avec les entreprises respectent-ils
toutes les prescriptions sur la performance énergétique
du bâtiment ?
- Ai-je vérifié que l’ensemble des solutions constructives
et des équipements prévus ont des performances
validées ? De plus, ai-je bien vérifié qu’ils étaient
connus/reconnus par les organismes certificateurs ?
Dans le cas contraire, ai-je pensé à utiliser la procédure
particulière de conformité réglementaire prévue par
l’arrêté du 24 mai 2005 ? (www.effinergie.org rubrique
effinergie dans le neuf)
- Les débits des installations de ventilation ont-ils été bien
réglés, ai-je le rapport de réception ?
- Les dispositifs de régulation et programmation des
installations de chauffage, de production d’eau chaude
sanitaire et de gestion de l’air ont-ils été réglés ?
Correspondent-ils à ce qui a été prévu ?
- Un guide de gestion du bâtiment a-t-il été rédigé à
l’attention du maître d’ouvrage ? Comporte-t-il
l’ensemble des renseignements techniques permettant
un entretien régulier des équipements ?
- Un guide d’utilisation du bâtiment a-t-il été rédigé à
l’attention des occupants ?
Phase construction
- Les entreprises intervenantes ont-elles été formées aux
solutions pour maîtriser la perméabilité à l’air ? Sont-elles
bien qualifiées pour les ouvrages à réaliser ?
- Ai-je prévu de réaliser un test d’étanchéité à l’air intermédiaire permettant de réaliser facilement les éventuelles
mesures correctives ?
- Ai-je vérifié que les performances des produits et équipements mis en œuvre sont celles prévues dans l’étude
thermique ?
Arch. : Allier - Myotte
- L’organisme que j’ai contacté pour faire les mesures de
perméabilité de mon bâtiment est-il reconnu par le
certificateur ?
- Ai-je vérifié que les produits et équipements mis en
œuvre ont bien été évalués et sont reconnus par les
organismes certificateurs ?
- Ai-je prévu une réception intermédiaire des travaux avant
la pose des parements et la fermeture des gaines
techniques afin de constater la qualité de pose des
isolants, passage des canalisations et câbles et des
éventuelles membranes d’étanchéité à l’air ?
Arch. : Scoop Habi Ter
- Les carnets présentant comment gérer les détails
d’exécution ont-ils été transmis chacun aux entreprises
concernées ? Ces détails ont-ils été affinés avec les
entreprises ? Le travail réalisé respecte-t-il ces spécifications ?
9
Phase utilisation
et entretien du bâtiment
Un bâtiment BBC - effinergie est très sensible à
son utilisation et à sa maintenance.
Il est nécessaire de fournir aux occupants d’un logement
des informations simples leur permettant de comprendre
comment agir sur les installations pour adapter le fonctionnement à leurs besoins, comment maîtriser confort et
consommation d’énergie et comment maintenir les installations.
- Ai-je pensé à rédiger un guide d’utilisation et de
maintenance (3) pour les occupants en y intégrant bien les
aspects énergétiques ? Ce guide a-t-il été présenté aux
occupants ? Comporte-t-il des parties à remplir permettant, entre autre, d’enregistrer le suivi des installations ?
Par ailleurs, le choix des équipements et leur utilisation est
prépondérant vis-à-vis des consommations d’électricité
spécifique. Le guide insistera sur l’intérêt :
• du choix de produits électroménagers (réfrigérateur,
congélateur, lave linge, ...) correspondant à l’étiquette
énergie A ou A+ et dimensionnés correctement vis-àvis des besoins, ce qui peut permettre d’économiser
près de la moitié de ces consommations ;
• du choix de lave linge et lave vaisselle pouvant être
branchés sur l’eau chaude solaire ;
• de l’utilisation de lampes fluo compactes au moins
pour toutes les pièces principales qui peut permettre
d’économiser les 3/4 de leur consommation ;
• d’alimenter, par une prise commandée par un interrupteur facilement accessible, les ordinateurs,
consoles de jeux, lecteurs de DVD, décodeurs et
autres pour les éteindre lorsque l’on ne les utilise pas.
Ce guide pourra en particulier insister sur :
• La gestion de la température dans les pièces en
décrivant les dispositifs mis à la disposition des
habitants et leur mode d’utilisation. Une augmentation
de 1 °C de la température intérieure augmente la
consommation d’environ 2 kWhep/m2.an en zone
méditerranéenne et 4 kWhep/m2.an en zone froide.
• L’utilisation de l’eau chaude sanitaire et le coût
énergétique des différents comportements. La
consommation peut en effet varier du simple au triple
en fonction de l’usage. L’installation de dispositifs
économiseurs d’eau est complémentaire à la
production d’eau chaude fournie par les capteurs
solaires. C’est un des moyens essentiels pour réduire
les consommations d’énergie.
• La gestion des volets en hiver. L’ouverture des volets
pendant la journée permet de profiter des apports
solaires, leur fermeture la nuit permet de réduire les
consommations de chauffage.
• La gestion des protections solaires et de l’ouverture
des fenêtres en été pour, à la fois, se protéger du soleil
et profiter de la climatisation naturelle et gratuite
qu’offre l’air extérieur la nuit.
50
A
51 à 90
B
91 à 150
151 à 230
231 à 330
331 à 450
> 450
• La pertinence de faire sécher le linge en extérieur
lorsque c’est possible ou dans une pièce non chauffée
et fortement ventilée.
• Les fréquences de maintenance des systèmes de
chauffage et la nécessité d’un contrat d’entretien.
• L’entretien nécessaire des systèmes de ventilation
mécanique et la nécessité de nettoyer régulièrement
les bouches d’entrée et d’extraction d’air et, si on
utilise un système double flux, les divers filtres.
(3) «Guide pour l’élaboration de notices de surveillance et d’entretien des immeubles collectifs de logements ou de bureaux»
AFNOR (référence FD P 05-101) de septembre 2003
10
C
D
E
F
G
Choisir les solutions architecturales
et techniques
D
e nombreuses solutions de combinaisons architecturales et techniques existent pour réussir un
bâtiment BBC - effinergie.
Ce guide ne vise pas à toutes les présenter mais plutôt à
illustrer, par des exemples, la variété des solutions
possibles et surtout de relever leurs avantages et les
précautions à prendre pour choisir les options les plus
appropriées pour chaque projet. Notamment, ce n’est pas
l’empilement des produits ou systèmes les plus performants qui feront obligatoirement le bâtiment le moins
consommateur et le plus confortable, mais bien les
combinaisons de choix appropriées et compatibles entre
elles pour atteindre, pour le projet considéré, l’objectif fixé.
Pour chaque bâtiment, les concepteurs doivent faire des
choix pour définir les combinaisons de parois, leurs
interactions et adéquations avec les équipements et
systèmes pour retenir les plus adaptés au contexte local,
au souhait des partenaires, aux savoir-faire des entreprises locales, à leur expérience, …
Pour chaque bâtiment faisant l’objet d’une demande de
label BBC - effinergie, ce sont les études thermiques
utilisant les méthodes de la réglementation thermique qui
permettent de vérifier que les exigences BBC effinergie, pour le bâtiment concerné, sont bien
satisfaites.
Stratégie de l’hiver :
Stratégie de l’été :
Les solutions sont présentées ici par groupe autour de
différents thèmes. Les graphiques présentant des
résultats chiffrés ont été obtenus à partir de simulations
informatiques faites sur quelques exemples. Ils ont pour
objectif de donner des ordres de grandeur sur l’impact
des différentes options en matière de consommation
d’énergie ou de confort d’été.
11
La conception architecturale
Dès les premières esquisses, l’architecte commence
à définir la forme du bâtiment, compacité, orientation, ouverture au soleil, masques architecturaux, casquettes, loggias, balcons, taille et
positionnement des baies, occultations,
protections face aux vents, …
N
bâtiment à limiter les surfaces déperditives, intégrer les
apports solaires, préserver le confort d’été, favoriser
l’usage de l’éclairage naturel, intégrer des équipements
d’énergie renouvelable, etc. C’est l’aptitude bioclimatique
du bâtiment.
Il est donc important que, dès cette phase, des
échanges aient lieu entre le maître d’ouvrage,
l’architecte et le bureau d’études thermiques.
Ceci permettra d’associer efficacement
qualité architecturale, performance énergétique, logique économique et respect du
programme de l’opération.
oc
lim
ati
q
ue"
Cette étape de conception a un impact
primordial sur le résultat final de l’opération car les choix faits conditionnent pour
une très grande part la capacité du
So
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e:"
La concept
Quelques solutions et performances courantes dans les projets effinergie
Conception architecturale
effinergie
Compacité
Orientation
préférentielle sud
Vigilance confort
d’été
Isolation parois opaques
RT 2005
Recommandée
Non prise
en compte
Recommandée
A envisager
Indispensable
Souvent nécessaire
R Toit (en m2.K/W)
R Mur (en m2.K/W)
R Sol sur terre-plein (en m2.K/W)
R Sol sur vide sanitaire (en m2.K/W)
Ponts thermiques
effinergie
RT 2005
6,5 à 10
3,2 à 5,5
2,4 à 4
3,4 à 5
Très faibles
4à6
2,2 à 3,2
1,7 à 2,9
2,4 à 4
Moyens à faibles
Energie solaire
effinergie
Production
d’eau chaude Recommandée
solaire
Production
d’élecricité
A envisager
photovoltaïque
RT 2005
A envisager
Rare
Baies vitrées
effinergie
Uw (en W/m2.K)
1,7 à 0,7
Protections
Indispensables
solaires
Ventilation
effinergie
RT 2005
Ventilateurs basse consommation
VMC hygro-réglable B ou VMC double flux
avec un rendement échangeur > 80%
VMC hygro-réglable
A ou B
Chauffage et eau chaude sanitaire
effinergie
Electricité
Gaz ou fuel
Bois
12
RT 2005
2 à 1,6
Souvent
nécessaire
RT 2005
PAC COP ≥ 3,5
Effet joule (radiants)
Chaudière
Chaudière basse
à condensation
température
Chaudière bois
automatique classe 3
La forme du bâtiment
Des grandes fenêtres ?
