Electrolux | SANTO 70388 KG | le_monde

le_monde
www.lemonde.fr
JEUDI 26 JUILLET 2001
57e ANNÉE – Nº 17573 – 7,50 F - 1,14 EURO FRANCE MÉTROPOLITAINE --
40 000 licenciements
dans l’industrie
ont été annoncés
au cours de la seule
journée de mardi
a
Les OGM gagnent du terrain en France
b Le colza, le soja et surtout le maïs traditionnels sont colonisés par des semences transgéniques
b Selon l’Agence de sécurité des aliments, cette lente dissémination ne présente pas de danger
pour la santé b Bruxelles veut améliorer la traçabilité des organismes génétiquement modifiés
MORATOIRE, interdiction, expérimentations strictement limitées,
rien n’y fait : les OGM gagnent du
terrain en France. Dix-neuf des cent
douze échantillons de semences de
colza, de soja et de maïs conven-
tionnels examinés par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) comportaient des traces d’OGM. Pour le maïs, 41 % des
prélèvements étaient positifs. Et des
résidus de soja transgénique ont
même été découverts dans des
semences de maïs conventionnelles.
Les échantillons avaient été remis à
l’Afssa par la direction générale de
la concurrence, de la consommation
et de la répression des fraudes.
L’américain Lucent
veut réduire
ses effectifs de moitié
a
L’allemand Siemens
prépare un nouveau
plan de restructuration
a
Marks & Spencer
négocie la reprise de
ses magasins français
a
L’Afssa souligne que, selon la Chambre syndicale des entreprises semencières, ce pourcentage tombe à 7 %
pour le maïs. Elle se refuse à toute
extrapolation qui laisserait penser
que des dizaines, voire des centaines de milliers d’hectares de maïs
conventionnel seraient touchés, sur
les trois millions d’hectares de maïs
français. L’agence retient deux
pistes d’explication : l’importation
de semences impures et la « contamination » naturelle par les champs
où sont pratiquées des expérimentations de cultures transgéniques. Elle
affirme que rien ne permet de parler
d’un « risque pour la santé publique,
notamment compte tenu des faibles
teneurs observées dans les lots
concernés ».
La Commisson européenne a
adopté une directive destinée à
réglementer la mise sur le marché
de produits alimentaires ou d’engrais provenant d’OGM, et à établir
un système d’étiquetage et d’identification de ces produits.
NORTON SIMON MUSEUM
Plans sociaux
massifs
FONDATEUR : HUBERT BEUVE-MÉRY – DIRECTEUR : JEAN-MARIE COLOMBANI
PEINTURE
L’atelier
du maître
4. Renoir
A l’automne 1873, Pierre-Auguste
Renoir déménage son atelier de la rue
Notre-Dame-des-Champs, sur la rive
gauche, à la rue Saint-Georges, sur la
rive droite, non loin du quartier de la
Nouvelle Athènes où s’élabore l’art nouveau. Là, il peint le jour. Le soir, son atelier se transforme en rendez-vous des
amis. On y parle très peu de peinture,
même si de jeunes artistes s’y presseront pour poser les prémisses de
p. 8
l’impressionnisme.
Lire page 10
Lire page 5
et notre éditorial page 9
f www.lemonde.fr/restructurations
Lire page 2
f www.lemonde.fr/balkans
Débat sur
l’euthanasie
ROUEN
de notre correspondant
Un technicien de l’usine Sagem de SaintEtienne-du-Rouvray, dans la banlieue de
Rouen, a saisi le tribunal des prud’hommes pour
demander sa réintégration après un licenciement. Objet du litige : un bermuda. Plus
précisément, « l’opposition forte et persistante à
l’application d’une consigne simple : le port d’un
pantalon par les hommes sur les lieux de travail ».
« Préparateur méthode », Cédric Monribot,
vingt-neuf ans, passionné de la carte SIM que
l’on place sur les décodeurs numériques de
télévision, était employé en contrat à durée indéterminée depuis août 2000, après des années
d’intérim. Titulaire d’un DUT de génie électrique obtenu après une reprise d’études, Cédric
est un tenace, adepte du principe : « Au travail, il
faut être bien dans sa tête et bien dans son corps. »
Comme beaucoup, il avait ressenti avec un plaisir immense les premiers vrais rayons de soleil de
la fin du printemps. Cela se passait le 21 mai. Il se
rend à son travail dans une élégante culotte courte, avec ceinture, chemise légère et chaussures
basses. Il raconte : « A midi, je déjeune avec mon
chef. A 16 heures, la direction me fait savoir qu’elle
souhaite vivement que je mette un pantalon. Je
tombe des nues. J’étais correctement habillé. »
Cédric n’est pas totalement naïf. Il sait que,
dans cette entreprise de 450 salariés, les relations humaines n’ont rien à voir avec l’ambiance high-tech d’une start-up californienne. La
blouse blanche en coton, modèle années 1960,
est de rigueur pour limiter les effets de l’électricité statique. Dans les ateliers non climatisés,
elle « tient chaud l’hiver », mais devient vite
insupportable lorsque la température grimpe,
comme en mai. Il faisait 27 degrés dans l’usine.
Cédric ne cède pas, alimente les conversations,
embarrasse sa hiérarchie, et se défend : « Je
n’ai rien vu dans le règlement m’interdisant le
bermuda, d’autant que les femmes le portent.
J’estime avoir les mêmes droits. » Les contacts
directs avec les clients de Sagem sont rares, le
plus souvent téléphoniques. D’ailleurs, précise-t-il, « j’ai toujours un pantalon dans mes
affaires ». Pour deux raisons : lorsque le temps
se couvre, et s’il a rendez-vous avec son directeur. Ce qui a fini par se produire avec, à la clé,
malgré le soutien d’une centaine de salariés
qui ont signé un appel de la CFDT, de FO et de
la CSL, le licenciement, le 22 juin.
« Nous ne pouvons tolérer qu’un technicien de
votre niveau, non seulement refuse d’appliquer
une consigne que tous les autres salariés respectent, mais également marque publiquement à
cette occasion son refus d’adhésion aux valeurs
fondamentales de notre société », écrit le chef
du personnel dans la lettre le congédiant. Des
valeurs qui ne lui ont pas été précisées, mais
que le directeur de l’établissement, Olivier Rouvière, a suggérées sous forme de questions :
« Est-ce que vous revendiquez l’égalité hommesfemmes pour le port de la jupe, les congés parentaux et le voile islamique ? » Cédric Monribot se
réfère plutôt à son bilan professionnel au sein
de la Sagem. « Mon travail est à l’image de l’entreprise, sinon vous ne m’auriez pas fait gravir un
échelon en trois mois, alors que certains attendent des années. » En décembre 2000, Cédric
avait été confirmé dans son poste et gratifié
d’une augmentation. La direction de l’entreprise se refuse à tout commentaire.
Lire page 6
Allemagne, 3 DM ; Antilles-Guyane, 10 F ; Autriche,
25 ATS ; Belgique, 48 FB ; Canada, 2,50 $ CAN ; Côte d'Ivoire, 900 F CFA ; Danemark, 15 KRD ; Espagne, 250 PTA ;
Gabon, 900 F CFA ; Grande-Bretagne, 1 £ ; Grèce, 500 DR ;
Irlande, 1,40 £ ; Italie, 3000 L ; Luxembourg, 46 FL ; Maroc,
10 DH ; Norvège, 14 KRN ; Pays-Bas, 3,30 FL ; Portugal
CON., 300 PTE ; Réunion, 10 F ; Sénégal, 900 F CFA ;
Suède, 16 KRS ; Suisse, 2,20 FS ; Tunisie, 1,4 Din ; USA
(NY), 2 $ ; USA (others), 2,50 $.
M 0147 - 726 - 7,50 F - 1,14 E
3:HJKLOH=UU\ZUV:?k@h@c@g@k;
Le Jura
à VTT
Pour partir à la découverte des vallées et
crêtes du Jura, le vélo tout-terrain (VTT)
s’impose. Des étapes quotidiennes d’une
cinquantaine de kilomètres, ou moins,
permettent de sillonner combes et plateaux sur les pistes de la Grande Traversée du Jura, l’un des plus beaux parcours
balisés de France. Première de quatre invitations au voyage pour les adeptes de
vacances actives.
p. 16 et 17
POINT DE VUE
Rendre l’Europe
aux Européens
L
DANS UN entretien à un journal
néerlandais, M. Kouchner déclare
qu’il a pratiqué l’euthanasie « à plusieurs reprises », comme médecin,
au Liban et au Vietnam. « Il s’agissait de soins palliatifs en temps de
guerre », précise-t-il, affirmant qu’il
n’a pas utilisé le mot « euthanasie ».
VACANCES ACTIVES
Etienne Banzet
par Romano Prodi
BERNARD KOUCHNER
J.-F. MARIN/EDITING
QUI PROTÈGE les anciens
chefs politique et militaire
serbes de la guerre de Bosnie,
Radovan Karadzic et Ratko Mladic,
inculpés de « génocide », « crimes
contre l’humanité » et « crimes de
guerre » par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie
(TPIY) ? Se cachent-ils en République serbe de Bosnie ou à Belgrade
même ? Seront-ils livrés au TPIY ?
Autant de questions à nouveau
soulevées depuis que l’ancien président Slobodan Milosevic a été
transféré à La Haye par les nouvelles autorités de la République fédérale. L’enquête de notre envoyé
spécial à Belgrade, Rémi Ourdan.
Du pantalon considéré comme une « valeur fondamentale »
ES dirigeants politiques de
toute
l’Europe
sont
confrontés aujourd’hui à
un étrange paradoxe.
D’une part, les citoyens attendent
de nous que nous trouvions des
solutions aux grands problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées.
D’autre part, ils sont de plus en plus
méfiants vis-à-vis des institutions et
de la politique, ou, tout simplement, ne s’y intéressent pas. Cela
vaut pour toutes les entités politiques, et spécialement pour les institutions européennes, parce qu’elles
sont perçues comme très éloignées
des préoccupations quotidiennes
des citoyens.
Le système politique de l’Union
est extrêmement complexe et difficile à comprendre pour l’homme de
la rue. Tout aussi important, les
gens ont l’impression que leur voix
n’est pas entendue, ou qu’ils n’ont
pas les moyens de se faire entendre.
S’il en fallait une preuve supplémentaire, la faible participation aux élections du Parlement européen et celle au récent référendum irlandais en
ont fourni la démonstration. Je crois
le moment venu de s’attaquer à ce
problème avec détermination et de
manière concertée. La Commission
européenne aura adopté, mercredi
25 juillet, un Livre blanc sur la réforme de la gouvernance européenne,
qui vise à rendre le fonctionnement
de l’Union plus transparent, plus
simple et plus démocratique.
Un large débat sur l’avenir de
l’Union s’est déjà engagé, en préparation des changements institutionnels qui seront décidés en 2004.
Les propositions que la Commission fait aujourd’hui ouvrent la
voie à ce débat. En vue de restaurer la confiance de nos citoyens,
nous devons montrer dès maintenant que nous sommes bien plus
conscients des attentes du grand
public, de la société civile, des
régions et des collectivités locales.
Lire la suite page 9
Romano Prodi
est président
de la Commission européenne.
f www.lemonde.fr/ue
COLETTE MASSON/ENGUÉRAND
A la recherche de
Karadzic et Mladic
a
FESTIVALS
Bill T. Jones,
prince d’Avignon
Le chorégraphe américain scelle ses
retrouvailles avec un Festival dont il est
devenu l’un des enfants chéris. Il présente, dans la Cour d’honneur du Palais des
papes, un spectacle créé en 2000 à Bologne, You walk ?, question qui reflète les
interrogations d’un artiste tourmenté au
milieu de sa vie.
p. 20 à 22
f www.lemonde.fr/festivals
International................ 2
France-Société............. 5
Régions ........................... 7
Horizons ......................... 8
Entreprises................... 10
Tableau de bord .......... 11
Aujourd’hui.................. 14
Météorologie............... 18
Jeux................................ 18
Carnet............................ 19
Abonnements .............. 19
Culture .......................... 20
Guide culturel.............. 22
Radio-Télévision ......... 23
2
INTERNATIONAL
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001
BALKANS
Après le transfèrement de Slobodan Milosevic au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), tous les regards se
tournent désormais vers deux autres
fugitifs, Radovan Karadzic et Ratko
Mladic, inculpés pour le siège de Sarajevo et les tueries de Srebrenica
entre 1992 et 1995. b LES DEUX HOMMES continuent de passer les frontiè-
res et de bénéficier de la protection
de certains réseaux de l’Eglise. Criminels de guerre, ils sont toujours considérés comme « des héros » ayant
défendu « la grande Serbie ». b MIR-
JANA MARKOVIC, épouse de Slobodan Milosevic, a rencontré à deux
reprises l’ancien président de la Fédération emprisonné à La Haye en
attente de sa prochaine comparution
le 27 août devant le TPIY. b EN MACÉDOINE, une vague de violences met
en péril le cessez-le-feu intervenu le
5 juillet entre la guérilla albanaise de
l’UCK et l’armée gouvernementale.
Les mystérieuses protections assurées aux chefs serbes lors du drame bosniaque
Radovan Karadzic et Ratko Mladic, anciens responsables politiques et militaires inculpés de « génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre »
par le tribunal de La Haye, jouissent d’une relative liberté de mouvement dans la Yougoslavie débarrassée de Slobodan Milosevic
internationale. Radovan Karadzic
a notamment séjourné en Serbie
durant l’hiver 2000-2001, au
moment des fêtes orthodoxes, et
aurait même rendu visite à son fils
Sasa à Belgrade. Ratko Mladic,
dont la maison belgradoise, ironie
du sort, voisine celle de Sasa Karadzic, vivrait, pour sa part, toujours très souvent en Serbie,
même s’il se fait plus discret
depuis janvier et l’accession à la
tête du gouvernement serbe de
BELGRADE et SARAJEVO
de notre envoyé spécial
A chaque évolution politique en
Bosnie-Herzégovine et en Serbie,
tous les regards se tournent vers
les célèbres fugitifs, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, inculpés de
« génocide, crimes contre l’humanité » et de « crimes de guerre »
par le Tribunal pénal international
pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Où
se cachent-ils ? En République serbe, l’entité serbe de Bosnie ? En
Serbie ? Au cœur de Belgrade, la
capitale ? Qui les protège ? Vontils être arrêtés ? Vont-ils se livrer
d’eux-mêmes à la justice de
l’ONU ? Autant de questions qui
se posent à nouveau après l’extradition de Slobodan Milosevic vers
La Haye par le gouvernement de
Belgrade.
Radovan Karadzic et Ratko Mladic, chefs politiques et militaires
serbes durant la guerre bosniaque
(1992-1995), inculpés pour le siège
de Sarajevo et les tueries de Srebrenica, bénéficient de la protection
de puissants réseaux serbes, selon
diverses sources occidentales, serbes et bosniaques. Radovan Karadzic serait aidé dans sa fuite par son
Parti démocratique serbe (SDS),
l’Eglise orthodoxe et la police de la
République serbe. Tandis que le
général Ratko Mladic serait protégé par les services spéciaux des
armées de Belgrade et de Banja
Luka en Bosnie.
Il semble que Karadzic et Mladic
aient accès à tous les territoires serbes, de chaque côté des frontières : en Serbie, au Monténégro et
en Bosnie, en dépit des affirmations de Belgrade, qui cherche à
redorer son blason sur la scène
régions de Pale, Foca et Trebinje,
dans le sud de la République serbe
(RS). Ratko Mladic continuerait à
séjourner parfois dans un chalet
du complexe militaire de Han Pijesak, dans l’est de la RS, qui fut son
quartier général durant la guerre.
Là, en Bosnie-Herzégovine, ils
sont susceptibles d’être arrêtés par
la Stabilization Force (SFOR) de
l’OTAN. C’est pourquoi ils dormiraient rarement deux nuits consécutives au même endroit, sachant
Karadzic habillé en prêtre
Radovan Karadzic bénéficierait, selon les informations recueillies
par Le Monde, de la protection de l’Eglise orthodoxe, ou au moins de
certains réseaux de l’Eglise. Habillé en prêtre, il circulerait de monastère en monastère, notamment en Bosnie et au Monténégro, à travers des sentiers de montagne où il suffit d’une poignée de deutschemarks pour qu’un douanier ou un garde forestier ferme les yeux. Qui,
de la police serbe ou de l’OTAN, pourrait violer un lieu sacré ? Personne. L’homme peut dormir tranquille. Et il sait que l’OTAN ne
prend guère le risque d’arrêter un criminel de guerre lorsqu’il se
déplace, l’escorte étant beaucoup plus nerveuse et les risques d’accrochages plus élevés.
Ratko Mladic, pour sa part, traverserait souvent la rivière Drina,
qui sépare la Bosnie et la Serbie, en bateau, durant la nuit, pour se
réfugier dans des villages de Serbie occidentale. – (Corresp.)
Zoran Djindjic. Le général a été vu
en début d’année dans un cimetière de Belgrade, se recueillant sur la
tombe de sa fille Ana, et en juin
dans un restaurant de poissons du
centre-ville, le sélect Bevenda.
Cette relative liberté de mouvement qu’ont les deux hommes
n’empêche toutefois pas qu’ils
vivent la plupart du temps cachés,
protégés par une unité de gardes
du corps. Radovan Karadzic aurait
ainsi diverses résidences dans les
AFP
« Génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre »
RADOVAN KARADZIC
RATKO MLADIC
a Le Tribunal pénal international
pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a
inculpé conjointement à deux
reprises Radovan Karadzic (né en
1945 à Savnik, au Monténégro) et
Ratko Mladic (né en 1943 à Kalinovik, en Bosnie), qui étaient les
chefs politique et militaire de la
« République serbe de Bosnie » pendant la guerre de Bosnie
(1992-1995). Les deux actes d’accusation retiennent les qualifications
de « génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre ». Le premier, émis le 25 juillet 1995, porte
sur les responsabilités des deux
hommes dans la politique de purification ethnique menée en Bosnie
contre les populations musulmane
et croate, et le siège de Sarajevo.
Le texte impute notamment aux
deux hommes les camps d’interne-
ment, les pilonnages de groupes
de civils, les destructions d’églises
et de mosquées, les tirs de snipers
à Sarajevo, la prise en otage de soldats de l’ONU, etc. Le second acte
d’accusation, du 16 novembre
1995, porte sur les exactions commises à Srebrenica, lors de sa
conquête par les forces serbes en
juillet 1995. Ratko Mladic a commandé personnellement la déportation des femmes et des enfants
musulmans de l’enclave et l’exécution de tous les hommes qui n’ont
pas réussi à fuir, soit environ 7 000.
L’accord de paix de Dayton, de
novembre 1995, interdisant aux
inculpés du TPIY d’accéder à aucune fonction publique, a mis un
terme à la carrière de Radovan
Karadzic et de Ratko Mladic en
République serbe de Bosnie.
que les commandos occidentaux
ne lancent aucune opération sans
avoir effectué des repérages extrêmement précis.
Les deux fugitifs continuent de
traverser les frontières. La question est de savoir si les gouvernements de Belgrade, Podgorica
(Monténégro) et Banja Luka
approuvent ces voyages effectués
par les deux hommes. Nul ne le
sait, ou ne paraît vouloir le savoir.
Ce qui est certain est qu’au mini-
mum ils ferment les yeux sur les
protections accordées aux fugitifs
par certaines unités militaires, policières ou paramilitaires. Dans le
cas de Banja Luka, le SDS, membre de la coalition au pouvoir en
République serbe, participerait
même au financement des résidences et de l’escorte de Karadzic.
A Belgrade, par ailleurs, un jeu
trouble est joué par le président
Vojislav Kostunica. Démocrate,
pro-occidental, ce dernier n’en
reste pas moins un nationaliste traditionnel, très proche de l’Eglise et
de l’armée, allié du SDS de Karadzic en République serbe. Il a davantage critiqué Slobodan Milosevic
pour avoir abandonné la « Grande
Serbie » que pour avoir tenté de la
bâtir par la purification ethnique.
IMAGES POSITIVES
Nul ne peut accuser M. Kostunica de protéger directement les
deux hommes. En revanche, certains diplomates sont persuadés
qu’il encourage par ses déclarations nationalistes et anti-TPIY
l’Eglise, l’armée et le SDS à régler
eux-mêmes le problème. Car une
différence flagrante existe entre le
duo Karadzic-Mladic et Milosevic.
Tandis que ce dernier avait à la fin
de son règne l’image négative d’un
« communiste » et d’un « dictateur » coupable du malheur des
Serbes, les premiers sont toujours
perçus comme des héros ayant
défendu la « Grande Serbie »
contre le monde entier et, finalement, contre Belgrade.
Et tout particulièrement Ratko
Mladic. Le général arrive en tête
de tous les sondages de popularité
en Serbie. Quant à Radovan Karad-
zic, perçu à la fin de la guerre comme un chef mafieux sans scrupule
après qu’il eut pillé la République
serbe en compagnie de son ami
Momcilo Krajisnik (incarcéré à
La Haye), il a retrouvé dans sa fuite une image positive. En hésitant
à l’arrêter durant cinq ans, l’OTAN
a renforcé sa popularité.
Les deux hommes sont désor-
La Republika Srpska
et le TPI
Le Parlement de la Republika
Srpska (RS), l’entité serbe de Bosnie, s’apprête à débattre d’un projet de loi sur la coopération entre
la RS et le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye. Le débat
devait débuter dès mardi
24 juillet mais a été retardé après
des tentatives de l’opposition
pour obtenir le retrait du projet
de l’ordre du jour. Le Parlement
a finalement décidé de maintenir le projet de loi sur le TPI à l’ordre du jour, mais de nombreuses
autres questions devaient être
débattues avant cette loi.
Selon le TPI, la RS est désormais la seule partie de l’ancienne
fédération yougoslave où, faute
d’une telle loi, les suspects
recherchés pour crimes contre
l’humanité ou crimes de guerre
peuvent se réfugier impunément. Selon un document obtenu par l’Agence France-Presse, le
projet de loi, dont les détails ne
sont pas publics, définit les conditions d’arrestation et de transfèrement à La Haye de tels suspects sur requête du TPI. – (AFP.)
Slobodan Milosevic « est toujours beau ! », dit son épouse
BELGRADE
de notre envoyé spécial
Les Serbes, soulagés que Slobodan Milosevic ait disparu de la scène et encore peu désireux de connaître la
vérité sur les crimes qu’il a ordonnés, se passionnent
pour un aspect plus anecdotique du feuilleton politicojudiciaire : l’histoire d’amour.
Car, nul ne peut l’ignorer, « Slobo » et « Mira » sont
amoureux, près de cinquante ans après leur rencontre
sur les bancs de l’école. A peine rentrée à Belgrade,
après avoir rencontré à la prison de Scheveningen, près
de La Haye, son époux accusé de « crimes contre l’humanité » par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), Mirjana Markovic s’est exclamée : « Il
est toujours beau ! » La principale inspiratrice d’une
décennie de dictature et de guerres avait l’air canaille
et l’œil pétillant.
Tenant une conférence de presse au siège de son parti politique, la Gauche yougoslave (JUL), mardi
24 juillet, Mira Markovic a dit avoir trouvé son mari
« en bon état ». « Sa santé est meilleure qu’à Belgrade,
a-t-elle confié. Son état d’esprit est supérieur, comme
d’habitude ! Il avait l’air beau quand il était ici, mais il
était malade. Maintenant il a l’air beau et moins malade. » En lisant leurs journaux le lendemain, les Belgradois se sont esclaffés.
Mira Markovic a confirmé les conditions de ses deux
visites de six heures à la prison de l’ONU. Les époux se
sont rencontrés au parloir, où ils étaient séparés par une
épaisse vitre, et leurs conversations ont eu lieu en présence de deux gardiens qui prenaient des notes. Slobodan
Milosevic est soumis à un strict régime d’isolement. Il ne
rencontre pas ses codétenus et reste dans sa cellule,
lumière allumée, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, le
moindre de ses gestes étant suivi par une caméra de
vidéo-surveillance. Un incident a perturbé la rencontre.
« Mon microphone ne fonctionnait pas, alors il ne m’entendait pas bien, a raconté Mira Markovic. Le sien fonctionnait, je pouvais l’entendre. » « C’est un scandale ! s’emporte un ami de l’ex-première dame de Serbie. Au TPIY, temple de l’ONU, des soi-disant droits de l’homme et de la technologie, un micro ne fonctionne pas bien ? De qui se
moque-t-on ? » Mira Markovic est plus philosophe : « Je
vais demander un nouveau visa. J’ai besoin de le voir ! Peu
importe les conditions de nos rencontres. »
« UN CERVEAU MALADE »
L’épouse de Milosevic n’a pas donné d’informations
sur la stratégie de l’accusé, indiquant qu’il refusait toujours de prendre un avocat mais que « des avocats lui serviront de conseillers pour préparer sa propre défense ». On
ignore donc quelle attitude adoptera l’ex-maître de Belgrade lors de sa prochaine comparution, le 27 août,
devant ce tribunal qu’il considère « illégal ».
Interrogée sur les charniers de Kosovars albanais que
le gouvernement de Belgrade découvre en Serbie, elle
hausse le ton, critiquant ceux qui révèlent l’existence
des fosses communes, enquêtent sur les crimes de
guerre et diffusent à la télévision les exhumations de
cadavres. C’est « une idée morbide née d’un cerveau
malade, (qui) va à l’encontre des intérêts de notre peuple.
Je ne vois pas l’intérêt de rendre publics ces charniers,
sauf pour que le peuple s’auto-incrimine de crimes qu’il
n’a pas commis et de violences pour lesquelles il est innocent ». A propos des crimes eux-mêmes, elle n’a pas précisé qui était coupable.
R. O.
f www.lemonde.fr/milosevic
mais vus comme ces héros tchetniks de la seconde guerre mondiale qui se sont joués de la police
de Tito durant dix ans, jusqu’au
milieu des années 1950, dans les
montagnes et les forêts de Bosnie
et du Monténégro. « A Belgrade,
aucun gouvernement ne prendra le
risque d’arrêter Karadzic et Mladic.
Même si la population est trop amorphe pour réagir, le président ou le
premier ministre qui prendrait cette
décision sait qu’il signerait son arrêt
de mort. Milosevic, c’était l’antihéros. Karadzic et Mladic, ce sont
les héros suprêmes, les intouchables », confirme un conseiller de
Zoran Djindjic.
L’OTAN a toujours pour mandat
d’arrêter les suspects du TPIY s’ils
sont sur le sol bosniaque, en l’occurrence en République serbe. Des
officiers occidentaux affirment
soit qu’ils ne parviennent pas à les
localiser plus d’un ou deux jours
consécutifs, soit que les deux hommes sont trop bien protégés. Et
qu’aucun pays, notamment les
Etats-Unis, n’est prêt à risquer la
vie de ses soldats dans une opération à haut risque. « La vérité est
que les Américains s’opposent à une
arrestation non pas à cause des risques encourus par les commandos,
parce que Britanniques ou Français
seraient prêts à mener l’opération
sans eux, mais parce qu’ils craignent d’affronter ensuite des représailles, des attentats, confie un officier européen. Karadzic et Mladic
sont, aux yeux de l’OTAN comme
aux yeux de la police de Belgrade,
protégés par leur statut de héros
grand-serbes. »
Rémy Ourdan
Le nouveau
gouvernement fédéral
yougoslave
Le premier ministre yougoslave
désigné, le Monténégrin Dragisa
Pesic, a présenté, mardi 24 juillet,
son gouvernement et son programme devant le Parlement
fédéral réuni à Belgrade. Le nouveau cabinet est composé d’un
nombre égal (cinq) de représentants de Serbie et du Monténégro, les deux républiques formant
depuis 1992 la République fédérale de Yougoslavie (RFY). Miroljub
Labus a été reconduit dans ses
fonctions de vice-premier ministre chargé des relations économiques avec l’étranger. Goran Svilanovic, Zoran Zivkovic et Slobodan Krapovic ont également conservé, respectivement, les portefeuilles des affaires étrangères,
de l’intérieur et de la défense. Le
Monténégrin Savo Markovic remplace Momcilo Grubac (Opposition démocratique de Serbie) à la
justice. M. Pesic a dit vouloir mettre en chantier la « rédaction
d’une plate-forme sur la redéfinition des relations » entre la Serbie
et le Monténégro au sein d’une
RFY dont la pérennité est à placer
« au-dessus de tout autre dossier
politique ». – (AFP.)
Nouvelle flambée de violence en Macédoine, qui incrimine les Occidentaux
UNE NOUVELLE vague de violence a enflammé, mardi 24 juillet,
la ville de Tetovo, dans le nordouest de la Macédoine, en dépit
des appels au respect du cessez-lefeu lancés par plusieurs dirigeants
occidentaux, dont le président des
Etats-Unis, George W. Bush.
Peuplée en majorité d’Albanais,
Tetovo sombrait mardi soir « dans
une vraie guerre », selon le témoignage du correspondant de l’Agence
France-Presse sur place. « Cela tire
de partout, on entend des détonations
dans toute la ville, de puissantes détonations, tout l’arsenal militaire est
entré en scène », rapportait Zoran
Andonov. Selon des sources gouvernementales, les « intenses combats »
en cours en fin de journée étaient
dus aux « tentatives des terroristes
pour s’emparer de la ville ».
D’après l’armée macédonienne,
les premiers tirs seraient partis des
positions tenues par la guérilla albanaise dans deux villages situés
au-dessus de la ville. Une caserne
de l’armée macédonienne, qui avait
déjà été touchée la veille par des tirs
de mortiers, a été de nouveau, mardi soir, la cible des tirs de la guérilla
albanaise, de même qu’un barrage
de la police macédonienne, et des
détonations pouvaient être entendues à 200 mètres du centre de la ville. Une grande partie de la population a quitté Tetovo pour se mettre
à l’abri dans des zones plus sûres.
Tous les magasins ont fermé leurs
portes.
Le gouvernement macédonien
s’est livré, d’autre part, à une violente charge à l’encontre de l’OTAN,
lui reprochant de ne pas désigner
les rebelles de l’UCK (Armée de libération nationale) comme responsables de la rupture du cessez-le-feu
qui avait été conclu le 5 juillet. Le
gouvernement de Skopje a de nouveau accusé l’OTAN de soutenir les
rebelles albanais et de vouloir faire
de la Macédoine « un protectorat
international contrôlé » par l’Alliance atlantique. « La Macédoine n’est
pas seulement en guerre contre
l’UCK, mais est confrontée à une plus
grande menace, le soutien de certains
pays occidentaux à des formations
paramilitaires », a déclaré le porteparole du gouvernement, Antonio
Milososki, lors d’une conférence de
presse. Coïncidence ou non, deux
points de passage entre le Kosovo
et la Macédoine ont été fermés dans
l’après-midi. La mesure s’applique
« à tout le trafic des véhicules de
l’OTAN, de la KFOR (force de maintien de la paix au Kosovo) et de toutes les autres organisations internationales », selon un haut fonctionnaire
à la frontière.
MANIFESTATION
Le porte-parole du gouvernement s’est dit très « déçu » que
« l’Union européenne, l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), l’OTAN, qui
ont l’obligation d’observer le cessezle-feu », n’aient pas désigné les
rebelles albanais comme les
auteurs de la rupture de la trêve.
Mardi soir, quelques centaines de
personnes ont manifesté dans la
capitale, avec des slogans hostiles
aux Occidentaux.
Le président américain, George
W. Bush, lors d’une brève visite, mardi au Kosovo, avait lancé un appel en
faveur d’une cessation des hostilités
et d’une solution négociée. « Les
Etats-Unis s’élèveront devant tous ceux
qui utilisent ou soutiennent la violence
contre la démocratie et l’Etat de
droit », a-t-il notamment déclaré,
ajoutant que le Kosovo ne « devait
pas être un sanctuaire pour des personnes qui sont à l’origine d’insurrections
ailleurs », c’est-à-dire la guérilla de
l’UCK. La France a aussi invité « les
parties à cesser toute violence ». Le
secrétaire général de l’OTAN, George Robertson, a appelé l’UCK à revenir aux positions qu’elle avait sur le
terrain le 5 juillet, ce que demandait Skopje depuis la veille. Les
rebelles albanais « doivent montrer
qu’ils respectent la sécurité de la
population civile, mettre fin à l’intimidation et aux enlèvements, et supprimer les barrages routiers sur la route
Jazince-Tetovo », a-t-il déclaré.
Pour redonner leur chance aux
efforts de paix, l’émissaire de
l’OTAN dans les Balkans, Pieter
Feith, a rencontré dans la journée
au Kosovo le représentant politique
de l’UCK, Ali Ahmeti. – (AFP.)
f www.lemonde.fr/macedoine
INTERNATIONAL
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001 / 3
Lionel Jospin s’occupe
des enfants roumains
La Chine condamne deux chercheurs
sino-américains à dix ans de prison pour espionnage
Le règlement du problème des jeunes
des rues est la première condition posée
par Bruxelles pour l’adhésion à l’Union européenne
A trois jours de la visite de Colin Powell, Pékin semble renouer avec la « diplomatie des otages »
BUCAREST
de notre correspondant
La soirée du premier ministre
français, Lionel Jospin, en visite officielle à Bucarest pour deux jours, à
l’ambassade de France, lundi
23 juillet, n’avait rien d’exceptionnel : beaucoup de ministres,
des PDG d’entreprises françaises
installées en Roumanie, une foule
de journalistes, un discours, et les
hymnes des deux pays joués au coucher du soleil. Puis, soudain, le premier ministre se retrouva face à
face avec un jeune Français qui
avait tout d’un clown et qui lui tendit un nez rouge. « Ça sert à
quoi ? », s’inquiéta poliment le premier ministre. « Je vous l’expliquerai
demain », lui répondit-il.
Le lendemain, Lionel Jospin s’est
rendu au rendez-vous prévu avec
des associations françaises qui militent pour la protection de l’enfant :
Handicap International, Médecins
du monde, Equilibre et Parada.
Miloud, clown de son métier, expliqua au premier ministre à quoi ça
sert, un nez rouge. Plus précisément, « Un nez rouge contre l’indifférence », nom de code d’un programme destiné à rendre la vie vivable
aux enfants de la rue à Bucarest.
Miloud, âgé de vingt-neuf ans, a
passé les neuf dernières années parmi les enfants errants de Bucarest.
Avec eux, il a partagé la rue, les
égouts où ils dorment, la misère, et
l’espoir d’un jour meilleur. Certes,
leur nombre a baissé, depuis la chute de Ceausescu, en décembre 1989, quand ils avaient investi
par milliers la capitale roumaine.
Mais selon les associations, ils
seraient encore un millier, âgés de
quatre à dix-huit ans, qui squattent
l’enfer des canalisations de Bucarest.
En 1995, le clown Miloud a créé
l’association Parada et organisé des
tournées avec ses petits copains
orphelins, aussi bien à Bucarest
qu’en France, en Italie ou en Amérique latine. « C’est la première fois
que je vois un premier ministre qui
prend le temps de voir des associations comme la nôtre pour nous dire
“Apprenez-moi des choses” », s’exclame-t-il.
La visite de Lionel Jospin en Roumanie se voulait plus qu’une bonne
occasion pour les affaires. Le règlement du problème des enfants
abandonnés – il y en aurait environ
90 000 dans le pays – est la première condition imposée par la Com-
mission européenne à l’entrée de la
Roumanie dans l’Union européenne. Lundi dernier, la France a signé
avec la Roumanie un accord pour
la protection de l’enfant qui prévoit
principalement la formation de cinquante-trois spécialistes pour les
enfants handicapés, ainsi qu’un
volet de coopération juridique
entre les deux pays. Néanmoins, le
budget prévu, de 3 millions de
francs, n’est qu’une goutte d’eau
dans l’océan.
Du bon usage
de Napoléon III
En Roumanie, Napoléon III est
un héros : il reste le vainqueur de
la guerre de Crimée, qui, en 1859,
a permis l’union de fait, puis de
droit, de la Moldavie et de la
Valachie. Mardi, lors d’une conférence-débat devant un parterre
de personnalités, une Roumaine,
pensant plaire à Lionel Jospin,
lui a annoncé l’érection d’une statue de l’empereur français à
Bucarest. « Je ne voudrais pas que
vous croyiez que Napoléon III est
mon héros politique », a répondu
M. Jospin. « Je connais la part
qu’il a jouée dans l’union des principautés roumaines », a-t-il ajouté. « Mais c’est aussi une des richesses de l’Europe : des héros positifs
peuvent être ailleurs des héros
négatifs. » Et inversement, s’est
amusé M. Jospin, en expliquant
qu’il préférait « 1848 à 1851 », la
révolution au coup d’Etat.
Le premier ministre roumain, le
socialiste Adrian Nastase, semble
décidé à prendre en compte les exigences européennes. Tout récemment, il a interdit les adoptions
internationales, une mesure qui a
suscité un vif débat dans le pays.
« Il était temps, explique Richard
Trigano, expert français affecté par
la Commission européenne au
ministère roumain du travail. La
Roumanie avait un système qui transformait officiellement l’enfant en
une valeur marchande. Sans parler
des réseaux de pédophilie ou de ventes d’organes. Il fallait tout arrêter et
créer un nouveau cadre juridique. »
Mirel Bran
f www.lemonde.fr/ue
Paris-Berlin et Madrid préparent
un hélicoptère de combat polyvalent
L’ALLEMAGNE et la France, d’un
côté, et l’Espagne, de l’autre, étudient la possibilité d’aménager le
programme Tigre d’un hélicoptère
de combat, qui leur serait commun,
pour tenir compte, selon l’étatmajor de l’armée de terre française,
de « la disparition d’une menace blindée majeure » en Europe. La dissolution du pacte de Varsovie et, avec
elle, l’élimination du risque spécifique qu’ont pu représenter les blindés de l’ex-URSS durant la guerre
froide contraignent les pays à réexaminer de fond en comble les
moyens alloués jusqu’alors à la
défense antichar.
Dans les années 1980, l’Allemagne et la France ont conçu le projet
d’un hélicoptère, baptisé Tigre et
confié au groupe Eurocopter, qui
comprend deux versions : HAC
(hélicoptère antichar) et HAP (hélicoptère appui-protection), destinée
à la lutte contre des hélicoptères.
Les deux pays ont prévu de commander 430 « machines », toutes
versions confondues, à l’horizon 2015, avec de premières livraisons dès 2003.
Aujourd’hui, selon l’état-major
français, l’évolution stratégique en
Europe ne justifie plus la mise en
service de deux hélicoptères, « dont
l’un exclusivement dédié au combat
antichar ». Cette menace a disparu,
explique le général Henri Marescaux, major général de l’armée de
terre, et les forces sont désormais
organisées en unités « projetables »
et capables, par leur équipement,
au besoin un hélicoptère multirôle,
de remplir « tout le spectre des missions » qui leur seraient confiées.
C’est ce qui explique que la France
et l’Allemagne discutent, en ce
moment, de l’éventualité d’aligner
un hélicoptère de combat polyvalent
d’ores et déjà baptisé Tigre HAD
(hélicoptère d’appui- destruction).
Dans sa configuration de base, ce
Tigre devrait disposer d’un système
d’armes complet, avec un canon de
30, des paniers de roquettes, des missiles antichars Hot (dans un premier
temps) et des missiles air-air Mistral.
Ce qui suppose qu’Eurocopter apporte au Tigre actuel des modifications
techniques ayant trait notamment à
ses dispositifs de détection de cibles
terrestres ou aériennes et aux performances des postes de tir embarqués.
L’Espagne sera associée à la
réflexion franco-allemande. Madrid
a, en effet, lancé un appel d’offres
pour l’acquisition de vingt à quarante hélicoptères de combat polyvalents. Sur ce marché, comme en Australie (lire ci-contre), le Tigre est en
concurrence avec des hélicoptères
américains et italiens. Les étatsmajors allemand, français et espagnol discutent sur le fait de pouvoir
parvenir, ou non, à une définition
conjointe des besoins opérationnels,
y compris en matière de formation
des pilotes. C’est à l’été 2000 que
Français et Allemands avaient eu à
décider de lancer cette coopération,
bilatérale au départ, qui pourrait
être étendue à l’Espagne si Madrid
achetait des Tigre.
Jacques Isnard
Dans le climat tumultueux des relations sinoaméricaines, Pékin continue de souffler le chaud
et le froid. Trois jours avant l’arrivée du secrétaiPÉKIN
correspondance
La Chine vient de renouer avec
la « diplomatie des otages ». A
trois jours du premier voyage en
Chine du secrétaire d’Etat américain Colin Powell, deux universitaires sino-américains, accusés d’espionnage au profit de Taïwan, ont
été condamnés, mardi 24 juillet, à
une peine de dix ans de prison. La
sociologue Gao Zhan, trente-neuf
ans, d’origine chinoise, qui enseigne à l’université américaine de
Washington, avait été arrêtée le
5 février. Qin Guangguang, un
autre intellectuel sino-américain,
enseignant à l’université de Chicago et de Stanford, avait été arrêté
en décembre dernier. Tous deux
sont accusés « d’avoir collecté des
informations pour le compte d’agences de renseignements de Taïwan,
menaçant gravement la sécurité
nationale ».
Voilà dix jours, Li Shaomin, un
autre universitaire travaillant aux
Etats-Unis, également accusé
d’être un agent de Taïwan, avait
été condamné à l’expulsion. Mercredi matin, à Hanoï, Colin Powell
re d’Etat Colin Powell, dans le cadre d’une ample
tournée asiatique, deux universitaires sino-américains ont été condamnés à dix ans de prison
a pu se déclarer « très heureux » :
quelques heures avant qu’il ne rencontre son homologue chinois
dans la capitale vietnamienne en
marge du forum régional des pays
d’Asie du Sud-Est (Asean), la mesure a été concrétisée et le chercheur
a été placé dans un avion en partance pour les Etats-Unis.
TRIPLE AVANTAGE
Deux autres intellectuels sinoaméricains sont encore détenus en
Chine depuis le début de l’année.
Cette série de procès s’inscrit dans
le climat tumultueux des relations
sino-américaines. La diplomatie
chinoise renoue avec une tactique
qu’elle avait largement employée
avant l’assouplissement sino-américain à la fin de la période Clinton.
Les prisonniers concernés étaient
alors des dissidents chinois, qui purgeaient de lourdes peines (dix-neuf
ans en prison pour Wei Jingsheng)
et furent envoyés aux Etats-Unis
pour « raisons de santé ».
Cette pratique présentait un triple avantage, aux yeux du pouvoir
chinois : elle permettait d’utiliser
les dissidents comme monnaie
pour espionnage. Mais un autre chercheur d’origine chinoise, arrêté sous la même accusation, a
été, lui, expulsé vers les Etats-Unis.
d’échange dans les négociations
diplomatiques, d’améliorer l’image
de la Chine en envoyant ces prisonniers politiques « pour raison médicale » aux Etats-Unis, au lieu de les
maintenir en prison et enfin de
débarrasser le territoire de ces agitateurs d’idées, qui, une fois en
exil, perdent de leur influence sur
le continent chinois.
Désormais, il ne s’agit plus de dissidents, mais de sino-américains,
titulaires d’un permis de résidence
aux Etats-Unis ou naturalisés, accusés d’espionnage au profit de
Taïwan. Ces accusations ne sont
pas déterminées au hasard. Les
autorités chinoises, qui préfèrent
habituellement traiter les questions d’espionnage avec discrétion,
jouent sur le même registre que les
Américains, qui l’an dernier
avaient accusé le sino-américain
Wen Ho Lee, travaillant au laboratoire de Los Alamos, d’espionnage
au profit de Pékin. Il s’agit par rapport à l’opinion chinoise de laver
l’affront de l’an passé et de mettre
en garde les sino-américains contre toute tentation de travailler
pour le renseignement étranger.
Accuser ces prisonniers de travailler pour Taïwan est également
une manière très chinoise d’attaque indirecte qui permet d’atteindre deux cibles. Les Etats-Unis se
sont déclarés « consternés », à l’annonce des sanctions contre Gao
Zhan. La balle est maintenant dans
le camp des diplomates, qui vont
s’efforcer de relancer le dialogue
sino-américain, mal amorcé depuis
l’arrivée de George W. Bush à
Washington et envenimé lors de
l’affaire de l’avion espion en avril.
La visite de Colin Powell samedi
a pour objectif d’aplanir les sujets
d’achoppement avant le voyage
officiel du président Bush, attendu
fin octobre à Shanghaï. Avec désormais l’espoir chez les diplomates
américains que Gao Zhan soit
expulsée « pour raisons de santé »
vers les Etats-Unis. Une perspective qui, espère Pékin, devrait mettre
les négociateurs américains dans
de bonnes dispositions pour quelques concessions…
Caroline Puel
f www.lemonde.fr/chineusa
Washington fait preuve d’un intérêt appuyé pour l’Asie
TOKYO
de notre correspondant
La première tournée asiatique du secrétaire
d’Etat américain, Colin Powell, qui est arrivé,
mardi 24 juillet, dans la capitale vietnamienne
pour y rencontrer les ministres des affaires
étrangères asiatiques dans le cadre du forum de
l’Asean (Association des nations d’Asie du SudEst, élargie aux autres pays de la région, plus
l’Union européenne et les Etats-Unis), confirme la volonté de l’administration Bush d’accorder plus d’attention que les démocrates à cette
partie du monde.
Le forum de l’Asean, qui se tient dans la foulée
de la réunion annuelle des ministres des affaires
étrangères des dix pays membres de cette organisation (Bruneï, Birmanie, Cambodge, Indonésie,
Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam), est consacré aux questions de sécurité régionale auxquelles la nouvelle administration américaine, qui ambitionne de redessiner la
carte de l’Asie autour de ses alliés en renforçant
leurs liens, afin de contenir la montée en puissance de la Chine, attache une importance particulière. Les espoirs d’une reprise à Hanoï d’un dialogue à haut niveau entre Américains et Coréens
du Nord ont cependant été déçus par l’annonce
de Pyongyang qu’en raison d’un « calendrier trop
chargé » son ministre des affaires étrangères ne
pourrait s’y rendre.
La tournée asiatique de Colin Powell, vétéran
de la guerre du Vietnam, qui retourne dans ce
pays pour la première fois depuis la chute de
Saïgon en 1975, a commencé par Tokyo : lié
aux Etats-Unis par un pacte de sécurité, le
Japon accueille sur son territoire la majeure partie (47 000 hommes) des forces américaines stationnées en Asie. La visite du secrétaire d’Etat
américain, qui se poursuivra par Pékin, Séoul et
Canberra, vise surtout à expliquer les intentions de la nouvelle politique asiatique américaine. Déjà en mai le secrétaire d’Etat adjoint,
Richard L. Armitage, s’était rendu à Tokyo,
Séoul et New Delhi.
LE JAPON, PARTENAIRE PRIVILÉGIÉ
A Tokyo, au cours des entretiens avec le premier ministre, Junichiro Koizumi, M. Powell a
été discret sur les ambitions américaines dans la
région et les responsabilités accrues en matière
de sécurité régionale que Washington souhaite
voir assumer par le Japon. Le moment n’était
guère opportun : une série d’incidents plus ou
moins graves imputés à des GI à Okinawa, où
est stationné le plus gros des troupes américaines, a attisé l’hostilité à leur présence. Trois soldats viennent d’être arrêtés : deux pour vandalisme, le troisième a été inculpé pour viol. Sans
envisager une modification du statut régissant
la présence des troupes américaines au Japon,
souhaitée par Tokyo, M. Powell a assuré le premier ministre du souci de Washington de rendre
la présence militaire américaine à Okinawa un
peu moins pesante en déplaçant à Guam, ou
ailleurs, des exercices d’entraînement. Mais il a
insisté sur le caractère vital des bases et de l’alliance nippo-américaine pour la sécurité régionale : « Les Etats Unis doivent rester ici comme manifestation tangible » de leur volonté d’être une force stabilisatrice en Asie, a déclaré M. Powell.
A la veille des élections sénatoriales du
29 juillet, cruciales pour M. Koizumi, les Japonais
souhaitaient éviter les sujets épineux (tels que la
révision des dispositions constitutionnelles empêchant le Japon de faire partie d’un système de
défense collective ou sa participation au projet
de bouclier antimissile auquel la presse est en partie hostile). Colin Powell a réaffirmé, en revanche, le « soutien plein et entier » de Washington
aux réformes annoncées par le premier ministre.
Plus symbolique que substantielle par son
contenu, la visite du secrétaire d’Etat américain
à Tokyo, première étape de sa tournée asiatique, visait surtout à montrer que pour l’administration Bush le Japon est le partenaire et
allié privilégié des Etats-Unis dans la région,
alors que les démocrates avaient tendu à le
dédaigner au profit de la Chine.
Philippe Pons
La marine de défense australienne passe un accord avec l’US Navy
Le groupe allemand STN Atlas Elektronik, écarté du projet, s’apprête à demander des dédommagements
SYDNEY
de notre correspondant
L’Australie s’est rapprochée
encore un peu plus des Etats-Unis
en décidant, lundi 9 juillet, de retirer son appel d’offres concernant
le remplacement du système de
combat de ses six sous-marins Collins pour lui préférer un accord de
collaboration avec l’US Navy.
La signature discrète de cette
alliance entre Canberra et Washington n’a pas étonné outre mesure la plupart des industriels de la
défense présents aux antipodes.
« Le système de combat d’origine
de ces sous-marins ainsi que leurs
armements étaient déjà de fabrication américaine », souligne Gilbert Dangleterre, le représentant
en Australie et dans le Pacifique
d’EADS, le groupe aéronautique
et spatial européen.
« L’accord avec la marine américaine marque donc une continuité.
Mais le gouvernement n’aurait
jamais dû lancer un appel d’offres.
C’est cela qui fait mauvais genre
aujourd’hui », ajoute-t-il. Les avis
sont unanimes sur ce dossier.
« Ce processus a vraiment été plutôt brouillon », juge Ron Huisken,
du Centre d’études stratégiques
et de défense de l’université nationale australienne à Canberra.
Le groupe allemand de défense, STN Atlas Elektronik, dont
l’offre avait été préférée à celle
de l’américain Raytheon par la
commission d’enquête officielle
chargée d’étudier les différentes
soumissions, s’apprêterait, selon
le quotidien The Australian, à
demander au gouvernement australien 59 millions d’euros de
dédommagements pour avoir été
écarté de ce projet de 235 millions d’euros.
Cette affaire serait un nouveau
rebondissement dans le véritable
Les analystes
se demandent
aujourd'hui
si cet accord marque
la fin de la politique
d'indépendance
de l'Australie en
matière de défense
« feuilleton » des sous-marins
australiens. Ces submersibles,
construits en Australie selon des
plans suédois pour un coût de
3 milliards d’euros, ont connu de
multiples problèmes depuis leur
livraison au milieu des années 90.
Trop bruyants et donc facilement
repérables, ces navires ont déjà
été modifiés à trois reprises.
Leurs coques ont notamment été
redessinées et leurs hélices ont
été remplacées.
« Les Etats-Unis ont beaucoup
aidé la marine australienne dans
ce projet, remarque Ron Huisken.
Les Américains sont très fiers de
leurs avancées technologiques dans
le domaine des sous-marins militaires. Cela représente un peu les
"joyaux de la couronne" de leur
armée. Mais en leur fournissant
son savoir-faire et ses équipements,
l’US Navy s’est inquiétée que le
groupe de défense qui remporterait
le contrat du nouveau système de
combat puisse regarder de trop
près leurs matériels. » Elle s’est
donc assurée d’écarter les groupes privés étrangers. Le gouvernement australien, par l’intermédiaire de son ministre de l’industrie,
Nick Minchin, affirme toutefois
que sa décision « n’a pas été prise
en réponse à une menace des EtatsUnis ».
Les analystes se demandent
aujourd’hui si l’accord passé
entre Canberra et Washington
marque la fin de la politique d’indépendance de l’Australie en
matière de défense, une stratégie
mise en place en 1976 par le gouvernement de Malcolm Fraser.
« Je ne pense pas que les chances
des industriels européens de remporter des contrats face à leurs
concurrents américains aient diminué, tempère Gilbert Dangleterre.
Nous pensons ainsi toujours pouvoir gagner d’ici la fin de l’année le
contrat de renouvellement des hélicoptères de combat de l’armée australienne », dont le montant est
de 700 millions d’euros. Le Tigre
du groupe franco-allemand Eurocopter est aujourd’hui en concur-
rence avec l’Apache et le Cobra
des américains Boeing et Bell.
D’autres gros projets d’achats
de matériels militaires, recommandés par le Livre blanc sur la défense publié l’an dernier, sont dans
les cartons. Canberra souhaite
notamment remplacer ses trois
frégates antiaériennes et ses
soixante-dix avions F-18 et F-111.
Dassault, avec son Rafale, et
EADS, avec son Eurofighter,
auront à faire face à une rude
concurrence américaine qui va aligner ses F-18EF, ses F-16 block C
et ses futurs F-22 et JSF pour remporter ce contrat de plus de 7 milliards d’euros. Un appel d’offres
devrait être prochainement lancé
par le gouvernement. Le remporter ne serait de toute manière pas
forcément synonyme d’une victoire commerciale…
Frédéric Thérin
4 / LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001
INTERNATIONAL
Des incidents armés ont opposé la police
palestinienne à des militants radicaux à Gaza
Les échanges de tirs n’ont pas fait de blessé. Ils ont été suivis de plusieurs arrestations
Pour la première fois depuis le début de l’Intifada, fin septembre 2000, des échanges de tirs
entre Palestiniens ont eu lieu dans la soirée du
L’AUTORITÉ palestinienne a renforcé, mardi 24 juillet, son dispositif de sécurité dans la bande de
Gaza après les affrontements qui
ont eu lieu, la veille, entre factions
palestiniennes, les premiers du
genre depuis le début de l’Intifada.
Une vingtaine de Palestiniens
armés, dont des membres du Fatah
du président Yasser Arafat et du
Mouvement de la résistance islamique (Hamas), groupés au sein des
Comités de résistance populaire,
ont en effet lancé des pierres, lundi
soir, contre le domicile du chef des
renseignements militaires, Moussa
Arafat, avant d’échanger des tirs
avec ses gardes du corps. Il n’y a
pas eu de blessé. Sous couvert
d’anonymat, un haut responsable
palestinien a accusé le Hamas de
vouloir faire de la « provocation
politique » pour « tester l’autorité »
des dirigeants palestiniens. Ces derniers ne toléreront ni un « gouver-
lundi 23 juillet, à Gaza, après l’arrestation d’une
poignée de militants. Par ailleurs, le ministre
égyptien des affaires étrangères, Ahmad Maher,
nement dans le gouvernement », ni
« la pagaille dans les territoires »,
a-t-il ajouté. Huit Palestiniens ont
été arrêtés après ces incidents, euxmêmes consécutifs à l’interpellation de militants par la police
dimanche.
M. SOLANA EN TOURNÉE
« Accuser le Hamas est inacceptable car il s’agit de manifestations
spontanées » pour protester contre
la répression, a déclaré à l’AFP un
responsable de la formation islamiste, Ismaïl Hania. Il a réaffirmé
la devise que son mouvement a faite sienne dès le début du soulèvement : pas de luttes intestines interpalestiniennes et unité des rangs
face à Israël. Mais un responsable
des Comités de résistance populaire a déclaré à Reuters, sous couvert
d’anonymat, que les membres des
Comités continueraient à résister à
l’Autorité palestinienne, qui a déci-
en visite à Paris, a été reçu mardi soir par le
président Jacques Chirac avant un entretien
mercredi avec Hubert Védrine.
dé, d’après lui, de les démanteler.
Par ailleurs, les « Brigades des martyrs d’Al-Aqsa », dépendant du
Fatah de M. Arafat, ont revendiqué la responsabilité du meurtre
d’un jeune Israélien dont le corps a
été découvert, mardi, près de la
ville autonome palestinienne de
Ramallah, en Cisjordanie et remis
à l’armée israélienne. Le chef d’étatmajor israélien, Shaoul Mofaz, a
accusé l’Autorité palestinienne
d’être devenue une « autorité terroriste ». Ces accusations sont « inappropriées » et relèvent de « la provocation », a rétorqué Nabil Abou
Roudeina, conseiller de M. Arafat.
Toujours en Cisjordanie, des jets
de pierres contre des voitures ont
provoqué un accident au cours
duquel une Israélienne a été tuée
et un chauffeur de taxi palestinien
blessé. La police israélienne n’a pas
été en mesure de dire si les lanceurs de pierres étaient des Palesti-
niens ou des colons. Un enfant
palestinien de dix ans a par ailleurs
été blessé à Rafah, dans la bande
de Gaza, lors d’un bombardement
israélien.
Sur le plan diplomatique, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a réitéré, lors d’un entretien
avec Javier Solana, le haut représentant de l’Union européenne
pour la politique étrangère et la
sécurité, son exigence d’« un arrêt
absolu de la violence, du terrorisme
et de l’incitation » à la violence,
comme préalable à l’application
des recommandations de la commission Mitchell pour l’apaisement. Avant de se rendre en Israël,
M. Solana avait effectué des visites
éclairs en Syrie et au Liban. Il était
attendu mercredi à Ramallah pour
un entretien avec le président Arafat. – (AFP, Reuters.)
f www.lemonde.fr/israel-palestiniens
Ahmad Maher, ministre égyptien des affaires étrangères
dre au monde ce qu’est la politique
israélienne, nous pouvons faire bouger les choses. Même en Israël,
nous assistons à la renaissance du
“camp de la paix”, que le gouvernement avait réussi à convaincre
d’une imposture en faisant endosser aux Palestiniens la responsabilité de l’échec de Camp David et en
les désignant comme des terroristes. Il est enfin important que l’Occident comprenne que la perpétuation de la situation actuelle risque
de nuire à ses intérêts, aux nôtres et
à ceux des Israéliens.
bles sur les Palestiniens, sur M. Arafat, sur l’Egypte aussi. Les promesses ont été répétées, par lui-même,
par d’autres en son nom, par des
personnes prétendument proches
de lui, mais n’ont jamais été tenues.
La conclusion logique à laquelle le
président Moubarak est arrivé est
que M. Sharon est un homme avec
lequel on ne peut faire la paix. Il faudrait qu’il change de peau, ou alors
que le peuple israélien comprenne
que sa politique mènera à une
impasse contraire à ses propres
intérêts ; car je suis convaincu que
AHMAD MAHER
« L’Occident doit
comprendre que
la perpétuation de
la situation actuelle
risque de nuire à ses
intérêts, aux nôtres et
à ceux des Israéliens »
– M. Moubarak a affirmé que
la paix ne pouvait pas être
conclue avec M. Sharon…
– La sévérité du président Moubarak tient au fait qu’à plusieurs reprises M. Sharon lui a fait des promesses qu’il n’a pas tenues.
– Quelles sortes de promesses ?
– Lors de leur premier contact,
M. Sharon a affirmé qu’il avait un
plan de paix qu’il dévoilerait dans
un délai de quelques semaines.
Mais nous n’avons jamais vu de
plan de paix, uniquement des plans
de guerre, des assassinats programmés, des destructions de maisons,
des crédits votés pour de nouvelles
colonies et des propos inaccepta-
le peuple israélien, comme le peuple palestinien, veut la paix.
– S’il n’y a rien à espérer de
M. Sharon, à quoi servent le rapport Mitchell, le plan Tenet, les
exhortations des Européens ou
du G 8 ?
– Il y a toujours une chance de
rédemption. Et puis, si M. Sharon
est cerné par des positions claires, il
peut être forcé de changer de politique. Pour nous, il ne s’agit pas de
désespérer ad vitam aeternam, mais
de dire que sa politique ne peut
mener à la paix, que nous n’allons
pas nous laisser mener en bateau,
que nous savons exactement quelles sont ses intentions, mais que
cela ne nous empêche pas d’espérer
COLOMBO. L’aéroport international de Colombo (Sri Lanka) devait
rouvrir, mercredi 25 juillet, plus de 24 heures après une sanglante attaque des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) qui a fait
20 morts – 13 guérilleros et 7 militaires – et détruit ou endommagé
13 appareils, civils et militaires. Quelques heures après cette attaque,
l’armée de l’air sri-lankaise a bombardé des camps du LTTE au nordest de l’île. Selon les premières informations, l’attaque aurait été perpétrée par un commando de 15 à 20 membres des « Tigres noirs », l’unité suicide d’élite du LTTE. Ceux-ci auraient pénétré sur la base de Katunayake, qui jouxte l’aéroport civil, portant des uniformes de l’armée.
Aucun touriste étranger n’a été blessé dans l’attaque, mais quelque
4 000 personnes étaient bloquées dans l’île, mardi, en raison de l’attentat. A Washington, le département d’Etat a conseillé aux ressortissants
américains de reporter les voyages non indispensables au Sri Lanka.
Une militante de l’ETA tuée par sa
propre bombe dans le sud de l’Espagne
MADRID. Une militante présumée de l’organisation séparatiste basque ETA, Olaia Castresana, a été tuée, mardi 24 juillet, en manipulant
une bombe à son domicile, à Torrevieja, station balnéaire du sud-est
de l’Espagne, indique le ministère de l’intérieur. L’explosion a blessé
sept personnes dont quatre enfants. Un deuxième militant présumé de
l’ETA a pris la fuite au moment du drame. Les explosifs utilisés
feraient partie d’un stock volé à Grenoble, dans le sud-est de la France, au mois de mars 2000. A Bruxelles, d’autre part, le ministère de l’intérieur a ouvert une enquête après les révélations du journal basque
Deia selon lesquelles les dirigeants de l’ETA se seraient réunis en Belgique pour discuter de la stratégie future de leur mouvement. Reprenant les propos du ministre basque de l’intérieur, Javier Balza, le journal affirmait que l’ETA, divisée, avait opté lors de cette réunion pour la
poursuite de la lutte armée. La Belgique tente pourtant de se défaire
de sa réputation de mansuétude à l’égard des séparatistes basques.
DÉPÊCHES
« La patience des Etats-Unis à l’égard de M. Sharon semble toucher à sa fin »
« Que venez-vous dire ou
demander aux autorités françaises ?
Après les réunions importantes
qui viennent d’avoir lieu aux
niveaux européen et du G 8, le président [Hosni] Moubarak a jugé utile
de me dépêcher à Paris avec un message pour le président Chirac. Dans
la conjoncture actuelle au ProcheOrient, il est important que l’Egypte
et la France se concertent pour voir
ce qui peut être fait, comment sortir de l’impasse dans laquelle la politique de M. Sharon [le premier
ministre israélien] conduit la région.
– Les déclarations de bonnes
intentions sont nombreuses,
mais rien de concret n’est fait
pour que les choses bougent…
– Il ne faut pas négliger le poids
de la parole. Je vous donne un exemple : l’administration américaine ne
voulait pas, à ses débuts, se mêler
du problème du Proche-Orient. Il a
fallu l’insistance d’autres parties,
notamment celle du président Moubarak, pour la convaincre de s’y intéresser. L’attitude de cette même
administration était, disons, plus
proche des positions israéliennes
que de celles d’autres pays, notamment arabes. Aujourd’hui, les EtatsUnis acceptent l’idée de la présence
d’observateurs. Quels que soient la
nationalité ou le mandat de ces
observateurs et malgré les conditions posées à leur envoi par le G 8,
c’est le signe d’une évolution certaine de la position américaine ; et cette évolution résulte du fait qu’avec
d’autres nous avons tenté et nous
avons partiellement réussi à influencer l’attitude des Etats-Unis.
» Il est important de parler, de
rappeler les résolutions de l’ONU,
de convaincre l’opinion publique
internationale. En soutenant le peuple palestinien dans sa révolte contre une occupation injuste, en
essayant de mieux faire compren-
Sri Lanka : l’aéroport de Colombo
devait rouvrir mercredi
une solution pacifique conforme à
la légalité internationale. Tous les
efforts que vous avez évoqués sont
très importants pour servir de
contrepoids, si je puis dire, à des
intentions nettement négatives.
– Ne pensez-vous pas qu’une
petite dose de coercition est
nécessaire ?
– Quand on parle de coercition, il
y a un pays auquel on pense immédiatement : ce sont les Etats-Unis.
J’ai des raisons de croire que leur
patience avec M. Sharon touche
presque à sa fin. Je crois savoir que,
dans leurs contacts avec lui, dernièrement, ils ont eu une attitude plus
ferme qu’elle ne l’était il y a quelques jours ou quelques semaines,
que la liberté de manœuvre dont il
semblait bénéficier n’est plus aussi
grande. Les Américains lui ont donné une grande latitude, le droit de
décider par exemple quand commencent et quand finissent les
fameux sept jours [de « calme absolu » exigés par M. Sharon pour mettre en œuvre le plan Mitchell], qui
sont une pure invention et dont on
se demande pourquoi ils seraient
sept, et non huit ou quatre par
exemple. Ce sont les sept jours les
plus longs de l’Histoire !
» Il est clair maintenant que les
Américains ont l’intention de bouger. Je n’en tirerai pas pour autant
de conclusions ; on a déjà vu cela
[dans le passé], on a assisté à des
élans qui n’ont pas abouti, à une
exaspération qui ne s’est pas traduite en action politique, mais il faut
continuer à espérer. Je crois aussi
que la réunion du G 8 a révélé aux
Etats-Unis
l’insatisfaction
des
autres participants – notamment
l’Europe – quant au laxisme dont a
bénéficié le gouvernement de
M. Sharon. »
Propos recueillis par
Mouna Naïm
a CROATIE : le général Rahim Ademi, suspecté de crimes de guerre
et réclamé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie
(TPIY), s’est rendu « volontairement » à La Haye mercredi 25 juillet.
« Je me sens complètement innocent. Je n’ai ordonné aucun crime durant
la guerre patriotique [contre les forces serbes, de 1991 à 1995] », a déclaré le général, visiblement ému, à l’aéroport. Bien que l’acte d’inculpation n’ait pas été rendu public, le général est soupçonné de crimes commis contre des civils serbes lors d’une opération pour reconquérir la
poche de Medak, près de Gospic, en septembre 1993. – (AFP.)
a ÉTATS-UNIS : la Caroline du Nord devrait être le dix-huitième
Etat à abolir la peine de mort pour les attardés mentaux. Mardi
24 juillet, les deux chambres législatives de l’Etat ont en effet approuvé
cette mesure à une large majorité. Le projet est désormais entre les
mains du gouverneur Mike Easley, démocrate, qui peut seul le mettre
en application. La Caroline du Nord viendrait s’ajouter aux dix-sept
Etats et au gouvernement fédéral qui bannissent déjà la peine de mort
pour les attardés mentaux. – (AP.)
a INDE/PAKISTAN : les très violentes pluies de mousson qui se sont
abattues sur l’est de l’Inde et le nord-ouest du Pakistan ont fait près de
300 morts ces derniers jours, des inondations et glissements de terrain
ravageant des villages entiers. En Inde, dans l’Etat d’Orissa, plus de neuf
millions de personnes ont été touchées par les inondations. – (Corresp.)
a INDONÉSIE : l’ex-président Abdurrahman Wahid, destitué lundi,
devait quitter le palais présidentiel jeudi, selon des membres de son
entourage, et se rendre aux Etats-Unis pour des soins médicaux.
M. Wahid, 60 ans, sera traité à l’hôpital John Hopkins de Baltimore. –
(AFP.)
a IRAN/AZERBAÏDJAN : les incidents se multiplient entre Téhéran
et Bakou à propos de l’exploitation des richesses de la mer Caspienne.
Mardi 24 juillet, la radio iranienne a affirmé qu’un avion de l’armée de
l’air avait repoussé un « navire de guerre » de la République d’Azerbaïdjan « qui s’était approché récemment des eaux territoriales iraniennes ».
La veille, Bakou avait indiqué qu’un navire de guerre iranien était entré
dans les eaux territoriales de l’Azerbaïdjan pour éloigner, sous la menace, un bateau effectuant des recherches pour la compagnie pétrolière
British Petroleum. L’Iran avait protesté, samedi, officiellement, contre
de récents contrats entre l’Azerbaïdjan et des firmes principalement
occidentales pour l’exploitation pétrolière en mer Caspienne. – (AFP.)
a MAROC : le roi Mohammed VI confirme, dans un entretien
publié mardi 24 juillet par le quotidien arabe Achark al-Aoussat, basé à
Londres, que les élections générales se tiendront comme prévu en 2002
dans le royaume chérifien. Le souverain marocain met ainsi fin aux
rumeurs selon lesquelles le gouvernement Youssoufi souhaiterait
reporter le vote afin de réformer le système électoral. – (Reuters.)
a TUNISIE : le militant des droits de l’homme et médecin Moncef
Marzouki annonce qu’il crée un nouveau parti politique, le Congrès
pour la République (CPR), dont l’objectif principal est l’instauration de
la démocratie en Tunisie. Cette initiative survient alors que la base du
Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir)
invite le président Ben Ali à briguer un quatrième mandat présidentiel,
ce que lui interdit la Constitution dans ses termes actuels. Par ailleurs,
le ministère tunisien de la justice a nié mardi que la journaliste Sihem
Bensédrine soit maltraitée en détention, répondant ainsi à Reporters
sans frontières (RSF) et aux avocats de la journaliste, selon lesquels elle
est victime de fouilles corporelles humiliantes de la part de ses gardes.
En Algérie, raids punitifs et violences se multiplient contre des femmes sans époux accusées de « prostitution »
ALGER
correspondance
Trois femmes seules ont été attaquées par un groupe d’hommes,
dans la nuit du lundi 23 au mardi 24
juillet à Tebessa, ville du nord-est
algérien, située à la frontière tunisienne. Il s’agit de la troisième expédition punitive menée contre des
femmes célibataires, soupçonnées
par leur voisinage de prostitution.
Selon le journal El Watan, huit jeunes gens, chômeurs pour la plupart, mineurs pour trois d’entre
eux, ont fracturé la porte d’entrée
d’une maison du quartier d’Ezzahouni et mis le feu, mardi, à 1 heure. Les occupantes ont dû trouver
refuge au commissariat de police, à
100 mètres de là. Les agresseurs
ont été arrêtés et ont affirmé aux
policiers qu’ils avaient agi dans un
souci « anti-débauche. »
Il y a huit jours, une opération du
même genre s’était déjà produite
dans la ville de Tebessa. Le 17
juillet, les habitants du quartier de
Bab Zouatine avaient dévasté le
quartier de Oued Zaarour, connu
pour être un lieu de prostitution.
Ce jour-là, un groupe d’habitants
avait décidé d’investir le quartier
de Oued Zaarour déserté par les
intéressées, sans doute prévenues
à temps de ce qui se tramait contre
elles. Faute de trouver leurs
proies, les « justiciers » se sont
rabattus sur leurs pauvres baraques et ont saccagé leurs maigres
biens.
VIOLS COLLECTIFS
C’est le 14 juillet, à Hassi Messaoud, la grande cité saharienne
située à 1000 kilomètres au sud
d’Alger, que les raids punitifs contre les femmes seules ont commencé dans le pays. L’eldorado que
représente cette localité pétrolière
s’est transformé en cauchemar
pour une vingtaine de femmes
venues de l’ouest de l’Algérie
gagner durement leur vie. Une nuit
de frayeur, de violences et de viols
collectifs dans le quartier d’El-Haïcha qui, dorénavant, porte bien son
nom : « la Bête » et, accessoirement, la brute…
Trois cents hommes de quinze à
trente ans sont montés ce soir-là à
l’assaut de garages et de baraques
chèrement loués par ces femmes
seules et « sans hommes », le plus
souvent employées comme femmes de ménage. Certaines des victimes ont reconnu, parmi leurs
assaillants, qui ont fait preuve
d’une brutalité extrême, les logeurs
à qui elles versent chaque mois
quelque 8000 dinars (près de
750 francs) pour un cabanon. Elles
ont raconté plus tard qu’en menant
leur raid, les assaillants hurlaient
des « Allah Akbar ! » (« Dieu est
grand ! ») ponctués de slogans tels
que : « Sortez de notre pays ! Hassi
Messaoud est à nous ! Nos enfants
chôment alors que vous travaillez ! »
Dix-sept de ces femmes ont été
rouées de coups, portés à l’aide de
gourdins, avant d’être jetées nues à
la rue. L’une a même failli être
enterrée vive dans un cimetière et
n’a eu la vie sauve que grâce à l’in-
tervention de policiers qui passaient par là. Mais le pire a été réservé à trois jeunes filles, originaires
de Tiaret, qui ont été victimes d’un
viol collectif. Les témoignages
recueillis sont éloquents : « On m’a
traînée sur une terrasse et là, soixante personnes m’ont violée », relate
l’une d’elles. « Celui qui m’a violée
est un homme de l’âge de mon père.
Quand j’ai voulu résister, les autres
m’ont rouée de coups », raconte
l’autre.
GENS « ORDINAIRES »
Au lendemain du drame, toutes
ces femmes ont été évacuées et installées dans une maison de jeunes
du centre d’Hassi Messaoud, sous
haute surveillance, par « souci de
protection » disent les autorités.
D’autres femmes esseulées les y
ont rejointes. Elles sont à présent
quatre-vingts, accompagnées de
vingt-cinq enfants, à attendre dans
ce lieu, surnommé par la presse
algérienne « camp de la honte » et
que visitent, jour après jour, journa-
listes et organisations non-gouvernementales (ONG).
Profondément choquées, souvent prostrées, ces femmes s’indignent qu’on les qualifie de prostituées et le disent à chaque personne rencontrée. Trente-neuf hommes ont été arrêtés et placés sous
mandat de dépôt. Selon un communiqué du parquet général d’Ouargla (Est), ils sont poursuivis pour
« vol qualifié, viol, coups et blessures
volontaires avec arme blanche,
attroupement non armé troublant
l’ordre public, violation de domicile,
attentat à la pudeur avec violence et
destruction des biens d’autrui ». Plusieurs sont en fuite. Quant aux femmes, trois d’entre elles sont encore
hospitalisées.
Ces affaires provoquent un choc
en Algérie, secouée ces derniers
jours par une nouvelle vague de
massacres attribués aux islamistes
armés. Ces derniers sont-ils à l’origine des raids punitifs contre les femmes d’Hassi Messaoud et de Tebessa ? Certains journaux francopho-
nes algériens ont laissé entendre
que oui, et donné pour preuve le
fait que, dans ses prêches, un imam
d’Hassi Messaoud a récemmment
stigmatisé la dissolution des
mœurs de la société algérienne. Il
sera cependant difficile aux autorités judiciaires d’établir une relation
de cause à effet. Parce que la prostitution ne cesse de croître en Algérie, en parallèle à la misère, ce phénomène est souvent évoqué dans
les prêches des mosquées. Personne n’y voit cependant une incitation au lynchage.
Le problème de la violence contre les femmes est en tout cas très
sérieux en Algérie et tristement
banal. Selon plusieurs témoignages, les auteurs des deux raids punitifs étaient des gens « ordinaires »,
souvent même les voisins des victimes. Sur ces femmes seules, ils ont
pu exercer à leur tour la « hogra »
(l’injustice) dont ils sont eux aussi
les victimes.
f www.lemonde.fr/algerie
5
FRANCE-SOCIÉTÉ
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001
ENVIRONNEMENT
Un avis de
l’Agence française de la sécurité sanitaire des aliments (Afssa), remis lundi
23 juillet, révèle la présence très large
d’OGM « à l’état de trace dans des
semences ou des récoltes conventionnelles ». b LES EXPERTS de l’Afssa
ont établi que 41 % des échantillons
de maïs conventionnels testés contiennent de faibles fragments d’OGM. Si
l’agence estime que cette dissémination ne présente pas de risque pour la
santé publique, elle s’interroge cependant sur cette lente colonisation.
b LE GOUVERNEMENT entend ouvrir
largement le débat avec les experts et
les associations de consommateurs,
afin d’élaborer une « charte de la
transparence des essais d’OGM ».
b LA COMMISSION DE BRUXELLES
examine la possibilité d’autoriser à
nouveau la commercialisation de produits OGM, tout en renforçant la protection des consommateurs. (Lire aussi notre éditorial page 9.)
Les pouvoirs publics constatent la colonisation des cultures par les OGM
Un avis de l’Agence française de la sécurité sanitaire des aliments révèle la présence croissante d’organismes génétiquement modifiés
dans les semences traditionnelles, notamment de maïs. Le gouvernement souhaite ouvrir largement le débat avec les experts et les consommateurs
LA FRANCE sera-t-elle bientôt
mise devant le fait accompli sur les
organismes génétiquement modifiés (OGM) ? Pendant que les spécialistes chicanent sur leurs avantages et leurs inconvénients, la lente
dissémination des semences se
poursuit dans les campagnes.
L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a rendu,
lundi 23 juillet, un avis qui vient
confirmer une lente propagation,
malgré l’instauration d’un moratoire en 1997. « La présence d’OGM à
l’état de trace dans des semences ou
des récoltes conventionnelles paraît
être actuellement une réalité », affirment les experts. Ce constat
« enchantera » les associations
environnementalistes,
comme
Greenpeace, qui le crie depuis des
années.
Interrogée sur les conséquences
sanitaires liées à la présence fortuite de semences OGM en faible proportion dans des semences conventionnelles, l’agence s’est montrée
rassurante sur ce point. « La probabilité d’effet toxique ou allergénique
apparaît comme extrêmement faible », estime l’expertise. « A ce stade, aucun élément porté à notre connaissance ne suggère de risque pour
la santé publique, notamment compte tenu des faibles teneurs observées
dans les lots concernés », conclutelle.
Mais la conquête transgénique
est évidente. Dix-neuf des cent
douze échantillons de semences de
colza, de soja et de maïs, officiellement conventionnels, qui ont été
soumis à l’Afssa par la Direction
générale de la concurrence, de la
consommation et de la répression
des fraudes (DGCCRF) comportaient un signal, le « promoteur 35S », caractérisant la présence d’OGM, parfois dans des valeurs
n’excédant pas 0,1 %. Pour le maïs,
41 % des prélèvements étaient
« pollués ». Des résidus de soja
OGM ont même été identifiés dans
certaines semences de maïs conventionnelles, indice d’un étonnant brassage. La justice, indique
mercredi 25 juillet un communiqué
du gouvernement, a d’ailleurs été
saisie sur un certain nombre de ces
cas de présence fortuite, afin d’en
déterminer l’origine.
Prudemment, l’agence met sa
statistique en regard d’une autre,
établie par la chambre syndicale
des entreprises semencières, qui, à
l’issue d’autocontrôles menés lors
de la campagne 2000-2001, situe à
7 % la proportion de lots de maïs
conventionnels où se trouvent des
traces d’OGM. La différence est
notable. « Il peut, en conséquence,
être estimé que la fréquence actuelle
de présence fortuite d’OGM dans
des semences conventionnelles de
maïs se situe entre ces deux valeurs :
41 % et 7 % », résume diplomatiquement l’avis.
Appliqués aux trois millions
d’hectares actuellement emblavés
en maïs sur le territoire national,
ces deux pourcentages pourraient
cependant laisser suggérer que des
centaines de milliers d’hectares de
culture nationale comportent
aujourd’hui des fragments transgéniques. L’agence se refuse à cette
extrapolation. Mais plusieurs affaires récentes corroborent l’idée que
l’extension transgénique n’est plus
maîtrisée. Durant l’année 2000, le
ministère de l’agriculture a ainsi dû
ordonner l’arrachage de cultures
de soja, de colza et de maïs colonisés par les OGM à l’insu des agriculteurs et, affirme-t-il, des multinationales qui fournissaient les
semences.
Pour expliquer cette présence
fortuite mais insistante, l’agence
évoque comme une des pistes l’importation de semences impures.
Aux Etats-Unis, les cultures trans-
La croisade de vingt-trois communes de la Sarthe
ORLÉANS
de notre correspondant régional
C’est une révolte inattendue des maires qui
se produit depuis plusieurs semaines dans le
département de la Sarthe. Vingt-trois communes ont soit émis des délibérations, soit pris des
arrêtés municipaux pour interdire les essais de
cultures transgéniques ou la consommation
d’aliments contenant des OGM dans les cantines scolaires. Spay, dans l’agglomération mancelle, compte 2 300 habitants et une petite dizaine d’agriculteurs. Annie Quinot, adjointe à l’environnement, qui est aussi militante de Terre
des hommes, est formelle : « Les OGM n’apportent rien, sinon des risques. » La fronde a gagné
les élus de tous bords. « Les cultures OGM, je
n’en veux pas. Dans quelques années, on nous
dira que c’est dangereux ! », affirme Patrick
Reboussin, maire DL d’Arçonnais.
C’est un collectif local, Stop-OGM, fort de seize associations, syndicats et partis politiques,
où l’on retrouve Les Verts, le Mouvement écologiste indépendant (MEI) d’Antoine Waechter,
France Nature Environnement (FNE) et la Confédération paysanne, qui est à l’origine de ce
mouvement d’humeur. « Du point de vue sanitaire, on ne sait pas trop s’il y a danger ou pas.
Les études sont insuffisantes. C’est du bricolage
biologique qui est fait. 80 % à 90 % des gênes de
l’ADN sont appelés “gênes poubelles” : c’est le
nom que leur donnent les scientifiques ; ils ne
savent pas encore quelle est leur raison d’être »,
estime Thierry Pradier, des Verts, membre du
collectif. Stop-OGM a écrit aux maires du
département, en leur soumettant un modèle de
délibération et d’arrêté. L’objectif était de provoquer le débat. Le collectif a largement réussi.
DÉSACCORD PRÉFECTORAL
Officiellement, dans la Sarthe, il n’y a plus
d’essais expérimentaux depuis deux ans.
« C’est donc un arrêté de prévention que nous
avons pris. Nous avons voulu marquer le coup »,
déclare Annie Quinot. « Dans les communes où
les arrêtés ont été pris, il est évident que les agrochimistes n’iront plus démarcher les agricul-
teurs », ajoute Thierry Pradier. L’agriculture
locale essaie de développer des produits locaux
de qualité, comme le « poulet de Loué » ou le
« porc sarthois ». « Un grand nombre d’agriculteurs ont intérêt à ce qu’il n’y ait pas d’OGM,
compte tenu de ces labels. Notre action est bien
perçue par le monde agricole, même chez certains à la FDSEA », précise encore Thierry Pradier.
La réaction n’a pas tardé à la préfecture, qui
a avisé le président de l’association des maires
du département du « caractère illégal » de cette avalanche d’arrêtés. C’est le ministère de
l’agriculture qui délivre les autorisations de cultures d’OGM. « Un maire ne peut pas prendre
un arrêté de portée générale et absolue », a affirmé Gérard Clerissi, directeur du cabinet du préfet. Un maire ne peut intervenir que par ses
pouvoirs de police, « si la sécurité ou la salubrité
publiques sont menacées », rappelle-t-on à la
préfecture.
Régis Guyotat
géniques couvrent 68 % des surfaces cultivées et la traçabilité est
devenue pratiquement impossible,
même pour les produits destinés à
l’exportation. Mais l’Europe n’est
pas épargnée par cette confusion.
Plusieurs variétés de maïs transgénique sont autorisées à la commercialisation dans l’Union. Leur
culture ne couvre, pour l’heure,
été revendiquée par un groupe se
baptisant Les Ravageurs. Des
informations
judiciaires
sont
actuellement ouvertes.
Dénonçant ces destructions, les
semenciers retiennent néanmoins
la pollinisation comme principale
responsable de la dissémination.
« Le problème de la présence fortuite est inhérent au fait qu’il y a des
Le gouvernement veut une charte de transparence
Selon l’entourage de François Patriat, secrétaire d’Etat aux PME, au
commerce, à l’artisanat et à la consommation (qui est chargé de la
question des OGM au sein du gouvernement), les contrôles des pouvoirs publics de la campagne 2000-2001 font apparaître « des améliorations » du processus d’autocontrôle des producteurs d’OGM. Ces autocontrôles devront assurer que les produits interdits en France ne se
mêlent ni aux OGM autorisés ni aux cultures conventionnelles. On
ajoute que « les contrôles administratifs vont se renforcer ».
Le gouvernement va, en outre, demander aux semenciers de communiquer aux services administratifs et aux laboratoires agréés leurs
outils d’analyse. Selon un communiqué du gouvernement, mercredi
25 juillet, un groupe de travail composé d’experts, de représentants
des administrations et d’associations de consommateurs va travailler
à l’élaboration d’une charte « de la transparence des essais d’OGM ».
Un forum sera ouvert sur internet (www.agriculture.gouv.fr).
que 34 hectares en France, les agriculteurs se montrant réticents à
leur usage. Mais elle est plus développée dans d’autres Etats membres, et le commerce intraeuropéen a pu hâter la propagation.
L’avis évoque également l’hypothèse d’expérimentations sur le sol
français qui auraient contaminé
leur environnement. « Les dispositifs d’encadrement des essais (distance d’isolement, barrières végétales
pour piéger le pollen) ne sont pas
conçus comme des isolements reproductifs stricts ; les OGM disséminés
dans ces essais peuvent donc conduire à des fécondations de parcelles
voisines de l’ordre de 0,1 % », explique l’avis, endossant les récentes
conclusions de la Commission du
génie biomoléculaire.
Les opposants craignent que les
cultures OGM, aujourd’hui disséminées dans la nature, ne gagnent
peu à peu du terrain au contact des
plants conventionnels, par sélection naturelle. Les plus virulents
prônent l’éradication : en juillet,
après que le ministère de l’agriculture a rendu publique la localisation des cultures transgéniques sur
le territoire, un groupe a saccagé
des lieux d’expérimentation OGM,
à Beaumont-sur-Lèze (HauteGaronne) et à Guyancourt (Yvelines), cette dernière action ayant
cultures OGM aujourd’hui un peu
partout dans le monde, estime Philippe Gracien, directeur général du
Groupement national interprofessionnel des semences. Les réalités
de la biologie font qu’on ne peut pas
garantir le niveau zéro. La profession réclame depuis trois ans qu’un
seuil réaliste de présence fortuite soit
précisé. »
Le 3 juillet, la Commission du
génie biomoléculaire avait rendu
un avis concluant également que
« la présence d’OGM dans des
semences ou récoltes conventionnelles est une réalité techniquement
incontournable », estimant cependant que cette présence ne constituait pas un danger sanitaire ou
environnemental.
L’Afssa, elle, appelle de ses vœux
« une analyse à grande échelle, avec
un échantillonnage rigoureux, pour
déterminer le degré de généralité du
phénomène » de présence fortuite.
Et de conclure : « S’il se confirmait
que des OGM étaient présents à
l’état de trace dans une proportion
importante des semences, des études
devraient être entreprises pour en
préciser les origines, évaluer les risques possibles et prendre en compte
cette donnée pour définir des seuils
dans ce nouveau contexte. »
Benoît Hopquin
Aventis est condamnée à indemniser Bruxelles veut reprendre la commercialisation en protégeant les consommateurs
les victimes du maïs Starlink
UN MAÏS OGM dont on perd la
trace : cela peut coûter cher. Les
Américains ont eu la surprise, l’année dernière, de découvrir qu’à leur
insu ils avalaient du maïs OGM en
croquant à belles dents dans des
chips et des tacos. Ce maïs, appelé
Starlink, développé par le groupe
franco-allemand Aventis, a été
génétiquement modifié pour résister à des chenilles et autorisé pour
l’alimentation animale.
Mais de façon inexpliquée, ce
maïs OGM s’est retrouvé un peu
partout dans la chaîne alimentaire.
La protéine Cry9C, constitutive de
ce maïs, a permis d’identifier sa présence dans plus de 300 produits alimentaires, aux Etats-Unis, ce qui a
conduit à leur rappel massif. Aventis a beau clamer que ce maïs n’est
pas nocif pour la santé humaine,
comme le redoutent les associations de consommateurs, elle est,
de toute façon, tenue pour responsable de l’égarement de ce maïs passé de l’auge du bétail à l’assiette du
consommateur.
Le dédommagement des cultivateurs de maïs Starlink et de ceux
qui avaient des cultures mitoyennes avait été évalué à 100 millions
d’euros en 2000. Mais, mercredi
25 juillet, Aventis a été sommée
d’élargir son programme de compensation aux agriculteurs chez les-
quels la protéine Cry9C a été retrouvée, même s’ils n’avaient jamais
planté de maïs Starlink. « Du maïs
Starlink est apparu là où personne ne
s’y attendait, et parfois là où personne ne peut expliquer [sa présence] »,
a déclaré l’attorney général de l’Iowa, Tom Miller, qui a obtenu ce
nouvel accord entre Aventis et dixsept Etats américains. Le montant
de la transaction n’a pas été révélé.
UNE FILIALE EMBARRASSANTE
Aventis plaide pour que l’agence
de protection de l’environnement
aux Etats-Unis (EPA) établisse un
seuil de tolérance pour les produits
destinés à la consommation humaine. « La réalité est que la protéine
continuera à se diffuser dans l’alimentation, même si c’est à des
niveaux très faibles, pendant encore
longtemps », reconnaît le groupe.
Les concurrents d’Aventis, le célèbre Monsanto, le suisse Syngenta
ou
l’américain
DuPont
de
Nemours, suivent avec attention ce
feuilleton. « Nous n’aimerions pas
être à leur place, mais ces errements
font avancer la législation », commentent-ils. En attendant, Aventis
tente de vendre à l’allemand Bayer
sa filiale agrochimique, décidément
trop embarrassante.
Véronique Lorelle
BRUXELLES
de notre bureau européen
Dans le débat hautement sensible sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), la Commission européenne a repris l’initiative, mercredi 25 juillet. Elle a adopté
une proposition de directive destinée à la fois à réglementer la mise
sur le marché de produits alimentaires et d’engrais provenant
d’OGM, et à établir un système fiable pour identifier et étiqueter ces
produits.
Il s’agit, pour la Commission, de
sortir de l’incertitude qui prévaut
depuis trois ans. En effet,
entre 1991 et 1998, 18 OGM ont été
autorisés en Europe à la suite d’une
décision communautaire, et 14
demandes sont en cours d’examen.
En octobre 1998, les Quinze avaient
appliqué un moratoire de fait aux
autorisations de licence pour des
produits à OGM, dans l’attente de
la révision de la directive communautaire de 1990 régissant les plantes génétiquement modifiées. Et le
15 juillet 2000, ils avaient prolongé
ce moratoire, tenant compte du
malaise croissant des opinions
publiques lié au phénomène de la
« malbouffe » et aux crises de la
vache folle et de la fièvre aphteuse.
Mais la Commission de Bruxelles
n’a jamais cessé de considérer qu’il
est souhaitable de reprendre les
autorisations de licence pour des
produits OGM, estimant qu’il s’agit
d’un secteur qui jouera un rôle crucial dans l’avenir pour l’économie
et la compétitivité de l’industrie
européenne. Elle propose donc de
garantir le droit à l’information des
consommateurs européens quant à
la présence d’OGM dans les produits alimentaires, tout en leur laissant le choix d’acheter ou non de
tels produits, « en connaissance de
cause », souligne David Byrne, commissaire européen chargé de la santé et de la protection des consommateurs.
A l’avenir, les demandes d’utilisation d’OGM dans les denrées alimentaires ou l’alimentation animale seront examinées par l’Autorité
alimentaire européenne, un organisme qui doit se mettre en place le
1er janvier 2002. « Les scientifiques
les plus réputés d’Europe, indépendants du monde politique ou de l’industrie, étudieront les OGM pour s’assurer qu’ils ne comportent pas de risque pour la santé publique, la santé
animale ou l’environnement », explique M. Byrne. Si les scientifiques
disent « non », insiste-t-il, les denrées fabriquées à partir d’un OGM
ne pourront être vendues en Europe. S’ils disent « oui », il appartiendra à la Commission et aux Etats
d’autoriser ou non son utilisation.
Le principe retenu est celui
d’« une porte, une clé ». Autrement
dit, une seule procédure permettra
la mise sur le marché de produits
OGM, via le comité scientifique de
l’Autorité alimentaire. S’agissant
de la « traçabilité », la Commission
prévoit de pouvoir remonter à l’origine OGM d’un produit, tout au
long des chaînes de production et
de distribution, afin de permettre
son éventuel retrait du marché. L’industrie devra donc mettre en place
un système d’identification et d’in-
« Que nous
le voulions ou non,
[la] présence
accidentelle [d’OGM
dans l’alimentation]
est une réalité »
David Byrne,
commissaire
européen
formation permettant de connaître
la provenance et la destination des
produits OGM.
L’un des éléments les plus novateurs de ce mécanisme est de prévoir que tous les produits alimentaires fabriqués à base d’OGM
devront faire l’objet d’un étiquetage approprié, même si, à la suite
d’un processus de transformation,
une modification de la structure
ADN ou des protéines ne peut plus
être détectée dans le produit commercialisé. D’autre part, s’agissant
de la « présence accidentelle » de
traces d’OGM dans l’alimentation,
la Commission suggère de considérer que seules les « traces infimes »
d’OGM (jusqu’à 1 %) non officiellement autorisés en Europe seront
admises dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux,
sous réserve d’un « feu vert » des
scientifiques.
« Que nous le voulions ou non, cette présence accidentelle est une réalité, souligne David Byrne. C’est l’œuvre de la nature. A moins de mettre
fin aux cultures d’OGM dans le monde entier ou de fermer les frontières,
il n’y a pas grand-chose à faire contre ce phénomène. » Cette nouvelle
proposition de législation européenne, qui devra recueillir l’assentiment du conseil des ministres et
du Parlement européen, sera sans
aucun doute accueillie de façon
mitigée par les Etats-Unis, impatients d’exporter leurs produits à
base d’OGM en Europe. Pourtant,
la décision de la Commission, tout
en imposant un cadre plus contraignant, propose de facto de libéraliser la commercialisation d’OGM,
rejoignant en cela les souhaits de
l’industrie des biotechnologies.
Laurent Zecchini
6 / LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001
SOCIÉTÉ
Une étude souligne les disparités entre les tribunaux Une interview de M. Kouchner
dans le traitement des crimes et délits liés à la drogue dans un magazine néerlandais
Le nombre d’interpellations et les moyens dont dispose la justice expliquent ces différences
Un rapport de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) indique que « les
pratiques des parquets sont loin d’être homogèFUMEURS de haschich et trafiquants d’héroïne le savent depuis
longtemps : en matière de stupéfiants, la justice est loin d’être la
même dans tous les tribunaux de
France. En juin 2000, le premier
rapport global de politique pénale
soulignait déjà les différences de
traitement entre les juridictions. Le
document indiquait notamment
que les usagers-revendeurs de drogues dures interpellés pour la première fois à Lyon (Rhône)
n’étaient pas condamnés en deçà
de 20 grammes de produits stupéfiants, alors que les parquets de
Montbéliard (Doubs) ou de Vesoul
(Haute-Saône) engageaient des
poursuites à partir de 5 grammes
de cannabis.
Ce « flou » des politiques pénales locales vient d’être à nouveau
mis en lumière dans un rapport de
l’Observatoire français des drogues
et toxicomanies (OFDT) sur « Les
carrières, les territoires et les filières
pénales ». Les auteurs de cette étude ont mené une enquête comparative dans trois départements – les
Hauts-de-Seine, le Nord et la SeineSaint-Denis – à partir d’une cinquantaine d’affaires judiciaires de
trafic de drogue susceptibles de
relever d’une cour d’assises. Leur
étude ne confirme pas seulement
que « les pratiques des parquets
sont loin d’être homogènes sur le
plan du traitement pénal de ce type
d’affaires » ; elle souligne certains
effets pervers de la lutte contre le
commerce organisé de la drogue.
Ces disparités, relèvent les chercheurs, n’ont rien d’idéologique.
nes sur le plan du traitement » des affaires de
trafic de drogue. Se fondant sur l’examen des
procédures dans trois départements (Hauts-de-
Elles dépendent du flux des interpellations et des moyens mis à la
disposition de la justice. De nombreuses affaires sont ainsi classées
sans suite dans le Nord, où l’Office
central pour la répression du trafic
illicite de stupéfiants (Octris) recensait, en 1997, 22 % des interpellations d’usagers et 12 % des interpellations de trafiquants d’héroïne
effectuées sur l’ensemble du terri-
Seine, Nord et Seine-Saint-Denis), les auteurs
soulignent certains effets pervers dans la lutte
contre le commerce organisé des stupéfiants.
nisée donne ainsi lieu à de « très
grandes disparités » selon les parquets, note l’un des auteurs.
Depuis 1994, le nouveau code
pénal criminalise ce type d’affaires
par des amendes allant jusqu’à
50 millions de francs et par des peines de prison de vingt ans et plus,
prononcées par des cours d’assises
spéciales. Alors que 2 000 personnes sont condamnées chaque
Une approche sociologique des trafics
Les trafics de drogue en bande organisée sont l’œuvre de deux mondes différents, observent les auteurs du rapport de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT). Le premier est celui des
voyous de l’ancienne génération, liée au grand banditisme et au proxénétisme, reconvertie dans le trafic de cannabis dans les années 80,
puis de cocaïne dans les années 90. Le second rassemble des délinquants qui ont d’abord connu la drogue comme usagers et qui se caractérisent par des parcours de rupture, manifestes dans le cas de jeunes
Maghrébins vite déscolarisés. « Faire du business tend à devenir […] un
travail à part entière qui mobilise des ressources (relationnelles) et des
compétences (professionnelles) », indique le rapport, soulignant que le
souci d’une réussite passant par l’argent « l’emporte » sur des logiques
d’autofinancement de la consommation de psychotropes.
toire. Le même département totalisait, la même année, 80 % des saisies d’ecstasy. « Il est là-bas impensable de donner une suite aux petites
affaires de consommation d’héroïne,
explique le rapport, alors que le tribunal de Bobigny, mieux pourvu en
magistrats, se paye le luxe de condamner des toxicomanes à des
injonctions thérapeutiques pour usage de cannabis. »
L’ouverture ou non d’une instruction pour trafic en bande orga-
année pour importation ou exportation illicite de stupéfiants, très
peu de juridictions ont les moyens
de mettre en place de telles instances, composées de sept magistrats
professionnels.
EFFETS PERVERS
Certains parquets, comme ceux
de Bobigny (Seine-Saint-Denis) ou
de Nanterre (Hauts-de-Seine), ont
pourtant opté pour la criminalisation d’une quinzaine d’affaires, en
dépit de la lourdeur des procédures et des coûts humains qu’elle
implique. D’autres, comme celui
de Lille (Nord), « privilégient les procédures favorisant une gestion plus
immédiate des affaires de trafic et
visent essentiellement ses retombées
à l’échelle locale ». Résultat : l’écart
est de plus en plus grand entre la
répression du trafic international
et celle du trafic local, « ce dernier
constituant l’essentiel de l’action
publique », en totale contradiction
avec les politiques de prévention
sociale et sanitaire mises en œuvre
dans les départements et les communes.
Même si un criminel potentiel en
Seine-Saint-Denis sera toujours
considéré comme un délinquant
dans le Nord, sa peine n’en sera
pas forcément plus légère. L’échelle des sanctions prévues par le nouveau code pénal aboutit à des condamnations parfois inférieures en
cour d’assises à ce qu’elles seraient
au tribunal correctionnel. Surtout,
la transaction douanière est largement utilisée dans le Nord comme
alternative aux poursuites pénales,
en raison du très grand nombre de
personnes interpellées en possession de petites quantités de drogue. Les chercheurs notent par
ailleurs que la logique fiscale des
réquisitions douanières n’est pas
sans effets pervers. « Ces amendes
plongent définitivement les condamnés dans la misère ou les incitent à
la récidive », ont-ils pu observer au
cours de nombreux entretiens.
Alexandre Garcia
Le combat des amis de Jérôme « pour tous ces jeunes mis en prison pour de la fumette »
LA TOUR-DE-SALVAGNY (Rhône)
de notre envoyée spéciale
Dans la maison de ses parents, à
La Tour-de-Salvagny, une commune huppée de l’Ouest lyonnais, Jérôme Expuesto attend son incarcération. Condamné le 18 mai 2000 à
trois
ans
d’emprisonnement,
20 000 francs d’amende et cinq
années de privation de droits civils,
civiques et de famille par la cour
d’appel de Lyon pour « acquisition,
transport, détention et offre ou cession » de cannabis, cet étudiant de
vingt-huit ans a vu sa peine confirmée par la Cour de cassation le
4 avril 2001.
Depuis, Guy Expuesto, le père de
Jérôme, abasourdi par un verdict
qu’il estime « totalement disproportionné », a créé une association,
avec le soutien de son épouse et
des amis de son fils, ainsi qu’un site
Internet (www.lesamisdejeromeexpuesto.net) qui diffuse une pétition
pour une demande de grâce – déjà
signée par plus de 2 500 personnes,
assure-t-il. « J’irai jusqu’au bout, je
ne baisserai pas les bras », affirme
cet ingénieur qui entend se « battre
pour tous ces jeunes que l’on met en
prison pour de la fumette ».
M. Expuesto n’a pas supporté de
voir, lors du procès, son fils « au
milieu des délinquants ». « C’était ça
le plus dur », confie-t-il. S’il n’est
pas question pour lui « de faire
l’apologie du cannabis », il conteste
le fondement d’une loi qui condamne l’usage et la cession de cannabis
« sans distinction ni discernement ».
« Beaucoup de parents s’identifient
à nous à travers cette affaire », dit-il
afin d’expliquer le choix de rendre
public son combat – pour « qu’enfin la raison l’emporte sur l’hypocrisie », affirme-t-il.
La vie de Jérôme et de sa famille
a basculé le 2 novembre 1998. Ce
jour-là, au petit matin, après une
dénonciation, huit gendarmes ont
débarqué dans la maison familiale
et perquisitionné la chambre du
jeune homme, où ils ont trouvé
75 grammes de haschich et quelques plants de cannabis. Interpellé,
il a passé quatre jours en garde à
vue, pendant lesquels il a reconnu
avoir, durant quatre ans, effectué
des « achats groupés » de résine de
cannabis pour « une bande de
copains » avec lesquels il fumait le
week-end. « C’était festif, récréatif », assure-t-il.
« PEINE DISPROPORTIONNÉE »
Après avoir calculé le nombre de
« savonnettes » ainsi achetées, les
gendarmes estiment qu’il a acquis
et vendu au total vingt-six kilos de
haschich entre 1994 et 1998, pour
un bénéfice de 37 000 francs. Jérôme a toujours nié avoir réalisé le
moindre bénéfice et n’a jamais sup-
porté qu’on l’assimile à un « trafiquant ». Durant leurs auditions, plusieurs des amis de Jérôme ont
témoigné du système de consommation qu’ils avaient élaboré
ensemble. « Jérôme était le plus
droit et honnête, c’est pourquoi il a
été choisi pour aller chercher le haschich, explique Romain dans sa
déposition. En plus, il avait un
moyen de locomotion. » « A l’occasion de fêtes, lorsque nous étions en
groupe de quinze à vingt jeunes, chacun versait une somme pour commander à Jérôme une certaine quantité de haschich, témoigne Thibaud.
A chaque fois que j’ai assisté au
découpage de la « savonnette », elle
est partie entièrement et Jérôme n’a
gardé que la partie correspondant à
sa mise.» Le père de l’accusé résume : « Il s’agissait d’usagers partageurs, majeurs et consentants », non
d’une « association de malfaiteurs ».
A l’issue de sa garde à vue, Jérôme, qui bénéficiait alors d’un
emploi-jeune dans un collège et
dont le casier judiciaire était vierge,
a été placé en détention provisoire
à la maison d’arrêt de Villefranchesur-Saône. Il y est resté quatre
mois. Depuis, les tests pharmacologiques mensuels qu’il fournit attestent qu’il ne consomme plus de cannabis. Pour Francis Caballero, son
avocat, spécialiste des affaires de
drogue, « l’affaire de Jérôme est très
représentative de la situation de la
jeunesse française face aux dérives
de la répression des usagers de cannabis ». Dans une lettre adressée le
9 juillet à Jacques Chirac, l’avocat
justifie sa demande de grâce par
« des considérations d’ordre juridique, social et personnel ». Il dénonce
« la rigueur disproportionnée de la
peine prononcée au regard de la gravité des faits », regrette que « le
droit du cannabis soit plus dangereux que le cannabis lui-même » et
insiste sur la personnalité de Jérôme Expuesto, « un jeune homme
sans problème, bien intégré dans son
milieu social et familial ».
La requête de l’avocat a été transmise le 12 juillet « pour instruction
et avis » à la chancellerie. Elle a reçu
le soutien de Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l’homme. Le père de Jérôme a lui-même
sollicité le ministère de la justice et
celui de la santé. Bernard Kouchner
serait « ému » du sort du jeune
homme, indique son cabinet. Dans
une lettre adressée le 10 juillet à
M. Expuesto, le ministre a écrit :
« Je ne peux bien évidemment pas
porter d’appréciation sur la condamnation de votre fils. J’ai néanmoins
saisi ma collègue garde des sceaux de
sa situation afin de connaître les possibilités d’aménagements de peine. »
Sandrine Blanchard
La difficile réhabilitation d’un ancien directeur de prison à « forte personnalité »
JEAN-LUC FAVREAU commence à trouver
le temps long : l’ancien directeur de la maison
centrale de Riom (Puy-de-Dôme), suspendu
par l’administration pénitentiaire, est en chômage forcé depuis un an et demi, et tire financièrement le diable par la queue. Il avait été sanctionné pour avoir, selon certains de ses collaborateurs, organisé des beuveries dans sa prison,
s’être permis quelques écarts de langage et
avoir eu une tenue débraillée « ne correspondant pas aux rang, responsabilités et obligations
professionnelles d’un fonctionnaire d’autorité ».
Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand
a cependant considéré, le 27 avril, que les
témoignages réunis contre lui par l’inspection
des services pénitentiaires n’étaient guère
probants et a tapé un peu rudement sur les
doigts de l’administration en annulant sa
suspension administrative. Victoire morale :
l’administration a fait appel, et Jean-Louis
Favreau n’a toujours pas retrouvé de poste.
C’est l’Observatoire international des prisons
(OIP) qui avait lancé l’affaire fin 1999.
L’association avait publié plusieurs témoignages de surveillants qui accusaient Jean-Luc
Favreau, le directeur de la prison, d’avoir
multiplié les brimades et de tituber dans les
coursives entre deux pots arrosés avec les
collègues. Après quatre jours d’enquête, la
directrice de l’administration pénitentiaire,
Martine Viallet, avait suspendu le directeur, le
22 octobre 1999, puis l’avait placé en congé
exceptionnel le 10 mars 2000. Elle avait ensuite
suivi le conseil de discipline et exclu, le 4 mai,
Jean-Luc Favreau pour deux ans, dont six mois
avec sursis. L’ex-directeur avait attaqué l’OIP
en diffamation et avait perdu, mais il a obtenu
une revanche éclatante devant le tribunal
administratif.
« DES INFORMATIONS POINTILLISTES »
Le commissaire du gouvernement avait
préparé le terrain : « En dépit d’un certain amateurisme », il avait jugé la procédure de
l’administration régulière. Mais sur le fond, la
procédure a provoqué chez lui « un sentiment
de malaise ». L’inspection a réuni « des informations pointillistes » et de seconde main, et « cette
approche frôle l’approximation ». « Nous en
retirons le sentiment que s’il est parfaitement
possible que les griefs d’intempérance soient fondés, l’administration ne l’établit pas devant nous,
relève le commissaire du gouvernement, alors
qu’il est tout aussi possible que cette affaire soit le
résultat d’une rumeur ou d’une machination. »
Le tribunal administratif l’a suivi et a considéré que les témoignages produits ne présentaient pas « un caractère suffisant de fiabilité » :
Si l’administration « tente de faire remonter » à
1995 les pots arrosés dans la prison, « elle a toutefois continué à porter sur lui des appréciations
élogieuses qui lui ont valu les notes de 19,55 en
1997 et 20 [sur 20] en 1998 et 1999 ». En somme,
si le directeur a eu des propos déplacés et ne
portait pas de cravate, l’administration « ne pouvait ignorer la forte personnalité de M. Favreau ».
La sanction, disproportionnée, est donc « entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ».
L’administration pénitentiaire a fait appel, et
l’affaire n’a pas encore été examinée par le
Conseil d’Etat. « Je suis bien sûr satisfait d’avoir
gagné sur le fond et j’attends ma réintégration, a
indiqué Jean-Luc Favreau. Mais je suis sans
illusions. Je n’ai plus de boulot depuis des mois,
et l’administration ne va pas s’arrêter en si bon
chemin. »
Franck Johannès
relance le débat sur l’euthanasie
Le ministre invoque une imprécision de traduction
EN DÉCLARANT à l’hebdomadaire néeerlandais Vrij Nederland qu’il
avait, « à plusieurs reprises », pratiqué l’euthanasie lorsqu’il exerçait la
médecine au Liban et au Vietnam
pour l’association Médecins sans
frontières durant les années 70, Bernard Kouchner, aujourd’hui ministre délégué à la santé, a relancé le
débat sur sa légitimité. « J’ai pratiqué l’euthanasie à plusieurs reprises.
Quand les gens souffraient trop et que
je savais qu’ils allaient mourir, je les
aidais. Je l’ai fait au Liban et je l’ai
fait au Vietnam, déclare notamment
M. Kouchner dans l’entretien accordé à l’hedomadaire néerlandais,
paru mercredi 25 juillet. J’ai fait des
injections aux gens, jamais de comprimés. Des injections avec beaucoup de
morphine. A des gens dont je me souviens très bien. Tous les médecins du
monde connaissent ce genre de
patients. » Le ministre précise avoir,
à cette époque, procédé à des euthanasies « à la fois passives et actives ».
« Je ne nie nullement avoir tenu ces
propos mais avec toutefois une réserve de taille : celle du terme même
d’“euthanasie” », a déclaré au Monde M. Kouchner. J’affirme ne jamais
avoir, personnellement, pratiqué
d’euthanasie mais bien procédé à des
soulagements dans des cas d’extrême
souffrance chez des blessés à bout de
vie. Il s’agissait de soins palliatifs en
période de guerre et en aucune façon
de pratiques programmées du type
de celle revendiquées par des associations qui militent “au nom du droit à
mourir dans la dignité” ». Le ministre s’était déjà exprimé sur ce thème il y a trois ans, lors de l’affaire de
l’hôpital de Mantes-la-Jolie (Yvelines) dans laquelle une infirmière
– Christine Malèvre, aujourd’hui
renvoyée devant les assises pour
assassinats – revendiquait avoir, à
une trentaine de reprises, abrégé la
vie des malades qui lui étaient confiés. Interrogé par Paris Match sur le
fait de savoir s’il avait été confronté
à ce problème, M. Kouchner avait
alors répondu : « Oui et non. Jamais
comme une décision individuelle. Un
geste d’équipe, oui, bien sûr, et avec
la famille si possible. »
Soucieux,
depuis
plusieurs
années déjà, de continuer à faire la
promotion de la pratique des soins
palliatifs et de la lutte contre la douleur, M. Kouchner avait annoncé, il
y a trois mois, qu’il souhaitait relancer le débat sur le droit à mourir
dans la dignité et recueillir l’avis des
différentes professions, associa-
tions et familles de pensée afin de
voir si un consensus se dégageait en
France pour modifier la loi, qui assimile actuellement l’aide au suicide à
un assassinat (Le Monde du
17 avril). « Ces dernières semaines,
j’ai entendu toutes les opinions pouvant être exprimées sur ce thème,
depuis les réanimateurs aux représentants des religions, des associations
aux témoins et à l’ensemble du corps
médical, précise M. Kouchner. En
toute hypothèse, il n’est aucunement
question, actuellement, de modifier la
loi. Les soins palliatifs me paraissent
régler 95 % des problèmes. Mais il restera toujours des souffrances inextinguibles et des volontés personnelles de
disparaître sans se dégrader ; bref,
des cas que ne suffit pas à régler la
pratique des soins palliatifs. »
« UNE ÉVOLUTION DE L’OPINION »
Aussi le débat doit-il, selon lui, se
poursuivre « sans arrogance, sans
certitudes ni position idéologique ».
Il y a trois mois, M. Kouchner estimait que si un consensus pouvait
être trouvé sur cette question, un
amendement pourrait être introduit dans le projet de loi de modernisation du système de santé, qui
sera soumis au Parlement avant la
fin de l’année. Cette hypothèse semble abandonnée. Commentant les
résultats d’un sondage IFOP réalisé
pour Le Journal du dimanche (selon
lequel 38 % des Français estiment
que la loi devrait autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrances,
à la vie des personnes atteintes de
maladies insupportables et incurables, qui le demanderaient), M. Kouchner avait déclaré au Monde : « On
observe, sans conteste, une évolution
de l’opinion française sur ces questions et il est clair que nous devons
nous adapter, essayer d’être plus
humains que nous le sommes dans
ces circonstances aussi difficiles. »
Concernant la pratique des soins
palliatifs, il observait « qu’en dépit
des progrès réels qui ont été accomplis
dans ce domaine, ces dernières
années, j’observe que l’offre de soins
demeure très insuffisante ». M. Kouchner se déplacera en septembre
aux Pays-Bas afin d’étudier les modalités d’un dispositif qui vient d’être
définitivement adopté par voie législative dans ce pays et qui, sous certaines conditions, permet aux médecins d’abréger l’existence de certains
de leurs patients incurables.
Jean-Yves Nau
Fermeture des berges de la Seine :
M. Delanoë admet « deux erreurs »
EN ANNONÇANT, mardi 24 juillet, sa décision de maintenir la fermeture à la circulation automobile des berges de la Seine jusqu’au 15 août
(Le Monde du 25 juillet), Bertrand Delanoë a reconnu « deux erreurs »
dans le lancement de cette expérience. Selon le maire (PS) de Paris, cette opération a « démarré une semaine trop tôt et on aurait pu être plus
performant en termes d’information ». Ces erreurs, qu’il « assume, ne
remettent pas en cause le bien-fondé de la mesure », a insisté M. Delanoë. En l’élisant en mars, les Parisiens l’ont « mandaté pour lutter contre
la pollution », estime-t-il. Si « on cède à la première difficulté, on ne change rien », a-t-il lancé. S’attaquer aux problèmes de circulation « commence toujours par des controverses ». Selon le RPR parisien, « Bernard
Delanoë oublie l’intérêt général ». De leur côté, les élus communistes
considèrent que « l’époque de la voiture triomphante est révolue ».
DÉPÊCHES
a FAIT DIVERS : un militaire de 22 ans a été mis en examen pour
assassinat, mardi 24 juillet, à Belley (Ain), après s’être accusé, devant les
gendarmes, du meurtre de Sylvie Tardy, une jeune fille du village d’Anglefort (Ain), âgée de 16 ans et disparue au matin du 14 juillet, à la sortie d’un
bal (Le Monde du 25 juillet). Selon les premiers résultats de l’autopsie, la
victime, qui n’était pas dévêtue et ne portait pas de traces de coups, serait
morte par étouffement. Le suspect, Lucien Mister, originaire du même village, aurait déclaré l’avoir tuée de manière « involontaire ». (Corresp.)
a AGRICULTURE : les professionnels français de la filière ovine
redoutent « des surcoûts importants » et « une réaction négative des
consommateurs » après l’annonce des nouvelles mesures de lutte contre la tremblante du mouton (Le Monde du 25 juillet). « C’est dramatique pour notre secteur, mais on reste serein. Les politiques veulent se prémunir », estime Emmanuel Coste, vice-président de la Fédération nationale ovine (FNO) et président de l’interprofession ovine (Interbev),
reconnaissant toutefois que l’« on ne peut pas regarder l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) sans regarder la tremblante du mouton ».
a AFFAIRE ELF : le parquet de Sarrebruck (Allemagne) a interrogé, mardi 24 juillet, Hubert Le Blanc-Bellevaux, ancien chargé de
mission du groupe Elf Aquitaine, pour lequel il avait supervisé les
négociations sur le rachat de la raffinerie de Leuna, en 1992, dans l’exAllemagne de l’Est. C’est la première fois que la justice allemande
questionne un ancien dirigeant du groupe pétrolier français dans cette enquête visant l’intermédiaire allemand Dierter Holzer, qui avait lui
aussi pris part au montage du dossier Leuna. Les deux hommes sont
poursuivis en France et en Suisse dans l’enquête sur l’affaire Elf.
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001 / 7
RÉGIONS
PAYS D’ICI
3
L’Argonne, forêts de sombre mémoire
Ce pays entre deux vallées, à cheval sur la Marne, la Meuse et les Ardennes, fut sur la route de toutes les invasions.
Il garde les cicatrices de la grande boucherie de 14-18 et hésite à en tirer un parti touristique
Beaumonten-Arg.
ARDENNE
BELG.
Ch
ie
LUX.
rs
Semuy
Brieulles-sur-Bar
Voncq
7
97
Buzancy
D
A
Monthois
VAL
DE
D MEUSE
96
4F R A N C E
R
G
Challerange
O N
N E
N 18
VOUZIERS
D9
ALLEMAGNE
PAYS HAUT
Meuse
47
e
Montfaucon-d'Arg.
D
98
Étain
N
Varennes-en-Arg.
Lachalade
2
3
VERDUN
To
ur
re
be
Ai
STE-MENEHOULD
A4
Valmy
Rarécourt
BARROIS
4
D 96
Anie
94
se
D9
eu
5 km
Aisne
Belval-en-Arg.
M
Givry-en-Arg.
Triaucourt-en-Arg.
N 35
N3
Ancemont
59
D1
Beaulieu-en-Arg.
A4
e
Air
b Le Guide de l’Argonne. Ed.
La Manufacture, 100 F (15,25 ¤).
b Voyage au cœur de la nature en
Argonne, par Rik Desmet et Koen
Van den Berge, photos Norbert
Huys. Ed. De Wielewaal, Turnhout
(Belgique).
b Horizons d’Argonne, revue éditée
par le Centre d’études argonnaises,
en vente à l’office du tourisme
de Sainte-Menehould (5, place
du Général-Leclerc ; tél. :
03-26-60-85-83).
b La Boue, par Maurice Genevoix.
Ed. Flammarion.
b Souvenirs de guerre 1914 -1915,
par Marc Bloch. Cahiers des
Annales, no 26 , Paris, 1969.
b Nous autres à Vauquois, par
André Pezard, réédition en cours
par l’Association des amis de
Vauquois (1, rue d’Orléans,
55270 Vauquois ; tél. :
03-29-80-73-15).
http://perso.wanadoo.fr/vauquois.guerre.14.18
Courriel :
amis.vauquois@wanadoo.fr
b Le Bois du Chapitre, par Pierre
Bergougnioux. Ed. Théodore
Balmoral, Orléans, 1996 , 70 F
(10,65 ¤).
b En Argonne : la forêt, le combat
et le soldat durant les premiers mois
de la Grande Guerre, par Jean-Paul
Amat, revue Horizons d’Argonne,
no 77.
b Les Forêts d’Argonne et de Verdun
et la guerre de 14-18 , par Jean-Paul
Amat, Horizons d’Argonne, no 5.
Mais la plupart des élus misent sur
le tourisme. « Jusqu’ici il n’y a pas
vraiment eu de stratégie. On a fait
du tourisme de cueillette », constate
le maire. Sur les sites de 14 -18 de
l’Argonne, le visiteur, accueilli plus
en pèlerin ou en étudiant en
histoire qu’en touriste, ne sort
guère son portefeuille.
L’action menée par l’Association
des amis de Vauquois – la fameuse
pays est mourant et préfèrent l’accompagner dans sa mort lente, et
d’autres, comme nous, qui veulent
exploiter les potentiels de notre territoire », affirme le maire de SainteMenehould, Bertrand Courot
(divers droite), qui vient de succéder à un socialiste. Le maire
compte sur sa zone industrielle, à
la sortie de l’autoroute A4 qui s’engouffre dans les « Thermopyles ».
sn
Bloc-notes
UN HOMME
DU BOIS
Ai
Les fermes se prennent déjà
pour des chalets. Les hameaux se
cachent dans les replis, comme s’ils
ne voulaient pas trop se montrer,
afin de laisser la paix aux randonneurs. « On voit des Belges, ils nous
font des leçons sur les oiseaux que
nous avons dans notre forêt », dit ce
vieux couple d’agriculteurs qui rentrent à la ferme pour passer à
table. Une boue blanchâtre colle
aux chaussures, issue de la pierre
locale, la « gaize », que l’on retrouve dans l’appareillage des maisons, alternant avec la brique et
des pans de bois. Cela donne une
architecture originale. « Nous sommes des hommes des bois », résume
un hôtelier de Sainte-Menehould.
Cette forteresse d’arbres, malheureusement placée sur la route
des invasions, a été convoitée par
les plus démoniaques stratèges.
Jadis on appela Sainte-Menehould
les « Thermopyles françaises »,
parce que la ville se trouvait au
PROFIL
PORCIEN
Un air de montagne
règne presque
dans cette forteresse
forestière
aux accès abrupts
débouché de l’unique trouée qui
permettait de franchir le massif.
Jusqu’au XVIIIe siècle, ce fut une
frontière : à l’ouest du modeste
ruisseau de la Biesme, on entrait
dans le royaume de France ; à l’est,
on devenait sujet du Saint Empire
germanique.
L’Argonne n’a jamais pu échapper aux feux de l’histoire. Et notamment à ceux de la guerre de
1914-1918, où 350 000 hommes
succombèrent. Près d’un siècle
après le « grand assassinat », sous
l’épais manteau forestier qui s’est
reconstitué, le sol garde les empreintes des combats. Comme si
toute cicatrisation était impossible. Il y a les cimetières militaires,
les « pièces à conviction », comme
les appelle Albert Varoquier, agriculteur retraité à Massiges et qui,
depuis vingt ans, remue le sol
« pour savoir avec quoi on se
tuait ». Il y a d’innombrables kilomètres de tranchées, où se devinent encore les entrées des abris,
où la terre se mélange aux barbelés
ou aux éclats d’obus. « Le paysage
au sol est à peine modifié », reconnaît Jean-Paul Amat, président
du Centre d’études argonnaises,
universitaire.
La première guerre mondiale a
accentué le déclin, amorcé au
XIXe siècle, d’une petite région qui
exploitait notamment le fer et les
phosphates lorsque, plus au nord,
la Lorraine se mit à se développer.
La démographie aujourd’hui n’est
pas encourageante : mille habitants de moins au dernier recensement pour l’ensemble de l’Argonne. Sainte-Menehould, repassée de peu sous la barre des cinq
mille habitants, est talonnée à présent par Vouziers, qui pourrait
presque lui contester son titre de
capitale argonnaise.
Comment faire revenir définitivement l’Argonne au pays des vivants ? Avec cette belle et épaisse
forêt ? Mais elle n’a pas été jugée
digne d’être classée en parc naturel
régional. La loi Voynet pourrait
offrir un « pays » administratif aux
élus argonnais, mais ce territoire
se trouve écartelé entre trois départements (Marne, Meuse, Ardennes) et deux régions (ChampagneArdenne, Lorraine).
L’habitude n’est pas encore prise
de travailler en commun, sauf dans
le domaine du tourisme. Eloigné
des grands centres, suspendu à
une monoactivité industrielle –
deux usines d’une filiale de Pechiney à Sainte-Menehould et à
Vienne-le-Château –, le pays de
l’Argonne n’a pas tellement de
choix.
« Il y a ceux qui considèrent que le
D 97
7
SAINTE-MENEHOULD (Marne)
de notre envoyé spécial
Après une navigation céréalière
au milieu de la plaine champenoise, le paysage se cabre soudain,
comme si l’ordre des choses allait
être perturbé. La ligne sombre des
forêts de l’Argonne apparaît. Voici,
s’avançant fièrement, le plateau de
Valmy. Puis Sainte-Menehould,
renommée pour son pied de
cochon. Mais, sur la superbe place
du XVIIIe siècle de l’hôtel de ville,
les regards sont tournés en ce mois
de juillet vers la sous-préfecture. A
chaque départ du représentant de
l’Etat, Sainte-Menehould, « capitale » de l’Argonne à la dimension
discrète – cinq mille habitants –, se
demande s’il aura un successeur.
Géographiquement, tout est simple. L’Argonne est un massif forestier de 90 kilomètres de long, découpé par les deux vallées de la
Biesme et de l’Aire, où l’on s’enfonce avec délectation. Un air de
montagne règne presque dans
cette forteresse forestière – une
sorte de mini-Vercors – aux accès
abrupts, bien que les crêtes (la
Haute-Chevauchée) soient loin de
frôler des altitudes alpestres (autour de 300 mètres).
Saint-Mihiel
Source : Pays de France, édit. Fayard 1999
butte tragique – est exemplaire. Le
site a été en partie dégagé. On a
redécouvert l’énorme machinerie
de cette guerre menée en sous-sol.
Alain Jeannesson, son président,
est ferme. C’est non à l’exploitation touristique. « Nous ne voulons
pas perdre de l’authenticité pour
faire du chiffre. » Ce qui n’est pas
du goût de certains élus, qui regardent avec envie hôtels et parkings
se remplir à Verdun, capitale incontesté du tourisme de mémoire.
« Nous voulons exploiter – nous
n’avons pas honte de le dire – les
symboles forts de l’histoire locale. En
ne ressassant pas le passé et son côté
faits d’armes, mais en expliquant
que c’est grâce à ces morts que l’Europe s’est construite », déclare Bertrand Courot. Le maire entend
mener à bien le projet de Valmy
(lire ci-dessous).
Moins voyant, mais peut-être
plus adapté, est le projet (23 millions de francs) en cours de réalisation à Vienne-le-Château, axé à la
fois sur la préservation du souvenir et la connaissance de la forêt de
l’Argonne, et lancé par l’association Actéon. « La mort nous
entoure. Nous ne pouvons pas en
effacer les traces, et tromper le
public. Mais il n’est pas question de
jouer à la guerre ni de faire du business », affirme Francis Lesage, son
responsable.
Avec un tel manteau forestier
sur les épaules, les gens de l’Argonne se traitent – avec un malin
plaisir – d’« hommes des bois ».
Jacques Arcelli, lui, est un homme
du bois. Cet artisan de cinquantedeux ans, installé au Chemin (Marne), tout près de Sainte- Menehould, est un des derniers tourneurs sur bois : ils ne sont plus que
cent cinquante d’une corporation
qui accomplissait, jadis, son « tour
de France ».
« Je fais feu de tout bois », dit-il
joliment dans son atelier-exposition, où objets utilitaires et de création se mélangent, du jouet au
saladier et à la pendulette de
bureau. Dessinateur industriel, il
est licencié à l’âge de trente ans de
son entreprise nancéienne. Il s’est
alors souvenu de sa « passion de
gamin ». Dans la famille, on était
bûcheron : un grand-père, de la
région de Gênes, avait franchi les
Alpes et s’était épuisé à cogner sur
des colosses, débités ensuite en
traverses de chemin de fer.