Un bâtiment compact ?
Autrefois, la taille des fenêtres était limitée pour éviter les
déperditions excessives en hiver. Aujourd’hui, avec des
fenêtres performantes équipées de volets efficaces, cet
aspect s’atténue considérablement. Des fenêtres orientées
vers le sud permettent même de gagner plus d’énergie
solaire, durant la saison de chauffe, qu’elles ne perdent de
chaleur. Cette disposition judicieuse des baies vitrées
permettra, en outre, de limiter l’éclairage artificiel.
Un bâtiment compact est un bâtiment qui a un rapport
faible entre la surface des parois extérieures et la surface
habitable. Sans brider la conception architecturale, il est
plus économique et bénéfique pour l’efficacité thermique
de retenir des formes plutôt compactes. Cette recherche
de la compacité est moins importante en zone méditerranéenne du fait des faibles consommations de chauffage.
Un bâtiment «découpé» nécessitera un effort particulier
pour bien isoler l’ensemble des décrochements et
découpes, car ils représenteront une part non négligeable
dans les déperditions et les points faibles pour l’étanchéité
à l’air. Le traitement de certains ponts thermiques pourra
s’avérer difficile ou impossible.
Par ailleurs, passer de la maison individuelle à un habitat
«en bande», ou à du petit collectif, permet de diminuer les
surfaces déperditives et donc d’améliorer la compacité et
de diminuer les coûts d’investissement.
Exemple de déperditions comparées de l’enveloppe
de différents logements de 96 m2
Baie vitrée orientée au sud : apports solaire importants en hiver
En revanche, des précautions doivent être prises en
matière de confort d’été. Dépasser un taux de vitrage de
20 à 25 % de la surface habitable peut rendre difficile la
maîtrise de l’échauffement par les baies générant un
inconfort en été, voire aux intersaisons. En particulier, si le
bâtiment est dans un environnement bruyant limitant la
possibilité d’ouvrir les fenêtres, on aura intérêt à limiter le
taux de vitrages et à très bien les protéger du soleil.
Référence
+9%
- 15 %
Les fenêtres de toit sont caractérisées par une inclinaison
qui favorise les risques de surchauffe en été. Leur
prescription devra respecter le tableau des solutions
techniques - confort d’été de la RT 2005(4).
- 40 %
- 15 %
Augmentation de consommation
liée à des fenêtres trop petites
Nancy
Les déperditions ont influencé uniquement
les consommations de chauffage qui ne représentent
qu’un poste des consommations.
Source : Solarté
+ 14 %
Immeuble
Maison
- Immeuble : passage d’un rapport S extérieure/Shon de 0,75 à 1,25
- Maison : passage d’un rapport S extérieure/Shon de 2,25 à 3,5
Nice
Surconsommation liée à un bâtiment peu compact
Immeuble
Maison
Nice
Nancy
0
Immeuble
2
4
6
8
10
kWhep/m2.an
Réduire la taille des fenêtres de 20 à 10 % de la surface
habitable augmente la consommation.
Maison
Immeuble
Maison
0
2
4
6
8
10
12
14
16
kWhep/m2.an
Un bâtiment compact est nettement plus performant,
en particulier, en climat froid.
(4) «Solution technique pour l’application de la RT 2005» http://www.rt-Batiment.fr/fileadmin/documents/acceslibre/st_confortete%20finale.pdf
13
Bien orienter les façades
Organisation des espaces
intérieurs
L’implantation et l’assise du bâtiment vont d’abord
dépendre des contraintes ou des opportunités du site.
Quelles sont les vues les plus agréables ? Les orientations
les plus profitables aux apports solaires ? D’où viennent
les vents dominants ? Y a-t-il des pollutions sonores,
olfactives ?...
Quelques règles de bon sens permettent de limiter les
consommations d’énergie sans surinvestissement :
• privilégier l’orientation sud pour les pièces de jour ;
• privilégier des matériaux à forte inertie pour les parois
intérieures qui réceptionnent le rayonnement solaire
d’hiver ;
Eté
• disposer au nord les pièces pas ou peu chauffées
(garage, cellier, …) ;
Hiver
• regrouper les pièces de nuit (qui sont moins chauffées
en général) ;
Nord
• regrouper les points de puisage d’eau chaude sanitaire
et les rapprocher de la production.
Est
Ouest
Exemple de zonage
Sud
En terme d’énergie, les points essentiels pour l’orientation
seront la possibilité d’intégrer des capteurs solaires (en
toiture, en auvent, …), de favoriser un ensoleillement
optimal des façades en hiver, de limiter les vitrages à
l’ouest qui sont les plus problématiques vis-à-vis du confort
d’été, de limiter les effets des vents d’hiver et de permettre
une ouverture des fenêtres en été pour profiter de la
fraîcheur du soir et de la nuit.
Sur l’exemple de la maison individuelle étudiée (avec une
inertie moyenne), une orientation au sud de la façade
permet de gagner environ 3 kWhep/m2.an quelle que soit la
zone climatique. Ce qui représente environ 50 % des
consommations de chauffage à Nice et 10 % à Nancy.
• Pièces de jour • Pièces de nuit • Pièces de service
Une orientation de la façade principale sur une voie
bruyante, rendant difficile l’ouverture des fenêtres en été,
elle peut plus que doubler le nombre d’heures où la
température dépasse 28 °C.
En immeuble collectif, pour réduire l’inconfort en été on
aura intérêt à privilégier les logements traversants afin de
favoriser la ventilation nocturne par ouverture de fenêtres.
Pour tous les bâtiments, on essaiera d’agencer les pièces
pour permettre la ventilation d’une façade à l’autre.
Source : Cuepe
Ensoleillement des façades ouest et sud et des parois
horizontales par heure en fonction de la saison
Les protections solaires
Les protections solaires (notamment extérieures) sont un
des moyens essentiels d’obtention du confort d’été.
Y penser dès les premières étapes du projet permettra
de bien les intégrer dans l’architecture du
bâtiment ou de la façade.
14
Un bâtiment bien isolé
Toit
RT 2005
effinergie
En rouge valeurs
minimales réservées aux
régions les plus chaudes
En vert valeurs permettant
d’obtenir plus facilement
le label BBC - effinergie
Le graphe ci-contre illustre des ordres de grandeur des
résistances thermiques globales par parois opaques pour
atteindre le niveau BBC - effinergie. Les valeurs pour
respecter la RT 2005 sont rappelées pour mémoire.
Sol sur TP
RT 2005
effinergie
Bien sûr, les performances et choix des systèmes sont à
adapter à la zone climatique. L’isolation sera généralement
différente en Alsace ou en zone de montagne qu’au bord de
la Méditerranée.
Sol sur VS
Un bâtiment BBC - effinergie doit être très nettement mieux
isolé (surfaces des parois et liaisons) que les bâtiments
actuels.
effinergie
Mur
Bien isoler les parois et traiter
l’ensemble des ponts thermiques
Résistances thermiques envisageables
effinergie
RT 2005
RT 2005
2
Il est par ailleurs indispensable, quels que soient les
systèmes constructifs ou d’isolation, de veiller au traitement des ponts thermiques de structure comme de ceux
liés à l’insertion des balcons, coffres de volets roulants,
baies, loggia, etc. et ce, à toutes les phases du projet.
Quatre grandes familles de techniques d’isolation sont
envisageables. Pour chacune d’elles, des contraintes
spécifiques devront être intégrées. Les soins apportés à la
qualité de la réalisation et finition des parois sont
primordiaux pour que le niveau de performance réalisé
corresponde aux prévisions.
L’ensemble des techniques d’isolation s’appuie sur les
différentes natures d’isolants qu’ils soient à base
organique, minérale, végétale ou animale. De même, les
systèmes constructifs à isolation répartie regroupent deux
familles principales, les monomurs terre cuite ou béton
cellulaire.
3
4
5
6
7
8
9
10
m2.K/W
Quelques ratios pour évaluer les projets
En complément du Ubat, on calcule :
• Le coefficient Ht représente la somme des déperditions
surfaciques et linéiques des parois ramenée au m2 de
SHON. Il rend compte à la fois de l’effort fait sur l’isolation
et de la compacité du bâtiment.
• La somme des déperditions par les ponts thermiques
ramenée au m2 de SHON peut aussi refléter le traitement
thermique.
En effet, chaque système constructif a ses ponts thermiques. Le calcul d’une valeur globale pour l’ensemble du
bâtiment par le bureau d’étude donnera une indication de
la qualité du traitement de ces ponts thermiques.
Somme des déperditions par les ponts thermiques
effinergie
RT 2005
0
0,1
0,2
0,3
0,4
W/K.m2 de SHON
Principaux ponts thermiques à traiter
Fenêtre de toit
Rampant
ou toit terrasse et/ou
plancher haut / mur ext.
Plancher
intermédiaire / mur ext.
Mur refend / mur ext.