« Bien sûr, le bûcheron a un
contact plus proche avec la forêt,
poursuit Jacques Arcelli. Mais dès
qu’on travaille le bois à l’intérieur,
l’odeur, la couleur, le veinage,
tout cela devient fabuleux. »
L’odeur ? « Chaque essence a la
sienne, typique. Au début du travail, il y a un petit échauffement
avec l’outil. Un parfum alors se
dégage. C’est la façon la plus simple de reconnaître un bois. » Le
merisier a une odeur de « noyau ».
Celle du poirier est plus douceâtre.
Le chêne, un des seigneurs de l’Argonne, dégage une étrange odeur
de « torréfié ». « Il faudrait être
œnologue pour saisir toutes ces
nuances et trouver les vrais mots »,
ajoute-t-il.
Le toucher emporte aussi vers
des rives voluptueuses. « Un métal
est très chaud ou très froid. Le bois
tempère tout, son toucher est toujours agréable. » Tout au long du
travail, la main garde le contact
avec la pièce, ses formes, ses arrondis. « C’est une relation plus sensuelle qu’érotique. » Le veinage
surtout le fascine. « Il m’arrive
d’oublier la forme de l’objet qui
est en train de sortir de mes mains
pour ne contempler que le veinage du bois. C’est le départ de tous
les rêves possibles. » Jacques Arcelli n’est pas un homme de bois.
Régis Guyotat
R. Gt
De la fuite à Varennes au moulin de Valmy
VARENNES et VALMY
de notre envoyé spécial
Exposées dans le petit musée local, il ne reste plus
à Varennes que trois reliques de l’arrestation de
Louis XVI et de Marie-Antoinette, le 21 septembre
1791 : l’écuelle en argent dans laquelle le roi prit un
bouillon, le battant de la cloche qui sonna le tocsin,
et l’enseigne de l’Auberge du Grand Monarque, où
sommeillaient les hommes de Bouillé. Détruit – dès
1793 – le porche sous lequel la berline royale fut
stoppée par le maître de poste Drouet, qui avait
reconnu le roi à Sainte-Menehould. Détruite aussi,
durant la guerre de 1914-1918, la maison de l’épicier
Sauce, où Louis et Marie-Antoinette passèrent la
nuit avant d’être reconduits à Paris.
Varennes, sept cents habitants, est surtout fière
aujourd’hui d’avoir réussi à conserver la plupart
de ses services ruraux. Le collège a quatre-vingts
élèves. « Nous sommes une des rares communes
rurales de l’Argonne à avoir gagné des habitants »,
annonce Chantal Deville, directrice de l’école. Ici,
on ne croit guère au tourisme. « Celui-ci ne représente que l’équivalent d’un emploi », ajoute-t-elle.
On préfère les emplois générés par la construction
d’un gazoduc.
Le village ne draine pas les foules royalistes. « Le
pauvre Louis XVI, on le laisse tomber, lance la directrice de l’école, qui est aussi responsable bénévole
du musée. Depuis deux ans, je n’ai plus de signe de
l’Association des amis de Louis XVI. Je n’ai jamais vu
un descendant. » Pas de rassemblement non plus
des partis d’extrême droite.
Varennes a eu beaucoup à souffrir de la première
guerre mondiale. Les soldats américains ont libéré
le village. Un imposant monument a été édifié en
1927 par l’Etat de Pennsylvanie. « Aujourd’hui, dans
les familles il n’y a plus le grand-père pour raconter ce
qui se passait dans les tranchées. Pour les enfants,
14-18, c’est aussi loin que la guerre de Cent Ans »,
ajoute l’institutrice de Varennes.
En miettes depuis le 26 décembre 1999, pour cause de tempête nationale, le moulin de Valmy. Il ne
subsiste sur l’héroïque plateau, incapable aujourd’hui de repousser les assauts de l’agriculture productiviste, que l’impressionnante statue de Kellermann, le vainqueur officiel de la fameuse journée
du 20 septembre 1792. Sur le monument, érigé pour
le centenaire de 1892, on inscrivit la phrase de
Goethe, qui suivait les Prussiens : « De ce lieu et de
ce jour date une nouvelle époque pour l’histoire du
monde. » Le cœur de Kellermann est déposé dans
une petite stèle. A l’écart, dans un repli du plateau,
la statue du patriote vénézuélien Miranda, qui combattit dans les rangs des révolutionnaires, veille
curieusement sur le village.
UN SITE PROTÉGÉ
La perte du moulin n’est pas franchement catastrophique. L’original a disparu depuis longtemps.
L’exemplaire victime de la tempête datait de 1939.
Sa reconstruction devrait être menée prochainement dans le cadre de la réalisation d’un projet
touristique d’envergure (coût total : 30 millions de
francs) que les élus réclament pour stimuler l’économie locale. L’objectif, dans une première tranche,
est d’amener 50 000 visiteurs sur le site, selon Bertrand Courot, maire de Sainte-Menehould.
Un cabinet d’études a imaginé au départ un
« chronorama pendulaire ». En plus clair, un tourniquet projetant des images et embarquant des spectateurs dans une nacelle. Projet qui semble laisser
perplexe l’architecte des Bâtiments de France, le
site étant protégé. Sur ce plateau, où souffla le vent
de la liberté, l’histoire a droit à tous les égards.
Chaque jeudi
LE MONDE DES LIVRES
R. Gt
avec
DEMAIN
Le Pays-Haut
0123
DATÉ VENDREDI
8 / LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001
HORIZONS
ENQUÊTE
l’automne 1873,
Pierre - Auguste
Renoir déménage. Il quitte la rue
Notre-Dame-desChamps
pour
aller au 35, rue
Saint - Georges,
dans le 9e arrondissement. Son atelier est au dernier
étage, au-dessus de l’appartement
de son frère Edmond. Simple changement d’adresse d’un jeune peintre
inconnu – mais qui va marquer l’histoire de la peinture. Cette installation prépare la naissance officielle
de l’impressionnisme.
En traversant la Seine, Renoir
change d’univers. La rive gauche,
c’est l’Institut, l’Ecole des beauxarts, le Prix de Rome, les ateliers où
l’on copie les antiques…. C’est l’art
officiel. L’art nouveau se fait sur la
rive droite. Les romantiques avaient
montré le chemin. Ils ont été les premiers à investir le quartier de la Nouvelle Athènes, au-dessus de la Chaussée-d’Antin. Delacroix a habité rue
Notre-Dame-de-Lorette ; Géricault
et Gavarni, rue Saint-Georges ;
Horace Vernet et Paul Delaroche,
rue de la Tour-des-Dames ; Ary
Scheffer, rue Chaptal. Puis tous les
peintres arrivés les ont suivis. Thomas Couture, Puvis de Chavanne,
Jules Lefèvre, Alexandre Cabanel…
Le peintre belge à succès Alfred Stevens habite rue Saint-Georges, puis
rue des Martyrs. Gustave Moreau se
fait construire un hôtel particulier
dont il fera son musée, 14, rue de La
Rochefoucauld. Jusqu’en 1870, les
modernistes se retrouvent autour
de Manet, au café Guerbois, 9,
Grand-Rue des Batignolles (aujourd’hui 11, avenue de Clichy). Après la
guerre, la vie artistique se déplace
au café de la Nouvelle Athènes (à
l’angle de la rue Pigalle et de la rue
Frochot), où règne Degas.
Renoir n’a pas beaucoup de chemin à faire pour rejoindre la Nouvelle Athènes. Mais il n’est pas un pilier
de bistrot. Il aime s’amuser mais il a
gardé les manières réglées d’un boutiquier, comme son père, qui était
tailleur, ou son premier patron, fabriquant de porcelaine. A 8 heures, il
est dans son atelier. A midi, il va
déjeuner dans un petit caboulot en
face de chez lui. Il revient l’aprèsmidi et se remet à l’ouvrage. Vers
5 heures, la journée est terminée et
il reçoit ses amis dans ce même lieu
qui, d’atelier, devient salon. Les rencontres de la rue Saint-Georges ne
sont pas des discussions d’esthètes.
On y parle peu de peinture. Renoir
n’est pas un intellectuel – encore
moins un théoricien. Il a horreur de
« la littérature », comme il dit. Les
discussions de la rue Saint-Georges
sont sans façons, fraternelles. Pour
Renoir, la distraction du soir est inséparable du travail de la journée, parce que l’amitié, la joie de vivre, le
plaisir d’être ensemble sont le sujet
même de sa peinture. Ces visiteurs
du soir, on les retrouve dans ses
tableaux, sous les traits des danseurs
du moulin de la Galette et des jeunes gens qui font valser les demoiselles. Continuateur de Watteau et de
Fragonard, Renoir a fait de sa petite
bande les acteurs de ses scènes
galantes. Renoir est le peintre du
bonheur. Il en est aussi le praticien.
Trois ans après son arrivée rue
Saint-Georges, Renoir a peint l’une
de ces soirées entre amis dans L’Atelier de la rue Saint-Georges. Cinq personnages sont assis, en train de deviser. De gauche à droite : Lestringuez,
Georges Rivière, Pissarro, Frédéric
Cordey. De dos : Ernest Cabaner. Le
choix de cet échantillon est intéressant, par ce qu’il montre et par ce
qu’il élimine. Sur les cinq commensaux, seulement deux peintres. L’un,
Cordey, est un ami de toujours, un
camarade de l’atelier Gleyre. L’autre,
Pissarro, est un ancien (il a onze ans
de plus que Renoir) déjà chargé d’expérience et un peu hors du temps.
Un second rôle et un vétéran…
De gauche à droite :
Lestringuez, Georges Rivière,
Pissarro, Frédéric Cordey.
De dos : Ernest Cabaner.
A
L
’ATELIER de la rue Saint-Georges n’est pas un tableau-manifeste, cherchant à réunir la nouvelle génération, comme l’avaient
fait Fantin-Latour et Bazille dans
leurs Ateliers des Batignolles. Ni
Manet, ni Degas, ni Monet (pourtant si proche), ni Sisley, ni Cézanne… n’ont été convoqués. C’est que
l’idée même d’une école ou d’un
groupe organisé fait horreur à
Renoir. Même s’il se sent solidaire
d’un mouvement, il est d’abord un
individualiste. Son petit cénacle
n’est pas une écurie de peintres. Il
est ouvert à d’autres horizons. Deux
des trois autres personnages sont
des fonctionnaires. Ils font partie de
la bourgeoisie éclairée, entre notables et bohème, qui forme une part
importante de la communauté artistique de cette époque. Ce sont des
originaux, fidèles à leur milieu, mais
culiser l’entreprise lui assurera la célébrité. Comme il a repéré qu’une toile
de Monet a pour titre : Impression,
soleil levant, il écrit ces lignes définitives : « Impression, j’en étais sûr. Je me
disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impressionnisme
là-dedans… » L’obscure Société anonyme coopérative a donné naissance
à l’impressionnisme…
L’histoire de l’art connaît une révolution, mais la fortune des exposants
n’est pas assurée pour autant. Ereintée par la critique, l’exposition n’a
qu’un succès de scandale. L’échec
commercial est complet. L’assemblée générale de la Société anonyme
coopérative, réunie dans l’atelier de
la rue Saint-Georges sous la présidence de Renoir, vote sa liquidation.
Pour combler le déficit, elle décide
de procéder à une vente à l’hôtel
Drouot qui se tient sous les huées et
NORTON SIMON MUSEUM
Il n’y a pas de femme
dans le tableau.
Renoir, le peintre
des femmes,
qui a passé sa vie
à les célébrer, à les
caresser du regard,
n’est pas à l’aise
avec les femmes
Renoir et les amis
de la rue Saint-Georges
Dans l’atelier de PierreAuguste Renoir, on peint
le jour et on cause le soir,
entre amis, pour le plaisir
de la conversation. Il est
le peintre du bonheur,
qui fit le détour de
l’impressionnisme avant
de revenir au classicisme
vivant en marge. Des esthètes, des
idéalistes, souvent habités par des
marottes. Lestringuez travaille au
ministère de l’intérieur et se passionne pour les sciences occultes. C’est
un spécialiste de la kabbale. Georges
Rivière, avec ses cheveux longs et sa
petite moustache, est au ministère
des finances et il écrit. Tous les deux
ont des loisirs et un grand intérêt
pour la peinture. Tous les deux
feront carrière dans leur administration et deviendront des bourgeois
respectables, tout en restant les
amis de Renoir. Rivière est l’auteur
de la première biographie du peintre, parue en 1921. Le cinquième per-
sonnage, Ernest Cabaner, originaire
de Perpignan, est un musicien famélique, une figure de la bohème artistique du Quartier latin et de Pigalle. Il
tient le piano dans un bastringue de
La Motte-Piquet et habite un petit
pavillon dans le haut de la rue de La
Rochefaucauld, où il reçoit les vagabonds de passage. Il compose des
chansons sur des paroles de ses amis
poètes, Jean Richepin, Théodore de
Banville ou Charles Cros. Connu du
Tout-Paris noctambule, Cabaner se
retrouve dans de nombreux romans
à clé de l’époque, comme l’incarnation de l’artiste incompris. Renoir
aurait pu faire figurer d’autres per-
sonnages : les peintres Franc-Lamy,
Gervex et Goeunette, le compositeur Emmanuel Chabrier, l’un de ses
premiers acheteurs, le globe-trotteur, ancien de la marine, Paul Lhote, le juge Lascoux, passionné de
Wagner, le « père Choquet », fonctionnaire des douanes et grand collectionneur… et, bien sûr, son jeune
frère Edmond, journaliste.
Il n’y a pas de femme dans le
tableau de la rue Saint-Georges. Il
ne faut pas s’en étonner. Renoir, le
peintre des femmes, qui a passé sa
vie à les contempler, à les célébrer, à
les caresser du regard, lui, dont toute l’œuvre est un hommage à la fémi-
nité…, n’est pas à l’aise avec les femmes. Pour lui, les femmes sont
d’abord des modèles. Elles n’existent que dans leur incarnation sur la
toile. Renoir passe sa vie à pourchasser les modèles… et pour cela sa
joyeuse bande lui est fort utile. Par
nécessité autant que par conviction,
il ne veut pas payer de professionnelles. Il recherche des visages nouveaux. Il sillonne Montmartre en
quête de jeunes filles qui incarneront l’idée qu’il se fait de la beauté
féminine. Peu importent leurs
mœurs : l’essentiel est que leur peau
capte bien la lumière.
L’atelier de la rue Saint-Georges
devient rapidement le lieu de rassemblement des jeunes peintres novateurs qui veulent réagir aux mauvais
traitements que leur infligent les
jurys du Salon. Las de se voir refuser
leurs envois, ils décident d’organiser
leur propre exposition. Ils ont trouvé
un local au photographe Nadar, à
l’angle de la rue Daunou et du boulevard des Capucines. Renoir est chargé de l’accrochage. Voulant garder à
l’entreprise un caractère informel, il
fait adopter l’enseigne la plus neutre
possible : Société anonyme coopérative d’artistes peintres, sculpteurs,
graveurs… L’exposition ouvre le
15 avril 1874. Vingt-neuf artistes y
prennent part, parmi lesquels
Monet, Cézanne, Berthe Morisot, Sisley, Degas, Boudin… Renoir refusait
que le groupe apparaisse comme
une école. C’est pourtant ce qui se
produit grâce au journaliste du Charivari, Louis Leroy, qui en voulant ridi-
ne rapporte pas grand-chose. Une
deuxième exposition, à la galerie
Durand-Ruel, 11, rue Le Peletier –
qui s’appelle cette fois « Exposition
des impressionnistes » – n’a pas plus
de succès. De même que la troisième, qui ouvre le 4 avril 1877 dans un
appartement du 6, rue Le Peletier.
Cette manifestation, dont Caillebotte est le maître d’œuvre, marque le
point culminant et la fin de l’engagement de Renoir. Il ne participera
plus aux expositions des impressionnistes qui se succèdent jusqu’en
1886 (il y en aura huit en tout). Il
vient enfin d’être admis au Salon et
il se dit que la reconnaissance est
proche. Renoir n’a pas la vocation
d’un marginal ou d’un prophète,
comme Sisley, Cézanne ou Monet. Il
n’a organisé ces expositions que parce qu’on lui refusait les portes du
Salon. Renoir est le seul peintre du
groupe d’origine populaire. Il est
hanté par la nécessité de trouver du
travail. Pour vivre de sa peinture, il
lui faut des commandes, et la présence au Salon constitue une référence
indispensable.
M
AIS, surtout, Renoir ne participe plus aux « expositions des impressionnistes »… parce qu’il n’est plus impressionniste. Cette manière n’a été
qu’une étape dans son travail de
peintre. Il la considère comme une
période d’apprentissage. Une école
de la simplicité, à une époque où la
mode officielle était à la surcharge
de la palette et à l’emphase de la peinture d’histoire. Son tempérament
l’oriente vers un retour au classicisme. L’impressionnisme lui a permis
d’oublier le XIXe siècle qu’il déteste (à
l’exception de Corot), pour retrouver
les vrais maîtres de la peinture française des XVII e et XVIIIe siècles : Poussin, Watteau, Boucher, Fragonard.
En 1886, Renoir quitte la rue SaintGeorges et s’installe 35, boulevard
Rochechouart. Il a eu un fils, Pierre,
avec Aline Chaligot, qu’il épousera
le 14 avril 1890 à la mairie du 9e
arrondissement, rue Drouot. Aline
est un de ses modèles. Elle travaille
dans un atelier de couture de la rue
Saint-Georges et il l’a rencontrée
chez la crémière où il prend ses
repas. Les témoins du mariage sont
Franc-Lamy, Lhote, Lestringuez et
le peintre vénitien Zandomeneghi.
La petite bande est toujours là, mais
la page de la rue Saint-Georges est
tournée. Elle a correspondu à l’impressionnisme de Renoir, à cette brève période où le génie du peintre a
explosé. Ces années de misère joyeuse, où il a fait ses plus belles œuvres.
Frédéric Gaussen
e Henri Perruchot, La Vie de Renoir,
1964, Hachette, Georges Rivière,
Renoir et ses amis, 1921, Floury
PROCHAIN ARTICLE :
Picasso, la méditation
du cannibale
HORIZONS-ANALYSES ET DÉBATS
Une Italie industrieuse, avec moins de bébés et plus d’immigrés
À MILAN, ces temps-ci, il naît
davantage d’entreprises que de
bébés. C’est le Corriere della Sera
qui a fait le calcul : 102 nouvelles
sociétés par jour entre avril et juin
2001, et seulement 96 nouveaunés ! Ce rapprochement n’a rien
d’anecdotique. Qu’on y ait pensé
révèle une inquiétude démographique grandissante. L’Italie a été le premier pays d’Europe, voilà quelques
années, à voir les plus de soixantecinq ans excéder en nombre les
moins de quinze ans (17 % contre
13 % désormais). Elle connaît aujourd’hui une situation inédite, alliant
un extraordinaire dynamisme entreprenarial à un effondrement durable de la natalité. Pour le seul
second trimestre 2001, le nombre
d’entreprises y a augmenté de
52 400, soit 25 % de plus qu’il y a
cinq ans. Mais il naît seulement
9,4 enfants pour 1 000 habitants,
contre 13,2 en France.
Les entrepreneurs ont une
conscience de plus en plus claire du
lien entre leur activité et l’évolution
démographique. La Fondazione
Nord-Est, émanation du patronat
de cet arrière-pays vénitien devenu,
en vingt ans, l’une des plus riches
régions d’Europe, a consacré à la
question une grande partie de son
rapport 2001, présenté mi-juillet à
Venise. « Une zone à forte vocation
manufacturière ne peut pas résister,
dans les vingt ans qui viennent, au
choc simultané de 20 000 retraités de
plus et de 30 000 travailleurs de
moins chaque année. Sans apports de
populations de l’extérieur, le système
productif et social du Nord-Est est destiné à entrer rapidement en crise », liton dans ce document rédigé par Ilvo
Diamanti et Daniele Marini.
Le Triveneto, cette macro-région
regroupant la Vénétie, le FrioulVénétie Julienne et le Trentin HautAdige, est devenu un objet de curiosité et d’études à la fin des années
1980, avec l’émergence presque
concomitante du modèle économique des districts et de la revendication politique fédéraliste. On venait
de partout voir ces villages où les usines poussent comme des champignons, où le chômage est quasi
inexistant, où le revenu par tête
approche celui de la Bavière. Ce qui
fascinait le plus, c’était le changement survenu en quelques années
sur une terre naguère pauvre, enclavée, profondément catholique et
rurale. A l’écart des grandes industries piémontaises et lombardes, à
l’écart aussi des largesses de l’Etatprovidence, une tradition artisanale
ancienne avait donné naissance à
une industrie moderne en réseaux,
championne de l’exportation.
Le cas Benetton dans le textile
reste emblématique de ce modèle,
mais des dizaines d’autres exemples
existent, dans l’ameublement, la
chaussure, les techniques médicales
ou l’optique. Sur le terrain, villages
et villes moyennes ont grandi et se
sont progressivement reliés, finissant par former une vaste métropole, sorte de Los Angeles, aux autoroutes perpétuellement encombrées. La curiosité est retombée
depuis, parce que le modèle des districts industriels et des PME exportatrices s’est diffusé à d’autres
régions. Et parce que la revendication fédéraliste s’est étendue au
niveau national. Pour définir cette
« normalisation » du Nord-Est, le
politologue Ilvo Diamanti parle
d’un « retour à l’Italie » et aussi d’un
« retour de la société », trop longtemps subordonnée à l’économie.
La question démographique se
pose précisément là, à l’articulation
de l’économique et du social. Les
chercheurs de la Fondazione NordEst notent que le développement
de la région a longtemps reposé sur
une « armée d’ouvriers », constamment renouvelée par des naissances nombreuses. La capacité
d’entreprendre s’est nourrie de ce
vivier (57 % des chefs d’entreprise
sont d’anciens salariés, dont
40 % d’ouvriers). En outre, « le système familial, fondé sur une parentèle
nombreuse habitant des maisons
voisines et sur des unions conjugales
solides, a favorisé l’émergence
d’“entreprises familiales articulées”
et d’une “armée d’entrepreneurs”
nombreuse et flexible ».
MONTÉE DES CLASSES CREUSES
Ce système ne fonctionne plus,
en tout cas plus de la même façon,
avec la montée des classes creuses.
La transmission familiale des firmes
est moins facile quand les enfants
ou petits-enfants sont peu nombreux. Et l’augmentation des divorces, plus marquée dans le Nord-Est
que dans le reste de l’Italie, remet
aussi en cause le « socle de granit »
de la famille. Le vieillissement accéléré de la population, surtout dans
certaines zones du Frioul, pose aussi des problèmes de prise en charge
aigus. Enfin, l’accession à l’éducation supérieure d’une part croissante des jeunes, excellente en soi, restreint la main-d’œuvre disponible
pour les entreprises.
Littéralement, le Triveneto manque de bras, car cette région est
peut-être l’une des dernières d’Europe où l’industrie représente encore
40 % de l’emploi et de la production
de richesses. La Vénétie, avec 43 %,
détient un record en la matière (l’industrie, en Rhône-Alpes, ne représente que 30 % de l’emploi).
Rien d’étonnant, alors, à ce que le
rapport Nord-Est 2001 juge que
« les migrations sont la variable clé
sur laquelle se jouent les possibilités
de développement du futur proche ».
Déjà, seule l’immigration « a permis
à une population qui, tendanciellement, se contracterait chaque année
de 1 ‰ d’augmenter annuellement
de presque 4 ‰ ». L’Italie du NordEst ne compte pourtant actuellement que 250 000 étrangers, soit
4 % de la population, ce qui reste
très en dessous de la moyenne européenne ou du reste de l’Italie. Ces
immigrés, récents, sont très intégrés
au monde du travail. Ils sont installés plutôt dans les petites localités,
ce qui correspond au modèle local
d’« usines à la campagne » et facilite l’intégration. Exemple : la commune de Crespano del Grappa, près de
Trévise, compte 10 % d’étrangers
sur 4 300 habitants – beaucoup
venus de Macédoine –, mais les
enfants étrangers forment la moitié
des effectifs de l’école primaire.
Il y a vingt ans, cette région adossée aux Alpes et à la frontière de
l’Europe communiste ne comptait
pratiquement aucun immigré. L’opinion publique y est d’ailleurs ambivalente : entre 1999 et 2000, le pourcentage des sondés qui placent l’immigration au premier rang des problèmes est passé de 9 % à 17 %. Une
proportion plus importante encore
(38 %) pense que les immigrés représentent un danger pour la sécurité
des personnes. Cependant, 30 %
reconnaissent que leur nombre doit
augmenter à l’avenir pour répondre
au manque de main-d’œuvre locale.
A un réprésentant du patronat,
qui proposait de créer des foyers
pour travailleurs célibataires « pour
éviter que les immigrés traînent dans
les rues », un autre rétorquait que la
région n’avait pas seulement besoin
de bras pour faire tourner les usines,
mais aussi de nouveaux habitants
pour faire vivre les villages. Avant
les autres Européens, et à cause de
leur double spécificité, il revient aux
Italiens du Nord-Est de se poser la
question en ces termes : comment
le plus grand dynamisme économique peut-il s’accommoder du plus
grand déséquilibre entre jeunes et
vieux ?
Sophie Gherardi
f www.lemonde.fr/italie2001
Peut-on enfin parler sérieusement de la violence ?
par Alain Bauer
L est toujours plus facile de
penser que la violence est
une invention des médias,
une manipulation politique,
ou n’importe quoi d’autre que la
réalité. On peut croire qu’un grand
complot unissant l’AFP, FranceInfo, Le Figaro (et, pourquoi pas,
les autres médias qui parlent des
agressions d’enseignants, des violences ordinaires ou des viols dans
les cités) vise à manipuler l’opinion.
On peut considérer que nous
vivons, comme dans le film Matrix,
un espace où tout ne serait que virtuel. Dès lors, on peut affirmer que
la criminalité n’a pas évolué, que les
violences n’existent pas, que les victimes n’en sont pas. Pour ma part,
je considère comme naturel de vérifier les situations avant de les commenter, de chercher sans a priori
plutôt que de proclamer un engagement militant sous couvert de la
recherche scientifique.
La plupart de ceux qui ont
« jugé » du contenu de mon étude
sur les taux de criminalité comparés entre la France et les Etats-Unis,
qui porte sur des faits comparables
(à partir des statistiques du FBI,
dénommées UCR, et de celles du
ministère de l’intérieur), ne l’ont
pas lue… Contrairement à ce qui est
affirmé ici et là, les enregistrements
sont généralement comparables
(pour les homicides, les viols, les
agressions, les cambriolages, etc.).
Afin de limiter les erreurs, seuls ont
été retenus les sept principaux faits
communs aux deux statistiques.
Sur 3,7 millions de faits enregistrés
en France en 2000, seuls 2,5 millions ont été conservés. Le taux
moyen de criminalité n’a cessé de
baisser aux Etats-Unis depuis sept
ans, en raison de phénomènes multiples, passant de l’amélioration
économique et sociale à une extrême fermeté pénale, qui aboutit aussi souvent à des excès, des injustices et des phénomènes racistes.
Mais, pour l’essentiel, le booster de
l’amélioration de la situation américaine est la démographie, puisque
le pays a gagné 18 millions d’habitants en cinq ans (1995-2000),
quand la population française ne
progressait que d’un peu plus
d’un million de citoyens (soit, ramenée à la population totale, une progression quatre fois inférieure).
Durant ces cinq mêmes années,
la délinquance française s’est stabilisée à un niveau élevé, oscillant
entre 3,5 millions et 4 millions de
faits constatés. Ce n’est donc pas la
France qui serait devenue plus « criminogène » que les Etats-Unis,
mais bien les Etats-Unis qui ont
réussi, pour des raisons parfois critiquables, une forte réduction de leur
taux de criminalité. Et ce au prix,
notamment mais pas seulement,
d’une politique d’élimination sociale par la prison. Le modèle américain est singulier et inexportable,
cela ne l’empêche pas d’exister.
Ceux qui croient supprimer le
problème de l’insécurité et de la violence en tentant de faire croire que
les médias inventent la délinquance
deviennent paradoxalement les
meilleurs alliés des receleurs des
peurs collectives qui en font politiquement commerce. Plutôt que de
pratiquer la traditionnelle esquive à
la française – négation, minoration,
éjection – ou, en langage courant,
« ce n’est pas vrai, ce n’est pas grave,
ce n’est pas moi », il conviendrait
d’accepter la recherche de la vérité,
notamment par la pratique d’enquêtes de victimation régulières auprès
des principaux intéressés : les
citoyens.
Car on peut se moquer de la
volonté affichée par le gouvernement de changer l’outil statistique
national, partiel, parcellaire et partial. Mais c’est au moins le début
d’une véritable émancipation des
systèmes de connaissance de la réalité, manipulée et tronquée depuis
si longtemps. On peut ignorer les
petites violences au quotidien pour
se réfugier derrière une baisse des
crimes de sang (importante sur
quelques siècles, toute relative sur
la décennie, et en progression
importante l’an dernier). On peut
décider de ce qui est important et
de ce qui ne l’est pas, de la nature
du traumatisme des victimes en
fonction de la durée de l’absence
au travail. On peut tout relativiser.
Surtout quand on est en situation
de n’être victime de rien. Mais plutôt que d’en rester au chapitre
incantations,
imprécations
et
lamentations, peut-être pourraiton désormais passer plus de temps
à comprendre l’évolution et la
mutation de la délinquance française, d’y répondre par des politiques
équilibrées, entre prévention, dissuasion et sanctions adaptées, en
donnant à chacun la possibilité de
reconnaître les faits, d’accompagner les victimes, de réparer les
forfaits.
Quand le sage montre la lune,
l’imbécile regarde le doigt, dit le
proverbe. Pour notre propre dignité, par respect pour nos libertés, y
compris celle de ne pas avoir peur
de sortir de chez soi, il est largement temps de relever la tête.
Rendre l’Europe
aux Européens
Le fonctionnement de l’Union
doit être plus facile à comprendre,
de façon à ce que le public puisse
être mieux informé de l’impact de
l’Europe sur sa vie de tous les jours.
La Commission proposera de nouveaux mécanismes qui permettront
aux régions et aux autorités locales
de participer plus efficacement au
processus de décision. Il faut que
les citoyens aient confiance dans
les décisions prises en leur nom et
les comprennent. Quelle que soit la
manière dont la législation est élaborée et adoptée, elle doit être
facile à comprendre. La législation
européenne devrait se concentrer
sur les éléments fondamentaux et
éviter de se perdre dans des détails
inutiles. L’impact de la législation
devrait être évalué de manière plus
méthodique, avant son adoption
comme après sa mise en œuvre. Le
Conseil de ministres et le Parlement européens devraient se
concentrer davantage sur l’orientation politique et le contenu, et laisser la Commission se charger de la
mise en œuvre.
L’Union doit tirer un meilleur
parti de la mise en commun de
meilleures pratiques, elle doit renforcer la décentralisation et encourager une plus grande coopération
entre les autorités nationales,
régionales et locales sur les objectifs fixés d’un commun accord.
Avant tout, la Commission souhaite un système européen qui montre plus clairement qui fait quoi.
Dans ce système, il faut une répartition plus claire des rôles législatif
et exécutif entre les institutions de
la Communauté. Un système dans
lequel l’Union agit de manière légitime, transparente et efficace chaque fois qu’un besoin réel se fait
sentir, laissant l’initiative dans les
autres domaines aux autorités
nationales, régionales ou locales,
ou à la société civile.
Pour réaliser ce programme, toutes les institutions – y compris les
Etats membres et les administrations nationales – devront faire
preuve de volonté politique. La
Commission apportera sa contribution, mais chacun devra en faire
autant, si l’on veut que le projet
européen soit un réel succès aux
yeux des citoyens. Tous, nous
devons assumer nos responsabilités. Si nous continuons à présenter Bruxelles comme une entité
éloignée, qui impose des décisions
impopulaires aux gouvernements
et aux citoyens européens, nous
ne devrons pas nous étonner que
nos citoyens ne s’intéressent pas à
nous, se méfient de nous, voire
nous rejettent purement et
simplement.
Réformer la gouvernance de
l’Union implique aussi que les gouvernements cessent de faire de
Bruxelles leur bouc émissaire pour
les décisions qu’ils ont eux-mêmes
acceptées. L’Union est l’affaire de
tout le monde. Ce doit être une
entreprise partagée, un modèle
transparent et démocratique d’intégration, de façon à ce que chaque
citoyen européen ait vraiment le
sentiment que les institutions lui
appartiennent.
I
Suite de la première page
Avant d’entamer de nouvelles
réformes institutionnelles, nous
devons faire tout ce que nous pouvons pour modifier notre façon de
travailler, de préparer et de prendre les décisions qui les concernent. C’est avant tout une question de volonté politique. Nombre
de réformes essentielles peuvent
être réalisées sans nouveaux traités. D’autres exigeront des réformes institutionnelles plus profondes, en 2004, auxquelles nous
contribuerons très bientôt.
Réformer la gouvernance de
l’Union, c’est réformer le fonctionnement des institutions européennes sur la base de cinq grands
principes : transparence, participation, responsabilité, efficacité et
cohérence.
Alain Bauer
est consultant
privé en sûreté.
f www.lemonde.fr/securite
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001 / 9
0 123
21 bis, RUE CLAUDE-BERNARD – 75242 PARIS CEDEX 05
Tél. : 01-42-17-20-00. Télécopieur : 01-42-17-21-21. Télex : 202 806 F
Tél. relations clientèle abonnés : 01-42-17-32-90
Changement d’adresse et suspension : 0-803-022-021 (0,99 F la minute).
Internet : http: // www.lemonde.fr
ÉDITORIAL
OGM pour tous
L
ES organismes génétiquement modifiés, plus connus sous le sigle OGM,
reviennent dans l’actualité, avec une bonne nouvelle et une
mauvaise. La bonne nouvelle,
contenue dans un avis de l’Agence
française de sécurité sanitaire des
aliments (Afssa), est qu’il n’existerait pas de risque pour la santé
humaine, en tout cas dans l’état
actuel de diffusion des produits
OGM dans la chaîne alimentaire
en France. « La probabilité d’effet
toxique ou allergénique apparaît
comme extrêmement faible », écrit
l’Afssa.
La mauvaise nouvelle, c’est que
les OGM, soumis à un moratoire
en France depuis 1997, sont bel et
bien présents. L’Afssa en a trouvé
dans 41 % des échantillons de
semences et de récoltes de maïs
qui lui ont été soumis. Certes, il
ne s’agissait que de « traces »
d’OGM, parfois moins de 0,1 %,
mais enfin les lots examinés
étaient tous censés être des maïs
conventionnels, tels que la nature
et quelques siècles de sélection
agronomique les ont faits. Les
entreprises semencières, de leur
côté, estiment que des traces
d’OGM sont présentes dans 7 %
des lots de maïs qu’elles ont ellesmêmes examinés. Que ce soit 7 %
ou 41 % ne change pas le problème sur le fond : pendant le
moratoire, la diffusion des OGM
continue.
Cette dissémination s’opère
apparemment de plusieurs manières. L’une est le stockage de graines ou leur transport dans des
conteneurs ayant contenu du
maïs – voire du soja, qui a aussi
été décelé – transgénique. L’autre
est la contamination à partir des
champs de maïs OGM autorisés
en France (il en existe six sortes)
ou en Europe : le vent, la pollinisation ou le mélange des espèces en
bordure des champs peuvent être
mis en cause, même les semenciers en conviennent. Cette
deuxième explication n’est pas la
plus rassurante : il n’y a que
34 hectares de maïs OGM destinés à la commercialisation – sur
3 000 hectares de maïs en tout sur
le territoire français – et quelques
champs destinés aux expériences
scientifiques. Et pourtant les
OGM sont là, dans le maïs destiné
à alimenter les animaux dont
nous nous nourrissons.
Ce constat rend un peu dérisoires les précautions affichées, non
seulement par Paris, mais par
Bruxelles. La Commission européenne propose en effet une
directive destinée à contrôler,
sans interdire, la commercialisation des OGM. Réglementation,
traçabilité, étiquetage, tout est
prévu. Les Européens pourront
décider d’acheter ou non des produits alimentaires contenant des
OGM « en toute connaissance de
cause », assure David Byrne, le
commissaire européen chargé de
la santé et de la protection des
consommateurs. On ne peut que
saluer la création prochaine
d’une Autorité alimentaire européenne, seule habilitée à permettre, notamment, la mise sur le
marché d’OGM pour l’alimentation. Il n’y aura donc, dixit David
Byrne, qu’« une porte, une clé »
pour l’entrée des OGM en Europe.
Cela fait irrésistiblement penser à
ce film de Buster Keaton où, pendant une tornade, il lutte pour
refermer la porte d’une maison
qui n’a plus ni toit ni fenêtres.
0123 est édité par la SA LE MONDE
Président du directoire, directeur de la publication : Jean-Marie Colombani
Directoire : Jean-Marie Colombani ; Dominique Alduy, directeur général ;
Noël-Jean Bergeroux.
Directeurs généraux adjoints : Edwy Plenel, René Gabriel
Secrétaire général du directoire : Alain Fourment
Directeur de la rédaction : Edwy Plenel
Directeurs adjoints : Thomas Ferenczi, Pierre Georges, Jean-Yves Lhomeau
Directeur artistique : Dominique Roynette ; adjoint : François Lolichon
Secrétaire général : Olivier Biffaud ; déléguée générale : Claire Blandin
Chef d’édition : Christian Massol ; chef de production : Jean-Marc Houssard
Rédacteur en chef technique : Eric Azan
Rédaction en chef centrale :
Alain Frachon, Eric Fottorino, Laurent Greilsamer,
Michel Kajman, Eric Le Boucher, Bertrand Le Gendre
Rédaction en chef :
Alain Debove (International) ; Patrick Jarreau (France) ; Anne Chemin (Société) ;
Jean-Louis Andréani (Régions) ; Laurent Mauduit (Entreprises) ; Jacques Buob (Aujourd’hui) ;
Josyane Savigneau (Culture) ; Serge Marti (Le Monde Economie)
Médiateur : Robert Solé
Directeur exécutif : Eric Pialloux ; directeur délégué : Anne Chaussebourg
Directeur des relations internationales : Daniel Vernet
Conseil de surveillance : Alain Minc, président ; Michel Noblecourt, vice-président
Anciens directeurs : Hubert Beuve-Méry (1944-1969), Jacques Fauvet (1969-1982),
André Laurens (1982-1985), André Fontaine (1985-1991), Jacques Lesourne (1991-1994)
Le Monde est édité par la SA LE MONDE
Durée de la société : cinquante ans à compter du 10 décembre 1994.
Capital social : 166 859 ¤. Actionnaires : Société civile Les Rédacteurs du Monde,
Fonds commun de placement des personnels du Monde,
Association Hubert-Beuve-Méry, Société anonyme des lecteurs du Monde, Le Monde Entreprises,
Le Monde Europe, Le Monde Investisseurs, Le Monde Presse, Le Monde Prévoyance, Claude-Bernard Participations.
IL Y A 50 ANS, DANS 0123
L’ampleur de la déchristianisation
LA BONNE PRESSE vient de
publier un petit opuscule intitulé :
Directoire pour la pastorale des sacrements à l’usage du clergé, adopté par
l’assemblée plénière de l’épiscopat
pour tous les diocèses de France.
C’est la première fois que les responsables de l’Eglise de France prennent aussi solennellement acte de la
déchristianisation du pays et qu’ils
préconisent un plan de défense concerté. Comme si l’épiscopat, se rendant compte de l’ampleur du problème, avait soudain décidé de mettre
au premier rang de ses préoccupations la conquête des masses
païennes et d’adopter des méthodes
nouvelles.
Sans doute bien des efforts pour
une mise en valeur intelligente des
richesses de la liturgie ont déjà été
faits au cours de ces dernières
années. Sans parler de l’action de la
JOC et de la JAC, et de celle plus
récente des prêtres ouvriers, on sait
que les curés de quelques paroisses
(Saint-Séverin à Paris, Saint-Alban à
Lyon, par exemple) ont voulu faire
participer l’ensemble des fidèles aux
offices : messe face au peuple, utilisation d’un micro permettant aux
fidèles d’entendre les paroles du prêtre (même lorsque le droit canon
prescrit qu’elles doivent être prononcées à voix basse), versets dialogués,
récitation en français d’une partie
des prières, etc. Mais ces réformes
restent isolées.
Victimes parfois de la routine ou
du formalisme, certains curés ne
savent pas toujours accueillir les
hommes de bonne volonté qui cherchent un supplément d’information
religieuse. Le ton de la plupart des
prônes du dimanche est également
révélateur de ce hiatus entre le clerc
et le laïc.
Henri Fesquet
(26 juillet 1951.)
0123 SUR TOUS LES SUPPORTS
Adresse Internet : http: // www.lemonde.fr
Télématique : 3615 code LEMONDE
Documentation sur Minitel : 3617 code LMDOC (5,57 F/mn)
ou 08-36-29-04-56 (9,21 F/mn)
Le Monde sur CD-ROM : 01-44–88-46-60
Index du Monde : 01-42-17-29-89. Le Monde sur microfilms : 03-88-71-42-30
Films à Paris et en province : 08-36-68-03-78
Romano Prodi
10 b
ENTREPRISES
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001
RESTRUCTURATIONS
Les
grands groupes industriels, confrontés au ralentissement économique
et, pour certains d’entre eux, à la crise des télécommunications, conti-
20 000 suppressions d’emplois supplémentaires, soit près de 50 000 suppressions depuis le début de l’année.
b LA VAGUE atteint de nombreuses
autres sociétés dans le monde. Le
nuent d’annoncer une cascade de
plans de licenciement. b LUCENT est
la société américaine qui a pris les
mesures les plus drastiques : elle a
annoncé mardi de 15 000 à
groupe helvético-suédois ABB a ainsi
indiqué qu’il comptait procéder à
12 000 suppressions. Quant à l’allemand Siemens, il prépare de « nouvelles mesures de restructuration ».
Dans sa filiale Infineon, 5 000 postes
seraient menacés. b MARKS & SPENCER négocie la vente de ses 18 magasins en France. Les discussions pourraient aboutir à l’automne.
De Lucent à ABB, une vague impressionnante de suppressions d’emplois
Les plans sociaux annoncés par quelques géants de l’industrie portent, pour la seule journée de mardi, sur près de 40 000 postes.
Spectaculaire entre tous, le dispositif de l’équipementier américain prévoit une réduction de moitié des effectifs du groupe
LE 24 JUILLET a été une nouvelle journée noire pour l’industrie.
Tour à tour, l’helvético-suédois
ABB, le britannique Invensys puis
l’américain Lucent, ont dévoilé des
plans sociaux massifs : 12 000,
6 000 et 15 000 à 20 000 emplois
seront respectivement supprimés
dans chacun de ces groupes. Des
chiffres qui viennent s’ajouter à la
liste qui ne cesse de s’allonger
depuis le début de l’année. Cette
déferlante qui secoue peu ou prou
l’ensemble de l’industrie est particulièrement dévastatrice dans les
secteurs high-tech.
Les équipementiers de télécommunications sont en première
ligne et égrènent au fil des mois
leur litanie de mauvaises nouvelles. Figure emblématique de ce
marché,
l’américain
Lucent
n’échappe pas à la règle. L’ex-leader mondial vit une véritable descente aux enfers. A coup de cessions et de restructurations, il
devrait réduire ses effectifs de moitié en un an. Son PDG, par « interim », Henry Schacht, a dévoilé,
mardi 24 juillet, un nouveau plan
d’action qui ressemble à s’y
méprendre au premier, initié en
janvier 2001. Aux 10 500 suppressions d’emplois déjà réalisées au
premier semestre, le groupe a
annoncé une mesure qui touchera
de 15 000 à 20 000 emplois supplémentaires d’ici à la fin de l’année.
A cela s’ajoute un plan de départ
en préretraites qui a touché
8 500 salariés cet été. Au total, l’entreprise aura donc supprimé
49 000 emplois en 2001.
Lucent ne fait hélas pas figure
d’exception, même s’il détient
avec ce total un triste record. Le
canadien Nortel avait déjà donné
un véritable coup de semonce en
annonçant
30 000 suppressions
d’emplois. Et les autres concurrents n’échappent pas à la règle.
Motorola, Ericsson, Siemens,
Cisco, Marconi… taillent également dans leurs effectifs. Et
d’autres annonces devraient encore tomber.
Les grands plans sociaux dans l'industrie depuis janvier
ANALYSE
Presque toutes les
annonces sont faites
lors de la présentation
des résultats financiers
réductions d’effectifs annoncées
ces derniers jours chez Philips et
American Express. Bien que ces
entreprises exercent dans des secteurs d’activités très divers, ces
annonces présentent plusieurs
caractéristiques communes.
Premièrement, ces plans sociaux
sont tous internationaux. Conséquence directe de la mondialisation et des fusions des années
1990, les restructurations se font
aujourd’hui à l’échelle planétaire.
Il en allait de même des suppressions d’emplois annoncées en
France au premier semestre, que
ce soit chez Danone, Marks &
Spencer, Moulinex-Brandt, Sara
Lee (Dim), EADS ou MagnettiMarelli.
Les plus cyniques feront remarquer que cela ne change pas grand
chose pour les personnes licenciées et qu’à l’échelle planétaire le
nombre d’emplois salariés continue d’augmenter. Le raisonnement
est évidemment simpliste : si l’économie continue de créer des
emplois, y compris dans les pays
industrialisés, cette mondialisation
des plans sociaux ne peut qu’accentuer l’image de dirigeants d’entreprise pour qui les hommes ne sont
que des chiffres. En dénonçant la
« mondialisation inhumaine » au
sommet de Gênes du G8, Jacques
Chirac ne dit pas autre chose.
De fait, quand ils le peuvent, les
dirigeants épargnent le pays dans
lequel est implanté le siège social.
La restructuration de MoulinexBrandt épargne en grande partie
l’Italie, pays où est implanté le
groupe Elfi, principal actionnaire
de l’entreprise et Marks & Spencer
ferme tous ses magasins hormis
ceux de Grande-Bretagne qui sont
pourtant déficitaires…
Deuxième point commun à ces
suppressions : presque toutes sont
annoncées lors de la publication
des résultats trimestriels ou semes-
NOMBRE
D'EMPLOIS
SUPPRIMÉS
SECTEUR
LUCENT
Télécommunications
États-Unis
49 000
DAIMLER CHRYSLER
Automobile
Allemagne
35 500
UNILEVER
Agroalimentaire
Gde-Bretagne
33 000
NORTEL
Télécommunications
Canada
30 000
MOTOROLA
Electronique-Télécom.
États-Unis
30 000
ERICSSON
Automobile
Suède
20 000
SOLECTRON
Electronique
États-Unis
20 000
ABB
Electromécanique
Suède-Suisse
12 000
SIEMENS
Télécommunications
Allemagne
10 000
PHILIPS
Télécommunications
Pays-Bas
10 000
INVENSYS
Electromécanique
Gde-Bretagne
EFFET DE DOMINOS
Lors de la présentation des résultats trimestriels de Siemens, mercredi, Heinrich von Pierer, le PDG
du groupe allemand, a reconnu
que les résultats n’étaient pas satisfaisants. « Dans les semaines qui
viennent, nous allons définir des
mesures complémentaires pour améliorer nos résultats », a-t-il ajouté. Toutefois, il n’a pas souhaité
préciser le nombre d’emplois qui
pourrait être concerné, alors que
l’entreprise a déjà annoncé près de
10 000 suppressions de postes,
dont la majeure partie en Allemagne. Selon le Wall Street Journal, le
fabricant de semi-conducteurs Infineon, filiale de Siemens, pourrait
subir une réduction de 15 % de ses
effectifs, soit 5 000 personnes.
En effet, par un effet de dominos, les équipementiers de télé-
communications entraînent dans
leur déroute leurs fournisseurs et
toute la chaîne est affectée, des
fabricants de semi-conducteurs
aux sous-traitants électroniques.
Le grain qui secoue l’industrie hightech touche également les fabricants de micro-ordinateurs. Mais
d’autres grands groupes comme
ABB, Unilever ou Daimler-Chrysler se sont joints à cette cohorte de
plans sociaux.
Plusieurs facteurs se sont conju-
Des plans sociaux planétaires et quasi instantanés
LUCENT, Invensys, ABB, Philips, Reuters… en une seule journée, mardi 24 juillet, près de
40 000 suppressions d’emplois ont
été annoncées. Elles font suite aux
PAYS
D'ORIGINE
ENTREPRISE
triels, jugés « décevants », selon la
terminologie des marchés. En
1999, Michelin avait choqué en
annonçant les suppressions d’emplois devant un parterre d’analystes financiers. Aujourd’hui la pratique est devenue banale.
LA FIN D’UN MODÈLE
Le cas d’ABB est révélateur.
Durant plus d’une décennie, sous la
houlette de son patron charismatique, Percy Barnevik, ce groupe helvético-suédois a su allier à la fois la
réactivité des PME et l’efficacité
d’un grand groupe. Son organisation matricielle était présentée comme un modèle dans toutes les écoles de gestion occidentales. Comme
Volvo, l’entreprise symbolisait la
réussite du « modèle suédois »,
alliant performance et sécurité de
l’emploi. Tout cela appartient au
passé. M. Barnevik a été écarté et
ABB qui maintient son objectif de
croissance du chiffre d’affaires de
6%
par
an,
supprime
12 000 emplois, soit 8% de ses effectifs, car il prévoit une diminution de
son résultat opérationnel qui, malgré tout, devrait atteindre 9 à 10 %
de son chiffre d’affaires en 2005.
C’est la technologie qui permet
cette réactivité. Il y a dix ans, une
multinationale avait besoin de plusieurs mois pour consolider ses
résultats mondiaux. Aujourd’hui,
grâce aux logiciels de gestion, les
résultats parviennent au siège
social en temps réel. Dès janvier,
les industriels de la téléphonie ont
constaté que partout dans le monde les ventes de décembre avaient
été moins bonnes que prévu et que
40 millions de téléphones portables
restaient en souffrance. D’où les
annonces de suppressions d’emplois chez Philips et Ericsson dès les
premières semaines de 2001 : une
rapidité encore impensable au
milieu des années 1990.
C’est cette technologie qui permet aux actionnaires d’être si exigeants. Or, ceux-ci ne risquent pas
de relâcher leur pression : selon la
société d’informations financières
Thomson Financial, pour la première fois depuis vingt-sept ans, les
1 200 fonds d’investissement recensés aux Etats-Unis affichent une
performance boursière négative
sur deux trimestres successifs. A
court terme, les suppressions d’emplois vont donc vraisemblablement
se multiplier dans l’industrie et les
services financiers.
Frédéric Lemaître
6 000
gués et ont contribué à assombrir
soudain la situation. Le premier
n’est autre que le ralentissement
de la croissance américaine. Ce
phénomène touche l’ensemble des
acteurs industriels et revient comme un leitmotiv dans la bouche
des PDG. Ce ralentissement, loin
de rester cantonné aux seules frontières américaines, a commencé
également à se faire sentir en Europe, mais aussi en Asie. C’est
d’ailleurs ce motif qu’a invoqué le
PDG d’ABB, Joergen Centerman,
pour justifier ces contre-performances : « Nos résultats reflètent
l’incertitude dans le climat des investissements alors que le ralentissement aux Etats-Unis s’étend à l’Europe et à l’Asie ».
A ces phénomènes conjoncturels, s’ajoute la situation très particulière du marché des télécommunications. L’afflux de capitaux qui
a inondé ce secteur ces dernières
années a contribué à l’explosion
du nombre d’opérateurs et à la
multiplication des réseaux.
Tous ces projets ont représenté
une manne extraordinaire pour les
fabricants d’équipements qui ont
connu une croissance spectaculaire et ont multiplié les embauches.
Alors que la spéculation battait
son plein, les entreprises plus traditionnelles comme Lucent, Nortel
et dans une moindre mesure Alcatel ou Siemens, suivaient le modèle de l’américain Cisco, leader des
équipements de réseau Internet, et
se disputaient à coup de milliards
des start-up qui ne réalisaient
encore aucun chiffre d’affaires. La
côte de l’ingénieur, véritable diva,
ne cessait de monter.
Après l’éclatement de la bulle
qui entourait les valeurs high-tech,
leurs clients, les opérateurs, se
sont retrouvés asphyxiés financièrement, les commandes ont commencé à se tarir et les difficultés de
paiement à se multiplier. De plus,
certains marchés comme celui de
la téléphonie mobile atteignent
leur maturité. Les équipementiers,
lancés dans une véritable course à
la croissance, se sont retrouvés
brusquement pris à contre-pied.
La décélération est aussi brutale
que la croissance avait été spectaculaire. De même, le marché des
micro-ordinateurs habitué lui aussi à battre chaque année des
records affiche pour la première
fois un recul de ses ventes.
DES GÉANTS FRAGILISÉS
Dans ce contexte, les fragilités
des entreprises apparaissent au
grand jour. C’est le cas en particulier pour le géant Lucent qui s’enfonce dans les pertes. Elles s’élèvent à 3,25 milliards de dollars
pour le seul dernier trimestre !
L’américain en est réduit aujourd’hui à tenter par tous les moyens
d’éviter le naufrage. Après l’échec
de son projet de fusion avec le français Alcatel, il a toutefois réussi à
vendre sa division optique au japonais Furukawa et à l’américain Corning. Mais le montant de la transaction, 2,75 milliards de dollars, est
bien inférieur aux 4 à 5 milliards
escomptés initialement.
Suite à ces annonces, le titre de
Lucent qui a plongé en Bourse de
86 % depuis un an, a encore perdu
19 % mardi. Les suppressions d’emploi ne font plus recette auprès
des investisseurs.
Laurence Girard
Marks & Spencer négocie la reprise de ses magasins français
LONDRES
de notre correspondant à la City
La chaîne de distribution britannique Marks & Spencer, qui a annoncé en avril son intention de fermer
tous ses magasins en Europe occidentale dont les dixhuit qu’elle possède et qui emploient 1 700 personnes,
se veut aujourd’hui plus optimiste. Mercredi 25 juillet,
en milieu de journée, le président de Marks & Spencer
France, Alain Juillet, a annoncé qu’il négociait la reprise des magasins et de leurs salariés. Plusieurs repreneurs seraient intéressés, dont les Galeries Lafayette.
« J’ai un certain nombre de candidats à la reprise, j’ai
donc fait valoir au comité d’entreprise que la procédure
suivie depuis début avril ne correspondait plus à la réalité puisque j’étais dans un processus de vente des magasins et de reprise des personnels et non plus dans un processus de fermeture », a déclaré M. Juillet.
Le PDG a précisé : « Je connaîtrai le ou les repreneurs fin septembre, début octobre, et à ce moment-là
nous négocierons avec le personnel les modalités de la
reprise ». « (…) Je pense que les négociations sont bien
parties. Il y a effectivement un bon espoir pour l’ensemble des salariés », a encore indiqué M. Juillet.
« CONSTANTS CHANGEMENTS DE STRATÉGIE »
De son côté, la direction britannique avait indiqué,
mardi 24 juillet, dans un communiqué qu’« un certain
nombre d’acquéreurs se sont déclarés intéressés mais
nous préférons trouver un acheteur unique. C’est pourquoi, nous suspendons nos consultations à propos de la
fermeture de nos magasins en France ». A première
vue, l’objectif de cette décision est d’accélérer, grâce à
un acheteur unique, le processus de cession avant la
fin 2001, date limite fixée en mars pour le retrait du
continent. Les Galeries Lafayette sont intéressées par
l’excellent emplacement de la plupart de ses magasins
français (boulevard Haussmann à Paris, ParlyII dans
les environs de Versailles, Nice, etc.).
Le souhait de vendre les enseignes françaises en
bloc est destiné à améliorer l’image de Marks & Spencer auprès des investisseurs institutionnels et des analystes anglo-saxons après la débâcle de l’annonce en
fanfare de la fermeture de ses 38 magasins en Europe
continentale afin de dégager 50 millions de livres
d’économies annuelles. En raison de la pression syndicale en France et des démêlés avec la justice, le coût
total de cette restructuration à l’échelle européenne
est estimé aujourd’hui à 250-300 millions de livres
(entre 2,6 et 3,2 milliards de francs). En Grande-Bretagne, la réputation sociale de cette « institution » plus
que centenaire a, de surcroît, souffert de ce sévère
plan de restructuration.
« L’entreprise va mal, toujours mal, malgré les plans de
restructuration et les constants changements de stratégie », souligne, pessimiste, Charles Nichols de Schroder
Salomon Smith Barney. Selon cet analyste du secteur
de la distribution, le temps presse pour le président de
Marks & Spencer, Luc Vandevelde, qui a promis le
redressement pour février 2002. A sept mois de l’échéance, les résultats se font toujours attendre. En effet, le
groupe annonçait en mai la troisième baisse consécutive de ses bénéfices annuels, soit 7 % en 2000-2001 par
rapport à l’exercice précédent. La baisse de 9 % des ventes de vêtements au premier trimestre 2001-2002 souligne les difficultés de redressement dans le prêt-à-porter
adulte, traditionnel point fort du groupe.
Marc Roche
Genset inaugure avec la Société générale une nouvelle forme de financement
LA FAMOXIN, la protéine
« mangeuse de graisses » pour le
traitement de l’obésité, tarde à sortir ? Les investisseurs boudent l’action Genset, qui a plongé encore
de 20 % (à 6 euros) la seule journée de lundi 23 juillet ? Qu’à cela
ne tienne ! André Pernet, PDG de
la société de biotechnologies française et artisan, depuis un an, de
son recentrage dans la pharmacie,
a trouvé la parade : il a annoncé,
mardi, la mise en place d’une nouvelle opération de financement,
empruntée aux Anglo-saxons,
appelée equity line ou « ligne
actions ».
Grâce à cet instrument financier
nouveau pour la France, qui a
nécessité deux mois de discussions
avec la Commission des opérations de Bourse (COB), Genset se
voit ouvrir un financement à hauteur de 50 millions d’euros auprès
de la Société générale. Cela fonctionne un peu comme une ligne de
crédit, mais sans alourdir l’endette-
ment de l’entreprise. On peut penser que d’autres sociétés de biotechnologies, pour lesquelles un
appel aux marchés a été rendu difficile du fait de la conjoncture, suivront l’exemple.
Genset va pouvoir procéder à
une augmentation de capital réservée à la Société générale, quand
elle le décidera, et au prix du marché moyen sur les deux dernières
semaines. La banque bénéficie
d’un discount de 8 % sur le cours
moyen pondéré et peut agir à sa
guise, en conservant ou vendant
ses actions. « La formule traditionnelle serait d’émettre des actions et
de recevoir 50 millions d’euros en
une fois ; mais cette procédure est
plus avantageuse étant donné le
cours actuel de l’action. Nous avons
là un instrument graduel qui nous
permet, dans le temps, de vendre au
meilleur prix », explique M. André
Pernet. Les deux partenaires se
sont engagés sur deux ans et sur
un montant maximal de 30 mil-
lions d’euros la première année.
Cette manne va permettre, avec
les 40 millions d’euros dont la
société dispose encore en trésorerie, de financer le développement
de Genset pendant deux ans et
demi. L’affaire tombe à point nommé : les chercheurs de La Jolla, sa
filiale californienne, ont réussi à
produire une forme humaine de la
famoxin en laboratoire, ce qui rend
possibles des essais de ce candidatmédicament contre l’obésité, dès
le premier semestre 2002, sur
l’homme. Ces tests, prévus au
départ pour la fin de l’année, se
sont heurtés à des difficultés techniques, comme les propriétés de
solubilité de la molécule. Selon
M. Pernet, « une dizaine de laboratoires de taille internationale ont
déclaré leur intérêt pour un partenariat dans le développement de la
famoxin ».
L’alliance de Genset avec la
Société générale a eu pour autre
conséquence de mettre fin au pro-
cessus de vente de la division oligonucléides, initiée il y a quelques
mois, et pour laquelle les candidats à la reprise offraient « un prix
inférieur à sa valeur réelle ».
UN BALLON D’OXYGÈNE
En 2001, l’actualité de Genset a
été marquée par la démission surprise, aux Etats-Unis, du « père »
de la famoxin, Bernard Bihain, avec
cinq scientifiques de son équipe,
puis le licenciement de quelque
80 salariés, en France, qui travaillaient dans le séquençage.
« Nous avons opéré un changement
stratégique vers la production de
médicaments et engagé une équipe
très expérimentée. Nous avons nommé John Ford, un homme aguerri
venu de la société de biotechnologies
californienne Hyseq, à la tête de
notre centre de recherche de San Diego. Nous avons trouvé les fonds nécessaires pour assurer notre avenir.
Désormais, tous les ingrédients sont
réunis pour permettre à Genset de se
redresser », analyse M. Pernet.
La société a doublé ses pertes au
deuxième trimestre 2001, à
11,8 millions
d’euros
contre
5,9 millions d’euros pour le deuxième trimestre 2000. Elle prévoit de
« continuer de réaliser des pertes
dans un avenir probable ». La mise
en place avec la Société générale
d’une ligne actions constitue donc,
pour elle, un véritable ballon d’oxygène sur un marché déprimé.
Ce type de financement est une
première dans le secteur des biotechnologies. La Société générale
avait déjà inauguré ce système, le
19 juillet, avec l’éditeur français de
logiciels de communication BVRP
Software. Le groupe avait dû
renoncer, à la mi-juin, à faire
appel au marché pour 22 millions
d’euros. La Société générale semble avoir eu davantage confiance
dans l’avenir de BVRP et de Genset que les investisseurs boursiers.
Véronique Lorelle
ENTREPRISES
b
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001 / 11
Bruxelles s’attaque au surcoût des paiements transfrontières
La Commission européenne devait adopter un règlement, mercredi, alignant le coût des opérations en euros dans un autre pays
sur celui d’une transaction nationale. Les banques considèrent que les frais actuellement prélevés sont justifiés
Actuellement, un Français qui retire de l’argent dans une billetterie en Allemagne ou
qui règle un achat par carte dans tout autre
pays de l’Union doit acquitter des frais supplémentaires par rapport à une transaction qu’il
DANS QUELQUES MOIS, un
Français qui voudra retirer de l’argent dans un distributeur en Allemagne ou dans tout autre pays de
l’Union européenne ne devrait plus
payer de frais. Cette opération sera
comptabilisée par sa banque comme un retrait fait en France. Mercredi 25 juillet, la Commission européenne devait adopter un règlement sur les paiements transfrontières en euros qui alignera le prix des
opérations effectuées dans un autre
pays sur celui d’une transaction
nationale. Selon ce texte, il n’y
aurait plus de surcoût dès le 1er janvier 2002 pour un paiement par carte bancaire ou un retrait en euros
dans les distributeurs automatiques
dans toute l’Union européenne, et
aurait effectuée en France. Après onze ans de
négociations avec les banques, la Commission veut les contraindre à renoncer à ces surcoûts, alors que la monnaie unique entre physiquement en vigueur le 1er janvier 2002. Elle
dès le 1er janvier 2003 pour les chèques et les virements en euros. Ce
règlement devra encore recevoir
l’aval du Parlement européen et du
conseil des ministres, la Commission ayant bon espoir que le dossier
soit réglé avant la fin de l’année,
puisque l’euro devient la monnaie
nationale le 1er janvier 2002. C’est
pour cette raison que la Commission n’a pas émis une directive mais
un règlement, car dans le premier
cas il aurait fallu transposer le texte
dans chaque législation nationale,
ce qui aurait pris au moins dix-huit
mois.
Pour les entreprises, la différence
des tarifs actuellement en vigueur
pèse sur leur chiffre d’affaires, qui
se voit amputé pour certaines de
aux consommateurs correspondent à des
coûts réels, liés à l’absence d’harmonisation
des systèmes de compensation. Le Parlement
et le conseil des ministres doivent encore
approuver le texte de la Commission.
devait adopter, mercredi 25 juillet, un règlement alignant les transactions réalisées au
sein de l’Union sur les opérations nationales.
Cette initiative devrait mécontenter les banques, qui considèrent que les frais facturés
près de 2 %. Pour les particuliers, les
opérations effectuées dans un autre
pays d’Europe sont encore très faibles (3 % de la totalité des paiements des Français par exemple),
mais, sur le principe, les distinctions
faites en traversant les frontières
leur paraissent aberrantes alors que
l’euro est censé faciliter leurs transactions en Europe.
te publiée le 12 juillet par la Commission confirme que les frais bancaires
pour les achats à l’étranger restent
trop élevés. « Les frais relatifs à un
paiement effectué par carte à l’étranger pour un achat d’environ 25 euros
s’élevaient en moyenne à 16 cents »,
souligne cette enquête. Les frais facturés pour un retrait d’environ
100 euros à partir d’un distributeur
dans un autre pays de la zone euro
s’élèvent en moyenne à 4,17 euros,
les frais les plus bas ayant été enregistrés en Irlande (1,64 euros) et les
plus élevés, au Portugal (5,38). En
France, les banques prennent en
moyenne 3,79 euros.
Par ce nouveau règlement, la
Commission engage un bras de fer
avec les banques. « Les banques ont
SITUATION INTENABLE
Selon une étude qui sera publiée
prochainement par Bruxelles, sur
1 480 opérations de virement pour
un montant de 100 euros d’un pays
à l’autre, les frais s’établissent en
moyenne à 23,90 euros (sans grand
changement depuis 1993, où ils se
situaient à 23,93 euros). Une enquê-
La profession bancaire dénonce les « effets pervers » de la future réglementation
LE PROJET de Bruxelles d’aligner les tarifs des
opérations bancaires transfrontières, qu’elles
soient effectuées par carte, chèque ou virement,
sur les tarifs nationaux a instantanément mis en
émoi les banques françaises. Dans une Europe
déréglementée, la France favorise le consommateur grâce à une moindre tarification de ses produits et services bancaires, comme la gratuité du
chèque, gravée dans le marbre de la loi en
1935. Ses banques seront donc pénalisées en cas
d’adoption du règlement de la Commission. Ce
texte entraînerait de facto, l’alignement de bon
nombre d’opérations à l’étranger sur les pratiques
nationales, c’est-à-dire souvent la gratuité. Les chèques des clients français à l’étranger ne seraient
plus facturés, tout comme les paiements par carte
bancaire hors des frontières. Plus de 70 % des chèques circulant en Europe sont émis en France.
Egalement visés par le règlement européen,
les tarifs des virements intra-communautaires
des banques françaises seraient ramenés de
16 euros en moyenne à seulement 3 euros, le
prix moyen d’un virement en France. Quant aux
frais prélevés sur les retraits d’argent liquide
dans des distributeurs de l’Union, ils baisseraient
très sensiblement. Une étude de la revue Testé
pour vous parue en juin met en exergue le coût
élevé des retraits par carte à l’étranger, avec des
écarts importants d’un établissement à l’autre.
Un retrait de 1 000 francs est facturé 23 francs à
la Société générale, 30 francs chez BNP Paribas
et 38 francs au Crédit lyonnais.
tion bancaire européenne (FBF). Et de citer les
efforts faits, dont une proposition à l’étude au
sein des services de la concurrence à Bruxelles,
visant à instaurer une commission interbancaire
forfaitaire et susceptible de diviser par deux le
prix d’un virement à l’étranger.
Surtout, la communauté bancaire conteste la
légitimité de Bruxelles à réglementer les prix
sous couvert d’harmonisation, allant jusqu’à évoquer l’éventualité d’un recours devant la Cour
européenne de justice. Les banques allemandes
ont d’ores et déjà l’intention d’attaquer ce texte.
L’ire des banques est d’autant plus vive que la
Commission précise, dans son règlement, qu’il
ne devra pas se traduire par une augmentation
des tarifs nationaux. « C’est un vœu pieux, le texte
aura des effets pervers, contraignant les banques à
relever leurs tarifs, voire à supprimer certains services pour ne pas subir de distorsion de concurrence », poursuit M. Simon.
UNE « OPÉRATION POLITIQUE »
Devant la perspective d’un manque à gagner
substantiel, chiffrable selon les banques en milliards de francs, la profession monte au créneau
pour dénoncer ce qu’elle qualifie « d’opération
politique à six mois de l’arrivée de l’euro ». « Nous
travaillons depuis des mois avec la Commission et
la Banque centrale européenne sur la question des
virements transfrontaliers, jamais les autres
moyens de paiement n’avaient été évoqués », tempête Pierre Simon, directeur général de la Fédéra-
TABLEAU DE BORD
Anne Michel
Les technologies
favorisent toujours la
croissance américaine
ALAN GREENSPAN, le président
de la Réserve fédérale américaine
(Fed), a estimé mardi 24 juillet au
Sénat que les progrès dans les nouvelles technologies continuaient à
améliorer la productivité aux EtatsUnis malgré le ralentissement de la
croissance. « Nous sommes dans le
cours d’une expansion technologique majeure qui accroît nettement
la productivité structurelle » de
l’économie américaine, a-t-il déclaré lors de la présentation des dernières projections économiques
semi-annuelles de la Fed.
Selon une étude du Conference
Board, le rythme de croissance élevé du secteur des technologies
était à l’origine des 3,8 % de croissance de la productivité en
2000 aux Etats-Unis. Sur la même
période, la productivité n’a augmenté que de 1,4 % en Europe et
de 2,3 % au Japon.
a ALLEMAGNE : l’inflation a de
nouveau ralenti en juillet sur un
an, à 2,7 %, après 3,1 % en juin et
3,5 % en mai, selon des chiffres provisoires diffusés mardi par l’Office
fédéral des statistiques de Wiesbaden.
a ITALIE : la balance commerciale confirme son redressement en
mai, avec un excédent global de
519 millions d’euros après un excédent de 372 millions d’euros en
avril et un déficit de 644 millions
d’euros en mai 2000, selon les chiffres diffusés mardi par l’Institut de
la statistique.
a PÉTROLE : le secrétaire général
de l’OPEP, Ali Rodriguez, aurait
rédigé un accord de réduction de la
production
susceptible
d’être
annoncé mercredi. Cette réduction
de 1 million de barils par jour ramènerait la production de l’OPEP à
23,2 millions de barils par jour.
AFFAIRES
INDUSTRIES
b PIAGGIO : le constructeur
italien de scooters a annoncé,
mardi 24 juillet, avoir signé
un accord prévoyant
l’acquisition d’une part de 20 %
du capital du constructeur
italien MV Agusta (marques
Agusta, Husqvarna, Cagiva)
qui a réalisé un chiffre d’affaires
de l’ordre de 124 millions
d’euros en 2000.
b SODIAAL : le groupe
coopératif français envisagerait
de céder sa marque Yoplait
pour éponger les pertes de ses
autres filiales et aurait confié un
mandat de vente à Rothschild et
Cie afin de trouver une solution
de reprise d’ici septembre
affirme La Tribune, mercredi 25
juillet. Danone et Nestlé seraient
intéréssés. Interrogé, le groupe
laitier a démenti cette
information.
FINANCES
b AXA : le groupe français
d’assurance a signé un protocole
d’accord avec l’asssureur italien
Cattolica Assicurazioni, septième
assureur d, pour mettre en place
un partenariat sur le marché
italien.
RÉSULTATS
a PARFUMERIE : les parfums et
cosmétiques français ont réalisé
en 2000 un chiffre d’affaires hors
taxe de 37,58 milliards de francs
(5,73 milliards d’euros), en hausse
de 4,7 % par rapport à 1999, a indiqué, mardi, la Fédération des industries de la parfumerie.
a BSKYB : la chaîne satellitaire
britannique a annoncé mercredi
une perte avant impôts de
514,5 millions
de
livres
(843,44 millions
d’euros) sur
l’exercice
2000/2001 clos
le
30 juin, contre une perte de
262,7 millions de livres lors de
l’exercice précédent.
NORMES DIFFÉRENTES
Mais tout n’est pas aussi simple,
car cette situation résulte du fait
que chaque pays a son propre système de compensation des transactions domestiques, qu’ils ne sont
pas réellement reliés entre eux, et
surtout qu’ils n’ont pas les mêmes
normes. « Dans le domaine des Cartes bleues, les réseaux existent et les
systèmes sont automatisés. En revanche, pour les virements, il faut construire les infrastructures, et, pour les
chèques, soit les banques automatisent leurs systèmes de traitement, soit
elles en découragent l’utilisation
au-delà des frontières », indique-t-on à la Commission.
Le Groupement européen des
banques coopératives et la Fédération bancaire européenne (FBE) ont
manifesté, dès mardi, leur mécontentement, cette dernière ayant
écrit au président de la Commission, Romano Prodi, pour dénoncer
un texte qu’elle estime incompatible avec les principes économiques
fondamentaux et ceux régissant le
marché intérieur.
Cécile Prudhomme
f www.lemonde.fr/ue
EUROPE
FRANCFORT DAX 30
LONDRES
LE GROUPE d’électronique
Sagem s’apprêterait à annoncer,
vendredi 27 juillet, la cession de sa
branche d’équipement automobile, selon l’agence Reuters. Contactée, la société ne faisait aucun commentaire mercredi matin. Sagem,
qui a averti qu’elle afficherait une
perte nette au premier semestre,
vendrait cette activité à l’américain Johnson Controls. Sagem a
affiché un chiffre d’affaires de
2,544 milliards d’euros (16,7 milliards de francs) en 2000 et est présent dans les télécommunications,
la défense et l’équipement automobile, qui représente 19 % de son
activité. Ce secteur est actuellement soumis à de très fortes pressions. Mercredi, le groupe concurrent Valeo a annoncé une perte
nette de 185 millions d’euros pour
le premier semestre, contre un
bénéfice de 170 millions un an
plus tôt.
La mise en vente de la division
automobile de Sagem constituerait un virage stratégique majeur,
après le décès de son patron historique, Pierre Faurre, en avril.
Même si les analystes financiers
s’interrogeaient sur la pertinence
de conserver trois grandes activités, Pierre Faurre tenait à maintenir ce cap. Réorganisée en société
à conseil de surveillance, Sagem
est aujourd’hui pilotée par un jeune président du directoire, Grégoire Olivier, ex-directeur général de
Saft (groupe Alcatel), qui s’est fait
une réputation de réducteur de
coûts chez Pechiney. Selon Reuters, le produit de la cession envisagée serait consacré à l’adaptation
des activités de télécommunications à la nouvelle génération de
téléphonie mobile.
ASIE - PACIFIQUE
FT100
5688,02
ÉCONOMIE
eu leur chance », a déclaré le commissaire chargé du marché unique,
Frits Bolkestein, mardi 24 juillet, au
cours d’une conférence de presse,
en soulignant qu’elles ont pendant
longtemps « donné à penser » qu’elles feraient un effort. « Malheureusement, malgré onze ans de négociations, elles n’ont pas tenu leur promesse », a-t-il ajouté, en rappelant
que l’introduction physique de
l’euro rendait cette situation intenable.
Sagem vendrait
sa division
automobile
à l’américain
Johnson Controls
PARIS
CAC 40
5335,90
TOKYO
HONGKONG Hang Seng EURO / YEN
Nikkei
4859,65
11891,61
12209,23
108,72
6289
5975
5693
14529
13867
111
6165
5844
5525
13945
13535
108,8
6041
5713
5358
13361
13204
106,7
5916
5582
5190
12777
12872
104,6
5792
5451
5023
12193
12540
102,5
5668
5320
4855
11609
12209
[
[
25 A.
[
11 J.
[
25 J.
25 A.
[
[
11 J.
[
25 A.
[
25 J.
25 A.
Zone Asie
[
[
11 J.
100,4
[
25 J.
24 A.
[
[
8 J.
24 J.
Var. %
24/07
Var. %
31/12
EURO STOXX 50
3945,64
0,40
TOKYO
NIKKEI 225
EUROPE
STOXX 50
3780,45
0,46
– 17,32
– 17,04
HONGKONG
HANG SENG
EUROPE
EURO STOXX 324
329,33
0,26
0,24
SINGAPOUR
´ OUL
SE
STRAITS TIMES
307,28
– 15,94
– 14,59
COMPOSITE INDEX
4859,65
0,08
– 18
SYDNEY
ALL ORDINARIES
....
– 17,21
BANGKOK
SET
BOMBAY
SENSITIVE INDEX
3303,97
WELLINGTON
NZSE-40
2051,80
f
12 h 30
cours
25/07
[
11 J.
EUROPE
Europe
Indices
´lection
se
[
25 J.
EUROPE
STOXX 653
PARIS
CAC 40
PARIS
MIDCAC
....
PARIS
SBF 120
3330,12
PARIS
SBF 250
....
PARIS
SECOND MARCHE´
....
AMSTERDAM
AEX
535,93
....
– 0,09
BRUXELLES
BEL 20
2937,45
– 0,23
FRANCFORT
DAX 30
5688,02
0,44
LONDRES
FTSE 100
5335,90
MADRID
STOCK EXCHANGE
8341,20
0,30
– 0,39
MILAN
MIBTEL 30
36041,00
0,45
ZURICH
SPI
6787,70
0,22
....
0,01
....
....
NEW YORK
10241,12
Nasdaq
– 15,95
– 2,88
– 11,59
– 14,25
– 8,44
– 17,56
– 16,57
EURO / DOLLAR
1959,24
2313
0,899
11105
2242
0,887
10873
2172
0,874
10640
2101
0,862
10408
2030
0,849
1959
[
[
25 A.
[
11 J.
25 A.
[
[
11 J.
[
24 J.
[
25 A.
11 J.
[
25 J.
Indices
´lection
se
cours
24/07
Var. %
23/07
Var. %
31/12
´ TATS-UNIS
E
´ TATS-UNIS
E
DOW JONES
10241,12
– 5,06
S&P 500
1171,65
– 1,76
– 1,63
´ TATS-UNIS
E
NASDAQ COMPOSITE
1959,24
TORONTO
TSE INDEX
7586,51
SAO PAULO
BOVESPA
13737,59
MEXICO
BOLSA
359,78
BUENOS AIRES
MERVAL
325,77
SANTIAGO
IPSA GENERAL
CARACAS
CAPITAL GENERAL
´rique
Ame
9 h 57
f
– 1,47
– 0,53
....
– 0,60
– 3,52
....
....
7733,27
– 11,26
– 20,70
– 15,08
– 9,97
13,85
– 21,83
....
0,64
13,30
´s
Cours de change croise
f
Cours
DOLLAR
Cours
YEN(100)
DOLLAR .................
YEN........................
EURO .....................
FRANC ...................
LIVRE .....................
FRANC SUISSE .......
.....
124,39500
1,14410
7,50355
0,70388
1,72315
0,80389
.....
0,91975
6,03260
0,56580
1,38545
25/07 12 h 30
Cours
EURO
0,87405
108,72500
.....
6,55957
0,61540
1,50610
cours
25/07
11891,61
....
1629,81
65,18
3265,10
20,43
Taux de change fixe zone Euro
Euro contre
f
Taux
FRANC ......................... 6,55957
DEUTSCHEMARK ......... 1,95583
LIRE ITALIENNE (1000) . 1,93627
PESETA ESPAG. (100) .... 1,66386
ESCUDO PORT. (100) .... 2,00482
SCHILLING AUTR. (10) . 1,37603
PUNT IRLANDAISE....... 0,78756
´ERLANDAIS 2,20371
FLORIN NE
FRANC BELGE (10) ....... 4,03399
MARKKA FINLAND. ...... 5,94573
DRACHME GREC.(100).. 3,40750
contre franc
25 J.
Var. %
24/07
Var. %
31/12
0,07
– 13,74
....
– 0,06
....
– 15,41
– 0,08
– 1
3,50
2,89
0,54
– 0,93
– 0,05
9,66
– 16,82
7,90
f
Hors zone Euro
Taux
EURO ........................... 0,15245
DEUTSCHEMARK ......... 3,35385
LIRE ITAL. (1000) .......... 3,38774
PESETA ESPAG. (100) .... 3,94238
ESCUDO PORT. (100) .... 3,27190
SCHILLING AUTR. (10).. 4,76703
PUNT IRLANDAISE ....... 8,32894
´ERLANDAIS 2,97660
FLORIN NE
FRANC BELGE (10) ....... 1,62607
MARKKA FINLAND. ...... 1,10324
DRACHME GREC. (100). 1,92503
´ re
ˆ t (%)
Taux d’inte
0,837
[
24 J.
Indices
´lection
se
[
11 J.
Euro contre
f
24/07
COURONNE DANOISE. 7,4447
´ GIENNE 8,0020
COUR. NORVE
´DOISE ........ 9,3118
COUR. SUE
` QUE 33,8740
COURONNE TCHE
DOLLAR AUSTRALIEN . 1,7152
DOLLAR CANADIEN .... 1,3401
DOLLAR HONGKONG . 6,7921
´ O-ZE
´LAND 2,1224
DOLLAR NE
FORINT HONGROIS .... 247,2700
LEU ROUMAIN.............
25693
ZLOTY POLONAIS ........ 3,6677
0,874
11337
10175
f
[
25 A.
....
AME´ RIQUES
NEW YORK Dow Jones
9 h 57
[
Cours
FRANC
0,13327
16,57500
0,15245
.....
0,09380
0,22960
Cours
LIVRE
1,42070
176,75000
1,62505
10,66085
.....
2,44810
Cours
FR. S.
0,58033
72,18500
0,66390
4,35480
0,40850
.....
Taux 24/07 f
Taux
j. j.
FRANCE .........
ALLEMAGNE ..
GDE-BRETAG.
ITALIE ............
JAPON ...........
´ TATS-UNIS...
E
SUISSE ...........
PAYS-BAS .......
4,40
4,52
4,88
4,52
0,03
3,78
3
4,48
Matif
Taux Taux Taux
3 mois 10 ans 30 ans
4,35
4,47
5,17
4,42
0,03
3,56
3,11
4,42
5,07
4,95
5,06
5,35
1,41
5,09
3,38
5,10
5,64
5,54
4,80
5,94
2,54
5,53
4,03
5,59
Cours 12 h 30 fVolume
25/07
Notionnel 5,5
´CEMBRE 2001
DE
3188
Euribor 3 mois
JANVIER 2001 ....
NC
dernier
prix
premier
prix
88,97
89,17
NC
NC
Retrouvez ces cotations sur le site Web :
www.lemonde.fr/bourse
BOURSES
BOURSES
L’INDICE CAC 40 de la Bourse de
Paris, qui s’établissait à 4 809 points
mercredi 25 juillet à la mi-séance, reculait de 0,96 % par rapport à
la veille. Il avait terminé sur une perte de 1,15 %, à 4 855,60 points. A la
Bourse de Francfort, le DAX était
en baisse à l’ouverture, à
5 620,54 points. L’indice Footsie de
Londres cédait à 0,66 %, à 5 285,20
points. A Wall Street, mardi, le Dow
Jones avait perdu 1,76 %, à
10 241,12 points, et le Nasdaq
1,47 %, à 1 959,24 points. A Tokyo,
l’indice Nikkei a terminé, mercredi,
sur une timide hausse de 0,07 %, à
11 891,61 points.
CHANGES-TAUX
L’EURO se maintenait au dessus
du seuil de 0,87 dollar, mercredi
25 juillet au matin, à 0,8738 dollar,
tandis que le billet vert restait ferme face au yen, à 124,31 yens.
Dans un entretien au Financial
Times, mercredi, le secrétaire américain au Trésor Paul O’Neill a justifié le niveau élevé du dollar par
des taux de rendement plus élevés
aux Etats-Unis qu’en Europe. Les
marchés obligataires étaient en
très léger repli, mercredi matin.
Evoluant à l’inverse du prix, le taux
délivré par l’obligation du Trésor
français à dix ans progressait à
5,07 %.
FINANCES ET MARCHÉS
sur 1 an
sur 5 jours
25/07
12 h 46
f
Code
Cours
% Var.
pays en euros 24/07
AUTOMOBILE
AUTOLIV SDR
BASF AG
BMW
CONTINENTAL AG
DAIMLERCHRYSLER
FIAT
FIAT PRIV.
MICHELIN
PEUGEOT
PIRELLI SPA
DR ING PORSCHE
RENAULT
VALEO
VOLKSWAGEN
SE
BE e
DE e
DE e
DE e
IT e
IT e
FR e
FR e
IT e
DE e
FR e
FR e
DE e
21,75
45,55
39,70
15,80
55,65
24,80
15,71
35,55
52,10
3,29
401
51,15
49,74
50,40
238,20
f DJ E STOXX AUTO P
–
–
+
–
–
–
–
+
–
–
+
+
+
–
–
0,74
1,83
1,28
0,32
1,50
0,24
1,13
0,48
0,95
1,50
3,62
0,39
3,41
2,33
0,45
BANQUES
ABBEY NATIONAL
ABN AMRO HOLDIN
ALL & LEICS
ALLIED IRISH BA
ALPHA BANK
B.P.SONDRIO
B.P.VERONA E S.
BANK OF IRELAND
BANK OF PIRAEUS
BANKINTER R
BARCLAYS PLC
BAYR.HYPO-U.VER
BBVA R
BCA AG.MANTOVAN
BCA FIDEURAM
INTESABCI
BCA LOMBARDA
BCA P.BERG.-C.V
BCA P.MILANO
B.P.EMILIA ROMA
B.P.NOVARA
B.P.LODI
BCA ROMA
BCO POPULAR ESP
BCP R
BIPOP CARIRE
BK OF SCOTLAND
BNL
BNP PARIBAS
BSCH R
COMIT
COMM.BANK OF GR
COMMERZBANK
CREDIT LYONNAIS
DANSKE BANK
DEUTSCHE BANK N
DEXIA
DNB HOLDING
DRESDNER BANK N
EFG EUROBK ERGA
ERSTE BANK
ESPIRITO SANTO
FOERENINGSSB A
HALIFAX GROUP
HSBC HLDG
IKB
KBC BANCASSURAN
LLOYDS TSB
MONTE PASCHI SI
NAT BANK GREECE
NATEXIS BQ POP.
NORDEA
ROLO BANCA 1473
ROYAL BK SCOTL
S-E-BANKEN -ASAN PAOLO IMI
STANDARD CHARTE
STE GENERAL-ASVENSKA HANDELS
SWEDISH MATCH
UBS N
UNICREDITO ITAL
GB
NL e
GB
GB
GR
IT e
IT e
GB
GR
ES e
GB
DE e
ES e
IT e
IT e
IT e
IT e
IT e
IT e
IT e
IT e
IT e
IT e
ES e
PT e
IT e
GB
IT e
FR e
ES e
IT e
GR
DE e
FR e
DK
DE e
BE e
NO
DE e
GR
AT e
PT e
SE
GB
GB
DE e
BE e
GB
IT e
GR
FR e
SE
IT e
GB
SE
IT e
GB
FR e
SE
SE
CH
IT e
f DJ E STOXX BANK P
18,86
19,48
13,08
20,85
24,14
10,55
10,53
19,11
11,54
37,80
33,39
49,30
13,72
10,30
9,90
3,60
9,96
18,52
4,27
31
6,92
10,45
4,42
40,70
4,19
3,60
12,36
3,20
96,30
9,49
6,16
37,06
26
43,85
19,61
76,02
18,04
5,14
43,60
14,42
58,50
13,70
12,94
12,45
12,75
15,43
45,60
10,80
3,35
30,98
99,65
6,12
16,65
25,15
10,26
13,43
13,28
61,35
15,79
5,34
161,31
4,74
288,53
– 6,39
– 1,27
– 0,74
– 1,23
+ 0,75
+ 0,48
+ 1,25
....
+ 0,35
– 1,41
– 2,33
– 2,18
– 3,38
– 0,48
+ 0,10
– 1,91
– 0,40
+ 0,16
– 0,23
+ 2,65
– 0,86
– 0,67
....
– 2,49
+ 2,20
– 0,55
– 2,82
– 1,23
– 0,72
– 3,16
....
+ 1,53
– 1,52
– 0,34
....
– 2,48
+ 0,22
....
+ 0,23
– 1,23
– 0,43
– 0,72
....
– 2,30
– 0,63
+ 0,19
– 0,87
– 1,34
+ 0,30
+ 0,26
– 0,35
....
– 0,48
– 1,03
– 1,55
– 1,83
– 0,12
– 1,13
+ 1,38
+ 0,20
....
– 1,25
– 1,53
PRODUITS DE BASE
ACERALIA
ACERINOX R
ALUMINIUM GREEC
ANGLO AMERICAN
ASSIDOMAEN AB
BEKAERT
BHP BILLITON
BOEHLER-UDDEHOL
BUNZL PLC
CORUS GROUP
ELVAL
HOLMEN -BISPAT INTERNATI
JOHNSON MATTHEY
MAYR-MELNHOF KA
M-REAL -BOUTOKUMPU
PECHINEY-ARAUTARUUKKI K
RIO TINTO
SIDENOR
SILVER & BARYTE
SMURFIT JEFFERS
STORA ENSO -ASTORA ENSO -RSVENSKA CELLULO
THYSSENKRUPP
UNION MINIERE
UPM-KYMMENE COR
USINOR
VIOHALCO
VOEST-ALPINE ST
WORMS N
ES e
ES e
GR
GB
SE
BE e
GB
AT e
GB
GB
GR
SE
NL e
GB
AT e
FI e
FI e
FR e
FI e
GB
GR
GR
GB
FI e
FI e
SE
DE e
BE e
FI e
FR e
GR
AT e
FR e
f DJ E STOXX BASI P
12,91 – 2,20
30,41 – 0,69
31,50 – 0,94
14,58 – 3,76
24,70 – 0,22
40,51 – 1,60
– 2,85
5
49,51 + 0,43
7,30 ....
0,90 – 3,51
4,04 – 2,42
22,77 + 0,47
120 + 3196,70
16,37 – 1,47
54,54 – 0,66
6,11 – 0,65
9,61 + 1,16
55,10 – 3,92
4,05 + 0,25
17,58 – 2,88
4,12 – 0,48
– 0,50
20
2,30 ....
11,45 – 4,58
11,60 – 0,26
24,81 – 0,65
15,19 – 0,72
45,10 – 1,61
34,05 – 1,76
12,72 + 0,08
9,78 + 1,87
– 0,29
34
19,70 + 1,03
175,26 – 1,25
CHIMIE
AIR LIQUIDE
AKZO NOBEL NV
BASF AG
BAYER AG
BOC GROUP PLC
CELANESE N
CIBA SPEC CHIMI
CLARIANT N
DSM
EMS-CHEM HOLD A
ICI
KEMIRA
KON. VOPAK NV
LAPORTE
LONZA GRP N
NORSK HYDRO
RHODIA
FR e
NL e
DE e
DE e
GB
DE e
CH
CH
NL e
CH
GB
FI e
NL e
GB
CH
NO
FR e
155
45,58
45,55
44,30
15,12
26
69,37
336,56
38,63
4862,59
6,35
6,95
23,40
11,30
683,75
48,18
12,45
– 1,71
+ 3,50
– 1,83
– 1,77
– 0,54
....
– 0,48
....
– 0,75
+ 0,90
– 4,88
– 0,71
– 0,64
....
+ 2,79
– 0,64
– 0,64
SOLVAY
SYNGENTA N
TESSENDERLO CHE
BE e
CH
BE e
f DJ E STOXX CHEM P
59,90
60,01
28,75
362,85
–
–
–
–
189
71,95
300,10
33,20
7,57
6,75
6,44
130,44
21,24
0,82
329,98
....
....
....
+ 0,30
– 2,31
– 1,82
– 0,31
– 1,26
– 0,87
– 2,38
....
0,58
0,60
0,86
1,04
CONGLOME´RATS
D’IETEREN SA
AZEO
GBL
GEVAERT
INCHCAPE
KVAERNER -AMYTILINEOS
UNAXIS HLDG N
ORKLA
SONAE SGPS
BE e
FR e
BE e
BE e
GB
NO
GR
CH
NO
PT e
f DJ E STOXX CONG P
TE´LE´COMMUNICATIONS
ATLANTIC TELECO
BRITISH TELECOM
CABLE & WIRELES
COLT TELECOM NE
DEUTSCHE TELEKO
E.BISCOM
EIRCOM
ELISA COMMUNICA
ENERGIS
EQUANT NV
EUROPOLITAN HLD
FRANCE TELECOM
HELLENIC TELE (
KINGSTON COM
KONINKLIJKE KPN
KPNQWEST NV -CLIBERTEL NV
MANNESMANN N
MOBILCOM
PANAFON HELLENI
PT TELECOM SGPS
SONERA
SWISSCOM N
T.I.M.
SONG NETWORKS
TDC -BTELE2 -BTELECEL
TELECOM ITALIA
TELECOM ITALIA
TELIA
TISCALI
VERSATEL TELECO
VODAFONE GROUP
GB
GB
GB
GB
DE e
IT e
IR e
FI e
GB
NL e
SE
FR e
GR
GB
NL e
NL e
NL e
DE e
DE e
GR
PT e
FI e
CH
IT e
SE
DK
SE
PT e
IT e
IT e
SE
IT e
NL e
GB
f DJ E STOXX TCOM P
0,13
7,27
5,57
5,60
24,10
42,50
1,31
16
2,66
13,80
6,50
47,41
16,08
1,81
4,83
10,85
9,75
204,20
12,13
5,88
8,26
6,49
311,34
6,14
1,33
38,62
33,51
8,54
10,34
5,57
5,34
7,29
1,74
2,26
488,43
....
– 1,76
+ 0,29
+ 2,08
– 2,43
+ 0,47
– 1,50
– 4,19
+ 1,87
+ 2,99
– 1,63
– 1,23
+ 0,50
+ 1,83
– 1,63
+ 9,15
– 2,50
....
+ 6,40
+ 1,03
– 2,13
– 0,15
....
– 0,97
+ 1,64
+ 0,35
– 0,32
– 0,58
– 1,52
– 0,18
– 1,58
– 1,35
+ 1,75
– 3,47
– 1,65
42,31
29,01
1,37
7,38
5,20
17,50
21
10,70
36,87
4,10
10,07
9,03
2,26
32,42
23
66,55
14,35
23,93
18,69
8,23
51,30
6,80
14,40
23,60
1317,71
118,80
9,15
95,30
2,44
1,68
10,43
155
10,95
2,95
142,50
36,46
72,65
21,10
223,72
– 2,17
– 1,86
....
+ 0,82
– 2,74
– 0,28
– 0,24
– 1,47
+ 1,15
– 2,33
+ 0,70
+ 1,46
– 2,11
– 0,60
....
– 1,84
– 4,46
– 0,91
– 1,63
+ 0,60
– 1,35
+ 1,19
+ 0,84
+ 0,21
....
– 1,74
– 1,51
– 3,54
+ 4,27
– 0,96
+ 3,06
– 4,26
– 0,97
....
+ 0,49
+ 0,28
+ 0,21
– 0,75
– 1,92
342
321
ES e
ES e
GB
GR
GB
FI e
ES e
ES e
FR e
GB
PT e
IT e
GB
GB
PT e
FR e
ES e
ES e
ES e
GB
DE e
GR
GR
DE e
CH
FR e
IT e
FR e
GR
GB
GB
FR e
SE
GB
FR e
GR
FR e
AT e
f DJ E STOXX CNST P
CONSOMMATION CYCLIQUE
ACCOR
ADIDAS-SALOMON
AGFA-GEVAERT
AIR FRANCE
AIRTOURS PLC
ALITALIA
AUSTRIAN AIRLIN
AUTOGRILL
BANG & OLUFSEN
BASS
BENETTON GROUP
BERKELEY GROUP
BRITISH AIRWAYS
BULGARI
CHRISTIAN DIOR
CLUB MED.
COMPASS GROUP
DT.LUFTHANSA N
ELECTROLUX -BEM.TV & MERCHAN
EMI GROUP
EURO DISNEY
HERMES INTL
HILTON GROUP
HDP
HUNTER DOUGLAS
KLM
LVMH
MEDION
MOULINEX
NH HOTELES
NXT
P & O PRINCESS
PERSIMMON PLC
PREUSSAG AG
RANK GROUP
RICHEMONT UNITS
ROY.PHILIPS ELE
RYANAIR HLDGS
SAIRGROUP N
SAS DANMARK A/S
SEB
FR e
DE e
BE e
FR e
GB
IT e
AT e
IT e
DK
GB
IT e
GB
GB
IT e
FR e
FR e
GB
DE e
SE
DE e
GB
FR e
FR e
GB
IT e
NL e
NL e
FR e
DE e
FR e
ES e
GB
GB
GB
DE e
GB
CH
NL e
IR e
CH
DK
FR e
44,08 + 0,16
74,30 ....
15,76 – 0,32
18,95 – 1,97
4,15 + 0,79
1,24 + 1,64
12,10 ....
12,64 + 0,24
29,55 + 1,38
11,76 – 0,14
16,55 ....
11,84 – 0,27
5,20 – 3,92
12,39 ....
40,12 – 0,82
– 1,47
67
8,70 – 0,19
19,05 – 0,78
16,59 + 0,65
2,85 + 25,55
6,79 + 0,97
1,06 – 0,93
160,50 – 2,43
3,99 – 0,81
4,25 + 1,19
33,05 + 0,46
– 5,76
18
56,05 – 0,27
75,40 – 1,44
2,72 – 6,21
12,60 – 0,79
2,92 – 5,79
5,39 + 0,61
5,39 + 0,61
33,70 – 1,46
3,50 ....
2849,18 – 0,37
29,22 – 2,66
12,35 – 1,67
80,49 – 0,61
11,01 ....
55,05 + 0,55
3986
4791
4492
4193
300
3894
[
[
25 JUIL.
23 JANV.
SODEXHO ALLIANC
TELE PIZZA
THE SWATCH GRP
THE SWATCH GRP
THOMSON MULTIME
J D WETHERSPOON
WILSON BOWDEN
WM-DATA -BWOLFORD AG
WW/WW UK UNITS
FR e
ES e
CH
CH
PA
GB
GB
SE
AT e
IR e
f DJ E STOXX CYC GO P
57,35
1,75
1073,42
227,36
34,80
5,68
11,97
2,52
18,25
1,07
129,54
– 0,52
– 3,85
+ 0,06
– 0,15
– 2,11
+ 0,58
– 0,14
....
– 1,62
....
– 1,34
PHARMACIE
ACTELION N
ALTANA AG
ASTRAZENECA
AVENTIS
BB BIOTECH
CELLTECH GROUP
ELAN CORP
ESSILOR INTL
FRESENIUS MED C
GALEN HOLDINGS
GAMBRO -AGLAXOSMITHKLINE
H. LUNDBECK
NOVARTIS N
NOVO-NORDISK -B
NOVOZYMES -BAMERSHAM
ORION B
OXFORD GLYCOSCI
PHONAK HLDG N
QIAGEN NV
ROCHE HLDG
ROCHE HOLDING G
SANOFI SYNTHELA
SCHERING AG
SERONO -BSHIRE PHARMA GR
SMITH & NEPHEW
SSL INTL
SULZER AG 100N
SYNTHES-STRATEC
UCB
WILLIAM DEMANT
WS ATKINS
ZELTIA
CH
DE e
GB
FR e
CH
GB
IR e
FR e
DE e
GB
SE
GB
DK
CH
DK
DK
GB
FI e
GB
CH
NL e
CH
CH
FR e
DE e
CH
GB
GB
GB
CH
CH
BE e
DK
GB
ES e
f DJ E STOXX HEAL
26,02
42,20
53,40
81,85
76,67
15,91
40,05
333
83,95
12,54
6,87
31,96
27,36
39,07
216,26
24,38
8,71
19,50
16,01
3276,02
21,06
100,24
8497,08
67,40
58,40
1042,22
18,77
5,80
8,36
226,70
717,60
43,74
34,25
12,58
8,53
538,36
– 8,84
+ 1,44
– 1,56
– 1,39
– 0,86
– 2,40
– 3,68
– 0,89
+ 0,66
+ 2,67
+ 3,23
+ 1,19
....
– 0,34
....
+ 0,83
– 0,93
– 0,26
– 3,63
+ 0,71
+ 1,49
....
....
– 2,67
+ 0,17
+ 2,61
– 3,36
– 0,28
– 1,54
+ 3,17
– 0,55
– 1,71
– 1,54
– 1,03
– 5,33
– 1,88
E´NERGIE
BG GROUP
BP
CEPSA
GB
GB
ES e
4,48 – 0,36
9,02 + 1,28
12,35 + 0,41
[
[
[
[
[
[
[
25 JUIL.
J
V
L
M
M
25 JUIL.
CARLSBERG AS -A
COCA COLA HBC
DANISCO
DANONE
DELTA HOLDINGS
DIAGEO
ELAIS OLEAGINOU
ERID.BEGH.SAY
HEINEKEN HOLD.N
HELLENIC SUGAR
KAMPS
KERRY GRP-AKONINKLIJKE NUM
MONTEDISON
NESTLE N
PARMALAT
PERNOD RICARD
RAISIO GRP -VSCOTT & NEWCAST
SOUTH AFRICAN B
TATE & LYLE
TOMKINS
UNILEVER
UNILEVER
UNIQ
WHITBREAD
DK
GR
DK
FR e
GR
GB
GR
FR e
NL e
GR
DE e
GB
NL e
IT e
CH
IT e
FR e
FI e
GB
GB
GB
GB
NL e
GB
GB
GB
f DJ E STOXX F & BV P
45
15
42,71
146
6,90
11,76
17,58
97
43,30
7
5,80
23,29
42,79
3,14
251,26
1,82
82,75
1,29
8,47
8,36
4,30
3,14
66,75
9,56
3,34
10,21
247,10
– 1,47
+ 0,27
– 0,31
– 0,34
+ 0,58
– 1,37
....
....
....
– 1,41
– 0,68
– 0,69
+ 0,42
....
....
....
– 0,90
– 1,53
+ 0,39
+ 0,39
+ 1,54
– 1,03
+ 0,75
– 0,68
....
....
– 0,68
BIENS D’E´QUIPEMENT
ABB N
ADECCO N
AEROPORTI DI RO
AGGREKO
ALSTOM
ALTRAN TECHNO
ALUSUISSE GRP N
ASSA ABLOY-BASSOC BR PORTS
ATLAS COPCO -AATLAS COPCO -BATTICA ENTR SA
BAA
BBA GROUP PLC
BTG
CAPITA GRP
CDB WEB TECH IN
CGIP
CIR
COOKSON GROUP P
COPENHAGEN AIRP
DAMPSKIBS -ADAMPSKIBS -BDAMSKIBS SVEND
E.ON AG
EADS SICO.
ELECTROCOMPONEN
CH
CH
IT e
GB
FR e
FR e
CH
SE
GB
SE
SE
GR
GB
GB
GB
GB
IT e
FR e
IT e
GB
DK
DK
DK
DK
DE e
FR e
GB
17,13
50,22
9,14
7,84
31,85
55,60
836,43
15,63
6,45
23,46
22,61
7,42
10,86
4,01
20,52
7,05
3,31
32,47
1,35
1,99
86,91
8328,07
9120,58
11981,68
60,20
21,55
8,31
....
– 3,38
....
....
+ 0,09
– 1,24
....
– 0,34
....
....
+ 0,24
+ 1,64
– 0,45
– 1,60
....
+ 2,12
– 2,65
– 0,43
– 0,74
....
....
....
....
– 0,56
– 2,11
+ 1,13
+ 0,99
(Publicite´)
À NOS ABONNÉS
Pour vos changements d’adresse
ou suspensions d’abonnement
durant vos vacances
un seul numéro
0825 022 021
CONSTRUCTION
ACCIONA
ACS
AGGREGATE IND
AKTOR SA
AMEY
UPONOR -AAUREA R
ACESA R
BOUYGUES
BPB
BRISA AUTO-ESTR
BUZZI UNICEM
NOVAR
CRH PLC
CIMPOR R
COLAS
GRUPO DRAGADOS
FCC
GRUPO FERROVIAL
HANSON PLC
HEIDELBERGER ZE
HELL.TECHNODO.R
HERACLES GENL R
HOCHTIEF ESSEN
HOLCIM
IMERYS
ITALCEMENTI
LAFARGE
MICHANIKI REG.
PILKINGTON PLC
RMC GROUP PLC
SAINT GOBAIN
SKANSKA -BTAYLOR WOODROW
TECHNIP
TITAN CEMENT RE
VINCI
WIENERBERGER AG
5090
3945,64
362
5389
3976,24
sont inscrites à la hausse, à la clôture, après l’annonce d’un partenariat de recherche avec le finlandais Nokia.
b Le titre GlaxoSmithKline est
reparti à la baisse dès l’ouverture
de la Bourse de Londres, mercredi. Le britannique, numéro deux
mondial de la pharmacie, perdait
0,36 %, à 1 932 pence. Mardi, le
titre GlaxoSmithKline était déjà
en repli de 1,2 % à la clôture.
b L’action Siemens perdait 9 %,
à 55,51 euros à l’ouverture de la
Bourse de Francfort, mercredi.
Mardi, le groupe avait déjà perdu
7,14 % dans l’attente de la publication de ses résultats trimestriels.
sur 5 jours
3932,99
b Le titre Enel était à nouveau
en légère progression, mercredi
25 juillet, à l’ouverture de la Bourse de Milan. L’électricien italien
gagnait 0,20 %, à 7,39 euros. Mardi 24 juillet, Enel était déjà en
hausse de 0,11 % après que le
groupe espagnol Endesa a remporté les enchères pour le rachat
d’Elettrogen, filiale du groupe italien.
b L’action Telefonica était stable, mercredi, au cours des premiers échanges sur la place financière espagnole. L’opérateur du
téléphone restait à 13,52 euros
après avoir perdu 0,73 %, mardi.
Ce même jour, ses filiales ont suivi le mouvement inverse et se
sur 1an
3949,70
383
307,28
312,65
404
VALEURS EUROPÉENNES
EURO STOXX50
3945,64
310,39
307,28
311,25
STOXX 653
VALEURS EUROPE´ENNES
306,69
12 / LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001 b
(0,99 F TTC/mn)
ou par Internet :
www.lemonde.fr
(rubrique « Services aux lecteurs »)
COFLEXIP
DORDTSCHE PETRO
ENI
ENTERPRISE OIL
HELLENIC PETROL
LASMO
LATTICE GROUP
OMV AG
PETROLEUM GEO-S
REPSOL YPF
ROYAL DUTCH CO
SAIPEM
SHELL TRANSP
TOTAL FINA ELF
IHC CALAND
FR e
NL e
IT e
GB
GR
GB
GB
AT e
NO
ES e
NL e
IT e
GB
FR e
NL e
f DJ E STOXX ENGY P
172,80
2,40
7,76
9,50
6,60
2,93
2,66
110
10,62
18,35
62,79
6,10
9,15
152,80
52,75
337,01
+ 1,05
– 5,88
....
+ 0,87
+ 1,54
....
....
– 0,62
– 1,73
– 0,81
– 1,27
– 3,63
+ 0,90
– 1,10
+ 0,09
– 1,20
SERVICES FINANCIERS
3I GROUP
ALMANIJ
ALPHA FINANCE
AMVESCAP
BHW HOLDING AG
BPI R
BRITISH LAND CO
CANARY WHARF GR
CATTLES ORD.
CLOSE BROS GRP
COBEPA
CONSORS DISC-BR
CORP FIN ALBA
CS GROUP N
DEPFA-BANK
DAB BANK AG
DROTT -BEURAZEO
FINAXA
FORTIS (B)
FORTIS (NL)
GECINA
GIMV
GREAT PORTLAND
HAMMERSON
ING GROEP
LAND SECURITIES
LIBERTY INTL
MAN GROUP
MARSCHOLLEK LAU
MEDIOBANCA
METROVACESA
MONTEDISON
PROVIDENT FIN
REALDANMARK
RODAMCO EUROPE
RODAMCO NORTH A
SCHRODERS
SIMCO N
SLOUGH ESTATES
UNIBAIL
VALLEHERMOSO
WCM BETEILIGUNG
GB
BE e
GR
GB
DE e
PT e
GB
GB
GB
GB
BE e
DE e
ES e
CH
DE e
DE e
SE
FR e
FR e
BE e
NL e
FR e
BE e
GB
GB
NL e
GB
GB
GB
DE e
IT e
ES e
IT e
GB
DK
NL e
NL e
GB
FR e
GB
FR e
ES e
DE e
f DJ E STOXX FINS P
14,69
44,91
44,90
16,29
31,90
2,69
7,87
8,65
4,68
12,04
63,50
13,15
24,31
187,20
79,90
13,35
11,71
64,20
110,70
29,80
29,80
94,85
36,90
4,56
7,85
77,20
14,09
8,24
15,52
90,20
12,11
16,69
3,14
10,67
71,19
42,80
44,80
13,24
79,85
5,98
63,50
7,18
11,10
271,45
– 1,42
– 0,47
....
+ 1,11
– 0,62
+ 0,75
– 2,03
– 0,19
– 0,69
– 0,14
+ 0,79
+ 5,45
– 4,67
– 1,91
....
+ 3,97
– 0,46
– 1,23
....
+ 0,68
+ 0,51
– 0,16
+ 0,14
– 1,06
– 0,41
....
– 2,26
+ 0,80
....
+ 1,92
– 1,46
+ 0,06
....
– 1,80
....
– 0,23
– 0,78
– 1,57
– 0,13
+ 0,27
– 1,40
– 0,69
– 0,27
– 1,02
ALIMENTATION ET BOISSON
ALLIED DOMECQ
ASSOCIAT BRIT F
BBAG OE BRAU-BE
BRAU-UNION
CADBURY SCHWEPP
CARLSBERG -B-
GB
GB
AT e
AT e
GB
DK
6,78
7,41
45
43,65
7,64
48,89
–
+
–
–
+
–
1,42
1,11
1,42
1,45
0,86
2,15
EPCOS
EUROTUNNEL
EXEL
FINMECCANICA
FINNLINES
FKI
FLS IND.B
FLUGHAFEN WIEN
GAMESA
GKN
GROUP 4 FALCK
HAGEMEYER NV
HALKOR
HAYS
HEIDELBERGER DR
HUHTAMAKI OYJ
IFIL
IMI PLC
IND.VAERDEN -AINDRA SISTEMAS
INVENSYS
INVESTOR -AINVESTOR -BISS
JOT AUTOMATION
KINNEVIK -BKONE B
LEGRAND
LINDE AG
MAN AG
METSO
MG TECHNOLOGIES
MORGAN CRUCIBLE
NKT HOLDING
EXEL
PACE MICRO TECH
PARTEK
PENINS.ORIENT.S
PERLOS
PREMIER FARNELL
RAILTRACK
RANDSTAD HOLDIN
RENTOKIL INITIA
REXAM
REXEL
RHI AG
RIETER HLDG N
ROLLS ROYCE
SANDVIK
SAURER N
SCHNEIDER ELECT
SECURICOR
SECURITAS -BSERCO GROUP
SGL CARBON
SHANKS GROUP
SIDEL
SINGULUS TECHNO
SKF -BSMITHS GROUP
SOPHUS BEREND SPIRENT
TECAN GRP N
TELE2 -BTHALES
TOMRA SYSTEMS
TPI
TRAFFICMASTER
UNAXIS HLDG N
VA TECHNOLOGIE
VEDIOR NV
VESTAS WIND SYS
DE e
FR e
GB
IT e
FI e
GB
DK
AT e
ES e
GB
DK
NL e
GR
GB
DE e
FI e
IT e
GB
SE
ES e
GB
SE
SE
DK
FI e
SE
FI e
FR e
DE e
DE e
FI e
DE e
GB
DK
GB
GB
FI e
GB
FI e
GB
GB
NL e
GB
GB
FR e
AT e
CH
GB
SE
CH
FR e
GB
SE
GB
DE e
GB
FR e
DE e
SE
GB
DK
GB
CH
SE
FR e
NO
ES e
GB
CH
AT e
NL e
DK
49,10
1,01
11,14
0,97
23,30
3,14
13,16
38,20
23,95
10,91
132,31
22,54
4,16
2,66
51,40
30,80
6,86
3,83
18,52
9,31
1,32
13,85
13,69
67,16
0,48
22,34
90
209
48,90
24,30
11,55
11,96
4,22
24,85
11,14
6,17
10,88
4,01
8,90
3,89
4,84
10,75
3,83
5,07
66,55
22,65
274,83
3,70
22,34
302,04
58,80
2,79
20,35
5,82
33,70
2,93
50
22,38
18,58
12,41
29,69
2,75
75,35
33,51
43,20
12,50
4,53
1,29
130,44
35,25
11
48,89
– 5,03
– 3,81
....
– 1,02
....
– 1,53
– 1,01
+ 0,53
– 0,21
– 1,33
– 0,51
+ 0,99
– 0,48
– 1,21
+ 0,78
+ 0,16
+ 0,15
+ 0,43
+ 1,47
– 1,79
– 6,90
– 1,53
– 0,39
– 0,99
– 2,04
+ 0,24
....
....
....
– 4,14
+ 0,87
+ 0,25
– 0,77
+ 0,54
....
– 2,07
+ 2,64
– 0,40
– 4,30
+ 0,42
....
– 1,83
– 3,29
– 0,64
+ 0,08
– 1,09
+ 1,22
....
– 0,95
– 1,09
– 0,68
....
– 0,52
– 2,99
+ 2,12
+ 0,56
....
+ 0,13
– 0,29
– 0,13
+ 0,45
– 3,43
+ 6,07
– 0,32
– 1,48
– 6,10
– 3,62
+ 1,28
– 1,26
– 1,15
– 0,45
+ 0,55
[
23 JANV.
VINCI
VIVENDI ENVIRON
VOLVO -AVOLVO -BWARTSILA CORP A
XANSA
FR e
FR e
SE
SE
FI e
GB
DJ
E
STOXX
IND
GO
P
f
72,65
48,86
16,59
17,13
22,80
4,41
382,13
+ 0,21
– 0,39
+ 0,32
– 0,62
....
– 3,21
– 0,76
[
[
[
[
[
[
25 JUIL.
J
V
L
M
M
NEXT PLC
PINAULT PRINT.
SIGNET GROUP
VALORA HLDG N
VENDEX KBB NV
W.H SMITH
WOLSELEY PLC
GB
FR e
GB
CH
NL e
GB
GB
f DJ E STOXX RETL P
ASSURANCES
AEGIS GROUP
AEGON NV
AGF
ALLEANZA ASS
ALLIANZ N
ASR VERZEKERING
AXA
BALOISE HLDG N
BRITANNIC
CGNU
CNP ASSURANCES
CORP MAPFRE R
ERGO VERSICHERU
ETHNIKI GEN INS
EULER
CODAN
FORTIS (B)
GENERALI ASS
GENERALI HLD VI
INDEPENDENT INS
INTERAM HELLEN
IRISH LIFE & PE
FONDIARIA ASS
LEGAL & GENERAL
MEDIOLANUM
MUENCH RUECKVER
SCHW NATL VERS
POHJOLA GRP.B
PRUDENTIAL
RAS
ROYAL SUN ALLIA
SAI
SAMPO-LEONIA -A
SWISS RE N
SCOR
SKANDIA INSURAN
ST JAMES’S PLAC
STOREBRAND
SWISS LIFE REG
TOPDANMARK
ZURICH FINL SVC
GB
NL e
FR e
IT e
DE e
NL e
FR e
CH
GB
GB
FR e
ES e
DE e
GR
FR e
DK
BE e
IT e
AT e
GB
GR
GB
IT e
GB
IT e
DE e
CH
FI e
GB
IT e
GB
IT e
FI e
CH
FR e
SE
GB
NO
CH
DK
CH
1,68
31,03
61,90
12,40
313,50
81,10
31,35
1102,63
14,66
15,91
37
24,04
165
11
55
92,68
29,80
34,75
165,50
0,10
19,80
13,15
5,85
2,66
11,32
316,50
637,28
23,20
13,26
13,20
7,87
15,97
9,90
2368,56
50,65
9,77
6,79
9
705,66
32,24
370,42
378,38
....
– 1,05
– 1,28
+ 0,49
– 0,63
....
– 1,26
....
– 1,96
+ 0,62
....
+ 2,30
– 1,20
+ 2,80
– 0,90
....
+ 0,68
– 1
....
....
– 1,39
– 1,71
– 1,18
+ 2,52
– 0,44
– 1,56
....
+ 0,87
+ 0,99
– 0,38
+ 1,05
+ 1,40
– 0,50
– 0,22
+ 0,30
– 1,09
– 3,02
– 1,37
– 0,65
....
+ 0,18
– 0,98
GB
FR e
GB
GB
GB
NL e
GB
NL e
GB
GB
IT e
GB
FR e
IR e
GB
FR e
GR
FR e
IT e
SE
IT e
FR e
GB
ES e
DE e
PT e
FR e
CH
GB
GB
LU e
GB
ES e
GB
ES e
GB
FR e
GB
NL e
GB
FR e
NL e
NL e
GB
f DJ E STOXX MEDIA P
11,09
3,62
10,34
4,94
11,32
13,58
11
10,35
0,65
2,30
3,98
3,88
10,39
2,25
4,63
56,30
5,94
26,12
8,54
24,65
7,69
15,60
15,46
10,17
15,05
9,91
25,58
358,47
9,56
12,33
56,50
2,51
24,56
3,13
13,12
1,03
34,36
6,09
1,38
11,61
62,90
39
29,47
11,17
338,52
+ 0,74
– 0,28
– 1,55
– 0,33
+ 0,72
– 2,02
– 0,74
– 1,43
+ 5,26
+ 0,71
– 0,25
+ 1,28
– 2,07
– 2,17
– 1,05
– 0,88
+ 0,68
+ 0,81
– 1,04
+ 2,91
– 1,16
– 4
+ 0,64
– 5,83
+ 0,33
+ 0,10
– 2,14
....
– 1,18
+ 1,20
– 5,83
....
– 2,15
– 1,03
– 2,96
– 1,56
+ 3,06
– 2,09
– 5,48
....
– 1,72
– 1,39
+ 0,58
– 0,44
– 1,34
f DJ E STOXX INSU P
MEDIAS
B SKY B GROUP
CANAL PLUS
CAPITAL RADIO
CARLTON COMMUNI
DLY MAIL & GEN
ELSEVIER
EMAP PLC
FOX KIDS EUROPE
FUTURE NETWORK
GRANADA
GRUPPO L’ESPRES
GWR GROUP
HAVAS ADVERTISI
INDP NEWS AND M
INFORMA GROUP
LAGARDERE SCA N
LAMBRAKIS PRESS
M6 METROPOLE TV
MEDIASET
MODERN TIMES GR
MONDADORI
NRJ GROUP
PEARSON
PRISA
PROSIEBEN SAT.1
PT MULTIMEDIA R
PUBLICIS GROUPE
PUBLIGROUPE N
REED INTERNATIO
REUTERS GROUP
RTL GROUP
SMG
SOGECABLE R
TAYLOR NELSON S
TELEFONICA
TELEWEST COMM.
TF1
TRINITY MIRROR
UNITED PAN-EURO
UTD BUSINESS ME
VIVENDI UNIVERS
VNU
WOLTERS KLUWER
WPP GROUP
BIENS DE CONSOMMATION
AHOLD
ALTADIS
AMADEUS GLOBAL
ATHENS MEDICAL
AUSTRIA TABAK A
AVIS EUROPE
BEIERSDORF AG
BIC
BRIT AMER TOBAC
CASINO GP
CLARINS
DELHAIZE
COLRUYT
FIRSTGROUP
FREESERVE
GALLAHER GRP
GIB
GIVAUDAN N
HENKEL KGAA VZ
IMPERIAL TOBACC
JERONIMO MARTIN
KESKO -BL’OREAL
LAURUS NV
MORRISON SUPERM
RECKITT BENCKIS
SAFEWAY
SAINSBURY J. PL
STAGECOACH HLDG
TERRA LYCOS
TESCO PLC
TNT POST GROEP
WANADOO
NL e
ES e
ES e
GR
AT e
GB
DE e
FR e
GB
FR e
FR e
BE e
BE e
GB
GB
GB
BE e
CH
DE e
GB
PT e
FI e
FR e
NL e
GB
GB
GB
GB
GB
ES e
GB
NL e
FR e
f DJ E STOXX N CY G P
35,01
16,13
7,45
4
82,71
2,43
128,50
42,01
8,80
91,80
87
67,50
45,50
5,23
1,55
6,63
45,75
325,61
70,30
12,97
7,81
8,70
78,10
5,85
3,37
17,28
5,88
6,52
1,22
7,06
3,91
22,11
5,75
397,83
– 1,38
– 1,83
– 2,61
+ 2,56
– 0,05
– 1,32
– 1,91
– 0,76
– 1,82
– 0,65
+ 1,16
– 0,44
– 1,09
– 1,83
....
– 11,14
+ 0,55
– 0,20
– 3,96
– 1,73
....
+ 0,58
– 1,76
+ 0,86
– 1,43
+ 1,43
– 2,43
– 6,32
– 1,32
– 3,42
– 1,23
– 3,28
– 0,86
– 1,68
COMMERCE DISTRIBUTION
ALLIANCE UNICHE
AVA ALLG HAND.G
BOOTS CO PLC
BUHRMANN NV
CARREFOUR
CASTO.DUBOIS
CC CARREFOUR
CHARLES VOEGELE
D’IETEREN SA
DEBENHAMS
DIXONS GROUP
GAL LAFAYETTE
GEHE AG
GREAT UNIV STOR
GUCCI GROUP
HENNES & MAURIT
KARSTADT QUELLE
KINGFISHER
MARKS & SPENCER
MATALAN
METRO
GB
DE e
GB
NL e
FR e
FR e
ES e
CH
BE e
GB
GB
FR e
DE e
GB
NL e
SE
DE e
GB
GB
GB
DE e
9,32
38,20
10,65
9,56
62,90
62
15,30
93,10
189
6,60
3,75
171,40
47,95
9,74
91,55
20,67
33,60
6,27
3,86
8,08
43,30
....
+ 0,53
+ 1,08
– 5,25
– 0,40
– 1,20
– 1,29
– 5,56
....
– 1,94
– 1,71
– 0,64
+ 0,52
– 1,81
– 1,77
+ 0,26
+ 0,30
– 3,02
– 4,82
– 0,80
– 1,59
15,04
164,50
1,30
206,45
13,60
8,93
8,21
318,05
– 1,28
– 1,32
....
+ 0,65
– 0,73
– 2,14
– 1,37
– 0,79
HAUTE TECHNOLOGIE
AIXTRON
ALCATEL-AALTEC SA REG.
ARM HOLDINGS
ARC INTERNATION
ASML HOLDING
BAAN COMPANY
BALTIMORE TECH
BAE SYSTEMS
BROKAT
BULL
BUSINESS OBJECT
CAP GEMINI
COMPTEL
DASSAULT SYST.
ERICSSON -BF-SECURE
FILTRONIC
FINMATICA
GETRONICS
GN GREAT NORDIC
INFINEON TECHNO
INFOGRAMES ENTE
INTRACOM R
KEWILL SYSTEMS
LEICA GEOSYSTEM
LOGICA
LOGITECH INTL N
MARCONI
NOKIA
OCE
OLIVETTI
PSION
SAGE GRP
SAGEM
SAP AG
SAP VZ
SEMA
SEZ HLDG N
SIEMENS AG N
MB SOFTWARE
SPIRENT
STMICROELEC SIC
THINK TOOLS
THUS
TIETOENATOR
DE e
FR e
GR
GB
GB
NL e
NL e
GB
GB
DE e
FR e
FR e
FR e
FI e
FR e
SE
FI e
GB
IT e
NL e
DK
DE e
FR e
GR
GB
CH
GB
CH
GB
FI e
NL e
IT e
GB
GB
FR e
DE e
DE e
GB
CH
DE e
DE e
GB
FR e
CH
GB
FI e
f DJ E STOXX TECH P
25,65
16,90
3,60
3,76
0,78
21,35
2,71
0,42
5,85
2,92
1,78
30,08
69,25
5,65
43,50
5,07
0,81
1,91
12,01
3,16
8,26
27,05
16,38
15,34
0,96
308,02
9,71
331,92
1,45
22,01
11,60
2,20
1,43
3,44
54,70
155
153,99
9,09
53,77
56,90
0,28
2,75
33,50
15,60
0,59
22,80
424
+ 0,98
– 4,47
+ 0,56
– 2,12
....
– 3,83
....
+ 4
+ 1,41
+ 5,42
+ 0,56
– 0,99
– 3,15
– 6,61
+ 0,46
– 0,63
– 4,71
– 0,85
– 2,75
– 1,25
....
– 1,64
– 1,33
+ 3,79
– 22,37
– 4,13
– 2,13
+ 1,01
– 2,20
– 1,08
– 1,28
....
....
– 2,31
+ 2,15
– 1,02
....
....
+ 1,25
....
....
– 3,43
– 0,50
+ 2,17
....
+ 0,44
– 0,95
SERVICES COLLECTIFS
ACEA
AEM
BRITISH ENERGY
CENTRICA
EDISON
ELECTRABEL
ELECTRIC PORTUG
ENDESA
ENEL
EVN
FORTUM
GAS NATURAL SDG
HIDRO CANTABRIC
IBERDROLA
INNOGY HOLDINGS
ITALGAS
KELDA
NATIONAL GRID G
INTERNATIONAL P
OESTERR ELEKTR
PENNON GROUP
POWERGEN
SCOTTISH POWER
SEVERN TRENT
SUEZ
SYDKRAFT -ASYDKRAFT -CFENOSA
UNITED UTILITIE
VIRIDIAN GROUP
IT e
IT e
GB
GB
IT e
BE e
PT e
ES e
IT e
AT e
FI e
ES e
ES e
ES e
GB
IT e
GB
GB
GB
AT e
GB
GB
GB
GB
FR e
SE
SE
ES e
GB
GB
f DJ E STOXX PO SUP P
7,55
2,08
4,54
3,49
11,52
246,90
2,90
18,24
3,60
37,70
5,04
19,52
25,05
14,75
3,70
10,21
6,12
8,29
4,92
107,80
10,26
11,86
8
12,56
36,05
25,13
20,73
20,52
10,56
10,69
318,62
+ 0,13
– 0,95
– 2,45
....
....
– 0,56
+ 1,40
– 1,08
....
+ 0,99
– 1,18
– 2,50
– 1,38
– 2,19
– 2,58
– 0,39
– 1,83
– 0,59
– 4,73
– 0,36
+ 3,28
....
– 2,39
– 0,26
– 1,90
....
....
– 0,87
– 0,31
– 0,76
– 1,50
__________________
EURO
NOUVEAU
MARCHE´
25/07
12 h 46
f
Cours
en euros
% Var.