Angle sortant
Linteau, tableau,
appui de fenêtre,
coffre de volet
roulant / mur ext.
Seuil de porte
ou porte-fenêtre
Dalle balcon / mur ext.
Plancher bas sur terre
plein ou vide sanitaire /
mur ext.
15
Système d’isolation rapportée
par l’intérieur
Système constructif à isolation
répartie
C’est aujourd’hui la technique dominante en France, qui
peut se traduire par des ponts thermiques importants au
niveau des planchers intermédiaires et des refends lorsque
ceux-ci sont maçonnés.
Les systèmes constructifs à isolation répartie, permettent
de réduire les ponts thermiques de structure des planchers
intermédiaires et refends. Ils permettent également de tirer
parti de l’inertie des murs pour récupérer les apports
solaires en hiver et pour réduire l’inconfort en été.
En maison individuelle, le poids de ces ponts thermiques est
assez limité, entre autre parce que des solutions simples de
traitement existent (rupteurs thermiques, refends désolidarisés des murs périphériques, planchers légers, …).
En revanche, au fur et à mesure que le nombre de niveaux
augmente, le traitement des ponts thermiques des planchers intermédiaires nécessite le recours à des solutions de
rupteurs thermiques plus complexes ou à des structures
intégrant le traitement thermique.
L’isolation rapportée par l’intérieur permet de traiter aisément
les jonctions avec les menuiseries, portes, balcons, … ainsi
que celles avec l’isolation des combles et toitures.
Pour respecter les conditions de confort d’été, la masse
des murs n’étant pas en contact avec les volumes
intérieurs, il sera pertinent de composer avec des parois
intérieures lourdes (refends maçonnés, dalles béton armé,
cloisons lourdes, …).
Système d’isolation rapportée
par l’extérieur
L’isolation thermique par l’extérieur permet de supprimer
les ponts thermiques au niveau des planchers intermédiaires et des refends. Elle permet également de tirer parti
de l’inertie des murs pour récupérer les apports solaires en
hiver et pour réduire l’inconfort en été.
En revanche, ce type d’isolation (sous enduit, vêture,
bardage, …) implique des précautions spécifiques de mise
en œuvre pour garantir le traitement thermique de la
jonction avec les planchers bas, les encadrements de
fenêtres, portes, loggias, balcons, etc. et les acrotères des
toitures plates ou les combles. Le Groupement du Mur
Manteau a décrit des solutions de traitement des points
singuliers en isolation par l’extérieur.
Dans un bâtiment répondant au label BBC - effinergie, les
niveaux de performance thermique des parois courantes
devront être choisis pour que l’ensemble parois et ponts
thermiques satisfasse les valeurs de résistances thermiques et de ponts thermiques décrites ci-dessus. Une
attention particulière devra être portée à l’épaisseur des
parois et à leur niveau d’isolation.
Systèmes constructifs à ossatures
Les systèmes constructifs à ossature bois ou acier
permettent d’atteindre des épaisseurs d’isolant importantes sans pour autant augmenter fortement les épaisseurs totales de mur. Ils sont fortement utilisés dans les
projets de bâtiments basse consommation, dans les pays
utilisant traditionnellement ces technologies.
Le traitement de l’étanchéité à l’air et une gestion maîtrisée
de la vapeur d’eau de l’ensemble du bâti sont essentiels.
Une attention particulière doit être portée sur la
performance acoustique d’isolement aux bruits extérieurs,
sur le traitement des ponts thermiques structurels (en
particulier pour les ossatures acier), ainsi que sur le respect
des conditions de confort d’été.
Le plancher bas doit être particulièrement bien traité du
point de vue thermique(5).
On trouvera des éléments dans le guide «Construction de
maisons à ossature bois»(6).
http://www.groupement-mur-manteau.com/points-singuliers.pdf
(5) «Dalle Bois - Guide de conception et de mise en œuvre, du gros œuvre aux finitions» - ISBN : 978-2-9530638-0-6
(6) «Construction de maisons à ossature bois» par Yves Benoît et Thierry Paradis - ISBN : 978-2-212-12047-9
16
Toiture
Planchers bas
Il est nécessaire de définir une épaisseur d’isolation
importante, ce qui aura pour effet de diminuer fortement les
déperditions thermiques en hiver et d’apporter un meilleur
confort thermique d’été.
Il est important, comme le montre les valeurs de résistances thermiques du graphique (page 15), d’avoir des déperditions thermiques faibles au niveau du plancher bas.
Par ailleurs, le traitement de l’éventuel pont thermique de la
liaison mur-toiture est impératif ainsi qu’une gestion fine de
l’étanchéité à l’air, souvent sensible à cet endroit.
Isolation en combles perdus
Pas de problème particulier pour atteindre les niveaux
d’isolation requis avec des fortes épaisseurs. Néanmoins,
veillez à bien ventiler les combles.
Isolation en rampant sous toiture
Les toitures recevant une quantité importante de rayonnement solaire, le confort d’été peut être problématique.
Des précautions doivent être prises, notamment l’inclusion
des fenêtres.
L’isolant est mis en œuvre soit sous dalle flottante, soit
sous dalle de terre plein (isolant rapporté ou entrevous
isolants ou isolation sous radier), soit les deux. Attention
dans le choix de l’isolant : vérifier le fait que le produit choisi
soit certifié conforme au DTU des dallages et dalles
flottantes. Dans le cas de plancher bas à ossature (sur
pilotis), on pourra choisir de placer l’isolant dans
l’épaisseur de l’ossature et de faire le choix d’épaisseurs
d’isolants encore plus importantes.
Un autre point important est de traiter le pont thermique
d’about de plancher. Il existe quasiment pour chaque
système constructif de plancher une solution qui doit être
prévue dès la conception du plancher bas. Un carnet de
détails d’exécution réalisés par l’équipe de conception sera
souvent apprécié, pour ce point comme pour la gestion
spécifique des seuils de portes.
Dans tous les cas, de fortes résistances thermiques
d’isolant seront à mettre en œuvre, soit entre et sous
chevrons, soit par l’extérieur, en sur-toiture, panneaux de
toitures : panneaux sandwiches ou caissons de toitures.
Autre piste pour améliorer le confort d’été : penser à
augmenter significativement la ventilation de l’espace entre
éléments de toiture et isolant.
Toiture terrasse
Des résistances thermiques importantes sont également à
mettre en œuvre. Dans le cas d’une isolation par l’extérieur,
prévoir, dès la conception, des acrotères dont la configuration permet d’isoler entièrement leur pourtour.
Par ailleurs, il s’agira de veiller dans les choix de
conception à ce que l’isolation de la toiture terrasse soit
coordonnée avec le système d’isolation des murs
(intérieure, extérieure ou répartie).
17
Choisir les baies
Pour obtenir le label BBC - effinergie, le coefficient de
déperdition thermique des baies vitrées (vitrage et menuiserie : Uw) ne devra pas dépasser 1,7 W/m2.K et pourra
aller jusqu’à 0,7 W/m2.K.
Nice
Dans un bâtiment BBC - effinergie, le choix des fenêtres,
portes et portes-fenêtres a un poids important, que ce soit
en terme de confort visuel, de consommation d’énergie et
de confort d’été.
Nancy
Augmentation de consommation
liée à la qualité de la fenêtre
Aumentation
du Uw de 0,5
Diminution facteur
solaire de 0,1
Aumentation
du Uw de 0,5
Diminution facteur
solaire de 0,1
0
2
4
6
8
10
kWhep/m2.an
Des impacts du même ordre du facteur solaire S
et du coefficient de déperdition Uw
Facteur de transmission lumineuse : FTL
Par ailleurs, on devra toujours concevoir l’ensemble
constitué par la fenêtre (menuiserie et vitrage complet), sa
protection solaire d’été ainsi que les occultations d’hiver de
façon à associer faible consommation d’énergie, confort
d’hiver et confort d’été. Une gestion centralisée des
fermetures permet d’optimiser les apports solaires et les
déperditions en commandant l’ensemble des occultants.
Lumière incidente
Lumière transmise
Facteur solaire : S
Les fenêtres associant des triples
vitrages et menuiseries à très forte
performance, apparaissent parfois
comme une des solutions permettant de réduire très fortement les
déperditions de chaleur, le coefficient Uw de la fenêtre étant
généralement inférieur à 1.
Energie solaire
incidente
Energie solaire
transmise
En revanche, pour le moment
ces fenêtres induisent des surcoûts et une réduction sensible
de la capacité à capter l’énergie
solaire et à transmettre la lumière.
Coefficient de déperditions thermiques : Uw
déperditions
L’habitude consiste souvent à analyser les fenêtres uniquement à partir de ce coefficient de déperdition thermique
(Uw), qui ne prend en compte que les pertes de chaleur par
la fenêtre. La capacité de la baie à capter la chaleur du
soleil et la lumière du jour est rarement considérée.
Pour un bâtiment BBC - effinergie, on choisira systématiquement les fenêtres en fonction à la fois de leur coefficient
Uw, de leur facteur solaire (S) et de leur facteur de
transmission de lumière (FTL).
Les facteurs solaires et les facteurs de transmission de
lumière du jour dépendent du type de vitrage et de la
surface respective du cadre et du vitrage. L’analyse
thermique devra prendre en compte ces différents éléments.
Exemples de caractéristiques de fenêtre
Fenêtre courante RT 2005
Fenêtre double vitrage performante
Fenêtre triple vitrage
18
Uw
S
1,8
1,4
0,8
0,45
0,45
0,38
On peut les préférer dans certaines orientations (parois peu
ensoleillées, orientations nord) ou climats froids. Elles sont
également utiles si l’on cherche à réduire drastiquement la
puissance de chauffage de base afin de se passer d’un
système traditionnel de chauffage avec réseau de
distribution pour obtenir une maison passive.
De telles fenêtres n’ont pas d’utilité en climat méditerranéen.
Perméabilité à l’air
Un bâtiment dont l’étanchéité à l’air est de mauvaise qualité
peut voir ses besoins de chauffage augmenter de plusieurs
kWhep/m2.an par rapport à une réalisation de qualité.
L’impact énergétique d’une mauvaise étanchéité à l’air est
particulièrement important si le climat est froid ou venté.
De plus, lorsqu’on utilise un système de ventilation double
flux, le rendement de celui-ci peut être très fortement
réduit, l’air passant par les trous et plus par l’échangeur.
Lorsque les bâtiments sont peu compacts, la qualité
d’étanchéité à l’air est encore plus importante.
Pour bénéficier du label BBC - effinergie, vous devrez
impérativement vous fixer un objectif de perméabilité (I4)
inférieur ou égal à 0,6 m3/h.m2 en maison individuelle
et 1,0 m3/h.m2 en collectif et vérifier avant la réception que
vous l’avez atteint.
S’il s’avère que vous dépassez cette limite, il sera nécessaire
de mettre en œuvre des mesures correctives des défauts.
Il est généralement judicieux de réaliser un test intermédiaire, avant la fermeture des parements et gaines techniques, pour identifier les fuites et apporter les éventuelles
corrections sans destruction.
Les fuites d’air au niveau des jonctions sont visibles
sur ces photos infra rouge
Augmentation de consommation
liée à une forte perméabilité
(exemple en maison individuelle passage de 0,6 à 1,3 m3/h.m2)
Nancy
Nice
0
2
4
6
8
10
kWhep/m2.an
Coffre de volet roulant
et menuiserie
Toiture / mur
Plancher / mur ext.
Prises électriques
Fenêtre de toit
Trappe d’accès
Ils se situent principalement au niveau des jonctions :
menuiseries extérieures, passages des câbles et appareillages électriques, trappes et éléments traversant les parois,
liaisons façades-planchers, façades-toitures et insertion
des coffres de volets roulants. Dans les systèmes
constructifs à ossature, les parties courantes de l’enveloppe peuvent également comprendre de nombreuses fuites si
la pose n’est pas conforme aux DTU.
Pour obtenir une bonne étanchéité à l’air, il est nécessaire
d’intégrer cette préoccupation dès la phase de conception,
en particulier, en limitant le nombre de pénétrations de
l’enveloppe et en décrivant précisément les schémas de
détails d’exécution. Le concepteur pourra s’appuyer sur de
nombreux produits et systèmes spécialement conçus pour
assurer une excellente maîtrise de l’étanchéité (membranes, pare vapeur, frein-vapeur, joints pré-comprimés,
passe-câbles et passe-conduits, adhésifs à longue durée
de vie, etc.). Dans le cas de l’utilisation de volets roulants,
une préoccupation particulière devra être portée vis-à-vis
des garanties fournies par les fabricants.
La qualité de la mise en œuvre est également essentielle. Il
est donc important de sensibiliser les entreprises et de leur
fournir des détails constructifs et d’exécution clairs. Le
maître d’œuvre doit assurer tout au long du chantier un
suivi rigoureux du traitement des points sensibles. Il pourra
être judicieux de finaliser les détails constructifs des points
sensibles avec les entreprises concernées.
Source : Aactime
Les défauts d’étanchéité se traduisent par des infiltrations
d’air parasites et ont un impact en terme de déperditions,
de confort, de santé, d’acoustique et d’efficacité des
systèmes de ventilation.
Mesure de la perméabilité à l’air d’un bâtiment
par le principe de la porte soufflante («blower door»)
19
2) Ventiler en récupérant la chaleur de l’air extrait pour
préchauffer l’air entrant du logement.
Ventilation
La ventilation est essentielle pour obtenir une bonne qualité
de l’air et évacuer la vapeur d’eau produite par l’usage
du logement (7) et assurer la pérennité du bâtiment.
Elle peut représenter de quelques kWh/m2.an à plus de
15 kWhep/m2.an. Le rôle essentiel d’une ventilation de
qualité est donc de garantir la qualité sanitaire de l’air tout
en limitant les consommations d’énergie pour le chauffage
de l’air et le fonctionnement des ventilateurs.
Un système double flux avec échangeur récupère la
chaleur de l’air extrait du logement pour préchauffer
directement l’air neuf insufflé dans le logement. De plus,
ce système permet d’améliorer la qualité de l’air entrant
grâce à un système de filtres qui, pour garder son
efficacité devra être nettoyé régulièrement. Les gaines
d’amenée d’air et l’échangeur doivent être accessibles
pour faciliter l’entretien.
Consommations d’énergie liées à la ventilation
Nice
Nancy
(exemple d’un immeuble)
Double flux
Hygro B
Double flux
Hygro B
0
2
4
6
8
10
12
14
16
kWhep/m2.an
Chauffage air
Dans un système double flux, la consommation d’énergie
pour chauffer l’air renouvelé disparaît quasiment
complètement mais est compensée par une augmentation
de la consommation des ventilateurs. Cette consommation
des ventilateurs est indépendante du climat.
Associées à une bonne étanchéité des réseaux de ventilation, qualité garantie dans le temps avec des conduits
rigides, deux grandes options permettent de satisfaire cet
objectif dans le cadre du label BBC - effinergie :
1) Réguler les débits d’air en fonction de l’occupation des
logements. On ventilera ainsi plus pendant les périodes
où le bâtiment est très occupé et moins pendant les
périodes de moindre occupation.
Les ventilateurs des systèmes de ventilation fonctionnant
toute l’année, on utilisera exclusivement des systèmes
avec des ventilateurs performants et peu consommateurs
d’électricité. La présence de deux ventilateurs peut
actuellement rendre le double flux moins performant en
termes de consommations qu’un système hygroréglable de
type B, pour lesquels on dispose déjà de systèmes
optimisés. L’évolution des performances des systèmes
pourrait permettre de corriger cet effet. Le rendement de
l’échangeur doit donc être de l’ordre de 90 % pour
compenser au maximum l’impact de la consommation
supplémentaire.
Ecart de consommation de ventilateurs
entre les produits du marché
Hygro B
Le système largement disponible et répandu pour se faire
est la ventilation mécanique contrôlée hygroréglable
type B. Elle adapte les débits d’air entrants et extraits en
fonction de l’humidité intérieure qui est liée à l’occupation humaine (à l’exclusion des autres polluants).
Ce système est particulièrement adapté aux logements
dont l’occupation va fortement varier au cours de la
journée ou de la semaine. Il s’adapte aussi très bien aux
climats doux, dans lesquels on vit fenêtres ouvertes une
grande partie de l’année.
Les systèmes avec récupération de chaleur voient leur
marché se développer. Ils s’adaptent particulièrement bien
aux logements qui ont une occupation forte et plus stable
dans le temps et/ou dans lesquels on vit plutôt fenêtres
fermées, ce qui est le cas dans les zones polluées ou
bruyantes.
Double flux
Ventilateur
Immeuble
Maison
Immeuble
Maison
0
2
4
6
8
10
12
14
16
kWhep/m2.an
(7) Une famille de 4 personnes produit environ 12 litres
de vapeur d’eau par jour.
20
Systèmes de chauffage
Surconsommation liée à un générateur
moins performant
Le chauffage représente un poste important de consommation dans un logement. Pour un logement BBC - effinergie,
il peut encore représenter de 20 à 30 kWhep/m2.an dans
les zones climatiques les plus froides mais devient très
faible en zone méditerranéenne où il peut être inférieur à
5 kWhep/m2.an.
Remplacement chaudière
condensation par chaudière
basse température
Remplacement
d’une PAC de COP4
par une une PAC de COP3
Remplacement d’une PAC
par des convecteurs
électriques
Consommations de chauffage
Nice
Nancy
0
2
4
Nancy
Immeuble
6
8
10 12 14 16
kWhep/m2.an
Nice
Maison
En dehors de la zone méditerranéenne, l’impact est très
important. Seuls les systèmes de chauffage les plus efficaces
sont utilisables
Immeuble
Maison
0
5
10
15
20
25
30
35
kWhep/m2.an
Répondre à un besoin de confort tout en réduisant la
consommation revient à sélectionner les meilleures technologies présentes sur le marché tout en privilégiant les
sources d’énergie renouvelables.
Il faut être attentif à la génération de chaleur, la distribution,
l’émission et la régulation lorsque l’on conçoit l’installation.
Dans le cadre du label BBC - effinergie, on utilisera généralement une des techniques suivantes pour la production
de chaleur :
• La chaudière à condensation au gaz ou au fioul.
Grâce à la récupération de la chaleur latente rejetée
par les produits de combustion, son rendement
dépasse les 100 %, à condition que les émetteurs
fonctionnent à basse température.
• La pompe à chaleur ayant un COPannuel (8) supérieur
ou égal à 3,5. Avec le prélèvement de chaleur à
l’extérieur (air, eau, sol) et la restitution au sein du
bâtiment par un système d’émission basse température, elle offre différentes solutions en fonction de
l’emplacement du projet.