24/07
AMSTERDAM
AIRSPRAY NV
ANTONOV
C/TAC
CARDIO CONTROL
CSS
HITT NV
INNOCONCEPTS NV
NEDGRAPHICS HOLD
SOPHEON
PROLION HOLDING
RING ROSA
UCC GROEP NV
18,30
0,34
1,81
2,11
23,90
7,25
18,20
4,55
0,81
94
0,03
7
– 2,66
....
– 5,73
....
....
– 0,68
– 1,09
....
– 2,41
....
....
....
4,50
0,45
15,25
0,28
9,50
1,60
0,45
....
....
....
....
– 2,46
....
....
115,50
20,32
87,60
16,90
11,40
3,15
5,50
5,05
8,50
2,93
1,90
4,50
6,60
5,90
12,50
4,83
....
....
....
....
....
+ 5
– 0,18
+ 0,60
+ 7,59
– 2,33
....
....
....
....
– 6,44
+ 7,10
BRUXELLES
ARTHUR
ENVIPCO HLD CT
FARDIS B
INTERNOC HLD
INTL BRACHYTHER B
LINK SOFTWARE B
PAYTON PLANAR
FRANCFORT
AIXTRON
AUGUSTA TECHNOLOGIE
BB BIOTECH ZT-D
BB MEDTECH ZT-D
BERTRANDT AG
BETA SYSTEMS SOFTWA
CEYONIQ
CE CONSUMER ELECTRO
CENIT SYSTEMHAUS
DIALOG SEMICOND
DRILLISCH
EDEL MUSIC
ELSA
EM.TV & MERCHANDI
EUROMICRON
GRAPHISOFT NV
e CODES PAYS ZONE EURO
FR : France - DE : Allemagne - ES : Espagne
IT : Italie - PT : Portugal - IR : Irlande
LU : Luxembourg - NL : Pays-Bas - AT : Autriche
FI : Finlande - BE : Belgique - GR : Gre`ce.
CODES PAYS HORS ZONE EURO
CH : Suisse - NO : Norve`ge - SE : Sue`de
GB : Grande-Bretagne - DK : Danemark.
FINANCES ET MARCHÉS
VALEURS FRANCE
VALEURS FRANCE
b Après avoir débuté en baisse, le titre Sanofi-Synthélabo était une hausse de 0,79 %, à
69,8 euros, mercredi 25 juillet, dans les premiers échanges à la Bourse de Paris. Le laboratoire pharmaceutique a annoncé un chiffre d’affaires pour le premier semestre de
3,159 milliards d’euros, en hausse de 9,8 %,
et prévoit une croissance d’au moins 30 %
de son résultat net en 2001.
b Le titre Faurecia pointait à la hausse,
mercredi, à l’ouverture du marché. L’équipementier automobile gagnait 0,47 %, à
64,05 euros. Ce gain fait suite à l’annonce
d’un chiffre d’affaires semestriel de
5,058 milliards d’euros et d’un résultat net
de 7 millions d’euros.
b Après avoir lourdement chuté ces deux
derniers jours jusqu’à atteindre son plus
bas niveau à moins de 5 euros, l’action Genset se reprenait légèrement, de 3,88 % à
5,09 euros, mercredi matin (lire aussi page
10). Les 50 millions d’euros injectés par la
Société générale dans le capital de la société de biotechnologie pourraient avoir rassuré les investisseurs.
b Le titre Valeo perdait 1,23 % à
47,51 euros, mercredi en début de matinée.
L’équipementier automobile a publié une
perte nette de 6 millions d’euros au 2e trimestre 2001 contre un bénéfice de 88 millions un an plus tôt.
_________________________
PREMIER MARCHE´
Cours a` 12 h 30
MERCREDI 25 JUILLET
Dernier jour de ne´gociation des OSRD : 25 juillet
France
Cours
en euros
f
ACCOR ...................
AGF ........................
AFFINE(EXIMM .....
AIR FRANCE G .......
44,08
61,85
38,12
18,95
w
w
w
Paiement
dernier
coupon (1)
Cours
en francs
% Var.
veille
289,15
405,71
250,05
124,30
+ 0,16
– 1,36
+ 0,03
– 1,97
CHEMUNEX # .......
CMT MEDICAL .....
COALA # ................
COHERIS ATIX ......
COIL.......................
CION ET SYS.........
CONSODATA ........
CONSODATA NV ..
CONSORS FRAN ..
CROSS SYSTEM ....
CRYO # ..................
CRYONETWORKS.
CYBERDECK # ......
CYBER PRES.P ......
CYBERSEARCH .....
CYRANO # .............
DALET # ................
DATASQUARE #....
DATATRONIC .......
DESK #...................
DEVOTEAM #........
DMS #....................
D INTERACTIV .....
DIREKT ANLAG ....
DIREKT ANLAG ....
DURAND ALLIZ....
DURAN DUBOI ....
DURAN BS 00 .......
EFFIK # ..................
EGIDE #.................
EMME NV .............
ESI GROUP ...........
ESKER ....................
EUROFINS SCI......
EURO.CARGO S ....
FIMATEX # ............
FI SYSTEM # .........
FI SYSTEM BS.......
FLOREANE MED ..
GAMELOFT COM .
GAUDRIOT #.........
GENERIX # ............
GENESYS #............
GENESYS BS00 .....
GENSET.................
GL TRADE # ..........
GUILLEMOT # ......
GUYANOR ACTI ...
NOUVEAU
MARCHE´
MERCREDI 25 JUILLET
Une se´lection. Cours releve´s a` 12 h 30
Valeurs
Cours
en euros
f
ABEL GUILLEM .....
AB SOFT ................
ACCESS COMME ..
ADL PARTNER ......
ADL PARTNER ......
ALGORIEL #...........
ALPHAMEDIA .......
ALPHA MOS # .......
ALPHA MOS BO....
ALTAMIR & CI ......
ALDETA .................
ALTI #.....................
A NOVO # ..............
ARTPRICE COM....
ASTRA ....................
AUFEMININ.CO ....
AUTOMA TECH ....
AVENIR TELEC ......
AVENIR TELEC ......
BAC MAJESTIC......
BARBARA BUI .......
BCI NAVIGATI .......
BELVEDERE ...........
BOURSE DIREC ....
BRIME TECHNO ...
BRIME TECHN......
BUSINESS ET ........
BUSINESS INT ......
BVRP ACT.DIV.......
CAC SYSTEMES.....
CALL CENTER .......
CARRERE GROU ...
CAST ......................
CEREP ....................
10,05
3,45
4,99
11,60
d
5,10
5,90
1,10
3,70
d
0,15
120,90
d
3,62
7,50
w
19,20
8,80
d
0,75
1,84
5,60
w
1,81
d
0,14
3,45
17,80
5,44
26,60
2,79
39,50
d
1,05
9,60
2,59
w
10,50
3
5,75
17,19
8,80
86,50
Cours
en francs
% Var.
veille
65,92
22,63
32,73
76,09
33,45
38,70
7,22
24,27
0,98
793,05
23,75
49,20
125,94
57,72
4,92
12,07
36,73
11,87
0,92
22,63
116,76
35,68
174,48
18,30
259,10
6,89
62,97
16,99
68,88
19,68
37,72
112,76
57,72
567,40
– 4,29
– 0,29
– 7,42
+ 2,56
...
...
– 6,78
+ 4,23
...
...
...
– 6,25
– 0,52
– 5,88
...
– 0,54
– 1,75
+ 0,56
...
– 1,43
+ 1,71
...
+ 2,70
+ 1,82
– 1,25
...
...
– 1,52
– 0,94
...
– 4,80
– 0,06
– 6,98
– 2,81
14/06
06/06
01/06
29/09
´ metteurs
E
d
d
w
d
d
w
w
d
w
d
0,11
15
16,64
11,20
17,25
1,95
9,11
19,50
2,25
1,45
4,40
2,67
0,97
13
3,15
0,41
2,50
1,98
3,20
0,89
21,55
14
2,67
13,40
11,80
0,76
14,01
0,17
12,90
110,60
12,80
20,14
5,06
12,95
11,75
3,22
3,05
0,15
8
1,02
36,48
25,75
18,55
4,70
5,38
34,40
21
0,23
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
154,90
16,95
9,94
31,96
55
78
6,45
82,70
31,40
127,80
...
41,05
42
96,45
254
52,15
45,95
36,80
47
1,78
30,05
...
65,50
3,62
69,10
41,39
63,05
92,50
64,35
61,60
176,10
95,10
25,05
24,60
48
32,32
77
107
40,25
122,80
52,45
86,15
67
36,66
78,90
173,20
66,55
48,30
58
12,54
43,70
8,40
80
146,50
292,40
43,45
73
14,50
9,86
...
73,60
13,20
24
33
32,05
332,30
85,90
0,72
98,39
109,15
73,47
113,15
12,79
59,76
127,91
14,76
9,51
28,86
17,51
6,36
85,27
20,66
2,69
16,40
12,99
20,99
5,84
141,36
91,83
17,51
87,90
77,40
4,99
91,90
1,12
84,62
725,49
83,96
132,11
33,19
84,95
77,07
21,12
20,01
0,98
52,48
6,69
239,29
168,91
121,68
30,83
35,29
225,65
137,75
1,51
´ CUR. OBLIG. INTERNAT......
E
´ CUR. TECHNOLOGIES ........
E
´ CUR. TRIMESTRIEL D .........
E
´ PARCOURT-SICAV D ...........
E
´ OPTIM C ..........................
GE
SICAV et FCP
Une se´lection.
AIR LIQUIDE...........
ALCATEL.................
ALCATEL O .............
ALSTOM .................
ALTRAN TECHN ....
ATOS ORIGIN.........
ARBEL.....................
AVENTIS .................
AXA .........................
BAIL INVESTI..........
BAZAR HOT. V........
BEGHIN SAY ..........
BIC ..........................
BNPPARIBAS..........
BOLLORE................
BOLLORE INV.........
BONGRAIN ............
BOUYGUES ............
BOUYGUES OFF.....
BULL# .....................
BUSINESS OBJ .......
B T P (LA CI.............
BURELLE (LY) .........
CANAL + .................
CAP GEMINI...........
CARBONE-LORR....
CARREFOUR ..........
CASINO GUICH......
CASINO GUICH......
CASTORAMA DU ...
CEA INDUSTRI.......
CEGID (LY) .............
CEREOL ..................
CERESTAR ..............
CFF.RECYCLIN .......
CGIP .......................
CHARGEURS ..........
CHRISTIAN DA ......
CHRISTIAN DI........
CIC -ACTIONS ........
CIMENTS FRAN .....
CLARINS.................
CLUB MEDITER .....
CNP ASSURANC ....
COFACE ..................
COFLEXIP ...............
COLAS.....................
CONTIN.ENTRE.....
CPR.........................
CRED.FON.FRA......
CREDIT LYONN .....
CS COM.ET SY........
DAMART ................
DANONE ................
DASSAULT-AVI.......
DASSAULT SYS.......
DEVEAUX(LY)# .......
DEV.R.N-P.CA.........
DMC (DOLLFUS.....
DYNACTION ..........
EIFFAGE .................
ELIOR .....................
ELEC.MADAGAS.....
ENTENIAL(EX.........
ERAMET .................
ESSILOR INTL ........
ESSO .......................
1016,08
111,18
65,20
209,64
360,78
511,65
42,31
542,48
205,97
838,31
...
269,27
275,50
632,67
1666,13
342,08
301,41
241,39
308,30
11,68
197,12
...
429,65
23,75
453,27
271,50
413,58
606,76
422,11
404,07
1155,14
623,82
164,32
161,37
314,86
212,01
505,09
701,87
264,02
805,52
344,05
565,11
439,49
240,47
517,55
1136,12
436,54
316,83
380,46
82,26
286,65
55,10
524,77
960,98
1918,02
285,01
478,85
95,11
64,68
...
482,78
86,59
157,43
216,47
210,23
2179,75
563,47
...
...
+ 10,93
+ 5,76
– 3,09
– 4,41
– 9,80
...
– 13,46
– 8,23
– 5,78
+ 3,89
...
...
– 4,26
+ 2,50
+ 0,40
+ 24,53
...
...
– 1,42
– 4,04
– 1,11
...
+ 1,29
+ 1,33
– 0,64
...
+ 0,39
– 1,95
+ 0,39
...
– 3,07
– 13,67
...
– 2,72
+ 8,16
– 6,25
...
– 2,86
+ 0,25
+ 1,78
– 7,02
...
+ 9,80
– 1,57
– 2,10
...
177,64
41,48
274,65
27,97
2289,11
f
Valeurs unitaires e
Euros francs ee
Date
cours
´ CUREUIL E
´ QUILIBRE C .......
E
´ CUREUIL PRUDENCE C ......
E
´ CUREUIL VITALITE
´ C ..........
E
37,81
34,12
42,59
1165,24
272,09
1801,59
183,47
15015,58
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
248,02
223,81
279,37
24/07
24/07
24/07
(2,21 F/mn)
27,11
28,20
177,83
184,98
24/07
24/07
3615 BNP
08 36 68 17 17 (2,21 F/mn)
´ COURT TERME..
MONE
2469,43
´ PLACEMENT C .. 13552,05
MONE
´ PLACEMENT D .. 11832,24
MONE
´ TRE
´ SORERIE ..... 154274,68
MONE
OBLI. CT .......................
163,22
OBLI. LT .......................
33,53
OBLI. MT C...................
150,84
OBLI. MT D ..................
138,39
OBLI. SPREADS.............
182,59
´ SOR ..............
OBLI. TRE
1935,91
16198,40
88895,62
77614,41
1011975,56
1070,65
219,94
989,45
907,78
1197,71
12698,74
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
Fonds communs de placements
´ ASSOCIATIONS..
BNP MONE
1810,67
11877,22
24/07
BANQUE POPULAIRE ASSET MANAGEMENT
01 58 19 40 00
www.bpam.fr
BP OBLI HAUT REND. ..........
106,76
700,30 23/07
´
´
BP MEDITERRANEE DEV. .....
58,61
384,46 23/07
´ CONOMIE ...
BP NOUVELLE E
97,56
639,95 23/07
BP OBLIG. EUROPE ..............
51,13
335,39 24/07
´ CURITE
´ ........................ 101928,17
BP SE
668604,97 24/07
EUROACTION MIDCAP.........
135,96
891,84 24/07
FRUCTI EURO 50 ..................
105,21
690,13 24/07
FRUCTIFRANCE C ................
89,02
583,93 24/07
FRUCTIFONDS FRANCE NM
182,95
1200,07 24/07
www.cdcixis-am.fr
MULTI-PROMOTEURS
CDC IXIS ASSET MANAG ......
´ VELOP. C .......
NORD SUD DE
´ VELOP. D ......
NORD SUD DE
194,53
512,46
395,49
1276,03
3361,52
2594,24
22/07
22/07
22/07
Sicav en ligne :
08 36 68 09 00 (2,21 F/mn)
1,2,3... FUTUR ............
ACTIONS EUROP. C ...
ACTIONS FUTUR .......
CAPITALISATION C ....
DYNAMIQUE+ D PEA .
´ NERGIE D PEA .........
E
EXPANSION C ............
EXPANSIONPLUS C....
INVESTISSEMENTS ....
´ TAIRE C ...........
MONE
´ TAIRE D...........
MONE
54,33
18,90
68,61
43,40
45,64
45,55
14587,51
41,75
55,59
221,67
191,16
356,38
123,98
450,05
284,69
299,38
298,79
95687,79
273,86
364,65
1454,06
1253,93
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
ATOUT CROISSANCE D.........
ATOUT EUROPE C ................
ATOUT FRANCE C.................
ATOUT FRANCE D ................
ATOUT FRANCE ASIE D ........
ATOUT FRANCE EUROPE D ..
ATOUT FRANCE MONDE D ..
ATOUT MONDE C.................
´ LECTION D ...........
ATOUT SE
CAPITOP EUROBLIG C ..........
CAPITOP EUROBLIG D..........
CAPITOP MONDOBLIG C......
CAPITOP REVENUS D ...........
` ZE C ................................
DIE
INDICIA EUROLAND D .........
INDICIA FRANCE D ..............
´ RIQUE C .......
INDOCAM AME
INDOCAM ASIE C .................
INDOCAM FRANCE C ...........
INDOCAM FRANCE D ...........
INDOCAM MULTI OBLIG. C ..
401,68
546,78
210,99
191,20
83,30
190,08
47,35
58,63
113,68
99,05
81,72
43,86
171,21
449,24
119,07
401,15
43,60
19,53
361,41
297,07
182,42
2634,85
3586,64
1384
1254,19
546,41
1246,84
310,60
384,59
745,69
649,73
536,05
287,70
1123,06
2946,82
781,05
2631,37
286
128,11
2370,69
1948,65
1196,60
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
23/07
23/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
551,66
1247,11
1228,87
663,70
1922,54
295,64
94,92
198,49
87,90
128,11
120,11
125,42
114,14
104,23
101,74
117,02
102,72
510,66
543
23/07
26/07
26/07
24/07
23/07
20/07
20/07
20/07
20/07
23/07
23/07
23/07
23/07
23/07
23/07
23/07
23/07
24/07
24/07
Fonds communs de placements
ATOUT VALEUR D.................
´ TAIRE C .......
CAPITOP MONE
´ TAIRE D.......
CAPITOP MONE
INDOCAM FONCIER .............
INDOCAM VAL. RESTR. C .....
MASTER ACTIONS C .............
MASTER DUO C ....................
MASTER OBLIGATIONS C .....
MASTER PEA D .....................
OPTALIS DYNAMIQ. C ..........
OPTALIS DYNAMIQ. D ..........
´ QUILIB. C .............
OPTALIS E
´ QUILIB. D .............
OPTALIS E
OPTALIS EXPANSION C ........
OPTALIS EXPANSION D ........
´ RE
´ NITE
´ C ...........
OPTALIS SE
´ RE
´ NITE
´ D ...........
OPTALIS SE
PACTE SOL. LOGEM..............
PACTE SOL.TIERS MONDE....
84,10
190,12
187,34
101,18
293,09
45,07
14,47
30,26
13,40
19,53
18,31
19,12
17,40
15,89
15,51
17,84
15,66
77,85
82,78
www.cic-am.com
AURECIC...............................
CIC CAPIRENTE MT C...........
CIC CAPIRENTE MT D ..........
´ RIQUE LATINE ........
CIC AME
CIC CONVERTIBLES ..............
CIC COURT TERME C ...........
CIC COURT TERME D ...........
CIC ECOCIC ..........................
105,05
35,30
26,81
117,05
5,72
33,87
26,79
389,95
EULER .................... w
55,05
EURAZEO............... w
64,20
EURO DISNEY ....... w
1,07
EUROTUNNEL ...... w
1,01
FAURECIA .............. w
64,40
FIMALAC................ w
44,29
F.F.P. (NY)..............
110,10
FINAXA ..................
102,70
FONC.LYON.#........
32,40
FRANCE TELEC ..... w
47,26
FROMAGERIES......
...
GALERIES LAF ....... w 172,80
GAUMONT # .........
42,75
GECINA.................. w
95
GENERALE DE.......
20
GEOPHYSIQUE...... w
55,60
GFI INFORMAT ..... w
16,61
GRANDVISION ...... w
18,58
GROUPE ANDRE ...
112,40
GROUPE GASCO ...
81,20
GR.ZANNIER ( .......
89,90
GROUPE PARTO....
74,20
GUYENNE GASC ... w
85,85
HAVAS ADVERT ..... w
10,40
IMERYS .................. w 118,70
IMMOBANQUE .....
127
IMMEUBLES DE ....
...
INFOGRAMES E .... w
16,15
IM.MARSEILLA ......
3290
INGENICO ............. w
23,67
ISIS ......................... w 149
JC DECAUX ............ w
14
KAUFMAN ET B..... w
19,87
KLEPIERRE ............ w 104,40
LAFARGE ............... w
96
LAGARDERE .......... w
56,25
LAPEYRE ................ w
54,20
LEBON (CIE) ..........
55,50
LEGRAND ORD. ....
190
LEGRIS INDUS ...... w
53,20
LIBERTY SURF .......
3,52
LOCINDUS.............
124,80
L’OREAL ................. w
78,25
LOUVRE #...............
87,50
LVMH MOET HE.... w
56,05
MARINE WENDE... w
55,60
MAUREL ET PR......
15,90
METALEUROP .......
5,19
MICHELIN ............. w
35,17
MARIONNAUD P .. b
55,45
MONTUPET SA......
14,20
MOULINEX ............
2,70
NATEXIS BQ P ....... w
99,65
NEOPOST .............. w
32,95
NEXANS ................. w
29,95
NORBERT DENT ...
21,51
NORD-EST.............
28
NRJ GROUP ........... w
15,50
OBERTHUR CAR.... w
10,20
OLIPAR...................
8
ORANGE ................ w
8,83
OXYG.EXT-ORI.......
388,20
PECHINEY ACT...... w
55,10
PECHINEY B P .......
53,60
PENAUILLE PO ...... w
61,55
PERNOD-RICAR .... w
83
PEUGEOT .............. w
52,05
HF COMPANY .......
HIGH CO.#.............
HIGH CO ACT. ...... d
HIGH BON DE ...... d
HIGHWAVE OPT ... w
HIMALAYA .............
HI MEDIA ..............
HOLOGRAM IND ..
HUBWOO.COM .....
IB GROUP.COM ....
IDP .........................
IDP BON 98 (......... d
INTERACTIF B....... d
INTERACTIF B....... d
IGE + XAO ...............
ILOG # ....................
IMECOM GROUP .. d
INFOSOURCES ......
INFOSOURCE B .... d
INFOTEL # .............
INFO VISTA ...........
INTEGRA NET ....... w
INTEGRA ACT. ......
INTERCALL #.........
IPSOS # .................. w
IPSOS BS00 ............ d
ITESOFT .................
IT LINK...................
IXO..........................
JOLIEZ REGOL....... d
KALISTO ENTE ...... d
KEYRUS PROGI .....
KAZIBAO ................
LA COMPAGNIE....
LEXIBOOK #...........
LINEDATA SER......
LYCOS EUROPE.....
MEDCOST #...........
MEDIDEP #............
MEMSCAP .............
METROLOGIC G ...
MICROPOLE ..........
MILLIMAGES .........
MONDIAL PECH ...
MULTIMANIA........
NATUREX...............
NET2S # .................
NETGEM ................ w
08 36 68 56 55
AGIPI AMBITION (AXA) ........
AGIPI ACTIONS (AXA) ...........
´ CUR.
E
´ CUR.
E
´ CUR.
E
´ CUR.
E
´ CUR.
E
´ CUR.
E
´ CUR.
E
´ CUR.
E
´ CUR.
E
´ CUR.
E
´ CUR.
E
10/05
07/05
07/05
11/09
02/07
...
01/07
25/06
14/05
31/05
05/06
...
15/06
11/06
26/06
26/06
11/05
08/06
31/05
...
...
15/07
12/06
02/05
18/05
09/05
03/05
11/06
11/06
11/06
17/07
20/06
...
...
30/03
08/06
20/07
04/07
05/06
06/06
20/06
20/07
20/03
15/06
14/05
05/06
29/05
13/06
...
03/07
09/05
...
20/12
06/06
10/05
25/06
02/07
18/06
20/06
10/07
30/04
23/04
...
06/06
15/06
21/05
27/06
Cours de cloˆture le 24 juillet Fonds communs de placements
AGIPI
BNP
BNP
BNP
BNP
BNP
BNP
BNP
BNP
BNP
BNP
– 1,78
– 4,18
– 1,39
+ 0,44
– 2,31
...
– 0,62
– 0,36
– 1,10
...
...
+ 1,11
– 0,78
– 0,57
– 1,36
+ 0,10
– 0,11
+ 0,96
– 0,78
+ 0,56
– 1,09
...
+ 1,63
– 0,28
– 3,36
– 2,15
– 0,16
+ 0,11
– 0,08
– 1,83
– 4,81
– 1,19
– 0,79
+ 6,96
...
– 0,89
+ 1,32
+ 1,13
– 0,49
...
...
+ 0,17
– 1,47
– 0,92
– 0,50
+ 1,29
– 1,84
– 2,17
...
– 0,08
– 0,68
...
– 2,44
...
– 1,55
+ 0,35
+ 1,53
...
– 0,10
...
– 1,67
+ 0,76
+ 0,04
– 5,71
– 4,36
– 1,10
+ 0,47
689,08
231,55
175,86
767,80
37,52
222,17
175,73
2557,90
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
52,50
108
89
4,50
5,70
2,58
0,95
5,35
2
4,38
1,78
1,07
0,15
0,30
9
10,99
1,70
0,60
1,45
28
4,49
2,09
...
1,59
62,50
1,75
2,60
3,72
0,55
0,92
1,35
1,41
0,92
7,10
16
22,10
0,80
5,35
120,60
2,65
63,05
6,10
9,90
3,51
2,70
14,20
6,99
2,29
344,38
708,43
583,80
29,52
37,39
16,92
6,23
35,09
13,12
28,73
11,68
7,02
0,98
1,97
59,04
72,09
11,15
3,94
9,51
183,67
29,45
13,71
...
10,43
409,97
11,48
17,05
24,40
3,61
6,03
8,86
9,25
6,03
46,57
104,95
144,97
5,25
35,09
791,08
17,38
413,58
40,01
64,94
23,02
17,71
93,15
45,85
15,02
...
+ 2,86
...
...
– 2,73
– 4,44
– 1,04
...
– 4,31
– 0,23
+ 9,88
...
...
...
...
+ 2,23
...
– 1,64
...
– 1,23
– 0,22
– 4,57
...
– 1,85
– 3,85
...
– 0,38
– 4,62
...
...
...
– 5,37
– 2,13
+ 1,43
+ 0,06
...
...
– 0,37
– 3,52
...
+ 0,08
– 3,17
– 0,90
...
– 3,57
– 4,70
+ 4,64
– 15,50
CIC ELITE EUROPE...............
´ PARGNE DYNAM. C.....
CIC E
´ PARGNE DYNAM. D ....
CIC E
CIC EUROLEADERS ..............
CIC FRANCE C .....................
CIC FRANCE D .....................
CIC HORIZON C...................
CIC HORIZON D ..................
CIC MENSUEL ......................
CIC MONDE PEA..................
CIC OBLI COURT TERME C ..
CIC OBLI COURT TEME D ....
CIC OBLI LONG TERME C ....
CIC OBLI LONG TERME D....
CIC OBLI MONDE ................
CIC ORIENT .........................
CIC PIERRE ..........................
MONEYCIC DOLLAR ............
361,10
421,12
7,02
6,63
422,44
290,52
722,21
673,67
212,53
310,01
...
1133,49
280,42
623,16
131,19
364,71
108,95
121,88
737,30
532,64
589,71
486,72
563,14
68,22
778,62
833,07
...
105,94
21580,99
155,27
977,38
91,83
130,34
684,82
629,72
368,98
355,53
364,06
1246,32
348,97
23,09
818,63
513,29
573,96
367,66
364,71
104,30
34,04
230,70
363,73
93,15
17,71
653,66
216,14
196,46
141,10
183,67
101,67
66,91
52,48
57,92
2546,43
361,43
351,59
403,74
544,44
341,43
– 0,81
– 1,23
...
– 3,81
+ 1,02
+ 0,66
– 0,09
– 7,23
...
– 1,54
...
+ 0,17
...
...
+ 1,57
– 1,24
– 3,15
– 3,73
– 2,18
...
– 1,10
– 3,64
– 1,83
– 1,98
– 1,82
+ 0,55
...
– 2,71
– 0,15
– 4,17
+ 1,36
...
– 0,05
+ 0,38
– 2,83
– 0,97
– 1,45
...
– 5,94
+ 0,38
– 4,09
+ 0,24
– 1,57
– 1,69
– 0,27
+ 0,09
+ 3,05
– 3,53
– 0,59
– 2,46
– 0,70
– 6,90
– 0,35
– 0,30
+ 0,30
– 0,05
...
– 4,62
+ 0,10
+ 1,27
–2
– 0,08
– 3,92
– 7,19
– 2,30
– 0,60
– 1,05
NETVALUE # .........
NEURONES # ........
NICOX #.................
OLITEC...................
OPTIMS # ..............
OXIS INTL RG .......
PERFECT TECH ....
PERF.TECHNO......
PHARMAGEST I ....
PHONE SYS.NE.....
PICOGIGA..............
PROSODIE #..........
PROSODIE BS .......
PROLOGUE SOF ...
PROXIDIS ..............
QUALIFLOW ..........
QUANTEL ..............
R2I SANTE .............
R2I SANTE BO ......
RECIF # ..................
REPONSE # ...........
REGINA RUBEN ...
RIBER #..................
RIGIFLEX INT........
RISC TECHNOL ....
SAVEURS DE F ......
GUILLEMOT BS ....
SELF TRADE..........
SILICOMP #...........
SITICOM GROU ....
SODITECH ING ....
SOFT COMPUTI....
SOI TEC SILI..........
SOI TEC BS 0.........
SOLUCOM .............
SOLUCOM ACT. ....
SQLI .......................
SQLI ACT.NOU......
STACI # ..................
STELAX...................
SYNELEC # ............
SYSTAR # ...............
SYSTRAN ...............
TEL.RES.SERV........
TELECOM CITY.....
TETE DS LES .........
THERMATECH I....
TITUS INTERA ......
137,52
2045,38
1613,29
414,46
38,31
38,31
66,76
64,38
1431,64
30,77
24,34
19,32
15,10
14,92
392,78
152,12
36,35
1407,19
02/05
26/04
30/09
...
05/07
07/06
14/06
27/06
28/05
14/06
16/07
13/06
11/05
20/06
...
12/07
25/07
31/05
31/05
30/05
02/07
10/04
07/06
17/07
02/07
12/06
02/06
...
06/07
03/07
29/06
...
01/06
20/04
05/07
25/05
05/06
16/05
...
15/06
...
02/07
08/06
11/06
05/06
30/11
31/03
04/07
22/05
...
30/06
14/09
05/06
...
...
06/06
12/06
15/03
...
...
...
29/06
02/05
02/05
20/06
10/05
23/05
1,61
3,60
60
18,70
2,40
d
0,21
12,68
d
0,51
18,02
d
2,55
6,11
37,50
d
8,76
d
5,61
0,90
4,99
3,05
7,50
d
0,04
20,80
24
0,61
4,45
118
7,51
8,20
9
2,79
26
8,62
5,35
3,90
w
17,55
d
9,01
33
d
47,76
1,95
d
3,10
1,83
0,63
13,30
4,16
3,08
2,81
4
1,58
23
6,15
902,07
13416,81
10582,49
2718,68
251,30
251,30
437,92
422,31
9390,94
201,84
159,66
126,73
99,05
97,87
2576,47
997,84
238,44
....
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
20/07
24/07
24/07
24/07
5500,07
77,53
75,44
3442,92
62,78
7041,17
40,01
162,74
127,32
895,32
1267,31
615,81
133,22
2206,77
674,06
1741,43
20/07
24/07
24/07
24/07
24/07
20/07
24/07
23/07
23/07
23/07
20/07
24/07
24/07
24/07
10/07
24/07
Fonds communs de placements
´ RE
´ NITE
´ .............
CIAL PEA SE
CIC EUROPEA C ...................
CIC EUROPEA D ...................
´ ....
CIC EURO OPPORTUNITE
CIC JAPON ...........................
´S E
´ MERGENTS
CIC MARCHE
´ ......
CIC NOUVEAU MARCHE
CIC PROFIL DYNAMIQUE.....
´ QUILIBRE........
CIC PROFIL E
´ RE
´ ..........
CIC PROFIL TEMPE
CIC TAUX VARIABLES ...........
CIC TECHNO. COM ..............
CIC USA ...............................
CIC VAL. NOUVELLES ...........
GTI PUNCH .........................
´ OPARD MULTIVALOR .......
LE
838,48
11,82
11,50
524,87
9,57
1073,42
6,10
24,81
19,41
136,49
193,20
93,88
20,31
336,42
102,76
265,48
´ .............
EURCO SOLIDARITE
LION 20000 C/3 11/06/99 .......
LION 20000 D/3 11/06/99 .......
SICAV 5000 ...........................
SLIVAFRANCE ......................
SLIVARENTE.........................
SLIVINTER ...........................
TRILION...............................
225,30
486,20
424,46
170,22
294,97
38,90
162,40
744,14
b
PINAULT-PRIN ......
PLASTIC OMN........
PROVIMI ................
PSB INDUSTRI.......
PUBLICIS GR..........
REMY COINTRE.....
RENAULT ...............
REXEL .....................
RHODIA .................
ROCHETTE (LA ......
ROYAL CANIN........
ROUGIER #.............
RUE IMPERIAL .......
LEGRAND ADP ......
SADE (NY) ..............
SAGEM S.A. ............
SAGEM ADP...........
SAINT-GOBAIN......
SALVEPAR (NY .......
SANOFI SYNTH......
SCHNEIDER EL......
SCOR ......................
S.E.B........................
SEITA ......................
SELECTIBAIL(.........
SIDEL......................
SILIC .......................
SIMCO ....................
SKIS ROSSIGN .......
SOCIETE GENE ......
SODEXHO ALLI ......
SOGEPARC (FI .......
SOMMER-ALLIB ....
SOPHIA ..................
SOPRA # .................
SPIR COMMUNI ....
SR TELEPERFO ......
STUDIOCANAL ......
SUCR.PITHIVI ........
SUEZ.......................
TAITTINGER ..........
THALES ..................
TF1..........................
TECHNIP................
THOMSON MULT .
TOTAL FINA E ........
TRANSICIEL # ........
UBI SOFT ENT .......
UNIBAIL .................
UNILOG .................
USINOR..................
VALEO ....................
VALLOUREC ...........
VICAT......................
VINCI ......................
VIVENDI ENVI ........
VIVENDI UNIV .......
WANADOO.............
WORMS (EX.SO ......
ZODIAC ..................
................................
................................
................................
................................
................................
................................
................................
10,56
23,61
393,57
122,66
15,74
1,38
83,18
3,35
118,20
16,73
40,08
245,98
57,46
36,80
5,90
32,73
20,01
49,20
0,26
136,44
157,43
4
29,19
774,03
49,26
53,79
59,04
18,30
170,55
56,54
35,09
25,58
115,12
59,10
216,47
313,29
12,79
20,33
12
4,13
87,24
27,29
20,20
18,43
26,24
10,36
150,87
40,34
CM
CM
CM
CM
CM
CM
CM
CM
– 0,62
...
– 6,25
– 1,58
– 0,41
...
– 0,39
...
– 5,16
...
– 2,24
– 3,38
...
...
+ 1,12
– 0,20
+ 2,01
...
...
– 5,45
– 3,61
+ 3,39
– 1,11
– 0,84
– 3,10
– 4,65
– 10
+ 0,36
– 1,14
– 4,75
+ 0,94
– 2,50
– 1,68
...
– 2,94
...
+ 2,09
...
– 8,50
– 8,70
+ 2,31
– 3,48
+ 1,99
...
...
...
...
– 1,60
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
w
164,20
90,50
15,80
86
25,56
34,10
51
66,55
12,50
7,92
134,20
...
1700
152,50
47,60
54,30
39,26
155,60
63,05
67,70
58,70
50,50
55,05
44,10
15,12
50
170,50
79,85
16
61,35
57,55
...
54,60
32,68
54,90
80,90
23,50
...
408
35,90
817
43,35
34,40
143
34,70
153,10
39,30
36,75
63,30
71,95
12,60
49,55
55,20
60,30
71,85
48,87
63,50
5,73
19,21
280,20
...
...
...
...
...
...
...
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
23/07
Fonds communs de placements
ACTILION DYNAMIQUE C ....
ACTILION DYNAMIQUE D....
ACTILION PEA DYNAMIQUE
´ QUILIBRE C .......
ACTILION E
´ QUILIBRE D.......
ACTILION E
´ QUILIBRE ...
ACTILION PEA E
ACTILION PRUDENCE C ......
ACTILION PRUDENCE D ......
INTERLION ..........................
LION ACTION EURO ............
LION PEA EURO ...................
191,72
180,59
70,84
181,33
169,54
171,90
173,50
161,68
227,79
97,18
98,39
1257,60
1184,59
464,68
1189,45
1112,11
1127,59
1138,09
1060,55
1494,20
637,46
645,40
24/07
24/07
24/07
23/07
23/07
24/07
24/07
24/07
23/07
24/07
24/07
CM EURO PEA......................
CM EUROPE TECHNOL ........
CM FRANCE ACTIONS .........
23,25
4,76
37,34
152,51
31,22
244,93
24/07
24/07
24/07
– 1,50
– 1,63
– 1,25
– 1,09
– 2,22
+ 0,44
+ 0,10
+ 0,08
– 0,24
–1
...
...
– 0,06
– 1,68
+ 0,15
+ 1,40
+ 1,32
– 3,89
– 0,71
– 2,24
– 0,84
...
+ 0,55
– 0,34
– 0,85
...
– 0,29
– 0,13
...
– 1,13
– 0,17
...
– 2,50
– 0,06
– 1,08
– 1,04
+ 0,21
...
– 0,49
– 2,31
– 0,12
– 1,14
+ 3,18
+ 0,85
– 2,39
– 0,91
– 0,66
– 0,65
– 1,71
+ 0,21
– 0,87
+ 3,01
– 1,25
– 1,95
– 0,90
– 0,37
– 0,78
– 1,21
– 1,49
+ 0,32
...
...
...
...
...
...
...
08/06
22/05
...
01/06
10/07
31/08
05/06
01/06
15/05
15/06
04/05
04/07
06/06
...
12/06
10/07
10/07
02/07
04/07
01/06
07/05
02/05
08/06
16/07
31/05
...
12/06
20/06
21/09
11/05
06/03
04/07
...
18/05
05/07
31/05
16/07
19/06
27/09
09/05
05/07
11/06
31/05
31/05
...
29/05
19/06
...
12/06
28/06
06/06
01/06
04/07
01/08
27/06
10/05
02/05
...
27/04
18/01
...
...
...
...
...
...
...
International
Une se´lection
AB GROUPE ..........
ACTIELEC TEC ......
ALGECO #..............
ALTEDIA ................
ALTEN (SVN) ........ w
APRIL S.A.#( ..........
ARKOPHARMA # ..
ASSYSTEM # .........
AUBAY ...................
BENETEAU #.........
BOIRON (LY)#.......
BONDUELLE .........
BQUE TARNEAU...
BRICORAMA # ......
BRIOCHE PASQ ....
BUFFALO GRIL .....
C.A. OISE CC .........
C.A. PARIS I...........
C.A.PAS CAL..........
CDA-CIE DES ........
CEGEDIM #...........
CIE FIN.ST-H ........ d
CNIM #..................
COFITEM-COFI.....
DANE-ELEC ME....
ENTRELEC GRO ...
ETAM DEVELOP ...
EUROPEENNE C...
EXPAND S.A.......... d
FINATIS(EX.L ........
FININFO................
FLEURY MICHO ...
FOCAL (GROUP....
GECI INTL.............
MID. ACT. FRANCE ........
MONDE ACTIONS ..........
OBLIG. LONG TERME ....
OPTION DYNAM. ...........
´ QUIL...............
OPTION E
OBLIG. COURT TERME ..
OBLIG. MOYEN TERME..
OBLIG. QUATRE .............
34,34
334,36
105,61
32,46
53,65
161,93
334,39
164,13
39,25
5,96
90,05
36
103
19,60
47,20
50,40
8,35
97
84
43,30
96,40
51,95
83,85
10,40
98
64,90
147,50
45,97
50,90
130
54
58,60
2,10
60,50
11,10
47
54,85
142,90
35
23
65
12,99
´ RATION .
CM OPTION MODE
19,19
– 0,13
– 3,87
+ 0,28
...
...
+ 0,51
+ 0,43
+ 1,20
+ 8,44
– 2,51
– 1,18
– 1,59
– 0,05
– 2,53
– 0,06
– 0,95
...
+ 1,41
+ 0,14
– 0,02
+ 3,88
...
– 1,28
+ 0,26
– 10,64
...
+ 0,91
– 0,21
...
...
...
– 0,65
– 1,52
...
125,88
24/07
ASSET MANAGEMENT
´ RIQUE 2000 ...................
AME
ASIE 2000..............................
NOUVELLE EUROPE .............
´ CAPITAL C .
SAINT-HONORE
´ CAPITAL D .
SAINT-HONORE
´
ST-HONORE CONVERTIBLES
´ FRANCE ...........
ST-HONORE
´ PACIFIQUE.......
ST-HONORE
´ TECH. MEDIA ..
ST-HONORE
´ VIE SANTE
´ .......
ST-HONORE
´ WORLD LEAD. .
ST-HONORE
WEB INTERNATIONAL .........
GENERALE LOC ....
25
163,99 – 0,12
GEODIS ..................
39
255,82 – 2,50
GFI INDUSTRI.......
29,49
193,44 + 1,34
GRAND MARNIE .. d 7900,50 51823,88 ...
GROUPE BOURB... d
45,10
295,84 ...
GROUPE CRIT .......
18
118,07 ...
GROUPE J.C.D .......
150
983,94 – 0,27
HERMES INTL....... w 161,40 1058,71 – 1,88
HYPARLO #(LY ......
31,88
209,12 – 0,06
IMS(INT.META ......
8,03
52,67 – 0,37
INTER PARFUM ....
71
465,73 ...
JET MULTIMED ....
37
242,70 – 1,33
LAURENT-PERR ....
31,15
204,33 + 0,03
LDC ........................
142
931,46 + 5,58
LECTRA (B) # .........
4,87
31,95 + 3,62
LOUIS DREYFU ..... d
10
65,60 ...
LVL MEDICAL........
18,01
118,14 + 0,33
M6-METR.TV A...... w
26,08
171,07 + 0,66
MANITOU #...........
64,95
426,04 – 0,08
MANUTAN INTE...
38
249,26 – 1,27
PARC DES EXP ...... d
117
767,47 ...
PCAS #....................
22,01
144,38 – 0,68
PETIT FOREST.......
43,50
285,34 ...
PIERRE VACAN......
67,50
442,77 ...
PINGUELY HAU .... w
16,26
106,66 – 0,25
POCHET ................. d
119
780,59 ...
RADIALL # .............
77
505,09 ...
RALLYE (LY)........... w
56
367,34 – 0,36
ROCANI(EX FI ....... b
12
78,71 ...
RODRIGUEZ GR ... w
53,90
353,56 – 2,97
SABATE-DIOSO .....
18,54
121,61 – 23,23
SECHE ENVIRO .....
96
629,72 – 1,03
SINOP.ASSET.........
20
131,19 – 1,48
SIPAREX CROI .......
28,75
188,59 + 0,52
SOLERI ...................
258
1692,37 + 1,18
SOLVING #.............
69,90
458,51 + 0,07
STEF-TFE # ............
49
321,42 ...
STERIA GROUP .....
114
747,79 – 0,18
SYLEA ..................... d
48,80
320,11 ...
SYLIS # ...................
23,20
152,18 + 8,21
SYNERGIE (EX .......
28,90
189,57 – 4,46
TEAM PARTNER ...
7,44
48,80 – 6,30
TRIGANO ............... w
34
223,03 – 2,72
UNION FIN.FR ......
36
236,14 + 0,56
VILMOR.CLAUS .....
72,95
478,52 ...
VIRBAC...................
91
596,92 + 0,55
................................
...
...
...
................................
...
...
...
´ NITUDE D PEA ...............
PLE
POSTE GESTION C................
POSTE GESTION D ...............
` RE .................
POSTE PREMIE
` RE 1 AN ........
POSTE PREMIE
` RE 2-3 ...........
POSTE PREMIE
PRIMIEL EUROPE C ..............
REVENUS TRIMESTRIELS .....
´ SORA C ..........................
THE
´ SORA D ..........................
THE
´ SORYS C .........................
TRE
SOLSTICE D ..........................
905,75
480,36
1501,68
23254,13
21582,82
2195,49
392,59
642,51
767,86
2586,90
665,27
184,78
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
214,47
1406,83
23/07
42094,53
65273,63
23/07
23/07
Fonds communs de placements
´ GIE CAC ...................
STRATE
´ GIE INDICE USA.......
STRATE
6417,27
9950,90
www.lapostefinance.fr
Sicav Info Poste :
08 36 68 50 10 (2,21 F/mn)
ADDILYS D ...........................
´ RIQUE C....
AMPLITUDE AME
´ RIQUE D ...
AMPLITUDE AME
AMPLITUDE EUROPE C ........
AMPLITUDE EUROPE D........
AMPLITUDE FRANCE ...........
AMPLITUDE MONDE C ........
AMPLITUDE MONDE D ........
AMPLITUDE PACIFIQUE C....
AMPLITUDE PACIFIQUE D ...
´ LANCIEL EURO D PEA ........
E
´ LANCIEL FRANCE D PEA ....
E
´ MERGENCE E.POST.D PEA .
E
´ OBILYS C .........................
GE
´ OBILYS D .........................
GE
INTENSYS C .........................
INTENSYS D.........................
KALEIS DYNAMISME C .........
KALEIS DYNAMISME D ........
KALEIS DYNAMISME FR C....
´ QUILIBRE C ............
KALEIS E
´ QUILIBRE D............
KALEIS E
´ RE
´ NITE
´ C..............
KALEIS SE
´ RE
´ NITE
´ D .............
KALEIS SE
KALEIS TONUS C..................
OBLITYS C ............................
OBLITYS D ...........................
44,33
2588,94
2295,05
7034,54
41785,21
8995,28
60,66
786,09
184,61
154,11
46899,73
361,02
290,79
16982,33
15054,54
46143,56
274093,01
59005,17
397,90
5156,41
1210,96
1010,90
307642,06
2368,14
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
587,02
446,90
658,32
227,29
312,04
592,33
564,91
1275,71
1171,08
669,60
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
Fonds communs de placements
138,08
73,23
228,93
3545,07
3290,28
334,70
59,85
97,95
117,06
394,37
101,42
28,17
´ DIALYS FINANCE .............
DE
´ DIALYS MULTI-SECT. .......
DE
´ DIALYS SANTE
´ .................
DE
´ DIALYS TECHNOLOGIES ..
DE
´ DIALYS TELECOM ............
DE
POSTE EUROPE C .................
POSTE EUROPE D.................
` RE 8 ANS C ...
POSTE PREMIE
` RE 8 ANS D ...
POSTE PREMIE
REMUNYS PLUS ...................
105,96
105,12
27,88
27
34,20
32,76
90,72
241,82
216,91
17,34
16,57
106,27
43,80
32,39
118,95
108,45
20,41
17,35
226,70
220,48
83,36
203,93
197,56
190,79
184,43
75,41
111,22
109,48
695,05
689,54
182,88
177,11
224,34
214,89
595,08
1586,24
1422,84
113,74
108,69
697,09
287,31
212,46
780,26
711,39
133,88
113,81
1487,05
1446,25
546,81
1337,69
1295,91
1251,50
1209,78
494,66
729,56
718,14
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
89,49
68,13
100,36
34,65
47,57
90,30
86,12
194,48
178,53
102,08
SG ASSET MANAGEMENT
Serveur vocal :
08 36 68 36 62 (2,21 F/mn)
LEGAL & GENERAL BANK
´ GIE IND. EUROPE ....
STRATE
14/05
10/08
03/05
30/03
01/08
15/06
15/05
20/11
16/05
23/04
30/07
12/06
31/12
03/05
20/06
05/04
01/06
25/07
09/06
23/03
30/03
10/12
02/05
09/06
25/04
13/11
01/07
15/06
31/12
01/12
02/07
31/12
11/04
21/05
07/06
10/07
16/08
06/04
06/07
31/12
23/05
31/12
31/12
10/12
10/06
...
Lundi date´ mardi : % variation 31/12 ; Mardi date´ mercredi :
montant du coupon en euros ; Mercredi date´ jeudi : paiement
dernier coupon ; Jeudi date´ vendredi : compensation ;
´ samedi : nominal.
Vendredi date
257,46
39,10
590,69
236,14
675,64
128,57
309,61
330,60
54,77
636,28
551
284,03
632,34
340,77
550,02
68,22
642,84
425,72
967,54
301,54
333,88
852,74
354,22
384,39
13,78
396,85
72,81
308,30
359,79
937,36
229,58
150,87
426,37
85,21
Fonds communs de placements
w
– 3,90
– 0,23
...
+ 3,92
– 1,73
+ 0,34
– 0,94
+ 5,39
...
– 1,02
– 5,68
– 0,67
– 1,90
– 2,65
+ 1,79
– 1,17
+ 1,38
– 0,98
– 4,18
– 0,42
+ 0,48
+ 3,17
+ 2,27
– 0,08
+ 0,61
...
– 1,31
– 3,79
+1
+ 0,06
– 0,74
+ 4,74
– 1,95
+ 0,40
– 0,28
+ 0,58
– 0,77
– 3,83
– 1,14
...
...
+ 0,31
...
...
– 1,93
– 4,26
DERNIE`RE COLONNE PREMIER MARCHE´ (1) :
% Var.
veille
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
w
330,93
284,69
...
280,16
145,62
115,84
413,91
25,65
...
76,75
249,26
323,06
6,76
103,64
1081,67
33,13
192,85
330,93
458,84
30,83
40,87
64,09
85,54
782,56
43,23
307,97
322,27
41,65
106,33
212,01
485,74
59,43
1584,14
310,40
301,54
340,11
506,73
115,45
398,82
...
...
427,36
...
35,42
551,33
2,95
Paiement
dernier
coupon (1)
1 ou 2 = cate´gories de cotation - sans indication cate´gorie 3 ;
a coupon de´tache´ ; b droit de´tache´ ; # contrat d’animation ;
o = offert ; d = demande´ ; x offre re´duite ; y demande re´duite ;
´ce
´dent ; w V
´ne
´ficier du service
d cours pre
_ aleur pouvant be
`glement diffe
´re
´.
de re
Cours
en francs
225,26
2193,26
692,76
212,92
351,92
1062,19
2193,45
1076,62
w
% Var.
veille
SYMBOLES
Une se´lection. Cours releve´s a` 12 h 30
Cours
en euros
w
w
50,45
43,40
...
42,71
22,20
17,66
63,10
3,91
...
11,70
38
49,25
1,03
15,80
164,90
5,05
29,40
50,45
69,95
4,70
6,23
9,77
13,04
119,30
6,59
46,95
49,13
6,35
16,21
32,32
74,05
9,06
241,50
47,32
45,97
51,85
77,25
17,60
60,80
...
...
65,15
...
5,40
84,05
0,45
Cours
en francs
B = Bordeaux ; Li = Lille ; Ly = Lyon ; M = Marseille ; Ny = Nancy ; Ns = Nantes.
MERCREDI 25 JUILLET
f
w
Cours
en euros
´ VIATIONS
ABRE
SECOND
MARCHE´
Valeurs
f
ADECCO .................
AMERICAN EXP......
AMVESCAP EXP ......
ANGLOGOLD LT ....
A.T.T. # ....................
BARRICK GOLD......
COLGATE PAL. .......
CROWN CORK O ....
DE BEERS #.............
DIAGO PLC.............
DOW CHEMICAL....
DU PONT NEMO ...
ECHO BAY MIN ......
ELECTROLUX .........
ELF GABON ............
ERICSSON #............
FORD MOTOR # .....
GENERAL ELEC ......
GENERAL MOTO....
GOLD FIELDS.........
HARMONY GOLD ..
HITACHI # ..............
HSBC HOLDING ....
I.B.M. ......................
I.C.I..........................
ITO YOKADO # .......
I.T.T. INDUS ...........
KINGFISHER P .......
MATSUSHITA .........
MC DONALD’S.......
MERK AND CO.......
MITSUBISHI C........
NESTLE SA # ...........
NORSK HYDRO......
PFIZER INC.............
PHILIP MORRI .......
PROCTER GAMB ....
RIO TINTO PL.........
SCHLUMBERGER...
SEGA ENTERPR......
SHELL TRANSP ......
SONY CORP. # ........
T.D.K. # ...................
TOSHIBA #..............
UNITED TECHO.....
ZAMBIA COPPE......
___________________
www.clamdirect.com ADDILYS C ...........................
1477,87
3189,26
2784,28
1116,57
1934,88
255,17
1065,27
4881,24
1077,08
593,64
103,64
564,12
167,66
223,68
334,54
436,54
81,99
51,95
880,29
...
11151,27
1000,33
312,24
356,18
257,53
1020,67
413,58
444,08
385,05
331,26
361,10
289,28
99,18
327,98
1118,41
523,78
104,95
402,43
377,50
...
358,15
214,37
360,12
530,67
154,15
...
2676,30
235,49
5359,17
284,36
225,65
938,02
227,62
1004,27
257,79
241,06
415,22
471,96
82,65
325,03
362,09
395,54
471,31
320,57
416,53
37,59
126,01
1837,99
...
...
...
...
...
...
...
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001 / 13
CADENCE 1 D.......................
CADENCE 2 D.......................
CADENCE 3 D.......................
CONVERTIS C .......................
INTEROBLIG C .....................
´ LECTION FR. D .......
INTERSE
´ LECT DE
´ FENSIF C.............
SE
´
SELECT DYNAMIQUE C ........
´ LECT E
´ QUILIBRE 2 ............
SE
´ LECT PEA DYNAMIQUE ....
SE
´ LECT PEA 1 .......................
SE
SG FRANCE OPPORT. C ........
SG FRANCE OPPORT. D........
SOGENFRANCE C .................
SOGENFRANCE D.................
SOGEOBLIG C.......................
´ PARGNE D ...................
SOGE
SOGEPEA EUROPE ................
SOGINTER C.........................
155,14
154,77
153,15
235,06
58,18
79,16
192,53
254,54
173,13
153,34
218,49
465,71
436,06
503,18
453,44
110,60
45,55
238,64
60,50
1017,65
1015,22
1004,60
1541,89
381,64
519,26
1262,91
1669,67
1135,66
1005,84
1433,20
3054,86
2860,37
3300,64
2974,37
725,49
298,79
1565,38
396,85
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
24/07
´ CLIC ACTIONS EURO .......
DE
16,35
107,25
´ CLIC ACTIONS FRANC .....
DE
55,37
363,20
´ CLIC ACTIONS INTER.......
DE
36,73
240,93
´
DECLIC BOURSE PEA............
53,55
351,26
´ CLIC BOURSE E
´ QUILIBRE
DE
16,97
111,32
´ CLIC OBLIG. EUROPE .......
DE
17,10
112,17
´
DECLIC PEA EUROPE............
25,74
168,84
´ CLIC SOGENFR. TEMPO...
DE
63,96
419,55
FAVOR ..................................
350,02
2295,98
SOGESTION C.......................
49,81
326,73
SOGINDEX FRANCE C ..........
552,90
3626,79
.............................................
....
....
.............................................
....
....
.............................................
....
....
.............................................
....
....
.............................................
....
....
´ GENDE : e Hors frais. ee A titre indicatif.
LE
.............................................
....
....
23/07
23/07
24/07
23/07
23/07
23/07
23/07
23/07
24/07
23/07
23/07
....
....
....
....
....
....
Fonds communs de placements
14
AUJOURD’HUI
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001
TOUR DE FRANCE 2001
Le
Belge Rik Verbrugghe (LottoAdecco) a remporté, mardi 24 juillet,
la 15e étape – la plus longue – du
Tour de France (234 km entre Pau et
par l’usage des corticoïdes dans le
peloton ont été au centre des
débats. Certains spécialistes se prononcent pour l’interdiction totale de
ces substances. b FAUTE de pouvoir
Lavaur) en devançant ses 24 compagnons d’échappée. Parmi ceux-ci, le
Néerlandais Michael Boogerd (Rabobank) se hisse à la huitième place du
Tour. b LES QUESTIONS soulevées
y avoir recours sous forme d’injection intramusculaire, l’Américain
Jonathan Vaughters, victime d’une
piqûre de guêpe à la paupière, a dû
abandonner au cours de l’étape.
Marie-George Buffet plaide pour une autorité médicale indépendante
Les nouvelles révélations de Michel Boyon, le président du Conseil de prévention et de lutte contre le dopage, sur la consommation de corticoïdes
dans le peloton du Tour ont conduit la ministre de la jeunesse et des sports à réclamer la création d’une autorité internationale de référence
ETAPE 15
LAVAUR (Tarn)
de notre envoyé spécial
Il était un peu plus de 16 h 30,
mardi 24 juillet. Le Belge Rik Verbrugghe (Lotto-Adecco) venait
tout juste de couper la ligne en
vainqueur à Lavaur (Tarn), terme de la 15e étape du Tour de
France. Derrière
le podium protocolaire, Marie-George Buffet, la
ministre de la jeunesse et des
sports, et Patrice Clerc, le président d’Amaury Sport Organisation
(ASO), qui contrôle la Société du
Tour de France, ont reçu des photocopies de l’article du Monde paru
quelques heures plus tôt, dans
lequel Michel Boyon, le président
du Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD), relevait que l’usage dans le peloton
des corticoïdes et du salbutamol
(un broncho-dilatateur), sous couvert de prescriptions médicales,
demeurait encore élevé.
Lecture faite, Marie-George Buffet et Patrice Clerc, qui venaient de
Le vainqueur de l’étape
RIK VERBRUGGHE
Né le 23 juillet 1974 à Tirlemont (Belgique) ; 1,84 m,
67 kg.
Carrière : professionnel depuis 1996. Equipe : Lotto
(depuis 1996).
Ses principales victoires : champion de Belgique
c.l.m. 2000 ; une étape du Tour de France 2001 ; Critérium international 2001 (et deux étapes); Flèche wallonne 2001 ; prologue du Tour d’Italie 2001 ; 2 étapes du
Tour des régions wallonnes 1997.
Classement dans le Tour de France : 69e en 1998 ;
71e en 1999 ; abandon en 2000.
Classement mondial UCI (fin d’année) : 1289e en
1996 ; 233e en 1997 ; 220e en 1998 ; 131e en
1999 ; 50e en 2000.
Le maillot jaune
LANCE ARMSTRONG
Né le 18 septembre 1971 à Dallas (Texas, Etats-Unis) ;
1,77 m, 69 kg.
Carrière : professionnel depuis 1992. Equipes : Motorola (1992-1996) ; Cofidis (1997) ; US Postal (depuis
1998).
Ses principales victoires : champion du monde
1993 ; champion des Etats-Unis 1993 ; Tour de France
(1999, 2000) ; Tour de Suisse 2001 ; Flèche wallonne
1996 ; Grand Prix des nations 2000.
Classement dans le Tour de France : abandon en
1993 (une étape) ; abandon en 1994 ; 36e en
1995 (une étape) ; abandon en 1996 ; vainqueur en
1999 (3 étapes, maillot jaune pendant 15 jours) ; vainqueur en 2000 (une étape, maillot jaune pendant
12 jours) ; trois étapes en 2001, maillot jaune pendant
trois jours (au soir de la 15e étape).
Classement mondial UCI (fin d’année) : 152e en
1992 ; 21e en 1993 ; 25e en 1994 ; 15e en 1995 ;
9e en 1996 ; 25e en 1998 ; 7e en 1999 ; 4e en 2000.
passer la journée sur les routes du
Béarn, de la Bigorre, de l’Armagnac et de la Gascogne, se sont
éclipsés. Le temps de laisser le
gagnant du jour répondre aux
médias.
Le temps aussi de se concerter.
Lorsque tous deux sont revenus,
une demi-heure plus tard, s’exprimer face aux stylos, micros et
caméras, l’harmonie de leurs propos a été on ne peut plus parfaite.
« Il y a un problème de prescriptions médicales. C’est une affaire
médicale », a d’abord expliqué
Marie-George Buffet, avant d’inviter « les médecins à se doter d’une
autorité qui soit placée au-dessus de
l’événementiel et qui puisse dire : voilà ce qui est valable et possible, voilà
ce qui ne l’est pas ». « Ce sont des
problèmes qui relèvent de querelles
entre médecins, lui a fait écho Patrice Clerc. Dans certaines circonstances, les prescriptions sont autorisées,
dans d’autres, c’est interdit. C’est
une question qui mériterait d’être
traitée au niveau d’une structure
médicale incontestable. »
Cette idée de la création d’un
corps médical indépendant a com-
mencé à émerger récemment. Certains médecins d’équipes cyclistes
françaises présentes sur le Tour de
France ont réclamé soit l’interdiction pure et simple de l’usage de
corticoïdes durant une épreuve,
soit le renvoi de la gestion de leur
justification et de leur administration vers un corps d’experts ne relevant pas du milieu sportif (Le Monde du 21 juillet). Le coup de semonce donné par le CPLD en 2000 a
fet, pour qui « l’Agence mondiale
antidopage (AMA) pourrait être à
l’origine de ce comité scientifique
médical ». « Le mieux serait qu’elle
soit supranationale et couvre tous les
sports », a convenu Patrice Clerc.
Mais, à entendre l’un et l’autre, ni
le ministère ni l’organisateur
n’auraient le pouvoir d’impulser la
mise en place de cette autorité.
« Ce n’est pas à moi de décider de
cela », a déclaré la ministre. « Je ne
vois pas en quoi une société privée
comme la nôtre pourrait susciter cette autorité », a renchéri le président
d’ASO.
également conduit, en 2001, le
Tour de France à négocier la présence sur l’épreuve de trois médecins-experts délégués par l’Union
cycliste internationale (UCI), à qui
doit être signifiée toute prescription de produits interdits mais pouvant être justifiés sur ordonnance.
« Il faudrait que cette autorité
supérieure, si elle se met en place,
soit reconnue au niveau international », a ajouté Marie-George Buf-
Remous autour de l’Agence mondiale antidopage
« Il faut en finir avec toute interrogation » concernant le financement de l’Agence mondiale antidopage (AMA), a affirmé, mardi
24 juillet, Marie-George Buffet, la ministre de la jeunesse et des
sports. Fin juin, la commissaire européenne Viviane Reding avait fait
savoir que les conditions de fonctionnement de l’AMA ne la satisfaisaient pas. L’un de ses collaborateurs a annoncé lundi que l’Union
européenne participerait bien au financement de l’Agence à hauteur
de 47,5 %, à condition de disposer d’un droit de regard sur l’utilisation
de sa contribution. « Il faut aussi résoudre un deuxième problème, plus
compliqué, qui est qu’il faut donner à l’AMA un statut juridique lui permettant de pouvoir intervenir partout dans le monde », a ajouté MarieGeorge Buffet. « Pour cela, il faut que les Etats se mettent d’accord », a
poursuivi la ministre, précisant qu’« il faudrait une charte ». Une réunion des ministres des sports devant se tenir à la mi-octobre sous
l’égide de l’Unesco, elle a indiqué que ce sujet serait « mis au menu ».
RECHERCHE EXCEPTIONNELLE
Au-delà de la présence des médecins de l’UCI, le Tour de France fait
également figure d’exception en ce
qui concerne la recherche des corticoïdes lors des analyses urinaires :
c’est la seule épreuve sportive en
France à bénéficier de cette détection, alors que le ministère de la
jeunesse et des sports avait pourtant annoncé, fin 2000, qu’elle
serait systématisée à compter de
début 2001 pour tous les prélèvements antidopage, dans toutes les
Victime d’une guêpe et du règlement, Jonathan Vaughters quitte le Tour
LAVAUR (Tarn)
de notre envoyé spécial
L’Américain Jonathan Vaughters (Crédit Agricole) rêvait d’arriver à Paris pour la première
fois en trois participations. Il achevait avec son
équipe un joli Tour de France : cinq jours avec
le maillot jaune sur les épaules d’un coéquipier
(Jens Voigt et Stuart O’Grady), un maillot vert
(O’Grady) à défendre jusqu’à Paris. Souffrant
d’un œdème de la paupière droite, consécutif à
une piqûre de guêpe, il a mis pied à terre au kilomètre 30 de l’étape Pau-Lavaur, mardi
24 juillet.
« Normalement, ce genre d’affections se traite
par une injection intramusculaire de corticoïdes.
Quelques heures après, l’œdème se dégonfle.
Mais ces traitements n’entrent pas dans les justifications thérapeutiques qui autorisent les prescriptions de corticoïdes, explique son directeur sportif Roger Legay. La règle, c’est la règle. Il n’était
pas question de tricher. » Une visite aux urgences de l’hôpital de Pau et une consultation avec
le médecin de l’Union cycliste internationale
n’ont guère laissé d’illusion.
Jonathan Vaughters s’est aligné au départ de
Pau en désespoir de cause et a donc quitté le
Tour entre Béarn et Bigorre. Un peu dépité de
devoir s’arrêter sur un incident aussi stupide.
Pourtant, dans d’autres cas, parfois plus contestables que le sien, la règle s’était révélée beaucoup plus souple. Comme l’a rappelé Michel
Boyon (Le Monde du 25 juillet), les prescriptions de corticoïdes restent largement répandues dans le peloton. Celles-ci sont soumises à
une justification thérapeutique préalable et se
limitent aux applications locales sous formes
de pommades ou d’injections intra-articulaires.
Le cas de Jonathan Vaughters exigeait une injection intramusculaire, prohibée par les institutions sportives. « C’est un cas d’école qui n’est
pas prévu », note Roger Legeay.
AUTORISATIONS FLOUES
Voilà maintenant plusieurs mois que l’usage
de ces substances pose problème dans le cyclisme. Détectées dans les urines, elles ne font toujours pas l’objet d’une recherche systématique,
hors le Tour de France. A cette inconstance
notoire qui touche la détection, s’ajoute le flou
qui concerne les autorisations d’utilisation.
Médecins fédéraux et d’équipe le reconnaissent : le manque de clarté relatif au recours à
ces substances devient de plus en plus pesant.
Faut-il interdire les corticoïdes ? Certains le sou-
haitent en avançant les risques liés aux abus.
D’autres, plus réservés, plaident l’efficacité de
ces produits dans le traitement de symptômes
particuliers, notamment des allergies.
Armand Mégret, responsable de la commission médicale à la Fédération française de
cyclisme (FFC), admet que, pour Jonathan Vaughters, l’injection de corticoïdes n’aurait masqué aucune intention dopante et que ce mode
thérapeutique était le plus adapté.
Toutefois, ce médecin qui, depuis trois ans,
ausculte avec attention les données établies
par le suivi longitudinal des coureurs, nuance.
« A force de recours aux corticoïdes, on enregistre un effondrement du cortisol dans le sang. Un
peu comme si l’organisme s’habituait à cet
apport exogène et n’éprouvait plus le besoin de le
produire lui-même. Cela expose à des risques qui,
dans certains cas, peuvent être graves ». Ce praticien de médecine du sport considère qu’il convient d’être « plus précis et plus ciblé dans les
indications thérapeutiques de corticoïdes. » Quitte à « remettre tout à plat », et à faire que des
cas comme celui de Jonathan Vaughters bénéficient d’une plus grande compréhension.
Yves Bordenave
courses cyclistes et dans tous les
sports. « On n’a pas pu généraliser », a admis Marie-George Buffet, affirmant que « ce ne sont pas
les moyens financiers qui posent problème », mais que le laboratoire
national de dépistage du dopage
de Châtenay-Malabry (Hauts-deSeine) a été perturbé par un « changement de statut ». Ce dernier a
notamment contribué à créer un
retard concernant 2 000 analyses.
Cette absence de recherche des
corticoïdes a déjà été déplorée à
plusieurs reprises par le passé par
Daniel Baal, l’ancien président de
la Fédération française de cyclisme
(FFC). Celui qui doit devenir, dans
quelques mois, le directeur général
adjoint du Tour de France avait
notamment regretté maintes fois
le fait qu’aucune recherche des corticoïdes ne soit pratiquée dans le
milieu amateur, où, selon lui, ces
substances étaient de consommation courante.
« Ce qui m’inquiète le plus, c’est le
milieu amateur, car le corticoïde
c’est un peu le dopage du pauvre, il y
a un usage sauvage et incontrôlé,
d’autant que le détournement de la
prescription est facile et que cela ne
coûte pas grand-chose, confirme
encore aujourd’hui Jean-Jacques
Menuet, médecin qui travaille avec
l’équipe cycliste Cofidis. Les corticoïdes, c’est vraiment un problème
de santé. Cela me paraît aussi dangereux que l’hormone de croissance
s’ils sont utilisés sur le long terme. En
en prenant, on met à plat le cortisol,
qui est l’hormone naturelle de la performance. »
« On avance, peut-être pas assez
vite, mais tout cela demande des
mois, des années », a conclu MarieGeorge Buffet. Tout en ne cachant
pas que le nouveau coup de semonce auquel a procédé Michel Boyon
« fait du mal à l’image » du Tour de
France et « entache la crédibilité du
sport », Patrice Clerc a estimé que
« d’énormes progrès ont été faits ».
Mais, a-t-il précisé, « je n’ai pas la
naïveté de croire que ce que l’on a
commencé à faire est parfait. On a
monté les premières marches. Il ne
faut pas considérer que l’on va s’arrêter là ».
Philippe Le Cœur
f www.lemonde.fr/tdf2001
LES CLASSEMENTS
Mardi 26 juillet 15e étape
Pau-Lavaur (232 km)
1. Rik Verbrugghe (Bel/LOT), les 232 km en
5 h 16 min 21 s (moyenne : 44,097 km/h) ; 2. Pinotti
(Ita/LAM), m.t. ; 3. Petacchi (Ita/FAS), à 6 s ; 4. Chavanel (Fra/BJR) ; 5. Mattan (Bel/COF) ; 6. N. Jalabert
(Fra/CST) ; 7. Boogerd (PBS/RAB) ; 8. Bouyer
(Fra/BJR) ; 9. Serpellini (Ita/LAM) ; 10. Nardello
(Ita/MAP) ; 11. Cardenas (Col/KEL) ; 12. Pascual Rodriguez (Esp/BAN) ; 13. Julich (USA/C.A) ; 14. Salmon
(Fra/A2R) ; 15. Brochard (Fra/DEL) ; 16. Jaksche
(All/ONC) ; 17. Lino (Fra/FES) ; 18. Dekker (PBS/RAB) ;
19. Bouvard (Fra/DEL) ; 20. Schnider (Sui/FDJ) ;
21. Goubert (Fra/DEL) ; 22. Heppner (All/TEL) ; 23. Vermaut (Bel/LOT) ; 24. Renier (Fra/BJR), à 10 s ;
25. Tosatto (Ita/FAS), à 20 s ; 26. Nazon (Fra/BJR), à
15 min 4 s ; 27. Perraudeau (Fra/BJR), m.t ; 28. Enrique Gutierrez (Esp/KEL), à 15 min 7 s ; 29. Vidal
(Esp/KEL) ; 30. Llorente (Esp/KEL) ; 31. Tauler
(Esp/KEL) ; 32. Botero (Col/KEL) ; 33. Sevilla
(Esp/KEL) ; 34. Ekimov (Rus/USP) ; 35. Hamilton
(USA/USP) ; 36. Kjaergaard (Nor/USP) ; 37. Svorada
(Tch/LAM) ; 38. Pena (Col/USP) ; 39. Zabel (All/TEL) ;
40. Armstrong (USA/USP), m.t., etc.
JACKY NAEGELEN/REUTERS
b Classement général
Le train bleu aura un quart d’heure de retard
L’équipe US Postal n’est pas pour rien dans la réussite de Lance Armstrong. Après une première semaine en demi-teinte, où, par exemple, elle
était passée à côté du contre-la-montre par équipes, elle a surmonté l’abandon sur blessure de l’Américain Christian Vandevelde et a démontré une
forme ascendante dans les étapes de montagne. Là, Tyler Hamilton, Roberto Heras et Jose Luis Rubiera ont su épauler efficacement leur leader. Le travail n’est pas fini pour autant, et les hommes au maillot bleu doivent veiller
à ce qu’aucune échappée fleuve ne se développe d’ici Paris. Entre Pau et
Lavaur, les coéquipiers du maillot jaune n’ont toléré qu’un débours de quinze minutes sur les vingt-cinq échappés du jour.
1.
Lance
Armstrong
(USA/USP),
en
67 h 46 min 32 s ; 2. Ullrich (All/TEL), à 5 min 5 s ;
3. Kivilev (Kzk/COF), à 5 min 13 s ; 4. Beloki
(Esp/ONC), à 6 min 33 s ; 5. Simon (Fra/BJR), à
10 min 54 s ; 6. Gonzalez Galdeano (Esp/ONC), à
12 min 4 s ; 7. Sevilla (Esp/KEL), à 13 min 55 s ;
8. Boogerd (PBS/RAB), à 16 min 15 s ; 9. Botero
(Col/KEL), à 17 min 49 s ; 10. Serrano (Esp/ONC), à
19 min 20 s ; 11. Garzelli (Ita/MAP), à 19 min 45 s ;
12. Heras (Esp/USP), à 21 min 37 s ; 13. Rous
(Fra/BJR), à 21 min 57 s ; 14. Mancebo (Esp/BAN), à
24 min 26 s ; 15. Chaurreau (Esp/EUS), à
24 min 45 s ;
16. Vinokourov
(Kzk/TEL),
à
30 min 32 s ; 17. Montgomery (Sui/FDJ), à
39 min 11 s ; 18. L. Jalabert (Fra/CST), à 42 min 4 s ;
19. Sastre (Esp/ONC), à 44 min 38 s ; 20. Merckx
(Bel/DFF), à 44 min 45 s ; 21. Julich (USA/CA), à
45 min 4 s ; 22. Brozyna (Pol/BAN), à 46 min 51 s ;
23. Belli (Ita/FAS), à 49 min 38 s ; 24. Brochard
(Fra/DEL), à 50 min 51 s ; 25. Aerts (Bel/LOT), à
53 min 6 s ; 26. Klöden (All/TEL), à 55 min 39 s ;
27. Laiseka (Esp/EUS), à 56 min 9 s ; 28. Enrique
Gutierrez (Esp/KEL), à 56 min 16 s ; 29. Atienza
(Esp/COF), à 57 min 3 s ; 30. Botcharov (Rus/A2R), à
57 min 5 s ; 31. Goubert (Fra/DEL), à 59 min 9 s ; 32.
Jaksche (All/ONC), à 1 h O min 3 s ; 33. Salmon
(Fra/A2R), à 1 h 2 min 30 s ; 34. Etxebarria (Esp/EUS),
à 1 h 5 min 44 s ; 35. Bartoli (Ita/MAP), à 1 h 5 min
50 s ; 36. Guerini (Ita/TEL), à 1 h 9 min 16 s ;
37. Bénéteau (Fra/BJR), à 1 h 9 min 28 s ; 38. Ver-
maut (Bel/LOT), à 1 h 10 min 13 s ; 39. Piepoli
(Ita/BAN), à 1 h 10 min 59 s ; 40. Livingston
(USA/TEL), à 1 h 11 min 17 s ; 41. Rubiera (Esp/USP),
à 1 h 11 min 39 s ; 42. Rodriguez (Esp/BAN),
à 1 h 11 min 42 s ; 43. Garcia Casas (Esp/FES), à
1 h 12 min 11 s ;
44.
Heppner
(All/TEL),
à 1 h 14 min 57 s ;
45. Trentin
(Ita/COF),
à
1 h 18 min
36 s ;
46. Moncoutié
(Fra/COF),
à 1 h 19 min 6 s ;
47. Roux
(Fra/DEL),
à 1 h 19 min 55 s ; 48. Bölts (All/TEL), à
1 h 21 min 10 s ; 49. Menchov (Rus/BAN),
à 1 h 22 min 47 s ; 50. Bouvard (Fra/DEL), à
1 h 23 min 52 s ; 51. Halgand (Fra/DEL),
à 1 h 24 min 59 s ; 52. Perez (Esp/FES), à
1 h 26 min 14 s ; ;
53. Pinotti
(Ita/LAM),
à 1 h 26 min 25 s ; 54. Robin (Fra/BJR), à
1 h 27 min 44 s ; 55.
O’Grady (Aus/CA),
à 1 h 28 min 6 s ; 56. Nardello (Ita/MAP), à
1 h 29 min 30 s ; 57. Niermann (All/RAB),
à 1 h 30 min 23 s ;
58. Tosatto
(Ita/FAS),
à
1 h 32 min 45 s ;
59.
Llorente
(Esp/KEL),
à 1 h 33 min 45 s ; 60. Mikhailov (Rus/LOT), à
1 h 34 min 19, etc.
b Classement de la montagne
1. Laurent Jalabert (Fra/CST), 257 pts ; 2. Ullrich
(All/TEL), 211 ; 3. Armstrong (USA/USP), 195 ;
4. Roux (Fra/DEL), 195 ; 5. Garzelli (Ita/MAP), 164, etc.
b Classement par points
1. Stuart O’Grady (Aus/CA), 140 pts ; 2. Zabel (All/TEL),
127 ; 3. Armstrong (USA/USP), 109 ; 4. Ullrich
(All/TEL), 103 ; 5. Nazon (Fra/BJR), 92, etc.
b Classement par équipes
1. Kelme, en 203 h 31 min 17 s ; 2. ONCE, à
9 min 17 s ; 3. Rabobank, à 34 min 54 s ; 4. Bonjour,
à 35 min 56 s ; 5. Telekom, à 43 min 52 s, etc.
b Classement des jeunes
1. Oscar Sevilla (Esp/KEL), en 68 h 00 min 27 s ;
2. Mancebo (Esp/BAN), à 10 min 31 s ; 3. Montgomery (Sui/FDJ), à 25 min 16 s ; 4. Jaksche (All/ONC), à
46 min 8 s ; 5. Menchov (Rus/BAN), à 1 h 8 min 52,
etc.
b Classement de la combativité
1. Laurent Jalabert (Fra/CST), 94 pts ; 2. Roux
(Fra/DEL), 47 ; 3. Verbrugghe (Bel/LOT), 43 ; 4. Bettini
(Ita/MAP), 36 ; 5. Durand (Fra/FDJ), 34, etc.
b Abandon
Jonathan Vaughters (USA/C.A).
b Abréviations
A2R (AG2R Prévoyance) ; BAN (i.banesto.com) ; BIG
(BigMat-Auber 93) ; BJR (Bonjour) ; CA (Crédit agricole) ; COF (Cofidis) ; CST (CSC-Tiscali) ; DEL (Jean Delatour) ; DFF (Domo-Farm frites) ; EUS (Euskatel) ; FAS
(Fassa Bortolo) ; FDJ (La Française des jeux) ; FES (Festina) ; KEL (Kelme-Costa Blanca) ; LAM (Lampre-Daikin) ;
LOT (Lotto-Adecco) ; Map (Mapei-Quick Step) ; ONC
(ONCE) ; RAB (Rabobank) ; TEL (Deutsche Telekom) ;
USP (US Postal).
AUJOURD’HUI-SPORTS
15e étape • 233 km
PAU • LAVAUR
45 51
72 84
H.-PYR.
CATÉGORIE DU COL
156 168
252m
Lacougotte-Cadoul
LAVAUR
252m
Saint-Léon
137
175 m Vernet
121
H.-G. G.
GERS
180 m Muret
285 m Rieumes
104
4
4
22 27
270 m Montpezat
PAU
0 km
203 m Molas
4
270 m
Côte de Bidalon
200 m
Masseube
351 m
Côte de la Tricherie
Côte de Lamayou
340 m
216 m Rabastens-deBigorre
260 m
Côte du Puntous
mardi 24 JUILLET
3
181
226 233
HAUTE-GARONNE
SPRINT
TARN
RAVITAILLEMENT
En hausse
En baisse
b Michael Boogerd (Rabobank) : en se glissant dans
l’échappée des vingt-cinq, mardi, le Néerlandais a fait
un bond de la seizième à la huitième place du classement général, à 16 min 15 s de Lance Armstrong.
b Laurent Jalabert (CSC-Tiscali) : le Mazamétain est
désormais assuré de rapporter le maillot de meilleur
grimpeur à Paris.
b L’équipe Bigmat-Auber 93 : la formation dirigée
par Stéphane Javalet, transparente depuis le début du
Tour, a encore laissé passer le coche en ne plaçant
aucun représentant parmi l’échappée des vingt-cinq.
b Les coureurs italiens : ils collectionnent les places
d’honneur (Pinotti deuxième et Petacchi troisième
mardi) mais n’ont toujours pas remporté d’étape.
16e étape • 230 km
151 m Bretenoux
150 m Les Escures
205 m Laroche
500 m Côte de
Lostanges
106
127
151 157 168 175
LOT
SPRINT
17e étape • 194 km
525 m Nedde
670 m C. de la Forêt
de la Feuillade
730 m
Gentioux
MONTLUÇON
453 m
Angly
534 m
Côte de Rozeille
4
490 m Felletin
491 m
Treignac
615 m Saint-Hilaire
les-Courbes
440 m
Seilhac
413 m
Chamboulive
(12H 30)
BRIVE-LA-GAILLARDE
230
RAVITAILLEMENT
BRIVE-LA-GAILLARDE • MONTLUÇON
0 km
203
CORRÈZE
CATÉGORIE DU COL
jeudi 26 JUILLET
SARRAN
325 m Gramat
445 m LabastideMurat
141 m Vers
71 85
4
390 m
Budelière
58
280 m Peyrefit-bas
260 m Lalbenque
129 m Lafrançaise
(11 H 25)
CASTELSARRASIN
172 m Molières
Montpezat270 m de-Quercy
42
4
TARN-ET-GAR.
DANS LE PELOTON
500 m Côte de SaintAdrian
CASTELSARRASIN - SARRAN
mercredi 25 JUILLET
0 km 15 30
4
27 36
CORRÈZE
CATÉGORIE DU COL
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001 / 15
53 65
78 87 93
117 126
87
CREUSE
SPRINT
147
172
194
ALLIER
RAVITAILLEMENT
a FERRARI. Un coureur italien,
Filippo Simeoni (Cantina Tollo), a
confié lors d’une déposition devant
le juge de Ferrare, en 1999, que
Michele Ferrari lui avait conseillé en
1996 de prendre de l’EPO et de la testostérone, révèle le mensuel italien
QG, cité par L’Equipe du 25 juillet.
Lance Armstrong a reconnu que
Michele Ferrari, dont le procès pour
exercice illégal de la médecine et
incitation au dopage doit s’ouvrir
en Italie en septembre, le conseillait
actuellement en vue d’une tentative
contre le record de l’heure.
a LANTERNE ROUGE. Jimmy Casper, le sprinteur de La Française des
jeux, a démenti, mardi 24 juillet,
avoir effectué certaines ascensions
avec l’aide de voitures suiveuses,
comme certains de ses rivaux l’en
ont accusé. Le Français occupait
mardi la dernière place du classement général, à 3 h 39 min 25 s de
Lance Armstrong.
LES HORIZONS DU CYCLISME (15)
Manolo Saiz : « Le moment est venu
de ne plus parler de dopage »
« IL EST IMPORTANT de dire
que le cyclisme n’est pas différent
des autres sports et qu’il ne déroge pas vraiment des habitudes
de la société. On parle beaucoup
de tricherie. Je crois savoir qu’en
France, cela arrive aussi à des personnalités très en vue. C’est l’ambition de tout le monde que d’arriver un peu plus haut, d’aller un
peu plus loin que le voisin. Mais
les moyens employés pour y parvenir ne sont pas toujours conformes à la morale ambiante.
Après l’affaire Festina, en 1998,
le cyclisme a beaucoup lutté. C’est
le seul domaine de la société où il
y ait autant de contrôles : contrô-
je considère comme les plus
importantes de ces dernières
années. Tout d’abord, l’Union
cycliste internationale (UCI) a
décidé de multiplier les contrôles
inopinés, souvent en dehors des
courses.
EXCLUSION DES « POSITIFS »
Ensuite, les équipes, réunies au
sein de l’Association internationale des groupes sportifs de cyclisme professionnel (AIGCP), que je
préside, ont pris la décision de se
séparer de tout coureur contrôlé
positif.
Cela, c’est une responsabilité
réelle. Ce n’est pas comme ce dis-
Un mentor sportif au caractère bien trempé
« Tant que ONCE continue, je continue. » La présence dans le cyclisme professionnel de Manolo Saiz (quarante et un ans) reste intimement liée à celle de l’entreprise espagnole. « Ils sont dans le peloton
jusqu’en 2004, et ils commencent à parler de 2008 », souligne celui qui
est le directeur sportif de l’équipe ONCE depuis sa création, en 1988.
« Je ne suis pas capable de dire si je continuerai jusque-là », ajoute ce
professeur d’éducation physique, qui avait été nommé entraîneur
national des juniors espagnols en 1983, puis des espoirs en 1985.
Ancien « modeste coureur », comme il se décrit, ce natif de Santander a d’emblée été en porte-à-faux avec le milieu professionnel. « Je
ne faisais pas partie du monde des anciens coureurs devenus directeurs
sportifs », a-t-il expliqué à plusieurs reprises. Son caractère sanguin
n’apaise pas les choses. En 1998, en pleine crise, il quitte le Tour de
France en tenant des propos orduriers. Quelques mois plus tard, il est
pourtant élu président de l’Association internationale des groupes
sportifs de cyclisme professionnel (AIGCP). Il inspire également la
création, début 2000, d’un Conseil du cyclisme professionnel au sein
de l’Union cycliste internationale (UCI).
les de la santé, contrôles antidopage, contrôles en course, contrôles après la course, contrôles inopinés, etc.
Il reste des problèmes. Mais ce
sont des cas individuels. Le cyclisme professionnel a pris la bonne
route. Aujourd’hui, il est propre.
Le moment est venu de ne plus
parler de dopage. Mais j’ai encore
l’impression que beaucoup de
journalistes viennent sur les courses pour parler de cela, alors qu’ils
ne sont pas capables d’en parler
dès lors qu’il s’agit d’autres
sports, comme le football, ou le
tennis.
La lutte contre le dopage, c’est
quelque chose qui concerne les
groupes sportifs. Trois mesures
ont été prises dernièrement, que
cours de sensiblisation au problème du dopage auquel nous avons
eu le droit avant le départ du Tour
de France, à Dunkerque : des
mots, de la philosophie. A quoi
est-ce que cela a servi ? A rien. Les
coureurs et les équipes savent
tout cela. Nous, nous sommes
déjà au-delà, avec cette décision
d’exclusion.
Par ailleurs, avant le Tour de
France, l’AIGCP a nommé deux
personnes à qui sont systématiquement adressés les résultats des
bilans de santé des équipes.
Si quelqu’un présente un bilan
qui est jugé “mauvais”, ces deux
personnes pourront adresser une
lettre à l’équipe concernée, en la
mettant en garde. Un carton
jaune, en somme. Moi, en tant
que président de l’AIGCP, je n’ai
pas à connaître ces résultats. Mais
je pourrais très bien demain recevoir une lettre si je faisais quelque
chose de non conforme. Tout cela
est très fort. Mais ce ne sont pas
forcément des choses qu’il faut
étaler sur la place publique. C’est
une responsabilité interne au cyclisme professionnel.
Les ministères feraient mieux
de consacrer leurs efforts aux jeunes. Le cyclisme professionnel
ayant pris la bonne voie, il faudrait réorienter les contrôles.
Aujourd’hui, nous sommes obligés de prendre les coureurs à
quinze-seize ans pour les faire travailler, car sinon ils sont obligés
de se livrer à une grande lutte
pour arriver chez les professionnels, et comme il n’y a pas de
contrôles sur cette catégorie de
coureurs…
« CONTENT DU CYCLISME »
Sur le plan de son organisation,
le cyclisme professionnel a beaucoup progressé au cours des trois
années passées. Mais la situation
n’est pas encore idéale. Il faut tendre vers un meilleur équilibre
entre l’Union cycliste internationale, le Conseil du cyclisme professionnel, les organisateurs de courses et les équipes. Ces dernières
ont du mal à peser sur les choses.
Si nous ne sommes pas contents
de ce qui se passe en matière de
gestion des images télévisuelles
– peu de pays par exemple ont pu
avoir accès aux images du Tour
d’Italie par exemple –, il est difficile pour nous de faire entendre
notre voix.
Il est encore difficile d’équilibrer le monde du cyclisme. Je
pense que l’on y parviendra dans
quelques années. Il faudra arriver
à avoir plus d’imbrications entre
le “top” des équipes cyclistes et le
“top” des organisateurs, car ils
poursuivent le même objectif
d’un cyclisme plus compétitif,
doté d’une meilleure image. La
route s’annonce longue.
Mais je pense que nous sommes
actuellement tous bien ensemble.
Je suis content du cyclisme d’aujourd’hui. »
Propos recueillis par
Philippe Le Cœur
Aux Mondiaux de judo, Céline Lebrun
espère vaincre la « malédiction chinoise »
La vice-championne olympique dispose des arguments pour s’imposer
aux championnats du monde, qui débutent jeudi à Munich,
et prendre sa revanche après sa défaite contestée des Jeux de Sydney
INDIRECTEMENT, c’est une
petite revanche qu’a offerte, lundi
23 juillet, la Fédération internationale de judo (FIJ) à Céline Lebrun.
En écartant le Canadien Jim Kojima du poste de directeur de l’arbitrage, le congrès de la FIJ a sanctionné les problèmes survenus au
niveau du corps arbitral lors des
dernières grandes échéances internationales.
La Française en avait été l’une
des principales victimes lors des
Jeux de Sydney, en septembre,
quand deux des trois arbitres de la
finale des moins de 78 kg adjugèrent – de façon incompréhensible – le titre olympique à son adversaire, la Chinoise Tang Lin.
Heureusement, Céline Lebrun
est dotée d’une « bonne nature ».
A Sydney, quelques minutes après
avoir quitté le tatami en pleurs, elle
apparaissait en conférence de presse, larmes séchées, sourire aux
lèvres et déception surmontée.
« Sur le coup, les gens autour de moi
m’ont paru touchés et tristes, et moi,
je ne voulais surtout pas qu’ils soient
malheureux, se souvient la jeune
femme. Alors je me suis dit que terminer deuxième pour mes premiers
Jeux olympiques, alors que tant
d’autres athlètes allaient repartir
sans médaille, c’était super. »
m’a reconnue et s’est occupé de moi.
Il n’y a pas de question à se poser. »
Les questions sur sa finale perdue de Sydney, ce sont les autres
qui les lui posent, encore aujourd’hui. « Les gens n’arrivent pas à
comprendre ce qui s’est passé et ils
pensent que je vais pouvoir leur
apporter des réponses, racontet-elle. Ils ont peur que j’aie été déstabilisée par ce qui est arrivé, alors
que, pour moi, c’est du passé, c’est
oublié. »
Parler de revanche serait
d’autant plus vain que Tang Lin n’a
pas été retenue par la Fédération
chinoise pour disputer les championnats du monde de judo, qui se
La mutation de ce dernier chez
les garçons après les Jeux de Sydney n’a pas déstabilisé la judoka de
l’US Orléans. « J’ai eu un peu peur
du changement, car cela faisait trois
ans que l’on travaillait ensemble.
Alors j’ai dit à Laurent [Calléja, le
successeur de Patrick Rosso à ses
côtés] de ne pas hésiter à me gueuler dessus et à me mettre des grandes
claques avant que je monte sur le
tapis. J’ai besoin de ça pour rentrer
dans le combat. Il a eu un peu de
mal au début, mais il s’y est fait. »
C’est à une double ration de claques que Céline Lebrun aura droit
à Munich. Trois jours après le tournoi des moins de 78 kg, elle devrait
La « der » de Marie-Claire Restoux
FIGURE CENTRALE
Les championnats du monde de judo, qui se déroulent à Munich du
jeudi 26 au dimanche 29 juillet, verront la participation d’une équipe
de France largement renouvelée par rapport à celle qui disputa les
Jeux olympiques voilà dix mois, puisqu’elle ne compte que cinq « rescapés » de Sydney. Marie-Claire Restoux et Magali Baton, écartées
des Jeux par les sélectionneurs nationaux, y font leur retour dans leur
catégorie respective des moins de 52 et moins de 57 kg, pour ce qui
devrait être leur dernier grand rendez-vous international. Chez les
moins de 63 kg, la championne olympique Séverine Vandenhende,
victime d’une rupture des ligaments croisés du genou aux championnats d’Europe, est suppléée par la prometteuse Lucie Decosse (dixneuf ans), championne du monde juniors en 2000.
Côté masculin, Larbi Benboudaoud défendra samedi son titre mondial des moins de 65 kg, alors que Djamel Bouras, en moins de 81 kg,
tentera encore, vendredi, de retrouver le chemin du podium.
Toute la générosité de Céline
Lebrun est là, dans ce don de soi
qui en fait aujourd’hui – à presque
vingt-cinq ans – la figure centrale
de l’équipe de France féminine.
Bonne camarade, bon esprit, bon
sourire, Céline Lebrun n’est pas
une fille compliquée, plutôt de celles sur lesquelles les coéquipières
savent pouvoir s’appuyer en toutes
circonstances. Elevée en Picardie
par sa mère et son beau-père, aux
côtés de son frère aîné et de quatre
demi-sœurs, Céline Lebrun possède une certaine pratique de la vie
en collectivité. « Il a fallu que je me
fasse une place », concède- t-elle.
L’absence de son père antillais,
ne semble pas avoir troublé outre
mesure la construction de sa personnalité ni entraîné chez elle, qui
n’a jamais mis les pieds aux
Antilles, une quête éperdue des
racines. « J’ai eu une enfance merveilleuse. Mon papa, c’est celui qui
déroulent du jeudi 26 au samedi
29 juillet à Munich. Mais Céline
Lebrun, qui entre en lice dès le premier jour de compétition, pourrait
trouver sur sa route une autre Chinoise, Yuan Hua, qui l’avait battue
en demi-finales des championnats
du monde 1999.
Brusquement arrivée au plus
haut niveau en 1997, saison au
cours de laquelle elle avait enchaîné un titre mondial universitaire,
une victoire au Tournoi de Paris,
un premier podium européen et un
succès aux Jeux méditerranéens, la
Française a depuis remporté trois
titres consécutifs de championne
d’Europe. Elle semble disposer de
tous les atouts pour viser une
consécration mondiale. « Elle n’a
jamais cessé de progresser », estime
l’entraîneur national Patrick Rosso.
en effet s’aligner dimanche dans
celui des toutes catégories, où la
plupart de ses adversaires accuseront un bon quintal.
Avec ses 76 kg, elle sait qu’elle
devra jouer de sa vivacité et de sa
tonicité pour renouer avec l’époque où les catégories de poids
n’existaient pas et où la ruse et la
souplesse pouvaient permettre à
un combattant de faire chuter un
adversaire plus lourd que lui. « J’ai
toujours dit que je n’avais pas peur
des filles lourdes, affirme Céline
Lebrun. Avec elles, c’est un peu comme jouer au chat et à la souris. Il
faut éviter absolument de se retrouver coincée sous son adversaire.
Mais quand on arrive à faire tomber
une fille plus lourde que soi, c’est
vraiment une sensation super… »
Gilles van Kote
Franck Esposito a fait ses adieux au 200 m papillon
sans s’émouvoir de sa nouvelle quatrième place mondiale
FUKUOKA (Japon)
de notre envoyé spécial
Une défaite peut-elle prêter à sourire ? Pour le commun des nageurs,
rarement. Mais Franck Esposito a
cessé depuis longtemps de penser
et d’agir comme ses pairs. A trente
ans passés, son âge et la longueur
inhabituelle de sa carrière internationale, débutée par une quatrième
place mondiale sur 200 m papillon
en 1991, en font un oiseau rare. Et le
Français a encore forcé le trait, mardi 24 juillet, aux championnats du
monde de Fukuoka, en nageant une
dernière fois à contre-courant des
règles de son sport.
En demi-finale du 200 m papillon,
la veille, il avait profité de l’allure de
hors-bord imposée par l’Américain
Tom Malchow pour s’offrir un
improbable
record
d’Europe
(1 min 55 s 03). Les deux hommes
avaient touché le mur d’arrivée
dans le même geste. Puis, classés ex
aequo, ils avaient partagé avec
l’autre Américain, Michael Phelps,
le rôle de favori. « Tout se jouera à la
bagarre, avait prévenu Franck Esposito en sortant de l’eau. Je me sens
bien, je suis en forme. En finale, je
serai prêt. »
Le lendemain, les trois hommes
entrent d’une même foulée dans la
piscine de Fukuoka. A sa manière,
chacun semble incarner une approche différente de la natation mondiale. Michael Phelps, seize ans
depuis moins d’un mois, bâti comme un gressin, sans rondeur ni
angle mort, domine la classe des
prodiges. Plus jeune sélectionné
olympique américain l’an passé à
Sydney, il était rentré d’Australie
sans la moindre médaille en poche,
mais en assurant avoir vécu « une
enrichissante expérience ». Depuis, il
s’est approprié le record du monde
du « 200 pap’ » en 1 min 54 s 92.
Tom Malchow, plus âgé de neuf
ans, fait partie de ces géants
(1,95 m) dont on se demande parfois s’ils ne vont pas sortir de leur
ligne d’eau et aller assommer leur
voisin d’un mouvement du bras.
Deuxième en 1996 à Atlanta,
médaillé d’or à Sydney, il ne craint
plus personne.
PALMARÈS FOURNI
Entre ces deux cas d’école, Franck
Esposito passerait presque inaperçu. Le corps enveloppé du cou jusqu’aux chevilles d’une combinaison
noire, il n’en impose pas vraiment.
Son palmarès ne manque pourtant
pas d’épaisseur : trois titres européens, une médaille de bronze
olympique, à Barcelone en 1992,
une deuxième place mondiale, six
années plus tard à Perth, plus un
record du monde en petit bassin,
battu l’hiver dernier dans sa piscine
d’Antibes.
Seule tâche sur ce tableau aux
scènes fournies : l’absence d’une victoire planétaire. « Mon rêve de gosse », avait-il confié à la veille de
l’événement.
Entre ces trois gaillards, la course
s’annonce indécise. En fait, elle ne
va connaître aucun suspense.
Michael Phelps s’échappe dès le
plongeon. Il ne sera jamais rattrapé.
Et boucle son effort par un nouveau
record du monde (1 min 54 s 48).
Tom Malchow met une bonne
longueur à régler son allure. Mais,
une fois lancé, il s’accroche à la
deuxième place comme la mousse
sur un morceau d’écorce.
Franck Esposito, lui, navigue dans
des eaux moins limpides. Un
moment deuxième, puis rapidement troisième, il laisse la médaille
de bronze lui échapper dans les derniers mètres de la course : le Russe
Anatoli Poliakov s’en saisit. Le Français est quatrième. Comme aux premiers jours, dix années en arrière, à
ses débuts dans le grand bain.
A le voir chercher son nom sur le
tableau d’affichage, le visage long et
les yeux ronds, on le devine assommé par la déception. Mais l’impression est trompeuse.
« En fait, je suis plutôt content de
mes championnats du monde, glisse-t-il à sa sortie du bassin. Je ne
croyais pas à la victoire. Ces Américains, ils ne sont pas comme nous. Ils
sont toujours capables de frapper un
grand coup en finale. Nous, les Français, on tient une course ou deux, et
puis on craque. J’aurais pu m’économiser, surtout en demi-finale, mais ce
n’est pas dans ma nature. Je rentre à
la maison avec un record d’Europe.
Et je me demande si ce n’est pas plus
beau qu’une nouvelle médaille. »
Le propos laisse perplexe. On pense à une réaction de dépit, quelques
phrases composées à la va-vite pour
présenter un visage acceptable. Une
heure plus tard, le cheveu sec, il
enfonce pourtant le clou. « C’est
marrant, mais je n’arrive pas à être
déçu, souffle-t-il. Le record d’Europe, c’est vraiment quelque chose. »
Une page s’est tournée pour la
natation française. Franck Esposito
a nagé, et perdu, le dernier 200 m
papillon de sa carrière internationale. Il avait encore l’âge des rêves.
Mais plus vraiment la force, ou l’envie, de les réaliser.
Alain Mercier
16 / LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001
AUJOURD’HUI-VOYAGES
PHOTOS JEAN-FRANÇOIS MARIN/EDITING POUR « LE MONDE »
Guidé par une signalétique
précise (ci-dessus), un vététiste
savoure le répit d’une combe,
entre Bellecombe et La Pesse
(à droite), avant de se faufiler
entre les vaches locales.
bs
g non
Dou
bs
Morteau
Grand-Combe-des-Bois
Hauterive
Loue
Pontarlier
FRANCE
R
A
Randonnée VTT liberté
Métabief
Mouthe
Les Rousses
Berne
La G.T.J. intégrale
Lac de
Neuchâtel
ou
U
u
Goumois
bs
O
Do
D
Même s’il faudra toujours appuyer sur les pédales, les progrès techniques dont bénéficient les plus récents VTT rendent ces derniers à la
fois plus sûrs et plus confortables. En passant de 21 à 27 vitesses, les
modèles de la dernière génération permettent de gravir facilement
les côtes les plus pentues. Sans aller jusqu’aux freins à disques (réservés au très haut de gamme), le freinage est à présent parfaitement fiable et permet d’affronter, sans risques, les descentes les plus périlleuses. Sans oublier pour autant de s’équiper d’un casque et de gants.
Autre élément important, les suspensions avec notamment, à l’avant,
la fourche hydraulique, indispensable pour une bonne maîtrise de la
direction sur sol caillouteux. Quant à la suspension arrière, elle peut
être bloquée afin d’éviter les déperditions d’énergie dans les montées. Autant de perfectionnements qui peuvent alourdir quelque peu
un VTT, inconvénient largement compensé, pour l’utilisateur, par
l’exceptionnel confort qui en résulte, surtout pour de longs parcours.
Trévillers
BESANÇ
BESAN
BESANÇON
ÇON
LAUSANNE
Chapelle
Chappelle
des bois Lac Léman
des-Bois
SUISSE
25 km
Lajoux
La Pesse
sn
La technique au service du confort
L’explosion d’un nuage de pollen, dans un champ, au passage
des VTT, confirme, si besoin en
était, la richesse d’une flore où
règnent la gentiane, la grande
réponse blanche et la centaurée
bleue. En mettant pied à terre, le
vététiste à l’œil affûté pourra peutêtre apercevoir la minuscule sauge
des prés replier ses pétales sur les
ailes des abeilles afin d’y déposer
son pollen. Hormis les tourbières
qui tapissent le fond des vallées,
les trois quarts du Jura sont recouverts par une forêt que la « GTJ »
permet d’admirer à satiété. Une
« futaie jardinée » où sapins et épicéas montent à l’assaut de sommets qui ne dépassent guère les
1 700 mètres.
Ici, chaque exploitation forestière est une occasion de reprendre
son souffle tout en écoutant les
bûcherons évoquer, avec fierté,
ces résineux à la croissance très
lente (climat oblige) mais au bois
si recherché que les meilleurs
luthiers viennent y faire sonner les
troncs qu’ils achètent sur pied, et
à prix d’or, tandis que d’autres artisans, les « sangliers », prélèvent
sous l’écorce des arbres abattus
les « sangles », ces bandes de bois
tendre qui serviront à entourer et
e
qu’au sommet du Mont-Dore : le
Jura n’a les douces rondeurs d’une
montagne à vaches que pour ceux
qui le parcourent en voiture. En
serpentant de vallées en crêtes et
« FUTAIE JARDINÉE »
J
Formule idéale
pour en parcourir
vallées et crêtes,
combes et plateaux,
la randonnée en VTT
permet aussi
de rencontrer
ceux qui ont maintenu
en vie ce rude pays
rie. En fait, les froids glacials se
font piéger dans une combe riante
sous le soleil. La rudesse de l’hiver
n’en justifie pas moins la dimension des bâtisses jurassiennes.
Construites autour de la vaste cheminée où sont encore fumées les
saucisses de Morteau, ces massives
« fermes à tuyé » ont été conçues
pour abriter hommes et bêtes pendant les mois d’hiver. On y range
aussi le matériel agricole, les carrioles et la nourriture nécessaire.
Pas question de passer ici sans
s’arrêter à la maison Michaud,
une des plus belles fermes de la
région. Rénovée par les habitants
de La Chapelle-des-Bois, elle
accueille plusieurs milliers de visiteurs chaque année. Partout, sur
les grandes façades, les couvertures en tavaillons (des tuiles de bois
qui isolent de l’humidité et du gel)
sont revenues au goût du jour.
à parfumer les pâtes crémeuses
des fromages du Mont-Dore.
Du nord au sud, la traversée du
Jura offre des paysages et des terrains d’évolution très variés.
Remonter la vallée du Doubs, par
exemple, oblige à emprunter des
voies encaissées aux surplombs
parfois vertigineux mais qui
offrent, sur la rivière, des points
de vue inédits qui valent largement les efforts consentis pour les
atteindre. Les plateaux, de leur
côté, étonnent par l’absence de
ruisseaux. Sur ces plissements calcaires, toutes les précipitations
sont en effet rapidement absorbées par les roches poreuses. Et
l’eau jaillit brutalement, au fond
des vallées, comme à la source du
Doubs.
A Mouthe, village réputé être
« le plus froid de France », on s’attend à découvrir une austère Sibé-
GENÈVE
Ai
PONTARLIER
de notre envoyé spécial
Le nom, à lui seul, fait rêver : la
grande traversée du Jura ! La
« GTJ ». Trois lettres devenues, en
quelques mois, le nec plus ultra
des amateurs de vélo tout-terrain
(VTT) qui, de toute l’Europe, viennent se frotter aux difficultés d’un
des plus beaux parcours balisés de
France. Il ne faut qu’une semaine
aux plus sportifs pour, du nord au
sud du massif, en parcourir les
370 kilomètres, soigneusement fléchés. Mais il suffit de n’en faire
qu’une partie pour vérifier le bienfondé des propos tenus par ses
promoteurs : « Peu importe que
l’on aille ou non au terme de la
“GTJ”, on y trouve toujours sa part
de vérité. »
Ne pas se fier, en effet, à la bonhomie des célèbres montbéliardes
qui ruminent paisiblement jus-
tortueux. Idem du vol fulgurant
d’un tichodrome, cet oiseau gris et
rouge qui ne fréquente que crêtes
et sommets. Et si le farouche
grand tétras exige, pour se laisser
admirer, une bonne dose de
patience et de chance, les rapaces,
eux, tournoient régulièrement
au-dessus des vallées, qu’il s’agisse de faucons crécerelles ou de
milans noirs, tandis qu’au bord de
l’eau les hérons patrouillent en
quête d’ombles, de perches et de
brochets.
ôn
Le Jura en « vélo vert »
de combes en plateaux, la « GTJ »
n’épargne au vététiste aucune des
difficultés d’un relief chahuté. A
commencer par ces longues rampes qui alternent avec des descentes que l’humidité des sous-bois
rend parfois périlleuses. En fait,
de chemins pierreux en sentiers
de terre, la « GTJ » n’offre que
très peu de passages « roulants »,
pour s’en tenir au vocabulaire des
vététites. Ce qui permet d’évoquer
la création, dans un proche futur,
d’une « GTJ light » qui, comme
son nom l’indique, présentera des
difficultés « allégées ».
Paradis du VTT, la « GTJ » peut
également être parcourue à pied,
voire en compagnie d’un âne de
bât. Un sentier parallèle devrait
d’ailleurs bientôt être aménagé
spécialement pour la randonnée
pédestre. Quant à la première des
« GTJ », au parcours légèrement
différent, elle est empruntée
depuis longtemps déjà par les passionnés de ski de fond.
En ce qui concerne la « GTJ
VTT », il s’agit sans doute du seul
sentier de randonnée qui se permette d’ignorer les clôtures, ou,
plus exactement, de les franchir
sans avoir à les ouvrir lorsque son
tracé passe directement à travers
les pâtures. La solution, adoptée
en collaboration avec les agriculteurs, a consisté à aménager dans
les champs concernés un passage
à peine plus large qu’un guidon et
où un seuil, en grillage ou en rondins, interdit la fuite des animaux.
De quoi expliquer, en partie, l’insertion réussie dans un pays qui,
par ailleurs, ne manque pas
d’atouts.
A commencer par une nature
omniprésente. Voir soudain filer
un chamois, à flanc de falaise,
vous récompense largement d’une
longue ascension sur un chemin
Sa
DES VACANCES ACTIVES 1.
Le Poizat
Les Plans-d'Hotonnes
Rh
Hauteville-Lompnes
ôn
e
Chamonix
À PARTIR DU SAMEDI 28 DATÉ 29-30 JUILLET 2001
MAÎTRES SPIRITUELS
par Henri Tincq
’ été remplit les monastères et autres lieux de silence et
L
de retraite. Qui sont les grands mystiques aujourd’hui ? A
travers une série de portraits, redécouvrez six grandes traditions religieuses : le moine bouddhiste Thich Nhat Hanh ; le
père abbé bénédictin Robert Le Gall ; le rabbin Adin
Steinsaltz ; la pasteure protestante Lytta Basset ; le cheikh
soufi Khaled Bentounès ; le père orthodoxe Placide Deseille.
Les plus belles pages de l’été
0123
AUJOURD’HUI-VOYAGES
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001 / 17
UN ÉTÉ VALAISAN
Séjours en famille dans le canton suisse
À L’EXTRÉMITÉ du Léman,
au-delà de Montreux, l’autoroute
gagne Sierre et s’arrête. Passée Brigue, la route se faufile le long d’un
Rhône qui joue les torrents impétueux. A Mörel, on oblique à gauche pour, en quelques lacets serrés,
atteindre Breiten et le Salina Maris,
un hôtel thermal qui offre chambres spacieuses et vaste piscine
d’eau de saumure où barbotent une
majorité de Suisses allemands plutôt âgés. A la barre, Markus et Francisca Schmid, qui, avec la complicité du voyagiste Allibert, ont décidé
de séduire les adeptes français
d’une randonnée verte alliant marche et bien-être. Une clientèle qui
apprécie le plaisir de retrouver, chaque soir, une chambre confortable
et de plonger ses muscles endoloris
dans une eau salée à 33 degrés
avant de les confier aux mains
expertes d’Eric Bath, un physiothérapeute et ostéopathe belge.
sc
h
Bettmeralp
d'
Al
et
SUISSE
LAC LÉMAN
Gl
Rhône
SIERRE
SION
Grächen
Granges
V
VALAIS
A
L
A
I S
a
e
ci
r
Riederalp
n
Breiten
Mörel
Brigue
Col du Simplon
s
Vis p
el
PROCHAIN ARTICLE :
Le Brésil en buggy
S U I S S E
R O M A N D E
a
Sa
Vispa
Christophe de Chenay
m
e
Et il est vrai qu’ici l’imagination
est partout au pouvoir. A La Pesse,
par exemple, on fabrique des maisons de bois rond faciles à chauffer.
Un peu plus loin, on élève des
bisons. Sur la route se sont succédé
Pontarlier et Morteau, deux villes
qui, elles non plus, ne manquent
pas d’imagination. Et, pour les promoteurs du parc naturel régio- nal
du Haut-Jura, l’impact de la « GTJ »
ne se résume pas, loin de là, à la
remise en état des sentiers locaux.
« C’est exactement le type de tourisme adapté à ce territoire », confirme
Jean-Gabriel Nast, président d’un
parc naturel qui regroupe cent communes du Doubs, du Jura et de
l’Ain. « Ici, rien n’est artificiel, insiste- t-il : la nature est notre seul et
précieux décor, et nous savons que les
randonneurs en VTT respectent le
milieu qu’ils traversent. »
a REPERES. La « GTJ » demande
une certaine expérience du vélo
tout-terrain ainsi qu’une bonne
condition physique. Si les plus
sportifs n’hésitent pas à inscrire à
leur programme des étapes
quotidiennes de 60 kilomètres,
quelques heures par jour suffiront
aux vététistes moyens pour
découvrir les attraits de la région.
Côté météo, l’endroit peut être
frais et humide. Meilleure
période : de mai à octobre.
a ACCES. En train via les gares de
Dole, Besançon, Frasne, Vallorbe
ou Bellegarde. Les départs des
randonnées s’effectuent dans
un secteur allant de Trévillers à
Grand’Combe-des-Bois, voire
jusqu’à Hauterive pour la « GTJ »
centrale.
a PRATIQUE. La « GTJ-VTT »
est ouverte à tous et sans péage,
contrairement à la « GTJ d’hiver »,
rendez-vous des skieurs de fond.
Il est conseillé de passer par un
organisme spécialisé qui se
chargera de la logistique et du
transport des bagages d’une étape
à l’autre. Jura Randonnées
(le Village, 39370 La Pesse, tél. :
03-84-42-73-17 et, via Internet,
sur le site www.jura-rando.com)
propose des traversées « à la
carte » en fonction du niveau des
vététistes et du temps dont ils
disposent. A partir de 2 600 F
(395 ¤) la semaine, prix incluant
l’organisation du séjour,
l’hébergement (chambre d’hôte,
hôtel, gîte d’étape ou refuge) en
demi-pension, le transport des
bagages, le prêt des cartes au
1/25 000, un topo-guide et le
retour au point de départ. Pour les
randonnées avec ânes, chevaux ou
mulets, s’adresser à Vu d’en haut
(ferme du Berbois, Le Nerbief,
39370 La Pesse ; tél. : 03-84-42-70
-43) et consulter le site
www.massifdujura.com/
vudenhaut.
a ETAPES. Chez Maillot (tél. :
03-81-43-70-36) : chambres
d’hôte et cuisine familiale,
au 7, rue Principale, 25210
Grand’Combe-des-Bois. Dans la
forêt du Risoux, le Chalet Gaillard
(tél. : 03-84-60-94-13), un refuge
perché sur un sommet : ambiance
montagnarde garantie. Près des
Trois Cheminées, « La Guienette »
(tél. : 03-84-41-65-82), un gîte
auberge très confortable, dans le
calme d’une combe.
a AGENDA. Le 16 septembre a
lieu la 11e édition de « La
Forestière », une course imaginée
par Michel Forestier, une des
grandes figures du VTT local. De
Lamoura, village de la station des
Rousses, à Oyonnax, les vététistes
aguerris s’affronteront sur les plus
beaux sentiers de la région.
Renseignements auprès d’Alain
Dien (tél. : 04-74-77-20-98).
Chaque année, le dernier
dimanche de juin, la populaire
Tram’Jurassienne invite les
participants à gagner en train les
sommets pour s’offrir ensuite une
journée de descente (jusqu’à
70 km) dans une ambiance haute
en couleur. Renseignements
auprès de l’Office de tourisme de
Champagnole (BP 129, 39304
Champagnole Cedex ; tél. :
03-84-52-43-67) et sur
www.tourisme.champagnole.com.
a RENSEIGNEMENTS. Auprès
de Grandes Traversées du Jura,
Espace nordique jurassien,
rue Baronne-Delort, BP 132,
39304 Champagnole Cedex ;
tél. : 03-84-52-58-10 ; courriel :
gtj@wanadoo.fr
ôn
« ICI, RIEN N’EST ARTIFICIEL »
Carnet de route
Une randonnée « hédoniste » à
laquelle le canton du Valais offre un
cadre idéal. Grâce, notamment, aux
télécabines qui permettent d’accéder aux stations piétonnes du plateau d’Aletsch (Belalp, Riederalp et
Bettmeralp) puis au sommet du
Bettmerhorn d’où il ne reste plus
qu’à se laisser glisser, en douceur,
vers la chaleureuse auberge de montagne de la Riederfurka. L’occasion
de savourer les spécialités locales
(viande séchée, lard salé, saucisses,
rösti, raclette, fondue) arrosées de
vins du cru. Puis de visiter la villa
Cassel, un insolite manoir normand
érigé en 1900 par un banquier londonien et qui abrite à présent un
centre d’interprétation de l’environnement. Une halte gourmande et
didactique, à l’orée d’une forêt protégée (mélèzes, aroles et rhododendrons), terme du sentier de crête
qui surplombe le glacier d’Aletsch,
le plus long (24 km) et le plus vaste
(86 km2) des Alpes. Majestueux paysage glaciaire et alpin que les Suisses espèrent voir inscrit prochaine-
Rh
Une tradition qui, aujourd’hui,
donne du travail à trois entreprises
locales.
A la différence de la plupart des
parcours balisés, la « GTJ » impose
de ne pas revenir chaque soir à son
point de départ. De gîte en chambre
d’hôte ou en refuge, les bagages précèdent ainsi les randonneurs grâce
à des spécialistes tels que Jura Randonnées. Ainsi chaque étape est l’occasion de rencontrer tous ceux qui
ont maintenu en vie ce pays si rude
et dont les Jurassiens soulignent
qu’il a « toujours le dernier mot ». A
commencer par les agriculteurs qui,
en dépit des mulots et des campagnols qui envahissent certains de
leurs champs, ont réussi à rendre
leurs exploitations rentables grâce à
des productions de qualité. Difficile, à cet égard, d’imaginer contrôles
du lait plus draconiens que ceux qui
président à la fabrication du fromage de Comté. « Si l’on veut continuer
à vivre de notre métier, relève Denis
Michaud, producteur à Reculfoz,
un petit village de 45 habitants dont
il est le maire, il faut nous faire connaître et c’est pour cela que nous
avons voulu cette “GTJ”: avec ce tourisme, on ne peut pas tricher. »
UN CADRE IDÉAL
Matter V
ispa
Région la plus froide
de France, la vallée du HautDoubs affiche, en été, une
rusticité souriante tandis
que les habitants de Lajoux
recouvrent de tavaillons
les façades de leurs fermes.
ment au patrimoine mondial de
l’Unesco.
Au programme, des randonnées
de trois à quatre heures, dans la vallée de Conche ou les gorges de la
Massa. A portée de car, le col du
Simplon où un sentier (parfois un
peu trop proche de la route) serpente vers l’Italie à travers des alpages
où résonnent les clarines. De Brigue, le Glacier Express monte jusqu’à Zermatt d’où un train à
crémaillère hisse au Gornergrat
(3 089 m) avec, par beau temps, le
spectacle de vingt-neuf des trentequatre « 4 000 » de Suisse, dont sa
majesté le Cervin.
Autre lieu de villégiature valaisan, sur un plateau entouré de sommets enneigés, Grächen (1 620 m)
privilégie avant tout les familles. Il
suffit de se laisser conduire par les
rues piétonnes pour parvenir au
Robis Spielpark (parc de jeu Robis)
où, au cœur d’une forêt en pente
douce, chacun découvre, à son rythme, cabanons, maisons fantômes,
châteaux forts, mines d’or, toboggans, rochers et filets d’escalade…
avant de se retrouver autour des
tables et bancs de bois et du barbecue collectif, pour un pique-nique.
« Chez nous, ce sont les enfants qui
poussent les parents à marcher »,
souligne-t-on fièrement. Avec une
recette simple et infaillible : la présence, à intervalles réguliers, de
jeux et cabanons divers. Des aménagements que l’on retrouve, entre
autres, dans le jardin de santé
Kneipp, sur un haut plateau de la
vallée du Mattertal, un lieu de santé
et de promenade composé de
divers bassins pour bains de pieds,
mains ou coudes et d’un jardin de
plantes médicinales.
Accessible en voiture ou par les
transports locaux, un choix impressionnant de distractions parmi lesquelles le parc d’attractions Happyland, à Granges, le labyrinthe-aventure d’Evionnaz, les promenades à
dos de mulet organisées à Ernen, la
descente en luge de la piste Feeblitz, à Saas-Fee, et le sentier des
a
SAAS-FEE
Zermatt
Le Cervin
4 478m
SUISSE
ITALIE
10 km
contes, à Leukerbad (Loèche-lesBains). Côté baignades, le complexe aquatique de Brigerbad qui,
outre bassins à remoux, torrents
d’eau chaude et piscines pour les
bébés, propose une grotte d’eau
thermale à 42 degrés où l’on s’immerge progressivement avant de
plonger dans un bassin d’eau glacée
puis de prendre un repos bien
mérité.
A Loèche-les-Bains, on pratique
le bien-être comme une philosophie. Plusieurs centres prodiguent
soins et bains à volonté. Au Burgerbad, les adultes font de l’aquagym
tout en surveillant d’un œil leur progéniture en train de barboter dans
la piscine voisine. A l’extérieur, les
bains de détentes vous plongent
dans la béatitude tant par leurs bienfaits que par la vue sur les sommets
voisins. Dans un autre registre et
sur les bords du lac Léman, l’aquaparc du Bouveret déroule ses toboggans géants et accumule bassins à
vagues, rivières à courants, hammams et saunas, bateau pirate
géant pour les enfants et bar immergé pour les adultes.
de nos envoyés spéciaux
Véronique Cauhapé
et Patrick Francès
e Par l’autoroute Lyon-GenèveSierre, Brigue et le Haut-Valais
sont à environ 780 km de Paris. En
TGV (tél. : 08-36-35-35-35) via Lausanne puis Brigue. Avec le Swiss
Pass (à acheter en France), accès illimité, pour la durée choisie, au
réseau ferré, routier et navigable
de Swiss Travel System.
e A Breiten, Hôtel Salina Maris
(tél. : 00-41-27-928-42-42). Jusqu’au 16 septembre, Allibert (tél. :
0-825-090-190 et, à Paris, 01-44-5935-35, www.allibert-voyages.com)
y propose 6 jours, autour de
5 000 F (762 ¤) par personne (hors
acheminement) en chambre double et pension complète avec randos guidées, transports et soins
dans les thermes de l’hôtel. A
Mörel, une bonne table, le Relais
Walker, avec une cave réputée.
e A Grächen, large choix d’hôtels.
Parmi eux, l’hôtel Grächerhof
(tél. : 00-41-27-956-25-15), à la fois
familial et gastronomique, de
552 F à 772 F (84 ¤ à 117 ¤), par
jour, la chambre double (avec petit
déjeuner). Forfaits semaine. Location de chalets et appartements.
Compter pour un vaste deux-pièces, 240 F à 520 F (36 ¤ à 79 ¤) par
jour. Office du tourisme de Grächen (tél. : 00-41-27-956-27-27 et,
sur Internet, www.graechen.ch).
e Pour le Valais, renseignements
au 00-800-100-200-30 (n˚ gratuit),
du lundi au samedi, de 8 h 30 à
19 heures, et www.masuisse.com.
A tous prix
a 46 F (7 ¤) : un retour aux origines, au parc de Préhistoire de Bretagne qui, à Malansac, à 23 km de
Redon, invite, jusqu’à la Toussaint,
les visiteurs à côtoyer dinosaures et
premiers hommes mis en scène sur
un très beau site naturel de 25 hectares. Demi-tarif pour les enfants de
5 à 11 ans. Renseignements au
02-97-43-34-17 ou www.prehistoire. com .
a A partir de 725 F (111 ¤) : un
week-end à Aix-les-Bains à l’occasion de Navig’Aix, le grand rendez-
vous international de la marine de
tradition qui, du 23 au 26 août, voit
se rassembler sur le lac du Bourget
coques en acajou, canots vernis,
embarcations à vapeur, runabouts
et racers . Prix par personne pour
deux nuits en chambre double avec
petit déjeuner, dîner croisière et
balade-baptême en canot ancien.
Renseignements au 04-79-88-68-00.
En réservant auprès de la Maison
de la Savoie (tél. : 01-42-61-74-73),
on bénéficie de 30 à 50 % de réduction sur le billet SNCF.
a 9 590 F (1 462 ¤) : une croisière
de l’Islande à la Norvège, à bord du
Sapphire (600 passagers), de Reykjavik à Calais. Au programme : trois
escales islandaises, les îles Féroé et
Shetland, Bergen et Stavanger, en
Norvège. Prix par personne pour
dix nuits en cabine intérieure double et pension complète, et le vol
Paris-Reykjavik. Départ le 12 août.
Renseignements auprès de CroisiFrance, tél. : 01-42-66-97-25. Renseignements au 01-42-86-17-70 et
sur Internet (www.vdm.com).
18 / LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001
AUJOURD’HUI
Quelques développements orageux
et des ondées orageuses se produiront. Les températures atteindront
28 à 31 degrés.
Poitou-Charentes, Aquitaine,
Midi-Pyrénées. Sur les régions au
sud de la Garonne, les nuages bas
seront souvent présents le matin. Ils
se désagrégeront progressivement
et le soleil brillera sur l’ensemble des
régions. En fin de journée, quelques
orages éclateront sur le relief pyrénéen. Les températures atteindront
24 à 30 degrés.
Limousin, Auvergne, RhôneAlpes. Les bancs de brouillard formés dans la nuit se dissiperont rapidement et la matinée sera bien ensoleillée. L’après-midi, des nuages se
développeront sur le relief et quelques orages éclateront. Les températures seront comprises entre 26 et
31 degrés.
Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse. Les
passages de nuages élevés n’empêcheront pas une journée largement
ensoleillée. Les températures de
l’après-midi seront comprises entre
26 et 32 degrés.
JEUDI. Une perturbation sans
dynamisme circule sur la moitié
nord du pays, où elle donnera quelques ondées orageuses. Sur la moitié sud, le soleil l’emportera, mais
des orages éclateront l’après-midi
sur le relief.
Bretagne, pays de Loire, BasseNormandie. Les bancs de brouillard
ou les nuages bas côtiers présents
au petit matin laisseront rapidement
place à un temps ensoleillé. Les températures seront comprises entre 19
et 23 degrés sur les côtes, entre 23 et
28 degrés dans l’intérieur.
Ardennes, Nord-Picardie, Ile-deFrance, Haute-Normandie, Centre. Le matin, le ciel sera bien nuageux et des ondées orageuses pourront se produire. L’après-midi, de
belles éclaircies reviendront par
l’ouest. Les températures seront
comprises entre 23 et 29 degrés du
Nord au Sud.
Champagne, Lorraine, Alsace,
Bourgogne, Franche-Comté. Les
brouillards présents au lever du jour
se dissiperont progressivement. Les
passages nuageux seront fréquents
PRÉ
PR
ÉVISIONS POUR LE 26 JUILLET 2001
Ville par ville, les minima/maxima de température
et l’état du ciel. S : ensoleillé; N : nuageux;
C : couvert; P : pluie; * : neige.
FRANCE métropole
AJACCIO
18/31
BIARRITZ
18/24
BORDEAUX
18/29
BOURGES
17/29
BREST
13/21
CAEN
13/24
CHERBOURG
12/21
CLERMONT-F.
17/30
DIJON
17/30
GRENOBLE
14/31
LILLE
16/27
LIMOGES
16/28
LYON
18/30
MARSEILLE
19/30
S
S
S
S
S
S
S
S
N
S
N
S
N
S
NANCY
18/30
NANTES
14/27
NICE
20/26
PARIS
19/28
PAU
17/28
PERPIGNAN
23/30
RENNES
14/24
ST-ETIENNE
18/30
STRASBOURG
18/31
TOULOUSE
18/29
TOURS
17/29
FRANCE outre-mer
CAYENNE
23/32
FORT-DE-FR.
24/30
NOUMEA
18/22
N
S
S
N
S
S
S
N
N
S
S
S
P
S
PAPEETE
POINTE-A-PIT.
ST-DENIS-RÉ.