• La chaudière à bois automatisée de classe 3 utilise
une énergie renouvelable. Elle offre, via son système
automatisé, une garantie de combustion régulée et
optimisée suivant les besoins. En collectif, du fait de la
faible efficacité à faible charge, on pourra associer un
autre système ayant une plus grande capacité de
modulation de puissance.
• Le chauffage solaire, combinant des panneaux solaires
et un système de stockage (ballon sur-isolé ou dalle
épaisse) à une émission basse température, permet de
couvrir 30 à 60 % des besoins de chauffage. Il sera
utilisé conjointement à un autre système.
• Le raccordement à un réseau de chaleur utilisant des
énergies renouvelables et/ou un système de co-génération (production simultanée de chaleur et d’électricité).
• Le chauffage électrique direct pourra être parfois
envisagé en zone méditerranéenne modulo un
effort particulièrement important sur les autres
postes en particulier sur l’isolation pour obtenir
un bâtiment passif.
Dans la pratique, les systèmes de génération doivent être
analysés en fonction des paramètres suivants : leur
adaptation aux caractéristiques du bâtiment y compris son
utilisation, leur efficacité énergétique, leur impact environnemental (notamment le bilan CO2) et la disponibilité à long
terme de la ressource.
D’autres solutions peuvent être également envisagées.
Certaines nécessiteront l’utilisation d’une procédure
particulière de conformité réglementaire prévue par l’arrêté
du 24 mai 2005 (www.effinergie.org rubrique effinergie
dans le neuf).
Le choix d’une production performante doit toujours être
associé à un bon dimensionnement. En effet, un surdimensionnement de la génération conduit à un surinvestissement inutile et généralement à une perte d’efficacité.
Placer le générateur en volume chauffé permet de réduire
sensiblement les consommations. En logement collectif,
opter pour un emplacement en position centrale permet de
réduire les longueurs et donc les pertes de distribution.
Une bonne isolation du réseau de distribution, en particulier
hors volume chauffé (classe 3 minimum) et une optimisation de la longueur de ce dernier doivent être entreprises.
Ces systèmes seront d’autant plus performants quand ils
seront installés avec des émetteurs basse température :
planchers chauffants et radiateurs basse température.
Dans un logement BBC - effinergie, une régulation
performante des émetteurs de chaleur est indispensable
pour tirer parti des apports solaires et internes qui peuvent
couvrir plus de 50 % des besoins de chauffage. On pourra
gagner à substituer aux robinets thermostatiques traditionnels des régulations électroniques par pièce avec une
valeur de précision de la régulation inférieure à 0,8 °C (9).
Ceci pourra permettre de gagner 1 à 2 kWhep/m2.an.
Une programmation permettant de gérer les absences est
également nécessaire.
(8) COPannuel est le coefficient de performance moyen
annuel du système de production de chaleur, y compris
ses auxiliaires. Il peut être très différent du COP affiché
par le constructeur.
(9) Liste des produits et valeurs de la précision de régulation
(CA) sur http://www.eubaccert.eu/licences-by-criteria.asp
21
Cette consommation est du même ordre de grandeur que
celle du chauffage dans les zones climatiques froides et est
nettement supérieure en zone méditerranéenne. Mal optimisée, l’eau chaude sanitaire peut donc conduire à elle
seule à des consommations d’énergie incompatibles avec
le label BBC - effinergie.
La consommation d’énergie pour le chauffage de l’eau peut être doublée si on
n’utilise pas de chauffe eau solaire. Il est
recommandé de prévoir l’intégration de
capteurs comme élément architectural
(toit, auvent, …) dès la conception.
D’autres solutions de production peuvent
être aussi envisagées :
• ECS thermodynamique : l’eau chaude
sanitaire est fournie par une pompe à
chaleur spécialement optimisée pour
ce type d’usage, avec un COPannuel
minimum de 3.
• PAC sur air extrait/eau : l’air extrait
du logement peut servir au chauffage
de l’eau chaude sanitaire via une
pompe à chaleur utilisant cet air vicié
comme source froide. Ce système
permet de récupérer la chaleur de l’air
extrait sans passer par un système
double flux.
Les ballons de stockage représentent des
pertes considérables et devront absolument être très fortement isolés ou insérés
dans des placards totalement isolés. En
effet, les pertes d’un ballon peuvent représenter 6 à 15 kWh d’énergie primaire par
m2 et par an. Alors que dans un bâtiment
classique, une partie de ces pertes sert au
chauffage, dans un bâtiment BBC effinergie, qui a très peu de besoins de
chauffage, elles se traduisent par un
gaspillage important et des risques de
surchauffe en été.
Afin d’éviter un surdimensionnement de l’installation, les
besoins d’eau chaude doivent être calculés en fonction de
l’occupation et non de la surface habitable. De plus, une
utilisation de régulateurs de débits sur la robinetterie
permettra de réduire la consommation de manière
significative.
Comme précisé au paragraphe conception architecturale,
on aura, dès la conception, recherché l’optimisation architecturale des points de puisages par rapport à la production d’eau pour limiter les pertes des réseaux de distribution d’eau.
22
Nancy
La production d’eau chaude, si elle est optimisée et utilise
l’énergie solaire, représentera une consommation de l’ordre
de 10 à 25 kWhep/m2.an.
Surconsommation en l’absence de chauffe eau solaire
Nice
Production d’eau chaude
sanitaire
Immeuble
avec ECS gaz
Maison avec eau
chaude électrique
Immeuble
avec ECS gaz
Maison avec eau
chaude électrique
0
5
10
15
20
25
30
35
kWhep/m2.an
L’ECS solaire amène des gains massifs
Confort d’été
Atelier Archi & Design
Le référentiel du label BBC - effinergie ne prévoit pas
d’exigence supplémentaire par rapport à la réglementation
thermique en matière de confort d’été. Ceci signifie
simplement que les solutions retenues pour réduire la
consommation doivent conduire à un confort d’été au
moins aussi bon que dans un bâtiment standard.
Une attention particulière doit être apportée à cette
thématique. En effet, la très forte isolation mise en place
pour réduire les consommations de chauffage va se
traduire par une forte augmentation de la température
intérieure si des précautions particulières ne sont pas
prises dès la conception.
Casquettes pour les orientations sud
De plus, un bâtiment BBC - effinergie doit avoir une
consommation d’énergie très fortement réduite par rapport
à un bâtiment standard. Ainsi l’utilisation d’un système de
rafraîchissement actif peut être très pénalisant, alors qu’il
peut quasiment toujours être évité, en utilisant les six
éléments suivants :
Source : Fraîcheur sans clim
Une solution simple pour prédéfinir, lors des phases en
amont d’un projet, des solutions efficaces en matière de
confort d’été sera d’utiliser la solution technique confort
d’été de la RT 2005 (10). Celle-ci permet en fonction de la
zone climatique et de la zone de bruit de définir pour les
différents types de pièces des couples inertie/protection
solaire acceptables.
Protections solaires végétales à feuilles caduques
La protection solaire du bâtiment
Dans un bâtiment BBC - effinergie, la protection solaire
des parois vitrées est un élément essentiel. On peut dire
que celle-ci est aussi importante pour l’été que l’isolation
l’est pour l’hiver.
Les solutions techniques pour l’application de la RT 2005
donnent, pour les maisons individuelles, les protections
solaires à prévoir pour différents types de baies,
notamment pour les fenêtres de toit, en fonction du climat,
de la zone de bruit et de l’inertie du logement.
Elles précisent également les cas où la seule
protection solaire n’est pas suffisante.
Pour être efficace, la protection doit
permettre de réduire l’apport de chaleur tout
en permettant un éclairement naturel
suffisant aux heures de jour. Les solutions à
privilégier sont, en plus des «casquettes»
adaptées en façade sud, des protections
extérieures mobiles telles que des volets ou
stores qui peuvent être complétées par des
protections solaires végétales à feuilles
caduques. Elles permettent de laisser passer
la chaleur en hiver et de la bloquer en été.
Pour les pièces en rez-de-chaussée, les volets
auront aussi une fonction anti-effraction.
Impact des protections solaires (exemple d’une maison)
Nancy
Bien
utilisées
Nice
Nancy
Partiellement
utilisées
Absentes
ou non
utilisées
Nice
Nancy
Nice
0
500
1 000
1 500
2 000
Nombre d’heures dépassant 28 °C
Avec ouverture
des fenêtres
Volets persiennes
pour toutes
les orientations
Sans ouverture
des fenêtres
Des protections performantes et bien gérées
sont indispensables en particulier dans le midi
La réduction des apports internes
Les apports internes liés à l’usage du bâtiment peuvent se
traduire par une contribution de 3 à 5 °C de plus. Il est
donc nécessaire de limiter au maximum ces apports de
calories indésirables, notamment par le choix d’appareils
électrodomestiques efficaces et bien dimensionnés, d’un
éclairage économe en énergie, etc.
(10) «Solution technique pour l’application de la RT 2005» http://www.rt-Batiment.fr/fileadmin/documents/acceslibre/st_confortete%20finale.pdf
23
L’inertie thermique
La taille et l’orientation des parois
vitrées
Les murs épais en pierre ou de forte
masse des bâtiments anciens permettaient de garder, même les jours très
chauds, une ambiance fraîche et
confortable en tirant parti de la
fraîcheur de la nuit.
Pour bénéficier d’un effet comparable, il
est nécessaire de tirer parti de la masse
de la structure du bâtiment (murs,
planchers) pour augmenter l’inertie.
Attention aux grandes parois vitrées qui captent la chaleur
en hiver mais aussi en été et peuvent donc, si elles ne sont
pas occultées, entraîner un inconfort important en saison
chaude.
Mur intérieur en briques
de terre crue
L’utilité de l’inertie n’est avéré que si l’on peut ventiler très
largement pendant la nuit pour évacuer les calories
accumulées la journée et stocker la fraîcheur de la nuit.
L’inertie thermique aura également un rôle positif l’hiver en
permettant de stocker la chaleur du soleil, ce qui permettra
de réduire les consommations d’énergie.
La température maxi atteinte en été diminue
quand l’inertie augmente
°C
On évitera de dépasser un ratio de 1 m2 de paroi vitrée pour
5 ou 6 m2 de surface habitable. De plus grandes fenêtres ne
seront envisagées que si l’inertie du bâtiment est importante et si on peut, sans difficulté, ouvrir les fenêtres largement pour profiter de la fraîcheur du soir et de la nuit.
Le calcul devra absolument valider la conception envisagée.
Utiliser la fraîcheur du sol
Le sol reste beaucoup plus frais que l’air en été. On peut
utiliser cette fraîcheur via un puits provençal. Celui-ci est
constitué par une canalisation enfouie dans le sol par
laquelle va passer l’air de ventilation. L’air de ventilation est
ainsi réchauffé en hiver et refroidi en été.
40
35
30
25
20
Très légère
Moyenne
Lourde
Trés lourde
Inertie
Les consommations diminuent quand l’inertie augmente
kWhep/m2.an
8
6
4
2
Un puits provençal doit être correctement conçu pour être
efficace et pouvoir être facilement entretenu pour éviter
tout risque sanitaire sur la qualité de l’air.
0
-2
-4
-6
Très légère
Moyenne
Lourde
Maison Nancy
Immeuble Nancy
Maison Nice
Immeuble Nice
Trés lourde
Inertie
Utiliser la fraîcheur du soir
et de la nuit
Pendant une très grande partie de l’été, l’air extérieur peut
être une source de fraîcheur du soir au matin. Ainsi, pour un
bâtiment à forte inertie, la sur-ventilation nocturne permet
d’évacuer la chaleur accumulée durant la journée.
Cette source naturelle de fraîcheur pourra être utilisée par
simple ouverture des fenêtres lorsque cela est possible la
nuit. Si le logement possède des ouvertures donnant sur au
moins deux orientations permettant de balayer l’ensemble
du logement, cette ventilation nocturne sera nettement plus
efficace. Ceci suppose de ne pas avoir de problème de
bruit ou de risques d’effraction.
A défaut, on pourra concevoir le système de ventilation pour
qu’il permette d’augmenter très fortement les débits d’air la
nuit, en période chaude, sans laisser rentrer le bruit.
Une étude thermique devra être faite systématiquement
pour dimensionner le puits, le débit de ventilation et définir
son mode de gestion.
En respectant ces précautions, on pourra obtenir des
réductions de plusieurs degrés de la température en été,
y compris dans des zones bruyantes où l’ouverture des
fenêtres peut être problématique (11).
Durée d’inconfort avec et sans puits provençal
(maison individuelle à Nice)
Sans ouvertures
des fenêtres
Avec ouvertures
des fenêtres
0
200
400
600
800
1 000
Nombre d’heures dépassant 28 °C
Avec puits provençal
Sans puits provençal
Une réduction forte de l’inconfort sans nécessité
d’ouvrir les fenêtres
(11) Utilisation des échangeurs air/sol pour le chauffage et le rafraîchissement des bâtiments - Thèse de Pierre Hollmuller, Université de Genève, 2002
24
Suivi des consommations
Le suivi des consommations pour le chauffage et l’ECS
permet de vérifier que l’on atteint, et que l’on maintient
bien, les exigences BBC - effinergie. Dans le cas d’un
système électrique, on recommande d’installer des souscomptages pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire.
Les autres usages
de l’énergie
Vers des bâtiments
à énergie positive
Le référentiel BBC - effinergie, dans sa version 2007, prend
en compte les consommations d’énergie liées au bâtiment et
aux équipements de chauffage et de ventilation qui y sont
liés lors de la vente ou la location de ce logement. Il n’intègre
pas, en revanche, les consommations des équipements
apportés par l’occupant : cuisson, électroménager,
audiovisuel, … Pour que la facture énergétique d’un
logement BBC - effinergie soit effectivement modérée, il est
également important de les maîtriser.
La réalisation de bâtiments basse consommation représente la première étape du
parcours vers les bâtiments à énergie
positive. L’installation de photovoltaïque sur un bâtiment
qui atteint déjà le niveau BBC - effinergie peut permettre
d’arriver à des bâtiments à énergie positive.
En effet, une fois l’enveloppe et les systèmes optimisés
pour avoir une faible demande en énergie, opter pour une
installation photovoltaïque permettra de réaliser une
valorisation énergétique encore plus importante.
Le comportement joue un rôle important sur ces consommations. Cependant, certains choix de conception ont également
une influence non négligeable. Voici quelques exemples de
questions à se poser dès de la conception des bâtiments :
Aujourd’hui, l’offre technologique orientée bâtiment est
variée et ne cesse de s’améliorer. Les capteurs photovoltaïques peuvent être intégrés dans les bâtiments de
multiples façons tant en toiture qu’en façade, en auvent ou
brise soleil. Ils peuvent faire partie de la structure, de la
paroi ou y être juxtaposés.
- Les éclairages extérieurs sont-ils commandés via des systèmes automatiques (horloge, détecteurs de mouvement, …) ?
Dans les parties communes des immeubles collectifs :
- L’éclairage des couloirs des différents étages sont-ils
commandés indépendamment ?
Pour arriver à transformer un bâtiment qui, sans installation
photovoltaïque, serait juste conforme au label BBC effinergie en un bâtiment à énergie positive, il sera
nécessaire d’installer un système photovoltaique intégrant
au minimum 1 m2 de panneau pour environ 3,5 m2 de
surface habitable en zone méditerranéenne et au minimum
1 m2 de panneau pour environ 2 m2 de surface habitable au
nord ou à l’est de la France.
- Les locaux utilisés de façon brève (locaux poubelles,
couloirs, parking, …) sont-ils munis de minuteries ou de
détecteurs de présence ? Leur réglage a-t-il été affiné ?
A l’intérieur du logement :
- La configuration de la cuisine permet-elle de disposer le
réfrigérateur loin de toute source de chaleur (cuisinière,
lave-vaisselle, radiateur, …) ?
L’installation photovoltaique permettra alors de produire sur
l’année plus d’énergie que le bâtiment n’en consomme
pour l’ensemble de ses usages y compris les usages
électroménagers, audiovisuels, … qui représentent à eux
seuls près de 25 kWh d’énergie finale par m2 de SHON ce
qui correspond à 65 kWhep/m2 SHON.
- Un espace pour mettre le linge à sécher est-il prévu ?
Pour l’été ? Pour l’hiver ?
- Un espace pour le congélateur a-t-il été prévu dans une
pièce non chauffée ?
- La prise du poste audio visuel est-elle commandée par
un interrupteur ?
D’autres productions locales d’électricité se développent et
peuvent être envisagées (micro éolien, micro hydraulique, …).
- Les équipements pouvant fonctionner en permanence
sont-ils commandés par une minuterie ?
arch. : Rolf Disch
effinergie travaille sur un
référentiel de bâtiment à
énergie positive, les informations seront données sur le
site www.effinergie.org
25
L’économie du projet
Le maître d’ouvrage doit pouvoir s’affranchir du réflexe de
chercher l’investissement minimal, raisonnement à court
terme, qui conduit, à un coût disproportionné de gestion du
bâtiment tout au long de sa vie.
L’équilibre économique d’un bâtiment BBC - effinergie
doit faire l’objet d’une analyse affinée par rapport à celle
généralement réalisée sur un projet classique.
Ainsi, étudier le coût d’un projet en incorporant tous les
éléments se rapportant au dit projet pendant toute sa durée
de vie potentielle (notamment les charges ou risque
d’impayé de loyer, valeur patrimoniale à long terme, …),
permet de prendre en compte le futur dans les choix du
présent.
Aspects économiques de la vie d’un ouvrage
Phases
et durée
Etapes
% coût
global
Montage opération
Aspects financiers,
juridiques, commerciaux
1 à 2 ans et plus
2à4%
Maîtrise d’ouvrage
Programme, budget,
planning, étude en coût global
CONCEPTION
2 à 3 ans et plus
Maîtrise d’œuvre
Conception, consultation
2%
1 à 2 ans
et plus si phasage
Réalisation
Suivi du chantier,
travaux OPC, contrôle technique
RÉALISATION 15 à 20 %
2 à 3 ans
et plus si phasage
Gestion
Entretien, maintenance,
exploitation, grosses réparations,
déconstruction et restitution
UTILISATION
50 ans et plus
75 à 80 %
Source : Maîtrise du coût global en habitat : Une démarche en terme de développement
durable. Union Sociale pour l’habitat de Languedoc Roussillon - ADEME
Un équilibre économique
différent
Dépense énergétique annuelle cumulée
d’un ménage français pour une augmentation
du coût de l’énergie de 6 % par an,
sur la base d’une facture de 590 € en 2006 (12)
Euros
180 000
160 000
140 000
120 000
100 000
80 000
60 000
40 000
20 000
590
2006
2016
(12) 590 € = dépense énergétique moyenne d’un ménage français pour l’année 2006 - Source INSEE
26
2026
2036
2046
2056
Année
Des surinvestissements
très différents suivant
l’approche suivie
De fait, le temps de retour sur investissement plus
important peut présenter des risques de blocage d’un
projet BBC - effinergie par la partie financière. Pour pallier
ce blocage la collectivité décide parfois d’intervenir sous
forme de subvention pour absorber le surcoût à la
construction, subvention au cas par cas donnant naissance
à des projets pilotes.