EUROPE
AMSTERDAM
ATHENES
BARCELONE
BELFAST
BELGRADE
BERLIN
BERNE
BRUXELLES
BUCAREST
BUDAPEST
COPENHAGUE
DUBLIN
FRANCFORT
GENEVE
HELSINKI
ISTANBUL
23/29 S
25/32 S
20/25 S
15/26
25/35
21/26
14/19
18/22
17/27
15/29
17/26
16/31
18/25
14/23
13/19
16/30
17/28
18/25
25/32
S
S
S
C
P
S
S
S
S
P
S
C
S
S
S
S
Belfast
Dublin
Amsterdam
Londres
50 o
Varsovie
Berlin
Bruxelles
Strasbourg
Nantes
Rome
Séville
0
o
VENISE
VIENNE
AMÉRIQUES
BRASILIA
BUENOS AIR.
CARACAS
CHICAGO
LIMA
LOS ANGELES
MEXICO
MONTREAL
NEW YORK
SAN FRANCIS.
SANTIAGO/CHI
TORONTO
WASHINGTON
AFRIQUE
ALGER
DAKAR
KINSHASA
Naples
Neige
10
o
20
LE CAIRE
24/34
NAIROBI
15/22
PRETORIA
3/18
RABAT
15/24
TUNIS
22/32
ASIE-OCÉANIE
BANGKOK
26/34
BEYROUTH
26/30
BOMBAY
26/29
DJAKARTA
26/29
DUBAI
35/42
HANOI
26/33
HONGKONG
27/28
JERUSALEM
24/31
NEW DEHLI
29/32
PEKIN
22/32
SEOUL
25/29
SINGAPOUR
26/31
SYDNEY
12/17
TOKYO
25/28
20/29 S
18/24 S
17/28
5/10
23/27
20/24
15/17
17/25
13/19
14/21
22/26
13/21
-2/10
20/25
23/27
S
C
S
C
C
S
P
S
P
S
S
S
P
16/30 S
27/30 S
19/29 P
P
S
P
C
S
C
P
S
P
S
P
P
P
P
Situation le 25 juillet à 0 heure TU
17˚
21˚
PROVENCE
PAS-DE-CALAIS
CÔTE D'OPALE
17˚
21˚
Nice
Cap d'Agde
ROUSSILLON
PICARDIE
10
Deauville
Granville
NORMANDIE
Perros-Guirec
CÔTE CHARENTAISE
Ile de Ré
18˚
Soulac
Quiberon
10
POINTE BRETAGNE
20˚
26˚
MER
Calme/belle
Arcachon
VENDÉE
24˚
18˚
20
SUD BRETAGNE
18˚
21˚
St-GillesCroix -de-Vie
2
3
4
5
22˚
PROBLÈME No 01-174
6
7
8
9 10 11 12
I
II
III
IV
10
21˚
22˚
10
Retrouvez nos grilles
sur www.lemonde.fr
Multinationale de la communication. Pour une communication
sans frontières. - 8. Image et son
du pays. Concentré. - 9. On en
sort pour aller dans les cabinets.
Pris en sortant. Article. - 10.
Repris le texte. - 11. Met sur de
bonnes voies. Handicapé au
départ. - 12. Lourdes protections.
Philippe Dupuis
SOLUTION DU N° 01 - 173
VII
Horizontalement
I. Départ. Point. - II. Ecolabel.
Bah. - III. Motet. Salive. - IV. Alésés. Caser. - V. Ro. Elever. Ta. - VI.
CGT. Ecumer. - VII. Hies. Tee. Ioe.
- VIII. Estime. Neveu. - IX. Ut.
Soustrait. - X. Rêve. Résille.
VIII
IX
X
HORIZONTALEMENT
I. Fait du bien à condition de
suivre les indications. Peut aussi
faire du bien, mais il ne faut pas
abuser. - II. En avoir n’a jamais
fait de mal. En apprentissage. III. Faiseur de paix. Tracas d’hier.
- IV. Commence par la casse.
Choisi. - V. Des millions et des
millions de fois. Environ 1,5 euro
demain. - VI. Fait du bien quand
elle tombe. Se coucher à l’ancienne. - VII. Saison migratoire.
Incite à la libre entreprise. - VIII.
Un grand rôle pour Callas. Neuf
CALVI
à chaque tour. Rejoint la Méditerranée. - IX. Forme de savoir.
Démange sans cesse. - X. Leur
coup, c’est le cou.
VERTICALEMENT
1. Marque de reconnaissance. 2. Pâte batave. Fait un pli. - 3.
Conducteur qui ne fera pas d’excès de vitesse. - 4. Trop souvent
racontée. Subit une transformation. - 5. Préparer le terrain.
Prend sa source au mont Lozère.
- 6. Réduction au sommet. Dans
le triangle et le rectangle. - 7.
28˚
25˚
28˚
BASTIA
24˚
27˚
Calvi
Bastia
10
10
16˚
Porto-Vecchio
20
LANDES
Peu agitée
10
AJACCIO
V
VI
21˚
Corse
PORTO-VECCHIO
Agitée/forte
VENDÉE
19˚
MOTS CROISÉS
23˚
CÔTE BASQUE
24˚
28˚
Ajaccio
CÔTE LANDAISE
SUD FINISTÈRE
22˚
29˚
TEMPÉRATURE
DE L'EAU
Lacanau
10
GARD
BOUCHES-DU-RHÔNE
LANGUEDOC
VENT VARIABLE
20
La Baule
22˚
TEMPÉRATURE
DE L'AIR
15
VENT
DIRECTION ET
VITESSE EN KM/HEURE
CÔTE GIRONDINE
BRETAGNE
25˚
CHARENTES
20
24˚
Ile d'Oléron
Concarneau
23˚
VAR
Sud-Ouest
19˚
Crozon
26˚
10
ROUSSILLON
St-Malo
10
25˚
20
10
22˚
20
10
St-Tropez
NORMANDIE
21˚
7˚
CÔTE D'AZUR
20
Le Tréport
Étretat
19˚
20
10
Perpignan
BAIE DE SEINE
18˚
Le Touquet
10
19˚
St-Raphaël
La Seynesur-Mer
Calais
CÔTE D'ALBÂTRE
10
20˚
Marseille
10
21˚
Le Havre
FINISTÈRE NORD
Prévisions pour le 27 juillet à 0 heure TU
LANGUEDOC
CÔTE NORMANDE
16˚
Vent fort
o
S
C
S
S
S
S
COTENTIN
Orages
Sud
10
1
Pluie
Tunis
Alger
S
S
S
S
C
S
S
S
S
S
S
S
S
S
S
S
S
S
S
P
Averses
Istanbul
Athènes
17˚
Ouest
17˚
Sofia
Lisbonne
21/29
17/24
14/23
16/26
16/28
17/33
22/32
16/28
15/26
19/31
9/23
19/29
13/23
18/29
16/33
18/27
19/28
17/25
22/27
18/23
Brume
brouillard
Bucarest
Belgrade
Toulouse
Rabat
Brèves
éclaircies
Budapest
Milan
Barcelone
a FRANCE. Du dimanche 5 au
samedi 11 août, le Xe Festival d’astronomie de Fleurance (Gers), parrainé par l’astrophysicien Hubert
Reeves, doit réunir treize des
meilleurs spécialistes de cette discipline. Pendant toute la semaine
ils doivent animer des cours, des
conférences, des ateliers pratiques
et surtout les soirées d’observation à la recherche d’étoiles plus
lointaines les unes que les autres.
Un forfait couvrant l’ensemble des
activités est proposé au prix de
1 350 F (206 ¤). Renseignements
au 05-62-06-62-76 et, sur Internet,
sur le site www.gascogne.fr/ferme
a YOUGOSLAVIE. Air France a
décidé, faute de demande, d’arrêter ses liaisons entre Paris-Orly et
l’aéroport de Belgrade, en Serbie.
A l’occasion du lancement de son
programme estival, la compagnie
aérienne avait relancé cette destination en proposant trois vols par
semaine.
Couvert
Vienne
Berne
Lyon
Madrid
Kiev
Prague
Paris
40 o
LE CARNET
DU VOYAGEUR
Ensoleillé
Peu
nuageux
Liverpool
18˚
23˚
Moscou
Nord
Le long des côtes de la Manche et des côtes landaises, les nuages bas
seront parfois présents au lever du jour. Ils se dissiperont progressivement et le soleil s'imposera. Sur les autres régions côtières, la journée
sera largement ensoleillée. Les températures seront comprises entre
20 et 30 degrés du nord-ouest au sud-est.
18˚
Stockholm
vers 12h00
E
O
Le 26 JUILLET 2001 vers 12 heures
BAIE ST-MICHEL
Oslo
Prévisions
KIEV
LISBONNE
LIVERPOOL
LONDRES
LUXEMBOURG
MADRID
MILAN
MOSCOU
MUNICH
NAPLES
OSLO
PALMA DE M.
PRAGUE
ROME
SEVILLE
SOFIA
ST-PETERSB.
STOCKHOLM
TENERIFE
VARSOVIE
N
Sur les plages
-26------JUILLET
-----------------2001
-----
Verticalement
1. Démarcheur. - 2. Ecologiste.
- 3. Pote. Têt. - 4. Alèse. Sise. - 5.
Râtelé. Mo. - 6. TB. Secteur. - 7.
Es. Vue. Se. - 8. Placements. - 9.
Lare. Eri (ire). - 10. Ibis. Rival. 11. Navet. Œil. - 12. Thérapeute.
24˚
Biarritz
BRIDGE
29˚
No 1954
UN COUP SPECTACULAIRE
Lors de cette donne, Sundelin, en
défense en Est, trouva le moyen de faire chuter le contrat de « 3 SA ». Prenez sa place et cachez les mains de
son partenaire, en Ouest, et de Sud.
⽥R9652
〬8753
〫5
⽤V73
⽥743
〬ARD
〫R9742
⽤85
⽥ A 10
N
〬 V 10 9 2
O
E
〫 D V 10 8 6
S
⽤D4
⽥DV8
〬64
〫A3
⽤ A R 10 9 6 2
Ann. : S. don. E.-O. vuln.
Sud
1⽤
2⽤
3 SA
24˚
28˚
Très forte/grosse
Ouest
passe
passe
passe
Nord
1〫
2〬
passe
Est
passe
passe
passe
Ouest a entamé le 5 de Pique, Est a
pris avec l’As puis a joué le 10 de
Pique pour le Valet pris par le Roi de
Pique d’Ouest. Celui-ci a rejoué le 2 de
Pique. Quelle carte Sundelin, en Est,
a-t-il défaussée pour faire chuter le
contrat de TROIS SANS ATOUT ?
Réponse
Le retour du 2 de Pique, après avoir
entamé le 5 (quatrième meilleure),
montrait qu’Ouest avait cinq Piques
et qu’il lui restait ainsi deux Piques
maîtres. Mais où pouvait être sa reprise de main ? Ce ne pouvait être ni
l’As de Carreau ni un des gros honneurs à Trèfle, car Sud n’aurait pas
annoncé « 3 SA » sans ces trois cartes
maîtresses. Il restait cependant une
rentrée possible : le Valet de Trèfle troisième, mais encore fallait-il que la
Dame de Trèfle n’empêche pas cette
reprise.
En effet, regardez ce qui va se passer si Est ne défausse pas la Dame de
Trèfle. Quand Sud jouera Trèfle du
mort, il ne prendra pas si Est fournit la
Dame ; et, si Est met le 4 de Trèfle,
Sud prendra du Roi, retournera au
mort par le Roi de Cœur pour continuer Trèfle et laisser passer la Dame de
Trèfle si Est, cette fois, fournit cette carte. Les Trèfles seront ainsi affranchis
sans qu’Ouest puisse prendre la main.
Heureusement, Sundelin a bien vu
le coup et, pour détruire cette manœuvre, il a défaussé la Dame de Trèfle au
troisième tour à Pique ! Dès lors, Sud
ne pouvait plus affranchir ses Trèfles
sans donner à Ouest le Valet et quatre
Piques. Grâce à cette combinaison,
appelée « baiser à la reine », les Trèfles étaient ainsi affranchis.
LE CHELEM DE ZIA
Le Pakistanais Mahmood Zia fait le
bonheur des journalistes, car, régulièrement, ils peuvent publier ses
meilleurs coups. En voici un.
⽥D42
〬 R D V…
〫6
⽤2
⽥A753
〬8
〫AV874
⽤ A V 10
⽥ 10 9 8 6
N
〬3
O
E
〫53
S
⽤RD9865
⽥RV
〬A64
〫 R D 10 9 2
⽤743
Ann. : E. don. Pers. vuln.
Ouest
–
4〬
Nord
–
contre
Est
2⽥
passe
Sud
passe
6 〫...
Ouest ayant entamé le 2 de Trèfle
(singleton), comment Zia a-t-il gagné
ce PETIT CHELEM À CARREAU
contre toute défense ?
Note sur les enchères
L’ouverture artificielle de « 2 Piques » était un barrage qui garantissait une longue à Trèfle. Le saut
naturel à « 4 Cœurs » promettait une
couleur d’au moins sept cartes, et le
bond final à « 6 Carreaux » était…
courageux.
Philippe Brugnon
CARNET
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001 / 19
AU CARNET DU « MONDE »
DISPARITION
Mariages
Eudora Welty
Marie-Claire et Bruno MERLIN,
Charlotte et Eléonore,
ont la joie d'annoncer le mariage de
L’ultime survivante de la génération des grands écrivains du Sud américain
AUTEUR D’UN BEST-SELLER
OFF
Aux Etats-Unis, elle est depuis
longtemps considérée comme classique, et ses textes abondent dans les
manuels scolaires, exemples parfaits d’une prose particulièrement
pure et d’une écriture de haute
tenue. Au point que lorsqu’elle a
publié, en 1984, un court essai, Les
Débuts d’un écrivain, beaucoup la
croyaient morte. Ce texte autobiographique, qui n’a rien d’une confession, Eudora Welty ayant toujours
refusé toute confidence, la fit redécouvrir. Il demeura sur la liste des
meilleures ventes du New York
Times pendant quarante-six semaines. Avant de devenir l’auteur d’un
best-seller inattendu, elle avait reçu
de nombreuses et prestigieuses distinctions, dont l’American Book
Award et le prix Pulitzer pour son
roman La Fille de l’optimiste.
« Eh oui, aux Etats-Unis aussi, les
éditeurs poussent les auteurs à écrire
des romans, constatait-elle avec une
résignation amusée. J’ai été obligée
de le faire. Si l’on lit bien Mariage au
Delta ou La Fille de l’optimiste, on
voit que ce ne sont pas de vrais
romans. Plutôt des nouvelles
“étirées”. Le texte court me convient
qui a été célébrée le samedi 21 juillet
2001, à Bémécourt (Eure).
30, rue Robert-Lindet,
75015 Paris.
Décès
– Bordeaux. Paris.
Anne,
sa compagne,
Laurent, François, Kamar
et Mehdi Darqué,
ses enfants et son petit-fils,
Mme Françoise Darqué,
son épouse,
Les familles Viala, Ferraud et Vergier,
Et tous leurs proches,
ont la douleur de faire part du décès du
professeur Jean DARQUÉ,
survenu à Pessac, le 24 juillet 2001.
Ses obsèques religieuses seront
célébrées le vendredi 27 juillet, à
14 heures, en l'église Saint-Amand, à
Bordeaux-Caudéran, suivies de
l'inhumation au cimetière de la
Chartreuse, à Bordeaux.
Cet avis tient lieu de faire-part.
– Son épouse,
Et ses enfants
ont la tristesse de faire part du décès de
JOHN KELLER
ELLE ÉTAIT « la dernière survivante », la dernière à pouvoir raconter ses balades en canoë avec
William Faulkner, de douze ans son
aîné : « C’était un géant, le plus
grand de nous tous, ceux qu’on a abusivement désignés comme “les écrivains du Sud”, car nous ne formions
ni un groupe ni une école. » Eudora
Welty, cette éternelle jeune fille, délicate et déterminée à la fois, timide
et obstinée, vient de mourir, lundi
23 juillet, à l’âge de quatre-vingtdouze ans, à Jackson (Mississippi).
Elle y était née le 13 avril 1909 et
n’en avait guère bougé. « Je n’ai quitté ma ville que pour étudier, dans le
Wisconsin et à New York, confiaitelle au Monde en 1987, puis pour travailler, c’est-à-dire pour donner des
conférences dans de nombreuses universités, sur tout le territoire des EtatsUnis, enfin pour le plaisir de voyager,
essentiellement en France et en Italie. » Elle habitait la maison construite par ses parents sur une colline de
Jackson, ne s’était jamais mariée,
n’avait pas d’enfant. « J’ai choisi de
vivre à la maison pour pouvoir écrire
dans un univers familier, disait-elle
encore. Je ne l’ai jamais regretté. »
Elle n’a pas eu la vie brève et
tumultueuse de Carson McCullers,
ni celle non moins brève et
contrainte de son autre cadette Flannery O’Connor. Est-ce pour cela
que la France l’a trop longtemps
ignorée, elle qui parlait de Paris
avec tant de passion ? La discrétion
de la dame de Jackson a sans doute
joué un rôle dans cette méconnaissance – qui continue, en dépit des
efforts de son éditeur, Flammarion
(celui-ci a notamment repris sept
titres dans un gros volume et une
édition de Michel Gresset, coll.
« Mille & une pages », 1 000 p.,
158 F, 24,09 ¤). Mais c’est plus sûrement parce que cet écrivain magnifique est une nouvelliste qu’elle a, ici,
un public restreint. Et probablement aussi parce que, malgré le travail remarquable de ses traducteurs,
son style, tout de délicatesse et de
poésie, ne peut être vraiment restitué dans une autre langue.
Thomas et Agnès,
Pierre, Raymond JUDDE,
– M. André Merlin, directeur de RTE,
Et l'ensemble des collaborateurs de
Réseau de transport d'électricité
ont le regret de faire part du décès de
M. Maurice MAGNIEN,
inspecteur général honoraire
d'Electricité de France,
ancien directeur des études
et recherches d'EDF,
ancien directeur du transport d'EDF,
officier de la Légion d'honneur,
commandeur de l'ordre national
du Mérite,
chevalier des Arts et des Lettres,
commandeur du Lion de Finlande,
– Ses collègues et tous ceux qui l'ont
croisée à EDF,
Les membres du département Cleo,
Le Grets et son équipe de travail,
expriment leur immense tristesse à
l'occasion de la disparition de
Sophie TAPONIER,
chercheur, anthropologue,
coresponsable de l'équipe
de sciences humaines et sociales
à EDF R & D.
Ils continueront leur travail enrichis
de son apport, et manifestent toute leur
sympathie à son compagnon et à sa
famille.
survenu le 22 juillet 2001, à l'âge de
quatre-vingt-un ans.
Une cérémonie religieuse est célébrée
ce mercredi 25 juillet, à 14 h 30, en
l'église Notre-Dame de l'Assomption,
Paris-16e.
Rectificatifs
- Dans le faire-part de décès de
François JACQUEY,
Ils s'associent à la douleur de ses
proches.
– Mme Jean Rieu,
son épouse,
Mme Francine Rieu,
sa fille,
Capucine Boncenne,
sa petite-fille,
Et sa famille,
ont la tristesse de faire part du décès de
prêtre,
paru dans la page carnet du
25 juillet 2001, il fallait lire :
La messe de sépulture, présidée par
Mgr Eric Aumonier, évêque de
Versailles, a été célébrée ce mercredi
25 juillet, à 10 heures, en l'église du
Mesnil-Saint-Denis (Yvelines).
Remerciements
Jean RIEU,
chevalier de la Légion d'honneur,
survenu à Fleurance (Gers), le
8 juillet 2001, à l'âge de quatre-vingthuit ans.
– André, Aude et David,
Les familles et les proches,
ont été très touchés par votre présence,
vos fleurs ou vos messages de sympathie
lors du décès et des obsèques de
Denise MAIREY,
Les obsèques ont été célébrées dans
l'intimité, le 11 juillet, à Lamothe-Goas
(Gers).
née DIATKINE,
et vous expriment leur gratitude.
10, rue Lavoisier,
75008 Paris.
36, rue Madeleine-Michelis,
92200 Neuilly-sur-Seine.
28, rue Vauquelin,
75005 Paris.
le 20 juillet 2001.
« La fiction, pour moi, explore, désigne, révèle, témoigne,
elle ne juge pas, elle ne moralise pas », déclarait-elle.
mieux. J’ai peu de goût pour les explications et les commentaires. » Et elle
profitait de cette remarque pour
enchaîner sur les reproches qu’on
lui avait faits, de ne pas avoir milité
pour les droits civiques. Elle ne
cachait rien de son enfance de petite
fille blanche « ne se posant aucune
question sur la condition des Noirs »,
puis de sa prise de conscience de
« la situation dans le Sud ».
« Il n’était pas rare qu’à New York
je m’entende demander : “Combien
de nègres a-t-on lynchés chez vous cette semaine ?” On me reprochait de ne
pas avoir parlé des Noirs dans mes
livres et de ne pas faire une œuvre qui
milite pour le changement. La condition des Noirs, je l’ai abondamment
décrite [elle a aussi réalisé un reportage photographique sur l’Etat du
Mississippi, en 1933, pendant la
Grande Dépression], mais j’ai toujours été résolument opposée à ce
qu’on appelle la littérature engagée.
Les positions que j’ai prises, dans la
vie, au moment de la lutte pour les
droits civiques, ne regardent que moi,
comme personne privée, comme tout
autre citoyen, et il était bien évident,
pour qui m’avait lue, que je ne pouvais qu’être favorable à la fin de la
ségrégation. Mais le propos d’une
œuvre de fiction n’est pas de dire aux
autres ce qu’ils doivent faire. La fiction, pour moi, explore, désigne, révèle, témoigne, elle ne juge pas, elle ne
moralise pas. »
La morale qu’on assène, la lourdeur, la violence, les cris…, ce n’est
pas dans la manière d’Eudora
Welty, même si elle décrit souvent
un univers terrible, un quotidien
désastreux, des vies sinistres ou
gâchées. Si elle sait être impitoyable, c’est seulement en raison de sa
lucidité, de sa minutie, de sa précision dans la description des situations, des comportements, des
lieux, des atmosphères. Comme
l’écrit Danièle Pitavy-Souques, l’une
des spécialistes françaises de son
œuvre (lire son excellent Eudora
Welty, les sortilèges du conteur,
éd. Belin, col. « Voix américaines »,
128 p., 50 F, 7,62 ¤), il y a chez Eudora Welty « une densité et un pouvoir visionnaire qui tiennent de la poésie. Le Sud est là, où l’artiste puise ses
images, mais la quête est d’ordre spirituel. (…) Eudora Welty, dont l’œuvre
a influencé deux générations d’écrivains [au premier rang desquels
Richard Ford], est à compter parmi
les plus grands écrivains américains. » (Le Monde du 11 décembre
1987). Ceux qui ne connaissent pas
encore Eudora Welty ont peut-être
de la chance. Il leur reste le bonheur
de découvrir cet univers singulier, ce
Sud qui n’existe plus.
Josyane Savigneau
NOMINATION
Jean-Loup Kuhn-Delforge a été
nommé ambassadeur en Bulgarie,
en remplacement de Dominique
Chassard, par décret publié au Journal officiel du vendredi 20 juillet.
[Né le 12 décembre 1950, titulaire d’un diplôme d’études supérieures de droit public, JeanLoup Kuhn-Delforge fut affecté au ministère de
l’intérieur à sa sortie de l’ENA en 1977. Il a été
directeur du cabinet du préfet de la HauteMarne (1977-1978) puis du préfet de la région
Centre et du Loiret (1978-1981), chargé de mission au secrétariat général du gouvernement
(1981-1987) et chef de la division politique du
gouvernement militaire à Berlin (1987-1989)
avant d’être nommé à la direction des affaires
politiques du ministère des affaires étrangères
(1989-1991), puis d’être en poste à Prague
(1991-1994) et à Bonn (1994-1997). Depuis
1997, M. Kuhn-Delforge était directeur adjoint
des Français à l’étranger et des étrangers en
France et chef du service des Français à l’étranger au Quai d’Orsay.]
La cérémonie religieuse a été célébrée
ce mercredi 25 juillet, à 9 h 45, en
l'église Notre-Dame du Raincy, suivie de
l'inhumation au cimetière de l'île de
Groix, le jeudi 26 juillet, à 11 h 15.
6, allée Baratin,
93340 Le Raincy.
– Mme Jeannine Robin,
Ses enfants et petits-enfants,
ont la douleur de faire part du décès de
M. Georges JUMEL,
chevalier de la Légion d'honneur
et du Mérite agricole,
survenu à Paris, le 23 juillet 2001, à l'âge
de quatre-vingt-dix ans.
La cérémonie religieuse sera célébrée
le jeudi 26 juillet, à 14 h 30, en l'église
Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle, 9, rue du
Docteur-Roux, Paris-15e.
La levée du corps aura lieu le
vendredi 27 juillet 2001, à 10 h 30, à
l'amphithéâtre de l'Institut mutualiste
Montsouris, 59, avenue Reille, Paris-14e.
12, rue Damremont,
75018 Paris.
7, rue Gaston-Cougny,
18000 Bourges.
née
Le docteur et M me Christian
Lavergne,
ses parents,
Le comte et la comtesse de Leotoing
d'Anjony,
et Clémentine,
Aurore et Stephan Matyk,
M. et Mme Jean-François Hubert,
et Caroline,
ont la grande tristesse de faire part du
décès du
docteur Gérard LAVERGNE,
quittait ce monde et les siens.
Une pensée, une prière sont
demandées à ceux qui l'ont connu et
aimé.
De la part des familles Gery et
Feertchak.
Cours
Apprendre le russe au CREF,
à Moscou et à Paris.
Stages intensifs et semi-intensifs.
01-43-79-30-54 - cref@dol.ru
Cet avis tient lieu de faire-part.
nous a quittés, le 17 juillet 2001.
– M me Gérard Lavergne,
Catherine Mouren,
son épouse,
Diane Pez et Sandra Lavergne,
ses filles,
Thomas Pez,
son gendre,
Robert GERY
L'inhumation aura lieu le même jour à
15 heures, au cimetière des Capucins de
Bourges (Cher).
Sophie TAPONIER
60, rue Falguière,
75015 Paris.
– Le 26 juillet 1976,
M. Paul ROBIN,
survenu à Paris-14 e , dans sa soixantedix-huitième année.
– Mme Suzy Jumel,
son épouse,
Ses enfants, petits-enfants, arrièrepetits-enfants,
Et toute la famille,
ont la douleur de faire part du décès de
Anniversaires de décès
De la part de
Dominique Desjeux,
Jean Taponier,
Suzanne Taponier-Cléchet,
ses parents,
Agnès, Jean-François et Renée, Marc,
Chantal,
sa sœur, ses frères et belles-sœurs,
Et leurs enfants,
Les familles parentes et alliées,
Ses amis et collaborateurs
d'Argonautes.
Parents et amis se réuniront au
crématorium du cimetière du PèreLachaise, à Paris-20 e , le vendredi
27 juillet, à 13 h 30.
Une célébration aura lieu à son
intention, en l'église Saint-Laurent, à
Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie), le
lundi 30 juillet, à 19 heures.
CARNET DU MONDE
-TARIFS année 2001 TARIF à la ligne
DÉCÈS, REMERCIEMENTS,
AVIS DE MESSE,
ANNIVERSAIRES DE DÉCÈS
141 F TTC - 21,50 €
TARIF ABONNÉS
119 F TTC - 18,14 €
NAISSANCES, ANNIVERSAIRES,
MARIAGES, FIANÇAILLES, PACS
600 F TTC - 91,47 €
FORFAIT 10 LIGNES
TARIF ABONNÉS 491 F TTC - 74,85 €
FORFAIT 10 LIGNES
La ligne suppl. : 60 F TTC- 9,15 €
THÈSES - ÉTUDIANTS :
85 F TTC - 12,96 €
COLLOQUES CONFÉRENCES :
Nous consulter
m01.42.17.39.80 + 01.42.17.38.42
survenu à l'âge de cinquante-huit ans, le
24 juillet 2001, à Paris.
La cérémonie religieuse aura lieu le
vendredi 27 juillet, à 14 h 30, en l'église
Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, Paris-7e.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Pas de fleurs.
Fax : 01.42.17.21.36
e-mail: carnet@mondepub.fr
94, boulevard Barbès,
75018 Paris.
7, avenue de Lamballe,
75016 Paris.
19, route du Port,
74290 Veyrier-du-Lac.
Les lignes en capitales grasses sont
facturées sur la base de deux lignes.
Les lignes en blanc sont obligatoires
et facturées.
Pour votre été, abonnez-vous au Monde
SPÉCIAL
RE TÉ E
É
s
1 moi *
Chaque vendredi, Le Monde vous
propose une nouvelle inédite, signée
Annie Ernaux, Jorge Semprun,
Dominique Noguez, Philippe Sollers...
1s7eu3leF
ment
26,37 €
Rapide et pratique pour vous abonner
www.lemonde.fr
(rubrique “Services”)
Abonnez-vous par Internet :
www.lemonde.fr ou remplissez
le bulletin ci-contre, en choisissant la durée
de votre abonnement, et retournez-le,
accompagné de votre règlement, à
l’adresse suivante :
LE MONDE - Service abonnements 60646 Chantilly Cedex
Les plus
belles pages
de l’été
DURÉE
FRANCE
2 semaines (13 nos) . . . . . . . . . . . . . . . 96 F (14,64 €)
■ 3 semaines (19 nos) . . . . . . . . . . . . . . 139 F
(21,19 €)
■ 1 mois
(26 nos) . . . . . . . . . . . . . 173 F (26,37 €)
■ 2 mois
(52 nos) . . . . . . . . . . . . . 378 F (57,63 €)
■ 3 mois
(78 nos) . . . . . . . . . . . . . 562 F (85,68 €)
■ 12 mois
(312 nos) . . . . . . . . . . . 1 980 F (301,85 €)
■
Et tout au long de l’été, chaque jour,
partez à la découverte :
• des mystères et secrets des grands
monuments de Paris ;
• des grands peintres dans l’intimité de
leur atelier ;
• des territoires inconnus de la Sibérie
orientale et du sommet du K2 ;
• des grands solitaires de la prière ;
• de la passion des jeux de société et
des jeux vidéo.
Recevez Le Monde sur le lieu de vos vacances
BULLETIN SPÉCIAL D’ABONNEMENT
A retourner 10 jours à l’avance
Votre adresse de vacances :
du : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . au : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Nom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Adresse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
.................................................
Code postal : . . . . . . . . . . Ville : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Votre adresse habituelle :
Adresse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
.................................................
Code postal : . . . . . . . . . . Ville : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
✁
101 MQ VA2
Votre mode de règlement :
■ Chèque joint à l’ordre du Monde
■ Carte bancaire
N° :
Expire le :
Date et signature obligatoires :
* Au lieu de 195Fprix de vente au numéro
** Offre valable jusqu’au 15/12/2001, en France métropolitaine uniquement.
Pour tout autre renseignement : tél. : 01-42-17-32-90
de 8 h 30 à 18 h du lundi au vendredi ;
abo@lemonde.fr
20
CULTURE
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001
b AVIGNON scelle ses retrouvailles
avec l’un des chorégraphes qui ont
marqué l’histoire récente du festival, l’Américain Bill T. Jones. Il présente, dans la Cour d’honneur du
tion dans un cadre nomade et s’interroge sur la nécessité d’une implantation plus institutionnelle à Harlem,
berceau new-yorkais de sa compagnie. b LE FESTIVAL de la Meije a
palais des papes, un spectacle créé
l’année dernière à Bologne, « You
walk ? » b DANS un entretien au
Monde, le chorégraphe dit sa difficulté à mener à bien ses projets de créa-
commencé par une brillante série de
concerts en hommage à Olivier Messiaen, tous placés sous le signe du
Japon, représenté par plusieurs interprètes de premier plan.
Bill T. Jones, un chorégraphe à la moitié de sa vie et de ses combats
AVIGNON
de notre envoyée spéciale
Bill T. Jones est soucieux. Qu’il chorégraphie pour se lancer dans des
combats glorieux (sida, histoire du
peuple noir), ou pour faire la part
belle à la spiritualité – comme avec
ce You walk ?, créé l’année dernière à Bologne et qu’il installe aujourd’hui dans la Cour d’honneur du
palais des papes –, l’artiste déborde
de vitalité. A Avignon, où il vient
d’arriver, après des vacances en Toscane, impossible de s’y tromper :
l’humeur est sombre. Trop de questions l’absorbent. Comment être un
artiste engagé et avoir le temps de
développer un style identifiable ?
Comment construire et sauvegarder
une œuvre quand on travaille au
coup par coup, sans même un studio à soi ? A presque cinquante ans,
il doit faire des choix. Va-t-il ouvrir
un centre d’art et de culture à Harlem ? L’homme est déchiré entre la
passion de son art et l’amour qu’il
porte à ses semblables. A peine assis
pour un entretien, il n’attend pas la
première question :
« Aujourd’hui, on a le choix
entre le cynisme ou la fatigue. Il
faut pourtant avancer, mais comment ? La pression de l’argent est
trop grande. La danse est devenue
un business. Ce climat délétère touche les chorégraphes, les critiques,
tout le milieu professionnel, et le
public. Il y a cinq ans, aux journalistes français qui me demandaient
quel effet cela me faisait de danser
pour la première fois dans la Cour
d’honneur, j’avais répondu crânement : “J’ai l’impression de survivre.” Certains y ont vu de l’arrogance. C’était la vérité. Si je ne suis
plus dans la survie, je dois me
résoudre à institutionnaliser ma
compagnie. A New York, je n’ai
même pas un studio, juste une
location à Manhattan. Dépasser le
cap du nomadisme signifie, aux
Etats-Unis, se mettre à penser en
termes financiers par rapport au
gouvernement, aux fondations.
Autant d’institutions qui ne pensent pas vraiment en termes de
qualité de vie.
– Parce que la qualité de la vie
a beaucoup d’importance pour
vous ?
– C’est à la fois l’ange et le
démon qui m’écartèlent. Je reviens
d’Italie. La qualité de la vie y est
une évidence. Je ressens ce besoin
profondément en moi. Je me pose
la question de savoir de quoi mon
art est l’expression. Je dis parfois à
ceux qui m’interrogent que ce que
je fais a à voir avec la qualité de
leur vie. Cela, je dois le prouver.
Discuter avec le National Endowment for the Arts, qui attribue les
subventions, ressemble à une partie de foot politique et vous fait
sentir coupable par rapport à ceux
qui sont dans la vraie nécessité.
HORS CHAMP
a DANSE : le conseil d’administration du Ballet national de
Marseille a approuvé, le 23 juillet,
le budget 2001 amendé par sa
directrice, la danseuse MarieClaude Pietragalla, lui accordant
ainsi sa confiance au moment où
commence une inspection du
ministère de la culture sur sa gestion (Le Monde du 4 juin 2001). Le
déficit 2001 ne serait pas « inférieur à un million de francs », selon
Jérôme Bouët, directeur régional
des affaires culturelles et administrateur du ballet.
a SOCIAL : les intermittents
du spectacle qui occupaient les
locaux administratifs du Festival
d’Avignon depuis le 20 juillet à
l’appel de la Fédération CGT du
spectacle ont cessé leur mouvement le 24 juillet. Ils ont reçu une
lettre du premier ministre, Lionel
Jospin, les assurant qu’il veillait au
maintien de leur statut et leur indiquant qu’il avait demandé aux
deux ministres concernées, Elisabeth Guigoux et Catherine Tasca,
d’accélérer le règlement du dossier
de l’assurance-chômage.
TRISTAN VALÈS/AGENCE ENGUERAND
Avignon/Danse. Dans un entretien au « Monde », le danseur américain, qui présente « You walk ? », spectacle créé en 2000 à Bologne,
s’interroge sur l’avenir de sa compagnie, les risques de l’institutionnalisation et la force de son enracinement à Harlem
« You walk ? », une méditation de Bill T. Jones (à droite) sur la conquête espagnole en Amérique latine.
J’ai toujours affirmé que l’art est
aussi important qu’une autoroute.
Des mots qui sonnent bien à
l’oreille. Mais il faut passer à l’acte.
Le processus a commencé. Ellie
Friedman, nouvelle directrice de
notre directoire, nous a sortis du
déficit. On en est aux projets à
long terme.
– Comme cette implantation
de la compagnie à Harlem ?
– Harlem est le dernier quartier
de Manhattan à changer. Il est en
plein renouveau culturel, avec un
grand mélange à la fois racial et
économique. Bill Clinton y a
même installé ses bureaux. On a
envie d’y inscrire l’identité de la
compagnie. Non pas comme Alvin
Ailey le faisait avec volontarisme
dans les années 1960, au moment
des mouvements de libération des
Noirs, mais en tant qu’artistes
ayant un rôle à jouer dans la communauté, en initiant des projets
culturels, au-delà de ceux qui sont
propres à la compagnie. Posséder
une base, c’est être assez important pour récolter beaucoup d’argent. Vous êtes jugé sur le degré
de sophistication de votre projet
de développement. Nous avons
créé l’association des Amis de la
Bill T. Jones-Arnie Zane Company.
On sait comment demander des
dons individuels de vingt dollars
ou de cinquante mille dollars. Je
hais cette manière d’agir.
– Pourquoi ?
– Je n’aime pas être quémandeur, les sourires obligés. Mais,
aux Etats-Unis, c’est le seul système qui permet aux artistes de
durer. Merce Cunningham le fait.
Trisha Brown le fait, les chercheurs aussi, les écologistes… La
recherche de fonds inonde tout le
territoire de courriers et de coupons-réponses personnalisés.
– Pourquoi ce changement de
régime
indispensable
vous
déplaît-il autant ?
– La colère en moi est en train
de remonter. Disons qu’elle fait
place à une forte détermination
faite d’indignation et de beaucoup d’amour. J’aimerais qu’il n’y
ait de place que pour l’amour, et
mettre mon travail à son seul service. Car ma création est ma religion. Je traverse un passage aride
qui, je crois, s’appelle l’âge mûr.
A l’exubérance, à la confiance, se
mêle une goutte de chagrin, voire
de deuil de ce qui ne sera plus.
Avant, le public m’ouvrait les
bras, je travaillais sur cette énergie de créateur volant, invité par
les festivals, souvent en Europe.
Vient le moment où vous n’êtes
plus au centre de la frénésie
médiatique. Vous vous demandez alors quel trajet emprunter.
Il faut respirer un bon coup, et
commencer à construire le
bateau : se confronter à l’institution.
– Vous croyez que vous n’avez
pas la place que vous méritez
parce que vous êtes noir, que
vous avez dérangé l’establishment ?
– Non. La danse a perdu quelque
chose qui ressemble à son âme et
qui nécessite de reprendre la lutte.
Le temps est venu de ne plus me
conduire en généraliste et de creuser mon sillon à partir de ce que je
fais de mieux. Plus que jamais, j’ai
besoin d’une compagnie pour
mener à bien cette entreprise. Car
j’en ai assez d’entendre que je suis
un chorégraphe charismatique,
faute d’être un grand chorégraphe. Alors, je dis : “Fuck them ! Je
vais leur montrer…” Je vais mettre
au clair toutes mes ressources et
en faire un style. Comme Merce,
comme Trisha l’ont fait. Mais,
pour cela, il faut que j’acquière
leur froideur. Elle me permettra de
donner la priorité à mon art. Alors,
je serai vraiment moi-même.
(Bill T. Jones chante, ému, très tendu : “I want to be ready/I need to
be ready/Ready to put on a long
right road”.)
– Etre prêt, ça veut dire quoi ?
– Faire un chef-d’œuvre qui fera
dire aux critiques : “Ma-gni-fique !” (en français). Ou mourir
avec un cœur tranquille. Il faut
que je réussisse à réunir ces deux
vies qui m’obsèdent. Ce qui est
devant moi est énorme. Je voudrais qu’on me donne la grâce.
Mais comment expliquer aux
gamins noirs de Harlem que je prépare ma prochaine création sur
la musique de Beethoven parce
qu’elle exprime ma joie et la tragédie de la vie ? »
Propos recueillis par
Dominique Frétard
Genèse d’une longue marche dans la culture latine et catholique
Avignon/Danse. Après Jan Fabre, un nouveau spectacle interpelle, dans la Cour d’honneur, l’Histoire, les papes et l’Eglise
YOU WALK ? Chorégraphie de
Bill T. Jones. Du 26 au 28 juillet,
Cour d’honneur du Palais des
papes, à 22 heures. De 120 F
(18,29 ¤) à 200 F (30,49 ¤). Tél. :
04-90-14-14-14. La compagnie
Bill T. Jones/Arnie Zane est invitée à Perpignan, le 31 juillet.
AVIGNON
de notre envoyée spéciale
La chorégraphie You walk ? a été
créée en mai 2000 à Bologne à l’occasion d’un colloque qui étudiait
« la place de la latinité dans la
culture européenne » (Le Monde du
19 mai 2000). Bill T. Jones, invité,
n’a pas hésité : il allait danser la
colonisation espagnole et portugaise en Amérique latine, la destruction des autochtones soit par
la violence, soit par la douceur,
développant l’histoire du jésuite
italien Domenico Zipoli, qui, au
Paraguay, composa des opéras,
dont un San Ignacio réputé, en s’ap-
puyant sur les techniques de chant
des Indiens. Ces derniers, à leur
insu, vantaient la légitimité de la
guerre sainte menée par l’Eglise
catholique. La musique, grande
manipulatrice des âmes, convertit
à tour de notes.
Depuis Bologne, la chanteuse de
fado Misia a rejoint la compagnie.
« Elle chante ce rythme portugais
qui vient des esclaves d’Angola, explique le chorégraphe, et qui progressivement va remonter jusqu’à la classe
dirigeante et sera absorbé par la
culture européenne. Aujourd’hui,
Amalia Rodrigues a été enterrée au
Panthéon », s’amuse Bill T. Jones,
toujours prompt à montrer comment l’Afrique, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, a nourri les
arts des Blancs. Outre qu’elle chante, Misia récite en français de nombreux extraits des Lusiades, chant
épique du XVIe siècle écrit par le
navigateur Luis de Camoens, vantant la grandeur du Portugal, mais
aussi la magie de l’exploration et la
nostalgie d’être loin de son pays,
autant de thèmes qui étaient déjà
traités dans la chorégraphie.
Selon Bill T. Jones, « la chanteuse
a ouvert le spectacle, créant un véritable événement musical ». L’opéra
San Ignacio et les Lusiades sont utilisés comme grands fragments,
aujourd’hui devenus presque indéchiffrables, fondateurs de la pensée de l’Ancien et du Nouveau
Monde. Misia en chair et en os
tient désormais compagnie à
Mozart, à John Cage et aux chants
des Indiens. Vision œcuménique
qui réconcilie les victimes et leurs
exterminateurs par la magie des
voix. Et par les danses : car, comme
le souligne la chorégraphie, les
Indiens imitaient les danses des
maîtres, tout en les transformant.
You walk ? commence par des
chants d’oiseaux. Et les danseurs
tout en blanc rendent hommage à
l’innocence d’un Paradis appelé à
disparaître sous nos yeux. La pièce
possède la dimension du rêve puis-
qu’elle mêle à la vérité historique
l’odyssée d’Achille, héros du
roman du Caribéen Derek Wallcott
qui, chaque nuit dans son sommeil,
part rejoindre l’Afrique en marchant sur le fond des océans. D’où
ce titre : You walk ?, ou comment
ne pas tomber quoi qu’il arrive. La
marche comme métaphore de
l’homme qui se tient debout.
PAVANES ET RYTHMES LASCIFS
0n garde en mémoire des traversées nimbées de lumières filtrantes
donnant au récit la fragilité du rêve
(le roman) ou la densité du cauchemar (le récit historique). Les pavanes des Espagnols prennent du
déhanché et succombent aux rythmes lascifs. Les morts tombent,
s’accumulant sous forme de pyramides. Le mysticisme du fondateur
des jésuites, Ignace de Loyola, flamboie. Le rouge domine. Quant au
noir, il se mêle de blanc : l’apparition des métis est signalée par les
inventifs costumes bicolores d’Al-
berto Gelli, styliste chez La Perla
(clin d’œil aux soutiens-gorge dont
les missionnaires affublaient de force les femmes ?).
Cette chorégraphie est découpée
selon le principe d’un puzzle.
L’émotion – et une évidente recherche formelle de beauté – sert
de fil conducteur. You walk ? suit
dans sa construction la trame du
mythe d’Orphée (surnom qui avait
été attribué à Domenico Zipoli) :
celui qui n’avance pas tombe. Celui
qui se retourne meurt. C’est marche ou crève au pays des Indiens,
raconté par un Bill T. Jones qui
joue les conteurs plus que les polémistes. Après le Je suis sang, de Jan
Fabre (Le Monde du 23 juillet),
voilà encore une pièce pour que les
papes d’Avignon reconnaissent les
leurs. On n’a pas fini de s’interroger sur ce retour de l’obscurantisme catholique comme source
d’inspiration.
D. F.
CULTURE-FESTIVALS
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001 / 21
Notes orientales
en écho à Olivier Messiaen
PHOTOS CRISTINA GARCIA RODERO
La Grave/Musique. Concerts en rafale au pied
de la Meije qui puisent au Japon la matière
d’un dialogue avec le compositeur disparu
« Il y a une grande fraternité et du bonheur parmi ces corps qui se touchent, se sentent libres », explique Cristina Garcia Rodero.
Les hommes de Cristina Rodero, entre boue et étoiles
Madrid/Photographie. Un accrochage discutable qui emporte l’adhésion par son obstination
CRISTINA GARCIA RODERO,
Ministerio de educacion cultura
y deporte, 2, Avenue Juan de Herrera, Madrid. Jusqu’au 2 septembre. Tél. : 00-34-91-549-71-50. Du
mardi au samedi, de 10 heures à
20 heures ; dimanche, de 10 heures à 14 heures. Catalogue :
Rituales en Haiti, de Cristina
Garcia Rodero, introduction de
Christian Caujolle, texte de
Laënnec Hurbon, éd. TF Editores,
218 pages, 7 500 pesetas (45,08 ¤).
MADRID
de notre envoyé spécial
C’est la grande dame de la photographie en Espagne. Cristina
Garcia Rodero, cinquante-deux
ans, enseignante à l’Ecole des
beaux-arts de Madrid, réalise
depuis des années un travail sur
les rites, fêtes et traditions, entre
christianisme et paganisme. Dans
son pays, son livre Espana oculta
est un classique, qui montre comment des traditions séculaires se
plaquent sur un pays qui a connu
durant trois décennies un développement spectaculaire.
Cristina Rodero est présente,
durant l’été, en deux expositions à
la fois proches et éloignées.
Madrid accueille, dans le cadre du
festival PhotoEspaña, son travail
en noir et blanc sur des rites en
Haïti. Par ailleurs, dix-sept photos
tirées d’Haïti, concernant un rituel
vaudou qui incite hommes et femmes à s’immerger nus dans la
boue, sont présentées, parmi une
bonne centaine d’œuvres d’autres
artistes, dans l’exposition centrale
de la Biennale de Venise, intitulée
« Plateau de l’humanité », par
Harald Szeemann. La quatrième
de couverture du catalogue est
donnée à une photo de Rodero, ce
qui dit l’importance qu’elle tient à
Venise.
Par rapport à d’autres cérémonies à Haïti, les photos dans la
boue sont les plus troublantes,
entre douleur et extase, envoûtement et sensualité, gestes
recueillis et danse des corps. Le
vaudou, qui libère le corps comme
il a cimenté le peuple haïtien lors
de l’indépendance de 1804, est ici
au cœur d’un pèlerinage dans la
Plaine du nord en l’honneur de
saint Jacques et de l’esprit guerrier
Ogu. La boue étant censée porter
chance, les corps sont entièrement
recouverts de cette matière luisante. Des offrandes diverses, y
compris des morceaux de viande,
sont jetées pour que des vœux se
réalisent. Des femmes se laissent
posséder, font l’amour avec un esprit qui entre dans leur corps. Certains ne quittent pas la boue pendant trois jours. « Il y a une grande
fraternité et du bonheur parmi ces
corps qui se touchent, se sentent
libres, explique Cristina Rodero. Je
suis intéressée par les transes,
quand l’esprit entre dans le corps
pour communiquer avec Dieu. »
Cristina Rodero est allée à
Venise avant d’inaugurer, sous le
regard admiratif de ses étudiants,
l’accrochage madrilène. Elle dit le
fossé qui sépare les deux villes :
« Des personnes, à Venise, voyaient
ces images, ces corps qui bougent
dans la boue, comme une perfor-
mance artistique. Mais ce n’est pas
une performance ! Ce n’est pas non
plus un travail sur le corps ! C’est un
travail sur des rituels. Les gens veulent toujours découvrir le monde à
travers leur domaine, il n’y a plus de
curiosité. J’ai tant de respect pour
ces Haïtiens que je les vois comme
ils sont. C’est la spontanéité qui
dirige mes images. »
A Venise, Cristina Garcia Rodero a fait impression au milieu
d’un ensemble hétéroclite qui a
déçu (Le Monde du 15 juin). On
voit bien pourquoi Szeemann le
malin, qui adore faire des
« coups » et brouiller les genres,
mais qui n’a jamais manifesté une
passion particulière pour le documentaire, est allé cherché les
images boueuses – et uniquement
celles-là – de Rodero. Mais l’artiste, mélange de préoccupation
documentaire et de tradition
beaux-arts, ne se laisse pas faire et
ne veut pas être assimilée à un
body-art version 2001. « Je veux
documenter et créer des formes. »
Venise est prestigieuse. Mais
c’est à Madrid, là où Cristina
Rodero a contrôlé l’accrochage, et
où une bonne centaine d’images
s’étalent, que son travail est au
plus près d’un projet dont Haïti
n’est qu’une partie et qui la conduira dans d’autres pays. Elle l’a
intitulé « Entre le ciel et la terre ».
Sans doute Cristina Rodero
a-t-elle eu trop de libertés sur ces
terres. Il y a trop d’images sur les
murs, certaines sont répétitives,
certaines de moindre importance,
d’autres enfin ne « tiennent » pas
le grand format qu’on leur fait
subir. Mais cela n’empêche pas de
découvrir des moments incroyables où l’homme semble vraiment
plus près des étoiles.
Michel Guerrin
FESTIVAL MESSIAEN AU PAYS
DE LA MEIJE. Le 23 juillet :
œuvres de Debussy, Takemitsu,
Satie et Louvier. Avec Catherine
Cantin (flûte), Laurent Verney
(alto), Frédérique Cambreling
(harpe) ; récital Debussy, Takemitsu et Messiaen. Avec Kaori
Kimura (piano). Le 24 juillet :
œuvres d’Ysaye avec Laurent
Korcia (violon) ; œuvres de Takemitsu, Nodaïra, Debussy et Messiaen. Avec l’Ensemble Court-Circuit et Ichiro Nodaïra (piano).
LA GRAVE
de notre envoyée spéciale
Il semble qu’en ce 23 juillet inaugural du Festival Messiaen au pays
de la Meije, la montagne dresse
plus fièrement que jamais ses
3 983 mètres au-dessus du petit
village de La Grave. Une fierté que
partagent les Gravelots, heureux
de recevoir pour cette édition
consacrée à « Messiaen et le
Japon » M. Fujiwara, premier
secrétaire d’ambassade à Paris.
Pour un peu, la Meije elle-même
– de meidjou, qui signifie en patois
« le milieu du jour » – y gagnerait
des coquetteries de geisha.
Le concert d’ouverture dans la
fraîcheur romane de Notre-Dame
de La Grave a d’emblée marqué le
festival du sceau de la qualité.
Dans cette acoustique pure, transparente comme un glacier, la moindre nuance prend une valeur particulière. La conférence administrée
avec humour par notre confrère
Gérard Condé sur le compositeur
Toru Takemitsu a suscité une
attention aiguë, presque palpable.
Aussi la fameuse Sonate pour flûte,
alto et harpe de Debussy, entre
joie fugace et sourde mélancolie,
jaillira-t-elle avec la vitalité d’une
source de montagne, frappante de
jeunesse et de modernité.
A tel point que le And I knew
’twas wind de Takemitsu, cet hommage à Debussy magistralement
interprété par Catherine Cantin,
Laurent Verney et Frédérique Cambreling en paraîtra presque d’une
écriture « classique ». Ce qui ne
sera certes pas le cas des Envols
d’écailles d’Alain Louvier joués en
présence du compositeur, lequel
François Lazaro, directeur du Clastic Théâtre
« La marionnette apparaît comme l’un des lieux où réfléchir le théâtre »
AVIGNON
de notre envoyé spécial
La Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon
accueille, du 25 au 28 juillet, les premières Rencontres nationales de la marionnette. Quatre spectacles, une table ronde et une rencontre avec les créateurs sont prévus chaque jour, sur le thème « Les
auteurs dramatiques vivants et la marionnette ». Le
directeur artistique choisi par Themaa (l’Association
des théâtres de marionnette et arts associés) est François Lazaro, directeur du Clastic Théâtre. Entretien.
« Qu’est-ce que Themaa ?
– L’association qui réunit les marionnettistes
français, dans une mouvance qui va de l’art de la
marionnette aux arts associés. C’est-à-dire tous
les arts de l’interprétation par délégation. Où le
personnage n’est pas représenté par un comédien, par son corps, mais par tout autre chose :
un morceau d’espace, un pantin, un objet que
le comédien tend au public comme étant le
personnage.
– Combien de compagnies réunit-elle ?
– Elle regroupe actuellement deux cent cinquante compagnies professionnelles, plus des
compagnies qui sont dans la mouvance d’un
théâtre gestuel, d’un théâtre de scénographie ou
d’arts plastiques.
– Qu’est-ce qui a conduit Themaa à ces
Rencontres nationales ?
– Il y a beaucoup de festivals en France consacrés à la marionnette. La plupart ont une pro-
grammation plus internationale. Depuis longtemps, il y avait une demande des praticiens,
d’un festival de confrontation nationale. Qui permettrait de voir, d’évaluer, de mettre en débat ce
qu’on continue d’appeler marionnette.
– La première édition est consacrée aux
auteurs français vivants.
– Themaa m’a demandé non pas de programmer le meilleur de ce qui se faisait en France ou le
plus à la mode, mais de resserrer la programmation autour d’une thématique précise, qui pouvait aller jusqu’à l’idée de manifeste. Comme je
travaille sur ce terrain depuis des années, j’ai
choisi ce qui relie la marionnette aux auteurs dramatiques vivants.
– Comment avez-vous sélectionné les compagnies ?
– J’ai cherché à faire état de travaux en cours
entre des compagnies et des auteurs dramatiques. A montrer cette filière dans toutes ses
orientations, ses implications possibles. En quoi
la marionnette fait bouger le théâtre de l’intérieur.
– Vous pensez à l’écriture ?
– C’est vrai qu’il y a de plus en plus d’écritures
qui sont des écritures visuelles, où l’auteur travaille en didascalies, en préconisations. C’est vrai
aussi que le comédien cherche à faire entendre
l’écriture théâtrale autrement.
– Quels types de marionnettes seront présentées à Villeneuve-lès-Avignon ?
– Il y a des marionnettes par-dessus et par-dessous, à l’endroit et à l’envers ; des grandes et des
petites ; des objets ; des matériaux mis en forme
sous l’œil du spectateur ; d’autres sont de vrais
petits bijoux de construction, de manipulation,
d’articulation. Il n’y a pas de marionnettes classiques, mais du théâtre de papier, de chiffon, de
gaze, d’objets quotidiens.
– Quel est l’avenir de la marionnette ?
– La marionnette apparaît de plus en plus
comme l’un des lieux où réfléchir le théâtre. Je
vois de plus en plus de metteurs en scène dans
l’ignorance de la marionnette, se diriger vers des
formes de travail, où ils figent le corps des comédiens, où ils cherchent une distance, et la
marionnette propose de ne pas être le personnage, mais de le tenir à distance et d’en être le spectateur en même temps que le public. Je vois de
plus en plus de comédiens se diriger vers elle, la
visiter comme ils ont visité auparavant le nô, le
kathakali, le masque, le clown, la commedia
dell’arte, une piste pour voir les choses hors
naturalisme. »
Propos recueillis par
Jean-Louis Perrier
e Rencontres nationales de la marionnette.
Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Tél. : 0490-15-24-24. De 60 F (9,15 ¤) à 300 F (45,73 ¤).
Du 25 au 29 juillet.
se prêtera avec simplicité au jeu
didactique de l’explication de texte, arguant de son amour immodéré des insectes et en particulier de
ces papillons si bien écrits par
Colette. N’épinglera-t-il pas luimême, sur la dernière de ses pièces, Envols crépusculaires, le thème
de l’Interlude debussyste, ultime
battement d’ailes avant la nuit ?
C’est à la presque nuit justement
que commence le second concert,
cette fois un récital donné par
Kaori Kimura, « magnifique pianiste japonaise », Messiaen dixit. Le
petit vin blanc de Savoie ingurgité
entre-temps n’a pas suffi : il convient à présent de superposer pulls
et polaires. Déjà la belle nuque de
Kaori Kimura se penche sur le
grand piano lisse. Bras nus dans
une élégante robe de sphynx noir,
elle attaque deux des Préludes de
Debussy. De ce concert à la programmation
exigeante,
nous
retiendrons surtout les Quatre études de rythme, de Messiaen, où le
piano terrien et puissant de Kaori
Kimura sonne juste, éclipsant les
Notations de Pierre Boulez et les
larges méditations de Takemitsu
(Litany et Les Yeux clos I et II).
Autour des deux Iles de feu ne resteront que les superbes Rain Tree
sketch I et II inspirés des jardins
japonais, tout entiers dans l’esprit
des Préludes de Debussy. Au sortir,
la nuit est tout à fait là.
SONATES ET TARTIFLETTES
Le lendemain, 24 juillet, temps
clair et grand soleil. Les courageux
sont partis dès 8 heures randonner sur le plateau d’Emparis – l’un
des meilleurs pâturages et à ce
titre âprement disputé dans cette
région pastorale. Brebis égarée
par le festival, la joueuse de koto
Atsuko Constant, laquelle devait
se livrer avec Laurent Korcia à un
inhabituel duo de Miyagi pour violon et koto, cette cithare à cordes
de soie utilisée dans la musique
japonaise dans le culte Shintô. On
se consolera néanmoins avec une
intégrale des Sonates pour violon
seul d’Ysaye où Korcia et son Zahn
de 1791 sont passés maîtres. Et ce
n’est pas une corde cassée à quelques encablures de la fin qui y
changera quelque chose.
Cette fois, pas de vin blanc dans
l’entre-deux, mais une solide tartiflette à l’Auberge de l’Edelweiss,
histoire d’affronter le concert du
soir. Le temps de prendre une grande goulée de « vent d’ouest » (très
debussyste !) sur le parapet du
cimetière, déjà commence la Rhapsodie pour clarinette et piano. A la
clarinette, Pierre Dutrieu, membre
de l’Ensemble Court-Circuit ; au
piano, le compositeur Ichiro
Nodaïra. Après un Quatrain II de
Takemitsu dans la ligne explicite
de Messiaen et de son Quatuor
pour la fin du temps, un séduisant
et fort cinématographique Gallop
de Natsuda où hennissent de
conserve flûte, clarinette et violon
(respectivement Catherine Bowie,
Pierre Dutrieu et Nicolas Miribel)
tandis que claquent les sabots
d’un piano monté par Sébastien
Vichard.
Viendra pour finir le tripartite
Trio du Temps de Nodaïra – de
l’éclatement à la trépidation et jusqu’à la plage immémoriale de
l’éternité. Auparavant, il y aura eu
un sémillant Merle noir (Messiaen), particulièrement poétique
et aventureux. La flûte de Catherine Bowie lui aura prêté son ramage. Quant au plumage, ce soir, le
Merle noir était blond comme les
blés.
Marie-Aude Roux
22 / LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001
Le festin géant
de Gargantua
dans le site
exceptionnel
de Gavarnie
GARGANTUA, d’après l’œuvre
de Rabelais. Chantier-Théâtre de
François Joxe, jusqu’au 29 juillet.
Cirque de Gavarnie (20 minutes
de marche). Musique : Daniel
Tosi. Décors et costumes :
Corinne Beaudelot. Avec Christian Jehanin (Rabelais), JeanPaul Audrain (Panurge) et Olivier
Lefèvre (Frère Jean). Spectacle à
21 heures ; accueil à partir de
19 h 30 ; retour à la lueur des
flambeaux à 23 heures. Renseignements et réservations : 05-6292-41-00 ou 05-62-56-71-20. 90 F
(13,72 ¤), 110 F (16,77 ¤) et 130 F
(19,82 ¤). Gratuit pour les enfants
de moins de dix ans.
TARBES
de notre correspondant
Début juillet, quand débarquent
les premiers pèlerins perchés sur
des ânes et les randonneurs emmitouflés dans leur « polaire » sur les
sentiers caillouteux, le metteur en
scène parisien François Joxe investit un théâtre de verdure plein ciel,
le plus beau, le plus haut que la
nature ait donné : le cirque de
Gavarnie.
Le scénario, bien rodé, dure
depuis dix-sept ans, depuis que
l’animateur du Chantier-Théâtre a
eu l’intuition géniale d’y installer
ses tréteaux. Mais, entre-temps,
l’Unesco a eu l’heureuse idée d’inscrire, pour l’éternité, le cirque de
Gavarnie au patrimoine mondial
de l’humanité. François Joxe a
donc dû prendre des précautions
pour protéger l’herbe de la plaine
de la Courade, à 1 600 mètres d’altitude, et satisfaire aux préoccupations des élus de Bigorre et des
gardiens du parc national des
Pyrénées.
« Chaque année, je suis en sursis.
Je dois me battre comme un fou. Je
n’ai eu l’autorisation de faire le spectacle de 2001 que le 22 juin… C’est
une épée de Damoclès permanente
au-dessus du festival. Elle bloque le
ministère de la culture qui croit que
nous faisons un son et lumière alors
que nous réalisons de véritables
créations de théâtre. Cela fragilise
nos finances. Heureusement, les
15 000 spectateurs qui nous suivent
tous les ans apportent à notre budget 70 % des recettes propres
– 2,6 millions de francs (394 537 euros) –, ce qui nous permet d’offrir
des spectacles de qualité égale.
Nous plaçons l’environnement au
centre de notre démarche et nous
souhaitons conserver à cette manifestation de tourisme culturel l’originalité unique qui en fait sa réputation en Europe. »
UNE FANTAISIE GAULOISE
François Joxe a choisi d’entamer
le troisième millénaire en adaptant
Gargantua, de Rabelais. Un menu
géant, à l’image du site, mêlant la
luxuriance de l’écriture à celle de
la nature. En reconstituant l’intrigue de Panurge au Pays de la quintessence, la fontaine métaphysique de la dive bouteille et l’abbaye
de Thélème, François Joxe a pris
quelques libertés. Il présente un
spectacle drôle, réjouissant, fantaisiste, un brin frondeur, dans une
ambiance gentiment gauloise.