On pourrait envisager de voir un bâtiment BBC - effinergie
comme un bâtiment classique dans lequel on aurait simplement utilisé des produits plus performants. Ceci conduirait
nécessairement à des surinvestissements importants.
D’autre part, un investissement plus fort impacte les
conditions de vente des logements avec un coût au m2
supérieur à celui du marché donc un risque de marché par
la mévente du logement.
L’approche recommandée consiste à repenser globalement
la conception du logement pour atteindre l’objectif.
La réponse bancaire pour le neuf :
Mieux orienter le bâtiment, limiter les décrochements,
construire plus compact, ... sont des éléments architecturaux qui peuvent entraîner à la fois une réduction importante des coûts et une meilleure performance énergétique.
Réduire les déperditions du bâtiment va permettre de
réduire la taille et donc le coût du système de chauffage.
On peut même choisir, comme le font les acteurs de la
construction passive, de sur isoler à un point tel que l’on
n’ait plus besoin de réseau de distribution et d’émetteurs
de chauffage, celui-ci passant par la ventilation. Il peut y
avoir là une source d’économie.
D’un autre côté, une ventilation double flux, des triples
vitrages, une production d’eau chaude solaire nécessitent
des surinvestissements qui devront être optimisés en
fonction des besoins spécifiques du logement.
Pour trouver les compromis intelligents pour chaque opération, une analyse thermique plus poussée devra être
financée. Cet investissement en amont est la garantie de
surinvestissements moindre et bien orientés.
Les approches financière
et bancaire du projet
BBC - effinergie
Un projet immobilier BBC - effinergie a des caractéristiques financières différentes d’un projet classique.
En effet, BBC - effinergie est souvent justifié sous l’angle
d’un coût global avantageux. Axé sur un investissement
initial supérieur à un projet standard, cette mise de départ
est largement compensée par une économie de charges et
d’exploitation (eau, énergie, ...) supérieure à ce même
projet standard et importante dans le temps.
L’approche financière peut être délicate. En effet elle se
base sur le poste investissement pour apprécier l’endettement du porteur de projet. De plus les économies de
charges sont appréciées à la date du projet et non dans le
temps de vie ce qui en minimise la portée (non prise en
compte de l’évolution des coûts des énergies). Un projet
BBC - effinergie peut être évalué pour le porteur du
marché comme un projet immobilier nécessitant un
investissement supplémentaire par rapport à un projet
classique donc impliquant un endettement plus fort de ce
porteur de projet. Cet endettement plus important présente
alors un risque sur le projet.
De manière générale l’offre bancaire pour les logements
neufs écologiques de type BBC - effinergie est très jeune
et portée par quelques banques pionnières.
Pour faciliter au porteur du projet la création et la commercialisation des logements, ces banques ont mis en place
des financements adaptés sous forme de prêts bonifiés.
Ceci permet au particulier acquéreur d’obtenir un prêt à
taux réduit par rapport au marché. Ce mécanisme absorbe
tout ou partie du surinvestissement lié au logement. Les
premières banques à avoir construit ce type de prêt pour
les logements neufs sont le groupe Banque Populaire pour
les particuliers et de la Caisse des dépôts et
consignations pour les collectivités. Peu de banques
annoncent encore aujourd’hui des prêts écologiques pour
le neuf. Il convient donc de construire avec son banquier
une offre dédiée qui prenne en compte les caractéristiques
de ce marché et pour faciliter la vente de ces biens.
Il est aussi possible, dans le neuf, de coupler à ces prêts
d’autres financements bancaires dédiés portés par les
conseils régionaux ou autres collectivités ou les organismes
du 1 % logement. Ces financements ont aussi la caractéristique d’être bonifiés pour absorber ce fameux temps de
retour sur investissement plus long. Certaines régions ou
autres collectivités commencent à élargir des prêts cobonifiés avec les banques pour des logements neufs. Ces
prêts portent sur les énergies renouvelables et/ou l’isolation.
Dans certains montages en collectif, il peut être utile de
travailler très en amont avec le syndic de copropriété.
Ce dernier, intégré le plus en amont possible du projet,
avant le dépôt de permis de construire peut ainsi parfaitement être informé de la maintenance des équipements
nouveaux et en faciliter l’intégration dans la vie du
bâtiment. Un dispositif de tiers financement peut aussi être
étudié par le syndic pour financer à part le poste matériel
énergie par exemple. Dans d’autre cas, le poste photovoltaïque est étudié comme un poste isolé du reste du
financement.
L’ADEME a mis en place un outil de comparaison
des offres des banques sur www.ademe.fr espace
particuliers / financez vos projets.
27
Des aides financières
de l’état et des régions
Au moment où ce guide est rédigé, des discussions dans le
cadre du Grenelle de l’Environnement sont en cours pour
définir les aides qui seront associées à la réalisation de
bâtiments BBC - effinergie.
Comparaison du budget «énergie» d’une maison
en fonction de son niveau de performance et de
scénarios d’augmentation du coût de l’énergie
Augmentation annuelle
du coût de l’énergie
effinergie
9%
RT 2005
De nombreuses Régions ont lancé des appels à projets
régionaux en partenariat avec l’ADEME afin d’expérimenter
la mise en œuvre du label BBC - effinergie et compenser
ainsi une partie des surcoûts d’investissement.
Le site de l’association effinergie tient à jour les dernières
informations sur le sujet.
effinergie
6%
RT 2005
effinergie
3%
RT 2005
Des économies de charges
importantes
Les économies d’énergie permises par un logement BBC effinergie conduisent à un coût de fonctionnement réduit
du logement.
Coût d’acquisition
Acheteur
0
20
40
60
80
100
120
140
160
Dépenses (en millier d’euros) sur 30 ans
Charges
Surinvestissement
Un terrain moins cher
ou plus facile à trouver
L’obtention du label BBC - effinergie peut permettre de
bénéficier d’un dépassement du coefficient d’occupation
des sols (COS), ce qui a pour effet, de construire le même
logement en dépensant moins pour le terrain, ou de
construire plus de surface pour un terrain donné.
Coût d’exploitation
Durée
de vie
Coût de maintenance
Coût d’indisponibilité
Exemple d’approche économique en maison individuelle
de 120 m2 :
Un surinvestissement de 150 €/m2 de surface habitable
permet généralement à une maison de devenir «basse
énergie». Avec un éco-prêt sur 10 ans (TEG de 3,8 %), le
montant total à rembourser pour une maison de 120 m2
serait d’environ 22 000 €.
A euros constants et selon trois scénarios d’augmentation
annuelle du coût de l’énergie de 3, 6 et 9 %, les économies
générées sur le budget «énergie» pendant 30 ans - entre
une maison conforme à la Réglementation Thermique 2005
et une maison BBC - effinergie - varient de 25 000 €
à 75 000 €, pour un coût de l’énergie moyen de
0,07 €/kWhep pour la première année (voir graphique).
Un propriétaire occupant réaliserait donc une opération
positive dès une augmentation du coût de l’énergie de
3 % (taux inférieur au taux observé ces dernières années
pour le fioul).
28
Certaines municipalités ou aménageurs mettent en place
des exigences de qualité sur les bâtiments qui se
construisent. Ceci peut faciliter encore l’accès au foncier
pour les logements BBC - effinergie.
Moins de «turn-over»
et une solvabilité
des locataires plus durable
L’augmentation du coût de l’énergie risque de mettre en
difficulté financière une partie importante des locataires ; ce
qui peut augmenter le risque des impayés de loyer.
Proposer à la location des logements BBC - effinergie,
c’est limiter fortement ces risques d’impayés et le phénomène de «turn-over» rencontré sur des logements non
confortables et/ou dont les charges sont trop importantes.
Une facilité de revente
et une plus value notable
Une source de revenus
réguliers
Le surcroit de confort et de qualité obtenus entraînent une
valeur du logement supérieure lors de la revente. En Suisse,
les banquiers estiment que les logements Minergie®
(équivalent Suisse d’effinergie) ont une valeur à la revente
supérieure de 12 % à l’habitat conventionnel, pour un surcoût moyen d’investissement de 6 %.
A l’heure actuelle la mise en place sur un bâtiment de
systèmes photovoltaïques reliés au réseau va permettre
de revendre de l’électricité à un tarif fixé à l’avance.
Le surinvestissement consenti pour installer un tel système
peut être considéré comme un placement, dont le taux de
rentabilité vaut celui de bien des placements bancaires.
Arch. : J.-L. Abt
Par ailleurs, on peut intégrer qu’avec, d’une part une
énergie et des réglementations en constante augmentation,
d’autre part une lisibilité accrue de la performance énergétique des bâtiments (étiquette énergie), les logements
BBC - effinergie sont mieux adaptés à l’évolution de la
demande et seront plus faciles à louer ou à revendre.
29
Obtenir le label
Les certificateurs :
une garantie de sérieux
et de qualité
L’association effinergie n’a pas vocation à délivrer ellemême le niveau BBC - effinergie. Elle s’appuie sur quatre
organismes certificateurs reconnus par l’Etat et accrédités
par le COFRAC qui vont utiliser la marque effinergie®
pour la certification au niveau BBC :
Certificateur
Type de
construction
Champ de
la certification
Marque de certification
Pour en savoir plus...
www.promotelec.com
Maisons
Individuelles
en secteur
diffus
et groupés,
Logements
Collectifs
Label Haute Performance
Accordé opération
Energétique BBC - effinergie
par opération
délivrée dans le cadre
sur la performance
du label performance
énergétique
Maisons
en secteur
diffus
et groupés,
Logements
Collectifs
Label Haute Performance
Energétique BBC - effinergie
délivrée en options des
certifications QUALITEL et
HABITAT & ENVIRONNEMENT
Certification
multicritères
accordée
par opération
Vous êtes particulier :
www.bienvivrechezmoi.com
Maisons
Individuelles
en secteur
diffus
Label Haute Performance
Energétique BBC - effinergie
dans le cadre des certifications NF Maison Individuelle
et NF Maison Individuelle
Démarche HQE
Accordé au
constructeur
pour l’ensemble
de sa production
pour la marque
NF ou NF HQE
et par opération
pour le label
BBC - effinergie
www.cequami.fr
Batiments
Tertiaires
Label Haute Performance
Energétique BBC - effinergie
délivrée dans le cadre de la
certification NF Batiments
Tertiaires Démarche HQE et
à venir NF Batiments tertiaires
Certification
multicritères
accordée
par opération
www.certivea.fr
www.2idéesalafois.com
ou
au 3620 dites promotelec
www.labelperformance.
promotelec.com
Vous êtes professionnel :
www.cerqual.fr
Pour en savoir plus : www.effinergie.org
30
Processus du projet
CERQUAL
CEQUAMI
PROMOTELEC
Marques
Qualitel
Habitat & Environnement
- NF Maison Individuelle
- NF Maison Individuelle
démarche HQE
Label Performance
Pré requis
PROGRAMME
1 - Définition des besoins
2 - Audit existant pour projet
rénovation
- Constructeur titulaire du droit
d’usage de la marque NF
Maison Individuelle
- Maison bénéficiant d’une
attestation de conformité aux
exigences du référentiel NF
Demande de certification
Définition du contenu de la maison
Demande de certification
Option BBC - effinergie
Demande d’attribution
et validation de la recevabilité
Cequami
Demande d’attribution soit par
la demande d’attribution papier,
soit par le site de dépôt en ligne
www.labelperformance.promotelec.com
3 - Etablissement du programme
APS
Etude préparatoire
Examen administratif du dossier
Dépôt PC
APD
Délivrance attestation COS
si demandée
DCE
Evaluation provisoire
Examen technique du dossier
basé sur l’étude thermique
et les plans de la construction
Consultation des entreprises
Passation des marchés
- Evaluation définitive sur dossiers
marchés, avant démarrage chantier
- Délivrance de la certification
Qualitel ou H&E avec Option
BBC - effinergie
Ouverture chantier
Evaluation du dossier sur la base
de l’étude thermique (synthèse
standardisée) et du descriptif
technique
Travaux
Vérification en cours de chantier
- Visite en cours de travaux
(facultatif)
- Mesure de perméabilité
par BET agréé
- Délivrance du PV des résultats
- Visite de fin de chantier
- Analyse du rapport d’inspection
de fin de travaux
Fin de chantier
- Mesure de perméabilité
par BET agréé
- Délivrance du PV des résultats
- Vérification In Situ
- Mesure de perméabilité
par BET agréé
- Délivrance du PV des résultats
Réception
Maintien Option BBC - effinergie
Délivrance de l’attestation de
Délivrance du label Performance
conformité au Label HPE avec
avec mention BBC - effinergie
mention au niveau BBC - effinergie
31
Pour en savoir plus
Bibliographie
Conception d’ensemble
• Traité d’architecture et d’urbanisme bioclimatiques
Alain Liébard et André DeHerde, Observ’ER, 2005
• Logements à faibles besoins en énergie
Olivier Sidler, Enertech, 2002
• La conception bioclimatique - des maisons économes
et confortables en neuf et en réhabilitation
Samuel Courgey et Jean-Pierre Oliva,
éditions Terre Vivante, Mens, Isère, 2006
• Eco-conception des bâtiments
Bruno Peuportier, Presses de l’Ecole des Mines de Paris, 2003
• Construction de maisons à ossature bois
Yves Benoît et Thierry Paradis,
ISBN : 978-2-212-12047-9
Règles de calcul
• Réglementation Thermique 2005, guide réglementaire
CSTB, ISBN : 978-2-86891-342-5
Ponts thermiques
• Les ponts thermiques dans le bâtiment,
Mieux les connaître pour mieux les traiter
Salem Farkh, guide pratique CSTB,
ISBN : 2-86891-333-4
Perméabilité à l’air
• Perméabilité à l’air de l’enveloppe des bâtiments
Généralités et sensibilisation
CETE de Lyon, Octobre 2006
• Perméabilité à l’air des bâtiments en maçonnerie
ou en béton
Alain Grelat, guide de bonnes pratiques,
SEBTP, 2-915162-07-7
• Perméabilité à l’air d’une maison individuelle
en ossature bois
Sylvain Berthault, CETE de Lyon,
rapport LRA n° : 16053-2, juin 2005
Confort d’été
• Solution technique pour l’application de la RT 2005
http://www.rt-Batiment.fr/fileadmin/documents/ acceslibre/st_confortete%20finale.pdf
• Fraîcheur sans clim’
Thierry Salomon et Claude Aubert, éditions Terre Vivante, Mens, Isère, 2004
Sites Web
Les adresses des sites de référence pouvant changer,
vous les trouverez sur le site effinergie
www.effinergie.org
32
Notes
33
Notes
34
Les membres d’effinergie
Collège «Collectivités»
Collège «associations et acteurs régionaux»
- Conseil Régional Alsace
- AJENA, énergie et environnement - Lons le Saunier
- Conseil Régional Aquitaine
- Agence RHÔNALPÉNERGIE Environnement - Lyon
- Conseil Régional Basse-Normandie
- Conseil Régional Bourgogne
- Centre d’Etudes, de Formation, d’Informations, d’Innovations
Méditerranéen (CEFIIM) - Perpignan
- Conseil Régional Bretagne
- Amorce - Lyon
- Conseil Régional Centre
- Conseil Régional Franche-Comté
- Conseil Régional Haute-Normandie
- Conseil Régional Ile-de-France
- Conseil Régional Languedoc-Roussillon
- Conseil Régional Midi-Pyrénées
Collège «organismes»
- Agence National de l’Habitat (ANAH) - Paris
- Caisse des Dépôts et Consignations - Paris
- Centre d’Etudes et de Formation Génie Climatique Equipement
Technique du Bâtiment (COSTIC) - Saint-Rémy-lès-Chevreuse
- Conseil Régional Nord-Pas de Calais
- Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) - Marne la Vallée
- Conseil Régional Picardie
- Collectif «Isolons la terre contre le CO2» - Paris
- Conseil Régional Poitou-Charentes
- Comité National pour le Développement du Bois (CNDB) - Paris
- Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur
- Conseil Régional Rhône-Alpes
- Fédération Française des Entreprises Gestionnaires de services
aux Equipements, à l’Energie et à l’Environnement (FG3E) - Paris
- Département Loire-Atlantique
- Fédération Française des Tuiles et Briques (FFTB) - Paris
- Ville de Paris
- Groupe Banque Populaire - Paris
- Institut Technologique FCBA - Paris
- QUALITEL - Paris
- Services Conseil Expertises Territoires (SCET) - Paris
Membres fondateurs :
- Région Alsace
- Syndicat National des Fabricants d’isolants en Laines Minérales
Manufacturées (FILMM) - Paris
- Région Franche-Comté
- Syndicat National des Fenêtres Aluminium (SNFA) - Paris
- Région Languedoc-Roussillon
- Syndicat National des Plastiques Alvéolaires (SNPA) - Paris
- AJENA, énergie et environnement
- Union des Maisons Françaises (UMF) - Paris
- Agence RHÔNALPÉNERGIE
Environnement
- Union Nationale des Syndicats Français d’Architectes (UNSFA) - Paris
- Centre d’Etudes, de Formation,
d’Informations, d’Innovations
Méditerranéen (CEFIIM)
Les partenaires d’effinergie
- Caisse des Dépôts et Consignations
- DALKIA - Paris
- Centre Scientifique et Technique
du Bâtiment (CSTB)
- Groupe ICF (Immobilier Chemin de Fer) - Paris
- Collectif «Isolons la terre contre le CO2»
- LEGRAND - Limoges
- Groupe Banque Populaire
- PROMODUL - Paris
effinergie est une association
indépendante de promotion
de la basse consommation dans
le bâtiment dont la gouvernance
relève de ses membres
fondateurs et des collectivités
locales adhérentes.
- KNAUF - Wolfgantzen
En route vers des bâtiments à énergie positive...
A
RT 2005
B
C
RT 2000
Voie des bâtiments neufs
D
E
Bâtiment moyen
F
Epave thermique
G
Route du parc existant
effinergie
Siège social :
4, avenue du recteur Poincaré - 75016 PARIS
Cellule coordination - administration :
L’Acropole - 954, avenue Jean Mermoz - 34000 MONTPELLIER - Téléphone : 04 99 64 32 73
Contact :
Catherine BONDUAU, Coordinatrice : [email protected]
Claire CHARLEY, Assistante : [email protected]
www.effinergie.org
Réalisation : TMG - 01 39 59 64 39 - Illustrations : Ajena - Imprimé sur papier recyclé - Décembre 2008
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