Cette compilation très libre des
trois derniers des cinq livrets de
Rabelais fait jubiler le plus célèbre
cirque glaciaire du monde qui a
abrité jusqu’ici les œuvres de Dante, de Molière, de Cervantès, de
Bizet, de Shakespeare, d’Homère
ou de Beaumarchais. Avant de
revenir à une inspiration plus classique avec la promesse d’un tendre
Tristan et Iseult en 2002, François
Joxe a voulu faire de ce Gargantua
une bonne table où s’entremêlent
vins fins et bonne chère. La sauce
prend bien, mélange de théâtre, de
musique, de danse et d’art forain,
sorte de savoureuse garbure pyrénéenne qui enchante les spectateurs. Les amoureux du Festival de
Gavarnie ne resteront pas sur leur
faim : à l’issue de la représentation, ils sont invités à partager le
pain et le vin, à faire ripaille en
compagnie de moines défroqués
avant d’être reconduits, à la lueur
des torches, sur un sentier muletier, dans un paysage exceptionnel.
Jean-Jacques Rollat
CULTURE-FESTIVALS
La vie en triangle d’Enki Bilal,
entre Paris, Sarajevo et Belgrade
Le dessinateur a marqué par une exposition son retour en ex-Yougoslavie
Parce que son cœur bat autant pour Sarajevo que pour
Belgrade, Enki Bilal veille à rester au-dessus de la
mêlée. Dix ans après l'éclatement de la Yougoslavie, il
SARAJEVO et BELGRADE
de notre envoyé spécial
Retour aux sources pour Enki
Bilal, fils du tailleur de Tito, exilé à
Paris à l’âge de dix ans parce que
son père rêvait d’une Amérique où
la famille n’ira jamais. Sarajevo, la
ville aimée pour sa « beauté » et
pour le « symbole du métissage des
cultures et des religions », et Belgrade, la « ville de l’enfance ».
« Paris, Sarajevo, Belgrade, c’est un
triangle. C’est ma vie », nous a
confié le dessinateur le 21 juillet, à
Belgrade.
L’artiste a entamé il y a trois ans
son retour en ex-Yougoslavie. A
Sarajevo. « Je m’étais dit que j’irais
à Sarajevo avant de retourner à Belgrade. Parce que c’était la ville martyre. Francis Bueb, le directeur du
centre André-Malraux, m’y a invité
pendant l’hiver. C’était terrible. J’ai
découvert les visages marqués par
la guerre, les estropiés, les collines
alentour. J’ai retrouvé une tante, et
un oncle qui était anesthésiste à l’hôpital pendant le siège de la ville. »
Son dernier séjour en Yougoslavie remontait à 1988, lors du tournage de son film Bunker Palace
Hotel. « Cette année-là, à Belgrade,
j’ai appris l’existence d’un certain
Slobodan Milosevic. J’ai cru comprendre au fil des conversations
qu’il allait représenter un renouveau pour le peuple serbe. J’ai eu
peur. J’ai pourtant été rassuré en
voyant son visage : il avait une telle
absence de charisme… Je n’ai rien
compris : autant je n’ai pas été surpris par la chute du mur de Berlin,
autant je n’ai pas vu arriver la
guerre en Yougoslavie. »
Une guerre dans laquelle Enki
Bilal refusera de prendre parti, lui
le Belgradois « de mère tchèque et
de père yougoslave », issu de la
refuse les divisions. Il a présenté, à Sarajevo et à Belgrade, son exposition intitulée « Enkibilalandeuxmilleun », créée en janvier à Paris à la galerie Desbois.
communauté musulmane laïque
de Bosnie-Herzégovine. Un refus
auquel il se tiendra même pendant la guerre bosniaque, « monstrueuse », même après avoir vu
« le visage de Ratko Mladic », le
chef de guerre bosno-serbe, « le
visage de l’horreur », estime-t-il.
« C’est ridicule, mais j’ai pris
conscience de la guerre en lisant un
article très pro-croate d’Alain Finkielkraut à l’été 1991. J’ai compris
qu’on sombrait dans des simplifications. Je savais que les méchants
n’étaient pas que d’un côté. Je connaissais le nationalisme croate et je
savais qui était Franjo Tudjman. En
même temps, je ne comprenais pas
que les Serbes puissent suivre Slobodan Milosevic. »
DES BLESSURES ENCORE VIVES
Plus tard, « Hermann, le dessinateur, m’a accusé, en présence de
Bernard-Henri Lévy, d’être allé avec
Emir Kusturica à Belgrade serrer la
main de Milosevic ». L’accusation
est mensongère. Bilal est blessé.
« Je payais une sensibilité, une lucidité. » Il se tait. D’une grimace, il
montre qu’il désapprouve radicalement ceux qui ont défendu les pouvoirs des pays balkaniques, de
Croatie pour Finkielkraut, de Bosnie pour Lévy, de Serbie pour Kusturica, de là et d’ailleurs pour tant
d’autres. « Je ne pouvais pas assumer le choix d’un camp. Mes rares
apparitions furent pour dénoncer
“les nationalismes” et évoquer toutes les victimes. Et je me sens lucide,
pour ne pas dire pessimiste. Si j’ai
envie de dénoncer quelqu’un, c’est
l’Homme. »
De cet état d’esprit naît le livre
Le Sommeil du monstre, en 1998,
premier volet d’une trilogie évoquant le conflit yougoslave. « J’ai
imaginé un personnage, Nike Hatzfeld, et une histoire aberrante pour
montrer ce qui me dérange chez
l’être humain, cette incapacité à
gérer la mémoire. » Enki Bilal s’estime de nouveau incompris. « Les
critiques étaient excellentes mais
j’ai eu le sentiment que personne en
France n’a réellement analysé le
livre, qui a été accueilli comme une
fantaisie d’un enfant de Belgrade.
Peut-être y avait-il une insatisfaction que je ne dise toujours pas qui
était le bon et le méchant. Ce qui
m’intéresse, c’est l’humain, l’absurde. L’idée que la Yougoslavie disparaisse, l’idée de la guerre et de la
purification ethnique était absurde,
monstrueuse même. » Il en veut à
cette Europe « qui n’a pas su sauver ce pays de métissage ».
A Sarajevo, Enki Bilal a retrouvé
« une ville figée, traumatisée, où,
derrière la façade de la vie, le temps
s’est arrêté ». A Belgrade, il a vu
« une jeunesse plus libérée, un mouvement, peut-être une espérance ».
« Sarajevo a tant souffert », répètet-il souvent, au fil de la conversation. Pour le dessinateur et
cinéaste, « la différence flagrante »
entre les deux villes est qu’à Sarajevo « on vit avec le traumatisme de
la guerre », tandis qu’à Belgrade
« on veut oublier » les années Milosevic. « Sarajevo reste enclavée,
même si elle ne l’est plus géographiquement. A Belgrade, rien n’est
réglé. Je suis ému d’être ici parce
que c’est ma ville natale, mais je souhaite à tous de perdre le sens de
l’Etat, de la nation, des frontières,
comme je l’ai perdu. J’ai entendu
des discours lucides, mais je crois
qu’il faudra du temps pour que le
peuple serbe se regarde en face. »
Rémy Ourdan
Vendredi 27 juillet
avec 0123 daté samedi 28 juillet
SORTIR
PARIS
Théâtre en bus
La compagnie belge Grand Guignol
invite le public à une virée théâtrale
insolite puisqu’elle se déroule en
autocar. Sur les traces d’un certain
Oskar Serti, personnage imaginaire
inventé par le plasticien Patrick
Corillon, les spectateurs,
accompagnés par deux guides,
déambuleront du
19e arrondissement à Aubervilliers.
Le « Serti Tour », à cheval entre
la réalité de la ville et la fiction
du personnage, parfait antihéros
traversé par l’échec et
l’impuissance, s’attache à poser
un nouveau regard sur les lieux
qu’ils soient d’art ou non.
Paris, quartier d’été, jusqu’au
28 juillet à 22 heures.
Tél. : 01-44-94-98-00.
John Scofield
Comme le saxophoniste Michael
Brecker, John Scofield a pu parfois
donner l’impression, à la guitare,
de savoir tout jouer et s’adapter
à toutes situations au risque d’y
perdre sa personnalité. Pourtant,
lorsqu’il s’en sent le désir, Scofield
affiche sa singularité, un jeu
toujours très vif, un swing
sous-jacent, une écoute précise
du blues et du funk. Un second
guitariste est annoncé dans son
groupe, ce qui devrait laisser
à Scofield la place du soliste
principal.
Le New Morning, 7-9, rue
des Petites-Ecuries. Paris-10e.
Le 26 juillet, 21 h 30.
John Hicks Trio invite
Eddie Henderson
Dans le temps, Eddie Henderson
(trompette) se commettait avec
des pianistes prometteurs qui sont
devenus autre chose. Aujourd’hui,
il joue avec John Hicks. C’est plus
sûr. Ce qui en fait un des quartets
les plus attendus de la fin du mois.
Si vous aimez le jazz, si vous aimez
le son, si vous aimez le tempo
rigoureux, l’improvisation sans
frime, si vous aimez l’esprit,
rendez-vous avec Eddie Henderson
et John Hicks en quartet. A signaler
aussi la présence du batteur
Victor Lewis, un enchantement
permanent.
Le Sunside, 60, rue des Lombards.
Paris-1er. Mo Châtelet. Du 26
au 28 juillet. Tél. : 01-40-26-46-60.
100 F et 120 F.
AVIGNON
Elle s’appelait Camille
Le off d’Avignon est une pépinière
de jeunes et moins jeunes
compagnies. Mais, chaque été, c’est
une tradition, le Théâtre Golovine,
actif toute l’année, présente une
chorégraphie. Cette année,
Catherine Golovine, sur des textes
et une idée de Marc Perry,
a mis en scène Camille Claudel.
La soirée est d’ailleurs sous le
parrainage de la petite-nièce
de l’artiste, Reine-Marie Paris.
Jusqu’au 28 juillet, à 19 heures.
1 bis, rue Sainte-Catherine. Tél. :
04-90-86-01-27. De 60 F à 85 F.
COGNAC
Cognac Blues Passions
Devenu en moins de dix ans le lieu
où est présentée dans les meilleures
conditions toute la diversité du
blues, le Festival de Cognac affiche
une formule bien rodée. De
nombreux concerts gratuits (48 sur
66), dès 10 heures, plusieurs bars
transformés en House of Blues,
un bon équilibre entre des têtes
d’affiche et les jeunes ou moins
jeunes lions du genre. Cette année
sont attendus : Keb’Mo’, Canned
Heat – en tout cas ce qui reste du
groupe mythique du blues psyché
américain –, Shemeka Copeland,
Bill Wyman, Alvin Youngblood
Hart, Franck Hash, Robert Cray,
Robert Belfour, Benoit Blue Boy,
Sue Foley, David Evans… Films,
débats, expositions en plus.
Cognac (Charente). Centre
d’animation, 9 A, place de
Cagouillet. Du 26 au 29 juillet.
Tél. : 05-45-32-17-28. De 90 F à
150 F ; passeport pour l’ensemble
des concerts payants : 410 F.
EURE-ET-LOIR
La cuisine au Moyen Age
Le château de Châteaudun
accueille jusqu’en octobre
un parcours-découverte consacré
à « La cuisine, art de vivre au
Moyen Age ». S’inspirant d’une
riche collection iconographique de
la fin du XVe siècle, cet événement
permet au public de s’initier aux
rites et aux usages des banquets,
à l’organisation et à la vie dans
les cuisines, aux produits et
aux recettes du Moyen Age.
L’installation de Franck Fortecoëf
met en scène odeurs, images
et musique, sur les conseils
de l’historien Bruno Laurioux,
auteur de plusieurs ouvrages
sur la table au Moyen Age.
Château de Châteaudun
(Eure-et-Loir). Jusqu’au 31 août
de 10 heures à 18 h 15, et du
1er septembre au 31 octobre
de 10 heures à 17 h 15.
Tél. : 02-37-94-02-90.
GUIDE
REPRISES FILMS
DOMINIQUE NOGUEZ
SAUT À L’ÉLASTIQUE
DANS LE TEMPS
Marx Brothers et Tex Avery
Les Marx Brothers et Tex Avery en programmation d’été ne constituent pas
vraiment une invention audacieuse,
mais la garantie de joyeux moments de
délires loufoques, où passe l’aile du
génie. La grande nouvelle est la projection annoncée de ces films en copies
neuves, ce qui changera des festivals
de rayures des années passées.
Cinéma Elysées-Lincoln, 14, rue Lincoln, Paris-8e. Mo George-V. Du 25 juillet au 14 août. Tél. : 01-43-59-36-14.
Séances de 14 heures à 22 heures.
TROUVER SON FILM
Tous les films Paris et régions sur le
Minitel, 3615 LEMONDE, ou tél. :
08-36-68-03-78 (2,23 F/min).
ENTRÉES IMMÉDIATES
CHAQUE VENDREDI DATÉ SAMEDI
UNE NOUVELLE INÉDITE DE 16 PAGES
Le Kiosque Théâtre : les places de certains des spectacles vendues le jour
même à moitié prix (+ 16 F de commission par place). Place de la Madeleine
et parvis de la gare Montparnasse. De
12 h 30 à 20 heures, du mardi au samedi ; de 12 h 30 à 16 heures, le dimanche.
Anne-Hye Shin (soprano),
Juliette Ciesla (piano)
Œuvres de Schubert, Liszt, Grieg,
Strauss, Messiaen, Delage.
Archives nationales, hôtel de Rohan,
60, rue des Francs-Bourgeois, Paris-3e.
19 h 30, le 26. Tél. : 01-40-27-60-00. De
37 F à 100 F.
Solistes de l’Orchestre symphonique
français
Œuvres de Tchaïkovski, Borodine, Rachmaninov, Chostakovitch. Paul Rouger
(violon, direction).
Sainte-Chapelle, 4, boulevard du Palais, Paris-1er. Mo Cité, Saint-Michel ou
Châtelet. 21 heures, les 26 et 27 ;
19 h 15, les 28 et 29. Tél. : 01-42-7765-65. De 100 F à 150 F.
Dust
de Robert Ashley et Yukihiro Yoshihara. Sam Ashley, Thomas Buckner, Jacqueline Humbert, Joan La Barbara,
Robert Ashley (chanteurs), Tom Hamilton, « Blue » Gene Tyranny (musiciens).
Palais-Royal, cour d’Orléans, place
Colette, Paris-1er. Mo Palais-Royal.
22 heures, les 26, 27 et 28. Tél. :
08-92-68-36-22. De 80 F à 100 F.
Naked
Le Pulp, 25, boulevard Poissonnière,
Paris-2e. Mo Grands-Boulevards. Minuit,
le 26. Entrée libre.
Infamous Label 13
Le Batofar, 11, quai François-Mauriac,
Paris-13e. Mo Quai-de-la-Gare ou Bibliothèque-François-Mitterrand. 20 heures, le 26. Tél. : 01-56-29-10-00. 40 F.
MolamLao
Jardin des Tuileries, Paris-1er. Mo Concorde. 19 h 30, le 26. Entrée libre.
RÉGIONS
Andrea Lucchesini
Piano. Dans le cadre du Festival de
Radio France et Montpellier.
Montpellier (Hérault). Corum, salle Pasteur. Le 27 à 18 heures. Entrée libre.
Tél. : 04-67-02-02-01.
Jean-Paul Fouchécourt
Haute-contre. Œuvres de Moulinié,
Lambert, Lully.
Dans le cadre du Festival international
de musique baroque de Beaune.
Beaune (Côte-D’or). Hospices. Le 27 à
21 heures. Tél. : 03-80-26-21-33. De
60 F à 250 F.
Alain Planès
Schubert : Trois dernières sonates pour
piano.
Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
Hôtel Maynier d’Oppède. Le 27 à
18 h 30. Tél. : 04-42-17-34-34. De 150 F
à 200 F.
Solistes de la Kremerata baltica
Dans le cadre du Festival de Radio
France et Montpellier.
Montpellier (Hérault). Opéra BerliozCorum. Le 27 à 20 heures. Tél. : 04-6702-02-01. De 70 F à 190 F.
Michaël Levinas
Œuvres de Beethoven et Schubert.
La Roque-d’Anthéron (Bouches-duRhône). Parc du château de Florans.
Le 27 à 18 h 30. Tél. : 04-42-50-51-15.
De 60 F à 285 F.
Virtuosi di Kuhmo
Œuvres de Haydn, Mozart, Beethoven.
Anne Queffélec (piano). Peter Csaba
(direction).
La Roque-d’Anthéron (Bouches-duRhône). Parc du château de Florans. Le
27 à 21 h 30. Tél. : 04-42-50-51-15. De
60 F à 285 F.
Pierre-Laurent Aimard
Piano. Promenade à travers l’histoire
du piano : de Bach à Brahms.
La Roque-d’Anthéron (Bouches-duRhône). Théâtre Forbin. Le 27 à 16 heures. Tél. : 04-42-50-51-15. De 60 F à
285 F.
Compagnie la Baraka
Abou Lagraa : nuit blanche.
Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
Val-de-l’Arc. Le 27 à 22 heures. Tél. :
04-42-23-41-24. De 70 F à 250 F.
RADIO-TÉLÉVISION
LE MONDE / JEUDI 26 JUILLET 2001 / 23
MERCREDI 25 JUILLET
GUIDE TÉLÉVISION
DÉBATS
22.00 Le XXe siècle.
21.00 Birmanie,
la liberté surveillée.
22.00 La Liberté par la danse.
23.00 Santé pour tous
dans le monde.
22.20 L'Ecume des villes.
Bordeaux. Sao Paulo. Paris Première
Forum
22.20 Civilisations. Machu Picchu, une ville
Forum
20.45 Les Mercredis de l'Histoire.
Les guerriers de Hitler :
Rommel, l'idole.
21.05 Pulsations. Quand les reins
ne fonctionnent plus...
Histoire
Forum
MAGAZINES
Arte
TV 5
23.50 Les Dossiers de l'été.
0.30
21.00 Classic Archive.
Panique à la Bourse.
La cassette Méry.
France 3
La Route. Invités : Pierre Palmade
et Maxime Le Forestier. Canal Jimmy
dans le ciel.
La Chaîne Histoire
23.05 Profil : Cinéma, de notre temps.
Georges Franju, le visionnaire.
Arte
23.05 Biographie. Anne Frank, le combat
pour la vie.
La Chaîne Histoire
23.25 Jean Seberg,
Planète
portrait d'une actrice.
23.35 Le Scandale
Odyssée
des quiz-shows.
23.50 Les Mystères de l'histoire.
Grey Owl.
La Chaîne Histoire
0.00 Pilot Guides.
Espagne méridionale.
Voyage
0.25 Les Mystères du corps humain.
DOCUMENTAIRES
La puberté.
20.30 Soldats de Napoléon.
20.35 Les Grandes Batailles.
Planète
Les guerres zouloues. Chaîne Histoire
Odyssée
20.45 Mastodontes. [3/3].
21.00 Le XXe siècle.
Guerre et paix en Irlande.
Histoire
21.25 Perspectives américaines.
[4/8]. Le style industriel.
22.55 Les Petits Chanteurs de Vienne
interprètent W.A Mozart. En 1990.
Dir. Uwe Christian Harrer.
Mezzo
23.40 Jazz à Vienne 99.
Avec Benny Golson, saxo.
Muzzik
23.45 Jean-Sébastien Bach
par Paul Badura-Skoda. Flâneries
musicales de Reims, 2000.
Mezzo
THÉÂTRE
19.00 Football. Match amical.
TÉLÉVISION
Steven Soderbergh (Etats-Unis,
1998, 120 min) %.
Ciné Cinémas 2
Henry Hathaway (Etats-Unis,
1951, v.o., 90 min) &.
Ciné Classics
20.45 Sergent la terreur a a
Richard Brooks (Etats-Unis,
1953, 105 min).
TCM
21.00 Amazone a
Philippe de Broca
(France, 2000, 85 min) &.
Canal +
Pièce de Laure Bonin.
Eurosport
Menottes et bas résille ?.
Au bout de l'horreur ?.
TÉLÉFILMS
FRANCE 2
18.25 Nash Bridges&.
19.15 Le Tour, l'arrivée.
19.45 Le Tour des femmes.
19.50 Un gars, une fille.
19.55 et 20.45 Tirage du Loto.
20.00 Journal, Météo.
20.50 Tous les papas ne font pas
pipi debout.
Dominique Baron.
France 2
RTL 9
22.30 La Nouvelle Tribu.
Roger Vadim [3/3] &.
SÉRIES
20.10 et 21.00, 21.50, 22.30 Les Solistes
de la fondation Beracasa.
Enregistré en 2000.
Muzzik
Téléfilm. Dominique Baron.
Téva
0.40 Stamping Ground.
MUSIQUE
Téléfilm. Henri Helman. [4/5].
20.50 Méditerranée. H. Helman [4/5]. TF 1
20.50 Tous les papas
ne font pas pipi debout.
23.55 La Chaussure. Laila Pakalnina. Arte
Chorégraphie de Jiri Kylian.
Musique de Carlos Chavez.
Enregistré en 1984. Par Le Nederlands
Dans Theater.
Mezzo
Quel statut pour l'embryon ?
18.00 Sous le soleil.
19.00 Le Maillon faible.
19.50 et 19.57 Parce qu'il y aura
toujours des hommes.
20.00 Journal, Météo.
20.50 Méditerranée.
France 2
22.25 Pour la galerie.
Pièce de Laure Bonin.
0.05 Journal, Météo.
21.00 Bébert et l'omnibus a a
21.00 Star Trek, Deep Space Nine.
Le jour du jugement &. Canal Jimmy
21.50 Star Trek.
Le cerveau de Spock.
Canal Jimmy
22.25 Profiler. Comme un poisson
dans l'eau %.
Série Club
22.45 Once & Again. Mes petits cœurs &.
Secrets de famille &.
M6
Yves Robert. Avec Martin Lartigue,
Jacques Higelin
(France, 1963, 95 min) &.
Cinétoile
21.00 Les Accusés a a
Jonathan Kaplan (Etats-Unis,
1988, 110 min) %.
Cinéstar 2
22.00 Le Carrefour de la mort a a
Henry Hathaway (Etats-Unis, 1947,
v.o., 100 min) &.
Ciné Classics
22.25 Fin août, début septembre a a
Olivier Assayas (France,
1999, 110 min) &.
Cinéstar 1
22.30 Le Prisonnier de Zenda a a
Richard Thorpe (Etats-Unis,
1952, 100 min).
TCM
Arte
Arte
Paris Première
20.45 Les Guerriers de Hitler :
Rommel, l’idole
Avec cette impeccable série documentaire en quatre volets, Guido
Knopp, connu pour son travail sur
le Führer et son entourage (« Hitler : un inventaire » et « Les Complices de Hitler », diffusés sur Arte
en 1996 et 1997), continue à bâtir
le « futur de la mémoire » pour les
nouvelles générations, alors que
disparaissent les derniers témoins
du régime nazi.
21.35 Le « Concerto » de Mozart
Château de Villarceaux, lumières
et brumes de l’automne 1997. Une
semaine durant, sept jeunes musiciens de l’orchestre du Conservatoire de Paris se retrouvent autour
de Michel Portal pour tenter une
interprétation du Concerto pour
clarinette et orchestre en la majeur
K 622. Arte rediffuse ce moment
de grâce qu’avait serré au plus
près l’objectif de Jean-Louis
Comolli et Francis Marmande.
22.20 L’Ecume des villes
Après Bombay, Moscou et Johannesburg, la collection de Paris-Première « L’Ecume des villes » s’intéresse pour la première fois à une
ville française : Bordeaux. Un choix
a priori étonnant, la cité, repliée
sur ses quartiers bourgeois, ayant
la réputation d’être peu dynamique. Pourtant, la caméra de Stéphane Elmadjian construit, au fil des
promenades, un portrait à la fois
critique et attachant..., poétique.
Yves Robert (France,
1961, 90 min) &.
Cinétoile
22.50 Ladybird a a
Ken Loach (Grande-Bretagne,
1994, v.o., 95 min) &.
Cinéstar 2
23.45 Le Choix des armes a a
Alain Corneau (France,
1981, 130 min) &.
Cinéfaz
0.10 La Malle de Singapour a a
Tay Garnett (Etats-Unis,
1935, v.o., 95 min).
TCM
0.45 L'Autre a a
Youssef Chahine (Fr. - Eg.,
1999, 105 min) %.
Ciné Cinémas 2
18.25 Questions pour un champion.
18.50 Météo des plages.
18.55 Le 19-20 de l'information, Météo.
20.10 Tout le sport.
20.15 Le Journal du Tour. En direct.
20.30 C'est mon choix ce soir.
20.55 Les Hommes de main
Film. Sidney J. Furie %.
22.30 On en rit encore !
23.25 Météo, Soir 3.
23.50 Les Dossiers de l'été.
La cassette Méry.
CANAL +
f En clair jusqu'à 20.35
18.10 Animasia %.
18.40 Spin City &.
19.05 Le Journal.
19.15 Nulle part ailleurs. Best of &.
20.00 Le Zapping.
20.09 Rien que des monstres &.
20.10 Daria &.
20.35 Le Journal des sorties.
21.00 Amazone a
Film. Philippe de Broca &.
0.55 Cléopâtre a a
Joseph L. Mankiewicz et Darryl
F. Zanuck (Etats-Unis, 1963, v.o.,
235 min) &.
Ciné Cinémas 3
19.45 Météo, Arte info.
20.15 Reportage.
Berlin, Love Parade du siècle.
20.45 Les Mercredis de l'Histoire.
Les guerriers de Hitler (Volet 3) :
Rommel, l'idole.
21.35 Musica. Le Concerto de Mozart.
Une interprétation de Michel Portal.
23.05 Profil. Cinéma, de notre temps.
Georges Franju, le visionnaire.
23.55 La Lucarne. La Chaussure.
Téléfilm. Laila Pakalnina.
M6
18.55 Le Caméléon. Le poids du passé &.
19.50 L’Eté de Loana.
19.54 Le Six Minutes, Météo.
20.05 Madame est servie.
L'élection de Tony &.
20.38 Météo des plages.
20.39 Un jour à part.
20.40 Jour J.
20.50 Le Monde perdu.
Téléfilm. Bob Keen %.
22.45 Once & Again. Mes petits cœurs &.
Secrets de famille &.
0.25 Wolff, police criminelle. Le fou %.
FRANCE 3
22.35 La Guerre des boutons a a
ARTE
19.00 Connaissance.
TF 1
20.30 14 heures a a
22.25 Pour la galerie.
DANSE
Planète
18.30 Hors d'atteinte a a
22.35 New York Unité Spéciale.
Kevin Meyer %.
Schumacher's Friends.
PROGRAMMES
20.50 Le Monde perdu. Bob Keen %. M 6
22.30 La Stratégie de l'araignée.
SPORTS EN DIRECT
21.30 Les Mystères de l'histoire.
Java, le secret
du temple perdu. La Chaîne Histoire
21.35 Musica. Le Concerto de Mozart.
Une interprétation
de Michel Portal.
Arte
21.40 La Terre où nous vivons. Lauca,
une rivière sur les hauteurs. Odyssée
France 2
Avec Arthur Grumiaux, piano. Mezzo
FILMS
22.25 L'Honneur des Winslow
Film. David Mamet (v.o.).
0.05 Seinfeld. Suze, ça s'use &.
RADIO
FRANCE-CULTURE
20.30 Fiction 30. Zoé, de Vassilis Alexakis.
21.00 Mesures, démesures.
22.12 Multipistes.
22.30 Surpris par la nuit.
FRANCE-MUSIQUES
20.00 Festival de Radio France
et de Montpellier.
22.00 Sur un autre ton. Festival
de Radio France et de Montpellier.
0.00 Festival de Radio France
et de Montpellier.
RADIO CLASSIQUE
20.40 Les Rendez-vous du soir.
La Dolores. Opéra de Breton. Par le
Chœur du grand théâtre de Liceu,
le Chœur d'enfants de la maîtrise de
Badalona et l'Orchestre symphonique
de Barcelone et national de Catalogne,
dir. Antoni Ros Marba.
23.20 Les Rendez-vous du soir (suite).
Œuvres d’Albeniz, Granados,
Montsalvatge, De Falla.
JEUDI 26 JUILLET
GUIDE TÉLÉVISION
20.30 Histoires d'avions.
DÉBATS
Les bombardiers américains. Planète
21.00 Sommes-nous condamnés
Forum
à toujours inventer ?
22.00 A chaque forêt sa faune.
Forum
MAGAZINES
15.10 Psycho Philo. Déculpabiliser
les parents. Invité : Marcel Rufo. LCI
16.10 Ushuaïa Nature. L’Esprit de la forêt,
Colombie britannique.
LCI
e
Un doute subsiste, la théorie de
la balle magique. La Chaîne Histoire
20.46 Thema. En route pour Thulé !
Survivre au Groenland.
Arte
21.05 Le Ciel passionnément. [1/5].
La mémoire de l'Aéropostale.
TV 5
21.25 L'Homme technologique.
[8/8]. Futur dépassé.
Planète
21.30 Les Mystères de la Bible.
Gothard, le chantier du siècle.
TSR
20.50 L'Eté d'« Envoyé spécial ».
France : Bien se nourrir.
Un village pour maigrir.
Le bonheur est dans l'assiette.
Le secret des Crétois.
France 2
22.20 Boléro.
Invité : Guy Marchand.
TMC
23.10 Le Club.
Invité : Francis Girod.
Ciné Classics
23.30 Courts particuliers.
Pascal Greggory.
Paris Première
DOCUMENTAIRES
3 500 kilomètres en luge royale. Arte
21.40 Du Cap au Caire. Mon pays, c'est
celui des mines antipersonnel. Odyssée
22.00 Un autre regard.
Namibie, Syrie et Guatemala. Voyage
22.10 Journal d'un globe-trotter.
Namibie.
Odyssée
22.15 Le Grand Livre
de l'Histoire de France.
Guerre de Cent Ans. Chaîne Histoire
22.15 Soldats de Napoléon.
Planète
22.20 Chroniques d'Hollywood.
[4/26]. Les futuristes.
17.10 Un cadeau pour Samburu.
[8/13].
21.30 Thema.
Odyssée
17.15 Seconde guerre mondiale.
Iwo Jima,
volcan de l'enfer. La Chaîne Histoire
Histoire
22.30 Rita Hayworth.
Paris Première
23.00 Histoires de chevaux. Le Grand
National de Londres.
Odyssée
23.00 Biographie. Hercule. Chaîne Histoire
23.15 Perspectives américaines.
17.25 Butte, Montana.
Un rêve en ruine.
Planète
[4/8]. Le style industriel.
Planète
23.25 Les Monstres sacrés d'Hollywood.
17.40 Hutans.
[2/6]. Le singe nasique.
Odyssée
17.50 Le Zoo, tout une aventure.
Colmar.
Monte-Carlo TMC
18.00 Requin-baleine, gitan
La Cinquième
des profondeurs.
18.00 Les Grandes Batailles.
Marston Moor.
La Chaîne Histoire
18.00 Sous la mer. Maldives, les tortues
de l'océan Indien.
Voyage
18.05 Très chasse, très pêche.
Belles chasses aux cervidés.
Odyssée
18.30 L'Actors Studio.
Anthony Hopkins.
Paris Première
19.00 La Guerre des loups. [3/3].
Echec et mat (1975-1989).
Histoire
19.00 Biographie. Alexandre Ier
La Chaîne Histoire
voyages. Chypre.
Arte
19.00 Voyages,
19.05 Le Pétomane.
Fin de siècle fartiste.
19.05 Legends. Jack Nicholson.
Planète
Odyssée
19.50 Aventures africaines.
Au Zimbabwe 2.
Odyssée
20.00 Pilot Guides.
La Finlande et les pays baltes. Voyage
20.00 Dossier Morosov.
Histoire
20.05 Le Ramayana, un voyage.
[4/6]. L'enlèvement.
Planète
20.15 Reportage. Champions par tradition.
Hawaï : aux origines du surf.
Arte
Carole Lombard.
Monte-Carlo TMC
23.30 Tigres, l'histoire
de deux familles.
0.20 Les Envahisseurs.
0.30 Baïkal, le lac immortel.
0.50 Voitures de légende.
La Triumph.
Odyssée
Odyssée
France 3
Canal Jimmy
SPORTS EN DIRECT
14.20 Cyclisme. Tour de France (17e étape) :
Brive-la-Gaillarde - Montluçon
(194 km).
France 2
18.05 Judo. Championnats du monde.
- de 78 kg et + de 78 kg D, - de 100 kg
et + de 100 kg M.
France 2
Par le Quatuor Kinsky.
Mezzo
18.00 Bach. Messe en si mineur BMW 232.
Avec Johannette Zomer, soprano ;
Deborah York, soprano ; Bernarda Fink,
alto ; Mark Padmore, ténor ; Peter Kooij,
basse ; Werner Van Mechelen, basse.
Par l'Orchestre et le Chœur
du Collegium Vocale de Gand,
dir. Philippe Herreweghe.
Mezzo
20.00 Africa, Montreux 96.
Muzzik
La Roque-d'Anthéron 2000.
TF 1
16.50 Le Choix des armes a a
Alain Corneau (France,
1981, 135 min) &.
Cinéfaz
19.10 Fin août, début septembre a a
Olivier Assayas (France, 1999,
110 min) &.
Cinéstar 2
19.15 Le Mauvais Chemin a a
Mauro Bolognini (Italie, 1962,
v.o., 105 min) ?.
Cinétoile
Mezzo
FRANCE 2
13.45 Le Tour, la légende.
14.20 Cyclisme. Tour de France (17e étape) :
Brive-la-Gaillarde - Montluçon.
20.35 A la verticale de l'été a
TÉLÉFILMS
17.30 Shogun. Jerry London [5/6] &.
18.05 Un si bel orage.
Jean-Daniel Verhaeghe.
Téva
Festival
Disney Channel
Alain Baudy.
Festival
20.30 Hors piste.
20.35 Un amour particulier.
Monte-Carlo TMC
21.55 Les Taupes-niveaux.
Jean-Luc Trotignon.
Festival
22.15 L'Auberge de la Jamaïque.
Gilles Béhat.
TV 5
Robert Kurtzman %.
TF 6
23.25 Le Censeur du lycée d'Epinal.
Festival
COURTS MÉTRAGES
13ème RUE
SÉRIES
Le mariage &.
20.50 Fred a
21.00 Hors d'atteinte a a
Steven Soderbergh (Etats-Unis,
1998, 120 min) %.
Ciné Cinémas 3
21.00 Eglantine a a
Jean-Claude Brialy (France,
1971, 85 min) &.
Cinétoile
21.40 Salonwagen E 417 a
Paul Verhoeven (Allemagne,
1939, v.o., 90 min) &.
Ciné Classics
TCM
22.30 Sexe, mensonges et vidéo a a
Steven Soderbergh (Etats-Unis,
1989, 95 min) %.
Cinéstar 1
Palle Kjaerulff-Schmidt (Dan.,
1985, v.o., 95 min).
Arte
22.45 Selena a
Gregory Nava (Etats-Unis,
1997, 125 min) %.
Ciné Cinémas 2
Téva
22.25 Lain. Protocole %.
Canal +
23.40 Cheers. Le poème (v.o.) &. Série Club
0.30 That '70s Show.
L'anniversaire de Kitty &. Canal Jimmy
22.50 Le Crime de la semaine a
Jack Arnold (Etats-Unis,
1953, v.o., 80 min).
13ème Rue
22.50 The Young Americans a
Danny Cannon (Grande-Bretagne,
1993, v.o., 100 min) %. Canal Jimmy
23.00 L'Emigré a a
Youssef Chahine (France- Egypte,
1994, 140 min) %.
Ciné Cinémas 3
22.55 L'Artiste de l'été.
23.00 Plein soleil.
0.40 Journal, Météo.
1.00 Nikita.
1.45 Mezzo l'info.
FRANCE 3
13.25 C'est mon choix.
14.25 Le Mariage d'occasion.
16.05 L'Ile fantastique.
16.50 et 22.35 Les Jours euros.
16.55 C'est toujours l'été.
18.25 Questions pour un champion.
18.55 Le 19-20 de l'info, Météo.
20.10 Consomag.
20.15 Tout le sport.
20.20 Le Journal du Tour.
20.30 C'est mon choix ce soir.
21.00 Les Sœurs Soleil
Film. Jeannot Szwarc.
22.30 Météo, Soir 3.
23.00 Tête à claques
Film. Francis Perrin.
0.30 Baïkal, le lac immortel.
CANAL +
Film. M. Pérennou et C. Nuridsany &.
Canal +
16.50 Garçon !
1.00 Chapeau melon et bottes de cuir.
Le cheval de Troie.
France : Bien se nourrir.
15.35 Microcosmos a
0.55 Seinfeld. Brosse à dents
et porte-clefs (v.o.). &.
17.35 Le Tour, vestiaires.
18.05 Judo. Championnats du monde.
19.10 Un livre.
19.15 Le Tour, l'arrivée.
19.45 Le Tour des femmes.
19.50 Un gars, une fille.
20.00 Journal, Météo, Point route.
20.50 L'Eté d'« Envoyé spécial ».
Téléfilm. Deborah Reinisch.
Felix Feist (Etats-Unis,
1952, v.o., 105 min).
22.35 Tukuma a
20.40 Courts au 13.
La Vie secrète des objets.
Canal +
22.30 La Reine du hold-up a
23.20 Justice à Metro City.
Marc Rivière.
Tran Anh Hung.
Avec Tran Nu Yen Khe,
Nguyen Nhu Quynh
(France, 2000, 110 min) &.
Pierre Jolivet (Fr., 1996, 95 min) %. M 6
19.05 Un match au sommet.
Peter Deutsch %.
Téléfilm. Kevin James Dobson [1/2].
16.20 Xena la guerrière.
17.10 Sunset Beach.
18.00 Sous le soleil.
19.00 et 0.10 Le Maillon faible.
19.50 Météo, Journal, Trafic infos.
20.50 Julie Lescaut. Double rousse.
22.30 Une locataire idéale
0.55 Très pêche.
La Roque-d'Anthéron 2000.
Avec Pascal Oddon, violon ;
Mathieu Godefroy, violon ;
Anne-Aurore Anstett, alto ;
Patrick Langot, violoncelle ;
Romain David, piano.
Mezzo
23.45 Le Trouvère. Opéra de Verdi.
Arènes de Vérone, en 1985.
Par l'Orchestre des Arènes de Vérone,
dir. Reynald Giovaninetti.
Avec Rosalind Plowright,
Giorgio Zancanaro.
Mezzo
Rod Daniel.
13.48 et 19.55 J'ai deux métiers.
13.50 Les Feux de l'amour.
14.40 Les Années oubliées.
Téléfilm. Joe Cacaci %.
18.55 Le Caméléon. Effets spéciaux &. M 6
19.10 La Vie à cinq. Rédemption &. Téva
20.00 Les Anges du bonheur.
Chorégraphie de Patrice Bart.
Musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski.
Par le ballet de la Deutsche Staatsoper
Unter den Linden de Berl.
L'Orchestre de la Staatskapelle de Berlin,
dir. Daniel Barenboïm.
Muzzik
TÉLÉVISION
Ciné Classics
22.15 Quintettes de Franck
et Schumann.
DANSE
21.00 Le Lac des cygnes.
Henri Jeanson (France,
1951, 115 min) &.
21.00 Nelson Goerner
interprète Franz Liszt.
17.55 La Bayadère.
Chorégraphie de Natalia Makarova.
Musique de Ludwig Minkus.
Avec Tetsuya Kumakawa, Irek
Mukhamedov, Altynai Asylmuratova,
Darcey Bussell.
L'Orchestre du Royal Opera House,
dir. John Lanchberry.
Muzzik
PROGRAMMES
16.30 Lady Paname a a
MUSIQUE
17.05 Palimpseste de François Sarhan.
20.35 Histoire du XX siècle.
L'échelle de Jacob. La Chaîne Histoire
20.05 Temps présent.
de Russie.
FILMS
Film. Claude Sautet &.
Série Club
f En clair jusqu'à 20.10
M6
Régions
Paris Première
20.50 Fred a
Fred (Vincent Lindon) est grutier
au chômage. Il vit dans un petit
pavillon, perdu dans la banlieue,
entre Lisa (Clothilde Coureau) et
le fils de celle-ci. Témoin de l’assassinat de son voisin et ami, Yvan, il
craint d’en être accusé. Pierre Jolivet à qui l’on doit les autres longs
métrages Force majeure et Ma petite entreprise signe, avec Fred, un
mélange réussi de film noir et de
drame social.
21.00 Les marais de Vilaine
Les marais du pays de Redon et de
Vilaine, en Bretagne, ne furent
jamais l’objet d’attentions particulières, à la différence de ceux de
Guérande ou de la Brière. En 1970,
la construction du barrage d’Arzal
acheva de détériorer ce fragile écosystème. Sa diversité biologique perdit de sa richesse. Aujourd’hui,
pêcheurs, chasseurs et protecteurs
de l’environnement militent pour la
protection de ces zones humides.
23.30 Courts particuliers :
Pascal Greggory
Pascal Greggory vient nous présenter, en compagnie d’Elisabeth Quin,
des courts-métrages qui lui tiennent
à cœur. L’émission se décline en
face-à-face engageant légèreté et
humour, virevoltant parfois à la lisière de la gravité. Dans cet ultime volet
de l’année 2000 que la chaîne rediffuse, on retrouve l’acteur-comédien
dans le charme éblouissant de ses
quarante-sept ans, « dilaté de joie ».
18.20 Animasia. Vision d'Escaflowne.
18.45 Spin City.
19.05 Le Journal.
19.15 Nulle part ailleurs. Best of &.
20.05 Le Zapping.
20.10 Daria.
20.35 A la verticale de l'été a
Film. Tran Anh Hung &.
22.25 Lain.
22.50 L'Ombre d'un soupçon
Film. Sydney Pollack (v.o.) &.
LA CINQUIÈME/ARTE
13.45 Le Journal de la santé.
14.00 Navires de légendes.
15.00 Cirque.
15.55 Raging Planet.
16.50 C'est le goûter !
17.30 100 % question 2e génération.
18.00 Requin-baleine,
gitan des profondeurs.
18.55 Je suis un citoyen du monde.
19.00 Voyages, voyages. Chypre.
19.45 Météo, Arte info.
20.15 Reportage. Champions par tradition.
[2/6]. Hawaii : aux origines du surf.
20.45 Thema. Groenland, l'île de glace.
20.45 En route pour Thulé !
Survivre au Groenland.
21.30 3 500 kilomètres en luge royale.
22.15 Gardiens des terres froides.
La patrouille Sirius.
22.35 Tukuma a
Film. Palle Kjaerulff-Schmidt (v.o.).
0.10 Court métrage. Bonne nuit.
Inuk Siles Hoegh (v.o.).
0.30 Arte info.
0.55 Le Déjeuner sur l'herbe a a a
Film. Jean Renoir.
M6
13.35 Pas ma fille.
Téléfilm. Michael Tuchner &.
15.20 Demain à la une.
16.55 M comme musique.
17.30 L'Etalon noir.
17.55 Les Nouvelles Aventures
de Robin des Bois.
18.55 Le Caméléon. Effets spéciaux &.
19.50 L'Eté de Loana.
19.54 Le Six Minutes, Météo.
20.05 Madame est servie.
20.39 Un jour à part, Passé simple.
20.50 Fred a
Film. Pierre Jolivet %.
22.25 The Crow, Stairway to Heaven.
0.05 Zone interdite.
RADIO
FRANCE-CULTURE
19.30 Cas d'école. Grand entretien.
Physique, dialogue avec un enseignant.
[2/2]. Invités : Georges Charpak ;
Jean-Louis Alayrac.
20.30 Fiction 30. Très grande vitesse :
Véronique, d'André Targe.
21.00 Le Gai Savoir.
L'histoire de la momie : de Khéops
à Hollywood. Invité : Renan Pollès.
22.12 Multipistes.
0.05 Du jour au lendemain.
FRANCE-MUSIQUES
20.00 Festival international de
musique baroque de Beaune.
Histoires sacrées, de Charpentier, par
l'Ensemble Il Seminario Musicale,
dir. Gérard Lesne.
22.00 Sur un autre ton.
0.00 Festival de Radio France
et de Montpellier.
Le septette Le Fils de la pharmacienne.
RADIO CLASSIQUE
20.40 Les Rendez-vous du soir.
Haitink en concert, le répertoire
français.
22.35 Les Rendez-vous du soir (suite).
23.55 La Terrasse a a a
Ettore Scola. Avec Ugo Tognazzi,
Vittorio Gassman
(Fr. - It., 1979, 160 min) &. Cinétoile
0.05 Ladybird a a
Ken Loach (Grande-Bretagne,
1994, 95 min) &.
Cinéstar 1
0.15 Duel d'espions a a
John Sturges (Etats-Unis,
1955, v.o., 105 min).
TCM
0.55 Le Déjeuner sur l'herbe a a a
Jean Renoir (Fr., 1959, 90 min).
Arte
SIGNIFICATION DES SYMBOLES
Les codes du CSA
&
%
?
?
!
?
#
Tous publics
Accord parental souhaitable
Accord parental indispensable
ou interdit aux moins de 12 ans
Public adulte
Interdit aux moins de 16 ans
Interdit aux moins de 18 ans
Les cotes des films
a a a On peut voir
a a a A ne pas manquer
a a a Chef-d’œuvre ou classique
Les symboles spéciaux de Canal +
DD Dernière diffusion
d Sous-titrage spécial pour
les sourds et malentendants
24
JEUDI 26 JUILLET 2001
La moustique
par Pierre Georges
BON, ALLEZ, on ferme. Pour
inventaire d’été. Et tant pis pour
les graves problèmes francofrançais du moment encore non
résolus... Les voyages patrimoniaux de la famille Bernolin-Pierac ? Le fait de savoir si une voie
sur berge doit être ouverte ou
fermée ? Le couvre-feu pour
mineurs de treize ans ? La
cueillette des raveurs en plein
champ ? Les coureurs cyclistes
qui s’anabolisent pour grimper
mais ne s’anabolisent point
pour lutter contre la funeste
piqure de guêpe amoureuse du
cuissard ? La pollution des eaux,
airs, mers, terres, serres, plantes, aliments, conduites, animaux, villes et campagnes ?
Tout cela et bien d’autres dossiers sous la pile. Guichet
momentanément fermé. Poudre
d’escampette. Le ciel est bleu.
La route est, presque, libre. La
météo est bonne. Très bonne
même, puisque, à vue de nez de
prévisionniste, et le prévisionniste bien né a un appendice nasal
d’une autonomie de cinq jours,
le beau temps s’installe. Chez
nous comme chez lui. Brave
bête des Açores !
On ferme. Et voici qu’au
moment de fermer, dans un
coup d’œil circulaire et déjà
indolent sur la presse du matin,
vérifier des fois si l’on n’aurait
pas oublié de fermer le gaz, un
terrible titre nous saute au visage. Un titre noir, gras, sinistre,
alarmant. La manchette du Parisien . Surtitre : « Cet été en France ». Titre : « Invasion de moustiques ». Sous-titre : « Fléau.
Non seulement ils ont frappé
plus tôt que d’ordinaire, mais ils
sont aussi plus voraces et presque aussi nombreux cette année
sur la moitié nord du pays
– intempéries obligent – que
dans le Midi (...) ».
Misère ! Encore un fléau. Mais
que fait le gouvernement Jospin ? Ah, fichue cohabitation !
Les moustiques attaquent. Principe de précaution, Georgette,
fais les valises et prépare la
moustiquaire !
Ne rions pas. C’est sérieux. Le
Parisien a sérieusement traité le
sujet. Il y a des moustiques partout. Plein de moustiques partout. Moustiques des villes et
des campagnes. Moustiques
dans les airs, dans les terres,
dans les chambres, et les salles
de bains. Moustiques au plafond, comme l’araignée. Moustique couleur de muraille, camouflé offensive. Moustique en
piqué, dans le bruit si caractéristique de son réacteur d’attaque.
Partout ! En nombre. En rangs
serrés et voraces. En tenue de
pompage. Du moins les mamans
moustiques. Car Le Parisien, qui
publie un dossier fort bien ficelé,
le confirme : l’ennemie du genre
humain, c’est bien dame moustique. Et elle seule. Le moustique,
pauvre benêt, fait le beau. La
moustique pique et pompe. Allègrement. Son bol de sang tous
les quatre jours pour se
maquiller et mieux procréer. Un
bon sang humain, plein de roboratives protéines pour mieux
nourrir ses œufs !
Funeste engeance ! Sexe féroce. Ah, merci Le Parisien ! Une
cible alertée en vaut deux. La
guerre sera totale. Armes
conventionnelles,
chimiques,
biologiques, insecticides, citronnelle, sprays, diffuseurs, sacs de
couchage anti-bestioles, crèmes, gels, pas de vêtements sombres ni de pyjama noir ; le moustique adore. Tout, même le
patch. Une épaule pour le moustique. L’autre, pour le tabac. Et
résultat des courses dès le lundi
10 septembre.
Patrimoine de M. Chirac :
l’Elysée contre-attaque
À LA VEILLE DE LA RÉUNION du bureau de l’Assemblée nationale, qui
devait statuer, mercredi 25 juillet, sur la demande des juges d’instruction
d’obtenir les déclarations de patrimoine de Jacques Chirac entre 1988 et
1993, l’Elysée a affirmé que cette procédure n’apporterait « aucun élément
nouveau ». Rappelant l’argument présidentiel selon lequel « ces sommes
[qui seraient issues des fonds spéciaux], par nature, ne peuvent pas être déclarées », la présidence a ajouté : « La seule question qui se pose au bureau de
l’Assemblée nationale est une question de principe : s’estime-t-il fondé, sur simple demande d’un juge, à transmettre la déclaration de patrimoine de quelque
député que ce soit, sans avoir préalablement vérifié que cette action est utile à
la manifestation de la vérité ? » « Quelle que soit la décision du bureau de l’Assemblée nationale, indiquait l’entourage de M. Chirac, elle ne peut donc
apporter aucun élément nouveau. Cela ne nous concerne donc plus. En effet,
les réponses ayant été publiquement données et les principes posés, toute autre
considération ne saurait relever que de la bataille politique. »
DÉPÊCHES
a ESPACE : la navette spatiale américaine Atlantis a atterri à Cap
Canaveral (Floride), mercredi 25 juillet à 5 h 38 (heure de Paris), au terme
d’une mission de treize jours dans l’espace. Au cours de leur séjour dans
la Station spatiale internationale (ISS), les cinq membres de l’équipage
ont installé un sas de dépressurisation, sorte de « porte d’entrée » du complexe orbital. L’atterrissage de la navette avait été reporté de 24 heures en
raison des mauvaises conditions météorologiques.
a CHASSE : la démarche de Lionel Jospin auprès de Bruxelles pour
obtenir des dérogations à une directive européenne qui réglemente les
périodes de chasse aux oiseaux migrateurs constitue une initiative « surréaliste », destinée à satisfaire « la frange radicale des chasseurs », a estimé,
mardi 24 juillet, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) dans une lettre ouverte au premier ministre. Cette demande de dérogation a également été critiquée par le CPNT (Chasse, pêche, nature, tradition), qui a
dénoncé, mardi dans un communiqué, le « chasseur de voix nommé Jospin ». « Pourquoi ne l’a-t-il pas fait lorsque la France présidait l’Europe ? (…)
Pourquoi a-t-il mis en place, en juillet 2000, une loi antichasse ? », s’interroge
le CPNT, ajoutant : « Les chasseurs et les ruraux ne seront pas dupes de cette
machination. Ils s’en souviendront en 2002. » De son côté, le nouveau ministre de l’environnement, Yves Cochet, a estimé que la demande de Lionel
Jospin était « hors de propos ».
Tirage du Monde daté mercredi 25 juillet 2001 : 513 471 exemplaires.
1-3
Des dizaines de milliers de manifestants en Italie
contre les brutalités policières du sommet de Gênes
Le porte-parole du Genoa Social Forum a été révoqué par le gouvernement de son poste de consultant
DES DIZAINES de milliers de
manifestants sont descendus dans
la rue, mardi 24 juillet, à Rome et
dans les grandes villes d’Italie, pour
protester contre les violences policières qui ont fait un mort et des centaines de blessés lors du sommet du
G 8 à Gênes. « Assassins », proclamait en rouge sur fond gris une banderole « apolitique » déployée en
tête du cortège, qui a réuni dans la
capitale plus de 20 000 personnes,
pour dénoncer « une répression
durissime » digne de « l’Amérique
latine ». Les protestataires ont défilé
bruyamment, mais sans incident,
dans le centre- ville, en scandant le
nom du ministre de l’intérieur,
Claudio Scajola, et en réclamant sa
démission.
A Bologne, la police a recensé
15 000 manifestants. Ils étaient
5 000 à Palerme (Sicile) et 20 000 à
Florence. Tous ont répondu à l’appel à manifester dans toute l’Italie
lancé par les responsables de la coordination du Genoa Social Forum
(GSF) et différentes organisations,
des syndicats, des partis politiques
de gauche et des Verts. Les démocrates de gauche, principal parti de l’opposition qui a refusé de participer
officiellement aux manifestations
du G 8, ont répondu présents. A
Gênes, 10 000 personnes ont participé à un sit-in où étaient déployées
des banderoles demandant « Qui
sont les criminels ? » ou déclarant
« La brutalité policière est inacceptable ». D’autres rassemblements se
sont également produits à Venise et
à Naples, où les locaux de la police
ont été aspergés de peinture rouge.
A Tarente, dans les Pouilles, des
manifestants ont jeté des œufs contre un commissariat.
La plupart des manifestants ont
protesté contre la manière « indigne, scandaleuse et honteuse » dont
ont été gérées les manifestations et
contre la répression policière exercée sans discernement pendant le
sommet des pays les plus riches.
Dans le cortège romain, des marcheurs arboraient une cible noire et
blanche sur la poitrine, et certains
« survivants de Gênes », comme se
sont surnommés des manifestants,
ont reproché à la police d’avoir chargé les manifestants au lieu d’arrêter
les casseurs, aisément repérables,
que ce soit avant les rassemblements ou durant les échauffourées.
200 PERSONNES À PARIS
Environ 200 personnes ont également manifesté à Paris pour protester contre les « violences policières »
et réclamer la liste des Français encore retenus ou hospitalisés à Gênes.
Une délégation a été reçue à l’ambassade d’Italie. Un homme a été
blessé et trois autres interpellés,
mardi, lors d’affrontements avec la
police, au cours d’une manifestation anti-G 8 à Athènes. D’autre
« Violences sans précédent à l’égard de la presse »
Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé, mardi 24 juillet, les
« violences sans précédent à l’égard de la presse » à l’occasion du sommet du G 8 à Gênes. « Au moins seize journalistes ont été sérieusement blessés, le centre de presse du contre-sommet a été saccagé. Il y a
eu des interpellations, du matériel confisqué et des menaces. Certaines
opérations policières, d’une violence inouïe, ont été planifiées et
menées à l’intérieur de bâtiments où les manifestants et la presse se
reposaient ou travaillaient, loin de l’agitation », a déclaré Robert
Ménard, secrétaire général de RSF.
Dans une lettre adressée au président du conseil italien, Silvio
Berlusconi, et au ministre de l’intérieur, Claudio Scajola, RSF a
« exprimé son indignation » et demandé l’ouverture immédiate
d’une enquête. L’association a par ailleurs lancé un appel à
témoins et annoncé l’envoi d’une mission d’enquête en Italie, où
elle demandera à être reçue par MM. Berlusconi et Scajola.
part, le ministre du travail et des
affaires sociales italien, Roberto
Maroni, a décidé, mardi, de révoquer Vittorio Agnoletto, le porteparole du GSF, en tant que médecinconsultant du ministère. Dans un
communiqué, M. Maroni a expliqué
que les compétences du docteur
Agnoletto dans le domaine de la
toxicologie n’étaient pas en cause,
mais que ses prises de position
contre le gouvernement à l’occasion
du sommet étaient incompatibles
avec son activité de consultant.
La police italienne a arrêté dixhuit Allemands accusés d’appartenir au Black Bloc, groupe d’autonomes violents qui ont participé aux
affrontements, ont annoncé, mardi,
les carabiniers. Ces Allemands vêtus
de noir ont été trouvés en possession de couteaux, de pinces, de marteaux, de passe-montagnes. Âgés de
dix-sept à trente-deux ans, ils ont
été inculpés de « dévastation et saccage ». Au total, soixante-huit Allemands ont été interpellés par la police de Gênes pour implication dans
les violences. Treize Espagnols sont
d’autre part gardés à vue à Alessandria, à proximité de Gênes. Ils sont
accusés de détention de matériel
explosif. Quatre Suisses étaient
également détenus, mardi, pour
résistance à la force publique.
– (AFP, Reuters.)
f www.lemonde.fr/genes
Nicolosi respire, mais l’Etna n’a pas ravalé toute sa colère
NICOLOSI (Sicile)
de notre envoyé spécial
Il est près de minuit, il fait nuit noire, mais il
n’est pas question de couvre-feu à Nicolosi. Cette petite ville de 5 400 habitants, autoproclamée
« porte de l’Etna », à 16 kilomètres de Catane,
grouille de vie. Des curieux y affluent par centaines, provoquant un bel embouteillage nocturne
à la sortie nord. Ici, la route qui mène au volcan
est barrée par les carabiniers. Alors on continue
à pied, en famille ou en amoureux, entre
copains ou par groupes entiers de touristes.
Jumelles ou appareil photo autour du cou, une
lampe de poche à la main, tous avancent dans
l’obscurité, le regard fixé tout là-haut sur les
gigantesques gerbes de feu jaillies des cratères
et sur les méandres rougeoyants qui zèbrent le
versant sud de l’Etna. Le spectacle est grandiose, on s’y presse comme à un film catastrophe,
l’échine parcourue d’un délicieux frisson.
Mais la population de Nicolosi n’a que faire
des émotions esthétiques du touriste de passa-
ge. Elle suit avec effroi la progression de la coulée de lave la plus menaçante, partie d’une
« bouche » ouverte sur le flanc du volcan à
2 100 mètres, et dont le front n’est plus qu’à
4 kilomètres de la bourgade.
Bonnes nouvelles, mardi 24 juillet, les meilleures depuis le début de l’éruption, douze jours
plus tôt : les spécialistes ont noté « un net ralentissement » de la coulée, qui n’a parcouru
qu’une cinquantaine de mètres en vingt-quatre
heures. Arrivée sur un replat, bloquée par une
combe naturelle autant que par les travaux de
terrassement réalisés à la hâte, la langue de feu
est refroidie pendant la journée par un ballet de
Canadair chargés d’eau. Elle s’élargit, s’épaissit,
durcit. Bref, pouvait diagnostiquer un responsable local des secours, « elle donne des signes de
fatigue ».
Nicolosi respire, mais l’Etna n’a pas ravalé
toute sa colère. Il la crache par de multiples
« bouches ». Certaines de ces fissures, ouvertes
lundi 23 juillet, semblent taries, alors que
d’autres menacent de plus belle. « Nous devons
voir comment évolue la situation du cratère qui
est à 2 700 mètres », a prévenu Franco Barberi,
le directeur de la protection civile italienne. La
lave qui s’en échappe de plus en plus abondamment pourrait toucher le refuge Sapienza, voire
le funiculaire qui déverse d’ordinaire des milliers de touristes au pied du cratère principal, à
2 600 mètres d’altitude.
Sans attendre, les engins de chantier se sont
mis en branle pour creuser dans la montagne
une tranchée de dérivation. Dans la nuit de mardi à mercredi, au-dessus de la gare de la télécabine, les phares jaunes des scrapers géants
fouillaient l’obscurité. A 2 000 mètres d’altitude,
le hurlement des moteurs Diesel et le cliquetis
des chenilles couvraient les gémissements sporadiques de « Mongibello », l’autre nom,
empreint de crainte respectueuse, que les Siciliens donnent à l’Etna.
Jean-Jacques Bozonnet
Le financement des 35 heures est au cœur des entretiens
entre Elisabeth Guigou et le Medef
C’EST AVEC LE MEDEF qu’Elisabeth Guigou devait terminer, mercredi 25 juillet, son premier tour de
table des partenaires sociaux sur la
« rénovation sociale ». Du côté du
Medef, on assure se rendre à ce rendez-vous sans agressivité. Mais on
souligne que « la balle est aujourd’hui dans le camp du gouvernement ». Les positions patronales
sont, en effet, connues, le Medef
ayant adressé le 9 juillet au premier
ministre un courrier lui indiquant
les dix mesures à ses yeux indispensables pour réformer la Sécurité
sociale. Il n’entend donc pas se satisfaire de promesses vagues et attend
des décisions, en particulier sur le
financement des 35 heures.
Cette question devrait être au
cœur du débat avec la ministre de
l’emploi et de la solidarité. Et pour
cause : le patronat a annoncé qu’il
ne renouvellerait pas ses administrateurs au sein des caisses de la Sécuri-
té sociale, pour protester contre le
choix du gouvernement de faire
financer par celle-ci une partie des
allégements de charges liés au passage aux 35 heures. Or Mme Guigou
a bien conscience que ce point de
désaccord pourrait empoisonner le
dialogue que Lionel Jospin lui a
demandé de renouer avec les partenaires sociaux : si le patronat confirmait son refus de participer à la gestion de la Sécurité sociale, c’est
alors la CFDT qui pourrait rendre
son tablier, pour ne pas risquer de
devoir céder la présidence de la
CNAM à Force ouvrière. En effet, le
Medef pèse dans les alliances qui se
jouent pour déterminer quelle organisation syndicale peut briguer les
présidences de caisse. Sans lui, cela
risque fort d’être la foire d’empoigne.
Si elle veut éviter que les prochaines discussions sur l’avenir de la
Sécurité sociale ne tournent court,
Mme Guigou se voit contrainte de faire un geste. Elle le sait, les syndicats
lui ayant eux-mêmes reproché d’impliquer la « Sécu » dans le financement des 35 heures. Elle a d’ailleurs
confié à plusieurs de ses interlocuteurs syndicaux qu’elle pourrait
« reconsidérer la chose ».
« PRÊTE À FAIRE UN EFFORT »
Elle réfléchit à de « nouvelles
règles » pour qu’en 2002 la Sécurité
sociale ne soit plus mise à contribution ou, du moins, qu’elle bénéficie
d’une créance sur l’Etat. La ministre
serait même, selon le président de
la CGC, Jean-Luc Cazettes, « prête à
faire un effort » pour 2001. Cette
année, la ponction prévue s’élève à
3,5 milliards de francs (530 millions
d’euros).
Cela convaincra-t-il le Medef de
revenir sur sa décision ? Beaucoup
s’interrogent, d’autant que celui-ci
ne s’est pas montré jusqu’à présent
prêt à transiger. Pour le Medef, il n’y
a pas de demi-mesure possible : pas
un centime de la Sécurité sociale ne
doit aller aux 35 heures. En clair, le
gouvernement doit intégralement
assumer son choix et donc revenir
sur sa décision, y compris pour
2000. L’année dernière, la Sécurité
sociale a été mise à contribution à
hauteur de 13,2 milliards de francs.
Mardi 24 juillet, Robert Buguet,
président de l’Union professionnelle artisanale (UPA), a tenté, en sortant de son entretien avec la ministre de l’emploi, d’appeler le Medef à
la raison. Il lui a demandé de cesser
d’être « une organisation politique »
et de « redevenir une grande organisation patronale, représentative des
grandes entreprises et de l’intérêt
général », afin que les discussions
sur l’avenir de la « Sécu » puissent
s’engager. Sans écho pour l’instant.
Laetitia Van Eeckhout
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertising